[Le peuple veut une nouvelle révolution] Après la grève générale du 16 janvier 2013 au Kef

Le Kef : 17 individus arrêtés suites aux incidents de mercredi

Après la journée de grève générale le mercredi 16 janvier, Le Kef a vécu une nuit folle avec une drôle de chasse à la sorcière, où la vile a connu plusieurs courses poursuites entre des jeunes et des membres du bureau régional d’Ennahdha.

La nuit a été émaillée d’incidents à type de vandalisme et de violence.

Ce jeudi matin, ce fut au tour de la police de sévir. Elle a procédé à l’arrestation de 17 individus impliqués dans des actes de violence et de pillage. Des opérations de descente de police sont toujours en cours, pour appréhender d’autres suspects.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 17 janvier 2013 – 23h17)

 

Le verdict dans l’affaire de l’attaque du district de police du Kef

Dans le procès de l’attaque du siège du district de la police du Kef, le tribunal militaire permanent du Kef a prononcé son verdict aujourd’hui jeudi 17 janvier 2013 concernant les 47 suspects.

Après délibération, le comité judiciaire du tribunal militaire a décidé la mise en libération conditionnelle tous les suspects à l’exception de deux jeunes accusés de tentative de meurtre et de consommation de stupéfiants.

Le tribunal a décidé de reporter le procès des deux jeunes accusés au 28 mars prochain.

Publié par des ennemis de la révolution (JawharaFM.net, 17 janvier 2013)


Le procès des détenus du Kef et de Siliana reporté au 7 mars

L’avocate Leila Hadded a déclaré que le procès des détenus du Kef et de Siliana a été reporté au 7 mars prochain. Elle, a, également, souligné que 14 détenus sont impliqués dans les événements survenus au Kef en février 2012, rapporte Shems FM.

Publié par des ennemis de la révolution (Tuniscope, 17 janvier 2013)

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Qui sème le vent récolte la tempête : après l’appel des policiers coupables de la mort d’Abdelhakim Ajimi

Nous empruntons cette citation à M. Baudoux, avocat de deux des trois agents de police reconnus coupables de la mise à mort publique d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008 à Grasse. Lui-même l’empruntait à la « sagesse » populaire lors de sa plaidoirie mardi 15 janvier dernier, à l’occasion de l’appel des trois policiers susdits devant la Cour d’Aix-en-Provence.

Pour un compte-rendu détaillé de cette mauvaise comédie institutionnelle, nous vous invitons à lire l’article rédigé par des membres du Collectif Angles Morts, disponible sur : « On vous laisse entre vous » Retour sur le procès des meurtriers d’Hakim Ajimi | État d’Exception

Note : le Procureur de la République a demandé à ce que soient confirmées les peines des deux agents de la Brigade Anti Criminalité :

Walter Lebeaupin : 24 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire et non assistance à personne en péril ;

Jean-Michel Moinier : 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.

Quant à Jim Manach, policier municipal reconnu coupable de non assistance à personne en péril, il pourrait voir sa peine initiale de 6 mois de prison avec sursis amoindrie à 4 mois.

Le verdict sera connu lundi 11 février 2013.

Pour mémoire, une analyse du procès proposée par R. Chekkat est également consultable sur : « Hardcore jusqu’à la mort » Sur les suites judiciaires de la mort publique d’Abdelhakim Ajimi | État d’Exception

Nous remercions celles et ceux qui, une fois de plus, ont tenu à manifester leur soutien à la famille Ajimi.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, 17 janvier 2013

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[Tours] Feux du maire

Tours – Les vœux du maire perturbés à Sainte-Radegonde

Lundi soir, Jean Germain entamait sa traditionnelle tournée des vœux dans les quartiers de Tours, à la salle des fêtes de Sainte-Radegonde. Une cérémonie perturbée par une poignée de manifestants d’extrême gauche (moins d’une dizaine), engagés notamment pour les sans-papiers, venus reprocher au sénateur-maire socialiste « les promesses non tenues » du gouvernement Ayrault, mélangeant la question de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le problème des sans-logis et le conflit qui oppose la municipalité à des squatters installés sans autorisation au Projet 244.

Le dialogue avec les élus s’avérant impossible – Frédéric Thomas, président du conseil général, était également présent – le sénateur-maire décidait de suspendre cette cérémonie des vœux, suivie par une centaine de personnes.

Après intervention de la police nationale pour évacuer les éléments perturbateurs, le cours de cette soirée devait reprendre normalement avec une demi-heure de retard. Qu’en sera-t-il lors des prochaines séances de vœux programmées dans les jours à venir ? « Le calendrier prévu est maintenu », explique le cabinet du maire qui annonce toutefois une « vigilance accrue » en matière de filtrage aux entrées.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaNouvelleRepublique.fr, 16 janvier 2013)

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Troupes françaises hors de l’Azawad ! hors du Mali ! hors d’Afrique !

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[Nantes, vendredi 18 janvier] Appel manifestation contre Vinci et la venue d’Ayrault

Le CNCA (Collectif Nantais Contre l’Aéroport), à l’occasion des deux jours de mobilisation contre Vinci (constructeur et gestionnaire du projet), les 18 et 19 janvier 2013, appelle toutes les personnes opposées à ce projet inepte et imposé, à rejoindre la manifestation organisée à l’occasion de la venue de J.-M. Ayrault, principal promoteur du projet, à l’école d’architecture de Nantes ; à cette occasion JMA remettra la légion d’honneur au directeur de l’école pour bons et loyaux services.

Ce même directeur qui interdisait aux élèves de son école de s’impliquer le 17 novembre dernier, dans la conception et la reconstruction des cabanes de la ZAD, sur la commune de Notre Dame des Landes, après leur destruction par les flics.

Cette manifestation sera festive et ouverte à tous les publics, et réaffirmera au premier ministre notre détermination à combattre ce projet et la métropolisation qui l’accompagne.

RENDEZ-VOUS VENDREDI 18 JANVIER À 16h30, ARRÊT MÉDIATHÈQUE (LIGNE DE TRAM 1)

P.-S. : faites circuler cet appel à vos contacts, pour le succès de cette initiative. Merci !

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Grève générale au Kef

Violences au Kef suite à la grève générale

Le Kef a été le théâtre, ce mercredi 16 janvier 2013, de violents affrontements entre des jeunes de la région et les forces de l’ordre avec des jets de projectiles (pierres et cocktails Molotov) d’un côté et du gaz lacrymogène et des tirs de sommation de l’autre côté, et ce à la suite de la grève générale qui a eu lieu en ce jour même.

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Selon une source sécuritaire citée par la TAP, un groupe de 500 jeunes a attaqué le poste de police et le district de sécurité du Kef en essayant vainement de les incendier ainsi que le bureau local d’Ennahdha.

En effet, la vie économique et sociale a été paralysée aujourd’hui au Kef à la suite de la grève générale lancée à l’appel de l’union régionale du travail du Kef.

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VOIR LA VIDÉO

Ainsi, les commerces, administrations et établissements scolaires et universitaires sont restés fermés alors que le secteur du transport dans la ville du Kef et les autres villes du gouvernorat a été sérieusement perturbé vu que les bus de transport public et les voitures  »louages » étaient également en grève. Seuls les hôpitaux, les boulangeries et les pharmacies ont été ouverts.

La Chambre d’industrie de l’Union régionale de l’industrie du commerce et de l’artisanat du Kef a soutenu, dans un communiqué, la grève générale, appelant le gouvernement à accélérer la réalisation des projets de développement et à répondre aux aspirations des habitants de la région.

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Quelques milliers de personnes (5.000 selon des sources syndicales citées par la TAP qui affirme un taux de participation à la grève de 90%) ont parcouru la ville dans une marche, brandissant des pancartes auxquelles on a inscrit : « non au monopole pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen » et « les travailleurs tiennent au développement régional équilibré » ou « Meherzia, toi tu t’achètes un Q7 et le Kef doit se taire ».

Les protestataires ont, également, scandé des slogans anti gouvernement et anti Ennahdha.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 16 janvier 2013)

 

La grève générale dégénère au Kef

Des affrontements ont opposé ce mercredi 16 janvier les grévistes keffois aux forces de l’ordre. Mounir Bechedly, architecte sur place, nous a affirmé que les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène pour disperser les grévistes, venus nombreux protestés contre la marginalisation et l’absence de développement.

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« Le gouvernement ne fait pas le moindre effort  pour améliorer la situation dans la région », nous assure-t-il. « Rien n’a été fait, ni pour résoudre la question du chômage, ni pour améliorer l’infrastructure.  Même pas un nouveau poteau», ajoute-t-il.

Notre interlocteur estime que la grève est un succès : «  Tous les commerces ont  fermé, contrairement à ce que disent certains sympathisants d’Ennahdha. Aucun négoce n’a été ouvert. Même les boulangeries ont fait la grève bien qu’on leur ait demandé d’ouvrir leurs portes aujourd’hui », lance-t-il.

Toujours selon M. Bechedly, « la marche était pacifique au départ, mais il y a eu par la suite certains débordements. Certains grévistes ont essayé d’attaquer les locaux d’Ennahdha.  D’autres ont essayé d’envahir le poste de police. Et on a su par la suite qu’il s’agit essentiellement des proches de certains détenus de la révolution qui croupissent toujours en prison sans jugement ».

Et M. Bechedly d’ajouter : «  Les forces de l’ordre ont répondu par le gaz lacrymogène pour disperser les foules. Mais ce qui a aggravé davantage la situation c’est l’intervention des ligues de protection de la révolution qui se croient en devoir de réprimer les foules et de soutenir les forces de sûreté ».

Il y a eu, selon notre témoin, quelques personnes asphyxiées par les gaz lacrymogènes qui ont été conduites à l’hôpital de la ville.

On vient d’apprendre aussi que les affrontements se poursuivent, jusqu’à cette heure [18h08],  au Kef.

Publié par des ennemis de la révolution (Imen Gharb, LEconomisteMaghrebin.com, 16 janvier 2013)

 

Violents affrontements au Kef… qu’en sera-t-il à Kasserine ?

(…) Néanmoins, dans l’après-midi, les évènements ont dégénéré suite à de violents affrontements entre des jeunes manifestants et des forces de l’ordre. Du gaz lacrymogène, des cocktails Molotov et des pierres étaient au menu quand quelques 500 jeunes, selon ce qu’avance l’agence TAP, ont attaqué un poste de police et le bureau d’Ennahdha. Les policiers ont même réussi à sauver de justesse ces locaux d’une tentative d’y mettre le feu. Un scénario semblable à ce qui s’est passé à Ben Guerdane, quelques jours plutôt.

La violence des affrontements entre citoyens et policiers à chaque jour de grève générale décrétée fait craindre le pire demain [jeudi 17 janvier] dans le gouvernorat de Kasserine qui doit, à son tour, entamer une grève générale pour exprimer sa colère

Publié par des ennemis de la révolution (Webdo, 16 janvier 2013)

 

Le Kef : La grève dégénère en affrontements

La ville emblématique des hauteurs du Nord Ouest tunisien, s’est réveillée ce mercredi 16 janvier, en veilleuse. Le mot d’ordre de grève générale décrété par l’UGTT a été rigoureusement respecté.

La ville entendait protester contre le retard de mise en place de réformes et de programmes de développement, contre la marginalisation de la région et contre le non respect des termes des accords établis avec le gouvernement.

Rapidement, les évènements se sont enchaînés, avec une marche qui a regroupé quelque 5000 participants, qui a longé les artères de la ville scandant des slogans hostiles au gouvernement.

Cette marche a rapidement dégénéré quand des groupes de personnes s’en sont pris aux locaux de la sûreté en voulant les incendier, de même que ceux du mouvement Ennahdha, qui ont essuyé des jets de pierres et des cocktails Molotov.

La police a riposté par des salves de bombes lacrymogènes pour repousser les assaillants qui voulaient s’introduire dans les locaux du poste de police de la ville et du district de la sûreté.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 16 janvier 2013)

 

Tunisie : Une nouvelle manifestation pour l’emploi dégénère

La police tunisienne a fait usage de grenades lacrymogènes pour repousser les jets de pierres de manifestants qui protestaient contre leurs difficultés économiques, mercredi au Kef, ville du dans le nord-ouest du pays. Les manifestants défilaient pour réclamer des mesures pour l’emploi et le développement économique de la région. Ils ont tenté d’attaquer un commissariat de police du Kef lorsque les heurts ont éclaté, selon des témoins.

« La police a tiré des gaz lacrymogènes partout et frappé des manifestants à coups de bâton (…) Beaucoup de gens souffrent des gaz lacrymogènes », a déclaré à Reuters Karim Fadlaoui, un habitant du Kef.

Cette ville de près de 45.000 habitants, située à 180 kilomètres au nord-ouest de Tunis, ne possède que quelques usines. Ses habitants souhaitent que le gouvernement, dominé par les islamistes, investisse dans la région pour créer de l’emploi. Le taux de chômage a atteint 17% en Tunisie et le gouvernement prévoit une croissance de 4,5% du PIB cette année, contre 3,5% l’an dernier.

Publié par des ennemis de la révolution (20minutes.fr avec Reuters, 16 janvier 2013)

 

(…) Selon le secrétaire général du l’URT du Kef, Ibrahim Guesmi, le recours à la grève générale fait suite à la non application des accords convenus entre l’union régionale du travail et le gouvernement qui prévoient l’impulsion de l’emploi et de l’investissement privé, notamment à travers le démarrage du projet de la mine de phosphate à Sraouertane, la construction d’une usine de production de ciment à Zouaouine et l’entrée en exploitation d’autres mines dans le gouvernorat comme celle de Hmima ou à Kalaat Snene. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Tunivisions.net, 16 janvier 2013)

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[Flics, porcs, assassins] « Un travail propre, et sans bavure »

Le tabou de la bavure

Contrôlées et sanctionnées, les « violences illégitimes » de la police ? De récents faits divers et l’expérience des associations permettent d’en douter.

Il est mort en dix minutes, sur un trottoir, menottes aux poings. C’était le 9 mai [2008], à Grasse. Abdelhakim Ajimi, 22 ans, refusait de suivre les policiers qui l’interpellaient. L’un d’eux lui a fait une clé d’étranglement. Des témoins ont vu. Et raconté : « Il avait la face contre terre, trois policiers sur lui, j’ai entendu le jeune homme dire qu’il ne pouvait plus respirer, il était violet. Un des trois policiers lui a donné des coups de poing. » Et, selon une autre personne citée par Me Sylvain Pont, avocat de la famille Ajimi : « Il ne pouvait plus ni parler ni crier. Alors il a tapé contre le sol avec la paume de sa main, comme un catcheur qui veut cesser le combat. » Une enquête est en cours. Les policiers sont toujours en activité.

Le 28 mai [2008], à Paris cette fois, un groupe de jeunes a croisé la route de deux policiers hors service. Mais armés, et ivres. L’un d’eux a dégainé, et tiré sept fois. Trois personnes ont été blessées, dont une gravement. Elles ont été placées en garde à vue, à l’hôpital. Une enquête a été ouverte. Les policiers ont été suspendus.

Et au mois de mars, dans le Gard, un automobiliste a été frappé par trois policiers devant sa femme et son bébé de 8 mois. L’homme est resté vingt-quatre heures en garde à vue. Il n’a pas porté plainte, mais les images de son passage à tabac sont sur le net. Elles font tache. Parce qu’elles viennent nourrir cette vieille idée que trop souvent la police abuse, dérape, déborde. Que son histoire récente serait maculée de bavures… Ces erreurs graves, parfois tragiques, qui n’ont pas vraiment d’existence statistique, et qui finissent broyées dans les lenteurs judiciaires.

Augmentation des plaintes

Car c’est une de ses caractéristiques : la bavure se cache. Dans le vocabulaire administratif, c’est une catégorie parmi d’autres, celle des « violences illégitimes ». Son seul indicateur est le nombre de plaintes enregistrées par la police des polices (l’Inspection générale de la Police nationale et l’Inspection générale des Services pour Paris et la petite couronne). Ainsi, en 2006, sur 1.519 plaintes, 639 concernaient des allégations de violences, contre 548 en 2000, et 611 en 2003. Et parmi ces 639 dossiers, 14 sont des cas de décès. En tout, 114 policiers ont été sanctionnés, alors que 8 autres étaient révoqués. « Mais il faut relativiser, indique le sous-directeur des études et commissaire divisionnaire à l’IGPN, Christophe Fichot. Nous avons retenu 639 allégations de violences en 2006, ce qui n’est pas énorme si l’on compare ce chiffre aux 4 millions d’interventions policières. »

Il n’empêche, l’augmentation des plaintes pour violences est constante depuis le début des années 1990. Le point d’inflexion, selon le sociologue Fabien Jobard, se situe « vers 1993, date à partir de laquelle le filet pénal se resserre, où on poursuit et met en garde à vue les mineurs ». C’est hélas un fait aussi, le risque de la bavure a un âge, et une couleur de peau : Abdelkader Bouziane est mort d’une balle dans la nuque en 1997 à Dammarie-les-Lys, il avait 16 ans ; Habib Ould Mohamed, 17 ans, a été laissé pour mort sur un trottoir à Toulouse en 1998 ; Riad Hamlaoui avait 25 ans quand un policier l’a abattu à bout portant, à Lille en 2000 ; Zied Benna et Bouna Traoré, poursuivis par la police, ont été électrocutés à 17 et 15 ans, en 2005, à Clichy-sous-Bois, etc.

Fabien Jobard dit : « La récurrence des confrontations tragiques entre policiers et fils et petits-fils d’étrangers constitue aujourd’hui un problème incontournable de la police française. » Et l’organisation Amnesty International confirme dans son rapport 2005 : « Le racisme est un facteur important dans beaucoup d’affaires », comme si les personnes d’origine immigrée étaient « davantage susceptibles de constituer une menace à la sécurité ou de commettre des infractions que les Blancs ou les non-musulmans ».

C’est l’histoire d’une époque, effrayée par son ombre. Où le débat politique criminalise l’immigration et ethnicise les problèmes sociaux. « Où la société est aussi toujours plus violente, affirme Hervé Jaffré, du syndicat UNSA-Police. Et la pression pour faire du chiffre produit une police qui fait plus peur qu’elle ne rassure. » Sans compter le nombre des gardes à vue, qui dépasse le demi-million en 2007. Mais pour Fabien Jobard, si l’augmentation des allégations de violences est bien due à un « régime en effet toujours plus répressif, il faut relativiser, car elle correspond aussi à un regard public de plus en plus vigilant face à sa police ».

Ainsi la Commission nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) a-t-elle traité 144 dossiers en 2007, contre 19 à ses débuts en 2001. Forcément saisie par la voie d’un parlementaire, la CNDS émet seulement des avis et des recommandations. Lesquels sont d’ailleurs trop rarement suivis d’effet au goût d’une autre commission, Citoyens-Justice-Police, composée de membres de la Ligue des Droits de l’Homme, du Syndicat de la Magistrature et du Syndicat des Avocats de France. Ces dispositifs de vigilance, s’ils ont le mérite d’exister, n’ont aucune habilitation judiciaire. Et le problème est justement là : « C’est toujours la police qui enquête sur la police, insiste Mouloud Aounit, président du Mrap. Et on voit le même dispositif d’étouffement de la bavure se répéter, un doute qui s’installe autour de la victime. À Grasse, on a dit d’Abdelhakim Ajimi que c’était un forcené, et qu’il avait de toute façon un problème cardiaque. »

Effet boomerang

Enfin, la bavure a pour douloureuse particularité d’avoir un effet boomerang. Elle fait vite taire ceux qui la crient. En 2007, le service juridique du Mrap a saisi 50 fois le procureur de la République sur des faits de violence policière. Résultat : 50 classements sans suite. « Et si on s’adresse directement à la police, c’est simple, explique un conseiller du Mrap : la plainte est soit refusée, soit elle se retourne contre la victime, qu’on poursuit pour outrage ou rébellion. » Et quand l’affaire finit au tribunal, c’est sans empressement.

Dans le cas d’Aïssa Ihich, roué de coups et mort d’une crise d’asthme en garde à vue à Mantes-la-Jolie en 1991, dix ans ont passé avant l’examen du dossier devant une cour. Quant aux condamnations, « elles ne sont souvent pas à la mesure de la gravité des crimes commis », assène Amnesty International. Pour Rachid Ardjouni, 17 ans, abattu d’une balle dans la tête en 1993, le fonctionnaire ivre au moment des faits a pris deux ans de prison, dont seize mois avec sursis. Et en 1996, la cour d’appel a allégé sa peine et annulé son inscription au casier judiciaire, lui permettant ainsi de reprendre son activité policière. Un travail propre, et sans bavure.

Leur presse (Elsa Vigoureux, Le Nouvel Observateur, 19 juin 2008)

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[Rustenburg, Afrique du Sud] « Avec plusieurs de mes camarades, nous avons refusé de descendre sous terre ce matin »

Les mines sud-africaines de nouveau en grève

L’onde de choc de la nouvelle n’a pas tardé à provoquer des répliques. Après l’annonce de la suppression de 14’000 emplois par Anglo American Platinum (Amplats), mardi 15 janvier, une partie des mineurs a décidé dans la soirée de cesser le travail dans la région de Rustenburg, au cœur de la ceinture de platine sud-africaine, au nord-ouest de Johannesburg.

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Des mineurs d’Amplats rassemblés à Rustenburg, le 16 janvier 2013, en Afrique du Sud.

« Avec plusieurs de mes camarades, nous avons refusé de descendre sous terre ce matin, expliquait Mac Donald Motsaathebe, mineur chez Amplats depuis douze ans, joint au téléphone mercredi matin. Nous allons tous nous mobiliser, ils ne peuvent pas nous mettre dehors de cette manière ! »

L’ampleur du plan de restructuration d’Amplats, filiale à 80 % du conglomérat britannique minier Anglo American, pourrait déclencher une grève générale dans toutes les mines du numéro un mondial du platine. Presque un quart des salariés est concerné.

La compagnie veut vendre l’une de ses mines et diminuer fortement l’activité dans deux autres, où les puits sont exploités à perte. Sa production baissera de 15 %, soit une contraction de 7 % de l’offre mondiale.

Pour le PDG d’Amplats, Chris Griffith, ce plan, d’un coût de 244 millions d’euros, vise à restaurer la rentabilité de l’entreprise : « Nous devons prendre ces mesures drastiques et significatives pour sauver la compagnie et l’emploi de 45’000 autres personnes. » Fruit « d’un an de réflexion », ce plan « ne vient pas en représailles des grèves de l’an dernier », a-t-il précisé.

En septembre 2012, l’activité d’Amplats avait été paralysée pendant deux mois. Plus de la moitié des salariés avaient pris part à une grève qui avait fait plusieurs morts. Des hausses de salaires et le versement de primes avaient fini par être consentis par le groupe, qui a annoncé des pertes pour 2012.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 16 janvier 2013) via Solidarité ouvrière

 

Afrique du Sud : les mineurs d’Amplats essayent de s’organiser après le plan social

RUSTENBURG (Afrique du Sud) — Les salariés du numéro un mondial du platine Amplats devaient décider mercredi de s’engager ou non dans une grève, alors que certains d’entre eux ont refusé de descendre dans la mine après l’annonce de la suppression de 14.000 emplois en Afrique du Sud.

Des centaines de travailleurs étaient rassemblés mercredi matin devant une mine du complexe de Rustenburg (nord) dont Anglo American Platinum (Amplats) a annoncé la fermeture prochaine, qui avait été paralysée par huit semaines d’une grève sauvage très dure entre septembre et novembre 2012.

Un petit groupe chantait et dansait devant le puits Khomanani, l’un des puits condamnés, où des mineurs ont commencé à débrayer mardi soir à l’annonce du plan social.

Les travailleurs attendaient, longuement et patiemment, que leurs représentants rendent compte d’une rencontre avec la direction.

Souvenir des incidents de la grève de 2012, un hélicoptère de la police survolait la zone et un véhicule blindé de la sécurité de la mine était stationné à proximité.

« Les gens sont ici parce qu’ils sont mécontents. Ils pensent que la direction les a trahis », a affirmé à l’AFP Johannes Mongane, un ingénieur.

« Nous avons beaucoup de responsabilités. Nous avons des voitures et des maisons à payer. Et ce qui va arriver, c’est que nous allons perdre notre boulot », a-t-il ajouté, notant qu’il était pour cela essentiel de négocier serré avec la direction.

Certains mineurs étaient en colère, d’autres résignés.

« Pour nous tous, il n’y a plus de travail », a admis Mpolokeng Mosala, un mineur de 28 ans qui travaille chez Amplats depuis cinq ans.

« Je vais rentrer vivre chez ma mère. Je ne vais pas chercher de travail ! »

Amplats a confirmé qu' »un groupe de ses employés, à ses mines Khomanani, Thembelani et Tumela a refusé de descendre (à la mine) ce matin » de mercredi, notant qu' »ils sont engagés dans un arrêt de travail illégal. »

« La direction discute actuellement avec les employés pour les inciter à redescendre sous terre. Les opérations des autres mines de Rustenburg et du nord du Pilanesberg sont normales », a précisé à l’AFP Mpumi Sithole, porte-parole du groupe.

S’il a bien sûr condamné les licenciements, le Syndicat national des mineurs (NUM), majoritaire et proche du pouvoir, a appelé les employés d’Amplats à éviter toute grève sauvage.

« Cela permettrait à l’employeur de les remercier facilement sans aucune indemnité de licenciement », a relevé son porte-parole Lesiba Seshoka à la radio publique SAfm.

Amplats a annoncé mardi un vaste plan de restructuration, prévoyant 14.000 suppressions d’emplois en Afrique du Sud. La direction incrimine la chute des cours du platine, conjuguée à une importante hausse des coûts d’exploitation.

La grande majorité des emplois concernés, 13.000 au total, concernerait les sites de Rustenburg.

Le gouvernement sud-africain a violemment réagi en évoquant notamment un réexamen des licences d’exploitation d’Anglo American, le conglomérat minier qui contrôle 80% d’Amplats, tandis que l’ANC, le parti au pouvoir, a estimé que les compagnies qui ferment des mines devraient en céder les droits d’exploitation pour que d’autres les reprennent.

La « ceinture de platine » de Rustenburg, à 120 km au nord-ouest de Johannesburg, a été l’épicentre de la violente vague de grèves sauvages qui s’est abattue sur les mines sud-africaines entre août et novembre 2012.

Le mouvement a fait une soixantaine de morts, dont 34 manifestants abattus par la police à Marikana, à environ 40 km de Rustenburg, le 16 août.

Presse esclavagiste (Johannes Myburgh, Agence Faut Payer, 16 janvier 2013)

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Péage gratuit, mode d’emploi

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[Régularisez les sans-papiers] Concert d’interpellation des chorales révolutionnaires

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Reçu le 15 janvier 2013

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[Flics, porcs, assassins / Abdelhakim Ajimi] Assassinats par la police, mode d’emploi : Mes Gérard Baudoux et Joël Blumenkranz travaillent

Ajimi : la défense pointe la responsabilité de la victime

Les avocats des policiers de Grasse ont plaidé la relaxe de leurs clients ce mardi à Aix-en-Provence. Ils ont notamment avancé la responsabilité de Hakim Ajimi dans la violence de l’interpellation qui lui a été fatale.

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Me Gérard Baudoux et Me Joel Blumenkranz, les avocats des policiers, lors du procès en première instance à Grasse en janvier 2012.

« Qui sème le vent récolte la tempête. » Au risque de choquer la famille de la victime [sic – NdJL] , Me Gérard Baudoux a osé la formule pour résumer l’un des axes forts de la défense des deux policiers de la BAC, poursuivis pour homicide involontaire sur la personne du jeune Hakim Ajimi, décédé à la suite de son interpellation, le 9 mai 2008 à Grasse.

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Les deux policiers de la BAC de Grasse, ici en présence de leurs défenseurs lors du procès en première instance.

Leur procès en appel, à Aix-en-Provence, s’est terminé ce mardi après-midi avec les plaidoiries de leurs défenseurs. En préambule Me Joël Blumenkranz a souligné que « les policiers ont une obligation de résultat ». Or Hakim Ajimi entendait s’y soustraire… L’avocat du barreau de Nice rappelle la « lutte sauvage, terrible » qui avait opposé le jeune homme, atteint de troubles psychiatriques, aux deux policiers de la BAC, dont l’un aura une épaule luxée au début de l’interpellation.

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« L’avocat des policiers a provoqué un incident en indiquant à la barre : « Qui sème le vent récolte la tempête » en expliquant le décès du jeune homme. Il est parti sous les huées de la famille. » Publié par des larbins de la maison Poulaga (Olivier Le Creurer, cote-d-azur.france3.fr, 15 janvier 2013)

« Ce ne sont pas des surhommes ! »

« Il n’y a pas de bonne méthode pour appréhender quelqu’un qui le refuse. Hakim Ajimi participe lui-même, par sa rébellion, à quitter ce monde », estime Me Blumenkranz. Pour la défense des deux fonctionnaires de police, Hakim Ajimi aurait finalement été victime de sa propre turpitude : sa violence contre les policiers et sa rébellion en l’espèce.

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« À l’appel du comité Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi, une centaine de personnes se sont retrouvées [samedi 12 janvier 2013] à Grasse pour montrer que le soutien ne faiblissait pas autour de ses proches, deux jours avant le procès en appel des trois policiers condamnés dans cette affaire. « Notre colère ne faiblit pas » car trois des sept policiers mis en cause « ont été jugés coupables, mais ils n’ont pas été punis puisqu’ils travaillent toujours à Grasse », a souligné Boubaker Ajimi, le père du jeune homme. « On espère maintenant qu’à Aix, leur peine soit augmentée et qu’ils ne travaillent plus comme policiers », a-t-il ajouté. » Publié par des larbins de la maison Poulaga (Julie Jacquard, cote-d-azur.france3.fr, 12 janvier 2013)

Quant au fait que les gardiens de la paix n’aient pas réagi lorsque le jeune Tunisien apparaissait affaibli, ce que l’avocat général qualifiait hier comme un « entêtement » coupable, Me Joël Blumenkranz l’a écarté d’un revers de manche. « On demande [aux policiers] d’avoir un ordinateur dans la tête pour analyser l’ensemble des paramètres en temps réel ! Ce ne sont pas des surhommes ! » Pour Me Gérard Baudoux : « nous soutenons qu’il n’y avait pas la possibilité, pour l’un ou l’autre d’apprécier qu’il y avait un péril pour monsieur Ajimi ». Ce qu’avait considéré, rappelle le ténor niçois, l’arrêt de non-lieu dont ses clients avaient bénéficié. La cour rendra son arrêt le 11 février.

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Mobilisation de soutien en mémoire d’Hakim Ajimi lundi 14 janvier à Grasse.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 15 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Sit-ins à Hassi El Frid, Fériana et Thala (Kasserine)

Protestations et actes de violence dans les localités de Hassi El Frid, Fériana et Thala (Kasserine)

Des jeunes protestataires de la région d’El Kamour relevant de la délégation de Hassi El Frid (gouvernorat de Kasserine) ont incendié, mardi matin, des pneus au niveau du croisement reliant les localités d’El Kamour à Hassi El Frid et Tlabet à Fériana, pour revendiquer l’emploi et l’amélioration des conditions de vie. « Les agents de sécurité sont intervenus pour disperser les manifestants et la vie a repris son rytme habituel dans la région », a déclaré le délégué de la région, Rabii Zakraoui.

Dans la délégation de Fériana, la soirée de lundi a été marquée par une recrudescence de la violence : des jeunes ont mis le feu dans des pneus au niveau de la route menant à la localité El Ahwech, et ont tenté de prendre d’assaut le siège de la recette des finances et la filiale de la Banque nationale agricole. Le délégué de Fériana, Abdelmalak Abdallah a indiqué que des unités de l’armée et des agents de sécurité ont réussi à maitriser la situation et ont arrêté les auteurs des actes de troubles. « Le calme est revenu dans la région vers 23 heures et aucun acte similaire n’a été enregistré aujourd’hui » a-t-il relevé.

Le coordinateur local de l’union des sans emploi à Thala, Mhadheb Gafsaoui a affirmé que, quatre jeunes sans emploi ont cousu leurs bouches samedi dernier et entamé un sit-in ouvert dans une tente installée devant le lycée secondaire Ibn Charaf au centre ville, pour protester contre la détérioration considérable de leurs conditions sociales et les promesses non tenues du gouvernement dans la région concernant la création d’une zone industrielle et des postes d’emploi au profit des familles des martyrs et des blessés de la révolution. « L’état de santé de ces sit-inneurs s’est dégradé malgré les visites répétées des agents de la santé de l’hôpital local de Thala, signalant qu’aucun responsable n’a contacté les sit-inneurs mis à part quelques médias » a-t-il précisé.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunivisions.net, 15 janvier 2013)

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Le suicide est-il une solution ? Nouvelles réponses à une enquête surréaliste (2)

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La Révolution surréaliste n° 2, 15 janvier 1925

 

Record des suicides dans l’armée US

Le nombre de militaires américains en activité qui se sont suicidés en 2012 a été de 349, un nouveau record et 15% de plus que l’année précédente, a annoncé aujourd’hui le Pentagone.

Sur ce nombre, l’armée de terre a enregistré 182 suicides, la marine 60, l’armée de l’air 59 et le corps des marines 48. L’an dernier, 237 militaires américains ont été tués en opérations en Afghanistan.

Leur presse (LeFigaro.fr avec Reuters, 14 janvier 2013)

 

Des ponts anti-suicide à Séoul

Les ponts de Séoul seront peu à peu équipés de systèmes de surveillance sophistiqués censés empêcher les gens de sauter, dans une Corée du Sud qui affiche le taux de suicide le plus élevé des pays riches. Les autorités de la ville ont annoncé jeudi l’installation d’un système de surveillance par caméra en circuit fermé (CCTV) programmé pour détecter les mouvements d’une personne s’apprêtant à sauter, sur deux ponts de la ville.

En cas d’alerte, une alarme se déclenche, provoquant l’envoi sur les lieux d’une équipe médicale et d’aide psychologique dans un délai de trois minutes.

« Nous étendrons le dispositif sur les ponts enjambant le fleuve Han si les tests conduits jusqu’en mars se révèlent positifs », a déclaré un responsable de la municipalité en charge du projet. Un des deux ponts choisis pour la période d’essai est le Mapo, un endroit choisi par 90% des 196 personnes ayant choisi de se tuer en sautant d’un pont à Séoul en 2012.

En septembre dernier, la municipalité avait installé des panneaux sur ce lieu, portant des messages tels que « La plus belle partie de votre vie est à venir » ou encore « Les soucis ne sont pas importants ». Au milieu de pont se dresse la statue d’un homme mûr qui conforte un plus jeune à l’air inquiet, en lui pinçant la joue et plaçant un bras protecteur autour de ses épaules.

La Corée du Sud affiche le taux de suicide le plus élevé des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), avec 33,5 personnes pour 100.000 choisissant d’en finir avec la vie, selon les chiffres de 2010. Le pays se situe loin devant la Hongrie (23,3) et le Japon (21,2), 2e et 3e respectivement dans ce classement. La pression scolaire et professionnelle, un développement économique à marche forcée et la disparition du modèle familial traditionnel sont évoqués pour expliquer le taux de suicide record. S’y ajoute la réticence à demander de l’aide, dans une société qui prône le stoïcisme.

Leur presse (Agence Faut Payer, 10 janvier 2013)

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[Flics, porcs, assassins / Abdelhakim Ajimi] « Mais qui a fait ces gestes qui ont causé la mort », sinon Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin ?

Affaire Ajimi : le procès des policiers s’ouvre en appel à Aix

Deux fonctionnaires de la BAC de Grasse et un policier municipal de la commune, condamnés il y a un an à des peines de prison avec sursis après la mort de Hakim Ajimi lors de son interpellation, comparaissent depuis ce lundi matin devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi (à droite), ce midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence

Le procès en appel de trois policiers ayant participé à l’interpellation fatale à Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse, s’est ouvert ce lundi matin à Aix-en-Provence, dans une salle pleine à craquer. Une partie de la famille de la victime, des membres du comité « Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi » et des militants des droits de l’homme qui s’étaient rassemblés samedi sur les lieux du drame, mais également une dizaine de policiers ont fait le déplacement jusque dans les Bouches-du-Rhône.

« On déplore tous la fin tragique »

Il y a tout juste un an, les trois prévenus avaient été reconnus coupables. Les deux fonctionnaires de la BAC, pour homicide involontaires, avait été condamnés à 18 et 24 mois de prison avec sursis. Ils ont depuis quitté la BAC mais exercent toujours au commissariat de Grasse. L’agent de la police municipale de Grasse à 6 mois avec sursis pour « non-assistance à personne en danger ». Tous ont fait appel de ce jugement.

Qui a fait ces gestes qui ont causé la mort

« On déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention. Dans cette affaire je n’ai fait que mon métier » lance à la barre le premier policier appelé à déposer. « Quand monsieur Ajimi se rebellait je serrais, quand il se calmait je relâchais… Je fluctuais » explique le second fonctionnaire, celui qui maintenait la victime au cou, avec une clé de bras.

La défense va plaider la relaxe en développant cet argument de gestes « enseignés en école de police ». Dans une affaire similaire dans le Doubs, quatre policiers ont bénéficié d’un non-lieu le 7 janvier dernier. « Mais qui a fait ces gestes qui ont causé la mort ? » lance l’avocat d’Hakim Aijim, Me Henri Leclerc, aux trois prévenus. Silence gêné à la barre.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : trois policiers, condamnés à des peines avec sursis, rejugés à Aix

Trois policiers, condamnés de 6 à 24 mois de prison avec sursis pour leur implication dans une interpellation musclée qui avait conduit en 2008 à Grasse à la mort d’Hakim Ajimi, 22 ans, seront rejugés lundi par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Des personnes participent, le 11 mai 2008 à Grasse, à une marche silencieuse pour rendre hommage à Abdelakrim Ajimi, mort le 9 mai 2008 peu après son interpellation par la police.

Le 24 février 2012, deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) du commissariat de Grasse, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Le second plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Jim Manach, un policier municipal, avait été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger et condamné à six mois de prison avec sursis.

En revanche, quatre autres policiers, appartenant à une unité de police-secours et accusés du même chef, avaient été relaxés en première instance.

Le jeune homme de 22 ans était mort asphyxié le 9 mai 2008, les deux policiers auxquels il avait violemment résisté ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Les deux policiers avaient dans un premier temps été blanchis, en mai 2010, après une ordonnance de non-lieu. Mais le procureur de la République de Grasse Jean-Michel Cailliau avait fait appel. Et la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait alors renvoyé l’affaire en correctionnelle.

L’avocat de la famille d’Hakim Ajimi, Me Franck De Vita, qualifie la décision du tribunal correctionnel de Grasse de « remarquable », ajoutant que la famille attend « avec sérénité » une confirmation du jugement de première instance.

La famille « a eu gain de cause » et le jugement a été « motivé de manière parfaite, (…) rien n’a été laissé au hasard », a-t-il estimé, interrogé par un correspondant de l’AFP à quelques jours du procès à Aix.

Sereine certes, mais déterminée à ne pas relâcher la pression, comme le démontre la manifestation de soutien organisée samedi après-midi à Grasse sur le « lieu du drame » par le comité Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi.

Le comité avait à plusieurs reprises tenté de mobiliser l’opinion en organisant des manifestations à Grasse avant le procès de première instance. Cette mobilisation ne devrait pas faiblir pendant ce procès en appel, promet le comité dans un communiqué.

« L’instruction a été une punition pour la famille Ajimi. Elle n’a jamais compris pourquoi ces policiers avaient été pendant des années placés sous le statut de témoin assisté alors qu’ils avaient commis ce délit d’imprudence caractérisée », alors « elle ne va pas relâcher la pression maintenant », a expliqué Me De Vita.

Les trois policiers rejugés abordent quant à eux ce procès en appel « avec confiance et détermination, a assuré au correspondant de l’AFP Me Joël Blumenkranz, l’un de leurs avocats.

« Depuis le premier jour, ils ont toujours indiqué qu’ils n’avaient fait que ce que la loi leur commandait, qu’ils n’ont pratiqué que les gestes qui leur avaient été enseignés, qu'(…)aucun signe ne leur permettait de savoir que M. Ajimi était en détresse », a-t-il ajouté.

La défense va donc plaider leur « relaxe pure et simple », a conclu le conseil. Le procès doit durer deux jours et la décision du tribunal être mise en délibéré.

Leur presse (Liberation.fr, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : confirmation de peine requise contre les policiers de la Bac

AIX-EN-PROVENCE (AFP) – Dix-huit et 24 mois de prison avec sursis ont été requis lundi contre deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Grasse, rejugés par la cour d’appel d’Aix-en-Provence après la mort en 2008 d’un jeune homme lors d’une interpellation violente.

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Manifestation des proches d’Abdelhakim Ajimi en 2010 à Grasse.

Dans un prétoire bondé, le ministère public a requis pour ces deux fonctionnaires, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, l’équivalent des peines auxquelles ils avaient été condamnés en première instance.

Le 24 février 2012, les deux fonctionnaires avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Walter Lebeaupin, le plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Le ministère public s’est montré légèrement plus clément lundi pour un troisième policier, rejugé en appel pour non-assistance à personne en danger, Jim Manach, requérant contre lui quatre mois avec sursis, alors qu’il avait écopé d’une peine de six mois avec sursis.

Hakim Ajimi, 22 ans, était mort asphyxié le 9 mai 2008 lors de son interpellation, les deux policiers auxquels il résistait ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Il a été « évacué comme un paquet encombrant », s’est insurgé lundi le procureur Pierre Cortès dans son réquisitoire, reprochant aux policiers un « usage persistant de la force » lui semblant « illégitime ».

« Si vous relâchiez votre étreinte, que se serait-il passé ? Pas grand chose en réalité », a-t-il asséné à leur endroit.

L’un des prévenus, Jean-Michel Moinier, a expliqué n’avoir fait « que (son) métier ». « Malheureusement, on déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention », a-t-il estimé, interrogé en marge de l’audience.

Mais pour Me Henri Leclerc, avocat de la famille Ajimi, il y a eu, à n’en pas douter, « un usage complètement disproportionné de la force ». « Je continue à penser qu’il y a une responsabilité des policiers », mais aussi « une responsabilité de l’État » par rapport à la formation des personnels de police, a-t-il expliqué.

« Quand quelqu’un est entre les mains de la police, la police a la responsabilité de la vie de cette personne », a-t-il encore estimé.

Plus tôt, le père du jeune homme décédé, Boubaker Ajimi, interrogé par la presse, avait fait part de ses espoirs et témoigné de sa lassitude, cinq ans après les faits: « On attend des sanctions plus fermes. Comme ça, ça s’arrêtera là, parce qu’on est fatigué ».

Autour de lui, des membres du comité « Vérité et justice pour Hakim Ajimi », des membres de la Ligue des droits de l’Homme et des proches s’étaient réunis. Plusieurs dizaines de personnes venues réclamer « Justice pour Hakim Ajimi », comme en attestaient leurs banderoles installées devant la cour d’appel.

La séance a été levée en milieu d’après-midi. Le procès devait reprendre mardi après-midi avec les plaidoiries de la défense.

La décision de la cour sera mise en délibéré.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 14 janvier 2013)

 

Ajimi : prison avec sursis requise en appel contre les policiers

La partie civile et le ministère public ont estimé, ce lundi après-midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, que l’interpellation s’est éternisée jusqu’à conduire au décès accidentel d’Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse. Le parquet demande la confirmation des peines de prison avec sursis prononcées à Grasse.

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Me Henri Leclerc, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

« Comment peut-on en arriver là [au décès d’Hakim Ajimi] sans aucune infraction pénale ? » demande Me Franck de Vita, l’un des avocats de la famille Ajimi, constituée partie civile au procès des trois policiers de Grasse jugés en appel, après leur condamnation à des peines de prison avec sursis il y a un an dans les Alpes-Maritimes. Le 9 mai 2008, ils avaient procédé à une interpellation particulièrement difficile et violente de Hakim Ajimi. Le jeune homme de 22 ans n’y avait pas survécu.

Les policiers ont « perdu la boule »

« Pourquoi maintenir la compression sur son thorax alors qu’il est entravé aux mains et aux pieds ? », poursuit l’avocat du barreau de Nice, avant d’avancer une explication : l’épaule démise d’un des agents au début de l’interpellation, la douleur et la colère qui en résultent… « C’est le prototype de l’homicide par imprudence, par quelqu’un qui perd la boule, lâche Me Henri Leclerc. En même temps qu’ils l’immobilisaient, ils le tuaient ! »

« Tout va changer d’une seconde à l’autre »

L’avocat général ne conteste pas cette analyse. « La force est légitime au départ. Il y a un délitement progressif, ce jeune homme est manifestement affaibli. L’usage persistant de la force devient alors illégitime… Tout va changer d’une seconde à l’autre ». Le magistrat du parquet parle d’ »entêtement » des policiers de la BAC. En conséquence, il demande des peines identitiques a celles prononcées à Grasse contre les fonctionnaires : 18 et 24 mois de prison avec sursis. Contre le policier municipal également impliqué, il demande seulement 4 mois avec sursis. Les plaidoiries de la défense doivent débuter ce mardi 14 heures.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 15 janvier 2013)

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[Afrique du Sud] Nouvelles de la grève des ouvriers agricoles (14 janvier 2013)

Afrique du Sud : Nouveaux heurts entre ouvriers agricoles en grève et policiers

La police sud-africaine a tiré lundi des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre des ouvriers agricoles en grève pour leurs salaires dans la région viticole du Cap occidental (sud-ouest), où les violences ont repris après quelques jours d’accalmie, a déclaré la police.

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Des policiers sud-africains tirent des balles en caoutchouc sur des ouvriers agricoles en grève, le 14 janvier 2013 à Villiersdorp (100 km au nord du Cap).

Des dizaines d’ouvriers ont jeté des pierres contre des policiers et des journalistes dans les rues de Villiersdorp, pittoresque ville située à une centaine de kilomètres à l’est du Cap.

Les grévistes, dont la plupart sont des employés saisonniers selon les fermiers, réclament un doublement de leur salaire minimum journalier de 69 à 150 rands (6 à 13 euros) dans cette région du Cap occidental, principale zone de production viticole et de fruits et légumes d’Afrique du Sud.

Plus tôt, la police avait utilisé une grenade incapacitante pour disperser un groupe de grévistes dans la ville voisine de De Doorns, l’épicentre des grèves qui se sont accompagnées de violences la semaine dernière.

En réponse à ces heurts, la police a renforcé sa présence dans cette ville, déployant au moins six véhicules blindés.

« À environ trois heures du matin (01H00 GMT, lundi), des officiers de police en patrouille à pied ont été attaqués à De Doorns par un groupe de gens », a déclaré un porte-parole de la police, November Filander.

La police a « utilisé une grenade incapacitante pour disperser le groupe », a-t-il précisé à l’AFP, ajoutant que trois personnes avaient été arrêtées.

La principale autoroute reliant le Cap à Johannesburg, la capitale économique du pays, est restée fermée pour le sixième jour consécutif lundi en raison des protestations.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/04.jpeghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/01/022.jpegLa situation s’était calmée au cours du week-end dans l’attente de négociations, mais celles-ci n’ont rien donné et les syndicats ont décidé de poursuivre les grèves, entamées en novembre, qui pourraient mettre en péril les vendanges.

« Le message est que la grève va continuer », a dit le secrétaire général du syndicat des travailleurs agricoles Bawsi, Nosey Pieter.

Durant le week-end, des médiateurs du gouvernement ont proposé de faciliter les discussions.

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La police avait déjà tiré la semaine dernière des balles en caoutchouc contre des manifestants qui lançaient des pierres. Au moins 125 personnes ont été arrêtées en trois jours de heurts.

La région du Cap occidental fournit près de 60% des exportations agricoles sud-africaines, et emploie au total presque 200.000 ouvriers.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer / Slate Afrique, 14 janvier 2013) via Solidarité ouvrière

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[PCC dégage !] Nouvelle immolation dans le comté de Xiahe (Gansu)

Chine : première immolation d’un Tibétain cette année

Un Tibétain s’est immolé pour protester contre la domination chinoise sur la région autonome chinoise du Tibet, première immolation de cette année et portant leur nombre à 96 depuis 2009, ont indiqué dimanche une organisation de défense des droits de l’Homme et Radio Free Asia.

L’homme s’est immolé par le feu samedi en début d’après-midi, ont indiqué la radio, basée aux États-Unis, et l’organisation Free Tibet, basée à Londres.

Les faits se sont produits à Xiahe, un comté de la province du Gansu (ouest), appelée Sangchu en tibétain.

La dépouille de l’homme, identifié par un simple nom, Tsebe ou Tseba, a été ramenée à son village à quelque 4 km de l’endroit où il s’était immolé après une manifestation, selon Free Tibet.

Selon l’ONG, il avait à peine plus de 20 ans. Selon les sources citées par Radio Free Asia, il était âgé de 19 ans.

Depuis 2009, plus de 90 Tibétains ont mis le feu à leurs vêtements, et la plupart sont morts, pour protester contre la domination chinoise dans la région himalayenne. Radio Free Asia estime le nombre exact à 96, dont de nombreux moines et nonnes.

Les précédentes immolations rapportées datent des 8 et 9 décembre : le 8 décembre, deux jeunes Tibétains s’étaient immolés, un dans la préfecture d’Aba de la province du Sichuan, qui concentre la majorité de ces faits, et l’autre dans la province voisine du Gansu.

Le 9 décembre, une lycéenne tibétaine de 16 ans s’était suicidée par le feu, dans la province du Qinghai (nord-ouest), selon l’agence officielle Chine nouvelle.

La fréquence des immolations s’était accrue à l’automne dernier, avant la tenue du Congrès du parti communiste chinois, qui avait nommé Xi Jinping chef du PCC, un changement à la tête du pays qui n’a lieu que tous les 10 ans.

De nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han dans la région du Tibet, l’ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

Pékin réfute ces allégations, estimant que les Tibétains bénéficient d’une liberté de culte. Le gouvernement met l’accent sur les importants investissements consacrés à la modernisation du Tibet, et à une meilleure qualité de vie pour ses habitants.

Il accuse le dalaï lama d’inciter les Tibétains à s’immoler et les tribunaux chinois ont menacé de poursuivre pour « homicide volontaire » les auteurs de ces incitations, selon la presse officielle.

Presse combustible (Agence Faut Payer, 13 janvier 2013)

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« Cela fait tout de même beaucoup d’officiers de très haut rang (parmi les plus importants) autour de cette manif du 13, et dont l’un reste aujourd’hui, le général Puga, en fonction aux côtés de François Hollande »

Manifestation contre le mariage pour tous du 13 janvier 2013, ambiance Travail, Famille, Patrie. Le mélange des genres est au rendez-vous !

(…) Jusque-là tout semble être dans la logique des choses, que l’extrême-droite se mobilise autour de sujets très fédérateurs chez eux (la famille, le mariage…). Mais en y regardant de plus près, on découvre certains éléments passés sous silence assez surprenants.

Prenons par exemple l’un des conseillers du comité de pilotage de la « manif pour tous », Bruno Dary. Ce général, ancien gouverneur militaire de Paris, en fonction jusqu’à l’été dernier a été approché par les organisateurs de la manif pour s’appuyer sur son expérience dans l’organisation de défilé (dont celui du 14 juillet) et ses contacts avec la préfecture de police de Paris.

Si l’on regarde du côté de l’extrême droite, on trouve l’abbé Denis Puga, un très proche de Civitas puisque officiant à St-Nicolas du Chardonnet aux côtés de l’Abbé Beauvais, l’abbé aux rangers, et dont le frère n’est autre que l’actuel chef d’état-major de Hollande (nommé sous Sarkozy, et maintenu par le nouveau pouvoir), le Général Benoît Puga !

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Or il se trouve que ces deux hommes, le général Dary et le général Puga se connaissent très bien, et depuis fort longtemps. Tous deux sont en effet passés par le 2e REP (Régiment Étranger de Parachutistes), et sauteront ensemble sur Kolwezi en 1978. On peut penser que cela doit rapprocher deux hommes de cette trempe !!

Si on doutait encore de leur proximité, le discours d’adieu (aux armes) du général Dary du 16 juillet dernier nous rappellera que c’est ensemble qu’ils ont accueilli le Président Sarkozy pour le défilé du 14 juillet, l’un en tant que Chef d’état-major des Armées, l’autre en tant que Gouverneur Militaire de Paris.

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Les paras sautent sur Kolwezi (L’Assiette au beurre, n°144, 2 janvier 1904)

Si on rajoute à cela quelques personnalités tels que Dominique Chrissement, général (CR) ancien chef d’état major de la zone de défense d’Ile-de-France et ancien secrétaire général de Civitas, ou encore l’Amiral François de Penfentenyo ancien président de Civitas (laissant la place à Alain Escada en mai 2012 tout en restant aujourd’hui son président d’honneur), cela fait tout de même beaucoup d’officiers de très haut rang (parmi les plus importants) autour de cette manif du 13, et dont l’un reste aujourd’hui, le général Puga, en fonction aux côtés de François Hollande !!

(…) Avec de tels amis, et un chef d’état-major tel que celui présenté plus haut, pas de doute Hollande est bien entouré pour faire passer ce projet de loi !!!

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Hommage national aux soldats morts en Afghanistan aux Invalides le 13 juin 2012. Derrière Hollande, Benoît Puga.

REFLEXes, 10 janvier 2013 (article complet avec notes de bas de page sur le site)

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[Lyon] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme !

Lyon : la permanence de Gérard Collomb vandalisée

Une plainte a été déposée, ce lundi matin, suite à l’acte de vandalisme dont a été l’objet la permanence parlementaire de Gérard Collomb, situé dans le 3e arrondissement de Lyon.

Samedi, vers 17 heures, un ou plusieurs individus s’en sont pris au local situé rue Duguesclin dans le 3e arrondissement de Lyon. Un projectile a été lancé en direction de la porte vitrée de la permanence qui a volé en éclat. Les bureaux du sénateur socialiste étaient vides à cette heure-là.

Leur presse (LeProgres.fr, 14 janvier 2013)

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Dissolution de la CGT Pénitentaire de Roanne

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Nous avons reçu par hasard cette information de l’auto-dissolution de la CGT Pénitentiaire de Roanne. Très heureux de cette bonne nouvelle, nous l’avons fait suivre au journal local, à la CGT Pénitentiaire et à la CGT générale et quelques-unes de ses antennes.

Nous avons glissé dans les boîtes aux let­tres de quel­ques 1348 habi­tants de la ville (dont le SPIP, situé 97 rue du Baron Marais, et la Bourse du Travail) le tract sui­vant, qui reprend l’infor­ma­tion que la CGT Pénitentiaire de Roanne nous avait fait suivre. Nous ima­gi­nons que cette antenne syn­di­cale, emplie de bonnes réso­lu­tions, a main­te­nant fort à faire, et c’était un plai­sir pour nous que de l’aider dans cette tâche infor­ma­tive.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Ces der­niers mois plu­sieurs évènements sont venus per­tur­ber le fonc­tion­ne­ment du centre péni­ten­tiaire : lettre de reven­di­ca­tions écrite par les déte­nus et rendue publi­que, actes de rébel­lion isolés et col­lec­tifs (notam­ment tour­nés contre le per­son­nel péni­ten­tiaire), comme par exem­ple le blo­cage sur­venu en juillet dû à un refus par quatre déte­nus de remon­ter de pro­me­nade, qui a fait un scan­dale média­ti­que.

Tout cela a amené la direc­tion du centre péni­ten­tiaire à pren­dre des mesu­res visant à réta­blir l’ordre au sein du CD, met­tant en place une poli­ti­que de dur­cis­se­ment des régi­mes de déten­tion (aug­men­ta­tion mas­sive des fouilles en cel­lu­les et des fouilles au par­loir, com­mis­sion dis­ci­pli­naire au moin­dre écart du règle­ment inté­rieur don­nant lieu à de consé­quents allon­ge­ments de peine).

En tant que sur­veillants péni­ten­tiai­res, nous nous sommes retrou­vés en pre­mière ligne lors de la mise en appli­ca­tion de ces mesu­res. Nous avons dû affron­ter la colère des déte­nus face à la stricte appli­ca­tion, sou­vent absurde, du règle­ment inté­rieur. Nous nous ren­dons bien compte que durcir les mesu­res répres­si­ves contre les pri­son­niers ne peut que géné­rer un égal dur­cis­se­ment de la haine qu’ils nous vouent, cela est dif­fi­cile à dire, mais cer­tai­ne­ment à juste titre.

C’est une chose qu’il n’est pas facile à s’avouer, mais nous pre­nons aujourd’hui cons­cience de ce que signi­fient nos gestes pro­fes­sion­nels lors­que nous ne fai­sons « que notre métier »… Métier qui consiste prin­ci­pa­le­ment à main­te­nir des per­son­nes enfer­mées, loin de leur entou­rage dont la vie s’en trouve également lour­de­ment impac­tée. Nous réa­li­sons aujourd’hui que notre métier par notre simple pré­sence, nos remar­ques, nos contrô­les per­ma­nents, par nos fouilles, nos intru­sions dans les moments de par­loirs, nos chan­ta­ges, etc… est à l’ori­gine même du climat de ten­sion que nous cher­chons à contrô­ler.

Et même pour ceux d’entre nous qui avaient la pré­ten­tion d’être « humains », il nous est clai­re­ment apparu que notre métier, si c’en est encore un, est clai­re­ment vec­teur de tor­tu­res et ne vou­lons plus par­ti­ci­per à celles-ci. Participant à l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire, nous sommes direc­te­ment res­pon­sa­bles de toutes les morts en prison. Nous nous sommes battu pen­dant des années en récla­mant des effec­tifs et des moyens pour faire notre métier dans de bonnes condi­tions. Nous savons main­te­nant qu’il n’y a pas de bonnes condi­tions et que l’enfer­me­ment n’a pas de visage humain.

Nous sommes réduits à de sim­ples bâtons de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire et ce tra­vail n’est plus tena­ble. Aussi parce qu’il s’avère que les pra­ti­ques d’affron­te­ment et d’humi­lia­tion devien­nent des méca­nis­mes qui s’ins­tal­lent en nous et bien­tôt il n’est plus pos­si­ble de lais­ser le maton au ves­tiaire lorsqu’on rentre chez soi. Cela nous paraît aujourd’hui une évidence : la prison ne règle aucun pro­blème, ne sert qu’à isoler, tor­tu­rer, briser les indé­si­ra­bles et faire peur à ceux qui rêvent à autre chose que le métro boulot dodo dans cette société qui ne sait plus com­ment gérer les pro­blè­mes qu’elle génère. Les cages mêmes dorées sont insup­por­ta­bles.

Après de nom­breu­ses dis­cus­sions avec l’ensem­ble du per­son­nel sur­veillant péni­ten­tiaire, nous vous fai­sons part de notre déci­sion de dis­sou­dre la sec­tion syn­di­cale de Roanne ainsi que de notre démis­sion. Suite à ça nous pro­po­sons à tous les sur­veillants de démis­sion­ner et raser la prison. Nous vous infor­mons que la des­truc­tion de la prison occa­sion­nera du bruit, de la pous­sière et pro­ba­ble­ment de nom­breux cris de joie, et ce pen­dant un temps indé­ter­miné.

Nous invi­tons chaque per­sonne qui le sou­hai­te­rait à nous rejoin­dre pour ce grand projet de des­truc­tion libé­ra­teur. Nous nous adres­sons à chacun pour rendre ce qui leur est dû à Georges Boyer, direc­teur du centre de déten­tion, Bertrand Arnoud, major au centre de déten­tion et délé­gué grande bouche de la CGT péni­ten­tiaire, qui tente depuis la fin de l’été de faire régner la ter­reur et fait vivre un enfer aux pri­son­niers. En sou­hai­tant être rejoints pro­chai­ne­ment par l’ensem­ble de la pro­fes­sion.

L’ex CGT-péni­ten­tiaire vous pré­sente ses meilleurs vœux pour l’année 2013

Rebellyon, 14 janvier 2013

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] « Ben Guerdane ne tolère pas l’humiliation »

Des déclarations de Jebali provoquent de nouveaux affrontements à Ben Guerdane

Une marche a dégénéré, hier samedi, en violents affrontements entre des protestataires et les forces de l’ordre, à Ben Guerdane, à l’issue d’un meeting populaire organisé à la maison de la culture, suite aux déclarations du chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, en visite de travail en Libye.

Des syndicalistes et des participants ont déclaré à l’agence TAP que cette marche visait à dénoncer les déclarations du chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, lors d’une conférence de presse à Ghedames (Libye). Le chef du gouvernement provisoire avait souligné que « l’État ne pardonnera pas les agissements des émeutiers, des trafiquants de drogue et des personnes qui attaquent les établissements de l’État ».

Ils ont qualifié ses propos de « véritable humiliation infligée aux habitants de Ben Guerdane ». Un responsable syndical a révélé qu’à l’heure où les habitants de la région aspirent à une « position judicieuse du gouvernement pour apaiser la colère et calmer les esprits des citoyens », le chef du gouvernement provisoire « a émis des propos qui offensent les habitants de la région et déconsidèrent leurs revendications légitimes au développement et à la lutte contre l’exclusion ».

Dans une ambiance de colère et de vive agitation, les protestataires ont réitéré le slogan « Ben Guerdane ne tolère pas l’humiliation » et ont incendié de nouveau le siège du commissariat de police, après le retrait total des forces de l’ordre.

Publié par des ennemis de la révolution (Webdo, 13 janvier 2013 – 1h09)

 

Tunisie : nouveaux heurts entre manifestants et policiers près de la Libye

Ben Guerdane (Tunisie) – De nouveaux heurts ont opposé des manifestants à la police samedi à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, des violences nourries par les frustrations sociales en Tunisie qui fêtera lundi les deux ans de sa révolution dans un climat de tensions.

Des dizaines de jeunes, excédés par leurs conditions de vie et le chômage, se sont rassemblés dans la matinée face au commissariat qu’ils avaient incendié jeudi et ont lancé des pierres en nombre sur les policiers qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, selon un journaliste de l’AFP sur place.

En fin d’après-midi, les policiers ont quitté le poste pour se réfugier dans les locaux de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie, et un semblant de clame est revenu dans cette ville du sud de la Tunisie.

Les slogans des émeutiers visaient en particulier le parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement et dont le siège dans la ville a aussi été saccagé et pillé cette semaine.

« Ben Guerdane est libre », (le Premier ministre islamiste Hamadi) « Jebali dehors ! », scandaient ces manifestants, masqués pour la plupart, alors que de tels heurts éclatent presque quotidiennement depuis dernier dimanche.

Une réunion de conciliation pour tenter de trouver une solution à la crise a échoué en milieu de journée, selon Amar Hamdi, le dirigeant de la branche locale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), principal syndicat du pays.

Les autorités présentent les évènements comme un problème sécuritaire alors que nous réclamons des projets de développement, a-t-il dit, dénonçant le fait qu’aucun membre du gouvernement n’est venu à Ben Guerdane pour essayer de résoudre le problème.

Les violences y ont éclaté dimanche après une manifestation réclamant la réouverture de la frontière tuniso-libyenne, fermée depuis début décembre à l’initiative de la Libye et bloquant le commerce transfrontalier, une source de revenu importante pour la région.

Le Premier ministre tunisien a obtenu la réouverture jeudi du point de passage voisin de Ras Jdir, mais la contestation ne s’est pas pour autant essoufflée.

Le commissariat, le siège de la douane, les locaux d’Ennahda ainsi qu’un marché ont été saccagés, alors que les jeunes manifestants réclament des mesures de lutte contre le chômage et la misère.

Nous ne voulons pas que la réouverture de Ras Jdir, nous voulons des projets de développement, a dit à l’AFP l’un des manifestants.

Les mouvements sociaux dégénérant en violences se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, compte tenu des espoirs socio-économiques déçus après la première des révolutions du printemps arabe qui fêtera lundi ses deux ans.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 12 janvier 2013 – 18h40)

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[Révolution tunisienne] Trois cent manifestants avenue Bourguiba : « Nous voulons que ce nouveau gouvernement dégage »

TUNISIE. « Nous voulons que ce nouveau gouvernement dégage »

À la veille du second anniversaire du départ du président Ben Ali, certains ont choisi de clamer leur mécontentement dans les rues de Tunis. De notre envoyée spéciale.

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« Nous voulons que ce nouveau gouvernement dégage » ou encore « la justice pour les martyrs ». Quelque trois cents personnes manifestent ce dimanche 13 janvier au soir sur l’avenue Bourguiba, au centre de Tunis, pour demander une plus grande justice sociale. Un rassemblement qui se déroule la veille des commémorations du second anniversaire de la révolution, qui mit fin à la dictature de Ben Ali, le 14 janvier 2011. Jeunes et moins jeunes, certains portant des photos des martyrs de la révolution, d’autres des bougies ou des drapeaux, ils parcourent l’avenue dans un sens puis dans l’autre, alors que sur le terre-plein central est organisé une série de concerts dans le cadre des festivités.

« Rien n’a changé » explique une dame qui défile au bras de son fils. « La mafia des Trabelsi [du nom de la femme du président Ben Ali, NDLR] a été remplacée par la mafia des islamistes » dénonce-t-elle. « Je ne demande pas le retour de l’ancien régime, entendez-moi bien. Ben Ali a tué mon père en l’enfermant en prison parce qu’il était islamiste », explique-t-elle. « Ceux qui sont au pouvoir en ce moment n’ont aucune expérience, ce sont des incapables » dénonce l’enseignante. « Ils veulent des postes c’est tout ! »

Une vision totalement partagée par un ancien militant du syndicat de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) à la retraite, Abdelahmed Nabouli. « Nous manifestons pour refuser les commémorations du 14 janvier. La révolution n’est pas terminée, il faut l’achever par une révolution culturelle sociale et scientifique » détaille-t-il, un drapeau tunisien à la main. « La vie est trop chère », renchérit un étudiant. « On discute de la Charia, du statut de la femme… et pendant ce temps-là les vrais problèmes perdurent : les prix grimpent, les gens n’ont pas de travail… où est la révolution ? »

Pour la mémoire des martyrs

Une grande partie des personnes à s’être rassemblées ce soir sont là pour demander justice pour les martyrs de la révolution, ces jeunes tués par les tirs des forces de l’ordre sur les manifestants anti-Ben Ali en 2011. Un groupe porte au-dessus de leurs têtes comme un cercueil entouré d’un linceul tâché de sang. « Les blessés de la révolution sont laissés pratiquement sans aide, les familles de victimes également, il n’y a eu aucun jugement des assassins », dénonce Aïcha, la cinquantaine. « Et vous voulez connaître le pire ? Ils nient même le fait qu’il y ait eu des snipers parmi les forces de l’ordre pour assassiner sciemment les manifestants. Le gouvernement actuel. Avec tous les témoignages qu’on a… » critique-t-elle. « C’est vraiment ne montrer aucun respect pour ceux à qui nous devons la révolution ».

De retour près du concert, certains parviennent à monter sur la scène, interrompant les spectacles. Quelques coups pleuvent. Rien de bien méchant. Il était presque l’heure de plier bagage pour les artistes. Mais certains regrettent : « Ce n’est pas ça la liberté d’opinion, ils pouvaient manifester sans tout interrompre. J’espère que tout se passera dans le calme demain. »

Presse contre-révolutionnaire (Céline Lussato, nouvelobs.com, 13 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] « Situation quasi-insurrectionnelle » à Thala

Une situation quasi-insurrectionnelle règne à Thala, ville du gouvernorat de Kasserine qui avait payé le plus lourd tribut à la révolution. Depuis le 8 janvier, jour anniversaire de la mort de cinq jeunes de la localité tombés en moins d’une heure sous les balles des forces de l’ordre, il y a deux ans, les manifestations succèdent aux manifestations et la ville est paralysée par une grève générale, en l’absence d’une présence policière suffisamment dissuasive.

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Photos : page Facebook de Nabil Sayhim

Des vidéos amateurs qui circulent sur les réseaux sociaux montrent d’imposantes manifestations de la population locale sur fond de revendications sociales et d’expression des impatiences qui s’exacerbent de plus en plus à l’approche des célébrations du 14 janvier. Partout, notamment sur toute la longueur de l’artère principale de la ville en forte déclivité, des barricades sont dressées et des pneus brûlent au milieu des clameurs d’une foule qui, sans cesse se reforme. Les accès nord et sud de Thala sont bloqués par d’énormes amas de pierrailles. Les slogans qui reviennent le plus dans les cris des manifestants et sur les banderoles réclament plus d’emploi, plus de développement et surtout, plus d’écoute des pouvoirs publics aux préoccupations immédiates de la population.

Certains ont même appelé à la désobéissance civile, ce qui a contribué à ajouter à la tension.

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Publié par des ennemis de la révolution (Leaders, 12 janvier 2013)

 

Thala célèbre toute seule ses martyrs

Thala (Gouvernorat de Kasserine) a célébré ce mardi 8 janvier, la journée du martyr. Les habitants de la ville semblaient bien isolés dans leur ferveur à commémorer leurs héros. En effet, la commémoration a été marquée par l’absence totale de tout représentant du gouvernement et de l’Assemblée Nationale Constituante, des composantes de la société civile et des médias.

C’est ce qu’a déploré Fathi Sayhi, le frère de l’un des martyrs de la ville sur les ondes de Mosaïque FM.

Commentaire :

Dora Saihi · Travaille chez Guide Touristique
Personne ne peut se présenter à Thala car ils savent tous que la colère et la douleur de ses habitants est à son paroxysme. Gouvernement de menteurs, de voleurs d’opportunistes… Les habitants de ce village méritent la reconnaissance totale car ils sont restés plus de 10 jours à faire face à la répression sans aucun recours et ce jusqu’à l’arrivée des militaires. THALA LA REBELLE, n’en est pas à son dernier mot !

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 8 janvier 2013)

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[Lille] Soutien aux sans-papiers

Soutien aux sans-papiers

Quarante et uns sans-papiers de Lille, trente cinq hommes et six femmes, sont au soixante-dixième jour de leur grève de la faim, ne se nourrissant que d’eau sucrée pour survivre, dormant à même le sol sur le parvis d’une église du secteur piétonnier. Chaque jour, les risques de séquelles augmentent. Face à eux, le gouvernement campe sur ses positions et expose les sans-papiers à des risques mortels. Dans plusieurs villes déjà, des rassemblements de soutien se sont tenus devant les locaux du PS, pour dénoncer cet aveuglement meurtrier.

Les sans-papiers, rassemblés dans le CSP59, réclament

• Le retour des deux sans papiers grévistes de la faim expulsés

• La réparation des effets du sarkozysme, promesse de Hollande

• La régularisation des sans papiers grévistes de la faim

• Le respect du droit du CSP59 et de tous les CSP à défendre les dossiers en préfecture

• La motivation des décisions préfectorales et l’exercice du droit à la défense argumentée des dossiers sur la base de l’accord DELARUE

• L’abrogation de la loi xénophobe CESEDA et une loi qui empêche par la régularisation globale que les patrons n’utilisent les sans papiers pour déréglementer le marché du travail.

L’initiative communiste-ouvrière soutient totalement les sans-papiers dans leurs revendications, et appelle à manifester devant les locaux du Parti socialiste en soutien aux sans-papiers de Lille et d’ailleurs.

Initiative communiste-ouvrière, 11 janvier 2013

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« En Afrique du Sud, chaque année, la police est responsable de la mort de milliers de personnes en détention et à la suite d’actions policières »

(…) vendredi [11 janvier] dans la région du Cap (…) La police anti-émeutes restait déployée en force et des routes étaient bloquées par des débris des affrontements de mercredi et jeudi où les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène à des jets de pierres de grévistes.

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A policeman patrols South Africa’s N1 Highway on January 11, 2013 near where police and striking farmworkers clashed.

Les ouvriers agricoles de la province du Cap occidental, principale zone de production viticole et de fruits et légumes d’Afrique du Sud, ont relancé mercredi leur grève débutée en novembre pour obtenir un doublement de leur salaire journalier de 70 à 150 rands (6 à 13 euros).

« Nous gardons l’espoir de trouver une solution à la grève. La grève continue mais des négociations démarrent aussi entre certains propriétaires agricoles et les syndicats », a dit Tony Ehrenreich, un responsable provincial de la principale confédération syndicale sud-africaine, la COSATU.

L’axe routier reliant la localité de De Doorns — où se sont produits les principaux affrontements, à 140 km à l’est du Cap — à Johannesburg, restait obstrué et on signalait des feux de pneus sporadiques mais pas de violences comparables à celles des derniers jours.

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Soixante-deux personnes au total ont été arrêtées cette semaine après les heurts dans la province du Cap occidental qui fournit près de 60% des exportations agricoles sud-africaines, et emploie près de 200.000 ouvriers permanents ou saisonniers.

La ministre du Travail Mildred Oliphant a appelé vendredi les syndicats à « bien réfléchir à ce à quoi ils exposent les travailleurs ».

Le gouvernement refuse jusqu’à présent d’intervenir, arguant du fait que la loi prévoit que le salaire minimum ne peut être relevé qu’une fois par an, et que la dernière augmentation date de mars 2012. (…)

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Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 11 janvier 2013)

 

« L’histoire de l’Afrique du Sud est marquée par la répression policière »

(…) Piers Pigou, directeur du projet Afrique du Sud à l’International Crisis Group à Johannesbourg, revient sur les questions du droit de grève en Afrique du Sud et la réponse apportée par la police aux grèves des ouvriers agricoles et des mineurs.

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Quelle est la législation relative au droit de grève en Afrique du Sud ? La grève des ouvriers agricoles était-elle illégale ?

La législation du travail et la Constitution sud-africaine reconnaissent le droit de grève. Toutefois, il y a des procédures à respecter pour user légalement de ce droit. Les ouvriers agricoles ne sont pas, dans leur vaste majorité, syndiqués. Ils seraient 10 % seulement à l’être. Il est donc difficile pour eux de respecter ces procédures, qui requièrent dans un premier temps que des  négociations aient lieu avec les patrons. Ce n’est qu’après l’échec reconnu de cette tentative de résolution des conflits qu’un vote peut avoir lieu dans le syndicat représentatif et être accepté par une majorité des représentants. Ainsi, en cas de destructions de biens, le syndicat est tenu pour responsable.

Ici, la confédération syndicale d’Afrique du Sud (Cosatu), joue un rôle représentatif mais elle a dit ne pas être en mesure de faire grand-chose, la plupart des ouvriers agricoles n’étant pas membres. Cette grève n’est pas illégale mais il y a eu des actions qui l’ont été comme des intimidations, des dommages sur les propriétés…

La question de la représentativité syndicale s’était également posée dans le cas de la grève des mineurs mais dans d’autres termes. Une partie des mineurs s’était désolidarisée des syndicats appartenant à la Cosatu pour rejoindre de nouvelles formations plus radicales dans leur langage. Ces formations ont accusé les syndicats de mineurs d’avoir fait trop de compromis avec les patrons.

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De Doorns, mardi 8 janvier. « Il faut tout de même dire que dans de nombreuses situations, la police fait face à des actions violentes et létales de la part des grévistes et manifestants. »

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La police anti-émeute ne réagit-elle pas de façon disproportionnée à ces grèves ?

L’histoire de l’Afrique du Sud est marquée par la violence avec laquelle les forces et les institutions policières répondent aux troubles sociaux, économiques et politiques. Il faut tout de même dire que dans de nombreuses situations, la police fait face à des actions violentes et létales de la part des grévistes et manifestants. Mais l’histoire est remplie de cas où la police a répondu de façon disproportionnée [sic – NdJL]. Ça a été clairement le cas l’année dernière lors de la grève des mineurs de Marikana qui s’est soldée par des morts.

La police n’est pas convenablement formée pour répondre à ce genre de manifestations sociales. Il y a trop d’exemples où la police a utilisé des moyens létaux alors que des moyens alternatifs étaient possibles.

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A twenty year old resident of De-Doorns showing wounds caused by rubber bullets, Western cape, South Africa, January 11, 2013.

Quelles mesures ont été prises à la suite de ces violences policières à Marikana ?

Une enquête criminelle a été ouverte, parallèlement à la commission d’enquête judiciaire Farlam. Je pense que personne ne sera surpris si rien ne sort de ces procédures judiciaires [sic – NdJL]. En Afrique du Sud, chaque année, la police est responsable de la mort de milliers de personnes en détention et à la suite d’actions policières. La police use communément de moyens létaux mais sa responsabilité n’est presque jamais mise en cause. L’Afrique du Sud a une histoire marquée par la répression policière, qui remonte à l’apartheid. Cela ne va pas changer après Marikana. On voit déjà les policiers arguer devant la commission d’enquête qu’ils ont agi ainsi car ils étaient menacés. Oui, il y avait une menace mais la question demeure de savoir si malgré cela, la réponse policière était appropriée.

Le problème de l’irresponsabilité de la police devant la justice est un important défi pour mettre sur pied une police professionnelle [sic – NdJL]. Un long chemin reste à parcourir.

Presse létale (propos recueillis par Hélène Sallon, LeMonde.fr, 11 janvier 2013)

 

Farmworker shot in face as strike turns riotous

A ringleader in the farmworkers’ strike in the Western Cape has been taken to hospital after he was shot in the face, allegedly by private security staff at a De Doorns farm.

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A young resident of De-Doorns showing his wound after being shot in face at close range by police with rubber bullets, Western cape, South Africa, January 11, 2013.

Police have been forced to fire rubber bullets at protesters pelting them with stones at De Doorns, while violence has also flared up at Grabouw and Clanwilliam.

Spokesperson of farm workers’ union, Bawusa, Nosey Pieterse, says the shooting occurred as the man was about to address protesters. « That man has been shot by the security police, a private security of one of these companies in the Hex Valley. He went to address workers there on the outside. They had a meeting outside and the security opened fire. He’s in hospital. » says Pieterse.

Police say they cannot confirm the incident.

Meanwhile police in the Hex River Valley, are continuing to fire rubber bullets at riotous farmworkers. Protesters are again blocking the N1 passing near the town. Hundreds of workers as well as children have taken to the highway blocking it with rocks and burning tyres.

Police have tried to disperse the crowd with rubber bullets, but defiant workers are retaliating with stones. Workers have also torn down road signs, as well as a mesh fence alongside the N1.

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The situation outside Clanwilliam remains tense as police are trying to stop a group of striking farmworkers from marching to the town centre. A large group of people from the nearby Khayelitsha informal settlement had embarked on a protest march to highlight their wage demand of 150 rand a day.

Senior police officers are trying to persuade the leaders of the demonstration that the action is illegal.

In Pineview, more than 200 protesters are burning tyres. Police say they are monitoring the situation. According to the police, no arrests have been made yet.  They say they managed to disperse other gatherings in various townships.  Some of the farm workers have threatened to deal with those workers who have turned up for work today.

More than 10 people in Grabouw are said to have been arrested yesterday.

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A man showing a wound made by a rubber bullet shot at him by the police, Western cape, South Africa, January 11, 2013.

Presse létale (SABC.co.za, 10 janvier 2013)

 

Workers threaten non-strikers

Unions are adamant they won’t back down from their demand for double daily wages for Western Cape farmworkers.

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Building and Allied Workers Union of South Africa (BAWUSA)’s James Cornelius said it was unfair so many workers were not participating in the industrial action.

“We’re disappointed in them because we feel we’re meant to support each other. As BAWUSA we support the workers [sic – NdJL], but some of the workers are not supporting their union.”

Agri SA claimed there was around an 80 percent turnout at most farms on Wednesday.

One worker admitted non-striking colleagues were intimidated in the Wolseley area.

“We have our plans. We don’t care about the police around us. We’ll make sure we’re peaceful, but we’re going to stop those farmworkers who are at work.”

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Another labourer said it is only fair farmers accede to their wage demands.

“We’ve been working on farms for years and can’t be paid R69 per day year in and year out.”

The chaotic farmworker strike, supported by disgruntled labourers in De Doorns, Grabouw, Citrusdal and Villiersdorp has entered its second day.

Labourers want an increase of R150.

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Meanwhile, Agri Wes-Cape said with it being harvest season in the grape and stone fruit industry the strike will have a definite impact on exports.

Agri Wes-Cape’s Portia Adams said the strike could not have happened at a worst time.

“It is toward the end of the stone fruit harvesting period and these products must be taken to harvesters. It’s important that the products are harvested and sent to market.”

She said the strikes happened smack in the middle of harvest season and they want it to end.

“We know that workers want to work [sic – NdJL] and we’re grateful for that. We are questioning the intentions of those people who are part of the strike. Is it really for a higher wage, or is it for something different?”

On Wednesday 50 people were arrested for public violence in connection with farmworker protests across the province. (…)

Presse esclavagiste (Regan Thaw & Chanel September, EWN via business.iafrica.com, 10 janvier 2013)

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[Marseille, Samedi 12 janvier] L’auto-organisation pour la justice face à la répression d’État

L’auto-organisation pour la justice face à la répression d’État
De Lahouari Ben Mohamed à Abdelhakim Ajimi

Rencontre-débat Samedi 12 janvier 2013 à partir de 18h
Centre Social l’AGORA (La Busserine – Marseille)

« Quand ces crimes continuent en toute impunité, il devient impérieux de se défendre. Collectivement. Par tous les moyens nécessaires. »

Mogniss H. Abdallah

L’organisation collective est une nécessité, face à la répression d’État et aux violences multiples de ses institutions (police/justice/prison), que subissent plus particulièrement les habitants des quartiers.

L’expérience nous apprend que seule l’action concertée du plus grand nombre peut aboutir à la mise en accusation de policiers ou de matons. Mais les poursuites judiciaires et, quand ils ont lieu, les procès qui leur sont intentés conduisent rarement à leur condamnation.

Pour autant, des moyens existent pour résister, riposter et faire entendre haut et fort nos voix.

Le 18 octobre 1980, Lahouari Ben Mohammed (Ayr), jeune homme de 17 ans d’origine marocaine, est abattu par le CRS J.-P. Taillefer, lors d’un contrôle d’identité cité des Flamants.

Grâce à une mobilisation efficace, le tribunal correctionnel de Marseille se déclare incompétent. Jugé aux assises d’Aix-en-Provence, Taillefer est condamné en 1987 à 10 mois de prison, dont 4 avec sursis.

Vingt-cinq ans après, le tribunal d’Aix-en-Provence sera à nouveau le lieu d’un procès similaire en correctionnelle, celui en appel des meurtriers d’Abdelhakim Ajimi (Ayr), tué le 9 mai 2008 à Grasse par des agents de la BAC, en présence d’autres policiers et de pompiers.

Il aura fallu toute la détermination de la famille Ajimi et du Comité Vérité & Justice pour Abdelhakim Ajimi pour que s’ouvre en janvier 2012 le procès des 7 policiers impliqués dans la mort d’Abdelhakim. W. Lebeaupin et J.-M. Moinier (BAC) et J. Manach (police municipale) sont condamnés à des peines de prison avec sursis.

Ils ont fait appel de cette décision devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence : les audiences, auxquelles tout le monde peut assister, auront lieu les lundi 14 et mardi 15 janvier 2013.

Face à l’arbitraire du pouvoir, nous pouvons nous organiser :

Rendez-vous samedi 12 janvier 2013 à partir de 18h
Au Centre Social l’AGORA
34, rue de la Busserine, 13014 Marseille
Tél : 04.91.02.37.31

en présence notamment de Yamina Benchenni (co-fondatrice de l’Association des femmes maghrébines en action), Élise Bonnefille (Comité Vérité & Justice pour Abdelhakim Ajimi), Rafik Chekkat (Collectif Vérité & Justice pour Jamal) et Mathieu Rigouste (auteur notamment de La domination policière, éditions La Fabrique, 2012), et des habitants de la Busserine et des Flamants.

Marseille Infos Autonomes, 10 janvier 2013

 

Justice pour Hakim
Arrêter la spirale de l’irresponsabilité policière

Depuis trop longtemps à présent, la liste des victimes des violences policières s’allonge. Depuis trop longtemps les policiers, responsables de cette hécatombe, sont épargnés de toute sanction, par des décisions de justice qui les innocentent. On peut dire ainsi que cette honteuse liste de morts par strangulation, tabassage et autres violences est directement le fruit pervers du discours xénophobe et stigmatisant de l’État qui avait prévalu à son sommet, ses agents se considérant protégés, comme dans d’autres époques de son histoire.

À Grasse, la mort de Hakim Ajimi par strangulation, lors de son interpellation par des agents de la BAC, a peut-être mis un coup d’arrêt à cette injustice, oh, certes, coup d’arrêt bien timide ! Ces agents, en effet, reconnus responsables de sa mort et renvoyés en Correctionnelle, n’ont été condamnés, à l’issue d’un réquisitoire sévère du procureur, qu’à des peines de quelques mois à 18 mois de prison avec sursis. Pour la mort d’un homme, c’est dérisoire et cela reste scandaleux !

Mais condamnés tout de même… Pourtant, ces hommes ayant fait appel, on peut craindre que le ronron de l’injustice retrouve ses marques et les absolve à Aix-en-Provence où ils seront à nouveau jugés lundi 14 et mardi 15 janvier.

Pour la LDH il est important que justice passe. Au nom de Hakim d’abord et de sa famille, mais aussi au nom de toutes les autres victimes que nous avons évoquées ci-dessus, dont les familles sont désespérées devant l’immunité dont profitent les policiers. Il est indispensable enfin qu’avec des sanctions justes, la police comprenne que dans les quartiers comme ailleurs, la seule voie pour elle, dans son aspiration légitime au respect de la part des populations est celle de la prise en considération du contrat républicain.

Pour qu’un jugement exemplaire soit rendu par la Cour d’Appel, la section Cannes-Grasse de la LDH appelle ses adhérents et ses amis à soutenir fortement le Comité Hakim Ajimi et pour cela à participer aux rassemblements qui se tiendront ce samedi 12 janvier à Grasse à 14:00 sur les lieux du drame, bd Victor Hugo et à Aix-en-Provence devant la Cour d’Appel lundi 14 et mardi 15 janvier 2013.

Cannes le 11 janvier 2013
Section Cannes-Grasse de la LDH

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