[Flics, porcs, assassins / Abdelhakim Ajimi] « Mais qui a fait ces gestes qui ont causé la mort », sinon Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin ?

Affaire Ajimi : le procès des policiers s’ouvre en appel à Aix

Deux fonctionnaires de la BAC de Grasse et un policier municipal de la commune, condamnés il y a un an à des peines de prison avec sursis après la mort de Hakim Ajimi lors de son interpellation, comparaissent depuis ce lundi matin devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi (à droite), ce midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence

Le procès en appel de trois policiers ayant participé à l’interpellation fatale à Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse, s’est ouvert ce lundi matin à Aix-en-Provence, dans une salle pleine à craquer. Une partie de la famille de la victime, des membres du comité « Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi » et des militants des droits de l’homme qui s’étaient rassemblés samedi sur les lieux du drame, mais également une dizaine de policiers ont fait le déplacement jusque dans les Bouches-du-Rhône.

« On déplore tous la fin tragique »

Il y a tout juste un an, les trois prévenus avaient été reconnus coupables. Les deux fonctionnaires de la BAC, pour homicide involontaires, avait été condamnés à 18 et 24 mois de prison avec sursis. Ils ont depuis quitté la BAC mais exercent toujours au commissariat de Grasse. L’agent de la police municipale de Grasse à 6 mois avec sursis pour « non-assistance à personne en danger ». Tous ont fait appel de ce jugement.

Qui a fait ces gestes qui ont causé la mort

« On déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention. Dans cette affaire je n’ai fait que mon métier » lance à la barre le premier policier appelé à déposer. « Quand monsieur Ajimi se rebellait je serrais, quand il se calmait je relâchais… Je fluctuais » explique le second fonctionnaire, celui qui maintenait la victime au cou, avec une clé de bras.

La défense va plaider la relaxe en développant cet argument de gestes « enseignés en école de police ». Dans une affaire similaire dans le Doubs, quatre policiers ont bénéficié d’un non-lieu le 7 janvier dernier. « Mais qui a fait ces gestes qui ont causé la mort ? » lance l’avocat d’Hakim Aijim, Me Henri Leclerc, aux trois prévenus. Silence gêné à la barre.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : trois policiers, condamnés à des peines avec sursis, rejugés à Aix

Trois policiers, condamnés de 6 à 24 mois de prison avec sursis pour leur implication dans une interpellation musclée qui avait conduit en 2008 à Grasse à la mort d’Hakim Ajimi, 22 ans, seront rejugés lundi par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Des personnes participent, le 11 mai 2008 à Grasse, à une marche silencieuse pour rendre hommage à Abdelakrim Ajimi, mort le 9 mai 2008 peu après son interpellation par la police.

Le 24 février 2012, deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) du commissariat de Grasse, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Le second plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Jim Manach, un policier municipal, avait été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger et condamné à six mois de prison avec sursis.

En revanche, quatre autres policiers, appartenant à une unité de police-secours et accusés du même chef, avaient été relaxés en première instance.

Le jeune homme de 22 ans était mort asphyxié le 9 mai 2008, les deux policiers auxquels il avait violemment résisté ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Les deux policiers avaient dans un premier temps été blanchis, en mai 2010, après une ordonnance de non-lieu. Mais le procureur de la République de Grasse Jean-Michel Cailliau avait fait appel. Et la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait alors renvoyé l’affaire en correctionnelle.

L’avocat de la famille d’Hakim Ajimi, Me Franck De Vita, qualifie la décision du tribunal correctionnel de Grasse de « remarquable », ajoutant que la famille attend « avec sérénité » une confirmation du jugement de première instance.

La famille « a eu gain de cause » et le jugement a été « motivé de manière parfaite, (…) rien n’a été laissé au hasard », a-t-il estimé, interrogé par un correspondant de l’AFP à quelques jours du procès à Aix.

Sereine certes, mais déterminée à ne pas relâcher la pression, comme le démontre la manifestation de soutien organisée samedi après-midi à Grasse sur le « lieu du drame » par le comité Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi.

Le comité avait à plusieurs reprises tenté de mobiliser l’opinion en organisant des manifestations à Grasse avant le procès de première instance. Cette mobilisation ne devrait pas faiblir pendant ce procès en appel, promet le comité dans un communiqué.

« L’instruction a été une punition pour la famille Ajimi. Elle n’a jamais compris pourquoi ces policiers avaient été pendant des années placés sous le statut de témoin assisté alors qu’ils avaient commis ce délit d’imprudence caractérisée », alors « elle ne va pas relâcher la pression maintenant », a expliqué Me De Vita.

Les trois policiers rejugés abordent quant à eux ce procès en appel « avec confiance et détermination, a assuré au correspondant de l’AFP Me Joël Blumenkranz, l’un de leurs avocats.

« Depuis le premier jour, ils ont toujours indiqué qu’ils n’avaient fait que ce que la loi leur commandait, qu’ils n’ont pratiqué que les gestes qui leur avaient été enseignés, qu'(…)aucun signe ne leur permettait de savoir que M. Ajimi était en détresse », a-t-il ajouté.

La défense va donc plaider leur « relaxe pure et simple », a conclu le conseil. Le procès doit durer deux jours et la décision du tribunal être mise en délibéré.

Leur presse (Liberation.fr, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : confirmation de peine requise contre les policiers de la Bac

AIX-EN-PROVENCE (AFP) – Dix-huit et 24 mois de prison avec sursis ont été requis lundi contre deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Grasse, rejugés par la cour d’appel d’Aix-en-Provence après la mort en 2008 d’un jeune homme lors d’une interpellation violente.

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Manifestation des proches d’Abdelhakim Ajimi en 2010 à Grasse.

Dans un prétoire bondé, le ministère public a requis pour ces deux fonctionnaires, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, l’équivalent des peines auxquelles ils avaient été condamnés en première instance.

Le 24 février 2012, les deux fonctionnaires avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Walter Lebeaupin, le plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Le ministère public s’est montré légèrement plus clément lundi pour un troisième policier, rejugé en appel pour non-assistance à personne en danger, Jim Manach, requérant contre lui quatre mois avec sursis, alors qu’il avait écopé d’une peine de six mois avec sursis.

Hakim Ajimi, 22 ans, était mort asphyxié le 9 mai 2008 lors de son interpellation, les deux policiers auxquels il résistait ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Il a été « évacué comme un paquet encombrant », s’est insurgé lundi le procureur Pierre Cortès dans son réquisitoire, reprochant aux policiers un « usage persistant de la force » lui semblant « illégitime ».

« Si vous relâchiez votre étreinte, que se serait-il passé ? Pas grand chose en réalité », a-t-il asséné à leur endroit.

L’un des prévenus, Jean-Michel Moinier, a expliqué n’avoir fait « que (son) métier ». « Malheureusement, on déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention », a-t-il estimé, interrogé en marge de l’audience.

Mais pour Me Henri Leclerc, avocat de la famille Ajimi, il y a eu, à n’en pas douter, « un usage complètement disproportionné de la force ». « Je continue à penser qu’il y a une responsabilité des policiers », mais aussi « une responsabilité de l’État » par rapport à la formation des personnels de police, a-t-il expliqué.

« Quand quelqu’un est entre les mains de la police, la police a la responsabilité de la vie de cette personne », a-t-il encore estimé.

Plus tôt, le père du jeune homme décédé, Boubaker Ajimi, interrogé par la presse, avait fait part de ses espoirs et témoigné de sa lassitude, cinq ans après les faits: « On attend des sanctions plus fermes. Comme ça, ça s’arrêtera là, parce qu’on est fatigué ».

Autour de lui, des membres du comité « Vérité et justice pour Hakim Ajimi », des membres de la Ligue des droits de l’Homme et des proches s’étaient réunis. Plusieurs dizaines de personnes venues réclamer « Justice pour Hakim Ajimi », comme en attestaient leurs banderoles installées devant la cour d’appel.

La séance a été levée en milieu d’après-midi. Le procès devait reprendre mardi après-midi avec les plaidoiries de la défense.

La décision de la cour sera mise en délibéré.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 14 janvier 2013)

 

Ajimi : prison avec sursis requise en appel contre les policiers

La partie civile et le ministère public ont estimé, ce lundi après-midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, que l’interpellation s’est éternisée jusqu’à conduire au décès accidentel d’Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse. Le parquet demande la confirmation des peines de prison avec sursis prononcées à Grasse.

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Me Henri Leclerc, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

« Comment peut-on en arriver là [au décès d’Hakim Ajimi] sans aucune infraction pénale ? » demande Me Franck de Vita, l’un des avocats de la famille Ajimi, constituée partie civile au procès des trois policiers de Grasse jugés en appel, après leur condamnation à des peines de prison avec sursis il y a un an dans les Alpes-Maritimes. Le 9 mai 2008, ils avaient procédé à une interpellation particulièrement difficile et violente de Hakim Ajimi. Le jeune homme de 22 ans n’y avait pas survécu.

Les policiers ont « perdu la boule »

« Pourquoi maintenir la compression sur son thorax alors qu’il est entravé aux mains et aux pieds ? », poursuit l’avocat du barreau de Nice, avant d’avancer une explication : l’épaule démise d’un des agents au début de l’interpellation, la douleur et la colère qui en résultent… « C’est le prototype de l’homicide par imprudence, par quelqu’un qui perd la boule, lâche Me Henri Leclerc. En même temps qu’ils l’immobilisaient, ils le tuaient ! »

« Tout va changer d’une seconde à l’autre »

L’avocat général ne conteste pas cette analyse. « La force est légitime au départ. Il y a un délitement progressif, ce jeune homme est manifestement affaibli. L’usage persistant de la force devient alors illégitime… Tout va changer d’une seconde à l’autre ». Le magistrat du parquet parle d’ »entêtement » des policiers de la BAC. En conséquence, il demande des peines identitiques a celles prononcées à Grasse contre les fonctionnaires : 18 et 24 mois de prison avec sursis. Contre le policier municipal également impliqué, il demande seulement 4 mois avec sursis. Les plaidoiries de la défense doivent débuter ce mardi 14 heures.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 15 janvier 2013)

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