Le catalogue des médias libres

Ouvrez grands les yeux et les oreilles, et oubliez les crapules de TF1, les réacs du Figaro ou les publicitaires de Libé ! Car, dans chaque ville, dans chaque région, des journaux, radios, maisons d’édition et sites web diffusent autre chose que la soupe libérale, people et sécuritaire. Nous, médias libres d’information comme de contre-information, indépendants économiquement, développons des points de vue aiguisés et subversifs sur le monde et les luttes sociales.

À quoi tient notre existence  ? Des bouts de ficelle par-ci, des coups de main par là, beaucoup d’huile de coude et très peu d’oseille… Ce catalogue est donc une invitation à nous découvrir, nous lire, nous cliquer, nous diffuser, nous écouter… ou nous imiter !

Nos médias libres sont divers et divergents. Mais nous sommes solidaires. Nous avons décidé, lors des rencontres de septembre 2011 à Forcalquier, de soutenir toute démarche de production d’information autonome, collective et militante. Nous refusons de répondre aux standards du commerce et de l’industrie pour partager des idées. Et nous voulons les partager le plus largement possible.

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Les coups foireux de Presstalis

Ha, la Résistance. Le plateau des Glières. Guy Moquet. Son Conseil national (CNR) qui promettait « liberté de la la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ». Ces attentes bien légitimes se sont partiellement concrétisées en 1947 par le vote de la loi Bichet qui garantissait aux titres de presse une diffusion nationale, équitable et solidaire au sein d’un système coopératif.

Au musée, toutes ces vieilleries  ! Fin 2010, en loucedé, Presstalis (ex-NMPP, l’une des deux sociétés de diffusion de presse) a sérieusement écorné le système de péréquation des coûts de distribution dont profitaient les titres d’information politique : les ventes des journaux à faible tirage payent à peine leur seule impression. Finies les petites exonérations, la diffusion inconditionnelle, et — honteux privilège — la logique de redistribution qui obligeait la presse à gros tirage à soutenir indirectement nos canards. Presstalis — qui, depuis juillet 2011, est composé de deux coopératives : une pour les magazines, l’autre pour les quotidiens — mise aussi sur des char­rettes de licenciement (225 en décembre 2010, la suite au prochain épisode) pour équilibrer son déficit chronique, d’où les grèves à répétition des ouvriers du syndicat du Livre. Les kiosquiers n’ont qu’à bien se tenir pour surnager dans ce marasme : la fermeture des points de vente est exponentielle.

Bien des journaux, revues, livres et objets biscornus se répandent déjà au prix de bidouilles et d’arpentages de pavés, pour le plaisir d’être autonome ou par nécessité (Afrique 21, Blabla, Le Postillon, Promedios, Timult, l’éditeur Le Monde à l’envers). L’auto-diffusion pourrait bientôt devenir la seule option possible pour partager et rendre visibles nos productions. Mais nous, on veut pouvoir choisir  !

Des libraires sur le marché…

Pour parvenir entre vos mains, certains d’entre nous (Z, Tahin Party) s’en remettent au circuit de diffusion du livre. Un vrai champ de bataille : les grandes surfaces veulent du chiffre, grignotées par les sociétés de vente sur Internet. Le livre numérique renforcera encore ces mégastructures capitalistes qui font du livre un objet de consommation culturelle, plutôt qu’un voyage ou un lien entre les gens et les idées. Les grands groupes de l’édition — dont certains appartiennent à des marchands d’armes — règnent presque sans partage sur le marché du livre. Mais il existe aussi des éditeurs et libraires indépendants, des imprimeurs militants, qui fabriquent des bouquins en papier, qui se battent pour que des livres différents existent, où l’esprit critique et le renversement de ce vieux monde ont toute leur place.

Les ondes sous les bombes

Ah, la Résistance. Radio Londres (« Les Français parlent aux Français »). Les postes à galène. Après la guerre, les ondes ont pourtant été bien verrouillées par l’ORTF. En 1981, quand il a libéralisé la bande FM, François Mitterrand ne s’inquiétait pas outre mesure de la liberté de parole des radios associatives, certain que l’argent y mettrait bon ordre. Trente ans après,  le cynisme présidentiel s’est vérifié, et le constat est sans appel : la bande FM est tenue et occupée par des radios commerciales ou d’État. Il y a peu de fréquences de liberté, de dissidence. Y en a pas une sur cent. Et pourtant elles existent, les radios libres ! Espaces de rencontres, de réflexions, relais de luttes en cours ou passées, elles sont un vecteur d’information singulier (Radio Canut à Lyon, Radio Zinzine en Provence). Elles permettent d’écouter d’autres musiques, d’autres créations sonores que la soupe commerciale, standardisée et répétitive que l’on entend des FM commerciales aux supermarchés.

Et elles s’inquiètent, ces radios, de la progression du projet de Radio numérique terrestre (RNT), qui sonnerait le glas de la bande FM et de l’autonomie de diffusion des radios libres.

Le net dans le viseur

Internet n’est pas à l’abri des censeurs et des marchands. Des dissidents (Indymedia, sonsenlutte.net, Rebellyon) squattent la toile pour diffuser une info plus réactive, collective et ouverte, propager l’actualité des luttes en cours et en archiver la mémoire. Plusieurs d’entre eux ont été poursuivis ou menacés de l’être, et les lois répressives comme Hadopi s’en prennent à ce nouveau terrain de lutte. Qui a dit qu’Internet était une zone de non-droit ? Qu’on se rassure : le droit triomphe ici aussi, et c’est toujours le pouvoir qui le rédige.

Nous resterons en zone libre !

Ce catalogue est un pas pour relier celles et ceux qui veulent propager leurs propres infos, pensées et critiques révoltées et utopistes, en butte à ce monde de domination et d’oppression.

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