[Le peuple veut une nouvelle révolution] « Je ne regrette pas d’avoir manifesté. Il faut que les conditions de vie changent à Siliana. Et même si je devais perdre mon autre œil, je le referais »

MANIFESTATIONS EN TUNISIE : « MÊME SI JE DEVAIS PERDRE MON AUTRE ŒIL, JE LE REFERAIS »

Aimen Bolhi est Tunisien. Blessé à l’œil par des chevrotines lors des manifestations violemment réprimées en novembre à Siliana, en Tunisie, il a été opéré à Paris. Amer, il revient sur ces événements qui resteront gravés dans son esprit.

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Aimen Bolhi

L’œil droit d’Aimen Bolhi est masqué par une épaisse gaze, protégée par une coque de plastique. L’homme de 31 ans ne sourit que rarement. Son visage est grave. Il porte encore les stigmates des nombreuses décharges de chevrotine qui l’ont touché au visage le 28 novembre dernier à Siliana, en Tunisie, lors d’une manifestation. À la fin de l’automne, cette ville déshéritée de 25’000 habitants, située à 140 kilomètres au sud-ouest de Tunis, a été le théâtre de violents affrontements entre une jeunesse en quête d’avenir et les forces de l’ordre.

« Il s’agissait d’une manifestation pacifique, un appel au développement de la région de Siliana », raconte Aimen à FRANCE 24. Dans la ville, l’homme possède un restaurant, une boutique de vêtements et gère le marché hebdomadaire. Environ 70 personnes travaillent pour lui. « Cette région est très pauvre, et le gouvernement ne s’en préoccupe absolument pas », poursuit-il. « Nous avons décrété une grève générale, mais dès le premier jour de notre manifestation, nous avons été accueillis à coups de gaz lacrymogène. Les policiers ont frappé tout le monde. Enfants, vieillards… Ils n’ont épargné personne. Nous, on voulait juste que Siliana ne soit pas oubliée par les pouvoirs publics », ajoute l’homme, animé par une colère sourde.

« Le but des policiers était clairement de nous blesser »

Au matin du deuxième jour de manifestation, l’atmosphère se tend davantage. Le nombre de policiers mobilisés est encore plus important que la veille, raconte-t-il. Mais les manifestants persistent et vont crier leur colère sous les fenêtres du gouvernorat. « Quand les policiers sont arrivés, tout le monde a pris la fuite, témoigne-t-il. Mais ils ont quand même lancé des gaz lacrymogènes. Trois d’entre eux avaient des fusils à chevrotine. Ils ont tiré dans la foule en fuite. Sans considération, ils visaient les manifestants au visage, pas aux jambes. Leur but n’était pas de nous disperser : nous l’étions déjà. Leur but était clairement de nous blesser ». C’est à ce moment qu’Aimen a été touché. En plein visage.

Il a d’abord été hospitalisé à Siliana, puis soigné dans un hôpital spécialisé en ophtalmologie à Tunis. Face à la gravité de ses blessures, le gouvernement tunisien l’a finalement envoyé au Val-de-Grâce, à Paris, où il a subi plusieurs opérations de l’œil. « J’ai rencontré le ministre [tunisien, ndlr] de la Santé sur un plateau télé. Il a dit ‘pour que tes yeux soient sauvés, je t’envoie en France' », raconte Aimen. Quatre blessés de Siliana, sur la vingtaine qui ont été touchés aux yeux, sont transférés. Mais trop tard. Quand ils arrivent à Paris, vingt-cinq jours se sont écoulés depuis ce sanglant jour de novembre. Les lésions oculaires sont désormais trop graves pour pouvoir être soignées. Tous ont perdu la vue de leur œil blessé. Le plus jeune est âgé de 15 ans.

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Aimen Bolhi triture entre ses doigts la fiole contenant la dernière balle de chevrotine retirée de son œil.

« L’État ne veut pas que cette affaire prenne trop d’ampleur »

Malgré le pessimisme des médecins, Aimen garde un espoir : un ophtalmologue belge hautement renommé qui, paraît-il, fait des miracles. Encore faut-il que le gouvernement tunisien accepte de prendre en charge une consultation, et l’éventuelle opération. « Je veux que le gouvernement tunisien fasse tout son possible pour que je puisse retrouver la vue. Il a le devoir de prendre en charge le traitement de A à Z », poursuit l’homme. Mais son beau-frère Tarek, qui l’accueille en France, n’y croit pas vraiment : « Le gouvernement n’a pas envoyé quelques blessés à Paris pour les soigner, mais pour calmer Siliana », assure-t-il.

Il en donne pour preuve la précipitation avec laquelle les trois autres Tunisiens blessés et soignés à Paris ont été rapatriés, quelques heures seulement après avoir subi des opérations. « Toute cette précipitation s’explique par le fait que cette affaire va être médiatisée, estime Aimen Bolhi. Les citoyens tunisiens ne peuvent pas, et ne vont pas laisser passer ça. L’État a voulu faire taire les rumeurs, il a voulu éviter que cette affaire prenne trop d’ampleur, donc il a fait mine de s’occuper des blessés. Mais en réalité, il ne les a pas pris en charge comme il faut ».

S’il sait que les chances de retrouver la vue sont faibles, Aimen lutte pour conserver son optimisme. « Il faut espérer le changement en Tunisie, assure-t-il. Je veux rentrer au pays dans la fierté et la dignité ». Mais le dépit et l’amertume sont prégnants. Notamment dans la fiole qu’il triture constamment entre ses mains, dans laquelle tinte le dernier plomb ôté de son œil, mais également dans ses mots, durs à l’égard de son pays. « La révolution [qui a abouti, le 14 janvier 2011, à la chute du dictateur Ben Ali, ndlr] n’a rien changé. C’est même pire qu’avant. Je n’aurais jamais pensé que ça, tirer sur les manifestants, puisse arriver maintenant. C’est comme un retour en arrière », lâche-t-il. « Mais je ne regrette pas d’avoir manifesté. Il faut que les conditions de vie changent à Siliana. Et même si je devais perdre mon autre œil, je le referais ».

Presse contre-révolutionnaire (Gaëlle Le Roux, France24.com, 5 janvier 2013)

 

POURQUOI LES DEUX BLESSÉS DE SILIANA SONT-ILS RETOURNÉS DE FRANCE SANS ÊTRE OPÉRÉS ?

Il semble un peu trop étonnant que deux des blessés des évènements de Siliana partis se soigner en France, sont retournés, ce samedi en Tunisie, comme ils étaient partis.

En effet, les deux blessés aux yeux à l’aide de la chevrotine tirée lors des évènements de Siliana, les dénommés Tarak Dahmani et Marouane Akkari, sont frustrés après avoir fait le voyage en France pour revenir sans être opérés a signalé Charfeddine Kellil, président de la Commission indépendante d’investigation sur les évènements de Siliana.

On ne sait pas s’il s’agit d’un manque de coordination entre les services des deux pays ou est-ce pour d’autres raisons ?

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 29 décembre 2012)

 

LES BLESSÉS DE SILIANA TRIMBALLÉS VERS L’AÉROPORT POUR RIEN !

Les blessés des derniers événements de Siliana ont été « baladés » ce matin, entre l’hôpital de Bab Saâdoun et l’aéroport de Tunis Carthage, pour rien. Ils se sont, comme convenu avec le ministère de la santé, dirigés vers l’aéroport Tunis Carthage dans le but de s’envoler vers la France pour y recevoir des soins à l’hôpital militaire de Paris. Mais au moment d’enregistrer, ils se sont rendu compte que leurs noms n’étaient pas inscrits sur la liste des voyageurs. Par ailleurs, aucun représentant du ministère de la santé n’était sur place pour les diriger.

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Ce n’est que dans un second temps, qu’un émissaire du ministère est arrivé pour les informer que les démarches en vue de l’obtention des visas sont toujours en cours.

La directrice de l’institut Hédi Raies d’ophtalmologie, Hamida Boubaker Abdeljalil, a indiqué dans la journée du mercredi 19 décembre 2012 sur les ondes de Mosaïque fm, que les procédures administratives concernant le transfert d’un nombre de blessés de Siliana en France  pour y bénéficier de soins n’ont pas encore été achevées.

Elle a déclaré avoir expliqué préalablement  les procédures aux blessés et a fait part de sa surprise quand elle a appris que les patients ont quitté l’institut sans autorisation préalable et se sont rendus à l’aéroport de Tunis Carthage.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 19 décembre 2012)

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L’évasion ou l’immolation

Une détenue de 73 ans s’immole dans sa cellule

Une femme de 73 ans, qui devait rester en détention jusqu’à ses 80 ans, est morte samedi matin en s’immolant par le feu dans sa cellule de la prison de Joux-la-Ville dans l’Yonne, a-t-on appris de source judiciaire. Cette détenue avait été condamnée pour tentative d’assassinat et sa fin de peine était programmée pour 2019.

Les faits se sont produits entre 7 heures et 8 heures samedi au centre de détention, alors que cette femme se trouvait seule dans sa cellule. Des investigations sont en cours pour déterminer avec quel produit elle a pu mettre le feu. L’enquête a été confiée à la gendarmerie et la justice a ordonné une autopsie.

Au total, 2286 femmes étaient incarcérées au 1er décembre 2012, représentant 3 % de la population carcérale française. Au 1er janvier 2012, une très petite minorité (3,5 %) des personnes écrouées (hommes et femmes confondus), soit 2565 personnes, étaient âgées de plus de 60 ans.

Il y a eu 116 suicides en prison en 2011.

Presse carcérale (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 5 janvier 2013)

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[Justice pour Sita Rai] « Que la situation change pour chacune d’entre nous »

Après l’Inde, les manifestations contre les viols se propagent au Népal

Toujours mobilisés après le viol d’une étudiante en médecine, les Indiens ne sont pas les seuls à manifester : des centaines de Népalais ont eux aussi sorti les pancartes pour dénoncer le viol d’une femme de ménage par des représentants de l’État. Un cas parmi tant d’autres dans ce pays voisin de l’Inde.

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Manifestation à Katmandou le 3 janvier

Sita Rai – pseudonyme de la femme de ménage victime du viol – a expliqué avoir été dépossédée de son argent et violée par des membres du ministère de l’Immigration lorsqu’elle était sur le point de prendre l’avion vers l’Arabie saoudite à l’aéroport de Katmandou. Le gouvernement lui aurait alors donné 1700 dollars en compensation, soit 700 dollars de moins que ce qu’on lui avait dérobé.

Lorsque l’information a filtré il y a une semaine, des citoyens en colère ont commencé à manifester devant la résidence du Premier ministre Baburam Bhattarai, dans la riche banlieue de Baluwatar à Katmandou. Le hashtag #OccupyBaluwatar, créé pour l’occasion, a commencé à buzzer. Et la mobilisation continue, même si le gouvernement a depuis procédé à des arrestations.

Plus de 15 % des femmes népalaises ont été victimes d’abus sexuels selon la Commission nationale des femmes. Selon le dernier bilan des Nations unies en 2006, seulement 69 cas de viols ont été recensés au Népal cette année-là. Mais les activistes dénoncent un chiffre bien en-dessous de la réalité du fait des difficultés de témoigner et de porter plainte pour les victimes.

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Stuti Basnyet vit à Katmandou. Elle a pris part aux manifestations.

« Cette campagne citoyenne a commencé avec une lettre ouverte au Premier ministre réclamant justice pour Sita Rai. Elle a été postée sur Facebook et Twitter et les Népalais étaient invités à l’envoyer par mail ou par lettre au Premier ministre le 28 décembre. L’idée était simple : si on attirait l’attention des autorités sur la situation de Sita Rai, on pouvait espérer que la situation change pour chacune d’entre nous.

Cela fait une semaine [jeudi 3 décembre; ndlr] que nous manifestons. L’élan initial est toujours là. Aux dernières nouvelles, le Premier ministre et son cabinet ont demandé à des enquêteurs, des policiers et des membres de l’administration de faire la lumière sur le cas de Sita Rai mais aussi sur de nombreux autres cas que nous avons mis en avant [notamment celui de Saraswati Subedi, une femme de ménage retrouvée morte sur son lieu de travail, et Chhorimaiya Maharjan, une femme mystérieusement portée disparue quelques mois auparavant, ndlr]. Nous continuerons jusqu’à ce que les résultats de ces enquêtes soient rendus publics.

Les médias népalais ont réalisé, avec les événements en Inde, qu’il fallait parler davantage de ces violences faites aux femmes dans notre pays. Ces dernières années, certaines histoires ont été traitées, mais beaucoup d’autres sont passées complètement sous silence. Les gens ont aujourd’hui pris conscience du problème et beaucoup sont en colère. »

Leur presse (France 24, 4 janvier 2013) via Solidarité ouvrière

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[Notre-Dame-de-Landes/Carcassonne] « Vinci dégage ! » (2)

Carcassonne : les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes « offrent » le péage

Ils reprennent la route ce matin, avec un rendez-vous fixé à 8 heures, devant la mairie de Bram. Direction Castelnaudary, dernière étape audoise d’une longue marche qui, entamée le 8 décembre à Nice, doit les mener le 6 février sur le site où est projeté l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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Une vingtaine de militants pour passer le message aux automobilistes.

Mais hier, c’est par une action symbolique que les opposants ont marqué leur passage. Quelques jours après un réveillon passé chez un viticulteur de Moux, c’est au péage de Carcassonne Ouest que les “antis” ont affiché leur peu d’affection pour la société titulaire du contrat de concession pour l’aéroport du Grand Ouest tant contesté.

Opération “péage gratuit” durant une heure

Cédées par l’État en 2005, les autoroutes du Sud de la France (ASF) font en effet partie de la galaxie Vinci. Quoi de mieux donc, que de mener durant une petite heure une opération “péage gratuit”. Une action destinée à informer les automobilistes qui voulaient bien donner quelques minutes de leur temps précieux, sous le regard bienveillant des gendarmes présents pour assurer la régulation de la circulation à l’approche des barrières de péage levées.

« Il y a une vraie défense de la terre nourricière à mener. » Michel David

Parmi la grosse vingtaine de militants, Michel David, responsable de la Confédération Paysanne, persuadé que cette marche a un sens tout particulier dans le département : « Les paysans sont directement concernés à Notre-Dame-des-Landes. Mais ici, le bétonnage et l’artificialisation des sols, c’est aussi une réalité : entre les golfs, le projet de ligne à grande vitesse et les carrières qui se multiplient, il y a une vraie défense de la terre nourricière à mener. »

Un huissier de justice était sur place

Un message passé sans aucune tension, lors de l’opération menée en présence de Me Durant-Dastes, huissier de justice mandaté par la société pour constater d’éventuels débordements ou dommages. Mais de problèmes, il n’y en eut point. À 11 heures, les marcheurs pouvaient reprendre la route.

Presse aéoroportée (Antoine Carrié, MidiLibre.fr, 4 janvier 2013)

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[Notre-Dame-des-Landes] « Si les provocations continuent nous n’hésiterons pas à déplacer la manifestation au centre ville de Nantes »

La préfecture met en danger des milliers de personnes

Étonnant communiqué que celui émis par la prefecture hier après-midi. La première moitié est entièrement consacrée à expliquer que la préfecture n’aurait pas été prévenue et n’aurait pas non plus réussi à nous joindre.

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Outre le fait que les contacts étaient visibles sur le site depuis près d’un mois et que nous recevons environ 200 mails par jour, l’équipe sanitaire avait appelé la préfecture il y a 15 jours de cela pour se mettre en relation. Le but étant d’être sûre qu’ils puissent accéder sur zone. Il leur avait été répondu que la préfecture laisserait faire l’événement et n’interviendrait pas sur site. Cela semblait coïncider avec la demande émise par la commission de dialogue. Étrangement, selon le cabinet du prefet, notre interlocuteur n’aurait pas transmis les informations et serait actuellement en congés. Cela ne nous semble pas très crédible…

Effectivement, la préfecture n’a pas interdit cette manifestation festive. Pourtant, depuis ce matin, tout est bloqué aux entrées de la ZAD. Que ce soit de la nourriture, des structures, du materiel médical et même les toiles de tente des manifestants ! En gros tout ce qui peut servir de près ou de loin au bon déroulement de la ManiFestiZAD. La majorité du matériel de sonorisation et quelques chapiteaux étant déjà sur place, la manifestation aura bien lieu. Toutefois la sécurité sanitaire des participants s’en trouve fortement impactée : plus d’abris ni de tentes pour dormir au chaud la nuit, plus de matériel médical de premier secours et une tension évidente ne pouvant conduire qu’à des affrontements.

Loin de vouloir calmer la situation, la préfecture semble donc vouloir créer de nouveaux champs de bataille. Par cette situation, elle fait surtout en sorte de favoriser les accidents sanitaires lors de cette manifestation festive. Elle en assumera pleinement les conséquences. Cette manifestation se voulait festive, si les provocations continuent nous n’hésiterons pas à déplacer la manifestation au centre ville de Nantes.

FestiZad, 4 janvier 2013

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[Maison d’arrêt de Valence] Tags du Nouvel An

Tags anarchistes à la prison de Valence

Des slogans sur les murs et la porte de la maison d’arrêt. Peut-être l’œuvre d’un groupuscule anarchiste.

Une enquête est ouverte au commissariat de Valence après la découverte au matin du jour de l’An de graffitis sur les murs d’enceinte de la maison d’arrêt valentinoise.

Des tags et des logos très surprenants.

Presse carcérale (Florence Beaudet, FranceBleu.fr, 3 janvier 2013)

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[Mulhouse] « Tout le monde lance des pétards le soir du Nouvel An »

MULHOUSE. DE QUATRE À DOUZE MOIS DE PRISON

Trois jeunes hommes âgés de 22 et 23 ans ont été jugés hier [mercredi 2 janvier] en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Mulhouse.

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Les gendarmes mobiles ont dû barrer la circulation avenue Aristide-Briand.

Le premier, un garçon récemment sorti d’hôpital psychiatrique, était poursuivi pour avoir lancé un mortier avenue Briand en direction des forces de l’ordre lors d’affrontements avec un groupe de gendarmes mobiles. Il nie les faits et affirme avoir jeté un simple pétard sans viser les forces de l’ordre. Il a été condamné à quatre mois de prison, sans mandat de dépôt, ce qui ouvre la possibilité d’un aménagement de peine.

Les deux autres prévenus sont originaires du quartier Drouot. Il leur est reproché d’avoir lancé des pavés et des mortiers sur les policiers qui intervenaient pour sécuriser la zone après qu’un feu de benne destiné à attirer les pompiers eut été allumé au milieu de la rue de la Navigation. L’un est étudiant en classe préparatoire à Lyon, l’autre intérimaire. Ils affirment ne pas avoir pris part aux violences mais s’être trouvés dans la rue en simples spectateurs. Leurs avocats ont dénoncé un dossier « flou », bricolé par la police, thèse qu’a écartée le parquet.

Dans les deux affaires, le ministère public, décidé à obtenir « une sanction ferme et immédiate », a dénoncé « un véritable guet-apens » et « une impression de scènes de guerre ». Ils ont été condamnés à la peine plancher d’un an ferme, se trouvant en récidive pour des faits antérieurs d’une toute autre nature. Ils sont par ailleurs interdits de séjour au Drouot pendant deux ans. Les juges n’ont pas décerné de mandat de dépôt en raison « des garanties d’insertion » qu’ils offrent.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (DNA.fr, 3 janvier 2013)

 

VIOLENCES URBAINES : CONDAMNÉS POUR L’EXEMPLE

Trois jeunes gens ont été jugés hier en comparution immédiate pour avoir participé aux échauffourées entre jeunes et policiers le soir du réveillon à Mulhouse.

Le premier prévenu jugé en comparution immédiate hier est âgé de 23 ans. Le soir du réveillon, il était dans la rue, avenue Aristide-Briand, non loin du domicile de ses parents. Ici comme dans d’autres quartiers de Mulhouse, les choses ont dégénéré entre forces de l’ordre et jeunes. Jets de pierres et de mortiers au milieu des traditionnels tirs de pétards. On est bien dans des affrontements urbains où tout peut très vite basculer en drame, pour les policiers comme pour les habitants. Le prévenu, poursuivi pour « participation avec arme à un attroupement » et « violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique » est accusé d’avoir lancé un mortier en direction de policiers. « Je ne savais même pas ce qu’était un mortier, je l’ai appris pendant ma garde à vue », indique-t-il au tribunal, en expliquant qu’il n’avait lancé qu’un pétard donné par un ami. Ce dernier a témoigné au commissariat pour confirmer ces dires.

La parole des policiers

C’est la parole des policiers contre la sienne. Des membres de la brigade anticriminelle venue en renfort pour aider leurs collègues pris à partie ont désigné le prévenu comme auteur, indiquant qu’il avait fait « un geste ample » pour lancer un projectile en direction des forces de l’ordre. Ce que le prévenu nie toujours à l’audience. « Vous étiez là par hasard ? » lui demande Marion Brulez, présidente du tribunal. « Non, tout le monde lance des pétards le soir du Nouvel An. » Le jeune homme qui a de gros problèmes de santé venait de sortir d’hospitalisation. Il subit un traitement médical lourd et, le matin même des faits, avait eu une injection. Il a dû interrompre une formation professionnelle à cause de ses problèmes.

« Guet-apens »

Ariane Boulle, substitut du procureur, insiste sur l’ambiance de guerre, faisant référence aux photographies et vidéos versées au dossier, tout en reconnaissant que le prévenu n’apparaît pas sur ces images. « C’est un véritable guet-apens qui a été tendu aux forces de l’ordre. Il faut une réponse ferme et immédiate, pour montrer qu’on ne tolère pas ces actes », indique-t-elle, précisant qu’une relaxe de l’auteur serait « un acte de défiance à l’égard des policiers ». Elle requiert « une peine mixte compte tenu du peu d’antécédent du prévenu, huit mois dont quatre avec sursis et mandat de dépôt à l’audience ».

Son avocate, Me Karine Del-Rosso, tout en saluant le courage des forces de l’ordre qui doivent aller en première ligne et risquent leur vie pour protéger les citoyens, souligne la nécessité « de donner des messages forts quand on a affaire aux bonnes personnes », avant de passer en revue les faiblesses matérielles du dossier, l’abondance d’images impressionnantes ne faisant pas de son client un coupable. Aucune trace du prévenu sur les vidéos et nombreuses photos prises pour confondre les auteurs qui, généralement d’ailleurs, dissimulent leur visage sous une capuche alors que le prévenu n’avait rien sur la tête. « Ce mortier qui est tombé devant les policiers n’a pas été lancé par mon client. » Elle demande la relaxe au bénéfice du doute.

Le tribunal en a jugé autrement, condamnant le prévenu à quatre mois d’emprisonnement (sans mandat de dépôt). Une décision qualifiée par Me Del-Rosso de « très médiatique ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LAlsace.fr, 3 janvier 2013)

 

MÊMES CAUSES, MÊME COUPERET

L’autre affaire jugée hier en comparution immédiate concerne des faits dans le quartier Drouot, toujours lundi soir. Là encore, les deux prévenus reconnaissent avoir été sur les lieux mais nient catégoriquement toute participation.

A. est âgé de 22 ans, travaille régulièrement en intérim, vit avec sa concubine dans le quartier de la Porte-du-Miroir à Mulhouse et venait, ce soir-là, rendre visite à sa mère, rue de la Navigation. Son casier comporte trois condamnations dont une pour des faits de violence urbaine, la dernière remontant à 2010.

O. a 23 ans, un passé judiciaire lourd mais ancien (condamné pour des faits criminels en 2004). Depuis, il a fait du chemin, a passé un bac professionnel, puis un BTS. Il est actuellement en première année d’école préparatoire à Lyon pour devenir ingénieur, travaille pendant les vacances pour financer ses études. Sa famille est domiciliée au Drouot.

Les deux prévenus, accusés d’avoir lancé un mortier et des pavés en direction des forces de l’ordre, ont été mis en cause par trois policiers venus en renfort vers 22h15 dans le quartier pour défendre des collègues.

Les jeunes gens ont été interpellés près de l’entrée d’un immeuble de la rue de la Navigation. Ils expliquent qu’ils s’étaient réfugiés là pour se mettre à l’abri des tirs nourris de lanceurs de balles de défense.

Après leur interpellation, les deux jeunes gens ont été emmenés au commissariat, l’un indique avoir été victime de violence lorsqu’il s’est retrouvé seul dans un bureau avec le policier qui l’avait arrêté.

« Après m’avoir jeté au sol, le policier m’a enlevé les menottes et m’a dit de me défendre. J’ai refusé, je me suis mis en boule pour me protéger, il m’a donné des coups. » Le médecin légiste qui a examiné le prévenu après la garde à vue ne mentionne aucune trace de coup. En revanche, le policier mis en cause reconnaît « avoir démenotté le prévenu » et « lui avoir dit qu’il pouvait se défendre » tout en expliquant : « Je lui ai fait peur pour le calmer ».

Pour le ministère public, les mêmes causes doivent entraîner les mêmes sanctions exemplaires. « Il n’y a pas de doute, les auteurs ont été identifiés, la procédure est complète et détaillée », indique le substitut, avant de requérir un an de prison, assorti d’un sursis de quatre mois pour O. et six mois pour A.

Me Karine Del-Rosso et Me Marina Maridet, qui assuraient la défense des prévenus, ont tenté, là encore, de souligner les approximations et les contradictions dans les déclarations des policiers. « J’ai carrément un malaise dans ce dossier », déclare Me Del-Rosso. Le tribunal a été davantage convaincu par les éléments à charge, les deux prévenus ont écopé d’un an d’emprisonnement (sans mandat de dépôt, cette peine devant faire l’objet d’un aménagement après examen de la situation de chacun).

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LAlsace.fr, 3 janvier 2013)

 

NOUVEL AN UNE NUIT DE VIOLENCES URBAINES. LE TRISTE CLASSEMENT DE MULHOUSE

Quelques heures après la nuit du nouvel an, c’est un sentiment de colère mêlé à de la consternation qui règne du côté des pouvoirs publics et politiques. Mulhouse, au chapitre des violences urbaines, s’est classée dans le trio de tête national.

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Au centre d’information et de commandement (CIC) du commissariat, on pouvait suivre en direct les pics de violences dans les différents quartiers.

Bien sûr, le classement par ville n’est pas officiel mais les calculs sont simples. Sur l’ensemble du territoire, 1193 véhicules ont brûlé selon le ministre de l’Intérieur Par département arrivent en tête la Seine-Saint-Denis (83), suivie du Haut-Rhin (72), du Bas-Rhin (70). Rien qu’à Mulhouse 41 voitures ont brûlé principalement aux Coteaux, sur Bourtzwiller et au Drouot auxquelles s’ajoutent quatorze propagations. Si l’on compte l’agglomération, le bilan fait état d’une soixantaine de véhicules incendiés.

C’est aussi à Mulhouse que les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont été les plus nombreux. Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agirait même des seuls affrontements recensés (avec le Neuhof à Strasbourg) cette nuit-là dans l’Hexagone.

Une trentaine d’interpellations

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Cabine téléphonique détruite aux Coteaux.

Pourtant les moyens ont été mis en place comme l’a rappelé Alain Perret, le préfet du Haut-Rhin : « Nous avons disposé de moyens très importants accordés par le ministre de l’Intérieur, des escadrons de gendarmes mobiles ayant une grande pratique du rétablissement de l’ordre public ». Entre les fonctionnaires de la sécurité publique de Mulhouse et les mobiles, ils étaient plus de 250 hommes (400 hommes sur tout le secteur si l’on ajoute les gendarmes des différentes brigades territoriales).

Mais rien n’y a fait… les casseurs avaient préparé leur soirée connaissant parfaitement bien leur quartier et les endroits les plus opportuns pour monter des guets-apens. « Ils sont très organisés et c’est toujours le même modus operandi : on fait venir les pompiers, on bloque la rue avec des poubelles, des bennes ou un scooter auxquels on met le feu. Les forces de police interviennent et puis ces mêmes jeunes agressent les fonctionnaires. Face à ce phénomène nous avons mis en place des moyens de réplique. Nous sommes intervenus rapidement et massivement dès que nous avons constaté une montée en puissance des violences urbaines. Grâce à la réactivité des forces de l’ordre et notre maillage, nous avons pu endiguer cette montée de violence. Le point positif, c’est qu’il n’y a pas eu de lieu de cristallisation particulier. »

Le bilan reste pourtant lourd en terme de dégradations (deux véhicules des pompiers, trois stations tram vandalisées, des vitrines d’une des rues commerçantes détruites). Au cours de cette soirée les policiers ont procédé à une trentaine d’interpellations qui se sont soldées par vingt gardes à vue et trois comparutions immédiates.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval et Grégoire Gauchet, DNA.fr, 3 janvier 2013)

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[Nique la police] Hourra pour Aubervilliers !

Un commissariat attaqué au mortier de pétard

Le commissariat de police d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, a fait l’objet jeudi soir d’un tir de mortier de pétard, sans toutefois faire ni de blessés ni de dégâts matériels, a-t-on appris de sources policières. Les faits sont survenus vers 19h45. Pour l’instant, la police n’a procédé à aucune interpellation, a-t-on précisé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Europe1.fr avec l’Agence Faut Payer, 3 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Grève générale à Redeyef

Redeyef : Grève générale ce jeudi relative aux martyrs du Bassin minier

Une grève générale en signe de protestation contre la non-inclusion des martyrs du bassin minier en tant que bénéficiaires du décret-loi 97 relatif à l’indemnisation des martyrs et blessés de la Révolution, a été déclenchée dans la région de Redeyef relevant du gouvernorat de Gafsa, ce Jeudi 3 Janvier.

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Redeyef ce matin (près de 15.000 manifestants) 

À ce sujet, le syndicaliste, Adnène Hajji, intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, a mis en garde le gouvernement contre le danger de cette décision, en indiquant que les victimes des évènements du bassin minier sont eux aussi des martyrs de la révolution.

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 3 janvier 2013)

 

Adnene Hajji : « Grève générale réussie à 100% à Redeyef »

Le syndicaliste Adnene Hajji, membre de l’Union locale du travail de Redeyef (UGTT, gouvernorat de Gafsa), a annoncé ce jeudi 3 janvier un taux de participation de 100% à la grève générale observée par les habitants de Redeyef.

D’après Adnene Hajji, le gouvernement actuel ne répond pas aux attentes des habitants de la ville située dans le bassin minier de Gafsa, ce qui pourrait pousser les syndicalistes à diversifier dans le futur les formes de lutte.

Ainsi, les protestations pourraient dépasser le cadre de Redeyef pour s’étendre à toutes les régions du pays au moyen des structures régionales de l’UGTT.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 3 janvier 2013)

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[Flics, porcs, assassins] « Wissam a été étranglé de dos alors qu’il était allongé à plat ventre sur la banquette arrière dans la voiture avec sa propre ceinture »

Où est la ceinture ?

Regardez bien cette vidéo :

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/051.jpgComme vous pouvez le voir Wissam portait une ceinture en cuir noire qui ne nous a jamais été communiquée…

Arrivé au commissariat son pantalon était au niveau des genoux, il n’y avait plus de ceinture, on lui a donc enlevé sa ceinture après son interpellation avant sa mort. Mais où est donc passée cette ceinture et à quoi a-t-elle servi ? Pourquoi n’a-t-elle pas été présentée au médecin légiste alors que sa veste, ses baskets, son pantalon, son pull, ses chaussettes, l’ont été ?

La raison semble évidente : les traces de strangulation sur son cou sont compatibles avec la largeur de sa ceinture et le médecin légiste aurait forcément fait le rapprochement. L’assassin sachant qu’une autopsie aurait lieu, il a dissimulé l’arme du crime.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/061.jpgWissam a été étranglé de dos alors qu’il était allongé à plat ventre sur la banquette arrière dans la voiture avec sa propre ceinture.

IL NE S’AGIT PAS D’UN ACCIDENT MAIS D’UN ASSASSINAT !!!!!

La mort par compression des artères carotides est reconnue, elle est compatible avec une forme de pendaison.

Selon Wikipedia : « pendaison sans chute (ou de faible hauteur) : le mécanisme de la pendaison est la strangulation, la compression du cou entraînant selon le niveau de pression exercé : la compression des artères carotides entraîne une ischémie cérébrale qui se traduit par une perte de connaissance rapide. Un cas particulier est la compression sur ces artères de capteurs de pression (les « glomi ») qui entraîne un ralentissement extrême et immédiat du cœur jusqu’à la syncope et l’arrêt cardiaque. »

Nous vous demandons de venir le 9 janvier avec une ceinture autour du cou parce qu’on est tous Wissam.

QUE JUSTICE SOIT FAITE !!!

Comité Justice et Vérité pour Wissam, 2 janvier 2013

 

Clermont-Ferrand : un an après le décès de Wissam El-Yamni, l’enquête piétine

Un an après le décès d’un jeune habitant de Clermont-Ferrand, Wissam El-Yamni, suite à son interpellation dans des circonstances controversées la nuit de la Saint-Sylvestre, l’enquête piétine, dénonce la famille, dans un climat de défiance à l’égard de la police [sic – NdJL].

« Ils l’ont frappé et tué, ils ne veulent pas le reconnaître », accuse son frère Farid El-Yamni, alors que son frère est mort neuf jours après être tombé dans le coma dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.

Il a créé un « comité Justice et Vérité pour Wissam » (www.cjvpourwissam.over-blog.com) et organise des rassemblements fréquents pour la mémoire de son frère, dont aucun n’est pour l’heure prévu le 31 décembre.

Fin janvier, le parquet avait annoncé que l’autopsie préliminaire de ce chauffeur routier de 30 ans excluait une mort traumatique due à des coups des policiers. Le procureur avait néanmoins envisagé la piste d’une mort consécutive à une « compression des artères carotides internes » lors du transport en voiture de police, les policiers utilisant la technique du « pliage ».

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui avait pris en main l’affaire dès le lendemain, a mis en cause cette technique irrégulière de « pliage », utilisée dans le cas de Wissam, selon une source judiciaire.

« Le rapport de l’IGPN pointe bien l’emploi de cette technique, et rappelle qu’elle ne fait pas partie des « gestes techniques professionnels en intervention » enseignés dans les écoles de police ».

Saisie après l’interpellation de M. El-Yamni le soir de la Saint-Sylvestre, la police des polices n’a pas jugé irrégulières les conditions de l’arrestation, mais s’est penchée sur le transport du jeune homme jusqu’au commissariat.

Méthode du pliage

Dans la voiture, il a été maintenu tête penchée contre les genoux, selon la méthode du « pliage ». Il a perdu connaissance au commissariat, avant de décéder le 9 janvier sans être sorti du coma.

L’affaire avait provoqué plusieurs nuits de tension dans les rues de Clermont-Ferrand et une forte colère contre la police.

Une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte. Deux policiers, qui ont repris leur poste après des « congés », sont visés dans l’affaire et la famille El-Yamni demande qu’ils soient mis en examen.

« Plus que jamais on demande à ce qu’ils soient mis en examen », souligne Me Jean-François Canis, avocat du frère et de la soeur de Wissam El-Yamni.

« Leur mise en examen serait la moindre des choses », renchérit Me Jean-Louis Borie, avocat de la femme de Wissam. « L’enquête piétine, c’est le moins que l’on puisse dire », ajoute-t-il.

Farid El-Yamni accuse les policiers de dissimulation de preuves, assurant avoir vu des photos anti-datées du corps de son frère, prises aux alentours du 9 janvier et présentées comme prises le 1er janvier afin de permettre aux ecchymoses de s’estomper.

Me Borie est quant à lui plus prudent et dit « comme Saint Thomas attendre des preuves ». Ni le parquet ni les avocats des policiers n’ont souhaité s’exprimer.

Du fait du temps pris pour l’autopsie et la contre-autopsie, le corps de Wissam El-Yamni n’avait été rendu à sa famille que six mois après les faits. Il a été inhumé à Casablanca au Maroc à la mi-juin.

Trois séries de photos ont été prises : outre celles de la police, il existe des clichés pris par la famille et le CHU où avait été conduit Wissam après son malaise.

Publié par des larbins et complices de la maison Poulaga (LeProgres.fr, 21 décembre 2012)

 

Rétro 2012 : il y a un an, le début de l’affaire Wissam à Clermont

Retour sur les évènements marquants de 2012 sur France Bleu Pays d’Auvergne. Il y a un an jour pour jour, commençait l’affaire Wissam El Yamni, ce Clermontois de 30 ans, mort après son interpellation dans la nuit du Nouvel An. Le point sur l’enquête un an après.

C’est un évènement tragique qui aura marqué l’année 2012. Un drame sur fond de soirée arrosée et de provocation [sic – NdJL]. Durant la nuit de la Saint Sylvestre, il y a un an jour pour jour, Wissam El Yamni, 30 ans, est interpellé de manière plutôt musclée dans le quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand. Il tombe dans le coma après son transport au commissariat et meurt 10 jours plus tard à l’hôpital.

Les quartiers sensibles de Clermont vont alors s’embraser, la police des polices sera sollicitée. Un comité va alors se créer, réclamant « justice et vérité pour Wissam ». Pointée du doigt, l’institution policière restera très marquée et meurtrie par le traitement médiatique de l’affaire [sic – NdJL].

Un an après, il est toujours impossible de trancher entre bavure policière ou accident dramatique [sic – NdJL].

Maitre Jean-François Canis, l’un des avocats de la famille El Yamni dénonce la lenteur de la procédure judiciaire.

Quant à la famille El Yamni, elle réclame toujours la vérité sur ce qui s’est passé cette nuit de Saint Sylvestre. Farid, l’un des frères de Wissam, explique qu’il s’est résigné à ne pas marquer ce triste anniversaire de peur [sic – NdJL] que le nom de Wissam soit associé à de nouvelles échauffourées.

Publié par des larbins et complices de la maison Poulaga (France Bleu Pays d’Auvergne, 31 décembre 2012)

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[Notre-Dame-de-Landes/Biarritz/Carcassonne] « Vinci dégage ! »

Carcassonne. Opération péage gratuit par les opposants au projet de Notre-Dame-de-Landes

Ce jeudi matin, de 10h à 11h, une trentaine d’opposants au projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-de-Landes (Loire-Atlantique), ont organisé une opération péage gratuit, à hauteur de l’échangeur de Carcassonne Ouest. L’action, pacifique, s’est déroulée sous escorte de la gendarmerie nationale, qui a sécurisé les lieux.

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Les manifestants, qui arboraient des gilets fluorescents jaunes, agitaient également des pancartes et autres  drapeaux  avec des inscriptions du type : « Stop à l’Ayraultport », « Basta les grands projets inutiles imposés, ni à Notre-Dame, Ni ailleurs », ou encore « Solidarité avec les expulsés de Notre Dame des Landes. Vinci dégage ! ».

Pour mémoire, Vinci sera le concessionnaire de l’aéroport du grand ouest qui verra le jour dans La Loire-Atlantique, et les ASF sont sa propriété, d’où l’action des militants à Carcassonne.

Presse aéroportée (Lindependant.fr, 3 janvier 2013)

 

Biarritz. Les opposants à la LGV et à Notre-Dame-des-Landes visent Vinci

Samedi, des manifestants ont investi le parking du centre Bellevue.

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Une vingtaine de membres du comité de soutien aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), près de Nantes, ont organisé samedi une opération parking gratuit au parking Bellevue géré par Vinci.

Les organisateurs ont expliqué que « cette manifestation visait à dénoncer la main mise et l’enrichissement de Vinci par l’exploitation des infrastructures construites grâce aux deniers publics tant à Biarritz qu’à Nantes où la concession est accordée à Vinci pour 50 ans, si le projet aboutit ».

Après avoir déployé une banderole « LGV Pays basque/Landes, Notre-Dame-des-Landes même combat » et bloqué les barrières en position ouverte, pendant près d’une heure, les manifestants ont expliqué aux usagers le but de leur action, recueillant de nombreux soutiens apparemment.

Presse aéroportée (SudOuest.fr, 2 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Des nouvelles de Kasserine (3 janvier 2013)

Kasserine. Marche de protestation contre la marginalisation

Près de 500 citoyens ont pris part ce jeudi 3 janvier à une marche de protestation contre la marginalisation de la région de Kasserine, et les promesses non tenues.

La marche est partie vers 10h30 de la place des martyrs de Kasserine, et a rassemblé des composantes de la société civile de tous bords politiques et de tous âges. Elle entre dans le cadre de la « semaine de colère », et intervient en plein milieu du festival du martyr (1er-8 janvier 2013).

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 3 janvier 2013) via Thala solidaire

 

Kasserine se soulève

Une manifestation a été organisée ce jeudi 3 janvier par le front “Tous Kasserine”.

Environ 300 personnes parmi les quels des représentants d’associations et des indépendants ont défilé  dans les principales artères de la ville en levant des slogans réclamant l’emploi et le développement.

Les doléances des manifestants consistaient dans :

• La construction d’une autoroute reliant Kasserine à Tunis.
• L’établissement de la liste des martyrs de l’avant et de l’après 14 janvier.
• La mise en place d’un pôle universitaire et d’un pôle santé.
• La priorité aux Kasserinois dans l’emploi et l’investissement.
• Le redémarrage des activités des unités de traitement de “la halfa”.

Le gouvernorat de Kasserine a entamé le 1er janvier sa “semaine de la colère” qui se poursuit jusqu’au 8 de ce mois.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 3 janvier 2013)

 

Kasserine – Production d’alfa. Une grève qui menace de durer

Le personnel de la Société nationale de cellulose et de la pâte d’alfa à Kasserine poursuivait encore, hier, leur grève entamée depuis une semaine, pour protester contre « le refus du ministère de l’Industrie de satisfaire leurs revendications ».

Le secrétaire général du syndicat de base de l’entreprise, Mohamed Ali Bouazizi, a indiqué, dans une déclaration à la correspondante de l’agence TAP à Kasserine, que ces revendications portent sur l’octroi d’une « indemnité de chlore » en raison des risques encourus avec l’utilisation de ce produit, la restructuration de l’entreprise, le paiement de ses dettes par l’autorité de tutelle, « comme elle l’a fait avec l’entreprise El Fouledh de Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte) ». Il a ajouté que la grève va se poursuivre jusqu’à la satisfaction des revendications des agents et des employés de la société.

La correspondante de l’agence TAP a cherché à connaître le point de vue de la direction de l’entreprise concernant cette grève qui a paralysé complètement la production, mais le directeur des affaires administratives de la société a refusé de donner des explications, alléguant qu’il n’a pas obtenu l’autorisation préalable du ministère de tutelle.

Les parties syndicales de Kasserine sont en train de tenir des réunions de négociations avec des responsables de la région en vue d’atteindre des solutions pouvant satisfaire tout le monde.

L’entreprise, créée en 1959, fournit 780 postes d’emplois permanents et environ 1.800 autres saisonniers, en plus des sources de revenus pour les ramasseurs d’alfa. L’usine produit du papier d’impression et d’écriture, ainsi que la pâte d’alfa destinée totalement à l’exportation et qui est utilisée pour la production du papier à cigarette, du papier de qualité pour l’écriture et pour les industries électroniques, en tant qu’isolant, en plus des produits chimiques qui font partie de la panoplie de ses produits.

Presse contre-révolutionnaire (LaPresse.tn, 3 janvier 2013) via Thala solidaire

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[« La loi garantit à tous le droit à des soins de santé rationnels, appropriés et adéquats », art. 23 de la nouvelle Constitution participative islandaise] « Nous souhaitons être soignés par les vaccins et non démolis »

Villeneuve-sur-Lot : une vie de famille brisée par un vaccin contre le tétanos

Pierre Bonizzoni souffre de troubles neuromusculaires depuis un vaccin de rappel du tétanos en 1995. Son épouse raconte.

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Colette Bonizzoni se bat pour que la dangerosité des sels d’aluminium dans les vaccins soit reconnue.

C’était une piqûre censée éviter la maladie, mais pour Pierre Bonizzoni, en 1995, le vaccin contre le tétanos va changer sa vie à jamais à cause de l’aluminium qu’il contient.

« C’est après le rappel qu’il a fait en 1995, raconte sa femme, Colette, qu’il a commencé à avoir de très fortes douleurs dans le bras gauche où il avait été vacciné ainsi que dans les cuisses, le tout accompagné de grosses fatigues. » Dynamique et sportif, Pierre Bonizzoni se fait dire par les médecins de Villeneuve-sur-Lot qu’il en fait trop et que c’est dans sa tête, avant qu’une dégénérescence neuromusculaire soit évoquée.

L’aluminium dans le cerveau

En 1998, il se rend au Tripode de Bordeaux où une biopsie de son bras gauche révèle la présence de cristaux d’aluminium à l’endroit de la vaccination. Le diagnostic tombe : myofasciite à macrophage, une maladie neuromusculaire induite par les sels d’aluminium présents comme adjuvants vaccinaux et qui remontent dans le cerveau.

Après plusieurs hospitalisations, il est mis sous cortisone, seul produit capable de calmer les douleurs. « Mais les effets secondaires étaient très présents, raconte sa femme. Il avait le visage rouge et enflé et au bout de trois mois de traitement, il a dû arrêter car ses articulations des doigts se disloquaient. » Réclamant un second avis, les époux Bonizzoni se rendent à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, en 1999. « Le médecin que nous avons vu à confirmé la maladie mais déconseillé la cortisone : « « Il faut apprendre à vivre avec », nous a t-il dit. » C’est ce que le couple essaye de faire depuis plus de dix ans. « C’est une maladie qui touche beaucoup de gens dynamiques et sportifs comme Pierre, ce qui est encore plus dur à vivre. Aujourd’hui, c’est une vie foutue en l’air. »

Aujourd’hui, ce qui met hors d’elle Colette Bonizzoni, c’est la non-reconnaissance de la dangerosité des vaccins à adjuvant aux sels d’aluminium qui sont encore prescrits. « On n’est pas contre les vaccins mais la recherche doit avancer sur ce sujet pour protéger les gens. » Tous les deux ont rejoint depuis plusieurs années l’association E3M, d’entraide autour des malades, qui a organisé, en décembre, une grève de la faim collective à Paris pour alerter sur les dangers des vaccins.

Un danger pour les enfants

« Comme il semblerait qu’il y ait une prédisposition génétique à contracter cette maladie, c’est un véritable casse-tête pour la vaccination de nos enfants et de nos petits-enfants. C’est une roulette russe, un risque que nous ne pouvons pas prendre tant que des vaccins sans aluminium ne sont pas proposés. » Dans son combat quotidien aux côtés de son époux malade, Colette Bonizzoni répond aux courriers qui l’enjoignent à se faire vacciner contre la grippe, a écrit à la ministre de la Santé et même au président de la République, sans obtenir la réponse qu’elle attend depuis tant d’années.

« C’est un combat de tous les jours : nous souhaitons être soignés par les vaccins et non démolis. C’est important de faire entendre notre voix grâce à l’association, que les gens connaissent le risque encouru. »

Presse validiste (Léa Aubrit, SudOuest.fr, 3 janvier 2013)

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[Révolution mondiale] Les manifestations populaires reprennent dans le Sud algérien

Ouargla : Nouvelles émeutes des chômeurs

Malgré la réouverture des axes principaux de la ville, Ouargla reste dans un calme précaire en cette fin d’après-midi.

Les restes de pneus brûlés sont visibles et la coupure du téléphone et d’Internet prouvent que la mise à feu des armoires de fibre optique a été mise à exécution du moins pour la nouvelle ville.

Ouargla a renoué avec les émeutes dévastatrices d’il y a huit ans avec une journée houleuse ou des affrontements avec les forces de l’ordre ont été enregistrés sur deux fronts, l’un sur la RN49 à l’entrée de la ville ou les héritiers de propriétaires de terrains dénoncent une expropriation illégale de la part des pouvoirs publics tandis que les chômeurs sont revenus à la charge en ce début d’année bloquant l’accès à l’avenue Che Guevara en plein cœur de Ouargla. Ces derniers réclament la mise en place d’une cellule de crise pour régler le problème de l’embauche dans le secteur pétrolier et rétablir le dialogue avec les vrais chômeurs.

Dès le matin des jeunes et moins jeunes se sont mis de concert à amasser des pierres et des pneus pour fermer les routes à la circulation requérant une prise en charge immédiate des problèmes récurrents de la mauvaise gestion du foncier urbain ainsi que l’embauche.

Des citoyens qui s’estiment peu ou pas assez pris au sérieux par les autorités locales qui, malgré les promesses datant de la dernière visite du premier ministre en novembre dernier, n’ont rien fait pour démontrer leur bonne foi.

La journée de mercredi a également connu des arrestations massives au sein des chômeurs dont Tahar Belabess, porte parole du comité de défense des droits des chômeurs qui n’a eu de cesse de mettre en garde contre une nouvelle vague de protestation après une série de sit-in et de marches pacifique ainsi que de vaines tentatives de convaincre les gestionnaires de l’ANEM à changer d’attitude envers les jeunes.

Leur presse (Houria Hadji, ElWatan.com, 2 janvier 2013)

 

DES CHÔMEURS BLOQUENT LE CENTRE-VILLE DE OUARGLA
Le volcan du Sud en éruption…

Ce ne sont pas les premières révoltes sociales du genre dans la ville. En 2011, pareilles émeutes avaient failli « embraser » tout le Sud algérien.

Et ça recommence ! Les manifestations populaires reprennent dans le Sud algérien. Plusieurs centaines de jeunes ont bloqué hier le centre-ville de Ouargla. Cette action populaire a débuté hier matin et s’est poursuivie tout au long de la journée. Les raisons de cette protesta sont encore une fois dues à la gestion de l’emploi dans cette ville pétrolière du sud du pays, a expliqué Tahar Belabès du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc). « Les routes ont été coupées à la circulation et la majorité des magasins et cafés sont actuellement fermés. Nous revendiquons le départ de tous les responsables locaux du secteur de l’emploi et même celui du ministre Tayeb Louh », a-t-il précisé. « Nous demandons au gouvernement la mise en place d’une cellule de crise pour instaurer le dialogue avec les chômeurs », a-t-il ajouté. Ouargla est donc sur une poudrière qui risque d’exploser.

Et ce ne sont pas les premières révoltes sociales du genre dans la wilaya la plus riche d’Algérie. En 2011, de pareilles émeutes ont failli « embraser » le Sud algérien en général et Ouargla en particulier. Cette ville pétrolière a connu de violents affrontements à coups de pierres et de bombes lacrymogènes entre les chômeurs et les forces de l’ordre. Ces affrontements, qui ont duré plusieurs jours, ont été causés par des dysfonctionnements dans le pôle emploi de la région.

Les jeunes de la ville s’étaient mobilisés contre le chômage qui les touche de plein fouet au moment où les entreprises activant sur place ramènent la main-d’œuvre des villes du nord du pays. C’est alors que les autorités avaient pris des mesures exceptionnelles pour éviter l’irréparable. Mais il semble que ces réformes, censées ramener le calme, n’ont servi à rien. Trois ans après, revoilà les émeutes de l’emploi qui perturbent la sérénité de cette ville du Sud. Depuis ces dernières années les causes du mécontentement se sont multipliées et les populations du Sud, habituellement sereines et calmes, l’expriment de manière éclatante. Ainsi, le Grand-Sud a connu, l’été dernier, les émeutes de l’électricité.

Biskra, Ouargla, El Oued et Adrar ont été les précurseurs des émeutes de l’électricité qui s’étaient propagées par la suite aux autres régions du pays. Cette région autrement sensible et stratégique, qui est le Sud se retrouve encore une fois en … feu. Voilà donc le sud qui souffle sur le feu.

La stabilité sociale du Sud est le seul moyen d’empêcher l’explosion de cette poudrière… Les autorités doivent sauver le Sud pour ne pas perdre le « Nord » !

Leur presse (Walid Aït Saïd, LExpressiondz.com, 3 janvier 2013)

 

Ouargla : affrontements entre manifestants et policiers

Le centre-ville de Ouargla a été durement secoué, hier, par de violents affrontements entre les forces du maintien de l’ordre et des manifestants venus réclamer du travail.

Rassemblés dès la matinée au niveau du carrefour principal de la ville, les manifestants, des chômeurs venus des quatre coins de la wilaya, ont été encerclés par les forces antiémeute. « Au fil des heures, la tension était palpable. Et le ton est monté entre certains protestataires et des policiers et tout s’est embrasé », raconte un riverain. Les affrontements entre protestataires et policiers ont commencé en milieu de journée et ont duré plusieurs heures. Les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Mais les échauffourées ont vite gagné les quartiers limitrophes du centre-ville, ajoute notre source. Plusieurs protestataires ont été arrêtés et conduits au commissariat de la ville. Parmi eux Tahar Belabès, porte-parole du comité local de défense des droits des chômeurs. Contacté par nos soins, M. Belabès a affirmé être retenu au commissariat avec quelques autres dizaines de manifestants. « Je ne sais pas si on va nous libérer ou nous retenir pour nous déférer directement devant le procureur demain. Tout ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que nous sommes au commissariat », nous a-t-il indiqué.

Le centre-ville n’a retrouvé son calme qu’en fin d’après-midi. La ville de Ouargla a connu plusieurs manifestations de chômeurs ces dernières années. Ces affrontements reflètent le ras-le-bol des chômeurs de la région, qui se sentent floués par le gouvernement qui leur a promis une prise en charge rapide de leurs problèmes, en vain. La tension qui régnait hier dans la ville de Ouargla n’augure rien de bon pour les jours à venir. À moins que le gouvernement Sellal ne décide d’agir vite pour désamorcer la situation. Ouargla compte plus de 200’000 habitants ; le taux de chômage officiel y est de 9,4%. Mais les jeunes sont en grande majorité sans emploi. D’où ces protestations récurrentes pour réclamer du travail dans cette grande wilaya qui regorge de ressources pétrolières.

Leur presse (Mokrane Ait Ouarabi, ElWatan.com, 3 janvier 2013)

 

ÉMEUTES ET MANIFESTATIONS RÉAPPARAISSENT
Une fin d’année mouvementée à Tiaret et Ouargla

Les demandeurs de logement et les chômeurs tentent de se faire entendre en sortant dans la rue.

Les mouvements de protestation nourris par des revendications sociales font leur réapparition dans certaines villes. À Tiaret, ce sont des centaines de citoyens qui se sont rassemblées lundi dernier [31 décembre] pour réclamer des logements. C’est le deuxième jour consécutif de ce mouvement de protestation qui a eu lieu devant le siège de la daïra, situé place Regina, en plein cœur de la ville.

Les forces antiémeutes ont tenté de disperser les manifestants composés d’hommes et de femmes accompagnés de leurs enfants. Sur place, ils ont réclamé une audience auprès du chef de daïra pour appuyer leur demande consistant en l’obtention de logements. Les fonctionnaires ont fait savoir que le chef de daïra se trouvait en congé.

Le mouvement s’est tout de même poursuivi et les manifestants ont fermé la trémie située près de la résidence du wali. La circulation s’en est trouvée perturbée et les automobilistes ont été obligés d’emprunter d’autres voies, ce qui a provoqué des encombrements importants. Les manifestants dénoncent aussi le fait qu’aucun responsable de la ville ne les ait rencontrés.

Des chefs de familles déclarent qu’ils attendent un toit décent depuis 16 ans. Le logement n’est pas la seule cause d’attroupement des populations. L’emploi en est une autre. À Ouargla, des chômeurs ont manifesté devant le siège de l’Agence nationale de l’emploi et réclament le départ de son directeur. Ils étaient plusieurs dizaines à bloquer, dès la matinée de lundi dernier, la route menant au nouveau siège de l’Agence de la wilaya de Ouargla.

Selon Tahar Belabès, membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs, l’ouverture d’une enquête est inévitable. Selon lui, les chômeurs réclament le départ des responsables de l’agence dont le premier, le directeur régional. Le directeur de wilaya est aussi dans le collimateur des manifestants. Ces personnes sont soupçonnées d’accorder des emplois de façon illégale et sans se conformer aux procédures prévues. Là aussi, la police est intervenue pour rétablir l’ordre, mais le problème reste entier.

En effet, les jeunes protestent depuis une semaine. Ils ont été reçus par le wali de Ouargla dimanche dernier. Leurs espoirs ont vite été déçus. Le wali avoue son incapacité à régler le conflit étant donné que l’agence ne relève pas de son autorité. C’est suffisant pour provoquer le courroux des chômeurs. Il est annoncé que de grandes manifestations auront lieu aujourd’hui à Ouargla. Comme d’habitude dans pareils cas, la paralysie de la circulation risque d’être totale. (…)

Leur presse (Ahmed Mesbah, LExpressiondz.com, 2 janvier 2013)

 

[5 décembre 2012] Ouargla : Des centaines de chômeurs protestent contre la Hogra

Des centaines de chômeurs dénonçant la Hogra ont recouru à la rue hier à Ouargla pour dénoncer la non-tenue des promesses d’embauche faites par Abdelmalek Sellal. Ils étaient nombreux à répondre activement à l’appel du comité local des chômeurs pour une marche pacifique et un rassemblement devant le siège de la wilaya. Les chômeurs ont ainsi vivement interpellé le wali d’Ouargla en lui rappelant les promesses du Premier ministre qui attendent d’être concrétisées sur le terrain. Les protestataires revendiquent des quotas d’embauche dans le secteur pétrolier. « Une revendication à laquelle a répondu favorablement le gouvernement sans pour autant prendre des mesures concrètes sur le terrain », dénoncent les manifestants qui se sentent « trahis ». Par leur action de protestation, qui n’est ni la première ni la dernière du genre, les protestataires veulent obtenir « un signal politique fort » de la part du gouvernement Sellal. Un mini-conseil interministériel a été tenu au début du mois de novembre en présence de représentants de la société civile pour trouver des solutions raisonnables au problème posé par les chômeurs, de plus en plus nombreux dans cette région riche en or noir.

Leur presse (Reflexiondz.net, 6 décembre 2012)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] L’État français livre 25.000 tonnes de blé pour soutenir l’effort de guerre de Bachar

France is set to export a first cargo of wheat to Syria this season, port data showed on Wednesday, suggesting it might be switching suppliers as Black Sea region stocks run low.

A vessel expected at the northern port of Rouen on Thursday is expected to load 25,000 tonnes of wheat for Syria, port data showed.

Traders said the wheat, sold in a tender as optional origin, was initially expected to be sourced from Black Sea countries but a sharp fall in supplies there opened the door to a switch to French supplies.

Such switches took place over the 2010/2011 season when French wheat and barley replaced struggling Black Sea production, they said.

Wheat and other foods are excluded from Western trade sanctions which have been imposed on Syria in the wake of government suppression of an uprising in the country.

Traders say difficulties in financing grains sales because of banking sanctions have deterred international firms from participating in Syrian tenders. This has led to a series of Syrian wheat purchases arranged by dealers in the Middle East and Asia at higher prices than paid by other regional buyers.

Syria’s state grains agency issued a new international tender on Wednesday to purchase and import 100,000 tonnes of soft milling wheat, European traders said.

In its last reported grain tender on Dec. 19, Syria’s grains agency purchased 100,000 tonnes of wheat, which traders said were likely to be sourced from the Black Sea region, with the seller said to be a trading house based in Lebanon.

Presse complice (Agence Faut Payer, via Al-Jazeera Syria live blog, 2 janvier 2013)

 

La Turquie envoie 40.000 tonnes de farine de blé à la Syrie (gouvernement)

ANKARA – Le gouvernement turc a signé un décret portant sur l’envoi en Syrie « pour des buts humanitaires » de près de 40.000 tonnes de farine de blé pour les civils, a annoncé lundi son porte-parole, Bülent Arinç.

« Une tragédie humaine est en train d’être vécue en Syrie (…) Nous voulons dépêcher 37.000 tonnes de farine de blé vers la Syrie pour subvenir aux besoins urgents des populations civiles en pain. Nous avons signé un décret en ce sens », a dit M. Arinç lors d’un point de presse au terme d’un conseil des ministres à Ankara.

M. Arinç qui occupe également le portefeuille de vice-Premier ministre, a déploré que « l’administration syrienne empêche malheureusement la distribution de l’aide humanitaire aux civils » en Syrie, pays voisin de la Turquie. Mais, a-t-il insisté, « Nous voulons quand même faire ce don humanitaire ». [sic ! NdJL] (…)

Presse complice (Algérie Presse Service, 25 décembre 2012)

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[Maison d’arrêt de Gradignan] Feu d’artifice du Nouvel An

2012 : Encore une année pleine de richesses.

À la pointe de la technologie et de la démocratie, la presse virtuelle accumule les informations sur la prison. 67’674 prisonnières et prisonniers, une demande de grâce de  Philippe El Shennawy, et des millions de Français qui au pire s’en carrent, au mieux s’entêtent à ne décrire et penser le système carcéral qu’au travers de conceptions sécuritaires et raciales, crachées par ceux qui sont censés les informer… Ce sont les mêmes qui stigmatisent les actions militantes comme des gestes philantropiques (mes fesses), au pire l’opération d’apprentis gauchistes.

01/01/2013 : Les beaux gosses et les CRS dansaient la farandole sur les quais, la plupart des bars n’ouvraient que sur invitations privées, mais puisque se mobiliser avec le reste du peuple pour célébrer la fin d’une année qu’on a trouvée pourrie ne nous bottait pas plus qu’une bonne gastro, on est partis pour la deuxième année consécutive avec nos petits feux de supermarché direction la maison d’arrêt de Gradignan en espérant que nos cris dehors et nos pensées arrivent jusque de l’autre côté des murs.

Puisqu’on a entendu crier « Encore ! Encore ! », on se dit que le message est passé.

C’est clair qu’on va pas faire ça toute notre vie, et on sait pas si on sera là l’année prochaine. En attendant, puisqu’on sent que cette année va perpétuer le bal de tous les bons gros réacs des rédactions et forums de tous les médias de merde de ce pays, on pense que la relève, de toutes parts, ferait bien de se magner à arriver.

La propagande par la fête.

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[Ministère de l’intérieur, ministère de la terreur] Bas les pattes sur Thala !

Cette nuit vers 3 heures du matin, les forces de police ont arrêté Issam Omri le frère du martyr Mohamed Omri de Thala, avec deux membres de sa famille, leur maison a été saccagée par les policiers, ils ont agressé la sœur du martyr, et obligé selon des témoins ses frères à sortir nus de la maison avant de les arrêter, selon Olfa Chniti de Thala les policiers ont dit à la famille : « nous allons nous occuper de vous un à un ».

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« Notre liberté n’a pas de sens tant que les criminels sont en liberté.
Lève ta tête, tu es à Thala. »

Sommes-nous devant une forme de commémoration policière des massacres que le même appareil « sécuritaire » avait commis sous les ordres de Ben Ali ?

Page Facebook de Ramzi Bettaïeb, 2 janvier 2013


Les Brigades d’intervention de retour à Thala

Le 12 janvier 2011, les forces de police se sont retirés de la ville meurtrie de Thala dans le gouvernorat de Kasserine, après des confrontations face à la résistance farouche de la population qui s’est soulevée contre le régime de Ben Ali.

Les forces de la répression avaient coupé Thala du reste du pays depuis le début du mois de janvier 2011. Dans la nuit du samedi 8 janvier au dimanche 9 janvier 2011 ils ont assassiné Marwane Jomli, 20 ans, Ahmed Ben Ammar Boulaabi, 30 ans, Mohamed Omri, 17 ans, Nouri Boulaabi, 30 ans. Ensuite ils ont tué Ghassen Chniti et Ahmed Rtibi. Le 12 janvier 2011 les brigades d’intervention ont tué Wajdi Saihi avant de se retirer.

Depuis, la ville a établit un modèle d’auto-gestion semblable à ce que la ville de Redayef dans le bassin minier avait connu jusqu’à nos jours, du fait de l’abscence quasi-totale des institutions de l’État et de la police.

Les familles des martyrs de Thala persévèrent et sont déterminées à connaître la vérité et à ce que la justice soit faite. Notamment Issam Omri, le frère du martyr Mohamed Omri, qui demande lui aussi à connaître la vérité.

Issam Omri a récupéré, avec les jeunes révolutionnaires de Thala, un document dans le poste de police de la ville en flammes le 12 janvier 2011. Ce document cite les responsables des brigades d’intervention qui ont été déployés à Thala en donnant leurs noms, grades et numéros de téléphone. Issam Omri avait témoigné de menaces reçues de la part l’ex-directeur des brigades d’intervention le Colonel Moncef Laajimi. Issam avait été arrêté dans une opération policière suspecte au cours du mois de septembre 2011 à Tunis. L’idée planait alors que le colonel Laajimi, qui était encore directeur général des brigades d’interventions, était à l’origine de l’arrestation.

Issam Omri s’est montré intransigant et ferme dans sa quête de la justice et de la vérité concernant l’assassinat de son frère.

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VOIR LA VIDÉO

Une vidéo filmée hier soir à Thala, nous a été envoyée par Jaber Omri. Les scènes montrent la maison de la famille du martyr Mohamed Omri, après que plus de 20 policiers des brigades d’intervention y aient fait irruption vers 3 heures du matin en lançant des bombes lacrymogènes. Ils auraient aggréssé la sœur du martyr, Hajer Omri et auraient ensuite arrêté ses trois frères : Issam, Ahmed et Khaled Omri. Ils les auraient sortis nus de chez eux. La vidéo montre aussi les dommages causés dans une maison voisine, suite à une irruption des policiers qui y auraient lancé du gaz lacrymogène et auraient piétiné un bébé d’après les témoignages des voisins.

Winston Smith, Nawaat, 2 janvier 2013

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] L’usine de cellulose de Kasserine lock-outée par l’armée

Tunisie , Régions : L’Armée nationale ferme et sécurise l’Usine de cellulose à Kasserine

L’armée tunisienne a procédé à la fermeture de l’usine de cellulose appartenant à la Société Nationale Tunisienne de Cellulose, le lundi 31 Décembre 2012, après avoir fait évacuer tout son personnel qui observait une grève depuis plus de 7 jours.

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Cette initiative a été entreprise dans le but de sécuriser l’usine et ses installations, sachant que les dépôts contiennent des produits chimiques dangereux, dont le  »gaz de chlore ».

Les unités de l’armée ont mobilisé des  »rondes » autour de l’enceinte extérieure de l’usine implantée sur près de 40 hectares en plein centre ville de Kasserine, non loin de la caserne militaire.

L’information a été confirmée par le secrétaire général du syndicat de base des ouvriers de l’usine, Mohamed Ali Bouazizi, sans pouvoir donner plus de détails à ce sujet.

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 2 janvier 2013)


Tunisie : Kasserine annonce une semaine “de la colère”

Les Kasserinois se préparent à vivre la “Semaine de la colère” du 1er au 8 janvier 2013, nous a rapporté le correspondant de “Tunisie Numerique” présent sur place.

Quelques jeunes habitants de la région ont brûlé des pneus ce matin au quartier Azzouhour bloquant ainsi la circulation, a ajouté notre correspondant.

Les habitants de la région entendent à travers ces manifestations pacifiques réclamer leur droit à l’emploi et au développement et protester contre la marginalisation et les promesses non tenues.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 2 janvier 2013)


Kasserine : l’URT décide l’organisation d’un mouvement de protestation, le 12 janvier à Tunis

La commission administrative de l’union régionale de travail de Kasserine (URT) a décidé, à l’issue d’un meeting, tenu samedi dernier au siège de l’URT, l’organisation d’un rassemblement des travailleurs, le 12 janvier prochain à la place Mohamed Ali, à Tunis, pour appeler le gouvernement à tenir ses promesses, créer des postes d’emploi aux jeunes et renforcer le développement dans la région…

Presse contre-révolutionnaire (TAP, 31 décembre 2012)

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[Colmar] Vive la belle !

TROIS DÉTENUS S’ÉVADENT À COLMAR

Trois détenus se sont évadés de la maison d’arrêt de Colmar la nuit de la Saint-Sylvestre, après avoir creusé un trou dans le plafond de leur cellule, a-t-on appris de source policière.

« Les agents de l’administration pénitentiaire ont constaté leur disparition entre 6h30 et 7h » ce matin, a indiqué à l’AFP le commissaire Christian Reeb de la police judiciaire de Mulhouse, en charge de l’enquête. Les trois fuyards, âgés de 19 à 24 ans, réputés non dangereux, ont creusé un trou dans le plafond de leur cellule commune. Une fois dans les combles de la prison, ils sont parvenus à rejoindre le palais de justice voisin, par lequel ils ont pris la fuite. « L’alarme du tribunal de grande instance s’est déclenchée à 4h30 du matin », a précisé M. Reeb. Mais les gardiens n’ont rien constaté d’anormal lors de leur inspection.

Les enquêteurs tentent d’établir si l’évasion était préméditée, et si les détenus ont pu bénéficier d’une complicité à l’extérieur du bâtiment. Cette évasion spectaculaire intervient une semaine après la publication d’un rapport dénonçant l’insalubrité et la vétusté de la prison de Colmar.

Dans ce document, réalisé à la demande d’un détenu, un expert judiciaire déplore entre autres l’étroitesse des cellules (9,01 m² pour trois personnes), l’état défectueux des chauffages et le manque d’aération. D’après le site internet du ministère de la Justice, la maison d’arrêt de Colmar, d’une capacité d’accueil de 120 détenus, est installée dans un bâtiment remontant au Moyen-Âge.

Presse carcérale (Agence Faut Payer, 1er janvier 2012)

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[Mort aux el-Assad et à tous leurs complices !] Nouvel An à Damas

Manifestation à Damas pour souhaiter une « année noire » à Bachar al-Assad

Des dizaines d’hommes et de femmes, coiffés de chapeaux de père Noël, ont défilé durant la nuit de lundi à mardi dans un quartier du nord de Damas pour souhaiter une année 2013 « noire » au président Bachar al-Assad, selon une vidéo mise en ligne par des militants.

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VOIR LA VIDÉO

« Nous te souhaitons une année noire Bachar et bonne année à la Syrie », ont notamment scandé les manifestants sur l’air de « joyeux anniversaire », au milieu des youyous des femmes arpentant les rues du quartier Cheikh Mohieddine.

« Dieu, la Syrie, la liberté, et c’est tout », ont-il également crié, détournant le slogan des partisans du chef de l’État depuis près de deux ans : « Dieu, la Syrie, Bachar, et c’est tout ». « Que Dieu protège l’Armée syrienne libre » (ASL, rebelles), ont également scandé les manifestants. Ils ont réclamé la « victoire pour les révolutionnaires » et brandi des pancartes demandant la « libération des détenus », estimés à plusieurs milliers, selon les organisations de défense des droits de l’Homme qui affirment qu’ils sont soumis à des tortures dans les geôles de la Sécurité syrienne.

La révolte en Syrie est née le 15 mars 2011 dans le sillage du Printemps arabe. Elle a débuté par des manifestations pacifiques réclamant plus de libertés, avant de se radicaliser, exigeant notamment la chute du régime. Face à la répression sanglante de la contestation par le régime, l’opposition s’est militarisée et le pays est désormais en proie à un conflit armé qui a fait plus de 46.000 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Presse contre-révolutionnaire (RTL Infos, 1er janvier 2013) via Solidarité ouvrière

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Découverte d’archives de Pavel et Clara Thalmann

POUR INFORMATION. À DESTINATION DU MOUVEMENT LIBERTAIRE ET MARXISTE ANTI-AUTORITAIRE.

Le CATS est un petit collectif anar de traduction. Nous avons été dernièrement contactés par une personne qui étudie à Nice et nous avons eu l’occasion de la rencontrer directement. Cette personne a fait une découverte fort intéressante, un peu par hasard.

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Elle a découvert l’existence à la bibliothèque de l’UFR de Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’université de Nice, d’un fond documentaire, non référencé donc non consultable, poussiéreux, déposé dans cette bibliothèque universitaire depuis plus de 30 ans apparemment. Le seul nom qui est donné à ce fond est celui des gens à qui il appartenait : fond Thalmann.

Oui, il s’agit bien d’une partie des archives de Pavel et Clara Thalmann, militantEs révolutionnaires communistes dissidentEs qui se sont progressivement rapprochés du mouvement anarchiste. Pavel et Clara ont côtoyé le POUM durant la guerre d’Espagne et ont participé à la Colonne Durruti. Une rapide recherche sur Wikipédia vous donnera accès à leur riche parcours politique.

Ce fond est contenu dans deux armoires à rayonnage. Il doit représenter un à deux mètres cubes de documentation. Il comporte des livres (certains datent des années 1890), de nombreuses brochures, des journaux, des revues en français, en allemand, en russe, en espagnol et peut être dans d’autres langues. Il s’y trouve vraisemblablement des pièces rares.

La conservatrice de la bibliothèque, alertée par la personne que nous avons rencontré, semble consciente de l’intérêt et de la richesse vraisemblable de ce fond et toute disposée à le sortir de l’oubli dans lequel il se trouvait. Nous allons prendre contact avec quelques groupes susceptibles d’être particulièrement intéressés par le contenu de ce fond et, bien évidemment avec les Centres Internationaux de Recherche sur l’Anarchisme de Marseille et Lausanne afin de les inviter à encourager le référencement du fond.

Un premier recensement, général, non détaillé, devrait être réalisé d’ici quelques temps par la personne qui nous a contacté. Nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation de ce fond documentaire. Une autre partie des archives du couple Thalmann est déposé, référencé et consultable à l’Institut d’Histoire Sociale d’Amsterdam.

Salutations anarchistes.

CATS Caen, 1er janvier 2013

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Femmes en grève de la faim à Siliana

À Siliana, ville de l’ouest tunisien, il y a quelques semaines la police a tiré sur des manifestants pacifistes, causant de graves blessures et la cécité à plusieurs jeunes qui ne sont toujours pas pris en charge par l’État. D’autres sont toujours aux arrêts et ce, depuis avril 2011, et subissant les pires exactions et tortures de la part de la police politique. Leurs mères, sœurs, fiancées et épouses font la grève de la faim depuis plusieurs jours dans l’indifférence TOTALE.

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Publié sur le blog de « Méditerranéenne », 1er janvier 2013

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[Suisse] La nouvelle année ne nous fera pas plus aimer les murs

Action pour tou-te-s les prisonni-ère-er-s et contre toute forme d’enfermement, le 1er janvier 2013, salutation aux feux d’artifices devant cinq établissements pénitentiaires vaudois et fribourgeois     

Alors que des milliards d’ignares fêtaient le passage à l’an 2013 et la non-fin du monde, quelques personnes ont choisi d’aller saluer celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de festoyer comme les autres, enfermé-e-s contre leur gré dans les prisons de l’État.

Les murs des établissements pénitentiaires vaudois de la Plaine de l’Orbe et de la Croisée à Orbe, de la Tuilière à Lonay et de Bois-Mermet à Lausanne, ainsi que la prison de Bellechasse à Sugiez (FR), ont été égayés par les lumières et les explosions de feux d’artifices et autres « engins pyrotechniques ».

Ils n’ont également pas pu étouffer les cris de joie et de remerciement des prisonni-ère-er-s répondant de l’intérieur.

Pour tou-te-s les prisonni-ère-er-s et contre toute forme d’enfermement
Nous construirons des ponts avec les briques de leurs prisons.

Indymedia Suisse romande, 1er janvier 2013

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[Un nom et une adresse] « Ce qu’on peut attendre d’une prison aujourd’hui »

PRISON. PAS DE CONDITIONS INDIGNES À COLMAR SELON LES DÉPUTÉS

Jean-Louis Christ et Éric Straumann ont effectué une visite à la prison de Colmar, ce matin.

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Dans L’Alsace des 25 et 26 décembre derniers, nous évoquions le rapport d’un expert-architecte sur la maison d’arrêt de Colmar. Cet expert agréé avait été désigné suite à une procédure engagée par Me Fabien Arakelian, avocat au barreau des Hauts-de-Seine et représentant un plaignant détenu pendant sept mois à Colmar, en 2011. Ce document concerne une cellule et déplore « la surface et le volume insuffisant par personne », des « conditions de salubrité insuffisante », un éclairage insuffisant ou encore « un état de vétusté avancé » des douches. L’information avait été reprise abondamment dans les médias

« Un niveau familial »

Hier matin, les députés haut-rhinois Éric Straumann et Jean-Louis Christ ont fait valoir leur droit de visite. À la sortie de la prison colmarienne, ils ont déclaré : « On est très loin de la situation décrite dans la presse. Les conditions de détention restent dignes par rapport à ce qu’on peut attendre d’une prison aujourd’hui. » Le maire de Ribeauvillé a mis en avant un établissement « relativement bien tenu, avec du personnel qui reste à un niveau familial ». Il a ajouté que les détenus avec lesquels ils avaient parlé « ne se plaignaient pas et préféraient être là qu’à Strasbourg ou Nancy ». Son collègue de Houssen a ajouté : « Il n’y a ni cafard, ni rat, ni problème de chauffage comme indiqué dans le rapport. »

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Les députés ont reconnu qu’il y avait un problème « au niveau des sanitaires, des douches ». Ils vont saisir la garde des Sceaux Christiane Taubira à ce sujet : « On ne peut pas laisser les choses en l’état. C’est une enveloppe de quelque 50’000 €. Mais depuis un an, il n’y a plus aucun investissement puisqu’on attendait une décision sur la future prison de Lutterbach. Comme celle-ci ne vient pas, il faut faire ces travaux le plus rapidement possible. »

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LES RÉACTIONS DES DÉPUTÉS EN VIDÉO

Presse carcérale (Annick Woehl, LAlsace.fr, 31 décembre 2012)


LE PS COLMAR DEMANDE LA CONSTRUCTION D’UNE NOUVELLE PRISON À COLMAR

Après la communication des premiers éléments d’un rapport d’expertise judiciaire privé sur l’état général de la prison de Colmar (sanitaire dégradés, chauffage insuffisant, surpopulation carcérale), Victorine Valentin, conseillère municipale et régionale, et Julien Ernst, secrétaire de la section du Parti Socialiste de Colmar, tiennent à rappeler leur position sur le devenir de l’unité carcérale colmarienne.

Partisans d’une fermeture de la prison de la Rue des Augustins en raison de sa vétusté et des conditions de surveillance rendues difficile par manque de personnel, les socialistes colmariens restent cependant opposés au regroupement des établissements pénitentiaires haut-rhinois au sein d’une nouvelle prison à Lutterbach et demandent la construction d’une nouvelle prison sur le ban de Colmar.

Après plusieurs rencontres entre les opposants au projet et les Ministres de la Justice Michel Mercier en février 2011, puis Christiane Taubira en juillet et octobre 2012, le projet de super-prison de Lutterbach semble en passe d’être abandonné. Dans ces conditions, les socialistes colmariens demandent à la Ministre la construction d’une nouvelle unité carcérale de taille et fonction équivalente à l’unité existante à Colmar, la ville alliant tradition judiciaire (présence du TGI et de la Cour d’Appel), réseau de transport en commun permettant aux familles de détenus de rallier facilement la prison, et présence d’un réseau associatif efficace d’éducation et de réinsertion des détenus. Ils demandent aussi le maintien, voire l’augmentation des postes de gardiens afin que les conditions de travail soient sûres.

Victorine Valentin et la section PS de Colmar continueront à œuvrer dans ce sens, et proposent au Maire de Colmar de s’associer à leurs démarches pour obtenir la construction d’une nouvelle prison à Colmar qui garantira de bonnes conditions de travail pour les surveillants et le respect de la dignité humaine pour les détenus.

Parti carcéral (Communiqué de presse du 27 décembre 2012 en réponse aux articles parus le 25 décembre sur l’état général de la prison de Colmar)


JUSTICE. UN RAPPORT QUI ACCABLE LA MAISON D’ARRÊT DE COLMAR

L’affaire des conditions indignes de détention aux Baumettes à Marseille n’est pas un cas isolé. Un expert-architecte a rendu hier un rapport qui accable la maison d’arrêt de Colmar.

« Un client détenu pendant sept mois à Colmar en 2011 m’avait fait part de conditions de détention indignes », souligne Me Fabien Arakelian, avocat au barreau des Hauts-de-Seine. Ce dernier avait saisi le tribunal administratif de Strasbourg en référé, afin qu’un expert puisse être désigné. Le tribunal avait rejeté la demande et le conseil avait fait appel.

En juin de cette année, la cour administrative d’appel de Nancy avait ordonné la désignation d’un expert. Celui-ci, en présence de l’avocat et du directeur de l’établissement, s’est rendu à la maison d’arrêt le 22 octobre. Dans son rapport, l’architecte, expert agréé près la cour d’appel de Colmar, écrit au sujet d’une cellule : « Surface et volume par personne insuffisant […], absence de possibilité d’intimité […], conditions de salubrités insuffisantes » Pour ce qui est des douches : « État de vétusté avancé […], chauffage très sommaire, voire inexistant. » Suite à ce rapport, Me Arakelian devrait déposer un nouveau recours devant le tribunal administratif de Strasbourg, afin d’obtenir réparation pour son détenu.

Contacté par téléphone, Éric Gemmerlé, secrétaire général du syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa, n’était pas étonné par ce rapport : « Cela fait longtemps que nous disons qu’à Colmar les conditions sont indignes et pour les détenus, et pour le personnel pénitentiaire qui y travaille. » Hier, en fin de matinée, la direction de la prison était injoignable.

Presse carcérale (Thierry Martel, LAlsace.fr, 25 décembre 2012)


(…) Selon le rapport, les détenus vivent à trois dans des cellules de neuf mètres carrés, où l’aération est difficile et l’intimité presque inexistante, a souligné mardi Me Fabien Arakelian, l’avocat du détenu, sur France info.

En outre, les douches de ce bâtiment très ancien, construit en 1791, sont dans un « état de vétusté avancé », et le chauffage est « très sommaire », a-t-il ajouté.

« Je vais désormais saisir le tribunal administratif de Strasbourg pour obtenir réparation des conditions de détention indignes imposées à mon client », a expliqué l’avocat, qui a déjà contraint l’État, en juillet 2011, à indemniser deux détenus des maisons d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) et de Bois d’Arcy (Yvelines).

Me Arakelian entend en outre saisir le même tribunal pour obtenir la mise en oeuvre de travaux de mise en conformité, alors qu’il existe un projet de construction d’une prison neuve pour le département. (…)

Presse carcérale (Reuters via tempsreel.nouvelobs.com, 25 décembre 2012)

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[Lâchez tout] C’est bien foutu la société

Certaines personnes s’inquiètent du fait que la présence de « fugueuses » puisse nuire à la lutte. Nous ne chassons personne d’ici et nous ne kidnappons personne, nous ne forçons personne à rester ici, surtout pas les relous qui se sentent obligés de faire acte de présence. En l’occurence, à propos des violences subies par la famille de Camille venue la chercher, il convient de donner quelques éléments de contexte, commodément oublié dans les récits des médias et notamment de la presse écrite. Des récits entendus de témoins oculaires directs de la scène, Camille ne souhaitait pas suivre ses parents. Ceux-ci la forçaient physiquement à les suivre quand des personnes sont intervenues et que le ton est monté.

Ce qui nuit à la lutte, ce sont ceux qui se réapproprient tout et à n’importe quel prix, c’est parfois l’alcool, le manque de communication, les crises d’ego sur-aigues, le sexisme, l’homophobie entre autres, les journalistes « suceurs de sang », le non respect de tous les êtres vivants et celui des décisions personnelles de chaque individu.

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Pour en revenir à Geneviève, nous ne pouvons pas lui imposer de rentrer chez elle, de lui dire qu’elle n’est pas la bienvenue, parce que c’est faux, en tout cas, aux dernières nouvelles, elle aurait pris la décision de partir pour ne pas voir tout un bataillon de soldats venir la chercher, ne pas avoir à être mise de force dans une voiture ou subir un interrogatoire. Et pour ceux qui s inquièteraient vraiment trop, on vient de recevoir cette information :

« Pour le procureur de la République Jacques Louvier, la décision de Geneviève de rejoindre Notre-Dame-des-Landes n’a rien d’un coup de tête : « L’audition (de Camille ndlr) confirme qu’il s’agit d’un acte réfléchi, pensé, qui répond à un engagement ». Les deux adolescentes « avaient parlé de leur projet d’aller rejoindre les opposants à la construction de l’aéroport à leurs proches. Elle défend son idéal », a-t-il poursuivi. Ainsi, ramener la jeune fille de force alors qu’elle a mûri son projet pourrait conduire à une détérioration des relations avec sa mère, a estimé le procureur. »

M. Valls a aussi déclaré « qu’il serait dangereux « d’envoyer des gendarmes » pour récupérer Geneviève à Notre-Dame-des-Landes. Les relations entre les opposants au projet d’aéroport et les forces de l’ordre sont déjà tendues à l’extrême. »

Ouais elles sont super tendues les relations, d’ailleurs Manuel, si tu pouvais dire à tes gendarmes de garde de quitter la zone, ça nous ferait des vacances

(Encore) À propos des « fugueuses », on a reçu ce texte, qui détaille un autre aspect du monde qui va avec cet aéroport et contre lequel on lutte : La domination des adultes sur les « enfants »/ »mineurs » :

En France, la majorité pénale, au sens strict, est fixée à 18 ans.
Mais, par abus de langage, beaucoup la font commencer bien plus tôt, à 13 ans, voire à 10 ans, car à compter de cet âge, l’enfant fautif est pris en charge par la justice de façon personnelle.
Concrètement, le mineur reconnu coupable d’infraction fait l’objet :
• à partir de l’âge de 10 ans : de mesures de protection, de surveillance et d’éducation ;
• à partir de l’âge de 13 ans : de sanctions éducatives (notamment dans des centres éducatifs fermés) et, exceptionnellement, de peines d’emprisonnement en centre de détention spécial.

Source : service-public.fr

C’est bien foutu la société

Ah les grand-es moralisateurices s’en donnent à cœur joie, des milliers de fugues passent inaperçues, mais l’envie de vivre autre chose de deux jeunes fait la une de l’actualité. Un peu comme pour les otages, quand il s’agit de journalistes la corporation s’en inquiète quotidiennement, mais il suffit qu’illes soient libéré-es pour que l’actualité devienne hebdomadaire pour les autres, autant dire insignifiante, il en ira de même des fugueureuses.

Dans ce cas d’ailleurs peut on parler de fugue ? Une fugue c’est une fuite, un échappatoire, la nécessité à moment donné de quitter un quotidien qui vous étouffe, qui vous opprime, pour aller ailleurs, n’importe où. Quelqu’un parmi les journalistes qui se perdent en délire collectif, s’est-il posé la question de savoir si ces jeunes n’ont pas plutôt souhaité-es faire un voyage, vivre autre chose, se laisser guider par leurs désirs ? Sans les connaître, sans les avoir croisé, j’attendrai que Camille et Geneviève précisent si pour eulles c’était une fugue ou une vogue.

En tous cas il semble que leur voyage réponde à au moins un des slogans entendu dans la lutte contre le projet d’AGO :  »en finir avec leur monde » et ce monde s’articule autour de la famille nucléaire, privant les moins âgés de libre choix, les plaçant sous la tutelle de parent-es, des jeunes jugé-es incapables de discernement pour ce qui concerne leurs envies de rencontre, d’évasion, d’éducation, etc… Sauf dans un cas, si illes commettent un délit pénal. Là c’est pas tout à fait pareil, si illes font une connerie ce ne peut être à cause de l’environnement familial, ce ne peut être à cause de leur environnement social de merde, la seule possibilité c’est qu’illes soient responsables individuellement, leur environnement pourra être une circonstance plus ou moins pénalisante, mais c’est eulles seul-es qui en seront responsables. Imaginons que Geneviève et Camille, aient plutôt choisi-es dans leur périple de vivre de chapardage, prenant à droite et à gauche dans quelques commerces de quoi subsister et qu’illes aient déjà été en contact avec la justice pour des faits identiques. Illes seraient des délinquant-es récidivistes, pénalement responsables. Illes auraient la porte du cachot ouverte et les grand-es moralisateurices du moment en appelleraient à la sévérité de la  »justice ».

Et oui chères camarades, selon eulles, vous êtes assez âgé-es pour vivre en prison mais bien trop jeunes pour vivre libre. Vous ne pouvez vous résigner à ce constat ? Si c’est le cas, tant mieux et je suis de tout cœur avec vous, mais cette lutte est encore bien plus difficile à mener que celles des zadistes, c’est une lutte permanente, totale, contre tousses et d’abord contre soi-même, contre ce qu’on veut nous inculquer ou qu’on nous a inculqué. Des prisons il y en a de toutes sortes, famille, école, usine, morale, … vouloir les détruire est un combat de toute la vie.

Si les réactions journalistiques sont si violentes, si les commentaires sur les blogs ou sites  »d’infos » sont si durs, c’est parce que Geneviève et Camille ont osé-es remettre en cause la famille et leur dépendance à l’autorité parentale, illes ont osé-es proclamer qu’illes étaient en droit de choisir ce qu’illes voulaient faire de leur vie, librement. Illes ne sont pas mineur-es, mais aptes à faire les choix qui les concernent, vitalement responsables. Les familles s’inquiètent nous dit-on, heureusement qu’illes s’inquiètent, illes ont décidés que c’est d’eulles que devait venir l’éducation apportée aux plus jeunes et illes n’ont jamais pensé-es à leur apprendre à vivre libre, illes n’ont jamais pensé-es à leur expliquer ce que pourrait être le quotidien sans eulles, illes s’inquiètent parce que ces deux jeunes ne sauraient pas (selon eulles) se débrouiller, se protéger, … Illes s’inquiètent parcequ’illes ont pris soin de ne pas leur apprendre tout ça. Pour les garder égoïstement sous leur aile, pour conserver leur pouvoir, illes les ont privé-es de ces confrontations à l’indépendance, illes leur ont appris à se prononcer en fonction des choix qu’illes leur proposent, sans jamais les avoir associé-es à la définition de ces choix, ou alors simplement sur des sujets secondaires.

Illes s’inquiètent surtout, parce que les unes et les autres se rendent compte, qu’en fait les jeunes n’ont pas besoin d’eulles, que les parent-es ne sont utiles aux jeunes que tant qu’illes n’ont pas la possibilité de se nourrir par eulles-mêmes (et encore ce pourrait être aussi un besoin assumé par la société, comme cela c’est apparemment passé pour Camille et Geneviève, nourri-es par le partage de dons de tous horizons).

Ce qui alimente la déferlante de commentaires haineux, moralistes et finalement très cons, sur la toile, c’est la peur de tousses ces  »adultes » qui voient bien que la supercherie de l’autorité parentale est ici mise au grand jour, en pleine lumière. Illes voient bien que rien ne peut empêcher une personne quel que soit son âge de partir. Pourquoi faut-il  »ne pas laisser les enfants sans surveillance » ? Parce que sinon illes se rendraient compte de l’inutilité de la famille, illes se rendraient compte qu’illes peuvent se laisser guider par leurs désirs. Le problème étant que personne aujourd’hui ne les a éduqué à mesurer les risques, à faire attention, à évaluer une situation  »hors cadre familial », … L’éducation se borne à apprendre à respecter l’autorité, à travailler, à apprendre des choses dont la plupart d’entre nous n’ont que faire. Rares sont les adultes qui préparent les enfants à l’indépendance, illes sont éduqué-es à être autonome dans une société de juges, de patron-nes, de représentant-es, … une société de flics.

On nous parlera sans doute bientôt de risque d’acte pédophile auxquels les deux ami-es se sont exposé-es, sans jamais remettre en cause le pouvoir que se donnent les  »adultes » sur les  »enfants » ou les  »hommes » sur les  »femmes », comme partie responsable de ces actes, sans jamais se poser la question de savoir si l’éducation au respect total des choix de chaque personne petite ou grande, ne serait pas la meilleure protection à toutes les violences auxquelles sont exposées les individu-es jugé-es plus faibles.

Vous le savez aussi Geneviève et Camille, tout le monde a accès à toute la pornographie possible sur internet ou à la télé, illes mettent le sexe au centre de toutes relations, mais c’est votre choix de route qui va être jugé irresponsable. Que voulez-vous, la pornographie leur rapporte beaucoup de fric, votre liberté zéro. Vous n’avez pas le droit d’avoir des envies, des désirs qui sortent de ce qu’illes estiment de  »bonne morale » si ça ne leur rapporte rien, le flirt hétéronormé à la limite, mais pas plus, vous verrez les moralistes réactionnaires, vont vous le rappeler très bientôt, avant d’aller se branler devant la dernière vidéo XXX, ou de retrouver leur amant-e hors de leur  »famille », noyau familial sacré quand ça les arrange (certain-es même y accompliront des fantasmes bi ou homosexuel à deux ou plus, soyez-en sûr-es).

On pourrait discourir encore longtemps sur ce que Geneviève et Camille, parmi tant d’autres mettent en lumière par leur choix et la façon dont illes ont mené-es leur périple, tous ce que leur expérience met en lumière comme carences dans  »la bonne éducation », comme carences dans la société, mais pour moi un fait est certain, cette vogue [si il s’agit bien d’une vogue (?)] autonome et autant que je puisse en juger organisée, est une pierre (et pas la moindre), de la fin de leur monde !!

Merci les copaines 😉 kmilles sabords

Zone À Défendre, 31 décembre 2012

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