Propos d’un ex-retenu du CRA du Canet à Marseille (audio)

Retranscription de la parole d’un ex-retenu

T’étais dans le centre cet été ?
Oui, j’y ai passé vingt-cinq jours.

C’était quoi l’ambiance générale dans le centre ?
Entre nous c’était bien, mais entre nous et les flics, c’était autre chose. On se disputait toujours. Des fois, ils nous frappaient, dans les chambres, parce qu’il n’y a pas de caméras. C’était toujours comme ça, ils insultent les gens. Et on pouvait rien faire.
On peut se voir toute la journée, on est tous ensemble. C’est pareil, on est musulmans, on est tous des frères. Il n’y a pas de racisme entre nous, c’est pareil entre le Noir, l’Afghan, le Tunisien, Français, entre tout le monde.

Est-ce que ça peut arriver que les flics soient gentils avec certains retenus pour en faire des balances ?
Il y avait une balance avec nous. Tout le monde le connaît, on parle pas avec lui. Oui, les flics sont gentils avec lui, en plus, il est sorti avant moi !

Forum Réfugiés, qu’est-ce que tu en penses ?
La vérité, j’aime pas ces gens parce qu’ils font semblant d’aider les gens mais ils font des problèmes.

Le médecin et les médicaments dans le centre ?
Premièrement, il n’y a pas de docteur, y’a des infirmières, j’sais pas, des aides soignantes. Une fois, je jouais au ballon, je suis tombé sur le genou. J’ai demandé à voir le docteur. J’ai vu une infirmière qui m’a donné des cachets pour dormir. Je sais pas moi, ils pensent que tous les gens sont fous, ils donnent des cachets à tout le monde, des cachets pour dormir.

Cet été, il y a une Marocaine qui a failli mourir. Est-ce que dans le centre les autres retenus étaient au courant ?
Non, on n’était pas au courant. On a rien entendu, les flics, ils nous disent rien. Chaque bloc est séparé des autres, on peut pas se parler, on peut rien faire. Juste se voir derrière la fenêtre.

Cet été, y’a retenu qui a cassé la télé dans la salle commune ?
La vérité, tu ne peux pas casser la télé comme ça. Des fois, tu te disputes avec les flics, ils te frappent dans les chambres. Parce que tu peux rien faire, tu vas casser la télé, des trucs. Tu vas brûler des matelas. Il faut faire quelque chose, comme ça ils ne prennent pas confiance. On est toujours là, on est toujours là contre eux. C’est mon dernier mot.

Y’avait beaucoup de bagarre avec les flics, mais est-ce que c’était des retenus tout seuls qui se battaient ?
La vérité, chacun est seul. Y’en a qui ont peur, d’autres qui vont bientôt sortir, chacun fait ce qu’il veut, on peut pas les obligés les gens à frapper avec nous. Quand j’étais là-bas, y’a deux collègues qui se sont fait expulser. On a quand même essayé de faire quelque chose dedans. On a essayé de les aider, d’empêcher les flics de les ramener. Dommage, mes collègues sont rentrés en Tunisie, ils vont bientôt revenir !

Quand des retenus refusent l’embarquement, ils les scotchent ?
Oui, y’a un mec que j’ai connu, il a été expulsé, il a été scotché comme une momie. Il a été envoyé en Algérie. Il avait refusé le premier embarquement, au deuxième, il a été expulsé.

Est-ce qu’il y a des parloirs sauvages au centre ?
Mes collègues qui n’ont pas de papiers en fRance sont venus me voir derrière le mur. Ils ont essayé de m’aider, je les remercie.

Ça arrive souvent ?
Oui, c’est toujours comme ça. Y’a pas que moi, d’autres prisonniers que viennent voir leurs copains ou copines. Y’a des femmes qui viennent aussi derrière les murs. Pour faire les visites, il faut des papiers, sinon tu rentres pas.

T’étais au centre pendant le rassemblement le 4 août ?
Oui, j’étais là. C’était un ambiance à l’intérieur, on voulait mettre le feu. On a entendu la manifestation. Les flics sont venus. Même la commandante est descendu pour nous voir. Elle nous a parlé :  « pourquoi vous faites ça ? Si y’a une manifestation, vous ne faites rien, vous écoutez, c’est tout. La vérité, il surveille plus, pendant le rassemblement ils sont rentrés dans le bloc parce qu’ils ont eu peur.

Maintenant que tu es sorti, c’est quoi le quotidien d’un sans-papiers à Marseille ?
Je ne sort pas la journée, que la nuit. Les gens ils ont peur des contrôles. En plus en 2013 c’est la capitale de la Culture. De plus en plus de travaux. Pour préparer tout ça, les flics ils essaient de nettoyer un peu ceux qui n’ont pas de papiers.

Lutte de CRAsse, 18 septembre 2012

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[Marseille] Discussion publique sur les luttes à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention + repas de soutien

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[Bangladesh] La pire émeute ouvrière depuis juin

Bangladesh : gaz lacrymogènes de la police contre une émeute des ouvriers du textile

Au Bangladesh, ce dimanche 16 septembre, la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur des dizaines de milliers de travailleurs du vêtement quand ils se sont révoltés dans une zone industrielle clé en dehors de Dacca, exigeant une réduction des heures de travail.

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Les travailleurs ont quitté leurs usines et rejoint la manifestation, incendiant un  poste de police et quatre véhicules de police à Narayanganj, à 20 kilomètres au sud de la capitale, ont annoncé les autorités.

« Il y avait plus de 100.000 travailleurs. Ils étaient paisibles au début, mais tout à coup ils ont pris d’assaut un poste de police à Shimrail et y ont mis le feu », a déclaré  le chef de la police Sheikh Nazmul Alam à l’AFP.

« Nous avons tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les émeutiers », a-t-il dit, en ajoutant que deux policiers ont été grièvement blessés au cours des affrontements. Il ne pouvait pas dire si et combien de travailleurs ont été blessés.

Alam a déclaré qu’une rumeur sur un meurtre d’un travailleur dans une usine à Adamjee Export Processing Zone, où sont cousus les vêtements pour les principales chaînes internationales, a suscité la protestation, ce qui oblige un grand nombre d’usines de la zone à fermer

Elle devint plus tard une émeute à part entière – la pire depuis juin quand des centaines d’usines ont fermé leurs magasins pendant plus d’une semaine – en tant que travailleurs exigé des heures de travail plus courtes, la sécurité en milieu de travail et autres avantages, at-il ajouté.

Des dizaines de milliers de travailleurs ont également bloqué une route importante, arrêté le mouvement de transport entre Dhaka et la ville portuaire de Chittagong pendant plus de quatre heures.

Les 3.000.000 travailleurs du vêtement au Bangladesh travaillent généralement 10 heures d’affilée et certains jusqu’à 16 heures par jour pour un salaire plus bas du monde en matières textiles, à partir de 37 $ par mois.

Les employés Adamjee exigeaient des garanties pour une fin de la journée de travail à 17h00.

Cette nation d’Asie du Sud a récemment émergé comme le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements avec des ventes de vêtements d’outre-mer garniture 19 milliards de dollars l’an dernier, soit 80 pour cent du total des exportations nationales.

Le secteur est le pilier de l’économie du pays frappés par la pauvreté, qui emploie 40 pour cent de sa main-d’œuvre industrielle.

Les protestations contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont une caractéristique récurrente de l’industrie. Le gouvernement emploie très souvent la force brutale pour réprimer les troubles dans le but de pacifier préoccupation des acheteurs sur l’expédition retardée.

Au début du mois, le géant de la mode suédoise H & M, chaîne du monde de vêtements de seconde plus importante, a exhorté le gouvernement à augmenter les salaires dans les usines d’exportation.

Traduit de l’anglais (Ahram Online, 16 septembre 2012) – Des nouvelles du front


Colère ouvrière au Bangladesh pour la réduction du temps de travail

Dans son édition du 16 septembre, le journal AAJ News indique que dimanche la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur des dizaines de milliers d’ouvrières et d’ouvriers du textile en lutte pour la réduction du temps de travail dans une importante zone industrielle de la banlieue de Dacca.

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Les travailleuses et les travailleurs sont sortis de leurs usines pour rejoindre la manifestation, ont incendié un poste de police et quatre voitures de police à Narayanganj, à 20 kilomètres de Dacca.

Selon le chef de la police “Il y avait plus de 100.000 travailleurs” dans cette manifestation.

Des dizaines de milliers de travailleurs ont aussi bloqué une des principales autoroutes, bloquant tout transport entre Dacca et la ville portuaire de Chittagong pendant plus de quatre heures.

La protestation a commencé dans la zone industrielle Adamjee Export Processing Zone, où sont concentrés des usines textile en vue de l’exportation pour de grandes chaînes internationales, après la mort d’un ouvrier dans un accident de travail.

Le journal Daily Star, rapporte le 16 septembre, les détails de la journée du dimanche.

La manifestation a commencé à 10 heures, avec un premier blocage de route, celle de Narayanganj-Adamji-Demra. La manifestation est repartie vers 11 heures 45 en direction du croisement de  Shimrail pour bloquer l’autoroute Dacca-Chittagong alors que d’autres travailleurs bloquaient l’autoroute Dacca-Sylhet. C’est après l’intervention violente de la police pour disperser les travailleuses et les travailleurs, que la manifestation a tourné à l’émeute, les ouvriers s’en prenant à un poste de police et à des véhicules des forces de répression. On compte plus d’une quarantaine d’ouvriers blessés par la répression.

On compte trois millions d’ouvrières et d’ouvriers du textile au Bangladesh, avec des journées de travail “normales” de 10 heures, allant parfois au-delà de 16 heures, pour un salaire de 37 $ par mois. L’exportation de production textile a rapporté 19 milliards de dollars en 2011.

Les ouvrières et ouvriers de la zone d’Adamjee revendiquent que la journée de travail se termine à 17 heures.

Solidarité ouvrière, 18 septembre 2012

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Nantes détournée

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Trouvé à Nantes en septembre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 68 – « On se remet jamais d’un tel amour, on vit avec »

Partie 68

« Toute histoire a une fin… mais dans la vie… chaque fin annonce un nouveau départ… »

Malheureusement même les bonnes choses avaient une fin, une page se tourne et une nouvelle s’annonce de façon merveilleuse, Delphine que je porterai toujours dans mon cœur et dans ma vie à jamais. C’est Dieu qui donne et Dieu qui reprend, elle connaissait mes principes mieux que quiconque, je ne voulais surtout pas faire d’enfant pendant que j’étais derrière les barreaux il en était hors de question, elle m’a posé un ultimatum un choix crucial auquel j’ai répondu défavorablement, je ne pouvais pas accéder à sa requête, dehors j’étais prêt à lui faire une dizaine de mômes si elle le voulait, ma raison a pris le pas sur mon cœur, elle avait attendu tant d’années alors pourquoi une telle accélération dans la dernière ligne droite, cette rupture m’a peiné, beaucoup affecté pendant des mois. J’ai pris sur moi, encaissé comme je l’ai toujours fait face [à] une épreuve, jusqu’au jour où je m’y attendais pas, j’avais fermé la porte à toute relation pendant mon incarcération. Je savais que j’aurais du mal à retrouver une telle femme mais un rayon de soleil est rentré dans ma vie à l’improviste petit à petit, jour après jour les liens se sont noués et les sentiments se sont installés.

Au début réticent à cette nouvelle union, car j’avais pas tout à fait guéri de ma rupture avec Delphine et sincèrement d’un tel amour on ne guérit jamais. La barre était haute mais fallait la relever je ne compare pas deux amours car chaque amour était unique, on était bien partis avec ma « Inès ». Que Dieu nous facilite, et nous souhaite une longue vie.

UNE PENSÉE POUR DELPHINE, MERCI POUR TOUT.

Les ruptures en prison faisaient l’effet d’un tremblement de terre, un bouleversement énorme, tu perdais tous tes repères, fallait surtout pas sombrer dans la mélancolie même si c’était triste, faut se dire que malgré la séparation on a vécu que du bon c’est le destin qui a mis un terme à une telle idylle. Facile à dire mais tellement difficile à mettre en pratique, on se remet jamais d’un tel amour, on vit avec.

Un être cher nous manque et on a l’impression que toute la terre est dépeuplée, mais le destin et la vie ont fini par repeupler mon monde, on sait ce qu’on perd mais pas ce que l’on gagne, la douceur et l’attitude de Inès me rassuraient, on se comprenait sur tout, j’avais l’impression de la connaître depuis très longtemps, tout collait trop vite trop bien, le chemin était encore long mais à cet instant je tenais à elle plus que tout, une page blanche c’était à nous d’y écrire mais j’y croyais dur comme fer à cette nouvelle idylle, Inès était ma priorité, je voulais en aucun cas que notre histoire soit vouée à l’échec donc je crois plus que jamais à notre histoire.

Inès est arrivée après que j’avais eu une histoire solide, j’étais sûr qu’elle était largement à la hauteur, de confession musulmane tout comme moi, la bataille des prénoms de nos enfants était moins rude LOL mais quand les couples sont tiraillés entre deux religions j’avoue que ça peut être compliqué mais souvent les deux religions cohabitaient très très bien ensemble.

J’avais hâte de la voir ma Inès au parloir, j’ai envoyé des milliers de sms, des photos mais les circonstances avaient fait que je l’avais encore jamais serrée dans mes bras même en étant jugé, la direction jetait un œil sévère sur ceux qui me rendaient visite. Je connaissais sa voix par cœur, c’était une fille pour moi, elle me convenait en tous points, elle n’a pas jugé mon parcours chaotique, c’est devenu le soleil de ma vie, que Dieu l’y fasse briller jusqu’à mon dernier souffle.

CERTAINS MÉDISANTS DISENT QU’UN YOUV AVEC DU CŒUR ÉTAIT UN YOUV FAIBLE JE LEUR RÉPONDRAI TOUCHE À UN CHEVEU À CELLE À QUI J’AI DONNÉ MON CŒUR ET TU VERRAS QUE POUR TOI JE N’EN AI PAS.

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Blaise Compaoré à Paris : la Françafrique fait sa rentrée à l’Élysée !

Deux mois après le gabonais Ali Bongo et alors que l’on annonce la visite prochaine à Paris du tyran tchadien Idriss Déby, le président burkinabè Blaise Compaoré est à son tour reçu par François Hollande ce mardi 18 septembre. Un criminel de plus à l’Élysée, une promesse de moins de tenue : celle d’en finir avec la Françafrique.

Après la réception du dictateur Ali Bongo début juillet, qui a permis aux autocrates gabonais de se revendiquer du soutien du Parti socialiste [Voir le communiqué de Survie du 28 août 2012, « Régime gabonais : le Parti socialiste et le gouvernement doivent se positionner fermement »], c’est au tour du criminel Blaise Compaoré d’être reçu par François Hollande. En prétendant coordonner ou « faciliter » l’émergence d’une solution à la crise malienne, les autorités françaises cherchent une fois de plus à faire passer des vessies pour des lanternes et des dictateurs pour des hommes de paix. Salué pour sa « gouvernance » et ses « médiations », Blaise Compaoré cumule l’absence complète de légitimité démocratique et une implication dans les pires conflits et crises d’Afrique de l’Ouest, mais il est le meilleur défenseur des intérêts françafricains dans la sous-région.

Arrivé au pouvoir la même année que le tunisien Ben Ali, que le Parti socialiste a trop tardivement rangé au rang de tyran, Blaise Compaoré se maintient depuis 25 ans à la tête du Burkina Faso. D’abord par la terreur et les assassinats impunis, dont ceux de son prédécesseur Thomas Sankara en 1987 [Thomas Sankara, qui dérangeait beaucoup d’intérêts dont ceux de la Françafrique, a été assassiné le 15 octobre 1987. Une pétition déjà signée par plus de 10’000 personnes demande que les autorités françaises fassent toute la lumière, 25 ans après, sur l’implication des services secrets français dans cet assassinat. Lire à ce sujet la Lettre de Mariam Sankara à François Hollande après l’annonce de la réception de Blaise Compaoré à l’Élysée prévue le 18 septembre 2012.] et du journaliste Norbert Zongo en 1998 [En décembre 1998, ce journaliste et ses compagnons furent mitraillés dans leur véhicule, ensuite incendié. Les émeutes qui ébranlèrent le pays obligèrent le pouvoir à admettre qu’il s’agissait d’un assassinat, pour lequel les burkinabè attendent toujours justice : symbole de l’impunité générale, le dernier procès des inculpés, membres de la sécurité présidentielle, s’est traduit par un non lieu.], puis par un tripatouillage constitutionnel et des élections truquées à répétition : le scrutin de novembre 2010, qui l’a prétendument reconduit dans ses fonctions avec 80% des suffrages, en est la dernière caricature [Voir le communiqué de Survie du 26 novembre 2010, « Burkina Faso : des imposteurs valident la nouvelle imposture électorale de Blaise Compaoré »]. Après avoir fait voter une loi d’amnistie pour se protéger, il semble pousser son frère François Compaoré au rang de successeur potentiel, craignant sans doute d’autres réactions populaires s’il modifiait à nouveau la constitution pour rester au pouvoir. Quelques semaines après sa prétendue réélection triomphale, une explosion de colère avait en effet traversé toutes les principales villes du pays pendant plusieurs mois. Protestant contre la mort de plusieurs collégiens dans des violences policières, la jeunesse envahissait régulièrement les rues, brûlant au passage tous les symboles du pouvoir : villas des dignitaires du régime, bâtiments administratifs, locaux de la police, etc. Mais le plus désastreux pour ce pouvoir s’appuyant sur une grande partie de l’armée, est que de nombreux militaires en sont également venus à se mutiner, se livrant à des viols, des pillages et des tirs à armes lourdes, montrant toute l’étendue de la décomposition de l’État Compaoré.

Corruption, appropriation d’une bonne partie de l’économie par le clan Compaoré, spoliation de terres au profit des dignitaires pour l’agro-industrie, paupérisation de la population, telle est la sombre réalité d’un régime honni par son peuple pour qui sait regarder au-delà des apparences.

Mais Blaise Compaoré, cité par Robert Bourgi en septembre 2011 comme un des fournisseurs de valises de billets à destination des politiques français, est aussi sans conteste le pilier de la Françafrique dans la sous-région, qu’il a souvent contribué à déstabiliser. Son ami Charles Taylor vient d’être condamné à 50 ans de prison par le tribunal spécial pour la Sierra Leone, à l’issue d’un procès fleuve où Blaise Compaoré a été maintes fois cité, au côté de Kadhafi, pour leur implication dans ce conflit et celui du Liberia. Ces guerres civiles se sont traduites par « le meurtre, le viol et la mutilation de 500’000 personnes en Sierra Leone et de près de 600’000 au Liberia » [Bilan annoncé par M. Crane, ancien procureur du Tribunal spécial des Nations unies pour la Sierra Leone (TSSL)]. Le reste du bilan international de cet « ami de la France » est tout aussi terrifiant : trafic de diamants au profit de l’UNITA [Mouvement rebelle dirigé par Jonas Savimbi, impliqué dans la guerre civile qui a dévasté l’Angola jusqu’en 2002] dans les années 90, soutien aux rebelles qui ont embrasé la Côte d’Ivoire depuis 10 ans, et plus récemment exfiltration du chef du MNLA [Mouvement National de Libération de l’Azawad, qualifié abusivement de « mouvement touareg » impliqué dans les conflits au Nord Mali et qui revendique la sécession et la création d’un État laïc, qui a subi d’importants revers militaires face aux mouvements se revendiquant du Djihad. L’information sur l’exfiltration du chef du MNLA avec l’aide des autorités burkinabè a été largement reprise dans la presse africaine.] qui vient de tenir son congrès à Ouagadougou, alors que le journal Jeune Afrique, citant des sources françaises, évoque la livraison d’armes au MUJAO dans le nord du Mali via le Burkina [Une information démentie depuis par les autorités burkinabè]. Pourtant, Blaise Compaoré est régulièrement propulsé comme médiateur des conflits de la région, au point d’être invité à expliquer son expérience en la matière devant la cour pénale internationale, devant laquelle il devrait plutôt comparaître.

Il ne doit cette bienveillance internationale qu’à son allégeance aux puissances occidentales. Longtemps décrié par les États-Unis, Blaise Compaoré a su gagner leur soutien grâce à leur obsession de la lutte contre le terrorisme, en les laissant installer des bases d’où partent les drones américains pour surveiller la région. Les Français ne sont pas en reste : soucieux de maintenir leur présence au Sahel et leur exploitation de ses richesses, dont les mines d’uranium du proche Niger, ils disposent également d’une base au Burkina Faso où sont cantonnées les troupes d’élite françaisesdu COS [Commandement des Opérations Spéciales].

C’est cet hôte criminel que François Hollande s’apprête à recevoir, pour discuter ensemble d’une « sortie de crise » au Nord Mali. Il est également de plus en plus question que l’Élysée reçoive le dictateur tchadien le mois prochain, au même prétexte. La France, le Tchad d’Idriss Déby et le Burkina Faso de Blaise Compaoré au chevet du Nord Mali : c’est l’armée des pompiers pyromanes qu’on envoie éteindre l’incendie sahélien.

L’association Survie exige à nouveau que le président et le gouvernement français mettent fin à toute compromission diplomatique et à toute coopération militaire et policière avec ces régimes.

Un rassemblement est organisé ce lundi à Paris pour protester contre la réception de Blaise Compaoré par François Hollande, à 18h30 à la Fontaine des Innocents.

Survie, 17 septembre 2012

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[Afrique du Sud] « Si nous laissons cette situation se développer, l’économie va en souffrir gravement »

Afrique du Sud : des mines rouvrent, mais les tensions sociales restent vives

Les opérations policières du week-end semblaient commencer à porter leurs fruits dans le bassin minier de Rustenburg (nord), où des compagnies ont annoncé la reprise de leurs opérations lundi, tandis que s’ouvrait à Johannesburg le congrès de la confédération syndicale Cosatu, alliée au pouvoir.

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Le groupe australien Aquarius Platinum a annoncé que les opérations avaient repris lundi matin dans la matinée dans sa principale mine de platine de Kroondal.

Le numéro quatre mondial du platine avait suspendu l’activité de cette mine vendredi après-midi « pour assurer la sécurité des employés et des biens, compte tenu de la montée des tensions », alors que des manifestations violentes s’étendaient dans le bassin minier de Rustenburg.

Le groupe a remercié dans son communiqué le gouvernement et la police « pour leur intervention et leur soutien pendant le week-end ».

Après Aquarius, l’activité devait reprendre mardi chez Amplats, filiale du groupe Anglo American et numéro un mondial du secteur, qui a suspendu mercredi ses activités dans cinq mines de Rustenburg.

La mine de chrome exploitée par le groupe suisse Xstrata, qui avait été fermée vendredi soir, a quant à elle repris son activité quasi normalement.

« Aujourd’hui (lundi), nous avons 90% des employés au travail. La mine produit normalement », a indiqué à l’AFP le porte parole Christopher Tsatsawane.

Quant aux 10% restants, il ne sait pas où ils sont, s’ils ont rejoint le mouvement de protestation qui s’est répandu dans la région ou s’ils ont peur : « Nous ne pouvons pas dire s’ils sont en grève, parce que nous n’avons pas pu communiquer avec eux. Comme vous le savez, il y a eu beaucoup d’intimidations partout autour de Rustenburg ! »

L’agence Sapa a rapporté qu’une autre mine de chrome des environs exploitée par le groupe sud-africain Samancor était en grève depuis vendredi.

« La compagnie a décidé vendredi que nos opérations aux Western Chrome Mines seraient suspendues, et que la situation sera constamment réévaluée. La sécurité de nos employés reste notre première priorité », a indiqué la direction à l’AFP.

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Les mines de la région sont fortement perturbées depuis que les foreurs de la mine voisine de Marikana, exploitée par le groupe britannique Lonmin, ont entamé une grève sauvage le 10 août, pour réclamer de fortes augmentations de salaires. Les tensions se sont exacerbées après la fusillade du 16 août, au cours de laquelle la police a abattu 34 manifestants porteurs d’armes traditionnelles.

Les forces de l’ordre, qui ont reçu vendredi la consigne de mettre un terme aux troubles agitant le bassin de Rustenburg, ont mené ce week-end une spectaculaire opération policière dans les logements des mineurs de Marikana et ont bloqué des manifestations.

Lundi matin, des policiers ont empêché une centaine de mineurs de se rassembler, tandis que des véhicules de l’armée avaient été déployés aux abords de la mine.

Les négociations salariales devaient reprendre dans la journée, après que les salariés eurent rejeté une offre de la direction vendredi.

Le groupe britannique a parallèlement confirmé qu’il fermerait pour deux ans l’un des puits de Marikana afin d’économiser 500 millions de dollars, mettant fin au contrat de 1.200 sous-traitants.

À une centaine de kilomètres de là, deux employés ont été violemment agressés alors qu’ils souhaitaient pointer à la mine d’or KDC West exploitée par Gold Fields à Carletonville, au sud-ouest de Johannesburg, selon la direction.

Cette situation toujours tendue sur le font social devait être l’un des sujets majeurs du congrès de la confédération syndicale Cosatu, qui s’est ouvert à la mi-journée à Johannesburg.

Allié de l’ANC au pouvoir, le Cosatu — et notamment le Syndicat national des mineurs (NUM), sa principale composante —, a été accusé ces dernières semaines d’être trop complaisant avec le patronat et de ne pas défendre les intérêts des travailleurs.

Son autorité est de plus en plus contestée par de petits syndicats qui incitent les employés à déclencher des grèves dures.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 septembre 2012)


Afrique du Sud : la police expulse Malema d’un meeting de mineurs

Le jeune tribun sud-africain Julius Malema, ex-chef de file des jeunes de l’ANC exclu de son parti, a été expulsé lundi par la police d’un meeting de mineurs en grève près de Marikana, a constaté un photographe de l’AFP.

Lorsque Julius Malema est arrivé, il a essayé d’entrer dans le stade où 2.000 grévistes s’étaient massés mais la police l’a refoulé, en indiquant que sa présence n’était pas autorisée, l’empêchant pour la première fois de prendre la parole en public.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 septembre 2012)


Grève dans les mines sud-africaines : Zuma se défend de copier l’apartheid

Le président sud-africain Jacob Zuma s’est défendu dimanche de copier les méthodes de l’apartheid après l’envoi en force de la police pour empêcher des manifestations de mineurs en grève, un mois après la fusillade qui avait fait 34 morts à Marikana (nord).

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Des mineurs de Rustenburg font face à la police anti-émeute, le 16 septembre 2012 en Afrique du Sud

« L’État intervient à Marikana uniquement pour mettre un terme à la violence et à l’intimidation », a souligné le président Zuma, affirmant agir « comme dans n’importe quel pays démocratique du monde ».

« Les travailleurs ont le droit de négocier avec leurs employeurs sur les salaires et les conditions de travail et l’État ne prend pas parti dans le conflit », a ajouté M. Zuma, accusé de tourner le dos aux intérêts des mineurs.

C’est dans ce contexte social tendu que le président sud-africain ouvrira lundi matin le congrès du Cosatu, la grande confédération syndicale du pays, dont la fédération minière, le NUM, n’est jamais apparue aussi contestée par sa base.

Dimanche matin, les forces de l’ordre, qui ont reçu du gouvernement la consigne de mettre un terme aux troubles dans le bassin minier de Rustenburg, avaient bloqué une nouvelle manifestation de mineurs du secteur du platine dans cette zone vitale pour l’économie nationale.

Barrant la route avec des véhicules blindés, la police a sommé les manifestants de quitter les lieux. Ces derniers ont obtempéré par peur de nouveaux affrontements.

Les mineurs, venus sans armes ni bâtons, voulaient marcher « pacifiquement » vers le poste de police pour protester contre les violences de la veille.

Samedi, la police avait opéré une spectaculaire descente nocturne dans les logements de Marikana, y confisquant armes blanches et bâtons. Les forces de l’ordre avaient ensuite dispersé un rassemblement de mineurs, usant de gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc qui ont fait plusieurs blessés.

Dimanche, tandis que la manifestation se dispersait, un mineur, Lunsstone Bonase, 32 ans, affirmait aux journalistes : « Le gouvernement est contre le peuple et permet qu’on tue des gens (…) Est-ce qu’on va travailler comme sous l’apartheid ? Ils nous forcent à retourner au travail, comme ils le faisaient sous l’apartheid ».

« Répression digne de l’apartheid »

Les références au régime raciste et répressif de l’apartheid, disparu en 1994, se sont multipliées depuis que la police a tué 34 mineurs en grève le 16 août à Marikana, sur le site exploité par le britannique Lonmin. Les grévistes réclamaient un triplement de leurs salaires, à 12.500 rands mensuels (1.160 euros).

Samedi, l’évêque anglican Jo Seoka, médiateur dans les pourparlers entre les mineurs et leur direction, a mis en garde le pouvoir : « Le gouvernement doit être fou pour croire que ce qui ressemble pour moi à la répression du temps de l’apartheid, puisse réussir ».

« Le gouvernement ne peut pas tolérer une situation dans laquelle les gens manifestent dans les rues avec des armes dangereuses », a rétorqué M. Zuma.

Il a assuré que « le gouvernement comprenait pleinement la détresse des pauvres et de la classe ouvrière du pays ». Il a sommé les compagnies minières d’agir « immédiatement » pour se mettre en règle et notamment améliorer les logements. Une demande assortie toutefois d’aucune menace de retirer leurs licences aux compagnies.

L’agitation sociale dans les mines, qui touche essentiellement la ceinture de platine autour de Rustenburg — d’où les multinationales du secteur extraient plus d’un cinquième de la production mondiale — a débuté après le massacre du 16 août à Marikana.

Depuis, les mineurs d’autres sites ont réclamé les mêmes augmentations de salaire et, face aux risques de violence, les majors du platine ont fermé un à un leurs puits dans la région. L’activité devait reprendre lundi chez le géant australien Aquarius, et mardi chez Amplats, filiale du groupe Anglo American selon un communiqué.

Chez Lonmin, les négociations doivent reprendre lundi dans un lieu éloigné du site où depuis le 10 août, 3.000 foreurs refusent de redescendre sous terre.

Leur presse (Liberation.fr, 16 septembre 2012)


Afrique du Sud : intervention policière massive à Marikana, heurts avec les grévistes

La police sud-africaine a effectué, samedi 15 septembre, une intervention massive autour de la mine en grève de Marikana en Afrique du Sud, provoquant des heurts qui ont fait plusieurs blessés, dont plusieurs femmes, un mois après une fusillade policière qui avait fait 34 morts.

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La police sud-africaine arrête un mineur de Marikana, le 15 septembre.

Au lendemain d’un appel du pouvoir à rétablir l’ordre dans ce bassin minier, d’où sort plus d’un cinquième de la production mondiale de platine, les foyers d’hébergement et baraquements de mineurs du groupe britannique Lonmin ont été perquisitionnés dans la nuit. Au moins 500 policiers sont entrés en action à 2 heures du matin, dans la première intervention policière depuis la fusillade du 16 août, qui avait réveillé les fantômes de la répression de l’époque de l’apartheid.

Environ 150 militaires ont été également positionnés en renfort dans la région.

La chaîne d’information eNCA a indiqué que les policiers avaient opéré sans ménagement, « mettant tout sens dessus-dessous », y compris dans les pièces où étaient hébergées des familles. La police a rempli plusieurs camions de bâtons traditionnels et machettes saisis.

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« NÉCESSAIRE D’INTERVENIR »

« Il est nécessaire d’intervenir car nous sommes arrivés à un point où il faut faire des choix importants », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la présidence Mac Maharaj. « Si nous laissons cette situation se développer, l’économie va en souffrir gravement ». Les employés de Lonmin sont en grève depuis le 10 août pour leurs salaires, et le mouvement a été suivi par des mineurs d’autres sociétés du secteur.

Après la descente de police, des mineurs se sont regroupés dans la matinée non loin du lieu de la fusillade du 16 août. C’est là que la police a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser. Ils se sont alors enfuis vers la zone de bidonvilles voisine, érigeant des barricades à l’aide de pneus incendiés et de rochers, et lançant des pierres sur les policiers qui les poursuivaient. La police a répliqué par des tirs de balles en caoutchouc qui ont fait plusieurs blessés, dont au moins deux femmes, selon l’agence Sapa, six selon un autre témoignage.

« Les gens ont peur. La police a tiré sur des gens innocents qui ne faisaient que se rassembler pour entendre le compte-rendu [des négociations de la veille], nous ne savons plus quoi faire », « ni où nous réunir », a déploré Molisi Phele, un représentant des grévistes.

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Les mineurs s’étaient rassemblés sur leur lieu habituel près de l’entrée du site du groupe britannique Lonmin, le 14 septembre, à Marikana.

« LA RÉPRESSION DU TEMPS DE L’APARTHEID »

« Le gouvernement doit être fou pour croire que ce qui ressemble pour moi à la répression du temps de l’apartheid, puisse réussir », a dénoncé l’évêque anglican, Jo Seoka, médiateur dans le conflit. « Nous ne devons pas oublier que de telles méthodes dans le passé ont conduit à plus de résistance et que le gouvernement ne peut pas se permettre d’être perçu comme l’ennemi du peuple qui l’a porté au pouvoir », a-t-il estimé, redoutant une « révolte totale » dans la région.

Le gouvernement sud-africain avait annoncé vendredi des mesures de maintien de l’ordre dans la région. Le secteur minier est la principale source d’exportations du pays. Dans la semaine, les multinationales Anglo American, Aquarius, Xstrata, avaient annoncé la suspension provisoire de leur activité dans la zone.

Le mouvement social a débuté chez Lonmin, à l’initiative de 3000 foreurs en rupture avec le principal syndicat des mines (le NUM), accusé comme l’ANC au pouvoir de négliger les intérêts des millions de Sud-Africains pauvres. Les négociations doivent reprendre lundi mais l’évêque Seoka redoute désormais un blocage.

Le groupe britannique avait reformulé une offre salariale vendredi soir, proposant notamment 1875 rands (175 euros) d’augmentation aux foreurs. Cela reste loin des revendications des grévistes, qui réclament 12’500 rands mensuels (1160 euros) pour reprendre le travail. Ils refusent aujourd’hui de céder, au nom des grévistes tués en août. Le conflit s’est étendu ces derniers jours aux salariés d’Amplats et à une mine d’or du groupe Gold Fields près de Johannesburg, en grève depuis une semaine.

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 15 septembre 2012)


Afrique du Sud : la police disperse des mineurs de Marikana au gaz lacrymogène

La police a tiré samedi des gaz lacrymogènes pour disperser un rassemblement de mineurs près de la mine de platine en grève de Marikana, a constaté un photographe de l’AFP sur place.

Les mineurs s’étaient rassemblés sur leur lieu habituel près de l’entrée du site du groupe britannique Lonmin, des hélicoptères survolant la zone, quand une douzaine de blindés de police ont fait irruption et des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser la foule.

Selon la chaîne ENCA, la police a également utilisé des balles en caoutchouc et des tirs de grenaille.

Leur presse (Agence Faut Payer, 15 septembre 2012)

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[Copwatch] Rapport sur les rassemblements de personnes

Diffusion intégrale du rapport sur les rassemblements de personnes

Entre 2007 et août 2009, la Direction générale de la gendarmerie nationale et le sociologue Normand Fillon ont collaboré dans la réalisation d’un rapport, regroupant des informations sur tous les types de rassemblements existant en France, qu’ils soient festifs, politiques ou apolitiques. Ainsi l’État cherche a étudier non plus uniquement la manière de gérer ces rassemblements, mais également le profilage des personnes présentent au sein de ces événements. Des millions d’individus sont ainsi passés au crible.

Chaque année depuis 2009, le Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale fait évoluer ce rapport qui sert de véritable base à l’évolution militaro-sécuritaire des forces de sécurité françaises, en publiant des comptes-rendus des réunions.

Ce rapport, sortant de leur contexte des points qui nous ont semblé marquants, vise surtout à pointer du doigt le fait que des études très sérieuses sont menées par des chercheurs civils pour servir de base de travail aux acteurs de la Défense, qui À leur tour se feront un plaisir de rédiger des prospectives alarmistes permettant de légitimer une future militarisation — jugée inéluctable — des forces de maintien de l’ordre.

Grâce au travail abouti d’universitaires, le maintien de l’ordre enrichit ses connaissances relatives à nos mouvements et peut ainsi étudier les moyens de nous anéantir tranquillement. Et tout cela au regard de la nécessaire paix sociale.

Ce document est toujours resté interne au ministère de l’Intérieur. Il n’est jamais sorti. Aujourd’hui, nous avons pris la décision de diffuser les 150 pages de cet effrayant profilage.

Obtenir ce type de document est toujours un succès pour nous.

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Pour consulter le document et le télécharger, cliquer ici – À diffuser le plus largement

Le collectif Copwatch Nord IDF, 16 septembre 2012

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[Révolution tunisienne] Sit-ins antiflics à Bizerte

Tunisie – Tentative d’incendie d’un poste de police à Menzel Jemil

Un poste de police de Menzel Jemil (gouvernorat de Bizerte), a été la cible, samedi 15 septembre, d’un groupe d’individus qui ont tenté en début de soirée, d’y mettre le feu.

Ils se sont attaqués au poste de police à coups de pierres et de cocktails Molotov mais les forces de l’ordre ont pu les en empêcher.

Deux des assaillants ont été arrêtés et d’autres ont été identifiés et sembleraient être des personnes poursuivies par la loi cherchant à détruire les documents qui se trouvent au poste de police.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 16 septembre 2012)


Tunisie : deux postes de police incendiés à Bizerte

La police a réussi à mettre la main sur un individu membre d’un groupe soupçonné d’avoir attaqué et incendié le poste de police de la Pêcherie, banlieue sud de Bizerte.

C’est consécutivement à une marche pacifique effectuée au centre-ville en protestation contre le film brûlot portant atteinte à l’Islam et au Prophète qu’un groupe de repris de justice s’est attaqué au commissariat y mettant le feu au moyen de cocktails molotov. Les unités de la police ont immédiatement lancé des recherches à l’issue desquelles un des assaillants a été appréhendé. Les interrogatoires auxquels il a été soumis devraient permettre l’arrestation de ses complices.

Mais si cette dernière attaque n’a provoqué que des dégâts matériels, une seconde, menée samedi 15 septembre contre le poste de police de Menzel Jemil, a causé des brûlures graves à un agent de la sécurité. Un groupe d’individus a attaqué et investi le poste de police de la ville qu’ils ont intentionnellement mis le feu aux documents. Deux des assaillants ont été rapidement arrêtés. L’enquête a révélé que ces individus au casier judiciaire bien chargé ont voulu détruire des documents les inculpant.

Publié par des ennemis de la révolution (Investir-en-Tunisie.net, 17 septembre 2012)

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[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (10)

Italie : arrestation des auteurs présumés d’un attentat contre un industriel

ROME – Deux hommes, soupçonnés d’avoir commis un attentat en mai dernier contre le Pdg d’Ansaldo Nucleare, une filiale du géant public italien Finmeccanica, le blessant aux jambes, ont été arrêtés vendredi, a indiqué le justice italienne.

Les deux hommes, Alfredo Cospito et Nicola Gay, font partie des circuits anarchistes et insurrectionnels de la Fédération anarchiste informelle, la FAI, qui avait revendiqué cet attentat, indique un communiqué du parquet de Gênes, la ville portuaire du nord-ouest de l’Italie où s’est produit l’attentat.

Ils sont accusés d’attentat avec finalité de terrorisme, blessures graves et vol, selon la même source.

Le 7 mai à Gênes, Roberto Adinolfi, patron d’Ansaldo Nucleare, une filiale de Finmeccanica qui produit des réacteurs nucléaires, sortait de son domicile quand un agresseur avait tiré un coup de feu qui l’avait atteint au mollet. L’individu avait ensuite pris la fuite à bord d’une moto conduite par un complice.

La FAI avait expliqué avoir voulu dénoncé le rôle de l’entreprise dans le secteur nucléaire et venger des anarchistes emprisonnés en Grèce.

Alfredo Cospito et Nicola Gay habitent à Turin et font déjà l’objet d’une enquête pour terrorisme du parquet de Pérouse, dans le centre de l’Italie.

Ils ont été identifiés grâce à des images vidéo d’une caméra placée non loin du lieu où le scooter utilisé pour l’attentat a été retrouvé abandonné.

Le procureur de Gênes, Michele Di Lecce, a précisé devant la presse que les deux hommes ont été arrêtés car les écoutes téléphoniques ont fait comprendre qu’il y avait un danger de fuite.

Selon Nicola Piacente, un autre magistrat du parquet de Gênes, la mouvance anarchiste avait dans son collimateur Roberto Adinolfi déjà depuis 2009.

Le chef du gouvernement Mario Monti et la ministre de l’Intérieur Annamaria Cancellieri se sont immédiatement félicités de ces arrestations.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 14 septembre 2012)

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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] « Venez, venez, ramassez des cailloux, faut tous les niquer »

AMIENS NORD Violences urbaines : les lampistes cloués au pilori

Aucun des émeutiers d’Amiens-Nord n’a encore été interpellé. Mais, ce mercredi, un homme a été condamné pour provocation et une femme a été placée en garde à vue pour outrages.

Il a beau être baraqué, Cédric H… a manifestement endossé un costume trop large pour ses épaules, quand il s’est retrouvé principal interpellé après les émeutes qui ont embrasé Amiens-Nord.

À l’époque, on allait voir ce qu’on allait voir : dans un premier temps, « Shrek » (le surnom d’H… dans le quartier) était poursuivi pour « provocation directe à un attroupement armé suivie d’effet » ; dans un second, les principaux émeutiers tomberaient.

Un mois plus tard, on attend encore la vague d’arrestations et Cédric H… est seul dans le box des accusés, cerné par un double cordon de policiers et de journalistes. Il a 27 ans. Son casier compte neuf mentions, pour des délits routiers, des violences, des outrages et un vol aggravé… Il vit chez sa mère et touche le RSA. Les policiers le décrivent comme « discret, ne cherchant pas les problèmes ».

D’emblée, ce mercredi après-midi, la procureure Naïma Ben Ahmed retouche le tableau peint à la hâte un mois plus tôt : « On lui a peut-être donné un rôle, une importance qui ne sont pas les siens ».

Quatre mois de prison ferme

Le soir du 12, H… participait à la soirée de deuil en mémoire de son ami Nadir Hadji, tué à moto trois jours plus tôt. « Son père a voulu voir l’endroit où il était mort. Je l’ai conduit. Au retour, il y avait des CRS partout. On est entré au domicile des Hadji et je n’en suis plus ressorti », soutient-il. Le parquet dément cette version : les policiers ont « formellement identifié » H… comme étant l’homme au tee-shirt rayé qui a crié « Venez, venez, ramassez des cailloux, faut tous les niquer ».

Plus question, en revanche, de lui attribuer cette menace lourde de sens : « Demain, ça va être la guerre ». « Elle a été prononcé par un jeune homme torse nu, que la police n’a pu identifier », convient Mme Ben Ahmed.

Me Stéphane Daquo saute sur l’occasion comme un para sur Kolwezi : « De quel attroupement parle-t-on ? D’une émeute ou d’une veillée de deuil ? » Il évoque un « quartier qui fait peur à la France entière, grain de sable dans l’été normal d’un début de présidence normale ».

Les juges, finalement, condamnent Cédric H… à huit mois de prison dont quatre ferme, pour « provocation directe à un attroupement armé », mais pas suivie d’effet. Loin de ces subtilités, Shrek ne se départit de ce sourire doux et triste qui, autant que son physique massif, lui a valu son surnom. « Oh, c’est quoi c’te peine de bébé ! », commente l’un de ses amis à la sortie de la salle. Fin connaisseur…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Tony Poulain, Le Courrier Picard, 13 septembre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Besak antipub] Des sucettes J-C Decaux explosées

VANDALISME Des panneaux Decaux et des abribus ont une nouvelle fois été la cible de casseurs
Nouveau raid anti-sucettes

C’est l’une des tristes spécificités bisontines. Les panneaux publicitaires font l’objet de régulières campagnes de vandalisme.

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La dernière en date a frappé cette semaine 35 « sucettes » Decaux et autres vitres d’abribus.

En une nuit, mardi dernier, les glaces des panneaux en plein trottoir et des arrêts de bus ont été pulvérisées.

Le périmètre concerné à cette fois été celui de la place Leclerc et de ses vastes alentours : rues de Dole, Voirin, Antide-Janvier, Oudet, Xavier-Marmier, ainsi que le long des avenues Siffert et Clemenceau.

PRÈS DE 180 DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE

Un acharnement qui rappelle la vague de déprédations du début de l’année où, [de début janvier] à début mars, pas moins de 79 vitres publicitaires avaient volé en éclat en seulement deux mois.

Renseignements pris auprès du service voirie de la mairie, le bilan est bien plus impressionnant. « Nous en étions fin août à 143 vitres brisées depuis le début de l’année, là nous avoisinons les 180 », déplore Daniel Mourot, directeur de la voirie.

Decaux ne risque-t-il pas de se lasser de ces saccages répétés propres à Besançon : « Ils déposent plainte à chaque fois mais pour l’instant les enquêtes n’ont rien donné. Pour le reste, ils ne peuvent pas dénoncer le contrat qui les lie à la Ville depuis 2007 et par lequel ils mettent à disposition et entretiennent 180 abribus en contrepartie de quoi ils disposent d’emplacements publicitaires sur la voie publique. Sachant que ce contrat court jusqu’en 2022. »

Leur presse (Pierre Laurent, L’Est Répugnant du 14 septembre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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Mairie de Paris : Delanoé loge ses élus et déloge des militants chômeurs de chez eux

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Une retraitée qui héberge son fils et une camarade font l’objet de poursuite de la part de l’OPHLM de Paris dans des conditions qui ne font pas de doute sur le motif ni sur la méthode d’intimidation employée. Ces deux personnes sont des militants connus de la cause des chômeurs.

Des informations ont largement circulé ces dernières années sur la politique de logement parisienne peu dirigée vers les classes populaires, mais généreuse envers les notables de la politique parisiennes et les proches du pouvoir municipal.

Les militants précaires qui se mobilisent pour la cause des précaires ont moins de chance, leur famille non plus.

Ce jeudi 13 septembre au matin, Laurence se réveillait brutalement avec un huissier, un policier et un serrurier autour de son lit. La porte venait d’être défoncée, la fouille de l’appartement commençait. Il s’agissait apparemment de découvrir si la locataire — retraitée et occupant ce logement depuis 27 ans — demeurait bien ici et ne recevait pas abusivement son fils — chômeur — et une camarade (également au chômage). La locataire, alors partie en vacances, a d’emblée été considérée comme ayant abandonné ce logement devenu de toute évidence « un squat » aux yeux de la police en mission commandée sur demande du propriétaire.

La surprise ne s’arrêtera pas là. La Police et l’huissier concluent sur le champ que la demande d’expulsion est justifiée. On passe donc immédiatement à autre chose : c’est un interrogatoire politique et une fouille bien curieuse qui commencent : des documents associatifs sont alors saisis et lus, des noms et des adresses sont notés par l’huissier. On interroge sur des appartenances politiques éventuelles en demandant des comptes sur la présence de livres ou de documents manifestement très connotés aux yeux du policier. Le policier exprime sa satisfaction à la lecture d’un document et à la découverte de noms d’autres militants ; l’huissier prend note.

Il est important de savoir que les deux militants de l’association LUTTONS ENSEMBLE À BELLEVILLE sont notoirement connus des élus parisiens pour leur engagement de longue date pour la défense du droit des chômeurs. Deux semaines plus tôt, ils sont intervenus à la Caisse d’allocations familiales de Paris pour le rétablissement des droits d’une allocataire abusivement radiée.

Luttons ensemble à Belleville (courriel), 14 septembre 2012

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[Metz, samedi 22 septembre] Stop à la répression !!!

De nos camarades de Continental à ces enseignant-e-s refusant les mutations forcées suite au mouvement contre la casse des retraites de 2003, des inculpés sans preuves de Tarnac à ces milliers de personnes réprimées durant le mouvement contre le CPE, contre la privatisation déguisée des universités (LMD, LRU…), ou encore une fois contre la réformes des retraites de 2010, nous sommes nombreux-euses à nous être opposé à toutes les politiques de démolition sociale.

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Depuis 2002, l’UMP a clairement accéléré la refondation sociale voulue par le MEDEF en attaquant systématiquement tous les droit sociaux acquis de hautes luttes par le mouvement social.

Aux justes revendications des classes populaires s’est opposée que la matraque comme réponse. Pressions hiérarchiques dans le public, comme licenciements dans le privé, retenues sur salaires, procès en diffamation, gardes à vue, mais aussi  peines de prison se sont alors abattus sur tous ces travailleurs et toutes ses travailleuses qui se sont dressé-e-s contre le patronat et le gouvernement

Qu’ils ou elles soient militant-e-s, syndicalistes, politiques ou associatifs-ves, avec ou sans étiquettes, nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui furent injustement condamné-e-s pour avoir résisté aux politiques antisociales et racistes de l’État.

Encore aujourd’hui, alors que la droite n’est plus au pouvoir, de nombreux procès se déroulent toujours à l’encontre du mouvement social.

Aujourd’hui, il est temps de laver ces injustices. Une loi de réhabilitation et d’amnistie, généralisée et rétroactive sur dix ans, pour tous les militants et toutes les militantes du mouvement social, apparaît comme la seule perspective réaliste pour ce faire. François Hollande et son gouvernement doivent désormais assumer leurs responsabilités et les positions qu’ils ont défendues du temps où ils étaient dans l’opposition.

Dans cette perspective, nos organisations appellent l’ensemble des forces du mouvement social (organisations syndicales, organisations politiques, collectifs de luttes, associations) à se rassembler pour construire une dynamique de mobilisation et gagner sur cette juste et légitime revendication qui, nous le rappelons une nouvelle fois, touche toutes les organisations et tendances du mouvement social.

Ainsi, nous vous invitons à participer à la première réunion unitaire (nationale) qui se tiendra à Metz le samedi 22 septembre 2012. À cette occasion nous vous proposons de débattre sur différents points :

• Mise en relation des différents collectifs anti-répression d’ores et déjà existants ;

• Mise en place d’un site internet unitaire de veille et de coordination (il pourrait notamment servir à centraliser les cas de répression) ;

• Tenue d’une conférence de presse nationale unitaire ;

• Création d’un matériel de propagande (tract, affiches, brochures, autocollants…) ;

• Mise en place d’une journée nationale d’actions décentralisées ;

• Mise en place d’une manifestation nationale suivie d’un meeting unitaire (avec notamment des interventions de camarades « emblématiques » ayant subi la répression).

CNT – UR Lorraine

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[Toulouse] Communiqué sur la fermeture du local identitaire « l’Oustal »

Le 21 septembre aura lieu la soirée de clôture du local du Bloc identitaire installé au 36 allées de Barcelone. Ouvert depuis le 11 février 2011, ce local, n’a eu de cesse de rassembler et d’agréger la vermine fasciste. Au delà d’avoir manipulé sciemment la culture occitane pour s’implanter dans Toulouse en dénommant honteusement leur local « l’Oustal », le Bloc identitaire n’a jamais cessé de distiller l’idéologie de la haine de l’autre dans nos rues. Le Bloc a prouvé qu’il n’y avait aucune tolérance ni aucune demi mesure à accorder aux militants d’extrême droite et que seul la fermeture du local et le combat radical contre les idéologies d’extrême droite nettoieront nos rues des fachos.

En deux ans, le Bloc s’est illustré par sa violence politique (manifestation aux flambeaux, rassemblement contre le droit de vote des étrangers, conférence sur « l’islamisation » de la France, rencontres avec des néo-fascistes italiens, soirée de soutien à « France de souche »…). Mais il a aussi participé à une véritable montée de la haine avec leur violence physique régulière (affaire Andrés, ratonnades…).

Ne nous leurrons pas, si ce local ferme, c’est en grande partie du à la multiplication des mobilisations et des initiatives antifascistes qui ont eu lieu sur Toulouse et c’est par le biais de la lutte antifasciste radicale mais aussi unitaire que Toulouse est et restera antiraciste.

Cependant ne nous réjouissons pas de la fermeture du local car son ouverture n’a été que la face visible de la vermine qui s’installe à Toulouse depuis plusieurs années. Plus que jamais nous devons être vigilants et continuer à combattre avec force et détermination le Bloc identitaire et l’extrême droite dans son ensemble. L’Union antifasciste toulousaine est et restera vigilante et mobilisée pour empêcher qu’un nouveau local s’ouvre.

Plus globalement l’Union antifasciste toulousaine restera vigilante et mobilisée contre la progression de l’extrême droite dans les rues de notre ville.

Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers !

Union Antifasciste Toulousaine, 16 septembre 2012

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[Lundi 17 septembre à Marseille] Discussion sur la lutte contre le genre, l’hétéronormativité et l’État aux États-Unis

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Queer insurrectionalistes

LUNDI 17 SEPTEMBRE 19H
au « SEUL PROBLÈME »
46 rue Consolat

Discussion sur la lutte contre le genre, l’hétéronormativité et l’État aux États-Unis

Deux anarchistes queers (transpédégouines) présenteront leurs expériences de récentes luttes et insurrections. UnE ancienNE membre de Bash Back ! (et auteurE de l’anthologie Queer Ultraviolence) parlera de l’histoire du réseau d’anarchistes queers à travers les États-Unis. UnE autre anarchiste de la baie de San Francisco exposera les dimensions queers et féministes du mouvement anarchiste et des récents soulèvements à San Francisco et Oakland. Ielles discuteront ensemble des possibilités et des intersections de la violence, de la criminalité et de l’identité dans un contexte de révolte sociale.

Marseille Infos Autonomes, 14 septembre 2012

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[Filmons la police] Copwatch à Nijni Novgorod

Russie/police : une manifestante frappée

Le ministère russe de l’Intérieur a annoncé aujourd’hui ouvrir une enquête interne après qu’une vidéo placée sur l’internet a montré une femme violemment frappée à la tête par un policier la veille lors d’une manifestation d’opposition à Nijni Novgorod (centre).

La vidéo placée sur Youtube montre une bousculade, lorsque des manifestants tentent de s’opposer à l’interpellation de l’un d’entre eux par des policiers anti-émeute casqués et armés de matraques. Dans la bousculade, l’un de ces policiers a apparemment son casque arraché et, se redressant, il frappe violemment à la tête, avec sa matraque, une jeune femme qui se trouve en face de lui, tenant un drapeau rouge. La jeune femme s’effondre, perdant brièvement connaissance, tandis qu’une femme plus âgée s’en prend au policier en lui criant « honte à toi » pour son geste.

La jeune femme, que la vidéo montre reprenant difficilement connaissance alors que des personnes s’enquièrent d’une ambulance, a été examinée à l’hôpital et souffre d’une « contusion » à la tête, a affirmé le ministère de l’Intérieur. Le ministère a annoncé une enquête interne alors que les images avaient été visionnées des dizaines de milliers de fois sur l’internet. La jeune femme se trouvait « parmi des individus qui s’opposaient à l’action légale de la police », affirme le communiqué.

La police de Nijni Novgorod a interpellé 18 personnes pendant la manifestation dans la ville samedi dans le cadre d’une journée de mobilisation de l’opposition. La manifestation n’y avait pas été autorisée. Un des dirigeants de l’opposition libérale, Ilia Iachine, a appelé sur son blog à identifier le policier afin qu’il soit puni pour son geste.

L’opposition et les militants de la société civile ont fréquemment recours aux sites de partage de vidéos pour rendre publics des cas de corruption ou de violence policière, alors que les sanctions contre les fautifs sont rares.

Leur presse (Agence Faut Payer, 16 septembre 2012)

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Métro détourné

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Bagnolet (métro Gallieni), Seine-Saint-Denis style, septembre 2012

Publié dans Éducation, Graffitis divers, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Métro détourné

Mort aux vaches !

Un policier mulhousien passé à tabac

Un policier du commissariat de Mulhouse (Haut-Rhin) a été victime d’une violente agression dans la nuit de samedi à dimanche 16 septembre, alors qu’il rentrait à son domicile, a-t-on appris de sources syndicale et policière.

Le fonctionnaire de 37 ans, qui circulait en civil dans sa propre voiture vers 1h30 du matin, s’est vu barrer la route par un autre véhicule qui l’a obligé à emprunter une voie où l’attendaient une quinzaine d’individus cagoulés et armés de bâtons, a annoncé le syndicat Alliance.

Les agresseurs l’ont frappé à plusieurs reprises notamment au visage en criant « sale flic ». Le policier a perdu connaissance et s’est réveillé dans son véhicule auquel il avait été mis feu. Il aurait toutefois réussi à éteindre les flammes et à prévenir les secours.

Il souffre de brûlures aux mains et d’une fracture de la mâchoire et devait sortir de l’hôpital dimanche soir, a encore indiqué Alliance, qui s’alarme de « la multiplication ces derniers mois des agressions physiques envers les forces de l’ordre haut-rhinoises ». « Sa qualité de policier était connue des agresseurs », a confirmé à Reuters le directeur départemental de la sécurité publique, Alain Martinez. « Si les faits sont avérés, c’est gravissime », a-t-il ajouté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec Reuters, 16 septembre 2012)


Les policiers craignent les agressions

Alliance, deuxième syndicat chez les gardiens de la paix, a protesté contre les violences qui ont visé récemment des policiers à Paris et à Aix-en-Provence, exigeant que l’État réponde « avec la plus grande fermeté à ces violences ».

Dans un communiqué, le syndicat policier dit « craindre que la disparition programmée des peines planchers et l’augmentation des libérations anticipées annoncées par le garde des Sceaux favorisent la multiplication de tels actes de violences contre les policiers ». « Face à de tels actes de violences », Alliance « exige de l’État qu’il y réponde avec la plus grande fermeté ».

Deux policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) d’Aix-en-Provence ont été hospitalisés dans la nuit de samedi à dimanche après avoir été agressés par de jeunes voleurs présumés, inconnus des services de police, qu’ils tentaient d’interpeller dans le centre-ville.

Trois policiers ont été blessés jeudi soir à Paris (XVIIIe) lors d’une intervention au cours de laquelle ils ont été pris à partie par une cinquantaine de personnes qui leur ont jeté des projectiles.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 13 septembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 67 – « On a trop de principes pour être libre »

Partie 67

Roméo et Juliette des HLM

Ils se sont rencontrés au bac à sable, du sable plein la figure, innocents issus de la froideur de ces tours HLM, lui fils d’immigrés tirailleurs sénégalais, elle Algérienne made in Alger, tout les opposait à part la religion musulmane, ils faisaient le même trajet pour se rendre à l’école primaire, c’est là qu’une complicité est née à cet âge-là on ne se préoccupe pas de nos pseudo-différends, le flirt avait pris le dessus sur une simple complicité, pour vivre heureux vivons cachés. C’est ce qu’ils appliquent sur les bancs du collège, ils étaient inséparables, lui trop fier pour avouer à ses potes la relation, elle étudiante modèle, lui était le roi des cancres, c’était le premier de la classe en partant du bas LOL, il fait pas long feu sur les bancs de l’Éducation nationale, elle obtient le brevet des collèges haut la main, ils se donnaient tout le temps rendez-vous le soir 18e étage de leur tour HLM, elle trouvait toujours un prétexte pour sortir et retrouver son amoureux quelques étages plus haut à l’abri des regards. Il lui promettait la Lune, Juliette boit toutes les paroles de son Roméo, à peine 15 ans, ça fait déjà dix ans qu’ils se fréquentent, qu’ils s’aimaient d’un amour sans rature.

Lui commençait à goûter à l’argent facile, l’argent de l’économie souterraine, elle fait des stages et se consacre à ses études de droit, jeune bachelière c’était la fierté de sa famille, pendant qu’elle brillait dans ses études lui perçait dans le haram, avait son propre terrain de vente de shit, à peine majeur il brassait des liasses, que même son père n’avait jamais vues, bolide, sapes, c’était toutes les nuits le prince de sa ville, elle bac + 3 bientôt exauçait ses rêves.

Malgré qu’ils avaient grandi, ils aimaient se retrouver le soir au 18e étage de la tour HLM, lui l’aimait donc voulait officialiser leur union, elle issue d’une famille avec des règles strictes ils se mariaient qu’entre eux encore moins avec un renoi « sacrilège ». Elle prend son courage à deux mains et ose présenter son amoureux à ses parents, ça a fait l’effet d’un tremblement de terre jusqu’au bled, lui était impuissant face à cette situation, leur seul tort était de s’aimer au-delà de leurs différences et les traditions l’emportaient sur l’amour, elle finit par céder et épouser un blédard tout droit sorti du catalogue de la famille, elle ne l’avait vu qu’en photo, brisée par le chagrin elle abandonne totalement ses études et finit sa vie avec son propre cousin. Lui, lui en voulait de ne pas avoir fui les traditions millénaires, il finit par sombrer dans la délinquance dure, elle n’était plus là pour le raisonner, il mourra quelques années plus tard d’une balle en pleine tête tirée par le GIGN à la sortie d’une banque.

MON TEXTE EST VOLONTAIREMENT TRISTE ET POIGNANT

ON A TROP DE PRINCIPES POUR ÊTRE LIBRE

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[Les Insurgés de la Terre] Projection du Resto Trottoir Mercredi 26 septembre à Besançon

Invitation à une Projection

Bonjour !

Le Resto Trottoir vous invite à venir à une projection découvrir et discourir sur un film : Les Insurgés de la Terre. Voici ci-dessous quelques infos supplémentaires pour vous allécher en attendant de vous retrouver bientôt !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0313.jpg« Quand agir pour le bien commun (militer contre les industries pollueuses ou pour la démocratie et la solidarité) devient interdit pour protéger les intérêts et profits du Capital… »

Ce mercredi 26 septembre à 20h30 à la librairie L’Autodidacte, le Resto Trottoir présente, dans le cadre de la rentrée libertaire, le film Les Insurgés de la Terre qui sera suivi par un débat sur la répression des militant.e.s et sur les enjeux de la réappropriation de la rue… Nous y présenterons aussi des photos ou vidéos sur des arrestations d’autres groupes de distribution de nourriture.

Les Insurgés de la Terre
Un film de Philippe Borrel – (France, 2010, 54mn) – ARTE

« Ils ont établi leur camp dans la canopée des séquoias de Californie du Nord ou de l’Oregon. En rupture avec l’American way of life, ils ont décidé de donner leur temps, et pour certains leur vie, à la protection de la nature. […] Ailleurs, ces nouveaux guérilleros éperonnent les baleiniers japonais en Antarctique ou s’accrochent au-dessus des voies ferrées pour bloquer les trains de déchets nucléaires en Allemagne. Parfois, pour défendre ce à quoi ils croient, certains basculent dans l’illégalité, s’en prennent aux exploitations de bois, sabotent des laboratoires de vivisection ou brûlent des 4×4. Ils sont alors forcés à la cavale ou à la clandestinité.
Pour le FBI, ce sont des terroristes. L’agence fédérale les a officiellement désignés comme la seconde menace pour la sécurité intérieure des États-Unis après Al-Qaida. Elle fait peser sur ces militants verts une répression féroce et sans précédent. Le « Animal and enterprise terrorism act », un volet spécial des « Patriot acts » américains adopté sous la pression des lobbies industriels, donne désormais la possibilité aux autorités de réprimer toute forme de protestation. Des avocats défenseurs des libertés publiques et des ONG comme Greenpeace dénoncent cette dérive liberticide, aux États-Unis comme en Europe. »

à La librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz. Ouverture des lieux au public à partir de 20h, présentation du film à 20h30, attention aux retardataires : début du film à 20h40 précises. Petit buffet sur place, entrée libre et gratuite mais soutien possible, boissons, salle non-fumeur (pause possible).

Nous avions déjà abordé les sujets de répression envers les collectifs qui distribuent de la nourriture, comme ici ces liens sur les arrestations de militant.e.s FNB aux États-Unis (sachez tout de même que cela se met en place ici-même, en France) :

restotrottoir.blogspot.fr/2012/03/donner-de-la-nourriture-gratuite-est-un.html
restotrottoir.blogspot.fr/2012/03/journee-daction-anti-capitaliste.html
restotrottoir.blogspot.fr/2011/04/parcours-judiciaire-dun-food-not-bombs.html
restotrottoir.blogspot.fr/2011/04/faim-et-pauvrete-extreme-sinstallent.html
+ www.youtube.com/watch?v=ZO0JdF48xsg&feature=related
www.youtube.com/watch?v=lyivZI2skEI&feature=related

Les Trottant.e.s – Mailing, 14 septembre 2012

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[Harragas tunisiens] « Si on veut arrêter de compter les morts, il faut aller vers plus de liberté de circulation »

En Tunisie, le naufrage de Lampedusa suscite émotion et débat

Reportage La mort de plusieurs dizaines de personnes qui tentaient de rejoindre l’Italie le 6 septembre suscite une prise de conscience de l’autre côté de la Méditerranée.

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Manifestation de familles de « harragas » (migrants) disparus, à Tunis, le jeudi 6 septembre.

C’est loin d’être le premier drame de l’immigration clandestine, depuis la révolution. Mais celui-ci, par son ampleur, a marqué les esprits, secoué la Tunisie. Dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 septembre, un bateau parti de Sfax, avec plus de 100 personnes à son bord, a coulé non loin de l’île italienne de Lampedusa. Seules 56 personnes ont pu en réchapper, deux cadavres ont été repêchés. Pour les autres, rien. Pas même un débris de coque.

Le drame a réveillé leur douleur : jeudi midi, quelques dizaines de familles de disparus ont manifesté à Tunis, pour réclamer « des réponses ». Eux, ça fait plus d’un an qu’ils tournent en rond, à la recherche de la vérité. Leurs enfants sont partis dans les premières semaines après la chute de Ben Ali, début 2011, au plus fort du pic migratoire qui a suivi la révolution : 28’000 Tunisiens, selon le Haut Commissariat aux réfugiés, ont embarqué pour l’Italie l’an dernier. Toutes nationalités confondues, 1500 migrants sont morts en Méditerranée.

Quelque 300 Tunisiens sont toujours portés disparus, estime le réseau Boats4People. « Sont-ils décédés ? Vivants ? On ne sait rien », déplore Heger Ayachi, mère de deux harragas. « On a fait des tests ADN, rencontré le président Marzouki, les députés, les ministres… On a frappé à toutes les portes », énumère Ahmed Glensi. Rien n’y a fait.

« Les mafieux se fichent de l’état des bateaux »

La tragédie du 6 septembre a relancé la mobilisation de la société civile, sur un sujet très difficle à aborder sous Ben Ali. Boats4People a déjà tenté de reconstituer le drame. « C’est chaque fois la même chose, on n’arrive pas à savoir comment les gens sont morts. Beaucoup de données sont disponibles pourtant, déclare le coordinateur du réseau, Nicanor Haon, pointant les dispositifs de surveillance européens. Nous voulons la transparence. »

« Il faut profiter de cette catastrophe pour mettre la pression sur le gouvernement, explique Abderrahmane Hédhili, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Il doit lancer une commission d’enquête, qui tirera une conclusion définitive. » Sur les cas de 2011 comme sur ce nouveau drame, plaide ce militant aguerri. Lui s’y connaît en passeur, et y voit une partie du problème : « Avant la révolution, c’étaient des pêcheurs, qui prenaient la sécurité en considération. Maintenant, ce ne sont que des mafieux, ils se fichent de l’état des bateaux. » Le fils de Ridha Trabelsi a été ressorti de l’eau après y avoir passé un mois et vingt-six jours. « Il est enterré, mais je suis venu à cette manifestation pour demander la condamnation des passeurs. » À Ouardia, quartier populaire de Tunis, « tout le monde les connaît, dit-il. Ils font tourner la tête aux jeunes, pour construire leur richesse. Ils se baladent avec de nouvelles voitures. » D’autres parents appellent à « renforcer la surveillance des côtes ».

« Revendications sociales »

Mais l’approche répressive, comme du temps de Ben Ali, paraît à beaucoup dépassée. « Si on veut arrêter de compter les morts, il faut aller vers plus de liberté de circulation », plaide Nicanor Haon. Militant de longue date sur ce thème, Omeyya Seddik a participé pour le ministère de l’Immigration aux négociations avec l’Union européenne, juste après la révolution. « L’UE souhaite que les accords précédents, notamment pour faciliter les réadmissions, soient reconduits. En contrepartie d’une libéralisation de la politique de visas, mais destinée à une catégorie très spécifique de la population », regrette-t-il.

Critiqué pour son retard à l’allumage, le gouvernement a fini lui aussi par s’activer. Jeudi soir, une petite partie des revendications semblaient plus ou moins entendues : Tunisie et Italie ont annoncé la création d’une commission d’enquête. Quelques révisions de l’accord bilatéral de lutte contre l’immigration clandestine ont aussi été promises.

« La nouveauté, souligne le journal la Presse, est que la société tunisienne a pris pleine conscience [du drame]. » Alors que les débats politiques, très vifs, sont trustés par les questions d’identité et de libertés, le naufrage de Lampedusa est brusquement venu rappeler que la situation sociale n’a guère changé. « Si on regarde la géographie de la révolution, le profil des martyrs, on voit qu’ils sont descendus dans la rue pour des revendications sociales. Quand on voit la teneur des débats politiques… Tous ont été trahis », tranche Abderrahmane Hédhili.

Publié par des ennemis de la révolution (Élodie Auffray à Tunis, Liberation.fr, 14 septembre 2012)

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[Samedi 29 septembre à Avranches] Rassemblement et déambulation anti THT et antinucléaires

Parceque la lutte est loin d’être finie…
Tous à Avranches le 29 Septembre 2012 !

Alors que le dimanche du week-end de résistance du 23 et 24 juin a pu être vécu comme un traumatisme, il a été avant tout un moment fort de rencontres et discussions et a rassemblé presqu’un millier de personnes. La lutte contre la THT Cotentin-Maine n’a perdu ni de sa légitimité, ni de sa détermination, bien au contraire. En effet, à tout moment cet événement a été pensé comme un temps fort dans une lutte qui dure depuis des années, et de ce fait, elle ne s’arrête pas là.

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Face à la répression, face aux procès que nous subissons, face aux harcèlements de la gendarmerie, bras armé de l’État Nucléaire, face aux échéances de fin des travaux qui approchent, l’heure n’est pas à la résignation ou au compromis. La lutte contre cette ligne THT s’est toujours inventée au jour le jour. Aujourd’hui c’est un nouvel élan que nous voulons lui insuffler avec cette manifestation à Avranches. Il s’agit pour nous de partager notre quotidien de lutte et de rencontres, de faire part de nos expériences et de discuter des raisons qui nous poussent toujours à tenir tête. L’expérience ici éprouvée aura définitivement débarrassé chacun des participants de toute illusion à l’égard d’un quelconque compromis avec un État, qui, quelque soit sa couleur, se fera toujours le défenseur de son industrie nucléaire.

Ce que nous souhaitons, c’est sortir des carcans imposés à cette lutte afin qu’elle se développe partout où il y aura des gens qui oseront se dresser contre RTE, contre le Nucléaire et son monde. Nous voulons rompre le silence et les mensonges médiatiques sur notre sort, que nous partageons avec tous ceux qui contestent ce monde là. Nous considérons à contrario de ce qu’ils affirment, que ce n’est pas une « lutte locale » qui se joue ici, mais que nous vivrons tou-te-s sous cette ligne, ou sous d’autres. Pour beaucoup déjà, vivre sous une THT est une réalité, mais cette balafre en construction va alimenter les industries de toute l’Europe, elle va polluer ce territoire pour encore longtemps, et elle permet à la logique nucléocrate de perdurer jusqu’à la catastrophe. En ce sens nous sommes tous des riverains de la ligne THT Cotentin-Maine. Nous subissons tous ses effets, la logique de centralisation energétique dont elle est symptomatique. Nous vivons tous le flicage et la militarisation de nos espaces de vie qui nous sont imposés. Répondons par ce simple « NON ! Nous ne nous laisserons pas faire ». Nous sommes tous soumis-es à cette soit-disante « démocratie », qui par ses juges et ses flics révèle son vrai visage, nous vole nos espaces, nos droits et nos libertés pour le profit de quelques-uns.

C’est pourquoi il nous apparaît si important de déplacer la lutte non plus sur la ligne même, mais plus largement là où elle n’est pas « visible », en ville, à proximité même du soi-disant « Quartier Général de RTE pour le projet ».

Projections, repas, discussions, actions de visibilité de la lutte, c’est par ces moyens que nous entendons créer du lien avec tous ceux qui allument la lumière chez eux le soir et s’interrogent. Considérons quelle est la nature de cette energie que notre société consomme ; quel est le prix en sang, en larmes, en frustration, en souffrance, de la production et de l’acheminement de cette électricité dans les usines et les bureaux de chacun, et donc dans nos habitations.

Ni résignation, ni compromis !

Tous à Avranches le 29 septembre 2012 !
Rassemblement à 10h au Jardin des plantes


RÉSISTONS À LA LIGNE THT

Depuis décembre 2011, les chantiers de pylônes ont démarré et, avec eux, la violence d’État et de RTE (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet n’a, depuis qu’il est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’État et de RTE. Chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’État.

Par le biais de ses actions en justice RTE nous a informé-e-s de ce que vous aurez du mal à trouver dans la presse, pour la période allant jusqu’au 31 mai. Pour juin 2012, RTE s’est contenté de rapporter uniquement les actions publiques lors de sa dernière requête devant le tribunal de Laval.

C’est ainsi qu’en 2012, ont eu lieu au moins :

• 7 actions de déboulonnage le 31 janvier, les 10 et 12 février, le 18 mars, les 13 et 17 avril ;

• 23 autres actions de dégradations de pylones (incluant parfois du déboulonnage) le 23 février, à quatre endroits le 11 mars, le 30 mars, les 17, 24, 25 (en six endroits), 28 avril (en trois endroits),  les 15 (en deux endroits), 21 et 30 mai ;

• 2 actions d’opposition à l’élagage les 5 et 29 mars ;

• 20 actions ayant causé des dégradation de matériel de chantier les 15 et 26 janvier, les 1er (en deux endroits), 20 et 23 février, les 12, 20 (en deux endroits) et 30 mars, le 20 avril (en deux endroits), les 2, 4, 7, 10, 11 (en deux endroits), 17, 20 et 31 mai ;

• 14 occupations de chantiers ou de dépôts le 26 janvier, le 29 février, les 19, 22 et 30 mars (en deux endroits), le 25 avril (en trois endroits), les 5, 14, 16 mai, les 1er, 3 (RTE manquant de fiabilité, nous devons préciser qu’il s’agit ici du 2 et non 3 juin, quand l’un d’entre nous a été blessé puis arrêté pour violence) et 6 juin ;

• 1 occupation de propriété RTE le 6 mai 2012, laquelle avait déjà été occupée le 5 novembre 2011 ;

• 1 action ayant causé la disparition de 50 panneaux d’information sur le chantier le 6 mars ;

• 1 action d’épandage de lisier  le 19 mars.

(Voir la liste complète)

Il est évident que les actions ont continué pendant l’été… et qu’elles se poursuivront bien au-delà de la seule ligne Cotentin-Maine et de la fin de sa construction car il ne tient quà nous de mettre à mal la société nucléaire en suivant les bons conseils d’EDF :

« Lorsque les écologistes militants, qui sont aujourd’hui axés sur le nucléaire, prendront dans leur collimateur les lignes HT, la situation risque d’être grave, car si l’on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et éventuellement des pelotons de CRS, ce n’est pas le cas des pylônes » (extrait d’un rapport confidentiel EDF, rapport Lefevre du 13 avril 1983).

LA THT NE PASSERA PAS SANS ENCOMBRES

Contact : 06 28 94 72 13 – Site internet

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[Samedi 29 septembre à saintÉtienne] Concert antifa à La Gueule Noire

Vivre sans peurs !!!

Pour une société sans peur de l’étranger, de ceux et celles qui viennent d’ailleurs pour chercher un avenir meilleur. Sans peur de subir les conséquences de la crise économique (licenciements, précarité…) et de mettre en question la viabilité du système capitaliste. Sans peur des groupuscules néo-nazis, qui essayent d’imposer leurs idées racistes par la violence. Sans peur d’affirmer son identité, de crier bien fort que notre orientation sexuelle ne nous fait pas différents. Sans peur de vouloir redonner aux femmes la place qu’elles méritent dans notre société. Sans peur de denoncer le modèle de société ultra-sécuritaire qu’ils veulent nous imposer, et de croire que c’est possible aussi de vivre ensemble sans vidéo-surveillance et policiers dans tous les coins de rue.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 66 – « Il y avait peu de différence entre un jeune qui galère en bas de sa tour et un lascar qui tourne en rond en promenade »

Partie 66

La vie n’était pas un long fleuve tranquille, surtout pour ceux qui prenaient des risques, pour fuir la France des sous-sols c’était pile ou face ça passe ou ça casse. J’ai de la chance d’avoir une nouvelle passion qui est l’écriture, ma plume va m’éviter de monter sur un fourgon blindé, armé d’un lance-roquettes en pleine autoroute. Pour certains, ces paroles peuvent être de la fiction mais ça n’a rien d’un film Facebook [c’est la] réalité, mets-toi juste à la fenêtre de ta cité, mate en bas, tu verras cinquante Oumar en puissance, la cité est peuplée de jeunes déterminés prêts à faire exploser les compteurs d’un RS4 à 300 km/h lors d’une course-poursuite sur une nationale les feux éteints. Ça fait belle lurette que la prison ne faisait plus peur parce que de toute façon on était comme enfermés dehors, contrôles d’identité à répétition, perquises, tirs de flash-ball exactement comme en taule. Il y avait peu de différence entre un jeune qui galère en bas de sa tour et un lascar qui tourne en rond en promenade.

Un jour qu’on allait se mettre en place à 6 heures du mat devant un casse, une voiture de la BAC, se met à notre hauteur et nous demande de nous mettre sur le côté, gyrophare allumé dès qu’on les a vus on a tous enfilé nos cagoules, on a mis le gyrophare et c’était parti pour le Paris-Dakar. Une course-poursuite de dingue s’est engagée dans les petites ruelles de campagne, avec notre RS4 ils ne faisaient pas le poids, avec leur Ford Mondeo au moteur gonflé mais bientôt ils furent rejoints par deux autres voitures « Subaru ». La poursuite a continué jusqu’à sur l’autoroute A13, ils étaient coriaces ils voulaient pas nous lâcher, quand soudain j’ai dit à Minipouce qui était au volant de sortir à la prochaine station-service, je savais que quelques kilomètres plus loin nous attendait un péage et ils y avaient sûrement placé un barrage donc une fois sortis à la station-service je lui dis de re-rentrer dans l’autoroute mais en sens inverse, les feux éteints en pleine nuit sur la bande d’arrêt d’urgence, on prenait d’énormes risques mais je voulais pas retourner à Bois-d’Arcy. La police a stoppé immédiatement la poursuite pour éviter un carnage sur l’autoroute, une fois qu’on les avait semés on a caché la voiture dans une grange abandonnée, en pleine nuit sac de sport à la main on a marché le long de la voie ferrée pour éviter de nombreux barrages qu’ils avaient mis en place, on a choisi une direction au hasard par chance c’était la bonne, trois heures de marche et on arrive à Mantes au lever du soleil, on avait échappé une fois de plus à la taule.

On vivait à cent à l’heure, on se répétait souvent « DÈS QU’ON A LE MILLION CHACUN, ON SE RANGE ». Mais pour le million fallait taper un Brink’s ou jouer au loto comme je ne croyais pas au hasard, j’avais misé sur la tirelire à quatre roues, je savais que c’était à notre portée de main, j’avais tout mis en place mais il a fallu qu’un fils de lâche entre dans cette cabine publique et compose le numéro des condés.

Pas de justice pas de paix donc ma flamme n’était pas prête de s’éteindre de sitôt, puisque leur injustice persistait bientôt neuf piges que je suis enfermé dans cette cage pour des faits que j’assume à 100 % même si je ne le referais pas le combat continue, je continuerai à dénoncer leurs exactions jusqu’à mon dernier souffle à l’encre de ma plume, ce système totalitaire est injuste. LES GENS PARTENT MAIS LES ÉCRITS RESTENT.

Beaucoup fantasment sur la vie de youv, veulent sortir et mettre sur leur tableau de chasse un vrai de vrai, un bonhomme parmi les bonhommes mais quand la lumière s’éteindra et quand le film sera fini, peu assumeront le revers de la médaille, les parloirs à répétition pendant des années alors que quelques mois plus tôt c’est à son bras que tu t’exhibais fièrement, les talons faits main de chez Louboutin à 2000 euros, tu as manqué de rien en sa compagnie, tu savais tout de lui, il ne t’a rien caché, tu t’engageais dans cette relation en connaissance de cause mais le temps t’a eue, tu as refait ta vie dans les bras d’une imitation qui t’abandonnera tous les soirs pour voler au secours d’une femelle à qui il dit je t’aime, tu l’apprendras et le quitteras si tu en as le courage, le temps a passé tu retourneras à la case départ pendant ce temps le youv fait des pompes, s’endurcit et fait le tri de qui est qui, et une fois dehors il contemplera l’étendue des dégâts, son ex est devenue l’ombre d’elle-même.

LES ÉPREUVES FORGENT UN HOMME, ON VIT QU’UNE FOIS DONC FAIS LE BON CHOIX, LE TEMPS LUI NE PARDONNE PAS.

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