[Valls Kyste My Ass] Valls Manuel ou la mafia d’État

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/122.jpgMais qui est donc notre chef de la police (sur un certain Valls) ?

Cela fait un moment que je souhaite dire trois mots — finalement, ce sera bien plus — sur notre ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Avant même l’intervention de ses flics à Notre-Dame-des-Landes, qui a fait des blessés par dizaines. Mais bien entendu, je n’aurais pas écrit ce qui suit sans cette déclaration à propos de l’aéroport de M. Ayrault : « Il est hors de question de laisser un kyste s’organiser, se mettre en place, de façon durable, avec la volonté de nuire avec des moyens parfois dangereux (…). Nous mettrons tout en œuvre pour que la loi soit respectée (…) pour que les travaux puissent avoir lieu ». Valls est un personnage digne d’un certain intérêt, et je vous renvoie pour commencer à un long article de la journaliste du Monde Ariane Chemin. Vous le trouverez au bas de mon papier, en intégralité, et je vous recommande vivement de le lire.

Laurent Mucchielli et le livre controuvé

Que dit-il ? En 1980, quand Valls n’avait que 18 ans, il était membre des Jeunes rocardiens. Bon, je sais que cela paraît incroyable. 18 ans, et rocardien : ce seul rapprochement me fait penser à une corde, au bout de laquelle se balancerait un pendu. Passons. À cette époque, Valls étudie à l’université parisienne de Tolbiac, où il rencontre deux jeunes très vieux qui deviendront des amis définitifs : Alain Bauer et Stéphane Fouks. Il me faut les présenter pour mieux comprendre ce qui n’est nullement une affaire personnelle.

Alain Bauer se présente et gagne aujourd’hui sa vie comme « consultant en sécurité ». Mais ce titre falot ne lui rend pas justice. Il a donc noué une amitié inébranlable avec Valls au début des années 80, et milité avec lui chez les Jeunes rocardiens. Est-il de gauche ? La certitude, c’est qu’il signe avec Xavier Raufer, en 1998, un Que sais-je ? (PUF) dont le titre est : Violences et insécurité urbaines. Non, je ne l’ai pas lu. Mais le sociologue Laurent Mucchielli, dont je sais le sérieux, a décortiqué ce texte. Ma foi, cette critique glace le sang. Car de deux choses l’une : ou Mucchielli est un escroc, ou ce livre est un ramassis d’analyses controuvées, établies pour tenter de prouver que la gauche au pouvoir à partir de 1981 est la responsable d’une explosion de la délinquance.

Xavier Raufer et le 11 septembre 2001

Je précise que Xavier Raufer, grand expert devant l’Éternel, et toujours ami, en 2012, de Bauer, a marqué, si peu que ce soit, ma vie. Ancien militant de la droite fasciste, passé à la droite classique via les réseaux patronaux de la métallurgie (UIMM), il est depuis quinze ans l’un des spécialistes du terrorisme les plus invités. Et j’en  viens à moi. Nous sommes le 11 septembre 2001, chez moi, je viens de récupérer dans ma cave un poste de télévision antédiluvien, afin de voir comme tout le monde les tours du World Trade Center s’effondrer.

Je me branche sur France 2, et je découvre, parlant de l’événement, Xavier Raufer. Un pro. Un fin connaisseur. Ce qu’il dit est resté gravé : les attentats porteraient la marque du FPLP palestinien. Moi qui suis loin de valoir M. Raufer, je sursaute aussitôt. Car je sais cette hypothèse totalement absurde. Si le FPLP a bien détourné et cramé des avions, c’était vers 1970, dans un contexte qui n’a rien à voir. Puis, ce groupe laïc a une tradition d’extrême-gauche qui exclut radicalement des méthodes comme celle du 11 septembre. Enfin, il est sur le déclin et il est évident, je dis bien évident qu’il n’aurait pas eu la force et la logistique d’une telle opération. La seule conclusion, concernant Raufer, est qu’il est un bien curieux expert.

Alain Bauer et Nicolas Sarkozy

Revenons à Bauer. Après avoir quitté Tolbiac, et bientôt les rocardiens, il deviendra franc-maçon et Grand maître du Grand Orient de France. Et de droite ? Les mots n’ont aucun sens. Il copine avec Alliot-Marie ou Sarkozy depuis des lustres, au point d’avoir confié au journaliste de Mediapart Éric Incyan, en 2008 : « Nicolas Sarkozy m’en a parlé une seule fois [d’un poste de ministre ] de manière explicite, il y a plus d’un an. Il m’a dit que s’il était élu à la présidence de la République, il me prendrait dans son équipe gouvernementale pour m’occuper des questions de sécurité. » Mais dès 2006, alors qu’il n’est encore que ministre de l’Intérieur, Sarkozy le décore de l’Ordre national du mérite. Bien entendu, il convie à la cérémonie Stéphane Fouks et … Manuel Valls.

Quoi d’autre ? Plein de choses, mais je n’ai pas le temps, ni la place. En décembre 2008, Bauer remet à sa copine Alliot-Marie, devenue ministre de l’Intérieur, le rapport sur les fichiers de police qu’elle lui avait commandé. Mais cette année 2008 était aussi celle du début de l’Affaire Tarnac, du nom de ce hameau habité par des jeunes très ressemblants à ceux de Notre-Dame-des-Landes. On le sait, la police encabana Julien Coupat et Yldune Lévy pour un sabotage supposé d’une ligne de la SNCF. Je ne reviens pas sur le montage policier lui-même, désormais certain. Ce qu’on sait (un peu) moins, c’est qu’Alain Bauer a joué un rôle important dans les prodromes de cette sombre histoire. L’essentiel est rapporté dans le livre de David Dufresne, Tarnac, magasin général (Calmann-Lévy). Bauer, qui se prenait en la circonstance pour son ami Raufer en 2001, avait acheté, dès 2007, 40 exemplaires du livre appelé L’insurrection qui vient (éditions Hazan), signé par un mystérieux Comité invisible.

Alain Bauer et Julien Coupat

Invisible, mais pas pour Bauer. Pour lui, ce texte d’ultragauche annonçait probablement la réapparition d’un terrorisme de gauche, dans la lignée d’Action Directe. Bauer distribue les 40 livres achetés, et pas à n’importe qui. À des politiques de droite, dont certainement Alliot-Marie. À des journalistes connus. À des flics, dont le directeur de la police nationale Frédéric Péchenard, pote de toujours de Sarkozy. Nul ne peut, nul ne pourra peut-être savoir quel rôle ce militantisme aura joué dans le montage de Tarnac. Le certain, c’est que les flics considèrent bien vite Coupat comme l’auteur de L’insurrection qui vient. Et s’il a écrit cela, n’est-il pas cohérent de penser qu’il a pu mener des opérations de sabotage ?

Voilà pour Bauer. Passons plus rapidement sur Stéphane Fouks, dont je vous rappelle qu’il fait partie du trio de départ, avec Bauer et Valls. Donc, en 1980, le jeune vieux Fouks est rocardien. Il reste socialo un moment, puisqu’on le retrouve conseiller de différents ministres, dont Rocard à l’Agriculture. Mais le destin de Fouks, c’est la pub, dont je rappelle qu’elle est pour moi — après bien d’autres — l’industrie du mensonge. Fouks rencontre Séguéla, l’homme pour qui ne pas avoir de Rolex à 50 ans marque le désastre d’une vie, et finit par se faire une place centrale dans la fameuse agence RSCG, où il crée une filiale. Il foire lamentablement la communication de Jospin à la présidentielle de 2002, mais dans ce métier, c’est à croire que seul le présent immédiat compte. Il sera également le conseiller de l’ancien président ivoirien Gbagbo, du couple Ockrent-Kouchner quand ce dernier était accusé de joliesses, et conquiert l’oreille des grands patrons, conseillant près de la moitié du CAC 40. Sans oublier ses solides accointances chez Sarkozy. Ajoutons pour faire bon poids qu’il a promu et défendu l’image de DSK, faisant davantage pour ce merveilleux personnage que pour tout autre. On ne gagne pas à chaque fois, non.

Résumons : Manuel Valls, Alain Bauer, Stéphane Fouks sont comme frères. En 2010, sur le plateau de l’émission de Drucker Vivement Dimanche, consacrée à Valls, les trois apparaissent ensemble. Le 5 mai 2012, les mêmes fêtent leurs 150 ans — à eux trois — dans le restaurant parisien Drouant, dont les deux étages sont loués pour l’occasion. Se trouvent là des flics, de gauche et de droite, des chefs du renseignement, le patron de Veolia, tant d’autres. Peut-être est-il temps de parler de la Mnef, cette Mutuelle étudiante, vivier de copains et de coquins, tous en cheville avec notre grand, noble et valeureux parti socialiste.

Manuel Valls et la Mnef

Si vous voulez vous rafraîchir les idées sur les détournements de fric, les emplois fictifs, la crapulerie au détriment de la santé des étudiants, c’est ici. On retrouve dans cette arnaque massive deux courants, en réalité. Le PS, certes, mais aussi et d’abord la secte politique à laquelle a appartenu en secret Lionel Jospin, qui s’appelait jadis Organisation communiste internationaliste (OCI), menée par l’un des personnages les plus mystérieux de notre après-guerre, Pierre Lambert. Dans la Mnef, on retrouve un peu tout le monde. Spithakis, son patron, ancien lambertiste devenu socialiste, mais aussi les députés Cambadélis et Le Guen, et bien sûr DSK lui-même. Où se cache Valls dans le tableau ? Attention aux plaintes en diffamation, car Valls n’a pas, à la différence de 17 autres prévenus, été condamné. Il est donc innocent. Mais il n’est pas interdit de rappeler cette lettre de Manuel Valls envoyée le 21 décembre 1990 au président de la Mnef, Dominique Levêque.

Deux choses sont très intéressantes. Un, elle est à en-tête du Premier ministre de l’époque, Michel Rocard. Valls est alors son conseiller à Matignon. S’il utilise ce papier officiel, c’est évidemment pour montrer qu’il agit ès-qualités, en service commandé. Deux, Valls y menace la Mnef de représailles si elle refuse d’admettre dans son conseil d’administration un certain Emmanuel Couet. Les deux faits réunis suggèrent assurément qu’il existe un lien de subordination inconnu entre le parti socialiste au pouvoir, et cette Mnef où circule tant d’argent. Ah ! j’allais oublier. Dans sa lettre, Manuel Valls précise que « depuis des années, nos relations [entre lui et la Mnef] sont basées sur la confiance et le respect des dispositions arrêtées en commun avec moi-même et Alain Bauer. » Car Bauer est là, lui aussi, qui dirigera l’une des filiales de la Mnef.

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On notera à ce stade que Valls, qui n’est pas encore ministre des flics, n’a donc pas comparé les refusants de Notre-Dame-des-Landes à un « kyste » qu’il conviendrait par définition d’extirper. En cette année 1990, il ne juge pas déshonorant cette amitié qu’on qualifiera d’appuyée avec des ruffians qui se révèleront, devant la justice, d’authentiques délinquants, dûment condamnés ensuite. Et l’ayant noté, on reviendra à l’article du Monde dont je vous parlais au début de ce si long pensum.

Ce sera ma conclusion : en cette fin 2012, Valls, Fouks et Bauer sont toujours unis par des liens fraternels, ce qui ne peut que tirer une larme. Qu’importe à Valls que son cher vieux Bauer soit au centre politique et moral du dispositif sécuritaire de la droite ! Il aime, voyez-vous. Citation de Valls en 2008, tirée du Monde : « Si Alain pense qu’être sarkozyste est utile et cohérent, il en a le droit. L’amitié transcende les clivages politiques (…). On se retrouve sur la sécurité et, globalement, on est toujours en phase. » Ajout de 2012 : « Je lui ai dit que je regrettais qu’il ait travaillé pour Sarko, car je ne peux plus le prendre dans mon cabinet. » Ce qui veut dire sans détour que Valls-la-grenade aurait aimé travailler avec Bauer place Beauvau, mais qu’il ne le peut pas. Le chef des flics se faisant aider par Alain Bauer, conseiller-en-chef de Sarkozy.

J’espère que vous goûterez cette farce autant que moi. Voilà dans quelles mains nous sommes. Voilà l’arrière-plan des 100 blessés de Notre-Dame-des-Landes.

Leur presse (Fabrice Nicolino, Planète sans visa, 30 novembre 2012)


Valls, Bauer, Fouks : le pacte de Tolbiac

Les deux étages de Drouant, le restaurant parisien des prix Goncourt, place Gaillon, ont été privatisés. Un e-mail – avec annonce d’une cagnotte pour un cadeau commun – est parvenu à la bonne centaine d’invités conviés ce 5 mai 2012. Manuel Valls, Alain Bauer et Stéphane Fouks fêtent leurs 150 ans. Prudemment – et pour cause –, les spécialistes d’intelligence économique et les fonctionnaires de police ont noté le rendez-vous, puis effacé l’e-mail : “On ne sait jamais.”

Il y a là des patrons, des pontes du renseignement, des politiques, autant de cercles qui s’emmêlent tandis que sur les tablées le bon vin abolit les frontières. L’aréopage d’initiés digresse sur le rituel qui accompagne chacun de ces anniversaires, où les couches d’invités prospèrent et se sédimentent au fil des ans: c’est toujours un fraisier qui clôt le déjeuner. Le dessert préféré de “Baubau”, comme le ministre de l’intérieur et le coprésident d’Havas Worldwide continuent aujourd’hui d’appeler le consultant et ancien conseiller pour la sécurité de Nicolas Sarkozy, Alain Bauer.

Cette année, pourtant, la fête ne ressemble pas tout à fait à celle de Reims, l’an passé, ni aux précédentes. Alain Ducasse a fini par arriver mais il manque “Manuel”. In extremis, le porte-parole de la campagne du candidat socialiste a séché. Le lendemain, en effet, François Hollande joue sa place à l’Élysée, et Julien Dray vient de manquer de tout gâcher en invitant Dominique Strauss-Kahn, mis en examen pour proxénétisme, à son anniversaire à lui.

ASSEMBLÉE HÉTÉROCLITE

Les trois hommes sont trop copains pour ne pas savoir pardonner cette absence prudente ; trop professionnels pour ne pas anticiper les risques d’une telle réunion. Que dirait-on d’agapes réunissant un futur ministre de gauche, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, homme lige de la droite, et … le porte-parole de l’UMP sur les questions de sécurité, Bruno Beschizza ?

Les strauss-kahniens Jean-Marie Le Guen, Jean-Christophe Cambadélis, François Kalfon, Anne Hommel et Jean-Jacques Urvoas se rendent donc sans l’ami Valls chez Drouant retrouver les PDG invités par Stéphane Fouks. Antoine Frérot, le patron de Veolia, est venu avec son communicant Laurent Obadia – un intime d’Alexandre Djouhri, le mystérieux intermédiaire en cour sous la Sarkozye. Autour des nappes blanches, on trouve aussi tout le réseau policier d’Alain Bauer – son “canal historique”, dit l’un d’eux : le criminologue Xavier Raufer, formé à la droite extrême, le commissaire André-Michel Ventre, le secrétaire général du syndicat Alliance Jean-Claude Delage…

Les “frères” se saluent d’une table à l’autre : avec Philippe Guglielmi, pas moins de deux anciens grands maîtres du Grand Orient de France, que Alain Bauer a présidé de 2000 à 2003, sont du happening de Drouant. On offre des livres rares, des alcools forts millésimés. Les “anciens” de Tolbiac, les “copains d’avant”, ont aussi préparé pour chacun des hôtes un reportage photo : des clichés sépia qui racontent la genèse d’une amitié “de plus de trente ans”.

HAUT LIEU DE LA CONTESTATION

Tolbiac. La fameuse fac de béton brut construite cinq ans après Mai 68, que personne n’a jamais réussi à appeler Centre Pierre-Mendès-France, et où un prof nommé Robert Badinter eut droit à vingt minutes d’applaudissements quand son amphi apprit sa nomination au ministère de la justice. En cette toute fin des années Giscard où la politique se fait encore dans les facs, Tolbiac est devenue le haut lieu de la contestation contre la politique économique de Raymond Barre et la circulaire Bonnet hostile aux étudiants étrangers. C’est l’époque où le service militaire est encore la règle – un étudiant vient de descendre en rappel la façade de la fac pour taguer le slogan “Service à six mois”.

Pas un hasard si, une ou deux fois par semaine, les “grands frères” de ces jeunes gens qui tentent de jouer les prolongations de Mai 68 viennent faire un tour à Tolbiac. Il y a Julien Dray, pour quelques mois encore trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et Jean-Christophe Cambadélis, la tête d’affiche des lambertistes de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), qui couvent les étudiants d’un œil efficace. Il y a aussi Jean-Marie Le Guen, ancien chef de la Jeunesse socialiste. Face à eux, un trio de trois garçons déjà inséparables qui, à 18 ans, se sont trouvés et ne se lâcheront plus.

“Quand j’arrive à la fac en octobre 1980, je tombe sur un mec en cravate et un petit barbu”, se souvient Manuel Valls. Il est alors un jeune Catalan qui peste de ne pas pouvoir voter pour la présidentielle – il ne sera naturalisé français qu’en 1982 – et porte les mêmes cheveux drus et le même regard sombre qu’aujourd’hui. Le mec en cravate, c’est Alain Bauer. Il est le fils d’un marchand de textiles. Pour impressionner, il laisse dire qu’il est un descendant d’Otto Bauer, le grand marxiste autrichien du début du XXe siècle. Il porte déjà des costumes trois pièces qui enserrent des rondeurs de notable, et jette son loden vert sur ses épaules comme une cape. Il a adhéré au PS à 15 ans et fait partie des plus jeunes francs-maçons de France.

À Tolbiac, il retrouve le “petit barbu” déjà croisé au lycée Arago, à Paris: Stéphane Fouks. Ce fils d’un ancien communiste juif et résistant fut l’un des responsables d’une éphémère coordination lycéenne. Les trois garçons ont le même âge. Bauer potasse le droit constit’. Fouks veut s’orienter vers les sciences politiques. Valls a choisi l’histoire.

“BUVEURS DE CAMOMILLE”

Tous les trois, surtout, sont rocardiens. Rocardiens ? Le mot désigne une espèce rare à l’époque. “Des gens en costume, alors que nous on est en blousons de cuir, prêts à dégainer les manches de pioche de nos sacs marins achetés aux puces, se souvient le journaliste Serge Faubert, alors au service d’ordre de la LCR – l’homme qui a descendu la façade de la fac en rappel. Ils étaient comme des buveurs de camomille à une fête de la bière. Pour nous les socialistes étaient des sociaux-traîtres, alors l’aile droite du parti…” À l’époque, l’étiquette veut surtout dire qu’on se méfie de ce Mitterrand qu’adulent Le Guen et ses amis et – point commun avec les lambertistes – qu’on vomit les “cocos”.

“On était déjà très sociaux-démocrates, pas très refaiseurs de monde, se souvient Alain Bauer. L’autogestion, on n’y croyait pas nous-mêmes. Notre référence, c’était Mendès France, pas Lénine ou Trotski.” Pendant que L’Écho des cocos d’éco se félicite des nationalisations à 100% et de la rupture avec le capitalisme promises par François Mitterrand, “SF”, “MV” et “AB” s’indignent dans le Rosé de Tolbiac, une feuille ronéotypée qui sent bon l’alcool à brûler, du passé de travailleur volontaire en Allemagne de Georges Marchais ou de la destruction d’un foyer d’immigrés à Vitry.

“Nous étions les sabras du rocardisme”, sourit Fouks, le plus militant des trois. Pour le trio, Michel Rocard n’est pas seulement l’homme du “parler vrai”. “Pas encore ce type incompréhensible que les Guignols mettront en boîte”, comme dit Valls dans un excellent livre d’entretiens (Pour en finir avec le vieux socialisme … et être enfin de gauche !) menés en 2008 chez Robert Laffont par le journaliste Claude Askolovitch – un autre convive de Drouant. L’ex-leader du PSU est le champion qui doit les emmener au sommet.

“NETTOYER LA FAC DES GAUCHISTES”

Curieuse ambiance et étranges alliances qui se nouent en ce début des années 1980. “On ne se méfie pas d’eux, alors que les rocardiens n’avaient qu’une mission : nettoyer la fac des gauchistes en faisant alliance avec les lambertistes, raconte Serge Faubert, imposer les socialistes à Tolbiac sous l’étiquette d’un nouveau syndicat, fondé en 1980, l’UNEF-ID”, “indépendante et démocratique”, chargée de concurrencer l’UNEF dirigée par le PC.

“Entre nous, les vieux rocardiens, nous disions en rigolant : “Ces trois-là, on a intérêt à bien les former, au moins, le jour où ils nous assassineront, ils feront ça proprement !” », raconte le constitutionnaliste Guy Carcassonne. “Nous étions idéologiquement des rocardiens, et politiquement des mitterrandistes”, confirme Fouks. Prêts à tout, y compris à accepter de devenir les paravents de ces lambertistes sulfureux.

UNEF-ID, conseil d’administration de la MNEF, la mutuelle étudiante qui finira par briser les socialistes qui l’ont approchée de trop près, clubs rocardiens : le trio est partout. Les lambertistes de l’UNEF-ID aident Alain Bauer – que “Camba” présentera ensuite à Pierre Lambert, le dirigeant de l’OCI et le pape caché de toute cette histoire – à devenir, en 1982, vice-président de Paris-I-Tolbiac.

“Quand on a vu Bauer arriver à la fac avec sa voiture et son chauffeur, on s’est dit que, là, il avait des réseaux qu’on n’aurait jamais, même à 50 ans”, soupire un adversaire d’alors. En remerciement du coup de pouce, Alain Bauer fait confier – discret hold-up – la gestion de la cafet’ de la fac (une mine d’or dans ce 13e arrondissement étudiant) à un homme tout de cuir noir vêtu : Bernard Rayard, autre lambertiste officiel, plus sûrement joueur de poker et homme d’affaires.

“CHACUN UNE TÂCHE”

Premiers coups politiques. Premier succès. Déjà, au sein du trio, les zones d’influence se dessinent. Julien Dray jure que l’anecdote est vraie. “J’arrive un jour à la cafet’ de Tolbiac, confie le conseiller régional socialiste. J’ai le triumvirat en face de moi. Je dis à Bauer qu’on va bosser ensemble dans l’UNEF-ID, que je vais coordonner tout ça. Bauer se lance dans les confidences : “Moi, je rêve un jour d’être grand maître.” Fouks prend la parole à son tour : “Moi, je ne veux pas forcément faire de la politique mon métier ; j’aime la communication.” Valls prend la parole le dernier : “Moi, j’aime la France, j’aimerais bien devenir président de la République. Mais pour ça, avant, il faut que je sois français.” » Le pacte secret…

“Chacun des trois avait déjà un morpho-type : communicant, agitateur politique, et, au choix, flic ou homme de réseaux”, résume “Camba”. “Aux Jeunesses socialistes, ils ont chacun une tâche, confirme Jean-Claude Petitdemange, le patron de l’appareil rocardien, qui couve le trio : Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d’appareil ; Stéphane, la communication. Stéphane pensait d’ailleurs à l’époque à créer sa petite boîte, mais je l’avais mis en contact avec Jacques Pilhan [gourou de la comm’ politique] qui cherchait quelqu’un…”

Dès 1985, aux Arcs, en Savoie, pour les journées des Jeunes rocardiens, l’étudiant déploie son savoir-faire. “Stéphane me remplissait les salles avec 500 ou 1000 personnes. Tout était fait au cordeau”, raconte Petitdemange. Lors du mouvement de l’hiver 1986 contre la loi Devaquet sur l’université, ils se partagent de nouveau le travail. À Bauer, les contacts avec la préfecture de police afin d’éviter les dérapages. “Alain était notre ministre de l’intérieur”, sourit Fouks. “Il était comme un poisson dans l’eau. C’est tout juste s’il ne faisait pas estafette lui-même”, ajoute “Camba”. Il noue ainsi des contacts avec les renseignements généraux, alors dirigés par Philippe Massoni, emballé par cet interlocuteur étudiant si respectueux de l’ordre. Ou avec Jean-Marc Berlioz, le nouveau “M. Sécurité” de Renault, ex-conseiller de Sarkozy et futur convive du “dîner chez Drouant”…

La politique est un monde plus cruel que celui des affaires. Pendant que Stéphane Fouks invente la communication politique et institutionnelle chez EuroRSCG et évite de se montrer trop regardant sur ses clients en Afrique ou en Europe de l’Est, tandis qu’Alain Bauer, surfant sur le développement des polices municipales, se lance dans l’ingénierie sécuritaire et la vidéosurveillance à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Manuel Valls, atypique licencié d’histoire dans un monde d’énarques, gravit les marches du pouvoir.

Avant le congrès du PS de Lille, en 1987, le trio est convoqué par Petitdemange. “J’ai une place au comité directeur, à vous de choisir qui y va.” D’après Bauer – mais aussi Fouks –, le trio met le poste aux voix : trois bulletins secrets pour Valls – le futur député de l’Essonne a voté pour lui-même. “Ils sont revenus en me disant : ce sera Manuel”, raconte Petitdemange.

“Tout ça est une légende absolue inventée par Alain”, soupire aujourd’hui le locataire de la place Beauvau. À un quart de siècle de distance, la “légende” peut en effet devenir politiquement encombrante pour un ministre ambitieux. Car la donne a changé. Fouks, qui voyait déjà son champion DSK à l’Élysée, a accueilli avec une grimace l’outsider Hollande et s’est trouvé fragilisé cet été chez Havas. Quant à Bauer, il a purement et simplement basculé à droite en … 2007.

“Si Alain pense qu’être sarkozyste est utile et cohérent, il en a le droit, balayait Valls il y a quatre ans. L’amitié transcende les clivages politiques (…). On se retrouve sur la sécurité et, globalement, on est toujours en phase.” Aujourd’hui, le ministre précise : “Je lui ai dit que je regrettais qu’il ait travaillé pour Sarko, car je ne peux plus le prendre dans mon cabinet.”

Qu’importe l’organigramme. Le criminologue est toujours là, au bout du fil ou dans le bureau du ministre, pour livrer les derniers chiffres de la délinquance, son avis sur le terrorisme, les quartiers nord de Marseille, le danger islamiste, la mafia en Corse. Toujours vigilant, aussi, pour protéger le réseau, qu’il s’est constitué sous la droite, des purges, dont la place Beauvau a, de fait, été épargnée. Quant à Fouks, l’autre “plus proche ami”, il reste prêt à surveiller l’opinion, peaufiner son image, commander un “quali” ou tester les discours du ministre : avant le congrès annuel de l’USM à Toulouse, cet automne, il l’a fait sur des magistrats.

AMITIÉ DURABLE

“Dans un monde politique qui revendique l’amateurisme comme une vertu, nous voulons être un îlot de professionnalisme”, confie non sans ironie l’un des membres du trio. Dans les couloirs de Tolbiac, ils ont appris l’essentiel. “Le parcours de Manuel s’est fait autour de ce logiciel découvert à la fac : à 18 ans, nous avons compris qu’on peut être minoritaire dans les amphis et majoritaire dans les urnes, que notre rapport de force dans l’opinion était plus important que dans l’appareil”, dit Stéphane Fouks.

“À notre fausse fraternité militante, trois mecs d’un pragmatisme consommé ont préféré l’amitié durable”, convient aujourd’hui Serge Faubert. Trois inséparables qui mettent depuis trente-deux ans connaissances et réseaux au pot commun. Un exemple ? Depuis juin, Bruno Beschizza, porte-parole de l’UMP sur la sécurité, est chargé de répliquer à chaque “coup” ou annonce de Manuel Valls. Alors, il rappelle à chacun – que peut-il dire d’autre ? – que “le ministre est de gauche”, à défaut d’avoir autre chose à lui reprocher. La mansuétude de l’élu UMP doit peut-être aussi à d’autres détails. Alain Bauer a gentiment accepté il y a quelques années de devenir le parrain de l’un de ses enfants. Malgré l’alternance, Valls lui a gardé un bureau place Beauvau. Et Fouks a trinqué avec lui chez Drouant.

L’amphi N de Tolbiac, pouponnière d’une génération de tribuns

Il y a eu Génération 1 – Les années de rêve, de Patrick Rotman et Hervé Hamon, et Génération 2 – Les années de poudre, au Seuil (2008). Et puis plus rien. Rien sur ceux qui ont vécu Mai 68 par procuration. “Personne n’a raconté la suite de l’histoire, note Julien Dray, à part peut-être Olivier Assayas.”

Dans Après Mai, d’Olivier Assayas, qui vient de sortir au cinéma, les lycéens sont trop jeunes pour avoir grimpé sur les barricades de la rue Soufflot, et, de la guerre du Vietnam, ils n’ont connu que les derniers moments. Mais ceux qui, après eux encore, ont voté pour la première fois en 1981 ? Quid de cette “génération Kaboul” ou “Pologne”, effarée par l’entrée des Soviétiques en Afghanistan, en 1979, et par l’état de siège décrété par le général Jaruzelski fin 1981, déboussolée par la rupture de l’union de la gauche et sa défaite aux législatives en 1978 ?

Leur saga pourrait prendre place vers 1980 à Tolbiac (Paris-I), dans le 13e arrondissement. Plus précisément dans le fameux amphi N, où une génération, à commencer par Manuel Valls, s’est initiée aux “prises de parole” devant un bon millier d’auditeurs et à l’art de retourner une salle. En cette année 2012, Tolbiac se révèle la pouponnière des “patrons” de la gauche d’aujourd’hui. Parmi tous ceux qui s’y sont formés, pas moins d’un ministre, donc, et deux dirigeants de formation politique : Pierre Laurent, patron du Parti communiste, étudiant en sciences éco de 1977 à 1979, et Harlem Désir, nouveau chef du PS, de deux ans son cadet, formé à la philo par les cadors de l’althussérisme de Tolbiac.

“L’EFFERVESCENCE ÉTAIT PERMANENTE”

“Anars, lambertistes, communistes, liguards, socialistes, pablistes, autonomes… C’est simple : il y avait tout. L’ambiance était super-idéologique. Nous étions une gauche de résistance”, se rappelle le premier secrétaire du PS. “Chaque organisation tenait une table dans le hall, l’effervescence était permanente, se souvient aussi Pierre Laurent. Pour la législative de 1978, l’UEC avait organisé un face-à-face entre Philippe Herzog et Paul Quilès, candidats dans le 13e. L’amphi N débordait…”

Tout avait pourtant été fait pour empêcher Tolbiac de devenir un nid d’agitateurs, comme Nanterre ou Jussieu. Un grand bâtiment avec des tours – il fallait caser 13’000 étudiants sur un triangle de 4500 m² –, une fosse, des ascenseurs… “Une fac transparente où les locaux syndicaux avaient vue sur la cafet’,et où les couloirs étaient en pente, sans doute pour faciliter l’accès des flics”, raconte le journaliste Serge Faubert. “Des sols recouverts de galets où les filles se prenaient les talons, conçus pour qu’on ne s’y rassemble pas trop”, ajoute Patrick Cohen, militant de l’UNEF devenu la voix des matinales de France Inter.

Si Nanterre 68 symbolise le primat de l’extrême gauche dans les années 1970, Tolbiac 80 raconte le renouveau du PS grâce au syndicalisme étudiant et la revanche des vaincus de Mai 68. C’est au début de l’ère Mitterrand que plusieurs figures de la LCR de Tolbiac adhèrent au PS derrière Julien Dray : Stéphane Rozès, un temps secrétaire de section de Daniel Vaillant avant de quitter la politique pour les sondages, le journaliste Didier François, alias “Rocky”, l’une des vedettes de l’amphi N, ou encore la sénatrice Laurence Rossignol.

Les lambertistes de Tolbiac, comme Marc Rozenblat, lunettes fumées et sang chaud, rejoignent à leur tour le PS derrière Jean-Christophe Cambadélis en 1986. C’est à Tolbiac enfin que se développe un “collectif autonome” fasciné par les groupes armés allemands ou italiens. Mais tous, d’Harlem Désir à Pierre Laurent en passant par Manuel Valls, finiront par quitter la fac sans croiser l’étudiante sage et discrète qui se lancera ensuite dans une carrière de première dame : Valérie Massonneau, future Trierweiler.

Leur presse (Ariane Chemin, LeMonde.fr, 26 novembre 2012 – mis à jour le 28 novembre)

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[Caisse/Comité d’autodéfense juridique à Toulouse] Le CAJ débarque !

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Reçu le 1er décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Cajamarca] Valls Manuel ou la continuité de l’État

Après Notre-Dame-des-Landes, le maintien de l’ordre public français s’exporte à Cajamarca

À défaut d’exceller dans la mise en œuvre d’une véritable transition énergétique, la France excelle dans un domaine bien particulier : le maintien de l’ordre public. Les résistants de Notre-Dame-des-Landes ont pu le vérifier à leur dépens, eux qui luttent contre un projet climaticide.

Les habitants du Pérou pourraient bientôt tester ce savoir-faire tricolore dont s’enorgueillissent ceux qui nous gouvernent… Le 5 novembre dernier, des militaires français spécialistes de l’ordre public se sont envolés de France en direction de ce pays andin.

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Objet de ce voyage ? Former la police péruvienne aux techniques d’usage graduel de la force… Un beau programme qui prend encore plus de relief quand on sait que la destination précise de cette mission n’était autre que Cajamarca.

Cette province située sur les hauts plateaux andins du nord du Pérou est un lieu symbolique pour les défenseurs de l’environnement : depuis plusieurs années, la population locale lutte contre le projet d’une multinationale péruvienne-états-unienne qui envisage d’exploiter, à Conga, tout près de Cajamarca, une gigantesque mine d’or et de cuivre.

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L’ouverture de ce méga projet minier aura des conséquences incalculables en menaçant gravement l’écosystème hydrique de la région ainsi que l’accès à l’eau potable de se habitants. Symbole de la politique extractiviste à l’œuvre dans cette partie du monde connue pour les richesses de son sous-sol, Conga est aujourd’hui l’un des conflits social-environnementaux majeurs en Amérique latine. Et aussi l’un des plus violents. En juillet dernier, 5 personnes ont trouvé la mort lors d’une manifestation et une vingtaine d’autres ont été gravement blessées par les balles de l’armée et la police.

Et c’est donc au beau milieu de ce conflit que l’excellence policière française a décidé de faire étalage de sa science, en matière, rapporte la dépêche AFP, d’utilisation « de la force pour contrôler des manifestations mais en respectant les droits humains fondamentaux ». Ouf, nous voilà rassurés, c’est donc une mission humanitaire que nos pandores ont réalisé pendant trois semaines. Peut-être serait-il bon d’interroger d’autres opposants, ceux de Notre-Dame-des-Landes par exemple, sur le traitement humaniste appliqué par les 500 militaires depuis un mois dans le bocage nantais…

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Mais il y a mieux … ou pire ! Car cet alibi de l’excellence française était précisément le même que celui employé une certaine Michèle Alliot-Marie il y a presque deux ans, lors du soulèvement démocratique tunisien.

Souvenez-vous  : alors que la répression s’abat sur le peuple tunisien, l’ex ministre des Affaires étrangères, droite dans ses bottes, lance à l’Assemblée nationale que « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permet de régler des situations sécuritaires de ce type ». Et d’ajouter aussitôt que « C’est la raison pour laquelle nous proposons effectivement à l’Algérie et la Tunisie de permettre dans le cadre de nos coopérations d’agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité. »

Des propos qui avaient suscité aussitôt l’ire du parti socialiste et d’un certain Jean-Marc Ayrault alors président du groupe PS à l’Assemblée qui déclarait, rouge de colère  : « Voilà la parole officielle du gouvernement devant les députés (…), je trouve que c’est ignoble de dire ça à l’égard d’un peuple qui souffre ».

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Presque deux ans ont passé et les socialistes ont désormais une vision nouvelle de la souffrance des peuples. De Notre-Dame-des-Landes à Cajamarca, la realpolitik économique et sécuritaire à laquelle se sont convertis Ayrault et Valls ne s’embarrasse plus de vagues considérations sur les droits de l’homme ni sur l’environnement…

L’escapade péruvienne de nos représentants de l’excellence sécuritaire française permet de vérifier une nouvelle fois le double langage perpétuel de celles et ceux qui nous gouvernent.
Comment nous faire croire que la transition énergétique est une priorité nationale quand la seule réponse à des conflits environnementaux consiste à employer la force ou à dispenser des cours de maintien de l’ordre ?

Au Pérou comme à Notre-Dame des Landes, c’est le rêve d’un autre rapport à la nature, à la richesse, qui se joue. Les industries extractivistes, clé de voûte de l’économie ultra libérale dopée aux énergies fossiles l’a bien compris et œuvre donc, en coulisse, pour convaincre par tous les moyens nos gouvernements de ne surtout pas enrayer la belle mécanique.

Les socialistes avaient l’occasion de faire pencher la balance de l’autre côté, de changer de paradigme et d’aller vers une société débarrassée des scories du XXe siècle. Hélas, 6 mois après leur arrivée au pouvoir, de Fillon à Ayrault et d’Alliot-Marie à Valls, il n’y a que les visages qui changent, la politique, elle, reste la même.

Alternatives au développement extractiviste et anthropocentré, 2 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Rouen] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

À Rouen, le siège du Parti socialiste (PS) local, rue de la République, a été dégradé au cours de la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 novembre.

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Stupéfaction ce jeudi 29 novembre. En arrivant au siège du Parti socialiste (PS) de Rouen, situé au 23 rue de la République, Jean-Loup Gervaise, le trésorier de la section, a découvert dix impacts sur la vitrine. « Nous avons l’habitude de voir notre local tagué ou recouvert d’affiches, mais là c’est monté d’un cran », confie-t-il. Difficile pour l’heure de savoir par quel moyen a été dégradée la vitrine. Vu la taille des impact, importante, il pourrait s’agir de coups de masse ou d’objets lourds. La police est venue faire des relevés dans la matinée.

Ces derniers mois, de nombreux QG du PS partout en France ont été vandalisés.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Tendance Ouest, 29 novembre 2012) via Brèves du désordre

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Et l’Égypte fit sa seconde révolution…

Morsi el Ayat a quitté son palais présidentiel par la porte arrière, sous les pierres des manifestants.

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Vendredi dernier les islamistes ont réuni une centaine de milliers de personnes pour leur défense, aujourd’hui et ce soir, ce sont des centaines de milliers d’Égyptiens qui se sont rassemblés pour leur signifier d’aller se faire foutre.

« L’Égypte appartient à tous » c’est ce que disent les banderoles de la place Tahrir où campent des centaines de camarades, en dehors de la présence constante, de milliers de soutiens. Moubarak est tombé en 18 jours, et Morsi ?

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Morsi dégagé (VOIR LA VIDÉO)

Il est minuit passé au Caire, de nombreux, de très nombreux camarades sont sur la place, beaucoup y passeront la nuit. Ils sont déjà au courant que l’information s’est répandue, et ils sont conscients de notre solidarité.

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« La révolution continue »

(par téléphone pour les infos) rédigé de Paris
H. – Mailing, 4 décembre 2012, 23h23

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Retour de Notre-Dame-des-Landes

Un témoignage sous forme d’analyse sur la lutte menée sur la ZAD : « Retour de Notre Dame des Landes »

Lundi 3 décembre, je lis ceci :

Contre l’aéroport et son monde

C’est pour ça qu’on est là, à occuper les terres censées disparaître un jour sous l’aéroport de Notre Dame des Landes. Ou contre l’aéroport et le monde de merde qui le crée.

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Et paradoxalement, on s’en fout, de cet aéroport, ça aurait pu être une autoroute, une centrale nucléaire, une prison, la dernière usine d’une multinationale quelconque, fut-elle de Haute Qualité Environnementale.

Si on vient ici, c’est pour lutter contre tout ce qui nous révolte, pour prendre la lutte contre l’aéroport comme un moyen de s‘opposer au mythe de la croissance et du progrès, au productivisme et au salariat, à un “État démocratique“ qui ne tient que par sa police… Bref, à un modèle de civilisation qui n’a plus aucun sens ni avenir mais qui continue pourtant toujours plus vite, où on considere qu’il est indispensable d‘avoir toujours plus de tout, même si ça n’est possible que parce que partout dans le monde des personnes sont exploitées ou s’exploitent les unes les autres, que partout dans le monde, la nature est pillée…”

Parole glanée aujourd’hui sur zad.nadir.org (L’aéroport qui cache la forêt), et qui devrait en éclairer plus d’un parmi ces messieurs-dames professionnel(le)s de la profession politique. Mais non, on préfère ignorer là-haut ce sentiment profond mêlé de révolte, de rage et d’intelligence qui se manifeste au grand jour et chaque jour un peu plus dans le combat de Notre Dame des landes. On voudrait que la révolte s’exprime sagement traduite dans un bulletin de vote, que la rage soit en trop car synonyme de “terrorisme”, et que l’intelligence se plie aux argument d’experts et de contre-experts au sein d’une commission de “dialogue” destinée à faire avaler la pilule coûte que coûte.

C’est sans compter sur cette remarquable organisation des occupants de la ZAD pour poursuivre la résistance, sur la contagion qui se propage aux quatre coins de la France, mais bien plus sur tout ce qui s’engouffre soudain dans cette lutte comme regain de dignité, d’affirmation et d’invention dans le présent politique comme dans l’avenir de la vie elle-même.

Pour avoir fait la manif du 17 novembre avec des amis venus du Tarn comme moi, j’ai vu et entendu l’évidence d’un énorme espoir concentrant mille aspirations jusqu’alors étouffées durant ces 50 dernières années de jeux politicards consensuels, d’où le Larzac par exemple émerge à nouveau comme état de veille, parfum connu mais jusqu’alors si vite dissipé dans l’oubli obstiné, dilué dans les arômes frelatés de l’écologie officielle.

Entre autonomie et écologie politique, je découvre le fourmillement de tendances qui s’expriment aujourd’hui à travers ce mouvement de résistance à l’aéroport. Les Autonomes, sans la résistance desquels la lutte n’aurait pas fait évènement, et qui misent, contre toute caution apportée au pouvoir d’État et à la représentation, sur un déplacement assumé de la ligne de partage et des luttes du lieu de travail vers le territoire, exemplairement dans cette disposition en acte dans le Val de Suze et à Notre Dame des Landes ; et les divers positionnements qui vont d’Attac – maître à penser (souvent prêt à penser) des altermondialistes, à la Confédération paysanne, plus ou moins proche d’EELV, à EELV elle-même et son cul entre au moins deux chaises – associée et d’apparence critique au sein de son alliance avec le PS au pouvoir, aux Alternatifs ayant rejoint le Front de Gauche, jusqu’à quelques militants du PS qui commencent malgré tout à menacer ouvertement de quitter le Parti si le gouvernement ne plie pas sur ce coup.

L’aéroport et son monde (de merde), la formule répétée que quelques-uns veulent désormais préciser – le monde du productivisme désiré autant par la droite capitaliste que par la gauche traditionnelle (PS – PC – une partie de l’extrême gauche), dont tout à coup un Mélenchon veut s’éloigner par une sorte d’“écosocialisme” opportun ou plutôt opportuniste, devient le motif d’un combat où toutes les questions sont ré-ouvertes en vrac. Un vrac salutaire, même s’il contient plus d’une contradiction que les militants les plus déterminés ne craignent pas d’affronter.

On pourra relever notamment celle qu’il y a à associer souvent productivisme et industrie, pour les anti-industriels par exemple, ou encore servitude et acquiescement à l’économie, en même temps qu’on avance dans les discussions et sur tous les sites et blogs de la lutte les arguments de contre-expertise, à teneur économique et gestionnaire, pour attester que l’actuel aéroport de Nantes est loin d’être saturé, que les pronostics concernant l’augmentation du trafic se révèlent faux, et qu’il peut parfaitement assumer une intensification du trafic, d’où la totale inutilité du grand projet de Notre Dame des Landes.

Il est difficile de concevoir que l’actuel aéroport de Nantes et son monde sont plus enviables que le futur aéroport de NDDL et son monde. À quel monde appartiennent donc les pilotes de ligne dont le témoignage est valorisé pour prouver qu’un nouvel aéroport à NDDL est un projet pharaonique délirant et inutile ?

De même encore quand on avance que, la crise aidant (si on peut dire), projeter un trafic aussi important que celui d’un aéroport international alors que le pétrole se fera de plus en plus rare et le prix du kérosène de plus en plus cher, est une dépense d’argent public en pure perte pour un fiasco économique à très court terme, à l’heure où bien des services publics sont bradés au privé ou manquent cruellement de moyens. Idem quand on épeluche la manipulation des chiffres qui a permis de sur-évaluer la “valeur du temps”  prétendument gagné par les nouvelles infrastructures.

En terme d’emplois (Le terme consensuel pour éviter de parler de travail), on observe aussi très justement que les prévisions d’emploi justifiant l’avancée du Grand projet inutile sont largement surestimées, ce avec des arguments tirés de divers rapports d’experts en gestion.

Vieille lune que cette opposition de l’utile à l’inutile ? Faut-il voir dans l’argumentaire l’expression des divergences politiques dans l’opposition à ce projet d’infractructure, allant d’une simple critique gestionnaire concernant les investissements et choix de l’État dans le domaine des transports à la contestation en bloc de la société industrielle, machinique et technologique (J. Ellul, G. Charbonneau sont parfois cités longuement) ? Est-ce aussi le choix stratégique d’user contre l’aéroport et son monde des armes de ce monde lui-même pour lui démontrer que dans sa propre logique il se plante gravement au détriment de la terre, des paysans et des écosystèmes qu’il détruit aveuglément ? Est-ce qu’autour de ces arguments le rassemblement est envisagé comme le plus large possible, au delà des divergences politiques, avec la chance que les plus timides ou réformistes s’en trouvent radicalisés ?

Quoi qu’il en soit, la lutte à NDDL est un des rares combats où la vie et la politique sont étroitement liées pour être tout aussi étroitement remises en cause, laissant le “biopouvoir” faire son sale boulot au su et au vu de tous. Le “kyste” est pour Valls le motif d’une opération chirurgicale, comme l’OTAN sait depuis longtemps lancer des frappes chirurgicales, mais même cette conscience-là des allures que prennent le “faire vivre et laisser mourir” devient secondaire par rapport à tout ce que le terme de réappropriation recouvre maintenant : réappropriation des savoirs et savoirs-faire, des territoires, des droits et des choix de vie dans les formes de vie à inventer. Il fallait encore que ces formes de vie ne soient pas des enclaves repliées sur elle-mêmes là où on leur accorderait le statut officieux de réserve d’indiens ou d’oasis ; l’opposition à des grands projets d’infrastructure les expose grand angle entre ré-invention des communs et ouverture des communes, et élargit considérablement la donne de la contestation et de ses discours, plutôt de ses paroles ; elle les expose aussi comme jamais à la violence de l’État, à partir du moment où la figure mythique, ethique et stratégique du guerrier (encore soutenue par Tiqqun) s’efface derrière une non-violence déclarée seule capable de rallier les solidarités les plus étendues. Il est sûr que ce combat ébranle plus l’État et sa légitimité que les millions de manifestants pour la sauvegarde des retraites, qui au final ont perdu à ne battre que le pavé lustré par les centrales syndicales. Pour autant, le mouvement pour les retraites n’était pas vain, loin de là.

Or là encore la question reste ouverte, loin d’être réglée, non-plus en termes abstraits opposant violence et non-violence, guerre civile et contestation légale (l’une et l’autre étant ici engagées solidairement, voir le recours à l’appui de la directive européenne sur l’eau), mais avec pour seul souci plutôt cette question : comment convaincre au mieux d’une évidence qui saute aux yeux de tous en même temps qu’elle aveugle ? Vinci comme ennemi déclaré et l’État comme servant du capitalisme réunis dans la formule “argent public pour profit privé”, et les 2000 hectares de bocage à défendre et préserver contre cet hydre à deux têtes, et la violence avérée des flics, et l’État de droit qui couvre La loi, fut-elle injuste dès le départ et de plus en plus avec le temps qui passe, l’artificialisation des terres cultivables avec la disparition de l’équivalent d’un département en moyenne tous les 5 ans, dévoration des campagnes par l’extension des mégalopoles régionales consacrées “Pôles de compétitivité” à l’échelle européenne et mondiale, la farce des compensations environnementales dont s’acquitterait Vinci au nom du “droit de (détruire et) polluer”,  le tout économique comme principe a priori du développement et du redressement productifs, le territoire comme champ de conflit au cœur même de tous ces enjeux, lorsque l’entreprise n’est plus souvent que le terrain partiel du conflit où les syndicats ne voient pas plus loin que le bout du nez de l’emploi à sauvegarder (même si cela veut dire continuer à pondre des bagnoles dans un marché archi-saturé et jusqu’à l’asphyxie, ou poursuivre le nucléaire dans le déni des conséquences des catastrophes et de la maîtrise plus qu’aléatoire de cette énergie), le réel ordinaire de l’économie, la catastrophe déjà là et non celle attendue qui serait systémique et donc fatale, …

Quantité de blogs, sites, revues, livres, vidéos, émissions de radio ou télé agitent ces questions dans tous les sens depuis belle lurette, mais très peu de luttes les réunissent ouvertement avec une telle détermination.

Il y a une donnée sensible absolue qu’on partage ou non, le dégoût ou l’écœurement pour ce monde environnant des entreprises capitalistes et de leur aide de camp Pôle-emploi, de l’économie forcenée et de la finance, du capitalisme vert, du béton envahissant, de la violence d’État, et des politiciens qui jouent ce jeu moyennant des intérêts de classe et des salaires bien juteux. Mais ce dégoût devient positif à travers la force des solidarités multiples, sans cesser pour autant d’assumer la part du négatif – refus, occupation, affrontement. Alors que par exemple dans l’affaire d’ArcelorMittal, on peut deviner un tout autre écœurement chez les ouvriers syndicalistes (ou non) suite aux rodomontades d’un Montebourg maintenant désavoué par Ayrault et Moscovici. Quelles traces ce faux bras de fer, cette soumission en réalité au capital laisseront chez les derniers sidérurgistes pris en otages de ce conflit ? Quels seront demain leurs réflexes politiques ?

Et pourtant, il y aurait urgence à relier leur lutte à celle de Notre Dame des Landes, si on ne veut pas cantonner les uns dans la lutte économique réformiste et le “produire pour produire” (on expose les principaux déboûchés d’ArcelorMittal-France dans les boîtes de conserve et l’automobile, dont PSA) et les autres dans la lutte politique révolutionnaire. La convergence des luttes cherche visiblement, là où elle s’exprime le plus (MCPL de Rennes par exemple), à dépasser ce clivage mortel ; mais comment ? Comment ne pas renvoyer les ouvriers sidérurgistes dans les bras de l’industrie productiviste pour les y enfermer ? Comment ne pas embrasser l’autonomie à la campagne comme vie nue exposée à la violence du capital et de son État, ou pure sécession d’avec la société industrielle (les cabanes de la forêt de Rohanne ont été reconstruites avec le marteau et les clous et leur monde, avec la visseuse et son monde, avec la tronçonneuse et son monde, avec des planches venant sans doute de la scierie solidaire et son monde, un seul et même monde que celui de l’aéroport) ?

Tout cela est en jeu mais de la façon la plus honnête à Notre Dame des Landes. Ceux qui s’exprimaient radicalement, cités au début de ce billet, donnent encore :

Quelques précisions

Les textes écrits pour cette brochure et le choix des extraits, tracts, et autres appels glanés ça et là qui y sont reproduits n’ont pas la prétention de représenter le mouvement de lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ni même une position politique commune des occupant-e-s de la Zone d’Aménagement Différé devenue pour nous Zone À Défendre. Si c’est pas ça, c’est quoi ? c’est le résultat du travail d’un petit groupe qui voulait affiner le traditionnel « contre l’aéroport et son monde » qui conclut tous les tracts.

J’ai fait le voyage à Notre Dame des Landes pour la manif du 17 novembre, en voiture, sur les autoroutes de Vinci, avec à bord un ami de mon âge et trois jeunes gars, dont l’un est étudiant en lettres classiques, actuellement candidat au CAPES, l’autre étudiant en droit, candidat au concours de la magistrature, le troisième étudiant en biologie à la fac Paul Sabatier de Toulouse. Cette lutte leur semblait largement aussi importante que celles qu’ils ont connues à la fac.

Il y avait sur place, aux côtés des paysans, des milliers de jeunes, diplômés ou pas, mais tous dépositaires d’une manière ou d’une autre de savoirs et savoirs-faire indéniables, et désireux de les mettre en pratique sans attendre, ce qu’ils prouvent chaque jour pour ceux qui sont restés. Certains n’ont pas encore décidé de rompre avec leur milieu, d’entrer en sécession, d’autres l’ont fait résolument. C’est extrêmement réconfortant de voir à quel point ces enjeux de vie, de savoir et de visée politique s’échangent, se confrontent, voire s’affrontent dans un même élan joyeux et tourné vers l’avenir.

Désolant aussi de mesurer à quel point des socialistes sont, comme leurs supposés adversaires, ignorants et méprisants envers ces forces vives.

Puisse la leçon leur être enfin fatale, l’UMP implose, que le PS connaisse le même sort !

Après-demain, avec quelques amis, nous rejoindrons Castres pour une assemblée du Comité tarnais contre l’Ayraultport.

Patrick

Collectif de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 4 décembre 2012

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[Slovénie] Qu’ils dégagent tous !

Incidents lors d’une manifestation contre l’austérité en Slovénie

LJUBLJANA, 1er décembre – La police slovène a dispersé vendredi à l’aide de canons à eau une manifestation contre les coupes budgétaires et la corruption à Ljubljana, la capitale, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle.

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« Contre une réformette cosmétique / Pour un changement social radical »

Quinze personnes, des policiers pour la plupart, ont été blessés selon les forces de l’ordre.

Des milliers de Slovènes sont descendus dans les rues de Ljubljana et six autres villes de l’ancienne république yougoslave pour dénoncer la politique économique du gouvernement conservateur de Janez Jansa, qui a taillé dans les salaires du secteur public et les prestations sociales pour réduire un déficit budgétaire de 6,4% du produit intérieur brut en 2011.

L’ancien Premier ministre de centre gauche Borut Pahor, qui prône une collaboration entre gouvernement et opposition face à la récession, est favori du second tour de la présidentielle qui l’opposera au président sortant Danilo Turk, également de centre gauche. La fonction présidentielle est essentiellement honorifique dans le système politique slovène.

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Leur presse (Marja Novak et Jean-Stéphane Brosse « pour le service français » de Reuters, 1er décembre 2012)


Slovénie : affrontements entre la police et des manifestants à Maribor

LJUBLJANA – La police slovène a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser lundi soir une manifestation à Maribor, deuxième ville de Slovénie, qui s’était déroulée jusque-là dans le calme, réunissant environ 10.000 personnes selon les médias locaux, 8.000 selon la police, pour exiger la démission du maire de centre-droit Franc Kangler, soupçonné de corruption.

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Une soixantaine de personnes ont été interpellées, a indiqué la police.

La situation a dégénéré vers 17H30 (16H30 GMT), lorsque des manifestants ont commencé à lancer des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques contre l’Hôtel de Ville, a expliqué à l’AFP le porte-parole de la police, Bartolo Lampret.

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L’agence de presse slovène STA a fait état de neuf blessés, quatre policiers et cinq manifestants.

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Le groupe « Franc Kangler doit démissionner de son poste de maire de Maribor », qui a appelé à manifester lundi soir, a déjà réuni plus de 30.000 fans sur le réseau social Facebook. Il a été créé en octobre, lorsque la municipalité a mis en place des radars fixes au centre-ville, donnant lieu à des milliers d’amendes.

En novembre, la Commission nationale de lutte contre la corruption avait accusé Franc Kangler, maire de Maribor depuis 2006, de corruption et d’abus de pouvoir. La publication de ce rapport a renforcé le mouvement de protestation.

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Le 26 novembre, une manifestation avait déjà réuni 10.000 personnes et des incidents avaient éclaté entre un groupe de manifestants et les forces de l’ordre. La police avait procédé à 27 interpellations et sept policiers avaient été blessés.

À Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté, sans incident, contre la politique d’austérité du gouvernement conservateur de Janez Jansa. Le 17 novembre, les syndicats avaient mobilisé 30.000 personnes contre le gouvernement.

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« Nous manifestants serions le problème ! Nous manifestants sommes la conséquence du problème ! »

Par ailleurs, la grogne populaire contre la politique d’austérité s’étend dans le pays : ainsi, dans la ville de Celje, à 80 km au nord-est de Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté lundi soir et 13 personnes ont été interpellées par la police à la suite d’affrontements.

La Slovénie est gravement frappée par la crise économique et financière, notamment en raison d’un secteur bancaire perclus de crédits douteux, et est entrée en récession au troisième trimestre.

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Presse corrompue (Agence Faut Payer, 4 décembre 2012)


D’autres slogans entendus à Maribor (source, en croate : www.tanjug.rs) :

« Bez diskriminacije, ostavke svih», « Vlada ljudi, a ne stranaka» = « Pas de discrimination, qu’ils dégagent tous ! », « Le pouvoir au peuple, pas aux partis ! »

« [Selon le journal Dnevnik] (…) ce n’est pas la rue qui fait la loi, comme disent ceux qui veulent disqualifier les manifestants, mais les citoyens qui ont décidé de prendre la politique entre leurs mains, pas seulement à Maribor, mais dans tout le pays, à Ljubljana, Celje, Koper, Kranj, Novo Mesto ou Trbovlje, en signe de solidarité avec Maribor. » (source : presseurop.eu/fr)

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[Révolution égyptienne] Sit-in devant le palais présidentiel

Egyptian police fire teargas at anti-Morsi protesters in Cairo

Egyptian riot police have fired teargas at protesters demonstrating against President Mohamed Morsi near the presidential palace in Cairo. Ten people have been injured in clashes, Al Arabiya reports.

Protesters have broken through police lines in front of the presidential palace.

Presidential sources say Morsi has left the palace as clashes continue outside.

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Thousands of demonstrators marched to the palace in protest of Morsi’s decree which grants him near absolute powers, and a draft constitution which was quickly adopted by his allies.

The march came as no surprise – earlier on Tuesday, demonstrators warned they would approach the palace if action was not taken.

« This is the last warning before we lay siege on the presidential palace, » 21-year-old protester Mahmoud Hashim told AP. « We want the presidential decrees cancelled. »

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Street absolutely flooded with anti-morsy protesters #egypt

A crowd of several hundred protesters also gathered outside a mosque in the Abbasiyah district earlier in the day shouting, « Freedom or we die! Mohammed Morsi! Illegitimate! Brotherhood! Illegitimate! »

Demonstrators assembled in front of Morsi’s residence shouting, « Down with the sons of dogs. We are the power and we are the people! »

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Morsi has called for a nationwide referendum on the draft constitution on December 15.

Presse contre-révolutionnaire (RT.com, 4 décembre 2012 – 20h22, soit 18h22 heure française)


La police égyptienne disperse les opposants au président Morsi

Alors que l’opposition égyptienne continuait de marcher mardi sur le palais présidentiel de Mohamed Morsi au Caire, la police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

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View of the protest in Sidi Gaber, #alexandria

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#Luxour city rising up 🙂

La police égyptienne anti-émeutes a fait usage mardi soir de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui tentaient de s’approcher du palais présidentiel, a rapporté un correspondant de l’AFP. La police a ensuite battu en retraite, permettant aux manifestants de s’approcher du palais.

Les opposants au président Mohamed Morsi ont coupé des barbelés qui entouraient le palais pour avancer, avant que la police protégeant le bâtiment ne tire des gaz lacrymogènes.

[La police a ensuite battu en retraite, permettant aux manifestants de s’approcher du palais.

Quelques personnes ont tenté d’escalader les murs du palais mais en ont été empêchées par d’autres. Les manifestants entourent désormais le palais sur trois côtés.

Les manifestants, dont beaucoup font partie de groupes et de partis de gauche et laïques, ont cogné sur des lampadaires tandis que d’autres criaient: « Dégage ! ». (Mis à jour à 18h33)]

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Riot police shaking hand with protesters, chanting people and police one hand #Egypt

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One of the #CSF conscripts that has refused to attack the protesters in front of the palace

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#Egypt protestors take over a police van with policemen following behind #presidentialpalaceprotest

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Protesters surrounding and on top of CSF armoured van. Maybe 20 CSF riot troops behind. No fighting.

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Police get rid of their uniforms, join the protests near Pres. Palace

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Guy chanting while wearing an officer’s hat #Heliopolis #PresidentialPalace

Des milliers de personnes continuaient d’affluer vers le palais pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président Morsi, que l’opposition qualifie de « dictatoriaux », et contre un projet de Constitution devant être soumis à référendum dans moins de 15 jours.

Sécurité renforcée

Des milliers de personnes ont traversé Le Caire et convergeaient en fin d’après-midi vers le palais d’Al-Ittihadiya à Héliopolis, dans la banlieue de la capitale, pour cette manifestation dite du « dernier avertissement ».

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While #PresidentialPalace is under siege, #Tahrir is also full of Anti-#Morsi protesters

Plusieurs groupes et partis d’opposition avaient appelé les Égyptiens à marcher « pacifiquement » sur le palais, dont les jeunes du 6-Avril, qui avaient contribué à lancer le soulèvement de l’an dernier, et le parti de la Constitution du Nobel de la paix Mohamed ElBaradei.

La sécurité a été renforcée autour du palais avec l’envoi de policiers anti-émeutes. Certains commerces et écoles ont prévu de fermer plus tôt.

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La sécurité a été renforcée autour du palais avec l’envoi de policiers anti-émeutes.

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer via RTS.ch, 4 décembre 2012 – 18h)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « J’accuse la France d’abriter sous ses rangs des assassins, des bourreaux, des tortionnaires cachés dans la police les bras armés de la République qui se croient encore au temps des colonies »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[23 avril 2012]
Familles victimes de violences policières

J’accuse la France d’abriter sous ses rangs des assassins, des bourreaux, des tortionnaires cachés dans la police les bras armés de la République qui se croient encore [au] temps des colonies…

J’assume mon texte devant qui que ce soit quoi qu’il m’en coûte, j’ai été témoin et victime de violences policières plus d’une fois mais c’est pas de moi dont je vais parler mais de toutes ces familles qui pleurent un fils, une fille blessé ou tué par des assassins légalisés, couverts par le code pénal où la plupart des lois qui y sont inscrites se contredisent.

Je compte plus les bavures policières tellement c’est devenu banal. Rares sont les juges courageux qui condamnent ces fachos qui se croient dans un safari. Pour eux l’insigne de la police est synonyme de permis de tuer, d’oppresser, de manquer de respect.

Depuis mon plus jeune âge je vois s’aggraver les crimes, les humiliations commis par les bleus je parle même pas des contrôles au faciès le Front national fait 18 % des suffrages aux élections en 2012 ça reflète le climat dans lequel on vit certains surfent sur la haine pour diviser et mieux régner mon texte est un cri de colère d’un fils d’immigrés colonisés.

C’est interdit de baisser la tête face à l’ex-colonisateur et face à n’importe qui d’ailleurs la France qu’ils appellent la France d’en dessous comme s’ils étaient au-dessus est un peuple de militants combattants qui conteste combat sans courber l’échine.

Nos anciens ont été à l’origine de plusieurs luttes qui ont donné certaines avancées que nous avons aujourd’hui. Le combat est loin d’être gagné l’oppresseur tueur est caché souvent sous l’uniforme et se rend coupable de milliers de crimes.

Je peux compter que sur la moitié de ma main ceux qui ont été condamnés, à la mémoire de tous leurs actes racistes. On doit rester debout malgré les coups mon texte n’est pas un texte de victimisation mais le reflet d’une réalité du fin fond de ma cellule je continue à contester ce qui me semble injuste et ça quoi qu’il m’en coûte.

La liberté n’a pas de sens si c’est pour être enchaîné, menotté, agressé, stigmatisé, diabolisé à longueur de journée. Je préfère être enfermé toute ma vie que vivre soumis dehors. « La liberté des uns commence où celle des autres s’arrête. Mais comme pour eux on n’en a pas bah ils se croient tout permis » ma colère est saine et légitime.

C’est pour ça que je la traduis à l’écrit POLICE PARTOUT JUSTICE NULLE PART le célèbre slogan de SOS-Racisme « Touche pas a mon pote » se traduirait aujourd’hui en « Ne tue pas mon frère » on s’enfonce chaque jour dans un racisme légalisé voter Front national c’est devenu banal on doit continuer la lutte tous autant que nous sommes.

Serrer les rangs ne jamais banaliser le racisme, fascisme sous toutes les formes qui soient c’est pour ça que je garde le poing levé même enterré vivant sous les geôles de la République… N’oubliez jamais que résister est un devoir la famille.

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[Notre-Dame-des-Landes] Précisions sur l’alerte à expulsions prévue à partir du 5 décembre sur la ZAD, suite aux dernières nouvelles

Trois militants anti aéroports jugés pour vols à Saint-Nazaire

Il est décidément beaucoup question du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ce mardi au tribunal de Saint-Nazaire. Après l’audience des référés ce matin, c’est le tribunal correctionnel qui se penchait cette après-midi sur le sort de trois garçons et une fille agés de 24 à 48 ans.

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Trois d’entre eux ont été jugés pour avoir été surpris par les gendarmes au moment où ils s’emparaient de tôles afin de construire des cabanes. Ils ont également refusé de se soumettre au test ADN.

Le parquet a requis des peines de trois à quatre mois avec sursis. Leur avocate a plaidé la relaxe, le vol ayant été interrompu par les gendarmes, ils ne peuvent être jugés selon elle que pour tentative de vol.

Le jugement est mis en délibéré jusqu’au 12 février.

Presse aéroportée (Ouest-France.fr, 4 décembre 2012)


Précisions sur l’alerte à expulsions prévue à partir du 5 décembre sur la ZAD, suite aux dernières nouvelles

Comme nous vous le disions dans un précédent appel, plusieurs sources indiquaient qu’une opération militaire d’envergure était prévue à partir du 5 décembre, et ce afin de vider la zone d’une majorité de ses habitant-e-s/occupant-e-s de la ZAD.

Le jugement d’aujourd’hui à propos des constructions de la Chataigneraie (cabanes construites à partir du 17) temporise l’alerte à expulsions. Elle la repousse, pour ces cabanes, au 11 décembre (jour du rendu du jugement), et ce contre la demande du préfet qui souhaitait les voir détruites sous 48 heures (ce qui confirmait les infos sur une grosse vague d’expulsions prévue à partir de demain).

Cependant, toutes les constructions de la partie est de la ZAD (construites avant/après le 17) sont toujours sous la menace de destruction par les forces militaires. C’est pourquoi, malgré la temporisation d’une menace globale sur la ZAD, nous appelons quand même à venir défendre la partie est de la ZAD à partir de demain.

Et si les forces militaires ne viennent finalement pas, ce qui serait une très bonne nouvelle, il y aura toujours de quoi s’occuper :

• Constructions de cabanes à finir ou à commencer ;

Le mercredi après-midi à partir de 15h : chantier de plantation d’arbres fruitiers et autres arbres ;

Et plein d’autres choses à faire sur la partie est de la ZAD et sur le reste de la zone du projet.

Nous ne les laisserons pas vider et raser la ZAD !

Résistons et construisons pour faire de la ZAD une Zone d’Autonomie Définitive !

Collectif de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 4 décembre 2012


Notre-Dame-des-Landes : demande de démolition des cabanes jugée dans une semaine

Le juge des référés de Saint-Nazaire a indiqué mardi qu’il ne rendrait que le 11 décembre sa décision sur la demande de démolition des nouvelles cabanes des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Le préfet de Loire-Atlantique avait demandé en référé la destruction de ces édifices, construits collectivement sans permis ni autorisation, lors d’une importante manifestation de protestation le 17 novembre.

L’avocat des propriétaires, expropriés le 23 novembre, Me Erwan Lemoigne, a plaidé l’irrecevabilité du préfet à déposer une telle demande à la place du maire et dénoncé l’instrumentalisation de la justice dans ce dossier.

Tant le préfet qu’AGO (groupe Vinci, concessionnaire de l’aéroport, ndlr) cherchent à instrumentaliser la justice pour obtenir une décision et envoyer les forces de l’ordre contre les occupants, a déclaré Me Lemoigne. C’est tout à fait choquant aujourd’hui de chercher à obtenir une décision pour réintroduire les forces de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes, a-t-il ajouté.

L’annonce du délai d’une semaine, alors que les parties attendaient une décision le jour même ou mercredi, a été accueillie par des cris de joie par près d’une centaine de manifestants anti-aéroport qui manifestaient calmement depuis le matin.

De son côté la préfecture a plaidé, via son avocat, la nécessité de faire cesser le trouble manifeste constitué par ces constructions. Il a en outre reconnu que, le groupe Vinci étant devenu le nouveau propriétaire du terrain depuis le 23 novembre, il faudrait peut-être aller jusqu’à le condamner à démolir et remettre en état le terrain.

Ce à quoi l’avocat de Vinci a répondu que son client était tout à fait prêt à le faire, mais avec le concours des forces publiques.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique et sa concession a été confiée par l’État au groupe Vinci. Jean-Marc Ayrault, qui s’est beaucoup impliqué dans la défense de ce projet comme maire de Nantes et continue à le faire comme Premier ministre, est fréquemment mis en cause par les anti-aéroport.

Compte-tenu de l’opposition très forte rencontrée depuis les premières expulsions massives d’opposants occupant les lieux à partir de la mi-octobre, le gouvernement a déjà annoncé un report de 6 mois des travaux de défrichement, qui devaient initialement commencer début janvier, ainsi que la mise en place d’une commission de dialogue.

Presse aéroportée (Agence Faut Payer, 4 décembre 2012)

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[Sommet franco-italien] La police étouffe et réprime massivement l’opposition au Lyon-Turin

« Un millier de manifestants ont été encerclés par les forces de l’ordre à Lyon, dans le cadre d’un rassemblement autorisé. » (LePoint.fr, 3 décembre 2012)

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LIRE L’ARTICLE DE REBELLYON

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Répression anti-ouvrière à Singapour

Un des chauffeurs de bus chinois impliqués dans une grève récente a été condamné lundi à six semaines de prison à Singapour, tandis que quatre autres attendent toujours leur verdict prévu jeudi.

Bao Fengshan, qui n’était pas représenté par un avocat, a été reconnu coupable pour son rôle dans l’organisation de la grève du 26 novembre.

Vingt-neuf autres ont été déportés vers la Chine dimanche.

Quelque 171 chauffeurs chinois, travaillant pour l’opérateur de transport public singapourien SMRT, ont demandé ensemble le 26 novembre un congé de maladie en signe de protestation contre une récente hausse de salaire discriminatoire qui a vu leurs collègues malaysiens recevoir une augmentation quatre fois supérieure à la leur.

Presse esclavagiste (Xinhua, 4 décembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Tajerouine n’a pas peur des ruines

Tunisie : le bureau d’Ennahdha à Tajerouine saccagé

Des groupes d’individus ont saccagé, dans la nuit de vendredi à samedi, le bureau du parti Ennahdha à Tajerouine et tenté de braquer la recette des impôts et le Magasin Général dans cette ville du nord-ouest.

Les forces de l’ordre et de l’armée ont pu intervenir à temps pour empêcher les malfaiteurs de réussir leurs tentatives de braquage. Ils ont aussi éteint les incendies de pneus provoqués par les manifestants pour empêcher leurs véhicules de circuler en ville.

Le calme est revenu samedi matin dans la ville qui a été, hier, le théâtre de manifestations de soutien aux habitants de Siliana en révolte contre le gouvernement.

Publié par des ennemis de la deuxième révolution (Kapitalis, 1er décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Périgueux] « ZAD partout »

Périgueux : les locaux de la fédération du PS tagués

Des inscriptions portant la mention « ZAD » ont été découvertes ce lundi matin sur les locaux de la fédération du Parti socialiste de la Dordogne, rue Sévène à Périgueux

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Le sigle ZAD correspond au nom d’un groupe d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Ce lundi matin, des inscriptions avec la mention « ZAD » ont été découvertes sur les murs de la fédération du Parti socialiste de la Dordogne, rue Sévène, dans le quartier du Toulon à Périgueux. Le sigle ZAD (Zone à défendre) avait déjà été tagué début novembre sur des locaux de permanences PS en Gironde et en Charente-Maritime. ZAD est le nom d’un groupe qui milite contre le projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un projet que défend ardemment le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, près de son fief de Nantes.

D’autres permanences socialistes, notamment quatre à Paris, une à Besançon et une à Tulle, ont déjà été dégradées avec à chaque fois un appel au rejet du projet.

À Périgueux, les tags sont accompagnés du « A » anarchiste. Mais il est impossible pour l’instant de dire de qui émanent ces graffitis. La fédération départementale du Parti socialiste a déposé plainte.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Anne-Marie Siméon, SudOuest.fr, 12 novembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Vendée] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

Futur aéroport de Nantes : des entreprises subissent des représailles

Une entreprise de transport basée en Vendée a eu 162 pneus crevés, hier matin. Cette société, qui est intervenue à Notre-Dame-des-Landes, avait déjà fait l’objet de jets de projectiles sur place.

Les dégradations ou destructions de matériel de chantier d’entreprises travaillant sur le site du futur aéroport perdurent depuis deux ans. Les préjudices se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Cela oblige en outre les autorités à sécuriser à grands renforts de gendarmes mobiles les entreprises et leurs employés. Un coût supplémentaire.

Presse aéroportée (PresseOcean.fr, 4 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Cholet] « Vinci dégage ! Ayrault-porc non ! »

Cholet. PS, UMP, Mac Do : graffitis en série

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des graffitis d’inspiration « altermondialiste » ont été inscrits sur les vitrines de quelques lieux jugés symboliques de Cholet. Des inscriptions fustigeant les profits sur la façade d’un Mac Donald’s, raillant la mort de l’UMP sur celle du député Gilles Bourdouleix (un peu hors sujet puisque celui-ci a rejoint l’UDI). Et pour le local du Parti Socialiste, l’inspiration est bien sûr venue de Notre-Dame-des-Landes.

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La vitrine du local du PS a été recouverte de slogans contre le projet d’aéroport.

« Ce sont des actes totalement déplorables, juge Jean-Marc Vacher, secrétaire de la section locale du PS. On ne peut pas à la fois réclamer davantage de débat [à propos du projet d’aéroport] et se livrer à ce type de dégradations. » Hier soir, la seule plainte pour dégradations enregistrée au commissariat émanait d’un représentant de Gilles Bourdouleix. Mais le PS doit en déposer une « dans les tout prochains jours ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 30 novembre 2012)

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[Marseille, samedi 15 décembre] Manif vers le centre de rétention

Manifestation  « contre la traque des pauvres à Marseille et partout ! »
samedi 15 décembre à 16H, porte d’Aix, vers le centre de rétention du Canet

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Marseille devient la ville où on veut plus te voir traîner, mais plutôt au travail et sous payé ! Plus belle la ville se « rentabilise » et se « sécurise » et c’est les pauvres qui ramassent, comme toujours ! Traque des vendeurs à la sauvette, des Roms, des Sans-papiers et leurs familles, des RSAstes, des Chômeurs, des locataires qui ne peuvent pas payer leurs loyers, militarisation des espaces publics.

Cet été, à la prison pour sans-papiers du Canet, tabassage, pressions, résistances et révoltes se sont succédés. À la rentrée, ce sont les Roms qui en ont pris pour leur grade.

Ils construisent une ville où les liens qu’il nous reste pour survivre par l’entraide et la débrouille sont passés au rouleau compresseur, où les pauvres sont parqués dans des ghettos, alors qu’on construit des ghettos pour riches à la Joliette, à St Charles ou aux Crottes.

Pour continuer à s’enrichir sur notre dos, l’État et les patrons nous divisent en nous montant les uns contre les autres, nous balançent quelques miettes, pour nous aider à oublier nos conditions de vie de plus en plus  merdiques.

Nous ne voulons pas de nouvelles réformes, on aura que ce qu’on prendra !
Prenons tous les logements ! Empêchons toutes les expulsions ! Détruisons les centres de rétention et les prisons !

Collectif sans papiers ni frontières

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[Activistes de l’ultra-gauche (sic)] « Nous connaissons les meneurs, leurs visages, leurs noms parfois »

Toulouse. Qui se cache derrière les anti-aéroport de Nantes ?

Attaque du siège départemental du PS, invasion du Capitole, et tags sur l’Hôtel-Dieu ce week-end … les opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes de Nantes montent en pression…

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La façade de l’Hôtel-Dieu taguée, ce week-end, côté Garonne.

Leurs engagements et leurs théâtres d’opérations se déclinent au gré de l’actualité. Squats militants contre le mal-logement, guérilla contre la droite identitaire, mobilisation « citoyenne » et front écologique contre les projets d’aménagements de l’État… Les activistes de l’ultra-gauche ont, depuis quelques mois, réinvesti le terrain toulousain et multiplié les coups d’éclats comme autant de petits cailloux dans leur planning communication.

Dernière révolte en date, le combat contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes devenu, dans la boue et les lacrymogènes, la tête de pont nationale de l’insurrection alternative. Un tag vengeur tracé ce week-end sur la façade « Garonne » de l’Hôtel-Dieu, un bâtiment classé, est le dernier fait d’armes de ces libertaires qui s’en sont pris d’abord et à plusieurs reprises au siège départemental du Parti socialiste. Contre le pouvoir politique, donc, mais aussi contre les intérêts du groupe Vinci censé réaliser le fameux aéroport. Quitte à se tromper de cible.

Au mois de décembre 2010, un mystérieux commando avait attaqué les locaux de la société Vinci Consulting, à Ramonville en laissant quelques inscriptions sur Notre-Dame-des-Landes et surtout en incendiant les bureaux. Sauf que ce Vinci-là n’avait rien à voir avec le grand groupe en question … un dommage collatéral.

L’enquête n’a guère avancé même si les acteurs de cette mouvance engagée sont bien connus comme on dit des services de police. Derrière le tout nouveau collectif « Zone à défendre » ou « Zone autonome de développement » (Zad) qui essaime à Toulouse, se retrouve, ici, une nébuleuse nourrie à la cause des sans-abri. Le collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (CREA), lancé il y a tout juste un an, fédère les énergies autour de squats militants régulièrement expulsés par la préfecture. Leur mot d’ordre ? « Le pouvoir au peuple ».

« C’est le noyau impulseur, note-t-on, au commissariat central, auquel s’agrègent d’autres groupuscules, geeks d’Anonymous et militants d’extrême-gauche. Ils ne sont pas très nombreux, 120 au maximum. Nous connaissons les meneurs, leurs visages, leurs noms parfois, pour les avoir interpellés. Soit un bon tiers, le reste c’est le ventre mou ».

« Ils sont bien organisés »

Difficile pourtant de déterminer qui fait quoi. « Ils sont bien organisés, confie un commissaire, ils ne dévoilent leurs cibles qu’au dernier moment. Ils connaissent eux aussi nos méthodes, nos noms et sont plutôt malins. Judiciairement parlant, c’est très élaboré, ils savent jusqu’où on peut aller sans être emmerdés. Leur force, c’est leur rapidité de mobilisation ». Dans le lot, les policiers ont vu réapparaître de « vieilles » connaissances. Du temps où Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur était « yaourté » par les tenants de la « Vélorution »… « C’est toujours un peu les mêmes têtes, confirment-ils, avec de nouvelles passerelles, via la fac du Mirail, notamment, où il y a pas mal de passage ». Dans une ville où Action Directe a longtemps nourri quelques fantômes, faut-il craindre une escalade ?

« Nous ne sommes plus au temps des casseurs et des autonomes. Si le contexte les y poussait, ils en seraient capables, mais aujourd’hui c’est autre chose, assure un observateur. Même si on oublie pas que dans les années 2007-2008, des choses s’étaient passées, des menaces de mort ». Cette semaine, les sites internet des différents collectifs avertissent déjà de nouvelles actions à venir. Toujours le jeu du chat et de la souris.

Polémique au Capitole

Après les tags de l’hôtel-Dieu, le groupe d’opposition Toulouse Avenir menée par Jean-Luc Moudenc au Capitole, demande au maire Pierre Cohen de condamner ces agissements et surtout de « dépolitiser » son action. « Comment expliquer cet acte de vandalisme pour un projet à l’autre bout de la France, sinon par la politisation de la municipalité actuelle devenue un lieu de débats et d’affrontements idéologiques sur des sujets nationaux », s’insurge-t-il. Gonflé… Pierre Cohen a répondu : « Je respecte les convictions de chacun, mais elles n’autorisent en rien ce genre de pratiques qui dégradent de manière irresponsable le patrimoine toulousain. Les agents de la communauté urbaine interviendront dans les tout prochains jours pour nettoyer ce site classé, dont la situation rend l’opération particulièrement délicate ».

Publié par une tête de pont locale de la contre-insurrection nationale (Gilles-R. Souillés, LaDepeche.fr, 4 décembre 2012)

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[Montbéliard, vendredi 7 décembre] Soirée de soutien aux victimes de la police

Hélas Maurice Rajsfus est malade et ne sera pas présent parmi nous, toutefois la soirée de soutien aux victimes des violences policières est maintenue.

Rendez-vous donc aux Hexagones à Montbéliard le vendredi 7.

Mailing – 30 novembre 2012


Ayoub, jeune étudiant, atteint par un tir de flash ball, à Audincourt le 7 février 2011, a perdu un œil, alors qu’il se trouvait à  proximité d’une intervention de la police. Le recours à de telles armes, les violences policières dans les quartiers ou, tout comme récemment, à Notre Dame des Landes, démontrent que le pouvoir, de Guéant à Valls, utilise toujours les mêmes méthodes de plus en plus répressives. La justice, quant à elle, prononce des non-lieux (dans les affaires Mohamed Boukrourou à Valentigney et Rabah Baouadma à Delle). Venez en débattre.

Vendredi 7 décembre 2012 à 18H
à MONTBÉLIARD salle 3 des Hexagones (quartier de la petite Hollande)

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N’Autre école n° 33 – « Chantiers de pédagogie sociale » est sorti !

N’Autre école n° 33 – « Chantiers de pédagogie sociale » est sorti !

On sent bien aujourd’hui que la « pédagogie » n’a plus vraiment cours à l’école. Elle y est remplacée par des techniques, des protocoles, des méthodes, et des programmes.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/02.gifRéfléchir à une pédagogie qui répondrait à ces problèmes éducatifs, revient à réfléchir aux luttes sociales et syndicales à même de porter le projet d’une pédagogie sociale, plus large que l’école et propre à proposer à l’enfant un accompagnement global dans toutes les dimensions de son existence.

Cette pédagogie est parfois pratiquée dans certaines classes tant qu’elles ne subissent pas trop la pression de la hiérarchie. C’est le cas de la pédagogie Freinet.

Mais elle peut être également pratiquée autour et en dehors de l’école à partir d’ateliers éducatifs de rue, d’ateliers de production et d’expression…

Cette pédagogie sociale, c’est à nous de la réfléchir, de la pratiquer, de la faire connaître et de lutter pour la défendre. C’est le sens de ce nouveau numéro, issu de la rencontre entre le comité de rédaction de n’autre école et des militants de la pédagogie sociale. En effet les préoccupations pédagogiques et sociales ont toujours été au cœur de nos questionnements, nous avons donc voulu prolonger plus loin ces interrogations en invitant plusieurs de ses acteurs à une réflexion commune. Ce numéro est donc rempli de témoignages d’expériences diverses qui se rejoignent toutes dans la volonté de joindre le pédagogique à la recherche de la fabrication d’une autre société. Peut-être un pas de plus dans la construction d’une éducation émancipatrice en suivant le chemin des grands noms de la pédagogie qui nous ont précédés : Korczak, Freinet, Freire, Radlinska…

Pour consulter le numéro en ligne

Pour commander le numéro, version papier (4 €) ou électronique (2 €) ou pour s’abonner

Lire l’édito


Au sommaire :

Rencontre avec Sileks

Université populaire

Entretien avec Mélody à propos des Lieux pour habiter le monde

Pédagogie sociale ?

Des liens à recoudre

Trouver sa voix de conteur

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[Révolution égyptienne] Mobilisation décisive

Mobilisation décisive

Demain [mardi 4 décembre] des grands cortèges se dirigeront vers le palais présidentiel pour manifester leur refus de la constitution.

Deux cortèges ouvriers venant de Helwan (grand complexe industriel de sidérurgie du Sud du Caire) et de Mahallah El Kobra (centre du delta, textiles) ; renforceront quatre cortèges qui partiront de l’est du Caire. En même temps, les gens sont appelés à se regrouper à Tahrir pour ne pas laisser vide la place.

Onze journaux de l’opposition seront en grève, un appel à la désobéissance a été lancé, même symboliquement en portant le deuil.

La journée de demain est baptisée la millionnaire du dernier avertissement ; ce sera une journée décisive.

La mobilisation s’amplifie avec l’annonce de la grève par le corps enseignant de la faculté de droit de l’université du Caire.

Un cortège des journalistes se réunira à 14h devant le siège de leur syndicat, avant de se diriger vers Tahrir.

Pensez à nous, soutenez notre combat contre la dictature, l’oppression et le fascisme religieux.

La révolution continue
NOPASARAN

Galila El Kadi – Mailing, 3 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] ZAD : situation et appels à venir

ZAD : situation et appels à venir

Voici un petit récapitulatif de la situation et des appels de la ZAD autour de la lutte contre le projet d’aéroport de Nantes et son monde.


Opération policière en préparation ?

Différents signes laissent penser qu’une opération policière de grande ampleur serait prévue dans la semaine à venir sur la ZAD : arrêtés préfectoraux interdisant le transport de carburant, d’explosifs, de produits inflammables, et de feu d’artifices entre le 3 et 10 décembre sur les communes de Vigneux et Notre-Dame et permettant la fouille des véhicules ; bruits sur une intervention policière qui « commencerait le 5 décembre au petit matin et s’étalerait sur deux ou trois jours » et « pourrait reprendre le lundi 10 décembre en cas de résistance ». Ces bruits de précisent pas quelle serait la cible de cette opération entre les nombreux lieux expusables, de la Gare de Vigneux et le Phare Ouest, peut-être bientôt rejoints par la Châteigne.


Procès de la Châtaigne demain

Demain mardi 4 décembre au tribunal de Saint-Nazaire, la Préfecture va tenter de s’arroger le « droit » de détruire immédiatement l’ensemble des cabanes reconstruites à la Chat-teigne depuis la manifestation de réoccupation du 17 novembre. Un rendez-vous pour un rassemblement à été donné à 10h du matin devant le tribunal de Saint-nazaire. Un covoiturage est prévu à 9h place de la Poste à Notre-Dame-des-Landes et à l’arrêt de tram Beauséjour à Nantes.

Suivant les résultats du référé et des recours que nous mettons en œuvre, les agressions policières pourraient se concentrer sur la zone de la Chat-teigne ou sur d’autres lieux occupés ou ré-occupés dans la zone est de la ZAD, voire d’autres lieux…


Appel à actions décentralisées

Pour tous les comités locaux et groupes qui ne pourraient se rendre rapidement sur la ZAD en cas d’expulsion, un appel à action décentralisées et notamment à occuper leurs lieux de pouvoir (mairies, sous-préfecture…) a été lancé par l’assemblée d’organisation de la manifestation du 17 novembre : « Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent nos lieux d’organisation, nous occuperons les leurs ! »


Appels à la résistance à la Châtaigne

La Chat-teigne invite par ailleurs à 10 jours de résistance et les chat-teigneux ont lancé un appel à faire vivre ce lieu d’organisation de la lutte dans la durée : « 10 jours de résistance à la Chattaigne et appel des chat-teigneux ».

Un des groupes de constructeurs-trices y a répondu avec des propositions : « Nous ne laisserons pas la Chat-teigne se faire envahir une nouvelle fois ! »

De son coté l’ACIPA appelle à se tenir prêt : « Le jugement de demain à Saint-Nazaire sera déterminant ! Tenons-nous prêts à réagir là où nous sommes et pourquoi pas à venir sur la zone si l’information se confirme ! »

N’oublions pas qu’il y a toujours de nombreux autres lieux expulsables, des chantiers de reconstruction sur toute la ZAD et des lieux collectifs à mettre en place avec leur vie quotidienne.


À savoir en venant sur la ZAD

Quels que soient les barrages policiers, avec un peu d’inventivité, de détermination, de patience et une bonne paire de bottes, il est toujours possible d’atteindre la ZAD. Donc ne vous laissez pas décourager par les arrêtés et les barrages. Pour savoir où se rendre une fois sur place, il y a un point d’info permanent sur le campement « Hors Contrôle » établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière.

Consultez le flash infos de la journée sur notre site web et la page d’infos à savoir avant de partir.

Une fois sur la zone, il est possible d’écouter radio Klaxon – 107.7 FM, si vous avez pris le soin de vous munir d’un récepteur radio.

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues, pas seulement pour tenir des barricades ou reconstruire, mais aussi pour participer à la logistique, faire la bouffe, et autres tâches quotidiennes pour permettre la résistance dans ces conditions difficiles.


À propos des dons

On est hyper touchés par toute la solidarité qui se met en place depuis le début des expulsions. Pour tout vous dire on commence même à crouler sous certains dons : nourriture, matériel médical, vêtements. On a encore des besoins spécifiques. Du coup merci ne ne ramener que les articles mentionnés dans notre liste. On vous tiendra informés pour d’éventuels nouveaux besoins.


Rencontre des comités locaux

Quelle que soit la situation, des rencontres nationales des comités locaux auront lieu les 15 et 16 décembre : « NDDL – Appel aux rencontres inter-comités locaux/nationaux des 15 et 16 décembre ».


En savoir plus

Des précisions sur la situation et nouveaux appels suivant les circonstances seront donnés sur le site de la zad  (voir notamment le fil d’infos quoitidien).

À chaque fois qu’ils nous attaquent, le mouvement s’étend !

De nouveaux kystes se développent ici et ailleurs et leur détermination est contagieuse.

Alors on va continuer à construire, occuper et résister !

Zone à défendre –  3 décembre 2012

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[Athènes] Destruction d’un local fasciste

Attentat devant un local d’Aube dorée

Des locaux du parti grec d’extrême droite Aube dorée situés à Aspropyrgos, dans la banlieue d’Athènes, ont été endommagés ce matin par une bombe qui n’a pas fait de victimes, a-t-on appris de source policière. « C’était une violente explosion qui a fait beaucoup de dégâts », a-t-on déclaré de même source.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/14.jpg

Le mouvement, qui profite du mécontentement suscité par les mesures d’austérité, la corruption des élites politiques et l’immigration clandestine, est devenu récemment la troisième force politique grecque en termes d’intentions de vote. Après avoir obtenu 7% des voix lors des législatives de juin, il était crédité en octobre de 14%.

Presse terroriste (LeFigaro.fr avec Reuters, 4 décembre 2012)

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Notre-Dame-des-Landes, ça presse avec la presse

Ces temps-ci, à travers le mirroir déformant des médias et les infos qui circulent, il semblerait que la question des journalistes soulève beaucoup de débats, voire de conflits, avec action directe entre opposantEs (sic) d’arrachage de pancartes etc.

C’en est même devenu un sujet à part entière dans les médias. La même dépêche tourne quasi en boucle. Mais cela n’a rien d’étonnant.

Les journalistes ont ainsi un papier tout prêt, peuvent parler d’eux-mêmes, et aller jusqu’à s’interviewer mutuellement.

Au passage en plus, on peut continuer d’instiller cette bonne vieille stratégie de la division, en parlant des bons oppasants (les « historiques » pour pas faire trop binaire), et les « nouvelleux arrivantEs complètement sectaires et qui n’ont rien à voir avec la lutte ».

En gros comme d’habitude une minorité d’étrangers ultra-violents / professionnels (probablement bénévoles contrairement aux politiciens professionnels si tant est qu’on sache de qui il est fait mention), à qui ce serait tout la faute parce qu’ils suivent pas les desiderata des journalistes.

Et tant mieux si au passage, on fait table rase de l’histoire des relations entre cette lutte et les médias. En cherchant un peu, on trouve pourtant des échos de ces relations, comme cet exemple révélateur pendant le Camp Climat. Non, ce rapport avec les journalistes n’est pas nouveau sur cette lutte, et n’est pas le fait d’une lubie comme les caricatures de la presse voudraient le faire croire.

C’est tout bénef donc, et ça permet de ne pas parler du fond de cette lutte. Enfin de celui qui leur plaît, comme il leur plaît. Voire même comme France 3 Pays de la Loire, de prétendre qu’il n’y a pas de discussions de fond au sein de la lutte…

On aura presque tout lu. Mais on pourrait se questionner de toute façon sur l’ensemble de la ligne éditoriale de ce média local, comme d’autres (Presse Océan est toujours un bon cas d’école également). Et ce d’autant plus si l’on prend le temps de le faire dans un temps plus long que simplement les expulsions.

C’est toujours un débat récurrent à un moment dans les mouvements sociaux, et c’est souvent bénéfique de regarder comment les précédents ont agi face à cette question. Tirer des conclusions de leurs erreurs et réussites pour mieux savoir comment l’aborder.

Il existe pas mal de textes qui traînent sur le net, des brochures, des sites qui permettent de se documenter.

Ce court texte de Serge Halimi notamment est une bonne base d’une critique du rapport entre journalistes et mouvements sociaux et des enjeux pour une lutte :

Les luttes anticapitalistes face aux médias, Contestation des médias ou contestation pour les médias ?

Cette autre brochure plus spécifique apporte aussi un bon éclairage des techniques journalistiques :

Techniques de désinformation, Manuel pour une lecture critique de la presse

Le site acrimed.org regorge de textes sur cette question. Se familiariser avec les idées de Chomsky ou Bourdieu est aussi très éclairant.

Cette question est importante pour une lutte et doit se poser clairement. Surtout en ces temps ou le pouvoir cherche à temporiser. D’autant plus quand on voit comment les médias ont passé sous silence cette occupation dès le départ et même au début des expulsions. Le fait que les informations circulaient en dehors de la presse a participé à les contraindre à en parler. C’est un atout à ne pas oublier et à conserver pour la suite.

Prendre le risque de vouloir axer la communication par le biais de la presse ne peut se faire sans en connaître les conséquences : la désignation de leaders par celle-ci, l’obligation de dépendre des journalistes et de se plier à leurs multiples exigences (qui ne sont pas sans conséquences pour une lutte), se plier aussi au mythe de l’opinion publique, l’instillation de divisions dans le mouvement. Le faire sans préparation, c’est prêter le flan à toute sorte de fragilités qui peuvent se révéler fatales conjuguées à d’autres.

Ce serait sans doute bénéfique pour ce mouvement que ce débat prenne place complètement. Faire circuler des textes serait certainement un premier pas.

Indymedia Nantes, 3 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Aube/Calvados/Côtes d’Armor/Finistère/Gironde/Hérault/Bas-Rhin/Jura/Vendée/Haute-Vienne/Paris/Yonne/Corrèze/Dordogne/Doubs/Maine-et-Loire/Marne/Vienne/Doubs/Drôme/Bas-Rhin/Savoie/Vendée/Côte d’Or/Bouches-du-Rhône/Charente-Maritime/Rhône/Seine-Saint-Denis/Manche/Haute-Garonne/Puy-de-Dome/Deux-Sèvres/Loire…] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme !

Mariage gay/Notre-Dame-des-Landes. Excédé par les dégradations, le PS porte plainte

Le PS a annoncé ce lundi qu’il avait décidé de porter plainte au « vu de l’ampleur » des dégradations qui touchent depuis un mois les locaux de sections et de fédérations socialistes et qui ciblent le mariage homo et le projet de Notre-Dame-des-Landes.

Lors du point presse hebdomadaire du PS, David Assouline, porte-parole, a dénoncé les « attaques de permanences du Parti socialiste » qui connaissent selon lui un « regain ». « Une plainte nationale — vu l’ampleur de ce phénomène — sera déposée par le PS pour mettre fin à de tels actes », a-t-il affirmé.

Interrogé, il a précisé que les dégradations concernaient à la fois des « permanences d’élus, locaux, de sections et de fédérations ».

Elles prenaient pour cible, initialement, la réforme du mariage pour tous et, depuis huit jours, le projet contesté d’aéroport Notre-Dame-des-Landes. « Vers le 7 novembre, nous avions recensé une douzaine de fédérations » concernées : « Aube, Calvados, Côtes d’Armor, Finistère, Gironde, Hérault, Bas-Rhin, Jura, Vendée, Haute-Vienne, Paris, Yonne. Ensuite ça a été la Corrèze, la Dordogne, le Doubs, le Maine-et-Loire, la Marne, la Vienne. Ces huit derniers jours, le Doubs encore, la Drôme, le Bas-Rhin, la Savoie, la Vendée ». [Sans compter la Côte d’Or, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Maritime, le Rhône, la Seine-Saint-Denis, la Manche, la Haute-Garonne, le Puy-de-Dome, les Deux-Sèvres, la Loire, la Seine-Maritime… – NdJL]

« C’est inacceptable. Pas touche au PS ! », a-t-il lancé, rappelant qu’existait « le droit de manifestation, (…) droit d’expression démocratique ». « Il est inacceptable que l’on attaque, que l’on attente à la liberté des partis politiques, qui est consubstantielle de la démocratie dans notre pays », a-t-il ajouté.

Presse liberticide (LeTelegramme.com, 3 décembre 2012)

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