[La guerre politique en Tunisie] Récit et analyses de la journée du 10 février 2013

1. Ceux qui croient que la décision de Jebali [de jeter les islamistes hors du gouvernement et d’en former un autre, composé de « technocrates »  NdJL] est un coup de tête solitaire se trompent.

2. C’est aussi une erreur de croire à une manœuvre des islamistes.

3. Elle est imposée et c’est la seule issue.

4. Jebali, confirme son choix et dit l’avoir fait « après consultation avec des parties politiques et… sécuritaires » [c’est nous qui soulignons ; il ne fait guère de doute qu’il s’agit là de la mafia tortionnaire de l’ancien régime qui contrôle la plus grande part du ministère de l’intérieur – NdJL].

(…)

10. La Tunisie est en train de vivre le coup d’État le plus démocratique, le plus subtil et le plus intelligent de l’histoire [sic].

Mohamed Hedi Zaiem (« professeur à l’université de Carthage », leaders.com.tn)

 

Nombre insignifiant de manifestants nahdhaouis à l’avenue Habib Bourguiba

Titre de businessnews.com

 

Qu’on arrête de me parler de brigands et de casseurs que la police poursuit. C’est la même entité qui joue sa pièce de théâtre. #ACAB

@Papiillon, sur Twitter

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« Brigands » payés par la police

 

Que cherche Béji Caïd Essebsi ? (…) C’est le moment que choisit le leader de Nidè Tounès pour demander la dissolution de l’Assemblée nationale constituante, c’est-à-dire pour remettre en cause la légitimité électorale qu’il a contribué à établir et appeler à un coup d’État contre la constituante (…) Ce vieux renard politique ne voit-il pas que cela pourrait mener à un début de guerre civile et justifier l’intervention ouverte de l’armée… ?

Gilbert Naccache, sur sa page Facebook

 

Les quatre conditions pour être candidat dans le nouveau gouvernement. La présidence du gouvernement vient de publier un communiqué dans lequel sont mentionnées les quatre conditions que Hamadi Jebali, chef du gouvernement, impose aux candidats potentiels pour l’ensemble des ministères, pour la composition du nouveau gouvernement.

D’abord, le candidat ne doit avoir eu aucune participation dans un crime contre le peuple tunisien. Ensuite, il ne doit appartenir à aucun parti politique [c’est nous qui soulignons ; exit donc tous les politiciens et militants, et a fortiori Jebali lui-même – NdJL] (…)

businessnews.com (20h43)

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La police attaquée par des « salafistes » cité Ennour (banlieue de Tunis)

 

Démonstration de force des salafistes un peu partout dans le pays. Qui a donné l’ordre ? Que veulent-ils ? Il se passe des choses…

@MorsiChaari, sur Twitter

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[Révolution tunisienne] Ennahda dégage ! (2)

Locaux d’Ennahda incendiés près de Sidi Bouzid

Des manifestants ont incendié dans la nuit de vendredi à samedi les locaux de mouvements islamistes près de Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011. Les manifestants ont mis le feu au siège du parti au pouvoir Ennahda et à celui d’une ONG islamiste dans la ville de Souk Jedid à 17 km de Sidi Bouzid. Ils ont aussi incendié trois bureaux du siège de l’administration du district, ont indiqué des témoins à l’AFP.

Par ailleurs, par mesure de précaution, Ennahda a évacué les locaux du parti à Sidi Bouzid.

Des heurts opposent régulièrement policiers et manifestants en Tunisie depuis l’assassinat mercredi de Chokri Belaïd. Près d’une dizaine de locaux d’Ennahda ont été saccagés ces derniers jours.

Presse contre-révolutionnaire (Agence faut Payer) via Solidarité ouvrière, 10 février 2013

 

Poursuite des violences à Sidi Bouzid

Les violences se sont poursuivies dans la nuit de samedi à Sidi Bouzid.

Deux voitures touristiques ont été incendiées et des pneus de voiture ont été mis à feu et placés dans plusieurs rues du centre. Aussi, la police a-t-elle avorté la tentative d’un groupe d’individus de piller le dépôt de la douane, en arrêtant quelques-uns de ses membres. Toutefois, les habitants s’interrogent sur la forte présence de patrouilles salafistes à la place de la police.

Une source sécuritaire dans la région contactée par la TAP a affirmé que les patrouilles de la police continuent jusqu’à cette heure à ratisser les principales artères de la ville et que plusieurs suspects ont été arrêtés.

La police a été obligée, samedi, d’utiliser le gaz lacrymogène pour dissuader les brigands, a-t-elle ajouté.

Pressse contre-révolutionnaire (TAP via Babnet, 10 février 2013)

 

Mehdia : le siège d’Ennahdha incendié, altercations entre forces de l’ordre et citoyens

D’après notre correspondant, le siège du mouvement d’Ennahdha de Mehdia et son contenu ont été incendiés dans la journée du vendredi 8 février 2013 et des altercations ont éclaté entre les forces de l’ordre et les citoyens.

Presse contre-révolutionnaire (MosaiqueFM.net, 8 février 2013)

 

Nabeul : Incendie de deux sièges d’Ennahdha et pillage de la fourrière municipale

Dans le gouvernorat de Nabeul, deux sièges du mouvement Ennahdha à Menzel Temime et à Hammam Ghezaz ont été incendiés jeudi 7 février 2013, ainsi qu’un pillage de la fourrière municipale a été enregistré.

20 individus ont été enregistrés [sic, NdJL] ainsi que 13 autres dans la région de Kelibia impliqués dans des actes de violence et de brigandage, 8 agents de la sûreté ont été blessés par des jets de pierre.

Presse contre-révolutionnaire (MosaiqueFM.net, 8 février 2013)

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[Flics, porcs, assassins / Abou Bakari Tandia] Épidémie de non-lieux prononcés dans des affaires de violences policières

Un homme est mort : nous ne laisserons jamais dire que « rien n’a eu lieu »

Mardi 12 février 2013, audience d’appel à la cour d’appel de Versailles suite à l’ordonnance de non lieu de septembre 2012.

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Photos de la premiere commémoration de l’interpellation de Abou Bakari Tandia. Parents, amis, connaissances, citoyens réunis dans la nuit et le froid le 5 décembre 2005.

Abou Bakari Tandia est mort il y a 8 ans, le 25 janvier 2005.

Homme, noir, sans papiers en règle – garde à vue – coma – mort. Cet enchaînement est-il inéluctable ? N’y a-t-il rien à revoir dans le fonctionnement de notre société à ce sujet ?

Comment est-il mort, pourquoi est-il mort ? Sans réponses, point de repos pour la famille et les proches du jeune malien.

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Pourtant mesdames Morel et Bernard, juges d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, ont rendu une ordonnance de non lieu le 26 septembre 2012, après des années de procédures entachées d’irrégularités : pièces du dossier médical égarées, retrouvées, vêtements absents ou ne correspondant pas à ceux de la victime, dénigrement insidieux de la victime…

Une dernière expertise médicale a été préférée aux trois premières, pourtant réalisées par les irréprochables légistes de l’institut médico légal, qui infirmaient de fait la version policière.

Cette dernière expertise a permis aux juges d’instruction de Nanterre de conclure « que le comportement et les actes effectués par les fonctionnaires de police présents lors de la garde à vue de Monsieur Tandia au commissariat de Courbevoie n’ont aucun lien avec son décès ».

La famille partie civile a fait appel de ce non lieu et l’audience d’appel se tient ce mardi 12 février à la cour d’appel de Versailles, à 9h. Maître Yassine Bouzrou y présentera son mémoire en appel.

Au sujet de ce non lieu, qui s’inscrit dans une véritable épidémie de non-lieux prononcés dans d’autres affaires de violences policières, toutes listées dans le rapport d’Amnesty International sur les violences en France, lire aussi :

– l’article d’Amnesty International Amnesty international (cliquez ici).
– l’article de Valérie Mahaut pour le Parisien (cliquez ici)
– l’article de Résistons Ensemble contre les violences policières (cliquez ici)

Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia, 10 février 2013

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[Grèce générale] « Des centres conscients d’anomie, dans un monde d’injustice permanente »

Patras (Grèce) : Lors d’un match de football amateur, les joueurs déploient des banderoles de solidarité avec les squats

En janvier 2013, dans la ville de Patras, un match de foot entre deux clubs amateurs a vu l’ensemble des joueurs des deux équipes déployer des banderoles en solidarité avec les squats récemment attaqués par l’État grec.

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Un des clubs est l’APO, le Football Club Autonome de Patras – un collectif anarchiste. Ils sont entrés sur le terrain avec une banderole sur laquelle était écrit “État et para-État, pas touche aux squats – Solidarité avec les espaces auto-organisés – Pas un seul pas en arrière”.

Le second club, Aris, de la ville de Kato Achaia, portait une banderole sur laquelle on pouvait lire “Des centres conscients d’anomie, dans un monde d’injustice permanente”.

Les deux banderoles arboraient un symbole squat.

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Traduit de l’anglais (From the Greek Streets, 27 janvier 2013) par Squat!net

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[Thanks for the future] Sursis avant expulsion?

Thanks for the future :
un sursis avant expulsion ?

Le lieu collectif Thanks For the Future existe depuis plusieurs années, à Tours. Toutefois une procédure d’expulsion a été lancée depuis septembre dernier, par la Mairie de Tours (Sémivit). Ce lieu s’inscrit dans une histoire de plusieurs squats ouverts à Tours. Destinés à créer des espaces arrachés aux tentacules capitalistes, tout à la fois d’habitat et de vie, autonomes et ouverts sur la ville, ces lieux libérés de mises en pratiques subversives et libératrices, ont tous été saccagés par la Mairie.

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C’est au tour de la Maison Thanks For the Future de se faire expulser de la friche industrielle qu’occupe également le Projet 244. Cette friche, dernier espace de ce genre dans le centre de Tours, est destinée à être rayée de la carte pour laisser place à un « mégaprojet » immobilier. Les membres du Projet 244 ont pris soin d’afficher des gages de docilité et d’allégeance envers les tenants du pouvoir, ils se voient donc octroyés un sursis d’au moins 1 an en ces lieux. Attitude incompatible avec l’idée du squat que portent avec ténacité et malice les habitant-es de TFTF. C’est pourquoi la Mairie marque son territoire avec arrogance en expulsant « préventivement » la maison TFTF.

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Après une première décision de justice ordonnant l’expulsion quasi-immédiate de ce lieu, nous avons réussi à gagner en appel, un délai d’au moins une quinzaine de jours. La résistance s’organise ! Les habitants de la Maison invitent à venir prendre part à cette lutte : Solidarité matérielle, technique, poétique, politique,… À venir s’installer, barricader, proposer des activités, des actions…

L’ordre d’expulsion est pour l’instant suspendu, mais nous ne comptons pas nous laisser faire.

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Thanks For The Future : 244 rue Auguste Chevallier, Tours
mediatours.noblogs.org

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[La liberté ou la mort] 16 sit-inneurs de Qidong condamnés

Chine : prison pour des manifestants

Seize personnes qui avaient mis à sac des bureaux du gouvernement en juillet dernier lors d’une manifestation contre la pollution ont été condamnés à un an et demi de prison, a annoncé l’agence de presse officielle Xinhua.

Un tribunal de Qidong, à 65 km au nord de Shanghai, a accusé les manifestants de « rassemblement pour attaquer des instances étatiques, dommages à la propriété et vol » lors de la manifestation de protestation contre une canalisation évacuant les eaux usées d’une usine de papier, le 28 juillet dernier.

La foule s’était rendue jusqu’à un bâtiment public. Elle y avait retourné les voitures, mis à sac les bureaux et jeté des documents par la fenêtre.

Les populations urbaines sont de plus nombreuses à donner de la voix en faveur d’une meilleure préservation de l’environnement, et le Parti communiste au pouvoir s’inquiète de l’impact de ces manifestations sur l’ordre public.

Cet hiver, particulièrement brumeux et au cours duquel la qualité de l’air à Pékin a régulièrement été qualifiée de malsaine ou dangereuse, a ravivé les tensions sur les questions environnementales.

Les 16 manifestants ont été condamnés à des peines allant de 12 à 18 mois de prison, mais 13 ont obtenu un sursis pour avoir avoué et s’être repentis, a indiqué Xinhua. L’un d’entre eux a décidé de faire appel.

Presse carcérale (Reuters, 7 février 2013)

 

Pollution : à Pékin, une situation hors de contrôle et de plus en plus invivable

La qualité de l’air n’avait jamais été aussi mauvaise qu’au cours de ce mois de janvier. Le sujet est en train de devenir politique.

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Les exercices physiques en extérieur sont fortement déconseillés. Certains ont toutefois bravé le danger, comme ces habitants de Jiaozuo, dans le Province de Henan, au nord de la Chine, en pleine séance de Tai chi dans un parc du centre-ville.

Février sera-t-il le mois du soulagement ? Pour la première fois depuis des semaines, les Pékinois se sont réveillés, ce week-end, sous un soleil radieux. Un spectacle inespéré au cours d’un mois de janvier qui restera dans les annales comme le plus terrible qu’ait connu la capitale chinoise en matière de pollution.

Si Pékin n’apparaît pas dans le classement des dix villes mondiales les plus polluées de l’OMS, c’est très probablement parce que les données fournies à l’époque de cette étude sont erronées. Il a fallu attendre 2012 pour que les autorités de la ville, sous la pression des internautes en colère, finissent par publier des statistiques pertinentes, c’est-à-dire prenant en compte les particules les plus fines, les plus nocives pour l’organisme. Même si l’indice officiel reste presque systématiquement inférieur à celui que publie l’ambassade des États-Unis, il semble désormais moins fantaisiste.

Dans la mégalopole de 20 millions d’habitants, le mois de janvier s’est déroulé dans un grand nuage gris, faisant parfois tomber la visibilité à quelques dizaines de mètres. L’odeur âcre était permanente, de même que les picotements dans la gorge. Les hôpitaux ont été pris d’assaut par des gens souffrant de problèmes respiratoires, voire cardiaques.

Explosion du nombre de cancers du poumon

Alors que l’OMS recommande de ne pas dépasser les 25 microgrammes de particules par mètre cube, les Pékinois ont atteint, eux, le niveau de 728 il y a trois semaines. Avec un pic à presque 1.000 pour les particules les plus fines. Au quotidien, le chiffre oscillait entre 300 et 500. D’après Greenpeace et l’École de santé publique de Pékin, la pollution aurait été responsable de 8.572 morts prématurées à Pékin, Shanghai, Canton et Xi’an l’an dernier. Certaines études, qui notent l’explosion du nombre de cancers du poumon dans la capitale, sont nettement plus alarmistes.

Pour les expatriés, la question est de savoir s’il faut prolonger son séjour dans un pays où, en outre, les scandales alimentaires ne sont pas rares. Aux Chinois, qui n’ont que rarement cette option, il reste l’humour ou la colère contre un système qui, à force de privilégier la croissance, est parfois accusé d’avoir perdu de vue la finalité du développement économique. Des plaisanteries circulent, comme celle qui affirme que le visage géant de Mao, situé au nord de la place Tiananmen, ne peut même plus voir son propre mausolée, au centre.

Les grandes entreprises internationales qui ne l’avaient pas déjà fait s’équipent de purificateurs d’air. Les vendeurs de ces appareils sont pris d’assaut. Tel distributeur n’a plus aucun modèle disponible au cours des deux prochaines semaines. Tel magasin incite ses visiteurs à ne pas perdre une heure car les derniers exemplaires sont sur le point d’être vendus. Les actions en Bourse des fabricants de ces appareils s’envolent.

Les autorités municipales prévoient tant un gel des créations de nouvelles usines que d’obliger les entreprises à cesser leur activité si le niveau de pollution devient alarmant. L’attribution des plaques minéralogiques va être soumise à une loterie et le contrôle des véhicules anciens renforcé. Le sujet devient politique. Une pétition en ligne a été signée par des milliers d’internautes en quelques heures seulement pour exiger que la Chine se dote d’une législation antipollution.

Presse pathogène (Gabriel Gresillon, LesEchos.fr, 4 février 2013)

 

Le Japon touché par pollution atmosphérique chinoise

Depuis la mi-janvier, Pékin et d’autres villes du nord de la Chine ont été affectées par d’importants pics de pollution.

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Plus de cinq millions de véhicules circulent dans les rues de Pékin, régulièrement congestionnées.Wang Anshun, le nouveau maire de la capitale chinoise, devra faire de la lutte contre la pollution de la ville la priorité des priorités, estime la presse chinoise.

L’ouest du Japon a commencé à voir arriver la forte pollution atmosphérique qui sévit en Chine depuis plusieurs semaines et qui a provoqué un afflux dans les hôpitaux de personnes en détresse respiratoire. Le problème le plus préoccupant est la concentration de très fines particules qui a atteint jusqu’à 50 microgrammes par mètre cube ces derniers jours, bien au-dessus de la norme maximum autorisée de 35 microgrammes.

« Il est difficile de dire avec une certitude absolue que tout cela vient de Chine, mais il est certain qu’une bonne partie de la pollution atmosphérique actuelle vient des pays à l’ouest du Japon », a estimé Atsushi Shimizu, un responsable de l’Institut national des études environnementales (NIES). « À cette époque de l’année, il n’y a pas de vent de sable, donc ce sont bien des particules toxiques auxquelles nous avons affaire », analyse M. Shimizu en demandant la plus grande prudence aux gens atteints de problèmes respiratoires.

ARRIVÉE DE POLLUTION « TRÈS IMPORTANTE »

Le site internet du ministère de l’environnement nippon était pris d’assaut ces derniers jours, les gens voulant à la fois s’informer et savoir comment se protéger. Depuis la mi-janvier, Pékin et d’autres villes du nord de la Chine ont été affectées par d’importants pics de pollution. Dans la capitale chinoise, le nombre de cas de personnes souffrant de problèmes pulmonaires ou de difficultés pour respirer a enregistré une hausse de 20 %, selon une enquête du journal Pékin-Matin.

Toshihiko Takemura, un professeur de l’université de Kyushu, dans le Sud-Ouest, qui a son propre site web (Spectral Radiation-Transport Model for Aerosol Species, Sprintars), prévoit quant à lui une arrivée de pollution « très importante » dans la région de Kyushu lundi et mardi.

Presse autorisée (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 4 février 2013)

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[Le Procès du Forgeron] « Qui vole un œuf, viole un bœuf »

Procès du forgeron de Tarnac : « On incrimine ma volonté »

Pour avoir refusé de donner son ADN aux officiers de l’anti-terrorisme, Charles Torres, « le forgeron de l’affaire Tarnac », lavé de tous soupçons depuis, est passé devant la justice. Le délibéré sera rendu par le tribunal de grande instance de Rouen le 6 mars 2013.

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Mercredi 6 janvier 2013, Charles Torres était jugé pour refus de se soumettre au prélèvement d’ADN. Prélèvement demandé par la cellule anti-terroriste lors d’une garde-à-vue justifiée par sa possible appartenance à l’affaire Tarnac. Au moment de cette garde-à-vue, le 23 février 2012, Charles Torres, forgeron de profession, est soupçonné d’être l’artisan des crochets qui auront servi en 2008 à saboter des caténaires de la SNCF.

Le palais de justice de Rouen accueille donc le jour de l’audience du « Forgeron de Tarnac », tous ses soutiens, sa famille et une bonne dizaine de journalistes alléchés par cette audience connexe à l’affaire Tarnac. Quelques policiers, arnaché de gilets pare-balles et de talkie-walkies. Normal, c’est le procès d’une personne qui soupçonnée début 2012 d’association de malfaiteurs dans une entreprise terroriste.

La juge aura dû, en début d’audience faire taire le public venu en nombre pour soutenir Charles Torres. Celui-ci a souhaité lire devant le tribunal « sa plaidoirie » car il n’est « pas très à l’aise à l’oral ». L’homme de 28 ans, spécialisé dans la forge médiévale, a commencé son diatribe timidement, posant la question qui le taraude : « Pourquoi suis-je ici devant vous aujourd’hui ? Je ne le sais pas, personne ne le sait. À part peut-être, l’officier de la DCRI que j’ai vu arpenter ce tribunal aujourd’hui, avec une veste de moto. »

Le forgeron a eu à cœur de pousser les traits d’ironie, malgré sa gêne à parler publiquement. Il s’est même retourné une fois vers l’assemblée pour chercher du regard un soutien. « Adressez-vous au tribunal », le reprendra la juge. Après avoir raconté sa garde à vue, Charles Torres, cultivé et aux mots littéraires, donne ses hypothèses sur les raisons de sa présence devant le tribunal, s’appuyant sur sa connaissance du droit, de l’histoire et sa culture politique. « Dans refus de se soumettre au prélèvement biologique, il y a refus de se soumettre », commence-t-il, « On incrimine ici ma volonté. »

Le forgeron de Roncherolles-sur-le-Vivier explique ensuite pourquoi il s’est refusé à ce prélèvement d’ADN : « Je m’oppose au fichage génétique. » Il rappelle l’historique du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) initialement mis en place en 1998 pour ficher les délinquants sexuels, donc les personnes jugées coupables par la justice. Voulant prouver le ridicule de sa présence au tribunal, il se joue de l’adage « Qui vole un œuf, vole un bœuf » : « Qui vole un œuf, viole un bœuf. »

Sans désarmer, Charles Torres continue de justifier son refus de se soumettre, rappelant l’affaire Élodie Kulik, violée puis assassinée (2002). En 2011, les gendarmes parviennent à confondre l’un de ses agresseurs grâce à l’ADN de son père déjà fiché. Le forgeron s’appuiera sur ce détournement du Fnaeg : « Aujourd’hui, donner mon ADN, c’est donner celui de mon frère jumeau, mes parents et mes descendants ». Il conclut : « L’ADN est un instrument de contrôle. » Ce quart d’heure de discours est applaudi par l’assemblée.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/091.jpgContre Charles Torres, le procureur a requis une peine « d’avertissement » : un mois de prison avec sursis. Ce qui ne suffit évidemment pas à Me William Bourdon et Me Marie Dosé, avocats de la défense. Ils s’appuient sur la pauvreté du dossier entre les mains du tribunal de Rouen. « Le tribunal de grande instance de Nanterre vous a confié un dossier de misère. Ce que vous savez, c’est ce que la presse vous a dit et ce nous vous disons », argumente Me Dosé.

Au dossier, quelques procès-verbaux, parfois non datés, ou des notifications de mise en garde à vue de Charles Torres. Le tribunal n’a pas accès au dossier de l’affaire Tarnac dans lequel figurent les raisons pour lesquelles le forgeron a été soumis à une garde à vue. « On vous empêche de vérifier s’il y avait des raisons plausibles pour le détenir » et donc pour lui demander son ADN.

Et Me Dosé d’avancer : « Dans la procédure Tarnac, Charles Torres n’est rien sauf les conséquences de son refus » de se soumettre au prélèvement biologique. Dans leur plaidoirie, les deux avocats du forgeron frôlent la violation de l’instruction judiciaire, sans jamais vraiment tomber dedans. « Les policiers mentent au tribunal, il n’y avait aucune raison pour le mettre en garde à vue, vous devez sanctionner cette manipulation judiciaire », reprend Me Bourdon qui considère le dossier Charles Torres comme « un vide intersidéral ».

Le tribunal rendra son délibéré le 6 mars 2013.

L’affaire du Forgeron soulève une question de constitutionnalité

Charles Torrès est jugé pour avoir refusé de donner son ADN aux policiers de l’anti-terrorisme dans le cadre de l’affaire Tarnac. Pour aller plus loin, ses avocats ont tenté de mettre en doute la constitutionnalité du prélèvement ADN à répétition et du fichage de tout un chacun. Le délibéré sera rendu le 6 mars 2013.

Le procès de Charles Torres, s’est ouvert ce mercredi 6 janvier 2013, au tribunal de grande instance de Rouen. Il est jugé pour avoir refusé de donner son ADN lors d’une garde à vue dans le cadre de l’affaire Tarnac. Ses avocats, Me William Bourdon et Me Marie Dosé, tous les deux au dossier de l’affaire Tarnac, essaieront de poser une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Entrée en vigueur en 2010, la QPC permet de mettre en doute la constitutionnalité d’une loi déjà promulguée. Elle peut être posée par n’importe quel citoyen. On la pose devant un tribunal qui décide ou non de la transmettre à la cour de cassation.

Dans l’affaire de Charles Torres, ses avocats mettent en doute la constitutionnalité de l’article 706-56 du code de procédure pénal. Cet article encadre le prélèvement de l’empreinte biologique. Pour Me Bourdon, le dossier de Charles Torres, si petit et si peu extraordinaire soit-il, permettrait « d’envoyer un message puissant aux législateurs ». L’avocat remet en question l’alinéa 4 de l’article. Cet alinéa qui permet qu’en cas de refus de prélèvement, les officiers de police judiciaire peuvent récupérer l’ADN s’il est détaché du corps. « Lorsque Charles Torres refuse de se soumettre, il ne sait pas, que dans son dos, ou plutôt dans ses cheveux, on prélèvera la particule magique », plaide Me Bourdon, « S’il avait su que les policiers de la Sdat pouvaient faire cela, il aurait pu ajuster son comportement ». Ici, l’avocat pointe du doigt la faille de la loi qui peut conduire un citoyen à s’auto-incriminer sans être en mesure de se défendre.

L’avocat parle aussi « d’un cambriolage de l’enveloppe corporelle« , qui porte atteinte au droit de chaque citoyen de disposer de son corps. Enfin, pour plaider le dépôt de cette QPC, Me Bourdon pointe le « laisser-aller, la paresse » des policiers qui ne prennent pas le temps de vérifier si la personne concernée est déjà fichée qui peuvent conduire à une succession de prélèvements ADN sur un même citoyen.

Sans compter que le tribunal de Nanterre qui s’est dessaisi en 2012 de  cette affaire, a omis de prévenir le tribunal de Rouen que la justice était bien en possession de l’ADN de Charles Torres… jugé pour avoir refusé de le donner.

La procureur refuse la QPC au motif que l’article 706-56 du code de procédure pénale aura déjà été jugé constitutionnel, dans sa globalité, par la cour de cassation. Le tribunal est allé dans ce sens et a refusé de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité. Le procès de Charles Torres a donc bien eu lieu mercredi 6 février et les débats se sont donc poursuivis pour celui qui risque 15’000 euros d’amende et un an de prison ferme.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Zoé Lauwereys, Grand-Rouen.com, 7 février 2013)

 

Rencontre avec le « Forgeron » de Tarnac

Charles Torres a été « enlevé » par la police début 2012 dans le cadre de l’affaire Tarnac. Il est soupçonné, à ce moment là, d’être complice du sabotage de caténaires en 2008. Aucun fait n’aura été retenu contre lui. Pourtant, il est jugé mercredi 6 février 2013 au tribunal de grande instance de Rouen pour avoir refusé son ADN au moment de la perquisition.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/08.jpegNous l’avons rencontré la veille de son procès pour refus de prélèvement génétique du 6 février 2013 au tribunal d’instance de Rouen. Avec son pull marin, ses cheveux en bataille, sa moustache et sa chevalière rehaussée d’une pierre blanche, il nous rejoint à la Conjuration des Fourneaux au 149 rue Saint-Hilaire. Le restaurant soutient Charles dans ses déboires judiciaires. Il nous raconte ces trente heures de garde à vue pendant lesquelles il a refusé de parler.

Ce matin du 23 février 2012, Charles Torres dort dans sa chambre, chez ses parents, à Roncherolles-sur-le-Vivier, près de Darnétal. À 28 ans, il y revient de temps en temps pour travailler. Son père, monteur en bronze, lui a installé dans son atelier, une forge pour qu’il puisse exercer son activité d’auto-entrepreneur forgeron. Il est 8 heures du matin quand une trentaine de policier de la sous-direction de l’anti-terrorisme (Sdat) frappe à la porte. « On a eu de la chance, il n’était pas 6 heures du matin et ils n’ont pas défoncé la porte », ironise celui que la presse surnommera le Forgeron dans l’affaire dite « de Tarnac ». Ce matin-là, les policiers de l’anti-terrorisme viennent perquisitionner. Ils pensent avoir trouvé celui qui a fabriqué les crochets en fer à béton responsables du sabotage de caténaires de la SNCF en 2008.

Pour ces faits, qui deviennent très vite l’affaire de Tarnac, dix personnes ont été mises en examen, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Les principaux accusés dans cette affaire sont Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy. Le rapport entre Tarnac et Charles Torres ? Ce dernier se l’explique facilement. « Je suis colocataire dans une maison, rue de Constantine, à Rouen, où plusieurs habitants, ont été mis en examen en 2008. Mais je n’étais même pas un des potes de Julien Coupat. Tarnac ce n’est même pas une bande de copains. Concrètement, on me soupçonnait d’avoir un comportement plus ou moins subversif d’un point de vue politique. » Charles avoue même ne pas connaître vraiment le dossier Tarnac, seulement ce que les mis en examen lui auront dit et ce qu’il aura lu dans les journaux. Il délivre son analyse : « Tarnac est devenu un groupe suite aux accusations. Il a fallu donner un cadre, d’où le nom. Ce qui fait que tu es dans le dossier ou pas, c’est ta place dans le scénario de la police. »

Quatre ans après le début de l’affaire de Tarnac, devenu au fil des années un bourbier judiciaire, la Sdat pense donc avoir trouvé un nouveau complice du sabotage. Ce 23 février 2012, « des flics de haut-vol » fouillent donc la maison des parents du forgeron après lui avoir signifié sa mise en garde à vue. Une garde à vue qui durera 35 heures. La perquisition aura fait beaucoup rire Charles qui avoue avoir eu « envie de plaisanter » mais s’être retenu par « peur qu’ils me prennent au premier degré ». « Ils ont fouillé toute la maison, ont retourné ma chambre, ont scruté mes bouquins, mon bureau, mes affaires de fac. Mais ils n’ont rien saisi dans ma chambre », se rappelle-t-il. « Pour prouver l’association de malfaiteurs et me lier aux mis en examen de Tarnac, ils ont saisi de vieux téléphones portables. » Rien non plus n’aura été saisi dans la forgerie, pourtant l’endroit le plus à même de receler des indices du sabotage. Et pourquoi pas quatre ans plus tard ? Charles se rappelle d’un détail qu’il raconte goguenard. « Dans la chambre de mon frère, ils ont trouvé deux cagoules trois trous. Elles avaient été utilisées pour l’enterrement de vie de garçon d’un copain », rit-il encore.

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Charles Torres préférait ne pas être pris en photo.

La perquisition terminée, les policiers le menottent et l’emmènent « à 200 kilomètres/heure » à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Avant d’atteindre le siège de la Sdat, il rapporte avoir eu les yeux cachés par un masque de sommeil. « Là, j’ai senti que l’on descendait de cinq étages sous terre. Arrivés dans les locaux, on est passés de sas de sécurité en sas de sécurité »… jusqu’à la salle de garde à vue. Pendant ces 30 heures de garde à vue, Charles refusera de répondre aux questions : « J’ai décliné mon état-civil, sinon j’ai répondu des blagues ». La meilleure solution pour quelqu’un qui ne sait pas ce qu’on lui reproche, mis à part la vague « association de malfaiteurs ». « Ils n’avaient rien pour me mettre en garde-à-vue, il n’était pas question pour moi de leur donner de quoi me mettre en examen ». L’ancien étudiant en histoire se rappelle de quelques questions posées par la police. « Ils m’ont demandé ce que je pensais de la société capitaliste marchande ou quelles étaient mes opinions politiques », évoque-t-il. En lui présentant des photos des crochets utilisés pour saboter les caténaires, on lui aura même demandé s’il les avait fabriqués. Charles répondra avec l’ironie qui lui semble chère : « Vous m’amenez le modèle et je vous fais un devis ».

En fin de garde à vue, on lui demandera de donner son ADN, justifié par « des motifs graves ou concordants » dans l’affaire pour laquelle il était entendu. Chose qu’il refusera. Par conviction. « Je n’ai pas envie de faire partie d’un fichier ADN des catégories politiques », affirme-t-il. Pour lutter contre le « flicage », il refuse aussi d’avoir un téléphone ou une carte bancaire. Ce qu’il ne sait pas, à ce moment-là, c’est que la police a pris soin de nettoyer de fond en comble la salle de garde à vue, revèle Laurent Borredon, dans Le Monde du mardi 5 février 2013 : « Ce matin-là, les policiers ont nettoyé à fond les locaux de garde à vue, à l’aide d’une solution hydroalcoolique. Le bureau et le sol. Dans quelques instants, Charles Torrès va être entendu pour la quatrième fois. Les policiers souhaitent récupérer son ADN et il faut que tout soit immaculé. » Selon Le Monde qui s’est procuré le procès-verbal de la garde à vue, Charles fait bien en sorte ce jour-là de consommer « sa brique de jus d’orange sans en utiliser la paille » puis d’en « laver soigneusement l’extérieur, de sorte à n’y laisser aucune trace biologique. » Charles aura aussi mangé sans utiliser de couverts, « directement au moyen de ses doigts », pour être sûr de ne laisser aucune trace. Les policiers récupèrent tout de même quelques cheveux sur le sol du local où il était interrogé.

L’absurde du procès du mercredi 6 février 2013 ? La justice est en possession de l’ADN de Charles Torres mais on lui reproche de ne pas avoir voulu le donner. Il risque 15’000 euros d’amende et un an de prison ferme. Sur son blog, il appelle ses soutiens à « venir rire » au TGI de Rouen à 13h30, « parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’antiterrorisme s’inflige à lui-même ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Zoé Lauwereys, Grand-Rouen.com, 6 février 2013)

 

Tarnac : un homme jugé pour refus de donner son ADN, déjà prélevé à son insu

Les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire n’ont pas peur de la contradiction. Le 24 février 2012, à 11h15, ils ont recueilli l’ADN de Charles Torrès, 28 ans, à son insu. Puis, à 11h35, ils ont lancé une procédure contre le jeune homme gardé à vue dans le cadre de l’affaire de Tarnac pour… refus de prélèvement génétique. Charles Torrès doit être jugé, mercredi 6 février, par le tribunal correctionnel de Rouen. Il risque, au maximum, un an de prison et 15’000 euros d’amende. À la suite de sa garde à vue, il avait été relâché sans charge, mais cela n’empêche pas d’être dans l’obligation de laisser son ADN. Il suffit qu’existent des « indices graves ou concordants » contre la personne entendue, indique le code de procédure pénale.

Ce matin-là, les policiers ont nettoyé à fond les locaux de garde à vue, à l’aide d’une solution hydroalcoolique. Le bureau et le sol. Dans quelques instants, Charles Torrès va être entendu pour la quatrième fois. Les policiers souhaitent récupérer son ADN et il faut que tout soit immaculé. Les enquêteurs veulent vérifier si le jeune homme, interpellé la veille près de Rouen, n’a pas forgé les crochets qui ont servi à saboter des lignes de TGV, à l’automne 2008.

« DÉLOYAUTÉ »

Charles Torrès est aussi prudent que les policiers sont méticuleux : il a « consommé sa brique de jus d’orange sans en utiliser la paille, puis en [a] soigneusement lavé l’extérieur, de sorte à n’y laisser aucune trace biologique (…). À l’heure du déjeuner, il a été constaté qu’il mangeait sans utiliser de couverts, directement au moyen de ses doigts », note le lieutenant de la SDAT, dans son procès-verbal, que Le Monde a pu consulter.

Mais le stratagème réussit : les hommes de la police technique et scientifique parviennent à récupérer « les prélèvements de traces de contact » là où il « a apposé ses mains ». Encore mieux, « à l’aplomb du siège où [il] s’est assis, des cheveux jonchent le sol ». Précis, le policier indique « que la présence de ces cheveux au sol résulte de la propension qu’a manifestée Charles Torrès à se passer (nerveusement) les mains dans les cheveux ». Trente heures de garde à vue dans les locaux de la SDAT, c’est un peu stressant…

Comment justifier une procédure pour refus de prélèvement d’ADN quand on vient de le recueillir ? En faisant comme si de rien n’était : le procureur qui poursuit puis les magistrats qui vont juger le dossier « ADN » n’ont accès qu’aux pièces du dossier Tarnac que la SDAT veut bien leur transmettre. Le PV de recueil de traces génétiques a été opportunément exclu. Au contraire, une enquêtrice justifie la procédure en assurant que le prélèvement demandé à Charles Torrès « aurait utilement permis de déterminer le profil génétique de l’intéressé aux fins de comparaison avec les empreintes génétiques à ce jour non identifiées ».

« Il s’agit d’un symptôme de plus de la déloyauté qui contamine tout le dossier », estime Me William Bourdon, l’un des avocats de Charles Torrès. Il souhaite déposer une question prioritaire de constitutionnalité, mercredi. Pour lui, les articles de loi sur les prélèvements d’ADN sont « défaillants » face au principe de libre disposition de son corps : l’officier de police judiciaire n’a pas d’obligation d’informer qu’il peut y avoir un prélèvement clandestin, puis que ce prélèvement a eu lieu — ce qui interdit tout recours — et, enfin, il n’est pas obligé de vérifier que le gardé à vue est déjà fiché, avec le risque d’une multiplication des prélèvements.

Et la comparaison des empreintes génétiques ? Au final, elle n’a rien donné.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Laurent Borredon, LeMonde.fr, 5-6 février 2013)

 

Pourquoi j’ai refusé de livrer mon ADN

Le 6 février 2013, Charles Torres comparaît au tribunal de Rouen pour avoir refusé le prélèvement de son ADN lors d’une garde à vue de 35 heures début 2012. Forgeron, on le soupçonnait de complicité dans l’affaire de Tarnac et d’avoir fabriqué les crochets qui servirent à bloquer des TGV en 2008.

Le 23 février 2012, je fis bien malgré moi une entrée fracassante dans l’affaire dite « de Tarnac ». Une escouade de policiers de la Sous-Direction antiterroriste (SDAT), avec à leur tête le médiatique juge Fragnoli, vint me sortir du lit de bon matin. Bien qu’habitant la Seine-Maritime, je devins ce jour-là « le forgeron de Tarnac ». À défaut de pouvoir établir le moindre lien entre les mis en examen et les fameux crochets, le juge voulait à toute force insinuer un lien entre eux et quelqu’un qui aurait pu les fabriquer. Je fus donc, avec mon père de 86 ans, soupçonné le temps d’une garde à vue d’avoir confectionné les crochets qui servirent à bloquer des TGV une nuit de novembre 2008.

On sait que le storytelling antiterroriste ne s’embarrasse guère de la vraisemblance, et les différents articles parus dans la presse lors de mon arrestation le reproduisirent fidèlement. Il n’y eut d’ailleurs à peu près personne pour mentionner le fait que je fus libéré au bout de 35 heures sans la moindre charge ; et ni le juge ni les policiers ne me présentèrent leurs excuses pour m’avoir ainsi kidnappé sans raison valable. Faute d’excuses, je pensais qu’ils auraient à cœur de se faire oublier pour ces 35 heures de séquestration légale. Sur ce point, c’est bien moi qui me suis trompé.

Comme je le précisais plus haut, des amis harcelés par l’antiterrorisme, j’en ai quelques-uns, à Rouen comme à Tarnac. Je lis la presse aussi. De ce fait, je sais comme tout un chacun que tout ce que l’on peut déclarer dans une garde à vue a vocation à être déformé et utilisé contre vous. Je réservais donc mes réponses aux questions des policiers sur mes idées politiques au juge en charge de l’enquête. Malheureusement, il ne crut pas bon de me recevoir. Quelques jours plus tard,  je fis tout de même l’effort de lui écrire afin de ne laisser aucun doute quant à l’erreur manifeste que représentait mon arrestation. Le jour même où cette missive devait paraître, le juge, qui allait être dessaisi, la recouvrit de l’annonce de son autodessaisissement. Il fit ainsi d’une pierre deux coups, et la missive ne parut jamais.

Pas plus que je n’avais de raison d’être en garde à vue à Levallois-Perret, n’avais-je de raison de livrer mon ADN à la police, qui de toute façon alla le récupérer lamentablement sous la forme d’un cheveu laissé sur le sol d’une salle d’interrogatoire. Je refusai donc. Faut pas pousser.

Mais refuser de donner son ADN est un délit, en soi. C’est-à-dire que même lorsque l’on vous l’a pris malgré vous, qu’on l’a analysé, qu’il vous a dédouané et que vous êtes à l’évidence lavé des soupçons qui avaient justifié qu’on vous le demande, vous êtes encore et toujours coupable d’avoir refusé. C’est cela la loi sur l’ADN, et c’est pour cela que je comparaîtrai au tribunal de Rouen ce mercredi 6 février.

De prime abord, on pourrait penser que je suis, ici, victime de l’un des effets pervers d’une loi mal formulée et qu’il suffirait d’un peu de bon sens pour que tout rentre dans l’ordre. C’est tout le contraire que mon procès révèle.

On peut ainsi remettre en question l’efficacité de l’ADN, et la mystification qui consiste à corréler une trace souvent partielle avec un acte. On peut évoquer ce professeur d’EPS récemment accusé d’avoir tiré sur la police à Amiens car son ADN avait été retrouvé sur une arme : il avait eu le malheur de revendre sa voiture à quelqu’un du quartier insurgé longtemps auparavant. Coup de chance, il put prouver qu’il était en Bretagne la nuit des tirs. On peut avancer le cas de cette chimiste assermentée de Boston, Annie Dookhan, qui par zèle a bidonné, des années durant, ses « expertises », ce qui aboutit à la remise en cause de dizaines de milliers de condamnations dans le Massachusetts. On peut faire valoir que les traces génétiques que partout nous déposons se mêlent et s’entrelacent avec toutes celles de tous ceux que nous croisons, que nous aimons. Que l’existence est toujours collective et qu’aucune analyse génétique ne permettra jamais de décrypter le monde tel qu’il est vécu.

On peut tout autant s’indigner du fait que ce qui fut initialement vendu comme le « fichier des violeurs » comporte aujourd’hui plus de 2 millions d’identifications. On peut même tomber des nues en lisant dans Le Monde du 21 février 2012 que désormais la police, grâce à un « vide juridique », détourne les garde-fous du FNAEG pour retrouver des gens grâce à l’ADN de leurs parents (ce qui fait évidemment exploser le nombre de personnes effectivement fichées à des dizaines de millions).

On peut arguer de tout cela, et certainement faut-il le faire. Mais c’est manquer l’élément essentiel. Ce qui nous pose problème avec le fichage ADN, ce n’est pas qu’il soit faillible. Ce qu’il y a d’effroyable dans le fichage génétique, c’est précisément son efficacité, son efficacité policière. Couplée à l’antiterrorisme dont on a vu qu’il permet d’arrêter à peu près n’importe qui pour à peu près n’importe quoi, la loi sur l’ADN ne fait qu’affranchir la police de toute contrainte légale pour assurer le maintien de l’ordre par tous les moyens nécessaires. C’est pourquoi elle sanctionne ceux qui, pour le vol d’un camembert, refusent de s’y soumettre. Dans l’époque mouvementée qui s’annonce, où l’ordre existant ne tient plus qu’à un fil, l’ADN est pragmatiquement un outil sans pareil.

C’est tout aussi pragmatiquement qu’il nous faut nous opposer à ce que la police détienne nos codes génétiques pour 20 ans. Parce qu’il n’est pas question de leur laisser un tel chèque en blanc. Parce que l’exiger au prétexte que quelqu’un serait anarchiste ou communiste voire syndicaliste, la police le fait déjà.

Ce n’est pas une question de loi, ni même de raison ou d’arguments, c’est la confrontation de deux pragmatismes : celui du contrôle des populations contre celui de l’insoumission du vivant. Cela relève du politique. C’est pourquoi il nous faut massivement et systématiquement nous soustraire aux relevés d’empreintes génétiques. Parce que l’arsenal sécuritaire derrière lequel cette société se retranche dit assez combien elle sait que ses jours sont comptés.

Les invités de Mediapart, 5 février 2013

Publié dans Fichages, La police travaille, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...), Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Le Procès du Forgeron] « Qui vole un œuf, viole un bœuf »

[Stop-THT] 9 et 10 mars 2013 – La lutte antiTHT sur la ZAD

B(L)OCAGE
ZAD Partout, THT, TGV Nulle Part

Un refus, un “NON” ou un “Stop !” adressé à un “Grand Projet Inutile”. Une volonté de se réapproprier sa vie, de ne plus vivre selon les codes et les normes de société industrielle de consommation. Des cabanes construites dans les arbres. Une pluie battante, qui tombe parfois sans s’arrêter plusieurs jours de suite. De la boue jusqu’aux genoux à n’en plus finir. Des bottes qu’on est content d’enlever à la fin de la journée et, qui en dégageant un délicieux parfum, mettent des jours à sécher. Des nuits froides où l’on se couvre de multiples couvertures pour rester au chaud. Des frontales qui s’activent dans la nuit, autour des machines affrétées par une grande entreprise. Des réveils difficiles parce qu’il faut se sortir de son cocon chaud pour aller bloquer les travaux d’un début de chantier, ou des mairies pendant une enquête publique. Des rassemblements publics de soutien, et des discussions interminables sur “les bilans de la lutte et ses perspectives”, sur la “violence”, sur “les médias”. Une existence qui apprend à faire avec une omniprésence gendarmesque dans nos espaces de vie. Une profonde désillusion sur la “démocratie”, sur la “république”, sur cette “France, État de droit, et patrie des droits de l’homme”. Une rage grandissante contre un système qui impose à coups de matraque, de lacrymos, de grenades, les intérêts capitalistes de grandes entreprises. Une colère face à leur violence, celle qui feint d’écouter, celle qui mutile, celle qui convoque et condamne ceux que l’on aime… Une conviction : notre lutte a dépassé son cadre “local”. Une hypothèse : notre organisation horizontale peut nous emmener jusqu’à la victoire. Une question, que sont nos victoires ? Qu’est ce que c’est LA victoire ? Une certitude, nous ne serons plus jamais les mêmes…

Où suis-je ?

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes ? Oui… mais pas que… Ce tableau peut pour beaucoup, paraître être restreint à celui de la “Zone À Défendre”, celui de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, largement médiatisé, et qui a de loin touché le plus de monde. Pour autant, il est déroutant de constater que cette description peut coller à de nombreuses luttes passées, présentes, ou à venir. Il ne s’agira pas ici de faire un état des lieux de tous ces combats, mais plus de se concentrer sur les rapports de deux luttes “bocagères” qui ont eu et ont toujours lieu aujourd’hui. Celle de NDdL, et celle, contre la construction de la THT Cotentin-Maine.

Aujourd’hui, nous luttons contre la même logique d’asservissement des territoires qui vise à rendre nos espaces attractifs, aménagés pour l’économie marchande, et quadrillés pour le contrôle de l’ordre établi. Chaque zone, chaque espace, chaque personne doit avoir un rôle ou une fonction au service des métropoles. Dans un souci d’entretenir une façade “démocratique”, ces projets sont systématiquement imposés selon le même protocole : débats publics, enquête publique, déclaration d’utilité publique, mesures de compensation et de rachat, pression financières de corruption sous forme de subventions… D’un bout à l’autre du bocage, ce qu’ils cherchent c’est d’abord acheter le silence, celui des mairies, des conseils départementaux, régionaux… mais aussi et surtout celui des individus, des associations et des riverains.

Face à ces procédés, ce n’est ni le silence, ni la résignation, mais bien la résistance qui a été notre premier instinct. Un refus adressé à ce système, à ce “monde du progrès” dans lequel on hésite pas à supprimer les aides sociales ainsi que des postes dans l’enseignement et la médecine au profit de l’armement des forces de l’ordre, et d’une invasion colonialiste pour par exemple, s’assurer une mainmise sur des gisements d’uranium. De là, notre opposition est devenue une lutte, un combat de tous les jours pour la réinvention perpétuelle de nos existences, bien en dehors de ce système là. Notre lutte, s’est organisée, en associations, collectifs ou assemblées horizontales. Le “subir” a été enterré au profit de “l’agir”. Manifestations, rassemblements, réunions d’information, recours juridiques, mais aussi grève de la faim, actions publique d’interférences, blocages, barricades et sabotages sont devenus nos armes. Et les différences de ces modes d’action nous ont apporté une diversité qui n’a fait que nous enrichir.

Cependant, une partie du commun de nos luttes c’est aussi la répression. Celle exercée par l’État, qui à coups de surveillance, de convocations, de condamnations, de matraques, de gaz et de grenades, a tenté de nous faire taire. Nous savons aujourd’hui, en Loire-Atlantique, en Manche et en Mayenne, ce que c’est la “vie en zone occupée, en zone militarisée”. Nous avons pu faire l’expérience d’une stigmatisation de nos luttes qui cherche à nous diviser entre opposant-e-s.

Pour autant, cette offensive n’a pas réussi à ébranler nos solidarités, ni à diminuer notre détermination. Pour ceux-elles de la THT, ce ne sont pas les multiples garde à vue, condamnations, blessures et mutilations, pas plus que la coupe du bois ou la construction des derniers pylônes de la ligne qui ne signent la fin de la lutte. Pour ceux de la ZAD, l’opération d’expulsion “César” menée par les forces de l’ordre n’a été que l’étincelle d’un mouvement très large de résistance qui ne fait que grandir chaque fois qu’un lieu de vie est menacé d’expulsion.

Aujourd’hui, ce que nous souhaitons, c’est partager ce commun de lutte. Le partager pour nous enrichir mutuellement encore plus. Pour que ce partage devienne une force. Pour que le “Contre l’aéroport et son monde” et “le Contre le Nucléaire et son monde” deviennent une seule et même expression. Parce que la convergence de nos luttes doit pour nous devenir plus qu’une écriture de textes.

De ce fait, à l’heure où l’abandon du projet d’aéroport paraît plus que probable, où un nouveau lieu permanent se crée dans la Manche pour continuer le combat contre le Nucléaire, la question des victoires semble se poser. Alors que les rencontres, les amitiés et les solidarités que nous avons pu tisser apparaissent comme un butin qu’ILS ne nous reprendrons jamais, pouvons-nous espérer arracher encore plus ? Qu’est-ce qu’un abandon du projet d’aéroport signifierait pour toutes les autres luttes dites locales ? Comment constituer une réelle plateforme de lutte commune dans les bocages ? Comment généraliser nos combats jusque dans les périphéries bétonnées de la métropole ?

Venez en discuter avec nous les 9-10 mars 2013 sur la ZAD.

Programme :
Samedi midi : pique-nique auberge espagnole. RDV 12H30 à la Chat-Teigne • Samedi après-midi : discussion sur l’historique et la convergence entre la lutte anti-THT et la lutte à NDDL, 14h à la Chateigne Samedi soir : projection du film THT, Remballe ton Elek + concert Dimanche : randonnée publique et pique-nique sous les pylônes de la ZAD. RDV 11h aux Rosiers

Liste de diffusion stop-tht, 8 février 2013

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[Nos médias] Des nouvelles de la lutte des ouvriers de PSA Aulnay en grève reconductible illimitée

Les ouvriers en lutte de PSA Aulnay sont en grève reconductible illimitée depuis le 16 janvier 2013. Les ateliers de montage et de ferrage sont occupés par les grévistes… Face à eux des dizaines de cadres envoyés par la direction pour tenter de casser la grève.

• Court reportage réalisé le 31.01.2013 à l’atelier de montage puis de ferrage pendant l’occupation de l’usine. Télécharger

• Entretien avec Brahim sur la convergence avec les ouvriers en lutte de Renault Cléon. Réalisé le 31.01.2013 dans l’atelier de montage occupé. Télécharger

• Entretien avec Mimoun sur l’organisation de la grève et la répression patronale. Réalisé le 05.02.2013 sur le parking de l’usine. Télécharger

• Entretien avec Salvator sur l’organisation de la grève et le mouvement de lutte. Réalisé le 05.02.2013 dans l’atelier de ferrage occupé. Télécharger

• Prise de son durant l’intervention d’un délégué CGT sortant d’une réunion avec la direction. Réalisé le 05.02.2013 dans l’atelier de montage occupé. Télécharger

• Prise de parole de Xavier Mathieu, figure de la lutte des Continental de Clairoix en solidarité avec les grévistes d’Aulnay. Réalisé le 05.02.2013 durant le meeting organisé par les ouvriers en luttes sur le parking de l’usine. Télécharger

Réalisé par l’équipe de l’émission Au fond près du radiateur sur FPP – Sons en luttes, 6 février 2013

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[Révolution tunisienne] « La chute du régime ! » « Pas de remaniement, prenez vos chiens et partez ! » « Chevrotine, cartouches, les Tunisiens n’ont pas peur ! »

13h58. Tunisie : échauffourées aux funérailles

La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des dizaines de manifestants dans le centre de Tunis ainsi que des casseurs [sic – NdJL] aux abords du cimetière où l’opposant Chokri Belaïd doit être inhumé.  Des groupes de casseurs ont voulu attaquer des voitures face au cimetière et la police les a dispersés avec du gaz lacrymogène provoquant un bref mouvement de panique. La police a aussi pourchassé à coup de matraque et de gaz des jeunes manifestants scandant « dégage, dégage » sur l’avenue Habib Bourguiba.

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Publié par le savoir-faire français (LeFigaro.fr, 8 février 2013)

 

(…) 13h15. Affrontements à Gafsa. Selon Al-Jazeera et The Guardian, la police tire des gaz lacrymogènes à Gafsa, une ville ouvrière dans le sud de la Tunisie, pour disperser des manifestants armés de pierres et de cocktails molotov. (…)

Publié par le savoir-faire français (LeParisien.fr, 8 février 2013)

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[Valls Kyste My Ass] « Nous sommes là pour trouver des solutions » : casser l’outil de travail, briser les mobiliers urbains, s’attaquer aux édifices publics, lancer des boulons sur les policiers

ArcelorMittal : un manifestant belge perd l’usage d’un œil, enquête interne à la police

Un intérimaire belge d’ArcelorMittal a perdu l’usage d’un œil après avoir été touché par un tir d’arme à balles souples lors d’une manifestation internationale de métallurgistes mercredi 6 février à Strasbourg. Les directions générales de la police et de la gendarmerie nationale françaises ont demandé à leurs inspections de mener une enquête au sujet de cet incident.

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L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui essayaient empêcher les manifestants d’approcher du Parlement.

John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles. Il était venu manifester devant le Parlement européen pour se joindre à ses collègues venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg. L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui essayaient d’empêcher les manifestants d’approcher du Parlement. Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l’arrivée des pompiers.

« Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d’homme, à hauteur de la tête », a affirmé un syndicaliste wallon de la FGTB, Jean-Michel Hutsebaut, dénonçant « un pas inacceptable qui a été franchi ». Le numéro un du syndicat français CGT, Bernard Thibault, s’est dit jeudi « scandalisé » par la « réception brutale » des métallurgistes par les forces de police mercredi à Strasbourg, dénonçant un comportement de la police qui assimile selon lui les manifestants à « des délinquants ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 7 février 2013)

 

Manuel Valls lance un avertissement aux ouvriers en colère

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui s’est inquiété mardi des risques « d’implosion sociale » en France en raison de la crise économique, a lancé jeudi un avertissement aux ouvriers en colère, estimant qu’il n’y a « pas de place pour la violence ».

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L’annonce par Goodyear Dunlop France de son intention de fermer son usine de pneumatiques d’Amiens-Nord (Somme), les licenciements prévus à PSA et la confusion quant à l’avenir de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) ont ravivé des tensions en France, théâtre d’annonces à répétition de plans sociaux depuis plusieurs mois.

« Il y a de la désespérance chez les ouvriers, chez les ouvrières, il y a de la colère. (…) J’en appelle évidemment à la retenue, au dialogue social, à la recherche de solutions », a dit jeudi le ministre de l’Intérieur sur Europe 1.

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« Il n’y a pas de place pour la violence, et je lance évidemment un avertissement, la police, elle fait son travail, mais on ne peut pas admettre qu’on cherche à casser l’outil de travail, à briser des mobiliers urbains, qu’on s’attaque à des édifices publics, qu’on lance des boulons sur des policiers », a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail Michel Sapin a de son côté appelé de ses vœux un « dialogue renoué entre les organisations syndicales et la direction de ces entreprises ». « On peut comprendre qu’il y ait de la tension, qu’il y ait parfois même de la colère chez les syndiqués, chez les salariés concernés », a-t-il dit sur Radio Classique et Public Sénat. « Nous sommes là pour trouver des solutions », a-t-il ajouté.

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ArcelorMittal : un ouvrier a perdu l’oeil droit lors des heurts à Strasbourg

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Interrogé mardi sur BFM TV, Manuel Valls avait estimé qu’on assistait « moins à des mouvements sociaux qu’à des explosions, des implosions sociales ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Reuters, 8 février 2013)

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[Révolution tunisienne] Mort aux vaches !

Tunisie : un policier dans le coma

Un policier tunisien se trouve actuellement ans le coma, après avoir été tabassé dans la nuit par des manifestants qui ont aussi incendié un commissariat dans la ville de Gafsa, dans l’instable bassin minier, en Tunisie.

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La police travaille à Gafsa, hier.

Le policier, Walid Marzouki, a été violemment sorti de sa voiture et tabassé par une foule de jeunes. Il est hospitalisé en réanimation à Gafsa et se trouve dans le coma.

Les manifestants, qui dénonçaient le meurtre de l’opposant Chokri Belaïd, ont aussi incendié un poste de police de la ville après que les forces de l’ordre se sont retirées à l’issue d’affrontements.

La Tunisie a vu les violences se multiplier dans la capitale et plusieurs autres villes depuis l’assassinat de Belaïd, tué par balles mercredi devant sa maison à Tunis. Les violences ont fait depuis un mort dans les rangs de la police.

Presse instable (Agence Faut Payer, 8 février 2013)

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[Révolution tunisienne] « Dégage ! Dégage ! »

JEUDI 7 FÉVRIER

23h34 – Kelibia en proie aux casseurs

Un groupe de manifestants a incendié ce jeudi 7 février le local du Mouvement Ennahdha et le poste de police de la ville de Kelibia, dans une atmosphère de vive tension.

Des groupes de protestataires se sont également dirigés vers la zone touristique de Kelibia, où ils ont vandalisé deux hôtels. Les unités de l’armée nationale sont venues renforcer la présence sécuritaire dans la ville, d’après notre correspondant dans la région de Nabeul.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 février 2013)

 

20h05 – Les locaux d’un commissariat de police saccagés à Tunis-témoins

Un commissariat de police de la capitale tunisienne a été attaqué et mis à sac par plusieurs centaines de manifestants jeudi dans le cadre des troubles qui ont suivi l’assassinat de Chokri Belaïd, une figure de l’opposition, ont rapporté des témoins.

Plusieurs centaines de jeunes ont participé à l’opération. Ils ont jeté dans la rue les meubles, le matériel et les dossiers du commissariat avant de prendre la fuite, ont rapporté des témoins.

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La mort de Chokri Belaïd, abattu mercredi devant son domicile, a déclenché des manifestations parfois violentes à travers le pays contre les islamistes parvenus au pouvoir par les urnes après le renversement en janvier 2011 de Zine Ben Ali, élément déclencheur du « printemps arabe ».

Presse contre-révolutionnaire (Reuters, 7 février 2013)

 

20h01 – Gafsa : Cinq manifestants et trois policiers hospitalisés

Les affrontements entre manifestants et agents des forces de sûreté ont repris dans l’après-midi du jeudi 7 février à Gafsa, après un retour au calme à la mi-journée.

L’emploi du gaz lacrymogène a succédé aux jets de pierres, et selon nos informations, l’hôpital Houcine Bouzaïene garde en observation 8 personnes : 5 manifestants et 3 policiers, dont un dans un état grave.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique.com, 7 février 2013)

 

(…) 19h22 – Des pillages constatés à Sfax

Des pilleurs se sont attaqués à des boutiques dans la ville de Sfax, au nord-est du pays. (…)

Presse contre-révolutionnaire (20minutes.fr, 7 février 2013)

 

16h19 – Ça dégénère grave à Kélibia. Un poste de police brûlé. Des magasins saccagés et volés. Renfort militaire. (Essabah News)

Twitter via 20minutes.fr, 7 février 2013

 

15h18 – Situation tendue à Gafsa

Plusieurs manifestants ont essayé d’envahir aujourd’hui le siège du gouvernorat à Gafsa, a rapporté le correspondant de Tunisie Numérique.

La tension se faisait vivement sentir et l’ensemble des secteurs étaient paralysés aujourd’hui. Tous les commerces, ou presque, ont fermé leurs portes par peur d’éventuels dérapages, a ajouté notre correspondant.

Des funérailles symboliques ont été organisés et les forces de l’ordre n’ont pas dérogé à la règle et ont riposté par des salves de lacrymogènes et des tirs en l’air pour disperser les manifestants.

Ensuite, les forces de l’ordre se sont attaquées au local de l’union régionale du travail, en l’investissant et en l’aspergeant de gaz lacrymogène, dans le but d’en extraire les manifestants qui s’y sont barricadés.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 février 2013)

 

(…) 14h55 : à Siliana, où ont eu lieu de violentes manifestations à caractère social menées par Chokri Belaïd en novembre dernier, des manifestants ont brûlé le siège du parti d’Ennahda. (…)

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Presse contre-révolutionnaire (LCI.TF1.fr, 7 février 2013)

 

Le gouvernorat de Siliana observe aujourd’hui 7 février une grève générale pour dénoncer l’assassinat du leader du front populaire, Chokri Belaid.

Tous les secteurs étaient à l’arrêt à l’exception des boulangeries et des pharmacies, a rapporté le correspondant de Tunisie Numérique. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 février 2013)

 

Jendouba : des protestataires font irruption dans le siège du gouvernorat

Des protestataires ont fait irruption dans le siège du gouvernorat de Jendouba ce jeudi 7 février, lors d’une marche organisée par l’union régionale du travail en présence de plusieurs partis politiques de l’opposition et des organisations en protestation contre l’assassinat de Chokri Belaid

Les manifestants ont scandé des slogans appelant à la démission du gouvernement. Les organisateurs de la marche ont appelé les protestataires à ne pas participer aux actes de violence et de saccage

Mohamed Salah Manaï, représentant du parti des travailleurs a fait savoir que les protestataires sont entrés dans le siège du gouvernorat dans le calme et que le gouverneur doit partir car il représente le pouvoir (Ennahdha).

Presse contre-révolutionnaire (MaTunisie.com, 7 février 2013)

 

(…) Des manifestants ont incendié le local d’Ennahdha, sis à Nasrallah (Kairouan), suite à l’assassinat de Chokri Belaid. Les équipements ainsi que les documents ont été ravagés par le feu. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Tuniscope.com, 7 février 2013)

 

14h42. Sur Twitter, un Tunisien témoigne : « La police très violente à Tunis aujourd’hui. Vengeance pour leur collègue ou répétition et dissuasion pour la grève de demain ? »

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14h14. La police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants à Tunis. Des heurts entre policiers et protestataires ont éclaté lorsque ces derniers ont fait mouvement vers le ministère de l’Intérieur sur l’avenue Habib-Bourguiba.

13h50. C’est une décision qui peut faire basculer le cours des événements. Le principal syndicat tunisien (UGTT) appelle à la grève générale vendredi pour les funérailles de Chokri Belaïd.

13h30. Des centaines de manifestants anti-islamistes et la police s’affrontent devant le siège du gouvernement de Gafsa, ville instable du bassin minier tunisien (centre). Les manifestants qui procédaient à des funérailles symboliques de Chokri Belaïd, l’opposant tunisien assassiné mercredi à Tunis, ont jeté un cocktail molotov sur les policiers, qui ont répliqué par des tirs massifs de gaz lacrymogènes.

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13h10. Les manifestants se dirigent vers le siège du ministère de l’Intérieur, situé sur cette avenue où des renforts policiers très importants ont été déployés après les heurts de la veille qui ont fait un mort dans les rangs de la police. Les forces de l’ordre n’ont pas réagi dans l’immédiat.

12h36. 300 militants d’opposition manifestent avenue Habib-Bourguiba en scandant « le peuple veut la chute du régime ». Sous une pluie battante, les protestataires chantent également l’hymne national, qui était déjà un chant de ralliement lors de la révolution qui a provoqué la chute, en janvier 2011, de Zine el-Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage.

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10h45. La police déploie un important dispositif de sécurité dans le centre de Tunis. Des bus, des camionnettes et des fourgons cellulaires ont été postés en nombre et la circulation a été interdite le long du ministère de l’Intérieur. Les commerces ont rouvert sur cet axe, mais par précaution, nombre de magasins ont abaissé leurs rideaux de fer pour protéger leurs vitrines. Aucun appel à descendre dans la rue n’a été lancé par les partis d’opposition ou les syndicats pour jeudi, mais la veille, les rassemblements dans plus d’une dizaine de villes ont été spontanés.

 

Des témoins ont confirmé à TunisieNumérique, que le local d’Ennahdha à Sfax, route de l’aéroport a été incendié par des inconnus, dans la nuit de mercredi à jeudi.

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Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 février 2013)

 

MERCREDI 6 FÉVRIER

20h30 – Un policier tué dans les heurts à Tunis. Un policier est mort lors d’affrontements avec des manifestants à Tunis, annonce le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, après que des heurts ont opposé forces de l’ordre et une foule dénonçant le meurtre de Chokri Belaïd. « Le policier Lotfi Alzaar, 46 ans, est mort dans l’après-midi du mercredi 6 février 2013 des suites d’une blessure à la poitrine provoquée par des jets de pierres lors d’une opération pour disperser un groupe de manifestants à Bab El-Jazira », a annoncé le ministère. « Ces manifestants étaient en train de saccager des boutiques », a-t-il indiqué.

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17h – Des manifestants érigent des barricades à Tunis. Une foule de jeunes manifestants en colère attaque par des jets de pierres la police avenue Bourguiba à Tunis, érigeant des barricades malgré les tirs de lacrymogènes.  Un blindé de la garde nationale tire des salves de gaz alors que les manifestants utilisent des poubelles, des tables de café, des barbelés et des barrières pour leurs barricades.

Après une vingtaine de minutes d’affrontements, des renforts d’une centaine de policiers casqués et armés de matraque ont chargé les quelque 150 manifestants qui ont pris la fuite dans les rues alentours.

16h30 – Quatre partis d’opposition appellent à une grève générale jeudi. Le Front populaire (gauche), le Parti républicain, Al Massar et Nidaa Tounes (centre) suspendent par ailleurs leur participation à l’Assemblée nationale constituante (ANC). Ces décisions ont été adoptées à l’issue d’une réunion de concertation entre ces formations politiques pour répondre au meurtre de Chokri Belaïd, explique un chef du parti républicain, Nejib Chebbi.

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15h30 – Affrontements entre policiers et des dizaines de manifestants à Tunis. On apprend que des heurts entre policiers et des dizaines de protestataires éclatent devant le ministère de l’Intérieur, sur l’avenue Bourguiba à Tunis, alors que des manifestants y accompagnaient l’ambulance transportant Chokri Belaïd.

Les manifestants jettent des pierres sur les policiers qui répliquent avec des lacrymogènes et de violents coups de matraque pour disperser la foule, alors que quelques dizaines de personnes protègent l’ambulance malgré les nuages de gaz, constate le journaliste de l’AFP sur place.

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15h – La foule accompagne le corps de Chokri Belaïd en ambulance au centre de Tunis. Selon Stéphanie Wenger, journaliste en poste à Tunis, le cortège se dirige vers l’avenue Bourguiba au moment même où la police tire des lacrymogènes sur les manifestants.

Une foule en colère accompagne l’ambulance transportant le corps de Chokri Belaïd, s’arrêtant symboliquement devant le ministère de l’Intérieur, au centre de Tunis, où quelques minutes plus tôt la police chargeait les manifestants.

« Le peuple veut la chute du régime ! », scandent les centaines de manifestants rassemblés autour du véhicule.

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14h30 – La police tire des lacrymogènes sur les manifestants à Tunis. La police tunisienne tire des gaz lacrymogènes sur les quelque milliers de manifestants réunis à Tunis face au ministère de l’Intérieur, avenue Bourguiba, constate un journaliste de l’AFP.

La police a répliqué après avoir essuyé des jets de bouteilles. Des nuages de gaz se répandent sur toute l’avenue, à la faveur d’un vent fort. Les policiers pourchassent les manifestants pour les disperser à coups de matraque, toujours selon le journaliste de l’AFP.

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14h – Les manifestants au gouvernement : « Dégage, Dégage ». À Tunis, quelque 4.000 personnes scandent des slogans contre le pouvoir face au siège du ministère de l’Intérieur, avenue Habib Bourguiba.

Ils reprennent en cœur « dégage, dégage », le cri de ralliement de la révolution de 2011, ainsi que l’hymne national.

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13h30 – La police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants à Sidi Bouzid. La police tunisienne tire des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui tentent de prendre d’assaut le siège de la police à Sidi Bouzid, berceau de la révolte de 2011.

Quelque 200 manifestants ont attaqué ce commissariat et les policiers répliquent immédiatement avec les gaz avant de prendre la fuite. L’armée intervient pour tenter de calmer la foule dans cette ville déshéritée du centre tunisien.

12h30 – Le point ville par ville
– À Tunis (la capitale), une foule sans cesse grandissante se réunit devant le ministère de l’Intérieur sur l’avenue Habib Bourguiba haut lieu de la révolte de 2011. À midi, il y avait 2.000 manifestants.
– À Mezzouna (75km au sud de Sidi Bouzid) : Plusieurs dizaines de manifestants ont pris d’assaut les locaux d’Ennahda, avant de l’incendier.
– À Gafsa (dans le bassin minier au centre du pays) : des dizaines de personnes ont pénétré dans les locaux d’Ennahda, y brisant les meubles et arrachant les banderoles du mouvement. 700 personnes manifestaient pacifiquement dans cette même ville.
– À Sidi-Bouzid (berceau de la révolution de 2011) : 2.000 manifestants environ scandaient des slogans anti-islamiste.
Plusieurs centaines de manifestants également à Kasserine, Béja et Bizerte.

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Des manifestants brûlent des tracts d’Ennahda devant le siège du parti à Gafsa, le 6 février 2013.

Presse contre-révolutionnaire (tempsreel.nouvelobs.com, 6 & 7 février 2013)

 

Les bureaux d’Ennahdha à Monastir, Sfax, Béja, Gafsa et Gabès incendiés et saccagés

Selon le témoignage d’un habitant rapporté par radio Shems FM, le bureau du parti islamiste Ennahdha à Monastir vient d’être incendié par des manifestants, aujourd’hui 6 février à la suite de l’annonce de l’assassinat de Chokri Belaïd.

Ce même témoin a déclaré qu’à Monastir les habitants sont sous haute tension et que les manifestants ont pris d’assaut le siège du gouvernorat scandant « dégage » à l’adresse du gouverneur d’appartenance nahdhaouie.

Même incident à Sfax et à Gafsa, les bureaux du mouvement Ennahdha ont subi d’importantes attaques aujourd’hui, par plusieurs groupes d’individus et ce, dans le même contexte et selon les mêmes motivations.

Les correspondants de radio Shems FM ont indiqué que les habitants de Sfax et de Gabès ont saccagé les locaux d’Ennahdha sans pour autant les incendier, vu que d’autres citoyens sont intervenus pour les en empêcher.

Le bureau de Béja a également fait l’objet de saccages.

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 6 février 2013)

 

Le bureau du mouvement Ennahdha à Redayef incendié

Le bureau du mouvement Ennahdha à Redayef a été totalement incendié, ce mercredi 6 février par des groupes de manifestants, à la suite de l’assassinat du coordinateur général du parti des patriotes démocrates, Chokri Belaid, apprend Africanmanager d’une source sur place.

La même source a indiqué qu’un groupe d’individus a tenté de prendre d’assaut le siège du gouvernorat de Gafsa, mais l’arrivée de la police a déjoué l’attaque.

À indiquer également que les bureaux du mouvement Ennahdha à Sfax et à Gafsa ont été attaqués. Selon des sources dans les deux villes, les citoyens ont fait irruption dans les deux bureaux et ont tout saccagé.

Presse contre-révolutionnaire (African Manager, 6 février 2013)

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[Prévention absolue] « La liberté individuelle est un concept qui n’existe plus dès lors qu’on parle de sécurité et de prévention. Notre idéal de société pacifiée est incompatible avec les gestes de révolte et de survie que les conditions économiques actuelles continueront immanquablement de provoquer »

Berne. Un faux courrier prône le retour du fichage

Une lettre signée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga dénonce le tout sécuritaire. Les auteurs de la missive seront poursuivis.

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Plusieurs habitants de Suisse romande ont reçu ce courrier. Il porte l’en-tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) et usurpe l’identité de la ministre Simonetta Sommaruga. Son contenu laisse pourtant peu de place au doute : il milite pour des examens psychiatriques de dangerosité soumis à l’ensemble de la population. Et redirige vers un site qui, tout en admettant la « farce », dénonce les lois d’internement prévues dans le Code pénal.

« Cette lettre est un faux et une copie a été transmise à la police judiciaire fédérale pour enquête », indique le DFJP. L’acte est poursuivi d’office pénalement. La police genevoise établit désormais un lien entre ce faux et les déprédations ayant visé le Département de la sécurité (DS) à Genève mardi. C’est que leur timing n’est pas anodin.

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Selon les sites antifascistes ou anarchistes, des journées d’actions contre toutes les prisons du pays devaient en effet se tenir à ces dates. À l’origine de l’appel : un groupe opposé à la détention, proche de la mouvance anarchiste. Il estime que « la fonction principale de la prison est de forcer les pauvres et les insoumis à se résigner à leur condition : trimer toute sa vie afin d’engraisser les riches ». Un message que l’on retrouve dans les tags adressés au chef du DS.

D’après un connaisseur des mouvances de gauche radicale, la menace n’est « pas importante ». Ce n’est pas l’avis du Service de renseignement de la Confédération, qui écrit dans son dernier rapport annuel que le « potentiel de violence » au sein de l’extrémisme de gauche reste élevé.

Presse carcérale (Henri Della Casa, 20min.ch, 7 février 2013)

 

Genève. Le bureau de Pierre Maudet aspergé de peinture : plainte déposée

La façade des bureaux du magistrat chargé de la Sécurité en Vieille-Ville a été souillée dans la nuit de peinture rouge et d’inscription à l’encontre du conseiller d’État. Une plainte sera déposée.

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Genève, le 5 février 2013. Attaque à la peinture et au tag du bâtiment où se trouvent les bureaux du conseiller d’état Pierre Maudet.

La façade des bureaux du magistrat chargé de la Sécurité Pierre Maudet, située place de la Taconnerie en Vieille-Ville a été la victime des tags, effectués dans la nuit de lundi à mardi. « Maudit Maudet : des limes pour tes barreaux, des bombes pour tes bureaux ! » pouvait-on lire sur la façade. Une plainte sera déposée au nom du Conseil d’État, pour « déprédation de son patrimoine », précise Caroline Widmer, responsable de communication du département, même si « Pierre Maudet a d’autres chats à fouetter », ajoute-t-elle.

« Cet acte est irrespectueux et lamentable, déclare le conseiller d’État. L’expression anonyme et injurieuse est de toute façon condamnable, surtout que je suis toujours ouvert à la discussion, que ce soit par e-mail, par téléphone ou par courrier. »

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Le nettoyage a débuté dans la matinée, après que la police scientifique a procédé à des relevés des traces de peintures utilisées.

Quid des auteurs ? Selon toute vraisemblance, il s’agit là d’une action prenant place au sein des « journées d’actions décentralisées pour la liberté de Marco Camenisch et contre toutes les prisons ». Marco Camenisch, activiste anarchiste écologiste est incarcéré en Suisse pour sa participation à des actions antinucléaires dans les années 70 et des délits liés à sa cavale. L’individu purge actuellement une peine de prison à Pfäffikon (Zürich) pour le meurtre d’un garde-frontière suisse.

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Fait étrange, l’inscription « Maudit Maudet » est taguée depuis plusieurs mois dans le parking de la Tribune de Genève. L’écriture semble semblable à celle de l’inscription taguée sur le mur du magistrat.http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/150.jpg

Presse carcérale (Olivier Francey, TDG.ch, 6 février 2013)

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« Si des intérêts énergétiques sont directement impliqués dans l’intervention militaire française au Mali, ce sont ceux liés à l’exploitation des gisements d’uranium d’Arlit au Niger (4e producteur mondial) par la société Areva, à 300 km à l’est de la frontière de la région malienne de Kidal. On rappellera que plus du tiers du combustible consommé par les centrales nucléaires hexagonales viennent de ce pays, et qu’Areva vient de signer un accord pour l’exploitation du bassin d’Imouraren (2e réserve au monde), à 80 km au sud d’Arlit, dont elle détient près de 60% du capital, et où une première tranche d’investissements de 1,2 milliard d’euros est déjà programmée »

Mali : refuser la géopolitique du « moindre mal ». Les objectifs de Serval

Le 10 janvier dernier, l’armée française envoyait un corps expéditionnaire au Mali sous le prétexte de conjurer la percée annoncée d’une colonne de pick-up djihadiste sur la ville charnière de Mopti (à 640 km au nord de Bamako). L’émotion provoquée par les exactions de ces groupes au Nord-Mali donnait à cette opération unilatérale les allures d’une croisade humanitaire, soutenue par une bonne partie de l’opinion publique internationale et malienne. Sa base légale restait cependant très faible, compte tenu de l’illégitimité du pouvoir de Bamako qui l’a ratifiée, mais aussi de la position subordonnée de l’armée malienne et du peu d’empressement des troupes de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à lui prêter main forte. Cette réflexion vise à mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette opération néocoloniale, que notre bimensuel a condamné dès le début, contre les tenants de gauche d’une géopolitique du « moindre mal ».

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Soldats français dans une rue de Tombouctou, le 31 janvier dernier

Pour appréhender un phénomène aussi complexe que le soulèvement touareg au Nord-Mali, de même que l’essor de l’islam politique et le rôle joué par les groupe djihadistes armés dans cette région, il importe de prendre de la distance par rapport aux compte-rendu émotionnels de la grande presse, qui réduit chaque événement à son apparence immédiate, contribuant à le rendre proprement insaisissable. Je commencerai donc par brosser un tableau social du Mali, dominé par la misère, de larges poches de famine, et la montée des inégalités sociales et régionales, dans un contexte marqué par la libéralisation économique et l’ouverture aux capitaux étrangers, sous la pression d’une succession de plans d’ajustement structurel, depuis la seconde moitié des années 1980. Ensuite, je reviendrai sur l’histoire des soulèvements touaregs, de la résistance à la colonisation française à la lutte contre les politiques centralisatrices et répressives du Mali indépendant. Enfin, je tenterai d’analyser le jeu spécifique de certains acteurs comme les investisseurs internationaux, les djihadistes étrangers et les trafiquants du Sahel. Je conclurai ce tour d’horizon en justifiant le refus de tout soutien à l’intervention militaire française.

Misère, inégalités et famines

En 2011, le PNUD classait le Mali en 175e position sur 187 pays en termes de développement humain. Les données les plus récentes indiquent que les femmes donnent naissance en moyenne à 6,5 enfants vivants, dont un sur 6 décède avant l’âge de 5 ans (la moitié de ceux qui survivent souffrent d’un retard de croissance) ; la mortalité maternelle concerne un accouchement sur 200 ; neuf ménages sur 10 ne disposent pas de l’électricité, 19 sur 20 ne jouissent d’aucun système d’évacuation des eaux usées [Rapport de février 2006 sur la pauvreté au Mali (2001) du gouvernement malien et du PNUD] ; les trois quarts des Malien-nes de plus de 7 ans n’ont reçu aucune instruction scolaire, etc. Et si les institutions internationales veulent faire état de quelques progrès au cours de cette dernière décennie, elles concèdent qu’ils se heurtent à une croissance ininterrompue des inégalités sociales – et régionales (les ménages de Gao, de Tombouctou ou de Kidal, dans le nord, dépensent moins de la moitié de ceux de Bamako) – et du nombre absolu de pauvres.

Pour les populations rurales, affectées par des disettes récurrentes, le « manque de nourriture » est perçu aujourd’hui comme le problème n° 1. Ainsi, au printemps dernier, 13 à 15 millions de Sahélien-nes étaient frappés par la faim, dont 3,5 à 4 millions de Malien-nes [Fred Lauener (Caritas-Suisse), « Sahel : Les prix grimpent, la pluie manque et la famine s’installe », 28 mars 2012 (cath.ch)]. Curieux destin pour les descendante-s d’un grand empire africain du Moyen-Âge, que les Peuls avaient surnommés « Mali » – qui signifie « porter chance ». Il est vrai qu’entre-temps, ses habitant-e-s ont subi l’intensification brutale de la traite négrière au profit des économies atlantiques euro-américaines, puis la colonisation française, dont les méthodes terroristes méritent d’être rappelées. Vigné d’Octon a ainsi laissé ce récit de la prise de Sikasso (au sud-est de Bamako) : « Tout est pris ou tué. Tous les captifs, 4000 environ, rassemblés en troupeau. […] Chaque Européen a reçu une femme de son choix […] On fait au retour des étapes de 40 kilomètres avec ces captifs. Les enfants et tous ceux qui sont fatigués sont tués à coups de crosse et de baïonnettes » [Cité par Jean Suret-Canale, L’Afrique noire, t. 1, Paris, Éditions sociales, 1964].

Sur ces territoires, la mort omniprésente n’est pas que le fait de la conquête, elle imprègne le quotidien des « indigènes » au gré de la spoliation des terres, du travail forcé, des châtiments corporels, du viol des femmes, de la réduction des cultures vivrières au profit des monocultures d’exportation (le coton au Mali), de la ponction fiscale asphyxiante (en numéraire, dès 1908), des innombrables humiliations… Franz Fanon en a dressé ce portrait : « le colonisé, pareil en cela aux hommes des pays sous-développés ou aux déshérités de toutes les régions du monde, perçoit la vie non comme épanouissement ou développement d’une fécondité essentielle, mais comme lutte permanente contre une mort atmosphérique. Cette mort à bout touchant, est matérialisée par la famine endémique, le chômage, la morbidité importante, le complexe d’infériorité et l’absence de portes sur l’avenir » [« Médecine et colonialisme », in : Sociologie d’une révolution. L’An V de la révolution algérienne, Paris, Maspero, 1972].

Après les indépendances, très contrôlées par l’ancienne métropole, qui peut compter sur la collaboration des élites locales [Le futur président ivoirien Houphouët-Boigny qui semble avoir utilisé pour la première fois le terme « Françafrique », auquel il donnait une connotation positive], cet héritage conduira à de nouvelles famines, et ceci dès la fin des années 60 [Sur les mécanismes de base hérités de la colonisation, voir : Comité information Sahel, Qui se nourrit de la famine en Afrique ?, Paris, Maspero, 1974]. De 1960 à 1968, le Mali indépendant de Modibo Keïta avait usé d’une phraséologie développementaliste, mais sans rompre avec les grandes lignes du compromis néocolonial. Samir Amin a d’ailleurs bien montré, il y a quarante ans, la vacuité de cette expérience, qu’il n’hésitait pas à traiter de « farce ». Sa banqueroute, marquée notamment par le retour dans la zone franc, précédera d’un an et demi le coup d’État militaire de Moussa Traoré et l’installation d’une dictature policière qui va durer 23 ans, dès novembre 1968 [L’Afrique de l’Ouest bloquée, Paris, Minuit, 1973. Rétrospectivement, dans son plaidoyer actuel en faveur de l’intervention militaire française, il donne une appréciation plus positive de l’expérience de Modibo Keïta, évoquant même « des avancées en faveur du progrès économique et social [du Mali] comme de son affirmation indépendante et de l’unité de ses composantes ethniques » (23 janvier 2013).].

Cette dernière sera renversée en mars 1991, suite à d’importantes mobilisations syndicales (dès janvier), puis de la jeunesse, dont la répression fera plusieurs centaines de morts. Ce mouvement populaire donnera d’abord le pouvoir à un secteur dissident de l’armée, dirigé par Amadou Toumani Touré, qui le remettra immédiatement aux civils. Pourtant, la nouvelle administration du président Alpha Oumar Konaré, portée à la tête de l’État par un mouvement social protestataire, va être amenée à poursuivre la même politique de réduction des dépenses publiques, de privatisation des ressources et d’augmentation des recettes d’exportation. La dette extérieure héritée de la dictature permet en effet à la France, au FMI et à la Banque africaine de développement, d’imposer à Bamako la poursuite d’ajustements structurels socialement régressifs, que l’on va bientôt renommer sans rire « cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté » [Howard W. French témoigne de ce sabotage de l’expérience démocratique malienne dans A Continent for the Taking. The Tragedy and Hope of Africa, New York, Vintage Books, 2004].

Les Touaregs : une rébellion sans fin

Les Touaregs sont peut-être 2,0-2,5 millions à peupler le Sahara central et les bordures du Sahel. Ils vivent majoritairement au Niger et au Mali, et de façon plus marginale au Burkina Faso, en Algérie et en Libye. Ils parlent une langue berbère et s’apparentent aux populations de l’Afrique du Nord avant la conquête arabe. Leur sédentarisation, leur paupérisation, leur fixation dans les quartiers les plus misérables des villes, mais aussi leur acculturation, sont des tendances générales à l’échelle régionale, favorisant la formation d’un foyer de révolte endémique dans les vastes territoires qui séparent le Maghreb de la Françafrique. En réalité, le fait touareg est en lui même un révélateur de l’architecture politique arbitraire de l’Afrique occidentale postcoloniale, dont atteste notamment le tracé des frontières entre États.

Au Mali, plus spécifiquement, il est extrêmement difficile de mesurer le poids démographique de ce peuple. Selon les sources les plus crédibles, ils seraient 500’000 à 800’000, soit 3 à 5% des 16 millions de d’habitant-e-s de cet État. Dans les trois régions du Nord, ils représenteraient cependant un tiers et peut-être la moitié d’une population estimée à moins de 1,5 million d’âmes. Cependant, contrairement aux autres habitant-e-s du pays, dont les couches les plus défavorisées se concentrent dans les zones rurales, les Touaregs les plus pauvres vivent en ville, notamment à Tombouctou, Gao ou Kidal, mais aussi à Bamako. Cette particularité pourrait contribuer à expliquer l’influence croissante parmi eux de groupes politiques salafistes, comme Ansar Dine, qui ont su tirer parti des ressentiments provoqués par un tel « déclassement ».

Depuis la fin du 19e siècle, les Touaregs offrent une résistance farouche à la France. En janvier 1895, ils infligent une défaite cuisante au colonel Bonnier, qui trouve la mort devant Tombouctou avec son état-major, avant que le colonel Joffre ne reprenne l’offensive coloniale avec succès. Petit à petit, les métropolitains « parviennent » à occuper l’Azawad, brisant tout foyer de résistance au moyen de représailles sanguinaires. Dès 1903, ils soumettent la principale confédération de tribus, avant qu’elle ne reprenne le flambeau de la révolte au cours de la Première Guerre mondiale (1916-1917). Cet ultime soulèvement généralisé est sanctionné par un véritable massacre. Dès lors, toute insubordination est cruellement réprimée. En 1954, le régime colonial promène ainsi la tête d’Alla ag Albacher dans les rues de Boureissa pour montrer le sort qu’il réserve à ceux qui osent s’opposer à l’autorité française.

Au lendemain de l’indépendance, la révolte touarègue fait cependant rage à nouveau, en 1962-1964. Elle sera brutalement écrasée par le pouvoir centralisateur de Modibo Keïta, qui n’hésite pas à commander le bombardement des populations civiles de l’Adrar des Iforas et le mitraillage de leur cheptel, obligeant même leurs enfants à chanter en bambara.

Les hostilités reprendront de 1990 à 1995 (on parle de 5000 victimes), suscitant une nouvelle vague de répression, mais aussi l’explosion de conflits inter-ethniques et la formation de milices d’auto-défense parmi les Songhaïs. Pourtant, cette nouvelle éruption n’est pas comparable à celle des années 60, dans la mesure où elle implique bon nombre de rapatriés de Libye et d’Algérie, qui s’étaient enrôlés dans la Légion islamique de Kadhafi (dissoute en 1987) ou dans le Front Polisario, poussés par les famines des années 70 et 80. De retour au pays, ils ont recruté des jeunes sans emploi et formé des groupes mobiles, équipés de 4 × 4 et d’armes légères, pour harceler des symboles de l’État central ou des sites stratégiques (mines d’uranium d’Arlit au Niger). Pourtant, faute d’enracinement social et de ciment idéologique, ils ne parviennent pas à surmonter leurs divisions tribales et régionales. En 1996, ils finissent par accepter de déposer les armes en échange d’un plan de réinsertion de leurs combattants et du retrait de l’armée du Nord-Mali. Ce résultat politique sera conforté socialement par un recul provisoire de la sécheresse et une hausse des prix du bétail.

Arguant du non respect de ces accords, le soulèvement touareg reprend cependant en 2006-2008, provisoirement endigué par un effort de médiation algérienne. Il coïncide avec une nouvelle exacerbation des inégalités sociales et régionales. Des développements analogues se produisent d’ailleurs au Niger, en 2007-2009, marqués par l’enlèvement de quatre employés de l’entreprise française Areva (juin 2008), libérés quelques semaines plus tard. Ils se concluront par la médiation de la Libye, alors très proche de Paris… Les hostilités reprendront au Nord-Mali en janvier 2012, à la faveur d’une terrible sécheresse, mais aussi d’un nouvel afflux d’armes et de mercenaires, mis sur la touche suite à l’effondrement du régime de Kadhafi. Si les combattants touaregs ont pu d’abord paraître moins divisés entre eux que dans les années 90, avec la formation, du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), c’était sans compter sur les succès du front salafiste Ansar Dine (Défenseurs de la religion), mené par Iyad ag Ghali, l’un des principaux chefs du soulèvement des années 90. À noter que l’homogénéité même de ces deux forces est faible, comme l’ont montré la relative dilution du MNLA et la scission plus récente d’Ansar Dine.

Course aux ressources naturelles

Les capitaux étrangers s’intéressent de plus en plus à l’Afrique subsaharienne qui, loin d’être un sous-continent délaissé par la mondialisation, suscite un intérêt croissant dans les domaines agricole, minier et énergétique. Au Mali, le Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI), fondé en 2003, comprend des représentants de nombreuses multinationales – Anglogold, Barclays, Coca-Cola, etc. –, et associe le FMI et la Banque mondiale à ses réunions. Par ailleurs, l’Agence malienne de promotion des investissements (API), créée en 2005, note que les flux des capitaux étrangers sont encouragés sans restriction (y compris le rapatriement des dividendes et des produits des ventes et liquidations). Dans le domaine foncier, l’API affirme que 2,5 millions d’hectares de terres arables sont disponibles aux investisseurs [En particulier sur les terres irriguées de l’Office du Niger, un héritage de la colonisation], en grande majorité étrangers, notamment pour produire des agro-carburants, alors que le pays n’en compte en tout que 4,7 millions, et que la surexploitation des sols conduit à leur dégradation et désertification accélérées [The Oakland Institute, Comprendre les investissements fonciers en Afrique. Rapport : Mali, 2011 (oaklandinstitute.org)].

Dans le domaine minier, le sous-sol du Mali contient beaucoup plus de ressources que celles mises en exploitation. Sa production d’or fait la fortune de l’Anglogold sud-africaine et place le pays en 16e position mondiale (2009). Pourtant, les conditions de travail y sont déplorables (en particulier pour les enfants de moins de 15 ans) et les risques qu’elle fait courir à l’environnement ne justifient en aucun cas ses retombées économiques, qui servent pour l’essentiel à assurer les revenus de quelques rentiers locaux (20% du capital sont en mains maliennes), de même que le service de la dette extérieure. L’exploitation d’autres gisements – pierres semi-précieuses, bauxite, uranium, etc. – sont encore largement du domaine de la prospective.

De gros espoirs portent sur l’extraction futur du pétrole dans le nord du pays, en particulier dans le basin de Taoudeni, mais le forage, l’exploitation et le transport des hydrocarbures posent encore des problèmes techniques, logistiques et financiers insolubles, sans parler des questions de sécurité. Si des intérêts énergétiques sont directement impliqués dans l’intervention militaire française au Mali, ce sont ceux liés à l’exploitation des gisements d’uranium d’Arlit au Niger (4e producteur mondial) par la société Areva, à 300 km à l’est de la frontière de la région malienne de Kidal. On rappellera que plus du tiers du combustible consommé par les centrales nucléaires hexagonales viennent de ce pays, et qu’Areva vient de signer un accord pour l’exploitation du bassin d’Imouraren (2e réserve au monde), à 80 km au sud d’Arlit, dont elle détient près de 60% du capital, et où une première tranche d’investissements de 1,2 milliard d’euros est déjà programmée.

Djihadistes et trafiquants

La situation sur le terrain est compliquée par la montée en puissance de deux types d’acteurs, qui se confondent largement, tout en se disputant l’espace du Sahel : 1. Les djihadistes étrangers issus du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) – dissidence du Groupe islamiste armé algérien (GIA) – qui se revendiquent d’al-Qaïda, dont une fraction rivale, le Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) s’intéresse plus spécifiquement à l’Afrique subsaharienne ; 2. Les trafiquants en tous genres, en particulier de cocaïne et d’héroïne, et leurs relais locaux. Évidemment, les sources de financement et les complicités politiques de ces deux types d’acteurs sont beaucoup plus importantes et plus diversifiées que celles dont disposent les rebelles touaregs.

1. L’essor des groupes djihadistes au Sahel résulte de leur double défaite, en Afghanistan et en Algérie, mais aussi de leur affaiblissement relatif au Pakistan. Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est ainsi réputé depuis quelques années avoir établi le nouveau centre mondial de ses activités terroristes dans les pays africains, entre le 12e et le 20e degré de latitude nord, du Soudan à la Mauritanie. Les forces se revendiquant d’AQMI, dont il est difficile de mesurer les effectifs, se sont formées dans le prolongement de l’annulation de la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) par l’armée algérienne, en 1992, qui précède la répression implacable du Groupe islamique armé (GIA), dont une dissidence cherchera à sortir du cas-de-sac algérien en fondant le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), en 1998, qui se lie au djihadisme international dans la première moitié des années 2000, avant de prendre le nom d’AQMI en 2007.

Bien malin qui peut évaluer aujourd’hui les effectifs et le fonctionnement de cette nébuleuse éclatée, tiraillée par divers parrains occultes, mais aussi au gré de divers trafics lucratifs, dont les prises d’otages et demandes de rançon [Un nombre croissant d’observateurs doutent de l’existence d’une structure centralisée répondant au sigle AQMI (voir notamment Mehdi Tage, « Vulnérabilités et facteurs d’insécurité au Sahel », Enjeux ouest-africains, n° 1, août 2010)]. Il est cependant raisonnable de la distinguer d’un islam politique d’obédience salafiste, disposant d’une certaine implantation populaire, comme Ansar Dine au Nord-Mali. Ce dernier tente plutôt d’exploiter à son profit la paupérisation endémique, accentuée par les traitements de choc des institutions financières internationales – soutenues par les puissances occidentales –, mis en œuvre par les autorités néocoloniales de Bamako. Il vise ainsi à élargir son audience pour établir un nouveau régime fondé sur son interprétation de la charia.

C’est en invoquant la menace du terrorisme, que les États-Unis ont décidé d’accroître leur intervention militaire en Afrique, mettant sur pied en 2007 un nouveau commandement continental (Africom). Celui-ci multiplie les efforts de collaboration – exercices communs, formation de cadres, etc. – avec les armées africaines, notamment au Mali, dans le cadre du « Partenariat transsaharien contre le terrorisme ». En réalité, ce déploiement renforcé vise plus fondamentalement à sécuriser les approvisionnements US en pétrole (et autres matières premières) par le Golfe de Guinée, et à se positionner plus fortement pour faire face à la compétition croissante de la Chine.

2. L’importance des trafics actuels de drogue (cocaïne et héroïne) et de cigarettes de contrefaçon, mais aussi d’immigrant-e-s clandestins transitant par le Sahel vers l’Afrique du Nord et l’Europe, reste l’objet de conjectures, même s’il semble établi qu’ils ont connu une progression au cours de ces dernières années. Ainsi, en novembre 2009, un vieux boeing 727 modèle cargo – l’un des seuls gros jets à pouvoir atterrir sur des pistes sommairement aménagées – a été découvert dans le désert malien, à 200 km au nord de Gao. En provenance d’Amérique du Sud, il devait approvisionner en cocaïne les marchés français (via l’Algérie) et espagnol (via le Maroc).

Les groupes djihadistes se financent grâce aux enlèvements d’otages et aux nombreux trafics auxquels ils s’adonnent, qui stimulent en retour celui des armes. C’est ainsi que Mokhtar Belmokhtar, planificateur présumé de la prise d’otages d’In Amenas en Algérie, était aussi connu sous le surnom de « Mr Marlboro ». Dans de telles conditions, plus d’un observateur – de Tariq Ramadan aux porte-paroles de l’armée française – a pu mettre en doute les objectifs religieux de ces groupes. Pour ma part, je ne vois pas au nom de quoi il faudrait opposer la foi à l’appât du gain et à la terreur, même s’il est évident que le salafisme à vocation populaire est régi par d’autres dynamiques sociales que le djihadisme d’Al-Qaïda.

Un tel imbroglio a favorisé récemment l’essor de nombreuses théories du complot, qui croient deviner derrière la multiplication des groupes islamistes armés au Sahel, mais aussi des trafics de tous genres, la promotion des intérêts des États-Unis, voire de l’Allemagne, qui rêveraient de la formation d’un émirat sahélien indépendant, riche en matière premières et docile, séparé des États françafricains du Mali et du Niger. C’est ainsi au nom du « moindre mal » présumé de la domination française sur l’ensemble de cette région, que Samir Amin a justifié, le 23 janvier dernier, à la surprise de nombre de ses partisans, son soutien à l’opération Serval au Mali [On pourra lire la prise de position de Samir Amin, et sa critique pertinente par Paul Martial, sur le site Europe-solidaire.org. Voir Samir Amin (article 27717), Débat sur l’intervention française au Mali : le point de vue de Samir Amin et Paul Martial (article 27718), Débat : sur le soutien de Samir Amin à l’intervention française au Mali].

Les véritables objectifs de Serval

Moins de quatre semaines après le début de l’intervention militaire hexagonale, son succès paraît complet : la prise des principales villes du Nord a été rapide et un seul militaire français y a trouvé la mort ; les pertes civiles et les destructions au sol restent inconnues, vu le black-out médiatique imposé par Paris ; les djihadistes se sont évaporés, fuyant semble-t-il les combats ; les responsables maliens ont accueilli les troupes de l’ancienne métropole en libératrices avec un soutien populaire indiscutable ; les représailles perpétrées par l’armée maliennes ou les milices d’auto-défense communautaires n’ont pas réussi à entacher le succès de Paris, dont le moindre des miracles n’est pas d’avoir conféré à François Hollande une stature quasi-gaullienne – selon Le Parisien, l’Opération Serval est approuvée par 75% des sondé-e-s.

Le succès apparent de cette guerre éclair pose cependant une question : n’avait-on pas à dessein surestimé la puissance de feu de ces djihadistes « aguerris » et « lourdement armés », qui ont pris la fuite devant quelque 2000 soldats français [Le 13 janvier, Philippe Duval montrait déjà que le péril islamiste avait été grossièrement surestimé (tamoudre.org)] ? Paris ne s’est-il pas payé le luxe de tenir l’armée malienne totalement à l’écart des engagements les plus délicats, comme la prise de Kidal, investie sans combats ? Comment dès lors accréditer l’idée que ces combattants islamistes étaient sur le point de foncer sur la ville charnière de Mopti, au centre du pays, pour s’emparer de Bamako, une capitale de 2 millions d’habitant-e-s qui leur est violemment hostile ? Si le pouvoir malien était réputé incapable d’une telle riposte, c’est qu’il ne disposait donc d’aucun soutien populaire, et qu’il aurait fallu en changer. Or, la France, déjà défiée par le putsch avorté du capitaine Sanogo, en mars 2012, ne disposait dans l’immédiat d’aucune carte de rechange. Son engagement, préparé sur le terrain par l’Opération Sabre [Depuis deux ans, la France avait déployé des forces spéciales, des hélicoptères et un arsenal significatif au Burkina Faso et en Mauritanie, dispositif renforcé en septembre dernier dans le cadre de l’Opération Sabre], dès le mois de septembre, va lui laisser le temps de préparer une « alternative démocratique », sanctionnée par des élections en bonne et due forme.

Ceux qui promettaient un bourbier afghan à Paris et relevaient avantageusement la prudence affichée par Washington et Berlin en seront pour leurs frais. En revanche, les autorités maliennes et régionales – par le truchement de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) – vont devoir payer leur dette en combattant les unités djihadistes repliées dans les sables et les montagnes de l’Azawad. Des bruits insistants courent aussi quant à l’installation prochaine d’une base française à Mopti : « Ce n’est pas un hasard, note un commentateur sénégalais, si le bâtiment de la Marine (le porte-hélicoptères Dixmude) a appareillé de la rade de Toulon vers Dakar, avec un chargement aussi volumineux que cinq TGV » [B. J. Ndiaye, « Mali : à quoi sert Serval ? », 2 février 2012 (nettali.net)]. Une telle base, à faible distance des gisements d’uranium d’Arlit, et surtout d’Imuraren, emportés de haute lutte par Areva contre ses concurrents chinois, compléterait celles de N’Djaména, Abéché (au Tchad) et Djibouti sur la frontière saharo-sahélienne.

En même temps, Paris va sans doute maintenir une force d’intervention lourdement armée à Bamako afin d’assurer une transition politique à ses conditions face aux secteurs rétifs de l’armée malienne. Il se pourrait d’ailleurs bien qu’elle comporte un degré d’autonomie limité pour les Touaregs, ce qui expliquerait que les unités spéciales chargées d’investir Kidal aient tenu l’armée malienne à l’écart, et que la DGSE (services secrets), déjà en contact avec le MNLA, ait activement œuvré à scissionner le mouvement salafiste Ansar Dine. Il semble en effet que son porte-parole, Mohamed Ag Arib, longtemps immigré en France, et connu du Quai d’Orsay, ait joué un rôle clé dans la mise sur pied du tout nouveau Mouvement islamique de l’Azawad (MIA).

La bourgeoisie française a remporté une bataille significative en Afrique de l’Ouest, au moins pour le moment, non seulement aux dépens de ses concurrents occidentaux, mais surtout des peuples africains, qui vont être exposé à une nouvelle étape de l’agenda néolibéral que Paris soutient sans réserve. Pour y faire face, il est grand temps que la gauche et les mouvements sociaux maliens, africains et internationaux cessent une fois pour toute de penser en termes de géopolitique du « moindre mal » pour renouer avec une analyse de classe internationaliste.

Jean Batou, Europe solidaire sans frontières, 4 février 2013 – À paraître en « Cahier émancipation » dans le prochain numéro de solidaritéS (Suisse)

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[Révolution tunisienne / Gabès] La liberté ou la mort

Tunisie : mouvement de protestation à Gabès après un accident industriel

Des affrontements ont opposé mardi la police tunisienne et des habitants d’un quartier de la cité de Gabès (sud-est) après un accident nocturne dans une usine chimique qui a entraîné une fuite de gaz ammoniac, selon un journaliste de l’AFP.

De premiers heurts ont eu lieu dans la nuit lorsque les habitants du quartier de Chataa Salem ont voulu envahir l’usine du Groupe chimique de Gabès après y avoir entendu une explosion et avoir été fortement incommodés par les odeurs de gaz.

Dans la matinée, la police a dispersé une nouvelle manifestation à l’aide de gaz lacrymogènes.

Un collectif d’une vingtaine d’associations a appelé à une manifestation jeudi pour que le Groupe chimique de Gabès, qui fabrique des engrais à base de phosphate, s’explique sur l’ampleur de l’incident industriel.

Une source du groupe a dit à l’AFP que l’accident n’était pas une catastrophe. Des vents violents ont fait que le gaz a été propagé dans des quartiers proches de la zone industrielle, a-t-elle ajouté, évoquant une panne pour expliquer l’explosion qui n’a fait ni victimes ni dégâts.

Le centre de la Tunisie et les côtes dans la région de Gabès sont très fortement pollués en raison de l’extraction et la transformation des phosphates, une industrie d’exportation cruciale pour les revenus du pays.

Cette région a été touchée par plusieurs jours d’émeutes en octobre et un couvre-feu y a dû être imposé, alors que la foule protestait contre la politique de recrutement du Groupe chimique.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 5 février 2013)

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[Révolution égyptienne] « Tout a commencé le 19 novembre pendant les manifestations rue Mahmoud-Salem, au Caire. Beaucoup de nos amis ont été tués. Les officiers de police et les militaires portaient des masques. On s’est dit qu’on allait faire pareil »

Les « Black bloc », nouveau visage de la contestation égyptienne

Sous une tente aux allures de campement militaire, une quinzaine de jeunes hommes reçoivent cagoulés et masqués. Droits dans leurs baskets, ils écoutent dans un silence monacal les ordres donnés par le chef de bande. Bottes et treillis, c’est lui qui attribue les missions aux membres de ce groupuscule, devenu en une semaine aussi célèbre pour la mise en scène que pour le secret dont il entoure ses actions.

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Des membres du Black bloc réunis sous une tente, place Tahrir au Caire, le 1er février.

« Tout a commencé le 19 novembre pendant les manifestations rue Mahmoud-Salem, au Caire. Beaucoup de nos amis ont été tués. Les officiers de police et les militaires portaient des masques. On s’est dit qu’on allait faire pareil », indique, vendredi 1er février, leur porte-parole. Après quelques recherches sur Internet, ils se choisissent pour modèle les « Black bloc », des groupes radicaux européens. Ils sont étudiants, employés ou chômeurs, ont de 20 à 30 ans, et appartiennent à une « génération issue du sang des martyrs », comme le proclame leur vidéo sur YouTube.

LA BÊTE NOIRE DES AUTORITÉS ÉGYPTIENNES

Après avoir fait une entrée remarquée lors de la manifestation du deuxième anniversaire de la révolution, le 25 janvier, les Black bloc sont devenus la bête noire des autorités égyptiennes. Leurs codes et modes d’action directe alimentent les craintes de voir le pays sombrer davantage dans la violence.

« L’action défensive est privilégiée. Une infime partie d’actions offensives est menée en réaction à des attaques, assure le porte-parole. Notre but est de protéger les bâtiments publics, les manifestants et les femmes victimes de harcèlement sexuel. » Ils auraient assuré la protection de l’hôtel Semiramis, attaqué mardi soir par des jeunes casseurs, selon les témoignages de clients.

La discrétion entretenue par ses membres et les mesures de sécurité dont ils accompagnent toute prise de contact extérieure, ne font qu’alimenter rumeurs et fantasmes. Les Black bloc ont gagné la réputation de « casseurs de flics ». Armés de bâtons et de cocktails Molotov, ils sont de tous les affrontements. Ils assurent que leur « vengeance » serait de voir « les policiers qui ont été jugés pour avoir tué des manifestants et qui ont tous été acquittés, rejugés. On a leur nom. On les a donnés au procureur général. » Place Tahrir, on les dit armés pour intervenir sur des actions éclair contre les forces de l’ordre.

« ILS ONT VOLÉ NOTRE RÉVOLUTION »

Mais leur véritable ennemi, assurent-ils, ce sont les Frères. « Depuis le premier jour, ils ont volé notre révolution », dit le jeune homme. Ils tiennent à l’œil ces milices, lourdement armées, qui viennent parfois attaquer les manifestants. « S’ils nous attaquent, on réagit. On n’a pas les armes, mais on a la foi. On continuera jusqu’à la victoire : que le président Morsi et le régime partent. Après, ça nous est égal qui sera président, du moment qu’il s’occupe du pays. »

Bien que minoritaire, cette forme de contestation inédite en Égypte commence à faire des émules. Ce qui n’a pas tardé à inquiéter les autorités. Le procureur général, Talaat Ibrahim Abdallah, a ordonné mardi l’arrestation de toute personne soupçonnée d’appartenir au groupe. Une enquête a été ouverte après le dépôt d’une plainte les accusant d’avoir mis le feu à des locaux appartenant aux Frères musulmans. Ce dont ils se défendent. Une vingtaine de membres présumés ont été arrêtés depuis. « Groupe terroriste », « sabotage, émeute et intimidation », « financements occultes », « lien avec Israël » : les autorités disent détenir de nombreux éléments à charge.

Depuis, les Black bloc se sont faits très discrets, voire quasiment invisibles. Vendredi, les spéculations étaient ouvertes sur leur participation aux manifestations. En signe de soutien, des centaines de manifestants avaient décidé de défiler cagoulés.

Presse contre-révolutionnaire (Hélène Sallon, envoyée spéciale au Caire, LeMonde.fr, 2-3 février 2013)

 

(…) Ces protestataires sont désormais déterminés à répondre par la violence à la violence policière et, plus significatif, à faire pression sur le pouvoir à travers des actes de sabotage. On a vu ainsi des manifestants couper des routes et des lignes de métro, perturber certains services publics, comme ce fut le cas avec le complexe administratif de la place Tahrir, ou encore attaquer des établissements publics et des postes de police, sans parler des attaques contre des sièges du Parti Liberté et Justice (PLJ), bras politique des Frères musulmans. Cette violence ne se limite pas au Caire et aux grandes villes, mais touche également les provinces. Les récents troubles intervenus à l’occasion du 2e anniversaire du 25 janvier ont frappé une douzaine de gouvernorats sur les 27 que compte le pays. Les incidents les plus graves ont eu lieu dans deux des trois villes dites du Canal de Suez, Port-Saïd (40 morts à la suite du verdict de la justice sur le drame du match de football) et Suez (9 morts). Ces deux villes, avec Ismaïliya, ont été par la suite soumises à un couvre-feu d’une trentaine de jours, annoncé par le président au troisième jour des émeutes. Mais les habitants de ces villes, en signe de défi aux autorités, ont multiplié les actes de violation du couvre-feu, dont l’organisation de manifestations et de matchs de football dans les rues. Ces actes indiquent la poursuite de l’effondrement de l’autorité de l’État. Le phénomène est apparu le jour du « vendredi de la colère », le 28 janvier 2011, au moment où les forces antiémeutes du ministère de l’Intérieur ont été défaites face aux manifestants. Deux ans après la chute de Moubarak, l’État ne s’en est pas encore remis et son autorité souffre toujours de ce discrédit auprès de la population. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Hicham Mourad, hebdo.ahram.org.eg, 6 février 2013)

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[Révolution tunisienne] Ennahda dégage !

Tunisie : des locaux d’Ennahda attaqués

Des manifestants ont saccagé les locaux du parti islamiste tunisien au pouvoir Ennahda à Mezzouna, près de Sidi Bouzid, et à Gafsa (centre) pour dénoncer le meurtre d’un opposant et des manifestations se déroulaient dans plusieurs villes.

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Des manifestants ont incendié les locaux d’Ennahda à Mezzouna et ont saccagé ceux du parti à Gafsa. À Sidi Bouzid, Kasserine, Béja, Bizerte et Tunis des foules manifestaient leur colère dans les rues pour dénoncer le meurtre de Chokri Belaïd et le parti islamiste qui dirige le gouvernement.

Presse contre-révolutionnaire (Agence faut Payer, 6 février 2013)

 

(…) La police tunisienne a tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui tentaient de prendre d’assaut le siège de la police à Sidi Bouzid, berceau de la révolte de 2011.

Quelque 200 manifestants ont attaqué ce commissariat et les policiers ont répliqué immédiatement avec les gaz avant de prendre la fuite. L’armée est intervenue pour tenter de calmer la foule dans cette ville déshéritée du centre tunisien. (…)

Presse contre-révolutionnaire (tempsreel.nouvelobs.com, 6 février 2013)

 

L’assassinat d’un opposant attise la colère en Tunisie

La mort mercredi matin à Tunis d’un responsable de l’opposition laïque fait descendre des milliers de manifestants dans les rues, criant leur colère, dénonçant les islamistes d’Ennahda et saccageant leurs locaux.

Alors qu’il quittait son domicile de la banlieue tunisienne, Chokri Belaïd, 49 ans leader de l’opposition, a été assassiné ce matin de plusieurs balles dans la tête et la poitrine par un homme portant un burnous, l’habit traditionnel tunisien, selon l’AFP.

Sa mort a très vite été annoncée sur des radios tunisiennes, confirmée par la clinique où son corps a été transporté. Depuis, des milliers de personnes se sont rassemblées, devant l’hôpital d’abord, puis devant le siège de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens, principal syndicat du pays, avant que tous ne se rejoignent devant le ministère de l’Intérieur sur l’avenue Bourguiba, en plein cœur de Tunis. Une fois de plus, le célèbre « Dégage » a été scandé à l’intention du régime en place assorti de « Honte, honte à vous ». À Sidi-Bouzid, berceau de la révolte de 2011, quelque deux mille manifestants reprenaient des slogans anti-islamistes.

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Chokri Belaïd était un opposant de longue date. Sous Bourguiba, sous Ben Ali puis à la tête du Mouvement Patriote Démocrate, une formation qui a rejoint le Front de gauche, une alliance de plusieurs partis d’opposition.

Mardi encore, il était sur un plateau de télévision dénonçant la violence politique dans laquelle a sombré la Tunisie. Farouche opposant au parti islamiste Ennahda, majoritaire au pouvoir, il avait qualifié son leader Rached Ghannouchi de « symbole du fascisme et de la contre-révolution ».

Chokri Belaïd s’était également prononcé contre ces Ligues de protection de la révolution, des milices que l’on dit à la solde des islamistes au pouvoir, accusées en octobre dernier d’avoir roué de coups, jusqu’à ce qu’il perde la vie, un responsable local du parti d’opposition Nidaa Tounes à Tataouine dans le sud du pays.

(…) Ennahda, dont des locaux ont été attaqués après cet assassinat dans plusieurs villes, est accusé par la famille de Chokri Belaïd d’être le commanditaire du meurtre. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Thibaut Cavaillès, LeFigaro.fr, 6 février 2013)

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[Révolution syrienne] Le Conseil local de Douma « est considéré comme un exemple de l’expérience démocratique du peuple syrien mise en œuvre dans plusieurs zones libérées », « reposant sur la révocabilité des mandats »

Douma ville libre. Conseil de gestion populaire et démocratie par le bas

Dans la ville de Douma, près de Damas, un Conseil local dont les membres sont révocables s’est mis en place pour gérer la ville libérée. Ce document d’octobre 2012 est un témoignage de l’expérience démocratique du peuple syrien en lutte.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/13.jpgEn dépit des bombardements intenses et quotidiens sur les quartiers habités et les infrastructures économiques de la ville de Douma, les révolutionnaires l’ont libérée de la domination des appareils du régime, de ses chabbiha [Les chabbiha sont les milices du régime de Bachar el-Assad] et des barrages. Le Conseil de ville, élu par la population de Douma, a publié un communiqué par lequel il a exalté notre population héroïque qui a nettoyé notre ville de tous les services de répression (sûreté, armée, chabbihas) et des barrages. Il a fait le vœu qu’elle prenne ses responsabilités dans l’administration de la ville et la protection des biens publics et privés et des services de l’État contre le vol, le vandalisme, les incendies, etc. Il a exhorté chacun à donner tout document concernant ces services à la commission constituée par le Conseil à cette fin. La coopération de tous avec le Conseil local est souhaitée pour rendre la ville mieux qu’elle ne le fût.

Rappelons que Douma a été détruite sur environ 25.000 km² et que son Conseil local est considéré comme un exemple de l’expérience démocratique du peuple syrien mise en œuvre dans plusieurs zones libérées. Cette ville où résident plus d’un demi-million d’âmes a été divisée en régions et en comités de quartiers. En voici le détail :

1) La ville de Douma est divisée en douze régions géographiques. Dans chaque zone, est constitué un comité de quartier composé de cinq membres et un président est choisi pour chaque comité.

2) Douze commissions spécifiques composées de cinq membres sont mises en place, chacune concernant la médecine, la protection des quartiers, les biens publics et privés, les services techniques, les finances, la légitimité judiciaire, la mise à niveau et la reconstruction, le mouvement pacifique et les manifestations, les relations publiques, la commission d’information, la culture et l’éducation, la documentation et le secrétariat.

3) Le Conseil local est constitué comme suit : 12 membres, présidents des comités de quartiers, 12 membres, présidents des comités spécifiques, le président du conseil.

4) Le président du bureau exécutif, constitué de onze membres, est élu.

5) Il est mis en place un forum libre de la ville de Douma, qui se réunit deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche, pour poser toutes les questions concernant la ville.

6) Il est mis en place un bureau d’informations de la ville de Douma qui relaiera les informations de la ville. Vous pouvez l’intégrer immédiatement et nous faire part de vos remarques.

Remarques : les membres des comités, du conseil et du bureau se sont mis d’accord sur les conditions et principes qui suivent :

1) Le membre doit avoir foi dans la chute du régime dictatorial corrompu et dans la mise en place d’un État civil, démocratique, reposant sur la révocabilité des mandats, et œuvre à cette fin.

2) Le membre doit être un militant ou un soutien de la révolution, à quelque titre que ce soit.

3) Le membre doit être modéré et non fanatique, quel que soit son parti, sa religion, sa confession, ou son appartenance dans la révolution.

4) Le membre doit être digne de confiance et remarqué pour ses bonnes conduite et morale.

5) L’appartenance au Conseil ou aux comités est de notoriété publique.

6) La mission des comités et du conseil est de gérer la vie de la ville au mieux et de façon institutionnelle.

Publié par La ligne de front, n° 10 (organe du Courant de la Gauche Révolutionnaire de Syrie), octobre-novembre 2012, et traduit en français par Luiza Toscane dans Inprecor, n° 590, janvier 2013

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Les mannequins, épouvantails à snipers

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Une simple tête de mannequin permet aux rebelles de tester le terrain, comme ici dans le quartier d’Arabeen, à Damas, près d’une base de l’armée syrienne, lors de combats intensifs, dimanche 3 février.

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Le recours aux leurres est devenu récurrent au cours des combats urbains. Sur cette photo du 17 août 2012, on voit des combattants de l’armée syrienne libre préparant leur trompe-l’œil lors d’affrontements dans le quartier de Salaheddine, dans le centre d’Alep.

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Puis le mannequin est mis en situation d’appât pour localiser les snipers de l’armée syrienne.

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Lors d’une pause, ce même 17 août à Alep. Les hommes observent l’oiseau en cage découvert dans un appartement abandonné, tandis que le mannequin « monte la garde ».

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Un mannequin en première ligne dans le quartier de Salah al-Dine, à Alep, le 26 août 2012.

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Au cœur d’affrontements dans le vieux Alep, le 2 novembre 2012.

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Une mine de mannequins dans une boutique détruite du quartier de Salaheddine, à Alep, le 5 décembre 2012.

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Dans le quartier de Khan al-Wazeer, à Alep, le 16 décembre 2012.

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Dans le vieux Alep, le 23 décembre 2012.

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Presse postiche (Le Monde, 4 février 2013)

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[Nos médias] Abonnez-vous à CQFD

CQFD, une autre Zone à défendre (ZAD)
Dix ans, toutes ses dents mais plus un rond !

« Il reste 217 dollars dans les caisses de l’État zimbabwéen », annonçait récemment le site d’informations d’un journal de banquier. Voilà qui nous situe à peu près sur l’échelle globalisée de la fortune : CQFD est aussi riche, à quelques dizaines de dollars près, que le trésor public du Zimbabwe. Les sous qui nous restent ne suffiront même pas à payer l’impression du prochain numéro. Si nous vivions dans un monde raisonnable, les Zimbabwéens se la couleraient douce, les banquiers feraient la manche au feu rouge et CQFD triompherait. Mais nous vivons dans un monde déraisonnable où les flibustiers de la presse libre crèvent la gueule ouverte. CQFD, qui ouvre la sienne depuis dix ans, risque bien cette fois de devoir la fermer, et pour de bon.

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En mai 2003, quand nous avons lancé notre premier numéro depuis la tanière marseillaise qui nous sert de vaisseau amiral, nous étions raisonnablement convaincus de ne pas faire de vieux os. Notre idée, c’était de faire le journal qu’on avait envie de lire, un journal sans chefs ni patrons, sans comptes à rendre ni bailleurs à cajoler, un canard d’expression directe pour les insoumis chroniques, les passe-frontières têtus, les aventuriers des minima sociaux, les déserteurs du marché salarial, les artistes de la grève, les bricoleurs de solidarités épiques, les réfractaires à l’ordre des choses. Une équipée collective de débrouillards impécunieux mais gourmands d’utopies, une exploration sociale menée au rire et à la sueur contre les vents dominants. Forcément, un tel journal n’était pas fait pour durer. Dix ans plus tard, pourtant, on est toujours là. Certains ont quitté le navire, d’autres sont montés à bord. On a bravé le mal de mer, le scorbut et les requins. On a tangué, on a morflé, on a tenu bon. On a vu du pays, tissé des réseaux, élaboré un savoir-faire, perfectionné l’art de produire un journal exigeant avec des bouts de ficelle et de belles rencontres. Bref, on y a pris goût. C’est vous dire qu’on n’a pas l’intention de lâcher l’affaire.

Mais, pour que l’aventure continue, on a besoin de vous. Et surtout de vos euros ! Oui, amis lecteurs fidèles ou épisodiques, compagnons d’escale ou camarades au long cours, vous avez bien entendu : le sort de CQFD est suspendu à vos poches, aussi dégarnies ou trouées soient-elles – et, peuchère, elles le sont vraisemblablement autant que les nôtres…

Comment une publication aussi rodée à la mouscaille en arrive-t-elle à la pénible extrémité d’appeler ses lecteurs à la rescousse ? Le cri de détresse pour journal sur la paille va-t-il devenir un genre, une discipline enseignée dans les écoles de journalisme, avec ses figures de style et ses trémolos savamment dosés ? Pourquoi la « crise de la presse », qui est une crise d’affairistes pleurnichards et vaniteux, ébranle-t-elle aussi à des degrés divers la quasi-totalité des journaux non marchands, dits « petits » ou « alternatifs », CQFD parmi tant d’autres ?

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Il y a plusieurs explications. La première tient bien sûr à la démobilisation des lecteurs. Depuis notre campagne d’abonnements de 2008, le nombre de nos abonnés n’a cessé de s’effriter, passant de quatre mille à deux mille en cinq ans. Nos ventes en kiosques ont suivi une pente à peine moins rude, avec deux mille exemplaires écoulés aujourd’hui contre trois mille en 2008. Imputable sans doute aux effets cumulés de la lassitude, des fins de mois longues et difficiles et d’une désaffection générale pour la presse papier, cette dégringolade s’avère d’autant plus funeste pour nous que CQFD – encore heureux ! – ne dispose d’aucune ressource publicitaire, capitalistique ou népotique. À la différence d’une feuille moribonde comme Libération, qui peut toujours se blottir dans le giron moelleux d’un Rothschild, biberonner les subventions publiques (2,9 millions d’euros en 2012 [Source : la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC). À noter que le quotidien d’extrême droite Présent bénéficie lui aussi de cette manne étatique, avec une subvention de 227’000 euros en 2012.]) ou éditer un sac à pubs en guise de supplément, le mensuel au chien rouge ne peut compter que sur ses lecteurs. Plus précisément : ses lecteurs payants. Car l’audience de CQFD s’étend évidemment bien au-delà de son carré de fidèles solvables, grâce à ses abonnements gratuits pour les détenus et, surtout, à la mise en ligne gracieuse de ses articles sur son site Internet, auprès duquel des foules innombrables viennent avidement s’abreuver chaque mois. Et c’est très bien comme ça. Mais ce serait mieux encore si nos lecteurs sur écran franchissaient le pas jusqu’au kiosque, au bulletin d’abonnement ou à la bibliothèque municipale, au besoin pour exiger haut et fort que CQFD s’y trouve en bonne place, et en plusieurs exemplaires, s’il vous plaît.

La raréfaction des lecteurs « papier » n’a pas qu’une incidence économique. Elle assèche aussi le terreau social dans lequel un journal comme le nôtre puise sa force. C’est parce que ses exemplaires circulent de main en main que CQFD peut multiplier les rencontres stimulantes, obtenir des informations, s’ouvrir des pistes, être là quand ça chauffe, se faire engueuler, trouver de quoi réfléchir, parler, agir, écrire, dessiner, photographier. C’est pour ça qu’on y tient, à notre version papier : pas question de se recroqueviller sur Internet, outil oh combien précieux mais qui dématérialise et finalement dévitalise le rapport d’un journal à sa matière organique. Sans compter que le vacarme des imprimeries et l’odeur du papier, nous, on aime bien.

Seulement le papier coûte cher, de plus en plus cher. L’encre, les rotatives, tous les coûts de fabrication : hors de prix. Et puis, il y a Presstalis. Le géant de la distribution de presse en France, qui taille à grands coups de serpe dans ses effectifs et impose aux kiosquiers des conditions de vente si retorses qu’elles clochardisent littéralement toute une profession. La « crise de la presse » a bon dos. Les ventes s’effondrent, d’accord, mais la faute à qui ? Outre l’indigence de l’immense majorité des publications dont les Unes fétides dégueulent au nez du piéton, la stratégie d’étouffement appliquée aux titres à faible tirage rend de moins en moins attractif le détour par le marchand de journaux. Le cas de CQFD est parlant. En vertu d’une politique commerciale consistant à évincer les petits pour donner encore plus de place aux gros, Presstalis « répercute » sur nous une avalanche de frais dont les modes de calcul écœureraient un capo de la mafia new-yorkaise. Il y a deux ans, nos ventes en kiosques nous assuraient une recette astronomique de deux milles par mois, de quoi couvrir les frais d’impression du numéro suivant. Aujourd’hui, à volume égal, ces ventes ne nous rapportent plus que six cents euros. Même pour nous, c’est peu. Quand tous les canards indépendants auront été virés du circuit, quand les kiosques auront été remplacés par des boutiques Relay exclusivement dédiées aux programmes télé, aux DVD sous blister, aux cours de la Bourse, au péril islamique, aux régimes minceur et aux éditos de Christophe Barbier, sûr que la « sortie de crise » sera enfin au rendez-vous.

D’autres facteurs concourent à notre débine actuelle. L’affaiblissement temporaire des mobilisations sociales se traduit mécaniquement par une forte chute des ventes militantes, qui à d’autres périodes nous revigoraient en petite monnaie et bons moments. Si on ajoute à cela la suspension des regrettées éditions du Chien rouge et des revenus annexes tirés de la vente de nos livres, la faillite de notre diffuseur en librairies, Court-Circuit (huit mille euros dans la vue), et les coups de mou qui résultent inévitablement d’une pareille série rose, on comprendra que nos coffres sonnent creux.

Pour les renflouer à un niveau opérationnel, il nous faut de toute urgence réunir, quoi… dix mille euros ? Cent mille, pour travailler vraiment à l’aise. Allez : dix mille euros, là, tout de suite, suffiraient au bol d’oxygène dont nous avons besoin pour repartir illico presto. C’est jouable, non ? Cinq cents chèques de vingt euros, ou mille chèques de dix, ce n’est pas la mer à boire, si ? Envoyez la monnaie, souquez les euros ! Abonnez-vous si ce n’est déjà fait. Réabonnez-vous si vous hésitez encore. Incitez vos cousins, vos frangines, vos voisins de comptoir et vos compagnons de bordée à faire de même. Nous comptons sur vous. Gros comme une maison, votre élan de solidarité va encore nous saboter notre droit à la paresse pour les dix prochaines années !

CQFD
BP 70054
13193 Marseille cedex 20
Chèque à l’ordre de Rire/CQFD

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[Valls Kyste My Ass] « Après la phase d’attentisme qui a suivi l’arrivée en mai des socialistes au pouvoir, la contestation gronde depuis plusieurs semaines »

Radicalisation : les entreprises surveillées

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux, selon une note de service. « Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

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Ce document, daté du 30 janvier et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus…).

Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficulté, qui pourrait notamment apparaître lors d’une manifestation le 12 février à Paris. Des réunions ont eu lieu à cet égard, notamment à la préfecture de police de Paris (PP), et ce mouvement, « s’il est confirmé », est « suivi de très près », selon les sources. La note « insiste » notamment sur la « nécessité de préserver et renforcer au besoin le potentiel d’analyse et de couverture des territoires dans ce domaine ».

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Un cordon de sécurité bloquait l’accès ce 5 février, au site PSA d’Aulnay, cible d’actes de violence de la part de certains syndicaliste [sic – NdJL]

Concernant les quartiers sensibles, la note précise que le travail de veille doit être « prioritairement » orienté vers les zones de sécurité prioritaires (ZSP) lancées par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Les fonctionnaires de la SDIG sont également invités, avec leurs homologues du renseignement intérieur, à détecter des « groupes ou individus à risque » qui graviteraient dans les milieux islamiques en France.

Parmi les groupes ou milieux à suivre « avec constance », la note évoque « les sectes apocalyptiques, les groupes survivalistes, tout comme les nouvelles thérapies ». Les mouvements de défense de l’environnement, qui peuvent être amenées à conduire des « actions fortes » sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste, doivent également « faire l’objet d’une veille permanente », explique cette note.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via LeFigaro.fr, 4 février 2013)

 

Plans sociaux. Valls veut éviter tout débordement dans les usines

PSA qui prévoit de supprimer 8000 emplois en France. Petroplus qui joue une partie de son avenir ce mardi, Renault qui souhaite supprimer 7500 postes d’ici 2016, Goodyear qui annonce la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord. En 12 mois, ce ne sont pas moins de sept plans sociaux d’envergure qui se sont succédé. Outre le volet social, l’État est également mobilisé sur le front sécuritaire. Manuel Valls veut éviter tout débordement.

Polices et services de renseignement sur les dents

Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus, Goodyear…).

Le ministre de l’Intérieur s’est inquiété mardi des risques « d’implosions ou explosions sociales » en France, assurant que ses services étaient mobilisés pour éviter tout débordement lors de mouvements sociaux. Une intervention qui intervient alors qu’à Vaux, dans l’Allier, les salariés de la fonderie DMI menacent de faire exploser l’usine.

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Anticiper d’éventuelles radicalisations

« Aujourd’hui on assiste moins à des mouvements sociaux, qu’à des implosions ou explosions sociales », a-t-il mis en garde sur BFM/TV. « Il faut en faire l’analyse fine, c’est le travail de l’Information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux) de la sécurité publique ».

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux.

Protéger l’outil de travail

Une note de service, datée du 30 janvier et transmise aux directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ».

Ces explosions sociales, « il faut essayer de les comprendre, mais on ne peut pas les admettre », a ajouté M. Valls. « On peut essayer de comprendre les raisons qui poussent des hommes et des femmes au désespoir », mais « on ne peut pas casser l’outil de travail ».

De plus en plus de policiers autour des usines

À l’usine Renault à Flins (Yvelines), « il y a de plus en plus de présence policière autour de l’usine avec plusieurs voitures banalisées », a indiqué mardi Ali Kaya, délégué CGT. « La police a contacté des délégués syndicaux », a-t-il ajouté.

Des salariés de cette usine ont débrayé tôt mardi matin pour protester contre l’accord de compétitivité proposé par la direction qui prévoit notamment la suppression de 8260 emplois en France d’ici à 2016, ainsi qu’un gel des salaires en 2013, une refonte des comptes épargne-temps et des mobilités obligatoires entre les sites.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 5 février 2013)

 

La contestation sociale se durcit, les ex-RG sur le qui-vive

Durcissement de la crise économique, flambée du chômage et fermetures d’usine en cascade : le climat social se tend et la mobilisation s’amplifie, au point que les ex-RG scrutent « au plus près » les entreprises en difficulté pour anticiper toute éventuelle « radicalisation ».

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Après la phase d’attentisme qui a suivi l’arrivée en mai des socialistes au pouvoir, la contestation gronde depuis plusieurs semaines.

Goodyear, Renault, ArcelorMittal : grèves et manifestations se multiplient. Le ton est monté d’un cran chez PSA où, après des « dégradations » sur le site d’Aulnay, la direction a déployé des vigiles dans l’usine dont la production est paralysée par une grève. Mardi, des salariés de la fonderie DMI de Vaux (Allier) ont assuré avoir commencé « à mettre en place des bouteilles de gaz » pour menacer les propriétaires de « faire exploser l’usine » si une compensation à leur licenciement n’était pas trouvée, rappelant les menaces ou actions parfois violentes menées dans les années 2000 par des salariés désespérés de Cellatex, Metaleurop, Moulinex ou Continental.

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Dans ce climat, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est inquiété mardi des risques « d’implosions ou explosions sociales », assurant que ses services étaient mobilisés pour éviter tout débordement car « on ne peut pas casser l’outil de travail ».

En Seine-Saint-Denis, où PSA cristallise les tensions, deux ou trois policiers du renseignement veillent à temps plein sur les conflits sociaux, pour « anticiper leur durcissement » éventuel et permettre aux autorités de l’État « d’essayer de les désamorcer », explique une source policière.

Autour de l’usine Renault de Flins (Yvelynes), « il y a de plus en plus de présence policière, avec plusieurs voitures banalisées », témoignait mardi Ali Kaya, délégué CGT. « La police a contacté des délégués syndicaux », a-t-il ajouté.

Il faut « éviter » d’éventuelles présences des forces de police sur les sites en difficulté, a prévenu le patron de la CGT Bernard Thibault, car elles seraient « vécues comme des provocations », et Lutte ouvrière (LO) a accusé le gouvernement d’être « un homme de main du patronat ».

Sur le terrain, les meneurs syndicaux ne sont pas étonnés de la mobilisation des services de renseignement. Cela vise « à criminaliser notre action », a réagi Mickaël Wamen, délégué CGT de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord menacée de fermeture. « Le gouvernement, les directions d’entreprise veulent nous faire porter la responsabilité d’un embrasement social, alors que le gouvernement devrait plutôt faire porter la responsabilité pleine et entière aux patrons », dénonce le responsable cégétiste, taxé de jusqu’au-boutisme.

Pas question toutefois de toucher à l’outil de travail, « c’est notre bien le plus précieux », assure-t-il.

Le meneur CFDT d’ArcelorMittal Florange, Edouard Martin, se dit « inquiet de la tournure que ça peut prendre ». « Dans la filière logistique (…), il y a énormément de jeunes : pour eux, c’est la plus grande incertitude. Je pense que ça peut péter, parce que la situation est très, très tendue », explique-t-il.

Un soubresaut des salariés du privé

« L’heure de la mobilisation a sonné », a averti la semaine dernière Thierry Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, un ex-Moulinex.

Chez Renault, « certains ouvriers souhaiteraient que ça se radicalise un petit peu », assure David Dubois, de la CGT Douai. « Beaucoup de travailleurs m’ont attrapé sur le sujet. Dire que 8.000 personnes m’ont dit la même chose serait mentir. Après, ça va vite : une personne qui embarque l’autre et ainsi de suite, ça se radicalise assez fortement. »

« Ceux qui ont animé les grands mouvements sociaux depuis 20 ans (en 1995, ou 2010 contre la réforme des retraites) étaient surtout des salariés du public et d’entreprises à statut, les salariés du privé, pourtant les plus touchés par la crise, ont souvent été en retrait. Avec le durcissement de la crise économique, on voit se multiplier des mouvements dans le secteur privé », note Dominique Andolfatto, auteur de La sociologie des syndicats.

« Les mouvements restent cependant éclatés, parfois divisés », ce qui ne permet pas « une coagulation » des luttes, souligne l’historien, et le récent accord national sur l’emploi n’a fait que raviver les clivages entre confédérations.

Pour l’heure, les salariés ne se mobilisent pas massivement. La situation est loin des grands mouvements dans l’automobile des années 80 ou dans la sidérurgie dans les années 70. L’appel aux rassemblements lancé pour le 12 février aux salariés d’entreprises menacées pourrait être un test.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via La-Croix.com, 5 février 2013)

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Stop aux agressions fascistes à Besançon et partout ailleurs !

[Besançon] Un lycéen insulté de « sale bougnoule » et poursuivi par deux néo-nazis d’une trentaine d’année armés d’un couteau – 5 février 2013

Ce matin (05/02/2013) un jeune attendait le bus à son arrêt de bus (vers le lycée Montjoux) quand tout à coup deux néonazis au crâne rasé d’une trentaine d’années l’insultèrent de « sale bougnoule ».

Le jeune homme asséna deux coups de poing à l’un de ses agresseurs. Celui-ci riposta en sortant un couteau et en lui courant après.

Avec de la chance, il réussit à échapper à ses agresseurs sans égratignures.

Stop aux agressions fascistes à Besançon et partout ailleurs !!

No pasaran !!!!

Le Chat Noir Émeutier via Facebook, 05/02/2013

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[Révolution égyptienne] Un expert parle du black bloc

The revolution, back in black

The black bloc must provide Egyptians with a positive vision if they want their struggle to succeed.

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The black bloc in Egypt say they are the defenders of protesters opposed to President Mohamed Morsi’s rule.

The last time kids in black caused this much trouble in Egypt, it was Satan’s fault. Well, at least that’s what the Muslim Brotherhood and the Mubarak government claimed during the infamous « Satanic metal affair » of 1997, when over 100 metalheads — musicians and fans — were arrested and threatened with prosecution and even death simply because they dressed in black and liked extreme music.

The persecution of Egypt’s metalheads, or « metaliens » as many called themselves, drove the burgeoning scene underground for much of the next decade. It did not begin to resurface until the mid-2000s, at the same time as political movements like Kefaaya emerged, and the strikes in the industrial centre of Mahallah occurred. This period saw a renewed, if still sporadic, militancy that would coalesce into the revolutionary surge of late 2010 and early 2011.

It didn’t surprise me, then, to see that some of the key organisers of the 18 days of protest were old friends from the country’s metal scene. The seemingly sudden reemergence of black among Egypt’s remaining revolutionaries, specifically the visual markers of the black bloc — which despite being described as a group by the media [AR], commentators and government, is more accurately understood as a tactic and strategy — thus brings back vivid memories, of both the sounds of Egyptian metal and the anarchistic heart beat of the original Tahrir protests. Metal and anarchy — as Egypt’s political and religious authorities have argued with great ferver — have always gone together quite naturally.

Indeed, there was a clear if little remarked upon anarchist presence in Tahrir during the original 18 Day uprising; anarchist books can in fact be found in stalls along Talat Harb Street on the way to the Square where the group held a public march and prayer. And Tahrir itself remains in many ways the epitome of the ideas of horizontalism (horizontalidad) and self-organisation (autogestion) that are at the core of modern anarchist theory and practice.

Anarchism’s Egyptian roots

In fact, anarchism actually has a long history in Egypt and the Levant more broadly. As the research of Edinburgh University Professor Anthony Gorman has demonstrated, it stretches back to the 1860s when Italian political refugees first made their way to the more hospitable surrounding of Alexandria and other Egyptian cities, where they inspired the foundation of the « Free Popular University » in 1901.

Egypt in this period was in the midst of an unprecedented and increasingly desperate state-driven modernisation campaign that increased its integration into the global economy during the first and in some ways still most intense phase of globalisation. The constant movement of northern Mediterranean communities to and through its eastern and southern shores going back centuries — as merchants, slaves, pirates, workers and activists — is a seminal lesson in how integrated the Mediterranean has traditionally been, and hopefully will again be.

Italians and Greeks, who by the fin de siècle had established vibrant communities tens of thousands strong in the major cities of the Mediterranean’s southern and eastern rims, were increasingly enmeshed in the politics of the indigenous labour movements, and brought a strong dose of anarchism, including anarco-syndicalism, which specifically focused on labour struggles through self-organisation. Anarchist-agitated strikes were being staged and arrests being made for illegal organising by the 1890s, if not before.

Anarchism, along with any other political ideology that would compete with Nasserism, was sidelined during the heyday of pan-Arabism in the 1950s and 60s. But at least some contemporary Egyptian anarchists trace their roots to local anarchist activity in the 1940s [AR].

The rise of the anti-corporate globalisation movement

Anarchism’s appearance in Egypt in the 19th century provides the historical context for understanding its reappearance today, during the next great struggle age of global integration within a Western-led (but no longer dominated) global neoliberal system. Since Sadat’s initiation of the infitah, or opening in the 1970s, Egypt has been as deeply — and unfavourably — incorporated into this system through its dependent relationship with the US, and with the IMF and World Bank as it was into the 19th century European dominated global economy.

Mubarak, father and even more so son, tried to use neoliberal policies to strengthen the power elite’s economic position within Egypt and globally. Policies of privatisation and liberalisation offered unprecedented potential for the elite to strengthen its control over the economy. The problem was, and remains, that the greater concentration of wealth can only come at the cost of a far more precarious economic position for the vast majority of the population. This demanded not just increased repression but also the cooptation of new actors into the power elite, whether the emerging bourgeoisie of the 1990s (epitomised by Gamal Mubarak) or the Brotherhood elite in the last decade.

From Morocco to Syria the struggles for « freedom », « social justice », « democracy », « bread » and particularly « dignity » — which has been a key word for struggles against neoliberalism at least since the Zapatista movement made it a centrepiece of its discourse in the early 1990s — are quintessentially anti-neoliberal struggles. In this regard, they are the natural continuation of the struggles of the anti-corporate globalisation movements in Latin and North America and then Europe of the 1990s and early 2000s (as epitomised by Buenos Aires, London, Seattle, Prague and Genoa), which then morphed into the anti-war movement that emerged around the US invasion of Iraq.

Theatres of violence

Many of the anarchist organising principles which Egyptian black bloc activists have adopted as their own — such as self-democracy and decentralised organisation, as well as militant and often violent confrontations with security forces and symbols of systemic power — were deployed by the first generation of black bloc activists in the anti-corporate globalisation movement. These activists emerged not just out of anarchist circles but also groups like Ya Basta!, Tutte Bianche and Attac (which actually had branches in some Arab countries).

They in turn were powerfully impacted by Latin American grass roots struggles epitomised by the Zapatistas in Mexico, whose movement, I argued already in 2005 in my book Why They Don’t Hate Us, constituted the best model for then inchoate politicised youth movements to emulate. Indeed, the US government-sponsored think tank RAND warned [PDF] that the Zapatista uprising « demonstrated how new technology made it possible for ‘swarms’ of ‘flies’ to overrun governments », precisely the kind of tactics that defined the Tahrir phase of the Egyptian revolution.

It could be argued that the anti-WTO « Battle of Seattle » of late 1999, which first put the movement on the media and activist map, would have never received the attention it did had it not been for the violence against property deployed by protesters, which was and remains a rare phenomenon in the US outside of « riots » in poor minority communities.

However, it was also clear by the anti-IMF Prague protest of September 2000 that the use of violence, however theatrical and limited to property and aggressive security forces, was becoming counter productive. The police used the threat of such violence to deploy ever larger and overzealous forces who arrested (often violently) peaceful activists and helped disrupt, as well as infiltrating them with greater frequency. The nadir was reached with the killing of Italian activist Carlo Giuliano at the Group of 8 summit in Genoa in July, 2001, just two months before September 11 completely delegitimised any kind of violence by protesters in the US and Europe for the next half decade.

Simply put, routinised violence against property cost the anti-corporate globalisation movement significant support in the US and Europe precisely because the the vast majority of people in these countries were not suffering enough under the existing system to support the level of chaos and disruption such violence was intended to generate. Anarchists and hard-core anti-corporate globalisation activists might have wanted the « fall of the system », as Egyptians have chanted since the eruption of the revolution (and in fact, before), but most everyone else was only looking for a far less painful process of reform.

Militant oppositional politics became even more difficult during the Bush War on Terror years, both because there was less public tolerance for them and because governments used anti-terror laws to increase surveillance, infiltration and prosecution of militant activists. It has reappeared with the rise of the Occupy movements globally, especially in Greece, Spain and to some degree the United States. But even in the midst of the worst economic period since the Great Depression, black bloc tactics alienated at least as many potential supporters of the movement as they attracted, leading normally sober observers like Chris Hedges to label the tactic (in fact, like so many others, he erroneously labeled it a movement) the « cancer of the Occupy movement« .

Globalisation on steroids in the Arab world

The Arab and broader Muslim world constitute a very different environment for struggles against neoliberalism and the various policies it involves than did the advanced capitalist West. Unprecedented petroleum rents allowed for rapid development of the smaller Gulf countries in the last two decades, but for the economic and political situation of the vast majority of the region’s peoples has become more bleak during the last generation. This at the same time that their ability to connect with and become culturally — if not economically and politically — integrated with global movements and ideas increased at an unprecedented rate.

In a lecture-hall filled with 500 people at the Prague anti-IMF protests of September 2000, not a single audience member raised their hand when I asked if anyone was from the Muslim world. Within a few years, however, activists from the Middle East and North Africa were becoming an increasing presence in the global peace and justice movement, while at the same time taking advantage of the opportunities afforded to them by Western governments and NGOs to network with their peers (and especially each other) in the mushrooming number of « civil society »-related workshops and conferences of the post-US Iraq invasion period.

The internet, of course, made it that much easier to learn about tactics — such as that of the black bloc’s — and allowed various groups both in and outside the region who shared similar goals and attitudes to become acquainted. At the same time, the growth of the now (in)famous Ultra movement, clearly inspired by similar movements of football fans in Europe, provided the perfect laboratory for experimenting and perfecting the kinds of aggressive and even violent confrontations with security forces and regime thugs that between January 28 and February 4, 2011 literally saved the revolution.

It is not surprising that as their ability to shape the political situation has lessened in the two years since the initial uprising, the Ultras and sympathetic fellow-travellers among Egypt’s revolutionary movements would search out new strategies, tactics and symbols to reshift the momentum, and as important, the national narrative, towards more favourable terrain. Members of the Revolutionary Socialists, the most sympathetic group to anarchists in terms of strategies and political goals (and who’ve consequently been attacked with them by SCAF and the Brotherhood) have from the start of the Revolution repeatedly told me that the key to its success will be constantly learning from and teaching ever widening circles of people. The explosion of talk about the black bloc in Egypt — even more so among the government, its supporters and the Egyptian and Arabic-language media than in Western media — is evidence of just how successful their strategy has been.

From an examination of the proliferation of Egyptian black bloc websites (including here, here, here, and here), video pronouncements of activists, (see also here), twitter feeds, and the use of black bloc description and logos, and discussions with friends in the broader Ultra movement and others who’ve followed recent changes in strategies, it’s clear that while the adoption of black bloc tactics is centred around the Ultras, it’s not limited to them, since not all activists who’ve donned the balaclava or black hoodie are members of one of the main Ultra clubs, such as Zemalek or Ahly.

It’s also clear that while the activists who came up with the idea to publicly identify themselves with the tactic are familiar with its recent history, it would be a mistake to assume they share (or even spend time debating over) a coherent anarchist political agenda or philosophy, or are all equally grounded in the larger anarchist-influenced discourses that have shaped the broader global Occupy movement — which, let us remember, was directly inspired by and even born out of Tahrir’s historic 18 days of anarchist-style self-organisation. On the other hand, some of the self-identified Egyptian black bloc activists list their « university » on their facebook page as « UNAM », the National Autonomous University of Mexico, which has a long history of affiliation with the Zapatistas, while a return to some of the analysis of black bloc tactics written during the pre-2001 period reveal similar debates and challenges facing the movement in the West then and in Egypt today.

Revolution as creative destruction

In the wake of the Brotherhood/FJP’s electoral victories, the anemic performance of the official « opposition » represented by the « National Salvation Front » and a population desperate for some sort of economic recovery, revolutionary forces were on the defensive in the last few months. But the mass protests and then violence surrounding the Port Said verdict and the second anniversary of the start of the uprising on January 25 has generated a recalibration of the political scales. The black bloc has become a public (and even more so media and government) symbol of the militant opposition that is quite literally on the march against the still unstable emerging order.

It’s hard to overstate the dangers a well- yet self-organised and decentralised protest movement could present to Egypt’s power elite. The country’s military chief, Abdel Fatah al-Sissi, is not exaggerating when he says ongoing protests threaten a « collapse of the state »; nor are prosecutors wrong in considering those deploying black bloc tactics as « terrorists ». For what is the goal of revolution if not the collapse of the existing state, and how can protests aimed at that end not terrorise those presently in power?

All true revolutions involve a supreme act of creative destruction — an anarchic and ordering impulse that both destroys the old order while creating something new to take its place. The reason most revolutions either fizzle out or are hijacked or taken over by forces other than and often opposed to those who first led them lies precisely in the failure to move successfully from the destructive to the creative phase and discourse. This is as true of the axial religious revolutions, including the Abrahamic faiths, as well as for modern political revolutions in Mexico, Russia, China, or Iran.

It’s anarchic impulse stems directly from the fact it is directly taking on the existing system. But if one state — that is, arrangement and network of power relations — is to be replaced by another one, a new system has to replace the one that disintegrates. Similarly, every true revolution is a powerful combination of what the sociologist Manuel Castells calls « resistance » and « project » identities; the former being narrow, closed and hostile to outsiders, the latter open, inviting and future-oriented.

You can’t bring about the « downfall of the system » and the creation of one in its place without both. As important, you can’t in the long term keep tens of millions of people supporting destruction if the positive vision of the future is not there for them to see. The problem is that while the two halves of the creative destruction equation naturally overlap for much of a revolutionary period, at some point the destruction has to subside and the creation has to become the dominant process, otherwise the revolution becomes either self-destructive and nihilistic, coopted, or redirected (often by the military, as epitomised by the phenomena of Bonapartism or Caesarism). In such a situation, one time supporters will turn against it in favour of the stability of a restored if changed ancien regime (if in new clothes).

What made Tahrir truly revolutionary during the 18 days, but sadly too few days since, was that in the Square you could see, feel, the possibility of a new Egypt, a different Egypt, an Egypt that could fulfill the dreams of the majority of its inhabitants. Young and old, rich and poor, Muslim and Copt, metalhead and Sufi, everyone radiated « silmiyya » — peacefulness — even as they screamed at the top of their lungs for days on end.

It was clearly a liminal, paradoxical experience, and one which, as Georgetown professor and Jadaliyya co-editor Adel Iskandar reminded me in a recent conversation on the present situation, was itself a two-part phenomenon: « the one from January 25 to February 4 which was violent, confrontational and black bloc-esque… and the Tahrir of the Utopian imaginary that dominated between February 4 to 11… The two continue to exist and manifest with oscillating frequency. »

The key question is, of course, how to control the oscillation, particularly when you can’t really tell either when the tipping point has arrived and which way it is tipping. For two years now the Egyptian « state » has been in this liminal state; the structure at its core — that is, the deep state of power holders through whom the vast majority of the networks of power and wealth flow in Egypt — has remained seemingly stable, and is enlarging a bit as the Brotherhood and its own networks of power and patronage are, with some difficulty, absorbed into this elite. But the state remains gelatinous and porous outside of the core nucleus, and if the opposition can siphon enough power and legitimacy away, the system could, as General al-Sissi warns, move towards collapse.

Millions, if not tens of millions of Egyptians understand that if the state structure rehardens or concretises in the shape it’s apparently taken, they will be either frozen into pretty much the same place they were under Mubarak, or pushed even closer to the margins or completely outside the state. Indeed, the « state of emergency » once again declared, now by a democratically elected President, and the organised attacks on women by forces clearly aligned with the existing power regime, reflects this desperate need to clear as many people away from the power networks as possible before the new system hardens.

And that’s where anarchist and black bloc tactics come in, as they constitute one of the most imaginative and creative responses to the hardening process (it’s also why those commentators who have dismissed them as « pretty silly » have little understanding of the history of such tactics or their proven utility in revolutionary Egypt). The question is how the majority of Egyptians who are not directly involved in this struggle (but directly affected by it) will understand this dynamic. How will they respond to the kind of tactical violence epitomised by black bloc tactics and anarchist principles if it continues and the government responds with more violence?

Will they see the creative and project aspect of the protests, and accept them as the only means not merely to finish the job of taking down the system but of building a truly new political and social economy for Egypt? Or will they focus mostly on the destructive and resistance element of it — as a one way path towards social, political and economic disintegration and chaos against which a religio-authoritarian system, however unpalatable in principle, seems the better choice?

However we might want to judge their tactics more broadly, their commitment and loyalty to other protesters are hard to question. When women were being brutally attacked in Tahrir Square last week, beyond the ability of groups like Operation Anti-Sexual Harassment to protect them, black block activists have literally appeared out of nowhere to take on the often armed groups of attackers and protect the women and other activists.

Limited success, broader future?

It’s worth noting that the success of Zapatismo has in fact been fairly limited on the ground. The Zapatistas have managed to carve out a relatively — and constantly threatened — autonomous zone for indigenous Mexicans living in the Chiapas region. It has not fundamentally changed the broader political economy of Mexico, never mind defeated or even seriously challenged « global neoliberalism », against which the movement launched its war on January 1 over 19 years ago (although Subcommandante Marcos’ words to disappointed tourists hoping to visit the local Mayan ruins the day the revolution was launched — « I’m sorry. This is a revolution » — was surely repeated to scores of disappointed tourists unable to visit the Antiquities Museum at Tahrir Square during the revolution).

While holding off the brutal march of neoliberalism into the Lacondan mountains of Chiapas is certainly a victory, the Egyptian revolution cannot succeed if it’s limited to one geographic region or social group; its initial success and ultimate victory depend precisely on its spread throughout society and across the country. There is no partial victory, and small « liberated » spaces, such as Tahrir, cannot survive surrounded by an ocean of Brotherhood-cum-military neoliberal authoritarianism.

It’s clear that black bloc tactics and the militant revolutionaries deploying them will not on their own carry Egypt further than the Zapatistas have pushed Chiapas (which, interestingly, has a Human Development Index ranking of .646, almost identical to Egypt’s .644), never mind Mexico as a whole. But if they succeed in throwing the country’s power-holders off-balance and reinvigorating the youth led-opposition, and can provide a creative and ultimately positive vision and strategies for continuing the revolution into its third year and convincing increasing numbers of ordinary Egyptians to keep up he struggle for real freedom, dignity and social justice, they will have played an important role in Egypt’s tortured transition from an authoritarian to truly democratic system.

Mark LeVine is professor of Middle Eastern history at UC Irvine, and distinguished visiting professor at the Center for Middle Eastern Studies at Lund University in Sweden and the author of the forthcoming book about the revolutions in the Arab world, The Five Year Old Who Toppled a Pharaoh.

Presse contre-révolutionnaire (AlJazeera.com, 2 février 2013)

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[Les Champs-Montants, Audincourt] « Vous n’êtes pas chez vous, ici. Dégagez, bande de bâtards ! »

Audincourt. Des policiers pris à partie au cours d’une intervention

Chaude soirée jeudi pour ces trois policiers de la brigade anticriminalité de Montbéliard.

Vers 22 h avant-hier, les policiers déboulent dans le quartier des Champs-Montants, à Audincourt, pour y interpeller un suspect dans le cadre d’une enquête en cours.

Quelques minutes plus tard, les trois fonctionnaires regagnent leur véhicule avec leur « homme », un garçon de 21 ans, qu’ils installent sur le siège arrière. C’est alors qu’un comité d’accueil, fort d’une quinzaine d’unités, se charge de mettre les « condés » au parfum. Car bien qu’en civil, ils ont été identifiés comme tels. Des mots et des gestes sans équivoque fusent dans le but de faire battre en retraite les représentant de l’ordre. « Vous n’êtes pas chez vous, ici. Dégagez, bande de bâtards ! » Tels seraient les mots employés et rapportés dans leur rapport par les policiers.

Rue de la Combe-Mirey, où se déroule la scène, la tension monte crescendo. Certains abaissent leur capuche pour ne pas être reconnus et viennent au contact du trio. L’un des autochtones tente de faire sortir le « menotté » de la voiture. Un autre donne un coup d’épaule à l’un des policiers pour le déstabiliser. Un troisième essaie de porter un coup de pied en esquivant un jet de gaz lacrymogène. En infériorité numérique, les membres de la BAC ont recours à ce moyen pour faire reculer leurs assaillants.

Finalement, ils parviennent à se dégager et à regagner le commissariat avec leur « client ». Dans la quinzaine d’énergumènes dénombrés, deux auraient été formellement reconnus au regard de leurs précédents et récurrents rapports avec l’autorité.

Hier matin, ils ont été cueillis à leurs domiciles. Le premier, âgé de 18 ans, a partiellement reconnu les faits. Il aurait admis avoir outragé les policiers, ajoutant aussitôt qu’il avait été provoqué. Il explique qu’il cherchait à rendre service à son camarade de quartier, lequel lui demandait de prévenir sa famille qu’il venait de se faire interpeller. Le second, un adolescent de 16 ans, prétend qu’il croquait tranquillement un sandwich et qu’il n’a, par conséquent, rien à voir avec les violences dépeintes. Il se dépeint comme simple spectateur.

Au terme de leur garde à vue, les deux Audincourtois ont été remis en liberté. Le majeur est convoqué le 25 mars prochain devant le tribunal. Le mineur a rendez-vous le 26 février avec le juge des enfants en vue d’une mise en examen. Dans les deux cas, les faits visés relèvent de la « rébellion en réunion ». Quant au jeune de 21 ans, initialement interpellé, il a, lui aussi, été remis en liberté. Pour l’heure, aucune charge ne pèserait sur lui. L’enquête aurait pris, à la suite de ses auditions, une autre direction. Alors, tout ça pour ça ?

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sam Bonjean, LePays.fr, 2 février 2013)

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