[Révolution syrienne] Le Conseil local de Douma « est considéré comme un exemple de l’expérience démocratique du peuple syrien mise en œuvre dans plusieurs zones libérées », « reposant sur la révocabilité des mandats »

Douma ville libre. Conseil de gestion populaire et démocratie par le bas

Dans la ville de Douma, près de Damas, un Conseil local dont les membres sont révocables s’est mis en place pour gérer la ville libérée. Ce document d’octobre 2012 est un témoignage de l’expérience démocratique du peuple syrien en lutte.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/13.jpgEn dépit des bombardements intenses et quotidiens sur les quartiers habités et les infrastructures économiques de la ville de Douma, les révolutionnaires l’ont libérée de la domination des appareils du régime, de ses chabbiha [Les chabbiha sont les milices du régime de Bachar el-Assad] et des barrages. Le Conseil de ville, élu par la population de Douma, a publié un communiqué par lequel il a exalté notre population héroïque qui a nettoyé notre ville de tous les services de répression (sûreté, armée, chabbihas) et des barrages. Il a fait le vœu qu’elle prenne ses responsabilités dans l’administration de la ville et la protection des biens publics et privés et des services de l’État contre le vol, le vandalisme, les incendies, etc. Il a exhorté chacun à donner tout document concernant ces services à la commission constituée par le Conseil à cette fin. La coopération de tous avec le Conseil local est souhaitée pour rendre la ville mieux qu’elle ne le fût.

Rappelons que Douma a été détruite sur environ 25.000 km² et que son Conseil local est considéré comme un exemple de l’expérience démocratique du peuple syrien mise en œuvre dans plusieurs zones libérées. Cette ville où résident plus d’un demi-million d’âmes a été divisée en régions et en comités de quartiers. En voici le détail :

1) La ville de Douma est divisée en douze régions géographiques. Dans chaque zone, est constitué un comité de quartier composé de cinq membres et un président est choisi pour chaque comité.

2) Douze commissions spécifiques composées de cinq membres sont mises en place, chacune concernant la médecine, la protection des quartiers, les biens publics et privés, les services techniques, les finances, la légitimité judiciaire, la mise à niveau et la reconstruction, le mouvement pacifique et les manifestations, les relations publiques, la commission d’information, la culture et l’éducation, la documentation et le secrétariat.

3) Le Conseil local est constitué comme suit : 12 membres, présidents des comités de quartiers, 12 membres, présidents des comités spécifiques, le président du conseil.

4) Le président du bureau exécutif, constitué de onze membres, est élu.

5) Il est mis en place un forum libre de la ville de Douma, qui se réunit deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche, pour poser toutes les questions concernant la ville.

6) Il est mis en place un bureau d’informations de la ville de Douma qui relaiera les informations de la ville. Vous pouvez l’intégrer immédiatement et nous faire part de vos remarques.

Remarques : les membres des comités, du conseil et du bureau se sont mis d’accord sur les conditions et principes qui suivent :

1) Le membre doit avoir foi dans la chute du régime dictatorial corrompu et dans la mise en place d’un État civil, démocratique, reposant sur la révocabilité des mandats, et œuvre à cette fin.

2) Le membre doit être un militant ou un soutien de la révolution, à quelque titre que ce soit.

3) Le membre doit être modéré et non fanatique, quel que soit son parti, sa religion, sa confession, ou son appartenance dans la révolution.

4) Le membre doit être digne de confiance et remarqué pour ses bonnes conduite et morale.

5) L’appartenance au Conseil ou aux comités est de notoriété publique.

6) La mission des comités et du conseil est de gérer la vie de la ville au mieux et de façon institutionnelle.

Publié par La ligne de front, n° 10 (organe du Courant de la Gauche Révolutionnaire de Syrie), octobre-novembre 2012, et traduit en français par Luiza Toscane dans Inprecor, n° 590, janvier 2013

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