L’ADN ne prouve rien

Amiens : un ADN et beaucoup de questions

Des traces génétiques ont été identifiées sur un fusil ayant servi lors des violences de la mi-août à Amiens. Problème : l’homme en question n’aurait jamais touché l’arme.

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Une école primaire détruite lors des émeutes à Amiens

Réveil brutal pour un prof de sport de 39 ans d’Agon-Coutainville (Manche) mardi à l’aube : il est interpellé devant femme et enfants par les policiers d’Amiens. Les enquêteurs le soupçonnent d’être l’un des auteurs de coups de feu tirés contre les forces de l’ordre lors d’affrontements dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 août, à Amiens-Nord, où 17 policiers avaient été blessés dont certains par chevrotine.

L’ADN du professeur a été identifié sur le fusil à pompe Maverrick ayant servi le soir des faits. Enroulée dans un drap, l’arme a été retrouvée le 23 août dans un bois, à quelques kilomètres d’Amiens. Le professeur récuse tout en bloc. « Il n’était pas à Amiens, où il n’a jamais mis les pieds, mais se trouvait en vacances en Bretagne, insiste son avocat, Me Guillaume Demarcq, dans une déclaration au Courrier picard. Ses achats réglés par carte bancaire le prouvent. »

Casier vierge

Comment son ADN a-t-il pu se retrouver sur le fusil ? Suite à la vente de sa voiture en juillet dernier, sur le site Leboncoin, « des traces ont pu se retrouver, par transfert, sur l’arme déposée à l’intérieur de la voiture », explique l’avocat. Une possibilité que reconnaît, selon Ouest-France, le procureur d’Amiens : « L’intéressé affirme n’avoir jamais touché à ce fusil. » L’enseignant avait fait l’objet d’un prélèvement d’ADN destiné au fichier central suite au vol d’une paire de baskets dans un magasin Décathlon, voici dix ans. L’avocat précise que « son client a un casier judiciaire vierge ».

Au terme de sa garde à vue, le prof a été remis en liberté sous statut de témoin assisté sur décision du juge d’instruction alors que le parquet d’Amiens avait requis sa mise en examen pour tentative d’assassinat sur des policiers et association de malfaiteurs. Un autre suspect, un habitant d’Amiens âgé de 21 ans, a en revanche été mis en examen pour les mêmes motifs et placé en détention. Son ADN aurait été relevé sur une cartouche, retrouvée sur le lieu des émeutes. Considéré comme l’argument majeur et déterminant dans toute enquête, l’ADN est-il en passe de montrer ses limites ?

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Louis Laroque, LePoint.fr, 14 octobre 2012)

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