[Valls Kyste My Ass] « Après la phase d’attentisme qui a suivi l’arrivée en mai des socialistes au pouvoir, la contestation gronde depuis plusieurs semaines »

Radicalisation : les entreprises surveillées

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux, selon une note de service. « Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

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Ce document, daté du 30 janvier et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus…).

Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficulté, qui pourrait notamment apparaître lors d’une manifestation le 12 février à Paris. Des réunions ont eu lieu à cet égard, notamment à la préfecture de police de Paris (PP), et ce mouvement, « s’il est confirmé », est « suivi de très près », selon les sources. La note « insiste » notamment sur la « nécessité de préserver et renforcer au besoin le potentiel d’analyse et de couverture des territoires dans ce domaine ».

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Un cordon de sécurité bloquait l’accès ce 5 février, au site PSA d’Aulnay, cible d’actes de violence de la part de certains syndicaliste [sic – NdJL]

Concernant les quartiers sensibles, la note précise que le travail de veille doit être « prioritairement » orienté vers les zones de sécurité prioritaires (ZSP) lancées par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Les fonctionnaires de la SDIG sont également invités, avec leurs homologues du renseignement intérieur, à détecter des « groupes ou individus à risque » qui graviteraient dans les milieux islamiques en France.

Parmi les groupes ou milieux à suivre « avec constance », la note évoque « les sectes apocalyptiques, les groupes survivalistes, tout comme les nouvelles thérapies ». Les mouvements de défense de l’environnement, qui peuvent être amenées à conduire des « actions fortes » sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste, doivent également « faire l’objet d’une veille permanente », explique cette note.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via LeFigaro.fr, 4 février 2013)

 

Plans sociaux. Valls veut éviter tout débordement dans les usines

PSA qui prévoit de supprimer 8000 emplois en France. Petroplus qui joue une partie de son avenir ce mardi, Renault qui souhaite supprimer 7500 postes d’ici 2016, Goodyear qui annonce la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord. En 12 mois, ce ne sont pas moins de sept plans sociaux d’envergure qui se sont succédé. Outre le volet social, l’État est également mobilisé sur le front sécuritaire. Manuel Valls veut éviter tout débordement.

Polices et services de renseignement sur les dents

Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus, Goodyear…).

Le ministre de l’Intérieur s’est inquiété mardi des risques « d’implosions ou explosions sociales » en France, assurant que ses services étaient mobilisés pour éviter tout débordement lors de mouvements sociaux. Une intervention qui intervient alors qu’à Vaux, dans l’Allier, les salariés de la fonderie DMI menacent de faire exploser l’usine.

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Anticiper d’éventuelles radicalisations

« Aujourd’hui on assiste moins à des mouvements sociaux, qu’à des implosions ou explosions sociales », a-t-il mis en garde sur BFM/TV. « Il faut en faire l’analyse fine, c’est le travail de l’Information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux) de la sécurité publique ».

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux.

Protéger l’outil de travail

Une note de service, datée du 30 janvier et transmise aux directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ».

Ces explosions sociales, « il faut essayer de les comprendre, mais on ne peut pas les admettre », a ajouté M. Valls. « On peut essayer de comprendre les raisons qui poussent des hommes et des femmes au désespoir », mais « on ne peut pas casser l’outil de travail ».

De plus en plus de policiers autour des usines

À l’usine Renault à Flins (Yvelines), « il y a de plus en plus de présence policière autour de l’usine avec plusieurs voitures banalisées », a indiqué mardi Ali Kaya, délégué CGT. « La police a contacté des délégués syndicaux », a-t-il ajouté.

Des salariés de cette usine ont débrayé tôt mardi matin pour protester contre l’accord de compétitivité proposé par la direction qui prévoit notamment la suppression de 8260 emplois en France d’ici à 2016, ainsi qu’un gel des salaires en 2013, une refonte des comptes épargne-temps et des mobilités obligatoires entre les sites.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 5 février 2013)

 

La contestation sociale se durcit, les ex-RG sur le qui-vive

Durcissement de la crise économique, flambée du chômage et fermetures d’usine en cascade : le climat social se tend et la mobilisation s’amplifie, au point que les ex-RG scrutent « au plus près » les entreprises en difficulté pour anticiper toute éventuelle « radicalisation ».

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Après la phase d’attentisme qui a suivi l’arrivée en mai des socialistes au pouvoir, la contestation gronde depuis plusieurs semaines.

Goodyear, Renault, ArcelorMittal : grèves et manifestations se multiplient. Le ton est monté d’un cran chez PSA où, après des « dégradations » sur le site d’Aulnay, la direction a déployé des vigiles dans l’usine dont la production est paralysée par une grève. Mardi, des salariés de la fonderie DMI de Vaux (Allier) ont assuré avoir commencé « à mettre en place des bouteilles de gaz » pour menacer les propriétaires de « faire exploser l’usine » si une compensation à leur licenciement n’était pas trouvée, rappelant les menaces ou actions parfois violentes menées dans les années 2000 par des salariés désespérés de Cellatex, Metaleurop, Moulinex ou Continental.

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Dans ce climat, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est inquiété mardi des risques « d’implosions ou explosions sociales », assurant que ses services étaient mobilisés pour éviter tout débordement car « on ne peut pas casser l’outil de travail ».

En Seine-Saint-Denis, où PSA cristallise les tensions, deux ou trois policiers du renseignement veillent à temps plein sur les conflits sociaux, pour « anticiper leur durcissement » éventuel et permettre aux autorités de l’État « d’essayer de les désamorcer », explique une source policière.

Autour de l’usine Renault de Flins (Yvelynes), « il y a de plus en plus de présence policière, avec plusieurs voitures banalisées », témoignait mardi Ali Kaya, délégué CGT. « La police a contacté des délégués syndicaux », a-t-il ajouté.

Il faut « éviter » d’éventuelles présences des forces de police sur les sites en difficulté, a prévenu le patron de la CGT Bernard Thibault, car elles seraient « vécues comme des provocations », et Lutte ouvrière (LO) a accusé le gouvernement d’être « un homme de main du patronat ».

Sur le terrain, les meneurs syndicaux ne sont pas étonnés de la mobilisation des services de renseignement. Cela vise « à criminaliser notre action », a réagi Mickaël Wamen, délégué CGT de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord menacée de fermeture. « Le gouvernement, les directions d’entreprise veulent nous faire porter la responsabilité d’un embrasement social, alors que le gouvernement devrait plutôt faire porter la responsabilité pleine et entière aux patrons », dénonce le responsable cégétiste, taxé de jusqu’au-boutisme.

Pas question toutefois de toucher à l’outil de travail, « c’est notre bien le plus précieux », assure-t-il.

Le meneur CFDT d’ArcelorMittal Florange, Edouard Martin, se dit « inquiet de la tournure que ça peut prendre ». « Dans la filière logistique (…), il y a énormément de jeunes : pour eux, c’est la plus grande incertitude. Je pense que ça peut péter, parce que la situation est très, très tendue », explique-t-il.

Un soubresaut des salariés du privé

« L’heure de la mobilisation a sonné », a averti la semaine dernière Thierry Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, un ex-Moulinex.

Chez Renault, « certains ouvriers souhaiteraient que ça se radicalise un petit peu », assure David Dubois, de la CGT Douai. « Beaucoup de travailleurs m’ont attrapé sur le sujet. Dire que 8.000 personnes m’ont dit la même chose serait mentir. Après, ça va vite : une personne qui embarque l’autre et ainsi de suite, ça se radicalise assez fortement. »

« Ceux qui ont animé les grands mouvements sociaux depuis 20 ans (en 1995, ou 2010 contre la réforme des retraites) étaient surtout des salariés du public et d’entreprises à statut, les salariés du privé, pourtant les plus touchés par la crise, ont souvent été en retrait. Avec le durcissement de la crise économique, on voit se multiplier des mouvements dans le secteur privé », note Dominique Andolfatto, auteur de La sociologie des syndicats.

« Les mouvements restent cependant éclatés, parfois divisés », ce qui ne permet pas « une coagulation » des luttes, souligne l’historien, et le récent accord national sur l’emploi n’a fait que raviver les clivages entre confédérations.

Pour l’heure, les salariés ne se mobilisent pas massivement. La situation est loin des grands mouvements dans l’automobile des années 80 ou dans la sidérurgie dans les années 70. L’appel aux rassemblements lancé pour le 12 février aux salariés d’entreprises menacées pourrait être un test.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via La-Croix.com, 5 février 2013)

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