[Toulouse] Appel à soutenir les habitants du 66 avenue d’Italie

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Appel à rassemblement de soutien vendredi 22 juin à 9h devant le TI de Toulouse

Depuis le 12 mars 2012, nous sommes huit familles dont 11 enfants à vivre dans un immeuble situé au 66, avenue d’Italie qui appartient à une société immobilière qui l’a acquis en 2009 et n’en faisait aucun usage depuis.

Auparavant, nous vivions au 16, allée des Demoiselles. Mais, suite à un jugement du tribunal d’instance ordonnant notre expulsion, nous avons dû quitter l’immeuble et la seule solution qui nous a été proposée, était d’occuper l’immeuble où nous vivons actuellement.

Depuis l’occupation de cet immeuble, nous nous organisons ensemble, comme nous le faisions au 16, allée des Demoiselles, pour vivre dans la tranquillité. Ce lieu n’est pas un simple « squat » mais un véritable lieu de vie où parents et enfants s’entraident pour la nourriture, l’installation de douches, la récupération des meubles nécessaires au confort de tous.

Aujourd’hui, nous voyons l’histoire recommencer. Le propriétaire demande notre expulsion, que nous payons chacun et chacune 150 euros par jour d’occupation et que nous retournions tout simplement à la rue.

Nous seront donc en procès Vendredi 22 juin à 9h au Tribunal d’Instance de Toulouse (40, avenue Camille Pujol).

Nous refusons cette logique qui consiste systématiquement à l’expulsion pour nous replonger dans la misère sociale de laquelle nous avons pu, grâce à notre action collective, s’en sortir.

Nous ne voulons pas vivre constamment sous la menace des procès, des astreintes et des expulsions.

Nous voulons que nous et nos enfants continuions à vivre décemment dans un logement sans être obligé de déménager tous les trois mois.

Ce que nous voulons de l’État, ce ne sont pas ses juges et ses flics mais des logements pour que nous puissions vivre dignement et que nos enfants vivent normalement dans un foyer stable.

Nous demandons à la population de venir nous soutenir dans ce procès qui ne règlera en rien les problèmes sociaux que nous vivons chaque jour.

De toute façon, nous n’avons pas le choix et nous continuerons de réquisitionner des bâtiments vides car la dignité de nos familles est plus importante qu’un droit de propriété qui laisse des bâtiments vides.

Les habitants du 66, avenue d’Italie

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Toulouse] Appel à soutenir les habitants du 66 avenue d’Italie

[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte » (6)

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/16.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/62.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/27.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/32.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/029.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/42.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/73.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/54.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/82.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/91.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/015.jpeg

Publié dans España en el corazón | Marqué avec , , | Un commentaire

[Vive l’Azawad libre !] « Vous vous êtes servis et re-servis… mais sachez que l’Azawad n’est plus à marchander ! »

L’Azawad contre vents et manœuvres
Entretien avec Ansari Habaye ag Mohamed

Nous publions ci-après l’interview de Ansari Habaye Ag Mohamed, membre de la coordination des cadres du MNLA de l’AZAWAD. Avocat de formation, Ansari Habaye Ag Mohamed est natif de Tombouctou. Il milite très tôt pour l’identité et la culture touarègues et a assuré le lien au début des années 90 entre les militants touaregs et les autres composantes amazighes. Très actif dans le soulèvement des années 90, Habaye représente, avec d’autres, le courant indépendantiste du mouvement touareg.

Dans cette interview Habaye explique lucidement les enjeux des luttes actuelles tant dans l’Azawad qu’au sein même du MNLA. Le combat armé a abouti à la libération complète du pays. Qu’il s’agit maintenant de bâtir. Tant sur l’important aspect idéologique (démocratie ou islamisme ?), que sur celui des valeurs sociétales des Touaregs, de l’éducation, ou encore de l’économie… Pour toutes ces questions, le soutien actif des Berbères du monde (diaspora ou voisins) est un levier factuel déterminant. Pour Habaye « L’activisme et la mobilisation amazighe aux quatre coins du monde a permis de faire connaître le sort dramatique des Touaregs. » Il poursuit en affirmant que « Si les Touaregs échouent ou disparaissent c’est l’originalité et la mémoire de la civilisation amazighe qui s’éteint définitivement. En revanche, si les Touaregs réussissent à prendre en main leur destin sur leur territoire, c’est le renouveau de la civilisation amazighe qui est consolidé ».

Tout est dit !

Tamazgha.fr : En janvier 2012, le MNLA prend les armes et déclenche les hostilités contre l’État malien pour la libération de l’Azawad. Pourquoi en-est-on arrivé là ?

Ansari Habaye ag Mohamed : Le déclenchement des hostilités militaires le 17 janvier 2012 à Menaka, ville mascotte de la lutte de libération s’inscrit dans la ligne historique de la détermination du peuple de l’Azawad à s’affranchir de l’occupation malienne, qui est, et reste, un cas de décolonisation inachevée !!!

Les Touaregs n’ont jamais accepté l’occupation de leurs territoires, la résistance aux invasions a été constante bien avant le dix-huitième siècle, pendant la pénétration coloniale et dès les premières heures de l’occupation malienne. Le 17 janvier 2012 n’est une surprise que pour ceux qui sont soit volontairement amnésiques, soit ne s’intéressant nullement à ce qui se passe dans cette partie du Sahara. Comme par le passé, ce énième soulèvement a été déclenché après plusieurs offres de négociations maintes fois proposées par le Mouvement de libération nationale de l’Azawad (MNLA) et les leaders touaregs, au régime déchu de ATT qui y a toujours répondu, soit par le mépris, soit par la tentative de manipulation.

Y a-t-il un lien entre ce soulèvement mené par le MNLA et tous les soulèvements qu’ont connus les Touaregs depuis 1963 ?

Les Touaregs sont un peuple pacifique, à la limite de la naïveté !!! Les prédicateurs musulmans arrivés dans l’espace saharien, notamment central, au onzième siècle ont propagé l’islam sans rencontrer aucune résistance parce qu’ils étaient arrivés pacifiquement. Les explorateurs, qu’ils fussent arabes ou occidentaux, avaient procédé de même… En revanche, les Touaregs ont toujours opposé une résistance farouche à ceux dont les velléités étaient sans équivoque dominatrices, qu’il s’agisse des Marocains en 1591, des roitelets songhaï dans leur sillage ou des Français au vingtième siècle.

Sans remonter aux premières confrontations entre Touaregs et colonnes françaises à partir de 1881, historiquement le premier soulèvement touareg date de 1916-1917 dans l’Azawagh, soulèvement conduit par Kawsen, précurseur du concept moderne d’État et de peuple touareg.

À l’orée des indépendances africaines, les notables, les érudits, les chefs de tribus et de confédérations, tous groupes communautaires confondus (Songhaïs, Peuls, Maures, Touaregs) avaient adressé une lettre, datée du 30 mai 1958 au Général de Gaulle pour demander l’indépendance de l’Azawad au même titre que les autres colonies. La réponse de la France arriva en 1960, le Soudan français accédait à l’indépendance sous le nom de Mali avec en prime l’Azawad comme cadeau de baptême.

Le peuple de l’Azawad va manifester son refus du fait accompli dès 1963 en se soulevant contre l’invasion malienne prenant la succession de l’occupation française. On ne reviendra pas sur la répression aux allures génocidaires (massacres collectifs des hommes et du cheptel) qui s’en était suivi avec la complicité de plusieurs régimes d’États voisins.

Il fallut trois décennies aux Touaregs pour se relever de ce drame et se soulever au début des années 90 afin de rappeler au Mali et au monde entier que les massacres et les génocides ne parviennent jamais à bout de la détermination d’un peuple à poursuivre la lutte de reconquête de la liberté et de la dignité à vivre sur son territoire. Les accords qui ont suivi (Tamanrasset, janvier 91 et Bamako, avril 92) n’ont jamais été appliqués en dépit des rappels par les touaregs de la nécessité de leur application pour la paix et la sécurité dans la sous région… Plusieurs secousses de moindre envergure sont venues rappeler aux régimes maliens le malaise dans l’Azawad (1998, 2003 et 2006). Le silence et des manœuvres dilatoires furent les seules réponses au mal être touareg !

Ce qui a démarré le 17 janvier 2012 ne résulte donc pas du phénomène de « génération spontanée ». Le Mali a démontré toute son incapacité à prendre en charge les préoccupations légitimes et légales d’un peuple et d’un territoire qu’il n’a ni conquis ni jamais soumis mais qui lui a été légué dans le cadre d’une décolonisation inaboutie. Le MNLA n’a fait que faire aboutir une étape décisive de la lutte de l’Azawad, celle de la libération territoriale et d’avoir posé pour la postérité la déclaration de l’État de l’Azawad indépendant !

Certains médias, notamment l’AFP, n’ont pas cessé, dès le début, de dire que le MNLA a des accointances avec les groupes islamistes présents dans l’Azawad, en particulier Ansar-Dine et Aqmi. Qu’en pensez-vous ?

S’il y a accointances et acoquinements, l’AFP devra surtout rappeler que c’est le Mali qui a accueilli depuis une douzaine d’années des groupes jihadistes et narco trafiquants avec lesquels il a traité et qu’il a encouragé à l’enracinement dans l’Azawad tout en en se faisant une rente bien juteuse versée gracieusement par les puissances occidentales au motif de renforcer les capacités maliennes en matière de lutte contre le terrorisme !

S’il y a une pierre à jeter, ce n’est certainement pas au MNLA mais plutôt à ceux qui paient les rançons et à ceux qui hébergent les groupes jihadistes et narco trafiquants avec lesquels ils traitent. Ceux-là sont les seuls responsables du chaos actuel dans l’Azawad, de la déliquescence de l’État malien et des risques d’instabilité sous régionale et de la menace pour la paix internationale.

Tout cela ne justifie pas cependant les malheureuses connivences avérées. Quelques membres du bureau politique du MNLA ont posé des actes d’une extrême gravité en contractant des engagements secrets avec le groupe islamiste Ansar Dine. En raison de leur caractère secret, en violation flagrante des lignes directrices du mouvement, ces actes, dans l’absolu, ne sauraient engager le MNLA, mais constituent bien une faute lourde de quelques membres du bureau politique du MNLA, quatre ou cinq personnes qui ont au quotidien la gestion politique du mouvement. La troupe, l’écrasante majorité des officiers, les cadres, les notables, les ulémas, les militants, toutes communautés confondues, ont découvert tout récemment, et de façon évidente, la félonie.

Mais rien de tout cela ne saurait justifier l’attitude ostentatoirement hostile de nombreux médias au combat d’un peuple pour sa liberté, sa dignité et sa justesse au profit du sensationnel et du vendable. Notre peuple a noté l’acharnement de l’AFP en particulier contre l’objectif indépendantiste du MNLA. Contre toute déontologie, le bureau de l’AFP à Bamako a poussé le délit jusqu’à attribuer des déclarations à certains parmi nous qui n’ont jamais parlé à la presse !

Les discours servis depuis quelques temps par des agences d’information et les allégations de collusion entre le MNLA et ces groupes ne visent qu’à faire échec aux acquis de la lutte de libération de l’Azawad !!! Ces acquis font plus peur que la menace terroriste que représente l’afflux massif de l’internationale jihadiste dans l’Azawad. Le MNLA refuse de servir de bouc émissaire aux forfaitures de l’État malien et de ses partenaires dans la sous-région et au-delà.

Ces mêmes médias ont rapporté que le MNLA a mené ses opérations militaires contre l’armée malienne en partenariat avec Ansar Dine, et parfois même Aqmi. Est-ce vrai ?

Pour des médias qui savent tout, souvent, plus que les officines officielles de renseignement, seule leur ignorance peut expliquer de telles allégations dans la mesure où il est établi que l’idéologie jihadiste ne tolère, pour quelques motifs que ce soit, de combattre aux côtés des taghaouts (littéralement païens), dans le cas d’espèce le MNLA étant considéré comme tel. Nous sommes formels, le MNLA n’a combattu aux cotés d’aucun mouvement jihadiste !!! Le MNLA a tenté par deux fois de prendre Aguelhoc sans y parvenir, et c’est après son retrait et l’avoir bien affaibli que les jihadistes tous seuls ont réduit cette position.

Combattant le même ennemi, il est arrivé que les opérations militaires convergent sur la même position mais cela n’a été ni planifié, ni concerté.

L’Azawad a traversé, fin mai, une véritable confusion avec des négociations annoncées entre le MNLA et Ansar-Dine. Ces négociations qui ont même abouti à des accords entre les deux mouvements signés le 26 mai. Ces négociations étaient-elles la volonté de l’ensemble des cadres, militants et combattants du MNLA ou juste l’initiative de certains de ses membres ?

L’écrasante majorité des militants de l’intérieur comme de l’extérieur et la communauté internationale étaient perplexes face au temps mis à mettre en place un exécutif de l’État de l’Azawad indépendant. Courant mai de nombreux cadres affluèrent à Gao à la demande du bureau politique du MNLA aux fins de mise en place du Conseil transitoire de l’Azawad (CTA). Finalement, le 17 mai et à la stupéfaction générale, sauf pour quelques membres du Bureau politique du MNLA, en lieu et place de la mise en place du CTA, nous avons été invité à valider un document portant cadre institutionnel et réglementaire de l’État islamique de l’Azwad élaboré sur la base d’un “accord MNLA – Ansar-Dine’’ dont personne, encore une fois, hormis le noyau évoqué ci-dessus ayant des affinités et des penchants islamistes, ne connaissait le contenu. Le texte fut, de toute évidence, rejeté. Les pourparlers furent relancés et vont perdurer en raison de la fronde des cadres, des notables et des organisations de la société civile de l’Azawad, dont les femmes en pointe. Finalement, un texte consensuel MNLA fut élaboré avec l’appui des cadres. Ce texte posait clairement les termes du protocole d’entente et fut accepté en plénière par le MNLA au nom de l’unité touarègue. À notre grande surprise, le texte soumis à la signature officielle des deux parties le 26 mai à Gao, n’avait plus rien à voir avec celui qui a obtenu le consensus dans la matinée en réunion plénière du MNLA.

Vous faites partie du Collectif des cadres de l’Azawad qui a rendu public une déclaration dénonçant les accords MNLA-Ansar Dine. Pourquoi avez-vous dénoncé ces accords ?

C’est dans la soirée même du 26 mai que la détermination à dénoncer le protocole a pris corps. Il fallait la matérialiser et c’est cela qu’ont fait la quasi-totalité des cadres du MNLA (réunis en une Coordination des cadres de l’Azawad mise en place le 27 mai 2012) après avoir informé et consulté de nombreuses notabilités, des ulémas, des officiers supérieurs, les coordinations des camps de réfugiés, les organisations de la société civile de l’Azawad et les membres du bureau politique non impliqués dans les manœuvres dilatoires. Suite à cette déclaration et à celle du bureau du MNLA en Mauritanie, ainsi que des déclarations individuelles de certains membres du bureau politique, la direction du MNLA à Gao a procédé à la suspension de l’accord et a finalement accepté de mettre en place le Conseil de transition de l’Azawad… Mais cela ne suffit pas, la direction politique devra définitivement renoncer au protocole d’entente et à l’idée d’un État islamique.

L’accord a été dénoncé parce que contre nature, compromet notre combat séculier pour la liberté, la dignité et la tolérance qui sont les valeurs cardinales du peuple de l’Azawad dans sa diversité. Il constitue une négation flagrante de l’identité, de la culture et du courant religieux traditionnel du peuple de l’Azawad qui n’aspire qu’à vivre en harmonie avec tous les autres peuples voisins immédiats ou lointains, sans distinction de croyances. Il a été dénoncé parce qu’il porte les germes d’un amalgame préjudiciable avec des groupes dont tout nous distingue, parce qu’il impose aux populations de l’Azawad des corps étrangers que le Mali leur a préalablement imposés !

Il a été dénoncé, enfin, parce que si les États bien établis peuvent s’offrir le luxe d’entretenir des liens avec des nébuleuses jihadistes ou mafieuses, parce qu’ils en ont les moyens et peuvent en assumer les conséquences ; l’État de l’Azawad, quant à lui, ne le peut guère… Il est paradoxalement plus objectif de les combattre que de s’y associer… Ce faisant, l’Azawad préserverait au moins son âme !

Comment analysez-vous la situation de confusion qui règne au sein du MNLA actuellement ?

Il n’y a véritablement pas de confusion, une partie de la direction politique du MNLA a emprunté une voie totalement rejetée par la majorité de notre mouvement. Il faudra un peu de temps pour rétablir l’ordre. Cela se fera soit dans le cadre d’un congrès extraordinaire du mouvement qui sera convoqué dans les meilleurs délais, pour une restructuration du MNLA, soit par l’implosion du Mouvement. On préfère ne pas arriver à cette option. Dans tous les cas, la lutte pour l’Azawad se poursuit.

Le Conseil transitoire de l’État de l’Azawad, annoncé le 11 juin 2012, comprend un chargé de l’orientation et de la prédication islamique. Pensez-vous que l’Azawad a besoin de cela notamment si l’on prétend fonder un État laïc ? Et n’est-ce pas tout simplement contradictoire ?

Le nombre pléthorique des membres du CTA ne se justifie pas. Il eut fallu commencer par les départements qui prendraient en charge les questions les plus urgentes (administration du territoire, sécurité intérieure, affaires étrangères, défense nationale, action humanitaire, justice, finances, dialogue communautaire et cohésion sociale). Les modalités de désignation de ses membres sont anachroniques, beaucoup de titulaires n’ont ni l’expérience, ni le profil requis.

Un département de l’éducation aurait suffit largement, nous n’avons pas besoin de prédication. Nos ulémas, une fois responsabilisés, prendront en charge cette question. L’Azawad est un État civil, l’islam est la région des Azawadiens, la forme républicaine est le seul régime qui vaille pour nous. C’est la seule option qui rassemblerait les communautés de l’Azawad. L’Azawad n’est ni la Tunisie, ni la Libye et encore moins l’Égypte ! Notre printemps n’est pas du style des printemps de ces pays. L’Azawad est une situation originale qui a ses propres spécificités.

Que pensez-vous de l’intervention pour le moins surprenante de Bilal ag Achérif à Jeune Afrique ?

Surpris, je ne le suis plus. Ce qui me surprend c’est l’attitude ambiguë de quelques cadres, lesquels en dépit de leur immense expérience et des convictions affichées ont accepté de cautionner cette interview, sachant tout le danger de son contenu.

De toute évidence, la résistance a déjà commencé. Dans l’Azawad apparaît sur les murs, les banderoles, un slogan évocateur chantonné de plus en plus par les femmes et les jeunes : « vous vous êtes servis et re-servis… mais sachez que l’Azawad n’est plus à marchander ! »

Le Collectif des cadres de l’Azawad a-t-il des projets ? Lesquels ?

Pourquoi des voies s’agitent et des initiatives africaines et internationales sont entreprises pour une intervention armée dans l’Azawad alors que Le MNLA mais aussi les cadres de l’Azawad ont toujours démontré leur ouverture au dialogue et posé des actes concrets et vérifiables de leur disponibilité à la négociation ?

Curieusement, les Touaregs et personne d’autre n’ont jamais entendu ces leaders africains et d’ailleurs évoquer la moindre réprobation quand les régimes successifs de Bamako massacraient les Touaregs.

De telles attitudes sont incompréhensibles et laissent croire aux Touaregs que la sous-région et l’Afrique ne leur font aucune place, encore au vingt-et-unième siècle.

Le collectif en cours de formalisation compte assumer pleinement ses responsabilités, celles d’éclairer notre peuple dans toutes ses composantes, mais aussi les États voisins et la communauté internationale afin qu’ils réagissent avec responsabilité et discernement dans leur démarche de sauvegarde de la stabilité sous régionale et de la paix internationale. La question humanitaire, en particulier le drame que vivent les populations intérieures qui n’ont plus accès aux services sociaux de base et de moins en moins à la nourriture, est inquiétante et constitue un des points prioritaires. La situation des réfugiés dans les pays d’accueil est inscrite dans notre agenda.

L’information et la sensibilisation de ces victimes permanentes du conflit nous préoccupe et interpelle. À terme, cela permettra de les impliquer effectivement dans la gestion du problème à travers des canaux endogènes. Dans les camps de réfugiés, les niveaux de prise en charge, même si globalement sont acceptables, sont loin d’être satisfaisants. La prise en charge médicale est très insatisfaisante ; les enfants ne vont toujours pas à l’école ; les abris sont majoritairement précaires et la sécurisation des réfugiés, notamment sur le plan juridique, est défaillante.

La stabilisation de la situation dans l’Azawad est l’un des chantiers à engager immédiatement. Cela passera forcement par l’assainissement de l’appareil politique du mouvement.

Ainsi, il sera planifié dans les meilleurs délais la tenue d’un congrès extraordinaire pour restructurer le mouvement et mettre fin à la confusion actuelle. L’un des facteurs de stabilisation est aussi la prise en main de la sécurisation des hommes et du matériel des forces combattantes afin qu’ils ne tombent pas aux mains de groupes avec lesquels nous ne partageons pas les idéaux.

Le Collectif engagera des missions d’information sur la situation d’ensemble de la question auprès des États du champ et hors champ. Ce sera aussi l’occasion de réitérer notre ouverture au dialogue et confirmer notre disponibilité à négocier dès que les conditions minimales seraient réunies (en particulier la stabilisation de la situation à Bamako).

Aussi, nous travaillons à la consolidation du dossier « crimes » (l’État malien a perpétré des crimes contre les touaregs entre 1963 et 2012) et sa transmission au dispositif judiciaire international et sous régional africain.

Enfin, nous œuvrons à l’approfondissement et la réactualisation du dossier « négociations’ » avec l’État malien.

Comment voyez-vous l’avenir de l’Azawad ? Et pensez-vous que l’espoir est toujours permis pour la libération de l’Azawad et l’instauration d’un État indépendant ?

La conviction que nous avons raison et l’espoir ont toujours nourri la lutte touarègue et il n’y a pas de raison à ce qu’ils s’estompent. Notre peuple a connu des adversités plus amères, il y a survécu. L’Azawad est à portée de main, nous avons la responsabilité, la capacité et l’énergie indispensables à surmonter les difficultés et d’arriver enfin à prendre notre DESTIN en main. C’est cela qui compte et non le mot indépendance !

Que peuvent apporter Imazighen d’Afrique du Nord ou de la diaspora au combat de l’Azawad ?

Beaucoup et plus qu’ils ne le pensent !!! L’activisme et la mobilisation amazighe aux quatre coins du monde a permis de faire connaître le sort dramatique des Touaregs aux confins du Sahara dans un contexte sous régional timidement démocratisé, gangrené par la mal gouvernance et la corruption sur les deux rives du Sahara, sous la menace d’un islamo narco trafic international de plus en plus prégnant.

Faire comprendre aux Imazighen que le combat des Touaregs est aussi le leur, et que si les Touaregs échouent ou disparaissent c’est l’originalité et la mémoire de la civilisation amazighe qui s’éteignent définitivement. En revanche, si les Touaregs réussissent à prendre en main leur destin sur leur territoire, c’est le renouveau de la civilisation amazighe qui est consolidé. Le fait de pré-positionner plusieurs milliers de jeunes imazighen prêts à venir se battre aux côtés des Touaregs à la demande a été fortement apprécié et devra être pris en compte par ceux qui se musclent et gesticulent pour casser du touareg !

Certains États ont du mal à accepter le droit des Touaregs à se soulever contre les injustices et à vouloir prendre en main leur destin… Aidez-les à comprendre que cette attitude est révolue. Mieux encore ; aidez-les à s’abstenir de toute obstruction faute de contribuer au rétablissement de la justice pour un peuple qui a tant souffert sans y être pour quelque chose.

Propos recueillis par Masin Ferkal – Tamazgha le site berbériste, 21 juin 2012

Publié dans General | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Révolution tunisienne] Brûle ton patron !

Tunisie-Sousse : Un employé, viré de son travail, immole par le feu son ex-patron

Un employé viré d’un atelier de textile à M’saken dans le gouvernorat de Sousse a immolé par le feu son ex-patron lundi 18 juin 2012. Le feu s’est ensuite propagé provoquant  d’énormes dégâts matériels dans l’atelier et dans une usine de plastic voisine.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/0120.jpg

Une somme d’argent (50dt) que l’employé revendiquait à son ex-patron serait la cause de la dispute. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 19 juin 2012)


Violence – Masaken : Un employé tente de brûler son chef

Un employé travaillant dans un atelier de confection, dans la ville de Msaken, a asperger, lundi après-midi, son supérieur hiérarchique, de pétrole, avant de mettre le feu pour le brûler et prendre la fuite.

Une source sécuritaire a indiqué au correspondant de l’agence TAP dans la région que l’employé qui réclamait le paiement de son salaire, avait agressé son chef à l’intérieur de l’atelier de travail.

La même source a ajouté que cette agression a été à l’origine d’un incendie dans l’atelier qui emploie 15 personnes, avant d’atteindre un commerce de produits plastique, voisin. Les unités de la protection civile sont intervenues pour maîtriser l’incendie et transporter la victime à l’hôpital.

Publié par des ennemis de la révolution (DirectInfo, 18 juin 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Brûle ton patron !

[Révolution tunisienne] Sit-in à la Hamma du Jérid (Tozeur)

Mouvement de protestation à Tozeur

Des protestataires d’El Hamma du Jerid (gouvernorat de Tozeur) ont bloqué lundi matin la route nationale N3 au niveau de l’entrée du gouvernorat en guise de protestation contre « l’indifférence à l’égard de leurs revendications ».

L’un des protestataires a affirmé à que les habitants ont revendiqué des solutions pour l’approvisionnement en eaux d’irrigation des oasis, suite aux pannes enregistrées au niveau de trois puits d’irrigation agricole, outre la suspension des eaux géothermiques, qui se poursuit depuis deux semaines causant le gel de plusieurs activités économiques.

Certains protestataires ont affirmé que l’approvisionnement de la zone d’El Hamma du Jérid en eau potable a été interrompu depuis quatre jours, sans information préalable. De son côté, le représentant du district de la société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Ahmed Sassi a affirmé que des perturbations ont été enregistrées suite aux travaux de maintenance assurés par la SONEDE.

Les habitant d’El Hamma du Jérid ont affirmé que la région connait un manque d’équipements sanitaires, l’absence de projets de développement et l’interruption de quelques projets depuis quatre mois à l’instar du projet d’asphaltage et d’assainissement de la cité de Sidi Haraket. Les agents de la sécurité sont intervenus pour mettre fin à ces protestations et ouvrir la route, mais les sit-inneurs ont refusé et réclamé la présence du gouverneur de la région.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 18 juin 2012)


Tunisie – Tozeur : Affrontements entre protestataires et forces de sécurité

Le mouvement de protestation organisé, lundi matin, à la Hamma du Jérid (Gouvernorat de Tozeur), a tourné en affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité.

Les affrontements se sont produits après que les forces de l’ordre aient réouvert par la force la route nationale N° 3 qui avait été bloquée par les protestataires, selon des témoins sur place.

Le chef de la garde nationale de La Hamma du Jérid, Larbi Ben Belgacem, a indiqué à la correspondante de l’agence TAP à Tozeur, que les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes pour rouvrir la route, après le refus des protestataires de quitter les lieux pour rétablir la circulation.

Il a précisé que les protestataires avaient réagi en lançant des pierres contre les forces de l’ordre et leurs véhicules, ainsi que contre le poste de la garde nationale. Les forces de l’ordre ont procédé à des arrestations a-t-il ajouté.

Les protestataires réclament des solutions pour faire face au problème d’approvisionnement en eaux d’irrigation des oasis, suite aux pannes enregistrées au niveau de trois puits.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 19 juin 2012)


Tunisie – Tozeur : Reprise des affrontements entre habitants et force de l’ordre

Les affrontements ont repris, mardi matin, à la Hamma du Jérid (Gouvernorat de Tozeur), entre des protestataires et des forces de sécurité, selon des informations confirmées par des témoins oculaires.

Les habitants ont organisé, mardi matin, un mouvement de protestation pacifique, devant le poste de la garde nationale de la Hamma du Jérid, pour demander la libération des personnes arrêtées, lundi, après les affrontements, selon les protestataires.

Les témoins ont ajouté que les forces de sécurité ont voulu disperser le rassemblement, en faisant usage de différents moyens, notamment les bombes de gaz lacrymogène, ce qui a conduit les protestataires à réagir en lançant des pierres contre le poste, avant d’être poursuivis dans les rues de la ville.

Le chef de poste de la garde nationale de la Hamma du Jérid, Larbi Ben Belgacem, a démenti que le mouvement de protestation des citoyens était pacifique. Il a affirmé que des protestataires avaient tenté de s’introduire dans le poste en utilisant des bouteilles incendiaires, ce qui a poussé les agents de l’ordre à utiliser des bombes de gaz lacrymogène pour les disperser.

Le responsable de la garde nationale a souligné qu’aucune arrestation n’a été opérée, mardi, dans les rangs des manifestants, à l’exception des 16 individus arrêtés, lundi. Il a, en outre, indiqué que deux agents du poste ont été agressés et blessés, ce qui a nécessité leur transport à l’hôpital régional. Un mouvement de protestation avait été organisé, lundi matin, à la Hamma du Jérid et avait tourné en affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 19 juin 2012)


Tozeur – Sécurité : Le calme après les affrontements

Un calme précaire régnait mercredi matin à El Hamma du Jérid après les affrontements qui se sont déroulés lundi et mardi entre des protestataires et les forces de l’ordre.

Les représentants de la société civile dans la région ont condamné, mardi soir dans un communiqué rendu public, « l’usage exagéré de la force par les agents de l’ordre pour faire face à la vague de protestation des habitants qui revendiquaient l’approvisionnement en eau potable et l’accès à l’eau d’irrigation ».

Le président de l’association des amis d’El Hamma du Jerid, Mohamed Radhouani, a indiqué  que « les forces de l’ordre ont envahi des maisons, y ont lancé des bombes lacrymogène et incommodé sérieusement les habitants surtout les personnes âgées ». Il a fait part également de « violence verbale et physique » à l’égard des habitants.

D’autre part, les membres de la délégation spéciale de la municipalité d’El Hamma du Jerid a menacé de démissionner collectivement si les revendications des habitants continuaient d’être ignorées.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 20 juin 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-in à la Hamma du Jérid (Tozeur)

[PCC dégage !] Nouvelles immolations au Qinghai

Deux nouvelles immolations de Tibétains

Deux Tibétains ont tenté de s’immoler par le feu dans le nord-ouest de la Chine, l’un succombant à ses brûlures et l’autre étant grièvement blessé, a annoncé aujourd’hui l’agence Chine nouvelle après ces gestes désespérés de révolte contre la tutelle chinoise.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/037.jpg

Les deux Tibétains, âgés d’une vingtaine d’années, se sont transformés hier en torche humaine dans la province du Qinghai. La victime qui a survécu est un charpentier migrant, originaire de la province voisine du Sichuan, où se sont produites depuis un an de nombreuses immolations. La seconde victime, un berger, est décédée, a précisé l’agence officielle. L’organisation de défense des Tibétains Free Tibet les a respectivement identifiés : Nyawang Norpal, 22 ans, et Tenzin Kaldrup, 24 ans.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/058.jpgDe nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. La Chine rejette ces accusations et considère le chef spirituel des bouddhistes tibétains, le dalaï lama, qui vit en exil à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, comme un dangereux « séparatiste ». Au moins 40 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

Leur presse (Agence Faut Payer, 21 juin 2012)


Chine : nouvelle immolation par le feu en zone tibétaine

Depuis mars 2011, au moins 37 Tibétains se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire pour protester contre la politique de Pékin sur le Tibet.

Une nouvelle immolation par le feu a eu lieu dans une région à population tibétaine de Chine, a rapporté l’agence Chine nouvelle sans fournir de précisions sur la personne concernée. Cette personne a commis ce geste désespéré dans une zone tibétaine de la province du Qinghai, dans le nord-ouest du pays, mais on ignorait s’il s’agissait d’un membre de l’ethnie tibétaine.

Les autorités du district de Jianzha, où a eu lieu l’immolation, ont refusé de faire des commentaires tandis que la police ne répondait pas au téléphone. Depuis mars 2011, au moins 37 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire dans des zones à forte population tibétaine de Chine pour protester contre la politique de Pékin sur le Tibet.

Fin mai dernier, deux Tibétains ont tenté de s’immoler par le feu dans le centre de Lhassa, capitale de la Région autonome du Tibet, l’un trouvant la mort et l’autre étant gravement blessé, a rapporté lundi l’agence Chine nouvelle. Ces tentatives d’immolation, dans le célèbre temple de Jokhang, étaient les premières à Lhassa.

La semaine dernière des agences de voyage ont annoncé que le Tibet avait été fermé aux touristes étrangers, visiblement dans la crainte de troubles. De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

La Chine rejette ces accusations et considère le chef spirituel des bouddhistes tibétains, le dalaï lama, qui vit en exil à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, comme un dangereux «séparatiste».

Leur presse (Agence Faut Payer, 15 juin 2012)

Publié dans Les luttes de classe en Chine | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [PCC dégage !] Nouvelles immolations au Qinghai

Le suicide est-il une solution ? Nouvelles réponses à une enquête surréaliste

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/001.png

La Révolution surréaliste n° 2, 15 janvier 1925


Afghanistan : record de suicides dans l’armée américaine

Près d’un suicide par jour en cinq mois ! Des données provenant d’un rapport du Pentagone et diffusées par l’Associated Press dressent un tableau alarmant.

Sinistre record pour l’armée américaine en Afghanistan. Avec 154 suicides pour les 155 premiers jours de 2012, elle enregistre des statistiques inégalées depuis dix ans. Si 2010 et 2011 ont été relativement épargnées, ce bilan marque une hausse de 25 % du taux de suicide en deux ans. Un bilan qui, selon le magazine américain Time, aurait dépassé de près de 50 % celui des pertes américaines en Afghanistan sur la même période — de janvier à mai. Une mauvaise surprise pour le département de la Défense, qui envisageait déjà ce début d’année avec pessimisme : il estimait à 136 le nombre de soldats susceptibles de mettre fin à leurs jours.

Les raisons d’une telle augmentation, qui concerne uniquement le personnel actif ou « entre deux tours » — en particulier les forces aériennes, avec 32 suicides depuis janvier, contre 23 l’an passé, sur la même période —, restent mal connues. Pour le Time, qui évoque le stress post-traumatique, le mauvais usage de prescriptions médicales ou encore les problèmes financiers, la pression d’un effort de guerre soutenu depuis dix ans — en particulier pour les soldats ayant participé à de multiples missions de combat — ne serait pas étrangère à cette situation.

(…) Le rapport du Pentagone évoque néanmoins un taux de suicide important auprès du personnel jamais déployé.

(…) Devant la recrudescence des suicides, les services militaires américains auraient pourtant pris des mesures : augmentation du nombre de spécialistes de santé mentale sur le terrain, cours de gestion du stress, mise à disposition de numéros verts ou de conseillers par Internet pour permettre une assistance gratuite et confidentielle, investissements dans la recherche…

En vain. Selon le Time, le Pentagone lui-même aurait admis dans son rapport ne pas connaître l’efficacité de ses méthodes de prévention…

Presse suicidaire (Marie De Douhet, LePoint.fr, 20 juin 2012)


Condamné pour corruption, l’ex-Premier ministre roumain tente de se suicider

L’ancien Premier ministre roumain Adrian Nastase condamné mercredi à deux ans de prison ferme pour corruption, a tenté de se suicider quand la police est venue le chercher à son domicile.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/052.jpeg

Adrian Nastase le 13 juin 2012

« Le procureur a été informé par la police d’une tentative de suicide de M. Adrian Nastase », précise le parquet.

M. Nastase s’est tiré une balle dans la gorge après avoir demandé aux policiers qui étaient venus le chercher de le laisser prendre quelques livres, selon des sources citées par l’agence de presse Mediafax.

Des journalistes de l’AFP présents devant la résidence de M. Nastase ont vu l’ancien chef du gouvernement inconscient sur un brancard.

Il a été transporté dans un hôpital de Bucarest, mais aucune information n’était disponible sur son état de santé.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/066.jpg

Le Premier ministre roumain Victor Ponta qui appartient au même parti, le parti social-démocrate, que M. Nastase, s’est immédiatement rendu sur place.

M. Nastase, 61 ans, Premier ministre entre 2000 et 2004, a été condamné mercredi par la Cour suprême à deux ans de prison ferme pour avoir détourné plus d’un million et demi d’euros pour sa campagne électorale (…).

Il est le plus haut responsable politique condamné à ce jour pour des faits de corruption dans la Roumanie post-communiste.

L’un de ses avocats, Lucian Bolcas, a déclaré à la chaîne de télévision Realitatea TV que son client allait contester ce jugement auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg.

L’ancien Premier ministre est décrit par les analystes comme le mentor politique de l’actuel Premier ministre Victor Ponta. (…)

Très peu de chefs de gouvernement ont été condamnés à de la prison ferme en Europe pour des faits de corruption.

L’ancien président du Conseil italien Bettino Craxi avait été condamné définitivement à de la prison ferme dans les années 1990 dans diverses affaires, mais il avait toutefois fui l’Italie afin de ne pas purger sa peine, avant de mourir en 2000.

Presse suicidaire (Agence Faut Payer et Liberation.fr, 20 juin 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur Le suicide est-il une solution ? Nouvelles réponses à une enquête surréaliste

[États-Unis] La cible principale de l’« antiterrorisme » est la population américaine elle-même

Le coup monté de Chicago : la « guerre contre le terrorisme » maintenant en territoire américain

L’interpellation et la poursuite de cinq manifestants accusés de complot « terroriste » le mois dernier au sommet de l’OTAN à Chicago, en Illinois, est un avertissement pour toute la classe ouvrière. Il s’agit d’une nouvelle étape de l’utilisation contre l’opposition aux États-Unis eux-mêmes des pouvoirs répressifs que l’État s’est donné au nom de sa « guerre contre le terrorisme ».

Cette semaine, les cinq hommes sont comparus devant le tribunal bien que les procureurs ont refusé de divulguer tout renseignement sur les accusations portées à leur encontre. Ils furent détenus pendant près d’un mois sans inculpation. Même le juge chargé de l’affaire a trouvé « bizarre » que le parquet n’ait pas présenté un acte d’accusation qui devrait maintenant être publié le 2 juillet.

L’objectif de l’audience principale semble avoir été de présenter les accusés, les mains et pieds enchaînés, comme de dangereux criminels. Les conditions dans lesquelles ils ont été détenus, y compris la caution extrêmement élevée de 1,5 million de dollars pour les trois principaux accusés, contribuent aussi à présenter l’affaire comme s’il s’agissait d’une importante question de sécurité nationale.

Le procureur général de l’État de l’Illinois a signalé que les inculpés seront accusés en vertu des lois anti-terrorisme de l’État. Ces lois furent adoptées après les attentats du 11 septembre 2011 en même temps qu’une série de lois identiques dans d’autres États et au niveau fédéral. La loi en Illinois est particulièrement radicale quant à sa définition du terme « terrorisme » — y compris par exemple, tout acte « causant une dégradation substantielle » au bétail et aux cultures. Comme l’a dit un des avocats des inculpés : « Vous pouvez être inculpé de terrorisme pour avoir détruit une ruche ».

Au moment de leur arrestation, l’avocate générale de l’État d’Illinois, Anita Alvarez, a dit que trois des cinq — Jared Chase, Brent Betterley et Brian Church — avaient tenté de fabriquer des cocktails Molotov dans le but de cibler des institutions du Parti démocrate.

Les deux autres hommes, Sebastian Senakiewicz et Mark Neiween, doivent répondre à des accusations liées au terrorisme pour deux incidents séparés. Senakiewicz se serait vanté de posséder des explosifs, mais sans en avoir, d’où l’accusation de proférer de fausses menaces d’attentat à la bombe. Neiween aurait établi une liste des ingrédients pour une bombe tuyau, d’où l’accusation de « tentative de possession » d’explosifs.

Ce que les trois affaires et les cinq inculpés ont en commun, c’est l’implication de deux informateurs de police, « Mo » et « Gloves » qui avaient infiltré plusieurs mois auparavant le mouvement Occupy Chicago. Aucune preuve matérielle n’a été présentée ou alléguée pour étayer les dossiers. De plus, toute intention de violence semble avoir totalement été suscitée par les informateurs de la police.

L’opération qui avait conduit aux interpellations avait fait partie d’une mobilisation plus générale de la police durant les protestations. La police avait effectivement bouclé le centre de Chicago pendant quatre jours, arrêté une centaine de manifestants et tabassé des manifestants au hasard.

La réaction du gouvernement Obama aux événements survenus à Chicago — dont le coup monté de terrorisme — fut de faire l’éloge de la police qui, a selon Obama, « a fait un travail excellent tout en étant sujette à des pressions énormes et au contrôle de l’opinion publique ». Ce disant, il a clairement indiqué que son gouvernement soutenait la répression.

Le recours aux méthodes de provocation policière reflète les conflits irréconciliables qui déchirent la société américaine. La colère grandit au sein de la classe ouvrière à l’encontre d’une politique à laquelle les deux partis patronaux de l’establishment politique américain sclérosé sont totalement engagés : l’attaque contre les emplois et les programmes sociaux, le renflouement des banques et des guerres interminables.

Cette même dynamique sociale a sous-tendu la profonde érosion de la démocratie américaine durant la décennie lors de laquelle la « guerre contre le terrorisme » s’est développée et qui avait commencé avec le vol des élections de 2000. Depuis les attentats du 11 septembre, la classe dirigeante, d’abord sous Bush, et maintenant Obama, a largement étendu les pouvoirs de l’État. La « guerre contre le terrorisme » est devenue la justification passe-partout pour des mesures qui créent le cadre juridique pour un État policier aux États-Unis.

Avec le soutien des deux partis, le gouvernement Bush avait supervisé l’adoption du Patriot Act qui a élargi les pouvoirs d’espionnage de l’État ; qui a mis en place le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) ; et a créé un commandement militaire supervisant les États-Unis. Il a garanti une expansion sans précédent du pouvoir exécutif de torturer, de mener la guerre et d’espionner la population américaine. L’agence de sécurité nationale a monté un système illégal d’écoute et de décryptage des communications des citoyens américains.

La politique du gouvernement Obama a prouvé la futilité et la faillite des tentatives de combattre aux États-Unis la décision de changement vers un régime policier dans les limites du système bipartite.

La Maison-Blanche d’Obama a opposé toute tentative d’enquêter, et encore moins de poursuivre, les actions illégales de ses prédécesseurs, en décidant à la place de considérer les États-Unis comme étant un « champ de bataille » dans la guerre mondiale sans subir de contrainte dans le temps et dans l’espace. Elle a supervisé l’adoption de la Loi d’autorisation de la Défense nationale (National Defense Authorization Act) pour l’année fiscale 2012, qui autorise la détention militaire illimitée de citoyens américains sans acte d’accusation ou procès.

Tout dernièrement, Obama a affirmé que le président avait le droit d’assassiner des citoyens américains en l’absence de tout contrôle judiciaire. Le procureur général Eric Holder a affirmé que le droit constitutionnel à la procédure légale régulière, une protection fondamentale contre le pouvoir arbitraire de l’exécutif, est assuré par les délibérations internes entre le président et ses plus proches conseillers. Pour cette raison, n’importe qui peut être tué, ou autrement privé de ses droits fondamentaux, sur les simples dires du président.

Ces événements confirment les avertissements du World Socialist Web Site qui ont expliqué que la cible principale de l’appareil antidémocratique construit durant la « guerre contre le terrorisme » est la population américaine elle-même. Redoutant que l’opposition sociale grandissante ne puisse trouver une expression qu’en dehors de la politique officielle, la classe dirigeante cherche à l’éradiquer au moyen de l’intimidation et de coups montés.

Joseph Kishore, 15 juin 2012 – World Socialist Web Site

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [États-Unis] La cible principale de l’« antiterrorisme » est la population américaine elle-même

On aime le poulet grillé à Bourtzwiller (Mulhouse)

Mulhouse. Des cocktails molotov contre le poste de police

Quatre cocktails molotov ont été tirés hier soir peu avant 20h dans la cour du poste de police municipale basé à Bourtzwiller. Un seul a pris feu et un fonctionnaire a reçu une bouteille dans les jambes mais cette dernière, heureusement, n’a pas explosé.

Depuis une dizaine de jours, des incidents à répétition se déroulent dans le quartier sensible de Bourtzwiller. Le principe est toujours le même, les trublions allument des poubelles ou mettent le feu à des voitures pour attirer les pompiers et les policiers. Une fois les fonctionnaires sur place, c’est à coups de jets de pierres et de cocktails molotov qu’ils sont accueillis. Hier soir peu avant 20h, les événements ont pris une tournure plus inquiétante encore puisqu’un groupe de jeunes encapuchés s’en est pris directement au poste de police municipale du quartier. Quatre bouteilles ont été lancées dans la cour, une seule a pris feu. Un fonctionnaire sur place a reçu un des projectiles dans les jambes. Mais heureusement, ce dernier ne s’est pas embrasé. Le fonctionnaire, très choqué, a dû être pris en charge par les pompiers.

Pour le Directeur départementale de la sécurité publique (DDSP 68) Alain Martinez, « ce groupe s’amuse à un jeu très dangereux et qui pourrait avoir des conséquences graves. L’utilisation de cocktails peut avoir des suites dramatiques au-delà des dégâts occasionnés et pour leurs utilisateurs cela peut conduire tout droit aux assises. Nous ne sommes pas dans des affrontements entre bandes rivales mais bien dans des confrontations avec les forces de l’ordre, avec des policiers qui sont clairement visés. » Ce week-end déjà, le DDSP avait fait appel aux renforts d’une demi-compagnie de CRS venue de Charleville-Mézières. Un des fourgons, en patrouille dans le quartier, avait lui aussi essuyé des jets de projectiles artisanaux enflammés. Aujourd’hui, à l’occasion de la fête de la musique, un dispositif spécifique devrait être mis en place. En attendant, une enquête est en cours pour confondre les auteurs de ces actes de nature criminelle.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval, DNA.fr, 20 juin 2012)


Mulhouse. Les policiers à nouveau victimes d’un guet-apens à Bourtzwiller

Depuis une dizaine de jours, une poignée de jeunes trublions défient les forces de l’ordre dans le quartier de Bourtzwiller.

Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs équipages ont essuyé des jets de cocktails Molotov. Personne n’a été blessé mais deux véhicules des fonctionnaires ont été endommagés.

Le principe est toujours le même. Les trublions mettent le feu à des voitures ou des poubelles pour attirer les pompiers et les policiers qui les accompagnent. Cela a commencé peu avant minuit par un feu de voiture rue de la Tuilerie, puis vers 0h40 par une autre voiture rue du Progrès et finalement juste avant 1h par deux voitures, rue de Dieppe. Une vingtaine de jeunes visages dissimulés s’en sont pris aux véhicules de la BAC (brigade anticriminalité) et de la Canine ; véhicules qui ont essuyé des jets de cocktails Molotov. Résultat : depuis hier, une compagnie de CRS est en poste dans le quartier.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval, DNA.fr, 17 juin 2012)


Mulhouse. Les policiers, victimes d’un guet-apens à Bourtzwiller

Caillassages, jets de cocktails Molotov sur les policiers… La nuit de samedi à dimanche a été particulièrement agitée à Bourtzwiller.

Les premiers incidents ont été enregistrés vers 22h30 avec une série de feux de bennes, rue Saint-Nazaire et Brossolette. Vingt minutes plus tard, toujours dans le même périmètre, d’autres bennes ont été incendiées mais c’est à l’arrivée d’un équipage de police secours que les choses ont dégénéré.

Les fonctionnaires étaient visiblement attendus de pied ferme par une vingtaine d’individus, tous cagoulés ou visages masqués. Ils ont encerclé la voiture. Armés de barres de fer et de pierres, ils ont commencé à secouer le véhicule, forçant les policiers à faire marche arrière. C’est au cours de ce repli que plusieurs cailloux ont atteint et sérieusement dégradé le véhicule. Un engin incendiaire a même été lancé mais n’a pas atteint sa cible, s’écrasant et s’enflammant à environ quatre mètres du véhicule. L’équipage a dû faire usage de son flash-ball à deux reprises pour repousser les trublions. Des renforts (deux équipages police secours, deux équipages de la BAC et la brigade canine) se sont rendus sur les lieux du guet-apens.

Un policier légèrement blessé

Mais là également, un groupe de jeunes, arrivé du parking de la rue de Bordeaux, s’est attaqué aux forces de l’ordre à coups de jets de pierres. Un second véhicule a également été abîmé et un conducteur touché par un projectile au niveau du crâne. Un des équipages de la brigade anticriminalité a, lui, été pris à partie au niveau des rues Brossolette et Toulon. Les fonctionnaires ont dû, à leur tour, faire usage de leurs lanceurs de balles de défense. Le calme est revenu dans le quartier vers minuit.

Seule une voiture a encore été incendiée à 1h10, rue des Romains, et une benne est partie en fumée à 2h15, rue de l’Armistice.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval, DNA.fr, 11 juin 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Un commentaire

Manif contre toutes les expulsions samedi 23 juin à Toulouse

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Marche contre toutes les expulsions !!!

RDV 16h à François Verdier, monument aux morts, Samedi 23 juin

Ce système de merde nous prend pour des pigeons ! Il nous fout dans la misère et nous accuse d’être trop pauvres. Qu’on soit précaires ou sans-papiers, il nous exploite, nous contrôle, nous enferme et nous expulse du territoire ou de nos maisons. Mais la misère et les inégalités ne tombent pas du ciel, elles sont organisées par les riches et les puissants ! Dans leur « crise », il y a toujours du fric pour les banques ou l’armée, des matons et des camps de rétention pour les « mauvais » étrangers, des flics et des huissiers pour expulser les squatteurs et les « mauvais » locataires… Pour nous, exploité-e-s, galérien-ne-s, précaires, sans-papiers, colonisé-e-s, opprimé-e-s, c’est bosse et ferme ta gueule ou bien dégage et crève !

À Toulouse et ailleurs, partout en France et dans le monde, lorsqu’on se démerde par nous-mêmes et pour nous-mêmes, ils sont menacés et nous envoient leur flicaille et leur justice.

Avec le CREA, on ouvre des bâtiments que les proprios laissent vides pour faire du pognon. Notre but : Nous organiser entre galérien-ne-s pour reprendre ce qui nous appartient, nous loger et nous entraider pour nous émanciper. En avril 2011, on a ouvert un grand bâtiment appartenant au Ministère des affaires sociales ! Vide depuis 2 ans, on en a fait un centre social autogéré qui accueille 40 personnes (des familles à la rue, des étudiant⋅e⋅s, des précaires…). Le bâtiment est libéré pour toute la ville et toutes sortes d’activités.

L’Émergence est une ancienne école de cirque squattée pour des activités culturelles et des précaires. Le Sloly, un ancien garage squaté pour faire un atelier vélo et accueillir d’autres précaires. La campagne de réquisition a libéré beaucoup d’autres bâtiments. Ils étaient tous vides, ils accueillent maintenant plein de gens qui en ont besoin et sont tous menacés d’être expulsés.

Pour faire leur « ville propre » et leur « Toulouse métropole », ils ont commencé à expulser les campements du Ramier. Si nous ne réagissons pas, ils nous dégageront tou-te-s pour laisser place au tourisme, à la technologie, à la vitesse…

Nous ne voulons ni de cette vie ni de cette ville lisse et policée ! Défendons-nous ! Pour garder nos lieux de vie, pour pouvoir vivre ici, autrement et comme nous le décidons. Pour en finir avec tous les camps de rétention pour étrangers et toutes formes d’enfermements. Arrêt immédiat de toutes les procédures d’expulsion ! Fermeture des camps de rétention et régularisation immédiate de toutes et tous ! Abrogation des lois racistes et des règlements qui favorisent l’exclusion et la stigmatisation des classes populaires !

REJOIGNEZ-NOUS ! ORGANISONS-NOUS POUR CONTRE -ATTAQUER !
TOUT POUR TOU-TE-S ! POUVOIR AU PEUPLE !

creatoulouse.squat.net – CSA, 70 allées des Demoiselles 31400 Toulouse

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Manif contre toutes les expulsions samedi 23 juin à Toulouse

[Du 30 juin au 2 juillet] Appel à solidarité avec les anarchistes biélorusses

Le dernier appel à solidarité avec les anarchistes biélorusses est paru il y a déjà quelques temps. Aujourd’hui il nous faut admettre qu’une nouvelle vague de solidarité est nécessaire, de manière urgente, afin de les aider à sortir de prison. C’est pour cela que nous vous demandons de participer aux journées d’actions en solidarité avec les prisonniers politiques biélorusses, du 30 juin au 2 juillet.

Les activistes Ihar Alinevich, Mikalai Dziadok, Artsiom Prakapenka, Pavel Syramolatau, Aliaksandr Frantskievich, Jauhen Vas‚Äôkovich, ont été arrêtés à l’automne 2010 avant d’être condamnés à 3 à 8 ans de prison en mai 2011. Ils finissent donc leur deuxième année de détention. Pendant ce temps, leurs camarades et leurs familles ont fait de leur mieux pour améliorer leurs conditions de vie et tenter de les faire libérer. En octobre 2011 les organisations de défense des droits de l’homme leur ont octroyé le statut de “prisonniers politiques”, ce qui a augmenté leurs chances d’être libérés plus rapidement. En effet, le président du Bélarus, Alexander Lukashenko, fait face aux pressions de l’Union Européenne qui exige la libération et la décriminalisation des prisonniers politiques. Il en a pardonné plus de 30 depuis août 2011, mais aucun de nos camarades n’a eu ce privilège. Lukashenko a affirmé publiquement qu’il ne pardonnera que ceux qui signeront le recours en grâce, admettant ainsi leur culpabilité et implorant sa pitié. Les autres resteront en prison. Deux camarades, Mikalai Dziadok et Alexandr Frantskevich, ont déjà eu l’opportunité de signer en août 2011 et ont refusé. Il reste 13 prisonniers politiques au Bélarus, dont 5 sont nos camarades, le sixième étant emprisonné pour une action en solidarité avec eux. Nous sommes certains qu’aucun ne demandera à être pardonné, car c’est inimaginable tant pour un anarchiste que pour n’importe quel être humain qui se respecte.

Tous les prisonniers font face à différentes pressions de la part de l’administration pénitentiaire [Les pressions infligées aux prisonniers incluent : des transferts d’une institution à l’autre, des privations de colis de nourriture, des privations ou réductions de parloirs, des privations d’appels téléphoniques, des retards et saisies de courriers, des mises en isolement, des transferts vers des établissements haute sécurité, etc…]. Lukashenko tient à sauver la face en prétendant que ce n’est pas l’UE qui le force à libérer les prisonniers politiques par peur de sanctions politiques et économiques, mais qu’il fait simplement preuve de mansuétude à condition qu’ils en fassent la demande. Nous dénonçons clairement le fait que nos camarades soient échangés pour des récompenses de l’UE et condamnons les pressions auxquelles ils font face. Nous appelons tout le monde à manifester contre ces tortures et exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques biélorusses, y compris les anarchistes.

Nous appelons à TOUTES SORTES d’actions de solidarité à partir de maintenant, afin d’en accumuler le plus possible d’ici juillet. Si c’est possible, des actions de solidarité mensuelles y compris après juillet permettraient de maintenir une pression constante sur le régime et les politiciens européens. Lançons une vague inarrêtable d’actions à travers le monde, jusqu’à la libération de nos camarades !

Pour en savoir plus sur les attaques ; sur les condamnations (en anglais)

Indymedia Belarus, 7 juin 2012

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Du 30 juin au 2 juillet] Appel à solidarité avec les anarchistes biélorusses

[Lyon, samedi 23 juin] Manif contre la répression en Turquie

Exigeons la libération des prisonniers politiques en Turquie ! Halte à la répression !

Malgré les grandes déclarations « démocrates » de l’AKP, l’État turc continue à mener la politique de répression qu’il mène depuis de nombreuses années contre toutes celles et ceux qui s’opposent à sa logique nationaliste, militariste, capitaliste, patriarcale et bourgeoise.

Militant-e-s kurdes, minorités religieuses halevis, militant-e-s du mouvement ouvrier, syndicalistes, marxistes et anarchistes, étudiant-e-s antifascistes et révolutionnaires, militant-e-s LGBT, insoumis antimilitaristes sont emprisonnés, agressés physiquement par des nervis fascistes manipulés par l’État turc ou par les forces de répression.

Les arrestations arbitraires se multiplient, sous prétexte d’atteinte à l’unité de la nation, à la sécurité nationale, et soi-disant de terrorisme. Alors que l’État turc mène une politique de terrorisme d’État, comme en témoigne le massacre perpétré à Roboski le 28 décembre 2011, au cours duquel 34 personnes dont 19 enfants ont été tuées lors d’un bombardement, il invente de toute pièce des « organisations terroristes » pour criminaliser toute contestation. Pour les interpellés, les gardés à vue et les incarcérés, le lot commun c’est la torture, le viol systématique comme moyen de briser toute contestation.

Plusieurs milliers de prisonniers politiques croupissent dans les prisons turques, dans l’isolement, pour leurs opinions politiques, pour la participation à des manifestations antifascistes, antimilitaristes, contre la guerre au Kurdistan, pour la défense des droits des minorités nationales, religieuses ou sexuelles. Exigeons la libération des prisonniers politiques en Turquie ! Halte à la répression !

Manifestation Samedi 23 juin
10h30 Place du Pont (G. Peri)

CGA, FSE, JCML, OCL-Lyon, UPC, VORACES

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Lyon, samedi 23 juin] Manif contre la répression en Turquie

[No TAV] Camping de lutte de juin à septembre à Chiomonte

ÉTÉ NO TAV !!! VENEZ NOMBREUX…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/0118.jpg

Été No TAV à Chiomonte en Val de Suse (Turin).

Camping de lutte à partir de juin jusqu’à septembre 2012.

La Vallée est ouverte… pour la lutte !

No TAV France, 18 juin 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [No TAV] Camping de lutte de juin à septembre à Chiomonte

[Stop THT] Le château d’eau du Chefresne a été expulsé

À l’heure ou nous envoyons ce mail [14h59] un appel à rassemblement devant le château a été lancé, à 14h ce mercredi pour récupérer la caravane et peut-être le matériel.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/047.jpgLe château d’eau du Chefresne (Normandie) a été expulsé.

Ce lieu de rassemblement, et lieu symbolique de la lutte anti-tht, devenait sûrement trop génant pour les autorités.

Ce matin, avant 6 heures, des gardes mobiles l’ont pris d’assaut, malgré une mise à disposition officielle et légale par la municipalité ! Pas d’arrestation, ni blessés, mais colère et détermination.

Plus d’info prochainement.

Toutes et tous au Chefresne ce week-end !

Mailing – 20 juin 2012


Au Chefresne, un huissier vient constater « le squat » du château d’eau par le préfet

Les forces de l’ordre sont depuis 6 heures ce mercredi au Chefresne, suite à l’arrêté pris la veille par le préfet de la Manche, interdisant l’accès au château d’eau. Le représentant de l’État estime que l’édifice, mis par la commune à disposition de l’association Percy sous tension, n’est pas conçu pour recevoir du public. Les gendarmes ont donc délogé ce matin ses occupants, militants anti-THT.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/0210.jpg

Un huissier a été appelé par l’association « Percy sous tension ».

Décision qu’une fois de plus dénonce Jean-Claude Bossard, qui estime que le préfet n’a pas respecté la procédure pour se « substituer à l’autorité communale ». Un huissier est venu constater « le squat du château d’eau par le préfet », déclare Jean-Claude Bossard. Une douzaine de gendarmes sont actuellement sur place pour interdire l’accès à l’édifice.

Leur presse (Ouest-France.fr, 20 juin 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes antinucléaires | Marqué avec , | Un commentaire

Les porcs travaillent à Gerzat (Clermont-Ferrand)

Urgence de Clermont-Ferrand

Urgence : une mère de famille habitante de Gerzat, Mme Akabli (d’origine marocaine) de + de 55 ans ce matin a été agressée physiquement par les policiers au commissariat de Gerzat pour avoir refusé de signer le PV alors qu’elle accompagnait son fils mineur pour une histoire de cœur avec une jeune fille. Après Wissam, une autre affaire illustrant l’impunité de certains policiers.

Mobilisons-nous devant l’Hôtel de police à République à 18h. Demandons des explications aux autorités dans le calme, la paix sans haine ni violence. Soyons citoyens  et réagissons.

Victime de coups et blessures, Mme Akabli est aux urgences et sa vie n’est pas en danger.

Message reçu de Farid de Clermont le 19 juin 2012 à 14h24
Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble


Clermont-Ferrand. Échauffourée au commissariat de Gerzat

Une bagarre impliquant une famille gerzatoise et des policiers a éclaté, hier matin, dans le commissariat de la commune. Une enquête pour violences, outrages et rébellion a été ouverte.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/033.jpeg

Le procureur a saisi les enquêteurs de la Sûreté départementale pour faire la lumière sur cette affaire qui intervient un peu plus de six mois après la mort de Wissam El-Yamni.

Un Gerzatois de 16 ans était convoqué, hier, à 9h30, au commissariat de sa commune. « Pour une histoire de cœur », indique sa famille. « Dans une affaire de violence », précisent les policiers. Déjà une divergence. La première d’une longue liste. Deux versions s’affrontent.

La mère de l’adolescent était présente lors de son audition. Elle raconte que les fonctionnaires lui ont demandé de signer le procès-verbal. Elle a refusé car elle est d’origine marocaine et ne lit pas le français. « Il y a eu des pressions morales, qui se sont transformées en violences physiques », affirme un autre de ses fils.

Celui qui était présent décrit des policiers « sortant leur gun », des bousculades, sa mère « jetée contre le mur », frappée au visage, recevant des coups de pied à terre et enfin « attrapée par les cheveux et jetée dehors ». « Elle a été tabassée », s’emporte le père. Cette dame âgée de 54 ans a été vue, dans l’après-midi, par un médecin du Pôle République. Il lui a délivré un certificat faisant état d’une fracture au coccyx, d’une entorse du poignet, de traces de strangulation et d’ecchymoses. Le médecin a estimé son incapacité temporaire de travail à deux jours.

D’après nos informations, la version proposée par la police est toute différente. L’adolescent et sa mère se sont impatientés au bout de quelques minutes d’attente. Le ton est alors monté entre le chef de poste et le jeune homme. Ce dernier a insulté le fonctionnaire avant de le pousser. D’autres policiers sont intervenus, tout comme la mère.

Expulsés à l’issue de l’échauffourée, la mère et le fils ont été rejoints par le père ainsi que par des proches. Toujours selon des sources policières, la mère s’est volontairement jetée contre le portail fermé du commissariat, se cassant une dent au passage. Au milieu des injures, la famille a menacé de mettre le feu au bâtiment.

Trois fonctionnaires ont été légèrement blessés au cours de la bagarre. Ils devraient bientôt porter plainte. Une enquête pour outrages, violences et rébellion a été ouverte.

Martine Coudert, directrice de la sécurité publique du Puy-de-Dôme, a indiqué que « sur instruction du procureur de la République, la Sûreté départementale a été saisie pour délocaliser l’affaire de Gerzat. Nous procédons à l’ensemble des auditions des personnes concernées, mais aussi des personnes extérieures au service, témoins des faits. L’ensemble des faits recueillis sera ensuite transmis au procureur qui communiquera les conclusions et constatations. »

Publié par des complices des brutes en uniforme (Nicolas Faucon & Bertrand Yvernault, LaMontagne.fr, 20 juin 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Les porcs travaillent à Gerzat (Clermont-Ferrand)

Justice pour Chokri

Le procès d’un gendarme reporté après Collobrières

JUSTICE – Il devait être jugé mardi après-midi par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Un gendarme de la brigade territoriale de Rognac était renvoyé pour violences volontaires après avoir tiré voilà trois ans dans le dos d’un sans-papiers qui s’enfuyait, à Vitrolles. C’était le 20 janvier 2009. Une patrouille de trois gendarmes contrôlait une voiture sur l’autoroute A7 quand le passager avait pris la fuite, s’était enfoncé dans des taillis avant d’essayer d’escalader un grillage. Il était en situation irrégulière. L’un des gendarmes qui le suivait avait alors tiré, bien qu’en partie gêné par la végétation. Il pensait que l’homme s’était retourné, qu’il le menaçait en faisant un grand geste du bras. En fait Chokri était de dos sur le grillage. Le gendarme l’a retrouvé la main accrochée en haut du grillage, la tête penché, touché dans le dos. Il s’en est tiré avec deux vertèbres fracturées, de longues hospitalisations, ne voulait même pas porter plainte au départ. Une enquête a eu lieu cependant et il a fini par se constituer partie civile. Le parquet a demandé le renvoi devant le tribunal et le juge d’instruction l’a suivi. Mais le procès tombait mardi. Moins de deux jours après le drame de Collobrières, village du Var où deux femmes gendarmes ont été tuées lundi soir. Sagement, le représentant du ministère public a préféré demander en début d’audience le renvoi du procès du gendarme, pour éviter ce téléscopage. L’audience a été fixée au 21 septembre.

Leur presse (Olivier Bertrand, LibeMarseille.fr, 20 juin 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Justice pour Chokri

Regards croisés sur les prisons et les révoltes carcérales en Afrique du Sud et en France

Regards croisés sur les prisons et les révoltes carcérales en Afrique du Sud et en France

Rencontre/débat avec Hafed Benotman et Natacha Filippi autour du livre Brûler les prisons de l’apartheid, Éditions Syllepse

Jeudi 28 juin à 19h00 au Monte en l’air – 2, rue de la Mare (à l’angle avec le 71 rue de Ménilmontant) 75020 Paris – Métro Ménilmontant

En 1994, l’année des premières élections multi-raciales de l’Afrique du Sud, des mutineries, des mises à feu de cellules, de sit-in et des grèves de la faim collectives secouent les prisons du pays. Qu’ils soient le dernier sursaut des prisons de l’apartheid ou la première insurrection contre les institutions pénitentiaires démocratiques, ces mouvements, de par leur ampleur, constituent un moment d’intensité exceptionnelle dans l’histoire nationale et internationale des révoltes carcérales. Ces révoltes, qui depuis la naissance des prisons ponctuent les changements de régime dans le monde entier, sont rarement anachroniques. Elles sont le reflet des ambiguïtés et des contradictions présentes dans le reste du pays. Elles rappellent avec acuité que les sociétés qui tentent d’établir de nouvelles bases du vivre-ensemble recréent par là même les marges où elles rejèteront tous ceux qu’elles considèrent comme déviant du droit chemin et de la norme.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/014.jpeg

Loin d’être une simple situation d’exception, l’apartheid en Afrique du Sud est un verre grossissant qui permet de révéler, dans des pays comme la France où elles apparaissent sous une forme plus camouflée, les logiques qui sous-tendent la gestion (post)coloniale des populations à travers le quadrillage de leur territoire, des lois toujours plus nombreuses sanctionnant les moindres gestes quotidiens et une politique d’incarcération de masse.

En France, les nombreuses mutineries des années 1970 sont longtemps restées gravées dans les mémoires comme les dernières véritables révoltes carcérales avant que la répression et les nouvelles techniques disciplinaires étouffent toute protestation de l’intérieur. Pourtant, cette année encore, des débuts de protestation collective, immédiatement réprimées, des grèves de la faim et des pétitions sont nés dans les prisons de Vezin-le-Coquet, St Brieuc, Roanne, Annouellin… En Afrique du Sud comme en France, il est nécessaire de briser l’isolement des détenus ; de dévoiler les fonctionnements différents de la justice pour les riches et les pauvres, pour les habitants de quartiers populaires et les Blancs des centres-villes ; et de comprendre comment l’administration pénitentiaire harcèle et muselle ceux qui osent riposter.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Un commentaire

[Contre-révolution égyptienne] Compte rendu de la manifestation place Tahrir du mardi 20 juin

Les Frères musulmans et les Salafistes ont mobilisé leurs membres et supporters les transportant dans des centaines d’autobus des provinces vers le Caire pour manifester place Tahrir au Caire mardi 20 juin (cf. brèves du 19 juin).

Très peu de mouvements révolutionnaires s’y sont ralliés, mis à part le 6 Avril, branche Ahmad Mater qui a apporté clairement son soutien au candidat Morsi, aucun parti politique ni coalition de jeunes révolutionnaires n’a participé à ce rassemblement.

Ayant déclaré qu’ils occupaient la place jusqu’à satisfaction de leurs revendications : retrait de la déclaration constitutionnelle et rétablissement du Parlement, les manifestants ont dû évacuer la place suite à un avertissement du SCFA. Vers minuit, il ne restait plus que quelques dizaines. Le bruit avait couru que deux des membres puissants du parti Horéya et Adla et du bureau de la confrérie, Khayrat El Chater et El Beltagui avaient été arrêtés avec 30 juges du sud de l’Égypte pour avoir organisé des fraudes électorales en Haute Égypte et terrorisé des villages entiers à majorité chrétienne les empêchant ainsi de voter pour le général ChafiK. Ce dernier a annoncé sa victoire hier au cours d’une conférence de presse.

Il est peu probable que les résultats soient publiés demain jeudi, tant les plaintes pour fraude provenant des deux rivaux et adressées au comité des élections sont nombreuses : 122 par Horéya Et Adala et 244  par ChafiK. Les médias parlent de l’usage de faux bulletins issus des grandes imprimeries nationales en faveur de Morsi. Khayrat El Chater est accusé d’avoir soudoyé un des fonctionnaires qui aurait avoué ce délit. Les faux bulletins qui se chiffrent par centaines de milliers auraient été ensuite mis dans les urnes avec la complicité de certains juges présidents des bureaux de vote au sud de l’Égypte.

Par ailleurs la mort clinique du président Moubarak a été annoncée hier soir, ce qui a impliqué son transfert de la prison de Torah vers l’hôpital militaire de Maadi. Seulement, il a ressuscité aujourd’hui, ce qui porte à croire qu’il s’agit d’une manœuvre qui profita du contexte conflictuel en cours pour contourner le jugement et sortir Moubarak de prison.

Le conflit de pouvoir entre le Asakari et les Frères pourraient prendre une tournure violente aux prochains jours. Les autorités se préparent à une guerre, les institutions publiques et étatiques et les banques ont reçu des directives leur demandant de mettre leurs archives à l’abri. Les fonctionnaires ont été payés avec une semaine d’avance en prévision de la fermeture des banques. Le bruit court que le couvre feu sera imposé au pays demain jeudi.

L’attitude des Frères pose quelques interrogations. Vont-ils continuer leur escalade et défier le SCFA en poussant Morsi à prêter serment à la place Tahrir comme ils l’ont déclaré hier ? Vont-ils calmer le jeu en essayant de manœuvrer et de négocier et d’obtenir quelques concessions et un partage équitable du pouvoir ? Rien n’est moins sûr, car depuis 80 ans ils attendent ce moment, leur rêve de devenir les maîtres absolus de l’Égypte est plus que jamais à portée de leur main, ils feront tout, même au prix de la destruction du pays pour y parvenir.

Galila El Kadi (mailing), 20 juin 2012


Frères musulmans et révolutionnaires se rassemblent place Tahrir

Les Frères musulmans se sont rassemblés mardi place Tahrir, l’épicentre de la « révolution du Nil » au centre du Caire, aux côtés des jeunes élites laïques à l’origine du soulèvement contre Moubarak, pour protester contre la décision des généraux de s’octroyer de nouveaux pouvoirs.

Des milliers de personnes se sont réunies à la tombée du jour pour dénoncer la dissolution du Parlement dominé par les islamistes et le transfert du pouvoir législatif à l’armée, ainsi que la limitation des pouvoirs du futur président.

Une manifestation a également eu lieu à Alexandrie.

La jeunesse urbaine du Caire et les Frères musulmans considèrent ces décisions comme une volonté des militaires et des élites de l’ancien régime de se maintenir au pouvoir, et de confisquer définitivement les premiers acquis de la révolution.

Mais alors que les candidats se disputent les résultats du second tour de la présidentielle, qui seront normalement connus officiellement jeudi, les Frères musulmans ne semblent pas prêts à en découdre avec l’armée.

La confrérie a déclaré lundi que son candidat, Mohamed Morsi, devançait largement avec 52% des voix son rival Ahmed Chafik, dernier Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak. Une victoire aussitôt contestée par l’équipe de campagne d’Ahmed Chafik.

Quel que soit le vainqueur, les pouvoirs du futur président seront strictement limités par le décret publié dimanche par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense de Moubarak pendant vingt ans, jusqu’à la chute du « raïs » en février 2011.

Premiers déçus par une élection qui ne leur laissait le choix qu’entre l’armée et l’islam, les jeunes Cairotes ont appelé à se mobiliser avant même la publication officielle des résultats du vote.

« Le décret confirme le maintien du conseil militaire à la tête de l’État et l’absence de transmission des pouvoirs à un président élu, contrairement à ce qui avait été promis au début de la révolution », a déclaré la Coalition de la jeunesse révolutionnaire, rassemblement de plusieurs mouvements.

Pour Khaled Ali, avocat militant éliminé au premier tour de l’élection, le CSFA ne doit pas être autorisé à légiférer à la place du parlement dissous. « Chaque patriote doit s’élever contre la tentative de s’approprier ces droits », a-t-il dit.

Hussein Ibrahim, membre des Frères musulmans et de l’assemblée dissoute, a déclaré pour sa part à Reuters que le décret du CSFA prolongerait le régime militaire.

Mais un porte-parole des Frères a minimisé mardi, lors d’une conférence de presse, le risque d’un conflit frontal avec les généraux.

« Pourquoi se ruer sur le mot ‘confrontation’ ? », s’est interrogé Yasser Ali. « Nous ne cherchons de confrontation avec personne. Personne en Égypte ne veut de confrontation (…) Il doit y avoir un dialogue entre les forces nationales, et le peuple doit décider seul de son destin. »

Cette volonté d’apaisement intervient au moment où un tribunal égyptien annonce le report en septembre de l’examen de six plaintes réclamant la dissolution de la confrérie et de sa vitrine politique, le Parti de la liberté et la justice (PJL).

Six avocats ont déposé plainte contre la confrérie, exigeant la publication de ses sources de financement, ont déclaré des sources judiciaires. Un diplomate occidental a réagi à cette annonce en soulignant que tout jugement visant à dissoudre les Frères musulmans, quel que soit ses fondements juridiques, ne ferait que multiplier les troubles dans un pays déjà en crise politique.

L’armée, qui a fourni à l’Égypte tous ses présidents depuis le renversement de la monarchie en 1952, a promis de remettre le pouvoir aux civils d’ici au 1er juillet. Mais le président n’aura comme seule prérogative que de nommer un gouvernement dont chaque loi devra être validée par les militaires.

Leur presse (Assawra avec les agences, 19 juin 2012)

Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Contre-révolution égyptienne] Compte rendu de la manifestation place Tahrir du mardi 20 juin

[Notre presse] Lire et soutenir CQFD

En l’état, on ne passe pas l’été

Alors pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, cela fait maintenant neuf ans, oui neuf ans ! que le mensuel de critique et d’expérimentation sociales CQFD est diffusé, contre vents et marées, le 15 de chaque du mois en kiosques, maisons de la presse, et nombre de libraires amis. Aujourd’hui, vient de sortir son numéro 100, sans avoir jamais failli à sa périodicité. CQFD, mensuel papier – et en quadrichromie, s’il vous plait –, concocté à Marseille, se décline sans faiblir en ce qu’il faut détruire, dire, développer, dégager, etc. Il se refuse à récolter la tune de toute forme de publicité. Il ne demande aucune subvention. Il ne s’appuie sur aucune église ni groupe ou parti politique. Il défend fièrement et farouchement sa qualité de presse indépendante. Mais aussi, il reçoit les coups répétés que lui font subir les nouveaux modes de calcul imposées par les distributeurs-diffuseurs de presse. Après ces neuf ans de vaillante existence, et quelques procès jamais vraiment perdus, si l’équipe composée d’une grosse trentaine de dessinateurs, rédacteurs et contributeurs conserve toujours l’énergie et l’envie de poursuivre sa tâche – historique ! –, c’est encore et toujours côté phynance que le bât blesse. Vous pouvez contribuer à donner un coup de main à cette noble entreprise en vous délestant d’un, de quelques ou de plusieurs euros par l’intermédiaire de notre compte pay-pal. Et en vous abonnant, évidemment, tout de suite et maintenant.

Merci pour votre soutien.


CQFD, journal marseillo-mondial

L’écrivain Bruno Le Dantec nous livre ici sa vision de ce mensuel de critique et d’expérimentation sociales.

La rue Consolat commence mal. Côté pair, une pharmacie, côté impair, une agence immobilière, ce n’est pas engageant. Si on passe vite, on a l’impression que la rue n’est pas très vivante. Des entrées d’immeubles et des garages, beaucoup de voitures, peu de piétons. Pourtant… Tout de suite après, on tombe sur un bar tenu par des voyous retraités, un autre par un couple de Kabyles (le Desperado…), un local associatif qui offre ses fêtes au trottoir la nuit, l’Entropy antre punko-cumbianbero, un accueil de jour pour Sans domicile fixe, un asile de nuit pour femmes battues, un petit théâtre, un minuscule restau tenue par un petit bout de femme tout en nerfs acoquinée avec les Massilia Sound System, un atelier de menuisier, un centre culturel galicien, un local anarcho-punk et un centre d’archives sur l’anarchisme encadrant de façon un peu surréaliste un temple évangéliste africain, une salle de concert branchée flamenco, un atelier de peintre, un pôle d’information pour les musiciens en galère… Et le local du mensuel CQFD, pour vous servir.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/013.png

Le local de CQFD, c’est une grotte sans lumière naturelle, un bazar de papier et d’ordinateurs installés en enfilade. Au fond, une cuisine pas toujours très bien tenue où Matéo concocte des repas savoureux avec des mets obtenus à l’arrache dans les supermarchés du coin. Sur la table en toile cirée rouge, Lole, la correctrice, installe ses dictionnaires et les épreuves du prochain numéro. CQFD est un mensuel de critique et d’expérimentation sociales qui vient de sortir son centième numéro. Expérimentation sociale ? Le journal en est une, puisqu’il survit depuis plus de neuf ans sans pub ni subventions. Tenu à bout de bras par une petite équipe d’irréductibles non professionnels, qui se sont longtemps définis comme des « chômeurs heureux »…

Journal satirique, disent ceux qui aiment vite caricaturer. Autonome-situationniste, classifient les journalistes aux ordres et les services du renseignement. Beaucoup l’ont confondu avec un fanzine punk quand ils découvraient son titre au pochoir au milieu des magasines en papier glacé, en devanture des kiosques de presse ou dans certaines librairies. Mais ce canard vaut beaucoup mieux que ces définitions hâtives. Sans rédacteur en chef, il fonctionne dans une espèce de démocratie directe instinctive, un brin bordélique, mais toujours curieuse et inventive. Récemment, un imprimeur a offert la quadrichromie au même prix que la bichromie, et la maquette a changé, plus aérée, avec plus de photos et de cartes explicatives. Le contenu reste virulent mais le ton varie plus d’un article à l’autre. Chacun amène une proposition ou deux, des sujets qui lui tiennent à cœur, ou qu’un correspondant local ou lointain lui a refilé. Car si le noyau dur peut presque se compter sur les doigts d’une main, tout un réseau de collaborateurs, réguliers ou sporadiques, fait un maillage assez complet sur tout le territoire français. Et même au-delà, puisqu’il existe des correspondants à Buenos Aires, Mexico, Montréal, Tunis, Le Caire, Berlin, Séville, Naples… Les dessinateurs vivent un peu partout dans l’Hexagone.

Le journal privilégie la chronique sociale sur la politique politicienne, qui tire toujours de profonds bâillements d’ennui lors des réunions de rédaction. Ici, on préfère traîner dans les rues, les bars, les usines occupées, les cambrousses en bagarre contre l’agriculture industrielle ou les maquis (urbains ou campagnards) où les gens inventent d’autres façons de survivre au monde tel qu’il va mal, en se serrant les coudes et en fuyant le salariat. Il faut dire qu’à Marseille presqu’autant qu’à Naples, le travail s’invente plus qu’il ne se sollicite. « On n’a pas envie de passer notre temps à se plaindre et à grogner contre les injustices, même si on le fait aussi, clarifie Gilles. Témoigner d’expériences sociales alternatives, c’est pour nous le moyen d’échapper à la morosité ambiante et d’affirmer haut et fort que la société bouge souterrainement. Nous ne sommes pas des activistes professionnels, nous avons envie de nous faire plaisir, de rencontrer des gens, de faire la fête. »

Sans chef ni subventions, c’est pas trop le bordel, pas trop la misère ? François, cheville ouvrière de la rédaction, hausse les épaules : « Bien sûr que c’est pas simple, mais on préfère comme ça, c’est le prix de la liberté. Bon, on a parfois rêvé de non pas devenir riches, mais de faire un joli coup pour sortir de la précarité : on a sorti par exemple un beau hors-série photo tout en couleur en croyant que nous allions toucher un nouveau lectorat. Tu parles ! Nos lecteurs habituels nous ont boudé, parce qu’ils pensaient qu’on voulait péter plus haut que notre cul, et les fans de photographie n’ont visiblement pas percuté qu’ils avaient là un très bel objet plein de clichés que nous avaient offerts des amis photographes, dont certains très célèbres ! Résultat : on s’est gravement planté et on a perdu pas mal d’argent. Depuis, on navigue au jour le jour, de retour sur notre planète de la presse indépendante et pauvre… »

Dans leurs pérégrinations à travers le pays à la rencontre de leurs lecteurs, les galériens de CQFD ont découvert, avec plaisir, qu’ils avaient des amis partout, beaucoup en milieu rural, mais aussi dans les grandes villes comme Paris. Dans un pays aussi jacobin que la France, ne pas être basé dans la capitale peut être un sérieux handicap. On est coupé du saint des saints de la presse et des cercles de la pensée critique. Mais cet éloignement du centre du monde a aussi ses avantages : on perd moins de vue la plèbe, les cultures populaires et le pays réel qu’à Paris on appelle « province ».

Aujourd’hui, alors que le mensuel s’apprête à fêter son centième numéro avec deux concerts du rocker dadaïste Fantazio et de Sam Karpienia, chantre occitaniste du Marseille ouvrier et rebelle, une agence matrimoniale traîne CQFD devant les tribunaux pour diffamation. Un article de Mademoiselle se moquait d’une publicité de cette agence qui vantait les mérites de la femme russe, belle, cultivée et obéissante… Si le procès tournait vinaigre, cela pourrait mettre en danger l’existence du journal, mais l’avocate est optimiste. « Si le plaignant est débouté, il pourrait même être obligé de nous payer des dédommagements », ironise Momo.

Certains membres du journal sont aussi impliqués dans une nouvelle assemblée du quartier de La Plaine, qui prétend s’opposer à la gentrification du centre-ville et organiser des festivités sauvages pour revendiquer l’usage populaire de l’espace public. Une histoire enthousiasmante, puisque la première réunion a attiré plus de cent voisins de tous âges et de toutes couleurs. À CQFD, on aime ce genre de fronde terre-à-terre. Et on affirme que si la rue Consolat commence mal, elle finit plutôt bien.

CQFD n° 101, juin 2012

Publié dans Critique des médias | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Notre presse] Lire et soutenir CQFD

[Un problème de santé publique] Ne travaillez jamais !

Travailler de nuit augmente le risque de cancer chez les femmes

D’après une étude française publiée mardi, le travail de nuit serait nocif chez les femmes. Perturbant le rythme biologique, il ferait augmenter d’environ 30% le risque de cancer du sein.

Si ce n’est pas la première fois que l’effet néfaste du travail nocturne est mis en évidence, c’est une nouvelle alerte que lance une étude française publiée dans la revue International Journal of Cancer. Une alerte qui concerne cette fois-ci essentiellement les femmes. En effet, selon les travaux menés par des chercheurs de l’Inserm, travailler de nuit augmenterait le risque de cancer du sein chez les femmes. Une découverte qui tend à confirmer la décision prise en 2010 par le Centre international de recherche sur le cancer qui a classé le travail nocturne comme probablement cancérogène.

Pour arriver à cette nouvelle conclusion, l’équipe de chercheurs dirigée par Pascal Guénel, du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations de l’Inserm se sont basés sur les données de l’étude générale Cécile menée sur les facteurs environnementaux, professionnels et génétiques sur le cancer du sein. Une étude qui a suivi pas moins de 1.250 femmes atteintes d’un cancer du sein et 1.350 femmes non touchées, dans deux départements français, en Ille-et-Vilaine et en Côte-d’Or (choisis pour des raisons pratiques). En comparant les données, les chercheurs ont ainsi constaté que le risque des femmes travaillant la nuit était supérieur d’environ 30% à celui des autres qui n’avait jamais eu une telle activité.

L’étude relève même une augmentation du risque particulièrement marquée pour les femmes ayant travaillé la nuit pendant plus de quatre ans et pour celles qui ont alterné travail de nuit et travail de jour, plus perturbant pour l’horloge interne. En effet, le travail nocturne est reconnu comme un perturbateur du rythme circadien qui gère l’alternance veille-sommeil et régule de nombreuses fonctions biologiques. C’est d’ailleurs cet effet qui serait selon les spécialistes, à l’origine du potentiel cancérogène du travail de nuit.

Un risque encore plus accru chez les futures mères

« D’une manière générale, toutes les études sur le travail de nuit partent de l’hypothèse d’une perturbation du rythme circadien qui entraîne une perturbation du cycle hormonal, suspectée d’entraîner un risque accru de cancer », indique l’épidémiologiste travaillant à Villejuif en région parisienne. Ainsi, une étude chez des infirmières avait déjà montré un excès de risque de cancer du sein pour celles travaillant la nuit. Mais l’originalité de l’étude est qu’elle a porté ici sur une population féminine générale et qu’elle a traité de manière relativement détaillée les types et les durées des activités de nuit effectuées, souligne le chercheur cité par l’AFP.

De plus, les travaux ont montré un risque accru (50% au lieu de 30%) pour les femmes qui ont commencé à travailler la nuit avant leur première grossesse. Dans ce cas, l’hypothèse est qu’avant la première grossesse, les cellules des glandes mammaires, pas encore complètement différenciées, sont encore plus vulnérables à des perturbations, explique M. Guénel.

Un risque qu’il faudra prendre en compte

Néanmoins, l’épidémiologiste tient à relativiser ces résultats. Si l’augmentation observée est significative d’un point de vue statistique, elle reste plutôt légère et « signifie que le risque relatif est de 1,3 alors que par comparaison le risque relatif de cancer du poumon chez les fumeurs est de dix ». De même, le risque du travail nocturne est du même ordre de grandeur que d’autres risques connus de cancer du sein comme les mutations génétiques, l’âge tardif de la première grossesse ou les traitements hormonaux.

« Désormais plusieurs études vont globalement dans le sens d’une augmentation du risque de cancer liée au travail de nuit », souligne toutefois M. Guénel. C’est donc un problème de santé publique qu’il faudra prendre en compte à un moment donné.

Presse pathogène (MaxiSciences, 19 juin 2012)


(…) Le travail de nuit est compris selon la loi française entre 21 heures et 6 heures du matin. Ses conséquences sur la santé ont déjà été largement étudiées : l’accumulation du manque de sommeil (la dette de sommeil) diminue la vigilance et augmente le risque d’accidents. Les horaires de nuits ou décalés augmentent également le risque de souffrir de troubles digestifs, de dépression, de problèmes cardiovasculaires. De précédentes études ont déjà souligné le risque accru de cancer di sein chez des infirmières et des hôtesses de l’air. Le centre international de recherche sur le cancer (CIRC, lié à l’Organisation mondiale de la santé) a classé le travail de nuit dans les agents cancérigènes en 2007.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le lien de cause à effet entre le travail nocturne et le risque de cancer du sein. L’altération du rythme circadien, l’alternance veille-sommeil qui régule beaucoup de fonctions biologiques, pourrait modifier la prolifération cellulaire ; priver la personne du pic nocturne de mélatonine (qui a des effets anti-cancérigènes) et affaiblir le système immunitaire. Dans le cas particulier des femmes n’ayant pas encore eu d’enfants, le risque accru pourrait s’expliquer par le fait que leurs cellules mammaires se sont pas encore totalement différenciées (cette différenciation s’opère pour la production de lait).

Pour mener cette étude baptisée CECILE, l’équipe coordonnée par Pascal Guénel a suivi 1234 femmes qui ont eu un diagnostic de cancer du sein entre 2005 et 2007 et un groupe témoin de 1317 femmes. Sur l’ensemble de la cohorte, 11% ont travaillé de nuit à un moment donné de leur carrière.

L’autorisation du travail de nuit pour les femmes en France est récente. Une loi de 1892 interdisait le travail de nuit des femmes mais fut modulée au cours du temps par un grand nombre de dérogations. La loi de 1987 a officialisé ce statut dérogatoire avant qu’en 2001 une nouvelle loi autorise le travail de nuit pour les femmes au nom de l’égalité professionnelle (la France se mettait ainsi en conformité avec le droit européen).

Presse pathogène (sciencesetavenir.fr, 19 juin 2012)

Publié dans Nos corps nous appartiennent | 3 commentaires

[España en el corazón] La bataille de Ciñera

Des incidents ont éclaté aujourd’hui à Cinera, dans le nord de l’Espagne, entre plus de 200 mineurs cagoulés et des policiers anti-émeutes qui ont tenté en vain de lever des barrages sur une route nationale en faisant usage de balles en caoutchouc et de fumigènes.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/057.jpg

Les incidents de ce type se sont multipliés ces derniers jours, témoignant d’un durcissement du mouvement des mineurs, en grève illimitée pour dénoncer une réduction de 63%, cette année, des aides publiques, qui selon eux condamne le secteur. Des affrontements avait éclaté vendredi dernier dans ce village de 1.000 habitants et aux alentours, faisant sept blessés.

Lorsque la police est intervenue mardi, le village a vite été la scène d’émeutes, de nombreux habitants aidant les manifestants à jouer à cache-cache avec les forces de l’ordre.

Des mineurs, jeunes et plus âgés, tous encagoulés ou le bas du visage masqué par des foulards, tiraient des pétards-fusées ou jetaient des pierres en direction des policiers.

En réponse, les policiers, casqués et protégés par d’épais gilets pare-balles et des boucliers, tiraient des balles en caoutchouc et lançaient des fumigènes contre les manifestants.

Après une demi-heure, les forces de l’ordre ont fini par se regrouper avant de quitter les lieux pendant que les mineurs les harcelaient à coups de pétards et de cailloux.

Lundi, des dizaines de milliers de mineurs et leurs familles avaient défilé à Leon et à Langreo, dans les Asturies. Plusieurs villes sont restées mortes à l’occasion d’une journée de grève générale à l’appel des syndicats.

Leur presse (Trends via Solidarité ouvrière, 19 juin 2012)


‘Guerra abierta’ y sin precedentes en Ciñera

El enfrentamiento entre GRS y mineros ha llegado de nuevo al centro de la población con una virulencia desconocida / « Nunca hemos visto nada así », aseguran los vecinos

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/065.jpg

Las calles de Ciñera se han convertido de nuevo este martes en una campo de batalla entre los antidisturbios de la Guardia Civil y los piquetes mineros en protesta por los recortes en la minería.

Las barricadas realizadas por los mineros en la Nacional 630 apenas han contenido el avance de los efectivos de la Guardia Civil llegados a este punto para levantar las cortes. Allí los mineros les esperaban anunciando una guerra que no tardó en estallar.

En esta ocasión ni negociación, ni retrocesos, ni enfrentamiento en la nacional. De inmediato los efectivos han accedido a la localidad a través del paseo Bernesga dando lugar a un fuerte enfrentamiento que ha llegado a la calle príncipe de Asturias y al parque infantil situados el centro de Ciñera.

Durante algo más de 45 minutos Ciñera se convirtió en un escenario de guerra inmerso en un impresionante e incesante estruendo de disparos, petardos y cohetes que cruzaban una y otra vez sin miramientos por las calles de la localidad leonesa.

Un enfrentamiento “sin precedentes”, según relataban algunos vecinos, que se vieron obligados a resguardarse en el interior de sus viviendas al igual que los numerosos miembros de la prensa local, nacional e internacional que se encontraba cubriendo la protestas minera.

Finalmente, tras casi una hora momentos de tensión los mineros consiguieron replegar a los antidisturbios que abandonaron la localidad y que durante el enfrentamiento han desplegado una importante ‘dosis’ de material antidisturbios.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/073.jpg

En alerta ante un nuevo ataque

Sin embargo, los mineros cautos y a la espera de un nuevo ataque se mantuvieron en alerta detrás de las barricadas incluso medio hora después de el repliegue de los efectivos ante la presencia de un helicóptero de la Guardia Civil que realizó varias pasadas por la localidad.

Ante esto, el alcalde de la localidad, Francisco Castañón, ya advertía que « lo pactado » es que no regresen los antidisturbios « y que cese el enfrentamiento ». Castañón también ha señalado a leonotidias.com que el de este martes « ha sido el enfrenatamiento más duro vivido desde el inicio del conflicto ».

Durante los enfrentamientos al menos un periodista ha resultado alcanzado por una pelota de goma y dos mineros y un antidisturbios han resultado heridos. Un ‘batalla’ que ha dejado huella en el paisaje de Ciñera donde ya se han destrozado más de la mitad de los contenedores, según ha destacado el alcalde de Pola de Gordón.

Un brutal choque el vivido este martes en Ciñera que ha vuelto a despertar la rabia y la impotencia de los mineros que claman al Gobierno que de una vez por todas ponga fin a este conflicto.

Una nueva medida de protestas que llegaba en la antesala de la votación del Senado donde se podría ratificar el corte del 63% de las ayudas a la minería. De ahí que los ánimos estuvieran más caldeados que nunca en esta vigésimo tercera jornada de huelga general con carácter indefinido que no parece que vaya a tener fin.

Leur presse (A. Cubillas, LeoNoticias.com, 19 juin 2012)


Spain miners fire rockets in violent clash with police

Rioting coal miners fired rockets at Spanish police who responded with rubber bullets Tuesday as weeks of protests against cuts to mine subsidies turned increasingly violent.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/028.jpg

Spanish miners fire homemade rockets at police in Cinera on June 19.

Some 200 masked miners clashed with riot police in Cinera, one of several northern mining villages where protests have rumbled for more than a month against the cuts which unions say threaten tens of thousands of jobs.

The clashes broke out when police tried unsuccessfully to remove one of several barricades erected and set on fire by the miners across a major highway near the village, which turned into a riot zone as cops chased protesters.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/046.jpg

The protests were unusually fierce by the standard of social demonstrations over recent months. Several men fired rockets from home-made bazookas at police and others hurled firecrackers and launched stones with slingshots.

Police with bullet-proof vests and riot shields retaliated by firing rubber bullets and smoke bombs, before withdrawing as some protestors remained at the scene throwing firecrackers and stones.

« We will not stop, » several miners chanted. « They will get tired before we do. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/036.jpg

A miner stands before a fire barricade after clashes with police in Cinera, Spain, on June 19.

Seven people were injured in various other clashes on Friday. On Monday tens of thousands of people marched in the northern towns of Leon and Langreo during a sector-wide strike called in dozens of mining towns.

Spain’s cash-strapped central government has slashed subsidies to the coal sector this year to 111 million euros ($142 million) from 301 million euros last year, part of wide-ranging cuts to lower its deficit.

Unions say the subsidy cuts will destroy the coal mines, which rely on state aid to compete with cheaper imports, and threaten the jobs of around 8,000 coal miners and up to 30,000 other people indirectly employed by the sector.

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 juin 2012)

Publié dans España en el corazón, Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [España en el corazón] La bataille de Ciñera

[Vérité et justice pour les martyrs de la révolution tunisienne !] « Si rien n’est fait, si le développement n’avance pas et si justice n’est pas rendue, il y aura une deuxième révolution »

Tunisie : Kasserine demande justice pour ses martyrs

La sanglante répression qu’a subie la ville pendant la révolution a été jugée le 13 juin. Les familles des victimes dénoncent une « mascarade ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/0117.jpg

Manifestation à Kasserine en janvier 2011 pour les victimes de la répression qui a fait plusieurs dizaines de morts.

« C’est une trahison ! » Dans les yeux de Mabrouka, la colère se mêle à la tristesse. Vêtue d’une djellaba couleur corail, les cheveux noués dans un chignon, elle sort du placard de son salon l’image de la tête ensanglantée de son fils, Mohamed-Amine Mbarki. Il avait 16 ans et demi lorsque, le 9 janvier 2011, il a été tué d’une balle dans la tête à Cité Ezzouhour. Ce quartier populaire de la ville de Kasserine, au nord-ouest de la Tunisie, s’était alors soulevé et les forces de l’ordre n’avaient pas hésité à tirer à balles réelles sur les manifestants.

L’affaire dite « des martyrs de Kasserine et de Thala » était examinée depuis le 28 novembre dernier par le Tribunal militaire permanent du Kef. L’ancien président déchu, Ben Ali, était jugé avec 22 co-accusés, dont deux anciens ministres de l’Intérieur, pour la mort de 21 personnes, tuées entre le 8 et 12 janvier 2011. Le 13 juin, le verdict tombe : condamné par contumace, puisqu’il est toujours en Arabie saoudite, Ben Ali écope de la peine la plus lourde, la prison à perpétuité. Les autres varient entre 8 ans et 15 ans de détention, et neuf personnes sont acquittées. Dont Ali Seriati, l’ancien chef de la garde présidentielle, et Moncef Laajimi, l’ex-directeur de la brigade d’ordre public — BOP, équivalent des CRS — dans le nord du pays, dont dépendaient les deux villes. Un verdict qui a provoqué l’ire des familles des victimes et des habitants de Kasserine.

Nettoyage

Traces de pneus brûlés sur le sol, pierres, voitures caillassées : ce jeudi 14 juin, les rues de cette ville où le taux de chômage flirte avec les 40 % portent encore les stigmates des affrontements de la veille. « Si j’avais pu, j’y serais allée moi aussi ! On n’a pas sacrifié nos enfants pour ça ! Il faut nettoyer le reste du clan Ben Ali et enfin connaître la vérité. C’est une affaire politique. Heureusement que je ne sais pas qui a tué mon fils, sinon je l’aurais tué moi-même ! » s’emporte Mabrouka, âgée de 45 ans.

En cette chaude journée d’été, le verdict est dans toutes les bouches. « Il est la conséquence du non-nettoyage du ministère de l’Intérieur. C’est une affaire nationale », lance de son côté Mohamed, 30 ans, responsable d’un cybercafé. Comme la plupart des Kasserinois, il dénonce en premier lieu l’acquittement de Moncef Laajimi. « Des gens l’ont vu à Thala, ils l’ont vu tirer sur la foule. Et malgré cela, il est toujours à l’Intérieur », regrette ce jeune homme au physique chétif. Après la révolution, l’homme a en effet été nommé directeur général des BOP. Le 10 janvier, le ministre de l’Intérieur Ali Laarayedh avait bien essayé de l’évincer, mais sous la pression du syndicat policier il était revenu sur sa décision pour le nommer chef de cabinet adjoint au ministère.

« Comment juger, sur une période et un lieu précis, des personnes qui ont participé à 23 ans de dictature ? C’est très compliqué d’apporter les preuves matérielles, d’autant que les gens qui pourraient témoigner font partie du système qui est toujours en place », rappelle Pierre Puchot, journaliste et auteur de La Révolution confisquée (éd. Actes Sud), pour qui l’application de la justice transitionnelle est « indispensable » à la recherche de la vérité.

Dossier vide

La défense insiste, d’ailleurs, sur la faiblesse du dossier. « Il n’y a aucune preuve que des ordres de tirer ont été transmis ou reçus. Le dossier est vide. Il s’agit d’une situation de terrain. Les responsables n’y sont pour rien », plaide ainsi l’avocat Moez Chérif. Il se dit « déçu » par la peine de 10 ans de prison dont a écopé son client, Jalel Boudriga, ancien directeur général des BOP. « Nous allons faire appel, par principe », prévient-il.

« Il y a des incohérences dans ce verdict. Toute la chaîne de commandement aurait dû être condamnée. Qu’est-ce qui justifie l’acquittement de certains ? » demande pour sa part Amna Guellali, représentante de Human Rights Watch à Tunis. « Il n’y a pas de garantie d’indépendance de la justice, parce que le Conseil supérieur des magistrats de la justice militaire dépend directement du ministère de la Défense, souligne-t-elle. Cela jette un doute important sur le déroulé du procès. »

Ces propos font écho à ceux du Groupe des 25, collectif d’avocats engagés créé au lendemain de la révolution. « Cette décision est la conséquence de la démarche suivie par la Cour militaire durant tout le procès. Ce procès était inéquitable, injuste et basé sur un dossier en grande partie incomplet », s’insurge ainsi Anouar el-Bassi, avocat des familles et coordinateur du collectif. Les familles, rappelle-t-il, n’ont pu se constituer partie civile lors de l’instruction. Celle-ci était en effet déjà en cours lorsqu’est entré en vigueur le décret-loi adopté en juillet 2011 afin d’adapter la justice militaire à ce type de procès.

« Mascarade »

La défense comme l’accusation se rejoignent pourtant sur un point : l’une et l’autre ont relevé de nombreux manquements au sein de l’enquête, comme l’absence de rapport balistique ou le manque d’examens médico-légaux. L’accusation ajoute que le ministère de l’Intérieur n’a pas coopéré ni transmis à la Cour les registres des armes et des balles des agents sur le terrain. Des pièces à conviction auraient en outre été détruites. « Le juge militaire a avoué que les enregistrements téléphoniques des chefs de la sécurité qui ont réprimé pendant la révolution ont été effacés. Il a continué le procès sans même lancer une enquête ! » expliquait pour sa part le 11 juin Ramzi Bettaieb. Ce blogueur et journaliste à Nawaat avait mené une grève de la faim de 16 jours pour attirer l’attention sur cette affaire. « J’ai eu l’impression d’être devant une parodie de la justice. Si on bâtit notre futur sur une illusion et un mensonge, à un moment, cela va dégénérer », prévenait-il.

« On était le pays du Printemps arabe, on est maintenant celui de l’hiver arabe. Mais pas comme les médias étrangers le disent lorsqu’ils parlent des salafistes, non : on vit une mascarade. Les mêmes sont toujours en place », souffle, résigné, Wafek Ghodhbani, frère de Belgassem Godhabni, tombé sous les balles le 10 janvier 2011. Ce père d’une petite fille, qui a désormais la charge de ses parents et de la femme de son frère tué, dit n’avoir même plus envie de se battre de l’intérieur. « Il faut sortir ce dossier de la Tunisie », affirme-t-il. Certaines familles disent même vouloir se tourner vers la Cour pénale internationale de La Haye. « Je ne suis même pas sûr que les autorités tunisiennes accepteraient de coopérer, estime-t-il. En tout cas, si rien n’est fait, si le développement n’avance pas et si justice n’est pas rendue, il y aura une deuxième révolution. »

Publié par des ennemis de la révolution (Julie Schneider, LePoint.fr, 19 juin 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Vérité et justice pour les martyrs de la révolution tunisienne !] « Si rien n’est fait, si le développement n’avance pas et si justice n’est pas rendue, il y aura une deuxième révolution »

[Château-Renault] Pôle emploi travaille

Il menaçait les agents de Pôle emploi

Maçon au chômage, Dominique R…, 54 ans, n’appréciait pas les méthodes de Pôle emploi. L’homme, mécontent de la baisse de ses indemnités de chômage, a créé de nombreux incidents dans les locaux de Pôle emploi à Château-Renault (Indre-et-Loire).

Le 8 juin, encore, il a jeté des courriers à la tête de la conseillère avant de menacer de prendre un fusil et de liquider tout le monde. Les agents, terrorisés, avaient consigné tous ces incidents où, à chaque fois, l’homme jurait de s’en prendre à eux et parfois aux membres de leurs familles.

« C’est vrai que je suis très nerveux », reconnaissait l’homme, jeudi, lors de sa comparution au tribunal. « Les conseillers d’Amboise ne veulent plus aller à Château-Renault », expliquait le responsable de l’antenne Pôle emploi. Dans ses réquisitions, la procureure de la République, Delphine Amacher, soulignait, elle aussi, les craintes des agents de Pôle emploi face au comportement menaçant du chômeur.

« Il a pris conscience de la peur qu’il a provoquée chez les victimes, indiquait Me Cajado, l’avocate de la défense. Ses paroles étaient menaçantes mais son comportement n’a jamais été agressif. Il n’a jamais eu l’intention de mettre ses menaces à exécution. »

Le tribunal a néanmoins condamné Dominique R… à huit mois de prison dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans. Les magistrats ont ordonné son incarcération.

Leur presse (lanouvellerepublique.fr, 19 juin 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec , | Un commentaire

[España en el corazón] « J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement forts physiquement, ils ont surtout la rage : on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus. J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à estourbir un taureau »

Succès de l’appel à la grève des mineurs du charbon des Asturies, de Léon et de Castille contre les coupures budgétaires à l’industrie du charbon

Les districts miniers des Asturies ont répondu avec un arrêt total des mines de charbon lors de la vingt-deuxième jour de grève dans cette région. Les protestations les plus dures ont eu lieu avec l’installation de barricades et de troncs d’arbre sur quatre routes, AS-112, AS-177, AS-253 et AS-254, et sur les lignes ferroviaires de FEVE à Caborana et à Laviana, ainsi qu’à Renfe dans le secteur de Ciaño et La Felguera. Pendant ce temps, la grève des mineurs appelée pour 24 heures dans 31 localités de León et de Palencia a également été largement suivie, avec un taux de 100% de grévistes, tout comme dans d’autres communautés touchées. Boulangeries, écoles, bars, bureaux et supermarchés dans les zones minières castillanes ont fermé en signe de solidarité avec les travailleurs du charbon.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/027.jpg

Des mineurs espagnols en grève manifestent à Caborana, près d'Oviedo le 18 juin 2012

Quelques jours avant 
la grève générale du 18 juin, le chef des unités de police spécialisées dans la lutte contre 
les désordres publics (les CRS espagnols) vient de déposer une plainte devant le tribunal d’Oviedo dénonçant les « violences » des manifestants. Prié 
de commenter cette action judiciaire, il a déclaré 
à la presse locale : «  Avez-vous vu les biceps de la plupart des mineurs ? D’une simple gifle, ils arrachent les casques de nos hommes. » Les CRS espagnols regrettent les interventions contre les étudiants et les Indignés. « Eux, on leur file un coup et le sang coule 
de leur nez délicat », 
soupire un CRS, concluant : 
« J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement forts physiquement, ils ont surtout la rage : on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus. J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à estourbir un taureau. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/035.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2012/06/045.jpg

Des mineurs de charbon espagnols manifestent à Langreo, dans le nord le 18 juin 2012

Voir le blog d’un anarchiste bisontin qui donne des infos plus détaillées sur le succès de la journée de grève hier des mineurs des Asturies et en Espagne

Solidarité ouvrière (message envoyé par un camarade le 19 juin 2012)

Publié dans España en el corazón, Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [España en el corazón] « J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement forts physiquement, ils ont surtout la rage : on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus. J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à estourbir un taureau »

[La liberté ou la mort] Made in China, le lait au mercure

Yili invente un thermomètre au mercure spécial nourrisson

Le lait à la mélamine n’ayant sans doute pas assez ruiné la filière laitière chinoise, Yili en rajoute une couche avec un nouveau scandale. C’est cette fois du mercure qui a été trouvé dans certaines fabrications de lait pour bébé provenant de ce géant de l’industrie laitière basé en Mongolie intérieure. La contamination ne semble pas provenir d’un lot particulier puisque ce sont les productions estampillées QuanYou sorties de l’usine entre novembre et mai qui ont été rappelés suite à plusieurs contrôles positifs de la part des services sanitaires chinois.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/4441.jpg

Contenant entre 40 et 50 fois la dose maximale autorisée de mercure, c’est la diffusion sur les réseaux sociaux d’un communiqué interne à l’entreprise qui a provoqué ces vérifications. Les autorités chinoises expliquent en effet que la recherche du mercure ne fait pas partie des critères obligatoires d’analyses, ce qui a laissé passer les produits contaminés.

À l’heure actuelle, l’origine de cette présence de mercure dans du lait pour nourrisson n’est pas encore connue publiquement, diverses enquêtes étant en cours dans le même temps qu’un ordre de rappel lancé dans tout le pays. En 2008, Yili avait été un temps suspecté d’avoir lui aussi introduit de la mélamine dans ses produits laitiers, sans toutefois que les résultats des tests confirment les accusations.

Si le coup risque d’être fatal pour Yili, il se révèle être une excellente occasion pour les produits étrangers. Alors que plus de 85 % du lait en poudre pour nourrisson provient déjà soit d’importations, soit de productions sous contrôle étranger, cette nouvelle affaire met un terme aux espoirs entretenus par les industriels chinois de retrouver une crédibilité auprès des parents. Yili ne produisant pas que ce genre de produits, mais également des yaourts et des glaces, c’est l’ensemble de sa gamme qui risque de connaître un désaveu de la part de la clientèle locale.

La question qui se pose de manière de plus en plus pressante est de savoir si le secteur alimentaire Chinois dans son ensemble est capable de répondre qualitativement à la demande d’une clientèle logiquement de plus en plus méfiante. Entre les produits génétiquement modifiés et les contrefaçons en tous genres, c’est en effet la santé de la population dans son ensemble qui est menacée. Il y a quelques jours, les autorités sanitaires du Guangxi ont saisi 4 tonnes de faux Weijing, un exhausteur de goût largement employé dans la cuisine du pays. Ce produit falsifié était fabriqué avec du sel acheté à bas prix et mélangé à de l’engrais.

Le riz est également au centre de bien des suspicions, celui-ci contenant la plupart du temps des doses importantes de pesticides. Les consommateurs se tournant alors vers des produits importés de pays voisins tels que la Thaïlande ou le Vietnam les prix grimpent en flèche, ce qui a un impact néfaste sur le pouvoir d’achat des populations exportatrices. Un autre aspect est que le riz chinois étant bien moins cher que ceux importés, certains industriels locaux n’hésitent pas à falsifier les emballages afin de réaliser des bénéfices plus importants.

Après avoir mis des décennies à assurer son équilibre alimentaire, la Chine doit à présent régler les trop nombreux problèmes récurrents liés à des dérives de la part d’un petit nombre. Pour parvenir à cet objectif, encore faut-il que les responsables locaux et nationaux soient concernés, ce qui est loin d’être le cas, ceux-ci disposant d’adresses sûres où ils peuvent s’approvisionner sans risques. C’est donc sur l’opinion publique que repose le seul espoir possible de donner à la Chine son statut de nation adulte, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui.

Leur presse (Reflets de Chine, 16 juin 2012)

Publié dans Les luttes de classe en Chine | Marqué avec | Un commentaire