[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 40 – « Je m’inspire de mon vécu, j’ai pas besoin de lire leurs bouquins falsifiés »

Partie 40

Je m’inspire de mon vécu, j’ai pas besoin de lire leurs bouquins falsifiés, j’ai tenu des conversations avec des soi-disant bac + 5 + 7, moi avec mon bac – 6 – 7 j’avais beaucoup plus de vocabulaire, l’expérience de ma vie m’a apporté plus que les bancs du collège, mais j’avoue que parfois au mitard j’ai triché, j’ai ouvert et lu pas mal de livres qui m’ont apporté, enrichi, perfectionné mes connaissances, mais j’ai surtout appris avec les gens, des anciens, les expériences de chacun, j’ai tiré du pire et du meilleur dans les différentes rencontres de ma vie, même le pire de mes ennemis m’avait apporté méfiance et vigilance, avant je vivais avec beaucoup d’a priori, tous les mecs n’étaient pas purs et durs, made in cité, je pensais qu’ils ne pouvaient rien m’apporter on ne parlait pas la même langue, on ne venait [pas] des mêmes endroits et je pensais qu’ils ne pouvaient pas me comprendre, alors que plus tard, les plus grosses connections, se sont faites au-delà des murs de Mantes-la-Jolie, j’ai connu des mecs qui au premier abord même pas tu les regardes tellement ils sont d’une banalité alors que le shit que tu fumes venait de lui, l’arme avec laquelle tu le braques venait de lui, il vivait à l’ombre du showbusiness, je juge plus les gens au premier abord mais au deuxième LOLL, j’avais encore beaucoup à apprendre de la vie.

Ça me rappelle une anecdote 2001, Kamel et moi, étions suragités à l’affût de la moindre embrouille, ce jour-là nous étions au pied des immeubles quand un mec arrive en voiture immatriculée d’un autre département, était sorti, nous a lancé un regard froid, ça nous a pas plu, le temps qu’il monte chez la personne qu’il était venu rendre visite, on a désossé sa voiture, il ne restait plus que la carcasse, quarante requins, chacun a démonté ce qui l’intéressait, quand le mec est redescendu, il a vu rouge, mais le pire dans cette histoire c’est qu’il était venu voir un grand de la cité, laisse tomber les regards se sont portés direct sur moi, ça a haussé le ton, à la limite d’en venir aux mains, il m’en a pas fallu plus pour sortir les armes, Kamel et moi cagoulés et armés sommes venus demander des comptes à l’ancien, son discours avait changé mais tout s’est arrangé à l’amiable vu qu’on venait du même quartier, mais la rumeur a fait le tour du Val-Fourré que j’avais encore braqué un mec, tout le monde savait qu’on était armés.

Kamel et moi, étions dans un café du quartier on s’est mis à la table de frères musulmans avec lesquels on avait grandi, mais moi qu’ils faisaient la prière ou pas, mon attitude envers eux n’a pas changé, je les voyais comme des mecs avec qui j’avais grandi, on s’est mis à discuter de tout et de rien, j’ai bien remarqué que la discussion était tendue, qu’il y avait un truc qui n’allait pas, le frère mus m’a dit : « Oumar j’ai besoin de toi j’ai appris que t’avais des armes, j’ai un problème peux-tu bouger pour nous ? », j’ai regardé Kamel qui d’un hochement de tête m’a fait comprendre qu’il était opé, du coup j’ai donné mon accord au frère mus, tout ça m’a semblé chelou mais bon je voulais rendre service à des amis d’enfance, le frère mus, Kamel et moi sommes montés dans ma voiture direction l’armurerie (endroit où l’on stocke les armes), j’étais au volant de ma voiture, Kamel passager et le frère mus derrière, je sentais qu’il se passait un truc pas normal pas logique, parce que je connaissais ces frères mus ils étaient surarmés, et n’avaient pas besoin de deux jeunes à peine majeurs pour régler leur problème, arrivés à l’armurerie, cinq voitures remplies de frères mus sont sortis et nous ont braqués Kamel et moi on n’a rien compris, parce qu’on les connaissait tous, les frères mus voulaient absolument voir où on cachait nos armes, dans un premier temps, c’est parti en couille, Kamel et moi poussés par l’inconscience de notre jeune âge, on a rebellé alors que nous étions plus que vulnérables mais face à nous, on avait dix frères mus déterminés du coup je suis parti avec les frères avec qui j’avais grandi jusqu’à la porte de l’armurerie, c’était trop tendu, on a failli se taper plus d’une fois, tellement je parlais mal avec ma bouche, j’ouvre, il examine mes armes, une par une puis se retourne vers moi puis me serre dans ses bras, l’émotion l’a envahi, il me dit « JE SAVAIS QUE C’ÉTAIT PAS VOUS », j’ai appris plus tard que les frères, avaient été cambriolés et ils avaient perdu un stock important d’armes et des mauvaises langues avaient dit que c’était forcément moi pour se faire pardonner, les frères nous ont donné deux 11.43 (arme de voyou) j’avais trop le seum, je voulais pas lâcher l’affaire mais ils avaient de la chance que c’était des frères mus, mais bon j’ai vite passé l’éponge, on avait d’autres chats à fouetter, mais faut reconnaître qu’on a eu très très chaud ce jour-là, on s’attendait pas du tout à ce genre de scénario.

Assis sur une chaise, dans ma toute petite cellule, j’ai refait le monde plus d’une fois, j’ai l’impression de raconter la vie d’un autre tellement ça me paraît loin, mais mes années de prison et mes cicatrices témoignent bel et bien que c’est ma vie que je raconte, la route fut longue, jusqu’en 2011, ma vie a pris un autre tournant, vivement la LIBERTA, l’air pur me manque follement.

ON DIT QUE TOUT VIENT À POINT À QUI SAIT ATTENDRE DONC J’ATTENDS MAIS ÇA A INTÉRÊT DE VENIR À POINT LOLLLL.

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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord !

Affrontements à Amiens : 16 policiers blessés, des dégâts considérables

Seize policiers ont été blessés dans de violents affrontements qui les ont opposés à une centaine [sic] de jeunes à Amiens, dans la nuit de lundi à mardi. Le bilan matériel est aussi très lourd puisqu’il pourraient s’élever à plusieurs millions d’euros, d’après le maire PS Gilles Demailly : une école maternelle a été saccagée et en partie incendiée, alors qu’un centre sportif communal a été entièrement détruit. Un bureau de police nationale a également été saccagé.

Les violences ont duré près de trois heures dans le quartier, avant le retour au calme dans la matinée. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a promis la «plus grande fermeté» de la part du gouvernement contre les auteurs de «ces faits inacceptables». Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, est attendu sur place en début d’après-midi. «On s’attaque à des policiers avec des armes à feu, on brûle des équipements publics qui sont indispensables aux populations de ces quartiers populaires, on fait peur à des gens», s’insurge le ministre, qui insiste : «la République et l’Etat de droit ne peuvent pas l’accepter.»

Barricades et poubelles en feu ont empêché, aux environs de 23 heures, l’accès à plusieurs rues du secteur du boulevard de Roubaix, avant que des véhicules ne soient à leur tour incendiés et utilisés comme barricades. Des automobilistes ont été blessés lors du vol de leurs véhicules. Les violences se sont exacerbées avec l’arrivée des forces de l’ordre. Environ 150 policiers ont été mobilisés : tirs de gaz lacrymogènes et de gomme-cogne ont répondu aux tirs de chevrotine, de mortiers et des jets de projectiles. Un hélicoptère de la gendarmerie et des CRS ont été appelés en renforts d’après le Courrier picard. Les forces de l’ordre n’ont procédé à aucune interpellation pour le moment.

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Amiens-Nord, classée zone de sécurité prioritaire

Gilles Demailly, maire PS d’Amiens, décrit des «scènes de désolation» avec «partout des poubelles et des voitures brûlées». «Il y a des incidents réguliers, mais cela fait des années que je n’ai pas connu une nuit aussi violente avec autant de dégradations» a t-il déclaré, ajoutant «ça fait des mois que je réclamais des moyens car la tension montait dans le quartier».

Dimanche dernier, des heurts entre policiers et une soixantaine de jeunes avaient déjà éclaté dans ce quartier sensible d’Amiens. Un contrôle routier de la brigade anticriminalité (BAC) s’était transformé en affrontement et les forces de l’ordre avaient procédé à des tirs de flashball et de gaz lacrymogènes. Une intervention jugée «excessive» par certains riverains, ayant donné lieu à l’ouverture d’une enquête administrative lundi. Le quartier nord d’Amiens est classé parmi les 15 quartiers les plus difficile en France. Son inscription récente en «zone de sécurité prioritaire» prévoit d’y renforcer la présence policière et le dispositif de sécurité à la rentrée.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 14 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 39 – « En tout j’ai fait plus d’un an de mitard, c’était devenu ma deuxième cellule »

Partie 39

Ton passé te rattrape tôt ou tard, tes dossiers remontent à la surface, les murs de la prison n’étaient pas assez épais pour te préserver si tu avais un passé trop lourd.

2003, maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, j’étais en cellule avec un mec de Trappes « 78 », je le faisais croquer, je l’ai toujours mis à l’aise, pendant toute sa peine qu’il a faite avec moi, le jour de sa sortie, je lui ai fait la bise, et lui souhaitai de ne plus retomber, ensuite j’ai été à la douche, le mec de Trappes a profité de mon absence pour sortir avec l’une de mes vestes, de marque « MARKS AND SPENCER » que j’avais achetée 600 euros, un vrai clochard, j’ai appelé les mecs de Trappes que je connaissais, pour le lever et lui mettre une raclée, j’étais trop rancunier un truc de malade, mes potes ont retrouvé sa trace, lui ont mis la fessée mais ça me suffisait pas, je savais que tôt ou tard le destin allait faire en sorte que je le croise.

2004, devinez qui le camion cellulaire m’amène ? Cet enfant de lâche, était mon cadeau de Noël, dès qu’il a mis les pieds dans la taule, c’est arrivé direct à mes oreilles, j’ai ciblé le bâtiment où il avait atterri, il savait que je l’attendais au tournant, il ne descendait [pas] en promenade, il m’a fait parvenir un mot où il se confondait en excuses, moi c’était juste par principe, je voulais sa peau, car fallait être le plus gros des chiens, pour voler un détenu alors que tu sors, il n’avait aucune figure, j’ai fait la demande pour atterrir dans son bâtiment, fallait absolument que je me venge, j’en ai rêvé des mois et des mois, fallait que je corrige ce moins-que-rien, à force d’insister, j’ai obtenu mon changement de bâtiment et la deuxième mission à faire, puisqu’il ne descendait pas en promenade, j’ai localisé sa cellule, et j’ai simulé au maton de lui remettre des cantines « achats divers », quand le maton a ouvert sa porte j’ai vu un vrai clochard, enroulé comme une momie, dans la couverture du hebs, le moment que j’attendais depuis des mois était là, LA VENDETTA je lui ai tombé dessus, je l’ai enchaîné d’une rapidité hallucinante, fallait faire vite, je savais que j’allais aller au mitard, du coup fallait que je le termine dans son lit, le maton a donné l’alerte, quarante matons arrivent de tous les côtés, mais bon j’étais content, car j’avais accompli ma mission, j’ai pris vingt jours de mitard et lui avait gagné une tête au carré avec un bon souvenir de ma part ; le jeu en valait la chandelle.

JE PARDONNE MAIS JE N’OUBLIE PAS.

Mon séjour dans le Sud, a sûrement contribué à faire en sorte que je me suis posé, sur Paname, ça aurait été plus chaud, puisque posé ou pas quand ton pote a besoin de toi, obligé de signer présent, et comme à Paris on a plusieurs potes, je devais signer présent plusieurs fois dans la journée LOL, donc mon éloignement m’a été bénéfique, c’était un mal pour un bien, dans le Sud, comme c’était moins répressif j’ai eu tendance à baisser la garde, à relâcher ma vigilance chose que j’aurais jamais faite à Bois-d’Arcy, dans le Sud, j’suis passé plusieurs fois sur le fil du rasoir, je sortais mon téléphone en pleine journée, kit mains libres dans les oreilles, capuche sur la tête, j’étais dedans et dehors, j’aurais pu me faire balancer à tout moment c’était des risques gratuits, qui auraient pu m’amener des mois en plus, pour un blabla qui aurait pu attendre le soir la fermeture des portes.

J’ai croisé une trentaine de chefs pendant mon incarcération, y en a un que j’oublierai pas de sitôt, il avait mené une chasse à l’homme contre moi c’était un black, à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, il m’a levé en trois ans au moins six téléphones c’était un loup, une nuit il a déboulé dans ma cellule, nous étions quatre, en doublette, huit matons sont rentrés, j’ai eu le réflexe de mettre mon téléphone entre mes cuisses, mon pote lui n’a pas eu le réflexe, les matons étaient repartis avec un téléphone en poche, on avait trop la rage, mais avec ce chef c’était que le début, il nous réservait d’autres surprises, le lendemain matin, le chef en personne vient nous dire qu’il avait décidé de casser la cellule suite à la découverte du téléphone, on devait regrouper nos affaires personnelles puis se préparer pour un imminent changement, il était trop malin, une fois qu’on avait tous regroupé nos affaires personnelles, il nous fouille tous séparément, quand il fouille mes affaires, il trouve un téléphone portable que j’avais dissimulé dans une paire de Timberland, le chef m’avait eu à l’ancienne, il savait que forcément si on changeait de bâtiment j’embarquerais mon téléphone sur moi, j’ai repris trente jours de mitard, en tout j’ai fait plus d’un an de mitard, c’était devenu ma deuxième cellule.

RESTE VIGILANT NE BAISSE JAMAIS LA GARDE MÊME QUAND TU TE CROIS À L’ABRI CAR C’EST À LA FIN QU’ON PAYE LES MUSICIENS.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 38 – « Les juges ont estimé que si ils me laissaient sortir je reprendrais les armes aussitôt et reformerais une équipe pour niquer le système »

Partie 38

Ça m’a fait un drôle de changement d’atterrir dans le Sud, oublie les ambiances sauvages du Nord, j’avais atterri dans une méchante taule c’était un 4 étoiles LOL, portes ouvertes de 7 heures à 19 heures fermées juste entre midi et 13 heures pour manger, une vingtaine d’hectares, la clé dans la poche, circulation à volonté, y avait même un magasin de sport, si tu avais les sous tu prenais ce que tu voulais direct, une dinguerie, deux méchants stades de foot en herbe un gymnase et une salle de muscul flambant neufs, j’avais atterri à Disneyland, j’ai écrit à tous mes potes de Paname, photos à l’appui, ils ont halluciné, beaucoup ont fait la demande pour venir me rejoindre, cette taule n’avait rien à voir avec celles du Nord, portes fermées, cantine limitée, confort sommaire, la prison où j’étais dans le Sud tu pouvais acheter tes meubles ton ordinateur, percer les murs mettre des étagères, tu avais carte blanche dans l’aménagement de ta grotte, mais en contrepartie, parce qu’avec eux y a toujours un mais, par contre la cellule à ton arrivée était complètement vide, rien, c’était à toi de te débrouiller pour l’aménager, selon tes contacts pour obtenir de quoi meubler la cellule, indirectement ça voulait dire qu’ils nous incitaient presque à faire des trafics, pour subvenir à nos besoins, un mec qui n’a pas d’argent, pas de contact, restait en chien, la loi de l’argent régnait en maître, j’ai vu des mecs dans des cellules laisse tomber, c’était pire que des caves même les rats se sauvaient en courant en voyant ces taudis, mais ce genre de prison est fait en majorité pour ceux qu’ils appellent « les VIP, les pointeurs… », c’était 80 % de la population carcérale, des youv on était une trentaine sur six cents détenus, bientôt j’étais rejoint par un poteau du 94, qui avait réussi à venir jusqu’ici, Delphine avait fait du forcing auprès des administrations sinon jamais ils m’auraient mis dans ce genre de taule, j’ai dû passer devant des dizaines d’experts en trois ans, pour qu’ils évaluent ma dangerosité, ils savaient qu’un mec comme moi était incompatible avec cette population pénale, mais pour Delphine j’ai pris sur moi, la moitié des mecs de la prison c’était les gars qui étaient passés dans l’émission « Faites entrer l’accusé », des horreurs ils avaient fait, j’ai voulu demander mon transfert plus d’une fois et Delphine trouvait les mots pour me retenir. Je débute ma cinquième année carcérale dans cette prison, limite couvent, les gens avaient des comportements irréels, je croisais des zombies dans les couloirs, des jeunes qu’ils avaient drogués de force pour les calmer, à force de tourner dans cette prison, je pensais que c’était moi le fou, dans de telles conditions, la réinsertion et je dirais même l’insertion puisque j’ai jamais été inséré, était-elle possible ? Le fait de priver de liberté des hommes pendant des années sans les soigner suffit-il à les réinsérer ? Wallah ils me font rire avec leur blabla de réinsertion, comme si ils se souciaient vraiment de notre avenir, ce qui comptait plutôt pour eux c’était qu’on ne nuise plus à leur portefeuille, ce que je peux comprendre et j’accepte mais qu’ils arrêtent avec leur cinéma de réinsertion.

J’ai quand même trouvé dans cette prison, des bonhommes sur qui compter pour former un noyau dur, on était grave surveillés, nos moindres faits et gestes étaient passés à la loupe. Moi je préparais mon dossier pour ma confusion de peines, donc j’étais loin de toutes leurs salades, ils pouvaient me surveiller j’avais plus leur temps, ma tête était ailleurs, je prends une jeune avocate de la région que l’on m’avait conseillée très compétente, d’origine algérienne, la petite trentaine, elle a épousé ma cause direct, à fond derrière moi, on a monté un dossier solide que l’on présente devant les juges, les juges avec les conseils du parquet de Versailles, rendent leur décision, dans un premier temps leur réponse a été sans appel, un NON catégorique à ma requête, les juges ont estimé que si ils me laissaient sortir je reprendrais les armes aussitôt et reformerais une équipe pour niquer le système, ils en étaient persuadés, ils me pensaient trop enragé pour me ranger pour de bon, j’encaissai une fois de plus leur blabla, mais le combat continuait, j’étais pas le style de mec à lâcher l’affaire à la première difficulté, ils allaient m’entendre jusqu’à ce qu’ils cèdent, ils m’avaient enfermé dans ce rôle de braqueur en série et avaient du mal à m’en sortir, ils ne pouvaient pas concevoir que j’aspire pas à la même vie à 20 ans qu’à 30 ans, j’assumerai quoi qu’ils décident mais ça vous le saurez dans une prochaine partie…

LA GARDE MEURT MAIS NE SE REND PAS !!!!!

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[« Violences gratuites »] ‘Manquerait plus que ce soit payant

Aix-en-Provence : deux policiers blessés à coups de bouteille

Deux policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) d’Aix-en-Provence ont été agressés par de jeunes voleurs présumés, inconnus des services de police, qu’ils tentaient d’interpeller dans le centre-ville dans la nuit de samedi à dimanche. Vers 4 heures du matin, alors que les fonctionnaires maîtrisaient un adolescent de 17 ans qui s’intéressait à des véhicules en stationnement, son complice, âgé de 18 ans, a frappé l’un d’eux sur le crâne à l’aide d’une bouteille de champagne pour s’échapper.

Voyant qu’il était sur le point d’être arrêté à son tour, le même homme a alors assommé le second policier d’un violent coup de bouteille au visage. La victime devait être opérée lundi en vue d’une reconstruction faciale après s’être fait signifier un mois d’ITT. Arrêté dimanche après-midi à son domicile de Pertuis (Vaucluse), le jeune majeur a été placé en garde à vue avec le mineur au commissariat d’Aix-en-Provence. Les deux protagonistes ont déclaré aux policiers du commissariat d’Aix-en-Provence ne plus se souvenir des faits pour cause d’ivresse.

Ils ont déférés au parquet lundi. Le mineur a été présenté à un juge des enfants tandis que le majeur est passé en comparution devant le tribunal correctionnel qui a décidé de le mettre en détention et de le juger le 11 septembre pour coups et blessures sur agent de la force publique ayant entraîné une ITT supérieure à sept jours et rébellion.

Selon le délégué zonal adjoint du syndicat Alliance, David Olivier Reverdy, « la BAC aixoise a déjà subi la perte de l’un des siens dans une fusillade à la Kalachnikov, ses membres sont visés régulièrement par des tirs d’armes à feu, face à des violences gratuites, seules des peines planchers peuvent dissuader des délinquants en perte de repères ». Dans un communiqué, Alliance dit « craindre que la disparition programmée des peines planchers et l’augmentation des libérations anticipées annoncées par le garde des Sceaux favorisent la multiplication de tels actes de violences contre les policiers ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 13 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 37 – « C’est comme ça que l’illicite m’a charmé »

Partie 37

Tous mes potes, les plus enragés avaient fini tôt ou tard par glisser, tomber, j’ai jamais vu un youv réussir sans manger une peine de taré c’était le risque du métier sur le chemin des millions d’euros se cache toujours un jaloux un traître, ou un flic planqué qui t’attendait au tournant, y en a qui ont réussi, mais sont fortement soupçonnés de travailler avec les condés, l’illicite avait fait perdre la tête à certains, fallait avoir un mental à toute épreuve pour encaisser toutes ces années interminables, l’illicite m’a mis un K.O. technique il m’a menti, il m’avait juré et promis que si j’étais un vaillant avec des couilles en or il me ferait quitter ma jungle de ciment pour un paysage ensoleillé, il m’a trahi si je l’attrape je le monte en l’air LOL, si toi aussi l’illicite te promet monts et merveilles et des liasses de billets en petites coupures pour t’appâter, dans un premier temps il va te les filer mais l’appât du gain est ravageur il va t’endormir dans ses bras, puis te mettre v’là la douille méfie-toi de l’appel de l’illicite money, j’étais prêt à mourir pour elle, j’ai mis la cagoule pour le haram j’ai toujours été fidèle, dès qu’il me proposait des plans, j’étais toujours partant j’ai formé une équipe de soldats, poussé par le haram je me sentais invincible je reculais devant rien, ni aucune armée, c’était le meilleur qui gagne, mais comme je respectais aucune règle j’ai souvent gagné mais il m’a suffi de perdre une seule fois pour partir pour un long voyage, qui durait des années et des années loin des tiens, l’illicite m’a mis une grosse carotte, il me parlait de gros sous, d’investissements de voyages, aux frais des banques et de ce système capitaliste, qui mettait les plus riches à l’aise et se moquait de la souffrance des démunis, c’est comme ça que l’illicite m’a charmé, j’étais jeune, fougueux, je croquais la vie à pleines dents, j’étais prêt à me sacrifier pour que ma meuf mes proches goûtent aux joies d’une vie posée, loin des soucis d’argent, des fins de mois laisse tomber ! J’ai beaucoup parlé avec ma mère, le fait qu’elle m’en veuille pas m’a beaucoup aidé et apaisé et m’a permis d’affronter toutes ces années sur une jambe quand tu as la bénédiction de tes parents tu es intouchable, moralement, mes proches savaient que mes gros sous seraient investis dans la famille j’avais pas pris les armes pour faire le beau ou le thug devant les go même fauché j’ai jamais trop eu de souci avec la gent féminine à part à l’époque des cagoules cabriolets que ma daronne me forçait à mettre pour pas attraper un rhume, ceux qui suivent ma chronique savent de quoi je parle, et les autres reportez-vous aux parties précédentes. Aujourd’hui j’en ris mais j’en ai pleuré LOL.

J’ai toujours été chercher les demoiselles loin du bitume de Mantes-la-Jolie, j’ai succombé quelquefois aux charmes de quelques roses du bitume mais c’était rare en général c’était quand j’étais en sortie en mode préparation de braquage que je faisais connaissance avec des demoiselles à qui je sortais un mytho pour justifier ma présence dans sa ville tellement je bluffais ça en devenait marrant comme si j’allais lui dire « ÉCOUTEZ MADEMOISELLE JE SUIS DANS VOTRE VILLE EN REPÉRAGE EN VUE DE COMMETTRE UN HOLD-UP, JE VAIS SÛREMENT BRAQUER VOTRE BANQUE QU’EN PENSEZ-VOUS ? », elle m’aurait donné direct au premier commissariat du coin, j’ai toujours cru en mon étoile, je savais que tôt ou tard que Dieu mettrait sur mon chemin une perle rare, aussi rare qu’un Chinois qui danse sur du zouk, on avait tous notre moitié quelque part, quand tu cherches tu trouves pas, faut laisser la vie faire, Cupidon fait du bon boulot à ce qu’il paraît ;-).

Une pensée pour tous les couples qui s’aiment d’un amour sincère, les célibataires ne lâchez rien accrochez-vous, on dit que l’amour arrive souvent quand tu t’y attends pas, une astuce pour trouver l’amour, faites genre de pas vous y attendre et elle arrivera forcément LOL.

Pour les thugs qui cachent leurs sentiments, n’hésitez pas à dire à l’être aimé que vous l’aimez, c’est ça être un bonhomme.

VAUT MIEUX DES REMORDS QUE DES REGRETS !!!!!!!

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 36 – « On se regroupe une quarantaine sous le porche et on décide de bloquer la prison pour protester contre le manque de choix dans les cantines »

Partie 36

Hiver 2005, 14 h 30 on descend par étage en promenade, on se regroupe une quarantaine sous le porche et on décide de bloquer la prison pour protester contre le manque de choix dans les cantines (achats divers), on décide de ne pas remonter en cellule, c’est dans ces moments-là qu’on voyait qui étaient les vraies trompettes, au premier appel au haut-parleur le groupe s’est fendu en deux, les peureux sont remontés, on était plus que vingt, je n’étais pas l’instigateur de ce mouvement mais par solidarité j’étais présent jusqu’au bout, il ne restait plus que les indomptables, on savait même plus pourquoi on bloquait mais le mouvement était parti donc fallait assumer, même si pour la plupart on venait de villes et de quartiers différents, on devait rester groupés et soudés et solidaires, le directeur de l’établissement accompagné de deux imitations GIGN rentrent en piste pour recueillir nos réclamations, les débutants qui ne connaissaient pas la taule acceptèrent de débattre et de communiquer avec eux, comme si ils allaient exaucer leurs souhaits, moi et ceux qui avaient de l’expérience nous sommes restés en retrait, aucun dialogue était possible avec eux on avait rédigé un courrier anonyme expliquant toutes nos réclamations, on l’avait glissé sous la porte donc ils savaient tout de notre demande, ils étaient juste venus voir qui étaient les meneurs de cette mutinerie, quatre heures de rab en promenade la nuit était tombée on ne voulait toujours pas remonter donc les bleus ont décidé de nous charger, cent matons, cagoulés, matraque et bombe lacrymogène à la main font irruption dans la promenade, on était plus que vingt on s’est fait plier puis nous ont remontés de force en cellule, le lendemain à 7 heures du matin, le directeur nous reçoit un par un pour nous questionner et demander nos motivations, moi je parle pas je dis juste que ma solidarité envers mes potes m’a empêché de remonter, et ceux qui ont raconté leur vie du style « Ouais on veut plus de boîtes de petits pois ou des plus grands paquets de chips » wallah des barres, ils ont transpiré direct, ils les ont transférés direct pour aller manger leurs petits pois et leurs chips à Fleury MDR, la solidarité en taule existait sous plusieurs formes, y a des mecs qui bougent pour toi par intérêt et quand ça va trop loin ils se chient dessus du coup tu les démasques direct, y a des vrais poteaux avec qui tu marches pas forcément mais quand ça part en couille ils étaient toujours prêts à mouiller le maillot pour toi.

1999, on était pour ne pas changer en promenade à Bois-d’Arcy, on marchait par groupes de trois à quatre issus de Mantes-la-Jolie, on s’entendait tous bien, les affinités à l’époque se faisaient par quartier, je m’en rappelle y avait un mec de Mantes qui faisait partie d’aucun groupe, il marchait toujours tout seul c’était un bon pote à nous mais il préférait rester seul donc on respectait son désir de faire sa peine seul. Un jour une équipe venant d’un autre département, arrive dans notre cour de promenade, après plusieurs mois ils ont cru que le mec de Mantes qui marchait seul avait pas d’ami du coup ils ont essayé de le tester ça leur a fait tout drôle on est sortis de tous les côtés pour leur mettre une fessée mémorable IL FAUT SE MÉFIER DE L’EAU QUI DORT SINON TU RISQUES DE DORMIR DANS L’EAU.

Il faut se méfier de tout le monde, même le mec que tu crois seul et vulnérable peut cacher une armée de hyènes, en prison tu marchais pas forcément avec tes vrais proches et quand fallait prouver que c’était tes potes tu étais prêt à sauter les murs de quatre promenades pour lui donner un coup de pouce pour piétiner les fausses caillera, j’aime trop cette solidarité qui s’arrête au portail de la prison des fois je déclenchais de grosses bagarres pour tester la fiabilité des soi-disant poteaux, fallait être sûr du mec avec qui tu t’affichais, des fois tu pouvais faire de drôles de découvertes quand tu apprenais que le mec avec qui tu marches depuis des mois en promenade, était un gros pointeur, y avait plusieurs affaires, une de stupéfiants, et une cachée de viol, naturellement, il déclarait que son histoire de stupéfiants, tu tombes de haut quand tu apprends de telles salades, tu repenses à toutes les infos et à tous les tuyaux que tu lui avais donné et de la manière que les matons avaient trouvé ton téléphone, lui seul connaissait toutes tes planques donc fallait même se méfier des soi-disant youv ils pouvaient cacher le traître des traîtres, les plus grosses poucaves en prison étaient pas le pauvre type perdu cachetonné mais celui qui faisait le fanfaron en promenade, tout le monde était au courant de ses trafics, mais comme par hasard il passait toujours entre les mailles du filet quand les matons faisaient leur descente.

QUE DIEU ME PRÉSERVE DE MES AMIS, MES ENNEMIS JE M’EN CHARGE.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 35 – « Regarde la tête de la meuf au guichet quand tu viens réclamer ta carte d’électeur t’as l’impression que c’est toi qui lui doit des sous LOL »

Partie 35

J’ai toujours été le premier à proclamer haut et fort que voter ne servait à rien que les politiques étaient tous pourris, tous corrompus, notre crainte était légitime mais pourquoi s’autocensurer ? pourquoi pas utiliser un droit fondamental, qui nous permet quitte à se faire niquer autant choisir la personne qui va nous enculer, je sais que c’est difficile de choisir entre la peste et le choléra pour eux on n’existe pas, on n’est qu’une simple statistique dans leur recensement puisqu’on ne vote pas on se rend coupable, complice de celui qui nous gouverne, on est comme un peuple sans pouvoir, on s’autocensure, c’est comme quelqu’un qui a des choses à dire mais qu’il se coupe volontairement la langue, ma prise de conscience est venue quand j’ai vu en 2002 le vrai visage de certaines personnes qui poussées par le désespoir pour la plupart en dernier recours ont voté Front National, j’étais en cellule à Fresnes quand j’ai vu le soir du premier tour des élections présidentielles le visage de Jean-Marie Le Pen qui accédait au deuxième tour, c’était une marche avant le fauteuil de président, même dans les pires de nos cauchemars on n’y aurait pas pensé.

Même si on sentait que personne nous représentait le vote était devenu un devoir pour ne plus qu’un extrémiste nous refasse une telle blague, c’était notre seul moyen pour leur mettre profond à tous ceux qui nous prennent pour une bande d’incultes, on a un droit et on va leur montrer que c’est fini de jouer nos destins au poker ou à pile ou face, on est des milliers issus de la France des sous-sols si chacun d’entre nous assumait sa responsabilité de voter OULALA c’est garanti qu’ils nous parleraient sur un autre ton, et notre ghetto serait déjà de l’histoire ancienne, cette prise de conscience a atteint en prison même les plus durs s’y sont mis au vote par procuration, en taule tu conserves ton droit de vote si tu n’étais pas condamné dans une affaire de corruption ou impliqué dans une quelconque affaire politique, du coup tu gardais tes droits civiques depuis que les dirigeants se sont aperçu que beaucoup de détenus votaient, les conditions de vie en prison se sont miraculeusement améliorées.

Ce serait récompenser le travail et l’espoir de nos parents qui reposait sur nous, le vote serait comme un hommage à nos anciens en glissant ce bulletin dans l’urne. Sinon on pourra toujours se plaindre jusqu’à la fin des temps parler de stigmatisation, de discrimination à l’embauche, la personne qui t’embauche, elle vote, du coup le politique préférera cent fois privilégier un futur potentiel électeur à toi qui ne sais même pas de quoi ça parle, le système dans lequel on vit est régi par des codes, que je trouve injustes mais qui sont là, il ne suffit pas d’avoir la nationalité française pour être écouté et considéré, la preuve dans nos cités la plupart sont nés ici, ont grandi ici ça n’a pas empêché qu’on les prenne pour des sous-citoyens de seconde zone, j’ai jamais compris comment on a pu se laisser faire jusqu’à maintenant que aucune prise de conscience nous est venue on se doit de montrer l’exemple pour les générations à venir, le futur de nos enfants sinon on va leur laisser un champ de mines si on le fait pas pour nous faisons-le pour eux.

Mais au lieu de ça on court après l’éternel respect de se prouver des trucs insensés, vivre dans cette optique c’est comme taper un sprint sur un tapis roulant tu en sors fatigué, essoufflé mais t’as pas avancé d’un millimètre.

Regarde la tête de la meuf au guichet quand tu viens réclamer ta carte d’électeur t’as l’impression que c’est toi qui lui doit des sous LOL. Ils ont déjà oublié les tirailleurs sénégalais et toutes les autres colonies qu’ils avaient mises en première ligne pour libérer la France, pour nos ancêtres on doit utiliser notre droit de vote que ça leur plaise ou non on est là on reste là pendant encore longtemps alors faut faire du bruit se faire entendre jusqu’à dans l’isoloir, on a aussi notre mot à dire ils s’attendent pas à une prise de conscience générale, faut vraiment qu’on leur mette tous bien profond, qu’on choisisse tous ensemble celui qui va nous niquer pendant cinq ans, je sais et m’attends pas à un miracle votons pour le moins pire, car nous sommes pas dupes de leur manège, en attendant que quelqu’un qui nous ressemble accède à ce stade.

Aux States ils ont réussi même si ce n’est qu’un pantin le symbole est là, en France y a eu un sondage la question était : qui est pour un renoi ou un rebeu président ? ils ont répondu oui à 79 % mais pas chez nous aux States MDR.

ON EST DES FRANÇAIS D’ICI, MAIS DE PEUPLES D’AILLEURS.

J’ai vécu longtemps dans l’ignorance, LE SAVOIR EST UNE ARME MAINTENANT JE SAIS, UN HOMME AVERTI EN VAUT DEUX, DONC RENDEZ-VOUS EN 2012 POUR LEUR METTRE PROFOND 😉 CE SERAIT MON PREMIER CASSE HALLAL LOL.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 34 – « Ce système t’écoute qu’une fois devant les tribunaux »

Partie 34

Tragédie d’une trajectoire, loin était l’époque où je m’enfermais dans ma chambre ado où la naïveté de mon jeune âge m’empêchait d’réaliser la dureté de la vie, néanmoins mon esprit contestataire, réfractaire m’est venu tôt, tôt j’ai su qu’il se passait des trucs pas normal, que ma maîtresse d’école me cachait quelques infos, elle faisait que dicter et appliquer le programme de l’Éducation nationale, je voyais bien qu’on n’avait rien à voir avec Napoléon Louis XVI et Charlemagne, tous ces hommes d’histoire ne me parlaient pas, aucune trace dans mon livre d’histoire de l’immigration de nos parents, de l’esclavage et encore moins de la colonisation, comme si ils avaient sauté volontairement un chapitre, cet énorme oubli va engendrer d’énormes problèmes, beaucoup de jeunes, fils d’immigrés auront un sentiment d’exclu­sion, et qui va se traduire par un mal-être profond qui creuse un fossé énorme entre ces deux parties de la population française, malgré mon jeune âge j’avais cramé cette supercherie, je m’en rappelle quand la prof nous demandait ce qu’on voulait faire plus tard on répondait en majorité par des travaux pénibles et manuels car c’est l’exemple que l’on avait à la maison, nos darons étaient tous ouvriers, tu prenais cinquante familles immigrées tu retrouvais exactement le même profil de vie de malaise, comment devenir un bon citoyen quand même les valeurs de la citoyenneté sont usurpées dès la base, quand tu vois ton père rentrer le dos éclaté par les trois-huit, pour un salaire misérable étant fils d’une famille nombreuse tu ne pouvais pas rester indemne devant tout ce scandale, j’étais trop sensible pour ne pas que tout cela m’atteigne, la précocité de ma conscience va faire que plus tard je vais prendre les armes pour rentrer en guerre contre ce système, ce système t’écoute qu’une fois devant les tribunaux, c’était notre seule tribune audible mais après nous avoir écoutés bien conscieusement ils t’enfermaient dans les geôles de la République, pour que te passe ton envie de révolte mais comment mater un enragé « TU PEUX STOPPER UN RÉVOLUTIONNAIRE MAIS PAS LA RÉVOLUTION » cette phrase voulait tout dire j’adhérais à chacune de ses lettres, mais c’est l’humanité qui est comme ça, EXEMPLE : tu fais du bien pendant dix ans à une personne et un jour tu lui fais du mal il se rappellera que du mal que tu lui as fait.

En huit ans c’était presque une décennie tout le monde avait changé autour de moi alors que moi j’ai pas bougé d’un poil, 2003 y avait encore les Motorola v. où la simple photo était irréelle 2012, me parle de i-Phone, Blackberry, Blackberry Torch… le monde évolue à une vitesse, des petits que j’avais laissés au collège ont fait des enfants par paires, des petites que j’avais laissées sont devenues des femmes, les toxicos sont restés toxicos, les imposteurs et les traîtres eux non plus n’ont pas changé, il n’y avait aucun remède contre la lâcheté, le temps passe plus vite qu’on le croit, alors n’hésitons pas à dire aux gens qu’on aime qu’on les aime, j’ai perdu beaucoup de monde en huit ans, des gens à qui je tenais énormément, ON DIT TOUJOURS QUE C’EST LES MEILLEURS QUI PARTENT EN PREMIER ON N’AIMERAIT PAS VOIR PARTIR CEUX QUI NOUS RESTENT, la trajectoire de mon parcours m’a endurci, et a fait de moi ce que je suis maintenant, un mec posé avec une certaine expérience, j’ai passé des mois au quartier d’isolement Q.I., soi-disant à cause de mes fréquentations un jour les matons m’ont levé pour me mettre au Q.I., ils étaient paranos, le pire dans cette histoire c’est que pour l’administration pénitentiaire j’étais le principal organisateur du trafic dans leur établissement, ils m’ont pris tout ce que j’avais bureau, fauteuil, armoire, soi-disant que ça provenait de divers trafics que j’avais mis en place dans la prison, sans aucune preuve j’ai tourné des mois en Q.I., mais de leur part je ne m’attendais pas à mieux, pour un youv la réinsertion était difficile, car fallait toujours prouver que t’avais changé, tu étais réduit aux actes que tu avais faits, mais c’était les règles je les assume, rien ne pouvait se mettre en travers de mon envie de réussir ma vie, j’repars de zéro avec un bagage une direction nouvelle dont je ne démordrai pas, j’ai vu et côtoyé les plus durs, les plus dangereux pendant des années, qui ont épousé le chemin de l’illicite, jusqu’à leur mort, je respectais leur choix. Mais c’était plus la vie que je voulais mener, je voulais fonder une famille et c’était pas compatible avec la vie de youv, y en a qui avaient essayé mais ont entraîné automatiquement leur famille dans leur chute, j’avais déjà assez fait de dégâts autour de moi, j’assumais tout ce que j’avais fait avant mais mon combat avait changé, l’arrivée était la même mais le chemin différent, j’ai choisi ma famille aux coffres de banque, j’ai choisi ma famille au mitard, j’ai choisi ma famille à toutes ces années gâchées dans des promenades à faire le caïd, comment tu veux faire le caïd alors que ta mère met deux heures de transport pour venir te voir, un caïd qui était plongé dans la violence, quitte à en oublier ses principes, je menais un combat perdu d’avance, le système tel qu’il est, est indétrônable, la meilleure chose que je pouvais faire était de réussir ma vie aux côtés d’une femme et d’enfants exemplaires, si Dieu me donnait la chance un jour d’avoir des enfants je leur cacherais rien du parcours et de la trajectoire de leur père, je dédierais ma vie entière pour qu’ils évitent le chemin de l’illicite.

LES CHIENS NE FONT PAS DES CHATS À CE QU’IL PARAÎT LOLLLLL.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 33 – « Ils nous ont eus jusqu’à dans notre subconscient »

Partie 33

Adolescent plongé dans la violence pure et dure, avec une scolarité inexistante issu d’une cité là où les hyènes étaient rois, j’ai grandi dans les geôles de l’administration pénitentiaire j’ai fêté mes 18 ans devant une assiette de pâtes au thon, dans une cellule insalubre avec deux compagnons de misère j’en rigole avec le temps alors que le commun des mortels en pleurerait, qui aurait cru que dix ans plus tard serai toujours entre neuf mètres carrés à retracer, raconter ma vie de fou, on voulait prouver au monde qu’on était là que l’on existait par tous les moyens, on était des vrais soldats, personne ne pouvait nous arrêter, si on m’avait donné le tuyau j’aurais formé une équipe pour sauter les coffres de la Banque de France avec les dents, j’avais faim de réussir, faim de vivre, je voulais la place que j’aurais toujours dû avoir, on méritait mieux que nos taudis de Mantes-la-Jolie, j’étais fier de venir de banlieue, je l’ai toujours revendiqué, mais je voyais bien que les politiques nous avaient tourné le dos, ils nous prenaient pour des incultes on dit la France d’en bas, mais moi j’opterais plus pour la France des sous-sols tellement on vivait dans des endroits inadmissibles, pour nous réussir, c’était ouvrir un sandwich grec ou un taxiphone même nos rêves étaient à l’étroit, ouvrir une pizzeria était le best-of de nos rêves, des barres wallah ils nous ont eus jusqu’à dans notre subconscient, nos moindres sous étaient investis dans haram ou au mieux dans un grec acheté à huit LOLLL rares étaient ceux qui osaient investir au-delà de nos tours HLM pourtant c’était pas les jeunes ambitieux qui manquaient dans nos rues, comme j’ai déjà dit si on mettait 10 % de l’énergie que l’on met dans le haram on serait tous blindés.

J’ai passé la première partie de ma vie entre la prison et le braquage quand tu me cherchais j’étais soit en taule soit en train de préparer un casse, je sais pas d’où me vient cette rage de vaincre mais elle m’a servi à me surpasser à survivre à des événements qui sans elle m’auraient foudroyé, j’ai hâte de retrouver la liberté, l’air pur me manque infiniment tellement j’ai des projets je ne sais même pas par quoi commencer, j’arriverai jamais assez à remercier mes proches qui m’ont soutenu durant les nombreux transferts mes sœurs, toujours fidèles au poste, ma mère ma moitié, sans eux je n’existerais pas, on choisit pas sa famille, si j’avais eu le choix je n’aurais rien changé, je veillerai sur eux toute ma vie comme ils ont veillé sur moi.

Que j’écrive une chronique personne ne s’y attendait à part ceux qui me connaissent vraiment ils ne seront pas étonnés d’entendre que du fin fond de ma cellule j’utilise ma plume pour faire partager mon expérience c’est pas parce que j’étais à l’ombre que j’étais mort ou enterré, j’ai des choses à dire, fallait que je fasse trembler les murs de ma grotte j’ai trop d’énergie, trop pour rester à ne rien faire c’était pour moi un devoir quitte à prendre des énormes risques et les conséquences je les assumerai mais c’est que le début d’une longue aventure, j’ai toujours aimé le risque ça a toujours fait partie de moi.

« JE PRÉFÉRERAIS MOURIR QUE DE FERMER MA GUEULE » ÊTRE ENFERMÉ NE JUSTIFIE EN AUCUN CAS LA SOUMISSION, la fierté, notre mental, c’est tout ce qu’il nous reste, la justice nous avait mis à poil, moi je n’étais pas une imitation youv ou racaille, je faisais pas semblant d’être un enragé, la rébellion je l’avais dans le sang, même au mitard avec quarante-cinq jours, je criais mon désaccord avec ce système, même si mes cris étaient impuissants, ils avaient le mérite d’exister, seuls les traîtres les imposteurs, les imitations, finissaient par retourner leur veste.

SUR LE CHEMIN DE LA TRAHISON IL N’Y A QUE LE FLEUVE DE LA HONTE À TRAVERSER.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 32 – « J’aimais trop cette ambiance où tous les coups étaient permis »

Partie 32

Un parfum de Sud m’envahissait, de soleil à gogo, short et t-shirt pendant six mois de l’année, c’était un temps idéal pour les personnes à l’extérieur, mais en prison le temps nous importait peu, les saisons se ressemblaient toutes qu’il pleuve ou qu’il neige c’était la même, je me suis intégré et fait ma place direct dans cette prison du Sud, j’ai retrouvé des visages que j’avais croisés dans les prisons du Nord, la mentalité des mecs du Sud n’avait rien à voir avec celle du Nord, dans le Sud ils vivaient encore dans le culte des voyous à l’ancienne, les parrains de Marseille, des équipes corses, moi c’était pas dans ma culture urbaine, je respectais ni parrain ni marraine LOL je respectais que celui qui me respecte, y avait pas de parrain qui tienne.

Un jour alors que j’étais dans une prison parisienne, pendant la séance de sport on jouait au foot, y avait des feuilles mortes sur le terrain, un daron rentre et commence à balayer, je lui dis : « Tu vois pas qu’on joue au foot tu balayeras après ? » j’ai appris plus tard que ce fameux daron était une ancienne grosse pointure du milieu corse, wallah des barres, j’ai jamais compris comment tu pouvais être contre le système contre l’État, et balayer nettoyer jusqu’au bureau des surveillants, je comprendrai jamais cet écart de mental, pour rien au monde je baisserai mon froc pour quoi et pour qui que ce soit ! Pendant mon incarcération j’en ai vu de toutes les couleurs : 2002 à Fresnes alors qu’on descendait pour aller en sport, avant d’accéder au terrain de sport on nous enfermait dans une salle d’attente pour faire l’appel, on était séparés en deux salles, il y avait la salle avec les renois, rebeus, français et mecs de cité, et dans l’autre les Corses… ce jour-là notre salle était blindée les surveillants avaient mis avec les Corses deux mecs de cité, les Corses ne fumant pas les deux jeunes banlieusards avaient à peine eu le temps d’allumer leurs cigarettes qu’ils se sont fait passer à tabac, dès qu’on est sortis sur le terrain de sport on a tous appris la nouvelle et c’est parti en bagarre générale j’aimais trop cette ambiance où tous les coups étaient permis, en prison tous les jours il pouvait se passer un truc de fou, personne était à l’abri d’un coup de fourchette dans le dos, sans raison pour un regard de travers qui date de six mois en arrière, y avait des vrais malades, des vrais zinzins, fallait se méfier de tout le monde sous prétexte que sa meuf l’a quitté que sa mère était décédée un mec pouvait te sauter dessus trop de bagarres qui avaient commencé par une broutille, finissaient souvent en bains de sang, au mitard, en transfert, les suicides étaient fréquents trop de mecs en apparence solides se passaient la corde au cou seuls dans leur cellule, seuls avec leur peine c’était la misère humaine dans toute sa splendeur, y avait des mecs qui n’avaient plus aucun espoir de sortir, délaissés, matés, humiliés sous pression, préféraient le suicide que d’affronter ce qu’ils pensaient être l’inaffrontable, un homme pris par le désespoir est un homme incontrôlable, il n’avait plus rien à perdre, donc ses réactions étaient imprévisibles ! « LE DÉSESPOIR POUSSE AU CRIME ».

En prison j’avais formé une équipe composée de mecs sûrs venant des quatre coins de la France, avec un mental d’acier, un moral à toute épreuve même les yeux fermés je pouvais compter sur eux, on se protégeait les uns les autres même si mon pote était en tort je n’hésitais pas à prendre son parti, je prenais parti direct, c’était à la vie à la mort, personne nous manquait de respect, même dans le Sud j’étais chez moi j’avais converti des Sudistes à la mentalité parisienne, imaginez-vous, un mec du Sud avec les expressions parisiennes, si si des vrais mecs de Paname LOL.

Dès ma sortie, j’étais condamné à réussir plus de temps à perdre je devais me faire oublier, mais je savais que pendant longtemps les flics allaient me mettre sous surveillance, ils pourront toujours le faire j’ai échangé mon arme pour une plume, une prise de conscience inattendue m’a gagné, j’étais fier de ma situation mais j’ai besoin de voir d’autres horizons, trop d’années à rattraper et surtout une famille à construire, et à assumer, je regrettais rien de ma vie, tout ce qui s’est passé fait partie de mon destin, le destin d’un jeune de banlieue qui était condamné au « wesh wesh » mais qui voulait un palais pour y caser ses proches, ce rêve est toujours d’actualité j’ai juste changé de mode d’emploi, je dis pas que ça va être facile mais j’avais les reins solides et plus que prêt à surmonter n’importe quel obstacle.

C’EST PAS PARCE QUE C’EST DIFFICILE QUE NOUS N’OSONS PAS C’EST PARCE QUE NOUS N’OSONS PAS QUE C’EST DIFFICILE !

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 31 – « J’ai horreur des jeunes de cité qui pleurent et se lamentent sur leur sort »

Partie 31

La vie fait de nous ce qu’on mérite et dès notre plus jeune âge on était condamnés à l’échec, enfin c’est ce qu’ils nous faisaient croire, et à force de nous le dire on a fini par y croire, ils nous le répétaient tellement fort qu’on n’osait même pas rêver au-delà de nos tours HLM, le système n’était pas fait pour des jeunes qui n’acceptaient pas le rôle qui [leur] avait été attribué, du fin fond de ma cellule j’ai eu le temps d’analyser de comparer et ma conclusion est sans appel, 50 % des jeunes de ma cité avaient fait de la prison et pire encore, 60 % des jeunes diplômés issus de la cité pointaient au chômdu, comment ils ne voulaient pas que certains jeunes se dressent face [à] une telle tragédie ? Mais j’ai horreur des jeunes de cité qui pleurent et se lamentent sur leur sort, du style « on n’a rien pour nous » au contraire c’est en touchant le fond que tu es plus apte et plus revanchard, pour mettre une balayette à son destin qui était écrit avant même que tes parents décident de te concevoir, je me suis toujours battu contre les clichés et les idées reçues.

Si on lâche pas on aura tous une belle place dans la société, et moi j’irai la chercher avec les dents si il le faut, c’est vrai que j’ai mal commencé, je me suis trompé de feuille de route, comme si un p’tit renoi de cité pouvait faire tomber tout un système, je voulais diriger une armée, une équipe de mecs conscients, prêts à faire des trucs d’inconscients, avec le recul ce n’était qu’une utopie on avait le mérite de rêver et de vivre nos rêves, mais surtout d’assumer quand nos rêves tournent au cauchemar, mais le destin en voulait ainsi et qui dit que si j’avais été dehors j’aurais pas été pris par une envie de vengeance à faire une dinguerie qui m’aurait amené à prendre la perpète, ou me faire buter par la balle d’un traître quand je lui tournerai le dos, donc j’accepte mon destin et que Dieu me préserve et me fasse sortir sans séquelles SANS envie de revanche. La meilleure des revanches était de réussir ma vie faire taire les mauvaises langues qui disent qu’un youv finirait automatiquement ses jours entre quatre murs et quatre planches.

Je prends une énorme décision c’était de demander d’aller dans le Sud près de Delphine, elle avait passé près de cinq ans à venir me voir au parloir sur Paris, cinq ans fidèle comme mon ombre, je voulais lui faire la surprise et faire la demande sans l’avertir, mais la demande n’était pas gagnée, parce qu’avec mon dossier ils voulaient m’envoyer dans une prison sécuritaire, parce que me priver de liberté ne leur suffisait pas, ils voulaient me mater me corriger, l’administration ne supportait pas que j’avais toujours la tête haute ils auraient préféré que je me drogue aux cachets qui me tueraient à petit feu, j’aime trop la vie pour m’empoisonner, il était hors de question que sous prétexte que je suis en prison je devais me laisser aller, je devais tenir pour mes proches, et toutes les personnes qui m’attendaient, je leur devais de tenir bon et de ressortir en un seul morceau, c’était tous ces gens-là qui me faisaient tenir, l’espoir d’une vie meilleure celle que j’aurais toujours dû avoir. Dehors je n’ai jamais manqué de rien mais à quoi bon tout avoir si c’est pour vivre dans l’urgence ou que la prison me guette à chaque coin de rue.

Delphine a accueilli ma nouvelle avec des larmes d’émotion, elle me croyait pas capable de venir dans une prison du Sud que pour elle. Mais c’était à mon tour de lui prouver à quel point je tenais à elle. C’est dans l’épreuve que l’on voit ceux qui nous aiment et dans l’épreuve elle était là, elle avait signé présente la première je me devais de soulager ces déplacements, elle le méritait cent fois, j’étais dans l’angoisse de la réponse de la demande, en général quand tu demandais un endroit ils t’envoyaient à l’opposé. Par miracle ils ont fini par accepter ma demande de transfert dans le Sud, c’était la fiesta dans ma tête, le Sud le soleil SI SI mais j’avoue une prison reste une prison soleil ou pas, quand j’arrive dans le Sud ça m’a changé des pirates des prisons du Nord, Delphine enchaînait les parloirs elle était la plus heureuse et la voir heureuse me remplissait de joie.

QUAND ON AIME ON COMPTE PAS SI TU COMPTES C’EST QUE TU N’AIMES PAS !!!!!

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 30 – « On était toujours là l’un pour l’autre de sacrées fraternités naissaient dans certaines cours de promenade »

Partie 30

Mine de rien, je venais de prendre deux lourdes peines consécutives, si j’obtenais pas la confusion des deux peines, j’étais parti pour vingt ans de prison et plus exactement dix ans pleins avant d’accéder à une quelconque sortie conditionnelle « LE JEU EN VALAIT-IL LA CHANDELLE ? » mais pas le temps d’y songer j’avais une peine à effectuer de gré ou de force, je ferai le bilan de ma vie aux alentours de mes 50 piges inchallah. Les épreuves font partie de la vie et rares ceux qui durant toute leur vie n’avaient aucune épreuve ni choix déterminant à faire, on dit que Dieu éprouve ceux qu’il aime, donc je prends mes épreuves comme une bénédiction LOL, je me rassure comme je peux, une chose est sûre maintenant je sais ce que je ne veux pas et que dans les épreuves seuls les vrais restent à tes côtés, tout le monde te fuit comme la peste, une fois dehors comme par magie les amis de circonstance réapparaissent de tous les côtés. Mais j’en veux à personne, je n’ai aucune haine serait perdre des forces dans ma bataille, je les ai pas mis à l’aise dehors en attendant un retour de leur part « C’ÉTAIT DU BÉNÉVOLAT » LOL dans nos rues rares étaient les poteaux sur qui tu pouvais compter à 100 %, chacun guettait un moment de faiblesse pour te planter un sabre dans le dos, mentalité pirate dans ce cas de figure c’était le plus gros traître qui gagnait la partie, moi je pouvais pas jouer disqualifié dès le premier round, j’étais trop vrai trop entier, pour jouer dans cette cour « VAUT MIEUX UN TRAÎTRE QUE LA MOITIÉ D’UN POTEAU ».

Un jour alors que j’étais en promenade à Fresnes si on peut appeler ça une promenade, dix mètres carrés, on tournait à quinze dedans, on risquait un coup d’épaule à chaque tour mais parfois on y faisait de drôles de rencontres, on s’y attend pas, 2003 alors que je marchais en promenade avec mon pote Hakim d’Aubervilliers « 93 » un daron turc rentre avec l’air déboussolé parlait pas un mot de français il venait de tuer sa femme, il l’avait cramée en flag dans un lit avec un autre, catastrophe, il l’a allumée à bout portant, ce qu’ils appellent en taule un crime d’honneur, il me faisait grave de la peine je l’ai mis bien, je lui faisais à manger, je m’occupais de lui, je voyais à travers ce daron, un daron du quartier, à l’époque j’avais pris dix-huit mois pour l’affaire du lieutenant de police, deux jours avant ma sortie le daron turc me donne un courrier, écrit en turc, que je devais remettre à l’un de ses proches dans un café de Joinville « 94 » une fois dehors j’appelle ce fameux contact, on se voit je lui remets le courrier, il le lit devant moi, sa tête a changé il m’invite dans l’arrière-salle du café qui lui appartenait, et me propose de la coke, des armes, gyrophare, gilet pare-balles, le fameux daron turc de ma promenade était le chef d’un réseau international de trafic de drogue, il avait indiqué dans sa lettre que j’avais pris soin de lui en détention et pour me remercier il a mis à ma disposition tout un arsenal, comme quoi quand tu fais du bien tôt ou tard la roue tourne, ce qui ne m’a pas empêché quelques mois plus tard de retomber mais ça vous le savez déja.

2007 à Fresnes, je me tue au sport en attendant d’aller dans une centrale. Mashallah on était une équipe de vaillants, des vrais bonshommes du bitume, on avait tous pris des peines à deux chiffres malgré que l’on venait de quartiers et de régions différentes, on avait l’impression de se connaître depuis des années mecs de cité ou pas c’est pas la ville qui fait l’homme. On était toujours là l’un pour l’autre de sacrées fraternités naissaient dans certaines cours de promenade, avec les années j’ai appris à reconnaître un bonhomme dès le premier regard, selon ton attitude, tes paroles, on savait qui était qui, tu pouvais pas te cacher derrière ta ville ou ton département. En prison, on s’en tape que tu sois du 93 du 94 du 78 du 77 de Marseille ou de Lyon, c’est ce que t’avais entre les jambes qui garantissait ta sécu, un imposteur se faisait cramer tôt ou tard, les dossiers remontaient toujours à la surface, en huit ans je me suis tapé, j’ai balafré, j’ai bougé dans des histoires pour mes potes, j’ai fait plus d’un an de mitard, jusqu’au jour où je me suis posé avec l’âge on devient plus sage, plus raisonnable, j’ai fait ma place parmi les hyènes, toujours porté mes couilles, jamais trahi même un traître, j’ai même plus la notion du temps, j’ai réussi à le dompter, c’était le seul moyen d’affronter les années sans séquelles, sans haine contre qui que ce soit, à chaud quand tu as le seum tu perds toute lucidité et tu oublies tes priorités…

PENDANT QUE NOS MÈRES NE DORMAIENT PAS DE LA NUIT, ON PRENAIT D’ASSAUT DES BANQUETTES POUR QUELQUES MIETTES, QUI SÈCHE LEURS LARMES MAINTENANT ? RÉFLÉCHIS AVANT QUE L’ARGENT T’ÉLOIGNE DES VALEURS DE NOS PARENTS !!!!!!!!!

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[Révolution tunisienne] « Il fallait s’attendre à ces manifestations »

Tunisie : regain de tensions à Sidi Bouzid entre forces de l’ordre et opposants

La police tunisienne a dispersé dans la nuit de jeudi 9 à vendredi 10 août une deuxième manifestation contre le gouvernement à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, alors que les critiques contre le pouvoir dominé par les islamistes se multiplient. Environ huit cents manifestants, qui protestaient contre l’intervention de la police lors d’un premier rassemblement dans la matinée et contre le gouvernement, ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène. Aucune information sur des blessés n’était disponible dans la nuit.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/032.jpg

« LE GOUVERNEMENT N’EST PAS AU SERVICE DE CE PEUPLE »

Dans la matinée, la police avait dispersé de la même manière une manifestation d’opposition lorsque les protestataires avaient tenté de pénétrer de force dans le siège du gouvernorat de cette ville du centre-ouest du pays. Une personne blessée par une balle en caoutchouc et quatre autres intoxiquées par le gaz avaient alors été transférées à l’hôpital de la ville, selon le surveillant général de l’établissement, Adel Dhaï, évoquant des blessures sans gravité.

Plusieurs partis d’opposition avaient participé au rassemblement comme le Parti républicain (centre), le Parti des travailleurs tunisiens (communiste), et Al-Watan (la nation). « Les revendications du peuple relatives à l’amélioration de sa situation sociale deviennent de plus en plus insistantes mais malheureusement le gouvernement n’est pas au service de ce peuple », a déploré Mohamed Ghadri du Parti républicain.

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BERCEAU DE LA RÉVOLUTION TUNISIENNE

Le Parti des travailleurs a, dans un communiqué, dénoncé l’usage de la force dans la matinée par la police et exprimé son appui aux revendications des manifestants exigeant entre autres le limogeage du gouverneur – équivalent du préfet –, du chef de la garde nationale et du procureur de la république. Le parti communiste réclame dans son communiqué la libération de quatre manifestants interpellés jeudi, selon lui.

Sidi Bouzid est située dans une région particulièrement pauvre et marginalisée sous l’ancien régime. Or, selon des analystes, la situation ne s’y est guère améliorée depuis la révolution. « Les habitants de Sidi Bouzid vivent dans des conditions très difficiles surtout ces derniers temps avec les coupures d’électricité et d’eau », relève le politologue Ahmed Manaï, « il fallait s’attendre à ces manifestations. » La ville est le berceau de la révolte qui a abouti le 14 janvier 2011 à la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali en Arabie saoudite. Le point de départ avait été la mort le 17 décembre 2010 de Mohamed Bouazizi, 26 ans, un vendeur ambulant qui s’était immolé par le feu pour protester contre les saisies musclées de la police de ses marchandises.

Publié par des ennemis de la révolution (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 10 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 29 – « C’est dans ce contexte qu’ils me tranfèrent à Fresnes, j’arrive comme d’hab avec mon téléphone scotché entre les cuisses »

Partie 29

J-10 avant de passer aux assises de Beauvais, je faisais les cent pas en promenade, j’étais dans ma bulle en mode pensif capuche sur la tête, je préparais ma défense. Notre défense n’était pas compliquée, on niait tout en bloc, mon pote que je vais surnommer « Minipouce » nie tout aussi, on passait tous les deux aux assises à Beauvais, ils avaient qu’une photo où il y avait un renoi avec une perruque rasta, fausse barbe et grosses lunettes, et ça a suffi pour que la juge d’instruction me mette en examen. La BRB s’était porté garante car eux étaient sûrs à 100 % qu’il s’agissait de moi, donc je savais que ça allait être chaud et que la bataille serait rude à la barre du tribunal mais j’étais confiant « ON N’AVAIT AUCUNE CHANCE BAH SAISISSONS-LA » LOL. Hiver 2007 voilà que s’ouvre à Beauvais notre jugement d’assises, laisse tomber ils avaient mis le paquet pour nous escorter jusqu’au palais de justice, des policiers étaient postés à chaque carrefour, c’était une dinguerie, pendant trois jours les débats étaient tendus, le procureur suait la haine, il nous a diabolisés, stigmatisés, c’était son taf mais il le faisait avec un certain zèle, les neuf jurés étaient composés de campagnards de la Picardie profonde, où il n’existait aucun renoi ou rebeu à l’horizon, j’avais l’impression qu’on était une attraction sans savoir ce que l’on avait fait avant que le greffier lise notre chef d’inculpation « la raison pour laquelle on est devant la cour », il nous regardait de travers, regard froid, je savais à cet instant que notre condamnation serait inévitable mais fallait pas lâcher, fallait tout tenter. On se défendait comme des lions à la barre du tribunal, mais la conviction des jurés était déjà faite, ils s’étaient rangés du côté du procureur.

Troisème jour d’audience, il n’a fallu que deux heures aux jurés pour rendre leur verdict, j’ai été condamné à douze ans et le Minipouce à neuf ans, on a encaissé puis nous sommes rentrés en cellule, j’annonce la mauvaise nouvelle à Delphine, qui me dit « C’EST LE MEKTOUB, LE COMBAT CONTINUE », j’appelle ma famille ma mère me montre rien mais j’étais persuadé qu’elle était affectée par toutes ces années gâchées, mais pour pas rajouter une peine à ma peine, elle décide de ne rien me montrer, elle savait que c’était pas le nombre des années qui allait faire craquer et détruire son fiston, elle me connaissait par cœur.

Maintenant je devais me battre pour obtenir ma confusion des peines, mais ça c’est une autre aventure que je vous raconterai dans une autre de mes parties. J’avais trop fait des dégâts, trop de mal autour de moi, ceux qui m’aimaient, mes proches ne méritaient pas ça, heureusement que la vie n’était pas finie, si Dieu m’accordait une longue vie, je leur ferai oublier toutes ces années toutes ces épreuves, mes proches m’ont prouvé mille fois qu’ils m’aimaient, et ceux qui me détestaient « BALANCES, TRAÎTRES, LÂCHES », ont dû ouvrir des caisses de bouteilles de champagne, à chaque épreuve qu’il m’arrivait, mais le sort n’était pas jeté, dure sera la chute pour leur mère quand je retrouverai l’air pur, AI-JE VRAIMENT CHANGÉ ? comme on dit « L’ENFER EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS ».

C’est dans ce contexte qu’ils me tranfèrent à Fresnes, j’arrive comme d’hab avec mon téléphone scotché entre les cuisses, et demande à rester seul en cellule, je voulais pas risquer de finir en doublette avec un jeune condamné à six mois de prison et qui pleurait sur son sort, je n’étais pas assistante sociale, je retrouve à FRESNES, des poteaux du 94, 93 j’attendais mon transfert vers un C.D. ou une centrale. Lors d’un parloir à Fresnes avec Delphine, elle me fait part de son envie d’être mère, j’ai tout fait pour lui enlever cette idée de la tête, tant que j’étais à l’ombre, je la connaissais trop bien, elle allait me relancer à chaque parloir, j’étais égoïste de lui refuser ce qu’elle désirait mais je me voyais pas concevoir un enfant au parloir, mais après tout ce qu’elle avait fait pour moi, je me devais d’accorder tous ses désirs mais j’étais prisonnier de mes principes et mon non était catégorique et définitif, je sais que j’étais dur mais plus tard elle me remercierait de ne pas être tombé dans son désir qui l’aurait condamnée à élever seule un enfant sans son père, je savais qu’avec la patience on accédait tôt ou tard à ce que l’on désirait.

JE N’AVAIS RIEN CONTRE LES COUPLES QUI ONT FAIT OU QUI FERONT DES ENFANTS AU PARLOIR, CAR L’AMOUR PORTÉ À CET ENFANT EST LE MÊME QU’UN ENFANT CONÇU DANS UN LIT À BALDAQUIN !!!!!

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 28 – « Plus de deux cents keufs plus le Raid, le préfet, le commissaire divisionnaire, sans compter les voitures de journalistes »

Partie 28

Début des années 2000, à Mantes-la-Jolie, les rues puaient la poudre à base de règlements de comptes les équipes s’affrontaient, se testaient, l’union du Val-Fourré n’existait pas encore, les grandes instances de la police avaient remarqué que cette cité était une poudrière que à la moindre allumette allumée ça finirait par exploser, c’est à cette époque que les grandes instances de la police nous ont envoyé un jeune lieutenant de police pour éradiquer et ramener le calme dans notre ghetto. Je me rappelle la première fois que je l’ai vu ce fameux lieutenant wallah des barres, un jeune provincial avec la même coupe que TINTIN, je me suis demandé comment il allait faire pour calmer ce qu’il ne connaissait pas et ce qu’il ne pouvait pas comprendre, au début il est arrivé en mode gentil du genre « si vous avez besoin de quelque chose vous pouvez compter sur moi… » je pense que dans son école de la police on a oublié de lui dire que c’était une insulte de proposer ses services à des jeunes qui sont en guerre contre le système et tout ce qu’il représentait, pendant ce temps-là je purgeais ma peine à Bois-d’Arcy, j’ai fêté l’année 2000 à coups de casserole sur les barreaux, 2001, je sors et dès ma sortie ils me jettent dans un centre de rétention parmi deux cents clandos, POUR EUX UN RENOI RESTE UN RENOI AVEC LES PAPIERS OU PAS, mais ça je vous l’avais déjà raconté dans une précédente partie, c’est avec une rage monstre que je retrouve la liberté.

Je retrouve Kamel mon allié de toujours, à peine majeurs on faisait partie de toutes les embrouilles, on tirait sur tous les mecs qui aboyaient trop fort, mais pendant mon incarcération les donnes avaient changé, les poucaves marchaient la tête haute et roulaient avec des sacrés bolides aux yeux et au nez de tout le monde, à croire que balancer ça paye mais avec moi ça allait pas se passer comme ça, j’ai décidé de les craquer et de tout leur saisir à toutes ces langues de pute, tout le monde par-derrière les critiquait mais par-devant leur suçait la queue, un par un j’ai décidé de leur déclarer la guerre aux poucaves, mais j’avais sous-estimé leur nombre et leur degré de collaboration avec les decs, ils étaient partout les decs leur laissaient tapis rouge dans le shit et dans divers trafics mais en contrepartie chaque semaine ils faisaient un rapport sur l’état des lieux de la cité, y en a même je suis sûr ils étaient prêts à balancer leur propre mère tellement ils avaient pas de figure.

Kamel et moi bientôt rejoints par quelques têtes brûlées montèrent des opérations anti-poucave, on tirait sur leur commerce, brûlait leur voiture, ça parlait de nous dans chaque conversation de Mantes-la-Jolie, notre nom était sorti, les keufs voulaient nous mettre la main dessus avant qu’il y ait un bain de sang, mais nous on était introuvables, on foutait la merde la nuit et disparaissait le jour pour se faire oublier on va une semaine chez JADE qui nous accueille les bras ouverts mais cette vie retranchée ne nous convenait pas. On avait besoin de notre bol d’adrénaline, du coup, des calibres à la ceinture que l’on rentre à Mantes-la-Jolie.

Arrivé à la cité, je décide d’aller me changer chez mes parents, mais ce qu’on savait pas c’est que les poucaves avaient passé un pacte avec la volaille, ils étaient postés dans les quatre coins de la cité et ils avaient comme consigne d’appeler le lieutenant dès qu’ils nous voyaient. La police était censée nous interpeller c’était sans compter sur la détermination de Kamel et de Oumar, jamais on se serait laissé prendre facilement. Je redescends de chez moi, je retrouve Kamel dans mon hall, à peine arrivé à sa hauteur, un petit du quartier crie : « A mayiiiiiiiiii » ce qui signalait qu’il y avait danger, je pensais que c’était l’équipe des balances qui était venue se venger, du coup je tire et arrose l’entrée du hall, tout en reculant et en me dirigeant vers la cave, laisse tomber je venais de tirer sur la police et j’ai touché le lieutenant à l’épaule et au tibia, la volaille s’est sauvée comme des poules dans un poulailler, nous on part en courant dans les labyrinthes de la cave, de notre cave tu pouvais ressortir de l’autre côté de la cité mais ils avaient bouché toutes les issues, plus de deux cents keufs plus le Raid, le préfet, le commissaire divisionnaire, sans compter les voitures de journalistes. On réussit à gagner les étages, on se sépare, moi je me réfugie chez une famille que je connaissais de renois, Kamel tente de rentrer chez une famille de rebeus ils l’ont expulsé à coups de balai MORT DE RIRE, donc il revient me rejoindre, on improvise une version qui tient la route.

Par la fenêtre c’était hallucinant combien la foule était nombreuse, on a jeté les calibres par le vide-ordures, le Raid a explosé toutes les portes jusqu’à nous déloger, on a tout nié en bloc jusqu’à la mort, depuis ce jour-là, ce fameux lieutenant a été muté à Trappes « 78 ».

Kamel et moi avons mangé dix-huit mois pour cette affaire, comme il y avait aucune preuve, le lieutenant n’a pas pu voir de façon formelle celui qui lui avait tiré dessus, Kamel a pris dix piges en plus pour les braquages du PMU que je vous ai déja racontés dans une précédente partie.

VOILÀ CE FAIT DIVERS QUI A FAIT TANT DE BRUIT DANS LE 78 ; J’EN TIRE AUCUNE FIERTÉ JE RACONTE JUSTE LA DÉRIVE DE DEUX JEUNES AFFAMÉS DE NOS CITÉS !!!!!

LA PHOTO EST LA VRAIE PHOTO DU JOUR DE NOTRE INTERPELLATION.

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[Mantes-la-Jolie] Immolation ou révolution

Mantes-la-Jolie : il s’immole par le feu à la CAF

Un homme a été hospitalisé mercredi dans la matinée dans un état grave après s’être immolé par le feu dans les locaux de la caisse d’allocations familiales de Mantes-la-Jolie (Yvelines). L’homme, âgé de 51 ans, originaire de la commune voisine de Mantes-la-Ville, s’était présenté dans les bureaux de la Caf, situés dans la cité du Val-Fourré, peu avant 10 heures.

Au cours d’un entretien en tête-à-tête, un conseiller lui a alors appris que le RSA venait de lui être suspendu pour le mois de mai. Il s’agissait, selon la CAF, d’une suspension provisoire, en raison d’un manque de pièces justificatives.

Sans dire un mot, toujours selon un représentant de la CAF, l’allocataire a sorti une bouteille contenant un produit inflammable dont il s’est aspergé avant de mettre le feu. Il s’est aussitôt embrasé. Le personnel et d’autres allocataires présents lui sont venus en aide pour éteindre les flammes. Selon la préfecture, les blessures sont sérieuses mais les jours de la victime ne seraient pas en danger.

Une cellule psychologique a été mise en place pour réconforter le personnel et les témoins de ce drame qui sont en état de choc. Les bureaux de la caisse ont été fermés.

Presse provisoire (Mehdi Gherdane & Aurélie Ladet, LeParisien.fr, 8 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 27 – « Ces prisons c’est la honte de la République »

Partie 27

7 heures du mat, le maton d’une voix rauque ouvre la porte et me lance un bonjour, j’étais dans les vapes même pas j’ai pris la peine de répondre, cinq minutes plus tard ma porte s’ouvre brutalement, c’était le nouveau gradé de Liancourt ; ils avaient changé la direction suite aux agressions que faisaient subir les matons à certains détenus. Le gradé à son tour me dit : « Monsieur Oumar levez-vous c’est une fouille », j’avais compris que ça allait être chaud parce que quand les gradés en personne viennent te lever pour une fouille c’est qu’ils vont retourner ta cellule de fond en comble, j’ai dormi avec mon tel scotché entre les cuisses, je me lève enfile un bas de survet puis suis le maton qui m’amène jusqu’à dans une salle où se trouvaient tous les DPS « détenus particulièrement surveillés » de l’établissement. En fait c’était une grosse opération de l’administration pénitentiaire y avait même des plombiers pour démonter les toilettes, les lavabos pour voir si rien ne se cachait derrière.

Sur moi ils trouvent rien, mais dans ma cellule dissimulé derrière le globe de la lumière ils trouvent 50 grammes de shit, et trois bigos ; je pensais jamais qu’ils y auraient pensé mais ils étaient trop forts, des vraies fouines ma parole. Je prends trente jours de mitard plus quatre mois de prison ferme LA TOTALE, mais bon c’était le risque du métier, mais Liancourt c’était l’Intermarché du bigo, y en avait tellement qu’il y avait des mecs que tellement ils en avaient ils les enterraient en cour de promenade.

On était une vingtaine de jeunes de Paname, mais dans la Picardie on ne passait pas inaperçus, la mentalité du coin était pas la même que la nôtre, les mecs du 60 avaient leurs codes leur manière de parler, je savais que dans pas longtemps je serais transféré sur Beauvais « 60 » pour passer pour la deuxième fois aux assises, Beauvais c’était une prison des années 40 c’était un ancien couvent où on était de dix à seize en cellule c’était des grands dortoirs une télé pour seize wallah des barres de rire, ambiance colonie de vacances, et là-bas c’est pas des parachutes mais des avions que tu reçois en cour de promenade.

Quand j’arrive dans cette maison d’arrêt, j’ai halluciné on était vraiment seize en cellule, des lits superposés à GOGO jusqu’au plafond c’était ABUSER, ces prisons c’est la HONTE DE LA RÉPUBLIQUE je m’en rappelle y a même un mec qui dormait sur une table qu’on avait calée entre deux chaises, il avait posé son matelas dessus il avait pas trop le choix car c’était ça ou dormir à même le sol, j’ai eu de la chance j’suis tombé sur de braves mecs et débrouillards comme je les aime, ils avaient chacun leur téléphone moi j’avais fait le voyage avec mon bigo scotché entre mes cuisses, je prenais d’énormes risques pour avoir ma Delphine au tel jusqu’à l’aube, je passais des nuits entières à refaire le monde avec elle. Elle c’était « Ma force ».

Les assises de Beauvais étaient réputées extrêmement sévères contre les mecs comme nous qui venaient d’autres départements pour piller les banques de la région. Mais j’étais confiant car ils avaient aucune preuve contre moi, ma plus grande crainte était de perdre celle que j’aimais parce que le temps est ASSASSIN même si elle m’aimait d’un amour surnaturel rien n’était acquis, elle m’étonnait de jour en jour par son courage, et sa folie car fallait être folle pour attendre des années un YOUV, on vit pas avec le regret mais j’avais des scrupules à faire souffrir celle que j’aimais, ma famille et mes proches. Ces épreuves m’ont ouvert les yeux. UN BONHOMME DOIT RECONNAÎTRE SES TORTS QUAND IL A TORT. La vie continue faut que tes erreurs te servent pour l’avenir. En prison j’ai vu des gens abandonnés par leur famille, oubliés, rejetés moi j’avais la chance d’être escorté, supporté à croire que quand tu fais le bien dans ta famille ça paye, en huit ans je n’ai jamais manqué de rien, miskina quand ma mère vient au parloir dissimulé sous son boubou y avait au moins trois kilos de graille LOL y avait de tout, PIZZA KFC, elle avait trop peur que je meure de faim elle lisait dans mon regard quand ça n’allait pas trop fort la daronne, JE POUVAIS RIEN LUI CACHER À LA MAMA.

Y A QUE LES MURS ET LES MATONS QUI RESTENT EN PRISON une pensée pour tous les enfermés qui sont à jamais LIBRES DANS LEUR TÊTE.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 26 – « C’est mon hymne à l’amour aux roses du ghetto »

Partie 26

C’EST MON HYMNE À L’AMOUR AUX ROSES DU GHETTO… à toutes celles qui à l’abri du regard dans leur p’tite chambre HLM que Cupidon a oubliées de peur de se faire déplumer son arc par le tabou de nos rues à toutes celles qui se préservent pour elles et pour honorer l’homme qui viendra la chercher et l’emmener et respect toute une vie à toutes ces princesses qui ont misé sur le comportement exemplaire de leur mère je voudrais rendre hommage « MA SŒUR RESPECTE-TOI ET J’TE RESPECTERAI… » Qui aurait cru que des roses pousseraient dans un champ de béton là où l’amour est un tabou une illusion elles se refusent même d’y penser… Certaines pour se fondre dans l’décor pour passer inaperçues parlent et adoptent un comportement masculin pour éviter les blablas les rumeurs qui pousseraient un grand frère orgueilleux pour laver son affront [à] la défigure[r] à l’acide j’ai vu des cas extrêmes où une mère a tué sa propre fille en apprenant son union l’honneur d’une mère bafouée ou la liberté de la fille amoureuse ? Je garderai ma propre opinion moi en tant que banlieusard d’une religion musulmane j’ai été élevé avec une vision sévère à ce sujet la mort valait mieux que le déshonneur… Entre mecs quand on voyait les meufs d’nos 6t on se refusait automatiquement à même envisager une quelconque union même si la fille nous plaisait on s’abstenait de lui en faire part parce que les roses du ghetto ont des épines cachées derrière chaque pétale le tabou était plus fort que l’amour « ON EST PRISONNIERS D’NOS PRINCIPES » combien de sœurs ont succombé dans les bras d’un lâche se sont mis à dos leur famille un charlatan qui a pas assumé la rose souillée grillée et blessée dans sa chair la rose s’est laissée endormir le charlatan l’a eue à base de je t’aime la rose a préféré un clown aux principes de sa mère… Si il t’aime comme il te le dit si bien pourquoi il te d’mande pas en mariage ? pourquoi vivre à l’ombre quand tu peux vivre en lumière nos mères ne condamnent pas l’amour mais la manière… « SI TON HOMME T’AIME BAH QU’IL LE PROUVE EN RESPECTANT TON HONNEUR ET TES TRADITIONS » on rêve tous d’avoir une fille au-delà de tout soupçon mais on est les premiers à baver d’vant les bimbos siliconées le physique a gagné le tête-à-tête par K.O. avec les valeurs je jette la pierre à personne je juge personne c’est juste mon hymne à la femme de 6t.

Un soir j’étais au tel avec une amie à moi et c’est parti en débat pendant des heures c’était une rose d’la tess avec certaines valeurs on aimait bien débattre jusqu’à l’aube… Ce soir-là je lui ai posé une question j’attends toujours la réponse d’ailleurs MDR ma question c’était « Comment expliques-tu que les meufs qui passent leur vie en boîte à s’afficher partout présentes à chaque soirée finissent seules alors que les meufs que l’on voit pas avec des valeurs etc. sont toutes mariées avec des enfants ? » Une fois j’ai osé sortir avec une fille d’ma 6t trop tendu limite d’vant les gens c’était si on se disait bonjour 🙂 je respecte infiniment la femme du ghetto ou d’ailleurs thug ou pas les femmes nous mettaient tous d’accord sans elles la vie n’aurait aucun sens aucune saveur même si parfois vous êtes relou on vous pardonne tout on est tous prêts à faire une dinguerie si on touche à la femme qu’on aime… Accepter d’aimer c’est accepter d’souffrir bah si c’est l’cas que Dieu me fasse souffrir toute ma vie car vous en valez la peine 🙂 QUAND ON AIME ON COMPTE PAS SI TU COMPTES C’EST QU’TU N’AIMES PAS… Des femmes dans ma vie m’ont appris que rien n’égalait le sentiment de se sentir aimé même le plus dur des durs fend l’armure quand l’être aimé s’en va… Dans les épreuves de la vie les plus dures quelques brins d’femme sont là pour te relever quand t’as un genou à terre « LE SEXE FAIBLE » quel abruti de philosophe [a] sorti cette blague à toutes les femmes qui assument un foyer seules abandonnées par un mari perverti par une poupée siliconée qui le quittera quand la carte bleue ne passera plus des barres une meuf bien prends-en soin ne la néglige pas pour une femelle que t’as croisée dans un karaoké LOL rappelle-toi qu’elle t’a soutenu souffert quand t’as souffert t’a relevé quand ton moral tu n’avais pas et toi tu la remplaces contre une fille de joie… Je ne suis pas parfait mais mes principes ne m’ont jamais quitté c’est pour ça que j’ai toujours pas d’enfant même noyé dans l’illicite des vols à main armée ma conscience m’interdisait d’enfanter tant que l’imam nous avait pas unis… Respect à toutes ces femmes fortes dignes même dans l’adversité d’la vie qui ne les a pas épargnées à toutes les futures mères qui se respectent ont su éviter les pièges d’un charlatan, qui ont donné leur cœur à un bonhomme qui les assumera et f’ra de leur vie un rêve à toutes celles-là je dédie ces quelques mots thug love.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 25 – « Mars 2006 mon premier jugement en cour d’assises à Versailles cinq jours non-stop ils m’ont fait mal à la tête »

Partie 25

J’VOULAIS SPÉCIALEMENT COMMENCER MA CHRONIQUE AVEC UNE PENSÉE POUR NOS FRÈRES PARTIS TROP TÔT SOUS LES BALLES DE LA JALOUSIE SOUS LES BALLES D’UN LÂCHE EN ÉCRIVANT CE SMS L’ÉMOTION ME SUBMERGE EN HUIT ANS WALLAH Y EN A TROP QUI NOUS ONT QUITTÉS POUR UN TERRAIN OU POUR UNE EMBROUILLE À BALLES-2 J’PENSE QUE J’RÉALISERAIS QU’UNE FOIS DEHORS J’AI PLEURÉ TOUTES LES LARMES DE MON CORPS J’AI APPRIS LA MORT D’UN P’TIT FRÈRE ABATTU PAR LA BALLE DE TRAÎTRES MAIS J’M’ATTARDERAI PAS SUR CE CAS SINON J’AURAIS PAS LA FORCE DE CONTINUER MA CHRONIQUE UNE PENSÉE À TOUS LES YOUV QUI SE SONT RANGÉS EN EMBRASSANT L’ISLAM MASHALLAH JE CRIE TOUT HAUT QUE J’AI CHANGÉ MAIS AU FOND AI-JE VRAIMENT CHANGÉ J’DÉMARRE TOUJOURS EN 2.2 J’ÉVITE LES TRAÎTRES ET LES BALANCES J’ME TUE À LA BOXE AU KICK JUSQU’À ÉPUISEMENT JE SERRE LES DENTS QUAND J’CROISE UNE IMITATION KAÏRA EN PROMENADE AI-JE VRAIMENT CHANGÉ JE SUIS TOUJOURS CHAUD BOUILLANT LE SEUM ME SUBMERGE QUAND J’PENSE À LA POUCAVE QUI A APPELÉ EN ANONYME POUR SIGNALER QUE J’MONTAIS SUR DES CASSES MAIS J’DISSIMULE TOUTE MA COLÈRE SOUS MES BLAGUES MES VANNES LA PATIENCE EST D’VENUE MON OMBRE J’AI PÉTÉ LES PLOMBS DES QUARANTE-CINQ JOURS DU MITARD UNE PIGE DE Q.I. MAIS TOUJOURS DEBOUT ILS SERAIENT TROP CONTENTS D’ME VOIR RAMPER ME DROGUER AUX CACHETS… WALLAH IMPOSSIBLE CLEAN MÊME LA CLOPE JAMAIS TESS EN PRISON SI TU TE LAISSES ALLER C’EST FINI TU RESTES K.O. J’PUISE MA FORCE MA CHÈRE MÈRE QUE J’AIME TANT EN CENTRALE EN C.D. OU MÊME EN MAISON D’ARRÊT J’AI VU DES DINGUERIES DES ACTIONS DE MALADE MAIS FALLAIT TENIR LE CHOC « C’EST AU PIED DU MUR QU’ON VOIT LES VRAIS DURS » PERSONNE PEUT FAIRE L’UNANIMITÉ J’AI DÉCIDÉ DE M’EXPOSER SUR LE NET EN CRÉANT MA CHRONIQUE DONC J’ASSUME TOUT C’QUE J’DIS… ET CEUX QUI SONT BLESSÉS PAR MES CHRONIQUES C’EST PAS L’BUT MAIS C’EST LA VÉRITÉ PIRE QU’UNE TÉLÉRÉALITÉ LÀ QUAND J’ÉCRIS IL EST 19 H 08 MA PORTE VIENT D’ÊTRE FERMÉE PAR UN MATON… Un jour je sortais d’la cabine au parlu et me dirigeais d’vant la grille qui mène à la fouille quand soudain le maton prend son micro et parle à Kamel qui lui était toujours en cabine avec sa sœur avec le hijeb (le voile) Kamel aimait bien rester debout alors que c’était interdit le maton a osé dire à Kamel à l’interphone « Abruti tu vas t’asseoir » oulala miskine il connaissait pas Kamel après son parlu Kamel l’a démonté l’a mis en sang comme d’hab les matons l’ont tué et mis dans un camion direction Fleury.

C’est comme ça que Kamel m’a quitté pour Fleury mais comme mon jugement allait pas tarder t’façon j’étais dans ma bulle… Mars 2006 mon premier jugement en cour d’assises à Versailles cinq jours non-stop ils m’ont fait mal à la tête on était six mais tous les regards étaient sur moi la salle était blindée d’mecs de Mantes-la-Jolie y a même un mec qui était en cavale est v’nu assister au jugement la BRB l’a cueilli à la sortie j’ai endossé la plupart des bracos verdict je prends neuf ans l’Artificier sept ans et le reste ont pris de quatre et trois ans etc. ça va j’avais pris l’plus mais j’m’en étais bien sorti le proc m’a fumé il d’mandait douze ans mais bon le pire c’est que pendant que j’étais aux assises je purgeais quarante-cinq jours de mitard ça m’faisait une balade j’connaissais les murs par cœur j’m’en rappelle y avait un mec du 92 qui avait passé trente jours à côté d’moi on a sympathisé grave on chantait des chansons toute la nuit on massacrait tous les standards d’la musique française mais on avait un faible pour une chanson de Johnny Le pénitentier MDR j’avais jamais vu le mec du 92 on se connaissait à la voix le jour où on s’est vus il m’a dit « T’as trop une voix d’rebeu » MDR quelques mois plus tard ils me transfèrent à Liancourt comme je devais passer aussi aux assises à Beauvais (60) j’ai quitté Bois-d’Ar mon téléphone dissimulé dans un tube de sauce tomate 🙂 quand j’arrive je retrouve à Liancourt le poteau qui s’était arraché de Nanterre en échangeant au parlu avec son frère on était 24/24 ensemble mais laisse tomber les matons là-bas jouaient trop les voyelles ils descendaient à dix dans des cellules et tapaient les mecs wallah j’avais jamais vu ça le poteau et moi on n’a jamais eu de problème mais ils ont démonté des mecs mais un des matons a balancé ses collègues ils sont passés au tribunal ça a fait du bruit et en promenade ils nous ont ramené le chef du gang des barbares il sortait du Q.I. (quartier isolement) de Rouen j’avais rien contre lui mais leur dinguerie c’était chaud un jour il m’a dit « Oumar obligé ta meuf c’est pas une renoi » j’ai souri mais pas relevé j’ai jamais compris pourquoi il m’avait dit ça miskine trois mois plus tard ils l’ont mis direct au Q.I. parce que y avait des p’tits de Creil qui voulaient le prendre en photo pour s’faire de l’oseille c’était l’arroseur arrosé à Liancourt les parachutes c’était tous les jours hala on s’est mis direct opé à niveau, niveau tel y avait même un mec qui a reçu une Playstation en promenade wallah des barres.

Delphine a encaissé mes neuf piges tranquille mais c’était pas fini dans moins d’un an j’devais repasser aux assises de l’Oise pour trois banques et deux prises d’otage en pleine rue à la Heat je sais que Beauvais c’était pas Versailles je savais que j’allais manger mais bon j’comptais sur la confusion des peines mais bon j’en étais encore loin Delphine me soutenait à fond elle venait de Toulouse à Liancourt mashallah… TA FEMME QUAND T’ES EN PRISON C’EST PRIMORDIAL L’ÉPREUVE OU VOUS BRISE OU VOUS SOUDE POUR LA VIE :-).

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[Saint-Imier 2012] Le programme

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 24 – « Maint’nant dans n’importe quel 6t à 3000 euros t’as un kalash tout neuf prêt à cracher la haine du bonhomme »

Partie 24

Pendant que j’usais mes paires de requins en tournant en promenade dans mon cerveau des plans d’évasion me travaillent j’y pensais nuit et jour je cherchais une faille dans cette prison toutes les prisons avaient une faille fallait juste la trouver mais avant tout il me fallait trouver des gens tellement malades qu’ils seraient capables de v’nir m’arracher mais ce fut mission impossible mes gars les plus fiables étaient en taule et le mec en qui j’avais confiance dormait sur le lit superposé au-dessus d’ma tête tous les mecs que j’avais fait croquer tous les mecs que j’avais fait profiter d’mes bracos ils avaient tous perdu la mémoire tous étaient atteints d’amnésie personne ne répondait à l’appel « MAIS DE LA PART DE CES MECS J’M’ATTENDAIS PAS À MIEUX LAISSE-LES CROIRE QU’ON EST MORTS LE RETOUR SERA PLUS THUG » la reconnaissance dans la rue ça existait pas dès que t’es en garde-à-vue et qu’tu franchis la zone prison STOP tout l’monde t’oublie la prison est un bon remède pour détecter les traîtres et les faux amis d’circonstance car y a trop d’imposteurs dans nos 6t trop de faux soldats qui à la moindre salade se chient d’ssus une dinguerie c’est d’venu contagieux à entendre le discours des mecs c’était tous des fous zehma ils te sortaient « Moi j’ai fait ci moi j’ai fait ça » wallah des barres alors que c’était pour la plupart des grosses tapettes surtout des gros mythos. J’connaissais un mec oulala il avait battu tous les records dans la mythonnerie tellement il racontait que d’la merde j’faisais genre de le croire zehma il connaissait toutes les stars les voyous et qu’il avait sa table à tous les grands restos sur Paname… Un jour il me parlait d’un youv que je connaissais très bien qui s’était évadé d’une prison à Nanterre en échangeant sa place au parloir avec son frère… Un jour je marchais avec le mec qui s’était évadé du parloir qui s’était fait transférer à Bois-d’Ar puis le mytho arrive nous serre la main etc. j’ai bien vu qu’il ne se connaissaient pas pire il parle de la personne alors qu’il savait pas que c’est celle qu’il avait en face de lui wallah des barres de rire HEUREUSEMENT QUE LE RIDICULE NE TUE PAS 🙂 trop de mythos mais, un bon tu le reconnaissais pas à son blabla mais à son comportement les mecs les plus discrets te font le plus mal parce que tu les vois pas v’nir en prison tous ceux qui aboyaient un peu trop fort c’était pour cacher un dossier caché mais tout se sait tôt ou tard.

Un jour que j’étais sur Fresnes y avait un [qui] faisait le fanfaron en promenade mais les gens toléraient parce que soi-disant il tenait la route un jour lui et son codétenu tabassent un mec en cellule mais en prison quand tu prends un rapport l’affaire pour laquelle tu es en prison y est inscrite le fanfaron dormait quand le maton dépose sur la boîte en carton scotché à la porte le rapport le codétenu du fanfaron se lève et quand [il] lit les rapports il voit que sur le rapport est marqué que le fanfaron était tombé pour viol il repose les rapports dit pas un mot il fait descendre le fanfaron en promenade puis le déclare à tout l’monde c’était une dinguerie c’est fini plus de protection un pointeur n’avait pas sa place dans notre promenade il finit à plat ventre les pieds devant tout l’monde l’a baffé on l’a plus jamais revu wallah trop d’imposteurs en prison tout l’monde en rajoutait zehma un mec va s’faire attraper avec 1 kilo il va dire en promenade zehma 50 kilos ça mentait à visage découvert tout l’monde remixait son histoire y avait un concours du plus gros mandat de dépôt MDR… Fallait voir y en a qui étaient trop ils racontaient l’histoire d’un autre en remplaçant le personnage par lui-même c’était abuser à quel point des mecs étaient prêts à tout pour faire du bruit ils savaient pas que les mecs les plus discrets s’en sortaient le mieux moins on parle de toi et mieux tu te portes dans la voyoucratie… La prison m’a forgé un moral à toute épreuve j’étais d’venu insensible à leurs années d’prison je savais que j’allais manger des années mais pas grave j’assume C’EST À LA FIN QU’ON PAYE LES MUSICIENS… Les armes ça périme pas la détermination non plus… Ma rage ne passait pas toujours j’me dressais contre ce système qui voulait m’éliminer d’la société les violeurs et pédophiles mangent que des cinq ans six ans et moi je savais que j’partais pour une peine à deux chiffres l’injustice était totale je risquais plus qu’un violeur d’enfant récidiviste une anomalie monumentale allez comprendre pourquoi ils toléraient plus les violeurs d’enfants que les braqueurs ça me foutait l’seum j’étais dans tous les mauvais coups engreneur n° 1 toujours chaud pour allumer la flamme d’une embrouille… Je vivais continuellement dans un film dont j’étais le propre producteur réalisateur et même acteur sauf que ma peine n’était pas une fiction c’était du réel j’voulais rembobiner l’film juste avant notre accident pas moyen.

Les voyous made in 6t avant 90 ça n’existait pas les premiers gros coups faits par des banlieusards c’est à cette époque qu’on les voit avant ceux qui montaient sur des fourgons ou ceux qui avaient la logistique le moyen d’taper et d’mettre en place des opérations c’était les Corses et les mecs du milieu marseillais… Dans la deuxième génération des mecs de 6t y avait deux-trois mecs opé mais pour monter sur un camion obligé fallait s’associer aux pointures corses ou marseillaises la banlieue parisienne à part l’équipe des postiches (une équipe de braqueurs parisiens qui ont vidé les coffres d’une cinquantaine de banques déguisés en peintres plombiers perruques barbes postiches d’où leur surnom « le gang des postiches ») mais les jeunes de 6t étaient pas pris au sérieux pendant des années par la BRI et BRB c’est c’qui a fait leur force comme les keufs regardaient ailleurs donc ça a permis à certaines équipes de 6t de se renforcer quand la BRB les a pris au sérieux trop tard des équipes surarmées poussèrent dans les 6t encore maladroites mais les couilles étaient là… C’était le plus important Y A PAS PLUS DANGEREUX QU’UN JEUNE INCONSCIENT KALASH À LA MAIN… IL ARROSE TOUT C’QUI BOUGE SANS RÉFLÉCHIR… Voilà comment on a récupéré l’terrain maint’nant dans n’importe quel 6t à 3000 euros t’as un kalash tout neuf prêt à cracher la haine du bonhomme avant y avait un mental ça vendait pas à n’importe qui c’était un circuit fermé maint’nant même la plus grosse trompette peut t’arroser au fusil-mitrailleur pour une histoire qu’avant se réglait en tête-à-tête normal les gens ont compris que DANS LA RUE SI T’AS PAS UNE ÉQUIPE ÉQUIPÉE NE RENTRE DANS AUCUN BIZ SINON TU PERDS TON SLIP À COUP SÛR… DÈS QU’TU VISES DES GROS SOUS PRÉVOIS QUE LA TAULE ELLE VA AVEC QUE LES TRAÎTRES ÇA VA AVEC RÈGLEMENTS D’COMPTES ÇA VA AVEC… POSE-TOI LA QUESTION SI DIX ANS PLEINS EN TAULE OU CANNÉ AVANT 30 C’EST TON BUT POUR L’AVENIR CEUX QUI S’EN SONT SORTIS SANS SÉQUELLE C’EST QU’ILS BOSSAIENT AVEC LA VOLAILLE PARCE QUE PERSONNE COURT PLUS VITE QUE LES BALLES DE LA VENGEANCE OU D’UN KEUF AFFAMÉ D’UNE MÉDAILLE… J’REGRETTE RIEN ÇA FAIT HUIT ANS QUE J’TOURNE MA RAGE EST TOUJOURS DISSIMULÉE SOUS MON SOURIRE SOUS MA BONNE HUMEUR MAIS LA PLUME DE MON STYLO M’A CALMÉ M’A POSÉ M’A RANGÉ MAIS PERSONNE EST À L’ABRI DE CES DÉMONS POUR NE PAS RETOMBER DANS LA VIOLENCE PURE ET DURE J’RACONTE MA VIE EN GUISE DE THÉRAPIE… 🙂

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[Montpellier] « L’un m’a demandé si je ne faisais pas partie de Copwatch »

Montpellier. Il filme des policiers en train de griller un feu : « Efface ton film ou on t’embarque »

L’utilisation de la fonction caméra sur un téléphone portable peut devenir la source d’ennuis insoupçonnés. Surtout si la scène filmée sur la voie publique fait apparaître des policiers. Ce constat amer est dressé par un jeune commerçant montpelliérain qui raconte volontiers sa désagréable expérience survenue le 23 juillet dernier, en milieu de journée.

Il est un peu plus de midi et Arnaud est assis en terrasse, en compagnie d’un ami, au bout du boulevard Louis-Blanc, côté Corum. Quelques jours plus tôt, sur le même boulevard, il s’est fait enlever son véhicule, stationné sur une place livraison, mais il conteste l’intervention de la fourrière et entend préparer un dossier afin de faire annuler le procès-verbal qui lui a été adressé.

Il filme des policiers en train de griller un feu

« J’ai pris des tas de photos de voitures de la police municipale, garées sur des emplacements réservés. Et là, je filme une voiture, toujours de la police, qui est en train de griller un feu, sans gyrophare. Derrière elle, se trouve une autre voiture qui passe aussi au feu rouge », explique le jeune homme, qui n’a par ailleurs pas d’activité militante particulière.

Il se trouve que le second véhicule est occupé par trois policiers en civil et qu’au moins un des fonctionnaires a remarqué que la scène venait d’être enregistrée par Arnaud avec son téléphone. La voiture banalisée s’arrête. « Après quelques tutoiements sommaires et un comportement qui m’a indigné », assure son ami, les policiers demandent à voir le petit film et exigent aussitôt sa suppression. « L’un m’a dit : « Je ne veux pas voir ma tête sur une vidéo. » Mais on les aperçoit trois secondes. »

Les policiers demandent la suppression des images

Arnaud et son ami rappellent qu’il est légal « de filmer la voie publique ainsi que tout représentant de la fonction publique ». Mais pour les policiers, les images doivent être supprimées, assure encore Arnaud. Face à son refus formel, il est donc « convié avec insistance » au commissariat central, où le bras de fer se poursuit.

« D’autres policiers sont venus. Ils m’ont dit qu’un technicien allait effacer juste les images où ils apparaissaient. Ils ont tous ordonné que j’efface la vidéo. L’un m’a demandé si je ne faisais pas partie de Copwatch. Au début, je n’ai pas compris. »

Le commerçant assure que l’entrevue, qui va durer jusqu’à 15 h 30, se déroule hors de tout cadre légal en dépit de ses demandes d’être entendu par un représentant du parquet ou d’appeler un avocat. Alertés, les services du commissariat indiquent effectivement qu’aucune procédure particulière n’a été consignée au sujet d’une vidéo controversée…

De guerre lasse, après deux heures de pression, Arnaud finit par accepter de faire disparaître le petit film. Son portable passe ensuite de main en main d’agents, qui tiennent à vérifier que l’appareil ne recèle pas un enregistrement caché.

Commerçant dans le centre-ville, le jeune homme dit entretenir des bonnes relations avec les policiers de la ville et n’a donc pas souhaité engager une procédure pour abus de pouvoir. Son trouble n’en est pas pour autant dissipé.

Presse estivale (Guy Trubuil, MidiLibre.fr, 7 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 23 – « J’ai jamais su si la prison était fait pour te changer ou te casser si son but premier était pas de détruire un homme humilié »

Partie 23

J’ai toujours été du côté des marginaux du faible du prolétaire (travailleur pauvre) les mecs que jeune je kiffais c’était Al Capone, Lucky Luciano, la bande à Baader, Action Directe, tous ces gens me fascinaient ils osaient se dresser contre l’État désobéissaient respectaient personne je me reconnaissais dans leur délire quand les mecs de tess bandaient sur ce toxico de Scarface moi c’était le Che, Martin Luther King le FLN algérien tous les combattants tous ceux qui étaient prêts à donner leur vie pour leur cause inconsciemment j’avais une conscience politique plus tard en promenade je rencontre le leader de Action Directe (groupe anarchiste français qui ont fait trembler l’État dans les années 80) malgré vingt-cinq [ans] de taule toujours fier et solide j’ai appris beaucoup avec lui… Un jour un ancien d’mon quartier a vu que j’étais pas un jeune comme les autres j’avais pas d’attache pas d’poteau pur et dur j’m’associais [à] aucune bande trop sauvage pour être dompté le grand m’a dit une phrase « OUMAR T’ES UN VAILLANT MAIS TON COMPORTEMENT VA TE CRÉER PLEIN D’ENNEMIS DONC SI TU VEUX PERCER DANS LA RUE FAUT PAS QUE LES GENS ONT PEUR DE TOI FAUT QU’ILS TE CRAIGNENT RESPECTENT MÉFIE-TOI DE TOUT L’MONDE MAIS SI ÇA TESTAIT SOIS PRÊT À TOUT PERDRE FAUT QUE TA RIPOSTE SOIT SANS LIMITE… » J’ai gardé tous ces conseils dans un coin d’ma tête qui me serviront plus tard… Au début j’canalisais ma haine dans la boxe taekwondo j’devais être toujours prêt en cas d’embrouille trop conscient que l’on était pris pour des moutons on vivait mais on comptait pour du beurre nos parents étaient humiliés tous les jours dans les administrations il en faut pas plus pour conditionner et révolter un jeune déraciné Y A DES COLÈRES QUI SONT SAINES… À chaque fois qu’un truc n’allait pas automatiquement on était montrés du doigt… Un jour au collège on devait faire un stage je ne voulais pas l’faire mais le principal convoque mon daron donc obligé d’m’y plier ils me trouvent un stage au fin fond de Limay (78) pendant quinze jours tout se passe bien pour que mes rempas kiffent j’me tiens à carreau mais pendant la pause à chaque fois j’prenais la pause avec une daronne gitane je la kiffais on tapait des barres elle faisait l’ménage dans les vestiaires quand mon stage c’est fini j’retourne au collège fier mais deux jours après je suis convoqué chez le principal qui m’accuse d’avoir volé un portefeuille dans les vestiaires SUR ALLAH J’Y ÉTAIS POUR RIEN…

Je me suis fait virer comme un malpropre j’avais une petite idée sur la personne qui avait emprunté le portefeuille LOL mais je garde ça pour moi 🙂 là j’ai compris qu’ils avaient pas besoin d’preuve pour nous condamner j’avais pas besoin [de] ça pour me révolter en plus mon daron m’a tué wallah gratuit mais miskina ma daronne me croyait quand j’disais que c’était pas moi toute façon la mama [a] toujours protégé son fiston même dix ans plus tard signé toujours présent dans les parloirs des quatre coins d’la France ON CHOISIT PAS SA FAMILLE MAIS J’REMERCIE ALLAH D’M’AVOIR DONNÉ UNE TELLE MÈRE PROTECTRICE… MA MÈRE JE L’AIME ET JE L’AIMERAI TOUJOURS SANS LIMITE… Déjà qu’on est des fous alors imaginez-nous sans daronne sans repère c’est pas des banques que j’aurais braqué LOL personne ne pouvait nous raisonner en cas d’embrouille c’est ou tu es avec nous ou contre nous ça existait pas d’être neutre fallait vite choisir son camp… Ça fait trois mois que je suis à Bois-d’Ar toujours avec mon poteau Kamel pompes gamelle tel toujours rythment nos journées… Y avait un renoi du 93 qui descendait jamais en promenade mais qui insultait tout l’monde par la fenêtre son surnon c’était Kirikou il connaissait le prénom [de] tout l’monde dès qu’il voyait un mec il l’appelait puis il l’insultait un jour wallah il m’a insulté pendant une heure j’ai cassé tous ses carreaux mais j’avais le seum de pas pouvoir l’attraper… Un jour le maton nous casse la tête et nous envoie à la douche à 7 heures du mat on y va dégoûtés à 7 heures c’était le créneau des pointeurs bon on n’avait pas l’choix on y va et devinez qui je vois de dos qui prenait sa douche ? « KIRIKOUUU » c’était d’la boucherie je lui ai mis la serviette sur la tête et on l’a lynché à poil MDR c’était pour tous les mecs qu’il avait insultés et bizarrement depuis on l’a plus entendu c’était d’venu un gentil garçon LOOL ce jour-là des barres le maton avait tout vu mais a fermé les yeux sur le carnage parce que Kirikou insultait même les matons donc on a rendu service à tout l’monde en piétinant cet insolent… La prison était remplie de détraqués que leur place n’était pas en taule mais en hôpital psychiatrique j’[en] ai même vu un jour manger ses excréments baaahh laisse tomber des trucs de ouf faut pas s’plaindre si des mecs comme ça récidivent violent et tuent faut les soigner à l’hôpital au lieu d’ça ils tournent toute leur peine en promenade.

J’ai jamais su si la prison était fait pour te changer ou te casser si son but premier était pas de détruire un homme humilié… Un jour alors que j’étais au mitard ça faisait trente jours et un maton a ouvert la porte et m’a dit FOUILLE j’ai tapé scandale parce que ça faisait trente jours que j’étais au mitard donc trente jours que j’étais pas sorti ni croisé personne je dis au maton « SÉRIEUX À PART M’HUMILIER ME METTRE À POIL À QUOI TE SERT DE ME FOUILLER ? » le maton s’attendait pas à ça du coup m’a pas fouillé mais par contre il fouille la cellule il trouve des longues tiges enroulées de sacs poubelle il me demande ce que c’est et je tente un coup d’bluff je lui dis « C’EST DES GRIGRIS DU SÉNÉGAL » MDR c’était du salami d’la mortadelle conditionnés en tiges façon merguez plastifiés avec des sacs poubelle pour qu’ils passent dans les p’tits trous d’aération du mitard que mes potes m’avaient envoyés LOL wallah fallait voir la tête du maton quand j’ai dit grigri il a lâché direct MDR… MALGRÉ QUE L’ON EST ENFERMÉ LA VIE CONTINUE UN CLOWN RESTE UN CLOWN DEHORS OU DEDANS :-).

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[Vive l’Azawad libre !] Gao nique le Mujao

Les habitants de la ville de Gao, dans le nord du Mali, ont empêché aujourd’hui les islamistes qui contrôlent la ville d’appliquer la charia, la loi islamique, et de couper la main d’un voleur, ont rapporté des témoins. « Très tôt, des centaines de jeunes ont pris d’assaut la place de l’Indépendance de Gao (située au centre ville), pour empêcher l’application de la sentence », a déclaré un enseignant contacté par téléphone.

Hier soir, dans un communiqué diffusé sur des radios privées de Gao, les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), avaient annoncé qu’ils couperaient aujourd’hui sur la place de l’Indépendance la main d’un voleur en application de la charia. « Ils (les islamistes) n’ont pas pu amener le prisonnier sur la place de l’Indépendance pour lui couper la main. Les habitants de Gao ont occupé la place et refusé qu’on coupe la main du voleur », a confirmé le responsable d’une ONG basée à Gao.

« Des civils ont entamé l’hymne national »

Selon les recoupements de l’AFP, l’homme dont la main devait être coupée est une jeune recrue du Mujao qui avait volé des armes pour les revendre. Ce châtiment est une application rigoriste de la charia dans certains pays musulmans, notamment l’Arabie saoudite. « Nous, on ne veut pas savoir ce qu’il a fait ce jeune, mais on ne va pas couper sa main devant nous. D’ailleurs les islamistes ont reculé. Et des civils maliens de la ville ont entonné l’hymne national du Mali, en signe de victoire », a commenté un autre habitant de Gao.

C’est la première tentative de la part les islamistes qui occupent le nord du Mali de couper une main dans cette région où des couples illégitimes, des buveurs d’alcool, des fumeurs, ont été fouettés en public dans plusieurs villes.

Presse  estivale (Agence Faut Payer, 5 août 2012)

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