[Kabylie] Quelques mots sur le cirque électoral

Kabylie : le « vote militaire » provoque des émeutes à Bouira

Des incidents ont eu lieu, hier, dans la wilaya de Bouira, où le vote a été perturbé par des affrontements opposant manifestants et forces de l’ordre au chef-lieu de la commune de Haïzer, à Kharba et Aghbalou.

Dès l’ouverture du centre de vote Achour Tazaghart, des jeunes ont attaqué avec des pierres et autres projectiles le centre de vote. Les affrontements se sont poursuivis durant toute la journée, faisant des blessés. Des urnes ont été également saccagées par des jeunes dans la nuit de mercredi à jeudi. À Haïzer et Kherba, dans la commune de Malla, des citoyens ont procédé à la fermeture des bureaux pour dénoncer le vote massif des militaires et les protestataires ont organisé un sit-in devant la daïra. L’opération de vote a repris quelques heures plus tard. À la Cwisel, des dizaines de réclamations ont été enregistrées. Des candidats ont signalé des dépassements et des irrégularités. Des bulletins de vote de candidats d’autres wilayas ont été trouvés dans les bureaux. Le taux de participation enregistré à 16h était de 23,11% pour les APC et 25,56% pour l’APW.

Dans la région de Tizi Ouzou, en plus de la faible participation (6,48% à 16h), on note le cambriolage du siège de la Commission communale indépendante des élections locales (CCISEL) à Aïn El Hammam. Le fax, le matériel informatique et le mobilier de cette structure, dont le siège se trouve dans une crèche communale, à quelques encablures du centre-ville, ont été volés durant la nuit de mercredi à jeudi.

Fuite de bulletins

À 16h, le taux à l’échelle de la wilaya était de 27,69% pour les APC et 24,99 pour l’APW. Le vote s’est poursuivi jusqu’à 20h. Dans la wilaya de Boumerdès, à 16h, le taux de participation était de 27,02% pour les APC et 25,88% pour l’APW. L’opération de vote a été émaillée de nombreuses irrégularités. Les membres de la Cwisel parlent, entre autres, de l’absence des bulletins de vote de l’AAV à Dellys et du MPA à Ouled Moussa. Dans la commune de Souk El Had, l’ouverture des centres de vote a été retardée de plus d’une heure. À Beni Amrane, certains représentants de partis politiques ont relevé la fuite de bulletins de vote du FFS et du FLN. Plusieurs citoyens n’auraient pas trouvé leurs noms sur le fichier électoral dans la commune du chef-lieu de wilaya.

Ce scrutin a été marqué surtout par la poursuite de la campagne électorale même à l’intérieur et devant les centres de vote. Le chef du centre de vote de Boukerroucha (Boumerdès) dit avoir été même contraint de saisir les services de sécurité à intervenir pour faire sortir des jeunes de la cour de l’établissement afin d’assurer un bon déroulement de l’opération de vote. Ce problème est signalé aussi par le chef du centre Frantz Fanon, toujours dans la même commune, qui a fait état du vol de son téléphone portable par des gens menant campagne dans les couloirs.

Leur presse (Ramdane Koubabi, Hafid Azzouzi, Amar Fedjkhi, ElWatan.com, 30 novembre 2012)

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Kabylie] Quelques mots sur le cirque électoral

[Notre-Dame-des-Landes] Journaliste dégage ! (2)

ND-des-Landes : l’hostilité contre les journalistes s’empare du bocage

Latente chez les premiers opposants au projet d’aéroport nantais, l’hostilité envers les journalistes, exposés à des insultes, agressions ou dégradations de matériel, jusqu’ici limitées, a explosé ces dernières semaines à Notre-Dame-des-Landes.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0624.jpg

L’opposition institutionnelle au projet désavoue cette attitude, mais tant l’Acipa (principale association d’opposants), le Cedpa (élus opposés au projet) que la Confédération paysanne, qui protège de ses tracteurs les « nouvelles cabanes » de la Châtaigneraie, symboles de la lutte, peine à l’enrayer.

Quand les premières expulsions de « squatteurs » anti-aéroport ont débuté à la mi-octobre, les relations de la presse avec les quelques 150 opposants anti-capitalistes « historiques » étaient parfois tendues mais la discussion pouvait toujours s’engager et les journalistes étaient admis, sous réserve de prévenir, partout.

Mais l’arrivée, lors d’une grande manifestation le 17 novembre, de plusieurs centaines de « nouveaux » occupants, qui a fait passer leur nombre à près de 500, a changé la donne.

Les « zadistes », habitants de la « zone d’aménagement différé » de l’aéroport, ont émis un communiqué le 15 novembre : les journalistes se voyaient intimer l’ordre de porter un brassard qui s’avéra être un ruban de tissu jaune. Il était demandé aux journalistes de limiter leur présence au « strict minimum ».

Le jour même de la manifestation, des journalistes se sont fait cracher dessus, menacer, d’autres ont reçu de la terre, un photographe a reçu un coup de poing — même si d’autres opposants sont intervenus pour arrêter l’agression.

« Allergiques »

La voiture d’un journaliste de RTL a été dégradée, ainsi que les véhicules de BFM-TV et I-Tele. Après quoi, les journées de travail ont été ponctuées d’agressions et/ou insultes. « Tiens, il est encore là, celui là, on lui a pas encore cassé la gueule ? », « J’espère que cette fois, vous ferez un travail propre », entend-t-on.

Parmi les explications fournies, « nos vies et nos luttes ne sont pas des spectacles » et « le pouvoir et le système que nous combattons ne tiendraient pas debout sans votre collaboration, volontaire ou pas ».

Plusieurs voitures de presse, ont eu des pneus crevés. Le 24 novembre, plusieurs hommes cagoulés armés de frondes ont visé un groupe de journalistes qui couvraient dans les bois les affrontements avec les gendarmes. Un caillou a touché l’un d’eux à la cuisse, sans gravité.

Dernier épisode, l’annonce lundi de la restriction à « 30 mn par jour » de l’accès de la presse aux nouvelles cabanes de la « Châtaigneraie ».

« Ce débat prenait trop de place : il y a ceux qui ne supportent pas la presse parce que c’est épidermique et d’autres qui veulent qu’ils viennent parce qu’ils pensent que c’est vital pour notre combat », expliquait mercredi un opposant. D’où la décision de limiter la « lucarne » d’accès, pour que les « allergiques » puissent éviter de se trouver confrontés aux journalistes.

Parallèlement, réseaux sociaux et autres blogs ont fourni à certains opposants une caisse de résonance pour exprimer des griefs parfois très virulents. Les commentaires acerbes de certains contre les « journaleux » tantôt qualifiés de « bien pensants », tantôt de « pleureuses » lorsqu’ils se plaignent du sort qui leur est réservé, fusent sur la toile.

Leur presse (Agence Faut Payer, 30 novembre 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Critique des médias | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Notre ami l’émir du Qatar] Perpète pour un poème

Qatar : un poète condamné à la perpétuité pour incitation contre le régime

DOHA – Un tribunal du Qatar a condamné jeudi à la prison à vie un poète poursuivi pour incitation contre le régime et diffamation du prince héritier de cette monarchie du Golfe, qui soutient les soulèvements anti-gouvernementaux dans les pays du Printemps arabe, a indiqué son avocat.

Un tribunal qatari a condamné à la perpétuité Mohammed al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, jugé sous trois accusations : incitation contre le régime, diffamation du prince héritier, Tamim Ben Hamad Al-Thani, et atteinte à la Constitution, a déclaré à l’AFP Me Néjib al-Naïmi.

Il a ajouté qu’il allait interjeter appel la semaine prochaine contre ce verdict, rendu au terme de six audiences, pour la plupart secrètes.

L’avocat a indiqué avoir émis en vain des réserves sur la composition du tribunal, dont le président, un Soudanais, était lui-même juge d’instruction dans l’affaire de son client.

En vertu des accusations retenues contre lui, le poète était passible d’une peine de 5 ans de prison au maximum, a encore dit Me Naïmi, un ancien ministre de la Justice du Qatar, soulignant que la perpétuité ne s’applique qu’en cas de tentative de coup d’État.

Amnesty International s’est aussitôt élevée contre le verdict qui a toutes les caractéristiques d’une atteinte scandaleuse à la liberté d’expression et appelé à la libération du poète, présenté comme un prisonnier d’opinion.

Il est déplorable que le Qatar, qui veut se présenter à l’échelle mondiale  comme un pays qui défend la liberté d’expression, se livre à ce qui semble être une violation flagrante de ce droit, a déclaré le directeur régional d’Amnesty, Philip Luther, dans un communiqué.

Le poète avait été arrêté le 16 novembre 2011 sous l’accusation d’incitation au renversement du régime et d’insulte à l’émir, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, avait indiqué fin octobre Amnesty en réclamant sa libération.

L’ONG avait indiqué que la justice du Qatar lui reprochait d’avoir écrit en 2010 un poème critiquant l’émir, mais que selon des militants du Golfe, la véritable raison de son arrestation est son Poème du jardin, écrit en 2011 alors qu’avait commencé le Printemps arabe.

Ce poème rend hommage à la révolution tunisienne et exprime l’espoir que le changement touche d’autres pays arabes, affirmant nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive.

Richissime État gazier du Golfe, le Qatar a été épargné par la vague de contestation qui a soufflé sur le monde arabe.

Publié par des ennemis de la poésie (Agence Faut Payer, 29 novembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Notre ami l’émir du Qatar] Perpète pour un poème

[Mère de Dieu, chasse Poutine] Mutinerie à la prison fédérale n° 6 : à bas l’administration corrompue et tortionnaire !

Prison Revolt Yields More Questions Than Answers

The inmates at the Chelyabinsk region prison voiced “illegal demands” that prison officials free their cellmates from disciplinary cells, prison officials said.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0426.jpg

During the strike at the maximum-security prison, inmates complained about harsh conditions and demanded that fellow prisoners be freed from disciplinary cells.

There were either 250 participants or about 1,000. They demanded improved conditions or nothing at all. Their protest was plotted by criminal masterminds or it was spontaneous.

Almost nothing is clear about last weekend’s revolt at a maximum security prison in the Urals, as official statements, media reports and testimony from human rights activists vary wildly.

What is clear, however, is that the incident has attracted an unusually large amount of attention, with even state television — usually deaf to reports of widespread abuse and corruption in the nation’s prison system — devoting prime-time programming to developments at Federal Prison No. 6.

Activists say that might be because the reportedly non-violent revolt, which lasted from Saturday to Monday, was an extraordinary reaction to a familiar problem.

« There hasn’t been anything like it for a long time, » said Nadezhda Radnayeva, an expert at the In the Defense of the Rights of Prisoners Foundation. A typical revolt involves a few dozen prisoners. The rest are too afraid, have a separate agenda or come to an agreement with administrators, she said.

Hence the shock created by footage from the prison in the city of Kopeisk, which showed hundreds of prisoners standing on the roof of a building above a homemade banner reading, « Free people, help us! The administration is extorting $ [sic]. They torture and humiliate. »

During the strike at the maximum-security prison, inmates complained about harsh conditions and demanded that fellow prisoners be freed from disciplinary cells.

The incident prompted Chelyabinsk region Governor Mikhail Yurevich to acknowledge that the local penal system needed reform, and prosecutors promptly opened an investigation into prisoners’ complaints that officials were extorting money, including for visits with family.

« If this kind of event had happened several years ago, there wouldn’t have been such success, » veteran human rights defender and deputy chairman of In the Defense of the Rights of Prisoners Foundation Lev Ponomaryov said by telephone on Wednesday.

Ponomaryov speculated that high-profile criminal cases in recent months involving the punk protest band Pussy Riot and opposition activists suspected of attacking police at a May rally have led to an awakening of Russian civil society and increased attention to rights abuses.

Others, including Radnayeva, weren’t so optimistic. Russians outside a small class of politically charged urbanites were still very indifferent to the plight of Russia’s inmates, she said, and there was a pervasive belief that prisoners deserved whatever they got.

An estimated 712,500 Russians are currently behind bars, according to government estimates.

Radnayeva said the clashes between prisoners’ relatives and riot police, which resulted in 38 detentions, helped galvanize public opinion in the prisoners’ favor.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0524.jpg

A video taken on Saturday showed prisoners standing on top of the prison with long banner that read, « Free people, help us! The administration is embezzling $ [sic]. They torture and humiliate. »

Additional contradictory details about the revolt emerged Wednesday.

A local rights activist, part of a small group allowed inside the prison on Tuesday, said interviews with about 30 inmates confirmed allegations of abuse and extortion by prison officials.

Nikolai Shchur contested several claims made by officials. He said the revolt involved « all » prisoners, not 250; prisoners demanded media attention, not « a relaxed regime » or freedom for a comrade in solitary confinement; and the revolt was spontaneous, not planned by so-called criminal ringleaders.

« We didn’t find out anything new about this colony. … We’ve known this all for two years and don’t only know it, but we’ve also constantly talked about it and filed complaints. … We’ve received no response, » he said in a statement e-mailed to The Moscow Times.

Shchur blamed prison officials and investigators’ « clumsy moves » for escalating the crisis and said their main mistake was summoning riot police, who he said beat peaceful demonstrators.
Officials said eight riot police officers were injured when they broke up a rowdy crowd.

Also on Wednesday, a journalist and human rights activist at the Gulagu.net news site, which was instrumental in spreading word of the uprising, said she had received multiple threatening phone calls from a « prison employee. »

« Your head should be ripped off, so that you’d learn where you shouldn’t stick your nose. Got hit by riot police? You’ll get it again! » she wrote on Ekho Moskvy, quoting one of several calls that she claims were made by one anonymous caller.

Prisons No. 1 and No. 6 in Kopeisk, a city of 140,000 near Chelyabinsk in the Ural Mountains, have a notorious history of abuse, Ponomaryov wrote on Ekho Moskvy on Wednesday.

In May 2008, four prisoners at Prison No. 1 died after being savagely beaten by officers, taken to different cells and denied medical attention, he wrote. Another died of alleged maltreatment in June.

Allegations surfaced on Wednesday of prisoners buying their release on parole. A man identified as Andrei T., convicted of manslaughter and sentenced to six years in prison in 2008, said he paid 50,000 rubles ($1,600) in contributions to « prison upkeep » for his freedom, Life News reported.

Radnayeva and Ponomaryov said the first step to uprooting a culture of violence was to fire prison administrators. « All this violence and lawlessness primarily emanates from prison administrators, » Radnayeva said.

But neither were confident that it would be easy to improve conditions at Prison No. 6 — or the penal system that it has increasingly come to represent.

A January 2008 protest at a prison in the Amur region in which 700 inmates slit their wrists led to criminal charges against the prisoners, and official checks failed to validate their complaints.

An initial check of Prison No. 6 failed to confirm prisoners’ claims of beatings or any other form of bodily harm, the Prosecutor General’s Office said in a statement on Monday.

« Everybody understands that lawlessness [in prisons] exists, but either they’re afraid to intervene or they’re too lazy to figure it out, » Radnayeva said, adding that 90 percent of the complaints that her organization makes to official agencies come back with a single reply: « not enough evidence. »

Leur presse (Jonathan Earle, TheMoscowTimes.com, 29 novembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les luttes de classes en Russie | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Mère de Dieu, chasse Poutine] Mutinerie à la prison fédérale n° 6 : à bas l’administration corrompue et tortionnaire !

[Le peuple veut une nouvelle révolution] Affrontements dans la région de Siliana et manifestation devant le ministère de l’Intérieur

Tunisie : les violences s’étendent à plusieurs villes de la région de Siliana

TUNIS – Au troisième jour de la grève générale décrétée par l’Union régionale du travail (URT), la tension persistait jeudi à Siliana, une région déshéritée du centre de la Tunisie affectée par des taux de chômage et de pauvreté élevés, selon des sources concordantes.

Les unités de police s’étaient retirées de la ville la veille au soir, après deux jours d’émeutes qui ont fait quelque 300 blessés, dont de nombreux cas graves, selon une source hospitalière.

Mercredi, un journaliste français de France 24 et son chauffeur ont également été blessés. Le reporter a déclaré avoir été blessé par des tirs de chevrotine et a été hospitalisé. « Nous nous trouvions dans les manifestations avec des centaines de jeunes (…) et nous avons reçu une dizaine de plombs dans les jambes », raconte-t-il sur sa chaîne.

L’armée tentait de s’interposer

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0139.jpgAprès une manifestation pacifique, qui a rassemblé jeudi matin plus de 15.000 personnes, venues des différentes villes de la région, les violences entre les habitants et les forces de l’ordre ont repris en début d’après-midi avec l’arrivée de renforts policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, selon un témoin sur place.

Les unités de l’armée tentaient de s’interposer entre les belligérants pour calmer la situation, a déclaré Mouldi Kenzizi, un témoin, joint par l’Associated Press.

Les habitants de Siliana ont réagi avec colère aux propos tenus à la télévision par le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh, attribuant les actes de violence aux manifestants et justifiant l’usage par la police de balles à billes qui ont grièvement blessé des manifestants aux yeux.

Manifestation à Tunis

Selon une source hospitalière, 19 personnes ont été blessées, dont 12 qui risquent de perdre la vue.

Dans d’autres villes du gouvernorat (préfecture), des affrontements ont été signalés entre les forces de l’ordre et les habitants qui manifestaient leur « solidarité et leur soutien » à la population de Siliana.

À Tunis, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le ministère de l’Intérieur pour dénoncer « la répression policière » à Siliana.

Les manifestants scandaient des slogans appelant à « la chute du régime » et à « une nouvelle révolution ».

« La Tunisie est libre », criaient les protestataires encadrés par un dispositif policier à l’affût.

Le mouvement social a éclaté car la population de Siliana considère qu’elle continue à être marginalisée après la chute du régime de l’ancien président Ben Ali.

Publié par des ennemis de la deuxième révolution (Sipa-AP, 29 novembre 2012)


Suite aux violences survenues dans la ville de Siliana au cours des trois derniers jours, plusieurs manifestations populaires ont été organisées à travers le pays aujourd’hui 29 novembre 2012, pour exprimer le soutien des habitants des différentes régions à leurs concitoyens de Siliana.

Au Kef, à Mahdia, à Monastir, à Kairouan et à Sfax, des rassemblements ont été organisés où des slogans ont été scandés, soutenant les habitants silianais et dénonçant les pratiques répressives des forces de l’ordre à leur encontre. (…)

Publié par des ennemis de la deuxième révolution (BusinessNews, 29 novembre 2012)


(…) Des affrontements entre les habitants et des forces de l’ordre. Difficile de savoir ce qui a déclenché ces nouvelles violences. Pour les uns, ce sont des provocations de policiers. Pour les autres, ce sont des jets de pierres de la part d’adolescents. En tout cas, les habitants ont jeté des pierres sur les véhicules de police venus en renfort depuis d’autres régions. Chacun essayant de gagner du terrain sur l’autre.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0329.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0238.jpgUn va-et-vient incessant avec des policiers qui faisaient parfois mine de foncer sur la foule avec leurs véhicules. Selon un infirmier, un habitant se serait d’ailleurs fait écraser la jambe. Aux dernières nouvelles, ces violences auraient fait une vingtaine de blessés ce jeudi 29 novembre, principalement à coups de matraques et de gaz lacrymogènes.

Avant la fin des violences, les protestataires ont crié de joie et ont brandi deux fusils probablement saisis au cours des affrontements. De source policière, ils auraient ensuite remis ces armes au commissariat local où travaillent cette fois des policiers de Siliana contre qui ils n’ont montré aucune agressivité. Ces habitants se disent déterminés à continuer cette grève générale tant que les forces de sécurité ne sont pas parties et que le gouverneur n’a pas quitté son poste.

Publié par des ennemis de la deuxième révolution (RFI.fr, 29 novembre 2012)


(…) des militants syndicaux et politiques ainsi que des représentants de la société civile avaient décidé, au cours d’un grand meeting, jeudi matin, devant le siège de l’Union régionale du travail (URT) de Siliana, d’organiser une marche symbolique, vendredi, en direction de Tunis, sur une distance de deux kilomètres.

À travers cette initiative, les organisateurs visent à transmettre un message qui sous-entend qu’on « laisse la ville de Siliana au gouverneur », en cas de non-satisfaction de leurs revendications. Les demandes des protestataires sont, notamment, l’ouverture d’une enquête autour de ce qu’ils ont qualifiés « de dépassements sécuritaires » dans les événements de la région de Siliana, durant les deux derniers jours, la libération des personnes arrêtées, depuis le 26 avril 2011, le départ du gouverneur, ainsi que le droit au développement.

Un accord a été établi, au cours du meeting, pour poursuivre la grève générale ouverte, jusqu’à la satisfaction de toutes les revendications.

Le secrétaire général-adjoint de l’URT de Siliana, Ahmed Chafaï, (…) a rappelé que « les forces de sécurité continuent de tirer des balles à grenailles pour disperser les protestataires dans les délégations de Kesra et de Sidi Bourouis ».

Des sources sécuritaires ont expliqué que l’usage des balles à grenailes est destiné à empêcher les manifestants de mettre le feu aux postes de police et d’incendier les véhicules de forces de la sécurité. (…)

Publié par des ennemis de la deuxième révolution (TAP via Directinfo, 29 novembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Le peuple veut une nouvelle révolution] Affrontements dans la région de Siliana et manifestation devant le ministère de l’Intérieur

[Rennes, vendredi 30 novembre] Pacé, ZAD et ailleurs : NON aux expulsions !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Pacé, ZAD et ailleurs : NON aux expulsions !

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui sont solidaires des personnes expulsées à Notre-Dame-des-Landes, à Pacé, au Canal Saint-Martin et partout ailleurs, à rejoindre le rassemblement qui aura lieu à Rennes, ce vendredi 30 novembre, à 18H, place de la mairie.

À peine élu, le Parti Socialiste montre son vrai visage et fait voler en éclats les illusions que certains pouvaient encore nourrir à son égard.

Pour ceux qui luttent à la ZAD, pour ceux qu’on jette à la rue manu militari du squat qu’ils occupaient à Pacé, pour les familles roumaines expulsées de maisons du canal Saint-Martin, il ne fait aucun doute que le PS est au service de Vinci (numéro 1 de la construction de routes, autoroutes, aéroports et parkings), au service des spéculateurs immobiliers et de ceux qui tirent de juteux profits de ce système capitaliste.

Les sans-papiers toujours traqués (circulaire Valls), les étrangers accueillis dans des conditions déplorables, les militants d’autres pays que la France dénoncés comme fauteurs de troubles révèlent encore une fois le caractère xénophobe de ce gouvernement soi-disant socialiste. Comme son prédécesseur, il condamne et s’attaque à la libre circulation et installation des personnes.

Face à un pouvoir qui considère toute opposition un peu ferme, toute appropriation d’un logement vacant comme un « kyste » nécessitant une opération policière de grande envergure, nous poursuivrons la défense de nos terres, de nos maisons et tous les espaces où nous vivons et où nous nous organisons !

Des personnes en lutte contre les expulsions…

MCPL – Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Rennes, vendredi 30 novembre] Pacé, ZAD et ailleurs : NON aux expulsions !

[Algérie] Taux de participation aux élections locales : 3%. Non y a pas d’erreur

Le taux de participation aux élections locales au niveau national a atteint 3,08% pour les assemblées populaires communales (APC) et 2,96% pour les assemblées populaires de wilayas (APW) à 10h00, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia.

Le ministre a précisé que le nombre de votants pour les APC a atteint 660.098 et pour les APW 634.417 à la même heure au niveau national.

Le taux le plus élevé a été enregistré dans la wilaya de Tamanrasset avec 9,85% pour les APC et 9,96% pour les APW, suivie de la wilaya d’Illizi (9,06% pour les APC et 8,97% pour les APW).

Le nombre total des inscrits sur les listes électorales est de 21.445.621.

Leur presse (liberte-algerie.com, 29 novembre 2012)

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Dix printemps : ils se comptent en kilomètres mes tours de promenade, une centaine de pompes usées, plus de trois mille jours et nuits j’ai battu Aladin et ses mille et une nuits, malgré tout ça tu peux zoomer sur ma peau, tu y trouveras pas une ride ! Je suis sombre comme la pénombre qui me loge depuis une décennie »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[12 avril 2012]
Le temps c’est plus que de l’argent

Dix printemps : ils se comptent en kilomètres mes tours de promenade, une centaine de pompes usées, plus de trois mille jours et nuits j’ai battu Aladin et ses mille et une nuits, malgré tout ça tu peux zoomer sur ma peau, tu y trouveras pas une ride ! Je suis sombre comme la pénombre qui me loge depuis une décennie. L’épreuve m’a obligé à revoir mes objectifs à la baisse… [elle] a giflé mes rêves piétiné mes ambitions !

Toutes ces années me paraissent interminables, j’ai faim de vivre ! Vivre à l’air pur ! J’ai besoin d’une bouffée d’oxygène.

Vivre du haram c’est tellement facile essaie de vivre dans le hellel quand tu as le haram à portée de main, c’est un combat quotidien un sport de haut niveau. 1500 euros c’était le prix de ma veste en cuir « mais à force d’acheter ce qui est superflu tu finis par vendre ce qui t’est nécessaire ».

J’ai éteint la lumière dans la chambre de mon passé et fermé la porte à double tour j’ai avalé la clé.

La bénédiction de tes parents vaut mieux que le million d’euros fêté dans une chambre d’hôtel, partagé avec deux-trois michetonneuses.

J’écris mon parcours, mes espoirs Youv face au miroir en direct de ma cellule en temps réel. Pas de replay ni de rediffusion !

Je témoigne que ta vie c’est toi qui la gères quelle que soit la difficulté que tu rencontres l’échec n’a pas d’excuse rien n’est facile mais rien n’est impossible et insurmontable « plus l’épreuve est grande et plus la victoire est belle ».

T’as déjà vu un mort-vivant qui te décrit en temps réel ce qu’il vit dans sa tombe ? Bah c’est c’que je suis en train de te faire assis dans ma cellule je t’invite à partager l’envers du décor. Oublie « Envoyé spécial », « Capital », les émissions formatées remixées de Direct 8 et bienvenue dans la réalité d’un banlieusard enfermé raconté par lui-même sans prétention sans fierté mais qui assume son parcours « on n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

J’ai vu des drames des mecs qui se suicident, brûlés vifs au white-spirit des pendus par centaines, des fous plus fous que dans un asile !

J’ai slalomé toutes ces années entre ces tragédies je suis conscient d’être un miraculé ! Maintenant que j’ai vu grâce à DIEU, j’ai vaincu j’ai plus le droit à l’échec.

Si mes textes, ma vie, mon parcours peuvent éviter à certains de ne pas glisser, tomber ce sera ma réussite il y a rien de bien ici il y a rien à voir.

ÉCOUTE PAS LA STREET QUI TE DIT LE CONTRAIRE CAR SI LA STREET POUVAIT TOMBER À SA SORTIE ELLE SERAIT DEVENUE LES CHAMPS-ÉLYSÉES !!

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] « Dix printemps : ils se comptent en kilomètres mes tours de promenade, une centaine de pompes usées, plus de trois mille jours et nuits j’ai battu Aladin et ses mille et une nuits, malgré tout ça tu peux zoomer sur ma peau, tu y trouveras pas une ride ! Je suis sombre comme la pénombre qui me loge depuis une décennie »

[Notre-Dame-des-Landes] Après le bâton : la carotte

Notre-Dame-des-Landes : Après le bâton : la carotte
Petit air de pipeau pour soirées champêtres

Leur cogner dessus n’a pas réussi à les calmer. On va leur faire le coup du dialogue. Le dialogue, c’est imparable. Si tu refuses c’est que tu n’es pas démocrate. Tu passes pour un petit dictateur qui veut juste imposer ses choix (Donc : Un terroriste potentiel). Et, si tu acceptes d’entrer dans leur théâtre, après qu’on t’ait gavé de langue de bois et qu’on n’ait rien écouté de ce que tu avais à dire, on te dit que le débat a eu lieu, que tu ne peux pas te plaindre, que les procédures démocratiques ont été respectées, et que donc maintenant ce que tu contestais on va te l’imposer quand même. C’est ainsi qu’on a dupé les gentils opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au moment de la « DUP » (Déclaration d’utilité publique) et de la parodie de « débat public » l’ayant précédée (« Cause toujours » signifiait bien alors le bras d’honneur adressé au public par un des vénérables porteurs du projet).

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/304.jpg

C’est bien ce qu’on prévoit de refaire aujourd’hui : Il ne s’agit nullement d’entendre toutes les objections raisonnables à ce projet venant pour beaucoup de gens qui ne sont pas vraiment « anarcho-autonomes venus d’ailleurs ». Il s’agit de « convaincre ceux qui ne sont pas convaincus de l’utilité de l’aéroport » [Frédéric Cuvillier, Ministre délégué en charge des transports. Ouest-France, 28 novembre 2012. (Avouer aussi franchement à quel point on prend les gens pour des cons est une caractéristique de l’arrogance des gouvernants modernes. Ils ont l’habitude que ça passe. Jusqu’à quand ?)]. C’est clair. Ce dialogue-là ça consiste à dire : C’est moi qui ai raison. Tu la ferme et tu te laisses convaincre, sinon tu te casses, espèce d’anti-démocrate. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui « démocratie » (Et pas seulement ici !) et même « démocratie participative » : Une belle guignolade.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/303.jpg

En fait, ça ne vise évidemment pas à débattre avec les opposants au projet mais à envoyer un clin d’œil appuyé au public qui doute : Vous voyez comme on est conciliants, ces opposants sont bien des abrutis bornés tout de même. Ne perdez pas de temps à examiner leurs arguments. On vous dit que c’est pour le progrès, l’emploi, l’avenir de vos enfants. Croyez-nous. Ne cherchez pas plus loin.

C’est aussi une perche tendue aux écolos alliés du gouvernement pour qu’ils puissent sortir de ce bourbier « la tête haute », en baissant culotte. Si on arrivait à les faire rentrer dans le rang, ceux-là, le front de résistance en serait fragilisé. On pourrait alors taper plus facilement sur les « jusqu’au-boutistes ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/302.jpg

Mais ça devient difficile de faire gober ce genre de magouille. Les jusqu’au-boutistes barons politiciens et châtelains du commerce risquent d’avoir un peu plus de mal à faire avaler leurs couleuvres de bitume. Le dialogue à gueule de bouledogue, bien des gens n’en veulent plus, et le « progrès » qui asphyxie l’humanité, non plus.

Gédicus, 29 novembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Notre-Dame-des-Landes] Après le bâton : la carotte

[Notre-Dame-des-Landes] « Il est évident que des flics en civil ont infiltré le mouvement »

Notre-Dame-des-Landes : résistance, mode d’emploi

Reportage Ils sont plusieurs centaines de militants à squatter les bois et les champs sur le site du futur aéroport. Libération est allé voir comment s’organise sur place l’action militante et la vie quotidienne.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/001.png

Sur le site de Notre-Dame-des-Landes

« Opération Astérix ». C’est ainsi que les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ont baptisé leur action de résistance depuis six semaines. Une réponse ironique à « l’opération César » lancée par les forces de l’ordre, qui tentent – pour l’instant en vain – de détruire les installations illégales et de faire place nette avant d’éventuels premiers coups de pioche. Cette guérilla bocagère se joue entre bois et champs, les pieds dans la boue.

Ses acteurs sont éclectiques : riverains et agriculteurs, réunis au sein de l’Acipa [Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport], principale association d’opposants, « squatteurs » — pour certains installés là depuis cinq ans —, et une foule de nouveaux arrivants. Altermondialistes, autonomes… on leur a collés toutes sortes d’étiquettes. Les rassembler en un seul dénominateur est délicat. Certains espèrent mettre en pratique une autre façon de vivre, avec deux mots d’ordre : autogestion et autosubsistance. Il y a les sympathisants curieux, qui viennent apporter leur soutien – matériel ou physique – au mouvement. Enfin, on retrouve une minorité adepte du coup de poing avec les forces de l’ordre.

Le résultat est là : plusieurs centaines de personnes en permanence sur un site de 1600 hectares, qui font face à presque autant de gendarmes et CRS. Après les violents affrontements de la semaine dernière, la situation semble s’être apaisée. Alors que le gouvernement temporise avec sa « commission du dialogue », les squatteurs, eux, répètent qu’ils ont bien l’intention de prendre racine. Pour tenir le terrain, et éviter la reprise des expulsions et le début des travaux. Comment s’organisent-ils ? Explications.

La logistique

À la permanence de l’Acipa, une carte résume l’état d’esprit des opposants : tirée de la bande dessinée Astérix, elle représente un camp retranché – Notre-Dame-des-Landes – face aux légions de l’État et de Vinci, futur constructeur et opérateur du site. Le petit local situé à quelques pas de la mairie de Notre-Dame-des-Landes est la plaque tournante de la mobilisation. Le matin, c’est là qu’on fait le point sur les barrages routiers des forces de l’ordre. On y renseigne les sympathisants, oriente les volontaires. Comme James, chauffeur routier âgé d’une trentaine d’années, qui dit avoir « lâché son boulot » pour « donner un coup de main ». « J’ai apporté un pull chaud, des paires de chaussettes, explique-t-il. Je fais mon possible pour aider. »

La nourriture et le matériel sont stockés dans le hangar d’un militant, à quelques kilomètres de là. Ils sont ensuite déposés à la Vache Rit, le QG des « zadistes » [Mot tiré de « Zone d’aménagement différée », devenu « Zone à défendre » dans le vocabulaire des militants, « ZAD »], un bâtiment agricole prêté. On y trouve de tout, ou presque. Une cantine, une friperie, des caisses de médicaments. C’est là que les premiers soins – extraction des éclats de flash-ball et sutures – ont été prodigués après les affrontements contre les forces de l’ordre, par deux médecins soutenant le mouvement. Un tableau sert de point d’information, avec notamment tous les numéros de téléphone utiles. Quelques sonos crachotent de la musique. On tend l’oreille, et on entend une voix dispenser un tas de conseils pratiques et juridiques en cas d’opposition avec les policiers. C’est « Radio Klaxon », la station des « zadistes ». Les militants ont piraté la fréquence autoroutière de Vinci (107.7), constructeur et futur opérateur de l’aéroport. « Il suffit d’avoir quelques compétences techniques pour monter un émetteur, éclaire un militant. Ensuite, il faut juste de l’énergie pour tenir les ondes. »

De l’autre côté de la route, à la Rolandière, un camp de tentes et de caravanes a été monté, et semble en mesure d’accueillir plusieurs centaines de personnes. Le reste des troupes est hébergé dans le bois de la Châtaigneraie. On y accède par le chemin de Suez, quand les gardes mobiles sont bien lunés. Dans le cas contraire, il faut couper à travers champs. Au milieu de deux clairières, des cabanes de bois et de torchis reconstruites à l’issue de la grande manifestation du 17 novembre. L’ensemble est ceint d’un cordon d’une quarantaine de tracteurs, censés protéger les lieux des pelleteuses de la gendarmerie. Le week-end dernier, leur incursion pour saisir du matériel a laissé l’endroit dévasté : souches éventrées, sol retourné… les « zadistes » s’affairent désormais pour nettoyer la place.

La vie quotidienne

Combien y a-t-il de squatteurs dans le périmètre du futur aéroport ? Plusieurs centaines ? « Nous mêmes, on a du mal à se compter », reconnaît notre guide, un barbu à dreadlocks qui souhaite se faire appeler Camille, comme tous ses camarades. De l’avis général, les interventions policières des dernières semaines ont renforcé la mobilisation. Les « zadistes », malgré la pluie, le froid et l’hiver qui arrive, ne comptent pas quitter les lieux. « On a de quoi s’abriter, confie Camille. Ce qui compte, c’est l’isolation des cabanes. Or, ici, ce n’est pas compliqué. On a de la paille, et il suffit de creuser 20 centimètres pour trouver de l’argile. Tout cela fait un très bon isolant. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0021.jpeg

À la Châtaigneraie, le 26 novembre 2012

À la Châtaigneraie, les cabanes-dortoirs, édifiées avec l’aide d’artisans qualifiés, ont chacune leurs fenêtres et même du chauffage. « On avait récupéré des poëles dans les maisons qui allaient être détruites, raconte Camille. Si on venait à en manquer, il suffirait de lancer un appel. En 24 heures, je suis sûr qu’on en récupère dix. » Entre les châtaigniers, on trouve aussi une « manufacture », qui sert à stocker le matériel de construction, une cuisine collective, des toilettes sèches, et le petit dernier, un bar-guinguette.

La solidarité

Habitués des contre-sommets altermondialistes, les « zadistes » s’appuient sur leurs propres réseaux de soutien, « en autonomie ». Mais ils comptent aussi sur les solidarités locales. Les premiers squatteurs sont arrivés à NDDL il y a cinq ans. Une longévité qui leur a permis de tisser des liens avec les gens du coin. « On tient quasi-uniquement avec les dons, relate Camille. Lors de la manif du 17 novembre, on avait demandé des chaussettes chaudes, on en a récupéré 300 ! » Le jour même, les participants s’attellent à la construction des cabanes. « Ce chantier a été un moment de partage de connaissances, les gens ont appris sur le tas », se souvient le « zadiste ».

Marie, riveraine, habite à quelques mètres du camp de tentes de la Rolandière. Aux squatteurs, elle offre des douches, sa connexion Internet, voire des tournées de machine à laver. « Si besoin, des copines me dépannent en venant prendre du linge », raconte-t-elle. En retour, certains jeunes « filent un coup de main aux paysans quand ils ont besoin d’aide sur leur exploitation ». Camille, lui, espère aller plus loin : « D’ici quelques mois, on voudrait ressemer les terres rachetées par AGO [Aéroport du Grand-Ouest, la filiale de Vinci chargée du chantier, ndlr] et qui sont laissées en friche, avec le soutien des paysans. »

Un fonctionnement alternatif

Sur la ZAD, les décisions sont prises « horizontalement », après un débat collectif, souvent le soir. Deux fois par semaine, tous les militants répartis sur le site se réunissent aussi à la Vache Rit pour un « moment de rencontre ». « On n’a pas de comité directeur, éclaire Camille. On fonctionne avec plusieurs commissions, mais il n’y a pas besoin que tout le monde soit au courant de tout. Personne ne rend de comptes à personne. » Pour lui, la Châtaigneraie est un « lieu collectif d’organisation, plus large que de simples logements pour les zadistes ». « On ne lutte pas seulement contre l’aéroport mais contre la logique capitaliste qui donne la priorité aux sociétés privées plutôt qu’aux terres agricoles », déroule-t-il.

Outre l’autogestion, les « zadistes » pronent l’auto-subsistance et l’échange de compétences. Pendant longtemps, ils ont exploité un potager d’1,5 hectare avec l’aide des paysans locaux. Le lieu est désormais inexploitable, ravagé par les grenades lacrymogènes des forces de l’ordre. Mais « on compte bien relancer un potager, c’est clair », souffle Camille. Une « chèvrerie » permettait également de produire du fromage. La boulangerie, elle, fonctionne toujours, et fournit du pain deux fois par semaine. « On a un marché à prix libre tous les lundis et jeudis, détaille Camille. Mine de rien, on vit toujours dans un système capitaliste. La farine a un coût. Mais ceux qui n’ont pas les moyens peuvent se nourrir gratuitement. » Le jeune homme conclut : « Si le projet d’aéroport est abandonné, l’avenir des lieux sera décidé collectivement avec les paysans locaux. »

Des ateliers bricolage (fabrication d’éoliennes, de fours) sont également organisés. Au milieu de la Châtaigneraie, rebaptisée « Châtaigne » en AG par les « zadistes », une jeune fille tape comme une forcenée sur des clous : « Depuis que je suis là, j’ai appris à faire du bardage, on m’a inculquée des notions de charpente. »

Les forces de l’ordre

La Châtaigneraie a des airs de Fort Knox. Pour y accéder, il faut passer plusieurs « barricades », amas de tôles, de paille, et de bois. Chacune est « gardée » par des militants, talkies-walkies à l’oreille. Un moyen de ralentir les forces de l’ordre si celles-ci cherchaient à investir les lieux pour détruire les cabanes. « Une barrière défendue tiendra toujours plus longtemps », souligne Camille. Les militants sont à la recherche d’essence pour enflammer leurs palissades en cas d’assaut. Le long du chemin de Suez, des chicanes et des tranchées ont été mis en place, afin de ralentir les véhicules de destruction.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/003.jpeg

Une barricade dans un chemin forestier

Quand on déambule sur le site, il n’est pas rare de tomber nez à nez avec un « zadiste » cagoulé. Une dissimulation indispensable, selon eux. « Il ne faut pas oublier que nos constructions sont illégales. » Une légère atmosphère de paranoïa flotte sur les lieux, les rumeurs vont bon train. Des types jouent à cache-cache derrière les haies, certains refusent de parler aux journalistes sous l’œil de leurs camarades. « C’est mal vu, on risque d’être pris pour des indics », juge l’un d’entre eux. L’homme, qui se fait appeler Jules, dit appartenir à la mouvance de « l’ultra gauche ». « On n’est pas là pour s’établir, mais pour résister à la répression policière. » Il évoque la présence, sur place, d’un « atelier de fabrication de lance-pierres », avant de corriger : « On ne cherche pas la baston pour la baston, on ne veut pas tomber dans ce piège. »

Quoi qu’il en soit, les militants, rompus aux mouvements alter, restent très méfiants. Dans le local de l’Acipa, à Notre-Dame-des-Landes, une affichette annonce la couleur : « Souvenez-vous des grandes oreilles (…). Enlevez les piles de votre téléphone (…). La cinquième colonne vous surveille. » Les cartes d’état-major distribuées représentent les check points policiers avec … une tête de mort (voir ci-dessous). Camille le reconnaît, « il est évident que des flics en civil ont infiltré le mouvement. On essaye que cela ne devienne pas trop pesant. Mais on évite quand même de laisser des gens qu’on ne connaît pas trop s’approcher des radios ». Un autre militant abonde : « Notre résistance dépendra de notre force et de celle des gendarmes. Il faut voir jusqu’à quel niveau de violence les flics sont prêts à aller. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/004.jpeg

Cliquez ici pour voir le plan en plus grand

La presse

Autre sujet de débat, les journalistes. Dans les différents lieux occupés par les « zadistes », les panneaux sont peu accueillants. « Journalistes, vous n’êtes pas les bienvenus », « Chers amis, que vous soyez journaliste ou pas, gentils ou méchants, les images, ici, c’est de 11h à 11h30. » Les rapports avec la presse « dominante » et « capitaliste » sont un sujet de débat important. Parmi les manifestants, certains prônent l’isolement : « On a nos propres médias, cela nous suffit. » D’autres jugent la médiatisation plus large du mouvement importante, sous conditions…

La preuve mardi matin. Accompagné d’un élu écologiste, on se pointe à la Châtaigneraie. À peine arrivé, immédiatement rembarré. « On t’invite à revenir d’où tu viens. Ou à poser ton sac pour venir travailler avec nous », annoncent deux jeunes. La hantise, sur place, ce sont les caméras et les appareils photos. « C’est une question de respect de notre intimité », affirme Camille, qui dit avoir « vécu des moments atroces quand les journalistes nous ont pris pour des morceaux de viande ». « On considère que notre bien être est plus important que celui des journalistes, qu’il est prioritaire par rapport à la médiatisation », ajoute-t-il. Autre motif d’inquiétude, le fait que « les images puissent être utilisées contre nous par la police. Car malgré tout, on réalise des constructions illégales. » Finalement, rendez-vous est fixé le lendemain matin pour une « visite de presse », de 11h à 11h30. L’atmosphère est plus détendue, les volontaires répondent sans souci aux questions.

À la mi-journée, les radios relaient la tentative de deux tracteurs d’apporter du matériel. « On a besoin de monde pour faire pression sur les flics », alerte un jeune homme. Les militants se dispersent. Quelques personnes restent là, s’affairant avec leurs outils. Philippe, cadre retraité de l’industrie, vient d’arriver avec sa femme, une couette sous le bras. « On est là pour les soutenir moralement, on se dit que ça pourrait être nos enfants. »

Presse aéroportée (Sylvain Mouillard – envoyé spéciale [sic, NdJL], Liberation.fr, 29 novembre 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Serait-ce le devenir des comicos partout ?] « On était une trentaine à mettre le feu au poste »

Tunisie : un poste de police incendié par des manifestants près de Siliana

Des manifestants ont incendié jeudi un poste des forces de l’ordre tunisiennes à Kesra, à 40 km de la ville de Siliana frappée la veille par de graves violences, a constaté une journaliste de l’AFP.

La façade du poste portait les traces de flammes et deux véhicules de police calcinés gisaient dans les environs. Plus aucun policier n’était présent sur les lieux après l’attaque et quelques jeunes se tenaient aux abords du bâtiment.

On était une trentaine à mettre le feu au poste le matin, a raconté à l’AFP, Ali 17 ans.

Le calme semblait par ailleurs régner vers 12H30 GMT dans cette localité de 18.000 habitants.

Des témoins, interrogés par l’AFP, avaient indiqué plus tôt que plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblés devant ce poste et avaient tenté de le prendre d’assaut. Les forces de l’ordre avaient répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes.

Aucune source hospitalière ou policière n’était en mesure de dresser un bilan dans l’immédiat. (…)

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 29 novembre 2012)


Tunisie : manifestations dans la région de Siliana, affrontements sporadiques

Des affrontements sporadiques ont opposé protestataires et policiers jeudi dans la région de Siliana où de graves violences ont fait plus de 250 blessés la veille parmi les manifestants qui réclament le départ du gouverneur et de meilleures conditions de vie.

La principale centrale syndicale tunisienne, l’UGTT, avait maintenu son appel à une troisième journée de grève générale dans la région et la ville de Siliana (120 km au sud-ouest de Tunis).

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/265.jpg

Des manifestations ont été émaillés de violences dans des localités alentours, mais les débordements étaient bien moins graves que la veille. (…)

Dans la localité de Gaâfour, des manifestants ont jeté des pierres sur des camions des forces de l’ordre et de l’armée qui ont alors rebroussé chemin, selon des témoins.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/272.jpeg

À Siliana, chef lieu de la région éponyme, une manifestation de quelque 2.000 personnes s’est déroulée dans le calme, contrairement à la veille. Aucun incident n’y a eu lieu, selon les journalistes de l’AFP. (…)

En milieu de journée, des policiers et des militaires étaient présents en petit nombre dans les rues de Siliana. Les vestiges des barricades et des violences de mardi et mercredi jonchaient par contre le sol, tels des pierres, des pneus calcinés et même des troncs d’arbres abattus. Tous les commerces étaient fermés jeudi, comme la veille. (…)

Le ministère a par contre publié sur sa page Facebook un bilan matériel des violences de la veille qui s’étaient répandues dans cinq localités proches de Siliana : plus d’une demie douzaine de bâtiments publics ont été incendiés, dont quatre postes des forces de l’ordre. (…)

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 29 novembre 2012)


Violences à Siliana : Grève générale et rassemblement devant le siège du gouvernement

Un calme précaire régnait jeudi matin à Siliana où une grève générale est observée pour le troisième jours consécutifs.

Quelques pharmacies, boulangeries et l’hôpital régional ont gardé leurs portes ouvertes, a constaté le correspondant de l’Agence TAP dans la région.

Les magistrats et les avocats ont rejoint ce mouvement de grève générale.

Des milliers d’habitants venus de différentes délégations du gouvernorat se sont rassemblés, depuis jeudi matin, devant l’union régionale du travail et se sont dirigés par la suite vers le siège du gouvernorat pour réclamer le départ du gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoubi, en l’absence de tout renfort sécuritaire.

Les protestataires ont procédé jeudi matin à la fermeture des locaux du parti Ennahdha à Siliana et Bargou.

Mercredi, le siège d’Ennahdha à Errouhia a été incendié alors que les locaux du parti à Sidi Bourouis, Kesra et Makthar, ont été fermés sans aucun incidents.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/282.jpg

Le ministère de l’intérieur a recensé, dans un communiqué publié jeudi, les dégâts enregistrés suite au mouvement de protestation survenu mercredi dans le gouvernorat de Siliana. Le ministère relève que les vitres du siège du gouvernorat de Siliana ont été brisés, le poste de police et le siège de la délégation de Makthar incendiés et la recette des finances pillée. Dans la délégation de Bouarada, le poste de police a été incendié, un dépôt de denrées alimentaires pillé ainsi que la recette des finances. À Bourouis, le poste de la garde nationale a été incendié. Dans la délégation d’Errouhia, le poste de police, le siège de la délégation, le logement de fonction du délégué, une partie du siège de la municipalité et un dépôt appartenant aux services de l’assurance sociale, ont été incendiés.

Les affrontements survenus mercredi entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plus de 250 blessés dont 19 cas atteints au niveau des yeux ont été transférés vers l’institut d’ophtalmologie Hédi Raies à Tunis. Parmi ces blessés un jeune a perdu la vue, ont indiqué des sources proches de la victime au correspondant de l’Agence TAP dans la région.

Presse à balles réelles (WMC/TAP, 29 novembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Serait-ce le devenir des comicos partout ?] « On était une trentaine à mettre le feu au poste »

Grève des conducteurs de bus à Singapour

Première grève à Singapour depuis 25 ans

Une grève sauvage par des immigrants chinois chauffeurs d’autobus met l’accent sur la différence de salaire de 30% avec leurs homologues malaisiens ou singapouriens.

Singapour, qui a connue sa dernière grande grève en 1986, par les travailleurs des chantiers navals, n’a pas de salaire minimum et interdit aux travailleurs des transports en commun et d’autres services essentiels de faire grève sans préavis de 14 jours.


Singapore’s first strike in 25 years shines spotlight on racial tensions

Wildcat strike by immigrant Chinese bus drivers focuses on 30% pay difference with Malaysian or Singaporean drivers.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/254.jpg

Police patrol an apartment complex where striking Chinese bus drivers had gathered to protest at being paid less than local workers.

An illegal strike by Chinese bus drivers in Singapore has highlighted tensions over immigration in the city-state and exposed the unfavourable treatment of lower-skilled foreign workers.

The strike, the first in the tightly regulated Asian financial centre in more than 25 years, was motivated partly by the fact that Chinese drivers are paid less than their Singaporean and Malaysian peers. The Chinese are paid S$1,075 Singapore dollars (£549) a month compared with S$1,400 for a Malaysian driver.

For the first two days of this week, buses ran late and crowded in a city that prides itself on efficiency, leading to complaints from customers.

On Monday, 171 drivers failed to turn up and 88 did not report for work on Tuesday. Most returned on Wednesday after officials from the Chinese embassy spoke to them late on Tuesday. Drivers had also face pressure from the acting manpower minister, Tan Chuan Jin, who warned them they had « crossed the line ». Riot police were stationed near their hostel.

The walkout exposed xenophobic attitudes towards Chinese workers, who largely do menial, low-status work deemed unappealing by locals. A reader on the Today newspaper website calling himself Leonard Low wrote: « This is Singapore NOT China. If you cannot follow the law of the land please go back to your own country and strike. »

Another, James Teo, wrote: « Those who broke our laws of assembly and illegal strikes must be charged in court, fined, jailed or both, deported and banned from ever coming to Singapore. »

There were similar comments on Tan’s Facebook page, with Bao Heng commenting: « These [Chinese] drivers don’t deserve the same salary and benefits. Many Singaporeans would agree with me that Malaysians drivers are safer drivers. » In the case of SMRT Corp, one of Singapore’s two bus companies, Chinese nationals account for about 450 of the 2,000 or so drivers on its payroll. The island of 5.2 million people relies on hundreds of thousands of immigrants from countries such as China, Indonesia and Bangladesh, particularly in the construction, hospitality and transport sectors. The influx has strained public services and sparked a backlash, with accusations that foreign workers are stealing jobs, pushing up housing costs and crowding public transport.

Such sentiments were blamed for Singapore’s ruling People’s Action party receiving its lowest share of the vote – 60% – since 1965 in elections last May.

Singapore, which had its last major industrial action in 1986, by shipyard workers, has no minimum wage and prohibits workers in public transport and other essential services from going on strike without giving notice of 14 days. SMRT, which said the strike affected about 5% of its bus services, claimed the difference in pay between the Chinese and Malaysian bus drivers was due to the Malaysians being permanent employees.

The strikers also complained that SMRT switched them to a six-day week with slightly higher pay from a five-day week that had allowed them to earn more by doing overtime.

Presse esclavagiste (Haroon Siddique and agencies, guardian.co.uk, 28 novembre 2012)


Singapour. La première grève en 26 ans fait chou blanc [sic, NdJL]

La première grève à avoir lieu depuis 26 ans dans la très capitaliste Singapour a largement échoué : les 171 chauffeurs de bus chinois qui exigeaient une hausse de salaire étaient mercredi dans leur très grande majorité retournés au travail sans avoir obtenu gain de cause.

Les chauffeurs de bus chinois de la compagnie de transport publique SMRT avaient cessé le travail lundi, réclamant d’être payés autant que leurs confrères malaisiens. Mais l’arrêt de travail a été déclaré illégale par les autorités, comme toute grève dans les « services essentiels », à moins qu’un préavis de deux semaines soit donné, ce qui n’avait pas été le cas.

La police a diligenté une enquête et certains grévistes ont été interrogés, selon le quotidien The Straits Times. Mercredi, seuls six chauffeurs n’étaient toujours pas retournés devant leur volant, selon la SMRT.

Les grèves sont extrêmement rares à Singapour, cité-État régulièrement classée parmi les pays les plus « libéraux » en matière économique. La dernière remonte à 1986, selon les autorités.

Presse esclavagiste (Ouest-France.fr, 28 novembre 2012)

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Grève des conducteurs de bus à Singapour

[No TAV] Rassemblement et manifestation à Lyon lundi 3 décembre

Le 3 décembre 2012, les chefs d’État français et italien François HOLLANDE et Mario MONTI se réuniront en sommet à Lyon pour parler austérité et conclure le plan de financement de la ligne à grande vitesse reliant Lyon à Turin (le TAV), présenté pour l’occasion comme un remède à la crise. Nous ferons de ce sommet l’occasion de montrer notre rejet du TAV (TGV) et de la structuration des territoires en Machine Économique compétitive et rentable au service d’un monde que nous ne voulons plus. Au moment où gagner semble possible après les différentes batailles dans la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, retrouvons-nous tous ensemble pour lutter contre le TAV et tous les projets de grandes infrastructures.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/196.jpg

Pour cela, nous invitons le 3 décembre 2012 à Lyon, les mouvements NO-TAV italiens et français ainsi que toutes les personnes en lutte chez elles contre des grands projets d’infrastructure et d’aménagement de leur vie à se mobiliser. Au programme, rassemblement à partir de midi gare des Brotteaux (Lyon 6e) et manifestation dans les rues vers 14h dans les rues de Lyon.

NOTAV 69, 23 novembre 2012


Contre le Lyon-Turin, toutes et tous à Lyon le lundi 3 décembre !

Le Lyon-Turin est un projet de nouvelle liaison ferroviaire à travers les Alpes, qui prévoit notamment de creuser le plus long tunnel d’Europe (plus de 50 km) dans une montagne contenant des roches riches en amiante et en uranium. C’est aussi quinze ans de travaux et des dizaines de millions de mètres cube de déblais à stocker en Maurienne et dans le Val de Susa, au débouché italien du tunnel. Lancé officiellement en 2001, le projet devrait être achevé vers 2023 et coûter 25 milliards d’euros.

Rappel des faits :

Depuis 20 ans, dans le Val de Susa italien, la résistance est massive et populaire. Les habitant.e.s de la vallée organisé.e.s en « comités No Tav » (Tav=Tgv) ne se contentent pas de manifs monstre (par exemple 70’000 personnes à Bussoleno en février 2012), illes ont construit des baraques permanentes (les « presidio ») sur les sites de carottages, où les opposant.e.s de tous âges et classes sociales peuvent se retrouver et s’informer dans la convivialité. Depuis l’été 2011, les épisodes s’enchaînent de plus en plus vite sur le site de creusement de la première galerie de reconnaissance italienne, à Chiomonte : expulsion et saccage de l’occupation de la Madalena par les carabinieri fin juin, attaque du camp retranché policier par une « marée humaine » de 70’000 personnes le 3 juillet, construction de cabanes dans les arbres à côté du fortin policier, manifestations fréquentes cet hiver…

Dernier épisode marquant : le 27 février 2012, des parcelles de terrain appartenant au mouvement NoTav sont expropriées par la police, pour commencer réellement le chantier. Un militant, monté sur un pylône électrique, pour échapper à la police est électrocuté et hospitalisé. Des manifestations de soutien ont aussitôt lieu dans toute l’Italie et dans quelques villes françaises, pendant plus de deux semaines (voir ici et ).

Aujourd’hui le chantier doit être surveillé en permanence par des centaines de flics et de militaires (les « Alpini »), pour un surcoût d’au moins 50’000 euros par jour.

« Anche in Francia, sara durà » (« En France aussi, ce sera dur »)

Le collectif « No Tav-Savoie » s’est créé en septembre 2011, afin de contrer la propagande massive pour l’autoroute ferroviaire, soutenue par tous les politiciens locaux. Le collectif diffuse un argumentaire dénonçant l’inutilité complète, les nuisances irréversibles et le coût indécent du projet, ainsi que le modèle de société qu’il encourage. Il a appellé à un premier rassemblement le 14 mars à Chambéry, et a organisé plusieurs réunions publiques d’information (Chambéry, la Tour du Pin, St-Jean de Couz en Chartreuse, et plus récemment Villarodin-Bourget) avec les habitant.e.s situé.e.s sur le tracé. De janvier à mars 2012, l’enquête publique portant sur le tronçon Lyon-Chambéry a fait découvrir aux habitant.e.s concerné.e.s (avant-pays savoyard et nord-Grésivaudan) le désastre qui les attend et l’absurdité du projet. Pour la première fois depuis des années, la réunion pro Lyon-Turin du 13 mars à Chambéry était remplie d’opposant.e.s. Le consensus se fissure..

Le neuf juin dernier, une première manifestation a réuni en France quelques centaines de personnes.

En France, d’autres collectifs s’activent aujourd’hui contre le Lyon-Turin. C’est le cas notamment des collectifs No TAV Paris, No TAV Lyon, ou encore de la Coordination opposée au Lyon-Turin, qui réunit plusieurs associations d’habitants opposés au projet.

La lutte ne fait que commencer

Le 3 décembre, les techno-présidents Mario Monti et François Hollande se retrouvent à Lyon pour parler du financement du TAV. Les opposant.e.s joueront encore une fois les trouble-fête. À partir du 26 novembre, une semaine de discussions, projections et rencontres autour du mouvement No-TAV est organisée à Lyon (voir le programme). À l’appel des collectifs No TAV Savoie, No TAV Lyon, No TAV Paris, et des comités No TAV italiens, plusieurs rendez-vous de lutte sont organisés et notamment :

•  Le 3 décembre à Lyon : Rassemblement et manifestation

12h, Gare des Brotteaux : Repas, assemblée, prises de paroles françaises et italiennes, présentation des différentes luttes et de leurs contextes, jeux, tables d’infos…

14h : Départ d’une manifestation festive.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/2010.jpg

Bien sûr, la lutte contre le TAV n’est pas sans rappeler l’actuelle opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou encore l’opposition basque contre la LGV transpyrénéenne. De la Bretagne aux Alpes, pas de grands projets inutiles, ni ici ni ailleurs !

Et pour suivre l’actualité de la lutte contre le Lyon-Turin en France, le blog du collectif No TAV Savoie. D’autres infos encore sur Rebellyon.

Indymedia Grenoble, 24 novembre  2012 – actualisé le 28 novembre


Notre-Dame-des-Landes – LGV Lyon-Turin : même combat !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/216.jpg

Tract distribué le soir du 28 novembre devant la mairie de Grenoble lors du rassemblement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Indymedia Grenoble, 28 novembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [No TAV] Rassemblement et manifestation à Lyon lundi 3 décembre

[No TAV] Nouvelle rafle de la Digos à Turin et dans le Val de Suse

TGV Lyon-Turin : opposants interpellés

Les forces de l’ordre italiennes ont effectué ce matin une série de perquisitions et d’interpellations dans les milieux des opposants au projet de TGV Lyon-Turin, à Turin et dans le Val de Suse, ont annoncé les médias italiens.

Au cours de ces opérations, neuf militants ont été mis aux arrêts domicilaires. Deux d’entre eux pour une agression commise en février dernier à Chianocco, dan le Val de Suse, contre une équipe des journalistes du Corriere Web. Et les sept autres pour avoir fait irruption en août dernier à Turin, dans le bureau d’études de la société Geovalsus qui effectue des travaux de préparation à la réalisation du train.

En outre, quatre personnes ont reçu une interdiction de demeurer dans la commune de Turin et les six dernières sont soumises à un contrôle judiciaire.

Le projet de TGV, discuté depuis plus de vingt ans et dont la mise en service est prévue en 2023, a donné lieu ces dernières années, surtout côté italien, à de nombreuses manifestations, parfois ponctuées de heurts violents entre opposants et forces de l’ordre.

Ce projet, sur lequel Paris et Rome sont en parfaite harmonie, sera l’un des thèmes du sommet franco-italien qui réunira le président François Hollande et le président du Conseil Mario Monti le 3 décembre à Lyon.

Les opposants italiens au projet ont d’ailleurs annoncé qu’ils iront manifester sur place lors de cette rencontre.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 29 novembre 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [No TAV] Nouvelle rafle de la Digos à Turin et dans le Val de Suse

[Monywa, Birmanie] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

La police birmane disperse une manif’

La police birmane est intervenue à l’aide de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation contre un vaste projet minier piloté par l’armée et la filiale d’un fabricant d’armes chinois, rapportent des témoins. Plusieurs fourgons de police antiémeute sont arrivés dans les camps installés près de la mine de Monywa, dans le nord-ouest du pays, où des milliers d’habitants contestent depuis trois mois le projet d’extension de cette mine de cuivre pour un montant d’un milliard de dollars.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/021.jpeg

Les protestataires dénoncent la confiscation illégale de plus de 3.000 hectares de terres.  Shin Oattama, un moine bouddhiste qui aide les villageois, a déclaré que dix moines avaient été blessés, dont deux sont dans un état critique. « Ils ont tiré certaines cartouches qui ont mis le feu au camp. Nous cherchons refuge dans un village avoisinant. Il n’y a pas d’ambulance, pas de médecin pour prendre en charge les blessés », a-t-il ajouté.

Les querelles foncières constituent un problème croissant en Birmanie, où les manifestations, autrefois rapidement réprimées par la junte au pouvoir, sont devenues plus fréquentes depuis les réformes d’ouverture engagées par le président Thein Sein il y a dix-huit mois.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/043.jpeg

L’opposante Aung San Suu Kyi a maintenu une visite prévue jeudi sur le site, où elle entend parler aux manifestants, a déclaré son parti, la Ligue nationale pour la démocratie.  La mine, la plus grande du pays, est exploitée par une filiale de China North Industries Corp, un fabricant d’armes chinois, aux termes d’un contrat signé en juin 2010. Il est soutenu par la holding économique de l’Union du Myanmar (UMEHL), propriété de l’armée birmane.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0819.jpg

Sit-in devant les portes de la société chinoise Wanbao à Letpadaung le 20 novembre 2012

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0623.jpg

Presse militaro-industrielle (LeFigaro.fr avec Reuters, 29 novembre 2012)


Birmanie : des dizaines de manifestants blessés par la police

Des dizaines de manifestants qui occupaient une mine de cuivre dans le nord-ouest de la Birmanie ont été blessés jeudi lors d’une opération de police. Les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau, entre autres, pour disperser les moines bouddhistes et les villageois protestataires, à quelques heures de l’arrivée de l’opposante Aung San Suu Kyi, venue entendre leurs doléances.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/063.jpeg

Selon une infirmière de l’hôpital de Monywa, 27 moines et une autre personne ont été hospitalisés pour des brûlures causées par des projectiles. Deux des moines plus gravement blessés ont été envoyés à l’hôpital à Mandalay, la deuxième ville du pays, à 2h30 de route.

Les autres manifestants évacués se sont rassemblés dans un temple bouddhiste à environ 5 km de l’entrée de la mine.

Les protestataires, qui ont installé six campements autour de la mine de Letpadaung près de Monywa, estiment que l’exploitation de la mine provoque des problèmes d’environnement, de santé et des problèmes sociaux. La répression qui s’est abattue sur eux, et en particulier sur les moines, pourrait transformer l’opération en fiasco pour le président Thein Sein, prompt à se féliciter de la transition démocratique en Birmanie.

« C’est inacceptable », déclare Ottama Thara, un moine de 25 ans qui participe au mouvement. « Ce type de violences ne devraient pas arriver sous un gouvernement qui dit être engagé dans des réformes démocratiques. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/071.jpeghttp://juralib.noblogs.org/files/2012/11/033.jpeghttp://juralib.noblogs.org/files/2012/11/102.jpeg

Entreprise chinoise et armée birmane

La mine de Letpadaung est exploitée par une entreprise chinoise et un groupe contrôlé par l’armée birmane. Le mouvement, qui a débuté en août dernier, a entraîné l’arrêt de l’exploitation de la mine le 18 novembre dernier, date de l’occupation de la zone, avait déclaré le ministère de l’Intérieur birman dans un communiqué.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/055.jpeg

Le gouvernement birman avait donné l’ordre aux manifestants de quitter les campements mardi soir à minuit. Certains ont obéi mais d’autres, dont une centaine de moines, sont restés sur les lieux mercredi.

« Vers 2h30 (jeudi), la police a annoncé qu’elle nous laissait cinq minutes pour partir », raconte Aung Myint Htway, un agriculteur dont la peau est recouverte de brûlures. Ce producteur de cacahuètes ajoute que la police a utilisé des canons à eau avant de tirer avec des pistolets lance-fusées. « Ils ont tiré des balles noires qui explosaient en flamèches. Ils ont tiré environ six fois. Les gens se sont mis à courir et ils nous ont suivis », relate l’homme, se tordant de douleur à cause de sa peau brûlée.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/094.jpeg

L’opposante Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, avait prévu de se rendre dans cette région reculée du pays pour entendre les manifestants. Ces derniers réclament que le projet de mine « soit totalement arrêté » et demandent que toute concession soit rendue publique, devant les médias.

Presse militaro-industrielle (Sipa-AP via tempsreel.nouvelobs.com, 29 novembre 2012)

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Monywa, Birmanie] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

[Bordeaux, samedi 1er décembre] Débat « Guerre à l’État : Luttes autonomes et expériences alternatives au pays basque (1982-1992) »

Débat ce week end

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0138.jpg

Les années 1980 représentent pour l’Espagne la seconde étape de ce que l’on a nommé la « transition démocratique » et son intégration à l’Europe. Cette période fut l’occasion d’une intense agitation sociale, particulièrement dans les territoires basques. Outre les mouvements nationalistes, on y vit fleurir un mouvement antiautoritaire, libertaire, prenant comme esthétique la vague punk qui balayait alors tout le pays.

Ce mouvement eut de multiples aspects : squats, radios pirates, fanzines, musique. Il se retrouva mêlé aux luttes ouvrières, étudiantes, féministes, antimilitaristes, écologistes, pour le logement… Il fut en butte à la répression des États espagnol et français ainsi qu’à l’ostracisme ou aux calomnies du mouvement de libération nationale basque classique.

Ce livre évoque une histoire oubliée par l’historiographie officielle et la geste nationaliste, une histoire souvent méconnue par le public francophone. Loin d’être une glorification ou un objet nostalgique, son but, au-delà de rendre justice aux protagonistes consiste à poser cette simple question : « Comment ne pas refaire les mêmes erreurs ? »

« Estatuari gerra pakean utzi arte » (« Guerre à l’État… jusqu’à ce qu’on nous foute la paix ») est le titre d’un morceau du groupe punk Hertzainak. Hommage au camarade Piti.

Organisé par la librairie du Muguet – 7 rue du Muguet à Bordeaux

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Bordeaux, samedi 1er décembre] Débat « Guerre à l’État : Luttes autonomes et expériences alternatives au pays basque (1982-1992) »

Action de solidarité avec les prisonnier.es à Roanne le 26 novembre

Action de solidarité avec les prisonnier.es à Roanne le 26 novembre

Lundi 26 novembre, des perturbations et blocages d’axes de circulation ont eu lieu dans la ville de Roanne. Des banderoles ont été déployées, elles disaient « Solidarité avec les luttes des prisonnier.es » et « À bas toutes les prisons, que vivent les révoltes ».

Un tract qui revient sur l’implantation du centre de détention de Roanne, sur tout.es celles et ceux qui en tirent profit, et sur l’ignominie de l’enfermement, a été distribué à 500 exemplaires dans les boîtes aux lettres de différents quartiers de la ville.

Voici son contenu :

La cir­cu­la­tion a été aujourd’hui blo­quée dans la ville. Des bar­riè­res ont empê­ché les voi­tu­res d’avan­cer. Sur ces bar­riè­res, des ban­de­ro­les disaient : « Soli­da­rité avec les pri­son­nier.es en lutte » et « À bas toutes les pri­sons, que vivent les révol­tes ! ». Cela vient redire à l’ensem­ble des habi­tant.es de Roanne qu’à quel­ques pas de là sont enfer­mées près de 600 per­son­nes dont chaque dépla­ce­ment est contrôlé. Chaque jour, ces per­son­nes se retrou­vent des dizai­nes de fois « blo­quées » par des bar­riè­res et des portes aux ser­ru­res dont elles n’ont pas la clé.

Et pour­tant…

À Roanne, malgré toutes les cou­ches de vernis démo­cra­ti­ques et de moder­nité sensés faire croire que le centre de déten­tion serait au final un lieu accep­ta­ble, ça craque, ça pète, ça prend feu… Parce que les meilleurs maquilla­ges n’empê­che­ront jamais le besoin de liberté de se faire sentir à une per­sonne enfer­mée pen­dant les semai­nes, les mois, les années qu’elle ne pourra pas rat­tra­per.

L’Administration Pénitentiaire (AP) et la mairie vou­draient donner l’image de prison « propre », c’est-à-dire une prison moderne d’un point de vue archi­tec­tu­ral et social.

Mais le vernis com­mence à se cra­que­ler, des détenu.es réus­sis­sent à faire enten­dre leurs révol­tes par delà les hauts murs malgré les ten­ta­ti­ves de muse­lage répé­tées de l’AP. Pétitions, textes de reven­di­ca­tion, gestes d’insou­mis­sion ont filtré au tra­vers des bar­reaux au prix de beau­coup d’efforts et de lour­des repré­sailles (trans­ferts dis­ci­pli­nai­res, jour­nées de mitard, sup­pres­sion de remi­ses de peines, procès don­nant lieu à des peines sup­plé­men­tai­res … sans comp­ter les consé­quen­ces non offi­ciel­les : fouilles géné­ra­li­sées, chan­tage concer­nant les pos­si­bi­li­tés de libé­ra­tion condi­tion­nelle et ten­ta­ti­ves de briser mora­le­ment les per­son­nes par du har­cè­le­ment au quo­ti­dien … c’est-à-dire réveiller des pri­son­nier.es au milieu de la nuit, ne pas aller les cher­cher pour la pro­me­nade ou un par­loir, donner le cour­rier plu­sieurs jours en retard, et bien d’autres choses encore.) Face à cette situa­tion, des pri­son­nier.es refu­sent de bais­ser les bras et de se lais­ser écraser par le chan­tage et la peur.

Nous sommes soli­dai­res de leur colère parce que nous ne vou­lons ni prison ni enfer­me­ment.

La propagande au niveau de la population

Pour per­met­tre l’implan­ta­tion du centre de déten­tion (CD), la mairie a mis en œuvre tout une pro­pa­gande auprès des habi­tant.es de l’agglo­mé­ra­tion van­tant les méri­tes des pri­sons du futur dont celle de Roanne a été une des pre­miè­res : visi­tes des locaux avant l’arri­vée de ses « pen­sion­nai­res », jour­née annuelle de sen­si­bi­li­sa­tion sur la prison…

Mais aussi un joli bour­rage de crânes orga­nisé en 2011 par le biais de la com­mis­sion soli­da­rité à des­ti­na­tion d’une partie des enfants des écoles et cen­tres sociaux de la ville. Une ren­contre avait été orga­ni­sée avec le direc­teur du CD M. BOYER et la direc­trice du SPIP (ser­vi­ces péni­ten­tiai­res d’inser­tion et de pro­ba­tion, les tra­vailleurs sociaux des pri­sons), pour bien ancrer dans la tête des plus jeunes qu’il est normal et banal de mettre des per­son­nes dans des cages.

Dans ce monde mer­veilleux des pri­sons moder­nes, on vou­drait faire croire que les ten­sions entre détenu.es et sur­veillant.es n’exis­tent pas puis­que d’une part les pri­son­nier.es seraient trié.es sur le volet pour leur com­por­te­ment et leurs « chan­ces » de réin­ser­tion, et d’autre part parce qu’on leur pro­po­se­rait la crème de toutes les acti­vi­tés socio-cultu­rel­les et de for­ma­tion exis­tan­tes, ce dont elles et ils seraient sûre­ment reconnais­sant.es.

Dans ce type de dis­cours (également lar­ge­ment dif­fusé par les entre­pri­ses qui pro­fi­tent de l’enfer­me­ment et par l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire), on retrouve tou­jours les argu­ments liés au « profil » par­ti­cu­lier des détenu.es des cen­tres de déten­tion qui seraient des per­son­nes aux plus gran­des chan­ces de se « réin­sé­rer » (encore fau­drait-il avoir été « inséré » dans quel­que chose aupa­ra­vant, encore fau­drait-il le vou­loir…). Cela entre­tient l’idée qu’on va en prison uni­que­ment pour des rai­sons pro­pres à notre per­son­na­lité.

Ce dis­cours nie sys­té­ma­ti­que­ment le contexte de merde dans lequel pas mal de gens vivent, et qui laisse assez peu d’espoir de sortir un jour la tête des fac­tu­res en retard alors que chaque jour il faut aller bais­ser les yeux face à des petit.es chef.fes arro­gant.es pour avoir « la chance » de garder un boulot pourri et mal payé.

Les retombées économiques

À Roanne, la cons­truc­tion du centre de déten­tion a été bien accueillie (en tout cas par les élu.es et une cer­taine part de la popu­la­tion qui a voix dans les médias) et même lon­gue­ment négo­ciée par les élu.es de l’époque (Nicolin et son équipe muni­ci­pale) avec pour seule moti­va­tion les éventuelles retom­bées économiques qu’elle doit engen­drer : emplois sala­riés « sta­bles », achats effec­tués par les pro­ches des détenu.es venus les visi­ter…

Concernant ce der­nier point, on peut se deman­der quel fric on a encore à dépen­ser quand :

• Il faut déjà faire plu­sieurs cen­tai­nes de kilo­mè­tres pour voir une heure celles/ceux qu’on aime au par­loir,

• Il faut aider finan­ciè­re­ment les pro­ches enfermé.es parce qu’en prison tout se paye beau­coup plus cher qu’ailleurs (au CD de Roanne, 2 à 3 fois le prix de l’exté­rieur pour des pro­duits de base),

• Pour cer­tain.es, avoir un.e proche enfermé.e ça veut dire se retrou­ver avec un revenu et une per­sonne en moins à la maison mais tou­jours le même loyer, les mêmes char­ges, etc…

C’est sûr qu’après ça, pas ou peu de per­son­nes ont les moyens d’aller à l’hôtel, de se payer des restos ou d’aller faire les maga­sins à Roanne. Et quand bien même les moyens seraient là, en a-t-on vrai­ment envie quand on vient de lais­ser une per­sonne qu’on aime der­rière les grilles ?

Au final, ceux et celles qui pro­fi­tent finan­ciè­re­ment de la pré­sence du centre de déten­tion à Roanne, et de pas mal d’autres pri­sons, sont les très gros­ses entre­pri­ses :

• Eiffage qui a cons­truit et reste pro­prié­taire des bâti­ments qu’il loue 750’000 euros par mois à l’État avec un bail garanti pour 30 ans, et ses filia­les ENEP4 et SYNESTES qui en font l’entre­tien ;

• GEPSA (filiale d’Elyo-Suez) et Eurest qui gèrent pour 250’000 euros par mois ce qui est cyni­que­ment appelé « ser­vi­ces à la per­sonne », c’est-à-dire :

Repas (imman­gea­bles), can­ti­nes (à des prix qui ren­draient dingue n’importe quelle asso­cia­tion de consom­ma­teurs si ça se pas­sait à Cannes ou Courchevel), for­ma­tions (3 profs pour 600 détenu.es), « tra­vail » (très peu de places pos­si­bles et don­nées aux per­son­nes les plus « méri­tan­tes » aux yeux de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire, ce qui pousse cer­tai­nes per­son­nes qui n’ont pas d’autre moyen d’avoir un peu d’argent à tout accep­ter sans jamais ouvrir la bouche. Le « tra­vail » en prison, est payé en moyenne 3 euros de l’heure ou à la pièce, non garanti, c’est-à-dire que les per­son­nes ne bos­sent et ne sont payées que lors­que ça arrange l’entre­prise qui trouve là une main d’œuvre modu­la­ble et pas chère. Elle peut ensuite se vanter de faire de la « réin­ser­tion »).

Peu après la cons­truc­tion du CD, répon­dant aux cri­ti­ques des mal­fa­cons dans les tra­vaux qui appa­rais­saient déjà au grand jour, le direc­teur d’Eiffage décla­rait publi­que­ment qu’il offrait « 5000 euros à ceux qui ouvri­raient une porte de cel­lule à coup de pied ».

Prenons-le au mot, et que les per­son­nes enfer­mées dans ces cel­lu­les puis­sent pren­dre la poudre d’escam­pette !

Par ailleurs, l’arri­vée du centre de déten­tion a cer­tai­ne­ment permis de main­te­nir la pré­sence d’un tri­bu­nal à Roanne puis­que ce der­nier était avant cela menacé de fer­me­ture. Un centre de déten­tion néces­site la pré­sence d’un tri­bu­nal et de ses juges d’appli­ca­tion des peines (JAP) qui don­nent ou pas (sou­vent pas à Roanne) les remi­ses de peine, amé­na­ge­ments, sor­ties en condi­tion­nelle ou per­mis­sions.

On pour­rait se dire qu’un tri­bu­nal est un « ser­vice public » qui n’a pas d’obli­ga­tion de ren­ta­bi­lité et qu’il n’aurait donc pas besoin de cher­cher à trai­ter beau­coup d’affai­res. Pourtant, de l’acti­vité d’un tri­bu­nal dépen­dent les acti­vi­tés et le niveau de vie d’un bon nombre de per­son­nes effec­tuant ces bou­lots qui se nour­ris­sent de la misère des autres : avocat.es, juges, huis­sier.es, maton.nes. En effet, il suffit de consul­ter le Progrès pour cons­ta­ter le nombre de peti­tes affai­res jugées par le tri­bu­nal liées aux « alter­ca­tions » entre maton.nes et pri­son­nier.es.

Les peines dis­tri­buées par le tri­bu­nal de Roanne sont la plu­part du temps extrê­me­ment lour­des (2 ans sup­plé­men­tai­res en juin à l’encontre d’un détenu) et s’agré­men­tent pres­que tou­jours d’une com­pen­sa­tion finan­cière pour les maton.nes impli­quée.es (on com­prend que pour arron­dir les fins de mois, ceux et celles-ci aient faci­le­ment ten­dance à se sentir « agressé.es », voire à pro­vo­quer ces « alter­ca­tions »).

L’AP intente aussi régu­liè­re­ment des procès contre des per­son­nes enfer­mées pour déten­tion d’objets non auto­ri­sés ou contre leurs pro­ches qui contour­nent le règle­ment. Une déte­nue a récem­ment pris 10 mois ferme d’empri­son­ne­ment sup­plé­men­tai­res, et qua­torze mois avec sursis pour la décou­verte de son télé­phone, une per­sonne a pris 4 ans ferme pour lancé de pro­jec­ti­les dans la cour de pro­me­nade.

Ces procès contri­buent ainsi à la bonne santé du tri­bu­nal et de ses pro­ta­go­nis­tes, qui ne l’oublions pas ont besoin de ces « affai­res » pour ali­men­ter les leurs.

On parle rarement des liens et rapports de connivences entre les différent.es actrices/acteurs de l’enfermement.

À Roanne, la JAP (Juge d’appli­ca­tion des peines, c’est elle qui décide des pos­si­bi­li­tés de sor­ties en per­mis­sion et en condi­tion­nelle) Ludivine Chétail et Georges Boyer, direc­teur du CD, posent ensem­ble en photo pour un arti­cle du Pro­grès et se lamen­tent d’une même voix des man­ques de moyens attri­bués au tri­bu­nal de Roanne.

La presse locale relaie régu­liè­re­ment la parole des maton.nes en les inter­vie­want pour com­men­ter le moin­dre fait divers lié au centre de déten­tion sans appor­ter aucune nuance à leurs propos. On peut lire dans ces arti­cles des dis­cours plain­tifs quant au manque de per­son­nel, aux besoins gran­dis­sants de sanc­tions « exem­plai­res » à l’encontre d’une « popu­la­tion car­cé­rale de plus en plus dif­fi­cile ».

Ces arti­cles font tou­jours la part belle à la vio­lence des pri­son­nier.es qui se rebel­lent (et on les com­prend…) mais ne par­lent jamais de la vio­lence de ceux et celles qui enfer­ment, qui pri­vent de liberté, de liens, de rêves, d’auto­no­mie, de soins, d’inti­mité…

Entre autres, le major Bertrand Arnoud, délé­gué de la CGT péni­ten­tiaire, est régu­liè­re­ment inter­viewé par la presse pour pleu­rer sur son sort et celui de ses col­lè­gues. C’est lui qui est à l’ori­gine depuis le mois de sep­tem­bre de vagues inces­san­tes de répres­sion au sein de la déten­tion qui contri­buent d’un climat de ten­sion per­ma­nent.

On remar­que au pas­sage que pour un repré­sen­tant syn­di­cal qui demande plus de moyens pour sa cor­po­ra­tion, empi­ler sur le bureau de la direc­tion des rap­ports d’inci­dents dis­ci­pli­nai­res est un bon moyen pour jus­ti­fier son propos. En atten­dant, ce sont les pri­son­nier.es qui mor­flent, par­fois sim­ple­ment pour cir­cu­ler d’un bâti­ment à un autre, par­fois sim­ple­ment pour être sorti sans t-shirt, par­fois parce qu’ils pètent les plombs face à l’accu­mu­la­tion des bri­ma­des.

Si leurs condi­tions de tra­vail sont si dures, les sur­veillant.es ont la pos­si­bi­lité de démis­sion­ner (et on les encou­rage à le faire !) alors qu’aucune per­sonne enfer­mée ne peut échapper à ses bour­reaux.

La mairie de Roanne, par la voix de sa maire Laure Déroche, a également faci­le­ment accès aux colon­nes des jour­naux lorsqu’il s’agit d’expri­mer son indi­gna­tion et récla­mer une enquête quand les murs de la ville se recou­vrent d’affi­ches dénon­çant nom­mé­ment les matons qui tabas­sent au centre de déten­tion.

Le centre de détention est mis à l’écart de la ville.

On pour­rait pres­que oublier qu’il existe, car, rele­gué.es entre la sta­tion d’épuration et la SPA, les pri­son­nier.es sont effec­ti­ve­ment traité.es tantôt comme des merdes, tantôt comme des chiens. Cette prison en marge de la ville par­ti­cipe à ali­men­ter la peur, voire le res­pect des gen­dar­mes, huis­sier.es, patron.nes, tra­vailleurs sociaux, pro­fes­seurs… de tous ceux et celles qui veu­lent faire de nous de bon.nes citoyen.nes, roua­ges d’un monde hypo­crite.

Les pri­sons ser­vent à main­te­nir ce monde, il ne peut pas fonc­tion­ner sans elles. Elles ser­vent à contrain­dre par la peur et la sou­mis­sion, au res­pect des lois. Mais qui d’entre nous a choisi ces lois ? Ces lois pro­tè­gent le pou­voir, parce qu’elles sont choi­sies par ceux qui l’ont ou aspi­rent à l’avoir. Elles pro­tè­gent les inté­rêts et pri­vi­lè­ges des puis­sants et des riches.

Qui les res­pecte dans leur inté­gra­lité ? En réa­lité il s’agit avant tout de ne pas se faire pincer. Les sta­tis­ti­ques et études diver­ses le mon­trent bien, la prison ne résout rien. La prison sert à bles­ser, contrain­dre, isoler, détruire, celles et ceux qui sont tombé.es dans ses mailles. Beaucoup de per­son­nes ont un pro­blème avec ce monde, qu’elles soient dans ou hors des pri­sons.

Pour beau­coup, il n’a à offrir qu’une place misé­ra­ble, qui conduira for­cé­ment à se débrouiller dans les marges. Même les rêves qu’il pro­pose sont insa­tis­fai­sants ! En quoi la non confor­mité avec ce monde pour­rait se régler en met­tant des coups à celles et ceux qui ne ren­trent pas dans ce moule ?

C’est pour remet­tre au centre de la ville toute l’igno­mi­nie qu’est l’enfer­me­ment que cer­tains axes de cir­cu­la­tion de la ville ont été blo­qués. Pour rap­pe­ler que dans ces bâti­ments chaque jour, des per­son­nes sont enfer­mées, dans un étage, dans une cel­lule, d’où cer­tai­nes ne peu­vent sortir qu’une heure par jour.

Être enfermé.e là-bas ça veut dire

• N’avoir la pos­si­bi­lité de voir ses pro­ches que trois fois par semaine (quand elles et ils le peu­vent), une heure misé­ra­ble, et excep­tion­nel­le­ment plus…

• Être privé.e de ten­dresse, de contact ;

• Devoir atten­dre pour avoir des soins, et par­fois ne pas y accé­der du tout ;

• Avoir selon les sai­sons trop chaud ou trop froid ;

• Perdre par­fois des dizai­nes de kilos, perdre la vue, l’odorat, le sou­ve­nir des sen­sa­tions du dehors, subir un stress continu, mourir d’ennui ;

• Voir tout son cour­rier lu et soumis à la cen­sure, ses coups de télé­pho­nes à la cabine écoutés ;

• Voir au dehors le monde à tra­vers des bar­reaux ;

• Se faire racket­ter pour ache­ter des pro­duits d’ali­men­ta­tion et d’hygiène de base ;

• Savoir que la porte peut s’ouvrir n’importe quand et les uni­for­mes retour­ner tes moin­dres effets per­son­nels selon leur bon vou­loir ;

• Être face à des per­son­nes en uni­for­mes qui peu­vent se croire tout permis, te faire la misère, ou faire sem­blant d’être sympa, et dans tous les cas refer­mer la porte à clé der­rière toi.

Chaque jour dans cette prison comme dans d’autres, des pri­son­nier.es sont privé.es du monde et de la vie du dehors.

Nous ne les oublions pas, nous n’oublions pas que nous haïs­sons les pri­sons et que nous vou­lons les détruire.

En avril, des pri­son­niers ont remis au direc­teur du centre de déten­tion et à la juge d’appli­ca­tion des peines une lettre où ils deman­daient notam­ment la fin des exper­ti­ses psy­chia­tri­ques, la fin des régi­mes fermés et semi fermé, la fin du mitard et de l’iso­le­ment.

Nous sommes soli­dai­res de leur lutte, et des actes de révol­tes contre l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire.

Complément d’information :
Au cd de Roanne la lutte continue par des détenus de Roanne, le 28 novembre

Malgré l’acharnement de l’administration pénitentiaire nous continuons à lutter ici ! Le cd de Roanne est loin d’être un endroit où l’on a envie de vivre, les possibilités de sortie son très faibles, une répression acrue de la part du major et du lieutenant brise un peu plus des détenu(e)s, fouilles à répetition, provocations nombreuses, allongement des peines chantages, plaintes, etc… Ils cherchent à nous rendre fous ou à nous tuer, merci à tous ceux/celles qui luttent de dehors contre les enfermements qui ont décidé de nous soutenir.

Indymedia Grenoble, 28 novembre 2012


Tribunal de Roanne. Un détenu met en cause les surveillants : une information judiciaire est ouverte

« Ces éléments nouveaux méritent d’être vérifiés. Je demande au tribunal de me renvoyer le dossier. Je saisirai le juge d’instruction afin qu’il ouvre une information judiciaire ». Rarissimes, ces réquisitions du parquet de Roanne ont pourtant été suivies à la lettre hier par le tribunal. Même si le président de l’audience, s’adressant au prévenu, nuançait : « Cela ne veut pas dire que vous avez raison ou tort, et réciproquement pour les victimes ».

Auteur présumé de huit faits de violences et menaces envers des surveillants, dont cinq en récidive, qu’il aurait commis au centre de détention de Roanne fin octobre, les déclarations d’Abdessamad Rafai, 21 ans demain, ont visiblement jeté le trouble. Bien qu’il ait reconnu la majorité des faits, Abdessamad Rafai, libérable en 2018, a mis en cause hier les surveillants et parlé d’agression sexuelle, lors d’une fouille au corps, alors qu’il était conduit le 26 octobre au quartier disciplinaire : « Ils m’ont écarté les fesses, avant de regarder si j’avais quelque chose ». Et son avocate d’ajouter : « Ce sont des dénonciations graves. Une fouille au corps doit être justifiée ». Deux jours plus tard, il aurait blessé à l’œil, avec un bout de plastique lancé à l’aide d’une sarbacane artisanale, un surveillant qui regardait par l’œilleton. Un fait qu’il a nié farouchement, d’autant que les caméras de surveillance, « mal orientées » dixit le parquet, ne pouvaient certifier. D’où cette demande de reprendre l’enquête depuis le début jusqu’à ce que le détenu, qui devait être entendu hier dans la foulée par le juge d’instruction, soit renvoyé devant le tribunal.

Presse carcérale (LeProgres.fr, 29 novembre 2012)


Un détenu handicapé se suicide à Roanne

Un homme à mobilité réduite, âgé d’une quarantaine d’années, s’est suicidé dans la nuit de vendredi à samedi dans sa cellule au centre de détention de Roanne (Loire). Il n’était pas connu comme étant suicidaire mais se plaignait d’être réduit à l’état de « légume », selon la CGT.

Ce détenu qui ne posait pas de problème s’est pendu et son corps inanimé a été découvert lors d’une ronde matinale. L’administration pénitentiaire n’était pas joignable  en milieu de journée pour confirmer cette information.

Presse carcérale (Agence Faut Payer, 24 novembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur Action de solidarité avec les prisonnier.es à Roanne le 26 novembre

[Révolution tunisienne] Troisième journée de grève générale à Siliana

Tunisie : manifestations et heurts à Siliana sous fonds de grève générale

En Tunisie, à Siliana, les opposants au gouvernement régional ont suivi, mercredi, une deuxième journée de grève générale consécutive. Ce mouvement de protestation a dégénéré en violences, entre des milliers de manifestants et des policiers. Ils réclament la libération de quatorze personnes détenues depuis avril 2011, le limogeage du gouverneur régional et le développement économique de la région. Reportage.

Un véhicule brûlé, des chaises au sol, entre des pierres et débris de verre, des barrages ont été installés dans les rues de Siliana et à l’entrée de la ville. Là, des jeunes n’hésitent pas à caillasser les véhicules de police qui tentent de passer. Des forces de l’ordre responsables d’une répression injustifiée, assure Walid, un habitant.

« Protester dans la rue, répliquer dans une opération d’autodéfense sur les forces de l’ordre, barbare. Il y a deux ans, on faisait la même chose contre la dictature de Ben Ali. Alors, là, on était des vrais Tunisiens et maintenant on est des hors-la-loi », déclare-t-il.

Le bilan de des affrontements ces deux derniers jours est lourd : 200 blessés. La plupart sont des manifestants visés au visage et au torse, avec des petites balles, des chevrotines, selon des infirmiers. Les protestataires en ont marre de la répression mais aussi des promesses du gouverneur dont ils réclament la démission.

« La révolution, c’est pour créer des emplois, c’est pour améliorer l’infrastructure, c’est pour que les régions de l’intérieur aient leur part égale à ceux des zones côtières. Malheureusement, rien ne s’est passé. Seulement, le gouverneur s’accroche à son poste, soutenu par le Premier ministre Hamadi Jebali », explique Ahmed Chefia, secrétaire général adjoint du syndicat régional.

Le ministère de l’Intérieur assure, lui, que son but n’est pas de faire de morts et que les forces de l’ordre ne font que riposter aux violences des manifestants.

Le mouvement de grève générale doit se poursuivre ce jeudi dans le gouvernorat de Siliana.

Presse contre-révolutionnaire (Camille Lafrance, correspondante pour la RTBF.be, 29 novembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Troisième journée de grève générale à Siliana

[Un centre de rétention…] « Comprendre, connaître et faire connaître les rouages de la machine à expulser et ceux qui y participent pour mieux les affronter »

Un centre de rétention…

Un centre de rétention… ce n’est pas qu’un bâtiment sinistre au fond d’une forêt ou près d’un aéroport, où l’on se trouverait enfermé parce qu’on n’a pas de chance. C’est l’un des rouages d’une machine ; du contrôle à l’enfermement ; de la queue interminable à la préfecture à la décision d’expulsion ; de l’arrestation à l’expulsion.

Un centre de rétention ce n’est pas juste quelques flics et des barbelés, mais un ensemble de personnes et d’entreprises qui participent à cette machine à expulser. C’est des patrons, des administrations, des banques, etc. qui balancent des sans papiers aux flics ; C’est des ingénieurs et des industriels qui mettent au point des outils de contrôle (passeports biométriques, machines qui détectent les faux papiers), des « super-flics » et des politiciens qui créent de multiples fichiers (fichier des demandeurs d’asile, fichier des empreintes, fichier des expulsés…) ; C’est des architectes et des constructeurs qui pensent et érigent les bâtiments et les clôtures imperméables, et se mettent plein de fric dans les poches ; C’est des associations qui servent de caution humanitaire, qui co-gèrent l’enfermement et les expulsions ; C’est des médecins et des infirmiè-re-s qui distribuent anxiolytiques et antidépresseurs à gogo pour annihiler toute volonté de révolte ; C’est des transporteurs qui expulsent à la chaîne et qui bien souvent ferment les yeux sur la violence des flics.

Un centre de rétention ce n’est pas quelque chose qui est là au hasard d’une loi injuste, mais c’est un des outils dont dispose le pouvoir pour gérer, contrôler et enfermer les personnes qu’il juge indésirables, dangereuses, réfractaires…

Un centre de rétention ça doit fonctionner comme il faut, comme dans toutes les prisons, sinon c’est la merde. Et pour ça, toute une série d’entreprises se font du fric en fournissant et gérant de nombreux services : préparation et distribution des repas (périmés de préférence), nettoyage des locaux et des vêtements des personnes enfermées, fourniture des draps-pleins-de-taches et du nécessaire de toilette qui est distribué à l’arrivée dans le centre (rasoir qui donne des boutons, savon qui gratte après, brosse à dents sans poils…). Recrutées par appel d’offre, ces entreprises sont pour la plupart des filiales de multinationales connues de tou-te-s : Vinci, Cofely-Gdf-Suez, Véolia, Bouygues…

En voici quelques-unes : GTM multiservice (groupe Vinci) : centre de rétention de Bobigny, Marseille, Sète, Nice (draps, nécessaire de toilette, nettoyage des vêtements) ; Vinci facilities (groupe Vinci) : centre de rétention du Mesnil-Amelot ; Onet Propreté-multiservices : centre de rétention de Nice (nettoyage), Nîmes (nettoyage), Toulouse (nettoyage), Hendaye (repas), Lyon (nettoyage), Metz (nettoyage, nettoyage des vêtements), Perpignan (nettoyage), Plaisir (nettoyage) ; Avenance (Elior) : centre de rétention de Metz (repas), Perpignan (draps, repas, nettoyage des vêtements) ; GEPSA (groupe Cofely-Gdf-Suez) : centre de rétention de Bordeaux, Hendaye (draps, nécessaire de toilette, nettoyage des vêtements), Lyon (draps, nécessaire de toilette, nettoyage des vêtements), Palaiseau, Vincennes, Plaisir (draps, nécessaire de toilette, nettoyage des vêtements), Rennes, Toulouse ; Eurest & Scolarest (Compass Group) : Coquelles (plus localinge pour les draps), Lille, Lyon (repas), Nice (repas) ; TFN (groupe Véolia) : centre de rétention de Hendaye (nettoyage) ; Blanc et Bleu blanchisserie : centre de rétention des Abymes/Guadeloupe (draps) ; Maxinet : centre de rétention des Abymes/Guadeloupe (nettoyage) ; Clean espace : centre de rétention de Matoury/Guyane (nettoyage) ; Sodexo : centre de rétention de Matoury/Guyane (repas) ; La culinaire de restauration : centre de rétention de Hendaye (repas) ; Marchant : centre de rétention de Metz (nécessaire de toilette) ; Fer express : centre de rétention de Perpignan (draps) ; Hygy-pro : centre de rétention de Perpignan (nécessaire de toilette) ; Ekilibre : centre de rétention de Plaisir (repas) ; Société Ternett : centre de rétention de Rouen (nettoyage) ; API : centre de rétention de Rouen (draps) ; Servais : centre de rétention de Saint-Clotilde/La Réunion (repas) ; Les religieuses de la miséricorde : centre de rétention de Paris-Cité.

Ces entreprises sont partout autour de nous. Elles construisent le monde de demain, des grands projets nationaux et internationaux à l’aménagement policier et lisse du territoire, de la hauteur des murs des nouvelles prisons au générateur nucléaire dernière génération : dévastation d’un bocage à Notre-Dame-des-Landes pour y mettre un aéroport international, construction du nouveau palais de justice à Paris, participation à chasser les pauvres loin des centres-villes en bâtissant des immeubles standing de luxe ou des logements sociaux pour riches, etc. Elles participent à l’appauvrissement de nos conditions d’existence en exploitant toujours plus à coup de contrats précaires, de missions d’intérim et de travail au black.

Ceci n’est pas un appel à boycott, ni une simple dénonciation. Ce texte en appelle d’autres, afin de comprendre, connaître et faire connaître les rouages de la machine à expulser et ceux qui y participent pour mieux les affronter. C’est une invitation à la lutte contre les centres de rétention et le monde qui les produit, de la distribution de tract au sabotage, de l’affiche à l’occupation, etc.

Parce qu’un centre de rétention c’est juste bon à être détruit, comme toutes les prisons, comme toute cette société pourrie.

Pour un monde sans États ni frontières, sans argent ni entraves !

P.-S. : Voir aussi le tract « Sabotons la machine à expulser » et la brochure « À chacun le sien… recension de vautours qui se font du fric avec la machine à expulser ».

Indymedia Grenoble, 28 novembre 2012

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les révoltes des migrants | Marqué avec , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Un centre de rétention…] « Comprendre, connaître et faire connaître les rouages de la machine à expulser et ceux qui y participent pour mieux les affronter »

[« C’est rare de voir des mensonges sur ce réseau, c’est pour cela que l’analyse est intéressante »] L’intelligence des politiques LOL

Comment le gouvernement écoute ce qui se dit sur Twitter

L’analyse de l’évolution de l’opinion publique ne passe plus seulement par les sondages. Le SIG, qui est en charge de cette mission pour Matignon, scrute aussi ce qui se dit sur les réseaux sociaux.

Il n’y a pas que les entreprises qui s’intéressent à leur réputation sur internet. Le gouvernement scrute lui aussi les critiques dont il est la cible sur les réseaux en vogue, comme Twitter ou Facebook. C’est le SIG, le Service d’information du gouvernement géré par Matignon, qui est chargé de cette veille. Et pour ne rien rater, il recourt à des technologies permettant d’identifier les messages pertinents. L’une d’elle a été mise au point par Visibrain, une jeune start-up qui a mis au point un outil de veille stratégique et qui fait désormais partie des sous-traitants du SIG. Il s’agit d’un logiciel mouchard qui passe au crible tous les « tweets ».

Objectif du gouvernement : prévenir les situations de crise et de mesurer l’impact d’une décision. « Ils veulent devancer les tendances données par les journalistes qui commentent les actions du gouvernement, et ce, heure par heure », explique Nicolas Huguenin, le co-fondateur de Visibrain qui offre aussi ses services à des agences de communication (Publicis, Loomis) et des entreprises (Coca Cola, Peugeot, entre autres).

La vérité sur Twitter

« Ils ont accès au tableau de bord et ainsi à toutes nos données en temps réel. Ils sont en mesure de savoir ce qu’on disait sur le gouvernement entre 8h et 10h, par exemple », affirme Nicolas Huguenin. Twitter deviendrait-il le miroir par excellence de l’opinion des Français ? « C’est rare de voir des mensonges sur ce réseau, c’est pour cela que l’analyse est intéressante », avance le jeune chef d’entreprise.

Un intérêt pour le réseau Twitter que confirme le SIG. « Nous allons créer d’ici la fin de l’année un profil spécial pour le gouvernement », indique à Challenges Philippe Guibert le directeur nommé il y a deux mois à la tête de l’autorité. Pour l’instant, les comptes officiels sont ceux du Président (@Elysee), du premier Ministre (@Matignon) et des ministères. L’idée serait d’avoir un seul compte pour « tweeter » pour une présence plus officielle et « moins artisanale », précise Philippe Guibert.

Cellule spéciale de veille

Le SIG s’est en plus doté d’une nouvelle cellule d’écoute. « Nous avons trois personnes chargées en permanence et uniquement de la veille sur internet », confirme le patron du service d’information. L’organe de Matignon ne fait toutefois « aucun commentaire » sur ses prestataires — ils seraient plusieurs — spécialisés dans la veille.

La start up Visibrain mise en tout cas beaucoup sur ce créneau porteur et espère « convaincre d’ici peu tous les ministères ». « Ça rend les politiques plus intelligents : ils réagissent mieux : avant ils n’étaient pas assez réactifs », relève Nicolas Huguenin.

Alors que François Hollande avait promis avant l’élection de réduire « la frénésie de commandes de sondage », — promesse tenue jusqu’à septembre —, la veille sur les réseaux sociaux pourrait bien devenir le nouvel outil indispensable des politiques.

Publié par des larbins de la police cybernétique (Jeanne Dussueil, Challenges.fr, 23 novembre 2012 – mis à jour le 28 novembre 2012)

Publié dans Cybernétique, La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [« C’est rare de voir des mensonges sur ce réseau, c’est pour cela que l’analyse est intéressante »] L’intelligence des politiques LOL

[Notre-Dame-des-Landes] « Si nous n’arrivons pas à reprendre le contrôle de la zone alors il faut s’inquiéter pour la république »

César s’enlise !

(…) « … Alors qu’un garde mobile, photographié par Rennes TV, arborait ce mardi un autocollant « Non à l’aéroport » sur la poitrine. » Selon plusieurs témoins ici, le gendarme aurait ensuite déposé une partie de son équipement et aurait quitté les rangs (ne rêvez pas, il n’a pas non plus rejoint les manifestants). L’histoire ne dit pas si il a démissionné ou simplement refusé de continuer l’opération.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0913.jpg

En revanche au début de l’opération la gendarmerie de Blain avait refusé de participer (les gendarmes locaux en charge de la zone). Sur les 7 meneurs, 6 ont été mutés et le dernier, major donc trop gradé, a été mis en congé. Du coup le reste de la gendarmerie locale est rentré dans le rang et a participé à l’opération comme prévu.

Autre impression venue des élus qui ont pu rencontrer le préfet après s’être enchaînés aux grilles de la préfecture (ils ont demandés une réunion pendant un mois et l’ont obtenu en une heure seulement après s’être enchaîné, comme quoi seul le crime paye) : le préfet ne sait plus comment gérer la situation car chaque intervention crée de nouveaux soutiens. Mais après avoir déclaré « si nous n’arrivons pas à reprendre le contrôle de la zone alors il faut s’inquiéter pour la république » il n’a pas de porte de sortie (et ses supérieurs ne lui en offre pas non plus). Il tente donc vainement de négocier (gel des constructions et arrêt des barricades en échange de l’arrêt des expulsions et de la présence militaire) mais nous ne négocions pas avec les terroristes ! Sauf si ils veulent négocier l’arrêt de l’aéroport et du capitalisme 😛

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1019.jpg

Lettre d’un médecin au préfet détaillant la gravité des blessures relevées à Notre-Dame-des-Landes samedi 24 et dimanche 25 novembre 2012 – À TÉLÉCHARGER

En bref : que la république tremble !!

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 28 novembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , | Un commentaire

[Ministère de l’intérieur, ministère de la terreur] Tirs de chevrotines sur les manifestants de Siliana (3)

La police se retire de Siliana où 200 personnes ont été blessées

Les forces de l’ordre tunisiennes se sont retirées de la ville de Siliana, à 120 km au sud-ouest de Tunis, à l’issue d’une deuxième journée d’affrontements avec des manifestants, selon le ministère de l’Intérieur. Plus de 200 personnes ont été blessées.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1315.jpg

Le service des urgences était visiblement débordé avec 206 blessés soignés, et des proches des victimes s’y étaient rassemblés pour manifester leur colère. Plusieurs blindés de la garde nationale avaient été déployés, selon lui, lors de cette deuxième journée consécutive de grève générale et de violences entre manifestants et forces de l’ordre.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la matinée devant les locaux du gouvernorat (préfecture) de Siliana réclamant notamment le départ du gouverneur, a indiqué le secrétaire général du bureau régional de la centrale syndicale à Siliana, Néjib Sebti.

Selon lui, les forces de l’ordre ont procédé à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes avant de « faire usage d’un genre de balle qu’on connaît pas » pour disperser les manifestants. Des affrontements similaires avaient déjà eu lieu la veille et la police avait utilisé des balles en caoutchouc.

Limogeage du gouverneur réclamé

« Les habitants de Siliana les plus touchés par la pauvreté ne se mettront jamais à genoux », a déclaré encore M. Sebti affirmant qu’ils étaient « prêts à mourir pour leurs droits ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1713.jpg

Les manifestants réclament la libération de quatorze personnes détenues lors de violences survenues en avril 2011, le limogeage du gouverneur régional ainsi que des moyens accrus pour assurer le développement économique de cette région très pauvre, comme la plupart des provinces de l’intérieur de la Tunisie.

Le cabinet du premier ministre a dit regretter « l’utilisation de la violence contre les forces de l’ordre, l’agression des sièges de la souveraineté et la tentative d’endommager les biens publics ».

Leur presse (ATS via Romandie.com, 28 novembre 2012)


(…) des manifestants demandaient la démission des autorités locales, accusées de ne pas avoir distribué les fonds d’aide au développement régional (…)

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1812.jpg

Le gouvernement, qui avait dénoncé dans la matinée les violences de mardi contre la police, n’a pas réagi à la recrudescence des affrontements. Il a cependant démenti une rumeur faisant état d’un lien de parenté entre le Premier ministre, Hamadi Jebali, et le gouverneur de Siliana Ahmed Ezzine Mahjoubi, déplorant une « tentative d’inciter les personnes à la violence ». (…)

Leur presse (LeParisien.fr, 28 novembre 2012)


(…) Les forces de l’ordre réagissent contre les manifestants en utilisant des bombes de gaz lacrymogène mais aussi des balles — utilisées pour la première fois en Tunisie — de la société italienne NobelSport (…)

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/209.jpg

Leur presse (Nawaat.org, 28 novembre 2012)


Tunisie : deuxième journée de violences à Siliana

Plus de 200 personnes ont été blessées mercredi au deuxième jour de violences entre manifestants et policiers à Siliana, à 120 km au sud-ouest de Tunis, où la situation semblait s’être calmée dans la soirée à la veille d’un nouvel appel à manifester.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1414.jpg

Le principale centrale syndicale de Tunisie, l’UGTT a appelé à de nouvelles manifestations jeudi pour réclamer la démission du gouverneur régional, un programme de développement économique dans cette région très pauvre et la libération de manifestants arrêtés en avril 2011.

Le Premier ministre, Hamadi Jebali, a prévenu les manifestants mercredi soir à la télévision que « ce gouverneur ne partira pas », sa seule réaction aux évènements.

« Si les manifestations (de jeudi) sont pacifiques, la police n’interviendra pas », a de son côté assuré à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, ajoutant qu’en cas d’intervention « le principe est toujours de ne pas faire de morts ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1513.jpg

Selon lui, les manifestants ont attaqué la préfecture et plusieurs postes de police mercredi, forçant les policiers à réagir. L’UGTT accuse pour sa part les forces de l’ordre d’un recours excessif à la force.

Ces affrontements ont fait, selon des sources hospitalières interrogées par l’AFP, 265 blessées qui souffraient d’impacts de chevrotine de petit calibre, de contusions, de fractures et de coupures.

Dix-neuf personnes ont été éborgnées ou aveuglées par les tirs et ont été transférées à Tunis à la clinique ophtalmologique. Deux journalistes de la chaîne d’information France 24 ont été aussi légèrement blessés.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1615.jpg

Dans la soirée un calme précaire était revenu. L’ensemble des commerces étaient fermés et des barricades formées par des manifestants avec des pneus enflammés barraient de nombreuses rues.

Un groupe de jeunes bloquait par ailleurs la principale route menant à Siliana afin d’empêcher la venue de renforts policiers, alors que les syndicats appellent à de nouvelles manifestations jeudi.

Quelques échauffourées ont encore eu lieu vers 21H30 locale (20H30 GMT).

Les revendications des manifestants de cette ville ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011, la misère, le chômage et la dénonciation de l’arbitraire de la police ayant été à l’époque au cœur du soulèvement.

La région de Siliana est très affectée par des difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5% et les création d’emplois de 66% sur la période janvier-octobre 2012 par rapport à la même époque de l’année précédente.

Des violences éclatent d’ailleurs régulièrement en Tunisie entre policiers et manifestants excédés par la pauvreté, en particulier dans les provinces de l’Intérieur du pays, très marginalisées.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/195.jpg

« Les habitants de Siliana les plus touchés par la pauvreté ne se mettront jamais à genoux », a déclaré le secrétaire général du bureau régional de l’UGTT, Néjib Sebti, déclarant que les manifestants étaient prêt à « mourir pour leurs droits ».

La direction du syndicat à Tunis a dénoncé dans un communiqué « la répression des manifestations pacifiques » et quelque 200 personnes ont également manifesté à Tunis en soutien aux habitants de Siliana à l’appel de la centrale. (…)

La Tunisie est minée par les conflits politiques et religieux ainsi que des des difficultés économiques à l’approche du deuxième anniversaire de sa révolution qui était à l’origine du printemps arabe.

Leur presse (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 28 novembre 2012)


(…) Dans le même contexte des événements dans le gouvernorat de Siliana, des habitants de Makthar ont bloqué la route reliant leur ville à Siliana. C’est le cas, aussi, pour les habitants de Bargou, Bouarada et Gaafour qui ont bloqué les routes conduisant au chef-lieu du gouvernorat, pour exprimer leur solidarité avec les mouvements de protestations (…)

Leur presse (Directinfo, 28 novembre 2012)


(…) À Tunis, quelque 200 manifestants dont des syndicalistes et des représentants de la société civile, se sont rassemblés devant le ministère de l’Intérieur pour protester contre « la répression » dont ont été victimes les habitants de Siliana.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/1214.jpg

Leur presse (Sipa via 20minutes.fr, 28 novembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Ministère de l’intérieur, ministère de la terreur] Tirs de chevrotines sur les manifestants de Siliana (3)

[Notre-Dame-des-Landes] 5 mois ferme pour avoir résisté aux robocops sur les barricades

Résultat en direct à la sortie du tribunal de Nantes du jugement des copains arrêtés à Notre-Dame-des-Landes

21 heures, ce mercredi soir 28 novembre : Résultat en direct à la sortie du tribunal de Nantes du jugement des copains arrêtés à Notre-Dame-des-Landes par une équipes de policiers-provocateurs (des policiers cagoulés déguisés en black-bloc !).

Trois condamnations :

• 10 mois de prison dont cinq mois ferme, plus une interdiction de séjour dans le département alors qu’il y habite. C’est dramatique car le copain fait l’objet d’un mandat de dépôt immédiat sans recours suspensif : il est donc menotté et dormira dès cette nuit en prison !!! Solidarité !!!

• Deux condamnations à du sursis pour les deux autres (respectivement 5 et 2 mois).

Des témoins de l’audience disent qu’ils auraient été frappés par les policiers pendant l’arrestation (la quatrième personne, relâchée plus tôt, avait par exemple un œil au beurre noir).

Mailing Nantes en lutte – 28 novembre 2012


NDDL résultats du jugement à l’instant

Précision : les arrêtés présentaient effectivement des traces de coups et selon plusieurs témoins les gendarmes n’ont pas mis de brassards, la personne ayant pris [5] mois ferme fait appel et nous recherchons des photos prouvant que les flics n’avaient pas de brassards (ce qui peut annuler la procédure selon l’avocat). Merci.

Infozone, 28 novembre 2012


Un camarade a pris 7 mois ferme pour avoir résisté aux robocops sur les barricades ! Solidarité avec le camarade ! Luttons contre le Parti socialiste et la justice étatique !

L’État a apparemment décidé de frapper fort, afin de déstabiliser la lutte active sur le terrain contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Cela ne fait que renforcer notre détermination à en finir avec l’occupation militaire de la ZAD, et à résister contre ce projet défendu avec violence par un État aux bottes du capital !

Vous pouvez déjà soutenir les trois camarades jugés aujourd’hui en comparution immédiate, dont un qui a pris 7 mois ferme [sic, NdJL], en envoyant des messages de soutien sur la ZAD à cette adresse mail.

Manifestez partout devant les permanences du Ps votre colère et votre solidarité avec le camarade placé dans les geôles de l’État ! Demandez dans votre entourage aux adhérent-e-s du Ps de déchirer leur carte et de la renvoyer à leur fédération, car ce parti socialiste n’en porte que le nom, et a montré encore une fois qu’il est digne de méthodes proches des dictatures !

Ils veulent nous bâillonner  nous enfermer, nous mutiler, ils ne font que chaque jour qui passe accroître notre résistance !

Toutes/tous zadistes !

Voir ici l’appel au soutien des camarades cet après-midi lors de leur procès (le 28/11).

Voici le compte-rendu du jugement lu sur le flash info de la ZAD du 28/11/2012 :

Les trois copains, ceux qui se sont fait arrêter par les flics en civil, viennent d’avoir le rendu de leur comparution immédiate, ils comparaissaient pour violences contre agents.

Pour le 1er, mandat de dépot de 7 mois ferme. Interdiction de Loire Atlantique pendant 5 mois après sa sortie sauf sur la commune de résidence, avec controle judiciaire pour violence sur gendarme et port d’arme. La personne fait appel. Mais il part directement en prison !!

Pour le 2e, 2 mois avec susrsis pour avoir été derrière les barricades (atroupement).

Pour le 3e, 6 mois avec sursis et 500 euros d’amende pour refus d’ADN et interdiction de Loire Atlantique pendant 2 ans.

RÉFLECHISSEZ BIEN AVANT D’ACCEPTER LA COMPARUTION IMMÉDIATE VOUS N’AUREZ AUCUNE CHANCE DE PRÉPARER VOTRE PROCÈS. Il est toujours préférable de refuser, car les peines sont toujours plus lourdes.

Pour info, voici un guide indispensable face à la police et à la justice :

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0622.jpg

TÉLÉCHARGER LA BROCHURE

Collectif de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, 28 novembre 2012


Nantes. Un militant anti-aéroport condamné à cinq mois de prison ferme

Interpellés, lundi, sur une barricade à Vigneux-de-Bretagne, trois militants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes viennent d’être jugés sous le régime de la comparution immédiate, au tribunal correctionnel de Nantes. Parmi les faits qui leur étaient reprochés, des violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Pour certains s’ajoutaient le port d’arme du type fronde ou lance-pierres et la rébellion.

Un militant de 27 ans a été reconnu coupable de violence avec usage d’une arme, de port d’arme de catégorie 6 et de participation armée et voilée à un attroupement. Il a été condamné à de la prison ferme : à savoir dix mois dont cinq sont assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans. Il écope aussi d’une interdiction de séjourner en Loire-Atlantique, excepté sur la commune d’Avessac, où il habite.

Le deuxième, âgé de 34 ans, a été relaxé des violences sur gendarmes pour lesquelles il était mis en cause. Il a été reconnu coupable pour attroupement après l’ordre de se disperser et la rébellion. Il a été condamné à deux mois assortis du sursis simple.

Le dernier militant, âgé de 37 ans, a été reconnu coupable de l’ensemble des faits reprochés : les violences, la rébellion, le port d’arme de catégorie 6, la participation armée à un attroupement avec visage dissimulé et le refus de se soumettre aux différents relevés et prélèvements biométriques. Le tribunal l’a condamné à six mois assortis du sursis simple. Il s’est vu, en plus, délivrer une interdiction de séjourner en Loire-Atlantique valable durant deux ans et une amende de 500 € assortie du sursis.

Presse aéroportée (Ouest-France.fr, 28 novembre 2012)


Infos des comparutions immédiates… La justice n’arrêtera pas notre rage

Des nouvelles des 5 camarades arrêtés suite aux affrontements de lundi 26 novembre au niveau des barricades devant le Sabot. Est confirmée l’intervention de gendarmes en mission d’infiltration (en civil donc). Ils étaient passés précédemment à la Vache Rit demander des renforts pour les barricades. Sur place ils ont lancé des projectiles avant de saisir des manifestantEs au moment de la charge des gendarmes mobiles. Bande de porcs !!!

Les 5 personnes étaient poursuivies a minima pour attroupement. Les flics prétendent, à tort, que les sommations avaient été prononcées. Celles qui prennent plus cher ont été condamnées pour violence et rébellion.

• Une personne a été relâchée sans poursuite ;

• Une a refusé de donner son identité et passera en comparution immédiate sous X ;

• Une prend 6 mois avec sursis + 500 euros avec sursis pour refus de prélèvement ADN + interdiction de séjour en Loire-Atlantique pendant 2 ans ;

• Une prend 2 mois avec sursis pour avoir filmé les flics, qui n’ont pas osé demander le visionnage du film de peur que l’on s’aperçoive que les sommations n’avaient pas été prononcées ;

• Une a été désignée comme « leader » pour avoir prononcé différentes menaces pendant l’après-midi et prend 5 mois ferme avec mandat de dépôt. Elle prend aussi 5 mois supplémentaires avec sursis et obligation de trouver un travail. Elle prend également une interdiction de séjour en Loire-Atlantique pendant 2 ans.

Ni pardon, ni oubli.

Nous exprimons toute notre solidarité à ces camarades.
La justice n’arrêtera pas notre rage.

Non Fides – Base de données anarchistes, 29 novembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , , | 2 commentaires

[Ministère de l’intérieur, ministère de la terreur] Tirs de chevrotines sur les manifestants de Siliana

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0137.jpg

Dessin : Flask

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0237.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0328.jpg

Arrivée d’un blessé à Tunis

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0425.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0523.jpg

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Ministère de l’intérieur, ministère de la terreur] Tirs de chevrotines sur les manifestants de Siliana

[Zonz’ d’Albi] « Ces jeunes qui rentrent, ils sont capables de tout. Ils n’ont peur de rien »

Albi. Lancer de colis : la prison dit stop

Le phénomène des remises illicites d’objets en milieu carcéral n’est pas nouveau mais hier matin, il a pris une ampleur sans précédent à la maison d’arrêt d’Albi. Il est 10 heures, dans le bâtiment B de la prison, réservé aux condamnés. L’heure de la promenade, moment propice forcément pour les « livreurs-lanceurs ». Depuis leur poste d’observation, des surveillants assistent, éberlués, à une véritable pluie d’objets. Dans la cour du bâtiment B, ils vont intercepter 16 colis (!) contenant de la nourriture, de l’alcool, des téléphones portables ou encore des clés USB. S’il souligne « la vigilance du personnel », Yankel Gély, le délégué local FO confie aussi une crainte, partagée par nombre de ses collègues : « Qu’un jour, ce soit une arme qui rentre dans l’établissement ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/215.jpg

Les lancers d’objets divers au-dessus de la prison : un phénomène difficile à gérer pour l’administration pénitentiaire.

Parmi les objets les plus couramment lancés, on trouve bien sûr des cigarettes et des stupéfiants. « Tout cela est source de trafics et de racket, donc cela nuit forcément au climat carcéral », reconnaît un surveillant.

Régulièrement, la brigade anticriminalité et la BSU (l’unité judiciaire de la police) effectuent des patrouilles aux abords de la maison d’arrêt, en particulier sur le parking du Crédit agricole où des lanceurs de drogue ont souvent été repérés. « Dans la mesure du possible, on essaie de prendre en compte les préoccupations exprimées par l’administration pénitentiaire mais aussi par les riverains, mais notre priorité n’est quand même pas de surveiller 24 heures sur 24 les abords d’une prison qui est un endroit par définition sécurisé », rappelle-t-on au commissariat d’Albi.

De leur côté, les syndicats pénitentiaires sont dans leur rôle en renouvelant leur demande d’installation d’un filin de sécurité. Ils s’inquiètent aussi du nouveau profil des détenus d’Albi. « Ces jeunes qui rentrent, ils sont capables de tout. Ils n’ont peur de rien. Quand on voit qu’à Lavaur des mineurs font le pari de s’évader et y parviennent sans difficulté… » Pour Yankel Gély, ce n’est pas un hasard si ces lancers d’objets se produisent au pied du bâtiment B, réservé aux condamnés. « C’est un bâtiment étroit, très confiné. Certains sont là depuis 18 mois et commencent à craquer. Ici, on monte très vite en étouffement. »

Que risquent les lanceurs ?

La remise illicite de correspondance ou d’objet à un détenu est un délit puni d’1 an d’emprisonnement et de 15’000€ d’amende.

Presse pénitentiaire (LaDepeche.fr, 28 novembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Zonz’ d’Albi] « Ces jeunes qui rentrent, ils sont capables de tout. Ils n’ont peur de rien »