[Copwatch] « S’il est une chose qui a changé depuis l’ère Moubarak, c’est la brutalité encore plus excessive de la police et la privatisation du ministère de l’Intérieur qui roule aujourd’hui pour les intérêts des Frères musulmans »

La brutalité de la police égyptienne mise à nu

Faute d’avoir été réformée [LOL – NdJL], elle poursuit les mêmes exactions que sous le règne de Moubarak.

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VOIR LA VIDÉO – Des policiers égyptiens frappent Hamada Saber Mohammed Ali après l’avoir déshabillé lors d’affrontements près du palais présidentiel, vendredi au Caire.

C’est l’histoire d’un ouvrier égyptien de 50 ans, un manifestant parmi tant d’autres, venu déverser sa colère devant le palais présidentiel. Ce vendredi 1er février, la vie de Hamada Saber Mohammed Ali a tristement basculé en l’espace de quelques minutes: sauvagement molesté par les forces anti-émeute, il est traîné au sol et dévêtu de force avant de disparaître dans un fourgon blindé. La scène, filmée en direct par les caméras de la chaîne ONTV et aussitôt relayée sur la Toile, provoque l’émoi à travers le pays. « La torture a dénudé le régime », titre deux jours plus tard le quotidien al-Masri al-Youm.

En fait, au-delà de leur caractère insoutenable, ces images ont révélé au grand jour la brutalité de la police égyptienne qui, deux ans après la « révolution du Nil », reste abonnée aux exactions dont l’ancien régime s’était rendu célèbre. « Sous Morsi, c’est même pire et plus violent que sous Moubarak. À l’époque, ça se passait en catimini. Aujourd’hui, la police n’a même pas honte de perpétuer ces pratiques en public », vocifère Manar Kamel.

L’avocate égyptienne, membre de l’ONG Egypt Initiative for Personal Rights, parle en connaissance de cause. Sur la seule journée du vendredi 25 janvier, date anniversaire de la révolution, elle a recensé une centaine d’arrestations arbitraires de personnes en marge des manifestations. Parmi elles, deux sœurs, connues sous le nom d’Amira et Sara. Ce jour-là, elles prenaient des photos depuis le balcon de leur immeuble situé à l’angle de l’avenue Qasr al-Aïni, un des terrains de bataille entre la police et les protestataires.

Amira et Sara « vivent cachées et n’osent pas rentrer chez elles »

Dans la rue, un policier les repère. Furieux, il fait irruption sur leur palier, accompagné de plusieurs gros bras. Sans préavis, ils enfoncent la porte de l’appartement, et saccagent tout sur leur passage : meubles, chaises, ordinateurs. Les deux sœurs sont emmenées au commissariat le plus proche où elles sont accusées, à leur grande surprise, de jet de cocktails Molotov, de trafic de drogue… et de prostitution – avec comme seule « preuve » le fait qu’elles vivent sans leurs parents. Libérées le lendemain contre une caution de 1000 livres égyptiennes, elles ignorent si elles seront convoquées ultérieurement au tribunal et quand. « En attendant, elles vivent cachées et n’osent pas rentrer chez elles par crainte d’être de nouveau attaquées », poursuit Manar Kamel.

Car par les temps qui courent, un « accident » est en effet vite arrivé. Comme celui, mystérieux, de Mohammed al-Guindi, ce membre du Courant populaire, le parti de l’opposant Hamdine Sabahi, retrouvé ce jeudi dans un état de mort clinique à l’hôpital Dar al-Hilal, quatre jours après sa disparition. Mais à la thèse de l’accident de la route évoquée par l’hôpital, son avocat, Mohammed Abdel Aziz, oppose celle d’actes de torture infligés par un officier de police, sur la base de témoignages d’autres personnes arrêtées. « S’il est une chose qui a changé depuis l’ère Moubarak, c’est la brutalité encore plus excessive de la police et la privatisation du ministère de l’Intérieur qui roule aujourd’hui pour les intérêts des Frères musulmans », observe, amer, Mohammed Abdel Aziz.

Humilié physiquement et psychologiquement

Pour lui, « il faut à tout prix réformer la police » face à la dissymétrie croissante entre toutes ces arrestations de civils et l’acquittement de nombreux policiers impliqués dans les actes de violence de ces deux dernières années. Si la tragique mésaventure de Hamada Saber Mohammed Ali a mis en exergue l’urgence d’une telle réforme, celle-ci est pourtant loin d’être engagée. Humilié physiquement, le pauvre homme l’a également été psychologiquement.

Actuellement alité dans un hôpital de Héliopolis rattaché aux forces de l’ordre, il a fait une brève apparition télévisée, ce samedi, pour incriminer – vraisemblablement sous la contrainte – les manifestants et non les policiers, qui l’auraient en fait « sauvé ». Après quelques cafouillages maladroits venant du bureau du président Morsi, le ministère de l’Intérieur a, pour sa part, présenté ses excuses pour la tragédie de vendredi, tout en évoquant un « acte isolé ».

Presse contre-révolutionnaire (Delphine Minoui, correspondante au Caire, LeFigaro.fr, 3 février 2013)

 

Des affrontements éclatent au siège de la sécurité d’Alexandrie
Clashes break out at Alexandria’s security headquarters

Alexandrian protesters express rage at torture case captured on camera in Cairo.

The vicinity of Alexandria’s security governorate saw fierce clashes after protesters locked horns with police forces on Saturday evening.

Protesters voiced anger after a video that showed a grown man beaten up, stripped and dragged on the asphalt late Friday near Cairo’s presidential palace.

As tensions escalated near Alexandria’s security governorate, police forces fired rounds in the air as demonstrators lit up fireworks and flares.

Both sides also exchanged stones as a number of civilians were arrested.

Egypt has been hit by turmoil since 25 January – the second anniversary of the 2011 Revolution.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 2 février 2013)

 

Dragged man retracts previous testimony, accuses police of beating him

Hamada Saber, the man who was filmed being beaten by police outside the presidential palace, denied the statement he made to the prosecutor general, in which he said he was attacked by the protesters, and accused police of beating, stripping and dragging him, various media outlets reported Sunday.

Video footage showed that security forces dragged Saber, 48, through the streets, stripped him naked and beat him with batons before forcing him into an armored vehicle.

The attack, captured by Al-Hayat and ONtv satellite channel cameras, came amid clashes in front of the palace between security forces and opponents of President Mohamed Morsy’s rule.

The video was widely circulated through privately satellite channel and social networking websites.

On Saturday, top media outlets in the country reported that Saber denied reports that security assaulted him. Prosecutors claim he told them that protesters assaulted him, thinking he was from the security forces because he was wearing black. Channel One, the main state TV channel, interviewed Saber, who was lying on bed in a police hospital, saying police didn’t beat him.

The testimony caused public uproar, given the fact that Saber has a low income and lives in difficult conditions in the working-class area of Matariya.

Some privately owned channels visited his house, and anti-Morsy media host Wael al-Ibrashy called Saber’s son Saturday, saying police pressured his father to change his testimony.

His son Ahmed told Al-Masry Al-Youm Sunday that his father telephoned him Sunday, cried and told him that he was under pressure and terrorized. Then he asked him to get him out of the Police Hospital and take him home or to any other hospital.

“The police forced my father to lie,” he told Al-Masry Al-Youm. “He did not know the incident was filmed.”

He pledged to march with his relatives and take his father out of the hospital.

The prosecutor ordered Sunday that Mohamed be transferred to a hospital other than the Police Hospital for treatment.

On Friday, the Interior Ministry said it regretted the stripping and beating of a protester earlier in the day during the clashes in front of Ettehadiya Presidential Palace.

Saber’s treatment comes amid violence in the country that broke out after the two-year anniversary of the 25 January revolution. At least 57 people have died in the nationwide violence, according to Reuters.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Hesham, EgyptIndependant.com, 3 février 2013)

 

« La colère est très forte et elle existe partout »

Depuis le 25 janvier, jour du deuxième anniversaire du déclenchement de la révolution égyptienne, la contestation n’a fait que s’amplifier. Jour après jour, des milliers de manifestants ont dénoncé la main-mise sur le pouvoir par les Frères musulmans. Les manifestations pacifiques auxquelles avait appelé le Front du Salut National, la principale force d’opposition, ont donné lieu à des scènes de guerilla urbaine. Le soir du 1er février, devant le palais présidentiel, des milliers de manifestants se sont livrés à une bataille rangée avec les forces de l’ordre. Le 2 février encore, ils étaient plusieurs centaines de manifestants à jeter des pierres et des cocktails molotov contre l’enceinte du bâtiment. En une semaine, les émeutes violement réprimées se sont soldées par plus de 60 morts. Une vidéo montrant un homme nu, battu par des policiers, n’a fait qu’aviver la colère des manifestants. Ils appellent désormais à la démission du ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim qui a annoncé une enquête.

En Égypte, les organisations de défense des droits de l’homme sont des observateurs privilégiés. Ces deux dernières années, ils ont collecté d’innombrables témoignages sur les brutalités des forces de l’ordre, constaté l’immobilisme des pouvoirs politiques et la colère grandissante qui gagne peu à peu toute la société. L’Initiative égyptienne pour les Droits de la Personne est en première ligne, l’une de ses membres, Magda Boutros a accepté de répondre à nos questions.

ARTE Journal : Quelle a été votre réaction quand vous avez-vu cette vidéo ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/088.jpgMalheureusement nous n’avons pas été surpris. Avec notre organisation, cela fait deux ans qu’on travaille sur les violences policières. On sait que ce genre de choses arrive pratiquement quotidiennement. De la part de la police, mais aussi des militaires quand ils étaient au pouvoir. D’autres vidéos de ce genre existent. Des vidéos montrant la police en train de brutaliser des manifestants ou des individus dans d’autres circonstances. Ce qui fait que malheureusement quand on voit ce genre de vidéo, on est pas vraiment surpris. Ces violations de la police sont systématiques. Dans notre organisation, on poursuit des investigations dans des affaires de brutalités policières. On a des affaires de tortures dans des lieux de détention, que ce soit dans les prisons ou dans les postes de police, qui peuvent parfois mener à la mort. On a aussi suivi des affaires impliquant l’usage d’armes à feu. Exemple : il y a une dispute dans la rue entre une personne et un policier, le policier sort son arme à feu et tire. Il blesse ou il tue la personne. Au cours de ces 2 premières années de la révolution, ça a été très difficile pour nous de savoir exactement le nombre de violences et de brutalités policières. Mais au moins dans les affaires qu’on a pu suivre en détail, on a pu recueillir le témoignage des victimes ou des témoins, et on a pu suivre les investigations criminelles. Et on a relevé plus de 20 cas de personnes tuées de manière illégale par la police.

Est-ce que vous constatez une augmentation des violences contre les manifestants ?

Depuis la chute de Moubarak, la violence contre les manifestants est pratiquement constante. Lorsque l’armée était au pouvoir, il y a eu des violences très fortes contre les manifestants. En novembre 2011, lors de la bataille de la rue Mohammad Mahmoud au Caire, il y a eu 45 personnes tuées par la police, un mois plus tard en décembre, il y a eu 17 personnes tuées par l’armée devant le conseil des ministres. Plutôt en octobre, il y avait l’affaire Maspiro (l’attaque contre la manifestation pacifique des Coptes) où 25 personnes avait été tuées par l’armée, etc… Depuis le début de la révolution, que ce soit avant ou après Morsi, les violences commises contre les manifestants sont constantes. Et ce qu’on voit aussi et qui reste constant, c’est que les forces de police ou de l’armée nient ces faits. Même quand il y a des vidéos qui prouvent que les forces de police tirent à balles réelles sur les manifestants, même quand il y a des rapports médicaux, des rapports d’autopsie qui prouvent que ces personnes sont mortes tuées par des armes à feu, la police nie les faits.

Si vous avez suivi ce qui s’est passé pour cet homme qui a été dénudé et frappé par la police, ils ont fait en sorte qu’il apparaisse ensuite à la télévision en disant que ce n’était pas la police qui l’avait dénudé, ni frappé, que c’était les manifestants et que la police au contraire l’avait protègé des manifestants. Ce qui bien sûr au vu des images, est totalement faux. Il est apparu dans une autre vidéo où il explique que les policiers lui ont demandé de dire ça. C’est juste un exemple, mais beaucoup d’affaires sont bien plus violentes et mènent à la mort, et le ministère de l’Intérieur refuse de reconnaître les crimes commis par les officiers de police, les fautes commises par les officiers de police. On a un système judiciaire en Égypte qui protège les officiers de police et leur assure l’impunité.

Dans les affaires qu’on a suivi depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui, les affaires de la révolution et les affaires de torture ou de meurtre, dans 90% voire 95% des cas, les officiers de police sont acquittés ou les affaires n’arrivent même pas devant les tribunaux. Car le procureur général travaille à faire en sorte que la police ait une immunité et ne soit pas poursuivie. On a aujourd’hui une police qui n’a absolument pas changé ses pratiques. Les lois qui règlent le travail de la police n’ont pas changé depuis Moubarak, on est toujours avec les mêmes lois qui gouvernent l’utilisation de la force et des armes à feu. Il n’y a eu aucun changement au niveau des mécanismes de contrôle de la police et on a un système judiciaire qui depuis Moubarak et aujourd’hui encore, protège la police et l’armée, et préserve leur impunité. Et donc ce qu’on voit aujourd’hui c’est le résultat naturel de cette absence totale de réforme, de cette absence de volonté politique de changer le système sécuritaire égyptien. Et cela peut s’aggraver encore s’il n’y a pas une volonté politique de changer les choses, et il faudra un changement radical et pas seulement de belles paroles comme on en entend depuis deux ans.

Pourtant la réforme de la police et de la justice étaient des priorités pour les révolutionnaires ?

Pour commencer les manifestations, les révolutionnaires avaient choisi le 25 janvier, c’est le jour de la fête de la police en Égypte. Ce n’était pas un hasard. Ils l’ont choisi exprès pour adresser un message fort et dénoncer les violences policières. Et aujourd’hui encore, le 25 janvier est le jour de la fête de la police.

Peut-on parler d’une nouvelle révolution en cours, d’un nouveau soulèvement, cette fois contre les Frères musulmans et le régime du président Morsi ?

Moi je préfère parler d’une révolution qui continue. Des figures peuvent avoir changé, la tête du régime a peut être changé, mais le régime est toujours là. Il n’a pas changé, le régime policier, sécuritaire n’a pas changé. La révolution continue contre ce même régime pour lequel ils sont descendus dans les rues le 25 janvier 2011. Quelque soit la façon dont on appelle ça, une deuxième révolution, une deuxième vague, il y a les mêmes revendications, les mêmes problèmes qui existent encore et qui sont peut-être encore pire aujourd’hui. Donc oui, la révolution continue, comme on dit ici.

Le régime du président Morsi est-il menacé ?

La colère est très forte et elle existe pratiquement partout. Que ce soit des demandes sociales, économiques, les demandes de respect de la dignité humaine, les demandes relatives au coût de la vie, toutes ces choses là ne s’améliorent pas. La colère existe et elle est très fortement ressentie en Égypte, donc tout est possible.

Presse contre-révolutionnaire (Évelyne Herber, Arte.tv/fr, 3 février 2013)

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[Copwatch] Comment réagira le ministère de l’intérieur, toujours aux petits oignons avec les syndicats de flics, lorsque ceux-ci monteront au front pour s’insurger contre l’instauration du matricule ?

Petite leçon de « matricule » pour Manuel Valls

On a entendu dire que le numéro de matricule allait revenir sur l’uniforme des fonctionnaires de police. Manuel Valls veut qu’on puisse identifier les flics lors de leurs interventions. Bien entendu, il y aura juste un numéro et rien de plus. On a appris le 31 janvier que le matricule comporterait 6 chiffres sur une bande de scratch et par la suite sur une plaque. On peut allègrement s’imaginer (au vu des informations qui traînent sur les réseaux sociaux et sur les forums) que des traffics de numéros de matricule seront très vite mis en place par les flics eux-mêmes. Certains vicieux pensent déjà à mettre de faux numéros, ou ne pas mettre le scratch histoire de bien enfoncer un peu plus les personnes envers lesquelles ils auront commis des violences et retourner la situation à leur avantage.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/08.jpgEn realité, tout cela n’est qu’un coup de communication du Ministère de l’Intérieur. Un de plus. On s’imagine à peu près les réunions entre Valls, ses conseillers et les « experts » en securité (Bauer, toujours lui !) : « Bon allez, on va coller un numéro de matricule sur le torse de nos gars [sexisme oblige], ça calmera la plèbe [mépris de classe oblige] et ça pacifiera [aaah, la bonne vieille pacification sociale !] les rapports entre la police et la population ». L’auto-satisfaction est la plus grande vertu des politiciens.

On souhaite donc montrer au Ministère de l’Intérieur à quoi doit ressembler une véritable identification des fonctionnaires de police, à partir de l’exemple donné par les copwatcheurs du district Ouest de Denver (États-Unis) et dont voici le site internet.

Aux États-Unis, dans certains États la loi est très stricte au sujet de l’identification des flics : si un fonctionnaire refuse de s’identifier ou cache son « badge number » et qu’il est pris en photo, il peut être attaqué en justice par la personne qui le lui a demandé. De plus, chaque flic (quel que soit son grade) dispose d’une carte professionnelle qu’il doit présenter à la personne qui le lui a demandé. Reste à prouver qu’il le font vraiment, mais en tout cas les possibilités de recours juridiques dans le cas inverse permettent régulièrement d’obtenir gain de cause. Ce qui n’empêche pas la police de « baver », bien évidemment.

Les syndicats de police et le Ministère de l’Intérieur de Guéant nous ont attaqué sur les éléments de précision de certaines bases de données que nous avons constituées. Le Ministère de l’Intérieur aurait pourtant dû jeter un œil aux bases de données américaines qui, on peut le dire, sont bien plus fournies que les nôtres. Car non, les copwatch américains ne sont pas les amis des flics : ils sont tous indépendants, ont leur propre réseau d’informations, de diffusions et d’avocats, défendent la population face à la police et n’hésitent pas mettre les flics en taule et à attaquer l’État. Le copwatching à l’anglo-saxonne ne fait pas de cadeaux, car derrière sa façade légaliste se cache une stratégie de lutte implacable contre les violences policières. Si la loi le permet, pourquoi ne pas en profiter ?

Voici pour exemple le cas du sergent Robert Motyka, que montre la capture d’écran ci-dessous. Le terme « identification » que nous employons souvent prend ici tout son sens. Il n’est pas seulement question d’un numéro, mais d’une fiche signalétique complète du personnage (contenant des informations non privées). Sans faire l’éloge du système américain, qui est loin d’être chouette, on pourrait néanmoins y voir une certaine transparence…

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Sergent Robert Motyka, police de Denver, 1er district.

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Exemple de carte d’identification du Lieutenant Steve Wilson.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/07.jpgOn rappelle à François Hollande sa belle promesse de campagne visant à lutter contre les contrôles au faciès (voir à ce propos la campagne du collectif Stop le Contrôle au Faciès) et diffusée à grand renfort d’affiches et d’autocollants. On se souvient très bien de la propagande populiste et coûteuse faite par les socialistes à l’époque…

Comment réagira le Ministère de l’intérieur, toujours aux petits oignons avec les syndicats de flics, lorsque ceux-ci monteront au front pour s’insurger contre l’instauration du matricule ? On les entend déjà s’écrier au sujet « des conditions catastrophiques dans lesquelles ils travaillent et du flicage dont ils sont victimes ». C’est l’arroseur arrosé !

Avec des numéros, ils seront plus faciles à compter ! Ça promet…

P.-S. : On peut même géolocaliser grâce à des scans les positions des flics de Denver. Voici le lien.

Copwatch Nord – Île de France, 3 février 2013

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[Le peuple ne veut plus de héros et nul n’est immortel] La contre-révolution défile à Paris

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Odéon (Paris) le 2 février 2013

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[Nos médias] Sous la cendre, site initié par l’assemblée libertaire de Caen

Qui sommes nous ?

SOUS-LA-CENDRE EST UN OUTIL COLLABORATIF sur le net initié par l’Assemblée Libertaire de Caen, mais ce site internet est indépendant de celle-ci… L’idée est de partager des informations et des ressources locales ou qui viennent d’ailleurs, mais également de permettre aux collectifs, organisations, mouvements de lutte anti-autoritaires locaux de prendre la parole. Vous y découvrirez des infos locales ou internationales (qui nous semblent pertinentes à diffuser) ou encore des textes, analyses politiques, mais aussi des ressources à télécharger (comme des journaux, des tracts, des textes, des revues, des brochures), un agenda des activités locales, un annuaire de sites anti-autoritaires…

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TÉLÉCHARGER LE FLYER

DES COLLECTIFS ET DES INDIVIDU-E-S PARTICIPENT À ALIMENTER CE SITE qui ne cherche pas à offrir une homogénéîté théorique mais à permettre la diffusion de différents points de vue anti-autoritaires (anarchistes, anarcho-communistes, féministes, autonomes, conseillistes, etc.). Cet outil n’est ni l’organe d’un collectif ou d’une organisation, ni l’expression d’un point de vue unique, mais il se refuse à diffuser les textes d’obédiences autoritaires. Sous la cendre, n’a pas été conçu comme un site où la publication est ouverte à tous et toutes, par manque de disponibilité en terme de modération, mais également parce que nous pensons que l’outil informatique à tendance à tendre les relations sociales en les dématérialisant. Les formes « forum » ou « commentaires » que certain-e-s d’entre nous ont déjà expérimentés ont souvent pâti de discussions stériles et agressives qui n’ont souvent d’autres buts que l’autovalorisation de leurs auteurs et rédactrices. Nous sommes malgré tout  contactables via la rubrique « contact » pour nous faire part de critiques ou demander leur publication.

L‘INFORMATIQUE ET LE NET SONT POUR NOUS LOIN D’ÊTRE CES OUTILS ÉMANCIPATEURS que des journalistes ou  certains courants se réclamant du libertarisme vantent. Le fichage y est généralisé, le profilage s’y déploie en même temps que les veilles documentaires économiques et policières. L’expérience vécue par les compagnon-ne-s du Jura libertaire en mai 2011 ou les menaces de poursuites ou les poursuites en cours contre différents Indymédia et Copwatch sont à ce titre éclairantes. Nous ne pouvons que conseiller à ceux et celles qui utilisent ce site de veiller s’il-elle-s le désirent à leur anonymisation. Nous ne souhaitons pas devenir à notre insue de nouveaux citoyens-relais à même de contribuer à l’élargissemment de fichiers déjà existant autour de la prétendue menace anarchiste, ultra-gauche ou autonome. Sans oublier qu’internet contribue activement à l’architecture d’un système capitaliste que nous vomissons. Combien de centrales nucléaires faut-il pour que continue de tourner les flux d’information si chers à nos sociétés marchandes ? Jusqu’où par le bais de ces outils d’espionnage et de marketing le net s’immisce-t-il dans nos vies privées ? En quoi le net contribue-t-il activement à notre atomisation et à la dématérialisation de nos vies au profit de la marchandise ?

NOUS AVONS TOUT DE MÊME CHOISI DE CRÉER CE SITE parce que nous savons que notre désertion de cet espace ne suffirait bien évidement pas à le voir s’effondrer, mais surtout parce nos autres outils de diffusion d’informations et d’analyses plus directs – journaux, revues, espace de discussion, etc. – sont aujourd’hui beaucoup trop limités. Nous espérons même, peut-être naîvement, que ce site puisse contribuer à briser ce rapport immatériel pour propager rencontres plus directes, discussions… et favoriser la réapprioriation d’analyses, d’idées et de pratiques à même de participer à attaquer  l’État et le système marchand.

NOUS SOMMES UN PEU DE LA BRAISE QUI COUVE SOUS LA CENDRE et qui parfois se manifeste. Nous écrivons, luttons, gueulons, nous organisons pour résister à la volonté du capital, de l’État, de leur zélés défenseurs et faux critiques, d’éteindre le feu qui agite ceux et celles que ce monde dégoute. Ce n’est pas que nous voulons mettre ce monde en cendre, mais bel et bien que nous cherchons à  lui en opposer un autre que nous commencons à construire ici et maintenant. Et ce site est un outil parmis d’autres de cette lutte.

Sous la cendre, septembre 2012

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[Révolution égyptienne] Port Saïd : 24 usines — employant près de 35’000 travailleurs — au point mort depuis que la violence a éclaté dans la ville il y a une semaine

Work gradually resumes in Egypt’s Port Said following 5-day halt

Twenty-four factories remain offline in city of Port Said following recent political mayhem; Manpower ministry estimates losses at some LE17 million daily.

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Smoke rises after Egyptian protesters clash with police, unseen, in Port Said

Production and commercial activity in the maritime city of Port Said are slowly returning to normal levels after having been brought to a halt during five days of recent political unrest, according to a report issued by the Egyptian Ministry of Manpower and Immigration.

Government offices have reopened their doors for public services and all ministerial offices in the city are now fully operational, Gamal Hamza, head of Port Said’s manpower directorate, told Egyptian state news agency MENA on Sunday.

The city’s production sector, however, has yet to return to business as usual, with production at almost 24 factories – employing almost 35,000 workers – having ground to a halt since violence erupted in the city one week ago, Gamal noted.

The city’s maritime transport facilities and the Port Said seaport, however, were not affected by recent events.

According to Gamal, the manpower directorate plans to financially compensate local factories that were negatively affected by the recent turmoil.

The manpower ministry estimates daily losses owing to Port Said’s recent production stoppages at some LE17 million.

Violence erupted in the city on 26 February after 21 local residents were sentenced to death for involvement in last year’s Port Said stadium disaster, in which more than 70 football fans died. At least 39 people were killed in Port Said in clashes with police following the announcement of the sentences.

Presse contre-révolutionnaire (MENA, 3 février 2013)

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[Révolution égyptienne] « Le désespoir est une trahison »

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[Flics, porcs, assassins] Anarchistes grecs torturés

Samedi 2 février 2013, quatre anarchistes ont été arrêtés par la police grecque à la suite d’un braquage de deux banques dans la ville de Kozani. Yannis Michailidis, Dimitris Bourzoukos, Dimitris Politis, Nikos Romanos ont été ensuite longuement torturés, comme en attestent les photos suivantes.

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Dimitris Politis

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Yannis Michailidis

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Dimitris Bourzoukos

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Nikos Romanos

Les parents de Dimitris Bourzoukos ainsi que son avocat, n’ont pas pu communiquer avec lui ni prendre de ses nouvelles pendant 48 heures. Lorsqu’ils ont enfin pu le voir, ils n’ont pas pu le reconnaître tant son visage était tuméfié. Ce dernier a déclaré avoir subi, comme les autres, des tortures pendant quatre heures, menotté, agenouillé et les yeux couverts d’un foulard. Ses bourreaux l’ont frappé gravement à la tête, au visage, au ventre, lui ont arraché délibérement les cheveux… Ces tortures ont eu pour conséquences du sang dans ses urines, des vertiges, des maux de tête, des ecchymoses sur tout son visage…

Malgré tout cela, Dimitris Bourzoukos est resté solide, a conservé sa dignité et son moral n’est pas ébranlé.

En ce qui concerne les autres détenus, il n’y a aucune information sur leur état actuel, tandis que les parents de Bourzoukos ont pu dénoncer publiquement les faits.

Comme souvent lorsqu’il s’agit d’anarchistes, la police a publié sur son site les photos des quatre arrêtés. Mais comme il saute aux yeux lorsqu’on les regarde, les graphistes en herbe de la police grecque ont tenté de dissimuler le travail de leurs collègues, sans succès.

Reçu le 3 février 2013

 

Grèce : Arrestation de deux membres présumés des Cellules de Feu

Yannis Michailidis et Dimitris Politis ont été arrêté le 1er février par la police à Athènes avec deux autres personnes. Ils étaient recherchés pour participation à l’organisation révolutionnaire anarchiste la Conspiration des Cellules de Feu. La police tente de les impliquer dans deux attaques de banques dans la région de Kozani (nord de la Grèce).

Secours rouge/APAPC, 2 février 2013

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[Flics, porcs, assassins / Abou Bakari Tandia] Appel à Versailles, mardi 12 février

Abou Bakari Tandia / appel / contre non-lieu

7 ans après la mort d’Abou Bakari Tandia, Malien mort en janvier 2005, après sa garde à vue au commissariat de Courbevoie, la juge d’instruction vient de prononcer un non-lieu pour les 5 policiers présents au commissariat.

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La famille poursuit son combat, elle a décidé de faire appel.

L’audience d’appel est fixée au mardi 12 février 9h à la cour d’appel de Versailles, 5 rue Carnot, Versailles. Pour y aller : RER-C, descendre à Versailles-rive gauche, puis 12 minutes à pieds.

Venez nombreux ! Solidarité !

Infozone, 31 janvier 2013

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[« Il fallait tirer les conclusions de l’affaire Merah »] Les responsables de l’« antiterrorisme » sarkozyste débarqués

Après l’affaire Merah, réorganisation et changements de têtes à la DCRI

La direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) poursuit sa mue, sous l’impulsion de son nouveau patron depuis juin 2012, Patrick Calvar. Le grand service de renseignement créé en 2008 se recentre inexorablement vers la lutte contre le terrorisme. Selon les informations du Monde, le décret réorganisant en profondeur la DCRI a été signé — mais il n’a pas été publié, puisque toutes les activités du service sont couvertes par le secret défense.

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Patrick Calvar (à gauche) remplace Bernard Squarcini à la tête de la DCRI après en avoir été le numéro deux lors de la création du service, en 2008.

La sous-direction du contre-terrorisme, directement en cause dans les ratés du suivi de Mohamed Merah, a été renforcée, grâce au sacrifice d’une autre sous-direction, celle de la subversion violente. Une disparition qui provoque des interrogations dans le monde du renseignement, alors qu’une radicalisation de certains mouvements se fait sentir, à l’extrême gauche comme à l’extrême droite.

Le 5 novembre 2012, le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, avait défendu à Rome une plus grande coopération policière européenne face « aux formes de violence provenant de l’ultragauche, de mouvements d’anarchistes ou d’autonomes ». Pour défendre sa réforme, M. Calvar assure, selon plusieurs sources, que la proximité avec les spécialistes du contre-terrorisme permettra de donner plus de moyens aux policiers chargé du suivi des mouvements ultras, notamment en termes de technologies de surveillance.

Chez certains spécialistes du renseignement, l’argument provoque l’étonnement : « Ils ne bénéficiaient donc pas de tous les moyens auparavant ? », s’interroge l’un d’eux. Les opposants à cette suppression jugent au contraire qu’elle se situe dans la lignée de la lutte traditionnelle entre les deux services, qui, en fusionnant en 2008, ont donné naissance à la DCRI : les renseignements généraux (RG), et la direction de la surveillance du territoire (DST), dont M. Calvar est issu. « Calvar veut se débarrasser de tout ce qui reste des RG », assure une source proche du dossier. La lutte contre la subversion est effectivement issue de l’héritage « RG ».

« Tirer les conclusions de l’affaire Merah »

La nouvelle grande sous-direction a été confiée à Lucile Rolland, 48 ans. Elle a toute la confiance de M. Calvar dont elle était l’adjointe à la direction du renseignement de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), entre 2009 et 2012. Elle a précédemment occupé les fonctions de directrice de cabinet de Bernard Squarcini, lorsque ce dernier dirigeait la direction de la surveillance du territoire (DST), puis de chef d’état-major de la DCRI lors de la création du service. Bernard Squarcini a dirigé la DCRI de sa création jusqu’à ce qu’il soit démis de ses fonctions par Manuel Valls, le 30 mai 2012.

L’ancienne patronne du contre-terrorisme, Dominique Roulière, a donc été débarquée. Elle paye les erreurs commises par son service lors de l’affaire Merah, et notamment la mauvaise évaluation du terroriste par ses équipes à Paris, quelques mois avant les tueries de Toulouse et Montauban. Son nom circulait pourtant pour occuper de hautes fonctions en cas de retour de la gauche au pouvoir, mais plutôt dans l’hypothèse d’une nomination de François Rebsamen Place Beauvau.

La réorganisation de la DCRI suit également les conclusions du rapport Léonnet-Desprats sur les dysfonctionnements des services, rendu fin octobre 2012 au ministre de l’intérieur. Une inspection interne a été créée, et confiée à Michel Guérin, auparavant numéro deux de la DCRI.

« Il y a deux changements en cours à la DCRI, pas uniquement liés à l’affaire Merah, décrypte une source, Place Beauvau. La mise en place d’une meilleure coordination sur le terrain, de moyens supplémentaires, mais aussi un travail sur la qualité des agents, avec la nécessité d’avoir des experts dans différents domaines comme le cyberdjihad. Et puis évidemment, un changement de responsables à tous les niveaux. Certains doivent partir. Il fallait tirer les conclusions de l’affaire Merah. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Laurent Borredon, blog du Monde « Vu de l’intérieur », 30 janvier 2013)

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[Révolution égyptienne] « La révolution contre les Frères a commencé, elle va se poursuivre, elle sera plus violente que jamais, et il le faut ; je revendique cette violence, car contre le fascisme religieux, contre le terrorisme d’État, on ne peut se contenter, tout en restant chez soi, d’appeler tous les partis à la retenue »

Nous sommes tous des Blacks Blocks !

Depuis plusieurs semaines l’Égypte est embrasée par des manifestations, qui contestent la mainmise des Frères sur tous les rouages de l’État, d’une constitution baclée, d »un référendum imposé par la fraude, d’une absence de l’État, au fil du temps, et compte tenu de l’absence de toute réponse à l’attente des populations et aux revendications légitimes de la révolution de janvier, la violence se substitue au mythe de la révolution non violente.

Ceux qui dénoncent la violence actuelle, ont la mémoire courte ; ils ont probablement oublié que la majorité des martyrs de la révolution du 25 ont été tués au vendredi sanglant de la colère, quand les révolutionnaires ont mis le feu aux postes de police et ont incendié le siège du parti national au pouvoir.

Ils ont oublié qu’entre le 25 et le 28 janvier, les affrontements à Suez ont fait des dizaines de morts, tant parmi les forces de l’ordre que ceux des manifestants.

Ils ont aussi oublié la chronologie des faits par la suite, sous le régime militaire, depuis l’attaque de l’armée contre les familles des martyrs, en passant par les événements de Maspero et le lynchage des femmes à la place Tahrir.

Ils ont oublié, les 900 morts de janvier à mars 2011.

Cette révolution n’a jamais été pacifiste, c’est un mythe.

Il y a certes une recrudescence de violences, contre les forces de l’ordre conduite par un ministre affilié aux Frères, qui reproduit à la lettre les méthodes de l’ancien régime

Les Égyptiens résistent et répondent à ces méthodes par la violence, ce qui est tout-à-fait légitime ; la révolution contre les Frères a commencé, elle va se poursuivre, elle sera plus violente que jamais, et il le faut ; je revendique cette violence, car contre le fascisme religieux, contre le terrorisme d’État, on ne peut se contenter, tout en restant chez soi, d’appeler tous les partis à la retenue.

No Pasaran

Mailing – Galila El Kadi, 1er février 2013

 

[L’ère des émeutes] Déclaration du black bloc égyptien

Le mouvement anarchiste égyptien émerge accompagné par une vague de bombes incendiaires et de combats de rue.

Les anarchistes ont été présents en Égypte, avant, pendant et après la révolution, mais jusqu’à ce jour, ils n’avaient pas encore organisé de regroupements de masse sous la bannière de l’anarchisme.

Les ultras des clubs de football égyptiens ont été associés pendant des années aux idées et actions anarchistes,  et ont initié un côté militant qui a contribué largement à la chute du gouvernement Moubarak en février 2011.

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Une marche d’un black bloc ce soir au Caire, se préparant à l’affrontement avec les forces de l’ordre près de la place Tahrir, pour fêter le deuxième anniversaire de la révolution égyptienne.

La nuit dernière, les anarchistes ont laissé tomber les slogans sur les murs, les petites discussions, et les forums égyptiens sur internet, pour apparaître au Caire et se déclarant comme une nouvelle force  dans cette révolution sociale actuelle, déclenchée il y a deux ans par plusieurs attentats à la bombe visant les bureaux des frères musulmans. Plus tard, le gouvernement a fait fermer les pages facebook des groupes « Black Blocairo » et du «  Black Bloc Égyptien », mais ils furent relancés peu de temps après.

« Attendez-vous à de nouvelles attaques, en réponse à la fermeture de notre page officielle… » ont-ils déclaré dans un communiqué publié sur internet ce matin.

Aujourd’hui, le black bloc a fait sa première apparition de masse sur la placeTahrir et, peu de temps après ont fait exploser une bombe au conseil de la Shura (le parlement égyptien), démolissant une partie d’un mur de protection anti-émeute menant à la place Tahrir. Tandis que, d’autres se sont affrontés avec les forces de l’ordre.

Ces déclarations et ces actions sont en préparation pour célébrer demain le deuxième anniversaire de la révolution égyptienne. Certains qualifient déjà ces actions de « passage à un niveau supérieur » de la protestation actuelle en Égypte.

L’anarchisme et le concept du black bloc a émergé ces derniers mois à travers l’Égypte, issus de la coalition de plusieurs groupes anarchistes qui se sont unis pendant la période révolutionnaire. Une méfiance massive de la jeunesse envers tous les partis politiques, une critique acerbe du rôle de la religion dans la gouvernance du pays et, l’inspiration de la résistance anarchiste dans le monde (surtout symbolisé par la révolte en Grèce fin 2008), ont créé l’émergence de ce mouvement.

Ci-dessous, voici la déclaration du black blocairo en ce qui concerne la fermeture de leur site web, leurs attaques à la bombe contre les bureaux du gouvernement et, leurs appels à la révolte :

«  Hier, après que nous ayons terminé nos actions, nous avons rencontré quelques uns des mouvements révolutionnaires en place et, nous avons décidé de nous unir lors de nos prochaines actions, d’où nos deux premières attaques, comme nous vous l’avons dit hier :

1) – Mettre le feu aux locaux de gestion internet d’Ikhwan (Frères musulmans)

2) – Mettre le feu aux bureaux d’Ikhwan sur Al-Manial street au Caire.

Et nous déclarons notre révolution à partir d’aujourd’hui depuis la place Tahrir, jusqu’à ce que l’Égypte et sa population obtiennent leurs droits ! La vie, la liberté, et la justice sociale !

Black Blocairo, les Hooligans

Attendez-vous à de nouvelles attaques, en réponse à la fermeture de notre page officielle… »

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LIENS SUR DES GROUPES ANARCHISTES ÉGYPTIENS : Revolution Black Bloc (page des anarchistes égyptiens) • Black Blocairo (la nouvelle page du Black Blocairo) • Black Bloc Egypt

AUTRES LIENS DE GROUPES ANARCHISTES ARABES : Anarchists of ArabsMoroccan Black BlocAnarchists in LebanonTunisian Anarchist MovementTunisian Anarchist OrganizationTunisian AnarchistSyrian Anarcha Feminist MovementSyrian AnarchistsTahrir ICN (page européenne de solidarité, en anglais)

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Traduit de l’anglais (Even If Your Voice Shakes, 24 janvier 2013) par un correspondant du Jura Libertaire

 

En Égypte, l’opposition se radicalise

Malgré les appels au calme, des affrontements ont fait une victime près du palais présidentiel.

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Ils sont redescendus dans la rue. Malgré la pluie, la fatigue et les efforts des parties rivales pour tenter d’amorcer une sortie de crise. « Nos dirigeants sont des menteurs ! Nous n’en voulons pas ! S’il faut que le sang coule pour s’en débarrasser, alors il coulera », crie cette Égyptienne d’une quarantaine d’années, dans un des cortèges qui mène vers la place Tahrir, ralliée en ce vendredi après-midi par quelques milliers de protestataires. Elle s’appelle Rima et cette employée du tourisme dit n’avoir plus rien à perdre, « puisque de toute façon, les étrangers ne viennent plus chez nous, et que mon agence va finir par mettre la clé sous la porte ».

Dans la foule, au-dessus des têtes, des banderoles demandent « justice » pour les quelque cinquante victimes des accrochages meurtriers de ces derniers jours. Mais c’est surtout la fin du gouvernement du « guide » des Frères musulmans que réclament les manifestants. Ils accusent à l’unisson la Confrérie, dont est issu le président Morsi, d’avoir « confisqué la révolution ». Un cri de colère entendu au Caire, mais aussi en province, à Alexandrie ou encore à Port-Saïd, endeuillés par de violents affrontements, où des milliers de personnes se sont rassemblées à l’issue de la prière hebdomadaire.

La veille, l’opposition — qui avait maintenu son appel à manifester — et le parti Justice et Liberté des Frères musulmans s’étaient mis d’accord pour prévenir les violences. À l’issue d’une réunion de la dernière chance organisée sous l’égide d’al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, les participants avaient dénoncé « toute incitation à la violence » et souligné « la responsabilité de l’État et de son appareil sécuritaire ». Initialement respecté par les manifestants, le pacte a rapidement été brisé à la nuit tombée.

Aux environs de 18 heures, les premiers cocktails Molotov pleuvent sur le Palais présidentiel, dans le quartier de Héliopolis, où les protestataires ont convergé. Sur la chaîne ONTV, qui retransmet en direct les événements, des manifestants hurlent : « Le peuple veut la chute du régime ! » — des slogans entendus il y a deux ans, dans les rassemblements anti-Moubarak. À la tombée de la nuit, un mort était à déplorer.

Hommes encagoulés

Sur place, des témoins évoquent des scènes de panique et d’incompréhension. Parmi les protestataires, beaucoup d’activistes appartenant au Mouvement de la jeunesse du 6 avril et de supporteurs du Front de salut national, la principale coalition de l’opposition laïque. Mais aussi de plus en plus d’hommes encagoulés de noir, les fameux « Black Blocs » se revendiquant d’un mouvement anarchiste inspiré d’Europe. Faut-il y voir le début de l’opération « Gaber » — du nom de ce jeune activiste mort sous les balles des forces de l’ordre en novembre dernier — tant promise par ces révolutionnaires d’un nouveau genre ? « Ce qui est clair, c’est qu’on assiste à une radicalisation des manifestants face à un gouvernement qui reste myope à nos demandes, et à une opposition qui peine à nous représenter », lance Hiba, 24 ans. Aujourd’hui, cette jeune révolutionnaire ne se reconnaît plus dans cette opposition disparate qui vole en éclats. Ce vendredi, l’ancienne abonnée aux manifestations a préféré rester chez elle pour la première fois, « par peur du chaos », concède-t-elle.

Car dans ce climat volatile, un autre phénomène, encore plus perfide, se généralise à l’ombre des manifestations : les agressions sexuelles de jeunes femmes. Les organisations de défense des droits de l’homme ont recensé une vingtaine de victimes pour la seule journée du 25 janvier. Fidèles à leur théorie du « retour à l’ordre », les Frères musulmans accusent l’opposition de cautionner ces attaques en continuant à manifester. À l’inverse, certains opposants y voient la main des partisans de la Confrérie dans l’objectif d’entretenir un état de pourrissement du pays qu’ils viendraient ensuite « sauver ». Des accusations révélatrices d’une profonde crise de confiance entre le pouvoir et la dissidence, que la médiation d’al-Azhar est loin d’avoir résolue.

Presse contre-révolutionnaire (Delphine Minoui, LeFigaro.fr, 1er février 2013)

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[Égypte] Union sacrée contre la révolution

Accord contre les violences en Égypte

LE CAIRE – Les principaux dirigeants de l’opposition égyptienne et des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, ont signé jeudi un accord dans lequel ils rejettent toute violence, après quasiment une semaine de manifestations meurtrières.

La situation s’est globalement apaisée dans la rue mais deux hommes ont encore été tués mercredi au Caire, portant à 54 le nombre de morts à la suite des manifestations.

Les représentants des différents camps se sont retrouvés jeudi autour d’une même table, pour la première fois depuis le début des troubles, à l’initiative du recteur de l’université et de la mosquée Al Azhar, l’une des plus hautes autorités de l’islam sunnite.

Au début de la rencontre, le cheikh Ahmed al Taïeb a lu un document affirmant que le dialogue national « auquel participent tous les éléments de la société égyptienne, sans aucune exclusion, constitue le seul outil pour résoudre problèmes et divergences ».

Parmi les signataires figurent Mohamed ElBaradei, coordinateur du Front de salut national (FSN), principale coalition d’opposition, et Hamdine Sabahi, chef de file de la gauche nassériste, également membre du FSN.

« Nous sortons de cette réunion avec un certain optimisme », a déclaré Mohamed ElBaradei. « Chacun de nous va faire ce qu’il peut, avec la meilleure volonté, pour rebâtir la confiance entre les différentes composantes de la nation égyptienne. »

Plusieurs partis, dont le Courant populaire, la formation de Hamdine Sabahi, ont cependant maintenu un appel à manifester vendredi devant le palais présidentiel au Caire.

GOUVERNEMENT D’UNION

Du côté des partisans de Mohamed Morsi, ont participé à la réunion Mahmoud Ezzat, numéro deux des Frères musulmans, et Saad el Katatni, président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique de la confrérie.

« Il n’y a pas d’autre solution que le dialogue aux problèmes rencontrés par la transition démocratique du pays et le dialogue doit reposer sur des bases et des garanties, pas des conditions préalables », a déclaré Saad el Katatni, saluant un jour « historique ».

Mohamed Morsi a appelé en début de semaine ses opposants à un « dialogue national », mais le FSN refuse d’y participer tant que le président n’aura pas formé un gouvernement d’union nationale, qui inclurait aussi Al Nour, parti salafiste le plus important.

En visite mercredi à Berlin, Mohamed Morsi n’a pas évoqué cette éventualité et s’est contenté de dire que l’Égypte serait un État de droit, « ni militaire ni théocratique », dirigé par un gouvernement dont la composition dépendra de l’issue des élections législatives prévues en avril.

L’accord conclu jeudi permet à « l’opposition officielle de se situer très clairement contre les violences », estime Ejijah Zarwan, spécialiste de l’Égypte au Conseil européen des relations étrangères, un centre de réflexion.

Elijah Zarwan relativise cependant la portée de la rencontre sur les manifestations, soulignant que « les gens qui affrontent la police et brûlent des bâtiments ne sont des sympathisants d’aucun parti politique » [LOL – NdJL].

Mohamed Morsi a décrété lundi l’état d’urgence pour un mois à Port-Saïd, Ismaïlia et Suez, trois villes particulièrement touchées par les violences, mais les autorités ont réduit mercredi l’ampleur du couvre-feu.

Presse contre-révolutionnaire (Tom Perry & Peter Graff, Reuters, 31 janvier 2013)

 

Humour salafiste : Le parti salafiste félicite Morsi pour sa proposition d’ouvrir un dialogue

Watan Party, Brotherhood lauds ElBaradei for dialogue offer

The Salafi Watan Party commended Dostour Party head Mohamed ElBaradei for his proposal of a dialogue between President Mohamed Morsy, Defense Minister Abdel Fattah al-Sisi, Interior Minister Mohamed Ibrahim, and representatives from the Freedom and Justice Party, Salafi parties and the National Salvation Front.

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Clashes between riot forces and protesters at Kasr al-Nil bridge, near Tahrir Square, Cairo, 27 January 2013.

The party’s vice president, Youssry Hammad, said that the party welcomes calls for dialogue and unity, adding that « any patriotic figure must accept the idea. »

« We value ElBaradei’s call for dialogue and emphasize respect for constitutional legitimacy, » he added.

The offers of dialogue came as MENA quoted the Health Ministry as saying that two protesters had been killed in ongoing clashes with security forces in Cairo Wednesday.

The Brotherhood also welcomed ElBaradei’s call for dialogue and Ahmed Aref, its official spokesperson, said, « We hope to engage in all forms of dialogue for the sake of the nation and under the auspices of the presidency, » and added that political powers « should not consider the president a political opponent. »

Amr Moussa, president of the Congress Party and a member of the National Salvation Front,  had earlier called for a « comprehensive political truce » on Wednesday. In a statement posted on his Facebook page, Moussa asked key political leaders to heed the state-led National Defense Council’s invitation for talks to end the violence.

The NDC, led by Morsy, held a meeting on Saturday following the breakout of clashes nationwide Thursday during protests commemorating the 2011 uprising. In an attempt to ease the country’s current political gridlock, the council called on leading political figures to participate in the dialogue with Morsy.

Moussa’s comments come after the National Salvation Front rejected Morsy’s national dialogue offer on Monday, dismissing the offer as « not serious. » However, ElBaradei also called for an urgent meeting Wednesday, saying on Twitter that Morsy, Islamists, NSF members and government officials should come together.

Aside from the two deaths, another 52 have been injured in Cairo, Kafr al-Sheikh and other governorates since Tuesday night, officials have said. Fighting around Tahrir Square was responsible for 28 of the injuries, while 18 other people were injured in Kafr al-Sheikh. Meanwhile, three victims of clashes in Ismailia’s Mamar Square were also taken to hospital. Two more were hurt in Daqahlia and one in Sharqiya.

Since last week, at least 53 people have died in the violence. Fighting continued Wednesday near Tahrir Square.

Presse contre-révolutionnaire (Eman Helal, Egypt Independent, 30 janvier 2013)

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[Allez les jeunes !] Vive le FUCK (Front Uni contre les Châteaux Kapitalistes) ! (2)

Communiqué suite à l’action menée ce dimanche chez François Pinault

François Pinault est depuis 2006 le deuxième actionnaire du groupe VINCI. Sa holding Artémis, également actionnaire de Bouygues, autre géant du BTP bien connu, a acquis près de 12 millions de titres du bétonneur de Notre-Dame-des-Landes ! Alors quand on a appris que Pinault représentait à lui seul 5% du capital de Vinci, on s’est dit que ça méritait bien un pique-nique sur la pelouse de son château !

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Sans attendre d’y être invitéEs, nous nous sommes renduEs à quelques unEs sur le domaine de la Mormaire et, profitant d’une porte ouverte, nous sommes dirigéEs vers le parvis du château où nous avons déployé une banderole, avant de partager quelques morceaux de quiche et quelques bières artisanales made in ZAD.

Pour dire toute la vérité, nous ne nous sommes pas attardéEs. Après avoir expliqué l’objet de notre présence aux employéEs du (multi)milliardaire (sa fortune personnelle est de 8,1 milliards d’euros, soit 472’000 années de SMIC), nous sommes très vite repartiEs en criant quelques slogans bien à propos : « Pinault, pollueur, voleur, expropriation ! » Rien de bien méchant en somme…

Pinault et ses acolytes de Vinci, eux, ne se gênent pas pour projeter la destruction de 2000 hectares de bocages et de terres agricoles pour y construire un aéroport inutile et coûteux. Ils ne s’offusquent pas non plus du fait que des centaines d’hommes en uniforme violent quotidiennement les propriétés des habitants de la zone pour les en exproprier par la force. Ils ne sont pas gênés, de manière générale, du fait qu’ils contribuent au désastre écologique et à la destruction lente et irrémédiable de nos espaces de vie et de notre atmosphère.

Nous, pique-niqueur/euses du dimanche, résistantEs en bottes crasseuses, hordes indisciplinées et fières de l’être, revendiquons notre impertinente intrusion sur la modeste propriété du patron de Pinault-Printemps-Redoute.

Pour autant, nous regrettons que de jeunes randonneur/euses aient eu à subir la répression à notre place. En effet, 16 personnes de 17 à 20 ans ont été interpelléEs (info AFP reprise par divers média) sur un chemin de campagne et maintenues en garde-à-vue durant 45 heures, subissant auditions et relevés d’empreintes digitales et génétiques.

InculpéEs pour « violation de domicile » et « menaces de mort », ainsi que pour « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » et «  refus de se soumettre aux prélèvements biologiques » pour certainEs, ils et elles comparaîtront les 28 février 2013 à 9h30 devant le Juge des Enfants au TGI de Paris et le 11 mars 2013 à 14h devant la 7e chambre D du TGI de Versailles.

Nous, militantEs de tous âges, agissant en conscience et en accord avec nos principes, exprimons toute notre solidarité avec les inculpéEs et appelons chacunE à nous rejoindre dans notre lutte déterminée contre Vinci et son monde, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands Projets Inutiles et Imposés !

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Des personnes du collectif parisien de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

 

14 personnes interpellées après un pique-nique solidaire avec la lutte de Notre-Dame-des-Landes, dans la propriété de François Pinault

Après un pique-nique dans la propriété de François Pinault, ce dimanche 27 janvier, vers 14h30, alors qu’elles marchaient sur une route entre Le Buisson et Grosrouvre dans les Yvelines (78), treize personnes ayant participé à ce pique-nique solidaire et « clownesque » organisé par le Collectif parisien de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, ont été arrêtées par des gendarmes de la brigade de Montfort-l’Amaury (78), qui ont d’abord pris toutes les pièces d’identité. Une autre personne qui se trouvait à l’écart du lieu d’arrestation a été arrêtée par la suite, vers 16h.

Emmené-e-s ensuite en fourgon au commissariat de Montfort, les opposant-e-s ont été placé-e-s en garde à vue (motifs avancés : « violation de propriété » et « menaces de mort »), et dispersé-e-s dans différentes gendarmeries des environs. Mis en garde à vue à 18h30 dimanche soir, ils se sont vus signifier la prolongation de leur garde à vue ce lundi vers 12h30, pour 24h supplémentaires.

Depuis sa création, le Collectif a été la cible d’actes d’une répression injustifiée et démesurée, à l’image du profond conflit d’intérêt qui plane sur le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pour mémoire, dans la nuit du 15 au 16 novembre 2012, vers une heure du matin, deux opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ont  été interpellés à proximité du local du Parti socialiste du 12e arrondissement, sur lequel ont été relevées des inscriptions au feutre et une affiche scotchée. S’ensuivront 62 heures de détention dont 48 heures de garde à vue et une audition par le Service d’investigation transversale (SIT), un « service atypique voire expérimental » (selon leurs propres mots) qui semble s’intéresser particulièrement aux personnes engagées dans des luttes sociales et politiques. C’est ce service qui, plus récemment, s’est chargé de la garde à vue de deux personnes arrêtées arbitrairement, samedi 19 janvier, près du chantier des Halles (confié à des filiales de VINCI), où avaient été collées des affiches contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 70 heures de privation de liberté au total pour ces deux-là.

Nous tenons également à réagir à la campagne d’amalgame grossier à l’œuvre contre le collectif. Les participants à cette action contre François Pinault sont qualifiés par la presse, via un article du Parisien, « d’anarchistes ». Nous rappelons que le collectif parisien de lutte contre l’aéroport est un lieu de rencontre entre une multitude de personnes issues de divers horizons, de diverses sensibilités politiques. Nous refusons de laisser dire que cette action était le fruit d’une tendance politique particulière. Le Collectif est une plateforme de lutte contre l’aéroport et cette action s’inscrivait dans la continuité de multiples actions qui ont été réalisées à ce jour pour manifester son opposition à cette aberration bétoneuse. Cette action est l’expression du Collectif. Nous ne nous laisserons pas impressionner,  ni diviser par les intoxications de la police et par les informations mensongères reprises par la presse.

Communiqué du Collectif francilien de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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[Notre-Dame-des-Landes / Jura] Le collectif jurassien de défense de Notre-Dame-des-Landes est né

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Leur presse (Renaud Lambolez, Le Progrès, 31 janvier 2013)

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[Actualité des Protocoles des Sages de Sion] Bon sang, mais c’est bien sûr ! Le Black Bloc est la créature du complot juif !

Égypte : un membre du Black Bloc accusé d’un projet israélien de sabotage

LE CAIRE – La justice égyptienne a annoncé jeudi l’arrestation d’un membre présumé du groupuscule obscur Black Bloc, qu’elle soupçonne d’être impliqué dans un projet israélien de sabotage.

Dans le collimateur des autorités, le Black Bloc, dont les membres portent cagoules et capuches noires, est apparu ces derniers jours en Égypte lors de manifestations violentes hostiles au président islamiste Mohamed Morsi. Mais ses effectifs, son influence et sa structure demeurent un mystère.

Dans un communiqué cité par l’agence officielle Mena, le bureau du procureur général a expliqué que le suspect avait été arrêté au Caire en possession d’un projet israélien prenant pour cible des compagnies pétrolières et des installations vitales en Égypte.

Il avait également avec lui des plans de ces lieux et des instructions pour mettre le feu à des sites, selon le texte. Le parquet de la sûreté de l’État a commencé à interroger le suspect, qui est accusé d’appartenance à un groupe illégal et d’avoir planifié le sabotage (…) de biens publics et privés.

Le suspect a admis appartenir au groupe Black Bloc et disposer d’un code secret, a affirmé la même source en précisant qu’il avait été arrêté dans un bâtiment de la place Tahrir au Caire alors qu’il portait les signes vestimentaires distinctifs des militants du groupe.

À Jérusalem, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor, interrogé par l’AFP, a nié toute implication d’Israël dans cette affaire. Il a affirmé ne pas savoir si le suspect avait l’intention de mener un plan de sabotage, mais a jugé absurde le fait d’impliquer Israël dans cela.

Le bureau du procureur égyptien a en outre fait état de l’arrestation d’un autre membre présumé du Black Bloc à Mahalla (nord-est) où il a passé à une usine une commande de masques et tenues aux couleurs du groupe.

Publié par des gens qu’on ne soupçonnera pas d’être des saboteurs à la solde du Mossad (Agence Faut Payer, 31 janvier 2013)

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[Algérie] Le suicide ou la révolution

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La Révolution surréaliste n° 2, 15 janvier 1925

 

Malaise social à Biskra
Des jeunes veulent aller en prison

Voilà un autre procédé suicidaire trouvé par des jeunes en proie à un profond désarroi, qui devrait susciter des réflexions sérieuses de la part des spécialistes en vue de trouver des solutions salutaires.

Ayant défrayé la chronique locale, l’affaire de la jeune fille de 20 ans qui s’était présentée au mois d’octobre de l’année dernière au poste de police de Sidi Ghezzal pour demander à être mise en détention pour possession de drogue, avait été diversement commentée. Les uns disaient que cette histoire n’était qu’un fait divers insolite non significatif fomenté par une personne aux troubles mentaux avérés, tandis que les autres y voyaient un acte symptomatique du profond malaise social des jeunes ne trouvant pour seul palliatif à leur mal que d’aller en prison. Hier, deux jeunes de Biskra ont réitéré ce procédé consistant à ce munir de produits illicites et à se rendre aux forces de l’ordre. L’un, âgé de 24 ans, avec un joint, s’est présenté aux agents de la 3e sûreté urbaine du vieux Biskra « pour être placé derrière les barreaux », a-t-il dit.

Dans la même journée, un autre jeune âgé de 21 ans, muni d’un morceau de 5 g de résine de cannabis,  s’est rendu de son plein gré à la 7e sûreté urbaine de Biskra pour, lui aussi, être écroué pour possession de stupéfiant. Éberlués par de tels comportements, les agents de police ont tout fait, doit-on souligner, pour dissuader ces jeunes de choisir de telles alternatives à leurs problèmes. Ils ont appelé leurs parents et demandé le soutien de psychologues mais rien n’y a fait. Les deux jeunes ont soutenu mordicus, chacun de son côté, vouloir être mis en geôle. Finalement, des dossiers judiciaires ont été ouverts à leur encontre et ils ont été placés en détention préventive sur ordre du procureur de la République.

Ce phénomène des jeunes souhaitant aller en prison connaît-il un regain conjoncturel ? Ou n’est-ce que l’expression désespérée d’un malaise profond et indicible ? est-on en droit de se demander. Voilà des thèmes d’études sur lesquels pédagogues, psychologues et universitaires devraient se pencher pour tenter de comprendre les aspirations des jeunes d’aujourd’hui et leurs visions des nombreuses difficultés sociales, scolaires, économiques, familiales et professionnelles auxquelles ils sont soumis au quotidien et qui les poussent à commettre des actions insensées et suicidaires.

Presse paternaliste (H. Moussaoui, ElWatan.com, 30 janvier 2013)

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[PCC dégage !] « Si 1000 ouvriers à Pékin manifestent dans la rue et perturbent le trafic, cela va être interprété par le pouvoir comme une menace directe à la stabilité sociale »

Foxconn : les ouvriers protestent même à Pékin

Les usines Foxconn en Chine sont régulièrement agitées mais, pour la première fois, la protestation atteint les ateliers de la capitale.

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À Shenzhen, l’usine de Foxconn a connu en 2010 une vague de suicides.

La zone économique de Yizhuang a des allures de ville fantôme. Pas un passant ne vient troubler le silence épais qui enveloppe ces longues avenues situées au-delà du cinquième périphérique, à l’extrême sud de Pékin, dans le district de Daxing. Sur les trottoirs encore verglacés, quelques vélos recouverts de neige attendent leurs propriétaires. Au loin, des grues s’affairent sur des tours en construction dans un horizon ouaté de pollution.

C’est ici que le géant taïwanais Foxconn, premier producteur mondial de composants électroniques, a choisi d’établir ses locaux pékinois, en 2002. Trois bâtiments gris souris gardés comme des bunkers dans lesquels travaillent 9000 employés. En dessous des fenêtres, d’étranges filets ont été tendus. « Ils ont été installés en 2010, après la vague de suicides à Shenzhen » raconte une employée du cybercafé de l’usine. « La direction a eu peur des défenestrations, mais finalement, il ne s’est rien passé. La pression est moins forte ici », poursuit-elle. Il y a trois ans, à Shenzhen, 18 personnes s’étaient suicidées en se jetant par les fenêtres des dortoirs de cette « iPod city » — surnom donné à la manufacture historique du groupe où est assemblé le célèbre baladeur d’Apple.

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L’usine Foxconn au sud de Pékin.

Revendication salariale

La semaine dernière, pour la première fois, la grogne est arrivée à Pékin. Entre 300 et 400 salariés de l’usine de Daxing se sont mis en grève, mardi 22 janvier, après avoir appris que leurs salaires ne seraient pas augmentés en 2013 et que la traditionnelle prime du nouvel an chinois ne serait pas versée. « Après le dîner, vers 17 heures, les ouvriers ne sont pas retournés sur les chaînes de production. Ils ont occupé le réfectoire au lieu de faire leurs heures supplémentaires », explique un employé qui réclame l’anonymat. « C’est d’ailleurs un peu excessif de parler de grève, car plus tard dans la soirée, tout est redevenu normal », précise-t-il. Après négociation, la direction aurait répondu aux revendications en promettant une hausse des salaires et le versement de ladite prime. Sans toutefois en préciser le montant ni le calendrier.

Contacté par téléphone, Foxconn a répondu très rapidement avec un communiqué minimisant les faits à une simple « réunion de service » de deux heures avec ses ouvriers et des membres de la direction du personnel. « Contrairement à ce qu’ont affirmé des médias sur Internet, il n’y a pas eu de conséquences sur la production », a précisé le groupe taïwanais, rejetant des rumeurs « infondées et complètement inexactes ».

Mais la mobilisation est, en revanche, suffisamment rare pour inquiéter les autorités de la capitale. Si la presse officielle chinoise est restée muette sur le sujet, le site d’information économique Caixin a rapporté que des policiers armés avaient été dépêchés en urgence. « Des collègues m’ont confirmé que la police attendait devant l’entrée. Tout cela a commencé à cause de cette histoire de prime. L’activité n’est pas bonne cette année », explique un autre employé.

Agitation périodique

Fondé en 1974 par le milliardaire taïwanais Terry Gou, Foxconn est le plus gros employeur privé de Chine. Domicilié à Taiwan, ce sous-traitant emploie plus d’un million d’ouvriers dans 13 centres de production répartis dans toute la Chine. Cette multinationale s’est fait un nom en fournissant 40 % des pièces détachées électroniques aux plus grandes marques internationales du high-tech, Apple en tête. Mais ce sont surtout les conditions de travail de ses ateliers qui lui valent, régulièrement, les gros titres de la presse étrangère. En janvier 2012, une enquête au long cours menée sur le terrain par le New York Times avait révélé l’ampleur des abus : heures supplémentaires non rémunérées, stages forcés, utilisation à grande échelle de produits nocifs pour la santé…

Les usines chinoises de Foxconn sont donc régulièrement agitées. En octobre 2012, 200 employés chargés du contrôle de la qualité de l’iPhone 5 s’étaient mis en grève à Zhengzhou, capitale de la province du Henan, au centre du pays. Un mois auparavant, une grande émeute à Taiyuan, où Foxconn emploie près de 80 000 personnes, avait elle aussi dégénéré. Historiquement implanté dans le sud de la Chine, le groupe s’installe désormais dans les provinces intérieures, où la main-d’oeuvre est abondante et les salaires plus faibles. Mais partout Foxconn provoque des contestations.

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Le 24 septembre 2012, émeutes des ouvriers de Foxconn à Taiyuan, dans la province du Shanxi, au nord de la Chine.

À Pékin, siège du pouvoir, de telles tensions sont cependant plus rares. La proximité des autorités centrales décourage les mobilisations. « Si 1000 ouvriers à Pékin manifestent dans la rue et perturbent le trafic, cela va être interprété par le pouvoir comme une menace directe à la stabilité sociale », analyse Geoffrey Crothall, directeur de la communication au China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong spécialisée dans la contestation ouvrière, très forte en Chine depuis 2010.

Période tendue

Les semaines précédant les fêtes du nouvel an chinois sont traditionnellement une période sensible pour les fabricants comme Foxconn. À ce moment-là, les chefs d’entreprise sont censés distribuer les primes annuelles et les ouvriers rentrent pour les fêtes en famille. Mais c’est également la période de l’année où la demande est la plus forte. Le nouvel an, qui commence cette année le 9 février, est en effet l’occasion d’offrir des cadeaux à ses proches et aux membres de son réseau professionnel. Résultat, ces virées shopping provoquent une accélération des cadences — au moment même où la main-d’œuvre se raréfie à cause des départs en vacances.

Très connectées à Internet et connaissant mieux leurs droits, les nouvelles générations de travailleurs migrants savent que, dans ce contexte, leur action a plus de chance d’aboutir. Alors, avant de partir retrouver la famille restée en province, beaucoup manifestent ou font grève pour obtenir des arriérés de salaire ou des primes qui leur avaient été promises. À Daxing, le calme est revenu. Les deux cerbères postés à l’entrée de Foxconn y veillent.

Presse esclavagiste (LePoint.fr, 29 janvier 2013)

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[Besançon, vendredi 15 février] La galaxie Dieudonné, conférence-débat avec Michel Briganti

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Collectif Antifasciste de Besançon

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[La DST au service de la Mafia] « Affaire Karachi » : terrorisme d’État au Pakistan, corruption et omertà en France

Exclusif
Affaire Karachi : la DST mise en cause par un témoin clé

Nouveau rebondissement dans l’affaire Karachi. Dès 1995, la direction de la surveillance du territoire (DST) soupçonnait l’équipe de campagne d’Edouard Balladur de bénéficier de financements occultes liés au contrat Sawari II.

C’est ce qui ressort de l’audition de Gérard Willing, 64 ans, réalisée lundi après-midi par le juge Marc Trévidic chargé d’enquêter sur le volet terroriste de l’affaire Karachi.

Ancien correspondant des services de renseignement français, Gérard Willing a longtemps travaillé dans le domaine très sensible des contrats d’armement, notamment à travers sa société d’intelligence économique, CIEX, créée en 1995.

À cette époque, l’arrivée inopinée des intermédiaires Abdulrahmane El Assir et de Ziad Takieddine dans les négociations du contrat Sawari II l’intrigue. Willing suspecte ces nouveaux venus d’avoir été recrutés pour mettre en place un système de financement politique en faveur du Parti républicain et de l’association de soutien à la campagne d’Edouard Balladur (AFICEB). Il s’en ouvre à la DST dont il est un correspondant. « Très rapidement, la DST a mis des moyens techniques en place, comme des sous-marins c’est-à-dire des véhicules banalisés pour filmer les participants à des réunions… entre messieurs Léotard, Bazire, Donnedieu de Vabres essentiellement », indique-t-il au juge. « Ils faisaient des filoches pour voir qui rentrait, qui était avec qui, les va-et-vient de ces personnes. La DST voulait des photos de leurs têtes. Ils m’ont d’ailleurs montré ces photos pour que je les identifie ».

Des informations compromettantes ont-elles été dissimulées ?

Willing affirme avoir fourni « un très grand nombre d’informations orales » à la DST, dont une partie s’est retrouvée dans le rapport Nautilus, rédigé quelques mois après l’attentat Karachi du 8 mai 2002 . Établi à la demande de la Direction des constructions navales (DCN) en septembre 2002, ce document-clé établit un lien entre l’attentat de Karachi et des circuits de rétrocommissions mis en place en marge des contrats d’armement Agosta et Sawari II, destinés à financer la campagne d’Edouard Balladur.

Quel rôle a joué la DST dans l’enquête sur l’attentat de Karachi ? Des informations compromettantes pour les équipes de Balladur ou de Chirac ont-elles été sciemment dissimulées ? « Si ce que dit Willing est vrai, cela veut en tout cas dire que la DST savait, depuis longtemps, que la piste financière de l’attentat était plausible », indique une source proche de l’enquête.

Au mois d’août dernier, le juge Marc Trévidic avait adressé une demande de déclassification au ministère de l’Intérieur restée, jusqu’à présent, sans réponse. Le témoignage de Gérard Willing, qui devrait être très prochainement transmis aux services de Manuel Valls, rend cette déclassification plus urgente que jamais.

Publié par des probables agents d’influence d’Al-Qaïda (Élisabeth Fleury, LeParisien.fr, 30 janvier 2013)

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Agressions fascistes à Besançon

À Besançon, des néonazis sèment la terreur

Le centre-ville de Besançon pourrait être devenu un terrain de chasse depuis quelques semaines. Des néonazis, identitaires, ultranationalistes, y sèment la terreur en tabassant les malheureux qui croisent leur chemin. Le principe est toujours le même : une bande, organisée, armée, et méthodique, débarque soudainement, réalise son « opération », puis disparaît aussi rapidement qu’elle est venue. Et pour quelles raisons… s’en prendre à ceux qu’elle juge être des opposants, anarchistes, antifascistes, gauchistes, qu’ils le soient réellement ou non, mais aussi peut-être des jeunes issus de l’immigration et autres « indésirables » de leur conception. Une vague de violences de plus en plus brutale et récurrente qui, bien que la population commence à en prendre conscience et à réagir, ne semble toujours pas inquiéter les Autorités.

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Ultranationalistes à Besançon en 2010

Des archives sur des cas graves et récents

L’énumération des principaux faits similaires était inévitable, et les dossiers à ce sujet ne manquent malheureusement pas. Car si Besançon est une ville plutôt ancrée à gauche, avec un mouvement libertaire dynamique, il n’en demeure pas moins que des violences émanant de groupes d’extrême-droite y ont toujours été ponctuelles. Sans reprendre la longue chronologie sur ce sujet, l’évocation des dernières barbaries commises ne peut qu’apporter une lumière sur cette vérité mal connue des Bisontins eux-mêmes. C’est par exemple le cas des attaques d’avril 2012 en plein centre historique, qui ont défrayé le petit monde local notamment parce que leurs auteurs se sont filmés en train de réaliser leurs actes, et que deux vidéos sont parvenues au grand public.

L’on y voit dans la première le passage à tabac de deux personnes attablées à un bar, qui s’avéreront issues du monde alternatif, et dans la deuxième la même sanction à l’encontre de plusieurs personnes non identifiées. Plus récemment milieu décembre dernier, c’est un autre opposant politique qui est pris à parti, en pleine après midi sur la passerelle Battant, par un nationaliste radical. Les deux gaillards s’étant croisés sur le mince passage, le crâne-rasé lui aurait directement sauté dessus selon la version adverse, et aurait tenté de lui assener deux coups de couteau dans le bas du ventre et à la cuisse, point de vue appuyé par des témoins, entraînant de légères blessures mais heureusement sans gravité.

Une escalade sans précédents

Outre ces deux faits graves, et les nombreuses autres altercations régulières, c’est bien l’événement du vendredi 25 janvier au soir qui a marqué un tournant dans l’esprit général. Car c’est une véritable horde qui a déferlé, en ayant pour cible non pas une ou un petit groupe de personnes, mais toute une foule. Les faits se sont déroulés rue Rivotte, dans un petit café-concert tranquille. Une dizaine d’individus aux crânes-rasés et bombers, véritable formation disciplinée et déterminée, ont alors fait irruption aux abords de l’établissement, gazant avec des bombes lacrymogènes l’ensemble des personnes présentes fumant à l’extérieur, et en frappant certaines. Tout en scandant « on est chez nous » et « on va revenir avec des cocktails molotov. » Le nuage de gaz et la panique se diffusant, les clients notamment ceux encore à l’intérieur sont pris d’une terreur machinale. C’est le cas par exemple d’un père de famille avec sa fillette de cinq ans présents pour écouter Prince Ringard, qui témoignera auprès du blogueur Bison Teint.

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Vue de la soirée avant l’agression © Ze muzic All

Mais les assaillants s’enfuient, finalement plus de peur que de mal. La gérante a décidé de porter plainte, l’instruction étant apparemment en cours. J’ai eu le « privilège » d’engager une conversation avec l’un des auteurs de cette descente, de manière bien sûr anonyme. Il m’explique avoir agi par esprit de vengeance afin de punir d’anciennes rixes entre des collègues de son milieu et des antifascistes, et des agressions envers « des gens originaires de la campagne. »

Le lieu leur paraissait adéquat « car c’est de la musique d’anar et les participants avaient des crêtes » (référence aux punks et skinheads antifascistes). Lorsque je lui précise qu’ils s’en sont pris à des personnes innocentes et étrangères à leurs problèmes, il affirme que non. Il terminera par cette phrase : « ce qu’il faut retenir c’est que dorénavant il y aura réponse violente à chacune de vos sorties. » J’espère avoir prochainement une version complète de son point de vue, que je ferai parvenir en totalité et sans altération si un accord est trouvé.

Déjà trois nouveaux actes signalés

Peu après cette intervention, le soir même, quatre jeunes issus de la diversité auraient été pris à parti dans une rue adjacente. Ils se seraient fait gazés au niveau de la porte Rivotte. Le samedi suivant en pleine après-midi, un jeune d’ascendance maghrébine aurait été attaqué au couteau, et ouvert au niveau du visage dans l’intention de le « balafrer. » D’importantes blessures seraient à déplorer, et la victime aurait clairement désigné « des fachos » comme ses bourreaux. Malheureusement ces témoins se sont évaporés sans qu’ils ne laissent plus d’éléments. Lundi 28 janvier au soir, un libertaire est de nouveau agressé dans les mêmes circonstances alors qu’il promenait son chien. Les faits se seraient déroulés encore une fois dans le centre historique. Plus précisément au niveau du crédit Agricole de la rue Goudimel, entre 23h et minuit. Armée de triplex une bande d’une dizaine d’individus aurait roué de coups le jeune en lui hurlant « Besançon est à nous » et « on va vous chasser. » Il s’en tirerait « bien » avec quelques lacérations et un coup au crâne entraînant une hémorragie vite maîtrisée. Les agresseurs ont été pour la plupart formellement reconnus, d’autres non. Il pourrait s’agir pour ces derniers de connections régionales (Dole et Montbéliard particulièrement) et même de Suisse.

Une prochaine « nuit des longs couteaux » bisontine ?

Ces actes de violences, devenus récurrents voir frénétiques, commencent à éveiller la conscience de la population bisontine qui jusque là ne connaissait pas ces réalités ou les dénigrait. De tels agissements ne sont évidemment pas le monopole des nationalistes radicaux, mais l’étendue de leurs cibles potentielles, la fréquence, le niveau de brutalité, et le non-sens des attaques, font qu’ils apparaissent éminemment dangereux pour la société. Il faut dire aussi que la presse n’a pas toujours été au rendez-vous, considérant ces événements comme des luttes marginales entre extrêmes. Elle commence timidement à en parler, devant leur retentissement et leur gravité, pour le moment uniquement grâce aux blogueurs qui font pression. Mais plus inquiétant, c’est les encouragements toujours plus décomplexés de certains politiques à l’égard de thèses répugnantes qui confortent le bien-fondé de ces actes, et l’inactivité des services de police et de justice qui ne semblent toujours pas prendre le problème au sérieux.

Les individus sont pourtant notoirement connus, tâche de décryptage qu’exerce avec talent le site Fafwatch ainsi que le Collectif antifasciste de Besançon. Pourtant, faute de plaintes dans certains cas, de volonté dans d’autres, ces actes resteront sans suites et donneront une nouvelle fois un sentiment d’impunité totale à leurs auteurs continuant sans relâche leurs exactions. Jusqu’où ira l’emballement de ces néo-fascistes sans scrupules ? Doit-on attendre une catastrophe ou une opération de plus grande envergure pour leur barrer la route ? Normalement, non. Car la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées permet en théorie leur arrêt. Mais d’ici à ce que les Autorités réagissent, leur réseau s’étend et s’implante durablement, avec en conséquence combien d’autres futures victimes peut-être fracassées à coup de batte, jetées dans le Doubs, lardées au canif…

Toufik de Planoise, 30 janvier 2013

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« Briefing informel » du FMI sur la situation économique en Argentine

FMI : l’Argentine refuse d’être évaluée

L’Argentine refuse depuis 62 mois les évaluations économiques que le FMI mène chaque année sur ses 188 États-membres, a indiqué le Fonds aujourd’hui, trois jours avant une réunion de l’institution cruciale pour le pays.

Vendredi, le FMI doit décider d’éventuelles sanctions contre Buenos Aires, accusée depuis plusieurs mois de tronquer ses statistiques sur la croissance et l’inflation.

Le FMI a annoncé avoir eu aujourd’hui un « briefing informel » de ses équipes sur la situation économique en Argentine et précisé que l’évaluation en bonne et due forme du pays accusait « 62 mois de retard ».

L’Argentine, qui tient le FMI pour partie responsable de la faillite du pays en 2001, refuse depuis plusieurs années que des équipes du Fonds évaluent sa politique économique.

Presse en faillite (Agence Faut Payer, 29 janvier 2013)

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Nouvelles du front belge

Ford Genk : le travail n’a pas repris chez Ford ou chez les fournisseurs

Les travailleurs de Ford Genk exigent plus de garanties sur leur avenir et une réduction de la charge de travail

Le travail n’a pas repris mercredi matin à Genk, ni chez Ford, ni chez les fournisseurs de ce dernier. Les syndicats se sont adressés aux travailleurs mais sans parvenir à les convaincre de reprendre l’activité.

Les travailleurs de Ford Genk, qui ont spontanément arrêté le travail mardi vers 17h30, exigent plus de garanties sur leur avenir et une réduction de la charge de travail.

Sur ce point, il semble que le choix d’un rythme soutenu associé à une prime élevée, voté par une majorité, soit moins évident que prévu pour certains travailleurs.

Presse esclavagiste (DHnet.be, 30 janvier 2013)

 

(…) Les employés de Ford Genk et de ses fournisseurs ne travailleront pas mercredi et jeudi. Une mesure de chômage économique a été prise en raison du mécontentement des effectifs [sic – NdJL], a-t-on appris au cours d’une assemblée du personnel mercredi matin. (…)

Presse esclavagiste (DHnet.be, 30 janvier 2013)

 

Le travail reprend sans incident à ArcelorMittal Liège

Les lignes de production de la phase à froid d’ArcelorMittal ont redémarré mercredi à 6H00, dans le bassin sidérurgique liégeois.

« J’ai demandé à mes délégués de me tenir au courant de la reprise du travail sur les différents sites. Pour le moment tout va bien, cela redémarre doucement », indique Robert Rouzeeuw, président de la délégation FGTB chez ArcelorMittal.

« On sent que la direction luxembourgeoise est embêtée qu’on redémarre. Elle s’attendait à une grève au finish. Elle avait déjà prévenu les clients… » Toutes les lignes n’ont cependant pas repris. « Elles ne tournent pas toutes à 100%. Certaines sont à l’arrêt comme le TLB (train à large bande de Chertal) », signale David Camerini, président de la délégation CSC.

« À ma connaissance, celles qui devaient redémarrer ont en tout cas repris dans les temps. » Par ailleurs, les syndicats rappellent qu’une délégation assistera au débat du Parlement wallon, à 10H30, et qu’une autre est en partance pour le siège de la Confédération générale du travail (CGT), à Montreuil (France), afin d’y rencontrer les responsables syndicaux des sites d’ArcelorMittal français et luxembourgeois. « Nous devons voir quelles actions nous pouvons faire ensemble », précise Robert Rouzeeuw. « Nous devons faire bouger les choses au niveau européen aussi, et à trois pays, c’est plus efficace de faire pression. L’important, c’est de sortir du groupe Mittal. »

Presse esclavagiste (Belga, 30 janvier 2013)

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[ArcelorMittal] « On va péter tout. On commence à en avoir marre. On n’a plus rien à perdre »

La manifestation ArcelorMittal dégénère : « On se fait massacrer ! »

Plus de 2.000 travailleurs d’ArcelorMittal sont venus mettre la pression sur le monde politique à Namur. Mais la manifestation a dégénéré, à proximité de l’Élysette, le siège du gouvernement wallon : on déplore 5 policiers blessés et quelques blessés aussi côté manifestants. Par ailleurs, des magasins ont subi d’importants dégâts. La police se défend de toute provocation.

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À l’arrivée des manifestants d’ArcelorMittal, la tension était à son comble devant l’immeuble qui abrite le gouvernement wallon à Namur. La police avait dressé un barrage pour empêcher les 2.000 ouvriers d’accéder à l’Élysette. Mais le face à face entre manifestants et forces de l’ordre a été très musclé. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et d’autopompes pour stopper la progression des travailleurs, tandis que ces derniers ont lancé des cannettes, pavés, écrous et boulons sur les camions blindés de la police. « On va péter tout, a dit un travailleur en colère à notre journaliste Sébastien Prophète pour RTL-TVI. On commence à en avoir marre. On n’a plus rien à perdre, on a reçu notre C4. Alors il faut faire quoi ? On se fait massacrer là ».

Pas de provocation de la part de la police, affirme le bourgmestre

On dénombre cinq policiers blessés, dont un hospitalisé. Le bourgmestre de Namur dit comprendre la rage des travailleurs, mais ne cautionne pas la violence de certains. « Nous sommes interpellés par la violence de certains manifestants. Armés de battes de base-ball, de barres de fer et de boulons, ils sont passés directement à l’attaque, sans temporisation et sans discussion possible », a expliqué le chef de corps Pascal Ligot. « En aucune manière, il n’y a eu de provocation de la part des forces de l’ordre », a affirmé le bourgmestre Maxime Prévot.

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Les commerçants qualifient cette violence d’inouïe

Plusieurs vitrines ont été brisées par des jets de pavés : « Cela fait 22 ans que je suis ici, a expliqué un commerçant. J’ai vu toutes les grèves, y compris celle de Clabecq. Elles étaient loin d’être aussi violentes que celle-ci. On avait l’impression que quelques gars étaient là pour casser ». Au départ, 130 policiers ont encadré la manifestation, avant l’envoi de renfort pour atteindre les 200 agents. Il n’y a eu aucune arrestation.

Une nouvelle réunion demain

Une petite délégation syndicale se rendra mercredi matin au Parlement wallon où un débat est prévu sur le dossier ArcelorMittal Liège, a annoncé mardi soir le syndicaliste David Camerini (CSC). Des manifestations à Luxembourg et à Strasbourg sont d’ores et déjà prévues, sans que leur date soit arrêtée. « Nous devons plus que jamais maintenir la pression sur le pouvoir politique afin de tenter de trouver une solution » pour le bassin sidérurgique liégeois, a-t-il enfin répété.

Presse esclavagiste (RTL.be, 30 janvier 2013)

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[Révolution égyptienne / Port-Saïd] À l’assaut des commissariats et de la prison

ÉGYPTE. Trois nouveaux morts dans les affrontements de lundi

Au total, 52 personnes ont péri au total et des centaines ont été blessées dans les violences qui ont débuté jeudi soir.

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L’Égypte a connu lundi 28 janvier sa cinquième journée consécutive de violences, avec des heurts meurtriers au Caire et à Port-Saïd. Trois personnes au total sont mortes, portant à 52 le total des personnes tuées dans les affrontements qui secouent le pays depuis plusieurs jours.

Deux manifestants sont ainsi morts lors de heurts devant des postes de police à Port-Saïd. Au Caire, une personne a également été tuée par un tir de chevrotine lors des heurts sporadiques qui se sont poursuivis toute la journée entre groupes de manifestants et policiers aux abords de la place Tahrir.

Un couvre-feu a été imposé dimanche soir dans les trois gouvernorats longeant l’axe majeur du trafic maritime mondial — Port-Saïd, Ismaïliya, Suez — par le président islamiste Mohamed Morsi.

52 personnes ont péri au total et des centaines ont été blessées dans les violences qui ont débuté jeudi soir, au moment où le pays marquait le deuxième anniversaire du début de la révolte contre l’ex-président Hosni Moubarak, sur fond de mécontentement contre l’actuel chef de l’État islamiste.

Les heurts les plus sanglants ont eu lieu à Port-Saïd, où 42 personnes ont péri dans des violences depuis la condamnation à mort samedi de 21 supporteurs du club de football local Al-Masry, impliqués dans des heurts meurtriers l’an dernier à l’issue d’un match contre le club cairote d’Al-Ahly. Lundi, des sources de sécurité ont indiqué que des affrontements opposaient des manifestants aux forces de sécurité devant plusieurs commissariats, tandis que l’armée a annoncé avoir « fait échouer une tentative d’assaut mené par un groupe armé visant la prison » de la ville.

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VOIR LA VIDÉO

Au Caire, le calme est revenu mardi matin aux abords de la place Tahrir, où les heurts sporadiques qui se déroulent depuis jeudi soir entre la police et des groupes de jeunes se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Les hommes du ministère de l’Intérieur et ‘les milices’ des Frères musulmans tirent à la chevrotine depuis le toit des hôtels » alentour, affirmait plus tôt un militant présent sur la place, faisant état de nombreux blessés.

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« Alors que même les forces de l’ordre sont gagnées par l’anarchie qui s’empare du pays, la légitimité du président Morsi n’a jamais paru aussi faible. » (Presse contre-révolutionnaire, Marwan Chahine au Caire, Liberation.fr, 29 janvier 2013)

Le Sénat a ratifié un projet de loi autorisant Mohamed Morsi à déployer l’armée afin qu’elle participe au maintien de l’ordre jusqu’à la fin des législatives prévues dans les prochains mois, a par ailleurs rapporté lundi l’agence officielle Mena. Le Sénat, investi du pouvoir législatif en l’absence d’Assemblée nationale, a accordé à l’armée le pouvoir temporaire d’arrêter des civils.

Dimanche soir, Mohamed Morsi avait appelé les représentants de l’opposition, comme les partis islamistes le soutenant, à un dialogue national.

Nous ne participerons pas à un dialogue vide de sens », a répondu devant la presse Mohamed El Baradei, figure de proue du Front du salut national (FSN), qui regroupe plusieurs mouvements et partis en majorité de gauche et libéraux.

Le Front réclame notamment que le président assume la responsabilité des violences de ces derniers jours, et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il a appelé dans un communiqué le « peuple à descendre sur toutes les places Tahrir vendredi 1er février pour (…) réaliser les objectifs de la révolution » et protester contre la mort de dizaines de personnes ces derniers jours.

Amnesty International, s’appuyant sur des témoignages, a pour sa part condamné « l’usage par les services de sécurité d’une force létale (…) y compris contre des manifestants qui ne représentaient pas de menace imminente » [sic – NdJL]. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Le Nouvel Observateur avec l’Agence Faut Payer, 29 janvier 2013)

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[Les Courtillières, Pantin] Comment accommoder le journaliste, ou La critique des médias en actes

« C’est notre cité. Vous avez 5 minutes pour dégager, sinon… »

Des journalistes en reportage dans la cité des Courtillières à Pantin ont été agressés et dévalisés. L’un des deux a porté plainte.

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La cité des Courtillières à Pantin (Seine-Saint-Denis).

« Ici, c’est notre cité. Vous avez cinq minutes pour dégager, sinon on va vous faire mal. » Au moins, le message est clair ! La scène se déroule la semaine dernière à la cité des Courtillières à Pantin (93). Des journalistes des Inrockuptibles sont pris à partie par une bande et victimes de vol avec violences.

Dans un premier temps, un homme à bord d’une Audi blanche vient à leur rencontre. Aussitôt, le ton monte, les journalistes ne sont pas les bienvenus, leur fait-on clairement comprendre. Puis, selon un policier, tout dérape. Plusieurs individus, non cagoulés [sic – NdJL], portent des coups de poing à la mâchoire et au visage de l’un des journalistes, puis lui dérobent des documents personnels et sa carte de presse.

Pour l’heure, le journaliste agressé a porté plainte. La police de la sûreté départementale est saisie de l’enquête.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Armel Mehani, LePoint.fr, 28 janvier 2013)

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« Parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’anti-terrorisme s’inflige à lui-même, nous vous invitons à venir rire avec nous mercredi 6 février au TGI de Rouen »

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Le Procès du Forgeron, un avant goût du procès de Tarnac, 27 janvier 2013

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