Soleil vert : déjà hors de vos écrans

De la chair humaine pour booster l’endurance ?

Des milliers de pilules censées booster l’endurance ont été saisies par la douane sud-coréene. Après analyse en laboratoires, ces contre-façons contenaient de la chair humaine… En provenance de la Chine, les pillules étaient transportées dans des bagages ou via des colis destinés à l’international. L’analyse en laboratoire a révélé une composition particulièrement macabre : ces pillules censées booster l’endurance et guérir certaines maladies seraient fabriquées avec de la chair humaine, des restes de bébés décédés et des foetus morts. Des bactéries et des substances nocives ont également été retrouvées dans la composition. La douane a refusé de communiquer la provenance des corps et l’identité de celui qui a réalisé ce mélange indécent pour éviter tout conflit diplomatique avec Pékin. Une enquête avait été ouverte en août dernier à la découverte des premières pillules.

Leur presse (Yahoo! Actualités, 9 mai 2012)


Séoul lutte contre le trafic de gélules de chair humaine

Les douanes sud-coréennes ont saisi ces derniers mois plus de 17.000 gélules contenant de la chair humaine séchée. Le trafic proviendrait du nord-est de la Chine.

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Depuis le mois d’août 2011, les douanes sud-coréennes ont arrêté 29 personnes qui transportaient dans leurs bagages des gélules contenant de la poudre de chair humaine et provenant du nord-est de la Chine. Le gouvernement chinois a assuré qu’il enquêtait sur cet horrible trafic, mais sans résultats à ce jour.

Les gélules sont produites à partir de fœtus, de bébés mort-nés et de placenta humain, et sont censées donner une grande force physique, avoir un effet rajeunissant et aider les patients atteints de cancer en phase terminale. Les principaux centres de production semblent situés dans de grandes villes chinoises comme Yanji, Jilin, Qingdao et Tianjin. Des analyses ADN réalisées par le laboratoire des douanes d’Incheon, en Corée du Sud, ont montré que le contenu des gélules était « de 99,7 % à 99, % d’origine humaine ».

Au total, plus de 17.000 gélules ont été saisies par les douanes, lors de contrôles dans les aéroports et dans des colis postaux interceptés. Les trafiquants se font passer pour des touristes et utilisent des techniques variées pour ne pas se faire prendre. « Certains mettent des herbes avec les gélules pour éviter que les douaniers ne puissent identifier l’odeur et la couleur caractéristiques des gélules contenant de la chair humaine, a expliqué un officiel des douanes sud-coréennes au quotidien Korea Times. D’autres mettent leurs produits dans des paquets contenant aussi de vrais médicaments. »

Selon le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo, ces capsules se vendent entre 40.000 et 50.000 wons l’unité (27 à 34 euros) chez des herboristes.

Le ministre de la Santé sud-coréen a commencé à enquêter sur ce trafic après la diffusion à la télévision d’un documentaire qui présentait le phénomène. Les journalistes s’étaient notamment rendus dans un hôpital en Chine qui fournissait les matières premières à ceux qui produisaient les gélules. Au-delà des évidentes questions éthiques, le sujet inquiète le ministère de la Santé, car les pilules peuvent contenir des produits nocifs et dangereux, dont des superbactéries résistantes aux antibiotiques.

Leur presse (Cyrille Vanlerberghe, LeFigaro.fr, 9 mai 2012)


(…) La vente de ces capsules repose sur une superstition selon laquelle ingurgiter des morceaux de jeunes enfants peut guérir de maladies ou donner une grande force physique.

Selon la législation chinoise, les institutions médicales n’ont pas le droit de faire commerce des restes de foetus ou de placentas, a rapporté mercredi le quotidien chinois Global Times.

Mais les hôpitaux chinois permettent aux mères qui viennent d’accoucher d’emporter leurs propres placentas, a-t-on appris auprès d’un hôpital de Shanghai.

Des recettes à base de placenta humain ou animal, notamment pour la préparation de soupe, de raviolis ou de boulettes, peuvent être trouvées sur un site internet chinois consacré à la santé.

Beaucoup de gens qui ont une faible constitution cherchent un moyen rapide de transformer en aliments les placentas humains, de vache, de brebis ou d’autres animaux, explique ce site.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 mai 2012)

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Dijon détourné (1)

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Vus dans les rues de Dijon fin avril et début mai 2012 : quelques affiches et stickers contre les élections, deux-trois tags et pochoirs, et surtout, un bon paquet de détournements.

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[Aix-en-Provence] A voté !

Bouches-du-Rhône : plainte du 1er secrétaire du PS après le « saccage » de sa permanence

Jean-David Ciot, premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et candidat aux législatives, a annoncé lundi avoir déposé plainte pour dénoncer « des actes de dégradation et de vandalisme »commis contre sa permanence électorale à Aix-en-Provence.

Selon lui, son local de campagne a été vandalisé à plusieurs reprises ces dernières semaines, avant une « escalade de la brutalité » le week-end dernier.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le système de fermeture a été « saccagé », « rendant l’accès à la permanence impossible », puis le soir de la victoire de François Hollande à la présidentielle, la vitrine détruite par un projectile, a annoncé M. Ciot dans un communiqué.

« Une plainte a été déposée », précise-t-il, condamnant « de tels agissements qui sont la traduction, dans les actes, de la haine et de l’anti-républicanisme qui habitent certains de nos opposants ». « Le combat politique se joue dans les urnes, nulle part ailleurs. Je ne céderai à aucune menace, aucune pression et j’irai jusqu’au bout de mon engagement », ajoute le maire du Puy-Sainte-Réparade. Ce dernier se présente aux législatives dans la 14e circonscription du département, face à la député-maire UMP d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains.

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 mai 2012)

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[In memoriam] « Les bulletins blancs, les bulletins nuls, compteront enfin — et seront comptés… »

8 mai 1898 : Un âne blanc nommé Nul se présente à la députation à Paris

Promené dans tout Paris sur une carriole par le journaliste satirique et anarchiste Zo d’Axa, l’âne finit embarqué par les flics.

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Le dimanche 8 mai 1898, jour des élections législatives, de nombreux Parisiens ont la surprise de croiser un âne blanc monté sur une carriole en se rendant dans les bureaux de vote. Au véhicule triomphal est attelée une bande d’olibrius appelant les électeurs à donner leur suffrage à Nul, l’âne blanc ! Voilà une excellente idée ! Tous ceux qui ne veulent pas donner leur voix à un candidat — et Dieu sait s’ils sont nombreux ! — ont, enfin, la possibilité d’exprimer un vote blanc ou Nul. Au choix.

Cette idée complètement loufoque, voire surréaliste, est née dans la fertile imagination du journaliste satirique anarchiste Zo d’Axa. Derrière ce pseudonyme se cache le descendant du célèbre navigateur La Pérouse. Il publie une maigre feuille intitulée… La Feuille. Zo, ou plutôt Alphonse Galaup de La Pérouse, écrit : « Chers électeurs, finissons-en. Votez pour eux. L’âne Nul, dont les ruades sont plus françaises que les braiments patriotards. » Ce provocateur veut ainsi réconcilier les abstentionnistes avec les urnes. Enfin, l’occasion de « voter blanc, de voter Nul, tout en se faisant entendre ».

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« Lentement, l’âne parcourait les rues »

Zo écrit : « Nous sommes allés, dans sa retraite, trouver un maître auquel personne n’avait songé, un modeste dont personne pourtant ne niera la signification précise. Aujourd’hui, l’honneur m’échoit de présenter ce maître au peuple. On l’appelle maître Aliboron. Ceci soit pris en bonne part. L’âne pour lequel je sollicite le suffrage de mes concitoyens est un compère des plus charmants, un âne loyal et bien ferré. Poil soyeux et fin jarret, belle voix. »

À 10 heures du matin, le jour du scrutin, voilà donc Zo et Nul, accompagnés par une poignée de supporteurs, dévalent les pentes de Montmartre. Zo à pied, l’âne blanc Nul juché sur « un char de triomphe et traîné par des électeurs ». Imaginons la stupeur des Parisiens qui croisent ce curieux équipage électoral. Dans sa revue, le journaliste anar fait un compte rendu détaillé et lyrique de cette traversée de Paris.

« Lentement, l’âne parcourait les rues. Sur son passage, les murailles se couvraient d’affiches que placardaient des membres de son comité, tandis que d’autres distribuaient ses proclamations à la foule : Réfléchissez, chers citoyens. Vous savez que vos élus vous trompent, vous ont trompés, vous tromperont — et pourtant vous allez voter… Votez donc pour moi ! Nommez l’Âne !… On n’est pas plus bête que vous. Cette franchise, un peu brutale, n’était pas du goût de tout le monde ».

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Joyeux chahut

Effectivement, la plupart des passants ne goûtent pas le canular. Ils crient : « On nous insulte ! », « On ridiculise le suffrage universel », « Sale Juif ! » Mais d’autres se tordent de rire et acclament Aliboron (nom de l’âne de Buridan). Des femmes lui jettent des fleurs, des hommes agitent leur chapeau. Le cortège poursuit son chemin vers le Quartier latin. Il arrive, enfin, devant le Sénat, longe le jardin du Luxembourg. La foule s’amasse autour du candidat pour l’acclamer dans un joyeux chahut. À la terrasse des cafés, les étudiants applaudissent à tout rompre. On s’arrache les tracts distribués par les militants. Des jeunes gens se bousculent pour pousser le char.

Vers 15 heures, la police décide d’intervenir. En bas du boulevard Saint-Michel, les sergents de ville font barrage. Leur chef somme Zo et sa troupe de conduire Nul au plus proche commissariat. Mais on n’arrête pas la révolution en marche. Le cortège, poussé par une foule en délire, brise le barrage et traverse la Seine. Il s’arrête devant le Palais de justice d’où, note Zo d’Axa, « les députés, les chéquards, tous les grands voleurs sortent libres ». Rien n’a changé… C’est le moment choisi par les agents pour passer à l’attaque. Ils s’emparent des brancards, enfilent le licol et se mettent à remorquer le char. Le comité de soutien les laisse faire.

« Tel un vulgaire politicien, l’animal avait mal tourné. La police le remorquait, l’Autorité guidait sa route… Dès cet instant, Nul n’était qu’un candidat officiel ! Ses amis ne le connaissaient plus. La porte de la Préfecture ouvrait ses larges battants — et l’âne entra comme chez lui », conclut le journaliste. Ainsi s’achève la campagne électorale de l’âne blanc Nul.

Publié par des ennemis de l’Anarchie (Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, LePoint.fr, 7 mai 2012)

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[Issy-les-Moulineaux] A voté ! (2)

Front de gauche : permanence vandalisée

La vitrine de la permanence du PCF-Front de Gauche d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été brisée par des jets de pierre dans la nuit dernière, a-t-on appris de source policière et auprès du PCF.

Quatre pavés provenant d’un chantier situé à proximité ont été retrouvés à l’intérieur du local, selon la source policière. La permanence avait fait l’objet d’un premier acte de vandalisme fin mars, d’après la secrétaire de section PCF, Madeleine Hivernet.

« À chaque fois, il n’y a pas eu de vol. C’est quand même bizarre que cela arrive deux fois en un mois et demi et ce en pleine période électorale », a déclaré à l’AFP Mme Hivernet, qui dit avoir porté plainte. L’enquête a été confiée au commissariat d’Issy-les-Moulineaux.

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 mai 2012)

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Nouvelles de la révolution tunisienne

Des émeutes à Médenine et agression du gouverneur

Selon le correspondant de TunisieNumérique sur place, des habitants de la ville de Médenine ont observé un sit-in de protestation, lundi 7 mai 2012. Les sit-ineurs ont bloqué les voies menant à  la ville en enflammant des pneus, ils ont revendiqué leur droit au travail et au développement.

Voulant se rendre sur le lieu du sit-in, le gouverneur de Médenine a été agressé verbalement et contraint à quitter les lieux par les protestataires. Les forces de l’ordre étaient intervenus pour disperser la foule des manifestants par l’usage de gaz lacrymogène précise notre envoyé.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 7 mai 2012)


Béja : Intrusion de protestataires et arrêt du travail à l’usine du cuir et chaussures

Le travail s’est arrêté, à l’usine du cuir et chaussures italienne « Strok », située dans la zone industrielle de Béja nord, lundi 7 mai 2012, deux heures après son démarrage, à la suite de l’intrusion de près de 500 sans-emploi, pour demander du travail.

Mahfoudh Mahmoudi, le responsable de l’Usine, a indiqué que « le travail a été arrêté à l’usine, afin d’éclairer les citoyens sur les conditions de recrutement, mais également pour réclamer davantage de sécurité à même de permettre un déroulement normal de la production ».

Il a expliqué que l’usine emploie, actuellement, 70 personnes qui ont reçu une formation et que d’autres postes d’emploi sont encore à pouvoir, par étapes, conformément à l’extension de la capacité de production et au programme de recrutement ferme qui prévoit deux mille postes de travail.

Pour sa part, le gouverneur de Béja, Nasr Temimi, a souligné que « la situation a été maîtrisée et que des renforts sécuritaires vont permettre à l’usine de redémarrer avec le personnel existant qui avait été formée, au cours des mois précédents ».

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 7 mai 2012)


Grève générale à Sahline

Les habitants de la ville de Sahline dans le gouvernorat de Monastir ont entamé une grève ouverte, lundi 7 mai 2012 rapporte radio Shems.fm.

Les habitants de Saheline ont revendiqué leur droit au travail et au développement. Khmissa Amamou, présidente de l’Association développement sans frontières (ADSF), a précisé qu’il s’agit d’une grève lancée par l’association « Ardhouna ».

Elle a indiqué que plusieurs commerçants ont fermé par crainte d’attaques surtout après avoir reçu des menaces de saccage.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 7 mai 2012)


Le gouverneur de Kébili rend le tablier

Face à la montée des agitations et des violences dans sa région, le gouverneur de Kébili (sud-est), Salah Sebai, officier de l’armée, a préféré rendre le tablier.

M. Sebaï, nommé à Kébili depuis 21 février 2011, jusque là l’un des plus anciens gouverneurs en poste, a, en effet, présenté sa démission, dimanche, au ministre de l’Intérieur, « pour l’intérêt général ». Sa démission a été acceptée, a annoncé la présidence du gouvernement dans un communiqué rendu public, hier.

Un nouveau gouverneur sera nommé ultérieurement, indique le communiqué.

Il est à noter que Kébili a connu, durant la nuit de jeudi à vendredi, des actes de violence engendrant des dégâts matériels occasionnés sur des biens publics et privés. Les manifestants protestent contre « l’inapplication par l’autorité régionale de la décision d’interdire à des citoyens de planter, illégalement, des palmiers sur des terres domaniales ».

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 7 mai 2012)


Un homme succombe après s’être immolé par le feu à Tozeur

Un homme a succombé à ses blessures après s’être immolé par le feu à Tozeur, ville touristique du sud-ouest désertique de la Tunisie, a-t-on appris lundi de source hospitalière.

Ali Marzouki, 35 ans, est décédé dimanche dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital des « grands brûlés » de Ben Arous, près de Tunis, où il avait été transporté par avion de Tozeur, a-t-on indiqué de même source.

« Il est mort des suites de brûlures sur tout les corps », a indiqué à l’AFP, un responsable de l’hôpital des « grands brûlés ».

L’homme s’était immolé par le feu samedi sur une place à Tozeur, à 500 km au sud de Tunis. « Il s’était aspergé d’essence et avait mis le feu à ses vêtements. Il a été ensuite hospitalisé ur ordre d’un juge d’instruction », a raconté un habitant.

Les causes de suicide de l’homme, chauffeur de taxi, ne sont pas connues. Des habitants interrogés par l’AFP ont raconté qu’il n’était pas à court de ressources mais souhaitait faire valoir un droit de propriété sur une parcelle de terrain appartenant à l’État. (…)

Leur presse (lorientlejour.com, 7 mai 2012)

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Liberté pour les inculpés du « procès de mai »

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Lyon, 1er mai 2012

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[« Antiterrorisme »] « Je pense que lorsqu’on va au Pakistan en faisant un crochet par Israël, ce ne peut être qu’avec la bénédiction des services français »

Affaire Merah : une plainte déposée contre Sarkozy

Albert Chennouf, dont le fils a été tué à Montauban, considère qu’ils avaient les moyens d’empêcher Mohamed Merah de tuer son fils. Interview.

Comprendre pourquoi il a été tué : Albert Chennouf, père d’Abel, 25 ans, un des militaires abattus à Montauban le 15 mars dernier, l’avait promis à son fils « dans le creux de l’oreille avant qu’on ne ferme son cercueil », avait-il confié début avril au Nouvel Observateur.

Considérant qu’ils pouvaient empêcher Mohamed Merah de tuer son fils, Albert Chennouf vient de déposer une plainte contre Nicolas Sarkozy et Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur, pour non-assistance à personne en danger.

Le Nouvel Observateur s’est entretenu avec Albert Chennouf peu de temps avant son dépôt de plainte.

Sept semaines après la mort de votre fils Abel, où en êtes-vous ?

Au même plan que le premier jour : abasourdis par ce qui nous arrive et totalement livrés à nous-mêmes. Nous nous sentons oubliés de tous. Personne, ni à l’Élysée, ni au ministère de la Défense, ni à celui de l’Intérieur, n’a pris le temps de nous écrire ou de nous passer un coup de fil. On nous a juste fait signer un dossier d’aide juridique et versé une somme dérisoire en regard de la catastrophe qui nous touche. Je suis convoqué bientôt chez la juge d’instruction à Paris et personne n’est même capable de me dire qui prend en charge les frais de déplacement ! Nous sommes un couple modeste et nous nous sentons abandonnés.

Que savez-vous de l’enquête ?

Nous n’avons eu aucun retour par la justice. Tout ce que nous savons, c’est dans la presse que nous l’apprenons. Et nous nous posons fatalement des questions. Je n’ai pas fait l’ENA ni Sciences-Po mais je ne suis pas bête. Je pense que lorsqu’on va au Pakistan en faisant un crochet par Israël, ce ne peut être qu’avec la bénédiction des services français. L’hypothèse qu’on a éliminé Merah pour qu’il ne parle pas me paraît de plus en plus plausible. Je ne dis pas que les policiers du Raid ont mal fait leur travail. Mais la volonté politique était qu’il meure. Je souhaite d’ailleurs porter plainte contre Nicolas Sarkozy et Bernard Squarcini pour non-assistance à personne en danger. Je les tiens pour responsables de la mort de mon fils.

Qu’espérez-vous ?

Je lance un appel solennel au président de la République : j’aimerais qu’il nous reçoive, mon épouse et moi-même, pour entendre notre désarroi. Nous voulons être certains qu’on n’étouffera pas cette affaire.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 7 mai 2012)

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Sarkozy dégagé, feux de joie à Clichy-sous-Bois

Clichy-sous-Bois : légers incidents relevés

Plusieurs centaines de jeunes fêtaient hier l’élection de François Hollande dans les rues du Chêne-Pointu, quartier défavorisé de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où deux voitures abandonnées ont été brûlées.

Dans le même département, de légers incidents ont également été relevés à Aulnay-sous-Bois et Saint-Denis, a-t-on appris de source policière. À Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, François Hollande obtient 72,07%, mais plus d’un quart des inscrits (26,91%) ne se sont pas déplacés pour voter.

Véhicules incendiés

L’ambiance était bon enfant après l’annonce des résultats, un riverain, sous couvert de l’anonymat : « ça klaxonnait partout, c’était vraiment très festif, ça chantait, on se serait cru à une fête de mariage ». Puis, « la police est passée et comme les jeunes n’aiment pas la police, ils ont commencé à caillasser avec des bouteilles », a raconté un fonctionnaire de la mairie, également sous couvert d’anonymat.

Selon d’autres témoignages recueillis sur place, des jeunes ont alors pris de l’essence et mis le feu sur un véhicule abandonné, puis sur un autre. Un cordon de sécurité a été envoyé sur place, où une vingtaine de voitures des forces de l’ordre ont été déployées, interdisant l’accès à la mairie, a-t-on indiqué de même source.

Des médiateurs et des militants de l’association d’AC LE FEU ont raisonné les jeunes et le calme est revenu peu avant 23h et les forces de l’ordre ont quitté les lieux. « Les pompiers sont intervenus, un cordon policier a été mis en place de manière préventive et le préfet Christian Lambert s’est rendu sur place », a confirmé une source préfectorale.

« C’est une connerie », a simplement commenté le maire PS Olivier Klein. D’autres rassemblements ont eu lieu dans la soirée dans le quartier des Quatre Chemins à Aubervilliers et à Aulnay-sous-bois, a-t-on précisé de source préfectorale. À 23h30, la situation était calme dans le département, selon la préfecture.

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 mai 2012)


(…) dans le 20e arrondissement de Paris. Une trentaine de jeunes du quartier s’est mêlée à une quarantaine de jeunes partisans de François Hollande. Au passage d’une voiture de police un mortier — une fusée de feux d’artifice a été tiré en direction du véhicule. Il n’a pas atteint son but et cette provocation n’a donné lieu à aucune interpellation, les jeunes ayant pris la fuite sans chercher l’affrontement.

Leur presse (Yves Bordenave, LeMonde.fr, 7 mai 2012)

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6 mai 2012 : Situation des migrants à Calais

Situation des migrants à Calais, 6 mai 2012 et dernier jour des élections présidentielles

La situation est très difficile pour les migrants à Calais, je pense qu’elle n’a jamais été aussi mauvaise, même si j’ai été témoin de la destruction des jungles et la chasse quotidienne aux migrants de ces trois dernières années.

La plupart des squats ont fait l’objet d’expulsions et il est impossible pour les migrants de se réinstaller où que ce soit, la police ferme immédiatement les nouveaux squats. L’attitude de la police a été de faire une chasse opiniâtre des migrants jour et nuit, les arrêter, les expulser de partout, ne pas même les laisser dormir sur le bord de la route.

Ce genre de harcèlement effréné dure depuis la fermeture du camp de Sangatte, en 2002. Pourtant, les efforts pour nettoyer Calais de ses migrants se sont intensifiés depuis 2009. Après la destruction immensément médiadiatisée de la jungle Pachtoune, le 22 septembre 2009, ils ont vidé et rasé toutes les autres jungles et squats de Calais. Cependant, jusqu’à présent, les migrants sont toujours arrivées à se réinstaller ailleurs, en se rendant encore plus invisible et dans des conditions encore plus précaires et dangereuses, avec un harcèlement policier accru, sous la forme de rafles presque quotidiennes et d’arrestations en grand nombre, de même que de destructions de couvertures, tentes et de biens.

On assiste depuis peu à un nouveau tour de vis. Dans une tentative de refouler les migrants hors de Calais, probablement liée aux Jeux olympiques qui s’annoncent, les migrants ont été chassés de tous les abris. Le mois dernier a été le plus pluvieux de ces cent dernières années, et froid presque hivernal.

Combien des migrants y a-t-il à Calais ? Les gens sont nombreux aux distributions de repas, et on a distribué cent tickets à la dernière distribution de vêtements,  mais beaucoup de gens n’y vont pas, soit qui ils n’ont pas besoin, soit par crainte de la police, il y a souvent des policiers en civil, et toujours des voitures de police à proximité de la distribution de repas, et des policiers espionnant les migrants, souvent avec des jumelles et des caméras. Les policiers ne devraient pas arrêter les gens qui vont à la distribution de repas, vingt minutes avant et vingt minutes après, mais ils le font très souvent. Les associations qui distribuent la nourriture se sont plaintes beaucoup de fois, mais en vain. Les Albanais en particulier se tiennent hors de vue le plus souvent, après que beaucoup de leurs compatriotes aient été arrêtes et renvoyés en Albanie. Ils ont généralement de l’argent pour acheter leur propre nourriture.

Je pense que 150 migrants présents à Calais serait une bonne estimation approximative au moment où j’écris, mais c’est vraiment difficile à calculer, avec tous les gens qui se cachent, et ceux qui s’en vont pour échapper aux difficultés à Calais, et ceux qui reviennent. Il y a une étrange et troublante accalmie, depuis quelques jours la police, bien que toujours remarquablement présente, a cessé de faire des descentes et des arrestations en nombre. Cela pourrait être l’effet des élections. Cependant, la veille du premier tour, la police a ratissé les rues et fait des arrestations arbitraires pires que d’habitude, un samedi soir et la veille des élections ! Après le second tour, je crains que les activités policières ne reprennent, et peut-être s’intensifient encore : ceci pourrait être le calme avant la tempête !

Palestine House, le dernier grand migrant squat de Calais, fait l’objet d’une procédure d’expulsion. Ils ont reçu des arrêtés d’expulsion et pourraient être expulses à tout moment.

Beaucoup de Soudanais, la plupart du Darfour, se sont installés dans Palestine House, après avoir été expulsés des préfabriqués universitaires où ils avaient trouvé un abri, et d’un autre squat où ils avaient essayé de se réinstaller. Il y a des gens qui viennent du Tchad et d’autres pays africains, quelques-uns sont des mineurs non accompagnés, le plus jeune a quinze ans. Il y a beaucoup de Palestiniens et d’autres Arabes. Il y avait un groupe plutôt gros d’Afghans mais ils ont déménagé, plus précisément ils ont été mis à la porte par certains des Soudanais. D’autres ont dormi à la maison palestinienne à l’occasion ou étaient en visite. Le squat semble osciller entre deux tendances, un endroit ouvert et multi-ethnique où tout le monde est bienvenu, ou dominé par des Soudanais et autres arabophones. On n’y trouve pas de femmes, d’ailleurs il n’y a presque pas de femmes à Calais en général maintenant, et presque pas d’enfants, probablement à cause des difficultés excessives et du stress. Deux petits garçons habitent à la Palestine House depuis deux jours avec leur père.

Les conditions de vie sont incroyables, et je pense qu’il serait difficile de trouver une habitation aussi dégradée et dépourvue d’équipements que Palestine House dans les quartiers les plus pauvres de Calcutta ou du Caire, mais vous n’avez pas besoin d’aller plus loin que le nord de la France pour trouver des gens et des familles dans la jungle ! Beaucoup parmi ceux qui sont forcés de vivre dans ces conditions effarantes sont instruits, ils étaient enseignants, de professions libérales ou étudiantes dans leur pays, et à leur propre avis il est incroyable que la France et l’Europe, qui défendent les Droits Humains, puissent traiter des gens ainsi. La plupart des migrants sont des réfugiés venant des pays les plus ravagés par la guerre dans le monde : Darfour, Érythrée, Éthiopie, Kurdistan irakien, Afghanistan. Il y a un bon nombre d’Iraniens fuyant les persécutions de la dictature. Ils sont déjà traumatisés par les expériences vécues dans leur pays et par le voyage parfois épouvantable qu’ils ont dû endurer pour tenter de sauver leur vie. La politique de l’État français, après Sangatte, est de les traumatiser à nouveau, pour les ‘persuader’ de quitter Calais.

Les Érythréens et Éthiopiens vivent surtout dans des foyers, comme nombre d’entre eux ont demandé l’asile en France, quelques-uns dorment dans des endroits secrets. Ils ont aussi subi des expulsions répétées, leur squat, Paradise House, a été fermé après la mort violente et mystérieuse de l’un des occupants, Zenebe, qui était notre ami et un homme tranquille et doux.

Beaucoup des Érythréens ont l’habitude de faire des visites fréquentes à la Palestine House, le soir. C’est le seul feu qui reste.

Quelques personnes ont eu recours aller au lieu distribution de repas pour dormir. Après avoir été expulsés encore et encore de maisons qu’ils essayaient de squatter, ils eurent l’impression de ne pas avoir une autre solution. La plupart sont Iraniens et autres qui parlent farsi, mais il y a aussi quelques Africains, Arabas et autres. La police y est allée très souvent, à une occasion six fois dans une nuit, pour vérifier leur papiers et les empêcher de dormir, et leur a demandé de partir. Finalement, le 4 mai à 8 heures, la police les a expulsés, arrêtant sept migrants. Ensuite, des employés de la mairie ont emporté les couvertures, et toiles de protection. Dormir n’est pas autorisé dans l’aire de repas. C’est aussi très inconfortable, il n’y a pas de réel abri contre la pluie, seulement une étroite bande de toit pour les gens qui font la queue pour la nourriture, et l’endroit est une sourcière, il n’y a pas d’issues si la police y va pour arrêter, l’endroit est entouré d’un haut grillage, c’est un parfait exaemple d’architecture raciste ! Les gens doivent faire la queue pour leur repas, qui consiste invariablement en une bouillie de pâtes ou de riz trop cuits, et manger par terre, ou sur les poubelles, il n’y a pas de tables, pas de chaises, pas même un toit.

Beaucoup parmi les migrants à présent à Calais sont demandeurs d’asile, et beaucoup sont à la rue, en dépit du fait que la loi prévoit qu’ils devraient être hébergés. Certains veulent rester en France, certains ont demandé l’asile simplement pour qu’on les laisse tranquilles, qu’on ne les emmène pas au commissariat à tout bout de champ, ou pire au centre de rétention, mais les demandeurs d’asile aussi sont arrêtés très souvent, de même que des gens qui ont un titre de séjour de dix ans, sans raison !

Juste avant l’expulsion du dernier squat soudanais, dans les préfabriqués universitaires, de nombreux Soudanais ont été emmenés au centre de rétention de Coquelles, et placés devant l’alternative de demander l’asile en France ou être renvoyés au Soudan. Un Soudanais arrêté à Calais et trois arrêtés à Paris ont été renvoyés au Soudan. Pour les gens du Darfour il est très facile en ce moment d’obtenir l’asile en Grande-Bretagne, ceci leur fait perdre leur chance. Au Royaume Uni, au moins, les demandeurs d’asile sont hébergés, on ne les laisse pas dans la rue comme en France (quoique ceux dont la demande est rejetée soient sans abri et dans la misère). Au Royaume Uni il est beaucoup plus facile qu’en France de trouver du travail.

Après l’arrestation en nombre, la détention et la menace d’expulsion vers le pays d’origine, le nombre des Soudanais à Calais s’est réduit considérablement, et beaucoup ont demandé l’asile, non parce qu’ils voulaient rester en France, mais parce qu’il était impossible pour eux de faire autrement !

Après les Soudanais et les Albanais, c’est au tour des Palestiniens, Tunisiens et autre Arabes. Beaucoup sont au centre de rétention de Coquelles. Il y a eu une grève de la faim de grande ampleur des détenus, mais elle est terminée, ensuite beaucoup de gens ont été expulsés vers divers pays européens selon les accords de Dublin. Les No Borders ont organisé diverses manifestations bruyantes devant le centre de rétention. Nous aussi soutenons les détenus en visitant et téléphonant.

Est-que les élections vont changer quelque chose ?  Sarkozy, les fils d’immigrants, a excelle dans la répression de la liberté de circulation et s’est approprié des certains des slogans de l’extrema droite. Hollande d’autre cote a promis qu’il –« combattrait sans relâche l’immigration illégale » en un moment ou toutes les routes de l’immigration « légale » sont presque fermées. Même pour ceux qui fuient la persécution et la guerre.

Chiara Lauvergnac

Pour plus ample information et chronologie détaillée des arrestations et expulsions consultez notre blog

Calais Migrant Solidarity (alias « les noborders ») sont un réseau transnational qui ont suivi l’agissements de la police à Calais depuis 2009 et dénonce la situation. Notre travail est dans une large mesure la continuation du travail que Marie-Noëlle Gues a fait seule, pendant de nombreux années jusqu’à sa mort prematurée suite à une longue maladie, en 2011.


Témoignage personnel d’une personne détenue à Coquelles (février 2012)

Tout le monde connait la situation au Soudan, et tout particulièrement au Darfour. Les gens n’ont aucun endroit, alors pourquoi la France nous y renvoie-t-elle ? Il n’y a pas non plus de droits pour nous ici en France, nous ne sommes pas traités comme des êtres humains.

Au Darfour, en 2003, 500 personnes ont été tuées en un jour, c’était mon village, Anka.

Ils ont détruit le village, violé les femmes, jeté les enfants au feu. Comme le démon. À ce moment-là, j’ai souhaité mourir. J’ai vu des charniers.

Depuis 2003 les gens ont quitté le village. À ce jour, ils ne peuvent pas rentrer. Les gens ne peuvent pas quitter les camps. Il n’y a pas de sécurité dans la région.

Pourquoi les Nations Unies se taisent-elles ? Les Nations Unies aiment l’argent, non les gens. Pourquoi sont-ils allés en Lybie se battre ? Pour du pétrole et de l’argent. Ils ne viennent pas au Soudan même quand le président commet des atrocités.

Nous les noirs ne sommes pas traités comme des êtres humains. Ça ressemble à un mauvais rêve, mais ceci est la réalité, un cauchemar.

J’ai passé un an en prison au Soudan, voici mes cicatrices, vous pouvez voir où ils m’ont torturé avec de l’eau bouillante sur mes jambes. Après ma libération je devais venir pointer chaque semaine pour ne pas me faire tuer, je me suis enfui.

Liste Migreurop, 6 mai 2012

Publié dans Les révoltes des migrants | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur 6 mai 2012 : Situation des migrants à Calais

Renvoi du procès des antifas parisiens

Renvoi du procès de militants de gauche

Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé au lundi au 4 juillet le procès de dix militants de gauche interpellés le 8 mars pour avoir collé des affiches contre un colloque d’extrême droite à Paris. Les dix prévenus devaient comparaître notamment pour des faits de dégradation, mais la 29e chambre, qui siégeait à juge unique, a estimé que le dossier devait être examiné par une formation collégiale, comprenant trois magistrats. Cette audience se tiendra finalement le 4 juillet à 13h30 devant les magistrats de la 14e chambre.

Quelques jours après leur interpellation, leur avocate, Me Irène Terrel, avait dénoncé une « répression politique démesurée ». Les dix militants, parmi lesquels figurent trois membres du NPA, avaient été arrêtés jeudi 8 mars dans la soirée devant l’espace Charenton (XIIe) où des affiches avaient été collées pour dénoncer la tenue, deux jours plus tard, d’un colloque intitulé « La France en danger », organisé avec le soutien du Bloc identitaire, un groupuscule d’extrême droite. Leur garde à vue avait duré 48 heures, mais ils n’avaient été présentés au parquet que le dimanche.

« Je suis stupéfaite par le sort réservé à mes clients », avait dit Me Terrel à l’époque, en affirmant qu’on avait prélevé leurs empreintes ADN au cours des 48 heures passées en garde à vue. « Vu les incriminations, cette affaire a pris une ampleur démesurée. Il n’y a rien, pas de violences, pas d’outrages, pas de rébellion », avait-elle ajouté.

Dans un communiqué, le NPA avait exigé la « libération des colleurs d’affiches antifascistes », en voyant dans ces interpellations « une intimidation politique ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 mai 2012)

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[Printemps érable] « Ce sont les policiers qui sont armés, entraînés et protégés »

Conflit étudiant
13e manifestation nocturne : deux arrestations

Malgré l’entente de principe conclue entre le gouvernement et les représentants étudiants, samedi, une 13e manifestation nocturne a réuni près de 1000 personnes dimanche soir dans les rues de Montréal.

Après avoir marché en direction nord sur les rues Berri et Saint-Denis, le groupe de manifestants a bifurqué sur l’avenue du Mont-Royal vers l’est, pour finalement défiler durant un bon moment sur l’avenue Papineau en direction sud.

Deux arrestations ciblées ont eu lieu à la suite de voies de fait sur des policiers. L’intervention aurait même ralenti le groupe alors que bon nombre de participants seraient revenus sur leur pas à ce moment.

Vers 22h, les policiers étaient sur le pied d’alerte alors que le groupe approchait rapidement de l’entrée du pont Jacques-Cartier. Une fois arrivés près de l’intersection du pont, les manifestants ont finalement poursuivi leur marche en direction sud pour ensuite se diriger vers l’est.

Aucun bris n’a été signalé au cours de la manifestation, qui s’est terminée vers 0h30.

Parmi la foule énergique, certaines personnes étaient masquées. Quelques pièces pyrotechniques ont été lancées dans les airs, mais l’événement s’est déroulé, somme toute, de façon pacifique.

Leur presse (Agence QMI, 6 mai 2012)


Trois arrestations à la 13e marche nocturne des étudiants

Après plusieurs soirées de rassemblements pacifiques au centre-ville de Montréal, la 13e marche nocturne consécutive contre le projet du gouvernement du Québec de hausser les droits de scolarité des universités de la province s’est déroulée dans un climat légèrement plus tendu, dimanche, alors que plusieurs centaines de marcheurs auraient cherché à se rendre sur le pont Jacques-Cartier puis vers le quartier général de la Sûreté du Québec.

Comme c’est le cas depuis le début de ces marches de protestation, lancées le 24 avril, le parc Émilie-Gamelin a été le point de rassemblement des participants, vers 20h30, et tout semblait vouloir se dérouler dans le calme.

Mais vers 21h45, les manifestants, qui circulaient alors sur la rue Mont-Royal, ont emprunté la rue Papineau en direction sud. Au même moment, certains messages sur Twitter faisaient référence à une possible manifestation contre la brutalité policière sur le pont Jacques-Cartier, « à 10h ».

Mais si les marcheurs espéraient se rendre sur le pont, ils en ont été empêchés par la présence d’un groupe de policiers qui ont dressé un peloton d’intervention pour en bloquer l’accès, a indiqué l’agent Simon Delorme, du Service de police de la Ville de Montréal.

Après avoir emprunté le boulevard de Maisonneuve, les manifestants ont marché sur la rue Parthenais, où se trouvent les bureaux de la Sûreté du Québec, avant de tourner vers Sherbrooke en direction ouest.

L’agent Delorme a par ailleurs confirmé que les policiers avaient arrêté trois personnes, mais ne pouvait préciser les motifs de ces arrestations. Le SPVM devait livrer un bilan complet de ses interventions une fois le rassemblement terminé.

Pas illégale

Malgré les arrestations, le SPVM n’avait toujours pas décrété la manifestation illégale, à 23 h.

Cette manifestation s’est tenue au lendemain d’un projet d’entente pour mettre fin au conflit étudiant, qui entamera sa 13e semaine, lundi. Les quatre associations étudiantes doivent soumettre l’offre du gouvernement du Québec à leurs membres au cours des prochains jours.

Bien que les représentants de la CLASSE, de la FEUQ et de la FECQ, aient reconnu que le projet d’entente contenait des « éléments positifs », rien ne garantit encore que l’ensemble des étudiants en grève vont l’entériner, du moins si l’on se fie à plusieurs commentaires affichés sur Twitter dimanche.

Leur presse (985fm.ca, 6 mai 2012)


Printemps québécois
Les groupes anarchistes surveillés de près

Des spécialistes du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) surveillent de très près ce qu’ils appellent eux-mêmes le « printemps québécois », selon ce qu’a appris TVA Nouvelles.

Alors que plus de 180 manifestations ont eu lieu à Montréal au cours des dernières semaines et que 30 % d’entre elles se terminent par des actes illégaux et des blessés, selon le SPVM, le SCRS aurait à l’œil certains groupes d’anarchistes et des militants plus extrémistes qui prennent part à ces rassemblements.

Selon des sources bien informées, des agents du SCRS étaient présents lors de l’émeute de vendredi à Victoriaville afin de recueillir des informations et identifier des individus qui pourraient représenter une menace à la sécurité nationale.

« On a réellement eu affaire à un groupe très bien organisé, qui s’était très bien préparé et qui avait un plan bien précis », a souligné l’ex-directeur des services d’urgence de la Sûreté du Québec, Maurice Bezombes.

Marc-André Cyr, historien des mouvements sociaux, a pour sa part indiqué que « dans 99 % des cas, c’est les policiers qui ont le rapport de force […] il ne faut pas oublier que ce sont eux qui sont armés, entraînés et protégés ». M. Cyr a toutefois souligné que les manifestants ont eu le dessus sur les policiers à deux reprises et pendant un bref instant, soit lors du salon Plan Nord et à Victoriaville.

Des groupes ciblés

Parmi les groupes ciblés par le SCRS, certains plus connus tels que le Black Block, mais également des membres de la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC), le Parti communiste révolutionnaire (PCR), l’Union communiste libertaire (UCL) et le Réseau de résistance du Québécois (RRQ).

Ainsi, il y a une importante distinction à faire entre les étudiants en grève et des groupes politiques et anarchistes qui sont ciblés par ses agents.

L’ancien directeur du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, a mentionné à TVA Nouvelles que des groupes de terroristes canadiens ont fait exploser 30 bombes, dont 20 par convictions politiques depuis 2001. En parallèle, durant la même période, aucune attaque à la bombe n’a été enregistrée sur le territoire canadien de la part de groupes terroristes provenant d’autres pays.

Presse terroriste (Agence QMI, 6 mai 2012)


Une loi pour interdire les manifestants masqués à l’étude

Le gouvernement fédéral appuiera le projet de loi privé C-309 visant à interdire le port d’un masque durant une manifestation, a confirmé dimanche le ministre de la Justice, Rob Nicholson.

Les dispositions de la Loi sur la dissimulation d’identité institueraient deux nouvelles infractions au Code criminel, soit prendre part à une émeute en portant un masque ou en se déguisant pour dissimuler son identité et participer à un attroupement illégal en portant un masque ou en se déguisant pour dissimuler son identité.

La peine maximale par mise en accusation pour cette infraction serait de cinq ans et de six mois d’emprisonnement ou d’une amende maximale de 5000 $ par déclaration sommaire de culpabilité.

« Les actes de violence et de vandalisme causent des dommages à la communauté et de ne devraient pas être tolérés », a indiqué M. Nicholson.

Le député conservateur d’Alberta, Blake Richards, avait déposé le projet de loi C-309 à la Chambre de communes en avril dernier.

Le député a assuré qu’il y a suffisamment d’exemptions légales incluses dans le projet de loi pour protéger les droits religieux ou les personnes se couvrant le visage pour des raisons médicales.

« Cette loi servira à empêcher des manifestations pacifiques de tourner à l’émeute violente », a-t-il indiqué. « Je crois que cela aura un effet dissuasif et préventif. »

Manifestations étudiantes

Au Québec, dans la foulée des manifestations étudiantes des 12 dernières semaines, l’enjeu des manifestants masqués prend une couleur locale.

Rappelons que l’administration Tremblay et l’opposition à la Ville de Montréal avaient uni leurs voix en mars dernier pour condamner le port de la cagoule lors des manifestations étudiantes.

En point de presse à l’hôtel de ville, le 19 mars, le maire Gérald Tremblay avait annoncé avoir mandaté la Commission de la sécurité publique pour évaluer les modifications possibles à apporter aux règles encadrant les manifestations.

Par ailleurs, La Ligue des droits et libertés s’était déjà prononcée contre ce type de règlement par le passé. Dans un communiqué datant de février 2009, elle avait affirmé que « Ce n’est pas le fait de se masquer le visage qui doit justifier une intervention des policiers, mais celui de commettre un acte criminel. »

En France et au Royaume-Uni, des lois interdisant le port de masques durant une manifestation ont récemment été adoptées.

Presse terroriste (Agence QMI, 6 mai 2012)

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[Révolution égyptienne] « Comment se concentrer sur l’élection si on doit faire sortir nos camarades de prison ? »

Égypte…

20 morts en 3 jours, et on a vu un mélange bizarre, djihadistes armés, jeunes manifestants, forces « de gauche » et autres personnes, se castagner avec les flics et leurs nervis, devant le ministère de la Défense. Ils continuent, depuis trois nuits au Caire c’est le bordel le plus total.

Les Salafistes ne savent plus quoi faire, ils cherchent la future « longue barbe ». Hazem Abou Ismail, leur grand chef, vient de se faire coffrer pour incitation à l’émeute. Ses partisans partent en manif avec plein d’autres, et s’y font, malgré tout, c’est tout de même heureux, péter la gueule.

Le Caire est un joyeux, sinon tragique, foutoir, Assouan idem, pas de nouvelle de la Haute Égypte, Assiout est abonnée Salafiste, et Alexandrie, Ô misère est un énième fief de barbus, l’ordre y rêgne… l’ordre islamique… joie… !

En Égypte on vote le  23 mai, ça va aussi être joie… c’est juste le premier tour… pour vous donner une idée…

Mailing – 7 mai 2012


L’armée égyptienne durcit la répression des manifestants

Plus de 300 personnes ont été arrêtées, un couvre-feu est décrété. Les protestataires parlent de « piège ».

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« Ils ont ramassé à la pelle. Depuis la chute de Moubarak, c’est la première fois que l’on assiste à une telle vague d’arrestations » en Égypte, soupire Ramy, un activiste. Vendredi, quelque 3000 révolutionnaires et salafistes ont bravé la menace du Conseil suprême des forces armées (CSFA) en marchant sur le ministère de la Défense, symbole du pouvoir militaire, auquel personne n’avait osé s’attaquer jusqu’à la semaine dernière. Ils dénonçaient une tentative de manipulation de l’élection présidentielle des 23 et 24 mai prochain. La riposte de l’armée a été cinglante, faisant au moins un mort et plus de 300 blessés côté manifestants. Un soldat a également succombé à ses blessures.

Traque dans les mosquées et les hôpitaux

Dans la foulée, les militaires ont procédé à de multiples arrestations, attrapant dans un premier temps les contestataires à l’aveuglette sur le champ de bataille, puis les traquant dans les mosquées, transformées en base arrière de la révolte, et jusque dans les hôpitaux environnants.

Depuis, un collectif d’avocats a publié une liste de plus de 310 noms de suspects arrêtés, élaborée à partir de documents émanant du procureur militaire. Parmi eux, figurent bon nombre d’activistes et une dizaine de journalistes. Placés en détention provisoire pour 15 jours, tous sont interrogés par la justice militaire. Ils sont poursuivis pour violences à l’encontre des soldats, rassemblement illégal sur une zone militaire et dégradation de biens publics. Dans ce pays où la moindre critique à l’encontre de l’armée est passible d’emprisonnement, ils risquent gros. « Ça peut aller de un à sept ans de prison. Ceux qui sont accusés d’homicide de soldat risquent la peine maximale », précise Heba Morayef, responsable de Human Rights Watch en Égypte. Au moins quinze femmes, présentes parmi les manifestants, ont été relâchées par l’armée après une garde à vue de plus de 24 heures.

Naïveté

« Ils nous ont tendu un piège, on est tombés dedans ! C’est une énorme erreur de notre part », peste Ramy, qui voit dans les affrontements de la semaine dernière une machination montée de toutes pièces par le CSFA. Plusieurs observateurs ont rapporté des faits étranges, qui viennent alimenter cette théorie du complot. Certains salafistes, qui occupaient les abords du ministère de la Défense depuis une semaine pour dénoncer l’éviction de leur candidat à la présidentielle, Hazem Abou Ismaïl, étaient munis d’armes blanches, parfois d’armes à feu. Lorsque de premières échauffourées ont éclaté avec les habitants du quartier, connus pour être pro-armée, ils n’ont pas hésité à en faire usage. « Si vous ne pouvez pas empêcher un groupe de salafistes rétrogrades de tirer sur les habitants, et bien, il faut se désolidariser et partir ! », s’agace le célèbre activiste Sandmonkey, critiquant sur son blog la naïveté des révolutionnaires, qui ont rejoint le sit-in contre l’armée sans trop savoir, selon lui, qui menait cette occupation ni quelles en étaient les revendications.

« Il y avait des infiltrés, c’est certain. Mais qui ? Combien ? On ne sait pas », s’interroge Heba Morayef. Pour Ramy, le résultat est le même. « À trois semaines de la présidentielle, les militaires montrent aux citoyens que le pays a besoin d’un homme fort pour ne pas sombrer dans le chaos. En même temps, ils nous neutralisent. Comment se concentrer sur l’élection si on doit faire sortir nos camarades de prison ? »

Leur presse (Marion Guénard, LeFigaro.fr, 6 mai 2012)


Le couvre-feu prolongé pour une troisième nuit au Caire

Les autorités égyptiennes ont prolongé dimanche le couvre-feu en vigueur depuis deux nuits au Caire dans le quartier du ministère de la Défense, afin d’empêcher que les violences de vendredi ne se reproduisent à moins de trois semaines de l’élection présidentielle.

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L’armée a imposé un nouveau couvre-feu de 23h à 6h dans le quartier d’Abbasia, où se trouve le siège du ministère de la Défense, pour la troisième nuit consécutive, a annoncé l’agence de presse officielle Mena, qui cite une source militaire. (…)

Leur presse (Reuters, 6 mai 2012)

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[Nantes] Retour sur la manifestation contre toutes les répressions du samedi 5 mai

Pas de justice, pas de paix !

Un mois après que le tribunal de Nantes donne le permis de mutiler, avec la relaxe du policier qui avait mutilé un lycéen manifestant.

Alors que les flics continuent à tuer en toute impunité.

Alors que les policiers manifestent dans toute la France pour réclamer le permis d’abattre des gens dans le dos (plusieurs manifestations de flics ont eu lieu à Nantes, voir cet article de chiens de garde).

En pleine hystérie électorale et sécuritaire, alors que la gauche et la droite recyclent le discours pétainiste dans l’apathie générale, un appel était lancé à manifester contre toutes les répressions à la veille du second tour : le samedi 5 mai (voir l’appel ici).

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Dès 15h30, la Place Royale/du Peuple est décorée de banderoles. Une table d’informations contre les répressions est installée. Malgré un temps pluvieux et un centre ville inhabituellement quasiment désert, des manifestants affluent progressivement. Il y a quelques prises de paroles, aussi bien de collectifs anti-répressions de Nantes et de sa région ou de collectifs d’enseignants, que d’opposants à l’aéroport qui subissent l’occupation militaire de la Zone À Défendre et le harcèlement policier.

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Environ 300 personnes, dont certain-e-s au visage masqué, d’autres déguisées en clown, démarrent derrière une banderole « Pas de justice pas de paix/Liberté ». Une grosse tête carnavalesque de flic porcin défile et fait sourire les promeneurs (photo 13), le cortège est entouré de banderoles latérales. Des pétards, fusées et fumigènes explosent alors que des slogans anti-flics sont lancés dans les rues passantes.

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On remonte jusqu’à la prison du centre ville (qui sera bientôt délocalisée en périphérie de Nantes, à Carquefou), sous bonne escorte policière. Des prisonniers nous saluent et répondent à la manif, crient à travers leurs fenêtres alors qu’on scande des slogans contre les prisons. De nombreux engins pyrotechniques sont tirés au dessus des murs de la prison. Dans la foulée, un panneau de parking Vinci (multinationale chargée de construire le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes) est descellé.

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Le cortège repasse par les rues commerçantes en faisant du bruit. Les transports en commun de l’hyper centre sont bloqués quelques instants, puis on passe par le square Daviais, où perdure avec courage depuis plusieurs semaines une grève de la faim contre l’aéroport. La manif est accueillie par des musiciens qui réchauffent l’atmosphère.

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Six cars de CRS sont stationnés à côté de la place Royale. Les manifestants sont méthodiquement photographiés par la DCRI. La BAC s’agite alors que la manif prend fin.

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Retour Place du Peuple : la pluie et un ennui technique sonore rendent difficile la tenue d’une véritable assemblée populaire. Quelques personnes prennent la parole, pour donner un rendez vous : le 16 mai, avec la comparution de camarades anti-aéroports raflés par les flics.

Malgré la morosité électoraliste et la météo, nous avons réussi à tenir la rue en cette veille d’élection, à rompre avec la pacification imposée par l’Ordre policier.

Le combat continue !

Un rendez-vous est lancé ce dimanche 6 mai au soir, même lieu, Place Royale, après les résultats des élections.

À suivre.

Indymedia Nantes, 6 mai 2012

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La croisade « anti-fraude » frappe encore les pauvres

En ces temps de crise et de restrictions budgétaires, les pauvres sont les premiers à payer. Salariés, nous devons nous plier à la concurrence et aux injonctions du marché, pour sauver nos emplois. Bénéficiaires des prestations sociales, nous devons accepter de nous plier à toutes formes de contrôles et d’humiliations, pour conserver l’aumône que l’État nous concède. D’autant que la campagne contre la fraude est devenue une priorité nationale. À écouter politiques et journalistes, ce fléau social serait en grande partie responsable de la crise économique et financière. La chasse est ouverte. À la sécu, au Pôle Emploi ou à la CAF : allocataire rime avec fraudeur.

Et quand un bourgeois, bien conscient que l’État est à son service, en rajoute une couche pour mater des prolétaires rétifs, on obtient une bien sinistre fable cévenole…

Rentrons dans les détails de cette histoire abracadabrante, qui serait presque cocasse, si l’enjeu n’était pas la survie économique de plusieurs personnes.

Après avoir fait ses démarches auprès de la CAF pour obtenir l’allocation logement de son nouvel appartement, Macha est surprise de ne rien recevoir. Suite à de nombreux coups de téléphone, elle finit par comprendre que son ancien propriétaire a utilisé son nom, pour lui aussi faire une demande d’allocation, pour l’appartement qu’elle vient de quitter. La CAF se retrouve avec deux demandes d’allocation au même nom et gèle les versements. Au bout de quelques temps, les droits sont rétablis, mais un mois reste impayé. La CAF prévient en outre Macha qu’elle sera contrôlée à son domicile.

Fernand et Béatrice partagent un appartement en colocation. Ils hébergent à titre gratuit l’ex-compagnon de Macha. Tous trois reçoivent un avis de contrôle pour la même date et la même heure.

Soupçonnant que ces contrôles sont liés aux déclarations frauduleuses du propriétaire, ils décident d’aller demander des explications à la CAF, accompagnés du collectif de travailleurs, chômeurs et précaires, Exploités Énervés.

Après d’âpres négociations, avec deux employées de la CAF en liaison avec la direction départementale de Nîmes, le mois d’APL perdu de Macha est retrouvé et les trois intéressés rédigent une demande officielle pour que leur soit précisé le motif du contrôle, qu’il ait lieu dans un lieu neutre, et qui stipule qu’ils ne s’opposent pas au dit contrôle. Les deux employées leur font savoir que le contrôle est suspendu.

Quelques temps plus tard, les trois allocataires concernés reçoivent un courrier recommandé du directeur de la CAF du Gard leur stipulant qu’ils avaient refusé un premier contrôle et qu’il y en aurait donc un second qu’il ne vaudrait mieux pas refuser. Un peu plus tard, Fernand et Béatrice reçoivent un autre courrier leur précisant que le contrôle qu’ils vont subir a pour objet de vérifier le dossier de Macha et qu’un refus de leur part entraînerait des sanctions sur ses prestations.

Puis, vient le jour du contrôle. Chez Macha, la contrôleuse exige que les personnes présentes sortent sous peine de ne pas effectuer le contrôle. Ces dernières s’exécutent, et l’entretien tourne à l’interrogatoire. Finalement, la contrôleuse part en disant qu’un dossier sera sanctionné dans cette affaire mais qu’elle ne sait pas encore lequel. Chez Fernand et Béatrice, quelques minutes plus tard, même topo. Mais, les contrôlés essaient de négocier un entretien « privé », sans faire sortir leurs hôtes. La contrôleuse n’en démord pas, arguant qu’elle a des consignes de sa direction. Elle finit par partir en disant qu’elle ne reviendrait pas.

Une dizaine de jours plus tard, les sanctions tombent : suspensions des allocations logements et de l’allocation soutien familial de Béatrice, en attendant les conclusions finales de la commission.

Prise dans un élan national de lutte contre la fraude, la CAF du Gard s’emballe. Fière d’annoncer la mise à nu de 126 cas de fraudes et d’avoir porté 78 affaires au pénal en 2011, elle compte faire mieux en 2012. Qu’importe les méthodes employées, seuls les résultats comptent. Quitte à inventer de faux refus de contrôle et à adapter son règlement à la tête du client.

Évidemment, la CAF ne fait que suivre les injonctions des politiques et applique la cure globale d’austérité aux précaires. Quand, dans ses rapports officiels de 2009, elle déclare 2,15 % d’allocataires en situation de « fraude » et 0,15 % en situation de « fraude délibérée », l’URSSAF annonce, elle, pour la même année, que 63 % des entreprises contrôlées ont fait l’objet d’un redressement fiscal. Parallèlement, un rapport parlementaire de 2011 chiffre les « fraudes fiscale, sociale et douanière » à 3,4 milliards d’euros  pour 2010. Sur ce montant, seuls 458 millions sont liés à la « fraude sociale ». Il existe encore une fois un net décalage entre le discours politico-médiatique et la réalité socio-économique. Les allocataires de prestations sociales y sont dénoncés comme responsables de la fin annoncée de « l’État social » à cause du déficit budgétaire, alors que les premiers fraudeurs — les plus grands voleurs — sont les entreprises. Cette rhétorique a pour objectif de justifier la pression qui est mise sur les travailleurs. Et ainsi coincés entre des administrations kafkaïennes et répressives et des possibilités d’accès à l’emploi de plus en plus difficiles, nous sommes tous contraints de travailler pour des miettes. Au grand profit du patronat et de la « relance économique ».

L’affaire de Macha et de ses amis n’est pas un cas particulier. L’objectif de la CAF, comme des autres institutions gérant la misère (police, justice, administrations multiples), est de renvoyer les individus à leur isolement, alors que les situations auxquelles ils sont confrontés sont le fruit du système dans sa globalité.

Dans ce contexte, la solidarité et l’action collective peuvent nous permettre de desserrer les mâchoires de l’étau administratif et patronal… Et de résistances en résistances… passer à l’offensive !

Le capitalisme est en crise ? L’État est au bord de la faillite ? Qu’ils crèvent !

Permanences Exploités Énervés tous les 2e vendredi du mois à 18h30 au bar « Au Bon Coin », 2, rue Faubourg de Rochebelle, à côté de la Bourse du Travail (Alès).

Contact

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[Lyon] Dawa de départ de Sarkozy aux Terreaux

[23h50] Départ en manif sauvage, entre 1000 et 1500 personnes, principalement des slogans anti-sarko quelques affiches de Hollande qui brûlent.

Quelques slogans : le traditionnel « Sarko t’es foutu, le peuple aura ta peau » (la variante « a eu ta peau » n’a pas réussi), le laconique « Sarkozy t’es fini » (ou « Sarkozy c’est fini », tout aussi réaliste), en mode plus insultant « Sarkozy nique ta mère » (gros succès incompréhensible, quelqu’un connaît la mère de Sarko ?), quelques « Sarkozy on t’encule » aussi. En mode footballistique « Mais ils sont où, mais ils sont où tous les bourgeois, la lala la la ». Mais le tube incontournable du soir, c’était plutôt le « Sarkozy en prison » (avec quelques « Carla en prison », plus rares).

[22h45] Y’a des CRS au milieu de la foule mais ça reste tranquille. L’un d’eux se fait chourer son képi. Dans les minutes qui suivent, la BAC, arrivée à tout blinde dans leurs grosses cylindrées, a commencé à se déployer en tenue casquée au Terreaux, avec les casques, les pare-balles et les flashballs en mode provocation. Une batucada détourne l’attention de la foule menaçante envers les flics, qui ont eu un peu chaud.

[21h30] 300 à 400 personnes sont réunies aux Terreaux à 22 h pour fêter la défaite de Sarkozy. Personne ne semble être là pour fêter la victoire de Hollande, mais beaucoup de personnes, assez jeunes, qui crient des slogans anti-Sarkozy, arrêtent les voitures qui passent sur la place et montent dessus, tandis que les klaxons n’arrêtent pas. Pas encore de départ en manif mais c’est en discussion. Un millier de personnes à Bellecour également.

Compléments d’infos

[1h42] Rassemblement à Bellecour en même temps qu’à la place des Terreaux. Pas mal de slogans dont « On a gagné ! », « Sarko en prison » ou encore « Nous sommes tous des étrangers de 1er, 2e et 3e génération » ont été scandé sur la place. Des feux de bengale ont été aperçus. Différents drapeaux présents également dont celui de la France, l’Algérie et la Tunisie.

Vers 22h30-22h40, une grande partie des personnes présentes ont commencé à se diriger vers Guillotière. Durant ce déplacement les forces de l’Ordre ont commencé à s’équiper.

J’ai par la suite reprit le chemin pour me rendre place des Terreaux ou j’ai également aperçu des camionnettes de CRS se diriger vers Guillotière et j’ai croisé entre 3 à 4 voitures de la BAC en stationnement.

Arrivé vers 23h15-23h20 sur la place, un grand rassemblement festif musical se trouvait sur les marches de l’Hôtel de ville et une foule assez conséquente. Vers 23h30-23h35 un début de manifestation a pris la direction de l’avenue de la République en longeant les véhicules des forces de l’ordre avec différents slogans.

[1h36]Deux arrestations rue de la République, devant le Pathé Bellecour. Il était minuit et demie environ, quand le cortège revenait des Terreaux…

Infos, témoignages ? Contactez la Caisse de Solidarité : 06.43.08.50.32

Rebellyon, 6 mai 2012

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Le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens en Israël s’étendrait à 2000 détenus

Israël éprouve des difficultés croissantes à contrôler le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens, qui ne cesse de s’étendre. Commencée le 17 avril pour protester contre la pratique de la détention administrative (qui permet de maintenir un suspect en prison sans jugement, pendant une période de six mois renouvelable), cette action regrouperait aujourd’hui quelque 2000 détenus, selon Addameer, l’association palestinienne de défense des droits des prisonniers.

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Le 4 mai, des Palestiniennes participent à une veillée à l'extérieur de l'église de la Nativité à Bethléem en solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim.

Ce chiffre est corrigé à la baisse par Sivan Weizman, porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, qui parle de 1500 à 1600 participants. La date du 17 avril ne doit rien au hasard : outre que c’est celle de la journée annuelle des prisonniers palestiniens, c’est aussi le jour où Khader Adnan, militant du Djihad islamique, avait été relâché, après une grève de la faim de soixante-six jours qui avait failli entraîner sa mort.

Devenu le symbole de la lutte contre la détention administrative, son exemple avait été suivi par Hana Shalabi, une Palestinienne qui avait accepté d’arrêter une grève de la faim de quarante-trois jours, en échange de sa déportation à Gaza, début avril, pendant une période de trois ans. Dans les deux cas, les autorités israéliennes avaient cédé, à la fois devant une mobilisation internationale devenue contre-productive pour l’État juif, et face au risque de déclencher des émeutes dans les prisons.

Nul doute que le résultat de ce conflit est présent à l’esprit des grévistes de la faim dont le nombre représente aujourd’hui plus du tiers des 4700 prisonniers palestiniens détenus par Israël. Sur ce total, on compte 320 prisonniers en détention administrative. Le mouvement en cours vise à protester contre ce régime d’exception hérité de l’époque du mandat britannique, mais pas seulement : les prisonniers dénoncent l’isolement carcéral, la suppression de certains avantages, et la limitation des visites des avocats et des familles.

Deux prisonniers au moins sont dans un état critique : Bilal Diab, âgé de 27 ans, est originaire de Jénine, et Thaer Halahla, âgé de 33 ans, originaire de Hébron (tous deux membres du Djihad islamique), ont commencé leur grève de la faim le 29 février. Après soixante-six jours sans alimentation, ils sont entrés dans ce que les médecins appellent « une phase aléatoire de survie ». Les deux hommes ont comparu, jeudi 3 mai, sur une chaise roulante, devant le Cour suprême d’Israël, mais celle-ci a renvoyé sa décision sur une éventuelle remise en liberté à une date ultérieure.

Au moins six autres prisonniers sont dans un état de santé jugé alarmant. Ce mouvement de grève s’est étendu aux principaux centres de détention en Israël, et plusieurs chefs de file de la résistance palestinienne, comme Ahmad Saadat, chef du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), l’ont rejoint. Alors que les manifestations de solidarité se multiplient dans plusieurs villes palestiniennes, le gouvernement du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, hésite sur la conduite à adopter.

Si le mouvement bénéficie d’une relative mobilisation dans les territoires palestiniens occupés, la menace qu’il représente est plus médiatique que sécuritaire. Plusieurs ministres israéliens s’inquièteraient cependant de l’évolution de la situation : à en croire le journal Haaretz, Yitzhak Aharonovitch, ministre de la sécurité publique, s’est prononcé mardi pour une limitation de l’utilisation de la pratique de la détention administrative. De son côté, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé aux membres du Quartet pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, ONU et Russie) de faire pression sur Israël.

Leur presse (Laurent Zecchini à Jérusalem, LeMonde.fr, 5 mai 2012)

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Soirée électorale sabotée à Grenoble

Agglomération grenobloise. Un incendie sur un relais téléphonique perturbe communications et télévision ce soir

Un incendie s’est déclaré ce dimanche vers 21 heures dans un local technique du relais téléphonique TDF de la Tour-Sans-Venin, sur la commune de Seyssinet-Pariset, a-t-on appris de sources concordantes.

Le feu a semble-t-il été combattu par les sapeurs-pompiers, bien que le Codis 38 (le Centre opérationnel d’incendie et de secours) ait indiqué vers 22h15 au Dauphiné Libéré que « seules des interventions courantes » étaient menées ce soir. Pourtant, selon nos informations, cet incendie causerait actuellement d’importante perturbations sur le réseau Bouygues dans le bassin grenoblois, sur le réseau SFR dans une partie du nord-Isère, ainsi que sur certaines zones de réception du réseau de télévision hertzien de la région grenobloise.

Selon un interlocuteur fiable, le feu s’est déclaré dans le local où se trouvaient des onduleurs et divers éléments informatiques et les dégâts sont très importants. À l’heure actuelle, la gendarmerie est sur les lieux et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’incendie.

En 2000, un sabotage de ce même relais avait perturbé les retransmissions télévisées le soir de la finale de football de l’Euro opposant la France à l’Italie.

Leur presse (Denis Masliah, LeDauphine.com, 6 mai 2012)

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[Stop THT] Une vingtaine d’arrestations à la maison occupée de l’Aubressière tandis que les invités de l’après-midi sont dispersés/pourchassés dans la campagne

Un déploiement des forces de l’ordre sans précédent contre les militants anti-THT à Notre-Dame-de-Cenilly (50)

Ce dimanche 6 mai, des militants et miltantes anti-THT avaient prévu de rejoindre un groupe résidant dans une maison qui avait été rachetée par RTE sur la commune de Notre-Dame-de-Cenilly au lieu-dit l’Aubressière pour un repas, une après-midi de discussion et une soirée musicale.

Parti du rendez-vous traditionnel du dimanche midi à l’ancien château d’eau du Chefresne, le groupe de véhicules des militant-e-s anti-THT n’a jamais pu rejoindre le lieu du repas, bloqués à plusieurs reprises par des forces de gendarmerie et militaires.

Pendant ce temps-là, il semblerait que d’autres composantes de ces forces aux ordres de RTE sont en train d’expulser de leur logement les habitants de cette maison que RTE a vidé de ces habitant-e-s.

Différents groupes sont dispersés dans la campagne environnante chassés par la gendarmerie, les gardes mobiles et autres uniformes.

Il est difficile de faire le point à l’heure actuelle [16h51], la crainte étant surtout le sort réservé à nos ami-e-s de la maison de l’Aubressière qui avait déjà fait l’objet d’un pique-nique le 5 novembre 2011.

[17h09] Une vingtaine de personnes vient de se faire arrêter.

Mailing – 6 mai 2012

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[Marseille] « Je mure utile, ce tombeau sera votre tombeau »

Présidentielle : plusieurs bureaux de vote vandalisés à Marseille

« Je mure utile, ce tombeau sera votre tombeau ». Ces mots étaient écrit sur deux murs en parpaing, dressés devant les entrées d’une école primaire.

Plusieurs bureaux de vote ont été vandalisés à Marseille dans la nuit de samedi à dimanche 6 mai, sans retarder toutefois leur ouverture pour le second tour de la présidentielle, a-t-on appris auprès de la mairie et du député UMP Renaud Muselier.

Deux murs en parpaing ont été dressés devant les entrées d’une école primaire du quartier de la Blancarde, abritant deux bureaux de vote de la circonscription de Renaud Muselier, dans les IVe et Ve arrondissements de Marseille.

À 11 heures, un employé de la mairie s’employait à effacer les tags inscrits aux abords : « Je mure utile, ce tombeau sera votre tombeau. »

Dans sept autres bureaux du secteur ainsi que des VIe et XIIe arrondissements, des serrures ont été goudronnées et des portes siliconées, a précisé une source proche de l’enquête, qui a été confiée à la Sûreté départementale.

« Je déplore ce comportement indigne qui me rappelle les tensions que nous avons connues lors des dernières élections municipales. (…) Le vote est un droit démocratique qui ne doit souffrir d’aucun empêchement ni d’aucune pression », a réagi Renaud Muselier dans un communiqué.

Bruno Gilles, le maire UMP des IVe et Ve arrondissements, a décidé de porter plainte, a-t-on appris auprès de la mairie de Marseille, qui se réserve également le droit de porter plainte après ces actes de vandalisme commis dans des secteurs « où la droite arrive en tête habituellement ».

« La régie municipale a pu intervenir rapidement pour rétablir la situation et permettre aux citoyens de voter. Le scrutin ne sera donc pas impacté, néanmoins il y a une volonté manifeste de perturber le bon déroulement du scrutin », a-t-on déclaré à la mairie, dirigée par le sénateur UMP Jean-Claude Gaudin.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 8h en métropole où 43,3 millions de Français sont appelés à se prononcer entre le président sortant UMP Nicolas Sarkozy et le candidat PS François Hollande.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com avec AFP, 6 mai 2012)

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[Impunité légale des harceleurs sexuels] Femmes, vous ne pouvez plus compter que sur vous-mêmes : visez les couilles et frappez fort !

Plus de 200 personnes se sont réunies à Paris samedi matin pour protester contre l’abrogation immédiate de la loi sur le harcèlement sexuel. Le rassemblement, initié par des associations féministes, s’est déroulé place Colette (1er arrondissement de Paris), à quelques mètres du Conseil constitutionnel qui a rendu sa décision polémique vendredi.

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« En décidant d’abroger la loi, sans utiliser la faculté qu’il avait de différer cette abrogation, le Conseil constitutionnel a fait un choix politique qui doit être considéré comme un affront pour les droits des femmes », a lancé Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT).

« Cette abrogation est un véritable permis de chasser », « on parle des Sages du Conseil constitutionnel, qu’ont-ils de sages à part leur titre ? », « tout est perdu, mon harceleur se pavane depuis ce matin » : ce sont quelques-uns des témoignages, lus à une tribune, de femmes victimes de harcèlement et dont les plaintes sont annulées à la suite de la décision des neuf Sages. « Les responsabilités de cette abrogation doivent être posées, elles sont d’ordre politique », a insisté Marilyn Baldeck.

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Les associations féministes « réfléchissent à une procédure judiciaire mettant en cause la responsabilité de l’État pour que les préjudices des victimes dont les procédures sont aujourd’hui annulées soient intégralement indemnisés ». La dirigeante féministe a appelé le « prochain gouvernement et l’Assemblée nouvellement élue » en juin à « faire du vote d’une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel son tout premier chantier ». Ce nouveau texte, a-t-elle souligné, « devra répondre aux critères » fixés par les associations féministes. Les deux candidats à la présidentielle se sont déjà engagés à soumettre au Parlement un projet de loi.

Le Conseil constitutionnel a décidé d’abroger avec un effet immédiat la loi condamnant le harcèlement sexuel car la définition de cet acte était trop floue. Dans l’attente d’un texte, le ministre de la Justice donnera instruction aux parquets de poursuivre les faits de harcèlement sexuels sur d’autres bases juridiques, notamment la violence volontaire, a annoncé l’Élysée. Une nouvelle manifestation est prévue le 14 mai devant la Bourse du travail.

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Une loi critiquée depuis plusieurs années par les associations féministes

La loi sur le harcèlement a été adoptée le 22 octobre 1992, faisant de la France le premier pays à se conformer aux recommandations de la Commission européenne en la matière. Mais les associations féministes ont très vite dénoncé le texte. « La France a été pionnière, mais avec une loi qui n’était pas satisfaisante pour les victimes et qui ménageait très largement les privilèges sexuels des hommes dans les relations de travail », regrette Marilyn Baldeck. « Les harceleurs sexuels n’ont jamais été très gênés. Par ailleurs, cette loi a profité à des hommes poursuivis pour harcèlement sexuel, car ils ont bénéficié de déqualifications d’agressions sexuelles qui auraient dû être condamnées plus lourdement. »

L’association AVFT dénonce depuis des années le flou du texte. « S’il n’y avait pas d’attouchement sur le corps de la femme, la loi n’était pas applicable. Même le terme de “faveurs” inscrit dans la loi appartient au champ lexical de la séduction. Il y avait du flou, de l’ambiguïté dans le texte. Le législateur n’a pas voulu prendre la mesure de la gravité des faits. »

Leur presse (Le Figaro, 5 mai 2012)


Harcèlement sexuel : quatre « sages » connaissaient le requérant

Gérard Ducray, l’auteur de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui a conduit le Conseil constitutionnel à censurer la loi sur le harcèlement sexuel, va donc être blanchi et sa condamnation cassée.

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Gérard Ducray

Cependant M. Ducray n’est pas un total inconnu d’au moins quatre des membres du Conseil. Il a été secrétaire d’État au tourisme de 1974 à 1976, le chef de l’État était alors Valéry Giscard d’Estaing, le premier ministre Jacques Chirac, tous deux membres de droit du Conseil constitutionnel, même s’ils ne siègent plus.

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Jacques Barrot

En revanche, Jacques Barrot, qui était secrétaire d’État au logement dans le même gouvernement que M. Ducray, a, lui, statué sur la QPC qui a de fait annulé la condamnation de son ancien collègue. Hubert Haenel, qui a lui aussi siégé, était de son côté conseiller pour les questions judiciaires à l’Élysée de 1975 à 1977.

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Hubert Haenel

Si les membres du Conseil sont impartiaux, ils doivent aussi juridiquement en donner « l’apparence », et faute pour deux d’entre eux de s’être déportés (s’être abstenus de siéger), se pose une nouvelle fois la question de la composition du Conseil. « Les conditions de déport sont très strictes, fait valoir la haute juridiction, la seule question qui se pose, c’est de savoir si les membres ont participé à l’élaboration de la norme, c’est-à-dire le vote de la loi. Ce n’est pas le cas. »

Leur presse (Le Monde, 5 mai 2012)

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[Flics, porcs, assassins] Hommage à Amine Bentounsi

Une centaine de personnes rassemblées en mémoire d’Amine tué par un policier

Une petite centaine de personnes se sont rassemblées samedi à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), où Amine Bentounsi, un multirécidiviste recherché, a été tué le 21 avril par un policier depuis mis en examen pour homicide volontaire, a constaté une journaliste de l’AFP.

Réunis derrière une banderole proclamant « Ce petit frère qu’on assassine. Non au permis de tuer », les proches du jeune homme, dont certains portaient un T-shirt avec de face une photo d’Amine Bentounsi et de dos l’inscription « Que justice soit faite », s’étaient donné rendez-vous devant le bar où celui-ci se trouvait lorsque les policiers ont tenté de l’interpeller.  Ils devaient ensuite parcourir quelques centaines de mètres jusqu’à l’endroit où le fugitif est décédé.

« C’est une marche blanche pour dénoncer toutes les bavures policières », a affirmé aux journalistes Amal Bentounsi, soeur de la victime. « Tous les jours, il y a des flics qui jouent les cow-boys », a dénoncé la jeune femme qui a appellé à ce que « dans toutes les villes de France, des citoyens manifestent ». « J’ai envie qu’on dise stop aux bavures et non au permis de tuer que les syndicats de police réclament », a-t-elle poursuivi, en référence à la réforme de la légitime défense demandée par des policiers.

Le gardien de la paix qui a tué Amine Bentounsi a mis en avant la légitime défense mais il a été mis en examen pour homicide volontaire. La victime a été tuée par une balle dans le dos, selon l’autopsie. Depuis, les policiers ont organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec leur collègue et pour réclamer une réforme de la légitime défense. Ils ont été reçus par Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Alliance, second syndicat de gardiens de la paix, et Unité police SGP-FO, le premier syndicat, ont appelé mercredi les policiers à deux journées « de mobilisation » le 11 mai pour l’un, le 10 mai pour l’autre.

Mercredi, environ 150 proches d’Amine Bentounsi s’étaient rassemblés à Meaux (Seine-et-Marne) pour une marche en hommage au jeune homme qui a ensuite été enterré dans le carré musulman d’un cimetière de la ville.

Leur presse (Agence Faut Payer, 5 mai 2012)


À Meaux, marche blanche en mémoire d’Amine Bentounsi, tué par un policier

Environ 150 personnes ont participé mercredi à Meaux à une marche blanche en mémoire d’Amine Bentounsi, un multirécidiviste recherché et tué le 21 avril en Seine-Saint-Denis d’une balle dans le dos par un policier depuis mis en examen pour homicide volontaire, a constaté une journaliste de l’AFP.

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Après cette marche, partie de la mosquée Al Badr vers 15H00 après la prière des morts, le jeune Amine a été enterré dans le carré musulman d’un cimetière de la ville.

En tête du cortège, des membres de la famille entourés d’amis proches, étaient vêtus de tee-shirt blancs, avec une photo d’Amine Bentounsi au recto, l’inscription « que justice soit faite » au verso, ainsi qu’un impact de balle pour certains.

« Je fais un appel à témoins, vers tous les habitants de Noisy-le-Sec présents ce soir-là, il faut qu’ils parlent, qu’ils se manifestent car il y a trop d’incohérences », a insisté devant la presse Amal Bentounsi, sœur de la victime.

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Amine Bentounsi

« Qu’on n’inverse pas les rôles, la vraie victime, c’est mon frère. Le policier, lui, est un criminel qui a lâchement tiré dans le dos d’Amine », a-t-elle martelé, rappelant « l’importance de lui rendre un dernier hommage, pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure ».

« Il paraît que la scène a été filmée, et si c’est vrai, cela permettrait de connaître la vérité », a-t-elle espéré, précisant qu’elle souhaite « terminer l’écriture d’un livre commencé en 2009 » sur son frère.

Kenza Bentounsi, mère d’Amine, a répété que son fils n’avait « fait de mal à personne dans sa vie ».

Recherché, le jeune homme a été tué le soir du 21 avril par un policier. Ce gardien de la paix, qui a mis en avant la légitime défense, a été mis en examen pour homicide volontaire. La victime a été tuée par une balle dans le dos, selon l’autopsie.

Depuis, les policiers ont organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec leur collègue et pour réclamer une réforme de la légitime défense. Ils ont été reçus par les candidats à la présidentielle, le président sortant et candidat UMP Nicolas Sarkozy et son rival socialiste François Hollande.

Selon Amal, « une autre marche blanche est organisée samedi à partir de 18H00 à Noisy-le-Sec » (Seine-Saint-Denis) entre le bar où se trouvait l’individu et l’endroit où il a été tué.

Leur presse (Agence Faut Payer, 2 mai 2012)

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« Vraie guérilla » au centre pénitentiaire d’Annoeullin (Nord)

Deux incidents dans une prison du Nord

Deux incidents sérieux se sont déroulés au centre pénitentiaire d’Annoeullin (Nord) au cours de la semaine, dont une rébellion de trois détenus, a rapporté samedi un représentant syndical.

Mercredi, trois détenus du quartier maison centrale (qui regroupe les détenus purgeant des peines longues) se sont retranchés dans un atelier où ils se sont armés de ce qu’ils trouvaient sur place pour se défendre, a raconté à l’AFP Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’UFAP-UNSA Justice de Lille.

Selon un tract signé par trois syndicats, l’UFAP, FO et la CGT, une douzaine d’agents ont dû s’équiper pour intervenir, les trois détenus finissant par être réintégrés en cellule après de longues discussions. La scène donnait l’impression d’une « vraie guérilla », selon M. Charlet. L’un des protagonistes, considéré comme dangereux et ayant déjà provoqué de graves incidents dans de précédents établissements, a été placé à l’isolement, mais pour les syndicats « des questions restent en suspens quant à la réaction de notre administration ». « C’est un établissement qui a ouvert il n’y a même pas un an et on arrive déjà à saturation, et à tous les incidents qui vont avec », a regretté Frédéric Charlet.

Deux jours plus tôt, un détenu s’était « violemment rebellé » causant « des blessures graves » contre deux surveillants. Les trois syndicats ont laissé entendre à la fin du tract qu’ils pourraient envisager un mouvement social.

Le centre pénitentiaire d’Annoeullin, situé entre Lille et Lens, a ouvert en juin 2011 avec une capacité d’environ 690 places.

Leur presse (Agence Faut Payer, 5 mai 2012)

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Jour historique pour le Japon : message d’espoir pour le monde

Ça y est, ce jour tant attendu par les Japonais est enfin arrivé : 5 mai 2012, tous les réacteurs nucléaires sont arrêtés ! Pour la première fois depuis 1970. Beaucoup célèbrent cette nuit au Japon.

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Un peu plus d'un an après la catastrophe de Fukushima, Hokkaido Electric Power (Hepco), l'une des neuf compagnies régionales de l'archipel, a indiqué avoir commencé à stopper le réacteur Tomari 3, dernière unité active des cinquante que compte le Japon.

Avant le 11 mars 2011, 54 réacteurs étaient en service. 14 mois plus tard, ils sont tous à l’arrêt. Certains parce qu’ils ont subi des avaries sérieuses dues au tremblement de terre, d’autres parce qu’ils arrivent dans une phase normale de maintenance, d’autres enfin parce que la population s’y oppose.

Le traumatisme de la catastrophe de Fukushima est tellement grand que le peuple japonais fait désormais pression sur les autorités locales pour ne jamais revivre ce cauchemar.

Maintenir la pression est encore nécessaire pour que ce jour ne soit pas qu’un mirage. Car le gouvernement entend bien continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a d’ores et déjà donné son accord pour la reprise d’exploitation de plusieurs réacteurs. Un bras de fer va donc s’engager entre la population et l’industrie atomique.

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Manifestation anti-nucléaire dans les rues de Tokyo, samedi 5 mai.

Pourtant, le combat antinucléaire a déjà gagné. Cette journée est historique car le Japon vient de démontrer clairement qu’il était possible de se passer de cette énergie destructrice. Le monde entier est maintenant au courant : il n’est pas besoin de revenir à la bougie quand on arrête le nucléaire !

Les pays qui persistent à vouloir utiliser cette énergie ou qui se lancent aveuglément dans le nucléaire devront-ils attendre d’avoir leur propre catastrophe pour comprendre ?

En savoir plus :

« Setsuden », les mesures d’économie d’électricité au Japon (article de Janick Magne)

Laurent Mabesoone s’exprime sur cet évènement dans un entretien réalisé par Dominique Balaÿ le 3 mai 2012 (l’entretien proprement dit commence vers 4 min 30 ; il porte aussi sur la contamination alimentaire).

« Le Japon a cessé, provisoirement, de produire de l’énergie nucléaire » (Le Monde)

« Sortie du nucléaire au Japon, un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France » (Politis)

« Faced with a summer without nukes » (Fukushima is still news)

Le blog de Fukushima, 5 mai 2012


(…) Le premier ministre Yoshihiko Noda espérait au moins redémarrer deux réacteurs à Ohi (ouest du pays) avant samedi pour éviter l’affront d’un arrêt complet du parc nucléaire japonais. La municipalité d’Ohi, située dans la préfecture de Fukui, qui compte treize réacteurs, dépend pour 60 % des subventions du nucléaire. Elle avait donc un intérêt évident au redémarrage. Malgré cela, les autorités locales ont refusé de suivre le gouvernement. (…)

Leur presse (Régis Arnaud, LeFigaro.fr, 4 mai 2012)

Publié dans Luttes antinucléaires, Luttes pour la terre | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Jour historique pour le Japon : message d’espoir pour le monde

[Charest dégage !] La bataille de Victoriaville

Québec : le congrès du parti au pouvoir perturbé par la fronde étudiante

Jets de projectiles par des manifestants, largage de gaz irritants par la police anti-émeute, foule en panique, heurts, interpellations : le congrès du parti au pouvoir au Québec a été marqué vendredi du sceau de la contestation étudiante.

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Policiers omniprésents, dans les rues jusqu’au toit d’un hôtel, commerces fermés, afflux massif de manifestants : la paisible Victoriaville était le théâtre, bien malgré elle, de heurts entre forces de l’ordre et manifestants.

« Colère générale contre le Parti libéral » du Québec (PLQ), ont scandé plus de 2.000 manifestants venus de toute la province francophone, réunis dans le parking de la succursale locale du géant américain de la distribution WalMart, qui avait fermé ses portes à la mi-journée avant le début de la grand-messe annoncée.

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Les manifestants ont marché pacifiquement sur un peu moins d’un kilomètre pour arriver au Centre des congrès de cette petite ville de 42.000 habitants, située à 170 kilomètres à l’est de Montréal. Peu avant l’arrivée, des manifestants se sont masqués le visage laissant présager la valse à suivre.

Des protestataires ont lancé des projectiles et des pétards sur le Centre des congrès où le PLQ tient son conseil national ce week-end, fracassé une fenêtre et déplacé les barrières métalliques qui protégeaient le bâtiment, selon un journaliste de l’AFP sur place.

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Plusieurs dizaines de policiers anti-émeute ont répliqué avec des gaz irritants et chargé la foule pour tenter de rétablir l’ordre, sous le regard des délégués du PLQ observant la scène depuis l’intérieur de l’édifice. Les policiers ont interpellé des manifestants dont certains ont été blessés.

« Ce sont des gens qui n’ont aucun respect pour la démocratie… Ce ne sont pas des gestes intelligents », a déclaré à l’intérieur du centre le député libéral Pierre Moreau, au sujet des contestataires.

Le Parti libéral du Québec, au pouvoir depuis neuf ans dans la province francophone de huit millions d’habitants, est confronté depuis près de trois mois à une fronde sans précédent de mouvements étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité.

Le Premier ministre Jean Charest a décrété une hausse de 75% sur cinq ans (1.625 dollars, 325 dollars/an) des droits de scolarité à l’université afin de les ramener à 3.800 dollars, soit plus près de la moyenne nord-américaine.

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« Je me bats pour ce que je crois et je crois en la gratuité scolaire », a lancé Antoine Perreault, 18 ans, écharpe rouge, casquette vissée sur ses cheveux bruns en bataille. Cet étudiant en musique au Cégep (lycée, ndlr) d’Alma a fait plus de 300 kilomètres en auto-stop pour participer à la manifestation de Victoriaville qui pourrait s’étirer sur tout le week-end.

« Je ne sais pas où je vais dormir », a-t-il ajouté. Les rares hôtels de la ville affichent complets et les chambres étaient de toute façon trop onéreuses pour ces étudiants. « Moi, j’héberge des jeunes chez moi », assure Luc, un père de famille.

Quelque 170.000 étudiants étaient toujours en grève début mai au troisième mois de ce mouvement de contestation ponctué de manifestations et de heurts entre forces de l’ordre et étudiants.

Jusqu’à présent, M. Charest a opté pour la ligne dure, ce qui semble lui avoir bénéficié. Selon un sondage publié vendredi, sa formation aurait la chance de remporter une quatrième victoire consécutive si des élections anticipées étaient déclenchées.

« Charest ! » « Charest ! », « Charest ! », ont crié à tout rompre les 600 délégués du parti à l’annonce de la présence, sur fond de musique rock, du Premier ministre dans la salle du conseil national.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 5 mai 2012)


Victoriaville : une dizaine de blessés, une centaine d’arrestations

La manifestation qui a eu lieu devant le centre des congrès de l’hôtel Le Victorin de Victoriaville, où se tient le conseil général du parti libéral, s’est terminée vendredi vers 21h après près de trois heures de violents affrontements. Au total, 106 personnes ont été arrêtées. Plusieurs personnes, dont quelques agents de la Sûreté du Québec, ont été blessés. Un policier a notamment été sévèrement tabassé alors qu’un étudiant du cégep Saint-Laurent a dû être hospitalisé d’urgence après avoir reçu ce qui semble être une balle de caoutchouc en plein visage.

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La porte-parole de l’Hôtel-Dieu D’Arthabaska a confirmé que l’étudiant du cégep Saint-Laurent souffre d’un traumatisme crânien. Selon ce qu’a confié une de ses amies à La Presse, il craint de perdre un œil. La victime, qui est membre de l’association étudiante de son cégep, a été transportée en ambulance à l’Hôtel-Dieu D’Arthabaska.

Son cas étant jugé trop sévère, il a rapidement été transféré au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, où il était toujours en observation durant la nuit. Selon nos informations, la balle de caoutchouc aurait été vraisemblablement tirée par un policier de la Sûreté du Québec.

Une porte-parole de l’hôpital Hôtel-Dieu D’Arthabaska a confirmé à La Presse que quatre personnes ont dû être traitées à l’urgence. Selon la Sûreté du Québec, quatre policiers et sept manifestants ont été blessés. Leur vie n’est pas en danger. Un ambulancier bénévole, Steve Archambault, affirme être venu en aide à au moins dix personnes. Parmi les cas qu’il a traités : des tympans perforés et une oreille presque entièrement sectionnée.

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Autobus interceptés

La SQ avait procédé à quatre arrestations, avant d’intercepter, vers 22h30 un autobus complet qui avait quitté la manifestation un peu plus tôt. Le véhicule a été escorté jusqu’au poste de police de Victoriaville. Selon nos informations, ses passagers sont notamment des étudiants des universités McGill et Concordia.

Un peu avant minuit, deux autres autobus ont été interceptés sur la route 116 près de Saint-Hyacinthe. Leurs occupants ont été amenés dans des postes de la SQ où ils ont été interrogés au cours de la nuit.

Une centaine d’entre eux devront faire face à des accusations d’attroupement illégal et de participation à une émeute.

Au total depuis vendredi soir, 106 personnes ont été arrêtées.

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Des casseurs rapidement en action

Les manifestants « se sont présentés dans un premier temps de façon paisible », rapporte le capitaine Jean Finet de la SQ. Selon son interprétation, une « vingtaine de casseurs » ont perturbé la manifestation vers 18h30 en lançant des projectiles. « Ils étaient habillés en noir et portaient un sac à dos, un foulard et des lunettes de ski. Nous ne pensons pas qu’il s’agissait d’étudiants. »

Ces individus ont facilement renversé la clôture érigée devant l’hôtel Le Victorin, où se réunissait le Parti libéral du Québec. La SQ pense qu’il aurait été malavisé d’utiliser une clôture plus imposante. C’était pour ne pas empêcher les gens de manifester, se défend M. Finet.

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« Ce qu’on trouve dommage, c’est que les manifestants n’ont pas pu exercer ce droit […]. La SQ ne ménagera pas ses efforts afin de retrouver les auteurs de ces crimes. »

La SQ n’a pas mis de temps à déclarer le rassemblement illégal et à demander à la foule de se disperser. Voyant que des centaines de protestataires, dont plusieurs sont masqués portent des lunettes de ski, n’obtempéraient pas, ils ont lancé des dizaines de grenades assourdissantes et utilisé du gaz irritant à profusion.

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La Sûreté du Québec (SQ) a utilisé « quelques armes d’impact », dont des balles de caoutchouc, mais elle estime être intervenue « rapidement », avec « professionnalisme et rigueur », soutient le capitaine Jean Finet. Selon lui, des manifestants ont été blessés par des projectiles lancés par d’autres manifestants avant que ces armes ne soient utilisées.

Quelques milliers de personnes ont alors quitté les lieux. Les manifestants les mieux équipés se tenaient quant à eux très près du cordon policier et lançaient des projectiles aux agents. D’autres couraient régulièrement se réfugier derrière une maison située en face de l’hôtel le temps de s’organiser et revenaient à la course. À certains moments, l’air était si chargé qu’on ne voyait pas à 10 mètres devant soi. La ventilation de l’hôtel a même été fermée à cause des gaz à l’extérieur, de quoi retarder le discours de Jean Charest.

« C’était une tactique pour nous faire fuir », croit Viviane Bossé, étudiante au cégep André-Laurendeau, qui s’est rendue à Victoriaville pour montrer sa colère. Si elle déplore que des manifestants aient lancé des projectiles aux policiers, elle estime que l’usage de grenades assourdissantes était prématuré.

Pour des raisons de sécurité, la Sûreté du Québec a fermé la route 116 dans les deux directions à la hauteur du centre des congrès.

Rappelons que le rassemblement à Victoriaville était organisé par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Plusieurs étudiants participaient également à l’événement pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Inquiets de la tournure des événements, plusieurs commerçants avaient décidé de fermer leurs portes pour la journée. D’autres avaient carrément placardé leurs fenêtres pour éviter d’être victimes de vandalisme.

Du côté de Montréal

Pendant ce temps à Montréal, quelque centaines de manifestants marchaient pour un 11e soir consécutif. Comme chaque jour, le départ de la manifestation a été donné vers 20h30 à la place Émilie-Gamelin.

Les manifestants, qui marchent entre 15 et 20 kilomètres par événement, ne donnent jamais leur trajet à l’avance. Mercredi, ils ont rendu une visite surprise au premier ministre Jean Charest dans Westmount. Jeudi, ils sont allés crier et lancer des pétards sur la rue où vivent le maire de Montréal et le chroniqueur Richard Martineau dans Outremont. Il n’est pas clair, qui était leur cible, mais des slogans « anti-Martineau » ont été scandés.

Leur presse (LaPresse.ca, 5 mai 2012)


Un manifestant entre la vie et la mort

(Victoriaville) Les médecins craignent pour la vie d’un manifestant qui a participé à l’émeute qui a eu lieu à Victoriaville vendredi soir. Celui-ci aurait subi un traumatisme crânien lors de la manifestation qui s’est déroulée devant l’hôtel Le Victorin où se tient le congrès général du Parti libéral du Québec.

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Josée Simoneau, la directrice du Centre de santé et des services sociaux d’Arthabaska-et-de-l’Érable, a affirmé, lors d’un point de presse samedi matin, que le manifestant aurait reçu un projectile à la tête. Elle a indiqué qu’il pourrait s’agir d’une boule de billard, d’un morceau d’asphalte ou d’une balle de caoutchouc. Ces dernières sont utilisées par les policiers pour éloigner les fauteurs de trouble.

Le patient a été admis à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska. Il a par la suite été transféré dans un centre hospitalier à Trois-Rivières, étant donné la sévérité de son cas. Il a été impossible de connaître l’âge de la victime et son origine.

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Deux autres manifestants ont aussi subi des traumatismes crâniens « sévères ». Ils ont également été transférés dans un autre centre hospitalier, mais on ne craint pas pour leur vie.

En tout, ce sont neuf personnes qui ont été blessées hier lors de la manifestation qui a tourné au vinaigre. Les trois victimes de blessures à la tête sont toujours à l’hôpital, un patient attend de voir un spécialiste et les autres ont quitté après voir reçu les soins pour traiter des blessures mineures. Parmi eux figurent trois policiers de la Sûreté du Québec.

110 arrestations

Par ailleurs, les policiers ont procédé à l’arrestation de quatre personnes durant l’émeute. Plus tard, lorsque les autobus des manifestants ont quitté Victoriaville, trois d’entre eux ont été interceptés. En tout, 106 passagers se trouvaient à bord. Ils ont tous été mis en état d’arrestation.

Trois récidivistes qui avaient déjà été arrêtés dans des attroupements illégaux ou des émeutes devaient d’ailleurs comparaître ce samedi matin. Les autres ont tous été relâchés sous promesse de comparaître.

Les accusations auxquelles feront face les suspects vont d’agression armée à entrave au travail des policiers, en passant par attroupement illégal.

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Le capitaine Jean Finet, porte-parole de la Sûreté du Québec, assure que tout a été mis en oeuvre pour assurer la sécurité des manifestants, des citoyens et des congressistes. « Malheureusement, un groupe d’individus, qui visiblement n’avait pas l’intention de manifester, mais plutôt de commettre des actes criminels, a rapidement et malgré les nombreux avertissements fait tomber le périmètre, la clôture, la ligne à ne pas franchir », a-t-il déclaré.

Le maire de Victoriaville a partagé cet avis. « C’est inadmissible que de gens aient été blessés alors qu’ils voulaient manifester pacifiquement », a dit Alain Rayes. Le maire de Victoriaville, Alain Rayes, s’est néanmoins dit heureux de constater que peu de dégâts matériels aient été recensés dans la ville, mis à part le secteur du Palais des congrès. (…)

Leur presse (Émilie Bilodeau, LaPresse.ca, 5 mai 2012)

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