[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 12 – « Nos vies si on les détaille et raconte c’est pire que des films tellement elles sont pleines d’histoires de dingues »

Partie 12

Quand j’ai appris que Hakim était retombé si vite j’étais dégoûté je venais de perdre une pièce maîtresse de mon plan mais c’est les risques du métier dans l’illicite tes jours sont comptés.

Y a même un jour le chef de la BRB (brigade répression banditisme) m’a dit « TU PEUX BRAQUER AUTANT QUE TU VEUX MAIS SACHE QUE À LA FIN JE SERAI TOUJOURS LÀ POUR TE CUEILLIR ET TE METTRE À L’OMBRE », j’avais le seum mais il avait raison tôt ou tard tu fais une erreur qui te sera fatale…

Les jours passent et se ressemblent, on étouffe sans but, sans avenir à part les bracos qui risqueraient tôt ou tard de nous amener à la case prison, on n’avait pas de vie aucun plaisir tout le temps sur les nerfs paranos on n’avait confiance en personne. C’était l’anarchie (peuple sans gouvernement où chacun fait ce qu’il veut) totale dans notre tête.

Je connaissais les rues de ma 6t par cœur laisse tomber ils nous l’ont bien mise en nous parquant comme du bétail dans ces grands ensembles et ça je l’avais compris il y avait aucune famille de Français blancs de souche dans ma 6t ils avaient tous fui et nous avaient laissés entre immigrés.

Ils avaient raison puisqu’ils avaient les moyens de partir quand un logement se libérait pour cause de déménagement tout de suite après la mairie condamnait l’appart avec une plaque de fer, normal qui voudrait y habiter un bâtiment délabré où dans l’ascenseur ça pue la pisse aucun avenir pour ce taudis 80 % des jeunes de ma 6t avaient été en taule et c’est pas un hasard y avait pas de différence entre la rue et la prison « MAIS FRANCHEMENT QUELLE DIFFÉRENCE Y AVAIT-IL AU FOND À QUOI BON RESTER SI C’ÉTAIT POUR VIVRE COMME DES CHIENS ? » 24/24 j’étais avec mon poteau Kamel le seul sur qui je pouvais compter malgré nos salades.

Kamel faisait la prière il a été jusqu’à 16 ans à l’école coranique mais bon il était plus à fond dedans mais la prière il a pas lâché ça l’aidait à rester calme parce que sinon il aurait fumé tout le monde trop vénère le Kamel…

Un jour alors qu’on mangeait en ville dans un petit resto le patron alors qu’on avait pas fini de manger nous demande de payer on l’a pris pour un manque de respect.

Pour la peine on lui a dit qu’on payerait pas et qu’il fallait qu’il parle mieux à ses clients puis on part mais Kamel comme d’hab ne voulait pas en rester là alors on revient dans la soirée et mitraille au fusil à pompe la vitrine…

Kamel et moi à la moindre virgule on démarrait on laissait rien passer…

Un jour je reçois un coup de téléphone de Jade :

Jade : Oumar faut vraiment que tu viennes y a des mecs de Rouen ils ont giflé mon père.

Moi : Vas-y écoute calme-toi j’arrive bouge pas…

Même si on n’était plus ensemble j’étais toujours là pour elle, je prends Kamel deux calibres et cagoules puis direction la Normandie.

J’arrive Jade était en pleurs son père que j’avais jamais vu était traumatisé par son agression bref je les calme puis les raccompagne chez eux Jade me donne mes infos pour retrouver la bande de guignols qui tape sur un daron. On arrive dans l’appart où étaient posés les guignols on explose la porte avec des chassés on entre cagoulés calibre à la ceinture on voit devant nous cinq charclos imitation kaïra à coups de crosse on les a corrigés on leur avait même pas dit le pourquoi de notre visite mais je pense qu’ils avaient une petite idée.

Je passe chez Jade pour lui dire que les imbéciles avaient pris la fessée et si ils recommençaient fallait pas hésiter à me rappeler c’était avec plaisir que je pliais les lâches. Mission accomplie on rentre à Mantes mais Jade voulait qu’on se revoie mais c’était hors de question « CÉLIBATAIRE ÇA DÉCHIRE » enfin c’est ce que je pensais à l’époque. Nos vies si on les détaille et raconte c’est pire que des films tellement elles sont pleines d’histoires de dingues.

Combien de frères nous ont quittés sans avoir 20 piges tellement c’est devenu la routine d’enterrer un frérot, on est devenu cannibales on se mangeait entre nous voilà la triste mentalité du ghetto.

Un jour ma mère m’a dit au parloir « MON FILS JE PRÉFÈRE VENIR TE VOIR ICI QUE AU CIMETIÈRE JE T’AIME MAIS JE TE CONNAIS DEPUIS QUATORZE ANS C’EST LES JUGES LA JUSTICE DANS LEURS BRAS QUE T’AS GRANDI »…

Ces paroles m’ont mis une patate de forain en pleine tête je faisais le thug mais j’en ai pleuré toutes les larmes de mon corps c’était la seule personne qui pouvait me foudroyer avec ses mots normal ma mère c’est tout pour moi.

Le jour où je la perds je perds tout une femme pieuse musulmane elle respecte tout le monde jamais je l’ai entendu mal parler de sa bouche une mère exemplaire tolérante un mental en acier c’est de son mental que j’ai hérité elle était loin d’imaginer que son fils jouait sa vie à la roulette russe dans la rue.

RESPECT À TOUTES NOS MÈRES C’EST ELLES QUI ONT FAIT DE NOUS DES HOMMES.

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Une Résistance sur la Très Haute Tension – Retour sur le week-end de résistance du 21-24 juin 2012

Depuis quelques mois, un petit village attire l’attention des médias, des milieux militants ou anti-autoritaires. « Le Chefresne » est aujourd’hui un nom qui résonne de Bure à Notre-Dame des Landes, de Lille à Marseille, de la Bretagne au Val Susa… Avec cette vieille image qui resurgit des fonds de la mémoire de ceux qui luttent, d’une petite commune en guerre contre l’État Nucléaire, et ici, une de ses multiples tentacules armées : RTE. Après des mois de lutte contre la construction de la ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin-Maine, le temps d’un rassemblement de masse semblait venu, un moment de rencontres et d’action, le week-end de résistance du 21 au 24 Juin 2012.

Des barricades dressées sur la route du Mont-Robin, des images de guerre dans les journaux et surtout dans les têtes, une odeur pestilentielle de lacrymogène et de gaz CS dans le chemin en terre où la répression s’est déchaînée, des cadavres de grenades soit disant « non-létales » à profusion, un sentiment amer de défaite mais aussi une profonde fierté d’avoir contribué à la création d’un espace temporaire de rencontre et d’élaboration collective. Voilà très certainement ce qu’il reste de ce week-end de résistance à Montabot.

Rompre avec la logique de Valognes

Même si dès le départ ce week-end de résistance a été pensé comme un temps fort dans une lutte qui dure depuis des années, il est indéniable que pour nous tous que “Valognes” était trop dans nos têtes, et dans celles des militaires nous faisant face pour que nous puissions réellement nous échapper de ce carcan… C’est là que se situe une de nos principales erreurs : ce week end de résistance n’était que le fruit de 6 mois de lutte, d’occupations, d’actions, de résistance à la construction de la ligne THT Cotentin-Maine. C’était effectivement un temps fort, mais qui n’aurait jamais du être pensé comme un coup d’éclat, surgissant de nulle part, hors ancrage local de lutte. Ce que beaucoup d’entre nous pensaient dans un coin de leur tête, depuis la décision de tenir ce week-end de résistance, c’est qu’il serait impossible de tenter quoi que ce soit sur ce week-end, en raison de la militarisation de la zone. Effectivement, alors qu’à Valognes, nous avons pu compter sur la surprise et sur des forces de l’ordre qui ne connaissaient pas bien le terrain, au Chefresne, sur le Mont Robin, ce n’est évidemment pas le cas. Nous avons fait face à une garde mobile « au taquet », prête à tout pour ne pas nous laisser passer, mais surtout qui voulait prendre sa revanche sur Valognes et ne pas laisser ce genre d’événements se reproduire. Rappelons d’ailleurs que Valognes est aussi une commune du département de la Manche, soumis donc au même préfet qui n’a pas changé depuis novembre 2011 : Adolphe Colrat. De plus, il est évident qu’une ligne THT n’est pas une voie ferrée et qu’il est bien plus facile de protéger une dizaine de pylônes ou de fondations de pylônes sur 5 km que de protéger 5 km de voie ferrée continue.

Ce que nous devons aujourd’hui réaliser c’est qu’en face aussi, on a tiré les conclusions de Valognes, et que si ce genre d’initiatives a fonctionné une fois, il est assez peu probable que nous puissions rééditer un tel succès en reprenant les mêmes ingrédients. Un des enseignements qu’il est essentiel de tirer de ce week-end serait donc, de nous ouvrir un nouveau champ des possibles, de faire fonctionner notre créativité, notre détermination, notre mobilité pour inventer de nouveaux moyens de les prendre par surprise et de réussir à enrayer la machine. Que ce revers n’entache en aucun cas notre détermination, qu’il serve à alimenter notre rage, notre ingéniosité pour lutter contre ceux qui nous impose ce système. Qu’ils comprennent bien que ce n’est pas une défaite qui nous fera rentrer et rester tranquillement chez nous la clé de 50 entre les pattes.

Multiplic/Action

Sur cette lutte anti-THT, au regard de toutes les dernières actions publiques massives de ce mois de juin (le 2 juin à Saint-Pierre des Landes en Mayenne, le 6 juin au Chefresne sur le blocage des premiers travaux et ce fameux dimanche 24 juin), nous devons réinventer nos modes d’actions qui ne fonctionnent clairement plus et qui ne font qu’accentuer la répression qui tombe sur ceux qui résistent. Sans pouvoir prétendre avoir inventé l’eau chaude, il paraît nécessaire, d’envisager une décentralisation des actions publiques et clandestines.

« Ils ne pourront jamais mettre un flic derrière chaque pylône sur 163 km de ligne. »

Un des objectifs de ce week-end de résistance était donc de propager ces pratiques d’interférences avec les chantiers de la THT (Déboulonnage, Sciage…) afin qu’elles se diffusent partout et qu’aucun pylône en France ne soit à l’abri d’une attaque. Si sur le plan pratique, le partage de techniques de sabotage a pu être relégué au second plan par la préparation de l’action, l’idée même de nuire aux pylônes par de nombreux moyens s’est bien diffusée dans les têtes.

Ce qui a fait la force de cette lutte anti-THT, c’est la complémentarité entre des actions très diverses, qu’elles soient publiques ou clandestines. Cette complémentarité peut apparaître comme évidente ou alors contre-nature pour certains, mais sa grande force réside dans la solidarité entre ceux qui luttent, qui en est née. Elle nous a forcé à composer les uns avec les autres en ménageant les implications, les engagements et les sensibilités de chacun. Se retrouver à résister avec des gens très différents a pour nous tous été une épreuve rude. Pour les uns, il a fallu démythifier la figure du « casseur », de « l’anarchiste », de « l’autonome », du « radical », car dans une volonté d’efficacité il est nécessaire d’avoir recours à des moyens de lutte illégaux et clandestins. Pour les autres, il a fallu se rendre compte que les moyens dits « traditionnels » (la lutte juridique, la lutte pacifiste, la désobéissance civile…) ont aussi leur pertinence selon les situations. L’intérêt de l’Assemblée du Chefresne est peut être d’avoir permis de dépasser la position puriste du radical qui rejette l’État, le Système et les médias, adepte de la résistance violente et efficace, et des appellations toutes faites ; ou de celle du militant totalement légaliste qui croit qu’en toute circonstance le Droit, la Loi, la Justice vont prévaloir et qui de ce fait rejette tout autre forme de contestation qui sort des normes. C’est une réelle communauté de lutte, ouverte, solidaire, et horizontale dans son fonctionnement et dans ses aspirations qui semble se créer et qui fait face aujourd’hui à cette ligne THT. Un réel espace de rencontre est donc né et pour beaucoup c’est bien plus que de la simple solidarité politique qui s’est nouée. Le simple fait de voir des jeunes issus des squats, des mouvances antiautoritaires discuter, mais surtout rire et plaisanter avec des anti-nucléaires plus vieux, des anciens des Verts, un maire, des agriculteurs locaux… en dit long sur ce qui se passe en ce moment sur cette lutte. Ce qui se réalise ici, personne ne pourra jamais nous l’enlever, personne ne pourra jamais le casser, et c’est là même que nous trouvons notre énergie, notre rage, notre envie de revenir, c’est là que nous trouvons un espace pour vivre, ensemble.

La récente requête de RTE, qui accompagne l’ordonnance nominative interdisant à certains camarades de se rendre sur les chantiers, comporte une liste de 6 pages d’actions d’interférences avec les chantiers très diverses ayant eu lieu entre 2011 et mai 2012. Si l’on ajoute à cela, les frais engagés pour l’emploi de patrouilles de vigiles partout sur la ligne 24h/24, ainsi que ceux qui sont liés à la mobilisation extrêmement massive des forces de gendarmerie, on se doute bien qu’au final la facture risque d’être très salée pour l’installation de ces 500 tas de boulons et de ferraille. Et c’est peut-être (malheureusement), la seule manière qu’il existe de quantifier la force collective dont cette lutte dispose.

L’élaboration collective d’une action

Les critiques sur la stratégie adoptée lors de l’action ont été nombreuses et très vivaces, surtout lors de l’AG qui a suivi le reflux dans le camp. Un certain ressenti, une sensation de défaite, l’horreur des blessures subies par les copains/copines, la réalité de la guerre qui s’est matérialisée violemment ce matin-là sont certainement à l’origine de quelques interventions qui ont vexé certains d’entre nous. Était-il nécessaire de rappeler, dans une assemblée anti-nucléaire, que ceux qui sont responsables de cet échec, ceux qui sont responsables de l’interpellation et des blessures sont les flics ?

Même si l’on peut très aisément qualifier ce qui s’est passé ce dimanche matin de défaite cuisante sur le terrain, ce que nous pouvons considérer comme une victoire, c’est l’élaboration de cette stratégie qui elle a été collective et le plus horizontal possible. Rappelons-nous que dès le vendredi soir, TOUS les groupes ont été informés que la stratégie, l’action en tant que telle s’élaborerait ensemble. L’image de multiples groupes réunis en cercle autour des cartes à discuter restera sûrement comme un des meilleurs souvenirs pour certains. Ceux de la commission action ont eu l’impression que ce processus était le meilleur moyen de rester fidèle aux principes de la lutte anti-THT : horizontalité de la prise de décision, degrés divers de conflictualité en fonction de l’engagement et de l’implication de chacun ainsi que transparence la plus large possible sur les enjeux, les tenants et les aboutissements de chaque action. Personne n’a été forcé de sortir du campement ce dimanche, ceux qui l’ont fait, l’ont fait en connaissance de cause et en ayant une idée assez claire de ce qui les attendaient en face et de leur « mission » pour la journée. En ce sens, nous estimons qu’avoir réussi à élaborer une stratégie commune à 500 où tous connaissaient leur objectif et ont eu une part dans le processus décisionnel, dans un contexte de lutte réelle, alors que les « bleus » nous harcelaient sans relâche, tout cela est une victoire, une vraie. Ce que nous avons prouvé ici, c’est contrairement à ce qu’ils croient, nous pouvons réellement fonctionner efficacement SANS CHEF, SANS LEADER, SANS DIRECTION, SANS ÉTAT-MAJOR pour mener notre lutte.

Peut-être que cet échec sur le terrain est du au fait qu’il était le premier essai d’une nouvelle méthode, il n’en reste pas moins que nous avons commis plusieurs erreurs ces jours-là. La première est que nous avons clairement sous-estimé ce que nous avions en face de nous. Jamais nous n’aurions pensé que 30 gardes mobiles pouvaient tenir en échec 200 d’entre nous, jamais nous n’aurions imaginé que ces 30 gardes mobiles pouvaient tenir et charger dans ce chemin en terre qui s’est alors transformé en nasse. Ce qu’il convient de revoir, c’est donc aussi nos capacités opérationnelles face à leur entraînement, leur arsenal, notre détermination à tenir des lignes, des banderoles renforcées face à des brutes épaisses qui sont prêtes à tout pour nous empêcher de passer. Démythifier nos capacités, les repenser, les apprécier à leur juste valeur, réadapter nos stratégies dans ce sens apparaît comme une nécessité pour des événements futurs.

Il est également indéniable que nous n’avons pas fait usage de cette capacité de mobilité qui a tant de fois fait notre force. De nombreuses raisons expliquent certainement ce choix tactique : d’abord le fait que nous nous sommes fait arrêter avant même que nous ayons eu l’opportunité de nous diviser (eux aussi ont retenu les lecons tactiques de Valognes). La deuxième et surement la plus importante est que beaucoup de groupes ont eu peur de partir sur cette action et qu’aucun groupe ne s’est réellement senti de partir à une dizaine, en mode très mobile, « on court dans les champs », sur d’autres objectifs. Les craintes sur les groupes 2 et 3 ne se sont apaisées qu’à partir du moment où l’on a adopté une stratégie qui permettait de tous pouvoir se regrouper et de faire bloc en cas de coup dur.

La proximité du campement avec la ligne même, a été également un problème d’entrée de jeu puisque, dès l’installation du campement, le nombre de cibles possibles pour l’action du dimanche a été largement restreint, facilitant le travail de ceux d’en face.

Enfin, la dernière erreur que nous avons pu commettre c’est de ne pas avoir eu la présence d’esprit, la clairvoyance de suggérer une annulation de l’action prévue, au vue de la mobilisation gendarmesque, à ce moment là.

Créer des espaces de rencontres libérés d’une nécessité de l’action

Au vue de la militarisation de l’espace sur cette lutte anti-THT, il convient donc de s’interroger sur l’ancrage hérité de Valognes entre un espace de rencontre, de discussions et une action massive. Ce que nous avons pu observer au cours de ces quelques mois de lutte est que nous sommes plus efficaces lorsque nous arrivons à agir sur la ligne par surprise sans devoir passer au travers d’un dispositif policier. Or ce fameux dimanche, nous n’avons rien fait de plus que de foncer littéralement sur eux. Casser du flic, risquer sa vie lors d’affrontements au corps à corps, n’a jamais été un de nos objectifs, même si l’envie nous prends souvent de leur rendre la monnaie de leur pièce. Les cibles véritables restent RTE, les dépôts de matériel de ses sous-fifres, et surtout ses pylônes ainsi que tout ce qui sert à leur construction. Par rapport à une guerre contre l’État Nucléaire, cette liste paraît réellement très restreinte, mais rappelons que, malgré de nombreux débats sur la question de la violence, l’Assemblée Générale du Chefresne a statué qu’elle serait solidaire de toute action tant que celle-ci ne porterait pas atteinte à l’intégrité physique des personnes et qu’elle s’affirme solidaire de tout autre action de lutte contre la société nucléaire. Même en vue de nos positions respectives sur ces questions, et au regard de la répression, des violences policières qui ont lieu, il paraît beaucoup plus important de privilégié la cohésion de groupe de TOUS ceux qui luttent afin d’élargir le plus possible ce mouvement, sans pour autant le trahir. Pour suivre cette logique, c’est donc peut-être une erreur de notre part d’avoir posé une nécessité sur l’organisation d’une action.

Ce que nous considérons aujourd’hui c’est que nous aurions peut-être du tenter un week-end de rencontres, d’échanges de pratiques et de savoirs, de discussions, de jeux de pistes pour mettre l’accent sur une diversification et une massification des pratiques de lutte et des actions contre la totalité de cette ligne à des moments plus opportuns. En ce sens, il aurait peut-être été plus souhaitable, pendant ce Week end de Résistance de plus porter l’accent sur les moments de discussions, de partage, et de minimiser l’importance de l’action. Néanmoins étant donné les conditions climatiques dans lesquelles ce week-end s’est déroulé (vive la Normandie, sa pluie et sa boue), et le fait que la commission action ne se voulait en aucun cas un état-major réunissant les généraux prêts à emmener leurs petites troupes au combat de manière directive, réduire la préparation de l’action aurait été plus difficile.

Une victoire ?

Appeler ce week-end de résistance une victoire peut apparaître comme un refus de regarder la réalité en face, pourtant quelques éléments nous permettent de nous réjouir.

D’abord, il convient de dire qu’en termes de petite victoire, la couverture médiatique ne nous ait pas si défavorable. Les images de blessures diffusées par France 3, les jugements de valeurs maladroits des journalistes, le peu de crédibilité des commentaires de la sous-préfète de Coutances, jouent bien plus en notre faveur, qu’en faveur de RTE et de la Gendarmerie Mobile. Cette même gendarmerie qui de l’aveu de ses propres membres se sont ridiculisée publiquement sur ces actions (pour citer un garde mobile le lundi après midi « Quoi qu’il arrive, l’image de la gendarmerie nationale est toujours salie sur cette lutte. Il y a une injustice là dedans »). Qui, en effet, s’est mis à pleurer pour les deux gendarmes mobiles, qui malgré tout leur attirail, subissent tout le temps des bobos ? Surtout quand de notre côté, deux personnes ont failli perdre leurs yeux, plusieurs ont eu les jambes déchitées par des grenades et une a manqué perdre l’usage de son bras.

Cette violence policière, de l’avis de certains d’entre nous a aussi des chances de nous servir. Contrairement à d’autres contextes, la lutte anti-THT a réellement épuisé tous les autres recours, plus légalistes. Notre violence s’inscrit donc dans un processus de lutte réelle comme
l’aboutissement d’un volonté de marquer un refus collectif du projet de ligne THT. Quand une manifestation pacifique subi des tirs de grenades lacrymogènes, on se dit que l’État Nucléaire montre sa vraie nature violente et coercitive. Notre rage et notre détermination face à cette militarisation de nos espaces ne peut plus que grandir.

Enfin, nous avons réussit à nous réunir, nous tous venant d’horizons, de lieux et de milieux politiques très différents. Ce que nous avons ressenti durant ce week-end, c’est le profond sentiment d’être unis contre un même système qui nous opprime, nous surveille, et nous grenade. Lorsque des gens venu de la ZAD de Notre-Dame des Landes, de Mayenne, de Manche, de Bure, du Nord, de Bretagne… se réunissent sur un même week-end et se dresse ensemble contre un État Nucléaire et son bras policier armée, ce que nous en tirons ce n’est pas seulement un profond sentiment de solidarité mais aussi, la certitude qu’ils seront incapables de nous arrêter tous tout le temps dans cette lutte que nous menons tous pour la libération de nos espaces.

De plus rappelons que le dimanche 24 juin était intitulé « journée d’action de diversions massives » et qu’en ce sens nous avons permis à des camarades de scier facilement les pieds d’un pylône près de Nantes.

La GUERRE contre RTE est désormais engagée, la guerre à TOUTES les lignes THT (terminées ou en cours de réalisation) ainsi qu’à TOUTES ces saloperies de projets « d’aménagement du territoire » ne fait que commencer.

Ni résignation, ni peur, ni compromis, détruisons les pylônes où qu’ils se trouvent !

Des petites mains rageuses

Du temps où je n’étais qu’un gosse
Mon grand-père me disait souvent
Assis à l’ombre de son porche
En regardant passer le vent
Petit vois-tu ce pieu de fer
Auquel nous sommes tous enchaînés
Tant qu’il sera planté en l’air
Nous n’aurons pas la liberté

(refrain)
Mais si nous tirons tous, il tombera
Ca ne peut pas durer comme ça
Il faut qu’il tombe, tombe, tombe
Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort il doit bouger
Et si tu tires à mes côtés
C’est sûr qu’il tombe, tombe, tombe
Et nous aurons la liberté

Petit ça fait déjà longtemps
Que je m’y écorche les mains
et je me dis de temps en temps
Que je me suis battu pour rien
Il est toujours si grand si lourd
La force vient à me manquer
Je me demande si un jour
Nous aurons bien la liberté

Reçu le 11 juillet 2012

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[Stop THT] Lettre pour des copains en Normandie

M, j’ai bien reçu le texte diffusé par le Cran pour le « week-end de résistance », « THT et retour d’expérience », et j’en profite pour écrire quelques lignes additionnelles sur ce que je pense dudit week-end, à travers les lectures et les rencontres avec des connaissances qui y sont allées. Bien entendu, je n’ai pas l’intention de donner des leçons stratégiques et tactiques à quiconque à propos de la situation locale, d’autant que, depuis plusieurs mois, je ne suis pas retourné en Normandie et que j’ai suivi d’assez loin le fil des événements. J’étais suffisamment occupé par d’autres choses, en France et ailleurs. Nous aurons l’occasion d’en reparler de vive voix.

Donc, le texte sorti par le Cran est intéressant, il soulève des lièvres. Malgré tout, il me semble encore insuffisant au niveau de la critique. Pour faire bref, je pense qu’il est impossible d’occulter le fait suivant : bien que l’arrivée de la gauche au pouvoir ait ravivé des illusions sur la possibilité de moratoire, etc., il n’en reste pas moins vrai que le choix de planter des tipis au Chefresne, d’utiliser le château d’eau prêté par la mairie du village comme prétendue base arrière, de constituer l’assemblée du même nom à partir de bases minimalistes et pétris de bonnes intentions citoyennes, etc. reposait aussi sur la grande illusion de pouvoir utiliser les contradictions entre des pouvoir locaux et le pouvoir central. Ce qui revenait à manifester les plus grandes illusions envers l’État lui-même, lequel, moins que jamais, n’est réductible de l’appareil central du même nom. La grande question n’est donc pas qu’il y ait des résistances locales « impures » à mépriser au nom de je ne sais pas trop quelle « pureté » révolutionnaire, mais de savoir si les plus radicaux sont capables, oui ou non, d’assurer la critique, en théorie et en pratique, de ce qui constitue, dès l’origine, des entraves à l’essor d’activités en rupture avec le monde du capital et de l’État.

Bien entendu, à l’impossible, nul n’est tenu et la réalisation effective de telles activités ne dépend pas que de poignées de révolutionnaires. Et elle ne peut pas être résumée à la recherche de formes sans se préoccuper des contenus. Bref, pour répondre à la remarque que tu m’as faite dans l’une de tes lettres précédentes, je n’oppose pas telle ou telle formes de lutte, en l’occurrence la constitution de camps pour freiner des implantations industrielles en zone rurale, à d’autres, prétendument plus révolutionnaires en elles-mêmes. Des camps, en France et ailleurs, j’y ai déjà participé lorsque cela avait du sens. Par contre, il était possible, dès la constitution de l’assemblée du Chefresne, de comprendre qu’accepter d’utiliser le château d’eau, dans les conditions précitées, c’était accepter en réalité de refouler des antagonismes qui ne manqueraient pas d’exploser au grand jour et de paralyser, en totalité ou en partie, des initiatives dignes de ce nom. C’était accepter d’être dépendant, y compris au niveau des idées, de toute la merde écologiste même lorsqu’elle semble en opposition partielle avec le parti écologiste officiel. Dépendant en faisant silence au nom de l’unité présumée de la résistance commune. Je ne sais si le problème a été soulevé en Normandie, par contre je peux t’assurer qu’il a été parfois abordé ailleurs, en France et à l’étranger, y compris par des individus qui avaient déjà participé à des camps, sous forme d’occupation sauvages de terrains, en particulier en Grande-Bretagne. Je parle ici de rencontres que j’ai faites récemment hors de l’Hexagone.

Concernant le « week-end de résistance », j’étais déjà de retour en France et c’est donc après mûre réflexion que j’ai décidé de ne pas y aller. D’abord, pour quiconque n’a pas rien appris ou tout oublié, ce qui, vu mon expérience, serait impardonnable, il est clair que l’appel de l’assemblée du Chefresne était du pur recyclage de celui de l’assemblée de Morestel qui prépara la déconfiture de Malville. À Morestel, même des écologistes en cours d’institutionnalisation reconnaissaient la possibilité de sabotages, à condition de ne pas toucher à l’intégrité des personnes qui protégeaient le site du surgénérateur en construction, y compris les syndicalistes CGT qui avaient promis de casser la gueule des « provocateurs ».  Il est vrai qu’à Morestel, il y avait des syndicalistes d’opposition CFDT qui ne voulaient pas dépasser des limites qui briseraient leurs jeux d’alliance avec la CGT. Au Chefresne, pour ne pas froisser les susceptibilités syndicalistes et citoyennistes régionales sans doute, y compris au sein d’EDF, considérées comme des alliés possibles, les résolutions sont de la même veine : « L’assemblée assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur “violence”, tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes. » En d’autres termes, l’assemblée exclut d’avance les formes d’opposition à l’avancée des travaux dans la mesure où elles conduisent à s’opposer aux travailleurs eux-mêmes, bref à leur travail. Les syndicalistes, y compris ceux de Sud, qui encadrent lesdits travailleurs, à EDF et ailleurs, n’en demandent pas plus. Vive la « liberté du travail ». Les ruraux qui, en Mayenne, il y a quelques années, menaçaient de chasser par la violence si nécessaire les employés de REDF venus faire des relevés sur le tracé de la THT avaient donc tort !

Pour moi, il n’était donc pas question de participer, même pour quelques minutes, à des discussions au sein de telles assemblées qui, loin de ne pas être homogènes, comme l’affirme le texte du Cran, ne le sont au contraire que trop sur des questions essentielles et annoncent d’avance les limites qu’elles n’ont pas l’intention de dépasser. Il n’y a là aucune possibilité d’ouverture mais, au contraire, du verrouillage en bonne et due forme, garanti par les néo-appellistes du crû, dans la pure tradition de l’appel de Valognes, rédigé par leur soin. Oui, aucune possibilité d’ouverture, à moins de croire au baratin sur le refus de l’assemblée de « toutes formes de récupération politique » et à l’appel selon lequel « toutes les initiatives ne devront, en conséquence, afficher aucune appartenance politique ou syndicale ». Feuille de vigne, depuis belle lurette, de toutes les manipulations bureaucratiques dans les coulisses. La dernière en date étant la tentative d’écologistes locaux « sans étiquette » apparente, planqués dans l’assemblée du Chefresne, de spéculer sur l’appareil central de leur propre parti pour faire pression dans le sens du renouvellement du moratoire sur les THT, le même moratoire qui a conduit à liquider les résistances locales au fil du temps dans l’immense majorité des communes locales concernées par le tracé de la THT.

Pour le reste, « le week-end de résistance » préconisé par l’assemblée du Chefresne a été conforme à ce qui précède, à l’esprit citoyenniste qui, à la fois, affirme que le nucléaire est du domaine de la raison d’État et qui n’arrive pas à anticiper que ledit État est capable de traiter l’opposition au nucléaire avec la dernière des rigueurs si nécessaire. Au Chefresne, l’État avait décidé de donner le coup de grâce, de mettre au pied du mur les oppositions locales, et ce n’est pas les rodomontades du noyau néo-appelliste qui y changent quelque chose. Il est toujours possible de se consoler en disant que la coercition aurait pu être pire et que, malgré tout, des rencontres ont été possibles au camp. Beau « week-end de résistance », en vérité, encerclé par l’armée et où, pour l’essentiel, les gardes mobiles ont cartonné sans sommation jusqu’aux écologistes locaux les plus débonnaires. Mais, je n’épiloguerais pas. Depuis Malville, les bilans de tels « week-end » ne manquent pas, y compris sur l’attitude des « radicaux ». Ceux et celles qui ne veulent pas jouer les autruches peuvent toujours les consulter. L’expérience historique ne règle pas tout, mais elle permet souvent d’éviter des ornières prévisibles.

André – Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 11 juillet 2012

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London 2012 : les jeux de l’austérité !

« Il y a toujours un plus grand nombre de lieux, dans les grandes villes comme dans quelques espaces réservés de la campagne, qui sont inaccessibles, c’est-à-dire gardés et protégés de tout regard ; qui sont mis hors de portée de la curiosité innocente, et fortement abrités de l’espionnage. Sans être tous proprement militaires, ils sont sur ce modèle placés au-delà de tout risque de contrôle par des passants ou des habitants (…) »

Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, thèse XVIII.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/0216.jpgL’austérité imposée par les gouvernants est combattue en Grande-Bretagne : pendant l’hiver 2010, les étudiants s’étaient opposés aux mesures du ministre des finances George Osborne ; mesures qui augmentaient vertigineusement les frais universitaires. Dès ce moment, le budget de l’État pour les Jeux olympiques était officialisé : 9,3 milliards de livres sterling (soit actuellement 11,7 milliards d’euros). C’est en mars 2012 que des parlementaires britanniques se sont publiquement inquiétés du coût de cette foire concurrentielle au muscle étatisé : dans un rapport parlementaire, ils estiment que la facture pour l’État pourrait finalement être de 13 milliards d’euros, voire même atteindre 24 milliards selon certaines estimations. Rien d’étonnant à cela : les frais des grandes messes compétitives mondialisées sont systématiquement minimisés au départ, puis deviennent colossaux par la suite. La dette des JO d’été de Montréal en 1976, par exemple, n’a été remboursée qu’au bout de trente ans ; seulement en 2006. « Alors que les autorités municipales avaient estimé le coût des Jeux à 124 millions de dollars, la ville de Montréal accumula une dette de 2,8 milliards de dollars, équivalant à 10 milliards de dollars de 2009, qu’elle mit trente ans à rembourser » (Andrew Zimbalist, « Cela vaut-il le coût ? », Finance & développement-magazine, trimestriel du FMI, mars 2010, p. 8). De la bouche même de Jacques Rogge, la dette grecque est en partie déterminée par la facture des Jeux olympiques de 2004 qui a fini par être plus de cinq fois son estimation initiale. Comment se fait-il qu’en pleine politique néo-libérale d’austérité, une telle somme puissent être allouée aux Jeux olympiques ; au nom de quoi ?

« Le gouvernement de David Cameron a procédé à quelques ajustements, notamment en multipliant par deux le budget destiné à la sécurité des Jeux » (dépêche AFP, 09/01/2012), apprenait-on en début d’année 2012. De 282 millions de livres sterling, il est passé à 553 millions, soit près de 700 millions d’euros. Même le Guardian (12/03/2012) s’inquiète du fait que Londres va être l’objet d’un véritable quadrillage de l’espace public. La Royal Navy sera déployée sur la Tamise, des missiles protégeront la capitale d’éventuelles attaques aériennes. Sur terre, ce ne sont pas moins de 12’000 policiers épaulés de 13’500 militaires, 20’000 vigiles, 1000 agents du FBI et 300 agents du MI5 qui seront déployés pendant les deux semaines estivales. Dans les airs, hélicoptères et avions de combat (Thyphoon) seront de la partie sans compter les drones de la compagnie G4S, le leader mondial du marché de la sécurité qui les emploie à merveille en Palestine. À noter également que les forces de police seront dotées d’un mégaphone spécial pour disperser les foules : il émet un son d’une intensité de 150 décibels qui est proprement insupportable aux oreilles. À 160 décibels, les tympans sont perforés. Joli terrain d’expérimentation s’il en est…

Un État d’urgence permanent

Le Locog (le comité d’organisation), avec à sa tête Lord Sebastian Coe, a en effet choisi la firme multinationale GS4 pour assurer le quadrillage policier de la ville. Mais il ne s’agit pas tant de protéger que de promouvoir la permanence du règne de la valeur d’échange. Dans un pays en crise économique, gageons que l’effet recherché par de telles mesures spectaculaires soit à usage interne. Le blindage autoritaire des démocraties existantes fonctionne à la peur. Des « terroristes » avaient déjà été arrêtés (« arrestation de cinq terroristes près de Londres », Le Figaro n° 21067, mercredi 25 avril 2012) avant ceux de ce tout début de mois de juillet. Mais gageons également que l’usage interne ne se limite pas aux frontières. Les sans-papiers du Havre, de Calais, de Boulogne subiront l’intensité accrue de cet État d’urgence permanent. Car il s’agit bien d’installer la peur à la faveur des Jeux olympiques. Au sein du Locog, sévit une « direction de la sécurité » qui impose sa loi spéciale d’une manière beaucoup plus discrète que celle du gouvernement canadien (loi 78) ; loi qui est censée réprimer le printemps érable. L’exception ne se manifeste pas seulement dans l’espace physique (urbanisme « régénéré ») et à travers une technologie agressive : elle est également opérante dans la juridiction. Depuis les JO de Sydney en 2000 le CIO s’arroge des droits commerciaux exorbitants en s’appropriant l’espace médiatique (logos), physique (enceinte olympique) et même politique. Car ce n’est pas seulement dans le domaine commercial mais aussi à travers celui des droits démocratiques fondamentaux, que le CIO impose ses diktats. C’est ainsi par exemple, qu’à la faveur de ces « jeux », est réactivé l’Anti-Social Behaviour Order, une mesure qui s’inscrivait dans la politique de « tolérance zéro » de Tony Blair. Simon More, un des militants de Occupy, venu prêter main forte au collectif de défense de Leyton Marsh, a été frappé par cette norme répressive : il a séjourné trois jours dans une prison du site olympique. Interdiction lui est désormais faite d’approcher et de participer aux événements liés au Jubilé de la Reine. Quel est son crime ? Protester contre la destruction d’une grande pelouse verte qui sert aux loisirs des habitants de ce quartier de l’East-End (Leyton Marsh) ; espace vert que l’on goudronne pour qu’une équipe hors-sol de basket américaine se prépare à sa compétition éphémère. C’est la première fois que cette procédure spéciale, utilisée pour prévenir les actions de protestation liées aux JO, est appliquée. Elle s’inscrit dans les constructions ad hoc que ce genre d’État produit afin d’effectuer des opérations de police préventive. Qui dit que ces mesures ne sont que « d’exception » et ne sont pas là, en fait, pour être pérennes ?

La régénération urbaine

La marchandisation des villes passe par la course pour accueillir de grands « événements » comme les compétitions sportives mondialisées. Les villes de la globalisation se doivent d’être compétitives. À cet égard, London 2012 est une gigantesque opération capitalistique de valorisation de l’espace urbain. Ce n’est pas seulement une rénovation ou une revitalisation, c’est une « régénération » ; c’est-à-dire une production de nouveaux quartiers dédiés à la valeur d’échange. Mais pour cela, ses habitants sont expropriés afin que naisse ce nouvel espace lissé pour le flux des marchandises. Des néo-habitants solvables arrivent, c’est ce que des sociologues appellent la « gentrification » (Ruth Glass, 1963). Les médias encensent ce phénomène et n’hésitent pas à reprendre la propagande de l’aristo Sébastian Coe en disant, par exemple que l’East-End était crasseux et qu’il méritait de disparaître. C’est ainsi faire bien peu de cas de la vie sociale qui pouvait encore exister là. Cette gentrificaton génère une exclusion des pauvres qui habitaient dans ces quartiers : au lieu de la brutalité, la répression nécessaire est douce et joue sur la durée pour émousser et épuiser les résistances. Sur ce type d’urbanisation qui représente un des aspects de la domination, on lira l’intéressant travail universitaire de Julien Puig (« London 2012 : les revers de la médaille. Conflits urbains et Jeux olympiques », mémoire de recherche de master 2, Université Paris-Est Créteil/Institut d’Urbanisme de Paris).

L’idéologie olympique

Tout cela se fait au nom du sport, de la charte olympique avec sa « fête », sa « trêve olympique » et sa « fraternité entre les peuples ». Foutaises que ces fadaises ! Déjà, lors des passages urbains de la flamme olympique en 2008 dans différents pays, il était constatable que le CIO ne s’embarrassait d’aucune éthique : les sbires du régime de Pékin encadraient fermement la troupe de choc sportive sous des apparats sportifs. Le sport a trop souvent fait cause commune avec les pires régimes politiques connus dans l’histoire : dictatures, États autoritaires, régimes d’exception. De plus, l’idéologie dominante use de la métaphore sportive dans ses discours ainsi qu’à travers ses images : la fonction politique du sport est de contribuer à produire un état d’hébètement généralisé sous couvert de « culture ». Qui sait par exemple que certaines bibliothèques universitaires de Stratford (le quartier où ont lieu les JO) seront fermées au moment des compétitions alors même que les étudiants seront en période révision pour leurs examens ? Le sport est une véritable politique avec sa vision du monde propre qui tend à se généraliser. C’est notamment à travers cette emprise sociale que peuvent s’échafauder les « événements » du spectacle : Jubilé de la Reine et Jeux olympiques. London 2012 est une arme de divertissement massif. Afin de préserver les puissants, la politique d’austérité qui se donne pour rationnelle, appauvrit la grande majorité. Ainsi, une infime minorité prend des mesures pour l’infime minorité.

Mais à l’heure actuelle, qui prend le parti de critiquer cet état de chose régnant ?

Le Sifflet Enroué n° 27, 8 juillet 2012

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[Stop THT] Les taureaux plus forts que les travaux !

Une journée (de plus) de résistance au Chefresne

Pelleteuse et camions bennes se sont présentés ce lundi 30 juillet au matin dans l’espoir de commencer les chemins d’accès vers les emplacements prévus de trois pylônes, numérotés 224, 225 et 227.

Stoppés par des taureaux présents dans les parcelles à terrasser, les engins de chantiers ont dû rebrousser chemin.

RTE a alors mandaté un huissier accompagné de son escorte en bleu de rejoindre les domiciles des propriétaires présumés des bovins nerveux. Ceux-ci étaient malheureusement absents mais avaient laissé un mot sur la mort que leur apportait le rouleau compresseur RTE.

Du coup, un gendarme soudainement inquiet quant à la survie d’un des agriculteurs a appelé les pompiers. La présence du propriétaire du taureau auprès de sa bête a fini par rassurer la maréchaussée qui a promis de transmettre la parole du présumé suicidé, bien déterminé à ne pas lâcher le morceau.

Cette résistance aux travaux intervient alors que la section du contentieux en charge du jugement des recours contre la DUP s’est déclarée insuffisamment compétente pour statuer sur la légalité de celle-ci dont se prévaut RTE pour monter ses pylônes à marche forcé. En même temps, cela repousse la décision du Conseil d’État, date à laquelle RTE compte bien avoir terminé la totalité de la ligne.

Une reprise des travaux sous grands renforts étaient prévus dans la journée, avec quelques pontes de la filiale d’EDF et sa garde mobile rapprochée (composée de 4 bus et de son contenu) mais à 18h, rien ne va plus, même pas la garde mobile qui a disparu.

Les engins de terrassement de l’entreprise sous-traitante de RTE, en l’occurence JP Brionne de Saint-Clément-Rancoudrey, et les camions ont pris logement à la carrière de Tessy, qui fournit la caillasse à bousiller les champs.

Partie remise pour ce mardi 31 juillet où une mobilisation plus forte sera sûrement nécessaire pour s’assurer que nos deux valeureux fermiers (ou leurs taureaux) puisse continuer à tenir tête à la machinerie infernale.

Rdv est pris au Chefresne du côté du pylône 226, à la Crépinière ou au bois de la Bévinière, le plus tôt est le mieux mais plus tard, c’est bien aussi.

Mailing, 31 juillet 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 11 – « Je pouvais maintenant me consacrer à mon organisation de malfaiteurs »

Partie 11

Je venais de déposer Élodie chez elle, elle avait cramé tout mon manège elle savait que je lui disais pas tout. Trop intelligente pour gober mes salades mais bon elle espérait qu’avec le temps je lui dirais et tout et moi pour la protéger je pouvais pas lui dire enfin pas encore il était trop tôt on était bien elle avait réussi à me poser me calmer, mais moi j’avais aucune envie de me poser c’était impossible j’étais d’accord pour qu’elle soit ma reine mais il me fallait mon palais.

Elle avait les mots pour me parler elle apaisait ma rage était temporaire contenue avec ma Élodie…

J’ai jamais trompé l’une de mes ex j’étais réglo en amour. Y avait pas de doute Élodie était la femme qu’il me fallait mais je pensais qu’elle était arrivée trop tôt dans ma vie j’avais la tête ailleurs j’avais misé sur l’oseille et après je me consacrais à l’amour on s’est aimés tout de suite elle était la voix de ma raison.

Un jour en fouillant dans ma veste elle trouve des liasses de billets tout neufs elle m’a réveillé vénère.

Élodie : C’est quoi tout cet argent t’es un voyou c’est ça ?!

Moi : Calme-toi bébé assieds-toi je t’explique et là je lui sors un gros mytho de plus du genre c’était l’argent que je gardais pour un pote etc…

Elle m’a pas cru mais elle s’est calmée. Il était hors de question que je lui dise que j’étais un braqueur je sais que je la faisais souffrir avec tous mes mythos. Y a des jours ou je rêvais d’être célibataire parce que « ACCEPTER D’AIMER C’EST ACCEPTER DE SOUFFRIR » combien ont découvert le divorce en écoutant leur boîte vocale…

À peine trois mois que l’on était ensemble qu’elle me fait part de son désir d’enfant OULALALAA je m’y attendais pas du tout je l’aimais mais de là à lui faire un enfant il y avait un boulevard.

J’ai essayé de négocier de reporter à plus tard mais ma belle blonde ne voulait rien entendre. Elle voulait qu’on fasse un bébé LOL j’ai fui comme un lâche par peur de pas assumer « ME VOILÀ SOLDAT CÉLIBATAIRE »…

Je me sentais mieux sans scrupule je pouvais maintenant me consacrer à mon organisation de malfaiteurs. Un jour je reçois un coup de téléphone de la femme d’un de mes meilleurs poteaux du 93 (AUBERVILLIERS).

Elle m’informe que son mec Hakim sortait dans l’après-midi, j’ai annulé tout ce que j’avais prévu et fonce comme une balle à la prison de Fresnes.

Hakim c’etait un pote que j’avais rencontré en prison c’est devenu un bon ami c’est un spécialiste des bracos.

Je me rends direct à la 6t à Hakim j’arrive avec un mec du quartier que j’avais amené avec moi pour le présenter à Hakim… Hakim était ce qu’on appelle dans le milieu un « ZINZIN » c’était un bousillé un mec déterminé qui ne reculait devant rien je l’avais rencontré en cour de promenade à Fresnes on avait une sacrée équipe à cette époque je marchais avec Claudio Ferrara (le frère à Nino Ferrara) Hakim etc.

Y avait les plus gros voyous de la banlieue sud en cour de promenade y avait que des gros CV en banditisme tout le monde avait fait ses preuves et moi le p’tit renoi du Val-Fourré je réussis à me faire respecter parmi les vrais de vrais avec mon culot ma tchatche et ma dinguerie je me suis fait un méchant carnet d’adresses parmi les youv.

Quelques années plus tard j’assiste même en direct de l’intérieur à l’évasion de Nino Ferrara mais ça je vous le raconterai plus tard…

Si ils libéraient tous les soldats qu’il y avait dans cette promenade OULALA y a le feu dans les salles des coffres.

Hakim me parlait de taper un fourgon de la Brink’s quand on parlait en promenade c’est tout ce que je voulais entendre un mec détère c’est ce que je cherchais.

C’est bon je l’avais trouvé dans cette ambiance qui me libère de Fresnes j’étais déconnecté à Mantes mes potes ne le savaient pas encore mais ça y est j’étais devenu un vrai « YOUV » avec les contacts que j’avais je pouvais ramener même un char d’assaut au quartier LOL…

Donc j’arrive dans la cité à Hakim qui était trop content de me voir je lui donne une enveloppe avec 4000 euros pour qu’il puisse se refaire j’ouvre mon coffre et lui donne deux paires de requins que j’avais achetées chez Foot Locker.

Il avait dit à tout le monde qu’il avait fini sa peine il me prend à part et me dit :

Hakim : Poteau je suis en perm pour trois jours mais je rentre pas.

Moi : Arrête tes conneries rentre moi je te gère jusqu’à tu sors t’inquiète fais pas le fou Hakim.

Hakim : Nan c’est mort wallah j’les baise je rentre pas d’ailleurs il faut qu’on se mette au boulot j’ai la dalle wallah.

Moi : T’es un niqué de la tête mais vas-y ce soir je ferai un tour sur les Champs-Élysées je regarde sûr y a des bureaux de change qui m’intéressent et on se les tape demain matin.

Hakim : OK Oumar là je te reconnais frérot…

Le lendemain matin Hakim et moi au volant d’un T-Max (scooter surpuissant) on tape deux bureaux de change en plein Champs-Élysées c’est ça que j’aime chez Hakim y a vingt-quatre heures il était en cellule et là le voilà au volant d’un T-Max et cagoule sur la tête en train de fracturer à la masse la vitre blindée d’un bureau de change c’est ce genre de mec qu’il me fallait pour constituer mon équipe de fêlés…

C’est sur ce coup d’éclat que je rentre sur Mantes la cavale de Hakim a duré un mois son ex avait balancé sa planque on avait une devise Hakim et moi c’était « SOIS RICHE OU MEURS EN LE DEVENANT ».

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« Fête médiévale », mode d’emploi

Des faux chevaliers dérobent un butin

Des malfaiteurs déguisés en chevaliers du Moyen-Âge et armés ont dérobé dans la nuit de dimanche à lundi une partie de la recette de la Fête médiévale qui venait de se terminer à Bitche (Moselle).

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« Selon les témoins, ils étaient trois ou quatre individus, encagoulés et déguisés d’une tenue médiévale sombre », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la gendarmerie en Lorraine.

Armés notamment d’un sabre médiéval et d’une hache, les voleurs ont braqué des membres du comité d’organisation du festival qui comptaient la recette. Ils ont tenté de ligoter l’un des organisateurs, puis l’ont frappé avec le manche de hache avant de s’enfuir « avec 20.000 euros », a poursuivi le porte-parole.

Plusieurs témoins ont été entendus par les gendarmes de Bitche et la brigade de recherche de Sarreguemines, chargée de l’enquête. Les « Médiévales européennes de Bitche », l’un des plus gros festivals du genre en France, avaient lieu de vendredi à dimanche dans la citadelle de la commune. Il avait attiré plus de 11.000 visiteurs l’année dernière.

Presse estivale (Agence Faut Payer, 30 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 10 – « On casse on vole brûle nos propres biens un genre de suicide collectif mais y a que comme ça qu’on se faisait entendre »

Partie 10

J’AI APPRIS QUE LA PROF DONT JE PARLE DANS LA PARTIE D’AVANT ÉTAIT DÉCÉDÉE DONC POUR LUI RENDRE HOMMAGE EXCEPTIONNELLEMENT ON RESTE EN MODE 1991 PAIX À SON ÂME…

C’était une prof sous ses airs de dame sévère, elle voulait que notre réussite elle était investie à fond dans sa classe c’était une légende elle a traumatisé des générations d’élèves made in la rue.

Sous ses airs de Cruella des 101 Dalmatiens j’étais sûr qu’elle avait un côté gentil, je l’avais jamais vu sourire mais faut la comprendre elle était prof à Mantes-la-Jolie.

Y avait que des psychopathes pour la plupart, on était la troisième génération de fils d’immigrés un monde séparé la vie à la maison et ce qu’on vivait à l’école nos parents étaient fiers que l’on soit scolarisés. Alors que pour nous c’était normal d’être scolarisés on n’avait pas saisi la chance d’aller à l’école donc on y allait mais à reculons c’était plutôt pour voir les potes.

(PETIT DOSSIER : C’EST À L’ÂGE DE 25 ANS QUE J’AI APPRIS À POSER UNE DIVISION LOL.)

La seule fois où j’ai vu la prof en mode tranquille c’était le Noël 1991, notre classe de K-sos avait était invitée à l’Élysée.

À l’époque chaque année MITTERRAND avait la tradition d’inviter plusieurs classes pour passer Noël avec eux.

Et on avait été choisis par l’académie de Versailles y avait toutes les régions de France qui étaient représentées. Et nous on représentait les pauvres des pauvres c’était mashallah on a kiffé la prof s’était métamorphosée polie etc…

Alors que Mantes c’est à coups de manchette qu’elle te réglait et je m’en rappelle on avait pris la confiance on tapait des barres avec elle LOL.

C’etait trop beau wallah mieux que Eurodisney l’Élysée un repas de luxe nous avait été servi sur une table de 10 mètres de long.

C’était du lourd c’était trop marrant wallah c’était cramé qu’on venait du ghetto on parlait fort indisciplinés MDR alors que les autres élèves étaient sages en rangs deux par deux laisse tomber même trois par trois c’était impossible de nous y soumettre…

Mais au fond on la kiffait cette prof pour rien au monde on n’aurait voulu la changer notre Cruella.

C’était une fierté de dire que l’on était passé chez elle elle avait dompté les indomptables RESPECT À ELLE.

Début des années 90 dans la 6t on avait beaucoup de respect pour les anciens anciennes jamais il nous serait venu à l’idée de manquer de respect à un plus vieux au risque de se faire marave.

Mais ils nous [le] rendaient bien, ils prenaient soin de nous on manquait de rien. C’est pour ça que plus tard je prenais soin des petits de mon quartier j’ai jamais hagar ni tapé un mec si il le mérite pas tous les grands de la 6t étaient comme des grands frères pas [de] différence, rebeu renoi français pakos turc on formait une grande famille.

Nos daronnes sortaient les tapis et se posaient en plein été t’avais l’impression de voyager à Dakar Casa Alger Bamako Tunis ou Nouakchott.

Mais dans mon quartier y avait une particularité propre à Mantes c’était les mecs et les meufs ne se mélangeaient pas par pudeur.

Mais les meufs faisaient leur vie de leur côté et nous pareil. Rare celle qui osait se poser avec les mecs peur du BLABLABLA à l’école wallah j’avais pas la cote trop sauvage MDR elles avaient peur de moi Dieu merci.

La roue a tourné avec l’âge on devient frais c’était la mission pour sortir avec une meuf du quartier alors que son frère c’est ton pote, laisse tomber impossible ce qu’on tentait on a perdu des chicots mais moi cette situation m’arrangeait parce que j’étais un bordélique et ma priorité c’était les conneries.

Un jour j’étais avec des potes en bas de chez moi comme des petits diables on décide de faire une bêtise on [a] enlevé la plaque d’égout et l’a remplacée par des papiers journal puis on s’est cachés en face dans le parking, prêts à taper des barres de rire à la vue du passant qui tomberait dans le trou et ce jour-là aïe aïe catastrophe…

C’était le daron à un mec de mon quartier qui est tombé, ambulance samu etc. on n’a jamais avoué ni dit à quelqu’un que c’était nous.

C’était la dernière fois qu’on a fait ce piège MDR on était une vraie bande de oufs le pire truc qu’on a fait que je regrette tah les malades c’était dans la boulangerie de ma 6t ils avaient déposé une boîte avec de l’argent en fait c’était des bons pour financer l’enterrement d’un mec.

Le matin en allant acheter le pain je vois la boîte donc l’aprème j’en parle à deux trois potes, on avait à peine 10 ans mais je les entraînai jusqu’à la boulangerie le plan c’était mon pote fait semblant d’acheter une baguette dès que la vendeuse se retourne je pars en courant avec la boîte c’est ce qu’on a fait sans problème on court jusqu’au dernier étage d’une tour pour faire le partage.

Mais en courant j’ai chargé mes poches MDR. « C’est avec grand regret que je repense à ce vol mais je vous dis tout sans censure ni mytho. »

On était des jeunes perdus à la recherche d’une reconnaissance ou d’une considération qui ne venait pas enfants de prolétaires (travailleurs pauvres).

Je savais que ma place n’était pas dans cette jungle de béton c’est comme si on était enfermés dehors.

Nos rêves étaient à l’étroit limite au frites-merguez et d’une canette de Tropico MDR. Moi je voulais plus beaucoup plus et je payerai le prix de ma lucidité plus tard mais fallait montrer qu’on n’était pas dupes de ce qui se passait on casse on vole brûle nos propres biens un genre de suicide collectif mais y a que comme ça qu’on se faisait entendre j’ai grandi avec une voix qui me disait tout le temps dans ma tête « VAUT MIEUX DIRE UN MOT GENTIL AVEC UN CALIBRE QUE UN MOT GENTIL TOUT SEUL ».

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[Tunisie] La police travaille sur Facebook

Sidi Bouzid : Facebook permet l’arrestation de 4 suspects

Suite aux protestations des employés des chantiers qui ont engendré des affrontements avec la police, jeudi dernier, 4 individus ont été arrêtés.

Les suspects ont été vite transférés à Kairouan dans le cadre d’une enquête qui a été ouverte à ce sujet.

Il est à signaler que la police est parvenue à identifier et arrêter les 4 individus grâce aux vidéos et photos publiées par des internautes sur le réseau social Facebook.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 28 juillet 2012)

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[Flics, porcs, assassins] Vérité et Justice pour Nooredine, Ismaël et tous les autres

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/072.jpgUne bonne centaine de migrants rassemblés hier pour rendre un dernier hommage à Ahmed
Des migrants en colère ont enterré leur « frère » disparu tragiquement

Après avoir enterré leur « frère » Ahmed, les migrants ont une nouvelle fois manifesté dans les rues de Calais. Ils ont laissé exprimer une colère qui dépasse le terrible accident de samedi dernier.

(…)

Leur presse (NordLittoral.fr, 14 juillet 2012)


Manif à Calais après la mort d’un Soudanais

Un Soudanais s’est noyé dans le canal de Calais dans la nuit du 6 au 7 juillet.

Aujourd’hui [mercredi 11 juillet], une soixantaine de Soudanais ont manifesté dans les rues de Calais pour demander l’ouverture d’une enquête. Un oncle de la victime a déposé hier une plainte contre X.

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La version initiale de la police expliquait que le Soudanais avait été coursé parce qu’il avait, selon elle, volé un portable

Or, les deux portables retrouvés sur le cadavre contiennent des puces qui correspondent à des numéros possédés par le Soudanais (constat de la police). Cela ne prouve pas qu’il était propriétaire des téléphones, mais ça permet d’affirmer que tout ça mérite une enquête.

Le Soudanais — réfugié statutaire — était apparemment bien connu des militant.e.s qui louent sa gentillesse et qui doutent fort d’un simple accident. Ils craignent qu’il n’y ait eu une provocation et/ou des violences de la police.

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Hier, des CRS se sont moqué de Soudanais en sitting protestataire en leur conseillant d’éviter de se promener près des plans d’eau. Quelle délicatesse !

Le Soudanais est le troisième noyé nocturne en quelques mois dans des conditions similaires qui conduisent le parquet à donner les permis d’inhumer sans plus de procédures. Pour les deux précédents, les familles, qui voulaient récupérer les corps dans leur pays, n’ont pas pu les voir : ils ont été enterrés d’office sur place.

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Mailing – 11 juillet 2012


Nooredine est mort

Infos importantes au sujet du réfugié qui s’est noyé, soi-disant accidentellement, dans la nuit de vendredi à samedi à Calais.

1/ Il n’a volé aucun portable contrairement à ce que prétendait celui qui l’a pourchassé ;

2/ Sa famille (son frère et son cousin) n’a pas pu identifier le corps, ni être mis au courant de qui sont ces fameux témoins qui l’auraient vu se jeter du pont après l’avoir pourchassé sur plusieurs centaines de mètres alors qu’il n’avait rien volé du tout ;

3/ Son corps n’est déjà plus à Calais, mais à Boulogne.

La famille est en contact avec un avocat du Secours Catholique et on espère que cette affaire ne sera pas enterrée par les autorités, comme la dernière fois qu’un migrant a trouvé la mort de façon suspecte, et qu’il s’est retrouvé enterré en fosse commune alors que la famille voulait le rapatrier.

L’oncle de Nooredin, le jeune homme qui serait mort noyé accidentellement, qui aurait été pourchassé parce qu’il aurait volé un portable, a porté plainte contre X pour meurtre.

Ce matin, la police a menacé d’enterrer le corps si la famille ne le reprenait pas. Une réunion a été dispersée au parc Richelieu à 10h. En marge de cette réunion un fonctionnaire de police a lancé aux personnes qui s’éloignaient du parc : ‘Attention à ne pas tomber dans l’eau !’

Le fait que des policiers se moquent ouvertement de la mort d’un être humain est profondément révoltant. Je n’ai pas confiance en la police, et je ne suis pas le seul. La vérité ne pourra éclater que si nous restons extrêmement vigilants.

RIP NOOREDINE
RIP ZETKIN
et tou(te)s les autres…

Mailing – 10 juillet 2012


Encore un ami tué à Calais

Une mort de plus. Au cours des premières heures du samedi 7 juillet 2012, notre ami N. 28 ans, originaire du Soudan, est mort dans le centre ville de Calais. Son corps a été sorti du canal à proximité de la sous-préfecture. Comme souvent, la police a refusé catégoriquement à la famille et aux proches l’accès au corps, et de rechercher les causes de la mort. Elle avait déjà une histoire à raconter, qui tombe en morceaux à mesure que les informations arrivent.

Pas que ça ait forcément un rapport avec la vérité, mais voici la version officielle : N. a volé un téléphone dans le centre ville, il est pourchassé par un ami de la « victime », et, d’une manière ou d’une autre en arrive à tomber ou à sauter dans le canal, où il se noie. Apparemment il n’y a pas besoin de faire une autopsie ou une enquête. Pas besoin d’expliquer les mouvements de police cette nuit-là juste avant que N. meure. Pas besoin d’attendre une preuve du fait qu’il ait volé quoi que ce soit. Cette histoire est sortie tout droit des bouches policières pour arriver sans plus d’investigation dans le journal-perroquet de caniveau et de haine La Voix du Nord. Un migrant. Un noir. Un voleur. Un accident, peut-être même une mort bien méritée.

Les ami-es de N., et les témoins, ont une version différente. Nous ne pouvons pour le moment en dire plus sur ce qui s’est réellement passé, mais nous le ferons très bientôt. Ce matin (lundi 9 juillet 2012) environ 40 personnes ont manifesté devant le poste de police à Calais. N. était très apprécié. Nous espérons écrire davantage sur sa vie également, dans le respect de sa famille et de ses proches. Nous ne laisserons pas oublier sa mort.

Que les autorités étatiques et les médias complices des morts à Calais étouffent l’affaire est habituel. Rien que pour donner un exemple récent, le 22 décembre 2011, un autre ami, Ismaël, était retrouvé mort en bas d’un pont dans le centre de Calais. La police avait immédiatement clos l’affaire, concluant à un suicide. Elle avait refusé que ses ami-es voient ou identifient le corps, et avait refusé de pratiquer une autopsie. Les ami-es d’Ismaël sont allé-es deux fois au poste de police demander à voir sont corps et les deux fois avaient essuyé un refus et reçu des menaces d’arrestation de la part de la police aux frontières (PAF) s’illes ne partaient pas. Seul un ami, Français et blanc, a eu le droit d’entrer pour l’identifier. Il n’y a pas eu plus d’investigation.

La frontière tue. Nous ne savons pas comment Ismaël est mort. Nous avons vu maintes fois la police chasser les migrant-es des ponts vers les canaux, vers le port. Les balles et les bâtons ne sont pas les seuls moyens de tuer les gens. Une chute d’un pont peut tout aussi bien tuer. Les coups répétés et la faim peuvent tout aussi bien tuer. Les années de peur et de frustration et d’humiliation peuvent tout aussi bien tuer. Ce sont ces morts qui gardent à l’abri des étrangèr-es le butin pillé par l’Europe.

Ni Oubli. Ni Pardon. (Don’t forget. Don’t forgive.)

Mailing – 9 juillet 2012


Après la mort de migrants à Calais
Les no-borders délogés d’un consulat français

Une dizaine de militants opposés aux contrôles d’immigration en Europe ont été délogés vendredi du consulat de France de Düsseldorf où ils protestaient contre des décès selon eux suspects dans un centre de rétention français, selon la police.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/063.jpg« Ils sont sortis du consulat accompagnés par la police. Tout s’est passé pacifiquement », a indiqué un porte-parole de la police de Düsseldorf. « Des manifestants continuent de protester devant le consulat », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le collectif No Border Camp avait indiqué « occuper le consulat de Düsseldorf pour protester contre la mort dans des circonstances douteuses de trois migrants ces sept derniers mois à Calais ». « La police a affirmé qu’il s’agissait de suicides ou d’accidents même si les circonstances ne collent pas avec cette explication et que les amis des victimes n’y croient pas non plus », a ajouté No Border Camp.

« La police n’a eu de cesse de harceler les sans-papiers et demandeurs d’asile depuis des années et ces morts sont le summum de la machinerie raciste », ajoutait No Border Camp dans son communiqué. Selon le collectif, les harcèlements ont empiré depuis que Calais s’est fixé comme objectif de devenir une zone sans migrant avant les Jeux Olympiques de Londres.

Leur presse (NordLittoral.fr, 21 juillet 2012)

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« Pluie Battante » – récit du camp No Border 2012

[Ce récit critique du camp No Border de Köln (Allemagne) qui s’est déroulé ce mois ci a circulé par mail. Parce qu’il confirme les craintes et « on-dits » qui se sont répandus à propos de cette initiative, nous le publions aussi pour contrebalancer l’appel que nous avions relayé sans plus nous méfier de ce que les No Border sont devenus ces dernières années. Tant les critiques que pointe ce texte s’appliquent aussi bien à certains écueils qui ont pu être rencontrés dans d’autres évènements de ce type, nous partageons son analyse et l’amertume de la récupération politique et institutionnelle qu’il dénonce.]

Les attentes étaient importantes pour le camp No Borders de cette année, qui s’est tenue du 13 au 22 Juillet à Cologne, concernant la volonté de mettre en actes un grand nombre de ce qui avait été revendiqué par les milieux révolutionnaires au sujet des luttes de sans-papiers pour leurs luttes. Mais le moment venu, cette volonté a été étouffée par l’institution elle-même. Dès le début, il est clair qu’une « hiérarchie invisible » s’est établi sur le camp, qui a tout fait pour détruire les principes autonomes et anarchistes que les No Borders ont nourri au fil des ans. Mais cela ne devrait peut-être pas nous étonner lorsqu’on sait que le camp a été co-financé par l’Union européenne à travers son fonds d’action sociale de la jeunesse en lien avec un syndicat social-démocrate. L’information, qui s’est cachée jusqu’au dernier moment dans les petites lignes autant que faire se peut, fut un avant-goût de la pluie battante qui est tombée sur le camp durant les 10 jours passés sous le chapiteau monté pour l’événement.

Dès le départ, on a pu observer une véritable volonté de réduire les participants à une expression dominante politique libérale au détriment de quelque chose de plus radical, basé sur le consensus, et la solidarité réciproque par le biais de groupes d’affinité et une auto-organisation spontanée. Cette notion de contrôle hiérarchique est devenu de plus en plus évidente au fur et à mesure que le temps passait, jusqu’à ce que la plupart des radicaux quittent le camp aussitôt dès le début du deuxième jour, ou s’en remette simplement aux seuls groupes d’affinité, accompagné d’un haussement d’épaules désespéré face à cette hiérarchie qui se réjouissait d’avoir atteint ses objectifs individuels de carriérisme politique.

Cependant, la responsabilité de cette situation incombe principalement au comité d’organisation, qui n’a jamais exprimé clairement sa volonté de faire du camp un rassemblement social ouvert à tous et une base à partir de laquelle lancer des attaques contre la tyrannie de l’État concernant la situation des sans-papiers sur le continent européen. Plutôt que de fournir un bon point de départ pour savoir où le camp allait, ils ont sciemment tentés de diriger l’ensemble de l’évènement vers leurs objectifs politiques libéraux.

Toute discussion raisonnable avec eux fut rendue parfaitement impossible, et c’est au contraire à une re-affirmation systématique de leurs position et même à la négation des autres initiatives existantes, que nous avons eu droit (à tel point qu’on ne le réalise que lorsque ça arrive sous vos yeux). Un des principaux sujets où cette attitude s’est exprimée fut la question du bar au sein du camp. Dès la première nuit ce bar a été installé à proximité de l’entrée sous le pont. Au début, il a été dit que le bar ne fonctionnerai qu’à certains moments, certains jours, mais au lieu de celà il a fonctionné tous les soirs à partir de 18h00 jusqu’à minuit passé. Bientôt, les divers sans-papiers (dont les requêtes avaient été publiées sur le site Web dans un effort pour s’assurer que le camp serait au moins idéologiquement orienté vers leurs besoins et leurs exigences avec le reste d’entre nous dans notre volonté de solidarité) ont commencé à exprimer leur désapprobation à propos du bar, qui leur procurait un sentiment d’insécurité et de malaise. Ils ont exprimé le fait qu’être entouré de gens ivres diluerait les efforts du camp pour créer une solidarité mutuelle et pouvait conduire à des comportements racistes de la part d’individus dans cet environnement social. En effet, certains arguments ont éclaté à propos de l’effet de l’ivresse sur les esprits rationnels et le fait de se complaire dans des attitudes dominantes et des préjugés culturels et raciaux, et de ne plus remettre en question leur comportement vis à vis de ceux qui les entoure.

Toutefois, lorsque cette question a été soulevée lors de l’assemblée principale, ceux s’occupaient du bar se sont ouvertement moqué des revendications, en prenant les choses sur la défensive, sans jamais rechercher le compromis, et même en affirmant qu’ils étaient dans leur bon droit. Ils n’ont même pas fait semblant de faire preuve d’empathie, mais se sont contentés de dire qu’il était nécessaire que le bar continue à tourner pour le bien du camp, non seulement au détriment des sans-papiers et de ceux qui les soutenaient, mais aussi en foulant au pied l’autonomie de chacun à décider comment les choses devaient s’organiser. Le bar a continué la distribution de boissons jusqu’à la fin du camp, malgré les demandes du groupe de défense du camp pour le fermer, mais le boycott progressif a finalement conduit à son abandon. Un entêtement similaire s’est exprimée sur des questions aussi importantes pour les participants que le véganisme (malgré l’annonce selon laquelle l’évènement serai végétalien, les organisateurs n’ont pas tenu parole), l’anti-tsiganisme (des photos de Roms bourrés de clichés racistes ont été affichées lors d’un atelier) et l’autoritarisme (les organisateurs ont rarement recherché le consensus, mais plutôt les décisions verticales, en niant systématiquement la nécessité de groupes affinitaires).

Quelques tentatives ont été faites pour renverser la structure du pouvoir que le camp semblait avoir embrassé, principalement sous la forme d’une assemblée autonome qui a finalement conduit à des actions au consulat français de Düsseldorf, où 11 personnes ont été arrêtées pour violation de propriété et outrage. L’action a été coordonnée en solidarité avec la mort « accidentelle » de Noureddin à Calais près de deux semaines auparavant. Mais étant donné la division régnant sur le camp, seul un groupe restreint de personnes ont été autorisés à participer ou même à être tenus informés de ce qui se passait. Formé principalement par un groupe de personnes qui se sont réunis de manière excluante et aliénante vis à vis de ceux qui les entouraient et voulaient participer à leurs actions, en créant leur petite clique de jeunes rebelles tout juste prêt à défier autorités sous couvert de solidarité. Cela a conduit à une autre organisation verticale avec pour prétexte la méfiance et le manque de coopération, leur donnant une raison d’exclure d’autres personnes de l’occupation du consulat français. Une autre action pour occuper le siège du Parti des vert a eu plus de succès, avec près de 50 personnes d’être finalement repoussés par la la police avec les autres soutiens à l’extérieur. L’action a été réalisée en solidarité avec les quatre sans-papiers en grève de la faim pour les deux dernières semaines dans le centre de rétention de Düsseldorf. Leurs actions, ainsi que celles d’autres groupes contre l’État allemand, étaient destiné à mettre en évidence la situation de non-droit dans laquelle se trouvent les sans-papiers, qui ne sont pas autorisés à approcher à moins de 30 km le centre de détention, qui ressemble à une prison en pire, sans installations sanitaires de base et des horaires alimentaires militaires. Certains soutiens ont exprimé leur solidarité avec eux en dormant sur la véranda ouverte (du centre de rétention) et étaient constamment harcelés par la police pour les empêcher d’y rester plus d’une heure. Une attention particulière aurait pu être portée aux deux actions du vendredi afin de contribuer à la lutte des sans-papiers, mais même la grande manifestation du dernier jour vers l’aéroport eu peu d’effet dans la tentative de relier une approche des luttes des No Borders qui aurait pu faire de ce camp un succès.

Un goût amer est resté dans la bouche des camarades qui sont restés jusqu’à la fin, et sont souvent venus d’un peu partout pour prendre part à l’événement, avec l’impression que plupart d’entre eux voulaient juste que tout ça se termine le plutôt possible que d’insister encore sur toutes ces questions plus longtemps. Les organisateurs étaient également amèrs au point de tout tenter pour attaquer tout ceux qui ont essayé de prendre la parole contre leur autorité auto-proclamée. Alors que dans d’autres camps, comme en Bulgarie, ces perspectives limitantes avaient été surmontés ou du moins contestée, ici, en Allemagne, avec ses structures gauchistes établies, le flou entre l’auto-organisation anarchiste et le contrôle social exercé par les marxistes de Die Linke au sein du camps n’ont conduit qu’à aggraver l’atomisation des participants.

Un nouveau slogan auto-critique est né de ce camp qui résume la rage concernant les conditions sévères et cruelles de nombreux sans-papiers qui sont détenus au sein de la forteresse Européenne (certains ont d’ailleurs suggéré que Frontex était sans doutes sur la même liste de financement que le No Border de Köln…) : “No Border, No Nation! Stop the vacation!” (“Ni Frontières, ni Nation : finis les vacances !”) Malgré l’évidente ironie, le mot reflétait une tentative concertée par le pouvoir existant de jeter sur le camp une ambiance de festival, coopté par un capitalisme pour petits blancs, avec concerts de musique  et animation hiérarchisée d’ateliers (“workshops”) au lieu de l’action directe et d’une organisation horizontale.

Un projet de Camp No Border près de Berlin est déjà prévu pour l’année prochaine avec l’idée d’en revenir aux racines anarchistes des premiers No Border. Mais si les choses ne sont pas pensées de manière radicalement différente, rompant avec le germano-centrisme du No Border de Cologne, il sera difficile de convaincre le reste du mouvement que leurs militants sont autre chose que des “hipsters autonomes” qui ne luttent pour rien d’autre que la médiocrité et l’intégration sociale au discours politique dominant.

Traduit de l’anglais par Le Cri Du Dodo, 29 juillet 2012

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Entretien avec des révolutionnaires saoudiens

Saudi Revolutionaries: An Interview

What is happening in the Eastern Province of Saudi Arabia? The Saudi media empire, coupled with its security apparatus, has to a large extent succeeded in preventing developments in Qatif from reaching the world. The Saudi regime has also resorted to a multipronged counter-revolutionary campaign in the last year in order to suppress the uprising there. Despite attempting to co-opt religious and political figures, exerting economic pressure on civilians, imposing blockades on Qatif and its surroundings, and using live ammunition to disperse protesters, Qatif’s revolutionaries remain steadfast in their fight against tyranny and oppression. In the following interview, the organizers of the Eastern Province Revolution Twitter/Facebook page describe their role in organizing protests via social media, the goals of their revolution, and the multiple challenges they face.

Rosie Bsheer (RB): Please describe your group to us. Who are you and how do you define yourselves? Is the Eastern Province Revolution Twitter/Facebook page connected to the popular movement on the ground? What motivated you to mobilize?

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/013.pngEastern Province Revolution: We are a political youth group that seeks to establish a consultative and electoral ruling system that represents the will of the people. We aim to end dictatorial rule through organizing revolutionary and legal activities and popular protests in addition to providing a supportive media role. Qatif witnessed its first street mobilization in the form of a mass protest in al-`Awamiyah on 17 February 2011 that demanded the release of prisoners of conscience. This coincided with the emergence of both the Free Youth Movement [harakat shabab alahrar] and the Free Dignity Movement [harakat ahrar alkarama]. Shortly after, the dispersed street mobilizations in Qatif developed into two other main groups: Day of Qatifi Rage for the Release of Forgotten Prisoners [yawm al gadab alqatifi lifaq asr almu`taqalin almunsiyyin] and the Youth Reform Movement [alharaka alshababiyya lil’islah]. The protests reached their zenith in March 2011.

In light of these heated developments, the “Eastern Province Revolution” was born. The group started its electronic activism on 3 March 2011 with the goal of providing media coverage for the activities of the abovementioned movements. In due time, it started acting as the coordinator for all these movements.

Eventually, Qatifi groups and movements decided to unite under one organized and public entity. They decided to form the Coalition for Freedom and Justice and the “Eastern Province Revolution” became a member in that coalition. Activists in charge of organizing the movement’s activities hail from different areas such as Qatif, Tarut, Safwa, al-`Awamiyah, al-Qdeih, and Seyhat. They all meet and put together a schedule of events that they publish on their own movement’s Facebook pages. However, there are no signatories to the schedule and none of the movements publically adopts the activities. The coalition has allowed the young activists to be more efficient and work in an official and public manner.

What are your short- and long-term goals? What are your demands?

The main and central goal and cause that we are struggling for is the establishment of an elected government that represents the will of the people through constitutional institutions that are recognized worldwide. In the short term, we aim to establish a platform through which to achieve our main goal, and we have been largely successful in accomplishing that.

When we set out our main goal, we had to provide the necessary supporting tools to both achieve it and prepare for the period to follow, otherwise our efforts would have been in vain. First of all we need to raise awareness around our cause among the people of the region, and then to break their barrier of fear so they may stand up to the state. We have successfully achieved this first step.

We are in a political field, and as such we need a political team to sustain this battle, especially since we are up against an authoritarian police state that is supported by the United States and owns the largest media empire in the region. We have, to an extent, achieved this as well, as seen with the religious figures, prominent politicians, and intellectuals who support our cause. They are also always ready to face upcoming future challenges. There are other important matters concerning the nature of our work and organization that we cannot reveal right now.

Who are your supporters? While the majority of Qatif’s population supports you, some do not agree with the strategies and tactics that the movement has adopted.

We have the general support of different sectors of society, including religious figures and lawyers, among others. Women have also played a major role in organizing and mobilizing people. During the funerals of those who have been martyred, the most prominent slogan among the over one hundred thousand people was “death to Al Saud,” “Down with Nayef,” and “Down with Mohammad bin Fahd.” This is the real popular referendum on the “legitimacy” of the regime and the legitimacy for which the martyrs died. The damages sustained by the people as a result of the regime’s oppression, such as losing their jobs and humiliating them at random checkpoints, has two aspects. One reveals the truth about the illegitimacy of the regime which rules by punishing people for others’ crimes. The other side is that freedom and rights are not going to come to us on a golden plate, we must make sacrifices.

Do you follow particular political or religious leaders in Qatif? What is the nature of the disagreements between the movement and some of Qatif’s religious leaders?  

The leading activists are those you are seeing on the ground in the different protests and activities. Some of them were martyred, some are wanted and are in hiding, and others are either in prison or injured in the hospital. As for religious figures such as Sheikh Nimr al-Nimr, and other political figures in Saudi Arabia or opposition members in exile, their role is limited to that of “advisor.” Because of these “advisors,” the movement has been able to remain steadfast and persist for over a year in the face of the most ruthless and oppressive police state in the region. Because of their valuable advice, the movement is on the right track toward success.

As to the second part of the question, there are two kinds of religious figures who opposed our movement: (1) Those who reject protests but at the same time do not stand in the way of protesters (in the sense of: I do not agree with you but I will not stand in your way). This group did not become a tool that the regime used to strike back at the protesters and oppress them. On the contrary, they expressed their opinions and respected the opinions of others, and for that they should be respected and appreciated, for protesting is not an obligation, it is simply a means and not an end. And (2) those who reject protests and at the same time clash and go to war with protesters to the point of accusing them of being an insignificant fragment of society and outsiders who do not follow religion (in the sense that he who is not with me is against me). This group collaborates with the regime to kill, suppress, and arrest protesters. We consider them and the regime one and the same and thus what applied to the regime applies to them because they are part of it.

Does the current movement have any connections to other historical movements in Qatif, such as the 1979 Qatif Uprising, or others? Was the 1979 Qatif Uprising a success or a failure, and are you currently applying any lessons learned from past experiences?

The 1979 Uprising was one phase among many in the struggle against Al Saud. By reaching the next stage in 2011, we know that the one that had preceded it was successful. Had we failed, we would not have gotten to this point. And yes, we learn from our strengths and weaknesses at every juncture so we do not repeat the same mistakes in the future.

Have you tried reaching out to other groups or movements inside Saudi Arabia? Have other Saudi groups or movements attempted reaching out to you or expressing support? Or is this simply a Shi’a movement?

There is limited communication with activists in other regions of Saudi Arabia, with the purpose of exchanging specific strategies, but it has not reached the level of on the ground cooperation. People should categorize or classify our movement based on our goals, demands, and slogans. As we already mentioned, our cause and our goal is to establish an elected government that represents the will of the people, all the people. The electorate system of rule is not a Sunni or Shia idea or novelty. If we succeed, citizens of all backgrounds will enjoy freedom, justice, dignity, and equality, as in different countries around the world. Only then will there be an end to all forms of injustice, including arbitrary detentions, poverty, deprivation, humiliation, and the confiscation of freedom and rights.

Please clarify how you intend to accomplish your goals without national unity and without the support of other groups working on establishing an elected government in Saudi Arabia.

This is a good question or rather an important observation. First of all, we do not recognize the legitimacy of Al Saud’s regime because, put simply, it is not elected by the people. Second, there is no tangible political activism taking place in the Kingdom except in the Eastern Province. Third, we do not have the capacity to unite the people of other regions before we embark on our own political work. Fourth, we firmly believe that the people of these other regions have absolute freedom to decide their own destinies. For these reasons, we cannot mobilize except within our limited circle in the Eastern Province. Then we can begin to communicate with other regions, in a political manner, and negotiate the nature of the system of rule that will connect our regions after we end dictatorial rule. We might, for example, agree on a federal system. Or we might agree to establish independent and free states, because the right to choose one’s destiny will be guaranteed to everyone. What’s important is that we will form a negotiations council to safeguard the peaceful transition of power. We did not say that we will not depend on other movements and groups in order to succeed; rather we said that the revolution cannot succeed if its success depended on and is conditioned by support from others. Support is one of the secondary factors that are conducive to success and not a primary factor. There have been attempts to establish relationships with people in other regions through coordinating shows of support and solidarity in the Eastern Province. These include “the Friday of Solidarity with Women” which was meant to support university students in Abha, as well as “Friday of People’s Unity” [jim`at wihdat alsha`b].

What are the biggest challenges you face in accomplishing your goals?

Our biggest challenge is US support for Al Saud on all fronts, including intelligence and military. Al Saud cannot act against the people without the “Americans.” The other challenge we face is our media weakness; we lack media cadres and means that serve our cause.  All the media productions that you watch are produced by the young activists themselves. We hope to get skilled people who are solely dedicated to media development and able to work from home to serve the cause without having to take to the streets at all. The revolution in the Eastern Province, therefore, will not succeed if its success was dependent on the support of others, whether in other regions or countries. The revolution must be supported by the people of this region in order to succeed. Getting the support of others, however, will speed up the process and ensure we are successful in a shorter period of time. As to coordinating with other regions, this might happen in the future and will include negotiations over the appropriate form of administrative system that will connect these regions after ending dictatorial rule.

How do the grievances of those organizing protests in the Eastern Province fit into broader feelings and expressions of discontent on a national level? Does the framing of these protests as being « of the Eastern Province » diminish their salience on a national level?

The protests in the Eastern Province were inspirational for others in neighboring regions. We have seen lately the increasing protests throughout the country despite religious edicts that ban protesting and security threats that are made against all protesters. This is all thanks to developments in the Eastern Province, because we proved to them, in reality and not in theory, that Al Saud are vulnerable if the people choose to stand up to them.

What has the state response been to ongoing protests in the Eastern Province? Have the mechanisms of rule of the Saudi state, such as police repression and surveillance, been intensified in the Eastern Province in relation to elsewhere in the country, and have they developed new forms of coercion to combat these public expressions of discontent? How do informants fit into these forms of repression? How do you protect yourselves from the informants?

Since the onset of protests, the regime has resorted to myriad options to quell them. These include but are not limited to:

1. Calling upon the region’s religious clerics to issue a religious edict [fatwa] that bans protests. The religious leaders responded, “Religious edicts are only issued by those considered sources of emulation, and we are not sources.” So the regime sent one of its loyal shaykhs to the Holy Najaf at the end of March 2011 to convince some of the sources of emulation there to issue that religious edict, but they refused. They said that demanding rights does not require the permission of an expert in jurisprudence (faqih), neither does self-defense, which angered the Saudi regime. It then sent a delegation of shaykhs, diplomats, and politicians to Iran to meet with various sources of emulation there. They got the same answer they had gotten in Holy Najaf.

2. Upon failing to secure a religious edict, the regime asked some religious leaders to issue a declaration calling for de-escalation and stopping the protests. Indeed, the declaration was first issued on 21 April 2011, but only those close to the regime actually signed it. As a result, those who did not sign were threatened with investigation and punishment, so some of them ended up signing the declaration and justifying it to the community as a precautionary measure against the regime’s retaliation. Others who are not as easily subjugated by the regime received lavish offers in the form of land grants in Qatif and a lifetime monthly salary, all of which they refused. In any event, a few actually signed the declaration neither because they fear Al Saud nor because they are pursuing any material gains. They argued that by signing the declaration, they could hold Al Saud accountable and compel them to grant some of the protesters’ demands once calm returns to the region. However, they have yet to fulfill their promises.

3. Once the possibility of issuing religious edicts failed and the declaration of de-escalation proved ineffective, the regime resorted to arbitrarily kidnapping and arresting hundreds of people from the streets and at checkpoints. The regime said it would release them on condition that protests stop; in other words, it undeniably took them hostage. This only reinforced the idea that this regime is illegitimate and punishes one person for another’s crime. The strategy of taking hostages coincided with the complete blockade of Qatif and the setting up of checkpoints all over the region to inconvenience people, obstruct their movement and subject them to provocation and insults. As a result, students and workers have been arriving several hours late to work and not getting back to their homes until really late as well. The military checkpoints have also delayed the movement of ambulatory services, which led to the death of a lady in an ambulance at a checkpoint in al-`Awamiyah after being in critical condition.

The provocations at checkpoints reached their zenith when the young pedestrian Nasser al-Mheishi was stopped and security forces asked for his identification card. Since he was walking and not driving, he was not carrying his ID with him, so they proceeded to harass him. They humiliated, cursed, and assaulted him, after which he managed to escape running, so they immediately shot him dead. Eyewitness Adel al-Naji was also kidnapped and has been missing since. Taking hostages and imposing a blockade was the worse form of psychological warfare and collective punishment against the people of Qatif in the history of it struggle against Al Saud. Yet the resilience of hostages in prisons and the patience of Qataifis in face of the unjust military blockade against them aborted this criminal plan.

4. In the aftermath of the failed strategies of hostage taking and the military blockade, the regime began to form militias or what has recently become known as “baltajiyya.” And indeed, the regime released tens of prisoners sentenced for drug or criminal offenses, and recruited them for this task. It appointed Mansur al-Jishi as their leader and supervisor and allocated them weekly salaries. The baltajiyya received their first orders from al-Jishi and they carried out their first attack against protesters on Friday 1 July 2011. This coincided with al-Jishi’s plot whereby he brought the families of the prisoners and the baltajiyya together without the families’ knowledge to appear as if the families’ themselves had committed the attacks against the protesters. However, photographs and footage of the baltajiyya during the protests showed that the baltajiyya were outsiders and not related to the families.

5. The regime began to call on clerics, preachers, and renowned figures and ordered them to actively ruin the image of the protests and the youth movement in weekly sermons at mosques and on social media networks and to urge people to stop protesting.

6. The regime also hired an army of religious preachers, writers, media experts, and others to incite sectarian fear of the other among Sunnis and Shi`a. Its agents’ role among the Shi`a was to scare them off from Sunnis and to convince them that Sunnis are going to take over and get rid of them if Al Saud’s regime were to fall. The regime’s agents did the same thing among the Sunnis. In other words, the regime has adopted a policy of divide and conquer, of scaring one group from the other so that they would all run to Al Saud to save them.

7. The regime then reached a stage of exasperation as a result of the people’s resilience, their patience and steadfastness. It thus decided to the use the military solution to stop popular protests. Because we were able to intercept communication between Al Saud and their agents in the region, we accessed a phone call whereby Mohammad Nayef Al Saud mentioned that the regime’s patience is running out, and we leaked this phone call at the time. And indeed, it was only a matter of days before orders came out to crush a planned protest in Qatif on 29 September 2011.

Young activists were aware of these orders; they met and decided to move the protest to al-`Awamiyah given the regime tries to avoid fighting any of its battles there. The announcement of the location change was made, and the regime managed to crush the protest but in a timid manner in fear of exacerbating the situation. On 3 October 2011 the regime entered al-`Awamiyah and used live ammunition in order to quell the protests.

8. Given all these failed strategies, and according to information we had intercepted, Abdullah Abdulaziz Al Saud summoned and met with officers and military personnel who were active against the 1979 Uprising in Qatif. We announced this at the time as well. We did not know the results of this meeting until later on, only after several fallen martyrs. The regime saw that crushing the protests entailed crushing the very organizers of the protests. Since the organizers are anonymous and hide their faces when they take the streets and thus are not easily apprehended, the solution for the regime was to kill them.

Since killing them might set the whole region on fire, the regime had consulted with those who had experience with the previous uprising to learn what to do after assassination attempts caused the region to explode. The regime at the time issued its orders to assassinate any person seen organizing protests. Indeed, assassins were brought in and they targeted several of the leaders of the movement. They assassinated those they deemed to be photographers, those who spoke into microphones and others who were organizing the actual march in addition to those they thought to be the leaders of the movement.

• Military oppression accompanied all these phases whereby the regime used live ammunition and teargas at different times during the protests, which is why we did not designate the military option as a separate strategy.

• Al Saud are now in deep trouble after the failure of their assassination strategy and the blood they have on their hands.

• The Eastern Province has become a difficult equation for the regime, especially since several young Qatifis have been martyred.

• The regime continues to search for any solution that would end this revolution and it has spent exorbitant amounts of money to do that, and thankfully Qatifi activists have infiltrated the circles of the regime’s informants. The day may come when we will have to share what we know and reveal documentary evidence that would be very embarrassing for the regime and its agents in the region.

The Saudi regime often dismisses the revolutions in Bahrain and the Eastern Province as having allegiance to Iran, or doing Iran’s work. What do you have to say to that?

Al Saud are doing the work of the United States and Israel in the region and this is no secret. They need to stop doing that before they start talking about other people’s plans and those who execute them here.

If the revolution in the Eastern Province was supported by Iran you would have found that we had a satellite television channel at the very least. If we were receiving support from Iran we would have been able to topple Al Saud in a short period of time, and the same goes for Bahrain.

If you want to send a message to both Saudis outside Qatif and to foreigners, what would you say?

We would say that we welcome cooperation and sharing… our experience in the struggle against Al Saud. To Arabs and foreigners, we tell them support our revolution so we may get rid of the evil of Al Saud in the region.

Rosie Bsheer – Jadaliyya, 21 juin 2012 (interview parue initialement en arabe le 7 mai 2012)


La police tire sur des manifestants chiites à Qatif

Les forces de sécurité saoudiennes ont ouvert le feu sur des manifestants chiites [sic — Note du JL] qui protestaient contre la détention de certains de leurs coreligionnaires dans la région de Qatif, faisant plusieurs blessés, ont affirmé hier des témoins.

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Le ministère saoudien de l’Intérieur a, lui, assuré dans un communiqué, cité par l’agence officielle SPA, qu’il n’y avait eu « aucune victime ». Selon le ministère, les forces de sécurité ont été confrontées dans la nuit de jeudi à vendredi à des « émeutiers brûlant des pneus » et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés, dont Mohammad el-Chakhouri qui figurait sur une liste de 23 personnes recherchées par les autorités. Des témoins ont de leur côté affirmé que M. Chakhouri avait été blessé par balles dans le dos et au cou, et transféré dans un hôpital militaire près de Dhahran.

Outre les tirs à balles réelles, la police a fait usage pour la première fois de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui brandissaient des portraits de détenus chiites, notamment l’influent dignitaire religieux Nimr el-Nimr, arrêté au début du mois après avoir aussi été blessé par balles, ont rapporté des témoins. La famille du cheikh Nimr a de plus déclaré hier que ce dernier avait été transféré de l’hôpital militaire près de Dhahran vers un autre hôpital dans la capitale. Un écrivain chiite, Nazir el-Majed, arrêté en mars 2011 pour avoir manifesté, a par ailleurs été relâché jeudi sans avoir jamais été inculpé ni présenté à la justice, selon sa famille.

Les heurts se sont récemment multipliés entre la police et les manifestants issus de la minorité chiite qui se dit victime de discriminations, notamment dans le domaine de l’emploi. L’est de l’Arabie, riche en pétrole, où se concentre l’essentiel des deux millions de chiites saoudiens, est secoué depuis mars 2011 par des troubles sporadiques qui ont pris une tournure plus violente à l’automne 2011 avec la mort de dix personnes.

Leur presse (Agence Faut Payer via L’Orient Le Jour, 28 juillet 2012)


Arabie saoudite : attaque aux cocktails Molotov contre un tribunal dans l’Est chiite

Des inconnus ont attaqué aux cocktails Molotov les locaux du palais de justice à Qatif, dans l’est d’Arabie saoudite, à majorité chiite, causant des dégradations, selon des activistes et des témoins dimanche.

L’attaque, perpétrée dans la nuit de samedi à dimanche, a mis le feu au toit en plastique d’un parking dans l’enceinte du palais de justice, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Une source au sein de la Défense civile dans la province Orientale a confirmé l’attaque et l’incendie.

Des vidéos montrant le toit en plastique en feu ont été mises en ligne sur les réseaux sociaux.

L’incident est survenu au lendemain de la mort d’un homme armé, tué par des policiers lors d’un assaut contre un poste de police d’Al-Awamiya, dans la province orientale où quatre policiers ont été blessés dans une autre attaque contre leurs patrouilles vendredi soir.

Des journaux saoudiens ont indiqué dimanche qu’une dizaine d’affaires liées à des troubles dans l’Est chiite — dans un royaume majoritairement sunnite — étaient actuellement jugées à Qatif.

D’après des activistes, quelque 600 personnes ont été arrêtées dans la province orientale depuis le début des troubles l’an dernier.

Le 8 juillet, deux manifestants chiites avaient été tués dans des affrontements avec la police à Qatif à la suite de l’arrestation d’un dignitaire religieux chiite, cheikh Nimr Baqer al-Nimr, connu pour ses critiques virulentes des autorités sunnites.

L’est de l’Arabie, une région riche en pétrole où se concentre l’essentiel des deux millions de chiites saoudiens, est secouée par des troubles sporadiques depuis mars 2011. Ces troubles ont pris une tournure violente à partir de l’automne 2011, dix personnes ayant été tuées depuis.

Les manifestants protestaient notamment contre l’aide militaire apportée par l’Arabie saoudite à la dynastie sunnite au pouvoir à Bahreïn dans la répression des manifestations menées par des chiites.

Les chiites saoudiens s’estiment en outre discriminés et réclament l’égalité de traitement en matière d’emploi et de prestations sociales avec les sunnites.

Leur presse (OLJ/Agence Faut Payer via L’Orient Le Jour, 15 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 9 – « Le quartier était encore sous le choc de ces huit nuits d’émeute consécutives c’était notre Mai 68 à nous »

Partie 9

JE FAIS UN FLASH-BACK (retour en arrière) SUR MA JEUNESSE DÉBUT DES ANNÉES 90 SUR LES BANCS DE L’ÉCOLE ET DÉCRIRE LE VAL-FOURRÉ (la cité de Mantes-la-Jolie) DANS QUELLE AMBIANCE ON A GRANDI ET D’OÙ NOUS VIENT CETTE MENTALITÉ PIRATE…

Début des années 90 le rap hip-hop s’imposait dans les 6t on était à fond dedans cette nouvelle musique contestataire qui revendiquait appartenir à la rue ça nous parlait donc, on a épousé sa cause cette musique nous ressemblait on se reconnaissait à 100 % dans cette musique.

À cette epoque les Little MC, Assassin, et NTM sont les premiers groupes de la scène parisienne, les STK qui se font appeler maintenant Expression Direkt font un ravage dans le 78 au même moment dans le Sud un jeune groupe marseillais (IAM) débarque mais le premier groupe qui a osé rapper en concert en français c’était les Little MC (groupe du 94).

Parce que avant eux y avait que du rap en cainri je me rappelle j’écoutais dans ma chambre Radio Nova avec le poste cassette du daron j’aimais trop la chanson Rouleur à l’heure du groupe « Sai Sai » on la chante en boucle à la récréation LOL c’était l’époque de l’insouciance tout le monde était beau, tout le monde était gentil.

On se cassait le dos au break et à la danse du combat (ce qui s’appelle aujourd’hui une battle) je m’en rappelle wallah on était sapé à la Arnold et Willy j’avoue le look c’était pas le point fort de nos daronnes le pire c’était la cagoule avec l’ouverture dans le visage oulala j’avais la honte grave quand je portais cette cagoule que ma mère avait achetée dans une friperie wallah elle achetait nos habits au poids c’était 5 francs le kilo des habits déjà portés par Pierre Paul ou Jacques MDR mais comment en vouloir à nos daronnes c’était la dèche donc elles faisaient comme elles pouvaient.

DÉDICACE À TOUTES NOS DARONNES…

1991 alors que MITTERRAND le Parti socialiste (PS) était au pouvoir à Mantes-la-Jolie il y avait les plus grandes émeutes de son histoire tout a brûlé magasins, voitures, bus, c’était le K.O. total.

Deux jeunes du Val-Fourré s’étaient fait fumer par la police.

Un en GAV et l’autre abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il prenait la fuite en voiture volée et du côté de la police une policière succombe à ses blessures elle s’est fait tamponner par un jeune du Val-Fourré qui a forcé un barrage de flics donc Mantes-la-Jolie était à feu et à sang plus de quarante camions de CRS inondaient les rues de ma 6t.

À cette période j’étais en CM1 on avait une prof espagnole c’était la plus sévère de l’école.

Une prof à l’ancienne au moindre faux pas c’était un coup de gifle LOL qu’elle te corrigeait elle avait une règle métallique qu’elle avait surnommée « Marguerite » elle te tapait sur les doigts avec ça laisse pas de trace et ça t’enlevait toute envie de recommencer MDR nos parents étaient analphabètes pour la plupart donc facile pour nous de dissimuler nos lacunes en grammaire jamais j’ai fait mes devoirs dans toute ma vie, mes parents savaient même pas que ça existait LOL le seul RDV que mon daron me faisait jamais rater c’était le journal de 20 heures.

J’étais son traducteur officiel il m’a tué avec son journal MDR en plus je disais n’importe quoi comment lui traduire un truc que je comprenais même pas…

« JE NE LE SAVAIS PAS ENCORE MAIS J’ÉTAIS DE LA GÉNÉRATION PAS D’ICI NI D’AILLEURS ENTRE PATIENCE ET FUSIL-MITRAILLEUR » LE BANDITISME C’EST UN PIÈGE À LOUP QUAND TU Y METS LES PIEDS TU PERDS TES GENOUX…

MAIS BON ÇA C’EST UNE AUTRE HISTOIRE… Le quartier était encore sous le choc de ces huit nuits d’émeute consécutives c’était notre Mai 68 à nous (révolte de jeunes étudiants qui font avancer les conditions de vie en France en mai 1968) je commençais à comprendre que malgré que chez moi tout se passait bien y avait un malaise on nous considérait pas, montrés du doigt par les médias un début de réflexion émergeait dans mon cerveau mais j’étais encore trop jeune pour comprendre…

Un jour pendant les petites vacances scolaires alors que je devais aller à l’école coranique mais avec deux potes on décide de sécher pour faire un goûter mais sans argent.

On se rend chez le magasin arabe qui était fermé de 13 heures à 13h30.

Le commerçant mettait une bâche en plastique sur son étalage de fruits et légumes, le temps de la pause c’est à cet instant qu’on décide de se glisser sous la bâche remplir nos poches à ras bord.

Puis dans la boutique d’en face on achète avec la consigne des bouchons de bouteille ramassés une bouteille de « Roc » (soda imitation Coca dégueulasse) puis au passage quelques tablettes de chocolat volées ça y est on était prêts pour le goûter on décide de le faire sur le toit de notre école.

Alors que l’on déguste tous les trois notre butin on cherchait notre classe une fois qu’on l’a trouvée comme on était rassasiés on n’avait plus faim les fruits qu’il nous restait on les a jetés dans les carreaux de notre classe nous étions tous les trois dans la même classe comme fallait toujours que je foute la merde je commence à jeter des pierres sur la vitre.

La vitre explose sous mes rafales de pierres on s’est fait jurer d’en parler à personne de ce qui venait de se passer…

Quelques jours plus tard c’était la rentrée on arrive en classe et à la vue des vitres cassées mes deux acolytes et moi on se regarde avec un méchant sourire.

C’était pour toutes les gifles qu’elle nous avait mis, mais on avait oublié qu’elle était trop maline et qu’elle avait beaucoup d’expérience et que pour lui faire à l’envers à cette prof fallait se lever tôt.

Pendant la récréation elle convoque un par un les mecs de la classe et les teste avec ses questions pièges du genre « Untel m’a dit que c’était toi qui avait cassé les carreaux ».

Quand ce fut à mon tour je nie tout en bloc j’ai rien vu j’ai rien entendu même mon deuxième poteau pareil il avait tenu sa langue mais le troisième une vraie flipette wallah il nous avait donnés normal on s’est fait tuer elle a appelé nos trois darons qui nous ont fini devant toute la classe MDR.

QUE DES BONS SOUVENIRS MÊME SI AVEC TOUTES MES BÊTISES ÉTANT JEUNE MON DARON ME FAISAIT SOUVENT DES COMBATS DE CATCH LOL.

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Bienvenue chez les Ch’tiphanois

Qu’on se le dise. Et qu’on le dise, surtout, aux investisseurs et à la « matière grise » sans lesquels nul développement urbain n’est désormais possible : Saint-Étienne veut accéder au rang de métropole. Certes, le Grand Lyon voisin caracole en tête derrière Paris dans la course à la métropolisation, et Saint-Étienne ne saurait prétendre lui ravir le titre de capitale du capital en Rhône-Alpes. Même Grenoble, dopée à la techno-science jusqu’à l’overdose, n’y est pas parvenue. Mais, précisément, c’est en tant que « maillon d’une métropole multipolaire » [Toutes les citations sans mention d’auteur sont extraites de la logorrhée publicitaire visant à promouvoir la métropole stéphanoise], super-métropole dont l’aire urbaine lyonnaise serait le pôle majeur, que Saint-Étienne peut espérer récolter sa part de fonctions directionnelles, d’entreprises de pointe, d’emplois très qualifiés, d’équipements hauts de gamme et de néo-petits bourgeois à hauts revenus. À condition de s’en donner les moyens, et d’accorder la priorité à celui qui les conditionne tous  : la com’.

C’est ce qu’a bien compris l’élite stéphanoise qui s’échine à doter la ville d’une « image ». Non que Saint-Étienne en fût dépourvue, mais celle qu’elle traînait depuis quelques décennies était déplorable. À l’extérieur comme pour les bourgeois locaux, Saint-Étienne faisait figure de ville moyenne sinistrée par la désindustrialisation et promise à un irrémédiable dépérissement économique dont témoignait son déclin démographique. L’un des berceaux de l’exploitation de la houille et du fer, à quoi la ville avait dû en grande partie de son essor à partir du XIXe siècle, n’était plus, depuis les années 1970, que le vestige d’une époque révolue. Les mineurs ne furent pas les seuls à se retrouver sur le carreau. En 1985, un autre fleuron de l’économie stéphanoise, Manufrance, spécialisé dans la production d’armes de chasse, de coutellerie et de cycles, était mis en liquidation judiciaire. Ce fut ensuite au tour de la Manufacture d’armes de guerre de fermer ses portes, condamnant ses salariés à végéter au gré d’improbables reclassements.

À l’Hôtel de ville comme à la Chambre de commerce, le remède allait de soi : « tourner la page de l’ère industrielle ». Quelle image forger, dès lors, de Saint-Étienne, pour la « faire entrer de plain-pied dans le XXIe siècle » ? La  réponse tient en un mot : design.

Pourquoi le design ? Parce qu’il permet de « relier Saint-Étienne à son histoire tout en projetant la ville dans le futur ». De la première, une fois purgés les éléments négatifs (misère ouvrière, silicose, accidents du travail, répression patronale ou étatique…), on retiendra « la conscience du travail bien fait et les valeurs de la belle ouvrage ». Quant à la projection dans le futur, elle découle de la vocation même du design où la créativité fonctionne comme un « outil d’innovation, d’anticipation et de prospective » contribuant à la « concrétisation de nouveaux modes de vie ». En 2010, l’auto-promotion de Saint-Étienne comme « capitale du design » se voyait consacrée par l’Unesco avec son intégration au « réseau très serré des villes créatives », à l’égal de Buenos Aires, Berlin ou Shenzen.

Restait à trouver l’espace où la ville pourrait déployer sa vocation métropolitaine. Les friches industrielles étant omniprésentes à Saint-Étienne, décision fut prise de les soumettre à un « recyclage urbain ». Le site de Manufrance a ainsi été reconverti en un pôle tertiaire (Centre des congrès de Saint-Étienne, siège de la Chambre de commerce et d’industrie) et en centre d’enseignement et de recherche (École nationale supérieure des mines, École supérieure de commerce). Quant à l’emplacement de l’ancienne Manufacture d’armes, il accueille désormais la Cité du design.

Saint-Étienne ne pouvait se contenter de recycler les sites industriels désaffectés. Il lui fallait « étendre son centre » vers le nord-est, en direction de la gare de Châteaucreux puis de l’autoroute, deux liaisons privilégiées avec Lyon. Dans les secteurs réaménagés, des ensembles de bureaux et logements de standing ont fait leur apparition. Les premiers sont destinés aux entrepreneurs à la recherche de mètres carrés moins coûteux que dans  la capitale régionale, les seconds aux actifs lyonnais rebutés, malgré leurs revenus confortables, par le coût de l’immobilier. Ici et là, des édifices spectaculaires ont surgi, dessinés par des starchitectes dont la réputation mondiale doit rejaillir sur celle de la ville. Ainsi du nouveau siège social du Groupe Casino, premier employeur départemental. Ce mastodonte bunkerisé est censé « imposer une nouvelle visibilité au quartier d’affaires du centre ». Effectivement, au sortir de la gare, on ne voit que lui ! Ou presque, car un peu plus loin se dresse, tout en arrogance, la Cité administrative, dont le jaune criard ne fait qu’ajouter au caractère agressif : un monolithe déconnecté de son environnement urbain, parfait exemple de cette concordance obligée entre les lieux du pouvoir et le pouvoir des lieux.

Si la métropole stéphanoise se doit d’exhiber les signes architecturaux de son importance, ses promoteurs ne pouvaient oublier la dimension ludico-culturelle, facteur d’« attractivité » indispensable dans une société où création rime aussi avec distraction. Ne reculant devant aucun sacrifice (des contribuables), ils ont gratifié la ville d’un luxueux zénith de 7200 places aux formes élégantes imaginées par Sir Norman Foster, archistar planétaire. Si sa qualité plastique est indéniable, son utilité laisse à désirer : comme nombre de réalisations pharaoniques, il reste largement sous-occupé. Et l’interminable parc qui y conduit — signé Alexandre Chemetoff, star reconnue de l’« urbanisme paysagé » — n’est pas plus fréquenté.

Et puis, il y a la Maison de l’emploi, œuvre de Rudy Ricchiotti, émule de Roland Castro dans l’histrionisme architectural. Les façades de ce bloc de béton blanc implanté dans un quartier déshérité sont percées d’ouvertures dont la forme polysémique se prête à toutes les interprétations : taches, larmes, haricots… Selon l’architecte, la Maison « se pose là, énigmatique et pourtant familière, faite d’abord pour accueillir ». La moindre des choses pour un équipement supposé aider les chômeurs et précaires à survivre. « Offrant une parenthèse dans le tourbillon des signes architecturaux, poursuit Richiotti, elle ne délivre aucun message si ce n’est celui de sa présence. […] Une échappée silencieuse. » L’homme de l’art supplée à ce silence, délivrant un message sur « la vertu du travail, la belle ouvrage, les gestes quotidiennement effectués », comme puisé dans Péguy ou Pétain. Mais les sans-emploi y trouvent aussi leur compte : « Au fil de la nuit, le béton s’efface pour ne laisser apparaître que les motifs colorés flottant en plein ciel. Telle une veilleuse, le bâtiment rassure la ville. »

À qui s’adresse cette logorrhée bouffonne et — de manière générale — tous les discours pompeux accompagnant la présentation des projets « métropolitains » ? À des gens de qualité venus d’ailleurs.

De fait, Saint-Étienne est en train d’échapper à ses habitants. Dépossédés symboliquement et, souvent, expropriés de leur ville par le jeu de la requalification et de la gentrification des quartiers populaires et des espaces publics centraux [Tel est le résultat déjà visible (sinon l’objectif poursuivi) de l’opération « Cœur de ville », « projet phare » de la municipalité PS pour doter d’un « nouveau visage » le centre de Saint-Étienne], ils deviennent étrangers à leur propre cité, elle-même devenant étrangère à leur yeux sous l’effet d’un remodelage et d’une expansion conçus pour d’autres.

Bien plus, il leur faudra, pour user de ces espaces urbains « revalorisés », se départir de leurs mauvaises manières. « Embellir la ville […], lui redonner une ambition […], voilà des objectifs que les Stéphanois(es) sont tous prêts à partager », proclamait une personnalité centriste locale, avant d’avertir : « Ils devront eux aussi changer de comportement, […] s’adapter à la nouvelle ville. » Le vil peuple, sale, bruyant et dépenaillé, risquerait de faire tache… « Il est très difficile, précisait le même, dans cette ville déjà au sud [sic] de faire respecter les règles de la vie commune, sans doute à cause de réminiscences d’un vieux fond anarcho-syndicaliste, sans doute, et surtout, à cause de la composition sociologique de la population éclatée en groupes fragilisés qui ont bien d’autres soucis […] que de faire preuve de civisme. » Peu importe : « La ville a changé, il convient désormais que ses habitants s’en montrent dignes. » Aux  Stéphanois « de souche » d’opérer leur « mutation ». Comment ? En calquant leur allure et comportement sur ceux des néo-citadins qui ont commencé à « dépeupler » leur ville, c’est-à-dire à la vider de sa sève populaire : les bobos métropolitains.

Jean-Pierre Garnier
Manuela Rodriguez

Article rédigé suite à une visite critique de saintÉtienne

Article 11, juin-juilet-août 2012

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[Révolution tunisienne] Sit-in à Menzel Bouzayène

Sidi Bouzid : Les ouvriers de chantier de Menzel Bouzayène séquestrent le délégué

Quelques ouvriers municipaux de la délégation de Menzel Bouzayène dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, se sont dirigés, samedi 28 juillet 2012 au matin, au siège de la délégation pour  réclamer le paiement des salaires.

Devant les atermoiements du délégué, les ouvriers l’ont pris en otage et ont promis de le retenir jusqu’à satisfaction de leurs doléances par les autorités, rapporte radio Shems.fm.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 28 juillet 2012)

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Un bon poulet est un poulet grillé

Poulets de Loué : la publicité qui fait piailler des policiers

Bis repetita. Deux ans après avoir provoqué la colère du SGP-FO qui n’avait pas apprécié une affiche publicitaire mettant en scène des policiers, les Poulets de Loué viennent de récidiver. S’attirant à nouveau des coups de becs de ce même syndicat de fonctionnaires de police.

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En cause ? Une nouvelle campagne d’affichage nationale du volailler sarthois lancée, mercredi dernier, pour une semaine, dans toutes les villes de France de plus de 100’000 habitants.

Sur le document placardé sur 12’000 « sucettes » d’un grand annonceur, un policier à l’ancienne, avec képi et cravate, sourit au volant d’un antique tracteur équipé d’un gyrophare. « Depuis 1958, un bon poulet est un poulet libre », peut-on y lire, ainsi que « Poulet fermier : l’authentique ».

Un syndicat monte au créneau

Une image et des propos qui ont fait bondir l’antenne départementale du SGP-FO de Pyrénées-Atlantiques. Vendredi dernier, le syndicat s’est même fendu d’un courrier adressé au préfet pour lui demander d’interdire cette publicité. « Ça nous choque pour deux raisons : c’est un manque de respect pour notre métier, alors que des collègues qui l’exercent le paient parfois de leur vie, tempête Joseph Cilluffo, responsable départementale du SGP-FO des Pyrénées-Atlantiques. Et puis ça nous inquiète par rapport à l’éducation des enfants. Quelle image du policier leur donne-t-on ? »

Manque d’humour ? Susceptibilité à fleur de plumes ? Pour le patron des Poulets de Loué, la réaction de ce syndicat policier picore un peu dans ces deux gamelles.

Un succès dans les commissariats

« Si on ne peut même pas rire en juillet… se désole Yves de la Fouchardière, directeur général des Poulets de Loué. Ce qui nous a fait récidiver ? C’est le succès que la première campagne a rencontré dans de nombreux commissariats et gendarmerie de France. On nous a commandé 200 affiches. Y compris des membres de la hiérarchie policière. C’est devenu un collector. »

Un succès qui, dit-il, lui a fait relativiser la levée de boucliers du SGP-FO. « On s’est dit qu’on n’allait pas s’aligner sur les grincheux. Et puis cette affiche a un côté souriant. Elle n’a rien d’agressif. Peut-être est-elle un peu ringarde ? Mais c’est tout », concède-t-il.

Alors devant ce cri du coq, le patron des Poulets de Loué a décidé de monter sur ses ergots : « Je m’engage d’ailleurs à adresser moi-même par courrier une affiche à toutes les gendarmeries et commissariats de France qui la voudraient. »

Presse récidiviste (Igor Bonnet, Ouest-France.fr, 29 juillet 2012)

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[Révolution tunisienne] Des nouvelles de Kasserine (2)

Tunisie : Calme tendu à Kasserine

Pour le troisième jour consécutif, le siège du gouvernorat de Kasserine demeure fermé avec interdiction pour les fonctionnaires d’y accéder sur fond de protestations associant les familles des martyrs et des blessés de la Révolution et les ouvriers des chantiers relevant des  délégations rurales.

Selon Al Jarida, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de plusieurs ouvriers des chantiers à la suite des mouvements déclenchés notamment le blocage des routes particulièrement l’artère principale de la ville de Kasserine.

Publié par des ennemis de la révolution (African Manager, 28 juillet 2012)

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[La liberté ou la mort] Sit-in contre une papeterie à Qidong (2)

Chine : calme précaire après des manifestations contre une usine polluante

Les habitants d’une ville de l’est de la Chine sont restés chez eux dimanche, alors que le police était largement déployée au lendemain d’une manifestation violente durant laquelle des milliers de protestataires ont défilé contre un projet industriel polluant, a indiqué un habitant de Qidong, près de Shanghai.

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La ville semblait calme, après que les autorités locales ont annoncé l’arrêt du projet d’un pipeline transportant jusqu’à leur ville située en bord de mer les eaux usées d’une usine du groupe japonais Oji Paper Group, éloignée d’une centaine de kilomètres.

« Les gens n’osent pas sortir dans les rues aujourd’hui », a déclaré à l’AFP par téléphone une habitante qui n’a donné qu’un seul nom, Qin.

« Des milliers de membres des forces de sécurité ont été déployés sur Qidong pour empêcher d’autres rassemblements contre la police », a-t-elle ajouté.

Les habitants craignent des représailles après que plusieurs policiers ont été sévèrement battus par des manifestants en colère, a-t-elle encore dit.

Au sein des autorités locales, personne ne répondait au téléphone dimanche.

Les autorités ont fait savoir samedi que le déversement des eaux usées de la papeterie, déjà provisoirement suspendu, le serait définitivement.

Les rejets du pipeline auraient atteint 150.000 tonnes d’eaux usées par jour quand la papeterie, dont la construction a démarré en 2007, aurait fonctionné à plein régime, selon des habitants cités par le quotidien étatique Global Times vendredi.

Les mouvements de protestation se multiplient depuis l’an dernier en Chine contre la dégradation de l’environnement, victime de trois décennies d’industrialisation à marche forcée.

Début juillet à Shifang dans la province du Sichuan (sud-ouest), des manifestants avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l’ordre avant d’obtenir l’assurance de l’abandon définitif d’un projet d’usine métallurgique polluante.

Presse polluée (Agence Faut Payer, 29 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 8 – « J’ai jamais su comment la société voulait faire ressortir un mec meilleur alors qu’il a purgé sa peine dans un tel lieu dégradant »

Partie 8

Ça faisait plus de deux ans que j’étais incarcéré à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, j’étais au grand quartier (quartier majeurs) fini le bâtiment jeunes.

J’avais 22 ans mais je connaissais tout le monde j’étais apprécié.

Ceux qui ne m’aimaient pas étaient ceux que j’avais pliés en cour de promenade il y avait trop de fanfarons de mecs qui jouaient les thugs… mais après enquête il s’avère que c’étaient des violeurs.

Quand cela se savait c’était une vraie boucherie au moins trente sur un seul mec wallah ça lui a coupé l’envie de recommencer cela était radical on les avait castrés.

On pouvait trouver de tout en promenade c’était la cour des miracles y avait des fous qui ramassaient et mangeaient des mégots de clope, des mecs qui parlaient tout seuls et j’ai même entendu lorsque j’étais au mitard (cellule de punition sans télé radio ou meuble seulement quatre murs sales, ça puait la pisse, c’est vraiment un endroit inhumain wallah même les rats ils se sauvent de là MDRRR) un mec qui s’est perdu dans la folie en direct…

C’était la misère humaine dans tous les sens du terme j’ai jamais su comment la société voulait faire ressortir un mec meilleur alors qu’il a purgé sa peine dans un tel lieu dégradant, qu’il a été humilié des MILLIERS de fois avec les fouilles corporelles à poil sans plus aucune dignité fallait être fort pour surmonter tous ces sévices brimades y a pas le choix soit tu en ressortais cassé ou renforcé peu de gens en ressortaient renforcés de la prison…

J’étais tombé cette fois pour des grosses affaires de vol à main armée, prise d’otage association de malfaiteurs en bande organisée.

Je savais que je partais pour des années, que cette fois-ci j’allais manger une peine de dinosaure une peine à deux chiffres notre affaire avait fait du bruit dans le 78 mais bon fallait assumer les conséquences de notre détermination la BRB (brigade répression banditisme) avait mis le paquet pour nous attraper.

Mais vous le saurez plus tard.

J’étais en cellule avec un mec de Mantes je lui mettais des raclées à PES 2003 (jeu foot Playstation) MDR.

Pompes Play gamelle et bigo était notre quotidien dans 9 mètres carrés des privilégiés comparé à d’autres la cellule était remplie à ras bord de cantine (nourriture) j’étais un pilier des mecs de Mantes.

Les jeunes me respectaient parce que moi je faisais pas de différence grand ou petit tant qu’il était brave je lui donnais la bravoure n’avait pas d’âge je faisais pas partie des grands qui prenaient les petits pour des clowns, je savais que les petits d’aujourd’hui seraient les grands de demain.

Mon codétenu s’appelait « Nina » je savais pas d’où lui venait ce surnom LOL la cellule c’était un cimetière télé fixée sur une barre en fer fixée au mur torticolis tu attrapes si tu regardes trop ils avaient mis en hauteur, fenêtre quadrillée barreaux et grillage.

Le ciel tu le regardais derrière des barbelés mais avec le temps on s’y habitue on n’y fait plus attention, nos journées étaient réglées comme une boîte à musique.

Le programme télé annonçait le moral de la semaine si c’était semaine Ligue des champions méchante semaine LOL.

À cette époque on recevait plein de parachutes (objets jetés par-dessus le mur de mecs de l’extérieur) téléphones shit viande même des médicaments.

Les matons fermaient les yeux sur certains trafics c’était la foire en cour de promenade il pleuvait des parachutes sur chaque parachute y avait le prénom du destinataire.

Tout le monde même le plus gros K-sos avait son téléphone ils ont même attrapé un jour chez une nourrice (victime qui garde les téléphones dans sa cellule) neuf téléphones wallah c’était trop.

On avait ce qu’on voulait c’était Chicago au temps d’Al Capone MDR.

Jusqu’au jour où un mec qui s’est fait tabasser en promenade décide de se venger et tente de se faire jeter en parachute un calibre…

Et comme par hasard le calibre n’atteint pas la cour de promenade mais tombe au pied du maton OULALAAAA…

Fini la belle vie ils nous ont mis un filet pour prolonger la hauteur du mur on avait tous la haine plus de parachute.

Le mec avait grillé la prison tout le monde voulait sa peau, il a été transféré c’était mieux pour ses fesses…

Donc fallait que je trouve un autre moyen pour rentrer des téléphones j’ai eu une idée c’était de creuser un double fond dans des chaussures et d’y mettre le tel.

J’en parle à mon pote dehors qui me fait la paire de chaussures et pour la rentrer je demande à un mec de me rentrer des chaussures au parloir.

Mais bien évidemment sans lui avertir de la présence des tel.

Il accepte mon poteau dépose les pompes chez le mec le jour où j’ai eu le parloir c’était le suspense dans la cellule Nina et moi étions tout excités parce que si ça passait c’était le bon plan…

16 heures retour du parloir BIIIINGOOO c’est passé crème on était heureux ça avait marché jusqu’à aujourd’hui le mec ne sait toujours pas qu’il avait deux tel dans ses pieds MDR.

Un frère muz qui m’aimait bien m’avait parlé d’une cachette en or c’était sous les carreaux de carrelage on creusait un trou sous le carrelage à la cuillère on a mis quinze jours à faire un trou de la taille d’une boîte d’allumettes, et on recollait le trou avec du dentifrice pour que l’illusion soit parfaite on amenait du sable de la promenade pour boucher les trous.

On a été fouillés au moins quarante fois de fond en comble mais rien les matons voyaient que du feu tellement on avait pris la confiance de un on est passés à trois tel dans la planque on était sûrs à 100 pour 100 qu’ils trouveraient rien donc ils pouvaient fouiller tant qu’ils voulaient mais ils avaient un indicateur fiable qui leur disait que sûr j’avais un tel.

Donc les matons lâchaient pas l’affaire ces enfoirés c’était leur taf donc ils nous fouillaient sans relâche ça les occupait…

Une nuit vers 23 heures huit matons essayaient d’ouvrir la porte de la cellule mais ils avaient du mal parce qu’on avait bloqué la porte avec des briquets, j’ai juste eu le temps de mettre le tel enroulé à une serviette avec un nœud que j’ai jetée sous ma fenêtre pile poil la porte s’ouvrit :

Le maton : FOUILLE BOUGEZ PAS.

Moi : Qu’est-ce qui se passe vous avez craqué ou quoi ?

Le maton : Où est le téléphone ?

Moi : Vous êtes des grands malades y a pas de tel et y en a jamais eu vous pouvez fouiller.

Ils fracassent la cellule Tchernobyl la nourriture en miettes la sape par terre des vrais chiens mais j’étais content ils avaient rien trouvé dès qu’ils sont partis j’ai attaché à l’extrémité d’un yoyo (drap coupé en lamelles qui sert à s’envoyer de la nourriture par la fenêtre) une fourchette dont j’avais replié les dents en crochet pour qu’il me serve d’hameçon j’ai repêché la serviette avec le tel qui était sous ma fenêtre cette nuit-là était mouvementée mais elle finit bien.

Un samedi alors que je rentre du parloir je vois ma porte grande ouverte le directeur et tous les chefs devant ma cellule.

J’avais compris qu’ils avaient trouvé ce qu’ils cherchaient depuis un an trois téléphones dissimulés sous le carrelage j’ai jamais compris comment ils les avaient trouvés mais bon on les a bien fait danser pendant un an j’ai pris les trois téléphones sur mes côtes je blanchis totalement mon codétenu il y était pour rien.

J’AI ÉCOPÉ DE QUARANTE-CINQ JOURS DE MITARD MAIS PAS LE CHOIX FAUT LE FAIRE JE LES AI FAITS…

C’EST UN AVANT-GOÛT DE CE QUI VOUS ATTEND DANS MES PROCHAINES CHRONIQUES SI VOUS ÊTES FIDÈLE…

(COMMENTEZ PARLEZ ENTRE VOUS LE MUR DE LA CHRONIQUE VOUS APPARTIENT JE VEUX VOS AVIS SUR TOUT CE QUE J’AI FAIT) 🙂

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[Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande] Émeutes à Anaheim

Violents heurts près de Los Angeles

La police d’Anaheim, qui avait abattu deux présumés membres de gang le week-end dernier, a arrêté des dizaines de manifestants cette semaine.

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La police craignait de nouvelles violences hier à Anaheim, près de Los Angeles, après la mort de deux membres présumés de gang abattus par les forces de l’ordre et l’arrestation de 24 personnes lors de manifestations de protestation mardi.

Des heurts ont eu lieu mardi à Anaheim, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Los Angeles, où des manifestants ont lancé des pierres contre des agents de police pour protester contre la mort de Manuel Diaz, 25 ans, et de Joel Acevedo, 21 ans.

Les deux jeunes hommes ont été abattus par des policiers le week-end dernier, entraînant l’indignation des résidents de cette banlieue à majorité hispanique qui y ont vu un abus d’autorité.

Vingt adultes et quatre mineurs ont été arrêtés lors des manifestations de mardi, au cours desquelles des cocktails Molotov ont été lancés contre les forces de l’ordre qui ont répliqué en tirant des balles en caoutchouc dans la foule de plusieurs centaines de personnes réunie près de la mairie.

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La police sur les dents

Selon le chef de la police d’Anaheim, John Welter, le calme est à présent revenu mais le maire de la ville, Tom Tait, a indiqué sur la chaîne de télévision CNN que la police s’attendait à de nouveaux désordres.

« Le vandalisme et toute autre forme de violence ne seront pas tolérés dans notre ville. Nous ne voulons pas que des épisodes comme ceux de la nuit dernière se répètent, mais si cela devait être le cas, la police répondrait de la même façon : rapide et appropriée », a-t-il prévenu hier.

Un porte-parole de la police a également insisté sur le fait que les agents ayant tiré sur les deux membres présumés de gang avaient agi comme il fallait. « Je pense que l’enquête indépendante menée par le bureau du procureur du comté d’Orange concernant ces incidents ne montrera aucun méfait de la part de ces policiers », a souligné le sergent Bob Dunn.

En mai, Los Angeles se remémorait les violentes émeutes déclenchées vingt ans plus tôt, en 1992, après l’acquittement de policiers qui avaient passé à tabac un jeune Noir, Rodney King. Ces émeutes de six jours firent plus d’une cinquantaine de morts et des milliers de blessés.

Presse policière (Agence Faut Payer, 26 juillet 2012)


Une banlieue de Californie en ébullition après plusieurs interventions meurtrières de la police

Mardi 24 juillet, pour le quatrième jour consécutif, les habitants d’Anaheim, en Californie, sont descendus dans la rue pour dénoncer le décès de deux personnes dans ce qu’ils considèrent comme des bavures policières. Un rassemblement qui a très vite dégénéré.

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Les troubles ont éclaté à la suite du décès de deux hommes tués par balles par la police au cours d’incidents séparés. Manuel Angel Diaz a été atteint d’une balle dans la tête, samedi 21 juillet, alors qu’il tentait d’échapper à une intervention des forces de l’ordre. Sa mère a porté plainte contre le département de police auprès de la Cour fédérale. Ses avocats ont affirmé que Manuel Angel Diaz avait reçu une balle par derrière alors qu’il n’était pas armé et, qu’après être tombé sur ses genoux, il avait reçu une autre balle derrière la tête. La police a de son côté reconnu avoir commis une erreur d’appréciation en croyant qu’il était armé. Le même soir, un autre homme, Joel Matthew Acevedo, a été tué par balles après avoir lui-même ouvert le feu sur un officier de police.

Au total, cinq personnes ont été tuées par balles par la police à Anaheim au cours de cette année. Mardi, le maire de la ville a demandé au FBI d’enquêter sur les circonstances de la mort des deux dernières victimes. Comme celles-ci étaient d’origine latino-américaine, nombreux parmi cette communauté qui représente plus de la moitié de 340’000 habitants de la ville ont exprimé leur inquiétude.

Mardi soir, les forces de l’ordre sont parvenues à disperser les manifestants rassemblés spontanément et pour le quatrième jour consécutif, devant la mairie de la ville en faisant usage d’armes « non létales ». Au moins 24 personnes ont été arrêtées et six blessées dans les affrontements. Parmi ces derniers figurent trois manifestants, deux journalistes et un officier de policier.

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« Nous avons un groupe de gens qui s’indigne des brutalités policières. Et que fait la police ? Elle tire sur eux »

Tim Pool travaille dans le secteur des technologies à Los Angeles. Il a diffusé en live-stream des images des émeutes de mardi soir. Il avait déjà diffusé des directs sur Internet du mouvement Occupy Wall Street l’an dernier à New York, et des manifestations survenues au printemps dernier à la suite de la mort de Trayvon Martin.

La tension est montée progressivement tout au long de l’après-midi. Quand je suis arrivé vers 20 heures, le climat était explosif. Ils étaient environ 200, pour la plupart des Latinos, à faire face à un nombre équivalent de policiers équipés de l’attirail complet des forces anti-émeute. Les policiers n’étaient pas tous d’Anaheim, certains étaient venus en renfort d’autres villes du comté.

La police a annoncé qu’elle allait procéder à des arrestations si la foule ne se dispersait pas. À peine une minute plus tard, et sans aucun avertissement, ils ont commencé à tirer sur les manifestants en faisant usage de toutes sortes d’armes qu’ils appellent ‘non létales’ — ils ont tiré des capsules de gaz au poivre, des ‘sacs à fève’ et des balles en caoutchouc. Une adolescente a été atteinte par trois impacts au niveau de la jambe. Il me semble qu’elle a été blessée par des ‘sacs à fève’. Les impacts lui avaient carrément arraché la peau. Elle ne pouvait pas marcher et a dû être évacuée. Parmi les manifestants, certains se sont enfuis, d’autres ont jeté des pierres et des bouteilles sur les policiers. Des feux ont été déclenchés en divers endroits par les manifestants.

Ce qui est choquant, c’est qu’il y avait beaucoup d’enfants — certains avaient 10, 11, peut-être 12 ans. Il y avait aussi des bébés dans des poussettes. Une femme avait même glissé des pierres dans les poches de la poussette où était installé son bébé. Apparemment, elle voulait les jeter sur les policiers.

« La police n’a effectué aucun tir de sommation »

Avant Anaheim, j’ai eu l’occasion de couvrir plusieurs émeutes où la police a fait usage d’armes dites ‘non létales’. D’habitude, ils prennent la peine d’avertir avant de passer à l’acte. Ici, ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas effectué de tir de sommation non plus. C’était à la fois un manque de professionnalisme et de coordination qui a alimenté la colère au lieu de calmer les esprits. Je les ai vu arrêter une personne qui essayait de leur expliquer qu’il se rendait à l’épicerie pour faire des courses, et qu’il n’avait rien à voir avec la manifestation. Ils ont aussi arrêté des enfants en skateboard et des personnes qui traversaient la rue : tout ceux qui étaient à portée de main, sans distinction.

« Si la police ne change pas de méthode, il y aura davantage d’émeutes »

À un moment, un véhicule de police a freiné tout près de moi, un officier a bondi de la voiture et pointé son fusil dans ma direction. Il était juste à quelques mètres. Heureusement, j’ai tout de suite brandi ma carte de presse [plusieurs journalistes ont indiqué que la police leur a tiré dessus, dans la soirée de mardi].

Cette manifestation était spontanée. Les manifestants n’étaient pas des activistes, juste des habitants d’Anaheim en colère. Nous avons un groupe de gens qui s’indigne des brutalités policières, et que fait la police ? Elle tire sur eux. Si la police ne change pas de méthode, il y aura davantage d’émeutes.

Leur presse (Tim Pool, observers.france24.com, 26 juillet 2012)


Violentes manifestations en Californie après des incidents policiers

Les autorités de la ville d’Anaheim, en Californie, étaient en état d’alerte mercredi, après que des citoyens en colère contre des incidents meurtriers impliquant la police eurent déclenché des incendies, fracassé des vitres et lancé des pierres à des policiers au quatrième jour de violentes manifestations.

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Environ 1000 manifestants et 250 policiers provenant de plusieurs municipalités du comté d’Orange, dans le sud de la Californie, ont été impliqués dans une confrontation de plusieurs heures qui a pris fin tôt mercredi matin, selon le porte-parole de la police d’Anaheim, le sergent Bob Dunn. Plusieurs personnes ont été blessées.

Selon le maire d’Anaheim et le chef de la police de la ville, les manifestants ont vandalisé une vingtaine de commerces du centre-ville. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées.

La manifestation a commencé après une réunion du conseil municipal d’Anaheim mardi soir, où les responsables ont voté pour demander au procureur général des États-Unis d’enquêter sur les incidents du week-end dernier dans lesquels des policiers ont tué deux hommes.

La salle était pleine et une centaine de manifestants présents n’ont pu entrer à l’intérieur, a expliqué le sergent Dunn. Quand certains manifestants se sont mis à pousser dans les fenêtres, les policiers les ont repoussés. Les violences ont commencé quand la police a arrêté un homme parce qu’il possédait apparemment une arme, selon M. Dunn. L’homme n’était finalement pas armé.

Après plusieurs heures d’affrontement, la police a déclaré la manifestation illégale et a tenté de disperser la foule, selon le chef de la police d’Anaheim, John Welter. Un groupe d’une centaine de personnes s’est alors déplacé vers le centre-ville et a commencé à lancer des pierres et des bouteilles aux policiers et aux automobilistes.

Au moins six personnes ont été blessées dans l’affrontement, soit un policier, deux représentants des médias atteints par des pierres et des manifestants, d’après les autorités et des témoins.

La famille de l’un des hommes tués par la police, Manuel Diaz, a porté plainte contre la Ville et son service de police mardi. Selon la famille, il a été tué samedi alors qu’il tentait d’échapper à son interpellation par la police.

La deuxième fusillade est survenue dimanche, quand des policiers ont repéré un membre de gang qui circulait dans un véhicule volé. La poursuite s’est terminée quand trois personnes ont sauté hors du véhicule et se sont mises à courir. L’un des suspects, Joel Mathew Acevedo, a tiré sur les policiers, qui ont répliqué et l’ont tué, selon les autorités.

Le maire d’Anaheim, Tom Tait, a annoncé mercredi que les autorités fédérales avaient accepté d’examiner les circonstances des fusillades. Il a indiqué qu’il rencontrerait des représentants du procureur fédéral et du FBI vendredi.

Depuis le début de l’année à Anaheim, des policiers ont été impliqués dans cinq fusillades mortelles. Le mois dernier, face aux protestations des proches des victimes, les autorités municipales ont décidé d’embaucher un enquêteur pour analyser les incidents.

Le syndicat des policiers a diffusé un communiqué défendant les agents impliqués dans les deux fusillades, en affirmant que les victimes étaient des membres de gangs qui avaient des dossiers criminels.

La ville d’Anaheim, où se trouve le parc Disneyland, a vu sa population hispanique augmenter de 50 pour cent au cours des dernières années, selon le recensement de 2010. Des militants de la communauté hispanique demandent aux autorités fédérales d’enquêter sur les fusillades.

Leur presse (Gillian Flaccus, Associated Press, 25 juillet 2012)


Anaheim frappé par de nouvelles manifestations suite à des tirs de la police

Des manifestants ont brisé des fenêtres d’au moins d’une demi-douzaine de devantures à Anaheim mardi et cinq personnes ont été arrêtées lors du deuxième affrontement majeur entre la police et les manifestants depuis qu’un officier de police a abattu un homme sans armes.

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Tom Tait, maire de la ville sud de la Californie, avait appelé lundi à un examen d’État et fédéral à propos de l’homme tué, membre d’un gang présumé.

Plus de 600 manifestants se sont rassemblés devant la mairie ce mardi, où les haut-fonctionnaires tenaient une réunion, a indiqué la police.

Certains ont jeté des chaises à travers les fenêtres d’un Starbucks, selon un témoin Reuters. Personne dans le restaurant a été blessé, a déclaré le porte-parole de la police d’Anaheim le sergent Bob Dunn.

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Dans le centre commercial, au moins cinq autres entreprises avaient également fenêtres brisées, selon un témoin Reuters. Par la suite, les policiers ont monté la garde devant les vitrines avec des fusils de chasse.

Cinq personnes ont été arrêtées lors des protestations et les affrontements qui ont suivi, et une personne a été blessée et transportée à l’hôpital, a dit Dunn. Des dizaines d’officiers brandissant des matraques se sont affrontés avec les manifestants, qui à un moment donné ont lancé des bouteilles et des pierres sur la ligne de policiers.

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Les tensions ont éclaté après que la police ait tué par balle un homme samedi après-midi.

Deux officiers avaient tenté d’approcher trois hommes dans une ruelle, qui ont fui, a déclaré Dunn plus tôt cette semaine. Les agents ont suivi à pied et ont rattrapé un suspect, a indiqué la police.

L’agent a tiré sur l’homme, qui a annoncé la police qu’ils ont plus tard identifié comme Manuel Diaz, membre d’un gang connu. Diaz n’a pas été reconnu coupable d’avoir été porteur d’une arme à feu, a indiqué la police.

La police a tiré des gaz au poivre sur les habitants en colère près de la scène de la fusillade de samedi.

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Tard dans la soirée de dimanche à Anaheim des officiers ont essayé d’arrêter une voiture et ont tué un homme, a annoncé la police, qui avait fui et qui a ouvert le feu sur eux au cours d’une course-poursuite.

Il était la cinquième personne à mourir lors d’un tir impliquant un policier à Anaheim cette année.

Traduit de leur presse (Reuters, 25 juillet 2012) par Le Chat Noir Émeutier


La police et les manifestants s’affrontent à Anaheim lors de la réunion du Conseil municipal

La police d’Anaheim et les manifestants se sont affrontés mardi soir devant l’hôtel de ville alors que des bouteilles ont été jetées sur la police, qui a poursuivi les gens dans les rues.

Une scène chaotique s’est déroulée lorsque des agents en tenue anti-émeute ont fait une arrestation, selon le Sgt. Bob Dunn du Département de police de Anaheim.

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Les sirènes ont résonné lorsque les officiers se sont mis en ligne et la police de Tustin et de plusieurs secteurs ont investi la ville. Le Conseil municipal a été réuni suite aux deux tirs mortelles de la police.

Joel Mathew Acevedo a été abattu après avoir reçu une balle d’un officier dimanche soir. Un jour plus tôt, Manuel Angel Diaz a été tué après un tir mortel de la police dans le secteur est d’Anaheim.

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Plus tôt mardi, les manifestants ont investi les marches de l’hôtel de ville et entouré la salle du conseil pour évoquer les récents faits de brutalité policière, lors du quatrième jour de ces manifestations.

Plus de 100 personnes sont venues protester, avec des pancartes qui  disent “flics porcs assassins” et “Pas de justice, pas de paix”.

Traduit de leur presse (Los Angeles Times, 24 juillet 2012) par Le Chat Noir Émeutier


Colère des manifestants au poste de police d’Anaheim après le tir mortel

Un groupe de manifestants a pris d’assaut dimanche (22/07/2012) le hall du poste de police d’Anaheim, environ une demi-heure avant que le chef de police John Welter s’exprime pour révéler plus de détails au sujet d’un officier impliqué dans le tir fatal de la veille qui a déclenché un affrontement entre une foule en colère et les enquêteurs.

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Aux cris de “Pas de justice, pas de paix” et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire “Justice pour le Manuel,” un groupe s’est rassemblé devant le commissariat à midi (22/07/2012), comme l’a signalé le Orange County Register. Environ une heure plus tard, ils étaient dans le hall.

Le groupe était nouveau à l’extérieur vers 13h40, a rapporté le journal. Il n’était pas vraiment clair si la conférence du chef aux médias – initialement prévue pour 13h30 – devait encore avoir lieu.

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Les tensions étaient élevées après le tir de samedi, qui a abouti à la mort d’un homme identifié par la famille comme étant Manuel Diaz, a rapporté le journal. Les autorités n’ont pas confirmé l’identité de la victime.

Le Sgt. Bob Dunn de la police d’Anaheim a déclaré au Times que l’incident s’est produit samedi lorsque deux officiers de police ont tenté de s’approcher de trois hommes dans une ruelle devant le bloc 600 de North Anna vers 16h00.

Il était difficile de comprendre pourquoi les officiers ont d’abord cherché à s’approcher des hommes, mais Dunn a dit qu’ils les ont poursuivis et l’un des agents a suivi l’un des hommes juste devant un complexe d’appartements au bloc 700 de North Anna, où le tir s’est produit vers 16h00.

L’homme a été transporté à l’hôpital, où il est décédé vers 19h00, ont annoncé les autorités.

La police est restée sur les lieux pour enquêter sur la fusillade, a dit Dunn, et ont été encerclés par un groupe de personnes qui ont commencé à lancer des objets sur les policiers, y compris des bouteilles et des pierres. À un moment donné, la foule a aussi poussé une benne à ordures en feu sur la police, selon des reporters.

Les agents ont utilisé des armes non létales et du gaz au poivre pour contrôler la foule, a dit Dunn. Un chien policier est sorti d’une voiture d’un officier et a blessé plusieurs personnes (2 personnes mordues) avant d’être tiré vers l’arrière, a-t-il ajouté.

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Le mois dernier, les responsables municipaux ont annoncé qu’un examen indépendant serait menée dans ce qui était décrit comme « des incidents principaux liés aux services de police », a indiqué le Register. L’enquête faisait suite à des manifestations hebdomadaires devant le poste de police, menées par des proches des personnes tuées dans officier impliqués fusillades.

Avant l’incident de samedi, les deux plus récents tirs mortels impliquant la police d’Anaheim ont eu lieu en janvier dernier, a indiqué le journal.

Traduit de leur presse (LA Times, 22 juillet 2012) par Le Chat Noir Émeutier

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 7 – « Huit ans pleins dans 9 mètres carrés »

Partie 7

On était sur un nuage on venait de régler le compte à un gros poisson de la 6t, donc plus rien nous était impossible ni inaccessible j’avais tapis rouge et dans les yeux des grands le regard avait changé.

Fini le Oumar qui jouait au foot en bas du bloc ça rigolait plus je voulais leur place sur la plus haute marche du podium et je savais y avait encore de la route…

Après un braquage qui s’est déroulé sans accroc je décide d’aller décom­presser à Center Parcs, pour réserver je me rends dans une agence en ville.

Je sonne puis entre et là OULALAAA une manifique belle blonde me dit :

La fille de l’agence : Bonjour que puis-je faire pour vous ?

Moi : Bonjour je voudrais réserver pour un week-end à Center Parcs en cottage VIP SVP.

La fille de l’agence : Oui mais vous avez une carte bleue ? Parce que sans carte bleue les réservations se font pas.

Moi : Désolé je n’ai que de l’espèce je suis prêt à payer plus cher si vous m’arrangez Mademoiselle.

Puis elle me fait un sourire et sort sa propre carte bleue je lui donne en insistant 100 euros de plus que le prix initial j’en profite pour lui demander à quelle heure elle finissait elle me dit 18 heures donc à 17h30 j’étais déjà devant l’agence dans ma voiture.

MDR j’étais une hyène LOL 18h15 enfin elle sort puis elle ferme l’agence.

Je m’approche elle me voit je lui dis :

Moi : Comme promis je suis là.

La fille de l’agence : Je vois ça.

Moi : Enchanté moi c’est Oumar et toi ?

La fille de l’agence : Élodie. Et tu fais quoi dans la vie ?

Moi : Je suis banquier.

C’est sur ce gros mytho que je la dépose chez elle. Je savais que elle m’avait pas cru mais bon on s’est revus le lendemain je l’ai amenée sur Paris au Champ-de-Mars (la tour Eiffel) et je lui ai offert une rose qu’un vendeur pakistanais vendait à la sauvette.

Resto italien à Pigalle et j’en ai profité pour négocier qu’elle vienne avec moi à Center Parcs comme je savais être persuasif j’ai réussi à la convaincre.

Et le week-end passé avec Élodie m’a semblé trop court mais trop bien inoubliable…

Je rentre à Mantes Kamel m’attend vénère et me dit :

Kamel : Laisse tomber t’étais où ? Ton tel messagerie tout le week-end tout le week-end je pensais que t’étais en GAV (garde-à-vue).

Moi : Nan j’étais chez ma tante à Paris LOL.

Kamel : Mytho va, obligé t’étais chez Jade.

Moi : Nan nan wallah.

Kamel m’en voulait mais bon je savais que ça allait pas durer, on était comme chien et chat LOL Kamel c’était le genre de mec fidèle en amitié un vrai poteau mais c’était un déglingo un vrai taré mais sa folie me plaisait LOL.

Un jour on revenait d’un braquage sur Paris on roulait tranquillement sur l’autoroute (A13) puis un mec au volant d’une voiture tuning nous fait un tête-à-queue [Plutôt une queue de poisson (Note des Éditions Antisociales)] dans un premier temps on calcule pas.

Pressés d’arriver à la planque le mec nous refait un tête-à-queue Kamel me regarde avec un petit sourire puis plonge sa main dans son sac de sport qui se trouvait derrière.

Je rattrape le clown qui faisait le mariole avec sa voiture de Barbie je me mets à sa hauteur ; Kamel charge le pompe et explose sa vitre arrière le mec s’est arrêté net bande d’arrêt d’urgence wallah des barres de rire pendant tout le trajet…

JE VOUDRAIS PRÉCISER QUE JE NE FAIS PAS L’APOLOGIE NI [NE SUIS] FIER DE LA VIOLENCE DE MES ACTES JE VOUS RETRANSCRIS JUSTE DES FAITS RÉELS SANS CENSURE C’EST MON PARCOURS CELUI D’UN GHETTO YOUTH UN MEC DE 6T PARMI TANT D’AUTRES QUI VOULAIT FAIRE DE SA VIE UNE VIE DE RÊVES JE REGRETTE RIEN CE QUI EST FAIT EST FAIT C’EST CLAIR ÇA AURAIT ÉTÉ À REFAIRE J’AURAIS MISÉ SUR LES ÉTUDES OU LES SPORTS PARCE QUE LE GRAND BANDITISME NE PARDONNE PAS DU CÔTÉ DE LA RUE OU DE LA JUSTICE ON TE FERA PAS DE CADEAU FAUT AVOIR LES REINS SOLIDES C’EST LA VIE QUE J’AVAIS CHOISIE J’EN PAYE AUJOURD’HUI LES CONSÉQUENCES QUE J’ASSUME À 100 POUR 100 HUIT ANS PLEINS DANS 9 MÈTRES CARRÉS…

C’ÉTAIT UNE MISE AU CLAIR JE N’INCITE PERSONNE À SUIVRE MON PARCOURS CHACUN MÈNE SA VIE COMME IL LE VEUT…

EXCEPTIONNELLEMENT POUR LA PARTIE 8 JE FAIS UN BOND DANS LE TEMPS.

UNE AVANCE RAPIDE POUR VOUS PRÉPARER À LA SUITE DE CE QUI VOUS ATTEND SI VOUS ÊTES PATIENTS ET ASSIDUS À MA CHRONIQUE BONNE LECTURE 🙂

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Des indiens s’insurgent en Amazonie brésilienne

Des indiens brûlent le commissariat et expulsent les policiers de la ville de Jacaréacanga en Amazonie brésilienne

En début de semaine dernière, près de soixante indiens Munduruku ont envahis, saccagés et brûlés le commissariat de la ville de Jacaréancaga en Amazonie brésilienne. Des centaines d’indiens avaient investis la ville pour protester contre la violence dont leur communauté fait l’objet. Le 23 juin dernier, Lelo Akay, indien de la communauté Munduruku avait été été tué à coup de couteaux. Les assassins avaient emportés avec eux quelques pépites d’or qu’il transportait. Deux suspects avaient été arrêtés par la police militaire puis relâchés aussitôt.

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Tandis que des centaines d’indiens protestaient dans la ville, réclamant vengeance pour la victime, une partie d’entre eux ont investis et brûlés le commissariat de la police militaire. Pendant le saccage du commissariat, des armes à feu — mitraillettes et revolvers — ainsi que des munitions ont été récupérées par les insurgés. Les policiers militaires qui étaient sur place ont fui les lieux sans présenter de résistance et ont quitté la ville. L’un d’entre eux a été blessé et envoyé à l’hôpital d’une ville voisine. Les manifestants ont arpentés la ville à la recherche des suspects dressant des barricades sur plusieurs routes. Ils auraient également menacés de brûler des bars connus comme des points de vente de drogue. D’après les propos de l’un d’entre eux, ils avaient l’intention de prendre comme otage le sergent de la police militaire Cajado.

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Cette région de l’Amazonie brésilienne, aux alentours du fleuve Tapajos, est connue pour les récurrents conflits agraire et la violence causée par l’appétit des exploitants de bois ou des chercheurs d’or.  Les assassinats de représentants indigènes ou de paysans sans terres y sont monnaie courante et sont presque toujours couverts par la police et les autorités locales.

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Adapté de leur presse (Estadão, 3 juillet) et reçu le 11 juillet 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 6 – « On taffait pas c’était pour les travailleurs les vacances de toute façon du coup »

Partie 6

Je venais de quitter Jade parce que elle avait appris que j’avais braqué le Décathlon de chez elle.

Elle m’a tapé un scandale j’ai pris ma voiture je suis parti sans me retourner, elle a essayé de reprendre contact avec moi mais c’était mort.

Avec la réaction qu’elle avait eue j’avais trop peur qu’elle me balance.

Je l’aimais encore mais j’étais persuadé que avec le temps ça passerait, j’avais raison c’est passé de toute façon à l’époque j’étais un diable trop de fierté pour l’appeler alors que j’étais parti comme un voleur, je savais que c’était du gâchis on était bien ensemble mais bon c’est la vie, même les bonnes choses ont une fin…

Me revoilà dans ma 6t en plein été une chaleur de fou, tout le monde allait en vacances moi je m’en tapais des vacances parce que pour moi toute l’année on était en vacances.

On taffait pas c’était pour les travailleurs les vacances de toute façon du coup.

Ça soûle, ça rôde, on tourne en rond dans la 6t chacun faisait semblant d’avoir des trucs à faire alors que rien que du bluff.

Y en a qui dealent mais bon je me vois pas vendre des barrettes dans un hall même si tous mes potes le faisaient.

Moi si je me lançais dans le shit c’est aux sources que j’irais chercher la marchandise quitte à faire autant le faire bien c’était ma devise…

Mais j’avais un grand respect pour les débrouillards qui font tout pour s’en sortir quitte à vendre des allumettes une par une dans un marché.

Malgré ce qu’on pouvait penser de nous on n’était pas des fainéants pour faire nos plans je vous assure on dormait pas et toute l’énergie qu’on a gaspillée à mettre dans le haram, je suis sûr que si on utilisait dix pour cent de cette énergie dans hallal on serait tous millionnaires, mais bon je l’ai compris à 28 ans après un parcours mouvementé mais va toi expliquer à un jeune enragé à peine majeur qui se prend pour Scarface, c’est à coups de pierres qu’il te reçoit.

Mais bon c’est l’erreur qui te fait avancer le plus important c’est de prendre compte de ses erreurs pour les gommer dans le futur c’est pas facile j’ai fait les prisons les plus dures de France j’ai côtoyé les plus grands voyous des mecs à 50 ans qui avaient pris trente ans de perpétuité mais quand je parlais avec eux on dirait qu’ils avaient pris deux mois de prison y a même un jour un ancien condamné à perpétuité qui m’a sorti « Le temps passe trop vite on n’a même plus le temps de profiter de la prison » c’était sur le ton de l’humour.

Mais bon fallait quand même le faire c’était pas des surhommes juste des mecs qui avaient choisi leur vie et qui assumaient totalement c’était la recette « ASSUMER » c’est comme ça qu’ils assument c’est ce que je mets en application chaque jour de ma vie j’assume tout ce que j’ai fait c’est ce qui rend la douleur en moi forte pas de place pour les regrets…

Cet été-là j’étais tout le temps avec un ami un frérot un soldat sur qui je pouvais compter les yeux fermés, un enragé comme j’aime mais il avait un défaut il était trop impulsif il démarrait pour rien.

Mais bon j’étais là pour le tempérer il est actuellement en prison ça fait dix ans pleins.

Bref dans la chronique je vais l’appeler Kamel…

Ce n’est évidemment pas son vrai prénom.

Cet été-là Kamel et moi rêvaient de faire un coup du siècle un plan de fou en attendant de trouver le coup qui va changer nos vies on se met à braquer des Intermarché des PMU des postes etc…

Des 30’000, 40’000 euros par-ci par-là on avait grimpé dans l’échelon de la violence on jouait en Ligue 1 là fini les fusils à pompe trop cramé j’avais un contact dans le 91 plan armes de fou donc le 11.43 (arme de voyou) entre dans nos armureries je voulais encore plus moi je visais la Ligue des champions mais comme Kamel et moi nous étions discrets rares ceux qui doutaient qu’on blaguait plus qu’on visait la cour des grands on s’est fondus dans la masse des jeunes avec qui on avait nous deux grandi nous deux seuls savaient que deux fois par semaine à l’aube on enfilait la cagoule et les gants…

Pour les grands de la 6t nous étions que des jeunes qui se contentaient de tenir les murs alors que on avait la dalle on n’avait peur d’aucune équipe…

Un jour Kamel et moi étions attablés dans un pub du centre-ville de Mantes-la-Jolie je sirotais tranquillement un verre d’orange lorsqu’un clando s’approche de nous et dit à mon pote :

Clando : Donne-moi une clope.

Kamel : Parle poliment ! Bref pour la peine j’te donne rien…

Clando : Tfoou !

Il en fallait pas plus à Kamel pour démarrer il lui a cassé le verre dans sa tête et le terminait au sol MDR.

Mais ce qu’on savait pas c’est que le pub appartenait à un gros grossiste ultra-respecté à Mantes et que le clando était son cousin…

Oulala même pas cinq minutes après une équipe de grands armés arrive vénère et quand ils s’aperçoivent que c’est nous ils se calment, et là le grand de la 6t me dit :

Le grand : Oumar t’as grandi trop vite tu oses venir dans mon pub pour taper mon cousin.

Moi : C’est ton cousin qui nous a insultés.

Le grand : Vous méritez des tartes dans la gueule.

C’etait le mot de trop je lui ai jeté ma chaise dans la bouche et on s’est sauvés en courant, en rigolant on réalisait pas ce qu’on venait de faire.

On venait de déclarer la guerre à un des mecs les plus puissants de Mantes-la-Jolie mais bon on assume.

On arrive en courant dans la 6t tout le monde était déjà au courant que j’avais jeté ma chaise dans la tête du GRAND la plupart des mecs me disaient « T’ES UN OUF ILS VONT VENIR TE LEVER » ce qu’ils savaient pas c’est que je les attendais de pied ferme je savais que tôt ou tard il viendrait avec son armée de lèche-cul…

J’étais assis avec Kamel dans la terrasse d’un café turc qui était juste en bas de chez moi quand tout à coup des grincements de pneu six mecs armés de flash-balls se ruent sur notre table.

Comme un chat je pris la fuite, et mon pote se mange une balle en caoutchouc mais il est arrivé à se sauver là wallah ils savaient pas mais le retour de bâton allait être chaud ma vengeance fut violente.

Le soir même Kamel deux autres poteaux et moi on déboulait cagoulés armés jusqu’à dans leur pub wallah j’ai vu la peur dans les yeux des grands.

Kamel inarrêtable saccage tout pendant que le grand me demande pardon wallah il avait pas de fierté il était à mille lieues de penser que des petits de sa 6t débarquaient pour lui mettre une fessée monumentale notre culot a fait beaucoup parler de nous dans la 6t tout le monde était prévenu on avait peur de personne chaque manque de respect serait payé au triplé mais on sous-estimait personne ni grand ni petit.

« TU PEUX ACHETER UN PORSCHE MAIS LE RESPECT NE S’ACHÈTE PAS IL SE GAGNE. »

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Le Japon joue avec le feu

Depuis le séisme et le raz de marée de mars 2011, une piscine de déchets nucléaires menace de s’effondrer à la centrale de Fukushima. Le bassin est suspendu à 30 mètres au dessus du sol, accroché à des murs tordus et gangrénés par les explosions, éventrés par les vagues du raz de marée. Si la piscine s’effondre, de monstrueuses radiations (100 fois Tchernobyl) rasent le Japon. Depuis un an et demi Tepco et le gouvernement japonais sont totalement  radio-inactifs, ce qui rend le scénario de l’effondrement réaliste.

Depuis le séisme et le raz de marée de mars 2011, la piscine de déchets nucléaires ruinée du réacteur 4 de Fukushima menace de s’effondrer. La passoire est suspendue à 30 mètres au dessus du sol, accrochée à l’épave du réacteur. Cette piscine défoncée contient près de 250 tonnes de combustible usagé mêlées à des tonnes de déjections issues de l’explosion du bâtiment en mars 2011.

Japon : vers une terre inhabitable

Si la piscine s’effondre le combustible éclate, chauffe et devient une source de monstrueuses radiations mortelles (10 fois la quantité de césium 137 relâché par Tchernobyl). Des radiations tellement importantes et dangereuses qu’elles empêchent l’Homme de s’approcher à moins d’un kilomètre. Et l’empêche donc de perfuser à l’eau froide les 3 coriums de la centrale. Les 3 coriums livrés à eux même dégagent des quantités hideuses de radiations (100 fois Tchernobyl) qui ont pour conséquences l’abandon de la centrale nucléaire et celle d’à côté, Fukushima Daini, qui à son tour dégage d’apocalyptiques radiations, etc. Jusqu’à faire du Japon une terre inhabitable et du reste du monde une vaste décharge nucléaire.

Un scénario inévitable

Pour le moment le scénario le plus hideux est inévitable. Les murs qui portent la passoire sont gangrénés par les 3 explosions qui ont eu lieu dans la centrale nucléaire, éventrés par les vagues du raz de marée de mars 2011 et suintent l’eau radioactive depuis un an et demi. Le système de perfusion qui refroidit la passoire de l’unité 4 n’a pas d’installation de secours et tombe régulièrement en panne. Des tremblements de terre violents ont lieu plusieurs fois par jour. La saison des typhons démarre au quart de tour cette année, les tornades les plus violentes enregistrées au Japon se sont déchaînées au mois de juillet dans la préfecture voisine de Fukushima. La ruine nucléaire n° 4 peut s’effondrer à tout moment.

Des dirigeants irresponsables et corrompus

Tepco, l’entreprise aux manettes du monstre, affirme qu’il n’y a pas de risque d’effondrement de la passoire et qu’elle compte passer plusieurs années à transférer le poison atomique qu’elle contient vers un lieu sûr. Plusieurs années avant de vider la passoire ?! Plusieurs années à essuyer l’usure du temps, la pluie, les tornades, les typhons, les tremblements de terre quotidiens et les erreurs humaines ?! Cela revient à attendre qu’elle s’effondre.

Le gouvernement japonais est plus radio-inactif que jamais, corrompu par l’industrie de l’atome, il n’a qu’une idée en tête : redémarrer les réacteurs nucléaires qui sont actuellement à l’arrêt et siéger au conseil d’administration de Tepco à la fin du mandat. Tepco et le gouvernement japonais sont incapables de gérer cette  situation d’hyper crise ; c’est une aide internationale dont a besoin le peuple japonnais.

Auto organisation du peuple

Le peuple japonais et 70 organisations locales ont saisi l’ONU pour demander que l’organisme international contrôle et gère le plus rapidement possible le transfert du poison atomique de la piscine 4 vers un lieu sûr, à la place de leur gouvernement et Tepco. Détails accablants : la demande d’aide faite à l’ONU dénonce l’irresponsabilité des dirigeants japonais (« ils sont incapables de gérer la crise »), l’aveuglement de Tepco (« ils considèrent qu’il n’y a pas de danger ») et décrit une « menace mondiale jamais égalée dans l’histoire de l’humanité ».

Circulez y a rien à voir

C’est pas en France qu’on entendra parler du problème. Avec tout le fric que l’industrie mortifère du nucléaire balance dans les média, on est pas près d’avoir des infos sur la Passoire n° 4 à la télé, dans les journaux ou sur les ondes. D’ailleurs on en a pas entendu parler pendant la campagne des présidentielles, malgré que certains affirmaient vouloir fermer des centrales.

C’est pas à Lyon qu’on entendra parler du problème, avec 4 réacteurs nucléaires ultra puissants au Bugey qui menacent en permanence de déclencher un accident surpuissant (et imprévu), faudrait pas inquiéter la population ; les communes qui entourent la centrale, dont celle de Lyon sont menacées de contamination mais aussi celles de Saint-Étienne et de Valence situées sur le trajet des vents dominants. Voire, en cas de sur-accident comme au Japon, la menace de contaminer la totalité du pays.

Cette industrie de la mort est insupportable au pays des vivants.

Fermons toutes les hideuses centrales nucléaires en France comme au Japon ou ailleurs, les sources d’énergie sont nombreuses et suffisantes. Et filons un coup de main au peuple japonais à défaut d’un coup de pied bien placé à ses dirigeants.

P.-S. : Suite à l’accident de Fukushima, Tepco est en cours de nationalisation.

Reçu de Cocolysh le 13 juillet 2012

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1er-10 août 2012 : Appel de Contra Info pour des actions de propagande contre la répression

Nous faisons un appel pour dix jours d’actions de propagande, dans le plus grand nombre d’endroits possibles, visant à promouvoir les luttes plus ou moins connues mais aussi celles entièrement inconnues par le grand nombre. Les individus et/ou groupes qui désirent prendre part à ces dix jours d’actions vont choisir la thématique et les moyens en accord avec leurs propres critères et dynamiques, pour le renforcissement de la solidarité internationale et réciproque parmi les opprimé(e)s.

Nous sommes nombreux(ses) à suggérer de s’attaquer à la rue, peindre des slogans et accrocher des bannières en solidarité avec les causes que nous croyons importantes d’être entendues. Nous avons fait ça à Athènes durant les derniers mois, et vous l’avez probablement fait aussi, à plusieurs occasions. Mais nous avons besoin de faire un pas de plus, et de mener ce genre d’actions simultanément à un niveau Européen, et, espérons-le, plus loin. Plusieurs d’entre nous sont en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Serbie, Portugal, Grèce, mais aussi en Amérique, or nous avons la possibilité de faire quelque chose de beau avec une simple action. Pour ceux qui se sentent tous seuls dans les endroits où ils vivent, ça pourrait sembler plus difficile… mais tout ce dont vous avez besoin est d’une feuille, de peinture, et d’un bon endroit. Peu importe où vous êtes, appelez vos copines/ains et répandez l’appel.

Du 1er au 10 août, nous pourront dresser des bannières, poser des affiches, distribuer des tracts, écrire des slogans sur les murs, ou mener toute autre action qui encourage la diffusion du discours anarchiste/libertaire au-delà des frontières du pays/langage. Or nous nous attendons à recevoir et disséminer du matériel photographique ou écrit provenant des actions des camarades, peu importe où elles/ils soient.

À la début Août, nous coordonnerons nos efforts et lèveront nos têtes hautes contre l’oppression et la société de prisons, contre l’État et ses frontières, contre le Capital et ses profits. Nous pouvons être nombreux-ses ; nous pouvons être partout.

Vers une guérilla de l’information…

Réseau de contre-information et de traduction Contra Info

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