[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 9 – « Le quartier était encore sous le choc de ces huit nuits d’émeute consécutives c’était notre Mai 68 à nous »

Partie 9

JE FAIS UN FLASH-BACK (retour en arrière) SUR MA JEUNESSE DÉBUT DES ANNÉES 90 SUR LES BANCS DE L’ÉCOLE ET DÉCRIRE LE VAL-FOURRÉ (la cité de Mantes-la-Jolie) DANS QUELLE AMBIANCE ON A GRANDI ET D’OÙ NOUS VIENT CETTE MENTALITÉ PIRATE…

Début des années 90 le rap hip-hop s’imposait dans les 6t on était à fond dedans cette nouvelle musique contestataire qui revendiquait appartenir à la rue ça nous parlait donc, on a épousé sa cause cette musique nous ressemblait on se reconnaissait à 100 % dans cette musique.

À cette epoque les Little MC, Assassin, et NTM sont les premiers groupes de la scène parisienne, les STK qui se font appeler maintenant Expression Direkt font un ravage dans le 78 au même moment dans le Sud un jeune groupe marseillais (IAM) débarque mais le premier groupe qui a osé rapper en concert en français c’était les Little MC (groupe du 94).

Parce que avant eux y avait que du rap en cainri je me rappelle j’écoutais dans ma chambre Radio Nova avec le poste cassette du daron j’aimais trop la chanson Rouleur à l’heure du groupe « Sai Sai » on la chante en boucle à la récréation LOL c’était l’époque de l’insouciance tout le monde était beau, tout le monde était gentil.

On se cassait le dos au break et à la danse du combat (ce qui s’appelle aujourd’hui une battle) je m’en rappelle wallah on était sapé à la Arnold et Willy j’avoue le look c’était pas le point fort de nos daronnes le pire c’était la cagoule avec l’ouverture dans le visage oulala j’avais la honte grave quand je portais cette cagoule que ma mère avait achetée dans une friperie wallah elle achetait nos habits au poids c’était 5 francs le kilo des habits déjà portés par Pierre Paul ou Jacques MDR mais comment en vouloir à nos daronnes c’était la dèche donc elles faisaient comme elles pouvaient.

DÉDICACE À TOUTES NOS DARONNES…

1991 alors que MITTERRAND le Parti socialiste (PS) était au pouvoir à Mantes-la-Jolie il y avait les plus grandes émeutes de son histoire tout a brûlé magasins, voitures, bus, c’était le K.O. total.

Deux jeunes du Val-Fourré s’étaient fait fumer par la police.

Un en GAV et l’autre abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il prenait la fuite en voiture volée et du côté de la police une policière succombe à ses blessures elle s’est fait tamponner par un jeune du Val-Fourré qui a forcé un barrage de flics donc Mantes-la-Jolie était à feu et à sang plus de quarante camions de CRS inondaient les rues de ma 6t.

À cette période j’étais en CM1 on avait une prof espagnole c’était la plus sévère de l’école.

Une prof à l’ancienne au moindre faux pas c’était un coup de gifle LOL qu’elle te corrigeait elle avait une règle métallique qu’elle avait surnommée « Marguerite » elle te tapait sur les doigts avec ça laisse pas de trace et ça t’enlevait toute envie de recommencer MDR nos parents étaient analphabètes pour la plupart donc facile pour nous de dissimuler nos lacunes en grammaire jamais j’ai fait mes devoirs dans toute ma vie, mes parents savaient même pas que ça existait LOL le seul RDV que mon daron me faisait jamais rater c’était le journal de 20 heures.

J’étais son traducteur officiel il m’a tué avec son journal MDR en plus je disais n’importe quoi comment lui traduire un truc que je comprenais même pas…

« JE NE LE SAVAIS PAS ENCORE MAIS J’ÉTAIS DE LA GÉNÉRATION PAS D’ICI NI D’AILLEURS ENTRE PATIENCE ET FUSIL-MITRAILLEUR » LE BANDITISME C’EST UN PIÈGE À LOUP QUAND TU Y METS LES PIEDS TU PERDS TES GENOUX…

MAIS BON ÇA C’EST UNE AUTRE HISTOIRE… Le quartier était encore sous le choc de ces huit nuits d’émeute consécutives c’était notre Mai 68 à nous (révolte de jeunes étudiants qui font avancer les conditions de vie en France en mai 1968) je commençais à comprendre que malgré que chez moi tout se passait bien y avait un malaise on nous considérait pas, montrés du doigt par les médias un début de réflexion émergeait dans mon cerveau mais j’étais encore trop jeune pour comprendre…

Un jour pendant les petites vacances scolaires alors que je devais aller à l’école coranique mais avec deux potes on décide de sécher pour faire un goûter mais sans argent.

On se rend chez le magasin arabe qui était fermé de 13 heures à 13h30.

Le commerçant mettait une bâche en plastique sur son étalage de fruits et légumes, le temps de la pause c’est à cet instant qu’on décide de se glisser sous la bâche remplir nos poches à ras bord.

Puis dans la boutique d’en face on achète avec la consigne des bouchons de bouteille ramassés une bouteille de « Roc » (soda imitation Coca dégueulasse) puis au passage quelques tablettes de chocolat volées ça y est on était prêts pour le goûter on décide de le faire sur le toit de notre école.

Alors que l’on déguste tous les trois notre butin on cherchait notre classe une fois qu’on l’a trouvée comme on était rassasiés on n’avait plus faim les fruits qu’il nous restait on les a jetés dans les carreaux de notre classe nous étions tous les trois dans la même classe comme fallait toujours que je foute la merde je commence à jeter des pierres sur la vitre.

La vitre explose sous mes rafales de pierres on s’est fait jurer d’en parler à personne de ce qui venait de se passer…

Quelques jours plus tard c’était la rentrée on arrive en classe et à la vue des vitres cassées mes deux acolytes et moi on se regarde avec un méchant sourire.

C’était pour toutes les gifles qu’elle nous avait mis, mais on avait oublié qu’elle était trop maline et qu’elle avait beaucoup d’expérience et que pour lui faire à l’envers à cette prof fallait se lever tôt.

Pendant la récréation elle convoque un par un les mecs de la classe et les teste avec ses questions pièges du genre « Untel m’a dit que c’était toi qui avait cassé les carreaux ».

Quand ce fut à mon tour je nie tout en bloc j’ai rien vu j’ai rien entendu même mon deuxième poteau pareil il avait tenu sa langue mais le troisième une vraie flipette wallah il nous avait donnés normal on s’est fait tuer elle a appelé nos trois darons qui nous ont fini devant toute la classe MDR.

QUE DES BONS SOUVENIRS MÊME SI AVEC TOUTES MES BÊTISES ÉTANT JEUNE MON DARON ME FAISAIT SOUVENT DES COMBATS DE CATCH LOL.

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1 réponse à [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 9 – « Le quartier était encore sous le choc de ces huit nuits d’émeute consécutives c’était notre Mai 68 à nous »

  1. anne dit :

    Donner des infos sur ces chroniques et des liens vers le site des éditions antisociales ou autres où on peut les chopper c’est bien, par contre tout mettre sur le site du jura, c’est relou.

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