[« La loi garantit à tous le droit à des soins de santé rationnels, appropriés et adéquats », art. 23 de la nouvelle Constitution participative islandaise] « On veut qu’il y ait une levée de l’obligation vaccinale au DTP »

Nantes. Faute de vaccin, une élève exclue de l’école

Depuis vendredi [8 février 2013], Louna, 4 ans et demi, est exclue de l’école. La raison ? Elle n’est pas vaccinée contre le DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite), vaccin obligatoire.

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Les parents de Louna, Sophie Maisonneuve et Sébastien Heyn, qui vivent au Landreau, ne sont ni des « illuminés » ni de farouches opposants de la vaccination. Ils sont même prêts, assurent-ils, à faire vacciner leur fille contre le DTP. Problème : depuis 2008, ce vaccin seul a été retiré du marché. Aujourd’hui, il se présente sous une autre forme : DTP et coqueluche, DTP et hib (haemophilus) ou DTP et hépatite B.

« Or, à part le DTP, ces vaccinations ne sont pas obligatoires, explique Sophie Maisonneuve. Comme ils ne sont pas obligatoires, si l’enfant déclare une maladie post-vaccinale, l’État se désengage. Et ne verse aucune indemnisation en cas de handicap. » Car cette nouvelle forme du vaccin comporte des adjuvants. « Autant le DTP seul est un vaccin relativement propre, autant ceux-là comportent des risques », estiment les parents de Louna.

Louna est entrée à l’école La Sarmentille, en 2011. Avec un carnet de vaccination vierge. « Jusqu’à présent, malgré les discussions, il y avait une certaine tolérance. On a expliqué notre position : oui au DTP, mais pas au reste. » Depuis la rentrée dernière, les choses se sont durcies. L’Inspection académique a envoyé plusieurs courriers à la famille, « nous disant qu’on était hors-la-loi ».

« S’il le faut, on ira plus loin »

Une alternative existe : une autre vaccination peut remplacer le DTP. « Le Dtvax et l’Imovax. Il faut un protocole particulier, en passant par un médecin qui fait une demande auprès du laboratoire Sanofi. »

Sophie Maisonneuve et Sébastien Heyn ont fait cette démarche. « Mais les vaccins sont toujours dans notre frigo, dit la maman. Il y a du mercure dedans. On n’en veut pas. »

Aujourd’hui, c’est l’impasse. Ce que souhaitent les parents de Louna ? Que leur fille retourne à l’école le plus vite possible. « On veut qu’il y ait une levée de l’obligation vaccinale au DTP, puisqu’on ne peut pas satisfaire cette obligation sans injection d’autres vaccins qui, par ailleurs, ne sont, eux, pas obligatoires. » Pour l’Inspection académique, la règle est claire : sans cette vaccination obligatoire, pas d’accueil possible à l’école.

La famille est soutenue par l’Unacs (Union nationale des associations citoyennes de santé). Son avocat a fait une demande de référé auprès du tribunal administratif pour annuler l’exclusion de Louna. « S’il le faut, on ira plus loin », insistent les parents.

Leur presse (Yasmine Tigoé, Ouest-France.fr, 12 février 2013)

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[Notre presse] L’Épine Noire n° 3, hiver 2013

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L’Épine Noire, contre-information sur Poitiers et ses alentours

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Appel de Lyon à la constitution de comités de lutte contre l’accord emploi

Appel de Lyon

Contre l’accord sur la « compétitivité et la sécurisation de l’emploi » et pour le retrait du projet de loi : APPEL À LA MOBILISATION

Nous, le Comité de lutte de Lyon, considérons l’accord gouvernement/MEDEF/CFDT sur la « compétitivité et la sécurisation de l’emploi », récemment converti en un projet de loi scélérate, comme une déclaration de guerre au monde du travail.

Il prévoit notamment :

• Que les plans sociaux deviennent désormais une simple formalité, et que les recours deviennent, eux, presque impossibles ;

• Que les salarié-e-s perdent toute possibilité efficace de recours individuel face aux licenciements, particulièrement aux Prud’hommes, réduits à l’impuissance ;

Que des « accords » signés le couteau sous la gorge, entreprise par entreprise, puissent désormais se substituer au contrat de travail, aux conventions collectives, au droit du travail lui-même. Les patron-ne-s auront désormais toute latitude pour baisser les salaires et durcir les conditions de travail, dans des conditions bien pires que celles prévues par les dispositifs Sarkozy / Fillon mis en place ces dernières années.

• De nombreuses dispositions amplifiant la précarité : mise au chômage partiel facilitée, « mobilité volontaire sécurisée », « Contrat Intermittent », etc.

• Des attaques contre la sécurité sociale et l’assurance chômage, avec à la clé une individualisation des droits, creusant les inégalités, ainsi qu’un pactole de plusieurs milliards pour les sociétés d’assurance privées (« complémentaires santé »).

Il faut donc enclencher la lutte.

Nous saluons à ce titre le travail des syndicalistes dans d’innombrables entreprises afin d’informer et de mobiliser sur cette question. Leur combat est le nôtre.

Nous saluons également le combat de tou-te-s les travailleuses et travailleurs qui luttent contre les licenciements et les baisses de salaire, un combat qui va dans le même sens que notre lutte contre l’accord qui est destiné à les aggraver.

Aucun effort ne doit être épargné pour répondre coup pour coup à cette attaque d’une violence inouïe. C’est pourquoi nous appelons, sur tout le territoire, à la constitution de Comités de lutte ouverts à toutes et à tous, syndiqué-e-s comme non-syndiqué-e-s :

• Pour exiger le retrait immédiat et sans conditions de ce projet de loi et de toute autre clause issue de l’accord ;

• Pour combattre tout plan de suppression d’emplois ;

• Pour organiser et renforcer partout le rapport de force avec le gouvernement, avec le pouvoir capitaliste.

Travailleur/euse-s, ouvrier-e-s, employé-e-s, précaires et privé-e-s d’emploi, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, apprenti-e-s,

Organisons-nous et Mobilisons-nous !

Comité de lutte 69 contre les accords sur l’emploi

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[Jurançon] Expulsion du Nid béarnais

La Croix rouge expulse le Nid béarnais

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Nid biarnés, 13 février 2013

 

Jurançon : des squatteurs expulsés du Nid béarnais au petit matin

Les squatteurs du Nid béarnais ont reçu, mercredi matin, la visite des forces de l’ordre. Cette propriété de la Croix -Rouge est en vente depuis 2007.

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Le jour se lève, hier mercredi, sur la lugubre forêt d’hiver des coteaux de Jurançon. Squatté depuis quatre mois, le Nid béarnais dort encore. Les véhicules de 35 CRS de Marseille et d’une vingtaine de policiers de Pau empruntent le chemin qui mène à cette propriété de la Croix -Rouge en vente depuis 2007. L’expulsion annoncée vient de commencer.

Tandis que l’accès au site reste interdit aux curieux, les forces de l’ordre procèdent aux fouilles des nombreux bâtiments. Des chiens aboient. Au bout d’une heure, six jeunes gens finissent par être identifiés. Ils sont sommés de débarrasser les lieux et ne sont qu’à moitié étonnés. « On savait qu’ils allaient débarquer. Mais franchement, on ne s’attendait pas à voir autant de flics ».

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Laboratoire culturel

L’un d’entre eux, tête baissée, rassemble ses affaires dans un chariot à roulettes. Impuissant, un autre regarde son fourgon se faire hisser sur le plateau d’un camion. À cause d’un défaut d’assurance, son propriétaire ne pourra pas l’utiliser pour déménager. Le réveil est tout aussi rude que résigné. « Ils auraient pu attendre la fin de l’hiver », lâche celui-ci sans opposer de résistance.

« Ils vident ma maison, là. Je ne sais pas trop quoi dire. On n’a pas vu le coup venir », ajoute Flo, un des membres de la communauté qui s’était formée, ici, au fil du temps. Ils avaient fini par créer « Lo nid biarnes », un « laboratoire culturel, social et artistique » soutenu par le mouvement Libertad. « Notre but était de créer un lieu d’échange, de partage et d’entraide. On y trouvait des fringues ou de la nourriture sans que le fric soit un problème. C’était une manière, pour nous, de désengorger les centres sociaux », poursuit Flo, sans quitter des yeux le camion qui transporte son fourgon. « Ils brassent des millions sur le dos de la misère. Nous, on ne demandait rien à personne », grogne son voisin.

Le Nid béarnais était, en effet, devenu un rendez-vous comparable, dans une certaine mesure, à La Goutte d’eau, en Aspe. Les jeunes au look de « travellers » s’y croisaient pour y faire la fête et refaire le monde. Avec l’appui des réseaux sociaux, des « flyers » circulaient pour lancer des invitations à des soirées thématiques dans le but de soutenir les résidents. Au début du mois, étaient ainsi organisés des concerts rock ou punk, un carnaval ou encore un débat sur la « lutte en Argentine ». Il était possible d’y croiser plusieurs dizaines de personnes.

Occupation illégale

Leur rêve s’est heurté à la notion de propriété privée retenue par la décision de justice qui vient de leur être rappelée. « L’occupation était illégale même si elle concerne des habitations de la Croix-Rouge. Le propriétaire a souhaité récupérer le bien, c’est simple », commente le maire de Jurançon, Michel Bernos.

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Patrick Lepeault, directeur régional de la Croix Rouge

« Au départ, il n’y avait qu’une seule personne. D’autres l’ont rejoint. Nous avons tout entrepris pour tenter de trouver une solution. Nous leur avons proposé des relogements. Ils ont tout refusé en bloc », explique les responsables régionaux de la Croix-Rouge, Patrick Lepaud et Thierry Boutrand. « Ils vivaient dans une forte précarité, sans eau, sans sanitaire. On les a encore rencontrés il y a une dizaine de jours. Sans résultat. »

Dans ces maisons abandonnées au milieu de plusieurs hectares, les « marginaux » ont beau rappeler qu’ils ont remis en état le plus de choses possibles : les voilà condamnés, aujourd’hui, à refaire le monde ailleurs.

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (Patrice Sanchez, SudOuest.fr, 14 février 2013)

 

Jurançon : expulsion au Nid béarnais

Une cinquantaine de policiers et de CRS sont intervenus ce mercredi matin.

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À Jurançon, ce mercredi matin, vers 7h30, une trentaine de CRS et une vingtaine de policiers ont procédé, dans le calme,  à l’expulsion de six personnes qui squattaient, depuis quatre mois, les locaux de l’ancien Nid béarnais, une propriété de la Croix rouge en vente depuis 2007.

Suite à une décision de justice, l’usage de la force publique avait pour but de permettre à  la Croix rouge de récupérer son bien.

« Le Nid béarnais accueillait des enfants handicapés. Il a finalement été vendu. Le produit de cette vente doit servir au montage financier de notre nouvelle implantation de structure qui est fonctionne déjà près de l’hôpital de Pau. Il y avait aussi urgence pour nous », explique Thierry Boutrand, le chargé de communication de la Croix-Rouge.

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« On savait qu’ils allaient débarquer mais là, on n’a pas vu le coup venir. On ne s’attendait pas à voir autant de flics », commente Flo, un des membres du site rebaptisé « Lo nid biarnès » destiné, selon ses défenseurs, à devenir un lieu alternatif « d’utilité publique ».

« Nous les avons rencontrés pour tenter de trouver des solutions de relogement. Ils ont repoussé toutes nos offres », explique le directeur régional de la Croix rouge, Patrick Lepault.

Les serrures ont été changées et l’empierrement du chemin d’accès bloquera d’éventuels retour sur le site.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Patrice Sanchez, SudOuest.fr, 13 février 2013)

 

Jurançon : la justice ordonne l’expulsion des squatteurs

Les squatteurs du Nid Béarnais ont quinze jours pour faire appel.

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Les anciens locaux du Nid Béarnais appartenant à la Croix Rouge

Saisi en référé par la Croix Rouge, le tribunal d’instance de Pau a ordonné, ce mardi matin, l’expulsion des squatteurs des anciens locaux du Nid béarnais situés à Jurançon.

Ces locaux à l’abandon appartiennent à l’association qui envisage de les revendre. Ils sont squattés par une dizaine de personnes depuis le 1er novembre. Une occupation qu’ils affirment politique, visant à revendiquer leur droit au logement.

Les squatteurs ont quinze jours pour faire appel et ne peuvent être expulsés avant l’expiration de ce délai.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (SudOuest.fr, 15 janvier 2013)

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[Marseille, samedi 16 février] Invitation au repas populaire de La Plaine

Samedi 9 février après le marché, pour terminer en beauté une semaine de cantine où tous et toutes étaient convié-e-s, nous avons fait un barbecue sur la Plaine.

Sous prétexte que les grillades en ville sont dangereuses car il y a des enfants, la police a rapidement mis fin à ce joyeux banquet à grands coups de lacrymogène.

Leur réaction, ne prenant en compte en aucune façon la présence d’humains autour, fut violente et disproportionnée : tentative de renverser le barbecue brûlant, utilisation de gazeuse à bout portant, coups et blessures.

La fumée du tofu doré et les quelques braises qui rougeoyaient, furent décrétées plus dangereuses qu’un nuage de gaz toxique.

Citation de la police : « C’est un espace public vous n’avez pas le droit d’être là sans autorisation. »

Aujourd’hui la rue n’a pas vocation à être partagée au-delà de normes imposées.

Qu’est-ce que l’espace public ?
Qui peut y concrétiser ses envies ?
Comment se réapproprier notre ville ?

Nous vous convions donc au repas populaire de La Plaine samedi 16 février avec vos recettes préférées.

Nous avons encore Faim. Pas de gaz mais de harissa et de mets délicats.

Marseille Infos Autonomes, 13 février 2013

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[Le chômeur avait un nom] In memoriam Djamal Chab

Dans un premier ce chômeur n’avait pas de nom, comme pour le Malien tué par la police et la personne qui a été tuée dans une explosion dans une usine nucléaire, il a fallu chercher pour connaître l’identité de ces personnes. À Nantes il s’appelait Djamal Chab.

Si « tout a été fait avec humanité » cela veut dire que ce sont les règles qui sont inhumaines.

Pour essayer de comprendre, il faut se replacer du point de vue du contrôle social : C’était un « fraudeur ! »

Il n’avait pas déclaré une période de travail en intérim et avait continué à percevoir ses indemnités chômage. Pôle Emploi lui a demandé de rembourser ce trop perçu. Sa période de travail non déclarée ne pouvait pas être prise en compte dans ses droits, pourtant comme tout salarié du privé il avait cotisé pour cela.

La somme en jeu était de 600 euros. Au même moment on apprend que Carlos Ghosn gagne 36’000 euros par jour et qu’il propose de reporter une partie de ses gains pendant 3 ans et qu’il ne gagnerait que 26’000 euros par jour si les ouvrie-ères acceptent son chantage à la « compétitivité ».

La France socialiste pue et refuse de se regarder dans le miroir, le capitalisme continue sa ronde infernale.

Philippe Coutant – Nantes, le 15 février 2013 / Infozone, liste d’information pour la France sauvage

 

Nantes : Premier rassemblement pour que Djamal Chaab, chômeur immolé ne soit pas mort pour rien

Quelques dizaines de personnes ont tenté de se rassembler devant le Pôle Emploi où Djamal Chaab, chômeur en fin de droits d’indemnisation s’est immolé la veille.

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Les lieux étaient bouclés par la police, une dizaine de fourgon CRS selon les personnes sur place et des fouilles systématiques. Plusieurs dizaines de journalistes étaient aussi présents. Une participante témoigne.

Il devait y avoir une quarantaine de militants, le même nombre de CRS formant un périmètre protégé autour du Pôle Emploi (fermé) et beaucoup de journalistes désœuvrés (imaginez une quarantaine de militants dans une zone indus à plus de trente mètres du lieu visé). L’ambiance était un peu morose, une indignation froide, heurtée par le déni d’expression des forces de l’ordre. Un dégoût. Franchement, l’agglutinement des journalistes faisant peine à voir.

Beaucoup de ceux qui n’ont pu participer dénoncent la précarité et souhaitent que le geste désespéré de Djamal n’est pas servi à rien. Un nouveau rassemblement est ainsi organisé à Nantes ce samedi 17 février à 15h Place Royale. Une journée nationale de rassemblement devant tous les Pôles Emploi pourrait ensuite suivre le mardi 20 février. (…)

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Le Pôle Emploi de Nantes Est sous surveillance à l’annonce du rassemblement

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Raphaël Rezvanpour, ActuaLutte.com, 14 février 2013

 

Clermont-Ferrand : le Pôle Emploi occupé après le suicide d’un chômeur à Nantes

(…) Le suicide par immolation d’un chômeur hier à Nantes a suscité une onde de choc dans le pays en pleine période de crise.

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Dans la capitale auvergnate, une quinzaine de militants associatifs (Chomactif et Mouvement National des Chômeurs et Précaires) a décidé d’occuper la direction du Pôle Emploi, avenue Michelin à Clermont-Ferrand, pendant deux heures, pour alerter sur la gravité de la situation. Ils sont parvenus à rencontrer le directeur pour lui faire connaître leurs revendications : augmenter les moyens pour « améliorer l’accueil du Pôle Emploi » et instaurer un revenu minimum pour tous. (…)

Presse esclavagiste (LaMontagne.fr avec l’Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

Nantes. 170’000 € grugés à Pôle emploi depuis la prison

Six hommes et une femme ont comparu, ce jeudi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Nantes, soupçonnés d’avoir escroqué 170 000 € à Pôle emploi. L’un d’eux agissait depuis la prison.

Faux documents

Particularité de ce dossier : les faux documents permettant de toucher les allocations ont été édités depuis un ordinateur du centre de détention par un escroc qui y purge une peine.

Les « bénéficiaires » de ces documents, jugés pour escroquerie, parlent de « kits Pôle emploi ». Ils contenaient des faux bulletins de paye et des lettres de licenciement bidon. À leur sortie de prison, ils présentaient ces documents à Pôle Emploi. L’un d’eux a ainsi perçu 40 000 € sans avoir travaillé.

De lourdes peines requises

Au lendemain du suicide d’un homme désespéré s’immolant devant Pôle Emploi, à Nantes, le procureur, Yann Richard, s’est appuyé sur la dramatique actualité pour ouvrir son réquisitoire.

« L’actualité démontre que beaucoup de Français qui ont bel et bien travaillé se retrouvent dans des situations dramatiques. Des gens commettent des actes irréparables faute de sous pour se nourrir… Je ne trouve pas ça drôle du tout de prendre indûment près de 200’000 € à Pôle Emploi. »

Il a requis de lourdes peines, jusqu’à 3 ans ferme, selon les casiers judiciaires des sept prévenus. Délibéré le 28 mars.

Presse carcérale (Franck Dubray, Ouest-France.fr, 14 février 2013)

 

Chômeur immolé à Nantes : la famille dit son incompréhension

Une infinie tristesse et une profonde incompréhension. Attablés dans leur cuisine, les beaux-parents de Djamal C., ce travailleur précaire en fin de droits de 41 ans qui s’est immolé par le feu mercredi après-midi devant son agence Pôle Emploi de Nantes (Loire-Atlantique), ressassent leur désarroi face à ce geste tragique. « J’avais beaucoup d’estime pour lui. Il nous a flingués », souffle son beau-père très affecté par la disparition de ce gendre « honnête, droit, poli et intelligent ».

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« On l’a aimé et il nous aimait aussi », renchérit son épouse, au bord des larmes. Il y a cinq ans, leur fille Nicole avait rencontré Djamal en Algérie. À l’époque, ce fils d’un tailleur réputé de Sidi Bel Abbès travaillait dans le monde du théâtre, à la confection des décors. Le couple s’était ensuite marié en France avant de s’installer dans un quartier tranquille de l’est de Nantes. Il avait noué de nombreuses amitiés. « Djamal s’était beaucoup impliqué auprès de la famille de l’un des otages enlevés au Niger. Il les aidait à faire des traductions en arabe », insiste la mère de son épouse.

Éplorés, les beaux-parents de Djamal tiennent avant tout à restaurer son honneur. « On a entendu certains dire qu’il travaillait au noir, c’est totalement faux, s’étranglent-ils. Il enchaînait les missions d’interim à chaque fois qu’il le pouvait. C’était un gros bosseur, très apprécié par ses employeurs. » Depuis plusieurs mois, cet homme qui avait suivi une formation en chaudronnerie œuvrait de nuit pour une entreprise de transports. « Il faisait de la manutention. Il avait travaillé tout le mois de décembre mais c’était plus calme en janvier. Il ne rechignait jamais à la tâche », ajoutent-ils.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce salarié à temps très partiel aurait en fait omis de déclarer certaines heures à Pôle Emploi. Et c’est en voulant obtenir ses droits à l’assurance chômage que sa situation aurait basculé. « On lui a demandé de rembourser le trop perçu mais il a surtout été victime de la double peine puisque, dans ces cas-là, l’ouverture des droits à indemnisation est retardée », raille Julien Chaillou de la CGT Pôle Emploi.

Écœuré, Djamal avait alors annoncé son terrible geste à la presse locale et à Pôle Emploi et, malgré les précautions prises, ce ceinture noir de judo est allé au bout de sa logique suicidaire. Mais autour de lui, personne n’avait perçu un tel désespoir. « C’est quelqu’un qui a toujours été très calme. Lors de son dernier passage, lundi, à l’agence, il n’a pas fait d’esclandre. Il a réclamé une copie des textes, il voulait comprendre ce qui lui arrivait. Sa colère était froide mais personne ne s’attendait à une telle issue », confie une employée de Pôle Emploi qui lui a parlé à ce moment-là. (…)

« Je sais qu’il était fatigué, notamment à cause du travail de nuit. Il avait consulté un médecin il y a environ un mois. Je lui avais dit de ne pas se laisser abattre. On était loin d’imaginer ce qui allait se passer », reprend la belle-mère de Djamal. « Je sais que ça le destabilisait beaucoup de ne pas avoir d’emploi fixe. Et puis ça rime à quoi cette histoire de remboursement d’allocations ? », enrage son beau-père. Effondré, le retraité se remémore les derniers jours. « Djamal nous a rendu visite la semaine dernière, ça faisait longtemps, se souvient-il avec émotion. Rétrospectivement, je me dis qu’il était venu nous dire au revoir. »

Presse esclavagiste (Timothée Boutry, envoyé spécial à Nantes, LeParisien.fr, 14-15 février 2013)

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[PCC dégage !] Nouvelle immolation à Dzorge / Ruergai (Sichuan)

Nouvelle immolation d’un moine tibétain

Un moine tibétain âgé d’une trentaine d’années s’est immolé par le feu dans le sud-ouest de la Chine, après avoir lancé un ultime hommage au dalaï lama en lui criant « longue vie ».

Identifié sous le nom de Lobsang Namgyal, ce bonze a mis le feu à ses vêtements le 3 février devant le Bureau de la sécurité publique de Dzorge (Ruergai en chinois), dans la province du Sichuan, selon l’ONG International Campaign for Tibet (ICT). Au pied de la région autonome chinoise du Tibet, le Sichuan a une importante population d’ethnie tibétaine. Lobsang Namgyal s’était bâti une réputation d’excellent étudiant au monastère de Kirti, haut lieu de la résistance tibétaine.

Mais le moine bouddhiste avait disparu en septembre 2012, probablement détenu par des autorités qui ont cherché à l’isoler et à ternir son image. Il était sorti très déstabilisé de cette épreuve, a précisé ICT. « Il a fallu dix jours pour confirmer l’acte de protestation de Lobsang Namgyal car les Tibétains se gardent de parler de la contestation par peur des représailles des autorités », a souligné de son côté l’organisation de défense des Tibétains Free Tibet.

Depuis 2009, au moins 101 Tibétains se sont suicidés par le feu ou ont tenté de le faire pour protester contre la tutelle de Pékin et la répression de leur religion et de leur culture. Le bureau du dalaï lama a en effet confirmé mercredi que la tentative d’immolation d’un moine au Népal ce même jour était le 100e cas recensé.

Presse combustible (LeFigaro.fr, 14 février 2013)

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[Collectif libertaire jurassien] Campagne de résistance à l’austérité

Cher-e-s camarades,

Nous sommes heureux de vous annoncer la constitution d’un « collectif libertaire jurassien » regroupant des militant-e-s de divers horizons. Ce collectif pluraliste en construction se donne pour objectif pour le moment de porter une campagne anarchiste contre l’austérité dans le but de renforcer et initier des luttes offensives contre la dégradation de nos conditions de vie ; Nous voulons aussi peser dans le débat des idées et porter qu’il ne se trouve aucune solution pour les opprimé-e-s dans l’économie capitaliste et l’organisation étatiste, que seule la révolution sociale et libertaire mettra fin à nos misères.

Vous trouvez ci-joint le matériel que nous avons actuellement produit pour notre campagne de résistance à l’austérité.

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TÉLÉCHARGER L’AFFICHE (pdf)

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TÉLÉCHARGER LE TRACT (pdf)

Nous serons heureux de partager notre matériel, expérience avec les camarades qui souhaitent une action spécifique contre l’austérité.

Nous espérons vous retrouver rapidement dans des luttes massives, radicales et surtout victorieuses.

Salutations anarchistes,

Le Collectif libertaire jurassien – janvier 2013

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[Montreuil-des-Landes] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

Projet d’éoliennes : vandalisme à Montreuil-des-Landes

Des dégradations sur du matériel servant à la mesure des vents ont été commises, au cours des mois de janvier et février, à Montreuil-des-Landes. Sur le site où il est envisagé de dresser six éoliennes. Les dégâts sont importants et estimés à environ 70’000 €. Ils ont entraîné un retard de trois mois au niveau de l’avancement des études. L’enquête menée par la gendarmerie de Vitré a finalement abouti à l’interpellation de deux personnes : un homme et une femme résidant dans la commune. Lundi dernier, à l’issue de leur garde à vue, ces derniers ont été remis en liberté. Ils seront convoqués devant le tribunal correctionnel de Rennes le 24 juillet.

Leur presse (Ouest-France.fr, 13 février 2013)

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[Fonderie DMI à Vaux, Allier] « Il faut taper fort pour se faire entendre (…) il n’y a pas cinquante solutions pour partir dignement »

Ces salariés prêts à faire sauter leur usine

REPORTAGE – Faute de repreneur, les salariés de la fonderie de Vaux ont installé des explosifs.

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Alors que des milliers de salariés victimes de plans sociaux manifestent mardi, d’autres ont opté pour un mode de protestation plus virulent. Les employés de la fonderie DMI, en redressement judiciaire, empêchent depuis le 18 janvier toute expédition de pièces vers les clients de l’entreprise située à Vaux, dans l’Allier. Les salariés menacent surtout de faire sauter leur usine si aucun repreneur n’est trouvé.

Le journaliste d’Europe1, Martin Feneau, s’est rendu à la fonderie où le climat est explosif. Voici son reportage :

« Si on doit mourir, l’usine mourra avec nous ». Un fil rouge, un fil bleu, quelques grammes d’explosif, un détonateur et une télécommande. Une simple pression sur l’interrupteur et tout expose. C’est du moins ce qu’assure Gabriel, un salarié de l’entreprise que ses confrères surnomment l’artificier. « On va dire que je connais les explosifs. J’ai endossé le rôle du méchant. Je vais vous montrer. Il y a des bouteilles de gaz qui alimentent toute l’usine. Tout peut péter. Si ça ne pète pas, on passe de l’électrique au manuel », explique-t-il au micro d’Europe1.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/321.jpgDans le hall central, Gabriel montre une grosse bombonne de propane et quatre pneus. « C’est une bombe, hein. Il y a du gaz, on allume les pneus, la bouteille de gaz, elle va bouger. Si on doit mourir, l’usine mourra avec nous », promet le salarié.

Surveillés par les RG. C’est en tout cas la menace des 170 salariés qui travaillent, pour certain, depuis près de 20 ans dans cette petite fonderie au milieu des champs. Ils sont surveillés depuis peu par les renseignements généraux et la gendarmerie.

« On les voit tous les jours. Ils ont demandé s’ils pouvaient jeter un coup d’œil. On leur a dit qu’ils pouvaient regarder. Le but c’est de se mélanger un peu aux salariés et de savoir quelles actions on peut mener. Évidemment, on ne va pas leur dire ce que l’on compte faire », assure Gabriel.

« Taper fort pour se faire entendre ». « Pour défendre notre emploi, on menace », explique Mireille, l’une des plus anciennes de la fonderie. « Jusqu’à présent, on a été bien gentil, on n’a pas fait de problème pour les clients. Mais là, on ne peut pas rester comme ça sans rien faire. Il faut taper fort pour se faire entendre. Vous regardez la télévision, toutes les usines ferment. À force, il n’y a pas cinquante solutions pour partir dignement », estime-t-elle interrogée par Europe 1.

Alors que les détonateurs sont branchés, les fours qui maintiennent en fusion des tonnes de métal restent en chauffe. Au cas où, disent les ouvriers, l’usine redémarre dans quelques jours.

Presse esclavagiste (info.SFR.fr avec Europe 1, 12 février 2013)

 

Comment on peut encore revendiquer quand aucune revendication ne peut être satisfaite

Même lorsque les modes d’action utilisés peuvent être qualifiés de radicaux, il n’y a rien de radical en soi dans leurs revendications. Et les sommes obtenues, qui ne paraissent importantes qu’en comparaison avec les maigres compensations stipulées par la loi, ne peuvent pas retarder indéfiniment le retour aux joies du marché du travail (mais qui voudra employer quelqu’un qui a notoirement séquestré son ancien patron ?).

Ce qui est intéressant dans ces luttes n’est donc pas le fait qu’elles constitueraient les germes d’un nouveau mouvement ouvrier, mais plutôt qu’elles montrent à quoi se confrontent les luttes actuelles dans le capitalisme restructuré. Lors de la fermeture de leur usine, les ouvriers n’ont pas cherché à la récupérer pour l’autogérer. Loin de désigner leurs lieux de travail comme quelque chose à se réapproprier, ils les ont pris pour cible. Leur appartenance de classe n’est plus la base d’une identité ouvrière sur laquelle on pourrait construire une nouvelle société. Les prolétaires ne peuvent échapper à leur appartenance de classe, mais dans leurs luttes, celle-ci est comme un mur qui se dresse en face d’eux. Dépasser cette limite nécessiterait de s’abolir en tant que classe en abolissant, dans le même temps, toutes les autres classes : la communisation.

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Extrait de l’article paru dans la revue SIC

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The proof of the pudding is in the eating

Viande de cheval : « surtout, ne jetez rien »

EXCLU – Les associations caritatives en appellent à la grande distribution pour éviter le gâchis.

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Dans un supermarché alsacien, des lasagnes, des moussakas et des cannellonis à la bolognaise sont retirés des rayons surgelés.

Que vont devenir les plats préparés suspectés de contenir de la viande de cheval ? Depuis qu’a éclaté le scandale des lasagnes bolognaises en Grande-Bretagne, une douzaine de produits ont été retirés des rayons surgelés et conservés au congélateur, le temps que les enquêteurs français identifient les responsables de la tromperie. Les associations caritatives, elles, ont aussitôt réagi pour éviter un gâchis.

Mercredi, le Secours populaire, les Restos du cœur et la Banque alimentaire se sont réunis pour en discuter. Ils sont tombés d’accord : s’il n’y a pas de risque pour la santé et si on connaît la traçabilité de la viande, ils sont d’accord pour distribuer ces produits aux familles qui en ont besoin. Quatre millions de personnes vivent en effet aujourd’hui avec l’aide alimentaire en France.

« On dit bravo et merci ! »

« Il ne faut surtout pas les jeter », a demandé Jean-Louis Callens, secrétaire départemental du Secours populaire dans le Nord interrogé sur Europe 1. « On prend ! Si la sécurité est assurée, on dit bravo et merci ! » « J’ai interrogé les gens qui viennent chercher de l’aide alimentaire. Je leur ai demandé : ‘Si l’on vous donne des lasagnes au cheval, vous les prenez ?’ Ils disent ‘bien sûr’, y compris ceux qui ne mangent pas de porc. »

Cela peut ensuite aller très vite : « Il suffit d’ajouter une étiquette avec une inscription qui précise que le produit contient du cheval », soulignent certaines associations. Jean-Louis Callens a décidé d’appeler dès jeudi la grande distribution et de prendre des contacts avec les producteurs pour leur demander de lui confier leurs stocks. Pour l’instant, pas de réponse de la grande distribution qui préfère attendre la fin de l’enquête. Contactés par Europe 1, certains supermarchés ont toutefois confiés à Europe 1 qu’ils feraient en sorte de ne pas détruire ces stocks.

Presse swiftienne (Sophie Amsili & Laure Dautriche, Europe1.fr, 14 février 2013)

 

Chypre : 16 t. de steaks hachés détruits

Les autorités chypriotes ont annoncé aujourd’hui qu’un supermarché local avait détruit par mesure de précaution 16 tonnes de steaks hachés, de crainte qu’ils ne contiennent de la viande chevaline.

L’inspecteur de la Santé Christos Christou a déclaré à la radio publique que 16,5 tonnes de steaks hachés avaient été détruites en janvier par décision d’une chaîne de supermarchés dès que le scandale a éclaté en Irlande.

Selon lui, les autorités ont en outre saisi des steaks hachés sur le marché en attendant d’obtenir une preuve documentée des compagnies concernées montrant que la viande était « propre ».

Mais les autorités chypriotes ont affirmé qu' »il n’y a aucune présence de viande de cheval dans la chaîne alimentaire à Chypre » et que des tests étaient toujours en cours pour s’assurer que tous les produits à base de viande sont sans danger.

Presse falsifiée (Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

Trois carcasses de cheval provenant d’abattoirs britanniques et contenant des traces de phenylbutazone, un antidouleur potentiellement nocif pour la santé humaine, ont été envoyées en France, a indiqué aujourd’hui le ministre britannique de l’Agriculture David Heath. (…)

Presse falsifiée (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

(…) Outre le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, des traces de viande chevaline ont également été retrouvées en Norvège et en Suisse. (…)

Presse falsifiée (Challenges.fr, 14 février 2013)

 

(…) Parallèlement, mis à part l’entreprise française Spanghero, deux entreprises dirigées par des Néerlandais apparaissent au centre du scandale. Draap Trading LTD (Draap, c’est paard à l’envers : cheval, en néerlandais) est enregistrée à Malte, dans la ville de Limassol (numéro du registre 565528090). Jan Fasen, son patron, est un Néerlandais vivant en Belgique. L’autre société se nomme Meat Trading. Elle a été fondée aux Pays-Bas par Hans Windmeijer. En janvier 2012, ces deux hommes ont été condamnés pour fraude aux Pays-Bas. Entre 2007 et 2009, ils avaient vendu de la viande de cheval argentine, qu’ils faisaient passer pour du bœuf halal, faisant 3,8 millions d’euros de bénéfice. Fasen a écopé d’un an de prison ; trois mois avec sursis et 160 heures de travaux d’intérêt général pour Windmeijer. (…)

Presse falsifiée (LePoint.fr, 14 février 2013)

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Manifestant mutilé par la police à Strasbourg : réaction d’un nantais blessé par le flashball

À Nantes, le 12 février 2013

Flashball : aujourd’hui comme hier, la police française mutile

À Strasbourg comme à Nantes, Montreuil, Toulouse, Mayotte, Villiers le Bel, Montbéliard, Montpellier, Chefresne et ailleurs, la police continue de mutiler au flashball.

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Le 6 février à Strasbourg, un Gendarme Mobile vise délibérément à hauteur de visage avec son Lanceur de Balles de Défense (image euronews).

Mercredi 6 février 2013, alors que des salariés en lutte d’Arcelor Mittal menacés par leur patron viennent défendre leur emploi en manifestant à Strasbourg, les forces de l’Ordre ont délibérément fait feu au flashball (Lanceur de Balles de Défense) dans le visage d’un manifestant : John, intérimaire, a perdu un œil.

Cette mutilation n’est pas une « bavure ». Les précédents sont innombrables : la police française tue, mutile ou blesse, et en particulier au flashball qui incarne un nouveau processus de militarisation de la police.

J’ai été blessé au visage par un tir de Lanceur de Balles de Défense en novembre 2007 lors d’une manifestation lycéenne, à l’âge de 16 ans. J’ai depuis perdu la vue d’un œil.

Cette arme, puissante, précise, sophistiquée, était alors en expérimentation. D’abord testée dans les quartiers populaires, contre les « incontrôlables » ou les manifestations spontanées de lycéens et d’étudiants, le flashball est désormais utilisé contre des grévistes et des syndicalistes. L’usage de cette arme s’intensifie et s’élargit : nous sommes tou-te-s concerné-e-s, tou-te-s des « cibles » potentielles d’une police qui vit dans la toute puissance et l’impunité.

L’utilisation du flashball, est lancée par Guéant, renforcée par Sarkozy et validée par Valls : c’est désormais la police socialiste qui mutile à Strasbourg et tire à Notre-Dame-des-Landes.

La police continue de mutiler car la Justice lui donne carte blanche : après plus de 4 ans de combat judiciaire acharné pour faire comparaître Mathieu Léglise, le policier qui m’a tiré dessus, en avril 2012, un juge nantais prononce sa relaxe et consacre l’impunité policière : il n’aurait fait « qu’obéir aux ordres » (sic).

Le flashball est une arme de terrorisation : il doit faire peur, frapper l’imaginaire collectif en frappant physiquement des individus.

Jusqu’à quand allons nous laisser la police détruire des vies ?
Jusqu’à quand la police restera-t-elle impunie ?
Quand préférerons nous enfin la révolte à la peur ?

Solidarité avec John et toutes les cibles du terrorisme d’État.

Pierre, une « cible » du flashball parmi d’autres
Blog du groupe de travail du 27 novembre 2007

 

Le gomme-cogne, une arme critiquée

La blessure d’un manifestant qui a perdu un œil mercredi à Strasbourg, atteint par un tir de gomme-cogne, s’inscrit dans une liste de blessures graves provoquées par cette arme depuis 2005. Cette catégorie d’armes, comprenant notamment le Flash-Ball et le LBD40, au tir plus puissant, est régulièrement critiquée depuis qu’elle a été étendue à la police de proximité en 2002.

Le gomme-cogne, ou lanceur de balles de défense, est une arme dite sublétale de quatrième catégorie, comme le pistolet à impulsions électriques Taser. Ces équipements tirent des balles en caoutchouc ou en mousse en principe non perforantes, de calibre variable selon les équipements (44 mm pour le Flash-Ball, arme à portée réduite, et 40 mm pour le LBD40, précis jusqu’à 40 mètres).

2005 – 7 juil: Aux Mureaux (Yvelines), un garçon de 14 ans est sérieusement blessé à l’œil par le tir d’un policier qui le poursuit. Le policier indique s’être senti menacé.

2006 – Dans la nuit du 28 au 29 octobre, dans une cité HLM de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un adolescent de 16 ans est blessé à l’œil lors d’incidents avec la police venue au secours de pompiers caillassés.

2007 – 27 nov: Un lycéen de 16 ans [Pierre Douillard] perd l’usage d’un œil après avoir été touché à l’issue d’une manifestation contre la loi Pécresse à Nantes.

2009 – 8 juil: Le réalisateur Joachim Gatti, 34 ans, touché par un tir, perd un œil lors d’une manifestation contre une expulsion de squatteurs à Montreuil (Seine-Saint-Denis). – 19 mars : Joan Celsis, un étudiant de 25 ans, est gravement blessé à l’œil en marge d’une manifestation d’étudiants à Toulouse quand la police tente de déloger un groupe de manifestants d’un magasin Monoprix. – 1er mai : À la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Samir Aït-Amara, 18 ans, joue à une « chasse à l’homme » avec des jeunes de la cité lorsque, selon sa sœur, un policier sort d’une voiture et lui tire dessus à moins de trois mètres sans sommation. Il perd l’audition de l’oreille gauche. – 9 mai : À Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), deux hommes de 21 et 31 ans sont grièvement blessés à un œil lors de violences entre des groupes de jeunes et la police.

2010 – 14 oct: Un élève de 16 ans du lycée Condorcet de Montreuil (Seine-Saint-Denis) [Geoffrey] est gravement blessé à un œil lors d’affrontements avec des policiers. – 12 déc: Alors que la police intervient dans une rixe entre locataires, un résident d’un foyer de Marseille [Mosefa] âgé de 43 ans, atteint d’un tir au thorax, meurt d’un arrêt cardiaque le lendemain.

2011 – 7 fév: Un adolescent de 17 ans [Ayoub Boutahra] est éborgné par un tir à Audincourt (Doubs). Une instruction visant un policier est ouverte en janvier 2012. – 4 oct: À Mayotte, un enfant de 9 ans [Nassuir] perd un œil à la suite du tir d’un gendarme.

[2012 – 21 sept: Casti, un supporter, perd un œil suite à un tir de la BAC au stade de Montpellier. – NdJL]

2013 – 6 fév: John David, 25 ans, intérimaire belge d’ArcelorMittal, touché par une balle en caoutchouc, perd un œil lors de la manifestation des « métallos » à Strasbourg, à proximité du Parlement européen.

Leur presse (LEssor.org, « le premier journal indépendent de la gendarmerie », 8 février 2013)

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[La liberté ou la mort] Combien « coûtera » l’accident nucléaire majeur à venir en France

430 milliards d’euros : un accident nucléaire majeur mettrait la France en faillite

Le 6 novembre 2012, lors du forum Eurosafe organisé à Bruxelles par le réseau ETSON et ses partenaires, deux économistes de l’IRSN, Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal, ont présenté une communication intitulée « Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases » (Les rejets radiologiques massifs sont très différents des rejets contrôlés).

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La principale information de cette communication est une bombe : un accident nucléaire 3 fois moins important que celui de Fukushima (1 fusion de cœur de réacteur contre 3 au Japon) engendrerait un coût d’au moins 430 milliards d’euros pour le seul pays de France, soit plus que le budget de l’État. Autant dire une faillite complète du pays tout entier.

Dans un souci de diffusion maximale des informations importantes concernant le nucléaire en France, le blog de Fukushima a décidé de réaliser la traduction de la communication de l’IRSN :

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Télécharger la traduction française de la communication de l’IRSN

Cette communication serait passée inaperçue si l’ACRO ne l’avait pas relevée à l’occasion de sa mise en ligne en langue anglaise en décembre 2012 sur le site du forum Eurosafe. Depuis, une autre communication a été réalisée par les mêmes spécialistes en économie, en France cette fois à Cadarache, et c’est seulement à cette occasion que la presse s’en est fait l’écho à partir du 7 février 2013.

On ne saurait trop remercier tous les sites d’information qui ont repris cette nouvelle car bizarrement, alors que l’information a été rendue publique depuis maintenant 3 mois, ni le site de Cadarache, ni le site du CEA, ni le site de l’IRSN ne la diffusent. Comme le gouvernement français doit déposer, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, un projet de loi de programmation à la fin du premier semestre 2013, il nous a semblé opportun de diffuser aussi cette information cruciale dont les politiques doivent absolument tenir compte pour l’avenir de la France et de l’Europe en général.

430 milliards d’euros, c’est difficile à imaginer ! Voilà enfin la vérité de ce que nous propose le nucléaire, une sorte de roulette russe économique et sanitaire. Voilà le futur de ce pays et de l’Europe, car les pays voisins profiteront largement du désastre prévu, il n’y a pas comme au Japon l’océan Pacifique à l’est pour absorber la radioactivité mortelle. Il y a la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, l’Italie, pays qui ont décidé de sortir du nucléaire. Voilà aussi à quoi il faudrait se préparer : avoir une responsabilité et une honte éternelle envers tous les pays contaminés de l’Europe.

« L’Autorité de Sûreté Nucléaire l’a dit, on ne peut pas exclure une catastrophe nucléaire majeure en France. Le risque économique incommensurable que fait peser l’industrie nucléaire sur notre pays doit donc absolument être pris en compte dans le débat en cours. » (source ACRO)

Le projet de loi de programmation sur la transition énergétique concerne votre député et le sénateur de votre circonscription. Envoyez-leur la communication de l’IRSN en pièce jointe par mail ! Et dites-leur par la même occasion ce que vous pensez du risque nucléaire : acceptable ? inacceptable ?

Vous trouverez leurs adresses mail ici et .

 

Lire aussi à ce sujet : Comment estimer le coût d’un accident nucléaire ? (étude de P. Momal) • Peut-on supporter le coût d’une catastrophe nucléaire majeure ? (ACRO) • Un accident nucléaire en France : une catastrophe pour l’économie (Le Monde)

 

Addendum

Une lectrice du blog apporte une information de taille, puisqu’il s’agit d’une autre estimation de l’IRSN, énoncée dans le rapport public de la Cour des Comptes sur les coûts de la filière nucléaire mis en ligne le 31/01/12. Voici ce qu’indiquait la note 200, page 242 :

« Les estimations de l’IRSN donnent un coût moyen compris entre 70 Md€ pour un accident modéré sur un réacteur comme celui qui s’est produit à Three Mile Island en 1979, et 600 Md€ à 1000 Md€ pour un accident très grave comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima. » (source)

On comprend ici que l’IRSN, qui réalise selon P. Momal et L. Pascucci-Cahen des estimations depuis 8 ans, a une politique de communication à deux vitesses. Devant la Cour des Comptes, l’accident majeur coûterait entre 600 et 1000 milliards d’euros, et devant les journalistes, ce coût tomberait à 430 milliards d’euros. Dans les deux cas, la somme est colossale et, comme dit P. Momal, « l’accident demeurerait largement intolérable » et les décideurs seraient face à « une situation dans l’ensemble désespérée ».

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Une autre source de l’IRSN est publiée par le Figaro. Curieusement, cette image amoindrit encore l’estimation, la facture totale passant de 430 milliards dans l’article à 421 milliards dans l’illistration.

Pierre Fetet, le blog de Fukushima, 13 février 2013

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[Angers] Solidarité avec les détenus !

Lundi 11 février dans la soirée, un feu d’artifice a été tiré à la maison d’arrêt d’Angers au niveau de l’aile Nord et Ouest.

Il a été réalisé en solidarité avec les prisonniers d’ici et d’ailleurs, avec une pensée particulière pour le détenu en grève de la faim ici, à Angers, et tous les autres détenus de l’aile nord suite aux derniers événements dans cette partie de la prison.

Les tirs ont été salués par des cris de joie dans la taule… puis par des sirènes de flics… mais les ombres ne s’arrêtent pas !

Indymedia Nantes, 13 février 2013

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[Notre-Dame-des-Landes] Nouvelle carte de la ZAD pour s’orienter et pour éviter les check-points militaires (le 13 février 2013)

Voici la nouvelle carte de la zone avec la naissance de nombreux lieux 🙂 Plus ils détruisent, plus on est nombreux, plus on reconstruit !!!

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N.B. : Cette carte remplace la précédente qui date du 16/01/13. Diffusez-la largement autour de vous afin de mieux vous repérer sur cette zone vivante qui évolue très vite ! De nombreux autres lieux ne sont d’ailleurs pas référencés sur la carte… Prends ZAD dans ta gueule le PS et Vinci !

Vu sur le site internet de la ZAD, le 13 février 2013

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Contre le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes et tout le reste… Défendons ce qu’il nous reste : Engageons la lutte des arrières-pays !

La vie sur Terre est notre plus grand bien.
C’est grâce à elle que nous voulons continuer à vivre,
Avec nos enfants, nos parents, nos amours et nos amitiés.
Et la certitude que nous sommes les mieux placés pour savoir
Pourquoi et comment nous voulons vivre…

Et nous le voulons, en effet, au point que nous ne devrions même pas avoir besoin de le préciser. Nous le précisons pourtant, pour au moins deux raisons : parce que nous sentons que la vie sur la Terre est chaque jour un peu plus menacée. Et parce que nous sentons, en même temps, que nous pouvons encore y faire quelque chose, qu’il est encore possible de résister.

Résister : résister à des politiques multinationales (ou encore multilatérales) d’investissement, qui sacrifient la richesse de ce qui nous est toujours déjà donné – la richesse de la vie – à celle qui soi-disant nous manquerait alors qu’elle ne consiste en fait qu’à fabriquer toujours plus d’endettement au profit de ceux qui ne savent pas quoi faire de leur argent. Et cela, qui plus est, en se réclamant d’une légitimité constitutionnelle qu’elles se fabriquent de toutes pièces. C’est-à-dire sans nous demander notre avis autrement que par le biais d’expertises auxquelles les experts ont l’art de faire dire n’importe quoi du moment qu’ils y croient et qu’ils sont bien payés pour ça ; et en sachant bien que si cela ne suffit pas, le gaz et la matraque seront toujours en mesure de terminer le boulot sans prendre trop de retard vis-à-vis des échéances fixées par les investisseurs.

Comme s’il s’agissait surtout de résister, au fond, à l’alliance globalisée du Capital et de l’État portée par la convergence technologique de la force armée et de l’ingénierie sociale. Ou encore, plus simplement, au Développement – de la misère, il s’entend.

Mais alors, plutôt que de laisser les politiciens essayer de nous faire croire que ce sont eux qui auraient besoin de nous et de notre « participation » (comme si nous étions assez bêtes pour croire qu’une démocratie puisse se passer de la participation du peuple), qu’attendons-nous pour leur répondre que c’est peut-être nous, d’abord, qui pourrions ne pas avoir besoin d’eux ?

Nous qui, en effet, pourrions ne pas avoir besoin qu’on décide de nos vies à notre place ; et encore moins qu’on continue à détruire la vie sur Terre en attendant d’être les prochains à figurer sur l’interminable liste des espèces en voie de disparition. Et nous qui, du reste, sommes donc légitimement en train de nous demander où a bien pu passer cette fameuse légitimité dont se réclament les politiciens en question ?

Une légitimité dont ils se réclament d’ailleurs surtout lors de leurs spectacles, mais dont ils se moquent en réalité. Trop occupés qu’ils sont à se goinfrer de petits fours et à boire du champagne sur le compte des honnêtes gens qui n’ont même plus les moyens de se payer un repas ouvrier ni d’offrir leur tournée sans créditer – grâce au concours des banquiers – leur propre compte à eux. À savoir le compte de ces mêmes politiciens qui, cependant, n’osent plus sortir de chez eux si c’est simplement pour se promener ou aller au café, de peur de devoir faire preuve d’encore un peu de respect et de dignité. Car on ne peut pas faire les deux à la fois : on ne peut pas se vendre à la Croissance et continuer à vivre humainement parmi ses semblables.

Mais qui sommes-nous pour dire nous ? Et bien nous sommes voisins : voisins parmi d’autres voisins. Des voisins que plus grand-chose n’empêche de vivre dans leur coin, mais parmi lesquels, néanmoins, certains sont encore paysans, et d’autres partisans. Quand ils ne sont pas en fait – à une époque où il est devenu impossible de prendre soin du pays qu’on habite sans défendre le commun qui nous tient ensemble, et réciproquement – les deux à la fois : à savoir des « résistants ». Des résistants qui, s’ils n’ont pas forcément le privilège d’être de ceux qu’on intronise parmi les grandes figures de l’Histoire et de la Révolution, se contentent plus humblement de se voir régulièrement associés à une même bande d’arriérés. Mais qu’importe, mieux vaut ça que d’être du côté des « occupants » : du côté des forces de l’ordre du « gouvernement Vinci », par exemple.

Car ce sont d’abord eux – les actionnaires de Vinci ainsi que les membres du gouvernement – les premiers, les véritables occupants de la ZAD. Et parce qu’on ne peut résister à une occupation que dans la mesure où l’on y est pas encore soumis, et qu’on a coutume depuis plus d’un siècle de rapporter une telle insoumission à l’« arrière-pays » (entendu comme une « région au-delà du territoire occupé ») ; à la question « Qui sommes-nous ? » nous ne trouvons rien de mieux à ajouter : « Nous sommes des habitants des arrières-pays ». Des habitants qui, où qu’ils soient sur la Terre, en ville comme à la campagne, sont encore un peu maîtres d’eux-mêmes là où ils sont. Et sont donc prêts à se battre pour défendre le peu d’autodétermination dont ils disposent encore.

Mais voilà : autant avons-nous encore un peu le sentiment, et même une certaine idée, de ce que nous sommes ; autant nous reste-t-il alors à l’assumer concrètement, c’est-à-dire entièrement. De façon à ne plus se limiter à gêner l’avancée de l’occupation en question, mais à lui opposer une présence face à laquelle sa seule victoire consisterait, en dernière instance, à ne pas reculer. Puisque ce n’est qu’à cette condition, vraisemblablement, que nous serons en mesure de la faire reculer et, ce faisant, de libérer l’avenir du futur déjà présent.

Pour assumer une telle présence, pour réellement tenir une position d’arrière-pays, il semble clair, ceci dit, qu’il faille nécessairement appréhender les difficultés telles qu’elles sont, plutôt que de les minimiser. En commençant, à ce titre, par admettre que nous sommes déchirés entre deux temporalités opposées : l’une relative à l’« urgence » de la situation, et l’autre relative à la « durée » qu’exige la possibilité d’y faire face. Et justement, il se trouve que ces deux temporalités correspondent respectivement aux deux figures que nous incarnons : celle du paysan et celle du partisan. Deux temporalités, donc, pour une même exigence : celle de parvenir à faire le pont – pour ne pas dire le grand-écart – entre ces dernières : entre l’impossibilité de remettre à plus tard une lutte dont chaque jour qui passe tend un peu plus à faire de nous les perdants, et la nécessité d’inscrire cette lutte dans la durée à moins d’avoir perdu d’avance. Prendre le temps qu’il faut comme il en faut pour prendre soin d’une terre ; et lutter sans plus attendre, corps et âmes, à la mesure du peu d’avenir que contient le temps où nous sommes.

Puisque c’est bien là, finalement, que nous nous situons : là où s’entretiennent et se préservent les conditions d’un monde habitable, et où l’on sent du même coup qu’on a désormais plus rien à perdre, que c’est maintenant ou jamais…

Que la lutte soit violente ou pas, le problème n’est plus là. Le problème est d’abord de continuer à la faire exister. Car la lutte n’est pas, n’a jamais été, un à côté. Elle est au contraire au centre de la vie de celles et ceux qui continuent à croire que la vie vaut la peine… et que la joie n’y est pas étrangère.

Sans doute contrôlent-ils déjà le pays, les pays.
Avant qu’ils contrôlent entièrement nos vies,
défendons ce qu’il nous reste :

Engageons la lutte des arrières-pays !

Quelques membres du comité de soutien du pays de Ploërmel
à la lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes
Janvier 2013

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Les patrons ont le goût du sacrifice

PSA va demander des efforts à ses salariés

Le groupe voudrait profiter de futures dispositions lui permettant de moduler les conditions de travail en échange d’un développement de la production.

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L’usine PSA de Poissy en banlieue parisienne, le 27 janvier 2012

Quel avenir pour la production de PSA en France ? Interrogé à ce sujet lors de la présentation des résultats du groupe, mercredi matin, Philippe Varin a conditionné tout développement à une réduction des coûts dans l’Hexagone. Et laissé entendre que le groupe tentera de conclure un « accord de maintien dans l’emploi » avec ses salariés : en échange de concessions sur les conditions de travail, PSA pourrait augmenter sa production en France.

« Aujourd’hui, la C4 Picasso est produite en Espagne, a expliqué le président du directoire de PSA. Le prochain modèle, prévu pour 2014, le sera à Madrid. Mon souhait le plus cher est de progresser sur la compétitivite en France pour développer la production. » Avec le plan de restructuration en cours (600 millions d’euros d’économies attendus) et le bénéfice du crédit d’impôt offert par le gouvernement aux entreprises (100 millions), PSA va déjà réduire considérablement ses coûts. Insuffisant, à en croire Philippe Varin, qui a annoncé son intention de « tirer parti » des « nouvelles possibilités en matière de compétitivité » offertes par le récent accord interprofessionnel sur l’emploi.

Travailler plus pour… garder son travail

L’allusion est transparente aux « accords de maintien dans l’emploi » prévus par le texte. Ce dispositif permet, en cas d’accord majoritaire dans l’entreprise, de prévoir des modifications substantielles au contrat de travail, comme des hausses du temps de travail ou des baisses de salaire. En échange, aucun licenciement économique ne peut avoir lieu pendant la durée de l’accord. Ces accords devraient faire leur entrée dans le Code du travail au printemps, après l’examen par le Parlement du projet de loi retranscrivant l’accord.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Certaines entreprises ont cependant déjà conclu de tels accords, ou sont sur le point de le faire. Comme l’autre grand constructeur français, Renault, dont les négociations avec les syndicats seraient sur le point d’aboutir. En échange d’une mobilité accrue des salariés et d’une hausse du temps de travail, entre autres, le groupe serait prêt à augmenter sa production en France, et même à relocaliser une partie. PSA lui-même a déjà conclu un tel accord en juillet 2012, sur son site de Sevelnord (Nord), où il fabrique des monospaces et des véhicules utilitaires légers.

« Réparer l’entreprise »

Des négociations en vue d’un nouvel accord pourraient être lancées « au deuxième semestre », « dans la foulée » de la conclusion du plan de restructuration, a fait savoir Frédéric Saint-Geours, le directeur des marques de PSA. Quant au bénéfice espéré, il devrait être, selon Philippe Varin, « de l’ordre celle de celui du crédit d’impôt », soit 100 millions d’euros.

Délégué syndical central de FO à PSA, Christian Lafaye se dit prêt à discuter : « On est à deux doigts du dépôt de bilan, il faut réparer l’entreprise, qui est aujourd’hui très malade. Je pense que l’on peut discuter d’une augmentation du temps de travail, à condition que l’accord soit limité dans le temps. Par contre, en temps que syndicaliste, je ne peux évidemment pas défendre une baisse des salaires ! »

Pas sûr que tous les syndicats l’entendent de cette oreille, notamment une CGT en première ligne contre la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay comme contre la proposition d’accord de Renault. Les prochains mois s’annoncent agités pour le secteur automobile français.

Presse esclavagiste (Dominique Albertini, Liberation.fr, 13 février 2013)

 

Le directoire de PSA renonce à la part variable de sa rémunération

C’est ce qu’indique le patron du groupe Philippe Varin, qui rappelle qu’il en avait été de même l’année dernière.

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Le président du directoire de PSA, Philippe Varin, le 7 mars 2012 à Genève.

Les membres du directoire de PSA Peugeot-Citroën, qui a enregistré une perte historique de plus de 5 milliards d’euros l’an dernier, ont de nouveau renoncé à la totalité de la part variable de leur rémunération, au titre de l’exercice 2012, a indiqué le patron Philippe Varin.

« Sur la question des salaires, la priorité est au redressement du groupe et dans ces moments, la solidarité est absolument la clef pour l’engagement des équipes », a déclaré Philippe Varin jeudi sur France Info.

« Sur ce sujet, j’ai déjà pris une décision en 2011 : c’était d’abandonner 100% de ma part variable et le directoire également. Pour l’année de l’exercice 2012, nous avons pris la même décision », a-t-il poursuivi, se disant « plus que jamais déterminé à mener le redressement de ce groupe ».

« C’est ma seule préoccupation. (…) Je suis convaincu que le succès va être au rendez-vous », a indiqué Philippe Varin, président du directoire de PSA depuis 2009 et qui devrait être reconduit à la tête du constructeur à l’échéance de son mandat en mai. Selon le groupe, la part fixe de la rémunération de Philippe Varin est de 1,30 million d’euros depuis son arrivée dans le groupe.

En 2011, il a perçu 1,65 million de part variable au titre de l’exercice 2010, et a renoncé à celle de 2011 et désormais de 2012. Sa part variable peut grimper jusqu’à 150% maximum de la part fixe. Les quatre autres membres du directoire touchent un salaire fixe de 618’000 euros.

Confronté à la baisse des ventes sur son principal marché, PSA a prévu de supprimer 11’000 postes entre 2011 et 2014 en France (sur un total de 91’000) et de fermer son usine d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, en 2014. Il a aussi cédé plusieurs actifs pour plus de 2 milliards d’euros, réduit ses coûts de 1,2 milliard et ses stocks.

Presse esclavagiste (Liberation.fr, 14 février 2013)

 

Renault : Carlos Ghosn fait un (petit) geste sur son salaire

Le patron de Renault se dit prêt à reporter à 2016 le versement d’une partie de ses primes de 2012. Selon Arnaud Montebourg, « ça va aider mais ce n’est pas suffisant ».

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Carlos Ghosn à Bochum en Allemagne le 29 janvier.

Le constructeur automobile Renault, qui a vu ses bénéfices fondre tout en se maintenant dans le vert en 2012, a annoncé jeudi un geste de son PDG Carlos Ghosn sur sa rémunération afin de faciliter la signature d’un accord de compétitivité sur ses sites français. Le conseil d’administration du groupe a validé mercredi soir le report de 30% de la part variable de la rémunération de Carlos Ghosn « de l’année 2012 au 31 décembre 2016 », si cet accord devait être signé par les partenaires sociaux.

Selon le constructeur, le paiement de cette somme sera conditionné « à l’exécution, par Renault, de l’ensemble de ses engagements dans le cadre de l’accord », c’est-à-dire ne pas fermer d’usine en France, leur assurer un certain volume de fabrication et ne pas faire de plan social. En 2011, la part variable du salaire de Carlos Ghosn en tant que PDG de Renault était de 1,59 million d’euros et la part fixe de 1,23 million. Carlos Ghosn reçoit aussi une rémunération substantielle en sa qualité de patron de Nissan.

Le gouvernement avait estimé ces dernières semaines qu’il devrait réduire sa rémunération, en contrepartie du gel des salaires prévu dans l’accord de compétitivité au sein du groupe, pour lequel les négociations patinent. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a relativisé jeudi la portée du geste consenti, moins important à ses yeux que les engagements industriels attendus par l’État, qui est toujours le premier actionnaire (15,04%) du deuxième constructeur français.

« C’était bien le minimum »

« Ça va aider mais ce n’est pas suffisant (…) L’essentiel, c’est d’abord la politique de localisation industrielle de Renault », a déclaré Arnaud Montebourg sur Europe 1. « C’est sur ce terrain-là que nous attendons les évolutions structurelles et manifestes de Carlos Ghosn », a-t-il souligné en rappelant le souhait du gouvernement « que Renault relocalise sur le sol industriel français la production d’un grand nombre de ses véhicules ».

« Dans la mesure où il demande un gel des salaires pour 2013 aux salariés c’était bien le minimum qu’il le fasse mais nous n’avons pas demandé que cela à Renault, nous avons demandé à ce que Renault réinvestisse en France », a encore insisté Arnaud Montebourg. Renault a vu ses bénéfices fondre en 2012 sous le coup de la crise automobile en Europe mais est parvenu à rester dans le vert, contrairement à son concurrent PSA Peugeot Citroën et le constructeur espère que ses activités automobiles dégageront de l’argent en 2013.

Le bénéfice net a reculé de 15,3% l’an dernier à 1,77 milliard d’euros, selon les chiffres communiqués jeudi. Mais ce montant inclut une plus-value exceptionnelle de 924 millions d’euros liée à la liquidation de la participation dans le groupe suédois AB Volvo. Le bénéfice d’exploitation a chuté à 122 millions (contre 1,24 milliard en 2011) et le chiffre d’affaires a reculé de 3,2% à 41 milliards.

Pour cette année, Renault prévoit un marché automobile européen en recul de 3% et un marché français baissant de 3 à 5%. Malgré ce pronostic toujours morose, le constructeur, moins dépendant du Vieux continent que PSA, prévoit de parvenir à augmenter ses ventes.

Presse esclavagiste (Liberation.fr, 14 février 2013)

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[Notre-Dame-des-Landes / Jura] Conférence-débat vendredi 22 février à Lons-le-Saunier

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[Notre-Dame-des-Landes / Montreuil] Concert de soutien vendredi 15 février

Dansons, la lutte décolle !

« If I can’t dance, I don’t want to be part of your revolution. »

Emma Goldman

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En octobre dernier, les premières expulsions des occupant.e.s de la ZAD — « Zone À Défendre » pour les personnes mobilisé.e.s contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et « Zone d’Aménagement Différé » pour les aménageurs du territoire — ont soulevé une vague de solidarité partout en France. Des milliers de personnes révoltées par la violence des expulsions ont alors démontré leur solidarité et leur farouche opposition à ce projet d’aéroport vieux de 40 ans.

Un mois plus tard, le 17 novembre, 40.000 personnes ont défilé dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes pour réoccuper les terres et construire ensemble des cabanes destinées à devenir des lieux de vie et d’organisations collectives. Cette mobilisation contre l’aéroport du groupe Vinci, que certain.e.s croyaient cloisonnée au Grand Ouest, a pris une ampleur nationale réunissant paysan.n.e.s et habitant.e.s, organisations politiques et collectifs informels, militant.e.s associatifs et tout empêcheur-se-s de tourner en rond.

Depuis, ce projet d’aéroport tant désiré par Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et actuel premier ministre, a pris du plomb dans l’aile et près d’une centaine de comités locaux de soutien ont essaimé dans tous les coins de l’Hexagone. Les nombreuses voix qui composent ce mouvement « contre l’aéroport et son monde » réinventent et dessinent de nouvelles perspectives bien plus réjouissantes que les ambitions mortifères que nous promettent les bétonneurs de tous poils.

Car si l’ombre de Jean-Marc Ayrault et de Vinci planent toujours sur Notre-Dame-des-Landes, nous gardons en mémoire les victoires populaires passées comme au Carnet, à Plogoff ou au Larzac : nous savons désormais que leur projet peut être stoppé. Alors, parce que la lutte contre les grands projets imposées s’amplifie jour après jour, retrouvons-nous le vendredi 15 février prochain et dansons, la lutte décolle !

Collectif de soutien à la lutte de Notre Dame des Landes Paris-Île de France

AG tous les mardi au Transfo – 20h – 57 avenue de la République – Bagnolet (L3 Galieni ou L9 Robespierre)

Informez-vous : zad.nadir.orgacipa.free.fr

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[Vidéotract] PSA Aulnay, chronique d’une fermeture

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VOIR LA VIDÉO

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[Notre presse] Lire « La Brique », l’offrir, l’acheter, s’abonner

Flouez les puissants, renflouez La Brique !

La « crise » ? Les bidasses bombardent au Sahel, le bocage nantais défiguré par un aéroport, la greffe de la marque Louvre à Lens, des grévistes de la faim expulsés par charter, l’innovation toujours plus morbide des prisons… : elle a bon dos la « crise ».

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De notre côté, le constat est béant : après bientôt six ans de critique sociale, toujours pas le moindre euro de bénéf’. Ce nouveau numéro couvre les mois de février et de mars. Le précédent, ceux… d’octobre et de novembre. Deux mois à la trappe, « mis à profit » pour combler ce que nous réclame l’imprimeur. La Brique se spécialise dans l’appel à soutien. Et malgré vos bons deniers, ça reste toujours un peu la dèche. Lire le canard, l’offrir, l’acheter, s’abonner : sortir La Brique de son déficit, c’est virer une pierre de leur édifice…

Édito du n° 34 de La Brique, février-mars 2013

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[Flics, porcs, assassins] Quand un policier sort « faire ses courses »

Marseille : un gardien de la paix en garde à vue après la mort d’un jeune

Un gardien de la paix a été placé en garde à vue jeudi matin à Marseille après la mort d’un jeune homme au cours de la nuit, à la suite d’une altercation dans une épicerie avec des fumeurs de cannabis [sic – NdJL], dont les circonstances étaient encore floues. Né en 1973, ce policier, qui travaille au sein du groupe de soutien de proximité (GSP), n’était pas en service cette nuit.

Selon les premiers éléments, vers 02h00 du matin, le fonctionnaire serait allé faire ses courses dans l’épicerie, située dans le quartier du port de commerce à la Joliette, où se trouvait un groupe de jeunes en train de fumer du cannabis. C’est alors que la rixe aurait éclaté. Dans ses premières déclarations, le policier, qui aurait bu quelques bières avant de sortir faire ses courses [sic – NdJL], selon une source proche du dossier, a expliqué que trois jeunes fumeurs de cannabis, à qui il avait fait une réflexion, auraient remarqué son pantalon de policier.

Selon une source proche du dossier, il était vêtu de son pantalon d’uniforme et de vêtements civils. L’une des sources précise qu’il aurait été frappé au visage et c’est à ce moment-là que par réflexe, il aurait sorti son arme de service. Il aurait alors été jeté à terre par une « balayette » de la part des jeunes, ce qui lui aurait fait perdre l’équilibre. C’est alors que le coup serait parti, touchant l’un des jeunes, dont l’âge n’était pas encore connu jeudi matin, à la cuisse. Emmené immédiatement à l’hôpital en voiture par l’un de ses amis présent sur les lieux, le jeune homme, atteint à l’artère fémorale, est mort quelques heures plus tard, a précisé une source proche de l’enquête.

Le policier serait quant à lui rentré à son domicile avec les bières qu’il était venu acheter, sans s’être rendu compte d’une balle avait atteint quelqu’un [sic – NdJL], selon la source proche du dossier. À l’annonce du décès, son ami a quitté l’hôpital, pris sa voiture, puis est retourné à l’épicerie dans laquelle il a encastré sa berline allemande. Âgé de 19 ans, il a lui aussi été placé en garde à vue. Selon la source proche de l’enquête, c’est l’épicier qui a donné à la police les coordonnées du fonctionnaire vers 02h30 du matin.

Jeudi matin, le volet métallique de la supérette, située rue Roger-Salengro, était abaissé et les alentours étaient bouclés par la police. Des enquêteurs effectuaient des prélèvements sur des tâches de sang retrouvées au sol. L’arme du policier a été saisie pour être transmise à la balistique.

Les GSP, rattachés à des commissariats, sont des unités d’appui de la Police nationale, qui ont pour objectif de lutter contre la délinquance de proximité. Ils sont implantés dans les grandes villes comme Lyon, Marseille et en banlieue parisienne (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).

Leur presse (LEssor.org, « le premier journal indépendant de la Gendarmerie », 14 février 2013)

 

Le policier placé en garde en vue jeudi après la mort d’un fumeur de cannabis de 19 ans au cours de la nuit à Marseille, était « en état alcoolisé », a affirmé le préfet de police, en précisant que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) était saisie. Le gardien de la paix a été interpellé à son domicile vers 2h30 du matin, « avec un taux d’alcoolémie qui n’a pas encore été déterminé », a précisé Jean-Paul Bonnetain, au cours d’une conférence de presse à l’hôtel de police. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 14 février 2013)

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[Thanks for the future, Tours] Concert « du son contre les expulsions » samedi 16 février

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Sursis pour Thanks For The Future

Depuis septembre dernier, la Mairie de Tours par le biais de la Sémivit a décidé de mettre le lieu collectif « Thanks For the Future » en procédure d’expulsion.

Trois procès ont finalement abouti à la décision fin janvier, d’une expulsion quasi-immédiate (sous délai d’une semaine). Nous étions préparés et organisés à l’arrivée imminente des forces de l’ordre, mais un sursis nous a été octroyé le temps de re-juger l’affaire en appel.

Ce lieu de vie, d’habitat et de lutte, autonome et ouvert sur la ville, s’inscrit dans une histoire de plusieurs squats ouverts à Tours. La mairie rêve de se débarrasser de toutes ces formes de vie et de lutte incompatibles avec son projet d’une ville aseptisée. La  friche industrielle que nous occupons et partageons également avec le Projet 244, est destinée à être rayée de la carte pour laisser place à un « mégaprojet » immobilier.

Les différents lieux que nous avons ouverts jusque là, ont tous été saccagés par la mairie. En nous interdisant toute positivité, toute possibilité de lutter contre les loyers trop chers, de vivre comme nous l’entendons, le pouvoir cherche à nous isoler et à contenir toutes formes de solidarité qui lui échappent. Expulser, enfermer, réprimer sont les seules réponses que le pouvoir peut nous apporter…

La résistance s’organise ! Les habitants de la Maison invitent à venir prendre part à cette lutte : Solidarité matérielle, technique, poétique, politique,… à venir s’installer, barricader, proposer des activités, des actions…

Parce qu’ils s’invitent chez nous, et qu’ils viennent pour tout détruire…
Nous allons nous inviter à notre tour, dans leurs espaces…

L’ordre d’expulsion est pour l’instant suspendu jusqu’au 19 février, mais nous ne comptons pas nous laisser faire.

Thanks for the future

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[Paris] Auto-dissolution du SCALP-Reflex

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le SCALP-Reflex
(sans jamais oser le demander)

Brève histoire du SCALP-Reflex
suite et fin

Notre groupe, le SCALP-Reflex [Le nom de notre groupe a changé avec les années : de Reflex entre 1986 et 1992 nous sommes devenus le Scalp Reflex de Paris à partir de 1992], procède et annonce aujourd’hui sa dissolution après plus de 25 ans d’existence et d’activité dans l’espace politique et contre-culturel parisien.

Nous avons vu se succéder plusieurs générations de militants, qui chacune à leur façon ont contribué à cette aventure. Il est temps aujourd’hui de faire un bilan de nos activités pour que ceux qui forment aujourd’hui le groupe SCALP-Reflex puissent clore cette histoire et entamer une nouvelle dynamique. En choisissant de rendre cette annonce et cette réflexion-bilan publiques, plutôt qu’en nous contentant de laisser dépérir ce groupe comme tant d’autres, nous espérons que transmettre notre expérience pourra permettre de faire avancer les réflexions d’autres groupes ou organisations militantes, et ainsi contribuer une dernière fois à faire vivre et enrichir notre milieu politique.

Ce bilan ne sera évidemment pas exhaustif. Certains ne se reconnaîtront pas dans nos analyses, d’autres trouveront qu’il manque des éléments importants ; nous ne prétendons pas écrire ici l’histoire de notre groupe, ni représenter ce qu’il a été au fil du temps, car cette tâche est impossible sans la participation de l’ensemble des protagonistes. Nous tenons cependant à préciser et à réaffirmer que nous ne renions rien de notre histoire collective.

Un peu d’histoire pour se rafraîchir les méninges

Le retour sur notre histoire n’est pas nostalgique mais bien une volonté de savoir d’où l’on vient afin de tirer les leçons indispensables pour tracer le chemin des luttes à venir. Beaucoup ont essayé de nous réduire à un groupe uniquement antifasciste alors que notre conception de l’antifascisme radical nous a amené à lutter sur d’autres fronts. Dès la création de Reflex, quasiment toutes les thématiques que nous allons rappeler ci-dessous sont présentes. Il suffit de feuilleter les revues REFLEXes et No Pasaran [Revue du réseau No Pasaran dont fait partie le Scalp Reflex] pour s’en rendre compte.

L’antifascisme radical constitue un des piliers du SCALP-Reflex. Pour nous l’irruption du Front national (FN) sur la scène politique au début des années 80 n’est pas un épiphénomène mais bien le début de ce qu’on appellera la « lepénisation » des esprits. Il nous a alors paru indispensable de comprendre ce phénomène et la revue REFLEXes [Réseau d’Étude et de Formation à la Lutte contre l’Extrême droite] a vu le jour, car pour mieux combattre son ennemi il faut le connaître. L’antifascisme républicain de droite comme de gauche a quant à lui utilisé l’extrême droite comme repoussoir dans ses stratégies électorales [On se souvient de la stratégie de François Mitterrand pour être réélu en 1988]. Le seul objectif de la droite comme de la gauche est d’être réélu en se présentant comme l’unique rempart contre le FN tout en appliquant des politiques néo-libérales, sécuritaires et xénophobes. C’est ainsi que de manière quasi-unanime, l’immigré est redevenu le bouc émissaire de la misère sociale générée par le capitalisme et le patriarcat : mal-logement, chômage, insécurité, sexisme…

Nous avons toujours refusé la banalisation de l’extrême droite que ce soit le FN ou les nombreux groupuscules et associations qui composent la mouvance nationaliste. Nous nous sommes donc opposées à eux, partout où ils étaient présents et partout où nous le pouvions.

Dans la rue nous nous sommes toujours opposées aux événements qu’ils organisaient au travers de manifestations, de contre rassemblements, ou d’actions [On ne peut pas tous les citer, rappelons juste les rassemblements contre les anti IVG au Chesnay, aux Lilas, dans le 13e, à Bourse où trois militants furent arrêtés et condamnés,  la manifestation contre le congrès du Front national à Strasbourg en 1997 et la mobilisation contre les commémorations du 9 mai qui fut centrale pour nous entre 1999 et 2011].

Dans les universités, nous nous sommes mobilisées contre leurs tentatives d’implantation en informant les étudiants sur la nature de l’extrême droite et en s’opposant physiquement à leurs actions.

Dans les quartiers et particulièrement sur les marchés, nous avons monté des groupes locaux afin de ne pas leur laisser le monopole de la politique. Nous avons déployé toute notre imagination au travers d’agit-prop, d’actions… pour les chasser.

Dans nos actions, nous avons toujours eu le souci d’agir avec la population locale car nous ne nous considérons pas comme une avant-garde. Nous avons toujours pensé l’antifascisme radical comme un mouvement social en lutte contre les valeurs et les pratiques de l’extrême droite.

Dans la lutte contre l’extrême droite, la solidarité est une arme essentielle qui nous a menées à soutenir des camarades antifascistes confrontées à la répression aussi bien en France que dans d’autres pays européens [Le Scalp a été à l’initiative du collectif Solidarité Résistance antifasciste (SRA) qui a mené de nombreuses campagnes politiques de soutien à des antifascistes en France et à l’étranger].

En tant qu’antifascistes radicaux nous pensons qu’il est indispensable de réinvestir le terrain social pour combattre efficacement l’extrême droite.

Nous avons donc participé aux luttes antiracistes de solidarité avec les migrants. Au travers des luttes contre la double peine nous nous sommes intéressées aux questions sécuritaires et à la xénophobie d’État. Nous avons lutté aux côtés des demandeurs du droit d’asile au début des années 90 puis dans les facultés au sein des Comités de Défense des Étudiants Étrangers (CDEE 1994). Nous avons alors réfléchi sur la place des migrants et sur la question de la nouvelle citoyenneté. Fort de ces expériences nous avons participé au travers du « collectif des papiers pour tous » au mouvement social des sans-papiers qui a démarré en 1996. Nous avons pu développer et propager les idées de liberté de circulation et d’installation tout en nouant des contacts internationaux pour se mobiliser contre l’Europe forteresse. À la fin du mouvement nous nous sommes attaquées au sein du Collectif Anti Expulsion (CAE) au maillon faible de la politique de fermeture des frontières de l’Union européenne à savoir les expulsions de sans-papiers. Puis nous avons accompagné et soutenu le mouvement des sans-papiers parisiens du début des années 2000.

Nous avons toujours refusé la politique du bouc émissaire qui stigmatise les pauvres, les exclus, les minorités et les étrangers pour dissimuler les politiques anti-sociale et xénophobes de la droite comme de la gauche. Nous avons essayé, avec d’autres de lutter contre la poussée sécuritaire de la fin des années 90 que les gouvernements ont mis en place pour contrôler les « classes dangereuses ». Nous avons tenté de faire converger différents secteurs en lutte contre ces lois sécuritaires comme lors de la mobilisation contre la Lopsi II ou le mouvement s’est articulé autour des prostitué-e-s, des teufeurs, squatteurs, sans papiers… contre l’ordre sécuritaire.

Dans le cadre de note lutte antifasciste, nous nous sommes engagées contre les anti-IVG aux côtés des pro-choix. Dans notre recherche anti-autoritaire, nous nous sommes aussi interrogées sur nos pratiques. La convergence de ces interrogations nous a amenées à nous intéresser aux problématiques féministes. Au travers d’outils comme les groupes non-mixtes ou lors de débats sur des thématiques féministes (viol, parole et pouvoir dans les groupes militants, prostitution…) nous avons essayé de faire évoluer nos pratiques collectives vers plus d’égalité et vers des pratiques moins sexistes. Des membres du groupe ont participé à l’écriture des deux hors-séries sur ces questions que le réseau No Pasaran a édité. Dans la volonté de trouver un terrain de lutte contre le patriarcat nous nous sommes intéressées à ces modes de reproduction au travers de campagnes contre les jouets sexistes au sein du « collectif contre le publisexisme ». Ce qui nous a conduites à aborder les questions de genre en publiant des dossiers dans le journal No Pasaran.

Dans les universités nous avons participé à tous les mouvements sociaux des années 90 [On peut citer le Contrat d’insertion Professionnel(CIP) 1995, le mouvement contre la réforme de la sécurité sociale en Novembre décembre 95, Contrat Première Embauche (CPE) 2006…] sur des thématiques propres à la fac mais toujours avec la volonté d’élargir la lutte pour ne pas rester enfermés dans le corporatisme étudiants. Nous avons aussi entamé une réflexion sur la centralité du travail qui nous a paru être un nœud très important de l’exploitation capitaliste. Nous avons tenté d’y apporter des réponses  autour de trois idées : la gratuité, le revenu garanti et la notion du travail socialement utile.  Nous avons porté ces revendications que ce soit au sein du « Réseau pour l’Abolition des Transports Payants » (RATP), ou lors des campagnes des groupes Anti-G7 (GAG) [Campagne politique contre le sommet du G7 à Lyon en 1996 regroupant différents groupes libertaires] puis lors de « l’Initiative Anti-capitaliste » (IAC).

Nous avons essayé de porter ces revendications lors du mouvement des chômeurs et précaires de l’hiver 1997-1998. Nous avons alors participé aux rassemblements contre les sommets de l’Union européenne à partir de 1999. Toujours dans la perspective de la convergence des luttes nous avons organisé des campagnes de trains gratuits pour se rendre sur les lieux des contre-sommets (Nice, Cologne) tout en revendiquant la liberté de circulation et d’installation lors du passage des frontières. À chaque fois nous avons essayé de donner une dimension internationale en travaillant avec des camardes européens. Suite au contre-sommet de Gênes (2001) puis au contre-sommet de l’UE à Bruxelles (2002) où nous avons subi une forte répression qui nous a totalement empêchées de nous « exprimer » nous avons alors lancé une campagne unitaire contre le G8 qui aboutira à la tenue du village « VAAAG » à Évian en juin 2003 [Village alternatif Anticapitaliste et Anti guerre voir le livre le VAAAG expérience libertaire aux éditions le Monde libertaire – No Pasaran]. L’idée était de mettre en avant une alternative aux saigneurs du G8 en montrant qu’il est possible de vivre en autogestion avec plusieurs milliers de personnes. Lors de cette mobilisation nous avons construit une cuisine collective mobile à prix libre que nous utilisons depuis, dans tous les événements que nous organisons. Rien de tel qu’un bon repas pour discuter politique. Cette approche culinaire de la politique nous conduira à participer à l’autogestion de la Rôtisserie [Rôtisserie : restaurant association situé rue sainte Marthe à côté de Belleville qui vient de fermer ses portes] à la fois comme outil d’autofinancement mais aussi comme outil de propagande. Nous avons poursuivi localement en présentant un candidat à l’élection présidentielle de 2007 : Patate le seul candidat qui ne se présente pas mais pour qui la politique serait l’affaire de tout le monde. Notre réflexion sur les alternatives nous a amenées à tenter de créer Zelda [Zone d’extra-longue durée d’autonomie, projet d’acheter un immeuble collectivement afin de créer un parc locatif autogéré. Ce projet ne serra jamais finalisé]. Ce projet avait pour vocation d’ouvrir des espaces d’autonomie organisés de manière autogestionnaire pour servir d’exemple et d’outil de propagande par le fait.

La question internationale a toujours été présente dans le Scalp Reflex. La vision internationaliste et les rencontres qui vont avec, sont des armes indispensables pour nos luttes contre le capitalisme et contre les réponses identitaires qu’il induit. Sur toutes les thématiques que nous avons portées, cette dimension a été présente sous une forme ou sous une autre. À la fin des années 80, nous nous sommes intéressées aux luttes de libération nationales et nous avons participé aux campagnes de soutien aux prisonnier-e-s politiques basques. Nous avons aussi participé aux mouvements antiguerre que ce soit contre la guerre du Golfe I et II ou que ce soit contre la guerre en ex Yougoslavie, nous avons toujours lutté pour un monde en Paix. Sur l’extrême droite nous avons toujours fait partie d’un réseau international qui permettait d’échanger des informations et de soutenir les camarades. Sur la liberté de circulation et d’installation nos contacts internationaux nous ont permis de mener des campagnes politiques au niveau européen autour des trains gratuits et du passage sans risque des frontières pour les sans-papiers.

Nous avons rejeté dès le début le côté militant triste. Une des dimensions importante de notre groupe bien que sans doute moins connue est notre lien avec  les milieux de la contre-culture. Depuis le début du groupe certains de ses membres ont participé au développement d’une scène musicale alternative. Que ce soit en participant au SO des Béruriers noirs, en organisant des concerts dans le cadre du CCC [Le Scalp Reflex a participé à la Commission Contre-culture  du CICP rue de Nanteuil puis au Collectif Contre-Culture qui lui succédera au CICP rue Voltaire] au CICP [Centre International de Culture Populaire situé rue de Nanteuil dans le 15e à Paris puis au 21 ter rue Voltaire 75011 Paris] ou en faisant des centaines de tables de presse nous avons participé à faire vivre la contre-culture sur Paris. Le slogan : « la lutte oui mais la fête aussi » résume bien notre état d’esprit.

Notre antifascisme et ses limites aujourd’hui

Si le Scalp-Reflex, et au-delà le Réseau No Pasaran, s’est impliqué dans des luttes aussi diverses au cours des trente dernières années, c’est que dès l’origine et jusqu’à aujourd’hui sa ligne directrice a été celle de l’antifascisme radical. Antifascisme radical, c’est-à-dire qui entend attaquer les racines profondes du fascisme, de transformer la société pour en extirper les germes du fascisme. Antifascisme radical, à l’inverse de l’antifascisme dit « républicain », qui se contente de dénoncer le fascisme sur un plan moral, au nom des grands principes dont se réclame le système social – et ce, même si ce système ne respecte pas lui-même ses propres principes. Même si, en France, l’antifascisme radical s’est développé dans les années 1980 en réaction à la montée en puissance du Front National, il n’est donc pas seulement une lutte contre l’extrême droite, encore moins contre un parti d’extrême droite. Il s’agit d’une lutte globale, à la fois socioculturelle, économique et politique, contre tout ce qui, dans une société, est susceptible de permettre la résurgence de phénomènes fascistes, avec leur cocktail d’autoritarisme, d’inégalités et d’exclusions, bref une lutte pour l’émancipation et l’autonomie de tous et toutes.

Aussi utile et légitime soit-elle, la lutte antifasciste a connu de sérieuses limites au cours des 15 dernières années ; des limites que nous n’arrivons pas à dépasser, et qui justifient notre décision de mettre fin aux activités du Scalp-Reflex afin de transformer la forme de notre engagement et de notre action politique.

La première limite est liée aux évolutions de la conjoncture socio-politique, et en particulier à la banalisation des idées d’extrême droite. La lepénisation des esprits, que nous pensions dès l’origine être un danger plus grave, plus pressant et plus insidieux qu’une éventuelle prise du pouvoir par l’extrême droite, est désormais presque achevée : en témoignent non seulement les bons scores électoraux du FN lors de la séquence électorale de 2012, ainsi que la multiplication ces dernières années de groupuscules fascisants (Identitaires, Troisième Voie, Nationalistes autonomes, etc.), mais aussi et surtout le fait que les thèmes et souvent les thèses de cette mouvance ont été peu à peu récupérés par les partis politiques classiques – et ce, à gauche comme à droite.

La présidence Sarkozy a accéléré cette banalisation : commencée avec la création d’un Ministère de l’identité nationale et de l’immigration, institutionnalisant du même coup au cœur de l’édifice républicain le thème frontiste « immigration = danger culturel », cette période se poursuit sur un pitoyable débat interne à la droite sur l’opportunité électoraliste d’alliances avec l’extrême droite plutôt qu’avec le centre-droit. Mais le moment crucial est antérieur, et se joue lors de la séquence 1997-2002, sous le gouvernement de gauche plurielle. Le pas décisif dans cette banalisation a sans doute été le virage sécuritaire pris par le PS en 1997 (colloque de Villepinte), qui a vu la gauche se rallier au discours répressif issu de la droite la plus dure, et abandonner du même coup toute analyse et toute perspective de solution socio-économiques aux problèmes sociaux. Ceci, sur fond d’une part d’approfondissement du virage libéral pris en 1983 avec le « tournant de la rigueur » (le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatisé depuis la Libération, celui aussi qui a introduit les recettes néolibérales de management dans l’administration (LOLF, 2000 [LOLF : Loi organique sur les lois de finances : réforme du budget de l’État, structuré en missions pourvues d’objectifs précis à atteindre]), et d’autre part de soumission aux diktats néolibéraux de l’Union européenne (Traité d’Amsterdam en 1997, stratégie de Lisbonne ratifiée en 1999-2000, soutien majoritaire du PS à la Constitution européenne en 2005, enfin vote, avec la droite et contre la volonté populaire exprimée par référendum, du Traité constitutionnel de Lisbonne en 2007). Faute de projet politique alternatif, il ne reste plus à cette gauche soi-disant socialiste qu’à suivre et, au mieux, à se faire une spécialité de tenter d’atténuer la violence du capitalisme néolibéral, quitte à diffuser les vieux poncifs répressifs et nationalistes pour souder la population. Dès lors le champ est libre pour la droite pour durcir ses positions, et se rapprocher petit à petit de l’extrême droite sur ses thèmes de prédilection – immigration et répression.

Cette droitisation des positions des partis classiques s’est effectuée d’autant plus facilement qu’à la même période le principal représentant de l’extrême droite, le FN, entre en crise et connaît une scission en décembre 1998. Ignorants, en bons antifascistes libéraux, que rien n’a changé dans les conditions sociales qui font le terreau de l’extrême droite, médias et politiciens diagnostiquent alors la mort du FN, donc (selon eux) la fin de tout danger fasciste, nationaliste, voire de l’extrême droite. Le 21 avril 2002, où le FN atteint des résultats électoraux inégalés, est paradoxalement présenté comme confirmant cette thèse : médias et politiciens célèbrent la réélection de Chirac comme la victoire définitive contre l’extrême droite, écrasée par la plus large victoire présidentielle jamais obtenue. Bien peu nombreux sont, à l’époque, ceux qui soulignent que le FN a gagné des voix entre le 1er et le 2e tour des élections… Mais il est vrai que la scission de 1998 a fait très mal à l’extrême droite, qui passe toute la décennie 2000 à tenter de se reconstruire une représentation politique et qui n’obtient que de « faibles » scores électoraux – ce qui entérine l’idée (fausse) selon laquelle tout danger est écarté de ce côté.

Le mouvement de droitisation est accéléré par le basculement de l’année 2001. Celle-ci voit coup sur coup le début de la fin du mouvement altermondialiste, avec la répression du contre-sommet de Gênes en juillet, et l’irruption au devant de la scène géopolitique de la doctrine du choc des civilisations, suite aux attentats du 11 septembre. Ensemble, ces deux événements marquent le triomphe des thèmes culturalistes et ethno-différentialistes, autour de la lutte contre le nouvel ennemi absolu, « l’axe du mal » : les musulmans, toujours peu ou prou suspects d’islamisme. Les termes du débat se déplacent, et avec eux les clivages : le problème n’est plus d’être noir ou arabe, bref différent de la tradition nationale (racisme / nationalisme condamné par tous), mais d’être musulman, donc suspect d’hostilité contre la démocratie (racisme ethno-différencialiste admis par tous : cf. le vote consensuel des lois contre le port du foulard à l’école, ou contre le port du voile intégral dans la rue).

Ce qui s’opère là, c’est une véritable « culturalisation » des mentalités : la population est abreuvée de discours politiques et médiatiques qui placent au premier plan l’appartenance culturelle, censée déterminer l’action et la moralité des individus. Soit un schéma identique à celui du rascisme ethno-différentialiste, où la différence de l’autre n’en fait pas un inférieur, mais tout simplement un autre, un étranger, inassimilable, voire inacceptable : chacun chez soi, chacun entre soi. Situation d’autant plus grave que les revendications des minorités dans l’hexagone se modifient elles aussi, passant de l’exigence d’égalité sociale à celle du respect des différences ethniques ou culturelles, entérinant du même coup la segmentation ethno-culturelle de la population entamée par l’extrême droite dans les années 1980 – au détriment bien sûr de la division en classes socio-économiques. Or cette affirmation quasi-unanime de la priorité des thèmes socioculturels, qui plus est traités sur le mode du danger et de la défiance réciproque des communautés, non seulement entérine sa propagande passée en faveur de l’exclusion ethnique, mais clairement banalise ses positions et fait le lit de ses succès futurs.

De fait, « droitisation » du discours politique et « culturalisation » des mentalités n’attendaient plus, pour donner leurs fruits, que la restructuration d’un appareil partisan à l’extrême droite – ce qui s’accomplit en 2010 avec la prise de pouvoir de Marine Le Pen sur le FN. Comprenant très bien que le contexte lui est favorable grâce à l’évolution des partis de gouvernement, et sans doute désireuse de prolonger la tendance jusqu’à atteindre le gouvernement par alliance avec la droite classique, celle-ci ne fait que prolonger le mouvement de banalisation déjà bien entamé. D’où un travail cosmétique en trois points, la désormais célèbre « dédiabolisation » : éviter les provocations et évacuer les ailes les plus dures et les moins banalisées du parti (catholiques traditionalistes, néofascistes, etc.) ; récupérer la rhétorique dont s’étaient enrobées les mesures discriminatoires antérieures (pas contre l’islam, mais pour la laïcité…) ; remettre en avant les thèmes socio-économiques abandonnés par les partis classiques, sans bouger d’un iota sur les propositions du parti en la matière : préférence nationale et protectionnisme (au programme du FN depuis les années 1980), et redorer le nationalisme en jouant sur l’hostilité largement répandue à l’Union européenne et à la mondialisation néolibérale.

Cette reconstruction s’accompagne d’un énorme travail médiatique, visant à occuper au maximum le temps d’antenne. C’est là, et non sur le fond, que réside le grand virage stratégique du FN – et l’une des grandes difficultés de l’antifascisme radical aujourd’hui : la stratégie n’est plus d’occuper la rue grâce à ses militant-e-s, mais d’occuper les plateaux télés grâce à ses porte-parole propres sur eux. Jusqu’à la scission de 1998, le FN était l’un des derniers partis de masse militants ; aujourd’hui, il n’a plus d’appareil de parti couvrant tout le territoire, et il peine à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Autrement dit, comme le PS ou l’UMP, le FN est en train de devenir un parti purement électoral, animé par des professionnels de la communication, n’existant qu’entre leurs bureaux, leurs berlines et les antennes audiovisuelles.

Cette évolution de la stratégie d’implantation de l’extrême droite rend du même coup beaucoup plus difficile l’action de rue antifasciste – pour la simple raison que les rares militants d’extrême droite encore dans la rue aujourd’hui sont ceux trop stupides ou trop insignifiants pour être acceptés même par le FN. L’antifascisme de rue (manifestations, marchés, etc.), aujourd’hui, est dans une impasse : soit il se confronte à des groupes d’extrême droite marginaux, sans envergure politique, mais dangereux physiquement ; soit il cherche à se confronter à des organisations ayant une certaine envergure politique, et il se trouve face à des partis qui non seulement sont absents de la rue, mais qui en plus sont désormais bien intégrés au jeu politique, soutenus par la force publique et perçus comme légitimes par la population, car au final pas si différents des partis de gouvernement… Les nombreuses poursuites et condamnations judiciaires d’antifascistes au cours de la dernière décennie suffisent à le prouver : l’un des effets de la lepénisation des esprits est de rendre l’action antifasciste illégitime aux yeux du pouvoir et de la population – et d’illégitime à illégale, puis à condamnable pénalement, il n’y a qu’un pas que le système judiciaire a très souvent franchi au cours des 10 dernières années…

À ces deux difficultés que constituent la banalisation des idées et la parcellisation des groupes d’extrême droite s’ajoute une troisième, cette fois-ci au sein même de notre mouvance politique et des différentes organisations d’extrême ou d’ultra-gauche. Les refrains entonnés ces quinze dernières années sur la fin du FN et du coup de l’extrême droite ont là aussi porté leurs fruits : l’antifascisme est devenu (au mieux) une cause secondaire, et le plus souvent un enjeu instrumentalisé à des fins de représentation politique. Le premier signe de cette marginalisation est le déclin progressif de toutes les structures antifascistes, qu’il s’agisse de groupes militants et/ou de cadres d’information et de réflexion : disparus le Manifeste contre l’extrême droite, les JRE, Ras l’Front, le Crida… De l’efflorescence des années 1990, seuls subsistent des associations antiracistes liées à des partis politiques (MRAP, SOS Racisme) et le réseau No Pasaran, qui, parce qu’antifasciste radical a pu jusqu’ici survivre en investissant des terrains au-delà de l’extrême droite stricto sensu – luttes de l’immigration, du sécuritaire, du féminisme, de l’altermondialisme, etc. Mais ses membres, en particulier en région parisienne, se retrouvent isolées, obligées de faire appel à l’alliance avec d’autres structures pour lesquelles l’antifascisme est, au mieux, une lutte secondaire. D’où le petit nombre de mobilisations, et mêmes d’initiatives, sur ce terrain ; d’où, surtout, l’absence de toute réflexion sérieuse sur la question antifasciste, sur la réalité de la situation et sur les stratégies à développer pour contrer le développement de l’autoritarisme, des inégalités et des discriminations.

Concrètement, cette situation s’avère problématique à plusieurs niveaux. D’abord, elle amène la plupart des structures politiques à ne se mobiliser qu’au coup par coup, en cas de danger militant immédiat ou, surtout, lorsqu’elles pressentent qu’une initiative peut leur être bénéfique en termes de représentation politique ou médiatique. Les deux principales mobilisations antifascistes de l’année 2011-2012 en région parisienne sont ici emblématiques : contre SOS Tout Petits venant prier devant le centre IVG de l’hôpital Tenon, moyen pour certains de se lier à la lutte en cours pour le maintien de ce centre ; contre les traditionalistes attaquant la pièce de théâtre Sur le concept du visage du Fils de Dieu de Roméo Castellucci, moyen facile pour beaucoup de s’intégrer à un événement déjà médiatisé. C’est parfois encore pire : la difficulté à rendre compatible les intérêts propres des uns et des autres peut aboutir à limiter le succès d’un événement – comme le Forum social antifasciste, qui malgré tous ses signataires n’a réuni que peu de monde – voire même à empêcher de mener une action de rue – comme, cette année encore, la désormais traditionnelle contre-manifestation du 9 mai.

D’autre part, le mouvement antifasciste souffre d’une absence d’analyse critique, et du coup d’inventivité, quant à ses formes et ses espaces d’intervention. Les mobilisations, quand elles ont lieu, prennent des formes qui, d’évidence, ne parviennent plus à toucher que les militants déjà sensibilisés, et restent la plupart du temps inefficaces (forums, manifestations, voire simple chasse au hasard, etc.). Clairement, ces actions ne peuvent aujourd’hui avoir d’impact que dans certaines configurations bien particulières, comme en cas de présence locale d’un groupe néofasciste violent (ce qui n’est pas le cas à Paris). En revanche, elles sont désormais inefficaces d’une part contre la tendance lourde à l’achèvement de lepénisation des esprits, qui dépasse de très loin l’extrême droite proprement dite, et d’autre part contre la nouvelle stratégie médiatique de son principal représentant partisan, le FN.

Bref, l’antifascisme semble de moins en moins pouvoir constituer un espace efficace de convergence des luttes, c’est-à-dire de rencontre et d’échanges entre des individus et des groupes qui, bien qu’engagés sur différents terrains, pouvaient au moins se retrouver dans leur antifascisme commun et, à partir de là, tenter de tisser des liens théoriques et pratiques entre leurs différentes perspectives.

Banalisation des thèses de l’extrême droite, virtualisation de l’activité de ses représentants, et instrumentalisation de la cause antifasciste par certains de ceux qui s’en déclarent partisans : tels sont les trois éléments de la crise contemporaine de l’antifascisme.

Ces limites concernent toute la mouvance antifasciste – y compris nous, membres du Scalp-Reflex. Le fait est que, ces dernières années, le groupe n’a pas non plus réussi à agir pour se transformer lui-même, et pour impulser la reconstitution d’un nouveau mouvement antifasciste radical. Nous ne sommes pas exempts de défauts ni de critiques ; nous avons sans doute raté certaines opportunités auxquelles nous n’avons pas su ou pas voulu nous adapter, en particulier concernant l’importance croissante du numérique et des nouvelles technologies de la communication. Nous avons, nous aussi, eu tendance à nous reposer sur nos lauriers et à maintenir inchangés nos modes d’action – du moins les plus efficaces d’entre eux ; nos tentatives de renouvellement n’ont pas abouti, et pire encore, nous pensons que notre présence, notre place centrale sur la scène antifasciste parisienne, a pu constituer un obstacle à l’émergence de nouveaux groupes, plus énergiques et peut-être plus imaginatifs que nous-mêmes.

Enfin, ne pas prendre au sérieux la cause antifasciste, c’est du même coup se priver de toute analyse sérieuse des causes et conditions du fascisme contemporain, et se limiter à la dénonciation routinière de l’extrême droite ou à la lutte épisodique contre une de ses manifestations. C’est abandonner l’idée fondamentale de l’antifascisme radical : celle qui veut que le fascisme ait des racines sociales, et que la lutte contre le fascisme soit une lutte pour la révolution sociale, et non simplement pour museler l’extrême droite.

L’impasse et le mur de l’impasse

Les structures militantes issues de la société industrielle, organisations politiques, partis politiques, syndicats, sont aujourd’hui en perte de vitesse. Les signes sont nombreux : moins de militant-e-s, un engagement différent, turn-over important au sein des groupes, etc. Trois évolutions nous semblent particulièrement importantes à prendre en compte : la dépolitisation de la société, son individualisation accrue, et la parcellisation des luttes. Ces changements, comme les autres groupes ou organisations politiques, le Scalp-Reflex les subit et a du mal à s’y adapter ; c’est même l’une des principales raisons qui nous mènent aujourd’hui à dissoudre une structure qui nous semble désormais inefficace et obsolète.

Durant l’ère industrielle, les ouvrièr-e-s se regroupent au sein d’organisations pour faire avancer leurs revendications et améliorer leur condition. Ils développent une vision collective de la lutte et de la société, un sentiment d’appartenance forte à un groupe. La solidarité de classe, tout au long du XIXe et quasiment jusqu’à la fin du XXe siècle, a permis aux mouvements ouvriers de remporter de nombreuses victoires, d’acquérir de nouveaux droits, et d’améliorer leurs conditions de vie. Ils ont aussi gagné un accès à la représentation politique grâce au droit de vote et à la légalisation des syndicats. Cependant, ces progrès sociaux sont aussi pour le capitalisme des outils de propagande et de pacification sociale par le développement de la société de consommation ; la majorité de la population a adhéré à cette vision enchantée, qui masque la permanence des conflits sociaux et politiques.

Les années 1960 voient fleurir les revendications de libération politique et sexuelle, les idées féministes, écologistes, tiers-mondistes, bref les exigences accrues d’autonomie dans tous les domaines et l’aspiration à des changements culturels en rupture avec les sociétés conservatrices. Les luttes se multiplient, y compris dans, voire contre, les structures classiques du mouvement ouvrier, en particulier contre la forme hiérarchique d’organisation qu’elles avaient adoptée. Les années 1980 marquent un tournant : si le courant progressiste semble arriver au pouvoir, la gauche de gouvernement se convertit rapidement au libéralisme économique et abandonne toute perspective de changement social global. D’un autre côté, les luttes dites sociétales, par exemple féministes et antiracistes, se sont peu à peu institutionnalisées et sont devenues plus réformistes. La plupart de ces organisations se contentent désormais de prôner une plus « juste » intégration au système socio-économique tel qu’il est, comme l’illustrent les mots d’ordre tels que la « parité » ou la « diversité ».

Ces trahisons et ces renoncements de la gauche institutionnelle ont entraîné une forte défiance contre ces organisations et leurs leaders, en particulier parmi les classes populaires qui, de plus en plus, se retirent du jeu politicien ou se tournent vers des votes protestataires – y compris d’extrême droite. Le véritable problème n’est pas là ; c’est plutôt le fait qu’en même temps que la désillusion et la méfiance envers le système politique s’est aussi diffusée l’idée que la politique en général est impuissante et donc inutile pour impulser un changement social – pour autant qu’un quelconque changement soit possible. C’est le début d’une forme de dépolitisation de la population, une dépolitisation générale mais encore plus marquée au sein des classes populaires. L’activité militante, en tout cas lorsqu’elle se veut action « avec » et non action « pour » tel ou tel groupe dominé, s’en trouve très nettement compliquée, car toujours menacée de se trouver coupée de la majorité du peuple.

La chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes de l’Est autoproclamés « communistes » entretient ce mouvement en marquant la fin de l’alternative dominante à la société capitaliste libérale. Si le stalinisme est (heureusement) renvoyé aux poubelles de l’histoire, en même temps c’est toute la gauche et tout espoir d’alternative qui se trouve décrédibilisé. Les tenants du capitalisme n’ont plus à défendre leur système contre la vision d’une société égalitaire et solidaire, qu’il croit avoir enterrée avec l’échec du « communisme ». Il n’y a plus d’ennemi progressiste à combattre, il sera remplacé par un ennemi rétrograde : « l’axe du mal » islamiste. Les théories libérales ont le champ libre, elles seront implacablement mises en pratique et imposées à des populations déboussolées et désespérées.

Un des axes du néolibéralisme sera la modification de la place du travail dans notre société : le travail n’est plus le seul vecteur d’intégration, ce qui met à mal les formes classiques de la solidarité sociale. C’est un des nombreux paradoxes du néolibéralisme : bien que le travail ait perdu sa centralité, que le chômage de masse et les emplois précaires se généralisent, il y a toujours l’injonction à travailler sous peine d’être considéré comme assisté-e. Les luttes ouvrières et celles de la Résistance ont permis l’avènement de l’État-providence, avec la création de la sécurité sociale, la retraite, les allocations chômages ; dans ce système, la collectivité est responsable des risques liés à la vie en société. Aujourd’hui, la globalisation de l’économie, avec sa cohorte de délocalisations et de dumping social, met à mal cette forme de solidarité : c’est l’individu qui devient seul responsable de sa vie et des risques inhérents à la société, d’où une individualisation accrue des rapports sociaux. Cette individualisation n’est en aucune façon une émancipation des individus : dans les faits ceux-ci sont de plus en plus soumis aux diktats de l’économie de marché dérégulée, ainsi qu’à la surveillance et à la répression étatique. On n’attend pas que les individus réfléchissent sur leurs conditions d’existence ou sur les enjeux collectifs, on exige seulement qu’ils se débrouillent pour se prendre en charge matériellement, même si leur capacité d’agir est en réalité très faible : la « prise de risque » est valorisée, chacun-e est censée devenir l’auto-entrepreneur de sa vie.

Or, cette transformation des rapports entre individu et collectif est l’un des questionnements qui nous traversent, y compris dans nos façons de structurer notre activité militante. En effet, les idéologies anarchistes et/ou communistes libertaires, tout comme les mouvements d’émancipation, prônent aussi une forme d’individualisation, afin de permettre à l’individu de s’émanciper de la société. Le danger de cette position est que, si on finit par perdre la notion du collectif au nom de la pureté individuelle, on en revient au modèle libéral que nous combattons. Non sans ambiguïtés, l’individualisation néolibérale est, quelque part, plus favorable aux organisations de base (collectifs, petits groupes) ou libertaires qu’aux structures autoritaires que le mouvement ouvrier classique avait créées. Nous-mêmes, nous avons accompagné cette évolution : dès les années 1980 nous avons adopté les formes du « groupe » et du « réseau », qui nous semblaient les plus adéquates pour que les désirs des individus puissent pleinement s’exprimer au sein d’une structure collective, qui du coup acquiert un potentiel créatif plus fort. Mais l’expérience nous a amplement démontré que ce mode d’organisation n’est pas sans défauts : il rend l’intégration plus difficile, l’identité commune plus diffuse, et l’engagement dans le temps plus fragile. Si une structure souple est plus favorable à la liberté et à l’initiative individuelle et collective, elle risque toujours de devenir trop souple et de laisser se désagréger la cohésion.

Cette individualisation induite par l’avancée du capitalisme nous a posé problème à un autre niveau : celui de notre base sociale militante. Le Scalp a toujours été composé en grande partie d’étudiants, mais le milieu étudiant a été profondément transformé au cours des dix dernières années : l’université, auparavant lieu de politisation des jeunes, devient peu à peu une zone de passage et non un espace de socialisation favorisant les échanges. Le chômage de masse, d’abord, a accru l’utilitarisme et l’individualisme des étudiants : la plupart d’entre eux ont aujourd’hui comme priorité de rentabiliser leurs études pour accéder à un emploi. Cet état d’esprit est encore renforcé par les lois « d’autonomisation » des universités (LRU) qui ne sont en fait que la marchandisation du savoir et le formatage aux idées libérales. D’où une certaine dépolitisation de la jeunesse qui réduit fortement le renouvellement de nos générations de militantes. Quant aux anciennes militantes étudiantes, à l’époque sans contrainte de temps, elles sont désormais entrées dans le monde du travail. Nous n’avons plus parmi nous de permanent bénévole. Ce double changement à profondément modifié notre organisation interne ; si le pouvoir, en l’absence de tels militantes quasi permanents, est sans doute mieux réparti entre nous, force est de constater que nous avons aussi perdu en capacité d’action et de réaction.

Enfin, il nous semble que le travail militant est confronté à une autre mutation extrêmement importante, qui entretient cette individualisation générale : le développement des technologies de l’information et de la communication, à commencer par Internet et la téléphonie portable. Il n’est pas question ici d’adopter une position « anti-tech », car nous sommes conscientes que ces outils peuvent être utiles au travail militant, en rendant les communications plus faciles et, dans une moindre mesure, hors du contrôle économique ou étatique. Encore que sur ce point il faut rester méfiant, et rappeler que ces médias sont désormais largement contrôlés, et qu’ils peuvent servir de nouveaux moyens de contrôle – comme par la géolocalisation, maintenant utilisée même pour de petites illégalités politiques. Mais ce n’est pas le point essentiel : selon nous, le problème principal que ces technologies posent aux groupes politiques, c’est qu’ils créent une illusion d’immédiateté. Depuis une décennie se diffuse le sentiment que grâce aux nouvelles technologies, tout est possible tout de suite, et en particulier que la communication virtuelle suffit à créer une mobilisation politique efficace. Comme si le virtuel pouvait remplacer le réel, comme s’il n’était plus besoin de temps et d’espaces de rencontres concrètes pour s’organiser, comme si spontanément les messages se diffusaient d’un individu à un autre individu jusqu’à créer un collectif. Cette idée est très largement fausse, les échecs de tentatives comme le No Sarko Day l’ont prouvé ; pourtant, cette idée est et reste particulièrement séduisante, en particulier chez les plus jeunes, sans doute parce qu’elle renforce et flatte l’individualisation généralisée qu’induit le capitalisme. Cette substitution du réel par le virtuel creuse un fossé (que nous n’avons pas su combler) entre ces soi-disant purs individus et les organisations politiques, qui sont vues comme autant d’entraves inutiles à la spontanéité – mais, malheureusement, sans pour autant pouvoir les remplacer par une quelconque forme plus efficace de mobilisation sociale et politique progressiste.

L’individualisation de la société entraîne également une parcellisation croissante des luttes et des identités collectives. Si l’individualisation est en général défavorable à l’engagement politique, elle entraîne en plus une modification des formes de cet engagement. Peu à peu, on glisse d’un engagement collectif pour un projet global de transformation sociale, vers un engagement individuel pour une cause donnée, pour des objectifs souvent moins ambitieux, plus immédiats et plus concrets. On a décrit cette évolution par la notion d’engagement « post-it », c’est-à-dire un investissement ponctuel et superficiel, passant d’une cause à une autre souvent pour des motifs émotionnels sans perspective politique. L’objectif n’est que de résoudre au cas par cas des problèmes qui nous ont émus, sans chercher à comprendre ni à transformer les mécanismes sociaux engendrant ces « causes à défendre ». Cette tendance s’est d’abord développée dans l’humanitaire, mais elle envahit de plus en plus le champ politique : de nombreux militant-e-s, lié-e-s ou non à des organisations, se contentent désormais de sauter d’une lutte à une autre au gré de l’agenda médiatique. Les organisations politiques se trouvent de plus en plus en position de prestataires de services.

Cette façon de s’engager « où je veux, quand je veux et comme je veux » est aussi, de fait, une négation de l’importance du long terme dans la construction d’un rapport de force susceptible de changer les structures sociales. On ne voit plus l’importance de l’engagement pérenne, on ne prend plus en compte le besoin d’infrastructures permettant l’émergence et le soutien des luttes. Le présent devient le seul temps d’intervention, il n’y a plus de passé ni d’avenir, ce qui entrave à la fois un engagement conçu dans la durée et la transmission de la mémoire indispensable pour s’organiser et agir sans répéter indéfiniment les mêmes erreurs. Les organisations politiques se trouvent en porte-à-faux avec cette tendance, puisque toutes possèdent une histoire, une expérience, des façons de faire et/ou de pensée en partie héritées de leur passé, qui pèsent sur la spontanéité des envies individuelles, mais qui sont aussi la source de leur efficacité dans l’action, en particulier lorsque la lutte s’inscrit et se construit dans la durée.

La parcellisation des luttes n’est pas seulement la conséquence de l’individualisation ; elle est aussi entretenue par le développement progressif d’un modèle d’intégration sociale plus particulariste, où l’égalité cède peu à peu la place à l’équité et à la reconnaissance des situations et des identités particulières. L’émergence, à la place de l’État-providence, d’une nouvelle logique de l’action étatique, axée non sur la construction d’une société égalitaire mais sur la régulation équitable des groupes sociaux auxquels est déléguée leur auto-intégration, a été redoublée par l’affirmation, initiée par l’extrême droite et triomphante après le 11 septembre 2001, d’une représentation de la société en termes non plus de classes sociales mais de communautés culturelles. Les thèmes de lutte des classes et de hiérarchie sociale sont peu à peu remplacés par ceux de l’exclusion et (au mieux) des discriminations, et les individus s’identifient de plus en plus à des communautés plutôt qu’à des catégories socio-économiques générales. Les mobilisations se trouvent de plus en plus souvent traversées d’enjeux communautaires, et de moins en moins axées sur des discours ou des actions de portée globale – tels que les organisations politiques peuvent encore les développer, avec un succès bien moindre qu’il y a encore une décennie.

ET LE SCALP DANS TOUT ÇA ?

Si d’une certaine façon le Scalp-Reflex Paris a accompagné l’évolution de la société et de l’engagement contemporains, il faut également reconnaître que ces dernières années il n’a pas su s’y adapter, ni s’en saisir pour proposer des pistes innovantes. Le Scalp n’est pas seulement victime d’un contexte défavorable, il a aussi sa propre responsabilité, que nous ne souhaitons pas nier ni éluder : nous avons collectivement échoué à nous réinventer. C’est pourquoi, dans ses formes d’organisation comme dans ses perspectives de lutte, il constitue aujourd’hui selon nous une structure obsolète, incapable de soutenir efficacement les luttes sociales.

Par défiance vis-à-vis des formes classiques de l’organisation politique, fortement structurées, souvent bureaucratisées voire hiérarchisées, et centrées sur l’adhésion à un corpus doctrinal prédéfini, les militantes du Scalp ont adopté un autre type de structure : celle du « groupe » horizontal, largement informel et pourvu de multiples références idéologiques. D’où un mode de fonctionnement ouvert, permettant une expression plurielle des sensibilités et des perspectives, où le collectif n’est que le résultat des désirs et des actes individuels. Nous avons cherché à faire émerger des pratiques politiques autonomes, des idées et des pratiques de transversalités des luttes antisexistes, anticapitalistes, antifascistes, autogestionnaires et solidaires. Mais cette médaille a son revers, et même ses revers. La cohésion du groupe, d’abord, s’est longtemps construite autour de la thématique d’un antifascisme radical fédérateur, qui servait de pont entre les différentes luttes menées. La crise politique des perspectives de l’antifascisme, qui dépasse de très loin le Scalp, se répercute en interne : d’abord par une moindre dynamique de renouvellement des générations militantes, ensuite par une individualisation accrue des champs de lutte, avec comme conséquence l’éclatement progressif des activités du groupe. D’autre part, après la scission en 2003 d’une partie des militants, un mécanisme de « fusion affinitaire » se développe entre les membres du groupe, qui tend peu à peu à se refermer sur lui-même, et qui a de plus en plus de mal à intégrer les nouvelles arrivantes. Bien que nous ayons maintes fois interrogé nos pratiques, tant au niveau du groupe qu’au niveau de réseau, depuis quelque temps, nous avons négligé le travail sur les rapports de domination au sein de notre groupe. Souvent, avec l’excuse de l’urgence des luttes, nous avons consacré tous nos efforts à celles-ci délaissant le travail sur nous-mêmes qui aurait pu permettre de faire évoluer nos luttes et de transformer nos pratiques internes vers plus d’horizontalité.

Une autre difficulté est liée à notre principal mode d’intervention politique, à savoir un activisme quasi-permanent et souvent mouvementiste. Nous sommes passées d’un groupe de militantes à plein temps, principalement étudiantes, à une organisation dont les militantes travaillent et/ou ont des enfants et/ou vivent en couple. Ce changement socio-démographique a provoqué de nombreuses frictions au sein du groupe, car nous n’avons pas réalisé que de ce fait nous ne pouvions plus militer de la même façon, tout comme nous avons sous-estimé le fait que les nouvelles générations d’étudiantes avaient un mode de vie de plus en plus proche de celui des travailleurs. Cette logique a engendré deux éléments négatifs. D’une part, une hiérarchisation implicite des militantes en fonction de leur activité : la reconnaissance des individus au sein du groupe s’est toujours faite en fonction d’un principe activiste de base, selon lequel celui qui agit a raison. Cette logique a entraîné des « procès » sur le manque d’engagement de certaines de nos militantes, dégoûtant les nouvelles arrivantes tandis les anciennes, désormais incapables de tenir le rythme, finissaient par s’éloigner progressivement du groupe. D’autre part, la non-remise en question de notre activisme, ou plutôt des formes de notre activisme, nous a poussées à attribuer notre difficulté croissante à agir à un manque de volonté des individus, ou à une peur croissante de la répression, plutôt que de chercher à adapter nos tactiques et nos stratégies en fonction de l’évolution du groupe et de la société. Pourtant, cette évolution n’aurait pas nécessairement été une mauvaise chose : de militant quasi-permanent à militant professionnel, il n’y a qu’un pas que nous ne voulons pas franchir, car on sait bien que ce type d’engagement entraîne une coupure entre les « avant-gardes » et le peuple, et ouvre grand la porte, au sein des organisations militantes, aux prises de pouvoir et autres dérives antidémocratiques. Ne plus pouvoir faire de l’activisme à plein temps est une richesse à créer.

Aujourd’hui, concernant notre forme d’organisation aussi bien que nos interventions publiques, nous avons l’impression d’être dans une impasse – plus encore, d’être nous-mêmes le mur de l’impasse. Pour nous, un groupe politique est avant tout un outil qui doit nous permettre d’évoluer et d’agir, de changer la société et de nous changer nous-mêmes. Aujourd’hui, il nous semble que le Scalp-Reflex est devenu plus un obstacle à la poursuite de nos idéaux qu’un moyen de les réaliser. Certes l’histoire du groupe, notre identité, nos habitudes rendent un processus de dissolution complexe et douloureux, mais c’est après mûre réflexion et sans remords que nous l’accomplissons. En arrêtant les activités de notre groupe, nous espérons libérer un espace dans l’échiquier politique permettant l’émergence d’autres initiatives. Et bien entendu, nous – maintenant anciens – membres du Scalp-Reflex Paris poursuivrons notre engagement dans les luttes et dans les alternatives. Pour nous, le combat continue !

SCALP-REFLEX Paris, le 12 janvier 2013

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[Dijon, jeudi 14 février] « Semblable réquisitoire appelle l’émeute »

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Potager collectif des Lentillères (Pot’Co’Le)

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