[Métro détourné / Paris] Non à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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Métro Père Lachaise, novembre 2012

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Mobilisation contre une réunion identitaire à Chartres-de-Bretagne

Chartres-de-Bretagne. Mobilisation contre une réunion d’identitaires

À l’appel de plusieurs organisations de gauche, plus de 300 personnes ont manifesté, dans le calme, hier à Chartres-de-Bretagne (35), contre la tenue d’une réunion du groupe identitaire régionaliste Jeune Bretagne. Cette association organisait, dans cette commune touchée par la crise économique (à travers l’usine PSA Citroën de La Janais), une conférence intitulée « Que faire face à la crise sociale européenne ? ».

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Les manifestants de gauche souhaitaient dénoncer « l’idéologie d’extrême droite identitaire ». En effet, la conférence regroupait, entre autres, des membres de l’organisation italienne néo-fasciste CasaPound, du syndicat nationaliste flamand NSV, du mouvement français d’extrême droite Riposte laïque ou encore du Parti socialiste unitaire national-européen (Psune). « Nous sommes 227 et c’est un succès pour un tel rassemblement » expliquait hier Yann Vallerie, président de l’association Jeune Bretagne.

Après avoir défilé dans les rues, les manifestants de gauche se sont rendus sur la place de la Mairie pour des prises de paroles. « Je condamne les idéologies d’extrême droite qui véhiculent des propos xénophobes et violents et qui viennent exploiter la crise économique et sociale », a expliqué le maire de la commune, Philippe Bonnin.

Alors que la réunion de Jeune Bretagne devait prendre fin hier, vers minuit, de nombreux gendarmes étaient présents pour éviter tout débordement, notamment aux abords du lieu de rassemblement situé sur un terrain privé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeTelegramme.com, 24 mars 2013)

 

Environ 300 personnes défilent contre « l’extrême droite » près de Rennes

Environ 300 personnes ont défilé samedi « contre l’extrême droite » à Chartres-de-Bretagne, à l’occasion d’une journée de débats organisée par le mouvement identitaire Jeune Bretagne dans cette commune proche de Rennes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une vingtaine de partis politiques, d’associations ou de syndicats avaient appelé à cette manifestation, dont le Comité antifasciste rennais, EELV, la Gauche anticapitaliste, la Gauche unitaire, le PCF ou l’Union démocratique bretonne (UDB).

« Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes », ont notamment scandé les manifestants dans les rues de la commune, avant un rassemblement et des prises de parole devant la mairie, sur l’Esplanade des droits de l’homme, située à environ un kilomètre du lieu de la conférence de Jeune Bretagne, une propriété privée.

Cette journée de débats organisée par ce « mouvement breton pour l’identité, l’autonomie et la sécurité » était intitulée « Que faire face à la crise sociale européenne ? ». Une dizaine d’organisations devaient y participer, dont Casapound Italia.

Pour le maire (PS) de Chartres-de-Bretagne, Philippe Bonnin, « l’expression xénophobe » véhiculée par les organisations participant aux débats « n’est pas acceptable », a-t-il déclaré.

« L’extrême droite radicale est venue souiller notre terre de Bretagne », a pour sa part déclaré le représentant de la Gauche anticapitaliste. « Le fascisme est une tumeur cancéreuse qui progresse dans le corps d’une Europe gangrénée par la crise économique », a-t-il déclaré.

« Ce débat sur la crise à Chartres-de-Bretagne n’est pas un hasard », a souligné le représentant de l’UDB. C’est dans cette commune qu’est implantée l’usine PSA La Janais, où 1.400 postes doivent être supprimés.

« L’Histoire a montré que les crises économiques étaient propices à la montée de l’extrême droite », a rappelé l’UDB.

Des orateurs se sont félicités de cette manifestation unitaire. Toutefois, Corentin, pour le Syndicat des Travailleurs de Bretagne, après avoir déclaré que « les fascistes ont toujours été du côté de la bourgeoisie la plus réactionnaire », a aussi dénoncé « la politique xénophobe et raciste du gouvernement » et taclé le Parti socialiste et EELV, qui « continuent à expulser les Roms et virer des squats où des pauvres gens tentent de se protéger du froid ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 23 mars 2013)

 

Chartres-de-Bretagne. Meeting identitaire : 300 contre manifestants dans les rues

Environ 300 personnes d’organisations de gauche sont rassemblées depuis 15h dans le centre bourg de Chartres-de-Bretagne pour protester contre l’organisation, dans une ferme pédagogique de la commune, d’un meeting privé du réseau régionaliste et identitaire Jeune Bretagne.

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Les manifestants ont défilé tranquillement de l’espace culturel à la mairie où il est prévu plusieurs discours. Le Maire de Chartres, Philippe Bonnin, a d’ailleurs déjà condamné la tenue de ce meeting « de posture idéologique d’intolérance et de xénophobie ».

Beaucoup de gendarmes

De son côté, dans un communiqué, Yann Vallerie, président de l’association Jeune Bretagne, a précisé que le meeting « était privé et organisé dans un lieu privé ». Il a conseillé à tous les participants inscrits, plus de 300, de ne pas passer par le centre bourg de Chartres : « Nous rappelons que l’objectif de la journée est la réussite du meeting et de la soirée uniquement ».

Le lieu du meeting, une ferme pédagogique route de Pont Péan, est sous bonne garde avec la propre sécurité de l’association. De nombreux gendarmes quadrillent la ville également pour éviter tout problème. Certains commerces, en plein centre ville, avait décidé de baisser le rideau.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 23 mars 2013)

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Rassemblement néonazi à Toul

Saint-Patrick tendue à Toul

Deux cents personnes ont participé hier soir à une soirée musicale un peu particulière sur la zone industrielle de Toul. Aucun débordement n’a été signalé.

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Il faut montrer patte blanche à l’entrée.

La nuit tombe. Il est 20 h hier soir. Les premiers véhicules s’engouffrent dans la rue de l’Escadrille des Cigognes au beau milieu du Pôle industriel Toul-Europe sous le regard des multiples patrouilles de police disposées tout autour du site. Le flot de voitures s’intensifie entre 20 h 30 et 21 h. Beaucoup de véhicules immatriculés dans le nord-est de la France mais aussi des berlines allemandes, belges et même suisses passent l’imposant service de sécurité mis en place par les organisateurs. Matraques et lampes en main, ces agents scrutent l’intérieur des habitacles. L’un des molosses porte d’ailleurs un masque qui ne donne guère envie de plaisanter. La tension est palpable. Il faut visiblement montrer patte blanche pour pénétrer à l’intérieur de la Taverne de Thor… Après avoir de nouveau décliné son identité sous le petit chapiteau, les invités triés sur le volet peuvent entrer dans cette grande salle de 270 m² où se produisent deux groupes de musique. Un repas irlandais est servi sur quelques tables. Et les plus motivés vont participer à un concours de bière qui les emmènera jusqu’au bout de la nuit. Ici, le cheveu est rasé de près. Quelques filles ont fait également le déplacement pour accompagner des amis.

CRS et gendarmes

« Pour le moment, il n’y a rien à signaler. C’est calme ! », note vers 22 h Gérard Kointz, directeur départemental de la sécurité publique adjoint après avoir fait le point avec le chef de la circonscription de Toul, le commandant Jean-Luc Petitbois. « Nous ne sommes pas du tout dans la même configuration qu’à l’automne dernier avec l’arrivée de 1.500 néonazis, venus surtout d’Allemagne. À cette heure-là, il y avait déjà plus de mille personnes sur place et on entendait de loin de la musique hard-métal à fond… »

Le dispositif de police mis en place a, il est vrai, largement calmé les esprits. Dès 16 h, les premières patrouilles de Toul et Nancy ont en effet sillonné la zone. À 21 h, une compagnie CRS de Reims (80 hommes) et une douzaine de véhicules se sont positionnés sur le parking d’un hypermarché voisin : « La relève sera assurée à 5 h du matin par les gendarmes mobiles de Sarreguemines », précise le directeur. « Nous sommes de toute façon en contact régulier avec les organisateurs du Chardon. Selon nos informations, la majorité des participants devraient rester sur place et ne repartiront qu’au petit matin ».

Reste à savoir si l’ambiance sera aussi sereine ce matin avec la fatigue d’une longue nuit de la Saint-Patrick et quelques grammes d’alcool dans le sang.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (EstRepublicain.fr, 23 mars 2013)

 

Des associations demandent l’interdiction d’un concert néonazi en Lorraine

Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’Homme, ont demandé à la préfecture de Meurthe-et-Moselle l’interdiction d’un concert de rock néonazi samedi à Toul, ont-elles indiqué vendredi à l’AFP.

Les services de l’État n’ont pas interdit la manifestation, mais ont précisé à l’AFP qu’un « dispositif de surveillance et de sécurisation » serait déployé sur place, sans indiquer le nombre exact d’agents qui seraient mobilisés.

La préfecture a rappelé aux organisateurs, l’association « Le chardon », que le lieu du concert, un hangar privé dans un quartier périphérique de Toul, ne pouvait accueillir que 200 personnes. Au cours des dernières années, d’autres rassemblements de cette association avaient attiré plusieurs milliers de personnes. « Ce sont des groupes de rock identitaire, qui appellent à la haine raciale et à l’antisémitisme : nous réclamons l’interdiction de ce concert », a expliqué à l’AFP un porte parole du Comité antifasciste et antiraciste (Cafar), Patrice Mangin.

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a également demandé l’interdiction de la manifestation pour trouble à l’ordre public, en estimant que ce rassemblement était l’occasion de diffuser des chants nazis et des propos antisémites, et de faire l' »apologie de crimes contre l’humanité ». La préfecture a pour sa part insisté sur le caractère privé de la soirée, ce que conteste la LDH.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeQuotidien.lu, 22 mars 2013)

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Manifestation contre la venue de Le Pen à Saint-Étienne

Le président d’honneur du Front National, Jean-Marie Le Pen, était dans la Loire ce samedi 23 mars. Une manifestation contre sa venue a été organisée le jour même dans les rues de Saint-Étienne.

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Ils étaient des centaines à défiler dans la Grand’rue. Le rendez-vous a été donné à 15h place Jean Jaurès. Les manifestants ont ensuite rejoint l’hôtel de ville puis la place du Peuple.

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Leur presse (Zoom d’Ici, 23 mars 2013) via Solidarité ouvrière

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[Paris] Vérité et justice pour les victimes de crimes policiers

Des familles se disant victimes de bavures policières manifestent à Paris

Environ 150 personnes ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer les « crimes policiers » et réclamer « vérité et justice », à l’appel d’un collectif de familles qui ont perdu un proche après l’intervention des forces de l’ordre.

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La manifestation réunissait de nombreuses familles, comme celle d’Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en avril 2012, mort pour laquelle un policier a été mis en examen pour homicide volontaire.

Toutes ces familles dénoncent la lenteur des enquêtes, voire le classement sans suite de leur dossier comme Yamina Mahdi, dont le fils Youssef est mort noyé en juin 2012 à Melun alors qu’il avait sauté dans la Seine pour échapper à un contrôle de police.

« Les policiers n’ont rien fait pour sauver mon fils. Au lieu d’appeler les secours, ils ont appelé la BAC, car il craignaient les jeunes (…). Mon fils est mort bêtement, à cinq minutes de l’hôpital », a-t-elle regretté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (BFMTV.com avec l’Agence Faut Payer, 23 mars 2013)

 

Millau : la famille de Nabil Mabtoul manifeste à Paris contre les bavures policières

À l’appel d’un collectif de familles qui ont perdu un proche après l’intervention des forces de l’ordre, environ 150 personnes ont manifesté ce samedi à Paris pour dénoncer les « crimes policiers » et réclamer la vérité. La famille de Nabil Mabtoul, tué à Millau en 2012, était parmi eux.

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Abdelmajid Mabtoul, le père de Nabil, tente d’établir la vérité.

Environ 150 personnes ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer les « crimes policiers » et réclamer « vérité et justice », à l’appel d’un collectif de familles qui ont perdu un proche après l’intervention des forces de l’ordre. Parmi eux, la famille de Nabil Mabtoul, ce jeune Villefranchois de 26 ans tué par balle lors d’un contrôle de la brigade anticriminalité dans la nuit du 25 au 26 juin 2012 à Millau. Un drame que ne s’explique toujours pas sa famille. « Mon frère avait un casier blanc comme neige, pas même un délit mineur », témoigne ainsi sa sœur.

Les familles dénoncent la lenteur des enquêtes

Comme les proches de Nabil, d’autres familles sont venues manifester dans la capitale pour exprimer leur incompréhension et leur mécontentement. Celle d’Amine Bentounsi notamment, tué d’une balle dans le dos à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en avril 2012, mort pour laquelle un policier a été mis en examen pour homicide volontaire, ou de Wissam el-Yamni, qui était mort après une interpellation musclée à Clermont-Ferrand, le 31 décembre 2011.

Tous dénoncent la lenteur des enquêtes, voire le classement sans suite de leur dossier, comme Yamina Mahdi, dont le fils Youssef est mort noyé en juin 2012 à Melun alors qu’il avait sauté dans la Seine pour échapper à un contrôle de police. « Les policiers n’ont rien fait pour sauver mon fils. Au lieu d’appeler les secours, ils ont appelé la BAC, car il craignaient les jeunes (…). Mon fils est mort bêtement, à cinq minutes de l’hôpital », a-t-elle regretté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via MidiLibre.fr, 23 mars 2013)

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[La police travaille] Quelle « démocratie » ?

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Ces mouvements « anti » qui grippent la démocratie

La Fondation pour l’innovation politique analyse les nouvelles méthodes des contestataires. Cartographie de ces multiples groupes qui défient la légalité.

L’événement est passé quasiment inaperçu, mais il est symbolique. La semaine dernière, le dernier procès en date à l’encontre de Faucheurs volontaires, s’est soldé par la relaxe de José Bové et de sept autres personnes qui avaient détruit un champ de maïs OGM en août 2008 dans la Vienne. Clémence pour ceux qui n’ont de cesse d’avoir recours à des coups d’éclat à la limite, voire en dehors, de la légalité, pour imposer leurs points de vue. La Fondation pour l’innovation politique vient de publier deux notes sur ces mouvements militants [Contester les technosciences : leurs raisons, par Sylvain Boulouque et Contester les techno­sciences : leurs réseaux, par Eddy Fougier sur www.fondapol.org]. On y découvre les visages multiples de ces nouveaux militants: anti-OGM, antinucléaire, antinanotechnologies, anti-affichage, anti-antenne relais… Les modes d’action sont tout aussi divers : lobbying, demandes d’informations, tentatives de boycott, manifestations, destructions… sans parler des occupations de site et des actions judiciaires. Une véritable nébuleuse, avec des méthodes qui souvent grippent la démocratie, avec des actes de sabotage ou de blocage de débats publics. Comme les Ravageurs et autres Taupes en colères ou le groupe Oblomoff contre les nanotechnologies.

Mises en scène orchestrées

L’impact, démultiplié par des mises en scène savamment orchestrées, dépasse de très loin le nombre des militants. Pour arriver à leurs fins, ces multiples officines, parfois locales, sont souvent rattachées de manière informelle à des organisations altermondialistes ayant pignon sur rue comme ­Attac ou Greenpeace. « Ce type de contestation remonte aux origines de la société industrielle, analyse l’universitaire Sylvain Boulouque, auteur d’une des notes. En revanche, la configuration et le rapport à la modernité des acteurs ont changé. » Leur mode opératoire : l’action en réseau, avec des appuis dans la société civile. « Cette mouvance, souvent difficile à décrypter, allant de citoyens sans appartenance politique aux franges extrêmes de la gauche radicale, serait l’une des conséquences indirectes de la chute du communisme », poursuit Sylvain Boulouque, en notant que ce type de militantisme cherche à innover. « Il se veut davantage festif et inventif, plus immatériel et spectaculaire que les formes qui l’ont précédé », poursuit-il.

Cette contestation prend aussi parfois les habits de la respectabilité : scienti­fiques, hommes politiques, comme Noël Mammère [sic] ou José Bové, ou participation à des négociations, comme les anti-antennes relais — qui ont fini par claquer la porte — au « Grenelle des ondes ».

Aujourd’hui, ces mouvements ratissent large, surfant sur une culture du risque et du principe de précaution qui a envahi la société postindustrielle. « Depuis quelques années, les catastrophes sanitaires ou industrielles prennent des reliefs particuliers et servent de point d’appui à des mouvements de contestation », lance le politologue Eddy Fougier, coauteur de ce rapport. Grâce à Internet, les campagnes de mobilisation se diffusent à la vitesse de l’éclair. Et le héros moderne est le « lanceur d’alerte », parfois simple particulier touché par une cause, comme Étienne Cendrier, à l’origine de Robin des toits. Le Net permet d’alimenter des sites multiples en rumeurs et autres théories scientifiques, avec pour but de diaboliser les technologies, en prenant soin, comme le note Eddy Fougier, « d’utiliser fréquemment des termes anxiogènes ». Avec un certain impact auprès du grand public et une progression des mouvements de défiance. « Depuis quelques années, nous n’assistons pas tant à une démocratisation de la sphère scientifique qu’à une extension de cette sphère de la défiance à l’égard des différentes formes d’autorité et des élites en général », conclut Sylvain Boulouque.

Les antinucléaires précurseurs
Leur naissance. Le 12 avril 1971 se déroule la première manifestation contre le nucléaire civil en France : 1500 personnes participent à la marche sur Fessenheim.
Leurs revendications. Les antinucléaires dénoncent le risque d’accident nucléaire, des dénonciations qui ont trouvé un regain depuis la catastrophe de Fukushima. Par ailleurs, ils jugent qu’il n’existe pas de solution acceptable pour les déchets radioactifs et que le coût réel du démantèlement des installations nucléaires est sous-estimé.
Les mouvements. Le réseau Sortir du nucléaire regroupe, par le biais d’une charte commune, 903 associations locales et près de 53’000 particuliers.
Leurs modes d’action. Marches régulières, pétitions. Le réseau Sortir du nucléaire propose un « kit militant » comprenant un masque à fabriquer soi-même et de nombreux visuels.

Le fauchage, moyen de pression contre les OGM
Leur naissance. Le 7 juin 1997, quelque 300 manifestants se retrouvent à Saint-Georges-d’Espéranche pour détruire un champ de maïs transgénique installé par Monsanto. Mais l’événement le plus médiatique est la destruction du restaurant McDonald’s de Millau en 1999 par José Bové.
Leur nom. Le principal mouvement est les Faucheurs volontaires, mais leur cause est relayée par Attac ou Greenpeace.
Leurs formes d’action. Mode d’intervention principal : la destruction de champs. « L’objectif est de montrer à la fois la justesse de la cause qu’ils défendent et la brutalité des forces de l’ordre », explique Sylvain Boulouque. D’où une certaine dimension « sacrificielle », les faucheurs étant prêts à aller jusqu’en prison.
Leurs revendications. Leur premier objectif était l’arrêt de la culture des OGM, mais ces militants s’intéressent aujourd’hui à la « malbouffe » sous toutes ses formes.

Les antennes-relais  pour cible
Leur naissance. Au tournant des années 2000, la première campagne contre les antennes-relais est initiée par Agir pour l’environnement.
Les mouvements. De nombreuses petites associations se sont multipliées aux côtés des plus importantes. Elles sont soit nationales comme Robin des toits ou le Capp (Comité pour l’application du principe de précaution) ou Pour une réglementation locale des antennes relais de téléphonie mobile (Priartem), qui regroupe un millier d’adhérents, et souvent liées aux associations nationales, comme Harpe Chevreuse ou l’Association des Nogentais.
Leurs formes d’action. Elles se limitent à des formes légales strictes, sans utiliser l’action directe. Stratégies locales de lobbying ou dépôts de plaintes auprès de tribunaux. Les associations nationales ont été associées au Grenelle des ondes, mais certaines ont claqué la porte.
Leurs demandes. Réduire la nuisance potentielle et accéder à des normes à très basses fréquences. Éloigner les équipements des écoles. Une partie d’entre elles cherchent à limiter la diffusion du Wi-Fi dans les espaces publics.

Ils ont peur des nanotechnologies  
Leur naissance. Les premières apparitions publiques débutent en 2005 par la publication de tracts. Le premier coup d’éclat est l’occupation, lors des manifestations contre le CPE, en 2006, de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales).
Les mouvements. Le principal est le mouvement grenoblois Pièces et main-d’œuvre, qui publie des tribunes sur ce qu’il appelle les « nécrotechnologies ». Né en 2004, le groupe Oblomoff est également actif.
Leurs formes d’action. Contrairement aux anti-antennes-relais, ils refusent de participer au Grenelle de l’environnement. Ils empêchent la tenue de réunions publiques. Ils communiquent via des sites Internet ou revues scientifiques.
Leurs revendications. Ils s’opposent à la diffusion des technologies de l’infiniment petit, tant dans les domaines sanitaires ou alimentaires que sur Internet ou la téléphonie mobile, vus comme un « projet totalitaire ». Ils dénoncent la perspective d’une société placée sous surveillance électronique permanente. « La technologie est la prolongation de la guerre », peut-on lire sur les sites.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Aude Seres, LeFigaro.fr, 8 juillet 2011)

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[Marseille] Justice pour Yassin

Marseille : près de 150 personnes défilent en hommage à Yassin Aibeche, tué par un policier

Près de 150 personnes se sont rassemblées ce samedi, à la cité Felix Pyat de Marseille, à la mémoire d’un jeune homme tué mi-février par un policier alors qu’un hommage similaire avait lieu à Paris en mémoire des victimes d’exactions policières.

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Les proches du jeune homme sont descendus dans les rues de Marseille ce samedi.

Près de 150 personnes se sont rassemblées samedi à la cité Felix Pyat, un quartier sensible du 3e arrondissement de Marseille, à la mémoire d’un jeune homme tué mi-février par un policier sous l’emprise de l’alcool, a constaté une journaliste de l’AFP. C’est avec le visage grave que la famille et les amis de Yassin Aibeche, 19 ans, se sont regroupés autour du stade Felix Pyat, avant de défiler près du lieu du drame, une épicerie. De nombreux proches portaient des tee-shirts floqués de la photo de Yassin. Sa mère, présente tout au long du cortège, portant le portrait de son fils, envahie par l’émotion, n’a pu s’exprimer lors de l’hommage au jeune garçon. « C’est dur, je n’y arrive pas », a-t-elle déclaré en pleurs.

Une prière a été prononcée par un religieux en la mémoire du jeune homme sous le regard de nombreux élus de Marseille, dont la sénatrice PS Samia Ghali, et l’adjointe UMP au maire de Marseille chargée de l’action familiale, Nora Preziosi. Dans le défilé, une voisine venue avec sa petite fille était venue pour « la maman ». « C’est terrible ce qui est arrivé à son fils », dit-elle.

« Le mal est fait aujourd’hui (…) mais qu’est ce qu’on fait pour les minots de demain ? »

Le 13 février, un policier, qui se trouvait dans une supérette, avait fait une remarque au jeune homme parce qu’il fumait du cannabis. Une altercation s’en était suivie et le policer avait tiré avec son arme de service, le blessant mortellement. Le policier a été mis en examen pour meurtre et écroué. « Cette manifestation n’a pas été faite contre la police mais contre certains policiers. La police on en a besoin, seulement il y a des policiers qui ont un regard négatif sur ces jeunes de quartier », a déclaré Hanifa Taguelmint, la tante du jeune homme. « Le mal est fait aujourd’hui, mon neveu est mort, mais qu’est ce qu’on fait pour les minots de demain ? Ces gamins, ont les a assez discriminés. Ces jeunes sont bons au fond d’eux, ils font quelques conneries mais ils n’ont qu’une envie c’est de draguer une fille, aller au resto et se projeter dans l’avenir », a-t-elle ajouté.

Les jeunes de la cité Felix Pyat qui se sont impliqués dans l’organisation du rassemblement ont défilé pacifiquement, encadrés par des éducateurs. « C’est pour éviter tout débordement », a expliqué l’un d’eux. Par ailleurs, à Paris, environ 150 personnes ont manifesté pour dénoncer les « crimes policiers » et réclamer « vérité et justice » à l’appel d’un collectif de familles ayant perdu un proche après l’intervention des forces de l’ordre.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 23 mars 2013)

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Manifestation contre les agressions racistes et néo-nazies Samedi 23 mars à Besançon (2)

Besançon : pourquoi une manifestation antifasciste samedi ?

Le collectif antifasciste de Besançon dénonce six agressions néonazies depuis janvier.

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Trois groupuscules ont fait souche dans le département.

« Depuis le mois de janvier, on dénombre 6 agressions que nous imputons à des membres de groupuscules néonazis sur Besançon dont deux où apparaît un couteau », affirme l’un des membres du Collectif antifasciste de Besançon (CAB). Depuis plusieurs années, cette discrète structure citoyenne observe les évolutions et les soubresauts de la mouvance à l’extrême de l’extrême droite en Franche-Comté.

Il y a deux ans, elle avait ainsi pu faire barrage à l’organisation d’un concert de plusieurs groupes affichant ouvertement leur appartenance à cette idéologie.

C’est pourquoi, samedi, le CAB organise un rassemblement, à 15 h, place de la Révolution, pour sensibiliser la population à une actualité inquiétante qui se développe dans le silence. Le silence car la plupart des victimes n’ont pas déposé plainte, soit par crainte, soit parce que, militants anarchistes, ils ne font pas confiance au système.

L’une des plus récentes agressions a été le gazage d’une demi-douzaine de clients devant le café-concert « Ze muzik all », rue Rivotte, au mois de février. « Ils étaient une petite dizaine et ils savaient où ils allaient, ce qu’ils allaient faire et comment ils allaient le faire », témoigne une jeune femme qui a assisté à toute la scène. « Ils se sont placés sur deux rangs en arc de cercle et un petit nerveux qui avait pris soin de dissimuler son visage au contraire des autres est sorti des rangs pour cogner tandis qu’un autre arrosait tout le monde à la bombe lacrymogène. »

« C’est leur façon de procéder », reprend un des membres du CAB, « ils sont coachés de façon paramilitaire. » Et le mot d’adieu des agresseurs du bar « on est chez nous » entre parfaitement en résonance avec ce qu’a pu constater le collectif. « Ils sont dans une sorte de conquête territoriale, comme ce que l’on peut voir depuis plusieurs années déjà dans le quartier Saint-Jean à Lyon.

Depuis l’effondrement du Front Comtois, après le procès de son leader en décembre 2011, trois groupuscules ont fait souche dans le département. Il y a les Jeunesses nationalistes, qui se sont illustrés récemment dans toute la France en recouvrant des plaques commémoratives du cessez-le-feu en Algérie d’un autocollant à la gloire de Bastien Thierry, l’organisateur de l’attentat du petit Clamart contre De Gaulle, l’Organisation nationaliste révolutionnaire et le Bloc identitaire. »

Sur un plan plus local, un sous-groupe baptisé Werwolf Sequania inquiète plus particulièrement le CAB. « On les identifie clairement sur la vidéo de l’agression d’un jeune anarchiste au printemps 2012, en terrasse d’un café de la Grande-rue. Ils s’affichent ouvertement et ont fait leur lit dans un bar de la Boucle. Leur tee-shirt porte des symboles qui font partie de l’imagerie nazie. »

Ce discours sur une lutte en sourdine qui agiterait la ville peut sembler flou voire irréel pour le grand public, mais les observateurs éclairés du CAB l’assurent : « Pour l’instant, ils ne sont pas vraiment organisés mais on peut craindre qu’une coordination politique se fasse jour prochainement. Ils sont dans une logique de peur et n’hésitent pas à descendre à plusieurs dizaines faire le coup-de-poing, comme dans un concert à Poligny l’année dernière. Avec cette manifestation, on veut ouvrir un espace d’expression et d’information sur ce qu’il se passe pour engager un débat et encourager les gens à dire non. »

Leur presse (EstRepublicain.fr, 22 mars 2013)

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Mobilisation contre un rassemblement néonazi à Toul, samedi 23 mars

Mobilisation contre un rassemblement néonazi à Toul, samedi 23 mars

Samedi 23 mars aura lieu un rassemblement néonazi à Toul sous prétexte de fêter la Saint Patrick.

Le CAFAR, Comité anti-fasciste et antiraciste, demande à M. le Préfet de Meurthe et Moselle d’interdire ce rassemblement qui est annoncé sur internet au même endroit que le précédent rassemblement du 8 novembre 2012

Il est donc impossible d’arguer du caractère privé de cette soirée pour ne pas l’interdire ou pour ne pas réagir et ne pas faire constater les éventuelles infractions,

Le CAFAR déplore également l’absence de réaction des responsables politiques locaux.

Toul deviendrait-elle une base arrière pour tous les néonazis européens ? Ce n’est en effet pas la première réunion de ce genre et ce ne sera certainement pas la dernière devant une telle passivité des responsables politiques et des responsables de l’État. Faudra t-il attendre des débordements tragiques pour interdire définitivement des rassemblement néonazis à Toul ou dans le département de la Meurthe et Moselle ?

Communiqué du CAFAR

Leur presse (Humanite.fr, 21 mars 2013)

 

Toul sous haute surveillance

Toul. Il n’y aura visiblement pas de mauvais remake néonazi à Toul ce soir. Moins de cinq mois après l’arrivée aussi inattendue que massive dans la commune de quelque 1.500 néonazis, venus de toute l’Europe, pour célébrer le 20e anniversaire de la délégation allemande « d’Hammerskin nation », les autorités ont pris aussitôt les devants, en apprenant l’organisation ce soir de la Saint-Patrick dans le même hangar de la zone industrielle de Toul, « La Taverne de Thor », et par la même association, « Le Chardon ».

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Hangar de Toul où des néonazis avaient organisé un rassemblement pour la Saint-Patrick

« Très attentive à l’annonce de cet événement », le maire de Toul, Nicole Feidt a directement évoqué la situation ces dernières heures avec le procureur de la République, le préfet et le sous-préfet. La préfecture a d’ailleurs pris directement contact avec les organisateurs : « Ils ont garanti qu’il ne s’agirait pas du tout du même type de manifestation qu’en novembre et qu’ils ne dépasseraient pas le seuil maximum autorisé de 274 personnes pour cette soirée privée. » Les responsables du Chardon verraient même là « la dernière manifestation avant qu’ils ne quittent définitivement le département ».

Pour autant, des renforts policiers sont déjà annoncés pour une surveillance discrète et une sécurisation bien visible des abords de la zone industrielle. Un dispositif que les pouvoirs publics estiment suffisamment dissuasif pour éviter tout débordement ou dérapage.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (EstRepublicain.fr, 23 mars 2013)

 

Lorraine : 1500 néo-nazis européens ont fait (tranquillement) la fête samedi soir

La ville de Toul, en Meurthe-et-Moselle, a accueilli à son insu un rassemblement de 1500 néo-nazis venus en majorité d’Allemagne, dans la nuit de samedi à dimanche. Venus célébrer le 20e anniversaire de la Délégation allemande d’Hammerskin Nation, le plus important groupe néo-nazi en Europe, les militants extrémistes avaient loué au dernier moment un hangar dans une zone industrielle, pour y organiser une série de concerts de métal jusqu’au petit matin.

Un dispositif policier a été rapidement mis en place autour du site pour empêcher tout débordement, mais aucune interpellation n’a eu lieu.

Les autorités françaises mises « devant le fait accompli »

C’est un journaliste allemand, infiltré dans un des groupuscules, qui a raconté la soirée dans le Berliner Zeitung, un récit repéré ce jeudi par France 3. Empêchés par la police de se réunir à Volmunster, en Moselle, les néo-nazis venus d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et de France, se sont finalement repliés sur leur plan B, Toul, où ils avaient loué un hangar à un particulier, en pleine zone industrielle. Un jeu de « cache-cache » habituel pour ce genre de soirée, où les invités reçoivent les informations au fur et à mesure.

Ce rassemblement semi-improvisé a, comme lors de l’édition 2009 à quelques kilomètres de là, pris de cours les autorités françaises. La mairie a même été prévenue… par un journaliste suisse bien informé. « Il a appelé samedi soir pour avoir une réaction de Mme le maire sur le rassemblement en cours, alors qu’on ne savait strictement rien », explique le directeur de cabinet Dominique Pocreau, interrogé par leparisien.fr. « Dès qu’on a su ça, on s’est rapproché des services de police, mais eux aussi venaient d’être mis devant le fait accompli ».

Le préfet de Meurthe-et-Moselle, a en effet été alerté un tout petit peu plus tôt « d’un important mouvement de cars » selon la préfecture. Une fois les cars et les centaines de voitures arrivées à Toul, « le préfet a donc pris les dispositions nécessaires au niveau du dispositif de sécurité ». « Une compagnie de CRS de Jarville et des policiers ont été déployés autour du hangar. Et la gendarmerie a été alertée mais n’a pas eu à intervenir » explique-t-on encore de source préfectorale.

Pas de troubles à l’ordre public

Aucun représentant des forces de l’ordre n’était en revanche dans la salle, où, selon le récit de la presse allemande, les skinheads faisaient tranquillement l’apologie du nationalisme blanc et de l’antisémitisme. Ce qui s’est passé ce soir là dans le hangar tombait sans doute sous le coup de la loi française, mais la priorité des autorités était bel et bien l’ordre public. Le rassemblement ayant lieu dans un lieu privé, et, qui plus est, dans une zone industrielle, « il n’y avait pas de risques pour la population civile », explique ainsi la préfecture. « La fête a pris fin à 5h30 du matin et ils sont tous repartis, il n’y a eu aucun débordement, ni aucune dégradation », assure-t-elle.

La relative tranquillité dont ont joui les skinheads lors de cette soirée suscite un certain remous en Allemagne. Un eurodéputé a ouvertement critiqué la coopération policière entre les deux pays et la sous-estimation du mouvement Hammerskins, qui dispose en France d’une section active, la « Crew 38 ».

La mairie de Toul, de son côté, envisage de contacter très rapidement le propriétaire du hangar loué. « Il faut qu’on discute avec lui des normes de sécurité, on ne peut pas faire n’importe quoi dans une zone industrielle », explique Dominique Pocreau qui ajoute qu’« on n’aurait pas manqué de chercher une responsabilité du maire s’il y avait eu un accident ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 8 novembre 2012)

 

Toul. 1500 néonazis réunis dans un hangar

« Nous n’avons pas donné d’autorisation pour ce type de rassemblement puisque rien ne nous a été demandé! » Averti par un journaliste suisse, le maire, Nicole Feidt, a été tout simplement mis devant le fait accompli en soirée. Dominique Pocreau, directeur général des services de la Ville de Toul, concède néanmoins que le rassemblement organisé dans un hangar du pôle industriel Toul-Europe aurait bel et bien attiré, dans la nuit de samedi à dimanche, « quelque 1500 néonazis européens » pour la soirée Hammerfest 2012. Une manifestation marquée par des concerts de « white power music », faisant la promotion du racisme et de l’antisémitisme.

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C’est dans cette rue du Pôle industriel Toul-Europe que s’est déroulée, samedi, la soirée Hammerfest 2012 en présence de 1500 néonazis venus de toute l’Europe.

De nombreuses voitures allemandes

En sous-préfecture de Toul, Hubert Espiasse confirme : « Nous avons appris la tenue de cette manifestation à Toul par les services de renseignements, samedi en milieu d’après-midi. Mais l’association qui avait loué le hangar, dont le président est originaire du Toulois, nous avait annoncé une centaine de participants seulement. Nous avons donc mis en place un dispositif de surveillance traditionnel pour éviter tout débordement, mais au fil de la soirée, les nombreuses voitures, venues majoritairement d’Allemagne, ont donné une tout autre ampleur à ce rassemblement. Nous avons donc été contraints de gérer la situation. En conséquence, des effectifs de police et CRS ont été mobilisés : soit 72 agents au total. Aucun débordement n’a été toutefois signalé, tout juste une ivresse publique pour une personne sortie à pied de ce concert. »

Après avoir initialement programmé cette Hammerfest en Suisse, les organisateurs avaient visiblement cherché un autre point de chute après son annulation par les autorités helvétiques : « Ils ont d’abord cherché à l’organiser en Italie, puis en Alsace, en Moselle et enfin ils sont venus à Toul », constate le sous-préfet en précisant « qu’il ne comptait pas en rester là… » La municipalité de Toul non plus d’ailleurs : « Nous allons également saisir le propriétaire et le locataire de ce hangar industriel dont la capacité d’accueil ne dépasserait pas 150 personnes mais qui n’a surtout pas vocation à accueillir du public, même dans un cadre privé. Le fait, en outre, que la Ville de Toul soit associée à ce style de manifestation extrémiste n’est vraiment pas bon pour son image. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Lionel Madella, Republicain-Lorrain.fr, 9 novembre 2012)

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[Besançon] La police travaille

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Prévention
« C’est quoi que cet hélico ? »

Besançon. Nombre de Bisontins se sont interrogés sur la présence assidue et tournoyante d’un hélicoptère dans les airs de la ville au cours de la nuit de jeudi à vendredi. L’aéronef a en effet opéré de multiples passages au-dessus des divers quartiers.

Renseignements pris, il s’agissait d’une opération de police destinée à la prévention des cambriolages et de la délinquance. L’officier de police, qui avait pris place dans l’hélicoptère prêté pour l’occasion par la gendarmerie, était secondé à terre par une équipe mobile prête à intervenir.

Ce type de survol, qui s’était opéré sur Montbéliard un peu plus tôt dans la soirée, n’est pas le premier et est appelé à être régulièrement reconduit. Histoire de dissuader monte-en-l’air et malandrins qui pourraient ainsi être surpris en plein vol.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (EstRepublicain.fr, 23 mars 2013)

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[ZAD / Bagnolet-Montreuil-Paris] Solidarité avec la résistance à Notre-Dame-des-Landes (2)

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Paris 18e, métro Marcadet-Poissonniers, décembre 2012

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Paris 20e, métro Père Lachaise, décembre 2012

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Paris 20e, métro Père Lachaise, décembre 2012

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Paris 20e, villa Riberolle, décembre 2012

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Montreuil, décembre 2012

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Ibidem

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Bagnolet, janvier 2013

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Montreuil, janvier 2013

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Paris 11e, rue Voltaire, janvier 2013

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Bagnolet, février 2013

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[Égypte insurgée] Les quartiers généraux des Frères Musulmans brûlent, vendredi 22 mars

Égypte : les sièges des Frères Musulmans brûlent

Aujourd’hui vendredi 22 mars 2013, des manifestations ont été appelées par une vingtaine de partis d’opposition devant les quartiers généraux des Frères Musulmans pour dénoncer la violence dont ces derniers ont fait preuve samedi dernier contre des journalistes devant leur siège et des auteurs de graffiti sur les murs de leur quartier général au Caire. La principale des manifestations, qui dure toujours à l’heure où j’écris, a eu lieu au Caire et s’est vite transformée en affrontements d’une violence jamais atteinte, après que les jeunesses des Frères Musulmans aient attaqué un des cortèges.

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Les manifestants ont mis le feu à un Frère Musulman.
Mais les Frères Musulmans tabassent de la même manière les manifestants qu’ils capturent.

Le siège des Frères Musulmans à Alexandrie a été complètement saccagé par les manifestants. Les meubles, ordinateurs, ont été jetés dans la rue. Des rumeurs disent aussi que le bureau des Frères également à Alexandrie dans la quartier d’Asafra a été brûlé pendant que les affrontements continuent ce vendredi soir à Sidi Gaber, juste en dehors de la zone militaire nord d’Alexandrie et dans la rue Feld Maréchal Ismail ainsi que dans les rues avoisinantes. À Mahalla le siège du parti Justice et liberté (parti des Frères Musulmans) a été brûlé pendant que des affrontements opposent manifestants et Frères Musulmans qui tentent de protéger leur siège à Tanta. Les quartiers généraux des Frères Musulmans auraient été brûlés dans 5 villes pendant que des affrontements ont lieu dans de nombreuses villes.

À Zagazig, la maison de Morsi a été encerclé par le mouvement du 6 avril qui appelle les habitants à venir les rejoindre et empêcher la famille de Morsi de rentrer chez elle. Le trafic des trains entre le Caire et la Haute Égypte a été bloqué par des barrages sur la voie à hauteur de Giza, Al Ayat et Al Badrasheen.

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Au Caire plusieurs marches ont été organisées de différents endroits de la ville, place Nafoura (où ont eu lieu des affrontements), et place Sayeda Aisha par exemple, pour se rejoindre dans la banlieue de Moqattam où est situé le quartier général des Frères. Beaucoup de femmes dans les manifestants. Les manifestants ont brûlé sur leur route le bureau des Frères à El-Manial avant de se rendre à Moqattam, 6 km plus loin.

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A protester who opposes the Muslim Brotherhood throws a burning tyre towards police guarding the Brotherhood headquarters in Cairo

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Egyptian policemen write a report at a destroyed branch headquarters of the Muslim Brotherhood after protesters broke in to the building in the Manial neighborhood in Cairo

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Un aspect de la grande marche vers Moqattam

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Checkpoint on the road up to #moqattam

Les Frères Musulmans avaient mobilisé les Frères de tout le pays pour protéger leur quartier général. Quand les manifestants sont arrivés à Moqattam, les jeunesses des Frères Musulmans ont commencé à les attaquer violemment puis se sont réfugiés derrière les 3000 policiers qui protègent le quartier général des Frères Musulmans en scandant « État islamiste », « Sharia contre l’État séculier » ou « Police et islamistes, front commun » pendant que les manifestants crient « Les Frères ne sont pas des musulmans ». Et toujours « Le peuple veut la chute du régime » ou « À mort Mohamed Badie » (le chef de la confrérie).

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Une véritable guerre civile dans les rues autour de Moqattam a lieu actuellement entre manifestants et habitants d’un côté et la police et les Frères de l’autre. Les affrontements pourraient bien durer tout la nuit. Les habitants du quartier ont créé des milices pour protéger les maisons et pour empêcher les bus de Frères venant de tout le pays, d’approcher le quartier. Ce qui oblige ces derniers à venir à pied ou à être déposés à une station de métro pour ensuite rejoindre leur quartier général. Sur le trajet, des gens depuis leurs balcons encouragent les manifestants et injurient les Frères Musulmans ou leur jettent des objets sur la tête ou encore de l’urine. Le niveau de violence atteint est selon des participants hallucinant. Des Frères Musulmans tirent avec des armes à feu. Du coup, des bus qui les transportent ont été brûlés, des ambulances qui transportent des Frères blessés sont bloquées. Des Frères Musulmans qui ont été capturés par les manifestants sont lynchés, battus violemment par les manifestants, torturés même disent certains, et leurs corps ensanglantés abandonnés sur la chaussée.

Des Frères Musulmans ont enfoncé les portes de la mosquée de Moqattam pour s’y réfugier.

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Vidéo de bus des Frères Musulmans qui brûlent (il y en aurait à cette heure 4 de brûlés et des microbus)

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Manifestant devant un bus des Frères Musulmans qui brûlehttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0413.jpg

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Manifestations dans la semaine avant ce vendredi

Jeudi 21 mars, à Port-Saïd des milliers de manifestants ont accompagné pour ses funérailles Salah Abdel Azim assassiné par la police. Les gens chantaient « Le peuple veut la chute du gouvernement » et « Aussi longtemps que le sang égyptien vaudra aussi peu, nous ferons tomber les gouvernements ».

À Suez, mercredi 20 mars, la troisième armée de campagne a procédé à l’évacuation de 120 familles qui occupaient illégalement des logements, pendant qu’un groupe de protestataires se rassemblait pour dénoncer la répression d’une manifestation de sans emplois par l’armée la veille mardi.

Mercredi toujours, les employés du Sénat au Caire ont manifesté pour dénoncer les appointements supérieurs de 90 membres qui ont des places plus importantes parce qu’ils font partie des Frères Musulmans et leur attitude persécutrice à leur égard.

Les résidents de Salloum dans le gouvernorat de Matrouh ont bloqué la route dans la semaine reliant l’Égypte et la Libye pour protester contre les règles imposées par les nouveaux visas de Tripoli. Les autorités libyennes exigent maintenant que les Égyptiens d’acquérir un visa de 10 jours coûte l’équivalent de LE500. Les manifestants ont bloqué la route aux camions libyens entrant et sortant du pays.

Les étudiants de l’université religieuse Al Azhar qui forme les principaux religieux du pays, ont manifesté toute la semaine pour dénoncer les mauvaises conditions d’hébergement dans les dortoirs, la mauvaise nourriture et les violences faites par la police aux étudiantes en grève de la faim pour les mêmes raisons. Ils réclament la démission du responsable des résidences étudiantes.

Mardi 19 mars, les journalistes photos ont manifesté devant le Sénat pour dénoncer les attaques croissantes dont les salariés des médias sont victimes.

Le 19 mars également les amis de Okacha présentateur télé ont manifesté devant la Haute Cour pour demander l’annulation de sa condamnation à 6 mois de prison pour avoir insulté le président.

Lundi soir 18 mars, deux personnes sont mortes lors d’affrontements au Caire dans le quartier de Shubra. Un jeune de 15 ans a été assassiné par le fils de Gamal Saber, coordinateur du Lazem Hazem — un groupe de soutien salafiste à l’ancien candidat à la présidentielle Hazem Salah Abou-Ismail.

Aussitôt environ 200 personnes, avec les parents du garçon mort, ont voulu venger cette mort en essayant de lyncher l’assassin salafiste en tirant grenaille, lançant des cocktails Molotov et brandissant des armes blanches contre les policiers qui le protégeaient. Soixante-dix voitures particulières ont été brisées et quatre magasins ont été attaqués au cours des violences. Deux personnes ont été tuées dans les affrontements. Le criminel a été finalement arrêté. Les habitants du quartier de Shubra ont salué l’arrestation du criminel par la police, un certain nombre d’entre eux formant des chaînes humaines autour de la station de police dans lequel le fils de Saber était détenu pour empêcher qu’il soit libéré par les salafistes.

Lundi 18 mars aussi a eu lieu une manifestation à Alexandrie en solidarité avec le militant Hassan Mustafa, qui a été condamné à 2 ans de prison sans raison.

La contestation se déplace sur le terrain social

Des milliers de travailleurs de la Société Idéal ont protesté contre le Conseil d’État lundi 18 mars demandant l’annulation de la décision de privatisation de l’entreprise.

Idéal était une société d’État jusqu’à sa privatisation en 1997. Les nouveaux propriétaires de l’entreprise ont donné aux travailleurs le choix de continuer à travailler pour eux ou de quitter l’entreprise avec une indemnité de deux mois de salaire pour chaque année travaillée.

Mais les travailleurs privatisés ont un salaire mensuel de 900 LE, pouvant être licenciés à tout moment alors que les employés de la société d’État recevaient 1200 LE sans pouvoir être licenciés.

Mais surtout dimanche 17 mars, la violence dans différents gouvernorats a été causée par les conditions que le FMI a mis à l’Égypte pour lui donner son aide. Le gouvernement a accentué ses restrictions du gasoil subventionné, ce qui a eu comme conséquence la hausse de son prix au marché noir et rendu la vie des gens de plus en plus difficile. Il y a eu plusieurs dizaines de blessés et 1 tué dans des affrontements à Beni Suef, Qalyubiya et Assiut. Plusieurs automobilistes ont coupé la route entre Beni Suef et Gharbiya. À Qalyubiya, les affrontements ont eu lieu les armes à la main. Le train et les véhicules ont été complètement bloqués à Mahalla al-Kobra pour la deuxième journée consécutive. À Kafr el Sheikh, les manifestants ont bloqué la mairie avec des chaînes. Les paysans à Beheira se disant incapables de payer le gasoil ont attaqué une station pour se servir. Pareil à Daqahliya. La route a été coupée à Hurghada. Des bagarres ont également eu lieu entre automobilistes provoquant la mort de l’un d’entre eux à Giza.

Parmi les mesures récemment évoquées pour satisfaire le FMI, il y a le fait de relever de 9000 à 12’000 LE le plafond de l’exonération d’impôts sur le revenu, l’augmentation des tarifs douaniers sur les produits de luxe ainsi que les taxes sur les alcools, les cigarettes, l’acier et le ciment qui avaient provoqué un soulèvement en décembre et d’autres mesures encore. Outre ces mesures, le gouvernement entend augmenter les prix du carburant, de l’essence et du gasoil, ce qui entraînerait une hausse des prix de 50 % d’après les experts. Ce qui serait une catastrophe. Déjà 20 % des Égyptiens vivent avec à peine plus d’un dollar par jour.

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Mais surtout ce qui inquiète toute l’Égypte ce sont les restrictions ou la hausse annoncée du prix du pain, par l’abandon d’une partie des subventions d’État. Or le pain subventionné est la base de l’alimentation égyptienne. Ce qui rendra la situation hautement explosive dans toute l’Égypte. Tout le monde ayant le souvenir des émeutes du pain en 1977 et 2008. Une première expérimentation devrait avoir lieu dans deux mois à Port-Saïd.

Déjà des centaines de boulangers subventionnés ont saccagé pour la deuxième fois ce mardi 19 mars le ministère de l’alimentation pour protester contre les restrictions de gasoil qui font monter les prix en criant « À bas Morsi, à bas Bassem Ouda » (le ministre).

Après les étudiants, les islamistes perdent les élections chez les journalistes

Dans les élections professionnelles étudiantes, sur 21 universités publiques (Port-Saïd n’a pas encore voté), les groupes d’opposition laïcs ont obtenu 66% des sièges contre 34% aux Frères Musulmans, ces derniers n’obtenant la majorité que dans une seule université semble-t-il, alors qu’ils ont mis tout leur poids pour influencer le vote, leur base sociale se trouvant surtout là et sachant que l’an passé ils avaient la majorité dans 12 universités.

Pour les élections professionnelles dans la presse, malgré une violente campagne hostile du pouvoir, les journalistes ont élu un opposant au régime des Frères, Diaa Rashwan, qui a remporté la présidence du syndicat des Journalistes avec 1280 voix contre 1015 voix pour son principal concurrent Abdel-Mohsen Salama.

Quant aux 6 membres élus du conseil du syndicat, ils représentent tous le « courant de l’indépendance » opposé à l’intervention de l’État dans les affaires du syndicat et connu pour son hostilité au régime des Frères Musulmans.

Les résultats de ces élections sont perçus comme un message fort adressé au régime des Frères Musulmans, accusé de vouloir mettre au pas les journalistes indépendants.

Pour Gamal Fahmi, membre réélu du conseil, ces élections sont le début d’un combat crucial. « Aujourd’hui, le syndicat des Journalistes s’est libéré de la poigne des Frères musulmans et de leurs tentatives de le kidnapper. »

Depuis l’élection du président Mohamad Morsi il y a près de huit mois, deux journalistes ont été tués sur le terrain, plus de 150 ont été convoqués par le Parquet général pour des délits de publication, dont 25 accusés de diffamation du président de la République. Les agressions corporelles contre les journalistes hostiles aux islamistes se sont multipliées, alors que plusieurs publications ont vu leurs numéros confisqués et leurs locaux assiégés ou incendiés. Sous une nouvelle Constitution qui n’exclut pas la peine de prison pour les délits de publication et qui autorise la fermeture des journaux, les journalistes se sentent sans défense.

À l’annonce des résultats, des centaines de journalistes en liesse ont investi les locaux du syndicat et des slogans hostiles aux Frères Musulmans y ont retenti.

Après les élections des unions estudiantines, celles des journalistes viennent confirmer la tendance et le poids réel des Frères Musulmans avec une base populaire en pleine érosion. L’incendie des sièges des Frères Musulmans de ce soir en est une illustration. Comme le disait un écrivain connu « le compte à rebours pour le départ des Frères Musulmans a commencé ».

Jacques Chastaing, Groupes anticapitalistes et révolutionnaires du Grand-Est – mailing, 22 mars 2013 – 23h22

 

A day at the Moqattam clashes

Over the past 26 months, Egyptians have protested in public squares, outside state-run institutions and, more than once, at the gates of the presidential palace; each new setting bringing with it an escalation in dissatisfaction, violence, and demands.

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Fed up with a government response seen as only comprising of heavy-handed tactics and the occasional provocative statements from a self-described thick-skinned president, protestors have now directed themselves toward the nation’s seat of power—a privately-owned office building in one of Cairo’s secluded districts.

The “Day of Reclaiming Dignity,” as Friday’s protest has been dubbed, began ominously enough, with the Muslim Brotherhood headquarters in Moqattam surrounded by scores of its members, as well as several cordons of Central Security Forces in preparation for protestors who, throughout the week, had been announcing their intention to burn the building down.

At the opposite end of the street from the headquarters and also waiting for the protestors, several vendors sell flags and drinks, and a few paramedics loiter between six parked ambulances. Calls for Friday prayer sound followed by sermons, also amplified: “Our enemies have an anger toward Egypt; we must use it against them”, “there are those who doubt sharia can be applied in the 21st century, but sharia is God’s law, created for any place and time.”

All crowds swell shortly after prayers; protestors arrive carrying handwritten signs (“there isn’t a drop of fuel in the country but we’ll still set fire to the Brotherhood”) and chanting, while outside the Muslim Brotherhood headquarters, supporters recite their own variations on the protestor’s most popular slogans, as well as original ones like “our revolution is about decency, not graffiti”, “Islamic, Islamic, we will not be left out of the world”  and, possibly the longest chant in history, a six-point call-and-response list of the president’s mostly metaphorical accomplishments (“he has purified us!”).

“You should have been here early in the morning,” Reda Ahmed, a vendor says to Egypt Independent in a low voice. “They were bussing brothers in non-stop, bringing them from Minya. That building,” he nods toward the headquarters, “is about to burst with them.”

As he speaks, the chanting Brotherhood members form a large circle, spinning and holding each other’s hands. “Our Quran is our constitution, our Jihad is our path,” they drone.

Meanwhile, Central Security Forces occupy both sides of the five blocks and a public garden separating the opposing fronts, with approximately 500 soldiers scattered across various formations.

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“Look at what they’re wearing,” Mohamed Alaa, a 23-year-old protestor says to Egypt Independent, as well as the soldiers standing within earshot. He then turns to them and gestures at the several layers of body armor they each wear. “I don’t remember you guys being dressed up this heavily outside the presidential palace.” They offer no response.

“What can they say,” Alaa turns back to Egypt Independent. “They have no choice, but they need to understand that we won’t let them stand in our way, and that this isn’t about them anymore.”

While a few protestors on the scene may disagree—there are occasional outbursts of chants against the Interior Ministry—it seems most of the crowd agrees with Alaa, as evidenced by how quickly and sternly those chants are stifled by other protestors, as well as the attempts at reasoning with the frontline.

“You’re our sons,” an elderly lady was seen pleading with a few stone-faced soldiers. “You’ve let yourselves be debased by the violence you’ve committed against us, but you’re still our sons.”

Intermittently, small groups of Brotherhood members move past the protestors, on their way to the headquarters down the street. On every occasion, their presence is announced through calls of “sheep!” from the protestors, many of whom chase the Brothers, bleating loudly. The lack of response only seems to provoke protestors further.

Gradually, arguments break out among the protestors over the purpose of their gathering.

“Why are you chanting ‘peaceful?’” an adolescent shouts in frustration. “Have you all forgotten why we’re here?”

“The police are on our side now, we don’t want to lose that!” comes the reply from a man later identified as Akram Saad, a resident of the area whose only concern of the day is “to avoid clashes.” The 32-year-old’s argument fails to convince, and he’s forced to rely on like-minded protestors to form a cordon of their own around those seeking more decisive action. There is pushing that threatens to turn worse until shouts from the group alert them to a car-full of Brotherhood members coming down the street. The protestors run towards it, the car reverses and swerves off, and the crowd chases it down the street.

Over on the Brotherhood side, its supporters have formed their own frontline, consisting, clearly, of the largest members of their group. They watch the goings-on at the protestors side keenly, until one of their own returns to assure them, “calm down, there’s not that many of them and they’re running around.” The frontline disperses as the same man asks, “who gave the order for us to form a frontline, anyway,” to which another member replies, “I don’t know.”

At 2 pm, there is another outburst of excitement at the protestors’ side, and another rush down the street. A man has been pulled out of a passing bus, deemed to belong to the Brotherhood, and is being beaten on the street by a small group of protestors. There is immediate swarming around him, shouts of “kill him” and “don’t kill him,” pleas for self-restraint and calls to search the man, to hand him over to authorities. Throughout the debate, the beating never ceases and the man’s head is soon split open. He is carried to a building and protestors fight each other off until an ambulance arrives and the man’s protectors rush him into it. The ambulance drives off and the episode ends without a shred of evidence supporting it.

Across the street, three young men—who appear to be brotherhood members, and later confirm so to Egypt Independent—watch the scene unfold with grim faces.

“This is civilized behavior?” one of them asks. “Killing each other when we’re all Egyptians?”

When faced with the suggestion that this violence is seen by some as a last resort and others as a response to the ruling party’s methods, the young man shakes his head. “This is not true. The government listens to the majority. If you want to know who the majority is, ask yourself who won the elections.”

“These people on the streets,” the 26-year-old Brother, who wishes to remain anonymous, explains, “they’re all acting for personal benefits, not national ones. If you have a complaint about the government, then express it, and give them the chance to fix it. Don’t get in their way and set fire to the country—that helps nobody.”

When this point of view is later relayed to two young boys—16 and 17— wearing ski masks and belonging to the now famous Black Bloc opposition group, they scoff and cuss. “My friend Nader got several rounds of birdshot in his face this week; he lost an eye,” the Black Bloc member says. “And he wasn’t at a protest, he was on his way home from school.”

“It’s oppression, and that’s not a way of life,” the second boy adds. “Not after the revolution. We won’t live like sheep, and we won’t be oppressed again. Otherwise, what did people die for? Why a revolution and all this mess, then?”

A few minutes later, two teenagers with regular scarves wrapped around their faces and bottles in their hands come running down the street, and hurl their bottles at where the protestors meet the CSF frontline. There is an outburst of chaos and screaming, and immediate scuffles. Two shots ring out and the scene quiets down before chants rise up again, this time addressing the president’s mother.

Protestors are caught off-guard again when, minutes later, a shot rings out from the residential building they and the CSF frontline are positioned under. The protestors respond by hurling rocks at its windows, two more shots follow from the building, leaving a cloud of smoke over a third-floor window. Two CSF officers appear on the roof, one floor above, and wave for protestors to calm down—one of the officers holds a handgun in his waving hand—and then they disappear and a child briefly peers over the same ledge. The protestors roar in fury, some attempting to raid the building, others pelting it with rocks, aiming for a specific window, but smashing a few others. The CSF soldiers on the ground remain motionless.

Two streets away, another battle ensues, one between the two sides actually in opposition. Marches planned throughout the day have begun arriving to Moqattam, the number of protestors quickly growing. They move past Moqattam’s central Nafoura Square and down Road 13, waving large white flags honoring martyrs on the two-year revolution, and beating drums. Ahead of them, hundreds of individuals run back and forth, breaking off chunks of the sidewalk for ammunition, carrying wounded comrades over their shoulders, hurling rocks and bottles at the approximately 300 Muslim Brotherhood members at the end of the street. There is no clear frontline, just an ebb and flow between the two sides. A knot of protestors forms—they have dragged over an opponent from the other side. An ambulance, one of many parked along the sides of the street, swerves in but the protestors refuse to hand over the man and instead, the ambulance is attacked and forced to drive off. The alleged member of the Brotherhood is only visible in glimpses of bloodstained limbs, and then disappears entirely as the protestors carry him away. The screams are deafening, between those justifying the man’s death, and those deeming it cold-blooded murder. At the end of the street, the man is set on the ground and beaten, picked up and beaten and eventually, tossed into an ambulance. As it drives off, there are disappointed remarks—“he’s still alive”—and two men are seen cheering a young boy, clutching a bag of rocks, for the “punishment” he bestowed on the man. The boy, not possibly older than 10, snarls, “I wanted that Muslim Brotherhood son of a bitch.”

Back at the other end of the street, the Muslim Brotherhood supporters have lost ground, retreating to the top of one of the many rocky hills on the outskirts of Moqattam. The rock pelting goes on, small groups of protestors, mostly adolescents, make their way up the hill, and fistfights ensue between them and the older, burlier Brotherhood members, who are easily outnumbered. On several occasions, protestors come running back, a battered and unconscious adult in their grip. They tumble down the rocky hillside, attract more protestors and provoke more arguments over the merits of mercifulness.

There are calls of warning among the protestors—their number well over a thousand, stretching upwards toward the heart of Moqattam—and sure enough, another group of Muslim Brotherhood members comes marching down a side street. The air thickens with rocks, fireworks, smoke; car windows are smashed, and one protestor is seen dousing three small trees with gasoline and setting fire to them, presumably to create some sort of smokescreen.

As the Brotherhood front retreats once again, a subgroup of approximately 20 protestors breaks off and rushes to meet them on the other side of the hill. Along the way, they are struck by rocks from the roof of a nearby building, and their attention diverted. They gather around the building, a crowd quickly follows, and they call for the “cowards” to “show themselves”. A teenage boy pops his head over the ledge and ducks back immediately.

“You’re coming down dead, you son of a bitch!” someone from the ground calls up. Rocks fly as infuriated protestors rattle the gates and climb the walls of building 211 on road 33. Simultaneously, someone draws the crowd’s attention to four buses parked further down the street. Moments later, they are in flames.

When asked about proof that the buses belonged to the Brotherhood, various replies are offered:

“There were pictures of Morsy inside the buses.”

“People said they belonged to the Brotherhood.”

“There were Brotherhood members in them, we pulled them out”—a claim that was immediately denied by several protestors within earshot.

From the roof of an adjacent mosque, Muslim Brotherhood members pelt protestors with rocks until the mosque is stormed. Members of the Muslim Brotherhood were being held inside as prisoners, and there was blood splattered across the courtyard floor. One hostage was held outside, a middle-aged man with open wounds all over his face, pleading for his life. Two protestors held him in a tight grip, ignoring the comments of the gathering crowd: “he’s the mosque’s superintendent, I know him.”

But it turned out he wasn’t. Given the chance to explain himself, the man swore he was a construction worker from Maadi who had only come to join the protest.

“Say ‘fuck the supreme guide’” one of his captors challenged him, referring to the supreme guide of the Muslim Brotherhood.

“Fuck the field marshal,” the man said, dribbling blood, referring to the previously ruling Field Marshal Hussein Tantawi, the head of the Supreme Council of the Armed Forces.

His captor slapped him. “The supreme guide, not the field marshall!”

“He can’t hear you,” another protestor explained to his peer. “He’s lost his senses. Let’s search him.”

At the mosque’s two main doors, the same debate was being held: forcing the hostages out versus preserving what remained of the sanctity of a house of God. While some protestors threw themselves at the doors, screaming for justice and the friends they had lost, a larger number pushed back.

“We need to be better than them,” a young man urged. “We need to show them we can be better than their Muslim Brotherhood, that we’re Muslims, too.”

“They’re not Muslim! Don’t insult our faith! God would disown the whole filthy lot of them!”

“Islam is mercy! We need to be merciful!”

“They’ve beaten the mercifulness out of us, they’ve turned our hearts to stone! How much longer?”

“We’ve cut the power and water to the mosque. We have them. They’re not going anywhere until we turn them in.”

“But they don’t belong in a mosque! They just blew one up in Syria and killed its imam! They don’t know anything about Islam!”

At the back of the mosque, nine men stand at a window, communicating with two of the captive Brothers. “How many of you are hurt, and how serious are the injuries?”

“We’re all fine, except for two of us and it’s not an exaggeration to say they’re dying,” comes the reply. “We’ve already called an ambulance but we can’t go out there. All we ask is to let it take the injured. You can keep us here, just convince the others to let the ambulance take our injured.”

“I’ll see what I can do.”

The sun has set and as the nine men talk amongst themselves, a call for prayer is heard from one of the protestors on the other side of the mosque. Two of the men leave and a third approaches the window. “Listen,” he says to the hostages. “We’ll turn the water on for you for five minutes so you can wash up and pray if you want. But do me a favor: when you pray, ask god to put some sense into us. Ask him to calm down people on your side and ours, ask him to save our country.”

Calmness follows, but only at the mosque. Back at the Muslim Brotherhood headquarters, CSF troops have begun firing teargas on protestors, who have responded by setting fire to the tires they’ve brought with them in order to combat the blinding gases. The streetlights have gone dark, the only illumination coming from the flames. The protestors, regrouping through the smoke, begin to chant against the Interior Ministry and its dogs. This time, there are no calls for restraint.

Rationalizing the violence witnessed throughout the day, activist Alaa Abd El Fattah wrote on his Facebook page upon his return from the clashes in the early hours of Saturday that those protesting against the Brotherhood in the street do not see its rule as legitimate authority.

“Those in the street see that the authority is ignoring its constitution and its laws, even though the Brotherhood is controlling them both. If you think our moves should respect the rule of law, or at least seek the rule of law, then you will have to find a way to pressure the state, the regime and the Muslim Brotherhood to respect the law,” he wrote.

Presse contre-révolutionnaire (Ali Abdel Mohsen, EgyptIndependant.com, 23 mars 2013 – 12h10)

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[Mali] Pour qui combat l’armée française ? (2)

Mali : la guerre de la cocaïne

Depuis dix ans, le nord du pays est une plaque tournante de l’acheminement de la poudre blanche sud-américaine vers l’Europe. Militaires, politiques, ethnies… Le trafic a trouvé des relais dans tous les camps, djihadistes inclus. L’intervention française a coupé la route [sic – NdJL]. Jusqu’à quand ?

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Les villas de « Cité cocaïne », à Gao, désertées par leurs propriétaires enrichis par le trafic et pillées par la population

À l’angle de deux rues en latérite, dans le centre de Bamako, la villa en impose. De style méditerranéen, elle comprend plusieurs appartements ouvrant sur des balcons et des terrasses ombragées. Voilà des mois que l’ensemble est désert : ses occupants, espagnols et latino-américains, ont quitté la capitale… À Gao, la grande cité du Nord, les villas du quartier arabe sont aujourd’hui vides. La population les a pillées dès le 26 janvier, jour où les forces armées franco-maliennes ont chassé les djihadistes de la ville. Les propriétaires de ces demeures luxueuses — essentiellement des Lamhar, un clan arabe de la région — avaient déjà déguerpi, craignant des représailles. Ici, même les gamins savent d’où provient la fortune de ces grands commerçants, étroitement liés aux islamistes. Le quartier, désormais en ruine, est surnommé Cocaïnebougou. « Cité cocaïne. »

Parmi les multiples racines de la crise que traverse le Mali, en voie d’être sauvé par l’intervention militaire, le trafic international de drogue a joué un rôle important. En moins de dix ans, le pays est devenu l’une des principales zones de transit de la coke sud-américaine vers l’Europe. Une montée en puissance orchestrée par les cartels colombiens et vénézuéliens. Au début des années 2000, ceux-ci décident de contourner les routes maritimes et aériennes directes, trop surveillées à leur goût, pour faire de l’Afrique de l’Ouest la plaque tournante du trafic destiné au marché européen. Les cargaisons, acheminées à travers l’Atlantique par bateau ou avion, seront désormais débarquées dans les pays côtiers : Guinée-Bissau, Gambie, Ghana… À partir de là, les immensités désertiques du nord du Mali, frontalières de la Mauritanie, de l’Algérie et du Niger, offrent un « boulevard » pour convoyer les chargements jusqu’aux rives de la Méditerranée. « Au fil des années, la présence de l’État n’a cessé de se réduire dans le nord du territoire, déplore un ancien ministre, originaire de Gao. Le pouvoir de Bamako y était déjà fragilisé par la rébellion touareg, les rivalités ethniques, la contrebande  »traditionnelle » et la présence d’Aqmi, et les narcotrafiquants se sont engouffrés dans cette brèche. »

15 milliards d’euros depuis dix ans

Selon le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Unodc), 18 tonnes de cocaïne auraient transité par l’Afrique de l’Ouest en 2010, après un pic de 47 tonnes en 2007. D’autres sources avancent une moyenne annuelle oscillant entre 40 et 80 tonnes. « Un flou absolu règne sur les quantités, mais elles sont forcément sous-estimées car toutes les filières ne sont pas connues », estime pour sa part Mathieu Pellerin, spécialiste des questions de sécurité au Sahel.

La valeur totale de la cocaïne ayant traversé depuis dix ans le Sahara avoisinerait les 15 milliards d’euros. De quoi s’assurer bien des complicités… Les narcos graissent la patte de douaniers, policiers, militaires, mais aussi de chefs de milices communautaires. Sans oublier les politiciens, toutes ethnies confondues, dont certains proches d’Amadou Toumani Touré, alias ATT, l’ex-président de la République, déposé par un coup d’État le 22 mars 2012 et actuellement réfugié au Sénégal.

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Les voies du traffic de cocaïne en Afrique de l’Ouest

Cette chaîne de corruption est indispensable pour assurer le transit des cargaisons de drogue sur des milliers de kilomètres de piste. Il faut recruter des guides et des chauffeurs de 4×4 chevronnés, souvent des Touareg, ainsi que des gardes armés. À chaque portion de territoire traversée, chefs de tribu et de milice réclament un droit de passage. Ils se font aussi payer pour assurer la sécurité du convoi jusqu’à l’étape suivante. Parfois, la marchandise change plusieurs fois de mains en cours de route : les sacs de coke sont alors déposés dans une maison abandonnée ou enterrés en plein désert, à un endroit identifié par sa position GPS. Pour une livraison acheminée à bon port, un chauffeur peut percevoir 2500 euros. Après deux ou trois allers-retours réussis, le véhicule lui est offert. Une vraie fortune à l’échelle locale : beaucoup de jeunes désœuvrés se pressent pour jouer les « petites mains » des réseaux.

Un temps en retrait, les terroristes d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) ont fini par entrer à leur tour dans le circuit. Avant la guerre, ils prélevaient une dîme équivalant à 10 % de la valeur des convois pour les escorter de l’extrême nord du Mali vers le Maroc, la Libye ou le Tchad. « Ce n’était pas leur revenu principal », précise toutefois, au téléphone, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, un cadre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), groupe touareg séparatiste qui a déclenché la dernière rébellion en janvier 2012. Cet ancien député de la région de Gao, poursuivi par la justice malienne pour « sédition » et « atteinte à l’intégrité du territoire national », a observé de près les connexions entre narcos et djihadistes. « Les terroristes d’Aqmi reversaient aux trafiquants de drogue une partie des rançons reçues pour libérer les otages occidentaux, poursuit-il. En retour, ils se faisaient ravitailler en logistique : véhicules, armes, médicaments, matériel électronique… »

De juteuses commissions à chaque libération d’otage

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Baba Ould Cheikh

Dans cette « Mali connection », quelques personnages ont joué sur tous les tableaux. Parmi eux, Baba Ould Cheikh, 45 ans, maire de la commune de Tarkint. Issu de la communauté Lamhar, « Baba », comme on le surnomme, dirige depuis les années 2000, à Gao, deux entreprises de bâtiment et de transport. Grâce à sa flotte de camions, il importe illégalement d’Algérie tous les produits de consommation courante qui alimentent le nord-est malien. Autant dire qu’il connaît du monde… Dès 2003, il devient ainsi l’un des négociateurs officieux chargés par les autorités de Bamako d’obtenir la libération des premiers otages enlevés par Aqmi. Il noue des liens de confiance avec les Algériens Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, deux des principaux chefs djihadistes (qui auraient été tués les 22 février et 2 mars derniers). À chaque libération obtenue, Baba Ould Cheikh s’octroie de juteuses commissions. Il est dans les petits papiers du président ATT, qu’il peut joindre directement sur son portable. Mais Baba fait aussi dans la « poudre ». Avec des « hommes d’affaires » espagnols, latino-américains et libanais bien établis à Bamako, il organise en 2009 un coup énorme. Trop, peut-être… L’affaire est si incroyable qu’elle va attirer l’attention des services secrets occidentaux et de la presse internationale.

Nous voici en novembre 2009, en plein désert. Un Boeing 727-200 atterrit près de Tarkint, après avoir coupé ses systèmes de communication. En provenance du Venezuela, cet avion transporte au moins 5 tonnes de cocaïne. Quelques jours plus tard, la sécurité d’État malienne « découvre » son épave, calcinée. En fait, l’appareil n’a pas pu redécoller : les narcos l’ont incendié après avoir transbordé la cargaison sur des 4×4. Durant trois semaines, les autorités tentent d’étouffer le scandale d' »Air Cocaïne ». L’enquête débouchera un an plus tard sur l’arrestation, à Bamako, de neuf personnes. Dans le lot, un Français, mais également un proche du fameux Baba : Mohamed Ould Awainat, un entrepreneur de Gao, l’homme qui avait fait aménager la piste d’atterrissage du Boeing. Depuis, tous ces suspects ont bénéficié d’un non-lieu et d’une remise en liberté, en janvier et en août 2012. Entre-temps, plusieurs sources ont certifié que le même avion avait déjà atterri, et à plusieurs reprises, à Tarkint… Au-delà de l’enrichissement personnel, ce business a nourri bien des intérêts politiques. « Les narcos achetaient les élections locales et faisaient élire certains députés », raconte Mohamed Ould Mahmoud, consultant pour des ONG. Drapé d’un boubou blanc, ce membre d’une grande famille berabiche (arabe) de Tombouctou, poursuit : « Le régime d’ATT a laissé certains clans, liés au trafic, armer des milices pour combattre les rebelles touareg. Quitte à attiser les rivalités entre communautés et à faire du Nord une « narco région »… »

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Pour Mohamed Ould Mahmoud, consultant pour des ONG, le régime de l’ex-président Amadou Toumani Touré a sciemment laissé le nord du Mali devenir une « narco région »

Ainsi, les tribus nobles touareg des Ifoghas, acteurs majeurs de la rébellion, ont trouvé face à elles l’armée régulière malienne mais aussi deux groupes paramilitaires : l’un recrutant chez des clans touareg de rang inférieur ; l’autre parmi les Arabes de Gao [Pour enraciner leur business, les narcotrafiquants et leurs alliés politiques ont joué délibérément sur les tensions ethniques et les rivalités à l’intérieur même des communautés du nord du Mali. Depuis 2006, afin de contrer la rébellion touareg menée essentiellement par les lignées nobles du massif des Ifoghas, deux milices communautaires ont ainsi été formées et armées grâce à l’argent de la cocaïne. La première recrute parmi les Imghad, des tribus touareg vassales, autrement dit considérées de rang « inférieur ». La seconde milice regroupe certains membres des clans Lamhar (arabes), originaires de la vallée du Tilemsi, dans la région de Gao. Ces derniers ont aussi profité de leur nouvelle puissance pour contester la suprématie des Kountas, autre tribu arabe réputée pour son savoir religieux. « L’argent de la drogue a déstructuré la société traditionnelle au profit d’intérêts personnels et d’arrières pensées politiques, explique un fin connaisseur des chefferies du nord malien. D’autant plus que les djihadistes se sont appuyés sur ces manœuvres pour instaurer leur nouvel ordre politico-religieux. » Le même phénomène s’est déroulé dans la région de Tombouctou, entre différents clans berabiche (arabes) dont certains, impliqués dans le trafic de cocaïne, se sont alliés à Aqmi.]. Ces milices, commandées par deux officiers de haut rang toujours en activité, agissent aussi bien sous les couleurs de l’armée malienne que pour leur propre compte. Quand, au printemps 2012, les groupes islamistes armés s’emparent des villes du Nord, le trafic de drogue connaît une nouvelle embellie. Un autre avion suspect atterrit près de Gao. Baba Ould Cheikh et son ami Mohamed Ould Awainat s’associent au Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), lié à Aqmi. D’autres narcos locaux, dont un ancien député et le beau-fils d’un ex-ministre, pactisent avec le chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar… « Dans ces groupes hybrides, chaque partie a trouvé son avantage : un ancrage local pour les djihadistes, un « parapluie » en remplacement de l’État malien pour les trafiquants », commente le chercheur Mathieu Pellerin. Le 4 février dernier, sur le marché de Gao, ville libérée, le maire, Sadou Diallo, se promenait en compagnie d’un invité encombrant : Baba en personne… Menacé d’être lynché, ce dernier a été remis à la gendarmerie malienne. Il est parvenu à s’enfuir, la nuit suivante. Contre une enveloppe, semble-t-il, de 750’000 francs. Soit 1150 euros.

« Une culture de l’impunité a longtemps régné sur ces affaires de trafic, tempête Daniel Tessougué, le nouveau procureur général de la cour d’appel de Bamako. J’ai demandé que l’on me transmette le dossier d’Air Cocaïne, je l’attends toujours… » Précédé d’une réputation d’incorruptible, ce magistrat de 54 ans a rendu publics, en février, 28 mandats d’arrêt lancés contre des ressortissants maliens, dont huit pour « trafic international de drogue ». D’autres poursuites sont en cours. À ce jour, toutes les personnes recherchées sont dispersées dans la nature. Certes, depuis l’intervention militaire dans le nord du Mali, les routes de la cocaïne sont paralysées [sic – NdJL]. Mais les narcos planchent déjà sur d’autres itinéraires, en particulier via le nord du Niger. La poudre et le sable n’ont pas fini de voisiner.

Publié par des larbins du narcotrafic (de notre envoyé spécial Boris Thiolay, avec Dorothée Thiénot, LExpress.fr, 21 mars 2013)

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[Afrique du Sud] Grèves des mineurs du charbon (2)

Afrique du sud : Exxaro veut sévir contre les grévistes pour sécuriser ses mines

La société Exxaro, qui se dit « excédée » par une  « grève illégale » à laquelle près de 3200 employés se sont ralliés, a lancé mercredi une menace de licenciement pour tout gréviste qui ne reprendrait pas les activités dans la semaine du 25 mars, a rapporté jeudi Miningweekly.

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Six sites de la société sont actuellement touchés par cette grève qui a commencé deux semaines auparavant pour progressivement s’étendre.

Pour l’heure, Exxaro soupèse les mesures à prendre mais reste certaine sur « l’option de licencier les travailleurs grévistes qui ne retourneront pas au travail dans la semaine du 25 mars », a déclaré Sipho Nkosi (photo), CEO d’Exxaro.

Les discussions engagées pour ramener le calme et maintenir la continuité de la production se poursuivent avec l’Union nationale des travailleurs des mines (NUM) aux fins de trouver, à temps, une solution acceptable par les deux parties.

Presse esclavagiste (AgenceEcofin.com, 22 mars 2013)

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[Paris] Lancement d’une permanence pour les proches des prisonnier(e)s

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Contre tous les lieux d’enfermement

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[ZAD / Bagnolet-Montreuil-Paris] Solidarité avec la résistance à Notre-Dame-des-Landes (1)

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Bagnolet, octobre 2012

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Bagnolet, métro Gallieni, novembre 2012

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Bagnolet, novembre 2012

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Montreuil, métro Robespierre, novembre 2012

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Ibidem

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Ibidem

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Ibidem

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Paris 20e, métro Père Lachaise, novembre 2012

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[Chypre] « Ni les coupes, ni le coiffeur » – Notes sur la conjoncture actuelle

Un texte par des anarchistes chypriotes sur les récents événements intervenus sur l’île
« Ni les coupes, ni le coiffeur » – Notes sur la conjoncture actuelle

Les coupes dans l’épargne bancaire et les autres mesures du mémorandum à venir ne peuvent pas être expliquées à travers le prisme d’une bonne ou d’une mauvaise gestion de l’économie. Après tout, il y a une semaine, le gouvernement de ce pays était entre les mains du parti de gauche AKEL qui a accepté et fait passer des lois sans même avoir approuvé la version finale du mémorandum ; et bien sûr, sans jamais avoir reçu le moindre argent du prêt tant vanté. La très grande déception de la population devant le délabrement de la situation financière s’est exprimée lors des dernières élections avec l’arrivée au pouvoir du Rassemblement démocratique DISY.

La socialisation des pertes au détriment des petits épargnants ne doit pas nous surprendre. La logique néolibérale exige l’annulation des acquis sociaux [obtenus par des luttes sociales], la privatisation de la richesse publique et la possibilité qu’à tout moment les compensations pour les pertes du capital soient payées par les travailleurs.

Il a été très vite démontré qu’Anastasiades [le président chypriote] était incapable de tenir ses promesses pré-électorales et de convaincre ses « amis néo-libéraux » en Europe de soutenir les politiques qu’il avait lui-même annoncé. Le soutien [extérieur] qu’Anastasiades avait espéré en faveur des élites locales s’est fracassé contre des intérêts plus puissants, ceux des élites supranationales qui visent à s’approprier la richesse intérieure. Les coupes dans toutes les épargnes étaient une tentative désespérée du gouvernement pour limiter les pertes de capital local dont il représente les intérêts.

Dans la période à venir, l’État aura recours à un certain nombre de stratégies pour tenter d’amortir le choc social : il va mettre en gage les intérêts nationaux et la prospection du gaz naturel ; et pour ceux qui n’achèteront ni l’un ni l’autre, il déploiera une répression brutale au nom de la défense de la loi et de l’ordre.

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« Ne pas partager la pauvreté
Partageons les richesses »
(Banderole d’un groupe d’étudiants)

Comme le montrent les premiers rassemblements contre la projet de loi de couper dans les épargnes bancaires, les réactions proviennent de l’ensemble du spectre politique. En tant de composante d’un espace anti-autoritaire plus large, nous ne pensons pas qu’une autorité politique quelconque soit capable d’administrer nos vies. Nous ne nous identifions pas avec n’importe quel discours anti-mémorandum et nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir de solution socialement juste sous le système capitaliste existant.

La crise systémique actuelle est pour nous un champ d’action supplémentaire pour le développement d’un mouvement social visant à son renversement. C’est ainsi que nous allons travailler avec tous ceux qui partagent cette perspective.

Coalition d’irréguliers
Des camarades de l’espace anarchiste/anti-autoritaire

Nicosie, 19 mars 2013

Texte distribué à Nicosie pendant le rassemblement de protestation devant le parlement chypriote.

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets) par l’OCL

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[La Cantine des Pyrénées, Paris] « Il en faudrait un dans chaque quartier »

Au squat-cantine des Pyrénées, menu à 5 euros et police au dessert

Parfois, c’est l’actualité qui vient à Rue89, et pas l’inverse. En 2009, la pépinière d’entreprises où nous étions installés rue des Haies, dans le bas du XXe arrondissement de Paris, avait été occupée par les mal-logés en colère.

Voilà La Cantine des Pyrénées, un squat organisé en « cantoche qui veut changer le monde » comme l’écrit Guillemette Faure dans Le Monde magazine, prise pour cible d’un impressionnant dispositif policier.

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Intervention policière à La Cantine des Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris, 19 mars 2013

Cela se passe toujours sous nos fenêtres, mais cette fois rue des Pyrénées, où la rédaction a déménagé en mars 2010. Même arrondissement, autre quartier populaire du nord-est parisien.

Monroe et Chaplin, reliques du Bar des amis

Le principe du lieu est simple : le plat est à 3 euros, le menu complet à 5 euros et « le reste est gratuit » : les cours de français, le ciné-club, les ateliers d’écriture… On y croise donc une population variée, du clochard au retraité, en passant par le journaliste ou le retoucheur.

Du Bar des amis, le commerce auquel le squat a succédé après plusieurs mois de vacance, sont restés les photos de Marilyn Monroe et de Charlie Chaplin accrochés aux murs vieux rose.

Les chaises ont été remplacées par des bancs, et de grandes nappes en toile cirée sont venues recouvrir les grandes tables. Chacun prend son assiette sur la pile, ses couverts sur la table, coupe son pain et remplit son auge à la marmite.

Le (maigre) stock d’alcool photographié

Mardi, il est un peu plus de midi quand deux douzaines de fonctionnaires – des policiers en uniforme et en civil, des agents de l’Urssaf et d’autres des Douanes – débarquent sous nos fenêtres.

Le commissaire du XXe arrondissement semble diriger l’opération, dont l’objectif n’est pas très clair. Il m’indique d’emblée qu’il ne communiquera aucune information « ni maintenant, ni plus tard ».

Après avoir photographié le stock d’alcool (une vieille bouteille de rhum vide et trois cubis à moitié pleins) et contrôlé les papiers d’identité, ils embarquent trois membres de l’association au commissariat.

« Ils cherchent un moyen de nous faire chier »

Une heure plus tard, de retour de l’interrogatoire, les membres de La Cantine me livreront leur récit. Blasés, les jeunes gens ont « fait les têtes de mule » face aux fonctionnaires :

« Ils cherchaient des travailleurs clandestins, mais tout le monde est bénévole.

Ils pensaient trouver des stocks de boisson, et ils ont été déçus.

Ils voulaient savoir combien coûtaient les repas, si on vendait des boissons, où on se fournissait…

Ça n’avait rien à voir avec le bail, ils savent qu’on est un squat [La Société civile immobilière propriétaire du fonds de commerce a lancé le 10 janvier la procédure en vue de l’expulsion, et une audience a été fixée au 24 mai devant le tribunal de grande instance], mais ils cherchent un moyen de nous faire chier. »

Des coups de marteau sur la vitrine

La Cantine des Pyrénées est née un jour de fin décembre, après une courtoise visite au même commissariat du XXe. « On est venus dire : “Bonjour, on est là depuis plus de quarante-huit heures” » [Lorsque des squatteurs investissent un lieu, la police peut les expulser sans délai dans les 48 premières heures. Au-delà, il faut que le propriétaire lance une procédure judiciaire.], raconte un des membres de l’association Kulture Zéphémère.

Les tenanciers du Bar des amis avaient été expulsés voilà plusieurs mois, et une trentaine de jeunes militants du quartier avaient décidé d’ouvrir une cantine. Ils avaient noué des liens autour du squat du 260, rue des Pyrénées ou sur Indymedia Paris, site communautaire de convergence entre les luttes sociales.

En choisissant de squatter illégalement un local commercial, ils savaient que leur lieu serait condamné à une existence brève. Mais grâce aux lourdeurs de la justice, ils espèrent durer au-delà de la trêve hivernale, qui prend fin le 1er avril.

En trois mois, ils ont déjà eu la visite : des policiers du quartier, venus constater l’occupation du lieu ; du propriétaire, ou plutôt de son homme de main qui, armé d’un marteau a tenté début janvier de défoncer la vitrine, debout sur une échelle – alertée par les squatteurs, la police l’a convaincu d’arrêter et l’épisode s’est terminé par une simple main courante ; des services de l’hygiène, qui ont vérifié l’installation et n’ont rien eu à redire.

Ne manquait plus que l’Urssaf, donc. Les agents de contrôle agissaient sur réquisition du procureur, probablement averti par la mairie, des voisins ou la police.

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Le squat-resto La Cantine des Pyrénées

Tombés d’accord sur un seul court texte

« Je ne me fais aucune illusion sur cette police qui est là pour défendre l’ordre établi par la “bourgeoisie”… enfin, je ne sais pas quel autre mot employer », lâche l’un des responsables, dans une éprouvante tentative d’autodéfinition.

Le seul texte sur lequel ils ont réussi à se mettre d’accord est ce court document de présentation signé de « chômeurs, travailleurs, précaires, sans-papiers, habitants du quartier ou pas ».

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Ils y estiment qu’« à plusieurs, on est plus forts pour affronter nos galères, nos problèmes d’argent et nos difficultés face aux institutions et aux patrons ».

Internet et la presse ne sont pas les bienvenus. Ici on lit « Paris20, Infos et lutte de classe », et on peut consulter le livret de la Caisse d’autodéfense juridique collective à Paris, où on apprend comment s’organiser face à la répression policière.

« Il en faudrait un dans chaque quartier »

Mettre une étiquette sur La Cantine est la dernière des choses à faire. Seule certitude, celle d’innover : selon ses initiateurs, c’est le premier squat-resto de Paris, et ce n’est pas rien.

Quand l’un commence à revendiquer une filiation « avec des initiatives qu’on a vues en Argentine ou en Grèce », l’autre le renie estimant qu’il n’y a « aucun corpus idéologique commun, seulement la rencontre d’initiatives concrètes ». Puis, cet avertissement :

« Attention à ne pas dire “vous” : l’idée d’un groupe à l’identité définie est un fantasme. Moi, je viens cuisiner ici le jeudi et je ne suis pas sûre de partager beaucoup plus que La Cantine. »

Chez les clients, le sentiment d’appartenance à une expérience collective particulière s’enracine doucement. Beaucoup prennent des nouvelles de la procédure judiciaire en cours. « On sera encore là en juin », le rassure un membre.

« Il en faudrait un dans chaque quartier », dit un habitué. S’attabler tout seul ici lui permet de discuter plus facilement avec des voisins qui n’étaient jusque-là que des visages. « Ce n’est pas un lieu de rencontres mais un lieu où l’on fait des rencontres »…

Leur presse (Sophie Caillat, Rue89, 21 mars 2013)

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[Réforme des rythmes scolaires] En grève le jeudi 28 mars

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CNT-FTE

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[Grèce] Quand est-ce qu’on mange les élus ?

Des repas gratuits dans les écoles primaires en raison de la malnutrition des enfants

Le ministre de l’Éducation a annoncé qu’un repas gratuit sera donné à 250.000 enfants de l’école primaire tous les jours à partir de la fin de février 2013, en admettant qu’il s’agit d’une solution à l’augmentation des cas de malnutrition relevés parmi les élèves.

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets, 16 janvier 2013)

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« Paris, 2013, sur les quais de la Seine, Guy Debord, classé Trésor national, entre pour de bon dans le spectacle, dont il fut le plus intransigeant des critiques. Mais avec lui, pour le combattre encore, son art de la guerre »

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Quand les autorités poitevines tentent de récupérer Foucault

La semaine Foucault à Poitiers s’ouvre donc. Elle s’affiche odieusement sur les “sucettes” publicitaires et le “mobilier urbain” du propagandiste Decault. Foucault, natif de Poitiers, toujours boycotté de son vivant par les bureaucrates locaux, doit se retourner dans sa tombe de Vandeuvre-du-Poitou !

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Michel Foucault et Jean Paul Sartre manifestent devant l’entrée des usines Renault pour protester contre l’assassinat de Pierre Overney, militant maoïste assassiné par un agent de sécurité de Renault – 28/02/1972

Et pour cause : cet universitaire, certes non anarchiste mais communiste et partageant une critique radicale de l’autorité, n’a cessé de produire une critique sans concession des méthodes castratrices et disciplinaires des pouvoirs patriarcal, capitaliste et étatique.

Sa critique a dénoncé, avec une pertinence redoutable, les dispositifs autoritaires au sein de cette société panoptique, dont il a souligné la similarité : la caserne, l’école autoritaire, le marché culturel et artistique, l’enfermement psychiatrique et médical, la prison — il a d’ailleurs fondé le GIP, groupe d’information sur les prisons.

L’auteur de Surveiller et punir a disséqué sans concession l’histoire de la diffusion d’un pouvoir biopolitique qui atomise les individus, plongeant son contrôle inquisitorial jusque dans leurs actes les plus quotidiens.

S’il est réjouissant de voir que les universitaires à l’initiative du projet considèrent que la pensée de Foucault mérite plus que jamais d’être connue, il est dans le même temps tout à fait insupportable d’assister à la muséification de fait de cet auteur, qui prônait une pensée vivante, une pensée de combat.

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D’autant plus quand cette muséification est promue par des autorités locales, les mêmes qui mettent en œuvre à Poitiers toujours plus de gentrification, d’aliénation pseudo-culturelle, de surveillance, de stigmatisation des “marginaux”, de quadrillage des territoires à coups de coeur d’agglo et de grands chantiers inutiles, de répression par la police… et par la taule : le dispositif carcéral de la nouvelle taule de Vivonne résumant parfaitement tout ce que Foucault abhorrait.

Pour notre part, nous n’irons pas aux “événements” Foucault. Les conférences proposées ne sont sans doute pas dénuées d’intérêt… mais la meilleure façon selon nous de rendre “hommage” aux idées de ce philosophe, ne saurait certainement pas consister à lui tisser des lauriers dans le cadre d’un folklore vedettarial, vingt ans après sa mort, en vue de neutraliser le potentiel subversif de sa pensée ; mais à traduire et développer en actes, dans nos alternatives de vie et de luttes, la critique radicale commune d’une société autoritaire invivable.

Pavillon Noir, 21 mars 2013

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La mouvance identitaire en Bretagne, du printemps 2012 au début 2013

Dossier – Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire

43 pages pour faire le point sur la mouvance identitaire en Bretagne, entre le printemps 2012 et début 2013.

Focalisé sur les trois organisations concernées, le dossier revient sur les tentatives d’union et les scissions qui ont émaillées l’année écoulée, et sur les inflexions que cela entraînera sur leur politique courant 2013.

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Collectif Antifasciste Rennais, 21 mars 2013

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[Notre-Dame-des-Landes / Saint-Affrique] Relaxe et sursis pour les deux occupants de la mairie

Saint-Affrique : relaxe et sursis dans l’affaire « NDDL »

Le tribunal correctionnel de Rodez a rendu son verdict, mardi, pour les deux opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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En guise de soutien, une cinquantaine de sympathisants avait participé à leur comparution devant le tribunal de Rodez, le 5 mars dernier.

Cinq mois après les faits, le tribunal de Rodez a rendu son jugement concernant les deux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des- Landes, poursuivis après l’occupation de la mairie de Saint-Affrique.

Ils avaient comparu en audience le 5 mars. Pour les deux prévenus poursuivis pour « violence volontaire sur agent dépositaire de la force publique » et « résistance avec violence », la sanction est tombée dans l’indifférence presque générale.

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Pour l’un, ces « longs mois de procédure » se soldent par une relaxe. Le second a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis. En novembre 2012, l’occupation symbolique de la mairie de Saint-Affrique par une trentaine d’opposants — comme ce fut aussi le cas à Rodez ou Millau — s’était soldée par l’intervention musclée des CRS.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MidiLibre.fr, 20 mars 2013)

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[Afrique du Sud] Grèves des mineurs du charbon

Afrique du Sud : affrontement avec la police dans une mine de charbon

Sept travailleurs en grève de la mine de Graspan à Shanduka Coal en Afrique du Sud ont été admis à l’hôpital et neuf ont été arrêtés mardi après que la police a tiré des balles en caoutchouc lors d’affrontements avec les mineurs, selon les dires de la compagnie et de la police mercredi.

L’activité à Graspan reste suspendue à la suite de la grève sauvage d’environ 250 employés, qui a débuté mardi.

« La police a dispersé les grévistes, qui occupaient le site illégalement, s’étaient emparé de l’équipement, et refusaient de déguerpir pacifiquement », dit un communiqué de Shanduka Coal, en partie détenue par Glencore, le trader opérant mondialement.

« La grève était illégale, non protégée et en violation des contrats de travail des salariés. »

Selon la police, les travailleurs ont refusé de se disperser après la remise d’un avis détaillant les demandes de la direction.

Le brigadier Selvy Mohlala, porte-parole de la police de la province de Mpumalanga, a déclaré que certains des grévistes ont chargé les lignes de police avec de lourds engins de terrassement.

« C’est alors que la police a utilisé des balles en caoutchouc pour disperser la foule », a-t-il dit.

Cette grève fait suite à d’autres débrayages sauvages à propos des primes, depuis deux semaines dans cinq mines de charbon détenues par la sociétés Exxaro.

Traduit de l’anglais (presse esclavagiste – Reuters, 20 mars 2013) par nos soins

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