Manifestation contre les agressions racistes et néo-nazies Samedi 23 mars à Besançon (2)

Besançon : pourquoi une manifestation antifasciste samedi ?

Le collectif antifasciste de Besançon dénonce six agressions néonazies depuis janvier.

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Trois groupuscules ont fait souche dans le département.

« Depuis le mois de janvier, on dénombre 6 agressions que nous imputons à des membres de groupuscules néonazis sur Besançon dont deux où apparaît un couteau », affirme l’un des membres du Collectif antifasciste de Besançon (CAB). Depuis plusieurs années, cette discrète structure citoyenne observe les évolutions et les soubresauts de la mouvance à l’extrême de l’extrême droite en Franche-Comté.

Il y a deux ans, elle avait ainsi pu faire barrage à l’organisation d’un concert de plusieurs groupes affichant ouvertement leur appartenance à cette idéologie.

C’est pourquoi, samedi, le CAB organise un rassemblement, à 15 h, place de la Révolution, pour sensibiliser la population à une actualité inquiétante qui se développe dans le silence. Le silence car la plupart des victimes n’ont pas déposé plainte, soit par crainte, soit parce que, militants anarchistes, ils ne font pas confiance au système.

L’une des plus récentes agressions a été le gazage d’une demi-douzaine de clients devant le café-concert « Ze muzik all », rue Rivotte, au mois de février. « Ils étaient une petite dizaine et ils savaient où ils allaient, ce qu’ils allaient faire et comment ils allaient le faire », témoigne une jeune femme qui a assisté à toute la scène. « Ils se sont placés sur deux rangs en arc de cercle et un petit nerveux qui avait pris soin de dissimuler son visage au contraire des autres est sorti des rangs pour cogner tandis qu’un autre arrosait tout le monde à la bombe lacrymogène. »

« C’est leur façon de procéder », reprend un des membres du CAB, « ils sont coachés de façon paramilitaire. » Et le mot d’adieu des agresseurs du bar « on est chez nous » entre parfaitement en résonance avec ce qu’a pu constater le collectif. « Ils sont dans une sorte de conquête territoriale, comme ce que l’on peut voir depuis plusieurs années déjà dans le quartier Saint-Jean à Lyon.

Depuis l’effondrement du Front Comtois, après le procès de son leader en décembre 2011, trois groupuscules ont fait souche dans le département. Il y a les Jeunesses nationalistes, qui se sont illustrés récemment dans toute la France en recouvrant des plaques commémoratives du cessez-le-feu en Algérie d’un autocollant à la gloire de Bastien Thierry, l’organisateur de l’attentat du petit Clamart contre De Gaulle, l’Organisation nationaliste révolutionnaire et le Bloc identitaire. »

Sur un plan plus local, un sous-groupe baptisé Werwolf Sequania inquiète plus particulièrement le CAB. « On les identifie clairement sur la vidéo de l’agression d’un jeune anarchiste au printemps 2012, en terrasse d’un café de la Grande-rue. Ils s’affichent ouvertement et ont fait leur lit dans un bar de la Boucle. Leur tee-shirt porte des symboles qui font partie de l’imagerie nazie. »

Ce discours sur une lutte en sourdine qui agiterait la ville peut sembler flou voire irréel pour le grand public, mais les observateurs éclairés du CAB l’assurent : « Pour l’instant, ils ne sont pas vraiment organisés mais on peut craindre qu’une coordination politique se fasse jour prochainement. Ils sont dans une logique de peur et n’hésitent pas à descendre à plusieurs dizaines faire le coup-de-poing, comme dans un concert à Poligny l’année dernière. Avec cette manifestation, on veut ouvrir un espace d’expression et d’information sur ce qu’il se passe pour engager un débat et encourager les gens à dire non. »

Leur presse (EstRepublicain.fr, 22 mars 2013)

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