[Contre-révolution égyptienne] Le règlement de comptes entre le SCFA et les Frères musulmans se fera dans le sang

Brèves

La confrontation entre les Frères et le SCFA a commencé, elle pourrait prendre une tournure sanglante aux jours prochains.

Hier la manifestation de joie anticipant la victoire du candidat Morsi s’est transformée en une épreuve de force contre le Askari, la dissolution du Parlement et la déclaration constitutionnelle. Des slogans très hostiles au général Tantawi ont été scandés. Le général El Assar, membre du CSFA a déclaré que l’anticipation de la victoire de Morsi est illégale, qu’il fa […]

Les membres du Parlement dissout ont essayé hier de pénétrer dans le bâtiment en guise de protestation contre le verdict de la Haute Cour Constitutionnelle au moment où les manifestants exhortaient leur président auto-proclamé de rejeter le verdict et de rétablir le Parlement. Par ailleurs les membres de l’assemblée constitutionnelle, boycotée par les forces démocratiques et devenue illégale se sont réunis au Sénat qui vient d’être dissous.

Les Frères musulmans et le mouvement du 6 Avril, front Ahamad Maher ont appelé à une grande manifestation aujourd’hui contre la déclaration constitutionnelle, peu de forces ont répondu à cet appel, mais il est possible que les Salafistes et les Frères soient au rendez-vous en force. On attend avec inquiétude le verdict du tribunal administratif sur le démantèlement de la confrérie, s’il va dans ce sens, il deviendra évident que le SCFA prépare une élimination des Frères qui se confirmera avec la publication jeudi prochain des résultats définitifs des élections et qui donneraient Chafik gagnant.

Le plus étonnant dans tout ce qui se passe c’est le silence total de tous les partis libéraux, les coalitions révolutionnaires et les partis de gauche face à l’institution de la dictature militaire, aucune déclaration, aucun tract, certains de leurs proches, juristes chevronnés, défendent même la dissolution du Parlement qu’ils estiment juridiquement correcte. Je ne cache pas ma satisfaction, partagée par beaucoup de cette décision, dans les villes et les villages les gens ont exprimé leur joie avec voitures et klaxons, d’autres ont distribué le sirop que l’on distribue aux mariages et aux fiançailles. Mais le verdict de la Haute Cour est éminemment politique et reflète une ingérence claire du politique dans la justice et la continuation de la fabrication sur mesure des lois. Il marque sans ambiguité le début de la fin des Frères sur un double niveau, baisse de leur popularité et la fin de leur entente avec le Askari. C’est justement sur le premier facteur que le SCFA s’est appuyé pour leur assener des coups successifs et c’est ce qui explique l’absence de réaction des libéraux et démocrates. La faiblesse de ces derniers et leurs divisons les contrants toujours à se ranger du côté du Askari et de choisir la dictature militaire au fascisme religieux.

Le règlement de comptes entre le SCFA et les Frères musulmans se fera selon beaucoup dans le sang, dans les deux cas, victoire de Chafik ou confirmation de celle de Morsi.

Galila El Kadi (mailing), 19 juin 2012

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[Alice Springs, Australie] Les flics embrouillent… mais la riposte ne se fait pas attendre !

Selon un article paru le 14 juin 2012 sur le site d’information mainstream 9 News, une foule de gens a attaqué la police à Alice Springs (ville située en plein coeur de l’Australie, dans l’outback de l’État du Northern Territory).

Cela s’est déroulé vers 20h30 le 13 juin. La police est arrivée dans un quartier d’Alice Springs pour éteindre un feu autour duquel des gens étaient rassemblés. Voyant les personnes présentes refuser d’obéir à leurs ordres, la police a tenté d’arrêter deux hommes, âgés de 54 et 25 ans. Ce qui a déclenché une bagarre, les gens gueulant sur les flics, commençant à s’armer de pierres, poussant les flics à relâcher les premières personnes arrêtées… Certain-e-s menaçaient les flics avec des cutters et des fenêtres des voitures de police ont été défoncées.

À la suite de cette action, la police du Northern Territory aurait mis quatre personnes en garde à vue. Parmi les personnes arrêtées, un homme de 44 ans et une femme de 30 ans, en état d’ivresse d’après les dires de la police.

Durant leur intervention, les flics ont sorti tasers et matraques contre la foule. Une personne a été sévèrement blessée aux jambes par les flics…

Au final, les quatre personnes précitées ont été arrêtées et passeront en procès pour « destructions criminelles » et « agression de policiers ».

18 juin 2012

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[Marseille] Qui sont les nouveaux occupants d’EUROMErD ?

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Marseille Infos Autonomes, 18 juin 2012

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Déclaration des demandeurs d’asile de Dijon

Nous sommes environ 300 demandeurs d’asile, dont des familles et des enfants, majoritairement de pays africains (Soudan, Somalie, Érythrée, Tchad, RDC, Libye…), du Moyen Orient (Syrie…) ainsi que d’Europe de l’est (Kosovo, Arménie…). Nous avons trouvé domicile dans un bâtiment d’État laissé vide. Nous l’avons occupé le 26 janvier avec le soutien d’associations, pour ne pas être laissés dans la rue à Dijon en plein hiver.

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Nous demandons l’asile en France parce que nos vies sont menacées dans nos pays pour les raisons suivantes : guerres civiles, répression politique, dictature de l’État ou domination de milices armées, persécutions patriarcales, ethniques et religieuses — dans des contextes d’inégalités sociales… Beaucoup d’entre nous ont vécu la prison, la torture, la guerre, l’esclavage et d’autres situations qui créent des traumatismes. Nous demandons l’asile en France parce que nous espérons pouvoir échapper à ces persécutions et pensons pouvoir être accueillis ici avec humanité. Nous cherchions une “terre d’asile”, mais la situation d’accueil en France est aujourd’hui très difficile pour nous :

• malgré les engagements internationaux de l’État français au sujet du “droit d’asile”, la grande majorité d’entre nous n’a pas de place d’hébergement en foyer durant le temps d’examen des dossiers et cherche des solutions pour ne pas rester dehors.

• au cours de ces derniers mois, les demandes d’asile ont fait l’objet de nombreux freins : difficultés de traduction sur les dossiers, d’accès aux soins et aux courriers, refus d’ouverture de comptes postaux… Du fait de blocages sur l’obtention de l’Aide Temporaire d’Attente, censée nous permettre de subsister pendant le temps de l’examen de notre demande d’asile, beaucoup d’entre nous ne bénéficient plus d’aucune ressources, si ce n’est de l’aide d’associations.

• nous faisons face à un rejet quasi systématique des demandes d’asile à l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). Les décisions nous semblent prises d’avance. Nous avons perdu confiance dans le rôle de l’OFPRA et dans son indépendance proclamée.

• la Préfecture et la Mairie de Dijon affirment qu’un certain nombre d’entre nous seraient déjà expulsables, or ces personnes attendent toujours le résultat de leur recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile.

Face à ces barrières renouvelées nous avons le sentiment que l’on veut nous faire perdre espoir. Nous ne pouvons pourtant retourner d’où nous venons.

Avec le soutien d’une trentaine d’associations dijonnaises, nous avons effectué plusieurs recours juridiques pour faire respecter un certain nombre de droits, et participé à des manifestations dans Dijon. Nous avons obtenu la possibilité de rester jusqu’au 15 juillet au bvd de la Marne grâce à des décisions judiciaires rappelant l’obligation qu’avait l’État de nous loger. Aujourd’hui, les pouvoirs publics, Préfecture et Mairie, déclarent publiquement qu’il y aurait des bagarres dans le squat. Nous pensons qu’ils exagèrent fortement la présence de tensions pour pouvoir justifier une expulsion du bâtiment, et ce, sans pour autant proposer de solutions alternatives. Nous venons de différentes situations et de différents pays, mais pour la très grande majorité nous cohabitons bien. Nous nous attachons à être solidaires, à nous entraider, et à partager le peu que nous avons. Nous respectons les Dijonnais, le voisinage et les étudiants de l’école des Greffes.

Nous tenons à remercier toutes les personnes, associations et avocats qui nous ont soutenus au quotidien ces derniers mois : aide matérielle, cours, accompagnement juridique, médical… Nous participerons avec eux mardi 19 juin à une nouvelle manifestation. Mais dans cette situation d’impasse, nous nous adressons dès aujourd’hui aux pouvoirs publics et espérons qu’ils nous entendent :

• nous demandons à ce que des solutions de logement soient trouvées pour chaque personne dans le squat et à ce que nous ne soyons pas expulsés et remis à la rue avant.

• nous demandons à pouvoir continuer à bénéficier de l’aide censée nous permettre de subsister durant le temps de l’examen de notre demande d’asile et ce jusqu’à la fin du  recours à la CNDA.

• nous demandons enfin et surtout l’arrêt de la politique actuelle de rejet massif des demandes d’asile.

Pour un vrai droit d’asile ! Pour la dignité ! Pour l’espoir !

Dijon le 15 juin 2012 – Les demandeurs d’asile du bvd de la Marne

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[Le Chefresne] Chronique d’un État nucléaire à l’époque du « changement »

Depuis décembre 2011, l’administration française, RTE et son chapelet de sous-traitants ont lancé, dans la plus grande tradition oligarchique de la République française, les travaux de la ligne très haute tension Cotentin-Maine, sensée raccorder le futur réacteur EPR au reste du monde.

Depuis, des centaines de riverains, soutenus par de non moins nombreux opposants à une société nucléaire, ont décidé de s’opposer physiquement à l’avancée des travaux, dernier recours pour tenter de mettre un terme à cette expropriation de nos vies.

Si l’ensemble du parcours de la THT a connu, sur des modes très variés, les affres de cette colère légitime, depuis 5 mois Le Chefresne, commune du Sud-Manche, est l’endroit où cette résistance est manifestement la plus active. La détermination de ses habitants, maire en tête, n’y est pas pour rien. L’assemblée du Chefresne, regroupement circonstancié d’une centaine d’individus, y a d’ailleurs pris ses quartiers, dans l’espoir d’amplifier la lutte à côté des riverains et des multiples associations constituées tout le long du trajet.

Alors que le chantier continue quotidiennement à être perturbé, l’assemblée du Chefresne a voulu appeler à un week end de résistance les 22, 23 et 24 juin 2012, afin d’amplifier la lutte et donner du courage à tous les riverains, parfois isolés, et garder intact la détermination à en finir définitivement avec cette THT (et son monde).

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Depuis que cet appel a été lancé, la situation a changé. Pas tant sur un aspect paysager, même si nous vivons comme un crève-cœur chaque nouveau pylône édifié, mais bien plus par l’occupation policière et militaire dont fait l’objet le territoire de la ligne.

Si depuis le mois de mars nous assistions à une mobilisation policière inouïe à l’occasion de chaque action publique, celle-ci n’a longtemps montré que peu de détermination à empêcher les interférences sur les chantiers, si ce n’est à nous dissuader par leur simple présence. Depuis quelques jours, le vent du « changement » a touché le Cotentin. L’arsenal répressif dont l’État français a toujours su faire usage, notamment quand il s’agit de s’en prendre à son industrie nucléaire, fonctionne à plein régime.

Mi-mai, garde à vue de 4 personnes, donnant lieu à l’inculpation de 3 personnes pour qui la gendarmerie essaye de fabriquer des figures d’organisateurs de la mobilisation de Valognes fin novembre 2011 tentant de perturber la circulation des déchets radioactifs. Procès le 9 octobre 2012 à Cherbourg.

Courant mai, une forte hausse des convocations et arrestations a été observée, y compris pour des « affaires » plus anciennes comme l’action publique de déboulonnage du 11 mars 2012 ou l’occupation, fin avril et début mai, d’une maison rachetée par RTE à ND de Cenilly.

Notons que dès le mois de mars, suite à une action de déboulonnage publique à Saint Martin d’Aubigny le 18 mars, une personne était arrêtée et convoquée au tribunal pour le 19 juin.

Début juin, lors d’une action de soutien à une famille en Mayenne qui refuse l’implantation d’un pylône sur son terrain, alors qu’une quarantaine de personnes occupe paisiblement la propriété de cette famille, les flics interviennent sans aucune raison (et en dépit de toute légalité) et expulsent tout le monde avec la violence habituelle. Comme de coutume ces violences policières donnent lieu à une arrestation avec inculpation pour « rébellion ». Procès à Laval, le 23 août 2012.

Le 5 juin 2012, l’incarnation du « changement » en personne débarque dans le Cotentin pour la commémoration du débarquement. Les élus du Chefresne, naïvement mais avec une détermination qui leur colle à la peau, tentent une entrevue avec le secrétaire de l’Élysée. Ils sont éconduits, « faute de temps », et renvoyés vers le préfet pour prendre un rendez-vous. À 16 heures : entretien téléphonique avec le préfet qui accepte de recevoir une délégation le jeudi pour entendre la revendication de moratoire sur le chantier THT, à l’instar de ce qui vient de se passer autour de l’aéroport de Notre Dame des Landes. À peine raccroché le téléphone, alors que la résistance au Chefresne avait empêché jusque-là tout travaux sur la commune, les pelleteuses de terrassement débarquent accompagnées de leur habituel cortège bleu foncé. Le rendez vous avec le préfet est bien entendu caduque, il faudra faire face physiquement dès le mercredi matin. Une quarantaine de personnes, maire en tête, sont au rendez-vous pour tenter de s’opposer à l’arrivée des machines. Le maire brandit son arrêté municipal interdisant l’édification des pylônes sur Le Chefresne.

Au bout de deux heures, les gendarmes l’embarquent et le mettent en garde à vue, avec deux autres riverains, pour entrave à la circulation, violence avec voie de faits. Deux autres personnes seront arrêtées peu après. 5 gardes à vue en tout sans suite judiciaires à ce jour. Émotion dans le village, chez les militants. Les médias s’emparent de cet évènement, à la veille des Législatives. Le conseil municipal se réunit le vendredi soir et décide unanimement de boycotter les élections pour refuser de cautionner cette dictature nucléaire. Alors que s’ensuivent des tractations avec la préfecture pour que les élections soient prises en charge cette dernière, que le préfet accepte s’entendant sur le principe de mise à disposition du bureau, avec ouverture par le maire et fermeture par le premier adjoint, les gendarmes débarquent le samedi chez chacun des élus afin de les réquisitionner pour le lendemain, à l’encontre, une fois de plus, de l’engagement du préfet.

Menace de 30’000 € d’amende pour le maire et 15’000 € pour le premier adjoint. Face à ces trahisons, le conseil municipal décide à l’unanimité de démissionner, refusant de se coucher devant une telle dictature. Ils tiendront le bureau de vote sous la contrainte mais digne. Le harcèlement n’ayant plus de limite, dimanche 10 juin 2012 à 5 heures du matin, les gendarmes débarquent à nouveau chez le maire. La salle du bureau de vote aurait été vandalisée. En fait, ce sont 5 communes, dont Le Chefresne, qui ont vu les serrures des bureaux de vote obstruées. La population non plus ne désarme pas.

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Il est maintenant évident et nécessaire, vu ce que nous imposent les pylônes dressés sur nos terres, que beaucoup de personnes sentent l’envie en eux d’agir directement contre ce maillon faible de l’industrie nucléaire vu l’inacceptable répression des opposants, les droits fondamentaux des personnes bafoués, les humiliations qu’inflige RTE à la population.

Chacun, à sa manière, doit pouvoir trouver les réponses pratiques à opposer à ce projet, avec un mot d’ordre commun, qui englobe toutes les formes d’actions possibles : faire taire les machines et stopper les travaux de la ligne THT Cotentin-Maine !

La solidarité est et sera notre atout majeur lors des prochains évènements qui ébranleront les travaux et les gestionnaires de la future ligne THT. Une multitude de nuisances ayant pris différentes formes ont déjà eu lieu contre ce projet. Elles sont toutes reproduisibles, populaires et démultipliables, pour peu qu’elles soient partagées, discutées.

Le rapport de force avec l’État et donc RTE, qui maintenant est notre seul outil pour faire plier le pouvoir, sera d’autant plus efficace que nous serons nombreux à crier notre rage, par-delà les désillusions du nouveau pouvoir en place, par-delà nos différences.

Voilà l’un des enjeux du camp anti THT : se retrouver, partager, échanger sur les pratiques, se renforcer pour agir lors de la journée d’action du dimanche 24 Juin, mais aussi bien évidemment : dès maintenant et plus tard tout au long des 163 km de ligne.

Rien n’est fait, tout se défait.

Ce qui s’est déjà joué depuis 6 mois sur le terrain n’est qu’un début. Amplifions nos envies de révolte contre toutes les infrastructures et les projets démentiels.

Vive la lutte anti THT

Le Chefresne, le 11 juin 2012

Assemblée anti-THT

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École et handicap – N’Autre École n° 32, juin 2012

École et handicap

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/1.pngIls étaient « anormaux », cachés par des parents honteux, mouraient jeunes, dans l’ignorance ou l’indifférence de tous. Le handicap est aujourd’hui l’objet de moult velléités politiques et discours volontaristes. Depuis 1975, principalement sous l’impulsion d’associations de personnes handicapées, de familles et de professionnels, les dispositifs de scolarisation des élèves handicapés se multiplient… et évoluent au gré des orientations politiques. Misant d’abord sur l’intégration collective en établissements ou classes spécialisés, c’est, depuis la loi de 2005, l’intégration individualisée des élèves en classe ordinaire qui a le vent en poupe. Cette loi fait la part belle à une appréhension contextuelle du handicap : c’est moins la personne qui est dite handicapée que la situation qui est considérée comme handicapante. D’où un glissement du discours : du « handicapé » à la « personne en situation de handicap ». D’où, aussi, l’accent mis sur des dispositifs de compensation des difficultés rencontrées : assistance humaine, technologique, financière, mais aussi aménagement de l’espace, du temps.

Si les intentions peuvent apparaître louables, la question du handicap renvoie toujours à celles de la norme, de la différence et de l’égalité. Or le poids des normes, de la norme dominante surtout, reste le plus souvent un impensé. En classes ordinaires, l’intégration d’élèves fonctionnant de façon peu habituelle fait resurgir, parfois brutalement, le poids des normes scolaires. Se pose alors la question de la capacité de l’institution comme des groupes et des individus, à faire une place à la différence, à la respecter, à l’intégrer. Une question étroitement politique en somme… Et une dimension que soulèvent beaucoup des textes réunis pour ce numéro. Tous permettent de mieux comprendre comment celles et ceux qui se confrontent quotidiennement au handicap (personnes handicapées aussi bien qu’enseignants, éducateurs, parents, etc.) le vivent, le perçoivent et s’organisent.

Éditorial du 32e numéro de la revue N’Autre École, juin 2012


École & handicap, un numéro pour dire, arguments et expériences à l’appui, que la place des personnes « en situation de handicap » est bien dans la société, donc à l’école.

Il a fallu et il faudra encore batailler sur ce terrain aussi, pour permettre à l’institution et à tous ses acteurs de s’adapter à tous les élèves sans exception, plutôt que de laisser de côté celles et ceux qui diffèrent des normes.

Comment accueillir des élèves autistes, comment concevoir une école véritablement « inclusive », comment une classe Ulis se met en place, comment se faire reconnaître quand on est « handicapé », parent, travailleur accompagnant, comment se définissent les acteurs des structures de soin ou de travail … à travers des récits, des parcours où le « je » s’affirme sans complexe tant il est au service des autres, on apprend que la question du handicap parcourt tout le champ social : d’où l’évocation aussi des Rased, de la pauvreté à l’école ou de la façon dont le handicap vient déranger nos rapports à la norme.

Au-delà de ce dossier, que complètent glossaires et encarts juridiques, la revue ne perd pas ses habitudes : relecture des classiques de la pensée éducative (cette fois c’est Simone Weil), notes de lectures — et notamment de 16 livres jeunesse.

56 pages de lectures (merci aux artistes de Personimages pour l’illustration) — 4 EUR

Vient de paraître : École & handicap N’Autre École n° 32

Commandes : • Paiement en ligne sur le site de la revue N’Autre École • Par courrier, chèque à l’ordre de CNT-FTE, à envoyer à N’Autre école – CNT-FTE, 33, rue des Vignoles, 75020 Paris.

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[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte » (5)

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Les mineurs en lutte : grève générale et solidarité active (Le Chat Noir Émeutier, 18 juin 2012)

Ils aboient, c’est le signe que nous avançons (Contra Info, 16 juin 2012)

Solidarité avec les mineurs espagnols en grève ! (Bellaciao, 15 juin 2012)

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« Toute croyance est-elle contraire à la raison ? — Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? »

Le Vatican accuse les médias et le Diable à propos du Vatileaks

CITÉ DU VATICAN – Le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, accuse la presse d’imiter l’écrivain à succès Dan Brown et de trop en faire dans sa couverture du scandale du « Vatileaks » qu’il estime être une œuvre du Diable visant à déstabiliser l’Église.

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Fait rare, Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Vatican, a accordé un entretien au magazine italien Famiglia Cristiana alors que le Saint-Siège tente de restaurer son image après la divulgation par la presse de documents confidentiels du Saint-Siège, affaire qui a été surnommée « Vatileaks ».

Les journalistes, accuse le bras droit de Benoît XVI, « font exprès d’ignorer » ce que l’Église fait de bon pour s’étendre à l’envi sur les scandales.

« Beaucoup de journalistes jouent à imiter Dan Brown », déclare Mgr Tarcisio Bertone à Famiglia Cristiana, en faisant allusion à l’auteur des romans à succès Da Vinci Code et Anges et Démons dont l’action se situe en grande partie à Rome.

« Ils (les journalistes) continuent à inventer des contes de fées et à répéter des légendes », accuse le n° 2 du Saint-Siège.

L’Église catholique, estime-t-il, est « un point de référence incontestable pour un nombre incalculable de personnes et d’institutions dans le monde ». Et d’ajouter : « c’est la raison pour laquelle on tente de la déstabiliser. »

Selon le prélat, il est faux de dire que le Vatican est un lieu d’intrigues et de luttes de pouvoir. « La vérité, estime-t-il, qu’il y a une tentative de semer la division qui vient du Diable. »

Ce portrait des médias a été contesté lors d’un point de presse avec le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Un journaliste présent a rappelé que les fuites avaient commencé par une lettre dans laquelle un archevêque se plaignait au pape de la corruption qui régnait selon lui au Vatican.

Le père Lombardi a répondu, tout en se défendant de vouloir généraliser, qu’une partie de la couverture du Vatican par la presse ne « reposait pas sur l’objectivité ».

Le cardinal Bertone a également démenti les affirmations selon lesquelles Ettore Gotti Tedeschi, l’ancien dirigeant de la banque du Vatican, l’Institut des œuvres religieuses (IOR), aurait été limogé parce qu’il voulait que la banque soit plus transparente.

Ettore Gotti Tedeschi, a réaffirmé Tarcisio Bertone, a dû partir après un vote de défiance du conseil d’administration de la banque qui l’a estimé inefficace et semant la division.

Le mois prochain, Moneyval, le système de surveillance du Conseil de l’Europe concernant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, doit se pencher sur un projet de rapport visant à établir si le Vatican, État souverain, se conforme aux normes internationales.

Leur presse (Reuters, 18 juin 2012)

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« Peut-il exister des désirs naturels ? — Serions-nous plus libres sans l’État ? »

Quatre ans de prison pour la mère infanticide

LA CAPELLE – Angélique M…, qui avait étouffé son bébé à la naissance en 2009, est retourné en prison. La cour d’assises l’a condamné à 4 ans de détention.

Angélique M… a fini par parler. Quelques mots écrits sur une petite feuille blanche qu’elle s’est forcée à lire juste avant que les jurés ne se retirent pour décider de son sort. Des mots presque susurrés qu’elle n’avait jamais pu offrir à la cour d’assises pendant les trois jours de son procès. « Tout cela aurait pu être évité si j’avais su, si j’avais pu parler. Je ne cherche pas à me justifier, j’assume mes actes. Je vais vivre toute ma vie avec les regrets sur la conscience en faisant tout pour ne pas faire la même erreur. »

Une erreur qui lui coûte quatre années de prison et un suivi sociojudiciaire de huit ans comme l’avait requis l’avocate générale. Celle-ci avait différencié l’horreur du geste — celle d’une maman étouffant son bébé dans plusieurs sacs poubelle après avoir accouché seule — et la souffrance d’une jeune femme au parcours de vie difficile.

« C’était son choix »

« Elle a souffert, c’est évident mais elle a aussi eu des gens qui l’entourent », a relativisé Sandra Verbrugghen. « Ce bébé aurait pu vivre si Angélique M… n’en avait pas décidé autrement. Ce choix, c’est elle qui l’a fait. »

Mais pour son avocate Me Carlier-Brame, la psychologie de la jeune femme abandonnée dès sa plus petite enfance, a joué un rôle essentiel dans ce meurtre. « C’est tellement quelque chose qu’elle ne souhaite pas qu’elle est incapable d’y penser. » Les experts avaient parlé d’occultation. L’accusée savait qu’elle était enceinte mais a menti aux autres refusant les mains tendues et surtout s’est menti à elle-même.

Ces plaidoiries ont aussi, pour la première fois, permis d’évoquer la victime. Une petite fille qui n’a vécu que quelques minutes, qui n’a jamais eu de prénom et dont l’absence se fait sentir même sur le banc des parties civiles inhabituellement vide. « Elle aurait été le portrait d’Angélique, estime son avocate. Elle serait née dans les mêmes conditions et Angélique ne voulait pas refaire la même erreur. »

Pour autant, l’avocate générale s’interroge sur le mobile de cet infanticide : « Peut-on accepter qu’au XXIe siècle, une femme commette un infanticide sous la simple raison qu’elle voulait le cacher à son compagnon ? » Entre la fragilité psychologique d’une jeune femme qui n’a jamais pu se construire et l’horreur de ce geste, les jurés ont tranché.

Angélique M… a donc rejoint la maison d’arrêt où elle était déjà placée en détention provisoire depuis le début de l’année 2010. Comme à son habitude, elle est restée silencieuse.

Presse bavarde (Olivier de Saint Riquier, AisneNouvelle.fr, 18 juin 2012)


Infanticide / L’accusée retourne en prison

LA CAPELLE (Aisne). Angélique M…, âgée de 26 ans, a été condamnée hier à quatre ans d’emprisonnement pour le meurtre de son bébé, à La Capelle le 25 mai 2009.

La scène est toujours intense. Quand le désarroi se lit sur des traits et que la route de la liberté se referme. Condamnée à quatre ans d’emprisonnement et à un suivi socio-judiciaire de huit ans, Angélique M… a été conduite hier soir, à la maison d’arrêt d’Amiens. Une issue peu surprenante.

La parole permet tout, notamment de conjurer le sort. C’est un pansement de vent. Elle ne soigne pas, mais elle favorise l’impossible.

Cela a été curieusement le cas avec les réquisitions de l’avocate générale, Mme Verbrugghen. Elle représente la société. En évoquant la petite fille, née le 25 mai 2009 à La Capelle, un être sans prénom, elle lui en donne un.

Ce sera Léa, le même que l’enfant abandonnée par l’accusée lors de son accouchement à l’âge de 17 ans. Avec ce simple montage, la victime existe soudain.

Elle revit. Elle est là enfin, même si personne ne la représente. Sa disparition n’en apparaît que plus horrible.

« Elle avait rendez-vous le jour de la naissance, non pas avec la vie, mais avec la mort. »

Pour la défense, la tâche est délicate. Maître Carlier-Brame n’est pas aidée par une accusée qui ne se livre pas. Angélique M… verrouille ses émotions. Elle est ailleurs. Silencieuse et secrète. Elle lit un court texte, mais il est trop appliqué. Il y manque des accents de spontanéité et une évocation de sa fille décédée, la chaleur d’une maman en détresse.

« Tout ce qui est arrivé aurait pu être évité si j’avais su, si j’avais pu parler. Je ne cherche pas à me justifier. J’assume mes actes. »

Des forces et des failles

Le doute est là. Son regard fiévreux se nourrit-il de ses regrets ou de l’inquiétude de son avenir ? Des éléments attestent de la bonne capacité d’adaptation d’Angélique M…

Elle est aujourd’hui vendeuse dans un magasin d’équitation dans le Nord, possède même un cheval qu’elle affectionne. D’ailleurs, elle prononce son nom avec ravissement, « Hugo ». Ce n’est pas le profil de quelqu’un de désarçonné. La défense décrit pourtant ses failles.

« Elle ne se pense pas enceinte, donc, elle ne l’est pas. C’est un refus de voir la vérité », estime son avocate.

Mme Verbrugghen insiste plutôt sur une volonté souterraine, mais farouche. Une détermination de fer.

Elle décrit le « nettoyage méthodique de l’appartement » et « la dissimulation de preuves » pour insister sur l’essentiel à ses yeux : « Le mobile tient en quelques mots. Elle a dit : « Je n’en voulais pas. Je croyais que mon copain allait me quitter. » C’était faux. »

Angélique M… a déjà été incarcérée neuf mois. Doit-elle retourner en prison ? L’avocate générale répond par l’affirmative. Elle souhaite une peine de détention immédiate et requiert quatre ans d’emprisonnement et un suivi socio-judiciaire de huit ans.

La cour l’a suivie à la lettre avant d’examiner ce matin une affaire de viols à La Fère.

Presse bavarde (Thierry de Lestang Parade, lunion.presse.fr, 15 juin 2012)


Le silence pathologique de la mère infanticide

LA CAPELLE – Jugée pour le meurtre de son bébé, Angélique M… est enfermée dans un mutisme rendant difficilement compréhensible son cheminement vers l’horreur.

Difficile de sonder le degré de culpabilité et de souffrance derrière un mur de silence. Angélique M… accusée d’avoir étouffé son bébé dans des sacs poubelle après avoir accouché seule en juin 2009 à La Capelle, ne parvient pas à s’expliquer. Guidée par la présidente Serain, dont la patience ne semble avoir aucune limite, l’accusée se contente de hochements de tête, de « oui », de « non » et de « je ne sais pas ». Parfois sa bouche, à moitié cachée par une imposante chevelure noire, s’entrouvre mais aucun son n’en sort. Seuls le croisement incessant de ses mains et l’apparition de larmes discrètes derrière ses lunettes prouvent que l’émotion n’est pas absente chez cette jeune femme de 26 ans.

« Elle ne sait pas comment aimer »

Ce quasi-mutisme n’est pas seulement lié à l’impressionnante solennité de la cour d’assises ni à l’indicible geste. Cette absence de communication fait partie de sa personnalité depuis sa petite enfance et en est même l’une des composantes principales. Abandonnée alors qu’elle avait 1 an par ses parents, elle n’a jamais pu, jamais su verbaliser ses émotions. « Elle était chez nous mais pas avec nous », se souvient la mère de sa famille d’accueil qui parle d’une petite fille « exclusive, inquiète, fermée et pas souriante ». « Elle n’avait pas d’émotion. Que ce soient de la joie ou de la tristesse. »

Son éducatrice dresse le même portrait : « Elle se méfiait des adultes » « Elle vivait en parallèle ». Ce mode de fonctionnement semble s’est accentué pendant l’adolescence malgré les efforts de sa famille d’accueil pour le faire soigner.

Un premier bébé né sous X

À 16 ans c’est la rupture. Angélique part vivre dans un foyer et se retrouve enceinte un an plus tard. Une première grossesse qu’elle cache pendant cinq mois jusqu’au moment où les éducateurs s’en aperçoivent. Trop tard pour avorter. La petite Lola naîtra sous X.

Dans ce monde étroit où elle s’est recroquevillée, les amis sont rares. « Elle était déçue par les adultes. Elle ne s’autorisait pas à être heureuse. » confirme sa famille d’accueil. « Elle ne sait pas comment aimer », poursuit son ancienne meilleure amie.

Angélique trouve davantage d’épanouissement avec les chevaux. Sa passion. Les seuls êtres avec lesquels elle se sent en confiance, les seuls qui ne la jugent pas.

Elle décide d’en faire sa profession et réussit facilement un CAP soigneur d’équidé et travaille aujourd’hui dans ce domaine. Son cheval Hugo qu’elle vient d’acquérir connaît peut-être le secret de ce meurtre. Car la cour d’assises cherche encore à en connaître la vérité. Il ne reste qu’aujourd’hui aux jurés et aux magistrats pour franchir ce mur du silence.

« La solution la plus instinctive »

Elle a accouché seule dans l’appartement de son compagnon. Une petite fille dont elle n’a même pas pris soin de regarder le sexe. D’un hochement de tête, elle confirme que la petite a crié et bougé. Elle a ensuite mis le bébé dans un sac-poubelle, en a remis un deuxième puis un troisième. Angélique a tout nettoyé, s’est lavée. Vingt minutes après, plus rien ne bougeait. Le légiste a confirmé à la barre que le nourrisson était né viable et avait succombé probablement d’asphyxie. Elle a mis le chargement dans un sac à dos avant d’aller le dissimuler chez elle derrière le meuble télé. « Votre intention était-il de faire mourir le bébé ? » l’interroge la présidente. « Je ne sais pas ».

« Aviez-vous conscience de mettre au monde un être vivant? » continue la magistrate. Cette fois, les larmes sont nombreuses. Dans un effort Angélique lance : « Je regrette tout ce qui s’est passé ». Une parole rare qui confirme les propos d’un expert psy : « le sentiment de culpabilité est beaucoup plus fort qu’elle n’est capable de l’exprimer ».

Les questions sont presque toutes restées sans réponse sur le déroulement de la grossesse, de l’accouchement et du meurtre qui a suivi.

Du début à la fin, Angélique a caché son état. Pourquoi ? Elle avait peur de la réaction de son nouveau petit ami dont l’enfant n’était pas le sien. « Je l’ai quitté non pas parce qu’elle a eu un enfant mais parce qu’elle l’a tuée », soupire son compagnon qui regrette de ne pas s’être aperçu de sa grossesse.

« Avec du recul, je me demande comment je n’ai rien vu. Si elle me l’avait dit, on l’aurait gardé. »

Pendant tous ces mois, il n’a pas cessé de l’interroger en voyant sa silhouette s’épaissir. « Elle me répondait par la négative. Elle me disait qu’elle prenait la pilule et qu’elle ne voulait pas d’enfants. »

À ses proches, elle tient le même discours. Les occasions d’avouer sa situation n’ont pas manqué.

Les raisons de ce passage à l’acte ne viendront pas d’elle mais des experts psychiatres. Tout juste parvient-elle à répondre qu’effectivement elle ne voulait pas de ce bébé même si elle ne prenait pas de moyens de contraception.

« Vous ne vouliez pas d’enfant et vous faisiez tout pour en avoir ? » insiste la présidente. Silence une nouvelle fois. « À force de croire que vous n’en vouliez pas est-ce que vous pensiez que ça n’arriverait pas ? » tente Me Carlier-Brame l’avocate de la jeune femme. « Oui peut-être », murmure l’accusée.

Les experts ne parlent pas de déni de grossesse mais de dissimulation. « Elle se mentait à elle-même, précise l’un d’eux, Elle savait qu’elle était enceinte mais l’occultait. Elle n’avait rien préparé, l’accouchement s’est passé dans la précipitation, le désarroi. Il a fallu improviser une solution au dernier moment. La solution la plus instinctive a été de supprimer l’enfant. »

Dans son subconscient, à ce moment-là, le bébé n’est plus un être humain mais un « objet dont il fallait se débarrasser ».

Presse bavarde (Olivier de Saint Riquier, AisneNouvelle.fr, 14 juin 2012)


Assises – Infanticide / L’accusée murée dans le silence

LA CAPELLE (Aisne) Angélique M… est jugée pour le meurtre de son bébé à La Capelle en 2009. Le verdict sera rendu aujourd’hui.

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Mme Verbrugghen, représentant la société, va requérir une peine, ce matin.

C’est long, un silence. Surtout devant une cour d’assises, quand la mort d’un être doit être racontée. Accusée du meurtre de son bébé à La Capelle en mai 2009, Angélique M…, âgée de 26 ans, ne prononce aucun mot. Ses traits sont tendus comme une toile qui va se déchirer. Debout, immobile, elle reste figée comme une statue. Pas une œuvre d’art adulée, juste une figurine transie dans une vitrine fermée. Isabelle Seurin, la présidente, tente de l’ouvrir. « On ne peut pas vous juger si vous ne dites pas les choses. » L’invitation reste sans réponse.

Avant le verdict prévu aujourd’hui, il y a cette découverte effarante de la vie d’une jeune fille en Thiérache. Un voyage dans les années soixante, le récit d’un isolement volontaire.

Sollicitée par des entraîneurs prestigieux pour s’occuper de chevaux loin de chez elle, elle refuse. L’élève de la maison familiale rurale Beauregard à Clairefontaine avance : « La peur de l’inconnu, peut-être ».

Un comportement incompréhensible

Sa sexualité reste mystérieuse, avec des rapports non protégés. À ses amants, Angélique M… indique qu’elle suit une contraception mais il n’en est rien. Un comportement toujours inexpliqué. D’autant plus qu’elle peut bénéficier de la couverture médicale universelle mais elle n’effectue aucune démarche dans ce sens.

« Sur le plan personnel, elle n’arrive pas à se prendre en charge », avance son avocate, Me Carlier-Brame.

À la suite d’une rencontre d’un soir dans un bar, l’accusée effectue des tests de grossesse. Ils sont positifs. Angélique M… cache son état, porte des vêtements amples et consomme des produits amaigrissants. « Je ne savais pas comment dire à mon copain que j’étais enceinte mais pas de lui », dit-elle aux enquêteurs.

Son premier amour, devenu maçon, l’a quittée. Elle ne veut plus souffrir, subir un rejet, comme celui de ses parents. Ils l’ont abandonnée.

Son corps se transforme. Elle fait croire qu’elle mange davantage. Elle met seule au monde une fille dans l’appartement de son ami, le 25 mai 2009, à 13h30, à La Capelle. Elle refuse de la regarder.

Un gendarme garde présent à l’esprit la scène qui va suivre. « Dans un moment de panique, elle décide de se débarrasser du bébé. Elle le laisse tomber dans trois sacs poubelles qu’elle referme. Elle a fait des nœuds. » De petits cris résonnent. C’est une vie toute neuve qui s’exprime.

Surprise, elle lâche l’emballage. Angélique M… prend une douche pendant une vingtaine de minutes. Quand elle revient, le silence règne. Le corps inerte de la victime est placé dans un sac à dos.

La mère se rend à pied à son domicile, rue du Presbytère, distant de quatre cents mètres, avec ce chargement. Elle l’abandonne dans le salon.

« Elle a dit qu’elle ne le considérait pas comme son enfant et qu’elle n’avait aucun sentiment pour lui », ajoute le militaire. Dans un souffle, Angélique M… répond : « Je regrette ce qui s’est passé. »

Presse bavarde (Thierry de Lestang Parade, lunion.presse.fr, 14 juin 2012)


Assises / La souffrance enfouie d’une maman

LA CAPELLE (Aisne) Angélique M…, 26 ans, est jugée depuis hier pour le meurtre de son bébé à La Capelle en mai 2009. Elle est traumatisée d’avoir été abandonnée par ses parents.

Qui se souvient de lui ? Ce bébé, né le 25 mai 2009 vers 13 heures, à La Capelle est mort aussitôt. Son corps est emprisonné dans trois sacs poubelle. Ses pleurs sont rapidement étouffés par le plastique.

Depuis hier, c’est la maman qui est accusée de ce meurtre. Mais avant de nous tourner vers elle, il faut, sans doute, songer à lui : un petit corps sans histoire dont nul ne célèbre le souvenir. Les bancs des parties civiles chargées de représenter le bébé de sexe féminin sont vides. Il y a des personnes qui laissent ainsi peu de traces. Pas de prénom, nul baptême, le silence éternel.

Angélique M…, âgée de 26 ans, va s’expliquer aujourd’hui sur le début et la fin de la vie de sa fille. De courts instants qui pèsent sur son destin. « Ces trois jours vont décider de notre vie », observe son compagnon qui la soutient. Sa flamme le guide pour la défendre. « Elle s’en veut, elle s’est battue. Elle a tout fait pour remonter la pente. »

L’intervention de ce jeune homme, sans emploi, réservé et sérieux, est l’une des seules lueurs de la journée d’hier. Un peu de chaleur dans un univers glacial.

L’accusée a-t-elle préféré priver de vie son enfant plutôt que de ne lui proposer qu’une existence semée de douleur ? Comme la sienne avant qu’elle ne découvre l’amour. C’est l’enjeu des débats prévus jusqu’à demain soir.

Angélique M… tient ses mains accrochées l’une à l’autre pour se retenir à un lien solide qui l’empêche de se perdre dans un gouffre. Celui de ses silences.

Sa peau est très pâle comme si elle n’était à l’aise qu’à l’ombre.

Maman deux fois

Sa chevelure brune et épaisse lui cache la moitié du visage. Du côté gauche. Cela l’arrange, plutôt, de se dissimuler. Elle garde quelquefois ses lèvres ouvertes mais vides de mots.

Née à Laon, elle est abandonnée par ses parents à un an et demi. À la question, « Qui a compté dans votre vie et dans votre jeunesse ? » elle répond d’un mot « personne ».

Confiée à des familles d’accueil, elle habite à Blérancourt, Soissons, Mercin-et-Vaux. « Elle était chez nous, mais pas avec nous », raconte la dame qui l’a accueillie quinze ans près de Soissons. Elle décrit un être capable de brutalité, marquée à jamais par le désintérêt de ses géniteurs, capable d’écraser un poussin, sans aucune émotion.

À 17 ans, elle accouche pour la première fois sous X. Elle choisit d’appeler « Lola, Camille » celle qui sera adoptée. « Je ne veux pas faire ce que ma mère a fait », dit-elle.

Elle se protège des autres en refusant de devenir prisonnière de leurs jugements. Un témoin raconte que même un compliment était mal vécu par elle. Un piège pour entrouvrir sa cuirasse forgée par ses soins. Une autre personne évoque son goût pour « l’auto destruction ». Enfant déjà, elle se détourne des marques d’affection. S’attacher, c’est la promesse de souffrances à venir.

Depuis son adolescence, cette bonne élève ne se confie qu’aux chevaux. Avec eux, pas besoin de longues tirades, juste des gestes qui rassurent.

« Une monture ne juge pas », explique un autre témoin. Un éleveur de La Capelle ne cache pas d’ailleurs son admiration pour son aisance. Il raconte qu’elle seule pouvait s’approcher d’un poulain plein de fougue.

Il la décrit comme « calme, douce, fluide ».

Mais elle ne sait pas, sans doute, exprimer ses sentiments. Toujours enlisée dans l’urgence, incapable de recul.

Presse bavarde (Thierry de Lestang Parade, lunion.presse.fr, 13 juin 2012)


Accusée du meurtre de son bébé

LA CAPELLE (Aisne). Les deux prochaines affaires examinées par la cour d’assises sont un meurtre de bébé en Thiérache et un viol à La Fère. Les débats débutent ce matin.

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Angélique M… interrogée par un juge d'instruction à Laon en mai 2009. Elle est libre aujourd'hui.

Une longue vie s’offrait à lui mais son existence n’a duré que quelques minutes. Ce bébé est mort le 25 mai 2009 à La Capelle. La petite victime est décédée asphyxiée dans trois couches de sac-poubelle. Trois ans après, ce destin tragique ressurgit.

La maman, Angélique M…, âgée de 26 ans, est jugée par la cour d’Assises pour ce meurtre, pendant trois jours à partir d’aujourd’hui.

Dissimuler sa grossesse

L’accusée, défendue par Me Carlier-Brame, a été abandonnée à la naissance par ses parents. « Elle ne voulait pas de cet enfant. L’expertise psychologique a révélé qu’il ne s’agissait pas d’un déni, mais d’une volonté de dissimuler sa grossesse. Elle en avait conscience, elle ne voulait pas que ça se sache », avait à l’époque estimé une substitut du procureur de Laon.

Angélique M… était consciente d’être enceinte, mais elle aurait caché son état à ses proches. La naissance se serait déroulée au domicile de son petit ami, qui ne serait pas le père du nourrisson. Aux enquêteurs, elle aurait indiqué avoir entendu le bébé pleurer avant de le laisser succomber.

Le corps avait été amené chez elle. Il a été découvert derrière la télévision grâce à un concours de circonstances : c’est en se présentant aux urgences au centre hospitalier de Fourmies à la suite de saignements qu’elle a attiré la curiosité des médecins. Ils ont rapidement constaté que la jeune fille venait d’accoucher. Mais l’enfant était introuvable. Selon l’autopsie, il était viable.

Le verdict est prévu dans la soirée du jeudi 14 juin.

L’affaire suivante est bien différente (…)

Deux affaires, deux histoires, et toujours une découverte d’existences tourmentées devant la cour d’assises.

Presse bavarde (Thierry de Lestang Parade, lunion.presse.fr, 12 juin 2012)

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« Travailler, est-ce seulement être utile ? »

Romagnieu / Accident du travail mardi à Sodefibre
L’ouvrier n’a pas survécu

Très grièvement blessé à la tête alors qu’il travaillait sur une presse hydraulique, mardi, un salarié de l’entreprise Sodefibre à Romagnieu (Isère) n’a pas survécu à ses blessures. Domicilié à Saint-Priest, Alain Lyonnet, 46 ans, est décédé à l’hôpital dans la nuit de mercredi à jeudi. Et ce malgré une délicate intervention chirurgicale pratiquée peu après son admission dans un service neurologique.

Une enquête pour “homicide involontaire” dans le cadre d’un accident du travail a été ouverte par le parquet de Bourgoin-Jallieu, qui a ordonné une expertise de la presse hydraulique sur laquelle la victime travaillait. Cette machine sert à conditionner du fil de verre dans des balles de film plastique.

Dans l’accident, Alain Lyonnet aurait été projeté en arrière, à plus de trois mètres de son poste de travail, sa tête venant violemment heurter le sol.

Confiée aux gendarmes de la brigade de Pont-de-Beauvoisin, l’enquête va devoir déterminer les circonstances exactes de l’accident. Selon les premiers éléments recueillis, la décompression soudaine et imprévue d’une balle de fil de verre pourrait être à l’origine de l’accident.

Presse stakhanoviste (LeDauphine.com, 18 juin 2012)

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La police travaille à Bruxelles

Violences policières contre des antifascistes à Bruxelles

Dimanche 17 juin, alors que le PP et l’extrême-droite néo-fasciste défilaient dans les rues de Bruxelles, les antifascistes, militants de la JOC et syndicalistes de la FGTB ont organisé une contre-manifestation aux cris de “Pas de fachos dans nos quartiers”. Vingt-cinq militants antifascistes ont été arrêtés puis libérés en fin d’après-midi.

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“Aucune des actions des manifestants ne peut justifier une telle violence” policière, ont réagi, dans un communiqué commun, la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) et les Jeunes FGTB, après que la police eut interpellé sans ménagement 25 militants qui entendaient s’opposer à la manifestation du parti populaire et de l’extrême-droite raciste.

“Alors que nous tentions de rejoindre la manifestation du PP afin d’exprimer notre désaccord, nous avons été violemment chargés et littéralement battus par une vingtaine d’agents”, expliquent les responsables de la JOC et des Jeunes FGTB.

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Selon ces derniers, un des coordinateurs de la section bruxelloise des étudiants FGTB est ressorti de l’hôpital avec des points de suture et un membre de la JOC souffre d’une commotion cérébrale.

“Cette intervention policière était parfaitement disproportionnée et absolument pas nécessaire. Elle est d’autant plus scandaleuse que la milice fasciste de Nation était quant à elle escortée par un cordon de policiers, au carrefour Trône”, soulignent enfin la JOC et les Jeunes FGTB.

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Solidarité ouvrière, 18 juin 2012

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Révolte des esclaves du textile au Bangladesh

Heurts dans des fabriques de vêtements en grève au Bangladesh

Des centaines d’usines de vêtements ont cessé toute fabrication depuis le 16 juin au Bangladesh, après plusieurs jours de protestation violente des ouvriers. La police a tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour disperser les employés, qui réclament de meilleurs salaires pour compenser la hausse des prix des produits alimentaires de base.

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Presse esclavagiste (fr.euronews.com, 18 juin 2012)


Bangladesh : 23 ouvriers du textile arrêtés après des heurts

La police du Bangladesh a arrêté lundi dans la région de Dacca 23 ouvriers du textile soupçonnés de vandalisme après des manifestations violentes de dizaines de milliers de personnes réclamant des hausses de salaire. « Nous avons arrêté 23 ouvriers depuis dimanche soir pour leur rôle dans les violences. Nous ne tolérerons aucun vandalisme ou débordement », a déclaré Sadiq Dewan inspecteur de police adjoint à l’AFP. Ces arrestations sont intervenues après des violences qui ont fait quelque 100 blessés et endommagé des dizaines d’usines, suscitant des inquiétudes pour un secteur clef pour l’économie du pays qui fournit des clients internationaux comme Wal-Mart, H&M et Gap.

Presse esclavagiste (TF1 News, 18 juin 2012)


No let-up in Ashulia unrest

Workers protest factory shutdown, block highway, clash with cops; 50 hurt.

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Agitators hurl brick chips at law enforcers at Jamgara, Ashulia, on the city outskirts yesterday.

Several thousand garment workers again fought pitched battles with law enforcers in Ashulia yesterday, fuming over the shutdown of all garment factories in the industrial belt.

At least 50 people, including several police personnel, were injured in the clashes.

Agitating workers put barricades on the Dhaka-Tangail highway bringing traffic on the motorway to a halt for nearly three hours from 8:30am. They demanded that garment factory owners immediately reopen the factories in Ashulia, on the outskirts of the capital.

Leaders of different garment workers’ organisations also protested the shutdown and called upon the owners to reopen the factories immediately.

RMG factory owners on Saturday decided to shut all 350 factories in Ashulia for an indefinite period as garment workers continued to stage violent demonstrations from June 11 demanding a hike in their wages.

The entire industrial belt had witnessed a spate of violence between June 11 and June 16, as thousands of workers clashed with police leaving around 500 people injured. At least 300 vehicles were damaged and 200 factories were vandalised in six days.

Witnesses said several thousand workers took to the street at about 8:30am yesterday after they found their factories shut.

The agitating workers put blockades on the Dhaka-Tangail highway protesting the shutdown of factories, said Mokhlesur Rahman, inspector of Ashulia Industrial Police.

A group of youths wearing masks vandalised several vehicles on the highway. Angry workers hurled brickbats at police and clashed with them as the law enforcers tried to remove blockades from the highway.

Police cleared the highway by 11:30am after fighting pitched battles with angry workers.

The clashes later spread to Nischintapur, Ghoshbag, Shimultola, Bypile, Jirabo and Narasinghapur.

Police fired around 20 rounds of rubber bullets and teargas canisters, and charged baton to disperse the agitating workers.

Police and Rab personnel stood guard at factories in the industrial belt to ward off vandalism.

Hafizur Rahman, sub-inspector of Ashulia Police Station, on Saturday night filed a case against 11 local BNP leaders and several hundred unidentified people on charges of vandalising vehicles and obstructing police from performing their duties.

On Friday, Ashulia police filed another case against 10 local BNP leaders, including Yarpur union parishad chairman Dewan Moyeen Uddin Biplob, for provoking workers to resort to violence.

Meanwhile, Bangladesh Centre for Workers Solidarity and Bangladesh Garments and Industrial Workers’ Federation in separate statements denied their involvement in the labour unrest in Ashulia and Narayanganj.

Kalpana Akter, executive director of Bangladesh Centre for Workers Solidarity, said, « A vested quarter is trying to pin the blame on us for the untoward incident that we had condemned. »

She said there was no link between the killing of labour leader Aminul Islam and the unrest in the garment sector.

Kalpana demanded that all factories are reopened immediately.

Garments Sramik Trade Union Kendra and Bangladesh Garments Shramik Oikya Parishad called for reopening the factories as soon as possible.

In a statement, Rafez Alam Chowdhury, president of Bangladesh Garments Accessories and Packaging Manufacturers and Exporters Association (BGAPMEA), expressed his concern over the recent events in the garments sector.

Presse esclavagiste (Kailash Sarkar, thedailystar.net, 18 juin 2012)


Violence shuts 300 Bangladesh garment factories

DHAKA – The owners of 300 Bangladesh garments factories shut their operations indefinitely on Saturday after days of violent pay protests by workers, threatening the country’s biggest export already impacted by the global downturn.

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Garment workers throw pieces of bricks during clashes with police in Kanchpur, Dhaka June 16, 2012.

The decision to close all factories at Ashulia, one of the country’s biggest industrial zones on the outskirts Dhaka, came as talks between workers and owners had failed to break the deadlock.

« We have been compelled to close down all our factories at Ashulia, » said Mohammad Shafiul Islam, president of the Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association.

« We tried to resolve the issue (of wage increases and other benefits) amicably through discussion but the efforts did not produce any results, » he told a news conference.

Witnesses said police had fired teargas and rubber bullets and used water cannons to disperse rampaging workers during five days of clashes. About 250 people including police have been injured and activists have vandalized dozens of vehicles and barricaded a vital highway.

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« We had to take harsh actions to restore order as the defiant workers would not stop the violence, » an Ashulia police officer said.

Workers are demanding higher pay following a rise in food and utility prices. After violent protests in 2010, Bangladesh nearly doubled the minimum wage for millions of garment workers to 3,000 taka ($37) a month.

Authorities on Saturday deployed extra police at Ashulia fearing the shut factories could be attacked and vandalized by restive workers.

Garments, which made up $18 billion of Bangladesh’s record $23 billion exports in the year to June 2011, offer a crucial lifeline to the poor South Asian country, along with remittances from expatriate workers.

Business leaders and analysts said the recent unrest would have a negative impact on exports, which fell for the third month in a row in May as the euro zone debt crisis continued to subdue the country’s economy.

Bangladesh’s low labor costs have helped it join the global supply chain for low-end textiles and clothing, manufacturing garments for international brands such as JC Penney, Wal-Mart, H&M, Kohl’s, Marks & Spencer and Carrefour.

Presse esclavagiste (Reuters, 16 juin 2012)


300 Bangladesh garment factories shut down after unrest

DHAKA — Bangladesh garment manufacturers shut down indefinitely operations of more than 300 factories at a key industrial hub on Saturday after five days of violent protests over wages, officials said.

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Workers are seen through broken glass after a clash in a garments factory in Savar

President of the Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association Shafiul Islam Mohiuddin made the announcement, saying the plants would reopen only after the government ensure « enough security ».

Most of Bangladesh’s big garment factories are based at Ashulia. They employ around half a million workers who sew clothing for some of the world’s largest retailers such as Wal-Mart, Gap, Tesco, H&M and Carrefour.

« We have decided to close down more than 300 factories at Ashulia industrial area indefinitely. We can’t operate in this climate of fear and lawlessness, » Mohiuddin told AFP.

The decision follows the fifth day of protests by tens of thousands of workers who clashed with police, vandalised plants and blocked a key highway for hours, senior police officer Monowar Hossain told AFP.

« Police fired rubber bullets and tear gas to disperse the unruly workers, » Hossain said. The violence in the last five days left scores of policemen and hundreds of protesters injured, police officers have said.

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Bangladeshi riot police stand guard in front of a garments factory at Savar

Employees — who work 10-16 hours a day, six days a week for the lowest garment sector wages in the world — were demanding a 50 percent pay hike and subsidised food to cope with the rising cost of living.

Union leader Babul Akter Thursday claimed that manufacturers at Ashulia had agreed to raise wages. Some owners also announced that they would raise the wages to help workers cope with increases in rent.

But the BGMEA, which represents all of the country’s 4,500 garment factories, denied sealing any deal with the unions.

« It’s a lie, total lie. We raised workers salaries by 82 percent just 18 months ago. It’s impossible to raise salaries again, » Mohiuddin said.

In 2010, Bangladesh garment factories were hit by months of violent protests that forced the government and factory owners to agree to increase wages by 80 percent, or a minimum $37 per month.

The export of garments, which made $19 billion for the impoverished country last year, is the mainstay of the economy of Bangladesh, accounting for 80 percent of its total shipments.

Tensions have been brewing at Ashulia and other textile manufacturing zones in recent months following the abduction and murder of a top garment union leader in April.

Unions have accused Bangladesh’s feared security forces of killing him. US Secretary of State Hillary Clinton demanded an independent probe into the incident when she visited the country last month.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 17 juin 2012)

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[La Rochelle] RTE occupe nos campagnes, occupons RTE !

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RTE occupe nos campagnes, occupons RTE !

Nous squattons, depuis maintenant plus d’un mois, une maison laissée vide pendant près de 4 ans par RTE (Réseau et Transport d’Électricité), filiale d’EDF qui s’emploie au quotidien à détruire nos campagnes et expulser familles et paysans pour construire les lignes à Très Haute Tension qui achemineront bientôt le nucléaire du nouveau réacteur EPR de Flamanville. Nous avons choisi de squatter pour pouvoir vivre et expérimenter ensemble nos pratiques et modes de vie dans un espace qui ne soit pas soumis aux contraintes et normes imposées par le système totalitaire marchand.

En réinvestissant cette maison inoccupée, nous lui redonnons vie, et nous redonnons vie à tout le quartier.

En occupant des maisons vides, en s’opposant à la construction de lignes à Très Haute Tension, en écrivant notre propre journal, en décidant de ne pas laisser des services sociaux ou des associations gérer nos vies, nous contribuons au processus de destruction de ce monde morbide en faisant émerger de ses décombres un horizon plus chaud, plus attrayant.

En cultivant notre potager, en échangeant des légumes contre un peu d’eau ou de sel, en organisant des projections avec nos amis, en discutant avec nos voisins dans la rue, nous construisons d’autres rapports humains.

Partout dans le monde, des squats citadins s’ouvrent et des luttes rurales naissent et perdurent malgré la répression et la désinformation imposées par le Pouvoir. Ces luttes, ces squats, ces lieux et moments d’autonomie doivent se connecter les uns aux autres pour constituer une réelle force de résistance globale à cette société capitaliste qui s’impose à chaque individu par le spectacle et le pouvoir policier ; une force de résistance qui peut nous permettre d’enrayer les attaques du système contre nos vies telles que le nucléaire, les aéroports, les lignes à très hautes tensions, les autoroutes et autres lignes à grande vitesse, les agressions policières, et bien-sûr le salariat qui enchaîne les êtres humains à une fonction sociale productiviste qui leur bouffe leur temps, leur santé et leur vie.

C’est pourquoi nous, squatteurs rochelais, appelons à participer massivement au week-end de résistance contre la THT au Chefresne (50), du 22 au 25 juin prochain. Nous invitons également à un rassemblement de soutien lors de notre procès, le lundi 2 juillet à 8 heures 45, devant le Tribunal d’Instance de la Rochelle, 67 rue de Jéricho.

Contre RTE et son monde, pour le logement gratuit, occupons les maisons vides, réapproprions-nous l’espace public, investissons les terres menacées par RTE, Vinci et leurs amis.

Des squatteurs de la Rochelle

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 18 juin 2012

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« Que gagne-t-on en travaillant ? »

L’adjudant de gendarmerie Alicia Champlon, 29 ans, et sa collègue Audrey Berthaut, 35 ans, ont été tuées alors qu’elles enquêtaient sur un cambriolage ce dimanche soir dans le village de Collobrières (Var).

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Alicia Champlon avait pour compagnon un gendarme de Salon-de-Provence. Elle venait d’intégrer la brigade de Pierrefeu du Var au début du mois de mai dernier.

La maréchale des logis chef Audrey Berthaut était la mère de deux petites filles de 5 et 13 ans.

Presse stakhanoviste (VarMatin.com, 18 juin 2012)

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[Coup de force au Caire] « L’armée aura toujours Tahrir face à elle »

Élections Égypte

Les premiers résultats ont montré une nette avance du candidat des Frères Mohammad Morsi El Ayat de l’ordre d’un million de voix sur son adversaire le général Chakik (selon les estimations des Frères).

Les résultats définitifs ne sont pas encore annoncés ils le seront probablement mardi 20 juin. Alors que les dépouillements se poursuivent dans quelques circonscriptions, les Frères ont déjà organisé une conférence de presse à 4 heures du matin, anticipant la victoire de leur candidat qui s’est déjà auto-procalmé président de tous les Égyptiens. Leurs supporters sont déjà place Tahrir en train de fêter leur victoire.

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Ce lundi 18 juin, place Tahrir au Caire

De son côté le SCFA a émis hier soir à 23 heures, une heure après la fermeture des bureaux de vote une déclaration constitutionnelle enlevant au futur président tout pouvoir législatif, budgétaire, ou décisionnel et le protégeant contre toute ingérence dans ses affaires internes et ses décisions concernant la politique étrangère de l’Égypte. C’est contre quoi les Frères commencent déjà à se mobiliser ainsi que toutes les autres forces politiques qui y voient la confirmation d’une dictature militaire évidente.

Rappelons que la Haute cour constitutionnelle avait déjà invalidé les élections législatives ce qui a conduit au démantèlement du parlement à majorité islamiste, le tribunal administratif quant à lui devrait se prononcer incessament sur la dissolution de l’association des Frères musulmans.

La situation reste toujours ambiguë, la campagne du candidat Chahfik maintient toujours qu’il est arrivé en tête avec 51% des voix et qu’il faut attendre la fin des dépouillements et l’annonce officielle des résultats. Leur anticipation par les Frères serait une manœuvre visant à semer le doute ce qui leur permettra de contester les résultats définitifs au cas où ils confirmeraient la victoire de leur adversaire.

Quel que soit le gagnant, l’Égypte restera une junte militaire qui possède des pouvoirs exceptionnels, la transition démocratique est désormais mise entre parenthèses sine die. Ce pays a vécu une des pires et des plus inouïes période de transition, après une révolution pacifique qui a réussi à éliminer l’ex-président Moubarak et à le faire juger. Mais sans l’aide des militaires, cela ne serait jamais arrivé au bout de 18 jours seulement et le prix aurait été plus important. Cette aide, s’est avérée être un coup d’État des alliés d’hier contre leur chef d’état major, et pendant 15 mois le CSFA qui dirige le pays depuis le 11 février dernier 2011, a pu mettre en œuvre une stratégie machiavélique qui fit triompher la contre révolution et a abouti à la situation présente.

Personne ne peut prévoir l’avenir proche ni la réaction de la jeunesse révolutionnaire ni celle des forces démocratiques et laïques, et moins encore l’attitude du SCFA qui nous surprend tout le temps avec les décisions inattendues qu’il prend… Les Égyptiens vont vivre des années très difficiles.

Le Caire, 18 juin 2012
Galila El Kadi (mailing)


Coup de force au Caire

Coup de force ou coup d’État ? La frontière est ténue mais le bruit de bottes est de plus en plus menaçant. Dans le café où je suis attablée, la discussion va bon train. “Tu serais égyptienne, tu voterais pour qui, Morsy ou Chafiq ?” me demande le patron. La question est difficile, je l’avoue, et cela fait trois semaines que les discussions tournent en rond, ici comme ailleurs. “Je ne veux ni l’un, ni l’autre”, ajoute-t-il, en soupirant de désarroi. Je tente de le consoler en lui disant qu’il n’est pas le seul. Bon nombre des Égyptiens qui, comme lui, ont soutenu la révolution, sont dans le même dilemme.

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Personne ici ne débat, en revanche, de la décision de la Haute cour constitutionnelle d’hier qui relègue pourtant l’issue de ce second tour au rang d’anecdote. Manifestement les gens ne comprennent pas ce qui se passe, mais écoutent avec attention les micro-trottoirs produits par la chaîne Al-Jazeera, sur la place Tahrir où quelques milliers de personnes sont rassemblées. On ne coupera la chaîne que pour le match France-Ukraine dont les images pluvieuses ne parviennent pas à rafraîchir l’atmosphère brûlante de l’après-midi.

La validation de la candidature de l’ex-premier ministre de Moubarak était pratiquement gagnée d’avance, puisque rien, dans la constitution, ne fondait la loi votée par l’assemblée du peuple excluant les membres de l’ancien régime. Mais cette cour n’est-elle pas fondée sur une constitution datant de l’ancien régime que le Scaf a refusé de réviser (avec  l’accord des Frères), organisant à la va-vite (en mars 2011), avec leur soutien, un référendum pour la sauver ? La loi dite de “l’isolement politique” n’avait de légitimité qu’au regard des valeurs de la révolution, qui ne sont pas, c’est un euphémisme, inscrites dans le marbre d’un texte.

L’invalidation des élections législatives et notamment de ses membres élus au scrutin uninominal, est la surprise que le Scaf réservait pour cette veille d’élection. Il s’agit d’un véritable coup de force car les modalités du scrutin s’appuyaient sur une loi électorale en bonne et due forme. Comme par hasard, c’est de ce tiers élu au scrutin uninominal que sont issus les rares révolutionnaires qui, n’ayant pas de partis organisés, ne pouvaient se présenter sur des listes. C’est aussi un magnifique coup de théâtre, à la veille de l’élection présidentielle et on a du mal à imaginer, une quelconque indépendance du futur président, quel qu’il soit, face à un pouvoir militaire qui aura repris en main le pouvoir législatif, dans le même temps où le ministre de la Justice vient d’autoriser la police militaire à procéder à l’arrestation de civils troublant l’ordre public.

Contrairement à Gamal Ghitany (interviewé par Joseph Confavreux hier), la plupart des égyptiens pro-révolution ressentent comme une lourde menace cette dissolution, y compris ceux qui critiquent l’inefficacité de la chambre depuis quatre mois. Elle était la première élue de façon presque transparente et reflétant l’opinion, à un moment donné, du peuple égyptien. Mais Ghatany le dit lui même, il ne prétend pas “être membre de cette révolution”. Ceci explique peut-être cela. ٍSonallah Ibrahim, interviewé dans le Masry du 14/06 a beaucoup moins d’illusion sur une éventuelle solution Chafiq : “L’Égypte est aujourd’hui coincée entre une Gamaa dont l’histoire est pleine de meurtres politiques et un homme dont les mains sont souillées de sang”. Il est persuadé que de toutes façons “le prochain président ne pourra gouverner qu’en traitant avec l’armée, la Sécurité, et les mukhabarat (les indics)”.

Si, malgré tout le soutien des médias et du pouvoir en place (officiel et occulte), Chafiq perdait les élections qui démarrent demain, l’autre candidat serait pieds et poings liés au Scaf (lui l’est par nature). Sans compter, me fait remarquer un ami égyptien, que Morsy a été présenté comme candidat par des députés de l’Assemblée, une procédure alternative au dépôt de 30’000 signatures de citoyens. On pourra toujours arguer qu’il est le candidat d’une assemblée sans existence juridique…

La boucle est bouclée et on peut s’attendre à un terrible retour en arrière. Les responsables politiques s’accrochent cependant à l’espoir que le processus démocratique va pouvoir rebondir. Hamdeen Sabahy — le candidat nassérien qui a talonné Chafiq au premier tour — met en avant, dans le Masry al-Youm d’aujourd’hui l’assemblée constituante qui a été formée cette semaine et envisage de nouvelles élections législatives rapides, rappelant la promesse du Scaf de quitter le pouvoir au plus tard le 30 juin. On voit mal comment.

Le déploiement de police militaire en vue des élections ainsi que la volonté des Égyptiens d’aller malgré tout au bout de ce processus électoral expliquent le calme relatif de la journée. Mais la suite de l’histoire n’est pas écrite d’avance. Le Scaf impose de main de maître son agenda. Il est beaucoup plus difficile de dompter un pays entier qui commence tout juste à goûter la liberté.

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Sur le mur du siège de l’ancien PND (photo ci-dessus), incendié dès les premiers jours de la révolution, des mains anonymes ont taggé cette nuit avec ironie : “Réouverture proche”.

Blog SN, 15 juin 2012


Égypte : les manifestants de Tahrir « prêts à reprendre le flambeau » de la révolte

LE CAIRE — Plus de seize mois après la révolte contre Hosni Moubarak, des militants irréductibles présents sur la célèbre place Tahrir au Caire préviennent l’armée qui dirige aujourd’hui le pays : « Nous sommes toujours là pour reprendre le flambeau ».

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Des manifestants scandent des slogans hostiles à l'armée, sur la place Tahrir du Caire, le 15 juin 2012

« L’armée aura toujours Tahrir face à elle », affirme Marwan Adel, un instituteur de 30 ans sur cette place emblématique de la contestation qui a poussé en février 2011 le président Moubarak à la démission après 30 au pouvoir.

Aujourd’hui, alors que le Conseil militaire est accusé de chercher à s’accrocher au pouvoir, « nous sommes prêts à reprendre le flambeau », prévient-il.

Comme d’autres Égyptiens qui ont participé aux manifestations géantes de janvier et février 2011, Marwan Adel revient régulièrement sur cette place mythique, où quelques tentes abritent des militants soucieux de maintenir une présence, même symbolique.

Marwan confesse avoir « boycotté » la présidentielle mettant aux prises deux candidats très éloignés des idéaux des jeunes « révolutionnaires » pro-démocratie de 2011 : un ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, et un Frère musulman, Mohammed Morsi.

Mais la dissolution de l’Assemblée dominée par les islamistes, qui permet à l’armée de s’adjuger les prérogatives législatives, a réveillé la crainte de voir les généraux s’accrocher au pouvoir à tout prix.

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Un militaire guide des femmes dans un bureau de vote du Caire, le 17 juin 2012

Magdy, 35 ans, lui aussi présent sur Tahrir, veut perpétuer le souvenir de Khaled Saïd, un jeune d’Alexandrie battu à mort le 6 juin 2010 par des policiers et devenu un symbole de la répression policière et une icône de la révolte.

« Tant que la flamme de Khaled Saïd est vivante, ni l’armée ni Chafiq ne peuvent enterrer la révolution », promet Magdy, qui campe comme beaucoup d’autres irréductibles sous une tente maculée de l’inscription « Khaled Saïd est toujours vivant ».

« L’armée a protégé le pays et sa révolution, c’est dommage qu’elle s’entête aujourd’hui à la confisquer. Nous ne la laisserons pas faire », assure-t-il.

Depuis plusieurs mois, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) du maréchal Hussein Tantaoui, est la cible de prédilection des militants pro-démocratie, qui l’accusent de chercher à maintenir l’ancien régime honni malgré la chute du régime Moubarak.

« Mon message à Tantaoui est le suivant : vous pouvez user de tous les subterfuges pour maintenir le pouvoir, mais méfiez-vous, les jeunes de la révolution sont toujours là et ils sont prêts dès ce soir à reprendre le flambeau », ajoute Marwan.

Pour lui, le fait que les services de renseignement et la police militaires aient été à nouveau autorisés à arrêter des civils est un signe que l’armée s’attend à de nouveaux troubles et se donne les moyens d’y faire face.

Mais au-delà des turbulences politiques qui agitent ce pays de 82 millions d’habitants, les marchands ambulants, les vendeurs de cigarettes, de drapeaux et de souvenirs de Tahrir pensent plutôt aux affaires.

« J’espère que cette ambiance se poursuivra sans heurts, ni violences, nous avons besoin de travailler pour nourrir nos familles », confie Abdelal, un vendeur de drapeaux.

Leur presse (Hassan Jouini, Agence Faut Payer, 17 juin 2012)


Tentative de coup d’État constitutionnel en Égypte

Le Caire. La photo de « une » du quotidien Al-Shourouk du 15 juin résume bien le sens de ce qui vient de se passer : en avant-plan, des fils de fer barbelés ; en arrière-plan, les locaux de la Haute Cour constitutionnelle ; à gauche de la photo, des manifestants, à droite des militaires. L’heure n’est plus où l’on pouvait crier « le peuple et les militaires, une seule main ». La décision, le jeudi 14 juin, de cette Cour — dont tous les membres ont été nommés par l’ancien président Hosni Moubarak —, de dissoudre l’Assemblée nationale et de déclarer illégale la loi qui interdit aux anciens dignitaires du régime de se présenter aux élections, représente, selon nombre d’observateurs ici, un coup d’État (sur les prétendues raisons légales, lire « What to know on Egypt’s new political drama », Ahram online, 15 juin). Cette action ramène le pays au début du processus entamé avec la chute de Moubarak et confirme que le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a décidé de porter un coup d’arrêt au mouvement de contestation enclenché le 25 janvier 2011.

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Cette décision arrive à quelques heures du second tour de la présidentielle qui met face-à-face Ahmed Morsi, le candidat des Frères musulmans (FM), et Ahmed Chafik, le dernier premier ministre sous Hosni Moubarak (nommé le 31 janvier 2011), un militaire lié au vieux système de corruption et de répression, qui pourra néanmoins se présenter.

La révolution égyptienne est entrée dans une zone d’incertitudes. Le CSFA a lancé une offensive pour mettre à bas les conquêtes de ces derniers mois. Au-delà de la décision de la Cour d’annuler le seul scrutin libre de l’histoire égyptienne, plusieurs éléments confirment que le CSFA cherche à retourner à l’ordre ancien :

• La décision du 4 juin du ministère de la justice selon laquelle les militaires pourront arrêter des civils (« Rights advocates : Military arrest powers worrying », Egypt Independent, 14 juin) ; sans même parler de l’acquittement, durant le procès Moubarak, des principaux responsables du ministère de l’intérieur ;

• l’acquittement de plusieurs policiers et militaires accusés d’avoir tiré sur des manifestants pendant la révolution (lire, par exemple, « 14 security officers found innocent of killing Giza protesters », Ahram online, 6 juin) ;

• la poursuite des arrestations arbitraires et la torture dans les prisons ;

• l’usage de la xénophobie avec une incroyable publicité mettant en garde les Égyptiens : il ne faut pas parler aux étrangers (on avait annoncé qu’elle était retirée, mais cela semble faux) ;

• la décision du CSFA de reprendre dans ses mains tout le pouvoir législatif qu’il avait cédé au Parlement et de « compléter » la Constitution, dans l’attente d’une réécriture totale du document ;

• la tenue du second tour de l’élection présidentielle, alors même que la déclaration constitutionnelle votée par le peuple en 2011 et soutenue par le CSFA supposait que le président ne pouvait être élu qu’après le Parlement.

Cette offensive qui vise à faire passer Chafik envers et contre tous s’accompagne du déchaînement d’une campagne contre les Frères musulmans et leur candidat. J’ai pu ainsi entendre des avocats expliquer très sérieusement que la première décision du Parlement tunisien dominé par les islamistes avait été de rétablir la polygamie. Rien n’est épargné à Morsi, même pas la publication des documents médicaux (en principe confidentiels) sur son état de santé, pour dire à la fois qu’il était très malade et qu’il avait dépensé des sommes folles pour se faire soigner à l’étranger.

Cette campagne s’appuie non seulement sur les erreurs multiples des Frères musulmans depuis leur victoire aux élections législatives, mais aussi sur un climat de peur qui rappelle celui entretenu par les pouvoirs en place avant le printemps arabe : « nous ou les islamistes ». Et on trouve, pour appuyer cette décision des militaires, les mêmes que ceux qui soutenaient que Moubarak ou Ben Ali étaient « le moindre mal » : journalistes, intellectuels « libéraux », petits partis croupions qui avaient soutenu l’ex-président égyptien (comme le Parti du rassemblement, Tagammu, soi-disant de gauche) etc. Et, surtout, se mobilise l’État profond, celui qui n’a pas pâti de la révolution, mais qui avait seulement baissé la tête.

Les Frères eux-mêmes portent une responsabilité importante dans la situation créée, du fait de leurs erreurs multiples et de leur incapacité à tisser des alliances — même les salafistes, force majeure dans le pays, ont préféré soutenir au premier tour un candidat islamo-libéral, Abel Monem Aboul Foutouh, plutôt que celui des Frères, plus proche pourtant de leur idéologie (sur la complexité du salafisme égyptien, on lira Stéphane Lacroix, « Sheikhs and Politicians : Inside the New Egyptian Salafism », Brookings, 11 juin 2011).

Non seulement les Frères ont été réservés au début de la révolution (même si les jeunes du mouvement ont joué un rôle actif), mais ils ont tout fait pour s’entendre avec le CSFA, pour passer des compromis, refusant d’appuyer vraiment les mobilisations de la rue. Quand les relations avec le CSFA se sont tendues, ils ont décidé de présenter un candidat à l’élection présidentielle, revenant sur leur parole, et favorisant la propagande du pouvoir disant qu’ils voulaient accaparer tous les pouvoirs.

Alors que le rôle essentiel du Parlement élu était d’écrire la nouvelle Constitution, ils ont été incapables de forger les alliances qui auraient permis une rédaction consensuelle de ce texte. Et aussi de calmer les craintes d’une partie des coptes, des femmes, des intellectuels.

Alors que la plus grande partie des jeunes de la révolution est pour le boycott de l’élection, notamment après que la Cour a permis à Chafik de concourir, les Frères ont accepté le jugement pour montrer qu’ils respectaient la loi, qu’ils étaient un parti d’ordre.

Tous ces manques, toutes ces erreurs, expliquent que leur candidat n’ait obtenu, au premier tour de la présidentielle, que 25 % des voix (contre 45 % aux élections législatives). Ce qui démontre d’ailleurs que le suffrage universel est un bon moyen pour faire avancer le débat démocratique.

Quel sera le résultat de l’élection ? Il est difficile de le dire, et il est impossible de prévoir l’ampleur des trucages et des pressions. Nombre de groupes de la révolution, dont le candidat arrivé en troisième position Hamdin Sabahy (nassérien), penchent pour le boycott. D’autres, comme Aboul Foutouh et les jeunes du 6 avril appellent à voter Morsi pour barrer la route aux militaires. Au cours d’un entretien, Aboul Foutouh m’a confié que l’erreur essentielle des révolutionnaires est d’avoir accepté le CSFA comme pouvoir au lendemain de la chute de Moubarak.

Un des paradoxes de cette élection est que le pouvoir réel du futur président n’est pas déterminé et que le CSFA n’acceptera de céder une partie de son pouvoir que si Chafik est élu.

Ce soir, le 15 juin, une manifestation se déroule sur la place Tahrir, mais elle ne semble pas mobiliser : c’est surtout la proclamation des résultats de l’élection en début de semaine qui risque de déboucher sur de nouvelles luttes.

Leur presse (Alain Gresh, blog du Diplo « Nouvelles d’Orient », 15 juin 2012)

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[« Je te pisse dessus »] Laurent de Caigny, procureur-adjoint au tribunal correctionnel de Reims, travaille

Prison ferme pour outrage : « Je vais te défriser la moustache »…

REIMS (Marne). Pantalon de survêtement blanc, blouson blanc un peu trop large et baskets bleues… Driss, un Rémois de 19 ans, aurait gagné à se taire mardi à l’audience du tribunal correctionnel de Reims. Il n’avait qu’à prouver sa bonne foi et présenter le certificat de décès de sa tante, raison pour laquelle il n’aurait pu exécuter les 140 heures de travail d’intérêt général auxquelles il avait été condamné pour des faits d’usage de chèques contrefaits.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/063.jpgAu lieu de ça, il a préféré tenir tête au procureur-adjoint, Laurent de Caigny, le menaçant et le provoquant à l’heure des réquisitions. « Je vais de défriser la moustache », a-t-il lancé, tel un petit coq. Vindicatif, il a fulminé à la barre, tenté de provoquer l’incident. Une provocation qui a laissé de marbre le procureur-adjoint. Il n’a pas relevé l’outrage soulignant simplement « le ridicule » de ce « post-adolescent excité »… Et de requérir quatre mois à l’encontre du prévenu. « Vous voyez, ça n’aura même pas servi à m’énerver. »

Condamné à quatre mois de prison ferme, Driss est reparti comme il était arrivé… énervé. Et de lâcher avant de quitter le prétoire en toute hâte : « Je te pisse dessus »… Des propos qui n’auront échappé à personne.

Publié par des amis de la moustache (lunion.presse.fr, 15 juin 2012)

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[Vérité et Justice pour Wissam El-Yamni] Les assassins travaillent

Mort après une interpellation à Clermont-Ferrand : le corps de Wissam El-Yamni rendu à la famille six mois après

Le corps de Wissam El-Yamni sera inhumé au Maroc dimanche 17 juin. Ce chauffeur routier de 30 ans était mort neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque lors de son interpellation la nuit de la Saint-Sylvestre, à Clermont-Ferrand. Son corps a été restitué à sa famille près de six mois après le drame.

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Quelque 500 à 600 personnes avaient défilé le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon « musclée » la nuit du réveillon, décédé après plusieurs jours de coma.

« Ce corps en attente, c’est insupportable », dénoncait au Monde,  il y a quelques jours, Me Jean-François Canis, l’un des deux avocats de la famille de Wissam El-Yamni. « Cela fait cinq mois, cinq mois de trop », renchérissait son frère Farid, avouant avec beaucoup de retenue sa souffrance et celle de ses parents, venus du Maroc dans les années 1970 pour un emploi chez Michelin.

L’inhumation ne pouvait intervenir qu’une fois la contre-autopsie demandée par Me Canis et son confrère Me Jean-Louis Borie effectuée. Les résultats ne seront cependant connus qu’en septembre. La décision de demander une nouvelle autopsie n’a pas été facile. « Mes parents voulaient enterrer mon frère », explique Farid El-Yamni. Il les a pourtant convaincus qu’une nouvelle expertise était nécessaire tant l’explication du décès, telle qu’elle se dessine à travers le pré-rapport d’autopsie et l’enquête de l’inspection générale de la police nationale, lui paraît peu probable.

Le drame remonte à la nuit de la Saint-Sylvestre, après un jet de pierre contre une voiture de police. À la suite de son interpellation, Wissam El-Yamni, âgé de 30 ans, était tombé dans le coma avant de décéder neuf jours plus tard. Une information judiciaire a été ouverte « pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Elle vise directement les deux policiers de la brigade canine qui ont arrêté le jeune homme. Ils n’ont pas été mis en examen et sont toujours en activité.

« DES ZONES D’OMBRE IMPORTANTES »

Une hypothèse s’est rapidement imposée. Selon le pré-rapport d’autopsie, une consommation d’alcool, de cannabis et de cocaïne serait la cause probable d’une « altération comportementale franche ». Ce qui expliquerait que le jeune homme se soit débattu dans la voiture le conduisant au commissariat, amenant l’un des deux policiers à lui maintenir la tête entre les genoux pendant le transport. Cette technique de contention interdite, le « pliage » dans le jargon policier, et des excroissances osseuses anormales sous les tempes de la victime auraient, selon le médecin-légiste, entraîné la compression des carotides et la perte de connaissance. « Tout cela, c’était une manière de dire : c’est bien fait pour lui », constate Farid El-Yamni.

« Cette thèse du pliage, je n’y crois pas », explique Me Canis pour justifier la demande d’une nouvelle autopsie. Le premier examen n’avait en effet pas mentionné les fractures de la face. Cela avait permis au procureur d’affirmer, le 24 janvier, que l’autopsie « n’apporte aucun argument en faveur d’un décès directement traumatique ». Par ailleurs, « la superficialité des lésions cervicales n’est pas en faveur des stigmates de strangulation », avait-il ajouté. Une affirmation qui étonne Me Canis, qui met en avant des traces très visibles au niveau de la gorge. Me Borie estime de son côté que les doses de stupéfiants sont très faibles, d’où la demande d’une nouvelle analyse toxicologique.

« En réalité, il subsiste d’importantes zones d’ombre sur ce qui s’est passé au moment de l’interpellation et lors du transport en voiture jusqu’au commissariat », affirme Me Canis. Farid El-Yamni avance pour sa part l’hypothèse « d’un passage à tabac ». « Je redoute qu’avec le temps qui passe, l’autopsie que nous avons demandée se conclue par : on ne peut pas savoir de quoi Wissam est mort. Ce serait dégoûtant. »

Leur presse (Manuel Armand, LeMonde.fr, 15 juin 2012)


La contre-autopsie de Wissam devra parler

La contre-autopsie du jeune homme mort à Clermont-Ferrand la nuit de la St Sylvestre a enfin eu lieu.

Plus de 5 mois depuis l’interpellation controversée et le décès de Wissam El Yamni dans le quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand, la contre-autopsie demandée par la famille a eu lieu le 12 juin à Poitiers.

Plus de cinq mois ont passé depuis l’interpellation controversée et le décès de Wissam El Yamni. Une affaire qui avait provoqué plusieurs nuits de tensions à Clermont-Ferrand. Suite à cela, deux policiers avaient été « mis en congés », ils ont repris leur service, alors que le Procureur de la République de Clermont recevait ce mardi 12 juin la famille de Wissam El Yamni, pour faire le point sur ce dossier.

L’entretien avec le Procureur aura duré un peu plus d’une heure. À la sortie du Palais de Justice, la famille n’a souhaité ni être filmée, ni s’exprimer. Ce sont ses avocats qui parlent en son nom. La contre-autopsie qu’ils demandaient a été pratiquée aujourd’hui, à l’institut de médecine légale de Poitiers.

Le corps de Wissam El Yamni devrait être restitué dès mercredi à ses proches qui ne pouvaient jusqu’à présent que se rendre à la morgue pour lui rendre hommage.

Ce dossier a été particulièrmeent lent à progresser, font valoir la famille et les deux avocats, Me Borie et Me Canis.

Par ailleurs, le fait que les deux policiers « mis en congé » aient repris leur service n’est pas sans soulever une certaine émotion. Une information mal accueillie par la famille du jeune homme décédé. Et qui n’est pas sans soulever des interrogations du côté de la défense.

Leur presse (Daniel Pajonk, France 3 Auvergne, 12 juin 2012)

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[Pétition du centre de détention d’Argentan] « Venez pas prétexter que nos revendications sont irréalisables pour cause de moyens, car, quand il s’agit de mettre de nouvelles caméras en plus, là, vous ne manquez pas de moyens »

Pétition signée par 180 détenus du Centre de Détention d’Argentan

Mai 2012, centre de détention d’Argentan

Par la présente un nombre important de détenus du centre de détention d’Argentan tiennent à dénoncer un malaise profond, des injustices, des discriminations et tout acte similaire au sein de la détention du centre de détention.

Tout d’abord, nous dénonçons ce qui nous touche les plus car nous le vivons au quotidien et toutes ces anomalies deviennent invivables et insupportables.

Nous déplorons les fouilles à corps systématiques au retour des parloirs et celles ciblées sans raison à tout moment de la journée, alors que la loi Européenne en vigueur interdit ce mode de fonctionnement pour la dignité humaine de l’individu. De plus, nous déplorons que le syndicat FO prétexte de cette loi en vigueur pour faire des mouvements de grève alors qu’elle n’est même pas appliquée au sein de l’établissement d’Argentan. Cela prouve encore une fois qu’ils se servent des détenus et de la sécurité pour faire avancer leurs idées réelles.

Nous demandons la fin du régime de détention « portes fermées » car si un individu est considéré comme « turbulent » l’administration pénitentiaire a déjà la possibilité de le sanctionner en commission de discipline par des jours de cellules disciplinaires. Fin. Il n’y a pas à avoir une double sanction (cellule disciplinaire puis régime porte fermée pendant X temps). Ce qui est très fréquent à Argentan c’est une double sanction sans oublier qu’il se verra retiré des réductions de peines et, probablement, à Argentan présenté devant les juges pour écoper d’une peine de prison supplémentaire. C’est trop. De plus, un centre de détention a pour but la réinsertion des individus privés de liberté dans l’unique but de les relancer dans la vie extérieur. Désolé mais de la sorte c’est la désinsertion totale, déjà que nous sommes à l’écart de la société d’aujourd’hui dans des conditions normales de détention alors confiné dans une aile spéciale, c’est les mettre à l’écart de l’écart. Comment peut-il se sentir concerné et ne pas ressentir une haine du système dans cette manière d’agir ?

De plus, nous demandons à ce que des plaques chauffantes soient mises en vente pour chaque détenu qui le souhaite afin de pouvoir cuisiner à sa guise, comme au centre de détention de Rennes, Nantes, Ploemeur car il est anormal que les détenus qui travaillent ou suivent des formations finissant à 12h00 réintègrent leur cellule à 12h00. Dans ces conditions, ils ne peuvent pas se faire manger. De plus, dans l’office, il n’y a que trois plaques disponibles (quand elles fonctionnent…) pour 22 personnes, autant dire que tout le monde ne peut pas les utiliser ce qui crée des conflits. Et n’oubliez pas que la majorité des conflits nous entraînent au tribunal. Ceci est encore une preuve qui démontre que c’est la direction du centre de détention d’Argentan qui crée des conflits par leur attitude à mettre la population pénale dans les plus mauvaises dispositions possibles et sous tension constante.

Nous demandons la restitution des plaques chauffantes et des chaines Hifi actuellement bloquées à la fouille aux détenues arrivés avec lors de leur transfert. Nous comprenons que le tribunal d’Argentan est sur la sellette et risque à tout moment de fermer ses portes car son rendement est faible mais il faut cesser, afin de le maintenir en vie, de renvoyer tout ce qui se passe au centre de détention afin de combler le manque d’affaires et la vie extérieur. À un moment, il faut dire STOP ! Nous n’avons pas à passer en jugement pour des faits qui ne se passeraient pas si nous étions détenus dans d’autres centres de détention. Nous n’avons pas à subir des peines excessives par rapport aux autres juridictions.

N’y a-t-il pas qu’une SEULE France ?

Nous demandons la mise en place d’une machine à laver et d’un sèche-linge dans chaque aile afin que chaque détenu puisse laver ses effets personnels dans une hygiène indéniable et quand il le souhaite.

Nous demandons également à ce que les portes des cellules du centre de détention soient fermées à 12h30 au lieu de 12h et 19h30 au lieu de 19h comme c’était le cas avant, afin que ceux qui travaillent ou suivent une formation et ne souhaitent pas acheter des plaques chauffantes aient le temps de cuisiner avant de réintégrer leur cellule. Surtout que les repas distribués par l’administration sont excessivement mauvais et déséquilibrés.

Nous demandons à ce que la bibliothèque soit un accès libre, afin qu’on ne soit plus obligé de s’inscrire plusieurs mois à l’avance afin de s’y rendre. Bien évidemment, le planning reste en place bâtiment par bâtiment, créneaux par créneaux mais libre à chaque détenu du bâtiment concerné.

L’oubli de poster le courrier ou bien un problème dans la distribution entraîne un refus de passage au détenu et bien évidemment un risque d’incident et donc le tribunal comme ici ces deux événements sont indissociables.

Il faut savoir que certains détenus puisent leur énergie dans la lecture et se voir refuser l’accès à la bibliothèque, un lieu d’information, les met dans des mauvaises dispositions.

Nous souhaitons une modification des horaires de promenades de l’après-midi. Elle a lieu de 14h à 16h puis de 16h à 17h.

Nous souhaitons l’instauration d’une remontée possible ou d’une descente possible à 15h car si nous souhaitons sortir en début de journée et rester que 1h nous ne pouvons pas remonter si tout le monde ne le souhaite pas. Les jours d’intempéries cela est encore pire, ça augmente notamment le risque d’incident entre les détenues qui eux ne souhaitent pas remonter, ce qui est normal. Et encore une fois cela nous expose encore à des poursuites judiciaires et disciplinaires.

De plus sur le bâtiment C du fait des confinés volontaires nous ne pouvons pas avoir accès à la promenade où se trouve la barre de traction avant 16h et ce jusqu’à 17h, car de 14h à 16h ce sont les confinés volontaires qui y sont alors que déjà ils ne pratiquent aucune activité sportive et que, dans tous les cas, c’est leur choix d’être confinés !

Donc nous demandons l’inversement des cours de promenades afin que la majorité des détenus puissent avoir accès des 14h à la barre de traction. De plus, nous demandons l’installation de bancs en promenade comme dans toutes les prisons de France.

Pour ce qui est des créneaux de sport, nous souhaitons que les plannings soient modifiés avec des séances plus longues et/ou plus nombreuses. Deux fois 1h15 et deux fois 1h30 n’est pas suffisant pour les détenus d’un centre de détention. Même en maison d’arrêt, nous avions plus d’heures de sport ! De plus, nous perdons à chaque séance 15 minutes avec les mouvements car nous n’avons pas un accès libre.

Pour les cantines, nous demandons l’instauration de nouveaux produits notamment de la viande Hallal et Casher. La loi européenne oblige une liste de 15 articles minimum par confession. Nous souhaitons également que les prix du saucisson hallal et du délice de poulet soient réévalués. En effet le prix est passé de 1,79 € à 3,08 € puis à 3,36 € du jour au lendemain. Nous admettons qu’à l’extérieur les prix augmentent mais cela n’atteint pas 100% d’augmentation… N’abusez pas !!!

Nous souhaitons plus de choix dans les cantines fruits et légumes, nous sommes au sein d’un centre de détention ce qui signifie que les détenus effectuent des longues peines et les cantines ne changent jamais.

De plus comme dans tous les centres de détention, nous voulons pouvoir faire entrer au parloir dans nos sacs d’effets personnels des draps, housses de couette et taies d’oreiller.

Nous souhaitons également la restitution des draps, housses de couettes et taies d’oreiller bloqués à la fouille lors de notre arrivée. Quelle utilité de les bloquer jusqu’à notre sortie ? Autant nous comprenons que les vêtements de couleur bleue portent à confusion avec les tenues du personnel, mais quelle est la confusion dans le fait d’avoir des draps, housses de couette, etc. ??? Nous voulons aussi qu’une vente de ventilateur soit mise en place comme dans tous les centres de détention et maisons d’arrêts. Par ailleurs, nous souhaitons la restitution des ventilateurs bloqués à la fouille à notre arrivée.

Nous désirons avoir la possibilité de faire entrer au parloir des jeux de Playstation 2 comme c’est actuellement le cas pour les CD et DVD. En quoi les jeux vidéo sont-ils contraignants ? C’est juste que le centre de détention les vend à un prix supérieur qu’au prix réel à l’extérieur et qu’il oblige les détenus à les acheter à l’intérieur.

Nous souhaitons avoir la possibilité d’acheter des ordinateurs, console XBOX et Playstation 3 comme dans tous les centres de détention de France.

Nous souhaitons l’application de la loi sur la télévision à 8 € au lieu de 18 € actuellement.

Concernant les parloirs, nous tenons à exprimer notre indignation, nous n’avons le droit qu’à un seul par semaine et uniquement un d’une durée de 2 h par mois, sinon le reste du mois la durée d’un parloir ne dépasse pas 1h. Alors qu’au sein d’autres centre de détention de la direction interrégionale de Rennes et, notamment, les centre de détention de Nantes et de Rennes, les détenus ont droit à 2 parloirs par semaine. De plus à Argentan 95% des détenus n’ont pas choisi de venir ici et sont donc majoritairement isolés de leur famille. Une fois la visite de deux heures terminée, les visiteurs engrangent des kilomètres, des heures de route ou de train et des frais et des fois pour une heure de parloir. C’est inadmissible ! De plus, un retard de 5 minutes engendre un refus d’accès au parloir, aucun respect pour des personnes ayant effectué plusieurs centaines de kilomètres. Donc nous demandons la mise en place de 2 parloirs par mois de 2 h pour les détenus habitant à plus de 150 km.

Nous déplorons également l’accueil réservé aux femmes musulmanes lors des visites au parloir. Vous les obligez à ôter leur foulard sous peine de leur refuser l’accès au parloir en prétextant que c’est une mesure de sécurité. En quoi un morceau de tissu sur les cheveux est-il plus une menace qu’une mini-jupe ??

Ne prétextez pas que c’est pour une authentification de la personne car le visage est complètement découvert. Et nous sommes nombreux à ne pas le cautionner dans cette lettre (vous le constaterez avec les signatures). Et nous sommes également tous d’accord pour dire que cela ne se passait pas comme ça dans les centres de détention et maisons d’arrêt d’où l’on vient. Encore un malaise à Argentan !!!

Donc nous demandons l’arrêt immédiat de cette fausse mesure de sécurité concernant le foulard.

Concernant le travail au service général une loi spécifique interne au centre de détention d’Argentan interdit à toute personne condamnée pour stupéfiants à travailler en tant qu’auxiliaire, auxi-pousseur ou bien en cuisine, cantine ou encore blanchisserie…

Nous demandons l’abrogation de cette loi afin que tous les détenus soient égaux. En quoi un détenu condamné pour stupéfiant est-il différent d’un violeur, braqueur, voleur, etc. ?

Sachez que par la présente, notre motivation a pour seul but le changement et l’évolution du centre de détention d’Argentan ainsi qu’une remise en cause de la direction et de tous les acteurs du centre de détention mais également au niveau du Procureur de la République d’Argentan. En aucun cas nous exagérons ou minimisons quoi que ce soit. Nous ressentions le besoin de parler et de dénoncer l’atmosphère délétère qui règne ici et seulement à l’opinion publique. La grande majorité des détenues de ce CD ont ressenti un rejet de cette prison, c’est du jamais vu. Il faut donc se poser les bonnes questions :

Pourquoi les détenus rejettent-ils ce CD ? Pourquoi 90% voire 95% des détenus n’ont pas demandé à être transférer ici et malgré tout y sont ? Pourquoi y a-t-il autant de procédures disciplinaires ici ? Pourquoi y a-t-il autant de procédures judicaires au parquet d’Argentan liées au centre de détention d’Argentan ?

Je vous appelle, vous lecteurs, à enquêter, à regarder les chiffres avec attention, à les comparer aux centres de détention et maisons d‘arrêt de France et à la moyenne national. Les chiffres parleront d’eux-mêmes et là les choses pourront avancer et les responsables devront s’expliquer.

Pour la majorité d’entre nous, nous avons des amis, ex-codétenus, famille, voire nous-mêmes sommes passés par d’autres établissements pénitentiaires notamment Chartres (28), Cherbourg (50), Caen (14), Nantes (44), Brest (29), Rennes (35), Le Mans (72), Orléans (45), Laval (53), Nanterre (92), Bois d’Arcy (78), Évreux (27), Osny (95), Poitiers (86), Ploemeur (56), Angers (49), Bapaume (62), Le Havre (76), Lille (59), Fleury-Mérogis (91), Fresnes (94), etc. Et les conditions de détention sont strictement différentes avec celles du centre de détention d’Argentan.

De plus, la répression n’a rien à voir avec ici. À Nantes, Rennes, Fleury-Mérogis, Bois d’Arcy, etc. la détention de téléphones portables, de petites quantités de Cannabis ou d’objets USB ne sont sanctionnés que par la commission de discipline. Il est vrai qu’à Angers, Caen, Ploemeur, etc. il y a également des suites judiciaires cependant, elles restent proportionnelles à la situation du détenu. Ici, la commission de discipline nous assassine au maximum puis nous intégrons le régime porte fermé et ensuite le parquet de la République d’Argentan. Excusez nous du terme mais ça nous fait un deuxième trou du cul. Entre 8 et 12 mois pour un téléphone portable, 6 à 8 mois pour quelques grammes de Cannabis, 3 à 4 mois pour une puce de téléphone. Nous ne comprenons pas pourquoi les peines subies à Argentan sont plus disproportionnées qu’ailleurs ?

Vous pouvez constater que nos revendications sont nombreuses et pourraient paraître abusées cependant sachez que tout ce qu’on souhaite est à disposition d’autres détenus au sein des centres de détention de Nantes, Rennes, Caen, Ploemeur pour ne citer que la direction interrégionale de Rennes, et que c’est le cas partout en France.

Venez pas prétexter que nos revendications sont irréalisables pour cause de moyens, car, quand il s’agit de mettre de nouvelles caméras en plus, là, vous ne manquez pas de moyens.

Espérant que cette lettre ait un impact au plus haut niveau et que les responsables prendront leurs responsabilités afin de voir du changement ici. Nous vous prions vous lecteurs de donner suite à nos revendications. Vous pouvez constater qu’environ 180 détenus approuvent ces revendications et sont totalement impliqués dedans.

Reçu le 16 juin 2012

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[Évasion, désertion] Clandestinité, mode d’emploi

L’évadé de la prison de Fleury-Mérogis repris à Montpellier

Les magistrats ont condamné le prévenu à un an de prison, dont neuf mois assortis d’un sursis et d’une mise à l’épreuve.

577 kilomètres séparent l’avenue des Peupliers, à Fleury-Mérogis, de Montpellier. Dix jours séparent aussi ces deux villes. Ceux de la cavale de ce jeune trentenaire. Lequel n’a pas réintégré sa cellule de la maison d’arrêt essonnienne au terme d’une permission de sortie. Direction : la préfecture héraultaise en covoiturage. Une fois sur place, le 10 mai, le garçon se rend dans un garage et parvient à essayer une Mini d’occasion, en vente. Et ce, via les papiers d’identité dérobés, « aussi pour avoir un hôtel », à l’homme l’ayant pris dans son véhicule entre la région francilienne et le Midi.

Mais à peine le garage hors de sa vue, le jeune homme file. Et ne reviendra pas. Et c’est finalement le garagiste qui finira par repérer l’auto sur le parking de l’hôtel. Et qui préviendra la police avant d’avoir une franche explication de texte avec le trentenaire. Lequel va, très rapidement, être identifié comme évadé.

Placé en détention depuis, après avoir demandé un délai pour préparer sa défense un mois plus tôt, le fugitif a donc comparu une seconde fois dans le prétoire de la correctionnelle. Mais pourquoi diable ne pas avoir réintégré Fleury, à quelques mois de sa libération ? Au président, le prévenu, déjà condamné à quatre reprises, parle d’agressions et d’insultes à caractère homophobes à son endroit par d’autres détenus.

Bref, « une détention qui ne se passe pas très bien », analyse le représentant du parquet. Ensuite ? « La difficulté, quand on est en cavale, c’est que l’on devient hors-la-loi, un sans-papiers, un fuyard. Sans autre issue que la clandestinité. Sans autre choix que la grivèlerie, le vol… C’est idiot, quelque peu suicidaire. C’était, de toute façon, se faire prendre un jour en ayant accumulé les infractions », constate le magistrat. Lequel requiert un an d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis et d’une mise à l’épreuve.

« Quand on a certaines préférences sexuelles, connues du milieu carcéral, cela peut être l’enfer », rappelle Me Chaigneau en défense. Arguant que, depuis un mois et son placement à Villeneuve, son client n’a jamais fait parler de lui. Le conseil reconnaissant qu’effectivement, le comportement de celui-ci avait été « puéril, idiot ». Pour, enfin, demander à ce qu’il puisse « finir de purger sa peine dans des conditions acceptables ».

Magnanimes, les magistrats ont finalement condamné le prévenu à un an de prison, dont neuf mois assortis d’un sursis et d’une mise à l’épreuve.

Leur presse (Jean-François Codomié, MidiLibre.fr, 15 juin 2012)


Suède : Un déserteur américain réapparaît après 28 ans

Un déserteur de l’armée de l’air américaine installé depuis 1984 en Suède sous une fausse identité a donné de ses nouvelles à sa famille aux États-Unis, rapporte dimanche le quotidien suédois Dagens Nyheter. David Hemler, qui était basé à Augsbourg, en Allemagne, avait disparu à l’âge de 21 ans, le 10 février 1984. Il fréquentait alors une communauté religieuse pacifiste et contestait la politique du président américain de l’époque, Ronald Reagan.

Il avait gagné la Suède en faisant de l’auto-stop et s’était installé dans ce pays sous un faux nom. « Au départ, je n’envisageais pas de disparaître, je voulais juste prendre un peu de recul une semaine ou deux », explique l’ancien militaire de l’US Air Force dans une vidéo que le journal suédois diffuse sur son site internet. Hemler, aujourd’hui âgé de 49 ans, a épousé une femme d’origine thaïlandaise dont il a eu trois enfants. Il travaille dans la fonction publique et n’a pas voulu révéler son nom d’emprunt.

Après sa désertion, il s’attendait chaque jour à être arrêté, les agents d’Interpol et d’Europol ayant été lancés à sa recherche. Sa famille aux États-Unis lui manquait, a-t-il reconnu, mais il a vite refait sa vie et ne voulait pas abandonner son nouveau foyer. Il a finalement décidé de sortir de la clandestinité lorsque sa troisième fille a eu deux ans. Il a contacté sa famille il y a quatre semaines, appelant d’abord son frère Thomas. « J’ai tout de suite su que c’était David, même s’il avait un accent bizarre après toutes ces années passées en Europe », a témoigné Thomas Hemler, qui vit dans le New Jersey.

Plusieurs des membres de sa famille, qui le croyaient mort, veulent aller rendre visite au déserteur en Suède.  Pour l’avocate de David Hemler, Emma Persson, il est très peu probable que la Suède décide son extradition.

« L’idéal, ce serait que les autorités américaines comprennent que j’ai été suffisamment puni en vivant pendant vingt-huit ans dans le mensonge », a dit David Hemler.

Leur presse (Reuters via 20Minutes.fr, 17 juin 2012)

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[Affaire de Chambéry] Rendu du procès

Comme prévu, le rendu est tombé ce Vendredi 15 juin. Ça méritait bien une brève plutôt qu’un complément d’info.

Pour Mike, donc : un an, dont six mois avec sursis (pour rappel le proc avait demandé un an ferme). Vu les deux-trois mois déjà passés en détention préventive, il y a des chances que le passage par la case prison ne soit pas nécessaire (jours-amende, bracelet…). On tiendra au courant.

Pour les autres : quatre mois de prison avec sursis (le proc’ demandait six mois avec sursis, et 5000 euros d’amende chacun).

Plus d’infos dès que possible.

Indymedia Grenoble, 17 juin 2012


Chambéry : 1 an dont 6 mois de sursis pour Mickaël

Le tribunal de Chambéry a rendu son jugement à l’encontre du jeune anarchiste du squat de Cognin.

Un an de prison dont 6 mois avec sursis, c’est le jugement du tribunal correctionnel de Chambéry, rendu à l’encontre de Mickaël. Ce jeune considéré comme anarchiste [sic] avait fabriqué une bombe artisanale dans un squat de Cognin, tuant accidentellement une jeune femme, Zoé [sic]. Les faits remontent à 2009.

Presse terroriste (France 3 Alpes, 15 juin 2012)

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Marseille nique la vidéosurveillance

Une centaine de manifestants contre la vidéosurveillance à Marseille

Une centaine de manifestants ont dénoncé samedi à Marseille l’installation de caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville, première étape d’un vaste programme, a-t-on appris auprès de la mairie qui a fermement « condamné » la dégradation de plusieurs caméras.

Une quinzaine de policiers sont intervenus pour disperser le rassemblement, organisé dans le quartier de la Plaine à l’initiative d’un collectif anti-vidéoprotection, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête, ajoutant que les contrôles menés n’avaient débouché sur aucune interpellation dans la soirée.

Selon Caroline Pozmentier, adjointe au maire chargée de la Sécurité et de la Prévention de la délinquance, « deux caméras ont été endommagées », tandis que d’autres, légèrement dégradées, devraient être « très vite remises en service ».

« Je condamne ces actes qui sont insupportables. Cela démontre bien que ces caméras sont là pour lutter contre la délinquance, permettre une tranquillité publique, et que ça dérange », a déclaré l’élue, appelant à « une grande fermeté à l’encontre des auteurs de ces actes ».

« Ce genre de manifestations ne doivent pas être autorisées dans cette ville », a-t-elle ajouté.

La Ville de Marseille a inauguré en avril un centre de supervision urbaine (CPU), contrôlant les images de 53 caméras de vidéosurveillance déjà installées dans l’hypercentre de Marseille, première étape d’un vaste programme visant à la mise en place de 1.800 caméras à la fin 2014.

« Nous ne lâcherons pas, ce dispositif est indispensable dans le cadre d’une politique de sécurité de prévention et ce premier incident ne nous fera pas reculer contre un déploiement de la vidéoprotection à Marseille », a prévenu Mme Pozmentier, assurant qu’il avait déjà porté ses fruits.

Leur presse (Agence Faut Payer via LeParisien.fr, 16 juin 2012)

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Saint-Loup-sur-Semouse nique la vidéosurveillance

Haute-Saône : Dégradations et bris de vitrines

Vitrines brisées et caméras de surveillance détruites : c’est le bilan d’une nuit agitée à Saint-Loup-sur-Semouse.

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1h00 ce samedi matin, à Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône. Une quinzaine de jeunes mettent le feu à des pneus, en plein centre ville. Ils détruisent deux caméras de surveillance récemment installées.

Les vitrines de plusieurs commerces sont également brisées. Appelés sur les lieux, une vingtaine de gendarmes essuient quelques jets de pierre. Le groupe de casseurs est rapidement dispersé.

Une enquête est en cours pour retrouver les auteurs des faits. C’est la première fois que la commune de Saint-Loup-sur-Semouse connait des actes de violence urbaine.

Leur presse (France 3 Franche-Comté, 16 juin 2012)


Saint-Loup-sur-Semouse : Dégradations en ville

Des violences urbaines ont été commises hier soir à Saint-Loup-sur-Semouse en Haute Saône. Des vitrines ont été brisées, des caméras de surveillance ont été détruites et des pneus ont été incendiés.

Une quinzaine de jeunes, qui voulaient dénoncer l’installation de ces caméras dans leur cité, seraient à l’origine de ces dégradations. Les auteurs n’ont, pour l’heure, pas encore été identifiés. Les investigations se poursuivent.

Leur presse (PleinAir.net, 16 juin 2012)

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[Valognes, train Castor 2011] Trois nouvelles personnes en procès en octobre 2012 !

En novembre de l’année dernière, année qui restera tristement celle de la catasptrophe de Fukushima, un camp antinucléaire a eu lieu à Yvetot Bocage, à côté de Valognes dans le Cotentin (50). Ce camp autogéré appelait à perturber le passage du train CASTOR (train de déchets nucléaires hautement radioactifs) qui se rendait à Gorleben, en Allemagne, où l’attendaient quelques dizaines de milliers de contestataires à travers tout le pays, comme chaque année à la même période depuis une vingtaine d’années. Le mot d’orde, ici dans le Cotentin, « Le train CASTOR ne passera pas comme ça ! » était l’occasion de vivre une opposition concrète, sur le terrain, au nucléaire et au monde qui va avec.

Trois des personnes ayant répondu aux médias ce jour-là sont aujourd’hui convoqués le 9 octobre 2012 à 10h au tribunal de Cherbourg et accusés de :

• Complicité de destruction de biens d’autrui par l’effet d’un moyen dangeureux pour les personnes (guérites de signalisation de la SNCF incendiées, déballastage, soulèvement des rails)

• Incitations directes (écrit, parole, image : tracts, blog, affiches, communiqués, conférence de presse) ayant provoqué un attroupement de plusieurs centaines de personnes dont certaines étaient armées (fumigènes, armes blanches et containers lacrymogènes…)

• Organisation d’une manifestation sur la voie publique ayant été interdite

Ces dernières semaines…

Quatre personnes ont été auditionnées : le propriétaire du champ (incité, en vain, à la délation) et trois des personnes qui ont réalisé des interviews télévisées sur le camp de Valognes. Le raisonnement policier semble être le suivant : la place des personnes inculpées dans les médias serait la marque de leur « rôle prépondérant au sein du collectif », c’est-à-dire de l’organisation du camp, de la communication (tracts, affiches, blog) et de la coordination des actions sur le terrain. Il est à noter qu’il y a eu, à ce jour, deux perquisitions. La gendarmerie cherchait surtout des petits papiers, des cartes du terrain, des carnets d’adresse…

Les personnes poursuivies n’ont pas encore eu accès au dossier, mais il semblerait que la justice cherche à les rendre juridiquement coupables d’une détermination collective, et à leur faire porter cette responsabilité « morale ».

Il ne faut pas oublier que 6 personnes se sont retrouvées au tribunal fin janvier et début février suite à leur interpellation le jour de l’action, le 23 novembre 2011, que certains sont en appel, et que les deux vagues de poursuites sont nécessairement liées. La période de cette nouvelle vague d’intimidation n’est pas non plus anodine : elle arrive un mois avant le camp anti-THT, dans la Manche lui aussi, où les gardes-à-vues, les auditions et les contrôles d’identité pleuvent depuis plusieurs semaines.

La solidarité est de mise.

Nous appelons tous les réseaux antinucléaires, militants et mouvements sociaux, ceux qui ont soutenu le camp d’une manière ou d’une autre, les réseaux proches et les personnes sensibles à manifester leur solidarité face à ce procès qui constitue une attaque réelle à la possibilité même de lutter contre le nucléaire. Les rencontres et les « complicités » ne manqueront pas de se renforcer face à cette nouvelle intimidation.

Collectif de soutien aux personnes poursuivies suite à « Valognes Stop Castor », 16 juin 2012

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[Tués par la police] Vérité et justice pour Lamine Dieng

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Lamine‬ à été victime d'un homicide, rappelle sa sœur.

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Lamine‬ est mort devant cet hôtel, à 4h10 du matin, le 17/06/2007, deux mois avant ses 25 ans, menotté avec 8 policiers.

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Dix hématomes sur le visage, vingt sur le reste du corps de ‪Lamine.

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Comme chaque année depuis cinq ans, inlassablement : vérité et justice sont demandées pour ‪Lamine‬ et « nos enfants ».

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Des voisins venus soutenir la famille de ‪Lamine‬ à Menilmontant.

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Ménilmontant, mais oui madame…

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Photo prise en mai 2012 aux Halles, à Paris.

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[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte » (4)

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Leur presse (Javier Bauluz, PeriodismoHumano.com, 12 juin 2012)

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