[Dijon détourné (6)] « C’est bien joli les vacances, mais c’est surtout vicieux : juste un moment de repos avant de retourner au turbin… »

Dijon détourné, ça recommence !

Photos prises le 16 juillet 2012 à Dijon :

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Boulevard de l’Université

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Rue d’Auxonne

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Rue Pasteur

Pour rappel :

https://juralib.noblogs.org/2012/05/08/dijon-detourne-1/
https://juralib.noblogs.org/2012/05/10/dijon-detourne-2/
https://juralib.noblogs.org/2012/05/11/dijon-detourne-3/
https://juralib.noblogs.org/2012/05/11/dijon-detourne-4/
https://juralib.noblogs.org/2012/05/13/dijon-detourne-5-solidarite-avec-les-inculpe-e-s-de-lantiterrorisme-propageons-la-revolte-et-nos-mauvaises-intentions/

(À suivre…)

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[Montréal] Une université où l’anthropologie, le cinéma, la littérature, l’histoire de l’art, les études du Sud-est asiatique s’enseignent et s’étudient le gun sur la tempe

Update du 29 août

« Si le vote n’était pas le meilleur antidote contre nos grèves et nos révoltes, on ne nous l’assénerait pas, à tous les coups, à coup d’assemblées syndicales. »

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La reprise des hostilités, la bataille tant attendue, le retour du refoulé en lock-out n’a pas été à la hauteur des feux d’artifices annoncés. Pétard humide, qui fume sans feu. La suspension estivale et la reconfiguration électorale du terrain de jeu semblent avoir eu raison de l’élan populaire. Le défi qui oppose la rue à Charest est jeté dans l’urne comme un vieux cadavre brûlé. Mais oui, ça se débat encore, ça résiste encore à l’arrestation. Seulement, on entend partout des grévistes sur-motivés qui se préparent à enterrer le printemps si le PQ est élu.

Le fil rouge et le fil bleu, est-ce que ça fait boum ?

Alors, deux mois et demi plus tard, je me suis décidé à réécrire un truc. J’allais pas non plus m’attarder à raconter ce qui ne s’est pas passé. Les manifs du 22 juin, et du 22 juillet, j’y étais même pas. Beaucoup de monde certes s’est déplacé, mais qu’en dire de plus. Les assemblées de quartier (les « APAQ ») ont servi de lieu de rendez-vous pendant l’été à quelques dizaines de personnes, par-ci, par-là. Les manifs de soir ont été réduite au trottoir et traversent la rue au feu vert. Et les casseroles résonnent encore paraît-il, une fois par mois dans Villeray.

C’est le 1er août, pour la 100e manif nocturne, qu’un premier signe de vie est venu briser l’hibernation de l’été. Quelques milliers à nouveau, beaucoup de joie à se retrouver, et à narguer la police pendant des heures. Échange de gaz et de mobilier urbain près du festival de la mode, puis dispersion en grosse bandes dans les bars de l’est de la ville. Les jours suivants, ça reste encore un peu amorphe, à attendre sous la canicule. Juste avant la rentrée des premiers CÉGEP, le 13 août, le decrescendo des APAQ a été brièvement interrompu par l’organisation de fêtes de quartier. Pas de grand succès de ce côté-là, tandis que les premiers résultats d’AG de CÉGEP sortent. La majorité reprendront les classes, craquant devant les menaces d’annulations de cours. La semaine du 13, qu’on annonçait sanglante, s’est révélée très ennuyante. Les associations étudiantes des CÉGEP du Vieux-Montréal et de St-Laurent sont les seuls à avoir reconduit la grève. Or, les deux se sont vu contraint de tenir de nouvelles AG à cause de pétitions, qui ont finalement permis de renverser la décision lors des seconds votes. Tous les yeux se sont tournés vers les étudiants universitaires dont le retour en classe était prévu pour le 27 août.

L’ambiance électorale à son comble : ça paraît dans les AG. Les médias parlent déjà de la grève au passé, quand ils en parlent. Silence de toute part au sujet des camarades judiciarisés avec des conditions de merde.

La semaine du 20, finalement, quelques facs reconfirment la grève. Bref soulagement. Science po, Sciences humaines et Arts de l’Uqàm, plusieurs modules de l’UdeM, et apparemment quelques autres modules ailleurs, dont j’ignore si les cours sont réellement levés. La grève n’est pas finie : elle touche encore plus d’étudiants, quantitativement, que lors de certaines grèves passées, et le contexte est encore très polarisé. C’est l’échéancier électoral qui décourage beaucoup de monde. « À quoi ça sert de rester en grève si le gouvernement est dissout ? » « Faisons une trève et on reprendra si Charest est réélu ». Voilà la ligne qui sort des jeunes bouches de carrés rouges.  La stratégie de la gang à Charest aura bien marché.

Le 22 septembre, la grosse manif nationale est plus « nationale » que jamais,  décorée comme un beau sapin de pancartes du PQ et de Québec Solidaire. Beaucoup de monde, certes, mais ça va pas loin. Malheureusement, le Bloc éthylique n’était pas très gros (nous étions quelques-uns à tenir la piquette de grève, appelant à une cuite contre la 78 à même un cubi rouge).

C’est bien ça qui se passe. Ça reste un gros « mouvement », mais sa profondeur est douteuse. Plongez-y à vos risques.

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Lundi dernier, retour en classe dans les facs. À nouveau, il faut bloquer les cours, cette fois sous les menaces de la loi 12 (a.k.a. loi 78) et des administrations débordées. Les tournées de classes se font masqué, pour éviter les représailles (amendes individuelles de 5000$ pour perturbation des cours). Un peu de bordel à l’UdeM, des étudiants sont séquestrés dans une salle de classe par des vigiles (et non l’inverse, malheureusement), et l’anti-émeute rapplique en force pour les seconder. Quelques arrestations s’ensuivent, et le lendemain, rebelotte. L’administration de l’Uqàm fait aussi sa plainte aux flics, mardi soir, mais mercredi ça reste assez calme. Les syndicats de profs menacent d’entrer en grève illégale si les administrations forcent la rentrée manu militari. La direction de l’UdeM fini par suspendre les cours des modules en grève jusqu’au lendemain des élections. Au moment d’envoyer ce texte, j’apprend que la Fac de sciences humaines (la moitié des grévistes de l’Uqàm) vient de tenir une assemblée extraordinaire qui a fait tomber la décision de la semaine dernière. Ils rentrent en classe demain.

Les élections sont prévues pour mardi. On sent qu’un tas de monde retient son souffle.

Tout peut encore arriver.

Sans-titre-diffusion, 30 août 2012


P.-S. : Je vous laisse ce tract fait à l’udem hier :
UNE UNIVERSITÉ OÙ L’ANTHROPOLOGIE, LE CINÉMA, LA LITTÉRATURE, L’HISTOIRE DE L’ART, LES ÉTUDES DU SUD-EST ASIATIQUE S’ENSEIGNENT ET S’ÉTUDIENT LE GUN SUR LA TEMPE

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Ce qui avait été jugé intolérable par la communauté universitaire, ce contre quoi les casseroles ont retenti il y a à peine quelques semaines, on l’accueille maintenant à portes ouvertes,  dans un revirement que seule la peur doit expliquer. À l’U. de M., c’est un drôle de déjà vu, en plus trash. Quelle espèce d’insolation l’été nous aura-t-il infligée pour que nous cessions de nous câlisser de la loi spéciale ?

Cette loi qui échoue tout test constitutionnel a pour seul futur son invalidation. En cet instant où toute notion de droit se brouille, il devient banal de séquestrer des étudiantEs et des profs des heures durant. Pris en souricière, on attend, la « sécurité » attend, la police attend les ordres des acolytes hébétés d’un pouvoir fantôme.

Une loi spéciale, c’est toujours la dernière carte des gouvernements trop lâches pour reconnaître un mouvement social, c’est le free for all des flics et de la « sécurité ». L’anti-émeute dans les couloirs et les salles de cours, c’est une commande de l’U. de M. Elle forge par là son idée de l’université qui va créer un lourd précédent si on n’agit pas ensemble, maintenant.

Or comment enchaîner sur l’occupation policière de l’U. de M. ? Il faut sans doute retourner à tout ce qui nous reste pour se décider collectivement. Il est à présent primordial que les divers syndicats qui représentent à peu près tout ce qu’il y a d’humain à l’U. de M. (syndicat des employéEs de soutien, des technicienNEs, des profs, chargéEs de cours, des étudiantEs, des diverses CO-OP, etc.) mettent de nouveau leur pied à terre. Sans quoi on entre dans le silence de la collaboration, pour y demeurer.

À chaque fois que la police rentre dans une université, cela rappelle des mauvais souvenirs. Cela rappelle des massacres, cela rappelle la dictature, cela rappelle le fascisme. Kent State, Nanterre 1970. Athènes 1973.

Les événements récents ne font que reposer, avec une violente actualité,  la question de la légitimité d’une administration aussi pleine de mépris pour ceux et celles qui sont le corps et l’âme de l’université.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 50 – « Dans le Sud le mitard était royal »

Partie 50

Le risque du métier était la privation de liberté dans le meilleur des cas, et la mort dans la pire des situations t’attendait au tournant, je devais vivre avec la mémoire de mes frères disparus tombés sous les balles de [la] volaille, ils étaient partis plus vite qu’un R1 sur la route du million d’euros.

Un an avait passé dans le Sud, je faisais partie totalement du décor, il ne manquait plus que l’accent, je connaissais tout le monde, les braves et les imitations racaille. Tout le monde roulait sa bosse comme il le voulait, en un an j’avais vu aucune bagarre, aucun règlement de comptes, un cimetière, pourtant il s’en passait des choses mais toujours en sous-marin. Les matons étaient mouillés jusqu’au cou, tout le monde y trouvait son compte, on avait tout ce qu’on voulait même le plus gros trimard avait son tel et sa fumette quotidienne, j’ai jamais vu ça nulle part ailleurs, pourtant j’en avais fait des prisons mais ça balançait à tout va, une mentalité de traître.

Un jour alors que j’étais en salle de boxe avec trois amis, on se filmait à tour de rôle en train de boxer, d’un coup le chef a fait irruption dans la salle et a pété en flag mon pote qui était en train de nous filmer et lui a dit : « J’ai vu que tu filmais Oumar, donne-moi le téléphone, je vous évite la fouille collective », mon pote a tout nié et a refusé alors qu’il y avait quatre téléphones dans la salle. Il aurait dû en sacrifier un et sauver les trois autres, le mien était dans mon sac de sport derrière le chef, il fallait absolument que je le récupère d’une manière ou d’une autre. Vu que personne voulait coopérer, le chef nous a enfermés dans la salle et [est] parti appeler du renfort, c’est là que j’en ai profité pour récupérer le téléphone qui était dans mon sac, j’ai récupéré mon tel que j’ai calé entre mes jambes, j’avais la technique avec toutes ces années de fouilles je m’étais entraîné à caler divers objets entre mes jambes sans que cela soit cramé. Les matons ont envahi la salle, nous ont fouillés intégralement nus, ils avaient rien trouvé sur moi, j’étais rôdé, les autres se sont tous fait péter, j’avais trop le seum car dans le tel à mon pote il y avait une vidéo de moi en train de boxer ils en ont déduit que le téléphone m’appartenait, c’était parti pour un voyage collectif de vingt jours de mitard, c’était la routine pour moi. Le pire c’est que dans le Sud tu avais le droit à la radio au cachot MDR c’était du gâteau comparé aux mitards que j’avais connus, où ils t’imposaient un pyjama dix fois trop petit et ton matelas était enlevé la journée pour que tu te casses le dos à chaque fois que tu voulais t’allonger sur le lit en béton. Dans le Sud le mitard était royal, j’avoue pour ceux qui connaissent pas c’est la misère quand même et par rapport à ma propre expérience, je le faisais en roue arrière LOL, mais Paname me manquait, la mentalité parisienne, les wesh wesh cousin, tout ça me manquait. Avec mon maillot de Paris j’avais fière allure au milieu de cinq cents supporters de l’OM (Olympique de Marseille), j’étais le seul banlieusard de la banlieue parisienne mais je représentais fièrement ma région, trop de Parisiens qui tombaient dans le Sud faisaient les lécheurs en mettant le maillot de l’OM moi c’était impossible, j’étais 100 % parisien, DÉDICACE À PASTORE LOL, je connaissais la plupart des youv de la région sud, j’avais des connexions à Toulon, à Toulouse, à Marseille jusqu’à Nice, la prison c’était l’école du crime, tu rencontrais des mecs qui ne payaient pas de mine mais pesaient des millions d’euros. J’ai vu des parties de poker, ça pariait des milliers d’euros, ils avaient même trouvé 12’000 euros chez un mec, c’est là que la prison s’est endurcie, plus rien ne passait, le mec avait tué la prison, des gardes-à-vue dans tous les sens, ils se sont tous balancés entre eux, une dinguerie, c’était un panier à crabes tout le monde se pinçait, mentalité zéro, j’étouffais parmi ces gens mais pour Delphine j’ai tenu tranquille.

Les dernières années passaient au ralenti, on dirait que le temps s’était arrêté, je comptais les jours, les heures, j’étais pressé de ressortir, je mourais d’envie d’être enfin père, en prison je sais que c’était impossible je me l’interdisais, j’aurais pas assumé une famille que je verrais dans un parloir étroit, les enfants méritaient d’avoir leur père libre, leurs parents réunis, loin des geôles de la République, beaucoup ont fondé une famille derrière les barreaux mais pour moi c’était au-delà de mes forces.

UN HOMME S’ÉPANOUIT QU’À TRAVERS LES YEUX DE SES ENFANTS !!!!!!

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[Poitiers] Des engins du chantier de la LGV incendiés

Deux camions et un tractopelle du chantier de la LGV ont été brûlés ce matin au rond-point de la Folie à Poitiers.

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L’incendie s’est produit vers 6h30 ce mardi matin au rond-point de la Folie au nord de Poitiers (86). Une enquête en cours pour déterminer s’il sagit d’une affaire criminelle. Liséa-Cosea, la société de gestion et de construction de la Ligne ferroviaire à Grande Vitesse a décidé de porter  plainte.

Leur presse (Christine Hinckel, France 3 Poitou-Charente, 28 août 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Les Tarterêts] « Valls, tu veux du shitte ? »

Des tags anti-Valls découverts à Corbeil

Des insultes, des menaces de mort et une proposition tendancieuse : « Valls, tu veux du shitte (sic) ? » Des tags hostiles au ministre de l’Intérieur ont fleuri hier sur un mur dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, une commune de sa circonscription. « C’est une première sur la ville », assure un policier.

Les services municipaux ont fait preuve d’une efficacité remarquable : les graffitis ont disparu en moins d’une heure. Les enquêteurs disposent de peu d’éléments.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 30 août 2012)

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[Krasnaïa Mafia] La ration du commissaire du peuple (2)

CAGE DORÉE – Vladimir Poutine, le « galérien » au train de vie pharaonique

« Son train de vie peut être comparé à la vie d’un monarque du golfe Persique ou d’un oligarque flamboyant. » L’ancien député russe Boris Nemtsov et le membre du groupe d’opposition Solidarité Leonid Martynyuk ne mâchent pas leurs mots vis-à-vis de la fortune du président Vladimir Poutine, dans un rapport publié mardi 28 août et relayé par le Guardian.

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Sous ses mandats (2000-2008 et depuis mai 2012, avec un intermède de premier ministre entre 2008 et 2012), les avantages de la présidence ont considérablement gonflé : 20 palaces et villas, 43 avions (dont au moins un dispose de « toilettes de luxe » d’une valeur estimée à 60’000 euros), 15 hélicoptères, une flottille de yachts, une collection de montres d’une valeur de 545’000 euros…

Revenus de 92’000 euros par an

Ce train de vie pharaonique contraste avec l’image modeste que Vladimir Poutine s’efforce de transmettre dans sa communication, se montrant régulièrement aux côtés de travailleurs ou de motards. En décembre, celui qui était alors premier ministre et candidat à l’élection présidentielle a dû déclarer ses revenus : 115’000 dollars par an (près de 92’000 euros), tandis que son compte en banque affichait un solde positif de 179’612 dollars (plus de 143’000 euros).

Lors d’une conférence de presse en 2008, il avait confié : « Pendant ces huit années, j’ai travaillé comme un galérien, de toutes mes forces. Je suis satisfait des résultats de mon travail. »

Leur presse (Big Browser, 29 août 2012)

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[Révolution mondiale] Allez passer vos vacances au Togo (3)

Décrier un pouvoir
Togo : le monde ne verra plus la nudité des Togolaises du Cst !

C’était le mouvement d’humeur le plus attendu dans le programme concocté par le Cst (« Collectif Sauvons le Togo ») pour décrier les maux dont souffre l’État togolais sous Faure Gnassingbé. Il n’aura plus lieu. Il s’agit de la manifestation de Togolaises en tenue d’Ève près la prison civile de Lomé ce 30 août 2012.

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Elles en ont été dissuadées ; elles, ce sont les farouches sympathisantes du Cst qui avaient projeté de défier nues les autorités togolaises dans les rues ce 30 août, en vue d’exiger la libération de dix de leurs camarades de lutte, déférés devant le parquet le 25 août dernier « pour atteinte à la tranquillité publique (arrestation en possession d’armes contondantes et rackets de citoyens) », dixit la gendarmerie togolaise.

En programmant de protester dans leur plus simple appareil, ces opposantes entendaient par la même occasion exiger la libération du député Kpatcha Gnassingbé condamné à 20 ans de prison le 15 septembre 2011 et de Bertin Sow Agba, emprisonné depuis 2011 dans « une affaire d’escroquerie internationale ». MM. Agba et Gnassingbé (K.) demeurent dans les geôles togolaises à cause « de l’injustice criarde en terre togolaise », selon le Cst.

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Ce 28 août 2012, au moins deux Togolaises ont baissé leur pantalon à Bè (en exhibant sexe et fesses) pour exprimer leur ras-le-bol à l’égard de la politique de Faure Gnassingbé. Ces gestes inédits dans le bras de fer politique exacerbé dans les années 90 dans ce pays étaient considérés comme un avant-goût de la nudité que devaient servir des opposantes à des forces de l’ordre ce jeudi 30 août… Ce sont des organisations de défense des droits humains et confessionnelles qui ont convaincu, durant la journée du 29 août, le Cst de renoncer à la protestation en tenue d’Ève de ses partisanes, a appris « Afriscoop ».

Du coup, cette étape des revendications de ce Collectif a été reportée sine die ! Ces organisations avaient promis de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération des dix personnes emprisonnées. Dans la soirée de ce 29 août, le procureur de la République a indiqué dans un communiqué que « la détention de ces dix prévenus n’est plus nécessaire aux besoins de l’information judiciaire ouverte à leur encontre (…) et a donc décidé de les remettre provisoirement en liberté ».

Dans plusieurs coutumes du sud-Togo, l’expression du mécontentement par les femmes dans leur plus simple appareil est signe d’invocation de grands malheurs sur leur société !!

Samedi dernier, le Cst avait annoncé qu’il a durci son mouvement de mécontentement à l’égard du pouvoir de Lomé et a appelé la population togolaise à désobéir plus que jamais à l’autorité, en invoquant l’article 150 de la Constitution togolaise « qui encadre la désobéissance civile et civique ».

Leur presse (Jacques Ganyra, AfriSCOOP, 30 août 2012)

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[saintÉtienne, samedi 8 septembre] Soirée d’information et de discussion autour de la prison

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[Toulouse] L’État expulse le CREA parce que le CREA sort de la logique qui veut que nous ayons besoin de chefs et d’argent pour vivre

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/0.jpgSUITE À L’EXPULSION DU CREA
Lettre ouverte au préfet de Haute-Garonne et à celles et ceux qui ne se satisfont pas des déclarations officielles et des violences policières

Ainsi ça y est, les familles et les militant-es qui ont transformé un bâtiment vide et abandonné en un lieu collectif de vie, de créations et d’échanges de savoirs réciproques, toutes et tous renvoyé-e-s à la rue !

Nous, soussigné-e-s, avons participé à notre manière, suivant nos possibilités, à cette vie collective du 70 allées des Demoiselles depuis avril 2011.

Nous y avons développé de multiples activités, qui en ont fait un lieu d’échanges multiculturels où nous avons partagé, habitant-es et militant-es, nos savoirs et savoirs faire, permettant de développer sur le long terme des relations de confiance et une valorisation de toutes et tous.

Ces activités mises en place prennent tous leurs sens au sein des engagements politiques du CREA.

Parmi les activités permanentes :

• Atelier lecture : tous les mardis avec les enfants. Régulièrement, ce moment partagé d’écoute d’histoires, de découvertes de beaux albums permettaient aux plus grands scolarisés, de vérifier leurs apprentissages et aux plus petits le plaisir de découvrir, d’écouter, de patienter et d’apprendre ainsi le « vivre ensemble ».

• Atelier français : les mardis et jeudis soir. Nous nous sommes adapté-e-s aux personnes venant de tous les horizons avec des expériences et des besoins différents. Nous avons tenu compte de chacun-e et des idées et pratiques de la collectivité CREA : bavardages, échanges d’expériences, de tuyaux, de recettes, rigolades, discussions sur les différentes langues, sur les difficultés de l’orthographe, des règles de grammaire française, avec les débutant-e-s, un travail méthodique sur la prononciation, l’écriture et la construction de phrases.

• Atelier cuisine : tous les mercredis après-midi, il a accueilli tous les publics. Le lieu, où vivent des familles originaires des cinq continents, se prête particulièrement bien aux échanges de recettes et à l’apprentissage des différentes cuisines du monde. L’idée de « faire ensemble » dans cet atelier est très importante.

• Coin jardinage : dans un autre lieu réquisitionné, un jardin potager a été mis en place progressivement puis entretenu par des militant-e-s en sensibilisant les enfants au travail de la terre.

• Escalade : tous les vendredis, adultes et enfants se retrouvent dans une pratique encadrée de l’escalade en salle.

• Permanences psychologiques : proposées tous les quinze jours, elles étaient ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitaient rencontrer un psychologue pour prendre un temps d’échange et d’écoute, nous y avons rencontré des habitant-e-s du lieu mais aussi des personnes extérieures qui n’avaient jamais faits cette démarche ou bien dont la démarche n’avait pas aboutie (coups d’une consultation libérale, liste d’attente dans les dispositifs de droit commun, accueil classique trop formel ou peu engageant…). Ce lieu nous a permis d’envisager d’autres modalités d’accueil et d’accompagnements psychosociaux plus respectueux des choix et contextes de vie de chacun-e (mise en lien sur le lieu avec les pratiques sportives ou culturelles, connexion avec d’autres initiatives militantes, accessibilité de l’échange par une proposition de contributions non monétaire pour le lieu…).

D’autres activités comme la boxe, la capoeira, des ateliers d’arts plastiques… se sont également déroulées et l’accès à la bibliothèque et à la salle de jeux était permanent. De plus, des activités ponctuelles ont régulièrement eu lieu durant toute l’année comme des ateliers théâtre, visites de musées, des soirées d’observation astronomique, piscine, projections et spectacles…

Les échanges ainsi créés ont permis aux habitant-es de s’exprimer individuellement sur leur parcours et nous avons pu leur faciliter ainsi l’accès à leurs droits légitimes face aux administrations (aide médicale, scolarisation…) en les accompagnant dans leurs démarches.

Militant-e-s, nous nous sommes simplement engagé-e-s dans cet « autre chose » : faire vivre ensemble, ici et maintenant, l’hospitalité, l’entraide et la dignité !

L’expulsion ne mettra pas fin à tout ce qui a émergé dans ce lieu !

Nous continuons.

On peut abattre des murs, on n’abat pas la solidarité.

Patrick Baggi, Aurélie Bonneville, Anne Bouvier, Anaïs Canal, Gabrielle Carvin, Agnès Dantagnan, Sandra Lima, Chantal Limare, Alain Petit, Émilie Quérol, Gérard Vallerey – 29 août 2012


Après leur expulsion, cinq militants du CREA interpellés

Les militants du CREA contestent leur expulsion mardi du bâtiment allée des Demoiselles. Ils l’ont fait savoir hier. Bilan : cinq interpellations et peu ou pas de dialogue.

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Face à face entre militants du CREA et forces de police devant la direction régionale de la cohésion sociale à Toulouse.

Mercredi à la mi-journée, des militants du CREA se sont rendus au siège de la direction régionale de la cohésion sociale à Toulouse. L’objectif pour eux étant « d’entrer en contact avec le ministère des affaires sociales », propriétaire du bâtiment allée des Demoiselles dont ils ont été expulsé mardi, via son antenne locale. « On veut au moins un coup de fil pour leur dire qu’on n’accepte pas cette expulsion qui met à la rue des familles et des enfants et aussi contester le communiqué de la préfecture », expliquait un militant sur place. La veille, la préfecture de Haute-Garonne avait affirmé que les militants du CREA avaient refusé toute tentative de contact avec les services de l’État. « On nous a même reçus à la préfecture, c’est qu’on a pas refusé le dialogue », expliquait une militante.

Un blessé et cinq interpellations

Une petite délégation a pu pénétrer dans les bureaux de la direction régionale tandis que les forces de police investissaient le hall de l’immeuble empêchant les autres manifestants de manifester. Tandis qu’à l’extérieur des échauffourées éclataient et des coups de matraque volaient, à l’intérieur le contact avec le ministère était avorté selon les militants du CREA. Un militant a été blessé au visage et un autre interpellé à la sortie de la petite délégation. Plus tard, alors que le cortège se dispersait, trois autres personnes étaient également interpellées dans les rues voisines.

Quatre d’entre eux ont été relâchés en début de soirée, le cinquième a passé la nuit en garde à vue pour outrage à agent.

Leur presse (Bertrand Enjalbal, Carré d’info, 30 août 2012)


Allée des Demoiselles : cinq militants des squats arrêtés

Mardi soir, les trois militants du CREA (collectif de réquisition de logement pour les sans-abri) ont été relâchés après une après-midi passée au commissariat. Ils avaient été arrêtés pour « acte de rébellion », plus tôt dans la matinée, lors de l’expulsion d’un immeuble situé 70 allées des demoiselles, où ils logeaient une quarantaine de personnes à la rue depuis plus d’un an. Leur dossier a été transmis au parquet. Les magistrats décideront d’éventuelles poursuites.

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Cinq militants, dont trois de la Brigade activiste des clowns ont été arrêtés hier

Hier, les militants ont eu de nouveau affaire à la compagnie d’intervention et de sécurisation de la police nationale. Vers midi, une soixantaine de membres et sympathisants du CREA se sont invités à la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. « Nous sommes ici car c’est une antenne du ministère des affaires sociales, propriétaire du bâtiment que nous occupions. Nous sommes là pour réclamer un coup de fil au ministère, contester l’expulsion de personnes sans-abri et dénoncer le communiqué de la préfecture qui explique que nous ne voulons pas dialoguer. Nous multiplions les démarches pour justement parler au ministère. En vain ! », explique l’un d’entre eux. Alors que certains s’entretenaient à l’intérieur avec la direction, les forces de police se sont interposées entre le hall d’entrée et les manifestants qui attendaient autour. Le ton étant un peu monté, s’en sont suivi quelques échauffourées et coups de matraque. Un militant a été blessé au front, deux arrêtés aux abords du bâtiment d’État. Trois membres de la brigade activiste des clowns (notre photo) ont aussi été interpellés un peu plus tard. À l’issue de leur audition, tous ont été remis en liberté dans la soirée. Ces arrestations ne « dissuadent pas » selon les militants, qui par ailleurs hébergent près de 150 personnes dans d’autres bâtiments squattés.

Leur presse (Pauline Croquet, LaDepeche.fr, 30 août 2012)


Le CREA expulsé, et maintenant ?

Mardi 28 août 2012, à la demande des ministères concernés, le préfet de la Haute Garonne a fait procéder à 6h du matin à l’expulsion du bâtiment appartenant à l’État (AFPA) occupé par le CREA depuis avril 2011. Ce bâtiment accueillait de nombreuses familles en attente de solutions d’hébergement ou de logement.

Dès 6h du matin, une centaine de gendarmes et policiers ont bloqué le quartier pour pénétrer dans le bâtiment afin d’en chasser ses habitants, dont certains s’étaient réfugiés sur le toit. Arrestations violentes, coups de tazer (5 fois sur une même personne !), destruction de l’intérieur du bâtiment, ils n’ont pas chômé !

Trois des résidents ont été emmenés en garde à vue, inculpés d’outrage et rébellion, refus d’empreinte et violence sur agents, quand la violence était clairement du fait de la police. Les personnes venues en soutient ont été matraquées, plusieurs d’entre elles blessées.

Les 40 personnes, dont une quinzaine d’enfants, qui vivaient depuis plus d’un an au CREA ont été remises à la rue par l’État. Elles ont trouvé une solution temporaire d’hébergement auprès des militants mobilisés. Ces personnes vivaient encore au CREA jusqu’au matin de l’expulsion, même si celles-ci ont pu s’échapper à temps et ainsi protéger les enfants de la violence policière et psychologique.

La préfecture a justifié l’expulsion d’un lieu de vie reconnu, par divers arguments fallacieux. Ces derniers ayant été repris dans une dépêche AFP puis par de nombreux médias, nous exerçons ce jour notre droit de réponse.

L’État expulse 40 personnes qui avaient trouvé un lieu de vie pérenne. Pour donner le change, il annonce vouloir créer un centre d’hébergement, impersonnel, à horaires limités, exclusivement pour la période hivernale, et ce dès cet hiver. Les demandes répétées du CREA et de plusieurs médias n’ont reçues aucune réponse et aucun élément n’a été fourni par la préfecture pour justifier de la réalité du projet : aucun appel d’offre public et aucune information transmise aux professionnel-les concerné-es par l’hébergement d’urgence. Nous ne sommes pas dupes, on ne rénove pas un bâtiment, qui plus est ravagé par la police, en seulement 3 mois.

Contrairement aux affirmations de la préfecture, les habitant-es n’ont non seulement pas refusé « les propositions de contact » mais ils et elles ont à travers de très nombreux courriers et appels téléphoniques contacté la préfecture, le ministère des affaires sociales et le ministère du logement afin de trouver des solutions viables et concrètes pour les familles.

Il semble nécessaire de préciser que chaque famille présente sur ce lieu de vie a toujours bénéficié « d’un suivi social qualifié » assuré par des professionnels, lors des permanences hebdomadaires au CREA et régulièrement par divers services sociaux.

Partout en France, nous constatons que l’État ne respecte pas la loi MOLLE qui lui impose d’héberger de manière inconditionnelle tous les sans-abris qui le demandent. Prétendre que « le suivi par des travailleurs sociaux aurait également pu permettre le relogement de chacune des personnes » est donc une manipulation mensongère et cynique, alors que l’État préfère investir dans la surveillance, la « sécurité », etc.

La préfecture se gargarise de l’offre de places disponibles tout au long de l’année pour les sans abris et des moyens financiers débloqués par l’État, mais la réalité est toute autre. En effet, 80% des demandes d’hébergement sur le 115 obtiennent une réponse négative et aucun des foyers fermés sous l’ancien gouvernement n’a été ouvert depuis. Bon nombre de demandes DAHO et DALO n’aboutissent pas. La préfecture reconnaît clairement que, ne pouvant assumer sa mission d’hébergement en période hivernale, elle doit compter sur l’aide de la Mairie qui réquisitionne chaque hiver des gymnases ouverts seulement de 20h à 7h.

Par l’entraide et l’autogestion, sans aucune subvention, le CREA a accueilli 40 personnes sur une période d’un an et demi. Pour l’équivalent, l’État aurait fait dépenser 750’000 euros à la collectivité.

D’un bâtiment vide, le CREA avait su faire un bâtiment vivant, un centre social autogéré avec des activités, des ateliers, une piscine, un lieu de rencontres, de concerts, un lieu d’organisation, de solidarité et d’entraide. Dans cet espace libéré, on s’amusait, on se cultivait, bref on vivait.

Dès l’expulsion du CREA de nombreuses manifestations de soutien et de protestation ont eu lieu spontanément (rassemblement dans l’après-midi, blocage du trafic, manif nocturne, tags).

Elles continueront.

Réquisition, entraide, autogestion !
Tout pour tou-te-s, Pouvoir au peuple !
Non à toutes les expulsions : sans-papiers, campements Roms, expulsions locatives, squats, rénovation urbaine.

Le CREA et des membres de la campagne Zéro personne à la rue, 29 août 2012


Sale temps pour les pauvres

Six heures vingt du matin. Texto : l’expulsion du CREA est en cours. Je suis réveillée.

[Parenthèse avant que je me laisse emporter par le feu de l’action : c’est quoi, le CREA ?

Depuis un an et quelques mois, à Toulouse, c’est le Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion, installé dans les locaux abandonnés et réquisitionnés de l’AFPA pour y construire un centre social autogéré (le CSA, qu’on appelle simplement le CREA par commodité). Dans ce centre habitent neuf familles, soit une quarantaine de personne dont quinze enfants. La majorité de ces familles est en situation extrêmement précaire (immigrants, sans-papiers, etc).

Le CREA, depuis un an, c’est donc un lieu d’habitation. Il vient du constat fait par plusieurs personnes que les structures de l’État qui sont censées aider les précaires, personnes à la rue, etc, ne sont pas efficaces. Il y a peu de place en hébergement, 95% des appels au 115 sont rejetés par manque de place en centres d’hébergement ou de moyens pour payer les nuitées d’hôtel.

Le CREA a donc été créé comme un lieu de vie stable pour que ces familles puissent trouver un endroit où vivre tranquillement sans être transbahutés d’un service social à l’autre à la recherche d’une solution. Et ça marche : pendant un an, le lieu a fonctionné en autogestion (assemblées générales régulières des habitants du lieu, décisions communes, etc.) et sans argent. Tout se fait à partir de récup’, de solidarité, de dons. Les enfants sont tous scolarisés, le CREA devient un véritable lieu de vie ; on y trouve diverses activités pour les enfants et pour les adultes (activités artistiques, cours de langues, sport, échange de compétences…) et une stabilité dans la vie en commun qui fonctionne au cours du temps, permettant au CREA de créer du lien social, des solidarités, de l’entraide.

Le CREA n’a jamais demandé un centime de subventions.

Le bâtiment, au 70 allées des Demoiselles, appartient au Ministère du Logement et des Solidarités Sociales (ha, ha). Le ministère décide d’engager une procédure d’expulsion contre le collectif, lance un procès. La raison de cette volonté d’expulsion ? Il veut construire un centre d’aide aux personnes précaires dans ces locaux (ha, ha).

Au cours de l’année, diverses personnes (policiers et autres) s’introduisent dans le CREA pour en examiner la “sécurité”, pinailler parce que le toit est vert de mousse et que cela mettrait en danger la vie des habitants, en faisant un logement insalubre, tester le taux d’amiante, vérifier que les portes anti-incendie s’ouvrent bien, casser les autres portes de façon parfaitement illégale, et généralement embêter les habitants.

À la suite du rendu de la décision du juge, le CREA est expulsable depuis mi-août. Depuis avant la tenue du procès, les habitants du CREA tentent de contacter la mairie, la secrétaire d’État au Logement, la ministre, la préfecture, etc, tout cela sans réponse. Ce matin, la préfecture publie un communiqué de presse dans lequel on peut lire ceci : “les occupants ont toujours refusé les propositions de contact formulées par les services de l’État”. ]

Il est six heures trente et je suis sur la route du CREA. Je me retrouve devant un cordon de police qui m’empêche de passer. Je fais le tour pour retrouver les autres personnes qui sont sur le pont des Demoiselles.

La situation ? À six heures du matin, les flics défoncent les fenêtres du premier étage et font irruption dans l’immeuble. Les familles arrivent à se mettre en sécurité ailleurs, restent quatre personnes qui décident de monter sur le toit pour attendre.

Nous observons tout ça d’en bas. Quatre types sur le toit glissant (il pleut), dont un assis à califourchon sur une poutre en métal qui dépasse. Les pompiers se ramènent… pour prêter leur nacelle aux flics qui veulent cueillir les mecs sur le toit. Ils montent la nacelle pour voir et redescendent.

Pendant ce temps, les ouvriers arrivent. Leur travail est de murer le bâtiment le plus rapidement possible pour que plus personne ne puisse y rentrer.

Nous sommes toujours devant un cordon de flics, à crier des encouragements à nos oiseaux perchés.

La compagnie qualifiée pour intervenir est normalement le GIPN, mais aujourd’hui, innovation : ce sont des CRS alpins. Ils essaient de mettre un crochet dans la gouttière à partir du 5e étage pour monter sur le toit, mais ils n’arrivent pas à monter à l’échelle de corde. Pendant ce temps, les types du toit enlèvent leurs cordes de sécurité, je suppose que c’est pour obliger les flics à être un minimum prudents dans leurs gestes. Les flics font des gestes brutaux alors que les mecs du toit risquent leur vie au moindre mouvement.

La nacelle remonte. Un flic arrive sur le toit par la lucarne, c’est le négociateur. Y a-t-il négociation ? Non. Les trois mecs du toit ne veulent pas se laisser embarquer, ils ne sont toujours pas attachés. Celui de la poutre reste sur sa poutre.

Que font les flics pour embarquer les types qui ne veulent pas se laisser embarquer ? Je vous le donne en mille : ils sortent un täser.

Ils täsent une personne sur le toit glissant, à une vingtaine de mètres de hauteur, sans sécurité. Où le täsent-ils ? Au visage. Combien de fois ? Cinq. (Dans la loi, l’utilisation du taser doit se faire à l’encontre des « personnes violentes et dangereuses », doit « rester strictement nécessaire et proportionné », et seulement dans le cas de légitime défense (article L. 122-5 du code pénal), l’état de nécessité (article 122-7 du code pénal), ou en cas de crime/délit pour arrêter les auteurs du délit.) Où est la personne violente et dangereuse dans un mec assis sur un toit ? Où est la proportion dans le fait de répéter cinq fois la décharge de täser ?

Les flics chopent ensuite ce gars et le font descendre pendu par les pieds, tête la première, dans la lucarne, pour l’embarquer. Les deux autres mecs du toit ont aussi résisté, on les emmène de façon musclée (coups, étranglement) et on les fait descendre également tête en bas pour les emmener au poste.

Pour protester contre cette violence inutile, les personnes qui étaient là en soutien derrière le cordon de police décident de bloquer le pont. Après environ une minute de blocage de pont (nous empêchons les voitures de passer), les CRS, qui devaient s’ennuyer, depuis tout ce temps, chargent sans sommation. Matraque au vent, flashball sortis. Nous sommes trente, ils sont le double au moins. Nous résistons et tentons d’encaisser la charge. Gros choc. Une dizaine de personnes se font matraquer à tout va, ça tape dans les bras et dans les cuisses. Nous courons pour nous enfuir. Je me retourne pour voir une copine entourée de quatre flics qui la frappent avec leurs matraques sur les bras et les jambes. Finalement nous nous enfuyons tous en courant pour souffler un peu, prendre du recul et soigner les bobos. Beaucoup de bleus, quelques bosses, pas d’arrestations.

Je publie cet article parce qu’aucun média n’a parlé de la violence policière ni de la disproportion de toute cette affaire. Cinq ou six médias différents étaient présents pendant tous ces évènements. La majorité de ces médias se sont contentés de citer le communiqué de presse de la préfecture et le point de vue de la police.

Je publie cet article pour livrer ma version des faits. Je tiens ce blog seule, je n’obéis pas à la pression d’un rédac-chef ou à la hiérarchisation des sujets selon le revenu publicitaire qu’ils doivent apporter.

Au-delà de la révolte que cette violence suscite en chacun de ceux qui la subissent, il importe de s’interroger.

Nous étions tout au plus quarante. Ils étaient deux cents

Une opération de ce genre coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’État.

L’État ferme chaque année des places en hébergement de SDF par “manque de moyens”.

Les trois mecs du toit sont restés une douzaine d’heures au poste. Chefs d’accusation : outrage et rébellion. Ils ont refusé d’obtempérer aux ordres des CRS, et se sont accrochés à la cheminée pour ne pas descendre. Ils n’ont pas eu de geste agressif envers les flics.

Les CRS qui sont intervenus sur le toit ont demandé cinq jours d’interruption temporaire de travail à l’hôpital. Quand les CRS demandent des ITT, on leur donne une prime (ça fait partie des risques du métier de se blesser en frappant des gens, hein). Il n’y a de toute évidence pas de blessure qui justifierait cette ITT.

L’État expulse le CREA parce que le CREA sort de la logique qui veut que nous ayons besoin de chefs et d’argent pour vivre. Le CREA montre de façon éclatante que l’organisation et la solidarité sont possibles entre nous et créent des espaces de vie que l’on n’aurait jamais imaginés autrement.

Pour qu’il y ait un tel empressement à l’expulsion et des mensonges aussi gros à propos du supposé “projet” pour le bâtiment, c’est bien que le CREA dérange. Que les pauvres qui s’organisent entre eux dérangent. Il faut donc les dégager à coup de matraque.

Merci, gouvernement socialiste.

Sharedwanderlust, 28 août 2012


Toulouse : le Centre Social Autogéré du CREA expulsé

(Actualisé). À 6 heures ce matin, les locaux occupés par les militants du Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (CREA) et des familles sans abris au 70 allée des Demoiselles à Toulouse ont été expulsées sur ordre du préfet de Haute-Garonne.

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Les familles hébergées n’étaient déjà plus à l’intérieur des locaux lors de l’expulsion mardi matin vers 6 heures

Les familles hébergées avaient déjà quitté les lieux

Une compagnie de gendarmes mobiles, assistée de pompiers et de forces de police, a procédé à l’expulsion de l’immeuble qui abritait les anciens locaux de l’AFPA. L’allée des Demoiselles a été coupée à la circulation et les bus détournés. Les militants du CREA avaient anticipé l’expulsion et les familles hébergées avaient déjà quitté les lieux. Seuls quatre militants du CREA se trouvaient dans le bâtiment au moment de l’arrivée des forces de l’ordre. Ces résidents du bâtiment ont ensuite grimpé sur le toit et l’un d’entre eux s’est installé à califourchon sur une poutre à plusieurs mètres de haut.

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Un militant du CREA s’est accroché à une poutre

Après quelques dizaines de minutes de discussion, trois des militants sont arrêtés sans ménagement et emmenés par la police. Ils ont été placés en garde à vue pour rébellion. Le dernier restera encore une heure perché sur sa poutre avant d’être tiré par la corde qui l’assurait au toit. Il ne sera pas interpellé.

Pendant ce temps, une trentaine de militants s’était rassemblée devant le cordon de gendarmerie mobile et a entrepris de bloquer la circulation sur le Pont des Demoiselles provoquant une nouvelle intervention des forces de l’ordre qui a dispersé la petite foule.

À l’intérieur du bâtiment, les travaux de « sécurisation » ont déjà démarré : des ouvriers s’affairaient dès huit heures pour condamner tout accès au bâtiment. Laissé libre après être descendu du toit, Thomas déclare amer : « Pourquoi? Combien ça coûte cette expulsion? Nous n’avons subi aucune plainte du voisinage en un an et demi ».

Préfet : « Ils ont refusé les propositions de contact avec les services de l’État »

Les militants du CREA qui avaient mis en place un Centre Social Autogéré dans les locaux vides depuis avril 2010, s’opposaient à leur évacuation mettant en avant les offres d’hébergements proposées pour des familles sans abris. Face à eux, l’État arguait de sa volonté de créer un centre d’hébergement hivernal. Un prétexte pour les militants qui ne croient pas une seconde à ce projet.  Le 29 juin dernier le tribunal administratif avait donné raison à l’Etat et un mois aux militants du CREA et aux familles hébergées pour évacuer les lieux. Une décision du tribunal administratif que rappelle ce matin le préfet de Haute-Garonne dans un communiqué pour justifier cette décision d’évacuation.

Le préfet affirme par ailleurs que « les occupants ont toujours refusé les propositions de contact formulées par les services de l’État ; ce qui aurait pourtant permis de proposer l’accompagnement social le plus adapté ». Une version des faits qui semble exaspérer les militants : « Le bâtiment appartient au Ministère des Affaires Sociales de Marisol Touraine. On a dû passer trois cents coups de fil et envoyé des dizaines de courriers. Nous sommes même montés à Paris car on nous avait promis un rendez-vous qui a été annulé au dernier moment. » Des militants avaient également interpellé Pierre Cohen lors d’un conseil municipal et rencontré les services de la préfecture durant l’été sans qu’un terrain d’entente soit trouvé.

Cécilé Duflot, ministre du logement, avait également été sollicitée au début de l’été. Dans un contexte national marqué par le malaise des écologistes et notamment de leurs ministres face à l’action du gouvernement en matière de gestion des camps de Roms, les élus écologistes toulousains ont réagi. Pas d’indignation forte toutefois, ils « regrettent l’empressement des services de l’État à faire exécuter une décision d’expulsion ». Ils demandent que « des solutions rapides soient trouvées pour le relogement des familles hébergées (…) relogement dont les conditions auraient du être fixées avant l’expulsion du collectif ».

Autogestion VS professionnalisme

Car au delà des considérations juridiques à propos de l’expulsion, ce sont les modes d’accompagnement des sans-abris qui sont en débat avec l’exemple du CREA. L’un des axes des pouvoirs publics a toujours été de dénoncer l’absence de « professionnalisme » du soutien délivré par ce centre social autogéré.

Un argumentaire une nouvelle fois en forme de prétexte pour les militants qui défendent une autre vision : « L’État n’offre pas la possibilité à tous pour se loger et être accompagnés. Face à cette situation, nous avons juste décidé de s’entraider, tout seuls. Ce qu’on a fait, venir en aide à 40 personnes dont de nombreuses familles ici dans ce bâtiment pendant un an, cela coûte 500’000 euros dans une structure. Nous, on l’a fait pour presque rien. »

Selon les services du 115, les initiatives de ce type représenteraient 40% de l’hébergement d’urgence à Toulouse. Les mêmes services s’appuient d’ailleurs sur ces réquisitions pour répondre aux demandes.

Promis pour cet hiver, le centre d’accueil hivernal qui devrait remplacer le CREA proposera « un accompagnement social professionnel » selon la préfecture. Les détails du projet ne sont cependant pas encore connus.

Leur presse (Xavier Lalu, Carré d’info, 28 août 2012)

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Texte d’une prisonnière du G20 à Toronto

Tout prisonnier est un prisonnier politique

Ce jour du 27 juin 2010 était inhabituellement nuageux pour un milieu de l’été à Toronto. Je secouais ma tête de l’humidité alors que je marchais seule sur la rue Queen, dans un paysage urbain grouillant de policiers anti-émeute, et encore saupoudré d’éclats de verre brisé de la veille. Les équipes de construction s’étaient déjà mis au travail pour réparer le parcours de choses cassées, tentant de faire tout retournet à la normale avant que ça soit remarqué.

Quand je suis arrivée au Jimmie Simpson Park, où les gens se réunissaient pour la marche de la journée en solidarité avec les prisonniers, je n’ai vu qu’une petite foule d’amis debouts sous les arbres tombants criquet du miel : les uns faisant une séance d’information ou se consolant les uns les autres, d’autres parlant avec les journalistes qui se pressaient comme des moucherons autour de la collecte. Ce groupe éparpillé d’environ trente était tout ce qui restait après les enlèvements pré-emptifs et d’arrestations massives. Je me souviens pas si je sentais une certaine appréhension-aucune sorte d’appréhension sinistre de n’avoir pas aussi été enlevée.

Alors que notre groupe rapetissé a quitté le parc vers le centre de détention où nos amis étaient empisonnés, j’espérais pouvoir avoir des nouvelles de ce qui s’était passé avec mon partenaire, ou n’importe qui d’autre d’ailleurs.

Le ciel gris avait beau déverser de la pluie sur nous, mais nous étions heureux et souriants. On scandait, chantait, jouait des instruments et partageait le peu de nourriture que nous avions apporté. Les flics nous ont entouré, bousculant la foule à rester éloignée de la clôture grillagée qui entoure la prison. J’avais été là environ une demi-heure où la camionnette banalisée a conduit dans la foule. Un groupe d’hommes a sauté et forcé leur chemin vers moi, criant aux gens de se tasser de leur chemin. L’un d’eux a dit mon nom, et en quelques secondes ils m’avaient traîné dans le fourgon.

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Je pourrais pas dire d’avoir senti quelque chose quand mon visage a frappé le sol, mais plus tard dans ma cellule, j’ai remarqué des pulsasions de douleur dans mes dents et les gencives. Les dents avants étaient lousses. Ma bouche goûtait le sang.

L’un des flics qui m’avait tiré dans la camionnette m’a demandé si j’étais sur l’aide sociale. Il lorgnait à mes jambes nues et me lâcha que j’avais besoin d’un rasoir. Un autre ligota mes poignets avec des attaches de plastique et se mit à fouiller dans mon sac à main.

À l’intérieur, le bâtiment était un grand entrepôt rempli de cages grillagées, comme une ferme de poulet industriel. Le bruit des autres prisonniers hurlant des chansons de manifs et des cliquetis des portes de leurs cages résonnaient sur les murs de béton, donnant l’impression qu’il y avait beaucoup plus de gens que dans les 992 cellules de détention. Ils m’ont mis dans une cage et verrouillé la porte. Sur le mur à ma gauche, j’ai vu un garde scribouiller mon nom sur un tableau blanc à côté des mots « ne pas relâcher ». Je me suis assise sur le béton et prévoyai le pire.

Le lendemain, j’ai été hospitalisée après avoir perdu conscience à cause du faible niveau de sucre dans mon sang. Tout ce qui nous a été donné pour manger était un sandwich au fromage toutes les 12 à 24 heures avec aucune solution de rechange pour ceux qui étaient végétaliens ou allergiques. J’étais incapable de marcher à la remorque médicale ; les gardes m’ont informé que cela constituait un refus des soins médicaux. Un autre prisonnier qui a entendu ça a crié à un gardien qui était en train de s’amuser à faire des des tours dans un fauteuil roulant inutilisé, et ils ont fini par me l’amener à ma cellule peu de temps après.

Une gardienne me gueula de « fermer mes putains de jambes » alors que je j’étais assise vautrée à l’intérieur de la remorque médicale avec une injection intraveineuse de glucose dans mon bras. J’avais été arrêté alors que je portais jupe courte et débardeur, et ils m’avaient refusé, à plusieurs reprises, des pantalons ou une couverture. On gelait à l’intérieur du centre de détention. Il n’y avait pas moyen de se protéger du béton nu. Mes dents claquaient sans cesse, et je n’ai jamais cessé de trembler. Il faisait trop froid pour dormir.

Après qu’ils m’aient ramené dans ma cellule, je pouvais entendre un homme à proximité criant qu’il avait besoin de ses médicaments. Il a crié pendant des heures avant de s’arrêter brusquement. Je collai mon visage à la porte de la cage et je le voyais en convulsions sur le plancher de sa cellule avec sa langue sortant de sa bouche. « Lève-toi », les gardes ont dit, à plusieurs reprises, avant de finalement constater son inconscience. Ensuite, ils le traînèrent ailleurs.

D’innombrables personnes ont été traitées et relâchées, beaucoup d’entre eux avec des contusions, des coupures et des écorchures sur leurs bras et visages pour avoir été plaqués dans le béton. Un certain nombre des gardes ont passé leur temps à cracher du harcèlement raciste, homophobe, classiste et sexiste aux prisonniers, ou en les menaçant de les brutaliser encore plus. Certaines femmes ont été menacées de viol.

Alors que les heures passèrent, il est devenu de plus en plus clair que je serais pas autorisée à appeler mon avocat ou de laisser savoir à ma famille où je me trouvais. En fait, je n’avais pas encore été informée de mes accusations. J’ai passé plus de deux jours dans ma cellule, recroquvillée sur le béton ou surveillant le petit voisinage autour de ma cage, parfois criant à d’autres prisonniers ou les joindre dans des explosions de rires hystériques, de leur privation de sommeil.

Je n’ai pas été surprise de voir quelques vieux amis du milieu de la rue de Toronto passer le centre de détention. Si ça n’aurait pas été dans cette situation regrettable, ç’aurait été une rencontre de retrouvailles. Quand un de mes amis s’est retrouvé dans la cellule à côté de moi, nous avons commencé à parler des circonstances qui nous avaient amenés là-dedans. Seulement dix-sept ans, il avait passé la majeure partie de sa vie à être transféré d’un foyer d’accueil à un autre. Depuis qu’il a finalement été désigné comme son propre tuteur légal, sa vie est tombée en proie à la pauvreté, le profilage de classe, et les préjugés du système judiciaire. Bien qu’il se considérait pas comme un « militant », il était évidemment plus ancré dans les réalités de la lutte sociale qu’une grande partie des autres détenus. Nous avons parlé de nos expériences mutuelles avec la police, les foyers de groupe, et les sans-abri. Nous avons parlé de la façon dont ces expériences nous ont politisé, et comment une personne n’a pas besoin de « comprendre » la politique de parti pour être politique. Chaque personne pauvre est politique, nous avons convenu, juste par nature de leurs expériences.

J’ai réalisé à ce moment que j’ai probablement eu plus en commun avec lui qu’avec la plupart des autres manifestants. Malheureux comme il était, la vie avait déjà acclimaté nous d’être traités comme de la merde par les autorités. Rien de tout cela nous a surpris. Nous avons été habitués à être battus, dépouillés de nos droits.

Après que la plupart du centre de détention se soit vidé, j’ai été transférée à la population prisonnière générale de la prison des femmes à Milton. Pendant que nous attendions à être traitées dans les cellules de détention, moi et les autres femmes rions et plaisantions, le commerce des histoires sur la façon dont nous avions fini là. Un grand nombre d’entre elles ont été arrêtées et présumées coupables sans équivoque pour des conneries ; pour être des sans-abris, des pauvres, non-blancs, se droguant, en travaillant dans le commerce du sexe, ou toute combinaison de ces facteurs. D’autres ont été arrêtés pour des crimes de nécessité : pour voler de la nourriture parce qu’ils avaient faim, ou voler dans un magasin pour nourrir leurs jeunes enfants, ou par besoin d’un moyen de payer le loyer. Quelques-uns avaient été accusé d’agression après avoir lutté contre un conjoint violent. Je leur ai dévoilé mes accusations, et elles m’ont donné en retour beaucoup de câlins et de high-fives, et de félicitations. « Foutrement raison ! » les gens ont dit, me tapant sur le dos. « Nique les salauds de riches ! Nique le G20 ! »

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Certaines personnes étaient incertaines quant à la raison du sommet, et nous avons eu une longue conversation à sur le sujet. Nous avons tous ri, chiâlé, attendu, et se mit à rire un peu plus. Si c’étaient pour être les femmes dont je serais entourée, je me suis dit, peut-être la prison, ça sera pas si mal que ça.

Mes premiers jours à l’intérieur ont été largement passé l’adaptation à l’environnement carcéral, et que le temps passait, mon nouveau réglage m’a rappelé de plus en plus des années que j’ai passées vivent dans la rue quand j’étais un adolescent.

Dans la rue comme en prison, vous n’avez jamais une seule bonne nuit de sommeil ou un repas qui ressemble à de la vraie nourriture. Il y a toujours quelques personnes arrogantes qui pensent qu’ils dirigent tout parce qu’ils ont été là plus longtemps, et les gens en uniforme peuvent faire ce qu’ils veulent de vous en toute impunité. Dans les deux cas, votre statut en tant qu’être humain est révoqué. L’humanité est un privilège accordé à ceux qui aident à perpétuer le capitalisme, et une fois que vous cessez de faire ça, vous êtes un fardeau. Vous êtes attendus à exprimer votre gratitude pour le système qui vous met dans des ghettos, vous jette des restes de table et une couverture mince.

La premier rang où j’ai été envoyé était réputé pour être le moins accueillant. Nous étions enfermées dans nos cellules pour la plupart de la journée. Chacune des cellules avait un lit, alors que le volume élevé de prisonniers signifie que deux personnes généralement partagent une cellule. Les seules fenêtres étaient de minces lamelles de verre dépoli trop opaques pour voir à travers, et nous avons été autorisés à sortir dehors seulement une fois par semaine. « En dehors », c’était une petite enceinte fortifiée en béton avec comme plafond une grille en métal. À travers une petite fente sous la porte en acier lourd, je pouvais voir l’herbe. Ça m’a déprimé de regardez ça. J’ai essayé de pas regarder.

C’était le rang où les gens avaient été envoyés à titre de punition, pour s’être battu, avoir eu une prise de bec avec des gardes, s’être fait prendre à faire de la contrebande ou plus généralement pour pas se conformer à la réglementation pénitentiaire. Si vous étiez « bon » vous étiez qualifiés pour le transfert à une unité à sécurité moyenne, où on pouvait aller à une cour d’exercice extérieure réelle, demandez à votre propre cellule, et de voir les visiteurs sans un volet d’épaisseur de plexiglas vous séparent.

Un grand nombre des femmes en sécurité maximale avaient été dans le même rang durant plus d’un an. J’ai rencontré une femme qui était là depuis presque deux ans, elle s’était jamais mal conduit, mais il y avait une note dans son dossier indiquant qu’elle aurait à purger sa peine entière à sécurité maximum. Elle venait d’une famille mafieuse, m’a-t-elle expliqué. Sa mise en unité à sécurité moyenne aurait été une invitation ouverte à n’importe lequel de ses amis plus élevés dans la hiérarchie à la libérer.

Après avoir visité le bureau de traitement, j’ai été informée par une note similaire dans mon dossier. « Apparemment, je suis une terroriste ». J’ai haussé les épaules quand les gens ont demandé pourquoi je n’avais pas encore été transférée.

Je vais pas dire que je m’entendis instantanément bien avec tout le monde dans mon rang, ou que j’étais la prisonnière la plus populaire. Je n’ai pas porté attention aux hiérarchies qui existaient entre les autres prisonniers, et certaines personnes ont eu un problème avec ça. Je voulais pas participer quand les autres ridiculisaient ou se sont ligués contre les femmes les moins populaires. C’était un total ordre hiérarchique, et cela m’a trop rappelé la cour d’école.

Je suis devenu amie proche avec une dénommée Rachel [Tous les noms ont été changés pour protéger les identités de celles qui sont mentionnées.] que j’ai rencontré dans la zone commune pendant le petit déjeuner, par une rare journée où on passait pas 24 heures en cellule. Elle était gravement malade de son arrêt de médication, parce que l’infirmière n’avait pas rempli sa prescription de méthadone. Apparemment, sa compagne de cellule était une vraie connasse, alors nous l’avons glissé dans ma cellule aussitôt que le signal d’ouverture des portes retentit. La première garde à venir faire sa tournée nous a hurlé après, mais nous lui avons assuré que le personnel avait transféré Rachel mais oublié de faire la paperasse. Je pense pas que le gardien nous croyait, mais elle sembla pas s’en soucier assez pour faire quelque chose.

Lorsque Rachel n’était pas trop malade pour jaser, nous avons passé de longues heures de notre isolation à jouer aux cartes, en chantant des versions discordantes de succès de R & B, laver nos uniformes sales dans l’évier et parler de la vie en général. Elle a vécu près de Niagara avec son partenaire, leur fils de quatre ans, et leur fille nouvelle-née. Elle a lutté contre la toxicomanie, mais toujours réussi à garder sa vie en un morceau et d’être là pour ses enfants. Son père avait passé la plupart de sa vie en va-et-vient avec la prison, et sa mère était tout le temps saoule. Elle avait passé ses premières années d’adolescence à travailler comme prostituée, et durant son enquête sur le cautionnement le procureur de la Couronne a utilisé ça comme argument pour prétendre qu’elle n’était pas apte à réintégrer la société. Il semble que lorsque des filles de 13 ans font la rue, c’est parce qu’elles posséderaient un défaut moral, et non parce que la vie leur a donné aucun autre choix.

Nos cellules donnaient sur l’espace commun, une salle en béton de forme ovale. Il contenait cinq tables boulonnées au plancher, quatre douches à une extrémité, une étagère avec quelques mauvais romans de poche, et trois téléphones, dont deux seulement fonctionnaient. Quand on me donnait accès à l’espace commun, j’allais directement faire la queue pour les téléphones. Certaines femmes n’avaient pas à appeler tout le monde ou bien avaient des parents hors du pays ; les téléphones transmettaient les appels à frais virés qu’en Amérique du Nord. D’autres femmes s’emparaient des récepteurs téléphoniques avec des mains blanches, essayant d’expliquer à leurs jeunes enfants pourquoi maman revenait pas à la maison. Rachel a dit qu’elle avait dit à son partenaire de pas amener les enfants en venant lui rendre visite. « Ils sont tout simplement trop jeunes. Ils se sentiraient déroutés par les vitres de plexiglas dans les cubicules de visiteurs. D’être capable de voir leur mère, mais de pas pouvoir tendre la main et la toucher. »

J’ai pensé à un article que j’avais lu une fois sur les labos d’expérimentation animale. Une méthode des techniciens de laboratoire utilisés pour créer des symptômes de stress et de dépression chez les mammifères nouveau-nés consiste à les retirer de leur mère, puis de placer la mère en isolement. Je levai les yeux sur les tubes fluorescents à travers leurs cages grillagées incassables. Bientôt, l’infirmière vînt et les gens firent la queue pour recevoir leurs doses quotidiennes de sédatifs et anti-psychotiques, une mesure de précaution, prescrite pour pratiquement tout le monde, comme de couper les becs de poulets dans l’usine d’élevage pour les empêcher de se picorer à mort à cause du stress de la captivité et de l’isolement.

Mon point de vue affermi sur le système pénitentiaire : les prisons sont par grand chose de plus que des entrepôts servant à concentrer les pauvres. Plutôt que d’être peuplé par les personnes pouvant causer le plus de dommages à la société, ils sont entassés avec celles qui sont les plus endommagées par la société. Plutôt que d’être des centres « correctionnels », ils sont une méthode pour débarrasser les rues de ceux qui sont le rappel vivant de la crise de la pauvreté, alors que le fossé des revenus élargit, un avenir qui réserve beaucoup plus de dureté pour les années à venir si rien de change. Les prisons sont un moyen de balayer des gens sous le tapis. C’est un moyen de faire semblant que tout va bien.

Très peu de femmes dans mon rang ont été emprisonnées pour un crime violent, et la plupart de celles qui ont eu des charges de violence ça a été pour se défendre contre des partenaires violents ou agresseurs. La plupart des agresseurs de ces femmes avaient s’éloigna sans frais, sans errer dans les rues à leur guise.

La petite portion de femmes faisant face à des accusations de violence qui n’était pas de l’auto-défense ont souvent été les victimes de traumatismes du passé, une histoire rarement pris en considération par les tribunaux qui les a condamnés. Tout comme dans la communauté des sans-abris, une grande partie des femmes avec qui j’ai parlé étaient des survivantes de l’attaque continuelle de l’abus perpétrés contre les femmes pauvres et marginalisées de notre société, en particulier les femmes de couleur. Beaucoup avaient été arrêtées pour pas détenir leur pleine citoyenneté, tandis que d’autres avaient des processus de demande de statut de réfugié. Un nombre anormalement élevé ont également vécu avec des (in)capacités comme le syndrome d’alcoolisation fœtale, le syndrome fœtal stupéfiants, la schizophrénie, et le TDA/H.

Ce sont les femmes qui ont continuellement rebondi entre des foyers d’accueil abusifs et les installations de détention pour jeunes, se libérant à 16 ans de la tutelle de la Société d’aide à l’enfance pour devenir des pupilles de l’État, qui sont criminalisées pour avoir fait ce qu’il fallait pour survivre le champ de mines de la pauvreté.

Comme les jours se transformèrent en semaines, j’ai commencé à effacer de mon esprit l’espoir d’être libérée. Les problèmes de santé que j’ai vécu au cours des dernières années sont devenus de plus en plus sévères, et je commençais à trouver ça difficile de me tenir debout ou de marcher un peu sans perdre connaissance. Mes côtes ont coincé. Mon estomac devint concave. J’ai fait une dépression.

Était-ce le stress, la malbouffe, ou un manque général d’air frais et d’exercice qui m’a mis en mauvaise santé ? Probablement une combinaison de toutes ces choses. Sans même m’avoir examiné, le médecin m’a mis sur une diète liquide, ce qui en prison se compose essentiellement de cristaux de jus, d’eau et de la soupe en poudre bourrée d’agents de produits chimiques. Quand j’ai finalement été envoyée à la salle d’examen, on m’a dit que rien avait l’air d’aller mal avec moi, indépendamment du fait que j’avais perdu près de 20 livres, me sentait fatiguée en permanence, et étais dans la douleur et l’inconfort grave.

J’en ai parlé à mon partenaire sur le téléphone, mais sa voix sonnait lointaine et craquante à travers le récepteur. Il est venu me rendre visite, et nous avons pressé nos mains pour les plexiglas pouce d’épaisseur entre nous. C’était presque plus dur que de juste pas le voir. Ma mère me semblait stressée à chaque fois que je l’ai appelée, et je pouvais entendre mon chien hurlant dans l’arrière-plan, au son de ma voix à travers le récepteur.

J’avais besoin de parler à quelqu’un, mais la perspective d’être nourrie de force avec de la Thorazine me dissuada d’aller voir le psychiatre. Je suis donc allée à l’aumônier de la prison, par pure nouveauté. C’était un homme à la mâchoire carrée dans un costume gris, avec les airs de télévangéliste. Il m’a dit que j’étais en prison parce que j’avais péché, et que je devais me repentir pour ces péchés. J’étais dans cette situation parce que le Diable m’avait égaré.

« Mais Jésus était un prisonnier politique ! » Je lui ai dit. « Le diable m’a pas dit de faire quelque quoi que ce soit ; Je suis une prisonnière politique comme Jésus ! » Il pensait que j’étais fou.

J’ai été libérée après environ un mois sur les conditions d’assignation à résidence stricte et non-association avec certains de mes amis les plus proches. Tout ce que je sentais était de l’engourdissement. Je suis entrée dans le parking avec ma famille et mon partenaire, plissant les yeux sous le soleil. Nous sommes rentrés à la maison où je vivais comme une enfant et j’ai dormi pendant des jours. Au début, je me sentais bien. Je pouvais quitter la maison si j’étais avec mes parents, pour aller promener dans les derniers moments de la saison chaude de l’été. Je buvais du café, lisait beaucoup. Des gens que je n’avais jamais rencontré m’ont envoyé des autocollants, des zines et de belles lettres dans le courrier.

Deux mois plus tard j’ai commencé à avoir des crises de panique, fait de l’insomnie et des dépressions nerveuses sur une base presque quotidienne. Quand j’arrivais à avoir le sommeil, je faisais des cauchemars terribles. Il semblait que tous les cas passés de traumatisme et de violence que j’avais vu ou vécu avait été regroupés dans un lourd tas de matière toxique, qui rendait lentement mes entrailles noires et pourries. Je me sentais comme le monde était tout simplement trop laid pour vivre dedans. je suffoquais sous le poids des coupes à blanc de forêts et des oiseaux de rivage pataugeant noyés dans le pétrole. Quand je fermais les yeux, tout ce que je pouvais voir, c’était la torture et la guerre, les sécheresses et déversements de produits chimiques, le napalm.

Tout ce que je voulais, c’était d’aller au-delà des expériences négatives que j’avais eu et œuvrer pour reconstruire ma vie. Mais j’ai réalisé que la douleur que je ressentais essayait de me dire quelque chose : que je serais pas capable d’oublier et de passer à autre chose, comme si rien s’était passé. D’une certaine façon, je pense que le dégoût et la douleur que nous ressentons lorsque nous voyons ou vivons quelque chose de terrible peut être le plus grand catalyseur pour créer un changement positif. Lorsque nous faisons l’expérience à prime abord de quelque chose, nous sommes mieux équipés pour la comprendre — et c’est de cette compréhension qu’on peut éduquer les autres et apporter un soutien réel à ceux qui en font également l’expérience. Nous pouvons en voir les défauts et ses points faibles, et nous pouvons utiliser ces connaissances pour le critiquer, discréditer, et éventuellement le détruire.

Bien que je l’ai jamais entendu dire moi-même, d’autres gens m’ont dit qu’ils avaient entendu pas mal de jeunes dire qu’ils n’allaient jamais retourner à une autre manif après leurs expériences au centre de détention. Je me sentais non seulement déçue que tout ce monde n’ait pas pu voir les façons de récupérer ces expériences et les utiliser comme une motivation supplémentaire, mais profondément perturbée par cette perspective. Ce que nous avons traversé durant les arrestations massives du G20 n’était qu’une petite fenêtre sur les expériences quotidiennes de minorités innombrables dans ce pays qui souffrent de la brutalité et du profilage de la police et des préjugés au sein du système juridique sur une base horriblement régulière. J’ai beau essayer, mais je n’arrive pas à comprendre la notion que des gens puisse suggérer être des alliés d’un groupe marginalisé quelconque, puis abandonnent et se détournent aussitôt qu’ils sont confrontés à un microcosme infime de ce à quoi ce groupe fait face à chaque jour.

Mon expérience en prison et les femmes avec qui je l’ai partagé m’ont rappelé les raisons pourquoi je suis devenu politiquement active en premier lieu. Ils m’ont rappelé le chagrin, le désespoir, le chagrin, le traumatisme, les réalités invivables de la pauvreté qui m’ont à l’origine incité à reconstruire ma vie et me consacrer à aider les autres plutôt que d’accepter les conditions dans lesquelles je vivais. Être en prison m’a remis au cœur de mon politique. Au fond des choses, nous étions toutes à l’intérieur de cette prison pour exactement la même raison. Nous étions dangereuses seulement dans le sens que notre existence discréditait le statut du Canada comme un lieu de liberté et d’égalité. Nous étions un rappel flagrant que ce pays n’offre pas l’égalité de statut et d’opportunité pour tout le monde.

Certains prisonniers politiques ont été arrêtés pour avoir organisé des manifestations publiques qui dénoncent la pauvreté, alors que certains sont arrêtés pour vivre dans la pauvreté. Certains protestent activement contre les inégalités sociales, tandis que d’autres se tournent vers la drogue ou l’alcool parce qu’ils peuvent plus supporter le poids de cette inégalité. Certains choisissent d’attirer l’attention du public sur l’injustice par leurs paroles et leurs actions, alors que d’autres sont balayés des rues parce que leur présence-même est une expression publique de cette injustice. Il est maintenant temps que tout le monde dans notre milieu réfléchisse à ce que ça signifie vraiment, que chaque prisonnier est un prisonnier politique. La prochaine fois que nous sommes choqués et indignés par une expérience d’être ciblés, harcelés, ou autrement maltraités par le flicage ou par la société plus large, nous devrions s’arrêter un peu pour reconnaître à quel point nous devons du respect envers les gens, tout autour de nous, qui font face à beaucoup plus, à chaque jour de leur vie. Chaque prisonnier est un prisonnier politique.

Kelly Pflug-Back

Traduit de l’anglais (Every Prisoner is a Political Prisoner) et reçu le 28 août 2012

Pour écrire à Kelly :

Kelly Pflug-Back
Vanier Centre for Women
P.O. Box 1040
655 Martin Street
Milton, Ontario
L9T 5E6 Canada

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[Révolution tunisienne] Un syndicat pour les contrebandiers !

Tunisie : Un syndicat pour les contrebandiers ?

Le journal électronique de langue arabe Al Jarida, rapporte ce mardi 21 août 2012, cette information en provenance de la région de Kasserine. Les contrebandiers de cette région, frontalière notamment avec l’Algérie, penseraient à se constituer en syndicat pour défendre leurs droits.

La contrebande de tous genres de biens de consommation, devient en effet un véritable métier et sa pratique s’amplifie de l’avènement de la Révolution, entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie. Avec cette information, et on se doute bien qu’elle sera difficile à réaliser en pratique et après la constitution d’un syndicat ouvrier des employés de l’organisation patronale Utica, la Tunisie de la Révolution aura presque tout vu !

Publié par des ennemis de la révolution (African Manager, 21 août 2012)


Tunisie : Des habitants de Gafsa protestent à Gabès après la mort d’un des leurs lors d’une course-poursuite avec la police

Des habitants de Gafsa, mécontents de la mort d’un des leurs qui a été tué au cours d’une course-poursuite avec des forces de sécurité, ont organisé, mardi 14 août 2012, un sit-in devant le siège de la garde nationale de Gabès, ont annoncé des sources de TunisieNumerique.

Constitué pour la plupart de membres de la famille du défunt, les protestataires ont jeté des pierres et autres objets, précise la même source.

L’affaire a commencé, lundi soir lorsque les agents de l’ordre de Gabès ont tué lors d’une course-poursuite un homme qui s’adonne au trafic, originaire de Gafsa.

Ayant eu vent de la mort de l’homme, sa famille est venue à Gabès au siège de l’unité de production télévisuelle pour demander à ce qu’une équipe filme l’événement afin de disposer de preuves matérielles.

Mais le personnel de l’antenne de la télévision à Gabès a indiqué aux parents de la victime que l’équipe était en déplacement à Sidi Bouzid pour couvrir des événements et qu’un caméraman serait contacté pour venir filmer.

Mais la famille du défunt n’a pas été convaincue par ces propositions et, prise de colère, a brisé les vitres du siège de l’antenne de la télévision à Gabès.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 14 août 2012)


Tunisie – Les locaux de la Radio de Gafsa attaqués

Les locaux de la Radio de Gafsa ont été pris pour cible, ce mardi 14 août 2012, par des manifestants.

En effet, les locaux de Radio Gafsa ont été attaqués et ses vitres brisés par des jets de pierres, selon Mosaïque Fm. Des agents des forces de l’ordre, présents pour sécuriser les lieux, ont été, également, blessés.

Cet incident survient à la suite de protestations devant le siège du gouvernorat pour le décès d’un contrebandier qui n’a pas voulu obtempérer aux forces de l’ordre alors qu’il transportait une cargaison de yaourt de contrebande et qu’il est mort dans la course poursuite qui s’en est suivie.

Aucune précision n’a été donnée, toutefois, sur les circonstances exactes de sa mort.

Mise à jour : le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué, mardi 14 août 2012, dans lequel il apporte des détails sur les circonstances du décès du jeune homme. L’accident a eu lieu aux alentours de 19h30 dans la région de Gabès au niveau d’un pont.

Selon ce document, une camionnette sans plaques minéralogiques et transportant des produits de contrebande n’a pas voulu obtempérer à la demande des forces de l’ordre d’arrêter son véhicule. Cette camionnette était suivie d’une seconde roulant à vive allure. Alors, une course poursuite s’est déclenchée : en essayant de dépasser le véhicule de la police, le conducteur de la camionnette a perdu le contrôle de la camionette, percutant l’arrière du véhicule de la police et la barrière en fer d’un pont, provocant la mort de l’accompagnateur.

L’enquête a été confiée au poste de la Garde nationale à Gabès, précise le communiqué. L’agent de circulation impliqué dans cette affaire a été arrêté jusqu’à la délimitation des responsabilités de chacun, ajoute le document.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 14 août 2012)


Gafsa : Des citoyens en colère attaquent le local de la radio

Le local de la radio régionale de Gafsa a été attaquée par des manifestants  mardi 14 août 2012. Les manifestants ont jeté des pierres sur le local de la radio faisant des blessés parmi les agents de police qui assuraient la sécurité de la radio.

Le décès d’un jeune, originaire de la ville, à bord d’un camion transportant  des yaourts de contrebande lors d’une poursuite policière à Mareth (gouvernorat de Gabès) est à l’origine des protestations.

Publié par des ennemis de la révolution (MosaiqueFM.net, 14 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 49 – « Même en liberté on rêvait d’évasion »

Partie 49

🙂 Poésie urbaine

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Vivre dans l’ivresse de la richesse nous avait éloignés du chemin de la rédemption, issus des banlieues dites sensibles nos cœurs avaient déserté nos cités, malheur à toi si tu dévoilais tes sentiments, c’était partout pareil de Paris à Marseille même en liberté on rêvait d’évasion, enfermés dans nos principes QUI DIT MOT LE CONSENT, donc nous étions tous complices du mal que l’on s’inflige, j’ai aiguisé ma plume pour être la plume du ghetto, sans concession je retranscris avec passion les sentiments de nos ruelles, mis à l’écart par nos bourreaux on lèvera la tête même face à l’échafaud.

Je m’obstine à faire diversion pendant certaines situations, mon cœur envahi par la colère, rêve de vengeance sommaire, on tourne notre vie en dérision comme si c’était un jeu, l’enjeu était tel il était préférable d’en rire d’en sourire on se rassurait et se jurait qu’il y avait pire, c’est dar tôt ou tard la réalité referait surface mais rien n’était joué d’avance demande à b2O et Callaghan du Central Klan, chaque chose en son temps, tu pouvais partir de nulle part mais au final avoir ta part, la vie de luxe avant et maintenant relux LOLLLL.

CE TEXTE A ÉTÉ RÉALISÉ AVEC LA COLLABORATION DE MES LECTEURS QUE JE REMERCIE INFINIMENT.

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[Andalousie] « Le moment est arrivé de mener des actions qui frisent l’illégalité, parce qu’il y a des gens pour qui tout va mal, et nous ne pouvons pas rester les bras croisés »

Espagne : des pillages de supermarchés au nom de la crise

Des militants andalous ont pillé les rayons de deux grandes surfaces en vue d’aider les plus démunis. L’initiative provoque un scandale en Espagne.

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Un vol ? Un acte désespéré ? Une nécessité ? Une revendication ? Un groupe de militants espagnols a mené une action qui lui a valu nombre de qualificatifs. Mardi dernier [7 août], à une heure de grande affluence, des dizaines de personnes se sont introduites dans deux supermarchés andalous. Dans le premier, un Mercadona à Ecija (entre Séville et Cordoue), les intrus sont entrés dans la grande surface sous l’œil bienveillant d’un député de gauche, Sanchez Gordillo. Fonçant à travers les rayons, ils ont rempli leurs chariots de produits de première nécessité. « Ni chocolats, ni yaourts, ni desserts, mais du sucre, de l’huile, des légumes, du lait », explique Diego Cañamero, secrétaire général du Syndicat andalou des travailleurs. N’ayant aucune intention de passer en caisse, les individus, qui clamaient leur intention de tout redistribuer à des cantines populaires, ont été pris à partie par des employés de la grande surface, provoquant une belle bagarre générale.

Le même jour, dans un Carrefour situé à Arcos de la Frontera (près de Cadix), une opération à peu près identique a été menée, avec une issue toutefois plus pacifique, le centre commercial ayant décidé d’offrir aux militants une dizaine de chariots d’une valeur de 1000 euros. « Le moment est arrivé de mener des actions qui frisent l’illégalité, parce qu’il y a des gens pour qui tout va mal, et nous ne pouvons pas rester les bras croisés », a déclaré un syndicaliste impliqué dans l’opération coup de poing à un journaliste de El Pais.

« C’est de la barbarie d’attaquer un supermarché »

Tous les militants présents sur les lieux — qui agissaient à visage découvert — se sont justifiés en invoquant une désobéissance civile. Après les faits, d’ailleurs, pas de fuite, mais ils ont tranquillement pique-niqué devant les yeux des journalistes et des forces de l’ordre arrivées en nombre. « Si je finis en prison parce que j’ai pointé du doigt les effets de la crise, ce sera un honneur pour moi », a fièrement déclaré le parlementaire Sanchez Gordillo.

Une théorie qui, on s’en doute, n’a pas convaincu les supermarchés visés et les pouvoirs publics. Mercadona a porté plainte. Le ministère de l’Intérieur a jugé cette action « intolérable », et a envoyé dès le lendemain un mandat d’arrêt contre les protagonistes. De son côté, le député Sanchez Gordillo pourrait être amené à comparaître devant les juges. À l’indignation de la droite s’est ajoutée celle de la gauche qui a dénoncé l’irresponsabilité de l’élu. « C’est de la barbarie d’attaquer un supermarché quand on est député », a notamment déclaré le président socialiste d’Andalousie, José Antonio Grinan. La nourriture subtilisée lors de ces raids a été refusée par la Banque alimentaire, étant donné l’irrégularité de leur obtention. Les provisions ont finalement été distribuées gracieusement dans les rues de Séville.

Presse barbare (Constance Gay, LePoint.fr, 10 août 2012)

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L’ADN à fond la forme ! – Procès le 31 août à Alès

B., précaire, est convoquée au tribunal d’Alès le vendredi 31 août 2012. Décathlon a porté plainte contre elle. Elle devra répondre des chefs d’inculpation de vol de matériel de camping et de tentative d’émission de chèque sans provisions. Elle passe également en procès pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN à l’issue de son audition.

Dans ce cas comme à quasi chaque interpellation et passage chez les flics, ces derniers tentent, par la pression et la menace, d’imposer le prélèvement ADN aux personnes auditionnées afin d’alimenter le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

Comme beaucoup de pauvres, B. est confrontée à la logique du contrôle et du fichage. À l’occasion d’une audition ou dès l’inscription en école maternelle, nous sommes fichés, profilés, contrôlés… Pour les exploités, ces fichiers et ces moyens de contrôle ne représentent qu’un accroissement de la domination qu’ils subissent.

La nécessité de vivre malgré un pouvoir d’achat extrêmement limité, conduit logiquement les pauvres à violer les lois des riches. La classe dominante déploie un arsenal d’outils (fichage, biométrie, vidéosurveillance, incitation à la délation, etc.), qui lui permet de défendre ses intérêts. Les flics et les magistrats utilisent ces moyens pour réprimer, isoler et individualiser les actes criminels et délictuels, qui sont l’expression des tensions sociales que génèrent le capital et la morale. Grâce à la banalisation de ces fichiers, la justice condamne un nombre croissant de personnes.

Il est donc important de créer des solidarités pour sortir de l’isolement et du cloisonnement. Se solidariser aussi, pour développer des rapports de force collectifs et rendre possibles des résistances à la soumission imposée par le système.

Soyons nombreux à manifester notre soutien et notre opposition au fichage. Rassemblement devant le tribunal d’Alès, ce vendredi 31 août à 14 heures, pour refuser le fichage et la justice de classe !

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 21 août 2012

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[Esclavage moderne] Portugal : 15 heures hebdomadaires pour 92 € par mois d’« aide sociale »

Au Portugal, les bénéficiaires d’aides sociales sont appelés à se rendre « utiles »

Au Portugal, certains bénéficiaires de l’allocation pour la réinsertion sociale  devront exercer une « activité socialement utile », jusqu’à quinze heures par semaine, pour continuer de bénéficier de cette aide, a décidé le gouvernement, jeudi 23 août.

Pour le ministre de la solidarité sociale, Pedro Mota Soares, le revenu social d’insertion (RSI), une allocation qui a pour objectif d’aider les personnes sans ressources jusqu’à ce qu’elles retrouvent un emploi, « est un droit qui comporte aussi des devoirs ».

Cette mesure concernera les personnes aptes à exercer une activité professionnelle et qui n’ont pas d’enfant ou de personne âgée à leur charge. Ceux qui refuseront se verront privés du RSI. Les bénéficiaires seront notamment appelés à participer « au nettoyage de jardins publics, à des travaux de rénovation dans des institutions sociales ou à l’organisation d’évènements sportifs et culturels », a cité en exemple M. Mota Soares.

PROMESSE DE CAMPAGNE

À la fin de juin, quelque 339’000 Portugais percevaient ce revenu d’insertion, dont le montant moyen s’élevait à un peu plus de 92 euros par mois, d’après des données de la sécurité sociale. Le gouvernement estime pour sa part que près de 60’000 personnes touchent le RSI sans être inscrites dans un centre de recherche d’emploi.

Cette mesure était une promesse de campagne du gouvernement de centre-droit, au pouvoir depuis que le Portugal s’est vu accorder, en mai 2011, une aide internationale de 78 milliards d’euros, en échange d’un vaste programme de rigueur et de réformes pour assainir ses finances publiques. Ce plan d’économies sans précédent comprend notamment une hausse généralisée des impôts et la baisse des salaires des fonctionnaires ainsi que des prestations sociales.

La recette prônée par les créanciers du Portugal, l’Union européenne et le Fonds monétaire international, provoquera cette année une récession économique estimée à 3 % du PIB, alors que le taux de chômage a atteint au deuxième trimestre le niveau record de 15 %.

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 23 août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 48 – « Mon voisin de cellule venait de se pendre »

Partie 48

Huit ans à l’ombre, les barreaux je rêvais de les scier avec les dents trop de fois j’ai rêvé et pensé à l’évasion et le destin qu’ils m’avaient imposé, j’étais là figé comme une statue, le temps passait les gens évoluaient et moi rien aucun changement j’étais condamné à l’inertie, les petits sont devenus des hommes, les hommes sont morts ou incarcérés, les petites étaient devenues des femmes, les femmes étaient devenues des mères, dur de voir prendre de l’âge sans aucune perspective d’évolution, c’est là que tes proches ceux qui t’aiment rentrent en jeu, quand t’as le moral en mode zéro ils te le remontent puissance dix, pendant mes six jours au mitard et à l’isolement ma famille, Delphine leur présence m’était indispensable sans eux je ne sais pas si j’aurais été celui que je suis aujourd’hui, les poteaux de circonstance étaient là que quand tout allait bien, et plus les années s’écoulaient et plus ils s’évaporaient, je ne crois plus en l’illicite, trop de pertes pour des miettes à l’arrivée, pour monter des opérations dignes de Heat pour tout claquer dans la night parisienne ou pour embellir ou entretenir la micheto qui t’a montré ses dessous en dentelle, je suis loin d’être parfait mais j’ai le mérite de reconnaître mes torts, je me remets en question chaque jour ma force c’est mes proches c’est mon souffle sans eux j’étouffe.

Une nuit alors que j’étais au mitard, je fus réveillé par une dizaine de bruits de pas, ça courait dans tous les sens, le talkie-walkie retransmettait en direct les discussions des matons, mon voisin de cellule venait de se pendre, d’un jeu d’une alerte il voulait juste attirer l’attention sur lui et il en est mort sur le coup, mourir derrière les barreaux c’était la pire des choses qui pouvait t’arriver en taule, il y a eu une rumeur qui disait que c’était les matons qui l’avaient pendu, on ne saura jamais la vérité tout était possible, les prisons avaient un quota de mortalité par an au-dessus de ce quota une enquête était lancée.

Un jour j’ai laissé mon œilleton bouché, le maton qui faisait la ronde m’a dit : « L’abruti tu vas déboucher l’œilleton » pour la peine j’ai rien débouché, je l’ai insulté il est parti se plaindre au chef et sont revenus en force ils ont ouvert la cellule, ils m’ont aspergé de bombe lacrymogène et m’ont mis les menottes et m’ont traîné jusqu’au mitard en caleçon, j’ai cru qu’ils allaient me canner, il n’y avait aucun témoin que les matons et moi, tout pouvait arriver si tu n’avais pas de famille à l’extérieur ils te faisaient la misère totale, tu savais quand tu étais tombé mais pas quand tu allais sortir encore moins dans quel état physique ou psychologique tu allais en sortir, la prison laissait des traces, rares ceux [qui] en sortaient indemnes, combien se sont suicidés à quelques jours de leur sortie, après de trop longues années passées en prison tu perdais tous tes repères la prison te détruit totalement, j’ai même des potes qui ont fini en HP devenus paranos ou schizophrènes y avait pas de recette pour encaisser, c’était au cas par cas, fallait puiser sa force dans sa vie personnelle, on n’était pas tous logés à la même enseigne.

MÊME LA FOLIE AVAIT SES RAISONS.

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[Révolution tunisienne] Sit-in à Gafsa

Tunisie. Des chômeurs arrêtent le transport ferroviaire dans le bassin minier de Gafsa

Des demandeurs d’emplois ont bloqué, lundi, le transport ferroviaire dans plusieurs gares du bassin minier de Gafsa, l’une des régions qui compte les plus forts taux de chômage dans le pays.

Des protestataires de Métlaoui, d’El-Ksar, d’Om Laârayes et d’Omrane relevant du gouvernorat de Gafsa (sud-ouest) ont arrêté lundi l’activité du transport ferroviaire des voyageurs, du phosphate et des marchandises, après l’annonce des résultats du concours de recrutement des agents de la Société tunisienne des chemins de fer (Sncft).

Des sources concordantes ont indiqué à l’agence Tap qu’un nombre de protestataires, de sans-emploi et de retraités de la Sncft et leurs enfants, ont observé lundi matin, un sit-in à la gare ferroviaire de Métlaoui, d’El-Ksar et d’Omrane interdisant aux trains transportant des voyageurs, des marchandises et du phosphate de se rendre à Tunis, Sfax et Gabès.

Le directeur régional de la Sncft a indiqué que des protestataires ont procédé, dans la région d’El-Ksar, à la fermeture des directions de la Sncft, notamment des ateliers de maintenance et la direction régionale.

Cette même source a précisé que les résultats de ce concours national pour le recrutement d’environ 498 employés et agents ne sont pas définitifs, sachant que les résultats seront annoncés progressivement. Il a ajouté que 37% des personnes ayant réussi à ce concours sont originaires de Gafsa.

Les protestataires émettent des réserves quant à la transparence des résultats et accusent le parti islamiste Ennahdha au pouvoir de vouloir avantager les candidats qui lui seraient proches. Cette accusation, qui revient à chaque annonce de résultat de concours de recrutement, reste difficile à étayer par des preuves.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 28 août 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Les terroristes travaillent

Les islamistes brutalisent les civils touaregs

Les extrémistes continuent leur campagne d’intimidation en direction des civils dans le nord du Mali.

Les habitants de la ville de Gao, dans le nord du Mali, se sont fait la promesse de protester contre les pratiques brutales des occupants islamistes.

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Membres d’un groupe d’auto-défense dans les rues de Gao, 17 juillet 2012

Deux semaines après que le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ait imposé sa stricte sanction sur un voleur à Ansongo, ce groupe dissident d’Al Qaida a menacé, le mardi 21 août, d’amputer les mains de 60 autres personnes.

« Par ces pratiques criminelles répétées, la population ne sera que davantage déterminée encore à renoncer aux pratiques du terrorisme et au régime imposé par des étrangers, car la gouvernance de trois mois imposée par ces gangs criminels a changé le style de vie des Touaregs, de ceux qui ont été forcés, en raison de la pauvreté et d’une incapacité à s’enfuir, à rester dans cette zone », explique l’activiste touareg Nina Walet Ntalo, ministre dans le gouvernement de l’état dissident de l’Azaouad.

« Ces comportements suffisent pour que le monde entier agisse, et non seulement les Touaregs », dit-elle à Magharebia.

Le voleur présumé dont la main avait été amputée à Assongo est mort une semaine plus tard, a rapporté malijet.com. Deux jours après, sa mère est décédée d’une crise cardiaque, raconte à Magharebia Moussa Ag Chrouga, qui habite Ansongo.

« Le jeune homme n’a pu supporter la perte de sa main droite, et sa blessure n’a pas répondu au traitement médiocre qui avait été fourni par le centre de soins trop faiblement équipé d’Ansongo, et qui consistait en une simple attelle, des anti-douleurs de base et des antibiotiques, il a été par conséquent saigné à mort », indique Ag Chrouga.

« Concernant sa mère, elle est morte de douleur et de chagrin, quand les militants n’ont pas écouté ses supplications de laisser son fils ou de le transférer dans un endroit plus décent pour y être soigné », ajoute-t-il. « Les habitants d’Ansongo et de Gao ont été très tristes, mais ils se souviennent encore de leurs mauvaises expériences lors des manifestations, ce qui les fait hésiter à sortir défiler afin d’éviter de nouvelles victimes ».

Selon le journaliste Abou Bakr al-Ansar, la population était « sur le point de manifester » contre l’amputation, mais « les terroristes ont lancé une campagne majeure d’intimidation ».

Le journaliste Mohamed Ag Ahmedu explique à Magharebia que la jeune victime était issue d’une tribu appelée Targha. Il avait été accusé de voler des armes et de les vendre pour pouvoir nourrir sa famille en raison de la pauvreté.

Et c’est le reflet de la condition de la majorité des jeunes vivant dans les villages placés sous le contrôle des islamistes, selon Ag Ahmedu. Le vol est l’une des deux options se présentant à eux. L’autre choix est de rejoindre les groupes extrémistes en échange de produits alimentaires, ce que rejettent de nombreux jeunes.

« Les demandes et les médiations de nombreux dignitaires locaux ne sont pas parvenues à convaincre le MUJAO d’accorder sa grâce au jeune homme », indique Ag Ahmedu. « Les militants islamistes semblent avoir eu le désir de se venger de lui parce qu’il avait été recruté dans leurs rangs, puis qu’il les avait abandonnés, qu’il s’était enfui avec son arme et qu’il l’avait vendue à quelqu’un ».

Ce n’était pas « le premier incident de ce genre en termes d’application de la loi de la Charia », explique un religieux de Gao sous couvert d’anonymat.

« On a vu des flagellations et des semonces, et une lapidation à mort a eu lieu à Aguelhok il y a quelques jours », dit-il à Magharebia. « Toutefois, ce qui est nouveau dans cet incident, c’est la mort en raison de la douleur après qu’un organe corporel ait été amputé, car cette souffrance a été une expérience douloureuse pour tous. Nous affirmons qu’il n’y a de pouvoir et de volonté que par Dieu ».

« En tant que religieux, nous considérons que la situation actuelle vécue par la population est similaire à la condition expérimentée par les musulmans durant l’année al-Ramada, quand Omar Bin al-Khattab a suspendu l’application des sanctions dures en raison de la pauvreté et des besoins des gens », ajoute-t-il. « Cette année-là, les mains des voleurs n’avaient pas été coupées au nom de la miséricorde et de la compréhension des besoins des personnes. Mais ces extrémistes assassinent l’aspect humanitaire de l’Islam et ils appliquent la religion de façon littérale ».

Anara Ag Ntalu, un habitant de Gao, confie que la ville vit dans un état de « panique grave et de terreur ».

« Le sentiment dominant parmi nous est qu’après quelques mois de la réalité que nous vivons, il y aura beaucoup de mutilés, d’amputés de la jambe dans notre ville en raison de l’amputation sans miséricorde de ces parties du corps », dit-il.

Les habitants locaux sont toutefois déterminés à se confronter aux islamistes et à protester contre leur règne de terreur.

« Le jour viendra où on sortira, la poitrine nue, défier la mort, et notre slogan sera ‘Oui à la mort, non à l’humiliation' », ajoute Ag Ntalu.

Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott, 27 août 2012 via Temoust


La sécurité au Sahel sur des sables mouvants
Le Mujao et les visées de l’Hexagone

Dans une vidéo visionnée récemment par l’Agence France Presse, l’un des otages de la diplomatie algérienne enlevés à Gao par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, demande l’intervention des autorités algériennes pour trouver une solution permettant de lui sauver la vie.

Une ruse plutôt vile pour faire pression sur l’Algérie qu’on veut impliquer coûte que coûte dans la crise politico-sécuritaire qui prévaut au nord du Mali. Soutenant cette conception, la France, qui instrumentalise l’AFP pour faire passer ses messages, serait-elle en mesure d’arriver à ses fins ? Comment expliquer la relation entre le Mujao et l’AFP ? Cette dernière serait-elle devenue le porte-parole de cette organisation terroriste qui prétend être une dissidence d’Al Qaîda au Maghreb islamique ? Comment expliquer le fait que l’AFP continue de bénéficier de déclarations exclusives du Mujao ? Selon des stratèges bien avertis, l’AFP joue son rôle d’agence de presse officielle qui défend la position et la politique françaises et parle au nom de la France.

Une France, soutiennent nos sources, qui a toujours considéré le Maghreb, le Sahel et une partie de l’Afrique de l’Ouest comme son pré carré exclusif et sa zone d’influence, gardant une attitude méfiante à l’égard de l’Algérie.

Paris n’aime pas certaines positions souveraines exprimées par Alger et n’hésite nullement à le démontrer durant les périodes de crises en tous genres.

Des relations bilatérales à la situation qui prévaut actuellement en Libye ou au Mali, les principes d’autonomie et d’indépendance défendus par l’Algérie ont souvent gêné l’hégémonisme français dans toute la région. Après avoir fini son « sale » boulot en Libye, Paris a actionné le Mpla (Mouvement pour la libération de l’Azawad), qui n’est qu’une création fantoche mise sur pied par des cercles officieux français.

Le but de cette opération était de créer une zone grise aux frontières Sud afin d’isoler l’Algérie de sa profondeur africaine, confient nos interlocuteurs.

L’idée d’un État indépendant Azawad est exploitée à fond pour maintenir un climat de confusion au nord et détourner l’attention d’Alger des véritables desseins de Paris, car les choses sérieuses se déroulent dans le sud du Mali. Si en termes diplomatiques, Algériens et Français se parlent et se concertent, sur le plan opérationnel et ses prolongements médiatiques, il s’agit carrément d’une autre topographie des lieux, ajoutent les mêmes sources. La France a l’intention de réactiver son rôle dans cette région et l’Algérie refuse de subir.

L’apparition du Mujao et l’empressement manifesté par les médias français, et à leur tête l’Agence France Presse, à assimiler cette nouvelle organisation terroriste comme une « extension » d’Al Qaîda au Maghreb islamique, constituent un signe inquiétant d’une ingérence étrangère et d’une menace sur la sécurité nationale. Ce groupe n’est ni une dissidence d’AQMI ni une excroissance, mais un instrument monté de toutes pièces afin d’affaiblir les positions de l’Algérie.

Sa médiatisation démesurée par rapport à sa réelle dimension prouve parfaitement sa « courbe ». Il a été crée par ceux qui accusent l’Algérie d’entretenir des liens plus que poussés avec Ansar Eddine. Il s’agit d’une forme de chantage qui ne dit pas son nom dont le but est d’amener l’Algérie à accepter le fait accompli.

La politique de la France consiste à contraindre à se plier par tous les moyens aux nouvelles exigences régionales, ont conclu les mêmes stratèges.

Publié par des larbins des services algériens (Ikram Ghioua, lexpressiondz.com, 28 août 2012)

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[Toulouse] Expulsion du CREA

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/0.jpgExpulsion du crea en cours / besoin de monde/ URGENT

C’est quoi ce raffut ?

C’est le bruit des bottes qui viennent écraser les espaces de liberté qui suffoquaient déjà. C’est l’expulsion maintenant et manu militari par la justice et son bras armé, la police, du CREA-CSA au 70 allée des demoiselles. Pour 40 personnes, dont 15 gamins, c’est : « plus de maison, plus de toit, ce soir démerde-toi ! ».

Depuis avril 2011, on avait fait d’un bâtiment vide, un bâtiment vivant. Le 70 allée des demoiselles c’était un vrai lieu de vie, un centre social autogéré avec des activités, des ateliers, une piscine, un lieu de rencontres, de concerts, un lieu d’organisation, de solidarité et d’entraide. Dans cet espace libéré, on s’amusait, on se cultivait, bref on vivait bien sans que ça coûte walou à personne. Sauf que lorsque l’autogestion fonctionne et coûte que dalle, pour le grand capital, c’est mal ! Et ses ardents défenseurs, les pouvoirs publics, sortent l’artillerie lourde pour nous dégager.

Pour nous, pas question de se laisser faire, notre maison on la défend ! En barricadant notre bâtiment et en se rassemblant certes, mais aussi en interpellant la mairie, la préfecture, le ministère des affaires sociales, notre cher propriétaire, et le ministère du logement. Leurs réponses : l’expulsion. Ou l’expression du mépris le plus profond pour toute une partie de la population. Réprimer la pensée et punir l’acte, c’est la symphonie du moment.

Pour les pouvoirs publics, mieux vaut virer tout le monde ! C’est qu’ils sont pressés d’ouvrir un hypothétique centre d’hébergement pour SDF. Coût de l’opération : 500’000 euros de fonctionnement à l’année et quelques millions d’euros de travaux. Centre d’hébergement mystère dont personne n’a entendu parlé et surtout pas les principaux intéressés… Alors, un projet top secret ? Ou une pigeonnade de plus de la part d’un État qui ferme les centres d’hébergement d’urgence à tour de bras faute de budget ? On vous laisse seul⋅e juge de cette pantalonnade, en attendant, nous on en rit… jaune.

Parce que se faire expulser de sa maison sous des prétextes fallacieux, ce n’est pas une blague. La violence de l’État qui remet les gens à la rue et s’en lave les mains après, ce n’est pas une blague non plus. Le cynisme d’un projet d’un centre d’hébergement ici, où l’État se vante de panser la misère qu’il engendre ne nous fait pas rire du tout.

On défend notre maison, notre lieu de vie, nos choix de vie aussi face à des forces armées qui veulent nous écraser et nous faire taire. Ce bâtiment qu’on a libéré de la spéculation, dont on a rendu l’usage à toutes et tous, l’État, sa justice et ses keufs veulent nous en virer et ça te concerne aussi !

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE, ON CONTINUE ! LA FORCE EST AVEC NOUS ! TOUT POUR TOU⋅TE⋅S, POUVOIR AU PEUPLE !

Assemblée générale ce soir à 19h à la Chapelle, 36 rue Daniel Casanova, métro Compans  ou Canal du Midi.

Le CREA et des membres de la campagne Zéro personne à la rue


Par mail : L’expulsion du CREA, squatt toulousain, est en cours depuis quelques minutes. Les forces de l’ordre s’en prennent en ce moment même à des manifestants perchés sur le toit. La tension est vive. Les risques sont grands pour la sécurité des personnes qui refusent leur délogement. Un des squatteurs était encore encore accroché à une poutre mais il a été délogé tandis qu’un autre occupant a été « tasé »… en ligne avec Toulouse… El Gaubi

Mille Babords, 28 août 2012


(…) Seuls 4 membres du Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (Crea) étaient présents sur les lieux au moment de l’intervention de la police. L’un d’entre eux, Thomas, a déclaré que les 3 autres, réfugiés sur le toit, avaient été « molestés alors qu’ils résistaient pacifiquement », puis « menottés » et emmenés au commissariat. Les 9 familles hébergées récemment, selon lui, avaient quitté les lieux ces derniers jours pour ne pas être là au moment de l’expulsion attendue. (…)

Leur presse (Ouest-France.fr, 28 août 2012)


Le Centre Social Autogéré (CREA) de Toulouse en cours d’expulsion

Le centre d’hébergement social autonome, situé sur l’allée des Demoiselles, vit ses dernières heures. Ce matin, les forces de l’ordre tentent de déloger les occupants sur feu vert de la préfecture. En attendant « l’ouverture » de nouveaux bâtiments, ce sont une quarantaine de personnes qui risquent de retourner dans la rue.

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« Ici, des enfants vivent heureux ». C’est l’une des banderoles observables depuis l’extérieur de l’immeuble, les anciens locaux de l’Afpa. Un « squat social » qui décidément tranche avec les stéréotypes. Des cours de boxes, des concerts, du soutien scolaire et d’autres activités ont lieu dans des salles communes. Un autre bâtiment est réservé lui aux logements. Derrière les murs, ce sont des familles, des travailleurs précaires, des étudiants ou des demandeurs d’asile. Matouf, l’un des occupants, explique les démarches conjointes du centre et du Crea, le Collectif de Réquisition, d’Entraide et d’Autogestion. « Sans nous, ces gens dormiraient dans la rue. L’État prétexte un manque d’argent et ne fait rien pour eux. Le mépris est absolu. C’est pourquoi nous faisons les choses par nous-mêmes sur les principes de l’entraide et de la solidarité ». Cette entraide, comme tient à le souligner Matouf, provient aussi de l’extérieur. Par exemple, celle d’employés EDF qui viennent d’eux-mêmes rétablir le courant quand celui-ci est parfois coupé. Celle aussi d’associations, de collectifs qui les appuient. « Nous réhabilitons des locaux laissés à l’abandon. Nous gérons tout nous-même et ne demandons aucune subvention. En clair, nous ne posons de problèmes à personne » défend t-il. Et pourtant. Sur décision du tribunal administratif de Toulouse, rendue en juillet dernier, le centre social autogéré fermera bel et bien ses portes. De gré ou de force.

Tentatives d’incursions policières

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/07.jpg« Cela fait quinze jours que l’on vit en attendant les flics tous les matins. Les autorités ne sont pas obligées de communiquer une date d’expulsion précise et elles jouent là-dessus » déplore Matouf. « Elles prétendent vouloir créer ici un foyer d’accueil avant l’hiver et c’est pourquoi elles nous expulsent. Or, lors de notre second procès il y à deux mois, le juge a démontré l’inexistence de ce projet. Récemment, la préfecture a elle-même reconnu par téléphone que cette création était techniquement impossible en terme de délais. » Selon lui, les forces de l’ordre usent de moyen illégaux pour mettre des gens à la rue. En théorie, passés deux jours d’installation, des occupants ne peuvent effectivement être délogés par la police. Dans un communiqué publié le 20 août dernier sur le site de l’association GPS, le Crea rapporte une tentative d’incursion policière dans les locaux du CSA. Matouf confirme les faits. « Une commission sécuritaire incendie est venue, accompagné d’un policier en civil. Ils ont essayé de pénétrer en force et de procéder à des contrôles d’identité. Nous nous sommes opposés. Plus tard dans l’après-midi, quelqu’un est venu réparer notre porte d’entrée. La brigade anti-criminalité l’a embarqué en prétextant des dégradations. Cet homme a fait vingt heures de garde à vue gratuitement. Le cynisme est total » En attendant le démantèlement programmé du centre, Matouf adresse le message suivant à la préfecture. « Nous sommes prêts à discuter. S’ils ont vraiment un projet ici, nous voulons bien partir au commencement des travaux. Hélas, la réalité est que ce projet n’existe pas. Nous les gênons, point barre. »

Actuellement (08h19), une intervention policière pour vider les locaux du 70 allées des Demoiselles.

Leur presse (Christophe Guerra, ToulouseInfos.fr, 28 août 2012)


Le Centre Social Autogéré (CREA) de Toulouse expulsé ce matin de l’immeuble allée des Demoiselles

(Actualisé) Depuis 6 heures ce matin les locaux occupés au 70 allée des Demoiselles à Toulouse par les militants du Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (CREA) et les familles hébergées sont en cours d’expulsion sur ordre du préfet de Haute-Garonne.

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Les gendarmes mobiles ont procédé à l’évacuation et maintiennent à distance les personnes venues soutenir les militants et les familles à proximité du pont des Demoiselles.

Les familles hébergées avaient déjà quitté les lieux

Une compagnie de gendarmes mobiles a procédé à l’évacuation de l’immeuble qui abritait les anciens locaux de l’AFPA. L’allée des Demoiselles a été coupée à la circulation et les bus détournés. Les militants du CREA avaient anticipé l’expulsion et les familles hébergées avaient déjà quitté les lieux. Seuls quatre militants du CREA se trouvaient dans les lieux au moment de l’arrivée des forces de l’ordre. Quelques militants du CREA ont grimpé sur le toit et l’un d’entre eux s’est installé à califourchon sur une poutre à plusieurs mètres de haut.

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Un militant du CREA sur une poutre fixée au toit du bâtiment occupé par le collectif en cours d’évacuation.

Préfet : « Ils ont refusé les propositions de contact avec les services de l’État »

Les militants du CREA qui avaient mis en place un Centre Social Autogéré dans les locaux vides depuis avril 2010 s’opposaient à leur évacuation mettant en avant les offres d’hébergements proposées pour des familles sans abris. Face à eux l’État arguait de sa volonté de créer un centre d’hébergement hivernal. Le 29 juin dernier le tribunal administratif avait donné raison à l’État et un mois aux militants du CREA et aux familles hébergées pour évacuer les lieux. Une décision du tribunal administratif que rappelle ce matin le préfet de Haute-Garonne dans un communiqué pour justifier cette décision d’évacuation. Le préfet affirme par ailleurs que « les occupants ont toujours refusé les propositions de contact formulées par les services de l’État ; ce qui aurait pourtant permis de proposer l’accompagnement social le plus adapté ».

Dans le bâtiment, fenêtres et portes commençaient ce matin à être condamnées. À l’extérieur, une trentaine de personnes venue soutenir les militants et les familles se trouvait à proximité du bâtiment évacué. Elles ont tenté de bloquer le pont des Demoiselles avant que les forces de l’ordre n’interviennent.

Actualisation 9h30 : le militant perché sur une poutre sur le toit est redescendu et l’évacuation terminée. Trois militants du CREA ont été interpellés

Plus d’informations dans la journée.

Leur presse (Bertrand Enjalbal, Carré d’Info, 28 août 2012)

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[Grèce générale] Nous voulons tout

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Barrage d’Achéloos, Thessalie, août 2012

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[Gabon] En finir une bonne fois pour toutes avec les anciens ministres multimilliardaires

Gabon : La police sauve André Mba Obame d’un lynchage

Une foule en colère composée d’habitants du quartier « ancienne sobraga » de Libreville ont encerclé samedi dernier les lieux du meeting de l’ex Union Nationale (UN), tenant des marteaux et autres gourdins, menacent de s’y introduire, d’interrompre la réunion et de lyncher André Mba Obame, Myboto et Eyeghe Ndong.

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Eyeghé Ndong, Mba Obame et Myboto ici à Libreville

« Mais, on est dans quel pays ? Il croit qu’il est quoi ? C’est lui qui nourrit nos enfants ? On va finir avec lui aujourd’hui », entend-on çà et là à propos de Mba Obame.

Cette horde en furie, est malheureusement stoppée à chaque initiative, par les policiers et gendarmes déployés sur les lieux.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/043.jpgLassés des appels à la haine ethnique, des appels à la guerre au Gabon et voulant éviter les dégradations des magasins et autres casses des vehicules qu’ont subi les habitants du quartier cocotiers la semaine dernière, la population de l’ancienne sobraga, par ce lynchage, voulait en finir une bonne fois pour toutes avec ses anciens ministres multimilliardaires, au lieux d’organiser leur réunion dans les quartiers huppés de la capitale où ils résident, viennent les tenir dans les mapanes, évitant par la même occasion que leurs propres maisons soit cassées au cas ou sa chauffe.

Il est à signaler que pour la première fois, les principaux responsables de l’ex UN, se sont accordés à dire que la gendarmerie gabonaise est professionnelle, capable de sauver des vies humaines.

« Nous avons échappé à la mort grâce à l’esprit professionnel des gendarmes. Des habitants du quartier que nous avons trouvées autour ont voulu nous lyncher. Nous avons eu la chance grâce au commandant de gendarmerie et à ses hommes qui nous ont sécurisés et escortés », ont affirmé Mba Obame et Myboto, saluant de passage l’acte de l’officier et de ses hommes.

Rappelons qu’il s’agissait du premier meeting organisé par André Mba Obame depuis son retour au Gabon le 11 août dernier près 14 mois de convalescence en France.

Leur presse (Koaci.com, 27 août 2012)

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[PCC dégage !] Deux nouvelles immolations au Sichuan

Deux nouveaux Tibétains s’immolent

Deux Tibétains se sont immolés par le feu dans le sud-ouest de la Chine pour protester contre la répression menée par Pékin dans les zones tibétaines chinoises, ont annoncé mardi des organisations de défense des Tibétains. Lobsang Kalsang, 18 ans, un moine bouddhiste et Damchoek, 17 ans, un ancien bonze, ont été transportés à l’hôpital où ils sont décédés de leurs brûlures. Ils ont accompli leur geste désespéré dans la ville d’Aba (province du Sichuan), haut lieu de la contestation contre les autorités chinoises.

Juste avant de s’enflammer, ils ont lancé des slogans condamnant la répression de la culture tibétaine, a rapporté l’organisation Radio Free Asia (RFA) en citant des Tibétains en exil ayant des contacts sur place. En tout cinquante personnes, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolées par le feu ou en tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones chinoises habitées par des Tibétains, selon les bilans des ONG Free Tibet et International Campaign for Tibet.

Selon Free Tibet, Damchoek est mort quelques mois après que sa sœur, Tenzin Choedon, se soit elle-même transformée en torche humaine, alors que la Chine connaît depuis 18 mois une vague sans précédent d’immolations par le feu de Tibétains. Les deux jeunes Tibétains ont choisi de mourir près du monastère de Kirti, bastion de la mobilisation tibétaine contre la tutelle de Pékin. Les autorités locales étaient injoignables aujourd’hui.

La Chine affirme avoir « libéré pacifiquement » le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l’ethnie fortement majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

Leur presse (Agence Faut Payer, 28 août 2012)

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[Révolution mondiale] Allez passer vos vacances au Togo (2)

Manifestation du Cst
Togo : des mots inédits et crus contre Faure Gnassingbé, samedi

Les premiers responsables du Cst (« Collectif Sauvons le Togo ») ont les nerfs à fleur de peau après les répressions de leurs marches des 21 et 22 août 2012. Du coup, ils ne font plus dans la dentelle en évoquant l’avenir de la position qu’adoptera leur Collectif à l’égard du gouvernement dans les jours à venir.

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Le Cst veut que ses droits soient respectés avant d’enclencher « un énième et dernier dialogue avec l’Unir (au pouvoir au Togo), devant déboucher sur des consensus destinés à être appliqués sur le champ », ont répété tour à tour plusieurs leaders de ce Collectif lors de leur meeting de ce 25 août, à la plage de Lomé.

« Nous n’avons jamais refusé de dialoguer avec les actuels gouvernants du Togo (…) Mais, comment peut-on nous encourager à prendre part à des marchandages politiques quand on nous envoie des invitations (ndlr : pour des discussions le lendemain) à 22h ? Comment peut-on inciter le Cst à des négociations quand on réprime sauvagement nos marches pacifiques ? Rendez-vous compte vous-même ce 25 août : quand il n’y a pas de répression, nos manifestations ne connaissent aucun débordement », a commenté Me Adzare de la Ltdh (Ligue togolaise des droits de l’Homme). En rajoutant : « Nous sommes hyper sérieux quand nous demandons, depuis le milieu de la semaine qui s’achève, à nos compatriotes d’être inciviques pour forcer la main aux autorités, au sujet de nos multiples revendications ».

En prévision des six jours de marches de cette semaine et surtout de la répression, le Secrétaire général de la Ltdh, Me Agbogan, a convié les sympathisants du Cst « à se munir de leur article 150 (qui réglemente la désobéissance civile et civique) de la Constitution : des pierres ou cailloux (…) Car, dira-t-il, le pouvoir togolais s’est décrédibilisé la semaine écoulée. Du coup, nous n’allons plus lui adresser des notes d’information avant de tenir nos manifs » !!

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Lomé, 21 août 2012

Des piques atypiques qui déjantent…

Durant les retrouvailles entre les sympathisants du Cst et leurs leaders ce 25 août, tous les moyens étaient bons pour les seconds pour chauffer la détermination des premiers, « car aux yeux des architectes du Cst, la contestation a atteint un point de non-retour », dira Claude Ameganvi du Pt (Parti des travailleurs).

« (…) Nous avons des raisons valables d’être courroucés par les agissements de notre État car les munitions qui servent à réprimer nos marches coûtent cher aux contribuables. Tenez : les petites grenades de gaz lacrymogène sont évaluées à 5.000 fcfa ; les grosses valent plus de 100.000 fcfa. Il faut débourser 400.000 fcfa pour s’offrir les carabines qui servent à tirer des balles en caoutchouc utilisées pendant nos marches », a décrit lors de son intervention Me Zeus Ajavon, Coordinateur du Cst.

Au sein de ce Collectif, toutes les initiatives internes entreprises sont placées sous la coupole du Tout-Puissant. Raison pour laquelle Isabelle Ameganvi de l’Anc « a convié toute la population togolaise a observé du 27 août au 2 septembre 2012 une abstinence sexuelle, pour que les doléances des croyants togolais autour des maux de leur pays trouvent grâce auprès de Dieu (…) Cet appel est lancé même aux tenants du pouvoir ».

Dans cette série de défis lancés au régime de Faure Gnassingbé, c’est surtout l’intervention d’Abass Kaboua du Mrc qui a soulevé la foule de manifestants. En éwé, kabyè et en français, « il a demandé à ses compatriotes de ne pas payer jusqu’à nouvel ordre, sur toute l’étendue du territoire national, la patente, leurs factures d’eau et d’électricité, bref toutes les charges qui relèvent de la fiscalité ».

Dénonçant au passage « la gabegie et l’impéritie qui imprègnent les faits et gestes des actuels dirigeants du Togo, il a indiqué que l’aboutissement de la contestation populaire est proche car le pouvoir de Faure G. est désormais unijambiste. Il a à ce titre donné l’exemple de Yetrofeï Massina (chef des renseignements au Togo) qui vient de mettre ses enfants à l’abri à l’étranger ».

« La pauvreté a atteint son summum sur notre terre natale (…) À Kara, de plus en plus, des étudiantes se jettent dans la prostitution pour joindre les deux bouts (…) Pendant ce temps, le boeing présidentiel sert à faire de simples emplettes de chocolat à Paris, quand les saignées financières du contribuable n’entretiennent pas de petites amies du président (…) Le premier responsable du pays doit avoir une pierre à la place du cœur pour rester muet devant les lancinants cris du peuple », a encore lâché le bouillant Kaboua.

Quid la guerre de mots à distance entre A. Kaboua et le ministre Bawara de l’Administration territoriale, depuis les répressions essuyées par le Cst les 21 et 22 août dernier ? « Gilbert Bawara a envoyé une dame envers Gabriel Agbéyomé Kodjo et moi pour s’excuser et lui épargner la révélation d’un certain nombre de dossiers embarrassants pour lui (…) Je ne sais pas si M. Kodjo lui a envoyé une réponse sur le sujet, mais pour ma part, pas encore. M. Bawara vous dira qu’il m’a offert de l’argent ; je l’ai pris car l’argent sur lequel il roule est un bien commun à nous tous Togolais (…) Qu’il prenne garde car nous savons qu’il a mis, à Paris, des prostituées à la disposition du président Faure Gnassingbé », a menacé le leader du Mrc devant une foule qui en redemandait…

Leur presse (Jacques Ganyra, AfriSCOOP, 27 août 2012)


Togo : Le Gouvernement laisse enfin se dérouler la démonstration du Cst

Il a fallu deux essais réprimés dans la sang, des interventions tous azimuts ainsi qu’une entame bancale de consultations pour le dialogue, pour que le droit de manifestation soit accordé au Collectif « Sauvons le Togo ». Un rendez-vous que des dizaines de milliers de citoyens, n’ont pas souhaité se laisser compter.

Ils étaient tous là, pas devant de la marrée qui a déferlé dans les rues de la capitale togolaise ce samedi, mais au beau milieu de cette dernière. « Un symbole qui démontre que c’est le peuple qui a pris le devant de sa lutte pour la libération. Plus personne devant, plus de déification de qui que ce soit. Nous sommes tous sur une même ligne et on se surveille pour que plus jamais, personne ne vienne à prendre un autre chemin, celui de la trahison », expliquait ce matin au sein de la foule, Francis Pedro Amuzun.

Il n’en a pas fallu plus, pour que des manifestants trouvent dans cette image, Gilchrist Olympio et tout un volet de l’histoire de la lutte du peuple togolais pour l’alternance et le changement. L’ambiance tout le long de la marche était à la fois grave et festive. Trois jours de répressions violentes venaient d’occasionner un lourd bilan fait d’arrestations et de blessés. Normal donc que la parole soit donnée en tout premier, à l’une des victimes de la répression des manifestations.

Cette dernière arrêtée à Agoé le vendredi dernier par des militaires, décrit dans les menus détails, les sévices corporels auxquels il a été soumis au camp des Forces d’Intervention Rapide (FIR) où en personne le Col Félix Katangha aurait participé à sa bastonnade, avant de l’envoyer à la gendarmerie nationale. Là aussi, les éléments du nouveau D.G Akovi Akakpovi s’en sont donnés à cœur joie. Même après qu’un juge ait ordonné sa relaxe, il sera ramené de la justice à la gendarmerie, où il a été bien malmené avant de le mettre en liberté. Son corps témoigne par les blessures, de la torture dont il a été l’objet.

Tour à tour, les responsables du Collectif sont passés pour expliquer aux populations, les enjeux de leurs engagements et ceux de leur plate forme.

Le Coordinateur général Me Zeus Ajavon, a saisi l’occasion pour lancer un appel aux forces de sécurité, très discrets ce samedi, pour qu’elles refusent d’exécuter les ordres de répression des manifestations pacifiques. Et à propos de manifestations, deux sont annoncées : une par les femmes qui menacent de marcher nues dans les rues pour aller chercher leurs enfants arbitrairement détenus à la prison civile de Lomé et une autre envisagée par le Cst, sans préalablement se soumettre aux formalités administratives d’usage.

Si la date de mardi, le 28 août est avancée pour la marche du Cst, aucune date n’est par contre avancée pour celle que les femmes envisagent d’organiser. À noter que les responsables de la Coalition Arc-en-ciel n’étaient pas présents à la marche de ce samedi qui a duré près de quatre heures d’horloge. Selon certaines indiscrétions, ils reprocheraient au Cst d’avoir lancé un mouvement de désobéissance civile qui porte des germes de dérives redoutables.

Un responsable du Cst se fondant sur l’article 150 de la Constitution togolaise, avait appelé dans le cadre de ce mouvement, les populations à désobéir à l’autorité gouvernementale et à ne plus payer les factures d’électricité et d’eau entre autres.

Ce samedi, quand bien même le mot d’ordre de désobéissance civile a été réaffirmé, on a noté une forme de recadrage dans les propos au point de chute de la marche. Mais sur la question du dialogue, une unanimité semble se faire sur la mise en œuvre des préalables avant toute participation du Cst au dialogue.

Un appel pourrait être lancé aux chancelleries occidentales pour servir de médiateurs en vue de garantir un processus de discussion garantissant un respect mutuel ainsi qu’un respect de toutes les parties des accords qui seront issus d’éventuels pourparlers. Mais bien évidemment, la rue gronde de plus en plus. Et toute obstination à empêcher une évolution de la société togolaise, pourrait bien provoquer une révolution.

Leur presse (Koaci.com, 25 août 2012)

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[Révolution tunisienne] Anarchie à El-Hancha (3)

Les citoyens d’El Hancha dénoncent une « campagne israélienne » perpétrée par Ennahdha

Dans un reportage réalisé par la télé « Al Hiwar Ettounsi », des habitants de la région d’El Hancha, gouvernorat de Sfax, essentiellement des femmes, ont témoigné avoir été victimes d’une campagne de ratissage féroce de la part des forces de l’ordre depuis trois jours. Quelque 65 personnes ont déjà été arrêtées.

Ces habitants de la région d’El Hancha ont expliqué que suite aux heurts qui ont eu lieu lors de la réunion d’une association de développement, qui ont opposé des partisans du parti au pouvoir Ennahdha avec d’autres citoyens, une campagne a été déclenchée par le ministère de l’Intérieur afin d’arrêter toutes les personnes soupçonnées d’y avoir participé.

Une campagne de ratissage au peigne fin a donc été effectuée par les forces de l’ordre, dans les quartiers populaires, afin de mettre la main sur « les semeurs de troubles ». La police, selon les témoignages, a usé de bombes lacrymogènes dans les quartiers, affectant les femmes et enfants s’y trouvant.

« C’était une campagne digne d’un assaut israélien contre les Palestiniens, juste à cause d’une simple association de développement ! » a déclaré une des citoyennes. Elle a ajouté : « Ennahdha, veut s’accaparer les cartes d’adhésion à l’association, pour s’en servir lors de sa campagne électorale. Et puis, si tu disposes d’une carte d’adhésion, tu peux avoir accès aux prêts et autres avantages, sinon tu crèves ! » « C’est ça la réalité du pays ! », a-t-elle conclu.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 27 août 2012)

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[Dijon] Restau de soutien à « autoclave » au Chez Nous, ce 29 août

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Ce mercredi 29 août 2012, le collectif « autoclave » vous invite à un repas de soutien, pour aider à préparer le festival dijonnais du même nom, consacré au tatouage et modifications corporelles DIY, en solidarité avec des prisonnièr·e·s, qui aura lieu du 21 au 23 septembre prochain. L’argent récolté servira à acheter le matériel nécessaire pour le festival.

Ce sera au bar « Le Chez Nous » (8 Impasse Quentin, à côté du marché couvert à Dijon). Le repas sera végétalien, et réalisé avec les légumes produits sur les terres occupées par le Jardin des Maraîchers à Dijon. Le service commencera vers 19h, mais vous pouvez vous inscrire dès maintenant directement au Chez Nous, ou par e-mail, en nous écrivant à cette adresse.

Plus d’information sur le festival sera diffusée très prochainement, mais vous pouvez d’ores et déjà trouver divers éléments sur notre site, en construction. Si vous voulez participer à l’évènement (que ce soit en proposant des ateliers, ou ne serait-ce qu’en venant), merci de nous prévenir au plus vite également, pour faciliter l’organisation !

À mercredi, dans un premier temps, pour manger et papoter !

Tanneries-annonces mailing list

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