[Belgique] La vengeance d’un licenciement est un patron qui se mange froid

Un travailleur licencié est allé “faire la peau” au gérant de la société

Un ex-travailleur d’une entreprise du zoning industriel de Grâce-Hollogne s’est rendu sur son ancien lieu de travail accompagné de son frère afin de “faire la peau” au gérant. Celui-ci a été roué de coups et a dû recevoir des soins.

Un habitant d’Ans, Antonio G., 38 ans, s’est présenté vendredi en fin de journée dans l’entreprise de vente de viande en gros dont il venait d’être licencié pour faute grave. Antonio G. était accompagné de son frère né en 1980. Ils ont été trouver le gérant travaillant dans un frigo industriel pour lui dire qu’ils venaient “lui faire la peau”. Ils lui ont alors donné des coups. Le gérant a été blessé et a dû recevoir des soins.

En partant, les agresseurs ont endommagé la voiture de la victime. Seul Antonio G. a été retrouvé jusqu’à présent. Il a été déféré samedi au parquet de Liège.

Leur presse (RTL.be, 1er septembre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 54 – « Chaque jour de plus de la chronique est une victoire »

Partie 54

C’est chez nous que l’on trouve les plus gros cistra, les plus grosses discriminations, quand un renoi sort avec une rebeue, quand un rebeu avec une renoi c’est le parcours du combattant pour qu’il se fasse accepter par sa belle-famille pourtant les deux darons priaient dans la même mosquée, alors pourquoi ce fossé ? Pourquoi les différences apparaissent soudainement, quand faut donner la main de sa fille, les a priori avaient poussé la porte du foyer familial peu de couples résistent quand la famille rentre en jeu, l’amour parfois est vaincu par la force de la culture familiale établie depuis des décennies, se mettre à dos toute sa famille pour l’être aimé est un sacré dilemme. J’exagère volontairement en disant que c’est chez nous qu’il se cache les plus gros cistra, je veux qu’on balaye devant notre porte avant de jeter la pierre à autrui, je reconnais que pendant longtemps je faisais partie des gens malpensants qui pensaient que le repli communautaire était une sécurité, c’est l’ignorance qui me faisait parler de la sorte, comme si le bonheur était propre à une culture, à une couleur qui aurait misé sur Delphine et moi ? Qui aurait misé même un euro sur cette bourgeoise, issue d’une famille de chercheurs, qui aurait cru qu’une telle meuf serait tombée mordue d’un renoi made in banlieue, braqueur, personne. Peu de meufs auraient attendu des années de privations, de tristesse, et de larmes. J’ai vu trop de potes délaissés par une femme à bout de forces assommée par ces longues années, à faire le tour des parloirs, comment leur en vouloir ? Elle n’était condamnée à rien elle, son seul tort c’était d’aimer un youv.

J’ai un bon ami à moi qui a subi cette triste expérience, mon pote vivait avec sa meuf à l’extérieur, il l’a traitée mieux qu’une princesse, c’était trop fusionnel entre eux, malheureusement leur amour fut séparé par la prison, les premiers mois la meuf signait toujours présente dès que son gars a été condamné elle a disparu du jour au lendemain sans donner de nouvelles, mon pote est rentré dans une forme de dépression tellement il était accro de cette meuf mais le temps a guéri ses blessures a séché ses larmes, il se relevait de ce dur épisode. Cinq ans plus tard alors qu’il ne lui restait que six mois, il reçoit une lettre de son ex perdue de vue pendant cinq ans, elle lui demandait pardon d’être partie comme une voleuse sans prévenir, le pire c’est qu’elle a accompagné ce courrier d’une photo d’enfant qu’elle a eu avec un autre et lui a décrit son calvaire qu’elle subissait à l’extérieur, elle venait de se séparer de son gars, qui arrêtait pas de lui lever la main dessus, mon pote m’appelle et me raconte son histoire au bord des larmes pourtant c’était un sacré bonhomme mais je ressentais dans chacune de ses phrases son émotion, ce qui l’a blessé c’est pas qu’elle parte mais c’est qu’elle ose revenir quand l’épreuve était finie avec l’enfant d’un autre, c’était hallucinant. Il l’a revue une fois au parloir car il voulait comprendre le pourquoi du comment puis il l’a zappée de sa vie pour de bon.

J’ai reçu un courrier de ce poteau il y a moins de trois mois, il venait de se marier avec une autre et [est] devenu l’heureux père d’un petit garçon, je voulais vous raconter l’histoire de mon pote, car c’est une histoire qui m’a touché profondément et pour vous dire que la roue tourne toujours, y a souvent le soleil après la pluie fallait juste être patient et attendre la bonne saison.

Je vous écris ce texte, il est 18 heures pile sur un fond de Despo Rutti en mode hardcore pourtant ce texte est posé, il me fallait aller chercher dans le hardcore la douceur de mon récit, en rentrant en cellule j’ai croisé un chef, je suis passé devant lui sans le regarder il m’a regardé trop bizarre, je suis parano je m’attends à tout moment qu’ils me sautent, chaque jour de plus de la chronique est une victoire même si ce soir ils me prennent tout j’aurai aucun regret que du bonheur car j’ai été jusqu’au bout de ma logique et le mitard c’est bon je connaissais LOL vivement 19 heures qu’ils ferment la porte et que je sorte le téléphone de ma cachette, que je me mette frais improvisation totale, il y a trente minutes ma page était blanche, je l’ai noircie de long en large, ma feuille transpire la réalité d’un mec du ghetto, il y a trois jours j’ai été convoqué par la direction il y avait une salope qui avait écrit une lettre anonyme disant que j’avais une clé 3G Internet, j’ai pété les plombs j’ai tout nié en bloc mais je devais rester sur mes gardes car la balance avait encore frappé, j’étais rôdé face à ces langues de pute, ils avaient fait une erreur, c’était de me prévenir, UN HOMME AVERTI EN VAUT DEUX. En prison les balances c’était le diable la cause de tous nos soucis, il y avait pas de mot pour qualifier ces gens mais bon ça faisait partie de la taule et fallait faire avec.

UNE BALANCE RESTE UNE BALANCE QUEL QUE SOIT LE TEMPS QUI S’EST ÉCOULÉ, HECHEK UN CADAVRE REMONTE TOUJOURS À LA SURFACE.

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Black Bloc Attack

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Sydney, août 2012

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[Pacification] La police travaille à Rio de Janeiro

Rio : deux morts dans une opération de police ; les habitants bloquent une avenue

Une opération de la police d’élite en quête de trafiquants de drogue dans une favela de Rio s’est soldée samedi par la mort de deux suspects, soulevant la colère de ses habitants qui ont bloqué l’une des principales voies d’accès à la ville.

L’avenue « Brasil » qui relie l’aéroport international au centre-ville a été bloquée pendant plus de 20 minutes par les manifestants, près de la favela de la Mare, a déclaré le Centre des opérations de la mairie de Rio. Selon des témoins, le groupe de manifestants jetait des pierres sur les véhicules qui passaient. Un blindé de la police militaire a été envoyé sur place pour les disperser et des renforts de police ont été dépêchés pour éviter de nouveaux tumultes dans la zone.

Les suspects tués, deux jeunes de 25 ans ayant reçu des balles, sont morts pendant leur transport à l’hôpital.

Le Bataillon d’opérations spéciales (Bope) est entré dans la favela après avoir reçu des informations selon lesquelles des trafiquants commandés par un dénommé « Soldado » s’apprêtaient à attaquer plusieurs Unités pacificatrices de police (UPP). En entrant dans la favela, les hommes du Bope se sont trouvés nez à nez avec quinze hommes armés qui ont ouvert le feu, a dit la police.

Les UPP sont des unités spécialement formées pour maintenir l’ordre dans les favelas dont la police à repris le contrôle après en avoir expulsé les trafiquants. Les autorités ont réalisé depuis 2008 de vastes opérations pour pacifier les quartiers pauvres de Rio contrôlés par les trafiquants de drogue et les milices paramilitaires dans la perspective du Mondial 2014 de football et des jeux Olympiques de 2016.

Leur presse (Belga, 2 septembre 2012)

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[Hambourg] Émeute dans le quartier de la Rote Flora lors de la Schanzenfest

Selon la presse allemande, des émeutes ont éclaté en marge du festival de rue de Hambourg dans la soirée du samedi 25 au dimanche 26 août 2012.

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Alors que 10’000 personnes ont participé au Schanzenfest dans les rues de Hambourg, des affrontements ont eu lieu à proximité du centre culturel autogéré La Rote Flora.

À la tombée de la nuit, un groupe de 150 autonomes a commencé à brandir des pancartes “Nous n’avons pas besoin de la police”, “Pretty Hambourg n’aime pas la police” et à monter des barricades en feu dans les rues proches de la Rote Flora. Des pacifistes ont commencé à s’opposer à leur présence, ce qui a provoqué des échauffourées entre les deux parties. Un homme de 27 ans a été poignardé lors de ces affrontements.

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Peu de temps après, un groupe d’une quarantaine d’anarchistes a attaqué une banque Caisse d’Épargne à proximité du centre social autogéré, ce qui a provoqué l’intervention de la police anti-émeute. Les autonomes, qui ont défoncé la porte vitrée de la banque, ont alors répliqué aux canons à eau de la police en lançant pétards, feux d’artifice et bouteilles de verre lorsque les policiers ont tenté d’enlever les barricades.

13 émeutiers ont été arrêtés suite aux affrontements et 3 autres personnes placées directement en détention.

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La vie de l’homme poignardé n’est pas en danger.

Le Chat Noir Émeutier, 2 septembre 2012

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[Éducation] Le changement, ce sera… un jour

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CNT-FTE

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 53 – « Plus jeune je m’étais juré de jamais me ranger, que j’allais jamais aller travailler, j’ai jamais eu de fiche de paye de ma vie »

Partie 53

Je me plains pas tout ce qui m’arrive c’est la conséquence de mes actes, à chaud j’étais prêt à braquer en plein Champs-Élysées, en y repensant c’était une folie, mais pour les gens boostés les pieds joints dans l’illicite tous les coups étaient permis pour le lingot d’or, rien ne pouvait nous arrêter, la prison ça fait belle lurette que ça fait plus peur, y a même des femmes en prison, j’ai même une superbe amie à moi qui a accouché à la MAF (maison d’arrêt pour femmes) de Fleury, ça peut en choquer certains mais c’est la réalité de la vie, entraîné par l’obsession de s’enrichir on fait des trucs de taré c’est en garde-à-vue au pied du mur quand t’as les mains liées que tu te vois partir pour des années au hebs, que tu réalises que le jeu en valait pas la chandelle, plus jeune je m’étais juré de jamais me ranger, que j’allais jamais aller travailler, j’ai jamais eu de fiche de paye de ma vie, c’est les aléas de la vie, mes rencontres m’ont poussé à voir autrement, maintenant face à l’injustice j’ai un plan plus efficace que le kalach.

Une femme avait réussi à me faire changer, de parloir en parloir, elle m’a ouvert les yeux, fallait que je fasse un choix entre l’illicite et une vie de famille ce n’était pas compatible, ma perle rare à force d’insister et de persister, ses paroles ont fini par rentrer dans ma tête, pourtant j’étais dur têtu, je lui avouais pas mais ses mots faisaient mouche, à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche.

Une femme bien qui te souhaite que du bien est une perle rare d’une valeur inestimable, la beauté est secondaire, les valeurs passent avant tout si elle te rappelle ta mère dans ses attitudes ne la lâche surtout pas, beaucoup d’hommes quand ils ont une femme mashallah ils font la misère incompatible, pas assez mûrs pour assumer une telle relation mais par contre quand une fille ne les respecte pas ils se plient en quatre pour assouvir leur moindre désir. Chacun a que ce qu’il mérite, le pire c’est les bouffons qui tapent leur femme, des grosses trompettes, ils ont tous le même profil, devant ses potes c’est une truffe, se noie dans l’alcool et pour un oui ou pour un non lève la main sur celle qu’il aime, ces gars des grosses baltringues.

Un jour au parloir un mec a tapé sa meuf alors qu’il descendait même pas en promenade, c’était le trouillard des trouillards, mais face à sa meuf il se prenait pour Mike Tyson. Après toutes ces années, alors que je devrais être envahi par la haine je n’en ai aucune j’ai une soif de revanche sur la vie, la prison c’était qu’une escale avant d’entamer la vie que j’aurais toujours dû avoir, j’ai des projets de malade, plus rien ne pouvait m’arrêter, plus déterminé que jamais la réussite m’est obligatoire, c’est à mon tour de rendre fiers tous les gens qui m’ont escorté, supporté quand j’étais en hass au mitard, je suis reconnaissant et j’oublie jamais ce qu’on me fait en mal ou en bien, pour ceux qui m’ont fait du bien même en pleine nuit je serai opé pour rejoindre leur combat les yeux fermés.

À l’ombre du show-business j’ai grandi, j’ai mûri à force de tourner avec des youv d’un certain âge, j’ai une gamberge de bonhomme issu des banlieues françaises, j’ai la détermination d’un mec du ghetto, et la mentale d’un youv ce mélange m’a permis de m’adapter selon mes interlocuteurs quand fallait parler posé j’étais là, et quand fallait sortir les crocs face à une imitation caillera j’étais plus que là.

Un jour en promenade, j’ai été interpellé par une racaille de base, je venais juste d’atterrir dans cette prison c’était ma première promenade, le jeune s’est approché et m’a dit : « T’as une belle veste Yamaha » j’ai rigolé dans ma tête wallah, je lui ai répondu : « Si tu veux pas finir balafré à vie va jouer ailleurs » il est devenu tout pâle, il a fait demi-tour direct, il a senti la détermination dans mon regard, en prison fallait rien laisser passer, ne rien lâcher, faire des exemples, fallait prouver que tu étais prêt au moindre manque de respect, le remettre à sa place qui que ce soit.

J’ai même vu un mec à deux jours de sa sortie, planter un autre qui avait insulté sa mère, alors qu’il devait sortir, il a repris deux ans pour laver l’honneur de sa daronne, régler ses comptes c’est très important en prison, ça refroidissait tous ceux qui voudraient s’y aventurer.

SI TU ME JETTES L’ŒIL ENFOIRÉ, PROTÈGE L’AUTRE PARCE QUE TU RISQUES DE LE PERDRE.

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[Dijon détourné (8)] Tous les chefs ont tort

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Dijon, 15 juillet 2012 – rue Clément Janin

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Dijon, 16 juillet 2012 – place des Cordeliers

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Rue Jules d’Arbaumont

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Rue Pasteur

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Rue Pasteur

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[Montpellier] « Au lieu de laisser la police faire son travail pour une interpellation basique, ils vont frapper les agents et ils ont failli créer une émeute ! Beau travail éducatif ! »

Policiers agressés à la barre de fer : du ferme pour les parents

Intervenant mardi dans un quartier sensible pour un vol de scooter, trois agents agressés à coups de barre de fer.

Les mots d’excuse lancés du bout des lèvres en fin d’audience, hier soir, n’ont pas infléchi la position du tribunal. Les parents de l’ado de 14 ans [L’adolescent de 14 ans a été mis en examen hier et remis à un éducateur. Son complice du vol, 18 ans, a écopé hier de six mois avec sursis pour la tentative de violence.] à l’origine du début de lynchage de trois policiers par une foule hostile, mardi à Montpellier dans le quartier sensible des Cévennes, ont payé la note de cette agression. Moussa A…, 37 ans, a écopé de deux ans de prison, dont un ferme, et sa femme Oumtamour, 34 ans, a été condamnée à six mois ferme. Mais contrairement à son mari, elle n’a pas été incarcérée.

“Au lieu de laisser la police faire son travail pour une interpellation basique, ils vont frapper les agents et ils ont failli créer une émeute ! Beau travail éducatif !”, a déploré le vice-procureur Philippe Vermeil.

Cette affaire illustre la difficulté pour les policiers d’intervenir dans certaines cités. Mardi, ces flics en civil de la Bac (brigade anticriminalité) ont voulu stopper deux jeunes qui s’apprêtaient à cacher un scooter volé. L’un a été menotté, l’autre, 14 ans, s’est rebellé et a appelé à l’aide ses parents alors qu’une trentaine d’autres jeunes présents à l’épicerie voisine ont rappliqué.

Le récit des victimes est précis. La mère, puis le père ont tout fait pour libérer leur fils : l’homme a déséquilibré un agent, l’a frappé au visage, a donné des coups de poing et de pied, tentant même de le mordre et de s’emparer de son arme de service… L’ado a fini par s’enfuir pour mieux revenir avec une barre de fer. Il a frappé à l’aide de celle-ci deux policiers, tout comme un autre individu, lui aussi armé d’une barre de fer, mais qui n’a pas été interpellé.

“En dix ans de Bac, ce policier n’a jamais connu une telle violence”

Le père a également cassé le doigt d’un troisième agent de la Bac volant au secours de ses collègues d’une “reprise de volée” dans la main. La curée sur les policiers, à trois contre trente, a duré un interminable quart d’heure avant que les renforts n’interviennent. Les blessures ont été sérieuses mais limitées (hématomes, oreille suturée, doigt cassé…).

“Le père, c’était une boule de nerfs”, explique une victime dont l’avocate rappelle “qu’en dix ans de Bac à Montpellier, ce policier n’a jamais connu un tel déferlement de haine et de violence”.

Le profil du prévenu détonne pourtant. Moussa A…, Soudanais, réfugié politique installé en France depuis trois ans avec sa femme et ses cinq enfants, n’avait jamais fait parler de lui. Dans le box, sa ligne de défense – la même que sa compagne – est maladroite. Aidés par un interprète, ils affirment ne pas avoir compris qu’il s’agissait de policiers. Alors que ces derniers, certes en civil, avaient arme et menottes à la ceinture, les brassards fluos orange “police” aux bras et qu’ils ont décliné leur identité à plusieurs reprises.

“J’ai voulu défendre mon fils”

“J’ai voulu défendre mon fils qui était à terre”, dit la mère, petite femme menue vêtue de noir et voilée. ”J’ai voulu les éloigner de mon fils mais j’ai pas tapé de policier… Si j’ai fait quelque chose, j’étais pas conscient”, s’embrouille le père. Avant de promettre au tribunal, au sujet de celui par qui tout est arrivé : “Mon fils est difficile, mais je ferai le nécessaire pour éduquer mes enfants comme il faut.” Ce qui ne l’a pas empêché d’écoper d’une peine d’exemplarité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Yanick Philipponnat, MidiLibre.fr, 1er septembre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Afrique du Sud] De l’esclavage à la grève sauvage

12’000 mineurs d’or embarqués dans une grève sauvage en Afrique du Sud

Quelque douze mille employés d’une mine d’or sud-africaine se sont mis en grève en raison d’affrontements syndicaux, a annoncé, vendredi 31 août, leur employeur, le groupe Gold Fields.

“Les employés de la section est de la mine d’or KDC, dans le West Rand [banlieue ouest de Johannesburg], en Afrique du Sud, ont entrepris une grève sauvage mercredi soir au moment de la prise de service de l’équipe de nuit”, a indiqué la compagnie dans un communiqué. “Sur la base de rapports informels des salariés, la grève semble principalement liée à des désaccords au sein des organisations syndicales, bien que nous ne puissions pas le confirmer”, a précisé le directeur pour l’Afrique du Sud, Peter Turner, cité dans le communiqué.

La compagnie a obtenu une interdiction de la grève en justice, a précisé Gold Fields.

Le groupe, coté à Johannesburg et à New York, produit 3,5 millions d’onces d’or par an, selon son site Internet. La société exploite huit mines en Australie, au Ghana, au Pérou et en Afrique du Sud.

Cette grève survient alors que l’actualité sud-africaine est dominée par le conflit de la mine de platine de Marikana (Nord), qui a fait quarante-quatre morts, dont trente-quatre personnes tuées par la police le 16 août.

Leur presse (LeMonde.fr, 31 août 2012)


South African mining unrest spreads to Gold Fields

World’s fourth biggest gold mine says quarter of its 46,000 workers walked out after violent protest at Lonmin platinum mine

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Workers protest at the Lonmin Marikana platinum mine

Unrest among South African miners has spread to the world’s fourth biggest gold mine.

Bullion miner Gold Fields said about a quarter of its 46,000 workers have walked out in the first strike to affect South Africa’s gold mining industry since violent protest shut down London-listed Lonmin’s platinum mine nearby three weeks ago.

Gold Fields, which is listed in Johannesburg, said 12,000 miners have been on a « unlawful and unprotected » strike at the KDC mine near Johannesburg since Wednesday.

The KDC mine produced 1.1m troy ounces of gold in the year ending December 2011. Gold Fields’ shares closed down 2.8%.

At Lonmin’s Marikana mine, just 5.7% of miners turned up for work on Friday, a day after South African prosecutors said they were charging 270 miners arrested during the so-called « Marikana massacre » with the murder of their 34 colleagues who were shot dead by police.

The murder charge – and associated charges for the attempted murder of 78 miners injured at the Marikana mine near Johannesburg – was brought under an obscure Roman-Dutch common law previously used by the apartheid government.

The move came as the men appeared in court charged with public violence over the clashes at the Lonmin platinum mine on 16 August when striking miners armed with clubs, machetes and at least one gun allegedly charged police, who opened fire.

Julius Malema, the former African National Congress Youth League leader, who has called for President Jacob Zuma to resign over the « massacre », told supporters of miners outside the courthouse that the charges were « madness ».

South Africa’s justice minister rebuked prosecutors for the move, saying the decision had caused « shock, panic and confusion » among the general public.

Mines minister Susan Shabangu acknowledged this week that the recent labour violence would impact potential investment into South Africa.

Leur presse (Rupert Neate, guardian.co.uk, 31 août 2012)

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[« Antiterrorisme »] Ne dites plus : « manifestation », dites : « tentative de hold-up »

Une manifestation qualifiée de tentative de hold-up

Dave Gorczynski, un activiste d’Occupy Easton, a participé à une action où des banderolles étaient tendues devant l’agence locale de la banque Wells Fargo. Sur ces banderolles, on lisait : « Vous êtes volés » et « Donnez à un homme une arme à feu, il peut voler une banque, donnez-lui une banque et il peut voler un pays. » Les activistes sont ensuite entré dans la banque, ce qui a amené un employé à activer l’alarme.

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La police est intervenue et a arrêté Dave Gorczynski. Jusque là, c’est la routine pour les « occupy » des États-Unis. Ce qui l’est moins, ce sont les charges retenues contre Dave Gorczynski : tentative de hold-up (Attempted Bank Robbery), menace terroriste (Terroristic Threatening) et atteinte à l’ordre public. Il a été demandé une caution de 10.000 $ pour une remise en liberté provisoire, somme récoltée par la solidarité.

Secours Rouge/APAPC, 13 août 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 52 – « En parlant de projectile un jour un moteur était tombé du 8e étage »

Partie 52

COMMENT POURRAIS-JE ÉCRIRE UNE CHRONIQUE SANS RENDRE HOMMAGE À MON QUARTIER « LES GRAGS ».

Les Grags en plein milieu de la cité du Val-Fourré dans le quartier des Écrivains existait une secte LOL un quartier dans le quartier, les Grags c’est là d’où je suis issu 80 % de Marocains « chleuhs », des vraies pinces wallah ils lâchent rien MDR, les autres 20 % on se les partageait entre les autres peuples de l’immigration, les rues puaient le zit zitoune « l’huile d’olive » j’y avais fait les quatre cents coups ce quartier était réputé d’abriter les cas sociaux les plus lourds, un hôpital psychiatrique à ciel ouvert, mais je m’y sentais bien, pour rien au monde j’aurais changé de quartier, j’y ai vu des dingueries, des tête-à-tête de daronnes en plein marché pour un kilo de tomates LOL.

Un jour on jouait au foot devant le hall le bus de darons de Renault arrive un de mes potes lance la balle mais sans faire exprès touche un daron oulala le père de famille lui a jeté ses clés en pleine tête, et l’a balafré à vie MDR le pire des pires c’était un daron mais c’était la famille mais wallah c’était un tireur d’élite de babouche il nous avait interdit de jouer devant sa fenêtre mais on ne pouvait pas résister à l’appel du ballon après les cours, le daron quand il nous voyait jouer il se mettait en planque dans le hall et dès que tu t’approchais il faisait un tête-à-tête avec toi, et pour ceux qui étaient vifs et échappaient au tête-à-tête il les assommait avec la babouche sur une distance de dix mètres environ LOL et si par malheur il attrapait la balle, à coups de cutter il la crevait il nous a crevé une centaine de ballons c’est grâce à lui qu’on est devenus de bons footballeurs, parce qu’à chaque fois qu’on jouait on risquait notre peau, ça nous forçait à être vigilants.

En parlant de projectile un jour un moteur était tombé du 8e étage, j’ai jamais compris comment stocker un moteur dans son balcon LOL ça ne pouvait qu’être une tentative de meurtre MDR ça ne pouvait qu’être volontaire mais on n’a jamais compris le pourquoi du comment, y avait trop d’ambiance dans ce quartier, les chasses à l’homme à plus de cent dans la cave on se cachait mieux que les rats, un jour on s’est mis à trois dans un frigo, dans une cave qui appartenait à quelqu’un, on était introuvables ;-).

ÇA ME TENAIT À CŒUR DE RENDRE HOMMAGE À TOUS LES HABITANTS DE CE QUARTIER DARONS DARONNES, L’ÉPICIER, LE BOULANGER TUNISIEN « AZRI », « TOP » LE TURC QUI NOUS A VENDU DU CHAT PENDANT DES ANNÉES AU GREC, À VOUS TOUS JE RENDS HOMMAGE.

LES GRAGS.

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Marche de nuit féministe à Lausanne

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Lausanne. Manifestation contre le machisme nocturne

Environ 200 femmes, selon les organisatrices, ont manifesté vendredi à Lausanne, entre 22 heures et minuit, pour fustiger les violences sexistes dont elles se sentent victimes la nuit.

La marche s’est déroulée sans heurt, mais les organisatrices déplorent tout de même qu’une des leurs ait été malmenée par la police.

Le but de ce rassemblement était « d’affirmer une présence féministe dans l’espace public », a précisé dans un communiqué le collectif lausannois « Nuits féministes », qui a lancé cette marche non annoncée au préalable. L’association a déploré « la drague lourde » ou « les sifflements » dont les femmes font, selon elles, l’objet le soir et la nuit à Lausanne, mais également dans l’ensemble du pays.

Elles s’insurgent en particulier contre « l’ambiance misogyne et nauséabonde (…) qui est le produit d’une société sexiste et patriarcale », déplorent-elles dans leur communiqué. La marche s’est terminée par une action théâtrale sur la place de l’Europe.

Seul bémol, selon les organisatrices, au terme de cette mobilisation, « une des manifestantes a été prise à partie par des policiers qui ont cherché, selon elles, à la maîtriser par la force ». La participante a finalement « été défendue par la solidarité des manifestantes », précise le communiqué.

La police conteste cette version des faits. Elle affirme avoir demandé à une des manifestantes de réduire le volume de son mégaphone, « dans un but préventif ». Au vu de la réaction des personnes présentes et « des insultes » lancées contre les agents, la police a fait « machine arrière », indique Tony Croisier, répondant presse. Aucune identification n’a eu lieu.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (ats/Newsnet, 1er septembre 2012)


Marche de nuit féministe

Vendredi 31 août à Lausanne
Rendez-vous à 22h à la Place de l’Europe
Reprenons la rue, reprenons la nuit !

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Insultées dans la rue, suivies, sifflées, reluquées et pelotées dans les transports publics, nous sommes considérées, jugées et jaugées comme des morceaux de viande pa les hommes. Ces violences au quotidien sont banalisées mais ne sont pas pour autant banales !

De plus, les mises en garde permanentes — Ne t’habille pas comme ça !, Ne rentre pas seule le soir !, Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation ! etc. — dictent nos comportements, limitent notre liberté de mouvement en alimentant la peur.

Si toi aussi tu supportes ces violences en baissant les yeux, en évitant certains lieux, en adaptant ton style vestimentaire, si parfois tu te dis que c’est de ta faute, si ça t’énerve et si tu en as marre…

Rejoins-nous ! Marchons pour ne plus nous faire marcher dessus !

Ces violences nous les subissons toutes. Les violences physiques, sexuelles, verbales ou psychologiques des hommes contre les filles, les femmes, les lesbiennes, les hétéras, les bisexuelles et les femmes trans frappent tous les milieux sociaux, toutes les cultures, tous les pays et toutes les religions, dans l’espace public et dans la sphère privée. Aujourd’hui encore, l’espace public reste majoritairement, voire exclusivement, le territoire des hommes, un espace où les femmes sont en permanence considérées comme disponibles sexuellement, harcelées, reluquées, victimes d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements. La rue fait peur, encore plus la nuit.

Réapproprions-nous l’espace public !

Parce que cette peur n’est pas « naturellement » féminine ; parce qu’elle est induite par des comportements et des mentalités sexistes ; parce que si on ne la dénonce pas, elle s’entretient et nous confine à la maison : nous décidons de marcher de nuit pour dénoncer cette discrimination et affirmer notre liberté dans la rue.

Agissons collectivement entre nous, femmes, contre ces violences, qu’elles se produisent dans l’espace public ou privé. Notre société patriarcale produit ces violences en reproduisant la domination masculine au travers de comportements individuels : agissons contre cette société !

Nous sommes libres de dire non! Liberté et autonomie pour toutes !

Nous refusons toute récupération des luttes féministes à des fins sécuritaires.

Collectif Nuits féministes, Lausanne

Pourquoi une marche non-mixte ?

Ne me libérez pas, je m’en charge ! La non-mixité revendiquée de cette marche permet de mettre en avant notre volonté de se réapproprier l’espace public sans l’aide de mecs, même solidaires.

Gauche anticapitaliste, 28 août 2012

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On aime le poulet grillé au Châtelet (Hauts de Rouen)

Rouen : voiture bélier contre le poste de police des Sapins

VIOLENCE. Une Twingo a été projetée contre la façade puis a été incendiée.

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La façade du bureau de police a été noircie

Regain de tension dans le quartier du Châtelet (Hauts de Rouen) ? Dans la nuit de jeudi à hier, à 0h20, une ou plusieurs personnes ont projeté contre la façade du bureau de police des Sapins une Twingo. Le véhicule a ensuite été incendié. Les flammes ont léché la façade mais les dégâts sont peu importants, l’intérieur du bureau de police ayant été préservé.

Il faut dire que ce même bureau de police a été la cible régulière des vandales depuis plusieurs années. Dernières affaires en date : le 17 février 2010 un scooter en feu subissait le même sort que la Twingo d’hier. Le 5 octobre de la même année, les vandales avaient accumulé des tombereaux d’ordures devant le bureau de police avant de les incendier. Mais c’est surtout en novembre 2008 et à l’automne 2005 que le traumatisme a été fort pour la douzaine de policiers de ce poste. En 2008, un incendie criminel ravageait l’intérieur du poste tandis qu’en 2005 une voiture bélier, pendant les émeutes, avait défoncé la porte du garage. Depuis, des bornes ont été installées devant les portes. Le bureau devrait rouvrir dans les prochains jours. Les usagers devront se reporter sur les postes de Bihorel et de Beauvoisine.

Cette attaque survient-elle dans un contexte particulier ? « On constate une baisse de la tension depuis deux ans », explique Christine Rimbaud, « mais une bande d’une quinzaine de personnes empêche les choses de se dérouler normalement et ils agissent en nous ciblant ou en ciblant la police nationale ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Paris-Normandie.fr, 1er septembre 2012)

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Cuisery anarchiste

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/01.jpgLes livres sont dans la rue
Village du livre en anarchie

Dimanche, à l’occasion du marché du livre de Cuisery [Saône-et-Loire], des amateurs seront peut-être surpris de trouver un roman daté de 1901, titré En anarchie et signé par Camille Pert, sous une magnifique couverture illustrée en couleurs représentant une femme en décolleté contemplant dans le lointain une ville en flammes. 1901… Des attentats dits anarchistes défrayent la chronique. Camille Pert, romancière de la fin du siècle, est le pseudonyme de Louise-Hortense Grille. Le personnage principal de ce roman est Ruth E., une femme peintre divorcée de mœurs très libres qui s’intéresse aux milieux populaires, choisissant ses modèles parmi la population (mâle) la plus défavorisée. C’est ainsi qu’elle se prend d’une toquade pour Émile Lavenir, fils de communards et anarchiste. Une fois éconduit, Lavenir commet un acte terroriste… Roman de mœurs et de société qui a le mérite d’aborder l’épineux sujet du terrorisme.

Marché du livre ce dimanche dans les rues de Cuisery de 9 à 19 heures. Accès libre.

Leur presse (lejsl.com, 1er septembre 2012)

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[Dijon détourné (7)] « Si y’a embrouille, y’a embrouille, on va pas fayoter, j’ai pas peur d’la police, j’sais comment les niquer ! »

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« Fucking CRS » – Dijon, 15 juillet 2012 – rue du Docteur Bertillon

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« Nique les porcs » – Rue Philippe Guignard

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« On aime pas la police » – Rue Philippe Guignard

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« À mort les porcs » – Rue Philippe Guignard

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« La chasse aux flics est ouverte ! À l’attaque ! » – Rue Ernest Petit

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« Si y’a embrouille, y’a embrouille, on va pas fayoter, j’ai pas peur d’la police, j’sais comment les niquer ! » – Rue d’Auxonne

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« Les flics ne méritent que des coups, en retour de ceux qu’ils donnent ! » – Rue Ernest Champeaux

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« La chasse aux flics est ouverte, à l’attaque ! » – Dijon, 16 juillet 2012 – place Wilson

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« Les flics n’ont aucun scrupule quand il s’agit de nous tabasser… Alors organisons-nous pour riposter ! Cessons de subir ! » – Rue Pasteur

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[Toulouse] Et même quand les keufs sont contre toi on reste vénèr’ et pas tranquilles !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/0.jpg« Ah non ! Pas un énième communiqué, ça va on en a assez entendu sur le crea ! » D’accord, le net et la presse abondent de fresh news sur cette agitation toulousaine ces derniers jours. On avait quand même envie de faire sortir quelques réactions et analyses, quelques ressentis et opinions. De là où on est, sans trop de prétentions. On ne souhaite pas représenter la voix de cette campagne de réquisitions, ni même une partie de celle-ci. On est juste quelques potes qui se bougent depuis un ptit temps sur cette lutte, pas forcément depuis le début, pas forcément de manière continue, et qu’ont envie de partager ces trucs là, provoquer des discussions partout là où des situations similaires se sont produites… En gros exprimer notre subjectivité radicale quoi !

Mardi 28 août au petit matin. Dispositif policier installé, une quarantaine de personnes se regroupe petit à petit au plus près du lieu. De là, on voit une partie du toit, où quatre personnes se sont déjà réfugiées pour compliquer l’expulsion. Quand les soutiens débarquent, les poulets sont déjà à l’intérieur. Le dispositif est conséquent, une grosse partie du quartier est bouclée et grouille de condés, les bus sont déroutés pour la journée, et un nombre hallucinant de corps de flics sont représentés. Des camions de CRS, des gendarmes, dont des Mobiles qui tiennent le périmètre, une brigade de montagne pour aller cueillir les camarades perchés, des stups (? ?), des spécialistes des cambriolages (? ??), la SDIG (anciennement Renseignements Généraux), des nationaux lambda, les BACeux, les pompiers (quand ils collaborent aussi fort, on appelle ça des kisdés aussi), et on en oublie sûrement…

Pendant deux heures environ, ça gueule, ça insulte les keufs, ça embrouille les ouvriers qui viennent murer, ça tape sur les palissades, ça chante sexion d’assaut, ça gueule contre la flicaille et les expulsions. Le petit nombre ne permet pas aux soutiens d’avoir une grosse marge de manœuvre pour saper un peu l’énergie des bleus. Puis les camarades sur leur toit sont rejoints par les decks spécialistes de la montagne. Au début, ça négocie, puis d’un coup ça devient tendu, on voit le premier occupant se faire interpeller, plaquer, et on entend ses cris quand il se prend cinq coups de taser successifs. Deux autres se font encore choper, « sans aucun souci pour leur sécurité » : personne n’est assuré sur le toit, et les keufs en question se privent pas d’avoir des mouvements brusques.

Alors en bas, la rage monte d’un coup, et les soutiens se regroupent sur le pont derrière eux, pour bloquer la circulation. Forcément, à trente sur un pont, ça tient pas long et les CRS tardent pas à se ramener pour débloquer la situation : aucune arrestation, mais ils se gênent pas pour taper dans le tas d’une manière désordonnée : coups de latte, de bouclier et de tonfas. Hématomes multiples et poignet cassé en conséquences. Échauffourée rapide, et le groupe des soutiens se retrouve vite coupé en deux ; le premier rejoint alors le centre-ville pour se disperser, en laissant quelques traces sur son passage (poubelles renversées, tags : « CREA expulsé bordel partout », « Inssurection »…). Mais la plupart des soutiens retournent devant le CREA et restent encore un moment pour voir le dernier occupant délogé. Lui ne sera pas arrêté, mais les trois autres, en plus de se prendre des coups pendant leur descente des escaliers, sont embarqués au poste fissa. Les trois sont accusés d’outrage et rébellion, ainsi que de refus de signalisation (empreintes et ADN), deux d’entre eux, ceux qui en ont bien sûr le plus pris plein la gueule sont aussi accusés de violences sur deux decks qui ont trouvé un médecin pour leur prescrire cinq jours d’ITT. Normal. Malgré la démonstration musclée et cette volonté de mettre le rapport de force en leur faveur, la rage ne retombe pas pendant le reste de la journée, et une dynamique spontanée de riposte s’installe.

Face à cette expulsion, on avait pas envie de s’indigner, de retourner tranquillement nous coucher, de déprimer toute la journée sur un canap’ en soufflant, comme d’hab. C’est viscéral, pas moyen que ça passe sous silence, on voulait mettre la zone, que tout le monde le sache ! On a commencé par se rejoindre dans l’hyper centre bourge de la ville (Jean Jaurès). Y’avait l’idée de bloquer plusieurs carrefours, alors on est restés une demi-heure à faire chier les automobilistes avec nos tracts et nos slogans, puis on est parti en direction d’Arnaud Bernard en cortège en bloquant la circulation, aucun keuf, il est midi, y’a un bouchon énorme qui nous suit, on est contentEs. On reste pas longtemps sur le deuxième rond point, en voyant la BAC arriver. Après ça, ça a continué à tracter toute l’aprem. Le soir même on se réunit à 200 pour parler de ce matin, embrasser les potes sortis du comico, se filer la patate pour la suite, proposer, échanger… Mais vu qu’on est pas assez rassasiés de bordel, on décide de partir en manif sauvage direct, on est un peu moins de 400’000, genre 50 mais on est déter’ ! On commence par s’arrêter à un concert de hippie sur Arnaud Bernard, on leur taxe le micro, ça lit le communiqué du jour, les gens sont attentifs et y’en a plusieurs qui nous rejoignent pour continuer notre parcours freestyle. Ça gueule « Créa expulsé, guerre sociale déclarée » ou encore « Ils expulsionnent, on réquisitionne », « PS, UMP, la guerre aux pauvres c’est toute l’année », on a la rage, on se lâche un peu comme on veut, on est là la nuit à empiéter sur leur territoire hostile de bourges, plein centre, les gens en terrasse de luxe hallucinent un peu on dirait. On est plutôt 70 maintenant et toujours pas de keufs. Ça tag tout le long, « Squat ta ville » ; « Ici c’est vide » ; « Mort aux bourgeois » ; « Nik la bac » ; « La France tu l’aimes ou tu la brûles » ; « Flic suicidé à moitié pardonné » ; « Mairie collabo » ; « Anarchie toupar », etc. On se marre bien quoi. Des DAB et leurs caméras sont aussi recouverts de peintures. Des motards keufs et une caisse commencent à nous suivre, ils ont le signalement de plusieurs personnes à choper, ça s’accélère, on cherche un endroit pour se disperser, on revient sur nos pas avec l’envie de pas ramener les porcs sur Arnaud Benz, ils passent déjà assez de temps à contrôler, arrêter, harceler les gens là-bas. On se disperse avant la place en courant avec les keufs derrière. La balade aura duré une bonne heure, personne ne s’est fait arrêter à part quelques contrôles avec fouilles. On s’endort avec les gyrophares qui tournent dans la ville. Et ça toute la night !

On décide le lendemain matin de mettre un peu d’agitation dans les locaux de la Dauberie Régionale des Creuvards Sociaux et de la Jeunesse Suicidée (DRJSCS), dépendance à lousetou du proprio. L’idée étant de les embêter un peu et d’obtenir un coup de tel au ministère depuis ce lieu VIP. Ça se balade dans tous les étages, on visite avec la même euphorie douce que lorsqu’on rentre la nuit dans un bat ou comme des gosses dans une fête foraine. Au bout d’une demi heure on arrive à savoir qui a la sale tache d’être au top de la hiérarchie et on décroche une réunion avec elle, où dix personnes sont autorisées à ouvrir leur bouche. Ça traînaille, la directrice adjointe nous balade, recoit des milliards de coup de fil. On saura plus tard qu’elle était en direct avec la pref’. Ggrrrr ! Pendant ce temps là les kisdés se ramènent, SDIG et commissaire divisionaire commencent à venir nous faire leur blabla et nous imposer de faire comme eux ils veulent. Rapidement ça devient un peu confus, des decks se massent de plus en plus à l’exterieur et nous on est de moins en moins à l’intérieur. On se donne la pêche en scandant des slogans à la hauteur du sérieux de cette journée : « des pizzas, du tofu et plus d’État du tout », « des chatons des minous et plus d’État du tout » ou encore « Non aux expulsions ».

Au final, des coups, des crânes ouverts, une personne embarquée sur l’instant et nous de se disperser un peu maladroitement dans les abords de cet immeuble immonde. Quelques minutes plus tard, c’est des BACeux qui interpellent un des participantEs sur la route, télescopique à la main, ils nous ordonnent de rester au loin et de ne surtout pas désarrêter. Dans un autre coin, toujours au même moment, c’est trois clowns partis vers la pref’ qui se verront interpellés et embarqués pour quelques heures au frais sous les néons.

On garde un goût amer de cette matinée et comme une piqûre de rappel. Nous rappeller que ces interlocuteurs, les institutions, nous la mettront toujours à l’envers, sous de belles paroles galvaudées. Que quand bien même on met les formes, on se place sur leur terrain, on utilise leurs codes, on se fait bouffer parce que c’est comme ça qu’ils ont appris à se relationner avec nous. Parce que c’est nos ennemis point barre ! Pendant toute la durée du bras de fer institutionel biaisé pré-expulsion, on a tenté, de diverses façons de leur foutre la pression, d’obtenir des réponses et des engagements. Toute cette énergie ne nous a rapporté que de la fatigue, de la haine et de l’expérience en girouettomanie. Goût amer aussi de se rendre compte une fois de plus des tactiques policières de vouloir taper sur les têtes qui dépassent un tant soit peu, de tenter, encore, de nous faire peur. La veille, au point de sortir les täsers sur le toit. Ce jour, en usant de la matraque à tout-va. Les kisdés avaient en vue des têtes bien précises (dont celles du soir précédent), et ont voulu coûte que coûte embarquer et calmer. On sent que la pref’ perçoit un rapport de force s’installer, et nous aussi, et elle tentera par tous les moyens de maintenir sa position toute puissante. Mais blessures, expulsions, hématomes et poursuites judiciaires ne sont que plus de prétextes pour tout niquer, elle et ses potes n’ont pas fini d’en baver.

Ces actions immédiates et collectives montrent non seulement de nombreuses volontés de réponses face à l’expulsion du CREA, mais surtout sont révélatrices des dynamiques que le bâtiment abritait : activités diverses, cours d’alphabétisation, mouvement de réquisitions, organisations de rencontres et de festivals, campagne zéro personnes à la rue, soirées de soutien, etc. L’expulsion du CREA dépasse alors le simple fait qu’une quarantaine de personnes se retrouvent sans logement, elle marque aussi la fin d’un lieu autonome et autogestionnaire et où s’échangeaient des pratiques et des savoirs. Le fait qu’autant de personnes se sentent concernées et décident d’agir ensemble montre qu’en 16 mois le CREA a permis la mise en place d’un socle commun offensif entre de nombreuses personnes venant de nombreux horizons. Et c’est pour ça que l’État et ses chiens de garde ont décidé de l’expulser : ne pas laisser les indésirables, qu’illes soient pauvres, sans papiers, militantEs ou marginaux, s’organiser entre elleux, sans son intervention, ne pas laisser un rapport de force s’installer. Malgré tout, il semble, en vue des réactions immédiates et nombreuses, que ce socle existe bien, et qu’il est parti pour durer. Alors quoi, c’est bien d’écrire des communiqués de soutien (dédicace à EELV, qui réussissent à mimer la colère bien calés au ministère), de s’indigner, de revendiquer. On trouverait quand même plus intéressant que chacunE puise dans ces événements la force de mener des actions collectives enragées, directes là où ille lutte, et que cette rage qu’on peine à contenir chaque jour explose sous plein de formes, partout, pour les faire trembler et s’essayer à respirer.

Tout pour toutes, pouvoir aux peuples, nique les dogmes.

Indymedia Paris, 1er septembre 2012

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[Saint-Imier 2012] Internazionale, instant comix dell’incontro internazionale anarchico

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L’Anarchico

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[Strasbourg] Soirée de soutien Legal Team le 6 septembre 2012 : concerts et repas prix libre au Molodoï !

Répression à Reims, solidarité partout !

Soirée de soutien le 6 septembre 2012 au Molodoï !
avec : PHPC, Les Wassersky, Utopia?, Monkey Punch, Neuveu Boubou

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Lors du mouvement contre la réforme des retraites, la répression a frappé plusieurs individu-e-s, ici et ailleurs, et l’État continue à exercer sa pression au travers des procès menés contre ces personnes. À Reims, suite au blocage de divers lycées, fut menée une semaine de manifestations sauvages qui rassemblèrent plus de 5000 personnes. C’est après avoir quitté l’un de ces rassemblements qu’Antonin fut interpelé et arrêté. Si durant cette période, les contrôles d’identité ont été principalement ciblés sur des personnes jeunes, pour Antonin, c’est son activité au sein des mouvements politiques qui prime ce jour-là. À l’issue de sa garde à vue, il sera jugé pour détention d’arme de 6e catégorie (un lance-pierre artisanal) et détention de matériaux inflammables avec intention de s’en servir (25cl de pétrole désaromatisé – un combustible pour les lampes à pétrole mais aussi pour le jonglage (avec les bolas) – et une canette ramassée par les chiens de garde dans une poubelle lors de son interpellation dans la rue afin de simuler la volonté de réaliser un cocktail incendiaire. En plus de cela, le lieu où s’est déroulée l’arrestation diffère selon les parties : pour l’accusation, elle est située sur le trajet de la manifestation ; pour Antonin, elle se déroule en marge, à plus de 300 mètres et à l’opposé du rassemblement. En première instance, après un refus de comparution immédiate, Antonin a été condamné à 3 mois de sursis avec 3 ans de mise à l’épreuve (durant cette période, aucun délit ne doit être commis, sinon, c’est 3 mois de taule garantis), 400€ d’amende pour refus de fichage ADN et un stage de citoyenneté… Il a fait appel de ce jugement et un nouveau procès en appel aurait du avoir lieu le 4 avril 2012 à Reims. Il a en fait été repoussé en septembre. Les frais de procédure sont comme toujours conséquents et sont une surenchère à la répression menée contre les individu-e-s.

Pour soutenir Antonin et aider à payer ces frais, nous organisons un concert de soutien, le 6 septembre au Molodoï (19 rue du ban de la Roche à Strasbourg).

La solidarité est une arme !

La Legal Team de Strasbourg, 31 août 2012

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[Toulouse] Expulsion du CREA (2)

À Toulouse, le 70, allée des Demoiselles est redevenu un bâtiment comme les autres

Il est des lieux, occupés ou non, qui portent en eux quelque chose de spécial et où flotte un esprit particulier, à la fois radical et ouvert. Le 70, allée des Demoiselles, bâtiment toulousain réquisitionné par le Crea en avril 2011 pour y loger des familles dans la débine, était de ceux-là. L’endroit a tenu plus d’un an avant d’être expulsé hier matin. Tristesse.

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Peinture murale photographiée dans l’enceinte du CREA, by Manu X

C’est un joli texte que les amis Cécile, Mathieu et Brousse nous avait envoyé il y a huit mois, pour publication dans la version papier [Le texte a été publié dans le numéro 8, puis mis en ligne sur le site. Il est à lire ou à relire ici.]. Il était titré « Enfoncer les portes ouvertes », et revenait sur la belle histoire du 70, allée des Demoiselles, ce bâtiment toulousain occupé depuis avril 2011 par le Crea (Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion) pour y loger une quarantaine de personnes. De l’esprit flottant sur l’immeuble phare de la campagne « Zéro enfant à la rue » [Laquelle s’accompagne d’une chouette dynamique d’ouverture de lieux dans toute la ville destinée à se substituer aux flagrantes insuffisances des officielles structures d’hébergement d’urgence.], les trois auteurs dressaient un enthousiasmant tableau. Sensible. Et touchant. Presque trop : certains d’entre nous, cyniques parisiens revenus de tout (je ne m’exclus pas du lot), s’étaient alors demandé s’ils n’en faisaient pas un peu too much. Si les auteurs n’étaient pas trop proches du Crea pour en dresser un tableau autre que dithyrambique. Si le texte, tout joliment troussé qu’il fût, ne relevait pas davantage de la militance subjective que de la description objective. Bref, on était bêtement un brin sceptique. Des enfants qui jouent partout ? Des activistes ouverts, efficaces et résolus ? Une trame politique solide et convaincante ? Des familles relogées qui ne servent pas (aussi) de faire-valoir aux militants ? Des autorités à la rue et des flics à la traîne ? Allons, ce ne pouvait être aussi bien que ça… Ne nous prenez pas pour des buses, les enfants… Le texte, on l’aimait, vraiment, mais on se disait aussi en coin : hagiographie toto.

Et puis… Un ou deux mois plus tard, à l’initiative des trois auteurs du texte et d’autres camarades toulousains [Gens qu’on ne remerciera jamais assez pour leur accueil, leur gentillesse et leur hospitalité. Encore merci, by the way.], on est descendu en nombre à Toulouse. Pour parler du canard. Pour faire la fête avec les amis. Et aussi pour voir ce qu’il en était, naturelle curiosité pour l’élan collectif initié par le Crea. Et là… la claque ! Cécile, Brousse et Mathieu n’avaient rien exagéré ni embelli, façon joli conte de fée du squat, carte postale totoïde. Ils avaient juste décrit ce qui était — un bâtiment utilisé au mieux, une vraie ouverture, des occupants décidés et accueillants, un corpus politique affirmé en filigrane sans pour autant (comme cela arrive trop souvent dans la mouvance dite radicale) tourner à la pose excluante et méprisante, des enfants partout et à leur place, une autogestion qui ne soit pas que de façade, un lieu tournant sans thunes ni subventions, un vrai élan collectif… bref, un squat vivant pleinement et tournant joliment, vrai exemple de ce qu’il faudrait faire. Un lieu un peu magique, même. Et nous, gens parfois trop sceptiques et cyniques, on s’est senti un peu cons.

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Dans l’enceinte du CREA, photographie de Manu X

De ces deux jours passés au Crea, on garde un souvenir enthousiaste. Parce qu’on y a mangé — comme des rois — et pas mal bu ; fait de chouettes rencontres ; retrouvé les copains de CQFD et de Z ; et même écouté du rap. Mais surtout parce qu’on a regardé, écouté et appris, au gré des débats et discussions. Qu’on a découvert une belle mécanique, assez bien réglée et alimentée pour tenir les forces de l’ordre en échec, avoir toujours un coup d’avance sur les autorités, multiplier les ouvertures de lieux dans toute la ville. Et constaté qu’il n’y avait pas de fatalité à la tristesse de l’entre-soi militant et de l’auto-proclamée posture radicalo-révolutionnaire. Ce que résumait l’un des membres du Crea au cours de l’un des débats (compte-rendu ici) :

« Au début, notre collectif s’appuyait sur des bases communes un peu anar, libertaires. Et nous adoptions souvent des postures qui ne veulent rien dire dans la réalité. Par exemple : ne jamais parler aux médias bourgeois ! Ou bien : les travailleurs sociaux sont forcément des socio-flics ! Mais ça ne tient pas dans la réalité. Notamment parce que nous passons notre temps à être confrontés à des gens différents : des travailleurs sociaux, des militants de l’autogestion, etc.

Ici, au CREA, il y a une forme d’autogestion qui s’est mise en place avec les grands précaires. Ce n’est pas un modèle d’organisation libertaire, mais c’est un début… En gros ils se mandatent, se donnent des taches particulières. Par exemple, si Bernard est nommé chef de la cuisine, plus personne ne peut rentrer dans la cuisine… Mais tout le monde est d’accord parce que Bernard fait bien à bouffer. Ils le gèrent, ce bâtiment.

Il faut assumer des contradictions pour faire des trucs ensemble. Forcément, on sort un peu de nos préjugés quand on a le nez dans le concret. »

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Une partie du bâtiment du CREA, photo Manu X

Las. Hier matin, le 70, allée des Demoiselles a été expulsé. Flics, tasers et tout le toutim — un récit de l’expulsion est notamment à lire ici — à la demande du ministère du Logement et des Solidarités sociales, propriétaire des lieux prêt à tout pour les récupérer, jusqu’à prétendre vouloir faire de l’endroit un centre d’aide aux précaires. Les occupants ne se sont pas laissés faire, bien sûr, et certains ont joliment compliqué la tâche des uniformes. Dans l’après-midi, ils ont remis ça, quelques-uns réussissant à investir la direction régionale de la cohésion sociale à Toulouse, d’autres tâtant de la matraque avant d’être embarqués par les flics. Quant à celles et ceux qui animaient des cours et des activités dans le bâtiment, ils ont publié une belle lettre ouverte pour souligner que « l’expulsion ne mettra pas fin à tout ce qui a émergé dans ce lieu ». Surtout, tous se sont joliment débrouillés pour trouver un endroit où loger les quarante familles qui habitaient le bâtiment. Efficacité, encore.

Nul doute que le bel élan du Crea ne va pas mourir ainsi — motivés ils sont, motivés ils restent. Nul doute aussi que les Toulousains dénicheront d’autres bâtiments où flottera le même bel esprit. Mais en attendant, il faut avoir une pensée émue pour le 70, allée des Demoiselles. Parce qu’il se passait là quelque chose de beau et d’important.

Pour épitaphe, quelques mots des occupants, publié sur leur site alors que résonnait « le bruit des bottes » : «  Le 70 allée des Demoiselles, c’était un vrai lieu de vie, un centre social autogéré avec des activités, des ateliers, une piscine, un lieu de rencontres, de concerts, un lieu d’organisation, de solidarité et d’entraide. Dans cet espace libéré, on s’amusait, on se cultivait, bref on vivait bien sans que ça coûte walou à personne. Sauf que lorsque l’autogestion fonctionne et coûte que dalle, pour le grand capital, c’est mal ! Et ses ardents défenseurs, les pouvoirs publics, sortent l’artillerie lourde pour nous dégager. » Le bâtiment a été repris ; mais heureusement, l’histoire continue.

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Le Charançon Libéré – Article 11, 30 août 2012


Retour sur un an de vie et de luttes au CREA : une émission de « Comme à la radio » réalisée en juin dernier avec des habitantes du 70 allées des Demoiselles à Toulouse.

Le 28 août au matin, le centre social autogéré du 70 allées des Demoiselles à Toulouse a été expulsé. Entretien réalisé le 30 août avec deux membres du CREA.

Sons en luttes, 30 août 2012

 

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Toulouse/Paris : radicalisme de la misère, misère du radicalisme

Ils s’envoient des communiqués de soutien mutuels, ils font chauffer le fax en direction de l’AFP, des ministères ou de la préfecture, ils reçoivent l’appui d’une partie de la gauche gouvernementale (Verts) ou des syndicats (Sud, CGT, CNT) et s’en vantent, ils envahissent les sites alternatifs depuis quelques mois, mais que veulent les occupants (et leurs amis) du CREA à Toulouse et du 260 à Paris ?

Ils veulent NÉ-GO-CIER, et ne cessent de le brailler à tous vents. Et pour cela, ils sont même prêts, audace suprême, à jouer avec les frontières de la loi en occupant illégalement des lieux. Seulement, et cela même les cogestionnaires de la force de travail l’ont appris (eux qui au besoin savent où placer des bonbonnes de gaz et provoquer quelque confrontation musclée), il ne suffit plus de gueuler ou de se promener avec des banderoles dans la rue pour que les puissants entament une négociation réelle. Alors qu’est-ce qu’on peut faire, à part se plaindre en prenant tout le monde à témoin ? « L’État prend nos délégués pour des responsables quand il envoie la police », « le ministère tient pas ses promesses », « on se ruine en téléphone et on ne récolte que des CRS » ? Combien de leçons de démocratie réelle faudra-t-il pour que ces partisans du pragmatisme collectiviste trouvent la tactique gagnante sans enfourcher les chevaux de la violence ? Question à mille points qui ne trouvera de réponse que sur le dos d’une partie de leurs mandatés, les indisciplinés de leurs listes de demandeurs d’HLM, les insoumis à la discipline des travailleurs sociaux autogérés.

Comme on pouvait dire cyniquement qu’un des pires produits du fascisme était l’anti-fascisme, on pourrait dire au vu des extraits qui suivent, qu’un des pires produits de la misère est la misère du radicalisme. Faire du syndicalisme de base sans même créer de rapport de force n’a jamais rien produit, mais surtout, penser réussir une négociation avec l’État sans rien offrir en contrepartie, sinon de la pacification sociale, relève sinon de la naïveté, en tout cas de l’illusion démocrate. Une chose est de se battre pour bien plus que des cages à poules ou des centres (même sociaux) et que l’État fasse des concessions, une autre est de collaborer avec lui. Quant au dialogue, il n’est possible qu’entre égaux, c’est-à-dire en situation de liberté (sans le chantage de la matraque) et de réciprocité (sans médiation). Dans une perspective révolutionnaire, le seul langage qui tienne avec l’État est celui de la confrontation…

Enfin, au-delà du recyclage des vieux fonds de marmite (Des logements sociaux ! Le pouvoir au peuple !), à quoi bon tous ces rendez-vous pour demander son dû à not’ bon maître ? Face au vide relatif laissé par les structures de médiation traditionnelles, il semble que les apprentis-bureaucrates se bousculent de plus en plus au portillon, et qu’ils peuvent affluer de tous les milieux. Cela tombe bien, face à l’incertitude liée aux restructurations en cours et aux possibilités d’explosions sociales toujours plus incontrôlables, le pouvoir a toujours besoin d’interlocuteurs pour négocier quelques miettes, même s’il n’est plus disposé à les lâcher aussi facilement qu’avant. À l’heure où toujours plus de monde se rend compte bon gré mal gré qu’on n’aura que ce qu’on arrachera, et où les illégalismes se font toujours plus diffus, il est plus que temps d’approfondir l’antagonisme social qui se creuse entre le vieux monde de la cogestion et de l’aménagement négocié de la survie et tous ceux qui ont tout à prendre, et beaucoup à détruire.

Face à tous les pouvoirs et à ses faux critiques, action directe sans médiation !

Brèves du désordre, 31 août 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 51 – « Arrivés à la hauteur des videurs je descends et sors de mon coffre un fusil à pompe que j’ai fait cracher sur l’entrée de la boîte »

Partie 51

C’est déjà la 51e partie sur ma vie 100 % réalité, réalisé sans trucage par moi-même dans ma toute petite cellule, ça me paraît irréel, vous faire partager mon expérience malgré toutes mes épreuves j’étais comme une éponge j’absorbais la dureté de la vie je récapitulerai et je ferai mes comptes plus tard, je ferai le tri de qui était là, qui a fait quoi, je me séparerai des mauvaises herbes, trop de mecs pour qui j’ai bougé m’ont mis la messagerie quand j’avais besoin d’eux, je serrais les dents, les gens que j’avais négligés sous-estimés m’avaient ouvert leur porte quand j’avais un genou à terre, m’ont relevé m’ont redonné confiance en moi, UN MESSAGE À TOUS LES AMIS QUI POUSSENT QU’UNE FOIS QU’IL FAIT BEAU DANS TA VIE ET SE SAUVENT QUAND VIENT L’ORAGE, JE NE SUIS PAS DUPE DE VOTRE MANÈGE ON RÉGLERA ÇA PLUS TARD, pourtant Delphine m’avait mis en garde sur certains avec qui je causais elle me disait : « Lui je le sens pas », le temps lui a donné raison, beaucoup braquaient pour la frime, les meufs et la reconnaissance.

J’oublierai jamais d’où je viens quoi qu’il se passe dans ma vie je serai marqué à jamais par Mantes-la-Jolie, des années à trimer dans les rues du Val-Fourré, je remercierai jamais assez tous ces gens que j’ai connus ou [qui m’ont] accepté sans me juger, qui m’ont accepté comme j’étais, quoi qu’il arrive on revient toujours entre les tours qui nous ont vu grandir, Mantes-la-Jolie je te resterai fidèle même si je pose mes bagages dans une autre ville, je sais que c’est toi qui m’a tout apporté.

La première fois que Delphine est venue à Mantes, je lui ai fait visiter la jungle du Val-Fourré, ma bourgeoise se croyait dans un film, c’était Marie-Antoinette chez les Sarrasins, je l’ai amenée partout, on a même fait une escale au CGR « cinéma Mantes-la-Jolie », le même soir on décide d’aller en boîte de nuit, nous étions deux couples plus un ami, j’étais pas très chaud pour aller en boîte mais pour ma blonde j’ai accepté, je savais que je risquerais sûrement de casser une bouteille sur la tête d’une crapule qui ne respecterait pas nos invités, on arrive en Golf 4, une boîte 6 c’était le top à l’époque, on s’impose dans le parking VIP, on gare la voiture puis on commence à faire la queue, mon pote décide de retourner à la voiture chercher des clopes qu’il avait oubliées, le videur l’interpelle et lui dit que c’était interdit de retourner dans le parking une fois qu’on était descendu de voiture, mon pote l’a même pas regardé et a fait ce qu’il avait à faire, une fois de retour un vieux clando nous avait placés à l’entrée de la boîte pour empêcher l’accès aux cailleras enragés qui étaient venus brûler la piste de danse, le physio dit à mon pote : « Tu peux rentrer chez toi tu ne rentreras pas dans la boîte », j’ai regardé le videur, je lui ai dit : « Écoute laisse-le rentrer et tout ira bien pour tout le monde », le clando était pris pour le maire de la boîte et a refusé l’accès à mon ami, du coup on a refusé de rentrer par solidarité on récupère le véhicule puis arrivés à la hauteur des videurs je descends et sors de mon coffre un fusil à pompe que j’ai fait cracher sur l’entrée de la boîte, le clando a pris la fuite et tous ceux qui faisaient la queue sont rentrés gratuitement, ils s’étaient tous réfugiés sur la piste de danse puis on démarre en trombe des barres de rire dans la voiture sauf pour Delphine qui était traumatisée, elle n’avait pas dit un mot on dirait qu’elle avait vu la Vierge alors que pour nous c’était la routine sortir les armes, c’est ce jour-là qu’elle a pris conscience que son homme était niqué de la tête, pour un simple recalage de boîte ça tirait sans hésiter mais au moins elle était avertie elle savait où elle mettait les pieds, les opposés s’attirent. SI SI EN MODE NOSTALGIE J’ASSUME MON PASSÉ ET MES SOUVENIRS LEUR DONNENT DU CHARME.

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[Sinazongwe, Zambie] De l’esclavage au watrinage

Des mineurs tuent un manager chinois

L’incident s’est produit lors d’un conflit sur les salaires dans une mine de charbon à Sinazongwe, à 235 km au sud de Lusaka en Zambie. Selon la police locale, Wu Shengzai a été tué par un chariot lancé sur lui par des mineurs, alors qu’il tentait de se réfugier dans la mine.

Il est mort sur le coup. L’un de ses collègues, blessé, aussi un Chinois, a été hospitalisé.

Plusieurs zambiens sont également blessés.

Samedi les mineurs se sont révoltés pour protester contre le retard pris par la société Collum Coal, contrôlée par des intérêts chinois à aligner leurs paies sur le nouveau salaire minimum, passé à 220 dollars par mois.

Le ministre du Travail, Fackson Shamenda, s’est rendu sur place pour diligenter l’enquête.

“Qu’il y ait eu mort d’homme est regrettable”, a-t-il déclaré, ajoutant : “je ne comprends pas pourquoi il y a toujours de la tension entre les investisseurs chinois et les travailleurs à Collum”.

En 2010 deux manageurs chinois avaient été inculpés de tentative de meurtre pour avoir tiré sur des mineurs en grève, faisant onze blessés.

Plusieurs mines de la Zambie, notamment de charbon et de cuivre, sont contrôlés par des capitaux chinois.

Le total des investissements chinois en Zambie s’élevait à plus d’un milliard de dollars en 2010.

Leur presse (BBC.co.uk, 5 août 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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Saint-Mihiel (Meuse) : sabotage anti-nucléaire ?

Le sabotage d’un barrage de la Meuse vide 40.000 m³ d’eau et provoque une vague de 2 mètres

Trois portes d’un barrage de régulation de la Meuse ont été sabotées mardi soir, à Saint-Mihiel. 40.000 m³ d’eau se sont vidés, laissant deux bateaux de plaisance sur le flanc et faisant une vague de deux mètres de haut.

Le tsunami n’a bousculé que quelques canards et importuné plaisanciers et baigneurs, mais c’est bel et bien un sabotage sur un barrage de régulation de la Meuse à Saint-Mihiel, dans le département de la Meuse, qui a vidé soudain 40.000 m³ d’eau mardi soir.

Le ou les saboteurs ont dévissé les flexibles d’huile des énormes vérins hydrauliques qui commandent deux des trois portes du barrage. Un bief de 6 km de long a été entièrement vidé, laissant deux bateaux de plaisance sur le flanc et une vague de 2m de haut sur plusieurs centaines de mètres en aval. Sur l’un des bateaux le propriétaire hollandais a refusé de quitter le navire posé à 45° sur le fond de la rivière toute une nuit.

Le barrage a été réparé et l’eau est revenue à son niveau habituel, mais les gendarmes enquêtent sur cet acte de malveillance. La Meuse est surveillée car ses eaux en aval servent notamment au refroidissement de la centrale nucléaire de Chooz dans les Ardennes, qui doit être arrêtée dès que le débit n’est pas assez important.

Un blog quelconque :
Il y a sept barrages en Meuse et vingt-et-un dans les Ardennes, le vidage de celui de MontMeuse n’a pas eu d’influence directe sur le reste du réseau car la centrale nucléaire utilise plusieurs bassins. Le débit de refroidissement du réacteur nucléaire n’a pas atteint sa cote d’alerte se stabilisant autour de 30 m³ par seconde prévient la direction du site sensible.

Leur presse (RTL.be, 24 août 2012) via les Brèves du désordre, 30 août 2012

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[Nos médias] Émission radio spéciale « Luttes à la prison de Roanne, et ailleurs »

Y A PAS QU’À LA PLAGE QUE ÇA CHAUFFE !!

Émission radio « Papillon »
Spéciale Luttes à la prison de Roanne et luttes contre toutes les prisons

Dimanche12 août 2012 – Rediffusée le 26 août
17h30 – 19h
sur Radio Dio 89.5 FM à st-étienne
et aussi en direct sur www.radiodio.org

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Cette émission est téléchargeable ou écoutable en ligne ici :
http://emissionsradio.rebellyon.info/papillon/Papillon_2012-08-12.mp3
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Depuis plusieurs mois, des prisonniers du centre de détention de Roanne (42) font sortir de derrière les murs des infos, témoignages, revendications et appels à la lutte, qui ont été relayés, entre autres, par l’émission radio Papillon, et par le site internet Le Numéro Zéro.

Le 4 juillet, quatre détenus refusent de remonter de promenade pour protester notamment contre la récente modification des horaires, qui chamboule et restreint l’accès à la promenade. Sans aucune discussion, des surveillants sur-armés les chargent et ils sont placés au mitard. Des détenus filment clandestinement cette scène et diffusent largement la vidéo sur internet.
Les jours suivants, c’est chaud dans la prison, les surveillants et la direction réagissent, les détenus ne se laissent pas faire…
Quelques actes de solidarité ont lieu à l’extérieur.

Dans d’autres prisons aussi, les prisonniers prennent la parole, revendiquent, luttent. Il est rare et précieux que leurs paroles et appels à la lutte puissent sortir.

Depuis l’extérieur des prisons, des gens et groupes soutiennent des prisonniers, relaient et réagissent à ces luttes, ou se bougent contre la prison de manière plus générale…

C’est sur tout cela que nous proposons de revenir dans cette émission spéciale.

L’objectif est d’informer sur ce qui s’est passé à Roanne, et ailleurs, mais aussi de discuter du pourquoi et du comment des luttes contre la prison.
Nous espérons que cette émission pourra être écoutée ailleurs, que les messages des prisonniers et leurs appels à la lutte seront entendus.
N’hésitez pas à diffuser cette émission sur vos radios locales, et à en informer les prisonniers qui pourraient l’écouter, et toutes personnes intéressées.

Pour contacter le collectif Papillon :
Papillon chez CSA
16 rue du mont
42100 st-étienne

P.-S. : pas mal d’infos sur lenumerozero.lautre.net

Mailing, 31 août 2012

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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (3)

Amiens Nord. Des policiers pris à partie par quinze individus rue Fafet

L’épisode montre combien le calme reste relatif à Amiens-Nord. Mercredi en milieu d’après-midi, un équipage de la police nationale a été confronté vers 16h30 à un groupe cherchant clairement l’affrontement.

Les policiers ont essuyé des projectiles et des tirs de mortiers de feux d’artifice. Ils se sont dégagés en ripostant au flash-ball et en lançant des lacrymogènes. Le calme est revenu après une demi-heure d’affrontements.

On est très loin de l’intensité de la nuit du 13 au 14 août. Mais ce qui s’est passé hier montre une nouvelle fois la défiance opposée aux forces de l’ordre.

L’incident qui a éclaté s’est noué alors que les policiers menaient un contrôle. Ils avaient été appelés par un riverain de la rue Fafet. Celui-ci avait pris peur en apercevant deux jeunes manipulant un fusil, à côté d’une voiture.

Pour la police, ce type d’appel est doublement important. D’une part pour le danger potentiel. Et d’autre part parce qu’une enquête est toujours en cours après les tirs au fusil qui ont blessé des policiers.

Mercredi, l’arme en question s’est révélée factice. Son propriétaire a fait l’objet d’un rappel à la loi. Il est interdit d’exhiber une fausse arme.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Courrier-Picard.fr, 30 août 2012)


Amiens : des policiers pris à partie

Des heurts sont survenus mercredi après-midi dans les quartiers nord d’Amiens entre des jeunes et un groupe de policiers appelés pour une intervention.

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Alors que des incidents avaient enflammé Amiens-Nord, le 14 août dernier, à l’instar de cette carcasse de véhicule incendié, un groupe de policiers a été pris à partie lors d’une intervention, mercredi.

Les policiers s’étaient rendus mercredi après-midi dans les quartiers nord d’Amiens après l’appel d’un riverain qui avait « aperçu deux jeunes exhiber un fusil à proximité d’un véhicule léger à l’arrêt ». Finalement, l’arme « s’avère factice », rapporte la préfecture de la Somme mais deux mineurs sont contrôlés, ce qui ne manque d’échauffer les esprits.

« Pas un incident extraordinaire »

Selon la préfecture, les policiers « sont pris à partie » par une quinzaine de personnes, qui ont tiré des feux d’artifice, sans faire de blessé. « Des projectiles venant des toits de trois bâtiments » sont essuyés par le groupe. Les forces de l’ordre « ont alors fait usage de moyens de défense collective (flashball, lacrymogènes) pour s’extraire de la situation, mettant en fuite les auteurs des violences », a précisé la préfecture.

Les deux mineurs interpellés ont été emmenés au commissariat où ils ont été soumis à un rappel à la loi. « Ce n’est pas un incident extraordinaire », mais « une intervention comme il y en a eu beaucoup dans les quartiers nord avant les violences d’il y a deux semaines », a indiqué cette même source. Les quartiers nords s’étaient embrasés dans la nuit du 13 au 14 août, de violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ayant lieu, faisant dix-sept blessés parmi les policiers et des millions d’euros de dégâts.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 31 août 2012)


La difficile traque des émeutiers

Dix jours après la nuit d’émeute, la police cherche toujours à identifier les auteurs des violences, plusieurs dizaines d’individus. « C’est un travail difficile. Vu le contexte, il était quasiment impossible de procéder à des interpellations en flagrant délit sans mettre en danger la vie des policiers », semble regretter un commissaire.

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AMIENS (SOMME), MERCREDI [22 août 2012]. Les forces de l’ordre sont à la recherche de tous les éléments qui leur permettraient d’identifier les émeutiers.

Du coup, l’enquête judiciaire doit composer avec peu d’éléments probants. « Les habitants préfèrent passer à autre chose que de témoigner. Pourtant, il y en a qui savent, c’est sûr », poursuit-il.

Les habitants confrontés directement au déchaînement de violence n’ont pas oublié. « Depuis, mon fils ne dort plus, il est traumatisé, soupire une mère de famille qui souhaite garder l’anonymat. Le lundi soir, vers 22 heures, quand j’ai compris que ça allait vraiment mal tourner, je suis allée déplacer ma voiture. Il a fallu enjamber des tas de choses dans les halls d’immeubles. Puis les gamins ont carrément jeté des bombes lacrymogènes dans les couloirs pour qu’on ne sorte pas. » Lorsqu’elle et sa voisine ont vu des hommes armés pénétrer dans leur tour de la cité Balzac, elles ont d’abord pensé qu’il s’agissait de policiers. En fait, ce sont les émeutiers qui s’installaient au 11e étage, dans des appartements vides, pour tirer sur les forces de l’ordre.

Les réseaux sociaux aussi sont sous surveillance

Si quelques jeunes ont été interpellés pour des violences ou des feux de poubelles en marge des affrontements de la nuit, les meneurs, eux, courent toujours. « C’est un travail de fond, note une source judiciaire. Dans ce quartier, les accrochages sont réguliers entre les jeunes et les forces de l’ordre. Il existe donc une documentation fournie sur les fauteurs de troubles habituels. Mais il faut rassembler des preuves, et ça, c’est autre chose. Pour déterminer exactement qui a lancé tel projectile ou qui a appuyé sur la gâchette d’une arme, c’est presque mission impossible. » Très utilisés par les émeutiers eux-mêmes, les réseaux sociaux sont sous surveillance. « Nous menons une enquête judiciaire classique. Il y a des tuyaux qui nous parviennent qu’il faut vérifier et d’autres pistes à explorer, comme les photos ou les vidéos prises à l’occasion des faits », ajoute une autre source. Tout ce qui a pu être saisi peut également se révéler précieux. « On peut espérer en tirer quelque chose sur le plan scientifique, comme une empreinte ou un ADN », espère un enquêteur. Lors des émeutes de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), en 2007, les policiers avaient pu compter sur un témoignage sous X providentiel mais qui s’était révélé très fragile lors du procès des émeutiers présumés.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Louise Colcombet et Damien Delseny, LeParisien.fr, 24 août 2012)


Alerte à la canicule !

À l’occasion des récents affrontements, à Toulouse ou à Amiens le gouvernement ne s’est exprimé que par clichés et la seule réponse donnée, a été une démonstration de force.

Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils prennent la mesure des problèmes — pas qu’ils déploient des mesures policières —, qu’ils s’attachent à la question de fond et ne se contentent pas de réponses au coup par coup, ni d’effets d’annonce politiques, comme la création des zones de sécurité prioritaires.

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Si « … rien ne peut excuser qu’on tire sur des policiers, qu’on tire sur des forces de l’ordre et qu’on brûle des équipements publics » [Valls] (… encore que !), beaucoup de choses, en revanche, peuvent l’expliquer.

Du côté du gouvernement, en appeler « à la responsabilité des parents » [Valls], est un peu facile. Invoquer la chaleur et le désœuvrement … un peu commode.

Faut-il que les parents soient stupides, n’est-ce pas, pour priver leurs enfants de vacances, quand il est si facile de les envoyer bronzer sur la côte ?!

Si le gouvernement ne doit pas faire l’économie de la question sociale, il ne doit pas, non plus, escamoter celle des violences policières. Depuis des décennies, la police discrimine, la police tabasse, blesse et parfois tue. Les violences policières ne sont jamais combattues efficacement, ce qui entretient un sentiment d’impunité de la violence d’État qui ne fait qu’exacerber les tensions. Qui participe à la destruction « de l’ordre républicain » ?

Éluder les questions du chômage, de la ghettoïsation, ignorer les conditions de vie, les difficultés économiques et familiales, nier la paupérisation et les inégalités d’accès au savoir et à la culture, ressort de la pire tartuferie.

User de langue de bois, pour parler de ces « cités » et nier la citoyenneté de leurs habitants ; parler de jeunes « issus de la diversité » et leur refuser la connaissance et l’expression de leur culture, relève du plus pur cynisme.

Réduire les jeunes des banlieues à une bande de petits voyous sans envergure, criminaliser le moindre de leur acte, jeter l’opprobre sur leurs parents, c’est nier ce que la mise à l’écart de la société, la pauvreté, le manque de projection en l’avenir ont d’indigne et d’inhumain.

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Si l’émotion est générale face à la destruction d’une école maternelle, nous devons aussi nous rappeler que les plus grands incendiaires de notre système éducatif sont les gouvernements successifs qui ont depuis des années diminué les budgets, supprimé postes et classes entières. Les annonces de création pour cette rentrée ne sont absolument pas à la hauteur des besoins, et les premières victimes de la politique d’austérité dans l’éducation et les services publics en général, sont bien les habitants des quartiers pauvres.

L’éducation nationale, l’éducation populaire, doivent retrouver toute leur place auprès de la jeunesse.

Les moyens doivent être donnés, les postes créés, les infrastructures ouvertes, qui permettront à chacun de se former tout au long de sa vie et de prendre une place active dans notre société.

Aucune solution ne sera efficace sans une transformation radicale de la société. Cela suppose d’y associer les individus concernés, dans le respect de leurs aspirations profondes, et d’établir un dialogue constructif en y mettant les moyens financiers et humains, pour :

• la rénovation du quartier avec les habitants ;

• la création d’emplois dans les services publics intégrant les jeunes ;

• le développement d’un programme ambitieux d’éducation populaire…

Fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’éducation, 20 août 2012


L’ex-candidat Front de Gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a qualifié ce lundi les incendiaires de gymnase ou de bibliothèque de « crétins » et de « larbins » de la société capitaliste.

Interrogé par France Inter sur les violences d’Amiens où plusieurs équipements publics ont été détruits par le feu, l’eurodéputé s’est insurgé : « Non, ce n’est pas la jeunesse qui est en cause ! C’est quelques personnes. Et je vais dire à ceux qui foutent le feu à un gymnase ou une bibliothèque : ce sont des crétins ».

« Nous les rejetons, ils n’ont rien à voir avec la contestation de la société capitaliste. C’est le contraire ! Ils en sont les larbins, les fourriers, les bouffons », ils « nous jettent la honte à tous », a martelé Jean-Luc Mélenchon. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via 20Minutes.fr, 20 août 2012)


Amiens : Manuel Valls sans Kärcher et sous les huées

Le ministre de l’Intérieur a été chahuté lors de son arrivée sur les lieux des violences de la nuit dernière.

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Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a été hué à son arrivée à la mairie de quartier d’Amiens-Nord, où il était en visite, quelques heures après les violences urbaines qui ont frappé cette partie d’Amiens dans la nuit de lundi à mardi, a constaté un journaliste de l’AFP. Arrivé à la mairie de quartier peu après 15h30, le ministre a été apostrophé par plusieurs riverains, dont Youssef, 25 ans, qui a demandé au ministre de « répondre à ses questions » : « Arrêtez de fuir, rendez-nous nos droits ! » a-t-il ajouté, en compagnie d’autres habitants. Une bousculade a eu lieu avec le service d’ordre du ministre, mais il n’y a pas eu de coups ni d’un côté ni de l’autre. Manuel Valls s’est refusé à répondre et est rentré dans les locaux de la mairie de quartier. Il a ensuite rencontré la famille d’un jeune de 20 ans, mort jeudi après un accident de moto.

« Rien ne peut excuser, rien, qu’on tire sur des policiers, qu’on tire sur des forces de l’ordre et qu’on brûle des équipements publics. Le message que je suis venu faire passer ici, que j’adresse aux élus, avec qui je souhaite travailler, est un message d’ordre républicain », a ensuite déclaré le ministre de l’Intérieur. « Je ne suis pas venu pour qu’on passe au Kärcher ce quartier », a-t-il ensuite lancé, en allusion à la phrase prononcée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, lors d’une visite à la cité des 4000 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) en 2005.

« La loi et la justice doivent passer »

« Je ne suis pas venu pour mettre en cause une communauté, des jeunes dans leur ensemble, je suis venu dire qu’ici (…) la loi et la justice doivent passer. Il ne peut pas y avoir dans notre pays une autre réponse », a poursuivi M. Valls. « La loi, l’ordre républicain et la justice doivent retrouver toute leur place, ici, à Amiens », a répété M. Valls, qui a promis lors d’une conférence de presse « des moyens de police et de gendarmerie (…) pour que l’ordre revienne » et en a appelé « au calme ».

Des affrontements entre une centaine de jeunes et les forces de l’ordre se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi dans les quartiers nord d’Amiens, causant d’importants dégâts matériels. Vingt voitures et une cinquantaine de poubelles ont été incendiées, et trois bâtiments publics ont été en partie ou partiellement détruits par le feu, dont une école maternelle.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LePoint.fr, 14 août 2012)

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