[Afrique du Sud] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Afrique du Sud : les mineurs de Marikana peinent à échapper aux bidonvilles

« Il y a une liste d’attente pour les foyers. Et il faut toujours payer des pots-de-vin ! » Nosiphiwo Mehlwana pense qu’elle ne pourra pas quitter de sitôt son bidonville, face à la mine de platine de Marikana (nord) où travaille son mari.

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Une femme de mineur vivant dans les bidonvilles près de la mine de platine de Marikana, le 30 octobre 2012 en Afrique du Sud

Les dures conditions de logement des mineurs ont été l’une des raisons évoquées pour expliquer la sanglante grève qui a fait de Marikana un « point chaud » du globe. Quarante-huit morts au total, dont 34 mineurs abattus par la police le 16 août.

La cabane de Nosiphiwo est la plus grande parmi les douze qui s’ordonnent autour d’une petite cour boueuse, en bordure du vaste bidonville de Nkaneng. Les toilettes collectives sont juste à la porte, et un unique robinet fournit l’eau à la trentaine d’habitants des lieux.

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« C’est une cuisine, c’est une chambre, c’est un salon ! » préfère-t-elle s’amuser. À l’intérieur de cet espace de tôles de 4 mètres sur 3, un grand lit, une chaise en plastique, un réchaud électrique, un frigo, une télé et un lecteur de DVD. Les quelques affaires personnelles sont stockées dans des sacs.

De sa porte, elle a une vue imprenable sur la mine de Rowland, l’un des quatre sites exploités à Marikana par le groupe britannique Lonmin. Tout près de l’endroit de la funeste fusillade du 16 août.

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Le « propriétaire », le premier à avoir squatté le terrain dans les années 1990, demande 350 rands (31 euros) par mois par cabane, et 100 rands pour l’électricité. Les maris gagnent environ 4.000 rands (355 euros) nets, disent Nosiphiwo et ses voisines.

Les foyers dont elles rêvent sont des logements que Lonmin met à disposition des plus chanceux, à quelques centaines de mètres de là.

Récemment rénovées, ces « appartements pour familles » comportent un séjour/cuisine, une salle d’eau et une ou deux chambres. Du vrai luxe ! D’autant que le loyer est modeste, 230 ou 320 rands.

« Nous étions sur une liste d’attente depuis 2005, et nous n’avons obtenu ce logement que l’an dernier », se réjouit Nosimo Faleni, deux enfants, dont le mineur de mari rapporte à la maison entre 6.000 et 7.000 rands (530 à 620 euros) par mois.

Ils habitaient dans le bidonville voisin depuis 1997.

Mais il n’y en aura pas pour tout le monde : Lonmin, qui emploie 28.000 personnes à Marikana, prévoit de transformer ses foyers en 2.790 logements modernes d’ici 2014, dont 1.966 studios pour mineurs célibataires.

Et en attendant, les anciens foyers des années 1970 ne font pas vraiment envie : quatre lits par pièce, des murs nus, un placard de vestiaire, pas de porte, aucune intimité.

« Quand il pleut, il faut bouger les lits », soupire Mandla Vilakazi, jeune mineur qui vit là depuis quatre ans.

« La nourriture est comprise, mais elle est mauvaise, alors on fait la cuisine nous-mêmes! », ajoute-t-il, désignant la plaque électrique sur le sol d’une entrée qui n’a jamais été faite pour ça.

« Le loyer ne figure pas sur les fiches de paie. Mais nous savons que ceux qui n’habitent pas dans les foyers ont une allocation de 1.900 rands », dit-il. Visiblement, tous les mineurs interrogés par l’AFP ne reçoivent pas une telle somme.

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La visite de cette micro-société des portes de la mine conduit enfin à Wonderkop, lieu appelé « Indigenous Village » (Village indigène) par les habitants eux-mêmes parce qu’il était originalement peuplé de Tswanas déplacés par l’apartheid.

L’endroit paraît plus riant, avec des arbres fleuris. Même si, ici aussi, les cabanes ont poussé dans les arrières-cours.

Le baraquement de tôles peintes de 2 mètres sur 5 de Thumeka Magwangwana serait même presque coquet, avec sa télé à écran plat et son décodeur satellite, son congélateur et son micro-ondes, si la maîtresse de maison ne rappelait ses visiteurs à la réalité : il n’y a pas d’eau et l’odeur du lieu d’aisances, juste derrière, est souvent insoutenable.

Thumeka est au chômage, mais sa fille Zinzi gagne 4.500 rands par mois en comptant des bâtons de dynamite au fond de la mine.

Il reste moins de 3.000 rands (270 euros) pour faire vivre quatre personnes quand ont été payés le loyer (320 rands pour deux cabanes) et l’électricité (200 rands), car il y a aussi plus de 1.000 rands de dettes à rembourser tous les mois.

« Je ne peux pas envoyer d’argent à ma famille. C’est une honte », se désole-t-elle, même si ce revenu reste élevé pour un ouvrier sud-africain.

Comme la plupart des mineurs de Marikana, Thumeka est xhosa, originaire de la très pauvre région du Cap oriental (sud).

Les rues de Wonderkop sont actuellement en travaux, signe que les autorités ont commencé à investir. Mais les 4 km de piste menant au « centre-ville » de Marikana — une seule rue avec des magasins bon marché — sont toujours défoncés, et virent au bourbier dès qu’il pleut.

Il y a bien une route goudronnée parallèle, mais elle appartient à Lonmin et il est interdit de l’emprunter sans autorisation.

Leur presse (Jean Liou, Agence Faut Payer, 5 novembre 2012)


Afrique du Sud : la télévision publique contrôle le vocabulaire des journalistes

La télévision publique sud-africaine SABC a ordonné à ses journalistes de ne pas utiliser les mots « domaine » ou « Zumaville » pour évoquer la propriété du président Jacob Zuma, dont la rénovation aux frais des contribuables fait scandale.

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Le président sud-africain Jacob Zuma, le 30 octobre 2012 à Pretoria

Dans un courrier au personnel obtenu par des médias locaux mercredi, le nouveau patron de la SABC, Jimi Matthews, a écrit que la vaste propriété du KwaZulu-Natal (est), dont M. Zuma n’aurait payé que 5% des 238 millions de rands (21,4 millions d’euros) qu’ont coûté la rénovation, devrait être appelée « résidence de Nkandla ».

« Avec effet immédiat, la demeure du président Zuma à Nkandla doit être appelée la résidence de Nkandla du président ou de M. Zuma, et non complexe résidentiel ou domaine ou un autre terme de la sorte », a-t-il écrit selon The Times.

« Merci aussi de vous abstenir d’utiliser des terminologies importées en vous référant à la controverse portant sur le développement des infrastructures autour de la résidence, tel que Nkandlagate, Zumaville, etc. », a-t-il ajouté.

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Selon le médiateur de la République, qui a ouvert une enquête, un héliport, des bunkers souterrains, des clôtures et une clinique ont été construits dans la résidence de M. Zuma, un vaste complexe comportant plusieurs bâtiments.

Le ministre des Travaux publics, Thulas Nxesi, a expliqué que ces travaux avaient été planifiés de longue date, dans le souci d’améliorer la sécurité du chef de l’État. Et le président a affirmé que sa « très grande famille » — il a quatre femmes et de nombreux enfants — en avait financé une grande partie, sans autre précision.

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Les travaux du président comprennent aussi la construction d’une sorte de cité modèle aux environs — brocardée sous le nom de « Zumaville » dans la presse — et de plusieurs kilomètres de routes.

La révélation de ces coûteux investissements survient alors que l’Afrique du Sud, confrontée à un ralentissement de sa croissance et à une hausse de sa dette, s’efforce de maîtriser ses dépenses et que des millions de personnes vivent toujours dans des bidonvilles.

Les dirigeants de l’Alliance démocratique (DA), le principal parti de l’opposition, ont été empêchés dimanche par la police et des manifestants de s’approcher de la résidence de M. Zuma, et réclament un débat parlementaire.

La SABC n’a pas répondu mercredi aux sollicitations de l’AFP.

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 novembre 2012)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Témoignage d’un camarade anarchiste de retour de Syrie

La révolution syrienne vue de près

Un anarchiste parmi les djihadistes

Ce titre pourrait constituer en quelque sorte le récit de ma situation quand j’étais dans les ‘territoires libérés’ de Syrie, c’est-à-dire les territoires contrôlés par l’armée libre, les forces armées de l’opposition syrienne. Mais ce n’est pas l’entière vérité malgré tout. La vérité, c’est que tous les militants de l’armée libre ne sont pas des djihadistes dévoués, même si la plupart d’entre eux pensent ou disent que ce qu’ils font est le Djihad. La vérité, c’est qu’il y a beaucoup de gens ordinaires, même des voleurs etc, parmi eux, comme dans tout conflit armé. Ma première et durable impression à propos de la situation actuelle en Syrie, c’est qu’il n’y a plus de révolution populaire en cours la-bas. Ce qui se met en place là-bas, c’est une révolution armée qui pourrait dégénérer simplement en guerre civile. Le peuple syrien, qui a montre un courage et une détermination sans précédent dans les premiers mois de la révolution pour défier le régime d’Assad en dépit de toutes les brutalités commises, est vraiment épuisé a l’heure qu’il est. 19 mois d’une répression féroce et dernièrement de faim, de manques de ressources de tout type et de bombardements continus par l’armée loyaliste, ont affaibli son esprit. Paradoxalement, le bénéficiaire principal de tout cela n’est pas le régime mais, d’une manière assez cynique, l’opposition, en particulier les islamistes. Grâce a ses relations internationales dont elle est largement dépendante, spécialement les riches et despotiques gouvernements du Golfe, l’opposition est désormais en mesure de nourrir et de soutenir la population affamée dans les zones qu’elle contrôle. Sans un tel support, la situation humanitaire serait désastreuse la-bas. Mais ce soutien n’est pas gratuit, ni de la part des gouvernants du Golfe, ni de celle des leaders de l’opposition. Comme toute puissance autoritaire, ils demandent en échange aux masses soumission et obéissance. En fait, cela ne pourra mener qu’a la mort définitive de la révolution syrienne en tant qu’acte courageux des masses populaires syriennes. Oui, j’ai sauvé la vie de quelques djihadistes [Je veux ici apporter quelques précisions à ce sujet. Dans les faits, ça n’a pas été simple pour moi d’être parmi les Djihadistes, mais allez savoir pourquoi ce n’était pas pareil quand il s’agissait de les soigner. Pour moi, ça a été clair dès que je suis rentré dans cet hôpital de guerre dans lequel je travaillais : que j’allais soigner toute personne qui en avait besoin, qu’elle soit civile, combattante, quelque soit son groupe, sa religion ou sa secte ; et j’ai mis une attention particulière à ce que personne ne soit maltraité dans cet hôpital, même quelqu’un de l’armée d’Assad. Je vais répéter ici que mon vrai problème, et je pense celui des opprimé-e-s en général, n’est pas Dieu en personne, mais les humains qui agissent comme s’ils étaient eux-mêmes des dieux, qui ont tellement été enivrés d’autorité qu’ils pensent et agissent comme s’ils étaient des dieux, qu’ils soient par ailleurs des dictateurs laïques comme Assad ou des imams islamiques etc. Dieu lui-même n’est jamais aussi dangereux que ceux qui parlent en son nom.] et j’en ai aidé d’autres à retourner au front ; mais mon intention derrière tout cela était d’aider les masses auxquelles j’appartiens, en premier lieu en tant que médecin et ensuite en tant qu’anarchiste.

À vrai dire, je ne pense pas que notre problème soit l’Islam en lui-même. L’Islam peut aussi être égalitaire, ou même, anarchisant. Dans l’histoire de l’Islam, il y a des académiciens qui ont défendu l’idée d’une société musulmane libertaire et sans Etat et même d’un monde débarrassé de toute forme d’autorité. Le problème dans tout ce qui se déroule maintenant en Syrie n’est pas seulement le difficile et sanglant processus de renversement d’un horrible tyrannie, mais pourrait bien être pire : en substituant cette tyrannie avec une autre dictature, qui pourrait être encore pire et plus sanglante. Très vite après le déclenchement de la révolution, un petit nombre de gens, principalement des islamistes convaincus, ont prétendu représenter les masses en révolte et se sont auto-proclamés comme les véritables révolutionnaires, les véritables représentants de la révolution. Ce n’a pas été contesté par la majorité des masses révolutionnaires ni par les intellectuels. Nous nous sommes opposés à ces déclarations autoritaires et même tout simplement fausses, et nous nous y opposons encore, mais nous n’étions pas ni ne sommes actuellement assez nombreux pour que cela fasse une quelconque différence. Ces gens ont proclamé que ce qui arrivait était une guerre religieuse et non une véritable révolution des masses opprimées contre leur oppresseur. Ils ont outrageusement utilisé le fait que l’oppresseur était membre d’une autre secte de l’Islam que celle de la majorité des gens qu’ils exploitent, une secte que les académiciens sunnites ont fréquemment jugé dans le passé comme contraire aux principes de l’Islam véritable, ce qui est considéré comme un pêché plus grave encore que la non-croyance en la religion musulmane. Nous avons été choqués que la majorité des Alaouites, la secte du dictateur encore en place, qui sont plus pauvres et marginalisés que la majorité sunnite, se mettent à supporter le régime et qu’ils participent au massacre des masses en révolte. Cela a été utilisé comme une « preuve » qu' »en réalité, une guerre religieuse » s’instaurait entre Alaouites et Sunnites. Et, en ce sens, il est clair que ces gens [les Islamistes qui se sont auto-proclamés guides de la révolution, NdT] pouvaient se proclamer Sunnites ; ils sont parmi les pontes de l’Islam et ils sont tellement sectaires que personne ne peut les défier dans ce domaine. Dans les faits, ils ont bâti leur autorité spirituelle et morale avant leur autorité matérielle. Ensuite seulement est venu l’aide matérielle des dirigeants des pays du Golfe. Maintenant, le potentiel d’une lutte à proprement parler populaire diminue à vue d’œil. La Syrie est gouvernée par les armes à l’heure actuelle ; et seuls ceux qui en possèdent ont un mot à dire au sujet de son présent et de son futur. Et ceci est vrai seulement pour le régime d’Assad et son opposition islamique. Partout dans le Moyen-Orient, les grands espoirs ont vite disparus. En Tunisie, en Égypte et ailleurs, les islamistes semblent remporter tous les bénéfices des luttes courageuses des masses. Et ils ont pu facilement commencer à établir leurs lois fanatiques, sans une forte opposition des masses. Je me sens exactement comme Emma Goldman a pu se sentir en 1922 quand elle a rompu d’avec les bolchéviques et a perdu ses illusions quant à eux. En fait, à l’heure qu’il est, personne dans tout le monde arabe et musulman ne ressemble plus aux bolchéviques que les islamistes, même les staliniens les plus convaincus n’ont pas autant en commun avec les bolchéviques que les islamistes. Pendant longtemps, ils ont été violemment réprimés par les dictateurs de la région et ont effrayé les masses et l’Occident ; et à cause de ça ils apparaissent désormais comme la force principale et décisive dans l’opposition à ces dictatures. En même temps, ils ont vraiment la même machine de propagande, en termes d’efficacité, que ce que les bolchéviques avaient. Ils sont très autoritaires et agressifs, exactement comme les bolchéviques l’ont été dans les jours décisifs de la révolution d’Octobre. Il est dont normal que les peuples arabes ont choisi d’essayer leur voie, ou ont accepté qu’ils accèdent au pouvoir. Même en espérant, comme les paysans et les ouvriers russes l’ont fait avant eux, qu’ils pourraient vraiment créer une société différente et meilleure. Pour Emma, elle s’est réveillée très tôt de cette mystification mais pour ce qui est des masses elles-mêmes, il leur a fallu beaucoup de temps pour se rendre compte de la vérité. Comme Emma l’a pensé, encore, avant moi, je défends : que les masses ne se sont pas trompées en se soulevant et en essayant de change leur réalité misérable ; la grosse « erreur », si elle peut être décrite ainsi, ce sont les forces autoritaires qui l’ont commise en cherchant à détourner la révolution. Nous continuons de soutenir la révolution, pas ses faux « leaders ».

Construire l’alternative libertaire : organisation et propagande anarchiste

L’autre problème qui est vraiment, à mon sens, importante pour nous, anarchistes du monde arabe et masses de ces mêmes pays, c’est de déterminer comment construire l’alternative libertaire : c’est-à-dire comment démarrer une propagande libertaire ou anarchiste efficace et comment construire des organisations libertaires. Pour dire vrai, je n’ai jamais essayé jusque là de convaincre qui que ce soit d’être anarchiste. J’ai plutôt opté pour le dialogue libre entre « égaux » avec tout le monde. Je n’ai jamais prétendu que je connaissais tout ou qu’un anarchiste ou n’importe quel autre être humain devait se placer comme un « guide » ou un « leader » des autres, qu’un être humain devait avoir cette place du Pape, des Imams ou du secrétaire général d’un quelconque parti stalinien ou léniniste. J’ai toujours pensé qu’essayer de convaincre les autres est une autre manière d’avoir de l’autorité sur eux/elles. Mais maintenant je vois ça d’un autre point de vue : il s’agit de rendre l’anarchisme « disponible » et connu de tous ceux et toutes celles qui veulent se battre contre toute les formes d’autorité oppressantes dont ils ou elles souffrent, qu’ils/elles soient des travailleurs et des travailleuses, des chômeurs/chômeuses, des étudiant-e-s,des féministes, la jeunesse, ou des minorités religieuses ou ethniques etc. Il s’agit de construire l’exemple ou un échantillon de la nouvelle vie potentielle qui existe dans les formes d’organisation libertaires, non seulement comme une manifestation réelle de cette présence potentielle mais aussi comme un MOYEN pour accéder à cette société. Nous devons faire de l’anarchisme quelque chose de connu et d’accessible pour tous les esclaves et toutes les victimes des systèmes et autorités meurtrières qui ont régné jusque là. Une PROPAGANDE ANARCHISTE EFFICACE est, à mon avis, le premier objectif de telles organisations. En bref, nous sommes les témoins de la faillite des tendances autoritaires laïques (parmi lesquelles on trouve les nationalistes et les panarabistes, les staliniens et les autres variétés du léninisme) et très bientôt ce sera au tour des autoritaires religieux. La future alternative devrait logiquement être libertaire. Bien sûr, l’anarchisme ne peut être implanté de façon artificielle, il doit être la résultante « naturelle » des luttes des masses autochtones. Mais, malgré tout, nous devons prendre soin de cette tâche et mettre intelligemment en avant cette alternative. Ce doit être, selon moi, le rôle de notre propagande. Il est clair qu’il ne doit pas y avoir de « centre » dans nos organisations, ni de bureaucratie, mais malgré tout elles se doivent d’être aussi efficace que leurs homologues autoritaires, voire même plus efficaces.
Certes notre Staline ou Bonaparte n’est pas encore au pouvoir, certes les masses syriennes ont toujours la possibilité de faire en sorte de s’en sortir d’une meilleure manière que la révolution russe. C’est vrai que c’est difficile et que cela le devient de plus en plus à chaque minute qui passe, mais la révolution était déjà un miracle, et sur cette terre, les opprimés peuvent de temps en temps faire leurs propres miracles. Cette fois encore, nous, anarchistes syriens, mettons toutes nos cartes et tous nos efforts aux côtés des masses. Il ne peut en être autrement, ou nous ne mériterions pas le nom de libertaires.

Récit d’un camarade syrien sur son expérience sur place, pour nos camarades, Mazen Kamalmaz (Traduction française : Guillaume – CGA, le 8 novembre 2012)


A close look at the Syrian revolution

An Anarchist among jihadists

This could to some extent tell my situation when I was inside the « liberated territories » of Syria, that is the territories controlled by the free army, the armed forces of the Syrian opposition. But still it is not the whole truth. It is true that not all the free army militants are devoted jihadists, although most of them are thinking, or telling, that what they are practicing is « Jihad ». The truth is there are a lot of ordinary people, even thieves, etc.; among them, as in any armed struggle. My first and lasting impression about the current situation in Syria that there is no more popular revolution going there, what is taking place there is an armed revolution that could degenerate simply to a civil conflict. The Syrian people, which showed unprecedented courage and determination in the first few months of the revolution to defy Assad’ regime despite all its brutality, is really exhausted now. 19 long months of fierce repression, and lately, of hunger, scarce resources of all types, and continuous bombardment of the regime’ army, weaken its spirit. Cynically, the beneficiary of all these wasn’t the regime, but the opposition, especially the Islamists. Depending on its international relationships, especially with the rich Gulf despotic governments, the opposition now can feed and support the hungry population in the areas controlled by its forces. Without such support, a grief humanitarian situation could be there. But this support is not provided for free, neither by the Gulf rulers, nor by the opposition leaders. They are, like any other authoritarian force, asking the masses for submission and obedience . This in fact could only mean the real death of the Syrian revolution as a popular courageous act of the Syrian masses. Yes , I helped some jihadists to live [I want here to tell some details about this. In fact it wasn’t easy for me to be among Jihadists, but for some reason it wasn’t the same to treat them. For me, I was so clear since the first moment I entered that front hospital I was working in: that I will treat anyone who needs my help, let them be civilians, fighters, from any group and religion or sect; and I was so particular that no one could be mistreated inside that hospital, even from Assad’ army. I will repeat here, that my real problem, and that of the oppressed in general as I think, is not with god himself, but with human beings who act as gods, who are so sick with authority that they think and act like gods, let them be a secular dictator like Assad or Islamic Imam, etc. God himself is never as deadly dangerous as those who « speak » for him.], and others to go back to fight; but my real intention was to help the masses I belong to, firstly as a physician, secondly, as an anarchist. To tell the truth, I don’t think that our problem is with Islam itself. Islam can also be egalitarian, or even, Anarchistic. In the history of Islam there were scholars who called for a stateless and free Muslim society, even a free universe without any sort of authority. The problem in what is happening now in Syria is not only the difficult and bloody process of changing a ruthless dictatorship, but might even be worse: substituting it with another dictatorship, which could be worse and bloodier. Early in the revolution, a small number of people, mainly devoted Islamists, claimed to represent the revolting masses, and self-appointed themselves to be the true revolutionaries, the true representative of the revolution. This went unchallenged by the mainstream of the revolutionary masses and intellects. We did oppose such authoritarian and even false claim, but we were, and still are, very less to make any real difference. These people claimed that what was taking place is a religious war, not a mere revolution of repressed masses against their oppressor. They used very aggressively the fact that the oppressor was from another sect of Islam different from the sect of the majority of the people he is exploiting, a sect that was judged frequently by Sunni scholars in the past to be against the teachings of true Islam and that is even worse than non-Muslims. We were shocked by the fact that the majority of Allawete, the sect of the current dictator, who are poorer and more marginalized than the Sunni majority, did support the regime; and that they participated in his brutal suppression of the revolting masses. This came as an « evidence » of the « actual religious war » taking place between Sunni and Allwete. And in this regard these people could really claim to be the real Sunni; they are Muslim scholars and they are so sectarian that no one can challenge them in this regard. In fact, they built their spiritual and moral authority, before the material one. Then came the material support from Gulf rulers. Now, the potential for any real popular struggle is decreasing rapidly; Syria is governed now by the arms; and only those who have it can have a say about its present and future. And that is true only for Assad’ regime and its Islamic opposition. Everywhere in the middle east, the great hopes are disappearing rapidly. In Tunisia, Egypt, and elsewhere. The Islamists seem to get all the benefits of the courageous struggles of the masses. And easily they could initiate the process of establishing their fanatic rule, without strong opposition from the masses. I could feel exactly as Emma Goldman felt in 1922 when she broke with the Bolsheviks and finally disillusioned about their rule. In fact, no one in the whole Arab and Muslim world looks close to the Bolshevik nowadays than the Islamists, even devoted Stalinists lack the full criteria of their ancestors compared to the Islamists. For a long time they were badly repressed by local dictators, used to frighten the masses and the west; and because of that might looked as the most decisive part of the opposition to these dictatorships. In the same time, they really have the same efficient propaganda machine as the Bolsheviks did once. They are so authoritarian and aggressive, exactly as the Bolsheviks were during the decisive days of October revolution. So it looks rational if the Arab peoples opted to try them, or to accept their rise to power. Even to hope, as did the Russian workers and peasants once, that they could really create a better and different type of society. For Emma she awoke very early from such disillusion, for the masses themselves, it took so long to realize the truth. Still as Emma thought, rightly as I claim: the masses were very righteous to rise up and try to change their miserable reality, the big « mistake », if it could be described as a mistake, was done by the authoritarian forces which sought to hijack the revolution. We still support the revolution, not its false « leaders ».

Building the libertarian alternative: Anarchist propaganda and organization

The other issue that I think is so important for us, Arab anarchists and Arab masses, is how to build the libertarian alternative: that is how to initiate an effective anarchist or libertarian propaganda and how to build libertarian organizations. To tell the truth, I never tried before to convince anyone to be anarchist. I opted only for a free dialogue between « equals » with everyone. I never claimed that I know everything or that any anarchist or any other human being deserve to be the « guide » or the « leader » of others, that anyone deserve to be in the same position of the Pope, Muslim Imams, or the general secretary of any Stalinist or Leninist party. I always thought that trying to affect others is another way to practice  authority upon them. But now I see this issue from another perspective: It is all about making anarchism « available » or known to all those who want to fight any oppressing authority they suffer from its repression; let them be workers, unemployed, students, feminists, the youth, or ethnic and religious minorities, etc. It is about trying to build an example or sample of the new free life in the body of a free or libertarian organization; not only as a living manifestation of its potential presence; but also as a MEANS to achieve that society. We have to make anarchism well-known to all the slaves and victims of all the current suppressive systems and authorities. An EFFECTIVE ANARCHIST PROPAGANDA is, as I think, the first aim of such organizations. In a word, we are witnesses of the bankruptcy of the « secular » authoritarian trends (including the nationalist and Arab-nationalist, and Stalinists and other verities of Leninism), and very soon the bankruptcy of the religious authoritarian ones. The future alternative should be, logically, a libertarian one. Of course, anarchism cannot be implanted artificially, it must be a « natural » product of the local masses’ struggles. But still it will need good care and to be properly highlighted. This will be, supposedly, the role of our propaganda. Still there will be no « center » in our organization, no bureaucracy, but still it is supposed to be as effective as its authoritarian counterparts, or even more efficient.

Still our Stalin or Bonaparte is not in power, still the Syrian masses have the opportunity to get a better outcome than that of the Russian revolution. It is very true that this is difficult and even became more every minute, but the revolution itself was a miracle, and on this earth, the oppressed could create their miracles, from time to time. This time also, we, Syrian anarchists, put all our cards, and all our efforts, with the masses. It couldn’t be another way, or we will not deserve our libertarian name.

A report about my stay in Syria, to our comrades, Mazen Kamalmaz – Reçu le 31 octobre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « La liberté de vivre dans un monde où tout le monde serait égaux »

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Partie : Petit homme

PETIT HOMME

Haut comme trois pommes, mais déjà des siècles d’histoire émergent de ce petit corps : petit homme fruit d’un combat pour la liberté, la liberté de vivre dans un monde où tout le monde serait égaux, un fameux jour de 1789 la Déclaration universelle des droits de l’homme vient exaucer le vœu de tous ces peuples longtemps humiliés et bafoués dans leur dignité. Petit homme lève le poing en hommage à son histoire et en signe de résistance il marche la tête haute vers un avenir meilleur sur les traces de ses aînés. Petit homme pardonne mais n’oublie pas mais qui oserait lui demander d’oublier ces siècles d’oppression ?, pourtant petit homme n’a plus tous ces problèmes il est soigné mais toujours marqué au fer rouge par son passé douloureux. Lourd passé !! Tragédie de l’histoire de l’humanité : faut se rappeler de la cruauté dont l’être humain a été capable dans un temps pas si lointain, au XXIe siècle les esclaves et les immigrés d’autrefois veulent récupérer leur place dont longtemps ils ont été privés, une place qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Ceux qu’on appelait péjorativement « indigènes » ont quitté les champs de coton, les champs de blé, les caves et les cuisines partis de leur village à la conquête de ce qui leur revient de droit.

Fils de tirailleurs immigrés au teint basané trop bronzé pour eux lève le poing reste digne ils peuvent tout nous enlever, nous opprimer nous enfermer, nous discriminer mais nos valeurs ils ne pourront jamais nous les enlever.

Malgré tout ça c’est sans rancune que tous ces peuples discriminés ont contribué à reconstruire cette France.

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[Autour de Valognes et du Chefresne] Antinucléaire Mix-texte Vol. 0, Textes choisis autour de la lutte antinucléaire dans le Nord-Ouest, d’octobre 2011 à septembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] Le point de vue de la police, sous forme de reportage de guerre

Le bocage nantais entre en guérilla à Notre-Dame-des-Landes

Il aura fallu près de cinq heures aux deux escadrons de gendarmes mobiles, épaulés par des CRS, pour détruire, mercredi 7 novembre, les sept barricades dressées sur la départementale 281, entre Notre-Dame-des-Landes et La Paquelais, à 15 km au nord de Nantes, par les opposants au projet de nouvel aéroport.

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C’est très exactement à cet endroit que devrait être construite l’une des deux pistes de la future plateforme aéroportuaire. La veille, Philippe, Charlotte, Romain et Renard, infirmier, étudiants, à peine cent ans à eux quatre, avaient allumé un feu qui a réchauffé le bitume et permis de mieux creuser à la hache l’excavation visant à retarder les véhicules des gendarmes.

Le doux bocage nantais est entré en guérilla. Face à face, deux camps se préparent à un combat de longue haleine qui pourrait tourner à la véritable guerre de tranchées. D’un côté, le gouvernement, Jean-Marc Ayrault en tête, premier ministre, ancien maire de Nantes, promoteur local de la nouvelle infrastructure depuis de longues années, et Aéroport du Grand-Ouest (AGO), filiale à 85 % de Vinci Airports, exploitant du futur aéroport qui doit accueillir ses premiers vols fin 2017.

De l’autre, une alliance détonante d’opposants au projet : des agriculteurs, des élus, des riverains promis ou non à l’expropriation qui doit permettre la construction de l’aéroport et des dessertes routières sur 1650 hectares. Mais aussi des squatters, installés depuis deux ou trois ans dans plusieurs maisons vidées de leurs occupants et des « écoguerriers », arrivés récemment, militants rompus aux luttes « contre le système », ou « touristes », souvent jeunes, comme ces Australiennes ou cette Italienne croisées dans les chemins du bocage nantais. Le préfet de région, Christian de Lavernée, veut distinguer « riverains, agriculteurs, qui forment l’opposition institutionnelle, et les activistes, anarcho-libertaires, qui ont baptisé Notre-Dame-des-Landes, « le plus grand squat à ciel ouvert d’Europe ». »

« VENI, VIDI, REPARTI »

Loin de réussir à diviser le front, l’opération d’expulsion débutée le 15 octobre – nom de code César qui a, du coup, inspiré des slogans tels que « Veni, vidi, Vinci » ou « Veni, vidi, reparti » – a au contraire soudé les rangs, suscitant émotion et solidarité. Et offre aux anti-Notre-Dame-des-Landes un nouvel élan pour réussir la manifestation du samedi 17 novembre, dont l’objectif sera de « réoccuper » et de reconstruire ce qui a été détruit. Pioches, fourches, poutres, clous, et « grands miroirs » pour empêcher les hélicoptères de la gendarmerie de filmer, font partie de la liste du matériel à apporter. Le rassemblement, qui pourrait accueillir des milliers de personnes, veut réunir familles, militants politiques, syndicaux et associatifs hostiles au projet jugé « pharaonique » de l' »Ayraultport », inutile économiquement et dangereux pour l’environnement, selon les militants.

Mercredi en fin de matinée, sous un soleil hivernal, les opposants font face à plusieurs dizaines de militaires, lourdement équipés. Ils sont pris en tenaille. Un jeune homme est plaqué au sol. « Enlevez-moi sa cagoule, je veux voir sa gueule », hurle un gradé. La plupart des manifestants qui portent cagoule et foulard parviennent à s’enfuir, sautant par-dessus les haies et les fossés qui bordent la D281.

La tension baisse un instant. Depuis les prés encore trempés des pluies diluviennes des jours précédents, les militants observent le ballet des véhicules de la gendarmerie. Ils protègent les engins de la direction départementale des territoires et de la mer Loire-Atlantique et les ouvriers qui comblent les tranchées et dégagent la route.

Cette fois-ci, les forces de l’ordre ne se risqueront pas dans les bois avoisinants pour déloger les cabanes et les campements dispersés. À l’instar du camp du « Far West », qui regroupe plusieurs dizaines de militants. « L’objectif était de rétablir la circulation sur cette route, impraticable depuis plusieurs jours », indique le colonel Frédéric Boudier, responsable du dispositif. Mais la route, à peine dégagée, est à nouveau obstruée quelques centaines de mètres plus loin par deux arbres couchés en travers.

FRONT JURIDIQUE

À chaque jour son combat. Mardi, il s’agissait de procéder à l’expulsion de squatters et de raser la maison occupée. En cette fin de semaine, ce sera peut-être au tour des gendarmes du peloton de haute montagne, venus spécialement de Briançon (Hautes-Alpes), de grimper aux arbres afin de déloger les militants haut perchés.

La préfecture a décidé de « nettoyer » la zone d’aménagement différé (ZAD) pour lancer au plus vite les premiers travaux. D’ici à fin novembre, explique le préfet, en vertu de l’arrêté pris sur la biodiversité, les premiers transferts d’insectes et de batraciens auront lieu. Les habitants de douze mares seront « déménagés », dont les tritons marbrés. Des fûts d’arbres abritant des grands capricornes seront déplacés. Les travaux de relevé archéologique commenceront au même moment. Février 2013 sonnera le début du déboisement. Le chantier de l’aéroport doit, en principe, démarrer au printemps 2014.

Quoi qu’il en soit, et en dépit de l’urgence, le gouvernement doit attendre l’issue des recours déjà engagés auprès des tribunaux. Car la bataille se mène aussi sur le front juridique.

D’autres procédures sont prêtes à être lancées dès la parution de l’arrêté préfectoral relatif à la « loi sur l’eau », d’ici à fin décembre. En vertu des diverses réglementations française et européenne, il y a obligation de préserver les têtes de bassin versant et de ne pas porter atteinte aux zones humides, éléments caractéristiques du bocage et de la zone du futur aéroport. »J’ai toujours pensé que ce dossier s’arrêterait avec la loi sur l’eau », dit Christophe Daugé, conseiller régional d’Europe Écologie-Les Verts, qui estime que « Vinci ne pourra pas compenser la destruction des zones humides ».

Du côté du gouvernement, comme de Vinci, on reste confiant. « La procédure de la loi sur l’eau et la compensation écologique des terres mobilisées seront respectées », insiste la ministre de l’écologie, Delphine Batho. Éric Delobel, directeur général adjoint chargé du futur aéroport chez Vinci Airports, assure, lui, que « 9 millions d’euros au minimum sont réservés au titre de la compensation de la loi sur l’eau », sur un total de 446 millions, coût estimé des nouvelles installations aéroportuaires.

En attendant l’issue de ce combat juridique, les opposants restent mobilisés. Les plus anciens évoquent la lutte des paysans du Larzac dans les années 1970, quand agriculteurs et militants politiques avaient fait cause commune contre le projet d’extension du camp militaire. François Mitterrand, à peine élu en 1981, avait décrété l’abandon du projet.

Presse aéroportée (Rémi Barroux, envoyé spécial du Monde.fr à Notre-Dame-des-Landes, 8 novembre 2012)

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Auxiette : tête de mort ! elle est belle ta démocratie !

Minorité violente ?

Comment peuvent-ils encore croire à l’efficacité de ce genre de discours propagandiste ? Depuis près de deux siècles, à chaque fois qu’il y a des « troubles sociaux », dénoncer l’agitateur étranger fait partie de la panoplie des gouvernants. Tous les dictateurs ont eu recours à cette formule quand leur trône vacillait mais les « démocrates » ne sont pas en reste quand leur « démocratie » est prise la main dans le sac à combines et à pognon. Ils croient que ça marche et que ça va encore bluffer les populations simplettes. C’est dire en quel mépris ils tiennent leurs « concitoyens » y compris ceux qui les ont élus.

Mais il y a longtemps que cet argument ne marche plus, sauf pour quelques naïfs. Ainsi, aujourd’hui, à Notre-Dame-des-Landes et sur la ZAD (Zone à défendre contre le projet d’aéroport) chacun peut voir que les « professionnels de la guérilla urbaine » [Jacques Auxiette, Président de la Région, Ouest-France, 7 novembre 2012] ne sont pas les squatteurs dont on a détruit les maisons et jardins, et qui n’ont trouvé alors sous leurs mains que quelques carottes à lancer sur les CRS, mais bien ces robocops entraînés pour ça et hyper-équipés (au point que même la colère résistante de ceux qu’ils agressent, si elle a trouvé depuis quelques pierres et branchages pour remplacer les carottes épuisées, ne fait pas le poids contre cette machine de guerre). Chacun peut voir aussi que la « minorité violente venue d’ailleurs » [Le préfet, Ouest-France, 8 novembre 2012] ce sont ces hommes en noir, cagoulés et casqués, bardés d’armes, recrutés dans tous les coins du pays pour venir taper sur la tronche des gens qui ne veulent pas se soumettre aux décisions des seigneurs, et qui ne sont pas, eux, une minorité, là où ils vivent, mais une majorité qui voudrait pouvoir vivre tranquille et sans qu’on lui inflige le saccage de son territoire.

Comment donc peuvent-ils, ces « élus » se prévalant de leur « mandat » (Le « verdict des urnes, ça compte un peu » [Jacques Auxiette, Président de la Région, Ouest-France, 7 novembre 2012]) alors qu’ils savent bien qu’ils n’ont été élus que comme pis-aller pour mettre à la porte les truands précédents ; comment peuvent-ils croire encore que leur baratin grossier va être avalé par le « public » ?

N’importe qui, regardant les vidéos de l’intervention policière, y compris celle d’une presse qui ne chérit pas beaucoup les opposants, peut se faire une idée claire sur ce qui se passe sur cette ZAD et alentour.

Le recours de nos potentats locaux et nationaux à ces arguments éventés montre au contraire leur panique face à ce mouvement d’opposition qu’ils avaient sous-estimé. Mais, ce n’est pas ainsi qu’ils feront prendre les vessies avec lesquelles ils pissent sur les citoyens pour les lanternes du progrès.

À leur « minorité violente, venue d’ailleurs et spécialiste de la guérilla urbaine », à leurs sinistres mercenaires agités dans le bocage nantais, les opposants au projet de bétonnage de la vie, de plus en plus nombreux, continuent à dire : Dégage !

Gédicus, 8 novembre 2012

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[Mantes-la-Jolie/Montataire] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

« C’est comme un tour en train fantôme », Alexis, 14 ans, fan de Paranormal Activity 4 donne le ton. Depuis sa sortie le 31 octobre, le film d’horreur, quatrième volet d’une saga autour de phénomènes étranges, fait régner une ambiance toute particulière dans les salles de cinéma françaises.

« Pendant la projection, le public partage à voix haute ses impressions, crie, hurle, circule dans la salle. C’est un peu comme à la maison », commente une jeune spectatrice. « Ce long-métrage attire des groupes d’adolescents, entre 13 et 17 ans, qui viennent jouer à se faire peur », confirme Claire Zambaux, community manager pour la Paramount, distributeur du film. « Avec le quatrième opus, c’est devenu un rendez-vous annuel auquel les ados se rendent en bande », explique-t-elle. Un phénomène qui peut dégénérer. Ainsi, mercredi dernier, jour de Halloween, des dizaines d’adolescents ont semé la pagaille au cinéma Méga CGR de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Perturbations bruyantes

Les vigiles et les policiers ont dû intervenir pour expulser ces jeunes, pour la plupart âgés de 12 à 16 ans, venus perturber bruyamment la diffusion du film. Le même jour, au multiplexe Pathé de Montataire (Oise), la première séance n’a pas pu commencer.

Les 400 spectateurs présents ont été évacués par les forces de l’ordre. C’est une dizaine de jeunes assis sur un seul et même rang qui ont semé la pagaille dans la salle. (…)

Presse paranormale (Le Parisien, 8 novembre 2012)


C’est une nouvelle qui risque d’attrister en premier les amateurs de films d’horreur mais qui a aussi de quoi atterrer tous les cinéphiles. Le distributeur de films Wild Bunch a annoncé mercredi soir que plus de 40 cinémas en France avaient renoncé à diffuser le film Sinister, sorti en salles mercredi, par crainte de débordements dans les salles.

Des bagarres, des cris et autres incivilités ont tendance ces derniers temps à se multiplier dans les salles de cinéma projetant des films d’horreur. Ainsi, Wild Bunch explique la déprogrammation de Sinister par « quelques soucis » causés dans plusieurs salles le week-end dernier par les spectateurs de Paranormal Activity 4, la société évoquant pèle-mèle des comptoirs à confiserie pillés, des caissiers insultés et même de l’urine retrouvée sur des fauteuils… (…)

Presse sinistre (Le Parisien, 8 novembre 2012)

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[Interpol] La poucave t’arnaque (2)

L’espion anglais qui a piégé le groupe de Tarnac

Finalement, il y avait bien un homme qui vivait dans la « clandestinité » dans l’affaire de Tarnac. Mais il ne s’agissait pas d’un des jeunes gens interpellés le 11 novembre 2008 en Corrèze, à Rouen et à Paris, contrairement à ce que les rapports de police décrivaient. C’était Mark Kennedy. Son métier : policier britannique infiltré dans la mouvance altermondialiste de 2003 à 2010.

Le 6 novembre, Me William Bourdon, avocat de Yildune Lévy, mise en examen pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme », a demandé à la juge d’instruction chargée du dossier, Jeanne Duyé, la communication de « l’entier dossier de renseignement » dont sa cliente a fait l’objet avec son mari, Julien Coupat, également mis en examen.

« COLORATION PARTICULIÈRE »

Car ce dossier repose en grande partie sur des informations livrées par l’espion anglais, confirment plusieurs sources proches de l’enquête, après les premiers doutes dont L’Express, les Inrockuptibles et le livre de David Dufresne, Tarnac, magasin général (Calmann-Lévy, 498 pages, 20 euros), se sont fait l’écho il y a quelques mois. Une source policière reconnaît l’importance des renseignements fournis par les services britanniques : « Il est certain qu’ils ont donné une coloration particulière au dossier. Cela a joué un rôle dans la demande d’ouverture d’une enquête préliminaire en avril 2008. »

Mark Kennedy, 42 ans, a passé sept ans sous le nom de Mark Stone à parcourir le monde, de manifestations antiracistes en happenings écologistes, sans oublier les réunions anti-G20. Il travaillait pour le National Public Order Intelligence Unit (NPOUI), un organisme britannique de lutte contre le terrorisme « intérieur ».

En 2009, il participe à l’organisation de l’occupation d’une centrale à charbon à Ratcliffe-on-Soar (Royaume-Uni). Tous les participants sont interpellés, sauf lui. Le doute s’installe parmi ses proches. Le 20 octobre 2010, une confrontation est organisée par les militants, et il se découvre. L’affaire est révélée par le quotidien The Guardian. Le scandale provoque la disparition du NPOUI.

« STRUCTURE CLANDESTINE »

Dans le dossier de Tarnac, Mark Kennedy n’apparaît (presque) nulle part. Un « Mark » a été griffonné dans les carnets de Julien Coupat. Pourtant, il est partout, dès le début. Car l’enquête sur les militants français n’a pas commencé en novembre 2008, après les sabotages de lignes SNCF, mais le 11 avril, lorsque le patron de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire demande au parquet de Paris d’ouvrir une enquête préliminaire sur « une structure clandestine anarcho-autonome (…) projetant de commettre des actions violentes », sur la base d' »informations communiquées par la direction centrale des renseignements généraux ».

Parmi ces éléments, un fait concret : l’interpellation de Julien Coupat et Yildune Lévy par la police canadienne, le 31 janvier 2008, alors qu’ils franchissent clandestinement la frontière américano-canadienne.

Mais aussi des détails plus flous issus de surveillances ou de sources internes au mouvement : la participation du couple « à une réunion d’anarchistes américains à New York », du 10 au 15 janvier, et « des relations étroites avec des activistes européens (…) notamment en Pologne, en Espagne, en Grèce, en Italie, en Suisse, en Allemagne et au Royaume-Uni ». Un rapport confidentiel rédigé en juin 2008 par la direction centrale des renseignements généraux – publié en mars 2012 par Mediapart – est plus précis encore sur les dates et les participants aux réunions européennes, mais il n’a jamais été joint à la procédure…

LES ITALIENS BOTTENT EN TOUCHE

Depuis quatre ans, tous les services étrangers répondent la même chose au juge, qui souhaite avoir des détails. Les retours de commissions rogatoires internationales et de demandes d’entraide judiciaire, dont Le Monde a eu connaissance, en témoignent. La participation de militants italiens au contre-sommet du G8 d’Heiligendamm (Allemagne) en 2007 ? Les policiers transalpins, pourtant plutôt diserts, bottent en touche et renvoient à des « informations confidentielles ».

La réunion de janvier 2008, à New York ? Le FBI fournit le détail de la surveillance menée à l’extérieur de l’immeuble, photos à l’appui. Mais, pour « les informations confirmant la tenue, les participants et le contenu », c’est le problème « des autorités britanniques ». D’ailleurs, une demande à ce sujet reste « en suspens », notent les Américains.

« DÉRIVES CONSIDÉRABLES »

Le juge français n’a pas été plus chanceux que le FBI. Le 5 décembre 2011, les Britanniques répondent à sa demande d’entraide judiciaire en confirmant que « des informations sont disponibles » sur New York… sans en dire plus. Mais, conclut Richard May, le patron du National Domestic Extremism Unit (NDEU), qui a pris la suite du NPOUI, « la source de ces informations confidentielles ne sera jamais divulguée et aucun rapport formel ne sera communiqué. C’est sur cette base que ces informations confidentielles sont fournies ».

La « source », les mis en examen de Tarnac ont vite compris de qui il s’agissait, après les révélations du scandale anglais et la note de juin 2008 rédigée par la DCRG. Jusque-là, Mark Kennedy les avait plus marqués par son strabisme que pour autre chose. Plutôt discret, il était passé à Tarnac, à l’été 2008, avec d’autres militants. Il n’a en fait jamais cessé de s’intéresser aux Français. Pour Me Bourdon, « le fait pour les services de s’appuyer sur des agents comme Mark Kennedy est la source de dérives considérables de l’action policière. Ce type de personnage tombe forcément dans la dramatisation et la surenchère ».

« ENGINS EXPLOSIFS »

Ainsi, dans leur réponse au juge d’instruction, les services britanniques détaillent spontanément une rencontre entre Julien Coupat et d’autres militants européens – dont Mark Kennedy – à Nancy et aux environs, en février 2008, durant laquelle « la fabrication d’engins explosifs improvisés a été discutée et expérimentée ». La réunion n’apparaissait pas jusque-là dans la procédure, son contenu est désormais invérifiable, mais elle a probablement joué un rôle important dans l’estimation de la dangerosité des militants et leur mise en cause. Car la note confidentielle de la DCRG, elle, l’évoque, dans un chapitre qui conclut que le groupe est décidé à mener des « actions violentes », justement « par la mise en œuvre d’engins et de dispositifs incendiaires ou explosifs ».

Pour Me Bourdon, le fait que des éléments cruciaux pour les mis en cause ont été cachés pendant quatre ans témoigne de l' »extraordinaire déloyauté de la procédure ». Pour obtenir toute la lumière sur la genèse de l' »affaire de Tarnac », l’avocat compte sur la « jurisprudence Manuel Valls » – le ministre de l’intérieur a autorisé la déclassification des rapports du renseignement sur Mohamed Merah, en juillet. Mais il faut avant cela que la juge accède à la demande d’acte.

Presse affiliée à Coupat-Assous (Laurent Borredon, LeMonde.fr, 8 novembre 2012)

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Sarko : « Allez travailler bande de petits cons » / Que l’État suce ma bite

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Canal de l’Ourcq, Pantin, 6 juin 2012

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[À mort l’artiste] « J’ai dû courir pour sauver ma vie »

Belgique : Le « lanceur de chats » placé sous protection policière

ANVERS – Adepte de la provocation, l’artiste Jan Fabre est au cœur d’une polémique après une performance artistique impliquant des chats. Violemment agressé dimanche, il a été placé sous protection policière.

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VOIR LA VIDÉO

L’histoire aurait pu rester anecdotique. Elle est en train de prendre des proportions démesurées. Le plasticien flamand Jan Fabre est au cœur d’une vive polémique après avoir réalisé une performance dans laquelle il lance des chats dans les escaliers de l’Hôtel de ville d’Anvers. Dans la vidéo qui a rapidement fait le tour d’Internet, on voit plusieurs personnes lancer les félins, dont certains retombent lourdement sur les marches de l’Hôtel de ville.

La municipalité d’Anvers, qui avait autorisé le tournage dans ses locaux d’un film français consacré à la carrière de Jan Fabre, a déclaré qu’elle ne savait pas que le lancer de chats serait au programme. L’adjoint au maire chargé du bien-être animal, Luc Bungeneers, a même déposé plainte, tout comme l’association de défense des animaux Gaïa.

Des milliers de mails d’insultes

Face au tollé suscité par ces images, Fabre s’est immédiatement excusé. « Je regrette vivement que ces chats soient mal retombés. Je veux m’excuser auprès des amis des chats. Ce n’était pas mon intention de blesser ou faire mal aux chats. Les chats vont bien », a expliqué à la télévision publique néerlandophone VRT l’artiste qui a tenté de minimiser l’incident. « J’ai l’impression qu’on a voulu faire du sensationnalisme et que c’est exagéré ».

Des propos qui n’ont fait qu’aggraver son cas. Vendredi, Jan Fabre confiait au De Standaard qu’il subissait une campagne de haine violente alimentée par Internet. Il a reçu 20’000 mails le traitant de tous les noms. Pire, dimanche dernier, il s’est même fait agressé par sept hommes qui l’ont violemment battu alors qu’il faisait son jogging dans un parc anverois. « J’ai dû courir pour sauver ma vie », a déploré l’artiste placé sous protection policière.

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Jan Fabre et ses sculptures Chimères

Internationalement reconnu, Jan Fabre a fait de la provocation son fonds de commerce. Il a notamment créé une performance montrant un concours de masturbation et acquis une certaine notoriété en France en 2005 au festival d’Avignon avec des pièces évoquant le sang et l’urine.

Leur presse (Rania Hoballah, MetroFrance.com, 7 novembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Douarnenez] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

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Douarnenez. La permanence du Parti socialiste vandalisée

Alors que la contestation se muscle en Loire-Atlantique, que l’intervention des forces de l’ordre se poursuit sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le « débat » a fait irruption de manière violente, ce mardi à Douarnenez.

Rue Louis-Pasteur, la permanence du Parti socialiste a été vandalisée, probablement en deuxième partie de la nuit de lundi à mardi.

Une vitre a été brisée et une autre, recouverte d’un tag explicite : « Ayraultporc, ce n’est pas ça le progrès. V (ou 5). »

Une plainte a été déposée dans la journée de mardi par la section locale du Parti socialiste, la gendarmerie de Douarnenez mène l’enquête.

Selon celle-ci, il n’y aurait pas de réelle connotation politique. Il s’agit plus d’un fait de délinquance.

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest France, 6 novembre 2012) via Brèves du désordre

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[Appel du Caire] Aux activistes anti-FMI

We refuse Economic Bondage: Stop the Loans

Dear friends,

In the coming period we will again be facing a familiar enemy that many of you have and continue to battle. International Financial Institutions like the IMF have long had a hand in plundering the Egyptian economy and dispossessing the Egyptian people. We aim to resist these institutions and their depredations, but we know that this struggle is a global one and so we address this letter to all those working in solidarity against these bankers and cronies.

Since the revolution these International Financial Institutions (IFIs) have once again been eyeing the country, hoping to consolidate and expand their control. Citing “economic instability”, they want to force their program onto Egypt — an economic fix that would yet again widen the gap between rich and poor and attack the livelihoods of millions. What they call “instability” is nothing less than the grassroots uprising that opposed the status quo of political and economic hegemony of Egyptian rule.

The real problem is that we have not yet removed the IFI-trained Egyptian economists who continue to run our ministries and banks, while Egypt’s new leadership maintains a neoliberal logic of governance. The Muslim Brotherhood, the generals, the bureaucrats, and the bankers have the same intentions in mind: continued exploitation, theft and commercialization of the country’s natural and human resources.

While some of the Brotherhood’s key leaders have promoted neoliberal policies for years, shortly after taking power the organization formally dropped its religiously-grounded opposition to an IMF loan, claiming financial “necessity”. In practice this means prioritizing the demands of banks and financial institutions over policies that would increase social justice for Egyptians. Furthermore, while the IMF claims the loan has no conditions, an “economic reform package” prepared by their lackeys within the Egyptian financial system must be approved by the Fund before any money is loaned. No conditions, indeed.

The IMF might be the most obvious creditor with imperial intentions, but it is not alone in creating and maintaining unequal economic, cultural and territorial relationships based on domination and subordination. Just as dangerous are institutions like the European Bank for Reconstruction and Development and the European Investment Bank, who aim to commodify, privatise, and pillage anything they can, from transport and electricity to the Nile herself. Many of these banks already supported our dictators for years, celebrating their attempts to subject us, our land and our water to private capital.

Egypt is no exception. The South African revolution against apartheid was deemed a threat to economic stability — the new leadership that emerged boasted revolutionary credentials that made possible the implementation of a neo-liberal program that exceeded its colonial predecessors. Following his election victory with promises of progressive programs, Lula, the president of Brazil, introduced ever more strident neo-liberal policies whitewashed over with charity programs for an increasingly poor underclass. India was no different, where economic policies said to help the country enter global markets translated into thousands of farmers going into debt and losing their livelihoods while stratification between poor and rich surged. And the examples go on. The world over, these International Financial Institutions and the Northern governments that run them exploit the uncertainty of « post-revolutionary » moments by imposing more austerity measures and tightening the noose around nations revolting against these very systems of control.

Egypt is no exception. Their solution is our problem, their “economic stability” is our destitution and exploitation — the reason why we revolted. By standing together we can strengthen our stance of abject opposition.

We acknowledge a lineage of struggle against IFIs and the IMF: an inspiring global network of peoples and activists that we view ourselves as part of. Today, we in Egypt are under further attack and imminent danger, and have decided to take on this fight.

For those similarly targeted by the IMF and IFIs and who have been fighting against those predators, let us find ways to combine our efforts and join forces in opposing these loans both locally and  globally.

For others, We ask you to march on the headquarters of the banks based in your countries, and to use creative resistance and direct action strategies so that we can put an end, together, to the injustices and the oppression driven by these institutions.

No Bosses, No Creditors!

Sincerely,

Comrades from Cairo
31 October, 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Je plaide le crime passionnel »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[5 mars 2012]
Partie : Crime passionnel

CRIME PASSIONNEL

On s’est pendus à une potence avec des paillettes roses comme si la douleur serait moins forte une fois que l’on y passerait notre cou, crime passionnel intentionnel on est morts par amour, par amour de l’argent, on s’est suicidés les armes au poing sur le champ de bataille, que nos âmes reposent en paix dans les cellules et les geôles de cette République au lieu de choisir notre vie on les a laissés choisir notre mort notre lieu de sépulture je plaide le crime passionnel j’ai mis les gants et la cagoule par amour pour le billet vert follement amoureux on était prêts à tout pour satisfaire cet amour fusionnel, on dit que l’amour donne des ailes moi mon amour m’a donné des armes des voitures volées mais j’assume je les aimais d’un amour fou tellement fou que j’ai passé la moitié de ma vie entre les barreaux « quoi ça te choque ? » bah tant pis pour toi moi quand j’aime je compte pas même si l’addition fut salée sucrée même, une peine à deux chiffres m’a fait divorcer pieds poings liés de cette passion débordante qui enivrait ma vie de banlieusard le divorce dix ans après est totalement consommé les armes enterrées sous le paillasson à portée de main au cas où une imitation thug sous ahia voudrait tester la limite de mon changement wallah j’ai pas changé j’ai toujours envie de tout niquer mais ma maturité me raisonne à chaque excès de colère et me rappelle que j’ai utilisé toutes mes vies comme dans un jeu vidéo j’suis mort dans le film.

Mes crimes passionnels n’existent plus je ne l’aime plus elle me charme plus sa robe luxueuse n’était qu’un mirage une illusion même en cadeau je n’en veux plus car derrière son sourire ravageur se cachent les larmes et les sanglots de nos mères alors que l’on sort toutes les nuits en compagnie du billet vert bouteille à 3000 euros pour charmer une micheto que tu n’as même pas, pas besoin de draguer car son amour s’achète Louboutin Ferrari tape des barres en voyant que l’on se ruine pour mettre des cale­çons à leur effigie je l’aime plus cette vie où mes valeurs passaient ces nuits entre un verre de champagne et deux strings de luxe t’as jamais donné à ta mère le quart de ce que tu offres à ces demoiselles dont tu ne connais même pas le prénom… On monte au charbon pour plaire plus [que] pour subvenir à nos besoins aïe.

Pour toutes ces raisons je plaide le crime passionnel un crime délicieux en apparence mais dont les fruits sont amers et j’en paye le prix.

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PCC dégage !

Quatre Tibétains tentent de s’immoler en Chine

Au moins quatre Tibétains ont tenté de s’immoler par le feu hier en Chine à la veille de l’ouverture à Pékin du congrès du PC chinois qui doit désigner les nouveaux dirigeants du pays, a-t-on appris jeudi auprès du gouvernement tibétain en exil. « Nous avons pu confirmer grâce à nos sources quatre (gestes de protestation) », une série sans précédent pour une seule journée, a déclaré à l’AFP la secrétaire à l’Information, Dicki Chhoyang, ajoutant qu’un 5e cas était en cours de vérification.

Leur presse (Agence Faut Payer, 8 novembre 2012)

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[Hasselt, Belgique] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

Hasselt (Belgique) : Attaque incendiaire contre un comico

Dimanche matin [4 novembre], vers 5h15, des inconnus ont cassé les vitres du commissariat à Kuringen et y ont bouté le feu. Les dégâts sont considérables et le comico restera fermé pendant au moins une semaine. Au moins une salle a été ravagée par le feu, le reste du bâtiment a été endommagé par la fumée et l’eau.

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Brèves du désordre, 8 novembre 2012

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[Kasserine] La liberté est le crime qui contient tous les crimes

Retour à la violence à Kasserine

La trêve observée à Kasserine depuis quelque temps n’a pas trop durée, la violence a repris entre un groupe de jeunes qui se sont confrontés aux forces de l’ordre, ce samedi 3 novembre, dans ce gouvernorat, après l’arrestation d’un dangereux criminel [sic] originaire de Cité Ezzouhour.

Les jeunes manifestants ont incendié des pneus et, comme cela a été toujours le cas dans des circonstances pareilles, bloqué de nombreuses routes qui mènent vers la ville.

Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour mettre fin à ces violences et disperser les jeunes protestataires, et l’appel à des renforts sécuritaires pour préserver le calme et prévenir de nouvelles escalades.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunivisions.net, 4 novembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] « Allez dire à Rome que son empire s’arrête ici »

Notre-Dame-des-Landes : 500 robocops s’épuisent pendant 6 plombes pour détruire 5 barricades immédiatement reconstruites !

Cela fait maintenant plus de 3 Semaines que des Anarcho-Autonomes Ultras-Mon-Cul qui font pousser plein de vrais légumes sans pesticides et construisent des cabanes dans les arbres résistent aux agressions et ravages provoqués par un envahisseur capitaliste des plus béliqueux.

Ce matin [mercredi 7 novembre], vers 8 heures les talkies nous signalent la venue de 20 camions blindés de Play-Mobiles en provenance de Fay-de-Bretagne qui se dirigent rapidement vers les barrages nord.

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À peine arrivées, les forces du désordre se déploient rapidement et prononcent les trois sommations de rigueur en mode accéléré avant de foncer en mode gros bourrins sur le premier barrage qui est aussitôt repris.

Les tirs de lacrymos fusent accompagnés d’explosions de bombes assourdissantes.

Une quinzaine de camions bleu-marine, des véhicules de la DDE et une grue alignés le long de la D281 témoignent de la lourdeur du dispositif répressif mis en place par la Préfecture de Loire-Atlantique.

Le deuxième barrage tombe, les légions de César progressant à chaque charge d’une 50 de mètres. Petit à petit, ils arrivent au niveau du chemin du Sabot sous une épaisse fumée.

Le dispositif policier continue tout au long de l’assaut à se renforcer pour finalement former un mûr compact d’au moins 150 Play-Mobiles.

Les zadistes et sympathisant.e.s qui leurs font face sont moins nombreux et surtout beaucoup moins bien équipés. Tout le monde a en esprit la défense du Far-Ouezt jusqu’à là préservé des saccages perpétrés sur la ZAD depuis maintenant plus de 20 jours par les chiens de garde de Vinci et de sa filiale AGO.

Les tirs de Flash-balls sont limités par la présence continue de plusieurs journalistes qui peuvent témoigner à tout moment de violences policières. Les flics cherchent à nous blesser sans témoin et un de nos camarades est atteint par un tir tendu de flash-ball dans la jambe juste au dessus de la rotule.

Les dégénérés casqués n’hésitent pas à lancer de nombreux jets de gaz au dessus de nos épaules. Certaines cartouches de lacrymos nous tombant directement sur la tête. Plusieurs grenades assourdissantes explosent parfois tout près de nous..

Plusieurs fois d’affilé l’atmosphère est rendue irrespirable par les gaz. Protégées par l’épais écran de fumée, les forces terroristes de l’État saucialo-fasciste continuent leur progression sur la route.

Au niveau du chemin de la Chèvrerie, les Play-Mobiles prennent une nouvelle barricade grâce à leur appareillage guerrier sophistiqué et à leur supériorité numérique, forçant les zadistes et sympathisant.e.s à se replier derrière une nouvelle barricade proche de la maison du Far-Ouezt. L’hélico de la gendarme déboule avec son fracas rotatif, mais une fusée éclairante est lancée en sa direction et il fait demi-tour.

Au bout de trois heures de charges successives, les Play-Mobiles reprennent plus ou moins un contrôle très précaire de la route pour permettre aux collabos de la DDE de remblayer les trous dans la chaussée et d’embarquer ce qu’il reste des barricades à l’aide d’une grue dans des camions prévus à cet effet.

Sauf que… C’est un convoi de Play-Mobiles, de CRS et de machines stationnées sur une route bordée de haies de trois mètres de haut et de petits bois touffus. Les keufs n’ont aucune visibilité de ce qui se passe autour d’eux. Cachés dans les fourrés, les camarades transformés en guérilleros bocagers, les harcèlent de cailloux, d’œufs de peinture, de verres, de pétards, sur tous les points du convoi, du sud au nord.

Des collabos de la DDE et des véhicules de chantiers évitent de peu des bouteilles lancées sur la route, et les flics censés les protéger réagissent avec un temps de retard, à l’aveuglette, bombardent de lacrymos des champs où il n’y a que du maïs et des taupes.

Ces invertébrés laissent même, au cul du convoi, un véhicule de fonction du Conseil Général sans protection pensant qu’il n’y aura personne, mais des camarades jaillissent des fourrés, pètent une vitre avec une bouteille en verre vide et disparaissent la seconde qui suit.

S’engage alors un face à face surréaliste dans un champ qui relaie le D281 au Far-Ouezt tout proche. Un de nos camarades habillé en Gaulois se met à railler ces imbéciles de romains alignés le long du champ comme des quilles de jeu :

« Allez dire à Rome que son empire s’arrête ici ! »

« Je n’ai pas envie de vous tuer mais j’ai besoin de vos crânes pour boire de la bière ! »

« J’ai embrassé ma femme ce matin et mangé de la chair humaine, je suis fort et prèt à mourir ! »

« Au delà de cette limite (il plante son épée) je ne garantis plus votre sécurité ! »

Sous le chant d’une clarinette et le rythme d’une batucada les Play-Mobiles se gâsent tous seuls comme des cons à plusieurs reprises sous les risées et insultes. Un pique nique s’organise dans le champ face aux flic. Certains font bronzette au soleil. Le face à face dure jusqu’à 14 heures qui marque le départ des forces de répression de l’État saucialo-fasciste.

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Notre-Dame-des-Landes, ZAD, la barricade du chemin Bellish

Cet acharnement Ripoux-blicain contre les habitant.e.s des 2000 hectares de lande et de bocages qui composent la ZAD ne fait que renforcer notre détermination et nos convictions.

Le Premier Sinistre Jean-Marc Ayrault s’acharne encore et toujours sur son projet mégalo, bien plus soucieux de satisfaire l’appétit vorace des actionnaires de Vinci plutôt que de mettre en pratique une politique au service du bien-être commun de toutes et de tous.

Cette dernière attaque de la ZAD montre l’absurdité d’un système tout entier qui vacille, menacé par les outrances successives qu’il a lui-même engendré.

La résistance à ce projet d’Aéroport absurde et à la destruction totale de la ZAD avant bétonnage n’est pas prête de s’arrêter.

En poursuivant sur le chemin du tout répressif, l’État, par les actions scandaleuses de destruction de nos lieux nos de vie, jette aux yeux de l’opinion publique, qui s’interroge de plus en plus du bien-fondé de l’opération César, un spectacle révoltant, lamentable, injustifiable.

À l’heure du réchauffement climatique, de la catastrophe de Fukushima et d’une gestion dévastatrice de la crise économique tournée au service des seuls intérêts spéculatifs et financiers, rien ne peut justifier une opération policière disproportionnée pour réaliser un projet industriel et commercial déjà obsolète avant le début de sa mise en chantier.

À Athènes, à Barcelone, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, nous refusons de laisser nos vies entre les mains d’une oligarchie criminelle et sociopathe.

Les saucialos-fascistes pratiquent chez nous la politique de la terre brûlée, aveuglés par la seule flamme qui les anime. Celle de la préservation des intérêts du capital et des grands groupes privés comme Vinci alors que toute l’Europe est traversée par une crise sociale, écologique et politique sans précédant.

Les grands discours pseudos écolos de l’alliance socialos-verte ne changent rien à la mascarade électorale de mai qui a abouti à un nouveau monstre politique rose-vert après des années de sarkozysme tout aussi destructeur et nuisible. Monstre qui détruit tout sous nos yeux.

Le bilan de la journée reste, somme toute, assez modeste pour les Play-Mobiles et leurs version citadine, les CRS : 5 barricades pétées en presque 6 heures… Une présence policière hallucinante pour un résultat proche de zéro. De nouvelles barricades fleurissent au même endroit que les anciennes un peu partout le long de la route bloquée depuis 5 jours.

Il est hors de question de laisser une oligarchie irresponsable décider plus longtemps à notre place. Ce qui est bon pour les actionnaires de Vinci ne l’est pas pour nous.

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Nous voulons faire pousser nos légumes, apprendre à nous passer d’un système oppresseur en recherchant l’autonomie qui nous en émancipera.

La résistance continue de s’amplifier sur la ZAD grâce à la solidarité qui s’est mise en place, les actions contre le PS et Vinci, les initiatives citoyennes de désobéissance civile les plus diverses et la présence nombreuse de nouvelles/nouveaux camarades sur les barricades et pour la phase de reconstruction.

Tous les jours de nouvelles personnes solidaires soit nous rejoignent dans la lutte, soit viennent nous apporter réconfort moral.

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Nous voulons une vie riche, pas une vie de riches.

Le capitalisme crève, aidons-le !

Vinci dégage !

Des habitant.e.s de la Zone d’Autonomie Définitive

Bob 92 Zinn, 7 novembre 2012


[Le terrorisme d’État ne passera pas !] Un témoignage sur les expulsions dans la forêt de Rohanne

J’avais rejoint sept camarades en haut de la dernière cabane à expulser dans la forêt de Rohanne. C’était le 31 octobre. On s’amusait bien là-haut, peut-être grâce à l’anxiété, à la tension palpable, partagées. On faisait des blagues, on se distribuait les équipements dispos. On a bricolé un baudrier avec une longe. À regarder tout ça de haut pendant vingt minutes, on s’est sentiEs fortEs. à un moment en bas ça a chauffé, des hommes en plastique tout peinturlurés ont encerclé notre arbre et viré nos soutiens au sol, violemment. … Dans quelque temps, ca va être notre tour… Ils ont approché un manitou (un godet avec un bras télescopique de 16 m, je crois) et après quelques tergiversations, deux tortionnaires et un sauveteur (sic !) de haute montagne (re !) se sont embarqués dans le godet et ont été hissés à notre hauteur pendant que l’OPJ au sol nous sommait de descendre en disant « nous n’emploierons pas la force ». À cinq on fait la tortue (position solidaire, assis en rond, bras et jambes entremêlés), tandis que trois autres potes grimpent plus haut pour empêcher que l’arbre ne soit coupé. D’ailleurs il est toujours là. Le premier tortionnaire éventre la bâche à coups de couteau, l’autre attend en retrait, le sauveteur alpin communique avec le sol. Une fois entré, le type se pose, nous mate. “C’est un steack” il dit. Et puis il va au travail. Clé cervicale (il a essayé de m’arracher la tête), étranglement, doigts tordus … il m’a aussi un peu broyé le genou. C’était un moment bizarre, où j’ai vu comme la peur me disciplinait. Je veux dire, j’ai eu plusieurs fois conscience d’occasions de le frapper, même dur. mais la douleur qu’il me faisait, et son calme … le pouvoir et l’ appui de l’État et de la loi, dans ses mains à lui … j’ai pas osé, tant mieux peut-être. J’ai demandé aux copinEs de me lâcher. Pardon. Saucissonné, je résiste mollement, essayant juste de le freiner. Et ma tête me rappelle que je suis plus mou en tout cas qu’un godet de manitou. La mâchoire d’acier se referme pour une fois littéralement, dans mon dos. Je passe la descente avec un genou sur la nuque. De quel droit ? Tout ça là, d’où ? Au sol c’est les robocops qui me prennent en charge. Je passe trois heures menotté serré à un arbre à voir mes codescenduEs traînéEs là dans le même état que moi, yeux enfoncés, baffes et clés de partout, mâchoire d’acier et tête de brute. Et puis ensemble à essayer de nous foutre de la gueule des condés, à les mettre dans la merde éthique, attendre qu’iles aient peur du noir et des louves, que tout ça se casse de chez nous. Illes s’embourbent eux-mêmes, nous, on les emmerde. Nous on habite ici, on partira pas, mieux : on va s’installer, partout où l’État pose ses sales pattes, ses dangereux appétits, ses gros yeux. Faudra devenir moins peu, ce qui paraît en chemin, et aussi cesser de penser qu’i suffira de lancer des pierres [Oui mais aussi, c’est ça ! Pourquoi on les frappe pas ? « La question n’est pas de savoir pourquoi des gens jettent des pierres sur la police, mais pourquoi il y en a si peu ? » Je voudrais mieux pas aller en prison si je sais pas que des potes m’y trouveront. La citation est de Wilhelm Reich, CQFD vous êtes rien que des menteures, j’l’ai jamais eu mon lance pierre ergonomique ! (private joke)]. Mais bon, j’ai espoir. À bientôt !

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 6 novembre 2012

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[Copwatch] La police travaille à Poitiers

Manque de moyens dans l’Éducation Nationale
À Poitiers les inspections pédagogiques des profs de philo se font dorénavant par la police

JF est un prof de philo bien connu des services de police pour ses engagements politiques. Le 10 mai dernier, il a eu l’outrecuidance d’illustrer le propos de l’un de ses cours sur la question de l’État en faisant visionner à ses élèves un document vidéo sur l’expulsion brutale par la police, le 2 avril dernier, d’un campement de sans logis et mal logés mis en place depuis le 30 mars sur le parvis de Notre Dame à Poitiers.

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Juste après le bac il a été convoqué par son chef d’établissement qui l’a informé qu’il y aurait une plainte de parent(s) d’élève(s) auprès du rectorat. Il fut tout étonné d’apprendre que lors de la projection du document, il aurait fait des arrêts sur image et donné le nom des policiers qui expulsaient violemment le campement des sans-logis et mal-logés. Ses élèves auraient reconnu le père d’une élève et seraient allés « faire des remarques désobligeantes » à cette dernière.

Comme il fallait s’y attendre, l’enquête administrative a tourné court puisque deux élèves ont témoigné que, si le document avait bien été diffusé, c’était dans le cadre du cours et que l’enseignant n’avait ni fait des arrêts sur image ni donné les noms des policiers. D’ailleurs il n’aurait pas eu besoin de le faire puisque, le hasard faisant bien les choses, c’étaient ces deux élèves qui avaient reconnu le policier car ils étaient à l’époque, pour l’un le petit ami, et pour l’autre, l’ex-petit ami de sa fille. Il lui ont bien sûr dit qu’ils avaient vu son père sur la vidéo, ce qu’elle avait dû lui répéter.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La police visiblement insatisfaite de ce dénouement est en train de convoquer pour les auditionner, tous les élèves de cette classe (soit 32 !). Cerise sur le gâteau digne des meilleurs polars, comme la proviseur ne voulait pas fournir à la police la liste des élèves et l’adresse de leurs parents, elle a été saisie au Lycée lors d’une perquisition.

Les convocations qui se sont enchaînées n’ont fait apparaître aucun motif. Ce n’est que quand les élèves, enfin surtout leurs parents affolés, téléphonaient à l’Officier de Police Judiciaire qu’ils ont été informés que « des parents ont été choqués que soit projeté ce document à leurs enfants et ont porté plainte »… Certes mais pourquoi l’ont-ils fait ? Comment est qualifié le délit ? Personne ne le sait et rien de plus n’est précisé au début des auditions.

Ces dernières qui duraient près d’une heure et demie pour les premiers élèves convoqués, durent à la fin à peine 20 minutes. Ce qui témoigne peut-être de la lassitude des policiers. Les questions portent bien sûr sur le document incriminé. Y a-t-il eu des arrêts sur image ? Le prof a-t-il donné les noms des policiers ? Et sur le cours en question : quelle était sa teneur ? Comment ça s’est passé ? Mais elles vont bien au delà et peuvent figurer une nouvelle forme d’inspection pédagogique digne des républiques les plus bananières. Comment le prof se comporte-t-il en classe tout au long de l’année ? Quelle est sa pédagogie ? Quels sont ses engagements associatifs ? Une vraie enquête de moralité ! Le prof évalué par la police et noté par ses élèves, c’est dans l’air du temps ! Et puis quel Inspecteur Pédagogique Régional pourrait passer une cinquantaine d’heures (au bas mot) à évaluer un seul prof alors que la moyenne du temps entre deux inspections (qui ne durent que deux ou trois heures, rapport compris) est de 7 longues années.

Mais il y a plus. Pourquoi une telle débauche de moyens et un tel acharnement ? D’abord, il n’est pas anodin que ce soit un document vidéo sur l’expulsion du campement de sans-logis et mal-logés du 2 avril dernier qui soit à l’origine de l’affaire. Car si cette expulsion était légale, elle était loin d’être légitime. Comment arriver à justifier moralement de s’en prendre si violemment à des « gens en souffrance, au parcours de vie difficile », selon les propres mots du maire de Poitiers ? Comment arriver à continuer à avoir bonne conscience lorsqu’on a fait expulser, ou soi-même expulsé brutalement et violemment, des sans-logis et mal-logés qui avait des revendications, qui étaient elles, non seulement très légitimes mais aussi légales, puisqu’ils demandaient un logement décent pour tous, c’est à dire le respect de la loi ? Comment arriver à continuer de se regarder dans une glace quand on use de violence envers des gens qui résistent passivement, quand on leur arrache et confisque des biens de première nécessité et que l’on conduit six de ces personnes (cinq hommes et une femme) en garde à vue, dont cinq (les cinq hommes comme par hasard) ont été traînés au tribunal pour outrages et rébellion violente ? Et ce n’est pas tout. Peut-on garder sa bonne conscience quand deux de ces cinq personnes ont pris deux mois de prison ferme et qu’en tant que policier on se fait payer des dommages et intérêt (1200€ en tout ; 500€ pour le policier qui s’est offusqué de la diffusion de la vidéo en cours et qui a porté plainte contre JF…) et ce par des personnes notoirement fragiles et démunies ? Ne voudrait-on pas que personne ne le sache, surtout pas nos proches, et ne serions-nous pas honteux si un prof de philo diffuse cette forfaiture dans une classe dans laquelle certains élèves nous connaissent ? Ne serions-nous pas honteux au point de reporter la faute sur lui ?

Ne nous trompons pas de cible ce n’est pas de passer cette vidéo en classe qui est scandaleux mais bien d’avoir évacué de la sorte ce campement de sans-logis et mal-logés, d’avoir menti et de les avoir accusé injustement et pour finir d’avoir touché des dommages et intérêts indus.

Il y a une autre raison qui motive un tel acharnement. Le DAL86 écrivait en mai dernier, « la répression à Poitiers vient de passer un cap. Ce ne sont plus les personnes qui ont eu le toupet de relever la tête et qui se se sont engagées dans une lutte politique en particulier pour la défense de leurs droits, mais les militants de terrain qui les soutiennent, qui subissent dorénavant la répression. Ce ne sont pas des jeunes, des sans-logis et mal-logés, des pauvres qui sont ciblés mais des quinquagénaires, ayant un travail et connus pour leurs engagements associatifs et politiques au sein de la cité. »

Henri Queuille, président du conseil entre les deux guerres, n’avait-il pas raison de dire : « La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent. » ?

Les Flics (préfecture, police, justice et… mairie) veulent nous faire taire. Nous ne nous tairons pas ! On continue !

Flics hors de nos vies, hors de nos villes !

Rendez-vous vendredi prochain 9 novembre à partir de 9h devant le palais de justice pour exiger la relaxe des militants réprimés. Jean-Baptiste Eyraud, porte parole de la Fédération Droit au logement, Mgr Jacques Gaillot, différents comités DAL, ont déjà répondu présent.

DAL86, 7 novembre 2012

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[Chicago] Bas les pattes sur les Cinq de l’Otan !

Chicago anarchist sent to boot camp for lie about bomb in Harry Potter book

Ahead of the NATO summit Sebastian Senakiewicz told a drunken lie — undercover agents were listening

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Sebastian Senakiewicz, 24, never made a bomb. He was never found with any explosive-making materials; authorities thoroughly searched his house. The Polish immigrant did, however, tell a boastful lie that has landed him a stint at boot camp.

Just days before the Chicago NATO summit last May, Senakiewicz drunkenly told undercover agents that he had two homemade explosives hidden in his Chicago residence in a hollowed-out Harry Potter book. A search of his home found the bombs to be as fictitious as the boy wizard — there weren’t even any Harry Potter books at the address. But the 24-year-old anarchist, who Tuesday pleaded guilty to one felony count of falsely making a terrorist threat, could face deportation.

The Chicago Tribune reported:

At a hearing in the Leighton Criminal Court Building, Judge Nicholas Ford imposed the 4-year prison term and recommended that Senakiewicz be admitted into a prison boot camp. If he successfully completes the program he could be released in as little as 6 months, but prosecutors said the Polish native would be subject to deportation on completing his sentence.

However, the Chicago Tribune’s report and the report from the AP — both reportedly based on a press release from State’s Attorney Anita Alvarez’s office — were mistaken about Senakiewicz’s sentence. He was not sentenced to four years, but four months at boot camp in lieu of jail time.

Senakiewicz is among a group of five people arrested in the run-up to the NATO protests — dubbed “the NATO 5,” including three other defendants (“the NATO 3”) arrested on state terrorism charges. “Activists charge that Cook County State’s Attorney Anita Alvarez brought the charges as part of a broad strategy by local law enforcement to infiltrate and disrupt peaceful protest activities, to frighten the public and to deter opposition to the NATO meeting,” noted the Occupy Chicago press team in a statement.

One of Senakiewicz’ attorneys, Jeff Frank, criticized Cook County’s treatment of his client (known to friends as “Sabi”). “Honestly, how serious was this case? Does this rise to the level of what this statute was designed for? No. Sabi is guilty of imprudent language. That’s hardly grounds to extract a guilty plea for a serious felony, but that’s how Ms. Alvarez has chosen to spend the taxpayers resources,” he said.

The “NATO 3” suspects, whose arrest for allegedly plotting to use Molotov cocktails during the summit has sparked charges of entrapment against Chicago undercover officers, have pleaded not guilty. Along with one other NATO arrestee also facing trumped-up terror-related charges, their cases are still pending.

CORRECTION: An earlier version of this story incorrectly reported that Senakiewicz was sentenced to four years in prison and did not correct reports from the AP and Chicago Tribune about Senakiewicz’s sentence. Senakiewicz could have faced four or more years in prison, but accepted a plea deal for a boot camp sentence.

Leur presse (Natasha Lennard, Salon.com, 7 novembre 2012)

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[Territoire autonome zadiste] « Un groupe d’une quarantaine d’assaillants particulièrement résolus, utilisant des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques »

Notre-Dame-des-Landes : six gendarmes blessés, trois arrestations

Trois opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique) ont été interpellés lors d’affrontements avec les forces de l’ordre mercredi matin, a-t-on appris auprès de la préfecture et de la gendarmerie. Six gendarmes ont été légèrement blessés lors de ces échauffourées.

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Les forces de l’ordre sont intervenues pour détruire des barrages établis depuis lundi sur la RD281, route secondaire qui traverse la zone d’aménagement du futur aéroport. « Cette intervention a été rapidement perturbée par un groupe d’une quarantaine d’assaillants particulièrement résolus, utilisant des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques », a précisé la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué.

Des heurts ont régulièrement lieu depuis la mi-octobre entre les militants écologistes et les gendarmes mobiles qui interviennent pour les déloger des maisons désaffectées et des cabanes parfois construites dans des arbres et situées sur le terrain prévu pour accueillir le nouvel aéroport. Ces opérations policières doivent ouvrir la voie au lancement des travaux préparatoires prévus au début de l’année 2013.

Opposé à ce projet, Europe écologie-Les Verts (EELV) appelle à une grande manifestation de « réoccupation » le 17 novembre au matin sur le site. Implanté à 30 kilomètres au nord de Nantes, le nouvel aéroport, critiqué en raison de son inutilité et de son coût financier et écologique, doit voir le jour en 2017.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sipa, 7 novembre 2012)


Les locaux du PS touchés par une vague de vandalisme anti-« Ayraulport »

Une vingtaine de fédérations, section ou permanences d’élus socialistes ont été vandalisés ces trois dernières semaines par des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Cette vague de dégradations touche principalement les régions du grand Ouest et Paris.

La fédération du Maine-et-Loire, à Angers, a été la première touchée dans la nuit du 16 au 17 octobre. La façade a été la cible de jets d’oeufs et de peinture et l’inscription « Vinci-PS même combat, solidarité ZAD » a été taguée au sol, en référence à la zone d’aménagement différée où doit être construit l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, rebaptisée « zone à défendre » par ses détracteurs.

D’autres fédérations ont été prises pour cibles : Rennes (Ille-et-Vilaine) le 19 octobre et dans la nuit du 26 au 27, Dijon (Côte-d’Or) dans la nuit du 19 au 20, Limoges (Haute-Vienne) dans la nuit du 21 au 22, Besançon (Doubs) dans la nuit du 30 au 31, Tulle (Corrèze) dans la nuit du 2 au 3 novembre, Bordeaux (Gironde) et La Rochelle (Charente-Maritime) dans la nuit du 5 au 6.

Plusieurs sections ont également été vandalisées : Arles (Bouches-du-Rhône) dans la nuit du 24 au 25, Brest dans la nuit du 29 au 30 et Douarnenez (Finistère) dans la nuit du 5 au 6 novembre.

À Paris, la permanence de la députée Fanélie Carrey-Conte dans le XXe arrondissement a été frappée dans la nuit du 21 au 22 octobre, puis la fédération départementale dans la nuit du 30 au 31 et les sections des Ve et VIe dans la nuit du 2 au 3 novembre. Trois nouvelles dégradations ont été commises mercredi matin vers 10h30 contre la section du IIIe, la permanence du député Patrick Bloche dans le XIe et la fédération départementale, située dans le même arrondissement.

« Tremblez ! »

D’après les témoignages recueillis par Sipa auprès des fédérations PS touchées, les auteurs de ces actes de vandalisme ont à chaque fois revendiqué leur opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. « La ZAD est partout. Tremblez ! », pouvait-on lire sur les murs de la fédération de Charente-Maritime, tandis que la section d’Arles était ornée d’un inébranlable « ZAD vaincra. Mon peuple survivra. On fait voler le PS en éclat ».

Le nom du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes de 1989 à 2012, apparaît souvent dans des inscriptions dénonçant « l’Ayraulport » de Notre-Dame-des-Landes, comme à Dijon, Tulle ou Douarnenez, quand il n’est pas directement traité de « vendu » comme à Bordeaux.

Ces graffitis s’accompagnent régulièrement de bris de vitrines et de jets de peinture. Le PS a systématiquement déposé plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

« Vandalisme politique »

« Trop c’est trop ! Ce sont des actes inadmissibles qui s’attaquent au fondement même de la démocratie. Le PS n’acceptera pas que certains puissent s’abriter derrière des pseudo-causes pour perpétrer des actes de vandalisme politique », a déclaré à Sipa le porte-parole du PS, David Assouline. « Il doit y avoir une réaction énergique pour ne pas que cela se poursuive », a-t-il ajouté.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui s’étend aussi sur trois communes voisines, est le théâtre d’affrontements fréquents entre les opposants au projet d’aéroport qui occupent le terrain et les forces de l’ordre chargées de les en déloger.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sipa, 7 novembre 2012)


Une nouvelle section PS vandalisée à Paris

FAITS DIVERS – La section PS du 3e arrondissement de Paris a été vandalisée cette nuit. Ce serait la cinquième permanence du Parti socialiste visée en deux semaines.

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Les membres de la section PS du 3e ont eu une bien étrange surprise en ouvrant les portes de leur local ce matin. Des inscriptions telles que « des légumes pas du bitume » avaient été marquées en couleur sur le trottoir, au 40 rue Charlot.

« C’est inquiétant »

Cet acte de vandalisme serait en rapport avec le projet d’aéroport de Notre-Dame-les-Landes près de Nantes. « Nous avons déjà eu des problèmes par le passé des dégradations. Mais c’est la première fois que les tags sont reliés à ce projet », se désole Flore Bolter de la section PS.

Sur le sol, devant le local, on peut lire en rose « non à l’Ayrauport » et « PS gare à tes fesses » ou encore « des légumes pas du bitume » en vert. Des phrases loin d’être effrayantes mais qui agacent tout de même la section. « C’est quand même inquiétant. En terme de démocratie, s’attaquer à une section ce n’est pas un bon symbole », considère Flore Bolter.

« Ce sont de véritables agressions »

Le maire de Paris a immédiatement réagi à la nouvelle. « J’apprends avec consternation les actes de vandalisme commis contre les locaux du Parti socialiste dans le 3e arrondissement de Paris (…). Ces actes sont de véritables agressions contre des lieux où se vit au quotidien la démocratie à Paris », a écrit Bertand Delanoë qui a assuré sa « solidarité » aux élus et militants.

Du côté des Verts, Barbara Pompili, la coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale et dont le parti est opposé au projet d’aéroport, a indiqué que ces actes sont le fait d' »activistes d’extrême gauche qui sont dans la lutte pour la lutte ». Pendant l’émission « Questions d’Info » organisée par LCP/France Info/AFP/Le Monde, elle a ajouté qu’ils « sont minoritaires » dans le combat anti-aéroport auquel prennent part agriculteurs locaux et écologistes. « Dans cette lutte, il y a d’autres personnes « vraiment pas extrémistes, qui sont jetées dehors, notamment les agriculteurs, mais aussi tous les expropriés », a indiqué l’élue.

Ce serait la cinquième section PS en deux semaines à être visée, selon Le Parisien. Les locaux des 20e et 11e arrondissements ont aussi été touchés les 22 et le 31 octobre et ceux 5e et 6e arrondissements ce samedi.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 7 novembre 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Territoire autonome zadiste] « Un groupe d’une quarantaine d’assaillants particulièrement résolus, utilisant des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques »

Casser l’utopie

Casser l’utopie, voilà ce qu’ils veulent. Ils ne veulent pas que l’on prouve que ce qu’ils nomment « utopie » peut exister. Il ne faut pas que des preuves concrètes viennent démontrer qu’on pourrait vivre autrement ; que les tentatives « utopiques » ne débouchent pas forcément sur des dictatures (comme la propagande de leurs « historiens » nous l’assure depuis que les bolcheviques et staliniens ont transformé le rêve communiste en camp de concentration). Il ne faut pas que l’idée puisse se répandre dans les esprits que l’on pourrait faire autre chose que ce à quoi tous leurs rouages nous obligent.

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Ils sont les gardiens cyniques et féroces d’une organisation sociale conçue pour que les grands faiseurs de fric en fassent toujours plus et que les pauvres en chient toujours plus. Ils n’ont pas « d’états d’âme » (comme ils disent dans leur jargon méprisant). Pas la peine de s’offusquer de leurs méfaits ; d’essayer de leur faire entendre « raison ». Ce ne sont pas des gens « raisonnables » bien que ce soit le déguisement qu’ils préfèrent. Ils ne veulent qu’avoir raison de ceux qui refusent de se plier à leurs décisions : par la matraque et les lacrymos, les flash-balls et les procès, les amendes et la prison, et autres vacheries moins officielles. Ils n’en sont pas encore aux tanks et aux missiles (ça ne fait pas « démocrate ») mais, s’il le faut, ils se souviendront que leurs ancêtres ont su faire tirer sur les dangereux utopistes d’hier, communards et spartakistes, makhnovistes et zapatistes, et autres « collectivistes ».

Ce qui les inquiète c’est que l’utopie reprend du poil de la bête. Confrontés à leurs impasses (Paye la banque et crève en silence) des gens de plus en plus nombreux, partout, se disent qu’ils peuvent essayer de s’en sortir, quitter la machinerie écrasante du tous contre tous ; agir ensemble pour sortir du labyrinthe piégé. Voilà ce qui leur fait peur. Ils savent que leur feuilleton du bonheur technocratique et marchand fait de moins en moins applaudir les spectateurs et que, sans cette adhésion du public, leur force est à la merci d’un renversement de perspective, comme cela s’est vu plus d’une fois dans l’histoire. Ils savent que leur force est faible malgré ses uniformes, ses carapaces, ses cons dévoués et toutes ses machines.

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Voilà pourquoi ils mettent le paquet contre tout ce qui prouve, que la soumission à leurs règles n’est pas le seul comportement possible. Voilà ce qui est en jeu à Notre-Dame-des-Landes comme à Marinaleda ou au Chiapas. À Notre-Dame-des-Landes, les jeunes « squatters » au lieu de mendier à Pôle emploi ou de s’affliger de la prétendue crise du logement, ont démontré que si l’on veut on peut sortir de la dépendance au fric roi et aux rois du fric. Avec de très maigres moyens et une énergie phénoménale, ils ont rénové des maisons ; construit des cabanes de rêve (mieux que celles vendues en kit pour les parcs des riches) ; cultivé des jardins inventifs et produisant des légumes sains (sans « label » bruxellois) ; créé une boulangerie, une bergerie et, surtout, développé des relations solidaires et chaleureuses, à l’opposé du « chacun pour soi, écrase ton voisin» qui est la bible des « gagneurs » malheureux confondant bonheur et Bling-Bling.

Voilà pourquoi les majordomes du capitalisme, en livrée « socialiste », ont lancé leurs soudards et leurs bulldozers contre leur œuvre. Voilà pourquoi ils démolissent des maisons, des corps, des vies, des espoirs.  Parce qu’ils veulent démolir la preuve qu’un autre monde, une autre vie sont possibles. Mais leur hargne montre leur trouille. De plus en plus, cette société échappe à leur maîtrise. L’utopie est leur chardon : écrasée, étouffée, assassinée, elle renaît toujours. Et toutes les bourses se recroquevillent en le constatant.

Mailing – Gédicus (1er novembre 2012)

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[Pays Basque] Le PS travaille (2)

Extradition d’Aurore Martin : un acte dégoûtant et méprisable !

Nous prenons acte de la remise à l’État espagnol d’Aurore Martin, qui risque 12 ans de prison pour sa simple appartenance à un parti légal en France, Batasuna. Ainsi, la France du gouvernement prétendu socialiste extrade ses propres ressortissants pour délit d’opinion, en direction de pays condamnés pour des faits de torture par la CEDH.

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Aurore Martin après son arrestation jeudi 1er novembre

En la matière, Valls, Taubira et Hollande font ce que ni Marcelin, ni Pasqua, ni Sarkozy ni aucun gouvernement de droite n’avaient osé ces soixante dernières années – compte tenu de l’histoire particulière de l’Espagne, des liens de solidarité qui se sont tissés par delà les Pyrénées, des rapports de force qui en sont issus.

Devant les réactions indignées, le gouvernement ajoute l’affabulation à l’indigne en prétendant de manière invraisemblable que cette forfaiture ait pu se produire sans qu’il en soit informé ou ne soit intervenu. Au-delà des évidences liées aux circonstances (voyage récent de Valls en Espagne), c’est un mensonge évident car la procédure du mandat d’arrêt européen (MAE) implique que la Chancellerie, au moins, soit informée de l’interpellation, et puisse s’opposer à l’exécution de l’extradition.

Le fait que le seul argument des dirigeants du Parti Socialiste pour protéger l’exécutif soit un bobard destiné à des enfants de dix ans dit à la fois à quel point ils nous prennent pour des idiots et combien une mobilisation massive pourrait les faire reculer.

Au-delà de nos désaccords avec les nationalistes de gauche visés aujourd’hui, les dispositifs répressifs comme le MAE seront dirigés demain, à l’échelle européenne, contre tous ceux et toutes celles qui se révolteront contre la misère grandissante à laquelle nous condamne la classe capitaliste au pouvoir. C’est l’intérêt de tous les prolétaires conscients d’exiger le retour libre d’Aurore Martin et l’abolition du MAE.

Liberté pour Aurore Martin !
Ne cédons rien des libertés conquises !
Honte à ce gouvernement qui ose usurper le nom de socialiste !

Union Pour le Communisme, Initiative Communiste Ouvrière

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[Les mots travaillent] Le salafisme, késako ?

Le salafisme, késako ?

Ce billet est le premier d’une série d’articles qui visent à éclairer les lecteurs sur les différents « -ismes » souvent rattachés à l’Islam, et aux musulmans…

Il s’agira moins de soumettre un avis tranché que de proposer des clés de compréhension, meilleure preuve de respect qu’il est possible de présenter aux intéressés. De fait, les lignes plus bas et celles qui suivront ne s’adressent nullement aux adeptes du choc des civilisations et autres identitaires qui s’abreuvent de représentations fantasmatiques quand ils ne participent pas eux-mêmes à leur fabrication. Ceux-là qui ne peuvent s’imaginer d’extrémiste et de violent qu’en islamiste qu’il sera aisé de confondre à leur guise avec de simples musulmans, l’occasion pour eux de différencier le mauvais musulman du bon, ce dernier « prouvant » à qui en douterait, qu’il est possible de ne pas succomber au fondamentalisme à condition de modérer très fort ses penchants islamistes. Les mêmes qui, de mauvaise foi, refusent de comprendre le « langage musulman » pour systématiquement s’offusquer du « Allahou Akbar » de Syriens jugés trop islamistes dans leur façon de recevoir les bombes d’un régime imparfait, certes, mais tout à fait respectable puisque « laïc ». À tous ceux-là, inutile de lire plus loin.

Un même mot, plusieurs réalités

Dans la série « j’utilise un terme que je ne comprends pas », demandons le salafisme.

Entre fantasmes de non avertis, mensonges de propagandistes et réalités d’un mouvement aux multiples facettes, le salafisme fait partie de ces termes qui portent à la plus grande confusion. Rares sont les articles qui prétendent nous éclairer sur le salafisme mais qui ne rajoutent pas un peu à la confusion qui existe déjà.

Soyons clairs : salafi n’est pas un gros mot.

En fait, et pour faire simple, le terme salafi peut être l’objet de trois compréhensions.

1- L’ensemble des sunnites

Le mot « salaf » désigne la génération des musulmans qui ont vécu avec le Prophète ainsi que les deux générations suivantes. Autrement dit : les Compagnons du Prophète, leurs élèves et les élèves de leurs élèves.

Les Salafis sont donc ceux qui se réfèrent, pour la compréhension et l’application de leur religion, aux Salafs. Avant d’en conclure que les Salafis veulent vivre un Islam « d’un autre âge », « rétrograde » et « incompatible avec nos sociétés modernes » — ce qui est de toute façon faux —, il convient de comprendre le principe qui fonde ce retour aux origines.

L’idée est qu’une bonne compréhension des sources absolues de l’Islam que sont le Coran (la Parole de Dieu) et les Hadiths (paroles, actes et silences approbateurs du Prophète) nécessite de ne surtout pas isoler le texte de son contexte… et de ceux qui ont vécu dans ce contexte. Meilleur garde-fou dans l’exercice d’interprétation, notamment des textes équivoques et des termes polysémiques qui y sont présents, se référer aux avis des Salafs empêcherait les exégèses erronées qui, parfois, donnent naissance à des courants extrémistes.

C’est le salafisme dans son sens le plus large, à savoir que les textes sont toujours à lier à leur contexte, pour les raisons évoquées. Si un Syrien déclare, comme il a été entendu dans quelques reportages, que « nous sommes tous salafis », alors c’est dans ce sens qu’il faut le comprendre.

2- Le salafisme comme opposition aux écoles jurisprudentielles classiques

Le corpus de textes islamiques est composé de textes univoques et de textes équivoques, ainsi que de textes généraux. La compréhension des deux dernières a donné, dès les premiers temps, différentes écoles pour comprendre ces textes. Certains comme Ibn Hazm s’arrêtent au sens apparent des textes, s’interdisant même le raisonnement par analogie, d’autres comme Ahmad privilégient le sens premier des textes (ce sont des littéralistes, sans la connotation péjorative que porte ce terme), d’autres enfin, comme Abou Hanifah, chercheront à extraire les principes généraux qui fondent les paroles et faits du Prophète. Le spectre des écoles est en réalité encore plus large et est vu par la majorité des musulmans comme une miséricorde divine.

Ainsi, dès les premiers siècles de l’Islam, se sont constituées des écoles de jurisprudence islamiques auxquelles se rattachaient les musulmans. Telle région suit l’école hanbalite, telle autre celle d’Abou Hanifah, etc… (cf. la carte ici)

Le salafisme, suivant ce second sens, est venu comme une opposition et une critique à ceux qui suivent les écoles de jurisprudence canoniques. Les salafis (toujours suivant ce sens) observent que le musulman est tenu de suivre le Prophète et non pas un savant ou une école en particulier.

Évidemment, ce principe général (revenir aux sources premières et s’affranchir des écoles historiques et de la cristallisation des règles jurisprudentielles à l’intérieur de celles-ci) a donné naissance à différents groupes de salafi, en fonction de la concrétisation de ce principe général.

En particulier,  il est important de distinguer les salafis dit « quiétiste » (sens 2.a), présents principalement en Arabie Saoudite, et qui interdisent toute contestation du pouvoir en place. Pas de combat armé, pas de critiques, pas même de manifestations… seul est permis le conseil personnel au gouverneur.

D’autres salafis dit djihadistes (2.b), c’est le cas d’Al-Qaïda, ne s’interdisent pas le combat armé et la critique des gouverneurs sous certaines conditions qu’il serait inutile de mentionner ici.

Une des figures du salafisme (sens 2) a été Al-Albani qui a vécu à Damas et qui a connu des différends avec une des figures des écoles traditionnelles qu’est le savant Al-Bouti. Au-delà du débat sur le terrain des arguments, fort intéressant au demeurant, il faut noter qu’Al-Bouti a usé de sa proximité avec le pouvoir des Assad pour faire exclure Al-Albani de Syrie et ainsi gagner la bataille « par la force ».

3- Sens de la propagande occidentale, russe… et des régimes arabes laïcs

Le salafisme serait intrinsèquement lié à la violence,  à l’action armée et sanguinaire, avec cette idée du musulman borné et intolérant.

Dit simplement : salafisme = violence armée sur fond d’intolérance. Il semblerait bien que cela soit une étiquette efficace de la propagande occidentale pour pouvoir accuser aisément une partie de la population musulmane comme étant un intégrisme religieux. Le terme salafiste dans ce sens ne veut absolument rien dire tel qu’utilisé par les médias. Terme fourre-tout il est plus utilisé pour faire peur, mais il ne correspond à aucune réalité de terrain. Pire, le salafisme fait l’objet de délires incroyables, comme nous le verrons.

En résumé, un salafi peut aussi bien désigner un sunnite (sens 1) qu’un courant qui prône le retour aux sources premières (sens 2) et qui comprend naturellement en son sein différents courants dont un courant dit quiétiste (sens 2.a) et un courant dit « djihadiste » (sens 2.b). Enfin, ce terme est utilisé de façon absolument fantasmée dans des buts de propagande (sens 3).

En Syrie

Il est évident que lorsque le régime syrien accuse les manifestants et les combattants d’être salafistes, c’est dans le sens 3, sens aussi fantasmé qu’imprécis (ou plutôt fantasmé puisqu’imprécis), qu’il est utilisé. Et c’est dans ce sens que les Syriens refusent l’accusation.

Il faut rajouter à cela que la présence de salafis (sens 2) en Syrie est somme toute minoritaire. D’une part parce que les moukhabarat sont plus durs envers eux qu’envers les autres musulmans, et d’autre part parce que les religieux syriens sont majoritairement de tendance soufie. Ces derniers voient d’un mauvais œil un salafisme qu’ils jugent au mieux inutile.

La guerre déclarée par le régime contre tous les hommes de religion qui ne se soumettent pas à son pouvoir, ce qui s’est traduit par l’emprisonnement d’une partie, et de la fuite d’une autre partie, n’est pas sans donner des scènes cocasses comme ce qui est arrivé à ce savant (connu mais dont nous tairons le nom) convoqué par les moukhabarat. Arrivé chez eux, on lui dit :

« — On nous a dit que tu es salafiste !
— Moi ? Au contraire ! Je suis contre les salafistes !!
— D’accord. Mais c’est qu’il y a de plus en plus de prêcheurs salafistes, et nous sommes contre cela !
— Monsieur, si vous n’aviez pas emprisonné les savants soufis et forcé à l’exil les savants soufis, ils auraient été le meilleur rempart à ce salafisme qui s’installe en Syrie… »

Un mot sur les salafistes djihadistes présents en Syrie. D’une part, ils forment une part minoritaire des combattants armés et, à fortiori, des révolutionnaires syriens ; d’autre part, il ne faut pas les confondre avec l’image qu’en donne la propagande du régime (sens 3).

Syrian Facts, site de sensibilisation à la révolution syrienne (5 novembre 2012)


(…) Un mot sur certains salafis en France

Le comportement de certains salafis et la mauvaise expérience qui en résulte semblent donner un peu de crédit aux thèses propagandistes du régime syrien. Qu’il nous soit donc permit d’écrire quelques lignes sur certains salafis français.

On n’objectera pas l’existence de musulmans à l’attitude pour le moins désagréable et hautaine. Salafis (au sens 2) et convaincus que leur « retour aux sources premières » les rend supérieurs en tout point à leurs frères de religion, ils s’opposent à ces derniers qu’ils qualifient de suiveurs aveugles, d’égarés ou d’ignorants. Il y aurait bien des choses à dire à propos d’une jeunesse défavorisée, hier racaille ou dealer, pour qui le « retour » à la religion s’est orienté naturellement suivant deux critères :

• une « voie » simple qui ne s’encombre pas de nombreux détails et divergences entre spécialistes (ces mêmes divergences qui sont vues comme une miséricorde divine…). Le salafisme (au sens 2) donne cette impression de voie simple et sans fioritures qui ne pouvait que séduire des gens habitués à des avis tranchants et dégagés de toute complexité.

• l’acquisition aisée d’une posture d’autorité comme moyen de s’imposer socialement pour compenser l’absence de prestige qui aurait pu être acquise par les études, le sport, l’intelligence… La posture d’autorité est d’autant plus forte qu’elle est censée être sacrée.

Ces salafis provoquent l’exaspération des autres musulmans qui n’hésitent pas à se moquer d’eux… mais également de leurs coreligionnaires qui n’en peuvent plus de voir des ignorants qui pensent donner des leçons parce qu’ils ont lu une dizaine de livres, quand ils les ont lus !

Ils sont également critiqués par les salafis eux-mêmes (toujours sens 2) qui leurs rappellent qu’être salafis c’est aussi s’enquérir et adopter le comportement des compagnons du Prophètes…

On n’objectera pas, donc, l’existence de ces musulmans mais d’une part, ceci relève plus de conditions sociales et n’a pas grand-chose à voir avec la majorité des salafis (au sens 2), d’autre part, cela n’a aucun rapport avec les fantasmes véhiculés sur le salafisme par certains médias occidentaux, russes et arabes. Tout le monde gagnerait à voir les choses telles qu’elles sont.

Syrian Facts, site de sensibilisation à la révolution syrienne (5 novembre 2012)

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[Moissac] Nike la police

Moissac. Tags injurieux contre la police au quartier du Sarlac

Dans la nuit de vendredi à samedi, de nouveaux tags ont été peints sur les murs d’un immeuble avenue du Dr Rouanet. À l’épicerie voisine, on ne comprend pas ce qui a pu motiver de tels actes et le voisinage est choqué de ces dégradations. La police municipale et la gendarmerie se sont rendues sur les lieux samedi pour prendre des photos et faire les premières constatations. L’élu de permanence a été avisé ainsi que la société propriétaire de l’immeuble.

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 6 novembre 2012)

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[Nique la BAC] Hourra pour le Petit-Bard (Montpellier) !

Montpellier. Un policier de la BAC roué de coups lors d’un contrôle d’identité

Un policier de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Montpellier a été grièvement blessé lundi soir lors d’un contrôle d’identité dans un quartier sensible de la capitale héraultaise.

Les faits se sont déroulés au pied d’un immeuble du Petit-Bard, une cité sensible des quartiers ouest de Montpellier. « Trois fonctionnaires d’un équipage de la BAC ont voulu procéder à un contrôle d’identité de routine, lorsqu’un groupe de jeunes s’est formé et les a rapidement encerclés », a expliqué l’état-major de la direction départementale de la Sécurité publique (DDSP) de l’Hérault. « Tout a dégénéré, les trois policiers ont été malmenés, deux ont pu se dégager pour demander des renforts par radio, mais le troisième a été tabassé », a ajouté cette source.

Le policier a été transporté à l’hôpital. Ses jours ne sont pas en danger. Il lui a toutefois été signifié une interruption temporaire de travail (ITT) de 90 jours. « Aucune arme n’a été utilisée », a encore précisé l’état-major de la DDSP, qui n’a pas précisé s’il y avait eu des interpellation dans la cité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr avec agence, 6 novembre 2012)


Montpellier. Flambée de violence : un policier grièvement blessé

Trois fonctionnaires de la BAC de Montpellier ont été pris à partie lors d’un banal contrôle d’identité par un groupe de jeunes, au pied d’un immeuble du Petit-Bard, une cité sensible des quartiers ouest de la ville. L’un d’eux est à l’hôpital.

Un calme relatif mais une tension perceptible, c’est ainsi que le quartier sensible du Petit Bard a vécu cette journée après l’agression, lundi soir, d’un policier de la BAC (Brigade anticriminalité) de Montpellier. Les policiers qui s’apprêtaient à effectuer un contrôle d’identité ont été insultés puis caillassés alors qu’ils se trouvaient encore dans le véhicule. La course-poursuite qui a suivi s’est terminée par la blessure d’un major de 49 ans frappé aux jambes, grièvement touché au genou. Ce chef d’équipage expérimenté a été évacué sous la protection de ses collègues arrivées en renfort pour contrôler la situation.

Ce soir-là, un jeune Marocain de 18 ans, accusé d’avoir jeté une bouteille en verre sur le capot de la voiture de police, a été interpellé puis placé en garde en vue, prolongée hier soir par le parquet de Montpellier. « Nous réclamons depuis des semaines la création d’une zone prioritaire de sécurité pour certains quartiers de la ville. Nous avons besoin d’effectifs supplémentaires afin de pouvoir intervenir sans danger dans certaines zones » a rappelé Bruno Bartocetti, du syndicat UGP Unité Police qui avance le chiffre de sept agressions physiques et autant de blessures pour des fonctionnaires de police depuis juillet. En août, dans le quartier de La Paillade, la tentative d’interpellation de deux jeunes voleurs de scooter mineurs avait tourné à l’embuscade avec des barres de fer, mettant notamment en cause les parents de l’un des deux jeunes prévenus. Un policier avait alors été grièvement blessé.

Hier après-midi, le major touché a été opéré pour une fracture du genou. La première ITT (interruption temporaire du travail) est de dix jours mais elle sera vraisemblablement prolongée au regard de la gravité de la blessure qui laisse à penser que l’agression était particulièrement violente.

Hier soir, les policiers n’avaient toujours pas procédé à l’interpellation de l’agresseur, observant un mutisme total sur la stratégie dans les jours à venir. Ils ont annulé une intervention hier dans ce quartier réputé difficile, sans doute pour calmer les esprits. « Ici, les jeunes sont stigmatisés systématiquement. Quand ils voient des policiers ils s’énervent » s’exclame furtivement un des grands frères de la Cité sans pour autant excuser les actes de lundi soir, « totalement inutiles ».

« Lorsque nous allons dans ces quartiers ce n’est certainement pas pour faire de la provocation. Mais nous sommes systématiquement pris pour cible. C’est un jeu malsain et insupportable. À une époque, les jeunes de ces quartiers étaient plus régulièrement en contact avec du personnel en uniforme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui » répond Bruno Bartocetti en porte-parole de la colère des policiers du commissariat de Montpellier qui expriment leur appréhension lorsqu’ils doivent intervenir dans certains secteurs sensibles de la ville.

Aujourd’hui, le jeune caillasseur présumé doit être présenté au parquet, avec la perspective d’un nouveau bras de fer avec les autorités s’il est jugé en comparution immédiate.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Christian Goutorbe, LaDepeche.fr, 7 novembre 2012)


Policiers agressés à Montpellier : un second jeune interpellé

Un jeune homme de 19 ans a été interpellé et placé en garde à vue ce mercredi à Montpellier après l’agression qu’ont subi des policiers de la Brigade Anti-criminalité lundi soir dernier.

Ce jour-là, trois agents de la BAC avaient été violemment pris à partie par un groupe de jeunes lors d’un banal contrôle d’identité dans un quartier sensible. L’un des policiers, frappé aux jambes, souffre d’une fracture au genou et a été opéré avec succès hier.

Déjà connu des services de police et formellement identifié lors de l’agression, le jeune homme interpellé ce mercredi était jusqu’à présent en fuite. Une autre personne avait été arrêtée lundi et placée en garde à vue. Pour l’instant, on ignore si les deux jeunes placés en garde à vue ont participé à l’agression du policier blessé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr avec agence, 7 novembre 2012)


Vigneux-sur-Seine : coup de filet après des violences contre des policiers

Une vaste opération d’interpellation a été déclenchée, ce mercredi 7 novembre à 6 heures dans le quartier de la Croix-Blanche à Vigneux-sur-Seine (Essonne). Une cinquantaine de policiers ont été mobilisés pour interpeller plusieurs jeunes habitants de la cité, soupçonnés d’avoir participé à des violences contre des fonctionnaires, le 21 octobre.

Selon nos informations, quatre suspects ont été arrêtés, ce matin. Les investigations se poursuivent. Le jour des faits, trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Draveil en patrouille dans le secteur avaient été pris pour cible par une trentaine de jeunes riverains hostiles. Les trois victimes avaient été légèrement blessées.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Florian Loisy & Stéphane Sellami, LeParisien.fr, 7 novembre 2012)

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