[Pays Basque] Le PS travaille

Pays Basque. Arrestation surprise d’Aurore Martin

Aurore Martin est incarcérée ce matin dans une prison espagnole.  La nouvelle, impensable hier — tant la militante avait repris une vie “normale” depuis des mois — a brusquement pris forme en milieu d’après-midi. Vers 16 h, la militante de Batasuna, sous le coup d’un Mandat d’arrêt européen (MAE) émis par la justice espagnole le 13 octobre 2010, validé par la Cour d’appel de Pau le 23 novembre, a été arrêtée par les gendarmes à Garindein près de Mauléon.

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Aurore Martin, le 28 juillet 2011 à Hasparren

Cette interpellation survient plus d’un an après la tentative avortée de Bayonne, le 21 juin 2011. Le ministre de l’Intérieur de Sarkozy s’appelait Claude Guéant. La mobilisation de la population avait ensuite dissuadé Paris de poursuivre dans cette voie, laissant l’affaire en suspens.

L’arrivée au pouvoir du PS en juin paraissait avoir acté ce quasi-abandon du dossier, favorisé par le processus de paix. Jusqu’à hier. Après ses déclarations chocs au quotidien espagnol El Pais (JPB du 30/10), le ministre de l’Intérieur Manuel Valls continue dans la veine répressive.

“De l’huile sur le feu”

Les premières réactions oscillaient hier entre stupéfaction et condamnation. Xabi Larralde (Batasuna) a dénoncé “avec la plus grande fermeté” cette arrestation qu’il assimile une “attaque directe à la feuille de route d’Aiete”. Et d’exiger “la libération immédiate d’Aurore Martin”.

Le secrétaire de l’UMP considère que cet évènement “ne fait rien pour apaiser”. Et met en garde : “Il faut faire attention quand on met de l’huile sur le feu, qu’il ne se rallume pas”. Le sénateur centriste Jean-Jacques Lasserre s’est dit “choqué de voir de quelle façon ce gouvernement utilise des méthodes extrêmement brutales pour traiter des problèmes délicats”. Il accuse au passage, estimant “que le gouvernement socialiste est appuyé par tous les élus socialistes du département”.

Les édiles locaux de la Rose étaient montés au créneau pour défendre Aurore Martin, lorsque le PS se trouvait encore dans l’opposition à l’Assemblée.

“Heures sombres” au PS

Le 23 juin 2011, au côté du collectif contre le MAE, leur secrétaire départemental Pierre Chéret chargeait : “L’instant est important, je le considère comme grave. J’apporte tout notre soutien à A. Martin. Mais pas seulement : derrière la brutalité et les méthodes policières inacceptables, il y a une volonté de faire taire, qui rappelle les heures sombres de notre histoire. […] Nous demandons avec fermeté qu’Aurore Martin ne soit pas extradée sur des faits relevant d’actes politiques militants”.

Hier, P. Chéret nous a confirmé ses propos : “je continue à dire que le MAE ne doit pas s’appliquer à Aurore Martin, elle s’exprime dans un cadre politique, public, légal en France.” Sollicitée sur le sujet, la députée F. Espagnac, n’a pas donné suite. Ses camarades C. Capdevielle et S. Alaux ont répondu, masquant leur embarras derrière le vocable “surprise”. C. Capdevielle se focalise sur l’aspect juridique, répétant que le “délit reproché à Aurore Martin n’existe pas dans le droit français”. Il n’y avait “pas urgence” à agir selon elle.

Pour S. Alaux, cette décision semble “disproportionnée par rapport à ce qu’on reproche” à A. Martin. Elle se dit “soucieuse”, et “ose espérer qu’il n’y a pas de lien” avec les déclarations de M. Valls dans El Pais. D’autres y verront au contraire une continuité. Un rassemblement est annoncé demain midi devant la gendarmerie de Mauléon.

Pierre Mailharin (avec A.R. et G.T.), leJPB.com, 2 novembre 2012


La militante basque Aurore Martin arrêtée

La militante basque française Aurore Martin, membre de Batasuna, a été interpellée jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) en exécution d’un mandat d’arrêt européen (MAE) de l’Espagne, plus d’un an après une première tentative avortée à Bayonne, ont annoncé la gendarmerie et le parquet.

La militante, membre de ce mouvement radical basque interdit en Espagne mais autorisé en France, qui a épuisé tous les recours légaux contre le mandat de Madrid, a été interpellée sans difficulté vers 16H00 par des gendarmes à l’occasion d’un contrôle routier fortuit. Elle avait fait l’objet d’une première tentative d’arrestation à Bayonne le 21 juin 2011, avortée à la suite de l’intervention de dizaines de militants accourus en solidarité, au point que les forces de l’ordre avaient renoncé.

Aurore Martin est visée depuis le 13 octobre 2010 d’un MAE émis par un magistrat de Madrid pour « faits de participation à une organisation terroriste, et terrorisme », en l’occurrence avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna, considéré en Espagne comme la branche politique de l’organisation séparatiste basque ETA. Entrée en clandestinité le 21 décembre 2010, Aurore Martin était par la suite réapparue publiquement à la faveur de quelques manifestations au Pays basque.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de Strasbourg a rejeté en mai le recours de cette indépendantiste contre le mandat d’arrêt, sans motiver sa décision.

Son interpellation intervient alors que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a indiqué lundi que la France poursuivra « avec fermeté » son combat contre l’ETA tant qu’elle n’aura pas déposé les armes. Deux militants présumés de l’ETA ont par ailleurs été arrêtés dimanche à Mâcon, dont Izaskun Lesaka Argüelles, figure majeure du groupe armé séparatiste basque.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 1er novembre 2012)

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Une réponse à [Pays Basque] Le PS travaille

  1. Alex Terrieur dit :

    Je connais l’adresse de quelques vieux Juifs à Paris. Est-ce que ça pourrait intéresser Valls pour les renvoyer en Allemagne ?
    On vit une époque formidable…

Les commentaires sont fermés.