[Le peuple veut une nouvelle révolution/Kerkennah] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

L’incarcération d’un passeur à l’origine des incidents de Kerkennah

Suite aux incidents qui ont émaillé la ville de Kerkennah, hier soir [jeudi 13 décembre], huit personnes ont été arrêtées, a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khaled Tarrouche.

Ces personnes sont soupçonnées d’avoir participé aux actes de vandalisme qui ont visé, deux bureaux du siège de la délégation de Kerkennah, incendiés, mais aussi plusieurs documents et équipements, détruits. Le poste de police de la localité d’Attaya et deux voitures de police à Ramla ont également été incendiés.

D’après la version du ministère de l’Intérieur les actes de violence sont venus en réaction à l’arrestation, il y a deux jours, d’un individu originaire d’Attaya accusé d’être un passeur organisant des traversées clandestines vers l’Italie, et de 7 candidats à l’émigration clandestine. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Webdo, 14 décembre 2012)


Kerkennah a été le théâtre, hier soir, de scènes de violence. Une trentaine de personnes ont attaqué la préfecture suite à l’arrestation d’un groupe d’individus par la garde maritime impliqués dans la filière de l’émigration clandestine.

Les manifestants ont mis le feu à trois des véhicules appartenant à la garde maritime de l’île. Ce qui a impliqué l’augmentation du renfort devant la préfecture et plus précisément à « Ataya », afin d’éviter que la situation ne dégénère encore plus.

Plusieurs autres suspects ont été arrêtés après une opération de ratissage effectuée jeudi dans la zone par les forces de la sûreté, déployées dans la région.

Le délégué de Kerkennah a pour sa part mis en garde contre « la prolifération des actes de violence perpétrés contre des établissements publics dans un climat de tension qui règne dans la région en raison du chômage, du phénomène de la pêche anarchique et de l’émigration clandestine ».

Presse contre-révolutionnaire (Espace Manager, 14 décembre 2012)


(…) Des témoins oculaires ont constaté le retrait de la sûreté et de l’armée nationale, outre des tentatives d’agression contre des membres de la sûreté. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 14 décembre 2012)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Élargissement des 14 de Siliana

Tunisie : Des détenus libérés suite aux événements de Siliana

Le tribunal militaire du Kef a décidé aujourd’hui jeudi 13 décembre la libération provisoire de 14 personnes, détenues depuis avril 2011 suite aux évènements de Siliana.

La justice ayant accédé à la demande du comité de défense, la prochaine séance du procès a été renvoyé au 17 janvier 2013.

Le groupe de citoyens de Siliana qui comparaît devant la justice militaire au Kef doit s’expliquer au sujet des actes de violence commis en avril 2011.

À noter que l’examen de l’affaire de Tajerouine, où onze personnes sont accusées, a elle été reportée au 7 mars 2013.

Presse contre-révolutionnaire (Espace Manager, 13 décembre 2012)


(…) Après 18 mois de détention, le dossier a révélé qu’il n’y avait pas de preuves, selon les dires de [l’avocat de la défense] Me [Abdessattar] Ben Moussa [à Mosaïque FM], et que les détenus avaient été forcés d’avouer ce qui leur a été reproché.

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 13 décembre 2012)


(…) La libération de ces détenus était l’une des principales revendications des manifestants de Siliana lors des manifestations qui ont paralysé la ville entre le 27 novembre et le 1er décembre dernier. La violente répression policière a fait plus de 200 blessés selon plusieurs ONG, parmi lesquels un grand nombre de personnes atteintes par des tirs de chevrotine au visage et dans le dos.

Après le limogeage du gouverneur de Siliana, la principale demande des habitants de la région, l’élargissement de ces détenus est la seconde revendication satisfaite par les autorités dans le but visiblement d’apaiser les tensions et les ressentiments encore forts chez les citoyens de Siliana.

Presse contre-révolutionnaire (Rached Cherif, Nawaat, 14 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Une barricadière condamnée à trois mois de prison avec sursis et à une interdiction de séjour d’un an

Contre ND des Landes : 3 mois avec sursis

Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné aujourd’hui à trois mois de prison avec sursis une jeune femme, opposante à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, interpellée le 7 novembre sur une barricade de la zone.

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Alors qu’elle était poursuivie pour « attroupement avec arme », celle-ci n’ayant pas été retrouvée, le tribunal n’a finalement retenu contre elle qu’« une accusation de participation à un attroupement après sommation des forces de l’ordre », a indiqué son avocat Me Stéphane Vallée à l’AFP.

En revanche les « violences » à l’encontre des gendarmes vers lequel des pierres ont été lancées, ont été retenues par le tribunal à l’encontre de l’opposante.

La jeune femme a en outre été condamnée à une interdiction de séjour d’un an dans les communes touchées par la zone d’aménagement différé (Zad) du projet d’aéroport, où ont lieu, depuis le début des tentatives d’expulsion des opposants à la mi-octobre, des affrontements épisodiques avec les forces de l’ordre.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes prévoit qu’il remplace l’actuel aéroport de Nantes en 2017.

Presse aéroportée (Agence Faut Payer, 14 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] L’Histoire ne s’écrit pas seulement sous les projecteurs médiatiques et dans les cénacles politiques. Nous ne renoncerons pas à ce qu’elle nous appartienne aussi

Contre l’aéroport mais pacifistes que ça !

En réponse à deux tribunes parues dans le journal « Le Monde »

La version originale (le texte complet était jugé trop long pour le format du « Monde ») de la réponse à quelques tribunes publiées la semaine passée dans ce même journal (version parue dans « Le Monde » ici).

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La semaine dernière deux tribunes successives sont parues dans votre journal [« Notre-Dame-des-Landes : la démocratie en question » – 5 déc. 2012, par Catherine Conan, Geneviève Lebouteux, Sylvie Thébaud, Françoise Verchère, Pierre Giroire et Frank Meyer, et « Notre-Dame-des-Landes, un creuset pour les mouvements citoyens » – 6 déc. 2012, par Susan George, présidente d’honneur d’Attac et Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac]. Elles sont le fait de « présidentes », « porte-paroles », élu.e.s d’organisations et partis politiques. Elles portent un point de vue qui paraît englober tout le mouvement d’opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Elles ont en commun d’affirmer que le mouvement a toujours été non-violent, que l’hostilité face à la police était le fait d’infiltrés policiers, que la manifestation du 17 novembre était pacifique… [Quelques citations parmi d’autres : « Les opposants dans leur diversité ont multiplié les formes de contestation mais sont toujours restés intransigeants sur le fait que la lutte contre ce projet doit être non-violente », « (…) toutes les ruses de la répression ont été mises en œuvre : (…) La manipulation en infiltrant des éléments provocateurs pour pousser à l’affrontement avec les forces de l’ordre ou à l’agressivité envers les journalistes », « Le pari de la non-violence et de la démocratie. Notre détermination reste aussi intacte que notre volonté de lutter pacifiquement contre ce projet ruineux pour les finances locales, destructeur de l’environnement et de la vie des gens qui habitent sur ce territoire et y travaillent. »] Quand on retrouve en quelques paragraphes, les termes « non-violents » et « pacifique » martelés à ce point, on peut se dire que l’on a affaire à une opération de recadrage idéologique et en l’occurrence de réécriture de notre histoire commune.

Pour nous qui partageons cette lutte, cette réécriture de l’histoire est pour le coup violente. Nous ne pouvons laisser quelques tribuns et porte-paroles auto-proclamés rayer d’un coup de plume ce que nous avons vécu ces dernières années. La complexité de notre réalité, faite de longs débats et de contradictions, de pratiques multiples mais aussi de liens qui se tissent, s’est encore intensifiée depuis le 16 octobre et le début de la vague d’expulsion, appelée « opération César ». Nous savons que l’écriture de l’Histoire est généralement le privilège des dominants. Qu’ils soient premier ministre ou président d’honneur d’une association citoyenne, ceux-ci semblent toujours estimer que, quand bien même on viendrait piétiner nos maisons et nos cultures, il nous faudrait rester calmes et polis. Mais l’Histoire ne s’écrit pas seulement sous les projecteurs médiatiques et dans les cénacles politiques. Nous ne renoncerons pas à ce qu’elle nous appartienne aussi.

On peut se demander si la « non-violence » invoquée par certain.e.s inclue aussi les barricades en feu et les projectiles lancés sur la police pour ralentir son avancée, les sabotages d’engins de chantier, et les marques laissées sur les permanences et bureaux de ceux qui nous attaquent. Ce « pacifisme » parachuté serait alors sans doute comparable à celui attribué en Occident aux « révolutions arabes » tandis que les rues du Caire ou de Tunis s’embrasaient.

En attendant, il faut un sacré toupet, après un mois et demi d’expulsion et de résistance acharnée dont les images ont été montrées en boucle sur toutes les télés et journaux, pour claironner à tout va sur le « pari de la non-violence ». Si nous ne nous étions pas défendu.e.s, de toutes ces manières-là aussi, il n’y aurait probablement plus grand monde pour parler de la ZAD aujourd’hui, moins encore pour y vivre. Mais cette réalité là semble à ce point déranger les habituels détenteurs de la bonne morale militante, tellement pressé.e.s de se positionner, qu’ils et elles ne comprennent même pas qu’il est peut-être encore un peu tôt pour gommer les coups échangés.

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TÉLÉCHARGER LA SÉRIE D’AFFICHES

Nous avons lancé, il y a plus d’un an, l’appel à une grande manifestation de réoccupation en cas d’expulsion et avons participé à son organisation jusqu’au bout, par le biais d’une assemblée ouverte réunissant jusqu’à 200 personnes. Nous pouvons affirmer ici qu’il ne s’est jamais agi de mettre en avant un défilé « pacifique », mais bel et bien une action directe d’occupation en masse. Son objectif n’était certes pas l’affrontement et nous avions décidé dans ce contexte de porter une attention particulière à ce que celles et ceux qui ne le souhaitaient pas puissent l’éviter. Pour autant nous nous étions préparé.e.s en amont aux possibilités de barrages et à la nécessité d’auto-défense des manifestant.e.s en cas d’agression policière. Si certain.e.s peuvent dire a posteriori que cette action collective a été « pacifique » c’est bien parce que les forces de l’ordre ont choisi de s’effacer ce jour-là face à la force du mouvement.

Quelques jours plus tard, quand les troupes sont revenues pour expulser, détruire et blesser – des centaines de personnes de tous horizons ont éprouvé côte à côte cette capacité d’auto-défense, avec des chants, des sittings mais aussi des cailloux et des bouteilles incendiaires. Tou.te.s celles et ceux qui ont partagé ces journées savent bien que cette diversité de réponse n’a pas été tant source de scissions et de séparations, mais bien plutôt de rencontres et de solidarités mutuelles. L’avenir de cette lutte s’est écrit pendant ces moments-là, et pas depuis un bureau.

Pour notre part, il ne nous viendrait pas à l’esprit d’affirmer, que « le mouvement pratique toutes les variétés de résistance, toujours violentes » [Dans sa tribune, Susan George affirme : « Aujourd’hui comme hier, les opposants pratiquent toutes les variétés de résistance, toujours non-violente. »]. La réalité du mouvement c’est une multitude de personnes qui font de la logistique, des repas, de la communication, des collages, des dossiers juridiques, des lance-pierres, des pansements, des chansons, qui construisent des maisons, cultivent, se couchent sur les routes ou y courent masqués… Beaucoup d’entre nous partagent ces différentes manières de se rapporter au mouvement suivant les heures, les jours, les montées de colère, de joie ou les réflexions tactiques… Ce que nous vivons sur le terrain, ce n’est pas une nécessité de s’affirmer comme violent ou non-violent, mais une volonté de dépasser ces catégories idéologiques et séparations neutralisantes. Nous sommes un peu trop complexes pour rentrer dans les caricatures du pouvoir : « ultras », « gentil écolos », « opposants historiques », « jeunes zadistes »… Fort heureusement et malgré les tentatives désespérées d’Auxiette [Jacques Auxiette, président PS de la région Pays de Loire, qui sur France Inter avait demandé au Préfet « de passer au Kärcher la frange la plus radicale des opposantes de Notre Dame des Landes »] ou de Lavernée [Christian de Lavernée, préfet de la région Pays de Loire, artisan de l’opération César qui a dénoncé à de nombreuses reprises « la violence d’une minorité autonome, venue d’ailleurs » et marqué la différence qu’il faisait entre « entre les opposants violents et les personnes et associations qui font connaître leur opinion dans un cadre légal »], les divisions posées en ces termes n’ont plus eu tellement de prises sur les dynamiques de ces dernières semaines. Quand des paysans mettent en jeu leurs tracteurs et les enchaînent auprès des barricades, quand des trous sont creusés dans les routes, quand la police est prise en embuscade, il s’agit de se donner les moyens adéquats pour répondre à la situation. Ce que nous voulons mettre en avant, maintenant, ce ne sont pas des mots magiques brandis en totems comme autant de brides sur nos potentialités collectives, mais une détermination commune à ce que cet aéroport ne se fasse pas.

Quant aux profiteurs et aménageurs, nous ne nous faisons pas d’illusion sur le fait qu’ils continuent d’imposer leurs projets par la force. À nous de faire en sorte que les concrétiser finisse par leur nuire plus que de les abandonner.

Des résistant.e.s à l’opération César
Publié le 13 décembre 2012 sur le site de la ZAD

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[Révolution égyptienne] Affrontements à Alexandrie à la veille du référendum constitutionnel

Des islamistes égyptiens armés d’épées ont affronté des opposants au projet de Constitution vendredi à Alexandrie, signe des tensions qui couvent en Égypte à la veille du début du référendum sur le texte constitutionnel très controversé.

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Au moins 19 personnes ont été blessées dans les violences à Alexandrie. Les affrontements sont survenus après qu’un imam ultraconservateur eut demandé aux fidèles de voter « oui » au référendum et qualifié les opposants de « partisans des infidèles ».

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Des affrontements se sont aussi produits dans deux autres villes après des sermons enflammés associant la vote sur la Constitution à un vote sur l’islam. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Maggie Michael, The Associated Press, 14 décembre 2012)


(…) Au cours des heurts, qui ont commencé près d’une mosquée d’Alexandrie, des dizaines de personnes se sont battues à coups d’épées et de bâtons. Elles se sont mutuellement jeté des pierres, tandis que plusieurs voitures étaient incendiées.

Par la suite, une foule importante d’adversaires du chef de l’État armés de couteaux et de bâtons a encerclé une mosquée d’Alexandrie, piégeant un prédicateur hostile aux détracteurs du projet de Constitution. (…)

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Afin d’assurer la sécurité, l’armée a mobilisé des soldats au Caire et dans les grandes villes où ils seront chargés de protéger les bureaux de vote et les bâtiments gouvernementaux. Environ 120.000 militaires et 6.000 chars seront déployés. (…)

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Devant le palais présidentiel, au Caire, jeudi 13 décembre. Le slogan sur le mur promet que « la révolution continuera sans les Frères musulmans ».

Presse contre-révolutionnaire (Yasmine Saleh, Reuters, 14 décembre 2012)

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[Vive la Syrie libre !] Message de Kafranbel libérée : À bas les tyrans imbéciles de la Russie et de la Chine !

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Publié sur Facebook par l’association Pour une Syrie libre

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Petit délire trouve l’erreur replonge dans ton enfance avec mes petites comptines

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[12 mai 2012]
Petit délire trouve l’erreur replonge dans ton enfance avec mes petites comptines

REMIX À LA SAUCE YOUV…

Cueillir ton shit dans les entrées, ça te mène à Fleury-Mérogis
Cueillir ton shit dans les entrées, c’est la fin d’la cité
Même ta feuille à rouler est emportée par les agents
Quand tu tombes à la ronde v’là le surveillant

Fresnes et d’Ar-Bois on y trouve des bandes des bandes
Fresnes et d’Ar-Bois on y trouve des bandes et des soldats
Même ta feuille à rouler est emportée par les agents
Quand tu tombes à la ronde v’là le surveillant

La rage de nos ruelles fait que ça tire ça tire
La rage de nos ruelles fait que ça tire et c’est le bordel !!!!!!!!!!!!!!!!!!
Même ta feuille à rouler est emportée par les agents
Quand tu tombes à la ronde v’là le surveillant

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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La presse travaille à Reims

Faits d’armes et lutte de sortie des classes

Mouvement issu de la clandestinité, à l’instar de sa radio préférée, l’Organisation communiste libertaire cultive une mystique révolutionnaire ombrageuse et un brin parano.

Et c’est si bon de faire lutte des classes à part, sans se mélanger à tous ces vendus de l’anarchie et renégats du marxisme qui n’ont rien compris au mode d’emploi de la destruction du capitalisme.

La marque de fabrique de l’OCL résiderait, au-delà de la prose plombée typique du genre, dans les luttes sociales, au ras des mouvements de contestation, indépendamment des mots d’ordres de la gauche institutionnelle et syndicale. Le terrain de jeu favori de l’OCL réside donc dans les conflits sociaux, le parasitage des manifestations de masse, lycéennes, estudiantines et ouvrières, sans oublier le soutien aux mouvements anticolonialistes de libération nationale. Et si ces éternels conjurés ont un peu remisé les actions franchement violentes des anarchistes d’antan et des autonomes d’hier, ils ne dédaigneraient pas le baston de rue furtif, en queue de manif.

Les RG qui lui reprochent d’avoir attaqué leur voiture à coups de marteau

L’un d’entre-eux, sans doute plus héroïque que la moyenne, s’était fait remarquer le 14 février 1998, à Reims, à l’occasion de la visite du numéro 2 du FN, Bruno Mégret en ce temps-là. Les faits se seraient déroulés aux alentours de 22h30, à la fin d’une manifestation genre Ras le Front. Selon les petits camarades de Jean-Noël Destrehem, qui serait paraît-il plus connu sous le surnom de « Chat noir », le titre de la revue de l’OCL, « au moment où les premiers militants du FN quittaient leur meeting, les passagers d’une voiture non identifiée ont pris violemment à partie des manifestants isolés : Jean Noël fut alors nommément menacé, une autre manifestante matraquée. Devant l’arrivée d’autres manifestants, les occupants de la voiture ont été contraints physiquement de prendre la fuite tout en tentant à deux reprises d’écraser les personnes qui se trouvaient face à eux… »

De l’autre côté de l’histoire, Jean-Noël Destrehem qui ne participait sans doute pas au meeting FN pour manifester son admiration vis à vis de Bruno Mégret, est mis en cause par deux policiers des RG qui lui reprochent d’avoir attaqué leur voiture banalisée à coups de marteau…

Le même goût pour les chats noirs

Relaxé en première instance, le militant de l’OCL avait été condamné à huit mois d’emprisonnement dont trois mois ferme et cinq avec sursis le 31 mars 1999 par la cour d’appel de Reims. Jean-Noël Destrehem qui dénonçait une erreur judiciaire redoublée d’acharnement policier, s’était vainement pourvu en cassation.

Finalement, la Cour européenne des Droits de l’Homme jugera le procès en appel inéquitable…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/144.jpgL’OCL s’était aussi beaucoup agité suite à la visite de François Fillon, à Reims, le 19 novembre 2009. Le petit jeu manifestants-service d’ordre ayant providentiellement dégénéré, avec poussée, contre-poussée, échanges de coups, jets de projectiles et cette merveilleuse panique de la foule si photogénique. Selon l’OCL, les forces de l’ordre auraient chargé sans sommation, appuyées par « une milice en costume et armes à feu apparentes ». L’OCL signale que parmi la dizaine de personnes interpellées, « 4 majeur-e-s ont chacun-e pris 3 mois de prison avec sursis pour « jet de projectiles » et « violences sur agent » […] Il ne fait pas l’ombre d’un doute que ces attaques judiciaires sont ciblées. En effet, 2 d’entre eux / elles sont syndiqué-e-s à la CNT, un troisième est militant au NPA… » Sans doute des lycéens attardés qui passaient par là par hasard. La CNT est en fait la Confédération nationale du travail, un machin vaguement syndical, historiquement inspiré par le syndicalisme révolutionnaire et l’anarcho-syndicalisme. À Reims, le CNT est proche de l’OCL et partage le même goût pour les chats noirs, ce qui explique sans doute que pour aider les camarades victimes de la répression du « capital » et « le témoignage bidon de policiers », l’OCL appelait à cotiser pour soutenir leurs frais de justice et à envoyer des chèques à l’ordre de la librairie alternative Cri du Peuple, 67 avenue Jean Jaurès, à Reims.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LUnion.presse.fr, 9 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Auray] « Non à l’aéroport »

Auray : la permanence de Philippe Le Ray taguée

La permanence du député d’Auray (Morbihan), Philippe Le Ray, a été taguée cette nuit. Des inscriptions « Non à l’aéroport » ont été peintes. La permanence, qui est située rue des Quatre Vents, a été nettoyée ce matin.

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 30 novembre 2012)

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[Mort aux el-Assad et à tous leurs complices !] « Nous n’avons pas peur des ruines » (Durruti)

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« Tu peux détruire toute la ville on s’en fiche parce qu’on va la reconstruire » – VOIR LA VIDÉO

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#Zabadani (Damas) : URGENT – Défection massive de plusieurs bataillons (numéros 13, 14, 18 et 69) de l’armée régulière. Ceux-ci rejoignent directement l’ASL en faisant allégeance au nouveau conseil militaire suprême. – VOIR LA VIDÉO

Publié sur Facebook par l’association Pour une Syrie libre

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Et ta citoyenneté on en a rien à glander

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VOIR LA VIDÉO

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Paris XVIe, métro Passy, le 7 décembre 2012

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[Ariège] Deux fois par mois, dans des locaux du Conseil général, de nombreux allocataires du RSA sont convoqués devant un tribunal pour chômeurs pudiquement nommé « Commission de solidarité territoriale » (CST)

En Ariège comme ailleurs, le RSAste est une zone à défendre

Le gouvernement vient d’organiser une grande messe pour la pauvreté, une « conférence de lutte contre l’exclusion ». Il a ainsi annoncé dans tous les média une « hausse de 10 % du RSA ».

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« Le RSAste, je l’ai bien descendu », heureux comme des ministres à la « conférence contre la pauvreté » du 10 décembre 2012.

En réalité, ces coups de trompette ont lieu pour faire oublier quelque chose. Et cette chose se nomme austérité.

En réalité, c’est une attaque contre les pauvres : alors que, le RMI équivalait à 50% du SMIC mensuel, le RSA ne vaut lui que 43% de ce bas salaire faute de mécanismes de réévaluation adéquats. Sur la très faible pente « haussière » choisie par le gouvernement PS-ELV, il n’atteindra jamais ne serait-ce que la moitié du SMIC. De plus, la « hausse » annoncée va s’étaler sur 5 ans. Mieux, elle ne s’appliquera qu’en septembre prochain…

En réalité si on a dit « changement maintenant », « priorité à la jeunesse », « justice sociale », il n’est pas même question de lever une interdiction du revenu minimum aux moins de 25 ans qui pèse sur des centaines de milliers de personnes après avoir dressé des générations d’entrants dans le salariat à la précarité. Cette interdiction pour « raison d’âge », le PS l’avait instauré avec le RMI, dès 1988 [Pour mémoire À gauche poubelle, précaires rebelles]. On préserve le meilleur de la politique, l’inégalité comme méthode de gouvernement. On cultive le refus de toute fraternité. Et que les meilleurs gagnent.

En réalité, dans 10 mois, à situation inchangée, qui perçoit les 418€ mensuels du RSA se verra royalement « augmenté » de 8 euros par mois, c’est-à-dire 26 centimes la journée, pas même une demie baguette.

En réalité, le PS-HEC [On évoque toujours l’ENA à propos de la formation de François Hollande, comme si avoir été à cette école de la bureaucratie française pouvait signifier un intérêt pour le bien commun, or il a également fait ses classes à la haute école de commerce, ce qui rend plus explicite un souci premier du profit, de la rentabilité, une défense de l’économie qui est l’autre nom de la politique du capital, voir à ce propos : Communisme : un manifeste] table sur des recettes [Nous ne paierons pas la taxe d’habitation…] et des économies faites sur les pauvres et attend des pauvres qu’ils continuent à en réaliser pour le compte de leur société. Déjà, chaque année, 5,3 milliards d’euros sont économisés grâce aux 1’650’000 personnes qui, faute d’information sur leurs droits, dissuadés de les exercer par des questionnaires intrusifs, le contrôle [Quelques conseils pour faire face aux contrôles domiciliaires de la CAF], la stigmatisation et la honte — tous sentiments soigneusement inculqués par des journalistes qui n’ont que l’emploi pour horizon, des experts en impuissance du grand nombre, des employés affublés d’un pouvoir exorbitant derrière leurs guichets, leurs ordinateurs et leurs procédures et des responsables politiques nationaux et locaux, comme on le verra plus bas  ne demandent pas le RSA alors qu’ils pourraient y prétendre [Économie du non-recours : 1’650’000 pauvres boudent le RSA].

En réalité, il se trouve que le PS-HEC a lancé contre la population qu’il gouverne un « pacte de compétitivité » qui se traduit par 30 milliards d’euros supplémentaires d’assistance aux entreprises, sommes qui vont pour partie être récupérées par une hausse de la TVA que les plus fauchés sont les premiers à payer. On a donc affaire, malgré les annonces gouvernementales, la sollicitude affichée, à une baisse programmée des moyens de subsistance des RSAstes. En outre, Hollande a fait savoir que les économies budgétaires devraient être réalisées par les collectivités territoriales. Les départements qui ont en charge l’organisation et le fonctionnement du RSA sont donc invités, pour le bien des finances, qui est le seul qui vaille, à serrer la vis aux RSAstes…

En réalité, on le vérifie avec cette annonce de prétendue « hausse du RSA », pour ces gens qui n’ont de cesse de nous rappeler au « sens des réalités » qu’ils veulent imposer, les mots remplacent les choses. Ils semblent absolument convaincus que, comme on dit, « plus c’est gros plus ça passe ». Soyons donc effectivement réalistes. Ce qui est « en hausse », c’est l’insulte aux nécessiteux, ce qui croît sans bornes c’est l’aptitude des nantis à mépriser et mentir. Face à l’abjection d’une oligarchie qui tend à faire de nos existences des territoires colonisés par une logique mortifère, nous ne pouvons faire autrement que de considérer nos vies comme des zones à défendre

Tel est le comportement adopté par nombre de personnes qui tentent de ne pas se laisser faire, tel est le choix fait par divers collectifs de chômeurs, précaires, intermittents, tel le Cafca, dont nous publions ci-bas un texte récent qui fut lu à Pamiers lors de l’interpellation publique d’un notable socialiste.

CIP-IDF, 14 décembre 2012


À l’attention de M. Bonrepaux, président du Conseil général d’Ariège

Monsieur le président,

Les actions du collectif Cafca (Collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration) consistent à dénoncer l’acharnement de l’administration sur les pauvres, notamment les discrètes mais régulières radiations du RSA [Ariège, le conseil général socialiste supprime le RSA à des centaines de personnes, et le revendique]. Deux fois par mois, dans des locaux du Conseil général, de nombreux allocataires du RSA sont convoqués devant un tribunal pour chômeurs pudiquement nommé « Commission de solidarité territoriale » (CST).

En perturbant la tenue de quelques CST ces derniers mois, nous avons rendu visible le véritable objet de ces commissions : sortir les RSA-stes du dispositif, c’est-à-dire suspendre leurs allocations. C’est pour cette raison que, depuis, les CST se tiennent sous protection policière avec filtrage à l’entrée des locaux.

C’est avec surprise que nous avons lu dans la presse la réponse que vous avez faite à ces modestes occupations : loin de nous démentir et de jouer hypocritement le rôle d’élu de gauche outragé, dont vous êtes pourtant coutumier, vous avez martialement proclamé devant un parterre de journalistes que oui, nom de nom, il faut radier, et il va falloir radier toujours davantage. Il est bien fini le temps où vous vilipendiez le libéralisme de la droite au pouvoir. Vous avez au contraire annoncé que vous prévoyiez 452 radiations d’ici la fin de l’année 2012, ce qui représente 10% des « bénéficiaires » du RSA en Ariège. Vos objectifs chiffrés discréditent totalement votre engagement à faire du « cas par cas »  ; sans doute vous rendez-vous compte à présent du peu de tenue de vos propos, mais enfin la boulette est faite.

La violence de vos propos a estomaqué plus d’un lecteur de la Gazette ariégeoise dans la semaine du 21 septembre [Voir, par exemple Ubu contre CAFCA : la pensée sociale « normale » au temps de la dictature austéritaire]. Embrassant le populisme le plus vulgaire, vous affirmez sans honte qu’on ne compterait plus parmi les allocataires « les gens de mauvaise foi », « les tricheurs », ceux « qui se moquent de vous avec des projets ubuesques », et ceux même « qui n’y ont pas droit ». Octroyer 400 euros par mois à cette engeance ferait gaspiller de l’argent au contribuable, etc. Bref, on connaît la chanson, vous avez simplement déversé les quelques poncifs culpabilisants qui font office de discours aux élus de toutes tendances [Pour un échantillon de propos travaillistes, issus de la droite et de la gauche de droite, destinés à rendre honteux et coupable qui n’est pas en permanence employé par un patron ou patron lui-même : Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »].

Vous dites que vous devez répondre des choix budgétaires du département devant vos « administrés ». Voilà qui a de quoi surprendre. Jusqu’ici les « administrés » n’ont jamais eu leur mot à dire sur le bon usage des deniers publics. Qui a souvenir d’avoir un jour souhaité construire un énième rond-point ou payer si cher la calamiteuse gestion de l’eau ? Alors pourquoi cette fois faire comme si vous les preniez en compte, ces « administrés » ? La réponse est évidente : vous avez besoin qu’ils vous élisent, encore et encore, pour conserver votre statut social et votre pouvoir. Un pouvoir immense, si l’on considère que vous avez quasiment droit de vie et de mort sur un allocataire que vous jugez « fainéant » ; mais un pouvoir minuscule en fait, quand on sait les limites qui vous sont imparties par le contexte de la crise économique. Comme à l’accoutumée le budget concerne le petit peuple pour les « efforts » à faire, jamais pour les dépenses.

Les industries ont toutes été délocalisées dans des pays où le coût du travail est encore moins cher. Et ce n’est pas la mascarade du Parc naturel régional (PNR) qui risque de redynamiser l’économie de notre département sinistré. L’Ariègeland dont vous rêvez n’offre pas d’emplois durables, à peine permet-il à quelques chômeurs de se changer magiquement en auto-entrepreneurs qui continuent de vivre en dessous du seuil de pauvreté dix mois par an ; de transformer les paysans en paysagistes ; les petits producteurs en marchands de Noël ; les commerçants de proximité en animateurs de ce grand parc à thème ; les villages en carte postale pour touristes. D’autant plus qu’avec les 26 heures de travail hebdomadaires que vous aimeriez rendre obligatoires pour les fainéants qui vivent grassement du RSA, vous risquez de supprimer le peu de travail salarié disponible.

À ceux qui se demanderaient encore « pourquoi il y a tant de RSA-stes en Ariège », nous préférons rappeler en lieu et place de vos boniments, M. Bonsommeil, quelques évidences économiques :

• Comme il n’y pas de travail ailleurs non plus et sous la pression des loyers exorbitants, de plus en plus de pauvres partent vers les campagnes en espérant y survivre plus dignement.

• Tous les pauvres, qu’ils travaillent ou non, le savent : on ne vit pas décemment avec 400 euros par mois. Mais l’obole a beau être dérisoire, il nous faut encore la mériter dans le cadre du dit « contrat d’insertion » [On est avec l’instauration du RSA passé du « contrat d’insertion » du RMI, à un prétendu « contrat d’engagement réciproque », une désignation modernisée qui fait la part belle au pléonasme contrat/réciprocité afin de mieux affirmer dans les faits l’asymétrie de la relation de pouvoir qui s’y déploie, voir Insertion, l’unilatéral « contrat d’engagement réciproque » du RSA. De cette contractualisation et du suivi individuel, même de très officiels rapports de recherche ont pu constater l’ignominie, voir : « Absurdité », « torture morale », une enquête sur le RSA à Paris.]. Un « contrat » léonin, puisque les deux parties ne sont en rien égales et que nous sommes contraints de le signer. Un contrat de dupes, surtout : en l’absence d’emploi, nous voilà contraints d’en simuler la recherche, de jouer la comédie de « l’employabilité » [Comme dans les mises en scène de la téléréalité, dans la sinistre comédie sociale de la concurrence de tous contre tous « pour s’en sortir » qu’il contribue à orchestrer, le Pôle emploi ne nous désigne plus comme des « usagers » ou des « clients » mais comme des « candidats », voir Outragé, Pôle emploi mord la poussière] Nous devons laisser l’État inspecter les moindres recoins de notre vie privée (le contrat peut nous enjoindre à arrêter de boire, trouver un logement, un véhicule, travailler pour des miettes dans une entreprise d’insertion, maigrir, grossir…), « concevoir des projets » qui rentrent dans des cases bien définies, puis suivre notre dossier, le compléter, le corriger. En un mot, nous travestir en bureaucrates de nos propres vies en attendant une prochaine convocation.

• Le stock incompressible d’inemployables dont nous faisons partie nous pose bien plus problème en terme de survie qu’il n’en pose au fonctionnement du marché du travail. En effet, sans chômeurs, comment pourrait-on exercer une pression raisonnable sur les salaires et faire travailler tout le monde au plus bas coût possible ? De peur de se retrouver au chômage, les salariés acceptent des travaux pénibles, un temps de travail variable et incertain pour des salaires de plus en plus maigres. Les chômeurs qui doivent arracher à Pôle Emploi leurs indemnités – pour lesquelles ils ont pourtant cotisé jusque-là – redoutent quant à eux une radiation arbitraire qui les rendrait « RSA-stes ».

Ces catégories – travailleur, chômeur, RSA-ste – n’en sont pas vraiment puisque chacun ou presque passe régulièrement de l’une à l’autre. Néanmoins elles ont ceci de commode qu’elles nous rappellent qu’on peut toujours tomber plus bas et qu’on est pas si mal à sa place [Il est dans la logique du pouvoir d’assigner chacun à ce qui lui est attribué comme place, Fabrique du Sensible], aussi précaire soit-elle. Aussi en faites-vous un usage immodéré, M. Bontrépas, en opposant constamment les bons travailleurs aux mauvais chômeurs dans vos discours démagogiques.

• Il est particulièrement désagréable de se voir taxer de parasites quand, malgré soi, on rend si bien service à l’économie. Car personne n’est sans savoir que le maigre pécule des allocataires du RSA se consume intégralement en logement, alimentation et tabac et retourne donc presque immédiatement dans les caisses de l’État – sous forme de TVA (la principale recette du budget de l’État) –, des propriétaires et des commerçants.

Nous avons décidé de vous répondre, M. Bonnenuit, car nous refusons d’être une fois de plus culpabilisés et utilisés comme une force de travail à bon marché. Nous préférons tenter de nous organiser collectivement, pour que l’emprise de cette administration au service d’une économie en restructuration nous soit moins insupportable.

En se moquant de l’attention que vous voudrez bien porter à l’expression de notre colère, nous vous prions de croire, M. Somnifère, à l’expression de notre profond mépris de classe. Chacun son tour.

Des membres du collectif Cafca


Augustin Bonrepaux pris à partie lors sa réunion publique à Pamiers

Drôle d’ambiance, ce jeudi soir, à la salle Espalioux de Pamiers.

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Alors qu’il répondait à une série de questions posées par des internautes ariégeois, Augustin Bonrepaux, Président du Conseil général de l’Ariège, a été vertement interrompu par une quinzaine de membres d’un collectif autoproclamé « défenseur des bénéficiaires du Revenu de solidarité active ».

Ces hommes et ces femmes ont profité de la réunion publique du président de l’assemblée départementale, initiée dans le cadre de sa tournée des cantons, pour l’interpeller sur les contrôles exercés par le Conseil général en matière d’attribution du RSA.

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Interrompu, interpellé, la pénitence du socialiste Bonrepaux à Pamiers, 13/12/2012.

Ils ont ainsi qualifié de « tribunaux d’exception » les commissions paritaires chargées d’étudier la réalité des démarches de retour à l’emploi des bénéficiaires.

Sous les huées, Augustin Bonrepaux a rappelé la position des conseillers généraux ariégeois pour lesquels le RSA « ne peut être considéré comme une allocation mais comme un revenu qui donne des droits mais confère aussi des devoirs » [Leurs mots usinent nos affects. La perversité de cette thématique des « devoirs », agitée par les élus de tous bords, vise à instiller un sentiment de culpabilité, d’indignité, de honte. Il s’agit d’éprouver à l’égard de cette société, une « dette morale ». Voir à ce propos Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette ainsi que La fabrique de l’homme endetté, essai sur la condition néolibérale de Maurizio Lazzarato.] aux bénéficiaires.

Tout en précisant que le Département n’était pas décisionnaire en matière d’attribution de ce revenu de solidarité (seules la CAF et la MSA ont ce pouvoir) ni même en ce qui concerne le montant.

« Nous, on applique la loi », a conclu l’élu.

Visiblement peu convaincus, les citoyens en colère ont quitté la salle en réitérant leurs invectives pendant que le jeu des questions/réponses avec l’assistance reprenait ses droits. Dans une ambiance apaisée [Vachement « apaisée » l’ambiance, ah ces journalistes, avant qu’ils acceptent de voir la violence sociale réellement existante, et d’en parler avec sérieux, comme si même des pigistes ariègeois avaient pas du mal à se chauffer dans ce monde en proie au réchauffement climatique et ou pourtant, plongés que nous sommes dans les eaux glacées du calcul égoïste, le chaud meurt…].

Presse pacifiée (AriegeNews.com, 13 décembre 2012)

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[Le mauvais côté] Mise à jour du blog

Par les routes non balisées

Qui nous sommes

Le mauvais côté : un lieu de rencontre, une proximité. Par dessus tout une activité. Tout cela de façon informelle et conjoncturelle. Mais nécessaire. Jusqu’à ce que nous la considérerons superflue. Cette activité est le produit de la confluence d’expériences diverses, d’une convergence et d’une perspective sur le présent.

Ce qui nous intéresse : le mouvement réel qui abolit l’état des choses présentes. C’est-à-dire la « banalité » du cours quotidien de la lutte des classes. C’est-à-dire la contradiction entre le prolétariat et le capital comme porteuse du dépassement positif : l’abolition du mode de production capitaliste et la production du communisme. Un chemin qu’on ne pourra connaître seulement qu’en le parcourant. Avançant pas à pas. Un chemin dont nous n’avons qu’une certitude : il devra mener à une rupture.

Aucune « tendance ». D’une part, ce que le prolétariat « est » — dans le mode de production capitaliste. La contradiction telle qu’elle se reproduit normalement tous les jours. D’autre part, l’abolition des classes — le prolétariat y compris. Que ce dernier peut produire en tant qu’action de classe. Une relation non progressive. Non évolutive. De rupture.

Notre priorité : développer une critique. La rendre incontournable. De toute une période historique de la lutte des classes : croissance des luttes revendicatives, instauration d’une période de transition, application du programme révolutionnaire. Les conseils. Le parti. L’autogestion. Ainsi que toutes les combinaisons possibles. Le mouvement ouvrier comme vecteur. Les formes diverses. Le contenu. Libérer le travail productif. Devenir la classe dominante. Créer les conditions du communisme.

Déconstruire ce sur quoi se fondait la diversification interne de la perspective révolutionnaire antérieure. L’unité sur la base de laquelle était possible une telle diversification. Reconstruire, sur sa ruine, une problématique différente.

Plus encore : l’analyse approfondie d’une époque. La fin de l’identité ouvrière. Une structure différente de la contradiction des classes. Le caractère moléculaire des conflits sur le lieu de travail. Leurs discontinuités. L’impossibilité d’une croissance cumulative. L’appartenance de classe comme limite et comme contrainte. À dépasser.

Ce sur quoi nous insistons : le caractère théorique des luttes. Des luttes actuelles par dessus tout. De celles qui — parfois — s’engagent. Et aussi d’autres luttes. Pour nous l’exigence d’une tension permanente à une compréhension concrète. C’est possible si l’on traverse les déserts de l’abstraction. Susceptibles de produire des effets. Sans recettes préétablies. Au-delà de toute attente et de tout activisme. Au delà de l’intervention elle-même.

S’inscrire dans la discontinuité. Avec un concept. Une boussole. Forcément provisoire. Pour s’orienter. Communisation. Abolition du capital. Et corollairement abolition des classes, de l’État, de l’argent, de l’échange. Les rapports entre individus. Au delà de la valeur et de la survaleur. Non comme objectif lointain. Ni comme un miracle du ciel. Rien de plus que comme moyen. Concrètement incarné comme mesure des luttes. Qui seront imposées par la situation.

Tout ce qui existe, mérite de périr.

Il lato cattivo

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[Jurançon (64)] Présentation du squat du « Nid béarnais »

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Salut à tou(te)s !

Dans les coteaux de Jurançon, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), un nouveau squat est ouvert dans les locaux de l’ancien hôpital pour enfants du « Nid  béarnais ». Ces locaux appartenant à la Croix-Rouge sont vides depuis 2007. Comme beaucoup de lieux laissés à l’abandon, il a été pillé.

Nous occupons ces locaux depuis maintenant environ deux mois et nous avons fait (et continuons de faire) tout notre possible pour rendre cet endroit le plus chaleureux et accueillant possible. Tout ça avec les moyens du bord ; un peu de récup’, pas mal d’huile de coude et énormément de solidarité.

En tout cas, la solidarité, ce n’est pas ça qui étouffe Valérie Irigarray, la directrice par intérim du tout nouveau Nid béarnais et qui lors de l’audience du mardi 11 décembre à demandé tout simplement notre expulsion IMMÉDIATE et 1000 euros de dédommagement pour des dégâts que nous aurions soi-disant occasionnés. Bel exemple d’humanité pour une association comme la Croix-Rouge qui se veut pourtant porteur de valeurs bien loin de celles que reflètent le comportement de Valérie Irrigaray qui veut nous jeter à la rue en plein hiver avec 1000 euros à payer en guise de cadeau de Noël !

Nous sommes squatteurs de longue date pour certains, travailleurs précaires, artistes en pénurie de locaux, acteurs de la vie associative pour d’autres… Bref, nous venons tous d’horizons divers et ce qui nous réunit c’est ce lieu et surtout ce qu’il représente : une alternative à la vie telle qu’on nous l’impose !

En plus d’avoir un toit sur nos têtes, cet endroit nous apporte un espace où nous pouvons créer, échanger et se rencontrer … on ne se retrouve pas dans les structures qu’on nous propose. Partant de ce constat, le Nid béarnais est pour nous la possibilité de prendre nos vies en main et de mettre la main à la patte concrètement plutot que d’espérer un hypothétique changement du quotidien.

Nous vous invitons à venir nous rencontrer et pourquoi pas rajouter votre grain de sel !

Samedi 15 décembre : • Repas chaud pour tou(te)s • Vidéoprojection commentée par un jeune berger sur son voyage en Papouasie • Dans la soirée, concert avec Varlin (anarchopunk-Euskadi), Khadafi’s Brothers (idem), Andoll (vielle à roue électro) … et pour les plus curieux une visite guidée de nos locaux (et ouais, il faut un guide tellement qu’c’est grand !)

Fais tourner l’info
À bientôt !

P.-S. : pour venir : Du pont d’Espagne, dans le sens Pau-Jurançon, prendre la 1re à droite après le pont. Passer devant le Lidl, continuer tout droit jusqu’au rd-point de la rocade. Au rd-point, prendre à gauche direction Oloron. Tout droit jusqu’au prochain rd-point. Au rd-point prendre à droite vers le domaine de Souch (chemin Beauvallon). Ça grimpe et c’est la grille dans le 5e virage en épingle.

Ciao !

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 13 décembre 2012


Jurançon : le « Nid Béarnais » veut déloger les squatteurs

Tribunal d’Instance Jérôme Bedel, un original qui fait la route avec son cheval, a mis pied à terre au 1er novembre dans les locaux désaffectés du « Nid Béarnais » sur les coteaux de Jurançon. Las ! La Croix-Rouge, propriétaire du bien immobilier en vente depuis cinq ans, qui avait toléré, en concertation, cette occupation jusqu’au 22 novembre, a lancé une procédure d’urgence pour virer le squatter qui n’est plus disposé avec ses compagnons à quitter cet asile.

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Jérôme Bedel sur son cheval.

Le tribunal d’instance, saisi en référé, se prononcera le 15 janvier prochain. Près d’une dizaine de militants du mouvement « Libertat » qui séjournent dans l’ancien établissement sanitaire pour enfants handicapés, étaient présents à l’audience.

L’hiver sera show

Pour la Croix Rouge qui réclame une ordonnance d’expulsion, d’autant qu’aucune assurance ne couvre les sans-abri, Me Astrid Danguy a dénoncé « une voie de fait » commise par le cavalier et sa troupe qui ont investi « sans droit, ni titre », la villa qui servait hier de logement de fonction au directeur du « Nid Béarnais ». L’homme au destrier sans écurie aurait même apposé son nom sur la boîte à lettres. Histoire d’y mettre son grain de selle !

« C’est un acte politique pour revendiquer le droit au logement, surtout à l’approche de l’hiver » a répliqué le bâtonnier Jean-François Blanco qui estime qu’au lieu d’en faire une opération de promotion immobilière, « la Croix-Rouge, pour être en accord avec ses statuts, devrait plutôt affecter ce lieu au logement social ».

L’avocat a demandé l’annulation de l’assignation du 3 décembre, en ce qu’elle ne mentionne pas l’identité du président de la Croix-Rouge, mais, en substitution, celle de la directrice du « Nid Béarnais ». Le conseil des démunis, proposant de surseoir à statuer, a posé une question prioritaire de constitutionnalité devant le parquet pour alerter la Cour suprême. Afin de savoir si le droit à la propriété doit prévaloir sur le droit au logement.

Le délibéré tombe à la mi-janvier. Ça sera plus dur de saper pour l’hiver les intrus !

Leur presse (larepubliquedespyrenees.fr, 12 décembre 2012)

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[Grenoble] Expulsion du squat du Great-A ce matin du mercredi 12 décembre

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Ce matin, sur le coup des 7 heures, le squat du 114 rue d’Alembert : le Great-A a été expulsé. Il était ouvert depuis plusieurs mois. Plein de flics, des gens sur le toit, des charges, une barricade et des gens en soutien. Un texte a été collé et distribué sur l’agglo dès l’opération de police :

Mardi 11/12 : la fiction : en « lutte contre la pauvreté », le gouvernement annonce la hausse de 10% du RSA sur 5 ans, l’ouverture de 8000 places d’hébergement (pour SDF, expulsés, demandeurs d’asile), envisage de créer une « sécurité socialé » du logement et demande à EDF de ne plus couper le courant à celles et ceux qui ne payent plus les factures.

Mercredi 12/12 : la réalité : le lendemain, à Grenoble (ville socialiste), il fait -5 degré. Le préfet du gouvernement socialiste expulse le « Great-A » (un lieu d’activité et d’habitation squatté au 114 rue d’Alembert). Les robocops en action, dix personnes à la rue et un lieu magique qui ferme ses portes. « Brise glace » à Grenoble, Roms à St Martin le Vinoux, demandeurs d’asile à Fontaine… combien d’expulsion de squats dans l’agglo en 2012 ?

La seule manière que le pouvoir connaît de traiter les pauvres qui s’auto-organisent c’est : la répression. Puis les services sociaux misérables et culpabilisateurs, assistantes sociales, RSA et hébergement d’urgence.

OUBLIONS LA FICTION, PRENONS NOS AFFAIRES EN MAIN, ON VEUT VIVRE, PAS SURVIVRE !

Indymedia Grenoble, 13 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] Création d’un comité de lutte contre l’aéroport à La Roche sur Yon en Vendée

CONSTITUTION D’UN COMITÉ DE LUTTE CONTRE L’AÉROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES ET SON MONDE (CLAM85)

Réuni-es dans une assemblée générale d’environ cinquante personnes à la Bourse du Travail de La Roche sur Yon (85), nous avons constitué le lundi 26 novembre 2012 un Comité de Lutte contre l’Aéroport de Notre Dame des Landes et son Monde (CLAM85 en abrégé). Le CLAM85 est composé d’individus indépendants, il ne se réfère à aucun parti ou autre organisation.

Le projet de construction d’un aéroport et ses infrastructures à Notre Dame des Landes est emblématique d’un monde que nous refusons.

Nous nous opposons à l’implantation d’un aéroport inutile, coûteux, destructeur de terres agricoles et porteur de graves conséquences sociales et environnementales.

Nous dénonçons ce projet d’inutilité publique, l’expulsion de ses occupant-es, la destruction de leur habitat, la répression policière, le gaspillage de l’argent public, les mensonges de l’État et de certain-es de ses représentant-es de tout bord sur la nécessité de cet aéroport.

Nous soutenons toutes celles et ceux qui se battent depuis des années contre ce projet, en particulier les habitant-es de la région, les paysan-es et les occupant-es de la ZAD (Zone À Défendre). Nous soutenons également toutes celles et ceux qui se battent de par le monde contre ce type de projets inutiles et imposés.

Notre lutte contre la création de cet aéroport ne se dissocie pas de notre lutte quotidienne contre le « monde qui va avec », à savoir celui qui prône un développement économique sauvage et productiviste. Ce monde est régi par le capitalisme (culte de la croissance, compétition, course au profit), pour le plus grand bénéfice de multinationales prédatrices comme Vinci futur ex constructeur et gérant de l’aéroport. En fait, ce « monde », sous couvert de progrès libérateurs, consacre les inégalités, fragilise les solidarités, renforce le contrôle sur les individus, conduit à de graves déséquilibres environnementaux et engendre la guerre.

Pour le combattre, nous proposons une organisation autogestionnaire afin de maintenir une cohérence de l’action : coopération, système horizontal, prise de décisions au consensus en assemblée générale.

Nous sommes porteurs d’un autre modèle de société anticapitaliste et autogestionnaire qui vise l’émancipation des individu-es par elles et eux-mêmes.

Nous appelons toutes celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, à nous rejoindre pour que notre opposition soit encore plus efficace.

Ni ici, ni ailleurs, non à l’aéroport ! Non au monde qui va avec !

CLAM85 (contact), 13 décembre 2012

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La librairie du Muguet à Bordeaux

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Il y a longtemps que je peine — Jamais je ne l’oublierai »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[10 mai 2012]
Petit délire trouvez l’erreur

REMIX À LA SAUCE YOUV…

Au clair de mes peines
En promenade je me suis promené
J’ai trouvé ma journée si belle
Que je ne l’ai pas vue passer
Il y a longtemps que je peine
Jamais je ne l’oublierai.

Sur ma feuille j’enchaîne
Mes faits divers passés
Du haut de sa potence
Un surveillant me guettait
Il y a longtemps que je peine
Jamais je ne l’oublierai.

Guette surveillant guette
Toi qui es aux aguets
Tu as le cœur à rire
Moi je l’ai à pleurer
Il y a longtemps que je peine
Jamais je ne l’oublierai

J’ai été condamné
J’assume et c’est mérité
Pour une vingtaine de banques
Que moi et mes amis avons pillé
Il y a longtemps que je peine
Jamais je ne l’oublierai.

Je voudrais que ma peine
Soit allégée
Et que mes textes
Me fassent pardonner LOL
Il y a longtemps que je peine
Jamais je ne l’oublierai.

Mon p’tit délire de la soirée mon remix de la claire fontaine. Aïe !!!

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Notre-Dame-des-Landes] « Si nous ne nous étions pas défendu.e.s, il n’y aurait probablement plus grand monde pour parler de la ZAD aujourd’hui, moins encore pour y vivre »

Notre-Dame-des-Landes, une résistance qui ne se laissera pas dicter sa conduite

La semaine dernière deux tribunes successives sont parues dans Le Monde du 6 décembre. Elles sont le fait de « présidentes »,  « porte-paroles »,  élus d’organisations et partis politiques. Elles portent un point de vue qui paraît englober tout le mouvement d’opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Elles ont en commun d’affirmer que le mouvement a toujours été « non-violent », que l’hostilité face à la police était le fait d’infiltrés policiers, que la manifestation du 17 novembre était « pacifique »…

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Pour nous qui partageons cette lutte, cette réécriture de l’histoire est pour le coup violente. Nous ne pouvons laisser quelques tribuns et porte-paroles auto-proclamés rayer d’un coup de plume ce que nous avons vécu ces dernières années. La complexité de notre réalité, faites de long débats et de contradictions, de pratiques multiples mais aussi de liens qui se tissent, s’est encore intensifiée depuis le 16 octobre et le début de la vague d’expulsion. Nous savons que l’écriture de l’Histoire est généralement le privilège des dominants. Qu’ils soient premier ministre ou président d’honneur d’une association citoyenne, ceux-ci semblent toujours estimer que, quand bien même on viendrait piétiner nos maisons et nos cultures, il nous faudrait rester calmes et polis. Si nous ne nous étions pas défendu.e.s, il n’y aurait probablement plus grand monde pour parler de la ZAD aujourd’hui, moins encore pour y vivre.

RENCONTRES ET SOLIDARITÉS MUTUELLES

Nous avons lancé, il y a plus d’un an, l’appel à une manifestation de réoccupation en cas d’expulsion et avons participé à son organisation par le biais d’une assemblée ouverte réunissant jusqu’à 200 personnes. Le 17 novembre, 40’000 opposants à l’aéroport se sont réunis. L’objectif de cette action directe massive n’était certes pas l’affrontement et nous avions décidé dans ce contexte de porter une attention particulière à ce que celles et ceux qui ne le souhaitaient pas puissent l’éviter. Pour autant nous nous étions préparés en amont aux  possibilités de barrages et à la nécessité d’auto-défense des manifestants en cas d’agression policière. Si certains peuvent dire a posteriori que cette action collective a été « pacifique » c’est bien parce que les forces de l’ordre ont choisi de s’effacer ce jour là face à la force du mouvement.

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Quelques jours plus tard, quand les troupes sont revenues pour expulser, détruire et blesser, des centaines de personnes de tous horizons ont fait face, avec des chants, des sittings mais aussi des cailloux et des bouteilles incendiaires. Toutes celles et ceux qui ont partagé ces journées savent bien que cette diversité de réponses n’a pas été tant source de scissions et de séparations, mais bien plutôt de rencontres et de solidarités mutuelles.

La réalité du mouvement c’est une multitude de personnes qui font de la logistique, des repas, de la communication, des collages, des dossiers juridiques, des lance-pierres, des sabotages d’engins de chantier, des pansements, des chansons, qui construisent des maisons, cultivent, laissent des marques sur les bureaux de ceux qui nous attaquent, se couchent sur les routes ou y courent masqués… Beaucoup d’entre nous partagent ces différentes manières de se rapporter au mouvement suivant les heures, les jours, les montées de colère, de joie ou les réflexions tactiques… Ce que nous vivons sur le terrain, ce n’est pas une nécessité de s’affirmer comme violent ou non-violent, mais une volonté de dépasser ces catégories idéologiques et séparations neutralisantes. Nous sommes un peu trop complexes pour rentrer dans les caricatures du pouvoir : « ultras », « gentil écolos », « opposants historiques », « jeunes zadistes »…

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Fort heureusement, et malgré les tentatives désespérées de la Préfecture, les divisions posées en ces termes n’ont plus eu tellement de prises sur les dynamiques de ces dernières semaines. Quand des paysans mettent en jeu leurs tracteurs et les enchaînent auprès des barricades, quand des trous sont creusés dans les routes, quand la police est prise en embuscade, il s’agit de se donner les moyens adéquats pour répondre à la situation. Ce que nous voulons mettre en avant, maintenant, ce ne sont pas des mots magiques brandis en totems comme autant de brides sur nos potentialités collectives, mais une détermination commune à ce que cet aéroport ne se fasse pas.

Quant aux profiteurs et aménageurs, nous ne nous faisons pas d’illusion sur le fait qu’ils continuent d’imposer leurs projets par la force. À nous de faire en sorte que les concrétiser finisse par leur nuire plus que de les abandonner.

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Darianne Ming, Camille Eustache, Mickaël Delmouche, résistants à l’opération César [L’Opération César, débutée le 15 octobre, vise à expulser les occupants illégaux des terrains où doivent commencer prochainement les premiers travaux de construction du projet aéroportuaire du Grand Ouest.]

Tribune publiée dans leur presse (LeMonde.fr, 13 décembre 2012)


N.B. du CLCA : tiens d’ailleurs, en parlant de récupération politique, par Barbara Pompili qui nous ressert encore la sauce ultra :

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VOIR LA VIDÉO

Barbara Pompili, pour ta gouverne, t’es ultra à côté de la plaque à propos de la lutte et de ce que nous portons tous/toutes à l’intérieur de celle-ci ! Ou plutôt tu serais pas plutôt ultra bien au chaud dans ta place de collabo avec le PS, et du coup t’as ultra envie de leur faire plaisir en jouant le jeu de la division, non ? En fait on est d’accord, les bureaucrates d’EELV sont bien les ultra-minoritaires de la lutte ! 🙂

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[Bagnolet (93)] Ouverture du Transfo’

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À suivre bientôt sur transfo.squat.net

Reçu le 13 décembre 2012

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[Argentine] L’esclavage sexuel est protégé par la justice

Clashes erupt in Argentina over verdict in sex slave trial

Protesters have clashed with police in Buenos Aires after the acquittal of 13 people in a high-profile sex-slavery case that sparked public outrage across the country.

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Demonstrators clash with police in front of the Casa de Tucuman in Buenos Aires, on December 12, 2012 during a protest against the sentence that allowed the release of 13 indicted in cases of forced disappearance of women, prostitution and involvement in the case of Marta Veron, disappeared in the province of Tucuman ten years ago. TÉLÉCHARGER LA VIDÉO

Demonstrators took to the streets in the capital and in at least seven provinces, including Tucuman, where the court announced the acquittal. In Buenos Aires, the protesters stormed the Tucuman provincial government’s tourism promotion office, smashing windows and throwing rocks at police, demanding the resignation of the judges who delivered the verdict.

The suspects in the case were accused of kidnapping a young woman, Maria de los Angeles “Marita » Veron, and forcing her into prostitution. They were exposed largely as a result of her mother’s decade-long quest to find the missing daughter.

Susana Trimarco’s efforts helped to uncover an underworld of organized crime figures who operate brothels with protection from authorities across the country. But unfortunately the quest has not yet resulted in the discovery of her daughter.

The verdict has been slammed by the public as a major setback for Argentinean justice and efforts to fight sex trafficking.

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Security Minister Nilda Garre described the verdict as “a tremendous slap in the face for the prospect of justice.”

“It’s not only a reversal for this particular case of the kidnapping and disappearance of Marita Veron, that made society feel deeply the drama of this kind of 21st century slavery, covered up for decades by the customs of a network of machista culture,” she said.

The high-profile case also attracted attention of the Argentine President Cristina Fernandez who personally called Trimarco to express her surprise and outrage with the verdict.

“I thought I would find her destroyed, but I found her more together than ever, more committed to keep fighting,” Fernandez said. “I told her, Susana you can always count on me, and she told me President, don’t worry, I’m going to keep fighting.”

The president hinted that judicial corruption could be involved in the case, stressing that there is a need to reform how judges are picked and allowed to remain in their jobs. Meanwhile her political rivals called this campaign an attack on judicial independence.

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Presse proxénète (RT.com, 13 décembre 2012)

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Nouvelle incarcération de Christine et procès le 19 décembre à Lyon

Suite à une altercation avec les matons en se rendant à un parloir à la taule de Corbas, Christine passe devant le tribunal correctionnel de Lyon (TGI) le mercredi 19 décembre à 14h. Elle y comparaît notamment pour refus de prélèvement ADN, outrage, rébellion et évasion de garde à vue.

Le 8 novembre, elle se rendait à la Maison d’arrêt de Corbas pour rendre visite à un proche incarcéré. À l’entrée, elle passe sous le portique détecteur de métaux qui ne détecte rien, mais les matons lui demandent pourtant d’enlever sa veste. Elle refuse, considérant que « les familles n’ont pas à se déshabiller sur ordre, il suffit qu’on ne fasse pas sonner le portique ! » La direction arrive et approuve la démarche de ses matons. Christine continue de contester cette mesure. Trois gendarmes sont alors appelés à la rescousse et l’embarquent pour outrage. Elle ne les suit pas volontiers : rébellion. Elle est alors placée en garde à vue. Là, la porte de sa cellule ferme mal. Elle en sort. Quand les flics reviennent quelques heures après, elle n’est pas partie bien loin, elle fume une cigarette sur le parvis : évasion. Le lendemain elle est escortée par le GIGN en taule pour y purger une vieille peine et y attendre aussi le procès du 19 décembre.

Ce n’est pas la première fois que Christine est poursuivie pour avoir dénoncé les conditions dans lesquelles se déroulent l’accès aux parloirs pour les familles : fouilles arbitraires, délais d’attente avant et après les parloirs, salles d’attente exiguës pour de nombreuses familles, parloirs reportés voire annulés après souvent des heures de route pour s’y rendre… Pour les proches de détenus aussi la prison est synonyme d’humiliations et d’arbitraire. Autant de raisons d’ouvrir sa gueule, et autant de raisons pour l’Administration Pénitentiaire de jouer la carte du chantage en faisant sauter les permis de visite ou en envoyant les flics lorsque ce chantage ne fonctionne plus.

Christine est donc aujourd’hui incarcérée à la Maison d’Arrêt de la Talaudière à Saint-Étienne. Elle y purge plusieurs peines de prison ferme accumulées ces dernières années suite à de multiples insoumissions à l’autorité de différentes institutions (flics, administration pénitentiaire, institution psychiatrique…). Institutions qui, jour après jour, s’attellent à défendre les frontières de la paix sociale en broyant ceux qui s’aventureraient hors de celles-ci.

Parce que le rapport dans lequel Christine se débat n’est pas un rapport individuel entre elle et les institutions mais bien un rapport social fait d’exploitation et de domination que nous subissons tous quotidiennement.

Parce que ces même institutions mettent tout en place pour nous maintenir divisés et isolés.

Parce que, dans un tribunal ou dans une taule, un peu de solidarité peut redonner du courage ou appuyer un rapport de force trop souvent en notre défaveur.

Soyons nombreux à soutenir Christine face à la justice et l’isolement carcéral.

Pour lui écrire : Christine RIBAILLY, écrou N°35561, MA de St-Étienne, rue de la Sauvagère, BP 540, 42350 La Talaudière cedex

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 12 décembre 2012

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[Révolution égyptienne] « Ils ont peur du peuple »

Égypte : Le chaos politique s’approfondit

Après les manifestations d’hier mardi, avec moins de monde que d’habitude semble-t-il, tout le monde prépare la manif de vendredi. Ceci dit, les Islamistes bloquent toujours par la force la Haute Cour Constitutionnelle et certains médias jugés trop hostiles à leur cause (notamment ceux qui ont révélé leurs chambres de torture).

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Au niveau du référendum de samedi proposé par les islamistes sur leur constitution (qui interdit un peu tout) l’opposition libérale a battu des records de crétinisme électoral. Alors que la rue veut le boycott de ce qu’ils considèrent comme une farce, le Front National de Salut, de Baradei, Moussa et Sabbahi, a d’abord dit qu’il boycottait, mais que ses dirigeants participeraient, puis ce matin a déclaré qu’il fallait y participer en votant « non », mais à condition que les juges ne le boycottent pas (or les juges ont annoncé hier qu’ils le boycottaient) que l’armée en garantisse la sécurité (!!!!!!!!!!!!), que le dépouillement soit fait le jour même sous contrôle, et qu’il n’ait pas lieu sur deux jours (Morsi pour contrer le boycott des juges qui sont nécessaires pour le déroulement du scrutin a décidé de le faire en deux fois pour avoir suffisamment de juges à chaque fois. Il y a environ 14.000 bureaux de votes et 7000 juges environ qui se déclareraient prêts à y participer). Comprenne qui pourra : ni boycott, ni participation, mais quand même vote « non ». La droite française est dépassée…

Le discours du dirigeant socialiste nassérien, le Mélenchon local, est un sommet. Il commence par dire qu’il faut boycotter cette farce électorale, parce que les juges le boycottent mais que si les juges ne le boycottaient pas, il faudrait y participer, et que partout où il aura lieu, il faudra voter « non », mais qu’il faut que ce soit un scrutin surveillé, puisqu’il n’y aura pas de juges à ce scrutin pour compter les votes « non » et donc que les juges doivent le surveiller… En conséquence, il faut voter « non ». CQFD. Si vous avez compris vous êtes fort.

Mais Morsi a compris cette capitulation et a aussitôt annoncé que le vote aurait lieu en deux temps pour tourner le boycott des juges et a fait condamner dans la foulée un juge qui avait refusé de juger des manfiestants anti-Morsi… Bref Morsi n’existe que par l’incapacité de l’opposition. Il faudrait dire lâcheté.

En effet, les libéraux qui participent aux manifestations sont, d’après les témoignages, littéralement terrorisés par le peuple des manifestants. Ils ont peur du peuple. Plus peur du peuple que de la dictature. Ils préfèrent presque les Frères Musulmans et leur dictature au peuple des manifestations. Ça rappelle hélas de l’histoire ancienne, quand ces gens-là, les démocrates, se jettent dans les bras de la dictature contre le peuple. Juin 1848…

Bref les libéraux lâchent les juges en lutte, lâchent les manifestants en lutte, les artistes, les journalistes, et bien sûr les ouvriers. En conséquence, les démocrates du « mouvement du 6 avril » changent de position, appellent aussi à participer en votant « non », même les socialistes révolutionnaires épousent le tournant en expliquant qu’il faut boycotter de toutes les manières y compris en votant « non » !!!!!!!

Quelle honte !!!! Il existe toutefois un collectif du boycott, qui appelle à venir perturber le scrutin par des manifestations ou tout autre expression.

On peut annoncer le résultat du référendum qui sera donné par les Frères Musulmans qui tiennent les leviers du scrutin y compris le compte des bulletins. En plus ils menacent de l’enfer ceux qui ne voteront pas et aussi, pour les athées, d’amendes de 500 livres égyptiennes. Donc, voila le résultat : plus de 50% de participation et très large victoire du « oui ».

Ensuite quelle légitimité cela aura ? Très faible à mon avis. Dès le lendemain les gens recommenceront à manifester (dans la constitution pour laquelle est organisé le référendum, il y a par exemple l’interdiction des syndicats, que ça ! Interdiction de critiquer la religion, aucun droit pour les femmes, etc., etc…).

En attendant, manif de boycott vendredi.

Vive la révolution !

Nouvelles d’Égypte envoyées par un lecteur, 12 décembre 2012 – Solidarité ouvrière

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[Marseille, samedi 15 décembre] Bloc radical féministe et tpg à la manif LGBT

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LE 16/12 : OSONS UNE LUTTE QUI EN SOIT UNE … CAR NOUS EN SOMMES !
Rejoignez le bloc contre l’instrumentalisation de nos identités et de nos combats !

Nous, féministes, gouines, trans, bi-e-s, pédés, antifascistes, psychiatrisé-e-s, séropos, asexuel-le-s, queers, anormaux-ales, masochistes, poly(in)fidèles, hystériques, avortante-s, intersexes, enculé-e-s, putes, travs, pornographes, et autres combattantes dénonçons le regain de respectabilité des discours des droites extrêmes, leur diffusion dans les médias et leur influence sur les prises de décision politiques.

Plusieurs semaines que des groupes réactionnaires manifestent contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples LGBT et déversent leur homo-lesbo-transphobie dans plus de 70 villes en France.

Plusieurs semaines que des personnalités religieuses comme politiques invoquent la sacrosainte « différence des sexes » pour refuser aux couples LGBT, aux familles homoparentales et/ou transparentales la reconnaissance juridique de leur existence.

Plusieurs semaines que le gouvernement dit « socialiste » se mure dans un silence complice quand il ne ménage pas explicitement la susceptibilité des opposant-e-s  à l’égalité des droits. Ce n’est que lorsqu’ils émanent d’une organisation musulmane (Union des Organisations Islamiques de France) que ce gouvernement se prononce contre des propos homophobes, dans la droite ligne étatique islamophobe en vigueur depuis des années.

Nous n’oublions pas que si nous nous battons encore aujourd’hui pour l’égalité des droits c’est aussi parce que le P « S » au pouvoir il y a 13 ans,  déjà trop couard pour défendre réellement le PaCS en 1999, était surtout trop homophobe pour ouvrir le mariage et la filiation aux couples LGBT. Ces atermoiements du gouvernement ne peuvent que nous rappeler toutes les trahisons d’un parti qui se situe dans la continuité du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Nous n’oublierons pas :

• l’enterrement du droit de vote des étrangers aux élections locales ;

• la limitation du nombre de régularisations alors que le gouvernement se gargarise d’avoir élargi les critères ouvrant le droit au séjour ;

• l’abandon du récépissé après contrôle d’identité ;

• les expulsions de Rroms plus effrénées encore qu’il y a deux ans.

Nous vomissons également le tout-répressif gouvernemental qui maintient les lois sarkozystes sécuritaires et racistes, de l’interdiction de porter le voile intégral au délit de racolage passif.

Nous dénonçons l’attitude du P « S » face au militantisme radical, qui à Notre-Dame-des-Landes comme face à un groupe d’activistes transpédégouines à Besançon, ne consiste plus qu’en des invectives et des fantasmes sur un supposé « terrorisme ».

Si tant est que nous imaginions échapper au pire avec l’élection de François Hollande, nous n’avons aujourd’hui plus aucune illusion.

À l’heure où, comme à son habitude, le P « S » tâtonne, recule et rame, les principales organisations LGBT font preuve d’une naïveté complaisante et consternante, incapables de s’insurger contre ces méthodes réchauffées.

Permettre aux plus respectables des gays et des lesbiennes de gravir un échelon sur l’escalier de l’hétéronation constitue pour le P « S » un moyen de masquer les effets de ses politiques racistes, islamophobes, sécuritaires et libérales, y compris au sein de nos communautés.

Ne soyons pas dupes : les discours intégrationnistes portés par ces associations, et inlassablement répétés par une InterLGBT rêvant de nous endormir, promeuvent un modèle de « citoyenneté » vichyste et un idéal de vie ultranormé. Leur combat pour le mariage et l’adoption s’adresse en réalité aux homocitoyen-ne-s français-e-s, en couple, fidèles, porteur-euse-s d’un projet de parentalité à deux,  et payant des impôts.

En faire l’alpha et l’oméga de la lutte contre l’homophobie et contre toutes les inégalités  dans le monde, c’est se désolidariser complètement des autres minorisé-e-s, sans-droits, précarisé-e-s et criminalisé-e-s.

Nous constatons que les associations LGBT mainstream se targuent aujourd’hui d’avoir toujours lutté contre les « discriminations », alors même que :

• elles puisent dans l’imagerie nationaliste la plus vomitive, cherchant à draper la « fierté LGBT » dans les plus beaux atours du patriotisme franco-citoyen ;

• elles gardent un silence complice depuis toutes ces années sur les dégâts des politiques de répression des travailleur-euse-s du sexe ;

• elles cautionnent le racisme et l’islamophobie d’État, comme a pu le démontrer le refus de l’interLGBT d’intégrer HM2F (Homosexuel-le-s musulman-es de France) sous des prétextes fallacieux ;

• elles font preuve d’une transphobie et d’un cis-sexisme brutaux et ordinaires, en refusant systématiquement d’inclure des questions trans et bi dans leur agenda exclusivement centré sur les doléances gays et lesbiennes ;

• elles refusent d’inclure la lutte contre le sida dans leurs revendications, arguant que se montrer solidaires des trans, gouines, bi-e-s et pédés séropositif-ve-s serait trop « stigmatisant ».

Nous ne débattrons plus pour obtenir des droits qui nous reviennent. Nous ne cautionnerons pas un discours homonationaliste et autocentré. Nous ne laisserons plus le P « S » nous faire miroiter une loi a minima. Nous refusons de voir ces droits se négocier sur fond de politiques droitières et de discours faisant la part belle à la « citoyenneté » au nationalisme.

REJOIGNEZ-NOUS POUR FORMER UN BLOC INCLUSIF DANS LA MARCHE POUR L’ÉGALITÉ, le samedi 15 décembre, à 14h, à la fontaine des réformés [Marseille].

Marseille Infos Autonomes, 12 décembre 2012

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[Le travail c’est la santé] « En matière de santé et sécurité des salariés, nous sommes face à une forme de crime organisé »

Santé au travail : « nous sommes face à une forme de crime organisé »

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

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Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

“Je viens de refuser la Légion d’honneur parce que ce n’est tout simplement pas le type de reconnaissance que j’attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi.

Car pour l’heure, en ce qui concerne la santé et la sécurité, le code du travail n’est pas appliqué. Il pose un certain nombre de principes qui ne sont pas respectés, à commencer par le principal : l’obligation faite depuis plus d’un siècle aux employeurs de garantir la santé de leurs salariés. Cette obligation a pourtant été rappelée à l’occasion du drame de l’amiante en 2002, l’affaire ayant débouché sur une certaine prise de conscience en montrant qu’il existait un réel problème de prévention face à un risque qui, pourtant, était identifié depuis longtemps. En prenant la mesure de cette catastrophe sanitaire, la Cours de cassation a réactivé cette obligation des employeurs d’assurer la santé des salariés au quotidien.

Or je constate chaque jour que, sur ce plan, rien n’a changé. Que nous restons face à une situation d’urgence sanitaire qui n’est absolument pas prise en compte par les politiques. Voilà pourquoi j’ai refusé la décoration qui m’a été proposée. Parce qu’elle aurait dû intervenir au terme de mon travail ; en marquer l’aboutissement. Et comment parler d’aboutissement alors que perdure cette situation d’urgence, que l’on attend encore que des décisions soient prises et des mesures adoptées ? Tant qu’il en sera ainsi, je ne pourrai ni me reposer, ni recevoir une médaille.

Sécurité versus rentabilité

Non seulement il n’y a aucune amélioration mais l’on voit s’installer chez les entreprises un discours fataliste fondé sur l’argument de la crise économique et consistant à dire : vu la situation catastrophique, nous avons d’autres priorités que d’améliorer les conditions de travail. Ce raisonnement prouve que la sécurité des salariés est perçue comme une dépense, non comme un investissement et que, dans un contexte tendu, elle devient une sorte de luxe que les entreprises estiment ne pas avoir les moyens de s’offrir.

Pire, elle est perçue comme une option alors qu’encore une fois, il s’agit d’une obligation. Résultat, ceux qui, comme moi, militent pour une autre gestion des risques sont uniquement perçus comme cherchant à alourdir les charges de l’entreprise. Pourtant on oublie une chose essentielle : c’est que l’assurance maladie – et par conséquent le contribuable – finance la négligence des industriels. Il faut savoir que dans le domaine des pathologies lourdes liées à l’environnement de travail, certains médicaments valent 1000 euros la dose. Ce qui explique que les maladies professionnelles représentent chaque année des dépenses de plusieurs milliards d’euros.

À défaut de parvenir à se faire entendre sur l’aspect humain de la situation, je n’hésiterai pas à avancer cet argument économique auprès des pouvoirs publics pour dénoncer l’attitude moyenâgeuse de certains industriels pour qui les gains escomptés de certaines réductions de coûts d’exploitation légitiment tout, y compris la mise en danger de la vie d’autrui.

Impunité

Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle s’est jusqu’à maintenant accompagnée d’une impunité totale. Celle-ci vient d’être remise en question il est vrai avec le jugement rendu contre AZF mais il aura fallu une catastrophe exceptionnelle et onze années d’un procès exceptionnel pour y parvenir, alors qu’on dénombre chaque jour en France deux morts par accident du travail, une dizaine des suites d’un cancer lié à l’amiante et, chaque année, des milliers d’autres décès liés au cocktail de cancérogènes et toxiques en tous genres que les travailleurs respirent et, au-delà, les riverains des usines, des centrales nucléaires, des lignes à haute tension, etc.

Pour illustrer la dangerosité de certains lieux de travail, il y a ce cas récent de deux salariés partageant un même bureau sur le site d’une centrale nucléaire et atteints tous deux d’une tumeur au cerveau. Ce type de concordance est fréquent et lorsque l’on commence à enquêter, il n’est pas rare que l’on découvre d’autres cas atteints de la même pathologie, ce qui rend le lien avec l’environnement de travail évident. Comme c’est le cas chez les dockers. Parmi les 130 dockers du port de Nantes – qui manipulent en continu et sans protection les caisses de bois traitées aux pesticides, les bananes traitées au chlore et la ferraille qui dégage de l’oxyde de fer – 35 cas de cancers du rein ont été dénombrés. Je ne vois pas comment, avec une telle proportion, on peut encore parler de hasard.

Travail de lobbying

Pour établir des liens entre environnement de travail et cancers, nous avons mené un travail dit de systématisation face à l’exposition, en nous appuyant sur des données chiffrées. C’est essentiel pour établir ce qu’on appelle des présomptions d’imputabilité permettant au salarié qui développe une pathologie correspondant à une exposition propre à l’entreprise dans laquelle il travaille de la voir instantanément reconnue comme maladie du travail. Notre retard dans ce domaine s’explique par le fait que, pour établir ce type de tableau des maladies professionnelles, il faut un accord entre patronat et syndicat, ce à quoi, en France, un conflit d’intérêts évident nous empêche de parvenir.

Et pour cause : les experts du patronat emploient toute leur énergie à nier l’évidence. Exemple : on n’a toujours pas pu faire inscrire le cancer du larynx dans le tableau des maladies professionnelles alors qu’on le sait directement lié à une exposition à l’amiante et qu’il a été reconnu comme tel par d’autres organisations sanitaires il y a dix ans déjà. Dans ce domaine, nous nous heurtons à un véritable travail de lobbying qui, pour moi, justifie de parler de crime organisé de la part des grands industriels et des experts, doublé d’une situation de non-assistance à personne en danger.

L’amiante

Le traitement de l’amiante, qui est le plus connu des cancérigènes, est révélateur de cet état de fait. Les premiers cas sont identifiés à la fin du XIXe siècle et, dès 1930, les industriels disposent de toutes les données scientifiques attestant de sa dangerosité. Trente ans plus tard, un chercheur américain rend ces données publiques et en 1971 les entreprises du secteur s’organisent pour entreprendre une véritable campagne de désinformation sur les effets sanitaires de l’amiante, le tabac devenant un formidable alibi invoqué pour expliquer les maladies contractées par les salariés et la notion d’“usage sécuritaire” de l’amiante étant avancée pour empêcher une réglementation sévère de son usage, ce qui n’est rien de plus qu’un slogan de propagande industrielle puisqu’il a été établi qu’une fois l’amiante extraite de la mine et réduite en poudre, il n’existait aucune possibilité de limiter sa dangerosité.

Et le déni continue. Pour preuve, cette véritable bataille judiciaire qui, de 1997 à 2012, a opposé mouvements associatifs et pouvoirs publics dans une affaire de déconstruction d’une ancienne usine de transformation d’amiante, à Aulnay-sous-Bois. Tout ce que demandaient les associations, c’était l’application stricte de la réglementation de 1993 sur l’enlèvement d’amiante, à savoir : le confinement total du site durant les travaux afin de limiter la poussière au maximum et donc, les risques de contamination. Pour obtenir qu’il en soit ainsi, autrement dit pour que la loi soit respectée et appliquée, il a fallu plusieurs procédures judiciaires et surtout, il a fallu que la société civile se mobilise. Sans cela, on aurait démonté l’usine sans aucune précaution, ce qui aurait mené à une contamination des populations environnantes.

La sous-traitance du risque

Les secteurs présentant le plus de risques pour la santé des salariés sont connus. Il s’agit de la chimie et du nucléaire, bien sûr, mais aussi du BTP, de la réparation automobile, du travail des métaux, de l’imprimerie et de toutes les formes de maintenance industrielle. Le point commun étant que, dans l’ensemble de ces secteurs, on sous-traite les risques. La situation est simple : les entreprises considèrent que, à partir du moment où une activité est sous-traitée, la gestion des risques qui y est liée ne relève plus de leur responsabilité mais de celle de l’entreprise sous-traitante.

Et c’est là que l’on se heurte à un vide juridique. Le travail étant prescrit aux employés d’une autre entreprise avec laquelle le donneur d’ordres entretient une relation client-fournisseur, cela modifie les relations de travail entre le dirigeant de la première entreprise et les salariés de la seconde et, de ce fait, déplace les responsabilités. À cette situation déjà pernicieuse s’ajoute le fait que, bien évidemment, le sous-traitant en charge de cette activité de maintenance aura obtenu le marché parce qu’il aura répondu à un appel d’offres qui, au final, privilégiera toujours l’entreprise pratiquant les tarifs les plus avantageux. Et où les entreprises qui pratiquent ces tarifs avantageux parviennent-elles à faire des économies pour réduire leurs coûts d’exploitation ? Toujours sur les mêmes postes : la prévention et la sécurité des salariés.

AZF

Le drame d’AZF est un parfait exemple des situations parfois hallucinantes que l’on peut rencontrer dans l’univers de la maintenance industrielle. Le site utilisait des dérivés chlorés après avoir eu recours, des années plus tôt, à des engrais. Or il existe une incompatibilité totale et bien connue entre les nitrates contenus dans les engrais et le chlore. Ces produits n’auraient donc jamais dû être en contact. Mais l’entreprise ayant sous-traité la gestion de ses déchets sans alerter les personnes en charge sur la nature des produits et résidus qu’elles manipulaient, nitrates et chlore ont fini par se retrouver dans un même hangar, ce qui a abouti à l’explosion dans les minutes qui ont suivi.

On sait que, au cours de l’enquête, Total a tout fait pour éviter que cette piste chimique soit retenue ; c’est pourquoi le fait que le procès ait finalement abouti à la condamnation de l’industriel pour ne pas avoir géré les risques liés à ses activités de maintenance – activités qu’il a sous-traitées sans donner aucune consigne de sécurité ni même aucune information – est essentiel.

Pour moi, cela fait d’AZF le premier procès de la sous-traitance qui, j’espère, servira d’avertissement à tous les industriels qui se montrent totalement irresponsables dès lors qu’il s’agit de gérer leurs déchets. Tant qu’on est dans la production, ils s’en tiennent à leurs obligations légales : ils protègent leurs salariés et leur outil de travail. Mais dès lors qu’il est question de déchets, ils ne veulent plus dépenser un euro en prévention et gestion du risque car pour eux, la gestion des déchets, c’est typiquement ce qui coûte et ne rapporte pas. Résultat : 80 % de la dose collective d’irradiation, en France, sont supportés par des salariés du secteur de la sous-traitance.

C’est pourquoi je m’apprête à présenter à Mme Duflot un cahier intitulé “État des lieux et propositions” dans lequel figure, entre autres, une demande de voir interdire le recours à la sous-traitance sur tout site dangereux, afin que le risque ne soit plus sous-traité mais géré en interne.

Stratégie de contournement

Chaque grande filière industrielle – la chimie, le nucléaire, la métallurgie… – a développé sur la gestion des risques une même stratégie de contournement par la sous-traitance, laquelle se traduit par une délégation du danger et de la responsabilité. Ceci, tout en incitant les entreprises de sous-traitance à réduire leurs coûts – et donc, à rogner sur la sécurité – afin de remporter leurs appels d’offres. Ce qui prouve que, pour l’heure, l’intérêt économique l’emporte sur la préservation de la vie humaine et confirme qu’en matière de santé et sécurité des salariés, nous sommes face à une forme de crime organisé.

Prenons l’exemple des centrales nucléaires qui sous-traitent des opérations à très hauts risques comme la décontamination des piscines où l’on refroidit les réacteurs – piscines qui, une fois vidées, restent tapissées de poussières radioactives. Il existe des robots capables de retirer une partie importante de ces poussières mais ils coûtent cher et c’est pourquoi beaucoup de responsables du secteur refusent de les utiliser, préférant sous-traiter ce travail à des ouvriers qui se retrouvent à genoux au fond de la piscine avec un chiffon ! Bien sûr ils portent une combinaison mais la combinaison protège contre l’inhalation de la poussière.

Pas contre l’irradiation. Même chose chez France Telecom qui, durant des années, a installé un peu partout – sur les lignes, les poteaux, chez les abonnés… – des millions de parasurtenseurs contenant des sources radioactives. Lorsque l’utilisation des sources radioactives a été interdite, en 1978, rien n’a été fait pour les retirer et les salariés n’ont pas été avertis de leur dangerosité, si bien que beaucoup ont été irradiés. La situation a été dénoncée à plusieurs reprises et à plusieurs reprises France Télécom est parvenu à étouffer l’affaire.

Cynisme

Lorsque j’ai été auditionnée au comité sur la transparence du nucléaire sur la question de la sous-traitance, j’ai livré toutes ces informations en m’appuyant sur les différentes études attestant de l’exposition des travailleurs de ce secteur à un risque avéré. À la fin de la séance, les industriels ont expliqué que, si tout allait bien, ils seraient en mesure de réduire la sous-traitance dans quelques années ; ce qui n’est rien d’autre que la manifestation d’un cynisme intolérable. La preuve qu’une fois de plus, ils pensent et agissent dans un sentiment d’impunité total. Paradoxalement, ils sont plus prudents sur les questions environnementales – sans doute parce que plusieurs cas récents, comme le procès de l’Erika, ont prouvé qu’ils s’exposaient dans ce domaine à un véritable effet boomerang – que sur celles de la préservation de vies humaines et même de la protection de certaines populations. Le comble étant que, pour économiser sur la prévention et la sécurité, ils sont prêts à engager des sommes folles dans des études scientifiques censées apporter la preuve qu’il ne se passe rien.

Crime industriel et désastre volontaire

Le fait que les industriels soient conscients des risques liés à leur activité et qu’en toute connaissance de cause ils y exposent certains salariés fait qu’il ne s’agit plus seulement de négligence mais d’une véritable organisation de la déresponsabilisation. Cela fait trente ans que je cherche à dénoncer cette réalité ; à rendre visible une situation que, côté industriels, tout le monde s’emploie à dissimuler et dont, de toute évidence, les pouvoirs publics n’ont toujours pas pris la mesure. C’est pourquoi je m’apprête à adresser au gouvernement des propositions très concrètes dont une visant à modifier le code pénal pour y introduire les notions de crimes industriels et de désastre volontaire sur lesquelles un tribunal italien a récemment condamné deux industriels de l’amiante, non seulement à verser de fortes indemnités mais aussi à des peines de prison fermes.

Introduire ces deux notions dans le code pénal français, voire européen, impliquerait que, dès lors qu’un risque est connu, y exposer qui que ce soit fasse l’objet de sanctions pénales. Cela permettrait d’aller au-delà de la notion déjà existante de mise en danger de la vie d’autrui – qui doit être démontrée pour chaque plaignant – en plaçant d’emblée la plainte sur un niveau collectif. Comme cela a été le cas en Italie où la notion de désastre volontaire a été instruite pour quelque 6000 parties civiles et où le procureur en personne a ouvert l’instruction, permettant à la justice italienne de s’autosaisir de ce drame de l’amiante. Alors qu’en France, cela fait quinze ans que le procès contre les industriels de l’amiante attend d’être ouvert.”

Bio express
La militante

Sociologue du travail et chercheuse à l’Inserm, Annie Thébaut–Mony se spécialise dans les maladies professionnelles et la sécurité des salariés dès le début de sa carrière. Trente ans plus tard, elle continue à dénoncer, en bloc, les effets de l’amiante et de la radioactivité, l’inertie des pouvoirs publics et l’impunité des industriels dans un engagement sans faille qui, le 31 juillet dernier, la poussera même à refuser la Légion d’honneur.

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Directrice du Giscop (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), responsable d’un programme d’études comparées en santé du travail et membre de l’IRI (Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux) elle est, en outre, présidente de l’association Henri Pézerat sur les liens entre santé, travail et environnement, porte-parole de BAN Asbestos France, un réseau international de lutte contre l’utilisation de l’amiante et auteure de plusieurs ouvrages sur la santé au travail dont L’Industrie nucléaire, sous-traitance et servitude paru en 2000 et, 7 ans plus tard, Travailler peut nuire gravement à la santé.

Presse esclavagiste (Caroline Castets, LeNouvelEconomiste.fr, 4 décembre 2012)

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