La presse travaille à Reims

Faits d’armes et lutte de sortie des classes

Mouvement issu de la clandestinité, à l’instar de sa radio préférée, l’Organisation communiste libertaire cultive une mystique révolutionnaire ombrageuse et un brin parano.

Et c’est si bon de faire lutte des classes à part, sans se mélanger à tous ces vendus de l’anarchie et renégats du marxisme qui n’ont rien compris au mode d’emploi de la destruction du capitalisme.

La marque de fabrique de l’OCL résiderait, au-delà de la prose plombée typique du genre, dans les luttes sociales, au ras des mouvements de contestation, indépendamment des mots d’ordres de la gauche institutionnelle et syndicale. Le terrain de jeu favori de l’OCL réside donc dans les conflits sociaux, le parasitage des manifestations de masse, lycéennes, estudiantines et ouvrières, sans oublier le soutien aux mouvements anticolonialistes de libération nationale. Et si ces éternels conjurés ont un peu remisé les actions franchement violentes des anarchistes d’antan et des autonomes d’hier, ils ne dédaigneraient pas le baston de rue furtif, en queue de manif.

Les RG qui lui reprochent d’avoir attaqué leur voiture à coups de marteau

L’un d’entre-eux, sans doute plus héroïque que la moyenne, s’était fait remarquer le 14 février 1998, à Reims, à l’occasion de la visite du numéro 2 du FN, Bruno Mégret en ce temps-là. Les faits se seraient déroulés aux alentours de 22h30, à la fin d’une manifestation genre Ras le Front. Selon les petits camarades de Jean-Noël Destrehem, qui serait paraît-il plus connu sous le surnom de « Chat noir », le titre de la revue de l’OCL, « au moment où les premiers militants du FN quittaient leur meeting, les passagers d’une voiture non identifiée ont pris violemment à partie des manifestants isolés : Jean Noël fut alors nommément menacé, une autre manifestante matraquée. Devant l’arrivée d’autres manifestants, les occupants de la voiture ont été contraints physiquement de prendre la fuite tout en tentant à deux reprises d’écraser les personnes qui se trouvaient face à eux… »

De l’autre côté de l’histoire, Jean-Noël Destrehem qui ne participait sans doute pas au meeting FN pour manifester son admiration vis à vis de Bruno Mégret, est mis en cause par deux policiers des RG qui lui reprochent d’avoir attaqué leur voiture banalisée à coups de marteau…

Le même goût pour les chats noirs

Relaxé en première instance, le militant de l’OCL avait été condamné à huit mois d’emprisonnement dont trois mois ferme et cinq avec sursis le 31 mars 1999 par la cour d’appel de Reims. Jean-Noël Destrehem qui dénonçait une erreur judiciaire redoublée d’acharnement policier, s’était vainement pourvu en cassation.

Finalement, la Cour européenne des Droits de l’Homme jugera le procès en appel inéquitable…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/144.jpgL’OCL s’était aussi beaucoup agité suite à la visite de François Fillon, à Reims, le 19 novembre 2009. Le petit jeu manifestants-service d’ordre ayant providentiellement dégénéré, avec poussée, contre-poussée, échanges de coups, jets de projectiles et cette merveilleuse panique de la foule si photogénique. Selon l’OCL, les forces de l’ordre auraient chargé sans sommation, appuyées par « une milice en costume et armes à feu apparentes ». L’OCL signale que parmi la dizaine de personnes interpellées, « 4 majeur-e-s ont chacun-e pris 3 mois de prison avec sursis pour « jet de projectiles » et « violences sur agent » […] Il ne fait pas l’ombre d’un doute que ces attaques judiciaires sont ciblées. En effet, 2 d’entre eux / elles sont syndiqué-e-s à la CNT, un troisième est militant au NPA… » Sans doute des lycéens attardés qui passaient par là par hasard. La CNT est en fait la Confédération nationale du travail, un machin vaguement syndical, historiquement inspiré par le syndicalisme révolutionnaire et l’anarcho-syndicalisme. À Reims, le CNT est proche de l’OCL et partage le même goût pour les chats noirs, ce qui explique sans doute que pour aider les camarades victimes de la répression du « capital » et « le témoignage bidon de policiers », l’OCL appelait à cotiser pour soutenir leurs frais de justice et à envoyer des chèques à l’ordre de la librairie alternative Cri du Peuple, 67 avenue Jean Jaurès, à Reims.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LUnion.presse.fr, 9 décembre 2012)

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1 Response to La presse travaille à Reims

  1. André Volt says:

    « sans se mélanger à tous ces vendus de l’anarchie »

    On m’aurait menti sur la nature du communisme libertaire ?
    Mais que fait la presse ? A l’aide !

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