[Solidarité avec Mike] Le cœur en cage, la rage au cœur…

Quelques nouvelles depuis la maison d’arrêt de Chambéry

Depuis le 7 janvier, je purge une peine de 4 mois suite à la fabrication d’un engin explosif en 2009 ayant entrainé une explosion accidentelle dans laquelle ma compagnonne Zoé décéda et où je fus grièvement blessé.

Je ne veux pas que vous vous apitoyez sur mon sort. Je ne suis pas une victime innocente face à une justice disproportionnée mais un individu parmi d’autres qui n’a pas voulu entrer dans la triste réalité que la société lui réserve et que l’État enferme pour accroître son contrôle et tenter de maintenir son autorité.

Je ne suis pas une avant-garde révolutionnaire montrant l’exemple à suivre et qui cherche à souffrir pour attiser la révolte des camarades, je ne suis qu’un individu qui cherche une émancipation collective par une destruction des structures sociales et des normes profitant à l’État et au capital.

Tout en ayant des désirs révolutionnaires, je refuse la séparation entre prisonniers.ères « sociaux » et « politiques » et me considère « prisonnier politique » au même titre que toutes les personnes enfermées.

Je ne suis qu’un être humain ayant soif de liberté et qui essaie de vivre et de lutter selon son éthique anti-autoritaire dans une société construite sur l’oppression et la domination et qui subit logiquement les conséquences de ses choix.

Si ma situation provoque de la colère, libre à chacun.e de la cultiver et de lui donner la forme qu’il ou elle désire.

Pour que la rage ne s’efface pas sous la peur, que vivent les révoltes !!! Crève la taule et ce monde bétonné de merde, liberté pour toutes et tous !!!

mike

P.-S. Durant ces quelques mois d’enfermement, voici mon contact où il est possible de m’écrire :

Michaël Dupanloup,
numéro d’écrou 23 007
M.A de Chambéry,
151 rue Belledonne,
73011 Chambéry (France).

Pour celles et ceux qui ne savent jamais quoi écrire à des personnes enfermées, vous pouvez également participer au grand concours de cartes postales qui ne craint même pas le ridicule…

C’est déjà tout de suite, 10 janvier 2013

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , | Un commentaire

[Le peuple veut une nouvelle révolution] Des nouvelles de Ben Guerdane (11 janvier 2013)

Ben Guerdane – De nouveaux affrontements entre citoyens et forces de l’ordre

Des sources du ministère de l’Intérieur ont indiqué ce vendredi 11 janvier que les affrontements ont repris dans la matinée entre un groupe de protestataires et les forces de l’ordre dans la délégation de Ben Guerdane (gouvernorat de Médenine).

Un témoin oculaire présent sur les lieux a raconté qu’un groupe d’habitants a attaqué et incendié le secteur de police, et que ces individus ne représentent qu’une petite partie de la société civile.

Il a ajouté que le problème des manifestants n’est plus l’application de leurs revendications, mais un conflit avec les forces de l’ordre pour lesquelles ils ont exprimé leur ressentiment après l’arrivée de nombreux renforts.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 11 janvier 2013 – 13h15)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Grève générale à Ben Guerdane (2)

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/0110.jpgBen Guerdane – Les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre d’après le MI

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale (ministère de l’Intérieur), Mohamed Ali Aroui, a assuré ce vendredi 11 janvier que les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre dans la délégation de Ben Guerdane (gouvernorat de Médenine), au lendemain de leur retrait.

Mohamed Ali Aroui a renchéri en disant que les forces de sûreté sont épaulées par les unités de la garde nationale et de l’armée devant le siège du secteur de police de Ben Guerdane. Des patrouilles sont également présentes sur le terrain pour protéger les personnes et les biens.

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale a expliqué que le retrait opéré hier soir par les unités sécuritaires après les affrontements avec un groupe de citoyens a été décidé pour éviter que des dégâts soient commis.

Mohamed Ali Aroui a insisté sur le fait que l’institution sécuritaire n’est en aucun cas responsable des évènements survenus à Ben Guerdane ou de la fermeture du point de passage de Ras Jdir.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 11 janvier 2013 – 8h06)

 

L’armée nationale prend place à Ben Guerdane après le retrait des forces de sécurité

Suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants de Ben Guerdane, l’incendie du district et celui du local d’Ennahdha, l’armée nationale s’est positionnée dans la délégation après le retrait des forces de sécurité.

Les incidents de ce jeudi 10 janvier se sont soldés par le vol de 6 voitures saisies par la douane dans un local à proximité du district de sécurité, le vol d’une arme et de munitions et l’incendie d’un entrepôt.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 23h03)

 

Ben Guerdane : Le bureau d’Ennahdha incendié

Le bureau d’Ennahdha dans la délégation de Ben Guerdane du gouvernorat de médenine a été incendié dans la soirée de ce jeudi 10 janvier.

Selon le secrétaire général du mouvement Mohamed Jendoul, les agresseurs ont saccagé le local avant d’y mettre le feu.

Des renforts sécuritaires ont été envoyés à Ben Guerdane à cause des tensions qui se sont accentués.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 22h20)

 

Le district de Ben Guerdane incendié par les manifestants

En début de soirée du 10 janvier, les affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre se sont intensifiés à Ben Guerdane. L’utilisation du gaz lacrymogène a été constatée et même le recours à des tirs à balles réelles a été réclamé ; toutefois, le ministère de l’Intérieur a refusé ce recours.

Ce témoignage a été apporté par Ammar Mhamdi, secrétaire général de l’Union Régionale du Travail de Ben Guerdane sur les ondes de radio Mosaïque FM, qui déclare, en outre, que des manifestants ont pris d’assaut le district de Ben Guerdane et l’ont incendié.

M. Mhamdi ajoute que les forces de sécurité se sont retirées laissant place à l’armée qui devait intervenir. D’autres sources dont un reportage sur Ettounissiya TV évoque d’autres incendies des locaux du poste de police et de la douane, ainsi que le vol des véhicules de ces organismes ainsi que les actes de saccage touchant le siège du parti d’Ennahdha dans la même localité frontalière.

Presse contre-révolutionnaire (BusinessNews.com.tn, 10 janvier 2013 – 21h52)

 

Journée de colère et de troubles à Ben Guerdane

Plusieurs protestataires ont fait irruption dans le siège de la sécurité de Ben Guerdane ce jeudi 10 janvier et y ont mis le feu.

Les forces de sécurité ayant déserté la ville en raison du manque de munitions et de gaz lacrymogènes pour faire face aux manifestants.

Les affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité ont fait 3 blessés qui ont été transportés à l’hôpital régional de Ben Guerdane.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 10 janvier 2013 – 21h21)

 

À quelques jours de l’anniversaire de la révolution
Ben Guerdane pleure lacrymogène

La grève générale à Ben Guerdane finit en … larmes : bombes lacrymogènes, pierres et matraques ont mis fin à la grève générale organisée aujourd’hui par l’Union générale des travailleurs tunisiens.

Un journaliste sur place nous raconte que « vers 14h, alors que tout paraissait calme, tous les commerces étaient fermés. Après la manifestation officielle organisée par l’UGTT le matin, les rues étaient pratiquement vides.

Et puis, des jeunes sont apparus. On sentait que l’atmosphère devenait lourde et la première bombe lacrymogène a surgi.

On nous dit que c’est ainsi depuis quelques jours. Notre témoin sur place nous fait valoir, à ce propos, une certaine tension qui persiste à Ben Guerdane malgré l’ouverture ce matin même du point de passage avec la frontière libyenne. « Le malaise est plus profond de ce qu’on dit. Il ne s’agit pas seulement de la fermeture du point de passage. C’est vrai que pratiquement tout le monde ici vit grâce au commerce avec la Libye, mais ce qu’on sent ici, c’est une sorte  de révolte contre la marginalisation de la région. Les habitants de Ben Guerdane réclament leur droit à l’emploi et au développement. De manière plus subtile encore, on sent aussi une certaine révolte contre les Libyens qui deviennent, paradoxalement, indésirables ici ». Rappelons que ce sont les camionneurs libyens qui bloquent, depuis hier, le passage frontalier.

L’UGTT dépassée par les événements

Comment se fait-il que la grève générale annoncée pacifique par l’Ugtt dégénère surtout qu’on entend  parler de blessés aujourd’hui ? Omar Mhamdi, secrétaire général du bureau régional de l’UGTT à Ben Guerdane, clarifie les  choses : « Nous avons voulu cette grève générale pour, précisément, calmer les esprits. Cela fait deux jours que les forces de sécurité réagissent avec violence aux manifestations des jeunes dans la région. À travers la grève générale nous avons voulu alerter les autorités quant à la gravité de la situation. Mais hélas personne ne nous a entendus et les conséquences on les constate aujourd’hui sur le terrain »,  affirme-t-il.

Mais indépendamment de ce que disent les uns et les autres, le résultat est le même. Au final, on a une situation qui dégénère, des tensions qui s’amplifient, une  ville entière en ébullition. À faire la liaison avec ce qui se passe parallèlement au Kef,  on peut légitimement s’interroger sur  l’issue des troubles actuels. Une deuxième révolution est-elle en train de se préparer, à quelques jours de l’anniversaire de la première ?

Presse contre-révolutionnaire (LEconomisteMaghrebin, 10 janvier 2013)

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[Notre-Dame-des-Landes / Nantes] Prise au tas à Carrefour

Nantes. Interpellé après le pillage de Carrefour, samedi, le zadiste a été remis en liberté

C’était à l’issue de la manifestation des opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi soir, devant la maison d’arrêt de Nantes. Une cinquantaine de manifestants avait investi l’hypermarché Carrefour, à la Beaujoire, pour embarquer de l’alcool en neutralisant les issues de secours. Préjudice ? « Au moins 494 euros de bières », précise un policier. Une seule personne avait été interpellée, sur le parking. Ce jeune homme de 26 ans a reconnu avoir distribué des bouteilles. Mais il conteste les avoir volées. Il a été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue.

Presse aéroportée (Ouest-France.fr, 31 décembre 2012)

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Résistons Ensemble n° 115 – janvier 2013

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Résistons Ensemble

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[Flics, porcs, assassins / Mohamed Boukrourou] « À Montbéliard, chaque fois qu’il y a des violences commises par des policiers, on enterre les dossiers »

Valentigney. Affaire Boukrourou : un non-lieu pour les quatre policiers

Le 24 décembre, les quatre policiers mis en examen pour la mort de Mohamed Boukrourou ont obtenu leur non-lieu. La famille hurle et riposte.

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Les proches de Mohamed Boukrourou se battent depuis l’automne 2009 pour connaître les circonstances exactes du décès et demander justice.

« Un scandale ! » Abdelkader Boukrourou ne décolère pas. Le 24 décembre, il apprenait que les quatre policiers montbéliardais mis en examen pour la mort de son frère Mohamed, dans un fourgon de police à Valentigney, le 12 novembre 2009, venaient d’obtenir un non-lieu. En clair, qu’ils n’auront pas à répondre de leurs actes devant le tribunal. Les quatre fonctionnaires avaient été mis en examen pour « homicide involontaire » par la juge d’instruction, Sophie Baghdassarian, le 26 mars dernier.

Depuis, le dossier a évolué, avec notamment une reconstitution conduite le mois suivant. À l’issue, la procureur Brunisso a pris des réquisitions de non-lieu et en l’absence de la juge en charge du dossier, pour cause de congé maternité (NDLR : elle a retrouvé son cabinet hier matin), ce sont les juges placés Monnier et Boivin qui ont signé le non-lieu, le 21 décembre, avec communication aux parties trois jours plus tard.

« Je m’attendais à ce non-lieu. Il est conforme au réquisitoire du procureur. Il n’y avait pas d’infraction caractérisée relevée. Maintenant, ce non-lieu n’est pas définitif », note sobrement Me Randall Schwerdorffer, l’avocat des policiers.

La procureure de Montbéliard, Thérèse Brunisso, a confirmé, hier, la décision de non-lieu, « conforme à [ses] réquisitions » : « La famille a fait appel de cette décision et le dossier va maintenant être examiné par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon, qui décidera de confirmer ou d’infirmer ce non-lieu », a-t-elle précisé.

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En avril dernier, une reconstitution de la mort de Mohamed Boukrourou dans un fourgon de police, avait eu lieu à Valentigney.

La famille Boukrourou entend ferrailler en appel, Abdelkader livre les griefs qu’il nourrit à l’encontre de l’institution : « Depuis le début, le parquet a tenté de nous dissuader de toute action, allant jusqu’à affirmer que nous n’avions pas le droit de demander des contre-expertises, affirme-t-il. On est dégoûtés. Mais on va se battre et on ira jusqu’au bout ». Me Alain Dreyfus-Schmidt, l’un des conseils de la famille, y va de son couplet : « On nous notifie le non-lieu le 24 décembre, veille de Noël, avec un délai d’appel qui expire au 1er janvier. Excusez le terme, mais on se fout de nous ! On voit bien qu’à Montbéliard, chaque fois qu’il y a des violences commises par des policiers, on enterre les dossiers. On n’est pas surpris par la politique du parquet local ».

Moins fougueux mais tout aussi cinglant, Me Pelletier, l’avocat parisien de la famille, dit ne pas comprendre : « La brutalité des policiers est avérée par des témoignages. Les policiers se sont acharnés sur ce pauvre homme. Ils sont montés sur son corps, ils l’ont piétiné. C’est dans le dossier. Au cours de ma longue carrière, je peux vous assurer avoir vu des instructions plus … enthousiastes. J’ai connu des juges plus incisifs. C’est un fait de société. Il est désagréable de voir que même au premier niveau, la justice ne veut pas reconnaître que des fautes ont été commises dès lors qu’il s’agit de policiers. D’autant que tout est dans le dossier… » Lequel sera très prochainement examiné devant la chambre de l’instruction, à Besançon. Une décision lourde de conséquences pour une affaire qui laissera forcément des traces…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sam Bonjean, LePays.fr, 8 janvier 2013)

 

France : non lieu dans l’affaire Boukrourou, mort aux mains de la police

Trois ans après la mort de Mohamed Boukrourou, marocain de 41 ans, suite à son interpellation le 12 novembre 2009 à Valentigney (Doubs), quelques mois après la décision du juge d’instruction de mise en examen des quatre policiers présents au moment de l’interpellation pour « homicide involontaire », la famille de la victime s’est vue notifier une décision de non lieu le 24 décembre 2012.

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Marche en mémoire de Mohamed Boukrourou, à Montbéliard, le 14 novembre 2010.

Suite à une altercation avec un pharmacien, Mohamed Boukrourou, a été interpellé le 12 novembre 2009 par quatre policiers qui l’ont alors menotté et traîné de force jusqu’au fourgon où d’après des témoins, il aurait été frappé notamment à coups de pieds. Il est décédé peu de temps après.

Le dossier relatif aux circonstances de sa mort avait été transféré au Défenseur des droits qui a conclu que « les policiers ont fait un recours inadapté et disproportionné à la force à l’encontre de M. M.B. [Mohamed Boukrourou], qui a été victime d’un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. ». Le Défenseur des droits a recommandé que les quatre policiers concernés fassent l’objet d’une procédure disciplinaire, et il a formulé une série de recommandations générales sur la formation et la déontologie de la police.

Le 26 mars 2012, à l’issue de deux années de procédure,  la juge d’instruction de Montbéliard a mis en examen quatre policiers pour homicide involontaire. Pour Amnesty International, cette mise en examen constituait un « premier pas vers la justice ».

En novembre, la famille a informé Amnesty International que le parquet de Montbéliard avait requis des non-lieux, ce qui, une fois confirmé par le juge d’instruction, pouvait mettre fin aux poursuites visant les quatre agents.

La famille a finalement été avertie par courrier le 24 décembre de la décision de non lieu rendue par deux juges nommés en remplacement de la juge d’instruction qui avait décidé de la mise en examen des policiers,  partie en congé maternité jusqu’au lundi 7 janvier 2013.

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Un an après la publication du rapport d’Amnesty International, « Notre vie est en suspens. Les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite »,  consacré à cinq situations de personnes décédées suite à des interpellations ou gardes à vue en France, trois de ces cinq cas ont fait l’objet d’une ordonnance de non lieu (26/09/12 : non lieu dans l’affaire Abou Bakari Tandia / 15 octobre 2012 : non lieu dans l’affaire Ali Ziri)
Amnesty International ne peut que constater le désarroi et la colère des familles maintenues dans l’expectative et en souffrance face à une justice qui ne répond pas à leurs attentes.

Plusieurs années après les faits, en dépit d’investigations et de procédures judiciaires qui ne semblent pas répondre aux critères d’exhaustivité et d’impartialité prévus par le droit international en matière de lutte contre l’impunité, certaines d’entre elles ne connaissent toujours pas les circonstances exactes qui ont entraîné le décès de leur proche.

Amnesty International France, 9 janvier 2013

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Sit-in au Kef

Vague de protestations pour l’emploi au Kef

Le Kef dans le nord-ouest tunisien a connu mercredi 9 janvier une nouvelle vague de protestations et un climat de tension suite au blocage des routes et des entrées de la ville par des sit-inneurs qui ont également incendié des pneus dans différentes régions et un camion à la cité Bouriou.

Des sans emploi ont également bloqué les entrées de la ville du côté sud, alors que d’autres ont dressé une tente à la cité Barnoussa devant le siège de la délégation de Kef-Ouest et empêché le délégué de rejoindre son poste de travail.

Les protestataires réclament l’emploi et l’exécution des clauses de la convention co-signée par le gouvernement et l’Union générale Tunisienne du travail (UGTT) au mois de juin dernier qui a abouti à l’annulation de la grève générale prévue durant cette période.

Abdelkader Trabelsi, gouverneur de la région, avait déclaré, mardi, au correspondant de l’Agence TAP qu’il aspire à élargir les listes des travailleurs de chantiers afin d’inclure le plus grand nombre de demandeurs d’emploi mettant l’accent sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec les protestataires pour transcender les conditions difficiles et lever les sit-in anarchiques et partant épargner la ville des retombées du blocage des routes.

Presse contre-révolutionnaire (TunisieFocus.com, 9 janvier 2013)

 

Les Kéfois disent « dégage » au gouverneur

Les habitants du Kef ont organisé ce matin une marche en direction du siège du gouvernorat où les manifestants ont levé  haut le slogan « dégage » à l’encontre du gouverneur.

Lors d’une conversation téléphonique, un membre du Front populaire de la région nous a précisé que la marche, qui a débuté vers 9h du matin à partir de la localité de Barnoussa, a fait le tour de la ville avant de s’arrêter devant le gouvernorat. « Il y a un ras-le-bol chez les Kéfois. On leur a promis beaucoup de choses mais rien n’a été fait. La région du Kef reste marginalisée. Pis encore, les responsables locaux continuent à ignorer les revendications des habitants qui voient leur niveau de vie se détériorer de jour en jour », nous indique notre interlocuteur.

À noter qu’il n’y a pas eu, jusqu’au début de l’après-midi, d’incidents majeurs lors de cette manifestation. Une manifestation qui vient s’ajouter au mouvement de protestation des jeunes diplômés-chômeurs de la région qui ont bloqué la veille la route entre Le Kef et Dahmani.

Presse contre-révolutionnaire (LEconomisteMaghrebin.com, 9 janvier 2013)

 

Le Kef : vers une grève générale demain

La commission administrative du bureau régional de l’UGTT au Kef s’est réunie ce matin [10 janvier], vers 10h, pour étudier la possibilité d’observer une grève générale demain. C’est ce que vient de nous affirmer Mohamed Zoghlami, membre de la commission administrative.

Aujourd’hui, encore, des mouvements de protestations ont été observés un peu partout dans la ville du Kef. « La ville du Kef est en ébullition. Depuis deux jours les protestations ne sont plus sporadiques. La mobilisation se généralise. Ce matin, pratiquement tous les quartiers de la ville sont touchés. J’ai entendu dire que même à Tejerouine la situation est similaire », nous indique Jalel Zoghlami, frère de Taoufik Ben Brik (Zoghlami) et natif de la région.

Pour ce dernier, après Siliana, le tour est désormais au Kef « de s’insurger contre ce gouvernement qui continue à ignorer les régions et particulièrement le Nord-ouest », ajoute-t-il.

Hier, les habitants du Kef ont demandé, lors d’une imposante manifestation la démission du gouverneur. Mardi, des jeunes diplômés chômeurs de la région ont bloqué la route entre le Kef et Dahmani. Et les choses semblent aller en empirant.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Ali Ben Rejeb, LEconomisteMaghrebin.com, 10 janvier 2013 – matin)

 

Tunisie , Régions : Grève générale au Kef le 16 Janvier

Une grève générale sera observée au Kef le 16 janvier prochain, décidée à l’issue d’une réunion tenue, ce jeudi 10 Janvier, par l’instance de direction de l’Union régionale du travail du gouvernorat du Kef.

Il s’agit d’une décision qui intervient en protestation contre la non-application de plusieurs accords établis entre le Gouvernement et l’Union Générale Tunisienne du Travail. Les revendications concernent principalement le « Développement et l’exécution de plusieurs projets pour atténuer le chômage ».

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 10 janvier 2013 – soir)

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La police travaille à Ustaritz (Pays basque)

Pays basque : une fillette termine au poste de police pour des impayés de cantine

Une policière municipale est venue chercher la fillette de 5 ans à la cantine à Ustaritz. Léa a cru « que ses parents étaient morts ». Son père ne décolère pas.

Léa, élève de grande section de maternelle, a cru « que ses parents étaient morts » parce qu’une personne en uniforme est venue la chercher à la cantine, alors qu’elle était attablée avec ses camarades, mardi. La fillette a aussi confié à ses parents que ses copains ont imaginé qu’on allait la mettre en prison…

Ni l’une ni l’autre de ces pensées ne correspond à la réalité. Elles sont la conséquence de l’arrivée d’une policière municipale, mardi midi, à la cantine d’Ustaritz où la fillette n’était, selon ses parents qui sont en cours de séparation, plus inscrite. En effet, à la suite d’impayés, la Mairie avait fait savoir à la maman que l’inscription de sa fille était suspendue. Situation acceptée.

Le père, qui a déjà assumé une partie des impayés, s’indigne qu’on en soit arrivé à une intervention policière au réfectoire pour une facture de 170 euros.

Qui a donné l’ordre ?

« Je suis prêt à régler le problème financier qui est loin d’être insurmontable. Il est même secondaire par rapport à ce qu’on a imposé à ma fille. Je veux comprendre qui a donné l’ordre d’intervention à la police municipale et pourquoi. J’ai entrepris des démarches, hier mercredi, à la mairie et on m’a d’abord dit que c’était faux, qu’il n’y avait pas eu intervention  »manu militari ». »

Les parents rapportent que la policière a reconduit la fillette chez sa mère où il était prévu qu’elle prenne le repas de midi puisqu’elle n’était, en principe, plus inscrite à la cantine. Sa maman n’était pas chez elle puisqu’elle était partie à l’école chercher la petite. La policière a alors ramené Léa au poste.

« Comme si elle avait fait quelque chose de répréhensible. Elle est très traumatisée par cet épisode » s’offusquent les parents en demandant à ce que les responsabilités soient établies.

Le père a donc entrepris des démarches auprès de la mairie. « J’ai rencontré des responsables administratifs qui n’ont voulu me répondre par écrit que si je formulais moi-même mes demandes par écrit. Ce que j’ai fait. En gros, on me répond que l’ordre est venu de la hiérarchie. Mais je ne sais toujours pas qui est cette hiérarchie. »

Le maire d’Ustaritz, Dominique Lesbats, a été sollicité hier par Sud Ouest mais n’a pu être joint.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Véronique Fourcade, SudOuest.fr, 10 janvier 2013)

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[Afrique du Sud] Reprise de la grève des ouvriers agricoles

Afrique du Sud : reprise des incidents entre ouvriers agricoles et policiers

Des heurts ont opposé jeudi pour la deuxième journée consécutive la police sud-africaine à des centaines d’ouvriers agricoles en grève pour leurs salaires dans la région du Cap, les forces de l’ordre tirant des balles en caoutchouc pour répondre à des jets de pierres, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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A farmworker points his fighting stick at police as if it is a gun, during a demonstration due to low wages in the town of Grabouw.

Les ouvriers agricoles de la région du Cap occidental, principale zone de production viticole et de fruits et légumes d’Afrique du Sud, ont relancé mercredi une grève pour obtenir une augmentation de leur salaire journalier de 70 à 150 rands (6 à 13 euros).

Les échauffourées entre les policiers et des groupes de manifestants très mobiles se poursuivaient dans la matinée près de la localité de De Doorns, sur la route nationale qui relie le Cap à Johannesburg, fermée à la circulation.

Les grévistes avaient érigé des barricades sur la chaussée et lançaient des pierres sur les véhicules de police. Les forces de l’ordre, en tenue anti-émeute, ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène. (…)

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La police tire par balles en caoutchouc sur des manifestants à De Doorns, à 140km de Cape Town, le 9 janvier 2013.

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A woman sits among the debris of a Shoprite in Grabouw that was damaged by looters.

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Police protect a shop from being looted by farmworkers during a demonstration due to low wages in Grabouw.

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Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 10 janvier 2013)

 

Les ouvriers agricoles sud-africains reprennent leur grève et affrontent la police

De violents incidents ont opposé la police à des ouvriers agricoles en grève mercredi dans la région du Cap, faisant redouter une nouvelle flambée de violences sociales en Afrique du Sud, trois mois après la meurtrière crise des mines qui a lourdement pesé sur l’économie du pays.

Au moins 44 manifestants ont été arrêtés, et un policier légèrement touché par un jet de pierre.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/13.jpgLa grève sauvage — qui ne respecte par les règles imposées par le droit du travail sud-africain — avait été initiée en novembre. Les ouvriers réclament une augmentation de leur salaire journalier de 6 euros à 13 euros (70 à 150 rands).

La région du Cap occidental est productrice de vin, de fruits et de légumes, largement exportés, y compris vers l’Europe.

Mercredi matin, les incidents les plus graves se sont déroulés aux abords de la localité de De Doorns, connue pour son raisin de table notamment.

Plus de 3.000 grévistes se sont regroupés en dehors de la ville, sur la principale voie rapide. D’importantes forces de police se sont positionnées face à eux, à pied et en véhicules anti-émeute, pour leur interdire l’accès au centre-ville.

Des échauffourées ont opposé les deux groupes pendant près de deux heures. Les manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

« Jusqu’à présent, un total de 44 personnes ont été arrêtées pour menaces et violences publiques », a déclaré à la mi-journée le porte-parole local de la police, Andre Traut.

Au moins un policier a été touché et légèrement coupé au front par une pierre, a constaté une journaliste de l’AFP. Aucun blessé n’avait été signalé du côté des manifestants à 14h00 (12h00 GMT).

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Une voiture appartenant à des reporters sud-africains a été retournée et incendiée. « C’est devenu fou tout d’un coup », a raconté à l’AFP l’un des occupants du véhicule, Bongani Koyana. Les manifestants « nous ont lancé des pierres », pulvérisant les vitres de la voiture.

« J’ai été touché par plusieurs projectiles, avant que quelques personnes m’extraient de la voiture pour me mettre à l’abri », a poursuivi M. Koyana.

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Police patrol a road leading into De Doorns where protesters tried to set some vineyards alight.

D’autres incidents mineurs se sont déroulés dans la région. À Wolseley, à 60 km de De Doorns, la police a également empêché des grévistes de pénétrer en ville, a constaté l’AFP.

Les manifestants brandissaient des pancartes comparant leur situation à celle des employés noirs sous l’apartheid, le régime raciste aboli en 1994. La grande confédération syndicale sud-africaine Cosatu, alliée au pouvoir, a de son côté demandé aux consommateurs de boycotter les produits agricoles obtenus par « du travail d’esclaves ».

L’Afrique du Sud observe avec inquiétude ce conflit, qui rappelle par certains aspects les grèves sauvages des mineurs en août et septembre, qui s’étaient soldées par une soixantaine de morts, dont 34 grévistes abattus par la police à Marikana.

La grève des ouvriers agricoles a débuté en novembre. Deux personnes avaient alors été tuées dans des affrontements avec la police.

Après une trêve de plus d’un mois, le mouvement a repris ce mercredi.

Le gouvernement refuse jusqu’à présent d’intervenir, arguant du fait que la loi prévoit que le salaire minimum ne peut être relevé qu’une fois par an, et que la dernière augmentation date de mars 2012.

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A protester stokes a burning barricade during a strike by farm workers at De Doorns on the N1 highway, linking Cape Town and Johannesburg, January 9, 2013.

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Le début de l’année, l’été austral, est la haute saison pour les producteurs de fruits et de vin, qui redoutent les conséquences économiques d’un conflit social dur.

Selon le syndicat régional des ouvriers agricoles, environ 40% des travailleurs ont pointé à leur poste de travail mercredi matin. Le secrétaire du syndicat, James Cornelius, a déploré cette « faible participation » à la grève, mais affirmé que le mouvement continuerait jusqu’à ce que les fermiers entendent les revendications de leurs ouvriers.

Dans les mines, où les salaires sont nettement plus élevés, les grèves sauvages avaient permis aux ouvriers d’obtenir de substantielles augmentations, pouvant atteindre 22% pour les catégories les plus basses.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 9 janvier 2013)

 

Afrique du Sud : violents incidents entre police et ouvriers agricoles en grève

La police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc sur des ouvriers agricoles en grève sauvage qui leur lançaient des pierres, aux abords de la localité de De Doorns, mercredi dans la région du Cap, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.

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Des membres des forces de l’ordre font face à des ouvriers agricoles au nord de la ville du Cap.

Les ouvriers agricoles sud-africains ont relancé mercredi une grève pour obtenir une augmentation de leur salaire journalier de 6 euros à 13 euros (70 à 150 rands). Les incidents sont survenus lorsque les manifestants ont voulu franchir un barrage de la police qui interdit l’accès au centre-ville.

Des échauffourées étaient en cours en fin de matinée, les groupes de grévistes se déplaçant rapidement entre les fumées de feu allumés sur le bord de la route, sur une chaussée jonchée de balles en caoutchouc, dans le fracas d’un hélicoptère de police survolant la zone. La route principale menant vers la ville a été fermée par la police, renforcée par deux véhicules anti-émeutes et plusieurs camions de transport de troupes. Des policiers s’affairaient à dégager des rochers posés sur la route par les grévistes dans la matinée. (…)

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Presse esclavagiste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 9 janvier 2013)

 

Afrique du Sud : « La fronde des ouvriers agricoles est un défi pour le leadership politique »

Les ouvriers agricoles sud-africains de la région du Cap ont relancé, mercredi 9 janvier, une grève amorcée en novembre pour obtenir une augmentation de leur salaire journalier de 6 euros à 13 euros (70 à 150 rands). La police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants, qui étaient entre 3000 et 3500 dans la matinée. Ces incidents sont survenus lorsque les manifestants ont voulu franchir un barrage de la police qui interdit l’accès au centre-ville du Cap. L’Afrique du Sud regarde avec inquiétude le conflit social en cours, qui rappelle par certains aspects les grèves sauvages des mineurs en août et septembre. Ces grèves s’étaient soldées par une soixantaine de morts, dont 34 grévistes abattus par la police à Marikana.

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Pour Piers Pigou, de l’International Crisis Group, ouvriers et propriétaires agricoles doivent trouver un terrain d’entente avant que la situation ne dégénère.

Piers Pigou, directeur du projet Afrique du Sud à l’International Crisis Group à Johannesbourg, revient sur l’origine des ces grèves.

Comment expliquer l’escalade du mouvement social des ouvriers agricoles de la province de Cap-Occidental ?

Les ouvriers agricoles ont décidé de relancer la grève qu’ils avaient suspendue en décembre car il n’y a pas eu d’accord sur un salaire minimum. Ils estiment que le régime du travail ne leur assure pas un salaire minimum décent. Nous avons encore peu d’informations [sic – NdJL] sur l’état du régime salarial et les conditions de travail dans les domaines agricoles de la province du Cap-Occidental mais le problème ne concerne pas toutes les fermes de la région. C’est le plus grand secteur d’emploi au Cap-Occidental et il a pour caractéristique de reposer sur une grande part d’emplois saisonniers.

Il y a une tension entre cet appel à accroître le salaire minimum et un coût de production pouvant garantir la compétitivité du secteur. Si les salaires sont trop élevés, la production pourrait ne pas être viable économiquement. Ce discours est contesté par les syndicats, qui estiment que les producteurs peuvent absorber le coût d’une augmentation de salaires du fait des profits extraordinaires qu’ils réalisent, notamment en appliquant de très bas salaires. Il manque un véritable intermédiaire entre les deux parties, une institution qui pourrait avoir la confiance des ouvriers comme des producteurs. Les deux parties doivent communiquer. Elles doivent s’inspirer des domaines agricoles où existent des bonnes pratiques salariales. Car il y a trop de désinformation [sic – NdJL] sur le type de profits que les producteurs agricoles font et sur les relations qu’ils entretiennent avec les ouvriers dans l’ensemble.

Le contexte est très émotionnel car on touche à des questions sensibles : les difficultés socio-économiques des ouvriers agricoles du Cap-Occidental avec notamment un taux de chômage élevé ; la division entre riches et pauvres ; les questions raciales, notamment dans un secteur où les producteurs sont majoritairement et historiquement membres de la communauté blanche et les ouvriers de la communauté noire. Ces tensions vont être exacerbées si le problème n’est pas résolu rapidement.

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Les ouvriers agricoles sud-africains ont relancé une grève pour obtenir une augmentation de leur salaire journalier de 6 euros à 13 euros.

Quelques mois après les grèves meurtrières des mineurs, un parallèle peut-il être fait entre ces deux mouvements sociaux et des enseignements tirés sur les problèmes socio-économiques en Afrique du Sud ?

Il n’y a pas nécessairement de connexions entre les deux mouvements mais des défis communs, comme le problème des inégalités salariales. Ces deux secteurs ont une histoire commune d’exploitation, de mauvaise gestion, de manque d’application des législations du travail. Le secteur des mines et celui de l’agriculture ont ensuite leurs propres spécificités. Ce qui ne veut pas dire que le mouvement ne peut pas s’étendre à d’autres secteurs. Dans chaque secteur, des conseils de négociation fixent les termes du salaire minimum. Le problème demeure de la circulation de l’information [sic – NdJL] auprès des salariés et de leur accès aux syndicats. Il n’existe pas non plus d’infrastructure de justice de proximité. Les centres de conseil communautaires, où des conseils délivraient une aide juridique, ont disparu par manque de financement. Leur rôle était de fournir de l’information et un recours contre les violations.

En l’absence de cette protection à la base, la situation ne peut qu’empirer car il n’y a pas de soupape de sécurité. Les ouvriers agricoles sont très faiblement syndiqués et dans le pays, les syndicats ne sont pas vus d’un bon œil. Les problèmes les plus critiques se rencontrent dans les communautés agricoles où il n’y a pas de structure syndicale organisée, à même de susciter le dialogue avec les propriétaires.

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Comment les politiques et les syndicats peuvent intervenir pour résoudre ce conflit ?

Ces événements sont un défi pour le leadership politique de la province de Cap-Occidental et l’opposition, notamment composée de la section provinciale du Congrès national africain (ANC). Ils ont un rôle à jouer dans ce conflit, ce qu’ils n’ont pas fait en décembre. Le gouvernement sud-africain a également un rôle à jouer pour créer un meilleur environnement de négociations. Il doit accroître ses investissements auprès de ces communautés, pour développer les services d’aide notamment dans les zones péri-urbaines et dans le secteur du droit du travail.

Dans l’état actuel des choses, la difficulté est que l’on a un gouvernement provincial perçu comme proche des propriétaires agricoles et une opposition, notamment l’ANC de la province, en ligne avec les ouvriers agricoles. Ils peuvent en cela minimiser les chances de trouver une solution. Ils doivent aider les deux camps à trouver un terrain d’entente. Le défi qui se pose à eux est de trouver une façon de promouvoir l’activité économique tout en réduisant les problèmes socio-économiques que rencontrent les ouvriers. Pour le moment, l’idée de compromis n’est pas dans l’air. Les syndicats eux-mêmes doivent jouer un rôle de modérateur face aux menaces de boycottage des produits. C’est un acte radical qui peut avoir des implications terribles pour l’industrie.

Presse esclavagiste (Propos recueillis Hélène Sallon, LeMonde.fr, 9 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Grève générale à Ben Guerdane

Tunisie, Régions : Ras Jedir toujours sous tension – Grève générale ce jeudi à Ben Guerdane

Malgré la suspension du sit-in ouvert des chauffeurs routiers et la réouverture du passage frontalier de Ras Jedir, à 00h00 ce jeudi 10 janvier, une grève générale sera observée aujourd’hui à Ben Guerdane, selon Ammar El Hamdi, secrétaire général de l’Union régionale du travail.

Il s’agit d’après lui d’une décision de grève prise à cause de la marginalisation de la région et non seulement à cause de la fermeture du passage frontalier de Ras Jedir.

Dès ce matin, de nombreuses personnes se sont rassemblées devant la Maison de la culture de Ben Guerdane, et d’après nos informations, une marche ou une réunion générale pourrait avoir lieu au courant de la journée.

Toutes les administrations locales, les établissements scolaires et les commerces sont fermés, au moment où l’activité commerciale reprend progressivement à la frontière tuniso-libyenne, avec le passage de deux camions de marchandises libyens par le poste frontalier de Ras Jdir.

Par ailleurs, Hamadi Mayara, gouverneur de Médenine, a précisé que des patrouilles communes de la police et de l’armée assureront la sécurité des camions en direction de Ben Guerdane, tout en ajoutant qu’il n’a pas eu vent de l’arrestation d’un groupe armé dans son gouvernorat. « Il y’a eu des opérations de contrebande d’armes habituelles, rien de plus » a-t-il souligné.

De son côté, Ridha Boukadi, ambassadeur de Tunisie à Tripoli, a déclaré lors d’un entretien exclusif avec ShemsFM, que « la situation est électrique à Ben Guerdane et que le ministère de l’intérieur tunisien a pris les mesures nécessaires pour assurer le passage des camions ».

Toutefois, l’ambassadeur a fait savoir que « des groupes de contrebande appartenant aux restes des régimes tunisien et libyen » sont derrière les tentatives de déstabilisation de la situation sécuritaire aux frontières entre les deux pays.

Ces bandes sont impliquées également dans la fuite d’armes, a ajouté M. Boukadi, innocentant les habitants de Ben Guerdène des violences survenues aux frontières et ayant conduit à la fermeture des passages frontaliers avec la Libye voisine.

Que se passe-t-il donc en réalité à Ben Guerdane ? Qui manipule les citoyens dans cette région ? Qu’on nous dise quand même ce qui se passe vraiment !

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 10 janvier 2013)

 

Ras Jedir : Les habitants de la régions manifestent en incendiant des pneus et en bloquant des routes contre la fermeture du poste frontalier

Des manifestants qui se sont rassemblés hier au poste-frontalier de Ras Jedir, au gouvernorat de Médenine, et qui ont procédé à l’incendie de pneus et à la fermeture des routes en protestation contre la poursuite de la fermeture de ce passage, ont été dispersés de force par les forces de sécurité à l’aide de gaz lacrymogène.

Les protestataires ont appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour la reprise des activités du poste frontalier avec la Libye, indiquant que sa fermeture a eu des répercussions négatives sur la situation sociale et économique à Ben Guerdane. Ils ont également fait savoir que le trafic du transport de marchandises est leur seule source de revenus et qu’ils condamnent l’inaction du gouvernement.

Des sources sécuritaires ont confirmé dans la matinée de ce dimanche 6 janvier, un retour au calme dans la région.

Presse contre-révolutionnaire (Tunivisions.net, 6 janvier 2013)

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[Tours] Ne fais pas l’Artiste

Lettre ouverte aux petits entrepreneurs tourangeaux de la culture et à ceux du Projet 244 en particulier

(En réponse au communiqué de presse : « les artistes du projet 244 se rebiffent », diffusé ici demainlegrandsoir.org/spip.php?article1053 ou là nantes.indymedia.org/ article/26799)

Certes vous n’avez pas aussi bien réussi que vos aînés, mais la petite place que vous vous êtes faite au soleil de notre petite ville de province (bientôt sous le 37e parallèle pour les meilleurs navigateurs) vous suffit déjà pour vous y accrocher becs et ongles, quitte à montrer les dents la menace se faisant.

Cette place, vous vous l’êtes faite à force d’ambition personnelle, de petites trahisons et de connivences, comme tant d’autres petits entrepreneurs qui réussissent. Dans votre cas, la subtilité réside sur le fait que cette « réussite » repose sur l’exploitation d’effectifs plus ou moins important de bénévoles, moins dotés en capital (social, culturel, économique…) ou tout simplement plus désintéressés (« nos bénévoles » comme l’écrit si spontanément un certain Matthias dans une lettre publique). Quelle plus belle parabole du capitalisme moderne ? Drapé dans les draps de l’alternative culturelle, je m’enrichis personnellement de l’exploitation du travail non rémunéré d’autrui. Hélas, cette réalité est déjà bien documentée sur Tours (voir notamment le dossier que feu le Canard du coin avait consacré en 2007 à « La guinguette de Tours sur Loire » et l’association « le petit monde », adossé à une entreprise privée ; mais également de nombreux autres exemples comme la reprise en main du Carnaval de Tours ou l’histoire de Rayon Frais…).

Vous revendiquez alors votre rôle actif dans l’économie locale (votre association alternative représenterait, selon vos propres dires, « une vraie dynamique culturelle pour notre territoire ») au même titre que les acteurs du bâtiment ou du tourisme. Et vous vous désolez que d’autres, arriérés militants ou activistes (en effet, à quoi bon lutter, alors qu’on peut en faire des spectacles qui rapportent ?), prennent en otage votre si bel outil de production (une friche industrielle mise à votre disposition par la municipalité).

Certes, jamais en plus de 15 ans d’existence, ce lieu n’a pu constituer un lieu de base ou de repli pour aucun des mouvements sociaux qui se sont déroulés sur Tours, et alors que de tels lieux ont toujours fait cruellement défaut. Ce simple bilan en dit long sur l’implication de votre collectif d’artistes dans la vie politique et sociale locale.

Mais le plus intriguant reste sans doute qu’après plus de 15 ans de pratiques « alternatives » dans votre « laboratoire des arts de la rue », de « création pluridisciplinaire », etc., vous teniez aussi spontanément des discours réactionnaires, colportiez les mêmes images que le discours dominant le plus crasseux (des oisifs chômeurs nuisant tant aux actifs entreprenants qu’aux vrais pauvres – comprendre « ceux qui ferment leur gueule ») et reproduisez les mêmes méthodes de division pour asseoir votre si maigre pouvoir, tant au niveau idéologique (les chefs rémunérés dressant la masse de bénévoles contre les agitateurs extrémistes irresponsables) que pratique (revendiquer de couper l’alimentation électrique d’une maison d’habitation, comme d’autres cassent les piquets de grève).

Comme vous l’aurez compris, tout acrobates que vous êtes, vous ne pouvez à la fois revendiquer pleinement votre rôle de développeurs locaux de l’industrie culturelle et votre appartenance à une véritable alternative politique, quelle qu’elle soit (au système capitaliste, à l’art subventionné, à la société industrielle). « Sur une barricade, il n’y a que deux côtés. »

Vos récentes prises de position comme vos pratiques montrent à tous vos ambitions à réussir dans vos petites entreprises culturelles, ambitions que tous les tenants de l’ordre et de la croissance (que vous prenez à partie et dont vous cherchez le soutien) reconnaîtront légitimes. Elles nous rappellent également que le secteur culturel « alternatif », ses artistes et ses salariés associatifs, en tant qu’avant-garde du capitalisme moderne, ne propose évidemment aucune rupture mais constitue bel et bien un pilier pour la pacification sociale et la perpétuation du vieux monde. Les élites économiques et politiques de tous bords qui vous ont toujours soutenus et continuent à vous soutenir ne s’y sont jamais trompés.

Des individus soutenant les squatteurs de la maison Thanks For The Future, 9 janvier 2013

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[Révolution tunisienne] Vive le syndicalisme révolutionnaire LOL (2)

L’UGTT à Gafsa dénonce fermement « le silence douteux des autorités locales et centrales »

L’Union régionale du travail de Gafsa (sud-ouest Tunisie) a fermement dénoncé mercredi 9 janvier « le silence douteux des autorités locales et centrales » face à la détérioration du pouvoir d’achat des employés de la compagnie phosphate Gafsa (CPG) empêchés de rejoindre leur lieu de travail par des protestataires qui revendiquent le droit au travail.

Dans un communiqué de presse l’organisation syndicale indique que « Les revenus et le pouvoir d’achat des employés de phosphate Gafsa ont atteint leur niveau le plus bas ». Le bureau régional de l’UGTT attire aussi l’attention sur « la gravité de la situation économique et la détérioration du climat social dans la région », évoquant les sit-in qui empêchent les travailleurs de la compagnie de phosphate Gafsa de rejoindre leur lieu de travail. « Ces pratiques menacent les employés et provoquent de grands dégâts à la compagnie qui trouve des difficultés à préserver ses marchés extérieurs, à résorber un plus grand nombre de chômeurs et à payer les salaires de ses employés », a constaté l’organisation syndicale qualifiant la situation de « catastrophique ».

L’organisation met par ailleurs en cause « le manque de sérieux » des autorités aux plans régional et national dans la recherche d’une solution aux revendications des protestataires qui bloquent les unités de production.

L’union dénonce aussi le laxisme des autorités face aux dommages occasionnés tout autant à l’entreprise qu’aux employés.

« Les autorités locales et centrales se doivent d’assurer la protection des entreprises dans la région » affirme l’organisation syndicale citant plusieurs grandes entreprises nationales qui ont subi de grands dégâts et qui sont menacées de faillite et d’incapacité à payer les salaires de leurs employés.

Le syndicat évoquent aussi les menaces de violence à l’encontre des travailleurs qui cherchent à rejoindre leur lieu travail appelant les autorités à assurer une protection sécuritaire permanente des entreprises et des travailleurs.

Presse contre-révolutionnaire (TunisieFocus.com, 9 janvier 2013)

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[Valls Kyste My Ass / Mulhouse] Le Drouot, les Coteaux et Bourtzwiller Zones de Sécurité Prioritaires LOL

MANUEL VALLS À MULHOUSE AUJOURD’HUI

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a annoncé qu’il se rendrait aujourd’hui à Mulhouse (Haut-Rhin), théâtre récent de violences urbaines « inacceptables » commises par des « voyous » qui « veulent se faire des policiers ». Il y a eu des « incidents inacceptables, des violences à l’égard des forces de l’ordre », a déclaré M. Valls dénonçant des « groupes de voyous (qui) s’en prennent à l’autorité de l’État ».

Le ministre a rappelé que trois quartiers de Mulhouse sont en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) et qu’il irait donc « s’assurer des conditions de leur mise en place ». « Depuis la nuit de la Saint-Sylvestre », a-t-il ajouté,  » il y a des renforts » et « l’ordre doit revenir dans cette ville où y a eu plusieurs interpellations ». « Il est inacceptable que des voyous veulent se faire des policiers », a-t-il martelé.

Une centaine de policiers avaient été affectés provisoirement début janvier par l’Intérieur à Mulhouse, théâtre de plusieurs épisodes de violences urbaines, dont plusieurs pendant la nuit du Nouvel An. Le ministre s’était rendu à Mulhouse à la fin de l’été 2012 pour y annoncer la création de la ZSP.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 10 janvier 2013)

 

Mulhouse. Après la prise d’assaut d’un tram aux Coteaux
UNE INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE POUR TENTATIVE DE MEURTRE

Deux jours après l’attaque d’une rame de tram dans le quartier des Coteaux, le parquet vient d’ouvrir une information judiciaire pour tentative de meurtre sur le conducteur de Soléa. Les trois mineurs encourent 20 ans de réclusion.

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Capture écran d’une vidéo amateur tournée à Mulhouse le samedi 5 janvier 2013 montrant l’attaque d’un Tram Soléa avec un cocktail molotov.

« Ils veulent la guerre ? Ils l’auront ! »… Les mots avaient été prononcés par le procureur de la République, Hervé Robin, vendredi après-midi à la préfecture de Colmar lors de la présentation du dispositif ZSP (zone de sécurité prioritaire) qui va être mis en place à Mulhouse. Il ne pensait certainement pas qu’il serait aussi vite rattrapé par la réalité du terrain et les événements survenus durant la nuit de samedi à dimanche. Dans le quartier des Coteaux, mais aussi ailleurs puisque l’on a appris que le samedi soir les CRS (envoyés en maintien de l’ordre à Mulhouse) étaient également la cible d’un jet de cocktail Molotov dans un autre quartier, celui de Bourtzwiller… Un acte heureusement sans conséquences.

Pour la délinquance des mineurs, les textes existent et sont d’actualité

Ce soir, le procureur de la République a tenu à faire un point sur les événements et a rappelé la position du parquet. « Depuis plusieurs mois maintenant, nous avons réévalué nos niveaux de réponse. Les textes de loi concernant la délinquance des mineurs et les violences urbaines existent depuis longtemps. Il faut savoir les utiliser et les appliquer : à la suite des événements des mois de juilletaoût (dont un jet de cocktail Molotov sur un équipage de l’unité d’ordre public, notamment, Ndlr) nous sommes sortis des classiques poursuites pour des violences aggravées et nous avons remis au jour les attroupements armés, le guet-apens, la dissimulation de visage, l’utilisation de substances explosives. Illustration de la pertinence des textes, à l’audience du 30 novembre dernier, trois mis en cause dans ce type d’affaires ont écopé de trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt ».

Les mineurs encourent une peine de vingt ans de réclusion

Pour les événements survenus à la Zup des Coteaux, une nouvelle limite a encore été franchie. « Il y a manifestement eu une volonté homicide, estime le procureur de la République. D’ailleurs, comment pourrait-il en aller autrement lorsqu’un individu vient à trois mètres du tram et vise clairement la cabine du conducteur avec son cocktail enflammé ou un pavé ? Depuis cet été, ces voyous s’attaquent à tous, aux policiers, aux pompiers en service, aux équipages du Samu ou du SMUR. Le parquet a donc criminalisé l’ouverture de l’information judiciaire parce que les faits sont criminels. Il y a eu guet-apens, participation à un attroupement armé avec la circonstance aggravante de la dissimulation de visages. Nous avons aussi retenu contre les trois mineurs (âgés de 14, 16 et 17 ans) la tentative d’homicide mais également la destruction ou dégradation de biens en bande organisée à l’aide de moyens dangereux pour la sécurité des personnes. C’était vraiment l’attaque de la caravane au Far West. Des actes graves méritent des réponses significatives », martèle le procureur.

Pour ces faits, les trois mineurs encourent vingt ans de réclusion. Ils ont été déférés au parquet hier en fin d’après-midi et présentés en soirée au juge d’instruction. Le parquet a requis leur placement sous mandat de dépôt. L’enquête, qui va démarrer, devrait tenter d’identifier la dizaine d’autres individus qui ont participé à ce guet-apens.

À noter que dimanche soir Soléa a de nouveau suspendu la circulation de la Ligne 2 depuis l’arrêt Université après la découverte de barres de fer sur les rails dans la cité des Coteaux.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval, DNA.fr, 7 janvier 2013)

 

VIOLENCES. « ON A VOULU TUER » DES POMPIERS À MULHOUSE

Durant le réveillon, les sapeurs-pompiers intervenant à Mulhouse ont été encerclés par des groupes hostiles, insultés, visés par des tirs de feux d’artifices et des jets de pavés. Ils ont continué à assurer leurs missions et à secourir les victimes – dont une en arrêt cardiaque – avec « des prises de risque énormes », souligne leur directeur départemental. Mais être pris pour cible lorsque l’on a pour vocation d’aider les autres a été un choc rude.

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Le centre de commandement du commissariat de Mulhouse a observé une flambée de violence.

« À un moment donné, je dis même qu’on a voulu tuer », estime le maire Jean Rottner, qui a rencontré une délégation de pompiers en compagnie des représentants du Sdis, de l’État et d’autres élus, jeudi dernier.

« Les moutons que l’on mène à l’abattoir »

C’est aussi le message qu’ont fait passer les délégués CGT et FO des sapeurs-pompiers du Haut-Rhin dans un communiqué. « L’objectif des individus, qui ont lancé des pavés de plusieurs kilos à une distance de 3 mètres, est on ne peut plus clair : tuer ! Nous savons que notre métier est dangereux, nous nous entraînons pour en minimiser les risques, mais le comportement irrationnel de ces individus est imprévisible et a des conséquences directes sur la population mulhousienne. Briser le pare-brise d’une ambulance en est un exemple flagrant. Même en temps de guerre, ce type de véhicule est préservé ! »

Pour eux, ce genre de situation, « ultra-violente » et déjà rencontrée cet été, témoigne d’une « dégradation des conditions d’intervention » qui soulève des interrogations sur « le devenir de l’activité des sapeurs-pompiers dans cette ville ».

« Nous n’avons quasiment pas de droit de retrait et devons faire face à notre obligation de porter secours. Il arrivera un moment, vu les circonstances, où nous n’interviendrons plus. Il y a une limite à tout ! », préviennent-ils, avant de conclure, plutôt sceptiques sur l’effet du classement en ZSP : « Nous ne serons pas les moutons que l’on mène à l’abattoir ! Alors, Messieurs les élus et représentants de l’État, réagissez avant qu’il ne soit trop tard ! »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LePays.fr, 7 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Made in Kasserine

BLESSÉS DE LA RÉVOLUTION : HELMI KHADHAROUI, 18 ANS, JETÉ VIVANT DANS LES FLAMMES

Balancé vivant dans le feu, comme on se débarrasse d’une poubelle. Quel genre d’être humain fait ce genre de chose ?

Balancé vivant dans un feu et à peine soigné, la Présidence a besoin d’un devis détaillé. Quel genre d’être humain fait ce genre de remarque ? Quel genre d’être humain tente de chiffrer la souffrance et la douleur ?

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Helmi Khadhraoui devant une affiche à la mémoire de Mohamed Bouazizi.

Helmi Khadhraoui, 18 ans, une vie foutue. Il est là, posé sur le canapé, recroquevillé sur lui-même, et il fume. Beaucoup trop. Il est là et je me demande si, chaque fois qu’il utilise son briquet, il sent à nouveau le feu sur sa peau, si l’odeur de la chair qui brûle lui revient en mémoire, cette odeur qui donne la nausée, cette odeur atroce, âcre.

Helmi a été élevé par sa grand-mère à Kasserine. Comme beaucoup, il vient d’un milieu défavorisé. Il commence une formation professionnelle pour être technicien auto. Avec ses 10 doigts, il compte bien gagner sa vie honnêtement. En fait, il ne gagnera rien. Le 8 janvier 2011, à Kasserine, deux policiers l’attrapent et le jettent sur des pneus en feu. Il a 16 ans, son enfance s’arrête là. Il passera 8 mois à l’hôpital.

Aujourd’hui, il a le torse et le cou couvert de cicatrices, une oreille endommagée et des brûlures aux bras, aux mains et aux jambes. Le certificat médical émis à Ben Arous parle de lésions « du 2e degré superficielles au niveau de la face et du 2e degré profondes au niveau du tronc, des deux membres supérieurs et des deux membres inférieurs, évaluées à 33 % de la superficie corporelle. »

Été comme hiver, il porte un foulard autour du cou. Les gens qui ne l’ont pas vécu ne connaissent pas la honte d’un corps marqué : un évènement de notre vie qui nous suit partout, que l’on voit devant chaque miroir, que l’on voit dans le visage des autres quand leurs yeux s’égarent et insistent trop longtemps, scrutent la peau et cherchent à comprendre.

Helmi ne voit pas de lendemain, il a honte de lui-même. Il ne veut plus aller à l’école. Mais, pourra-t-il travailler un jour ? Aujourd’hui, Helmi risque de perdre un bras parce que la Présidence compte ses sous. Le 27 décembre, le ministre des Affaires sociales le reçoit. Khalil Zaouia est orthopédiste. Il explique que Helmi doit être rapidement pris en charge, il a une bride au niveau de l’aisselle et ses nerfs risquent d’être endommagés. Le ministre téléphone directement au Docteur Jmela, chirurgien plasticien, qui reçoit Helmi dès le lendemain. En deux mois, il peut lui offrir une nouvelle vie : réparer son oreille, ses cicatrices au cou, lui permettre d’utiliser à nouveau complètement son bras. Le docteur Jmela est prêt à opérer gratuitement.

Il aurait suffi que les frais de la clinique soient pris en charge. La Présidence avait dit oui. Alors, jeudi 3 janvier, Helmi s’est présenté à la clinique pour être soigné. Rien n’avait été reçu. Le lendemain, un devis a été envoyé à la Présidence. Samedi, celle-ci a exigé une version détaillée. Helmi attendra.

Quand il a été admis à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous, en janvier 2011, le certificat médical mentionnait que Helmi s’était immolé. Un mensonge énorme ; un crime … encore. Le cas de Helmi est pourtant cité dans le rapport Bouderbala, qui parle d’un jeune homme, violenté par des policiers à Kasserine, jeté dans le feu. Le nom de Helmi est cité dans la liste des blessés du rapport Bouderbala. Impossible donc de crier au faux blessé.

Alors qu’il aurait dû s’enregistrer au siège du gouvernorat pour bénéficier d’une prise en charge et de bons de soin, Helmi était à l’hôpital, incapable de se déplacer. Il n’a bénéficié ni de reconnaissance, ni d’indemnités. Certains au sein de l’ANC continuent de le dénigrer, prétendant qu’il s’est immolé, qu’il n’y a jamais eu de policiers, ni de pneu en feu et qu’il n’a jamais été balancé vivant dans les flammes.

En plus de devoir quémander les soins qui lui sont dus, en plus d’être laissé sans suivi psychologique, Helmi est traité de menteur. Pourtant, il est là le début de la guérison : la constatation des blessures. La reconnaissance de la vérité et les remerciements pour le courage.

M. Marzouki, seul dans votre palais et M. Jebali, chef d’un triste gouvernement, si vous ne vivez plus terrés, c’est parce que la chair de ce jeune homme a brûlé. C’est parce qu’en sortant dans la rue, il a effrayé l’ogre dont vous rêviez la chute. Aujourd’hui, vous êtes cet orge, ingrat et aveugle. C’est Helmi qui vous a permis d’exister autrement, Helmi et les autres. Aujourd’hui, votre mépris le tue. Ne soyez plus insolents Messieurs ! Helmi n’a pas peur des ogres.

Sana Sbouaï, Nawaat, 7 janvier 2013

 

ELLES COUSENT DU BENETTON POUR 5 € PAR JOUR

Kasserine. De notre envoyé spécial

La ville, dans le centre du pays, a été l’un des foyers de la Révolution. L’emploi est rare comme une pluie d’été dans cette cité de 80’000 habitants, à l’écart du développement et des investissements. Il y a cinq ans, quand Benetton est venu en promettant des commandes si des ateliers étaient créés, ça a été la ruée. Aujourd’hui, il existe 38 de ces « usines », comme disent les habitants.

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Toutes montées par des particuliers, elles emploient environ 3000 salariés et apprentis, à 90 % des femmes. Et fabriquent, chaque année, des millions de pièces pour la marque italienne, qui n’a pas investi un dinar. Dans des ateliers bruyants et étouffants de chaleur l’été, on travaille six jours par semaine, huit heures par jour.

Les rémunérations sont au minimum de ce que prévoit la convention collective du textile : 1,46 dinar (70 centimes d’euro) de l’heure. Soit une moyenne de 130 € par mois. « Il y a eu des grèves et des manifestations pour essayer d’obtenir des augmentations. Mais ça n’a pas marché », regrette Youssef Abidi, numéro 2 du syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) de Kasserine.

Dans cette usine de la zone artisanale, la directrice accepte de nous parler sous couvert d’anonymat. « À Kasserine, nous avons tous le même client : Benetton. Bien sûr qu’on aimerait payer davantage les ouvrières ! Mais, avec ce qu’il nous donne, c’est impossible. »

Les usines sont réglées au vêtement confectionné. À L’Orient Confection, Saïd Bartouli, le patron, montre les bordereaux de commande. Son entreprise touche 1,20 € par pantalon, coupe comprise. Mais elle doit payer le fil : «  0,60 € par pantalon. Je n’y arrive pas. » Saïd Bartouli a ouvert il y a quatorze mois. Il loue le bâtiment, un hangar aux murs de parpaings peints en blanc. Comme les autres, il a emprunté pour acheter les machines à coudre. « Quand on vient de la part de Benetton, la banque prête facilement. »

« On a le droit à 1 % de pièces avec un défaut. Au delà, Benetton nous retient 20 € pour chacune », assure la directrice de la première usine. Les clauses sont draconiennes, « on ne peut rien négocier. ». Saïd Bartouli confirme : « C’est impossible de dialoguer. Je voulais qu’ils paient au moins la moitié du fil. Ils m’ont dit : ‘c’est à prendre ou à laisser’. Tu dis oui ou tu résilies maintenant. »

« Des Français ne paient pas plus cher »

Si les commandes diminuent, comme par exemple après la Révolution, les ateliers mettent les ouvrières au chômage technique, sans indemnité. « On n’a que Benetton comme client. Il nous tient. Ce qu’il nous faudrait, c’est un autre client. Il y aurait de la concurrence, et pas ce monopole qu’il nous impose », dit la directrice de la première usine. Un monopole imposé ? « Ce n’est pas écrit dans le contrat, mais il nous interdit de travailler pour une autre marque. Sinon, il nous renvoie. »

Contactée en Italie, la direction de Benetton dément : « Nous n’imposons absolument pas aux sous-traitants de ne travailler que pour nous. » Mais le syndicaliste Youssef Abidi assure le contraire. Et Omar Ben Hadj Sliman, le nouveau gouverneur de Kasserine (l’équivalent du préfet), nous l’a confirmé. Il n’y voit d’ailleurs rien d’illégal : « Cela fait partie de la négociation commerciale. L’usine n’est pas obligée d’accepter. »

Saïd Bartouli dit avoir essayé de changer de client. « J’étais en contact avec Gap. Ils voulaient faire fabriquer à Kasserine. Ils avaient de l’ambition. En février 2010, je suis allé voir le gouverneur. Il m’a dit : ‘On a une convention : ici, c’est seulement avec Benetton’. » Aujourd’hui, le gouverneur a changé. L’ancien a été démis.

La marque italienne n’est pas la seule à surfer sur le manque de travail. « Il y a, en Tunisie, des grands donneurs d’ordres français qui ne paient pas plus cher », confie cet industriel de l’Ouest, bon connaisseur du pays. Les femmes qui acceptent ces salaires de misère sont souvent jeunes et célibataires. C’est le cas d’Ichraf, 24 ans, dont la famille a ardemment besoin du peu d’argent qu’elle rapporte chaque mois. Ou bien d’Aïda, 21 ans. « Nous sommes dix enfants ; seules ma sœur et moi qui avons un travail. Ma famille compte sur moi. » Elle vient de passer ouvrière professionnelle, après avoir été, pendant dix mois, apprentie, payée 65 € par mois.

Il y a des centaines d’Aïda dans les ateliers de Kasserine. À elles, n’allez pas parler des valeurs de partage et de diversité ethnique portées par la marque. « United colours », ça les ferait rire jaune, les petites mains de Kasserine.

Presse esclavagiste (Marc Mahuzier, Ouest-France.fr, 5 juillet 2011)

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[Sydney, Jour de l’An] Un comico attaqué au Molotov et des lasers pointés sur un hélico de la police

Dans la nuit du Jour de l’An, à Dee Why (banlieue du nord-est de Sydney), un cocktail Molotov a été jeté dans la cour intérieure du commissariat de St-David Avenue, mettant le feu à l’arrière d’un véhicule de police.

Des flics ont entendu comme une explosion depuis l’intérieur du comico et sont sortis éteindre le feu. Si le véhicule a été endommagé, personne n’a été blessé. Les flics, à l’aide d’un chien policier, ont cherché des coupables dans les rues du voisinage, en vain.

Ailleurs, dans le quartier de Woolloomooloo (à l’est du centre-ville de Sydney), deux hommes de 22 ans ont été arrêtés après avoir pointé un laser vers un hélicoptère de la police. Ils sont accusés d’avoir menacé la sécurité d’un hélicoptère de la police en faisant usage d’armes interdites.

Traduit de l’anglais (Disaccords, 2 janvier 2013)

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[Notre-Dame-des-Landes] Défendre la Chataigneraie

DÉFENDRE LA CHATAIGNERAIE

« Enfin, je dois encore te dire ça : beaucoup d’entre nous ignoraient la saveur de la liberté, et ils ont appris à la connaître ici, dans les forêts, dans les marais et les périls, en même temps que l’aventure et la fraternité (…).
Si ce n’est ainsi qu’il faut faire, quoi faire ?
Et si ce n’est maintenant, quand alors ? »

(Primo Levi, Maintenant ou jamais)

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Vendredi 23 novembre 2012

À l’ouest de la Lande de Rohanne, dans la Châtaigneraie, un petit village a été bâti dans le temps d’une semaine, sans autorisation préalable. Cet ensemble de maisons de bois se divise en deux parties : l’une destinée à dormir et à soigner, l’autre composée d’une grande cuisine, une salle de réunion, une taverne et une manufacture. Près de quarante mille personnes rassemblées le 17 novembre contre un projet d’aéroport et pour la ré-occupation du bocage que dépeuplaient les forces de l’ordre depuis le 16 octobre, en rasant des maisons anciennes, confluèrent de Notre-Dame-des-Landes vers la forêt. Dès lors commença, plus qu’un chantier : une œuvre, une œuvre commune. Tel jour au son d’un duo de saxo et d’accordéon grimpé sur un toit, tel autre sous une pluie battante ; toujours dans la boue et sous les espèces d’une fraternité communicative. Un de ces moments de pur bonheur où l’on pourrait croire qu’un tel déploiement de forces libres est facile et durerait toujours. Pourtant, tout a été accompli sous la pression jamais relâchée des gendarmes, des hélicoptères, des déclarations menaçantes des notables, et dans la conscience que le reste du monde n’avait pas changé, qu’il regorgeait de dispositifs hostiles, braqués contre nous dès lors que nous démontrions par l’exemple que nous n’avions pas besoin d’eux pour nous conduire.

Une telle œuvre est le fruit de ce qui, autrefois, portait le beau nom d’émotion populaire : un ébranlement d’être qui engendre ce cri : ça suffit ! On a tout supporté jusque-là, les mutilations et les prothèses, la mise à l’encan de tout ce qui vit, le bétonnage des sols, la programmation et la traçabilité de tous les déplacements, des sentiments et des gestes, et les discours des imposteurs pour faire avaler tout cela. Mais il aura suffit qu’à Notre-Dame-des-Landes les machines de l’État viennent ravager, sous haute protection policière et après des années de tension, le potager du Sabot, les cabanes des bois de la Saulce et de Rohanne, des Cent chênes et de la Bell’ich, les vieilles fermes du Rosier, des Planchettes, de La Gaité et quelques autres, pour que la colère remonte des profondeurs. Autant de destructions, autant de blessures, autant de raisons d’apporter dans la Z.A.D. (Zone d’Aménagement Différé, devenue Zone À Défendre) tout ce que nous avions de meilleur : matériel pour reconstruire, vêtements, nourriture, literie, forces, rêves et pratiques qui se conjuguent pour figurer une conception concrète du monde, foncièrement opposée à celle de l’entreprise Vinci dont les édifices (aéroports, parkings, autoroutes…) reposent sur la dévitalisation froide, préalable, des territoires qu’elle occupe, pour plaquer ses décors en béton massif. Auprès d’eux, quoi de plus frêle que ces assemblages de bois, de paille et d’argile, que nous façonnons : des châteaux de cartes gonflés de sève, de vie, qui ressemblent à nos rêves mais sculptés dans la matière, et que nous défendrons comme on défend sa peau.

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Un « kyste », déclare l’État chirurgical ; une « zone de non-droit » selon les barons du département. Est-ce en vertu de tels commentaires qu’il existe des juges pour exécuter la sentence de Vinci – faire table rase – en bannissant systématiquement ceux qui comparaissent en justice pour faits de résistance aux gendarmes ? Mais ceux qui distribuent si généreusement leurs forces sont chez eux dans la Z.A.D., et c’est une manière de crime de les arracher à un sol et à un milieu qui redonne le souffle et la vie à toutes sortes de déracinés. Ce bocage, ainsi habité, est un refuge et un commencement.

« Mes bottes me manquent » a écrit un jeune tailleur de pierres emprisonné pour cinq mois. Les bottes et la boue, la vie commune, les animaux de rencontre, les coups de griffe des ajoncs, l’épuisement, le pain de chaque jour, les feux dans la brume, les barricades habitées, les planches transportées et cloutées, les frondes forgées, la nourriture offerte… C’est la vie même, sous la forme d’une brèche aux mille contours par où s’engouffrent les mille visages de l’avenir, que veulent canaliser ou anéantir les spéculateurs du vivant.

Cette brèche, il faudra la tenir ouverte et pour cela, défendre ce lieu « jusqu’à l’extrême limite » ; parce qu’il incarne l’un des terrains que nous offre la vie pour éprouver nos forces effectives et mesurer (la mesure d’aimer, c’est d’aimer sans mesure) nos chances de faire de notre passage d’enfants perdus sur la terre une aventure directe, âpre, éblouissante.

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VOIR LA GALERIE DE PHOTOS

Patrick Drevet, à la Châtaigneraie, le 7 janvier 2013

Indymedia Nantes

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Des nouvelles de Kasserine (8 janvier 2013)

Kasserine : des manifestants en furie saccagent le gouvernorat

La « semaine de la colère » qui se poursuit depuis le début a été marqué ce lundi par un brusque accès de violence. Des dizaines de protestataires, pour la plupart des ouvriers précaires et des « blessés de la révolution » ont investi en force le siège du gouvernorat, symbole de pouvoir, détruisant presque tout sur leur passage, avant de faire irruption dans le bureau du gouverneur qui était en réunion avec le chef du district de la sûreté nationale. Les deux hauts responsables ont été copieusement invectivés et même failli être agressés physiquement.

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Emportés par leur furie, les manifestants se sont déchaînés contre le mobilier du bureau du gouverneur qu’ils ont totalement saccagé avant de mettre le feu à la salle d’attente. Les grilles extérieures de l’immense complexe à l’entrée sud de la ville et la porte principale du bâtiment avaient été fracassées.

Le personnel du gouvernorat a décidé d’entamer ce mardi une grève ouverte en signe de protestation contre les « agressions répétées des manifestants contre l’administration régionale », réclamant le placement de l’ensemble du complexe sous la protection de l’armée.

Presse contre-révolutionnaire (Leaders.com.tn, 8 janvier 2013)

 

Kasserine : Des manifestations observées dans plusieurs villes

Des manifestations ont parcouru, mardi 8 janvier, les rues de plusieurs villes dans le gouvernorat de Kasserine.

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Des manifestations rappelant les revendications des habitants de Kasserine, ont été observées. Ces manifestations ont été conduites par des partis politiques, notamment le Front Populaire, et par des Associations.

Par ailleurs, une marche de protestation a été observée à Thala, et à travers laquelle les habitants ont exprimé leur intention de boycotter la célébration du deuxième anniversaire de la révolution Tunisienne.

Presse contre-révolutionnaire (Tuniscope.com, 8 janvier 2013)

 

Semaine de la colère à Kasserine

Les habitants du gouvernorat de Kasserine ont annoncé lundi 7 janvier 2013, le deuil pendant une semaine. Ils ont baptisé cette semaine : « la semaine de la colère ». Ils entendent par là, attirer l’attention du gouvernement provisoire sur les exigences de la région [« et les revendications de ses habitants qui appellent à la distribution équitable des ressources et le développement de la région pour améliorer leur situation sociale. Le gouvernorat du Kasserine est l’un des régions les plus touchées par le chômage en Tunisie avec un taux aux alentours de 35%. » (Tixup.com, 7 janvier 2012)], et condamner la marginalisation qui perdure deux ans après la révolution.

Les organisateurs de cette manifestation ont déclaré qu’ils ne fêteront pas cette année, la journée du martyr !

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 janvier 2013)

 

Lors de la marche protestataire à Kasserine, mardi 8 janvier 2013, les habitants de la région ont levé des slogans  revendiquant le développement, l’emploi et la lutte contre la corruption.

L’UGTT a annoncé à son tour d’organiser une marche protestataire le 12 janvier 2013.

Presse contre-révolutionnaire (MosaiqueFM.net, 8 janvier 2013)

 

Commémoration des martyrs de Telah

La Maison de la Culture de Telah organise la deuxième édition de manifestation « La loyauté envers les martyrs » de 8 jusqu’au 14 Janvier à l’honneur des martyrs de la ville de Telah qui ont été tués dans les événements de la révolution, le 8 et le 12 Janvier 2011.

De nombreux partis à Thala ont appelés à boycotter la manifestation et l’annuler, à cause de leur insatisfaction de déroulement des procès contre les tueurs des martyrs. Le directeur de la maison a indiqué que la manifestation ne sera pas festive.

Dans le programme, des filmes documentaires, des soirées d’art et du rap des spectacles de théâtre, une exposition documentant la révolution et une conférence sur la contribution de Telah à la révolution.

Selon la Ministère des droits de l’homme et la justice transitionnelle Kasserine compte 21 martyres.

Presse contre-révolutionnaire (RadioMFM.tn, 8 janvier 2013)

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[Notre-Dame-des-Landes / Radio Klaxon] Que d’autres radios pirates se montent partout, que la ZAD se répande

Radio, klaxon, des mots, des sons

Plusieurs mois déjà avant les vagues d’expulsions des maisons occupées, de joyeux fous avaient pris place sur les ondes de Vinci, radio Route 107.7. Là ce n’est pas des eaux internationales que l’on émet, mais bien d’un territoire escamotant les attentes des gouvernants. Aujourd’hui la radio est une des armes dont en « zadie » on se revêt au quotidien. Les postes radios sont disséminés au quatre coins de la zad, ici dans une cuisine, là sur une barricade, ailleurs on cale son autoradio sur la fréquence aux abords de la zone afin de connaître les positions de la police. Au même titre que la zone qu’elle couvre, on ne peut la confondre, dès la première seconde nous nous reconnaissons, les mots et les sons qui en émergent sont d’un contraste éclatant d’avec le reste de la bande FM.  De plus en plus, l’idée est en chemin que radio Klaxon doit densifier sa capacité à impulser du mouvement en « zadie ». Tout d’abord, à l’intérieur même de son centre de gravité, le désir se fait sentir que la radio peut être un des outils pour mettre en lien les groupes d’amis, les habitants de longue date, les comités locaux de passage, les paysans etc… Ensuite, à l’extérieur, ce sont les différentes ramifications de la « zadie » nationales et européennes qui par l’intermédiaire de la radio peuvent discuter et s’écouter. D’ores et déjà elle n’est plus seulement le relais des déplacements ennemis car de nouvelles manières de déployer une pensée s’expérimentent et se partagent, on se donne des rendez-vous, d’ici résonnent des textes de là-bas et l’on diffuse allègrement la musique qui nous donne des ailes. Pour continuer ce mouvement, avec la même attention que l’on a à consolider des lieux de stockage et des réseaux de ravitaillements en nourriture, vêtements, énergie ; il nous faut du matériel radiophonique, afin de pouvoir être plus nombreux à discuter ensemble en direct, pouvoir enregistrer de différents endroits ce qui se joue sur la zad, assurer la diffusion, l’étendre sur internet par le streaming et mieux recevoir dans nos différents lieux.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/018.jpgDonc, il nous faut : De bons récepteurs style guetto blaster, gros postes, pour les endroits sans électricité. Zoom h4 + mixette + micros extérieurs, pour les déplacements. Ordinateurs pas trop vieux avec logiciels de montage sons pour station de montage. Plutôt en logiciel libre. Une équipe qui s’occuppe du streaming. Une yamaha alimentation externe, milongamusic.com/F-**23-… table-de-mixage-mg124c. Pour un peu moins chère une keywood, mais alimentation 220VAC integrée, plus sensible à des parasites, milongamusic.com/F-**23-... keywood table-de-mixage-**xpress 12. SM58, milongamusic.com/F-**21-…. Des micros pour les discussions collectives. Un mobilhomme ou une équipe qui construirait une cabane, une maison qui accueillerait un studio.

Bien entendu nous sommes ouverts à toutes les propositions, que ce soit des dons, des bons plans, des conseils d’amateurs et de pros. N’hésitez pas non plus à nous proposer des matériaux à diffuser, à vous faire connaître pour prendre en main une ou des émissions.

Et que d’autres radios pirates se montent partout, que la zad se répande.

ZAD, 8 janvier 2013

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[Lisez Timult] Critique de l’idéologie de la non-violence

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Timult n° 6, septembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] Dernière sommation : Petit « guide » de défense des cabanes sur la ZAD et particulièrement sur les barricades

Dernière Sommation

Ce texte est l’œuvre de quelques personnes présentes lors de moments d’affrontements avec la police sur la ZAD. C’est un retour d’expériences qui a pour vocation d’informer toutes celles et tous ceux qui sont prêts à venir en renfort pour défendre des lieux, des expériences grandeur nature au moment des opérations policières lorsqu’on est nombreu-ses-x à résister sur un secteur précis. Il aidera notamment toutes celles et tous ceux qui n’ont pas suffisamment d’expérience de ce genre de chose à mieux se préparer pour faire face à la violence des « forces de l’ordre » et surtout à pouvoir les ralentir efficacement. Il a pour but d’enrichir le savoir collectif en matière d’auto-défense face à la police afin d’éviter de prendre des risques inutiles et d’être victime des brutalités policières. Ce n’est pas un manuel de guérilla ni un guide légal, d’autres que nous ont déjà fait ce travail mieux que nous ne pourrions le faire. Nous avons donc essayé d’éviter de répéter ce que nous avons lu dans la documentation déjà accessible sur le sujet, à laquelle nous renvoyons expressément le lecteur désireux d’en savoir plus. On n’y trouvera donc pas de conseils du type « ayez toujours du sérum physiologique et le numéro d’un avocat sur vous » ni de recettes pour cocktails Molotov. C’est plutôt une somme de réflexions diverses, de conseils sur les bons réflexes et les erreurs à éviter, individuellement et collectivement lors d’une confrontation avec la police à émeutes (et non pas anti-émeute, conception orwellienne s’il en est) sur la ZAD.

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Nous avons tou(te)s choisi des moyens divers de résistance face au monopole de la violence d’État et tous ces moyens sont les bienvenus, étant donné qu’ils garantissent notre imprévisibilité et qu’ils constituent donc notre plus grande force face aux troupes trop disciplinés de l’Empire. Il est clair que celui-ci tolère de moins en moins les expériences alternatives et les mouvements d’opposition active à ses projets technocratiques, et qu’il n’a toujours que la violence comme seule forme de dialogue à nous proposer dès lors qu’il n’est pas possible de nous acheter ou de nous convaincre. La guerre est la continuation de la diplomatie par d’autres moyens, disait Clausewitz. Voilà pourquoi le débat entre violence et non-violence est et demeurera stérile dès lors que nous sommes confrontés aux robocops, au gaz et aux matraques. Il y a un temps pour s’asseoir à une table et discuter, mais il viendra toujours un moment où nous devrons défendre nos lieux, nos combats face aux chiens de garde du capital et où toutes les tactiques, dès lors qu’elle n’augmentent pas le degré d’une violence déjà présente à cause de la police et ne mettent pas directement en danger les camarades seront les bienvenues, comme en ce moment sur la ZAD. Voilà pourquoi il importe de faire face et d’éviter les erreurs et les divisions qui nous ont trop souvent causées du tort.

Sortons-là du débat comme nous y sommes rentrés, et passons au côté pratique des choses, quand elles dégénèrent…

La route ne nous appartient pas. Il faut s’en méfier dès qu’une opération policière est en cours, l’éviter le plus possible si on est seul ou en petit groupe, se considérer en terrain ennemi dès qu’on y met les pieds, d’autant plus que sur la ZAD elles constituent un véritable piège puisqu’on ne peut souvent pas s’en échapper sur les côtés à cause des haies, des fossés et des barbelés. Si vous devez emprunter la route, regardez autour de vous au fur et à mesure que vous avancez pour repérer les « sorties de secours » en cas de rencontre avec la police. Ayez également une bonne connaissance préalable du terrain, car c’est la clé du succès dans toute guérilla. Si vous ne connaissez que les routes sur la ZAD, le jour de l’opération vous serez complètement perdu puisque contraint de les éviter, et vous perdrez un maximum de temps à contourner les innombrables obstacles du bocage et à vous orienter.

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La route permet une charge rapide des fantassins et une mobilité maximale des véhicules, ce qui constitue le pré-requis obligatoire à une intervention efficace de l’infanterie mécanisée, c’est-à-dire transportée par camions. Celle-ci est tributaire des routes, d’où l’utilité des barricades pour ralentir les troupes ennemies, mais sûrement pas pour les stopper durablement dans leur offensive. De là le précepte souvent entendu : « on ne peut pas tenir une barricade face aux flics ». Ce n’est pas une raison pour se barrer en courant dès qu’ils arrivent, puisqu’on a généralement un délai de plusieurs minutes entre le moment où une section se place devant la barricade et la charge proprement dite. Il faut mettre ce temps à profit, ce temps gagné grâce à la présence d’une barricade pour préparer la défense et impressionner l’adversaire en lui montrant notre détermination, pour l’obliger à combattre là où nous avons choisi de le combattre, c’est-à-dire le plus loin possible du lieu à défendre sur un chemin qu’il sera forcé d’emprunter. Cette défense doit se faire dans l’esprit d’un recul inéluctable face à l’ennemi, étant donné que l’esprit n’est pas au corps à corps, puisque la plupart d’entre nous en a peur et n’a pas un profil de guerrier, et que les flics feront tout pour l’éviter, employant pour ce faire leurs fameuses grenades lacrymogènes qui vous forceront à reculer. Certain(e)s, il s’agit souvent des éléments les plus « chauds » du groupe ont tendance à l’oublier par bravade. Il faut donc un point de repli hors de la route, suffisamment large pour permettre le passage rapide de dizaines de personnes en quelques secondes. Les larges fossés suivis de talus bordés de barbelés sont donc à proscrire. Ils permettront votre passage, mais pas celui de tou(te)s les camarades en même temps lors de la fuite face à la charge. Un champ facilement accessible par une large ouverture pour le passage des tracteurs sera idéal pour ça. Il faut garder à l’esprit que ce qui nous importe est la défense du terrain hors de la route, car c’est la seule que nous pouvons réussir efficacement. En l’état actuel du rapport de force, nous sommes condamné(e)s à perdre les routes lors d’une opération policière, mais nous pouvons non seulement stopper mais même faire reculer l’ennemi dans les champs, les forêts et les chemins. Les flics s’éloignent rarement de leurs véhicules, donc des routes. C’est quand ils sont forcés de le faire qu’ils sont les plus vulnérables. Il ne faut donc pas chercher à s’interposer passivement trop longtemps face aux flics sur une route, surtout si elle est dégagée. Mieux vaut profiter du terrain autour, se disperser un peu pour ne pas constituer de cible trop compacte, sinon les flics n’ont plus qu’à charger dans le tas. On ne peut tenir une barricade sans trop de risques que si on est sûr de pouvoir s’échapper hors d’atteinte des flics dès qu’ils chargeront.

Il est arrivé que des dizaines de personnes massées entre deux barricades sur la route se retrouvent pris en tenaille par les forces de l’ordre, le chemin qui constituait l’issue de secours ayant été lui aussi barricadé. Des personnes ont été arrêtées à cette occasion et ont écopées de peines de prison ferme. Cela n’avait rien d’une fatalité. Les camarades avaient eu plus d’une demi-heure pour se préparer à l’assaut et n’ont strictement rien fait pour y faire face. Il aurait même pu y avoir des gens piétinés. La seule issue de secours lors de l’assaut était un fossé suivi d’un talus sur lequel avaient été posé une ou deux palettes en guise de pont. Ça ne suffisait manifestement pas à permettre le passage de la cinquantaine de personnes présentes. Nous aurions pu être plus efficaces si les gens s’étaient positionnés dans les champs alentours, ne laissant que le nombre de personnes nécessaires pour faire face et pouvant s’échapper rapidement ensuite, en l’occurrence moins de 20 personnes. Des projectiles volant de part et d’autres sur la route auraient obligés les flics à regarder sur les côtés et à parer avec leur bouclier, les ralentissant efficacement. Il aurait pu ne pas y avoir d’arrestations, seuls les « traînard(e)s » ayant été interpellé(e)s, victimes du sauve-qui-peut général.

Autre souvenir qui jette une lumière un peu particulière sur l’opportunité du dialogue avec les flics, les sit-ins et autres tentations de faire baisser la pression : les seules arrestations dont nous avons été témoins sur la ZAD, outre celles racontées précédemment ont eu lieu à l’occasion d’un autre face à face, toujours sur une route.

Cette fois-ci, une trentaine de personnes s’étaient laissées progressivement endormir par l’apparente décontraction et le comportement passif des gardes mobiles assez peu nombreux qui leur faisaient face. Certain(e)s se sont assis(e-s) sur la route, d’autres se sont mis à haranguer longuement les flics, façon moraliste, d’autres encore à jouer de la musique. Seule issue pour tous ces gens, dont bon nombre avaient dépassé la cinquantaine d’années : un petit trou dans la haie, de l’autre côté du fossé qui séparait la route du champ adjacent. Une seule personne pouvait passer à la fois, et non sans difficulté. Après analyse de la situation, nous y retrouvons la même absence de sortie de secours adaptée que la fois précédente. Nous avons décidé de ne pas rester là, et de revenir dans le champ d’à côté. Ça n’a pas raté, les flics ont chargé brusquement et ont maîtrisé 3-4 personnes. On a pu obtenir leur libération une heure plus tard, mais de nombreuses personnes ont été gazées, ont fait des chutes, ont pris des coups… Encore une fois, pas de fatalité ; il suffisait de jauger la situation calmement comme nous l’avons fait pour réaliser qu’elle n’était pas à notre avantage. Notre grand regret est, dans les deux cas cités de n’avoir pas osé(e)s élever la voix pour prévenir les camarades d’un danger qui malheureusement n’était pas immédiatement perceptible pour toutes/tous.

La route est un terrain où nous n’avons jamais l’avantage. Par contre, des flics ont été légèrement blessés par des pavés ou des bouteilles jetés depuis le champ ou le bois d’à côté, sur lesquels ils n’avaient pas de visibilité. Cela les a forcé à s’arrêter et à envoyer de petits détachements pour reconnaître le terrain. Ceux-ci étaient vite forcés de rebrousser chemin à cause de la résistance active qu’ils y ont rencontré, retardant leur décision de charger pour prendre pied dans le champ de plusieurs heures (oui, plusieurs heures de face à face et ça n’a rien d’exceptionnel). Nous avons donc constaté l’efficacité d’une résistance à la fois passive et active venue de plusieurs côtés à la fois, provoquant constamment les flics pour les empêcher de se sentir en terrain conquis. Également notable est le fait que la résistance passive, pacifique et frontale est toujours la plus dangereuse pour celles et ceux qui y prennent part, puisqu’ils/elles s’exposent directement à la répression, souvent sans y être préparé(e)s.

Il est clair que bien plus de personnes « non-violentes » se font arrêter sur la ZAD lors des affrontements avec la police que de personnes ayant eu des gestes offensifs envers elle, tout simplement parce que croyant n’avoir rien à se reprocher, elles ne réalisent pas le danger, ou alors trop tard. Ça ne changera pourtant rien, les flics les accuseront souvent de violences, d’outrage ou de rébellion, faux témoignages des leurs à l’appui. Au risque d’énoncer des évidences, rappelons tout de même que la police n’est pas là pour maintenir l’ordre mais pour provoquer l’affrontement avec ceux qu’elle juge dangereux pour la sécurité de l’État. Elle n’est pas là pour attraper les criminels, mais pour faire du chiffre à l’aide de toute personne s’étant trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, comme le type assis devant eux par exemple.

Il n’y a pas de dialogue possible autre que celui du rapport de force, et donc de l’intimidation face à des gens lourdement armés, astreints au silence et se considérant en terrain ennemi à reconquérir y compris « en faisant usage de la force ». S’ils doutent de notre détermination, ils feront un carton et pas de quartiers. S’ils croient avoir affaire à une véritable opposition qui n’hésitera devant rien pour les repousser, ils avanceront en prenant plus de précautions, car malgré l’impunité dont ils jouissent ils chercheront à éviter les bavures qui pourraient rendre la situation incontrôlable. Nous pensons qu’il n’y a donc pas d’utilité à vouloir faire baisser la pression par des manifestations de bonne volonté si nous voulons conserver nos acquis, cela ne sert qu’à se faire endormir. La demi-heure de préparation que n’ont pas mis à profit les gens dont il a été question dans le premier exemple pour se préparer à l’assaut avait été obtenue par une brève négociation avec les flics afin de faire partir ceux qui ne voulaient pas assister à l’affrontement. Le seul résultat visible a été l’endormissement des gens présents, qui n’ont pas su faire face à l’assaut dans les bonnes conditions, occasionnant la retraite en désordre que souhaitait la police à ce moment-là afin de faire des arrestations. Nous pensons que le dialogue courtois avec la police n’a qu’une seule utilité : instaurer le doute et calmer les éléments trop bouillants des deux côtés. Il est important que le troufion de base sache qu’il n’a pas affaire à des « ultras » terroristes, mais à des gens réfléchis en situation de légitime défense face à l’arbitraire de l’État dont lui, troufion est le représentant légal. Ce dialogue n’en est en fait pas un, étant donné le devoir de réserve et la pression des officiers sur leurs troupes pour ne pas qu’ils parlent avec les opposants. Parlez donc aux flics si vous le voulez, mais ne prenez pas de risques inutiles et restez vigilant(e)s.

Lorsque vous voyez un officier faire le tour de ses petits gars en leur glissant quelques mots à l’oreille à chaque fois, c’est probablement les ordres pour la charge qui va suivre. Celle-ci ne devrait donc pas trop tarder, et ne sera pas toujours précédée des sommations d’usage. Cependant, il y a souvent des tirs de grenades lacrymogènes avant. En effet, la procédure veut que 1) les sommations soit effectuées, 2) on disperse les opposants à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, puis 3) on prend possession du terrain ainsi dégagé à l’aide d’une bonne charge. C’est ce qui se produit dans peu ou prou 90% des cas, du moment que les flics ont l’initiative. Dès que celle-ci change de camp, attendez-vous à beaucoup moins de précautions et de savoir-vivre de leur part.

Le bluff, l’intimidation est une tactique toujours payante, quelle que soit la situation. Peu de lanceur(euse)s de pavés sont des gens « violents ». Peu d’entre elles/eux espèrent blesser un flic, mais toutes et tous veulent faire peur. À tel point qu’il font parfois peur, à tort, à ceux qui se revendiquent de la « non-violence ». Ceux-là doivent comprendre que cette tactique là aussi est nécessaire, car rien ne ralentit mieux une escouade qu’une bonne pluie de projectiles, et celle-ci les obligent à s’arrêter à distance respectueuse avant de charger, plutôt qu’à jouer le rouleau compresseur imperturbable. C’est aussi un bon moyen de prendre conscience de notre force et de ses limites. Il est peu probable que vous mettiez hors de combat un flic avec un pavé. Dans la plupart des cas, celui-ci n’atteint pas sa cible, ou bien il est paré, ou bien il ne fait pas grand dégât à ces gaillards cuirassés de la tête au pied. On ne peut cependant pas écarter la possibilité d’un coup au but occasionnant une blessure grave, même si à notre connaissance cela ne s’est jamais produit sur la ZAD. Voilà pourquoi la boue, la peinture et le fumier sont à privilégier, car ils rajoutent l’humiliation au tableau et indisposent moins les « pacifistes », tout en aveuglant le flic qui le reçoit sur la visière. Le cocktail molotov, lui, est un véritable joker. Dans chaque intervention policière, il y a un avant et un après cocktail. Dès lors qu’un molotov atterrit devant eux, les flics changent d’attitude et deviennent beaucoup plus prudents, voir lâches. Il ne faut jamais oublier de quel côté est le courage. Le courage est de notre côté. Sans armure et pratiquement sans armes, sans discipline et sans la protection de la loi et de l’État nous affrontons une armée ayant toute latitude pour agir de manière violente, y compris lors d’une « bavure », vu que celle-ci n’est jamais sanctionné par la hiérarchie ou les tribunaux. Si vous en doutez, nous vous conseillons la lecture de l’excellent rapport d’Amnesty International. Ce rapport examine entre autres des cas de décès en garde à vue. Avis aux amateur(ice)s…

Bref, soyez conscient(e) de la lâcheté de l’adversaire et de son manque de motivation préalable pour mieux l’impressionner. La guerre que nous menons face à lui est avant tout psychologique. Le simple fait de hurler fonctionne, soyez donc vous aussi une grande gueule face aux flics, en évitant bien entendu les insultes qui pourraient heurter les camarades, tel que « cassez-vous bandes de pédales » ou autres « ta femme eh ben moi je la suce, t’entends, j’l’encule bien profond » qu’on a parfois entendu. Ce genre de propos a déjà occasionné des prises de becs entre camarades devant les flics, ce qui est bien entendu contre-productif. Montez sur les barricades, faites croire aux flics que vous êtes bien plus nombreu(ses)x que vous ne l’êtes, par exemple en allant les harceler par petit groupe si vous pouvez le faire depuis la forêt ou derrière des buissons, ça marche très bien et permet en plus d’écouter ce qui se dit de leur côté moyennant un peu plus de discrétion. Faites un maximum de bruit en tapant sur tout ce qui traîne. Soyez déroutant(e)s. Imaginez que ces braves policiers qui se lèvent de bon matin pour aller faire ce qu’ils appellent leur travail font face à une foule bigarrée, d’où sortent tour à tour des gens venus s’asseoir devant eux, leur offrir des fleurs, se mettre à poil, les haranguer longuement ou bien les insulter, leur jeter des pierres, des engins incendiaires ou de la merde au visage. De quoi être sacrément perturbé. César en perdrait son latin.

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L’humour est une arme redoutable, et souvent absent de ces moments de tension. Il est pourtant très important afin d’alléger l’atmosphère et de redonner le moral aux camarades. On ne saurait en abuser tant ses vertus sont grandes. Moquez-vous des flics dès que c’est possible.

Quant au matériel (cailloux, nourriture, eau, boucliers, etc…), il est souvent oublié lors des charges et saisi par la police. Prenez-donc le temps de le mettre en sécurité plus en arrière lorsque vous sentez que la charge est proche, il est indispensable car la confrontation peut durer toute la journée, voire plus. Si vous vous en sentez le courage, n’hésitez pas à venir apporter des projectiles en première ligne s’il y a du monde pour s’en servir, vous rendrez ainsi un grand service. Transmettez alentour toutes les informations utiles dont vous prenez connaissance, par rapport à ce qu’il se passe plus loin, à la répartition des effectifs de police, les actions de soutien, qui sont les R.G, flics en civil ou indics présents, etc… si vous êtes en recherche d’infos fiables pour confirmer une rumeur, allez voir le porteur ou la porteuse de talkie-walkie ou de radio le/la plus proche. La circulation de l’information est un facteur crucial dans ces moments-là, elle aide à la cohésion du groupe et à la prise de décisions informelle et collective. Côté flics, ils agissent toujours sur ordre et il y a des choses à savoir : autorisation ou non d’employer les gaz, objectifs de l’opération, quota d’arrestations, démonstration de force ou bien ordre de « calmer le jeu », etc… Si vous apercevez un blessé, réconfortez-le et appelez tout de suite un « médic », il y en a toujours un dans le coin. Ne prenez pas en charge vous-même les soins si ce n’est pas immédiatement nécessaire, comme dans le cas d’une hémorragie importante que vous pouvez tenter d’arrêter en comprimant la plaie, événement peu probable quand-même. Criez « flashball » si vous voyez un flic en épauler un avec l’intention de tirer sur quelqu’un. Surveillez les gens inconscients qui se mettraient à pique-niquer alors que la situation est précaire, et avertissez-les calmement du danger s’il existe. Soyez toujours extrêmement attentif aux autres, ils sont votre principale protection, et vous êtes la leur. Si vous sentez que certains se mettent en danger, ou bien font courir des risques aux autres de par leur inconscience, ne soyez pas timide et dites-leur franchement. Il arrive que des provocateurs cherchent à mettre les gens en situation de se faire attraper par les flics, soyez attentif à cela sans tomber pour autant dans la parano. Un type très motivé qui veut « casser du flic » n’en est pas forcément un, ni plus que celui qui joue au chef. Tout deux sont par contre nuisibles à l’esprit de groupe, il faut les remettre à leur place ou s’en inquiéter auprès des autres. Ne cédez jamais à la panique, c’est extrêmement contagieux et crée facilement un effet de troupeau qui peut faire prendre des décisions stupides, ou n’en faire prendre aucune lorsque cela s’avérerait pourtant nécessaire. Lorsque les lacrymos sont de sortie, passez-donc entre les gens leur proposer du sérum physiologique, beaucoup n’y pensent pas à temps. À titre individuel, restez sur les bords du groupe, sur les côtés et non pas à l’avant ou au milieu, vous avez de meilleure chance de pouvoir vous échapper rapidement en cas d’assaut, et vous aurez une meilleure vue d’ensemble sur ce qu’il se passe. Ayez toujours une sortie de secours en tête, vous éviterez d’hésiter au moment critique. De manière générale, éloignez-vous à l’arrière dès que vous ne comprenez plus la situation ou dès que vous êtes inquiet(e). Si vous êtes du genre à lancer des trucs pour toucher votre cible, lancez-les prioritairement lors des charges sous réserve que vous soyez bon(ne) coureur(euse), vous aurez de meilleures chances de succès, l’ennemi étant moins attentif, moins couvert par son bouclier et en train de foncer vers vous. Le top est d’être embusqué sur les côtés si le terrain le permet. Ne vous isolez jamais entre les flics et le groupe, ni à fortiori derrière les lignes ennemies. Vous pouvez tenter des actions de ce type à plusieurs, c’est risqué mais ça peut en valoir la peine. Ayez un(e) binôme, un groupe de potes qui va veiller sur vous et savoir qui vous êtes en cas d’arrestation. Autrement, ce n’est pas grave mais ne prenez pas de risques. Sachez que si vous n’avez pas ni cheveux longs ni vêtements trop cool et que vous êtes un homme seul, vous risquez d’être pris pour un flic, ce qui n’est jamais très agréable.

Pensez à vous munir de miroirs, vous pouvez aveugler les flics avec lorsque le soleil est de la partie ou mieux lorsque ils utilisent des projecteurs la nuit. Dans ce dernier cas de figure ce n’est vraiment pas un extra, ceux-ci vous aveuglant complètement, rendant toute action difficile à mener alors que le contexte y est très favorable. Les flics lâchés de nuit sur la ZAD ont peur, ils ne voient pas forcément venir la menace et elle peut toujours leur tomber dessus.

Pour en revenir aux projectiles, n’oubliez pas que les flics ne peuvent pas parer de tous les côtés à la fois. Ce qui fait que si en même temps il en prennent par devant depuis la barricade et depuis les côtés ils vont être obligés de se replier s’ils n’arrivent pas à chasser les assaillant(e)s plus loin. Lorsqu’on en arrive à un cas de figure semblable, où les charges policières alternent avec les contre-charges et les lancers de projectiles, n’oubliez pas de ne jamais vous approcher trop près des flics, à moins d’avoir une excellente raison de le faire, car vous pouvez être victime du « friendly fire », c’est à dire d’un tir venu de votre propre camp et aussi parce qu’en cas d’arrestation vous allez prendre pour tous les autres, y compris si vous êtes « pacifique ». Après tout, pour eux vous aurez pris part à un attroupement armé et masqué ayant refusé de se disperser après sommation. Les robocops sont lourds et bardés d’équipement divers, ce sont donc de piètres coureurs. Surveillez les quelques flics non cuirassés du coin de l’œil, soyez toujours prêt(e) à courir et vous n’avez pas de raison de vous affoler. En règle générale, une charge policière ne parcourt pas plus d’une trentaine de mètres avant de s’arrêter. Regardez donc derrière vous et ne courez pas trop loin, au risque de laisser des camarades seuls et d’inciter les flics à avancer pour venir les choper. Un bon moyen pour ne pas trop se fatiguer, sans se faire arrêter ni laisser trop de camarades derrière est de faire un bon sprint dès le début de la charge sans attendre que les flics se rapprochent mais sur une courte distance, puis de continuer à courir normalement en se retournant à ce moment-là. Lorsque vous voyez les flics s’arrêter après leur charge, retournez immédiatement vers eux, en restant à la distance qui vous semblera bonne, jamais moins de 15 ou 20 mètres, en tout cas dans un premier temps. Pensez à prendre un bouclier quelconque dans votre avancée si vous en trouvez un afin de vous protéger vous-même ainsi que les autres. Cela redonne du courage à ceux qui vous entourent de vous voir avancer et envoie un signal fort aux flics, tout en les ralentissant. En effet, comme c’est généralement ce que font les gens après une charge, les flics gagnent peu de terrain au pris d’une dépense physique considérable et réalisent qu’ils ne font pas très peur à leurs adversaires.

Toujours essayer de regagner du terrain sur les flics, sans prendre de risques inconsidérés mais avec obstination, sinon autant rentrer à la maison. Vous observerez de toute façon qu’ils ont un rituel bien rodé et facilement prévisible, et qu’ils ne prennent jamais le risque de s’isoler délibérément de leurs collègues pour frapper ou bien procéder à une arrestation. Le moment précis de la charge est quant à lui plus difficile à prévoir, ce qui fait que si vous êtes à moins de 50 mètres des flics soyez très vigilant(e) par rapport à leurs manœuvres, et restez éloigné(e) si vous n’êtes pas bien réveillé(e). Cependant, il faut remarquer que les flics procèdent généralement à peu d’arrestations, en tout cas dans le cadre d’une lutte hors zones urbaines, car la présence d’un véhicule est nécessaire pour évacuer au plus vite le ou les interpellés, sans quoi ceux-ci constituent un facteur d’emmerdement maximal pour les flics, qui ont d’autres chats à fouetter dans ces moments-là. Il arrive régulièrement que des personnes maîtrisées par les flics soient relâchés peu de temps après à cause de ça. Vous avez donc mathématiquement beaucoup plus de chance d’être arrêté(e) si vous êtes sur une route ou à proximité d’une route. En tout cas, ne perdez pas de temps et profitez du premier moment de calme relatif pour gueuler franchement et plusieurs fois « libérez nos camarades » avec motivation si vous apprenez que des arrestations ont eu lieu. À tous les coups, les gens autour de vous reprendront le slogan et foutrons la pression aux flics tout en se rappelant immédiatement ce pourquoi ils sont là. Ce simple « libérez nos camarades » est une telle manifestation de solidarité que tous les cœurs en sont immédiatement réchauffés.

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Hors des charges, il y a un endroit dangereux et un moment dangereux. L’endroit dangereux, c’est juste derrière la première ligne, c’est-à-dire les quelques braves qui provoquent les flics, s’abritent derrière des boucliers improvisés et jettent des pavés ou autres. Juste là, à 10 ou 15 mètres derrière elles/eux, c’est le spot précis que vont viser les flics s’ils balancent des grenades assourdissantes, des grenades lacrymos ou s’ils tirent au flashball sans intention de faire mouche, ce qui arrive lorsqu’on à affaire à des humains, après tout. Soyez d’autant plus prudent(e) lorsque vous vous aventurez dans cette zone. Si vous remarquez un flic en train de vous pointer avec une arme, c’est un flashball, et dans ce cas-là si vous voyez qu’il ne vous lâche pas avec son canon, ne faites pas le héros/l’héroïne, reculez à plus de trente mètres (c’est à peu près la distance où le flashball cesse d’être efficace et précis) et faites vous oublier quelques minutes. Si vous entendez les lacrymos (pop-pschiiiiiiit), levez la tête et éloignez vous du point de chute, ça peut brûler. Mieux vaut être bien couvert et avoir le visage propre, cela diminuera l’effet des gaz. Sachez également que ceux-ci peuvent occasionner des dommages irréversibles à l’appareil respiratoire et digestif, bien que ce soit rarement le cas dans des espaces ouverts. Évitez-les donc un maximum. Si une grenade tombée à proximité n’explose pas tout de suite, courrez, c’est peut-être une grenade assourdissante. Vous pouvez essayer de renvoyer les grenades, mais utilisez de préférence une raquette pour ça et ne vous précipitez pas trop : il est possible de prendre une grenade à éclats pour une grenade lacrymo dans le feu de l’action, et votre main ou votre pied s’en souviendrait, vos oreilles aussi. Dans tous les cas, ne paniquez pas : même à moins de 5 mètres du point de chute d’une lacrymo, du moment que le vent ne pousse pas le nuage dans votre direction et n’est pas trop changeant ni trop faible, vous êtes tranquille pendant un moment avant de commencer à sentir les gaz, le temps qu’ils se dispersent. Cependant, restez proche du groupe car c’est au moment où ces foutues grenades tombent ou que les flics chargent que vous êtes le plus susceptible d’être lâché(e) par les autres. N’ayez jamais une trop grande confiance dans le courage de vos camarades, c’est le meilleur moyen d’être arrêté bêtement. C’est triste à dire, mais réaliste. Jaugez tout le temps l’état d’esprit et des flics et des vôtres, et modelez votre conduite là-dessus. Méfiez-vous de l’esprit de troupeau qui fait parfois rester groupés à des endroits dangereux pour tout le monde, sachez prendre du recul sur les événements. Pour en revenir aux gaz, leur effet semble être cumulatif, c’est-à-dire qu’on peut en prendre une bonne grosse bouffée et ne pas trop en sentir les effets, et être vraiment indisposé un peu plus tard par seulement de petites quantités résiduelles, bien après la chute des grenades. Ce qui fait qu’il est important dès le départ de contourner le gros du nuage, pour pouvoir ensuite supporter des quantités plus faibles pendant plus longtemps. Il ne sert à rien de supporter stoïquement le gaz pendant que tout le monde fuit, pour ensuite être hors-combat à la moindre approche d’un nuage. Lorsque les gaz sont utilisés massivement, c’est quelque chose qu’il faut garder à l’esprit, en même temps qu’il faut toujours se placer par rapport au sens du vent, lorsque c’est possible.

Le moment le plus dangereux, c’est lorsque les flics se replient, car c’est dans ces instants qu’ils sont les plus vulnérables, et ils le savent. C’est le temps pour eux d’envoyer le bouquet final, de vider les chargeurs et la peur peut alors les rendre plus agressifs et moins disciplinés. Ils auront alors la gâchette facile et auront plus souvent recours aux tirs tendus. C’est aussi le moment où le courage renaît dans nos rangs, incitant bon nombre de gens à prendre des risques supplémentaires. C’est souvent un moment très marrant, voire grisant, mais évitez tout de même d’être la dernière victime du peloton. N’oubliez pas : il y a toujours un moyen approprié selon le moment d’être efficace contre les flics sans prendre beaucoup de risques, à vous de le trouver. Soyez toujours conscient que si vous avez peu de chance de sympathiser avec l’ennemi, peu de flics souhaitent faire autre chose que leur boulot et aller au delà des ordres directs en faisant du zèle. C’est avec leur trop grande discipline la grande faiblesse des forces de l’ordre, celle qui devrait vous inciter à ne pas vous laisser intimider. Au contraire, intimidez-les à votre tour, ça mange pas de pain comme on dit. C’est frappant de constater leur peu d’efficacité vu tous les moyens dont ils disposent. On a vu lors d’une énième opération de dégagement de route, lorsque la lutte s’est déplacée dans les champs autour un guerrier viking défier avec courage, que dis-je, avec une témérité insensée les flics qui venaient de nous repousser plus loin dans le champ. Avec son casque à cornes et son épée en plastique il a carrément chargé tout seul 2-3 flics un peu isolés, et les a fait reculer (!). La vidéo a été publiée sur le web. Le guerrier en question ne devait même pas mesurer 1m70, et n’avait rien d’un monstre… C’est une belle leçon d’audace et d’humour qu’il nous a donné, en tout cas. Sortez de votre tête l’image des guerriers invincibles et surentraînés ayant tout prévu que beaucoup associent aux gardes mobiles. Lorsqu’on leur laisse l’initiative, leurs tactiques sont excellentes, mais dès qu’ils font face à une résistance déterminée ils temporisent immédiatement, car eux non plus ne souhaitent pas le corps à corps ni faire de martyrs. Ils ne faut ni les sous-estimer ni les surestimer ; la légitimité, le courage sont de notre côté, et eux le savent, quoiqu’ils en disent, ce qui abaisse considérablement leur moral. Ainsi avons-nous souvent affaire à de simples pions que déplacent les officiers à grand peine sur un terrain qui ne leur est pas favorable, face à des camarades qui prennent toutes sortes d’initiatives personnelles et imprévisibles, ce qui je le répète constitue notre grande force. En conséquence, la police est souvent dépassée par les événements si vous restez mobiles et réactif(ve)s. Nous ne devrions pas chercher à nous discipliner, ou adopter de tactiques communes trop prévisibles, hors celles que dicte le bon sens tel que se masquer le plus souvent possible, ne serait-ce que pour atténuer l’effet des gaz. Les flics aiment beaucoup les photos-souvenirs et les films de vacances, ils sont très souvent en train de nous filmer lorsqu’ils interviennent. Se masquer permet d’éviter à certaines personnes un peu trop motivées de se faire identifier et cibler, ou d’être reconnues comme ayant déjà participé à des actions semblables. Si vous êtes là, c’est que vous êtes solidaires avec eux, quoi qu’ils fassent et même si vous n’approuvez pas leurs méthodes. Alors masquez-vous, même et surtout si vous n’avez rien à vous reprocher. Vous pourrez toujours discuter avec les camarades ensuite si certaines choses ne vous conviennent pas.

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Définition de guérilla (source : toupie.org) :

Étymologie : de l’espagnol guerrilla, petite guerre, qui est un diminutif de guerra, guerre. Son utilisation remonte aux tactiques utilisées par les Espagnols pour lutter contre le régime imposé par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle.

Le terme « guérilla » est employé pour désigner des combats réalisés par de petits groupes menant une guerre de harcèlement, de coups de main, d’embuscades et de sabotages contre une armée régulière. Contrairement au terrorisme, elle ne vise pas les civils. Elle a pour objectif de renverser une autorité en place en la déstabilisant par des confrontations peu intense mais de longue durée. Le terme « guérilla » est plutôt réservé à des combats politiques menés par des groupes de partisans qu’à des missions militaires de commandos conduites par des corps francs (détachement d’une armée chargé d’opérations de sabotage ou de la réalisation de coups de main). Par extension, « guérilla » désigne aussi les groupes qui mettent en œuvre ce type de combats.

Caractéristiques de la guérilla :

– asymétrie des forces en présence (nombre, armement, organisation),
– effet de surprise des attaques,
– terrain d’action étendu et difficile d’accès,
– mobilité, dispersion et flexibilité des guérilleros,
– absence de ligne de front,
– un lien fort avec la la population locale.

ZAD, 7 janvier 2013

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[Besançon, mardi 15 janvier] Discussion autour du livre « Incognito, Expériences qui défient l’identification »

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Artifices en feu contre la taule d’Angers

Le 31 décembre, trois charges explosives et lumineuses ont pété aux trois coins de la taule angevine … mais sans réussir à faire tomber ses vieux murs.

Malgré tout, le sentiment d’une brèche dans la normalité de cette société qui isole et quelques cris échangés par-dessus les murs. Un peu de lumière, un peu de bruit, un peu de fumée et beaucoup de rage…

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons !

Pour 2013 réduisons les prisons en braises !

Indymédia Nantes, 6 janvier 2013

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[« Affaire dite de Chambéry »] Solidarité avec Mike

Mike est un camarade qui a été condamné en mai 2012 à un an de prison, dont six mois ferme, pour “fabrication d’engin explosif”. Il est convoqué ce lundi 7 janvier 2013 à la Maison d’Arrêt de Chambéry pour y purger le restant de sa peine.

Pour mémoire :

Solidarité aux inculpés suite à l’explosion de Chambéry

Le 25 mai à Chambéry : un procès parmi bien d’autres

Compte rendu et réflexions relatives au procès de Mike, R, J, et William

Plaidoirie de Mike

Aux journaliste$ (à certain.e.s plus que d’autres…)

Entretien avec l’un des inculpés de Chambéry

Rendu du procès

Face au chantage… (vive la solidarité !)

Semis de liberté, Réflexions autour des aménagements de peine

Pour un contact, des critiques ou autre

C’est déjà tout de suite, 6 janvier 2013

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[Alagoas, Brésil] Vive la belle !

UN CHAT ENTRAÎNÉ À L’ÉVASION DE DÉTENUS

Les gardiens d’une prison brésilienne ont capturé un chat que des détenus, pleins d’imagination, avaient spécialement dressé pour leur fournir tout une panoplie nécessaire à une évasion, rapporte le journal O Globo.

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C’est un agent de la prison qui a découvert la supercherie. Celui-ci, intrigué par le comportement bizarre du félin et en l’examinant de près a constaté qu’un sac, attaché à son corps, contenait tout un matériel pour s’évader : lames de scie, instruments nécessaires à forer et percer le ciment, ainsi qu’un téléphone portable avec son chargeur, a relaté au journal O Globo, Marcelo Avelino le responsable des gardiens de la prison de Alagoas, dans le nord-est du pays. Le chat avait été souvent vu entrant et sortant en toute quiétude de la prison.

Un responsable de l’établissement pénitentiaire, Luiz de Oliveira Souza, a précisé sur le site internet de G1 news que les prisonniers avaient élevé le chat et que des proches le reprenaient souvent chez eux à l’issue d’une visite à la prison. « On a été très surpris par cette nouvelle tactique des prisonniers », a-t-il commenté.

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Presse carcérale (Agence Faut Payer, 6 janvier 2013)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Il était une fois à #Redeyef… Ici l’histoire avait commencé…

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RETOUR SUR LE SOULÈVEMENT DE 2008 À REDEYEF

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Manif du 5 janvier 2013

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