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[Dijon] Fête du quartier des Lentillères – 29, 30 et 31 mars 2013
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec Dijon, jardin des maraîchers, Potager Collectif des Lentillères
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[Décines] Lyon, ou Comment s’intensifie la gentrification ?

Salut, c’est bientôt le printemps et le camp de Décines est toujours debout et ce jusqu’au 30 avril prochain (sentence après jugement au TGI de Lyon).
Pour celles et ceux qui souhaitent venir avant l’expulsion du lieu, c’est le moment.
Pour rappel, ce campement a été installé le 10 avril 2012, afin de s’opposer au projet de futur stade de foot de Lyon (avec ses 750 millions d’euros), à 15 bornes à l’est, sur la ville de Décines.
Avant l’hiver, une maison commune d’environ une centaine de mètres carré a été batie sur une butte en friche. D’autres cabanes sous terre, sur terre et au-dessus de la terre : dans les arbres ont été montées. Des jardins en permaculture, des récup’ d’aliments diverses, des outils pour travailler les sols et la construction…
Un bel endroit où passer quelques jours, une semaines ou plusieurs mois.
La vie n’a pas été facile, comme dans tous ce genre d’endroit où lorsqu’il faut partir de zéro, et ben ! ça prend du temps, de l’énergie et beaucoup de sueur. Mais qu’est-ce que c’est bon ! Cet hiver, sont restés les plus tenaces, celles et ceux qui passent et font vivre ce lieu d’affranchis que nous sommes aussi… Là haut, le chauffage se fait au bois. Bon ! il arrive qu’il soit un peu vert, mais il y a un poêle, donc la fumée, elle reste dedans.
Ensuite, l’an passé, nous avons acceuilli la fête des AMAPS du Rhône sur les terres du Grand Lyon, non loin du campement.
Ainsi, d’autres terres restent inutilisées, en friche, sauvage. Il y a des arbres en pagaille, des fermiers sympa, et des voisins qui jamais ne pourraient vivre cette expérience décrite comme trop « roots » mais qui supportent de leurs dons et de leurs cœurs l’installation de ce mini hameau.
Ce sont ces gens-là, qui étaient à la base de la contestation du projet et qui en 2007 ont su repousser le projet de stade de 4 années. Nous pouvons leur tirer notre chapeau, les remercier de nous avoir fait partager leur expérience et leur bon vivre. Ils sont retraités, mère de famille, travailleurs, jeunes des quartiers, sans emploi, membres d’associations en oppositions au projet des plus riches qui veulent toujours plus, ce sont aussi des parents, des humains conscients de leur place dans la société. Cette société que nous critiquons beaucoup mais que nous sommes comme des centaines de centaines de milliers. Ce qui fait la richesse des relations humaines de ce camp ce sont nos différences, car nous appartenons tous à un choix de vie différent mais qui peut s’accorder dans la confiance, la militance, la défiance de ceux qui ont le pouvoir sur nos vies, ce qui choisissent grâce aux billets et aux influences de leur grande famille.
Par ailleurs, nous aurons peut-être perdu une bataille, mais nous aurons aussi gagné en amitié, en expérience humaine et en choix de vie contestataire. Bien qu’il n’y ait pas que « la protestation » qui compte dans la vie, c’est aussi une manière de proposer autre chose, au monde dont nous faisons partie. C’est la continuité de ce que nous vivons jour après jour.
Voyez, comme la plupart d’entre nous vivent de rsa, d’assédic ou… de peu, de rien, de dons, de trouvailles… Mais au fond de chacun, il y a une richesse innestimable, infatiguable, innouïe, entre les dieux et les diables. Le sort de tous est le choix de chacun. Parfois, on s’trouve sa chacune, alors que le monde tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, la vie continue et le rêve d’un changement est du plus en plus perceptible. Le changement ? Il n’arrive jamais, car il est toujours présent, il tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, comme un oiseau qui s’élève, tournoyant dans les courants, chauds et ascendants du ciel.
Cependant, leur projet prend forme, s’émancipe, s’intensifie. Car malgré les procès intentés au Grand Lyon et à l’Olympique lyonnais, pourtant jugés coupables par la justice, ceux-là mêmes, continuent impunément leurs travaux de construction de « grand » stade.
C’est 80% d’argent public qui partiront ces prochaines années dans leurs poches.
Et puis, c’est un projet parmis tant d’autres qui réunis en tout et pour tout, plusieurs milliards d’euros sur 20 ans, car ce sont aussi : les Confluences (entre Rhône et Saône) ainsi que toute la presqu’île ; le quartier de la Part-Dieu ; le Carré de Soie ; les routes qui vont se multiplier ; le quartier de la « Guill' » (Guillotière) ; c’est en effet ce que l’on appelle la « GENTRIFICATION ».
Bien qu’au niveau juridique tout ait été produit, resterait-il une chance pour que d’autres campements, d’autres actions soient mises en place ? Stopper la décadence ? Devrions-nous croire en la possibilité d’un mouvement de masse ? D’actions de sabotage ? De clownerie, de singeries, de vilipendesques artistes prêts à se manifester ?
Nombre d’entre nous sommes persuadés que parfois rien ne sert de se battre avec des arcs et des flèches, lorsque l’ennemi, lui, use de moyens bien supérieurs aux nôtres !!!
Par conséquent, ils vous reste deux mois pour venir vous exprimer, profiter, vous marrer, faire des roulés-boulés sur l’herbe fraîche en cette fin d’hiver et ce début de printemps. Venir prendre l’air au bord d’une ville qui s’étale, et qui s’étale et qui s’arrête de s’étaler, car le caaaammmmmppppeeemmmeeenntt de Décines y est !!!! YEAH ! YEAH ! YEAH !
Et puis, même si le camp devait se retirer, nous serons toujours près de nos idées.
Plus d’infos sur : rebellyon.info • decinestaresistance.weebly.com • carton-rouge.com • lesgonespourgerland.com
Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 4 mars 2013
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec Décines, Lyon, squat
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Ça bouge en Bulgarie !
À l’issue de plus de dix jours de manifestations dans le pays contre l’électricité hors d’accès et la corruption, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a annoncé mercredi matin au Parlement la démission de son gouvernement.

Depuis trois semaines, le peuple bulgare sort dans la rue avec une régularité qu’on ne voyait qu’en Grèce ou en Espagne. En cause, l’appauvrissement de la classe laborieuse, l’explosion du chômage, la corruption généralisé et l’augmentation abusive du prix de l’électricité – au mains de sociétés étrangères –, réclamant un remplacement de l’élite politique par de nouveaux représentants des citoyens. Les politiques d’austérité mises en place face à la crise ont sapé les espoirs d’un meilleur avenir. La croissance marque le pas, le chômage explose, le niveau de vie baisse. Dans ce pays où la corruption est endémique, le salaire moyen est à 400 leva (200 €). La pension moyenne à environ 200 (100 €).
À Sofia, plus de 7.000 manifestants (10.000 quelques jours plus tard) portaient des banderoles comme « Les mafieux en prison » et « Ils sont nombreux, ils sont riches, ils sont insolents, mais ils ne vont plus durer ». À Varna (est), environ 20.000 manifestants ont réclamé la démission du maire Kiril Yordanov à qui ils reprochaient d’obéir à un groupe économique « qui règne en maître » et « a détruit les petites et moyennes entreprises ». Des manifestations qui ont coïncidé avec la fête nationale se sont tenues également dans la deuxième ville bulgare de Plovdiv (sud), à Roussé (nord), Blagoevgrad (sud-ouest). Ils portaient des banderoles proclamant « Unité contre le pillage » ou encore « Stop à la mafia ». Lors de manifestations de dizaines de citoyens en colère, un texte de la constitution a été brûlé. L’opposition y avait exigé au cours la tenue d’élections anticipées, mais organisées par un gouvernement intérimaire, car elle redoutait d’éventuelles manipulations de la part du gouvernement de centre-droit au pouvoir.
Pour la troisième fois en moins de dix jours, un homme s’est immolé par le feu.
On a même pu voir – fait rarissime – des flics anti émeutes déposés leurs casques et leurs boucliers en solidarité avec les manifestants ! C’est pas nos pandores fachos qui feraient ça…
Une cérémonie pour la fête nationale à Sofia en présence du président Rossen Plevneliev a été marquée par l’absence de public, la place étant barrée et protégée par des policiers antiémeutes. Le président Rossen Plevneliev, apparu devant les manifestants, a été accueilli par un concert de sifflets. Le gouvernement a dû démissionner mercredi sous la pression de la rue, et le président corrompu doit former un cabinet d’experts chargé d’organiser des élections anticipées au printemps.
Décidement ce pré-printemps prend des allures plaisantes, non ? 🙂


Page de suie, Brèves de la guerre sociale, 4 mars 2013
Bulgarie : des dizaines de milliers de manifestants contre la corruption et la pauvreté
SOFIA – Des dizaines de milliers de Bulgares ont manifesté dimanche dans une dizaine de villes contre la corruption et la pauvreté, réclamant un remplacement de l’élite politique par de nouveaux représentants des citoyens.
Le Premier ministre conservateur Boïko Borissov, qui avait démissionné le 20 février sous la pression des manifestations de rue, a été hospitalisé en raison d’hypertension artérielle, alors qu’il n’avait quitté l’hôpital que le 28 février après avoir été hospitalisé une première fois le 25 février.
À Sofia, plus de 7.000 manifestants, selon une estimation de l’AFP, ont défilé dans la matinée avec des banderoles comme Les mafieux en prison et Ils sont nombreux, ils sont riches, ils sont insolents, mais ils ne vont plus durer.
Plus de 3.000 manifestants ultra-nationalistes ont par ailleurs défilé dans l’après-midi dans la capitale, en scandant Rendez-nous la Bulgarie. En reprenant une chanson affirmant que Le leader est un seul, le président du parti extrémiste Ataka, Volen Siderov, a regretté que la Bulgarie soit colonisée et a appelé à placer les intérêts bulgares au-dessus de ceux de Bruxelles.
À Varna (est), environ 20.000 manifestants ont réclamé la démission du maire, Kiril Yordanov, à qui ils reprochent d’être sous la coupe d’un groupe économique qui règne en maître et a détruit les petites et moyennes entreprises, selon la télévision publique BNT.
Des manifestations, qui ont coïncidé avec la fête nationale, se sont tenues également dans la deuxième ville bulgare, à Plovdiv (sud), à Roussé (nord), Blagoevgrad (sud-ouest) et dans d’autres villes.
À Sofia, brandissant devant le parlement une banderole Le pouvoir aux citoyens, à bas la mafia, le juriste Ivan Hristov, un protestataire actif, a affirmé que des comités de citoyens commencent à se former dans les quartiers pour remplacer les partis corrompus. Nous manifesterons mercredi devant le Parlement pour l’empêcher de se dissoudre avant d’amender la loi électorale pour donner des droits égaux aux partis et aux organisations civiles, a-t-il déclaré.
Les manifestants demandent notamment un accès gratuit aux médias publics pendant la campagne électorale et des élections législatives au scrutin majoritaire, alors que le Parlement est actuellement élu à la proportionnelle. Une partie d’entre eux vont jusqu’à réclamer une nouvelle constitution.
Le président Rossen Plevneliev doit pourtant dissoudre le Parlement dans une dizaine de jours en vue des élections législatives anticipées prévues le 12 mai.
Les contestataires, qui manifestent quotidiennement depuis plus de 20 jours, bien que déchirés par des revendications contradictoires, estiment qu’ils n’auront pas le temps de s’organiser pour participer à ces élections.
Les manifestations avaient été provoquées par les factures élevées d’électricité reçues en janvier, qui avaient plus que doublé par rapport à décembre. Elles se sont tournées contre les monopoles de l’énergie, puis contre le gouvernement et toute la classe politique.
Le gestionnaire du système énergétique, Mitu Hristozov, a annoncé dimanche que le système énergétique risque de devenir ingérable en raison d’une brusque baisse de la consommation et des exportations. Il a par ailleurs évoqué une part élevée des centrales solaires et éoliennes dont la production est rachetée en priorité.
Trois centrales thermiques ont provisoirement été arrêtées, a-t-il déclaré à la radio Darik.
Une cérémonie pour la fête nationale ce dimanche à Sofia en présence du président Rossen Plevneliev a été marquée par l’absence de public, la place étant barrée et protégée par des policiers anti-émeutes.
Rossen Plevneliev s’efforce de nommer un gouvernement d’experts pour succéder au cabinet démissionnaire de Boïko Borissov.
Leur presse (Agence Faut Payer, 3 mars 2013)
Publié dans General
Marqué avec Ataka, Blagoevgrad, Boïko Borissov, Bulgarie, Ivan Hristov, Kiril Yordanov, Mitu Hristozov, Plovdiv, Rossen Plevneliev, Roussé, Sofia, Varna, Volen Siderov
Un commentaire
[Notre-Dame-des-Landes] Week-end de présentation des projets d’installation agricole sur la ZAD
Indymedia Nantes, 3 mars 2013
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec Notre-Dame-des-Landes, ZAD
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Manif du 5 mars à Besançon
Publié dans Activités de la CNT
Marqué avec Besançon
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La police travaille au tribunal de Pontoise

Des policiers accusés d’avoir tabassé un détenu au tribunal de Pontoise
INFORMATION RTL – Cinq policiers et un surveillant de l’administration pénitentiaire comparaissent ce lundi en citation directe devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Ils sont accusés d’avoir violemment agressé un détenu le 25 janvier dernier dans cette même enceinte.
Le déclic aurait été un simple échange de regard entre le prisonnier et les prévenus Les prévenus doivent répondre à des accusations de « violences volontaires dans l’exercice de leurs fonctions ». Ces six hommes sont accusés d’avoir violemment frappé le 25 janvier un détenu menotté à la sortie du cabinet d’un juge, dans les couloirs du palais de justice de Pontoise puis dans une cellule du sous-sol. Les policiers ont pour leur part porté plainte pour « rébellion et d’outrages »…
Le prisonnier a eu un tympan crevé, un œil blessé et porte de nombreuses contusions au coude et au poignet. Les policiers encourent jusqu’à trois ans de prison et 45’000 euros d’amende.
Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Alphonse Richard, RTL.fr, 4 mars 2013)
Publié dans Beau comme une prison qui brûle, La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Pontoise
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[Révolution tunisienne] Ghannouchi dégagé de Thala
R. Ghannouchi chahuté et dégagé de Thala
Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, le ministre des affaires religieuses, Nourredine Khademi ainsi que le député de l’ANC, Walid Bannani ont été accueillis sur les chapeaux de roues ce dimanche à Thala (gouvernorat de Kasserine).
Protestant contre la présence des représentants d’Ennahdha à l’inhumation du militant Ahmed Rahmouni, plusieurs citoyens se sont rassemblés et ont scandé « dégage, dégage » au visage de Rached Ghannouchi et ont saccagé sa voiture si bien qu’il a dû être évacué sous très haute surveillance, rapporte Mosaique Fm.
Presse contre-révolutionnaire (TunisieNumerique.com, 3 mars 2013)
(…) Selon Zoubeir Echhoudi, directeur du cabinet de Rached Ghannouchi, quelques jeunes ont jeté des pierres sur le cortège des membres d’Ennhada, qui venaient assister à la ré-inhumation d’un militant tunisien exécuté en 1963 sous le régime du premier président tunisien, Habib Bourguiba. À la demande de la famille, la dépouille d’Ahmed Rahmouni avait été exhumée pour subir une autopsie afin de déterminer les vraies causes du décès.
Depuis un an, plusieurs figures politiques ont été agressées par des citoyens tunisiens mécontents du rendement du gouvernement.
Presse contre-révolutionnaire (AtlasInfo.fr, 3 mars 2013)
(…) Selon Shems Fm, les membres du Front Populaire qui voulaient prononcer une élégie en hommage au militant Ahmed Rahmouni, ont également été chassés des lieux par les présents.
Presse contre-révolutionnaire (Business News, 3 mars 2013)
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
Marqué avec Ahmed Rahmouni, Ennahdha, Front Populaire, Habib Bourguiba, Kasserine, Nourredine Khademi, Rached Ghannouchi, Thala, Walid Bannani, Zoubeir Echhoudi
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[Marseille] Bouffe de rue Samedi 9 mars Porte d’Aix
(…) y aura aussi écoute collective de témoignages sur le quotidien à l’intérieur des CRA (…)
Publié dans Les révoltes des migrants
Marqué avec CRA du Canet à Marseille, Marseille
Commentaires fermés sur [Marseille] Bouffe de rue Samedi 9 mars Porte d’Aix
[Flics, porcs, assassins / Ali Ziri] « On trouve toujours les mêmes conclusions pour couvrir les exactions des forces de l’Ordre : Ceux qui ne survivent pas à la rencontre des forces républicaines, souffrent toujours de pathologies anciennes »
Ali Ziri 69 ans chibani et le mépris de la République
Cette semaine l’expression « Indignez vous » était en vogue suite à la mort de Stéphane Hessel. Et le verdict de la cour d’Appel de Versailles, concernant la mort d’Ali Ziri, résonne comme une insulte à sa mémoire et à celles de tous ceux qui ont subi la violence sans limites des fonctionnaires des forces de l’ordre. Selon les conclusions de la Justice, il n’y a pas de lien établi entre le décès et l’interpellation. Les 27 hématomes et les multiples ecchymoses ne peuvent en rien démontrer que l’interpellation n’a pas tourné au lynchage, alors comment expliquer les anomalies dans l’instruction ou des déclarations contradictoires ?

Cette technique du « pliage » exercée entre 3 et 5 minutes sur un viel homme agé de 69 ans et qu’on a laissé pendant plus d’une heure allongé face contre terre dans son vomi est cautionnée par les institutions et on notera que cela a permis de blanchir de nombreux fonctionnaires incriminés pour les mêmes raisons. En 2009, n’était-il pas possible de procéder à une interpellation basique sans faire subir une pluie de coups à cet homme ? On trouve toujours les mêmes conclusions pour couvrir les exactions des forces de l’Ordre : Ceux qui ne survivent pas à la rencontre des forces républicaines, souffrent toujours de pathologies anciennes.
Il va falloir que les choses changent et que l’État prenne ses responsabilités, la liste des victimes ne cesse de s’allonger et les verdicts iniques souillent la mémoire des morts et la peine des familles est d’autant plus grande face à ce mépris. Les procédures interminables et le déni de responsabilité sont autant de facteurs aggravants et j’ai peine à croire que tout cela ne soit pas le fruit d’une synergie gouvernementale. Il n’y aura pas de respect de la Justice sans procès équitables et la mort de M. Ziri est une offense à tous les « chibanis » qui ont sué sang et eau pour ce pays qui accorde l’immunité aux assassin de l’un d’entre eux.
Le Ministre de l’intérieur si prompt à rassurer ses troupes et à compatir avec les familles de policiers ne va pas remettre en cause la probité de ses hommes bien au contraire et il faut maintenant attendre la cour de Cassation pour une énième décision qui selon toute vraisemblance ne changera rien à cette injustice. On dit qu’on juge une société selon le respect qu’elle a pour ses anciens, en 2013 tout est dit.
Sam Deghout – collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, 1er mars 2013
Affaire Ali Ziri : cap sur la Cassation
La cour d’Appel de Versailles a confirmé le non-lieu prononcé contre les policiers impliqués dans la mort de Ali Ziri. La famille de ce retraité algérien, décédé en 2009 à Argenteuil lors d’une interpellation de la police, a décidé de se pourvoir en cassation.

Le comité Ali Ziri participant à la marche de la « Commémoration Nationale des Victimes de la Police »
Ils s’étaient préparés à ce jugement depuis longtemps. C’est dire si leur confiance en la justice est entachée. « Le combat continue », lâche aussitôt Areski Semache, membre du Comité « Vérité et Justice pour Ali Ziri ». Hier jeudi (28-02), la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a confirmé le non-lieu rendu en octobre. En 2009, Ali Ziri meurt lors d’une interpellation policière à Argenteuil, en région parisienne. Sur la route qui le mène au commissariat, il est maintenu la tête contre le siège avant. C’est la technique dite du « pliage ». Une autopsie conclut qu’il est mort des suites d’un arrêt cardiaque après suffocation.
Enquête bâclée
Le 15 octobre dernier, une ordonnance de non-lieu est rendue. Le juge a établi qu’« aucun acte de violence volontaire n’a été la cause directe ou indirecte du décès ». Un non-lieu incompréhensible pour la famille de la victime qui dénonce une enquête bâclée. La famille a vu défiler trois juges d’instruction en trois ans. Trois juges et aucune reconstitution. Et les policiers mis en cause n’ont accessoirement jamais été entendus par les juges d’instruction.
Inconcevable de ne pas se pourvoir en cassation
Pas de temps à perdre. La famille d’Ali Ziri décide de se pourvoir en cassation. « Il est inconcevable qu’un homme de 69 ans décède alors qu’il est entre les mains de la police française et que cela ne fasse pas l’objet d’une instruction judiciaire comme toutes les autres affaires. Ce d’autant plus qu’il s’agit de la police », martèle maître Stéphane Maugendre, l’avocat de la famille.
Procédure très coûteuse
« Le pourvoir en cassation risque d’être très coûteux », précise Areski Semache, « c’est pour cela que nous avons lancé une souscription sur notre blog, pour inciter les gens à nous aider financièrement ». Vu que l’État ne le fait pas. Dans cette affaire, la famille aurait déjà déboursé 6000 euros pour les frais judiciaires et 5000 pour garder le corps en chambre froide pour l’autopsie.
Future condamnation de la Cour Européenne des Droits de l’Homme ?
Plus que la Cour de Cassation, c’est la Cour européenne des droits de l’homme que vise la famille de Ali Ziri. « La cour européenne a déjà condamné la France pour un cas similaire. Ce sera la deuxième fois avec le dossier Ali Ziri », promet maître Maugendre. En 2007, la France a effectivement déjà été épinglée par cette même cour pour une affaire qui s’était produite à Toulon, il y a 15 ans : la mort de Mohamed Saoud.
Leur presse (Chloé Juhel, lecourrierdelatlas.com, 1er mars 2013)
Argenteuil : les policiers blanchis dans l’affaire Ali Ziri
Le dossier Ali Ziri est pratiquement refermé. La cour d’appel de Versailles a confirmé jeudi le non-lieu prononcé par le juge d’instruction le 15 octobre dernier. Le magistrat instructeur avait estimé qu’aucune charge ne pouvait être retenue à l’encontre des policiers d’Argenteuil mis en cause par les proches du retraité, décédé le 11 juin 2009 à sa sortie de garde à vue.

Argenteuil (Val d’Oise), le 10 juin 2012. Le collectif justice et verite avait organisé, comme chaque année, une manifestation en mémoire d’Ali Ziri, trois ans jour pour jour après l’arrestation qui avait conduit à sa mort.
Ali Ziri avait été interpellé deux jours plus tôt, vers 20h30, avec un ami boulevard Jeanne-d’Arc, dans le centre d’Argenteuil. Ivres, les deux hommes sont invités à descendre par les trois policiers qui les contrôlent. Les deux occupants s’énervent : il y a des insultes, des coups portés contre les forces de l’ordre, selon les témoins. Les deux hommes sont ensuite amenés au commissariat. Pendant le trajet, Ali Ziri, qui, selon les termes de l’ordonnance de non-lieu, tente de porter des coups au conducteur du véhicule de police est maintenu la tête contre le siège avant, « pour éviter de nouveaux coups et un accident ». C’est la technique du « pliage » que dénonce les proches du retraité décédé.
Ali Ziri, qui présente une alcoolémie de 2,42 g, est emmené à l’hôpital d’Argenteuil à 22 heures. Il est pris en charge par le personnel soignant quarante à quarante-cinq minutes plus tard, dans un contexte de surcharge des urgences. Dix à douze personnes étaient arrivées en même temps. Il est décédé le 11 juin à 10 heures. Selon le juge d’instruction, « l’information n’a établi aucun acte de violence volontaire qui aurait été la cause directe ou indirecte du décès de M. Ali Ziri ni aucune faute directe ou indirecte imputable à quiconque qui aurait involontairement causé sa mort ». Il a ordonné un non-lieu aussitôt frappé d’appel.
Le proches du retraité décédé vont saisir la cour de cassation
Au cours de l’audience de la chambre de l’instruction, qui s’est déroulé à huis-clos le 17 janvier, l’avocat général avait requis la confirmation du non-lieu. Il avait alors estimé que les techniques policières employées n’étaient pas normales, que la prise en charge d’Ali Ziri dans le commissariat puis à l’hôpital posait des difficultés et que le juge d’instruction aurait dû procéder aux interrogatoires. Mais il a aussi expliqué qu’il y avait des rapports d’expertises mettant en cause la prise en charge d’Ali Ziri, et d’autres non et que selon lui, une instruction ne pourrait permettre d’aller plus loin, qu’il y aurait toujours un doute.
Me Stéphane Maugendre, l’avocat des familles, qui avait demandé un supplément d’information, indique ce vendredi matin avoir d’ores et déjà été mandaté « pour introduire un pourvoi en cassation contre l’arrêt confirmatif du non-lieu ». « Dans ce dossier, le juge d’instruction n’a entendu personnellement aucun des protagonistes, ni les policiers, ni les témoins, alors que la commission nationale de déontologie de la sécurité a entendu tout le monde et a taclé les services de police sur la manière dont a été traitée Ali Ziri et son ami Arezki Kerfali au moment de l’interpellation et dans le commissariat », critique l’avocat, qui regrette également que sa demande de reconstitution n’ait pas été acceptée. Si la cour de cassation ne les suit pas, « ce qui est très probable », présume Stéphane Maugendre, « la cour européenne des droits de l’homme, elle, pourrait aller dans notre sens ». Du côté du collectif Vérité et justice pour Ali Ziri, créé après le décès du retraité algérien, on se dit « outré ». « Cette décision de justice est scandaleuse. Nous sommes résolus à poursuivre le combat », martèle Arezki Sémache, un de ses membres.
Publié par des larbins de la maison Poulaga (Frédéric Naizot et Maïram Guissé, LeParisien.fr, 1er mars 2013)
Ouverture d’une souscription pour couvrir les frais de justice
Au titre de votre organisation, de votre association ou à titre individuel vous avez participé au combat pour que vérité et justice adviennent dans « l’affaire Ali Ziri ».
Le 17/01/2013, Maître Maugendre a fait appel du non-lieu prononcé le 03/01/2012 dans la mort d’Ali Ziri, devant la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Versailles. Quelques mois auparavant comparaissait Monsieur Kerfali, interpellé en même temps que Monsieur Ziri, dans un procès pour outrage à agents. L’avocat ayant obtenu la jonction avec l’affaire Ziri, un nouveau procès est à venir, et nous attendons à la fin du mois le résultat du délibéré du jugement d’appel du non-lieu sur la mort d’Ali Ziri.
C’est pourquoi nous vous sollicitons pour aider les familles à couvrir les frais de justice passés et à venir.
L’argent est collecté sur un compte spécial sous la responsabilité de l’ATMF. Libellez vos chèques à l’ordre de : ATMF Solidarité Ali Ziri
Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri c/o ATMF
26 boulevard du Général Leclerc – 95100 Argenteuil
Tél. : 01 39 82 81 48
Publié dans La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Ali Ziri, Arezki Kerfali, Arezki Semache, Argenteuil, Mohamed Saoud, Stéphane Hessel, Stéphane Maugendre, Toulon, Versailles
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[La liberté ou la mort] The proof of the pudding is in the eating
De la viande de girafe dans des bâtonnets d’antilope en Afrique du Sud
Le scandale de la fraude à la viande de cheval, qui secoue l’Europe, se décline de façon inattendue à l’autre bout de la planète. Des chercheurs de l’université du Cap ont testé 146 échantillons de lanières d’antilope séchée, provenant de détaillants et de petits bouchers d’Afrique du Sud, et constaté la présence d’autres viandes… dont de la girafe.
Quatre-vingt-dix pour cent des bâtonnets de viande séchée, censée être du koudou (une antilope africaine) étaient en réalité composés de cheval, de porc, de girafe ou de kangourou. « L’un des morceaux de viande ne ressemblait pas aux autres, ça a éveillé notre curiosité, a déclaré Maria Eugenia D’Amato, chercheuse au laboratoire de l’université du Cap. Nous avons commencé par tester quelques échantillons. Les résultats étaient consternants. Nous avons donc décidé d’officialiser nos recherches. »
Ces bâtonnets de viande faits à partir de gibier sauvage ou d’animaux élevés dans des fermes sont des produits de base en Afrique du Sud et reconnus pour leur faible teneur en graisses. Cette semaine, de la viande d’âne, de buffle d’eau et d’autres ingrédients inattendus a été découverte dans près des deux tiers de hamburgers et de saucisses testés dans le pays.
Presse falsifiée (LeMonde.fr avec Reuters, 1er mars 2013)
Viande de cheval : les plats retirés peuvent être redistribués aux associations
Benoît Hamon rappelle jeudi l’existence d’une « disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage ».
Les plats cuisinés qui ont été retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande de cheval pourront être redistribués aux associations caritatives, qui seront informées de leur contenu, a indiqué jeudi Benoît Hamon. Interrogé sur RMC, Le ministre de la Consommation a précisé qu’il existait « une disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage ».
Les associations qui « bénéficieront de ces produits alimentaires » devront être informées de leur contenu, a-t-il ajouté. « Ensuite, c’est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons », a-t-il poursuivi. Mais « ceux qui bénéficieront de ces produits alimentaires ont droit à la réalité sur ce qu’ils mangent », a insisté le ministre. Il a reconnu qu’un tel don pouvait être coûteux pour ces associations, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique. « On peut aussi comprendre que les associations refusent », a-t-il admis.
Pénalité
Dans la foulée du P-DG de Picard, Philippe Pauze, qui avait estimé un peu plus tôt dans la matinée que d’autres fraudes étaient à prévoir, Benoît Hamon a reconnu que, dans la mesure où les contrôles étaient étendus dans les filières alimentaires, la découverte de nouveaux cas frauduleux ne pouvait être exclue. Il a promis en outre que les sanctions contre les auteurs de tromperie économique dans l’alimentaire seraient renforcées. « Dans le projet de loi consommation que je présenterai en avril, nous allons multiplier par dix le niveau des amendes payées. Mais on réfléchit à une autre solution qui pourrait être de faire payer une pénalité correspondant à 10 % du chiffre d’affaires de la société », a-t-il prévenu.
Le scandale a éclaté au début du mois lors de la découverte dans des plats cuisinés surgelés de la marque Findus de viande de cheval à la place de viande de bœuf. L’affaire a essaimé dans toute l’Europe, touchant, outre Findus, Fleury Michon, Carrefour, Intermarché ou encore Picard et Ikea, les obligeant à retirer des milliers de plats cuisinés de la vente.
Presse falsifiée (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 28 février 2013)
Viande de cheval pour les pauvres : les associations demandent des garanties
Les plats surgelés contenant de la viande de cheval retirés de la distribution à cause de la fraude pourraient être mis à disposition des associations caritatives. C’est ce qu’a annoncé Benoît Hamon, ministre de la Consommation. Les associations se montrent prudentes et exigent des garanties. Elles doivent rencontrer la ministre déléguée chargée de la Lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, ce mardi 5 mars.
Benoît Hamon a rappelé que la loi française prévoyait que l’on puisse faire don des produits ayant connu un défaut d’étiquetage. Mais, « c’est aux associations de décider maintenant si oui ou non elles acceptent ces dons », a précisé le ministre.
Plusieurs associations apportant de l’aide alimentaire aux plus démunis avaient déjà dit « oui » la semaine dernière. Leur position n’a pas changé. Révoltées par le gaspillage de nourriture de manière générale, elle se disent prêtes à accepter ces plats surgelés contenant de la viande de cheval. Mais seulement à certaines conditions. L’absence de tout risque sanitaire doit être confirmée, et les denrées doivent être correctement ré-étiquetées.
Si les aliments sont jugés « sains » par les autorités sanitaires, la Fédération française des Banques Alimentaires, qui fournit des denrées à plus de cinq mille associations, ne voit aucun inconvénient à les redistribuer. « Encore faut-il que les bénéficiaires potentiels soient informés et, surtout, d’accord pour consommer de la viande de cheval », insistent les responsables des Restos du Cœur.
Question logistique et financière
Il faudrait aussi, impérativement, qu’une aide logistique soit apportée aux associations. « Le transport et le stockage des produits surgelés coûtent cher », rappelle Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire, qui envisage de faire appel aux communes, aux départements et aux régions.
Le président de la Fédération Française des Banques alimentaires, Alain Seugé, assure pour sa part avoir de la place pour recevoir de nouveaux dons. Les quatre-vingt-dix-sept antennes de son association disposent en effet de cent mille mètres carrés d’entrepôts et de sept mille mètres cubes de chambre froide.
Question morale
Outre les aspects sanitaires et financiers de l’opération, reste la question morale. Le président du Secours Catholique, François Soulage se demandait, ce vendredi 1er mars, pourquoi ce qui est inacceptable pour les uns serait acceptable pour les pauvres. « C’est une question de dignité. On n’a pas envie de stigmatiser les personnes démunies, de souligner que parce, qu’on ne mange pas à sa faim, on peut manger des produits que les autres ne veulent pas » , insiste l’un des dirigeants de la Croix Rouge française.
Un scandale qui porte sur 550 tonnes de viande de cheval
Le « chevalgate » touche désormais treize pays européens. Quatre millions et demi de produits frauduleux, contenant cinq cents cinquante tonnes de viande de cheval à la place du bœuf, seraient concernés. De nombreuses entreprises sont touchées : Findus, Carrefour, Intermarché, Picard ou encore Ikea. Selon la Fédération française du Commerce et de la distribution, l’ensemble des produits retirés des rayons sont actuellement stockés dans des chambres froides. Et ils ne peuvent pas être vendus.
Presse falsifiée (Anna Piekarec, RFI.fr, 1er mars 2013)
Publié dans Nos corps nous appartiennent
Marqué avec abat-faim, Afrique du Sud, Alain Seugé, Benoît Hamon, Carrefour, Fédération française des Banques Alimentaires, Fédération française du Commerce et de la distribution, Findus, Fleury Michon, François Soulage, Ikea, Intermarché, Julien Lauprêtre, Maria Eugenia D'Amato, Marie-Arlette Carlotti, Philippe Pauze, Picard, Restos du cœur, Secours Catholique, Secours populaire
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[Somonte, Andalousie] « S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois ! Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper ! Voilà la solution »
Face au néo-féodalisme
Andalousie : des centaines d’ouvriers se réapproprient des terres livrées à la spéculation
Au sud de l’Espagne, des ouvriers agricoles occupent une ferme de 400 hectares, menacée par la spéculation. Ils contestent une répartition féodale des terres, réservées aux grands propriétaires. Et développent une agriculture biologique et paysanne, qui nourrira bientôt des milliers de personnes. Reportage en Andalousie, dans la ferme de Somonte, devenu le symbole d’une lutte populaire contre les inégalités et pour la souveraineté alimentaire. « Land and freedom », version 2013.

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil, se souvient Javier Ballestero, ouvrier agricole andalou. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres ! Pas de vie ! Rien ! » C’était il y a presque un an, le 4 mars 2012. Cinq cents journaliers agricoles, des habitants des villages voisins et des citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la « finca » (ferme en espagnol) de Somonte. Le lendemain, la propriété, qui appartient au gouvernement autonome régional, devait être vendue aux enchères, très certainement à l’un des puissants propriétaires terriens de la zone, qui l’aurait achetée à un prix avantageux.
Le SOC-SAT [Le SOC-SAT est l’ancien Syndicat des ouvriers agricoles (SOC). En 2007, il a été rebaptisé, syndicat des travailleurs andalous (SAT)], syndicat d’ouvriers agricoles qui a organisé l’occupation, est habitué aux luttes foncières. C’est lui qui a mené tous les combats historiques des journaliers andalous depuis les années 70. Mais les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En 1936, elles s’étaient multipliées. Javier évoque la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des franquistes. Un puissant propriétaire terrien fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte. La plupart des terres qui jouxtent la « finca » appartiennent aux descendants de cet homme.
« La terre est à vous. Reprenez-la ! »
En ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée générale. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.
Une dizaine de militants portugais d’extrême gauche, en visite, et quelques militants français et espagnols, de passage ou séjournant à Somonte, se dirigent vers le hangar où est entreposé le matériel agricole. Peint sur le bâtiment, un slogan rappelle les enjeux de l’occupation : « Andalous, n’émigrez pas. Combattez ! La terre est à vous. Reprenez-la ! » Au passage, les travailleurs matinaux croisent une patrouille de la Guardia civil, qui vient relever, comme tous les jours, les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la ferme. À voix basse, les moqueries fusent. Les guardias demeurent indifférents. Ils ne descendent jamais de leur véhicule. Ils notent et repartent.
Développer une agriculture biologique paysanne
Près du hangar, sous les regards complices de Malcolm-X, Zapata et Geronimo, immortalisés par un artiste sur un mur, Javier et son collègue Pepe distribuent sarcles et bêches, puis accompagnent les militants jusqu’au champ d’oignons. Les allées sont interminables. Briefés par les deux hommes, les militants se courbent et s’accroupissent. Les herbes résistent, déchirent les doigts. Une main arrache par inadvertance un plant d’oignon. Un pied en écrase un autre. Difficile de s’improviser paysan. Ceux qui ont l’habitude avancent en ligne. Les autres tentent de s’appliquer, s’assoient, redressent leur dos… Les conversations vont bon train. Les chants révolutionnaires s’élèvent, repris en chœur.

Peu à peu, la brume se lève. Apparaît en contre-bas la plaine du fleuve Guadalquivir, qui s’étend à perte de vue dans cette partie de la province de Cordoue. Une terre rase, ondulante, sans un arbre, sans une haie. Cette même terre épuisée, sur laquelle poussera en été, sous la chaleur ardente, blés ou tournesols. Les journaliers qui occupent les quatre cents hectares de Somonte ont décidé d’abandonner ces pratiques agricoles intensives. « Depuis que nous sommes ici, les oiseaux sont revenus et la vie aussi, confie Javier. L’homme appartient à la terre. Nous devons la respecter et veiller sur elle. C’est pour cela que nous allons faire ici de l’agriculture biologique paysanne. » Pour développer une agriculture en rupture avec le modèle dominant, les journaliers andalous font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents.
Contre une répartition « féodale » des terres
Comme la plupart des 25 occupants permanents de la finca, Lola Alvarez se définit comme « journalière agricole, depuis toujours », et fière de l’être. Elle rappelle que les premiers pieds de tomates plantés dans le jardin de Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par son père de 84 ans. « Dès que nous avons occupé Somonte, beaucoup de personnes âgées sont venues nous apporter des semences de piments, d’oignons, de laitues… Toutes les semences traditionnelles qu’elles avaient héritées de leurs parents et qu’elle avaient conservées et protégées précieusement année après année. » Les occupants ont aussi reçu des graines du réseau andalou Semences et de la coopérative française Longo Maï. Somonte sera libre de semences transgéniques et de pesticides. « Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire », explique simplement Lola.
Les occupants ont aussi décidé d’en finir avec l’injuste et scandaleuse répartition féodale des terres en Espagne qui fait que la duchesse d’Alba possède encore 30’000 hectares de terres et le duc del Infantado, 17’000. Plus de 60 % des terres les plus riches du pays sont entre les mains d’une poignée de puissantes familles, qui spéculent avec elles et perçoivent la majorité des aides agricoles [Voir « Andalousie : la terre contre la crise », Jean Duflot, Archipel, journal du Forum civique européen de juin 2012]. « La terre n’appartient à personne. Elle n’est pas une marchandise, s’insurge Lola. Elle doit être entre les mains de celles et de ceux qui la travaillent. Nous l’occupons pour nourrir nos familles et vivre dignement. »

Javier Ballestero, né dans une famille paysanne anarchiste, se réclame encore de cette tradition. « Les moyens de production doivent être au service du peuple. Pour cultiver sainement, nous n’avons pas besoin d’un patron qui nous exploite et nous vole. Nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir. » Dans les années 80, pour initier une réforme agraire, le gouvernement autonome andalou (dirigé par le Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE) avait acheté plusieurs dizaines de milliers d’hectares aux grands propriétaires terriens. Il les avait grassement payés, pour qu’il n’y ait pas trop de mécontents. Mais n’avait pas redistribué les terres. L’objectif étant surtout de désamorcer un vaste mouvement d’occupations de terres organisé par le SOC qui réclamait alors des expropriations sans indemnisation.
Droit d’usage
Une partie de ces terres sont alors louées à des coopératives de petits paysans. Mais la grande majorité d’entre elles demeurent sous la responsabilité de l’Institut andalou de la Réforme agraire (IARA), et sont consacrées soit à des cultures intensives, soit à de vagues projets destinés à la recherche, pourvoyeurs d’importantes subventions européennes. Quelques hectares de la finca Somonte servaient ainsi de champs d’expérimentation à des cultures destinées à la production d’agro-carburants. Aujourd’hui, les socialistes dirigent toujours le gouvernement autonome. Comme les caisses sont vides, 22’000 hectares de terres appartenant à l’IARA ont été mis en vente aux enchères en 2011. Plus de la moitié ont été vendus.
« Le SOC a mené des occupations très dures dans les années 80. Elles ont notamment abouti à la création de la coopérative El Humoso, dans le village de Marinaleda, sur 1200 hectares expropriés à la duchesse d’Alba », commente Lola Alvarez. « Depuis des années, nous ne menions plus que des occupations symboliques pour tenter d’infléchir la politique du gouvernement. Mais quand nous avons vu que les terres gérées par le gouvernement andalou allaient revenir entre les mains des spéculateurs, nous avons décidé de reprendre les occupations effectives. » Depuis l’occupation, la vente des terres a été suspendue. Mais les occupants ne souhaitent pas devenir propriétaires de Somonte. Il réclament un simple droit d’usage. Rappelant que depuis 20 ans, ces 400 hectares n’ont nourri personne.
Somonte, symbole d’une lutte populaire
L’Andalousie connaît actuellement un taux de chômage record de 34 % pouvant aller jusqu’à 63 % chez les jeunes de moins de 25 ans [Voir « Un Robin des bois en Andalousie », Sandrine Morel, Le Monde, le 29 août 2012]. De nombreux Andalous, partis travailler comme ouvriers du bâtiment dans d’autres régions d’Espagne, reviennent aujourd’hui chez eux et proposent leur force de travail sur un marché agricole andalou déjà saturé et en crise. Avec la mécanisation à outrance et les mauvaises récoltes des oranges et des olives, il est désormais impossible aux 400’000 ouvriers agricoles de la région de réunir les 35 journées de travail annuelles nécessaires pour bénéficier d’une allocation mensuelle de 400 euros.
Fin 2012, le parlement andalou a demandé que le nombre de journées de travail exigé soit diminué. En vain. Cette crise sociale n’alarme pas les grands propriétaires terriens qui profitent de la situation pour mettre en concurrence les journaliers andalous avec la main d’œuvre immigrée, bien moins payée. Le SOC-SAT réunit des ouvriers agricoles de tous les horizons et organise régulièrement des grèves pour défendre leurs droits. Il dénonce aussi les injustices sociales, en organisant dans des supermarchés des opérations de récupération de produits alimentaires de base, distribués ensuite à des cantines de quartiers pauvres.

Durant l’été 2012, des marches ouvrières ont parcouru toutes les provinces andalouses pour dénoncer les mesures d’austérité. Une grande ferme appartenant à l’armée, laissée à l’abandon, a été brièvement occupée. Ce contexte social et politique tendu, et toutes ces luttes, font aujourd’hui de Somonte un symbole très populaire de la capacité des ouvriers à prendre en main leur destin. L’alimentation est au cœur des luttes.
Nourrir des milliers de familles de la région
Peu à peu, avec le soutien des anciens, d’ingénieurs agronomes, d’organisations locales et de réseaux de solidarité internationaux, le projet agricole de Somonte prend corps. Trois hectares de légumes ont déjà été mis en culture pour l’autoconsommation, la vente sur les marchés locaux ou dans une coopérative de consommateurs de Cordoue. Plusieurs dizaines d’hectares vont être consacrés à des cultures maraîchères. Quarante hectares seront réservés à de grandes cultures en rotation avec notamment du blé biologique. Les occupants de Somonte envisagent de planter près de 1500 arbres de variétés locales, de développer des vergers d’abricotiers, de cerisiers, d’amandiers, de créer une oliveraie, d’entretenir des haies.
En décembre 2012, près de 700 arbres sont plantés le long du domaine. Une eau saine sera récupérée grâce à des retenues, des puits et à une protection des petits cours d’eau existants. Les occupants veulent réunir rapidement un troupeau d’au moins 300 brebis. Une grande partie de la production agricole de la finca sera transformée sur place dans des ateliers. Le projet agro-écologique et social de Somonte, organisé sous forme de coopérative de travailleurs, pourra donner du travail à plusieurs centaines de personnes et permettre à des milliers de familles de la région de se nourrir.
Occuper les terres, les logements et les banques
La situation de Somonte est aujourd’hui suspendue à la situation politique en Andalousie. Le nouveau parlement autonome élu début 2012 est majoritairement à gauche. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste de faire expulser les occupants de Somonte, le 26 avril 2012, le jour même où il signait un accord avec la Gauche Unie. Le 27 avril au matin, la finca était de nouveau occupée. Aucune menace d’expulsion n’a été formulée depuis, mais les négociations sont au point mort.
« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois ! », ironise Lola. « Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper ! Voilà la solution. »

Philippe Baqué – Basta !, 28 février 2013
Le SOC occupe une ferme militaire près de Séville
Près de 1000 syndicalistes ont occupé ce matin la ferme « Las Turquillas » ou se trouve la cavalerie militaire de l’armée. La ferme dépendante du ministère de la défense, fait 1200 hectares, dont l’immense majorité en friche, du fait que l’armée utilise seulement 20 hectares pour la cavalerie.
Après avoir passé le kilomètre qui sépare la route de la ferme on pénètre en zone militaire (signalée par de grandes pancartes) et on arrive à l’enceinte militaire ou une commission du Syndicat des Ouvriers des Champs s’est entretenue avec le commandement militaire.
À l’intérieur de l’enceinte militaire attendait une compagnie anti-émeutes de la Garde Civile et des troupes militaires ce qui fit que l’assemblée décida de ne pas forcer l’entrée de l’enceinte et de rester dans la zone militaire de la ferme, en commençant les travaux d’infrastructure et de logistique afin de se maintenir dans cette zone.
Ce soir a été déjà aménagée une zone où cette nuit même plus de 100 compagnons et compagnes resteront passer la première nuit dans « La Turquilla » occupée.
Le porte-parole national du Syndicat Andalou des Travailleurs, Diego Canamero, a signalé que l’objectif de l’occupation est « que la terre passe aux mains des travailleurs » et que la ferme, dédiée à l’élevage des chevaux, soit utilisée par des coopératives de travailleurs et de travailleuses.
« Nous ne voulons pas la propriété de la terre, nous voulons son usage », insiste Canamero, « que la terre serve pour donner du travail et créer de la richesse, et non pour recevoir des subventions européennes ».
Le dirigeant syndical a mis l’accent sur le fait que la région de Séville ou se trouve la ferme souffre de « 40% de chômage » et, dans cette situation « il ne se peut pas que des terres publiques ou privées restent étrangères à la réalité d’un peuple qui ne sait plus quoi faire du fait du chômage ».
« Nous voulons démontrer que, aux mains de coopératives, la ferme aura un autre usage, en pensant à la création d’emplois et a obtenir une productivité de la terre et pas seulement des subventions de l’Union Européenne » a expliqué Diego Canamero.
Au sujet des militaires qui travaillent dans le centre de reproduction équine de la ferme occupée, Diego Canamero a dit que le traitement a été courtois et que « nous n’avons rien contre eux ».
Face à la surveillance des forces de sécurité qui ont accompagné l’occupation, qui s’est déroulée sans incidents, le dirigeant syndical a déclaré « nous sommes venus pour rester, ce n’est pas une occupation symbolique.
Nous sommes conscients, nous croyons à ce que nous faisons et nous le faisons pacifiquement », a déclaré Canamero, qui a assuré que « si on nous expulse, nous reviendrons et nous le ferons jusqu’à que le gouvernement cède ces terres aux travailleurs ».
Mailing – Communiqué du 6 août 2012
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, España en el corazón, Luttes pour la terre
Marqué avec Andalousie, Cordoue, Diego Canamero, El Humoso, IARA, Institut andalou de la Réforme agraire, Javier Ballestero, Las Turquillas, Lola Alvarez, Longo Maï, Marinaleda, Palma del Rio, Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE, Séville, SOC-SAT, Somonte
Commentaires fermés sur [Somonte, Andalousie] « S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois ! Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper ! Voilà la solution »
[Notre-Dame-des-Landes] La Châteigne de nouveau menacée !
La Châteigne de nouveau menacée ! Appel
Rassemblement en solidarité pour le procès de la Châteigne
mardi 12 mars à 10h au tribunal de Saint-Nazaire.
Le 17 novembre dernier, lors de la manifestation de réoccupation de la ZAD, des cabanes ont été construites sur un terrain en cours d’expropriation à Notre-Dame-des-Landes. L’objectif était de faire de ces cabanes un carrefour de la lutte contre l’aéroport. Cet espace collectif, la Châteigne, est devenu un lieu emblématique, défendu suivant les semaines par des barricades ou des tracteurs enchaînés, et surtout par la détermination des dizaines de milliers de personnes qui ont participé son édification.
Le 23 novembre dernier, les occupant-e-s de la Châteigne étaient expulsé-e-s une première fois et leurs outils et matériaux volés par les forces de police. Dès le lendemain la Châteigne était pourtant reprise collectivement par les soutiens affluant de toute part. En décembre la préfecture a essayé de passer en force pour obtenir la démolition immédiate des cabanes. Mais elle a dû finir par admettre, sous la pression, qu’elle ne pouvait expulser de nouveau sans que les personnes domiciliées en ces lieux puisse se défendre et demander l’obtention de délais. Le 12 mars, les habitants officiels de la Châteigne sont convoqués au tribunal de Saint-Nazaire. Après avoir attendu pendant plus de deux mois, AGO, propriétaire de la parcelle invoque aujourd’hui, menace d’amendes salées à l’appui, la nécessité d’expulser immédiatement des personnes dont les maisons et ressources ont déjà été détruites en octobre lors de l’opération César.
Depuis décembre, des comités locaux venus des 4 coins de l’hexagone et au-delà se relaient chaque semaine pour apporter leurs énergies et leurs luttes à la chat-teigne avec des ateliers, jeux, projections, discussions, cantines, expo, fêtes… Ce bouillonnement d’idées et de pratiques représente une expérience unique dans la constitution d’un mouvement qui fait aujourd’hui écho bien au-delà de la question de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Avec sa salle de réunion, son atelier, sa No-TAVerne ou sa cuisine collective, la Châteigne est aussi un des lieux importants de ressources et de d’organisation sur la ZAD.
Que ce soit en nous battant sur le plan juridique ou sur le terrain, nous ne laisserons pas la Châtaigne se faire envahir une nouvelle fois ! Nous appelons donc tous les groupes et personnes solidaires à se rendre au procès de la Châteigne, le mardi 12 mars à 10h devant le tribunal de Saint-Nazaire.
Au-delà de la Châteigne, la ferme de Bellevue qui vient de recevoir un verdict d’expulsion sans délais, ainsi que des dizaines d’autres habitats sur la ZAD pourraient être broyés par les tractopelles dans les semaines à venir. À l’heure où nous écrivons cet appel, cela fait presque 100 jours que l’occupation militaire de la ZAD a commencé et que les checkpoint policiers permanents bloquent les allées et venues aux carrefours stratégiques — sans pour autant parvenir à empêcher les outils, vivres et matériaux nécessaires de passer à travers champs. Mais nous arrivons à un moment charnière : la fin de la commission du faux dialogue pourrait signifier le retour d’offensives policières d’ampleur.
Pourtant, même si l’occupation militaire alourdit l’atmosphère et que les menaces d’expulsion continuent à plomber l’horizon, nous savons que les tenants de l’aéroport sont dans une impasse et tournons résolument le regard vers de possibles victoires. Auxiette, AGO et consorts continuent de jeter des centaines de milliers d’euros dans des campagnes publicitaires mais la réalité leur échappe, radicalement.
Il y a aujourd’hui plus d’habitats et d’habitants sur la ZAD qu’au début de l’opération César et une dizaine de nouveaux projets agricoles devraient s’ancrer dans le sol lors de la grande manifestation de mise en culture « Sème ta ZAD » le 13 avril. La chaîne humaine entourant la ZAD le 11 mai sera un autre moment fort et les 200 comités locaux contre l’aéroport n’ont cessé de multiplier les actions depuis décembre. Mieux encore ce qui se passe ici encourage d’autres ailleurs à faire concrètement obstacle à des projets d’aménagements nuisibles. En cas de reprise des expulsions, de multiples initiatives se préparent : résistances sur le terrain, blocages et occupations immédiates des lieux de pouvoir partout en France, grande manifestation à Nantes dans les semaines qui suivront…
Nous ne les laisserons pas faire : on résiste, on construit, on cultive, on occupe, on réoccupe !
Zone à défendre, 1er mars 2013
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec La Châteigne, Notre-Dame-des-Landes, Saint-Nazaire, Vinci, ZAD
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[Bulgarie] Les Soviets plus l’électricité
Bulgarie : immolation par le feu d’un chômeur, manifestations quotidiennes
Un Bulgare s’est immolé par le feu mercredi à Radnevo, portant à trois le nombre d’immolations en dix jours en Bulgarie, a annoncé le ministère de l’Intérieur alors que les manifestations contre la pauvreté ont lieu quotidiennement dans le pays.

Des dizaines de milliers de manifestants étaient dans la rue, lundi [25 février], à Sofia.
Ventsislav Vassilev, 53 ans, s’est immolé par le feu à l’entrée de la mairie, a indiqué le maire de Radnevo. L’homme était au chômage, ainsi que sa compagne, et avait cinq enfants.
Un homme s’était déjà immolé par le feu sur un passage piétonnier à Veliko Tarnovo (centre) le 18 février dernier. Le lendemain, un autre homme avait tenté de se suicider de la même manière devant la mairie de Varna (est) et se trouve actuellement dans le coma.
Le pays est secoué depuis une vingtaine de jours par des manifestations quotidiennes provoquées par les factures très élevées d’électricité reçues en janvier. Les protestations se sont rapidement tournées contre le gouvernement, provoquant la démission le 19 février du Premier ministre conservateur Boïko Borissov.
Celui-ci est hospitalisé depuis lundi en raison d’hypertension artérielle.
M. Borissov, âgé de 53 ans, avait refusé lundi la demande du président conservateur Rossen Plevneliev de former un nouveau gouvernement.
Il n’a pas pu participer mardi au Conseil de sécurité nationale réunissant sous la présidence de M. Plevneliev plusieurs ministres, les dirigeants des partis parlementaires ainsi que des responsables des services de sécurité dans le but de mettre en place un train de mesures visant à assurer la stabilité sociale de la Bulgarie.
Les partis parlementaires refusant de former un nouveau gouvernement, des élections anticipées doivent se tenir au printemps.
Presse contre-révolutionnaire (Belga via RTBF.be, 26 février 2013)
Bulgarie : il paie la note d’électricité d’une église avec une Rolex
« Le métropolite de Plovdiv Nikolay a offert à l’église Sainte Marina un de ses rares objets personnels, une montre Rolex, en demandant qu’elle soit vendue pour que la facture d’électricité puisse être payée », a annoncé cette église de Plovdiv (sud) dans un communiqué.
Les factures d’électricité en Bulgarie ont plus que doublé en janvier par rapport à décembre, ce qui a provoqué des manifestations quotidiennes dans tout le pays, ayant mené à la démission du gouvernement de centre-droit du conservateur Boïko Borissov.
Le réseau de distribution de gaz étant peu développé, le chauffage électrique est largement répandu en Bulgarie.
L’Église orthodoxe bulgare a élu un nouveau patriarche le 24 février. Elle est souvent montrée du doigt pour des dons de nouveaux-riches en quête de respectabilité. La « Rolex » du métropolite Nikolay, et la voiture « Lincoln » utilisée par son homologue Kiril.
Presse contre-révolutionnaire (LeDauphine.com, 26 février 2013)
Bulgarie-Nouvelles manifestations contre la cherté de l’énergie
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche [24 février] dans les rues des grandes villes bulgares pour réclamer la fin de l’énergie chère et un nouveau code électoral, après la démission du gouvernement mercredi.
Près de 10.000 Bulgares sont descendus dans le centre de Sofia en brandissant des drapeaux et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Lutter pour une vie décente », « À bas les monopoles ».
« Pendant des années et des années, les hommes politiques n’ont pas réussi à imposer des contrôles stricts sur les monopoles. Ça devrait cesser », a déclaré Irena Mitova, 54 ans, qui tient une boutique dans la capitale.
Des manifestations ont également eu lieu dans 40 autres villes, réunissant 15.000 personnes à Plovdiv et Varna, les deuxième et troisième plus grandes villes du pays.
Des manifestations de moindre ampleur ont également été organisées pour protester contre l’inefficacité du système éducatif, accusé de ne pas préparer suffisamment les jeunes au marché du travail, et contre la hausse des frais dans les banques de détail, accusées de nuire aux intérêts des petites entreprises.
La colère des Bulgares contre les monopoles sur le marché de l’énergie a provoqué la démission mercredi du gouvernement du Premier ministre Boïko Borissov.
Les élections législatives prévues initialement en juillet devraient être avancées début mai.
MORATOIRE SUR LES FACTURES
Même si Boïko Borissov a réussi à préserver une certaine stabilité fiscale depuis son arrivée au pouvoir en 2009, la politique d’austérité en vigueur a freiné la croissance et provoqué une hausse du chômage.
La démission de son gouvernement n’a cependant pas calmé la colère de la population, fatiguée par la corruption endémique et mécontente de ne pas voir son niveau de vie s’améliorer.
La colère a éclaté après la montée en flèche des factures d’électricité cet hiver, les montants dépassant parfois les salaires, alors que le salaire moyen bulgare n’excède pas les 400 euros et que les pensions sont moitié moins élevées.
Les Bulgares ont dirigé leur colère contre les compagnies électriques, notamment les Tchèques CEZ et l’Autrichienne Energo-Pro, qui détiennent depuis 2004 l’exclusivité de la fourniture d’électricité dans certaines régions.
Le président Rosen Plevneliev, qui nommera probablement la semaine prochaine un gouvernement intérimaire et prononcera la dissolution du parlement, a rencontré les manifestants. Il les a assurés que leur voix serait entendue.
Les manifestants réclament notamment un moratoire sur les factures d’électricité de décembre et janvier mais aussi une modification de la constitution pour permettre l’élection des députés au suffrage direct.
Certains réclament également que le parlement renforce le contrôle sur les monopoles dans le secteur énergétique. Beaucoup réclament aussi la renationalisation des groupes électriques.
Presse contre-révolutionnaire (Tsvetelia Tsolova, Reuters, 24 février 2013)
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Marqué avec Boïko Borissov, Bulgarie, CEZ, Energo-Pro, Plovdiv, Radnevo, Rossen Plevneliev, Sofia, Varna, Veliko Tarnovo, Ventsislav Vassilev
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[Shangpu, Guangdong] « Nous réclamons avec force des élections légales et démocratiques »
EXLUSIF AFP – Chine : un bourg du sud défie les autorités et exige des élections
SHANGPU (Chine) – Les habitants d’une bourgade du sud de la Chine se sont rebellés contre les autorités à propos de saisies de terres et demandaient dimanche des élections démocratiques, après des heurts violents avec des nervis envoyés par un responsable local, a constaté l’AFP.

Des véhicules endommagés en raison d’affrontements, jonchent la rue principale le 2 mars à Shangpu
La police a interdit l’accès de la bourgade aux personnes étrangères et les habitants refusent de leur côté l’entrée aux responsables officiels, à quelques jours de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le parlement chinois.
Il y a une semaine, les habitants de Shangpu, dans la province du Guangdong, se sont battus avec un groupe de personnes envoyées, selon eux, par le chef local du Parti communiste et un homme d’affaires désireux de s’emparer de terres agricoles du village.
Les faits rappellent l’affaire de Wukan, un village côtier du Guangdong, distant de 100 km, devenu célèbre fin 2011 pour s’être soulevé contre ses cadres communistes corrompus, accusés de s’être emparés de terres pour une opération immobilière.
L’AFP est le premier média occidental à avoir pu entrer dans Shangpu depuis le début de l’affrontement.
À l’entrée du village de 3.000 habitants, une quarantaine de membres des forces de l’ordre montent la garde, empêchant les véhicules de rentrer.
Non loin, une banderole de tissu proclame : « Nous réclamons avec force des élections légales et démocratiques ». Dans le village, les maisons à un étage, typiques de la région, dont plusieurs abritent un atelier ou un petit magasin, donnent sur des rizières. La rue principale est jonchée de carcasses de voitures et de bris de verres, reliques des affrontements qui viennent de s’y dérouler.

Les habitants réclament le droit d’élire leur représentant et de donner leur avis sur le projet très controversé de transformer les rizières environnantes en zone industrielle. « Ça devrait être décidé par un vote des villageois », déclare un des meneurs du mouvement de protestation. « Le chef du village devrait représenter nos intérêts, mais ce n’est pas le cas ».
Les habitants craignent qu’une fois la session annuelle du parlement chinois entamée, mardi, les autorités cherchent à écraser le mouvement de contestation.
« Afin de maintenir la stabilité, elles (les autorités) ne veulent pas recourir à la force avant la réunion » du parlement, ajoute un autre villageois. « Nous avons peur qu’elles reviennent ».
Leur presse (Agence faut Payer, 3 mars 2013)
Special Report: Freedom fizzles out in China’s rebel town of Wukan
Zhuang Liehong, a 28-year-old cigarette and liquor salesman, was fed up. Businessmen were seizing land here in Wukan, his hometown fishing village in southern China. Village officials not only didn’t help — they had secretly sold the land. Outside authorities did nothing.

Villagers write ballots at voting booths in a classroom at a school, turned into a polling station, at Wukan village in Lufeng, Guangdong province in this February 1, 2012 file photo.
In 2009, Zhuang and a handful of other young villagers launched what they called the Wukan Hot-Blooded Patriotic Youth League. They began with a petition campaign. It was ignored. An early rally drew few supporters.
They kept at it. By the fall of 2011, the village of 15,000 was in open rebellion. They forced the local leadership of the Communist Party to flee and began a months-long standoff with police. Eventually the government caved, sacking the local leaders and, in a first, allowing Wukan to conduct secret-ballot elections. The village voted Zhuang and other protest leaders onto the town council. Across China, people began buzzing about a « Wukan Spring. »
Later this month, Communist Party leader Xi Jinping will officially assume control of China. He has vowed a crackdown on the entrenched interests that has fueled corruption in the party. But in Wukan, the spring is over.
Uprising leader Zhuang quit the village council in October. The new council made little progress in getting back land from the insiders who seized it, prompting Wukan’s new village chief Lin Zuluan to speak privately of stepping down.
Raising money to fund schools and welfare is just as difficult for the new council as it was for the old regime — if not more so.
« I found I couldn’t do anything, » said Zhuang as he sipped steaming green tea in a Chinese tea shop he now runs in Wukan.
Reuters visited Wukan six times over the last year-and-a-half, chronicling the early protests, the uprising, its eventual triumph and now its disillusionment.
The events in Wukan focused keen attention in Beijing over a problem the central government had long underplayed — rampant land seizures across China. The government is drafting revised land management legislation for the annual parliament session in March that would require farmers — an estimated 650 million of them in China — to be adequately compensated and relocated before officials can expropriate any land.
But Wukan’s failure to overcome entrenched corruption shows how difficult it is for grassroots protest to spur lasting change in China. Towering above Wukan is a vast local, regional and national edifice of Party control and vested interests. Indeed, even the Xi administration’s push to overhaul the land seizure law faces opposition from developers, businesses and local governments that depend on property sales.
« For Wukan, amongst all the villages in China, to be able to rise up and protect their interests, then to conduct a democratic election and to become a kind of experimental ground, is significant, » said Peng Peng, a senior researcher with the Guangzhou Academy of Social Sciences. But the inexperience of the new leaders and their halting progress over the land issues has exposed the teething problems of nurturing village democracy in China, he added. « There can’t just be democracy, there needs to be solid administration, too. »
SEEDS OF UPRISING
Flanked by scrubby hills and a sheltered harbor, Wukan was first settled during the reign of the Kangxi emperor in the Qing dynasty some 350 years ago by people from the north. Every morning, small wooden fishing skiffs sputter out on diesel outboard motors through a narrow inlet towards the South China Sea. The village itself is a mix of weather-beaten tiled village houses, colorful temples and modern villas, surrounded by fields, and marshes to the east. Nestled beside a bay on the far eastern reaches of affluent Guangdong province, Wukan is around four hours by car along the coastline from the booming cities of Shenzhen and Hong Kong.
Wukan’s foot soldiers were young men steeped in the migrant labor battles of the Pearl River Delta factory belt in southern Guangdong Province. Wukan sends many of its young to scrape a living in the gritty factory towns of a region known as China’s workshop of the world, some 200 kilometers (120 miles) from the village. Zhuang Liehong was one of them.
The son of a fisherman, Zhuang had heard about the land seizures from China’s twitter-like microblogs called Weibo and other chat rooms used by Wukan youths living and working across Guangdong. A chain smoker with a buck-toothed grin and a fiery character, Zhuang turned up in Guangzhou, the provincial capital, on a hot summer day in June 2009. He was there to assist in a petition campaign against the Wukan land seizures. He arrived with red plastic bags full of rice boxes, expecting a large crowd. Only around 10 people showed up that day.
Zhuang met Hong Ruichao, then 25, who had also heard about the petition campaign through social media. A native of Wukan, he had made the four-hour drive from the town of Heyuan, where he was working at the time as a small goods trader.
« I felt despair then, » Hong recalled later. « How could 10 people make a difference against corrupt officials? »
The two new friends helped form the Wukan Hot-Blooded Patriotic Youth League. They printed membership cards depicting two soaring birds against a rising sun. The League cards had 10 principles, including pledges to lead a moral life, love one’s country and fight for democracy and justice.
The small group began looking into deals brokered by Wukan’s Party boss, Xue Chang, who’d been in charge of the village for over three decades. Land in China is owned either outright by the state, or collectively by a village or city, whose leadership then leases it to residents for cultivation or residence. The laws give local governments wide latitude to expropriate land from farmers, often secretly and with little or no compensation.
Anger grew as Xue continued to brazenly sell off large swathes of land around Wukan in the 1990s and 2000s to businessmen in a web of deals. These included a seahorse-breeding factory, a hotel and other property developments, roughly encompassing around a third of the village’s entire 1,400 hectare (3,460 acre) area, according to documents reviewed by Reuters.
The Hot Blooded Patriots complained to township, county and provincial officials. They were rebuffed or ignored. They launched court cases and petitions that went nowhere. Yet between 2009 and 2011 their group expanded to dozens of members, and then hundreds, as local Party boss Xue and his allies continued to sell off more and more of Wukan’s land.
It wasn’t just happening in Wukan. An estimated 90,000 « mass incidents » — an official term for protests or social disturbances — boil up each year in China. Two-thirds of them are disputes over farmland seized for development, according to a wide-ranging survey in 17 provinces conducted in 2011 by U.S.-based Landesa Rural Development Institute, Renmin University and Michigan State University. The survey found 4 million people on average lose their land to government expropriation each year.
The central government in Beijing reserves almost all taxing power for itself. That means local governments rely on land sales to pay for public services. It’s highly lucrative to do so.
The mean compensation local governments paid to farmers for taking land was $17,850 an acre, according to the 2011 survey of 1,791 Chinese farming households. The mean price at which it was resold, mostly to commercial developers, was $740,000 an acre. Little wonder local governments such as in Wukan were grabbing and selling as much land as they could.
That trend accelerated during Beijing’s $600 billion stimulus to the economy after the 2008 global financial crisis. Local governments and state-owned enterprises poured borrowed money into infrastructure and real estate projects, often of questionable necessity and mostly using land as collateral.
Brick walls and construction signboards sprouted in Wukan’s rice, yam and peanut fields and along its seashore, marking the homes, factories and hotels that developers were planning. At the new Golden Sands nightclub, hostesses in glittering dresses welcomed patrons into a marble lobby.
MOBILISING A MOVEMENT
Wukan had seen enough. On September 21, 2011, thousands of villagers — clanging gongs, pumping their fists, holding aloft banners with the words, « Return our Ancestral Farmland » — marched up a highway. They headed for Lufeng, the city with direct jurisdiction over Wukan. Some of the protesters recorded the demonstration on their mobile phones to show reporters later.
The next morning, busloads of riot police cracked down in Wukan, beating men, women and school children with truncheons. Farmers and fishermen fought back with anything at hand — sticks, mops, brooms and rocks — along the main street of the village, the phone videos showed.
The Communist Party office in Wukan, a pink-tiled building adorned with a crimson party star, was gutted, along with a police station. Crowds ripped the gates off the hinges at the entrance to the party’s office. They smashed furniture and shredded documents.
After the police pulled out and Party officials scattered out of Wukan, protesters elected a 13-person temporary village council that included a retired Communist Party cadre named Lin Zuluan. Grabbing the microphone at an open-air Chinese theatre with stone dragon pillars, the 67-year-old declared: « Wukan’s original village committee is no long the village committee. »
The crowd was electrified. « I really didn’t know him before, » said Zhuang. « But old Lin had the moral character and authority to unite us. »
Within a week, however, police and security forces returned, and a tense standoff prevailed for 11 weeks. On December 3, 2011, police swooped in to arrest Zhuang and on December 9, other protest leaders were caught on the outskirts of the village, including Hong. Also arrested was 42-year-old Xue Jinbo, a small business owner who had come to the fore of the movement.
A day later, Xue died in prison. The official explanation was cardiac arrest. But his family said Xue’s body had heavy bruising and his thumbs had been pulled back and broken.
Outraged villagers blocked the main roads into Wukan. Thousands of riot police cordoned off the area. Wukan was under siege.
« We pledged to shed blood to protect our village, » said Wu Ruidu, a broad-shouldered 37-year-old fisherman, pointing to where trenches were dug at the time. « If a gong was sounded, everyone in the village was ordered to charge out and fight … We slept very little. »
Foreign reporters were piling into Wukan, alerted by online posts, photographs and videos the village was sending out.
Villagers chronicled the standoff with snapshots and home videos. « We encouraged this, » said 22-year-old Zhang Jianxing, who zipped around on a black moped with his shoulder-bag stuffed with phones, cameras and other gear. « It was the only way we could prove to people the authorities were telling lies. »
These dispatches marked a turning point. Citizens increasingly connected by social media were the primary source of information about what was happening in Wukan, with government-run media outlets mostly ignoring the story.
THE BIG CLIMBDOWN
In the provincial capital of Guangzhou, Wukan and the international attention it was getting goaded provincial Party Secretary Wang Yang into action.
Born into a poor rural family in eastern Anhui Province, Wang, 57, had become a voice for social and political reform. His modest upbringing contrasted with that of the « princelings, » offspring of former Communist leaders or top military brass, including China’s new leader, Xi Jinping.
Wang had handled similar eruptions before since taking up the post in 2007, as Guangdong’s Pearl River Delta factories were undergoing tumultuous labor unrest. He sent an 18-person team led by his deputy, Zhu Mingguo, to investigate the Wukan land deals. On December 20, after a week of siege, Wukan’s villagers received a text message from Zhu on their mobile phones: Their demands were reasonable and were accepted.
« The majority’s aggressive actions can be understood and forgiven; we will not pursue any responsibility, » the message said in part.
Wang fired Wukan’s village boss, Xue Chang, and Xue’s deputy. Zhuang Liehong and two other members of the Wukan Hot Blooded Youth League were freed from jail.
The village declared an end to the protests.

Residents of the village of Wukan in Lufeng county, Guangdong province remove a barricade blocking a road leading into the village in this December 20, 2011 file photo after an agreement was reached with officials.
« People’s democratic awareness is increasing significantly in this changing society, » Wang Yang was quoted as saying by the state media a week later. He even called for a « Wukan approach » to reforming village governance.
In the weeks after Wukan’s uprising, activists from other villagers in China came to study the « Wukan model », villagers said.
In November 2012, 200 residents of Xincuozhai village near Wukan staged a land-grab protest. Nine villagers were arrested. Their whereabouts remain unknown. An hour east of Wukan, in Liantang village, thousands of villagers recently thronged outside government offices, angered by the brazen sell-off of collective farmland.
« It sets an example, » said Ai Xiaoming, an academic at Guangzhou’s Sun Yat Sen University who made a documentary film about Wukan. « One village and one person cannot change China, but if every village becomes like Wukan, then China will change. »
OPEN GOVERNANCE
On an overcast March 3 last year, some 6,800 people, nearly 80 percent of Wukan’s eligible voters, cast ballots in the town’s first free and fair election for decades.
The elder Party cadre, Lin Zuluan, was elected village chief in a landslide. Zhuang and two other members of the Wukan Hot-Blooded Patriotic Youth League won seats on a seven-member council overseeing village affairs.
The new council has repaired roads and set up a small welfare fund for single mothers and the elderly. It publishes financial statements on posters hung around the village. It holds open tenders for public projects, such as a new typhoon shelter in the harbor and a new school dormitory.
But the plots of land the village managed to wrest back remain in limbo, pending a fuller resolution of the remaining disputed farmland. The new village leaders have refused to release any returned land for individual use because it wants to combine the plots for community development and tourism projects, such as a proposed eco-park, that will benefit the entire village.
The difficulty in getting the rest of the land back is testament to the enduring power of vested interest groups in China.
Li Bingji, a well-connected local businessman and a member of China’s national parliament, bought 25 plots in Wukan before the uprising through his firm, Yi Da Zhou. He then used the land, now revalued on the books at the high price at which he bought it from the village, as collateral for 140 million yuan ($22 million) in bank loans, according to documents reviewed by Reuters.
Wukan has been trying to wrest back that land. Three village committee members told Reuters they believed Li was being protected by higher authorities to avoid bringing down other officials, bank executives and businessmen who profited from Wukan’s land sales.
Li could not be reached for comment. Neither the Lufeng city government nor the provincial government in Guangzhou responded to requests for comment on this story.
Xue Chang, the deposed village leader, was recently handed a three-year, eight month sentence on charges of abuse of official power and illegal land transfers.
According to a witness present at court, Xue sat in a wheelchair with a white beard, visibly aged. He had been undergoing treatment at the Lufeng People’s Hospital for a cardiac condition, police guarding his hospital room said. He will be allowed to serve his sentence at home.
Villagers have grown cynical about the fading Wukan spring. « It’s like being given a check for two million yuan, but it bounces when you go to the bank, » said Wukan resident Chen Jinchao.
WUKAN MODEL
Wang Yang, the Guangdong provincial party secretary who extolled the « Wukan approach, » rarely talked about it after the crisis passed. Wang was once widely considered to be on a short list of candidates for the Politburo Standing Committee, the inner circle of the Communist Party that is the most powerful body in China. Wang was conspicuously absent from the list when Xi and other leaders were introduced at the 18th Party Congress in November. He was replaced in December as the party boss in Guangdong, though there’s widespread talk he could be made a vice premier at this month’s parliament session.
Zhuang, the rebel-turned-tea-shop-owner, hasn’t given up hope. But after quitting his town council seat, he has all but given up on government. Serving tea at a thick wooden table with several friends while smoking and listening to Chinese rock songs, he said he’ll continue working for change. But he’ll do so with a much lower profile.
« I want to use a different role and direction to work for the villagers, » Zhuang said. « We will preserve the strength from behind the scenes, to not allow the government to control us. »
Leur presse (James Pomfret, Reuters, 28 février 2013)
Publié dans Les luttes de classe en Chine, Luttes pour la terre
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[Expulsé pour l’honneur de la DCRI] « Il est traité comme un terroriste notoire alors qu’il n’a jamais prêché pour le jihad ou fait l’apologie du terrorisme »

Le commerçant yvelinois suspecté de terrorisme expulsé vers l’Algérie
Abdelghani Hadef, le commerçant de Mantes-la-Jolie (Yvelines) suspecté d’appel au djihad, a été expulsé ce vendredi en début confirme le ministère de l’Intérieur en France. L’homme avait été interpellé jeudi matin dans le quartier du Val-Fourré par les policiers avant d’être transféré vers le centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne).
Il en a été extrait vendredi à 12h30.
« Je me suis présentée sur place et on m’a répondu qu’il y avait un problème et que mon frère n’était plus dans les lieux, indique sa sœur. On a refusé de me dire où il est parti. » Son avocate, Me Nawel Gafsia, a appris un peu plus tard que son client se trouvait à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Il pourrait embarquer dans les prochaines heures vers l’Algérie, son pays d’origine. « Son avis d’expulsion ne lui a jamais été notifié. Personne ne me tient au courant. Je n’ai jamais vu ça », s’énerve l’avocate.
Son client demandait depuis 2006 le regroupement familial pour son épouse et son jeune fils « très malade », né en 2009, qui vivent en Algérie, ce qu’il a fini par obtenir en octobre 2012 après avoir engagé plusieurs procédures devant la justice. Mais la famille n’était pas arrivée en France, selon l’avocate.
« Il n’a jamais fait l’apologie du terrorisme », insiste son avocate
Depuis plusieurs années, l’homme était suivi par les services des Renseignements généraux puis de la Direction centrale du renseignement intérieur qui le suspecte d’être un chef de réseau djihadiste. Les services de l’État s’appuient sur « un blanc » de la DCRI, une note confidentielle. Mais selon son avocate, Abdelghani Hadef aurait pourtant « un casier vierge ». Il n’aurait jamais fait l’objet d’une enquête judiciaire. « Il est traité comme un terroriste notoire alors qu’il n’a jamais prêché pour le jihad ou fait l’apologie du terrorisme », insiste son avocate.
Le 10 février, le ministère de l’Économie et des Finances avait pris un arrêté pour geler les avoirs d’Abdelghani Hadef, commerçant suspecté de promouvoir « le jihad armé contre la France » et d’inviter à « commettre des actions violentes et des meurtres à l’encontre de personnes ». Il était depuis théoriquement expulsable.
Ces mesures contre Abdelghani Hadef font suite à une note de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Abdelghani Hadef y est décrit comme un proche de groupes terroristes qui animerait depuis plusieurs années des réunions avec « un petit groupe d’islamistes radicaux » pour préparer des attentats. La note se conclut de cette façon : « Son éloignement du territoire français [mettrait fin] à la menace que constitue sa présence sur notre sol ».
La préfecture des Yvelines ne souhaite pas s’exprimer sur ce dossier. Sollicité à de nombreuses reprises, le ministère de l’intérieur n’a jamais répondu à nos demandes d’information.
Presse terroriste (Mehdi Gherdane et Maxime Fieschi, LeParisien.fr, 28 février 2013)
Publié dans La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire
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[Révolution égyptienne] Alors que les généraux et leur allié Morsi s’agrippent au pouvoir, les villes du delta du Nil leur échappent peu à peu
(…) La vague était silencieuse pendant quelques semaines. Mais la Chronique en avait parlé. Partie de Port-Saïd, entrée en désobéissance civile depuis deux semaines et demi, la colère a gagné peu à peu l’ensemble des cités du Canal de Suez, écrasées dans le sang par les Généraux et la police de Morsi, pour gagner d’autres villes, dont la célèbre Mahalla (al-Kubra). Cette cité est un symbole : elle fut la première à se soulever en 2008 contre Moubarak. Et désormais, elle est en tête de la rage contre le régime des Généraux et de Mohamed Morsi. Dans les villes en rouge, hormis Mansoura où la police réprime, les administrations sont closes.
Tala et Mansoura rejoignent l’insurrection, la Chronique considère Mahalla comme aux mains de la rue (…). Le pouvoir des Généraux et de Mohamed Morsi ne contrôle plus Mahalla, ni Port-Saïd, ni Mansura, depuis désormais trois jours, même si la révolte dans ces villes gronde depuis trois à une semaine. Ce 2 mars, Tanta est elle aussi paralysée, ses administrations surveillées par des milliers de personnes, tandis que les commerces sont fermés ou en grève partielle, et les routes et places sont bloquées. (…)

Tanta, 2 mars 2013
(Page Facebook de « La Chronique du Printemps Arabe par Cédric Labrousse », 2 mars 2013)
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La révolution syrienne, seule contre tous
Initiée le 15 mars 2011, la révolution syrienne a maintenant un an et demi. Elle s’inscrit dans la série de mouvements, révolutionnaires ou réformateurs, qui contestent les pouvoirs en place dans une vingtaine de pays arabes. La puissance de l’insurrection et l’héroïsme de ses acteurs, la violence de la répression à laquelle ils sont confrontés, tout comme l’isolement auquel ils semblent pour l’instant condamnés, donnent cependant à ce mouvement des traits exceptionnels.
Mouvement de masse, spontané et pendant de longs mois pacifique, la révolution syrienne a commencé à Deraa puis gagné progressivement les autres régions du pays, à l’exception de Damas et d’Alep, qui ne seront touchées qu’au début de l’été 2012. Dans chaque ville ou localité, les manifestants organisaient chaque vendredi, et parfois quotidiennement, des cortèges avec comme slogans principaux « Le peuple veut la chute du régime » et « Liberté ».
Hommes, femmes et enfants se joignaient aux cortèges. La classe ouvrière, les chômeurs et les couches paupérisés étaient d’emblée le fer de lance de ce mouvement, rejoints par une importante composante estudiantine. Les manifestations, diurnes ou nocturnes, ont été immédiatement réprimées. Le mouvement s’est ensuite étendu aux régions kurdes et à des localités alaouites ou druzes. Vers la fin de l’année 2011, il s’est doublé d’un mouvement de grève générale et de désobéissance civile, inégalement suivies.
Les soutiens du régime
Le régime syrien est soutenu activement par un arc de forces allant de la Russie et de la Chine, de l’Iran et du Hezbollah libanais à des appuis plus idéologiques tels que l’ALBA (« Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique », composée notamment de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua et de la Bolivie), voire le Jihad Islamique palestinien. Il sait que l’extrême droite antisémite internationale lui est acquise ; après avoir accueilli un criminel de guerre nazi, il entretient avec elle des relations anciennes. Il peut compter sur le silence de l’État d’Israël, ce dernier ayant apprécié ce régime prétendument « anti-impérialiste » qui n’a pas tiré un coup de feu en direction du Golan occupé et qui aura contribué par ailleurs à réprimer les Palestiniens à plusieurs reprises, ainsi qu’à contrôler plusieurs formations palestiniennes. Notons aussi le mutisme d’une kyrielle de formations qui n’ont pourtant pas lésiné sur leur soutien à d’autres révolutions (Parti communiste libanais, Front populaire pour la libération de la Palestine).
Le régime ne cèdera jamais et persistera dans la répression : arrestations, tortures, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, déjà de mise avant la révolution, se multiplient. À l’été 2012, cette répression a fait 20’000 morts, des centaines de milliers de blessés, de disparus, de déplacés ou d’exilés dont l’essentiel se retrouve en Turquie, en Jordanie et au Liban. À la répression sanglante s’ajoutent les tentatives répétées du régime de fomenter une guerre civile sur des bases confessionnelles, en vain puisque des membres des minorités se joignent à la révolution, ainsi que les attentats qu’il provoque et dont il attribue la paternité à des « terroristes salafistes », en vain là-aussi. Sa seule manœuvre ayant connu un début d’aboutissement est son abandon récent de régions kurdes au PYD, branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) basé en Turquie, pour encourager les autres formations kurdes acquises à la révolution à la délaisser, pouvoir concentrer et donc renforcer les forces gouvernementales et, au-delà, fomenter des tensions entre Arabes et Kurdes ainsi qu’une menace contre le régime turc.
Auto-organisation généralisée
La révolution n’en est que plus déterminée. Elle s’auto-organise en coordinations, principalement locales, qui se chargent d’organiser les manifestations, les secours et la médiatisation. En dépit de la répression, le nombre des manifestations ne fait que croître et si le régime ne tombe pas, c’est uniquement sur le plan militaire. Politiquement, il est mort. La révolution se double d’une résistance armée, initiée par des déserteurs ayant emporté le maximum d’armes avec eux, soucieux dans un premier temps de se protéger et de défendre les populations civiles, rejoints au bout d’un an par des milliers de jeunes gens qui ont pris les armes et forment l’essentiel de l’Armée syrienne libre.
Celle-ci est restée pendant plus d’un an une somme de petites unités sans réelle coordination ou commandement. Et quand ce dernier a vu le jour, c’est en étant déconnecté de toute direction politique.
Outre les coordinations, les opposants syriens se regroupent en une myriade de structures dont les plus médiatisées à l’étranger, comme le Conseil national syrien (CNS) et le CCNCD (Comité de coordination nationale pour le changement démocratique), n’ont que peu d’audience sur le terrain. Le CNS a été reconnu par les pays « amis de la Syrie » comme le représentant du peuple syrien, ce qui est démenti par le terrain. Cette reconnaissance lui vaut injonction de s’inscrire dans le plan de Kofi Annan de transition négociée et ne signifie en rien un quelconque soutien militaire à la révolution syrienne, de la part de pays par le passé prompts à intervenir.
Transition négociée ?
L’économie syrienne est exsangue, les prix flambent et, pour la première fois en juin 2012, des secteurs de la bourgeoisie commerçante affidée au régime ont observé à Damas une grève générale tandis que des gradés commençaient à faire défection et qu’un attentat tuait quatre responsables de la sécurité syrienne. La « défection » récente du général Manaf Tlass s’apparente plus à une volonté de sauver le régime d’Assad en le débarrassant de sa tête.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a vu toutes ses résolutions bloquées par les vétos russes et chinois. À aucun moment, les puissances impérialistes n’ont envisagé une intervention militaire en Syrie. Elles se sont bornées à évoquer des sanctions, dont une série, de type économique ou diplomatique, ont été suivies d’effet.
D’autres États affichent un soutien à la révolution syrienne (Turquie, Qatar, Arabie Saoudite) et ont rejoint les puissances impérialistes qui partagent un projet de transition négociée avec le régime, préservant ce dernier après le départ du dictateur, dans le but de faire progresser les forces islamistes qui leur sont acquises. L’Arabie Saoudite n’est « révolutionnaire » qu’en Syrie, puisqu’elle a réprimé le mouvement révolutionnaire sur son territoire et dans celui de Bahreïn.
Une révolution abandonnée à son sort
L’enthousiasme qui avait suivi les premières révolutions arabes au niveau mondial est largement retombé quand a éclaté et s’est prolongée la révolution syrienne, le processus le plus tenace et le plus héroïque de la région. Les révolutionnaires sont abandonnés à leur sort. Les diasporas syriennes sont partout le fer de lance de la solidarité politique et humanitaire : réseaux d’assistance médicale, envois de convois aux frontières turque et jordanienne, organisations de manifestations de rue dans les cinq continents. Elles ont été rejointes par les organisations de défense des droits de l’homme de par le monde. C’est sur elles que repose l’essentiel de la solidarité – organisation de campagnes sur le long terme, défense de cas individuels, mobilisations de rue. Les alliances internationales du régime démobilisent des milliers de militants « anti-impérialistes » obnubilés par les déclarations du CNS et de ses parrains impérialistes, peu attentifs à la révolution concrète sur le terrain et encore plus aveugles face aux crimes contre l’humanité perpétrés sous leurs yeux.
Car la plus magnifique révolution de ce début de vingt-et-unième siècle s’accompagne aussi d’un odieux massacre de masse. Il ne s’agit pas seulement de répression d’une révolution telle qu’elle a pu être perpétrée « traditionnellement », dans d’autres pays où l’on a tiré sur des manifestants, mais d’une politique d’extermination systématique de populations civiles, dont les enfants ont déjà payé un lourd tribut. Le monde sait mais reste sans réaction. Les demandes de solidarité affluent pourtant, formulées de tous côtés.
Alors que des centaines de milliers de civils ont fui pour se réfugier dans les pays limitrophes, ils sont quelques-uns à être parvenus jusqu’en Europe. Selon les chiffres officiels publiés par l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), ils sont une centaine à avoir demandé l’asile en France depuis le début de la révolution syrienne, soit une centaine de révolutionnaires et de rescapés des massacres dont la majorité est à ce jour SDF. En dépit de leur nombre infime au regard des foules accueillies par les pays voisins de la Syrie, ni les institutions, ni les militants de ce pays ne leur ont ouvert leurs portes.
Toutes celles et ceux qui luttent pour la justice sociale, la démocratie trouveront dans la révolution syrienne l’occasion de ne pas rester des commentateurs désabusés, mais de prendre leur part dans un combat magnifique dont tous les puissants de ce monde voudraient se débarrasser.

Luiza Toscane, Tout est à nous !, n° 35, septembre 2012
Publié dans La révolution syrienne
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2 commentaires
[France] Qu’est-ce qu’un débat parlementaire ?

(…) ce mercredi 27 février (…) le débat à l’Assemblée sur la reconstruction et le développement du Mali. (…) Les uns après les autres, les représentants des différents groupes parlementaires se sont succédés à la tribune pour célébrer le professionnalisme de l’armée française et assurer le gouvernement de leur soutien. (…)
Publié par des professionnels du débat (Sarah Halifa-Legrand, Nouvelobs.com, 27 février 2013 – illustration : LCP.fr)
[« Chaque flic est un flic de trop » / Copwatch] La police travaille en Afrique du Sud
Meurtre d’un Mozambicain en Afrique du Sud : huit policiers arrêtés
Les policiers coupables d’avoir traîné derrière leur véhicule un Mozambicain décédé ensuite au commissariat ont été arrêtés vendredi en Afrique du Sud, où la police est sous le feu des critiques pour sa violence et son manque de respect des droits fondamentaux.

Des proches de Mido Macia, traîné à mort par la police, rassemblés à Daveyton, à l’est de Johannesbourg, le 1er mars 2013
« Les huit policiers ont été arrêtés dans les locaux du commissariat de Benoni », dans la banlieue est de Johannesburg, a indiqué dans l’après-midi à l’AFP un porte-parole de la police des polices, Moses Dlamini (IPID). Il seront présentés lundi à un juge.
Le chef du commissariat a, pour sa part, été relevé de ses fonctions et muté pour ne pas compromettre l’enquête.
L’affaire, survenue dans une township proche de Johannesburg, aurait-elle eu cette résonance si les médias locaux n’avaient pas diffusé la vidéo amateur montrant l’incident ? Difficile à dire. Mais le scandale provoqué par ces images de policiers menottant le chauffeur de taxi mozambicain mal garé, puis le traînant au sol derrière leur véhicule devant une foule médusée, a obligé les autorités à réagir vite.
« C’est une affaire absolument terrifiante », a déclaré à Genève le porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, Rupert Colville, « il faut une enquête très rapide ».
La police des polices a ouvert une enquête pour meurtre, et la dirigeante de la police nationale, Riah Phiyega, a affronté la presse vendredi matin, en direct devant les caméras de télévision.
Les questions témoignaient d’une exaspération certaine, l’un des journalistes demandant notamment si « le nombre de morts dans les commissariats était plus ou moins élevé aujourd’hui que sous l’apartheid », le régime raciste qui réprimait par la violence les volontés d’émancipation des Noirs, avant l’instauration de la démocratie en 1994.
« Chaque mort est une mort de trop », a répondu Mme Phiyega.

Le chauffeur de taxi Mido Macia, 27 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule deux heures environ après l’incident. L’autopsie a révélé qu’il avait succombé à un traumatisme crânien et une hémorragie interne. Le jeune homme, qui avait émigré en Afrique du Sud à l’âge de dix ans, « n’avait jamais posé de problème dans la population et était toujours prêt à rendre service », a témoigné une voisine sur un média local.
En 2010-11, près de 800 personnes sont mortes en garde à vue ou du fait de la police, selon l’autorité de contrôle de l’institution, et en 2011, la mort en direct d’un manifestant torse nu et non armé, Andries Tatane, frappé à mort, avait déjà mis le pays en émoi.
« Le cœur de notre action, c’est la lutte contre le crime. Que ce soit dans les rangs de la police ou à l’extérieur, nous devons nous y attaquer », a martelé vendredi la patronne de la police, qui n’avait pas brillé par sa compassion pour les victimes lors du dernier scandale impliquant ses services, lorsque les policiers avaient abattu 34 mineurs grévistes à Marikana en août 2012.
Interrogée par l’AFP en marge de la conférence de presse, Mme Phiyega a cependant semblé trouver normal que la police, un corps de 200.000 hommes, soit contaminée par la violence de la société sud-africaine : « La police est une énorme institution, alors ce type d’incidents (…) ça arrivera toujours. Et parce que ça arrivera toujours, la grande question est : comment y remédier ? ».

« Tirez les premiers »
« Que la police ait fait cela en public, alors que des gens filmaient avec leur portable, ça donne la mesure de l’impunité », a commenté vendredi pour l’AFP Frans Cronje, chercheur à l’Institut pour les Relations entre les Races.
Les criminologues expliquent les comportements violents des policiers par leur niveau de stress, dans un pays où des agents en service sont régulièrement abattus par des malfaiteurs. « Lorsque vous voyez un criminel pointer une arme vers vous, ne souriez pas. Le canon n’est pas une caméra. Tirez les premiers pour protéger votre vie », avait préconisé en 2011 un ancien chef de la police lors de funérailles de policiers.
« Depuis des années, explique M. Cronje, les policiers ont appris qu’ils peuvent avoir les comportements les plus brutaux. Quand ça arrive aux oreilles des médias, la seule chose qu’ils risquent, c’est une tape sur les doigts, ou alors on étouffe l’affaire discrètement (…) je crois que ce à quoi nous assistons là est une conséquence à long terme » de cette culture de violence impunie, ajoute le sociologue.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 1er mars 2013)
Publié dans La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire
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[Grève à PSA Aulnay] « Il n’y a pas eu de bouteilles jetées » LOL
Aulnay : nouvel incident chez PSA
De nouveaux incidents ont éclaté aujourd’hui à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), paralysée depuis la mi-janvier par un mouvement de grève qui voit des tensions régulières entre grévistes et cadres de l’entreprise, a-t-on appris de sources concordantes. Ces incidents sont intervenus quelques heures après une visite dans l’usine du futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, venu rencontrer des salariés de l’usine pendant deux heures aujourd’hui.
Selon la direction du site, « des munitions en métal ont été projetées et deux personnes en ont reçu, l’une dans le genou, l’autre dans le ventre ». « Ces munitions ont été accrochées à des pétards », a précisé une porte-parole de la direction, qui a également fait état de jets de « bouteilles de verre ».
Contactés par l’AFP, deux salariés ont confirmé ces incidents sous le couvert de l’anonymat. « Il y a eu des jets de pétards, deux personnes ont été touchées », a dit l’un de ces salariés, parlant d’une « ambiance très tendue ». « Les tensions, elles viennent des cadres et des agents de maîtrise », a répliqué Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, syndicat à l’origine du mouvement de grève, niant les faits reprochés aux grévistes. « Il n’y a pas eu de bouteilles jetées », a-t-il assuré.
L’usine d’Aulnay, qui emploie 2800 personnes et doit fermer en 2014, est touchée par une grève depuis mi-janvier. Le mouvement a été émaillé par plusieurs incidents.
Presse esclavagiste (LeFigaro.fr, 1er mars 2013)
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À qui et à quoi peuvent bien servir les « identitaires », et au sujet de leur prétendue « implantation » à Boulogne-sur-Mer…
Le scénario est invariablement le même. À partir d’une simple information pêchée sur le net, un non-événement monté en épingle déborde sur l’espace public jusqu’à produire l’effet contraire de celui escompté. Ainsi, la réunion à Boulogne-sur-Mer de quelques jeunes fascistes, pour la plupart membres de la petite bourgeoisie locale occasionne depuis quelques jours une agitation stupide prêtant à une officine sans ancrage une importance qu’elle n’a pas mais qu’elle réclame. À tel point que l’on est en droit de se demander qui, à ce petit jeu, sert les intérêts de qui ?
Misère de l’anti-fascisme
Il nʼest pas dans notre intention de nier la résurgence d’une extrême-droite dans de nombreux pays européens ni de sous-estimer le danger et le piège qu’elle représente pour les exploités à mesure que la crise s’aggrave. Il nous importe plutôt de comprendre dans le jeu politicien actuel en rapport à l’activité du capital, quels intérêts parfois divergents elle peut être conduite à servir.
Dans le cas présent, nous assistons tout bonnement à l’instrumentalisation par la gauche locale et ses satellites d’un soit disant danger, pire semble-t-il à leurs yeux, que ce qu’endurent au quotidien les travailleurs et les chômeurs soumis à la politique de leurs amis du gouvernement. Là est la manœuvre de la social-démocratie, usée jusqu’à la trame depuis Mitterrand.
Rappelons une fois encore que, jamais, la social-démocratie n’a constituée un rempart devant la montée du fascisme, bien au contraire ! C’est sur le cadavre de la révolution allemande, écrasée avec la collaboration des sociaux-démocrates de l’époque, que les nazis accéderont à la tête de l’État. Un État aujourd’hui prétendument démocratique qui n’a cessé au fil de ces dernières décennies d’accroître son contrôle et sa domination sur les populations les plus fragilisées au gré de politiques toujours plus anti-sociales et répressives. La gauche qui, d’un côté, hurle aux loups poursuit de l’autre la politique de ses prédécesseurs, eux-mêmes transfuges pour certains d’organisations fascistes dénoncées par les premiers. Et la ronde de continuer…

Pour les prolétaires, l’urgente nécessité du combat contre le capitalisme !
S’il nous faut garder un œil sur les groupes fascistes comme celui des « identitaires », c’est d’abord pour ce qu’ils peuvent nous instruire du basculement des classes moyennes dans les affrontements sociaux des temps à venir. Les classes moyennes, en ascension dans l’entre deux guerre, constituèrent à l’époque l’essentiel de la base sociale du fascisme en Allemagne. Aujourd’hui, à leur tour frappées par le ralentissement de l’activité du capital et en proie au déclassement, elles pourraient être tentées par une nouvelle aventure qui leur offrirait le « salut » en échange de leur soumission politique. Ce groupe est d’autant plus convoité qu’il constitue une frange non négligeable de l’électorat du Parti Socialiste en France. Voyez comme on se retrouve…
Mais pendant ce temps, ce même Parti Socialiste, ne recule devant aucune des exigences des patrons. Il s’apprête à présenter au parlement un projet de loi salué par le Medef qui dépouillera davantage les travailleurs et les chômeurs à l’heure où les licenciements fauchent des milliers d’entre nous. Fort heureusement, dans de nombreux secteurs et en particulier dans l’automobile, les travailleurs résistent et ne comptent que sur leurs propres forces pour s’organiser et combattre. Pour eux, comme à PSA Aulnay par exemple, le « fascisme », a déjà un visage, celui de ces petits chefs, de ces flics des sociétés privées que la famille Peugeot engage pour casser la lutte et harceler les grévistes.

Que les choses soient claires, il n’y a pas de “sortie de crise” à attendre. Le capitalisme, actuellement confronté aux limites de sa propre reproduction tentera par tous les moyens, notamment les plus violents, de nous imposer sa logique destructrice. L’urgence pour nous les prolétaires : travailleurs, chômeurs, jeunes, retraités, immigrés, n’est pas de se laisser abuser par l’agitation de misérables groupuscules nazillons mais d’œuvrer à renforcer les luttes actuelles, de les populariser, de les soutenir, et à notre tour de nous y plonger.
Groupe Communiste Anarchiste de Boulogne-sur-Mer
La Mouette Enragée, le 23 février 2013
Déclaration de la CONEX (Coordination Nationale contre l’Extrême-droite)
FACE A L’EXTRÊME DROITE ET SON IDÉOLOGIE, LA CONTRE OFFENSIVE UNITAIRE EST UNE URGENCE !
L’extrême droite s’est durablement enracinée dans le paysage politique français et européen. Ses thèmes de prédilection n’ont pas changé : la préférence nationale, la stigmatisation des immigrés, la xénophobie, l’antisémitisme, l’homophobie, la défense de l’ordre moral au détriment des droits et de la place des femmes, l’État autoritaire, le nationalisme exacerbé… Ces thèmes s’accompagnent aujourd’hui d’inflexions nouvelles avec la stigmatisation des musulmans, une soi disant défense du peuple et des travailleurs Français, ainsi qu’une dénonciation des institutions financières et politiques internationales. Le Front National, principal représentant de l’extrême droite, réalise des scores électoraux sans précédent, y compris dans les couches populaires désorientées et frappées par les politiques d’austérité. Par ailleurs, nous assistons au développement de groupuscules radicaux et violents qui représentent une menace pour nos libertés. L’idéologie nauséabonde de l’extrême droite a trouvé des échos, voire des convergences, dans une partie de la Droite qui reprend sans complexe des pans entiers des thèmes du FN, pensant ainsi séduire son électorat. Par ailleurs, certains à gauche, sur la question des droits des immigrés (dans et hors Schengen, avec ou sans papiers, les Roms), abondent dans le même sens, au mépris des engagements pris par leur candidat maintenant Président. La diffusion de cette idéologie est facilitée par la stratégie de « dédiabolisation » de Marine Le Pen que certains intellectuels et médias ont accompagnée. Le FN, même derrière son paravent bleu marine, n’a en fait pas changé et les groupuscules fascistes font de la surenchère pour se démarquer. Le danger que représente l’extrême droite s’en trouve ainsi renforcé. Cette situation lourde de menaces n’est pas spécifique à la France. Partout en Europe, sous les coups de boutoir des politiques d’austérité, les courants fascistes, voire néo-nazis comme en Grèce, relèvent la tête. Des mouvements populistes apparus plus récemment leur emboîtent le pas. Tous ces courants prétendent apporter leurs solutions démagogiques à la crise du système capitaliste. Mais comme dans les années 1930, cette crise économique et financière pourrait conduire à de nouvelles catastrophes sociales et politiques ! Pour éviter cela, les mobilisations contre les politiques anti-sociales sont donc nécessaires, mais il nous faut aussi créer les conditions d’un large front antifasciste unitaire qui soit un bouclier efficace face à la résurgence de toute forme de fascisme ! C’est à cette tâche que, nous, associations nationales, régionales et locales, nous sommes attelés. Afin de démultiplier notre combat tout en respectant les particularités de chacun, nous décidons maintenant de mettre nos efforts en commun en créant une :
Coordination Nationale contre l’extrême droite : CONEX
Nous appelons tous les collectifs, réseaux, associations et syndicats qui partagent cette inquiétude et qui ont à cœur de participer à cette bataille à nous rejoindre. Nous encourageons aussi la création de structures unitaires antifascistes dans toutes les régions. Notre unité dans l’action sur des objectifs communs est une nécessité vitale pour ce combat décisif !
Les 14 premiers signataires : Les collectifs RL’F de Rouen, Grenoble, Voiron, Grésivaudan, Justice & Libertés de Strasbourg, le Collectif de Vigilance Lyon / 69, Les Collectifs de Lutte antifascistes de Rennes et de Reims, les Collectifs Antifascistes d’Avignon et de Paris-Banlieue, Le collectif de St Denis / 93 contre le FN et l’extrême droite, La Horde, Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes-VISA, Mémorial 98.
16 février 2013
Manifeste antifasciste européen
Soixante huit ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et la défaite du fascisme et du nazisme on assiste presque partout en Europe à la montée de l’extrême droite. Mais, phénomène encore plus inquiétant, on voit se développer à la droite de cette extrême droite des forces carrément néo-nazies qui, dans certains cas (Grèce, Hongrie,…) s’enracinent dans la société formant des vraies mouvements populaires de masse, radicaux, racistes, ultra-violents et pogromistes dont l’objectif déclaré est la destruction de toute organisation syndicale, politique et culturelle des travailleurs, l’écrasement de toute résistance citoyenne, la négation du droit à la différence et l’ extermination – même physique – des « différents » et des plus faibles.
Comme dans les années ’20 et ’30, la cause génératrice de cette menace néo-fasciste et d’extrême droite est la profonde crise économique, sociale, politique et aussi éthique et écologique du capitalisme lequel, prenant prétexte de la crise de la dette, est en train de mener une offensive sans précédent contre le niveau de vie, les libertés et les droits des travailleurs, contre tous ceux d’en bas ! Profitant de la peur des nantis face aux risques d’explosion sociale, ainsi que de la radicalisation des classes moyennes laminées par la crise et les politiques d’austérité draconienne, et du désespoir des chômeurs marginalisés et paupérisés, l’extrême droite et les forces néo-nazies et néo-fascistes se développent dans toute l’Europe ; ils acquièrent une influence de masse dans les couches déshéritées qu’elles tournent systématiquement contre des boucs émissaires traditionnels et nouveaux (les immigrés, les musulmans, les Juifs, les homosexuels, les handicapés,…) ainsi que contre les mouvements sociaux, les organisations de gauche et les syndicats ouvriers.
L’influence et la radicalité de cette extrême droite ne sont pas les mêmes partout en Europe. Cependant, la généralisation des politiques d’austérité draconienne a comme conséquence que la montée de l’extrême droite soit déjà un phénomène presque général. La conclusion est évidente : Le fait que la montée impétueuse de l’extrême droite et l’émergence d’un néofascisme ultra-violent de masse ne soit plus l’exception à la règle européenne, oblige les antifascistes de ce continent à affronter ce problème à sa juste dimension, c’est-à-dire en tant que problème européen !
Mais, dire ca ne suffit pas, il faut ajouter que la lutte contre l’extrême droite et le néonazisme est d’une urgence absolue. En effet, dans plusieurs pays européens la menace néofasciste est déjà si directe et immédiate qu’elle transforme la lutte antifasciste en combat de toute première priorité, dont l’enjeu est la vie ou la mort de la gauche, des organisations ouvrières, des libertés et des droits démocratiques, des valeurs de solidarité et de tolérance, du droit à la différence. Dire qu’on est engagé dans une course de vitesse contre la barbarie raciste et néofasciste correspond désormais à une réalité vérifiée chaque jour dans les rues de nos villes européennes…
Vue la profondeur de la crise, les dimensions des dégâts sociaux qu’elle provoque, l’intensité de la polarisation politique, la détermination et l’agressivité des classes dirigeantes, l’importance des enjeux historiques de l’affrontement en cours et l’ampleur de la montée des forces d’extrême droite il est évident que le combat antifasciste constitue un choix stratégique exigeant un sérieux organisationnel et un investissement politique et militant à long terme. En conséquence, la lutte antifasciste doit être étroitement liée au combat quotidien contre les politiques d’austérité et le système qui les génère.
Pour être efficace et répondre aux attentes de la population, la lutte antifasciste doit être organisée de manière unitaire et démocratique et être le fait des masses populaires elles-mêmes. Pour ce faire, les citoyens et les citoyennes doivent organiser leur lutte antifasciste et leur auto-défense eux-mêmes. En même temps, pour être efficace cette lutte doit être globale, s’opposant à l’extrême droite et au néofascisme sur tous les terrains où se manifeste le poison du racisme et de la de l’homophobie, du chauvinisme et du militarisme, du culte de la violence aveugle et de l’apologie des chambres à gaz et d’Auschwitz. En somme, pour être efficace à long terme, le combat antifasciste doit proposer une autre vision de la société, diamétralement opposée à celle proposée par l’extrême droite : C’est-à-dire, une société fondée sur la solidarité, la tolérance et la fraternité, le refus du machisme, le rejet de l’oppression des femmes et le respect du droit à la différence, l’internationalisme et la protection scrupuleuse de la nature, la défense des valeurs humanistes et démocratiques.
Ce mouvement antifasciste européen doit être l’héritier des grandes traditions antifascistes de ce continent ! Pour ce faire, il devrait poser les bases d’un mouvement social doté des structures, ayant une activité quotidienne, pénétrant toute la société, organisant les citoyens antifascistes en réseaux selon leurs professions, leurs habitations et leurs sensibilités, menant combat sur tous les fronts des activités humaines et assumant pleinement la tache de la protection même physique des plus vulnérables de nos concitoyens, des immigrés, des Roma, des minorités nationales, des musulmans, des Juifs ou des homosexuels, de tous ceux et celles qui sont systématiquement victimes du racisme d’État et de la pègre fasciste.
C’est donc parce que le besoin de la mobilisation antifasciste à l’échelle européenne se fait chaque jour plus pressant que nous qui signons ce manifeste, nous appelons à la constitution d’un Mouvement Antifasciste Européen unitaire, démocratique et de masse, capable d’affronter et de vaincre la peste brune qui relève la tète sur notre continent. Nous ferons tout pour que le congrès constitutif de ce Mouvement Antifasciste Européen dont on a tant besoin, se tienne à Athènes au printemps 2013 et soit couplé d’une grande manifestation antifasciste européenne dans les rues de la capitale grecque.
Cette fois, l’histoire ne doit pas se répéter !
NO PASARAN !
Les organisations et les groupes qui veulent signer, s’il vous plaît envoyez un courriel. Merci.

On trouve sur le site italien infoaut.org 

























