[La liberté ou la mort] The proof of the pudding is in the eating

De la viande de girafe dans des bâtonnets d’antilope en Afrique du Sud

Le scandale de la fraude à la viande de cheval, qui secoue l’Europe, se décline de façon inattendue à l’autre bout de la planète. Des chercheurs de l’université du Cap ont testé 146 échantillons de lanières d’antilope séchée, provenant de détaillants et de petits bouchers d’Afrique du Sud, et constaté la présence d’autres viandes… dont de la girafe.

Quatre-vingt-dix pour cent des bâtonnets de viande séchée, censée être du koudou (une antilope africaine) étaient en réalité composés de cheval, de porc, de girafe ou de kangourou. « L’un des morceaux de viande ne ressemblait pas aux autres, ça a éveillé notre curiosité, a déclaré Maria Eugenia D’Amato, chercheuse au laboratoire de l’université du Cap. Nous avons commencé par tester quelques échantillons. Les résultats étaient consternants. Nous avons donc décidé d’officialiser nos recherches. »

Ces bâtonnets de viande faits à partir de gibier sauvage ou d’animaux élevés dans des fermes sont des produits de base en Afrique du Sud et reconnus pour leur faible teneur en graisses. Cette semaine, de la viande d’âne, de buffle d’eau et d’autres ingrédients inattendus a été découverte dans près des deux tiers de hamburgers et de saucisses testés dans le pays.

Presse falsifiée (LeMonde.fr avec Reuters, 1er mars 2013)

 

Viande de cheval : les plats retirés peuvent être redistribués aux associations

Benoît Hamon rappelle jeudi l’existence d’une « disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage ».

Les plats cuisinés qui ont été retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande de cheval pourront être redistribués aux associations caritatives, qui seront informées de leur contenu, a indiqué jeudi Benoît Hamon. Interrogé sur RMC, Le ministre de la Consommation a précisé qu’il existait « une disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage ».

Les associations qui « bénéficieront de ces produits alimentaires » devront être informées de leur contenu, a-t-il ajouté. « Ensuite, c’est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons », a-t-il poursuivi. Mais « ceux qui bénéficieront de ces produits alimentaires ont droit à la réalité sur ce qu’ils mangent », a insisté le ministre. Il a reconnu qu’un tel don pouvait être coûteux pour ces associations, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique. « On peut aussi comprendre que les associations refusent », a-t-il admis.

Pénalité

Dans la foulée du P-DG de Picard, Philippe Pauze, qui avait estimé un peu plus tôt dans la matinée que d’autres fraudes étaient à prévoir, Benoît Hamon a reconnu que, dans la mesure où les contrôles étaient étendus dans les filières alimentaires, la découverte de nouveaux cas frauduleux ne pouvait être exclue. Il a promis en outre que les sanctions contre les auteurs de tromperie économique dans l’alimentaire seraient renforcées. « Dans le projet de loi consommation que je présenterai en avril, nous allons multiplier par dix le niveau des amendes payées. Mais on réfléchit à une autre solution qui pourrait être de faire payer une pénalité correspondant à 10 % du chiffre d’affaires de la société », a-t-il prévenu.

Le scandale a éclaté au début du mois lors de la découverte dans des plats cuisinés surgelés de la marque Findus de viande de cheval à la place de viande de bœuf. L’affaire a essaimé dans toute l’Europe, touchant, outre Findus, Fleury Michon, Carrefour, Intermarché ou encore Picard et Ikea, les obligeant à retirer des milliers de plats cuisinés de la vente.

Presse falsifiée (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 28 février 2013)

 

Viande de cheval pour les pauvres : les associations demandent des garanties

Les plats surgelés contenant de la viande de cheval retirés de la distribution à cause de la fraude pourraient être mis à disposition des associations caritatives. C’est ce qu’a annoncé Benoît Hamon, ministre de la Consommation. Les associations se montrent prudentes et exigent des garanties. Elles doivent rencontrer la ministre déléguée chargée de la Lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, ce mardi 5 mars.

Benoît Hamon a rappelé que la loi française prévoyait que l’on puisse faire don des produits ayant connu un défaut d’étiquetage. Mais, « c’est aux associations de décider maintenant si oui ou non elles acceptent ces dons », a précisé le ministre.

Plusieurs associations apportant de l’aide alimentaire aux plus démunis avaient déjà dit « oui » la semaine dernière. Leur position n’a pas changé. Révoltées par le gaspillage de nourriture de manière générale, elle se disent prêtes à accepter ces plats surgelés contenant de la viande de cheval. Mais seulement à certaines conditions. L’absence de tout risque sanitaire doit être confirmée, et les denrées doivent être correctement ré-étiquetées.

Si les aliments sont jugés « sains » par les autorités sanitaires, la Fédération française des Banques Alimentaires, qui fournit des denrées à plus de cinq mille associations, ne voit aucun inconvénient à les redistribuer. « Encore faut-il que les bénéficiaires potentiels soient informés et, surtout, d’accord pour consommer de la viande de cheval », insistent les responsables des Restos du Cœur.

Question logistique et financière

Il faudrait aussi, impérativement, qu’une aide logistique soit apportée aux associations. « Le transport et le stockage des produits surgelés coûtent cher », rappelle Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire, qui envisage de faire appel aux communes, aux départements et aux régions.

Le président de la Fédération Française des Banques alimentaires, Alain Seugé, assure pour sa part avoir de la place pour recevoir de nouveaux dons. Les quatre-vingt-dix-sept antennes de son association disposent en effet de cent mille mètres carrés d’entrepôts et de sept mille mètres cubes de chambre froide.

Question morale

Outre les aspects sanitaires et financiers de l’opération, reste la question morale. Le président du Secours Catholique, François Soulage se demandait, ce vendredi 1er mars, pourquoi ce qui est inacceptable pour les uns serait acceptable pour les pauvres. « C’est une question de dignité. On n’a pas envie de stigmatiser les personnes démunies, de souligner que parce, qu’on ne mange pas à sa faim, on peut manger des produits que les autres ne veulent pas » , insiste l’un des dirigeants de la Croix Rouge française.

Un scandale qui porte sur 550 tonnes de viande de cheval

Le « chevalgate » touche désormais treize pays européens. Quatre millions et demi de produits frauduleux, contenant cinq cents cinquante tonnes de viande de cheval à la place du bœuf, seraient concernés. De nombreuses entreprises sont touchées : Findus, Carrefour, Intermarché, Picard ou encore Ikea. Selon la Fédération française du Commerce et de la distribution, l’ensemble des produits retirés des rayons sont actuellement stockés dans des chambres froides. Et ils ne peuvent pas être vendus.

Presse falsifiée (Anna Piekarec, RFI.fr, 1er mars 2013)

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