[États-Unis] Occupation libertaire à Saint-Louis

Des camarades anars de Saint-Louis participent à la vague d’occupations qui touche les États-Unis. Un blog (en anglais) a été créé par eux/elles en vue de faire circuler les infos et les textes. On peut le trouver ici : antistatestl.wordpress.com.

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[Paris 20e] Le Jargon libre : la librairie qui célèbre la lutte

 

Le Jargon libre a atterri dans le 20e arrondissement. C’est au 32, rue Henri Chevreau que Helyette Bess, ex-membre d’Action directe, a décidé de déménager sa librairie associative. Inaugurée samedi, elle accueille le public depuis le lundi 10 octobre 2011.

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Excédée de voir les collégiens de la rue se regarder dans le miroir, Helyette Bess a posé une affiche, un tout autre reflet

Cette librairie, c’est en fait sa bibliothèque, on n’y trouve que des livres qu’elle a elle-même lus et pour la plupart achetés. C’est une ode à la lutte, la transmission d’un savoir pour que perdurent les idées anarchistes : « Je voulais que ça passe à travers le temps, dit-elle, l’objectif, c’est de faire passer ce style de culture à travers le temps, que les gens sachent ce qu’il s’est passé avant parce qu’on n’est pas seuls sur terre. »

« J’ai des livres mais aussi des thèses, des brochures, des archives. Je vais essayer de les rassembler pour en faire des dossiers thématiques. » La première étape pour cette dame de 80 ans sera de réparer certaines des œuvres attaquées par le temps et l’humidité.

Cependant, pas question de devenir un lieu où cette culture serait trop simple d’accès, ce n’est pas Internet : « Sur Internet il faut savoir ce que l’on veut, ici on peut trouver quelque chose. C’est important de ne pas avoir les choses triées, de ne pas savoir ce qui est dans un livre avant de le lire. Il faut savoir à quoi on a envie de passer son temps, le temps qu’on économise, on ne s’en sert pas bien. »

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Assise à son bureau, Helyette Bess accueille d'un « bonjour » les personnes entrant dans sa boutique mais leur laisse la liberté d'engager ou non la conversation

Libres livres

Pour les « clients », il faudra consulter les œuvres sur place, la librairie dépend de l’association Jargon libre et elle n’est pas autorisée à vendre. De toutes façons, explique Helyette Bess, bien des livres d’ici ne sont plus édités. Pour l’instant, chacun est libre de parler ou non, de lire ou de feuilleter ces œuvres qui évoquent en grande majorité la lutte et la résistance. Et puis plus tard, peut-être une photocopieuse : « Quand on sera riches. » Avis aux généreux.

Parisienne depuis presque toujours et dans le 20e arrondissement depuis plusieurs années, Helyette Bess a découvert l’existence de ce local sur la vitrine d’une agence immobilière devant chez elle. « J’ai vu l’affiche, c’était à 1000 euros, je suis allé dans l’agence et j’ai dit que c’était trop cher, la fille de l’agence m’a dit qu’elle était d’accord. »

Le loyer lui coûte 850 euros par mois, l’idéal serait de parvenir à rassembler 85 personnes dans son association dont l’adhésion est à 10 euros par mois. En attendant, entre concerts de soutien, emprunts et coups de mains, elle entend avoir fini de rembourser ses divers frais au mois de juin prochain.

Avide de savoir, elle a cherché à se renseigner sur Henri Chevreau, l’homme qui a donné son nom à sa rue : « On est dans le 20e, donc je me suis dit que c’était peut-être un communiste ou un communard. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations mais c’était probablement un salopard, il était préfet sous la commune de Paris. »

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Féminisme, ouvrages sur la guerre, la commune de Paris… Les luttes se rassemblent sur les étagères du Jargon libre

L’anarchie en trois questions

Le75020.fr : N’y a-t-il pas une grande proximité entre anarchistes et communistes ?

Helyette Bess : Ce sont les mêmes luttes, mais s’il y avait un gouvernement communiste, on serait dans l’opposition et ils nous taperaient dessus, mais on n’en est pas là. Nous, on ne veut pas prendre le pouvoir, on veut qu’il disparaisse. Ceux qui prennent le pouvoir en abusent toujours, même dans les plus petits groupes.

Un régime sans leader n’implique-t-il pas nécessairement qu’un leader « naturel » émerge ?

Je me souviens des grandes manifestations contre le chômage dans les années 90, nous étions réunis dans un grand amphithéâtre de Jussieu et il n’y avait aucun chef, aucun président de séance. Chacun prenait la parole quand il avait quelque chose à dire sans jamais que ça devienne le bazard. Ce n’est qu’un exemple, mais ça prouve que c’est possible.

Qui sont aujourd’hui ceux qui mènent les luttes que vous avez mené hier ? Le groupe de Tarnac ?

Je me reconnais dans les Autonomes. Le groupe de Tarnac, ils cherchent une issue, il espèrent créer un modèle qui fera tache d’huile. Je n’y crois pas parce que je pense que la révolution est la seule solution. Même si les mentalités changent, il faudra une secousse parce que ceux qui sont au pouvoir ne le lâcheront pas.

Le Jargon libre est ouvert du lundi au samedi de 14h à 20h.
Il est situé au 32, rue Henri Chevreau et l’accès aux livres est, bien sûr, libre.

Lucas Malterre – Le 75020.fr, 11 octobre 2011.

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Afghanistan. Dix ans déjà…

 

Il y a dix ans que dure la guerre en Afghanistan : dix ans de pertes humaines, dix ans d’escalade, dix ans de destructions, dix ans de corruption. Dix ans de guerre qui nous rappellent que l’armée française ne fait pas que parader, elle est surtout là pour tuer.

Dix ans de trop !

Dix ans de pertes humaines parmi lesquelles, des milliers d’afghan- es et soixante-quinze militaires français.

Dix ans d’escalade : on compte maintenant en Afghanistan plus de 100.000 soldats étrangers dont 3.750 français.

Dix ans de destructions et de bombardements quotidiens dans un pays en guerre depuis trois décennies.

Dix ans que le pays est abandonné aux seigneurs de guerre petits et grands qui sont les principaux bénéficiaires du conflit et écrasent les mouvements progressistes.

Dix ans de corruption et de narcotrafic : alors qu’une majorité de l’aide internationale est détournée, l’Afghanistan est redevenu le premier pays producteur de pavot.

Dix ans d’oppression des femmes, qui continuent d’être soumises à la tradition islamique la plus sévère et d’être mariées de force, battues, violées, etc.

Dix ans de dépenses d’armements : alors que l’on nous rabâche les oreilles sur la crise, la France dépense chaque année plusieurs centaines de millions d’euros pour se maintenir en Afghanistan.

Dix ans qu’on nous ment en nous racontant que les drones Predator libèrent les peuples.

Dix ans que ça dure ! Pendant ce temps, combien de vies perdues et gâchées à cause de la guerre ? Combien de programmes de santé, éducatifs et sociaux qui auraient pu être financés avec l’argent de la guerre ? Dix ans en Afghanistan, c’est dix ans de trop !

Derrière les parades, du sang et des larmes !

Les politiques de droite comme de gauche souhaitent faire de nos forces militaires une fierté nationale : il n’y a qu’à se rappeler les prises de position concernant le défilé du 14 juillet ou repenser aux récentes déclarations sur le serment aux armes, mais, quoi qu’ils en pensent, l’armée reste un instrument de domination entre les mains des États impérialistes.

Sa raison d’être est de tuer, et les bottes cirées des forces d’intervention sont beaucoup moins reluisantes lorsqu’elles piétinent les libertés et sont maculées du sang des civils.

Pour réellement aider le peuple afghan, exigeons le retrait immédiat de l’OTAN, une aide civile à la reconstruction du pays, et l’accueil des réfugiés afghans.

Secrétariat international
Alternative Libertaire, 6 octobre 2011.

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[Toulouse] Des CRS en renfort pour faire respecter la loi sur la consommation d’alcool

Une soixantaine de policiers de la CRS 61 sont déployés au centre-ville jusqu’au 18 octobre. Un renfort de poids composé de treize patrouilles mobiles et de huit patrouilles pédestres.

Depuis le 5 octobre et jusqu’au 18, une compagnie républicaine de sécurité (CRS) vient renforcer la sécurisation de l’hyper-centre toulousain. La CRS 61, arrivée de Vélisy, sillonne le centre-ville sur un créneau horaire allant de 13h45 à 19h30, tous les jours de la semaine. Ce sont donc une soixantaine de policiers supplémentaires répartis en treize patrouilles mobiles et huit patrouilles pédestres. « L’arrivée de cette CRS s’inscrit dans le cadre du dispositif des patrouilleurs et participe au plan national de sécurisation », explique le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Lucien Pourailly. Mais surtout, l’apport de ces effectifs permet un redéploiement des forces sur les secteurs périphériques.

La CRS 61 est déployée sur les quartiers d’Esquirol, Capitole, Wilson, Arnaud-Bernard, Compans-Caffarelli. Principale mission : maintien de l’ordre, sécurisation et intervention. À ces moyens s’ajoute une demie compagnie présente en début de soirée depuis déjà le printemps dernier. Des forces de l’ordre qui interviennent dans la gestion des débordements festifs. Sur ce front, la police toulousaine est toujours en mode prévention pour faire respecter l’interdiction de consommer de l’alcool en pleine rue. « Ce n’est pas la police qui gâche la fête mais l’excès d’alcool », rappelle le patron de la DDSP. Dans le même temps, les évacuations des places emblématiques, Tiercerettes, Saint-Pierre et Saint-Sernin après 2 heures, en semaine, pour disperser les fêtards trop bruyants se poursuivent.

Leur presse (La Dépêche), 11 octobre 2011.

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À Nogent, il est interdit de fouiller les poubelles

 

Trente-huit euros. C’est désormais ce que risquent de payer tous ceux qui seraient pris à Nogent-sur-Marne en train de glaner, c’est-à-dire de récupérer des détritus. Dans la ville, la décision du maire fait polémique.

Plus question pour les plus pauvres de chercher à se nourrir avec les restes jetés par les restaurants ou les commerces de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Le maire (UMP) de la ville vient de prendre un arrêté interdisant le glanage [Le glanage est une pratique ancestrale. Au Moyen Age, après la récolte, des indigents envahissaient les champs pour grappiller les restes non ramassés de la récolte. Aujourd’hui, il s’agit de personnes qui se servent lors des fins de marchés ou directement dans les poubelles.] dans les poubelles de toute la commune.

Déjà, en août, le maire (UMP) de La Madeleine, dans le Nord, avait pris ce type d’arrêté. Il l’avait même fait traduire en roumain et en bulgare, provoquant la polémique dans la région. Le maire de Nogent, lui, est déjà coutumier de l’arrêté antimendicité, qu’il reprend chaque année pour « préserver son centre-ville ».

Dans ce nouveau texte, intitulé « mesures relatives à la salubrité publique », l’édile interdit cette fois la fouille dans les poubelles, mais aussi les crachats, le fait d’uriner ou encore de souiller la voie publique de quelque manière que ce soit. « Ça devient dramatique, on trouve de tout sur les trottoirs, s’insurge Jacques J.P. Martin, le maire de Nogent. Ça pose des problèmes sanitaires, d’esthétique urbaine et de sécurité. On ne peut laisser saccager notre commune, ville touristique, en permanence. Depuis six mois, ça a augmenté, donc je réglemente. » Dès à présent, quiconque sera aperçu par la police municipale en train de fouiller dans les poubelles pourra faire l’objet d’une amende de première catégorie, c’est-à-dire au maximum de 38 €. « Voire d’être conduit au commissariat si ça recommence, insiste Jacques J.P. Martin. Que ceux qui sont obligés d’en arriver là s’adressent plutôt au centre communal d’action sociale ou aux associations. L’accompagnement social existe à Nogent ! »

Dans la commune, les principaux concernés comprennent. « Les poubelles de mon restaurant sont renversées et fouillées chaque semaine, ça donne beaucoup de travail aux balayeurs de la ville », assure Mathieu Randet, restaurateur. « C’est mauvais pour l’image de la ville, pour son standing », confirme Jérôme, agent immobilier. Les habitants du centre-ville, eux, pensent aux plus pauvres. « C’est déjà terrible de se dire qu’ils n’ont que cette solution pour manger, alors les priver de ça, ça m’écœure », souffle Corinne, en promenant son chien.

La décision du maire a en tout cas choqué les conseillers municipaux d’opposition, qui n’ont pas pu débattre de la question. « Nous avons été surpris par une telle décision, mais elle est dans la droite ligne de l’arrêté antimendicité pris tous les ans, juge Michel Gilles, conseiller DVD. C’est vrai qu’il faut maintenir la propreté des trottoirs, mais ils sont bien plus salis par les déjections canines ! » « C’est de l’affichage politique, sans aucune marque d’humanisme », estime Marc Arazi, lui aussi conseiller d’opposition. Et William Geib, élu PS, d’ironiser : « Et pourquoi pas plus simplement un arrêté antipauvres à Nogent ? »

Leur presse (Laure Parny, Le Parisien), 12 octobre 2011.

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[Mayotte]  »Révolte des mabawas », J+15

 

Sur le front des manifs, cette journée était plutôt calme jusqu’au soir et l’ouverture de force des entrepôts de la Somaco.

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Une belle mobilisation de Mamoudzou au Jumbo de Kawéni

La journée commençait par un discours des journalistes devant les manifestants pour revenir sur les agressions verbales et contre des biens, de la veille : « nous ne sommes ni vos amis, ni vos ennemis, simplement sur place pour diffuser au plus grand nombre, à Mayotte et en métropole »… toute la presse avait répondu présente pour demander à pouvoir prendre des photos et travailler tranquillement.

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La presse demande de pouvoir photographier et filmer, sans être soupçonnée de collaboration avec les forces de l'ordre

Le nombre de manifestants avait considérablement grossi dans l’après-midi jusqu’à atteindre 1.500 personnes : une foule impressionnante qui se déplaçait en chantant jusqu’au Supermarché Jumbo score de Kawéni, pour revenir à Mamoudzou. Mais le cortège bifurquait vers la Somaco qui se trouvait une nouvelle fois dévalisée par « 200 personnes, jeunes et moins jeunes qui ont forcé la grille pour se rendre dans l’entrepôt alors que le magasin était fermé » racontent, choqués, Aziz Sam Akbarali et sa femme, directeurs du magasin déjà « visité » 3 fois depuis le début de la manifestation. Alors que selon les manifestants, « la grille était ouverte pendant qu’un camion était en train de charger des boisons ».

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Le magasin Somaco une nouvelle fois visé

Aucun client n’était à l’intérieur du magasin, fermé, lorsque les manifestants s’y sont rendus. Seul le directeur logistique était descendu de son bureau pour constater l’arrivée des manifestants : « il m’ont attrapé la main à travers la grille, sont entrés et l’un d’eux m’a pris à la gorge » racontait en tremblant ce mahorais et en signalant que c’est un manifestant qui était venu à son secours. Alors qu’un des accompagnateurs de la manifestation se lamentait sur « la nécessité de mieux encadrer » et de « ne pas passer près des endroits qui peuvent tenter les jeunes ». Un des syndicalistes accusait les grandes surfaces de livrer au cours de la nuit.

Les policiers ont procédé à trois interpellations, « dont un jeune qui détenait une pierre » dixit le commissaire Delattre, et que quelques manifestants restés sur place voulaient faire libérer. Les policiers durent une nouvelle fois employer des bombes lacrymogène pour les disperser, alors que « l’invincible armada » de 5 camions de gendarmes venue en renfort, repartait sans intervention.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318399256.jpgEn fin de matinée, les salariés de la DEAL (direction de l’équipement, de l’aménagement et du logement) étaient priés de quitter leur poste de travail par les manifestants

Revenus sur le parvis du CDTM, les manifestants eurent droit à un discours moralisateur de Boinali Said, Cisma CFDT qui demandait de « canaliser les éléments incontrôlés qui se glissaient dans la manifestation » et de « se cantonner à demander nos droits sans mettre le bazar ».

Demain la manifestation continue au milieu de Mayotte-île morte et jeudi un grand Maoulida chengué est prévu : danses et chants au menu.

Leur presse (Annette Lafond, Malango Actualité), 11 octobre 2011.

 

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Des enfants le 9 octobre 2011 à Mayotte devant la carcasse d’une voiture incendiée lors de violences à Koungou.

 

Mayotte : nouvelles manifestations à Mamoudzou, mise en examen d’un gendarme

De nouvelles manifestations, dont l’une a réuni dans l’après-midi 1.500 à 2.000 personnes, se sont déroulées mardi à Mamoudzou, pendant la troisième semaine d’un mouvement de protestation contre la vie chère à Mayotte, alors qu’un gendarme, auteur d’un tir de flash-ball qui a provoqué la perte d’un œil d’un enfant, a été mis en examen.

Une centaine de personnes ont quitté la manifestation de l’après-midi, qui se déroulait dans le calme, pour piller l’entrepôt d’une grande surface dans la zone industrielle de Kawéni. Les gendarmes sont intervenus et il n’y a pas eu blessés.

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Gendarmes face à des manifestants à l'entrée de Mamoudzou au troisième jour d'une grève générale, le 10 octobre 2011

Dans la matinée, un cortège d’environ 500 manifestants avait déjà sillonné les rues de Mamoudzou sans que les forces de l’ordre n’interviennent.

À Paris, la ministre de l’outre-mer Marie-Luce Penchard a assuré que « tout était fait pour établir le dialogue » alors que « le conflit est (dans) une impasse », et a « des conséquences désastreuses sur l’économie mahoraise ».

La ministre a aussi dénoncé « une violence inacceptable de ceux qui en profitent pour casser ».

« Nous étions presque arrivés à un accord puisque le protocole préparé avec les organisations syndicales devait être signé vendredi dernier », a dit Mme Penchard devant l’Assemblée nationale. « Visiblement d’autres éléments plus politiques sont entrés en ligne de compte, qui s’éloignent de la revendication initiale », a-t-elle ajouté, sans donner de précision.

De son côté, le président du conseil général de Mayotte, Daniel Zaïdani (DVG), a demandé « solennellement » à Nicolas Sarkozy d’« intervenir » pour que l’État apporte « des réponses claires » « avant qu’il ne soit trop tard ».

Soulignant que Mayotte était « le territoire de la République où les revenus moyens par habitant sont les plus bas et les prix les plus hauts », il a déploré que les moyens de la transition de ce nouveau département (le 101e depuis mars, ndlr) « ne (soient) aujourd’hui ni mis en œuvre ni prévus ».

M. Zaïdani a sollicité également un entretien avec M. Sarkozy, « afin de dessiner ensemble les voies d’un dialogue apaisé et dans l’intérêt de tous ».

Pour sa part, le PS a demandé au gouvernement « d’agir de façon urgente » et d’adopter « des mesures immédiates contre le niveau excessif du prix des denrées de première nécessité ». Celles-ci, a-t-il poursuivi, sont le « prélude à la mise en œuvre d’un plan global de lutte contre l’insupportable dégradation du pouvoir d’achat de l’immense majorité des Mahorais ».

La mise en examen lundi soir d’un gendarme soupçonné d’être l’auteur d’un tir de flash-ball ayant occasionné la perte d’un œil d’un garçon de 9 ans, a été révélée mardi, de source judiciaire.

Le militaire, placé en garde à vue lundi, a été mis en examen pour « violences avec arme, sur mineur de 15 ans, par personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice de ses fonctions », a précisé la même source, ajoutant qu’il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

L’enfant, transféré au CHR de La Réunion, « a perdu l’usage d’un œil », avait précisé lundi le procureur de Mamoudzou, Philippe Faisandier.

Le mouvement contre la vie chère à Mayotte, qui a commencé il y a trois semaines, est accompagné de manifestations plus ou moins violentes. De nombreux barrages routiers paralysent la circulation.

Leur presse (Agence Faut Payer), 11 octobre 2011.

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[ZAD] Le PS visé symboliquement à Toulouse

Toulouse : Le PS visé symboliquement

La fédération socialiste de Haute-Garonne a été saccagée.

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« Non à l’aéroport Notre-Dame des Landes ». C’est l’un des tags découverts hier matin sur les murs du siège de la fédération socialiste de la Haute-Garonne. Dans la nuit de lundi à mardi, l’entrée donnant sur la rue Lancefoc a été forcée et des salles ont été vandalisées. L’essentiel des inscriptions fait référence au projet d’aéroport qui doit voir le jour en 2017 en Loire-Atlantique, à 40 km de Nantes. Et certaines sont signées ZAD, pour Zone à Défendre, un groupe de militants anarchistes qui vivent sur le territoire du futur aéroport.

La caravane des primaires visée

« Je ne vois pas le rapport entre Toulouse et l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Les lieux de vie politique et de démocratie doivent rester des sanctuaires », dénonce Sébastien Denard, patron de la fédération départementale du PS qui a déposé plainte. C’est en tout cas le symbole qui est visé. En août, la caravane des primaires avait déjà fait l’objet d’une attaque similaire à Nantes. En ligne de mire, les élus socialistes locaux favorables au projet d’aéroport dont la concession a été attribuée au groupe Vinci. Ce dernier a aussi été visé fin septembre par un sabotage de deux de ses parkings en Suisse où on pouvait lire « la ZAD est partout ».

Leur presse (Béatrice Colin, 20 Minutes), 12 octobre 2011.

 

Toulouse : La fédération du Parti socialiste de Haute-Garonne saccagée

Un commando est entré par effraction dans la nuit de lundi à mardi à la fédération PS de Haute-Garonne. Les locaux ont été recouverts de peinture et de slogans.

Les locaux de la fédération du Parti socialiste de Haute-Garonne, située rue Lejeune à Toulouse, ont été saccagés dans la nuit de lundi à mardi. Un commando non-identifié est entré par effraction au niveau de la grille d’entrée. Les vandales ont maculé de peinture le hall, la salle du bar ainsi que la grande salle où trône le portrait de Jean Jaurès. Des billes de peinture de couleur orange, rouge et noire ont été projetées sur les murs, au plafond et au sol. Des slogans ont été inscrits à la bombe et au pochoir. Ils font référence au second aéroport de l’agglomération nantaise, annoncé en 2017 à Notre-Dame-des-Landes, qui déchaîne les passions en Loire-Atlantique. « Non à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes » ; « Vinci + PS = mort » ; « La ZAD vous dit merde » ; « La ZAD vous nique » etc. étaient inscrits sur les murs du PS de Haute-Garonne. La ZAD, c’est la Zone d’aménagement différée, une réserve foncière de 1225 hectares à vocation aéroportuaire située au nord-ouest de Nantes. Depuis trente ans, les habitants de la ZAD se battent contre l’implantation d’un nouvel aéroport, que défendent les élus socialistes locaux. Confié à Vinci, le projet est passé à la vitesse supérieure au cours des dernières semaines et des groupes d’opposants se sont radicalisés. Après avoir attaqué la caravane PS des primaires citoyennes l’été dernier à Nantes, certains auraient décidé d’opérer sur l’ensemble du territoire.

À Toulouse, les responsables socialistes ne comprennent pas : « Nous n’avons pas été sollicités sur cette question ou pris position. Y a-t-il un lien avec l’attaque de la caravane des primaires ? On ne sait pas » s’interroge la secrétaire fédérale adjointe, Nadia Pellefigue. Rien n’a été dérobé et la salle des scellés, qui contient les listes d’émargement ainsi que le matériel électoral des primaires citoyennes, n’a pas été fracturée. La fédération du Parti socialiste a décidé de déposer plainte. « Les lieux de vie politique et de démocratie doivent rester des sanctuaires, d’autant plus lorsqu’ils sont ouverts au public comme c’est le cas de la salle Jean-Jaurès. La fédération regrette que cet événement se soit produit à quelques jours du second tour des primaires et reste mobilisée pour le scrutin de dimanche. » Sébastien Denard, le premier secrétaire fédéral, envisage de renforcer les mesures de sécurité autour de la fédération, qui jusqu’ici ne disposait pas de système d’alarme.

« Pas nos méthodes »

L’ACIPA (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) est la principale association d’opposants au nouvel aéroport. Elle regroupe 3500 adhérents. Son porte-parole, Julien Durand, condamne le saccage des locaux du PS en Haute-Garonne mais ne se dit « qu’à moitié surpris ». Selon lui, les relations entre les opposants à l’aéroport, les élus PS de Loire-Atlantique et Vinci, le concessionnaire, sont devenues très difficiles : « Sur le terrain, c’est bouillant. La tension policière est extrême et quand on jette de l’huile sur le feu, il ne faut pas s’étonner. Ce ne sont pas les méthodes de l’Acipa, qui agit à visage découvert. Mais des groupes plus radicaux sont installés sur la zone. »

Leur presse (Sébastien Marti, La Dépêche), 12 octobre 2011.

 

Toulouse : le siège du PS tagué d’insultes et de slogans hostiles

Après Agen ce week-end c’est le siège du PS à Toulouse qui a été vandalisé. La Fédération PS de Haute-Garonne a porté plainte.

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Des tags d’insultes et dénonçant la construction d’un nouvel aéroport près de Nantes ont été découverts mardi matin au siège du PS à Toulouse.

La porte d’entrée du local toulousain du PS a été forcée et des dizaines de tags ont été peints sur les murs, les portes, au sol et même au plafond de la salle Jean-Jaurès, où se déroulent les conseils fédéraux et les soirées électorales, comme dimanche lors du 1er tour de la primaire.

Le chef de file des socialistes de Haute-Garonne s’est dit « indigné, révolté par la violence de l’acte ».

« Parti socialiste pourri » ou « Vinci PS complices, aéroport Notre-Dame-des-Landes », pouvait-on lire sur les murs.

Le futur aéroport de Nantes, projet porté par des élus PS, doit être construit par le groupe Vinci à 30 km au nord de Nantes. Il est contesté par plusieurs collectifs. Le 22 août à Nantes, le PS avait déjà été visé par des opposants quand la caravane de la primaire avait été vandalisée.

La Fédération PS de la Haute-Garonne a porté plainte et demandé que « les responsables de cet acte gratuit et lâche soient condamnés, et que les réparations ne restent pas à la charge de la Fédération et donc de ses militant-e-s ». Une enquête de police est en cours.

Les intrus n’ont pas pénétré dans les bureaux administratifs, où se trouvent les listes électorales, a rassuré le premier secrétaire fédéral, Sébastien Denard.

« Les lieux de vie politique et de démocratie doivent rester des sanctuaires », a ajouté un communiqué du PS, qui regrette que ces dégradations interviennent juste avant le second tour de la primaire, dimanche.

Ce week-end, c’est le siège du PS à Agen qui avait été visité, durant la nuit de vendredi à samedi. Le ou les voleurs ne sont repartis qu’avec deux bouteilles de vin et les quelques euros traînant dans le fond de caisse. Aucune autre dégradation ni quelconque inscription n’avaient été constatées.

Leur presse (Sud-Ouest), 11 octobre 2011.

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Résistons ensemble n° 101, octobre 2011

Tuberculose et électrocution

Une mort spéciale sévit à Clichy-sous-Bois. Celle réservée aux pauvres, aux pas blancs, celle de la vieille faucheuse du siècle de Zola. Ce mois-ci c’est tout un quartier qui passe à la vaccination. 350 cas de tuberculose à Clichy pour 100’000 habitants contre 8,2 pour l’ensemble de la France. Cela ne fait que 43 fois plus, direz-vous ! Une bricole !

Et puis, ils ne l’ont pas volé. Pourquoi habiter des immeubles pourris imbibés d’eau ? Pourquoi ne pas aller chez les bons médecins ? Pourquoi être si pauvres,si bronzés, si perdus ?

Il y a 6 ans, en novembre 2005 à Clichy, c’est Zyed et Bouna qui grillent, dans un transformateur pourchassés par des policiers qui prennent leur pied en laissant faire. Suite à leur assassinat, un vent de révolte traverse les quartiers populaires sans susciter d’écho ailleurs.

Aujourd’hui, les 6 morts des révolutions égyptienne et tunisienne brûlés dans un squat à Pantin, le procès de l’incendie du taudis du boulevard Auriol (17 morts, dont 14 enfants. Le procureur demande 80’000 euros d’amende : 5000 euros la vie d’un Africain ?), les Roms et Comoriens stigmatisés comme « délinquants » par Guéant… le sang glacé des cadavres, l’odeur de chair brûlée, le râle des poumons asphyxiés, le goût amer de l’humiliation, ne déclenchent pas, non plus, la solidarité et encore moins la révolte de la majorité de la population. Alors, à droite comme à gôche, misère et matraque voilà le programme pour ces « salauds de pauvres ». La répression de l’État, s’appuie sur cette tendance à l’accoutumance, à l’indifférence nourrie par la peur de « l’étranger », du « pauvre », du « pas comme il faut ».

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Que sont-ils beaux les révolutionnaires… de loin

« Dans le silence assourdissant des autorités françaises et tunisiennes Riadh est mort de la faim et du froid. Il n’avait que 22 ans » (La Presse de Tunisie, 21.9.2011). Puis, le même mois de septembre, c’est 6 jeunes Tunisiens et Égyptiens qui brûlent dans un squat à Pantin. Accident ? acte criminel ? une plainte a été déposée. Les puissants n’ont pas intérêt à ce qu’elle aboutisse. Ni le gouvernement, ni la ville de Paris, ni la ville de Pantin qui livre le « nouveau centre-ville » aux promoteurs. Vingt survivants seront logés au stade voisin pour deux mois. Et après, ils continueront à être pourchassés par la police, de squat en squat. Des jeunes des révolutions arabes qui croyaient mériter un accueil à la mesure de ce qu’ils avaient accompli continueront à errer dans nos rues. Les élections présidentielles approchent. La gôche couvre la droite et se tait. Pas de mauvais exemple à la tunisienne ou à l’égyptienne chez nous — c’est leur credo.

Copwatch Nord-Paris-I-D-F est né

« Surveillons ceux qui nous répriment, servons nous de caméras vidéos, d’appareils de photos numérique pour nous protéger des violences policières » — voici le but que se donne ce site.

Il n’a que quelques jours mais il déclenche déjà un déluge d’attaques haineuses, plaintes du ministre de l’intérieur et des syndicats de police. Vous vous rendez compte ils ont osé publier la photo des flics qui terrorisent les pauvres des pauvres (biffins de Belleville, sans-papiers de Calais…), des flics qui se planquent derrière des cache-nez pour pouvoir cogner librement alors qu’ils arrêtent des filles voilées ou des manifestants masqués, des gendarmes qui picolent en service…

Certes ce site ne mettra pas fin aux violences policières, mais il épingle leurs auteurs dans leurs agissements quotidiens. Il s’en prend aux flics en tant qu’individus, mais ce sont eux qui sont chargés de l’exécution du sale programme de l’État. De plus, la logique face aux agressions policières doit être celle de l’auto-défense comme l’avaient bien compris ces maîtres en matière de copwatching, les Black Panthers des années 60.

Suivant l’exemple bien vivant des « copwatchers » des USA, de GB, il faut espérer qu’en France aussi, un semblable mouvement collectif pourra voir jour. Le site : https://copwatchnord-idf.org/. (Pour l’histoire, voir aussi le 4 pages de Résistons ensemble de septembre 2007 « Œil sur la police ».)

Résistons Ensemble.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Résistons ensemble n° 101, octobre 2011

Choisir d’avoir un enfant, choisir sa sexualité : c’est nous qui décidons ! C’est notre droit et c’est la loi !

Dans le 20e [à Paris], nous avons été nombreux-ses à nous mobiliser pour la réouverture du centre IVG de l’hôpital Tenon. Pendant 15 mois, nous avons mené la lutte… et nous avons gagné ! Le centre a repris ses activités en avril. Il s’est agi d’un retour à la légalité, puisque la loi de 1979 a inscrit définitivement dans le texte le droit des femmes d’interrompre une grossesse et décidé la création d’un centre IVG dans chaque hôpital public.

Mais les politiques qui nous gouvernent font preuve d’une grande hypocrisie. Leur main droite ignore ce que fait leur main gauche. Ils affirment respecter le droit de choisir mais s’emploient à fermer les centres IVG, comme d’ailleurs ils ferment d’autres services et rognent sur les moyens des hôpitaux.

Et voilà que des petits groupes religieux intégristes s’installent à la porte de l’hôpital Tenon. Ils prétendent remettre en cause la réouverture du centre. Aiguille à tricoter, eau savonneuse, infusions de persil et autres bricolages souvent aussi inefficaces que dangereux. nous ne voulons pas revenir au temps de la barbarie, où les femmes ont connu la peur, la galère des grossesses non désirées, les avortements clandestins et  leurs conséquences souvent dramatiques. Bon nombre de ces fanatiques brandissant leur croix vont jusqu’à refuser le droit à la contracteption. Le 17 septembre on a ainsi pu voir le groupe intégriste SOS-Tout-petits en plusieurs endroits devant et autour de l’hôpital, où ils ont pris place grâce à la protection de la police. Il a fallu de fortes protestations d’habitant-e-s du 20e, d’élu-e-s, de militant-e-s qui s’étaient regoupé-e-s devant l’hôpital, pour que la police se décide à les faire s’éloigner. Ils annoncent leur retour le samedi 15 octobre à 10h30, pour renouveler leurs prières et exercer leurs pressions, et malgré nos demandes répétées, il est probable que la préfecture autorise leur rassemblement. Ces pressions sont inadmissibles et nous serons là, samedi comme à chaque fois, pour les empêcher. Nous vous invitons à nous rejoindre !

Le ministre de l’Intérieur a quant à lui annoncé avec force publicité que désormais les prières de rue seraient interdites. Deux poids, deux mesures : ses services autorisent et protègent ces intégristes munis de chapelets !

Application de la loi, un centre IVG dans chaque hôpital public !
Vigilance face aux groupes rétrogrades qui s’en prennent à nos choix, à nos sexualités, à nos droits, avec la complicité de l’État !
Non à tout ordre moral qui voudrait contrôler nos vies !
Notre corps nous appartient !

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Mayotte : nouveaux affrontements lors de manifestations contre la vie chère

 

De nouveaux affrontements ont éclaté jeudi [6 octobre] à Mayotte entre manifestants et gendarmes mobiles, au dixième jour du mouvement de protestation contre la vie chère, sans toutefois faire de blessés, tandis que les négociations se poursuivent.

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Profitant des vacances scolaires du 1er au 16 octobre, quelque 200 jeunes, certains âgés de moins de 10 ans, ont attaqué vers 08H00 un convoi de gendarmes mobiles à Passamainty (île de Grande Terre) sur la voie allant vers Mamoudzou. Utilisant des cailloux et des barres de fer, ils ont été repoussés à coup de grenades lacrymogènes.

D’autres affrontements ont été signalés à Kaweni, dans la zone industrielle de Mamoudzou, où se trouve le plus grand bidonville de Mayotte. Des jeunes ont provoqué les gendarmes mobiles qui ont utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires.

Ce bidonville est habité par une population pauvre, principalement des clandestins venus des îles voisines des Comores, formant des familles nombreuses, et vivant dans des conditions insalubres, sans ressources.

De nombreux barrages ont fleuri un peu partout sur les deux îles de Mayotte, notamment à Bandrélé, en Grande Terre, où il était impossible de passer. Arbres abattus, carcasses de voitures ont obligé de nombreux automobilistes à rebrousser chemin.

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Une ambulance transportant une femme victime d’une fausse couche a été empêchée de passer par des manifestants. Les autorités ont lancé un appel pour que les urgences médicales puissent franchir les barrages.

Comme la veille, tous les commerces étaient fermés et Mayotte va tout droit vers la pénurie, faute d’un accord valable pour tous sur les prix.

Les négociations qui ont repris dans l’après-midi au Conseil général se poursuivaient dans la soirée, entre l’intersyndicale qui a appelé au mouvement, l’État, et les patrons de la grande distribution. Le préfet Thomas Degos a déclaré ne pas vouloir quitter la table sans accord.

Les représentants de l’intersyndicale demandent l’alignement des prix sur ceux pratiqués à l’île de La Réunion. Le carton d’ailes de poulet, base de l’alimentation à Mayotte, coûte ainsi 24,21 euros les 10 kg à Mamoudzou contre 15,90 euros à La Réunion.

La ministre de l’Outremer Marie-Luce Penchard a assuré mercredi que le RSA serait appliqué au 1er janvier prochain à Mayotte.

L’instauration d’un RSA « qui ne représentera que 25 % du RSA national et qui ne sera pas révisé avant cinq ans, constitue une réponse pour le moins courte qui n’est pas à la hauteur des enjeux », a estimé dans un communiqué le député PS de la Guadeloupe Victorin Lurel qui revient d’un déplacement à Mayotte, et qui a appelé la ministre à « se rendre à Mayotte afin de proposer des solutions pérennes ».

Dans l’entourage de celle-ci, on souligne que bien qu’étant en déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon, Mme Penchard suit « très attentivement » la situation et les négociations menées par le préfet Degos.

De son côté, le PCF a appelé le gouvernement à « intervenir sans tarder en faveur de l’ouverture de véritables négociations », « seule manière de permettre la détente sociale ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 6 octobre 2011.

 

Conflit social : journée d’affrontements à Mayotte

Depuis lundi, le mouvement social contre la vie chère s’est intensifié à Mayotte. Magasins fermés, rues désertées, barrages routiers… L’île est complètement paralysée et Mamoudzou, le chef-lieu, a connu une journée de violences entre manifestants et forces de l’ordre.

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Des hordes d’adolescents, foulard sur le visage, ont jeté pierres et cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par des grenades lacrymogènes. Des barrages entravaient la circulation à travers toute l’île.

L’île de Mayotte connaissait hier son huitième jour de grève contre la vie chère. Et l’arrivée de la pluie en début d’après-midi n’a pas fait retomber la tension. Dès les premières heures de la matinée, des barrages entravaient la circulation à travers toute l’île. Mamoudzou, Bandrélé, Chirongui, Kahani, Vahibé, Pamandzi. Aucune ville n’a été épargnée par les blocages le plus souvent opérés par des groupes de jeunes excités.

À Passamaïnty (banlieue de Mamoudzou), des hordes d’adolescents, foulard autour du visage, ont jeté pierres et cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui ont répliqué en lançant des grenades lacrymogènes. Ce type de scène s’est reproduit plusieurs fois.

Partout dans l’île, la circulation était chaotique. Certains automobilistes ont même dû payer un droit de passage. Sur la route du Sud, la circulation a été coupée jusqu’en fin d’après-midi. Les blocages n’ont pas épargné Petite-Terre. Valise à la main, les voyageurs ont été contraints de rejoindre à pied l’aéroport, dont l’accès était condamné par les barrages. Surréaliste. Le trafic des barges entre Petite-Terre et Grande-Terre a lui aussi été perturbé, ajoutant encore à la confusion régnant à Mamoudzou. À Kawéni, zone industrielle du chef-lieu, des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre : les grenades lacrymogènes ont répondu aux jets de pierre toute la journée. Et des manifestants s’en sont pris violemment à un « mzungu » (un Blanc) qui a eu le malheur de sortir son appareil photo.

BARRAGES DE FORTUNES, POUBELLES INCENDIÉES, PNEUS CALCINÉS

Même le centre-ville de Mamoudzou a été le théâtre de nombreuses scènes de violence (jeunes agressifs, jets de pierres, de cocktails Molotov etc.) et à des débordements, issus, selon la police, d’une jeunesse qui est bien loin des négociations autour de la vie chère. Dans le centre-ville, barrages de fortunes, poubelles incendiées, pneus calcinés jonchaient les rues, témoins des derniers blocages. Quant aux magasins, tous ont dû tirer leurs rideaux sous la pression des manifestants. Un supermarché a bien tenté d’ouvrir ses portes hier matin, mais il a immédiatement subi une tentative de pillage. De fait, Mamoudzou avait des allures de ville fantôme.

Le mouvement de contestation a très largement dépassé le motif de revendication de base. Et l’intersyndicale à l’origine des manifestations (CGTMa, Cisma CFDT, AFOC — Association des consommateurs FO —, Association des consommateurs Ascoma et Collectif des citoyens perdus) semble dépassée par l’ampleur de l’événement, sans pour autant appeler à un retour au calme. Hier soir, elle était encore occupée à négocier la réduction des prix de dix produits de consommation courante (sable, bouteille de gaz, ailes de poulet, farines, lait, œufs, etc.). État, représentants de la grande distribution et syndicats semblaient bien décidés à trouver un accord, quitte à y passer la nuit… En attendant, les forces de l’ordre s’apprêtent à accueillir des renforts de la Réunion et de métropole et le mot d’ordre pour la journée de vendredi est : restez chez vous.

Leur presse (Juliette Camuzard, Clicanoo.re), 7 octobre 2011.

 

Mayotte : démission totale !!!

Les négociations se poursuivent alors que les communes de Mayotte ressemblaient à un état de siège. Aucun appel au calme des responsables politiques à la radio, aucun effort des adultes qui regardent les jeunes agresser les automobilistes sans rien dire.

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Des jeunes et très jeunes font tomber deux arbres en cours d'après-midi à Koungou

Aucun lien possible entre les villages aujourd’hui à Mayotte. Les barrages et les feux sont allumés un peu partout sur l’île par des jeunes casseurs. Partout ? Non ! Car tel le village des invincibles gaulois, le village de Dzoumogné résiste : « nous, les jeunes adultes avons signalé que tout poseur de barrage serait dénoncé à la Police, et depuis ce matin nous n’avons encore eu aucun barrage ! » affirmait ce jeune croisé sur le bord de la route. Qu’attendent les autres villages pour réagir ainsi ?

Les gendarmes étaient toute la journée au four et au moulin, alors qu’à Dzoumogné, les ambulances ne pouvaient passer, dont une femme enceinte d’un bébé en état de mort fatale qui a du être transportée par la brigade nautique de Longoni à Mamoudzou…

Les chauffeurs de taxi ont décidé de rejoindre à leur tour le mouvement de grève en mettant en place plusieurs opérations escargot qui ont momentanément paralysé le trafic à Kawéni, et le personnel naviguant du Service de Transport maritime (STM) a mis en place depuis mercredi un service plus que minimum : une barge effectue les rotations chaque heure, et aucun véhicule n’est accepté à bord, hormis les urgences et les évacuations sanitaires. Des camions de police qui voulaient intervenir en Petite Terre se sont donc vu refoulés dans la matinée.

Mais le problème actuel de Mayotte c’est qu’elle ne vit plus : les rideaux sont baissés, la consommation est réduite à néant. Les supermarchés ont pu ouvrir un moment en matinée, protégés par la gendarmerie, à la demande du préfet. Mais le Sodifram de Kawéni a du fermer après avoir été pillée dans la foulée par des manifestants en colère…

Du côté des syndicats, après avoir refusé l’ensemble des propositions faites par les décideurs économiques, les leaders se sont entretenus avec leur base ce jeudi matin. Salim Nahouda reste sur la proposition de l’intersyndicale : « que les distributeurs maintiennent leurs marges à 30 % ». Les prix de la bouteille de gaz ont été sujets à débat la veille : « nous demandons que les tarifs soient régulés par décret comme c’est le cas en métropole ou à La Réunion. C’est à dire que de 25 euros proposés par Somagaz et Total, nous pouvons descendre à 20 euros si l’État prend en charge les 5 euros de différence. » Enfin, la proposition de maintenir cette baisse des prix sur un mois « est rejetée. Nous demandons que cela dure le temps des négociations. »

Mais dès le départ des négociations du jour, le préfet Thomas Degos a prévenu : « on ne sort pas tant qu’aucun accord ne sera signé ». Résultat : à 19 heures les parties discutaient toujours, avec des éléments positifs à la clef.

Leur presse (Annette Lafond, Malango Actualité), 6 octobre 2011.

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[Montpellier] Ils n’ont rien compris ! Nous voulions la réouverture du Peyrou, ils l’ont fermé !

 

« On ne peut pas impunément, pendant des années, fonder le développement de la ville uniquement sur des critères de performance, de réussite commerciale et d’attractivité touristique sans que cette logique ne finisse par imposer sa loi. Ce type d’arrêté s’inscrit bien dans une continuité politique. Il est cohérent avec la décision des municipalités de livrer le centre-ville à l’affairisme commercial (les fameuses zones piétonnes), comme il est cohérent avec sa politique de communication. Les pouvoirs locaux prétendent que “leurs” villes sont devenues des territoires exemplaires de la réussite et de l’excellence, du “beau” et du “propre”, et l’arrogance de ce discours finit par dénaturer toute leur vision politique. »

Pascal NICOLAS – LE STRAT, invité à la soirée de ré-ouverture du Peyrou.
Texte extrait de l’article « Des citoyens indésirables »  publié par l’ISCRA – 1996.

Sommes-nous si effrayants que la mairie décide de fermer le Peyrou suite à l’appel pour sa ré-ouverture ? Depuis une semaine, des affiches décorent les tristes murs du centre-ville, appelant à une soirée festive, avec l’intervention d’un universitaire, et d’un ancien journaliste, pour animer un débat, sur le phénomène d’embourgeoisement du centre-ville. La fête et le débat public sont visiblement des choses qui déplaisent à la mairie, puisque celle-ci a décidé de fermer le Peyrou du jeudi 6 octobre au dimanche, en prévision d’un trouble à l’Ordre public.

Et la mairie a raison !

Nous qui voulions détrôner Louis XIV, et mettre en place une base secrète d’Al-Qaïda.
Nous qui voulions organiser la plus grande Rave Party de l’année avec tous les marginaux que la mairie aime tant.
Nous qui avions invité les cartels colombiens pour relancer l’économie montpelliéraine.
Nous qui voulions créer des ateliers de fabrication de faux papiers, proposer des armes à prix libre.
Nous qui avions prévus des litres de GHB pour s’amuser sans consommer d’alcool, et ainsi casser l’image de la jeunesse dépravée.

Mais quelle déception ! Quid du petit train de Montpellier qui ne pourra plus promener nos chers touristes librement ! Que se passerait-il si nous décidions d’appeler à une soirée telle que celle-ci chaque soir de la semaine ?

Sans rire, nous envisagions plutôt une éventuelle intervention policière aux alentours de l’heure officielle de fermeture, ou vers une heure du matin, pour accompagner la fermeture des bars, mais ne pensions pas infliger une telle terreur à la mairie.

Cette méthode porte un nom, il s’agit de prévention situationnelle. C’est-à-dire faire en sorte qu’un délit ne puisse pas être commis, la même doctrine qui inspire l’installation de barres au milieu des bancs, afin que les SDF ne s’y allongent pas. Dans notre cas, il faut y voir une ré-édition du « crime-pensée » d’Orwell. Le Peyrou serait-il réservé aux soirées organisées par la mairie ?

Cet arrêté est purement scandaleux, c’est pourquoi nous appelons au maintien de la soirée du 7 octobre et à son renouvellement le vendredi 14, et plus si affinités !

Le comité anti-répression (contact), 6 octobre 2011.

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Tous et toutes en grève le 11 octobre !

Nous savons que les patrons et le gouvernement privatisent et démantèlent les services publics, cassent le système de retraite par répartition, remettent petit à petit en cause la sécurité sociale, mettent en place un nouveau management qui presse les travailleu.r.se.s et les individualise.

Nous savons que la classe dirigeante utilise encore une crise qu’elle a elle-même créée pour maintenir un climat de peur et donner l’impression qu’on ne peut rien faire face à un ennemi lointain et invisible (les banques, le marché qu’il faudrait rassurer) pour continuer à piller ce qu’il nous reste (ici après la Grèce, l’Espagne, etc.), pour nous demander de nous sacrifier pour que les riches fassent encore plus de profits en bloquant nos salaires, en rachetant les services publics et en augmentant la dette publique.

Nous savons qu’ils cherchent à nous diviser en stigmatisant des populations (roms, pauvres, immigré.e.s, chômeu.r.se.s, travailleu.r.se.s du privé contre ceux et celles du public) parce qu’ils savent qu’uni.e.s nous serons plus fort.e.s.

Nous ne sommes pas là pour rassurer les marchés, nous ne sommes pas des variables d’ajustement pour réduire un déficit qui s’est creusé sur notre dos (pouvoir accru des banques, exonérations patronales en tout genre), nous savons que la richesse existe et nous irons la chercher pour la partager.

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Contre l’individualisme, le repli sur soi qui nous laissent seul.e.s face à nos patrons et à l’État et mènent au renoncement, voire à la dépression, nous devons retrouver le goût de la lutte collective, de la solidarité de classe. Nous savons que ce n’est pas en une journée d’action que nous ferons reculer l’État et le patronat, aussi nous devons construire un rapport de force à la base, dans l’unité lors d’assemblées générales souveraines.

Nous sommes prêt.e.s à lancer de nouvelles dynamiques syndicales offensives et à promouvoir un projet de société en rupture avec le capitalisme. Et nous n’attendrons jamais la comédie des urnes électorales pour cela. Nous n’attendons rien de nos futurs élus, tous nos acquis ont été obtenus par la lutte. Nous n’aurons que ce que nous prendrons. Travailler moins, tou.te.s et autrement, c’est urgent.
Nous pouvons développer une syndicalisation massive et combative dans les entreprises et les administrations.
Nous pouvons construire un rapport de force et obtenir un partage des richesses et une réduction du temps de travail qui nous permettent de dégager du temps pour nous investir dans la vie et la gestion collective de la société sans déléguer constamment notre pouvoir à une élite dont nous ne partagerons jamais les intérêts.
Nous pouvons développer la force d’imposer nos choix. Utilisons-la !

CNT, 6 octobre 2011.

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[Montpellier] Pourquoi j’ai refusé de me soumettre au prélèvement ADN

 

La semaine dernière, Georgios, un anarchiste grec de 31 ans vivant en France, est condamné par le tribunal correctionnel de Montpellier à un mois de prison avec sursis (non portée au casier judiciaire) pour refus de prélèvement ADN. En octobre 2010, il avait été interpellé lors des manifestations contre la réforme des retraites mais a obtenu un non-lieu pour les dégradations dont il était accusé. Comme il avait été arrêté avec un petit couteau dans sa poche, la police lui avait également demandé son ADN, ce qu’il a refusé.

La jurisprudence en la matière n’est pas encore unifiée. En quelques mois, nous avons déjà croisé plusieurs cas de figures : en juillet à Boulogne-sur-Mer, le tribunal correctionnel a décidé de ne pas condamner des militants du réseau No Border pour leur refus de prélèvement, puisque les prévenus ont été relaxés du délit principal. En août 2010 à Paris, une présidente a estimé que des policiers avaient demandé abusivement l’ADN d’un homme jugé pour « attroupement armé ». Enfin à plusieurs reprises dans le cas de faucheurs d’OGM, la justice a estimé que le prélèvement ne se justifiait pas pour ce type d’actions.

Une semaine après sa condamnation, Georgios explique pourquoi il n’a pas souhaité obtempérer et fournir son ADN aux policiers qui l’ont arrêté.

1. J’ai refusé de donner mon ADN parce que je considère que c’est une atteinte à ma vie privée. La seule idée de donner une partie de mon corps aux services judiciaires et policiers m’effraie encore.

2. J’ai refusé de donner mon ADN car je m’oppose à la conception du monde selon laquelle ce qui est inné prédomine sur ce qui est acquis. Un seul exemple : en mars 2007, l’actuel président de la République avait déclaré :

« Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés. Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. »

Le fichage ADN ouvre la porte à une politique sécuritaire basé sur le caractère génétique : connaître l’ADN de l’ensemble de la population permettrait d’identifier les futurs suicidés ou les futurs criminels. Dans ce sens, le fichage généralisé de la population est un outil pour ceux et celles qui sont au pouvoir et qui se sentent libres de déterminer qui correspond aux normes et qui est déviant-e. Je n’accepte pas que notre identité soit réduite à ces informations génétiques, que ce bout de tissu biologique prédomine sur mon histoire, mon éducation, le contexte affectif, social et économique dans lequel j’ai grandi et dans lequel je vis.

3. J’ai refusé de donner mon ADN car je résiste au fichage de la population. Depuis des années l’État multiplie les fichiers qui comptent actuellement des millions des personnes ou plutôt des millions de codes : à titre d’exemple (et selon la CNIL) je mentionne :
– le fichier FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques, 1’300’000 fiches début 2010)
– le fichier STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées, 5 millions de « suspects » et 28 millions de victimes répertoriées)
– le fichier Base élèves
Parmi les promoteurs du fichage, nombreux sont qui ne cachent pas leur projet : le député UDF Jean-Christophe Lagarde, a souhaité que « le gouvernement réfléchisse à un fichier qui concerne l’ensemble de la population ». Sous prétexte de lutte contre l’insécurité et au nom d’un intérêt général qui n’existe pas, les gouvernement successifs ont multiplié les fichiers. Le fichage de la population entre dans le cadre de politiques de contrôle social, de surveillance continue et de répression. Depuis quinze ans, plus de 50 textes de lois ont affaire avec la sécurité. Mais peut-on croire que des mesures répressives et de fichage vont résoudre les problèmes sociaux ? Même si les mesures de contrôle se multiplient (vidéosurveillance, bornes biométriques dans les écoles, prélèvements ADN), elles ne sont pas parvenues à donner un sentiment de sécurité à la population.

4. J’ai refusé de donner mon ADN car je n’accepte pas le fichage de militant-e-s sociaux-les et politiques. Depuis la Loi sur la sécurité intérieure de 2003, le fichage ADN concerne la quasi totalité de des crimes et des délits (sauf crime financier…). Il n’est pas un hasard, selon moi, que le fichage ADN vise également les militant-e-s politiques et sociaux-les. Dans une société de plus en plus inégalitaire, où les riches deviennent plus riches et les pauvres se voient même criminalisé-e-s, dans une société où prédomine le dogme du « chacun pour soi », le fichage ADN est un outil de pression contre les personnes qui s’opposent aux injustices sociales.

5. J’ai refusé de donner mon ADN car je proteste contre les énormes intérêts financiers des industriels qui se cachent derrière ces politiques de la peur. Le marché de la “sécurité” représente plusieurs milliards d’euros, très souvent payés par les impôts de la population. Le cas du fichage ADN illustre bien la façon dont collaborent les patron-ne-s et les actionnaires des grandes entreprises investissant de l’argent pour notre « sécurité » et les défenseurs politiques du dogme « ordre et sécurité ». Je lutte contre ces politiques sécuritaires qui veulent faire de notre société un champ de surveillance, d’isolement des individus, de punition. Avec mes compagnes et compagnons, nous luttons pour que la peur soit remplacée par la solidarité, la soumission par la résistance, la résignation par l’auto-organisation.

6. J’ai refusé de donner mon ADN car c’est juridiquement absurde. En donnant aux enquêteurs le pouvoir de faire des prélèvements d’ADN et de les conserver, même sans condamnation ultérieure, le principe de présomption d’innocence est bafoué, remplacé par une présomption de culpabilité.

Courrier des lecteurs – Les Inrocks, 30 septembre 2011.

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[Bruxelles] Un faux tract provoque la commune de Schaerbeek

Depuis une semaine, un tract pour le moins douteux circule auprès des particuliers schaerbeekois. Avec un message : Schaerbeek, son bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (FDF) et sa bourgmestre faisant fonction Cécile Jodogne (FDF) sont les plus qualifiés pour mener une politique hyper-sécuritaire, depuis que des caméras vont être installées un peu partout sur territoire, lutter contre la malpropreté, expulser les Roms et autoriser l’installation d’une prison à Haren, soit à quelques encablures de la frontière communale…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1317440867.jpgUn message que l’on croit écrit par les intéressés. Mais il n’en est rien. Il s’agit d’une critique en règle de la politique menée justement par la majorité MR-FDF-Écolo. De quoi mettre en colère Cécile Jodogne, d’autant que le document reprend l’un des sigles de la commune. Pas l’officiel, mais il s’agit tout de même de celui figurant dans le journal communal.

En tous les cas, lors du bal du bourgmestre Bernard Clerfayt (un événement également évoqué dans le courrier), samedi dernier, c’était l’un des sujets de conversations de la soirée. Et chacun y allant de son hypothèse pour débusquer les auteurs.

«  Bernard Clerfayt et Cécile Jodogne ont porté plainte », indique le cabinet des deux bourgmestres. « Ce mardi, le collège a également pris la décision de se constituer partie civile et de désigner un avocat. »

De son côté, la police enquête pour retrouver les auteurs. Des pistes sont d’ores et déjà évoquées comme des groupes d’extrême-gauche. « Ce sont des méthodes d’extrême-droite utilisées par des gens d’extrême-gauche, à notre sens », ajoute encore le cabinet.

D’ailleurs, l’agence de presse brusselnieuws.be mentionne encore que beaucoup de gens, indignés, ont appelé à la commune pour protéster. Quelques personnes aussi pour applaudir, et deux pour protéster que la lettre n’était pas aussi en néerlandais.

Leur presse (sudpresse.be), 28 septembre 2011.

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Martigues : des tirs contre le domicile d’un policier

Le parquet d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a ouvert une enquête après que le domicile d’un policier de Martigues eut été la cible de tirs d’armes à feu dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Les faits ont eu lieu vers 00H30 dans le quartier de Chanteperdrix où le brigadier, en poste à la brigade anti-criminalité, réside dans un pavillon. Ce fonctionnaire qui a participé à plusieurs arrestations d’équipes de braqueurs se trouvait sur place avec son épouse, son fils et sa belle-fille, tous les deux adjoints de sécurité, cette dernière étant enceinte de trois mois, selon la même source.

Les enquêteurs ont relevé une dizaine d’impacts à l’avant de la maison et des balles « Brenecke » utilisées pour la chasse au sanglier ont traversé la porte d’entrée pour atteindre la cuisine. Le secrétaire régional du syndicat de policiers Alliance, David-Olivier Reverdy, a dénoncé « un acte odieux qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques ».

Selon la source proche de l’enquête, le brigadier envisagerait de déménager, estimant que la sécurité de sa famille n’est plus assurée.

Leur presse (Midilibre.fr), 15 septembre 2011.

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Fontenay-sous-Bois/Fresnes en 72 heures

Dimanche 26 septembre, se tenait au squat de la Buissonnière à Fontenay, une discussion/projection/concert en solidarité avec la lutte menée contre le TAV en Val Susa, autour de la construction d’une ligne à haute vitesse entre Lyon et Turin. Au cours de la soirée, les flics se sont présentés plusieurs fois à la porte au prétexte d’une plainte des voisins. Autour de minuit, alors que la porte leur avait été fermée au nez une première fois, ils reviennent à plusieurs voitures et contrôlent un groupe de personnes se trouvant devant le squat. L’un d’eux, accusé de les avoir insultés et de s’être opposé à leur contrôle est très vite embarqué. Deux personnes se trouvant non loin réagissent rapidement à cette interpellation, elles seront embarquées à leur tour. Malgré des tentatives de les en empêcher, les flics réussissent à emmener les trois au commissariat, non sans avoir reçu quelques canettes et coups de gaz lacrymogène.

Après 48 heures de garde à vue, ils passent en comparution immédiate au tribunal de Créteil mercredi 28 septembre après-midi : le premier pour « infraction à la législation des étrangers », « outrage et rébellion », les deux autres pour « incitation à créer un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation […] de violences volontaires », en application de la récente loi sur les bandes. Le procès se déroule en présence de nombreux flics, civils, Bac et autres crapules avec ou sans uniforme.

Appuyée sur un dossier épais, contant aussi bien les quelques jours d’ITT pris par les keufs que la description policière du squat, la juge en condamne deux à huit mois de prison dont quatre mois de sursis sans mandat de dépôt. Le dernier est relaxé pour la rébellion et condamné à quatre mois ferme pour « outrage » et « infraction à la législation sur les étrangers » avec mandat de dépôt : il part donc le soir même pour la prison de Fresnes.

SOLIDARITÉ ! LIBERTÉ POUR TOUS ET TOUTES !

Indymedia Nantes, 30 septembre 2011.

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Mobilisation contre la gentrification du quartier Battant à Besançon

Depuis mercredi dernier [28 septembre], habitant.e.s et commerçant.es du quartier Battant (secteur de la Madeleine) se mobilisent contre la fermeture annoncée d’un bar, la stigmatisation de sa population ou encore la mort des commerces… En résumé, ça se mobilise contre l’embourgeoisement du quartier tous les mercredis à 17h30.

Mailing – 30 septembre 2011.

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Je suis une montagne de feu

Je suis une montagne de feu – Incendie de Pantin, ses morts, ses survivants.

Hier matin à 9 heures, les quelques éclopés de l’incendie du passage Roche, cheminent vers la mairie de Pantin. Une dizaine de personnes ont été hébergées hier soir dans les chambres d’un stade municipal. Les autres ont pris la fuite de crainte d’être arrêtés par la police. Béquilles trop petites et cassées, ligaments croisés qui exigeraient un repos total, ils arrivent à pied cahin-caha, sonnés. On se demande combien de blessés, combien de morts seront nécessaires pour provoquer l’onde de choc qui fasse bouger un peu les pouvoirs publics. Ce tableau digne de Bruegel est en vrai intolérable.

Hier soir nous sommes venus les écouter au stade, écouter l’horrible récit de ce qui s’est passé dans le squat. La plupart ont vu leurs amis mourir sous leurs yeux ou criant depuis l’intérieur alors que les pompiers tardaient à agir, jugeant peut-être la situation trop dangereuse pour entrer dans le bâtiment et sauver les vies. Aux Tunisiens qui étaient prêts à re-pénétrer dans les lieux car ils connaissaient les accès et pouvaient indiquer par où passer, il a été dit à plusieurs reprises : “ce sont les professionnels [En l’occurrence, les pompiers de Paris sont des militaires qui travaillent constamment avec la police] qui prennent les décisions”. L’immeuble n’a qu’un étage ; à trois mètres d’eux, ils ont fini par ne plus voir leurs amis, ni entendre leurs cris.

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Ce sont les échappés qui ont évacué les premiers blessés alors que huit camions de pompiers étaient arrivés sur place. Ceux qui pouvaient faire le récit de ce qui s’est passé, ont été encadrés par la police, n’ont pas pu parler à la presse présente en masse pour la venue de Guéant et ont été emmenés puis interrogés des heures durant dans un commissariat.

Le rendez-vous à la mairie, le lendemain matin, consiste en un accueil individuel par des assistantes sociales suivi d’une réunion commune avec la directrice des assistantes sociales. Ils y vont seuls. Monsieur Bon, le mal nommé, directeur du cabinet de monsieur le maire Kern, qui hier, assurait sur place une vraie prise en charge de l’ensemble des personnes qui se trouvaient dans le squat, donne ses consignes de loin, ou ne répond plus au téléphone et n’estime même pas nécessaire de se déplacer. Ce qui est proposé aux rescapés, re-triés et sélectionnés… est digne de la politique du gouvernement actuel concernant les migrants : 30 euros quotidien par personne pendant trois jours et éventuellement la possibilité de rester dans le stade jusqu’à lundi ! À force de tragique la farce de la situation explose.

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Un nouveau rendez-vous est donné à 15h30, pour donner deux trois vêtements et de nouveaux soins… Devant la mairie Jean-Jacques Briant, adjoint au maire, responsable de l’action sociale, est interpellé, à la colère des quelques personnes, citoyens, présents ici, est répondu un laconique « vous n’avez qu’à les prendre chez vous » et d’autres inepties. Les éclopés n’ont pas même un banc où s’asseoir. Un repas de midi, assis dans la cantine de la mairie toute proche ? Aucun élu ou employé de la mairie n’y pense, on ne mélange pas tout. Ainsi les compagnons d’infortune, pieds dans le sac, reviennent peu à peu vers le squat.

Sur la place un ouvrier né en Tunisie, algérien, vivant en France depuis 30 ans, se met à crier devant l’indécence de la proposition de la mairie, devant ces jeunes gens, ses fils à lui, fils de la révolution, mal traités, abandonnés par tous, il dit :

JE SUIS UNE MONTAGNE DE FEU
Je suis en colère, je ne veux plus les voir ces partis de droite ou de gauche !
Je suis un rebelle ! Ils nous marchent dessus !
J’ai travaillé trente ans pour la ville de Pantin !
J’ai balayé les rues pendant 30 ans !
J’y ai donné ma vie, ma santé !
30 euros pour nos fils !
30 euros pour se taire !!

RASSEMBLEMENT vendredi 30 septembre à 18 heures passage Roche Métro Hoche ligne 5 (…)

CIP-IDF, 30 septembre 2011.

 

Ce matin à l’aube, à Pantin

Ce matin à l’aube, à Pantin, 6 personnes sont mortes brûlées ou asphyxiées dans l’incendie du petit immeuble où, avec une vingtaine d’autres, elles s’étaient réfugiées depuis quelques semaines.

Ces 6 personnes seraient selon le préfet Lambert « des Tunisiens et des Égyptiens probablement en situation irrégulière », victimes selon Claude Guéant, qui s’est également rendu sur place, « des filières criminelles, qui rançonnent les candidats à l’immigration et qui après leur avoir fait miroiter l’espoir d’une vie meilleure, les laissent tomber et les laissent face à une vie d’errance et de malheur » [Rappelons à Guéant que ces réseaux criminels de passeurs n’existaient pas avant la mise en place des politiques visant à restreindre la liberté de circulation des pauvres].

Depuis le 1er septembre, la mairie de Paris n’héberge plus les migrants récemment arrivés de Tunisie, Égypte ou Lybie. Tous ceux qui grâce à la lutte, et notamment grâce aux occupations d’immeubles et bâtiments publics qui se sont succédées en mai et juin [Toutes les occupations de mai et juin (Bolivar, le gymnase de la rue Couronnes, le foyer AFTAM de la rue Bichat, Botzaris) avaient, il faut le rappeler, été évacuées et réprimées sur ordre ou avec l’aval de la mairie de Paris ou d’associations de gauche telle l’AFTAM dont le président d’honneur n’est autre que l’indigné jet set et sélectif, Stéphane Hessel], avaient réussi à obtenir pour quelques semaines des places d’hébergement dans des foyers ou hôtels sont retournés dormir là où ils le peuvent : à droite, à gauche dans des squares et des parcs, harcelés par la police municipale ou nationale, à droite à gauche dans des maisons ou bâtiments inoccupés qui foisonnent à Paris et en proche banlieue.

Comme le rappelait ce matin à Pantin un jeune Tunisien qui a réussi à échapper à l’incendie : « On n’est pas venu ici pour dormir dehors ». Quoi de plus logique et normal quand on n’a pas d’endroit où dormir que d’en réquisitionner un qui ne sert à personne ?

Le maire de Pantin, Bertrand Kern reconnaît cette légitimité aux habitants de l’immeuble, puisque selon ses propos : « C’est tragique ! C’est un drame de la misère humaine. Il s’agit de migrants récemment arrivés. Certains étaient chassés d’un square parisien, près de La Villette. Ils se sont introduits dans ce petit immeuble pour y dormir. »

En même temps, il annonce [On peut lire ses déclarations dégueulasses, largement diffusées dans la presse. Kern, le maire de Pantin qui paradait dans les lieux, est un habitué des expulsions, particulièrement acharné contre les Roms, avec la complicité d’Europe-écologie. Ce quartier, à deux pas de Paris, est en passe de devenir un petit paradis pour les classes moyennes, autour du siège d’Hermès (dont les ventes explosent sur le marché du luxe des pays « émergents »), après avoir dégagé les dernières classes populaires qui y restaient. Alibi : bien sur il y aura quelques logements « sociaux » et peut-être une crèche ou un truc comme ça.] qu’il comptait faire évacuer l’immeuble d’ici peu : « On allait saisir la préfecture pour demander son évacuation, mais le drame est arrivé plus vite ».

Comme si le drame n’était pas déjà là avant l’incendie. Comme si le drame ce n’était pas déjà de n’avoir rien d’autre à proposer pour ceux qui se disent de gauche que « évacuer, arrêter, enfermer, expulser, évacuer, arrêter, enfermer, expulser… »

Le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, a évoqué lui un « nouveau drame lié au manque de places en hébergement d’urgence, qui a mené ces personnes à se mettre à l’abri dans des locaux pas du tout faits pour ça… un drame de la misère, de l’immigration, de l’absence de solidarité de l’Europe avec un pays qui s’est battu pour plus de démocratie ».

Derrière les paroles de ce dernier que l’on pourrait juger sympathiques si on met de côté des années de politiques répressives en matière d’immigration et de coups tordus de la part du parti de Mr Bartolone, on peut se demander ce que cela signifie cette expression « le drame de l’immigration » ?

Oui des drames il y en a :
• des milliers de morts noyés en Méditerranée
• des milliers de gens emprisonnés, harcelés, battus, violés dans des centres de rétention, sur des bateaux, des prisons,ou dans des camps érigés avec l’argent et la bénédiction de l’Union européenne
• des gens qui dorment dehors, harcelés par les flics et autres charognards et qui pour manger n’ont d’autre solution que mendier, voler ou se soumettre aux diktats des professionnels de la charité.

Six hommes sont morts, d’autres ont été blessés, d’autres vont retourner vivre dehors. Ce n’est pas un drame de l’immigration mais un drame directement causé par les politiques de contrôle des flux migratoires. Ce n’est pas non plus un drame de la misère comme le dit aussi M. Bartolone, c’est juste l’un des visages de la misère.

Ces dernières semaines, à Montreuil et à Vincennes, plusieurs squats où vivaient, dans des conditions ni insalubres ni dangereuses des migrants qui en ont eu assez de dormir dehors, ont été expulsés. Il en reste quelques uns. Toujours plus prompts à construire des prisons et des centres de rétention que des logements, il est à craindre que les responsables politiques se saisissent opportunément de l’évènement pour faire « évacuer » ces squatts au plus vite. Comme d’habitude, ils diront que c’est dans l’intérêt des habitants.

Ce qui serait aussi dramatique c’est que face à cela nous soyons incapables de réagir, par épuisement, par résignation, par peur de la répression, de la misère… ou bernés par la chimère d’un changement qui ne pourrait intervenir que grâce aux prochaines élections.

16h56 : La police commence à s’agiter face aux personnes présentes en solidarité, merci de prévenir autour de vous, de passer, d’appeler à rejoindre le rassemblement à 18h devant les lieux, Metro Hoche, ligne 5, vers Bobigny.

 

Pantins

Comme vous avez sans doute lu ce matin, un squat a brûlé à Pantin, passage Roche, métro Hoche.

Dans ce local de trois quatre pièces avec un étage ouvert depuis plusieurs mois, déjà muré et sans eau ni électricité, vivaient une vingtaine de personnes. Principalement des Tunisiens venus de Lampedusa et quelques Égyptiens. Ce matin très tôt un incendie s’est déclaré, une bougie qui aurait embrasé un livre.

La police est arrivée très vite sur les lieux puisqu’elle était sur place lorsqu’un des habitants s’est échappé en sautant par la fenêtre de l’étage au-dessus.
Par contre il semble, selon ce garçon tunisien que je connais, que les pompiers ont vraiment tardé à arriver alors que la caserne la plus proche n’est qu’à quelques centaines de mètres.
Six personnes sont mortes de n’avoir pas pu s’échapper à temps, il y des barreaux aux fenêtres de l’étage en bas et une partie du plafond se serait effondré.
Quatre Tunisiens de la région de Tataouine et deux Égyptiens. Les corps sont évacués au fur et à mesure.

Ce secteur immobilier est en pleine restructuration, Hermès avance, à grands pas, les grues frôlent le passage Roche.
La parcelle où se trouve la maison qui a brûlée a été préemptée par la mairie de Pantin il y a trois ans. Un propriétaire qui possède des maisons à l’entrée du passage n’a pas encore cédé à la spéculation et selon la mairie cela bloque l’avancée des travaux sur le secteur. Le passage doit être détruit.
Le défilé a commencé par Guéant ce matin, se poursuit en ce moment avec les élus socialistes. C’est dégoûtant.
Il va de soi que ce qui arrive là, n’est que le résultat de la triste mécanique du pouvoir.
Évidemment pas de responsable, sinon l’autre, les socialos diront l’état, l’état dira les victimes elles–même. Validant sa politique du pire.
Et nous, serons trop dispersés pour répondre à la hauteur de cette infamie.
Oui, se jeter dans la mer pour rejoindre le pays ami, passer des mois dehors dans les jardins ou des maisons précaires, traités partout comme des chiens.
Et espérer quand même quelque chose dans ce foutu bourbier. Quelle barbarie.

Des gens passent sur place, des Tunisiens qui ont fait circuler le mot. Ceux de la maison du passage Roche faisaient sans doute partie de ceux qui dormirent un temps à la Cip, un temps à Bolivar, un temps au gymnase, un temps à Botzaris, un temps au foyer saint honoré, un temps dans une maison occupée rue Bichat, au squat du Bourdon, ou dans d’autres maisons occupées à Montreuil, à Vincennes… nous connaissons leurs visages.

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Suis passée devant la coord en y allant. C’est beau comme un désert.

CIP-IDF, 28 septembre 2011.

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[Tunisie] Kasserine, septembre 2011

Il y a du guerrier pour la guerre à Kasserine

24 septembre, un escadron de colons tunisois, hharhasse el watan ( les flics de la patrie), la garde nationale, est venu envahir Kasserine pour un grand nettoyage, une sale purge. Selon les ordres du ministère de l’Intérieur il faut remettre en prison les évadés, arrêter les derniers voleurs en date, de la « révolution ». Kasserine est remplie de motos, dont la moitié, je pense, sont volées, je ne parle même pas des voitures.

Le centre-ville est bouclé, contrôles d’identité, interpellations, fouilles des véhicules. Les sirènes de polices retentissent dans la ville, les camions de police se remplissent de futur prisonniers, j’en ai mal à la tête.

Ce soir, il fait froid et noir, plus un chat dans les hhomes (rue populaire). La dernière patrouille de police que j’ai vu s’est aventurée jusque dans les bas-fonds de la ville. Ça ne veut pas rien dire, c’est un geste fort de leur part. « Zenga zenga dar dar bite bite. »

25 septembre aux alentours de 21 heures une manifestation traverse la ville. Une aura monstre l’enveloppe. Les hhomes se remplissent, tout le monde piaille sur le dernier scoop (made in closer). Tout le monde en parle mais personne n’a rien vu. On entend des gens siffler d’assez loin, c’est les « frechiches », les types de Kasserine, ceux qui adorent siffler, vieille pratique tribale. Les frechiches arrivent et comme pendant les évènements de décembre, ce sont surtout des jeunes qui sortent résister : « Faire la guerre, il y a du guerrier », « les singes doivent dégager, ils n’ont pas leur place ici, nous sommes chez nous ils viennent nous faire taire ».

Pendant plusieurs heures, des bandes de jeunes se sont affrontées à la police tunisoise et kasserinoise.

La Constitution approche (23 octobre), c’est un évènement de leur histoire (loyaliste). Une ligne de partage se trace ces derniers temps en Tunisie, « nous sommes avec eux ou contre eux ». Eux, ce sont les singes, ceux d’en haut, ceux qui n’ont aucune dignité.

En approche de cet évènement saint, nous, profanes, avons décidés de ne pas subir « leur religion sécuritaire » et de passer à l’offensive.

L’éducation nationale est encore occupée, des dortoirs sont installés, l’offensive se compose.

En route ! 27 septembre 2011.

 

Kasserine : « on s’est fait baiser par le haut »

Les vacances sont finies, la « révolution spectacle » aussi. Depuis plus d’une semaine c’est la rentrée des classes, une nouvelle année scolaire commence et entraîne avec elle le retour à la normale pour les étudiants. Un décalage criant et de quoi devenir complètement schizophrène quand on repense à décembre dernier.

Entre les évènements de décembre et aujourd’hui, le sentiment général à Kasserine est celui de s’être fait baiser par le haut. Ras le bol général de la politique classique et désenchantement de la « révolution spectacle ». Pour certain il n’y a même jamais eu de révolution. Seulement une révolution de palais, en des termes plus simples, une nouvelle mafia au pouvoir.  Le temps de l’État moderne se perpétue.

Kasserine est une ville du centre du pays pas mal méprisée depuis au moins un siècle par les différentes formes de pouvoir. Le centre du pays est une région qui porte une histoire particulière de lutte et de révoltes. Quelques exemples : en 1864, dans un contexte d’augmentation de la mejba, dédoublement de l’impôt, les tribus sortent d’une perspective strictement locale mais  se lient avec d’autres tribus pour organiser leur révolte. De 1881 à 1889, les tribus font face aux colons français. De 1952-1954, la lutte des fellagas qui précipite la fin du protectorat. 1984, soulèvement et « émeutes du pain » etc. Ici la persistance du lien historique d’avec les luttes passées s’explique aussi par le fait  que le sentiment d’appartenance tribale n’a pas complètement disparu. Aussi le rapport au territoire y est très éloigné de l’idée d’appartenance à un pays, à une nation, il a une consistance bien plus politique qu’ailleurs en Tunisie. D’où la défiance et la méfiance historique de cette région quant au pouvoir tunisien.

Les évènements de décembre, c’est l’histoire  d’une révolte que le pouvoir a vaincu par une stratégie contre-insurectionnelle qu’on ne connaît que trop bien. Répandre l’idée d’une insécurité, diffuser un sentiment de peur c’est ce qui fait qu’on en vient à regretter l’État stable, à désirer le retour de la police, celle-là même qu’on craignait, qui nous traquait il y a peu de temps et qu’on avait pourtant réussi à dégager. C’est ce qui apporte la confusion entre les partisans, ce qui vient monter ceux qui luttent contre leur propre détermination de jadis, dans une sorte d’amnésie folle, l’oubli de ce moment où on avait décidé de ne plus avoir peur.

Ce dont a usé l’Italie dans les années 70, son état d’exception permanent, l’État fétiche tunisien le reproduit. L’État d’Urgence décrété le 14 janvier par Ghanouchi  est toujours en vigueur, il a été prolongé jusqu’au 23 octobre par M’bazza en juillet. Ce dernier implique par exemple une application scrupuleuse de l’interdiction de tout rassemblement, pouvant procéder à perquisition de jour comme de nuit et assignation résidence.

À Kasserine, une lutte s’est lancée contre la « misère sociale » depuis plus d’une semaine par une bande de cinq mecs. Ce sont de vieux diplômés, la quarantaine passée, demandant du travail. Ils sont restés pendant trois jours assis sur un muret de plus de deux mètres de haut, d’un bâtiment de l’éducation nationale entourant leur cou d’une corde. À l’image des martyrs, héros d’une petite guerre, le Bouazizi & le mystico-suicide. Les cinq, en ayant assez d’attendre, se sont jetés corde au cou. Quatre sont sortis plus tard de l’hôpital, un autre est resté en soins intensifs. Puis, deux seront internés en hôpital psychiatrique, pour ne pas dire habilement emprisonnés.

En réalité leur revendication dépasse largement le simple cadre de la « misère sociale ». Un des mecs disait, la corde au cou,  « je ne fais pas appel au droit, à la politique, mais à la vie !!! » Se réappropriant une partie de l’espace, leur lutte s’est rapidement propagée, pour devenir celle d’au moins deux cent personnes.

On va dans la cour pour boire un café, discuter sexe & politique (entre mecs bien sûr). L’hélicoptère qui sillonne le ciel au dessus de nos têtes en ce moment, vient confirmer les dernières déclarations de guerre du Premier ministre contre les insurgés il y a de cela trois semaines. Un jeune étudiant dit  « on se fait avoir par le pouvoir sous couvert de démocratie, on se fait mijoter. Ça fait bien plus de six mois que la révolution est finie. À Kasserine ou Thala les flics ré-emprisonnent avec l’armée, sous prétexte d’insécurité, on a pas besoin d’eux on peut se défendre nous-mêmes ! »

Ce qui est remis en cause ici par certains c’est la question de l’ordre dans son ensemble. La lutte se transforme en point de rencontres et de conflictualités. Pour certains les partis politiques n’ont pas leur place dans cette lutte. Une balance, les  kawed, essaie de nous faire croire que les barbus ont investi cette lutte. Ça ne prend pas, la mafia au pouvoir sous Ben Ali nous nous a déjà servi la même soupe. Depuis, un tract a circulé, il annonçait la grêve générale pour le lundi 18 septembre. Dimanche soir et lundi l’armée a arrêté pas mal de monde, des pneus brûlent dans la ville et ça risque de continuer les prochains jours…

En route ! 23 septembre 2011.

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Mayotte : Grève générale et répression coloniale

Troisième jour de grève illimitée contre la vie chère à Mayotte.
De nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre.

Encore une fois le pouvoir vient de nous faire la démonstration que Mayotte est bien une colonie en envoyant les blindés contre les manifestants et en faisant venir des renforts de gendarmerie.

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« Mabawas nachouké ! »

À l’appel des syndicats, une manifestation contre la vie chère est reconduite depuis mardi 27 septembre dans le centre-ville de Mamoudzou, chef-lieu du nouveau département. Dès le premier jour, la marche contre la vie chère a tourné à l’affrontement.

La tension est montée d’un cran mercredi dans les rues de Kawéni et Mamoudzou. Les blindés ont fait leur apparition et des gendarmes réunionnais ont été appelés en renfort.

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Les manifestants reprochent au préfet « le déploiement spectaculaire de force de gendarmerie ».

Le quotidien France Mayotte considère que « Mayotte a vécu l’une des pires journées de son histoire. » et titrait aujourd’hui en Une “Mayotte dans le chaos”… La manifestation est reconduite demain.

Émeutes dans les rues de Mamoudzou

Après deux journées d’affrontements, la manifestation contre la vie chère a été reconduite aujourd’hui à Mamoudzou. Les Mahorais ont décidé de descendre une nouvelle fois dans la rue pour revendiquer des mesures pour faire baisser la note de leur budget nourriture. Leur cri de ralliement est désormais  « mabawas nachouké ! – les ailes de poulet moins chères ! », selon la presse locale.

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Blindés, jets de pierre, gaz lacrymogènes… Depuis mardi, le centre ville de Mamoudzou a pris des allures de champ de bataille. En marge des manifestations contre la vie chère, des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants. Mardi, 5 personnes avaient été blessées dans ces heurts et hier, les affrontements ont fait 12 victimes légères. Dans les rues de Kawéni et Mamoudzou, la capitale, policiers et manifestants se sont affrontés tout au long de la journée d’hier. La tension est encore montée d’un cran après le rassemblement de mardi qui avait déjà tourné au râlé-poussé.

Des gendarmes réunionnais ont été dépêchés sur place pour prêter main forte à leurs collègues mahorais. Magasins et stations service ont dû baisser leurs rideaux par crainte de pillages. Selon La Lettre de Malango, les blindés ont fait leur apparition dans les rues hier pour sécuriser les voitures et débloquer la circulation. Cinq civils et un agent de la brigade anti-criminalité ont été blessés dans les affrontements.

La manifestation a été reconduite ce jeudi 29 septembre sans qu’une tentative de négociation n’ait été amorcée pour ramener le calme. Les manifestants sont clairement déterminés à faire entendre leur mot d’ordre  « mabawas nachouké – les ailes de poulet moins chères ! », écrit la presse locale.

Mille Babords, 30 septembre 2011.

 

Vie chère : nouveaux affrontements à Mayotte

Des négociations se sont ouvertes hier au troisième jour d’une grève illimitée contre la vie chère à Mayotte, tandis que de nouveaux affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre étaient signalés sur le terrain.

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À Mamoudzou, des manifestants ont érigé en début d’après-midi un barrage à un carrefour stratégique de la ville

Les négociations ont eu lieu toute la journée entre le préfet Thomas Degos, l’intersyndicale qui a appelé au mouvement et des représentants du monde économique. Elles devaient reprendre ce matin. À Mamoudzou, des manifestants ont érigé en début d’après-midi un barrage au rond-point du Commandant Passot pour empêcher tout passage à ce carrefour stratégique, obligeant les véhicules à emprunter une déviation pour relier le sud et le nord de l’île. Des voyageurs, dont des touristes, débarquant de la barge en provenance de l’aéroport en Petite Terre, devaient tirer leurs valises à pied, à la recherche de taxis introuvables. Les manifestants avaient participé dans la matinée à des marches contre la vie chère à travers les principales artères de la ville. “Tous les ingrédients sont réunis pour des actes de vandalisme et la police et la gendarmerie s’adaptent pour faire face aux éléments incontrôlés qui perturbent la manifestation autorisée”, a déclaré le capitaine Chamassi, responsable de la communication à la police nationale à Mayotte.

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“Nous avons évité le pire”

Ceux-ci “se sont déjà attaqués aux biens et aux personnes, allant jusqu’à utiliser des coktails molotov”, a-t-il ajouté. “Nous avons évité le pire en neutralisant à temps un cocktail molotov lancé contre un restaurant et nous avons interpellé trois individus appartenant à un groupe qui s’attaquait à coup de jets de pierres à un bus scolaire à Passamanty”, a-t-il détaillé. “Nous déplorons aussi des atteintes physiques aux personnes, des véhicules endommagés, deux bâtiments commerciaux dont un appartenant à SFR incendiés”, a-t-il précisé. “L’enquête devra déterminer l’origine accidentelle ou criminelle” de ces sinistres. Le capitaine Chamassi s’est par ailleurs dit “horrifié par certains propos xénophobes et racistes entendus”, “qui ne font pas partie du comportement des Mahorais”. À Paris, le PCF a apporté son soutien aux “légitimes revendications du mouvement en cours”, protestant “contre le recours à la répression”.

Leur presse (Clicanoo.re), 30 septembre 2011.

 

Mayotte : La grève générale se transforme en violentes manifestations

Mayotte, le dernier département d’Outre-Mer, est meutri par « une grève générale illimitée » qui s’étale dans le temps (depuis le lundi 26 septembre).

Pour lutter contre la vie chère, les Mahorais ont transformé leur île en un véritable champ de bataille : violences, turbulences routières, pillages des magasins proches, affrontements entre les civils et les forces policières…

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Selon malango-actualite.fr, les forces de l’ordre auraient utilisé des bombes lacrymogènes pour répliquer aux jets de pierres dont la police a été victime. Selon cette même source, des journalistes auraient été malmenés par les manifestants.

La semaine dernière, trois centrales syndicales : CGT Ma, Cisma CFDT et FO, ainsi que l’association des consommateurs ASCOMA ont déposé un préavis de grève illimitée. Hier, les manifestants étaient dans les rues de Kawéni et du chef lieu Mamoudzou, notamment au rond-point stratégique El Farouck, où ils bloquaient la circulation.

Les militants revendiquent une baisse des prix dans le secteur alimentaire et plus de concurrence pour favoriser la compétitivité des prix et ainsi le pouvoir d’achat.

Jeudi, Alamidou Madi M’Colo (FO), équipé d’un mégaphone et à bord d’une voiture policière, a appellé au calme et a surtout demandé le dégagement du rond-point El Farouck, axe central qui relie le Nord et le Sud.

Leur presse (Zinfos974.org), 30 septembre 2011.

 

Nouveaux affrontements à Mayotte

La deuxième journée de grève générale illimitée contre la vie chère à Mayotte a été marquée par la paralysie des commerces et de nombreuses administrations, et par des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre. Après la manifestation, des heurts plus intenses que mardi ont éclaté. Les gendarmes ont utilisé des gomme cogne et des grenades lacrymogènes pour répliquer aux jets des pierres des jeunes incontrôlés ayant investi la place du Commandant Passot, un des grands carrefours de Mamoudzou. Des débordements se sont également multipliés à Kaweni, quartier sensible de Mamoudzou.

L’intersyndicale (CGTma, CISMA/CFDT, UTFO) et les associations de consommateurs (ASCOMA, AFOC) ont dénombré 3.000 manifestants tandis que la préfecture en annonçait 500. Au départ de la manifestation à la mi-journée, certains manifestants, talonnés de près par les gendarmes mobiles, ont fait sortir les salariés des bureaux environnants et forcé les magasins à fermer.

Plusieurs commerces sur l’itinéraire du cortège des grévistes ont préféré baisser le rideau pour prévenir d’éventuelles casses. Les stations essence n’ont pas ouvert non plus. Le trafic des barges a été fortement perturbé et diverses embarcations reconverties en « taxi-boats  ont bien gagné leur journée en assurant la traversée entre Petite-Terre et Grande-Terre.»

La polémique a enflé sur la présence massive des gendarmes mobiles au cours des manifestations, une présence qualifiée par les organisations syndicales et par une partie de la population de « véritable provocation » de la part du préfet. Alors que ce dernier se déclare ouvert au dialogue, les syndicats ont posé ce mercredi en fin d’après-midi comme préalable à toute négociation la levée des barrages des forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 septembre 2011.

 

Heurts lors de manifs à Mayotte

Des incidents ont fait cinq blessés légers aujourd’hui en marge de manifestations qui ont réuni entre 900 et 3.500 personnes contre la vie chère à Mamoudzou, la capitale de Mayotte. Les syndicalistes ont dénoncé des provocations des forces de l’ordre qui, voulant à tout prix disperser la foule, ont lancé des fumigènes puis des gaz.

La police de son côté a indiqué avoir dû utiliser des bombes lacrymogènes à la suite de jets de pierre par des jeunes de Kaweni, un des quartiers sensibles de Mayotte. Parmi les cinq blessés figure un agent de la brigade anti-criminalité (BAC).

Les manifestations ont rassemblé entre 900 personnes selon la préfecture, et 3.500 personnes, selon les organisations syndicales, en particulier le secrétaire général de la CGTMa Salim Naouda. Les organisations syndicales et les associations des consommateurs avaient lancé une grève générale contre la vie chère à partir de 07H30 locales. Deux manifestations, venant l’une du sud l’autre du nord de la capitale, se sont retrouvées au centre-ville, devant l’embarcadère de la barge en Grande Terre, après avoir ralenti la circulation sans vraiment la perturber ni la bloquer.

« Tous ensemble », comme on pouvait lire sur certains tee-shirts et banderoles, les différents groupes réunis ont déferlé ensuite vers Kaweni où se trouve notamment la zone industrielle, poumon des activités économiques et sociales de l’île. Les forces de l’ordre ayant reçu l’ordre de les en empêcher, la tension a monté de part et d’autre. « Ni la police, ni la préfecture n’étaient au courant de l’itinéraire de la manifestation. Les forces de l’ordre ont donc décidé de s’opposer à toute manoeuvre susceptible de paralyser la circulation », a déclaré à l’AFP le capitaine Charmane Chamassi, responsable de la communication de la police nationale. Les organisateurs ont décidé de reconduire leur mouvement mercredi.

Par ailleurs, des syndicats d’enseignants ont relayé le mot d’ordre national de protestation contre la suppression des postes. La CGT Éduc’Action, Sud éducation et FNERC ont décidé d’associer leurs revendications à celles de la lutte contre la vie chère.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 septembre 2011.

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« Sarkozy veut nous enlever un mois de vacances » : les lycéens brûlent des voitures

Manifestations de lycéens après une rumeur de suppression de vacances

Plusieurs milliers de lycéens ont manifesté vendredi dans plusieurs régions de France, parfois avec violence, après avoir été alertés par SMS que le gouvernement pourrait supprimer un mois de vacances l’été alors que seul existe un projet de réduction de deux semaines.

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À Arras, où les jeunes sont partis en cortèges,depuis les lycées Savary, Le Caron et Jules Ferry afin d’aller chercher leurs camarades de Robespierre et Gambetta. Qui ne sont pas sortis… Les jeunes manifestants sont ensuite partis vers la gare où ils se sont heurtés à une réponse policière très ferme. Partant du principe que la manifestation n’avait pas été autorisée et que des dégradations ont été commises le long du parcours (rétrovsieurs cassés et poubelles renversées), les policiers ont procédé à une dizaine d’interpellations.

Des jeunes ont été interpellés après avoir dégradé des bus, des voitures et lancé des cocktails Molotov. Le feu a été mis à des poubelles et des palettes de bois.

Ces manifestations sont parties d’une consigne, propagée par SMS et sur le réseau social Facebook, appelant à bloquer l’accès aux établissements au motif que le président Nicolas Sarkozy voulait supprimer un mois de vacances, a-t-on expliqué au rectorat d’Amiens.

Dans le Pas-de-Calais, plus de 2.000 manifestants ont été dénombrés au total. Dix-huit jeunes ont été interpellés après des incidents à Lens et à Arras, où, selon la préfecture, ils auraient dégradé des bus, mis le feu à des conteneurs et sont soupçonnés d’outrage à agent.

Quelque 200 lycéens avaient déjà manifesté jeudi à Lens.

Selon le rectorat de Lille (Nord), quelque 500 lycéens d’établissements professionnels ont manifesté à Douai et une centaine à Dunkerque.

« Ça n’a ni queue ni tête. On ne sait pas d’où part cette rumeur infondée et ubuesque », a expliqué le rectorat de Lille, qui a dénoncé une « désinformation orchestrée ».

En Picardie, une vingtaine d’établissements ont été touchés, dont cinq à Amiens où les jeunes ont tenté de bloquer l’accès aux bâtiments et pour certains, ont mis le feu à des poubelles, jeté des pierres, des œufs ou des tomates.

Quatre jeunes ont été interpellés à proximité d’un lycée professionnel d’Amiens-Nord, après avoir jeté des cocktails Molotov et des briques sur la police, a indiqué la préfecture de la Somme. Il ne s’agit pas d’élèves, mais de « gens extérieurs qui étaient là pour casser ».

En Champagne-Ardenne, « plusieurs petits rassemblements » ont été recensés mais sans débordements.

Dans le Finistère, une quinzaine d’élèves de lycée professionnel ont mis le feu à des poubelles et des palettes devant leur établissement.

Des manifestations ont aussi eu lieu en Haute-Saône, en Poitou-Charentes, dans les Pyrénées-Atlantiques et en Dordogne.

Au Chesnay (Yvelines), une dizaine de voitures ont été endommagées autour du lycée professionnel Jean-Moulin, a constaté l’AFP. « Plusieurs dizaines » de lycéens auraient causé ces violences. Dix jeunes ont été interpellés.

« On a fait un blocus parce que le président Sarkozy veut nous enlever un mois de vacances et c’est pour ça qu’on s’est révolté », a dit à l’AFP une lycéenne de 15 ans.

Le président de l’Union nationale lycéenne, Victor Colombani, interrogé par l’AFP, a trouvé « assez curieux » le message SMS reçu par les lycéens et a assuré que « ça ne vient pas de chez (eux) ».

Une telle rumeur avait déjà circulé l’an dernier.

Il n’a cependant jamais été question de supprimer un mois de vacances d’été, mais deux semaines. Le ministre Luc Chatel devrait annoncer « à l’automne », après concertations, des décisions pouvant entrer en vigueur à partir de la rentrée 2013, soit pour l’été 2014.

Dans un communiqué, l’UNL a surtout dénoncé les conditions d’enseignement depuis la rentrée, en réclamant un plan pluriannuel de recrutements et une nouvelle réforme de la formation des enseignants.

Leur presse (Agence Faut Payer), 30 septembre 2011.

 

« Sarkozy veut nous enlever un mois de vacances » : les lycéens brûlent des voitures

Une rumeur sur la suppression de vacances a déclenché vendredi matin des violences urbaines au cours desquelles une dizaine de voitures ont été endommagées autour d’un lycée du Chesnay (Yvelines), a constaté une journaliste de l’AFP.

En fin de matinée, des élèves du lycée professionnel Jean-Moulin ont refusé de regagner leur salle de classe, selon le rectorat.

Sur place, quatre voitures étaient retournées sur le flanc et plusieurs autres véhicules avaient leurs vitres brisées, a constaté l’AFP.

« Plusieurs dizaines » de lycéens auraient causé ces violences après qu’« une rumeur sur la suppression de congés » se serait propagée dans l’établissement, a précisé une source policière.

« On a fait un blocus parce que le président Sarkozy veut nous enlever un mois de vacances et c’est pour ça qu’on s’est révolté », a dit à l’AFP une lycéenne de 15 ans, qui n’a pas souhaité dévoiler son identité. La jeune fille a cependant condamné les violences qui ont suivi : « C’est dégueulasse d’avoir cassé les voitures des gens ».

Des habitants du quartier se désolaient devant leur voiture endommagée. « C’est un acte gratuit, ils ne se rendent pas compte », a déploré l’un d’eux, une quinquagénaire en colère, qui a requis l’anonymat.

En raison de la même rumeur, des manifestations lycéennes ont également eu lieu vendredi à Douai, Dunkerque (Nord), Béthune et Lens (Pas-de-Calais), et une douzaine d’établissements de l’académie de Lille ont fait l’objet de tentatives de blocages, selon le rectorat.

Leur presse (Agence Faut Payer), 30 septembre 2011.

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Copwatch

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Communiqué
À l’attention des syndicats de police

C’est sans surprise que nous constatons que le second syndicat de policiers, ALLIANCE, a réagi à la création du site internet copwatch nord-idf. Alliance tente une stratégie de communication que nous connaissons que trop bien. D’abord on fait passer le site pour anti-flic puis on fait croire que les familles de policiers vont être mises en danger. Tout cela est une belle mise en scène mais il faudrait parfois penser à évoluer. Ce site ne diffuse et ne diffusera jamais une seule donnée concernant les familles des policiers et comme nous l’avons dit précédemment, toutes ces informations récoltées sont basées sur un travail de terrain, d’observation, de contre-renseignement mais aussi de ruses. Nous appliquons les mêmes méthodes que vous, à la seule différence que vous, vous détruisez des familles entières. Avez-vous réagi à la diffusion de policiers de la PAF de Coquelles tabassant les migrants de Calais ??? NON.

Pendant des mois nous n’avons rien dit, mais alors rien, mais qu’est-ce qu’on a bossé sur vous. Et des choses, on va vous en montrer…

Les méthodes anglo-saxonnes en matière de lutte contre l’oppression et la répression des forces de sécurité sont sans doute les meilleures en la matière. Les polices états-uniennes subissent le copwatch depuis 20 ans et les résultats ont été sans équivoque. En conséquence et cela dans un futur proche, nous dévoilerons de nouvelles vidéos sur la répression calaisienne à l’encontre des migrants et des activistes. À Lille, une enquête sur les relations entre la police lilloise, supporter fasciste du Losc et groupe néo-nazi de la Maison flamande sera divulguée après 8 mois de recherches. Enfin à Paris, c’est la chasse aux pauvres et toutes les violences commises depuis des mois que nous diffuserons. Nous conseillons aux syndicats policiers de mesurer leurs propos et leurs menaces au vu de ce que nous possédons. Nous allons montrer qui vous êtes réellement et la répression quotidienne que vous faites subir à la frange la plus pauvre de la population.

Nous étendrons le copwatching, nous vous l’imposerons et vous le subirez.

Des individus – 30 septembre 2011.

 

Copwatch, le site qui surveille la police, suscite l’ire de Guéant

En une du site Copwatch Nord-Paris IDF (difficilement accessible depuis quelques jours), vendredi 30 septembre : la consommation d’alcool par la police, photographies à l’appui. « Comme pour les CRS, l’alcool coule à flots dans les casernes », écrivent les auteurs anonymes du site, avec un ton ouvertement « antiflic ». Plus bas, c’est une descente d’une équipe cynophile dans le quartier parisien de la Goutte d’Or, décrite minute par minute, ou encore une « Chasse aux Roms, aux Tunisiens et aux pauvres ».

Le site Copwatch Nord-Paris IDF se veut une base de renseignements, œuvre d’un « collectif de citoyens », visant à « lutter par la transparence et l’information » contre les « violences, la répression et l’impunité policières ». Son porte-parole, une jeune homme de 20 ans, se dit « plutôt libertaire » et explique, sur France Info, avoir fondé le site « avec une dizaine de copains à Lille, et des tas d’autres à Calais et Paris ». Interviewé sur la radio, le jeune homme, partant du principe que « la police est fourbe », espère que son site permettra aux personnes « agressées » par un agent de police d’aller « sur la base de données » et de « repérer l’agent qui l’a agressé ».

Il y aurait travaillé depuis cinq ans, amassant photographies, vidéos, informations — sur le terrain ou sur les profils Facebook des officiers — au sujet de policiers généralement nommés et identifiés.

Sous les images, certains commentaires évaluant les officiers. Exemple : « Nous recommandons la plus grande vigilance vis-à-vis de ces deux policiers. Ils traînent autour du métro Barbès et n’hésitent pas à harceler les marchands. » Et ça et là, des avertissements tels que : « Policiers, nous vous identifierons tous un à un, que votre impunité trouve une fin. »

Le site s’inspire de l’expérience d’habitants de Los Angeles, qui avaient lancé ce type d’opérations suite aux émeutes des années 1990. La méthode affichée : patrouiller en groupe, suivre la police, avec le numéro d’un avocat en poche de préférence, photographier et filmer ses opérations. Outre les articles, Copwatch propose conseils et informations pratiques — réglementation sur le droit à l’image des policiers —, dossiers — « Chronologie des assassinats raciaux effectués par la police de 1971 à 2009 » —, ou encore des détails sur l’armement des policiers.

CLAUDE GUÉANT PORTE PLAINTE

Mercredi, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a décidé de déposer deux plaintes en diffamation contre le site Internet. « Ces commentaires portent gravement atteinte à l’honneur et à la réputation de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie », a estimé le ministère.

Selon M. Brandet, porte-parole du ministère, « ces propos scandaleux, assortis de photographies, de l’identité et quelques fois des adresses des intéressés, nuisent aux personnels du ministère de l’Intérieur et mettent en péril leur sécurité ainsi que celle de leurs familles ». « Au-delà, c’est toute l’institution qui est salie, raison pour laquelle ce genre de dérive doit cesser au plus vite », a-t-il ajouté, en prévenant qu’« à l’avenir, tout propos diffamatoire fera systématiquement l’objet de dépôts de plaintes ».

UN SYNDICAT DE POLICE DÉNONCE UN « FICHAGE ILLÉGAL »

Vendredi, le deuxième syndicat de gardiens de la paix, Alliance, a annoncé que « des dizaines de policiers fichés » sur le site avaient déposé plainte. La veille, le syndicat a saisi le ministère de l’Intérieur, lui demandant que « le nécessaire soit fait » afin de faire cesser le site Copwatch, pour sa « stigmatisation » de policiers, ses « dénonciations calomnieuses, propos haineux » et son « fichage illégal ». Les renseignements diffusés, précise le syndicat, émanent non seulement de photos, vidéos, articles de presse, mais aussi de « trois larges bases de données sur la police ».

Ainsi, un brigadier dont le nom est affiché sous sa photo, selon Alliance, est qualifié de « stratège des guet-apens et chasses aux pauvres », qui « n’hésite pas à faire tabasser des personnes sur les marchés » et « les placer en garde à vue ».

En réaction, Copwatch Nord-Paris IDF affirme ne diffuser aucune information sur les familles des policiers. Le ton se fait menaçant et justicier : « Nous conseillons aux syndicats policiers de mesurer leurs propos et leur menace au vu de ce que nous possédons. [Les auteurs annoncent notamment des vidéos sur la “répression calaisienne” ou “une enquête sur les relations entre la police lilloise, les supporters fascistes du LOSC et un groupe néonazi”] Nous allons montrer qui vous êtes réellement et la répression quotidienne que vous faites subir à la frange la plus pauvre de la population », assènent les auteurs.

Leur presse (Le Monde.fr avec AFP), 30 septembre 2011.


Les paparazzis de la police – OWNI, 24 septembre 2011.

 

Communiqué de lancement
Nous avions promis, nous avons tenu parole…

En décembre 2010, une polémique digne d’une comédie est née suite à la diffusion d’une dizaine de photos de policiers en civil parisiens. Le syndicat Alliance, à la pointe de la contestation policière, par l’intermédiaire de son secrétaire général Jean-Claude Delage, s’en est allé pleurnicher auprès du ministre de l’Intérieur de l’époque Brice Hortefeux, qui a immédiatement porté plainte. Comme de bien entendu, une enquête judiciaire a été ouverte (voir document en bas de page) à l’encontre de la pratique du COPWATCHING. Cette technique de lutte qui consiste à observer, répertorier et empêcher les violences policières a été rapidement criminalisée et réduite par les médias à une vulgaire réaction « antiflic ». En France, filmer les violences et dérives de la police est aussitôt pour eux devenu un délit.

Aujourd’hui, après des mois d’élaboration et parce qu’il était nécessaire de le faire, le premier site dédié au copwatching en France est né. Regroupant les données collectées dans un premier temps sur trois agglomérations du Nord de la France, Paris, Lille et Calais, ce site est consacré à la diffusion de renseignements précis sur l’ensemble des forces de l’ordre par le biais d’articles, d’images (photos et vidéos), mais aussi et surtout de trois larges bases de données sur la police. Ces bases de données, accessibles par tous, permettront à toute personne victime d’abus, d’humiliations ou de violences de la part des flics, d’identifier le ou les policiers auteurs de ces actes. Désormais, il ne sera plus question de quelques photos publiées de façon hasardeuse sur des sites dispersés, mais une mise en commun de dizaines de témoignages et d’images permettant d’avoir une vue d’ensemble des pratiques policières. Un accent tout particulier sera mis sur la surveillance des policiers en civil qui, sous couvert d’anonymat ont tendance à se comporter comme une milice politique digne de certains régimes autrement plus totalitaires. De Tunis à Millau, en passant par Téhéran, Paris et Athènes, les milices en civil ont retrouvé leur place dans les rangs de la répression d’État. Face à la montée du racisme et dans la prévision d’une nouvelle victoire idéologique de l’extrême-droite, ce site veut anticiper les futures violences de flics confortés par un pouvoir toujours plus fascisant. Par expérience, nous savons que le Front National et ses rejetons identitaires constituent un vivier pour beaucoup de flics, qui n’attendent que le moment où le pouvoir, qu’il soit sarkozyste ou lepeniste, leur lâchera la bride.

La recrudescence des actes violents commis par les forces de l’ordre, en toute impunité le plus souvent, ne nous a guère laissé d’autre possibilité. Toute compassion ou toute empathie pour les flics est exclue de ce site : nous considérons que les policiers ou les militaires, si tant est qu’ils ont un cerveau pour penser, savent dans quoi ils sont engagés et le font en toute conscience. Et la pénibilité de leur tâche n’excuse en rien leurs dérives autoritaires et violentes. Ces derniers temps, des vidéos montrant les dérives de la Police Aux Frontières (PAF) de Coquelles (Calais) envers les migrants a atteint le comble de l’ignominie et a considérablement renforcé notre volonté de combattre cette machine répressive et l’idéologie nauséabonde qui l’accompagne.

Après avoir infiltré des forums glorifiant la police nationale et des groupes facebook policiers, nous avons pu voir à quel point la xénophobie, les liens intimes avec les milieux néo-nazis et la diffamation atteignent des sommets, il nous est apparu indispensable de pointer du doigt ces attitudes malsaines et infantiles dans la police. Il nous a semblé crucial de démontrer que cette tendance est directement responsable des abus qui se multiplient, et qui peuvent amener des personnes à êtres mutilées ou assassinées par des tirs de flashball ou de taser, intimidées, humiliées, harcelées sexuellement ou frappées en garde à vue, par des policiers toujours plus confortés dans leur sentiment d’impunité.

Nous n’hésiterons pas à user de termes sévères à l’égard de la Police et de la Gendarmerie, car nous considérons ces institutions comme la fosse commune de l’humanité, le charnier de l’évolution, la mise à mort quotidienne de la déontologie et de l’éthique. Nous serons sans équivoque.

Ce site est véritablement à la disposition de toute personne ayant été témoin ou ayant subi la répression policière. Les informations qui nous seront communiquées seront vérifiées scrupuleusement et confrontées à d’autres témoignages si nécessaire, avant d’être diffusées.

La police n’a pas été créée pour protéger la population, mais pour la mettre au pas. Elle est un outil au service du Pouvoir, pour empêcher toute velléité de révolte et la tuer dans l’œuf, pour imposer un ordre social protégeant les élites et le système qui les engraisse.

Policiers, nous vous identifierons tous un-à-un,
Que votre impunité trouve une fin…

Copwatch Nord Paris Île-de-France.

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[Bolivie] Intervention policière contre la marche indigène, projet routier « suspendu »

Bolivie : Morales suspend un projet routier au cœur d’intenses protestations

Le gouvernement bolivien a fait marche arrière lundi et suspendu un projet de route controversée à travers un parc naturel amazonien, devant la vague de protestations suscitée dans le pays par la répression, dimanche, de marcheurs indigènes opposés à ce projet.

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Le président Evo Morales a annoncé la suspension, dans l’attente d’une consultation populaire, du chantier de route reliant les provinces de Beni (nord) et Cochabamba (centre), qui devait couper une réserve écologique d’un million d’hectares, terre ancestrale de 50.000 Indiens amazoniens.

Dans l’attente de ce débat national et afin que les provinces décident, le projet de route à travers le Territoire indigène et Parc national Isiboro Secure est suspendu, a déclaré le chef de l’État, dans une déclaration lue lundi soir à la présidence.

Il n’a pas précisé la durée de la suspension, mais lorsqu’il avait évoqué il y a quelques jours un référendum régional sur la route, des fonctionnaires avaient suggéré un délai de six mois à un an pour organiser la consultation.

La route de 300 km, dont le chantier devait être livré en 2014, était à l’origine d’une marche de protestation d’un millier d’Indiens amazoniens depuis 40 jours de Trinidad (nord) vers La Paz, à 600 km.

Ce projet, co-financé par le Brésil et construit par la firme brésilienne OAS, devait désenclaver, notamment vers le Brésil voisin, deux provinces rurales de Bolivie, l’un des pays les moins développés d’Amérique du Sud. Il est présenté par le gouvernement comme un enjeu économique vital.

Les indigènes dénonçaient l’impact écologique sur le parc, mais accusaient aussi Morales de vouloir ouvrir de nouvelles terres aux cultivateurs de coca, une famille syndicale et politique dont il est issu.

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La déclaration de Morales intervient après un vague d’indignation lundi, et des manifestations en province, en réaction à la dispersion musclée par la police, dimanche, des marcheurs, dont des femmes et enfants, qui campaient à mi-chemin de leur périple à Yucumo (nord-est).

L’intervention chaotique, à coups de gaz lacrymogènes, a fait deux blessés au moins chez les indigènes, et selon eux plusieurs enfants perdus et séparés de leurs parents. Elle a été condamnée par des défenseurs de droits de l’Homme et profondément déplorée par la délégation de l’ONU en Bolivie.

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« J’étais convaincu que nous avions planifié la route en écoutant le peuple », a déclaré Morales, qui a affirmé a plusieurs reprises que l’opposition à la route était le fait d’une minorité, manipulée politiquement.

« Que le peuple décide, particulièrement les provinces concernées », a-t-il réaffirmé lundi.

Il a convenu que les incidents de dimanche étaient impardonnables, et annoncé une commission d’enquête sur des événements qui laissent beaucoup à désirer.

La longue marche indigène depuis mi-août avait cristallisé un soutien croissant, parfois opportuniste, bien au-delà des indiens amazoniens, parmi des opposants de droite ou ex-alliés du pouvoir socialiste.

Morales, premier président amérindien (aymara) de Bolivie, et auteur d’une Constitution (2009) plaçant l’indigène au cœur de la nation, se trouvait lundi encore plus en porte-à-faux après l’intervention de police de dimanche.

« Nous ne comprenons pas : c’est un gouvernement qui se dit indigène, et qui s’en prend aux indigènes », a déclaré à l’AFP Rafael Quispe, un des leaders de la marche.

Un autre dirigeant, Adolfo Chavez, avait affirmé depuis San Borja, où il avait été évacué de force avec quelque 200 marcheurs, la détermination des indigènes, éparpillés entre plusieurs villes du Beni, à se regrouper et reprendre la marche sur La Paz.

La principale centrale syndicale bolivienne, la COB, avait lancé vendredi un appel, renouvelé lundi, a une grève générale mercredi en soutien aux marcheurs.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 septembre 2011.

 

Bolivie : des habitants libèrent des indigènes gardés par la police

Des habitants de Rurrenabaque, dans le nord-est de la Bolivie, ont libéré lundi à l’aube quelque 300 indiens amazoniens que la police s’apprêtait à évacuer par avion, après que leur marche de protestation eut été dispersée, a indiqué le maire de la ville.

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Des habitants ont bloqué l’aéroport et empêché que les (indigènes) détenus soient transférés, a déclaré le maire Yerko Nunez sur la radio privée Panamericana, ajoutant que les policiers avaient été mis en fuite par l’intervention des habitants, qui n’a apparemment pas fait de blessés.

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Selon le récit du maire de cette localité de moins de 20.000 habitants, des policiers ont acheminé dans la nuit vers l’aéroport des cars avec plusieurs centaines d’indigènes à bord. Ils avaient été délogés dimanche de leur campement à Yucumo, à mi-chemin d’une marche de protestation de 600 km sur La Paz.

Après avoir appris la nouvelle, des habitants de Rurrenabaque se sont rendus à l’aéroport, ont occupé la piste pour empêcher le décollage de l’avion et mis en fuite les quelques policiers qui escortaient les indiens, a ajouté l’élu local.

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La libération des centaines d’indiens à Rurrenabaque a été confirmée sur la radio catholique Fides par Adolfo Chavez, un dirigeant des marcheurs indiens, qui se trouvait à 150 km de là, à San Borja, en compagnie de 200 indigènes qui avaient réussi dimanche à échapper aux policiers.

L’intervention des habitants de Rurrenabaque suggère une forte réprobation populaire de l’intervention de la police dimanche à Yucumo contre le millier d’indiens amazoniens qui protestent depuis août, à travers une longue marche sur La Paz, contre un projet routier à travers un parc naturel et territoire indigène.

La ministre de la Défense, Cecilia Chacon, a démissionné lundi pour protester contre l’intervention policière à Yucumo.

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 septembre 2011.

 

Bolivie : les indigènes se comptent après leur éviction par la force

Jenny Eutando éclate en sanglots : au lendemain de la dispersion par la force d’une marche d’Indiens amazoniens en Bolivie, cette mère d’ethnie siriono n’a toujours pas retrouvé Valeria, une de de ses petites jumelles, perdue dans le tumulte de l’intervention de police.

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Ma fille s’appelle Valeria Melgar… elle a 9 ans, elle est habillée en bleu. Je ne la trouve pas, elle n’est pas arrivée…, se lamente Jenny, en larmes, au milieu des indigènes à San Borja, ville située à 50 kilomètres de Yucumo, d’où ils ont été évincés la veille.

Dans une opération surprise, les policiers ont dispersé le campement des Indiens à Yucumo, usant de gaz lacrymogènes, les poursuivant à travers les broussailles, leur liant les mains avec du ruban adhésif. Et forçant tout le monde à embarquer dans des cars.

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Transportés pour la plupart à San Borja, officiellement pour éviter des affrontements avec des contre-manifestants à Yucumo, les Indiens parlent déjà pour certains de reprendre leur marche de 600 kilomètres vers La Paz, commencée mi-août pour protester contre un projet routier à travers un parc naturel.

Pour d’autres, il s’agit d’abord de récupérer les leurs.

Nous avons rencontré d’autres indigènes dans divers endroits autour de San Borja, plus loin on a trouvé quatre enfants sans leurs parents, et qui sont en pleurs, explique à l’AFP Maria Ines Seda, une habitante de San Borja, qui aide spontanément les déplacés.

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Le ministre bolivien de l’Intérieur a affirmé lundi qu’il n’y avait pas de disparitions rapportées par la police après l’intervention de Yucumo. Disparus, égarés… Pour Jenny, la distinction est ténue.

Deux blessés indigènes sont soignés à l’hôpital de San Borja pour des blessures à la tête.

« J’étais en train de protéger nos dirigeants, quand ils (les policiers) m’ont donné un coup de crosse (de fusil), et j’ai perdu connaissance », raconte à l’AFP Gabriel Torres, 23 ans, allongé sur son matelas de mousse, et qui se dit encore victime de malaises.

Juna Carlos Salazar, est encore vêtu de sa chemise ensanglantée : « il m’a fallu 14 points de suture à la tête », dit-il.

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À San Borja, où environ 200 indigènes ont pu se rassembler lundi, des femmes, des hommes, des enfants, arrivent au compte-goutte. Les informations, les rumeurs aussi, sur le sort de plus de 500 autres.

À Yucumo, où quelques-uns sont revenus lundi pour récupérer des affaires égarées, on parle de deux morts, un bébé de 3 mois et une personne âgée. Le ministre de l’Intérieur a fermement démenti lundi le moindre décès.

« Il y a ces versions (de morts), mais jusque là nous n’avions rien vu, on parle aussi de disparus. C’est pour ça qu’on demande un rapport de police, qu’on est en train de faire des listes », explique une militante de l’Assemblée des droits de l’Homme, Ligia Pinto.

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La marche des Indiens amazoniens, partis il y a 40 jours de Trinidad (nord) avait généré un soutien diffus au fil des semaines. L’intervention policière musclée de dimanche semble avoir consolidé ce soutien.

À Rurrenabaque plus au nord, 300 indiens ont pu échapper à la police lundi à l’aube, avec l’aide de la population locale qui a mis en fuite leur garde policière.

À La Embocada, hameau à mi-chemin entre Yucumo et San Borja, des habitants locaux ont improvisé un barrage de troncs et de pierres, sur l’unique route en terre battue. « Pour protester contre les abus de police, contre ce pouvoir absolu du gouvernement », lance l’un des piquets du barrage, Mario Callau.

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 septembre 2011.

 

Bolivie : tollé après l’intervention policière contre une marche indigène

L’intervention musclée de la police bolivienne, dimanche, contre une marche d’Indiens amazoniens a soulevé un tollé contre le gouvernement, provoquant la démission d’une ministre et des mobilisations en soutien aux marcheurs.

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Les autorités se trouvaient lundi sur la défensive face aux gestes de soutien au millier d’indigènes, dont des femmes et enfants, dispersés à coup de gaz lacrymogène et déplacés de force dans des cars, dimanche à Yucumo (nord-est), a mi-chemin d’une marche de protestation vers La Paz entamée depuis 40 jours.

À Rurrenabaque, dans le nord-est également, des habitants ont convergé vers l’aéroport pour libérer quelque 300 indigènes délogés dimanche de Yucumo, a révélé le maire local, Yerko Nunez. La police s’apprêtait à renvoyer les indiens dans leurs régions d’origine.

« Des habitants ont bloqué (la piste de) l’aéroport et empêché que les (indigènes) détenus soient transférés », a affirmé M. Nunez sur la radio Panamericana, ajoutant que les policiers ont été mis en fuite par l’intervention de la population, apparemment sans faire de blessés.

À Santa Cruz (est), deuxième ville du pays, 16 indigènes se sont installés dans la cathédrale pour y observer une grève de la faim de soutien aux marcheurs. Six autres en ont fait de même dans une église de Cochabamba (centre).

Dans la capitale, une manifestation de soutien a rassemblé lundi quelques centaines de personnes au centre-ville.

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Un peu plus tôt, la ministre de la Défense Cecilia Chacon avait annoncé sa démission en exprimant son désaccord avec l’intervention de Yucumo.

« Je ne partage pas la décision d’intervention contre la marche, et je ne peux la justifier dans la mesure où d’autres solutions existaient », a déclaré Mme Chacon, dans une lettre adressée au président Evo Morales.

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Une certaine confusion persistait par ailleurs lundi sur le bilan de l’opération policière. La police a fait état dimanche de « deux indigènes » et quelques policiers blessés, mais un « Comité de communication de la marche » a annoncé dans un communiqué à l’AFP la mort d’un bébé de trois mois dans la cohue, et a assuré que sept enfants restaient introuvables.

Le ministre de l’Intérieur Sacha Llorenti, a catégoriquement démenti ces informations lundi, affirmant à la presse qu’« il n’y a aucune information sur des personnes disparues, ni d’aucun mineur décédé ».

M. Llorenti a défendu l’intervention, plaidant qu’elle visait à prévenir des affrontements à Yucumo, où un barrage de contre-manifestants pro-gouvernementaux était résolu à barrer la route aux marcheurs. La police a aussi démantelé ce barrage dimanche.

L’opération policière a néanmoins été condamnée par des défenseurs boliviens des droits de l’Homme et a été « profondément déplorée » par la chef de délégation de l’ONU dans le pays andin, Yoriko Yasukawa.

Face à cette vague de réprobation, ce qui a motivé la marche passait lundi au second plan : l’opposition de communautés indigènes à un projet de route de 300 kilomètres qui doit traverser, dans le centre du pays, un parc naturel en Amazonie, terre ancestrale de 50.000 indiens.

La marche de ces dernières semaines avait suscité un soutien croissant, bien au-delà des indiens d’Amazonie, parmi des opposants ou ex-alliés du pouvoir socialiste. Le président Evo Morales, lui-même amérindien, se trouvait lundi encore plus en porte-à-faux après l’opération policière.

Un dirigeant des marcheurs, Adolfo Chavez, évacué à San Borja, à 55 kilomètres, avec 200 compagnons, a affirmé lundi que la marche reprendrait après une pause. Outre ceux libérés à Rurrenabaque, plusieurs dizaines d’indiens ont réussi à échapper à la police dimanche.

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Leur presse (Agence Faut Payer), 26 septembre 2011.

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[Limoges] La permanence de l’UMP vandalisée

On ne compte plus le nombre de dégradations dont est victime la permanence UMP, place d’Aine, depuis quelques années.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1317091316.jpgDans la nuit de vendredi [23] à samedi [24 septembre], elle a de nouveau été prise pour cible. Le rideau de fer, installé là justement pour éviter des intrusions, vols et bris de vitre, a été enfoncé à coups de pieds.

« Comme d’habitude, des démocrates sont venus », ironise l’élu UMP, Camille Geutier. « Ça devient lamentable. Je les félicite encore une fois pour leur courage. »

Des insultes à destination des membres de l’UMP ont été inscrites sur le rideau.

Las de ces dégradations continues, le parti a décidé de déplacer sa permanence. « Nous déménageons au 1er octobre. Nous partons avenue de la Libération. »

Leur presse (La Montagne), 24 septembre 2011.

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Grèce : des étudiants interrompent le journal télévisé

 

Un groupe d’étudiants a envahi les studios de la chaîne nationale dimanche soir pour contester la réforme des universités.

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Un groupe d’étudiants grecs a fait irruption, dimanche soir 25 septembre, au siège de la chaîne de télévision publique, entraînant l’interruption des émissions, a annoncé un porte-parole du gouvernement. Au même moment la police faisait usage de gaz lacrymogènes contre une manifestation d’étudiants à proximité du Parlement.

« Il y a eu occupation de la chaîne de télévision publique NET et nous œuvrons au rétablissement de la situation », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Elias Mossialos.

Une cinquantaine d’étudiants a pénétré dans les locaux du siège de la chaîne avec, selon la police, l’intention de diffuser un message s’opposant à la réforme des universités. Cette réforme a provoqué des protestations et des sit-ins dans plusieurs facultés. Mais les responsables de la chaîne ont repoussé leur demande.

Manifestations contre la politique économique du gouvernement

À l’extérieur du Parlement, dans le centre d’Athènes, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants hostiles à la politique économique du gouvernement, qui bloquaient une avenue du centre de la capitale passant devant le Parlement, a constaté un photographe de l’AFP.

Quelque 2.000 personnes se sont rassemblées sur la place Syntagma, foyer des manifestations organisées contre le gouvernement par le mouvement des « indignés », qui a pris pour modèle celui des manifestants espagnols.

Les manifestants sont plus particulièrement en colère contre une taxe controversée sur les salaires, contre la diminution des pensions et contre l’augmentation de la TVA. L’austérité, réclamée par les bailleurs de fonds de l’UE et du FMI, qui se poursuit pour la deuxième année consécutive, a donné lieu à de nombreuses manifestations.

Leur presse (Le Nouvel Observateur avec AFP), 26 septembre 2011.

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