[Mayotte]  »Révolte des mabawas », J+15

 

Sur le front des manifs, cette journée était plutôt calme jusqu’au soir et l’ouverture de force des entrepôts de la Somaco.

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Une belle mobilisation de Mamoudzou au Jumbo de Kawéni

La journée commençait par un discours des journalistes devant les manifestants pour revenir sur les agressions verbales et contre des biens, de la veille : « nous ne sommes ni vos amis, ni vos ennemis, simplement sur place pour diffuser au plus grand nombre, à Mayotte et en métropole »… toute la presse avait répondu présente pour demander à pouvoir prendre des photos et travailler tranquillement.

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La presse demande de pouvoir photographier et filmer, sans être soupçonnée de collaboration avec les forces de l'ordre

Le nombre de manifestants avait considérablement grossi dans l’après-midi jusqu’à atteindre 1.500 personnes : une foule impressionnante qui se déplaçait en chantant jusqu’au Supermarché Jumbo score de Kawéni, pour revenir à Mamoudzou. Mais le cortège bifurquait vers la Somaco qui se trouvait une nouvelle fois dévalisée par « 200 personnes, jeunes et moins jeunes qui ont forcé la grille pour se rendre dans l’entrepôt alors que le magasin était fermé » racontent, choqués, Aziz Sam Akbarali et sa femme, directeurs du magasin déjà « visité » 3 fois depuis le début de la manifestation. Alors que selon les manifestants, « la grille était ouverte pendant qu’un camion était en train de charger des boisons ».

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Le magasin Somaco une nouvelle fois visé

Aucun client n’était à l’intérieur du magasin, fermé, lorsque les manifestants s’y sont rendus. Seul le directeur logistique était descendu de son bureau pour constater l’arrivée des manifestants : « il m’ont attrapé la main à travers la grille, sont entrés et l’un d’eux m’a pris à la gorge » racontait en tremblant ce mahorais et en signalant que c’est un manifestant qui était venu à son secours. Alors qu’un des accompagnateurs de la manifestation se lamentait sur « la nécessité de mieux encadrer » et de « ne pas passer près des endroits qui peuvent tenter les jeunes ». Un des syndicalistes accusait les grandes surfaces de livrer au cours de la nuit.

Les policiers ont procédé à trois interpellations, « dont un jeune qui détenait une pierre » dixit le commissaire Delattre, et que quelques manifestants restés sur place voulaient faire libérer. Les policiers durent une nouvelle fois employer des bombes lacrymogène pour les disperser, alors que « l’invincible armada » de 5 camions de gendarmes venue en renfort, repartait sans intervention.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318399256.jpgEn fin de matinée, les salariés de la DEAL (direction de l’équipement, de l’aménagement et du logement) étaient priés de quitter leur poste de travail par les manifestants

Revenus sur le parvis du CDTM, les manifestants eurent droit à un discours moralisateur de Boinali Said, Cisma CFDT qui demandait de « canaliser les éléments incontrôlés qui se glissaient dans la manifestation » et de « se cantonner à demander nos droits sans mettre le bazar ».

Demain la manifestation continue au milieu de Mayotte-île morte et jeudi un grand Maoulida chengué est prévu : danses et chants au menu.

Leur presse (Annette Lafond, Malango Actualité), 11 octobre 2011.

 

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Des enfants le 9 octobre 2011 à Mayotte devant la carcasse d’une voiture incendiée lors de violences à Koungou.

 

Mayotte : nouvelles manifestations à Mamoudzou, mise en examen d’un gendarme

De nouvelles manifestations, dont l’une a réuni dans l’après-midi 1.500 à 2.000 personnes, se sont déroulées mardi à Mamoudzou, pendant la troisième semaine d’un mouvement de protestation contre la vie chère à Mayotte, alors qu’un gendarme, auteur d’un tir de flash-ball qui a provoqué la perte d’un œil d’un enfant, a été mis en examen.

Une centaine de personnes ont quitté la manifestation de l’après-midi, qui se déroulait dans le calme, pour piller l’entrepôt d’une grande surface dans la zone industrielle de Kawéni. Les gendarmes sont intervenus et il n’y a pas eu blessés.

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Gendarmes face à des manifestants à l'entrée de Mamoudzou au troisième jour d'une grève générale, le 10 octobre 2011

Dans la matinée, un cortège d’environ 500 manifestants avait déjà sillonné les rues de Mamoudzou sans que les forces de l’ordre n’interviennent.

À Paris, la ministre de l’outre-mer Marie-Luce Penchard a assuré que « tout était fait pour établir le dialogue » alors que « le conflit est (dans) une impasse », et a « des conséquences désastreuses sur l’économie mahoraise ».

La ministre a aussi dénoncé « une violence inacceptable de ceux qui en profitent pour casser ».

« Nous étions presque arrivés à un accord puisque le protocole préparé avec les organisations syndicales devait être signé vendredi dernier », a dit Mme Penchard devant l’Assemblée nationale. « Visiblement d’autres éléments plus politiques sont entrés en ligne de compte, qui s’éloignent de la revendication initiale », a-t-elle ajouté, sans donner de précision.

De son côté, le président du conseil général de Mayotte, Daniel Zaïdani (DVG), a demandé « solennellement » à Nicolas Sarkozy d’« intervenir » pour que l’État apporte « des réponses claires » « avant qu’il ne soit trop tard ».

Soulignant que Mayotte était « le territoire de la République où les revenus moyens par habitant sont les plus bas et les prix les plus hauts », il a déploré que les moyens de la transition de ce nouveau département (le 101e depuis mars, ndlr) « ne (soient) aujourd’hui ni mis en œuvre ni prévus ».

M. Zaïdani a sollicité également un entretien avec M. Sarkozy, « afin de dessiner ensemble les voies d’un dialogue apaisé et dans l’intérêt de tous ».

Pour sa part, le PS a demandé au gouvernement « d’agir de façon urgente » et d’adopter « des mesures immédiates contre le niveau excessif du prix des denrées de première nécessité ». Celles-ci, a-t-il poursuivi, sont le « prélude à la mise en œuvre d’un plan global de lutte contre l’insupportable dégradation du pouvoir d’achat de l’immense majorité des Mahorais ».

La mise en examen lundi soir d’un gendarme soupçonné d’être l’auteur d’un tir de flash-ball ayant occasionné la perte d’un œil d’un garçon de 9 ans, a été révélée mardi, de source judiciaire.

Le militaire, placé en garde à vue lundi, a été mis en examen pour « violences avec arme, sur mineur de 15 ans, par personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice de ses fonctions », a précisé la même source, ajoutant qu’il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

L’enfant, transféré au CHR de La Réunion, « a perdu l’usage d’un œil », avait précisé lundi le procureur de Mamoudzou, Philippe Faisandier.

Le mouvement contre la vie chère à Mayotte, qui a commencé il y a trois semaines, est accompagné de manifestations plus ou moins violentes. De nombreux barrages routiers paralysent la circulation.

Leur presse (Agence Faut Payer), 11 octobre 2011.

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