Mayotte : Grève générale et répression coloniale

Troisième jour de grève illimitée contre la vie chère à Mayotte.
De nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre.

Encore une fois le pouvoir vient de nous faire la démonstration que Mayotte est bien une colonie en envoyant les blindés contre les manifestants et en faisant venir des renforts de gendarmerie.

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« Mabawas nachouké ! »

À l’appel des syndicats, une manifestation contre la vie chère est reconduite depuis mardi 27 septembre dans le centre-ville de Mamoudzou, chef-lieu du nouveau département. Dès le premier jour, la marche contre la vie chère a tourné à l’affrontement.

La tension est montée d’un cran mercredi dans les rues de Kawéni et Mamoudzou. Les blindés ont fait leur apparition et des gendarmes réunionnais ont été appelés en renfort.

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Les manifestants reprochent au préfet « le déploiement spectaculaire de force de gendarmerie ».

Le quotidien France Mayotte considère que « Mayotte a vécu l’une des pires journées de son histoire. » et titrait aujourd’hui en Une “Mayotte dans le chaos”… La manifestation est reconduite demain.

Émeutes dans les rues de Mamoudzou

Après deux journées d’affrontements, la manifestation contre la vie chère a été reconduite aujourd’hui à Mamoudzou. Les Mahorais ont décidé de descendre une nouvelle fois dans la rue pour revendiquer des mesures pour faire baisser la note de leur budget nourriture. Leur cri de ralliement est désormais  « mabawas nachouké ! – les ailes de poulet moins chères ! », selon la presse locale.

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Blindés, jets de pierre, gaz lacrymogènes… Depuis mardi, le centre ville de Mamoudzou a pris des allures de champ de bataille. En marge des manifestations contre la vie chère, des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants. Mardi, 5 personnes avaient été blessées dans ces heurts et hier, les affrontements ont fait 12 victimes légères. Dans les rues de Kawéni et Mamoudzou, la capitale, policiers et manifestants se sont affrontés tout au long de la journée d’hier. La tension est encore montée d’un cran après le rassemblement de mardi qui avait déjà tourné au râlé-poussé.

Des gendarmes réunionnais ont été dépêchés sur place pour prêter main forte à leurs collègues mahorais. Magasins et stations service ont dû baisser leurs rideaux par crainte de pillages. Selon La Lettre de Malango, les blindés ont fait leur apparition dans les rues hier pour sécuriser les voitures et débloquer la circulation. Cinq civils et un agent de la brigade anti-criminalité ont été blessés dans les affrontements.

La manifestation a été reconduite ce jeudi 29 septembre sans qu’une tentative de négociation n’ait été amorcée pour ramener le calme. Les manifestants sont clairement déterminés à faire entendre leur mot d’ordre  « mabawas nachouké – les ailes de poulet moins chères ! », écrit la presse locale.

Mille Babords, 30 septembre 2011.

 

Vie chère : nouveaux affrontements à Mayotte

Des négociations se sont ouvertes hier au troisième jour d’une grève illimitée contre la vie chère à Mayotte, tandis que de nouveaux affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre étaient signalés sur le terrain.

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À Mamoudzou, des manifestants ont érigé en début d’après-midi un barrage à un carrefour stratégique de la ville

Les négociations ont eu lieu toute la journée entre le préfet Thomas Degos, l’intersyndicale qui a appelé au mouvement et des représentants du monde économique. Elles devaient reprendre ce matin. À Mamoudzou, des manifestants ont érigé en début d’après-midi un barrage au rond-point du Commandant Passot pour empêcher tout passage à ce carrefour stratégique, obligeant les véhicules à emprunter une déviation pour relier le sud et le nord de l’île. Des voyageurs, dont des touristes, débarquant de la barge en provenance de l’aéroport en Petite Terre, devaient tirer leurs valises à pied, à la recherche de taxis introuvables. Les manifestants avaient participé dans la matinée à des marches contre la vie chère à travers les principales artères de la ville. “Tous les ingrédients sont réunis pour des actes de vandalisme et la police et la gendarmerie s’adaptent pour faire face aux éléments incontrôlés qui perturbent la manifestation autorisée”, a déclaré le capitaine Chamassi, responsable de la communication à la police nationale à Mayotte.

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“Nous avons évité le pire”

Ceux-ci “se sont déjà attaqués aux biens et aux personnes, allant jusqu’à utiliser des coktails molotov”, a-t-il ajouté. “Nous avons évité le pire en neutralisant à temps un cocktail molotov lancé contre un restaurant et nous avons interpellé trois individus appartenant à un groupe qui s’attaquait à coup de jets de pierres à un bus scolaire à Passamanty”, a-t-il détaillé. “Nous déplorons aussi des atteintes physiques aux personnes, des véhicules endommagés, deux bâtiments commerciaux dont un appartenant à SFR incendiés”, a-t-il précisé. “L’enquête devra déterminer l’origine accidentelle ou criminelle” de ces sinistres. Le capitaine Chamassi s’est par ailleurs dit “horrifié par certains propos xénophobes et racistes entendus”, “qui ne font pas partie du comportement des Mahorais”. À Paris, le PCF a apporté son soutien aux “légitimes revendications du mouvement en cours”, protestant “contre le recours à la répression”.

Leur presse (Clicanoo.re), 30 septembre 2011.

 

Mayotte : La grève générale se transforme en violentes manifestations

Mayotte, le dernier département d’Outre-Mer, est meutri par « une grève générale illimitée » qui s’étale dans le temps (depuis le lundi 26 septembre).

Pour lutter contre la vie chère, les Mahorais ont transformé leur île en un véritable champ de bataille : violences, turbulences routières, pillages des magasins proches, affrontements entre les civils et les forces policières…

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Selon malango-actualite.fr, les forces de l’ordre auraient utilisé des bombes lacrymogènes pour répliquer aux jets de pierres dont la police a été victime. Selon cette même source, des journalistes auraient été malmenés par les manifestants.

La semaine dernière, trois centrales syndicales : CGT Ma, Cisma CFDT et FO, ainsi que l’association des consommateurs ASCOMA ont déposé un préavis de grève illimitée. Hier, les manifestants étaient dans les rues de Kawéni et du chef lieu Mamoudzou, notamment au rond-point stratégique El Farouck, où ils bloquaient la circulation.

Les militants revendiquent une baisse des prix dans le secteur alimentaire et plus de concurrence pour favoriser la compétitivité des prix et ainsi le pouvoir d’achat.

Jeudi, Alamidou Madi M’Colo (FO), équipé d’un mégaphone et à bord d’une voiture policière, a appellé au calme et a surtout demandé le dégagement du rond-point El Farouck, axe central qui relie le Nord et le Sud.

Leur presse (Zinfos974.org), 30 septembre 2011.

 

Nouveaux affrontements à Mayotte

La deuxième journée de grève générale illimitée contre la vie chère à Mayotte a été marquée par la paralysie des commerces et de nombreuses administrations, et par des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre. Après la manifestation, des heurts plus intenses que mardi ont éclaté. Les gendarmes ont utilisé des gomme cogne et des grenades lacrymogènes pour répliquer aux jets des pierres des jeunes incontrôlés ayant investi la place du Commandant Passot, un des grands carrefours de Mamoudzou. Des débordements se sont également multipliés à Kaweni, quartier sensible de Mamoudzou.

L’intersyndicale (CGTma, CISMA/CFDT, UTFO) et les associations de consommateurs (ASCOMA, AFOC) ont dénombré 3.000 manifestants tandis que la préfecture en annonçait 500. Au départ de la manifestation à la mi-journée, certains manifestants, talonnés de près par les gendarmes mobiles, ont fait sortir les salariés des bureaux environnants et forcé les magasins à fermer.

Plusieurs commerces sur l’itinéraire du cortège des grévistes ont préféré baisser le rideau pour prévenir d’éventuelles casses. Les stations essence n’ont pas ouvert non plus. Le trafic des barges a été fortement perturbé et diverses embarcations reconverties en « taxi-boats  ont bien gagné leur journée en assurant la traversée entre Petite-Terre et Grande-Terre.»

La polémique a enflé sur la présence massive des gendarmes mobiles au cours des manifestations, une présence qualifiée par les organisations syndicales et par une partie de la population de « véritable provocation » de la part du préfet. Alors que ce dernier se déclare ouvert au dialogue, les syndicats ont posé ce mercredi en fin d’après-midi comme préalable à toute négociation la levée des barrages des forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 septembre 2011.

 

Heurts lors de manifs à Mayotte

Des incidents ont fait cinq blessés légers aujourd’hui en marge de manifestations qui ont réuni entre 900 et 3.500 personnes contre la vie chère à Mamoudzou, la capitale de Mayotte. Les syndicalistes ont dénoncé des provocations des forces de l’ordre qui, voulant à tout prix disperser la foule, ont lancé des fumigènes puis des gaz.

La police de son côté a indiqué avoir dû utiliser des bombes lacrymogènes à la suite de jets de pierre par des jeunes de Kaweni, un des quartiers sensibles de Mayotte. Parmi les cinq blessés figure un agent de la brigade anti-criminalité (BAC).

Les manifestations ont rassemblé entre 900 personnes selon la préfecture, et 3.500 personnes, selon les organisations syndicales, en particulier le secrétaire général de la CGTMa Salim Naouda. Les organisations syndicales et les associations des consommateurs avaient lancé une grève générale contre la vie chère à partir de 07H30 locales. Deux manifestations, venant l’une du sud l’autre du nord de la capitale, se sont retrouvées au centre-ville, devant l’embarcadère de la barge en Grande Terre, après avoir ralenti la circulation sans vraiment la perturber ni la bloquer.

« Tous ensemble », comme on pouvait lire sur certains tee-shirts et banderoles, les différents groupes réunis ont déferlé ensuite vers Kaweni où se trouve notamment la zone industrielle, poumon des activités économiques et sociales de l’île. Les forces de l’ordre ayant reçu l’ordre de les en empêcher, la tension a monté de part et d’autre. « Ni la police, ni la préfecture n’étaient au courant de l’itinéraire de la manifestation. Les forces de l’ordre ont donc décidé de s’opposer à toute manoeuvre susceptible de paralyser la circulation », a déclaré à l’AFP le capitaine Charmane Chamassi, responsable de la communication de la police nationale. Les organisateurs ont décidé de reconduire leur mouvement mercredi.

Par ailleurs, des syndicats d’enseignants ont relayé le mot d’ordre national de protestation contre la suppression des postes. La CGT Éduc’Action, Sud éducation et FNERC ont décidé d’associer leurs revendications à celles de la lutte contre la vie chère.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 septembre 2011.

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7 Responses to Mayotte : Grève générale et répression coloniale

  1. jobart says:

    Mayotte est pour la plupart des Français le reste d’un colonialisme d’un autre temps.Leurs ancêtres sont des musulmans comoriens en grande majorité qui n’ont rien à voir avec la culture européenne de l’hexagone.Pourquoi ne pas avoir demandé aux Français en général si nous voulions intégré Mayotte comme département? Alors que l’ONU considère Mayotte comme comorienne.Nous voulons un référendum.Quel est le nombre de fonctionnaires dans cette île par rapport à la population mahoraise recensée? En plus nous retrouvons là-bas le pourcentage le plus élevé de reconduite à la frontière qui vient fausser les statistiques de la France.Mayotte nous n’en voulons pas.Elle nous coûte cher et sa mère patrie est « les comores ».

  2. chikaba says:

    on as marre de manger des aile de pouler importer de bresile et autre pays lointain et qui coute la peau des fesses,on vas resister contre la force du mal,est la greve continueras jusqu’au bout,ce soire 3 escadrons de renfort venant de metropole vont debarqué sur le tarmak de l’aeroport de dzaoudzi ! a fond la vitesse vive la france,resistons contre les ennemie !

  3. A.D. says:

    citoyen mahorais :…blabla… »revendications heliocentriques, »
    AH ?
    héliocentrique signifie  » mesuré, considéré par rapport au soleil » (dic. Robert).
    Citoyen qu’est-ce que tu nous racontes , avec un ton agressif en rab.
    à bas les citoyens en orbite.
    vive la grève à mayotte et dans tout le système solaire.

  4. citoyen mahorais says:

    Quand on ne connait rien au sujet on ferme sa gueule. Quand une poignee de manifestants, ou plutot d’emeutiers, prend en otage une population de 50000 habitants et empeche tout le monde de circuler ou de travailler a cause de revendications heliocentriques, agresse les personnes en raison de la blancheur de leur peau, on remercie les flics de faire le travail pour lequel ils sont grassement payes.
    Un mahorais.

  5. le mba says:

    Nous sommes d’accord, herope, les mahorais/e/s sont plus courageux que nous pour affronter l’injustice de classe qui les frappent un peu plus qu’elle nous touche ; l’ennemi est pourtant le même. Loin de contester la validité de leur combat, il semble fâcheux néanmoins que la plateforme de revendication se contente de réclamer une baisse du coût de la malbouffe et une augmentation des avantages liés à la départementalisation.

    Illes ne sont pas en train de lutter contre l’impérialisme capitaliste mais bien pour en tirer un peu plus en lui donnant un peu moins. Le mieux est l’ennemi du bien (même si, le bien, le mal, tout ça c’est du jugement, donc bon pour les oubliettes de la pensée qui doit, en matière de combat politique se centrer sur le juste)

    Justice pour nos soeurs et nos frères, de Mayotte à Knokke le zoute

  6. le mba says:

    Loin d’être un plat exotique traditionnel à Mayotte, le mabawa est le pur produit de la logique capitaliste mondialisée : à Mayotte depuis la fin des années 90, on (sur) consomme des morceaux de volailles (seulement les ailes = mabawa) en provenance de surplus sud-africains qui sont très heureux d’écouler là leur sale production (il s’agit pour la plus part d’ailes de poules ou poulets issus d’élevage industriel qui devait trouver un débouché moins rentable avant… peut-être dans les pâtés pour chiens et chats). Au lieu de gueuler contre l’imposture d’une départementalisation forcée qui éloigne Mayotte des autres îles comoriennes, sans pour autant la rapprocher de la métropole, les mahorais/E/s feraient bien de réfléchir à leur intérêt avant de défendre la malbouffe qu’on leur sert à la manière des palestinien/ne/s qui défendent leur droit à la terre… (des pierres contre des chars, illes manquent un peu d’ambition ou illes sont complètement manipulé/E/s ?)

    En tout cas, un bel exemple de la France moderne qui repose encore sur les idées de grand papa et de sa semence bienfaitrice de civilisation. Beurk…

  7. herope says:

    Les mahorais font ce que nous n’osons plus faire en métropole, exprimer leur ras-bol de cette société liberticide et inégalitaire et ont raison d’utiliser tout les moyens pour parvenir a faire aboutir leurs revendications;
    Comme chaque fois le pouvoir en place va faire taire, militairement (car les moyens employés ressemblent plus à une opération de guerre contre le peuple qu’un simple dispersement de manif) leur presse parlera de casseurs ou autre terroriste!! Mais ce sont eux qui sont la racaille en tentant de nous réduire au rang d’esclaves du capitalisme aux ordres du G8, G20, FMI!
    Seule la lutte sous toutes ses formes modifiera nos vies, refusons d’être des marchandises!

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