[No Border Bruxelles] Solidarité avec les camarades en procès Mercredi 8 février

Solidarity gathering for the No Border Camp comrades on trial

On 8 February 2012 the Belgian State holds its first political trials of those accused of “crimes” during the 2010 Brussels No Border Camp.

Two comrades are in court facing charges of “Armed Rebellion” and “Rebellion” relating to the demonstrations and mass arrests during the week of the No Border Camp.

On 26 September 2010 around 150 demonstrated at the migration prison 127bis in Steenokkerzeel (close to Brussels airport), showing solidarity with migrants locked up just for not having the right identity documents. The police attacked the crowd with horses and batons, demonstrators were beaten unconscious and hospitalised. But while the police act with impunity, two demonstrators, one of whom was in hospital with head injuries, are now threatened with prison for “rebellion”, accused of somehow being responsible for injuries to a police officer who was kicked by a police horse.

On 29 September Brussels Police preventively arrested over 300 people on their way to a trade union march. Demonstrators were dragged off the streets and buses, held for 8 hours without charge, and then forcibly photographed before being released. Some were beaten, sexually assaulted, chained to radiators, and threatened with rape. One of our comrades is also charged with a second count of “rebellion” for supposedly resisting being pushed against a wall by six police, photographed by force, then beaten and sent to hospital.

The truth about “violence” at the No Border Camp is that it was the forces of law and order who brutally attacked people for daring to speak up. Of course, not one of these police thugs or their commanders is facing trial.

Now the State tries to cover up its actions by finding scapegoats it can paint as dangerous “rebels”. They have been singled out as supposed No Borders “organisers”: in fact it could be any of us facing these made-up charges. The truth is that it is the police and authorities who need to answer for their actions that week in Brussels. Just as they need to answer for their attacks every day against sans-papiers.

We will not accept the criminalisation of protest in Belgium. Their repression only makes us stronger. We will not accept the brutality of the racist and murderous immigration regime. We will stand by our comrades on trial, as we stand by all migrants, prisoners, and others facing state violence. Solidarity is our weapon. Freedom is our cry.

Come to the Palais de Justice of Brussels, Place Poelaert at 8h30 on 8 February 2012 to stand in solidarity with our comrades, and hold the forces of “order” to account.

No Borders.

Radical-europe mailing list, 17 janvier 2012.

Publié dans Les révoltes des migrants | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [No Border Bruxelles] Solidarité avec les camarades en procès Mercredi 8 février

[Mort aux El-Assad !] La moitié de la Syrie échappe au contrôle du régime

Le régime de Bachar al-Assad ne contrôle plus « 50% du territoire » syrien, a affirmé aujourd’hui le chef de l’Armée syrienne libre (ASL), le colonel Riad Al-Assaad, précisant que ses forces n’avaient pas nécessairement mis la main sur ces régions. Environ « 50% du territoire syrien ne sont plus sous le contrôle du régime. Cela ne veut pas dire un contrôle total de l’ASL sur ces régions », a déclaré le colonel basé en Turquie.

« Le moral des pro-Assad est au plus bas, ils ont commencé à perdre leurs nerfs à mesure qu’ils perdent du terrain. C’est pour cela qu’ils attaquent les civils sans distinction, hommes, femmes et enfants, et bombardent les maisons de manière aléatoire », a-t-il poursuivi.

Le colonel Assaad a en outre déclaré que l’ASL, qui revendique 40.000 soldats dissidents dans ses rangs, menait une « guérilla » contre les forces du président syrien Bachar al-Assad. « Les opérations menées par l’ASL sont une sorte de guérilla basée sur des attaques rapides contre les positions des pro-Assad, suivies de retraits tactiques vers des lieux sûrs », a-t-il précisé. « Les opérations quotidiennes visent en particulier les barrages des forces de régime, parfois en coordination avec des soldats postés sur les barrages visés », a-t-il expliqué.

Le chef de l’ASL a précisé que ses forces n’étaient pas en mesure de prendre le contrôle total de régions syriennes, leurs effectifs et armements étant largement inférieurs à ceux de l’armée régulière.

Selon lui, la campagne de répression s’est « intensifiée depuis une semaine sur trois régions en Syrie, la province de Damas, celle de Homs (centre) et Idleb (nord-ouest), car le régime est convaincu qu’il pourra ainsi mettre fin à la révolution. Ces régions font sans cesse l’objet d’attaques brutales ». « Le peuple résistera, l’ASL résistera, la révolution se poursuivra et le régime tombera prochainement », a assuré le colonel dissident.

Depuis une semaine, au moins 400 personnes ont péri dans les violences, des civils tués par les forces du régime et des militaires et déserteurs tombés lors d’affrontements armés dont la multiplication fait monter les craintes de voir le pays sombrer dans la guerre civile.

Leur presse (LeFigaro.fr, 31 janvier 2012)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad !] La moitié de la Syrie échappe au contrôle du régime

[Justice pour Ali Ziri] Menaces et mensonges des porcs pour faire dévisser une plaque commémorative

Suite aux pressions de syndicats de police, le préfet du Val-d’Oise a ordonné hier au maire d’Argenteuil de retirer une plaque, déposée le 14 janvier 2012 par un collectif, en mémoire d’Ali Ziri, un retraité algérien, décédé en juin 2009 après son interpellation.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328044624.jpg

« Pour l’État, la plaque constitue une atteinte à la présomption d’innocence, précise le cabinet du maire d’Argenteuil, cité ce matin par Le Parisien. L’État menace la ville d’un recours devant le tribunal administratif si nous n’y donnons pas suite. »

D’après Ludovic Collignon, représentant du syndicat Alliance Police dans le Val-d’Oise, le ministre de l’intérieur Claude Guéant se serait empressé d’annoncer la « bonne » nouvelle à ce syndicat, proche de la droite, lundi soir au Paradis latin, un cabaret parisien du Ve arrondissement. « Le ministre de l’intérieur nous a annoncé que le maire avait accepté le retrait de la plaque lors d’un entretien avec le préfet lundi », affirme Ludovic Collignon.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328045363.jpg

« D'après Ludovic Collignon, représentant du syndicat Alliance Police dans le Val-d'Oise, le ministre de l'intérieur Claude Guéant se serait empressé d'annoncer la “bonne” nouvelle à ce syndicat, proche de la droite, lundi soir au Paradis latin… »

Mais selon le cabinet du maire, joint mardi matin, « la Ville n’a pas encore pris cette décision, une réunion avec le maire à ce sujet devant avoir lieu cet après-midi ». Ce n’est que vers 17 heures mardi que la Ville, jusqu’ici très ferme, a reculé. Philippe Doucet, maire PS, a annoncé, par communiqué de presse, qu’« en regard des tensions qui se font jour (il) concède la dépose de la dite plaque ».

Coup de pied de l’âne, il rappelle au passage que l’État ne s’était « pas opposé ni à la tenue de cette manifestation dont il avait préalablement été tenu informé, ni à l’arrêté du maire du 9 janvier prévoyant la pose de la plaque provisoire ».

L’objet de la polémique est l’inscription portée par la plaque, dévoilée le 14 janvier par monseigneur Gaillot et à l’initiative du collectif vérité et justice pour Ali Ziri : « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, suite à son interpellation par la police nationale, ici même. »

Interpellé le 9 juin 2009 par trois policiers, Ali Ziri était tombé dans le coma le soir même et était décédé le 11 juin. La commission nationale de déontologie de la sécurité avait évoqué un « traitement inhumain et dégradant » et deux expertises médicales lient la mort d’Ali Ziri à l’utilisation de techniques de maintien sur un homme âgé et fortement alcoolisé (2,4 grammes par litre).

La dernière, en date du 15 avril 2011, concluait à « un épisode hypoxique (une diminution de la quantité d’oxygène apportée aux tissus – ndlr) en rapport avec les manœuvres d’immobilisation et les vomissements réitératifs ». Des techniques de maintien (le « pliage » notamment) récemment pointées du doigt dans la mort de Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand.

Malgré ces rapports mettant en cause le rôle des policiers, le parquet de Pontoise a requis en décembre 2011 un non-lieu. Le juge d’instruction, qui n’a jamais entendu les trois policiers interpellateurs, doit encore se prononcer sur un éventuel non-lieu, qui mettrait fin à toute poursuite.

La plaque, autorisée par un arrêté du maire PS d’Argenteuil, Philippe Doucet, était donc selon la Ville « provisoire », en l’attente de la décision de la justice.

Mais jugeant l’inscription « diffamatoire » et « insultante » envers les policiers, les syndicats de gardiens de la paix sont aussitôt montés au créneau. Le syndicat Alliance Police avait menacé le 23 janvier de déposer plainte pour diffamation.

Tandis que le principal syndicat de gardiens de la paix, Unité SGP Police FO, avait appelé ses troupes à un rassemblement devant l’hôtel de ville d’Argenteuil le 6 février 2012. Ne manquant pas au passage de saisir Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale, et le préfet du Val-d’Oise.

« Nous ne critiquons pas la pose d’une plaque commémorative, mais la présence des termes police et interpellation, argumente Frédéric Jung, représentant d’Unité SGP FO dans le Val-d’Oise. Là, on a l’impression que toute la police est incriminée et ça provoque un tollé dans nos rangs. De plus, la présomption d’innocence existe toujours pour nos collègues ! »

« Les syndicats jouent sur les mots, regrette-t-on à la mairie d’Argenteuil. Ils dénoncent le texte en prétextant que la plaque affirmerait qu’Ali Ziri est mort “des suites d’une interpellation” alors que ce n’est pas du tout ce qui est écrit. C’est un fait, Ali Ziri est effectivement décédé après une interpellation ! Et le collectif, auteur du texte, a laissé à la justice le soin de se prononcer sur la responsabilité de la police. »

Pour Me Stéphane Maugendre, l’avocat de la famille d’Ali Ziri, un retrait serait « un scandale ». « L’inscription n’est pas diffamatoire puisqu’elle n’impute pas un fait direct aux services de police, elle s’inscrit uniquement dans une chronologie », estime-t-il.

Mohamed Nemri, membre du collectif Justice et Vérité qui regroupe une trentaine d’associations et de syndicats, n’entend, de toutes façons, pas retirer la plaque. « Nous ne l’avons pas posée pour la retirer trois semaines plus tard, déclare-t-il. La population d’Argenteuil, qui suit cette affaire depuis le début, et tous ceux qui attendent que les trois policiers soient enfin entendus par le juge ne comprendraient pas. »

Le coordinateur de l’association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) à Argenteuil regrette cependant l’ampleur de la polémique. « Dans certains de nos tracts, nous avions été beaucoup plus loin que ce qui est inscrit sur la plaque, sans aucune réaction des syndicats de police, explique Mohamed Nemri. Vu la période de campagne électorale, c’est clairement l’occasion pour le gouvernement de taper sur une municipalité de gauche qui a autorisé l’apposition de la plaque. »

De son côté, Unité SGP Police FO maintient pour l’instant son appel pour le 6 février. « Tant que la plaque n’est pas dévissée, le rassemblement est maintenu », déclare Frédéric Jung.

Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 31 janvier 2012)


Pour rappel :

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328044592.jpg

Plaque inaugurée par Bertrand Delanoë le 6 décembre 2006 au n° 20 de la rue Monsieur-le-Prince (Paris)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Justice pour Ali Ziri] Menaces et mensonges des porcs pour faire dévisser une plaque commémorative

[Justice pour Ayoub] Hypocrisie judiciaire à Montbéliard

Montbéliard. Information ouverte contre le policier qui a tiré au Flash-Ball

La famille Boutahra craignait un classement sans suite. Elle a quitté « soulagée » le bureau de Thérèse Brunisso hier après-midi. Le procureur de la République de Montbéliard a requis lundi l’ouverture d’une information judiciaire pour « blessures involontaires » contre le fonctionnaire de police dont le tir au moyen d’un Flash-Ball a atteint à l’œil le lycéen de 18 ans, il y a un an à Audincourt.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328031031.jpg

Sous la neige, massés derrière une longue banderole, ils sont une soixantaine à battre le pavé devant la cité judiciaire de la rue Mozart. « Nous sommes des indignés qui réclamons haut et fort devant ce tribunal que justice soit faite pour Ayoub », martèle Gérard Delavelle du comité de soutien constitué il y a quelques semaines à Montbéliard (notre édition du 22 janvier). Il est 13h30. Dans une demi-heure, les parents et la sœur d’Ayoub sont attendus au parquet pour un entretien avec le procureur. Le comité entend-il ainsi faire pression sur la justice ? « Non, on montre simplement qu’on est là, qu’on existe. On manifeste l’exigence de justice qui émane de toute une partie de la population », répond sa présidente Michèle Prost.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328031655.jpgInterdire l’utilisation du Flash-Ball

Ayoub, lui, n’est pas là. Le lycéen qui passe son bac cette année, a perdu l’usage d’un œil à la suite du tir de Flash-Ball « n’a pas la force psychologique de supporter cette nouvelle épreuve », explique Me Alain Dreyfus-Schmidt. L’avocat belfortain de la famille Boutahra, champion de la formule choc, n’assistera pas non plus à l’entretien. Motif ? « Je ne participerai pas à cette hypocrisie judiciaire », balance-t-il, convaincu alors que la plainte des Boutahra pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation » va être classée sans suite.

La victime ne faisait pas partie des émeutiers

Me Dreyfus Schmidt a d’ores et déjà annoncé que si classement il y avait, il attaquerait en citation directe devant le tribunal correctionnel. Il a fait de cette affaire « un combat politique pour interdire l’utilisation du Flash-Ball en France. Je ne suis pas là pour avoir la tête du policier qui a tiré. Je prétends seulement que si les policiers avaient seulement un 9 mm Parabellum, ils dégaineraient et tireraient moins facilement. » Dans la salle des pas perdus, l’attente commence. Au terme d’une demi-heure d’entretien avec le procureur, la famille Boutahra retrouve le comité de soutien. À la fois bouleversée et soulagée. « L’affaire n’est pas classée. Un juge d’instruction sera nommé la semaine prochaine. Bien sûr, ça ne rendra pas son œil à Ayoub mais c’est un premier pas vers une réponse judiciaire », confie sa sœur. Un an après les faits, le parquet de Montbéliard a requis hier l’ouverture d’une information judiciaire « pour blessures involontaires contre le fonctionnaire de police ayant procédé le 7 février 2011 à Audincourt, à un tir à l’aide d’un lanceur de balles de défense, dit Flash-Ball, ayant atteint à l’œil le jeune Ayoub Boutahra », indique le procureur Thérèse Brunisso. La magistrate précise que l’enquête préliminaire, diligentée par l’inspection générale de la police nationale, « permet d’établir, en l’état actuel de la procédure, que la victime ne faisait pas partie des émeutiers ».

C’était une autre personne qui était visée

Témoignages, images de la vidéo de surveillance à l’appui, établissent que le lycéen attendait son bus, ne participait pas à la rixe violente entre deux bandes rivales (une centaine de personnes) place du Temple à Audincourt qui a nécessité l’intervention de la police.

Concernant le policier auteur du tir, le parquet précise qu’il disposait « de l’habilitation requise et que le tir était légitime au vu des circonstances. Il reste en revanche à déterminer pourquoi la victime a été touchée alors que c’est une autre personne, appartenant au groupe des émeutiers qui était visée au thorax. Des investigations complémentaires sont nécessaires. » Somme toute, d’un côté, la victime collatérale d’une rixe qui se trouvait « au mauvais endroit, au mauvais moment et se retrouve handicapée à vie », de l’autre des policiers qui agissent en légitime défense mais dont le projectile tiré n’atteint pas la bonne personne au bon endroit du corps ! Allez comprendre…

« Il est dit, écrit et établi que mon fils n’a pas participé à cette bagarre. Ce que nous voulions. Notre vie familiale a basculé il y a un an. Elle ne sera plus jamais la même », confiait hier soir avec beaucoup de pudeur Najet Boutahra, la maman d’Ayoub.

Me Dreyfus-Schmidt : « J’ai peur que nous nous soyons fait piéger »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328031429.jpg

L’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire n’a pas fait bondir au plafond l’avocat de la famille Boutahra. Me Alain Dreyfus-Schmidt, qui craignait d’abord un classement sans suite « comme à chaque fois lorsqu’un policier est mis en cause », redoute désormais une sombre stratégie judiciaire dictée par d’aussi sombres motifs électoraux. « Nous sommes en période de campagne. Ne l’oublions pas, assène-t-il. J’ai peur que nous nous soyons fait piéger. » Mais encore ? « La procureure nous a coupé l’herbe sous le pied. Avec un classement sans suite de la plainte, le parquet savait que j’allais illico saisir le tribunal correctionnel en citation directe, tribunal qui allait statuer dans les deux mois. Le parquet ouvre donc une information, nomme un juge d’instruction qui va sans doute réentendre l’IGPN et nous servir les mêmes arguments. Ceux de la légitime défense et du tir réglementaire. Et dans un an, on nous servira le non-lieu. Ça ne fait pas un pli. » Tout cela n’est bien sûr que prospective. Laissons le magistrat désigné instruire en toute sérénité.

De son côté, le comité de soutien à Ayoub Boutahra ne faiblit pas. Un appel au ressemblement devant l’abribus de la place Bazaine à Audincourt, là où le lycée a été touché par le tir de Flash-Ball, est prévu le mercredi 8 février à 14h30. À la date anniversaire (à) un jour près puisque les faits remontent au 7) de l’accident qui a durablement abîmé la vie d’un adolescent.

Leur presse (Françoise Jeanparis, LePays.fr), 31 janvier 2012.


Flash-ball à Montbéliard : information judiciaire contre un policier

Une information judiciaire a été ouverte contre le policier auteur d’un tir de Flash-Ball à Audincourt (25) qui avait coûté son œil à Ayoub, Montbéliardais de 18 ans.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328032156.jpg

À la sortie de l’ascenseur, le soulagement teinté d’émotion de la famille est perceptible : « Une information judiciaire pour blessures involontaires a été ouverte », se réjouit la sœur aînée d’Ayoub, un Montbéliardais de 18 ans qui a perdu un œil à la suite d’un tir de Flash-Ball.

Ayoub n’a pas souhaité être présent. En ce jour tant redouté par ses proches, qui craignaient l’annonce d’un classement sans suite de l’affaire, le jeune homme est resté chez lui. « Il ne va pas bien », note encore sa mère Najet, d’un ton douloureux, très émue. Le lycéen n’a donc pas vu la mobilisation d’une soixantaine de personnes, membres de son comité de soutien, siégeant devant le tribunal. Ces derniers demandent à être reçus, en même temps que les proches de la victime, par le procureur de la République Thérèse Brunisso. Refus du parquet. Alors, pendant l’entretien qui se tient au deuxième étage, le militant des droits de l’homme Gérard Delavelle prend la parole sur le parvis. « La victime innocente du tir est désormais handicapée à vie. Doit-on laisser les choses en l’état, déplorant simplement le mauvais sort qui a fait que ce jeune homme s’est malheureusement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment comme le laissent entendre certains officiers de police ? Tous, nous pensons évidemment que non et nous sommes inquiets », indique-t-il. Les effectifs de police surveillent l’entrée du tribunal. Et, à l’intérieur, un agent se poste devant chaque escalier. Au cas où les dangereux délinquants du comité de soutien (des élus, des responsables d’associations d’une cinquantaine d’années en moyenne, des proches d’Ayoub…) ne créent des incidents. On tente même de leur interdire l’accès au bâtiment : « Laissez rentrer ces gens ! Le tribunal est un lieu public. C’est avec leurs impôts qu’on paye les agents de sécurité », fulmine l’avocat d’Ayoub.

Le bâtonnier Alain Dreyfus-Schmidt dénonce publiquement ce qu’il nomme « l’hypocrisie judiciaire, la politique des parquets » qui tendent, selon lui, à « protéger les débordements policiers » : « On n’est pas là pour se payer la tête de l’auteur du tir. Mais quand il y a un tel dysfonctionnement, un tir qui conduit à une mutilation, on est en droit de demander justice », ajoute-t-il. Seulement, voilà : coup de théâtre. Le parquet montbéliardais requiert l’ouverture d’une information judiciaire à l’étonnement de tous et le fait savoir, plus tard, officiellement (lire ci-dessous). « Nous avons été très bien accueillis par Madame Brunisso (N.D.L.R. : le procureur). Pour l’instant, nous sommes contents. C’est une petite victoire », continue la sœur aînée d’Ayoub. Me Dreyfus-Schmidt est sceptique. Pour lui, le parquet cherche, élections obligent, à gagner du temps : « On va nommer un juge, demander des contre-expertises. L’instruction va durer des mois. Et dans un an, on prononcera un non-lieu », soutient-il, peu confiant. Et de citer, pour exemple, le décès de Mohamed Boukrourou dans un fourgon de police, une information judiciaire ouverte fin 2009 pour homicide involontaire et toujours en cours. L’avocat aurait, à la réflexion, préféré un classement sans suite : « J’aurais pu saisir le tribunal en citation directe. Le procureur m’a coupé l’herbe sous le pied. Si un non-lieu est prononcé, les recours sont difficiles. »

Pour ne pas oublier le drame et poursuivre le débat sur l’utilisation controversée des Flash-Ball, un rassemblement du comité de soutien est prévu place du Temple à Audincourt le mercredi 8 février prochain, vers 14h30. C’est à cet endroit que l’adolescent a vu sa vie basculer le 7 février 2011 alors qu’il attendait tranquillement son bus…

Leur presse (Aude Lambert, EstRepublicain.fr), 31 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , | Un commentaire

[Terre et Liberté] Protestation contre les exactions minières à Bima (Indonésie)

Indonésie. Furie villageoise contre une mine d’or

Une foule de 10 000 personnes a mis le feu le 26 janvier à l’hôtel de ville de Bima, sur l’île de Sumbawa, à l’est de Bali, pour contraindre le maire à annuler le permis d’exploitation de PT Sumber Mineral Nusantara, une société qui extrait de l’or sur 24’980 hectares, écrit Kompas.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328036703.jpg

Une manifestation pour les mêmes motifs, le 24 décembre dernier, avait fait deux morts parmi les villageois et la police avait procédé à des dizaines d’arrestations. Les manifestants ont par ailleurs réussi à libérer les 53 personnes détenues précédemment en menaçant d’incendier aussi la prison. Un porte-parole de la mairie a assuré que les autorités étaient disposées à revoir leur position mais en respectant une procédure légale qui demanderait du temps.

Leur presse (CourrierInternational.com), 27 janvier 2012.


Indonesian protests force government to revoke gold mining permits

Joint Indonesian-Australian mining venture halted after string of violent protests at which two were killed.

Indonesia has revoked permits for a joint Indonesian-Australian mining venture on Sumbawa island after a string of violent protests in which two people died and a government office was set alight.

The country’s leading environmental group, however, said it doubted the government’s pledge was an « honest commitment ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328036955.jpgThousands of protesters rioted on Thursday in Bima, Sumbawa – 1,330 km east of the capital, Jakarta – where they set fire to the district head’s office to demand an end to the gold exploration plan, which they said would damage their land and livelihoods.

« The preliminary information from Bima is that people were acting anarchist by burning the regent’s office … We don’t know if there are any casualties, » a police spokesman told Reuters.

Many of Sumbawa’s 1.3 million residents are fishermen and farmers worried about the environmental effects of gold mining on their land and water supplies, according to Walhi, Indonesia’s largest environmental advocacy group.

Thursday’s violence was the latest in a string of protests in Sumbawa over the past year, during which villagers and students demanded that Bima’s head district revoke the permit for the joint mining venture between Sumber Mineral Nusantara and Australian-listed Arc Exploration. In December, two protesters were shot at point-blank range by police and killed, and another eight injured, in Sape port.

The energy minister, Jero Wacik, told Reuters the mining permit would be revoked but the process would take time. The government’s decision to revoke the permit, however, may not be the boon protesters were fighting for, said Walhi’s mining campaigner Pius Ginting.

« The Indonesian government has many times made this promise in the past, saying they want to protect the environment, but then their policies still continue, » he said. « For example, they said they would stop mining in national parks, but then they changed the status of ‘national park’ to accommodate mining operations. »

« So we don’t believe their decision to revoke the permit, as we don’t believe it is an honest commitment by the government. »

Arc Exploration announced on 3 January its exploration licence had been temporarily suspended for one year since 23 December.

Thursday’s protests in Bima follow a succession of demonstrations over the last year against mining operations across Indonesia.

In October, thousands of miners in Freeport, Papua clashed with security officers after demanding pay rises from the US-run copper and gold mining firm PT Freeport Indonesia. One protester was killed and several others injured in the violence.

The Indonesian Mining Association has agreed the government should revoke permits for mining companies that threatened the livelihoods of locals, the Jakarta Post reported.

Leur presse (Kate Hodal, guardian.co.uk), 27 janvier 2012.

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Terre et Liberté] Protestation contre les exactions minières à Bima (Indonésie)

[Justice pour Abou Bakari Tandia] Manifestation Samedi 11 février à Paris

Manifestation le samedi 11 février à Paris, il y a 7 ans Abou Bakari Tandia est mort

Manifestation à l’angle de la rue de la Paix et de la rue Danielle Casanova, près de la place Vendôme à Paris, samedi 11 février 2012 de 14h à 16h.

Pour commémorer les 7 ans écoulés depuis la mort d’Abou Bakari Tandia,

Pour protester contre l’inertie de la justice, voire sa dépendance à la police.

Merci à tous d’amener vos amis, pour que nous y soyons nombreux…

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 30 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Justice pour Abou Bakari Tandia] Manifestation Samedi 11 février à Paris

[Fleury-Mérogis] Comment accommoder le maton

Fleury-Mérogis (Essonne) : deux gardiens de la prison agressés dans leur immeuble

Ils ont été traités de « sales matons » et roués de coups, dans leur résidence de Fleury-Mérogis, à deux pas de la maison d’arrêt où ils travaillent.

Ils vont travailler avec une certaine peur au ventre. Et le soir, cette angoisse les suit jusqu’à leur domicile. À la suite de l’agression de deux d’entre eux dans leur résidence, des surveillants de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis tirent la sonnette d’alarme sur une cohabitation à leurs yeux inappropriée.

Il est entre 19h45 et 20 heures, ce dimanche.

Dans le hall de leur immeuble, une résidence jouxtant la prison et habitée principalement par des gardiens, des jeunes se retrouvent. Avec l’alcool, les décibels montent et quelques dégradations matérielles suivent. Un premier locataire, employé à la maison d’arrêt, descend pour les faire partir. Encerclé par une dizaine d’individus, il se fait rouer de coups par trois ou quatre d’entre eux. Des voisins sortent. Et un de ses collègues est également pris à partie. Quatre des agresseurs sont interpellés et placés en garde à vue. Très choquées, les victimes, blessées au visage et aux oreilles, ont porté plainte hier auprès de la gendarmerie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328005893.jpg

« À l’extérieur, ce quartier est surnommé Matonville »

Pour l’Ufap-Unsa, le squat des halls n’est pas nouveau. « Mais cette fois-ci, nous avons atteint un certain niveau de violence », dénonce Gérald Ferjul. Le secrétaire local de ce syndicat va même plus loin. D’après lui, l’agression est liée au travail des deux gardiens. « À l’extérieur, ce quartier est surnommé Matonville. Dimanche, ils ont été traités de sales matons. » Et d’ajouter que les hommes passés à tabac ont reconnu des gens déjà croisés en prison. « Ils craignent les représailles », continue le syndicaliste.

Gérald Ferjul demande qu’un parc immobilier soit exclusivement réservé au personnel pénitentiaire. Car dans cette résidence, en plus des fonctionnaires de la prison, vivent des familles, qui ont obtenu un logement social par la ville ou par la préfecture. Il n’est pas impossible que des ex-détenus deviennent les voisins de surveillants. « Je ne pense pas que nous en avons. Mais lorsque nous recevons les dossiers, nous n’avons aucun moyen de le savoir », précise-t-on chez le bailleur RLF, qui a également porté plainte.

« La préfecture nous met ici des personnes en situation de grande difficulté, voire à risques, qui sont parfois exclues par d’autres villes », déplore David Derrouet, le maire PS de Fleury. L’élu doit adresser ce matin un courrier au ministère de l’Intérieur et à la préfecture pour demander qu’« il y ait un basculement du contingent préfectoral vers celui de la ville et du bailleur ». Contactée, la préfecture n’a pas souhaité répondre. Le bailleur tient lui à préciser que sur les 600 logements, 14 sont attribués par la préfecture, 107 par la commune, 350 par l’administration pénitentiaire et le reste à d’autres fonctionnaires.

Leur presse (Marie d’Ornellas, LeParisien.fr), 31 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Fleury-Mérogis] Comment accommoder le maton

[Italie] Des nouvelles des arrestations des NoTav

Italie – Vague d’arrestations contre les No-TAV

Le matin du 26 janvier, à travers une bonne partie de l’Italie, les flics politiques italiens (Digos) en coordination avec les autres corps de police, ont arrêté 39 camarades italiens et un camarade français. Jusqu’à maintenant l’identité de ce dernier et le lieu de son arrestation restent inconnus.

L’opération policière a visé des centres sociaux, des squats et des maisons d’habitation. Les personnes ont été arrêtées sous des accusations graves (notamment agression contre des policiers) en lien avec les événements du 27 juin et du 3 juillet entre Chiomonte et Giaglione, dans le Val de Susa. Des habitants de la vallée et des activistes de toute l’Europe y étaient venus pour défendre la Libre République de la Maddalena et s’opposer à l’installation du chantier pour la réalisation de la ligne de TGV Turin-Lyon (TAV).

Malgré les milliers de policiers et de militaires, installés dans un campement-chantier fortifié, la résistance populaire pour l’auto-détermination des terres n’a pas faibli. Mais aujourd’hui, la répression de l’État se durcit. Les arrestations ont eu lieu dans les villes suivantes : Asti, Milan, Trente, Palerme, Rome, Padoue, Gênes, Pistoia, Crémone, Macerata, Biella, Bergame, Parme et Modène. Deux mineurs, une femme enceinte et un homme âgé de Bussoleno font partie des personnes arrêtées.

Liste des arrêtés :

TORINO – Carcere Lorusso Cotugno – via Pianezza 300 – 10151 Torino  Gabriela Avossa, Matteo Grieco, Giorgio Rossetto, Giuseppe Conversano, Jacopo Bindi, Luca Cientanni, Tobia Imperato, Federico Guido, Michele Del Sordo, Mario Nucera, Guido Fissore et Maja ont été assignés à résidence, Fabrizio Maniero (introuvable)

MILANO – Carcere San Vittore – Piazza Filangeri – 20123 Milano  Maurizio Ferrari, Niccolò Garufi, Kalisa Lorenzo Minani, Marcelo Damian Jara Marin, Filippo Marco Baldini (introuvable)

TRENTO – Casa Circondariale – Via Beccaria, 134 – Loc. Spini di Gardolo – 38014 Gardolo – TN  Juan Antonio Sorroche Fernandez

PISTOIA – Casa Circondariale – Via dei Macelli 13 – 51100 Pistoia  Antonio Ginetti

ASTI – Casa Circondariale Località Quarto Inferiore 266 – 14030 Asti  Samuele Gullino

ROMA – Carcere di Rebibbia – via Majetti 70 – 00156 Roma  Damiano Calabrò

PADOVA – Casa Circondariale – via Due Palazzi 25a – 35100 Padova  Zeno Rocca

GENOVA – Carcere di Marassi – Piazzale Marassi 2 – 16139 Genova  Gabriele Filippi

PALERMO – On ne sait pas dans quelle prison est enfermé Nicola Arboscelli

D’après Informa-Azione, 26 janvier 2012.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Italie] Des nouvelles des arrestations des NoTav

[Police partout] Intrusion policière chez des camarades à Nancy (2)

Communiqué du NPA 54 Sud : dérives policières à Nancy

Nous avons appris que la police (des gardiens de la paix en uniformes et des agents de la BAC) avait pénétré au domicile de jeunes militants nancéiens en défonçant leur porte ce jeudi 26 janvier au petit matin. Ceci après que ces derniers aient refusé de leur ouvrir en l’absence de la présentation d’une commission rogatoire.
L’un d’entre eux a ensuite été frappé et menacé d’une arme de service pointée sur sa tempe alors qu’il ne faisait preuve d’aucune agressivité. Les stigmates de l’agression ont été constatés par un médecin qui a attribué 3 jours d’ITT au jeune homme molesté.

Les policiers ont déclaré aux occupants de l’appartement qu’ils cherchaient un de leurs amis, pourtant non domicilié dans leur colocation. Aucun des policiers n’a décliné son identité ni présenté de pièce officielle justifiant leur démarche. Ne l’ayant pas trouvé sur place, ils sont ensuite repartis sans donner plus d’explications, laissant la porte défoncée derrière eux. Quatre jours plus tard aucune justification sur ces agissements n’a encore été fournie par les services de police, ni aucun dédommagement proposé pour réparer les préjudices d’ordre matériel et moral occasionnés.
Jugeant que les policiers avaient outrepassé leurs droits, les occupants de l’appartement ont déposé une plainte au commissariat St Léon après que les agents du boulevard Lobau aient refusé de l’enregistrer.

Il nous paraît indiscutable que l’attitude des forces de l’ordre a été intolérable dans cette affaire et donne à penser qu’il s’agit d’une opération barbousarde visant à intimider de jeunes militants. Ceci est digne des régimes autoritaires que nos dirigeants, jamais avares de conseils en bonne conduite démocratique, se plaisent pourtant à condamner.
En conséquence, le NPA 54 Sud demande à la préfecture, en tant que représentante de l’État et relais du ministère de l’intérieur, d’une part, de se prononcer sur la conformité de la procédure initiée par ses services, et d’autre part, de veiller à ce que le fonctionnaire responsable des violences ne soit pas laissé impuni.

Ceci nous paraît primordial au vu des dérives que l’on peut constater dans les agissements de la police française. Il nous est en effet difficile de ne pas faire le lien entre cette affaire et celle où Denis Godard, militant du NPA Paris, a été victime d’une agression policière extrêmement violente, ceci alors qu’il s’était retrouvé placé en garde à vue au cours du mois de janvier écoulé dans le cadre d’une affaire sans gravité.
Les agents des forces de l’ordre semblent en effet faire preuve d’un très fort sentiment d’impunité. Ce qui ne peut être étonnant quand on voit par exemple la faiblesse du réquisitoire prononcé par le procureur à l’encontre des policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi ce 18 janvier au tribunal de Grasse, ou encore les non-lieux prononcés en 2011 dans le cadre de l’affaire liée à la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois.

Afin que cette affaire ne soit pas passée sous silence et que la préfecture prenne les mesures nécessaires pour empêcher la banalisation définitive de tels comportements au sein des forces de l’ordre, le NPA 54 Sud appelle toutes les organisations se réclamant du camp des libertés et du progrès social à condamner fermement de tels agissements.

Si vous souhaitez vous associez à notre démarche, vous pouvez nous contacter.

30 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Un commentaire

[Cagliari] Blocage de trains en solidarité avec les NoTav

En Sardaigne des solidaires bloquent les voies ferrées en solidarité avec les rebelles No Tav arrêtés le 26 janvier.

Cagliari, les « No Tav » occupent la voie ferrée
Des retards pour les trains en transit

Un groupe de manifestants, avec une banderole où il y avait écrit « No Tav », a envahi hier soir deux voies ferrées de la gare de Cagliari.

L’occupation des voies 4 et 5 a duré environ une demi-heure, de 18h15 à 18h45, et a causé des retards aux trains […]

Traduit de l’italien (Unione Sarda, 29 janvier 2012 ) – Informa Azione.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Cagliari] Blocage de trains en solidarité avec les NoTav

[Mort aux El-Assad !] Bachar tu ne t’échapperas pas

Bachar al-Assad a-t-il tenté de fuir de Syrie vers Moscou ?

Cette rumeur, qui a circulé dimanche soir, n’est pas sans fondement.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327946054.jpg

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 11 janvier 2012

En fin de journée dimanche 29 janvier, les rumeurs fusent sur internet et en particulier sur Twitter à propos d’une fuite du président syrien Bachar al-Assad. Le dictateur, confronté à une révolte qu’il réprime dans le sang depuis dix mois, aurait quitté le palais présidentiel de Damas et aurait même fui le pays à destination de Moscou. La chaine numéro 2 israélienne est la première source citée par les internautes sur Twitter. Elle reprend en fait une information du quotidien égyptien al-Masry al-Youm.

Aucune confirmation officielle ne tombe dans la soirée, aucun réel démenti non plus, consolidant dans l’esprit des internautes occidentaux la crédibilité d’une telle information. Pourtant, assez rapidement, les opposants syriens présents sur twitter n’y croient pas. Ils s’en donnent d’ailleurs à cœur joie en twittant des rumeurs toutes plus improbables les unes que les autres.

Furious Syrian @FuriousSyrian  
>the only rumour I haven’t heard yet today is about Bashar Assad’s colour of underwear.. seriously people.. this is not helping #Syria
> 29 Janv 12

Mais la situation militaire est venue donner du crédit à l’hypothèse d’une fuite d’Assad. Les combats entre l’armée régulière et l’armée libre syrienne (ALS) sont en effet de plus en plus intenses dans le pays et dans la banlieue de Damas selon les représentants de la presse mondiale présents sur le sol syrien. Et selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ALS n’est plus qu’à 30 minutes du palais présidentiel de Bachar al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite.

Quelles sont les informations rapportées lundi ?

Finalement, après une nuit de rumeurs, le quotidien égyptien al-Masri al-Youm de lundi 30 janvier affirme que l’ASL aurait empêché dans la nuit une tentative de fuite d’une partie de la famille Assad. Dans le convoi tentant de fuir vers l’aéroport se trouvait, selon le quotidien, la mère de Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ainsi que son cousin Rami Makhlouf et ses enfants. Le quotidien rapporte que ce convoi aurait été arrêté par quelque 300 soldats dirigés par un général ayant fait défection récemment. Il aurait finalement rebroussé chemin protégé par des hélicoptères du régime. Mais, encore une fois, cette thèse ne trouve lundi matin aucune confirmation, ni du régime, ni de l’ALS.

Alors que peut-on confirmer ?

Selon des sources au sein de l’ALS, les quelques détails qui peuvent être confirmés sont une recrudescence dimanche soir des combats sur l’autoroute du sud de Damas qui conduit vers l’aéroport. Seuls deux avions ont atterri dans la nuit, ce qui est significatif d’une baisse notable du mouvement aérien. La présence militaire a été décuplée à Damas dont le centre est pourtant épargné par les manifestations et la répression.

Par ailleurs, le général alaouite qui aurait fait défection n’est autre que le général Mohammed Khalouf, chef du renseignement extérieur, dit « branche Palestine ». Or un ralliement de cette homme à l’Armée libre de Syrie est difficile à croire, de même qu’un accord de l’ALS pour l’accueillir en son sein, le militaire ayant trop de sang syrien sur les mains.

Que peut-on en déduire ?

Manifestement, il s’est passé quelque chose entre Damas et l’aéroport de la ville cette nuit. Et le régime, qui a déployé toujours plus de troupes dans Damas, semble redouter quelque chose. « Je ne pense pas que le général Khalouf ait fait défection pour rejoindre l’Armée libre de Syrie » estime un opposant syrien à Paris. « C’est une des forces centrales du régime, il ne partage rien avec l’opposition et sait que celle-ci n’acceptera jamais qu’elle le rejoigne : il a trop de sang sur les mains », commente ce médecin en contact régulier avec le terrain. « Il n’y a que deux explications à une défection de ce général : soit, il a appris que la famille d’Assad tentait de fuir et il ne l’a pas accepté. Soit, il a tenté un coup d’État ce qui expliquerait la présence militaire renforcée à Damas », estime-t-il.

Que Bachar al-Assad ait essayé de fuir ou non, les événements de la nuit démontrent une évolution au plus haut niveau. Le régime se fissure.

Leur presse (Céline Lussato, Le Nouvel Obs.com, 30 janvier 2011)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad !] Bachar tu ne t’échapperas pas

[Wade dégage !] Un jeune de 17 ans et une dame de 60 ans assassinés par les flics à Podor (Sénégal)

Sénégal/présidentielle : deux morts lors de violences à Podor

SAINT-LOUIS (Sénégal) – Deux personnes ont été tuées lundi à Podor, dans la région de Saint-Louis (nord) dans des violences lors d’une manifestation contre la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, a appris l’AFP de sources concordantes.

Des échauffourées ont opposé des partisans du Mouvement du 23 juin (M23, opposition politique et société civile), qui protestaient contre la candidature de M. Wade, et des forces de l’ordre, qui sont intervenues pour les disperser, faisant des blessés dont deux sont décédés à l’hôpital, ont indiqué des témoins, une source policière et une source hospitalière joints depuis Saint-Louis.

Podor est située à 215 km au nord-est de la ville de Saint-Louis.

Les morts sont un manifestant de 17 ans et une sexagénaire qui est tombée sur la manifestation alors qu’elle revenait du marché, a affirmé à l’AFP un des témoins.

Leurs identités ont été confirmées à l’AFP par une source policière, qui a indiqué que les deux personnes figuraient parmi six blessés, tous atteints par balle. Dans un premier temps, cette source avait fait état de sept blessés, dont deux ont ensuite succombé à leurs blessures.

Au total, ils étaient six blessés, dont deux sont morts, tous atteints par balle. Les morts sont Mamadou Sy, 17 ans, atteint par balle à la clavicule droite, et Banna Ndiaye, 60 ans, atteinte au dos, a précisé la même source.

L’adolescent est décédé à l’hôpital de Ndioum (environ 40 km à l’est de Podor), où il avait été évacué. La sexagénaire est morte à l’hôpital de Podor, d’après la même source.

Un des témoins et une source hospitalière ont fait état de sept blessés, dont deux ont succombé à leurs blessures. Les autres blessés sont sous contrôle médical, a précisé la source hospitalière, sans plus de détails.

Par ailleurs, un policier a été blessé à Saint-Louis lors d’échauffourrées entre la police et des élèves qui manifestaient contre la grève de leurs professeurs, en cours depuis plusieurs semaines, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les élèves s’étaient rassemblés lundi matin Place Faidherbe (centre-ville) pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de pérennisation de la grève des enseignants. Des policiers sont intervenus pour les disperser, les élèves leur ont répondu par des jets de pierres. Un policier touché par une pierre a été blessé à la tête.

Des enseignants des collèges, lycées et universités publics du Sénégal sont en grève depuis début décembre pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail.

Ces violences surviennent au lendemain de la confirmation, dimanche soir, par le Conseil constitutionnel de la candidature à la présidentielle du président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, qui se présente pour la troisième fois.

Le M23 a appelé à la résistance active contre cette candidature, qu’il qualifie de coup d’État constitutionnel.

Le mouvement a appelé à un rassemblement pacifique mardi après-midi à Dakar, faisant craindre de nouveaux débordements après des violences meurtrières le soir du 27 janvier, ayant suivi l’annonce de la validation de la candidature de M. Wade et l’invalidation de celle du chanteur-vedette Youssou Ndour.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327919985.jpg

L'auxiliaire de police Fodé Ndiaye, tué vendredi soir à Dakar

Un policier a été tué et plusieurs personnes blessées au cours de ces violences marquées par des émeutes à Dakar et dans d’autres villes du pays. Aucun bilan précis n’était pour l’heure disponible.

Leur presse (Agence Faut Payer, 30 janvier 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Wade dégage !] Un jeune de 17 ans et une dame de 60 ans assassinés par les flics à Podor (Sénégal)

C’est le froid social qui tue

« Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid, parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine, mes chers amis, comprenez-le bien, si on n’est plus choqué, quand quelqu’un n’a pas un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s’en trouvera remis en cause. »

Discours de Sarkozy, 18 décembre 2006, Charleville-Mézières.

En France, l’INSEE dénombre 250.000 personnes privées de logement, et plus de 3 millions de personnes mal-logées. Mais aussi 2,1 millions de logements vacants, et 3,2 millions de résidences secondaires.

Plus de logements sont construits, plus encore augmente le nombre de sans-domicile. Le problème ne consiste donc pas à offrir toujours plus de contrats juteux aux bétonneurs pour fournir de nouveaux parcs de logements destinés aux seuls esclaves capables de se les payer, toujours plus d’accaparement privé de l’espace public, toujours plus de destruction écologique et sociale. Le problème consiste à construire une force révolutionnaire, capable de se saisir des logements qui existent.

Voici la seule exigence raisonnable d’un mouvement pour le droit au logement. De la même façon, quand la planète produit de quoi nourrir 12 milliards d’êtres humains, la réquisition est le seul moyen de nourrir le milliard de personnes en sous-nutrition ou crevant de faim. Ce n’est pas par erreur que les supermarchés jettent 30 à 40% de leur nourriture. Ce n’est pas par erreur que la justice demande huit mois de prison dont deux ferme pour deux personnes qui ont fait de la récup de bouffe périmée dans une poubelle. Un enfant meurt de faim toutes les quatre secondes dans le monde, parce que jeter la nourriture est indissociable d’un système fondé sur l’exclusion sociale.

Le capitalisme, en tant que système générateur de valorisation du capital, est fondé sur la privation. Il suppose en effet (en plus de l’exploitation de la force de travail et la dépossession des populations en matière de décisions réelles sur les productions), l’établissement d’une certaine rareté, pour toutes les marchandises. C‘est-à-dire, pour une partie des populations, la privation délibérée des produits de leurs activités, y compris les produits de nécessité vitale. Le prix conditionne la possibilité d’accès, en fonction de cette privation.

Voici cette réalité sordide, qui sous-tend les modes de production existants. Y compris dans les pays dits « d’abondance », comme la France. C’est pourquoi aucune politique d’aménagement du capitalisme, aucune politique ne remettant pas en cause l’accaparement privé ou étatique des biens existants, ne pourra jamais résoudre ce problème dramatique du logement.

Entre libérer les populations de l’étau des loyers à payer ou de crédits à « rembourser » et ainsi sauver des vies, et la préservation de ses rentes juteuses, la bourgeoisie préférera toujours l’esclavage et la mort des pauvres plutôt qu’une vie décente pour tous. Dans ce système odieux, les personnes qui meurent de froid ou de faim sont nécessaires à la mise sous coupe réglée de l’immense majorité de la population.

Alors que la loi de réquisition des logements vides existe, elle n’est jamais appliquée. Des associations grassement subventionnées gèrent la charité publique, dont les limites sont définies par le seuil de tolérance de l’intolérable, c’est-à-dire par le seuil de résistance et d’auto-organisation sociale des populations. La gauche au pouvoir au sein d’un système de domination capitaliste (privé et/ou d’État), expulse les squats tout autant que la droite. Condamne le « vol » à la prison tout autant que la droite. Il n’y a rien à attendre des promesses de gens dont le métier consiste à préserver la rareté et la privatisation des biens communs.

L’occupation, la réquisition et la réappropriation sociale ne sont pas seulement légitimes, elles sont une urgence révolutionnaire. La répression bourgeoise frappe les actes isolés de survie. Seule une convergence collective, réappropriatrice des biens communs existants, peut éviter l’extension des drames humains.

P.-S. : Pour rappel samedi 4 février, Poitiers, Salle Timbaud (maison du peuple), 15h : Réunion publique pour la création du DAL86 avec Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL national, le DAL17…

Juanito – groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 30 janvier 2012.

De quoi le sans-abri du parking est-il mort ?

Poitiers. Un sans-abri a été découvert sans vie, samedi matin, dans le parking Charles-de-Gaulle.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327948026.jpg

Ce recoin de parking servait d'abri pour la nuit.

Une enquête a été ouverte sur les circonstances de la mort d’un sans-abri, retrouvé sans vie, samedi matin, alors qu’il venait de passer la nuit dans un recoin du 1er sous-sol du parking Charles-de-Gaulle, à Poitiers (voir notre édition du dimanche). Le parquet a ordonné qu’un examen médico-légal du corps soit pratiqué afin de déterminer les causes du décès. L’enquête a d’ores et déjà rejeté l’hypothèse d’une mort causée par le froid. Ce sans domicile fixe d’une trentaine d’années avait contacté le Samu social vendredi soir pour une aide alimentaire. La Croix Rouge lui avait fourni nourriture, boissons chaudes et couverture et l’avait reconduit, à sa demande semble-t-il, au parking où il avait l’habitude de passer la nuit.

Leur presse (LaNouvelleRepublique.fr), 30 janvier 2012.

Vague de froid en Europe de l’Est : 22 morts

Une vague de froid qui sévit depuis quelques jours en Europe de l’Est a entrainé la mort de quelque 22 personnes, a-t-on appris lundi des autorités de ces pays où les basses températures devraient se maintenir dans les prochains jours.

En Pologne où il a fait jusqu’à moins 27 centigrades dans le sud-est du pays dix personnes sont mortes de froid au cours du weekend, a annoncé lundi la police polonaise.

Au total dans ce pays depuis le début de l’hiver, 46 personnes sont mortes de froid (22 en janvier, 19 en décembre et 7 en novembre). Mais ces chiffres selon une porte-parole de la police nationale, sont nettement moins élevés que les années précédentes, à cause d’« un hiver particulièrement doux à ses débuts ».

« Les victimes du froid sont souvent des personnes sans abri, celles ayant abusé d’alcool et des personnes âgées », a-t-elle ajouté.

En Bulgarie un froid sibérien s’est abattu sur le pays lundi, où les températures sont descendues jusqu’à -24 degrés Celsius et la presse a fait état de cinq morts dans les tempêtes de neige la semaine dernière.

Les températures les plus basses ont été relevées lundi matin à Tchirpan (sud) avec -24 degrés Celsius, et à Sevlievo (centre) avec -23,4 degrés Celsius, a annoncé le service météorologique, qui prévoit des températures encore plus basses dans les prochains jours.

En l’absence de bilan officiel, la presse faisait état lundi de cinq morts au total dans les tempêtes de neige de la semaine dernière. La plupart des victimes citées étaient des personnes âgées, perdues sur une route à proximité de leur village.

Les hospitalisations pour des fractures étaient en forte hausse et plus de 170 écoles ont été fermées.

Le vent qui souffle notamment dans la Plaine du Danube dans le Nord du pays, renforçait la sensation de froid. Le port de Varna (nord-est), sur la mer Noire, était fermé en raison d’un vent violent.

En Serbie trois personnes sont mortes samedi et dimanche dans l’ouest du pays en raison de fortes chutes de neige qui ont également perturbé le trafic routier dans le sud du pays, a rapporté lundi l’agence Tanjug.

Une femme de 49 ans a été retrouvée morte d’hypothermie dans la région de Valjevo, ville à 80 km au sud-ouest de Belgrade. Un homme de 52 ans a été retrouvé dimanche près de sa maison dans le village de Bobovo dans cette même région. Dans le village de Taor, un vieillard de 81 ans est mort de froid dans sa maison.

Les chutes de neige en Serbie durant le week-end ont également sérieusement perturbé le trafic routier et l’approvisionnement en électricité dans le sud du pays où un état d’alerte a été proclamé dans 14 municipalités.

Les chutes de neige ont cessé dimanche, mais le pays était en proie lundi matin à une vague de froid sibérien, les températures étant descendues jusqu’à -20 degrés celsius dans la nuit dans le centre de la Serbie.

En Lituanie, la police a annoncé la mort due au froid de trois personnes, dont une femme de 91 ans, et un homme âgé de 78 ans.

En République tchèque, un homme de 26 ans a été retrouvé mort dans un champ près de la ville d’Opava dans l’est du pays.

Leur presse (Agence Faut Payer), 30 janvier 2012.

Publié dans General | 2 commentaires

Face à la répression d’État, aidez notre camarade Igor Bakal !

Les anarchistes russophones et israéliens font appel aux anarchistes de tous les pays et tout simplement aux personnes non indifférentes.

Chers camarades !

Notre camarade, Igor Bakal (Israël), connu de nombreux militants des mouvements sociaux russophones sous le nom d’Egor Joyeux et aux activistes israéliens — comme Igal Levin, a besoin de votre soutien.

Anarchiste-communiste, suivant la voie de sa conscience et de ses convictions, il a décidé de refuser de servir dans l’armée israélienne et d’être par la suite envoyé dans la bande de Gaza…

Igor est moralement  prêt pour résister à la répression que l’État israélien exercera à son égard.

Mais… ayant purgé 4 ans en tant qu’officier dans l’armée israélienne, où il a participé à la deuxième guerre du Liban et à l’opération « Plomb Durci », il y a été décoré.  Paradoxalement, ce sont ces faits de sa biographie qui suscitent particulièrement la colère chez les bureaucrates d’État, et la décision d’Igor peut être qualifiée non comme un refus d’effectuer son service militaire (ce qui entraînerait la sanction d’emprisonnement de 3 mois à 3 ans), mais comme un acte de trahison, ce qui engendrera une détention beaucoup plus longue.

Il a urgemment besoin d’un avocat, pour lequel ni Igor ni sa famille, ni ses camarades n’ont pas d’argent.

Si vous voulez apporter une aide financière à notre camarade Igor, contactez-nous à cette adresse.

Vous pouvez aider également, en organisant des rassemblements de solidarité devant l’ambassade israélienne de votre pays.

Nous vous prions de diffuser ces informations au niveau international pour organiser une campagne de soutien à Igor.

C’est la seule façon d’aider notre camarade !

Anarchist Black Cross SRS-U (ABC Union des Socialistes Révolutionnaires, Ukraine),
MSA (Union Internationale des Anarchistes),
Front anarcho-communiste « Edinstvo » (en français, “Unité”), Israël

Traduit du russe par la liaison de Troyes de la Fédération Anarchiste.

 

À titre d’information, ci-dessous nous présentons le programme du groupe anarcho-communiste israélien Front anarcho-communiste « Edinstvo » dont Igor Bakal est membre actif.

Programme du Front anarcho-communiste « Edinstvo »

1. Front anarcho-communiste« Edinstvo »

Le Front anarcho-communiste « Edinstvo » (appelé ci-dessous plus simplement « Edinstvo », « Unité » en français, NdT) est une section de la M.S.A. (Union Internationale des anarchistes) au Proche-Orient. Les activités de ce groupe couvrent l’ensemble du territoire d’Israël et des territoires sous l’autonomie palestinienne (Cisjordanie). La raison principale de la création de notre organisation était la volonté de faire renaître le mouvement anarchiste organisé (éteint dans les lointaines années quatre-vingt du siècle dernier) et mobiliser des anarchistes convaincus (ayant connaissance des idées anarchistes) au Proche-Orient.

2. Principes et objectifs

Notre objectif principal est de construire la société sur les principes de liberté, d’autogestion, d’auto-organisation, de solidarité, et de fédéralisme. Réunir des gens autour de ces principes devrait constituer une base solide pour le libre et complet développement de chaque individu. « Edinstvo » suit et promeut les principes tels que : absence du pouvoir et de la coercition, liberté d’associations, entraide, diversité, égalité, fraternité. L’objectif principal de « Edinstvo » est de consolider nos efforts pour accélérer le développement du mouvement anarchiste et des mouvements sociaux afin de contribuer à la naissance du communisme libertaire (fondé sur des soviets, sans État). Celui-ci devrait naître au cours du processus évolutif et révolutionnaire lorsque des associations autogestionnaires et des conseils (unions, communes, coopératives, institutions et entreprises — industrielles, scientifiques, culturelles, etc.) domineront dans la société.

3. Buts prioritaires

1. Association avec des anarchistes convaincus (ayant connaissance des idées anarchistes).

2. Aide aux mouvements sociaux, aux communes, aux associations.

3. Aide humanitaire aux couches nécessiteuses de la population.

4. Action directe : différentes actions, marches, manifestations, grèves, sabotages, etc.

5. Préparation des bases pour la révolution sociale au Proche-Orient.

6. Lutte contre le fascisme sous toutes ses formes et manifestations.

7. Création des coopératives, communes et conseils ouvriers.

8. Diffusion des idées anarchistes par la parole et par les actes.

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Face à la répression d’État, aidez notre camarade Igor Bakal !

Vague de grèves et de protestations ouvrières en Chine

Les premières semaines de 2012 ont connu une vague de grèves dans au moins six provinces chinoises :  Sichuan, Hebei, Jiangsu, Liaoning, Guangdong et Guangxi.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327936061.jpg

Une grève massive de trois jours a éclaté chez les ouvriers de l’aciérie à Chengdu, capitale du Sichuan, le 4 janvier pour les salaires. La grève a mobilisé 5.000 travailleurs, et parfois jusqu’à 10.000, de l’usine d’État Chengdu Steel.

Les ouvriers de l’aciérie ont été inspiré par la lutte des villageois de Wukan, dans la province du Guangdong, qui ont obligé le gouvernement à faire des concessions, ainsi que par des luttes victorieuses d’autres travailleurs, comme la lutte récente des ouvriers de la Compagnie Chemical Engineering Group (CEGC) à Sichuan. Selon un militant ouvrier local, ces ouvriers avaient obtenu une hausse de 300 à 400 yuans mensuels suite à une grève fin décembre.

Radio Free Asia annonce le 5 janvier que les ouvriers de Pangang Steel les ont copié et se sont aussi mis en lutte pour une hausse de salaires.

Les ouvriers de Chengdu Steel, qui produit aussi pour l’armée chinoise, touchent en moyenne 1.500 yuans par mois (237 $) par mois et revendiquent 2.000 yuans. “Nous voulons survivre, nous voulons manger” était un des slogan des grévistes.

Dans ces deux grèves, les travailleurs ont protesté dans les rues, bloquant les principaux axes routiers. C’est devenu une tactique établie pour populariser les grèves, espérant ainsi l’intervention de l’État craignant le développement de “l’instabilité sociale”, pour obtenir la satisfaction des revendications.

Les travailleurs de l’acier de Chengdu dénoncent les longues heures de travail nécessaires pour obtenir un salaire de misère et les profits qui vont dans la poche des patrons. Ils dénoncent aussi l’absence de sécurité de l’emploi qu’offre les contrats de travail actuels. Un ouvrier en grève a déclaré le 8 janvier que des ouvrières de l’usine travaillent en plus de nuit dans des night clubs pour réussir à joindre les deux bouts.

Lors du premier jour de grève, les ouvriers ont manifesté depuis l’usine jusqu’au croisement des autoroutes Chengdu/Mianyag, où ils furent bloqués par un millier de policiers anti-émeute. La circulation a été bloquée plusieurs heures alors que la police dispersait la manifestation avec violence. Plusieurs ouvriers ont été blessés dans les affrontements qui ont suivis l’intervention policière et cinq grévistes ont été arrêtés. Après des négociations, la direction de l’usine a demandé la libération des ouvriers arrêtés.

Les ouvriers ont ensuite érigé un campement de protestation inspiré par les mouvement “Occupy”. Le 6 janvier, 3.000 flics anti-émeute ont attaqué le campement des ouvriers à coups de matraque et de gaz lacrymogène, chassant des milliers d’ouvriers. Plusieurs ouvriers ont été blessés et arrêtés. Le 7 janvier, les ouvriers ont repris le travail après avoir obtenu une hausse de salaire de 300 yuans par mois.

Traduit de l’anglais (China Workers, 10 janvier 2012) par Solidarité ouvrière.

Publié dans Les luttes de classe en Chine | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur Vague de grèves et de protestations ouvrières en Chine

[Sabotons l’antiterrorisme] Le procès-test de la « mouvance anarcho-autonome »

Extraits de la procédure antiterroriste (Fumigènes, Vierzon, Dépanneuse, SNCF) [Les quelques commentaires entre crochets sont du Jura Libertaire.]

Ce document veut rendre public des éléments de la procédure judiciaire qui vise 6 camarades suite à une instruction antiterroriste (Fumigènes, Vierzon, Dépanneuse, SNCF). Pour rappel, voir le site http://infokiosques.net/mauvaises_intentions.

Attention, les extraits qui suivent sont les paroles de magistrats dans le cadre d’une instruction. Leurs mots et leurs logiques ne sont pas les nôtres mais ceux d’ennemis. C’est pourquoi il faut les prendre avec des pincettes. Il ne s’agit pas de révéler leurs mensonges, de faire éclater la vérité, ou de dénoncer les dérives de la Justice. Ce n’est pas non plus la matière à une contre-enquête. Si nous avons choisi ces extraits, c’est parce qu’ils montrent comment le juge et le procureur argumentent dans le sens de l’association de malfaiteurs et du caractère terroriste des faits reprochés. Cette affaire est la première depuis de nombreuses années où l’État fait le choix de poursuivre des camarades sous la qualification de terrorisme pour des faits de sabotage. Depuis, l’État n’a pas toujours fait le choix de la juridiction antiterroriste, mais d’autres camarades ont été mis en examen pour association de malfaiteurs pour leur participation à des luttes politiques. C’est ainsi, par exemple, que certains ont été poursuivis pour dégradations, tags, balades (voir entre autre http://grenoble.indymedia.org/2010-02-27-Sur-les-arrestations-du-15-fevrier). Ces documents rendent compte de cette logique policière. Celle-ci pourrait s’appliquer à bon nombre de situations où des gens se retrouvent pour tenter de s’organiser hors des chemins balisés de la militance institutionnelle. En cela, ils concernent plus largement que les seuls mis en examen.

Les extraits sont issus de deux sources différentes : le Réquisitoire du Parquet, et l’Ordonnance du  Juge d’Instruction. À la fin de l’instruction, le Parquet (Procureur) remet au juge d’instruction un Réquisitoire où il donne son avis sur les qualifications des faits et les charges à retenir contre chacun des mis en examen. Après avoir reçu les observations écrites de la défense (avocats ou mis en examen eux-mêmes), le Juge d’Instruction établit une Ordonnance dans laquelle il rend ses conclusions (non-lieu éventuel, qualifications retenues, renvoi devant la juridiction compétente pour le procès).

Extrait du réquisitoire, partie intitulée : Les liens avec la procédure d’information judiciaire ouverte au TGI de Créteil à l’encontre de D., Iv. et B. (visant à justifier le rapprochement en une seule et même instruction des deux affaires, fumigènes et Vierzon )

L’ensemble des mis en examen des procédures ouvertes à Paris et Créteil, étaient tous présents ou s’apprêtaient à rejoindre la manifestation du 19 janvier 2008 devant le centre de rétention de Vincennes et qu’ils appartenaient tous à des groupes qui avaient multiplié, depuis plusieurs mois, en région parisienne et en province, des actions violentes dirigées contre l’État, ses institutions et ses représentants, notamment les forces de l’ordre.

Partie du réquisitoire intitulée : L’entente terroriste et les qualifications pénales retenues à l’encontre des mis en cause :

Il ressort de l’ensemble de ces éléments que les faits décrits ci avant et reprochés aux mis en cause dans la présente information judiciaire le sont bien dans le cadre d’une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, groupement formé ou entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme des articles 421-1 et suivants.

L’entente :

En effet, les six prévenus de ce dossier ont bien participé à un groupement formé ou une entente établie, relativement structurée, ayant une permanence certaine et un nombre important de membres.

Ainsi, dans le cadre de cette procédure, l’entente est-elle tout d’abord démontrée par les liens pérennes qu’ont développé les prévenus de ce dossier entre eux depuis de nombreuses années, liens qui vont au delà, comme ils veulent le laisser à penser, de la simple « militance » et de rencontres lors de manifestations.

En effet, dès la fin de l’année 2005 et le début de l’année 2006, des relations d’amitié sont établies, dans le cadre de cette procédure, entre In., J. et Iv. lors d’un séjour commun dans la ferme du ****. Lors de ce séjour, un Mac Donald’s, symbole du capital américain, sera incendié à quelques kilomètres de là, incendie dont Iv. se félicitera dans un courrier retrouvé dans l’ordinateur de D.

Courant 2007, F., J., Iv., In., D. et B. seront interpellés au cours des mêmes manifestations regroupant suffisamment peu de personnes pour créer des liens individualisés.

Des contacts téléphoniques réguliers seront relevés entre Iv. , son amie et l’amie de J., Mlle ****, au cours des années 2007 et 2008.

En mai 2007, In., J.  et D. sont visiblement en relation pour laisser leurs empreintes génétiques sur le même engin incendiaire servant à commettre la tentative d’attentat contre le camion d’enlèvement de la Préfecture de Paris.

En août 2007, F. est au **** [ferme] avec In. et J. pendant au moins un mois, comme le démontre l’exploitation de sa téléphonie.

En janvier 2008, In., F., Iv., D. et B. sont tous prêts à participer à la manifestation devant le centre de rétention de Vincennes. L’interpellation des derniers entraînera le périple des autres en possession, comme eux, d’éléments entrant dans la composition d’engins explosifs ou incendiaires.

Liens pérennes donc qui constituent le premier maillon de l’entente qui se place aussi sur le plan des idées. Car l’entente dans ce dossier est aussi caractérisée par des idées communes à tous les mis en examen qui revendiquent les mêmes convictions contre les institutions et les pouvoirs régaliens de l’État : politiques carcérales, législation antiterroriste, centres de rétention et expulsions, enfermement des mineurs, fichage génétique ou papillaire, actions des forces de l’ordre.

Ces idées, elles sont véhiculées par des médias qui leur sont spécifiques : Indymedia {Indymedia est un site né en 1999 d’un collectif de mouvements indépendants qui se sont regroupés à l’occasion de manifestations organisées à SEATTLE. Il s’agit d’un média alternatif à publications ouvertes et anonymes dont l’objectif déclaré est de créer et de diffuser l’information libertaire. Il existe 167 centres indépendants dans 60 pays différents. Chaque centre possède un modérateur. Il existe sept sites régionaux en Ile de France, en Auvergne, à Toulouse, à Grenoble, à Lille, à Nantes et à Nice. 4 sites francophones existent à l’étranger au Québec, en Belgique, à Liège et en Suisse. Depuis Indymedia, il est possible d’accéder à divers autres sites contestataires, révolutionnaires ou anti-capitalistes. (D668)}, recueil Mauvaises Intentions {Le recueil « Mauvaises Intentions » est un recueil de textes publics ayant pour point commun de traiter des idées sus développées et plus spécifiquement de rendre compte des développements des procédures judiciaires en cours diligentées en France à l’égard des personnes interpellées, de traiter de trois thématiques récurrentes en l’occurrence le fichage ADN, la situation des étrangers notamment au sein des centres de rétention administrative et du sabotage, de relater les techniques prétendument utilisées aux cours des gardes à vue par les services de police et lors des interrogatoires par les magistrats instructeurs, de relater les actions de soutien aux personnes mises en examen (manifestations, rassemblements mais aussi commission d’actions violentes). (D794)}, au cours de semaines d’actions contestataires thématiques {Par exemple semaine de solidarité sans frontières du 9 au 16 juin 2008 faisant référence à toutes les personnes mises en examen dans le présent dossier et à l’incarcération de certaines d’entre elles désignées comme prisonniers politiques. Au cours de cette semaine, de nombreuses actions plus ou moins violentes se sont déroulées en France mais aussi à l’étranger en soutien des mis en examen mettant en évidence, leur implication dans une entente commune capable de déclencher des actions simultanées sur un thème identique et de centraliser les revendications, ayant même tissé des relations étroites avec des personnes partageant les mêmes idées et la nécessité de les faire connaître par la violence à l’étranger. 19 autres dégradations commises en France selon le même mot d’ordre étaient aussi constatées en janvier 2009 et faisaient l’objet d’un versement de pièces dans la présente procédure.(D711, D715, D790, D669, D716, D844, D846)} : semaine de solidarité avec les personnes interpellées, avec les expulsés, anti-carcérale auxquels ils participent pour certains.

Ces idées sur lesquelles ils s’entendent, ne sont évidemment ni contestables, dans le cadre de l’exercice des libertés publiques et des droits fondamentaux garantis par l’État ni répréhensibles pénalement sauf lorsqu’elles visent à déstabiliser l’État et ses institutions en devenant le vecteur d’actions violentes pour les soutenir, ce qui sera le cas, au cours des années 2006 et 2007 et notamment dans le présent dossier.

Car cette entente, qui n’avait jusqu’à présent rien de répréhensible, est caractérisée aussi, dans la présente information, par le fait d’utiliser, de manière clandestine, ensemble, des moyens violents, intimidants, terrorisants qui sont au delà de la simple contestation politique, pour extérioriser ces convictions : ce sera le cas au printemps 2006 alors que J. participe avec d’autres à des actions contre les voies ferrées, en mai 2007, lorsque In., son frère et D. co-agissent dans l’attentat contre le véhicule de police puis en 2008, lorsque In., F., D., Iv. et B. sont interpellés en possession de produits pouvant entrer dans la composition d’engins explosifs ou incendiaires ainsi que d’ouvrages permettant de les fabriquer.

Les faits matériels de l’entente :

Une résolution d’agir en commun est donc objectivée dans le présent dossier, l’ensemble des personnes mises en examen étant lié et planifiant, préméditant ensemble, de manière clandestine, des actions violentes au cours d’une période de trois années pour certains, notamment In. et J., démontrant la dynamique pérenne de violence dans laquelle ils se trouvent et qui ne s’arrêtera qu’avec les interpellations.

Ces actions, elles sont bien caractérisées par plusieurs faits matériels, s’agissant notamment d’infractions de tentatives de dégradations de biens publics appartenant à la SNCF, aux forces de l’ordre et de fabrication et détention de produits entrant dans la composition d’engins explosifs, faits matériels objectivés par la découverte de l’ADN de certains sur les engins mais également par les textes radicaux, découverts en perquisition, sur des organisations terroristes avérées et/ou liés à la contestation violente, un soutien à des militants de mouvements terroristes reconnus (Action Directe), la découverte de livres permettant la fabrication d’engins explosifs démontrant un réel ancrage dans la violence.

Pour commettre des actes de terrorisme :

Ces actions, d’atteintes aux biens, sont prévues par l’article 421-1 du code pénal comme étant constitutives d’actes de terrorisme lorsqu’elles le sont d’une part, dans le but de troubler gravement l’ordre public et d’autre part, par l’intimidation ou la terreur.

En effet, la commission ou la préparation concertée d’actions violentes, ciblées et clandestines en différents sites de Paris et de la région parisienne au préjudice de l’État et de ses institutions et notamment d’attaques des moyens de communication menées, courant 2006, par le biais de dégradations sur le réseau SNCF, d’actions contre des biens des forces de l’ordre en 2007, ou de détention de produits pouvant entrer dans la composition d’explosifs en 2008 alors que les mis en examen sont en possession de plans d’un établissement pénitentiaire ou aux abords d’un centre de rétention, pour imposer, par l’intimidation et la violence, leur conception de l’organisation sociale dans le cadre d’une idéologie visant à déstabiliser l’État, est contraire à l’ordre public.

Ces cibles elles ne sont pas prises au hasard, elles sont bien en lien avec la conviction profonde de contestation qu’ont les mis en cause pour l’État, ce qu’il représente, ces réseaux ferrés, ces forces de l’ordre, ces établissements pénitentiaires. Ces agissements sont au delà de l’expression publique d’une contestation politique, ils ont pour but d’intimider, de terroriser pour faire valoir des idées revendiquées, diffusées [sic !].

Ces agissements démontrent non la volonté de participer à une manifestation de protestation mais constituent un prétexte pour mener une action délibérément violente contre les forces de l’ordre ou les biens de l’État et éclairent d’ailleurs sur la capacité d’organisation du groupe et son choix de la violence et de la commission d’infractions, comme mode d’expression.

Ainsi, une tentative de dégradations, commise concomitamment à d’autres, de manière préméditée, organisée contre les biens de la SNCF en 2006 est susceptible d’intimider. Elle a en effet tout d’abord pour but de frapper les esprits, les attaques contre les biens SNCF pouvant rappeler aux usagers les attentats sanglants de 1995 [sic ! Tarnac = GIA], dans des RER, biens appartenant à la SNCF. Elle a aussi pour but d’entraîner de nombreux blocages préjudiciables pour l’État et ses usagers, dans la mesure où elle est réalisée et d’ailleurs revendiquée sur le site internet Indymedia, dans le but de contraindre un gouvernement à accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, à l’époque du contesté « contrat première embauche ».

Le transport d’éléments entrant dans la composition d’engins explosifs [sic !] mais surtout la pose d’un engin incendiaire, sous une voiture de police, à 7 heures du matin, en plein Paris, avec des conséquences qui auraient pu être dramatiques, incendie du camion, propagation à d’autres véhicules dans la rue, le cas échéant à des immeubles [sic !], terrorise nécessairement [sic !] ceux ou celles qui auraient pu être les victimes innocentes d’une haine contre les forces régaliennes de l’État [sic !], au nom d’idées radicales.

Et la dangerosité d’une telle action est d’ailleurs implicitement démontrée dans la récupération qu’a tenté d’en faire le FLNC, mouvement terroriste non contesté, qui a semblé revendiquer cette tentative, un temps [sic ! Un « semblant » de « tentative » de « récupération » suffit à « démontrer » l’amalgame.].

Contrairement à ce qu’ont globalement indiqué les mis en examen, il ne leur est donc pas reproché des idées ou des choix politiques mais des projets et actions concertés non pas dans le but de faire valoir des idées démocratiques ou des revendications politiques en contradiction éventuelle [sic !] avec la politique mise en œuvre par le gouvernement mais en nourrissant une peur collective [sic !], en commettant ou ayant pour projet de commettre des dégradations visant les pouvoirs régaliens de l’État et conduisant à sa désorganisation ou sa déstabilisation ce qui caractérise justement le mobile terroriste.

Si l’infraction terroriste ne saurait, en effet, être constituée contre des personnes associées par une communauté de mentalités, d’idées, de buts, avec des revendications politiques ayant même dégénérées, elle est avérée lorsque ces mêmes personnes se sont mises d’accord pour extérioriser ces idées en passant à l’action par des moyens violents et coordonnés, dans le cadre d’une stratégie collective avec un personnel spécialement formé pour commettre des actions violentes.

C’est donc dans le cadre de cet engagement que les mis en cause de ce dossier ont tous participé, à des niveaux différents mais volontairement, aux faits intéressant la présente procédure et notamment à cette association de malfaiteurs terroriste.

Car pour que l’infraction terroriste soit constituée, il suffit en effet que l’affilié à l’entente connaisse, même dans ses grandes lignes, le dessein du groupe litigieux et qu’il y ait adhéré volontairement, en connaissance de ses buts [sic ! être libertaire suffit] et en se munissant de moyens lui permettant d’y apporter ultérieurement son concours, quelle que soit sa fonction occupée ou son rôle, permanent ou occasionnel, et même si au moment de son arrestation, il n’avait encore été mêlé à aucune des infractions commises [sic ! c’est bien l’arrestation qui est la preuve de « l’infraction terroriste »].

L’ensemble de ces éléments justifiera ainsi le renvoi des prévenus devant le tribunal correctionnel dans les conditions suivantes.

Extrait de l’ordonnance de renvoi du juge Edmond BRUNAUD

Cette tentative de destruction s’inscrivait dans une campagne de fait de même nature menée vraisemblablement [sic !] par des groupuscules de l’ultra gauche hostiles à la candidature [sic !] de l’actuel Président de la République Française et ayant pour but l’atteinte aux intérêts de l’État, de troubler les élections présidentielles en embrasant les cités sensibles de Paris et de sa banlieue par un effet de contagion.

Conclusions de l’ordonnance de renvoi du juge Edmond BRUNAUD

RENVOI DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL :

Attendu qu’il résulte de l’information charges suffisantes contre :

In.

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Vierzon, **** [ferme], depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2006, 2007, 2008 et ce jusqu’au 23 janvier 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-2-1, 421-5,422-3, 422-6, 422- 7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, fabriqué sans autorisation, un engin explosif ou incendiaire ou un produit explosif, quelle que soit sa composition, en l’espèce, l’engin incendiaire improvisé découvert le 2 mai 2007, sous un camion appartenant à la Préfecture de police de Paris stationné aux abords du commissariat de police du 18ème arrondissement, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles L 2353-4 du code de la défense, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6, 422-1 du code pénal, 203, 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2007 et notamment le 2 mai 2007, tenté de dégrader, détruire ou détériorer, un bien appartenant à autrui, en l’espèce un camion appartenant à la Préfecture de Police de Paris stationné aux abords du commissariat du 18e arrondissement, ladite tentative manifestée par un commencement d’exécution, en l’espèce en participant à la détention des éléments entrant dans la composition, à la fabrication de 1’ engin incendiaire et à sa pose, au vu de la découverte de son cheveu sur le fagot d’allumettes alimentant le dispositif d’allumage, en compagnie de son frère J., ladite tentative n’ayant manqué son effet que par suite d’une circonstance indépendante de sa volonté, en l’espèce, le système de retard de l’engin ayant fait long feu, avec ces circonstances que les faits ont été commis d’une part, par plusieurs personnes en qualité d’auteur ou de complice et notamment J. et D. et d’autre part, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 121-4, 121-5, 322-1, 322-3, 322-4, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suIv.ts du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Vierzon, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2007 et notamment en mai 2007, courant 2008 et notamment le 23 janvier 2008, détenu et transporté des substances ou produits incendiaires ou explosifs ainsi que des éléments ou substances destinés à entrer dans la composition de produits ou engins incendiaires ou explosifs en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, des infractions définies à l’article 322-6 ou d’atteintes aux personnes, en l’espèce, les éléments entrant dans la composition de l’engin incendiaire posé sous le véhicule de police, le 2 mai 2007, sur lequel son empreinte génétique a été découverte et en 2008, du chlorate de sodium, du chlorate de potassium, avec cette circonstance que les faits ont été commis en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 322-11-1, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suIv.ts du code de procédure pénale,

F.

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Vierzon, **** [ferme], depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, 2008 et ce jusqu’au 23 janvier 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421-1 et suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1,421-2-1, 421-5, 422-3, 422-6, 422-7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Vierzon, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 23 janvier 2008, détenu et transporté des substances ou produits incendiaires ou explosifs ainsi que des éléments ou substances destinés à entrer dans la composition de produits ou engins incendiaires ou explosifs en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, des infractions définies à l’article 322-6 ou d’atteintes aux personnes, en l’espèce, notamment du chlorate de sodium, du chlorate de potassium, avec cette circonstance que les faits ont été commis en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 322-11-1, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

J.

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, **** [ferme], depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2006, 2007, 2008 et ce jusqu’au 20 juin 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421-1 et suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-2-1, 421-5, 422-3, 422-6, 422-7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, fabriqué sans autorisation, un engin explosif ou incendiaire ou un produit explosif, quelle que soit sa composition, en l’espèce, l’engin incendiaire improvisé découvert le 2 mai 2007, sous un camion appartenant à la Préfecture de police de Paris stationné aux abords du commissariat de police du 18ème arrondissement, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la teneur,

Faits prévus et réprimés par les articles L 2353-4 du code de la défense, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6, 422-7 du code pénal, 203,706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2007 et notamment le 2 mai 2007, tenté de dégrader, détruire ou détériorer, un bien appartenant à autrui, en l’espèce un camion appartenant à la Préfecture de Police de Paris stationné aux abords du commissariat du 18e arrondissement, ladite tentative manifestée par un commencement d’exécution, en l’espèce en détenant, transportant l’engin incendiaire et en procédant à sa pose et sa mise à feu à l’aide d’une cigarette sur laquelle son empreinte génétique était découverte, ladite tentative n’ayant manqué son effet que par suite d’une circonstance indépendante de sa volonté, en l’espèce, le système de retard de l’engin ayant fait long feu, avec ces circonstances que les faits ont été commis d’une part, par plusieurs personnes en qualité d’auteur ou de complice et notamment In. et D. et d’autre part, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 121-4,121-5, 322-1, 322-3, 322-4, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2006 et notamment le 12 avril 2006, tenté de dégrader, détruire ou détériorer, un bien appartenant à autrui, en l’espèce, une armoire électrique de la SNCF située sur le tronçon de chemin de fer entre la gare de Pantin et la Gare de l’Est, 54 rue de l’Evangile à Paris, ladite tentative manifestée par un commencement d’exécution, en l’espèce en ayant transporté l’engin et étant présent sur les lieux des faits au moment de la tentative dans la mesure où son empreinte génétique était découverte sur un gant en latex découvert à proximité de la cible et sur une bouteille dans l’armoire électrique qui venait d’être fracturée pour déposer l’engin, ladite tentative n’ayant manqué son effet que par suite d’une circonstance indépendante de sa volonté, en l’espèce, le système de retard de l’engin ayant fait long feu, avec ces circonstances que les faits ont été commis d’une part, par plusieurs personnes en qualité d’auteur ou de complice et notamment une personne non identifiée dont l’ADN était également découvert sur le dispositif d’allumage de l’engin et d’autre part, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 121-4,121-5, 322-1,322-3, 322-4, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suIv.ts du code de procédure pénale,

D.

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Fontenay sous Bois, Bagnolet depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, 2008 et ce jusqu’au 19 janvier 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421- 1 et suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-2-1, 421-5, 422-3, 422-6, 422- 7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, fabriqué sans autorisation, un engin explosif ou incendiaire ou un produit explosif, quelle que soit sa composition, en l’espèce, l’engin incendiaire improvisé découvert le 2 mai 2007, sous un camion appartenant à la Préfecture de police de Paris stationné aux abords du commissariat de police du 18e arrondissement, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles L 2353-4 du code de la défense, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6, 422-7 du code pénal, 203, 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2007 et notamment le 2 mai 2007, été complice de J. et In. lesquels ont tenté, le 2 mai 2007 de dégrader, détruire ou détériorer, un bien appartenant à autrui, en l’espèce un camion appartenant à la Préfecture de Police de Paris stationné aux abords du commissariat du 18ème arrondissement, en les aidant ou les assistant sciemment dans la préparation ou la consommation du délit, en l’espèce en détenant des éléments sur lesquels son ADN était retrouvé, composant l’engin utilisé pour cette tentative, en participant à sa fabrication et à sa remise, avec ces circonstances que les faits ont été commis d’une part, par plusieurs personnes en qualité d’auteur ou de complice et notamment J. et In. et d’autre part, en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 121-4, 121-5, 121-6, 121-7, 322-1, 322-3, 322-4, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008 , alors qu’il existait des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il ait commis l’une des infractions visées à l’article 706-55 du code de procédure pénale, refusé de se soumettre au prélèvement biologique destiné à permettre l’analyse et l’identification de son profil génétique, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3,422-6 du code pénal, les articles 706-54 à 706-56 du code de procédure pénale.

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment le 19 janvier 2008, refusé de se prêter aux prises d’empreintes digitales ou de photographies autorisées par le procureur de la République, conformément aux dispositions de l’article 78-3 du code de procédure pénale, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 78-3 et 78-5 du code de procédure pénale.

Iv.

d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Fontenay sous Bois, Bagnolet, **** [ferme], depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2006, 2007, 2008 et ce jusqu’au 19 janvier 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421-1 et suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-2-1, 421-5, 422-3, 422-6, 422-7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008, détenu et transporté des substances ou produits incendiaires ou explosifs ainsi que des éléments ou substances destinés à entrer dans la composition de produits ou engins incendiaires ou explosifs en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, des infractions définies à l’article 322-6 ou d’atteintes aux personnes, en l’espèce, notamment un mélange de sucre et de chlorate de soude, de l’allume-feu, des pétards à mèche, avec cette circonstance que les faits ont été commis en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 322-11-1, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008, alors qu’il existait des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il ait commis l’une des infractions visées à l’article 706-55 du code de procédure pénale, refusé de se soumettre au prélèvement biologique destiné à permettre l’analyse et l’identification de son profil génétique, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3,422-6 du code pénal, les articles 706-54 à 706-56 du code de procédure pénale.

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008, refusé de se prêter aux prises d’empreints digitales ou de photographies autorisées par le procureur de la République, conformément aux dispositions de l’article 78-3 du code de procédure pénale, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3,322-6 du code pénal, les articles 78-3 et 78-5 du code de procédure pénale.

B.

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Paris, Fontenay sous Bois, Bagnolet, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique et notamment courant 2007, 2008 et ce jusqu’au 19 janvier 2008, participé à un groupement formé ou une entente établie, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421- 1 et suivants du code pénal,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-2-1, 421-5, 422-3, 422-6, 422- 7 du code pénal, les articles 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir, sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008, détenu et transporté des substances ou produits incendiaires ou explosifs ainsi que des éléments ou substances destinés à entrer dans la composition de produits ou engins incendiaires ou explosifs en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, des infractions définies à l’article 322-6 ou d’atteintes aux personnes, en l’espèce, notamment un mélange de sucre et de chlorate de soude, de l’allume-feu, des pétards à mèche, avec cette circonstance que les faits ont été commis en relation à titre principal avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 322-11-1, 322-15, 322-15-1, 421-1, 421-3, 422-3, 422-6 du code pénal, 203 et 706-16 et suivants du code de procédure pénale,

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008 , alors qu’il existait des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il ait commis l’une des infractions visées à l’article 706-55 du code de procédure pénale, refusé de se soumettre au prélèvement biologique destiné à permettre l’analyse et l’identification de son profil génétique, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3,422-6 du code pénal, les articles 706-54 à 706-56 du code de procédure pénale.

• d’avoir sur le territoire national et notamment à Fontenay sous Bois et à Créteil, depuis temps non couvert par la prescription de l’action publique, courant 2008 et notamment le 19 janvier 2008, refusé de se prêter aux prises d’empreints digitales ou de photographies autorisées par le procureur de la République, conformément aux dispositions de l’article 78-3 du code de procédure pénale, en relation à titre connexe avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,

Faits prévus et réprimés par les articles 421-1, 421-3, 422-3,422-6 du code pénal, les articles 78-3 et 78-5 du code de procédure pénale.

PAR CES MOTIFS

ORDONNONS LE RENVOI DE L’AFFAIRE DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL [sic, pour le tribunal spécial antiterroriste] pour être jugée conformément à la loi, ORDONNONS par ordonnance séparée le maintien sous Contrôle Judiciaire de F., In., B.,  Iv., D., J.

Publié sur Indymedia Paris, 28 janvier 2012

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec | Un commentaire

[Terminator] Premiers tests du drone Skynet

The X-47B Drone Plane Can Carry 4,500 Pounds Of Weapons And Operate All On Its Own

The X-47B drone took its first recorded flight in September and the Navy announced it will be able to refuel itself by 2014.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327922527.png

The move will allow the X-47B to remain in flight well beyond 3,000 nautical miles, a long time, 10 times the ability of a traditional manned fighter. And it will be doing it with no one at the controls.

Not only will there be no pilot in the cockpit, thee won’t be one anywhere.

The drone will be programmed to fly autonomously and W.J. Hennigan at The Los Angeles Times points out this ability may be the first in a  whole new era of military action conducted by independently operating machines.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327922692.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327922724.jpg

The Robot Wars

These robot weapons will have a human programmed flight plan and the ability to be overridden, but they’re already raising some concerns.

Hennigan talked to computer scientist and robotics pro Noel Sharkey who makes a good point. « Lethal actions should have a clear chain of accountability, » Sharkey says. « This is difficult with a robot weapon. The robot cannot be held accountable. So is it the commander who used it? The politician who authorized it? The military’s acquisition process? The manufacturer, for faulty equipment? »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327922849.jpg

Sharkey sees this as such a big deal he compares it to the development of gas warfare in World War I and the advent of nuclear weapons during World War II.

Good questions. After all, the X-47B will be doing its own thing for indefinite periods of time. Hennigan points out that while flying, the drone will also conclude what type of weapons it’s carrying, decide if it’s under a possible threat, when it needs to be refueled, and where to find an aerial tanker.

The UAV will even perform the Navy’s most difficult maneuver and land on the deck of an aircraft carrier.

As Northrop Grumman’s X-47B program manager, Carl Johnson says, « [The X-47B] will do its own math. »

Leur presse (Robert Johnson, Business Insider, 26 janvier 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Un commentaire

[Montpellier] Des nouvelles des squatteurs

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Salut !

Pas mal de trucs se sont passés cette semaine, et on est toujours en vie! Après l’expulsion du TTGC en grande pompe par le GIPN, les habitants de Figuerolles ont pu observer quelques banderoles astucieusement accrochées. Merci à toutes les formes de soutien !

Le très très grand cœur est expulsé, c’est l’hiver mais il en faudra plus pour nous bouter hors de Figuerolles.

Voici d’ores et déjà plusieurs rendez-vous pour la semaine qui vient :

Mardi 31 janvier, projection de L’armée du Crime, de Robert Guediguian. Rendez-vous devant la pleine lune (place Salengro) entre 20h et 20h30 afin d’aller ensemble au lieu de projection (le parcours sera fléché pour les retardataires).

Vendredi 3 février, soirée carnavalesque place Salengro à partir de 21h.

Samedi 4 février à partir de midi, repas de quartier, point info et débats place Salengro (affiche en pièce jointe). Info à diffuser !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327918549.pnghttp://pix.toile-libre.org/upload/original/1327918168.png

Bisous rageurs

Montpellier Squat, 29 janvier 2012.

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Montpellier] Des nouvelles des squatteurs

[La police travaille] Répression de la manif anti-WEF à Berne

Des militants neuchâtelois dénoncent les méthodes de la police bernoise

ANTI-WEF • Deux manifestants ayant participé à la mobilisation bernoise contre le Forum de Davos témoignent d’un dispositif policier musclé et disproportionné.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327916928.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327917051.jpg

Samedi dernier, huit membres du collectif anti-WEF Neuchâtel se sont rendus à la manifestation non autorisée de Berne. Étouffée dans l’œuf par un important dispositif policier, celle-ci n’a jamais eu lieu. Rémy Jeanloz et Noémie Treichel font partie des cent septante-deux personnes interpellées par la police et des cent cinquante-trois dénoncées pour émeute : « Les bottes nous ont fait taire avant même que nous ayons pu manifester. Il n’y a pas eu d’émeute ni de dégâts. Nous n’avons pas été autorisés à nous déplacer librement. La liberté d’expression et la démocratie sont en danger », dénoncent-ils.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327917075.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327916953.jpg

Témoignages choquants

Leurs témoignages sont accablants. Les contrôles d’identité ont commencé à la gare. Vers 13h45, les deux manifestants se trouvent à la Reithalle. C’est en sortant du centre alternatif, pour se rendre au lieu de rendez-vous à la Heiliggeistkirche, qu’ils ont été encerclés par la police anti-émeute. « On était une centaine, tandis que les policiers étaient au moins deux cents. On a attendu une heure, puis on a essayé de négocier pour retourner à la Reithalle. On nous a dit que ceux qui le souhaitaient pouvaient sortir de la manifestation. On a accepté. On s’est rendu un à un. Mais au lieu de nous relâcher, ils ont pris nos identités, nous ont fouillés, menottés, puis enfermés dans un fourgon. On nous a trompés. On ne savait pas ce qu’ils allaient faire de nous. On a finalement été emmené dans un parking où des cages avaient été installées. On nous a sortis du fourgon un à un, fouillés, tatoué un numéro sur le bras, photographiés avec une pancarte numérotée autour du cou, puis entassés dans ces cages. Certains se sont même urinés dessus, car pendant tout ce temps, il n’a pas été possible d’aller aux toilettes », relate Rémy Jeanloz.

Noémie et Rémy sont restés enfermés huit heures. La police semblait bien décidée à impressionner les manifestants : « Elle a fait aboyer des chiens devant les cages. Certains ont été gazés au poivre, et d’autres — comme dans notre cage — ont été menottés car on ne se tenait pas assez bien. Ils avaient des caméras pour nous filmer à l’intérieur. C’est très inquiétant. Que font-ils de ces images ? », s’interroge Rémy.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327917195.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327917220.jpg

Mesures d’intimidation

Les manifestants ont tous subi un interrogatoire avant d’être relâchés au compte-goutte. « On m’a libéré juste après le départ du dernier train. Comme on était interdit de périmètre dans Berne, j’ai passé la nuit à la gare, au froid. Ce n’est pas correct », explique Rémy.

Pour les représentants du collectif anti-WEF Neuchâtel, la police cherche clairement à discréditer les manifestants en les décrivant systématiquement comme des agitateurs. « Cette politique d’intimidation a pour but d’éviter que les médias reconnaissent le mouvement comme légitime. Ce que nous souhaitons, c’est avoir le droit d’exprimer notre opinion contre un forum qui fait selon nous partie du problème et pas de la solution », conclut Rémy Jeanloz. Selon la BernerZeitung, la facture de la police bernoise pour cette intervention musclée se monterait à un demi-million de francs.

Leur presse (Claude Grimm – LeCourrier.ch), 27 janvier 2012.

Publié dans General | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [La police travaille] Répression de la manif anti-WEF à Berne

[Tours] 28 janvier 2012

CONTRE LES FASCINATIONS DE TOUT ORDRE

Déclins et métamorphoses de l’empire

« L’ennemi est la figure de notre propre question. »

Depuis la débâcle d’un ordre qui ne trouve sa justification que dans son instinctive volonté de conservation, nous assistons à une modification des rapports des forces politiques, qui ne va qu’en s’accentuant. Cette nouvelle donne se constitue autant sur le terrain de la classe politique et ses rituelles prévisibles, que sur les rapports de forces au sein de nos sociétés, où la tradition réactionnaire se donne à voir d’une nouvelle manière, avec bien sûr, toujours les mêmes paradigmes de l’ordre civilisationnel. Elle ne fait que dévoiler aux yeux de tous son incapacité à légitimer clairement son autorité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327908860.jpg

C’est dans cette configuration que l’apparition de nouveaux groupes identitaires, tel que Vox Populi, oblige à se poser de nouvelles questions, qui soient à la hauteur de la situation. Ces groupes, et particulièrement à Tours, reçoivent l’appui tacite de la gauche institutionnelle : ils lui servent comme d’un repoussoir diabolique afin de mieux affirmer sa capacité à défendre l’unité de l’ordre républicain, comme outil d’une démocratie pacifiée. Du côté de la droite classique, ils incarnent la tentation à la violence qu’elle n’est pas capable d’afficher dans la rue, dans la mesure où sa police se doit d’affirmer une pseudo neutralité étatique : ses groupes sont potentiellement de futurs polices parallèles, des milices hors-contrôle qui serviraient à vaincre les probables désordres de la rue.

Nous sommes face à une intensification de la mise en place des dispositifs contre-insurrectionnels, dans lequel ces groupes identitaires ont aussi leur place. Ils pourront servir à toutes les forces sociales et politiques qui sont les partisans de l’ordre existant, soit qui l’assument aujourd’hui, soit qui l’assumeront demain.

Au vu d’une telle analyse, il ne suffit pas de prendre simplement acte d’un état de fait, mais d’y trouver les faiblesses où l’ennemi pourra être attaqué, et ainsi affaiblir ses positions.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327908900.jpg

Du bon usage des forces en présence

« Tout ce qui maintient quelque chose contribue au travail de la police. »

Nous avons bien conscience qu’une réponse au fascisme passant par l’ironie et la dérision, la massification impuissante, le désir d’un affrontement physique direct ne saurait être satisfaisant. Nous connaissons la nécessité stratégique et politique de sortir de la binarité apparemment indépassable fasciste-antifasciste. Nous expérimentons donc nos possibilités dans les limites de notre force.

Le soutien le plus puissant du fascisme se trouve au sein même de cette société : ses flics et ses patrons, ses travailleurs sociaux et ses huissiers, ses centrales nucléaires et ses pôles emplois. Les cartes d’identités et la vidéosurveillance font déjà partis de notre habitat naturel. Comment soutirer à ce monde le désir d’ordre et d’obéissance, réelle base d’appui du devenir fasciste ?

Ce monde est une version consensuelle et acceptable de ce devenir, où le folklore visible des parades identitaires ne sont que le trop-plein d’un processus bien plus large et plus latent. Un épiphénomène à la mesure de la misère générale de notre époque…

L’argent et la dépossession qu’entraîne la marchandise, nous éloigne chaque jour un peu plus de notre puissance individuelle et collective. Face aux crises qui traversent depuis longtemps les sociétés capitalistes « avancées », les nouveaux visages du fascisme aspirent désespérément au retour d’une communauté autoritaire et mythique.

Le faux choix entre libéralisme existentielle et barbarie nous écarte de notre désir de commun et de joies à partager. Le défi est, maintenant pour nous, de se constituer en une force capable de vaincre à partir de ce désir, tout en le libérant. Une ligne de fuite mince et ténue comme un fil de rasoir…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327908926.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327908994.png

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327909311.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327909371.jpg

Replis, dépassements, et art des conséquences…

« Impossible de rêver le futur, le seul futur est celui de l’expectative d’un désastre. »

Le fascisme se veut une totalité, et à se titre, il capitalise l’ensemble des peurs individuelles pour refonder un nouveau moralisme. L’éternel fantasme du retour à la terre, à l’unité de la famille, à la grandeur de l’État… C’est en tant qu’idéologie, qu’il tente de constituer un corps homogène en donnant à la foule l’illusion d’une existence unique. Mais, paradoxalement, en tant qu’absolu de la destruction, il organise l’atomicité et le repli sur soi en projetant sur l’« Autre » la figuration du mal.

De même que la volonté de bâtir une Europe aux allures de forteresse, ou de la chasse aux sorcières à l’égard d’ennemis intérieurs qui lui échappent, le fascisme est une tentative de récupération des désirs de changement. Tout projet, aussi mortifère soit-il, semble dès lors justifiable, du moment qu’il se donne pour but de sauver et de restaurer ce qui peut encore l’être des paradigmes de l’Occident.

Cette rigidification du moralisme ambiant est fondée sur une constante anticipation du pire. Le désir et l’appréhension de la catastrophe civilisationnelle, conduit soit au déni, soit à des réactions endémiques. Ainsi l’époque produit elle-même ces incommensurables forces intérieures qui, en tant qu’esprit et néant, nostalgies et fureurs, poussent chaotiquement l’évolution du monde vers la métamorphose ou le déclin.

Le déracinement individuel qu’impliquent toutes frustrations et adaptations à la modernité « blanche-hétérosexuelle », nous amène à contester celle-ci, ou à en assumer malheureusement les conséquences, c’est-à-dire à se ranger du côté de ceux qui accompagnent docilement cette chute sans fin. Le réel défi que pose le fascisme n’est pas tant celui de son accession au pouvoir (certains oseraient dire qu’il y est déjà), mais bien plus, celui de l’accession à la conscience qu’un bouleversement global, comme réponse sur le plan de la singularité et de son action, est seul véritablement réaliste.

L’incessant déclin, que connaissent nos sociétés aux volontés impérialistes, provoque des réactions et des processus de rigidification, qu’aucune idéologie ne sera à même de résoudre. Aucun programme qui ne puisse nous ré-enchanter ; ce n’est pas une mince affaire pour notre temps : trouver des réponse à des questions devenues sans fond…

Alors que la plupart de nos contemporains se maintiennent dans l’assurance d’un bonheur feint, les dernières évidences qui soutenaient la métaphysique marchande occidentale s’écroulent une à une. Tant que l’Ordre sera synonyme d’équilibre, d’harmonie et de beauté, la fascination du fascisme exercera sur nous son emprise, possédés par la volonté d’un pouvoir sur ce qui ne peut être défini, et d’un savoir sur ce qui ne peut être nommé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327909571.jpg

Toute connaissance est connaissance de ce qui nous est inconnu.

« Je m’éloigne de ceux qui attendent du hasard, du rêve, d’une émeute, la possibilité d’échapper à l’insuffisance. Ils ressemblent trop à ceux qui s’en sont autrefois remis à dieu du souci de sauver leur existence manquée . »

APPENDICE(S)

(…) La relation qui s’établit entre rhétorique du parasite et violence promise apparaît dans son aveuglante clarté. « Parasite » a été, au XXe siècle, l’un des sésames les plus efficaces de toutes épurations, les bruyantes comme les silencieuses. La coagulation de sens qui s’opère dans l’emploi politique du terme en démultiplie les effets, et en fait dans la mêlée des discours, une redoutable machine de guerre. (…) La prolifération d’un discours du parasite et du parasitisme en demi-teinte, s’agence sur des dispositifs d’amputations « allégés » : le refoulement, l’expulsion, le rejet plutôt que la mise à mort ; plutôt que de parasites, on parlera « d’en situation irrégulière »,  d’illégaux, de clandestins ; la neutralité du langage administratif vient masquer la brutalité des pratiques de séparation avec l’indésirable, comme la suggestivité de l’expression empruntée à la biologie venait intensifier et exalter les pratiques d’épuration et de nettoyage mises en œuvre par les défenseurs de la pureté du sang.

(…) Là où se sont retirés, ont perdu leur substance stratégique et leur souffle historique, les grands modèles (politiques) de l’affrontement massif et direct (classe contre classe…), de la bataille ou de l’insurrection qui impose la décision, là où la figure de la résistance, orpheline de sa majuscule, est conduite à se redéployer sur un mode non-héroïque, moléculaire davantage que molaire, de nouvelles tactiques, de nouvelles intensités sont appelées à se nouer autour du parasite et du parasitisme — ceci dans l’horizon général d’un indispensable redéploiement général de l’entendement politique. (…) Le devenir-parasite engage les subjectivités individuelles mais en appellent aussi à la formation de collectifs. En fait si l’on regarde de prés, les formes de résistance, de conduites de défection, de diversion, de ralentissement ou d’entrave, qui se déploient sur le versant du parasitisme (vol, coulage, refus de travailler, mendicité…) font toujours revenir le sauvage au cœur même du monde civilisé, par quelque biais, elles passent toujours par des conduites d’ensauvagement.

Alain Brossat, Nous sommes tous des voleurs de poules roumains !

(…) L’immensité de l’effort à accomplir, la nécessité de remettre en question toutes les valeurs auxquelles nous sommes attachés, d’en revenir à une nouvelle barbarie pour rompre avec la barbarie polie et camouflée qui nous sert de civilisation, l’inconnu vers lequel nous nous dirigeons — car nous nous ne savons absolument pas ce que pourra être l’homme —, les violences terribles que provoquent l’inégalité de satisfaction des besoins, l’asservissement aux choses, le gouvernement par les choses, ainsi que la dialectique propre de la technique, enfin l’inertie, la fatigue, tout contribuerait à renvoyer à une échéance de rêves (ou de sang). La réalisation d’un tel mouvement, c’est la pression des besoins de représenter une force, une réserve de durer très grande. On peut dire que la rapidité de progression du mouvement est surprenante, mais de toute manière il faut du temps, l’essentiel n’est d’ailleurs pas d’arriver, mais de partir, le commencement de l’homme sera l’événement par excellence et nous ne pouvons pas dire que nous soyons à un tel préliminaire peut-être l’entrevoyons-nous, peut-être faut-il commencer sans cesse, c’est-à-dire ne jamais se fier au mot commencement. En tous cas, personne ne doute que la phrase de Marx : « Le règne de la liberté commence avec la fin du règne des besoins et des fins extérieures » ne promet rien aux contemporains que la recherche d’une direction juste et la décision d’un avenir possible.

Il en résulte que les hommes d’aujourd’hui aussi ceux de plus tard, s’ils ne veulent s’exposer à vivre dans des rapports d’illusion, n’ont apparemment d’autre issue que de s’en tenir à la forme de besoins les plus simples : il leur faut convertir toutes les valeurs en besoins. Cela signifie que, dans les rapports collectifs, nous ne devons avoir d’autre existence que celle qui rend possible le mouvement par lequel serait porté au pouvoir l’homme du besoin.

(…) La « communication », telle qu’elle se dévoile dans les rapports humains privées et se retire dans les œuvres que nous appelons encore œuvres d’art, ne nous indique peut-être pas l’horizon d’un monde dégagé des rapports trompeurs, mais nous aide à récuser l’instance qui fonde ces rapports, nous forçant à gagner une position d’où il serait possible de n’avoir pas de part aux « valeurs ». (…) Nietzsche voulait transmuer toutes les valeurs, mais cette transvaluation (du moins, dans la partie la plus visible, trop connue, de ses écrits) semblait laisser inapte la notion de valeur. C’est sans doute la tâche de notre temps de s’avancer vers une affirmation tout autre. Tâche difficile, essentiellement risquée. C’est à cette tâche que le communisme nous rappelle avec une rigueur à laquelle il se dérobe souvent lui-même (…).

Maurice Blanchot, L’amitié, Sur une approche du communisme.

« Cruel, moi ?
Je ne suis pas cruel,
je suis logique ! »


Tours. Marche de la fierté : le face-à-face évité

“ La marche pour la fierté tourangelle ” organisée hier soir s’est déroulée sans heurts. La police a contenu le défilé et les contre-manifestants.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327909862.jpg

L’association tourangelle d’extrême droite Vox Populi organisait hier soir une « marche de la fierté tourangelle » en centre-ville de Tours. Un défilé martial sur le thème de la préférence identitaire, avec tout le décorum et la mise en scène, un brin folkloriques, qui scandent les démonstrations du mouvement autonome : des jeunes gens et des moins jeunes en marche rangée, qui brandissent à bout de bras des oriflammes de la Touraine et des torches. Le tout au son du roulement de tambour.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327909949.jpg

En réaction à cette marche, des militants d’extrême gauche, mais aussi des étudiants, des représentants des mouvements gays et lesbiens avaient prévu une contre-manifestation. La confrontation était redoutée dans les rues du centre-ville, mais elle n’eut pas lieu. D’abord parce que les forces de police ont canalisé de bout en bout les deux défilés, et fait en sorte que le face-à-face n’ait pas lieu. Ensuite parce que les responsables de Vox Populi ont retardé leur défilé de près d’une heure, affichant ainsi une volonté manifeste d’éviter tout affrontement. Les « antifascistes » se dispersaient quartier Plumereau dans la froidure du soir, vers 20 h, au moment où sur le parvis de la cathédrale, les 90 membres de Vox Populi — dont beaucoup de jeunes, notamment de jeunes filles — commençaient leur lente marche à pas cadencé vers la rue Nationale. Ce défilé s’arrêtait finalement rue Paul-Louis-Courier devant une plaque rappelant le passage à Tours de Jeanne d’Arc. Hormis quelques sifflets, ce défilé suscitait finalement surtout l’étonnement et la curiosité chez les passants.

Repères
Vingt-cinq policiers, dont vingt en tenue anti-émeutes, et une dizaine de policiers municipaux étaient mobilisés hier soir pour, dans un premier temps canaliser la contre-manifestation des « antifascistes », puis, ensuite, encadrer le défilé des identitaires en évitant tout « contact » avec les passants aux intersections sensibles. Le secrétaire général de la préfecture, Christian Pouget, suivait sur le terrain — et à vélo ! — la progression des manifestants des deux côtés et l’intervention des forces de l’ordre.

Leur presse (Pascal Landré, LaNouvelleRepublique.fr), 29 janvier 2012.

Publié dans Antifascisme | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Tours] 28 janvier 2012

La gendarmerie travaille à Lyon

Mort d’une gendarme en colère

Myriam Sakhri dénonçait des dérives racistes dans sa caserne lyonnaise. Le 24 septembre dernier, elle était retrouvée chez elle, une balle en plein cœur. Suicide, ont conclu les enquêteurs. Mais sa famille doute et veut comprendre.

Avant de se loger une balle de 9 mm en plein cœur, Myriam Sakhri a jeté sur une feuille un dernier message rageur à son supérieur hiérarchique. « Merci à G… le connard ». Puis la jeune gendarme de 32 ans s’est étendue sur son lit et a pressé la détente. Sa main devait un peu trembler car la douille ne s’est pas éjectée correctement. D’ailleurs, elle avait un peu bu ce 23 septembre 2011. Les enquêteurs ont retrouvé dans ses poches la note d’un bar où elle était allée passer la soirée avec ses copains pompiers. Personne n’a rien entendu dans la caserne Delfosse, à Lyon, où Myriam avait son appartement. Le coup de feu n’a pas fait plus de bruit qu’un volet qui claque, diront les experts. Son chien, un dalmatien récupéré à la SPA, n’a pas aboyé. Sinon, la voisine serait descendue taper à la porte, comme elle le faisait habituellement, quand Glasgow donnait un peu trop de la voix.

L’alerte a été donnée le lendemain matin. Ses collègues, inquiets de ne pas la voir, ont dû forcer une fenêtre pour entrer chez elle. Sa clef était restée dans la serrure. Suicide, ont-ils conclu rapidement. Suicide, a également assuré l’Inspection générale de la gendarmerie, qui a été saisie d’une enquête préliminaire par le procureur de Lyon. Les résultats de ces investigations ont été communiqués le 20 janvier dernier à la famille de la jeune femme, mais ses sœurs doutent encore de la thèse que la justice paraît retenir. Car, pour elles, comme pour les amis de Myriam, la mort de la jeune gendarme est la conséquence directe du bras de fer qui l’opposait depuis des semaines à ses supérieurs.

Elle n’avait qu’une idée : servir les autres

Belle brune aux traits fins et au regard profond, Myriam Sakhri aurait pourtant pu devenir une figure emblématique de la gendarmerie nationale. Des parents algériens, une enfance dans la banlieue lyonnaise aux côtés de ses sept sœurs… La jeune femme n’avait qu’une idée: servir les autres. À 16 ans, elle s’enrôle comme pompier volontaire. L’été, elle rejoint les casernes du Var pour lutter contre les feux qui dévorent la forêt. Plus tard, elle organise la collecte des vêtements pour les victimes du tremblement de terre à Haïti ou participe à des distributions de nourriture pour les SDF à Perrache. Sportive, elle encadre une équipe féminine de basket et s’entraîne pour le marathon.

Avec la gendarmerie, dans laquelle elle était entrée à 21 ans, elle disait avoir trouvé le métier idéal, celui qui lui permettait de se « sentir utile ». « Myriam était une excellente gendarme qui adorait sa profession, elle était humaine, courageuse et passionnée », témoigne Elisabeth Moulin, son amie depuis les débuts de Myriam sous l’uniforme. En juin 2010, « la beurette » est affectée au Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie nationale (Corg) de la caserne Delfosse, à Lyon. L’endroit est stratégique. C’est là que, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, aboutissent les appels d’urgence.

Rapidement pourtant, l’ambiance de son service se dégrade. C’est du moins ce que rapporte Myriam, qui s’ouvre à son entourage des difficultés liées au comportement de quelques-uns de ses collègues. Certains, parmi les gendarmes du Corg, n’hésiteraient pas à afficher un racisme « franchouillard ». À des étrangers qui peinent à s’exprimer, elle aurait entendu un des militaires répondre qu’on les aiderait le jour où ils sauraient parler français. « Tu restes une bougnoule comme eux », lui aurait répondu un autre, alors qu’elle se révoltait contre ces pratiques. Des dérives racistes que l’enquête des services d’inspection de la gendarmerie n’a pas établies.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327919620.png

Note de la direction générale de la Gendarmerie nationale, 19 janvier 2012

Dans un premier temps, la gendarme tente de régler le conflit en interne. Elle cherche le soutien de sa hiérarchie, en particulier du colonel G., qui commande le groupement de gendarmerie. Mais celui-ci refuse de la croire, et même de l’écouter, d’après ce que Myriam a rapporté à ses proches. Du coup, l’ambiance de travail se détériore. La jeune femme se sent isolée. Elle encaisse des remarques désobligeantes; on lui impose, selon sa soeur, des horaires impossibles. Bref, alors qu’elle demandait de l’aide, elle a l’impression d’être ciblée, harcelée.

Que faire? Sur les conseils d’une amie, Myriam contacte un avocat parisien, William Bourdon, qui l’aide à rédiger une lettre à destination de sa hiérarchie. Puis elle s’adresse à une association d’aide aux militaires. L’ancien gendarme à la tête de ce syndicat officieux lui suggère de recueillir des témoignages parmi ses collègues afin de monter un dossier. Enfin, la jeune femme est sélectionnée pour devenir officier de police judiciaire, une qualification lui laissant espérer une réelle progression professionnelle. D’autant que, à la suite du courrier rédigé avec son avocat parisien, Myriam a finalement pu quitter le Corg. Elle est mutée dans une brigade de la banlieue lyonnaise tout en conservant son appartement dans la caserne.

Alors que sa situation paraît s’améliorer, la jeune femme commet une erreur lourde de conséquences. À la demande d’une amie de sa mère en quête d’une parente disparue, elle consulte les fichiers de la gendarmerie sans en avoir l’autorisation. La faute est modeste mais Myriam doit en répondre devant l’inspection interne, qui l’entend, le matin du 22 septembre, pendant cinq heures. À cette occasion, la jeune femme réitère les accusations contre certains de ses collègues. Plusieurs d’entre eux sont même auditionnés, à leur tour, par les gendarmes enquêteurs. Mais Myriam en est convaincue : la procédure qu’on diligente contre elle participe du harcèlement qu’elle dénonce depuis plusieurs semaines…

Déterminée à porter plainte pour harcèlement moral

À peine sortie de son audition, elle prend contact avec un avocat lyonnais, Sylvain Cormier. Celui-ci se souvient de cette rencontre imprévue : « Elle souhaitait se défendre de la faute professionnelle qui lui était reprochée et elle voulait attaquer la gendarmerie pour harcèlement moral. Nous avions décidé d’un plan d’action pour porter plainte dès la semaine suivante. » L’avocat la trouve résolue, prête à livrer bataille.

Le lendemain, la jeune femme lui annonce par téléphone qu’elle a commencé à recueillir des témoignages de ses compagnons de caserne. Elle joint ensuite sa sœur Farida et lui confirme vouloir porter plainte. Quelques heures plus tard, pourtant, Myriam met fin à ses jours. « La famille a l’intention de se porter partie civile et de demander l’ouverture d’une information judiciaire », indique Me Ilié Négrutiu, l’avocat des sœurs de la gendarme. Celles-ci auront peut-être de nouveaux éléments importants à verser au dossier. Car la mort de Myriam semble avoir ravivé les souvenirs. Un ancien collègue serait prêt à témoigner. « Tout ce qu’elle a dénoncé est bien réel, j’ai moi-même assisté à des scènes de discrimination raciste », assure-t-il à L’Express. Et de conclure : « On a voulu la faire craquer parce qu’elle disait la vérité. »

Leur presse (Laurent Chabrun et Chloé Henry, LExpress.fr), 28 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur La gendarmerie travaille à Lyon

[Amiens] Tensions dans le quartier nord

Comme le laissaient présager certains commentaires circulant sur Internet, de nouvelles violences urbaines ont eu lieu hier, en fin d’après-midi et durant une partie de la soirée, dans le quartier nord d’Amiens.

Dès 17 heures, un véhicule de police, visé par des tirs de projectiles, était pris pour cible près de la place du Colvert où doit se tenir le traditionnel marché aujourd’hui. Afin de disperser un groupe de jeunes particulièrement énervé mais qui n’avait rien à voir avec le caillassage, les fonctionnaires de police ont dû faire usage de gaz lacrymogène.

Les affrontements se sont poursuivis en début de soirée toujours à hauteur de la place du Colvert où des poubelles incendiées étaient renversées sur la chaussée.

Les CRS ont dispersé les jeunes et quadrillé la zone. Le calme est revenu aux alentours de 20h30 mais la tension restait palpable. Plusieurs camions de CRS ont d’ailleurs tourné dans le quartier pour sécuriser les lieux.

Mercredi, c’est un bus qui avait fait l’objet de jets de projectiles sur l’avenue de la Paix. Après avoir mis en place un système de sécurisation, les policiers s’étaient retrouvés face à une vingtaine d’individus et avaient essuyé des tirs de projectiles.

Comme hier, les policiers avaient dû répliquer avec des moyens lacrymogènes pour disperser le groupe.

Leur presse (Le Courrier picard, 29 janvier 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Amiens] Tensions dans le quartier nord

[Vive l’Azawad libre !] Rassemblement de solidarité Samedi 4 février 15h à Paris

APPEL

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ AVEC L’AZAWAD À PARIS
Samedi 4 février 2012 à 15h
Devant l’Assemblée Nationale
Place Edouard Herriot, Paris 7e
Métro  : Assemblée nationale (L12) ou Invalides (L8 et 13/ RER C)

Après plus d’un demi-siècle de domination, de marginalisation, d’exclusion et d’humiliation, les Touaregs de l’Azawad ont décidé de se battre pour la libération de leur territoire et la restauration de leur dignité longtemps bafouée par l’État malien.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327901000.png

Cette situation n’a que trop duré. C’est ainsi que le 17 janvier 2012, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) est passé à l’action militaire organisant des attaques ciblant des positions de l’armée malienne. Ces attaques sont une réaction aux provocations de Bamako qui, ces derniers mois, a multiplié exactions et humiliations à l’encontre des citoyens de l’Azawad. Cela traduit également la détermination des Azawadiens à se libérer de la domination dont ils sont victimes. Ce conflit est le résultat de l’attitude de l’État malien qui a choisi la voie de la force au lieu d’écouter les doléances des Touaregs et œuvrer pour la recherche de solutions à leurs préoccupations légitimes.

Tamazgha, convaincue que le salut de la nation amazighe est dans la lutte pour la libération nationale, s’engage aux côtés des Touaregs du MNLA dans leur comnat pour l’avènement de la République de l’Azawad.

Tamazgha appelle à la mobilisation des Imazighen (Berbères), de leurs amis et de toute personne éprise de justice et de liberté pour soutenir le combat légitime des Touregs de l’Azawad contre la politique ethnocidaire de l’État malien.

Nous appelons à un rassemblement, à Paris, devant l’Assemblée nationale le samedi 4 février 2012 à 15h.

Tamazgha,
Paris, le 26 janvier 2012.

Davantage d’infos ici

TOUTES ET TOUS AUX CÔTÉS DES TOUAREGS DE L’AZAWAD
POUR QUE TAMAZIGHT RECOUVRE SA DIGNITÉ PARMI LES NATIONS

POUR QUE CESSENT L’HUMILIATION ET LA DOMINATION DES IMAZIGHEN EN AFRIQUE DU NORD

POUR LA LIBÉRATION DE L’AZAWAD
Azawad abas inez (L’Azawad ne se vendra pas)

VIVE L’AZAWAD LIBRE

Publié dans General | Marqué avec , | 2 commentaires

[Toulouse] Un quatrième bâtiment réquisitionné !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Alors que l’État joue à la roulette russe pour se décider à déclencher son « plan grand froid » ( 2°, -3°, 0° ?…) et préfère investir dans la guerre et le sauvetage des banquiers criminels, nous vous annonçons l’ouverture d’un quatrième bâtiment, 12 chemin de Bitet, dans l’avenue saintExupéry à Toulouse. Vides depuis plus d’un an, ces logements de fonction appartenant à la municipalité, ont été réquisitionnés le 23 janvier, pour y accueillir 6 familles forcées de vivre à la rue.

La mairie nous a souhaité « une année chaleureuse et solidaire ». Merci, on va s’en charger nous-mêmes, mais du coup ce serait sympa de ne pas nous envoyer les flics et de nous indiquer tous les bâtiments encore vides.

La misère n’est pas une fatalité, elle est organisée par les gouvernements et la bourgeoisie. Toulouse ne lutte pas seule, à Tours, à Nantes, à Grenoble, à Marseille, à Paris ou à Dijon mais aussi en Europe et partout dans le monde, des galérien-ne-s s’unissent pour reprendre la ville et la partager. Il en va de notre responsabilité à tou-te-s si nous voulons en finir avec l’injustice, l’autorité et l’inégalité. Le peuple n’a besoin ni de chefs, ni de partis, ni de sauveurs. Pour nous émanciper, organisons-nous par nous-mêmes et pour nous-mêmes, par l’entraide et l’autogestion.

Nous avons besoin de nouvelles initiatives et de forces pour continuer. Nous recherchons tous types de soutiens humains et matériels (meubles, électroménager, ustensiles, chauffage, nourriture…) pour la nouvelle réquisition.

D’autre part, il est temps de faire le point sur la campagne « zéro enfants à la rue ! ». Il ne s’agissait pas de focaliser sur les enfants mais d’attaquer le problème par l’angle de l’urgence. Ce sont bien toutes les formes de misère qu’il faut combattre. C’est entre tou-te-s les galérien-ne-s qu’il faut s’allier. Où en est-on, où va-t-on, comment on s’organise pour la suite ? Retrouvons-nous vendredi 3 février à 18h au CREA, 70 allée des Demoiselles, pour en discuter.

Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple !

Centre social autogéré de Toulouse, 29 janvier 2012.

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Toulouse] Un quatrième bâtiment réquisitionné !

[Dijon] Des nouvelles de l’internat d’État occupé par les demandeurs d’asile

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Dijon – bâtiment d’État occupé par les demandeurs d’asile – dernières infos

Jeudi 26 janvier, une manifestation de soutien aux demandeurs-euses d’asile appelée par une vingtaine d’associations dijonnaises s’est solidarisée avec l’occupation d’un ancien internat de l’École des Greffes appartenant à l’État, à l’angle du boulevard de la Marne et de la rue Aristide Brillant.

Dans la foulée de la manifestation environ deux cent personnes se sont rassemblées devant le bâtiment dont l’occupation a ainsi été rendue publique. Dans la soirée, 70 demandeur-euse-s d’asile d’Érythrée, Somalie, Éthiopie, Soudan… laissé-e-s sans solution d’hébergement, malgré les obligations de l’État, y ont élu domicile. Cet ancien internat inoccupé depuis plus d’un an et demi est parfaitement adapté au logement et ne fait l’objet d’aucun autre projet à court terme. Ce grand bâtiment contient plus d’une cinquantaine de chambres double.

Dès vendredi matin, les représentants de « France domaine », institution d’État à qui revient la gestion du bâtiment ont envoyé un huissier pour constater l’occupation et lancer une procédure d’expulsion. Ils nous ont fait savoir que dans ce cas précis et au vu de la situation légale du bâtiment, le préfet avait tout pouvoir pour décider du maintien dans les lieux des demandeurs d’asile ou d’une procédure d’expulsion.

Le soir même, le directeur de cabinet du préfet a accepté de recevoir en urgence des représentants des associations solidaires et des demandeur-euse-s d’asile. Alors que les associations souhaitaient trouver des solutions pour pérénniser l’occupation, le directeur de cabinet leur a répondu que la préfecture souhaitait mettre fin au plus vite à cette occupation, invoquant un « trouble à l’ordre public ». Il lui a été répondu que si il y avait un trouble à résoudre, c’était dans le fait de laisser des personnes à la rue. Lors d’une audience accordée trois jours avant, la Préfecture n’avait pas hésité à tenir un discours assez offensif contre la présence des demandeurs d’asile à Dijon et ne proposait toujours aucune solution de logement sous prétexte qu’il n’y aurait pas d’espace disponible à Dijon.

Alors que la préfecture réactive le plan d’urgence hivernale cette semaine, elle demande paradoxalement dans le même temps l’expulsion d’un des immeubles les plus adaptés à reloger des personnes sans abri dans l’agglomération, notamment les demandeur-euse-s d’asile dont elle est « légalement » censée assurer l’hébergement.

Il faudra sans doute se mobiliser dans les jours à venir, lors du procès, sur place ou dans la rue, pour empêcher l’expulsion et trouver les leviers nécessaires à leur faire faire marche arrière.

Une conférence de presse publique aura lieu, ce mardi à 10h30, à l’appel des demandeur-euse-s d’asile et des diverses associations qui soutiennent l’occupation.

Nous invitons tout un chacun à passer sur place dans les prochains jours pour rencontrer les migrant-e-s et apporter du soutien matériel, humain et politique (3 bvd. de la Marne).

Des soutiens du côté de l’Espace autogéré des Tanneries, 29 janvier 2012.

Publié dans Les révoltes des migrants, Luttes du logement | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Dijon] Des nouvelles de l’internat d’État occupé par les demandeurs d’asile