Sortie de Lucioles n° 6 – février/mars 2012

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Lucioles

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Nous sommes toutes et tous opposés aux rafles et aux contrôles au faciès

Deux ans jour pour jour après une perquisition et une garde à vue de plus de 13 heures dans les locaux de la BCRI, classée sans suite, Hélène, membre du Réseau RESF, a été de nouveau convoquée, le mardi 15 février 2012, dans un commissariat pour les mêmes raisons : le fait qu’elle répercute, par SMS, les informations sur les rafles et les contrôles au faciès quotidiens dans les rues de Paris.

Nous, signataires de ce texte, appelons chacun et chacune à signaler, par téléphone, par mail ou de visu, ces rafles et ces contrôles au faciès à toutes les personnes potentiellement visées par ces méthodes.

Nous affirmons notre solidarité avec celles et ceux poursuivis ou inquiétés pour ces faits.

Le fait d’avoir une « tête d’étranger » ou de ne pas « être en situation régulière » ne constitue pas pour nous un délit.

Par contre, contrôler, arrêter, garder à vue, emprisonner dans un centre de rétention et expulser des hommes et des femmes sur la base de leur apparence physique, et/ou de leur prétendue « clandestinité », est pour nous inadmissible.

Et nous continuerons à nous opposer à ces méthodes, ces comportements policiers, à le faire savoir, à en informer toutes celles et tous ceux qui en sont la cible, et ce quel que soit le gouvernement.

Liste de discussion du réseau Éducation sans frontières, 27 février 2012.

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[Carnaval de Nice] Une caméra de surveillance et sept pandores HS

Nice : Le carnaval indépendant dérape

Quelques 250 personnes participaient aux festivités lorsque des débordements ont amené les CRS à intervenir.

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7 personnes ont été interpellées, conséquence des dérapages du carnaval indépendant. Jets de farine et d’œufs sur les passants, et moins traditionnelles, dégradations sur les caméras de vidéosurveillance ont poussé les CRS présents pour la sécurité du carnaval officiel à intervenir avec tous leurs moyens de persuasion.

Environ 250 personnes participent au carnaval indépendant, sur la place Garibaldi. La fête bat son plein, dans un excellent état d’esprit, lorsque des participants jettent, a priori, farine et œufs sur les passants. Une caméra de vidéosurveillance aurait également subi des dégradations.

Les CRS, présents pour assurer la sécurité du carnaval officiel, décident alors d’intervenir. Ils chargent et dispersent un groupe avec des gaz lacrymogènes.

« Passe d’armes » brève, mais musclée. Bilan : 7 policiers très légèrement blessés et acheminés à l’hôpital Saint-Roch.

7 personnes interpellées, personnes entendues au commissariat de la ville pour dégradations et, pour deux d’entre elles, faits de rébellion.

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Leur presse (Yves Lebaratoux, France 3 Côte d’Azur, 27 février 2012)

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Appel du réseau EuroAnarkismo : Ne payons pas leur dette, sortons du capitalisme !

La fin de l’année 2011 a marqué un approfondissement de l’offensive des capitalistes et de leurs alliés, les gouvernements, contre les classes populaires. Une entente tacite de la droite et de la gauche de gouvernement s’est faite dans toute l’Europe autour de la rigueur budgétaire, de l’austérité et du principe de faire payer les classes populaires. La Grèce, où s’est formé un gouvernement d’union nationale incluant des ministres d’extrême-droite, en est la quintessence, et le signe que les capitalistes n’hésiteront pas à recourir à l’autoritarisme pour faire payer la crise aux travailleurs et aux travailleuses.

L’entente entre la gauche et la droite est redoublée par leur collusion avec les marchés financiers, les banques et les entreprises. Les conflits entre gouvernements et agences de notation autour des notes des dettes souveraines ne sont que des faux semblants : les gouvernements et les institutions financières et commerciales marchent main dans la main pour imposer des coupes sombres dans les budgets sociaux, dans les salaires, pour prolonger le temps de travail jusqu’à la retraite, pour brader ou détruire les services publics, pour accentuer la précarité et le chômage au plus grand bénéfice des capitalistes, qui souhaiteraient, paradoxe extrême, augmenter encore un peu plus leur taux de profit à la faveur de cette crise qu’ils ont eux-mêmes créée. Face à cette entente cordiale entre politiciens et capitalistes, les travailleurs et les travailleuses ne peuvent compter que sur eux et elles-mêmes pour résister et imposer une autre sortie de crise.

Cette sortie de crise, la seule possible, c’est la sortie du capitalisme. Ce système ne pourra jamais rien produire d’autre qu’une société inégalitaire, où l’argent et le pouvoir se trouvent de plus en plus concentrés entre les mains d’une minorité parasite de capitalistes et de bureaucrates, et une économie productiviste qui gaspille les ressources sans pour autant répondre aux besoins des populations. C’est en montrant la nécessité d’une autre société, où la richesse et le pouvoir sont égalitairement répartis entre toutes et tous, et où l’économie est orientée vers la satisfaction des besoins, la société communiste libertaire, que nous pourrons donner un débouché politique aux luttes qui tendent à éclore ici ou là, mais qui ne parviennent à s’étendre.

C’est en affirmant le refus des classes populaires de payer la dette des capitalistes, en luttant pied à pied contre les effets des politiques d’austérité, en organisant la solidarité concrète parmi les classes populaires et en construisant des structures de combat au sein des mouvements sociaux que les travailleurs et les travailleuses retrouveront espoir. Communistes libertaires, nous entendons jouer un rôle dans ces luttes à la base en y favorisant la radicalisation et l’auto-organisation.

Pour aller plus loin, et pour construire une solidarité internationale, une convergence des mouvements à l’échelle européenne est également nécessaire. Les capitalistes savent s’organiser à cette échelle et adopter des traités qui prétendent sceller le destin des peuples. Nous, travailleuses et travailleurs européens, n’y parvenons pas encore, même si des convergences existent dans le syndicalisme alternatif. Il est nécessaire de poursuivre cet effort et d’organiser une riposte internationale.

C’est dans toute l’Europe que nous devons affirmer notre refus de payer la dette, notre refus d’engraisser plus encore les capitalistes, en demandant des fortes augmentations salariales, la réduction du temps de travail, le salaire social pour les chômeurs, la restauration de l’âge de retraite, le rejet de la privatisation des dépenses sociales. C’est dans toute l’Europe que nous devons imposer la redistribution intégrale des richesses, c’est-à-dire l’expropriation des capitalistes et des moyens de la production pour aller vers une société socialiste autogestionnaire.

Federazione dei Comunisti Anarchici – Italie
Alternative Libertaire – France
Organisation Socialiste Libertaire – Suisse
Libertære Socialister – Danemark
Liberty & Solidarity – Grande-Bretagne
Libertäre Aktion Winterthur – Suisse

23 février 2012

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[La liberté ou la mort] Manifestation contre une usine de traitement de terres rares en Malaisie

Malaisie : manifestation contre une usine de traitement de terres rares

KUANTAN (Malaisie) – Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche [26 février 2012] en Malaisie pour protester contre une usine de traitement de terres rares, qui pose selon eux de sérieux risques pour la santé des habitants et pour l’environnement.

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Le groupe minier australien Lynas a presque terminé la construction de cette usine controversée, dans l’État de Pahang (est de la Malaisie), qui traitera des terres rares importées d’Australie.

Plus de 5.000 personnes, beaucoup vêtues en vert et agitant des banderoles sur lesquelles étaient écrit « Arrêtez la pollution, arrêtez la corruption, arrêtez Lynas », ont défilé dans la ville côtière de Kuantan, pour demander au groupe australien de cesser ses opérations.

L’usine sera ainsi une des rares structures dans le monde pour le traitement de terres rares, ces métaux indispensables à la fabrication de produits de haute technologie, qui vont des missiles aux téléphones portables, en passant par les voitures électriques et les éoliennes.

Le Conseil de licence pour l’énergie atomique de Malaisie avait accordé début février une licence provisoire pour l’entrée en activité de l’usine pour une période de deux ans, sous des conditions très strictes de sécurité.

« L’usine est dangereuse car elle produit une quantité énorme de déchets qui sont radioactifs », a déclaré dimanche Lee Tan, un des organisateurs de la manifestation.

Le dirigeant de l’opposition, Anwar Ibrahim, faisait partie des manifestants. Une de ses collègues, Fuziah Salleh, a estimé que le site devrait déménager « au milieu du désert ».

La police intervient fréquemment lors des manifestations dans ce pays, mais bien que largement déployées, les forces de sécurité ont laissé le rassemblement se dérouler.

Des manifestations de moindre ampleur se sont déroulés dans d’autres régions du pays, y compris à Kuala Lumpur.

Le site de Lynas avait été piraté et affichait le slogan « Arrêtez Lynas, sauvez la Malaisie ».

Le groupe australien assure que son usine opèrera selon de strictes consignes de sécurité et que les déchets radioactifs produits seront de faible intensité et sans danger pour l’homme.

À l’heure actuelle, 97% de la production de « terres rares » provient de Chine, qui ne dispose pourtant que d’environ un tiers des ressources mondiales et où l’extraction provoque de gros dégâts sur l’environnement et les populations.

Les pays acheteurs tentent depuis plus d’un an de diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Leur presse (Agence Faut Payer, 26 février 2012)


Cette raffinerie qui fait scandale

Un site en construction de traitement des terres rares soulève un tollé. Présentant de graves défauts de conception, il pourrait provoquer une pollution sans précédent.

Un complexe de raffinage de terres rares, dont le coût de construction se monte à 230 millions de dollars [158 millions d’euros], devrait devenir la plus grande unité du genre au monde. Il est destiné à contrecarrer la Chine dans son monopole sur les terres rares — ces métaux, comme le scandium ou le cérium, sont indispensables à la fabrication de nombreux produits issus des nouvelles technologies, comme les smartphones ou les voitures hybrides.

Cependant, le complexe est violemment attaqué par les militants écologistes, qui craignent que l’usine ne rejette des substances toxiques et radioactives dans les nappes phréatiques de la région. Au printemps, des manifestations ont eu lieu chaque semaine devant le site, et la propriété d’un des directeurs du projet a été la cible d’un attentat.

Si les minerais dits de terres rares ne sont pas radioactifs, ils sont souvent mélangés à l’état naturel avec du thorium, qui, lui, est hautement radioactif. C’est pourquoi, il y a trois ans, Lynas, la compagnie minière australienne à l’origine du projet, avait promis de prendre des mesures spéciales de sécurité après avoir obtenu auprès du gouvernement malaisien la permission de construire cet énorme complexe sur une centaine d’hectares de marais tropicaux.

Si tout se passe comme prévu, ce complexe deviendra la première usine de traitement des terres rares à être implantée en dehors de la Chine depuis près de trente ans. Lynas veut terminer le chantier au plus vite. L’année dernière, les restrictions de la Chine sur ses exportations ont entraîné des pénuries de terres rares à l’échelle mondiale et fait flamber les cours. Or de nouvelles raffineries devraient voir le jour aux États-Unis, en Mongolie, au Vietnam et en Inde avant la fin 2013, ce qui pourrait faire chuter les cours des terres rares.

Les dirigeants de Lynas affirment que la raffinerie est parfaitement sécurisée et qu’elle répond aux normes internationales en vigueur. Mais, selon des ingénieurs de l’usine qui ont fourni des rapports et des courriers électroniques émanant de Lynas et de ses sous-traitants, certaines structures pourraient comporter de graves défauts de fabrication.

Il y aurait des fissures, des poches d’air et des fuites dans les parois de béton qui constituent la structure des 70 réservoirs de confinement, qui, pour certains, sont plus grands qu’un bus à impériale. Le minerai, extrait dans le désert australien et expédié par bateau en Malaisie, est d’abord mélangé avec des acides très puissants. On obtient une boue légèrement radioactive qui est ensuite pompée et circule à travers les réservoirs à des températures avoisinant 90 °C. Selon les ingénieurs, les conduits en acier commandés pour l’usine sont de qualité médiocre et ne résisteront pas à cette boue très corrosive. Dans les autres pays, les raffineries de terres rares utilisent un acier inoxydable beaucoup plus cher.

Toujours selon les ingénieurs, les réservoirs en béton ont été construits avec du béton ordinaire et pas avec du béton polymère, mélangé à du plastique, plus cher et souvent utilisé dans les raffineries occidentales pour limiter les risques de fissures. D’après les documents produits par les ingénieurs, Lynas et UGL, son prestataire australien pour la construction, minimiseraient la gravité de ces problèmes.

Des rapports internes révèlent également que Lynas et UGL auraient fait pression sur leur prestataire malaisien, Cradotex, afin qu’il poursuive l’installation de revêtements hydrofuges en fibre de verre sans avoir réglé les problèmes d’humidité et de fissures dans les réservoirs. Mais Cradotex a refusé. “S’ils ne sont pas résolus, ces problèmes pourraient entraîner de graves dysfonctionnements”, explique Peter Wan, directeur de Cradotex.

D’après les documents produits, les fondations en béton de la raffinerie ont été réalisées sans apposer la fine couche de plastique qui empêche l’humidité issue des marais de s’infiltrer dans les piliers de béton. Le site se trouve à proximité d’une mangrove et à quelques kilomètres de l’embouchure d’un fleuve.

D’après un ingénieur, il était bien précisé sur le papier que cette protection de plastique était indispensable mais l’employé aurait reçu l’instruction de ne pas en commander, par mesure d’économie. M. James, vice-président de Lynas, a déclaré que l’entreprise n’avait pas cherché à réduire les coûts. “Lynas n’a pas de problèmes d’argent”, a-t-il affirmé. “Nous ne faisons pas de compromis sur la qualité de nos services pour faire des économies.” UGL s’est refusé à tout commentaire, s’abritant derrière la politique de confidentialité de l’entreprise.

Leur presse (Keith Bradsher, The New York Times / Courrier international, 1er septembre 2011)

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[Tunisie] Colère antiautoritaire à Bou Salem (Jendouba) après les inondations

Violents troubles à Bou Salem (Jendouba)

De violents troubles ont été enregistrés dimanche après-midi dans la ville de Bou Salem (gouvernorat de Jendouba), a indiqué la correspondante de TAP dans la région.

Plusieurs bâtiments officiels ont été saccagés dont le siège de la délégation de Bou Salem et le poste de police de la ville. Le tribunal cantonal de la ville et la recette de tabac ont été incendiés.

Des manifestants ont attaqué des policiers par des jets de pierres et ont violé le domicile du délégué. Des pneus ont été incendiés dans le centre ville. Le foyer du centre de formation professionnel de la ville a aussi été saccagé.

Des actes de violence similaires ont été perpétrés à Bou Salem samedi prenant pour cibles le siège de la municipalité qui abrite également le siège du comité local de gestion des catastrophes.

La circulation a été perturbée sur la route nationale N°6 où des sit-in ont été observés à l’entrée Est de la ville.  Selon des déclarations recueillies auprès d’habitants de la ville, « ces actes viennent pour protester contre la lenteur du gouvernement à intervenir face à la situation qui prévaut dans la région suite aux inondations ». Ils ont appelé à assurer la sécurité, à accélérer les travaux de pompage des eaux et à aider les familles sinistrées en attendant de trouver des solutions radicales pour la protection de la ville.

Selon certains habitants de Bou Salem certaines personnes appartenant à des courants politiques sont venues dans la ville et ont cherché à inciter les habitants à organiser des marches de protestation lundi.

Les habitants ont exprimé leur refus affirmant qu’ils sont actuellement plutôt préoccupés par d’autres urgences.

Leur presse (TAP, 27 février 2012)


Bousalem : des inondations aux bombes lacrymogènes !

Les habitants de la ville, encerclée par les eaux, manquent de tout et se sentent abandonnés par le gouvernement. Ils ont fini par mettre les feux dans certains bâtiments publics. Pour éviter le pire, police et armée entrent en ligne.

Municipalités et délégations incendiées, le siège des Recettes des impôts, le lycée mixte, le poste de police, celui de la circulation et la maison du délégué ont été saccagés. Et ce n’est pas tout. La route nationale n° 6 a été coupée à maintes reprises dans la journée, des jets de pierres et des confrontations avec les forces de la sécurité et celles de l’armée…

Voilà à quoi ressemble Bousalem dimanche toute la journée. Mais pourquoi tout cela ?

Les habitants de Bousalem (gouvernorat de Jendouba) vivent ces derniers jours un quotidien infernal à cause des catastrophes naturelles (inondations, froid, isolement…). Ils manquent de tout. Et ils attendent beaucoup du gouvernement qui, selon eux, n’a rien fait pour leur venir en aide à temps.

La visite d’une délégation ministérielle samedi à la ville a attisé encore leur colère. Ils ont cru que le chef du Gouvernement, qui était en visite dans la région, allait être à leur écoute. Or il n’a pas mis les pieds dans leurs quartiers inondés. Ceci a fait monter davantage la tension.

Dimanche, tard dans la soirée, les internautes se sont partagé de mauvaises nouvelles : un renfort de l’armée et celui de la police en direction de la ville.

Pour secourir les habitants ou pour les mater ?

Leur presse (Kapitalis.com, 27 février 2012)


La délégation de Bousalem en proie aux troubles

Le siège de la délégation de Bousalem et du poste de police ont été attaqués, ce dimanche, par des protestataires, au nombre de 400, selon Radio Shems FM.

Les manifestants ont pillé les deux édifices et chassé le délégué et des membres de la commission de lutte contre les catastrophes naturelles.

Selon des sources sécuritaires citées par le correspondant de la Radio, il y a une forte possibilité que des renforts d’unités de sécurité soient acheminés, cette nuit, vers la région.

Leur presse (AfricanManager, 27 février 2012)

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Espagne : Vers la grève générale ? Non à la répression des étudiants !

La tension ne fait que monter en Espagne. Le gouvernement de droite, non content de l’annonce de nouvelles coupes sociales et d’une réforme du travail qui précarise davantage des conditions de travail déjà bien dégradées, s’attaque à présent aux lycéens par la voie d’une répression féroce.

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Tout laisse à penser qu’au lieu de chercher une solution à la crise, le gouvernement s’en sert plutôt comme argument pour justifier la suppression progressive, presque imperceptible, de l’état de droit. La stratégie de la peur est bien programmée pour contenir les débordements : on généralise tout d’abord l’idée que le pire est à venir en faisant croire que le chômage est devenu une fatalité structurelle, ce qui explique par la suite toute sorte d’exactions. À savoir : pour travailler, il faudra dorénavant accepter tout et n’importe quoi — et de faire croire que la revendication d’un travail digne est devenue anachronique voire même indécente par les temps qui courent !

Ensuite, tout un appareil de répression policière à été efficacement conçu pour décourager  toute tentative de résistance, au cas où il y aurait, malgré tout, des malheureux qui auraient la volonté de s’organiser et de continuer de lutter contre le système. Or des actions, des rassemblements, des manifestations, spontanés ou non, ont lieu tous les jours dans toutes les villes et il n’est pas rare de voir, même dans les toutes petites municipalités, des banderoles contre les coupes sociales pendre de n’importe quel bâtiment public.

C’est ainsi que Valence est devenue, ces derniers jours, la ville que la droite à choisie pour mettre en place une stratégie de répression systématique. En effet, cela fait des mois que les lycéens, entre autres, manifestent contre les coupes sociales — en éducation, en l’occurrence. Mercredi 15 février, les forces de l’ordre ont frappé avec une violence inouïe. La réponse a été immédiate : les parents et les étudiants, outre les militants des mouvements sociaux, ont rapidement rejoint les lycéens. La répression policière a redoublé, avec une violence insolite : une cinquantaine de mineurs détenus, des centaines de blessés — dont des citoyens qui passaient là, par hasard.

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Depuis, les actions se poursuivent tous les jours : les manifestations sont massives et toute la population y participe. L’indignation est flagrante dans une des régions les plus touchées par la crise : les politiciens, disent les Valenciens, nous volent d’abord puis nous frappent ensuite. On exige la démission de la déléguée du gouvernement, forte du soutien qu’elle reçoit de la maire de la ville, qui nie la violence de la police et qui accuse « ces quelques radicaux de gauche qui ne font que créer des problèmes » et du chef de la police de Valence, qui a qualifié les manifestants comme « l’ennemi à abattre ».

La police à été renforcée avec de nouveaux équipements plus performants, et les politiciens justifient, s’ils ne la nient pas, une violence qui rappelle les dernières décennies de la dictature franquiste. La droite ne fait que montrer enfin son vrai visage : celui du fascisme. En à peine deux mois de gouvernement, le parti de Mariano Rajoy a non seulement réussi à bafouer des droits sociaux fondamentaux ; il a aussi réussi à instaurer un climat de peur digne d’un régime autoritaire.

À présent, la population en Espagne tente de dénoncer, par tous les moyens, l’actuel état de choses. Les étudiants, qui préparent une journée de grève le 29 février, invitent les travailleurs à les rejoindre dans ce qui serait une première journée de grève générale. Tandis que les syndicats majoritaires essaient de calmer le jeu en annonçant de futures négociations avec le gouvernement, les Espagnols, las et indignés, s’organisent en assemblées générales, tous les jours, dans toutes les villes, pour préparer ce qui pourrait devenir une large contestation sociale.

Mailing – 25 février 2012.

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Ce n’est pas une crise, c’est un coup d’État patronal et financier !

La classe dirigeante, à l’aide de médias aux ordres, présente la crise comme une catastrophe naturelle nous obligeant à faire des « sacrifices nécessaires » pour y faire face. Elle utilise cette crise qu’elle a elle-même créée pour maintenir un climat de peur et donner l’impression qu’on ne peut rien faire face à un ennemi lointain et invisible (les banques, le marché qu’il faudrait rassurer).

Elle nous considère comme des variables d’ajustement pour réduire un déficit qui s’est creusé sur notre dos (pouvoir accru des banques, exonérations de cotisation patronale en tout genre, défiscalisation des heures supplémentaires, baisse de l’impôt sur la fortune, etc.). La dette est une excuse qui permet de voler l’argent des travailleur.se.s pour remplir les poches d’une minorité de riches. Nous savons que la richesse existe et nous irons la chercher pour la partager.

En Grèce, en Espagne, en Italie, etc. sous prétexte de crise, les salaires baissent, les salaires minimum sont remis en cause, les retraites sont attaquées, les services publics sont bradés… plan d’austérité après plan d’austérité les travailleur.se.s, les chômeur.se.s sont appauvri.e.s au profit des intérêts patronaux. Cette guerre de classe patronale s’inscrit dans une logique européenne. Chaque gouvernement utilise la peur de la banqueroute des autres pays pour nous forcer à accepter la dégradation de nos conditions de vie.

Pourtant nous ne nous y tromperons pas : les intérêts des possédants de ces pays sont les mêmes. Ici aussi, les plans d’austérité se succèdent, ils privatisent et démantèlent les services publics(suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux) qui mène à la dégradation des systèmes de soin, d’éducation, de transport, etc, ils cassent le système de retraite par répartition, remettent en cause la sécurité sociale, rallongent le nombre de jours de carence pour les arrêts maladies, veulent créer le travail forcé pour les RSAstes (comme en Allemagne avec la loi Harz 4 où les chômeurs doivent travailler pour 1€ de l’heure).

Aujourd’hui le gouvernement veut mettre en place la TVA « sociale » et les accords compétitivité emploi.

• Le gouvernement continue d’augmenter les taxes qui pénalisent les plus pauvres avec la fameuse TVA « sociale », en fait une TVA patronale. Ce dispositif prévoit par l’augmentation de la TVA de prendre de l’argent à tous et toutes pour baisser les cotisations sociales des patrons (c’est-à-dire une partie de notre salaire), ce qui revient à prendre l’argent aux pauvres (qui sont proportionnellement les plus touché-e-s par la TVA qui concerne tous les biens de consommation) pour faire des cadeaux aux riches.

• Avec l’autre mesure phare, les accords compétitivité emploi, le gouvernement aux ordres du MEDEF, compte piétiner le droit du travail. Alors qu’aujourd’hui, tout-e salarié-e peut exiger le respect de son contrat de travail en particulier sur les dispositifs relatifs aux horaires et à sa rémunération, demain sous couvert d’un accord compétitivité signé dans son entreprise, les salarié-e-s n’auront aucun recours et devront accepter de nouveaux horaires ou/et une baisse de salaire sinon c’est le licenciement sans recours. Ce qui aboutit à subir sans cesse le chantage de son patron. Le rôle des syndicats n’est pas de négocier ces accords comme ils le font en ce moment.

Le recul social ne se négocie pas, il se combat.

Contre l’individualisme, le repli sur soi qui nous laissent seul.e.s face à nos patrons et à l’État et mènent au renoncement, voir à la dépression, nous devons retrouver le goût de la lutte collective, la solidarité de classe. Nous savons que ce n’est pas en une journée d’action que nous ferons reculer l’État et le patronat.

Nous devons construire un rapport de force à la base, dans l’unité lors d’assemblées générales souveraines. Notre réponse pour être plus efficace doit être internationale, les travailleur.se.s n’ont pas de frontières, les intérêts des travailleur.se.s grec.que.s, espagnol.e.s, ou d’ailleurs sont les nôtres.

Nous sommes prêt.e.s à lancer de nouvelles dynamiques syndicales offensives et à promouvoir un projet de société en rupture avec le capitalisme. Et nous n’attendrons jamais la comédie des urnes électorales pour cela. Nous n’attendons rien de nos futurs élu.e.s, tout nos acquis ont été obtenus par la lutte.

Nous n’avons pas besoin de sauveur.se.s, et nous n’aurons que ce que nous prendrons.

Union locale des syndicats CNT de l’Isère.

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Camp No Border 2012 – Stockholm, 17-24 juin 2012

Appel à participation

Nous vous invitons au camp transnational No Border de Stockholm qui se tiendra à l’été 2012 : une semaine de désobéissance civile, de discussions, de projections de films et d’actions directes contre la politique migratoire européenne.

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Ces 15 dernières années, les camps No Border ont surgi dans diverses régions frontalières et zones de conflit à travers le monde. Véritables zones autonomes, ces camps ont accueilli le mouvement international pour l’abolition de tous les États nations de la planète. Ce mouvement s’inscrit dans une optique plus générale visant à promouvoir un monde débarrassé de toutes les formes d’oppression se fondant sur la notion de pays d’origine. Il s’agit d’interroger et de lutter contre un monde qui, dès la naissance, catégorise les personnes selon des critères de nationalité, de genre, de classe, de race. Des divisions se créent : entre ceux qui sont au-dessus de la loi et ceux qui ne le sont pas ; entre ceux qui sont dépositaires de l’autorité et ceux qui doivent s’y soumettre ; entre ce qu’il faut faire, et ce qui est interdit. L’exclusion qui découle de ces catégorisations ne se limite pas à de simples territoires géographiques mais se retrouve au sein même d’un pays, au cœur d’une ville, entre les personnes qui la subissent.

La préservation de l’ordre social capitaliste et autoritaire s’accompagne des conséquences suivantes :

• Le maintien de gardes frontières Frontex à l’est et au sud de l’Europe, avec un budget militaire avoisinant bientôt les 150 millions d’euros.

• L’arrestation de sans-papiers en collaboration avec les contrôleurs dans les transports en commun.

• L’emprisonnement de réfugiés dans des « centres de détention » pour une durée indéterminée et pour des raisons inconnues, en attendant leur déportation forcée, ou ce qui dans certains cas revient à une forme de meurtre.

• Le maintien d’installations radars par l’agence de développement de l’UE dans le désert libyen afin de « gérer les flux migratoires ».

• L’exploitation des immigrés par les restaurants et les boîtes de nuit qui profitent des situations instables et désespérées auxquelles sont confrontés ces travailleurs, ce qui ne fait que nous diviser encore plus.

• L’impossibilité de faire partie de ce « nous » que désigne la citoyenneté sans se renier soi-même au préalable, sans se fondre dans le moule, sans devenir une page vierge au service du capital.

Ce sont ces frontières, ces structures profondément ancrées qui génèrent un racisme systématique, qui sont détaillées dans le « Programme de Stockholm ». Ce plan quinquennal de l’UE vise à regrouper les questions de sécurité nationale et internationale et les questions d’immigration dans les régions à problème : d’après l’UE, la liberté de circulation des populations est une menace pour la sécurité des États. Le Programme de Stockholm — tout comme les frontières dont il est question dedans — n’est pas rattaché à un lieu unique. Son ombre nous recouvre tous et fait surgir des barrières dans notre quotidien, entre ceux qui sont influents et privilégiés et ceux qui n’ont même pas le droit d’exister.

L’été prochain, le Programme de Stockholm aura deux ans. C’est pourquoi nous nous proposons de débusquer et d’attaquer les lieux et structures qui sont les incarnations physiques de ce programme pour l’hégémonie totale des normes blanches. Cela concerne aussi bien les institutions publiques que les entreprises qui bénéficient d’une manière ou d’une autre des déportations ou de la construction et de la gestion des centres de détention. Cela s’applique à toutes les personnes qui n’ont rien à se reprocher car elles ne font « que leur travail ».

Nous organisons ce camp parce que nous croyons en un avenir différent et désirons un monde qui valorise le respect mutuel, l’amour et l’entraide. Nous voulons nous réunir et mettre en commun notre créativité pour faire l’expérience de ces nouveaux rapports. Nous voulons diriger notre colère contre ces mesures qui nous oppriment. Nous voulons un monde dans lequel la compassion et la responsabilité ne se limitent pas au seul niveau local mais s’expriment au niveau global. C’est pourquoi nous invitons toute organisation, groupe, ou individu à participer et à contribuer à ce camp, sous quelque forme que ce soit.

Les dernières années ont démontré que la solidarité internationale et la lutte contre l’oppression n’étaient pas prêtes de disparaître. Fermez la porte, nous passerons par la fenêtre.

Vous pouvez être certains que vous entendrez parler de nous à nouveau car ce que nous faisons est essentiel et votre participation est nécessaire.

Camp No Border Stockholm 2012.

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Délibéré du procès des policiers meurtriers d’Abdelhakim Ajimi

Que vaut la vie de Hakim ?
Violences policières et ratonnades judiciaires

Le Tribunal de Grasse qualifie le meurtre dont a été victime Abdelhakim Ajimi d’homicide involontaire,  condamne les policiers coupables à du sursis et relaxe quatre d’entre eux.

Non, la famille Ajimi n’a pas eu le respect que lui devait le tribunal de Grasse. Oui, la mémoire d’Abdelhakim Ajimi a été salie par des voyous en uniforme.

Du sursis pour des actes barbares et une compensation financière pour la famille.

Ah, elle est belle la justice…

Pour notre part, nous réaffirmons que les policiers devaient dormir en prison ce soir. Mais aujourd’hui comme hier le fait d’être policier excuse tout. Ce jugement équivaut à un permis de tuer pour la police.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, 24 février 2012.

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Le travail tue

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1330203970.jpgSuicide au travail : son employeur ne doit plus « dormir tranquillement »

Nogent-sur-Seine – Le 22 juillet 2011, Jérôme Mansouri s’est donné la mort dans sa voiture de fonction. Dans une lettre retrouvée à ses côtés, il met en cause son employeur. Sa femme témoigne.

« Quand je serai grand, j’irai le voir. Je lui dirai qu’il a tué mon père. » Ces mots, prononcés par un petit garçon de 8 ans, résonnent dans la tête de Stéphanie Mansouri. Impossible pour elle d’oublier le suicide de son mari et celui qu’elle juge responsable, son employeur.

Les faits remontent au 22 juillet 2011. Au matin, Jérôme Monsouri se donne la mort dans sa voiture de fonction près du canal de Beaulieu. À ses côtés, il a couché quelques mots sur des feuilles de papier.

Ses premières pensées vont à ses proches. La suite de la lettre met explicitement en cause Patrick Debeaupuits [Patrick Debeaupuits, gérant de la société nogentaise de blanchisserie, n’a pas souhaité répondre à nos questions.], le gérant de la Société nogentaise de blanchisserie. « Je vous aime plus que tout mais là je ne peux plus, ce boulot me ronge, je ne dors plus, ne vis plus », écrit-il.

Le technicien de maintenance dénonce ensuite la pression exercée par son employeur en tête-à-tête, les accidents du travail « qui s’enchaînent » dans l’entreprise, les journées interminables. « Il subissait des pressions morales, il n’en pouvait plus. »

« Il (Patrick Debeaupuits, NDLR) me rappelle bien la responsabilité sur les organes de sécurité des machines mais ne veut pas arrêter sa machine pour rétablir l’ordre », explique Jérôme Mansouri dans sa lettre.

Un homme de caractère

L’homme de 38 ans occupe son poste depuis le mois d’avril et déjà, il a perdu du poids. « Ce n’était pas quelqu’un de dépressif, il avait du caractère, était passionné de chasse, proche de ses enfants… Il avait quitté son emploi dans une entreprise de Montereau pour rejoindre cette entreprise plus proche de chez nous. C’était une offre qu’il ne pouvait pas refuser », se souvient sa femme.

Mais le poste rêvé tourne en quelques mois au cauchemar. « Il disait que les machines étaient dans un état déplorable. Je lui ai dit d’arrêter ; son ancien employeur était prêt à le reprendre. Mais ça lui tenait à cœur. Il disait que c’était trop dangereux pour les autres salariés. Encore la veille de son décès, quelqu’un était tombé d’une échelle. Il ne voulait pas partir pour laisser les autres salariés dans une telle situation. »

Ce 22 juillet 2011, ce n’est qu’à 13h30 que Stéphanie Mansouri est prévenue. Elle ne verra pas son mari. Ni ce jour, ni plus tard. « Dès l’après-midi, j’étais aux pompes funèbres où on m’a demandé de choisir un cercueil. » La semaine suivante, ce père de deux enfants est inhumé à Sourdun. « Quelques jours plus tard, en réfléchissant, je me suis rendu compte que nous n’avions donné aucun habit. Il a été enterré complètement nu ! »

Une plainte pour harcèlement déposée

Vient ensuite le temps de l’enquête. La famille a en effet déposé plainte pour harcèlement. Mais elle se sent mise à l’écart. « On nous dit juste : les investigations se poursuivent », déplore sa femme.

La sœur du défunt, ses parents, sa femme insistent pour connaître l’avancée de l’enquête, se font assister d’avocats. « On a eu l’impression qu’ils voulaient enterrer l’enquête », souligne le père de Jérôme Mansouri. Sa sœur écrit au président de la République, à la Chancellerie. Aujourd’hui, l’enquête de gendarmerie est toujours ouverte sur ces éventuels faits de harcèlement moral dont Patrick Debeaupuis reste présumé innocent.

Le dossier devrait bientôt rejoindre le parquet de Troyes qui décidera des suites à y donner. « Je veux que cet homme qui a détruit ma vie et celle de mes deux enfants arrête de dormir tranquillement », souligne Stéphanie Mansouri.

Leur presse (LEst-Eclair.fr, 25 février 2012)

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[Liberté de circulation] Procès de la solidarité lundi prochain

Le samedi 14 janvier après-midi, une manifestation a eu lieu autour du centre de rétention de Vincennes pour rappeler que nous voulons que ces prisons disparaissent. Comme toujours, les policiers cherchaient à tenir les manifestant/es le plus éloigné/es possible du centre pour qu’ils/elles n’entrent pas en contact visuel et sonore avec les prisonniers mais ceux-ci ont tout de même pu entendre nos cris de solidarité.

Après avoir été encerclées, une centaine de personnes ont été arrêtées et, parmi elles, trois ont été placées en garde à vue.

Accusées de « violence à agent » et « rébellion », ces trois personnes ont refusé la comparution immédiate après 48 heures de garde à vue et ont été placées sous contrôle judiciaire.

Le procès de deux de ces personnes, la troisième étant mineure, aura lieu le lundi 27 février à partir de 13h30 à la chambre 23-1 du TGI de Paris métro Cité.

Soyons-y nombreux et nombreuses et, malgré les procès, intimidations et autres tentatives de casser la solidarité entre les retenus et les gens à l’extérieur, continuons la lutte contre les centres de rétention et pour la liberté de circulation.

Infozone, 25 février 2012.

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[Lyon] Jean-Pierre Raffarin entarté

Jean-Pierre Raffarin entarté

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a été « victime d’un entartage » vendredi [24 février] après-midi à Lyon. Vers 16H45, M. Raffarin s’apprêtait à entrer dans une librairie du centre-ville pour dédicacer son livre, Je marcherai toujours à l’affectif, lorsqu’il a reçu en plein visage « de la chantilly étalée sur une sorte de carton ».

L’auteur de l’entartage, un homme de 25 ans sans antécédents judiciaires, a été arrêté et se trouve en garde à vue vendredi soir à la Sûreté départementale. Il risque des poursuites pour « violences ».

La secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, aux côtés de l’ancien chef du gouvernement, « s’est dévouée pour aller lui acheter une nouvelle cravate pour remplacer celle, maculée de crème, que Raffarin avait dû retirer », selon Lyon Capitale.

Leur presse (LeParisien.fr, 25 février 2012)

La revanche de la France d’en bas

Comment ça s’est passé !

On s’est pointé en groupe de trois sur la place Bellecour. Deux entarteurs et un caméraman. On a attendu trois quarts d’heure tranquillou et on s’est dirigé vers la librairie. Quand on a vu Raffarin, cash on q pris la chantilly et les assiettes en carton. On a préparé nos tartes en bloquant la circulation et on s’est approché directement vers Raffarin. On a jeté nos tartes et on a crié « DADA VAINCRA » en hommage à Tristan Tzara, au mouvement Dada du début du XXe siècle, ainsi que à Pierre Pinoncelli et à Noël Godin. C’est là que la stratégie mise en place est partie en vrille. On devait s’échapper ensemble par les petites rues, on a merdé et l’un d’entre nous s’est fait gauler.

Nique sa mère !

Gloup gloup gloup !

Une tarte dans ta gueule. La France  d’en bas  ta entarté. Juste revanche !

Viva dada, viva la liberté.

L’Al-Qaïtarte engage une insurrection contre l’UMP-FN sur Lyon. Car en réalité ces deux partis ne font qu’un et tentent de se piquer des voix l’un à l’autre. Cinq ans de malheurs sont assez suffisants. Qu’attendons-nous ?

Ces pantins qui se prennent pour des rois, qui construisent des centres de rétention et qui ne considèrent plus l’humain à sa juste valeur ; qui recherchent la croissance au détriment de l’humanité. « Amis » du MEDEF, « amis » du FN, « amis » de l’UMP, ne venez plus sur Lyon, on veut plus de vous, on veut plus de vos gueules. Cassez-vous avec votre politique politichienne.

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Vive la démocratie directe. Vive les assemblées révolutionnaires.

La positive attitude qui fout des milliers de personnes à la rue pour des délocalisations qui donnent du pognon aux investisseurs du CAC40 et à l’oligarchie politico-économique qui dirigent nos vies. Aujourd’hui on fout les valeurs sociales à la porte pour enrichir les actionnaires et les patrons à la con.

Entarter Raffarin c’est approcher l’UMP, c’est entarter Chirac, c’est entarter Villepin, c’est entarter Sarkozy. Moralement la cliqua de la droite en prend un coup et ça leur fait peur.

On vous emmerde ! On vous encule (sans homophobie bien sûr).

Vive l’insurrection pâtissière !
Vive la révolution !
Vive l’internationale pâtissière !
Vive l’internationale des travailleurs !
Tarta vaincra !

Al Qaïtarte.

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[Stop THT] Randonnée sous les pylônes

À grand renfort d’articles dans la presse, RTE fait la promotion de son chantier. Les terrassements avancent à grand pas, les premiers pylônes sont déjà assemblés au sol et commencent à être dressés tandis que nos arbres sont écimés ou abattus.

La moindre des choses que nous puissions faire c’est d’aller interrompre un de ces chantiers afin de prouver à RTE que même s’ils ont acheté certains élus, nous ne nous laisserons pas faire à coup de billets et de fausses promesses.

Promenons-nous sur les chantiers :

MERCREDI 29 FÉVRIER À 9H À CERISY-LA-SALLE
RDV SUR LA PLACE DU BOURG (DEVANT LA POSTE)

Prévoir ciré, vêtements chauds, bonnes chaussures ou bottes et casse-croûtes, de quoi passer une bonne journée.

Contact


Des chantiers perturbés en Ille-et-Villaine ce 23 février 2012

Une quinzaine de personnes se sont retrouvées du côté de Bréal-sous-Vitré, en Ille-et-Vilaine, à 9 heures ce 23 février 2012 dans l’objectif de perturber l’avancée des travaux sur la ligne THT Cotentin-Maine, comme ce fut déjà le cas plus au nord, dans la Manche, le 26 janvier à Hauteville-la-Guichard.

Une première intervention a consisté à bloquer le chantier du pylône 577 sur la commune de Beaulieu-sur-Oudon (53) où les ouvriers étaient en train de couler les fondations du pylône. Le chantier est arrêté pendant deux heures. M JACOB, responsable de RTE et un huissier viennent constater les faits.

Le groupe se rend ensuite un peu plus au nord, sur la commune de St-Cyr-le-Gravelais (53), au chantier du pylône 562, qui en était à l’étape du forage de micropieux avec injection de béton. L’ambiance avec les ouvriers restent détenue et la discussion ouverte jusqu’à l’arrivée de l’huissier. La pause déjeuner arrivant, les militants laissent les ouvriers à leur repas et l’huissier à son constat, croisant le représentant de RTE qui arriva, comme la cavalerie, bien en retard.

Le dédain des responsables (RTE et leurs flics) des basses besognes du dictat du réseau électrique qui dévore notre territoire justifie nos actions de résistance. Amener le conflit sur le terrain en bloquant la machine à pylôner leur crée une vrai angoisse : multiplication des interpositions face aux machines, sabotages, déboulonnage, harcèlement permanents et efface les sourires narquois. C’est déjà ça… pour l’instant.

La résistance à leur intrusion n’est pas v-haine,
La THT ne passera pas !

Un autre rendez-vous est donné au bourg de Cerisy-la-Salle le 29 février 2012 à 9h.

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« Kanyars » vs BACqueux : l’ordre colonial à l’épreuve des quartiers réunionnais

Le Port : un cocktail Molotov lancé sur la BAC

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Tout semblait calme. “Étonnamment calme”, selon les pompiers postés à côté du commissariat du Port. À 22h30, il n’y avait rien à signaler hormis un feu de poubelle dans une rue du centre-ville. Et puis, une première détonation a eu lieu dans l’avenue Raymond Vergès. Un groupuscule de jeunes a balancé un cocktail Molotov sur la BAC en patrouille préventive. Selon plusieurs habitants des immeubles ayant vue sur l’alignement de cocotiers de la rue, les forces de l’ordre auraient répliqué au flash-ball sans atteindre leur cible. Une quinzaine d’habitants plus âgés sont alors sortis sur le trottoir en pestant contre la vie chère et en provoquant les policiers armés. Dans le même temps, deux vieilles voitures placées au milieu de la route, juste au-dessus du rond-point du Sacré-Cœur, à la Rivière des Galets, ont été incendiées par des adolescents en furie. À proximité du garage Cotrans où cinq voitures avaient été enflammées la veille. Une brigade de police était pourtant postée depuis le début de soirée, un peu plus haut. Le jeu du chat et de la souris venait juste de commencer. Sans doute a-t-il duré une partie de la nuit.

Leur presse (Clicanoo.re, 24 février 2012)


Les violences se concentraient dans les villes du sud de La Réunion ce soir où des affrontements ont eu lieu entre forces de l’ordre et manifestants et des commerces attaqués, mais la préfecture jugeait la situation « plus favorable » que les trois nuits précédentes.

« On ne peut pas savoir ce qui va se passer. Mais à 23h locales (20h à Paris), c’est la situation la plus favorable depuis le début des troubles », a déclaré à l’AFP le directeur de cabinet du préfet Benoît Huber. « Aucun incident sérieux n’a été signalé » dans les régions nord, est et ouest de l’île, a-t-il ajouté.

Dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis, où les heurts ont été très violents la veille, seul un feu de véhicule et une tentative d’incendie d’une école ont été relevés. Des affrontements ont toutefois encore eu lieu entre les policiers et une cinquantaine de jeunes, soit deux fois moins que la veille. Trois communes du sud de l’île ont été le théâtre de nombreux incidents et de heurts entre gendarmes et jeunes casseurs.

À Saint-Pierre, jusqu’ici relativement épargné, environ 150 jeunes s’en sont pris à des commerces dont un magasin d’optique et une concession automobile où deux voitures ont été incendiées sur le parking. Six jeunes ont été interpellés. À Étang Salé des cocktails molotov ont été lancés par une cinquantaine de jeunes « déterminés » sur les gendarmes qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes ainsi qu’à Saint-Louis où les heurts ont été également « assez violents », a détaillé M. Huber.

Aujourd’hui, à l’issue d’une réunion de négociations sur le prix des carburants et la vie chère avec les principaux responsables politiques et économiques, le préfet de la Réunion, Michel Lalande, a annoncé une baisse des prix de l’essence et du gazole de 8 centimes/litre à compter du 1er mars ainsi que le gel ou la baisse de 40 produits de première nécessité. Des discussions doivent se poursuivre ce week-end pour déterminer la liste de ces produits. Ces annonces ont été mal accueillies par une centaine de manifestants qui ont hué les participants à la réunion à leur sortie de la préfecture.

Leur presse (Agence Faut Payer, 24 février 2012)


Premières comparutions immédiates pour les émeutiers de La Réunion

Le ministre de l’intérieur et de l’Outre-Mer, Claude Guéant, a dénoncé vendredi 24 février des « violences inacceptables » sur l’île, où neuf membres des forces de l’ordre ont été blessés.

Des peines de 6 à 24 mois de prison ferme ont été infligées aux quatre premiers émeutiers jugés en urgence devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis.

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Après trois jours d’émeute, les 460 policiers et gendarmes impliqués dans les violences de l’île de La Réunion ont procédé à 141 interpellations et huit fauteurs de troubles ont été présentés aux juges du tribunal correctionnel de Champ-Fleuri à Saint-Denis. Quatre d’entre eux, jugés en comparution immédiate, ont écopé de 6 à 24 mois de prison ferme exécutable immédiatement.

Derrière les violences se cachent de jeunes majeurs aux profils très divers. Tous ont reconnu avoir commis des vols en réunion, des dégradations, des incendies volontaires, mais surtout des violences sur personnes dépositaire de l’autorité publique.

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Des magasins pillés

La majorité n’est pas originaire du quartier emblématique du Chaudron à Saint-Denis. C’est le cas de Mehdi, 19 ans, qui résidait jusqu’en 2011 en métropole. Jamais condamné, ce jeune majeur est le neveu d’un haut fonctionnaire. « Pendant plus d’une heure, explique son avocat maître Mathieu Girard tout en demandant un délai pour mieux préparer sa défense, les casseurs ont forcé les portes des magasins du Chaudron sans que les forces de l’ordre n’interviennent. Mon client est un lampiste qui s’est servi dans un carton oublié au bord de la route… »

Loïc, un sans domicile fixe âgé de 20 ans, écope de six mois de prison ferme pour avoir caillassé des gendarmes. Son casier fait état de deux condamnations, dont une contravention. « On voulait juste manifester, les gendarmes ne voulaient pas que l’on bloque un rond-point. » Arnaud, 22 ans, seul à être en état de récidive, est condamné à trois ans de prison dont deux fermes. « Il ne faudrait pas qu’on le tienne responsable de toutes les émeutes ! », s’insurge son avocat Maître Laurent Benoiton.

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Interpellé pour un sac de riz

Patrice, 21 ans, jamais condamné, passera 18 mois à la maison d’arrêt de Domenjod dans le Nord de l’île. Même peine pour Jeffrey, 21 ans, qui n’a jamais connu la détention. Plus tôt dans la journée, d’autres émeutiers déférés au tribunal en étaient ressortis avec une convocation pour le mois prochain.

Parmi eux, Johan, 33 ans, père de famille jamais inculpé, a été interpellé dans la ville du Port alors qu’il traînait un sac de riz de 10 kg d’une valeur marchande de 9,49 €. « Je ne suis pas un casseur moi. J’étais juste là, j’ai vu le sac de riz, je l’ai pris et je suis parti. »

Leur presse (Aurélien Lalanne, La-Croix.com, 24 février 2012)

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[Justice pour Hakim] Permis de tuer

Permis de tuer
L’impunité policière, en trente dates

Le Tribunal de Grasse vient de qualifier le meurtre dont a été victime Abdelhakim Ajimi d’homicide involontaire, de condamner deux policiers coupables à du sursis, et de relaxer quatre d’entre eux. Comme vient de le déclarer le Collectif Vérité Justice : « Non, la famille Ajimi n’a pas eu le respect que lui devait le tribunal de Grasse : Oui, la mémoire d’Abdelhakim Ajimi a été salie par des voyous en uniforme. Du sursis pour des actes barbares et une compensation financière pour la famille. Ah, elle est belle la justice… Pour notre part, nous réaffirmons que les policiers devaient dormir en prison ce soir. Mais aujourd’hui comme hier le fait d’être policier excuse tout. Ce jugement équivaut à un permis de tuer pour la police. »

Un permis de tuer qui hélas s’inscrit dans une longue et ancienne série, comme en témoigne le fragment qui suit, couvrant la période 1997-2002… Pour une vue plus complète, notamment sur le passé moins récent, on pourra se référer aux deux recueils de Maurice Rajsfus : Bavures et La police et la peine de mort, d’où sont extraites la plupart des informations qui suivent [Ils sont publiés aux éditions L’esprit frappeur. Sur les événements ci-dessous, cf. aussi L’écho des cités, octobre 2001, juin/juillet 2002 ; Le Rire, juillet 2002, L’Humanité, 25/09/2001, 26/09/2001, 01/10/2001 ; Le Monde, 15/12/1997, 21/12/1997, 26/06/1999, 20/04/2000, 30/09/2001, 16/10/2001, 08/02/2002, 06/07/2002, ; Libération, 15/07/1997, 17/03/1998, 26/12/1998, 19/12/1997, 21/03/2001, 07/09/2001, 11/09/2001, 26/09/2001, 29/09/2001, 01/10/2001, 15/10/2001, 05/11/2001, 30/01/2002, 01/02/2002, 02/07/2002, 04/07/2002, 05/07/2002, 10/07/2002, 04/03/2003, 12/03/2003 ; Le Parisien, 12/05/1999, 15/05/1999 ; France 2, 06/07/2000 ; Var matin, 14/10/2000 ; Plein droit, avril 1998 ; et mibmib.free.fr]. Précisons qu’à une exception près, aucun policier mis en cause dans les affaires évoquées ici n’a passé une seule journée en prison.

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Nous nous contenterons ici de mentionner des cas de violence extrême, essentiellement des homicides, mais ces cas extrêmes ne doivent pas faire oublier les violences et les vexations quotidiennes que constituent les contrôles au faciès ou à répétition, les fouilles humiliantes, les injures, les menaces et les différents degrés de violence physique, de la bousculade au passage à tabac.

Quant à ceux, tellement nombreux, qui ne veulent pas entendre parler des crimes policiers, et qui objectent systématiquement, comme par réflexe conditionné, qu’il y a « aussi des policiers qui se font tuer », on se contentera de leur répondre que c’est exact, mais, que les assassins de policiers croupissent en prison de nombreuses années, alors qu’il est rarissime que les « bavures » policières causent à leurs auteurs ne serait-ce qu’une journée en prison. On appréciera, dans les lignes qui suivent, le prix que la justice française accorde à une vie de « jeune des banlieues ».

25 juin 1997. À Paris, au cours d’une opération de police contre le travail clandestin, un jeune Chinois saute du deuxième étage d’un immeuble et meurt de ses blessures.
Aucune instruction ouverte.

5 août 1997. Dans le Gard, des gendarmes ouvrent le feu sur deux jeunes hommes qui ont pris la fuite à bord d’une voiture volée : l’un d’eux reçoit une balle dans la tête et meurt.
Aucune suite judiciaire connue.

Novembre 1997. Un policier municipal de La Seyne-sur-Mer provoque la mort d’un jeune motard.
Le 13 décembre 1997, le tribunal correctionnel de Toulon établit la responsabilité du policier, mais les juges ne le condamnent qu’à quatre mois de prison avec sursis.

25 novembre 1997. Le tribunal correctionnel de Valence relaxe un gendarme qui avait tué d’une balle dans la nuque un automobiliste fuyant un contrôle en janvier 1993.
Le procureur avait pourtant demandé une forte peine d’emprisonnement. Au cours du procès, l’accusé avait fait valoir qu’un gendarme peut tirer s’il n’a pas d’autre moyen pour stopper un véhicule, comme le prévoit un décret de 1903, jamais abrogé.

18 décembre 1997. Dans la forêt de Fontainebleau, un policier abat un jeune garçon de seize ans, Abdelkader Bouziane, d’une balle dans la nuque.
Le policier a tiré alors qu’Abdelkader Bouziane venait de franchir sans s’arrêter un barrage de police et que son véhicule était en fuite, à une vitesse qui sera estimée à 36 km/h lors de la reconstitution.
Le 16 décembre 2001, le policier en cause bénéficiera d’un non-lieu.

20 décembre 1997. Le policier Carvallo abat le jeune Fabrice Fernandez, vingt-quatre ans, d’une balle en pleine tête, tirée à bout touchant dans un commissariat de Lyon.
Fait rare, le policier sera condamné à 12 ans de prison ferme.

31 août 1998. À Tarbes, un policier en civil abat de trois balles de revolver un « sans-domicile-fixe » qui lui avait demandé une cigarette.
Aucune suite judiciaire connue.

6 novembre 1998. À Tourcoing, cinq policiers contrôlent Sydney Manoka Nzeza, un jeune Zaïrois âgé de 25 ans, alors qu’il est en train de circuler en rollers : jeté à terre et menotté, le jeune homme meurt d’une « compression thoracique ».
Le 5 juillet 2000, le tribunal relaxe trois des cinq policiers. Les deux policiers jugés directement responsables de la mort du jeune homme sont condamnés à sept mois de prison avec sursis

15 novembre 1998. À Riom, des gendarmes abattent deux cambrioleurs.
Aucune suite judiciaire connue.

20 novembre 1998. Trois policiers toulonnais tuent un jeune Tunisien en état de dépression nerveuse en l’étouffant par écrasement.
Les faits se déroulent sur la terrasse de son domicile, lors d’une interpellation. L’homme était alors à terre, menotté et maîtrisé. Le 12 octobre 2000, les policiers mis en cause bénéficient d’un non-lieu.

13 décembre 1998. Un policier toulousain, accompagné de ses collègues, tue le jeune Habib, 17 ans, d’une balle dans la tête, tirée à bout touchant lors d’une interpellation.
Habib est décédé suite à une double hémorragie, provoquée par la balle qui a traversé son cou et son épaule, avant de ressortir par le sein droit. Son corps est retrouvé trois heures plus tard : les policiers l’avaient abandonné agonisant sur la chaussée, sans avertir le SAMU ni les pompiers. Ils avaient également négligé de rendre compte à leur hiérarchie du coup de feu tiré, comme obligation leur en était faite. Deux des collègues du meurtrier sont même retournés sur les lieux du meurtre pour récupérer les douilles des balles tirées.
Ce meurtre provoque plusieurs journées d’émeutes, durant lesquels un jeune homme de vingt-deux ans tire sur un policier et le blesse ; il sera condamné à douze ans de prison ferme. En revanche, il faudra attendre trois ans pour que le policier meurtrier comparaisse devant un tribunal, pour être finalement condamné à trois ans de prison avec sursis…

17 décembre 1998. La cour d’assises de Nice acquitte le sous-brigadier Karenco, de la police des frontières, qui avait abattu d’une balle dans le dos un jeune tzigane installé à bord d’une voiture en fuite.
Les faits avaient eu lieu dans la nuit du 19 au 20 août 1995 à Sospel. Deux jours plus tard, le 22 août 1995, le ministre de la Justice (Jacques Toubon) avait réagi en déclarant sur RTL : « C’est un policier qui a fait son travail ».

30 janvier 1999. À Caen, un gendarme abat un cambrioleur âgé de 27 d’une balle en pleine tête.
Le gendarme affirme que la balle est partie accidentellement. Aucune suite judiciaire connue.

14 mai 1999. Le tribunal de Bobigny acquitte un lieutenant de police qui avait tué d’une balle dans la tête un chauffeur de taxi guadeloupéen.
Une semaine auparavant, il avait été décoré de la médaille d’honneur de la police française.

23 juin 1999. Le tribunal de Bobigny relaxe un commissaire de police et un inspecteur en service à Roissy jugés pour des violences ayant entraîné la mort d’un sans-papiers sri-lankais, Arunam Fiva, au cours de son expulsion.

1er septembre 1999. À Cormeilles-en-Parisis, lors d’un simple contrôle d’identité, un policier abat un homme de 28 ans d’une balle dans la tête.
Le policier affirme avoir tiré en l’air. Aucune suite judiciaire connue.

24 mars 2000. Un homme interpellé en état d’ébriété meurt au commissariat de police de Mayenne.
On évoque un suicide par étouffement, mais, quelques jours plus tard, l’autopsie révèle des « ecchymoses inexpliquées » et des hématomes autour du cou. Aucune suite judiciaire connue.

16 avril 2000. À Lille, un policier, accompagné d’un collègue, abat d’une balle dans la nuque (à bout portant) le jeune Riad Hamlaoui, vingt-trois ans, alors qu’il est assis dans une voiture à l’arrêt, côté passager, en train de boire avec un ami.
Le 19 avril 2000, le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement fait savoir qu’il ne souhaite pas réagir sur cette affaire, qu’il ne qualifie pas de « bavure », mais de « drame affreux » et « consternant ».
Le 4 juillet 2002, le policier, reconnu coupable, sera condamné à trois ans de prison avec sursis.

10 février 2001, à Saint-Martin-d’Uriage, vers une heure du matin, un gendarme tue un jeune homme qui le menaçait avec un cutter.
Aucune suite judiciaire connue.

20 mars 2001. La Cour de Versailles condamne les policiers responsables de la mort du jeune Aïssa Ihich, dix-neuf ans, le 27 mai 1991, à dix mois de prison avec sursis.
Ils l’avaient matraqué au sol et frappé (devant un groupe de CRS qui ont témoigné), puis privé de ses médicaments lors de sa garde-à-vue. Le jeune homme, asthmatique, avait réclamé ses médicaments, et ses parents étaient passés au commissariat pour les lui faire transmettre — en vain.
La Cour d’Appel de Versailles réduira finalement la peine des policiers à huit mois de prison avec sursis — ce qui leur permettra de ne pas être révoqués, et de bénéficier de l’amnistie présidentielle (applicable uniquement aux peines inférieures à neuf mois de prison).

19 juin 2001. À Montigny-les-Cormeilles, un jeune homme d’origine maghrébine meurt d’un accident de scooter à la suite d’une course-poursuite.
Il avait été pris en chasse par des policiers alors qu’il roulait sans casque, en compagnie d’un ami. Aucune suite judiciaire connue.

28 septembre 2001. Après dix ans de procédure (instruction interminable, non-lieu, appel…), le jury de la Cour d’assises de Versailles acquitte le policier Pascal Hiblot, qui avait abattu le jeune Youssef Khaïf, vingt-trois ans, d’une balle dans la nuque.
La balle avait été tirée à une distance estimée supérieure à douze mètres par les expertises balistiques et l’autopsie.

13 octobre 2001. Sur les hauteurs de Thonon-les-Bains, quatre jeunes hommes meurent dans un accident de voiture causé par une course-poursuite.
Aucune instruction n’est ouverte.

29 octobre 2001. Un Congolais décède après une nuit passée en garde à vue au commissariat de police du neuvième arrondissement de Paris.
Plusieurs personnes témoignent de la brutalité de son interpellation, alors qu’il était au volant de sa voiture. Aucune suite judiciaire connue.

5 novembre 2001. À Antibes, un jeune homme d’origine maghrébine meurt d’une crise cardiaque en pleine rue lors d’un contrôle d’identité.
Les policiers ont empêché ses camarades de lui faire un massage cardiaque. Aucune suite judiciaire connue.

2 janvier 2002. Un policier abat le jeune Moussa, seize ans, d’une balle dans la tempe lors d’une course-poursuite en voiture.
Aucune suite judiciaire connue.

21 mai 2002. À Dammarie-les-Lys, un policier abat le jeune Xavier Dhem d’une balle dans la tête lors d’une interpellation au domicile de son grand-père.
Aucune suite judiciaire connue.

23 mai 2002. Mohamed Berrichi meurt d’une chute de moto à la suite d’une course-poursuite.
Les policiers avaient pris en chasse le jeune homme parce qu’il ne portait pas de casque. Aucune instruction n’est ouverte.

30 décembre 2002. Ricardo Barrientos, un Argentin âgé de 52 ans, meurt des suites d’un malaise cardiaque au cours de son expulsion forcée.
Bien que ce type de malaise cardiaque soit rarissime, la police des frontières conclut à une « mort naturelle ». L’enquête est en cours.

18 janvier 2003. Mariame Getu Agos, un Somalien âgé de 24 ans, meurt des suites d’un malaise survenu lors de son expulsion forcée.
Avant l’embarquement, il avait déjà fait deux malaises, considérés comme des malaises « simulés » par le médecin de la police des frontières. Quelques jours plus tard, le chef de cabine de l’avion témoignera de la violence des policiers : l’un d’entre eux s’est « assis sur la taille et les cuisses » du jeune Somalien, le second « sur le thorax », et le troisième a appliqué un coussin sur sa tête pour étouffer ses cris. Les trois fonctionnaires sont suspendus, et une enquête est ouverte.

1er mars 2003. Aux alentours de Durfort, dans le Gard, un gendarme abat Mourad Belmokhtar, dix-sept ans, d’une balle dans la nuque, alors qu’il est à bord d’une voiture en fuite.
La voiture était recherchée pour tentative de cambriolage. Quinze coups de feu ont été tirés, par deux gendarmes. Les gendarmes en cause ne sont pas suspendus, et le Conseil municipal de Saint-Hippolyte-du-Fort vote une motion de « sympathie » et de « soutien » aux gendarmes, pour les « moments difficiles » qu’ils traversent, sans un mot pour les proches de la victime.

10 mars 2003. Un adjudant de la Loire tue d’une décharge de fusil à pompe dans le dos Aurélien Joux, 23 ans, qui avait avoué une tentative de cambriolage.
Le coup de feu serait parti sous l’emprise de la panique, à cause d’un chien. Enquête en cours.

Pour conclure

Il y a près de vingt ans, à l’issue des deux « Marches pour l’égalité », Farida Belghoul dénonçait déjà cette impunité, et plus largement la chape de silence et d’indifférence qui pèse sur les crimes policiers et sécuritaires, surtout lorsqu’ils frappent des jeunes issus de l’immigration. Vingt ans après, ses mots gardent toute leur force :

« Il est aisé de s’élever contre ce qu’il est convenu d’appeler un crime raciste propre. Ce type de crime, considéré comme tel (ce qui est déjà une chose rare) met en scène dans la bonne conscience antiraciste un beauf dément sans garantie de représentation et une victime qui s’est comportée en bon citoyen sa vie durant. Dès lors qu’un commerçant ou qu’un flic surtout est l’auteur d’un assassinat sur la personne d’un petit délinquant, on assiste à une dispersion totale. Les condamnations véhémentes et morales font place à un silence qui transforme l’appareil d’État et judiciaire, les groupes politiques et l’opinion publique, comme dirait Brecht, en complices. » [F. Belghoul, « BHL, Barre, Gros-minet et les autres », Sans frontières, n° 92-93, « La beur génération », mai 1985]

P.-S. : Cette chronologie est extraite de : Pierre Tevanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, paru aux éditions L’esprit frappeur en novembre 2003.

Une rencontre est organisée ce samedi, 25 février 2012, à Grasse pour organiser une riposte collective contre les crimes policiers et leur impunité.

Collectif Les mots sont importants, 24 février 2012.

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[« Affaire de Tarnac »] Dupont et Dupond ont attrapé un nouvel innocent suspecté d’être le fameux capitaine Crochet

Sabotage de lignes TGV : un proche du groupe de Tarnac en garde à vue

Après des mois de silence, l’affaire du TGV saboté en 2008 en Seine-et-Marne refait surface avec de nouvelles arrestations. Un homme proche du groupe de Tarnac a été placé jeudi en garde à vue par les policiers de la Sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT). Il est soupçonné d’avoir fabriqué les crochets utilisés lors des dégradations commises sur la ligne.

La justice enquête depuis le 11 novembre 2008 sur ces sabotages attribués à un groupe de jeunes gens basés à Tarnac (Corrèze) et réunis autour de Julien Coupat. Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, des dégradations avaient été commises sur une ligne TGV à Dhuisy (Seine-et-Marne) au moyen de crochets constitués de morceaux de fers à béton.

Âgé d’une trentaine d’années, l’homme placé en garde à vue demeure en région rouennaise et a une formation de forgeron et ferronnier. Les policiers ont procédé à une perquisition dans l’atelier de son père, qui exerce le même métier, auquel le suspect avait accès.

Une garde à vue qui peut durer 96 heures

À l’issue de sa garde à vue, qui peut atteindre 96 heures dans les affaires de terrorisme, l’homme peut être remis en liberté ou présenté au juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen.

Arrêtées en novembre 2008, dix personnes, dont Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy, sont mis en examen dans ce dossier instruit à Paris, notamment pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Retournement de situation en novembre dernier : le parquet de Nanterre avait ouvert une information judiciaire pour « faux et usage de faux en écriture publique », Julien Coupat et neuf autres mis en cause accusant la police antiterroriste d’avoir rédigé un PV mensonger. La procédure vise la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la Police judiciaire, qui enquêtait sur le sabotage. Les avocats des présumés coupables n’ont cessé de dénoncer un « dossier vide ».

Leur presse (LeParisien.fr, 24 février 2012)

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[Stop THT] De nouveaux pylônes déboulonnés par de petites mains

Cette nuit, des petites mains ont poursuivi le démantèlement de la ligne THT Cotentin-Maine.

Une fois encore, une petite part des butins a été déposée devant quelques rédactions.

Que RTE et consorts ne se méprennent pas : nous ne laisserons pas leurs pylônes gacher nos vies.

Autant de pylônes seront dressés et autant ils seront déboulonnés.

Nos vies ne sont pas à vendre !

Des petites mains

Mailing, 23 février 2012.


Après Avranches, quelques boulons devant notre rédaction de Coutances

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Cinq boulons et vis devant notre rédaction de Coutances ce matin.

Deux semaines exactement après Avranches, une main anonyme est venue déposer quelques boulons et écrous dans la nuit de jeudi à vendredi devant notre rédaction de Coutances. Naturellement, on pense à un déboulonnage de la ligne THT. Mais ces boulons et vis sont très peu nombreux : cinq en tout. S’agit-il de « restes » d’Avranches ? L’acte n’a pas été « revendiqué » pour le moment.

Leur presse (Ouest-France.fr, 24 février 2012)

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[Égypte] Les arguments de la campagne présidentielle

Attentat criminel

Un attentat criminel vient de viser, Monsieur Aboul Fotouh, un des candidats aux élections présidentielles en Égypte.

En rentrant d’une de ses campagnes électorales à Monouféya, la voiture de M. Aboulfoutouh a été interceptée par des hommes cagoulés et armés de Kalachnikof sur la voie périphérique. Le candidat et son chaufeur ont été blessés et transportés à l’hôpital, il souffre d’un traumatisme cranien, mais ses jours ne sont pas en danger.

L’ensemble des partis et des forces politiques en Égypte ont vigoureusement condamné cet attentat qui vise une des figures charismatiques de la révolution du 25 janvier et intimider les candidats qui s’opposent au diktat du SCFA et ses alliés.

Galila El Kadi, 24 février 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] La mascarade continue

Procès Ajimi : de la prison avec sursis pour les policiers

De la prison avec sursis. Les policiers impliqués dans la mort par asphyxie du jeune Hakim Ajimi en 2008 ont été condamnés vendredi matin à de la prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Grasse.

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Les deux agents de la BAC ont été reconnus coupable d’homicide involontaire. Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin ont été condamnés à 18 et 24 mois d’emprisonnement avec sursis. Walter Lebeaupin ayant également été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger.

Quant au policier municipal Jim Manach, il a été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger et condamné à six mois de prison avec sursis. Les quatre autres policiers qui comparaissaient ont tous été relaxés.

La famille arrivée en retard

La famille de la victime, arrivée en retard, n’était pas présente lorsque le président de tribunal correctionnel de Grasse a rendu son jugement dans une ambiance très calme. Parlant de nombreuses erreurs professionnelles, le procureur Jean-Louis Moreau avait pourtant requis à l’issue du procès en janvier des peines pour tous les prévenus.

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Déception pour le père d’Hakim

Le père d’Hakim Ajimi s’est dit déçu des condamnations prononcées et aurait préféré que les policiers de la BAC soient condamnés à de la prison ferme parlant d’une « justice à deux vitesses ». Il veut désormais se battre pour que ce genre de drame ne puisse plus se reproduire.

Le décès d’Hakim Ajimi 22 ans était survenu le 9 mai 2008 lors d’une interpellation musclée.

Leur presse (NiceMatin.com, 24 février 2012)


(…) « La faute a été reconnue, mais la peine ne suit pas : j’ai perdu un enfant et eux, ils prennent du sursis », a déploré devant les journalistes Boubaker Ajimi, le père de la victime. « Ils vont pouvoir continuer à travailler (comme avant). Il y a une justice à deux vitesses : une justice première classe et une justice deuxième classe, c’est pas normal. » « De toutes façons, on continue le combat, c’est pas fini, pour que ce genre de choses n’arrive plus à personne », a-t-il assuré.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi, à droite, au Palais de justice de Grasse, en compagnie de son avocat Maître Henri Leclerc et du porte parole du comité de soutien de Hakim Ajimi, Walid Klai, le 17 janvier 2012

« Je considère qu’au moins sur le principe, pour la famille, il y a un constat qu’elle attendait depuis longtemps, c’est qu’il n’y a personne au-dessus des lois », a tempéré l’avocat des parties civiles Franck de Vita.

Pour Paul Monmaur, membre du comité Vérité et justice pour Hakim Ajimi, ce délibéré montre que « la justice protège la police : il y a une justice de classe pour une police de classe ».

Me Gérard Baudoux, qui défendait les deux policiers condamnés pour homicide involontaire, s’est dit pour sa part « convaincu que les policiers n’ont fait qu’appliquer ce qui leur avait été enseigné à l’école de police (…) même si on a compté à l’occasion de cette affaire un certain nombre de carences dans l’enseignement et dans les instructions qui sont dispensées ».

« Mais il n’est pas sain à mon sens de faire de ces deux fonctionnaires de police jusque-là parfaitement irréprochables les boucs émissaires d’un certain nombre d’impérities », a-t-il ajouté. « Il devrait y avoir appel » de la part des policiers condamnés, a estimé Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police, pour qui ce sont les « techniques » d’interpellation enseignées à l’école de police qui ont été « condamnées ». (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 24 février 2012)

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[Vient de paraître] Fukushima Paradise

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1330082511.gifFukushima Paradise
Pour une critique radicale du nucléaire (2005-2011), Mutines Séditions, janvier 2012, 238 pages [8 euros]

Les textes anti-nucléaires de ce recueil tentent d’élaborer une projectualité débarrassée de toute médiation institutionnelle et de s’inscrire dans une perspective anti-autoritaire, c’est-à-dire vers un monde où la liberté ne serait pas qu’un aménagement agréable de la survie — les deux pieds irradiés dans la merde. Une perspective qui est aussi de ne pas s’en prendre uniquement au nucléaire, mais de le relier à ce qui lui permet d’exister, la domination capitaliste comme la domestication étatique.

Lire l’introduction

Mutines Séditions

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[Nos médias] RadioRageuses

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RadioRageuses : une nébuleuse d’émissions de radio de femmes, de gouines, de trans et de féministes
FortEs, solidaires et en colère

Depuis plusieurs années des émissions de radio féministes francophones existent sur de nombreuses antennes associatives et militantes. RadioRageuses est une plateforme créée en 2009 qui rassemble ces émissions pour créer une dynamique collective, se soutenir et échanger.

RadioRageuses est un espace non-mixte féministe de Meufs et de Gouines (trans et cis [personne qui reste dans les normes de sexe et/ou de genre qui lui ont été attribuées à la naissance]) et de Trans ; un outil de lutte contre le patriarcat, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, la misogynie, les normes de genre.

Nous nous retrouvons régulièrement pour nous former en échangeant nos savoirs lors d’ateliers sur nos pratiques et nos outils techniques. Ces rencontres sont aussi l’occasion de prendre l’antenne ensemble.

Nous ne sommes pas une entité ou un collectif, mais un réseau d’émissions aux multiples facettes et identités. Nous avons créé un site internet, une bibliothèque sonore en ligne. Un espace virtuel pour nous coordonner, diffuser nos émissions et rendre visibles nos féminismes trop souvent instrumentalisés ou passés sous silence par les médias dominants. Il est donc nécessaire de créer nos propres médias pour faire entendre nos voix !

Venez vite nous écouter sur :

www.radiorageuses.net

Pour nous contacter


Nos émissions :

On est pas des cadeaux !
Émission trans-pédé-gouine et féministe – Un vendredi sur deux à 17h sur Radio Canut 102.2fm à Lyon ou sur www.radiocanut.org ; contact

Lilith, Martine et les autres
Émission féministe  – Un vendredi sur deux à 17h sur Radio Canut 102.2fm à Lyon ou sur www.radiocanut.org ; contact

Le complot des cagoles
Émission féministe – Tous les premiers mercredi du mois sur Radio Galère, à Marseille, 88.4fm et sur le site de la radio www.radiogalere.org ; contact

Voy’elles
Émission faite par elles pour tout le monde – Un mercredi sur deux sur Canal Sud, 92.2fm à Toulouse ; contact

Dégenrée
Émission féministe : actualité, analyses, témoignages, infos, débats, points de vue, musiques etc. de femmes, de lesbiennes, de trans et de monstres ! – Les 2es et 4es mercredis du mois de 18h30 à 20h (rediffusion les lundis suivants à 19h) sur 97fm à Grenoble et sur www.radiokaleidoscope.net partout ailleurs ; contact

Cas-Libres
Émission hebdomadaire de libre antenne sur Corps, Amours, Sexualités. Tous les jeudis de 20h à 21h sur radio Kaleidoscope, à Grenoble 97fm, et partout ailleurs sur internet cas-libres.poivron.org ; contact

D’horizons mordantes (ex-Rien à signaler)
Émission féministe un mercredi sur deux de 20h à 21h sur radio Dio, à Saint-Étienne, 89.5fm et ailleurs sur http://radiodio.org ; contact

Sexetera
Émission irrégulière sur radio Panik 105.4fm, à Bruxelles et ailleurs sur www.radiopanik.org ; contact

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Plus que nous exploiter, le droit de propriété tue !

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Le groupe de la région parisienne de la Coordination des Groupes Anarchistes apporte son soutien aux enfants et aux proches d’Ecatarina et de N’gudi victimes directes des politiques du logement.

Mairies, État et partis organisent l’union sacrée pour défendre le droit à la propriété cher aux capitalistes. En plus de permettre la mise en place d’un racket généralisé des travailleur-euses par des loyers exorbitants, cette politique antisociale laisse de côté des franges de plus en plus importantes de travailleur-euse, avec ou sans papiers, bien souvent victimes du système raciste. La crise du système capitaliste ne change rien à cette donne, au contraire : l’État se place toujours davantage comme main de fer des propriétaires. L’annonce d’une hausse des expulsions de celles et ceux qui n’arrivent plus à payer leur loyer, la multiplication des expulsions des personnes sans bail, laissent entrevoir comment face à la crise, tout sera fait pour que les profits, les revenus de l’immobilier soient maintenus et continuent d’augmenter. Voilà leur réponse à la crise du capitalisme. Et celle-ci fournit un bon prétexte pour attaquer les classes populaires dans leur ensemble et parmi elles, de façon spécifique, les femmes (qui sont les premières touchées par les temps partiels subis, le chômage, le durcissement des conditions d’octroi des allocations chômage et des retraites).

En février à Saint-Denis, une femme, travailleuse du nettoyage, seule avec ses trois enfants s’est suicidée, étranglée par les loyers qu’elle ne pouvait plus payer et par des dettes qui s’accumulaient. Quelques jours après, une femme, seule avec ses six enfants, s’immole dans le hall de la mairie, acte ultime de lutte et de désespoir. Cela faisait des mois qu’elle et ses enfants étaient trimballés par le 115 d’hôtels en hôtels, malgré la demande de logement social déposée plus de 10 ans auparavant. Un an plus tôt, une femme tentait elle aussi de s’immoler à la mairie. Ces actes ne sont pas isolés et sont les conséquences directes de l’accélération de la guerre sociale qui est menée contre les classes populaires.

À Saint-Denis, 6200 personnes sont en attente de logements, 1500 foyers sont menacés d’expulsion une fois la trêve hivernale passée, et des milliers de logements sont vides. La réaction de la mairie de Saint-Denis — symbole des politiques municipales de gauche de la petite couronne — à l’immolation de la femme, a été d’annoncer à France 3 [qu’il fallait faire valoir] « l’urgence de mesures en faveur du droit à l’hébergement et au logement, au moyen de la réquisition immédiate des logements vides publics et privés ».

En contradiction totale avec ce discours électoraliste et deux mois plus tôt, deux immeubles étaient expulsés coup sur coup laissant à la rue près de 100 personnes. Tandis que certain-e-s avaient la « chance » d’être hébergé-e-s d’autres ont campé sur le parvis de l’hôtel de ville. Quelle a été la solution proposée par la mairie Front de Gauche et ses soutiens politiques après la lutte organisée par le collectif contre les expulsions ? Un parrainage : participer à gérer la misère en promettant d’appeler le 115 pour « exercer une pression » et que les expulsé-es soient hébergé-es provisoirement dans des hôtels sociaux miteux et dispersés dans toute la région parisienne, affaiblissant ainsi considérablement leur force collective. Ce n’est pas une solution. Le relogement et les réquisitions sont refusés par la municipalité. Ne laissons plus faire ! La solution c’est à nous de l’organiser, c’est à nous de la construire, habitant-es de Saint-Denis et d’ailleurs, en nous organisant ensemble sans hiérarchies ni délégation, et en organisant la reprise des logements par la réquisition, en les expropriant et en les gérant nous-mêmes collectivement.

Groupe région parisienne de la CGA
À Saint-Denis, le 16 février 2012.

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Les copwatchers travaillent : un porc suspendu à Beauvais

Beauvais : une intervention policière dégénère à Saint-Jean

Hier matin, la police municipale de Beauvais procède à l’enlèvement d’une voiture-ventouse, rue Honoré-de-Balzac, dans le quartier Saint-Jean. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, cette simple opération va dégénérer gravement et aboutir à une scène d’une rare violence mettant en cause deux policiers municipaux et le propriétaire de la voiture.

Il est 9h50. Bilaly Dembele, 62 ans, propriétaire de la voiture, est au téléphone avec son épouse quand deux policiers lui demandent les papiers du véhicule. « J’ai entendu les sirènes de la police et je suis descendue dans la rue pour voir ce qui se passait, raconte Soungoutou Dembele, la fille de la victime. Un des policiers me dit : N’approchez pas ou je lâche le chien. Mon père était au téléphone et, d’un seul coup, ils lui sont tombés dessus et l’ont roué de coups. Heureusement, un habitant a tout filmé ! »

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Et les images sont éloquentes. On y voit nettement les protagonistes de l’affaire. Bilaly Dembele est au téléphone, apparemment pas menaçant, lorsque le policier et son chien s’approchent de lui. D’un balayage, ce dernier le fait tomber au sol avant de le frapper d’un coup de poing et d’un coup de pied. On voit également le chien, heureusement muselé, s’approcher dangereusement de l’homme. La violence ne s’arrête pas là, puisque le policier municipal reçoit le renfort d’un de ses collègues pour maintenir Bilaly Dembele au sol avant qu’un policier de la police nationale ne le gaze. On voit alors le premier policier municipal quitter la scène comme si de rien n’était.

Ce que les images ne montrent pas, c’est la suite de l’interpellation. Bilaly Dembele est menotté, puis placé en garde à vue. « Il a été emmené comme un coupable, regrette Soungoutou Dembele. Vous vous rendez compte ? Il n’avait rien fait à part oublier de bouger la voiture qui était stationnée au même endroit depuis trop longtemps. »

Coïncidence, Caroline Cayeux, maire de Beauvais, était dans le quartier Saint-Jean au même moment pour y signer le contrat urbain de cohésion sociale. Munie de la vidéo, la famille de la victime interpelle le maire. Cette dernière les reçoit et demande l’ouverture d’une enquête administrative. La vidéo sera ensuite montrée au responsable de la police municipale, qui demandera la levée de la garde à vue. Bilaly Dembele se rend ensuite aux urgences de Beauvais pour faire constater ses blessures. Il en ressort avec un certificat médical attestant de multiples contusions, de traces d’étranglement et deux jours d’incapacité totale de travail (ITT). Il devrait déposer plainte et poursuivre les policiers municipaux incriminés.

Leur presse (Patrick Caffin, LeParisien.fr, 24 février 2012)


Un policier suspendu après une altercation avec un automobiliste

Un policier municipal de Beauvais a été suspendu jeudi après avoir appréhendé de « manière musclée » un automobiliste qui refusait l’enlèvement de son véhicule.

L’information est révélée par le Parisien. C’était vers 10h, des policiers municipaux sont intervenus pour faire enlever un véhicule dans le quartier HLM de Saint-Jean. Face au refus du propriétaire de la voiture, un des policiers aurait tenté d’appréhender l’automobiliste « de manière musclée », a indiqué à l’AFP le maire de Beauvais, Caroline Cayeux. Le maire a diligenté une enquête administrative pour que « toute la lumière soit faite » sur cette « bousculade ». Des témoins de la scène, ainsi qu’une vidéo prise avec un téléphone portable « tendent à prouver que le policier n’a pas respecté les consignes de sécurité et de respect des personnes (…) que doit respecter quelqu’un qui porte un uniforme », a déclaré Caroline Cayeux. « En tant que maire, je ne transige pas. Le policier est pour l’instant suspendu tant que l’enquête n’est pas terminée », a ajouté l’élue.

Selon une source policière municipale, une « bagarre » aurait éclaté entre policiers municipaux d’un côté, et l’automobiliste et des « enfants du quartier » de l’autre, après que le propriétaire du véhicule eut refusé de déplacer sa voiture, « en stationnement abusif ». La vidéo montrant ce dernier « plaqué au sol » par des policiers est « seulement une séquence de ce qui s’est passé », a estimé cette source, ajoutant que « trois policiers avaient été blessés » dans l’altercation. Le policier municipal a été « suspendu à titre provisoire », ce qui ne constitue pas « une sanction », a poursuivi cette source.

L’automobiliste avait d’abord été placé en garde à vue au commissariat de Beauvais avant d’être relâché. Il n’est pas blessé, a précisé le maire de Beauvais.

Leur presse (TF1 News, 24 février 2012)

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[Pakistan] Le plus grand rassemblement de femmes du monde

Environ 100.000 femmes se sont rassemblées dimanche dernier à Karachi pour la défense de leurs droits et l’égalité hommes / femmes.

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Les femmes ont participé à la manifestation avec des pancartes comme : “Dites non à la violence conjugale” et “Nous condamnons la violence conjugale”.

Adapté de l’anglais (Womens Views on News) par Solidarité ouvrière, 24 février 2012.

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