[Vive l’Azawad libre !] La contre-révolution terroriste en marche

Les chefs algériens d’AQMI convergent avec leurs milices vers l’Azawad

Le MNLA devra faire face aux hommes d’Ansar Dine et les milices Aqmi que les algériens ont dépêchés dans l’Azawad. Pendant ce temps, la France au lieu de prêter main forte au MNLA pour se débarrasser de cette peste qui empoisonne l’Afrique du Nord et le Sahel, elle est en train de faire passer l’idée que les Touaregs sont alliés aux islamistes. Honte à la diplomatie française… Honte à l’AFP qui alimente la thèse de la diplomatie française

Selon des informations qui nous sont parvenues de l’Azawad, plusieurs groupes algériens d’Aqmi convergent vers l’Azawad pour prêter main forte à Ansar Dine dont les combattants sont encerclés par l’état major du MNLA depuis lundi 2 avril à Tombouctou. Ces groupes d’Aqmi qui ont traversé les frontières de l’État algérien n’ont pas été inquiétés, pourtant l’État algérien dit avoir fermé « ses frontières avec le Mali ».

Comment expliquer ceci si ce n’est par une implication de l’État algérien dans ce conflit qui oppose l’Azawad au Mali en mobilisant ses troupes de l’Aqmi qu’il envoie dans l’Azawad.

En effet, l’État algérien tremble à l’idée d’avoir comme voisin un État touareg, c’est pourquoi confiance peut lui être faite pour user de tout ce qu’il peut afin d’empêcher l’avènement de l’État de l’Azawad. Et dans sa mission, il peut compter sur la France qui continue à agir en puissance coloniale et rejette toute idée de remise en cause de l’intégrité territoriale des États qu’elle a elle-même créés.

Mais la détermination des Touaregs appuyée par la solidarité amazighe saura avoir raison de cette alliance anti-amazighe.

Affaire à suivre.

La Rédaction de Tamazgha, 4 avril 2012

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[Vive l’Azawad libre !] Faites la révolution, pas la guerre

Communiqué n° 14 – 04-04-2012 – Fin des Opérations Militaires

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad, suite à la libération complète du territoire de l’Azawad et compte tenu de la forte demande de la Communauté Internationale, notamment du  Conseil de Sécurité et de Paix des Nations Unies, des États-Unis  d’Amérique, de la France ainsi que des États de la Sous-Région :

• Décide unilatéralement de proclamer la fin des opérations militaires à compter du jeudi 5 avril à minuit T.U.

En  conséquence, invite les États de la Sous-Région et la Communauté Internationale à garantir le Peuple de l’Azawad, contre toutes agressions  du Mali.

Gao, le 4 avril 2012
Secrétaire Général du MNLA
Bilal Ag Acherif

Communiqué du MNLA publié le 4 avril 2012 à 19h34

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[Faits divers] Bayonne : un vénérable sabre agressé par un dangereux gangster à la solde de la mafia

Bayonne : un policier blessé à coup de sabre

Un policier du commissariat de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) est hospitalisé depuis ce matin après avoir reçu un coup de sabre alors qu’il tentait d’interpeller un homme. Ses jours ne sont pas en danger. Vers 9 heures, ce lundi, accompagné d’un collègue, ce fonctionnaire repère un homme recherché depuis vendredi pour une agression.

L’homme circule à bord d’un véhicule. La voiture est arrêtée pour contrôle, mais au moment où le policier s’approche de la portière, l’individu sort un sabre et porte un coup, atteignant le policier à la main et à l’omoplate. Le fonctionnaire riposte alors par un coup de pistolet dans la cuisse. Légèrement blessé, l’agresseur a été conduit à l’hôpital de Bayonne pour des examens. On ignore pour l’heure s’il présente des antécédents judiciaires ou psychiatriques.

Leur presse (Thibault Raisse, LeParisien.fr, 2 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] La contre-révolution « antiterroriste » à l’ordre du jour

La lutte anti-terroriste et le Mali au centre d’entretiens algéro-américains

ALGER – Le ministre algérien délégué aux Affaires Africaines et Maghrébines Abdelkader Messahel s’est entretenu mercredi à Alger avec deux hauts responsables américains de la lutte contre le terrorisme et de la situation au Mali, a indiqué l’agence APS.

Le haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom) Carter Ham et le sous-secrétaire d’État adjoint chargé de l’Afrique Johnnie Carson ont évoqué avec M. Messahel le phénomène du terrorisme et les questions liées à l’Afrique, a précisé APS.

Le patron de l’Africom s’est également entretenu avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en présence du ministre délégué auprès du ministre de la Défense Abdelmalek Guenaizia, du ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, de M. Messahel et du chef d’état-major de l’armée algérienne Ahmed Gaïd Salah, a ajouté l’APS. L’agence ne donne aucune précision sur cet entretien.

Le ministre algérien a évoqué avec les deux responsables américains la coopération bilatérale notamment en matière de lutte contre le terrorisme, ainsi que la situation au Mali, en Libye, Somalie et au Soudan, selon la même source.

La visite des deux responsables américains à Alger intervient quelques jours après la prise par la rébellion touareg et des groupes islamistes des trois capitales régionales du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou.

L’Algérie avait condamné le coup d’État militaire au Mali et exprimé sa grande préoccupation devant la situation dans ce pays avec qui Alger coopère contre les violences [sic] au Sahel.

Leur presse (Agence Faut Payer, 4 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Campagne d’intoxication contre le MNLA (2)

Tombouctou : Ansar Dine dans le collimateur du MNLA

Le scénario est toujours le même : une dépêche de l’AFP qui s’appuie sur une information vague non vérifiée et qu’elle transforme en vérité, puis les médias reprennent la pseudo-information en boucle. Voilà comment est entretenue une désinformation organisée. Cette désinformation quasi-systématique qui a commencé avec le déclenchement des hostilités entre le MNLA et l’armée malienne vise à discréditer le MNLA  que les commanditaires de cette désinformation veulent coûte que coûte associer aux islamistes.

Le lundi 2 avril, l’AFP et un journal arabophone mauritanien « Akhbar » diffusent l’information selon laquelle des éléments de l’Aqmi et les combattants d’Ansar Dine auraient pris Tombouctou et ont chassé le MNLA. Les faiseurs de l’information sont très précis dans leurs déclarations qu’ils attribuent à des témoins (certainement imaginaires).

Bien entendu, ce que dit l’AFP n’est pas tout à fait faux. En effet, des éléments de l’organisation criminelle d’Ansar Dine et des milices arabes de Tombouctou ont effectivement tenté de contrôler un quartier du centre ville de Tombouctou en essayant d’effrayer la population et en osant même menacer les combattants du MNLA. De là à dire qu’ils ont chassé le MNLA de la ville, au-delà du mensonge il y a le culot, car c’est réduire une organisation qui a mis à genoux l’armée d’un État organisé à une bande de trouillards qui se font chasser par des groupuscules criminels.

Essayons de faire un peu de pédagogie médiatique même si nous sommes loin d’avoir les compétences de la machine qu’est l’AFP.

En effet, suite à la libération de Tombouctou, des éléments du groupuscule djihadiste touareg Ansar Dine et des milices arabes ont voulu, lundi 2 avril, prendre certaines positions de la ville de Tombouctou. Les éléments d’Ansar Dine, en présence de leur chef Iyad Ghali, sont arrivés tôt le matin de ce lundi avec une cinquantaine de véhicules et ont effectué un défilé bruyant dans la ville ce qui a d’ailleurs choqué les citoyens. C’est sur place qu’une alliance entre Ansar Dine, des milices arabes et un certain Ag Erlaf, un Touareg corrompu envoyé par Bamako, s’est conclue. Ils ont formé une délégation qui a été à la rencontre de l’état-major du MNLA croyant pouvoir le rallier à leur « cause ». Le chef d’état-major du MNLA les a invités à se retirer de la ville sans délai.

N’ayant pas entendu l’appel, les hommes du MNLA se sont retirés du lieu de la rencontre. Avant la tombée de la nuit, les malfaiteurs furent encerclés par les combattants du MNLA et ordre leur a été donné de déposer les armes pour éviter toute effusion de sang. Des membres du Bureau politique du MNLA se sont rendus mardi auprès des chefs des bandes de malfaiteurs pour les ramener à la raison. Au moment où nous rédigeons cette dépêche les groupes criminels sont complètement cernés par les combattants du MNLA qui sont prêts à donner l’assaut et les neutraliser dans le cas où ils ne veulent pas entendre raison, déposer les armes et quitter la ville.

La ville de Tombouctou est donc bel et bien sous le contrôle du MNLA qui est confronté à la résistance de groupuscules qui seront d’un moment à un autre neutralisés d’une manière ou d’une autre.

Le MNLA montre par son action qu’il ne saura tolérer sur la terre de l’Azawad que des groupes islamistes tentent d’imposer leur loi et leur foi sur une population qui n’aspire qu’à vivre en paix et dans la liberté.

Et voici les détails de taille de l’information qui n’intéressent vraisemblablement pas l’AFP qui préfère verser dans l’intox et la manipulation de l’information : ça simplifie les choses et ça stigmatise les Touaregs. Oui ces hommes bleus loués de toutes et tous deviennent subitement les méchants du désert car ils veulent être libres… Ils veulent récupérer leur Terre…

Enfin, un détail de taille : à la demande de la France, le Conseil de sécurité s’est réuni et la France a d’ores et déjà obtenu un « accord de principe » de ses partenaires du Conseil de sécurité sur une déclaration sur le Mali. D’ailleurs, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la France veut mobiliser contre le « péril islamiste » au Sahel et contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). « C’est dans cet esprit que nous avons souhaité que le Conseil de sécurité s’exprime », ajoute-t-il en précisant que « La France souhaite attirer l’attention sur le péril islamiste », et rappelle que le groupe qui a pris le contrôle de Tombouctou depuis lundi « est étroitement lié à Aqmi ». Et voilà comment une information comme celle fabriquée lundi 2 avril par l’AFP et reprise en boucle par la quasi-totalité des médias a été très utile pour influencer, voire manipuler, le Conseil de Sécurité qui donnera, peut-être, le feu vert pour une intervention militaire dans l’Azawad. Bravo Monsieur Juppé !

Article de « La Rédaction », Tamazgha, 3 avril 2012

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[Vive l’Azawad libre !] Le MNLA en photos

Voyage dans l’Azawad en guerre
Entretien avec Ferhat Bouda, photographe

Ferhat BOUDA est photographe kabyle. Il a été dans l’Azawad où il a passé quelques jours avec les combattants du MNLA. Il a aimablement accepté de partager avec les lecteurs de Tamazgha.fr ce qu’il a vu et vécu lors de son court voyage dans un pays amazigh sur la voie de libération.

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Tamazgha.fr :  Ferhat Bouda, vous êtes photographe et vous avez pu effectuer récemment un court séjour dans l’Azawad, un pays en guerre depuis le 17 janvier 2012. Comment vous est venue l’idée d’aller dans ce pays en guerre ? Et quel en est l’intérêt pour vous ?

Ferhat Bouda : L’idée de partir pour photographier les Touaregs remonte à loin et elle s’inscrit dans mon projet de réaliser une documentation photographique sur les berbères, et cela remonte à au moins deux ans.  Et c’est lors de la dernière rencontre amazigh à Djerba en septembre 2011 où j’avais rencontré des Touaregs que l’idée a commencé à se concrétiser. Mes interlocuteurs touaregs avaient trouvé intéressant le projet que je leur avais soumis. Je suis revenu donc de Djerba avec l’objectif de rassembler les moyens nécessaires et trouver le temps pour effectuer le voyage dans le pays touareg. Et lorsque j’étais prêt à partir, la guerre était déjà déclenchée dans l’Azawad. Cela n’a pas entamé ma volonté d’effectuer le voyage. Mon intérêt est de découvrir une région, une culture… et de rencontrer des gens et partager ces découvertes à travers la photo.

Racontez-nous un peu comment êtes-vous arrivé sur place, qu’avez vous visité et qui avez-vous rencontré  ?

Pour aller dans l’Azawad il fallu des contacts sur place parce que nous sommes dans le désert, la situation sécuritaire est dangereuse avec les enlèvements. La nouvelle situation de guerre complique davantage les choses.  Je suis rentré par le nord-est de la Mauritanie. À la frontière j’étais pris en charge par des combattants du MNLA et je suis parti avec eux jusqu’à leur base. Là-bas j’ai rencontré d’autres soldats, des responsables du MNLA  et des prisoniers maliens qui étaient capturés par le MNLA.

Quelle est la tranche d’âge des combattants que vous avez rencontrés ? Ces soldats vous ont-ils dit les raisons de leur engagement dans l’armée de libération de l’Azawad ?

J’ai rencontré un soldat (déserteur de la gendarmerie malienne) âgé de dix-sept ans seulement, un autre soldat avait cinquante-et-un ans, mais on peut dire que la majorité ont entre 20 et 25 ans. Ce sont des jeunes assoiffés de liberté. Ils m’ont dit qu’ils sont là pour la liberation de l’Azawad. Ils m’ont dit combien ils sont marginalisés et leur pays est abandonné et sans infrastructures, livré à l’insecurité. Même au sein de l’armée malienne, il y a une grande méfiance à l’égard des Azawadiens dès le début de ce conflit. Pour les Azawadiens  le gouvernement malien est incapable de gérer la région. Enfin il veulent prendre leur destin en main.

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Un jeune de 17 ans, déserteur de la gendarmerie malienne.

Que pensent-ils de la question amazighe ?

Pour les personnes que j’ai rencontrées, la question amazighe est TOUT pour eux ; c’est leur existence-même. « Nous naissons, nous vivons et nous mourrons avec ! » m’ont-ils dit. Ils m’ont raconté l’histoire berbère avec une grande fierté et ils écrivent en tifinagh. Ce qui m’a surpris c’est qu’il y a des soldats qui ne parlent aucune autre langue que le berbère.

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Mohamed, 51 ans

Parmi les combattants que vous aviez rencontrés y avait-il des soldats revenus de Libye ?

En réalité je ne le sais pas et je n’ai pas posé la question aux soldats que j’ai rencontrés. Mais je sais que le MNLA a déjà confirmé officiellement la présence de soldats touaregs revenus de Libye.

Vous avez rencontré un ex-colonel de l’armée malienne qui a rejoint le MNLA. Pouvez-vous nous dire plus sur cette rencontre ?

Pendant notre rencontre je lui ai posé quelques questions et je voulais notamment savoir les raisons qui l’ont poussé à déserter l’armée malienne. Il m’a répondu ceci : « J’ai quitté l’armée pour regagner la cause juste. La révolution est un long chemin mais le bilan depuis le 17 janvier est très positif. Le MNLA est beaucoup plus structuré que les soulèvements des années précédentes. C’est un mouvement politico-militaire et son but est bien précis : c’est la libération de l’Azawad. Nous avons le contrôle d’une grande partie du territoire de l’Azawad et en plus nous avons récupéré une quantité importante d’armes pendant les combats ».

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Au centre : un ex-colonel de l’armée malienne

Parmi ceux que vous aviez rencontrés, il y avait également des soldats de l’armée malienne faits prisonniers par le MNLA. Dans quelles conditions sont-ils détenus et avez-vous pu discuter librement avec eux ?

La rencontre avec les prisonniers s’est passée en toute liberté. Je pouvais poser toutes les questions que je voulais et ils m’ont répondu en toute liberté aussi. Il y avait un lieutenant avec quatre soldats que le MNLA a capturé à Léré depuis le 23 janvier. Ils sont  bien traités ; ils ne sont pas attachés et ils disposent de leur propre espace où ils font la cuisine et où ils dorment. Le lieutenant appelé sa sœur dès la première semaine, mais les autres n’avaient pas encore, à la date où je les avais vus, établi un contact avec leurs familles. Parmi eux il y a aussi un caporal qui était stationné au nord du Mali depuis douze ans et il a été capturé avec un autre soldat le 3 février à Niafunké.

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Prisonniers (le lieutenant Sangarri avec 4 autres soldats, capturés le 26 janvier 2012

Qu’est-ce que ces prisonniers vous ont raconté ?

Ils demandent à avoir un contact avec les autorités militaires maliennes dans l’espoir d’être libérés le plus vite possible. Ils m’ont tous confirmé que les combattants du MNLA les traitent correctement et que leur dignité n’a pas été touchée. J’ai demandé au caporal stationné dans la région depuis douze ans si l’armée malienne présente dans l’Azawad a eu à affronter des éléments d’AQMI. Sa réponse est : « Non ». Et lorsque je lui ai demandé plus de précisions, il me dit ceci : « Je ne peux pas le dire car nous sommes juste des exécutants ».

Les médias parlent beaucoup des accointances du MNLA avec l’AQMI. Qu’avez-vous constaté sur le terrain à ce sujet ?

J’ai photographié dans deux bases différentes pendant trois jours et je ne peux pas dire que j’aie ressenti le moindre lien entre le MNLA et L’AQMI.

Propos recueillis par Masin FERKAL


Portfolio

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Publié par « Tamazgha, le site berbériste » le 31 mars 2012

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[Grèce] « Je préfère choisir une fin digne, plutôt que fouiller dans les poubelles à la recherche de ma subsistance »

Un retraité se tire une balle dans la tête devant le Parlement grec

Accablé de dettes, un pharmacien à la retraite de 77 ans s’est tiré une balle dans la tête mercredi devant le Parlement grec à Athènes. Des témoins ont rapporté que l’homme avait crié « j’ai des dettes, je n’en peux plus », avant de se tirer une balle dans la tête. Selon un passant, il a également dit : « Je ne veux pas laisser mes dettes à mes enfants ».

Une note retrouvée dans une poche de son manteau met en cause les hommes politiques et les milieux financiers. « Je préfère choisir une fin digne, plutôt que fouiller dans les poubelles à la recherche de ma subsistance », a écrit le retraité.

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« Qui sera le prochain ? »

Quelques heures après sa mort, des anonymes ont déposé des bougies, des fleurs et des notes manuscrites sur les lieux du suicide, place Syntagma. « Qui sera le prochain ? », pouvait-on lire sur un billet. « C’est une tragédie humaine », a dit le porte-parole du gouvernement, Pantelis Kapsis.

Selon la Fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE), l’institut d’analyse le plus réputé du pays, l’économie grecque se contractera de 5% cette année et un actif sur ‘‘cinq sera au chômage, ce qui compliquera les efforts d’Athènes pour réduire son déficit budgétaire.

Leur presse (20Minutes.fr avec Reuters, 4 avril 2012)


Grèce : situation alarmante selon Médecins du Monde

Frappé par la crise, Perama, dans la banlieue du port du Pirée, s’enfonce de plus en plus dans pauvreté. Autrefois plein de chantiers navals, le quartier a subi l’hémorragie des délocalisations.

Le chômage ici est massif : il touche 60% de ses 25 mille habitants. La situation était déjà alarmante avant la crise, à présent on n’hésite pas à parler de crise humanitaire.

C’est le constat de l’agence locale de Médecins du Monde, submergée par des patients sans accès aux soins et même à la nourriture.

Nikitas Kanakis, président de Médecins du Monde Grèce : “Très bientôt nous allons allons avoir besoin de l’aide d’autres organisations humanitaires, parce que nous sommes face à une crise humanitaire.”

Lorsque le centre fut crée il y a deux ans, le docteur Maili ne soignait que des immigrants. À présent 80% de ses patients sont grecs, sans assurance maladie et sans un sous pour se payer de soins. Les enfants ne sont pas vaccinés, un scénario que Médecins du Monde n’a vu qu’au tiers monde.

Liana Maili, pédiatre : “Nous disons à beaucoup de personnes qui viennent ici, ‘votre enfant doit aller à l’hôpital, nous ne pouvons traiter le problème ici’, et ils nous répondent qu’ils n’ont même pas un euro sur eux pour payer le bus qui va à l’hôpital…”

Certaines personnes viennent même pour des denrées de base, comme le lait et le pain.

C’est le cas de ceux qui sont au chômage depuis des années, 5 ans pour certains, avec des enfants à charge, comme Antonis Giatras, trois enfants : “Ma plus jeune fille part certains jours à l‘école sans emporter de repas, nous avons de gros problèmes” explique Antonis.

La situation est aussi dramatique pour Spiridoula Firlemi, aussi au chômage, tout comme son mari plombier et son fils de 20 ans. Elle a un bébé de 45 jours et craint la coupure d‘électricité dans son logement insalubre : “La facture d’électricité vient d’arriver, c’est 1250 euros. Ils vont la couper… On va voir, je vais m’arranger avec un voisin, je ne peux pas laisser le bébé comme dans le froid.”

Trouver un job avant la fin des aides sociales, voilà l’obsession de Spiridoula, qui pour le reste a perdu espoir : “Je suis déçue du gouvernement, et je ne veux voter pour personne, dit-elle. Ils mentent tous. Maintenant, ils disent qu’ils vont couper les allocations familiales pour ceux qui ont trois enfants, pourquoi avoir des enfants s’ils nous laissent mourir de faim…”

Des Grecs en extrême précarité et amers, convoqués aux urnes dans quelques semaines.

Leur presse (fr.euronews.com, 30 mars 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Campagne d’intoxication contre le MNLA

Communiqué N °13 – 04/04/2012 contre la Campagne d’Intoxication contre le MNLA

Le Mouvement National informe l’Opinion Nationale et Internationale, que l’espace médiatique malien et une certaine presse internationale, des mercenaires de la plume au service des mafias, dénigrent par des écrits inappropriés, des mensonges, notre action.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad considère les dépêches de l’AFP (Agence France Presse), reprises à travers le monde comme une campagne d’intoxication et de désinformation.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad, tient sa position face à tous les réseaux mafieux et se démarque de l’organisation Ançar Dine et autres qui se dressent sur le chemin de la libération de l’Azawad.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad rappelle au peuple de l’Azawad où qu’il soit de ne point céder à la diffamation et à l’intoxication, l’objectif reste la liberté sur nos terres.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad informe qu’il tient sa position dans la ville de Tinbouctou et toutes les autres villes de l’Azawad.

Bakaye Ag Hamed Ahmed
Chargé de Communication, Informations et relais avec les Médias

Communiqué du MNLA, 4 avril 2012

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Manifeste des maquisard-e-s pour une convergence des luttes

Première contribution

Nous croyons que c’est aujourd’hui plus que jamais que nous devons décloisonner les anciennes lignes de rupture (citoyen-ne-s/syndicats, libertaires/militant-e-s d’organisations politiques etc.) pour rendre tangible de nouveaux imaginaires subversifs et être collectivement offensifs face à ce monde qui s’effondre.

Nous, ce sont les grévistes indéboulonnables, les squatteur-se-s de tout poils, les hacker-euse-s anonymes, les occupant-e-s de places publiques, les syndicalistes désillusionné-e-s, les paysan-ne-s en devenir, les activistes nomades,  les yourteux-se-s, les bricoleur-se-s de bouts d’autonomie, les gratteur-se-s de papier, les féministes enragées, les théatreux-ses aux gorges déployées, les associatif-ve-s de terrain et tout autre empêcheur-se-s de tourner en rond.

*

Si un premier temps d’échange et de rencontres s’est déroulé au Maquis, à la ferme autogérée de Cravirola, nous nous revendiquons maquisard-e-s car nous voulons prendre le maquis, autant pour nous soustraire à la marchandisation généralisée que pour la combattre.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine mobilisation, courir derrière le prochain mouvement, être débordé par nos contestations. Nous voulons être le mouvement, les faire déborder par nos offensives plurielles, les faire se démobiliser pour mieux nous retrouver.

Nous voulons nous revoir au fur et à mesure des espaces qui, tout en s’inscrivant dans une perspective de convergence des luttes, associent vie politique et vie collective, comme nous l’avons fait par la suite sur la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, autour d’une base commune qui ne demande qu’à s’étoffer au gré des réflexions collectives.

*

Au delà des affinités politiques et humaines,  nous voulons avant tout dessiner les premiers champs politiques qui nous réunissent, nous portent et autour desquels nos luttes convergent. Nous mettons également en œuvre un corpus de pratiques lors de nos différentes rencontres, pratiques qui prennent part entière dans nos tentatives d’esquisser un imaginaire politique commun.

L’ÉMANCIPATION. Si en tant qu’individu à part entière chacun-e cherche à s’émanciper (aussi bien dans nos réflexions politiques que dans nos vies quotidiennes), cette émancipation individuelle ne sera entière que si il existe les conditions d’une vraie émancipation collective.

La RÉAPPROPRIATION de nos vies et de tout espace (public, géographique, médiatique, sémantique, etc.) de plus en plus confisqués par toute volonté d’étendre toujours plus les territoires alloués au capital.

L’AUTONOMISATION. En tant que processus, elle nous permet l’autonomie de réflexion en dehors de tout dogmatisme et de tout parti. Quant à l’autonomie matérielle, elle a pour objectif de briser les rapports marchands, de se rapproprier pleinement la question de la production sans être une fin en soi.

Le RÉSEAU. Notre rapport de force s’exprime à travers les contours indéfinissables et sans cesse mouvants d’une nébuleuse constituée d’individus, de collectifs et toute autre organisation formelle ou informelle. C’est au sein de cette mise en réseau que dialoguent et s’échangent sans cesse réflexions, savoirs théoriques et savoir-faire. La construction d’un rapport de force effectif passe alors par la mise en place de solidarités inter-luttes au sein même de notre réseau : mutualisation de caisses de grèves, caisses anti-répression, aide juridique, cantines sauvages, prêt de matériel sont autant d’initiatives qui permettent de dépasser l’impasse perpétuellement renouvelée de la contestation.

Les PRATIQUES AUTOGESTIONNAIRES. Assemblées générales, horizontalité des prises de décisions, intelligence collective, démocratie directe… les pratiques d’organisation et de discussion plurielles sont pour nous les outils de base pour contrer l’illusion représentative et déconstruire tout rapport de domination lors de nos instants collectifs.

*

Cette première contribution est réappropriable par tous-tes. Elle n’est qu’une tentative de mettre en forme les réflexions issues des Rencontres du Maquis de l’été 2011 et ne demande qu’à être étoffée, rayée, supprimée, contestée.

*

une adresse mail

une  liste  de  discussion

un site (bientôt)

*

Des gens se sont motivé-e-s pour organiser des rencontres en 2011.

Des listes de matos, des lieux,  des contacts sont dispos pour réorganiser des rencontres  pour toutes personnes motivées à recréer ces instants collectifs en 2012.

À vous de jouer !

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[Affaire Merah] « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Quatre députés et quatre sénateurs ont entendus les chefs de service du renseignement français au sujet de l’affaire du « tueur au scooter ».

Le président de la délégation parlementaire au renseignement, Guy Teissier (UMP), a indiqué mercredi qu’il n’y avait « aucune ombre au tableau » à l’issue de l’audition des chefs des services du renseignement français sur l’affaire Mohamed Merah.

Ce député, qui préside cette délégation — dont les travaux sont couverts par le secret défense — a indiqué que les auditions se sont déroulées mercredi matin « dans un excellent climat ».

Interrogé sur le fait de savoir si les quatre députés et quatre sénateurs avaient été satisfaits par les réponses apportées à leurs questions au cours des deux heures et demi d’audition, M. Teissier a répondu : « Pleinement satisfait. »

Interrogé sur le fait de savoir s’il y avait « aucune faille ou aucune ombre au tableau » dans cette affaire, M. Teissier a répondu : « Aucune ombre au tableau ». Le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, et Érard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) ainsi qu’Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement, ont été auditionnés. Les responsables de Tracfin (cellule du renseignement financier) et des Douanes ont également participé à cette réunion, a-t-il précisé.

Initialement, une conférence de presse était prévue mercredi matin, mais elle a été annulée sans explications. Cette délégation parlementaire communique extrêmement rarement.

Après les tueries de Mohamed Merah, la commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois avait prévu d’auditionner notamment Érard Corbin de Mangoux et Bernard Squarcini mais les ministres de l’Intérieur Claude Guéant et de la Défense Gérard Longuet ont refusé d’autoriser ces auditions.

Publié par des larbins de la police secrète d’État (Libération, 4 avril 2012)

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Balade anti-électorale à Grenoble

Le samedi 31 mars, aux alentours de midi, nous avons joyeusement déambulé dans les rues de Grenoble contre les élections et leur monde. Sur notre chemin, en ont pris pour leur grade : le Dauphiné Libéré, la nouvelle permanence PS, Pôle Emploi, banques, agences d’intérim, d’immobilier et de sécurité. C’est à coup d’huile de vidange, de peinture, de compost et de fruits pourris que nous avons redécoré les devantures de nos cibles. Un texte a été diffusé durant la balade, que nous postons à la suite.

À cinquante, il est possible de reprendre la rue l’espace de quelques minutes. Et si on s’y mettait à plus ?

Pas d’élections sans bordel ; à bientôt dans la rue !

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Pourquoi sommes nous dans la rue aujourd’hui ?

À quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, au moment où les candidats de gauche comme de droite examinent les derniers sondages, nous sortons dans la rue pour réaffirmer que nous n’irons pas voter. Nous n’irons pas voter pour ces spécialistes de la politique qui prétendent pouvoir gérer la vie de millions de gens ; nous n’irons pas voter car nous refusons le monde qu’ils nous proposent, enfin nous n’irons pas voter car notre imagination et nos désirs débordent de leurs bulletins de vote. La démocratie représentative n’est qu’une instance de gestion de la société ! Nous voulons vivre et pour cela nous pensons qu’il est primordial de reprendre en mains nos existence, commencer donc par refuser de déléguer. Nous voulons un changement global de ce monde ; décider de notre avenir ne peut être le fait d’un programme de parti, cela doit être le fruit d’une organisation collective à la base, en luttant contre toutes les formes de pouvoirs et de contrôle. Nous ne croyons pas en une insurrection civique, car l’histoire nous l’a montré, on ne peut utiliser les instruments du pouvoir pour le renverser. Il faut pour cela lutter concrètement en s’organisant collectivement. S’organiser contre les partis, de gauche comme de droite, qui ne voient dans la démocratie représentative qu’une manière de s’approprier le pouvoir. Ces experts qui veulent nous faire croire que la politique se joue dans des salles de réunions et des bureaux de vote, alors qu’elle n’existe que réellement dans la palabre et le vivre ensemble. Laissons les patauger dans leurs sondages, et reprenons notre droit à décider dans nos villages, nos quartiers, les écoles et les entreprises… S’organiser contre le travail présenté comme seul horizon, comme seul épanouissement d’une vie sans surprise. Le travail comme seul rapport au monde, comme seul rapport aux autres. Nous devons nous réapproprier et mettre en commun nos compétences et nos savoirs faire, pour ne plus les laisser aux exigences de la marchandise et du contrôle. Ne plus accepter que toujours plus de gens soient obligés d’aller taper à la porte d’un pôle emploi, soumis à des boulots de merde qu’il faut bien accepter pour ne pas être radiés, pour toucher cette thune par laquelle ils nous font marcher droit. Parce que oui, la réalité de ceux et celles qui n’ont pas de travail c’est bien souvent la misère économique, mais aussi sociale et affective. Finalement une dépendance toujours plus accrue au système responsable de cela : quand t’as pas de thunes tu t’accroches au moindre billet. Les discours actuels sur la crise, présents dans la bouche des politiques, et relayés par tous les médias dominants, veulent nous faire croire que l’on traverse une période difficile, mais que l’on doit rester confiant dans la relance de la croissance, que ça ira mieux demain ! Mais nous avons compris que la crise n’est qu’une phase normale du fonctionnement normal de l’économie capitaliste. Une phase de plus dans laquelle les plus pauvres trinquent sévèrement pendant que les grosses fortunes réalisent des records de bénéfices. La crise n’est finalement qu’une façon supplémentaire de nous contraindre au silence, à l’attente, au calme, à être « responsable ». Années de plomb ou années à fric qu’importe, nous refusons que nos existences vacillent au gré des fluctuations d’un capitalisme mondial. Pour mettre à bas ce système, il nous faut désormais nous organiser sans argent ou plutôt contre l’argent, car il est la source majeure de notre malheur. Nous devons donc développer les solidarités, les combines et les pratiques qui puissent permettent en fin de compte de rendre les dispositifs de domination obsolètes. Cela veut dire se poser de manière commune certaines questions. Celle de la nourriture par exemple, pour ne plus être dépendant d’une agriculture productiviste et d’une bouffe de plus en plus industrielle. Mais c’est aussi la question du logement ; retrouver la possibilité d’habiter un espace qui nous convienne, nous ne voulons plus choisir entre la rue et un appart pourri. Nous refusons de croire que la vie la plus épanouissante se joue entre les quatre murs d’un trois pièces, dans une propriété aseptisée au sein d’un quartier sans âme. Pour faire accepter les cadres et mater les colères, toutes les formes de pouvoir, et nos « démocraties » ne sont pas en reste en la matière, s’entourent de vigiles, de policiers, de militaires… et aujourd’hui grâce à l’apport des nouvelles technologies, ce sont les caméras, les puces RFID… autant de possibilités de contrainte. Mais notre meilleure police c’est nous-mêmes, c’est notre façon d’accepter le « moins pire des mondes » et d’être prêt à le défendre même lorsqu’il nous broie. Il est grand temps de retrouver ensemble le courage de le combattre.

Le monde capitaliste se craquelle de part en part, les peuples du monde entier refusent de courber l’échine sans rien dire, mais il ne tombera pas seul ! S’organiser pour renverser ce système ne passera pas par les urnes, mais dans la pratique collective : dans les mouvements sociaux, dans les luttes en tous genre, dans les assemblées et dans la rue. Nous devons rendre présents tous ces gestes, les multiplier et les faire résonner entre eux jusqu’à ce qu’ils débordent…

Indymedia Grenoble, 2 avril 2012

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Ils se préparent à la guerre de classe !

Le GIGN inspire les patrons du CAC 40

Derrière de hauts barbelés, entre médailles, fanions et portraits des commandants qui se sont succédé depuis 1974, un large tableau trône dans le bunker du GIGN à Versailles. The Washington PostThe GuardianEl Pais… au mur, des dizaines de « unes » de quotidiens du monde entier, toutes datées du 27 décembre 1994, relatent l’exploit de la veille : l’assaut de l’Airbus A300 d’Air France, immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Marignane après avoir été détourné par un commando d’islamistes algériens. En 17 minutes, les gendarmes cagoulés ont mis fin à un calvaire long de deux jours pour les passagers. Pour le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, ce fut la consécration.

Aujourd’hui, la réputation de ces gendarmes, rodés à côtoyer l’extrême, n’a pas faibli. En près de quarante ans d’existence, ils ont emmagasiné une expérience phénoménale. Gestion de crise, du stress, sélection et fidélisation des hommes, cohésion d’équipe, interventions d’urgence, négociations lors de prises d’otages, conduite du changement, traitement des échecs… du pain bénit pour les entreprises, confrontées à un monde économique en plein bouleversements. Zodiac, Airbus, AXA… les sociétés sont de plus en plus nombreuses à venir chercher des réponses à Versailles, dans l’antre de l’institution. « On exerce un certain magnétisme », reconnaît l’actuel commandant de l’unité, le général Thierry Orosco.

Visites et séminaires

Souvent, c’est la curiosité qui pousse un patron à venir au GIGN. Beaucoup d’anciens de la maison se sont reconvertis au sein de grands groupes, notamment dans la sécurité. Ils jouent un rôle d’ambassadeur auprès des dirigeants. « Les chefs d’entreprise posent naturellement beaucoup de questions sur nos opérations. Mais rapidement, ils réalisent nos points communs. Et nous demandent même d’intervenir lors de séminaires. Car commander le GIGN c’est, en quelque sorte, agir en chef d’entreprise. Nos difficultés sont les mêmes. Notre premier défi est interne », poursuit ce général, dont les 380 recrues, sélectionnées parmi les 100.000 gendarmes de France, partagent la devise : « Toujours plus loin… »

AXA fait partie des convaincus du CAC 40. Au plus haut niveau. «  Il est toujours enrichissant d’observer des organisations d’excellence », assure son PDG, Henri de Castries, qui s’est rendu au GIGN en septembre dernier. Et s’est dit séduit par la manière dont « même les bâtiments ont été construits, pour améliorer l’efficacité des missions ».

Architecture, organisation des stocks en fonction d’environnements montagneux, désertiques ou marins… tout concourt pour permettre à l’institution, refondue en 2007 pour être plus réactive encore, de dépêcher en urgence 25 hommes en une heure, 50 une heure plus tard, et 220 gendarmes en quatre heures.

Fort de ses 114.000 salariés et de quelque 101 millions de clients, l’assureur y trouve plus d’une source d’inspiration : « Derrière l’aspect spectaculaire des interventions, il faut voir ce que cela suppose d’analyse et de prévention des risques. Or notre coeur de métier est d’abord d’aider nos clients à comprendre comment prévenir des incidents et éviter que des dommages ne se produisent », observe le PDG d’AXA, lui-même colonel de réserve dans la légion étrangère.

Certains métiers se prêtent aux échanges. Depuis 2003, Airbus et les équipes du GIGN collaborent officiellement. « Si le sujet de la sûreté ne relevait pas, pendant longtemps, des constructeurs aériens, l’évolution du monde, des menaces et des technologies nous poussent à jouer un rôle plus actif. Le GIGN était reconnu pour son expertise, il était donc naturel de mettre en commun nos experts », déclare Tom Enders, PDG d’Airbus, futur numéro un d’EADS et lui-même ancien parachutiste.

Gestion de crise

Au-delà d’une coopération dans des domaines classiques, comme la gestion des détournements aériens ou la prévention des risques à bord, l’avionneur s’est doté d’une équipe dédiée qui oeuvre avec les cellules de veille et de recherche du GIGN « sur l’avion de sa conception à sa déconstruction », assure Pascal Andrei, directeur de la sûreté aéronautique chez Airbus.

De la maîtrise de la communication (les preneurs d’otages écoutent les médias) à l’anticipation stratégique, en passant par les recherches scientifiques face à des menaces nucléaires, bactériologiques ou chimiques, les champs d’action du GIGN ne cessent de croître. Et ses méthodes peuvent faire école dans tous les secteurs. « Il y a la gestion de crise, commente Henri de Castries. Le fait de savoir aller à l’essentiel, quand quelque chose est grave, s’applique aussi à l’univers de l’entreprise. » Idem pour les techniques de négociation. « Quand vous discutez avec un preneur d’otages, décrypter sa psychologie est essentiel. Il y a peut-être des choses à apprendre de ce type de négociations pour les sociétés », observe le patron d’AXA.

Forcenés, terrorisme, prises d’otages… la résolution de crises passe par un management sans faille. « La qualité des interventions des membres du GIGN repose à la fois sur un très grand professionnalisme et sur une confiance mutuelle. L’institution forme ses officiers pour qu’ils travaillent en équipe de manière parfaitement coordonnée et incroyablement efficace : ils n’ont pas le droit à l’erreur », poursuit Henri de Castries.

Il faut dire que n’entre pas au GIGN qui veut. Les gendarmes candidats sont d’abord soumis, une semaine durant, à une batterie de tests. Les meilleurs suivent ensuite un pré-stage intense de 14 semaines, où ils doivent, sans cesse, repousser leurs limites. Seuls une poignée d’entre eux seront embauchés. Suivra, alors, une formation de huit mois aux métiers d’intervention, avant d’intégrer l’une des cinq forces du groupe (intervention, sécurité-protection, observation-recherche, appui opérationnel ou formation). Peu importe si le compte n’y est pas. « On ne se fixe aucun chiffre, explique le général Thierry Orosco. L’an dernier, nous n’avons recruté que 7 personnes. » Sur 130 candidatures au départ.

Conférences chez Orange

Autre particularité : la promotion ne peut être qu’interne. Personne n’entre au GIGN « au milieu de la pyramide ». Au quotidien, l’entraînement est collectif mais aussi individuel, « chacun est maître de son programme, raconte Thierry Orosco. Notre maître mot est la confiance. »

Et lors d’interventions, « une fois les objectifs à atteindre déterminés, les échelons inférieurs doivent s’approprier la mission. Et à l’issue de celle-ci, il est fondamental d’effectuer un debriefing. C’est un moyen d’assouvir la soif de reconnaissance des équipes et de responsabiliser chacun », poursuit-il.

Des valeurs qui résonnent parmi les DRH. En février, lors d’un cycle de conférences « décalées », France Télécom Orange a convié un ancien du GIGN pour partager avec 400 managers ses techniques de gestion du stress ou encore l’art essentiel du debriefing. « Nous avons refusé du monde ! », raconte Bruno Mettling, DRH de France Télécom Orange. Même si l’appel à une institution militaire a fait grincer quelques dents au sein des syndicats.

De son côté, AXA réfléchit à monter des formations pour ses managers amenés à voyager, notamment en matière de sécurité, avec l’unité, qui exporte déjà ses savoir-faire (formations, audits, retours d’expérience…) de l’Inde au Qatar en passant par l’Azerbaïdjan.

Leur presse (Laurance N’Kaoua et Alain Ruello, Les Échos, 20 mars 2012)

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[Chili] Vive la résistance mapuche ! (2)

Chili : un policier tué dans un accrochage dans une communauté mapuche

Un policier a été tué par balles lundi au Chili lors d’un accrochage armé dans une communauté d’indiens mapuches du sud du pays, première victime policière des tensions avec cette minorité indigène depuis sa radicalisation il y a une dizaine d’années.

Le sergent Hugo Albornoz a succombé en soirée à des blessures au cou, reçues le matin dans le secteur d’Ercilla, à 700 km de la capitale Santiago, où un détachement de police, accompagnant un procureur, venait de réaliser l’intervention, ont indiqué des sources officielles.

Un autre policier a été blessé par des plombs au visage.

Le sergent décédé, qui appartenait à une troupe de choc chargée des opérations spéciales, le GOPE, a été touché dans ce que le chef de la police chilienne Gustavo Gonzalez, a qualifié d’embuscade de la part de lâches criminels profitant du terrain.

L’opération, avait indiqué le parquet, visait à récupérer des indices sur une tentative d’homicide sur un policier en octobre 2011, et une occupation violente de résidence. Trois personnes ont été arrêtées lors de la descente de police, un fusil et des munitions saisis.

Un porte-parole de cette communauté mapuche Wente Winkul Mapu, Daniel Melinao, a dénoncé sur Radio Cooperativa la violence du raid de policiers fortement armés, agressant nos frères, nos enfants, tirant des grenades lacrymogènes. Selon des témoins, environ 50 policiers participaient au raid.

En quittant la communauté mapuche, le convoi policier a été la cible de tirs venus de bois sur les côtés de la route, et a riposté. Deux policiers ont été touchés dans l’accrochage, sans que la provenance des balles soient clairement établie.

La région d’Araucanie, dans le sud Chili, est le fief des Mapuches, première minorité indienne du pays (700.000 personnes, quelque 6% de la population) qui réclame la restitution de terres ancestrales prises par l’État à la fin du 19e siècle, et aujourd’hui propriétés de grands groupes forestiers.

L’Araucanie connait des phases de tension récurrente, comme encore en décembre et janvier derniers, depuis la radicalisation il y a dix ans environ du mouvement mapuche, avec des occupations de terre, des sabotages d’engins forestiers.

Depuis 2002, trois militants mapuches ont été tués lors de heurts avec les forces de l’ordre, mais la police ne déplorait à ce jour aucune victime.

Un groupuscule radical mapuche, la Coordination Arauco Malleco (CAM), qui compte plusieurs dirigeants en prison, a été mis en cause en janvier par les autorités pour une vague d’incendie de forêt, certains d’origine criminels. Sept pompiers avaient péri dans un des feux.

Le gouvernement a porté plainte pour les feux de forêt en vertu de la loi antiterroriste, un outil pénal répressif datant de la dictature et régulièrement invoqué contre les Mapuches ces dernières années.

Leur presse (Agence Faut Payer, 3 avril 2012)

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La police travaille à Perth (Australie)

Perth : un flic mis KO

25 mars : un policier a perdu connaissance après avoir été frappé alors qu’il tentait d’arrêter un homme lors d’une intervention sur une fête qui dégénérait à Balga, un quartier du nord de Perth.

La police anti-émeute, la police montée [à cheval] et une hélicoptère de la police ont été appelés pour intervenir sur Coniston Way aux environs de 23h, après que des voisins aient témoigné que des centaines de jeunes s’affrontaient dans la rue en se lançant des bouteilles.

Un officier de 37 ans, du commissariat de Mirrabooka a été approché par derrière alors qu’il essayait d’arrêter quelqu’un, il a été frappé d’un coup de pied à la tête, ce qui lui a fait perdre connaissance. L’officier en question est sorti de l’hôpital après avoir passé des scanners.

Trois personnes impliquées lors de cette fête sont poursuivies en justice, mais personne n’a été arrêté suite à l’attaque contre le policier.

Samedi soir, la police est intervenue sur une dizaine de fêtes différentes à travers l’État de Western Australia.

Traduit de l’anglais (blog anarchiste Disaccords, 25 mars 2012)

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[Grèce] Les préfectures commencent à brûler

Après des rassemblements devant la mairie, des actions « symboliques » d’occupation temporaire, puis des occupations et des blocages durs des instances de pouvoir municipales et préfectorales un peu partout, des chômeurs révolutionnaires commencent à revendiquer la destruction de ces instances de pouvoir. Des préfectures et mairies commencent à être attaquées et incendiées, contre la famine et le génocide social perpétré par la bourgeoisie assassine.

Rappelons que les prochaines élections en Grèce devraient avoir lieu la dernière semaine de mai 2012, malgré les craintes et réticences de la plupart des ministres des finances européens et internationaux. Et ceci avant l’adoption de nouvelles « ultimes » mesures d’austérité courant juin, avec la première ratification totale des mesures précédentes déjà adoptées, à effet rétroactif depuis janvier 2012. La bourgeoisie continue de piller, et par l’effet rétroactif, craint que ces élections provoquent une instabilité irréversible et un chaos. Dans le même temps, elle craint que sans ces élections, le résultat soit le même. L’idée d’un « pouvoir fort et national » fait logiquement son chemin, même si tout est déjà décidé. La farce des élections ne trompent personne, ni les affameurs ni les affamés, sur leur véritable rôle politique.

Effectivement, dans les deux cas, ce sont toujours les mêmes qui auront faim et les mêmes qui mangeront. Effectivement, dans les deux cas, plus aucune illusion démocratico-bourgeoise et spectaculaire-marchande peut faire mentir et rendre « démocratiquement abstrait » le fait que les gens meurent de faim, que leurs poches et leurs frigos soient vides.

Dans les instances encore occupées, que ce soit mairies ou entreprises, les travailleurs changent de ton dans les débats d’après plusieurs camarades grecs sur place : « s’ils veulent nous maintenir dans la famine par les armes, nous nous défendrons par les armes ». Simultanément, les fascistes s’organisent en groupes paramilitaires armés « pour l’ordre, contre le chaos » et il s’agit d’être précis là-dessus : la plupart seraient des flics ou militaires qui s’entrainent et s’organisent hors de leur service avec des appuis nazis, créant une véritable force fasciste contre-révolutionnaire. Les nazis, ou sociaux-fascistes, peinent à avoir du poids dans la lutte sociale et donc, comme cela a toujours été le cas historiquement, ils développent leur meilleure arme pour gagner en puissance : la peur isolée contre le « chaos général ». En tant que tel, ils sont le plus fort appui de la bourgeoisie, comme toujours historiquement. Mais leur influence réelle de terrain resterait encore minime pour le moment.

L’accélération des évènements, du génocide social, de la famine, de la terreur policière, du terrorisme d’Etat, et donc du diktat du capitalisme va entraîner une évidente rupture pour tous et chacun : choisir son camp, de manière irréversible, lorsque ces deux camps seront en affrontement armé.

Feu au capitalisme.
Tout de nous, rien de vous.

Mailing, 4 avril 2012

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[Fichage ADN] Procès B. & I. vendredi 6 avril à Alès

L’ADN À FOND LA FORME !

B. et I., toutes deux précaires, sont convoquées au tribunal d’Alès ce vendredi 6 avril. À deux ans d’intervalle, Décathlon a porté plainte contre B. et I. Ce qui amène l’une à devoir répondre des chefs d’inculpation de vol de matériel de camping et de tentative d’émission de chèque sans provision, et la seconde, de vol à l’étalage d’une paire de chaussures. Toutes les deux passent également en procès pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN à l’issue de leurs auditions respectives.

Dans ces cas précis comme à quasi chaque interpellation et passage chez les flics, ces derniers tentent, par la pression et la menace, d’imposer le prélèvement ADN aux personnes auditionnées afin d’alimenter le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG).

Comme beaucoup de pauvres, B. et I. sont confrontées à la logique du contrôle et du fichage. À l’occasion d’une audition ou dès l’inscription en école maternelle, nous sommes fichés, profilés, contrôlés… Pour les exploités, ces fichiers et ces moyens de contrôle, ne représentent qu’un accroissement de la domination et de l’exploitation qu’il subissent. Le besoin de vivre malgré un pouvoir d’achat extrêmement limité, conduit logiquement les pauvres à violer les lois des riches. La classe dominante déploie un arsenal d’outils (fichage, biométrie, vidéo-surveillance, incitation à la délation, etc.), qui lui permet de défendre ses intérêts. Les flics et les magistrats utilisent ces moyens pour réprimer, isoler et individualiser les actes criminels et délictuels, qui sont l’expression des tensions sociales que génèrent le capital et la morale.

Grâce à la banalisation de ces fichiers, la justice condamne un nombre toujours plus élevé de personnes. Il est donc important de créer des solidarités pour sortir de l’isolement et du cloisonnement. Se solidariser aussi, pour développer des rapports de force collectifs et rendre possibles des résistances à la soumission imposée par le système. Soyons nombreux à manifester notre soutien et notre opposition au fichage.

Rassemblement devant le Tribunal d’Alès,
ce vendredi 6 avril à 9h00, puis à 14h00,
pour refuser avec B. et I. le fichage et la justice de classe !

Contact

L’ADN est présenté comme une preuve irréfutable, sous couvert de « vérité scientifique ». Il est utilisé dans les tribunaux comme la reine des preuves, permettant à elle seule la condamnation. En effet, les bouts de peau morte, les cheveux, la salive, on en laisse partout où on va, toute la journée et malheur à nous si c’est retrouvé sur le lieu d’un délit.

La clope que j’ai jetée, le cheveu que j’ai perdu et se retrouve sur la veste d’une inconnue croisée furtivement… peuvent devenir autant de preuves de ma culpabilité.

Brochures sur l’Adn

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[Paris] Un dangereux forcené retranché dans les bureaux du pôle « antiterroriste » (2)

Tarnac : le juge Fragnoli obtient son dessaisissement

Ultime pied de nez d’un magistrat à la personnalité singulière, ou aveu d’échec après trois ans et demi d’instruction : comme souvent dans l’affaire de Tarnac, les interprétations vont s’affronter. Selon nos informations, Thierry Fragnoli, le principal magistrat instructeur, a obtenu d’être dessaisi du dossier. « En substance, il dit aux avocats : ‘Puisque vous dites que je personnalise, je vous laisse seuls face au dossier, et on verra bien s’il tient' », estime une source proche de l’enquête. Contacté, le juge Fragnoli n’a pas souhaité commenter.

Thierry Fragnoli est co-saisi de l’affaire depuis novembre 2008, avec Yves Jannier et Edmond Brunaud. Ce dernier est parti en 2011. Le dossier va donc échoir au seul Yves Jannier. Mais celui-ci doit quitter le pôle antiterroriste du tribunal de Paris pour Pontoise dans les prochains jours. De nouveaux magistrats vont donc clôturer une instruction qui est presque bouclée.

« RAS-LE-BOL »

Dans ce dossier, dix personnes rangées par les enquêteurs dans la mouvance « anarcho-autonome » sont mises en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste ». Julien Coupat, considéré comme le leader du groupe, est mis en cause pour « direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte terroriste ». Ces jeunes gens, qui évoluent autour du petit village de Tarnac (Corrèze), sont soupçonnés d’avoir posé des crochets métalliques sur des caténaires pour désorganiser les lignes de la SNCF, en octobre et en novembre 2008.

Selon une source proche du dossier, c’est un « ras-le-bol » face à la relance de la stratégie offensive des avocats du groupe, notamment Me Jérémie Assous et Me Thierry Lévy, à l’approche de la fin de l’instruction, qui est à l’origine de la décision du juge Fragnoli. Le magistrat « n’imaginait pas que les attaques allaient reprendre à ce point-là », après plusieurs mois d’accalmie, estime cette source. « Nous ne sommes pas des hommes politiques, nous ne sommes pas paramétrés pour ça, rappelle un juge d’instruction. Et nous ne sommes pas payés pour ça. » D’autant plus qu’avec le départ programmé de M. Jannier, M. Fragnoli allait se retrouver seul.

Le 16 mars, les défenseurs ont déposé une requête aux fins de récusation du juge, annoncée par une double page dans Libération. Ils estiment que « M. Fragnoli a cessé d’être un magistrat impartial ». Dans leur viseur, un e-mail du juge à quelques journalistes révélé par Le Canard enchaîné le 14 mars, et les entretiens accordés par le magistrat au journaliste David Dufresne, publiés dans son livre Tarnac -Magasin général (Calmann-Lévy, 500 p., 20 euros), début mars.

Le courriel du juge Fragnoli a été adressé le 12 mars à quelques journalistes qualifiés par ses soins d' »amis de la presse libre (je veux dire celle qui n’est pas affiliée à Coupat-Assous) ». Les avocats y voient « une animosité personnelle de M. Fragnoli à l’égard de l’un des mis en examen et de l’un de ses avocats, mais également un mépris total du magistrat des obligations de sa fonction ainsi qu’un parti pris en faveur de la culpabilité ». C’est le même parti pris que révèle, toujours selon la défense des mis en examen, le livre de David Dufresne. Le chapitre consacré à Thierry Fragnoli témoigne pourtant d’une certaine empathie du journaliste pour ce juge « vif, direct — et joueur ».

Le magistrat a-t-il violé le secret de l’instruction — une accusation bien plus grave ? Dans son ouvrage, David Dufresne précise d’entrée que les entretiens n’ont jamais porté sur le fond de l’affaire. La requête des avocats estime également que le fait que le nom d’un homme gardé à vue puis relâché sans charge fin février soit révélé dans l’e-mail du 12 mars est constitutif d’une « violation du secret de l’instruction ». Sauf que l’intéressé et son père avaient donné un entretien au quotidien local Paris-Normandie le 4 mars. Leurs noms étaient publics.

Cette guerre des nerfs est consubstantielle au dossier. Me Assous dénonce régulièrement le caractère « grotesque » de l’instruction. Dès 2009, mis en cause publiquement par des parlementaires, M. Fragnoli n’avait pas hésité à répondre aux critiques du député PS André Vallini dans une tribune au Monde. Comme l’écrit David Dufresne, dans cette affaire, « Thierry Fragnoli encaissa les coups très vite », alors que celui qui était jusqu’en novembre 2008 un « juge de l’ombre » aurait « aimé qu’on l’aime, et qu’on le laisse en paix ». Le juge serait « soulagé » par un dessaisissement, confirmait, avant la décision, un proche.

Publié par des amis de la police (Laurent Borredon, LeMonde.fr, 4 avril 2012)

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[Calais] Rapide escalade de répression policière contre les migrants et les militants

Le jeudi 29 mars et toute cette semaine là il y a eu une rapide escalade du harcèlement policier, du nombre d’arrestations et de brutalités contre les personnes avec et sans papiers à Calais — bien au-delà du niveau normal et au cours de ce qui semble avoir été un assaut prémédité contre les communautés de migrant-es et leurs soutiens.

Ça a coïncidé avec la visite d’un ambassadeur du Royaume-Unis à Calais pour rencontrer les officiels le vendredi 30 mars pour discuter de la sécurité du port en prévision des Jeux olympiques de Londres, et semble faire partie d’une offensive en cours contre les migrant-es. La ville arrive sous les projecteurs comme un bout des projets olympiques car des équipes sportives internationales s’entraînent dans la région du Pas-de-Calais, et les gouvernements du Royaume-Uni et de la France ont promis un effort commun pour renforcer le régime des frontières cet été.

Tôt le matin de jeudi, un grand squat où logeaient principalement des Érythréens a fait l’objet d’une attaque policière et deux personnes ont été arrêtées au cours des contrôles d’identité. Cependant, l’énergie de la police s’est concentrée sur la soirée. De multiples contrôles d’identité ont eu lieu, une personne a décrit l’action de la police ainsi « des oiseaux de proie plongeant vers leurs proies » : ici les personnes qui venaient et repartaient du lieu de distribution de nourriture pour le repas du soir. Un autre groupe a été arrêté par les CRS près de l’hôtel de ville. Quatre personnes sans papiers ont été mis en cellule.

À peu près au même moment, deux personnes de No Borders étaient attaquées par des CRS alors qu’elles marchaient dans une rue calme, plaquées visage contre le mur, et on a exigé d’elles leurs papiers. La police en a arrêté une violemment, l’immobilisant sur le sol du car de CRS, pendant que l’autre était poussée par terre, avant que le car ne démarre. La personne arrêtée n’a pas obtenu la raison de son arrestation, mais a été relâchée 24 heures plus tard avec une convocation au tribunal pour répondre d’une accusation d’outrage.

La vague de répression violente a continué dans la soirée quand plusieurs cars de CRS ont descendu dans l’un des parcs de la ville vers 20h et ont commencé à contôler les identités des hommes rassemblés là. La police a fait environ cinq arrestations. Un groupe d’activistes présent sur place a contesté l’action policière. Les activistes et un sans-papiers ont alors été pourchassés dans le parc par la police pour finalement être plaqué-es au sol et roué-es de coups de poing et de matraque. Le tabassage des cinq a continué dans le car de police, alors qu’il-les étaient menotté-es, et au commissariat, où l’une des personnes a été frappée à plusieurs reprises alors qu’elle était à terre. Les personnes arrêtées ont été libérées 48 heures plus tard, avec une convocation au tribunal pour répondre d’accusations de violences contre la police. Plusieurs d’entre elles ont des blessures qui demandent un suivi médical.

Une des personnes arrêtée affirme que « La police à Calais peut faire tout ce qu’elle veut. Tabasser les gens qui sont en garde-à-vue, y compris pendant les interrogatoires, c’est quelque chose qui arrive tous les jours et dans l’impunité. »

Un petit squat où logent entre 10 et 12 Iraniens a été évacué vers 23h, mais aucune arrestation n’a eu lieu, les hommes ayant déjà quitté le lieu. Après l’expulsion du squat principal, appelé « Africa House », beaucoup de personnes, avec et sans papiers, ont dû se trouver des squats plus petits pour se protéger et éviter de dormir dans les rues dangereuses de Calais.

La veille, mercrerdi, un contrôle d’identité dans l’un des plus grand squats — la « Palestine House » — a débouché sur la détention d’un groupe d’hommes. Un autre petit immeuble squatté hébergeant environ 12 personnes a été expulsé par la police lors d’un assaut à une heure du matin. Le vendredi, le ballet incessant dans la ville des cars de CRS, de la PAF, de la police nationale et des voitures banalisées a continué, des contôles d’identité ont eu lieu le matin tôt lors de descentes dans les squats restants, et les activistes ont été suivis lors de leurs déplacements motorisés par des cars de CRS.

La brutale offensive va apparemment se poursuivre, le quotidien local rapportant que les autorités vont détruire la « Palestine House » dans les semaines qui viennent, soi-disant pour le re-développement de la ville.

La violence exercée contre les personnes avec et sans papiers pendant ces 24 heures vise à entretenir une atmosphère de peur pour toutes les personnes, avec ou sans papiers, vivant à Calais. Pour celles qui risquent une expulsion, la menace d’une arrestation par la police et d’une mise détention est une perspective terrifiante, et les expulsions des squats ont laissé des dizaines de personnes sans abris. La répression qui a eu cours la semaine dernière est une partie d’un système plus large de frontières et de répression d’État, pour limiter et contrôler la circulation des personnes.

Calais Migrant Solidarity

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[Grèce] Les staliniens du KKE accueillent des nazis aux piquets de grève

Des partisans néo-nazis de différentes organisations fascistes se sont invités aux piquets de grève des grandes aciéries du nord d’Athènes, paralysées et bloquées depuis plusieurs mois par les ouvriers. Ils ont pris la parole à une AG, accueillis et salués par les sbires du PAME (syndicat stalinien auxiliaire du KKE) qui leur ont laissé prendre la parole et les ont remercié de leur présence : « toute la Grèce est avec nous ».

Le nationalisme exacerbé des staliniens trouve en toute logique des connivences avec le social-fascisme.

Les dirigeants du sinistre KKE (parti communiste grec) ont du mal à se défaire de cette affaire, certes monstrueuse par rapport à tous les grévistes mais aucunement surprenante de la part des stals. Prétextant qu’ils « n’avaient pas le choix », qu’ils condamnent le LAOS (parti nazi), ils ne peuvent pas cacher la vérité. Ils ont acceuillis, laissé parlé et salué la présence de raclures fascistes sur les piquets de grève, manipulant les travailleurs grévistes dans une spirale sociale-fasciste.

Et dans le même temps, ils n’hésitent pas à s’équiper et se coordonner militairement avec la police pour attaquer et réprimer frontalement à coups de bâtons le peuple insurgé dont de nombreux anarchistes lors du 20 octobre 2011 qui tentaient d’envahir le Parlement au moment de l’adoption de nouvelles mesures d’austérité.

Besoin de débattre encore longtemps sur la question ?

STALINIENS, ENNEMIS DE CLASSE !
POURRITURES !

Par ailleurs, les partisans néo-nazis s’organisent et s’entrainent en groupes paramilitaires dans de nombreux villages grecs, leur proposant une protection rapprochée contre le « chaos », décidant de remplacer la police et l’armée dans le « maintien de l’ordre ».

Cela non plus n’est guère surprenant. L’ennemi fasciste prend les devants dans la contre-insurrection, en coordination avec l’armée, la police et le gouvernement qui se contente de déclarer officiellement son « inquiétude » face au phénomène tout en le laissant se développer. Le fascisme a toujours été le bras armé de la bourgeoisie face à des « menaces d’instabilité sociale aigüe ».

La barricade n’a que deux côtés,
choisis ton camp.

Mailing, 3 avril 2012

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[Couvin] En attendant la destruction des églises

Couvin : les églises victimes de vandales

À Couvin (région de Namur), les édifices religieux sont actuellement la cible de taggeurs. Plusieurs églises ont été touchées la semaine dernière. Les vandales dénoncent le coût des églises.

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Les édifices religieux de Couvin sont devenus la cible de taggeurs. La semaine dernière 6 églises de l’entité ont été détériorées par des vandales. Ils semblent vouloir dénoncer le coût des églises pour les citoyens. Parmi les Tags, on pouvait lire : « la religion c’est l’opium du peuple » ou encore « 14,26 euros par habitant ».

Des actes honteux

Les habitants déplorent ces agissements et ils sont nombreux à être choqués par ces actes qu’ils qualifient d’ « honteux ». Cette méthode de revendication n’est pas du goût de Michel Pierard, le président de la Fabrique d’Église. « Ce n’est pas une bonne manière de revendiquer car ce n’est pas beau et ça coûte à la communauté pour réparer », confie l’homme.

« Ça a des limites »

« Je suis pour la démocratie et le premier pour la défendre, mais ça a des limites. Ce n’est pas ça qui changera et ce n’est pas pour ça que demain on supprimera la Fabrique d’Église », explique Raymond Douniaux, le bourgmestre. Grâce aux efforts des ouvriers communaux, certaines de ces inscriptions ont déjà disparu.

Leur presse (RTL.be, 4 avril 2012)

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Flic relaxé à Nantes : Un permis de crever les yeux

Affaire du flash-ball à Nantes : Un jugement quatre fois paradoxal

1 – Inversion de la victime et du coupable

Contre toute attente, le texte du jugement rend « raisonnable » le « doute » (page 12) selon lequel la victime mutilée à l’œil aurait jeté des projectiles sur les policiers, alors que de cette imputation infamante, il n’avait jamais été question en quatre ans d’instruction, et durant les deux jours d’audience. Si bien que la victime n’a jamais pu se défendre de cette accusation survenant après l’audience, ni produire des évidentes preuves matérielles de sa fragilité.

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2 – Paradoxe des contradictions internes du jugement : un policier menteur qui dit la vérité ?

Le même texte de jugement ne craint pas de qualifier de «  vraisemblable la version des faits présentée de manière constante par Mathieu Léglise [le policier tireur] » (page 12) alors que ce même jugement a mis en pièce sans pitié sur quatre pages (8 à 11) le mensonge qui constituait sa principale argumentation, mensonge selon lequel il aurait bien tiré sur quelqu’un à la tête, mais sur quelqu’un d’autre. Quelle est la valeur de véracité d’un prévenu dont le tribunal a reconnu qu’il avait menti sciemment ? On a ici l’impression d’un « copier-coller » d’argumentations intellectuelles contradictoires au fil des 15 pages des attendus du jugement.

Faut-il rappeler que durant l’audience le juge avait reproché au tireur d’avoir caché à l’instruction qu’il avait eu précédemment d’autres problèmes avec des blessures causées par son arme, lors de tirs compulsifs sur des festivaliers des Rendez-vous de l’Erdre ?

3 – Paradoxe de l’insulte faite par le juge au policier tireur, Mathieu Léglise, et donc à toute la police

Dans ses attendus, le tribunal ne craint de reprendre l’argumentation incroyable et désespérée de l’avocat du tireur, selon lequel les policiers de base ne seraient vraiment pas très intelligents, voire stupides, et donc irresponsables pénalement. Ce qui donne dans le jugement « Monsieur [le policier tireur] n’a pas de formation approfondie en matière juridique. Il est brigadier de police, agent de police judiciaire et non officier de police judiciaire ». (page 12). Il n’a pas eu de formation «  à peine une journée », etc. Ceci est en contradiction avec les lois républicaines et règlements sur le devoir de discernement des agents de la force publique. Mais s’il est si bête (ce que nous ne croyons pas), la conclusion logique n’aurait-elle pas été de lui retirer son port d’armes létales ?

4 – Paradoxe des contradictions entre l’audience et le jugement : une expertise humiliée en mars, réhabilitée en début avril

Durant l’audience, le juge n’a pas dissimulé son mépris pour l’indigence de l’expertise balistique, s’étonnant que celle-ci ait égaré ou subtilisé l’arme sous scellés (absente de l’audience contre tout usage), et qu’elle ait procédé à des sortes d’expérimentation hasardeuses sur la terrasse d’un logement privé. Est-ce bien le même juge qui cite maintenant l’expertise balistique en bonne part, quand il s’agit de disculper le tireur ? (notamment page 13).

Que s’est-il donc passé durant les quatre semaines de délibéré, pour qu’on ne reconnaisse plus l’axe argumentaire des deux journées d’audience ?

En conclusion,

Cette relaxe est une triste nouvelle pour les familles de Nantes, car l’impunité profite à une personnalité de récidiviste qui a reconnu avoir tiré à neuf reprises avec sa nouvelle arme en expérimentation sur une foule de fêtards en septembre 2007, avant de mutiler Pierre, qui fait courir un danger grave.

Mais ceci ne change en rien notre détermination, qui va continuer à travers la mise en cause de la responsabilité de l’État français à travers la Justice administrative, puis la Cour européenne des Droits de l’Homme. C’est toute la chaîne de commandement qui va rendre des comptes, et notamment les trop nombreuses anomalies liées à cette affaire (dissimulation ou altération de preuves, non citation à comparaître des responsables hiérarchiques).

Nous allons jusqu’au bout des possibilités du Droit, car nous n’agissons pas pour nous seulement, mais pour les autres jeunes et la société. La police mutile, la justice est complice. Quel est le message envoyé aux trois autres mutilés à l’œil à coup de flashball par la police, Joan, Joachim, et Geoffrey, qui étaient présents à l’audience en mars 2012 ? Que dire de l’encerclement militaire du tribunal lors de l’audience et du délibéré ? Que dire d’une justice rendue sous la menace de dizaines de policiers en armures ?

Nous remercions les nombreux citoyens de Nantes sensibles à cette affaire, les victimes solidaires dans toute la France, les organisations syndicales et démocratiques qui n’ont pas cédé au chantage des secteurs les plus idéologisés du commissariat de Nantes, qui veulent intimider la société civile, la presse locale et l’institution judiciaire.

Communiqué des parents du jeune Pierre, envoyé à la presse le 3 avril 2012.


Flashball  : à Nantes, la police éborgne, la justice relaxe

Cagoulé, protégé par sa tenue de service, le policier muni d’un LBD 40×46, sorte de flashball nouvelle génération, a visé un manifestant et tiré. Il l’a blessé au point de lui faire perdre à tout jamais la vue d’un œil. Au moment des faits, le 27 novembre 2007, lors d’une mobilisation contre la loi sur les universités, la victime était mineure. Des grilles métalliques la séparaient du tireur.

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Après deux jours d’audience début mars, le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé, mardi 3 avril 2012, la relaxe du policier mis en cause, Mathieu Léglise. Il a reconnu que le prévenu était à l’origine du tir, ce que ce dernier a nié le temps du procès, mais ne lui a infligé aucune sanction.

Pour justifier son verdict, le tribunal a mis en avant le fait que le policier « n’a pas de formation approfondie en matière juridique », qu’en ce qui concerne l’arme, il «  a suivi une formation d’à peine une journée » et qu’« il (lui) a été enseigné que, dès lors qu’il y a jet de projectiles, les conditions de la légitime défense sont nécessairement réunies ».

Selon le tribunal, l’enjeu n’est donc pas de savoir si des projectiles ont bel et bien été lancés, si oui, de quel type, et si cela autorisait en retour l’usage de cette arme en expérimentation. « Il n’y a pas lieu de s’intéresser de manière différenciée à la question de la proportionnalité de la riposte à la menace ni à celle de la nécessité de l’usage de l’arme », assure le jugement (le lire dans son intégralité).

Suivant le réquisitoire du parquet, il a fait valoir que la responsabilité pénale du brigadier ne peut être engagée dans la mesure où il a exécuté un ordre qui n’était pas «  manifestement illégal ». Selon l’article 122-4 du Code pénal, « n’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l’autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal ».

« C’est un permis de crever les yeux »

Au cours de l’audience, le représentant du ministère public, Yann Richard, tout à sa volonté de couvrir la hiérarchie, avait applaudi le « courage » du commissaire qui « a revendiqué la décision du tir » et ramené le fonctionnaire de police à un simple exécutant : « Monsieur Léglise est un gardien de la paix. Il est là pour exécuter, pour aller au contact. Comment aurait-il pu dire que l’acte était illégal alors que toute sa hiérarchie dit le contraire ? »

L’avocat du policier, Laurent-Franck Liénard, avait même veillé à rabaisser intellectuellement son client en le décrivant comme ne maîtrisant pas les notions juridiques au centre du procès pour lui dénier toute responsabilité.

Catherine Glon, l’avocate du plaignant, Pierre Douillard, et de sa famille, avait, elle, montré que sans riposte «  nécessaire et proportionnée », l’usage de l’arme était injustifiable. Ou alors, avait-elle demandé, « est-ce l’autorisation de tirer n’importe où et n’importe comment ? »

« C’est un permis de crever les yeux », résume l’avocate à l’issue du verdict. « Cette décision est extrêmement problématique dans un État démocratique », ajoute Pierre-Yves Launay, qui représentait l’accusation, ce mardi, au tribunal correctionnel de Nantes.

«  Nous sommes face à un policier équipé d’une arme très dangereuse, insiste-t-il, mais la justice l’excuse au motif qu’il n’a pas été suffisamment formé et malin pour en faire un usage normal et légal. C’est comme donner un pistolet à un enfant. » « C’est très inquiétant, poursuit-il, car cela autorise les policiers à faire usage de leurs armes en toute impunité. »

Dans un communiqué, les parents de Pierre déconstruisent ce jugement « quatre fois paradoxal ».« Cette relaxe est une triste nouvelle, car l’impunité profite à une personnalité de récidiviste qui a reconnu avoir tiré à neuf reprises (…) sur une foule de fêtards en septembre 2007, avant de mutiler Pierre », indiquent-ils.

À propos du policier : « S’il est si bête (ce que nous ne croyons pas), la conclusion logique n’aurait-elle pas été de lui retirer son port d’armes létales ? », s’interrogent-ils.

Leur bataille, que le tribunal avait saluée à l’audience, ne se termine pas là pour autant. Aussitôt, ils ont annoncé leur intention de se tourner vers la justice administrative afin de mettre en cause la hiérarchie policière, ainsi que vers la Cour européenne des droits de l’homme.

Une des premières en la matière, cette décision est déterminante, puisqu’elle risque de servir de référence dans des procès à venir. Or les victimes du flashball, sous quelque forme que ce soit, sont nombreuses, de même que les victimes des violences policières en général.

Leur presse (Carine Fouteau, Mediapart, 3 avril 2012)


Procès du policier tireur de LBD à Nantes (suite)

Bonjour,

Le 27 novembre 2007 à Nantes, lors d’une manifestation étudiante et lycéenne contre la LRU au Rectorat, un policier de la CDI, Compagnie d’Intervention Départementale a fait usage de son arme, un LBD, alors que la manifestation reculait sur la rue, mutilant à l’œil Pierre, qui a aujourd’hui perdu l’usage de cet œil.

Les 6 et 7 mars 2012, 4ans après les faits, le procès du policier tireur a eu lieu. Mathieu Léglise, défendu par le pro-flic Me Liénard, a changé sa défense au dernier moment, réfutant l’accusation et modifiant sa version ; il aurait bien tiré mais pas sur Pierre, donc le procès n’a pas lieu d’être. Irrégularités de procédures, mensonges, quadrillage policier, tous les éléments étaient là…

Le 3 avril 2012 aura lieu le délibéré.

Ce premier procès du LBD laisse peu de chances pour une condamnation. D’autres victimes, Joan, Joachim et Geoffrey, étaient présentes avec Pierre pour se rencontrer, se soutenir, témoigner.

Un collectif de soutien, le Collectif contre les Violences Policières, a écrit un premier tract avant le procès et un second, pour faire un état des lieux de ce qu’il s’était passé pendant l’instruction et pendant le procès.

Avec Pierre et les autres victimes, le Collectif souhaite créer un Réseau, d’abord contre les LBD et si possible plus largement contre les violences policières, provisoirement appelé STOP LBD. Ce réseau est en construction, nous vous transmettons le texte de présentation.

Merci de diffuser l’info,

Pas de justice, pas de paix !

Le collectif contre les violences policières, 21 mars 2012

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[Toulouse] Attaque fasciste : un blessé grave

Communiqué

Dimanche 1er avril vers 1 heure du matin, une fois de plus les fachos toulousains se sont à nouveau manifestés place Arnaud Bernard.

La place Arnaud Bernard était animée par la fête et la convivialité comme à son habitude, quand un groupe fit irruption sur la place. Une vingtaine d’individus groupés marchant au pas et plus ou moins cagoulés arrivent du boulevard Lascrosses. La démarche et l’attitude agressive des individus ne laissent pas planer beaucoup de doute : « c’est les fachos » crient certains fêtards de la place. En effet, ils parcourent la place en provoquant les badauds. Devant le regard médusé des gens en terrasse, les individus ont crié « Toulouse hooligans » tout en effectuant des saluts hitlériens. Après quelques minutes de latence, l’ensemble des gens sur la place ont vivement réagi pour repousser les assaillants qui avaient commencé à s’attaquer à la terrasse d’un café et aux clients d’un kebab.

En s’enfuyant vers la place Saint Sernin, les fachos ont grièvement blessé un étudiant chilien. L’intervention d’un témoin lui aura certainement sauvé la vie. En effet la victime dans le coma a été transférée à l’hôpital. Le pronostic vital fut au cours de la soirée engagé. L’état de la victime s’est amélioré dimanche après-midi. Sorti du coma, le blessé souffre de multiples fractures de la boite crânienne et d’une paralysie des membres. Selon nos informations datant de dimanche soir, la paralysie ne serait pas définitive.

Plus tard, une partie des gens qui venaient de se faire attaquer place Arnaud Bernard décidèrent d’aller demander des comptes aux fachos en allant à leur local du 36 allée de Barcelone. Avant même qu’ils arrivent à la porte, la police est intervenue en tirant au flashball. S’en suivi un contrôle d’identité et une fouille. La police effectua 5 interpellations. 4 personnes ont rapidement été libérées dans l’heure qui suivit. La cinquième personne est toujours en garde à vue lundi midi. À notre connaissance aucun affrontement n’a eu lieu non plus place Saint-Pierre.

Une fois de plus les fachos n’ont pas été inquiétés, malgré une ratonnade qui a failli coûter la vie à une personne, ils ont pu tranquillement continuer leur soirée. La police a été plus efficace défendre le local du Bloc Identitaire, que pour protéger les Toulousains qui festoyaient à Arnaud Bernard… Nous nous étonnons de l’attitude des forces de l’ordre. Il semblerait que les « enquêteurs » croient tenir le « coupable idéal » de l’agression de l’étudiant. Selon nos informations, l’accusé était vers la place Saint Pierre au moment de l’agression. De plus l’accusé est antifasciste alors que l’étudiant a été agressé pas des fascistes ! En conséquence, nous demandons la libération immédiate de l’interpellé.

Plus qu’une rixe entre extrêmes, ce qui s’est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche, s’apparente plus à une volonté de la part de jeunes hooligans d’extrême droite et des militants identitaires de venir agresser des personnes représentant tout ce qu’ils détestent à souhait : des manifestants occitanistes fêtant la réussite de leur manifestation, des populations d’origine étrangère, des jeunes de gauche, des kebabs, surtout une place et quartier symbolisant la diversité des cultures et le métissage qu’ils exècrent.

Union Antifasciste Toulousaine, 2 avril 2012


Les confrontations entre les antifascistes et le Bloc identitaire se multiplient

Les confrontations entre antifascistes et Bloc identitaire se multiplient à Toulouse. Chaque camp accuse son adversaire d’être responsable des violences.

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Manuel se remet, doucement. Toujours hospitalisé à Purpan, victime notamment d’une fracture du crâne, ce Chilien âgé de 36 ans, est encore en vie grâce à un passant. Cet homme s’est en effet interposé après s’être saisi d’une chaise pour empêcher une bande d’individus, catalogués très à droite [sic], de finir de le rouer de coups de pieds. L’incident, ultra-violent, a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche du côté d’Arnaud-Bernard, à Toulouse.

Des individus avaient débarqué à Arnaud-Bernard avec l’intention d’en découdre avec des militants d’extrême-gauche dont certains avaient assuré le service d’ordre de la manifestation en faveur de l’occitan qui avait eu lieu plus tôt dans l’après-midi. Une délégation du Bloc identitaire avait alors voulu rejoindre le cortège, provoquant les premiers heurts avec le service d’ordre. Il y aurait eu un autre incident dans la nuit de vendredi à samedi lors du vol d’une banderole au village occitan.

« On va finir par ramasser un cadavre »

Les actes de violence se multiplient entre militants d’extrême-droite et d’extrême-gauche. « On va finir par ramasser un cadavre » [sic], s’inquiète un policier toulousain. Un autre se désespère : « Rayon bêtise, il y a match nul des deux côtés ! » [sic]. Dimanche dans la nuit, après l’agression du ressortissant chilien, les policiers ont empêché que le local du Bloc identitaire ne soit mis à sac. Au passage quatre militants de « l’ultra » gauche [sic] ont été interpellés, suspectés d’être les auteurs des violences sur le ressortissant chilien. « L’accusé est antifasciste alors que l’étudiant a été agressé pas des fascistes ! » protestent les militants. Côté police, avec l’appui et les recommandations du parquet, on veut « progresser vite » pour identifier les auteurs de l’agression. Des investigations « qui prendront du temps ». En espérant qu’elles aboutissent avant un nouveau clash sanglant [sic].

Publié par des amis de la police (Jean Cohadon, LaDepeche.fr, 3 avril 2012)

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Des syndicalistes de la Fédération CNT Santé Social en procès le 10 avril 2012 à Paris

People and Baby : La répression anti-syndicale continue…
Des syndicalistes de la Fédération CNT Santé Social en procès le 10 avril 2012 à Paris

Le 2 mars 2010, suite à une journée de grève des salariés de la halte-garderie Giono (13e arrondissement de Paris), à l’appel de la section syndicale CNT, la direction de l’entreprise privée gestionnaire de ce marché public, People and Baby, décidait de mettre à pied l’ensemble des grévistes, puis de licencier cinq d’entre elles. Par la suite, le PDG de la société People and Baby, Christophe Durieux, a subi un premier échec : le refus par le ministère du Travail de donner l’autorisation de licenciement de la déléguée syndicale CNT dans l’entreprise. En effet, alors que l’inspection du travail avait déjà refusé ce licenciement, la direction de People and Baby avait fait un recours contre cette décision !

Malgré cette victoire, la lutte continue : si la déléguée syndicale CNT est aujourd’hui confirmée dans son action et sa légitimité, les quatre autres adhérentes de la CNT, qui ne sont pas elles des salariées protégées, restent licenciées pour leur activité syndicale. Plusieurs procédures prud’homales ont été engagées depuis deux ans pour faire prononcer la nullité de ces licenciements et obtenir la réintégration de ces salariées.

L’enjeu de cette lutte est fort, car il s’agit d’obliger une direction à respecter le droit syndical, de mettre fin à l’impunité patronale au sein de People and Baby et de permettre aux salariées de cette entreprise de ne pas se faire licencier pour oser réclamer des droits.

Cette lutte a donné lieu de nombreuses manifestations et rassemblements (Mairie du 13e, Hôtel de Ville de Paris, siège social de l’entreprise, etc.) et a obtenu le soutien de nombreuses structures syndicales dont la CGT, Solidaires et les « Conti en lutte », pour n’en citer que quelques-unes.

Deux ans après, la répression antisyndicale de la société People and Baby continue… Le 10 avril prochain, cinq membres du secrétariat (à l’époque de la lutte) de la Fédération Santé Social de la Confédération Nationale du Travail (CNT), dont dépend la section syndicale People and Baby, passeront devant le Tribunal correctionnel de Paris. Ce procès fait suite à une assignation par Christophe Durieux, PDG de People and Baby pour injure publique. Ce dernier se sentant personnellement visé par un autocollant non signé, où l’on peut lire : « Patron voyou, on te retrouvera partout ! ».

Nous vous invitons à venir témoigner de votre solidarité avec les camarades de la CNT qui passeront en procès :

Le mardi 10 avril 2012, à 13h30
Au Tribunal de Paris – 17e Chambre Correctionnelle
Palais de Justice – 4 Boulevard Palais, 75001 Paris
(Métro : Cité ou RER : Châtelet)

Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !

Fédération CNT des travailleur-se-s de la santé et du social

Pour aider la Fédération Santé Social de la CNT et de sa section en luttte à People and Baby, vous pouvez envoyer vos dons à la Fédération CNT Santé Social, 33 rue des Vignoles, Paris 75020 (chèque avec mention au dos « Défense légale – lutte People and Baby »)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Les révolutionnaires se battent à Inkhel, Idlib et Damas

Des combats faisaient rage ce mardi en Syrie où l’armée tentait de reprendre le  contrôle des bastions rebelles, malgré la promesse du régime selon l’ONU de  retirer ses troupes des villes d’ici le 10 avril, a indiqué une ONG  syrienne.

À Inkhel, dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le Sud, des combats entre armée et militaires dissidents qui ont attaqué des barrages militaires ont eu lieu avant l’aube, a rapporté l’Observatoire syrien des  droits de l’homme (OSDH).

Dans la même province, des dizaines de bus transportant des soldats sont entrés à Daël, où « les habitants craignent la poursuite de la campagne d’arrestations et de perquisitions », selon la même source.

Dans le nord-ouest, à Idlib, « de violents combats opposent les troupes et des déserteurs aux abords du village de Taftanaze. Quatre civils y ont été blessés et des maisons ont été brûlées par les soldats qui font usage de mitrailleuses et d’obus », selon l’ONG. « Un certain nombre de soldats ont été blessés et  tués. »

Dans la province de Damas, des combats similaires ont eu lieu à l’aube dans la ville de Douma, près de la capitale.

À Zabadani, des dizaines de bus transportant des soldats sont entrés dans  cette ville (47 km au nord-ouest de Damas), où ils ont procédé à des perquisitions et arrestations, selon l’OSDH.

Dans la capitale même, les militants ont coupé lundi soir la longue rue du quartier de Mazzé menant à la place des Omeyyades en brûlant des pneus, ont indiqué les Comités locaux de coordination (LCC, opposition).

« Les jeunes libres ont coupé l’autoroute de Mazzé en solidarité avec les  villes encerclées et sinistrées », ont écrit les LCC sur une vidéo mise en ligne et montrant des pneus incendiés. Des rues dans les quartiers de Kafar Soussé et Nahr Aïcha ont également été coupées. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 3 avril 2012)

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[Union de la Mafia Présidentielle] Abdallah Senoussi, le terroriste qui en sait trop

L’ancien chef des services de renseignement libyen Abdallah al Senoussi, actuellement détenu en Mauritanie où il tentait de trouver refuge, inquiète la France.

Cet ancien homme-lige de Mouammar Kadhafi détiendrait des informations sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Surnommé « la boîte noire de Kadhafi », Senoussi, gendre de l’ancien dictateur libyen est détenu au quartier général des services de sécurité à Nouakchott en raison de son rôle dans la répression menée contre les insurgés en 2011.

L’homme intéresse les puissances occidentales et en particulier la France en raison des informations auxquelles il a eu accès pendant le règne de Kadhafi.

« C’est le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France », dit une source haut placée dans le renseignement arabe.

« Il sait tout de l’attentat de Lockerbie, de l’accord qui a suivi, (de l’attentat contre le DC-10) d’UTA, des canaux financiers, du financement par Kadhafi de présidents et de leur campagne électorale. Il était au centre du réseau de corruption financière qui a existé pendant 40 ans sous Kadhafi », ajoute cette source.

Selon Noman Benotman, analyste libyen de la Quilliam Foundation, Senoussi, qui est âgé de 62 ans, était au courant de tous les secrets et complots meurtriers ourdis par Kadhafi.

D’après lui, Nicolas Sarkozy nourrit un intérêt particulier pour l’arrestation de Senoussi, pas seulement parce que sa cote de popularité pourrait bénéficier d’un procès de l’homme qui était derrière l’attentat contre le DC-10 d’UTA qui avait coûté la vie à 170 personnes au-dessus du désert du Ténéré en 1989.

En privé, des sources au sein des services de renseignement affirment que Nicolas Sarkozy souhaite l’extradition de Senoussi vers la France surtout pour empêcher un procès public qui pourrait aboutir à la révélation d’informations gênantes.

Parmi celles-ci figure le versement supposé de 50 millions d’euros par Kadhafi pour soutenir la campagne électorale du candidat Sarkozy en 2007. Le financement aurait été organisé via un réseau complexe et secret de banques et de sociétés.

Une information de même nature a été rapportée il y a une dizaine de jours à Paris par le site internet d’information Mediapart qui faisait état d’une note rédigée par un témoin devenu enquêteur privé, Jean-Charles Brisard, rapportant les propos d’un deuxième homme censé avoir eu connaissance du versement de la somme par le régime Kadhafi.

« C’est totalement faux », répond-on de source diplomatique française. « Nous laissons la justice suivre son cours. Il y a une demande d’extradition et la justice suit son cours. C’est totalement absurde ».

« Nous voulons que Senoussi soit extradé. À partir du moment où il sera traduit en justice, il pourra parler. Ces insinuations ne sont rien d’autre que des ragots et des absurdités. Nous sommes dans le règne de la théorie du complot », ajoute-t-on de même source.

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Euronews l’an passé, Saïf al Islam, fils de Mouammar Kadhafi, a affirmé que son pays avait contribué au financement de la campagne électorale du candidat Sarkozy en 2007 et demandé au président français de restituer l’argent qui lui aurait été alloué.

Saïf al Islam disait disposer de documents attestant des transferts de fonds bancaires et être prêt à les rendre publics. Le chef de l’État français, qui s’est personnellement engagé en faveur des forces de l’opposition lors du soulèvement qui a conduit à la chute de Kadhafi, a démenti ces allégations.

« Sarkozy ne pourra pas dormir tranquille tant que Senoussi ne sera pas en France », juge une source au sein des services de renseignement arabes.

« De nombreux pays, y compris des dirigeants arabes, sont nerveux à propos de Senoussi. S’il révélait ce qu’il sait, ce serait une catastrophe pour eux. Ils ont peur qu’ils puissent produire certains documents les incriminant », ajoute Benotman.

« La France ne veut pas le livrer aux autorités libyennes. La France l’a aidé à s’enfuir vers le Mali et a orchestré sa capture », affirme une source du renseignement.

« Il se trouvait dans le nord du Mali sous protection du gouvernement. Il a été mené en Mauritanie par un groupe tribal proche de lui suivant un accord avec le renseignement français et mauritanien pour l’attirer et l’arrêter », ajoute-t-on.

« Une unité spéciale française a contribué à son arrestation, établissant le contact avec la tribu al Me’edani, en laquelle Senoussi avait confiance. L’accord consistait à convaincre cette famille tribale d’amener Senoussi en Mauritanie où il a été arrêté. »

La même source précise que le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a renversé son prédécesseur lors d’un coup d’État en 2008, se sent redevable envers la France pour l’avoir soutenu lors de l’élection présidentielle entachée de fraudes qu’il a remportée l’année suivante.

Leur presse (Reuters, 22 mars 2012)

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