[Ces mafieux qui nous gouvernent] Igor Chouvalov

Un ministre russe déclare 9,5M€ en 2011

Le vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov, au cœur d’une polémique sur des conflits d’intérêts présumés, a gagné avec son épouse 9,5 millions d’euros en 2011, devançant le chef du gouvernement Vladimir Poutine, selon des déclarations de revenus publiées aujourd’hui.

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Igor Chouvalov mime le vol de la Coupe du monde de football lors de la cérémonie d'attribution de cette compétition — que la Russie accueillera en 2018.

Le Premier ministre et président élu, Vladimir Poutine, a ainsi gagné 3,7 millions de roubles (près de 94.000 euros), alors que le président sortant Dmitri Medvedev a déclaré 3,37 millions de roubles (environ 86.300 euros), d’après les déclarations des dirigeants russes publiés sur les sites du gouvernement et du Kremlin.

Selon ces déclarations, MM. Poutine et Medvedev ne possèdent aucun bien immobilier à l’étranger.

Leurs revenus sont cependant nettement inférieurs à ceux de la famille d’Igor Chouvalov, premier vice-Premier ministre qui a été chargé en septembre de superviser le bloc économico-financier au gouvernement après la démission du ministre des Finances, Alexeï Koudrine.

Des affaires enregistrées au nom des épouses

Igor Chouvalov a ainsi gagné 9,6 millions de roubles (environ 246.000 euros), alors que son épouse, Olga Chouvalova, a déclaré près de 38 fois plus, soit 365 millions de roubles (près de 9,3 millions d’euros), ainsi que des biens immobiliers en Grande-Bretagne, en Autriche et aux Émirats Arabes Unis.

Fin mars, ce responsable s’est retrouvé au centre d’une polémique, après que plusieurs de ses investissements réalisés alors qu’il était conseiller économique au Kremlin ont été révélés dans la presse. À cette occasion, Igor Chouvalov a reconnu avoir investi, via Sevenkey Limited, une société enregistrée aux Bahamas au nom de sa femme, près de 18 millions de dollars dans le géant gazier russe Gazprom en 2004, en passant par une autre société appartenant à un milliardaire russe, Souleïman Kerimov.

Mais les spéculations vont bon train dans la presse sur la possibilité que les hauts-responsables russes enregistrent leurs propres biens et affaires au nom de leurs épouses ou de leurs enfants pour éviter d’être accusés de conflit d’intérêts.

Leur presse (Agence Faut Payer, 12 avril 2012)


Un ministre de Poutine, investisseur avisé, nie le conflit d’intérêt

MOSCOU – Le vice-premier ministre russe Igor Chouvalov a nié tout conflit d’intérêt après que le Financial Times et le Wall Street Journal ont révélé mercredi qu’il avait investi des millions de dollars dans des groupes comme le géant gazier Gazprom alors qu’il travaillait au Kremlin.

Selon les quotidiens qui ont eu accès à des documents financiers, une compagnie offshore de M. Chouvalov, Sevenkey, a notamment investi 17,7 millions de dollars en 2004 dans l’acquisition d’actions du groupe public Gazprom.

Cette transaction a été réalisée via Nafta Moskva, une société appartenant au milliardaire russe Souleïman Kerimov.

L’investissement, réalisé quand M. Chouvalov était conseiller économique de Vladimir Poutine à la présidence russe, a rapporté en quatre ans environ 80 millions de dollars à la société de M. Chouvalov, enregistrée officiellement aux Bahamas sous le nom de sa femme.

Étant juriste de formation, j’ai toujours suivi scrupuleusement les règles et le principe du conflit d’intérêt. Pour un juriste, c’est sacré, a réagi M. Chouvalov dans un communiqué envoyé à l’AFP.

Les fonds que j’ai gagnés en étant entrepreneur et qui se trouvent maintenant gérés par un tiers, sont le fondement de mon indépendance vis-à-vis de divers groupes d’influence pour la prise de décisions dans le cadre de mes fonctions, a-t-il ajouté.

M. Chouvalov, qui était avocat d’affaires dans les années 1990, a aussi investi 49,5 millions de dollars en avril 2004 pour aider le milliardaire Alicher Ousmanov à acheter 13% dans Corus Steel, un aciériste britannique, selon le FT.

En 2007, après avoir revendu cette part, M. Ousmanov a versé 119 millions de dollars à Sevenkey, les actions de la société ayant grimpé en trois ans.

Le porte-parole de M. Chouvalov a de son côté souligné dans le communiqué que le ministre avait toujours déclaré ses revenus et ceux de sa famille de façon ouverte et transparente.

Selon les déclarations de revenus des membres du gouvernement publiées en avril 2011, M. Chouvalov a gagné en 2010 14,6 millions de roubles (361.292 euros), et son épouse 25 fois plus, soit 372,9 millions de roubles (9,19 millions d’euros).

Leur presse (Agence Faut Payer, 28 mars 2012)

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Appel de Calais

À la fin de la semaine, la plupart des groupes No Border présents cet hiver à Calais vont partir. Jusqu’à présent, aucun nouveau groupe ne semble avoir prévu d’arriver après le 14 avril, sans compter ceux qui y passent ponctuellement.

Si vous avez prévu de venir dans les deux prochains mois, merci de le faire savoir le plus vite possible.

Il y a eu une présence assez constante de personnes au cours des derniers mois, et ont réalisé de bons projets. Dans le nouveau lieu, il est possible d’organiser des ateliers avec les communautés présentes. Cet hiver, la dynamique est venue de groupes affinitaires arrivant avec des plans et idées.

Nous sommes contentEs de transmettre les informations et de tenir au courant les gens sur quoi nous nous sommes concentréEs ces derniers temps. Nous avons communiqué de brèves mises à jour mais écrivez-nous si jamais vous avez des questions ?

Il va sûrement y avoir des gens qui vont passer ponctuellement comme d’habitude dans les prochaines semaines mais si des gens viennent pour une plus longue période, cela nous aidera à assurer un minimum la transition.

Si vous pensez venir, faites-le nous savoir par mail avec vos dates et en précisant le nombre de personnes. Si jamais vous avez besoin de matériels ou autres ressources, nous pouvons regarder ce que nous avons ici.

Mises à jour

Centre de rétention administratif

Nous avons entretenu des contacts réguliers avec la prison de Coquelles. Des visites aux personnes emprisonnées ont eu lieu chaque semaine ainsi que des manifestations bruyantes de solidarité. La semaine dernière, suite à une manifestation devant la prison, un Iranien a démarré une grève de la faim à l’intérieur et nous cherchons donc maintenant à le soutenir. Pour plus d’infos à ce sujet, n’hésitez pas à nous écrire. Nous avons créé un document avec les infos nécessaires pour rendre visites aux prisonnierEs et les soutenir à Calais.

Répression

Jeudi 29 mars (et le reste de la semaine) a été vécue une choquante et rapide escalade de harcèlement policier, d’arrestations et de brutalité à l’encontre des gens, avec ou sans papiers à Calais — loin de la « normale » et qui semble être un assaut prémédité contre la communauté des migrantEs et de leurs soutiens sur place. Les contrôles d’identités, les arrestations violentes et autres raids ont été ininterrompuEs. Depuis l’expulsion des bâtiments de l’université le mois dernier, les expulsions matinales ont été quasi-quotidiennes et les gens n’ont pas eu de lieux fixes plus de quelques semaines.

Avec la visite prévue de Sarkozy la semaine prochaine, les élections et les prochains Jeux olympiques de Londres, Calais se retrouve sous les projecteurs. Les gouvernements français et britanniques ont promis de joindre leurs efforts pour renforcer les frontières et nettoyer les rues.

Calais Migrant Solidarity

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[Nîmes] Nique la justice

Évasion au Palais de justice de Nîmes

L’individu de 28 ans venait de se voir signifier une peine de trois ans ferme pour « vol avec effraction ».

Un homme de 28 ans s’est spectaculairement évadé, jeudi, du palais de justice de Nîmes (Gard). Il était environ 13h15, et l’individu venait de se voir signifier une condamnation de trois ans ferme pour « vol avec effraction », selon le procureur de la République, Robert Gelli.

C’est lors de son transfert depuis le palais de justice à la maison d’arrêt, juste avant de monter dans l’estafette, que le jeune homme — multirécidiviste — a trompé la vigilance des policiers qui l’encadraient, prenant ses jambes à son cou. Mains menottées dans le dos, le jeune homme vêtu d’un survêtement s’est engouffré dans les petites rues du centre ancien de la préfecture gardoise, semant les policiers qui le poursuivaient, sous l’œil médusé des passants attablés aux terrasses situées derrière le palais de justice…

La police nationale s’évertue de retrouver le fuyard. Plusieurs dizaines d’hommes sont mobilisés. « On travaille à le retrouver », a simplement commenté, une heure après les faits, le commissaire Noël Fayet, chargé de la sûreté départementale.

Durant une bonne partie de l’après-midi, le centre-ville de Nîmes était investi par les policiers, à pieds, en voiture, ou à vélo pour tenter de retrouver l’évadé. L’évasion est un délit. Selon le code pénal, « l’évasion est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ». Soit la peine prononcée ce matin à l’encontre du fuyard…

Leur presse (Guillaume Mollaret, Agence Faut Payer, 12 avril 2012)

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[« Affaire de Tarnac »] Fin de partie pour Fragnoli

Ça y est, M. Fragnoli s’en est allé. Épuisé, au bout du rouleau, il a quand même eu la délicatesse de nous gratifier d’une ultime Fragnolade. À la suite de ses frasques dans le Canard Enchaîné, nos avocats avaient jugé bon de demander son départ en retraite anticipée. Tout le monde s’y accordait, M. Fragnoli qui récemment encore imaginait une adaptation cinématographique de l’affaire de Tarnac où Brad Pitt jouerait son rôle, avait définitivement perdu la raison. Sa hiérarchie, mue par on ne sait quel incompréhensible bénévolat, lui proposa de prendre les devants plutôt que de subir une ultime humiliation qui aurait valeur de blâme. Le dos au mur, il a pris cette petite porte, non sans fragnoler haut et fort que la décision émanait de lui. Avec cet humour malade que ceux qui le côtoient lui connaissent, il alla jusqu’à déclarer qu’il en avait marre des attaques personnelles dans la presse. Les dizaines de journalistes qui ont pu l’entendre déblatérer ses petits ragots et ses petites médisances à propos de la vie personnelle des inculpés ont dû bien rire.

Certes, l’affaire de Tarnac n’était pas de son fait mais il a commis l’erreur de la faire sienne. Nombreuses furent les occasions pour lui de prononcer un non-lieu, d’en sortir la tête haute. Au lieu de cela, il a préféré couvrir les mensonges de la SDAT et se soumettre à la pression de sa hiérarchie. Ne nous méprenons pas, dans l’affaire de Tarnac, M. Fragnoli ne fut qu’un pion, méprisé et méprisable. Il se sera contenté de choisir le mauvais parti.

Ses petits arrangements avec Jean-Hugues Bourgeois le témoin psychiatrique, ses reconstitutions bidonnées, ces PV inventés par la SDAT auxquels il feignait de croire, ses refus de laisser un inculpé habiter chez un autre pour que son fils puisse subir une greffe de moelle osseuse, ses arrestations en pleine rue à bout touchant, ses élucubrations infinies sur sa propre page wikipedia, ses milles petites rumeurs nauséabondes qu’il distillait à chaque fois que son instruction allait mal (AZF, la vie personnelle des uns et des autres, ses mythos sur ses stylos SNCF, etc.), de tout cela, rien ne nous manquera.

On pourrait s’amuser de l’absurdité de l’homme ou s’indigner de sa mauvaiseté ; nous nous contenterons d’attendre la suite, avec tout l’intérêt quelle mérite.

Un inculpé

P.-S. : À la lecture de la dépêche AFP qui annonçait son déssaisissement, nous pouvions comprendre que M. Fragnoli craignait une plainte de la part de M. Torres du fait de la révélation de son nom à « la presse libre ». Qu’il se repose en paix, nous ne faisons pas partie de votre famille.

Soutien aux inculpés du 11 novembre – 10 avril 2012


Grand jeu concours : les renseignements généraux de la préfecture de police de Paris sont-ils des faussaires ?

Un certain nombre de journalistes consultant ce site, nous leur proposons ce grand jeu collaboratif.

Le 8 mars 2012, en écho à la parution du livre de David Dufresne, le site d’information Mediapart divulguait trois documents inédits concernant l’affaire de Tarnac et émanant « des services ». C’est au second document, une note de la RGPP, que nous nous intéresserons aujourd’hui.

S’il on y apprend pas grand chose, on s’amuse cependant du présomptueux « Il serait utile d’activer notre contact au sein de ce groupe ».

Mais ce n’est pas là que le bât blesse. Le document date de juin 2008, y est notamment décrit avec force détails le lieu de domiciliation de Julien Coupat à Montreuil. Hors, ce dernier n’y avait jamais mis les pieds avant le 29 mai 2009, jour de sa sortie de prison.

On peut donc a minima établir que ce document est anti-daté. De là, que penser de son contenu ?

Nous n’avons aucune hypothèse particulière pour le moment. Excès de frime de la part de la police ? la roulette du tampon qui ne marche plus ? nouvelle intoxication de M. Dufresne ?

Quoi qu’il en soit, et sans verser dans on ne sait quel conspirationnisme de mauvais aloi, depuis le début de cette affaire à chaque fois que nous avons pu remarquer un élément troublant, nous finissions par trouver un beau gros lièvre.

Vous l’aurez compris, ce grand jeu concours consiste à trouver ce lièvre et donc à comprendre pourquoi la RGPP a réalisé ce faux et pourquoi il a été bénévolement donné à M. Dufresne.

Le gagnant ou la gagnante se verra offrir un dîner au magasin général de Tarnac ou à la Conjuration des Fourneaux de Rouen, ainsi qu’un exemplaire dédicacé de L’insurrection Qui Vient offert par les éditions La Fabrique.

P.-S. : Le concours n’est pas ouvert aux policiers dont les trouvailles ne pourraient qu’être suspectes.

Soutien aux inculpés du 11 novembre – 10 avril 2012

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Sidi Bouzid : « À bas les nouveaux Tarabelsi »

Sidi Bouzid : « À bas les nouveaux Tarabelsi »

Selon les sources de TunisieNumérique, près de 3000 manifestants ont parcouru mercredi 11 avril 2012 l’avenue principale de Sidi Bouzid.

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Les habitants ont scandé des slogans tels que : « À bas les nouveaux Tarabelsi », « Ennahdha commerçants de la religion », « Nous n’oublierons jamais ce qu’a dit le ministre de l’Enseignement supérieur »…

Cette marche intervient après que des personnes ont distribué des brochures, mardi 10 avril 2012 signées par « Les jeunes libres de Sidi Bouzid » qui ont appelé à une grève générale et à une marche pacifique aujourd’hui.

Les écoles, lycées, garderies, l’hôpital régional, le centre de santé, la Poste, la Douane sont fermés depuis ce matin à Sidi Bouzid excepté la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE), la société Tunisienne de l’électricité et du Gaz (STEG), le Magasin général et quelques commerçants.

Les forces armées protègent le siège du Gouvernorat et « Dar Achaab » (l’ancien siège du RCD) ont affirmé les mêmes sources ajoutant que les agents de l’ordre ont gardé leurs postes et que la marche demeure pacifique.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 11 avril 2012)


Tunisie – Sidi Bouzid en grève générale

Plusieurs établissements publics et institutions bancaires ont suspendu, mercredi, leurs activités à Sidi Bouzid.

Cette réaction intervient à la suite de la grève générale décrétée, dans le gouvernorat, pour protester contre la marginalisation, l’exclusion et le laxisme du gouvernement dans la satisfaction des revendications des habitants de la région.

Les cours ont été également suspendus dans les différents établissements scolaires, à l’exception de nombre d’enseignants qui ont choisi de joindre les écoles.

Sur un autre plan, une manifestation a démarré devant le siège de l’Union régionale du travail pour revendiquer l’emploi des jeunes, le développement régional et la poursuite des agresseurs des manifestants. Ont pris part à cette manifestation, des représentants des partis et de la société civile.

Quelque 17 syndicats sectoriels ont convoqué mercredi, dans une déclaration rendue publique mardi, une grève pour protester contre la répression des manifestations pacifiques organisées, lundi dernier, à l’avenue Habib Bourguiba (Tunis) à l’occasion de la fête des martyrs.

De même, les représentants de la société civile ont adressé une déclaration au gouvernement et à l’opinion publique dans laquelle ils ont dénoncé l’agression, place des Droits de l’Homme à Tunis, des participants à la marche qui avait démarré depuis Sidi Bouzid, et ont condamné l’interdiction de manifester à l’avenue Habib Bourguiba, symbole de la chute de la dictature.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 11 avril 2012)


Tunisie : Grève générale de protestation dans 11 secteurs à Sidi Bouzid

11 secteurs dans le gouvernorat de Sidi Bouzid sont entrés, mercredi 11 avril 2012, dans une grève générale d’un jour à l’appel de l’Union régionale du travail.

Contacté par téléphone par TunisieNumerique, le secrétaire général adjoint de l’union générale du travail de Sidi Bouzid Ali Al Zaraye a précisé que cette grève générale de protestation est organisée en réaction aux violences dans le sillage de la répression policière contre la manifestation du 9 avril sur l’Avenue Bourguiba à Tunis. Il a indiqué que cette répression a été exercée à l’encontre de certains habitant de Sidi Bouzid présents à Tunis.

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Il a précisé en réponse à une question relative au fait que l’UGTT n’est pas au courant  de cette grève, il a indiqué qu’il est du droit de l’union régionale de décider d’une grève générale pour un jour sans en référer aux structures administratives de la centrale syndicale.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 11 avril 2012)


Tunisie – Tentative d’incendie d’un poste de police à Meknassi

Un groupe de personnes a essayé d’incendier un poste de police à Meknassi, dans la soirée du mercredi 11 avril 2012, en lançant un pneu enflammé dans son hall. Ces personnes ont également attaqué les agents de l’ordre en faisant usage de pierres.

Plusieurs policiers ont été blessés et une voiture administrative endommagée à la suite de cette tentative avortée.

Cet incident intervient à la suite d’une traque à un dangereux criminel recherché qui a demandé l’aide d’un groupe de personnes pour s’attaquer au poste de police.

Par ailleurs, un deuxième groupe de jeunes a tenté de prendre d’assaut le siège des brigades d’intervention à Sidi Bouzid.

Les agents de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les agresseurs, selon l’agence TAP.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 12 avril 2012)

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[Besançon, 20 avril] Rencontre avec le réseau No Borders sur le sujet des frontières et des sans-papiers

Ce vendredi 20 avril, 20h30, à la librairie L’Autodidacte, nous recevons des Lillois du réseau No Borders qui militent en faveur des actions pour les sans-papiers et plus généralement sur la question des frontières…

Venez voir la projection sur ces sujets, discuter du pourquoi et du comment des frontières et de leurs lois… les rencontrer et… Beat The borders !!

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Plus d’infos sur le réseau No Borders : fr.wikipedia.org/wiki/No_Border
le site, en anglais : noborder.org

Le Resto Trottoir,
collectif Food Not Bombs de Besançon

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Makthar

Une grève générale a paralysé jeudi 12 avril 2012 la vie socio-économique à Makthar dans le gouvernorat de Siliana.

Les établissements scolaires et administratifs ainsi que les locaux commerciaux ont suspendu leurs activités à l’exception de l’hôpital local, une seule pharmacie, les boulangeries ainsi que les mosquées qui sont restés ouverts.

La grève a été observée pour protester contre le « mutisme du gouvernement » qui, selon les habitants de Makthar, « n’a pas donné une suite favorable à leurs revendications relatives au développement dans la région, à l’emploi des jeunes et à la création d’un hôpital régional multidisciplinaire ».

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 12 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] « Nous sommes prêts à affronter les forces de la CEDEAO… Il n’est pas question de revenir en arrière »

UNE SEMAINE DANS L’AZAWAD – N° 10 – 11/04/2012 – MNLA
L’INDÉPENDANCE DE L’AZAWAD ET L’ENJEU SAHÉLO-SAHARIEN

Dans l’esprit des Azawadis, la Communauté sera celle de l’État libre et égalitaire ou ne le sera pas, suite à la déclaration de l’Indépendance depuis la ville de Gao. Mais ils apprendront, qu’une phase est entamée, celle de se faire aimer à travers le monde. Les échos, seront la suite relevant de l’histoire de la décolonisation de l’Afrique. Malgré [tout], la conscience collective se prononce en faveur du non au rattachement au Mali. Cela reste la suite logique de la lettre de 1958, adressée au général De Gaulle, avant la balkanisation de l’Afrique et le tracé des frontières.

1. Événements

Le peuple de l’Azawad, rejette en bloc l’union sous la république malienne, et le MNLA par la voix de son Secrétaire Général, Bilal Ag Achérif, depuis Gao, via la chaîne qatarie Aljazera au 6 avril 2012, [a] pris la parole, pour arracher l’indépendance en ces termes : « NOUS, PEUPLE DE L’AZAWAD… proclamons irrévocablement, l’ÉTAT INDÉPENDANT DE l’AZAWAD à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012. DÉCLARONS : La reconnaissance des frontières en vigueur avec les états limitrophes et leur inviolabilité ; l’adhésion totale à la charte des Nations Unies ; l’engagement ferme du MNLA à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l’État basés sur une Constitution démocratique de l’Azawad indépendant… » La communauté internationale [a] reçu ce discours, en bloc, à l’allure de slogans, comme une sagaie dans le cœur au point que la réplique de rejet de la communauté des États fut en bloc. Les Azawadis, via le MNLA, rappellent ainsi, qu’ils assument leurs responsabilités face à plus de 50 ans d’ingérence malienne.

Des États en éprouvent bien des tourments, et demandent au retour à l’intégrité du Mali. Au plan international des soutiens se firent entendre de la part des associations et organisations non gouvernementales, et du Gouvernement provisoire kabyle, composante Amazighs à travers le monde à une reconnaissance totale de la république de l’Azawad et la légitimité du combat. De la déclaration, les populations attendirent les raisons d’espérer. La nécessité était impérieuse de sortir l’Azawad de l’impasse où l’avaient placé les héritiers. Les défis et les enjeux formaient un tout homogène : rationaliser le double héritage chaotique de 50 années de règne malien, entre autres les réseaux mafieux et les doubles agents de certains clans. Le rétablissement de l’ordre et d’une citoyenneté azawadies, étaient du nombre des actions idoines à mener.

2. Faits

La libération de Gao et de Tinbouctou : Le préalable brûlant était l’introduction, d’Ançar-dine et de filiales d’AQMI dans la danse à la première heure. Ces organisations s’adonnèrent à une campagne médiatique, via certaines agences de presse et de communication. Cela se traduit, par des affinités, longtemps non dévoilées qui éclatèrent au grand jour, pour transformer le rêve Azawadis, en un cauchemar inédit. Ce jeu se déroule entre des anciens protagonistes et alliés de l’arène politique.

Tinbouctou ou la Trilogie des Gangs !

Les anciens amis, de l’arène politique et des milices locales ont décidé de faire leur mise en scène dans la ville de Gao et de Tinbouctou « la mystérieuse ». Comme auparavant, devant suivre la même logique que Kidal, Gao et Tinbouctou furent le théâtre des combines, complicités et plans contrés, avec les premières images filmées par Aljazera de l’enlèvement du consul algérien à Gao. Tinbouctou, reste la seule ville, ayant essuyé moins de tirs, moins de combats, et dont l’armée s’est retirée, sans perte, ni dégâts. Cette prise révéla, les combines au plus haut niveau, entretenues par des élites, au sein d’organisations peu crédibles.

L’organisation Ançar-dine et ses alliés, profiteront de cette aubaine pour s’afficher à la face du monde, via des médias, prédisposés à faire le relais, et déjà au parfum des stratégies et compromis. La ville est ainsi assiégée par ses propres anciens gardiens, qui se ravitaillèrent en munitions et équipements hérités de l’armée malienne, et organisèrent des cérémonies de défilés dans des rues de Tinbouctou, face à une population pétrifiée et impressionnée. Un combat de repositionnement éclata, avec la naissance du Front National de Libération de l’Azawad, se réclamant héritier des rébellions des années 1990, mais abandonnant cette fois-ci le « I = islamique » de l’ancienne formule FIAA (Front Islamique Arabe de l’Azawad), puisque le concept islamique est moins séducteur et commercialisable. Ce mouvement se déclare « avoir nos propres intérêts à défendre, le retour à la paix et l’activité économique. »

Incompatibilité des « Ançar-dine » : Iyad Ag Ghaly et Chérif Ousmane Haidara

L’organisation islamiste, qui s’activa à Tinbouctou, pour instaurer la charia, jusqu’à Kayes au Sud-Ouest du Mali, s’arrêta comme si l’Azawad représentait Kayes et Kolondiéba, dans leur calendrier annoncé. À Tinbouctou le concept de Charia, ne trouva d’adepte nulle part. Au Mali, Ançar-dine présidé par le Chérif Ousmane Haïdara, rejeta en bloc les idéaux prônés par Ançar-dine d’Iyad Ag Ghali, et les populations locales s’en méfièrent.

Les exactions commises, dépassaient souvent l’entendement. Des femmes violées, jamais connu sous aucune révolution dans l’Azawad et dont seul Gao et Tinbouctou, ont fait l’objet selon les médias, comme s’il y avait une guerre propre. Toutes ces dérives, sans preuve pour le moment (viols surtout), n’entameront pas la résistance du MNLA, et feront oublier aux restes des Azawadis, des leurs égorgés à séparés et déportés à Bamako sans nouvelles, et les milliers de prisonniers de guerre liquidés sans suite.

Mali

Au Mali, la junte militaire, institua un président de la transition, dépourvu d’atouts consensuels pour un mandat de 41 jours. Le Mali n’est pas encore sorti de l’auberge, car des revirements menacent, sans le savoir le pays en devenir. La classe politique malienne et les leaders d’opinions, se croisent tous, pour avoir comme seul argument, la déclaration d’indépendance de l’Azawad, et imposent pour slogan, la guerre à la république de l’Azawad et aux Azawadis, via le soutien attendu de la CEDEAO appuyée par la France.

Concomitamment les politiques attiseront la haine. Lors d’une déclaration de la COREN (Collectif des Ressortissants du Nord-Mali) au Centre international de conférences de Bamako, les politiques accuseront les résistants de l’Azawad, comme violeurs, criminels, voleurs… Oubliant que ses ressortissants de l’Azawad, ont été et ont fait l’objet de ces mêmes actes avec preuve, sans aucune déclaration. L’orateur acheva son allocution en rappelant les motivations de la guerre contre les Azawadis. L’intervention de la foule prit la forme de vulgaires causeries des quartiers.

Déjà pendant la folie et la haine des années 1990, des centaines de victimes assassinées publiquement, des villages rayés de la carte de l’Azawad, n’ont eu droit à aucune reconnaissance de ces leaders politiques, qui n’hésitent à aucun instant de rappeler l’Unité de la Nation, l’indivisibilité de territoire… du fait de la vindicte populaire à Kati contre des Azawadis. Les chefs d’État ouest-africains, étaient dans l’expectative, en attendant de voir pour comprendre la nouvelle direction qu’allaient imprimer les événements.

La mise en garde contre l’invasion militaire dans l’Azawad

La junte malienne, entame le renforcement de sa mainmise, pour pérenniser un régime qu’elle ne compte pas abandonner. Comme par le passé, le racisme a gangrené l’administration malienne, qui s’en sert comme principe de fonctionnement. Cet élément avait déjà servi de prétexte à l’équipement des milices d’autodéfense de Noirs-contre-Blancs. La paix semble désirée des peuples les moins nantis, au bord du gouffre, faute de moyen financier, et d’un perpétuel cycle de recommencement, mais personne ne se donne l’impression d’y croire à écouter les deux camps.

Le message du MNLA, à travers la voix du président du Conseil Révolutionnaire Abdoul-Karim : « Nous ferons face, que ce soit des salafistes, que ce soit de la Cédéao, que ce soit n’importe qui… » Cet écho retentira à travers le monde culturel berbérophone, qui déjà profère des menaces en cas d’invasion militaire de la CEDEAO, qui ne s’explique pas et renvoie aux schémas classiques du racisme, tant combattu au 21e siècle.

Tous les spécialistes des questions sahélo-sahariennes, ne cachent point le retour aux démons de l’exclusion. Pour l’avenir du peuple de l’Azawad, qu’il retrouve sa terre, et pour les bases fondamentales de la démocratie, de la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, l’intervention militaire sera délicate et les conséquences non maîtrisables. Le président ivoirien, Son Excellence Alassane Dramane Ouattara, brandissant cette menace, est conscient que les combattants du MNLA, ne resteraient pas les bras croisés, et plongera toute la région dans un chaos, face à des pays, qui font presque chacun, face à des crises identitaires ou religieuses.

La junte malienne préoccupée par sa légitimation, et face à sa défaite dans l’Azawad, laisse aux politiques tout le loisir de s’époumoner pour une campagne présidentielle, incertaine dans le temps et dans l’espace. Le MNLA a décidé unilatéralement de mettre fin aux combats, vu la reconquête de sa carte politique et militaire. Allons-nous assister, à une autre guerre sans nom, et à retentissement variable.

Crise alimentaire au Sahel

L’association humanitaire Oxfam France appelle aux dons ce mardi 10 avril pour venir en aide aux 16 millions de personnes gravement menacées par une crise alimentaire au Sahel… Par ailleurs, depuis janvier, 200.000 personnes déplacées et réfugiées dans les pays voisins ont un besoin urgent d’eau, de nourriture et d’abris.

2. Hommes

Point de vue MNLA

Bilal Ag Achérif, Secrétaire Général du MNLA : «… Considérant, la libération complète du territoire de l’Azawad ; proclamons irrévocablement, L’ÉTAT INDÉPENDANT de l’Azawad à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012… » ;

Abdoul Karim Ag Matafa, Président du Conseil Révolutionnaire du MNLA : « Nous sommes très contents d’avoir un interlocuteur légitime pour discuter… sur la base de l’indépendance de l’Azawad… nous aussi nous allons mettre en place un gouvernement dans les jours à venir, et essayer de maintenir l’intégrité de l’Azawad, par la force ou par le dialogue. Nous sommes prêts à affronter les forces de la CEDEAO… Il n’est pas question de revenir en arrière sur la déclaration d’indépendance de l’Azawad. » ;

Bekaye Ag Hamed Ahmed, Chargé de Communication, Informations et Relais avec les Médias : « On condamne l’enlèvement de diplomates algériens à Gao et tous les actes de vandalisme et d’agressions contre les populations civiles dans les villes libérées. On se désolidarise de toutes les organisations mafieuses s’étant introduite ces jours-ci dans l’Azawad, contribuant à instaurer un climat de chaos et de désordre, après la libération du territoire. » ;

Commandant Aïssa Ag Akli-Chef de la sécurité à Achebrache : « Le Mali compte 25’000 soldats qui ne nous ont pas fait peur. Nous avons conquis les trois importantes villes du Nord. Donc, personne ne nous fera peur, pas même l’armée de la Cédéao. Notre décision est prise, nous ne ferons pas marche arrière. Nous avons déjà proposé des alternatives à l’issue des anciennes rébellions mais aucune d’elles n’a été concrétisée. Aujourd’hui, c’est la guerre qui a tranché la question du territoire. ».

Point de vue Mali

Amadou Sanogo, Chef de la Junte : « Nous avons hérité d’une « pourriture »… je promets au peuple malien et à l’opinion internationale que je ne ménagerai aucun effort pour refaire cette armée et pour reconquérir les (territoires) perdus… je veux tout de suite (une aide militaire internationale extérieure) mais à mes conditions… nous avons assez de troupes au sol mais j’ai besoin d’appuis logistiques, d’appuis aériens… » ;

Mohamed Mahmoud El-Oumrany, doyen des chefs de la communauté arabe du Nord du Mali : « Les trafiquants de drogue sont dans une alliance avec Al-Qaïda à Tombouctou, à Gao et à Kidal » ;

Abdou Abdoulaye Sidibé : « Nous les élus du Nord, on avait déjà commencé un travail. Si l’État nous avait accompagnés… si la CEDEAO nous accompagne, je pense que nous pouvons faire revenir tout le monde à la table des négociations et à la raison. » ;

Soumaïla Cissé, Président de l’URD (Union pour la République et la démocratie) : « Les défis que nous avons nécessitent des actions urgentes » ;

Oumar Mariko-vice-président de l’Assemblée malienne : « Nous ne pouvons pas envisager une transition en dessous de 14 mois » ;

Colonel Gamou à la reconquête du Nord du Mali : « Aujourd’hui, je lance un appel solennel à tous les Maliens ! À tous les Nordistes en particulier, de se donner la main, d’avoir le courage, d’avoir le moral, pour reconstruire en chœur le Mali et le Nord. »

Assarid Ag Imbarkaouane-Député : « Récemment, moi je l’ai expliqué, sur tous les cieux ! Et j’ai dit, il y a de cela un an, que la démocratie malienne est en danger, qu’il y aura la partition du Mali, si on n’y fait pas attention ! Et qu’il y a un danger qui menace le Mali, qui menace tous les pays de la bande sahélo-saharienne » ;

Discours de démission d’Amadou Toumani Touré : « Il faut que le Mali reste dans les dispositions de sa constitution… » ;

Me Melainine Ould Badi, Secrétaire Général du Front Islamique Arabe de l’Azawad : « Le MNLA n’a pas qualité pour parler au nom de la population… arabe à Tombouctou, à Gao… Nous ne cherchons pas la partition… Le MNLA, qui a une hyper présence sur le plan médiatique, sur le terrain, n’occupe pas la réalité du terrain… dorénavant nous n’avons plus l’intention d’accepter cette situation de fait accompli… » ;

Point de vue de l’extérieur

Adama Bictogo, ministre ivoirien de l’Intégration africaine : « Le président en exercice de la Cédéao décide la levée immédiate des sanctions contre le Mali… » ;

Mohammed Bazoume ministre des Affaires étrangères du Niger : « On doit travailler à changer le rapport de force sur le terrain avant de parler de négociation » ;

Alain Juppé ministre français des Affaires étrangères-France : « La France est prête à assurer la logistique de la force de la Cédéao » au Mali.

Soutien à l’Azawad

Fathi Nkhlifa, Président du Congrès Mondial Amazigh : « Le Congrès Mondial Amazigh, ONG internationale de défense des droits du peuple Amazigh (Berbère), met en garde l’État français contre toute intervention intempestive dans ce conflit. Celle-ci aurait pour seuls effets, d’aggraver l’animosité et les tensions entre le Sud et le Nord du Mali. Le moindre coup de force étranger précipiterait le pays dans le chaos pour longtemps. » ;

Ferhat Mehenni, Président du GPK (Gouvernement provisoire kabyle) reconnaît l’indépendance de l’Azawad : « L’Anavad et le peuple kabyle qui ont soutenu depuis le début la lutte du MNLA pour l’indépendance de l’Azawad se félicitent de cette heureuse issue. C’est un jour historique pour les nations du monde qui voient se joindre à elles un nouveau pays qui a arraché de haute lutte son droit à une reconnaissance pleine et entière de son identité, de sa liberté et de sa souveraineté » ;

Assemblée Mondiale Amazighe : « … En définitive, l’AMA appelle la communauté internationale à reconnaître le nouvel État indépendant de la République de l’Azawad et à œuvrer pour qu’il siège au sein de l’ONU et des institutions spécialisées du système des Nations Unies comme membre à part entière. L’AMA appelle aussi à la mobilisation active de tous les militants et militantes amazighs afin d’agir afin de gagner la guerre de la diplomatie et de la communication qu’il nous faut entreprendre en faveur de la reconnaissance par les États de ce nouvel État africano-amazigh comme cela a été le cas sur notre continent de l’Érythrée et du Sud Soudan… » ;

L’Association Culturelle Berbère d’Italie : « … fait appel au gouvernement italien, à l’Union européenne et à la communauté internationale afin qu’ils soutiennent les droits légitimes des populations de l’Azawad, reconnaissent l’État indépendant de l’Azawad et établissent des contacts pacifiques et de coopération avec elle, car seulement un État véritablement démocratique et responsable envers ses citoyens sera en mesure de vaincre le fanatisme, le terrorisme et les trafics illicites en Afrique saharienne; à tous les organismes et les individus de bonne volonté afin qu’eux aussi expriment leur solidarité avec l’Azawad et luttent pour la reconnaissance internationale de son indépendance… ».

Pour le MNLA
Khoumeidy Ag Acharatmane

Communiqué du MNLA, 11 avril 2012

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[Révolution tunisienne] Bureaucratie dégage !

Tunis, 9 avril 2012 : « L’État, c’est une bande de gens armés » (Friedrich Engels)

La violence inouïe déchaînée par la police dans les rues du centre de Tunis ce lundi 9 Avril, Fête Nationale des Martyrs de 1938 — ceux qui tombèrent sous les balles françaises aux cris de « Barlaman tounsi » (« Un parlement tunisien ! ») — contre des manifestants pacifiques de tous âges et de toutes conditions, cette violence peut sembler à première vue gratuite. Mais elle ne l’était pas. Elle obéit à un plan élaboré par les stratèges de l’ancien régime qui, tapis dans l’ombre, tiennent encore les rênes de l’appareil d’État et préparent leur retour officiel au pouvoir en rendant le gouvernement transitoire issu des élections aussi impopulaire que possible. La troïka qui est formellement au pouvoir est paralysée, comme le lapin devant le serpent. Si elle continue comme ça, elle ne va pas durer très longtemps, pas même jusqu’aux élections de l’année prochaine. Encore quelques très grosses « bavures » comme celle d’aujourd’hui et elle aura perdu toute crédibilité et toute légitimité. Le peuple, alors, devra reprendre la parole et l’initiative.

Basta ! Journal de marche zapatiste, 9 avril 2012

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Plutôt qu’une grève de matons, vidons les prisons

Selon la presse officielle, les surveillants de prison ont été nombreux à se mettre en grève dans différentes taules en france la semaine dernière.

À Varces, le 4, le 5 et le 6, ils ont bloqué l’entrée, empêchant notamment les parloirs.

Ils réclament plus de moyens pour encore plus enfermer.

À cette occasion, le centre de semi liberté situé 51 rue abbé Grégoire (une taule où les prisonniers sortent pour bosser ou s’insérer, et rentrent en cellule le soir) et le SPIP situé 84 rue des Alliés, (service de probation et d’insertion pénitentiaire, les travailleurs sociaux intervenant en taule notamment pour la préparation de la sortie, et pour la surveillance et la mise en application des mesures de contrôles après la sortie) ont été redécorés.

Sur leurs murs se lisent les inscriptions suivantes :

SPIP, matons, même combat, démission

Destruction des prisons

Solidarité avec les prisonniers

Le seul aménagement possible, c’est la destruction des prisons

Liberté pour tous, de jour comme de nuit

Une banderole a été accrochée sur la rocade en direction de Varces, disant « plutôt qu’une grève de matons, vidons les prisons ! »

Indymedia Grenoble, 9 avril 2012

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[Vive l’Azawad libre !] « La liberté et l’honneur dans un environnement d’entraide dans lequel nul ne sera laissé pour compte et en marge de l’avancé du reste du peuple. Chaque Azawadienne et chaque Azawadien profitera des fruits de cette liberté »

Indépendance de l’Azawad : la reconnaissance des nations viendra sans aucun doute

Ne nous trompons pas. La déclaration d’indépendance faite le Vendredi 06 Avril dernier est la plus importante action faite par notre peuple depuis 130 ans. Cette déclaration solennelle marque la naissance de la République Démocratique et Laïque de l’Azawad. Pour qu’elle soit véritablement effective il faut qu’elle soit reconnue par le concert des nations et par l’Organisation des Nations Unies. Ceci viendra sans aucun doute d’autant plus que les Azawadiennes, les Azawadiens, et leurs amis ne ménageront aucun effort pour cela.

Lorsque le bureau politique du MNLA par la voix de son Secrétaire General Bilal Ag Acherif déclarait il y a quatre jours que nous « proclamons irrévocablement, l’État indépendant de l’Azawad à compter de ce jour Vendredi 06 Avril 2012 », il prononçait la phrase qu’avait voulu prononcer Fihroune Ag Alensate, Kaocene Ag Gueda, et Mohamed Ali Ag Attaher. C’était une phrase pour laquelle les Ihagarren avaient anéanti la mission Flatters en 1880, de même que les Imouchaghs Tindjeredjifs de l’Amenokal Mohamed Ag Awwab avec la mission Bonnier le 15 Janvier 1994 à Taqinbawt (Tacoubao).

Mais cette proclamation n’est pas une fin en soi. C’est plutôt le début du commencement. Le commencement d’une nouvelle page serons-nous tentés de dire. Pour que cette proclamation soit effective, elle se doit d’être reconnue par le monde entier. Nous n’avons absolument aucun doute qu’elle le sera dans un, deux, ou cinq ans. Nous sommes convaincus que l’Azawad sera le 55e membre de l’Union Africaine et le 194e membre de l’Organisation des Nations Unies.

Nous en sommes convaincus non pas parce que c’est un droit, une obligation que nous doit la communauté internationale. Notre haute conviction nait uniquement de la valeur productive des Azawadiens et des Azawadiennes. Le nationalisme qui nous a toujours habités sera le ciment qui fera que nous nous dépasserons pour construire un état moderne dont les pierres angulaires seront la liberté, l’entraide, et la promotion de la création.

Certes, nous auront à faire face à de grandes adversités de la part du Mali et de l’Algérie entre autres. Certes, nous devrons surmonter de nombreuses péripéties comme celles des criminels d’Ansar Adine dont le seul objectif est de détruire toute avancée de leur peuple pour le compte du Mali et de l’Algérie. Certes, offrir une liberté parfaite aux Azawadiennes et Azawadiens qui leur fut volée depuis 130 ans demandera assez de travail de l’ensemble des Azawadiens. Mais nous sommes convaincus que le désir de réaliser le rêve de nos aïeuls et permettre aux générations futures de vivre comme le reste du monde permettra aux Azawadiennes Azawadiens de ne ménager aucun effort pour la construction de la République.

La lutte légitime pour la liberté et l’honneur entreprise il y a plus de 130 ans ne peut être complète que dans un environnement d’entraide dans lequel nul ne sera laissé pour compte et en marge de l’avancé du reste du peuple. Chaque Azawadienne et chaque Azawadien profitera des fruits de cette liberté.

Même s’il nous parait évident que l’entraide occupera la place qui a toujours été la sienne dans nos us et coutumes, la configuration même de notre société nous donne la conviction qu’une place non moins importante sera accordée à la promotion des idées et créations afin de sortir rapidement du stade de désolation dans lequel les colonisations Françaises et Maliennes ont laissés notre société. De même que nous avons été capables de nous relever de ce désastre, nous sommes convaincus que nous serons capables de reconstruire notre société pour lui redonner la place qu’elle a toujours occupée : l’une des plus belles de la terre de par son ancienneté et son originalité.

C’est toutes ces assurances qui nous conduisent à n’avoir aucun doute quant aux futures reconnaissances de la République Démocratique et Laïque de l’Azawad par le monde entier. Cette reconnaissance ne saurait avoir lieu en quelques jours. Elle prendra du temps et viendra dès le moment où les Azawadiennes et Azawadiens auront montrés qu’ils sont capables de dirigés l’Azawad comme toute nation respectable. Notre assurance est d’autant plus grande que nous serons aidés dans ces taches par les amis de l’Azawad que sont le Gouvernement Provisoire Kabyle, le Congrès Mondial Amazigh et le peuple Amazigh, la Nation Occitane, les peuples basques, Catalans, et des Canaries pour ne citer que ceux-ci.

Abdoussalam Ag Inawelene
Toumast Press, 10 avril 2012


Le MNLA repousse les forages d’ENI

Les sociétés ENI et Sonatrach, présentes dans le bassin de Taoudenni, le plus prometteur en hydrocarbures au Mali, vont encore prendre du retard.

Le contrôle du Nord du Mali par les Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les islamistes d’Ansar Dine provoquera des effets collatéraux sur l’exploration pétrolière dans le bassin de Taoudenni. Les sociétés Sipex (branche internationale de Sonatrach) et ENI avaient prévu de forer en février 2012 sur leur bloc 4, situé au cœur de cette zone. (…)

Deux autres sociétés rentrées récemment dans le bassin de Taoudenni vont également devoir retarder leurs explorations. Ce sera le cas du canadien Simba Energy, qui opère le permis 3 depuis le mois d’octobre, et de PetroPlus Ltd, qui contrôle les blocs 1A et1B. (…)

Le MNLA n’a jamais envisagé que le Nord-Mali, qu’il appelle l’Azawad, survive grâce aux ressources pétrolières. Contrairement à d’autres rébellions indépendantistes africaines — le SPLA au Soudan du Sud, l’Unita en Angola — ce mouvement n’aurait pas cherché à prendre contact avec des pétroliers, voire à épargner leurs intérêts. (…)

Leur presse (Africa Intelligence, repris par Tamoudre.org, 10 avril 2012)


Amazighs de tous les pays, unissez-vous

La France s’interroge sur la meilleure façon de resurgir dans le territoire de papa et sabrer la gorge du tout nouvel État de l’Azawad.

Le laisser naître et prospérer est une opuscule qu’elle ne peut pas envisager du moment qu’elle n’en est pas la génitrice directe, de plus, cet État sort du tracé des frontières impeccablement fait à la règle qu’elle a achevé dans le but géostratégique de saccager l’histoire. L’étouffement dans l’œuf du nouvel État d’Azawad relève subitement, à ses yeux, de la plus haute urgence : elle y voit danger dès lors que l’on s’affaire à traduire le mouvement de l’humanité en vérité historique. Alain Juppé, le ministre huppé, sourd aux cris des suppliciés dans son autre département de poche, la Syrie qui enregistre chaque jour que Dieu fait une moyenne de 100 morts, s’apprête à enfiler la cotte de maille et combattre plus loin à l’ouest, les touaregs qui remettent en cause la prédominance de sa grand-maman gauloise. Il parle des États d’Afrique comme parlait Rockefeller de ses résidences secondaires.

À grands renforts de l’intox, la France trouble la vision des nations sur l’essence de l’État d’Azawad. Ses avertissements querelleurs, charge ses desseins. Tout est prêt, d’abord l’ambition de supposer le mouvement Azawadi comme allié des marchands de la haine assimilé aux intégristes et puis arrive la gageure idée de sauvegarder la souveraineté territoriale du Mali !

Ainsi donc, la France se soucie de l’intégrité territoriale des États nord-africains. Faut-il en rire ou en pleurer ? Les territoires que la France a arrangés au mépris des réalités culturelles et historiques regorgent de Néron et aussi de trublions méphitiques et d’idées infectes. De Bokassa à Kadhafi, quel est le tyran qu’elle n’a pas soutenu avec tambour et trompette ? Alors que se jouait la torture, les carnages, les épurations ethniques, l’Élysée abritait des festins de charognes.

Voilà que s’y mêle Ahmed Ouyahia, le 1er ministre algérien maître dans l’art de la manip de l’amalgame et du troc. Au nom de quel État il ose encore une fois un soutien périlleux et un parjure à l’histoire ? Est-ce au nom de l’État Algérien qui a massacré plus de 130 Kabyles et handicapé à vie des milliers d’autres en 10 jours de contestations légitimes ? Est-ce au nom de l’État algérien qui avait vite fait de reconnaître l’État du POLISARIO, subitement transformé en république arabe ? Est-ce au nom de l’État algérien qui pendant l’insurrection en Libye s’était gardé de tout commentaire sous le prétexte de la non-ingérance dans les affaires intérieurs des états voisins ? Ou alors, est-ce au nom de son parti dont il a fait une industrie de rapaces ? Il sous-entend une passerelle idéologique entre le MNLA et la mouvance intégriste avec un rappel des meurtres commis en Algérie par les hordes intégristes. N’est-ce pas astucieux de condamner les massacres commis au nom d’une pensée religieuse tout en se réclamant de la même pensée qui les décrète. Pensée devant laquelle, il reste sans conteste tributaire. Bien sur, comme toujours en Algérie, parmi les traîtres admis à la première classe, émergent des figures privilégiées d’un type kabyle accentué qui, force est de le constater, dirigent l’adultération politique avec un aplomb inouï.

Le combat du MNLA est un élément essentiel pour notre combat identitaire. Il va nous assurer l’énergie nécessaire à la résistance d’une part, et d’autre part, nous dévoiler les hypocrites et les traîtres à la cause berbère.

Aujourd’hui, la France se charge de la condamnation du mouvement Azawad – instinct de prédation nous dirons – c’est d’abord pour s’acquérir l’honneur de la sentence et enlever l’exclusivité à tous ces rats qui prétendent à être ses dévoués dans nos contrées. Le nouveau gouvernement assassin de Libye a pris acte, en toute impunité, il ordonne le bombardement de la ville berbère de Zuwara. Le peuple berbère est sommé de se renier sous peine de tourments et d’épuration. Il subit des pressions lourdes, des bombes pour le faire craquer, le rendre moins redoutable.

Il ne nous reste d’autre alternative que le soulèvement, manifester là où nous sommes, crier haut fort notre détermination à défendre notre identité et nos territoires. Il n’est pas de plus haut, il n’est pas de plus légitime.

Il nous faut impérativement rejoindre les rangs des ouvriers intraitables de la mémoire. Il est temps. Qui répond aux imbéciles par le silence est imbécile aussi. Le Djurdjura, l’Aurès, le Rif pleurent et, peut-être, nous maudissent.

Nous n’avons certes aucun ami, le cri de nos ancêtres est notre seul allié, faisons en sorte qu’il « redouble de férocité ».

Djaffar Benmesbah
Kabyles.net, 9 avril 2012

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Bakounine et Staline enfin réconciliés par le grand philosophe de la révolution tunisienne

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334143620.jpgLe chef du mouvement islamiste tunisien « Ennahdha » Rached Ghannouchi a accusé mardi « certaines parties » qu’il a qualifié d' »anarchistes staliniens », d’être à l’origine des troubles qui opposé dimanche forces de l’ordre et manifestants à l’occasion de la célébration de la journée des martyrs.

« La Tunisie n’est pas menacée par la dictature, mais par l’anarchie », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse.

Les heurts au cours desquels la police a violemment repoussé les manifestants, se sont produits notamment sur l’avenue Bourguiba, principale artère de la capitale, interdite aux manifestations depuis près de deux semaines pour cause de troubles à l’ordre public. Ils ont causé de nombreux blessés des deux côtés et conduit à des interpellations dont le nombre n’a pas été précisé.

Rached Ghannouchi a pointé du doigt « des parties qui après leur échec aux élections, empruntent une voie anarchiste stalinienne pour tenter d’obtenir dans la rue ce qu’ils n’ont pas pu avoir par les urnes ». Sans identifier les parties visées, il a toutefois précisé qu’il ne mettait pas en cause toute l’opposition « dont certains partis étaient nos alliés ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334144569.gif

Les islamistes-policiers en action.

Le leader du parti islamiste, vainqueur des élections d’octobre dernier, a condamné la violence « d’où qu’elle vienne que ce soit de la police [sic] ou des manifestants ».

Selon lui, « dans un État de droit, personne ne doit imposer le fait accompli », en évoquant les plaintes des propriétaires des établissements commerciaux et touristiques qui se disent touchés par la multiplication des manifestations au centre de la capitale.

M. Ghannouchi a, par ailleurs, rejeté les accusations selon lesquelles des milices d’Ennahdha auraient prêté main forte aux forces de l’ordre pour réprimer les manifestants.

Leur presse (AP, 11 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] Grèves générales à El Ktar et à Zannouch (Gafsa)

Les mouvements de contestations ont commencé depuis 3 jours dans la localité d’El Ktar (gouvernorat de Gafsa) pour atteindre un palier supérieur aujourd’hui, mardi 10 avril avec l’observation d’une grève générale.

En effets, les habitants de la région réclament le droit au travail, le développement de leur région et la construction d’une cimenterie.

Selon Mosaïque FM, un soldat a été blessé dans la nuit du lundi à mardi 10 avril en tentant de disperser un groupe de jeunes qui voulait incendier le siège de la délégation.

Le district de la Garde nationale a tout de même été incendié et des ordinateurs ont été volés de l’école primaire d’Ahmed Tlili.

Un certain nombre d’ouvriers journaliers ont manifesté devant le siège même du gouvernorat de Gafsa et revendiqué la réglementation de leur situation.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 10 avril 2012)


Tunisie – Grève générale dans la délégation d’El Guettar

Une grève générale a paralysé, mardi, la vie économique et sociale, dans la délégation d’El Guettar (Gouvernorat de Gafsa), pour revendiquer « des opportunités d’emploi au sein de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et la réalisation de la cimenterie ».

La correspondante de l’agence TAP dans la région a constaté que tous les services administratifs et publics sont paralysés, à l’exception du service des urgences de l’hôpital local de la ville.

Les cours ont été interrompus dans les écoles primaires, les collèges et les lycées, alors que tous les commerçants ont baissé leurs rideaux.

En outre, le blocage de la route nationale 15 vers Gabés se poursuit, au niveau du centre ville. Les protestataires demandent la libération des 11 jeunes arrêtés, au cours des deux derniers jours et accusés d’avoir participé à l’incendie du poste de police de la ville et aux pillages.

Des mouvements de protestation et des actes de violence ont éclaté, depuis samedi, dans la délégation d’El Guettar, à la suite de la proclamation des résultats du concours pour le recrutement d’agents d’exécution à la CPG, à Medhilla. Les protestataires considèrent que la délégation a « été délaissée par le programme de recrutement de la compagnie ».

Les forces de sécurité intérieure étaient intervenues en utilisant les gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires dont certains sont suspectés d’avoir incendié le poste de police et celui de la garde nationale, ainsi qu’un bus de transport du personnel de la CPG et du Groupe chimique tunisien (GCT) d’El Guettar vers le site de Medhilla.

Un syndicaliste d’El Guettar, Jamel Chaïchaa, a indiqué que cette grève à l’appel des citoyens de la délégation va se poursuivre jusqu’à ce que le gouvernement provisoire traite sérieusement leurs revendications.

« Au lieu d’envoyer des signaux positifs concernant les dossiers de l’emploi et du développement, le gouvernement a choisi la solution sécuritaire et l’arrestation des protestataires », a-t-il ajouté.

L’Union locale du travail n’a pas appelé à cette grève, toutefois, elle a rendu public, lundi, un communiqué dont une copie est parvenue à l’agence TAP ou elle exprime « son mécontentement et sa condamnation des méthodes répressives, ainsi que son attachement au droit de manifester ». Elle demande, en outre, « la libération des jeunes arrêtés et le droit de la délégation au développement et à l’emploi ».

Une source sécuritaire a indiqué, dans une communication téléphonique, que les jeunes arrêtés « ont été traduits devant le juge qui a décidé, mardi, la libération de cinq d’entre eux et le maintien en garde à vue des six autres ».

Concernant les revendications des protestataires, le gouverneur de Gafsa, Brahim Hamdaoui, a expliqué que la décision a été prise pour construire la cimenterie, dans les meilleurs délais, dans cette délégation, et que les études sont en cours pour d’autres projets privés.

Il a souligné que les citoyens de la délégation pourront être embauchés à travers les concours de recrutement des cadres à la CPG, ainsi que dans l’unité relevant du GCT à Medhilla 2 et qui est en cours de réalisation.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 10 avril 2012)


Tunisie : deux localités du bassin minier en « grève générale »

Deux villes près de Gafsa, le bassin minier dans le sud-ouest de la Tunisie, étaient en « grève générale » hier, commerces, écoles et administrations fermés, pour réclamer notamment du travail, a rapporté un correspondant de l’AFP.

À El Guettar, une ville de quelque 15’000 habitants, le mouvement de protestation a été provoqué par la publication, samedi, des résultats d’un concours d’embauche à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région minière.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des jeunes s’estimant injustement écartés du programme de recrutement avaient incendié un poste de police à El Guettar.

Les habitants de la ville de Zannouch ont également décrété la « grève générale » pour réclamer du travail et plus de ressources pour les régions défavorisées du centre de la Tunisie.

La publication, en novembre dernier, d’un premier concours de recrutement avait entraîné des violences dans le bassin minier qui s’étaient poursuivies plusieurs jours. Plusieurs bâtiments de la CPG et des postes de police avaient été saccagés.

Après la publication de résultats, samedi, d’autres recrutements doivent être annoncés dans les jours à venir dans d’autres localités du bassin minier. Au total, quelque 4000 agents doivent être embauchés par le groupe chimique tunisien et la CPG. 28’000 personnes ont postulé. La région minière, réputée frondeuse, a connu en 2008 un soulèvement qui a duré plusieurs mois, qui avait été considéré comme les prémices de la révolution de 2011.

Publié par des ennemis de la révolution (ElWatan.com, 11 avril 2012)

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Hourra pour les mutins de Vezin !

Mini mutinerie dans une prison bretonne

Des détenus du centre de détention de Vezin-le-Coquet ont agressé un surveillant et allumé des feux dans leurs cellules.

Une dizaine de détenus du centre de détention de Vezin-le-Coquet, près de Rennes, ont agressé ce mardi un surveillant lors d’une «mini-mutinerie» où ils ont allumé des feux dans leurs cellules, a-t-on appris de source syndicale.

Quatre détenus étaient placés en garde à vue mardi soir, selon la même source. Le calme était revenu peu avant 21H00.

Le mouvement a débuté vers 18H00 au rez-de-chaussée de l’établissement lors de la distribution des repas. Un surveillant, agressé d’un coup de poing notamment pour récupérer les clés, a été acheminé vers l’hôpital.

Une dizaines de véhicules de pompiers et une dizaines de véhicules de gendarmerie étaient stationnés mardi soir devant le centre de détention d’où se dégageait une odeur de brûlé.

Des hommes de l’ERIS (équipe régionale d’intervention et de sécurité) ont été dépêchés sur place.

« Les détenus attendaient pour en venir aux mains avec le personnel. Ils voulaient vraiment en découdre. Ils ont aspergé le sol de produits vaisselle et de douche, ont érigé une mini-barricade avec des matelas », a témoigné Stéphane Masson de FO pénitentiaire regrettant qu’il n’y ait qu’« un seul surveillant pour 70 détenus ».

De son côté, Éric Lemoine (CGT) a confirmé le caractère prémédité de la « mini-mutinerie ». Aucun motif de revendication n’a été révélé.

Gaël Cloteau, de la CFTC pénitentiaire, s’est félicité que la « petite émeute d’une dizaine de détenus » provoquée par des longues peines n’ait pas fait tâche d’huile.

Le centre pénitentiaire de Vezin-le-Coquet a remplacé en mars 2010 la prison de Rennes, Jacques Cartier, construite en 1903, qui accueillait 351 détenus pour 330 places.

En octobre 2011, la CGT du centre pénitentiaire avait dénoncé la surpopulation carcérale dans cet établissement qui regroupait selon elle 768 détenus pour 690 places.

Leur presse (Agence Faut Payer, 10 avril 2012)

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Pourquoi (et comment) il se produira un accident nucléaire majeur en France

Synthèse et commentaire des inspections conduites par l’ASN en 2011

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a rendu en janvier un rapport de plus de 500 pages sur les inspections des centrales nucléaires françaises que peu de personnes ont lu en entier. Jean-Marc Royer, rédacteur de l’appel « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité », a fait cet important travail de lecture et a réalisé un résumé de ce document, ainsi qu’une analyse très intéressante. Sa synthèse vous est présentée intégralement dans cette page.

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La centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime), le 6 avril 2012

Le rapport complet de l’ASN est consultable en ligne ici ou téléchargeable là (6,29 Mo)

Le texte de Jean-Marc Royer est aussi téléchargeable en fichier PDF (233 Ko)


Synthèse et commentaire des inspections et ECS conduites en 2011 par l’ASN
par Jean-Marc ROYER

Suite à l’accident de Fukushima, ces inspections et « évaluations complémentaires de sûreté » (ECS) ont été conduites entre le printemps et l’automne 2011 ; elles ont porté sur :

• Les dispositions de sûreté étaient-elles conformes aux cahiers des charges en cours (état des lieux) ?

• Au-delà de cette conformité basique, ces dispositions sont-elles adaptées « aux situations extrêmes » ?

• Peuvent-elles pallier aux effets cumulatifs (« effets falaise ») qui caractérisent ces situations accidentelles ?

• Quelles sont les dispositions susceptibles d’améliorer le niveau de sûreté des installations dans ces cas-là (p. 13).

Les thèmes abordés lors de ces inspections concernaient la protection contre les inondations et la résistance au séisme, la perte des sources de refroidissement, la perte des alimentations électriques, et la gestion des situations d’urgence (15).

Pour qui connaît les questions de « sûreté/sécurité industrielle », le fonctionnement « des autorités indépendantes » et le type de rapports qu’elles produisent à destination du public, il y aurait beaucoup trop à dire, sur le fond et sur la forme. Mieux vaut suivre au plus près, en les décortiquant et en les traduisant en langage clair, les écrits de l’ASN. Le résumé qui suit, issu d’un rapport de 524 pages, est très synthétique, mais situe toujours la source de ce qui est écrit par le N° de page (affiché entre parenthèses) auquel il se réfère.

En ce qui concerne les dangers induits par les inondations

La Règle Particulière de Conduite est déclinée avec des retards de plusieurs années, avec des « écarts » et de manière incomplète ou incohérente, en contradiction avec le Plan d’Urgence Interne ou sans convention d’alerte avec Météo France ; certains retours d’expérience ne sont pas renseignés, le ruban revenant aux sites de Cruas et du Tricastin qui n’ont toujours pas intégré qu’ils pouvaient être isolés par une inondation et même, pour ce dernier site, en perdre son alimentation électrique.

En amont, certains suivis météorologiques laissent à désirer ainsi que la détection des seuils d’alerte tandis que les exercices annuels sont bâclés, ce qui augure mal du « lancement dans les délais des actions appropriées » en cas de nécessité. Les moyens de protection (en particulier la Protection Volumétrique, les Moyens Mobiles de Pompage et leur alimentation) ne sont pas correctement suivis, entretenus (notamment les joints « waterstop » de la PV) ou surveillés (certaines galeries inter bâtiments ne sont pas étanches et un affaissement de pointe de digue a été constaté lors d’une inspection). En aval, l’ASN se plaint de ce que les échéances convenues pour effectuer des travaux à la suite de « l’évènement du Blayais » ne soient pas respectées sans qu’aucune mesure compensatoire n’ait été prise (pp. 25 à 32).

L’ASN faisant le constat que des « effets falaise » (effets cumulatifs) peuvent se produire très près des niveaux d’inondation retenus dans le « référentiel EDF », demande à l’exploitant de revoir toutes ses estimations (détail de la méthodologie et justifications utilisées pour caractériser le modèle d’inondation retenue), de se prononcer lui-même sur l’adéquation des bâtiments à ces évaluations et lui prescrira de revoir sa copie concernant Belleville et Tricastin, notamment en cas de rupture des digues amont.

Concernant ces « effets falaise » possibles suite à une inondation (perte totale de source froide ou des alimentations électriques), l’ASN pense que ni les rapports d’Évaluation Complémentaires de Sûreté, ni les compléments présentés par EDF en cours d’instruction, ne sont de nature à les éviter et lui demande de revoir là aussi sa copie (pp. 122, 124, 128, 130, 137 et 139).

Pour les dangers liés aux séismes majeurs

Un constat : la règle en vigueur (FS I.3.b) n’est pas respectée, l’instrumentation est insuffisante ou mal positionnée, son entretien et sa maintenance laissent à désirer, de même que sa qualification, son étalonnage et son réglage. De plus, les exercices ne sont pas réalisés et les opérateurs ne savent pas utiliser cette instrumentation sismique ou en interpréter les données en salle de commande ce qui les mettrait dans l’impossibilité de se faire une idée juste sur l’état du réacteur (p. 40).

« Les exploitants du site du Tricastin auraient des difficultés à gérer une situation accidentelle consécutive à un séisme majeur, du fait de la perte des alimentations électriques, des moyens de communication, de la supervision de l’installation ou encore du non dimensionnement au séisme de locaux annexes, des locaux de crise ou de repli, et des locaux abritant les moyens et les hommes de la Formation Locale de Sécurité » (p. 67). Sur d’autres sites, les moyens d’alimentation électrique de secours seraient généralement indisponibles en cas de séisme. (p. 79).

Concernant les dangers liés à la perte de la source froide (H1)

Encore des « écarts au référentiel », des disparités dans le suivi des équipements, des « anomalies de maintenance ou d’essais périodiques » et des relations problématiques entre les services centraux d’EDF et les centrales. Mention spéciale pour La Hague où il est nécessaire d’améliorer la maintenance et de vérifier la tenue dans le temps des équipements de refroidissement (échangeurs, aérothermes, tuyauteries) ou de ventilation naturelle des entreposages des colis compactés de coques et embouts (Areva NC) dont l’efficience semble remise en cause au vu des écarts constatés en inspection (pp. 41 à 44 et 71).

De plus, les dispositions proposées par EDF visent essentiellement à permettre des appoints (au circuit secondaire, au circuit primaire, et aux piscines combustible) pour prolonger l’autonomie des réacteurs et des piscines, ce qui permet de retarder la fusion du cœur mais pas nécessairement de l’éviter (p. 181) en quelques heures (p. 175).

L’ASN considère donc qu’EDF doit « conforter ses conclusions quant à la capacité des centrales à gérer une situation dégradée de type H1 sur plusieurs tranches simultanément, y compris lorsqu’une autre tranche connaît un accident grave » (p. 177).

Les dangers liés à la perte des alimentations électriques (H3)

L’ASN a relevé là aussi des écarts sur la conformité, l’entretien (corrosion interne ou externe des tuyauteries et des réservoirs de carburant sur une majorité de sites) et les contrôles périodiques, qui affectent la robustesse des groupes électrogènes de secours.

L’ASN a donc demandé à EDF de revoir sa copie et de :

• Fournir les informations sur la capacité et la durée des batteries ;

• Indiquer combien de temps le site peut faire face à la perte des alimentations électriques externes et des sources d’énergie de secours, sans intervention extérieure, avant qu’un endommagement grave du combustible ne soit inévitable ;

• Préciser quelles actions (extérieures) sont prévues pour prévenir la dégradation du combustible ;

• Identifier les moments où les principaux effets falaise se produisent ;

• Indiquer si des dispositions peuvent être envisagées pour prévenir ces effets falaise ou pour renforcer la robustesse de l’installation (modification de conception, modification des procédures, dispositions organisationnelles, etc.). (pp. 46, 152)

De plus, « l’ASN constate que les ECS mettent en évidence des « effets falaise » de court terme, caractérisés par un délai avant découvrement du cœur inférieur au délai prévu pour la mise en œuvre des moyens de la Force d’Action Rapide Nucléaire (p. 160) et recommande de mettre en œuvre sans délai les moyens proposés par EDF pour répondre à ces dangers » (p. 161).

Dans l’attente du déploiement progressif de dispositions qui prendra plusieurs années, l’ASN prescrira la mise en place de dispositions provisoires dès 2012, telles que des groupes électrogènes mobiles (p. 226).

À La Hague, la disponibilité problématique des moyens de secours et la corrosion avancée de certains équipements des groupes électrogènes commandent une action palliative rapide (p. 74), tandis que sur plusieurs « autres sites » (hors centrales) la perte des alimentations électriques conduirait à moyen terme à la perte des moyens de surveillance en salle de commande et à la perte des moyens de communication (p. 75).

Quelle « gestion des accidents graves » ?

Moyens matériels et organisation

EDF indiquant que :

• la disponibilité des moyens matériels nécessaires à la gestion de crise, (Matériels Mobiles de Sûreté, les matériels PUI et les Matériels du Domaine Complémentaire), ne peut être garantie dans les situations extrêmes (p. 187) ;

• l’arrivée des astreintes est impossible pendant les 24 premières heures suivant une situation de grande ampleur touchant tout le site (p. 186), [ce qui correspond au délai maximal de mise en œuvre de la future « Force d’Action Rapide Nucléaire »] ;

• les moyens de communication utilisés lors du gréement de l’organisation peuvent être défaillants (p. 189) ;

• la tenue aux situations extrêmes de l’instrumentation technique et environnementale nécessaire à la gestion de crise n’est pas garantie (p. 193),

et l’ASN, considérant que :

• EDF n’a pas été achevé l’analyse des points faibles de l’organisation en fonction de l’ampleur de la crise, et n’a pas évalué les conséquences des phénomènes dangereux liés à la dégradation des voies de communication et des canalisations dans les situations extrêmes (p. 190) ;

• une analyse approfondie devra être menée sur les conditions d’intervention spécifiques aux situations accidentelles (difficultés lors de la prise de décision, suffisance des ressources, compétences requises, accessibilité et habitabilité des locaux, stress et fatigue des intervenants, ambiance sonore, calorifique et radiologique (p. 224)

• et nonobstant l’installation prévue par EDF d’une instrumentation dédiée à la gestion des accidents graves permettant de détecter la percée de la cuve et de détecter la présence d’hydrogène dans l’enceinte,

l’ASN va prescrire à EDF d’intégrer dans le « noyau dur » les éléments indispensables à la gestion de crise, c’est-à-dire :

• Les locaux, les moyens matériels, les moyens de communication et l’instrumentation technique (notamment la détection de l’entrée en Accident Grave) et environnementale ;

• Les moyens de dosimétrie opérationnelle, les instruments de mesures pour la radioprotection et les moyens de protection individuelle et collective en quantité suffisante ;

• L’accessibilité, l’opérabilité, l’habitabilité des salles de commande en cas de rejets de substances dangereuses ou radioactives (p. 184), notamment après ouverture du système de filtration U5, lequel pose une série de problèmes non résolus à ce jour. En effet :

• il n’est pas « robuste aux séismes majeurs » ;

• il ne peut être utilisé pendant les premières 24h suivant un Accident Grave (AG) pour éviter le rejet des aérosols ;

• par la condensation ou la présence d’oxygène dans sa tuyauterie, il induit des risques de déflagration de l’Hydrogène ;

• son ouverture oblige les personnels à évacuer les salles de commande dans les 24h suivantes ;

• son efficacité de filtrage laisse à désirer surtout s’il est utilisé par deux réacteurs simultanément (pp. 184 à 207).

Par ailleurs, l’ASN a prescrit à EDF le renforcement du radier de Fessenheim, avant le 30 juin 2013 (p. 205).

Le cas particulier des piscines

Les centrales de Bugey et Fessenheim présentent un risque particulier d’endommagement de la piscine en cas de chute d’un emballage de transport de combustible (p. 210).

Compte tenu de la difficulté, voire de l’impossibilité, de la mise en place de moyens efficaces de limitation des conséquences d’un dénoyage prolongé des assemblages combustibles (confinement statique et filtration inefficaces), l’ASN imposera à EDF des prescriptions pour renforcer les mesures de prévention et la robustesse de l’installation afin de limiter la possibilité d’un tel accident (p. 213).

La Sous-traitance

« L’ASN considère qu’EDF n’apporte pas la démonstration que les différentes périodes d’arrêt de réacteur qui ont lieu au cours de l’année sur chacun des CNPE engendrent au total des surcroîts saisonniers qui justifieraient le recours à la sous-traitance. Par ailleurs, le recours à la sous-traitance pose la question du maintien des compétences internes au sein de l’organisation de l’exploitant, en particulier dans un contexte de prolongation éventuelle de la durée d’exploitation des installations nucléaires existantes et de renouvellement important des effectifs » (p. 216) et « l’ASN considère que la surveillance des sous-traitants exécutant des activités importantes pour la sûreté doit être renforcée, et en particulier que cette surveillance ne peut pas être déléguée » (p. 230).

Conclusion

L’analyse des rapports d’ECS d’EDF a montré que certains scénarios de perte de la source froide et de perte des alimentations électriques peuvent conduire, en l’absence de toute intervention, « à une fusion du cœur dans un délai de quelques heures pour les cas les plus défavorables » (p. 226). Or, « l’accident de Fukushima a montré que la capacité de l’exploitant et, le cas échéant, de ses prestataires à s’organiser pour travailler en cas d’accident grave est un élément essentiel de la maîtrise d’une telle situation » (p. 13).

Par ailleurs, « l’ASN considère, pour ce qui concerne la gestion de crise, que les exploitants du groupe AREVA ont dressé un état des lieux sommaire et n’ont pas tiré les conclusions pratiques des constats effectués » (p. 342).

« Au premier trimestre de 2012, l’ASN imposera donc aux exploitants un ensemble de dispositions de sûreté relatives à la prévention des risques de séisme et d’inondation, à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non conformités. D’ores et déjà Par la suite, l’ASN s’assurera du respect par les exploitants de la centaine de prescriptions qu’elle aura édictées, ainsi que de la prise en compte des nouveaux référentiels qu’elle aura approuvés » (p. 16).

Quelques commentaires et réflexions philosophiques subséquentes

Il n’y a pas une seule installation qui ne fasse l’objet d’une remarque d’inspection ou d’une recommandation importante. Qu’il s’agisse, en temps normal, ou en situation extrême (ou afin de l’éviter) :

• des estimations et des méthodes qui sont à la base des « référentiels nationaux » de l’exploitant,

• de la déclinaison obligatoire des règles particulières de conduites sur les sites ou de la gestion des « écarts » à ces règles,

• des conditions nécessaires à l’efficience de ces règles « en amont et en aval » (prédiction et retour d’expérience),

• du suivi, de l’entretien et de la maintenance des systèmes, des équipements et des matériels, y compris des groupes de secours,

• de la capacité à mettre en place et à utiliser une instrumentation spécifique (séisme, intégrité du confinement et entrée en AG),

• de la capacité du système de filtrage U5 et de ses dangers intrinsèques,

• du danger très particulier porté par les piscines de stockage dans le bâtiment réacteur,

• de l’analyse des situations internes et externes porteuses de dangers,

• de l’analyse des effets cumulatifs de toutes natures propre aux situations extrêmes et des moyens de les éviter,

• de l’organisation humaine ou matérielle locale et nationale, en particulier de l’usage de la sous-traitance,

• des moyens de mobiliser rapidement les personnels d’astreinte,

• de l’accessibilité, de l’opérabilité ou de l’habitabilité des locaux de commande, de crise ou de repli,

• des moyens de mesure et de radioprotection individuelle et collective en quantité suffisante,

• de la pérennité des moyens de communication,

• du respect des engagements de sûreté pris avec l’ASN.

Dans la conception (et après), l’accident majeur n’a pas été pris en compte

-1- Qu’est-ce que ce rapport vient démontrer ? À sa lecture, on réalise peu à peu ce qui est écrit noir sur blanc : les ingénieurs nucléaires, leurs commanditaires industriels, politiques et militaires se refusaient à penser il y a quarante ans qu’un accident majeur puisse un jour arriver. Les centrales ont été construites sur ce postulat : la probabilité de survenue d’un accident majeur était considérée comme nulle ou bien trop minime pour justifier des dispositions jugées trop coûteuses au regard de ce qui est toujours qualifié de « risque résiduel ». Poussé par Tchernobyl et Fukushima, c’est ce à quoi ce rapport se confronte, et à quoi il tente de pallier un peu tard, par des moyens et des méthodes dont on peut se demander ce qu’ils deviendront une fois traduits sur les sites par l’exploitant étant donné la manière dont les prescriptions en cours sont appliquées.

Le nucléaire français « au bord de la falaise » !

-2- Il n’y a pas un seul des sujets abordés par l’ASN qui ne pose problème, alors que l’exploitant, l’industrie dans son ensemble et les politiques qui les soutiennent nous serinent depuis des lustres que les centrales françaises sont les plus sûres ! Quel démenti cinglant et argumenté en détail ! Ce ne sont plus seulement des manques ou des négligences, mais une suite d’aveux, qui, mis bout à bout constituent justement le lit d’un accident majeur ! Un véritable gouffre, un précipice au bord duquel se trouve effectivement toute industrie nucléaire guettée par « un effet falaise » (les acronymes et les euphémismes sont un des traits majeurs de la novlangue) qui lui est consubstantiel (voir plus bas). Sans pouvoir malheureusement le démontrer dans ce cadre, il est évident qu’il se produira un accident nucléaire majeur en France. Intégrer cela dans le domaine de la pensée pose certes quelques difficultés, mais devient à mon sens plus que nécessaire.

Ce qui suit n’est certes pas une illustration centrale de cette hypothèse, mais elle en illustre l’accroissement de la probabilité (l’invention du MOX est récent).

Silence, on MOX !

-3- Un des silences assourdissant de ce rapport (il aurait été facile de l’introduire dans ces « stress-test ») concerne l’utilisation dans 22 réacteurs et avec l’accord de l’ASN, du MOX pour « Mixed Oxydes », un composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium au lieu de l’enrichissement classique à 4,2 % d’235U. D’une par il accroît notablement les dangers d’accidents majeurs car :

• la conduite des réacteurs avec MOX est nettement plus délicate ;

• il accélère le processus de vieillissement des réacteurs ;

• il a un processus de fusion plus bas et plus rapide : dans une configuration accidentelle, le risque de criticité, est donc plus important et plus rapidement atteint ;

• il aggrave toute situation accidentelle car l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les effets d’échauffement de la radioactivité en absorbant les neutrons, est d’une efficacité moindre avec le MOX.

D’autre part ce plutonium est issu du retraitement de l’uranium nucléaire usé, ce qui suppose le transport délicat et fréquent de matériaux hautement radioactifs des centrales vers les usines et retour.

Le plutonium fait non seulement partie des éléments présentant une radiotoxicité très élevée, mais tous les isotopes et autres composés issus du plutonium sont également très toxiques et radioactifs. En voie aérienne, on estime qu’une quantité de l’ordre du dixième de milligramme peut provoquer le décès rapide d’une personne.

Une gestion « statistico-probabiliste » du risque bien pratique…

-4- De plus, à faire pour la première fois cet exercice d’imagination, on s’aperçoit que tout l’appareil technico-politique du nucléaire nous donne à voir l’ampleur, non seulement les « écarts » (comme ils disent) avec les préconisations de sécurité de base, mais aussi et surtout :

• l’impossible maîtrise tous azimuts des aléas propres aux « Macro Systèmes Techniques » [Concept clé du philosophe Alain Gras, « Que sais je », 1997] ;

• l’incapacité de voir (ou d’imaginer) les effets cumulatifs possibles de ces éventualités (baptisées « effets falaise ») tant la dénégation des dangers majeurs a contribué à les refouler depuis des décennies ;

• et de plus, le refus de prendre en compte les hypothèses les plus pessimistes parce que le rapport coût/bénéfice est « économiquement défavorable ».

En fait, il s’agit là d’une extension du point de vue probabiliste de la mécanique quantique à la gestion des MST nucléaires : tout est régit par des études statistiques et probabilistes qui ont l’insigne avantage de se prêter à tous les désirs des industriels qui veulent nous les faire prendre pour des réalités, je veux parler de la soi-disant innocuité ou maîtrise de ces manipulations nucléaires. Autrement dit, ce mode de connaissance (statistique et probabiliste) des phénomènes atomiques est devenu par contagion et « par manque d’expérience » inéluctable le point de départ des hypothèses concernant la sécurité. Et, ce qui est pratique en l’occurrence, c’est que l’on peut faire dire ce que l’on veut à ces « calculs » suivant les modélisations et les arborescences que l’on valide [On appréciera d’autant plus ce type de raisonnement que l’on connaît la « ligne de défense » de l’industrie nucléaire et de l’OMS : ils demandent aux victimes de prouver un rapport déterministe entre les effets des radiations (notamment les contaminations aux faibles doses) et les maladies induites].

Les centrales nucléaires : des Macro-Systèmes Techniques intrinsèquement dangereux

-5- Force est de constater une fois de plus les fragilités (et les dangers qui s’en suivent) de tous ces MST constitués d’un entrelacs de techniques, de technologies, de process et d’interfaces multiples dont on veut nous faire croire que leurs complexités inévitables ne sont que le signe de la modernité et de la sûreté technoscientifiques.

La sophistication extrême des matériaux utilisés (bétons, aciers…) et le contrôle fin de leurs caractéristiques que cela suppose, la difficulté de leur mise en œuvre étant donné la précision de leurs spécifications, la complexité de la construction des parcs nucléaires et de leurs raccordements, les problèmes dus à l’interdépendance de multiples technologies entre-elles (mécanique, électrotechnique, électronique, pneumatique, hydraulique, informatique…), les questions de conduite opérationnelle ordinaire et extraordinaire, la gestion des urgences et des situations de crise, l’adéquation des interfaces hommes/machines à toutes les situations, la qualification des personnels intervenants, les opérations de maintenance et de réparations (compliquées et parfois dangereuses), la gestion du vieillissement tous azimuts des installations, la qualité de tous les contrôles opérant à tous les niveaux depuis la mise en service nominale jusqu’au démantèlement, la gestion des déchets… Ce listing élémentaire et générique donne une petite idée du nombre de process corrélés entre eux et des répercutions possibles d’un manquement ou d’une simple défaillance, pour peu que ceux-ci soient imprévus et se produisent sur une interface délicate.

-6- En plus de ces fragilités intrinsèques et des dangers dus aux aléas climatiques et géologiques, il en est d’autres qui ont été introduits depuis trente ans par la pression actionnariale et qui conduisent soit à la sous-traitance massive, soit à des malversations dans le but de faire des économies sur l’entretien et la maintenance (cf. les dossiers publiés concernant Tepco), soit à des politiques de « risques calculés » dont on a pu constater l’inanité à plusieurs reprises au Japon, en France et ailleurs.

De multiples conséquences supportées par les populations du monde entier

-7- Évidemment, la puissance dévastatrice intrinsèque des MST nucléaires (liée à ses fragilités) exige une « sûreté totale », c’est-à-dire un système politique du type « totalitarisme démocratique postmoderne » [Le film Food Inc en est une bonne illustration : l’auteur y montre comment, de manière totalement « démocratique » des lois sont votées dans certains états des États-Unis qui empêchent toute critique publique des industries agroalimentaires et des trusts de fast-food afin de protéger leur chiffre d’affaires. Il s’agit là, pour résumer, de l’utilisation des moyens démocratiques contre la démocratie, ce qui tend à devenir systématique en Occident. Une autre forme en est la dénégation des votes populaires rejetant les différents traités européens ou pire, les « ajustements » législatifs et constitutionnels des pouvoirs exécutifs afin de se soustraire aux poursuites judiciaires encourues à la suite d’agissements délictueux ou criminels ou, plus récemment, la nomination de banquiers à la tête de responsabilités gouvernementales en dehors de tout processus démocratique.] intériorisé dans les imaginaires des populations du monde entier. Un des multiples aspects de ces penchants, peu étudié, se niche dans le « droit nucléaire international » forgé sur mesure dans les années 60 en dérogation à tous les usages conventionnels [www.oecd-nea.org/law/isnl/10th/isnl-10th-anniversary-f.pdf]. Le nucléaire a ceci de particulier qu’il n’a pu se mettre en place qu’en bénéficiant (de la part des États) de régimes dérogatoires dans de nombreux domaines. Par contre-coup ses répercutions se sont fait sentir dans tous les domaines de l’activité humaine, y compris le politique, la philosophie et la morale [Lire le philosophe Günther Anders à ce sujet]. En voici une petite illustration.

-8- Un accident nucléaire majeur rend obsolètes et dérisoires tous les plans et les mesures de sécurité (on se souviendra longtemps des tuyaux d’arrosage à l’eau de mer dérisoirement inadaptés à refroidir des cœurs de réacteurs en fusion partielle à Fukushima, 60% de l’eau étant dissipée en évaporation et 20% ratant sa cible). Les possibilités de l’État (et du secteur privé plus encore) ne seront jamais à la mesure de la catastrophe ; c’est ce que la limitation des responsabilités de l’industrie nucléaire, actée dès ses débuts par diverses lois et conventions confirme de manière éclatante [Conventions de Paris (juillet 1960) et Bruxelles (janvier 1963), amendées par les Protocoles de janvier 1964, novembre 1982 et février 2004. Loi d’octobre 1968 modifiée par celle du 16 juin 1990…]. De ce point de vue, le droit prenait en compte, noir sur blanc, les gigantesques dangers consubstantiels au nucléaire que les pouvoirs s’efforçaient, en même temps qu’ils négociaient ces conventions, de nier devant les opinions mondiales. Sans ce report des responsabilités sur le corps social, aucun investisseur, aucun industriel au monde n’aurait investi un seul centime dans cette industrie.

Déconstruire le nucléaire, décoloniser l’imaginaire occidental

-9- L’énergie nucléaire n’est que secondairement une technologie ; elle est avant tout « la fille aînée de la science ». Aucune technique n’aurait jamais permis une telle intrusion dans la composition de la matière. Autrement dit, « l’énergie nucléaire », n’en déplaise à beaucoup, n’est qu’une conséquence du mode de connaissance scientifique spécifique de l’Occident et du rapport à la nature (à l’écosphère) que cela sous-tend. D’un seul coup, en 1945, cette « création scientifique » a rendu totalement obsolètes toutes les critiques philosophiques qui s’en tenaient à celle des techniques, comme si d’ailleurs les techniques n’étaient pas un attribut inévitable de toute vie en société depuis la nuit des temps.

-10- Tous ces Macro Systèmes Techniques ont en commun la volonté de défier et de maîtriser au-delà des « lois de la Nature » (que la science a par ailleurs encensées à une certaine époque pour s’affirmer face aux croyances religieuses dominantes), ce qui s’apparente de facto à une activité fondamentalement transgressive que l’on baptise Progrès pour en faire oublier le caractère prométhéen. Mais il ne faut pas oublier que ces Macro Systèmes Techniques ont un but : faire de l’homme moderne un homme appareillé dont il suffira un jour de le débrancher pour mettre fin à son existence.

Le blog de Fukushima, 11 avril 2012

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[Tricastin] « Se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe »

Si Tricastin…

Mardi 10 avril 2012. Encore un incendie dans une centrale nucléaire française. Encore une pompe sur le circuit de refroidissement, mais cette fois-ci sur le circuit secondaire. Les pompes des centrales nucléaires françaises sont-elles vraiment sûres ? Pourquoi brûlent-elles ? Mystère.

EDF considère cet évènement comme un « incident mineur », mais en fait, aucune panne dans une centrale nucléaire ne doit être considérée de la sorte. Une centrale nucléaire doit être exemplaire en sécurité. Car un enchaînement d’évènements mineurs peut déclencher une catastrophe.

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire du Tricastin. Évidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Fukushima…

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… Avignon, Lyon et Castres seraient des villes contaminées. Selon la direction du vent, il est probable qu’Aix, Marseille et Toulon soient également touchées. En effet, la carte des retombées de Fukushima se limite à la superficie de l’île, mais elles ont été considérables aussi à l’est, côté pacifique.

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl…

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… une grande partie de la vallée du Rhône devrait être évacuée. Avignon, Lyon, Valence, Saint-Étienne, Chalon-sur-Saône seraient des villes contaminées. Annecy et Chambéry seraient sans doute à évacuer. Mais d’autres pays que la France seraient aussi touchés, en particulier la Suisse : Genève serait à évacuer. La pollution s’étendrait jusqu’à l’Italie et l’Autriche. Paradoxalement, ces trois derniers pays subiraient les effets d’une catastrophe nucléaire alors qu’ils ont décidé de sortir du nucléaire. En effet, la France impose le risque nucléaire à ses propres habitants, mais aussi à l’ensemble des Européens.


En savoir plus sur la centrale du Tricastin :

Dépêche du Dauphiné sur cet incendie

Un autre incendie a déjà eu lieu à la centrale de Tricastin au mois de juillet 2011

Évènement de 2008 au Tricastin

Le blog de Fukushima, 10 avril 2012

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Le catalogue des médias libres

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Solidarité avec les inculpés du procès de mai

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Mauvaises intentions

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[Royaume-Uni] La police s’arme

FLASH BOB – La police britannique à l’assaut de nouvelles armes antiémeutes

Plus efficaces que les balles en plastique… Les produits chimiques. The Guardian révèle qu’une équipe d’ingénieurs du Centre pour les sciences et technologies appliquées du ministère de l’intérieur britannique œuvre au développement d’une nouvelle forme d’arme antiémeute, axée sur des projectiles irritants (DIP, « Discrimitating Irritant Projectile »).

Selon des documents obtenus par le quotidien, en vertu de la loi sur la liberté de l’information (« Freedom of Information Act »), les violences urbaines de l’été dernier ont donné un élan aux recherches sur ces technologies alternatives de contrôle des mouvements de foule. Une réunion a ainsi été organisée en octobre, avec pour participants la police de Londres et d’Irlande du Nord, la Fédération de police, l’Agence spécialisée dans le crime organisé (Serious Organised Crime Agency) et les responsables du laboratoire technique et scientifique du ministère de la défense. Lors d’un second rendez-vous, en novembre, axé sur le développement de « technologies moins létales », il a été suggéré que les DIP soient chargés dans les armes à la place des projectiles en plastique, qualifiés d' »incapacitants » (AEP, « Attenuating Energy Projectile »). Les projectiles chimiques, qui avaient, semble-t-il, été introduits dès 2010, devraient renfermer des gaz lacrymogènes, des sprays au poivre ou tout autre irritant.

Au rayon des « technologies moins létales », il serait aussi question d’armes reposant sur des rayons de chaleur et d’armes sonores. Ces dernières font depuis plusieurs années l’objet de débat en Europe.

Par ailleurs, ajoute The Guardian, au-delà des DIP, une autre arme chimique serait sur le point de voir le jour : une sorte de boule puante que les ingénieurs rattachés au ministère de l’intérieur surnomment « huile à canailles » (« skunk oil »). Des pastilles contenant des liquides nauséabonds seraient tirées à l’aide d’armes semblables à celles utilisées dans les parties de paintball. « L’odeur qui s’en échapperait une fois les individus touchés serait telle que ces derniers rentreraient chez eux pour se changer et leurs complices seraient réticents à rester près d’eux », détaille The Guardian.

De l’attaque à la défense, le quotidien britannique précise également que les forces de l’ordre travaillent au développement d’un système les protégeant des lasers aveuglants. Une des armes préférées des émeutiers !

Blog Big Browser, 10 avril 2012


Armes sonores : le silence gênant de la France

Utilisées par les forces de l’ordre contre certaines manifestations, les armes acoustiques n’ont fait l’objet d’aucun débat public en France. Dans son livre Le Son comme arme, Juliette Volcler dénonce cette opacité.

L’essai de la journaliste Juliette Volcler fait du bruit. Dans Le Son comme arme, les usages policiers du son (La Découverte), elle veut faire le catalogue des recherches et des utilisations militaires du son. Des fantasmes de canons à infrasons aux disques de Metallica diffusés à plein volume pour torturer les prisonniers irakiens, on s’aperçoit que la palette sonore est aussi large que dangereuse. Si les pays en pointe dans ce domaine semblent clairement être les États-Unis et Israël (sur la trace des pionniers que furent l’URSS et le IIIe Reich), la France n’est pas en reste.

Tout d’abord, regardons le bon côté des choses. Notre pays n’utilise pas ces subtiles techniques de privations sensorielles lors de ses interrogatoires. Notre armée n’a pas recours aux impulsions sonores à fort volume pour rendre dingues, voire sourds, des territoires entiers. Non, nous avons une pratique « soft » des armes acoustiques. Mais c’est justement ce qui rend leur usage discret, laissé à l’écart de tout débat démocratique, et même de toute dénonciation médiatique.

Les « grenades assourdissantes » françaises

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Extrait du catalogue de Lacroix DS

Pourtant, l’arsenal existe, fourni par la société Lacroix défense et sécurité. Il s’agit de « grenades assourdissantes », dont sont pourvues armée, police et gendarmerie pour leurs opérations de maintien de l’ordre. En clair, ces outils viennent compléter les gaz lacrymogènes et les Tasers pour disperser certains rassemblements, sans risque de tuer les manifestants. On parle d' »armes non-létales ». Lors de leur mise en circulation, l’entreprise ventait leur « effet intense et psychologiquement agressif » permettant « la neutralisation rapide et efficace des manifestants dans un contexte dur et résistant ». Voilà qui est clair.

Il faut dire que la grenade en question envoie une impulsion sonore de 160 dB à 15 mètres de distance, là où le seuil de la douleur est situé à 140 dB et où le seuil légal est fixé à 120 dB. Juliette Volcler, s’appuyant sur des écrits scientifiques indépendants, explique qu’au-delà de 140 dB, un son peut provoquer « des nausées, des vertiges, des acouphènes, un perte d’audition, une accélération du rythme cardiaque ». À titre de comparaison, une sirène de police tonne déjà à 123 dB. Et précisons que les effets sont aggravés par un brusque changement de la pression acoustique. En clair : à fort volume, un son bref et soudain est plus dommageable qu’un son continu.

Sans concertation, Nicolas Sarkozy autorise les DMP

C’est en 2004 que ces armes invisibles ont fait leur apparition sous nos contrées, sous le nom de DMP (dispositif manuel de protection), en même temps que les médiatiques Taser, sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. Et ce, alors qu’aucun test indépendant n’a pu évaluer leur dangerosité, et qu’aucun débat démocratique n’a eu lieu. Depuis, ces grenades acoustiques étant invisibles, on ne les a pas vues ! Mais certains manifestants en ont gouté les effets, sans forcément en identifier la cause.

Cela devient plus évident lorsque les dommages ne sont pas imputables au son en tant que tel, mais à l’onde de choc produite par la déflagration sonore, et aux éclats de la grenade elle-même. Ce fut le cas en 2006 à Grenoble, lors d’une manif contre les nano-technologies (une joue ouverte), l’année suivante dans la même ville (perte d’un œil, du goût et de l’odorat), et encore en 2009 à Saint-Nazaire et à Strasbourg lors d’un contre-sommet de l’OTAN (plaies, brûlures), etc. L’auteur pointe même les troubles auditifs déplorés au centre d’entraînement de la gendarmerie de Saint-Astier !

Ces cas, isolés, peuvent être balayés comme étant le résultat d’une mauvaise utilisation des DMP ou comme l’effet conjugué de plusieurs armes « non-létales ». Sans doute, mais quid des dégâts non recensés, car invisibles : une perte d’audition est moins visible qu’une blessure, mais parfois plus durablement invalidante. Pour dégager ces doutes légitimes, des expertises indépendantes et des débats ouverts sont nécessaires. Et Juliette Volcler de préciser que « les armes assourdissantes et les ‘dommages collatéraux’ qu’elles occasionnent ne font l’objet d’aucune législation spécifique, ni ne s’embarrassent de la Convention internationale qui exige proportionnalité (par rapport à la menace) et discrimination (entre combattants et non-combattants) dans l’usage des armes. »

La force du son, c’est qu’on ne le voit pas. Une lapalissade que connaissent bien les musiciens, les gens de radio, les sound-designers, mais aussi — donc — nos forces de l’ordre.

> Le livre de Juliette Volcler, pour mesurer l’étendue des dégâts sonores !
> Une version simplifiée mais gratuite
> Le collectif Escoitar, les nerds des usages policiers du son à travers le monde (en espagnol)

Blog Un monde de sons, 20 septembre 2011

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[Révolution tunisienne] « On n’a pas peur, c’est le peuple qui est ici » (3)

Les manifestations touchent plusieurs régions de la Tunisie

Les manifestations contre la violence subie par les manifestants à Tunis continuent à travers le pays.

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Monastir

En effet, des mouvements de protestation ont été observés hier, lundi 9 avril 2012, à Sfax, Sousse, Monastir, Mahdia et Sidi Bouzid. Ce mardi 10 avril, les mouvements continuent et touchent de nouvelles régions dont Kasserine, Jebeniana, Kelibia et Sidi Bouzid où les cours ont été interrompus.

Rappelons que plusieurs manifestants ont été tabassés dans le centre-ville de Tunis au cours d’une manifestation organisée pour la commémoration de la journée des martyrs et des bombes de gaz lacrymogène ont été lancées en masse pour disperser la foule.

De même, plusieurs politiciens qui étaient sur les lieux ont indiqué que des milices qui n’appartiennent pas aux forces de l’ordre ont attaqué les manifestants tandis que de l’autre coté, le ministre de l’Intérieur a dément la présence de telles milices.

Publié par des ennemis de la révolution (Tixup.com, 10 avril 2012)


Plusieurs établissements secondaires ont manifesté en Tunisie pour dénoncer les événements sur l’Avenue Bourguiba

De nombreux établissements secondaires à travers la Tunisie ont observé un mouvement de grève, mardi 10 avril 2012, ont rapporté des sources de TunisieNumerique.

Ces mouvements sont organisés, selon ces mêmes sources, en protestation contre la répression policière à l’égard de la manifestation organisée lundi sur l’Avenue Habib Bourguiba en vue de célébrer la journée des Martyrs du 9 avril.

Quelques établissements à Tunis dont celui de l’Ariana et de Menzah VI ainsi qu’à Sfax ont observé mardi un mouvement de protestation.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 10 avril 2012)


Tunisie : Des partisans du PCOT manifestent à Jebeniana

Plusieurs citoyens de la délégation de Jebeniana gouvernorat de Sfax ont organisé, mardi 10 avril 2012, une manifestation de protestation dénonçant l’assaut donné, hier lundi, contre le siège du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT) ont rapporté des sources de TunisieNumerique.

Les partisans du PCOT ont fait le tour des lycées et collèges de la ville pour faire sortir les élèves avant de se diriger vers le siège de la délégation pour y tenir un sit-in, précisent ces mêmes sources.

Le slogans des manifestants dénoncent la connivence entre les barbus et le RCD et condamnent l’agression perpétrée contre le siège du PCOT à Tunis.

Des renforts de militaires ont été dépêchés à la délégation de la ville où une forte présence des forces de sécurité est perceptible.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 10 avril 2012)


Tunisie : journée de la colère à Sidi Bouzid et à Kasserine !

Le comité de protection de la Révolution et les forces progressistes ont programmé, lundi soir 9 avril 2012, une « Journée de la colère » à Sidi Bouzid et à Kasserine.

Selon Jawhara FM, les Kassrinois et les Bouzidois entendent protester contre le chômage et le manque de développement régional, comme ils ont été révoltés par les violences de la fête des martyrs.

Les coordinateurs du mouvement de protestation ont décrété une grève générale dans la région, voire la désobéissance civile, si leurs demandes ne sont pas concrétisées.

Les protestataires ont incendié et détruit les portes principales du bureau d’accueil du district de la sûreté nationale. Ils ont saccagé et pillé le poste de la police municipale.

Les manifestants ont, aussi, brûlé des pneus et détruit 4 voitures de police ainsi que des panneaux de signalisation et des enseignes publicitaires dans les artères de la ville. Ils ont pillé des espaces commerciaux et endommagé les vitres des véhicules garés, ajoute la même source.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Publié par des ennemis de la révolution (Investir En Tunisie, 10 avril 2012)


Tunisie : Accrochages entre citoyens et forces de l’ordre dans plusieurs villes

La journée et la soirée de ce lundi 9 avril 2012 ont été marquées par une hausse du ton entre les citoyens et les forces de l’ordre dans plusieurs villes du pays.

Dès le début de la journée, des manifestants à Tunis, voulant célébrer la fête des martyrs et manifester contre la décision du ministre de l’Intérieur de fermer l’avenue Habib Bourguiba – Tunis devant toutes les manifestations, ont été violemment repoussés par les forces de l’ordre.

Un usage excessif de gaz lacrymogènes et de violence, selon les correspondants de TunisieNumerique dépêchés sur place,  ont marqué l’intervention des forces de l’ordre pour repousser les manifestants.

Les manifestants n’ont pas accepté l’interdiction de manifester à l’avenue Habib Bourguiba, une artère devenue symbole depuis le 14 janvier 2011.

En solidarité avec les manifestants repoussés et agressés à Tunis, par les agents de l’ordre et même des intervenants qualifiés par certains de « Milice nahdhaouie », des manifestations avaient marqué la fin de la journée et la soirée dans plusieurs villes dont : Ben Guerdane, Gafsa, Sidi Bouzid et Monastir.

Des confrontations ont opposé les forces de l’ordre à des manifestants dans ces différentes villes.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 10 avril 2012)


Tunisie : Manifestations et affrontements dans plusieurs villes

Suite aux mouvements de violence par les forces de l’ordre qui ont eu lieu ce lundi 9 avril 2012 au centre-ville de Tunis contre des manifestants, plusieurs mouvements de protestations se sont déclenchés à travers la Tunisie.

Les habitants de Monastir, Sfax, Sousse et Sidi Bouzid sont sortis manifester à la fin de la journée pour dénoncer les agressions subis par les manifestants de la part des agents de l’ordre et l’utilisation excessive des bombes de gaz lacrymogène.

Dans la ville du Monastir, un bureau du parti du Mouvement Ennahdha a été incendié. De même, des affrontements sont partis à Sidi Bouzid entre les habitants et les forces de l’ordre qui ont utilisé des bombes de gaz lacrymogène pour disperser la foule tandis que des unités de l’armée protègent le siège du gouvernorat selon la radio Shems Fm.

Publié par des ennemis de la révolution (Tixup.com, 9 avril 2012)

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[PCC dégage !] Liberté pour Ni Yulan et Dong Jiqin !

Condamnation d’un couple de militants chinois

Le couple, qui luttait contre les expropriations, a été condamné à la prison. La femme, Ni Yulan, a perdu l’usage de ses jambes lors d’une précédente détention.

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Un policier filme les diplomates et journalistes étrangers devant le tribunal de Pékin où sont jugés Ni Yulan et Dong Jiqin, le 10 avril 2012.

Un an après leur arrestation intervenue en pleine chasse aux militants des droits de l’Homme, la Chinoise handicapée Ni Yulan et son mari Dong Jiqin ont été condamnés à deux ans et huit mois de prison pour elle et deux ans pour lui pour leur combat contre les expropriations.

L’Union européenne et la fille du couple ont immédiatement appelé à la libération de Ni et de Dong, arrêtés en avril 2011 alors qu’une répression accrue s’abattait sur des dizaines de militants des droits de l’Homme, le régime communiste craignant les risques de propagation de la révolte du printemps arabe à la Chine.

Ni — qui est handicapée depuis l’un de ses précédents passages en prison — et Dong avaient été accusés lors d’un procès expéditif en décembre dernier de « provoquer des troubles » et de « détruire des biens publics et privés ».

Ni Yulan avait également été accusée de fraude, une charge qui lui vaut six mois sur l’ensemble de sa peine de prison, a précisé le porte-parole du tribunal de l’ouest de Pékin.

Les époux ont apporté une assistance légale à de nombreuses familles victimes d’expropriations, un fléau à l’origine d’un nombre croissant de manifestations en Chine. Ils avaient entamé leur bras de fer avec les autorités en 2001, après que leur propre maison, à Pékin, eut été vouée à la démolition.

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(…) La fille du couple, Dong Xuan, qui, elle, avait été admise dans le tribunal, a jugé cette condamnation « totalement injuste ». « J’appelle le gouvernement à libérer mes parents », a-t-elle dit à l’AFP.

« Tous les deux m’ont paru amaigris », a ajouté Dong Xuan, « je n’ai pas pu voir le visage de ma mère, elle ne s’est pas retournée, elle était dans un fauteuil roulant et semblait très faible ». Dong a en revanche pu échanger quelques mots avec son père qui lui a dit « qu’il allait bien ».

« Nous pensons que le verdict est injuste et viole la loi », a déclaré l’avocat du couple, Cheng Hai, devant les journalistes.

« Nous avons expliqué que cette affaire n’était pas criminelle mais relevait d’un différend au civil, elle aurait due être jugée différemment. Cela en dit long sur l’état du système judiciaire en Chine », a-t-il dit.

Tortures

Me Cheng a expliqué que Ni et Dong avaient été condamnés pour avoir refusé de payer une facture de 69’000 yuans (300 euros) pour l’hôtel où la police les avait confinés en juin 2010, après la dernière libération de Ni.

Selon Amnesty International, Ni a eu les rotules et les pieds brisés lors d’une première détention en 2002 et est depuis réduite à se déplacer en fauteuil roulant. Elle est aussi en mauvaise santé et a des difficultés à s’exprimer.

Lors de son procès en décembre, Ni avait été la plupart du temps allongée sur une civière dans le tribunal.

Pour l’organisation Chinese human rights defenders (CHRD), Renee Xia a également condamné ce jugement.

En punissant Ni Yulan « qui a subi des tortures qui l’ont laissée paralysée (…) le gouvernement chinois dit au monde avec assurance qu’il n’a que dédain pour les droits de l’homme », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Ni, qui a une formation d’avocate, avait été condamnée à un an de prison en 2002 pour « obstruction d’affaires officielles » puis à deux ans en 2008 pour « dommages à des biens publics » ; alors qu’elle tentait de protéger sa maison de la démolition. Le couple avait ensuite vécu dans la rue.

Cette femme âgée de 51 ans aujourd’hui avait été rayée du barreau en 2002.

En janvier, la police avait empêché Dong Xuan d’aller chercher au nom de sa mère aux Pays-Bas un prix de 100’000 euros récompensant cette militante des droits de l’homme.

Leur presse (Agence Faut Payer, 10 avril 2012)

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DSK, Hollande, etc. (les médias en campagne électorale)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334060475.jpgMenaces, etc.

Le film n’est pas encore terminé, et le Parti de la presse et de l’argent (PPA) montre déjà ses crocs. Jean-Michel Aphatie (RTL) nous écrit, Laurent Joffrin et Renaud Dély (Le Nouvel observateur) nous font écrire par leur avocat. Tracasseries judiciaires en perspective ? Nous verrons bien, et vous tiendrons au courant. D’ici-là, nous vous offrons à lire leurs billets doux.


De : Alain Toucas
Date : 27 mars 2012 – Objet : Mise en demeure

Monsieur,

Monsieur Laurent Joffrin, Président du directoire du Nouvel Observateur et Monsieur Renaud Dély Directeur de la Rédaction, dont je suis le Conseil, ont été les victimes de manœuvres dolosives et de tromperies de la part de Madame Aurore Springael, pouvant être qualifiées, si celles-ci s’avéraient exactes, du délit d’escroquerie (art L313-1 du Code Pénal).

En effet, usant a priori d’une fausse identité et d’une fausse qualité, cette personne s’est présentée à mes Clients aux fins de réaliser une interview filmée, en revendiquant un statut de journaliste pigiste belge, collaborant à la RTBF, ce qui, vérifications faites, s’avérerait inexact.

Madame Aurore Springael a encore usé des mêmes procédés pour convaincre d’autres journalistes de lui accorder également une interview filmée, sur le même thème du traitement médiatique des élections présidentielles françaises de 2012.

Monsieur Jean-Michel Apathie, victime des mêmes manœuvre et des mêmes tromperies a eu différents échanges et entretiens avec vous à ce propos. En réalité, il semblerait que Madame Aurore Springael, vous même et un tiers ayez l’intention d’utiliser – par le biais de montages partiaux de l’image et/ou de la voix de mes Clients – des extraits choisis montés, détournés et attentatoires aux droits de la personnalité de Messieurs Joffrin et Dély, susceptibles en outre, de constituer des atteintes à la liberté d’expression.

Pour l’ensemble des raisons rapidement évoquées ci-dessus, Messieurs Laurent Joffrin et Renaud Dély, après avoir fait toutes protestations et réserves de leurs droits, ont fait à Madame Aurore Springael une interdiction formelle, sur le fondement des droits inaliénables qu’il détiennent sur leur image et sur leur voix (article 9 du Code civil), sur la représentation de leur personne (article 2268 du code pénal) et de même en leur qualité d’auteur et à tout le moins de co-auteur des interviews (article L 111-1, L112-2 al 2 et L113-2 al 1 du Code de la propriété intellectuelle) :

1. de procéder à tout montage ; à toute coupe, des vidéogrammes et/ou de leurs interviews,

2. de procéder à toute diffusion partielle ou par extrait de ces interviews. Cependant il lui a évidemment été accordé l’autorisation d’une diffusion intégrale et in extenso des interviews, sans coupure aucune, ni de l’image ni des propos de Messieurs Joffrin et Dély, de préférence à destination de la RTBF dont Madame Springael revendiquait le mandat.

Je lui ai demandé encore, de vouloir bien me confirmer par retour, son engagement de respecter les droits de mes Clients et me donner toutes informations concernant la date de cette diffusion.

Enfin, et puisqu’il m’est indiqué – à tort j’espère – que vous seriez susceptible de participer conjointement et communément avec celle-ci à l’entreprise ci-dessus évoquée, qui me paraît délictuelle, je dois loyalement vous faire savoir que j’ai déclaré à Madame Springael qu’à défaut de réponse de sa part sous huitaine, il m’a été demandé de reprendre mon entière liberté d’action.

De ce fait, j’ai prié Madame Springael de considérer ma lettre comme valant mise en demeure et susceptible de mettre en jeu toutes les conséquences que la loi et les tribunaux attachent aux mises en demeure. Je suis évidemment à la disposition de votre Avocat habituel s’il souhaite s’entretenir avec moi.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de ma considération distinguée.

Alain TOUCAS
Avocat à la Cour


Jean-Michel Aphatie
jean-michel.aphatie@rtl.fr

Monsieur Julien Brygo
Paris, le 15 mars 2012

Monsieur,

Je me vois contraint de vous adresser ce courrier suite à l’interview que vous m’avez demandé de vous accorder le 8 mars dernier sur le sujet du temps de parole des condidats à l’élection présidentielle dans les médias. En effet, après vous être présenté comme journaliste belge travaillant pour le compte de la RTBF, vous avez filmé et enregistré mes propos dans un studio de RTL.

En fin d’interview, j’ai eu la désagréable impression d’avoir été « piégé » et que mes propos pourraient faire l’objet d’une utilisation hors contexte. Vous m’avez indiqué – alors que je vous rejoignait à votre sortie de la station – que l’entretien serait intégré dans le cadre d’une série de reportages de la RTBF.

Suite à ma vive réaction, vous m’avez fait contacter par l’une de vos consœurs belge laquelle m’a fait savoir sur ma messagerie :

– que vous n’étiez pas belge
– que vous ne travailliez pas pour la RTBF
– que notre entretien serait intégré dans un reportage intitulé « DSK, Hollande, etc. » auquel elle collaborait avec un certain Pierre Carles et vous-même.

Face à ma crainte que mes propos lors de cet interview puissent être dénaturés par l’intégration d’une partie de ceux-ci dans le documentaire susvisé, je vous ai demandé, lors d’un entretien téléphonique, que l’interview soit diffusé dans son intégralité et non de manière tronquée. Vous n’avez pas jugé utile de me répondre sur ce point.

Or, des recherches en quelques clics m’ont permis de découvrir le site de l’association « L’éclat » à Nice, qui annonce la diffusion le 17 mars prochain dans ses locaux d’un film de 40’ portant le titre indiqué !

Compte tenu des procédés utilisés au mépris de la plus élémentaire déontologie journalistique et de l’absence de garantie de votre part quand à la diffusion de mes propos sans coupes, ni montages, je vous demande par la présente, au titre de mon droit à l’image et partant celui de RTL, de ne pas utiliser cet interview, dans tout reportage ou documentaire, quel que soit son mode de diffusion et sur quelque support que ce soit.

En vous remerciant de bien vouloir m’accuser réception de la présente dans les meilleurs délais compte tenu de la date de diffusion dudit film, je vous prie de recevoir l’assurance de mes salutations distinguées.

Jean-Michel Aphatie

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La plus visible association de malfaiteurs en relations avec une entreprise terroriste, c’est la DCRI (2)

Dupont et Dupond ont droit aux encouragements des professionnels algériens :
Affaire Merah : quand le DRS félicite Bernard Squarcini !

Dans son édition du 7 avril 2012, le quotidien français Le Parisien, publie dans sa rubrique « indiscret » une information quelque peu surprenante, sur les retombées de l’affaire Merah. En effet, selon le Parisien, « après l’opération des policiers du Raid à Toulouse (Haute-Garonne), qui s’est terminée le 22 mars par la mort du tueur Mohamed Merah, auteur de sept assassinats, les services de renseignement algériens ont été les premiers à féliciter Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ».

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Cette petite « perle » publiée en page 6 de l’édition papier et reprise sur le site internet du quotidien, en dit long sur les relations entre les services de renseignements algériens et français. Après tout, Mohamed Merah, était seul, encerclé dans son appartement et il ne détenait aucun otage. Sa mort, plutôt que son arrestation, relève plus de l’échec ou du semi-échec que d’un exploit et ne nécessite pas de félicitations particulières. En France même, de nombreuses voix ont ouvertement critiqué l’opération et l’opposition socialiste au Sénat avait demandé à auditionner les patrons des services de renseignement français, particulièrement Bernard Squarcini. En Algérie, les autorités algériennes ont tout fait pour éviter d’être embarquées dans l’affaire Merah, répétant à l’envie qu’il s’agissait d’une affaire « franco-française », refusant même, d’accueillir la dépouille de Mohamed Merah contre les souhaits de son père. Ces félicitations des services algériens à leurs « collègues » français, entre services, outre qu’elles confirment une réelle complicité, posent néanmoins des interrogations.

Presse terroriste (KalimaDZ, 8 avril 2012)


L’ « officier Hassan de Toulouse » et le « mentor » Abu Qaqaa al-Andalusi enfin récompensés par de petits rôles dans la dernière version du scénario officiel :
Au Pakistan, Mohamed Merah à l’école du crime

Enquête – « Libération » révèle que des talibans affirment avoir entraîné au tir, en 2011 au Waziristan, l’auteur des meurtres de Toulouse et Montauban.

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Des talibans pakistanais à l'entrainement dans le sud Waziristan.

Selon nos informations, Mohamed Merah a bien été formé au maniement des armes en septembre 2011 au Waziristan (Pakistan) dans un centre d’entraînement d’un groupe islamiste radical lié à Al-Qaeda. Les renseignements français et américains, qui n’y ont vu que du feu à l’époque, ont désormais la preuve que ce prétendu « loup solitaire » entré au Pakistan mi-août 2011 avec un visa touristique de deux mois, avait réussi à s’introduire dans une fabrique de jihadistes. Un haut responsable des services français affirme à Libération que « Mohamed Merah a noué des contacts avec les talibans à Islamabad puis a été conduit au Waziristan, dans un camp situé dans les zones tribales. Il a été testé par les organisateurs extrêmement méfiants pendant dix jours pour voir s’il n’était pas infiltré par les services occidentaux. Puis Mohamed Merah a eu deux jours d’entraînement au tir. » Les vérifications de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et de la CIA — avec les services pakistanais — permettent de mieux retracer le périple de Merah qui a sillonné le Pakistan entre Lahore, Gujarat et Islamabad, puis disparu la seconde quinzaine de septembre au Waziristan.

« Munitions ». Au Pakistan, le groupe des « Soldats du Califat » (Jund al-Khilafah), qui avait revendiqué les attentats de Toulouse, a publié le 31 mars, sur un site jihadiste, un texte jugé « crédible » par la DGSE et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Ce document de trois pages est signé par Abu Qaqaa al-Andalusi qui se présente comme l’un des mentors de Mohamed Merah. Selon lui, le Toulousain, surnommé Yusef al-Faransi (« Youssef le Français »), arrivé au Pakistan avec un visa délivré en France, est entré en contact avec des talibans qui l’ont conduit dans les zones tribales. C’est là qu’il a rejoint l’une des « brigades » du groupe jihadiste. Selon Abu Qaqaa al-Andalusi, Mohamed Merah a refusé de manier des explosifs, mais s’est montré passionné par les armes : « Il voulait avoir les meilleures. En outre, il possédait un lance-grenades Narenjak et des munitions variées. […] Un accord initial avec lui prévoyait qu’il exécute une opération martyre sur un site ennemi important, avec une ceinture d’explosifs. » D’après son mentor, Merah a « voulu aller voir avec lui dans le local de stockage la ceinture d’explosifs qu’il était supposé utiliser dans sa mission ». Mais « un jour plus tard », ce projet a finalement été abandonné « pour des raisons qui ne peuvent être dévoilées », écrit ce « soldat du Califat » : « En fonction de sa volonté, et de ses capacités physiques et mentales, le plus adapté pour lui était de commettre des assassinats. » Mohamed Merah serait alors rentré en France en promettant « d’accomplir ce qu’il pourrait ». Ce texte qui reste à authentifier, émane d’un groupe peu connu et relativement peu actif, qui prône l’instauration d’un « califat mondial ». Composé en grande majorité de Kazakhs, le Jund al-Khilafah a revendiqué trois attentats au Kazakhstan à l’automne dernier et deux autres contre des bases de l’armée américaine dans la région de Khost, en Afghanistan. Le texte livre toutefois d’étonnantes précisions sur Mohamed Merah ne parlant pas couramment arabe, qui leur a laissé son appareil photo Panasonic lui ayant « coûté cher » et possédait un « Mac rempli de logiciels de production vidéo ».

« Épouse ». Au Pakistan, Mohamed Merah apprend par sa mère qu’il est convoqué par un officier du renseignement intérieur (RI) de Toulouse et lui téléphone le 13 octobre 2011 pour lui signaler son « voyage ». Il le rappelle le 3 novembre pour lui dire qu’il est hospitalisé à Toulouse avec une hépatite A. Le 14, Merah se rend au débriefing de l’officier Hassan de Toulouse et d’un spécialiste des jihadistes de la DCRI de Paris. Selon les propos du chef de la DCRI, Bernard Squarcini, au Monde, Mohamed Merah « vient à l’entretien avec sa clé USB qui contient ses photos de voyage » et « explique en photos tout le parcours qu’il a réalisé au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan ». Il cherchait soi-disant « une épouse ». Il embobine les officiers qui l’ont surveillé. Squarcini a démenti qu’il ait pu être retourné par les services français : « Mohamed Merah n’était ni un indic ni un agent. »

Il est cependant plausible que l’officier du « RI » lui ait demandé de le contacter « s’il avait des tuyaux ». Retranché dans son appartement assiégé par le Raid, le 21 mars, Mohamed Merah a tenu à parler à l’officier Hassan et lui a lancé : « De toute façon, je devais t’appeler pour te dire que j’avais des tuyaux à te donner mais, en fait, j’allais te fumer. » « Youssef le Français » lui explique alors ce qu’il lui avait dissimulé quatre mois plus tôt. Il lui dit qu’il a été « formé au tir au sein d’Al-Qaeda au Waziristan », qu’il a refusé de « provoquer un attentat-suicide », mais « a accepté une mission générale d’Al-Qaeda pour commettre un attentat en France ».

Presse terroriste (Patricia Tourancheau & Luc Mathieu, Liberation.fr, 6 avril 2012)


(…) Il portait un gilet pare-balles de la police

Les enquêteurs de la police judiciaire « digérent » la procédure et ses 1 500 PV et « analysent » les 700 scellés. Avec une priorité sur les armes. Et avec une autre mauvaise surprise : le gilet pare-balles qui a permis à Mohammed Merah de résister 5 minutes au groupe d’assaut du RAID est un gilet estampillé Police nationale ! Même s’il avait été volé, ça fait désordre. (…)

Presse terroriste (Jean Cohadon, LaDepeche.fr, 9 avril 2012)

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Recueil de textes traduits de l’italien sur le mouvement No-Tav (mars 2012)

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À télécharger version page par page

Au sommaire :

« Petites machines de crise » (introduction des traducteurs)
« Le monde entier dans un fragment » (texte traduit)
« Lavanda 2 » (texte traduit)
« Une bifurcation sur la ligne à grande vitesse » (texte traduit)
et une chronologie relatant les actions et blocages depuis les arrestations de février tout au long de la brochure.

À télécharger en version brochure

No TAV France

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec | Commentaires fermés sur Recueil de textes traduits de l’italien sur le mouvement No-Tav (mars 2012)

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] La révolution armée a changé de stratégie et s’organise pour vaincre

Homs, Rastan, Idlib, Douma dans la banlieue de Damas, la région d’Alep… Le régime syrien poursuit sa terrible offensive contre les fiefs de la contestation, pratiquant une politique de la terre brûlée. Les bilans quotidiens des victimes approchent désormais la barre des 100 et ce samedi 7 avril, Homs, bombardée sans répit, était comparée par les militants à Bagdad. Selon un officier dissident joint par Skype ce même jour, les avions Migs sont également entrés en action. La violence de l’offensive pousse les populations civiles à l’exil : près de 700 Syriens sont arrivés en Turquie au cours des dernières vingt-quatre heures.

Les chars de l’armée d’Assad, qui viennent « finir » le travail de l’aviation, laissent après leur passage des villes quasi fantômes, appuyant de la sorte le discours officiel qui clame depuis une semaine que « la bataille est terminée une fois pour toutes ».

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À Homs, une vieille femme devant les décombres de sa maison

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Tafnaz, dans la région d'Idlib

Le pouvoir syrien voudrait dicter de la sorte le rythme de la bataille et des conditions du cessez-le-feu que Kofi Annan, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, cherche à lui arracher, jusqu’au tempo de la médiatisation.

L’impasse diplomatique et le rouleau compresseur de la machine répressive sont amplement relayés par la presse, occultant une tout autre réalité sur le terrain : la poursuite du combat révolutionnaire.

À commencer par les manifestations pacifiques qui n’ont pas cessé. Les images des destructions et des victimes laissent en effet peu de place à celles des rassemblements qui se poursuivent sur l’ensemble du territoire. Ce vendredi 6 avril, ils étaient encore des dizaines de milliers de Syriens à manifester. Les militants recensent plus de six cents points de rassemblements, de jour comme de nuit. « Des nouvelles villes et villages se joignent même à la contestation, témoigne cet activiste du « Mouvement révolutionnaire ». Les Syriens manifestent dans chaque région qui n’est pas sous bombardement. »

Manifestation à Dera, au sud, le 5 avril

Manifestation à Hama, le 3 avril

« Les manifestations sont nombreuses, elles sont même massives, confirme Dlovan Jaziri, responsable du réseau Souriya Moubacharr (« La Syrie en direct ») qui alimente en images et vidéos quinze chaînes de télévision. Quant à l’Armée syrienne libre (ALS), elle mène des opérations de plus en plus importantes : seulement 15 % des opérations qui ont lieu sont diffusées en ce moment. »

Les unités d’élite ultra-équipées qui sont à la pointe de l’offensive contre les fiefs de la contestation – essentiellement les 4e et 5e Brigades et la Garde Républicaine ­– ont certes l’avantage la journée ; mais la donne est différente la nuit où les hommes de l’ASL reprennent l’avantage dans les combats.

Opération nocturne de l’ASL contre un barrage de l’armée régulière dans la région de Deir Ez-Zor (Est) le 6 avril

La partie est loin d’être finie

Certaines opérations sont spectaculaires, au regard des moyens limités dont disposent les combattants, et se déroulent parfois en plein jour : en début de semaine, sur la route entre Rastan et Idlib, « la brigade al-Haq » aurait ainsi réussi à mettre hors d’état de nuire un convoi de sept porte-missiles. À Alep, le 1er avril, la brigade Abou Imarat, chargée de mission spéciale pour la région de Khalidiyé, prenait pour cible un membre des renseignements de l’armée de l’air, unité réputée pour sa sauvagerie, et un chabiha ; deux jours plus tard, dans la région de Damas, un officier était également tué dans son véhicule dans une autre opération revendiquée par les rebelles. Ce samedi 7 avril, un officier et deux agents de la sécurité ont connu le même sort dans la région d’Alep.

La multiplication des assassinats des membres de l’appareil sécuritaire, qui n’est pas sans rappeler les attentats commis contre les officiers alaouites dans les années 1979-80 par la branche armée des Frères musulmans, augure-t-elle d’un glissement vers un conflit civil ? Non, estime Ignace Leverrier, ancien diplomate et auteur du blog Un œil sur la Syrie : « Tant qu’ils s’attaquent aux Moukkhabarat (service de renseignement), cela entre dans le cadre de leur stratégie de défense, le cas serait différent s’ils prenaient pour cible des quartiers de civils. »

Derrière la « débâcle » de l’ASL, dans les foyers de la contestation, se joue en réalité un tournant dans la stratégie des combattants.

« Comme ils n’ont pas les moyens de se défendre, se retrancher dans les villes était une mauvaise stratégie, poursuit Ignace Leverrier, ils changent donc de tactique. La partie est loin d’être finie. » Encerclés par les forces de Bachar El-Assad avec lesquelles ils ne peuvent se mesurer, les rebelles se sont retrouvés piégés dans les territoires dont ils voulaient assurer la protection.

« À Bab Amro, ce n’était pas forcément un choix, explique l’activiste, les combattants n’ont pas eu le temps de se retirer ; par la suite, dans la région d’Idlib où les brigades sont composées en majorité de civils sans expérience, ils pensaient devoir résister comme à Bab Amro, devenu un exemple. »

Tirant les leçons de cette défaite, les révolutionnaires se replient sur un combat à la hauteur de leurs moyens. Mais à l’inverse des premiers mois de leur entrée en scène, il ne s’agit plus de faire le coup de feu sur toutes les cibles potentielles qui se présenteraient ; les opérations de guérilla visent l’appareil militaro-sécuritaire, s’inscrivant dans une optique de résistance.

« Afin d’éviter la confrontation directe, la résistance passe de plus en plus par des opérations qui visent à détruire les armes, chars et hélicoptères, dans leurs entrepôts », reprend l’activiste. Les chars qui sont acheminés par convoi pour économiser de l’essence constituent des cibles de choix ainsi que les barrages. Les combattants qui manquent de moyens de communication y récupèrent les radios. « Certains excellent même dans ce type de mission », rapporte un observateur.

Destruction d’un convoi de porte-missiles près d’Idlib le 3 avril

Les erreurs tactiques ont été analysées et une nouvelle stratégie a été élaborée en concertation avec les militaires dissidents, les activistes et quelques politiques proches du terrain.

L’ASL surprendra tout le monde

« Beaucoup d’éléments de l’armée (syrienne) libre ont appris des nouvelles techniques pour se protéger et défendre les civils », explique un membre du Conseil supérieur de la Révolution de Homs, témoin de ces discussions entre les militaires et les militants. Le régime utilise des armes nouvelles ? « Ils apprennent vite à s’en défendre, poursuit-il. L’armée libre a acquis une plus grande expérience et va surprendre tout le monde dans cette nouvelle étape. »

L’opération réalisée ce samedi 7 avril à l’aube dans la région d’Alep pourrait être une illustration de cette nouvelle tactique qui vise à couper l’herbe sous les pieds du régime : les combattants ont lancé une attaque contre l’aéroport militaire Ming d’où partent les appareils pour bombarder la région d’Alep. Parallèlement, une opération était menée contre le siège des renseignements militaires dans la ville même d’Alep.

Tirs d’obus par un hélicoptère à Tel Rafa’at, près d’Alep, le 5 avril 2012

La multiplication des assassinats de responsables sécuritaires dans les centres névralgiques du pouvoir, à Damas et à Alep, s’inscrit dans cette nouvelle stratégie.

« L’armée syrienne libre met en œuvre une nouvelle stratégie : n’ayant pas de munitions suffisantes, elle monte des opérations contre les véhicules qui transportent le ravitaillement en diesel et elle vise les officiers du régime », explique Iyad Qarqour, un activiste qui collabore depuis Riyad avec les militaires de Damas et sa région, réunis en Conseil militaire. Cette stratégie qui vise à paralyser l’infrastructure militaire est confirmée par un officier d’un conseil militaire de la capitale joint par Skype.

L’amélioration des capacités opérationnelles des rebelles résulte d’une restructuration des unités combattantes autour de ses éléments militaires à la faveur de défections croissantes. Certes les défections n’ont pas gagné l’élite militaire, c’est-à-dire les officiers alaouites qui verrouillent l’appareil militaro-sécuritaire et ses unités d’élite, mais elles se multiplient au sein de l’armée régulière à des niveaux supérieurs en dépit du danger que ces officiers et leur famille encourent. Ce sont ces officiers qui sont désormais aux commandes de l’Armée syrienne libre et donnent forme à ce qui n’était jusqu’à présent qu’un label.

Annonce de la constitution du conseil militaire de Rastan, et de sa composition

À la manière des civils qui ont coordonné leurs actions à travers la formation de comités de coordination (voir l’entretien de Souheir al-Atassi ici et ), les militaires se fédèrent. Chaque ville, chaque région se dote de conseils militaires tenus par des officiers. Ils constituent la tête pensante des Liwas dar al-Thaoura, des brigades qui regroupent plusieurs Kataeb Mouqatila, ces unités combattantes de 100 à 200 éléments qui se sont formées sur l’ensemble du territoire. En début de semaine, dix officiers responsables de Kataeb ont ainsi annoncé leur ralliement autour du « Liwa pour la Révolution pour la région du nord d’Idlib » sous le commandement du colonel Mohammed Razouq.

Selon nos informations, Homs, la capitale de la révolution, qui compte les plus importantes unités combattantes, devrait annoncer d’ici peu la formation de son Liwa. « La majorité des unités de Homs se sont regroupées mais l’annonce officielle est retardée afin de permettre à d’autres brigades de se joindre à elles », affirmait vendredi 6 avril ce membre du Conseil de la Révolution de Homs.

Colère contre les Etats-Unis et la France

L’objectif de ce processus, entamé il y a plus d’un mois, consiste en effet à prévenir la fragmentation des groupes armés composés en majorité de civils sans grande expérience. Car les soldats qui ont fait défection ne représentent qu’une minorité des combattants. « 80 % des unités combattantes sont constituées de réservistes et de civils, explique Imad Eddine Rachid, fondateur du Courant national syrien et membre de la Coalition d’action nationale pour la libération de la Syrie (groupe d’opposition constitué au sein du CNS). Il s’agit de regrouper tous ces différents groupes en Liwa, sous l’autorité des militaires, afin d’éviter la prolifération de milices comme en Libye. » Limitée pour l’heure au niveau local et régional, cette restructuration pourrait aboutir à terme à la formation d’un commandement militaire unifié national. « Ce serait la direction de cette nouvelle armée », estime Dlovan Jaziri.

La décision prise à Istanbul par les opposants du Conseil national syrien (le CNS) de rétribuer les militaires rebelles en distribuant des salaires voudrait aussi favoriser cette structuration des militaires et groupes armés et encourager de nouvelles défections. Elle coïncide avec la constitution en Turquie d’un commandement militaire unifié, sous la direction du colonel Ryad al-Assad et du général Moustapha al-Cheikh. Il reste encore à trouver les moyens de l’articulation entre cette direction en exil de l’ALS et le mouvement armé de l’intérieur qu’elle affirme représenter. Mais la légitimité et la loyauté de cette instance militaire, et en particulier de leurs chefs, sont remises en cause par un grand nombre d’officiers et de combattants sur le terrain.

Annonce d’un Commandant unifié de l’ASL en exil

Sur le terrain, la restructuration de cette armée libre et cette nouvelle stratégie se heurtent pour l’heure à l’absence de moyens de communication. « Cette restructuration est certes une bonne chose mais nous manquons d’aide financière et matérielle », déplore l’officier du Conseil militaire de Damas. « Pour communiquer, les militaires en sont réduits à utiliser les moyens de communication des civils », témoigne un militant responsable d’un réseau médiatique.

Or, la communauté internationale fait preuve de frilosité sur ce point après avoir refusé de répondre aux demandes d’armement de l’opposition et de l’ASL. Les velléités du Qatar et de l’Arabie saoudite d’armer les rebelles sont en effet restées lettre morte, en partie sous la pression occidentale.

Les promesses faites par les pays arabes d’envoyer des armes tournées en dérision

Dès lors, les combattants continuent de s’appuyer sur des réseaux d’aide individuels. « Les Occidentaux refusent d’armer les combattants en expliquant qu’ils ne sont pas organisés mais ils ne leur donnent pas les moyens de s’organiser », poursuit le militant.

De quoi nourrir la colère qui se fait jour à l’encontre du camp occidental et en particulier de Paris et Washington incriminés pour leur inaction. « Les Syriens pensent que la France et les États-Unis ont pris, très tôt, des positions avancées (contre Bachar El-Assad), témoigne le membre du Conseil de la Révolution de Homs, mais qu’il n’y a eu aucune aide concrète sur le terrain. » « Des slogans anti-Occidentaux pourraient apparaître dans les manifestations », prévient, en écho, le militant. La nouvelle mission d’observateurs qui se prépare dans les coulisses de l’ONU pourrait prendre très vite la mesure de ce ressentiment.

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« Honte aux ennemis de la Syrie », en allusion à l’inaction du « groupe des Amis de la Syrie », le camp occidental et ses alliés

Leur presse (Caroline Donati, Mediapart, 9 avril 2012)

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