[Genève] « Les barricades n’ont que deux côtés »

Les locaux du PS et des Verts genevois pris pour cible par des inconnus

Les façades des partis ont été taguées durant la nuit de lundi à mardi. La piste de l’ultra-gauche est envisagée, ce qui fait craindre pour la bonne tenue du cortège du 1er mai.

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La façade du parti des Verts, ce mardi 1er mai 2012.

« Les barricades n’ont que deux côtés. » La citation d’Elsa Triolet, égérie de l’ultra-gauche, a été taguée dans la nuit de lundi à mardi sur la devanture du parti des Verts genevois. En face, les locaux du Parti socialiste ont également été la cible de déprédations. Des bombes de peinture ont maculé vitres et façades.

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L’acte inquiète les locataires de la rue des Voisins, à quelques heures du défilé du 1er mai, où les partis de l’Alternative sont co-organisateurs. « Il est surprenant que l’attaque surviennent la vieille du défilé du 1er mai, avec pour contexte la nouvelle loi sur les manifestations », déclare Émilie Flamand, la présidente des Verts genevois. L’action, non revendiquée, est difficilement interprétable, même si le message semble provenir d’un groupe situé à « l’extrême-extrême gauche ». Une plainte va être déposée.

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Qualifié par Romain de Sainte Marie « d’acte peu courageux et pas du tout constructif », le message interloque le président du PS. « Pourquoi s’attaquer aux partis qui se sont clairement opposés à cette nouvelle loi le jour du 1er mai ? » Ce texte, qui rend responsables les organisateurs des débordements, « prend en otage les citoyens, poursuit le politicien, sans s’attaquer aux fauteurs de troubles ».

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Le cortège, qui débute ce mardi à 15h00 place des 22 Cantons, dispose d’un service d’ordre composé de membres des partis et syndicats participants. « Nous serons particulièrement attentifs, conclut Romain de Sainte Marie. Genève a pour tradition de défiler dans le calme le 1er mai. Nous espérons qu’il en sera de même cette année. »

Leur presse (Julien de Weck, TDG.ch, 1er mai 2012)

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Pétition des prisonniers de Ducos (Martinique)

Les détenus du centre pénitentiaire de Ducos (136 signatures) / Transmis par l’OIP

Nous nous adressons à vous afin que vous puissiez savoir ce qui se passe à la prison de Ducos depuis trop longtemps, aujourd’hui la colère des détenus est à son sommet, et en voici les raisons.

Surpopulation carcérale ! En effet, je vous rappelle que nous sommes environ 1014 détenus dans un établissement prévu pour 574 détenus. Cela entraîne des conditions de vie déplorables, plus qu’insupportables. En témoignent les nombreuses bagarres et agressions, aussi bien côté détenus que surveillants.

Nombreux sont les détenus à dormir au sol faute de place. Une pression invivable pour des détenus enfermés 22 heures sur 24. Une fausse ouverture d’une heure durant laquelle une quarantaine de détenus doivent jouer des coudes dans une cour ne comptant que quatre douches.

Un cadre de vie indigne dans le pays des droits de l’homme, où les détenus couchant au sol côtoient les cafards et les souris plus qu’envahissants.

Un manque de suivi médical compétent dû à un effectif plus que minimum. Les détenus sont souvent guéris avant même d’avoir pu être consultés. Et pour les quelques élus ayant pu être auscultés, toujours le même médicament prescrit, quels que soient leurs maux. Vertu magique ou réellement guérissante ? Question pertinente…

Des repas très peu variés au goût plus que douteux qui, souvent, sont causes de rébellion. Date de péremption dépassée, colique après digestion, éruption cutanée due à l’alimentation.

Cantines alimentaires trop chères et nous citerons pour cela une boîte de cassoulet (420 g) à 4,73 euros, une boîte de thon (160 g) à 1,65 euro, et j’en passe… Des prix ayant pour conséquence quelques détenus sans solution devant leur faim. Des familles impuissantes devant leur impossibilité à subvenir aux besoins de leurs enfants incarcérés.

Des sanctions injustifiées ! Et nous entendons par cela, les confinements en courette à la suite d’un bonnet oublié, ou d’un retard sous les douches, sans présentation au prétoire, sans moyen de protestation ou de défense. Les confinements, en général sans motif avancé, décisions plus d’abusives à répétition.

Une équipe socio-éducative dépourvue de moyens et dépassée par le nombre de demandes d’inscriptions aux stages de formation ou aux demandes de scolarité.

Les rares activités proposées sont très vite saturées. Nous ne vous apprendrons rien en vous disant l’effet néfaste du manque d’activité sur tout individu enfermé 24 heures sur 24.

Nul ici ne peut contenir son calme devant cette situation qui ne fait que s’aggraver. Malgré nos appels de détresse, les autorités restent sans réponse. Pour preuve, des jugements qui cautionnent que des détenus condamnés à moins de six mois soient placés en détention, alors qu’il existe de nombreux aménagements de peine alternatifs à l’incarcération. À croire que nul à l’extérieur n’est conscient des risques à venir.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que soient prises les décisions nécessaires afin que tout cela change dès aujourd’hui.

• Que les nouvelles décisions prises soient notifiées et rendues aux détenus afin qu’ils puissent en prendre connaissance.

• Que nous soyons détenus dans des conditions dignes.

• Que soit mandaté qui de droit afin de constater nos dires et nous représenter.

• Que tout harcèlement physique et moral cité précédemment cesse dès aujourd’hui.

• Qu’il soit trouvé une solution pour tous les détenus couchant au sol sans plus attendre.

• Que notre alimentation soit revue et plus variée.

• Que les cantines alimentaires soient plus accessibles au niveau des prix.

• Que les formations et autres disciplines socio-éducatives soient plus nombreuses et plus accessibles.

Nos droits ont suffisamment été bafoués, notre patience et notre compréhension assez éprouvées.

Nous souhaitons donc que cette pétition fasse office de plainte contre l’administration pénitentiaire. Nous sommes déterminés à faire valoir nos droits.

Publié par Le Journal du Pays basque, 4 mai 2012


Voir aussi Les détenus de Ducos se filment pour dénoncer leurs conditions « indignes » (franceantilles.fr, 5 mai 2012)

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[THT-Vitré] Que de gendarmes pour une simple haie d’arbres !

Compte-rendu d’une matinée dans les champs

Ce samedi matin, 5 mai 2012, une vingtaine de personnes sont allées joyeusement planter une centaine d’arbres et d’arbustes à Bréal-sous-Vitré, en Ille-et-Vilaine.

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Bien que hautement symbolique, cette action a aussi pour but de mettre mal à l’aise RTE et ses sous-traitants. Vont-ils arracher sauvagement cette haie qui théoriquement empèche un chemin d’accès de se construire ? Vont-ils suivre la loi et refaire une enquête de servitude ?

En tout cas, nous étions très surveillés pour cette activité terreau-riste !

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Des motos de gendarmes qui démarrent en trombe au risque de provoquer un accident, des fourgons de gardes mobiles stationnés à quelques kilomètre de peur qu’on prenne goût à ces armes biologiques…

À noter aussi que les gendarmes surveillent désormais les chantiers avec des jeeps militaires avec l’uniforme qui va avec. Bientôt le fusil d’assaut en bandoulière ? C’est la guerre nucléaire pour vous ?

Nous, en tout cas, on ne veut pas de champs de bataille, mais des champs avec des paysans dedans, et sans pylône THT s’il vous plaît !

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Stop-THT, 5 mai 2012

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[Contre la psychiatrisation de la révolte] Rassemblement vendredi 11 mai à 9h30 au tribunal de Valence

Christine a été présentée jeudi matin (3 mai 2012) devant la JLD (Juge de la détention et des libertés) au tribunal de Valence. Ce dernier devait statuer sur son maintien ou non en Hospitalisation sans Consentement [La mesure exacte d’hopitalisation sans consentenment est une ASPDRE (Admission en Soins Psychiatriques à la Demande d’un Représentant de l’État)]. Sur la base des éléments avancés par son avocate, le JLD a alors décidé de faire établir une contre-expertise médicale afin de réexaminer le dossier lors d’une prochaine audience, le vendredi 11 mai à 10h.

Quelques personnes étaient présentes pour témoigner leur soutien à Christine mais se sont vu refuser l’accès à la salle d’audience par le juge, qui a d’abord prétexté que ce type d’audiences n’étaient jamais publiques. Puis se reprenant ensuite en arguant que l’audience ne pouvait être publique afin de ne pas « porter atteinte à l’intimité de la vie privée » de Christine [L’art. L3211-12-2 du code de santé publique prévoit que ces audiences doivent normalement être publiques, mais il permet surtout sous prétexte « d’atteinte à l’intimité de la vie privée » ou de risques « de désordres de nature à troubler la sérénité de la justice » qu’elles se tiennent à huis clos. Tout comme de la même manière l’autorité médicale s’évite tout regard extérieur sur ces exactions sur le prétexte du respect du secret médical.]. Tout comme la mesure d’isolement interdisant les visites à Christine, cette pratique confirme la volonté de maintenir une chape de plomb sur ce type de procédure.

Christine reste donc maintenue au Valmont en Hospitalisation sans Consentement. Cela fait maintenant deux semaines qu’elle est à l’isolement et les médecins ne semblent pas vouloir revenir sur cette décision. L’isolement consiste en une suppression de tout contact avec l’extérieur (visites, même de sa famille, radio, livres, téléphone…) seul le courrier lui est actuellement autorisé est peut être à tout instant supprimé par décision administrative ou médicale. Étant son seul contact avec l’extérieur n’hésitons pas à lui écrire à cette adresse : Christine RIBAILLIY, Centre Hospitalier LE VALMONT – Pavillon de la Tour – 26760 MONTELEGER.

L’audience du JLD sera décisive sur la suite de son hospitalisation. Si elle est maintenue, l’examen de son bien fondé par le JLD ne se fera alors plus que tous les 6 mois. Laissant entre-temps les médecins psychiatres les seuls à même de décider de la suite de la procédure. Soyons donc nombreux ce jour-là pour manifester notre soutien à Christine face à cette situation intolérable et pour demander sa libération immédiate. RDV vendredi 11 mai à 9h30 devant le Tribunal de Valence.

Mailing – 4 mai 2012

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[Poitiers] Soutien à J.-C., condamné pour un jet de confettis !

Aujourd’hui la justice française a franchi un nouveau cap dans le grotesque.

J.-C. était poursuivi pour avoir « outragé » un commandant de police  par un jet de confettis, lors de la tranquille dispersion d’une chorale de Brassens, le jour de la Fête de la musique, en défense de la liberté d’expression.

Il s’agissait en effet, de façon non-violente et festive, de soutenir la liberté d’expression, et d’être solidaires avec les personnes poursuivies pour avoir chanté Hécatombe de Brassens, à travers plusieurs villes. Et ce, en soutien à un Rennais condamné pour avoir poussé la chansonnette à sa fenêtre, à une trentaine de personnes ayant chanté devant le commissariat de Toulouse (arrêtées, puis ayant subi un rappel à la loi) et à deux personnes ayant chanté devant le commissariat central de Paris (finalement relaxées à leur procès).

À Poitiers, la police avait d’abord cherché à dissuader les choristes. La police avait ensuite menacé de disperser ce rassemblement en faisant usage de la force, ce qui n’est légal qu’en cas de « trouble à l’ordre public »… qui n’en était pas un puisque cette chorale n’avait rien d’illégal. La police avait enfin recouru à plusieurs sirènes pour couvrir la chorale, ce qui est un usage abusif de ces dispositifs. Un policier, le commandant Merle, avait finalement profité de l’étalement du groupe lors de la dispersion, pour embarquer brutalement J.-C., qui lançait des confettis en l’air comme d’autres choristes avec qui il se trouvait… alors que le but de ces confettis était justement de désamorcer la tension instaurée par la police.

Tous ces faits ont été rappelé au procès : sirènes déclenchées, légalité du rassemblement, menace de dispersion. Mais l’avocat et le procureur ont trouvé tout cela normal : la sirène répondait tout simplement à des paroles « provocatrices » d’une chanson chantée là par « provocation ».

J.-C. a été déclaré coupable d’avoir outragé le commandant de police Merle, sur la base de cet argument : il se serait éloigné délibérément du groupe, pour jeter au visage d’un policier des confettis !

La justice a ainsi royalement ignoré le témoignage à la barre d’un des témoins de J.-C., affirmant que J.-C. était resté près de lui, et donc du groupe, et ne s’en était jamais éloigné. Ce qui signifiait que le policier l’ayant brutalement embarqué ne se trouvait pas à la porte du commissariat, qui était à plusieurs mètres au moment des faits, mais sur le trottoir.

Les témoins du commandant de police Merle (des policiers, ainsi que l’adjoint du préfet), n’étaient pas présents au procès mais ont tous produit une version semblable : le commandant Merle se serait trouvé à la porte du commissariat et aurait pris au visage une poignée de confettis par J.-C., qui se serait éloigné délibérément du groupe de choristes pour perpétrer cet « outrage ».

Ils ont été déclarés plus « précis » que les témoins de J.-C. qui sont venus à la barre !

Amende de 50 € avec sursis, 1 € de dommages-intérêts pour M. Merle, 1 € de dommages-intérêts pour la justice. Plus des frais de justice à régler de 85 € avec réduction de 10% s’il paye dans le mois. Plus les frais d’avocat… se montant à 700€ !

Voilà qui fait cher de la défense de la liberté d’expression pacifique. C’est inacceptable. Nous sommes révoltés par le résultat de ce procès, qui ajoute au grotesque le volet répressif avec des frais lourds pour J.-C. C’est là un véritable blanc-seing donné aux attaques contre la liberté d’expression exercés par la police sur Poitiers. Police et justice ont aujourd’hui montré, une fois de plus, leur vrai visage !

Les dons de soutien sont les bienvenus, auprès du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux : contact.

Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 4 mai 2012


Une peine aussi légère que les confettis lancés

On ne doit pas lancer des confettis sur un policier. L’auteur de cet outrage a été condamné hier à une peine d’amende avec sursis.

Le regretté Georges Brassens aimait se moquer des uniformes. Quand il entonnait, sur scène, son célèbre Hécatombe (Au marché de Brive-la-Gaillarde…) c’était à mourir de rire. Mais que des « Indignés » à travers la France décident de venir chanter ce chef-d’œuvre sous les fenêtres des commissariats et des gendarmeries, ça fait déjà moins rire. Notamment les policiers et gendarmes dont on peut admettre qu’ils apprécient modérément d’entendre beugler qu’on « les adore sous la forme de macchabées ».

Le 21 juin dernier, jour de la Fête de la musique, une vingtaine de Poitevins répondant à l’appel des « Indignés » s’en vont ainsi pousser la chansonnette devant le commissariat. Fort civilement quoiqu’en uniforme, le commandant Jean-Christophe Merle signifie aux manifestants que chanter Hécatombe à cet endroit-là relève de l’outrage, ce qui ne met guère de frein au zèle vocalique des manifestants. Moyennant quoi, l’officier de police fait donner les sirènes des motards pour couvrir les couplets les plus offensants.

On en resterait à cet aimable face-à-face si un incident aussi inattendu que fâcheux ne se produisait au moment de la dispersion. C’est cet incident qui vaut ce vendredi matin à un quinquagénaire de comparaître devant le tribunal correctionnel pour outrage.

En quittant les abords du commissariat, les manifestants se mettent à jeter des confettis. Selon le commandant Merle, l’un des manifestants, J.-C. […], 52 ans, sort des rangs et lui jette une poignée de confettis à la figure. L’outrage est constitué.

Un témoin de marque confirme la version du policier

L’offenseur est agrippé par les épaules et amené au poste d’où il ressort après quelques minutes. Depuis lors, J.-C. […] jure ses grands dieux qu’il s’est contenté, comme ses camarades, de jeter ses confettis en l’air. L’ennui c’est qu’un témoin confirme les accusations du policier. Ce témoin n’est pas n’importe qui : c’est le directeur de cabinet du préfet.

Hier, devant le tribunal, le prévenu a fait citer deux participants aux événements du 21 juin, tous deux enseignants, qui assurent que J.-C. n’a jamais jeté ses confettis en direction du commandant. Après avoir entendu tout le monde, le juge se range à la thèse des autorités et prononce une peine à la hauteur de l’outrage : 50 euros d’amende avec sursis.

Leur presse (Vincent Buche, lanouvellerepublique.fr, 5 mai 2012)

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[Le Caire] « Poursuite des méthodes de nettoyage et de mort que le Conseil suprême des forces armées utilise pour réprimer la révolution » (2)

Égypte : deux morts et 130 blessés dans les heurts entre l’armée et des manifestants au Caire

Deux personnes ont été tuées et au moins 130 autres blessées vendredi dans les affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et soldats des forces anti-émeutes au Caire, a-t-on appris de sources hospitalières.

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Ces affrontements ont eu lieu dans le quartier d’Abbassiya, près du ministère de la Défense, faisant encore monter la tension à l’approche de l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu à la fin du mois.

Des responsables de l’hôpital universitaire Al-Zahra ont déclaré avoir reçu les corps de deux personnes tuées dans les affrontements. Des médecins sur place ont dit que les deux personnes avaient été tuées par des tirs.

« Nous avons reçu 130 personnes qui ont été blessées dans les affrontements d’Abbassiya », a déclaré pour sa part Hicham Adel, directeur adjoint de l’hôpital Ain Shams, dans des propos rapporté par l’agence officielle Mena.

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Les manifestants ont échangé des jets de pierres avec les forces anti-émeutes de l’armée, qui ont aussi utilisé un canon à eau, des gaz lacrymogènes et chargé la foule à plusieurs reprises.

Les affrontements se sont transformés en courses-poursuites avec des véhicules militaires dans de nombreuses rues du quartier d’Abbassiya, à proximité du ministère, où des tirs nourris ont été entendus au milieu de scènes de chaos.

Les services de sécurité ont assuré qu’il s’agissait de tirs de semonce pour tenter de disperser la foule.

Malgré une relative accalmie en fin d’après-midi, les affrontements ont repris en intensité en début de soirée.

Un couvre-feu sera imposé à partir de 23h00 locales (21H00 GMT) vendredi jusqu’à samedi matin dans le secteur du ministère, a déclaré le général Moukhtar al-Moulla, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), dans une allocution télévisée.

Leur presse (Al-Oufok avec les agences, 4 mai 2012)


Égypte : 179 personnes en détention après les violences du Caire

Le parquet militaire égyptien a placé 179 personnes en détention préventive pour 15 jours à la suite des affrontements meurtriers entre manifestants et soldats vendredi près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris samedi de source militaire.

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Après l’arrestation de 320 personnes, le parquet de la justice militaire « a décidé de maintenir 179 personnes, dont treize femmes, en détention pour 15 jours en attendant les résultats de l’enquête », a indiqué cette source à l’AFP.

Après cinq heures d’interrogatoires dans la nuit, les détenus ont été accusés d’agressions contre des soldats et officiers de l’armée, de rassemblement dans une zone militaire et d’entrave au travail des forces armées, selon la même source. Ils ont tous rejeté les accusations.

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Le calme est retourné samedi dans le secteur du ministère de la Défense au Caire, où un couvre-feu nocturne a été imposé après des affrontements entre manifestants et militaires qui ont fait deux morts, dont un soldat, et près de 300 blessés. Le chef du pouvoir militaire, le maréchal Hussein Tantaoui, a assisté aux obsèques du soldat, donnant une solennité particulière à la cérémonie. À la tête du Conseil suprême des forces armées qui dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak, le maréchal Tantaoui est le chef d’État de fait du pays.

Les manifestants protestaient contre le pouvoir militaire en place qu’ils accusent de chercher à influencer l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai.

Leur presse (Agence Faut Payer, 5 mai 2012)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vive la révolution des enfants de Syrie !

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« Nous ne nous mettrons jamais à genoux, ô Bachar »

« Que pensez-vous des enfants qui manifestent ? » a demandé Soha.

Quelqu’un a répondu : « Et pourquoi ne manifesteraient-ils pas ? Les enfants n’ont-ils pas le droit de participer eux aussi à la construction de leur avenir ? »

Une femme a ajouté : « On ne peut pas mettre les enfants à l’écart de ce qui se passe, surtout dans les quartiers en révolte. Ces enfants-là ont vu au minimum les descentes dans leur maison, l’arrestation de leurs proches, les balles tirées au hasard… Elles les ont atteints, eux ou leurs proches, jusque chez eux. »

Quelqu’un a renchéri : « Les femmes de prisonniers et les veuves de martyrs n’arrivent plus à retenir leurs enfants. Surtout les garçons. »

Extrait de « Lettres de Syrie », sur le blog un œil sur la Syrie, 30 avril 2012

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[Révolution tunisienne] Le gouverneur de Kébili dégagé

Tunisie : Le gouverneur de Kébili dégagé de son bureau par les manifestants

Salah Sabï, gouverneur de Kébili a été contraint de quitter le siège du gouvernorat ce vendredi 4 mai 2012, sous la protection des militaires rapporte Shems.fm.

Plusieurs habitants de la ville et des fonctionnaires du gouvernorat ont protesté et ont appelé à l’éviction du gouverneur qui selon eux, était tenu pour responsable des violents affrontements à jets de pierres la veille.

Rappelons que de violents affrontements avaient opposé, jeudi 3 mai 2012, un groupe de jeunes, bloquant la route reliant Kebili à Gabès, à d’autres citoyens, sur fond de litige pour des terrains situés sur la ceinture périphérique reliant Bazma à Kébili.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 4 mai 2012)

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Dans le Haut-Jura comme ailleurs, Non aux forages d’hydrocarbures !

Après le Périgord de nouveaux permis de recherche de gaz et de pétrole dans l’Ain ?

Depuis hier presse locale, collectifs et associations du Périgord rapportent que l’instruction de la demande de permis de recherche d’hydrocarbures dite de Cahors est maintenant bouclée avec avis favorable. L’administration centrale a-t-elle déjà préparé un arrêté ? Le gouvernement entend-il valider de nouveaux permis dans les jours qui viennent ?

Une chose est sûre, les ingénieurs du CGIET sont favorables à la délivrance de dizaines de permis de recherche d’hydrocarbures de roche mère, ceci malgré une loi du 13 Juillet 2011 interdisant le recours à la seule technique d’extraction : la fracturation hydraulique.

La délivrance de ces permis est un véritable coup de force

L’octroi de ces permis (pour une durée de 5 ans renouvelable 2 fois), c’est une autorisation donnée aux pétroliers de faire intrusion sur des territoires sans consultation des habitants et de leurs représentants, les élus locaux.

Les collectifs citoyens réclament la suspension de tous ces projets et l’arrêt immédiat de l’instruction et la délivrance de tous permis.

La délivrance de ces permis instruits dans le cadre du vétuste code minier français s’apparente à un véritable coup de force quand on constate que les autorisations peuvent être délivrées à partir des bureaux logés dans le quartier de la Défense à Paris alors même que des services locaux s’y opposent.

Des décisions prises au mépris du « vrai travail » engagé par les acteurs économiques locaux pour la production sous label AOC. Des décisions prises au mépris des engagements nationaux et internationaux pour la protection de l’eau. Au mépris des élus locaux auxquels est conférée la responsabilité de la gestion de l’eau. Au mépris d’une histoire locale démontrant les risques irréversibles sur les aquifères. Au mépris des citoyens qui réclament un débat sur l’avenir énergétique alors que les solutions proposées ne consistent qu’à poursuivre une course mortifère jusqu’à un épuisement si proche des ressources.

Dans l’Ain on a le permis des Moussières, on a le permis de Gex et Blyes nous pend au nez

Le permis des Moussières faut-il le rappeler a été délivré à la compagnie Celtique Petroleum à la surprise des habitants et leurs élus dont certains privés découvrent depuis quelques semaines seulement la menace qui pèse sur leurs territoires. Mais la résistance est bien là. Les citoyens sont en alerte. Dans le Haut-Bugey et le Haut-Jura les communes et les communautés de communes s’organisent en légitime défense pour faire front contre cette intrusion et ces projets sans avenir.

Il en est de même dans la basse vallée de l’Ain, en pays savoyard et dans les plaines dauphinoises. Ces demandes de permis qui menacent nos territoires il faut les stopper ! Les permis déjà octroyé en interdire la mise en œuvre.

L’instruction de la demande du permis de permis de Blyes est en cours de finalisation demandons-en le rejet.

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Stop gaz de schiste ! (Rhône-Alpes Nord), 4 mai 2012

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[La révolution se fait aussi en talons] « Marche des salopes » à Jérusalem

« Marche des salopes » dans les rues de Jérusalem contre le sexisme

Des dizaines d’Israéliennes ont participé à une « marche des salopes » vendredi dans les rues de Jérusalem pour protester contre les agressions sexuelles et le discours sexiste pour les justifier.

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Très légèrement vêtues, parfois de manière provocante, les manifestantes, pour la plupart jeunes et escortées de quelques hommes, ont défilé dans les rues de la Ville sainte en scandant des slogans contre le machisme.

D’autres brandissaient des banderoles barrées des inscriptions suivantes : « Justice pour les femmes ! », « Uniquement avec consentement ! », « Une femme de valeur s’habille comme elle veut ! ».

« Comment je m’habille ? Cela ne vous regarde pas ! », pouvait-on lire sur un autocollant couvrant la poitrine nue d’une jeune femme.

Les manifestantes ont baptisé leur mouvement « marche des charmoutot » (terme arabe hébraïsé signifiant « putes »).

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Interrogé par l’AFP, un responsable juif ultra-orthodoxe de la municipalité de Jérusalem s’est élevé contre cette manifestation, qui s’est déroulée loin des quartiers juifs religieux et sous la protection d’un petit nombre de policiers.

Selon un porte-parole de la police, aucun incident n’a été signalé.

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Des marches similaires ont été organisées dans des dizaines de grandes villes à travers le monde, notamment à Toronto, Auckland, Wellington, New Delhi, Philadelphie, Séoul, Sydney, Washington, Paris et Berlin. Il y en a déjà eu en Israël en mars, à Haïfa et Tel-Aviv.

Ce phénomène est né à Toronto en avril 2011 quand des centaines de femmes et d’hommes y ont défilé pour protester contre les propos d’un officier de police estimant que « les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes pour éviter d’être victimes » d’agressions.

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Leur presse (Agence Faut Payer, 4 mai 2012)

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Dénonçons les JO de Londres

Pour contribuer à la manifestation de la critique, un débat dans le cadre du FRAP aura lieu le jeudi 31 mai à partir de 19h00 au 33, rue des Vignoles à Paris dans le 20e arrondissement.

Venez échanger avec nous !

Pour tout contact


London 2012 : des jeux ?

« Selon eux, des activistes européens avaient un projet : s’en prendre aux Jeux olympiques de Londres. C’était ça 2012 : les Olympiades. »

David Dufresne, Tarnac magasin général, Paris, Calmann-Lévy, 2012, p. 313.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336148478.jpgLondon 2012 est une gigantesque opération capitalistique de valorisation de l’espace, le fameux East-End-crasseux comme se plaisent à le qualifier les média, les édiles londoniens en concurrence et le CIO via Lord Sébastian Coe. Elle a pour effet une gigantesque exclusion des pauvres qui habitaient dans ce quartier avec toute la répression nécessaire pour ceux qui osent s’y opposer ou résister pour survivre.

Mais ceci n’est qu’un aspect de cette foire compétitive aux muscles étatisés. Cette capitale va être l’objet d’une véritable militarisation de l’espace public. Il a été question à un moment de déployer la Royal Navy sur la Tamise pour assurer la sécurité (« Les JO défendus par des missiles », Libération, mardi 2 mars 2010). Sur terre, ce ne sont pas moins de 12’500 policiers épaulés par 12’500 militaires qui seront déployés pendant les deux semaines estivales (dépêche AFP du 19/01/2012). Dans les airs, hélicoptères et avions de combats seront de la partie sans compter probablement des drones. En tout cas, le budget-sécurité pour cette affaire est estimé à 1,7 milliards d’euros. On voit ainsi mieux de quelle teneur est le discours olympien sur « la fête » qui donnerait l’occasion d’une rencontre fraternelle entre « les peuples ». Foutaise !

Dans un pays qui n’est pas épargné par la crise économique, ce genre de mesure est surtout là pour impressionner par une démonstration de force. L’effet symbolique est à usage externe mais gageons que ce dispositif militaro-policier est conçu pour un effet réel à usage interne : là comme à Pékin 2008 (JO d’été) ou à Sotchi 2014 (jeux d’hiver), à quelques différences près, il a bien fallu exproprier les habitants afin de produire un nouvel espace lissé pour le flux des marchandises. Gageons également que l’usage interne ne se limite pas aux frontières des États nationaux. Les sans-papiers du Havre, de Calais, de Boulogne subiront l’intensité accrue de cet état d’urgence permanent. Sans compter les constructions ad hoc à même d’effectuer des opérations de police préventive. Déjà des « terroristes » ont été arrêtés (« arrestation de cinq terroristes près de Londres », Le Figaro n° 21067, mercredi 25 avril 2012). L’installation de la peur est aussi un effet destiné à empêcher toute critique face à ces jeux.

Mais qui dénonce actuellement ces jeux ?

Le blog de Zinedine Z., 4 mai 2012

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[« Antiterrorisme »] « Comment est-ce que ça se fait que des personnes dangereuses, sous surveillance de la DCRI, n’aient pas été inquiétées, et qu’elles aient pu commettre des tueries, comme ce qui s’est passé à Toulouse ? »

Adlène Hicheur condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis

L’ancien ingénieur du CERN Adlène Hicheur, jugé pour avoir évoqué des projets d’attentats par mail avec un membre supposé d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) courant 2009, a été condamné vendredi à cinq ans d’emprisonnement, dont un avec sursis. Son avocat a dénoncé une « peine scandaleuse » qui condamne son client pour de « simples mots ».

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Son maintien en détention a été ordonné, mais il devrait être remis en liberté « assez prochainement », selon Me Patrick Baudouin, en comptant d’éventuelles remises de peine et les deux ans et demi qu’il a déjà passés en détention provisoire.

Lors de son procès les 29 et 30 mars devant le tribunal correctionnel de Paris, six ans de prison avaient été requis à l’encontre du physicien. Il est reproché à Adlène Hicheur, 35 ans, d’avoir échangé plus d’une trentaine de mails au premier semestre 2009 avec un membre supposé d’AQMI, Mustapha Debchi. Adlène Hicheur avait ainsi cité, dans un message, le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, à Cran-Gevrier, comme cible possible.

Le prévenu, docteur en physique des particules détaché auprès du Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), était immobilisé chez lui à cause d’une hernie discale au moment des faits. Pendant le procès, il a expliqué qu’il était sous morphine et traversait « une zone de turbulences ». « Je comprends que certains des passages aient pu inquiéter » et « dans une période normale, je ne pense pas que j’aurais donné suite », avait-il expliqué.

Dans son jugement, le tribunal estime que le prévenu, « en servant de relais et de soutien logistiques et médiatiques à diverses structures terroristes de la nébuleuse islamiste radicale, en participant à des discussions via des flux internet avec un membre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (…), en lui donnant son accord quant à la création d’une cellule opérationnelle en Europe et enfin, en mettant en œuvre des projets pour soutenir financièrement AQMI, a commis » courant 2008 et 2009 « le délit de participation à une association de malfaiteurs ayant pour but de préparer des actes de terrorisme ».

« C’est au vu de simples mots échangés qu’Adlène Hicheur se trouve condamné à cette peine scandaleuse de quatre années d’emprisonnement » ferme, a souligné Me Baudouin, dénonçant un procès « joué d’avance ». Ce jugement « traduit un certain malaise de la part du tribunal puisque le procureur avait requis six ans d’emprisonnement ferme et que le tribunal a en quelque sorte un peu allégé la demande », a souligné l’avocat.

Son conseil ne savait pas encore si le Franco-Algérien allait faire appel de cette décision. « Mon client sera certainement partagé entre la volonté d’obtenir justice, et puis aussi le manque d’illusion qu’il peut désormais avoir sur cette justice. »

Son frère, Halim Hicheur, a insisté sur le fait que le prévenu n’était « jamais allé dans des pays exotiques. Il n’a jamais cherché à se former, il n’a jamais cherché à acheter des armes. Il n’a aucun contact douteux. Il a tchatté sur Internet, et il est condamné aujourd’hui », a-t-il déclaré devant la presse.

« Comment est-ce que ça se fait que des personnes dangereuses, sous surveillance de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, NDLR), n’aient pas été inquiétées, et qu’elles aient pu commettre des tueries, comme ce qui s’est passé à Toulouse ? », a-t-il lancé en référence à l’affaire Mohamed Merah. « C’est un scandale, c’est un Guantanamo français. »

Le tribunal correctionnel a toutefois pris en compte la personnalité du prévenu et l’absence d’antécédent judiciaire. « On sent, à travers les messages de cet homme intelligent et fier, la douleur d’appartenir à un peuple qui a effectivement été colonisé pendant deux siècles par des représentants de son pays d’accueil et d’adoption, ainsi que la difficulté à surmonter cette antinomie. »

Il ajoute qu’il ne peut « de même ignorer qu’Adlène Hicheur est né à Sétif, ville de triste mémoire, ce qui n’a pu que renforcer son sentiment d’injustice, d’humiliation devant le sort réservé à ses pères ».

Leur presse (AP, 4 mai 2012)


Adlène Hicheur, terroriste islamiste ou prisonnier politique ?

Chercheur franco-algérien, Adlène Hicheur vient de fêter ses 35 ans à la prison de Fresnes, où il est détenu depuis octobre 2009. Après une instruction dénoncée pour sa partialité, le chercheur a été condamné le 4 mai 2012 à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Au cœur du débat, la législation antiterroriste.

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La prison de Fresnes, où est incarcéré Adlène Hicheur

Une scolarité sans faute en France

« Mon client a passé 27 mois derrière les barreaux », s’emporte son avocat, Me Patrick Baudouin. « On l’accuse de faits graves sans rien trouver qui justifie son maintien en détention ! » Comment Adlène Hicheur, jeune physicien et brillant chercheur au Cern (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève a-t-il été emporté dans cette bourrasque judiciaire qui lui vaut de passer en correctionnelle ? Une question à laquelle son entourage dit ne trouver aucune réponse.

À 1 an à peine, il débarque d’Algérie avec ses parents et ses cinq frères et sœurs. Un parcours scolaire sans faute, puis Adlène obtient sa thèse au laboratoire de physique des particules d’Annecy-le-Vieux.

Après trois ans en Angleterre, il enseigne à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, tout en poursuivant ses recherches au Cern. Décrit comme solitaire et religieux, c’est d’abord, selon son frère Halim, « un intellectuel non sectaire qui se cultive énormément ».

Le 9 octobre 2009, Adlène est en partance pour Sétif, sa ville natale, pour y acheter un terrain, quand il est cueilli au domicile de ses parents à Vienne, dans l’Isère, par la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur).

Depuis un an, les enquêteurs l’ont repéré sur des forums islamistes derrière le pseudo d’Abou Doujana. D’après les auteurs de L’Espion du Président (Robert Laffont, 2012), un livre sur le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, le fait que le père de Hicheur soit fiché dans la base Cristina a aussi joué dans les soupçons pesant sur le physicien.

Autre élément contre lui : Hamadi Aziri, entendu un an plus tôt dans une affaire de filières djihadistes franco-belges – il écopera de trois ans de prison – le charge. Selon le réquisitoire du parquet, Aziri met en cause la propagande pro-djihadiste postée par Adlène sur le site Ribaat.net et assure qu’il aurait « recruté » un certain Phenixshadow.

« Cher frère, on ne va pas tourner autour du pot »

Accusations difficiles à vérifier, que l’intéressé nie en bloc. Phenixshadow est épié par la DCRI depuis qu’un communiqué d’Aqmi (Al Qaeda au Maghreb islamique) a été posté sur le site de la présidence française en janvier 2008.

Sous ce pseudo se cacherait Mustapha Debchi, activiste islamiste qui sera arrêté par l’Algérie en février 2011 et qui, en 2009, multiplie les échanges avec Adlène Hicheur, contraint au repos forcé par une hernie discale.

Selon les messages reproduits dans l’acte d’accusation, Phenixshadow déclare entre autres à Hicheur « vouloir exécuter des opérations en France […] ; je te proposerais qu’on soit tous les deux en tête de la liste ».

Il le presse quelques mois plus tard : « Cher frère, on ne va pas tourner autour du pot : (es-tu) disposé à travailler dans une unité active en France ? » Adlène, lui, botte en touche, déclinant sa « vision concernant (sa) participation dans le djihad […] : faire ce qui peut durer même s’il s’agit de petits actes. »

Il mentionne pourtant « une opération de martyr », puis « des assassinats ciblés ». Et suggère un objectif précis : le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, à Cran-Gevrier, qui « entraîne des forces et les envoie en Afghanistan ».

« Nous avons peut-être évité le pire »

Il n’ira pas plus loin que ces mots. Corsés, certes, mais seulement « basés sur du virtuel », s’insurge maître Baudouin. Halim Hicheur insiste sur le lieu et le moment de l’arrestation de son frère, alors que Brice Hortefeux, en visite à Lyon, « tentait de se racheter une virginité médiatique après ses propos sur les Auvergnats ».

De fait, campé à l’endroit même où a commencé, quelques heures plus tôt, la garde à vue, le ministre de l’Intérieur déclare :

« Notre vigilance ne se relâche jamais. Le risque est permanent. Nous avons peut-être évité le pire. »

Au mépris de la présomption d’innocence, les informations sont distillées dans la presse. « La cible était choisie, il fallait intervenir », justifie au Monde Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. En juin 2010, en pleine instruction, son subordonné de la DCRI, Bernard Squarcini, bavarde avec le Figaro de « l’affaire Adlène Hicheur, […] enrôlé par Aqmi, qui proposait comme cible le site du 27e bataillon des chasseurs alpins en Haute-Savoie ».

Aucun délit n’a pourtant été commis, insiste Me Baudouin :

« Il n’y a jamais eu le moindre début de projet précis. Adlène a systématiquement refusé d’acheter du matériel informatique ou de transmettre ses coordonnées personnelles à son interlocuteur. »

Des enquêteurs aux méthodes musclées

En outre, peut-on encore parler « d’association de malfaiteurs » quand il n’y a plus qu’un seul accusé ? Trop d’irrégularités entachent le témoignage de Mustapha Debchi, recueilli par l’Algérie, et dont l’accusation aurait dû faire sa pierre angulaire.

L’avocat s’agace :

« Rien ne prouve l’identité de la personne interrogée. Les questions sont absentes du document et l’audition est datée du 9 février alors que Debchi aurait été mis en examen quatre jours plus tard ! L’instruction a été menée systématiquement à charge. »

Il dénonce encore les aveux obtenus au terme de quatre jours de garde à vue et dix-neuf auditions menées par des enquêteurs aux méthodes musclées. Hicheur relate ainsi son transfert de Lyon à Paris sur l’autoroute toutes vitres ouvertes à l’arrière, malgré ses protestations.

Les magistrats, eux, rejettent les déclarations de l’accusé qui contredisent celles de la garde à vue. Ils s’accrochent au soupçon de financement des réseaux terroristes collé au prévenu depuis la découverte, lors de l’interpellation, de 13’200 euros en liquide dans sa valise.

Une somme destinée à l’achat du terrain et au règlement des travaux, plaide son frère, qui s’étonne de la mystérieuse disparition des devis, des plans et documents saisis qui pouvaient le disculper. La commission rogatoire menée en Algérie a tout de même confirmé la réalité des projets.

Errements de la législation antiterroriste française

L’affaire Hicheur, en tout cas, rouvre le débat sur les errements de la législation antiterroriste française, « porte ouverte à l’arbitraire », selon la FIDH, et dénoncée par Human Rights Watch.

« Ce procédé qui permet de surveiller la menace très en amont a enregistré des succès indéniables », avance Alain Chouet, ancien chef de la DGSE.

« Mais il contient aussi des menaces pour les libertés publiques. Bien réelle, la menace terroriste islamiste a parfois été instrumentalisée, détournant de ses objectifs la lutte nécessaire contre cette forme de violence. »

Selon le rapport d’Europol, la France est aujourd’hui le pays de l’UE interpelant le plus grand nombre d’islamistes radicaux, quand l’essentiel des attentats commis ou déjoués en France sont le fait de mouvances séparatistes régionales.

L’affaire Hicheur rappelle celle de Djamel Beghal, enfermé depuis dix ans, dont neuf à l’isolement, pour des faits qu’il conteste, dans une affaire instruite par le juge Bruguière – mis en cause par ailleurs pour ses méthodes douteuses. Et sur la base d’erreurs de traduction et d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture.

La législation antiterroriste s’est aussi illustrée dans le coup de Tarnac, qui a vu Julien Coupat et Yldune Levy mis en cause en 2008 sous le même chef d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour des faits qu’ils nient.

Eux aussi accusent la police antiterroriste d’avoir rédigé un procès-verbal mensonger pour les mettre en cause et d’avoir suborné des témoins.

Hicheur, lui, s’étiole en prison. Sa dernière demande de mise en liberté, refusée comme toutes les autres, date du 12 janvier. S’il sort un jour, même lavé des soupçons « chacun fuira ses responsabilités », craint Jean-Pierre Lees, président de son comité de soutien (qui comprend notamment le prix Nobel de physique Jack Steinberger). Un simple dommage collatéral.

Leur presse (Malika Maclouf, Rue89.com, 21 janvier 2012 ; mis à jour le 4 mai 2012)

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[Paris] Quelques pavés solidaires dans les urnes

Les reconnaissez-vous ces visages souriants qui recouvrent les murs ? Ils sont dans toutes les têtes. On pourrait croire qu’ils veulent nous vendre de la lessive ou la dernière merde industrielle. En fait, ils veulent être nos représentants. Ils veulent capter nos aspirations, nos désirs, nos luttes pour les enfermer dans les cages de la loi, pour les noyer dans les sables mouvants de la démocratie. Ils veulent être élus, ils veulent être chefs.

Ce n’est pas le moindre des problèmes.

Nous voulons un monde sans maîtres ni esclaves, sans États ni patrons. Nous ne voulons pas voter pour le moins pire, nous ne voulons pas voter du tout.

Pendant qu’ils font voter les morts, on crève toujours du boulot ou dans la rue, assassiné par les flics ou les patrons.

De droite comme de gauche, les élus portent sur leur costard toute la violence de l’État et de l’exploitation : la guerre, la prison, le quadrillage de nos vies.

Nous ne leur pardonnerons pas.

Alors au passage de quelques permanences électorales, un coup de vent a frappé. Pas un ouragan, juste une brise qui perce les vitrines, un chuchotement qui devient un éclat de voix, un éclat de verre pour exprimer notre aversion du pouvoir et de ses apôtres.

Nous ne votons pas mais nous n’oublions pas les urnes, ni ceux qui sont dedans.

Après le « fameux débat de l’entre-deux tour », nous ne pouvions pas rester indécis plus longtemps.

Pour aérer leurs permanences nous avons pratiqué de nouvelles ouvertures dans les vitres des locaux de l’UMP et du PS situés rue Lefèvre, du docteur Goujon, et de la cour des Noues à Paris. Sur le dernier on peut y lire « Gauche, droite même arnaque », « détruisons le pouvoir » et « À bas l’État ! »

Solidarité avec les 6 camarades qui passent en procès anti-terroriste du 14 au 22 mai.

Des marteaux sans faucilles

Indymedia Lille, 4 mai 2012

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[Alès, 10 mai] Rencontre et débat avec des militants anarchosyndicalistes grecs

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[Samedi 12 mai, Grasse] Commémoration en l’honneur d’Abdelhakim Ajimi

Samedi 12 mai prochain, à Grasse, le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi organise une mobilisation en mémoire d’Abdelhakim Ajimi et en soutien à sa famille.

Rendez-vous à 14h sur le lieu du drame, en haut du boulevard Victor Hugo. Marche à destination du commissariat principal (1 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny).

Tract ci-dessous :


MOBILISATION À GRASSE SAMEDI 12 MAI 2012 – 14H – EN MÉMOIRE D’ABDELHAKIM AJIMI
Marche du haut du boulevard V. Hugo (lieu du drame) au commissariat principal

POUR MÉMOIRE

Le 9 mai 2008 à Grasse, Abdelhakim Ajimi est mort suite à son interpellation par la police. Apostrophé dans la rue, Abdelhakim Ajimi n’est ni armé, ni dangereux, ni même menaçant. Il est immobilisé par deux agents de la Brigade Anti Criminalité (BAC), rejoints par des officiers de la police municipale et nationale. Pieds et mains menottés, ventre contre terre, Abdelhakim Ajimi subit durant 15 à 20 minutes une clé d’étranglement (dont l’usage est condamné par la Cour européenne des Droits de l’Homme) associée à une importante compression thoracique et à de violents coups de poings et de pieds. Voyant l’état critique du jeune homme, des témoins tentent d’intervenir. En vain.

DES POLICIERS JUGÉS, CONDAMNÉS MAIS IMPUNIS…

Après quatre années de procédure judiciaire particulièrement pénibles pour la famille Ajimi, le procès des sept policiers impliqués dans la mort d’Abdelhakim Ajimi s’est tenu du 16 au 20 janvier 2012. Le 24 février, le verdict du tribunal correctionnel de Grasse tombait : les sept policiers, dont l’« inhumanité » et la « responsabilité » ont été soulignées au cours du procès, ont bénéficié de la complaisance du tribunal.

W. Lebeaupin et J.-M. Moinier, les deux agents de la BAC, ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de 18 et 24 mois de prison pour homicide involontaire et non assistance à personne en péril sur la personne d’Abdelhakim Ajimi. J. Manach, policier municipal, a été condamné à 6 mois de prison pour non assistance à personne en péril. Pourtant ces peines ont été prononcées avec sursis. Et ces policiers ont fait appel devant la Cour d’Aix-en-Provence. Quant à M. Authier-Rey, A. Bekhira, B. Julien et P. Locatelli, agents de Police secours qui avaient transporté Abdelhakim Ajimi sans lui prêter assistance, tous ont été relaxés.

L’impunité est flagrante. L’absence de commune mesure entre les faits, avérés, et la condamnation a été immédiatement dénoncée par la famille Ajimi, le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi et leurs soutiens.

… ET TOUJOURS EN POSTE !

Les parents d’Abdelhakim Ajimi ont interpellé D. Baudis, Défenseur des droits censé veiller au respect des règles de bonne conduite par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République. Celui-ci annonçait le 16 février 2012 sur France 2 qu’il utiliserait son pouvoir d’injonction pour demander au Ministre de l’intérieur d’engager des procédures disciplinaires et de prendre des sanctions dans un délai d’un à deux mois à l’encontre des policiers coupables. Il avait précisé : « et si cette injonction n’est pas suivie d’effet […] nous serons présents dans les procédures en justice ». Aujourd’hui, l’échéance est arrivée à son terme et aucune réponse n’a officiellement été donnée.

Par voie de presse, le 26 mars, la famille Ajimi apprenait en revanche que « Les policiers de la brigade anti-criminalité de Grasse J.-M. Moinier et W. Lebeaupin [… venaient] officiellement de changer de service. Les deux agents ne font plus partie de la BAC grassoise. Toutefois, ils continueront de travailler au sein du commissariat. »

NOUS EXIGEONS

En cette période électorale, au regard de la récente proposition du Président sortant sur la « présomption de légitime défense », véritable permis de tuer qu’il accorderait aux policiers, le combat pour la vérité et la justice en mémoire d’Abdelhakim Ajimi continue. Les policiers coupables doivent démissionner et purger des peines de prison ferme.

PAS D’IMMUNITÉ POUR LES POLICIERS
RESTONS MOBILISÉS AUX CÔTÉS DE LA FAMILLE AJIMI

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi

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[Vive l’Azawad libre !] Droit de réponse du MNLA à l’article de Humans Rights Watch

Droit de réponse du MNLA à l’article de Humans Rights Watch

Droit de réponse à l’article intitulé : « Mali : War Crimes by Northem Rebels. Armed Groups Commit, Use Child. De Corinne Dufka (Senior Africa researcher) de Humans Rights Wach du 30 Avril 2012 », par le Mouvement National de Libération de l’Azawad-MNLA.

Il faut être sous-informé sinon partisan pour rédiger et publier un document aussi important, par son contenu et la portée de ses informations, à partir des données non vérifiées. Un travail, qui en principe, doit être élaboré avec toute la méthodologie requise afin de respecter le principe de la neutralité et de l’objectivité scientifique.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad-MNLA, après avoir lu le contenu dudit document qui traite de la question des droits de l’homme sur le territoire de l’Azawad, se dit consterné et ne peut croire que HRW une organisation aussi reconnue mondialement ai pu se faire manipuler par des tierces personnes de la sorte et surpris par la dangerosité des accusations qu’il qualifie de « sans fondement » surtout provenant de Human Right Wach, dont les populations de l’Azawad attendent Justice et réparation concernant les violations de Droits Humains dont elles sont victimes dépuis plus de 50 ans. Et déplore le non-respect de la déontologie de « l’auteur-chercheur » qui s’est limité à Bamako alors que son terrain de référence est l’Azawad.

Dans ce document le MNLA prend acte de ces accusations et constate être confondu à des groupes armés ayant existé sous la tutelle du Mali, dont il ne partage ni les objectifs ni les méthodes d’action. À cet effet le MNLA exige qu’on le distingue de ces groupes avec lesquels il a pris ses distances.

Néanmoins, il s’engage dans un premier temps à mener sa propre enquête par rapport à ses accusations. Et dans un deuxième temps fournir un document détaillé sur les violations des Droits de l’Homme dont sont victimes les populations de l’Azawad au cours de ces derrières semaines et sera transmis à toutes les organisations de défense de Droits de l’Homme qu’il invite à venir, si elles le souhaitent, observer et témoigner en toute neutralité.

Le Mouvement tient à rappeler qu’il est soucieux de la sacralité des vies humaines ainsi que leurs droits fondamentaux et adhère pleinement en conséquence aux différents traités relatifs à la protection des Droits de l’Homme plus spécifiquement sur le territoire de l’Azawad.

Nous invitons les donateurs et la direction de HRW à regarder de près la déontologie de son personnel en mission et les encourageons à faire toute la lumière sur tout acte supposé ou avéré de violation des droits humains aussi bien au Mali que dans l’Azawad afin de garantir le principe d’égalité dans le traitement.

Gao le 2 mai 2012

Chargé des Droits Humains
Moussa AG ACHARATOUMANE

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Vérité et justice pour les victimes de crimes policiers et leurs familles

Des personnes sont tuées et leurs familles sont humiliées

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336125378.jpgDepuis 2 ans, un collectif de familles victimes de crimes policiers commémore chaque année à la même période (19 mars 2011, 24 mars 2012) toutes les personnes tuées par la police afin de leur rendre hommage et de rappeler les circonstances de leurs morts. Nous condamnons l’impunité qui est accordée aux policiers et aux gendarmes par la justice.

Nous dénonçons le traitement humiliant des victimes et de leurs familles qui sont contraintes de se battre pour obtenir « réparation » : Vérité et Justice.

LES AFFAIRES SONT CLASSÉES SANS SUITE, LA MÉMOIRE DES VICTIMES EST SALIE ET LES FONCTIONNAIRES NE SONT PAS INQUIÉTÉS.

Lorsqu’une personne meurt entre les mains de policiers, la présomption d’innocence leur est automatiquement accordée et les médias relayent leur version des faits, version qui s’avère 9 cas sur 10 en contradiction avec les expertises.

Malgré les preuves accablantes et les témoignages contre eux, les syndicats de police exercent des pressions afin que leur culpabilité ne soit jamais reconnue.

Dans le peu de cas où ils sont jugés ou condamnés, les fonctionnaires protestent et s’insurgent…

Tandis que la justice instruit durant des années, maintenant les familles dans une souffrance continue, pour aboutir à des chefs d’inculpations mineurs et des sanctions minimes par clémence.

LÀ OÙ NOUS RÉCLAMONS L’ÉGALITÉ ET LE DROIT À LA JUSTICE,
LES POLICIERS RÉCLAMENT ENCORE PLUS D’IMMUNITÉ.

REVENDICATIONS DES FAMILLES DE VIES VOLÉES :

• La reconnaissance publique et juridique des crimes policiers

• La reconnaissance et la mémoire des victimes

• Le jugement impartial des crimes commis par des policiers

• Le retrait des pratiques policières meurtrières

• La pose d’une plaque commémorative pour chaque victime sur le lieu du crime ou un espace public choisi par les familles.

RENDEZ-VOUS À VENIR :

• Mardi 8 mai — Quartiers populaires « le 8 mai, c’est notre tour ! » 14h à Barbès

• Samedi 12 mai — Commémoration de la mort de Hakim Ajimi à Grasse

• Samedi 9 juin — Commémoration de la mort de Ali Ziri à Argenteuil

• Samedi 16 juin — Commémoration de la mort de Lamine Dieng, 14h au 58 rue des
Amandiers, Paris 20e, Métro lignes 2 et 3 : Père-Lachaise ou Gambetta.

Contactez-nous et rejoignez le Collectif des familles victimes de crimes policiers, en lutte contre l’impunité et l’injustice.

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 29 avril 2012

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[Dijon] A voté !

Dijon : la permanence de l’UMP vandalisée dans la nuit

La permanence de l’UMP, située au 38, boulevard de la Marne, à Dijon, a été vandalisée dans la nuit de jeudi à vendredi.

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Selon nos informations, des coups de masse auraient été donnés contre la porte qui est tombée. Une partie de la vitrine a volé en éclats. Celles qui restent debout sont marquée par plusieurs impacts. Les forces de l’ordre sont actuellement sur place pour effectuer les constatations d’usage. Visiblement, rien n’a été dérobé. Une plainte sera déposée dans la matinée. Le responsable de l’UMP Dijon était attendu sur place.

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Leur presse (BienPublic.com, 4 mai 2012)


Dijon : le siège de la fédération de Côte-d’Or du Parti socialiste également vandalisé

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Dans la nuit, la permamence du PS située rue Henri-Baudot a été également vandalisée. De la peinture a été lancée sur la porte, sur les murs et sur les volets du siège de la fédération de Côte-d’Or. La police a procédé aux constatations d’usage dans la matinée.

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Leur presse (BienPublic.com, 4 mai 2012)


Dijon : Le siège de la Fédération PS de Côte-d’Or lui aussi dégradé

La façade du local du 5 rue Henri Baudot a été taguée dans la nuit de jeudi à vendredi.

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Le PS, comme l’UMP a lui aussi été victime de dégradations cette nuit. La façade ainsi que la porte d’entrée ont été entièrement couvertes de tags. « C’est un acte imbécile qui ne nous empêchera pas de continuer la campagne », clame Laurent Grandguillaume, secrétaire de la section PS de Dijon. « Nous espérons que les responsables seront arrêtés », tonne-t-il, après avoir été alerté ce vendredi matin, vers 8h30.

Réagissant également aux faits qui se sont déroulés cette même nuit à la permanence de l’UMP, Laurent Grandguillaume prévient : « Il est inadmissible de dégrader les sièges des partis politiques car c’est une atteinte au fonctionnement de la démocratie ».

Parmi les tags, une inscription débutant par « le changement… » s’arrête brutalement. Signe que le ou les auteurs ont été visiblement dérangés dans leur action…

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Leur presse (Infos-Dijon.com, 4 mai 2012)


Dijon : Vandalisme à la permanence de l’UMP

Toutes les vitrines ont été détruites. Le préjudice est estimé à 10’000 euros.
La permanence de l’UMP de Dijon avait déjà été vandalisée en octobre 2011.

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Panique à l’UMP dijonnaise, dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs membres, dont Pierre Jacob, le délégué de la 3e circonscription ont été réveillés en pleine nuit par des appels. On leur signalait des actes de vandalisme. « J’ai été appelé à 8h15. Puis, j’ai eu la police tout de suite derrière », signale Pierre Jacob.

Sur place, Pierre Jacob, Damien Thieuleu, co-responsable des Jeunes Pop’ et Bernard Depierre, Député de la 1re circonscription ont trouvé les vitrines entièrement détruite. « Visiblement à la masse. Et ils étaient plusieurs », explique Bernard Depierre, joint par infos-dijon.com.

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« Notre réaction, c’est naturellement l’indignation la plus totale », lance Bernard Depierre.

La police scientifique et technique a été dépêchée sur place. Elle aura pour objectif de relever des empreintes susceptibles de mener aux auteurs.

« Il y en a pour 10000 euros de réparation », estime le député UMP.

« Nous tenons également à souligner la tristesse et notre inquiétude, à quelques heures du scrutin », explique-t-il, en faisant allusion au 2e tour de la Présidentielle, qui a lieu ce dimanche.

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La permanence de l’UMP, située au 38 Boulevard de la Marne, face à l’Auditorium, avait déjà été vandalisée mais de façon moins importante, en octobre 2011.

Leur presse (Infos-Dijon.com, 4 mai 2012)

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[Paris 12e] A voté !

Paris : une permanence UMP vandalisée

Après deux locaux du PS vandalisés dans la nuit de mercredi à jeudi dans le XXe arrondissement de Paris, la permanence de Franck Margain, conseiller régional UMP et candidat dissident aux législatives dans le XIIe, a été à son tour vandalisée, a annoncé l’élu aujourd’hui.

« C’est un massacre de vandalisme, ils ont tout cassé, les vitres ont été brisées, la porte cassée. C’est une intimidation pour arrêter ma campagne », a vivement déploré Franck Margain, candidat dissident dans la 8e circonscription (XIIe et XXe arrondissements) face à l’UMP Charles Beigbeder. Franck Margain a constaté les faits hier matin et, selon lui, ces détériorations ont été commises après le débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle mercredi soir.

« Cette attaque, très certainement pilotée par certains adversaires politiques en manque d’arguments, est indigne de la démocratie française. Il n’y a d’ailleurs pas de hasard : cette tentative d’intimidation intervient au moment où les pressions se font très fortes pour que je retire ma candidature », déclare Franck Margain dans un communiqué.

« Je maintiendrai ma candidature pour faire vivre des idées que je crois justes et pour défendre les habitants de la circonscription, trop souvent ignorés par les précédents candidats de la droite et de la gauche, parachutés ou politiciens carriéristes », ajoute l’élu Margain, qui est aussi vice-président du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin.

Hier, le PS avait annoncé que les façades de la permanence de la députée PS de Paris, George Pau-Langevin, et le local de la section PS du XXe arrondissement, distants de 800 mètres, avaient été vandalisés dans la nuit de mercredi à jeudi. Ces actes de vandalisme avaient été condamnés par le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë.

Leur presse (Agence Faut Payer, 4 mai 2012)

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Fin du nucléaire au Japon

Japon : coupure du nucléaire provisoire

Le Japon sera sans énergie nucléaire à partir de demain lorsque le dernier réacteur en service sera arrêté pour maintenance, une situation intenable pour les opérateurs électriques du pays qui demandent le redémarrage de leurs réacteurs pour éviter la pénurie de courant pendant l’été.

Un seul des 50 réacteurs du Japon est actuellement en marche — à la centrale de Tomari, dans le Hokkaïdo (extrême nord) — mais il doit être arrêté pour une session d’entretien de routine.

Les agents de la centrale devraient actionner la barre de contrôle du réacteur 3 samedi vers 17H00 locales (08H00 GMT) pour une extinction complète prévue dans la soirée, a précisé un porte-parole de l’électricien régional Hokkaido Electric Power Co.

Le travail de maintenance devrait prendre un peu plus de 70 jours, au terme duquel l’opérateur espère pouvoir redémarrer le réacteur.

Mais cette hypothèse reste très incertaine. Aucun des réacteurs arrêtés pour inspection après le désastre de la centrale de Fukushima, dont quatre des six réacteurs ont été saccagés par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, n’a été relancé depuis.

Avant l’accident, le Japon disposait d’une capacité de production nucléaire couvrant de 25 à 30% de ses besoins en électricité.

Une douzaine d’unités ont été stoppées sine die et toutes celles qui étaient déjà arrêtées ou ont été mises en maintenance depuis n’ont pas pu redémarrer en raison des nouvelles conditions de sécurité imposées.

Leur presse (Agence Faut Payer, 4 mai 2012)


Contre le redémarrage des réacteurs japonais…

Samedi 5 mai, la Compagnie d’électricité de Hokkaido va engager le processus d’arrêt du réacteur nucléaire numéro 3 — le dernier en service au Japon — de la centrale de Tomari. Pour la première fois depuis 42 ans et alors que la situation à la centrale de Fukushima reste plus que jamais précaire, l’archipel s’éclairera — sans véritable problème — avec un courant non produit par cette source d’énergie.

Difficile de dire combien de temps cela va durer. Le gouvernement souhaite relancer deux réacteurs appartenant à la Compagnie d’électricité du Kansai qui affirme que, sans eux, elle ne pourra pas répondre à la demande cette été. Un argument contesté par beaucoup, des ONG antinucléaires à certains responsables politiques, comme le maire d’Osaka Toru Hashimoto.

M. Hashimoto, 43 ans, donne ainsi une résonance au mouvement antinucléaire dont il a bien besoin, tant la majorité des médias nippons reste discrète sur leurs revendications. Ainsi, c’est dans une certaine indifférence que les « occupants » de la « tent-hiroba » installée devant le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) depuis septembre 2011 poursuivent inlassablement leur mouvement malgré les tentatives de la police de les déloger et les harcèlements récurrents de l’extrême-droite.

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La "Tent-hiroba" le 26 avril 2012

À ce sujet, l’une des figures de la contestation antinucléaire, le militant Ryota Sono (portrait à lire ici et son blog là), a été arrêté le 9 février alors qu’il manifestait en faveur des sans-domicile fixe. Selon la police, il aurait empêché les forces de l’ordre de faire leur travail. Il est toujours en détention et devrait être jugé. Aucun média japonais n’en parle.

Il n’aura donc pas pu assister à la grève de la faim lancée par les occupants de la tent-hiroba le 17 avril, et qui devait durer jusqu’au 5 mai. Une centaine de personnes au total auront participé à cette action spectaculaire dont le but est de persuader le gouvernement de ne pas redémarrer les réacteurs.

Ils ont reçu le soutien actif de certaines personnalités comme la religieuse bouddhiste Jakucho Setouchi, qui a choisi de participer à la grève de la faim et qui a qualifié la volonté gouvernementale de redémarrer les réacteurs d' »effrayante » alors que « beaucoup de Japonais sont morts dans les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki ». « J’éprouve de la honte à l’idée que nous ayons utilisé de manière soumise de l’électricité d’origine nucléaire », estime-t-elle également.

D’autres personnalités ont rejoint le mouvement, comme les écrivains Hisae Sawachi et Satochi Kamata. Et des manifestations sont prévues le 5 mai à la tent-hiroba, au parc de Yoyogi et à celui de Shibakoen.

Leur presse (Philippe Mesmer, blog du Monde « Des rives orientales », 4 mai 2012)


Manifestations de joie au Japon pour fêter la mise en veille du dernier réacteur nucléaire

Des manifestations de joie au Japon pour fêter la mise en veille le 5 mai du dernier réacteur nucléaire encore en production.

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Le 5 mai vers 23h (JST) le réacteur n° 3 de la centrale électronucléaire de Tomari sera déconnecté du réseau. Cet événement marquera un tournant dans la vie d’un grand pays industrialisé et fortement nucléarisé [Le Japon est, en nombre d’unités de production, le troisième pays le plus nucléarisé (54-4), après les États-Unis (104) et la France (58)] : il prouvera qu’avec des mesures d’accompagnement minimales [Environ 15% de mesures d’économie d’énergie et avec une importation mineure de sources d’énergie conventionnelles non disponibles au Japon ; ce défaut est toutefois compensé par l’avantage de rendre mécaniquement les exportations japonaises plus compétitives] le Japon peut s’affranchir de toute source d’énergie nucléaire.

À l’occasion de cet événement, de nombreuses manifestations de joie sont prévues à travers l’ensemble du pays et notamment à Iwaini où un rassemblement est organisé au niveau du pont du ferry le 5 mai à 2200 (JST) ; la vue imprenable sur l’unité n° 3 de Tomari depuis cette passerelle permettra de ressentir symboliquement toute la portée de l’événement.

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Il s’agit donc de la première occurrence d’un sevrage complet d’électronucléaire dans un pays soit-disant étroitement dépendant de cette source d’énergie mais il aura malheureusement fallu une catastrophe de grande ampleur pour obtenir ce résultat. Les anti-nuke de France et du monde s’associent à la joie et la liesse que le peuple japonais ne manquera pas de manifester dans cette grande occasion.

Sources : Japan Today (4 mai) ; Enformable (2 mai).

Leur presse (Ivan Villa, blog de Mediapart « Ekoloji », 3 mai 2012)


Sans nucléaire, le Japon continue à vivre

Le dernier réacteur nucléaire japonais devrait être arrêté début mai. L’absence de nucléaire a pu être compensée, mais les solutions sont temporaires.

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Toujours à Tokyo, le 2 avril dernier. Cette rue est éclairée par des lampes LED qui permettent de réduire la consommation d’électricité de 50 % par rapport aux lumières habituelles.

Le printemps n’est pas encore arrivé au Japon et les nuits restent fraîches. Dans la grande maison de la famille Sawada située dans la banlieue résidentielle de Sendai, capitale de la préfecture de Myagi au nord-est du Japon, seul le grand salon bénéficie du chauffage. Les éclairages tamisent ce grand espace au cœur duquel trône la cuisine à l’américaine. « Tout l’hiver nous avons fait très attention à notre consommation d’électricité »,  explique Ryoko la maman, assistante maternelle dans une crèche de la ville. Les hivers rigoureux sous ces latitudes nord, touchées par le tsunami de 2011, n’ont pas empêché les Japonais de faire de sérieuses économies d’énergie. « Un seul radiateur fonctionne ici et dans la cuisine, je n’utilise plus aveuglément les appareils électroménagers comme par le passé »,  ajoute Ryoko en montrant une cuisine ultra-équipée de tous les gadgets possibles. « L’isolation de notre maison est très bonne,  assure quant à lui Toshiro le papa, nous pouvons ainsi économiser beaucoup d’électricité et de gaz. »

Couper le chauffage pour économiser l’énergie

Dans les chambres du premier étage, les chauffages sont restés coupés tout l’hiver. « On se prépare une petite bouillotte placée sous la couette, explique Miwa, 29 ans, leur fille, professeur dans un lycée de la banlieue sud, et on s’habitue. Après la catastrophe du 12 mars 2011, tout le monde a fait des efforts d’économie d’énergie car tous les réacteurs nucléaires sont pratiquement arrêtés depuis l’été dernier. Une des choses que nous avons apprises à l’école, depuis notre enfance, c’est que le Japon n’a aucune ressource naturelle. Le gouvernement nous a demandé d’être économes et chacun fait le maximum pour que l’énergie bénéficie aux entreprises afin qu’elles puissent continuer à produire. »

Alors que le dernier réacteur nucléaire (sur les 54 que compte le pays) du Japon, sur l’île d’Hokkaido, devait être arrêté à partir du 5 mai pour une session d’entretien régulier, les 130 millions d’habitants ont appliqué de façon très disciplinée les appels du gouvernement à réduire sa consommation d’énergie. À la mairie de Sendai par exemple, comme dans tous les bureaux de l’administration du Japon, des consignes nouvelles ont été données : toutes les lumières doivent être éteintes avant de quitter les bureaux le soir, une personne est chargée de vérifier. Les bureaux qui ouvrent à 9 heures le matin ne seront plus chauffés qu’à partir de 8h30, et le soir, le chauffage sera éteint à 16h30, une demi-heure avant la fermeture.

Dans les petits restaurants de la ville, les mêmes consignes sont mises en œuvre : « Nous plaçons les clients dans des espaces bien définis afin de ne pas chauffer les autres salles si l’affluence est moindre »,  explique une serveuse, ajoutant que le patron avait tenu « à ce que les éclairages soient diminués du tiers durant la journée ». Dans sa petite entreprise de fabrication de circuits électriques qui a échappé au tsunami dans la banlieue de Sendai, Yoshiro a lui aussi réduit ses dépenses énergétiques. « En faisant un peu d’effort, nous avons réussi à payer 30 % de moins de frais d’électricité »,  assure-t-il.

Forte demande sur les énergies fossiles

À elles seules toutefois, les économies d’énergie n’ont pas compensé la demande, largement comblée par une intensification de l’utilisation des installations thermiques dont certaines (sur les 93 centrales thermiques du pays) ont été redémarrées. Cela a nécessité une très forte hausse des importations de sources d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon, néfastes pour les taux de CO² libérés dans l’atmosphère). « Nous n’avons pas vécu de pénurie d’énergie depuis l’année dernière, assure Hideo Furukawa, écrivain très sensibilisé par l’environnement, et nous allons vivre un été 2012 avec de nouvelles restrictions sans pour autant retomber dans le Moyen Âge. » Les étés étouffants au Japon, qui déclenchent tous les climatiseurs de juin à septembre, font grimper les pics de consommation. Les Japonais s’attendent à revivre dans un environnement « moins frais » que par le passé.

Jeune employé de bureau à Tokyo, Takashi se prépare à « laisser tomber la veste et la cravate » durant l’été. « La climatisation ne fonctionnera pas à plein régime, sourit-il, mais nous ne serons plus obligés de porter la cravate. »  Les stations de métro et de train ne seront pas climatisées, et, dans les commerces, une partie des appareils de refroidissement de l’air sera coupée. La température des distributeurs de boissons, qui sont légion au Japon, sera elle aussi régulée, tout comme leur éclairage de nuit. De même, les industries du bâtiment proposent maintenant des matériaux très performants sur le plan de l’isolation et l’intégration de panneaux solaires dans les constructions d’habitations.

Un Japon plus écologique

À la télévision, un nouveau genre de publicité est en train d’apparaître pour tous les nouveaux produits électroménagers comme les aspirateurs, lave-linge, lave-vaisselle, séchoir, écran plat… « moins gourmands en énergie », « produits verts », « respectueux de la nature ». Une sensibilité écologique est en train de prendre une nouvelle dimension. Et Wakao Hanaoka, militant de Greenpeace Japon, défend pour sa part l’idée que « le Japon peut se passer du nucléaire ». Une affirmation loin de faire l’unanimité même si les enquêtes d’opinion montrent aussi un rejet du nucléaire.

Pour Hiedo Furukawa, l’écrivain qui, avec une poignée d’autres intellectuels, appellent à la fin du nucléaire, « il faut dépasser les bons sentiments et regarder la réalité en face. Sommes-nous prêts, nous, Japonais, à sacrifier notre puissante économie et notre niveau de vie au profit d’une dénucléarisation aveugle ? Je ne le pense pas. » Et de suggérer une accélération de la recherche dans le secteur des énergies alternatives. Et on peut compter sur le « génie japonais » pour trouver des solutions alternatives au nucléaire.

Ainsi l’interruption totale de tous les réacteurs nucléaires japonais ne sera probablement que temporaire, compte tenu de la soif d’énergie du pays, estime Shinichiro Takiguchi, directeur de l’Institut de la recherche du Japon. « Le consensus général pour le long terme est de réduire la proportion du nucléaire dans la production d’électricité, mais pas de la supprimer »,  précise-t-il. « Il est plus raisonnable d’augmenter l’utilisation des autres sources d’énergie et de réduire progressivement la part nucléaire tout en prenant des mesures de sécurité supplémentaires. »

Le traumatisme de la catastrophe de Fukushima demeure toutefois fortement ancré dans les esprits. Pour preuve, une volée de critiques a accueilli il y a dix jours le projet du gouvernement japonais de redémarrer deux réacteurs remplissant les conditions posées à toute relance dans la préfecture de Fukui, à l’ouest du Japon. Le gouvernement avait invoqué le risque de pénurie de courant durant l’été. Un autre argument pourra être avancé par le gouvernement pour briser les résistances : une augmentation très forte des tarifs d’électricité (20 %) dans les mois à venir…

Leur presse (Dorian Malovic à Sendai et Tokyo, La-Croix.com, 27 avril 2012)

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[Radios libres] De la thune pour Radio Périgueux 103 (« la parole à ceux qui ne l’ont pas ») !

L’inquiétude des salariés de Radio Périgueux 103

Hier soir à l’assemblée générale, la question de l’avenir de l’association a été posée.

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La présidente Marie-Jacque Monnier

« On voudrait savoir exactement dans quelle situation on se trouve. » C’est sur l’inquiétude des salariés que s’est ouverte, hier soir, à l’amphithéâtre Jean-Moulin à Périgueux, l’assemblée générale de l’Association pour le développement de la communication en Périgord (ADCP), qui gère Radio Périgueux 103 et Radio Plaizance, à Plazac.

« Nous sommes en cessation de paiement. La banque a rejeté les chèques des salaires de mars. Ceux d’avril n’ont pas été payés. Notre compte au Crédit coopératif est bloqué. Lundi dernier, nous avons déposé un dossier au tribunal de grande instance », a précisé la présidente Marie-Jacque Monnier (lire « Sud Ouest » de lundi).

Un rendez-vous lundi

L’avenir ? Il se traduira soit par un redressement, soit par une liquidation judiciaire. Dans le premier cas, l’association pourra poursuivre son activité sous certaines conditions. Dans le second, ce sera l’arrêt. La présidente a rendez-vous au tribunal lundi prochain. « J’en saurai un peu plus. »

Les six salariés (quatre à Périgueux, deux à Plazac) continuent à assurer les émissions. « On ne sait pas combien de temps on va pouvoir tenir. » Un débat s’est engagé avec la salle. « Comment se fait-il qu’on a été prévenu si tard ? » « Ne fallait-il pas réagir plus tôt ? ». « Avant d’alerter, on a essayé de trouver des solutions », ont répondu Marie-Jacque Monnier et Christian Espitalié, chargé d’une mission technique.

Ils ont également demandé des aides aux collectivités. « Le Conseil général nous a répondu qu’il étudiait le dossier. On n’a pas eu de réponse de la mairie de Périgueux », explique la présidente.

Leur presse (SudOuest.fr, 4 mai 2012)


L’avenir de « 103 »

La station associative prépare son assemblée générale avec des incertitudes.

Face à une situation de cessation de paiement, radio Périgueux 103 vient de confier son avenir immédiat au tribunal de grande instance de Périgueux (qui officie à la place du tribunal de commerce pour les associations). Les élus de l’association travaillent depuis deux mois à la recherche de solutions et espèrent rebondir (lire « Sud Ouest » du 30 avril). Six emplois sont en jeu. La réponse du tribunal après étude du dossier est donc attendue avec inquiétude.

L’assemblée générale prévue demain jeudi 3 mai prend ainsi une importance capitale pour l’avenir de la structure. Elle avait été repoussée, notamment à cause de la démission du président Lionel Pascal en début d’année. C’est désormais Marie-Jacques Monnier qui assure l’intérim, avec Christian Espitalié assurant une mission technique sur la comptabilité.

Cette assemblée générale de l’association pour le développement de la communication en Périgord est prévue à 18h30 à l’amphithéâtre de la bibliothèque municipale de Périgueux.

Leur presse (SudOuest.fr, 2 mai 2012)


Périgueux 103 dans une situation délicate

La plus ancienne station associative connaît des difficultés financières.

Il y a quelques mois, on a fêté les 30 ans de Radio Périgueux 103 en évoquant ses années de hauts et de bas, sans savoir que de nouvelles graves turbulences se préparaient. L’association a débuté l’année avec un déficit de 49’000 euros qui pèse lourd sur un budget de 200’000 euros. Les chèques du mois de mars des six salariés ont été rejetés par la banque. Ils ont commencé à manifester leur inquiétude depuis quelques jours.

L’Association pour le développement de la communication en Périgord (ADCP) — qui gère Périgueux 103 et Plaizance à Plazac — est donc en situation de dépôt de bilan. Ce qu’elle devrait faire très vite, non pas devant le tribunal de commerce mais devant le tribunal correctionnel de Périgueux, comme c’est la règle pour les associations. « Depuis deux mois, on travaille pour chercher toutes les solutions afin d’éviter une liquidation », explique Christian Espitalié, ancien président revenu comme conseiller technique auprès de la présidente, Marie-Jacque Monnier.

« D’abord les salariés »

Ce sont des opérations ponctuelles en 2011 et le remplacement d’un salarié qui seraient à l’origine de ce déficit conjoncturel qui met la structure en danger. Christian Espitalié, ancien des services fiscaux fin connaisseur de la comptabilité, a mis à plat tous les comptes pour rechercher des solutions. « On a fait appel aux collectivités qui nous soutiennent et on a demandé une aide au Conseil général et à la Ville de Périgueux (l’équivalent du loyer annuel du local). Nous avons aussi monté un dossier de demande de prêt à France Active, qui soutient les associations. » Il espère ainsi réunir près de 53’000 euros.

Mais le principal revenu de cette radio associative, c’est le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER). L’association attend 90’000 euros pour cette année, mais le versement ne se fera pas avant octobre. La banque, le Crédit coopératif, ne peut pas attendre si longtemps pour combler le découvert.

« Il faut vite trouver une solution car il y a d’abord les salariés à payer », souligne la présidente. Des salariés indispensables à la bonne marche de la radio, car ils assurent aussi tout un travail d’animation à l’extérieur, notamment dans les écoles.

Assemblée jeudi

La recherche de solutions s’est faite dans la plus grande discrétion depuis deux mois, mais n’a pas suffisamment avancé pour éviter une procédure judiciaire. Elle devrait être effective avant l’assemblée générale prévue jeudi 3 mai, à 18h30, à l’amphithéâtre Jean-Moulin de Périgueux. Christian Espitalié expliquera avec précision la situation et les solutions pour rebondir.

Ces problèmes arrivent à un moment où le conseil d’administration semble particulièrement bien soudé. « Nous avons plein de projets », soupire la présidente. Périgueux 103 joue un vrai rôle dans la vie associative périgourdine. Son sous-titre, « la parole à ceux qui ne l’ont pas » et son fonctionnement en réseau sont sa marque de fabrique depuis trente ans.

Leur presse (Hervé Chassain, SudOuest.fr, 30 avril 2012)

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[Abus policiers] Le cas de Michel D. à Marseille

Abus policiers en cascade : le cas de Michel D. à Marseille

Après l’affaire des faux témoignages Lyonel Alidor, et après l’affaire de la jeune Fanny P. de Tours jugée coupable de violences contre un policier et lourdement condamnée bien qu’une vidéo montrait que c’était au contraire le policier en question qui matraquait la jeune femme [Il s’agit de la fille en rouge à 1min50], c’est au tour de Michel D. à Marseille de subir les abus et faux-témoignages de policiers peu scrupuleux.

Il raconte :

« Je marchais à Marseille, quand, arrivé place Racati, j’ai assisté à une intervention policière inquiétante. De nombreux policiers plaquaient au mur deux adolescents, les traitant avec une certaine brutalité, en criant. J’entends alors distinctement la question, posée sèchement : C’est quoi ton origine ? Tu réponds ! C’est quoi ton origine ?

Inquiet pour les deux jeunes, j’ai donc décidé de filmer la scène avec mon appareil photo, pour les protéger autant que possible d’éventuelles violences policières, ce que je savais totalement légal. Et là ça a été très vite : les policiers m’ont crié d’arrêter, une policière s’est jetée sur moi, puis un autre policier, qui m’a violemment attrapé par les cheveux et plaqué contre le mur, m’arrachant l’appareil photo des mains. Est alors arrivé le chef de brigade. Il était haineux, cherchait à m’intimider en insinuant que je ne récupèrerais pas mon appareil photo, et en menaçant de faire porter plainte tous ses collègues contre moi “pour droit à l’image”. J’ai juste répondu que la jurisprudence avait rendu légal le fait de filmer une intervention policière, et qu’il serait donc inutile de porter plainte. Il a alors regardé sa collègue :

Lui : Mais au fait … il t’a bousculée, non ?
Elle : Euh… oui.
Lui : Ça, c’est violences sur ADAP.  Tu portes plainte ?
Elle : Oui !
Lui : C’est bon ! Je vous annonce qu’à partir de maintenant vous êtes en garde à vue : vous allez passer vingt-quatre heures au poste ; ça vous apprendra ; à vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ! [La récente affaire d’Alexandre D. est encore un exemple d’abus policiers visant à empêcher la prise d’images]

Et ils m’ont emmené, sans jamais me menotter ni-même me tenir, puisque je gardais mon calme.

Après avoir dû subir une séance d’engueulades, j’ai alors passé 21 heures en cellule, sans même une couverture pour dormir. Le droit de faire prévenir un proche m’a été refusé, de même que le droit de voir un médecin, alors que j’en avais fait explicitement la demande à l’Officier de police judiciaire. Mais il avait rédigé un document déclarant en mon nom que j’avais été bien informé de mes droits (médecin, avocat) et que je déclarais y renoncer, puis m’a demandé si je voulais le signer. Je voulais le lire d’abord, mais il ne m’a pas laissé cette possibilité. Je n’ai donc pas signé. Ni eu mes droits respectés.

La policière, obstinée de prouver son statut de victime, est allée chez le médecin et a obtenu une journée d’ITT (le médecin n’ayant évidemment pu déceler aucune trace de blessure, il n’a accordé qu’une seule journée d’ITT). »

C’est ainsi que Michel se retrouve accusé de « violences volontaires sur agent dépositaire de l’autorité publique ». Dur !

Mais ce n’est pas tout, à cette première accusation s’ajoute une seconde : Lors de sa garde à vue, Michel D. devait livrer son ADN, son visage (biométrisé pour la reconnaissance automatisée) et ses empreintes. Il a refusé, considérant que ces données pourraient permettre à un État totalitaire à venir d’identifier ses opposants politiques à leur insu, et même de les rechercher de façon automatisée par des logiciels de reconnaissance faciale (ça existe déjà !) couplés aux réseaux de caméras de vidéosurveillance. Mais pour ce refus, il risque encore (théoriquement) un an de prison et 15’000€ d’amende.

Toute cette affaire soulève une fois de plus les questions : Comment se protéger de policiers qui abusent ? Qu’est-ce qui nous protège en cas de fausses déclarations de la part de policiers ? Et aussi : Faut-il accepter de pouvoir se faire identifier à son insu ?

Nous appelons tous ceux qui se sentiraient concernés par ces questions à venir se rendre au jugement le jeudi 21 juin à 14 heures, au Tribunal de Grande Instance de Marseille, 11e chambre, section A.

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 4 mai 2012

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[Montréal] « Je viens ici à 20h30 à tous les soirs »

Dixième manifestation nocturne à Montréal

Après avoir rendu visite au premier ministre mercredi soir, les étudiants en grève et leurs supporteurs ont fait jeudi un saut devant la maison du maire de Montréal dans Outremont. Sous les cris de joie, des gens ont fait éclater des pétards. Plusieurs policiers ont été appelés en renfort pour protéger la résidence de la foule en délire. La manifestation a alors été déclarée illégale, deux heures après son départ, et du gaz poivre à été utilisé pour disperser les protestataires.

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Encore une fois, ils étaient plusieurs milliers au point de rencontre, place Émilie Gamelin, vers 20h30. Pour la dixième manifestation étudiante nocturne en autant de soirs à Montréal, certains déguisés en zombies. D’autres, presque nus, revenaient d’une autre marche tenue plus tôt et baptisée « Charest !!! On se met à nu ». Les protestataires, particulièrement bruyants, ont de nouveau parcouru plusieurs kilomètres sur un trajet improvisé qui les a mené du Quartier Latin à Outremont, en passant par le Mile-End.

À part quelques cônes renversés et l’usage de pétards et de feux d’artifice, le début de marche s’est bien déroulé. Mais une fois sur la rue Stuart dans Outremont, celle de Gérald Tremblay, les choses ont vite dégénérées. Des manifestants ont fait éclater des pétards devant une résidence et lancé des projectiles aux policiers. Selon plusieurs sources, les marcheurs se seraient trompés de maison. Celle devant laquelle ils se sont arrêtés était pourtant protégée par près de 50 agents de la paix.

Même dans l’illégalité, les opposants à la hausse des frais de scolarité continuent à déambuler dans les rues de la ville jusqu’à minuit passé pour retourner à leur point de départ, près de l’UQAM. « À demain », ont lancé les plus tenaces. Des gaz irritants ont à nouveau été utilisés durant le trajet.

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Certains participants sont maintenant de véritables habitués de ce type d’événements. C’est le cas de Alexandra Mauger, l’étudiante à l’UQAM, qui estime avoir participé à plus de 50 manifestations depuis le début de la grève il y a 12 semaines. « On constate qu’il y a de nouveaux visages, comme une nouvelle vague de mobilisation et ça, c’est réjouissant, note-t-elle. Je crois que ce 2e souffle fait suite aux discussions qui ont échouées. »

Un autre étudiant, Marco, inscrit à l’Université de Montréal, en était pour sa part à son septième cortège nocturne en dix soirs. « Je ne regarde même plus les invitations. Je viens ici à 20h30 à tous les soirs », a-t-il dit entre deux slogans.

Leur presse (LaPresse.ca, 4 mai 2012)

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[Danemark] Sur le procès des cinq anarchistes accusés d’incendies

À l’heure où des camarades sont en passe d’être jugés par l’ennemi sous juridiction antiterroriste à Paris, il est intéressant de remarquer que les cinq compagnons danois dont nous avions déjà parlé ici, passent eux aussi en procès sous cette même juridiction et à seulement quelques jours près. Voici donc traduits de l’anglais ci-dessous le communiqué à propos de l’affaire en question ainsi que la liste des attaques qui leurs sont reprochées.

Le 20 avril 2012, le ministre social-démocrate de la justice du Danemark, Boedskov, a confirmé les charges contre cinq jeunes hommes, qui ont été maintenus sous législation antiterroriste. Quatre ont été arrêtés le 26 avril 2011 avec 30 litres d’essence et un fumigène devant l’école de police de Brondby, en banlieue de Copenhague. Un cinquième a été arrêté en mai 2011. Les cinq ont admis la tentative d’incendie de l’école de police, mais ont nié l’accusation de terrorisme.

L’État et le procureur ont affirmés qu’avec des attaques contre des entreprises de fourrures, des ambassades etc. ils ont essayés de déstabiliser les fondations politiques, économiques et financières du Danemark, et doivent donc être jugés sous législation antiterroriste. Bien qu’au Danemark, un simple incendie puisse coûter la perpétuité, en utilisant la loi antiterroriste, ils rendent la défense des accusés plus difficile car leurs courriers et parloirs sont contrôlés. Aussi, cela veut dire que l’État peut les garder en préventive pendant un an sans condamnation…

Une date de procès a été fixée pour le 9 mai 2012, mais les informations sont complexes à obtenir quant à la possibilité d’accéder à la salle d’audience, puisqu’auparavant toutes les audiences se sont déroulées à huis-clos.

Les accusés sont détenus à la prison de Vridsløselille.

Voici les attaques qu’ils sont accusés d’avoir menés :

• 17 avril 2010 : deux molotovs jetés contre Kopenhagen Fur (entreprise de fourrure).

• 14 mai 2010 : Du liquide incendiaire mis à feu à l’école de police, ainsi que quelques voitures de flics incendiées à Brondoester.

• 20 septembre 2010 : Du liquide incendiaire mis à feu dans la Pelsbox company (entreprise de fourrure).

• 27 octobre 2010 : Quatre jerricans de liquide inflammable balancés à travers la fenêtre et allumés dans les locaux de Nestlé à Copenhague.

• 10 novembre 2010 : Des molotovs lancés à travers les fenêtres de Saga Furs (entreprise de fourrure) à Vedbaek.

• 8 décembre 2010 : Des jerricans d’essence balancés contre le QG des services secrets de Søborg, à Copenhague.

• 15 décembre 2010 : Les vitres de la banque d’Odense brisées, la police les accuse d’avoir voulu la brûler…

• 11 janvier 2011 : Plusieurs véhicules incendiés au central des données de la police à Hvidovre, dans Copenhague (photo ci-dessous).

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• 14 janvier 2011 : Les flics affirment qu’ils voulaient brûler une autre banque du centre de Copenhague, mais que pour des raisons inconnues la tentative a échouée.

• 6 avril 2011 : La porte d’entrée de l’ambassade de Grèce à Copenhague est mise à feu avec du liquide incendiaire.

• 26 avril 2011 : 4 des 5 sont arrêtés à l’école de police avec de l’essence et des fumigènes…

Traduit de l’anglais (actforfreedom, 22 avril 2012) par non-fides

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[Alger] Enlèvement d’un abstentionniste actif

Enlèvement hier soir à Alger de M. Tarek Mameri un jeune cyber activiste qui a appelé au boycott des élections législatives

Tarek MAMERI, âgé de 23 ans, demeurant à Alger, quartier de Belouizdad, a été enlevé hier 1er mai à 21 heures en plein centre d’Alger par plusieurs individus en civil qui circulaient à bord d’un véhicule banalisé de marque Caddy Volkswagen de couleur blanche.

Il se trouvait en compagnie de plusieurs de ces camarades habitant le quartier qui ont rapporté l’information à ses proches.

Ces hommes n’étaient pas munis d’un mandat d’arrêt et l’ont obligé par la force à monter à bord de leur véhicule ; Il s’agit du modus operandi habituel des services de sécurité algériens lorsqu’ils procèdent à des arrestations ou à des enlèvements qui sont généralement suivis par des détentions au secret dans leurs locaux.

M. MAMERI est devenu en quelques semaines sur Internet une figure emblématique de la jeunesse algérienne dont il exprimait toute la mal vie et le désespoir ; il avait annoncé dans une vidéo récente postée sur Youtube qu’il s’attendait à être arrêté en raison de son appel au boycott et de ses critiques publiques contre la corruption du pouvoir algérien.

Il ne fait donc pas de doute que son enlèvement est motivé par son rôle de cyber activiste qui dénonce avec beaucoup de courage la corruption, les abus et les violations des droits humains dans son pays.

Alkarama a saisi aujourd’hui M. le Rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression des Nations unies pour l’informer de la situation.

Quelques vidéos de Tarek MAMERI :

http://www.youtube.com/watch?v=1kVqTj21OR8
http://www.youtube.com/watch?v=RuvgOOeiGAc
http://www.youtube.com/watch?v=kaOH37St2LY
http://www.youtube.com/watch?v=rNJQDc-dswI

Sa page facebook :

https://www.facebook.com/tarekalgerien1988?ref=ts

Alkarama, 2 mai 2012 / Algeria Watch


Tarek Mameri arrêté par la police pour avoir posté des vidéos appelant au boycott des élections

Tarek Mameri, un jeune homme de 23 ans, originaire de Belouizdad (Alger) a été arrêté mardi 1er mai par des personnes en civil pour « avoir posté des vidéos appelant les Algériens à boycotter les élections du 10 mai prochain ». C’est du moins le motif de l’arrestation  évoquée par un membre de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADDH) que nous avons pu joindre ce matin par téléphone.  « Nous tentons de prendre contact avec les parents du jeune homme pour savoir exactement les accusations retenues contre lui », indique notre source.

« Mardi 1er mai, le jeune homme a été kidnappé puis il a été  transporté à bord d’un véhicule par des personnes en civil. Ce n’est qu’aujourd’hui mercredi que l’information de son arrestation a été confirmée car des policiers se sont déplacés jusqu’à la maison du concerné pour demander les papiers d’identité du jeune homme arrêté », ajoute notre interlocuteur.

Le jeune homme a posté des vidéos où il appelle au boycott tout en s’attaquant au discours de certains personnalités politiques, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika et de deux de ses ministres.

Aux dernières nouvelles, et selon un representant de la LADDH, Tarek Mameri sera présenté au juge d’instruction demain, jeudi 3 mai.

Leur presse (Hamida Mechaï, ElWatan.com, 2 mai 2012)

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