[Nos médias] À écouter : entretien avec l’un des inculpés de Chambéry

Vendredi 25 mai, quatre personnes étaient jugées à Chambéry. L’une pour fabrication d’engin explosif et les trois autres pour dissimulation ou destruction de preuves. Le procureur a demandé 1 an de prison ferme pour le premier, 6 mois avec sursis et 5000 euros d’amendes pour les autres.

À la sortie du procès, Jean raconte les différentes stratégies de défense, le rassemblement de soutien et d’autres choses

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338049927.jpg

Un entretien diffusé le vendredi 25 mai dans le Canut-Infos sur Radio Canut.

Rebellyon, 26 mai 2012

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Nos médias] À écouter : entretien avec l’un des inculpés de Chambéry

[Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste] « Qu’il soit fait toute la lumière sur les relations qu’entretenaient ou non Mohamed Merah et la DCRI »

Les proches d’Abel Chennouf, 25 ans, un des militaires abattus le 15 mars à Montauban, sont déterminés à aller jusqu’au bout. Après avoir porté plainte pour non-assistance à personne en danger contre Nicolas Sarkozy et le directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, comme Le Nouvel Observateur l’annonçait début mai, les parents du jeune homme ont écrit, mercredi 23 mai, au président de la République François Hollande.

« On ne vous laissera pas tomber, vous serez protégés et on vous aidera »

Dans cette lettre, signée de leurs avocates Béatrice Dubreuil et Samia Maktouf et que Le Nouvel Observateur publie ci-dessous, la famille Chennouf, qui « se sent trahie et abandonnée par la France », demande notamment à François Hollande d’honorer les engagements pris par Nicolas Sarkozy. Albert Chennouf rappelle les mots que l’ancien président a eu à son égard lors de la cérémonie nationale à Montauban, « les yeux dans les yeux et la main sur son épaule » : « Albert, on ne vous laissera pas tomber, vous serez protégés et on vous aidera. Sachez que votre enfant est mort pour la France. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338049991.jpghttp://pix.toile-libre.org/upload/original/1338050071.jpg

« Que toute la lumière soit faite »

Les proches du jeune homme, qui ont porté plainte contre Sarkozy et Squarcini, considèrent qu’ils pouvaient empêcher Mohamed Merah de tuer leur fils. Ils veulent que « toute la lumière soit faite sur les relations qu’entretenaient ou non Mohamed Merah et la DCRI, ainsi que sur la connaissance qu’auraient eu les services de renseignement des déplacements de l’auteur des deux tueries à l’étranger, notamment au Pakistan, en Afghanistan, en Israël, en Jordanie, en Syrie et en Égypte. »

« Pas certain qu’ils puissent bénéficier de la protection juridique »

Ils dénoncent par ailleurs le fait de s’être vu refuser le versement du capital-décès de leur fils « en dépit d’une évidente situation modeste » selon leurs avocates, qui avancent qu’il n’est par ailleurs « pas certain qu’ils puissent bénéficier de la protection juridique. » Les parents d’Abel Chennouf rappellent au président qu’il a « fait campagne sur la valeur de la justice » et lui demandent de les recevoir.

Début avril, Albert Chennouf avait confié au Nouvel Observateur qu’il avait promis à son fils « dans le creux de l’oreille avant qu’on ne ferme son cercueil », de comprendre les raisons de son décès.

Presse terroriste (Le Nouvel Observateur, 25 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste] « Qu’il soit fait toute la lumière sur les relations qu’entretenaient ou non Mohamed Merah et la DCRI »

[Révolution tunisienne] Sit-ins dans le bassin minier

Tunisie – Deux unités du GCT à M’dhilla à l’arrêt… à cause des sit-in

Les deux unités de production du super-triphosphate à l’usine du Groupe chimique tunisien (GCT), à M’dhilla (Gouvernorat de Gafsa), ont arrêté, totalement, leurs activités, à la suite de l’épuisement du phosphate brut, a indiqué le directeur régional du Groupe au correspondant de la TAP dans la région.

Cet arrêt est la conséquence des sit-ins et des mouvements de protestation organisés par les sans-emplois et, aussi, les employés des sociétés de l’environnement et de la société de transport des produits miniers, notamment à Borj Laakarma et à la gare de transport ferroviaire de M’dhilla qui ont bloqué l’extraction, la production du phosphate et son transport vers les unités du GCT à M’dhilla.

En outre, un autre sit-in observé par des sans-emplois, à la gare de Metlaoui, a empêché l’approvisionnement de l’usine, à partir des mines de la ville de Metlaoui.

D’autre part et selon le directeur régional, le rythme de fonctionnement de l’unité de production de l’acide sulfurique a atteint, ces derniers jours, son niveau le plus bas, à cause du manque des matières premières importées de l’étranger.

Il prévoit l’arrêt total de cette unité, au cours de ce mois, si l’usine n’est pas approvisionnée en phosphate commercial sec et mouillé et en souffre, matières nécessaires pour la production des engrais phosphatés.

L’approvisionnement de l’usine de M’dhilla en souffre, à partir des ports s’est arrêté, à la suite de sit-ins observés dans divers points sur le réseau de transport ferroviaire, dans les gouvernorats de Gafsa, Sidi Bouzid et Gabès.

L’usine de M’dhilla a besoin quotidiennement de 550 tonnes de phosphate sec, de 1800 tonnes de phosphate mouillé et de 550 tonnes de souffre pour la production de 1400 tonnes de super-triphosphate destiné totalement à l’exportation.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 25 mai 2012)


Tunisie : Les incidents et les barrages des routes ont doublé durant le mois de mai

La situation sécuritaire est globalement stable dans le pays en dépit de quelques troubles éparses, a indiqué, jeudi 24 mai 2012, le colonel major Mokhtar Ben Nasr, porte-parle du ministère de la Défense nationale.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338038429.jpg

Il a néanmoins précisé, lors de la rencontre périodique de la cellule d’information du Premier ministère, que les incidents ont triplé au mois de mai (par rapport à avril 2012), alors que les barrages des routes ont doublé dans la même période. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 26 mai 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-ins dans le bassin minier

[Toulouse] Appel à résistance contre les expulsions

Venez-vous battre avec nous contre l’expulsion du Centre Social Autogéré et contre toutes les expulsions ! Le procès a lieu le 1er juin au tribunal administratif et l’expulsion peut avoir lieu sans délai après le verdict. Rafale d’actions du 23 mai jusqu’à l’abandon de la procédure ! Pour l’hébergement, contactez Thomas au 06 87 22 42 42.


APPEL À RÉSISTANCE CONTRE LES EXPULSIONS

Il y a plus d’un an, nous, CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion), avons réquisitionné le bâtiment d’État du 70 allée des Demoiselles à Toulouse. Plus de 40 personnes dont 7 familles qui vivaient dans la rue s’y sont installé-e-s. Les enfants sont scolarisé-e-s et les familles profitent d’espace et de temps pour reprendre leur vie en main. On essaie de s’en sortir collectivement, en autogestion, entre galériens.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337974551.jpg

Des centaines de personnes utilisent aussi le lieu pour toutes sortes d’activités et de projets à travers le Centre Social Autogéré : menuiserie, jardinage, alphabétisation, soutien scolaire, boxe, soutien juridique, concerts, projections, atelier couture, organisations de rencontres, discussions, débats, cuisine et activités avec les enfants, zone de gratuité… Tout fonctionne sur l’entraide et la solidarité, sans subventions et sans en demander.

Nous reprennons les bâtiments construits par le peuple, appartenant au peuple et laissés vides par leurs propriétaires. Le capitalisme jette de plus en plus de gens à la rue et spécule sur les logements vides. Face à cette stratégie délibérée de création de la misère, nous réquisitionnons. L’État ne fait pas partie de la solution mais du problème.

Depuis septembre 2011, avec des membres du GPS (Groupement Pour la défense du travail Social) ainsi que des individu-e-s de tout horizon, nous avons lancé, la campagne « zéro gosse à la rue » devenue depuis « zéro personne à la rue ». Il s’agit de proposer à qui le désire de s’organiser pour réquisitionner des bâtiments vides et s’y loger, en portant des pratiques d’entraide et d’autogestion. Ces bâtiments accueillent plus de 120 personnes soit 40% de l’hébergement d’urgence de familles à Toulouse.

Seulement 4 des 10 bâtiments réquisitionnés ont survécu aux expulsions illégales de la préfecture. L’acharnement de cette préfecture serait-il lié à sa peur que nous nous réapproprions nos biens et nos droits, que nous ne soyons plus sous contrôle ? Tenterait-elle d’atteindre l’illusion de voir notre expérience humaine disparaître avant des mutations certaines ?

Ce 1er juin 2012, à 9h, nous serons nombreux-euses au tribunal administratif de Toulouse pour le procès du 70 allées des Demoiselles. Notre propriétaire, le ministère des affaires sociales, demande l’expulsion du bâtiment qu’il veut se réapproprier afin d’y créer, soit disant, un centre d’hébergement d’urgence pour sans domiciles fixes. Nous dénonçons la sinistre ironie de ce projet qui consiste à remettre 40 personnes, dont une quinzaine d’enfants, à la rue pour y “accueillir” des SDF laissés à la rue depuis des années. Et, cet “accueil” ne se fera bien sûr pas sur la base de l’autogestion. Non seulement l’État se désengage en baissant les budgets alloués au financement des hébergements d’urgence mais aujourd’hui il cherche aussi à détruire toute forme d’organisation collective et solidaire.

Si nous exigeons l’arrêt de ce procès, nous l’exigeons aussi pour toutes les expulsions, qu’elles soient par la force ou la ruse administrative.

Le CREA – Collectif pour la Réquisition l’Entraide et l’Autogestion, 24 mai 2012


Rejoignez-nous
Organisons-nous pour contre-attaquer !

Chaque jour au CREA – 14h : Actions / 17h-19h : Permanence / 19h : Assemblée

Marche contre toutes les expulsions – RDV Mercredi 30 mai à 14h au CREA

Rassemblement devant le tribunal administratif – RDV Vendredi 1er juin dès 8h00 Place Jeanne d’Arc puis devant le tribunal administratif (68 rue Raymond IV)

Tout pour Tou-te-s ! Pouvoir au Peuple !


À l’attention du Conseil Municipal de la Commune de Toulouse

Suite à la rencontre du jeudi 24 mai au sujet du procès concernant Centre Social Autogéré de Toulouse avec un des adjoints au maire, Monsieur Jean-Paul Makengo, nous demandons que le Conseil Municipal ajoute à l’ordre du jour un point relatif à la possibilité d’une intervention de la mairie en faveur de l’annulation de la procédure d’expulsion et de la pérennisation du Centre Social, et ce dès aujourd’hui.

En effet la situation est urgente et, sans une intervention rapide des décideurs concernés, quarante personnes, dont une dizaine d’enfants, retourneront à la rue dans une dizaine de jours, à la suite du procès engagé par la préfecture, mandatée par le propriétaire du bâtiment, à savoir le Ministère des Affaires Sociales.

Puisque ce procès aura lieu le 1er juin, dans une semaine, nous demandons à Monsieur Cohen qui, par le passé, a déjà reconnu que l’action du Centre Social Autogéré permet de lutter efficacement contre la misère sociale, d’intervenir dès aujourd’hui auprès de la préfecture et des ministères compétents (logement et affaires sociales) et ce en la qualité de député-maire de la municipalité de Toulouse.

Un rendez-vous a été fixé à 16H mais l’urgence de la situation ne nous permet pas d’attendre une réaction probable de la municipalité, ni quelques jours.

Rappelons que le bâtiment sera expulsé dans quelques jours sans intervention rapide du ministère concerné. Une intervention sans délai du Conseil Municipal sera décisive.

Nous demandons donc que M. COHEN ait appelé le Ministère avant 12H.

Ministère des affaires sociales : 01 40 56 60 00/ 01 70 91 93 40
Marisol Touraine (Ministre des affaires sociales) : 02 47 40 71 88
Ministère du logement : 01 42 75 80 00

Le CREA, 25 mai 2012

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Toulouse] Appel à résistance contre les expulsions

[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (7)

Les Brigades rouges promettent une nouvelle révolution en Italie

Dans une lettre à un journal de Milan, les Brigades rouges promettent une « nouvelle révolution » et appellent à des attentats contre des hommes politiques, des banquiers et des journalistes.

L’authenticité de cette lettre n’a pas été confirmée par les autorités italiennes.

Plusieurs attentats ont visé ce mois-ci des symboles de la politique d’austérité, ravivant les craintes d’une résurgence de la violence extrémiste qui a ensanglanté le pays dans les années 1970 et 1980.

« C’est l’aube de la nouvelle révolution », écrit le mouvement armé d’extrême gauche dans la lettre envoyée au quotidien Il Giornale, qui appartient au frère de Silvio Berlusconi, Paolo.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338036952.jpg

Le groupe accuse « l’État fasciste » d’être responsable de l’attentat à la bombe qui a tué une lycéenne de 16 ans samedi dernier à Brindisi, dans le sud du pays, « afin d’effrayer les masses en colère », précise vendredi Il Giornale sur son site internet.

Dans une précédente lettre reçue jeudi par l’agence de presse Ansa, les « Brigate rosse » démentaient déjà être responsables de l’attentat de Brindisi.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338035793.jpg

« Nos cibles ne sont certainement pas les étudiants et les travailleurs. Nos combattants en visent d’autres : les patrons, la classe au pouvoir, les banquiers et les prostitués du régime étatique », écrivait le mouvement.

Mercredi, le président Giorgio Napolitano a dit sa crainte de voir l’Italie retomber dans la violence politique des « années de plomb ».

Un groupe anarchiste a revendiqué l’attentat dans lequel le directeur général d’Ansaldo Nucleare, une société spécialisée dans le nucléaire, a été blessé par balle le 7 mai à Gênes.

Dans leur lettre au Giornale, les Brigades rouges affirment qu’avec cet attentat de Gênes « la chasse est rouverte ». Elles citent comme objectifs potentiels les responsables politiques, en premier lieu ceux du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, les banquiers et « les journalistes à leur service ».

Presse terroriste (Reuters, 25 mai 2012)


Un PDG menacé de mort par les Brigades Rouges

Un message, « Mort à Orsi », et une étoile à cinq branches, symbole des Brigades Rouges, ont été inscrits sur le mur d’un bureau du groupe Finmeccanica.

Le PDG du groupe italien de défense, d’aéronautique et de transport Finmeccanica, Giuseppe Orsi, a reçu une menace de mort de l’organisation d’extrême-gauche italienne des Brigades rouges, a-t-on appris auprès de la police vendredi.

Un message, « Mort à Orsi », et une étoile à cinq branches, symbole des Brigades Rouges, ont été inscrits sur le mur d’un bureau de la filiale énergie du groupe, Ansaldo Energia, à Gênes, a indiqué un policier.

Le 7 mai dernier, le dirigeant de la société Ansaldo Nucleare, filiale de Finmeccanica, Roberto Adinolfi, a été blessé à la jambe lors d’une attaque à Gênes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338036052.jpg

Cette attaque, ainsi qu’une série d’attentats visant des bureaux de l’agence de collecte des impôts Equitalia, ont été revendiqués par la cellule Olga de la Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international.

Les attaques ont ravivé les craintes d’une résurgence des violences des groupes extrémistes de gauche et de droite qui ont rythmé la vie politique transalpine pendant les années 1970 et 1980.

Presse terroriste (ats/Newsnet, 18 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] La méthode italienne (7)

[Les voies du Seigneur sont impénétrables] Scandales et contestations au Vatican

Une personne, « en possession illégale de documents confidentiels », a été arrêtée au Vatican, et « se trouve à la disposition de la magistrature » a indiqué vendredi 25 mai le porte-parole Federico Lombardi. La déclaration ne précise pas à quand remonte cette interpellation, survenue dans le cadre de l’enquête sur les fuites de documents du Vatican dans la presse italienne, ni de qui il s’agit. La presse italienne indique qu’il s’agirait du majordome des appartements du pape, tout en se montrant sceptique sur l’étendue de sa culpabilité. Cette annonce intervient au lendemain du  limogeage du président de l’Institut des œuvres de religion (IOR), ou banque du Vatican, organisme qui avait fait les frais de divulgations dans la presse.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338033804.pngNommé il y a moins de trois ans pour assurer transparence et crédibilité dans les affaires financières du Vatican, jugées peu conformes au droit international, le président de la « banque du pape », Ettore Gotti Tedeschi, catholique fervent et spécialiste d’éthique de la finance, a été contraint à la démission, jeudi, par son conseil qui, à l’unanimité, a jugé sa gestion déficiente. Cette démission forcée serait due aux conflits et divergences de vues au sein de l’administration vaticane, sur la manière de satisfaire aux exigences des instances européennes en matière de lutte contre le blanchiment.

Ce limogeage, décidé quelques semaines seulement avant la décision des experts européens d’inscrire ou nom le Vatican sur leur « liste blanche », peut être interprété comme une nouvelle étape dans la volonté de « purification et de renouveau »  voulue par le pape Benoît XVI pour la gouvernance de l’Église. Mais cet épisode, dernier en date d’une série qui embarrasse le Vatican depuis plusieurs mois, illustre surtout la difficulté du pape à imposer ses vues et à gérer les dossiers sensibles de son pontificat.

Signe de cette fragilité, la multiplication de documents confidentiels qui ont fuité dans la presse ces derniers mois. Ces courriers au pape ou ces télégrammes diplomatiques,  divulgués par les journaux italiens et le journaliste Gianluigi Nuzzi qui vient de signer un nouveau livre intitulé Sa Sainteté : les papiers secrets du pape, évoquent des affaires de corruption, d’opacité financière mettant en cause la volonté de transparence de l’IOR, des scandales de pédophilie ou de déviations sexuelles de prêtres, des  échanges sur les conséquences de la réintégration quasi certaine des intégristes dans le giron de l’Église, la situation des Légionnaires du Christ, touchés par divers scandales de mœurs ou bien encore les pressions vaticanes sur des sujets de société en Italie…

« Fin de règne »

Affaibli par ces révélations, le Vatican a réagi avec une virulence notable le 19 mai, estimant que « la publication de documents confidentiels du pape » relevait d’un « acte criminel », évoquant la « violation de la vie privée et de la dignité du pape » et promettant que les auteurs de ces fuites répondraient devant la justice. Ces fuites alimentent aussi un climat de « fin de règne », alors que le pape, âgé de 85 ans et de santé fragile, n’a pas souhaité se séparer de son numéro 2, le secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, 77 ans,  et contesté au sein même de la Curie. Elles surviennent en outre alors que le Vatican, et le pape en première ligne, pourraient connaître prochainement une nouvelle période de turbulences, dans l’hypothèse où les lefebvristes de la Fraternité Saint-Pie X étaient réintégrés dans l’Église catholique après vingt-quatre ans de schisme, de défiance et de tensions avec les fidèles et le clergé.

L’épilogue de ce dossier épineux, personnellement porté par Benoît XVI en dépit de réticences internes, pourrait déstabiliser une partie des fidèles particulièrement attachés aux enseignements du concile Vatican II, que rejettent les intégristes. Et ouvrir un nouveau front de contestation dans l’Église catholique, déjà aux prises avec des mouvements de prêtres contestataires ou « désobéissants » dans plusieurs pays européens.

Presse cul-bénite (Blog Le Monde « Digne de foi, éclairage sur le fait religieux et la laïcité », 25 mai 2012)

Publié dans Archives de l'athéisme | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Les voies du Seigneur sont impénétrables] Scandales et contestations au Vatican

Nouvelles de la révolution tunisienne

Une tension latente règne dans la ville du Kef, jeudi 24 mai 2012, à la suite du sit-in observé par les habitants de la région, pour revendiquer le droit au développement.

(…)

En signe de solidarité avec les habitants du Kef, des citoyens de Sakiet Sidi Youssef ont bloqué le point de passage frontalier tuniso-algérien et empêché le passage, dans les deux sens.

Publié par des ennemis de la révolution  (Business News, 25 mai 2012)


Le siège de la délégation de Sakiet Sidi Youssef et la résidence du délégué ont été incendiés, vendredi 25 mai 2012, par des jeunes protestataires alors qu’une grève générale a été décrétée dans la ville. Les meubles et les équipements ont été détériorés.

Le siège a été pris d’assaut vers midi par de jeunes chômeurs, selon des témoins cités par la TAP.

La grève générale a touché tous les secteurs sauf l’éducation, les boulangeries et l’hôpital, paralysant de ce fait la vie économique et sociale de la région. En outre, la route reliant la ville au Kef a été bloquée. Il en est de même pour le point de passage frontalier tuniso-algérien.

Notons qu’à travers cette action, les habitants de Sakiet Sidi Youssef réclament le développement de la région.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 25 mai 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Nouvelles de la révolution tunisienne

[Toutes les civilisations ne se valent pas] Sur le génocide des Namas et des Hereros

Un documentaire revient sur un génocide méconnu en Namibie

Diffusé dimanche 27 mai sur France 5, Namibie : le génocide du 2e Reich relate l’histoire du massacre des Hereros et des Namas, qui présente des points communs avec la Shoah.

L’histoire est méconnue, enfouie dans les sols desséchés de Namibie. Diffusé dimanche 27 mai sur France 5, Namibie : le génocide du 2e Reich la fait ressortir de terre. En 52 minutes, ce documentaire réalisé par Anne Poiret raconte l’extermination par l’Allemagne de la moitié des Namas et des trois quarts des Hereros en Namibie, aux premières heures du XXe  siècle.

Camps de concentration, trafic macabre de crânes, ordres d’extermination : de troublants points communs apparaissent avec la Shoah, et c’est l’un des intérêts du film que d’interroger les parentés entre les deux génocides. « La Shoah n’est pas une copie, mais oui, il y a bien eu une influence », dit Andreas Eckert, historien de l’université Humboldt, à Berlin, interrogé à plusieurs reprises.

Une bataille pour « l’avenir de la race blanche »

Quand, en 1904, les Hereros se rebellent contre le colonisateur allemand – présent en Namibie, le « sud-ouest africain », depuis 1884 –, ce qui commence comme un conflit colonial dégénère alors en une « bataille pour l’avenir de la race blanche ». Berlin dépêche sur place un funeste général, Lothar Von Trotha, qui rédigera cet ordre d’extermination : « À l’intérieur des frontières allemandes, chaque Herero, avec ou sans armes, avec ou sans bétail, sera abattu. Je n’accepte aucune femme, aucun enfant, qu’ils s’en aillent ou je laisserai mes hommes leur tirer dessus. »

Puis l’ordre sera levé, et les rebelles parqués dans des camps de travail. La moitié périra d’épuisement. Dans le camp de concentration de Shark Island, les Namas connaîtront le même sort. L’Allemagne ne s’arrêtera pas là : des médecins feront des études sur les crânes des victimes, les comparant avec ceux de la « race blanche » et concluant à la supériorité de cette dernière.

Ayant recours à des images d’archives ainsi qu’à des témoignages d’historiens, le film s’attache aussi au présent. Aujourd’hui en Namibie, le génocide ne fait pas l’objet d’un travail de mémoire officiel. Après la Première Guerre mondiale et la défaite allemande, le pays est devenu un protectorat sud-africain et l’est resté jusqu’en 1990.

Des excuses officielles de l’Allemagne en 2004

« Le régime d’apartheid a couvert le crime du 2e Reich », explique Anne Poiret dans le film, qui suit des descendants de victimes se débattant, souvent seuls, pour honorer la mémoire de leurs ancêtres et faire connaître le crime. Le gouvernement allemand a quant à lui présenté des excuses officielles en 2004, lors du centième anniversaire du soulèvement des Hereros.

Mais les descendants des victimes veulent plus : des réparations pour les terres confisquées à l’époque du génocide et l’identification des crânes, encore nombreux Berlin. Le film montre la restitution de vingt d’entre eux lors d’une émouvante cérémonie, en septembre 2011, dans la capitale allemande.

David Frederiks, descendant d’un chef nama décapité, fait partie la délégation namibienne : « Parmi les crânes, il n’y a pas mon ancêtre, ils n’ont pas mis de nom sur les crânes, ils n’ont pas été identifiés, déplore-t-il. Le gouvernement allemand n’en a pas fait assez. » Vieille de plus de cent ans, l’histoire n’est pas terminée.

Namibie : le génocide du 2e Reich, 52 minutes, réalisé par Anne Poiret, dimanche 27 mai, 22 heures, sur France 5.

Presse civilisatrice (Marianne Meunier, la-croix.com, 25 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Toutes les civilisations ne se valent pas] Sur le génocide des Namas et des Hereros

De la suite dans les idées… (2)

La Gacilly : il avoue avoir incendié l’église

L’église de La Gacilly (Morbihan) avait été incendiée et vandalisée le 12 mai dernier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337982103.jpg

Dès le début de l’enquête, un homme avait été interpellé et hospitalisé en psychiatrie à Redon. L’homme, âgé de 36 ans, vient de reconnaître les faits. Il a avoué avoir détruit les distributeurs automatiques de la commune, incendié l’église et volé des objets du culte, qu’il avait ensuite jeté dans un point d’eau. Inconnu des services de police, il aurait été pris d’une « bouffée de violence ». Il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Nantes.

Leur presse (Ouest-France.fr, 25 mai 2012)

Publié dans Archives de l'athéisme | Marqué avec | Commentaires fermés sur De la suite dans les idées… (2)

[Free Party] « Cette utopie collective n’est pas morte, les yeux brillent encore »

Guillaume Kosmicki : « Cette utopie collective n’est pas morte, les yeux brillent encore »

Ils ne voulaient pas d’argent. Ni transiger avec les autorités. Ni écouter de la musique insipide produite au kilomètre. Ils voulaient l’improvisation et la folie, l’enthousiasme et le plein air. Leurs fêtes étaient libres, rebelles et illégales, sans règles imposées. Retour sur l’explosion d’une contre-culture, avec Guillaume Kosmicki, auteur de Free Party. Une histoire, des histoires.

Dans les années 1990, les enfants de la tekno [Oui, avec un « k ». Le terme « techno » est réservée au versant plus officiel du genre.], activistes de la free party, ont organisé certaines des plus classieuses fêtes de tous les temps. Mais au cours des années 2000, l’utopie a pris du plomb dans le son. Trop de monde, d’attention médiatique. De flics et de marchands du temple. Plus assez de politique, de valeurs partagées. Les folles fêtes se sont faites conformes et mortifères.

Le mouvement free party n’est pas mort, pourtant : dans les campagnes, les forêts, les failles urbaines, il bouge encore. Et certains n’ont jamais cessé de danser, bien décidés à ne rien lâcher. Guillaume Kosmicki, ancien activiste et musicologue, en dresse le joli constat dans Free Party. Une histoire, des histoires (éditions Le mot et le reste [Guillaume Kosmicki y a aussi publié Musiques électroniques : Des avant-gardes aux dance floors (2009). Ainsi qu’une préface aux Sermons Radiophoniques (2011), compilation de textes d’Hakim Bey]). L’ouvrage, qui compile des dizaines de témoignages, trace le beau (et parfois triste) panorama de plus de quinze ans d’utopie tekno, par la voix de ceux qui y ont participé. Et n’omet pas une certaine déception – révolution teknoïde avortée. Bilan.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337978012.jpg

Ta première fois ?

C’était en 1994. Étudiant à Aix-en-Provence, je rentrais à la cité U avec des amis, après une soirée en ville. Il était tard, on marchait en bord de route ; un camion s’est arrêté. Les mecs nous ont donné un flyer, juste comme ça. Il s’agissait des Psykiatriks, l’un des premiers sons français, des Parisiens versés dans le hardcore [Hardcore et hardtekno sont des variantes musicales, plutôt rapides et agressives, de la tekno].

J’y suis allé, à cette fête. Et j’ai pris une claque. Une vraie claque. À cause de la manière dont les choses se goupillaient. Du fait de débarquer dans un endroit pas du tout prévu pour ça, sans aucune des normes habituellement imposées – pas de droit d’entrée, de videurs ou de service de sécurité, de lieu officiel. Et de la musique qui ne paraissait respecter aucune règle, libre d’emprunter, de mélanger et fusionner.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337978261.jpg

2001 : les Heretik organisent une free party dantesque à la Piscine Molitor, en plein 16e arrondissement de Paris.

J’ai pris le train en marche. On se retrouvait alors en pleine cambrousse, ou dans des hangars abandonnés, des endroits parfois totalement fous où régnait une liberté incroyable. Il n’y avait pas vraiment de début ou de fin, pas de concert ni de scène ou d’artiste star. Juste un truc qui se faisait, où tout le monde semblait avoir un rôle à jouer. Chacun acteur. Les musiciens, peu visibles ou même cachés, n’étaient jamais en position de performance spectaculaire. Ça participait de l’utopie de la fête, cette espèce de communion partagée par tant d’inconnus issus de milieux différents. Toute une faune éparpillée dans ses goûts et ses délires, et se retrouvant pourtant avec le même plaisir.

Tu t’y es investi à fond ?

Avec plusieurs casquettes. Teufeur, bien sûr. Musicien, aussi, au sein d’Öko System. À l’époque, j’étais plutôt axé hard, expérimental, voire parfois hardcore ou hardtek, mais jamais trop dans les rails. On se produisait parfois avec un ami qui venait du jazz, et qui joue aujourd’hui sous le nom Mekanik Kantatik ; c’était toujours très chaotique, avec des textures un peu distordues et un son agressif. Il y avait beaucoup d’improvisation ; il arrivait même qu’on perde les gens en route…

J’étais aussi observateur. En 1995, je suivais un cursus de musicologie, et un prof m’a poussé à travailler sur les free parties. Il pensait à raison que cela pouvait faire un bon sujet d’enquête. Je débarquais donc en teuf avec mon petit calepin et mon enregistreur. Parfois, je m’amusais ; à d’autres moments, j’étais plus sérieux, façon observation participante. Au fond, on peut dire que je n’ai jamais cessé ce travail commencé en 1995 – je continue aujourd’hui à réfléchir sur le mouvement des free parties, j’écris, je donne des cours ou des conférences.

Ce qui nous amène à ton ouvrage, Free Party. Une histoire, des histoires

J’avais déjà écrit quelques articles sur le sujet, plutôt scientifiques, avec un regard assez distancié. Mais pour ce livre, je ne voulais pas d’un ton univoque, façon cours magistraux. Et encore moins d’une quelconque objectivité : ce mouvement, j’en suis. Je me refusais aussi à dresser une histoire officielle de la free party – celle-ci n’existe pas. En fait, ce sont les trajectoires individuelles qui m’intéressaient. Avec l’idée qu’elles participent toutes d’une grande et multiple histoire, d’un mouvement très divers qui existe depuis plus de 15 ans.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337978376.jpg

Spiral Tribe ; photo de famille

J’ai donc recueilli une quarantaine de témoignages. Ceux d’anciens, actifs au milieu des années 1990, ou de plus jeunes, de membres de sound systems [Sound system ou « son » : collectif constitué autour d’un matériel de sonorisation et organisant des fêtes] ou d’électrons libres, de musiciens ou de teufeurs, d’anonymes ou de gens un peu plus connus. Certains ont participé à des sons restés plus ou moins mythiques – Spiral Tribes [Collectif tekno actif au Royaume-Uni de 1990 à 1993. Face à une répression très dure, des membres des Spiral Tribe ont gagné la France en 1993. Ils y ont joué le rôle de tête de pont du mouvement tekno, alors tout juste émergent. Et en gardent une aura mythique.], Facom Unit, Tomahawk, Sound Conspiracy ou Heretik. Beaucoup se sont investis sans compter, montant des sons, prenant la route en camion, en mode travellers, ou vivant en squats. D’autres se sont « contentés » d’aller danser chaque week-end. Mais tous sont traités sur un pied d’égalité, sans hiérarchie, qu’ils aient découvert la teuf en 1994 ou s’y soient mis après 2000. Ce qui m’importe, c’est la façon dont la free party a changé leur vie.

Elle-même a changé. Pas forcément en bien, d’ailleurs…

Je situerais la cassure en 1998-99, quand le public a commencé à débarquer de façon massive. Là, les choses ont en effet commencé à changer, une part croissante des teufeurs se comportant en consommateurs. Ils ne cherchaient plus à s’investir, à participer d’une manière ou d’une autre.

Il y a quelques signes assez marquants de cette évolution. En 1999, les premiers stands de merguez, présents d’ordinaire sur les marchés ou les fêtes foraines, se sont incrustés sur de gros événements. Ces gens n’avaient rien à voir avec le mouvement, ils étaient juste là pour écouler leur marchandise. Le signe évident d’une dégradation par rapport à l’idéal premier, qui veut que chacun soit autonome, prévoie de quoi boire et manger le temps de la fête. Où est le do it yourself quand tu peux acheter ton sandwich à prix fixe, à un mec dans une guérite ?

Et puis, il y a eu aussi l’arrivée massive de dealers. La drogue a toujours été présente, et le deal également – les produits psychotropes participent de la fête tekno, de son côté hédoniste. À une époque, certains sons en vendaient d’ailleurs eux-mêmes, pour s’autofinancer. Mais l’arrivée du deal en masse, avec de gros trafiquants écoulant leurs produits à la criée, a eu un effet très négatif. Minh-Thu, activiste marseillaise, remarque ainsi dans le livre : « Les deux dernières teufs que j’ai faites m’ont éloigné de tout ça : je me suis tapé un kilomètre à pied dans un supermarché de la drogue, avec des personnes qui n’avaient rien à voir avec le mouvement et qui en ont profité pour se faire des couilles en or […]. Je ne l’avais pas vu avant, j’ai percuté en 99. »

Le comportement des participants s’est aussi modifié. On a vu de plus en plus de gens qui, après une nuit ou quelques jours de fête, abandonnaient tous leurs déchets par terre. Laisser ses poubelles sur place parce qu’on sait que quelqu’un va les ramasser : quoi de plus consommateur ? Les mêmes ne cherchaient pas à sortir des sentiers battus, à faire des découvertes musicales. Et ils sifflaient le Dj quand ils le jugeaient trop expérimental ou trop mou ; pas assez conforme, en somme.

La fête libre devenait normée ?

C’était sans doute fatal. Tout mouvement, même très ouvert à la base, finit par se fabriquer des codes. Ce n’est pas que péjoratif : ceux-ci participent de la culture. Mais s’ils deviennent monolithiques et impératifs, si la personne qui n’est pas habillée en kaki des pieds à la tête [Au cours des années 2000, l’uniforme kaki-casquette s’est généralisé chez les teufeurs] et qui n’adopte pas une attitude plutôt dure a droit à des regards de travers, ça devient beaucoup moins sympathique. Comme le remarque Vincent, teufeur des débuts : « Les choses prédéfinies ont une tendance à l’intolérance. À partir du moment où la free party s’est définie elle-même en disant ’On est ça !’, elle est devenue intolérante. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337979221.jpg

Teknival

Il y a ainsi eu, au début des années 2000, une période assez déprimante. Ça tournait en rond, et le public en était partiellement responsable. Il était désormais trop massif pour qu’il soit possible de partager avec lui certaines valeurs. Et il était aussi trop pressé d’en être, de trouver comment ça marche : il se reportait sur les codes les plus basiques.

Mais le public n’est pas seul en cause : certains sons n’ont clairement pas transmis le bon modèle. Eux aussi se sont comportés de façon trop stéréotypée, dans la musique comme dans l’attitude. Pour certains, le fait d’organiser une teuf se suffisait à lui-même – il n’y avait plus de réflexion artistique, musicale ou politique. Et une bonne partie des sound systems les plus connus se sont lancés dans une course en avant ; il fallait organiser les plus grosses fêtes, avec des murs de son [Soit l’empilement d’enceintes assurant la sonorisation d’une free party] démesurés. Spectaculaire, mais triste.

Pour parfait symbole de la période, d’immenses teknivals [À l’origine, free party géante, réunissant plusieurs – et jusqu’à plus d’une centaine – sound systems différents] réunissant des dizaines de milliers de personnes…

Les activistes de la free ont toujours voulu partager leur culture. Faire venir le plus de monde possible, avec un côté parfois prosélyte. Les Spiral Tribes ont même distribué des flyers dans le métro parisien, au début des années 1990…

Mais quand il y a trop de monde, ça devient ingérable. Les gens se montrent responsables quand ils ne sont que quelques centaines ; ils s’en fichent quand ils se comptent par milliers. En mai 2004, le teknival de Chambley, organisé sous l’égide de Sarkozy, a rassemblé près de 95’000 personnes… Ça n’avait plus de sens.

Les médias ont joué un rôle dans cette course au gigantisme. Rien de très neuf : les premiers articles très négatifs sur les raves [À la différence des free, les raves sont organisées légalement, avec un prix d’entrée fixe] sont parus dans les journaux français en 1992-93. Alors même qu’une culture très forte voyait le jour, avec des gens lançant des associations et initiant des projets passionnants, les médias et les autorités ont participé d’une même répression, qui a largement tué dans l’œuf ce premier élan. Ils ont joué la diabolisation, certains allant jusqu’à faire le lien entre danseurs et nazis. Cela explique en partie la faiblesse de la culture rave en France.

Les médias ont ensuite embrayé sur les free parties – particulièrement à partir de 2001. Ils en ont fait des tonnes, notamment à la télé, et ont traité le mouvement de façon idiote, avec des raccourcis et des préjugés permanents. Cette alliance d’une couverture médiatique massive et d’une dramatisation inepte a paradoxalement donné envie à beaucoup de jeunes d’aller faire un tour en teuf. C’était the place to be, le public accourait parce qu’il en avait entendu parler au 20 Heures et qu’il voulait découvrir en quoi ça consistait, et non plus parce qu’il croyait à certaines idées. Dans ces phénomènes de masse ingérables, la culture free party s’est noyée ; il ne restait plus que des milliers de personnes, trop souvent là pour de mauvaises raisons.

Les choses se sont ensuite un peu calmées. La répression très dure lancée en 2001 contre les free parties a sans doute contraint le mouvement à se replier sur lui-même…

Il faut préciser le contexte. Nous sommes en 2001, le gouvernement Jospin fait passer la Loi sur la sécurité intérieure (LSQ). Laquelle comprend un amendement dirigé contre les free parties, déposé initialement par le député RPR Thierry Mariani : il impose une déclaration préalable en préfecture, sous peine de saisie du matériel. Dans le livre, un teufeur, Olive, explique : « Mariani […] est notamment le mec qui défend le milieu des boîtes de nuit. Il était réputé pour être un connard fini, utilisé pour lancer à l’Assemblée les débats sur les sujets les plus chauds. Il s’est emparé de ça, et ça a commencé à baver grave, on s’en est pris plein la gueule. » L’application de son amendement a entraîné des dizaines et dizaines de saisies, sans pour autant permettre aux sound systems d’organiser des événements de façon légale : tout était fait pour que les fêtes n’aient plus lieu. En arrière-plan, les violences policières, la chasse aux teufeurs et une répression permanente.

En tant que telle, cette loi est liberticide et scandaleuse. Mais de façon paradoxale, elle a peut-être fait du bien au mouvement sur le long terme. Parce qu’elle a mis fin aux rassemblements gigantesques et aux débordements qui les accompagnaient, enclenchant une décrue du nombre de participants. Py, du sound system breton Mandragore, note ainsi qu’on est depuis « revenus à des soirées beaucoup plus petites, plus confidentielles, peut-être plus ’underground’ ». Pas faux.

La free n’est pas morte, alors ?

Bien au contraire ; et j’espère que cela ressort du livre. J’ai été très surpris de constater l’enthousiasme de jeunes sound systems – disons, ceux nés après la loi de 2001. En Bretagne, c’est le cas de sons comme Epsylonn-Otoktone ou Mandragore : ils font preuve de la même ferveur que leurs aînés des années 1990, leurs fêtes sont colorées et ouvertes, la musique y est variée et inventive. S’il y a eu une large désillusion autour de ce mouvement, certains se battent encore pour lui. Et ils ont su garder ce désir de mélanger les cultures, de mettre tout le monde à égalité, de voyager pour faire découvrir la musique… Cette utopie collective n’est pas morte, les yeux brillent encore. L’immédiatisme a toujours de l’avenir.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337979543.jpgL’immédiatisme ?

Il s’agit d’un concept artistico-politique basé sur la création collective et développé par Hakim Bey, l’auteur de Zone d’Autonomie Temporaire, TAZ – livre ayant énormément marqué le monde de la free. Pour résumer, l’immédiatisme prône la distance avec la médiation : il faut privilégier les activités artistiques qui y ont le moins recours, les pires étant celles qui passent par la télévision, et réintégrer l’art dans le quotidien.

Hakim Bey explique donc qu’il convient de se passer de toute médiation au profit de l’intervention collective directe. Selon lui, « il faut sortir de l’héritage du Néolithique », qui a mené au partage du travail et aux sociétés industrielles, « pour renouer » avec la manière dont les hommes pratiquaient l’art au Paléolithique. Revenir à des pratiques collectives et « préservées par le secret », en réinventant une économie du don.

Ce concept entre en concordance avec nombre d’idées portées par le mouvement free party. Notamment parce que la composition d’une œuvre y est éminemment collective. Tu pars d’un sample pris sur un morceau qui n’est pas le tien, tu composes avec ce sample un nouveau morceau, et un autre Dj va le mixer avec d’autres morceaux qu’il n’aura pas créés non plus. Il s’agit d’une chaîne de création, dans laquelle chacun a un rôle à jouer et où la propriété intellectuelle ou artistique n’a plus cours. Tout le monde amène sa petite pierre à l’édifice, poursuivant l’œuvre collective. Mais Hakim Bey ne le verrait sans doute pas totalement ainsi ; lui refuse l’ordinateur et les nouvelles technologies.

Le collectif anti-productiviste Pièces et Main d’Œuvre (PMO) vient justement de publier Techno, le son de la technopole [Éditions L’échappée, 2011], ouvrage très critique sur l’utopie tekno. Ils écrivent notamment : « Non seulement les beats électroniques ne suppriment en rien l’aliénation à la machine, mais ils accompagnent l’émergence du capitalisme high-tech, partageant sa soumission à la tyrannie technologique, son projet de monde hors-sol et sa fabrique de l’homme-machine post-moderne. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337979812.jpgJ’ai parcouru Le Son de la technopole, et je ne suis pas d’accord avec ce que j’ai lu. Dans leur composition, les morceaux teknos sont – c’est vrai – une imitation de la machine omnipotente, celle qui écrase. La machine est un outil d’oppression, le philosophe Jürgen Habermas en parlait déjà dans les années 1960, analysant sous cet angle la technologie et la communication.

Il est aussi vrai que dans le milieu tekno, on s’abreuve littéralement de bruits oppressants et répétitifs, assez semblables à ceux d’une usine. Et on le fait en masse, devant un grand totem d’où a complètement disparu l’être humain – la plupart du temps, le Dj se cache ; et même s’il est devant nous, on ne le regarde pas. Mais à la différence de PMO, j’estime que ce dispositif a pour but de jouer avec la domination, et de la critiquer. Dans un très grand nombre de morceaux teknos, le rôle du break est essentiel – plantades, cassures, suspensions, ralentissements et accélérations font la musique. La machine est sans cesse contrainte. Et ce sont justement les instants où elle est mise à mal qui déclenchent le plaisir des danseurs.

La machine n’est finalement centrale qu’en ce que le battement du beat, ce boum-boum, évoque celui du cœur. Elle n’existe que tant qu’elle est humaine, et qu’elle se plante à répétition. Tant qu’elle est à notre image. Elle n’est plus seulement mécanique, mais aussi organique. C’est d’ailleurs le message que portaient au début les Spiral Tribe, qui revendiquaient l’alliance entre la technologie et la nature.

Cet entretien a été publié dans le huitième numéro de la version papier d’Article 11, en février 2012.

Publié dans General | Marqué avec , | Un commentaire

[Cluny, Vendredi 1er juin] Apprendre à désobéir

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337977363.jpg

De l’œuvre éducative de la Commune de Paris à la dénonciation du fichage informatique des élèves, de la naissance du syndicalisme dans l’éducation aux écoles populaires kanak des années 1980, en passant par les luttes anti-hiérarchies ou la résistance à la « rééducation » vichyste, cet ouvrage retrace 150 ans de lutte et d’insoumission dans et contre l’institution scolaire.

Enseigner la désobéissance, c’est remettre en question toutes les dominations qui entravent, c’est créer l’espace où s’exercera une souveraineté qui n’est pas celle de l’isoloir, mais qui se vit dans la rue, au village, à l’usine, au bureau, dans la famille, etc.

Mais est-ce que la liberté peut s’enseigner ? Ce livre nous l’affirme en quelque sorte. Il nous dit que préparer des humains à l’autonomie, à l’égalité, à un monde délivré de toute oppression ne saurait se faire au moyen de l’autorité. Au contraire, non-directivité et exercice précoce de la responsabilité personnelle seront privilégiés par la pratique de la coopération concrète.

Enseigner la désobéissance, c’est « faire l’école » pour la liberté.

Publié dans Activités de la CNT, Éducation | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Cluny, Vendredi 1er juin] Apprendre à désobéir

[Nouvelles de l’Apocalypse] Sur la désinformation à propos de la radioactivité générée par l’accident de Fukushima

Césium de Fukushima : qui dit vrai ?

C’est la plus grande confusion dans les médias. Jeudi 24 mai 2012, on pouvait lire ces deux titres contradictoires :

Japon – Les fuites radioactives de Fukushima plus fortes qu’annoncé (Reuters)

Après Fukushima, des niveaux de radiation très faibles au Japon (Le Monde)

Le premier article se base sur la dernière estimation de Tepco, le deuxième sur un rapport préliminaire de l’OMS…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337975916.jpg

Map of Cesium 137 Contamination Created by Tsukuba University Radioisotope Research Center at Tsukuba University collected 110 soil samples from the end of March to the beginning of May in order to create a map of Cesium 137 concentration. The values here are as of March 29, 2011. They are not perfect data by considering that sample numbers are low; however, this study has much meaning as the first of its kind to show the contamination zones by using actual measurement values. The below is the publicized study results (just relized that the actual online article by Chunichi Shinbun has been erased so I here attach a blog that copied the article) , and I added a map of the areas and Ci/km2 values so that it can be easily compared with the Chernobyl contamination. According to the map, populated Fukushima City and Koriyama City are both included in the severely contaminated zone at the level of the Chernobyl accident where voluntary relocation with compensation was accepted (5-15Ci/km2). Moreover, some areas near the capital is found to be at high level of contamination, which is as serious as Iwaki City in Fukushima Prefecture. This zone is at the same contamination level as a part of Belarus. At the third contamination category (1-5Ci/km2), despite the fact that the Former Soviet and IAEA claimed that the level of contamination does not affect human bodies, it is well known now that the increases of cancer and leukemia have been found in the 20 years after the accident (we wrote about this fact in our past blog). When you look at the map above, you can tell that the publicized WSPEEDI data are pretty good at forecasting the actual contamination. It is clear that some parts of Fukushima City are no longer habitable due to the severe contamination, and the Metropolitan Tokyo area has already reached to the level that will definitely cause major impact on residents' health there if no immediate interventions follow. Cesium 137's half life is 30 years, and it will take over 100 years till its radiation level becomes as little as nothing. (http://onioni2.blogspot.com/)

Depuis 14 mois, c’est la valse des chiffres !

Voici par exemple quelques estimations données au fil du temps pour le césium 137   (données en PBq, c’est-à-dire en millions de milliards de becquerels) :

• 8 juin 2011, estimation de la NISA : 15 PBq

• 9 mars 2012, estimation de l’IRSN : 21 PBq

• 3 avril 2012, estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais : 63 PBq

• 24 mai 2012, estimation de Tepco : 10 PBq pour le relâchement aérien du 12 au 31 mars 2011 et 3,6 PBq pour le relâchement marin du 26 mars au 30 septembre 2011

• 24 mai 2012, autre source, the Daily Yomiuri : 360 PBq ! erreur de journaliste ?

TEPCO estimate sees more radiation than NISA’s

Tokyo Electric Power Co. has estimated the total amount of radioactive substances discharged from its Fukushima No. 1 nuclear power plant measured 760,000 terabecquerels, 1.6 times the estimate released by the Economy, Trade and Industry Ministry’s Nuclear and Industrial Safety Agency in February.

One terabecquerel is equal to 1 trillion becquerels.

TEPCO will include the estimate in a final report to be compiled by an in-house accident investigation committee in June. The firm has also begun explaining how it arrived at the figure to local governments in Fukushima Prefecture.

There are two ways to estimate the amount of discharged radioactive substances. One way is to base calculations on the degree of damage to the reactor core. The other is to reverse calculate based on the density of radioactive substances found in the atmosphere and seawater. As a result, there will be differences in estimates depending on how the figures were obtained.

NISA released an estimate of 770,000 terabecquerels in June last year, and another estimate of 480,000 terabecquerels in February. The Cabinet Office’s Nuclear Safety Commission released an estimate of 570,000 terabecquerels in August last year.

TEPCO combined the two methods and repeated its calculations under different conditions. It reached a final estimate of 400,000 terabecquerels of iodine-131 and 360,000 terabecquerels of cesium-137.

The amount of radioactive substances discharged in the Chernobyl accident in 1986 was 5.2 million terabecquerels.

« As there wasn’t enough available data immediately after the disaster, estimates can differ substantially if conditions change, even just a little, » said Prof. Hideo Yamazaki at Kinki University, an expert in environmental analysis. « The discharged amount of radioactive substances increased, but the figure is within the assumed margin of error. There will be no problems in continuing decontamination work and other measures. »

The Yomiuri Shimbun, 24 mai 2012

Dans ce cas … ça serait 5 fois plus que le césium relâché par Tchernobyl en 1986 !

En savoir plus sur la désinformation ambiante avec les articles :

de Gen4 : Césium-137 et Fukushima : à la recherche de l’erreur

de l’AIPRI : Plus dure sera la chute

de Russia Today : Cesium-137 contamination: Fukushima amounts to four Chernobyls

Le blog de Fukushima, 25 mai 2012

Publié dans Luttes antinucléaires | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Nouvelles de l’Apocalypse] Sur la désinformation à propos de la radioactivité générée par l’accident de Fukushima

Le Réveil du Bâtiment n° 27 – avril 2012

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337966223.jpg

Publié dans Activités de la CNT, Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement | Marqué avec | Commentaires fermés sur Le Réveil du Bâtiment n° 27 – avril 2012

[Procès de l’explosion de Chambéry] « Un milieu qui n’a pas abandonné la défense de ce groupe »

Chambéry (Savoie). L’explosion meurtrière de Cognin jugée aujourd’hui

C’était il y a plus de trois ans. Mais ce fait divers qui a coûté la vie à Zoé A…, une Ardéchoise de 23 ans et blessé grièvement son ami Michaël D…, un Genevois alors âgé de 25 ans, a secoué l’agglomération chambérienne pendant des mois.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337965111.jpg

La déflagration s’était produite sur la friche industrielle Solidoro, une ancienne soierie près du centre-ville de Cognin. Le bâtiment est aujourd’hui détruit.

L’explosion de la bombe artisanale que le jeune couple fabriquait dans une usine désaffectée de Cognin avait, dès les premiers jours de mai 2003, été prise très au sérieux par la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat), saisie de l’enquête. Dans la foulée, quatre autres jeunes gens, âgés de 20 à 25 ans, étaient interpellés dans un squat chambérien. Proches des mouvements alternatifs, ultra-gauche et anarchistes, ils devenaient soudain un danger pour l’État, soupçonnés de participer à une entreprise terroriste.

Mais l’enquête allait assez vite révéler que ces militants ne préparaient pas un attentat. Quatorze mois après l’explosion, en juillet 2010, le juge du pôle antiterroriste de Paris renvoyait l’affaire devant le tribunal correctionnel de Chambéry. La piste terroriste fermée, l’affaire prenait alors une tout autre allure.

C’est dans ce contexte que comparaissent ce matin Mickaël D…, aujourd’hui âgé de 28 ans, Joris A…, un Chambérien de 26 ans, Raphaël S…, Chambérien de 27 ans et William B…, un Nantais de 24 ans.

Mickaël D… est toujours sous contrôle judiciaire. Il devra répondre, entre autres, de la fabrication non autorisée d’engin explosif. Grièvement blessé au visage lors de l’explosion qui a tué sa compagne, sa vue a considérablement baissé et sa main est lourdement handicapée.

Joris A…, Raphaël S… et William B… comparaissent pour “destruction de document”. Les jeunes gens n’étaient pas dans l’usine désaffectée mais partageaient un squat avec le couple. Ils étaient également proches du mouvement alternatif. Un milieu qui n’a pas abandonné la défense de ce groupe. Le site internet “indymedia” invite d’ailleurs ses sympathisants à venir soutenir les prévenus à l’audience d’aujourd’hui.

Cette audience devrait en tout cas éclaircir le mobile de ces “doux rêveurs” et permettre de savoir si la montagne a vraiment “accouché d’une toute petite souris”, comme l’affirmait l’avocate des deux Chambériens, l’an dernier dans nos colonnes.

Presse terroriste (Sylviane Garcin, LeDauphine.com, 25 mai 2012)

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , | 3 commentaires

[Bagnolet] Programme de juin 2012 au Rémouleur

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337964690.png

Publié dans Initiatives libertaires | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Bagnolet] Programme de juin 2012 au Rémouleur

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Première grande offensive d’une révolution « clandestine » en Syrie ? (« Cette société est devenue un remarquable service de renseignement que le régime ne comprend plus »)

Syrie : le beau-frère d’Assad et plusieurs hauts responsables auraient été assassinés

Que s’est-il passé dans la nuit de vendredi à samedi 19 mai à Damas ? Assef Chaoukat, le beau-frère de Bachar al-Assad, vice-ministre de la défense, est-il encore en vie ? L’ancien chef des services de renseignements militaires a-t-il été éliminé, lors d’une opération menée par l’Armée syrienne libre, comme l’affirme un des groupes rebelles agissant dans la capitale ?

Quid des autres hauts responsables membres « de la cellule de crise » que l’on dit chargée de la gestion de la répression, visés dans cette opération ? À commencer par son responsable, le général Hassan Turkmani, les ministres de la défense et de l’intérieur, le général Daoud al-Rajiha et le général Mohammed al-Cha’ar, le numéro deux du Parti Ba’th, Mohammed Said Bkheïtan, et le chef du Bureau de la sécurité nationale qui lui est rattaché, Hicham al-Ikhtiar.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337928968.jpg

Bachar al-Assad avec à sa droite Assef Chaoukat.

Pour une grande partie de la Syrie, le beau-frère du Président syrien est donné pour mort et son village natal, al-Madhaleh (gouvernorat de Tartous, sur le littoral), porterait déjà le deuil. Selon des témoignages recueillis sur place par plusieurs opposants, mais non confirmés de source indépendante, des drapeaux noirs ont été hissés aussi dans son fief de Tartous. Des actes de violence dans la ville voisine de Tell Khalah, en majorité sunnite et acquise à la contestation, ont été également signalés. Ils sont interprétés comme des actes de représailles de la part de fidèles alaouites de Assef Chaoukat et du clan Assad…

« Nous sommes quasiment certains de la mort de Assef Chaoukat », affirmait encore, ce mercredi matin, à Mediapart un activiste proche des Comités de coordination locale de Syrie (LCCS), en s’appuyant sur des témoignages recueillis auprès de militants de la région de Tartous. « Malgré le black-out total des autorités, nous pouvons aussi affirmer avec certitude qu’une opération s’est bien déroulée dans la nuit de vendredi à samedi à Damas dans le bureau de Saïd Bkheitan et que les informations qui proviennent de Tartous et de Tell al-Kallakh sont vraies. Mais nous ignorons encore les détails, le nombre et l’identité des autres responsables morts et surtout nous n’en avons pas encore les preuves, ni écrites ni visibles. »

Joint par Mediapart sur Skype dans la nuit de mardi à mercredi, un autre opposant proche du Haut commandant de la Révolution syrienne fait état de ces mêmes témoignages sans être en mesure de confirmer la véracité des informations. « Mais pour les opposants comme pour les partisans du régime, Assef Chaoukat est mort », nous disait-il.

D’autres sources affirment que la mort de Hicham Ikhtiar, le patron de la sécurité nationale, aurait été confirmée par son proche entourage et des médecins de l’hôpital al-Châmi de la capitale où auraient été admis les différents responsables dans la nuit de samedi à dimanche. Trois autres responsables sont également donnés pour morts mais leur identité demeure inconnue.

(…)

L’opération se serait déroulée dans le bureau du général Said Bkheitan au siège du Commandement régional du Ba’th (l’instance exécutive du parti), situé au cœur de Damas, à deux pas de la place des Omeyyades.

La réplique du régime ne tarde pas. Interviewé par téléphone, le ministre de l’intérieur parle « de mensonges et de calomnies », tandis que le général Hassan Turkmani crie à « la désinformation » lors d’une courte apparition à la télévision d’État. La célérité du démenti apporté par le régime surprend. Elle suscite du coup l’incertitude sans véritablement convaincre. Ni surtout arrêter la rumeur persistante. On évoque ainsi une réunion au palais présidentiel de la garde républicaine.

Pressés par cette contre-offensive du pouvoir, les bataillons « Kataeb al-Sahabat » publient le lendemain, le dimanche 20 mai, sur leur page Facebook un communiqué d’une page détaillant le déroulé de l’opération avec précision, de l’heure du début de la réunion des officiers, au détail du repas pris dans le bureau de Bkheitan. On y apprend que des doses de poison ont été versées dans les mets par « l’exécuteur de la mission » et qu’elles étaient largement suffisantes pour tuer chacun d’entre eux, lesquels auraient été transportés d’urgence à l’hôpital Châmi, bouclé immédiatement par les forces de sécurité. Quant à l’exécuteur de la mission, il se serait retiré dans « un endroit sûr », dix minutes après avoir servi les convives, endroit d’où il aurait été exfiltré par « les bataillons al-Sahaba ».

(…)

La tension qui s’est emparée de Damas depuis quelques semaines ajoute à la confusion. Le cœur de la ville est désormais quadrillé par des check-point sécuritaires. « Ils se sont multipliés depuis l’arrivée des observateurs de la mission de Kofi Annan », précise un activiste. Et les coups de feu et échanges de tirs sont quotidiens. De fait, les « militaires libres » multiplient les opérations dans la capitale en faisant des incursions dans les quartiers résidentiels de Damas, proches des centres de pouvoir. « Non médiatisées, ces opérations ont clairement montré leur capacité à pénétrer sur le terrain du régime », explique ce même activiste.

Si l’hypothèse d’un coup de palais semble écartée par la plupart des opposants, en dépit du parcours du principal intéressé, Assef Chaoukat, il apparaît difficile de réaliser une opération d’une telle complexité sans complicités à l’intérieur du système. « Le bataillon al-Sahaba » les évoque sans en révéler les noms pour des raisons de sécurité. « Une chose est sûre, nous affirmait dès lundi soir Imad Eddine Rachid, responsable du Courant national démocratique et membre du CNS, l’opposition est en mesure de percer l’appareil de sécurité. »

Les avancées des contestataires au cœur de Damas mais aussi d’Alep, où d’importantes manifestations ont eu lieu vendredi dernier, et la multiplication des assassinats ont ébranlé la solidité du régime qui avait cherché à isoler ces territoires de la contestation. Comme le fait remarquer un observateur occidental basé à Damas, « ce climat se prête à ce genre de rumeurs et nourrit les fantasmes des révolutionnaires sur l’imminence de la chute du régime. Dans le même temps, il est désormais difficile au pouvoir de prétendre à la normalité. Le statut de la capitale a radicalement changé. »

Que cette opération et le meurtre des officiers soient ou non confirmés, ce nouvel épisode de la guerre entre le régime et les contestataires contribue à fragiliser le pouvoir en insinuant le doute et la psychose auprès de sa base et de ses soutiens. « Le régime peine à admettre qu’il n’est plus le maître du jeu, conclut l’observateur occidental. Il pense toujours tout savoir d’une société, mais on est aujourd’hui dans une situation presque inversée : cette société est devenue un remarquable service de renseignement que le régime ne comprend plus. Dès lors, il demeure vulnérable à une campagne d’assassinats, y compris à haut niveau. »

De fait, les contestataires disposeraient aujourd’hui d’un réseau d’informateurs au sein du système, dans l’appareil militaro-sécuritaire mais aussi dans l’administration, y compris parmi les fonctionnaires ou les simples employés. Ces complicités se seraient renforcées au cours des dernières semaines : des consignes ont été données à ceux qui souhaiteraient faire défection de rester à leur poste pour mieux servir la révolution.

Leur presse (Caroline Donati, Mediapart, 24 mai 2012)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Première grande offensive d’une révolution « clandestine » en Syrie ? (« Cette société est devenue un remarquable service de renseignement que le régime ne comprend plus »)

[Révolution tunisienne] Violents affrontements au Kef

Une manifestation de centaines d’habitants de la ville du Kef (nord-ouest) qui protestaient contre la marginalisation économique de leur région a dégénéré jeudi en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant au moins 15 blessés, a-t-on appris de sources concordantes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337902573.jpg

Les lacrymogènes

Il y a des blessés, des gens qui se sont évanouis à cause des gaz lacrymogènes, et il y a des affrontements entre la police et des jeunes qui lancent des pierres, a déclaré par téléphone à l’AFP un manifestant prénommé Hichem.

Selon une source hospitalière, quinze personnes ont été blessées dont une grièvement. La majorité des blessés souffre de troubles respiratoires.

Selon la radio publique locale Radio Kef, les heurts ont commencé lorsque des manifestants ont tenté de pénétrer dans le siège du gouvernorat aux cris de non à l’exclusion, la marginalisation et le mépris.

Ils criaient aussi dégage à l’adresse du gouverneur de la région Abdelkader Trabelsi, accusé de ne pas défendre les intérêts du Kef.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337902363.png

Dégage !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337902497.png

Dégage !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337902548.png

Les manifestants forcent l'entrée du gouvernorat

La manifestation visait à protester contre le faible nombre de projets prévus dans la loi de finances complémentaire pour la région du Kef, qui se dit victime de la marginalisation et de l’indifférence des pouvoirs publics.

Les principales demandes des manifestants concernent l’emploi, le renforcement de l’infrastructure, la création d’un hôpital universitaire, selon des sites internet tunisiens.

Située à 175 kilomètres à l’ouest de Tunis et à une quarantaine de kilomètres à l’est de la frontière tuniso-algérienne, la ville du Kef compte quelque 50.000 habitants.

À l’instar des régions centre de Sidi Bouzid ou Kasserine, Le Kef, au nord-ouest, fait partie des zones délaissées et marginalisées sous l’ancien régime de Ben Ali.

Publié par le « savoir-faire français » (Agence Faut Payer,  24 mai 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Violents affrontements au Kef

[Lavaur] Comment accommoder le maton

Gaillac. Ils tentent de forcer l’entrée de la prison

La famille d’un détenu a copieusement insulté les surveillants. Heureusement, il n’y a pas eu de blessé.

La famille d’un mineur de moins de 16 ans incarcéré à l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EMP) de Lavaur a tenté de forcer l’entrée principale de la prison dimanche après-midi. Les surveillants avaient refusé à la famille de voir le jeune détenu. Sa mère a piqué une crise de nerfs devant l’EPM. Elle a essayé, avec son compagnon, de pénétrer de force à l’intérieur. Les gendarmes de Lavaur ont été appelés à la rescousse : « La famille […] a agressé verbalement les agents pénitentiaires en les insultant et en les menaçant des pires sévices », précise le syndicat UFAP UNSA Justice.

Dans un tract distribué hier matin, les syndicalistes ajoutent : « Mardi soir, vers 21 heures, c’est le frère, accompagné de trois personnes, qui est venu provoquer et menacer des pires maux les surveillants en service de nuit. Un commando venu d’Albi qui pendant 15 minutes a pris le temps de menacer de “casser la bouche” aux agents en poste, puis de mettre une balle à travers la vitre. Ils se disaient armés ! » Selon les témoignages, le groupe a notamment indiqué qu’ils reviendraient jusqu’à ce qu’ils « chopent » les « matons » qui s’en étaient pris à la maman, le dimanche.

D’après l’UFAP UNSA Justice, il s’agit d’une bande organisée : « Deux jeunes qui menacent les agents, pendant qu’un autre fait le gué sur la route, et enfin une femme qui attend dans une voiture prête à démarrer, en dehors du parking, loin des caméras, trop loin pour identifier la plaque. Il y avait certainement une autre personne qui surveillait la gendarmerie et qui a prévenu du départ des forces de l’ordre, puisqu’ils ont eu le temps de repartir sans courir, à peine quelques minutes avant l’arrivée des gendarmes, non sans avoir montré une belle matraque télescopique. » Le syndicat des surveillants demande l’engagement de poursuite face à l’attitude de cette famille et le transfert du mineur détenu vers d’autres lieux de détention. « Si un agent s’était trouvé sur le parking, un drame se serait produit » affirment les syndicalistes.

Publié par des amis des matons (Richard Bornia, LaDepeche.fr, 24 mai 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Un commentaire

[« Antiterrorisme »] Les espions travaillent (2)

Les renseignements de la Préfecture de police, une exception parisienne

La direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP) à Paris a succédé aux renseignements généraux de la préfecture de police en juillet 2008. Le préfet de police avait obtenu de tenir ses propres services à l’écart de la fusion entre les renseignements généraux et la DST, qui a donné naissance à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Michel Gaudin, installé dans ses fonctions le 25 mai 2007 par Nicolas Sarkozy, justifiait la présence de cette force de police par « la spécificité » de la capitale où « il y a environ dix manifestations de rue par jour ».

Les missions de la DRPP, limitées aux frontières de la région Ile-de-France, visent notamment à suppléer la DCRI dans le cadre de la prévention des actes terroristes. La DRPP coordonne également l’activité des sous-directions de l’information générale (SDIG) dans les départements de la région, alors que dans les départements de province, les SDIG relèvent des directions de la sécurité publique. Environ 800 fonctionnaires, dont près de 700 policiers, y sont rattachés.

Mardi, au Palais de justice, la policière qui s’est laissé surprendre en train de photographier les personnes présentes dans la salle des pas perdus avait pour tâche la surveillance d’un groupe considéré comme extrémiste et dont les agissements sont, pour le pouvoir, susceptibles de porter atteinte à l’ordre public.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337790833.jpg

Le 16 mai, lors de la première journée de l’audience qui juge six militants anarcho-autonomes, plusieurs personnes avaient peint des slogans sur les murs du tribunal. Depuis sa cachette et derrière la vitre sans tain, la policière-photographe essayait de saisir l’un de ces taggeurs sur un cliché, afin de le confondre ensuite devant la justice. Toutefois, et cela ne fait guère de doute, la policière devait également profiter de ce rassemblement pour compléter la galerie de portraits de militants de la mouvance anarcho-autonome conservée dans un placard de la Préfecture.

Pour les policiers de la DRPP, les procès de prévenus suspectés d’agissements terroristes sont toujours l’occasion d’une couverture exhaustive. Outre le fait qu’ils permettent de repérer et éventuellement de photographier des têtes jusque-là inconnues des services, ces rendez-vous judiciaires sont aussi une source d’information et d’analyse. Ces audiences sont suivies avec attention par des fonctionnaires qui rédigent tous les soirs des comptes rendus qu’ils versent ensuite dans des dossiers.

Longtemps suspectés d’être « une police politique  » au service des gouvernements en place, les renseignements ne surveillent plus les partis politiques et les syndicats. Cette mission a été officiellement abandonnée en 1981, après l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Mais, en octobre 2011, la direction du renseignement de la Préfecture de police avait fait l’objet de suspicions concernant ses pratiques. Selon le site de L’Express, une enquête de renseignement sur la personnalité de la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, avait été ouverte en dehors de tout cadre légal.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr, 24 mai 2012)

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...), Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] Les espions travaillent (2)

La police travaille à Mantes-la-Jolie

Mantes-la-Jolie : un policier soupçonné d’avoir violé une femme au commissariat

Un brigadier de police de 38 ans a été mis en examen pour viol, jeudi après midi au palais de justice de Versailles (Yvelines) avant d’être écroué. La justice le soupçonne d’avoir violé dans la nuit du 16 au 17 mai dans l’enceinte du commissariat de Mantes-la-Jolie, une femme de 45 ans retenue en cellule de dégrisement après avoir été interpellé en état « d’ivresse manifeste sur la voie publique ».

Cette nuit-là à Mantes-la-Jolie, la victime franchement ivre, vocifère dans les parties communes dès son immeuble. La police intervient et la quadragénaire est conduite au commissariat où elle est placée en cellule de dégrisement. « Cette femme était déjà dépressive depuis des années, précise une source proche de l’affaire. Elle était déjà dans une situation de vulnérabilité. »

Une plainte est déposée dans la foulée et le procureur de Versailles saisit l’inspection générale des services (IGPN) qui arrive au commissariat lundi matin. Le policier suspect est placé en garde à vue mardi et au cours des auditions, il reconnaît avoir partagé un rapport sexuel avec la victime. Mais il soutient qu’elle était consentante. La direction départementale de la sécurité publique des Yvelines tient à souligner que « dès que l’affaire a été connue, tout a été mis en œuvre pour faire toute la lumière sur cette affaire ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Julien Constant, LeParisien.fr, 24 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur La police travaille à Mantes-la-Jolie

[« La fête, la vraie fête »] Des lois spéciales, et du feu !

On nous l’avait promis, la « loi spéciale » a fait parler d’elle. L’emballement médiatique de la semaine dernière autour de cette affaire de soi-disante « incitation à craindre le terrorisme » (l’accusation liée à l’histoire des fumigènes dans le métro) est déjà enterré par le choc de l’adoption éclair de la loi 78 et du règlement anti-masque par la ville de Montréal. Et pour dire, leur application ne s’est pas fait attendre. Depuis samedi dernier, les manifestations quotidiennes qui jusqu’ici n’étaient déclarées illégales qu’après les premiers « méfaits » sont désormais considérées « attroupements illégaux » dès le départ — sous prétexte que le trajet n’a pas été établi avec la police. Ceci n’empêche que le « camion-flûte » qui sert aux flics à annoncer l’injonction de dispersion s’est fait cramer à la messe de dimanche.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337890747.jpg

En passant sa loi 78, Charest qui voulait à tout prix réduire le mouvement à une pleurnicherie d’étudiants gâtés, aura bientôt réussi a faire du carré rouge le symbole d’un mouvement général pour sa destitution. Plus que jamais, ça n’est plus qu’une affaire de frais de scolarité, et un paquet de monde en est bien conscient.

Avec la nouvelle marge de manœuvre de la police, il ne manque plus qu’un couvre-feu général pour avoir vraiment le style « loi martiale ». Or, le couvre-feu est déjà une réalité pour des dizaines voire des centaines d’arrêtés qui ont été relâchés sous des conditions très strictes, et contre des cautions allant parfois à plus de 10’000 $.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337890717.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337891131.jpg

L’ambiance est de plus en plus celle de la perte de contrôle, de la grécification de la situation. L’économie québécoise n’est pas aussi ouvertement agonisante que chez nos amis les Hellènes, mais depuis vendredi, on a aussi droit à l’éclairage aux cocktails molotovs.  Samedi soir, c’est la rue St-Denis, prise par la fête, la vraie fête, qui a été littéralement allumée. Des milliers de gens se sont retrouvés à chanter et danser autour d’un feu de plusieurs mètres de haut, qui a brûlé plus d’une demi-heure. Après une première dispersion, les flics sont repartis rapidement vers d’autres lieux de tumulte dans la ville. Mais quelques minutes plus tard déjà, une nouvelle marée humaine inondait tout le bas de la rue St-Denis pour venir voir ce feu dont la rumeur s’était répandue sur la ville. Devant le reste de cendres fumantes, il n’y avait qu’un moyen d’être sûr de n’être pas venu pour rien. Quelques instants auront suffi pour que deux nouveaux feux de joie, plus gros encore, soient rallumés. La proximité de chantiers de construction pourvoyait l’essentiel des matériaux à brûler et ceux qui ont servi à ériger des barricades sur trois des intersections.

Dimanche, une autre nuit d’émeutes et de saccage en règle des chars de popo. Cette fois, plutôt que le feu, ce fût l’eau : sur St-Denis encore, une borne d’incendie est ouverte full blast, offrant l’occasion de se rafraîchir en cette soirée de canicule. Puis ça y est, encore 300 arrêtés, et avec les nouvelles dispositions des flics, les prix des amendes distribuées a été multiplié par cinq. Soit 300 × 635 $. Mais ça ne paye pas le coût des opérations.

Avec les nouvelles mesures de répression, tout manifestant étant d’emblée illégal, les « blacks blocs » apparaissent pour plusieurs non plus comme les irresponsables qui mettent en péril la manif, mais comme les seuls qui peuvent la protéger contre les assauts de la flicaille.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337890918.jpg

Depuis des mois, les hélicos sur-plombent la ville en permanence, et depuis le début des manifs nocturnes quotidiennes, j’avoue que j’ai du mal à dormir. Ça fait maintenant une semaine que les forces de la police provinciale (SQ) sont présentes chaque soir pour donner un coup de main aux petits cochons fatigués du SPVM. Si la ville devient un terrain de jeu pour tous ceux qui jouent à cache-cache-caillassage avec la police, elle le devient aussi pour ces petits porcs qui n’hésitent plus à poivrer et gazer les terrasses des bars, à arrêter et tabasser tous les passants sans distinction : la nouvelle loi le permet, et la situation les y pousse.

Ceux qui se croyaient à l’abri dans leur démocratie commencent à se rendre compte du côté flippant de ce régime politique. Les dictatures à la chilienne étaient portées par une minorité, tandis qu’ici, les gouvernants sont élus et restent soutenus par la majorité. Oui, la majorité, celle qui ne descend pas dans la rue, approuve la loi spéciale, et tout porte à penser que Charest pourrait être réélu. À Montréal pourtant (en excluant la banlieue), le gros du monde semble soutenir le mouvement, même les commerçants et les professionnels sont de plus en plus à trouver que les flics vont trop loin. Mais ailleurs, loin du feu et des gaz, le peuple a peur. Ça semble vraiment absurde comme situation. Très peu de gens comprennent quel intérêt le gouvernement peut avoir à pousser autant les gens à bout. Ça donne l’impression qu’il s’agit vraiment d’un test, d’une expérience laboratoire : les gouvernants et les flics de partout ont les yeux rivés sur ce qui se passe ici. Ceux de Washington en premier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337891979.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337891937.jpg

« Il va y avoir un mort »

Voilà donc, malgré la joie des rues, la multiplication des attelles et des béquilles dans les manifs est inquiétante. Mais le fait que les blessés continuent à se pointer démontre la détermination des gens. Cette fin de semaine, aux moins deux rumeurs ont commencé à faire craindre le premier mort du mouvement. Lésions au foie pour l’un (dû à une balle de plastique, pas à l’éthylisme) et l’autre le visage massacré sur l’asphalte (dû aux flics, pas au mobilier urbain laissé là par les casseurs). Encore une fois, ceux qui ont cru que les nouvelles menaces répressives allaient calmer le jeu se sont complètement gourés. La tension ne fait que monter de deux ou trois crans. Dans les petites chroniques comme dans les discussions à l’arrêt de bus, j’entends des gens qui commencent à prendre le truc au sérieux. « Si la tendance se maintient, il y aura bientôt un mort. » Et quand je tends l’autre oreille, j’entends dire les autres : « y’en a  marre, qu’ils envoient donc l’armée et qu’on en parle plus ».

Le maire de Montréal, piteux, ne trouve rien de mieux que d’en appeler à la trêve, encore. Mardi dernier, le 22 mai, la quatrième manifestation « nationale » mensuelle s’est faite sous les mots d’ordre de défi à la loi spéciale.  » La loi spéciale, on s’en câlisse »,  » Charest si tu savais ta loi où on se la met » etc. Sans hésitation, tous s’accordent pour parler de la plus grosse manifestation de l’histoire du Canada, avec près d’un demi-million de personnes à Montréal seulement, mais avec aussi des rassemblements à Québec et dans des dizaines de villes dans toute la province. Fait nouveau, des rassemblements ont aussi eu lieu à Toronto, New York, Paris…

Mais Charest reste impassible (tant mieux) et sa ministre Courchesne dit qu’elle attend que les leaders étudiants viennent vers elle. Façon polie de dire qu’elle attend d’eux qu’ils renoncent à leurs revendications. Hier, pendant ce temps, encore plus de 500 arrestations sont venues s’ajouter au décompte. Le bilan total, après 101 journées de grève tourne autour de 2000 arrêtés.

Cette semaine plus que jamais, plusieurs personnes ont reçu des coups de fil de la police qui leur demandaient de se rendre sans quoi on viendrait les chercher. Ainsi, de nombreuses accusations frappent des gens parfois un mois après une émeute, le temps d’identifier les visages sur les photos et vidéos des événements.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337892567.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337892593.jpg

Côté école, le gouvernement a décrété la suspension des cours jusqu’au mois d’août, en croyant ainsi briser l’élan. Ça ne fait qu’éviter d’avoir à affronter les injonctions et rien ne semble indiquer que la grève ne pourra pas s’étendre jusqu’à septembre. Le semestre d’hiver 2012 ne pourra pas être sauvé si le gouvernement ne lâche pas. Et c’est pas parti pour ça. L’été, avec tous les festivals que comptent Montréal et Québec, offrira des occasions de perturbations inédites, en commençant par le Grand Prix. Si ça fait pleurer le maire de Montréal, on dirait que ça fait rire Charest que son plan à lui est de venir à bout du mouvement en judiciarisant tout ce qui bouge. Il a la loi de son côté et il compte l’utiliser. Il compte bien profiter de l’escalade de la confrontation. Effectivement, à première vue, on dirait que tout pousse au raidissement, aux actions plus impressionnantes, à l’inflation quantitative des gueules cassées, tous camps confondus. Et chaque camp est de plus en plus vide de contenu.

Qualitativement, ça reste difficile de voir quelle consistance arrive à sortir de cette occasion « historique ». Sous la tension, on dirait que tout ce qui compte c’est la capacité immédiate à continuer d’aller dans la rue. Et ça marche. Mais au-delà des tactiques de rue, de la multiplication des manifs, le mouvement tarde à prendre en épaisseur.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337892709.jpg

Grand Tintamarre Saint-Denis et Saint-Zotique

Mardi soir, tout de même, une nouvelle pratique s’est diffusée dans tout Montréal (et probablement ailleurs) qui produit déjà autre chose. Aux coups de huit heures (20h), des gens sortent de partout sur leurs balcons en cognant sur leurs casseroles, comme en Argentine, en Islande etc. Du coup, dans certains coins de la ville, ça a déjà donné lieu à des petites manifs ou assemblées de quartier spontanées. De là peut-être quelque chose peut commencer à prendre forme qui ne serait plus soumis à l’initiative des seules associations éudiantes et à leur temporalité syndicaliste.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337892946.png

Ça fait juste commencer les amis. Check it out.

sans-titre-diffusion, 24 mai 2012

Publié dans Éducation, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Un commentaire

[Mort aux pauvres !] « On peut entendre que Monsieur connaisse des difficultés personnelles… »

Le chômeur siphonne pour continuer à rouler

Un chômeur de Châtellerault vient de partir en détention pour avoir siphonné des réservoirs de camions. Il voulait juste pouvoir continuer à rouler.

Il a été pris en flagrant délit avec un siphon à la main. José aspire le carburant à répétition. En l’espace de trois mois, il vient de se faire épingler à cinq reprises ! Son agenda personnel comportait déjà trois rendez-vous avec la justice entre le 6 juin et 6 juillet pour des faits qui se sont produits entre la fin février et début avril. Des vols de carburants.

Quand José s’est fait pincer une nouvelle fois, dans la nuit de lundi à mardi, le parquet s’est décidé à passer la vitesse supérieure : comparution immédiate.

Deux vols lui sont reprochés. Le premier remonte au 1er avril dernier. Il est 21h45, José est surpris près d’un camion des transports Aubourg. Un frère du patron vient à son devant. José a travaillé là par le passé. Il lui fait remettre le contenu de son bidon dans le réservoir du véhicule et relève le numéro de sa voiture. Une plainte est déposée le lendemain pour un vol de 200 litres de carburant. « Je venais juste de commencer, assure le quinquagénaire. Je n’ai pas volé 200 litres ! » Les policiers n’avaient pas été avisés immédiatement, et le contenu du coffre pas vérifié.

Le deuxième vol date de la nuit de lundi à mardi. Les policiers châtelleraudais mènent un contrôle. Ils arrêtent José. Il leur paraît inquiet et il sent le carburant à plein nez. Quand il ouvre son coffre, les policiers découvrent trois bidons de 20 litres et un siphon dégoulinant de gasoil.

« Si j’avais un travail, je ne le ferais plus ! »

José reconnaît qu’il vient de siphonner les 60 litres dans un camion stationné à Vouneuil-sur-Vienne. « Le plus inquiétant, c’est quand même le contexte », relève le président du tribunal. « Vous avez trois convocations pour des faits identiques prochainement. Vous trouvez ça normal ? » « Si j’avais un travail, je ne le ferais plus ! C’est juste pour pouvoir rouler ! Je ne le ferai plus, je regrette », assure le quinquagénaire, sans emploi depuis décembre dernier.

« On peut entendre que Monsieur connaisse des difficultés personnelles », concède la procureure, « mais la situation n’est pas acceptable, elle met aussi en difficulté des entreprises confrontées à de nombreux vols de carburant ». Elle requiert 8 mois de prison, dont la moitié ferme avec mandat de dépôt et l’obligation de remettre son permis aux autorités. José s’était déjà fait confisquer sa voiture lors d’un précédent vol. Là, il s’était fait pincer avec celle d’un copain.

« S’il ne peut pas rouler, il ne peut plus rien faire », relève Me Lidwine Reigné, avocate de José. « Trois bidons de 20 litres, c’est un plein à 70 €. Faut-il vraiment l’envoyer en prison pour cela ? Et rien ne prouve qu’il a volé 200 litres. » Le tribunal a estimé que oui, à cause de la récidive. La peine plancher a été écartée. José est parti trois mois en prison. Et il devra verser 280 € aux transports Aubourg.

Presse (lanouvellerepublique.fr, 17 mai 2012)

Publié dans Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Mort aux pauvres !] « On peut entendre que Monsieur connaisse des difficultés personnelles… »

[Metz, samedi 2 juin] Pour une Pride revendicative et offensive !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333731435.gifAppel

Les Panthères Roses appellent à un bloc rose et noirE le samedi 2 juin 2012 et à 12h place Saint-Louis à Metz autour de notre table de presse Queer et anarchaféministe.

Nous nous regrouperons ensuite à 13h toujours place Saint-Louis pour le départ du cortège rose et noirE sans classe ni genre, contre l’ordre moral et l’hétéropatriarcapitalisme.

Nous ne nous reconnaissons pas dans une pride au service de la société capitaliste et des partis au pouvoir.

La famille, le mariage, tous ces modèles ne nous correspondent pas.
Nous ne revendiquons pas ces droits qu’on pourrait ou voudrait bien nous accorder afin de nous dissimuler, intégrer dans une norme et nous rendre acceptable au yeux de la société hétéropatriarcapitaliste sexiste.

Nous n’attendons rien de cette société que nous entendons démonter, défaire, déconstruire pour de bon.

Pour une Pride revendicative et offensive !

LES PANTHÈRES ROSES NANCÉENNES – Gouines, pédés, queer particulièrements énervéEs par l’ordre moral, le capitalisme, le clergé, le sexisme et les injustices sociales.

Publié dans Luttes féministes, Luttes LGBT | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Metz, samedi 2 juin] Pour une Pride revendicative et offensive !

Potager collectif au GaRage, squat de Rouen

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Comme vous le savez peut-être déjà, l’immeuble occupé du 22 rue Duguay-Trouin est expulsable. Il est presque inévitable que les flics se pointent un matin, défoncent la porte, évacuent ceux qui s’y trouveraient et, éventuellement, détruisent ce qui leur tombera sous la main – portes, meubles, vaisselle – comme ils ont si bien su le faire pour l’occupation du 30 rue du Lieu de santé.  Il est presque inévitable que quelques heures plus tard, la mairie envoie des employés pour condamner du même coup la porte et les possibilités de rencontres et d’expériences qu’auront abrité ces murs.

Ce qui est évitable, en revanche, c’est que tout cela ait lieu dans l’indifférence et dans l’acceptation, c’est que ce soit une décision de justice qui marque la fin de l’aventure. Tant qu’ils ne seront pas venus nous virer, nous pourrons encore nous retrouver et tenter ensemble d’échapper aux différentes nécessités qui pèsent sur nous, à commencer par celle de faire face seul au mécanisme travail-loyer-crédit.

C’est l’occasion pour nous de relancer une de nos premières idées, mise de côté pendant l’hiver : celle de transformer le terrain derrière le GaRage en potager collectif. L’intérêt est bien sûr, pour chacun des participants, de récolter quelques légumes ou aromates, mais également, ce qui est tout aussi rare en ville, d’avoir l’occasion de se rencontrer et de partager un moment, des savoirs, des techniques dans un lieu plus facilement appropriable qu’une terrasse de bar ou qu’un jardin public. Et qui sait si le potager ne pourrait pas survivre à l’expulsion de l’immeuble ?

Samedi 26 et dimanche 27 mai, rendez-vous au 22 rue Duguay-Trouin à partir de 11 heures, et si vous en avez, apportez vos outils et vos graines.

Pour suivre les rendez-vous du potager et les activités du GaRage : blogmail

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 24 mai 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement, Luttes pour la terre | Marqué avec , , | 2 commentaires

[Justice pour Amine Bentounsi] Rendez-vous samedi 26 mai à Noisy-le-Sec

Samedi 26 mai, rendez-vous à Noisy-le-Sec, rue Jules Auffret à 19h00. Appel à témoin. Distribution de tract. L’union fait la force !!! Et que justice soit faite ! Nous voulons connaître la vérité ! Venez nombreux plus jamais de petit frère qu’on assassine il y a que comme ça qu’on pourra changer les choses, pour AMINE BENTOUNSI et tous les autres. AMAL compte sur votre soutien. Merci !!!

Depuis Paris : RER E Magenta, descendre à Noisy-le-Sec, bus 545, descendre à Salengro-Auffret. Rendez-vous devant la pompe à essence, au niveau du 53 rue Jules Auffret.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Justice pour Amine Bentounsi] Rendez-vous samedi 26 mai à Noisy-le-Sec