[Barcelone] Nouvelles de mai

Récit d’un camarade barcelonais, en date du 23 mai dernier

Après la grève générale du 29 mars, la répression s’est fortement accentuée. Trois étudiants arrêtés alors qu’ils participaient aux piquets du matin ont ainsi été mis en détention provisoire. Vu le contexte social tendu et le calendrier de ce printemps chaud, les policiers et politiques avaient à cœur de marquer le coup, faire régner la peur et que chacun·e reste chez soi. Les déclarations de guerre se multiplient, le ministre de l’intérieur Puig déclare ainsi que les participant·e·s aux débordements ont un « instinct criminel », qu’ils sont des « rats que nous iront chercher jusqu’au fond des égouts ou dans les salles d’universités ». Début avril, quatre personnes actives dans les mouvements sociaux se font arrêter en pleine rue par des flics en civil. Elles sont accusées d’avoir pris part aux émeutes pendant la grève, et sont mises en garde à vue trois jours, avant d’être finalement libérées sous caution, non sans que leurs domiciles aient été perquisitionnés et le matériel informatique et politique saisi. Le lendemain, c’est Laura Gomez, la secrétaire générale du syndicat anarchiste CGT, qui est elle aussi placée en détention provisoire, pour avoir, au cours d’une performance devant la bourse, mis le feu à des billets de Monopoly. Elle a été libérée après plus d’un mois de taule et de multiples actions de soutien (notamment à Perpignan). Vous pouvez voir ici une vidéo de soutien aux détenu·e·s sous-titrée en français, très symbolique d’une manière de faire ici. Il y a également la mise en place d’un site Internet de « participation citoyenne contre les violences urbaines » visant à la délation de personnes filmées ou photographiées pendant la grève et accusées de troubles à l’ordre public, certain·e·s pour avoir déplacé des pots de fleurs sur la voie publique… Depuis, la police travaille et de nouvelles arrestations pour les faits de la grève générale se font au compte-goutte, encore une dizaine cette semaine.

Début mai, avec la rencontre de la Banque Centrale Européenne, Barcelone se retrouve en état de siège. Huit mille policiers ont été mobilisés dont 3500 venant d’Espagne pour soutenir les Mossos catalans, et des hélicos tournent en permanence au dessus de la ville. Face à un tel délire sécuritaire, les mouvements décident d’esquiver la confrontation directe et aucune manifestation importante n’est convoquée. Cette stratégie met en évidence le ridicule du dispositif. D’autant plus qu’en pleine austérité extrême, dépenser des millions pour protéger les responsables de la crise est une douloureuse illustration des priorités des gouvernements.

Le mercredi 9 mai, c’est l’Université Libre La Rimaia, un des squats les plus actif de la ville, qui est expulsé par surprise. L’attaque est clairement dirigée contre l’une des principales structures collectives du pays. C’est la troisième expulsion en deux ans pour ce projet, mais l’énergie est toujours là et d’ici peu, une nouvelle Rimaia devrait apparaître… Le soir même, plus d’un millier de personnes manifestent et beaucoup de voisin·e·s expriment leur soutien en tapant dans des casseroles depuis les balcons.

Le 12 mai, c’est la manifestation anniversaire du 15M (les indigné·e·s, comme on les appelle en France). Le mouvement est toujours aussi populaire ici, et malgré le manque de résultat concrets, les assemblées de quartiers de villages ou de secteurs en lutte continuent à travailler. Les désormais traditionnelles colonnes des quartiers descendent vers le centre, et à 18h, des dizaines de milliers de personnes participent au cortège (25.000 selon la police, plus de 250.000 selon les organisateurs, certainement autour de 150.000). Encore une fois, la diversité et la fraîcheur de ce mouvement saute aux yeux. Aucun drapeau de partis, de syndicats ou d’organisations politiques n’est présent. Dans le même temps, plus d’une centaine de manifestations ont lieu dans toute la péninsule et plus d’une vingtaine de pays participent également. Les blocs formés par les assemblées de quartiers, villes et villages se suivent tout comme les cortèges par thème. Les fameux « iai@flautas », issu·e·s de la commission des « papis et mamis » du 15M, sont présent·e·s en masse. Ces derniers mois, ils ont multiplié les actions (occupations du syndicat patronal ou du ministère de l’intérieur) et sont devenus un des symboles de ce mouvement. La manifestation est très paisible et on retrouve même les tristes réflexes citoyens avec un tract officiel (?) du 15M qui demande de ne pas se masquer sous prétexte de n’avoir rien à cacher… Face à cela, le bloc des « féministes indignées » manifestent cagoulées pour dénoncer la répression croissante des luttes. Ça fait d’autant plus sens qu’un projet de changement législatif vise à interdire de cacher son visage pendant les manifs.

La place est donc finalement réoccupée, sans que la police ne soit présente, et une sorte d’assemblée générale se met en place. Les intervenant·e·s se succèdent, issus des secteurs en lutte de l’éducation, de la santé ou des plateformes en défense du logement. Une grosse centaine de personnes plante des tentes et l’occupation commence tranquillement malgré la pluie. Le lendemain, le panorama fait inévitablement penser à celui de l’année dernière, et il est difficile de ne pas tomber dans les comparaisons. Quand justement une des forces de l’année précédente avait été l’effet de surprise, l’impossibilité de prévoir ce qui allait se passer par la suite, cette fois les choses semblent trop bien préparées, comme si il n’y avait plus de place pour un débordement… Dans de nombreuses villes, les campements se font expulser, mais ici le pouvoir a encore en tête le scandale qu’avait provoqué les bavures policières de l’an dernier. Au fur et à mesure que la journée passe dans ce chaos tranquille si caractéristique, la place se remplit avec des centaines de participant·e·s et des dizaines de réunions et débats. Un petit millier de personnes s’assoit pour participer à l’assemblée générale du soir et essayer de dégager des priorités. Cette année, c’est clairement les banques qui sont la cible des critiques et qui seront les objectifs des actions de mardi. Le lundi se poursuit dans la même veine dans un mélange d’agora permanente, d’espace de rencontre et de kermesse des mouvements sociaux…

Le mardi matin, quatre rendez-vous publics sont donnés pour aller bloquer l’accès au siège des banques. Une centaine de personnes se regroupe devant chaque banque et y monte un salon symbolisant les logements expulsés (une douzaine par jour pour la seule agglomération de Barcelone). Une équipe de négociation est présente dans chaque point et exige des délais pour les expulsions et la « dación en pago ». Ici en effet, les personnes en sur-endettement se font non seulement expulser mais doivent en plus rembourser intégralement les emprunts. Une double peine, un symbole de l’arrogance du pouvoir des banques face à la situation dramatique que vivent les classes populaires du pays. Après quelques heures de pression, les banques s’engagent à se soumettre aux exigences des bloqueur·euse·s. Une petite victoire, et pour des dizaines de familles, c’est un peu d’air pour faire face aux créanciers… Au même moment, les deux principales stations de radio sont occupées et des communiqués sont lus à l’antenne à l’heure d’audience maximale (un million d’auditeurs).

L’après-midi, le campement se déplace au siège de Caixabank, la plus grosse banque de Catalogne. Celui-ci, avec ses deux tours noires, ressemble étrangement à Mordor, le repaire des méchants dans le Seigneur de anneaux, d’ou le nom de l’opération #okupyMordor. Deux mille personnes participent à une performance/procès du président de la compagnie et finissent par le déclarer coupable et le condamner à la guillotine. Encore une fois la présence policière est délirante. Malgré tout, une cinquantaine d’indigné·e·s campent sur le trottoir devant Mordor, entre boulevard et fourgons de flics. Le lendemain et toute la semaine, une centaine de personnes se relaie en permanence pour taper dans des casseroles, et, armées de panneaux en cartons, inviter les voitures qui passent (c’est une des plus grandes avenues de la ville) à « klaxonner contre la banque ». Encore une fois, ça ressemble une action un peu naze, mais elle est mise en place par une bande ultra-motivée, et surtout, ça marche ! En effet, plus de la moitié du flux incessant de voitures klaxonne. Et comme il y en a des centaines par minutes, ça donne un brouaha impressionnant. Depuis, les tours de Caixabank/Mordor sont protégées par la police (rebaptisés « orcos d’esquadras ») et l’hostilité massive de la population vis-à-vis des banques se fait entendre presque sans temps-morts et leur casse les oreilles. À tel point que le service de presse a joint les principaux médias locaux, les menaçant de retirer leur publicité s’ils couvraient l’action.

Cet anniversaire laisse une saveur étrange en bouche. Car si la manifestation du 12 a été un succès quantitatif, renforçant encore le sentiment de soutien populaire au mouvement, il manque cette année l’esprit révolutionnaire plein d’espoir qui avait contaminé le pays pendant un mois. Le travail de fourmis des assemblées de base réparties sur tout le territoire ne donne pas forcément de résultats visibles au premier coup d’œil, et la fatigue se fait sentir. De même, les actions du 15 semblent bien frustrantes, si on les compare avec les objectifs initiaux de faire de cette journée une grève générale, sans syndicats et sans frontières, avec blocage de l’économie. Mais, après une année d’offensive capitaliste terrible et un sentiment d’impuissance paralysant, toute petite victoire est bonne à prendre. Les campagnes pour le logement auront ainsi permis d’empêcher plus de 250 expulsions cette année, matérialisant à la fois à la fois une réponse concrète aux besoins de logement de familles désœuvrées, une opposition — parfois physique — à l’écrasante logique du profit et le renforcement des réseaux de solidarité, notamment dans les quartiers populaires, quand ceux-ci s’étaient effrités ces dernières années.

De même, cette année les luttes se sont trop souvent découpées par secteur, vision renforcée par les problèmes de coordination d’un mouvement sans structures formelles. L’an dernier (et clairement moins cette année), le campement permit aux mille fronts ouverts de se rencontrer et parfois de conspirer ensemble, en tout cas de se donner de la force mutuellement pour les combats à venir.

Après les moments d’intensité de cette année, la situation semble plus tranquille, mais la tension reste palpable et l’étincelle peut apparaître n’importe oú. De ce coté-ci des Pyrénées, on a — à l’image de la Grèce — l’impression d’assister à l’effondrement d’un monde, avec la destruction en règle des droits âprement conquis, notamment avec la lutte contre le franquisme. La vieille gauche, celle des partis et des syndicats vendus, a perdu toute crédibilité, et malgré les soubresauts venant de France, appararaît de plus en plus comme servant à accompagner le processus qu’une réelle force d’opposition. Les marchés sont clairement les responsables du drame social en cours, se donnant plus de pouvoir encore à travers le pillage du pays. La fuite en avant se poursuit coûte que coûte. Mais la résistance, depuis des perspectives anticapitalistes, anti-racistes et féministes a imprégné l’imaginaire collectif de la ville en profondeur. Dans un contexte de crises insolubles, ce n’est pas un détail de réussir à limiter l’émergence des discours fascisants. Face à cela, il n’y ni chemin tout tracé, ni programme proposé, ni formule magique. Entre la peur de se retrouver sans boulot, de la répression, de l’exclusion sociale… beaucoup serrent les dents et baissent la tête, mais jusqu’à quand ? Les complicités tissées au cours de ces dernières années, notamment autour des occupations — qu’elle soient de places, de logements, d’universités, de centres de soins — sont autant de pistes pour échapper à la fatalité imposée, pour ne pas se laisser prendre par la résignation et explorer des univers où la logique du profit et l’individualisme ne sont plus le seul horizon. On ne se rend pas…

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 30 mai 2012

Publié dans España en el corazón | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Barcelone] Nouvelles de mai

[Vive l’Azawad libre !] « Une fois que l’Azawad obtiendra le soutien nécessaire, il combattra toute présence obscurantiste et terroriste dans l’Azawad »

Le MNLA a besoin plus que jamais du soutien de la communauté internationale

Bien avant le déclenchement des hostilités dans l’Azawad, nous avons alerté la communauté internationale sur le risque qu’était et que sera le terrorisme dans l’Azawad. À côté de ce risque, nul ne pouvait ignorer celui de l’islamisme. Un peu plus de six mois plus tard, le MNLA et l’Azawad sont abandonnés de tous, et le constat est sans appel dans l’Azawad.

Lorsque le monde libre et démocratique s’acharnait sur le MNLA, l’organisation islamiste Ansar Adine recevait dans l’ombre le soutien total de ses mentors obscurantistes. Lorsque le monde libre et démocratique donnait à peine une oreille quelque peu attentive au MNLA, aux moins deux pays renforçaient Ansar Adine financièrement, techniquement et médiatiquement. Lorsque le monde libre et démocratique prend distance avec le MNLA et l’Azawad en général, de nombreux pays et organisations obscurantistes se rapprochent d’Ansar Adine pour l’aider à renforcer et accomplir ses objectifs.

Les nations éprises de paix, de stabilité, et d’entente entre les peuples ont failli à leur devoir. Ce devoir n’est autre que celui de l’assistance. Assistance à une organisation populaire aux idéaux nobles et légitimes et dont la justesse sera à terme salutaire au moins pour la stabilité des régions nord et ouest Africaine. Assistance aussi au MNLA épris de paix, justice et d’égalité qui est en train de mettre fin à une longue injustice. Assistance enfin au MNLA dont le seul combat est de permettre la sauvegarde de vies et de cultures menacées par l’actuelle géopolitique mondiale.

Malgré ce que disent les medias internationaux, le MNLA n’a pas dévié de la ligne de conduite qui a toujours été la sienne. Esseulé dans le monde libre et démocratique, incompris politiquement, combattu médiatiquement et militairement, et menacé d’interventions militaires, le MNLA a fini par se retrouver en rupture de stock au moment où l’organisation islamiste Ansar Adine avait un excès de trésorerie grâce à l’appui de pays et d’organisations partageant ses objectifs obscurantistes. C’est dans ces conditions que le MNLA a signé un accord avec Ansar Adine en contrepartie de son rejet officiel du terrorisme et de toute privation de liberté, et sa demande à l’organisation terroriste AQMI de libérer les otages qu’elle détient et de quitter définitivement l’Azawad.

Cet accord n’est pas une fin en soi et n’est pas appelé à perdurer. Un grand nombre de démocrates convaincus s’en démarquent de plus en plus. Tout comme beaucoup de membres du MNLA, je rejette catégoriquement cet accord car éviter une guerre tribale et fratricide dans l’Azawad ne doit pas être synonyme de l’acceptation d’un diktat imposé par des groupes obscurantistes. La recherche de l’unité Azawadienne ne doit pas nous conduire au plus profond du précipice.

La flamme de la liberté qui a toujours brûlée dans l’Azawad est plus que jamais vive. Des centaines de milliers de femmes et d’hommes sont disposés maintenant plus que jamais au sacrifice ultime pour atteindre leur objectif : l’Azawad. Cet objectif supporté par des populations civiles contre des ogres ne devrait laisser aucun humaniste sans un sursaut d’orgueil.

Cet objectif sera poursuivi jusqu’à la reconnaissance de l’Azawad. Mais la jeune république de l’Azawad ne peut pas seule faire face au monstre du terrorisme alors que les états Ouest et Nord Africains ont été incapables de le combattre pendant une dizaine d’années. La communauté internationale qui a en commun l’objectif de combattre le terrorisme et l’obscurantisme religieux doit avoir un seul partenaire dans la bande Sahélo-Saharienne : le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad.

Le Mali fut armé, financé et formé militairement pendant une dizaine d’années au nom de cette lutte. Une dizaine d’années plus tard, le Mali n’a pas tiré même une seule balle contre Al Qaeda au Maghreb Islamique. D’autres États de la région ont également été des maillons faibles de cette lutte. Mais l’Azawad ne le sera pas car de son succès dépend sa survie.

Les dangers qui ont conduit la communauté internationale à être au chevet des pays de la région sont plus que jamais présents aujourd’hui. La communauté internationale ne peut plus se permettre de rester spectatrice. C’est maintenant ou jamais qu’elle doit agir.

Recourir à toutes autres voies et moyens sera désastreux et ne fera que déstabiliser un peu plus la région et rendre la situation incontrôlable pendant des décennies. Une fois que l’Azawad obtiendra le soutien nécessaire, il combattra toute présence obscurantiste et terroriste dans l’Azawad. La précarité de la situation demande une prise de décision rapide de la part des nations éprises de paix, de tolérance, et de justice. La configuration actuelle due à un délaissement total disparaitra dès que l’Azawad et le MNLA auront à leur côté une communauté internationale disposée à lutter ensemble contre l’ennemi commun.

Nouakchott, le 30 mai 2012,
Nina Walet Intalou

Toumast Press via Temoust


Ansar Adine : Ces porte-paroles du MNLA qui ont rapidement retourné leur veste

Si la lutte du peuple Touareg pour son accession à une véritable liberté a duré plus de 130 ans, c’est aussi parce que les trahisons ont autant duré. Notre peuple n’a pas été capable de mettre fin à la colonisation Française pour une seule raison : nos frères combattaient aux côtés de la France. Aujourd’hui rien n’a changé, des représentants du MNLA commencent à renier petit-à-petit leurs principes.

Si Kaocene Ag Guedda a été l’un des plus grands résistants qu’a connu l’Afrique, Mossa Ag Amastane de l’autre côté a été l’un des plus grands traitres. Sa traitrise contre les siens a commencé en 1902 lorsqu’il a saboté les efforts de guerre des combattants de l’Ahagar qui se rendait à la bataille de Tit pour freiner l’armée coloniale Française qui avançait de plus en plus dans l’Ahagar (sud Algérien). Pour bons et loyaux services à la France, il deviendra deux ans plus tard Chef Suprême de l’Ahagar. Il participera à la destruction des dernières poches de résistance Touareg (Tamasheq) au Mali et au Niger. Plus tard, il combattra Kaocene Ag Guedda lorsque celui-ci voulait recréer l’État Touareg détruit par la colonisation Française.

Un siècle plus tard, c’est la même histoire. Comme à son habitude, Iyad Ag Ghaly trahi son peuple. Sa nouvelle trouvaille c’est l’islamisme ou l’art d’essayer de punir tout son peuple en l’acculturant, en l’arabisant. Nous mettons l’accent sur le mot « essayer » car jamais ni Iyad Ag Ghaly, ni un autre groupe n’arriveront à nous faire oublier notre Toumast.

Le peuple Touareg a lutté contre l’acculturation de l’empire Romain, à celle ayant suivi l’islamisation, à celle de l’empire Ottoman, et à celles des régimes Arabes de l’Afrique du Nord, et aux colonisations Française et Maliennes. Si pendant au moins deux millénaires, notre peuple a pu lutter contre toutes ces vagues d’acculturation, nous ne croyons en aucun cas qu’un traitre de la trempe d’Iyad Ag Ghaly puisse le faire.

Mais ce qui est dommage, c’est ceux qui le suivent aveuglement. Parmi ce groupe, ceux qui attristent le plus sont ceux-là même qui retournent très rapidement leur veste pour des raisons allant de la naïveté à la cupidité et l’opportunisme. Parmi ceux-ci il y a Moussa Ag Assarid, Président de la Cellule du MNLA en Europe, et Moussa Ag Acharatoumane, Chargé des Droits de l’Homme du MNLA.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338496730.png

Moussa Ag Acharatoumane (g) sur France 24 et Moussa Ag Assarid (d) sur TF1

Le dimanche dernier, juste quelques heures après la signature de l’accord de la honte et de l’irresponsabilité entre le MNLA et l’organisation obscurantiste Ansar Adine, Moussa Ag Assarid faisait honte aux milliers de Touareg qui l’ont écouté en affirmant sur les ondes de RFI que « Le peuple de l’Azawad va être un peuple indépendant qui va décider selon ses institutions de ce qui est bon pour lui à l’intérieur d’un État islamique ». Il fera également une sortie similaire sur le plateau de TF1.

Nous ignorons si c’est par naïveté qu’il a fait de telles déclarations ou s’il essaye de cacher le soleil avec son petit doigt, mais en tout état de cause, quelqu’un doit lui notifier qu’il est difficile voire impossible pour le peuple de l’Azawad de choisir ce qui est bon pour lui dans un État islamique, alors qu’il n’a jamais choisi cet État islamique qui lui a été imposé tel un diktat. Nous savions déjà que la contradiction était la raison d’être des partisans d’Ansar Adine mais nous ignorions qu’un intellectuel comme Moussa Ag Assarid pouvait trahir ses valeurs en si peu de temps. Cinq (5) jours plutôt, il déclarait au Parlement Européen de Strasbourg que l’Azawad sera une république laïque à l’image de sa société.

De par son retournement de veste aussi rapide, il donne, malheureusement, quelque peu raison à ceux qui l’ont toujours critiqué depuis qu’il a rejoint le MNLA. Espérons qu’il se réveillera de ce cauchemar dans lequel il défend une organisation qui veut détruire la culture de son peuple, qu’il présente pourtant comme étant l’essence de son combat.

Mais il faut quand même reconnaître que les sorties de Moussa Ag Assarid sont moins honteuses que celle de Moussa Ag Acharatoumane sur France24. Avec un grand sourire aux lèvres, il essaye de défendre l’accord avec les obscurantistes d’Ansar Adine. Dans la vidéo suivante, son sourire victorieux fait suite à des images de combattants du MNLA (tournées en fin Janvier) dont certains sont mort dans l’attaque de Niafunké en Février dernier. Le contraste entre son sourire et l’image de ces combattants morts depuis ne peut pas être plus grand. Les Zeïdanes Ag Sidalamine et consorts marchaient sur les corps des combattants tombés sur le champ d’honneur dans les années 90, bien que lui n’en est pas encore là, il se dirige quand même sur la même voie…

À Bamako, Moussa Ag Acharatoumane se présentait toujours comme étant un héritier du lion de l’Azawad Mohamed Ali Ag Attaher. Mais seulement il a tout soudainement oublié que Mohamed Ali Ag Attaher avait déclaré :

« Moi aujourd’hui j’ai 95 ans et suis le voisin des cieux. Par les cieux je jure que moi et tous les Touaregs sommes décidés à naviguer dans les maux de notre nation, à naviguer jusqu’à parvenir à tenir de nos bras le gouvernail de nos destinées et de notre pays.

Touaregs, nageons, nageons jusqu’à atteindre notre jour et si nous périssons dans l’océan de la libération de notre nation, alors notre résistance sera une leçon pour les mondes qui adviendront. »

Lorsque les Azawadiens ont enfin tenu le gouvernail de leurs destinées et de leur pays, lui, Moussa Ag Acharatoumane a décidé de supporter un projet consistant à mettre ce gouvernail dans des mains autres que celles des Azawadiens pour amener l’Azawad vers le gouffre. Quelle tristesse…

Par Aljimite Ag Mouchallatte
Toumast Press, 31 mai 2012

Publié dans General | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Vive l’Azawad libre !] « Une fois que l’Azawad obtiendra le soutien nécessaire, il combattra toute présence obscurantiste et terroriste dans l’Azawad »

[Pontivy] Acte de vandalisme sur le calvaire près de la chapelle de la Houssaye

Des inconnus ont fait basculer la croix en granit du calvaire de la chapelle de la Houssaye. Elle était scellée sur le calvaire et fixée à l’aide d’une tige en métal. Elle s’est brisée en deux en touchant le sol. La profanation a été découverte mardi par le trésorier de l’association. La mairie a été alertée mercredi par le président.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338446677.jpg

Le président des Amis de la Houssaye près de la croix brisée.

Ce monument a été créé voici une quinzaine d’années par les Amis de la Houssaye. Il est situé en contrebas de la chapelle, à mi-chemin de l’édifice et de la nouvelle fontaine.

À la fin du mois de septembre 2002, la même profanation avait déjà été constatée. « Des personnes irresponsables ont abattu la croix du calvaire, en laissant sur place des bouteilles brisées, dont certaines ont été jetées dans la fontaine. » C’est ce que l’on peut lire dans un article de journal de l’époque.

Leur presse (Ouest-France.fr, 30 mai 2012)

Publié dans Archives de l'athéisme | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Pontivy] Acte de vandalisme sur le calvaire près de la chapelle de la Houssaye

Les cadres de l’Azawad s’élèvent contre toute alliance avec les islamistes

Les cadres de l’Azawad s’élèvent contre toute alliance avec les islamistes
Ils adressent une lettre ouverte aux dirigeants du MNLA

Des cadres et des personnalités de l’Azawad ont adressé une lettre ouverte au Secrétaire Général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), Bilal ag Achérif, pour lui faire part de leur rejet de tout rapprochement ou alliance avec l’organisation islamiste Ansar Dine dirigée par Iyad ag Ghali.

Courant mai, le MNLA est entré — pour des raisons stratégiques nous a-t-on-dit — en pourparlers avec l’organisation djihadiste Ansar Dine. Ainsi, le 25 mai, les négociations ont abouti à la signature d’un protocole d’accord sur lequel beaucoup d’encre a coulé. Le communiqué n’est jamais paru. Car les dits accords volèrent vite en éclats.

Le rapprochement du MNLA avec Ansar Dine ont été très mal accueillis dans les milieux amazighs (berbères) qui le voyaient comme l’effondrement de tous les espoirs nourris par la libération totale du territoire de l’Azawad, puis suivie de la proclamation de l’indépendance de ce territoire amazigh.

Une éventuelle alliance avec un groupe islamiste est manifestement contre nature. Pour les Berbères, elle fut un coup d’État avant l’heure contre le premier État amazigh en gestation.

Et les premiers scandalisés par cette initiative sont les Touaregs eux-mêmes !

Les Azawadiens ne pouvaient imaginer que la liberté attendue depuis plus de cinquante ans, pour laquelle des dizaines de milliers de vies sont sacrifiées, des milliers de familles déchirées et exilées, soit offerte à une organisation qui n’a d’autre projet que de plonger leur pays dans l’obscurantisme et le moyen âge.

Réunis en Coordination des Cadres de l’Azawad (CCA), des personnalités diverses du pays ont adressé une lettre ouverte au Secrétaire Général du MNLA pour lui faire savoir qu’ils se démarquent de tout projet de fusion avec Ansar-Dine et lui demandent d’assumer ses responsabilités en rompant sans délais le protocole d’accord signé avec l’organisation djihadiste.

Ci-dessous le texte de la lettre ouverte.

La Rédaction de Tamazgha le site berbériste, 30 mai 2012


Coordination des cadres de l’AZAWAD (CCA)

Lettre ouverte à Monsieur Bilal Ag Achérif
Secrétaire Général du MNLA
GAO

Objet : Démarcation des cadres de l’AZAWAD avec le projet de fusion MNLA/Anssardine

Monsieur le Secrétaire Général et cher frère,

Au regard de la posture fondamentaliste, particulièrement celle du jihadisme salafiste, prônée par Ansar Eddine, inconciliable avec la ligne politique du MNLA et contraire à l’islam pratiqué par l’ensemble des populations de l’AZAWAD, et compte tenu de la forte imbrication avérée entre AQMI et Ansar Eddine, les cadres, notables et ulémas de l’AZAWAD, après analyse approfondie, expriment catégoriquement leur désapprobation par rapport au projet de fusion entre le MNLA et le groupe islamiste Ansar Eddine.

Aussi, ils invitent le MNLA à assumer pleinement ses responsabilités en rompant sans délais le protocole d’accord signé avec le groupe islamiste Ansar Eddine le 25 mai 2012. Ils demandent à l’ensemble des cadres et des organisations de la société civile de soutenir le MNLA et ses forces armées à se démarquer irrévocablement de toute tentative d’instauration d’un État jihadiste dans l’AZAWAD.

Gao, le 30 mai 2012

Pour la coordination des cadres de l’AZAWAD (CCA)
Le Porte parole
Habaye Ag Mohamed


Mali : les négociations au point mort entre le MNLA et Ansar Dine

À Gao, l’alliance entre le MNLA et Ansar Dine, deux des mouvements qui occupent le nord du Mali depuis la fin mars, a du plomb dans l’aile. Selon nos informations, les négociations entre les séparatistes et les islamistes se sont même interrompues ce mardi 29 mai, trois jours seulement après un protocole d’accord signé dans la douleur. Le chef de la délégation d’Ansar Dine a quitté les discussions. Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste est toujours attendu à Gao. Lui, l’ancien chef rebelle touareg qui a réussi à redevenir l’homme incontournable de l’Azawad.

On le dit manipulateur, orgueilleux, avide de pouvoir, Iyad Ag Ghali la figure charismatique de la rebellion des années 90 est devenu un fou de Dieu, un islamiste qui prône l’application de la charia à travers tout le Mali. Iyad a même pris un nom djihadiste, Abou Fadil.

Fin 2011, il crée son mouvement, Ansar Dine. Il s’agit d’une façon d’exister aux côtés du tout nouveau MNLA qui revendique l’indépendance de l’Azawad et qui n’a pas fait appel à lui. Iyad va alors chercher ailleurs les moyens d’exister et de retrouver le leadership qu’il est en train de perdre.

Ses soutiens, il les trouvera auprès du groupe terroriste Aqmi. Ce dernier, originaire d’Algérie, a des connections chez les touaregs ifoghas. Au fil des semaines et des mois, Ansar Dine et son parrain Aqmi vont multiplier les victoires sur les frères du MNLA. Iyad continue à fasciner au point que de nombreux combattants du MNLA, attirés par les moyens financiers d’Ansar Dine, mais aussi par la personnalité de son chef, vont rejoindre le mouvement islamiste.

Iyad souhaite-t-il vraiment un accord avec le MNLA ?

Certains de ces proches assurent qu’il est et restera un touareg avant d’être un islamiste. Certains pourtant doutent aujourd’hui de son indépendance vis-à-vis des djihadistes : « Iyad a perdu la main. C’est Abou Zeid et Belmoctar qui lui dictent ses décisions », entend-on à Gao. Hier, un de ses proches, un modéré du mouvement qui conduisait la délégation Ansar Dine à Gao, a quitté la négociation pour rejoindre Kidal.

Au MNLA, des voix s’élèvent désormais à Gao pour refuser cet accord avec Ansar Dine. Un accord incompatible avec les valeurs et l’identité profonde de la région, affirment ces militants et cadres touaregs.

Nord du Mali : qui contrôle quoi ?

Aucun calendrier n’a été établi à ce jour pour mettre en oeuvre la fusion des effectifs du MNLA et d’Ansar Dine, telle que prévue par le protocole d’accord signé dans la douleur samedi 26 mai. En attendant, le MNLA et Ansar Dine continuent de revendiquer, chacun de leur côté, le contrôle de la plupart des localités du nord du Mali.

Le MNLA contrôle la ville de Gao ainsi que l’aéroport. Avec entre 1500 et 2000 hommes revendiqués dans la zone, Gao représente son quartier général, même si le mouvement — il ne le nie pas — a accusé d’importantes défections ces dernières semaines. Elles portent sur plusieurs centaines d’hommes à Gao au profit d’Ansar Dine, qui s’en félicite.

Les hommes de Iyad Ag Ghali, il est vrai, sont bien mieux lotis. « Ils ne discutent pas les prix dans les commerces, alors que les gens du MNLA achètent peu de choses et marchandent tout le temps », relève un habitant de Tombouctou. Ansar Dine domine la ville sainte même si le MNLA tient l’aéroport. Dans l’extrême Nord-Est, le groupe islamiste règne aussi en maître à Kidal, Tessalit et Aguelhok. Plus au sud, les deux groupes se partagent Goundam, mais là encore, l’aéroport est aux mains du MNLA.

Dans le Sud-Ouest enfin, le mouvement contrôle les localités de Léré et Niafounké. Mais Ansar Dine envisage sous peu une présence à Niafounké et se prépare, selon un porte-parole, à investir étape par étape toutes les zones qui comptent dans le nord du Mali.

Publié par des ennemis de l’Azawad (RFI via Temoust, 30 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Les cadres de l’Azawad s’élèvent contre toute alliance avec les islamistes

[Mort aux vaches] « Je ne comprends pas pourquoi ces jeunes nous en veulent »

Émeutes à Lausanne : « J’ai failli y rester »

Témoignage Pour la deuxième fois en quinze jours, des policiers lausannois ont été agressés dans l’exercice de leurs fonctions par des noctambules avinés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338411909.jpg

L'appointé S. était à la place Bel-Air le 13 mai vers 5h lorsque l'émeute a éclaté.

Place Bel-Air, 4h45. Trente-six policiers face à plusieurs dizaines d’émeutiers. Des sprays au poivre pour contrer des jets de bouteilles et une sorte de « Taser », selon des témoins. Comme une impression de déjà-vu : dimanche dernier, les affrontements qui ont éclaté à la fermeture des discothèques lausannoises ressemblaient à s’y méprendre aux émeutes qui avaient déjà gâché la fête des noctambules deux semaines plus tôt. À la différence près qu’il n’a pas fallu ouvrir le feu au moyen de balles en caoutchouc.

« C’est la première fois que je vivais une intervention d’une telle ampleur », témoigne l’appointé S.*, 29 ans, en revenant sur les incidents du dimanche 13 mai. « Quand on y repense après coup, on se dit qu’on n’est pas passé loin. » Ce jour-là, l’agent (entré à la police de Lausanne en 2006) prend son service à 4h du matin. En patrouille avec un collègue, il parque son véhicule place Bel-Air. « On a tout de suite vu qu’il y avait énormément de monde à la sortie de la discothèque, près de 200 personnes. Il n’y avait a priori pas de bagarre. » Mais très vite, une première rixe éclate dans un groupe d’une dizaine d’individus. Les deux agents appellent du renfort. « La bagarre est rapidement devenue assez violente. Il n’y avait pas d’objet ni arme à ma connaissance, mais ça bousculait beaucoup. » Les noctambules encerclent le groupe. Certains foncent dedans tête baissée.

Première salve de spray au poivre. La formation se disperse. « Ça courait dans tous les sens. Mais à deux contre plusieurs dizaines nous ne pouvions interpeller personne. » Les bagarres reprennent de plus belle, et sur plusieurs fronts. « Des groupes de 5 à 10, de-ci, de-là. Un à notre droite, rue des Terreaux, l’autre à notre gauche, terrasse Jean-Monnet. Lequel choisir ? » Puis viennent les premiers jets de bouteilles. Les deux policiers se réfugient sous les arrêts de bus. « L’une des bouteilles a éclaté en l’air après avoir percuté les câbles électriques des bus. Une autre a frôlé l’un de mes supérieurs, qui n’avait aucune protection. » Les renforts ne sont plus très loin. À en croire l’appointé, les projectiles n’émanaient pas des bagarreurs. « Ce ne sont que quelques agitateurs qui ont profité du chaos pour faire du mal à la police. Et puis ce n’est pas difficile de trouver des bouteilles vides. Les poubelles en sont remplies, malheureusement pour nous. » Impossible cependant d’identifier les trouble-fête au milieu de la foule. « On voit une bouteille qui part de la foule mais on ne voit pas le bras qui la lance. Et encore moins l’individu qui est dessous. »

Le commandant de la police de Lausanne, Pierre-Alain Raemy, encourage ses policiers à porter plainte systématiquement après une agression. « Je ne comprends pas pourquoi ces jeunes nous en veulent, mais on est obligés de l’accepter, reprend l’appointé. Peut-être parce qu’ils ont eu affaire à nous par le passé pour des petits délits, mais ça n’excusera jamais leurs actes. Ce n’est en tout cas pas ce genre d’agression qui me fera changer de métier. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Benjamin Pillard, LeMatin.ch, 30 mai 2012)


Grosse bagarre à l’aube sur la Place Bel-Air

Dimanche à l’aube, à Lausanne, au moment de la fermeture des boîtes de nuit, une grosse bagarre a éclaté dans une foule de près de 200 personnes ; quelques dizaines de personnes se battaient dont au moins une possédait un taser. Les agents de la police locale ont été accueillis avec des jets de bouteilles. Des patrouilles de la gendarmerie, de la police de l’ouest et de la police de Pully sont venues en renfort, au total trente-six policiers. Les forces de l’ordre ont dû faire usage de spray au poivre et ont tiré une fois avec des balles en caoutchouc afin de disperser les fauteurs de trouble qui se sont alors dirigés vers la gare pour prendre un train. Dans l’enceinte de la gare, les policiers ont dû à nouveau intervenir pour de nouvelles bagarres. Plusieurs personnes impliquées dans l’émeute semblaient incommodées mais aucune n’a sollicité de soins. La situation s’est calmée après le départ des trains. Personne n’a été blessé et il n’y a pas eu de dommages ni d’interpellation. Une personne qui faisait du scandale dans la gare a été amenée au poste de Police pour contrôle.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (AP, 13 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Mort aux vaches] « Je ne comprends pas pourquoi ces jeunes nous en veulent »

[« Antiterrorisme »] Obama travaille

Barack Obama supervise personnellement la liste des cadres d’Al-Qaida à éliminer

Le président américain, Barack Obama, a personnellement supervisé une procédure top-secrète destinée à déterminer quels membres présumés d’Al-Qaida devaient être placés sur une liste de personnes à abattre, rapporte le New York Times mardi.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338409198.jpg

Le président Obama dans le bureau ovale avec Thomas E. Donilon (à gauche), conseiller pour la Sécurité nationale, et John O. Brennan, son plus haut conseiller pour le contre-terrorisme.

L’administration américaine a établi cette liste dans le cadre de la guerre menée avec des attaques de drones contre Al-Qaida et ses branches au Pakistan et au Yémen, selon le quotidien, qui cite des dizaines de hauts responsables et anciens conseillers. « Il [Obama] est déterminé à prendre les décisions sur l’étendue et la portée de ces opérations, a déclaré au journal Thomas Donilon, conseiller pour la Sécurité nationale. Il pense qu’il est responsable de la position des États-Unis dans le monde. »

Une centaine de responsables du contre-terrorisme ont épluché des biographies avant de proposer de placer sur cette liste des suspects agissant au Yémen et en Somalie au cours d’une vidéoconférence sécurisée organisée par le Pentagone, écrit le journal.

La CIA fait de même pour les suspects au Pakistan. Les noms ont ensuite été communiqués à Barack Obama, qui autorise chaque frappe au Yémen et en Somalie ainsi que certaines opérations sensibles au Pakistan.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338410011.jpg

Le président Obama doit approuver personnellement le fait de tuer les suspects, comme le prédicateur d’Al-Qaida Anwar Al-Awlaqi — un citoyen américain — abattu par une frappe d’un drone américain au Yémen l’année dernière. Obama a qualifié de « facile » la décision de tuer Al-Awlaqi, selon l’ancien chef de cabinet de la Maison Blanche William Daley, cité par le Times, qui a ajouté que certains responsables s’étaient montrés sceptiques sur l’efficacité de cette « kill list ».

« Un homme est tué et son chauffeur, qui était numéro 21, devient numéro 20 ? écrit le Times en citant William Daley. À un moment donné, il ne s’agit que de faire du remplissage avec des chiffres. » Le journal a également rapporté un débat interne sur la méthode controversée de l’administration pour compter les victimes, selon laquelle tout homme en âge de combattre localisé dans un certain rayon d’un suspect est considéré comme un insurgé.

Presse terroriste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 29 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] Obama travaille

Hourra pour Trappes !

Un cocktail Molotov a été lancé hier soir sur une voiture de policiers effectuant une patrouille à Trappes (Yvelines), sans faire de blessé. Le capot du véhicule s’est embrasé, le conducteur a alors accéléré pour se mettre à l’abri et éviter un second jet de projectile.

Après avoir éteint le feu et appelé du renfort, les forces de l’ordre se sont dirigées vers l’endroit d’où le projectile avait été lancé. Au pied d’un immeuble, les policiers ont interpellé un homme de 25 ans, qui s’opposait à leur présence et qui avait tenté de leur subtiliser une bombe lacrymogène.

À l’issue de l’interpellation, les policiers ont fait usage d’une grenade pour disperser un groupe d’une dizaine de personnes « hostiles », qui se rapprochaient d’eux et les insultaient, selon la source.

Publié par des amis de la police (Agence Faut Payer, 30 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Hourra pour Trappes !

« Où sont les gens du voyage à Nantes ? »

Quand on fait de la belle culture et du beau tourisme, on se tait !

Le mur d’expression du spot « Vincent Gâche » bien connu des graffeurs et amateurs de fresques urbaines était encore hier le support d’un joli pied de nez au grand barnum nantais du tourisme-culturel « le voyage à Nantes ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338408012.jpg

Ce mardi 29 mai au matin, les employés de la communauté urbaine recouvraient d’un joli gris le message sans doute un peu trop engagé et surtout très politiquement incorrect pour l’image de notre belle cité des Ducs. Ici quand on fait de la belle culture et du beau tourisme, on se tait. Merci !

Indymedia Nantes, 30 mai 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Les révoltes des migrants | Marqué avec , | Commentaires fermés sur « Où sont les gens du voyage à Nantes ? »

[Limoux] A voté !

Limoux. L’affiche de la permanence d’Emmanuel Bresson a été vandalisée lundi soir

Dans la troisième circonscription de l’Aude et plus spécialement à Limoux, les élections législatives tournent, non pas à la guerre des boutons, mais à la guerre des affiches. Après la dénonciation par Jean-Paul Dupré d’un affichage illégal de son adversaire UMP (voir notre édition du 21 mai). Cette fois-ci, c’est la grande affiche plastifiée couvrant la façade de la permanence d’Emmanuel Bresson qui est au cœur de la polémique.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338407214.jpg

Dans la soirée de lundi, entre 20h30 et 23h15, cette dernière a été vandalisée. Cinq œufs vidés puis remplis de peinture à l’huile ont été lancés sur le portrait du candidat aux législatives, endommageant au passage deux véhicules qui stationnaient en contrebas.

L’appel aux caméras

Mardi après-midi, Isabelle Perigault, la directrice de campagne, a porté plainte auprès de la gendarmerie pour « dégradation volontaire du bien d’autrui ». Une enquête a donc été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire de vandalisme et les gendarmes se sont rendus sur place pour prendre des photos. Placée au niveau du rond-point de Chalabre, juste à côté de la permanence du candidat UMP, la caméra de vidéosurveillance pourrait apporter des éléments de réponses. Mais rien ne dit qu’elle est orientée du bon côté.

Leur presse (LIndependant.fr, 30 mai 2012)


Limoux. Emmanuel Bresson : « Une agression contre la démocratie »

La nuit dernière l’affiche de la permanence du candidat UMP aux législatives a été maculée de peinture, il est temps que les campagnes s’achèvent, les esprits s’échauffent.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338407153.jpgEmmanuel Bresson s’insurge et demande que les bandes vidéo soient remises à la gendarmerie : « Un nouveau pas a été franchi cette nuit dans l’intolérance et le sectarisme. Des projectiles contenant de la peinture ont été projetés sur notre affiche entachant au passage les véhicules stationnés dessous. Cette affiche réglementaire ne pouvait pas être enlevée par nos adversaires et nous constatons que les discours violents de ces derniers jours ont réussi à susciter la haine et ces actes graves. Après plusieurs articles où M. Dupré me fait tenir des propos grotesques envers les socialistes, je le redis, jamais je ne les ai traités de nuls ou de scribouillards et il n’en est fait nulle mention dans l’article du 20 décembre que M. Dupré a pointé du doigt. Les mensonges et calomnies mènent toujours à des débordements tels celui que nous subissons aujourd’hui. Et ce ne sont pas quelques souillures sur une affiche qui me feront taire ! Notre permanence est située en face de la videoprotection. Nous espérons que les services de la mairie de Limoux remettront les bandes vidéos à la gendarmerie afin qu’elle puisse mener son enquête et qu’elle protège tous les concitoyens de ces malveillances nuisibles à la démocratie. »

Leur presse (LaDepeche.fr, 30 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Limoux] A voté !

[Goussainville] Comment accommoder le député

Le député Yanick Paternotte agressé à Goussainville

Yanick Paternotte, le député UMP de la 9e circonscription (Gonesse, Goussainville, Luzarches) du Val d’Oise, candidat à sa succession pour les législatives de juin prochain, a été victime d’une agression mercredi après-midi lors d’un déplacement dans le cadre de sa campagne à Goussainville. Le député-maire de Sannois a été pris à partie par une dizaine de jeunes qui se trouvaient devant une pharmacie dans le quartier populaire des Grandes Bornes.

Ces derniers l’auraient insultés, le traitant de « sale nazi » avant d’ajouter « de toute façon on va voter pour le PS ». Le candidat a ensuite repris son chemin. Lorsqu’il a regagné son véhicule, un bon quart d’heure plus tard, il a constaté que ce dernier avait été fracturé. La vitre avant droite avait volé en éclats. Des effets personnels auraient été dérobés. Yanick Paternotte a appelé police-secours avant de se rendre au commissariat de Gonesse où il a déposé plainte.

Leur presse (LeParisien.fr, 30 mai 2012)


Goussainville : un député UMP agressé

Yanick Paternotte, élu du Val-d’Oise, a été pris à partie par une dizaine de jeunes mercredi après-midi, lors d’un déplacement.

Le député UMP du Val-d’Oise Yanick Paternotte, candidat à sa réélection pour les législatives dans la 9e circonscription, a été agressé mercredi après-midi, lors d’un déplacement à Goussainville, a-t-on appris auprès de son équipe de campagne et de source judiciaire. Le député-maire de Sannois a été pris à partie par une dizaine de jeunes mercredi après-midi, alors qu’il se rendait à la rencontre de commerçants du quartier des Grandes Bornes, a précisé son équipe de campagne dans un communiqué.

Ce communiqué ajoute qu’il a été traité de “sale nazi” et a retrouvé “son véhicule fracturé et des effets personnels et de campagne dérobés”. Il assure en outre que les agresseurs se sont prévalus “du parti socialiste et de François Hollande”, tout en “exhibant leur carte du PS”. Une source judiciaire a confirmé qu’une agression et un “vol” dans un véhicule avaient eu lieu, mais n’a pas été en mesure de confirmer le nombre d’agresseurs présents, ni le fait que ces derniers se soient revendiqués comme militants du PS.

Interrogé sur ces allégations, le secrétaire départemental du PS dans le Val-d’Oise a regretté que Yanick Paternotte “porte des accusations sans éléments matériels” sur l’identité des agresseurs. “Que la police fasse son enquête et que ceux qui ont fait cela soient interpellés. Ensuite, on verra”, a-t-il dit.

Leur presse (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 30 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Goussainville] Comment accommoder le député

[Terrorisme pâtissier] « Avec ce geste, on veut créer une violence morale, une humiliation »

Rhône. 400 euros d’amende pour l’entarteur de Jean-Pierre Raffarin

Le tribunal a tranché : une tarte à la crème ne peut être considérée comme une arme. En revanche, la jeter sur quelqu’un reste un acte de violence, qui vient de coûter 400 euros à un étudiant lyonnais.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338403810.jpg

Romain l’entarteur, ici au centre avec l’affiche, fait partie du mouvement « Al Qaïtarte » qui compte une quinzaine d’« activistes subversifs pâtissiers ».

Le tribunal correctionnel de Lyon examinait aujourd’hui l’affaire de l’entarteur de Jean-Pierre Raffarin. Les faits initialement retenus étaient « violence avec arme » mais ont été requalifiés en « violence avec préméditation ». Le procureur avait requis 2 mois de prison avec sursis. Le tribunal a finalement condamné ce mercredi l’entarteur à 400 euros d’amende.

Les faits remontaient à 24 février 2012. Romain, un étudiant lyonnais de 24 ans, avait « entarté » l’ancien Premier ministre, de passage dans le Rhône. Le jeune homme avait dit alors faire partie d’un collectif anarchiste à tendance surréaliste, qui revendique plusieurs actions similaires contre des hommes politiques.

Presse terroriste (LeProgres.fr, 30 mai 2012)


400 euros pour avoir entarté Jean-Pierre Raffarin

Un étudiant était poursuivi pour « violence avec préméditation » pour avoir jeté une assiette de chantilly à la figure de l’ancien Premier ministre.

C’était le 24 février dernier. Pendant quarante minutes Romain C…, 24 ans, étudiant en anthropologie à Lyon 2, a attendu Jean-Pierre Raffarin devant la librairie Decitre de la place Bellecour pour lui jeter à la figure une assiette remplie de crème chantilly. Bon joueur, l’ancien Premier ministre n’a pas porté plainte, mais le parquet a poursuivi le jeune homme pour « violence avec arme ». Refusant le plaider-coupable et l’assimilation de la crème fraîche à une arme, Romain a donc comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « violence avec préméditation », cette fois.

Tendu et timide, l’étudiant est venu revendiquer son acte à la barre. « Entarter quelqu’un, ce n’est pas l’humilier, c’est une façon de s’inscrire dans le spectacle politique, c’est un acte humoristique, c’est un acte politique qui tend à désacraliser le pouvoir, c’est un acte artistique aussi », a-t-il plaidé.

« Même pas taché »

L’étudiant s’est identifié à l’époque romaine, « où un esclave était toujours posté près du général triomphant pour lui rappeler qu’il n’est qu’un homme ». Le procureur n’a pas goûté à l’humour estudiantin et a demandé une peine de deux mois de prison avec sursis contre Romain C… « Avec ce geste, on veut créer une violence morale, une humiliation. Si c’est un acte politique, c’est assez navrant. Si c’est un acte humoristique, à 12 ans d’accord, à 24 ans, c’est pathétique. »

Pour sa défense, Me Sylvain Cormier a avancé que la garde à vue et la poursuite étaient déjà en soi « une sanction terrible et angoissante ». Et qu’une inscription à son casier judiciaire risquait d’entacher son avenir. « Le costume de Jean-Pierre Raffarin n’a même pas été taché ! » a-t-il plaidé.

Presse terroriste (Catherine Lagrange, LePoint.fr, 30 mai 2012)


L’« entarteur » lyonnais de Raffarin condamné à une amende de 400 euros

Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné mercredi le jeune « entarteur » de l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin à une amende de 400 euros pour « violences avec préméditation », alors que le parquet avait requis une peine de deux mois de prison avec sursis.

Lors de l’audience mercredi après-midi, Romain, étudiant en anthropologie de 24 ans, a expliqué ne pas avoir eu « l’intention de faire mal ou d’humilier » M. Raffarin, en lançant sur lui le 24 février dernier une assiette en carton remplie de crème chantilly au côté d’un camarade qui avait pris la fuite.

« C’était un acte humoristique, non violent et artistique, (…) un acte symbolique de désacralisation du pouvoir », a-t-il déclaré à la barre, assurant qu’il ne recommencerait « pas pour l’instant » au vu des poursuites.

Le procureur a pour sa part trouvé « l’acte politique assez navrant », « l’acte humoristique pathétique » et affirmé ne pas saisir sa portée artistique, requérant cette « peine d’avertissement » avec du sursis pour ces « violences morales ».

Il a aussi demandé la requalification du chef de poursuite initial, « violences avec arme », qui était vivement contesté par l’avocat de l’« entarteur », en « violences volontaires sans incapacité avec préméditation », ce qui a été retenu par le juge.

M. Raffarin n’avait pas été blessé et n’avait pas porté plainte.

Pour la défense du prévenu, Me Sylvain Cormier s’est élevé contre « ces réquisitions absolument disproportionnées », relevant selon lui d’un « droit pénal VIP » pour cette personnalité et d’un « zèle absolument déplacé ».

Il a aussi contesté toute violence, « qualification traumatisante pour quelqu’un de pacifiste ». En cas de condamnation, « vous allez transformer la vie civile en paranoïa complète », a-t-il prévenu, en plaidant la relaxe.

Après le jugement, l’avocat a estimé devant la presse qu’« une condamnation pénale, même à une amende, (lui) paraît trop sévère », tandis que le jeune Romain s’est dit « plutôt content ».

Parquet et prévenu ont dix jours pour faire appel.

Le « serial entarteur » belge Noël Godin, dont le Lyonnais se dit un disciple, avait été condamné en 2003 à Paris à 800 euros d’amende et un euro de dommages et intérêts pour avoir jeté une tarte à la crème sur l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, qui avait subi une douleur à l’œil durant trois semaines.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 30 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur [Terrorisme pâtissier] « Avec ce geste, on veut créer une violence morale, une humiliation »

[Police partout] Grand bouleversement au sommet de l’État : le portrait officiel de Big Brother a changé de moustache

Le renseignement français doit pouvoir être contrôlé

(…) Bernard Squarcini (…) a finalement été limogé, mercredi 30 mai (…)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338393953.jpgEn créant la DCRI, Nicolas Sarkozy avait lancé un « machin » emballé et vendu comme un contrepoids : la délégation parlementaire au renseignement, confiée à quelques élus estimés pour leur discrétion. Une délégation comme une coquille vide, et vidée de tout moyen, dont la mission laisse pantois le chaland-citoyen : « suivre l’activité générale et les moyens des services spécialisés » en s’assurant qu’aucune information qui lui soit transmise puisse « porter ni sur les activités opérationnelles de ces services, [ni] les instructions données par les pouvoirs publics, [ni] le financement de ces activités ». Dans la foulée de l’affaire Merah, l’un des responsables de ladite délégation l’avait d’ailleurs reconnu devant les caméras, avec ce sourire qu’arborent les vendeurs qui n’ont plus rien en stock : « On n’est pas là pour fliquer les services. »

Or c’est bien le problème. En matière de renseignement, la République n’a pas oublié secrets d’État, droit divin et autres lettres de cachet (avec les fiascos que l’on connaît en matière de lutte antiterroriste, de Tarnac à Montauban-Toulouse) : il n’y a rien pour contrôler les services. Rien pour surveiller les surveillants. Rien pour savoir, avec précision, où va le 1,2 milliard d’euros annuels alloués à la DCRI, la Direction générale de la sécurité extérieure, la Direction de la protection et de la sécurité de la défense, la Direction du renseignement militaire, et autres succursales. Rien pour débattre de la notion même de « secret défense » brandie comme un « circulez, il n’y a rien à voir ». Rien pour discuter infiltrations, fonds secrets, écoutes téléphoniques, fadettes, dont l’usage exponentiel démontre la (dé) mesure. Prenons Merah : un fou de Dieu, un infiltré, une taupe ?

Il est hélas probable que rien ne change. D’abord parce que la gauche au pouvoir n’a jamais été en reste, question braderies sur les principes (Irlandais de Vincennes, Renseignements généraux longtemps renforcés, etc.) et qu’elle a remisé, depuis belle lurette, ce qui faisait son cœur de cible : la défense des libertés individuelles et collectives. De plus près, ce n’est guère mieux : récemment, un des think tanks du Parti socialiste a préconisé qu’on ne touche surtout pas à la vitrine DCRI ; le magasin doit rester ouvert, et avec les mêmes pratiques, tout juste pourrait-on jouer sur les horaires et corriger les marges.

Quant au candidat Hollande, son programme était beau comme une fin de déballage marchand, quand ne restent que les miettes. Il se limitait à « engager une vaste réflexion » sur le renseignement en France. Il suffit de relire le dépliant pour comprendre. Réflexion. Engager. Vaste. Ça sent la fin de série.

Et dire qu’en octobre 2011 une instance avait pourtant ouvert la voie. Elle disait que « le contrôle judiciaire et parlementaire revêt une importance cruciale pour l’État de droit et la démocratie. Cela s’applique aussi, et surtout, aux services dits spéciaux dont les activités sont généralement tenues secrètes. Les services de renseignements et de sécurité de l’État (…) ne doivent pas être dispensés de rendre compte de leurs actes, sous peine de voir émerger une culture d’impunité néfaste qui minerait le fondement même des institutions démocratiques ». C’était dans une petite échoppe de rien du tout : l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, résolution 1838. Il serait bon d’y aller faire un tour.

Presse aux ordres des Services (« David Dufresne, journaliste », LeMonde.fr, 30 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Un commentaire

Freiburg (Allemagne) : Graffiti en solidarité avec des compagnons inculpés

Des graffitis ont été inscrits près de la station Pressehaus, dans la ville de Freiburg-im-Breisgau, en solidarité avec des compagnons et compagnes poursuivis et/ou emprisonnés, en France, au Danemark et partout dans le monde.

Les murs de la station sont désormais décorés, notamment avec le slogan suivant : “Solidarité avec Isa, Juan, Damien, Ivan, Fari[d], Bruno et les cinq camarades de Copenhague ! Notre combat n’est pas du terrorisme ! Luttons contre les lois ! (A)”.

Nos pensées vont entièrement vers nos amis qui font face à un procès sous des accusations de terrorisme. Malgré la criminalisation croissante contre le mouvement anarchiste, la volonté de changement reste sans limites. De la rage contre la domination et de l’amour pour la liberté, voilà les motivations des luttes passées, présentes et à venir.

Pour la liberté et pour l’anarchie,
à bas la hiérarchie !

Traduit de l’allemand (Linksunten) par Contra Info, 22 mai 2012

Publié dans Graffitis divers, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Freiburg (Allemagne) : Graffiti en solidarité avec des compagnons inculpés

Occupation d’une maison vide à Saint-Imier (Jura bernois)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Le collectif Sans-Sous Cie occupe depuis le 23 mai l’immeuble de l’ancien cinéma Lux en face de la gare, Rue Sans-Soucis 3 à St-Imier BE.

Nous sommes un collectif d’une dizaine de personnes en quête d’un lieu pour habiter et réaliser divers projets collectifs (cinéma, bouffe populaire, magasin gratuit, ateliers divers, et plein d’autres choses encore…).

Le bâtiment que nous occupons est inhabité et inexploité depuis une dizaine d’années. Aucun projet ne semble y être en cours malgré son récent rachat.

Nous sommes décidés à faire revivre ses murs ! Cet immeuble est important dans l’histoire du village car entre ses murs dort l’ancien cinéma fermé depuis 1980

Le proprio a été contacté et nous lui avons proposé un contrat de prêt à usage… à suivre… En attendant, de gros travaux d’aménagement et de rénovation s’annoncent… Mais n’hésitez pas à passer nous voir ; Venez boire un verre, visiter le cinéma ; Si le cœur vous en dit, amenez de la peinture, du bois ou venez sans rien, de toute manière, on se réjouit de vous accueillir !

Nous saluons toutes les occupations de ces derniers temps…

Collectif Sans-Sous Cie  

Indymedia Suisse romande, 29 mai 2012

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Occupation d’une maison vide à Saint-Imier (Jura bernois)

[Partout] Vive la belle !

Évasions en série dans les prisons françaises

Un détenu du centre pénitentiaire de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), hospitalisé mardi après une dispute, s’est évadé dans la nuit et demeure introuvable depuis.

Ce Marseillais condamné pour violences volontaires avec arme et libérable dans trois semaines, a été blessé au thorax par arme blanche mardi après-midi.

Transféré au centre hospitalier de Salon, il a été placé dans une chambre au rez-de-chaussée sous garde policière. Entravé au lit par une cheville, il est néanmoins parvenu à s’enfuir de l’établissement par la fenêtre de sa chambre, dans la nuit vers 1 heure 30, et reste introuvable depuis, malgré la mise en place d’un important dispositif de recherches avec des chiens pisteurs.

D’autres évasions se sont produites ces derniers jours dans les établissements pénitentiaires français.

À Sarreguemines (Moselle), mardi, un détenu de la maison d’arrêt s’est évadé lors d’une extraction pour raison médicale, aidé par trois complices armés qui ont tiré à plusieurs reprises sans faire de blessé. « Vers 15H20, trois individus encagoulés ont interpellé le véhicule des deux surveillants pénitentiaires qui escortaient le détenu, en utilisant un fusil à pompe. Ils ont tiré à plusieurs reprises sur le véhicule, qui a été endommagé », a indiqué la responsable régionale du syndicat pénitentiaire FO, Fadila Doukhi.

La scène s’est déroulée en centre-ville, alors que le détenu, âgé de 42 ans, sortait d’un rendez-vous chez un dermatologue. L’escorte pénitentiaire n’était pas armée, conformément au règlement car le détenu n’était pas considéré comme dangereux. Une voiture, immatriculée en Allemagne, attendait le trio dans une rue adjacente, selon Le Républicain lorrain. Selon le quotidien, le détenu, qui était toujours en fuite mercredi, avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement pour escroquerie en bande organisée, et était en attente de transfert vers un établissement dédié aux longues peines.

Il s’agit de la deuxième évasion spectaculaire en Lorraine en moins de trois semaines. À Thionville, le 10 mai, un homme de 28 ans mis en examen pour trafic de stupéfiants s’était évadé lors de son transfert pour le centre de détention d’Épinal (Vosges). Lors d’une pause sur une aire de l’A31, le prisonnier, qui se plaignait de violentes nausées, avait réussi à traverser menotté l’autoroute avant de disparaître dans les fourrés.

À Roanne (Loire), lundi en fin d’après-midi, un détenu de 32 ans s’est évadé du centre de détention, profitant d’un parloir pour quitter la prison avec les familles. Le jeune homme, multirécidiviste et condamné pour vol, infraction à la législation sur les stupéfiants, séquestration et violences, devait rencontrer son frère au parloir vers 17 heures. Au terme de leur conversation, il s’est rangé du côté des visiteurs et a quitté les lieux sans être remarqué, avant qu’un surveillant ne s’interroge bien plus tard sur son absence. Ce détenu jusqu’alors « discret », arrivé en mars dernier, était libérable en juillet 2015.

C’est la première évasion dans ce centre inauguré en janvier 2009 par François Fillon, alors Premier ministre. La prison accueille 550 détenus dont une cinquantaine de femmes, purgeant des peines allant d’un an de détention à la réclusion à perpétuité.

À Nancy (Meurthe-et-Moselle), un détenu de 28 ans, natif de Besançon, s’était évadé le 23 mai dernier lors d’un transfert pour le tribunal où il devait être présenté à un juge. Il a été repris dimanche soir à Marseille, puis déféré lundi après-midi au parquet de Marseille par la brigade des recherches et mandats (BRM) afin d’être à nouveau écroué. C’est à la suite d’un renseignement anonyme que ce cambrioleur a été interpellé par les policiers dimanche soir à la descente d’un train à la gare Saint-Charles.

La semaine dernière, dans cette même gare, un homme de 27 ans, détenu à Mulhouse, avait échappé aux gendarmes l’escortant depuis l’Alsace pour le TGI de Marseille, où il devait être présenté à un juge des libertés et de la détention. Le fugitif, qui était menotté, court toujours.

Publié par des amis des matons (LeParisien.fr, 30 mai 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Partout] Vive la belle !

[Roanne] Vive la belle !

Loire. Il profite d’un parloir pour s’évader du centre de détention de Roanne

Un détenu de 32 ans, originaire du Lyonnais, s’est évadé lundi en fin d’après-midi du centre de détention de Roanne. Il a profité d’un parloir avec son frère pour quitter la prison dans la file des familles.

L’homme, multirécidiviste et condamné pour vol, infraction à la législation sur les stupéfiants, séquestration et violences, a rencontré son frère au parloir vers 17 heures. Au terme de leur conversation, il s’est rangé du côté de la file des visiteurs.

Arrivé en mars dernier au centre de détention et libérable en juillet 2015, le trentenaire « discret » a quitté les lieux sans être remarqué, avant qu’un surveillant ne s’interroge une heure plus tard sur son absence. Les surveillants présents lors du parloir ont été auditionnés ce mardi par les services de police.

C’est la première évasion dans ce centre inauguré en janvier 2009, et qui n’avait jusqu’alors connu que des « non-réintégrations » après des permissions de sortie accordées aux détenus. La prison accueille actuellement 550 détenus dont une cinquantaine de femmes, purgeant des peines allant d’un an de détention à la réclusion à perpétuité.

Publié par des amis des matons (LeProgres.fr, 29 mai 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Roanne] Vive la belle !

[Vive l’Azawad libre !] « Nous sommes en train de nous préparer à combattre Al Qaîda et le Mujao à la place du monde »

L’Azawad n’est pas encore mis à genoux
Les Touaregs résistent

Après deux jours de cauchemar, les nouvelles sont plutôt rassurantes du côté de l’Azawad. Peu importe ce qui s’est passé réellement le samedi 26 mai au soir, aujourd’hui on peut affirmer que le protocole d’accord annoncé entre le MNLA et Ansar-Dine est tombé à l’eau. Autant dire qu’il n’y a pas eu d’accord. L’AFP a trop vite fait confiance à ses informateurs d’Ansar-Dine qui négociaient avec le MNLA.

La radio « La Voix de la Russie » parle, quant à elle, de « dissensions entre les touareg et les islamistes ». En effet, selon cette radio russe « la fusion annoncée samedi entre le MNLA et Ançar Dine a éclaté ce lundi suite à des désaccords concernant l’application de la loi islamique ». C’est donc ce piège islamique qui aurait provoqué l’échec d’un accord que certains se sont empressés d’annoncer comme un fait. C’est notamment l’AFP qui a, dès dimanche 27 mai, annoncé l’accord entre les deux organisations antagonistes le présentant comme accord scellé autour de la mise en place d’un État islamique dans l’Azawad. Cette même agence française qui fait dans la propagande anti-touareg et pro-islamiste et malienne qui annonce dans une dépêche datée du mardi 29 mai que les négociations sont bloquées.

De son côté, le site Internet Afrik.com parle d’un « coup de théâtre ».

Selon Ibrahim Assaley, membre du MNLA qui a pris part aux négociations, les exigences du groupe islamiste sont dignes d’une organisation religieuse, ce que le MNLA ne pouvait accepter.

Iyad ag Ghali, touareg de Kidal, qui doit sa renommée dans la région à son implication dans la rébellion de 1990, aujourd’hui devenu l’ennemi redoutable du pays touareg, est instrumentalisé par diverses forces hostiles au pays touareg. Si pour certains observateurs, Iyad Ghali « roule » pour les algériens qui le financent ce qui explique ses accointances avec l’Aqmi, l’autre instrument d’Alger, d’autres observateurs diront qu’il est plutôt l’instrument de l’axe Qatar-Arabie Saoudite-France. En effet, il faut rappeler qu’Iyad ag Ghali a fait un séjour en Arabie Saoudite en tant que consul du Mali. Aussi, les liens d’Iyad ag Ghali avec Kadhafi sont connus sur la place publique.

Afrik.com rapporte que Iyad ag Ghali aurait dit qu’ « il n’est pas question de céder aux réclamations des Touaregs ». Il veut ainsi imposer au MNLA l’agenda dont il a été chargé d’appliquer dans l’Azawad. Autrement dit, le mettre à genoux.

Si aujourd’hui on se réjouit de l’échec annoncé de la tentative de négociation entre le MNLA et Ansar Dine, l’on est en droit de se poser des questions sur les raisons qui ont conduit le MNLA à s’aventurer dans cette voie suicidaire pour l’Azawad. Si l’on peut juger légitime et responsable que le MNLA ait le souci d’éviter une guerre fratricide entre Touaregs, l’association avec Ansar Dine ne peut, tôt ou tard, que conduire vers cette guerre, car Ansar Dine a été créé pour saboter le projet du MNLA visant la libération de l’Azawad.

Reste à espérer que cette rupture de négociations entre le MNLA et Ansar Dine mettra fin à toute relation entre les deux mouvements et que le MNLA reprenne son combat initial, le seul qui soit dans l’intérêt de l’Azawad. Et que les intérêts des Touaregs, leur culture, leurs identité et langue soient le fil conducteur du combat du MNLA qui est en voie de rendre leur dignité non seulement aux Touaregs mais à l’ensemble des Imazighen. Une dignité bafouée par divers États coloniaux qui devront tous, un jour ou l’autre, tomber pour qu’Imazighen accèdent enfin à leur souveraineté. N’en déplaise même à la toute puissante France qui reste, disons-le, le responsable principal du drame que vivent les Berbères aujourd’hui et de l’humiliation que leur impose l’idéologie arabo-islamique.

Masin Ferkal – Tamazgha le site berbériste, 30 mai 2012


Bekkay AG Ahmed. Président du bureau d’information du MNLA
« La république islamique de l’Azawad n’est pas un émirat des talibans »

Quarante-huit heures après son annonce, l’accord entre le MNLA et Ançar Eddine est remis en cause. Qu’en est-il au juste ?

Toutes les informations faisant état de l’échec de cet accord sont fausses. L’accord en question a été bel et bien signé le 26 mai dernier par l’ensemble des notabilités et des personnalités du MNLA et d’Ançar Eddine. C’est le communiqué qui devait sanctionner cet accord qui a été mal compris. Certaines personnalités ont estimé que les points contenus dans ce communiqué étaient trop importants pour être discutés par la commission qui l’a préparé. Iyad Ag Ghaly (chef d’Ançar Eddine, ndlr) a été absent, il a été dépêché pour expliquer la portée de ce document. Il semble que ceux qui rejettent ce projet appréhendent la notion « islamique » ajoutée à la République de l’Azawad.

Dans son premier communiqué, le MNLA a présenté son combat sous le signe de la laïcité. N’est-ce pas là une remise en cause de ce principe ?

Lors des discussions avec les notabilités et les cadres des deux organisations, l’écrasante majorité était présente ; elle a rejeté la laïcité et lui préférait « république islamique » tout simplement parce que notre société est musulmane et, de ce fait, nous n’avons aucun problème avec notre religion qui prône la tolérance et l’ouverture sur le monde. Nous refusons catégoriquement les visions extrémistes et intégristes et nous avons insisté pour qu’Ançar Eddine expurge de ses rangs les éléments d’Al Qaîda. Il est important que le monde sache que nous ne voulons pas instaurer une « khilafat » ou une « imarat » à la taliban, tel que rapporté ici et là. Nous respecterons les droits des uns et des autres et garantirons les libertés individuelles et collectives.

Que comporte l’accord entre le MNLA et Ançar Eddine ?

Il y a plusieurs conditions imposées à Ançar Eddine, et qui ont été acceptées. Les plus importantes sont qu’il reconnaisse l’indépendance de l’Azawad et qu’il coupe définitivement toute relation directe ou indirecte avec les groupes d’Al Qaîda, du Mujao ou autres organisations « djihadistes ». Il doit également se débarrasser de tout élément impliqué dans des affaires de terrorisme. Il a accepté, mais en contrepartie de l’instauration d’une république islamique, dont les lois seront inspirées de la charia. La réunion se poursuit jusqu’à aujourd’hui (hier) et l’accord final devra tomber tard dans la soirée ou demain.

Pensez-vous qu’Ançar Eddine, qui a dans ses rangs des éléments d’Al Qaîda, puisse accepter une telle option ?

Ançar Eddine a accepté cette condition qui est contenue dans l’accord. Celle-ci l’oblige à expurger de son organisation tous les éléments extrémistes recherchés par des pays pour leur implication dans le terrorisme, mais également ceux qui se reconnaissent de l’idéologie extrémiste. De ce fait, nous avons convenu d’une dissolution du MNLA et d’Ançar Eddine pour fusionner à l’intérieur de la nouvelle « république islamique de l’Azawad », où Ançar Eddine pourra se constituer en parti islamiste, comme cela existe dans tous les pays musulmans, à commencer par l’Algérie.

A-t-il accepté de combattre ceux qui l’ont aidé dans la libération des villes de Gao et de Tombouctou ?

Il est important de noter qu’en acceptant de se dissoudre pour créer un parti islamiste, c’est qu’il a accepté le principe de l’activité politique. Mieux, lors de la réunion des sages de l’Azawad, les 25 et 26 avril à Gao, tout le monde était d’accord sur le fait que la présence d’Al Qaîda et du Mujao  sur le territoire de l’Azawad constituait un danger. Les notabilités leur ont lancé un appel, exigeant d’eux de déposer les armes et de quitter le pays. Nous sommes en train de nous préparer à les combattre à la place du monde.

Une réunion s’est tenue durant deux jours à Tombouctou, regroupant le Mujao et Al Qaîda, pour l’unification des rangs dans l’objectif de peser sur la stratégie du MNLA et d’Ançar Eddine. Est-ce vrai ?

Nous avons entendu parler de cette réunion qui aurait regroupé ces groupes terroristes. Ce que nous savons, c’est qu’ils ne se sont pas entendus et ne risquent pas de trouver un accord. Le Mujao a bien été créé après une dissidence avec AQMI. Ils veulent intégrer les rangs d’Ançar Eddine. Nous leur avons répondu qu’ils doivent d’abord libérer tous les otages qu’ils détiennent, notamment les 7 membres de la représentation consulaire algérienne de Gao mais également les autres captifs enlevés au Sahara occidental, déposer les armes, remettre aux pays les personnes recherchées pour leur implication dans le terrorisme et, après, nous discuterons de leur intégration ou non. S’ils refusent, ils doivent quitter les villes et aller, s’ils le veulent, dans un premier temps, vers les montagnes, en attendant leur départ définitif du territoire.

Il y a eu l’annonce d’un conseil provisoire de transition, mais également d’un comité de 40 membres. Peut-on avoir plus de précisions ?

En fait, ce comité de 40 membres a été installé avec pour mission de choisir les personnes parmi Ançar Eddine et le MNLA pour être les futurs ministres du gouvernement de transition. Ce dernier sera formé dès la publication du communiqué final portant accord entre le MNLA et Ançar Eddine. Ce gouvernement sera composé de cadres et de personnalités des deux entités, qu’ils soient à l’étranger ou à l’intérieur du pays.

N’avez-vous pas peur que cet accord puisse être entaché d’illégitimité, sachant que des cadres du MNLA le rejettent publiquement ?

Les personnalités présentes à la réunion des 25 et 26 mai étaient au début réticentes, mais ont fini par accepter la réalité. Nous combattrons l’extrémisme religieux que nous a légué le régime de Bamako par un islam tolérant et moderne. L’islam de nos ancêtres. Nous devons défendre notre religion de l’intégrisme.

Nous gardons l’espoir que les mentalités des contestataires soient plus ouvertes. Ceux qui contestent l’accord ne savent pas que les personnalités que compte Ançar Eddine ne sont pas des extrémistes. Elles ne veulent pas rester uniquement dans le domaine religieux, parce que conscientes qu’elles vivent dans un pays musulman. Elles ont pour objectif de créer des partis politiques islamistes pour participer à la construction du pays. Nous voulons que le monde comprenne que la « république islamique de l’Azawad » n’est pas un émirat des talibans.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Salima Tlemçani, ElWatan.com, 30 mai 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Vive l’Azawad libre !] « Nous sommes en train de nous préparer à combattre Al Qaîda et le Mujao à la place du monde »

[Instructions aux domestiques] « Ceci, je voudrais que vous le fissiez par principe de conscience, car le café est très malsain… »

Indonésie. Elle verse du sang menstruel dans un café destiné à son patron

La jeune indonésienne a agi sur les conseils d’une amie, selon qui la recette était censée rendre les personnes âgées plus aimables.

Un tribunal de Singapour a condamné mardi 29 mai à un mois de prison une domestique qui a reconnu avoir versé de son sang menstruel dans le café qu’elle servait à son patron.

Jumiah, 24 ans, qui ne porte qu’un seul nom comme beaucoup d’Indonésiennes, en avait assez des exigences répétées de la mère de son employeur. Après s’en être confié à une amie, celle-ci lui conseille une recette qu’elle dit éprouvée : les personnes âgées deviennent plus aimables si elles boivent du sang menstruel.

Jumiah récolte alors le liquide dans une bouteille de plastique mais décide plutôt de tenter l’expérience sur son patron, dans l’espoir qu’il soit plus enclin à écouter ses plaintes, a-t-on expliqué lors du procès.

Comme tous les matins, l’homme a bu son café et s’est rendu à son bureau sans s’apercevoir de rien. La mère a cependant confondu l’aide ménagère, après avoir retrouvé la bouteille au contenu surprenant.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338336155.jpg

« Les domestiques sont en mesure de faire beaucoup de mal à leur patron en raison de la confiance qu’on leur accorde », a regretté le juge John Ng en pronoçant le jugement.

Presse patronale (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 29 mai 2012)

Publié dans Luttes féministes | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Instructions aux domestiques] « Ceci, je voudrais que vous le fissiez par principe de conscience, car le café est très malsain… »

[« Antiterrorisme »] La méthode azerbaïdjanaise

Eurovision : un attentat déjoué

Les autorités azerbaïdjanaises ont affirmé aujourd’hui avoir déjoué une attaque terroriste pendant le récent concours de l’Eurovision et arrêté 40 personnes, selon le ministère de la Sécurité nationale.

« L’objectif principal du groupe terroriste était de commettre un acte terroriste à Bakou pendant l’Eurovision », a annoncé le ministère dans un communiqué. « Quarante membres du groupe ont été arrêtés », selon la même source.

« Le groupe envisageait une attaque dans la salle de concert où était organisé le concours ainsi que d’autres attentats contre le président Ilham Aliev, des postes de police, des hôtels où étaient hébergés des étrangers ainsi que contre des lieux de culte », a assuré le ministère.

Le crystal Hall de Bakou visé

Des membres du groupe « avaient des billets pour l’Eurovision afin de commettre un acte terroriste dans le Crystal Hall de Bakou », où s’est déroulée la compétition, a-t-il précisé.

Les services de sécurité ont arrêté les membres présumés du groupe au cours d’opérations séparées à Bakou, dans les villes de Ganja et Soumgaït ainsi que dans plusieurs régions du pays, a ajouté le ministère sans préciser la date des arrestations. Certains membres du groupe ont opposé résistance et ont été tués, a renchéri le ministère.

« Le ministère de la Sécurité nationale a choisi de ne pas révéler cette information pendant l’Eurovision pour ne pas créer un mouvement de panique parmi les citoyens et les invités étrangers », a expliqué le ministère.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 30 mai 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] La méthode azerbaïdjanaise

[Sarreguemines] Vive la belle !

Évasion d’un détenu en Lorraine

Un détenu de la maison d’arrêt de Sarreguemines (Moselle) s’est évadé hier lors d’une extraction pour raison médicale, aidé par trois complices armés qui ont tiré à plusieurs reprises sans faire de blessé, a-t-on appris aujourd’hui de source syndicale.

« Vers 15H20, trois individus encagoulés ont interpellé le véhicule des deux surveillants pénitentiaires qui escortaient le détenu, en utilisant un fusil à pompe. Ils ont tiré à plusieurs reprises sur le véhicule, qui a été endommagé », a indiqué dans un communiqué la responsable régionale du syndicat pénitentiaire FO, Fadila Doukhi.

La scène s’est déroulée au centre de Sarreguemines alors que le détenu, âgé de 42 ans, sortait d’un rendez-vous chez un dermatologue, selon Fadila Doukhi. L’escorte pénitentiaire n’était pas armée, conformément au règlement car le détenu n’était pas considéré comme dangereux.

Une voiture, immatriculée en Allemagne, attendait le trio dans une rue adjacente, selon le quotidien régional Le Républicain lorrain. Le détenu était toujours en fuite ce matin.

Selon le quotidien, il avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement pour escroquerie en bande organisée, et était en attente de transfert vers un établissement dédié aux longues peines.

Le syndicat FO Pénitentiaire a réclamé « les moyens humains et matériels nécessaires pour les missions d’extraction, qui ne doivent pas se faire en amateur », en appelant la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, à procéder à un « état des lieux ».

Publié par des amis des matons (Agence Faut Payer, 30 mai 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Sarreguemines] Vive la belle !

[Chambéry] Compte rendu et réflexions relatives au procès de Mike, R, J, et William

Dans la nuit du 30 avril au premier mai 2012, à Cognin, près de Chambéry, soufflé-e-s par l’explosion d’un engin explosif artisanal, Zoé mourait, presque sur le coup, tandis que Mike, grièvement blessé, parvenait à sortir de l’usine abandonnée dans laquelle ils se trouvaient.

La police et les secours débarquent vite sur les lieux, alertés par le voisinage. Mike et le corps de Zoé sont identifiés. La sous-division anti-terroriste (SDAT) est chargée de l’enquête. Quelques jours plus tard, trois perquisitions sont exécutées dans trois maisons squattées. Celle où vivait Zoé, un lieu d’habitation pour quatre personnes devant lequel restait en général garé le camion de Mike, ainsi que Les Pilos, lieu d’habitation et d’activités proche du centre-ville.

Mike est déjà placé en détention préventive au régime grand blessé à l’UHSI (Unité Hospitalière Sécuritaire Inter-régionale) de Lyon. Il y restera deux mois. Puis R, J, William, et N1N1 seront successivement interpellés, dans des conditions variées. Tous, à l’exception de William, passeront un moment en tôle. Respectivement un mois et demi, deux semaines, et trois mois. Tous seront ensuite placés sous contrôle judiciaire, sous un régime plus ou moins strict (assignations à résidence chez les parents, interdiction de se rencontrer, de sortir de tel et tel département ou de France, obligation de pointer chez les flics du coin toutes les semaines…).En 2011, la juge d’instruction de la SDAT se dessaisit du dossier. La fin de l’instruction est confiée au tribunal de Grande Instance de Chambéry, qui accepte la levée de tous les contrôles judiciaires, sauf celui de Mike.

Le procès a eu lieu le 25 mai 2012 au tribunal de grande instance de Chambéry.

Avant l’audience les keufs filtrent les entrées à la porte du TGI. Ils laissent passer une classe (40 élèves) de lycéens et  « leur » prof, des pignoufs qui viennent se faire assermenter, les inculpés et leurs familles [les keufs disent « les proches » mais, screugneugneu, c’est quoi être « proche », est-ce que partager les idées ne suffirait pas pour se sentir « proche » ?]… et refusent de laisser entrer les quelque 80 personnes venues en soutien. Ballet en plusieurs temps.

Dans un premier temps sept personnes sont autorisées à rentrer dans la salle (en plus des familles). Elles tentent de dégager professeur et élèves, en les prennant à partie les unes après les autres (« c’est pas un spectacle »), pour pouvoir faire rentrer plus de copains. La prof est indécrotable (elle a reservé il y a six mois) et les sept ressortent, tandis que Mike et Ripert se mettent d’accord pour quitter la salle et demander un report si jamais il n’y a pas la possibilité pour tous-te-s d’assister à l’audience. Dehors ça zone plus d’une demi-heure. Ça part mal pour les relations entre les différents avocats, entre Ripert qui s’oriente vers une demande de report et l’avocate de J et R qui leur conseille de rester à l’intérieur de la salle d’audience… Ce qu’ils font d’ailleurs, ainsi que William et son avocat. La prof s’en va pendant la suspension d’audience à midi. La classe aussi, ça fait de la place à l’intérieur.

Avant même que l’audience commence, on gueule des trucs contre la justice, le bon vieux « mur par mur, pierre par pierre, détruisons toutes les prisons », « flics, matons, assassins » (ou un plus frais « je vous chie dessus ») avant de se dire qu’on arrivera pas à faire rentrer plus de vingt personnes, et de se mettre d’accord pour faire des roulements entre l’intérieur et l’extérieur. À ce moment-là un journaliste de France 3 qui arrive se fait envoyer sur les roses (il est question de son taf de cloporte, oui oui). D’ailleurs, lui n’a pas trop de mal à rentrer dans le tribunal, en se faisant au passage traiter de charognard. (Idem dans les grandes lignes pour le Daubé un peu plus tard.)

Dehors, sur « l’esplanade raide comme la justice » il y a des banderoles. « on pourrait ne rien faire / laisser faire, si on n’aimait pas la liberté » / « solidarité avec les inculpés » / « la justice ne sert que le pouvoir, à bas l’État » / « ni fric, ni flics, ni prisons, ni nations, libération de toutes les oppressions » , et encore d’autres.

Également une bouffe, et tables de presses.

Une personne, Mike, comparaît pour transport, fabrication et utilisation d’engin explosif en vue de commettre dégradation ou destruction. Trois autres, J, R et William comparaissent pour destruction de preuves, ce qui constitue une entrave à la justice. Une cinquième personne (n1n1) aurait pu être poursuivie pour destruction de preuve, et n’a pas pu être convoqué pour des raisons techniques (en gros le chef d’inculpation correspondant n’existe pas dans la loi hongroise et n’a donc pas pu être utilisé pour l’extradition. Ce n’est pas possible de le poursuivre pour un chef d’inculpation différent de celui qui a été utilisé pour l’extradition).

Les inculpés ont tous fait de la détention provisoire sauf William, et ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant l’issue du procès. L’affaire a tout d’abord été instruite par la section anti-terroriste. L’enquête menée a conclu que rien ne venait confirmer l’hypothèse du terrorisme (ils ne parviennent pas à constituer l’association de malfaiteurs ni l’existence d’objectifs précis), et l’affaire a ensuite été instruite sous une juridiction « ordinaire ».

Durant la garde à vue, ceux que le juge appelle les trois « nettoyeurs » reconnaissent avoir détruit des brochures, écrits anarchistes. L’un d’eux, William, fait d’autres déclarations. Il parle d’un éventuel lien entre l’explosion et la tenue dans les jours suivant du G8 en Italie. Il rapporte aussi qu’un des quatre lui avait dit que Zoé lui avait dit qu’ils auraient enterré des trucs près de l’usine. Et que J et R reviennent du camion de Zoé en ramenant avec eux un bocal de confiture en verre transparent dans lequel il y a environ 500 grammes d’une substance dont ils supposent sur le moment qu’il peut s’agir de chlorate de soude. Lors d’une audition qui se déroule de nombreux mois après la GAV, devant la juge d’instruction de  la SDAT (en présence des trois autres inculpés), les autres inculpés ne comprennent pas très bien s’il maintient ou non ces déclarations. Elles sont de toute manière citées et/ou utilisées à charge par le juge et le procureur durant le procès.

Le procureur requiert un an de prison ferme pour Mike, et pour les trois autres, six mois avec sursis et une amende de 5000 euros chacun. Fait assez rare, la peine demandée par le procureur ne recouvre pas la durée de détention préventive que deux des nettoyeurs se sont fadée. Le rendu aura lieu le 15 juin.

Voilà maintenant un peu plus de précisions sur les plaidoieries et déclarations qui ont été faites au cours du procès, et quelques réflexions qui nous viennent.

Sur les liens…

Le juge se contente quasiment d’affirmer qu’ils appartiennent à la fameuse « mouvance anarco-libertaire » (pratique ça), tout en disant qu’ils ont parfaitement le droit d’avoir des idées contestataires (c’est un juge de Gôche). Il ressort des contrôles d’identité commun pour montrer les liens entre Zoé et deux des « nettoyeurs » en précisant que le jour de l’occupation du consulat du Danemark à Nantes on retrouve dans les personnes contrôlées, en plus de Zoé et J, D. qui a été poursuivie ensuite pour l’explosion du poste des douanes de Rennes en 2007. À vrai dire il n’est pas très précis sur les rapports entre les différents inculpés. Il demande à Mike quand il rencontre Zoé mais pas aux trois autres, il ne creuse pas le lien entre Mike et les autres inculpés, ni les liens entre les personnes accusées de destruction de preuves, tant au niveau humain qu’au niveau des idées. Comparativement au procès des « mauvaises intentions », à Paris mi-juin, on ne sent pas la volonté de définir plus précisemment les nuances dans les idées/pratiques des différents inculpés. Il affirme que les inculpés appartiennent tous à cette mouvance, ne leur pose pas de question sur leurs « engagements » politiques, (dans des partis, des association de type 1901, ou ou…). Il ne questionne pas le rapport à la violence des uns et des autres, ni même ce qu’il ont pensé des actions de solidarité qui ont eu lieu en Grèce. Le truc qu’il va poser précisemment, c’est les provenances des éléments qui participent à la construction de l’engin qui a explosé, en essayant au passage de faire dire à Mike que c’est lui qui s’était chargé d’acheter le chlorate de soude pour ensuite proposer l’expérience à Zoé… (sans succès)…

Sur les stratégies de défense des inculpés…

Les nuances dans le degré de coopération que les inculpés acceptent d’avoir avec la justice, qui ont été présentes tout le long de l’instruction (dans le fait de se présenter ou non de soi-même chez les keufs, d’accepter ou non de balancer des trucs sur ses co-inculpés en gav, de respecter ou non le contrôle judiciaire…) sont présentes aussi au procès. Par exemple dans le choix de répondre plus ou moins longuement aux questions du juge sur la dimension vie professionnelle, projets d’avenirs etc. (en clair est-ce que tu t’es inséré, rangé des bécanes depuis ?). Et le juge ne peut que remarquer la différence de coopération, entre la personne qui lui répond de manière minimale et fait à la fin du procès la lecture d’une déclaration qui met en avant un certain nombre d’idées, et celle qui détaille le déroulement des études de droit qu’il vient d’entreprendre…

Tous les avocats se sont appuyés sur le fait que si les investigations de la SDAT n’avaient pas permis d’établir l’existence d’une association de malfaiteurs ni le lien entre l’explosion et les idées portées par les unes et les autres (l’existence d’objectifs précis) c’est qu’il n’existait ni l’une ni l’autre. En gros on fait confiance aux spécialistes, en légitimant au passage le travail de la SDAT qui, c’est bien connu, fait la pluie et le beau temps en matière de terrorisme. Ce qui sous-entend au passage que quand la SDAT conserve les chefs d’inculpations en lien avec une entreprise terroriste, c’est valable. (L’avocat de William glisse dans sa plaidorie qu’au vu des stats de la SDAT leurs resultats sont pas géniaux et l’avocate de J et R se fout de leur gueule aussi au passage, mais rien de bien méchant.)

Mike est le seul à comparaître sous les chefs d’inculpation de transport, fabrication et utilisation d’engin explosif en vue de commettre dégradation ou destruction et il est défendu sur ces points par Ripert qui plaide coupable pour les chefs d’inculpations relatifs au transport, à la fabrication et à l’utilisation d’un engin explosif. Puisque les trois délits ont lieu au même moment, ça lui semble absurde de les décomposer. Pour Mike, Ripert plaide non coupable sur la dernière accusation qui introduit une intention (commettre des destruction/dégradations). Ripert revient aussi sur les déclarations de William en avançant que, quand bien même Mike et Zoé possédaient du sucre dans une boîte à sucre et du chlorate de soude dans un bocal de confiture, le fait de posséder ces éléments de façon séparée n’est pas un délit (pose aussi le fait que chlorate de soude, « détaupeurs », extincteurs sont en vente libre, c’est le fait de mélanger sucre et chlorate par exemple qui est délictueux). Ripert, avocat grenoblois, ancien mao connu pour ses plaidories de rupture, un certain goût pour le spectacle et sa difficulté à travailler avec d’autres avocats, commence sa plaidorie en renvoyant aux juges leur rôle de défenseurs des intérêts des bourges, ce qui fait toujours plaisir « Vous représentez le pouvoir politique répressif, votre seule mission est de protéger le pouvoir dont vous êtes représentants. » Il n’évite pas l’aspect dramatique, et rabâche un certain nombre de fois qu’il y a eu deux victimes et parle d’une « justice inhumaine » qui aurait passé deux ans à chercher des victimes qui n’existaient pas et à s’acharner sur les victimes réelles (c’est sûr, elles n’ont pas fini de faire mal à plein de personnes, la mort et l’absence de Zoé).

Le déroulement de sa plaidoirie est axé sur le fait que ce qui constitue le délit, c’est-à-dire la confection d’un engin explosif, tient entièrement dans la personnalité de Mike et de Zoé. Il répète plusieurs fois qu’« ils ne sont pas comme vous, ils ne sont pas comme nous », qu’ils avaient « décidé de confectionner une bombinette en amoureux », et « qu’ils voulaient faire peter la société dans leur tête, pas dans la réalité ». Il termine (on ne se refait pas) en les présentant comme des avant-gardistes, des précurseurs des combats de la période à venir, et de tous ces pauvres qui vont se révolter contre l’injustice, contre l’inégalité. Cette articulation complexe et à laquelle on peut opposer un certain nombre de critiques, a pour objectif de répondre à la question des intentions. Aux questions du juge sur le pourquoi, Mike répond qu’il s’agissait de « faire une expérience », et son avocat, tout en re-situant cette expérience dans le domaine du fantasme, met en avant leur « rage et les engagements » , en expliquant que dans ce monde basé sur les injustices, les  « pauvres » doivent bien avoir « envie de tout faire péter ».

J et R sont défendus ensemble par l’avocate qui les a suivi pendant les trois années. William est défendu seul par un autre avocat. Concernant les déclarations qu’il a faites, et qui chargent les co-accusés, il répétera plusieurs fois « j’ai menti ». Les deux avocats de J, R et William appuient leur argumentation sur le fait qu’il y a eu flagrant délit en ce qui concerne l’utilisation d’explosif car la police est arrivée rapidement sur les lieux. Par conséquent, la destruction des brochures ne peut pas faire obstacle à la découverte de la verité, et pour cette raison ils demandent la relaxe. Mais dans la suite de leur argumentation, ils en viennent parfois à parler de « coupable » en ce qui concerne le « délit principal », alors même que la culpabilité de Mike n’est pas établie en ce qui concerne une intentionnalité, ou pas, dans l’utilisation de l’explosif.

D’autre part, une partie de l’argumentation revient à dire que la destruction des brochures n’avait pas pour objectif d’entraver la justice, parce que sinon, plutot que des brochures, les nettoyeurs auraient pris… (suit une série d’objets qui ont été saisis par la police, et dont la présence est mentionnée dans les procès verbaux). Ce qui pourrait sous-entendre que ces objets cités auraient un caractère compromettant, et que dans une optique de chercher à innocenter leur détenteurs, il aurait fallu les faire disparaître… Cette argumentation amène des sous-entendus défavorables, dont on se serait bien passés.

Leurs deux plaidories se fondent plutôt sur des éléments juridiques (l’avocat de William commence par préciser qu’il « ne confond pas l’estrade/public d’un meeting avec le banc qu’il occupe »). L’avocate de J et R tente (quand même !) de poser des trucs qui puissent servir aux autres inculpés, en rajoutant dans sa plaidoirie qu’elle a vu dans le dossier le fameux schéma présenté par le procureur comme « schéma de fonctionnement d’une bombe » et qu’elle l’a interprêté comme un bête schéma électrique (d’accord elle y connait rien mais bon). Pour le coup sa plaidorie est plus citoyenne que celle de Ripert, puisqu’elle va chercher du côté de la liberté de pensée, tout ça tout ça… en plus de plaider la relaxe, l’avocat de William termine sa plaidorie par le fait que « condamner William reviendrait à écrire (dans son casier judiciaire?) “un soir de mai 2009 Zoé est morte et William dans les heures qui ont suivi porte une part de la responsabilité de cette mort” tout ça parce qu’un procureur est frustré qu’il n’ait pas réussi à constituer une association de malfaiteurs […] ». Ça veut dire quoi exactement ?

Il est fort probable que les auteurs de ces critiques soient renvoyés a une rigidité idéologique, et de fait il est admis pour un certain nombre de camarades, que face à un juge, l’important c’est de sauver sa peau. Certes. En les énonçant l’idée n’est pas de distinguer bonnes/mauvaises plaidories. Nous serions bien en peine de le faire, parce que si les avocats ont soulevé des points qui nous semblaient importants, on s’est de fait retrouvé en désaccord avec un certain nombre d’éléments de chaque plaidorie, soit que politiquement on était en désaccord avec les arguments utilisés, soit parce qu’ils pouvaient desservir d’autres inculpés, soit que ça utilisait des registres émotionnels dégueulasses.

C’est de cette complexité-là qu’il s’agit, même si, de fait, certaines critiques touchent à nos yeux des points plus fondamentaux que d’autres. Certaines critiques pourraient être dépassées, d’autres moins. Il s’agit de contribuer, pourquoi pas, à affiner des réflexions quant aux modalités/degrés d’exigence et d’attentes qu’on peut avoir vis-à-vis des plaidoiries des avocat-es avec lesquels « on » choisit parfois de préparer des procès. Dans une situation où les chefs d’inculpation des unes et des autres sont liés, où les plaidoiries se succèdent dans un temps réduit et dans un même espace, les modalités de défense des unes et des autres ont évidemment de l’incidence sur la décision du juge. Oui il y a de la conscience en jeu, et quand on décide de jouer sur certains arguments c’est important de prendre en compte ce que ça peut impliquer pour les autres inculpés. Même si au fil des expériences, on se rend bien compte que c’est pas toujours si facile de faire comprendre aux avocats qu’il y a des arguments qu’on n’a pas envie d’utiliser de façon générale (le fait qu’on n’est pas en récidive, qu’on est bien inséré, qu’on s’est laissé attraper bien gentiment) ou tout simplement des arguments qui pourraient nous permettre d’être mis hors de cause en enfonçant d’autres inculpés… Tout ça fait penser que, les avocats peuvent avoir des idées et connaissances techniques utiles, mais que la décision d’utiliser tel ou tel argument, et pourquoi, doit venir (et être assumée par) les personnes inculpées.

Pour finir, une des choses qui nous semblent marquantes, qui a traversé tout ce procès, et dont on aimerait pouvoir discuter plus souvent, c’est le rapport aux écrits « radicaux » , et la façon de les envisager comme « chauds », ou problématiques en soi. Question ou problématique qui va bien au delà des seules personnes inculpées vendredi pour destruction de preuves. On pense par exemple à la lutte contre le régime d’isolement spécial à l’intérieur des prisons espagnoles, le FIES (2000’s), dont un grand nombre de tracts/textes ont disparu quand une partie des compagnon-nes avaient des raisons de craindre des arrestations/perquisitions. On pense au refus de certains camarades ou connaissances de coller certaines affiches, de difuser certains textes qu’ils ou elles considèrent comme « sensibles ». et donc de « s’associer publiquement » aux idées qu’elles énoncent (et qu’ils disent partager) parce qu’elles afficheraient un refus sans concession de cet existant de merde.

Quelles marges de manœuvre reste-t-il si nous commençons à intégrer l’idée que posséder, diffuser des écrits qui reprennent les idées que nous partageons, est déjà trop dangereux ou répréhensible ?
Qu’est-ce que cela produit, en terme de différenciation et de dissociation, si ces pratiques se marginalisent, sous couvert de répression ?
Comment alors pouvons-nous faire vivre nos idées, les rendre accessibles, les partager, si elles restent secrètes ?

Indymedia Nantes, 29 mai 2012

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Chambéry] Compte rendu et réflexions relatives au procès de Mike, R, J, et William

[Haut-Jura] En attendant les foreuses…

Participation aux réunions pour les législatives, pour tous le collectif
À TOUS LES MEMBRES DU COLLECTIF DU HAUT-JURA  » NON AU FORAGE DES GAZ DE SCHISTES » ET SYMPATHISANTS

MADAME, MONSIEUR,

Afin de montrer aux différents candidats aux élections législatives la force de l’opposition aux forages nous vous invitons à participer nombreux aux réunions d’information publiques qui vont avoir lieu ces prochains jours.

Le collectif a par ailleurs interrogé les candidats pour qu’ils se prononcent sur ce problème et qu’ils fassent des propositions d’actions précises.

Nous vous invitons à poser des questions aux différents candidats.

Par ailleurs la Biennoise (association de pêcheurs), Jura nature environnement ainsi que d’autres associations de protection de l’environnement organisent une manifestation samedi prochain pour demander des actions concrètes pour lutter contre la pollution des rivières.

Nous vous invitons à participer à cette manifestation :

SAMEDI 2 JUIN 15H AU PONT DE JEURRE


RÉUNIONS PUBLIQUES POUR LES LÉGISLATIVES (LISTE NON EXHAUSTIVE)

FRANCIS LAHAUT (FRONT DE GAUCHE)

30 MAI – CLAIRVAUX, 20H, MAIRIE

31 MAI – FONCINE LE HAUT, 18H, MAIRIE & CHAMPAGNOLE,  20H

1er JUIN – PRATZ, 18H, MAIRIE

RAPHAL PERRIN (PS)

4 JUIN – MOLINGES, 20H30, MAIRIE

5 JUIN – MEUSSIA, 20H30, MAIRIE

6 JUIN – LAVANCIA, 18H30, MAIRIE & VAUX LES ST-CLAUDE, 20H30, MAIRIE

7 JUIN – MORBIER, 18H30, SALLE DES MONTAGNARDS & MOREZ, 20H30, MAIRIE

8 JUIN – VILLARD ST-SAUVEUR, 18H30, MAIRIE & ST-CLAUDE, 20H30, BAVOUX-LANÇON

FRANÇOIS GODIN (PARTI RADICAL VALOISIEN)

30 MAI – FONCINE, 18H30

5 JUIN – LES BOUCHOUX, 18H30

6 JUIN – ST-CLAUDE, 18H30

8 JUIN – MOREZ, 18H30 & LES ROUSSES, 20H30

MC DALLOZ (UMP)

30 MAI – ST-CLAUDE, BAVOUX-LANÇON

31 MAI – DOUCIER, 18H30, SALLE DE L’AVENIR

1er JUIN – MOREZ, 20H30, MAIRIE

5 JUIN – CLAIRVAUX, 20H30

8 JUIN – MOIRANS, 20H30, SALLE DES FÊTES

Liste de diffusion du Collectif « Non aux forages d’hydrocarbures » Haut-Jura, 30 mai 2012

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Haut-Jura] En attendant les foreuses…

[La CAF travaille] Organisons-nous face aux contrôles domiciliaires de la CAF !

Data Mining : 500’000 allocataires de la CNAF présenteraient un risque de fraude

La CNAF, tête nationale de la branche « famille » de la sécurité sociale, utilise le Data Mining pour améliorer ses contrôles, cibler les allocataires à risques et prévenir aux mieux les risques de fraude. L’organisme estime à 500.000 le nombre d’allocataires présentant un risque de fraude aux allocations.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322816184.png

Responsable du département maîtrise des risques et lutte contre la fraude de la CNAF (Caisse Nationale d’Allocations Familiales), Daniel Buchet présentait lors d’un séminaire organisé par SAS la méthode de Data Mining, mise en œuvre par cet organisme pour lutter et prévenir la fraude.

Il s’agit d’une exploration des informations pour extraire des données sensibles, afin « d’améliorer l’efficience du contrôle sur les onze millions d’allocataires » selon Daniel Buchet. Il estime que l’utilisation de cette technique a permis de détecter qu’« environ 500’000 allocataires présentent des risques de fraude ». Le risque de fraude est de l’avis de Daniel Buchet « plus fort avec les allocataires RSA que sur les allocations familiales ».

De l’avis de Daniel Buchet, le Data Mining permet à la CNAF « de mieux cibler les allocataires à risques et de mieux répartir les nécessités de contrôles entre les agences ».

Presse policière (Quentin Renard, Reseaux-Telecoms.net, 29 mai 2012)

Publié dans Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec | Un commentaire

[Enfermé à Vincennes sur décision de la préfecture de police de Paris] Bas les pattes sur Moïse Diakité !

Appel à la libération de Moïse Diakité, père du 94, enfermé à Vincennes sur décision de la préfecture de police de Paris

Merci de mailer et faxer au maximum cet appel pour la libération de Moïse, l’un des anciens inculpés de Vincennes qui se retrouve de nouveau enfermé à Vincennes.

Décidément, le changement dans la continuité !

Fax : 01 53 71 67 23
Mail : prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
Fax gratuit sur internet : http://www.faxgratuit.net/

Monsieur Moïse Diakité vit depuis 22 ans en France avec sa compagne Anaïs. Monsieur Diakité est d’origine malienne, sa compagne est française. Ensemble ils ont eu 8 enfants qui ont entre 2 et 15 ans. Malgré ses 22 ans de présence en France et ses 8 enfants français, Monsieur Diakité n’a toujours pas d’autorisation à séjourner dans cette forteresse qu’est le territoire français. Il vit cette situation d’autant plus comme une injustice que le fait de ne pas avoir de papiers l’a au cours de ces deux décennies conduit de centres de rétention en prisons à diverses reprises.

En effet, Moïse Diakité était enfermé au centre de rétention de Vincennes en juin 2008 quand un monsieur malade, Monsieur Salem Souli, y est mort après avoir en vain demandé des soins. Moïse Diakité fait partie des retenus qui ont été accusés d’avoir participé à la révolte qui a suivi ce drame et a abouti à l’incendie du centre de rétention. Il a déjà effectué 10 mois de prison pour cela. Aujourd’hui, 4 ans après y avoir vu laisser mourir l’un de ses compagnons d’infortune, Moïse Diakité est de nouveau enfermé au centre de rétention de Vincennes. Il a été arrêté dimanche au métro Bibliothèque nationale suite à l’un de ces banals contrôles de tickets où les agents de la ratp travaillent main dans la main avec la police pour qu’elle établisse ses quotas de sans-papiers arrêtés.

Nous ne pouvons pas accepter que Moïse Diakité se retrouve aujourd’hui de nouveau dans les geôles de la préfecture de police de Paris. Il doit retrouver au plus vite sa compagne et leurs 8 enfants et obtenir les papiers qui lui permettront enfin de vivre en toute sécurité, c’est-à-dire sans craindre d’être séparé des siens au moindre contrôle de police.

(Signature)

Infozone, 29 mai 2012

Publié dans Les révoltes des migrants | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Enfermé à Vincennes sur décision de la préfecture de police de Paris] Bas les pattes sur Moïse Diakité !

[Résistance contre les expulsions] Occupation de la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale à Toulouse

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Communiqué de presse du CREA, mardi 29 mai 2012

Aujourd’hui encore, dans le cadre de la semaine d’actions en rafale pour l’arrêt de la procédure d’expulsion du Centre Social Autogéré du CREA, nous avons occupé un bâtiment public : la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale. Nous avons ainsi rappelé au Ministère des Affaires Sociales et à Mme Dufflot, ministre du logement, l’urgence de la situation du Centre Social Autogéré, de laquelle ils sont pleinement responsables. En effet, seule une intervention de leur part permettrait une interruption de cette procédure qui va mettre 40 personnes à la rue, dont une quinzaine d’enfants.

Après avoir fait le tour des bureaux, nous avons interrompu la réunion de M. le directeur pour le convier à un goûter téléphonique puis, face à son refus d’appeler le Ministère des Affaires Sociales, nous lui avons emprunté son téléphone pour le faire nous-mêmes. Une nouvelle fois, nous nous sommes faits baladés de secrétariats en secrétariats, qui se répondent et se contredisent les uns les autres.

Dufflot et Touraine, tout autant que la mairie toulousaine, n’ont en rien répondu à notre principale exigence : l’arrêt de la procédure d’expulsion visant le Centre Social, dont le jugement a lieu ce vendredi.

N’ayant plus de temps à perdre avec les administrations, nous sommes partis en déambulation à la rencontre du peuple toulousain et avons rejoint la chorale révolutionnaire la Canaille du Midi pour un rassemblement à Jean Jaurès.

On lâche rien, on continue !

Rendez-vous demain à 14h au Centre Social Autogéré pour une Manifestation contre toutes les expulsions. Cette marche est suivie d’un rassemblement à 17h sur la Place du Capitole et d’une soirée de soutien à 19h au Communard.

Rendez-vous vendredi à 8h à Jean Jaurès pour se rendre au tribunal administratif où aura lieu le jugement concernant l’expulsion du Centre Social Autogéré.

Tout pour tou-te-s ! Pouvoir au peuple !

Des membres du CREA et de la campagne de réquisition de Toulouse


URGENT : CENTRE SOCIAL AUTOGÉRÉ ! Action internet phase 1 (à faire tourner)

Bonjour à tous,

Ayant en vain tenté d’obtenir un rendez vous avec le Ministère des Affaires Sociales, qui est le propriétaire du Centre Social Autogéré. La phase 1 d’action est activée.

Il s’agit d’envoyer le plus de mail possible, de coup de téléphone, de fax et de lettre postale directement au Ministère et à toutes les administrations sous tutelles de ce Ministère pour faire pression afin d’obtenir un rendez vous et bien entendu l’arrêt la procédure !

• Ici le facebook de notre chère ministre Marisol Touraine : http://www.facebook.com/mtouraine

• Le twitter : https://twitter.com/#!/marisoltouraine

• Ci-dessous vous trouvez le mail/lettre postale type à envoyer (il s’agit d’un texte présentant rapidement le CSA ainsi que la demande de rdv/arret des expulsions) :

Bonjour, je vous écris pour demander l’arrêt de la procédure judiciaire contre le Centre Social Autogéré qui héberge 40 personnes dont 15 enfants à Toulouse. Ce lieu existe depuis plus d’un an, et si le nouveau gouvernement suit la même ligne que l’ancien, ces 40 personnes se retrouveront à la rue. Je vous demande aussi d’accepter un rendez vous, un entretien téléphonique ou simplement de faire remonter l’information à vos supérieurs, à votre ministère de tutelle (le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé). Ci dessous voici le communiqué de presse :

APPEL À RÉSISTANCE CONTRE LES EXPULSIONS

Il y a plus d’un an, nous, CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion), avons réquisitionné le bâtiment d’état du 70 allée des Demoiselles à Toulouse. Plus de 40 personnes dont 7 familles qui vivaient dans la rue s’y sont installé-e-s. Les enfants sont scolarisé-e-s et les familles profitent d’espace et de temps pour reprendre leur vie en main. On essaie de s’en sortir collectivement, en autogestion, entre galériens.

Des centaines de personnes utilisent aussi le lieu pour toutes sortes d’activités et de projets à travers le Centre Social Autogéré : menuiserie, jardinage, alphabétisation, soutien scolaire, boxe, soutien juridique, concerts, projections, atelier couture, organisations de rencontres, discussions, débats, cuisine et activités avec les enfants, zone de gratuité… Tout fonctionne sur l’entraide et la solidarité, sans subventions et sans en demander.

Nous reprenons les bâtiments construits par le peuple, appartenant au peuple et laissés vides par leurs propriétaires. Le capitalisme jette de plus en plus de gens à la rue et spécule sur les logements vides. Face à cette stratégie délibérée de création de la misère, nous réquisitionnons. L’état ne fait pas partie de la solution mais du problème.

Depuis septembre 2011, avec des membres du GPS (Groupement Pour la défense du travail Social) ainsi que des individu-e-s de tout horizon, nous avons lancé, la campagne « zéro gosse à la rue » devenue depuis « zéro personne à la rue ». Il s’agit de proposer à qui le désire de s’organiser pour réquisitionner des bâtiments vides et s’y loger, en portant des pratiques d’entraide et d’autogestion. Ces bâtiments accueillent plus de 120 personnes soit 40% de l’hébergement d’urgence de familles à Toulouse.

Seulement 4 des 10 bâtiments réquisitionnés ont survécu aux expulsions illégales de la préfecture. L’acharnement de cette préfecture serait-il lié à sa peur que nous nous réapproprions nos biens et nos droits, que nous ne soyons plus sous contrôle? Tenterait-elle d’atteindre l’illusion de voir notre expérience humaine disparaître avant des mutations certaines ?

Ce 1er juin 2012, à 9h, nous serons nombreux-euses au tribunal administratif de Toulouse pour le procès du 70 allées des Demoiselles. Notre propriétaire, le ministère des affaires sociales, demande l’expulsion du bâtiment qu’il veut se réapproprier afin d’y créer, soit disant, un centre d’hébergement d’urgence pour sans domiciles fixes. Nous dénonçons la sinistre ironie de ce projet qui consiste à remettre 40 personnes, dont une quinzaine d’enfants, à la rue pour y “accueillir” des SDF laissés à la rue depuis des années. Et, cet “accueil” ne se fera bien sûr pas sur la base de l’autogestion. Non seulement l’État se désengage en baissant les budgets alloués au financement des hébergements d’urgence mais aujourd’hui il cherche aussi à détruire toute forme d’organisation collective et solidaire.

Si nous exigeons l’arrêt de ce procès, nous l’exigeons aussi pour toutes les expulsions, qu’elles soient par la force ou la ruse administrative.

Le CREA Collectif pour la Réquisition l’Entraide et l’Autogestion Contact: Thomas : 06.87.22.42.42 / Fouad : 07.62.36.23.31  / Annabelle : 06.75.03.10.91 Mail : crea@squat.net  /  creatoulouse.squat.net

• Ci-dessous en complément voici toutes les adresses mails que nous avons pu récupérer qui concernent administrations et le ministères des affaires sociales (elle sera mis à jour en permanence sur le blog creatoulouse.squat.net). Vous avez juste à copier/coller et à envoyer :

marisoltouraine@orange.fr, jean-loup.moussier@sante.gouv.fr, philippe.benoist@sante.gouv.fr, etienne.fischer@sante.gouv.fr, luc.paraire@sante.gouv.fr, pascale.romenteau@igas.gouv.fr, philippe.barbezieux@igas.gouv.fr, hfds@sante.gouv.fr, daer-serc@sante.gouv.fr, laurent.setton@sante-travail.gouv.fr, michele.KIRRY@sante.gouv.fr, Philippe.SANSON@sante.gouv.fr, myriam.revel@sante.gouv.fr, jean-loup.moussier@sante.gouv.fr, luc.paraire@sante.gouv.fr, sabine.fourcade@social.gouv.fr, maryse.chaix@social.gouv.fr, thomas.fatome@sante.gouv.fr, francois.godineau@sante.gouv.fr, jean-louis.rey@sante.gouv.fr, raymonde.tailleur@sante.gouv.fr, emmanuel.dellacherie@sante.gouv.fr, christine.bour@sante.gouv.fr, alexandra.bechard@sante.gouv.fr, francois.landais@sante.gouv.fr, ada.foughali@sante.gouv.fr, dominique.sere@sante.gouv.fr, baudouin.seys@sante.gouv.fr, anny.golfouse@sante.gouv.fr, communication@cnaf.fr, jean-louis.deroussen@cnaf.fr, herve.drouet@cnaf.fr, francis.idrac@cnsa.fr, laurent.gratieux@cnsa.fr, isabelle.besse-bennon@cnsa.fr, bernadette.moreau@cnsa.fr, florence.condroyer@cnsa.fr, juliette.bloch@cnsa.fr, emmanuel.lefevre@cnsa.fr, dominique.beaux-gulyas@cab.travail.gouv.fr, line.guillaume@cab.travail.gouv.fr, jean-paul.boheme@cab.travail.gouv.fr, sf-com-ps31@neuf.fr

• Ci-dessous les adresses postales :

Ministère des Affaires sociales et de la Santé 72, rue de Varenne 75700 Paris SP 07

Direction des affaires financières, informatiques, immobilières et des services (DAFIIS) 18, pl des 5-Martyrs-du-Lycée-Buffon 75696 Paris Cedex 14

• Le coup de téléphone est classique. Soyez pas trop méchant lors de vos coups de téléphones, le but est quand même d’obtenir l’arret de la procédure ! certains vous diront que le « cabinet n’est pas encore en place » mais affirmez juste votre soutien et parlez du CREA.

Les numéros ci-dessous sont ceux du Ministère et celui des affaires immobilières de l’État, à appeler en soutenant le CREA et en demandant l’arret des expulsions.

Ministère des affaires sociales : 01 40 56 60 00 / 01 70 91 93 40

Ministère du logement (c’est annoncé Matignon, mais c’est bien le ministère) : 01 42 75 80 00

Direction des affaires immobilières : 01 40 56 78 11 / 01 40 56 51 69

• Les numéros ci-dessous sont ceux des administrations sous tutelles. Certains n’ont rien à voir avec nous (caf, sécu), c’est pourquoi il suffit juste d’appeler et de faire pression pour que l’information remonte à leur chef. Ainsi le ministère recevra de partout des demandes de rdv/arret des expulsions.

Mairie de Toulouse : 05 61 22 21 43

01 40 56 66 76 \\ 01 40 56 48 49 \\ 01 40 56 60 00  \\ 01 53 86 10 22 \\ 01 53 86 10 36

01 53 86 10 24  \\ 01 40 56 73 81 \\ 01 40 56 60 00  \\ 01 40 56 78 11  \\ 01 45 65 52 52

01 53 91 28 00  \\ 01 44 38 20 02

• En pièce jointe, vous trouvez le fax type à envoyer (le noir en fond, c’est normal…).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338341952.jpg

• N’oubliez pas de signer la pétition en ligne : http://www.petitionenligne.fr/petition/contre-l-expulsion-du-centre-social-autogere/2544

Zeroenfantsalarue mailing list


Toulouse. Le CREA envahit la mairie pour éviter l’expulsion

Une vingtaine de militants du CREA (Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion qui reloge des familles sans-abris) ont investi sans invitation la salle des commissions de la mairie hier après midi, empêchant la tenue de toute réunion municipale. Pour cause, ils souhaitaient interpeller les élus socialistes de la ville afin de prendre contact avec le nouveau ministre du logement mais aussi celui de la solidarité et de la cohésion sociale. « Nous demandons à l’État d’annuler le jugement, de retirer sa plainte pour occupation illégale d’un bâtiment pour laquelle nous sommes convoqués devant le tribunal administratif vendredi 1er juin », insiste Éléonore, l’une des porte-parole du mouvement de squat social avant de rappeler, « si nous sommes expulsés du 70 allées des Demoiselles, ancien local de l’AFPA, ce sont une quarantaine de personnes, 8 familles qui seront à la rue ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338342406.jpg

Au bout d’une heure d’occupation, Jean-Paul Makengo, adjoint au maire, s’est entretenu avec le CREA.

Leur presse (Pauline Croquet, LaDepeche.fr, 25 mai 2012)


Pour se faire entendre, le CREA occupe les locaux de la mairie de Toulouse

Voulant se faire entendre à l’approche du procès qui aura lieu vendredi prochain, le Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion (CREA) a occupé hier après-midi une des salles de la Mairie de Toulouse. Après avoir essayé d’obtenir un rendez-vous avec Claude Touchefeu, « l’occupation des locaux » était pour eux l’ultime espoir de se faire entendre.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338342736.jpg

Mardi 1er Juin à 9 heures se teindra le procès du 70 allées des Demoiselles. En effet il a maintenant plus d’un an, le CREA a réquisitionné le bâtiment appartenant au ministère des Affaires Sociales afin de loger sept familles, soit une quarantaine de personnes. L’État, propriétaire du bâtiment, a demandé l’expulsion afin de pouvoir y construire un centre d’hébergement d’aide d’urgence pour les personnes sans domiciles fixes. « Ce projet est fondamentalement ironique. Il consiste à remettre quarante personnes dont quinze enfants à la rue pour y accueillir des SDF laissés à la rue depuis des années » constate Éléonore, membre de la campagne de réquisition. Selon les membres du Collectif « l’État cherche à détruire toute forme d’organisation collective, solidaire et en autogestion ». En attente de son procès, le CREA reste tout de même solidaire de ces personnes « en galère ».

Avenir du CREA

Mairie, Conseil Général, Conseil Régional et depuis le 6 mai, nouveau président de la République. Actuellement la Ville Rose évolue dans un contexte de « Gauche exclusive ». Cécile Duflot, nouvelle Ministre de l’Égalité des Territoires et du Logement du gouvernement Ayrault, a annoncé une prolongation du dispositif hivernal pour l’hébergement d’urgence. « Nous attendons de voir les réelles avancées qu’il va avoir en matière de logements, s’il doit y en avoir, avec ce nouveau gouvernement » espère un des membres du CREA. En effet, l’année que viennent de vivre les membres de ce collectif a été relativement « tendue et sans grandes avancées » confie Éléonore. « Nous attendons de voir si ce nouveau gouvernement fera de notre société une société plus humaine » conclut-elle. En attendant les membres du collectif étaient présent ce matin à l’ouverture du conseil municipal.

Leur presse (Anaïs Alric, ToulouseInfos.fr, 25 mai 2012)


(…) Le CREA présent lors de cette séance

Les séances du conseil municipal étant publiques, des membres du CREA y ont assistés dans l’espoir de pouvoir se faire entendre. Ayant la veille occupé l’une des salles de la Mairie afin d’obtenir un rendez-vous avec Claude Touchefeu, chargée de la prévention et de l’exclusion, le collectif est cette fois venu de manière moins cavalière. « Nous voulons simplement obtenir un contact avec le ministère pour les informer de notre situation en vue du procès qui se déroulera la semaine prochaine » confie l’un des membres du CREA.

N’ayant pas obtenu gain de cause, le collectif continu ses actions, avec notamment une opération « péage gratuit » menée hier. À la suite de ce mouvement, les membres du CREA ont eu gain de cause puisque trois ministres ont finalement été alertés de leur situation. Affaire à suivre !

Leur presse (Anaïs Alric, ToulouseInfos.fr, 29 mai 2012)

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur [Résistance contre les expulsions] Occupation de la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale à Toulouse