[Vive l’Azawad libre !] L’accord entre le MNLA et Ansar Dine vole en éclats

L’accord entre le MNLA et Ansar Dine vole en éclats

Enfin, une bonne nouvelle ! D’après plusieurs médias, l’accord annoncé samedi entre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les obscurantistes d’Ansar Dine a volé en éclats, lundi 29 mai, à cause de désaccords persistant entre les deux parties.

Le MNLA a refusé d’approuver le communiqué final parce qu’il est différent du protocole d’accord que les deux groupes ont signé, a déclaré à l’AFP Ibrahim Assaley du MNLA, ancien député touareg au parlement malien. Ce dernier affirme, toujours pour l’AFP, que les deux parties ne sont pas arrivées à s’entendre.

Le groupe islamiste Ansar Dine compte appliquer la loi islamique pure et dure dans l’Azawad et interdire tout accès au Nord du pays affecté par la sécheresse aux organisations humanitaires occidentales, ce que le MNLA a rejeté catégoriquement.

De son côté, Ansar Dine campe sur ses positions et refuse de céder positions du MNLA, idéologiquement laïc.

Ces désaccords interviennent alors qu’Alger — qui serait en réalité le véritable artisan de cette tentative de fusion — prône l’ouverture d’un dialogue avec le MNLA, estimant toutefois que l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali ne sont pas négociables. Alger estime que « la résolution de la crise malienne passe par la restauration d’un pouvoir stable à Bamako ». Espérons que le MNLA ne tombe pas dans cet autre piège algérien.

La Rédaction de Tamazgha le site berbériste, 29 mai 2012


Nord du Mali : fusion bloquée entre rébellion touareg et groupe islamiste

Quarante-huit heures après son annonce, le projet de fusion entre la rébellion touareg et le groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali a été bloqué lundi en raison de désaccords de fond, notamment sur l’application de la loi islamique.

« Nous avons refusé d’approuver le communiqué final, parce qu’il est différent du protocole d’accord que nous avons signé (samedi, ndlr). Toute la journée d’aujourd’hui, nous avons discuté, mais il n’y a pas eu d’entente », a déclaré à l’AFP Ibrahim Assaley, élu du Nord malien et membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la rébellion touareg.

« Dans le communiqué écrit par Ansar Dine, on parle d’application de la charia (loi islamique) pure et dure, on parle aussi d’interdire le Nord aux organisations humanitaires non-musulmanes : ce n’était pas précisé dans le protocole d’accord », a-t-il poursuivi, joint par l’AFP depuis Bamako dans la grande ville septentrionale de Gao.

« C’est comme si on voulait nous dissoudre dans Ansar Dine », a-t-il lancé, jugeant que les exigences du groupe islamiste sont « dignes d’une organisation religieuse ». « On n’a pas accepté ça », a insisté M. Assaley.

« Après le protocole d’accord qui est une base de travail », le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, a envoyé de Tombouctou, autre ville du Nord, « un communiqué sous pli fermé. Quand on a lu le communiqué, il y a eu des gens du MNLA qui ont dit qu’il faut corriger des choses. Nous avons refusé », a déclaré à l’AFP Moussa Ag Achérif, l’un de ses proches.

« C’est à prendre ou à laisser », a-t-il assuré, précisant toutefois qu’Iyad Ag Ghaly « vient à Gao demain (mardi) matin pour régler le problème ».

La rébellion touareg et Ansar Dine (Défenseur de l’islam, en arabe) ont signé samedi un « protocole d’accord » sur leur fusion au sein d’un « Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad » (région nord).

Mais, après plusieurs semaines de discussions, beaucoup de sujets qui fâchent avaient été laissés de côté dans ce document signé par le MNLA, au départ sécessionniste et laïc, et Ansar Dine, qui prône l’application de la charia dans tout le Mali.

Ansar Dine et son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), adepte du jihad (guerre sainte), sont désormais dominants, aux dépens du MNLA, dans l’immense Nord malien qui échappe au pouvoir central depuis deux mois, une partition de fait précipitée par le coup d’État militaire du 22 mars à Bamako.

Les islamistes « consolident » leurs relations

Une rencontre entre Iyad Ag Ghaly et ses hommes, les principaux chefs d’Aqmi ainsi que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), présenté comme dissident d’Aqmi, s’est par ailleurs tenue de jeudi à lundi à Tombouctou.

« Ils ont consolidé leurs relations », a déclaré à l’AFP l’entourage d’un imam de la ville.

De son côté, le Mujao « garde son autonomie, mais n’a plus désormais de différends avec les autres jihadistes. Ils ont la même ambition de faire le jihad, mais ils se partagent le terrain », a affirmé une source proche de la rencontre.

Selon des sources concordantes, l’Algérien Nabil Makloufi, qui coordonne les actions d’Aqmi dans les « katiba » (cellules combattantes) du Sahel, Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, deux autres chefs d’Aqmi, ont participé aux discussions.

Après le gouvernement malien, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays) a dénoncé lundi à son tour « la tentative de création » d’un État islamique et rejeté cette « soi-disant déclaration d’indépendance », se disant de nouveau prête à prendre « toutes les mesures nécessaires » en vue de préserver l’intégrité territoriale du Mali.

Alors que les islamistes n’ont jamais été aussi forts dans la région, un nouveau groupe armé, le Front de libération du Nord-Mali (FLNM), a annoncé lundi sa création pour « combattre les groupes islamistes » voulant instaurer la loi islamique.

Selon des recoupements de l’AFP, ce mouvement ne compte pour l’instant qu’une centaine d’éléments. Pas de quoi, pour l’heure, effrayer Ansar Dine et Aqmi, aux effectifs nombreux et lourdement armés.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Liberation.fr, 29 mai 2012)


Bientôt un Aqmiland au nord du Mali ?

Des discussions sont toujours en cours pour la création d’un « État islamique ». Officiellement, Aqmi n’est pas de la partie. Mais les terroristes ne sont pas loin.

C’est la grande inconnue de l’accord toujours en discussion entre les deux principaux groupes touaregs du Nord du Mali, Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Pas un mot sur le sort qui sera réservé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans un premier protocole d’entente signé samedi entre les deux mouvements.

Bloqué à la toute dernière minute lundi pour cause de nouveaux désaccords, ce texte prévoyait leur « auto-dissolution » et la création d’un « État islamique », dirigé par un « Conseil transitoire », sur le territoire de l’Azawad, le vaste désert septentrional du Mali dont les touaregs se sont emparés début avril.

Pourtant, l’organisation terroriste islamiste, qui détient toujours 20 otages dont 6 Français dans la région, est au cœur de leurs dissensions : alliée des premiers, qui prônent l’instauration de la charia (loi islamique) dans tout le Mali, elle est l’ennemi juré des seconds, laïques et indépendantistes. Aqmi fait-elle partie des concessions que chacun est en train de faire pour arracher un accord ?

Les islamistes en position de force

Les négociations sont ardues reconnaît Moussa ag Assarid, l’un des porte-parole du MNLA. Il aura fallu trois semaines de tractations pour que chacune des deux parties, sous la pression des chefs religieux et coutumiers locaux, fasse « un pas l’un vers l’autre, car il fallait à tout prix éviter une guerre fratricide entre touaregs ». Résultat, dans le texte élaboré samedi, le MNLA renonce à la laïcité et Ansar Dine accepte de se dissoudre et de reconnaître l’indépendance de l’Azawad.

À l’évidence, le MNLA a mangé son chapeau. Il minimisait jusqu’à cette nuit la portée de cette énorme concession en martelant que cet islam ne serait pas radical, que le peuple de l’Azawad opterait plus probablement pour un modèle modéré de type mauritanien. Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains, lui donne d’ailleurs raison : « Je ne crois pas à l’instauration de la charia dans l’ensemble du nord du Mali. Sauf si elle est imposée par la force. Les seuls mouvements de protestation de la population locale depuis que les rebelles ont pris le nord ont été justement tournés contre les interdictions prises en vertu de la loi islamique. »

Mais Iyad ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine, aurait fait parvenir lundi de nouvelles exigences au MNLA : l’application de la charia pure et dure, et l’interdiction des organisations humanitaires non-musulmanes. Le MNLA refuse de céder sur ces deux points qui remettent en question le texte sur lequel les deux parties s’étaient entendues.

Reste que le rapport de force semble bel et bien favorable aux islamistes : affaiblis, financièrement et militairement mal en point, les rebelles touaregs du MNLA ne peuvent pas dicter leurs conditions à l’attelage Ansar Dine-Aqmi, grassement nourri par l’argent des rançons et du trafic de drogue.

Le troisième point de l’accord

Pourtant, Moussa ag Assarid jure qu’Aqmi ne fait l’objet d’aucun compromis. Pour preuve, il avance un « troisième point du document interne aux discussions », curieusement passé inaperçu. Il y est écrit, assure-t-il, que « les deux parties rejettent et combattent toute détention d’armes par un individu ou un groupe sur le territoire de l’Azawad ».

Cette formulation aurait le mérite, veut-il nous convaincre, d’englober tous les groupes armés sans foi ni loi qui sévissent dans la zone (groupe dissident d’Aqmi, islamistes du mouvement nigérian Boko Haram, narcotrafiquants…) et d’éviter de déclarer ouvertement la guerre à Aqmi alors, admet-il, qu’ »on n’est pas prêt ». Mais l’énoncé donne plutôt l’impression que le MNLA se heurte à un refus catégorique de la part du chef d’Ansar Dine de s’en prendre à son allié terroriste.

Aqmi, tapi dans l’ombre

Si la fusion des deux groupes rebelles touaregs aboutit, « on pourra l’appréhender de deux manières », résume le chercheur Pierre Boilley. « Si l’on est optimiste, on peut espérer, d’une part, qu’il sera plus facile de négocier avec un seul interlocuteur plutôt qu’avec plusieurs groupes et, d’autre part, que cet accord contribuera à isoler Aqmi. Dans la version pessimiste, d’une part Bamako refuse d’autant plus de discuter que cette alliance le conforte dans l’idée qu’il n’a affaire qu’à des terroristes islamistes et, d’autre part, Aqmi se sert de cet accord pour peser sur le devenir de la région ».

Les discussions qu’Ansar Dine a tenues en parallèle avec Aqmi et qui se sont achevées lundi pourraient être de mauvais augure. D’autant que c’est à l’issue de ces négociations qu’Ansar Dine a durci sa position sur la charia. Faut-il y voir un double jeu de la part d’Iyad ag Ghali ? « Nous faisons confiance. Jusqu’à preuve du contraire, » commente prudemment Moussa ag Assarid. Faute d’alternative, c’est aussi, semble-t-il, la position de la médiation ouest-africaine, qui a pris langue avec le MNLA et Ansar Dine. Et de l’Algérie, l’incontournable puissance voisine dont tous épient chaque battement de cil, qui appelle elle aussi au « dialogue ».

Publié par des ennemis de l’Azawad (Sarah Halifa-Legrand, tempsreeel.nouvelobs.com, 29 mai 2012)


Nord du Mali : blocage persistant entre rebelles touareg et groupe islamiste

Le projet de fusion entre la rébellion touareg et le groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali achoppait toujours mardi sur la question de l’application de la charia (loi islamique), a-t-on appris auprès des deux mouvements.

Pour nous, il n’est pas question de revenir sur l’application de la charia (loi islamique). C’est adopté, c’est adopté, c’est tout, a affirmé à l’AFP un proche de Iyad Ag Ghaly, chef du groupe islamiste Ansar Dine, dont les propos en arabe ont été traduits en français par un élu de la région.

Aujourd’hui (mardi) même, nous avons encore parlé avec la délégation du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg, ndlr). Ils veulent qu’on trouve une formule qui va satisfaire tout le monde. Mais cette formule, on ne l’a pas encore trouvée, a-t-il ajouté.

Initialement annoncé pour mardi à Gao, grande ville du Nord où ont lieu les discussions Ansar Dine/MNLA depuis plusieurs semaines, Iyad Ag Ghaly n’arrivera pas ici avant 48 heures, a ajouté la même source, sans fournir d’explication.

Au lendemain du constat de blocage, une source proche du MNLA a confirmé que les deux parties recherchent actuellement une formule acceptable par tous dans le communiqué final, mais cette formule n’est toujours pas trouvée. (…)

Hollande demande aux Africains de saisir l’ONU

La Mauritanie, frontalière du Mali et qui affronte Aqmi depuis plusieurs années, a exprimé mardi avec la Gambie ses vives préoccupations face aux menaces graves qui pèsent sur la zone sahélo-saharienne.

De son côté, le président français François Hollande a souhaité que les pays africains saisissent le Conseil de sécurité et que le Conseil de sécurité puisse désigner un cadre qui permette au Mali et plus largement à la zone Sahel de renouer avec la stabilité.

Le président français, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien à l’Élysée avec son homologue béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine (UA), a souhaité que la Cédéao et l’UA saisissent les Nations unies lorsqu’elles jugeront le moment opportun. Le plus tôt sera le mieux, a-t-il dit.

Interrogé sur une éventuelle intervention militaire française au Mali pour y assurer l’ordre, François Hollande a répondu que c’est dans le cadre d’une décision du Conseil de sécurité que la France aura à envisager une participation, mais qui sera demandée.

Nous ne voulons pas rentrer dans un principe d’ingérence mais, en même temps, nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre, a-t-il poursuivi, rappelant que nous avons des otages qui sont détenus aussi là-bas.

Six ressortissants français sont actuellement détenus aux confins du Mali et du Niger par des groupes se réclamant d’Aqmi.

Le chef de l’État français s’est aussi entretenu dans la matinée au téléphone de la situation au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, qui dirige actuellement la Cédéao.

Les derniers développements dans le Nord malien ont fait passer au second plan le processus politique en cours à Bamako, où le président intérimaire Dioncounda Traoré est chargé de conduire une transition d’un an, mais reste fortement contesté par les partisans de l’ex-junte.

La Cédéao a mis en garde mardi ceux qui se livreraient à des tentatives antipatriotiques visant à faire échouer la transition.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Agence Faut Payer, 29 mai 2012)

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