[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Trois quadcopters avec de petites antennes radio : tu les fait voler sur les toits de trois immeubles du quartier. Et hop, tu as un mini-réseau. Facile à monter, à démonter, difficile à détecter ! »

Un squat déterre le hack de guerre

Dans le local de la Gare XP, à Paris, des informaticiens aident les rebelles syriens à lutter sur Internet.

Ça sent le bédo et la bière. Dans cette petite pièce enfumée et surchauffée par les ordinateurs, une dizaine de hackers se retrouvent chaque mercredi au Loop (Laboratoire ouvert ou pas). Depuis un mois, ils sont installés à la « Gare XP », un squat du XIVe arrondissement parisien, au bord du périphérique. Depuis quatorze mois, l’OP Syria-Opération Syrie a été lancée. Le but : aider les opposants au régime d’Al-Assad dans leur révolution sur Internet.

Parmi la dizaine de personnes présentes ce soir-là, certains préfèrent se faire discrets : « C’est cool d’aider les gens, mais il y a des intérêts économiques importants en Syrie. Je veux pas me faire buter dans un parking », explique un membre du groupe hacktiviste Telecomix. D’autres assument leur engagement, à l’image de B3N (ils s’appellent tous par leur pseudonyme) qui s’est engagé « par conviction politique ». Pour Okhin, 30 ans, physique rectiligne et dynamique comme une pile électrique, c’est avant tout le « challenge informatique » qui l’a motivé. Il pousse même le vice en ajoutant que, si les opposants syriens avaient bloqué le réseau contre Bachar al-Assad, il l’aurait rétabli. Des déclarations qui suscitent le débat à la Gare XP.

Pour communiquer entre la France et la Syrie, les opposants doivent se connecter sur IRC, une messagerie instantanée fréquentée par les hackers. En tapant ensuite le nom d’un forum, ils sont mis en relation avec les hackers français (et d’autres). Les informations peuvent être échangées : comment être anonyme, trouver des mots de passe ou encore ne pas centraliser toutes les données au même endroit. Les hackers leur conseillent aussi de se méfier de Facebook. Des manipulations simples, mais qui permettent de sauver des vies. Ou, du moins, de les préserver plus longtemps. « Quand on n’a pas de nouvelles d’un opposant pendant trois ou quatre jours, on s’inquiète. Il arrive qu’on parle avec un Syrien et qu’il nous dise qu’il entend la police arriver, qu’il ne sait pas quoi faire. On sait qu’après ça… il est mort. Quelque part, c’est un peu de notre faute aussi… » confie Okhin, qui, comme d’autres, confie avoir arrêté de regarder les vidéos que leur envoient les opposants : « À chaque fois, c’est un massacre. »

En 2008, un hacker français a créé DarkComet, un logiciel évitant les systèmes de détection antivirus. Les autorités syriennes s’en sont emparées et ont réussi à mener des arrestations. Pour les membres de Télecomix, difficile, par exemple, d’être sûr de parler à un opposant syrien et non un pro-Al-Assad. Pour Nicolas Diaz, 38 ans, webmaster à la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), les actions sur le terrain et celles sur Internet sont complémentaires. Mais, prévient cet habitué des missions entre hackers et la FIDH, si « on a gagné en terme de vitesse de l’info, on a perdu en pertinence ».

Presse estivale (Élodie Goulesque, Liberation.fr, 15 août 2012)


Aux côtés des cyber-opposants syriens, des « hacktivistes » parisiens s’engagent

Comme Tom, membre parisien du groupe Loop installé dans un squat du 14e arrondissement, ils sont des dizaines dans le monde à épauler les activistes anti-Bachar dans leur cyber-guerre contre les autorités syriennes.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/018.jpg

Pour les membres du « Laboratoire ouvert ou pas » (Loop), la coupure totale d’Internet par le régime d’Hosni Moubarak, lors de la révolution égyptienne, a été une révélation, et le signal de départ d’une mobilisation internationale.

« Ils ont osé, on pensait tous qu’aucun pays n’oserait couper l’Internet ! », raconte à l’AFP ce jeune homme brun au regard brillant, installé dans la petite salle mise à la disposition du groupe dans le squat baptisé « Gare XP », proche du périphérique.

« Des geeks du monde entier se sont ligués pour aider l’opposition égyptienne à revenir en ligne. Cela a marché. Et aujourd’hui ce sont les Syriens qui ont besoin de nous », dit-il.

Le Loop, c’est une dizaine « d’hacktivistes » (hackeurs-activistes) motivés et actifs, une trentaine d’intermittents qui passent de temps à autre donner un coup de main et 250 personnes sur la liste de diffusion.

Ils agissent aux côtés de l’opposition syrienne sur internet en collaboration avec le groupe international d’hacktivistes Telecomix, fondé en 2009.

Le 15 septembre 2011, ils sont parvenus pendant quelques minutes à détourner tout le trafic Internet sortant de Syrie sur une page d’accueil dans laquelle ils prévenaient les internautes des risques d’être surveillés, donnaient des conseils pour mieux se dissimuler et proposaient leurs services et leurs compétences pour rendre le plus anonymes possibles les communications.

Crypter, éviter la traçabilité

« Nous avons créé, installé et configuré des salons de discussions en direct (IRC) 100% anonymes et sûr, sur lesquels les opposants syriens peuvent nous contacter et même se contacter entre eux en étant sûrs qu’ils ne pourront pas être identifiés par le régime, même s’il dispose de technologies de pointe achetées en France ou aux États-Unis », poursuit Tom.

Depuis, ils ont gagné la confiance de dizaines d’activistes et d’opposants syriens, qui risquent leurs vies pour faire sortir films et informations du pays via le réseau.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/024.jpg

« Leurs demandes : comment anonymiser les échanges de courriels, comment crypter des SMS sous Androïd, comment ne pas de faire repérer en ligne, éviter la traçabilité ? Des gars de Telecomix, de Loop et d’ailleurs se retrouvent pour leur proposer des solutions, étudier leurs problèmes », explique-t-il.

« Pas question d’être des utopistes qui font ça pour s’amuser et mettent la vie des gens en danger. Nous portons une sacré responsabilité : s’ils utilisent les technologies que nous leur apportons, il faut qu’elles soient sûres à 100% ! On ne peut pas se gourer. Tu ne peux pas te dire : +Hoops ! Je viens de faire tuer cinquante personnes…+ »

« Parfois, des relations se nouent avec des gars à l’intérieur de la Syrie. On apprend à se connaître, malgré les pseudos. Et puis un jour, plus de nouvelles du gars. Plus jamais de nouvelles… Là, ton ordinateur, tu ne le regardes pas de la même manière… »

Récemment des questions sont arrivées sur les possibilités d’utiliser des « quadcopters », petits drones hélicoptères dotés de quatre hélices, faciles à fabriquer et à faire voler par télécommande.

« Les plans sont partout, en logiciels libres », sourit Tom. « Ce serait pas mal de les aider à fabriquer ça. Trois quadcopters avec de petites antennes radio : tu les fait voler sur les toits de trois immeubles du quartier. Et hop, tu as un mini-réseau. Facile à monter, à démonter, difficile à détecter ! »

Figure publique de Loop, habitué à représenter le groupe dans les médias, le jeune homme explique et détaille les aspects « ouverts » de « l’Opération Syrie ». « Mais, vous comprenez bien, il y a pas mal de choses qui doivent rester secrètes… »

Presse estivale (Agence Faut Payer via France24.com, 17 août 2012)

Publié dans Cybernétique, La révolution syrienne | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Trois quadcopters avec de petites antennes radio : tu les fait voler sur les toits de trois immeubles du quartier. Et hop, tu as un mini-réseau. Facile à monter, à démonter, difficile à détecter ! »

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 47 – « On place 5000 euros en rouleaux de monnaie sous son clic-clac, on avait des liasses à gogo, c’était le festival de Cannes, on a dévalisé le Lacoste, on flambait, on a enrichi Foot Locker, on a meublé l’appart de la meuf de A à Z »

Partie 47

À l’époque où j’étais avec Jade, elle était au courant pour le Décathlon qu’on avait braqué, mais ce qu’elle ne savait pas c’est que je n’étais pas à mon premier coup d’essai, on avait braqué une grande surface près de chez elle, c’était ce braquage que je vais vous raconter il s’est passé en deux étapes :

Je parle de mon plan à Kamel qui était toujours partant, je propose mon plan à un autre soldat du quartier voisin, qui après réflexion accepte de me suivre, j’étais encore débutant dans les vols à main armée, j’étais précoce et j’apprenais sur le tas, on se donne rendez-vous à 6 heures du matin au foyer Sonacotra, au milieu des clandos personne se douterait qu’on préparait un casse à 100 km de là, je donne le top puis on prend la direction de Rouen, cagoule, armes et surtout la musique à fond nous a mis l’ambiance pendant une heure, Jade pensait que j’étais chez mes parents alors que j’étais à deux minutes de son lit à vol d’oiseau de ma princesse, elle était loin d’imaginer que son prince charmant qu’elle pensait posé en apparence se transformait la nuit tombée en braqueur multirécidiviste, mais la pauvre ne se doutait de rien ma Normande.

Arrivé sur les lieux du crime moi et mes deux acolytes on se met en planque dans des vieux containers qui étaient posés devant la grande surface, on avait une vue directe sur l’entrée du grand magasin, en planque pendant une heure toujours rien, soudain la lumière s’allume à l’intérieur, on n’avait rien compris, on n’avait pas bougé fixant l’entrée du magasin, comment ils avaient pu entrer sans qu’on les remarque, mais c’était sûr il y avait du mouvement à l’intérieur, notre plan était tombé à l’eau, le personnel rentrait avec une porte dérobée sur le côté de la grande surface, on avait missionné planqués pendant des heures mais l’affaire venait de nous passer sous le nez, j’avais le seum mais tant pis ce n’était que partie remise je rentre à Mantes bredouille la rage au ventre, j’aimais pas rester sur un échec du coup je décide de remettre ce plan au lendemain, Kamel et moi toujours partants mais le troisième ne sentait plus l’affaire, du coup il a renoncé j’ai recruté dans l’urgence un soldat de mon quartier qui m’a fait confiance et décide de me suivre cette fois-ci il était hors de question que je me loupe dans mes plans, j’ai observé la porte où le personnel rentrait mais il n’y avait aucun endroit pour se cacher sans être vu, dans l’urgence j’ai improvisé et trouvé une idée qui s’avérera très efficace, je place dans la nuit à proximité de la porte dérobée un énorme carton que j’ai trouvé dans une benne à ordures, on a posé des poubelles dessus pour qu’il se noie dans le décor, puis on rentre à trois dedans les armes aux poings, cagoule sur la tête, on avait fait juste un trou pour guetter l’arrivée du personnel, on était plus que prêts, on s’impatientait, jambes engourdies, à genoux on pétait les plombs on étouffait dans ce quartier mais il était hors de question de se louper deux fois d’affilée, silence complet on était fondus dans le décor, à 7 heures du matin, personne ne faisait attention à ce qui semblait être un entassement de poubelles, 8h15 après des heures d’attente, le directeur accompagné de deux adjoints, s’approche de nous et jette son mégot de cigarette sur l’amas d’ordures c’est là qu’on décide de sortir de notre terrier pour lui souhaiter un joyeux Noël LOL une vision d’horreur pour le directeur, canon sur la tempe on l’entraîne dans la salle des coffres du magasin, on lui fait ouvrir la lourde porte blindée du coffre, on charge les sacs, on prend aussi des rouleaux de pièces de monnaie par cartons, on enferme le personnel dans une salle, puis on disparaît dans la nature.

On venait de frapper un grand coup, on s’est rendus direct chez une copine qui avait un appart dans le 78 elle nous avait laissé les clés puis avait été au travail, elle se doutait pas une seconde de qui on était, on place 5000 euros en rouleaux de monnaie sous son clic-clac, on avait des liasses à gogo, c’était le festival de Cannes, on a dévalisé le Lacoste, on flambait, on a enrichi Foot Locker, on a meublé l’appart de la meuf de A à Z, Jade n’a jamais rien su de cette histoire bien évidemment.

2001, j’étais le premier à aller chercher des billets en euros tout neufs, sortis de l’Imprimerie nationale, j’avais l’impression que c’était des billets de Monopoly, ça me paraît loin cette époque de fou, ça fait déjà dix ans, quand je vous raconte cette histoire ça m’amène tout naturellement à penser à Kamel qui sera libérable en 2012 inchallah, on reformera l’équipe mais cette fois pour du 100 % hallal.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 47 – « On place 5000 euros en rouleaux de monnaie sous son clic-clac, on avait des liasses à gogo, c’était le festival de Cannes, on a dévalisé le Lacoste, on flambait, on a enrichi Foot Locker, on a meublé l’appart de la meuf de A à Z »

[Italie] Nouvelle opération répressive contre le mouvement anarchiste – 27 août 2012

Trentino – Opération répressive, Massimo Passamani arrêté

À l’aube du 27 août 2012, l’offensive d’été contre le mouvement anarchiste se poursuit. Les informations sont encore peu nombreuses, mais nous parlons de 43 suspects pour “association subversive” (270a) et plusieurs perquisitions, principalement entre Trento et Rovereto, y compris à l’espace El Tavan. Une camarade, Daniela, a été placée en résidence surveillée, tandis qu’un compagnon, Massimo, a été arrêté et incarcéré à la prison de Tolmezzo.

Pour écrire au compagnon : Massimo Passamani DC Tolmezzo via Paluzza, 77-33028 Tolmezzo (UD)

Solidarité avec les camarades perquisitionné-e-s, Massimo et Daniela libres !

Traduit de l’italien (Informa-Azione) par Le Chat Noir Émeutier, 27 août 2012

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Italie] Nouvelle opération répressive contre le mouvement anarchiste – 27 août 2012

[Nique la BAC] Hourra pour la Grande Borne !

Essonne : deux policiers blessés au fusil de chasse à Grigny

Deux policiers ont été blessés lors d’échauffourées qui ont éclaté au sein du quartier de la Grande Borne à Grigny (Essonne) dans la nuit de vendredi à samedi.

Blessés chacun à une main et au niveau du visage, ces deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) ont été touchés par des tirs de fusil de chasse, mais leurs jours ne sont pas en danger.

Les forces de l’ordre ont été prises à partie après être intervenues vers 22h30 dans le quartier pour une rixe opposant une vingtaine de personnes, a-t-elle précisé.

Une fois la situation calmée, les policiers ont regagné leur véhicule et ont alors été pris pour cible par une quinzaine de personnes.

Ils ont essuyé des tirs de mortier (feux d’artifice), de fusil de chasse et des jets de cocktail molotov. Venus en renfort, une quinzaine de CRS ont été touchés sans être blessés et ont fait usage de gaz lacrymogène.

Une cartouche de calibre 12 a été retrouvée sur les lieux.

Les échauffourées ont pris fin vers 1 heure, sans qu’il y ait d’interpellation. Une enquête a été confiée à la sûreté départementale de l’Essonne.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 25 août 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Un commentaire

​Commémoration de la libération de Paris : arrestation d’anarchistes

Commémoration de la libération de Paris – Hollande fait arrêter les libertaires

Aujourd’hui, 25 août 2012, avait lieu une cérémonie commémorant la libération de Paris par la deuxième division blindée. La plaque déposée par François Hollande fait explicitement référence à la Nueve, des militants espagnols anarchistes et antifascistes qui avaient rejoint l’armée de libération. Venu-e-s commémorer la participation de ces courageux militants anarchistes à la libération de Paris, des camarades de notre organisation Alternative libertaire et de la Fédération anarchiste ont été pris-e-s à parti par les forces de l’ordre. Bien que la commémoration fut publique, nos camarades se sont vu-e-s accusé-e-s de procéder à des rassemblements non autorisés et de brandir des drapeaux non républicains – les drapeaux étaient noirs. Une vingtaine de camarades sont actuellement retenu-e-s en garde à vue au commissariat du 8e arrondissement. Face à l’arbitraire policier et aux évidentes restrictions de la liberté d’expression, nous exigeons la libération de nos camarades.

Alternative libertaire, le 25 août 2012


Commémoration de la libération de Paris : arrestation d’anarchistes

Le 24 août 1944 Paris était libéré. Les premiers à entrer dans Paris sont des Espagnols. Ils étaient dans la 9e compagnie, la Nueve, du 3e bataillon, commandée par le capitaine Raymond Dronne et appartenant à la deuxième division blindée (2e DB) du général Leclerc. Parmi eux, de nombreux anarchistes. Au sein de la Nueve, ces hommes avaient combattu en Afrique du nord, en France, en Normandie. Après avoir participé à la libération de Paris, ils avaient poursuivi la lutte en Alsace. Puis, ils avaient livré bataille en Allemagne, jusqu’à l’armistice. Ainsi, après avoir combattu en Espagne contre le franquisme, ils continuaient leur lutte contre le totalitarisme.

C’est pour commémorer cette réalité, peu connue, que nous voulions participer à la cérémonie prévue samedi 25 août à l’Hôtel de Ville de Paris, arborant des drapeaux rouges-noirs et noirs, couleurs des anarchistes de la Nueve. Alors même que, François Hollande déposait une plaque en l’honneur même de la Nueve.

Mais c’était sans compter sur le président qui nous envoya la police pour nous repousser et nous arrêter. Quinze militants de la Fédération Anarchiste ainsi qu’un militant d’Alternative Libertaire et deux passantes sont restés quatre heures aux commissariats du huitième et du neuvième arrondissement pour avoir voulu honorer la mémoire des valeureux combattants de la Nueve. Heureusement que nous vivons une présidence de gauche !

Le refus de la présence des couleurs des anarchistes, lors de cette cérémonie, témoigne d’une occultation d’une réalité historique, voire d’une falsification. Il est grand temps de reconnaître que, nombre d’anarchistes, ont joué un rôle dans la lutte contre le nazisme et ont contribué à la libération de notre pays.

Fédération anarchiste, 26 août 2012

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur ​Commémoration de la libération de Paris : arrestation d’anarchistes

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 46 – « Si si, j’avais gagné une voiture à l’œil, Oumar l’insolent avait encore frappé »

Partie 46

Ce soir je devais pas mettre de partie mais l’appel de ma plume a été trop fort mon inspiration était sans fin, c’était devenu comme vital, j’avais besoin de coucher sur une feuille mes pensées, mon passé et mon futur, le goût de l’écriture avait remplacé mon goût du revolver, qui aurait cru que le petit Oumar le gremlins enragé voulait vouer sa vie à cet art, c’était indétectable comme quoi personne était à l’abri de la sagesse, même le pire d’entre nous à l’arrivée peut être meilleur c’est le trésor de la vie rien n’est joué ni perdu d’avance RIEN NE SERT DE COURIR FALLAIT JUSTE PARTIR À POINT.

1998, je sors de taule comme d’habitude pour un vol de voiture qui a fini en course-poursuite j’étais plus souvent à Bois-d’Arcy que dans ma chambre chez mes parents, tellement que je n’arrêtais pas de tomber à chacun de mes retours à Bois-d’Arcy, j’avais mes affaires qui étaient déjà prêtes, tous les mecs à qui j’avais laissé des affaires me les rendaient, c’était en quelque sorte une location de quelques mois, cette année-là, il y a eu un changement fondamental dans ma vie, j’avais embrassé l’islam, ma religion et la religion de mes parents, je ne vivais qu’à travers cette belle religion comme tout ce que je faisais je le faisais à fond, j’ai été dans l’extrême comme l’était ma vie, on allait de quartier en quartier, de ville en ville pour prêcher la bonne parole, j’étais toujours le premier à la mosquée, mes parents n’ont rien compris le sheïtan s’était mis à la prière, ça n’a duré que quelques mois, le sheïtan m’avait eu dans ses filets comme des milliers de jeunes, mais cette période m’a été plus que bénéfique, elle m’a donné des repères et des principes c’est pour ça que plus tard, je ne faisais pas partie de ceux qui fumaient et buvaient même plongé dans l’illicite je savais inconsciemment que me détruire la santé serait une grave erreur, quand je mets le rétroviseur derrière moi et scrute ma vie j’ai l’impression d’avoir 50 ans, il s’en est passé des choses dans la vie d’un jeune fou.

À la demande d’une de mes lectrices dont j’ai oublié le nom, je m’en excuse d’avance, je vous raconte le délit qui m’avait emmené à faire ma peine à Osny (95).

1999, alors qu’on se préparait à aller en vacances sur Marseille, j’y avais été deux ans plus tôt, c’était le bled mais en France LOL, rien de mieux pour des têtes de clando comme nous, nous étions à une semaine du départ, on fait deux trois vols pour gonfler la banane Lacoste de billets en francs, mon hall donnait sur le marché, on se croirait vraiment au bled, mon quartier sentait les épices d’Orient, le mafé d’Afrique et le grec d’Istanbul c’était que du bonheur, tu faisais le tour du monde juste en restant [à regarder] par la fenêtre.

Dans les marchés on croise un mec chelou c’était sûr qu’il ne venait pas d’ici, donc je vais le voir et lui sors une histoire à dormir debout, je lui dis : « Tu te rappelles pas de moi à la gare Saint-Lazare ? » Mort de rire il a rien compris, j’ai vu qu’il avait des clés d’une Peugeot dans la main, donc j’ai improvisé et lui dis : « Tu avais même une 106 verte », je lui dis : « Montre-moi ta voiture si c’est pas une 106 verte ça voudra dire que je me trompe et puis basta », arrivé à sa voiture je prends le volant direct, puis un rodéo infernal commence, pendant des heures je rôde à Mantes-la-Jolie, une course-poursuite s’engage avec la police j’avais pris la nationale en sens inverse, une fois que les keufs étaient semés je rentre dans ma cité, à peine j’ai tiré le frein à main que toutes les hyènes de mon quartier ont désossé la voiture, ils l’ont dépouillée, laisse tomber pour quelques heures de rodéo, le mec a porté plainte j’étais accusé d’une séquestration, le mec avait menti, il avait dit que j’étais armé, ce qui expliquait qu’il ne s’était pas sauvé, le juge a cru le mec sans hésitation, me voilà de retour à Bois-d’Arcy à peine deux mois après ma libération, c’était retour à la case départ.

Cette période j’avais réussi un méchant coup de bluff, à la Rocancourt LOLL une après-midi, j’étais avec un poteau au niveau de la gare de Mantes-la-Jolie, quand un renoi ultra-balèze immatriculé 95 s’arrête à ma hauteur et me dit : « Excuse-moi renoi c’est où la direction de Vernon ? » je lui dis : « Ben écoute prends-nous avec toi, ça tombe bien on va là-bas », le pauvre y avait pas de Vernon qui tienne, il a fini en plein milieu du Val-Fourré il était traumatisé je lui dis : « Écoute vends-moi ta voiture » il s’est senti obligé de le faire, il était pris en otage dans un quartier de psychopathes, je l’amène avec moi au commissariat pour récupérer un papier de vente, dans le hall du commissariat je croise une équipe de la BAC qui m’avait arrêté plus d’une fois et ils me disent ironiquement : « Alors Oumar la garde-à-vue te manque ? Tu es venu louer une cellule ? » je riais jaune, j’étais en panique que le mec me balance, je dis au mec de la BAC que j’étais venu en paix pour acheter une voiture au mec qui était avec moi ils ne le savaient pas encore mais les mecs de la BAC venaient de me servir du plus crédible des alibis, en sortant du commissariat, je barre la carte grise du mec et je le dépose à la gare, en lui faisant croire que j’allais lui envoyer l’argent dans la semaine, un mois plus tard il avait porté plainte, je me rends fièrement au commissariat avec la carte grise c’était sa parole contre la mienne, j’avais dis que je l’avais payé cash mais avec l’alibi que la BAC m’avait fourni sans le vouloir en me voyant sortir avec le mec du commissariat, le juge m’avait laissé la voiture au bénéfice du doute. Si si, j’avais gagné une voiture à l’œil, Oumar l’insolent avait encore frappé.

JE NE SUIS PAS FIER DE MES ACTES DÉLICTUEUX MAIS J’ASSUME TOUT DANS MA CHRONIQUE JE VOUS AI PROMIS DE RIEN CENSURER C’EST MA RÉALITÉ ET DANS LA RÉALITÉ IL Y AVAIT DU BON ET DU MAUVAIS.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 46 – « Si si, j’avais gagné une voiture à l’œil, Oumar l’insolent avait encore frappé »

[Révolution mondiale] Allez passer vos vacances au Togo

TOGO : Climat insurrectionnel à Lomé, 11 personnes disparues

Au troisième jour de la série de manifestations programmées par le Collectif « Sauvons le Togo », le mouvement a pris l’allure d’une insurrection.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/12.jpg

Lomé, 21 août 2012

Outrés par la répression systématique de ses marches, le collectif a appelé à la désobéissance civique.

Ce jeudi 23 août 2012, l’appelle à la désobéissance civique du Cst a été largement entendu. Très tôt dans la matinée, les jeunes du quartier Bè, ont érigé des barricades et brulé des pneus pour exiger la libération de leurs frères victimes d’une rafle policière la veille, bien après les affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Mais pour la première fois, les manifestations se sont répandues dans presque tous les quartiers des banlieues de la capitale.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/14.jpg

Lomé, 21 août 2012

Agoényivé, Wuiti, Nukafu, Kodjoviakopé sont rentrés dans la dynamique de la contestation. « C’est ridicule, le ministre Bawara disait vouloir éviter la paralysie du carrefour Deckon, mais son obstination illégale à entraîner l’embrasement de toute la ville », relève un manifestant ce matin à Lomé. Les forces de sécurité qui jusqu’ici usent de violences, ont été très vite débordées. Elles avaient du mal à débarrasser les routes des barricades qui ont paralysé la circulation à bien d’endroits de la capitale.

À Nukafu, des témoins ont signalé l’intervention des « Bérets verts » du régiment des Forces d’Intervention Rapide (FIR), une unité d’élite de l’armée de terre. À Adidogomé dans la banlieue nord-ouest, pas moins de cinq camions ont convoyés selon des témoins, des militaires du camp militaire de la localité, vers le centre ville, théâtre des mouvements d’humeur des manifestants. À noter que ces militaires dont les interventions ne sont pas indiquées en matière d’opérations de maintien d’ordre, étaient casqués et armés d’armes à feu.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/13.jpg

Lomé, 21 août 2012

Des témoins ont également signalé le déploiement de miliciens par des camions de la Police dans les quartiers. Depuis le début de la semaine, des informations faisaient état de présence de miliciens transportés dans des bus de l’Université de Kara, dans la capitale. Des confrères ont filmé le retrait des miliciens qui s’installaient après leurs besognes à bord d’un camion de la police, à Nukafu.

KOACI.COM apprend que le Gouvernement a tenu un Conseil des ministres extraordinaire dans la matinée. Aucun rapport de cette réunion n’est encore disponible pour la presse. Mais de son côté, le Cst a dans une déclaration, condamné ce soir ce qu’il a qualifié de « dérive répressive inouïe et aveugle » des hommes habillés sur les populations et appelé le peuple togolais, sur toute l’étendue du territoire national, à « désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime ».

Dans un appel, le regroupement des organisations de la société civile et de formations politiques d’opposition, appelle à une marche le samedi 25 août 2012. Un autre test pour le pouvoir qui visiblement tente d’empêcher par la violence et dans l’illégalité, toute démonstration d’hostilité à sa façon de gérer les affaires de la cité.

11 personnes introuvables.

De source proche de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), le cas de 11 jeunes enlevés par les forces de sécurité lors d’une rafle la nuit du mercredi 22 août, inquiète. « Nous avons fait le tour des postes de Police, on a retrouvé six (06) jeunes arrêtés au commissariat central, mais pas de trace de 11 autres ».

En effet, selon nos informations, en tout 12 personnes avaient été arrêtées la nuit du mercredi au quartier Bè. L’un d’eux ayant brandi sa carte d’identité qui montrait qu’il est de nationalité ivoirienne, a été relâché mais les autres ont été amenés. Cependant, un tour effectué par la cellule du Cst qui s’occupe de ces cas, n’a pas permis de retrouver les 11 personnes.

Koaci.com, 23 août 2012


Togo : Lomé en état d’insurrection

En réalité, le CST a reporté ce jeudi 23 août comme jour de manifestation compte tenu de l’incompréhensible et sauvage répression de la marche de mercredi dernier. Et peut-être à cause du mot d’ordre de désobéissance civile lancé hier par le CST ou à cause des rafles opérés par la gendarmerie nationale à Bè, à en croire les informations recueillies auprès des populations ce matin, les jeunes se sont révoltés contre les forces de l’ordre à Lomé.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/manif-lome-23-08.gif

Que ce soit à Bè Akodessewa, Kodjoviakopé, Nyekonakpoè, les quartiers vivent un état de quasi insurrection. Tirs de gaz lacrymogènes et tirs à balles en caoutchouc, toutes les voies de répressions sont explorées par la soldatesque pour réprimer les manifestations de jeunes qui lançaient les pavés et les cailloux. On signale plusieurs blessés.

Selon certaines associations des droits de l’homme, parmi les personnes arrêtées hier matin figure un jeune homme atteint gravement d’une balle en caoutchouc et gardé sans soins à la Direction de la Sûreté nationale.

Rebelote dans les quartiers périphériques de Lomé, Nukafu, Novissi, et Agoè-Nyivé ont pris le relais dans l’après midi. Pneus brûlés, barrages sur les voies, la capitale et sa périphérie était quasi paralysée. À Adidogomé, on signale des prises de motos par les forces de l’ordre, notamment des motos non immatriculées envoyées à une destination inconnue, selon deux personnes contactées par MO5-togo et victimes de ces prises.

Le Collectif Sauvons Le Togo organise une conférence de presse à 16 heures au siège du CACIT. Le CST, excédé par l’attitude absconse du pouvoir réduit à une  logique de répression systématique, a lancé depuis hier un mot d’ordre de désobéissance civile sur l’ensemble du territoire.

Le peuple va-t-il suivre ? Rien n’est sûr. Mais la population semble excédée par le règne du clan Gnassingbé et les jeunes visiblement veulent en découdre avec l’arbitraire et l’autoritarisme.

Du côté du pouvoir, on a imaginé l’ampleur que pourrait prendre cette confrontation avec le CST. La question qui se pose est comment trouver une issue politique.

Une réponse claire à cette question ne semble pas évidente, les deux camps étant engagés dans une fuite en avant. Des informations persistantes font état de ce que la gendarmerie veut arrêter les leaders du CST alors qu’au même moment, le Premier ministre fait une offre de dialogue.

De sources proches du CST, Zeus Ajavon aurait rencontré le Premier ministre Edem Kodjo, qui ferait ici office de médiateur entre lui et le PM Ahoomey-Zunu, ces deux ex- membres de son parti, la Convention patriotique panafricaine. De source sûre, les deux hommes ont quitté le parti sans avoir démissionné.

Sepe Dzake, mo5-togo.com, 23 août 2012

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution mondiale] Allez passer vos vacances au Togo

On aime le poulet grillé à Bourtzwiller (3)

Mulhouse. Violences urbaines à Bourtzwiller et aux Coteaux
Nouvelle nuit de tension : neuf interpellations

Depuis le début du mois d’août, les incidents se multiplient entre forces de l’ordre et jeunes du quartier de Bourtzwiller et de manière plus épisodique ceux des Coteaux. La nuit dernière, un fourgon en patrouille a été incendié. Neuf personnes ont été interpellées.

Tout a commencé mercredi vers 19h rue Pierre-Loti dans le quartier des Coteaux. Une patrouille de la police municipale a découvert une moto signalée volée. Les fonctionnaires ont été immédiatement encerclés par une vingtaine de jeunes très hostiles. Il a fallu faire appel à des renforts, ceux de la BAC, la brigade anticriminalité. Au lieu de se disperser, le groupe a commencé à jeter des pierres sur les policiers. Ces derniers ont dû faire usage de leurs Flash-Ball.

Peu avant minuit, c’est à Bourtzwiller que les violences urbaines se sont poursuivies. Un feu de poubelles rue Saint-Nazaire a nécessité l’intervention des pompiers et des policiers et comme à chaque fois, les uniformes ont été accueillis par des jets de pierres.

Un véhicule de l’UOP incendié au cours de la soirée

À l’arrivée des renforts, un fourgon de l’UOP (Unité d’ordre publique) du commissariat a été la cible de jets de cocktails Molotov, cinq en tout. Mais un seul a atteint sa cible, embrasant le côté droit du véhicule. L’essence s’est même infiltrée dans le véhicule dont l’habitacle a commencé à brûler.

Heureusement, les policiers ont pu sortir à temps du véhicule et utiliser les extincteurs. Personne n’a été blessé, souligne-t-on à la direction du commissariat, « mais la situation devient de plus en plus dangereuse et critique ».

Les assaillants, une dizaine, tous cagoulés ont pris la fuite. Dans leur course, ils ont tenté de se débarrasser de leurs vêtements sans doute pour pouvoir se fondre dans la masse des curieux. Mais un équipage de la BAC a réussi à en interpeller six au niveau des rues du 15-Août et de l’Armistice (trois majeurs et trois mineurs, âgés de 15 à 19 ans). Le plus connu des services de police était déjà sous le coup d’un contrôle judiciaire avec interdiction de sortir au-delà de 22h.

Des dégradations signalées aux Coteaux par des riverains

La soirée n’était pas terminée puisque c’est à nouveau du côté des Coteaux que les policiers sont intervenus suite à l’appel de riverains. Il était 1 h 40 lorsque l’on a signalé un petit groupe d’individus qui dégradaient du mobilier urbain rue Jules-Verne. À l’arrivée des fonctionnaires, les cailloux ont fusé sur le véhicule. Le groupe a pris la fuite en direction de la rue Alexandre-Dumas. Pris en chasse, il a été rattrapé par une seconde équipe de la BAC. Trois casseurs ont été interpellés. Ils sont âgés de 15, 17 et 21 ans et ont été placés en garde à vue. Les auteurs de violences urbaines à Bourtzwiller seront déférés ce matin au parquet. Les majeurs devraient faire l’objet d’une procédure de comparution immédiate devant le tribunal dans la journée. Les mineurs seront, eux, présentés au juge des enfants. Les trois autres gardés à vue seront déférés au parquet au cours de la journée.

À noter que depuis le début du mois, Mulhouse a bénéficié de la présence de renforts représentant l’équivalent d’une compagnie de CRS, soit plus de 80 hommes pour faire face tant aux tensions dans les quartiers mulhousiens qu’à la foire-kermesse. Ces derniers ont quitté la cité du Bollwerk mardi soir.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Alain Cheval, DNA.fr, 24 août 2012) via Le Chat Noir Émeutier


Mulhouse. Comparution immédiate pour les auteurs de violences urbaines
Délai et détention provisoire

Les auteurs présumés des violences urbaines perpétrées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le quartier de Bourtzwiller ont demandé cet après-midi, lors de leur comparution immédiate, un délai. Ils ont été placés en détention provisoire.

Escorte renforcée, équipages de l’UOP (Unité d’ordre publique) supplémentaires, le tribunal de grande instance de Mulhouse était sous haute surveillance cet après-midi afin d’éviter tout débordement à l’occasion du jugement de trois des six jeunes interpellés jeudi au petit matin rues du 15-Août et de l’Armistice après un énième épisode de violences urbaines dans le quartier de Bourtzwiller (DNA d’aujourd’hui).

Une première en matière de poursuite

Les trois majeurs, 18 et 19 ans, devaient répondre en comparution immédiate de violence sur des policiers, dégradation par un moyen dangereux (jets de cocktails Molotov) et c’est sans doute une première sur la juridiction pour « embuscade en réunion dans le but de commettre des violences avec usage ou menace d’une arme »… des faits pour lesquels ils encourent une peine de 10 ans d’emprisonnement.

Comme la loi les y autorise, les trois mis en cause ont demandé à bénéficier d’un délai pour préparer leur défense.

Le procureur de la République, Julie Fergane a requis le placement en détention provisoire des trois majeurs sollicitant, elle aussi, « un délai pour que les policiers de Mulhouse ne risquent pas de mourir incendiés dans leur véhicule par la faute des prévenus ; un délai pour qu’ils n’aient pas une nuit de plus à affronter l’irresponsabilité et le mépris de certains qui se sentent tout puissant ; un délai pour les habitants de Mulhouse, pour permettre d’espérer avoir un peu de paix sociale, cette paix qui leur a été une fois de plus volée, eux qui se sont résignés ces dernières semaines à l’odeur de l’essence, aux hurlements des sirènes, aux carcasses de voitures ; un délai pour leur permettre de passer une nuit sans avoir à alerter la police et les pompiers, sans risquer d’être blessé par un jet de cocktail Molotov… ».

Les avocats des prévenus ont estimé qu’un contrôle judiciaire strict était suffisant d’autant que « les procès-verbaux des policiers ne sont pas une preuve absolue de leur responsabilité ».

Le tribunal a décidé de placer les trois majeurs en détention provisoire pour éviter toute réitération des faits et toute concertation. Ils resteront en prison jusqu’au 30 novembre, date de leur passage en audience correctionnelle.

Leur presse (Alain Cheval, DNA.fr, 24 & 25 août 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur On aime le poulet grillé à Bourtzwiller (3)

[Vive la belle] Évasion, mode d’emploi

Quintuple évasion
Les gardiens de prison avaient éteint le système de détection à cause des vaches

Une nouvelle affaire éclate au sein du Service pénitentiaire. Des fautes incroyables ont été commises à la prison de la Croisée, à Orbe.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/052.jpg

Le « chemin de fuite » des cinq détenus, du pénitencier à la déchetterie.

Pour le Service pénitentiaire vaudois, l’été a commencé par un drame, avec l’immolation d’un ancien détenu devant le siège de son état-major, le 18 juin à Penthalaz. Il finit avec un scandale, provoqué par des révélations abasourdissantes sur la quintuple évasion qui s’est produite au matin du 30 juillet à la Croisée, un des établissements pénitentiaires de la plaine de l’Orbe.

À l’occasion de la première séance du Conseil d’État après les vacances, la semaine dernière, la Verte Béatrice Métraux, cheffe du Département de l’intérieur, a raconté l’affaire à ses collègues. Elle leur a expliqué comment les cinq détenus d’une même cellule ont pu s’échapper d’une prison entourée d’une enceinte réputée infranchissable, tout cela sans éveiller l’attention de leurs gardiens.

Enquête administrative

D’incroyables défaillances humaines et techniques du système de surveillance ont d’ores et déjà été constatées. L’une n’a pas fini de faire rire jaune : cette nuit-là, le système infrarouge de détection des mouvements PIR (pour Passive infrared sensor) avait été désactivé dans un secteur pour éviter les alarmes que provoquaient régulièrement les vaches paissant dans un pré qui borde le grillage extérieur de la prison.

À 24 heures qui a eu vent de ces informations, la conseillère d’État a répondu hier que les conclusions des investigations menées à l’interne lui seront remises au milieu de la semaine prochaine. Dans la foulée, annonce déjà Béatrice Métraux, un mandat sera confié à une personnalité extérieure dans le cadre d’une enquête administrative. La ministre de l’Intérieur n’exclut pas des sanctions.

Défaillances en chaîne

Pour le moment, les responsabilités personnelles, directes ou indirectes, ne sont pas établies. Les vacances des agents de la Croisée et des cadres des Etablissements de la plaine de l’Orbe ont retardé l’enquête menée sous l’autorité de Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire (SPEN) depuis décembre dernier.

Les cinq évadés – qui n’ont pas été repris – ont trouvé un « chemin de fuite » grâce à un enchaînement de failles du système de sécurité. Ils étaient logés au dernier étage d’un des bâtiments pénitentiaires qui date de 1930. Le plafond de leur cellule étant fait d’un matériau friable, ils ont creusé un orifice avec les couteaux de leurs repas. Ils ont accédé ainsi aux combles, dans lesquelles aucun système de détection n’était installé. Après avoir enlevé des tuiles, ils sont montés sur le toit. De celui-ci, ils sont passés très facilement sur ceux d’édifices plus bas, qui sont accolés à leur prison.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/017.jpg

Depuis le bâtiment pénitentiaire (au fond), les cinq fugitifs sont passés de toit en toit pour contourner l’enceinte de sécurité et le dispositif de surveillance.

Ces bâtiments ont été construits en 2004 pour loger l’administration et installer des « unités de vie » pour des détenus bénéficiant de régimes de surveillance allégés. En sautant de toits en toits, les fuyards ont contourné le mur « infranchissable » de 6 mètres. Ils ont rencontré sur ces hauteurs quelques barbelés en rouleau qu’ils n’ont pas eu de peine à écarter. Cela les a menés jusqu’au parking du personnel, qui est séparé des champs par un grillage banal malgré son maillage serré. Il est facilement franchissable car la déchetterie de la prison et ses containers y sont adossés.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/023.jpg

Les fugitifs n’ont eu aucun mal à écarter les barbelés placés sur les toits. Ceux-ci n’étaient pas dans le champ des détecteurs infrarouges et des caméras.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/034.jpg

Les détenus ont utilisé deux draps pour descendre du toit du bâtiment administratif. La déchetterie les a aidés à franchir le grillage du parking.

Normalement, les mouvements des cinq prisonniers auraient dû être détectés par le système infrarouge. Cela aurait eu pour effet d’orienter les caméras. Leur zoom aurait alerté l’agent de service devant la vingtaine d’écrans de la centrale de surveillance. Mais le système de détection avait été déconnecté pour éviter qu’il ne soit trop souvent activé par le bétail de la colonie agricole du pénitencier placé pour la nuit dans le champ voisin du parking. Béatrice Métraux ne peut retenir un soupir : « De toute façon, les évadés auraient pu passer inaperçus même si le système PIR avait été branché car il souffre d’un angle mort dans cette partie du secteur… »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/042.jpg

Au bout du pré, où broutaient les vaches : à gauche, la déchetterie de la prison et le parking du personnel ; au centre, l’entrée ; à droite, le mur « infranchissable ».

La série noire d’un été

Des mesures d’urgence ont été prises pour réduire les failles dont a souffert la sécurité de la Croisée, assure la conseillère d’État Béatrice Métraux. Ainsi, des appareils de détection infrarouge seront installés lundi dans les combles du bâtiment pénitentiaire. « Le problème, ajoute toutefois la ministre de l’Intérieur, c’est qu’une bonne partie du matériel de sécurité est désuète. » Une étude va donc être conduite pour son renouvellement. Quant aux vaches, elles paissent désormais dans d’autres prés…

En charge du système carcéral vaudois depuis le début de l’année, Béatrice Métraux n’a pas été épargnée ces dernières semaines. Encore traumatisé par le décès de Skander Vogt dans sa cellule enfumée du pénitencier de Bochuz, le SPEN a été frappé par deux nouveaux drames. L’un et l’autre ramènent à la problématique des détenus souffrant de troubles psychiatriques. Celui qui s’est immolé le 18 juin était l’objet d’une mesure de traitement institutionnel dont l’échéance n’était pas fixée, alors que sa peine devait en principe se terminer le 21 juillet. Une même mesure frappait le détenu qui s’est suicidé dans la nuit du 23 au 24 juillet dans sa cellule de la division psychiatrique de la prison de la Tuilière, à Lonay.

Presse carcérale (Daniel Audétat, 24Heures.ch, 25 août 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Vive la belle] Évasion, mode d’emploi

[Révolution tunisienne] Anarchie à El-Hancha (2)

Les mouvements de protestation à El Hancha (Sfax) se poursuivent

Les habitants de la délégation d’El Hancha (Gouvernorat de Sfax) poursuivent leur mouvement de protestation pour la 3e soirée consécutive, après l’arrestation des personnes, impliquées dans les actes de vandalisme, suite à des accrochages avec des membres d’Ennahdha.

Les protestataires ont brulé des pneus, bloquant la route GP1, au niveau de Manzel Chaker. La route a ensuite été ouverte suite à l’intervention des forces de l’ordre qui ont eu recours aux bombes lacrymogènes contre les manifestants.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 25 août 2012)


Ils voulaient porter plainte contre Ennahdha, ils sont arrêtés et mis en garde à vue

L’arrestation de deux personnes qui voulaient porter plainte au poste de police d’El Hancha, semble être le déclencheur d’un nouvel épisode de violence survenu, jeudi soir.

Selon des témoignages recueillis par le correspondant de la radio Shems Fm dans la région, les deux personnes précédemment citées ont été surpris par leur mise en garde à vue alors qu’ils entendaient porter plainte suite à une altercation avec des membres du mouvement Ennahdha, jeudi plus tôt dans la journée.

En effet, un échange d’accusations a eu lieu entre les représentants de certains partis politiques et de la société civile d’une part et des membres du mouvement Ennahdha d’autre part, ces derniers accusent les premiers d’être des ex-rcdistes alors que les premiers cités avertissent contre une main mise du mouvement Ennahdha sur l’Association de développement de Sfax.

Publié par des ennemis de la révolution (African Manager, 24 août 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Anarchie à El-Hancha (2)

[Vosges] Nique la police

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/DSC00201.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/DSC00202.jpg

Épinal-Golbey, août 2012

Publié dans Graffitis divers, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Vosges] Nique la police

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 45 – « On était venu chercher un youv au mitard de la République »

Partie 45

2003, la canicule nous cramait derrière les barreaux, je croyais même que j’allais y passer on était des morts-vivants le moindre fait et geste et on était en sueur, la nuit impossible de dormir, une nuit même j’ai craqué comme j’arrivais pas à dormir, j’ai rempli des sacs poubelle d’eau fraîche du robinet et j’ai dormi avec, le lendemain j’ai frisé le coma en hypothermie totale, plus jamais je referai cette erreur cet été-là du jamais vu j’étais tombé deux ans plus tôt avec Kamel qui lui est tombé à Bois-d’Arcy, j’étais en cellule avec un poteau de Limay « 78 », qui venait juste d’arriver d’un transfert disciplinaire de Fleury on s’était connus quelques années plus tôt sur Bois-d’Arcy, à Fresnes je connaissais tout le monde, j’avais créé une certaine affinité avec les mecs du 94, on avait une sacrée promenade que des vaillants la plupart des youv de la banlieue parisienne étaient là que des gros poissons, le moindre mec bizarre était détecté sur-le-champ, on avait tous des amis en commun, tous les individus qui se trouvaient dans cette cour étaient susceptibles de s’évader à un moment ou un autre, c’était les mecs les plus déterminés que j’avais jamais vus, les surveillants ne savaient même plus où donner de la tête tellement c’était criminogène, moi le p’tit renoi du Val-Fourré je faisais les cent pas avec des braqueurs de fourgon blindé, des grossistes en tonnes, on parlait la même langue, je notais tous les conseils qu’ils me donnaient, ils m’avaient adopté, ils voyaient en moi la relève du grand banditisme, il y avait des millions en potentiel dans cette cour, ils nous avaient juré fidélité à l’illicite, j’avais enfin rencontré des gens comme moi, des gens qui n’allaient pas me traiter de zinzin quand je leur raconterais mes projets, chaque jour je rajoutais un nom dans mon carnet d’adresses malgré qu’ils n’avaient plus rien à prouver dans la rue, ils tenaient un comportement exemplaire, toujours humbles jamais un mot plus haut que l’autre c’est à cette époque que j’ai rencontré Hakim d’Aubervilliers « 93 » mon frère de cœur, on était liés comme deux doigts d’une main on était les plus jeunes dans la promenade, surexcités de sortir et mettre en application tout ce qu’on avait appris, Hakim et moi étions sur la même longueur d’ondes, on était les cauchemars de Sarko, j’avais les dents longues prêt à tout pour l’oseille, à chaque fois que je remontais en cellule, je dessinais un croquis de mes plans sur un bout de papier que je cachais sous la cuvette des toilettes, il me manquait plus que la liberté pour mettre au point mes plans de crapule pour que tout marche sur des roulettes, je devais attendre que mes soldats sortent tous de taule et là ça serait la fortune assurée, enfin c’est ce que je croyais.

Un matin alors que j’étais en sport mon codétenu s’embrouille par la fenêtre avec des super potes à moi de Vitry « 94 » apparemment mon codétenu a très très mal parlé avec sa bouche quand je suis rentré du sport mon codétenu m’explique qu’il venait de mettre à l’amende nos voisins de dessus, j’ai ri jaune car il ne savait pas à qui il avait affaire, ce genre de youv ne répondait pas, s’affichait pas à la fenêtre, ils te laissaient aboyer et montaient un grave guet-apens pour te crever, mon codétenu était une hyène made in Bois-d’Arcy, il n’avait pas la mentale des voyous mais les couilles d’un banlieusard, dans certains cas les couilles ne te suffisent pas, fallait pas aboyer à tort et à travers même les plus gros fous se sont mangé la fessée quand ils étaient en tort pourquoi aller au feu gratuitement ? pourquoi risquer des coups de couteau pour une histoire à deux balles par la fenêtre ? Du coup j’ai dû appeler mon pote de Vitry et négocier pendant des heures pour qu’il gracie mon codétenu, après de rudes négociations par amitié il accepte de passer l’éponge mais il l’attendait au tournant au prochain manque de respect j’aurais pas pu sauver sa tête, le respect était la base de tout, SURTOUT NE PRENDS PAS LE RESPECT QU’ON TE DONNE POUR UNE PEUR.

Une nuit presque banale jusqu’à 4 heures du matin, ce qui devait arriver arriva, on a sursauté on s’est fait réveiller par des détonations d’explosifs et de fusils-mitrailleurs c’était pire que le feu d’artifice du 14 juillet, j’ai enfilé un t-shirt et couru jusqu’à la fenêtre, c’était Hiroshima, la prison était prise d’assaut par des soldats surarmés, on savait pas encore qui était l’heureux élu, ça pouvait être n’importe qui tellement les youv étaient nombreux à Fresnes, l’assaut a duré une dizaine de minutes tout brûlait, une dinguerie du jamais vu, un affront à la politique de Sarkozy, on était venu chercher un youv au mitard de la République, le lendemain matin à la promenade on a appris le nom de celui qui s’était fait la belle, son petit frère qui était avec nous a été bloqué en cellule, il avait rien à voir avec l’évasion mais il portait un nom qui avait traumatisé les matons, il a été transféré sur-le-champ IL ÉTAIT PRÉSUMÉ COUPABLE, c’était la fête à Fresnes, les matons étaient traumatisés d’un coup ils se sont mis à nous vouvoyer, nous respecter, avant ils se pensaient intouchables, le lendemain, on se préparait pour aller en sport, 7h30 en regardant les infos du Morning Live on a appris qu’ils préparaient une fouille secrète à Fresnes, on a tout jeté par la fenêtre, les guignols s’étaient fait cramer par Michael Youn, plus de trois cents matons nous ont ouvert la porte cagoulés bouclier à la main ils nous ont sortis un par un, devant les cellules une fouille gigantesque avait commencé, j’avais vu des fouilles ministérielles mais pas comme celle-là, les matons de partout, j’ai cru qu’ils allaient nous exécuter un par un, on a passé la journée en promenade pendant qu’ils déchiquetaient nos cellules, on était cinquante par promenade, ils avaient vidé la prison, tout le monde dehors, les violeurs, les balances étaient invités à descendre, ils ont déterré tout le monde, des K.-O. par dizaines dans les cours, ça sautait de promenade en promenade, pour choper une tête c’était trop hella, quand ils nous ont réintégrés, ils ouvraient les cellules par hasard et te jetaient dedans un truc de malade, tu passais la nuit dans une cellule qui n’était pas la tienne, fallait crier que celui qui avait hérité de ta cellule n’y foute pas le boxon, malgré la dureté de mon récit il me reste que des bons souvenirs, j’ai appris à être patient, que l’administration était capable du pire pour se venger.

AVEC GRAND PLAISIR JE VOUS FAIS PART DE MON EXPÉRIENCE, MA VIE, MA RÉALITÉ.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 45 – « On était venu chercher un youv au mitard de la République »

[Grèce] L’État nous écrase d’impôts / Il faut payer ses juges, sa flicaille

Grèce : les autorités de l’île de Hydra dénoncent une attaque contre des inspecteurs du fisc

ATHENES (Sipa) — Les autorités de Hydra, en Grèce, ont dénoncé ce week-end l’attaque par des habitants de l’île d’inspecteurs du fisc qui avaient interpellé un restaurateur local soupçonné de fraudes.

Les faits remontent à vendredi. Les inspecteurs souhaitaient amener le propriétaire du restaurant à Athènes, à une heure de trajet en bateau rapide, pour lui demander des explications : ils lui reprochent de ne pas fournir de reçus à ses clients.

Des habitants ont alors assailli les inspecteurs du fisc et l’équipage du bateau. Les agents du fisc et le restaurateur ont dû battre en retraite dans un commissariat de l’île, assiégé par les protestataires qui ont coupé l’eau et l’électricité, jusqu’à l’intervention samedi matin de policiers anti-émeute.

Le restaurateur a été transféré samedi à Athènes à bord d’un bâtiment des garde-côtes. La lutte contre la fraude fiscale, très répandue dans le pays, fait partie des mesures promises par Athènes en contrepartie de l’aide financière de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

Presse antiémeute (Challenges.fr, 19 août 2012)

Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Grèce] L’État nous écrase d’impôts / Il faut payer ses juges, sa flicaille

En attendant la destruction des prisons…

Saint-Martin-de-Ré (17) : des pieds de cannabis cultivés… dans la cour de la prison

Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie.

La procureure de la République de la Rochelle confirme qu’une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie afin de déterminer dans quelles circonstances des pieds de cannabis ont poussé dans la cour de promenade du quartier Caserne, une des deux entités de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré.

L’hypothèse que des prisonniers aient apporté les soins nécessaires aux plants afin de bénéficier d’une récolte de bon niveau est retenue sans que ces jardiniers attentionnés, à l’instar de ceux qui ont procédés à la plantation, soient encore identifiés.

Le syndicat Force ouvrière, de l’union interrégionale des syndicats pénitentiaires qui a fait écho de la culture illicite, indique que mardi, une quinzaine de pieds de cannabis de 80 centimètres de haut a été récoltée. Tout en rappelant qu’il dénonce depuis des années l’existence de ces jardins illicites, il demande « de faire raser les jardins dans les plus brefs délais ».

Presse licite (Éric Chauveau, SudOuest.fr, 22 août 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur En attendant la destruction des prisons…

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Ce qui a été détruit du régime est beaucoup plus important que ce qu’il en reste »

Syrie : « Ce qui a été détruit du régime est beaucoup plus important que ce qu’il en reste »

La militarisation du conflit syrien aurait-elle pu être évitée ? L’opposition au régime d’Assad anticipe-t-elle les risques d’affrontements communautaires en cas de chute de celui-ci ? Un opposant syrien, membre du Comité de coordination de Damas, répond aux questions de L’Express.

Les Comités locaux de coordination (LCC) sont des acteurs importants de l’opposition syrienne. Très impliqués dans l’organisation des manifestations et la gestion des zones libérées, ils fédèrent la contestation à l’intérieur de la Syrie. Membre du Comité de coordination de Damas, Nidhal se présente comme un « opposant laïc » au régime de Bachar el-Assad. Actuellement à Paris, il répond aux questions de l’Express.

Comment vous situez-vous dans l’écosystème des groupes d’opposition au régime d’Assad ? Quelles sont notamment vos relations avec le Conseil national syrien (CNS) dont une délégation a été récemment reçue à l’Élysée par le président Hollande ?

Nous sommes un groupe de coordination indépendant. Comme la plupart des comités de coordination, nous n’appartenons à aucune organisation politique d’opposition existant en Syrie. En ce qui concerne le Conseil national syrien, il a été créé avec l’accord d’un grand nombre de ces comités et de partis d’opposition. Lorsque nous nous sommes aperçus que nous ne parvenions pas à faire émerger une direction de l’intérieur, du fait de la répression et des arrestations, nous avons décidé de soutenir l’idée d’une structure qui soit, à l’extérieur, l’expression ce qui se passe à l’intérieur. Malheureusement aujourd’hui, le CNS ne parvient plus à représenter le point de vue de l’opposition intérieure et sa popularité est donc faible.

Comment expliquez-vous ces difficultés ?

Ses membres manquent d’expérience politique et il s’est montré incapable de formuler un projet politique exprimant le souhait de la révolution. Par ailleurs, certains États étrangers essayent de le diviser, notamment par le biais des financements qui vont directement à certains groupes. Ainsi, le Qatar soutient les Frères musulmans plutôt que le CNS, alors même que les Frères en font partie. L’Arabie saoudite quant à elle n’apporte son aide qu’aux salafistes et aux wahhabites. Ces deux pays profitent en réalité de la militarisation de la révolution syrienne et de la nécessité de chercher des armes.

Quelle est votre position à l’égard de cette militarisation ?

Nous avons été pacifistes pendant des mois. Douze mille personnes ont été tuées au cours des sept premiers mois de la révolution. Malgré cela, nous avons continué à exprimer notre opposition de manière pacifique. Le régime, lui, a tout fait pour diffuser des armes dans le pays en les rendant bon marché. À Deraa, dans le Sud, on a vu des soldats laisser des armes sur le terrain après avoir tiré sur des manifestants pour les pousser à riposter par le feu. Mais les membres de la coordination les récoltaient pour les remettre à l’armée. Ils voulaient montrer qu’ils entendaient rester pacifiques. Puis, avec l’augmentation du nombre de manifestants tués, un nombre croissant de soldats ont déserté. Au début, il s’agissait d’individus qui se contentaient de se cacher, sans prendre les armes. Ensuite, des groupes entiers se sont mis à déserter. Ils sont alors allés à la rencontre des comités de coordination et leur ont proposé de protéger les manifestants. Les coordinations ont accepté, à condition que leur action se limite à immobiliser les forces du régime pour permettre aux cortèges de défiler. Les déserteurs avaient pour consigne de tuer seulement lorsque cela était nécessaire. Puis l’Armée syrienne libre (ASL) est devenue une réalité avec l’augmentation du nombre de déserteurs et l’arrivée de militants ayant pris les armes.

Cette militarisation aurait-elle pu être évitée?

Nous regrettons énormément cette militarisation du conflit. Malheureusement, c’est une situation qui nous a été imposée. Des soldats ont été tués parce qu’ils refusaient de tirer sur les manifestants. Ceux qui ont déserté ont proposé de prendre les armes uniquement pour permettre aux manifestations pacifiques d’avoir lieu. Il n’y avait pas d’autre alternative. Ces soldats sont dévoués à la révolution, qui est originellement pacifique. Lundi dernier, l’ASL a émis une déclaration qui interdit à ses membres d’appartenir à un parti politique ou religieux. Après le massacre de chabihas à Alep, elle a également décidé d’adopter la Convention de Genève interdisant de frapper et de torturer les prisonniers. Ce sont les valeurs de la révolution.

Maintenant que la révolution est militarisée, quel espace reste-t-il pour une action politique comme la vôtre ?

Le régime a fait avorter toutes les solutions politiques dès le début de la révolution. Ainsi, lorsqu’il a organisé une réunion, dans le quartier de Deraa, à Damas, pour recueillir les doléances de la population, quelque 250 militants se sont présentés avec des revendications qui étaient réformistes : fin de l’état d’urgence, suppression de l’article 8 de la Constitution imposant le parti unique. Le régime a répondu qu’il s’attendait à ce qu’on lui demande de construire plus d’écoles et de rénover des routes… Le même jour, les 250 participants ont été arrêtés. Nous avons toujours cherché une solution politique en Syrie (pétitions appelant à l’ouverture ont circulé en 2000 et en 2004, par exemple), mais nous avons toujours fait face à un mur.

La chute du régime peut-elle intervenir autrement que par les armes ?

Nous comptons sur la désintégration du régime et de ses institutions de l’intérieur. L’Armée syrienne libre en est une expression. De nombreux ministres et diplomates ont fait défection. Le mouvement touche toutes les communautés, pas seulement les sunnites, même si les plus hauts dignitaires à avoir fait défection (comme Riad Hijab, ancien Premier ministre et Manaf Tlass, commandant de la garde républicaine et ami d’enfance d’Assad) appartiennent à cette communauté. À des niveaux inférieurs, en particulier dans les renseignements, de nombreux Alaouites ont également déserté. Toutes les communautés sont représentées dans l’armée libre : chrétiens, Alaouites, ismaéliens.

Le régime s’efforce de donner une dimension confessionnelle au conflit. Comment sortir du piège ?

Le pouvoir a essayé, dès le début, de donner un tour confessionnel à la révolution, en particulier dans les régions de Homs et Idleb où se trouvent de nombreux villages alaouites dont sont originaires de nombreux kataeb (phalange de miliciens) du régime. Mais une partie non négligeable des Alaouites est engagée dans la révolution. Il existe des photos, des rapports qui le prouvent. Il en est de même pour les Druzes et les chrétiens. Il faut aussi se méfier de certaines expressions qui peuvent prêter à confusion. Certains sunnites emploient le terme « alaouite » pour désigner le régime, cela ne signifie pas pour autant qu’ils stigmatisent l’ensemble de la communauté.

Nous avons d’ores et déjà pris des initiatives concrètes afin d’éviter les problèmes communautaires après la chute du régime. Nous avons notamment mis sur pieds des conseils d’entente civils qui regroupent des personnalités respectées, qu’il s’agisse d’hommes de religion ou de personnes bénéficiant d’une certaine notoriété. Ces conseils ont pour mission de prévenir les conflits. Il faut d’ailleurs noter qu’aucun problème de nature communautaire ne s’est posé dans les régions libérées. Bien au contraire, dans ces régions, la population a tout fait pour les éviter. Elle a en outre montré sa capacité à se prendre en mains en assurant le nettoyage des rues, la circulation, la protection des bâtiments publics.

Les défections ne touchent pas les acteurs essentiels. Plus le temps passe, plus le noyau du régime est petit, mais plus il est dur…

L’attentat du 18 juillet à Damas a tué les principaux dirigeants supposés de la répression. Or, celle-ci a continué de la même manière. La politique de répression n’a pas changé, ce qui veut dire que ceux qui dirigent la répression ne sont pas ceux qui prétendaient la diriger. Mais les défections vont continuer. Ce qui a été détruit du régime est beaucoup plus important que ce qu’il en reste.

L’hypothèse d’un départ en exil du clan Assad, en Russie ou en Iran par exemple, serait-elle acceptable, de votre point de vue?

Nous souhaitons que Bachar el-Assad soit traduit devant un tribunal pénal international. Mais si son départ est une condition préalable à la transition politique, alors sauver des vies est plus important que la vengeance.

Propos recueillis par Gokan Gunes, Vincent Hugeux et Dominique Lagarde. Publié par des ennemis de la révolution (LExpress.fr, 23 août 2012)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Ce qui a été détruit du régime est beaucoup plus important que ce qu’il en reste »

[Révolution tunisienne] Anarchie à El-Hancha

Hancha : Violences, arrestations, saccage du poste de police

Le “calvaire sfaxien” n’en finit pas et les actes de violence fustigent de toute part. Hier c’était le cas de la délégation d’El Hancha où des actes de violences et du grabuge ont éclaté durant la soirée de jeudi 23 août, suite à un différend entre deux clans de citoyens sur la procédure à entreprendre pour élire le comité de l’association de développement régionale.

Les actes de violence se sont développés en protestation contre l’arrestation de personnes impliquées dans les émeutes qu’a vécue la région hier, suite à l’annulation du congrès électoral de l’association de développement dans la région et à la suite des attaques contre le local d’Ennahdha et l’épicerie d’un membre du parti dans la ville.

Selon des témoins, le poste de police a été saccagé et plusieurs documents ont été détruits ce qui a poussé la sécurité à demander du renfort pour disperser les manifestants, et l’armée nationale est intervenue afin de contrôler la situation, au moment même où se tenait une réunion entre le gouverneur et les représentants des partis politiques pour discuter des solutions afin de calmer la situation dans la région.

La police a pu maîtriser la situation et continue les poursuites des individus impliqués dans ces violences.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunivisions, 24 août 2012)


Un poste de police attaqué en Tunisie

En Tunisie, une soixantaine de manifestants ont attaqué un poste de police hier soir dans la région de Sfax, 270 km au sud de Tunis, à la suite d’un conflit avec des représentants du parti islamiste au pouvoir, Ennahda, a appris l’AFP auprès de la police. Les manifestants réclamaient la libération de trois personnes arrêtées jeudi à El Hencha, près de Sfax, après une bagarre la veille avec des représentants d’Ennahda accusés de tenter de prendre le contrôle d’une association locale, a indiqué une responsable policier.

Ils ont incendié une voiture de police et saccagé un commissariat avant que les forces de l’ordre n’interviennent, dispersant les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène, sans faire de blessés. Les manifestations se sont multipliées cet été en Tunisie pour dénoncer aussi bien la politique économique du gouvernement, dominé par les islamistes, que le manque de mesures contre le chômage, les coupures d’eau ou d’électricité et les atteintes aux droits de l’Homme.

La semaine dernière, un local d’Ennahda avait ainsi été incendié dans le nord-ouest de la Tunisie après l’arrestation de deux chômeurs accusés d’avoir attaqué une administration en marge d’une action de protestation. Par ailleurs, mi-août, une série de manifestations ont été réprimées sans ménagement par la police dans le centre du pays, notamment à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011.

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 24 août 2012)


Affrontements à El Hencha entre partisans d’Ennahdha et de gauche

Des affrontements entre des partisans d’Ennahdha et des citoyens dans la délégation d’El Hencha dans le gouvernorat de Sfax, ont éclaté, mercredi soir, suite aux élections du nouveau bureau de l’association de développement de la région.

Les belligérants ont incendié le poste de police et une voiture de patrouille ce qui a nécessité l’intervention d’importantes forces de sécurité afin de rétablir l’ordre et le calme. À cette situation de panique et d’anarchie les forces de l’ordre ont maitrisé la situation en utilisant du gaz lacrymogène.

Le calme rétabli au cours de la journée du jeudi, la route de Jebeniani et celle de Tunis ont été rouvertes à la circulation après leur fermeture par la partie qui s’oppose à l’organisation de telles élections.

Des divergences politiques sont à l’origine du conflit. En effet, des citoyens proches du mouvement Ennahdha ont exigé le renouvellement du bureau de l’association de développement, qui a vu ses activités gelées depuis la révolution du 14 janvier. Une situation qui a causé, de leur point de vue, des pertes considérables pour la région.

En contrepartie, plusieurs partisans des courants de gauche se sont opposés à la tenue de cette élection, arguant que « les cartes d’adhésion n’ont été distribués qu’aux partisans d’Ennahdha et non pas à toutes les parties », tout en réclamant une solution basée sur le consensus en tant qu’alternative au scrutin.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 23 août 2012)


Ennahdha au cœur des violences, mercredi soir, à El-Hancha

Des citoyens du village d’El-Hancha (Sfax) ont refusé mercredi soir que l’Association du développement soit totalement gérée par des membres d’Ennahdha. Conséquence : des affrontements et des blessés.

Parce que le parti Ennahdha s’est accaparé de l’Association de développement qui aide à donner des prêts à court terme en nommant tous ses membres ainsi que le président pour gérer les prêts, les citoyens n’ont pas accepté la donne et des affrontements ont eu lieu entre les deux camps faisant plusieurs blessés, rapporte un témoin sur les ondes de Shems FM.

Selon la même source, contrairement aux rumeurs propagées par les Nahdahouis, le siège du parti de Rached Ghannouchi à El-Hancha n’a été ni incendié ni saccagé.

Du côté des Nahdhaouis, on affirme que, lors de la tenue du congrès de cette association, des « baltagia » (délinquants) et des anciens du Rcd, ainsi que des militants de gauche n’ayant pas adhéré à temps à l’association, ont semé des troubles, blessé des membres d’Ennahdha, saccagé et mis le feu à son bureau local…

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 23 août 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Anarchie à El-Hancha

[Boutella Abdallah, Algérie] « S’ils s’obstinent nous irons nous réfugier en Tunisie »

Nouvelle forme d’émeute à El Tarf
Des protestataires érigent un mur pour couper la route

Depuis deux jours, la protestation ne baisse pas à Boutella Abdallah (ex-El Frin), un village agricole des années 1970 devenu difforme et sans âme avec ses extensions anarchiques.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/016.jpg

Des habitants de cette localité, une agglomération secondaire de la commune de Aïn El Assel, qui se trouve au bord de la RN44 à 10 km au sud d’El Kala sur la route d’El Tarf, ont fermé la route pour la énième fois. Dans la nuit de mardi à mercredi, ils ont carrément érigé un mur de briques en travers de la chaussée qui traverse leur village. Ahurissant ! « S’ils (les autorités locales, ndlr) le détruisent, nous en construirons un autre et s’ils s’obstinent nous irons nous réfugier en Tunisie », avertit le président d’une association qui, incontestablement, est à bout de patience. Les autres manifestants ne cachent pas leur ressentiment à l’égard du président de l’APC de Aïn El Assel qui semble canaliser toute la colère de la population de ce village oublié.

La goutte qui a fait déborder le vase ce sont les logements sociaux qui d’ores et déjà sont en nombre insuffisant et dont les bénéficiaires ont été triés sur le volet et, toujours selon les protestataires, inconnus dans le village. À cette revendication principale, s’ajoutent les sempiternels problèmes de pénurie d’eau, de coupures de courant, d’éclairage public, les ordures ménagères, les eaux usées qui se déversent dans le lac Oubeïra, les chaussées complètement défoncées qui n’ont pas été revêtues depuis 40 ans, depuis la glorieuse époque des villages agricoles, etc. La dernière coupure de route date du 12 avril dernier. Ce jour-là, comme d’habitude, les autorités locales sont venues faire les promesses coutumières pour calmer les protestataires et rouvrir l’important l’axe routier, situé la RN44, à la circulation.

Mais depuis cette date, c’est le black-out. « Deux mois après, il n’y a toujours rien et on nous dit que c’est à cause des élections, laissez-nous le temps et on s’occupera de vous… Ça fait 3 mois maintenant et le Ramadhan a été très dur », nous a encore déclaré un des protagonistes de ce mouvement de colère. « Alors nous avons décidé de fermer définitivement cette route jusqu’à satisfaction de nos revendications », ajoute-t-il. Nous apprenons en dernière minute que les forces de sécurité sont intervenues sans heurts et qu’une dizaine de manifestants ont été interpellés.

Presse sans âme (Slim Sadki, ElWatan.com, 23 août 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites, Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Boutella Abdallah, Algérie] « S’ils s’obstinent nous irons nous réfugier en Tunisie »

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 44 – « On a déclenché pas mal de tensions dans la cour de promenade puisque notre insouciance nous faisait pas garder notre langue dans notre poche »

Partie 44

2000, j’étais à Bois-d’Arcy, fini le quartier jeunes on m’avait transféré au grand quartier, j’ai atterri dans une cellule avec un mec de mon quartier, où j’étais à peine jeune majeur me voilà dans la cour des grands, nous étions une trentaine de Mantes-la-Jolie, j’étais vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec un bon pote (Limay), on était les plus jeunes de la promenade, toujours très agités, on avait gardé les habitudes du quartier jeunes on jouait trop les malins on testait tout le monde nous étions sous la protection des plus vieux, mais on voyait que c’était chacun pour sa peau, tout le monde à sa place moi j’avais l’habitude de marcher en équipe au quartier jeunes ici c’était deux par deux ou au grand maximum trois par trois, un jour pour un mot de travers par la fenêtre, je règle ça en tête-à-tête en promenade, je lui avais mis un perfect comme dans Street Fighter LOLL, j’avais fait mes preuves, j’avais pris de l’assurance et du galon, moi et mon poteau [de] Limay on a déclenché pas mal de tensions dans la cour de promenade puisque notre insouciance nous faisait pas garder notre langue dans notre poche.

Un jour je descends en promenade comme d’habitude et je vois mon pote tout pâle je lui demande : « Wesh poteau alors qu’est-ce que t’as » il me prend à part et me dit : « Un grand m’a mis le couteau sous la gorge et m’a dit continue à faire le con la prochaine je te pique », moi en entendant ça j’ai pété les plombs, je voulais surtout pas en rester là, donc de ce pas je suis allé voir les grands de chez nous, pour leur expliquer la situation, la plupart se sont chié dessus y en a même un qui m’a sorti : « Vous les petits vous foutez trop la merde en plus je sors bientôt je veux pas d’histoire », je l’ai insulté de tous les noms dans ma tête, je pouvais pas lui en vouloir si c’était une trompette, j’ai récupéré par la fenêtre des rallonges et des boîtes de thon qu’on a mis dans des chaussettes la plupart des grands de Mantes voulaient pas rentrer en guerre avec le mec parce que soi-disant c’était une grosse tête, je comprenais pas cette attitude qu’ils avaient à sélectionner la gravité du manque de respect selon la tête du client, si ça avait été une baltringue, ils auraient bougé normal, moi j’adhérais pas à cette politique de trompette, un manque de respect était le même que ce soit un chaud ou un pauvre type, on a été mon pote et moi à la table de cette soi-disant grosse tête qui jouait aux cartes, on s’est regardés moi et mon pote on a pris notre respiration, nous avons été au front, on s’est déchaînés c’était chaud bouillant, une fois de plus, j’ai fini ma nuit au mitard c’était devenu une habitude mais j’ai appris qu’on n’était [jamais] mieux servi que par soi-même.

Depuis ce jour-là je regardais plus les grands de la même manière, à l’époque tellement j’étais agité, le directeur de la prison m’avait transféré pour la maison d’arrêt d’Osny (95) j’étais trop dégoûté, mais bon une prison reste une prison, j’ai été transféré avec un mec de Mantes du coup on a fait la demande pour rester ensemble dans la même cellule pour fêter notre arrivée la première nuit on a foutu la musique à fond tous nos voisins étaient dégoûtés, dès notre arrivée c’est parti en couille par la fenêtre, mais on était à fond dans l’engrenage on continue la musique à fond, jusqu’à l’aube tout le monde voulait notre peau dans la promenade, le lendemain matin 8h30, je m’habille fourchette à la ceinture, je me préparais à descendre en promenade comme par hasard mon codétenu ne se réveillait pas il avait une trouille énorme qui l’a cloué au lit, moi je ne pouvais pas ne pas descendre j’aurais préféré me faire marcher dessus que faire la trompette et rester en cellule, je suis descendu tout seul comme un grand, la promenade était peuplée de mecs d’Argenteuil, Sarcelles et Cergy (95), la plupart des mecs je les avais croisés aux CJD de Bois-d’Arcy (quartier jeunes), du coup j’ai été accueilli mashallah, j’étais accepté direct, j’étais devenu un vrai mec de la secte « quartier de Sarcelles », TOUTES LES CITÉS SE RESSEMBLENT COMME DEUX GOUTTES D’EAU LES MÊMES DISCRIMINATIONS LES MÊMES AMBIANCES LES MÊMES LARMES QUAND UN FRÈRE MEURT.

J’avais l’impression d’avoir vécu dix vies, tellement c’était mouvementé dans ma vie de lascar, mais j’étais toujours seul même en public quand je parlais de mes projets d’association de malfaiteurs je passais pour un fou mon surnom d’ailleurs était « le ouf » pendant des années, mais pour moi c’était ceux qui se laissaient dompter qui acceptaient de subir sans rien dire, c’était eux les vrais « oufs », j’arrive pas à réaliser que ça fait huit ans que je suis enfermé, j’avoue je m’y attendais c’est ce qui m’a rendu insensible à leur fonction LA LOI DU PLUS FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE, ils avaient le droit de nous opprimer mais à la moindre révolte, ils t’enfonçaient la tête à coups d’années de taule, j’avais un profond désaccord contre ce système, il nous éliminait un par un mais les règles du jeu on les connaissait avant de jouer donc on pouvait pas se plaindre SI TU VEUX GAGNER UN JOUR FAUT ACCEPTER DE PERDRE.

Dans toutes les prisons où j’ai été, j’ai toujours réussi à faire ma place parmi les plus dingues je m’adaptais selon les régions, j’étais international LOL j’ai vu des faux oufs finir à genoux dans la cour démasqués par une équipe de jeunes à la recherche de respectabilité, en prison peu importe ton gabarit que tu sois gros maigre ou petit c’est ce que t’avais entre les jambes qui comptait, si tu étais un bon tu avais le tapis rouge dans toute la France, si tu avais un passé trouble tu finissais sous la semelle d’une agression en réunion je m’en rappelle en 2004 à Bois-d’Arcy, il y avait ce fameux « Marc Machin » dans ma promenade quand j’ai entendu son histoire de dingue à coups de tartes il se mangeait, mais persistait et descendait toujours en promenade où il clamait son innocence alors qu’il avait reconnu devant la juge, j’ai vu plus tard en regardant la télé qu’il était innocent du crime qu’on l’accusait, mais bon ça ne l’a pas empêché de violer une fois dehors, donc la raclée qu’on lui avait mise était justifiée, on lui avait juste fait une avance sur solde, LOLLL.

TÔT OU TARD TU PAYES TES ACTES PERSONNE NE COURT PLUS VITE QUE LA FATALITÉ.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 44 – « On a déclenché pas mal de tensions dans la cour de promenade puisque notre insouciance nous faisait pas garder notre langue dans notre poche »

[Saint-Imier 2012] L’antiterrorisme britannique travaille

Des anarchistes britanniques arrêtés par la police anti-terroriste à leur retour des Rencontres Internationales de l’Anarchisme de Saint-Imier

À leur retour des Rencontres Internationales Anarchistes (RIA) de Saint-Imier, du 8 au 12 août 2012, le Secrétariat aux Relations Internationales de la C.G.A. a reçu des compagne-on-s anarchistes d’Écosse le texte qui fait suite.

Nous avons décidé de la publier intégralement, en solidarité en premier lieu, et en second lieu parce qu’il démontre qu’en Grande-Bretagne comme ailleurs, la criminalisation de notre Mouvement politique est l’arme la plus communément employée par les étatistes – Police, “Justice”, etc. – face à la résurgence des mécontentements, des luttes et du développement d’une radicalité incontestable.

Nous appelons l’ensemble des organisations libertaires à témoigner de leur solidarité à nos camarades anarchistes britanniques.

Anarchistes détenu-es par la police anti-terroriste à leur retour d’une conférence en Suisse

La semaine dernière, des milliers d’anarchistes de toute l’Europe ont convergé à Saint-Imier en Suisse pour célébrer le 140e anniversaire de la création de l’Internationale anarchiste. Cette rencontre a pris la forme d’un festival et d’une conférence, avec de la musique, des films et des divertissements aussi bien que des ateliers et des débats.

À leur retour de Saint-Imier, deux anarchistes, l’un-e d’entre elles-eux membre de la Fédération Anarchiste du Royaume-Uni, ont été détenu-es pendant près de deux heures à l’aéroport d’Heathrow par la police SO15 (anti-terroriste). Durant leur détention, les anarchistes ont été informé-es que leurs droits n’étaient exceptionnellement pas applicables et ont du donner leur nom, adresse, adresses e-mail, ADN et empreintes digitales.

Les anarchistes détenu-es ont également été contraint-es de signer des formulaires – dont la valeur légale est incertaine – dans lesquels ils-elles renonçaient à leur droit à garder le silence et à un avocat. La police a également effectué une fouille complète de leurs effets personnels, a photocopié leur passeport et la propagande qu’ils-elles transportaient et a copié l’information de leurs téléphones et de leurs appareils photo.

Durant la détention, la police les a constamment accusé de mentir et d’avoir pris part à des activités criminelles et ont prétendu qu’ils allaient poursuivre l’enquête au sujet d’un-e des anarchistes détenu-es. De plus, les agents SO15 ont posé un certain nombre de questions provocatrices, insultantes et sans aucun rapport, y compris “que feriez-vous si quelqu’un violait votre mère ?”, une tentative évidente de causer un tort émotionnel et de solliciter une réaction violente ou hostile. L’un-e des membres (28 ans) qui n’a pas souhaité être nommé-e par peur de représailles de la police, a déclaré “Nous avons été traité-es comme des criminel-les. Je leur ai dit que j’étais allé-e au congrès en tant que journaliste amateur-trice et que j’écrivais des articles sur le militantisme. Ils ont vu mon carnet de notes, mon appareil photo et mon dictaphone mais ils ont dit que je mentais.” Un officier a dit “Vous dites être anarchiste, j’ai vu des anarchistes aux infos : ils-elles sont violent-es, jettent des cocktails molotov et dérangent la vie des gens, elles-ils n’écrivent pas d’articles.”

Les agents anti-terroristes ignoraient, ou ont décidé d’ignorer le fait que le premier jour du congrès, l’Internationale des Fédérations Anarchistes (dont la Fédération Anarchiste britannique est membre) a fait une déclaration rejetant toute tactique terroriste comme moyen de parvenir à une société anarchiste.

Contrairement aux actions des forces de sécurité britanniques, la presse locale et les habitant-es de Saint-Imier ont fait un bilan très positif des rencontres anarchistes.

À travers cet incident, nous constatons une nouvelle dérive vers une criminalisation des idéologies politiques au Royaume-Uni. Les deux anarchistes détenu-es n’ont jamais été impliqué-es dans des actions illégales ou violentes, ou aucune action qui relèverait de la police anti-terroriste. Comme par le passé, lorsque la police métropolitaine de Londres avait appelé à la dénonciation des anarchistes, les anarchistes sont harcelé-es sur la base de leurs idées politiques.

En tant qu’anarchistes de lutte de classe, nous pensons que l’État sert les intérêts des riches et des puissant-es au détriment des intérêts des gens ordinaires. On le voit de façon très claire lorsque des gens critiques de l’État sont traitées comme des terroristes et des criminel-les. Nous voulons une société sans classe, fondée sur la liberté, l’égalité et la coopération. Nous croyons en la capacité des gens ordinaires à gérer la société eux-elles-même, sans interférence des patron-nes et des politicien-nes. Cet incident n’était pas en réaction à un crime quelconque et constitue un acte de répression et de criminalisation d’une idéologie politique.

ch.indymedia, 19 août 2012, via Le Chat Noir Émeutier

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Saint-Imier 2012] L’antiterrorisme britannique travaille

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 43 – « Aucune mélodie ne pourra te faire danser sur mes écrits »

Partie 43

Je suis conscient que je devrai en faire plus que d’autres pour prouver que je ne toucherai plus à l’illicite money, je conçois que d’avoir goûté à l’enivrance de l’argent sale empêche beaucoup de gens de vivre sans, j’assume ce passé turbulent mais je conseille à personne de s’y aventurer, sur ce chemin beaucoup ont perdu des plumes et ne s’en sont jamais remis, le haram nous avait mis K.-O., mort dans un cimetière que personne ne fleurit même plus, ou tu finis cachetonné, isolé, dans une prison en rêvant de ce que tu n’es plus, tu tourneras pendant des siècles en promenade, tu n’auras comme voisins que des corbeaux.

En prison l’administration, voyaient tous en moi ce jeune ghetto youth, qui pissait sur la justice à longueur d’année c’était pas totalement faux, mais je m’étais largement assagi, MAIS AU FOND AVAIS-JE LE CHOIX ? CONTINUER LES ARMES AUX POINGS NE SERAIT-CE PAS UNE FORME DE SUICIDE ? Je dialoguais pas du tout avec l’adminis­tration mes mots se limitaient aux bonjour au revoir, COMMENT POURRAIS-JE AIMER DES PERSONNES QUI N’ONT QU’UN BUT C’EST DE T’HUMILIER, T’OPPRESSER, TE CASSER ? Ils me prenaient pour un simple numéro d’écrou, à chaque fois que j’avais affaire à un juge il me ressortait tout le panel de mon casier judiciaire qui datait pour les plus anciens de plus de quinze ans, mais il me [le] reprochait comme si c’était hier, j’étais persuadé que si il existait encore la guillotine, ils m’auraient coupé la tête, tellement qu’ils voulaient me rayer de la carte, ils avaient peur que des plus jeunes se reconnaissent en mon histoire et [qu’elle fasse] naître en eux une envie de révolte et prennent les armes, pas par choix mais par conviction, mais j’étais juste le fruit d’une opposition totale à leur système totalitaire.

J’étais toujours dans le Sud dans cette prison 4 étoiles mes proches signaient toujours présent au parloir, malgré nos 800 km qui nous séparent, Delphine n’en parlons même pas, même sur la Lune elle aurait trouvé le moyen de venir me voir, tous les matins je courais, pompes, barre tractions comme un légionnaire, mp3 sur les oreilles je comptais plus les paires de shoes que j’avais usées en promenade, en cellule j’écrivais beaucoup j’ai pris goût à cet art qui était mon seul passe-temps au mitard, j’écrivais tout ce qui me passait par la tête, je couchais ma rage sur une page blanche, ma plume était devenue mon meilleur ami, le plus fidèle, seul mon stylo bic savait réellement ce que j’avais dans la tête, musique à fond, je t’écris un roman en deux minutes, made in réalité, j’ai pas encore trouvé l’astuce pour éviter mes fautes d’orthographe, j’ai plutôt misé sur l’authenticité et la sincérité de mes récits, au début quand mes potes me voyaient écrire ils pensaient que j’écrivais des textes de rap MDR, mais aucune mélodie ne pourra te faire danser sur mes écrits, j’étais gaucher j’écrivais tordu, illisible pour le commun des mortels, fallait un code pin pour me relire LOL, c’était l’art que je maîtrisais le mieux derrière ces murs, je suis sûr que si ils pouvaient me confisquer ma plume, ils le feraient sans hésitation, ils étaient loin de se douter que mon stylo retranscrirait toute leur médiocrité, devant eux je faisais le mec « wesh wesh yo yo » c’était la ruse que j’avais trouvée pour qu’ils soupçonnent en moi une racaille de base, sinon ils me mettraient des bâtons dans les roues.

J’avais rien à prouver à mes bourreaux quand j’avais pas de stylo, j’écrivais au mitard avec les semelles de mes requins, un jour j’ai du même repeindre toute une cellule tellement j’avais bavé ma haine sur les murs. LA VÉRITÉ BLESSE MAIS LÀ JE LES AVAIS TUÉS.

Ça faisait six ans que j’étais à l’ombre privé d’air pur, le seul oxygène que je respirais c’était le sourire de ma daronne, de Delphine et de mes petites sœurettes, pour eux je n’avais pas le droit de lâcher le morceau je me devais de sécher leurs larmes avec des mouchoirs en soie.

Un jour alors que j’étais au mitard, le maton avait mis dans une cellule à côté de moi, un mec chelou, j’ai tapé dans le mur en criant c’est qui, il m’a répondu « J’ai trop la rage j’ai niqué mon codétenu il faisait trop le malin » dans un premier temps j’ai pas relevé j’ai appelé mon pote qui était en dessous de lui pour qu’il lui envoie de quoi manger, le lendemain matin, mon pote tape la discute avec le mec j’étais encore à moitié endormi quand mon pote a demandé au mec : « Mais au fait pourquoi t’es au mitard ? » le mec a répondu : « J’ai niqué mon codétenu », en réalité cette espèce d’ordure quand il disait qu’il niquait son codétenu c’était sexuellement parlant, j’ai halluciné tellement j’y croyais pas mes oreilles, en prison tu pouvais tomber sur des cas très spéciaux, des fous malades, fallait faire gaffe de ne pas glisser toi-même dans la folie, à force de côtoyer des détraqués.

Alors que j’avais pris quarante-cinq jours de mitard, j’ai écrit au psychiatre une lettre de malade où je lui expliquais que je voyais la dame blanche et que j’entendais des voix, parce que le psychiatre lui seul avait le pouvoir de te sortir de ce trou donc j’ai tenté un coup de bluff pour éviter la zermi du mitard, dès qu’il a reçu ma lettre le psychiatre m’a reçu sur-le-champ il s’est mis en face de moi, et m’a relu ma lettre pour voir mes réactions lorsqu’il lirait les salades que je lui ai écrit, il a bien vu que j’étais à la limite de l’éclatement de rire, il m’a répondu : « C’est normal que vous entendez des voix et que vous voyez la dame blanche, je vais vous donner une dizaine de cachets pour vous apaiser », j’ai éclaté de rire, je suis rentré dans ma cellule du mitard mine de rien il voulait me droguer aux cachets LOL et du coup j’ai fait à nouveau mes quarante-cinq jours, ça m’a semblé interminable.

L’HOMME POUVAIT SURMONTER TOUTE ÉPREUVE, À PARTIR DU MOMENT OÙ IL S’EN DONNAIT LES MOYENS.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 43 – « Aucune mélodie ne pourra te faire danser sur mes écrits »

[Jeux de l’été] Dévaliseurs Automatiques de Billets (DAB), mode d’emploi

DAB : le coup de la fourchette leur rapporte un million d’euros

Des malfaiteurs ont trouvé une faille sur certains distributeurs de billets, qu’ils dévalisent à l’aide d’un simple couvert aux dents repliées. Une méthode sans précédent.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/051.jpg

Une équipe de voleurs, particulièrement habiles et très actifs, fait l’objet d’intenses recherches de plusieurs services de police et de gendarmerie. Leur technique, d’une simplicité désarmante, s’avère d’une redoutable efficacité. Grâce à une simple fourchette dont les dents ont été repliées, ils sont parvenus à s’emparer de plus de 1 M€, contenus dans les caisses de distributeurs automatiques de billets (DAB). Un mode opératoire jusqu’ici inconnu et qui ne manque pas d’inquiéter les autorités. Car, pour l’heure, aucune parade pour contrer les agissements de ces malfaiteurs n’a été trouvée.

En l’espace de quelques semaines, plusieurs dizaines de vols ont été recensés, un peu partout en France, principalement au préjudice d’agences de la Caisse d’épargne. Quatre membres présumés de ce gang originaire de Roumanie ont été interpellés, en début de semaine au Havre (Seine-Maritime), par les enquêteurs de la police judiciaire de Rouen. Mais une dizaine de malfrats, appartenant à cette même équipe, restent recherchés.

La série commence au début de l’été. Des distributeurs d’argent sont la cible de mystérieux individus qui s’affairent sur l’ouverture de l’automate d’où sont extraits les billets. « Plusieurs images, issues de caméras de vidéosurveillance de banques, ont permis de comprendre précisément ce qu’ils étaient en train de faire, relate une source proche de l’affaire. Après avoir effectué un premier retrait d’argent avec une carte bancaire prépayée, ils introduisent une petite fourchette, très fine, comportant deux dents repliées, dans la paupière de distribution de l’automate. Ils effectuent ensuite un second retrait beaucoup plus important, avant de parvenir à extirper les billets qui sont déjà présents dans la paupière à l’aide de cette fourchette, également appelée diapason. » Dans la foulée, les malfrats annulent aussitôt leur deuxième retrait pour que leur carte prépayée, peu approvisionnée, ne soit pas débitée, avant de reproduire la même opération à l’infini…

« Il faut faire preuve d’une dextérité certaine pour pouvoir réaliser cette improbable manipulation, poursuit la même source. Mais ils y parviennent. Ils ont découvert une faille sur un certain type de DAB, sans qu’on sache vraiment comment. Ils ont ainsi multiplié les retraits frauduleux. » Près d’une quinzaine de malfaiteurs, membres de ce gang appartenant à un réseau criminel très organisé, ont été identifiés après des vols commis notamment dans les départements des Yvelines, du Val-d’Oise, de l’Essonne, de Seine-et-Marne, de Maine-et-Loire et d’Indre-et-Loire.

Une plainte a été déposée, au début du mois d’août, par la direction de la Caisse d’épargne, principalement ciblée. « Au regard de l’ampleur de ce phénomène, les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) ont été chargés de recenser l’ensemble de ces vols à la fourchette au niveau national, indique un proche de l’affaire. Nous avons déterminé que ce gang avait déjà sévi en Belgique, mais ses membres sont très mobiles et donc très difficiles à interpeller. »

Presse estivale (Stéphane Sellami et Julien Constant, LeParisien.fr, 16 août 2012)

Publié dans Luttes des chômeurs et précaires | Un commentaire

[Jeux de l’été] Test de connaissance de la bureaucratie française

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/015.jpg

Publié dans General | Commentaires fermés sur [Jeux de l’été] Test de connaissance de la bureaucratie française

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 42 – « Y a eu un avant et un après émeutes à Mantes-la-Jolie »

Partie 42

Début 90, le Val-Fourré était la plus grande cité HLM d’Europe (ZUP), des forêts, des tours de béton, inondées les rues, ça puait le hip-hop et le 80KX (bécane de cross), les règlements de comptes se réglaient encore en tête-à-tête, sur un terrain vague, les gens faisaient tous partie d’une bande de zoulous LOL Renault 12, Renault 18, et les incontournables Traffic des J5 des darons étaient sur tous les parkings, le respect des plus vieux, était sans faille mais ils nous le rendaient bien, j’ai eu de la chance d’avoir connu cette époque mashallah, je rôdais dans la cité au guidon de mon BMX à jantes à bâtons, avec mon survet sans marque, du marché imitation Tacchini, une paire de baskets Mario Bros que j’avais gagnée dans une tombola de mon école « J’ÉTAIS BON », on suivait tous des cours de hip-hop, de break, de smurf, dans les cages d’escalier, y avait pas de prof, les référents c’était l’émission H-I-P H-O-P de Sidney, y avait une équipe de petits danseurs qui nous mettait tous d’accord, ils venaient d’un quartier (Sully), la bande à Vicié si si, chaque quartier avait son groupe de danseurs, je m’en rappelle, on avait gagné en final, les deux titres de MC Solaar, les filles se sapaient en Kookai, 501, petite veste Bombardier aïe aïe aïe, laisse tomber nous on arrivait loin derrière niveau style, heureusement la roue tournera plus tard, la tondeuse nous a rendu service, et la coupe afro laisse tomber j’ai eu ma dose assortie au col roulé de la daronne MDR, j’ai détruit toutes les photos de cette époque trop compromettantes LOL, mais bon nos souvenirs leur donnent du charme à ces moments de notre passé ;-).

Quelques années plus tôt dans la banlieue lyonnaise, se déroulèrent les premières émeutes urbaines en France, c’était la première révolte des banlieusards c’était le nid de toutes nos contestations là où tout avait commencé, c’était le reflet d’un malaise, des jeunes issus des couches populaires.

1991, à Mantes-la-Jolie, un rodéo de voitures volées, finit en strike dans un barrage de police, une policière succombe à ses blessures, de là s’engage une envie de vengeance du côté des gardiens de la paix, une chasse à l’homme est lancée dans les rues du Val-Fourré, des policiers déterminés à venger leur collègue se comportent en véritables cow-boys, la tension résonne jusqu’à dans les geôles de garde-à-vue, où se trouvait un jeune beur [Aïssa Ihich. (Note des Éditions Antisociales.)], issu du Val-Fourré qui était asthmatique, la police après l’avoir rué de coups, refuse de lui donner sa ventoline, pour calmer sa crise d’asthme, le jeune finira par en mourir, dans la foulée, les cow-boys cherchaient une proie dans la cité, finissent par la trouver, ils abattent un jeune qui tentait de se sauver au volant d’une voiture volée, d’une balle dans la nuque [Youssef Khaif. (Note des Éditions Antisociales.)], plusieurs nuits d’émeute s’enchaînèrent au Val-Fourré, les jeunes étaient déchaînés, la colère avait atteint un degré de violence sans précédent, ces événements m’ont marqué à tout jamais j’avais choisi mon camp, le camp des rebelles qui n’allaient pas se laisser dompter, y a eu un avant et un après émeutes à Mantes-la-Jolie, plus rien n’était pareil, cette révolte avait tout changé, fini les cours de hip-hop de danse on a tous jeté l’éponge, on venait de réaliser que dans le pays dans lequel on vivait on pouvait être abattu sans raison par les keufs, avec une totale impunité, aucun flic n’a été condamné pour les meurtres de cette époque, en revanche, le jeune qui a forcé le barrage et a causé la mort de la policière, a été condamné à dix ans de prison ferme.

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX… … … … LA POLICE PROTÈGE LES CITOYENS MAIS QUI NOUS PROTÈGE DE LA POLICE ?

POLICE PARTOUT JUSTICE NULLE PART

C’est dans cette ambiance que je suis rentré dans l’adolescence vous comprendrez que c’était pas l’idéal pour grandir sereinement, à la base on était mal partis, j’étais en guerre contre ceux qui soi-disant nous protégeaient, je refusais à me soumettre à toute forme d’autorité « Oumar, le détère était né », les émeutes m’avaient ouvert les yeux sur la considération et la place que nous avait réservées le système, l’ascenseur social était bloqué au sous-sol, peu importe, j’étais décidé à prendre les escaliers, je repense à tous ces ados encore inconscients, tapent le ballon, dans leur hall en rêvant de la Ligue des champions jusqu’au jour où marquer des buts entre les halls leur suffirait plus, comme le hall est le seul endroit où ils étaient pas jugés ni refoulés, ils utiliseront plus tard comme outil de travail pour y écouler quelques kilos de marques classées LOLLL.

Les émeutes 91 ont été le point de départ de ma prise de conscience, 2011, vingt ans plus tard, je reste animé par la même flamme d’espoir qu’un jour la situation se renverse.

J’AI CRU QUE PRENDRE LES ARMES SERAIT UN RACCOURCI POUR LA BELLE VIE, MAIS M’ONT FAIT FAIRE UNE PAUSE DE QUELQUES ANNÉES, PAS GRAVE L’ESSENTIEL C’EST D’ARRIVER AU FINAL AU BUT QUE JE M’ÉTAIS FIXÉ.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 42 – « Y a eu un avant et un après émeutes à Mantes-la-Jolie »

[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (2)

AMIENS NORD Cinq interpellations suite aux violences

Les forces de l’ordre ont procédé à cinq interpellations dans la nuit de mercredi à jeudi, « en lien direct » avec les affrontements entre jeunes et policiers dans les quartiers nord d’Amiens de ce début de semaine, a indiqué la préfecture de la Somme.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/033.jpg

Lundi soir, les violences urbaines à Amiens-Nord ont fait de nombreux dégâts, une école et une salle de sports ont été incendiés

La préfecture a fait état de cinq interpellations « en lien direct avec les événements des nuits précédentes », effectuées pendant la nuit de mercredi à jeudi, dont quatre dans le quartier nord de la ville et une dans un autre quartier d’Amiens.

Il s’agit de cinq hommes, dont deux mineurs, et de trois majeurs dont le plus vieux a 30 ans.

Deux des cinq hommes ont été interpellés en flagrant délit alors qu’ils étaient en train de mettre le feu à une poubelle. Un autre était recherché pour rébellion suite aux événements des derniers jours. Les deux derniers ont été interpellés dans le cadre d’un vol pour l’un et d’un trafic pour l’autre « liés aux émeutes ».

Selon une source judiciaire, l’homme interpellé pour incitation à la rébellion avait dans la nuit de dimanche à lundi, la veille des principaux affrontements, harangué d’autres personnes devant des fonctionnaires. Il est originaire d’Amiens-Nord et était connu des services de police.

« Ce sont les premières interpellations. L’enquête se poursuit », a indiqué la préfecture.

Des enquêteurs de Paris en renfort

Des images d’excellente qualité [sic] prises par la caméra thermique d’un hélicoptère EC135 de la gendarmerie ont permis de faire avancer les investigations concernant l’identification des émeutiers présumés pour les faits de lundi à mardi, selon une source proche de l’enquête.

Ces images, en cours d’examen, permettent également de voir comment sont organisés les fauteurs de trouble présumés.

Des enquêteurs de Paris sont venus prêter main forte, selon une source judiciaire. Une enquête destinée à identifier les auteurs des incidents les plus violents est en cours.

Plusieurs millions d’euros de dégâts

Les principaux affrontements ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, lors desquels 16 policiers ont été blessés et trois établissements publics brûlés, dont une école et un établissement sportif. Les émeutes se sont soldées par plusieurs millions d’euros de dégâts matériels.

Les quartiers Nord d’Amiens ont passé leur deuxième nuit sous surveillance accrue des renforts policiers mis en place mardi, une nouvelle fois sans incident majeur, a précisé la préfecture jeudi à l’aube. Trois voitures et cinq poubelles ont tout de même été incendiées ailleurs dans Amiens.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/08/041.jpg

Des forces de l’ordre patrouillent dans les quartiers nord d’Amiens, le 14 août 2012

Cent policiers ont été envoyés en renfort dès mardi, portant à 250 le nombre des agents des forces de l’ordre mobilisés, dont deux compagnies de CRS, munies de canons à eau.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé maintenir les renforts « au cours des prochains jours et nuits, afin de garantir le complet retour à la normale ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Courrier-Picard.fr, 16 août 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Zone de Sécurité Prioritaire LOL] Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (2)

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 41 – « Je n’avais aucune pitié pour les imitations voyou »

Partie 41

En prison, tu avais pas le droit de tomber malade sinon c’était tant pis pour toi, quand tu demandes à être soigné, t’as l’impression de passer pour un mendiant, j’ai vu des mecs morts de douleur et les matons prenaient tout leur temps pour intervenir, c’était à la tête du client, si tu étais un bordélique et que c’était le maton que tu avais insulté la veille qui était de service crois-moi qu’il te laissait mourir avant d’agir, si tu es malade tu devais écrire et prendre un rendez-vous, en gros tu devais prévoir ta maladie, un jour j’avais une rage de dents j’ai écrit toutes les feuilles de mon bloc-notes avant d’être reçu par un dentiste, tellement j’avais mal, je savais même pas quelles dents me faisaient mal, et le dentiste m’a soigné pendant trois mois une dent qui n’avait rien du coup quand on s’est aperçus de l’erreur, cette dent me faisait mal à nouveau, mort de rire, quand ils ont détecté la bonne dent j’étais déjà mort, les soins en prison c’est de la folie, pour être reçu par un ophtalmo tu avais plus d’un an d’attente, donc fallait éviter par tous les moyens de tomber malade sinon c’était à tes risques et périls, surveiller ton alimentation, éviter de manger leur gamelle, noyée dans un bain de bromure, pour te rendre impuissant le temps de ton incarcération, c’était ce qu’ils avaient trouvé pour calmer les ardeurs des mal-incarcérés, j’ai rarement mangé leur gamelle au pire je rinçais sous l’eau pendant minimum trente minutes, sinon c’était immangeable, à force je suis devenu végération LOL, tout ce qu’on mangeait était à base de thon, y avait quelques cuistots qui arrivaient à te sortir des plats gastronomiques avec rien, c’était des magiciens, moi mon plat préféré c’était « le gloubi-boulga » dit le gloubi, c’était tiré de l’émission « L’île aux enfants » de Casimir, cette recette avait fait ravage dans les prisons parisiennes, c’était un plat à base de chips de gruyère et des œufs assaisonné d’une sauce au choix, je me suis drogué au gloubi pendant des années, mais le mieux c’était d’avoir un cuistot dans son équipe, c’était même indispensable à ta survie MDR, EN HUIT ANS D’INCARCÉRATION JE SAIS À PEINE FAIRE UN ŒUF AU PLAT À CROIRE QUE LA CUISINE C’ÉTAIT PAS POUR MOI.

1999, alors que j’étais en cellule avec mon pote du 92 « Gennevilliers » la porte s’ouvre, les surveillants nous ramènent un troisième codétenu, nous étions pas chauds pour l’accueillir mais bon tranquille, c’était un renoi qui faisait deux têtes de plus que moi et mon pote, à peine que le surveillant a fermé la porte, qu’il s’est mis au milieu de la cellule et a dit à mon pote du 92 : « Monte au perchoir je prends ton lit », moi j’étais allongé à côté mort de rire dans ma tête, je les regardais de haut en bas je me suis dit encore un renoi qui va passer un sale quart d’heure mais qui à cet instant ne le savait même pas, j’ai jamais compris pourquoi certains branleurs voulaient toujours faire les cow-boys pour se faire respecter, mais le pauvre il était tombé sur plus scarla que lui, mon pote a fait mine de lui laisser son lit c’était un coup de bluff pour attendre que les matons nous ferment définitivement la porte, c’est là qu’on allait voir qui était qui, on a laissé le renoi aller jusqu’au bout de sa folie pour lui montrer que sa folie avait des limites, j’avais déjà mal pour le mec, c’était hallucinant, comment un mec pouvait arriver dans une cellule et faire le voyou sans même connaître les occupants, je pense que ses deux têtes de plus que nous lui ont donné la force et le courage de nous tester, mais le pauvre était tombé sur des gremlins, des hyènes affamées, sans le vouloir ça allait être notre occupation de la soirée, on l’a fini à coups de casserole, de poêle, et de boîtes de thon sur la tête, tout ça sur un fond de 2pac MDR, c’était pour dissimuler les cris, JE N’AVAIS AUCUNE PITIÉ POUR LES IMITATIONS VOYOU, imaginez-vous une seconde si ce même gars serait tombé sur des faibles, ça allait être la kermesse, pour lui il a fini la nuit avec son matelas sous le lit superposé wallah des barres, le cow-boy était devenu indien MDR, le pire c’est que le matin dès l’ouverture des portes à 7 heures, il se rue sur le maton, il nous a balancés normal, il a tout raconté, mais ce qu’il a oublié de dire c’est que c’était lui qui avait fait le vatos locos au début, carrément il a porté plainte, j’ai repris trois mois en plus et quinze jours de mitard, ça me rend fou de voir certains faux fous et quand il tombe sur plus fou qu’eux il réalise que sa folie était limitée, y a que lui qui croyait à sa dinguerie, quand tu es un imposteur, un usurpateur, tu tomberas tôt ou tard sur plus taré que toi qui te mettra la fessée et là tu réaliseras que tu es un homme des plus banals.

RESTER SOI-MÊME ÇA PAIERA TOUJOURS QUAND TU JOUES UN RÔLE N’OUBLIE PAS QU’IL Y A UN CLAP DE FIN, COMME ON DIT CHASSEZ LE NATUREL IL REVIENT AU GALOP.

En promenade tu pouvais tomber sur quelques grandes gueules qui aboyaient plus fort qu’un chien mais en réalité ce n’était que du blabla, la plupart c’était des tricheurs, qui passaient leurs journées à raconter les histoires des autres mais jamais ils te parlaient de sa propre affaire ça m’a toujours fait marrer ce genre de personnage, des gros mythos MOI J’AI FAIT CI MOI J’AI FAIT ÇA, wallah ils m’ont fait mal à la tête avec leurs histoires à dormir debout, tous les mecs qui s’adonnaient à ce genre de discipline avaient forcément des trucs à cacher après quelques recherches approfondies, tu apprenais que le mec avait raconté que du vent qu’il était tombé pour violence conjugale et pas pour un soi-disant réseau de stups il s’amusait à chanter, FUCK LES MYTHOS, en taule j’avais du mal à me mélanger, j’avais du mal à côtoyer des mecs dont je n’étais pas sûr, du coup j’étais beaucoup en retrait ça m’a évité pas mal de salades, des balances, comment tu veux balancer quelqu’un dont tu ne sais rien, c’était ma philosophie, si on t’avait balancé c’était un peu ta faute, fallait garder tes infos pour toi personne t’a dit d’aller le crier sur tous les toits que tu faisais ci ou ça, donc pour éviter qu’une balance te mette sur sa liste, je me mélangeais très rarement, qu’avec les mecs sûrs, et même comme ça la balance trouvait le moyen de citer ton nom comme quoi c’était un métier à part entière.

FUCK LES BALANCES, LES DONNEUSES, LES JACTEUSES, VOUS ÊTES LA CAUSE DE 90 % DES MECS INCARCÉRÉS.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 41 – « Je n’avais aucune pitié pour les imitations voyou »