[Nouvelles de l’apocalypse] Le désert d’Amazonie

La déforestation entraîne une réduction des pluies, menaçant l’Amazonie de sécheresses répétées

Les forêts humides ne sont pas seulement des réservoirs de biodiversité et de carbone : elles contribuent aussi largement à alimenter en pluie les régions tropicales. En mêlant des observations satellite à des simulations numériques, des chercheurs britanniques sont parvenus à évaluer cette contribution. Leurs résultats, publiés jeudi 6 septembre dans la revue Nature, prévoient une forte chute des précipitations dans le bassin amazonien si la déforestation s’y poursuit au rythme actuel.

« Pour plus de 60 % des terres tropicales, l’air qui a circulé au-dessus des zones de dense végétation produit au moins deux fois plus de pluies que celui qui a circulé au-dessus de zones clairsemées », écrivent, en conclusion de leurs travaux, Dominick Spracklen (université de Leeds, Royaume-Uni) et ses coauteurs.

« Ces résultats sont importants, même s’ils ne sont pas inattendus, commente Simon Lewis, chercheur au département de géographie de l’université de Leeds, qui n’a pas participé à l’étude. Les forêts tropicales recyclent l’eau de pluie en la remettant dans l’atmosphère : elles participent au transport de l’humidité sur des centaines de kilomètres. Ces travaux montrent, avec soin, que la déforestation à grande échelle à un endroit peut affecter la végétation très loin de là, en réduisant les précipitations. »

SUPERPOSITION D’EFFETS « ARIDIFIANTS »

En 2007, une étude publiée dans Geophysical Research Letters avait déjà suggéré qu’une réduction de 40 % de la superficie de la forêt amazonienne pourrait déclencher un basculement irréversible du climat régional vers des conditions arides.

Dans la même ligne, mais avec d’autres éléments de preuve, les travaux de M. Spracklen indiquent pour leur part qu’une poursuite de la déforestation de l’Amazonie au rythme actuel conduirait sur ce bassin, à l’horizon 2050, à une baisse moyenne de 12 % des précipitations pendant la saison humide, et de 21 % pendant la saison sèche.

Ce déclin projeté est d’autant plus inquiétant qu’il concerne des régions qui « ont déjà une forte probabilité de connaître des sécheresses accrues d’ici à la fin du siècle si la température globale augmente de 3 ºC », écrit Luiz Aragao, chercheur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni), dans un commentaire publié par Nature.

Les conséquences de cette superposition d’effets « aridifiants » – déforestation et réchauffement – « pourraient être énormes », poursuit Luiz Aragao. En termes écologiques, mais aussi économiques.

D’abord, ce double effet « aurait un impact sévère sur ce qui resterait de forêt, menant possiblement à des conditions trop sèches pour lui permettre de persister », détaille Simon Lewis. Une spirale de déclin s’enclencherait alors et, même à penser que la déforestation pourrait cesser complètement, le massif forestier serait condamné à long terme.

Ensuite, une réduction importante des précipitations ne menacerait pas uniquement la forêt elle-même, mais également les activités agricoles du bassin amazonien, qui génèrent aujourd’hui environ 15 milliards de dollars par an (environ 12 milliards d’euros) de revenus selon l’Institut géographique et statistique brésilien.

En outre, comme le souligne Luiz Aragao, l’hydroélectricité amazonienne, couvre environ 65 % des besoins électriques du pays. Or l’efficacité des barrages hydroélectriques est liée au débit des fleuves, donc partiellement aux précipitations.

« SÉCHERESSE DU SIÈCLE » EN 2005… PUIS EN 2010

Cependant, les travaux menés par M. Spracklen ne sont pas une étude dite « d’attribution » : ils n’évaluent pas les poids relatifs de la variabilité naturelle du climat, du réchauffement en cours et de la déforestation dans les derniers grands épisodes secs qui ont tout récemment frappé la zone.

En 2005, une première grande sécheresse avait été qualifiée de « sécheresse du siècle », avant d’être détrônée, seulement cinq ans plus tard, par un épisode plus sévère encore.

L’analyse de ces deux phénomènes exceptionnels, conduite par Simon Lewis et publiée en février 2011 dans la revue Science, avait montré qu’en cas de récidive de tels événements la forêt amazonienne pourrait ne plus jouer son rôle d’éponge à dioxyde de carbone (CO2) – elle absorbe et stocke plus d’un milliard de tonnes de CO2 chaque année –, mais qu’elle pourrait, au contraire, devenir émettrice de gaz à effet de serre.

Une dangereuse volte-face, qui perturberait le cycle du carbone mais aussi… les mécanismes économiques internationaux de compensation-carbone fondés sur le rôle de régulateur climatique de la forêt pluviale.

L’étude publiée est en tout cas, estime M. Lewis, « une raison supplémentaire pour utiliser les terres déjà défrichées de manière plus efficace et arrêter de convertir la forêt pluviale en terres agricoles ».

Leur presse (Stéphane Foucart, LeMonde.fr, 6 septembre 2012)

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Nouvelles de l’apocalypse] Le désert d’Amazonie

[Afrique du Sud] De l’esclavage à la grève sauvage (3)

Afrique du Sud : Nouveau débrayage dans une mine d’or, la lutte continue à Marikana

Quelque 15.000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé lundi dans une mine d’or exploitée par Gold Fields dans un climat social toujours tendu par le bras de fer qui se poursuit à la mine de Marikana, théâtre d’une sanglante fusillade policière le 16 août.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0141.jpg

Manifestation des mineurs de Marikana le 10 septembre

Le travail a cessé à la mine d’or KDC exploitée à plus de 3.000 mètres de profondeur par le groupe Gold Fields dans la banlieue de Johannesburg.

C’est le secteur Ouest qui est touché, quatre jours après une première grève sauvage affectant les puits Est de cette mine de 27.000 salariés, où la direction du principal syndicat, le NUM (National Union of Mineworkers) est contestée, pour une affaire de cotisation “obsèques”.

Empêchant leurs camarades non-grévistes d’aller travailler, les mineurs de KDC ont agité devant les caméras de la télévision nationale des panneaux de cartons réclamant 12.500 rands (1.200 euros) par mois, comme leurs camarades de Marikana.

“Ils réclament un changement à la tête de la section du NUM”, a ajouté Sven Lunsche, un porte-parole de Gold Fields.

Le groupe, coté à Johannesburg et New York, est le deuxième producteur local d’or, et quatrième mondial.

Cette agitation sociale, qui ne prête pas à conséquence en temps ordinaire, a pris un tour inquiétant alors que les efforts pour obtenir la reprise du travail à Marikana restent vains, un mois jour pour jour après le début de la grève.

Les craintes suscitées par l’incapacité du NUM à canaliser le mécontentement sont redoublées par la coloration de plus en plus politique prise par le conflit.

À Marikana, où la contestation du NUM a aussi été l’étincelle qui a déclenché la grève sauvage, encouragée par le petit syndicat dissident AMCU (Association of mineworkers and construction union), seuls 6,34% des mineurs ont travaillé lundi.

Près de 10.000 mineurs, selon la police, ont formé un cortège pour marcher sur une mine du site Eastern Platinum, dont les travailleurs n’étaient pas en grève.

Ils chantaient à tue-tête des refrains hostiles au président Jacob Zuma.

Le groupe britannique Lonmin est propriétaire de ce site d’extraction et de traitement du platine, où 44 personnes ont trouvé la mort en août, dont 34 grévistes ont été tués par la police le 16, et dont les derniers ont été inhumés samedi au Cap oriental (sud-est), leur région d’origine.

La colline, où a eu lieu ce qui s’apparente de plus en plus à une massive bavure policière au vu des témoignages recueillis auprès des manifestants, est devenu le point de ralliement quasi quotidien des foreurs en grève qui réclament toujours un triplement de leurs salaires à 12.500 rands (1.200 euros).

Un des grévistes Michael Kahabo a expliqué que les manifestants voulaient bloquer tout le site : “C’est un petit pourcentage (qui travaille) mais il faut qu’ils cessent et qu’ils rejoignent la grève.”

Mercredi soir, un “accord de paix” avait bien été conclu entre la direction et syndicats, mais il a été rejeté par l’AMCU.

Des négociations salariales qui devaient démarrer lundi ont été ajournées après que l’AMCU a annoncé son retour à la table des négociations, selon Lonmin.

Leur presse (TV 5 Monde, 11 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , , | Un commentaire

[Bouira, Algérie] Nous n’avons pas peur des ruines

Bouira. Deux édifices publics saccagés

Parmi les émeutiers figuraient des personnes connues des services de sécurité pour leur passé douteux [sic ! Note du JL].

Ça a chauffé, dimanche dernier à Bouira. Aux alentours de 21 heures, après la prière d’el icha, un groupe de jeunes survoltés s’est attaqué au siège de l’Office public de gestion immobilière (Opgi) et au musée du Moudjahid situés dans le quartier des 1100 Logements. Les forces de sécurité en faction ont été surprises par l’événement croyant à une manifestation de joie après la victoire des « Verts » contre la Libye.

Après avoir obstrué la voie avec les ordures ménagères, ces jeunes ont assiégé les locaux de l’Office et du musée et les ont bombardés de divers projectiles. Ils ont même attaqué les policiers avec des produits pyrotechniques. La façade en verre de cet établissement public qui a remporté le premier prix au concours national d’architecture en 2010 a volé en éclats et a été transformée en ruine.

Au mois de janvier dernier en pleine crise du sucre et de l’huile, cet édifice a été saccagé par les émeutiers. Il a fallu l’intervention des forces anti-émeute qui ont recouru à des tirs dissuasifs en utilisant des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour arriver à bout de ces émeutiers après un échange qui a duré moins d’une heure.

Voulant saisir l’occasion de l’élimination des baraques, tables de cigarettes et autres étals commerciaux installés sur la voie publique et les scènes de liesse qui suivent chaque victoire de nos capés, certains délinquants ont profité de la situation pour essayer de semer le doute et faire porter le chapeau aux commerçants qui ont démonté leurs baraques avant de quitter les espaces publics sans rechigner parce qu’ils sont convaincus que les pouvoirs publics prendront en charge leurs demandes dans les prochains jours [sic ! NdJL]. Parmi les émeutiers figuraient des personnes connues des services de sécurité pour leur passé douteux.

Saisissant cette opportunité, beaucoup d’entre eux ont déversé leur haine et leur frustration, qui pour un emploi, qui pour un logement… en surprenant les citoyens par cet acte inattendu [sic ! NdJL]. Craignant que pareille situation ne se renouvelle et se généralise, un important dispositif sécuritaire était visible tout autour du quartier populaire des 1100 Logements et aux divers points sensibles du chef-lieu de la wilaya.

Leur presse (Abdenour Merzouk, lexpressiondz, 11 septembre 2012)

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Bouira, Algérie] Nous n’avons pas peur des ruines

[Lac-des-Rouges-Truites, Haut-Jura] Trois moustachus dans une estafette / Toujours près pour niquer ta fête

Jura. Une free party… sans le son

La free party qui s’est déroulée ce week-end sur la commune du Lac-des-Rouges-Truites, dans le Haut-Jura, s’est terminée par la saisine du « mur du son ». Dimanche en fin de journée, les gendarmes ont confisqué les 24 pièces de la sono.

Une mesure conservatoire jusqu’à présent unique sur le département et à valeur d’exemple pour les organisateurs de ces soirées non déclarées en préfecture. Celle de ce week-end avait rassemblé plus de 600 personnes, en provenance de toute la région et de Bourgogne.


Lac des Rouges truites. Contrôles autour d’une rave-party

Hier, en début d’après-midi, une trentaine de gendarmes a effectué des contrôles d’identité, d’alcoolémie et de détention de stupéfiants aux abords d’une sortie d’une rave-party, constatée vers 1 heure du matin.

« Plus de cinq cents participants étaient présents et nous avons relevé des infractions relatives à des petites détentions de stupéfiants, des conduites sous l’emprise de stupéfiants et d’alcool et nombreuses infractions au Code de la route », confiait, hier, le capitaine Patrick Rebourg, coordinateur de l’opération.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeProgres.fr, 10 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | 2 commentaires

La police travaille à Vénissieux

Nouveau scandale à Lyon : plusieurs policiers interpellés ce matin dans une affaire de corruption

EXCLUSIF. Une quinzaine de personnes, dont sept policiers, ont été interpellées à leur domicile, dans le cadre d’une vaste opération judiciaire déclenchée ce mardi matin à l’aube dans la région lyonnaise. Selon nos informations, les policiers concernés exerçaient pour la plupart au sein du commissariat de Vénissieux. Ils sont suspectés d’avoir entretenu des relations douteuses avec plusieurs membres d’une famille considérés comme des trafiquants ou des délinquants notoires.

9 heures – Parmi les personnes interpellées ce matin figurent  deux délégués du procureur qui exerçaient dans le secteur de Vénissieux.

Cette opération résulte d’une instruction judiciaire menée dans le plus grand secret depuis environ un an au tribunal de grande instance de Lyon. Juridiquement, le dossier tourne autour des notions qualifiées de corruption ou de trafic d’influence.

Dans les faits, il s’agit de savoir si les policiers ont rendu des services en contrepartie d’avantages matériels. L’enquête est confiée conjointement à la Sûreté départementale et à l’Inspection générale des services (IGPN).

Cette affaire risque de provoquer un nouveau séisme dans la police lyonnaise, un an après la chute retentissante du commissaire Neyret, numéro 2 de la police judiciaire.

Cette fois, le soupçon touche un service de la Sécurité publique. « Il n’y a aucun rapport avec l’affaire Neyret, ce dossier est complètement distinct, il est mené par un juge de Lyon avec la volonté des autorités de mettre à jour des comportements présumés déviants » précise une source judiciaire.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeProgres.fr, 11 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur La police travaille à Vénissieux

[« Squat le patrimoine ! »] Dimanche 16 septembre à « la gendarme rit » de Forcalquier (04)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Report de l’audience pour expulsion des occupants de « la gendarme rit » de Forcalquier

Notre avocat (Maître Olivier Lantelme) a demandé le report de l’audience prévue le lundi 10 septembre 2012 à 14h au TI de Manosque en raison de l’absence des pièces versés au dossier de l’accusation (rapport du service territorial de l’action sociale de Forcalquier et dépôt de plainte [du Conseil général 04]) ! Ce report devrait être accepté lundi et nous devrions recevoir rapidement une nouvelle convocation.

Vous pouvez signer la pétition et laisser un témoignage de soutien sur le site de l’association QueDAL 04 (Droit au logement).

Enfin, nous vous attendons nombreux pour la journée « porte ouverte », « Squat le patrimoine ! » le dimanche 16 septembre à partir de 15h… Nous espérons pouvoir faire une distribution de tract sur notre situation et cette journée demain lundi sur le marché de Forcalquier et rencontrer la mairie de Forcalquier dans la semaine pour connaître sa position sur notre dossier et nos projets…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/444.jpg

Les résident-e-s de « la gendarme rit » à Forcalquier (depuis les montagnes du Sud-Est de la France)

Sans-titre-diffusion, 10 septembre 2012

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [« Squat le patrimoine ! »] Dimanche 16 septembre à « la gendarme rit » de Forcalquier (04)

[Égypte] Les ennemis de la vie et de la culture

Imaginez qu’un nouveau maire est élu à Paris et que le lendemain de sa prise de fonction, il envoie la police à 3 heures du matin pour démolir les kiosques des bouquinistes sur les quais de la Seine et jeter leur marchandise sur la chaussée et dans la rivière sous prétexte que certains d’entre eux n’ont pas de licence. C’est ce qu’a fait le nouveau gouverneur d’Alexandrie, membre de la Confrérie, qui ordonna la démolition de 14 kiosques de bouquinistes à la rue Nabi Daniel, qui sont là depuis plus de 25 ans et qui étaient devenus l’emblème du centre ville procurant des livres rares et à bas prix aux étudiants.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/31.jpg

Imaginez que son collègue à Lyon, face à l’envahissement des rues du centre ville par les marchands ambulants décide de les regrouper sur une partie qu’il fait lotir dans le parc historique de la Tête d’Or. C’est ce qu’a décidé le nouveau gouverneur du Caire, un autre Frère, en construisant des kiosques pour les marchands ambulants dans le parc historique de l’Azbakéya fondé en 1845, et qui est le seul parc central du Caire moderne, œuvre de Barillet Deschamps et Delechevalerie.

Ces incidents ont eu lieu quelques heures après la rencontre du nouveau président Morsi avec les intellectuels et les artistes pour les rassurer de son soutien à la CULTURE. Si au temps de l’ex-président Moubarak, les atteintes contre patrimoine culturel et l’environnement étaient souvent décriées, jamais de telles pratiques n’ont eu lieu, les photos jointes montrent à l’évidence une haine de la culture et du savoir. Cela rappelle étrangement Fahrenheit de François Truffaut. Dans ce pays où le pourcentage d’espaces verts par tête d’habitant se compte en centimètres carrés, résoudre le problème de quelques marchands ambulants qui travaillent pour le compte de gros importateurs islamistes de marchandises chinoises, tels El Chater et Malek, au détriment de la nature, est un crime.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/32.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/33.jpg

Ceci sans parler des atteintes aux libertés, du non lieu de tous les responsables des tueries de Mohammad Mahmoud, du Conseil des ministres, de Port Said, etc. Mais ce qui me sidère le plus, c’est la propagande pro El Ayat qui se développe en Occident et le péroquénisme du genre : il a fait un discours super au sommet des non alignés et a critiqué Assad, le sommet de l’hypocrisie pour plusieurs raisons : est-ce que les non alignés existent vraiment ? quel est leur force et leur poids sur la scène internationale ? Ceux qui répètent bêtement ces propos savent pertinemment que l’Égypte ferme les yeux sur le passage des armes destinés au régime syrien, par le canal de Suez. De même que ce discours il attisait les divergences Chiite/sunnite, pour plaire à ses maîtres en Arabie et aux États Unis. Cet homme dans la foule, médiocre et conservateur, jouit du soutien des Occidentaux, Sobhan allah, les Frères maintenant en Syrie, en Égypte et en Tunisie ont toute la grâce de l’Occident. Fini les critiques contre les atteintes aux droits de l’homme, la pratique de l’excision, le harcèlement sexuel systématique des femmes… et du coup on encense El Ayat, qui devient le nouveau leader du Monde Arabe, l’homme charismatique ; la force tranquille, ça suffit, ce qui se passe depuis l’accession des Frères au pouvoir est dix fois pire que ce qui se passait sous le Makhlou, et tout se fait au nom de l’Islam ; même la loi d’urgence que l’on veut réinstaurer se trouve dans le Coran.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/34.jpg

Galila El Kadi – Mailing, 10 septembre 2012

Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Égypte] Les ennemis de la vie et de la culture

[Suisse] Squatters pas forcément logés à la même enseigne

La presse bourgeoise, comme presque toujours, confond tout, et bien sûr, prend le parti de la défense à tout prix de la propriété privée. Là, ça parle de « violation de domicile » pour l’occupation de maisons vides de chez vides… Toutefois, l’article et ses encadrés ont l’intérêt de montrer qu’en Suisse, d’un canton à l’autre, la manière institutionnelle de traiter (donc d’expulser) les squats n’est pas toujours la même.

Liste de discussion francophone relative aux squats, 10 septembre 2012


Squatters pas forcément logés à la même enseigne

D’un canton à l’autre, une violation de domicile peut être traitée assez librement par la justice. Mais non sans conséquences.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/027.jpg

Sur Vaud, les occupants de maisons vides ont la vie plus douce.

Dix jours. Pas un de plus. Le Ministère public de Neuchâtel n’aura pas fait traîner le dossier de la villa squattée fin août par une dizaine d’altermondialistes à Peseux (NE). « Je ne suis pas mécontent que le problème ait été réglé rapidement », se félicite le procureur général Pierre Aubert.

À regarder de plus près la ­situation ailleurs en Suisse ­romande, il y a de quoi. Dans le canton de Vaud, les squats brillent plutôt par leur longévité. À Lausanne, la maison occupée de l’avenue de Saint-Martin a tenu plus d’un an et demi. À Ruchonnet, elle dure depuis neuf mois. Alors, passifs les Vaudois ? Franz Moos, adjoint du procureur général, rappelle que « le Ministère public ne peut agir que sur plainte pour ce type de délits ». Ce qui peut constituer un frein. De plus, le magistrat insiste sur la mesure de conciliation. Une possibilité prévue par le code de procédure pénale.

« Je crois qu’il s’agit aussi d’une question de sensibilité régionale, lâche Pierre Aubert. Moins une région est confrontée au phénomène, plus vite elle veut le voir disparaître. » Une analyse que partage le professeur Bertrand Perrin, spécialiste en droit pénal à l’Université de Fribourg : « Des différences sont observées ­entre cantons parce que la loi ne définit pas de délai d’expulsion », explique-t-il. Et le ju­riste de relever que « ces diffé­rences mériteraient d’être étudiées ». À noter que selon nos interlocuteurs, la justice civile dispose d’outils plus efficaces pour faire évacuer des squatteurs.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/038.jpg

Les occupants du 25 de la rue Saint-Martin ont bruyamment arrosé leur départ dans la nuit de samedi à dimanche 27 mai 2012.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/044.jpg

Certains des occupants auraient depuis l’évacuation trouvé refuge à l’espace autogéré, un peu plus haut dans la ville. Depuis son toit, des individus ont bricolé un miroir afin d’éblouir ouvriers et policiers à la rue Saint-Martin.

La justice civile mieux armée pour agir

De l’avis de Franz Moos, « le Code civil offre une base légale plus efficace pour lutter contre les squatteurs ». Pourquoi ? Parce que l’objectif premier des propriétaires lésés est le rétablissement de leurs droits, expliquent les magistrats interrogés. La compétence légale des procureurs se situe plutôt dans l’identification des auteurs des dommages. Mais rien n’empêche d’ouvrir simultanément une procédure civile et une procédure pénale. Sauf que, dans la première, les frais sont à la charge du plaignant.

Un cas à Nyon (VD)

Des étudiants ont investi une ­ancienne pisciculture, révélait «24 heures» samedi. Une occupation qui dure depuis le 2 septembre et qui n’est pas du goût du canton, propriétaire des locaux. Une plainte a été déposée pour effraction et une procédure d’expulsion est en cours. Selon le chef du Service cantonal des immeubles, l’appartement occupé va être transformé en bureaux et les travaux doivent commencer cette semaine.

Leur presse (Francesco Brienza, 20Min.ch, 10 septembre 2012)


Nyon. Squatters indésirables dans un bâtiment de l’État

Les jeunes qui occupent l’ancienne pisciculture au bord du lac sont menacés d’expulsion.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/056.jpg

Des squatters ont pris possession de l’ancienne pisciculture de Nyon.

Depuis dimanche, un groupe de squatters s’est installé dans un bâtiment de l’État de Vaud situé près de la Grande Jetée, à l’Est de Nyon. Étudiants pour la plupart, ils se disent très heureux de pouvoir loger dans cet appartement équipé d’eau et d’électricité. En plus, cette ancienne pisciculture donne sur une petite plage. Le chef du Service cantonal des immeubles Philippe Pont ne montre pas la même bonne humeur. « Nous ne tolérons pas qu’on pénètre par effraction. J’ai ouvert une procédure d’expulsion. »

Le logement, qui était occupé par le garde-pêche régional, a été libéré ce printemps. Le Service des forêts, de la faune et de la nature prévoit d’y aménager des bureaux pour ses employés. « Les travaux vont commencer la semaine prochaine », précise Philippe Pont. Les squatters regretteront de devoir quitter un si bel endroit. Le groupe, qui s’est baptisé « Les tas de veaux » pour l’occasion, espérait animer les garages situés en dessous de l’appartement avec des activités créatrices et ludiques.

Leur presse (Yves Merz, 24Heures.ch, 7 septembre 2012)


La police déloge les squatters de Peseux

NEUCHÂTEL • Délogé de la maison qu’il occupait, le collectif « Y a moyen » compte poursuivre sa recherche d’un squat.

Les membres du collectif « Y a moyen », qui occupaient depuis le 22 août une villa à Peseux, ont été évacués hier matin à 6h. La bâtisse était inhabitée depuis la mort en 2010 de son propriétaire – l’inventeur de l’Hypromat, Marcel Paquette –, et était vouée à être détruite (voir notre édition du 29 août).

L’opération a été menée par une quarantaine de policiers neuchâtelois, toutes unités confondues, sous la conduite du procureur Marc Rémy. Comme ils l’avaient annoncé, la dizaine de membres présents n’ont opposé aucune résistance et « l’opération a été menée avec calme et rapidité », selon le procureur.

Après avoir été auditionnés, les membres du collectif ont été relâchés dans la matinée. À moins que les propriétaires ne retirent leur plainte pénale, les ex-squatters devront comparaître devant la justice pour « violation de domicile ». Outre des peines en jours-amende avec ou sans sursis selon les cas, une partie des frais de l’opération policière pourrait être mise à leur charge.

« Les policiers sont arrivés à quarante et ont forcé la porte sur laquelle nous avions fixé des planches. La moitié d’entre eux sont restés dans le jardin, les autres sont entrés à l’intérieur. Lorsqu’on les a entendus venir, on s’est tous réunis dans la cuisine. En arrivant, ils étaient prêts à utiliser la force. Mais en voyant que nous étions pacifistes et ouverts à la discussion, ils se sont détendus. Mais c’est incroyable de constater la manière dont nous avons été criminalisés », s’étonne Léa, l’une des membres du collectif. Ce dernier avait pour objectif d’habiter et d’entretenir la villa, ainsi que d’y monter des ateliers créatifs et des jardins communautaires en attendant sa destruction.

« La propriétaire, qui est venue sur place, a bien dû constater que nous n’avions rien endommagé et que la maison avait même été entretenue », poursuit Léa. Le procureur confirme qu’aucun dégât n’a été constaté et que la plainte pour « dommage à la propriété » restera sans suite.

La mobilisation de quarante policiers n’était-elle pas disproportionnée par rapport aux actes commis par le collectif ? « À partir du moment où le propriétaire porte plainte et que les squatters refusent de quitter les lieux, la police doit intervenir et être en mesure de gérer son intervention, qui était tout à fait standard. Nous avons aussi agi de la sorte par souci d’efficacité. Cela a permis d’interroger et de relâcher rapidement les squatters. J’ai d’ailleurs été présent jusqu’à la fin des auditions pour m’assurer que tout se passait bien », conclut le procureur.

De leur côté, les membres du collectif  ne retourneront pas dans la villa – ils risquent de la préventive. Mais ils envisagent maintenant d’appuyer dans leurs démarches les voisins qui souhaiteraient faire opposition au projet d’immeubles sur la parcelle où est sise la villa. Parallèlement, ils poursuivront la recherche d’une autre habitation vide à occuper.

Claude Grimm, LeCourrier.ch, 31 août 2012


Lausanne. Exaspérés par un squat : « La police ne fait rien ! »

Les forces de l’ordre ferment un œil sur les nuisances de la maison occupée à la rue Saint-Martin, à Lausanne. Les voisins se plaignent.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/115.jpg

Le 25, rue de Saint-Martin est occupé depuis environ deux ans par un collectif baptisé « La Hache ».

« Nous en avons assez du deux poids, deux mesures ! » Comme plusieurs de ses voisins, Katia [Prénom d’emprunt] ne comprend pas le laxisme des autorités face aux squatters du 25 de la rue St-Martin. En cause : musique à pleins tubes, feux, pétards, aboiements… « Du jeudi au lundi, on ne dort plus ! », poursuit celle qui vit juste en face. « Notre quartier est devenu la poubelle de la ville », renchérit une voisine, qui y a pourtant passé sa vie.

Un malaise renforcé par un sentiment d’injustice. « Quand on se plaint, on nous répond qu’il n’y a rien à faire, poursuit Katia. C’est inadmissible ! Nous serions tout de suite remis à l’ordre à leur place ! » La police lausannoise confirme que ces opérations sont « délicates ». « Nous n’arrivons pas toujours à discuter avec les occupants, explique Jean-Philippe Pittet, porte-parole. Alors se pose la question du risque de l’intervention. » En 2010, les agents avaient été reçus à St-Martin par des jets de boules de pétanque et de marteaux lors d’un contrôle.

La Ville serait-elle devenue frileuse avec les squatters depuis l’incident ? Chargé de la sécurité, Marc Vuilleumier dément. « Tous les citoyens sont traités pareillement, mais intervenir dans un squat est difficile. Il faut tenir compte du contexte. » Ce pragmatisme, le président du PLR lausannois Nicolas Gillard l’appelle « lâcheté ». « Intervenir aurait un gros coût politique pour le popiste », conclut-il.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/123.jpg

Ce squat avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises, notemment quand une banderole insultant la police avait été déployée en juillet 2011.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/132.jpg

Lors des beaux jours, la terasse du bâtiment est utilisée toute la nuit, dénoncent des voisins. Musique, feux et chiens créent de fortes pollutions sonores.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/142.jpg

L’immeuble est situé en plein centre-ville, à deux pas de l’Hôtel de police de Lausanne.

Leur presse (Francesco Brienza, 20Min.ch, 4 avril 2012)


Lausanne. Des squatteurs insultent la police publiquement

Une banderole traitant les « flics de porcs assassins » a été déployée vendredi sur la façade d’une maison occupée à la rue Saint-Martin. Le Municipal de la police se contente d’envoyer le délégué à la jeunesse pour négocier avec les squatteurs.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/22.jpg

Ce n’est pas la première fois que les squatteurs déploient de tels outrages à la rue St-Martin…

Les occupants du numéro 25 de la rue St-Martin, au centre de Lausanne, ont installé vendredi une banderole sur la façade de la maison qu’ils occupent depuis plus d’un un an. En gros caractères, il y est écrit leur solidarité avec les anarchistes grecs ainsi que des insultes envers la police.

Porte-parole de la police lausannoise, Jean-Philippe Pittet a appris la nouvelle par 20minutes. « Ce n’est pas la première fois qu’ils installent des telles banderoles, explique-t-il. Nous allons de nouveau envoyer le délégué communal à la jeunesse, Tanguy Ausloos, afin de les convaincre de retirer cela. »

La police ne va-t-elle entreprendre rien d’autre ? « C’est une question de proportionnalité, souligne Jean-Philippe Pittet. Si on peut éviter ainsi une intervention, c’est mieux… »

Pour rappel, les mêmes squatteurs avaient refusé, en septembre 2010, l’accès de la maison occupée illégalement à des inspecteurs de police sur mandat d’un juge à la suite d’une plainte pénale déposée par le propriétaire des lieux, avant de les bombarder de boules de pétanque, de marteaux et d’un réfrigérateur.

Du matériel dérobé sur des chantiers et des barrières métalliques avaient alors été découverts. Plusieurs plans de cannabis, des petits engins explosifs artisanaux ainsi que des armes blanches avaient été saisis.

Contacté par 20 minutes online, le Municipal POP responsable de la police de Lausanne a décrit cette banderole d’insultes de « politiquement inadmissible ». « On ne peut pas accepter de tels actes », a poursuivi Marc Vuilleumier. Mais il confirme se contenter pour l’instant d’envoyer le délégué à la jeunesse négocier avec les squatteurs. Et si aucun compromis n’était trouvé ? Alors on aviserait, répond-il, en soulignant que le contrat de confiance obtenu entre le propriétaire de la bâtisse et les squatteurs est toujours en vigueur.

Samedi soir, les insultes contre les forces de l’ordre agrémentaient toujours la façade du numéro 25 de la rue Saint-Martin…

Leur presse (Frédéric Nejad, 20Min.ch, 1er juillet 2011)

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Suisse] Squatters pas forcément logés à la même enseigne

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 61 – « En prison j’étais devenu un Mac Gyver pour cacher les téléphones portables »

Partie 61

En prison j’étais devenu un Mac Gyver pour cacher les téléphones portables je m’inspirais de tout et de n’importe quoi, tout ce que j’avais en cellule pouvait me servir de cachette potentielle, tellement que quand ils venaient faire une fouille dans ma cellule à Bois-d’Arcy, le chef venait avec une caisse à outils, mais pourtant ils repartaient souvent bredouilles, ils trouvaient rien car mon imagination était sans limite.

Un jour j’avais improvisé une cachette dans mon armoire, j’avais creusé l’extrémité du socle qui tenait la barre du porte-manteaux que je revissais puis suspendais sur la barre une dizaine de vestes, introuvable. J’ai subi des fouilles et des fouilles, jamais rien, mais un jour j’ai voulu faire plaisir à un ami qui venait d’avoir un téléphone, je lui expliquai la cachette que je venais de faire pendant une semaine en promenade, je lui montrai comment faire pour que sa cachette soit efficace, il réussit à le faire mais mal du coup dès la première fouille il se fait péter et oublie de m’en informer. Deux semaines plus tard ils me fouillent à mon tour puis trouvent la cachette où je cachais le téléphone c’était bizarre parce que ça fait des mois que j’avais cette cachette mais jamais ils avaient trouvé, je comprenais pas comment ils avaient fait, jusqu’à ce que le maton me dise : « Dis merci à ton pote on l’a attrapé il y a deux semaines et on a pensé que tout naturellement tu avais la même cachette, on avait vu juste. » Sans le vouloir mon pote avait cramé ma planque mais c’était involontaire donc tranquille.

Les matons m’appelaient SFR ou Orange tellement ils savaient que j’avais des téléphones, dès qu’ils m’en sautaient un j’en récupérais deux c’était notre seul plaisir, notre seul luxe que l’on pouvait s’offrir derrière les barreaux.

Un jour MDR on avait réussi par un ingénieux système de mettre un téléphone dans une boîte de conserve sans que cela se voie ni vu ni connu j’aurais même pu poser cette boîte en rayon chez Auchan, les gens n’y auraient vu que du feu et l’auraient achetée normal, on en mettait plusieurs dans un sac que l’on suspendait avec l’aide d’un fil par la fenêtre, le fil était attaché aux barres du lit, dès qu’on sentait un danger on coupait le fil et le sac tombait sous la fenêtre ni vu ni connu. Un jour lors d’une fouille on a mis en place ce fameux système qui a marché à merveille, les surveillants n’y avaient vu que du feu mais le problème c’est que le sac en retombant au sol s’est déchiré et toutes les boîtes de conserve se sont dispersées au sol, va pêcher des boîtes de conserve avec des yoyos mission impossible, en plus fallait surtout pas se tromper de boîte de conserve, laisse tomber on a mobilisé tout le bâtiment, tout le monde mettait son miroir par la fenêtre et regardait l’avancée de la repêche. Avec l’aide d’un carton de lessive accroché à un manche à balai suspendu à un morceau de drap, on a réussi à le repêcher à 6 heures du matin, on était trop contents, nos efforts avaient payé, on s’était relayés toute la nuit personne avait dormi mission de fou.

VOILÀ COMMENT FAIRE D’UNE MISSION GALÈRE UN SACRÉ SOUVENIR 🙂

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 61 – « En prison j’étais devenu un Mac Gyver pour cacher les téléphones portables »

[Halkidiki, Grèce] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Grèce : la police affronte en forêt les écolos anti mines d’or

Une manifestation contre l’exploitation de mines d’or dans le nord de la Grèce a dégénéré dimanche en échauffourées, en pleine forêt, entre la police et les manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.

Sur le millier de personnes qui manifestaient dimanche devant l’entrée de la mine contre les risques environnementaux pesant sur la région de Halkidiki avec le projet d’extraction d’Hellas Gold, filiale à 95% du canadien European Goldfields, environ 400 sont partis dans la forêt, poursuivis par la police, a constaté ce journaliste.

Beaucoup aiment l’or, mais personne n’aime le cancer indiquait une bannière de manifestants, tandis que d’autres proclamaient qu’ils ne voulaient pas vendre leur avenir, même si la Grèce en crise a un besoin criant d’activité pour tenter de remonter la pente.

Les manifestants ont lancé des cocktails molotov sur la police, qui a répondu avec des gaz lacrymogènes, une scène désormais courante dans le centre d’Athènes, habitué depuis plus de deux ans aux manifestations anti-austérité, mais inédite en pleine forêt.

Parmi les manifestants, Heleni Koldera, la trentaine, psychologue, reproche aux investisseurs de parler seulement des créations d’emploi, mais pas de la destruction de l’environnement.

Néanmoins localement, tout le monde n’est pas d’accord. Ainsi Vassilis Moshopoulos, la quarantaine qui travaille déjà pour la mine, employant au total quelque 600 personnes, souligne que beaucoup de gens sont au chômage dans le village.

Ils ont des problèmes économiques et ils veulent travailler dit-il en fustigeant les manifestants. Nous ne voulons pas qu’on nous dise ce que nous devons faire lance-t-il à leur adresse.

Depuis la relance du projet d’exploitation de la mine d’or, en juillet 2011, lorsque le ministère de l’Environnement a autorisé l’exploitation de deux gisements, chaque camp brandit ses études techniques attestant de la dangerosité environnementale du projet ou de son innocuité. L’entreprise met en avant l’utilisation d’une nouvelle méthode d’extraction sans recours au cyanure. Ses détracteurs affirment qu’elle n’a jamais été testée dans cette configuration.

Le débat va au-delà des mots. Le collectif des opposants, qui revendique une centaine d’associations, multiplie les actions de terrain : occupations de bâtiments, manifestations, blocages des routes d’accès au site. En mars, une empoignade avec les ouvriers du groupe minier a fait plusieurs blessés.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites, Luttes pour la terre | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Halkidiki, Grèce] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

[Révolution tunisienne] Sit-ins à El Fahs, Tunis, Sfax, Jérissa suite au naufrage des harragas à Lampedusa

Tunisie : Des habitants d’El Fahs protestent contre le manque d’informations sur leurs proches disparus dans le naufrage de Lampedusa

Des habitants de la ville d’El Fahs dans le gouvernorat de Zaghouan ont organisé, ce lundi 10 septembre diverses actions de protestations pour exprimer leurs inquiétudes à l’égard du manque d’information sur leurs proches disparus dans le naufrage de Lampedusa en Italie.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/333.jpg

Des routes ont été bloquées ainsi que les principales entrées de la ville avec différents objets dont des pierres et des pneus brûlés, selon des sources de TunisieNumerique.

Certaines administrations ainsi que des commerces et autres magasins ont fermé leur portes aujourd’hui, ont confirmé ces mêmes sources.

Selon une source sécuritaire de la ville contactée par TunisieNumérique, les protestataires se sentent abandonnés et n’ont pas d’interlocuteurs pour les informer du sort de certains membres de leurs familles qui figuraient parmi la centaine de Tunisiens qui étaient à bord du bateau qui a fait naufrage au large de l’île italienne de Lampedusa et dont seules 56 personnes ont pu être secourues.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 10 septembre 2012)


Tunisie – Nuit de violences à El Fahs ?

Après la grève générale qui a paralysé la ville d’El Fahs, toute la journée du lundi 10 septembre, la tension semble être montée d’un cran au cours de la nuit…

Selon les réseaux sociaux, de violentes confrontations ont éclaté avec la tombée de la nuit entre manifestants et forces de l’ordre épaulées par des renforts. La police aurait fait usage de bombes lacrymogène, alors que les manifestants riposteraient en mettant le feu.

On dénombrerait déjà un poste de police et un autre de la garde nationale, incendiés.

Ces informations sont à prendre au conditionnel dans la mesure où les violences décrites n’ont pu être confirmées à cette heure tardive au cours de laquelle se dérouleraient les affrontements.

Une grève générale a d’ailleurs été observée, lundi 10 septembre à El Fahs, englobant toutes les activités commerciales et industrielles à l’exception des services hospitaliers dans la région.

Cette grève intervient sur fond de protestation des habitants contre la lenteur constatée au niveau de la recherche des disparus suite au naufrage de l’embarcation transportant des jeunes émigrés clandestins au large de l’Italie dont 18 sont issus de la région.

Des jeunes ont mis le feu à des pneus et bloqué les entrées de la ville en direction de Tunis, Siliana, Kairouan et Zaghouan.

D’un autre côté, des habitants de la région ont organisé un mouvement de protestation dans les avenues de la ville scandant des slogans contre le gouvernement et le parti d’Ennahdha.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 10 septembre 2012)

(…) Ils se sont dirigés vers la zone industrielle de la cité Kairouan pour faire pression sur les ouvriers afin qu’ils participent à ce mouvement. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 10 septembre 2012)


Tunisie : Intervention de l’armée après que des jeunes aient incendié des pneus devant le ministère des Affaires étrangères

Une cinquantaine de personnes, la plupart des jeunes, ont brûlé, lundi 10 septembre des pneus  devant le siège du ministère des Affaires étrangères au quartier Nord Hilton à Tunis pour protester contre le naufrage du bateau d’immigrés clandestins à Lampedusa, ont annoncé des sources de TunisieNumerique.

Ces jeunes qui réclamaient le repêchage des corps des personnes victimes du naufrage du bateau au large de l’île italienne de Lampedusa, ont jeté des pierres contre  les voitures  qui passaient au niveau du ministère.

La tension était à son comble ce qui a nécessité l’intervention de l’armée pour clamer la situation, indiquent les mêmes sources.

À suivre…

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 10 septembre 2012)


Rassemblement ce soir au centre de Tunis en mémoire des victimes et des disparus du naufrage de Lampedusa

Plusieurs centaines de personnes ainsi que des personnalités se sont regroupées ce soir dans le centre de Tunis, portant des bougies allumées et entonnant l’hymne national, en mémoire des victimes et des disparus du naufrage au large de Lampedusa.

Les manifestants ont appelé le gouvernement à activer les opérations nécessaires de recherche des victimes et de rapatriement des rescapés. Ils ont aussi réclamé un meilleur accompagnement des familles sinistrées.

Ils ont invité le gouvernement à étudier et mettre en œuvre des mécanismes efficaces de lutte contre cette hémorragie mortelle en améliorant les conditions de vie décente et en promouvant le développement régional.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0111.jpg

Sfax a connu elle aussi une manifestation similaire, avec les mêmes revendications (photo).

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 11 septembre 2012)


(…) Jérissa était elle aussi le théâtre de troubles à la suite de l’annonce de la mort d’un jeune originaire de cette cité minière des suites de mauvais traitements policiers qu’il aurait subis lors de son interrogatoire, dans les services de la police judiciaire à Tunis. Cette mort suspecte a d’ailleurs fait l’objet d’un communiqué du ministère de l’Intérieur qui a annoncé la mise aux arrêts de quatre agents de l’ordre impliqués dans cette affaire.

L’émoi de la population de Jérissa était d’autant plus perceptible que des échauffourées ont eu lieu entre les forces de l’ordre et des groupes de jeunes qui se sont rassemblés pour protester contre le déficit de réactivité des autorités dans la gestion de la tragédie de Lampedusa (cinq passagers de l’embarcation naufragée seraient originaires de Jérissa) et accessoirement pour dénoncer les ennuis judiciaires d’un autre fils de la région, Ayoub Messaoudi, ancien conseiller à la Présidence de la République [sic !, Note du JL]. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Leaders.com.tn, 10 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites, Les révoltes des migrants | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-ins à El Fahs, Tunis, Sfax, Jérissa suite au naufrage des harragas à Lampedusa

La police travaille à saintQuentin

Saint-Quentin. Après les incidents, la police réplique

Le bras de fer entre policiers et gens du voyage se poursuit. Vendredi, à l’aube, une descente a eu lieu, à la suite des incidents de mardi soir en marge d’un anniversaire.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/223.jpg

Régulièrement, des descentes de police ont lieu sur l’aire d’accueil (Photo d’archives).

« Ils ont réveillé tout le monde vers 6h30, ils cherchaient des gens. Mais moi je n’ai rien à voir avec cette histoire. Je n’y étais pas à cette soirée d’anniversaire », peste le propriétaire d’un terrain de la rue Ann-Morgan, dans le quartier Saint-Martin.

Vendredi, vers 6h30, il a vu débarquer les policiers dans sa propriété où sont installées quelques caravanes. Une visite qui fait vraisemblablement suite aux échauffourées de mardi soir. Les fonctionnaires avaient dû faire face aux provocations d’un groupe qui fêtait un anniversaire rue d’Aboukir.

Des tensions anciennes

Les policiers se sont refusés à tout commentaire sur la nature exacte de l’intervention matinale et sur d’éventuelles interpellations.

Ces tensions entre les forces de l’ordre et la communauté des gens du voyage ne datent pas d’hier et connaissent parfois des pics. Depuis plusieurs années, policiers et municipalité se sont toujours montrés fermes face aux débordements. Durant l’été 2008, plusieurs descentes avaient eu lieu sur l’aire d’accueil située près du stade Debrésie, après des vols de voiture.

L’année d’après, la ville avait porté plainte à la suite de l’occupation de terrain près du parc des autoroutes. Les caravanes avaient dû regagner l’aire d’accueil sous la pression judiciaire. En mai 2011, déjà rue d’Aboukir, la mairie s’était également élevée contre l’occupation de plusieurs caravanes sur ce terrain et sur des branchements illégaux sur le chantier voisin. Les occupants avaient quitté les lieux quelques heures avant l’expulsion prévue.

Cette fermeté n’est évidemment pas du goût des principaux concernés. « Si il y a quelque chose, c’est normal qu’ils viennent, tempère le propriétaire du terrain de la rue Ann-Morgan, mais là ils sont venus sans raison chez moi. Pour eux, il ne faut pas vivre dans une caravane, sinon on est suspect. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Olivier de Saint Riquier, AisneNouvelle.fr, 10 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur La police travaille à saintQuentin

La police travaille en Tunisie

Tunisie. Arrestation de quatre agents de police responsables de la torture d’un prévenu décédé

Les quatre agents accusés d’avoir torturé Abderraouf Khammassi, le 28 août, dans les locaux de la police de Sidi Hassine, ont été arrêtés aujourd’hui. Le prévenu, accusé de vol, est décédé samedi à l’hôpital Charles-Nicole de Tunis.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/222.jpg

Abderraouf Khammassi

Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur annonce la mort, samedi 8 septembre, de Abderraouf Khammassi (né en 1972) qui a été violenté, lors de son interrogatoire, le 28 août, par 4 agents de la police judiciaire de Sidi Hassine (ouest de Tunis) avant d’être transporté à l’hôpital Charles-Nicole dans un état critique.

Accusé de vol, le prévenu avait été arrêté, menotté, conduit aux locaux de la police judiciaire à Sidi Hassine où il a été violemment frappé par 4 agents. Ces derniers, qui se sont relayés pour l’interroger, l’ont frappé partout sur le corps et, surtout, au bas ventre (lui faisant perdre un testicule) et à la tête.

Sans défense, la victime a perdu conscience et eu une hémorragie interne. Ce qui a nécessité son transport en urgence à l’hôpital. Le 8 septembre, il a rendu l’âme. Depuis, sa photo est partagée sur les réseaux sociaux et les accusations ont commencé à pleuvoir sur le ministère de l’Intérieur. Et pour cause : les cas de torture dans les postes de police se sont multipliés ces dernières semaines, selon les défenseurs des droits de l’Homme.

Il a fallu attendre plus de 24 heures pour que le ministère de l’Intérieur rende public  un communiqué affirmant que « le juge d’instruction a ordonné l’arrestation des quatre policiers ayant torturé Abderraouf Khammassi ». Le ministère, lit-on dans le communiqué, « a ouvert, dès le 30 août, une enquête… »

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 10 septembre 2012)


(…) l’homme originaire de Jerissa (nord-ouest) avait été arrêté alors qu’il se trouvait au chevet de son épouse alitée dans l’hôpital des maladies cancéreuses à Tunis, à la suite d’une plainte pour vol déposée par une voisine.

« Ce drame apporte la preuve que la torture continue d’être pratiquée en Tunisie après la chute du régime Ben Ali », a déclaré Me Nasraoui, militante réputée des droits de l’Homme. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 10 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur La police travaille en Tunisie

La police travaille à Kudankulam (Inde)

Inde : La police disperse une vaste manifestation anti-nucléaire

La police anti-émeutes a dispersé ce lundi, à l’aide de gaz lacrymogènes, des milliers de manifestants contre l’ouverture du plus important projet indien de centrale nucléaire, qui doit avoir lieu d’ici quelques semaines. Environ 4.000 militants, en grande partie des femmes et des enfants de villages de pêcheurs des environs, campaient depuis plusieurs mois sur une plage à environ un kilomètre de la future centrale de Kudankulam, de conception russe.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1112.jpg

Des images diffusées par la télévision montrent les manifestants fuir par la mer, dans des bateaux de pêcheurs, la charge de centaines de policiers. La centrale aurait dû commencer à fonctionner l’an dernier mais des manifestants se sont rassemblés autour du site, après la catastrophe japonaise de Fukushima, en mars 2011, au cours duquel le combustible de trois réacteurs a fondu, à la suite d’un tremblement de terre et d’un tsunami. La région de la centrale, sur la pointe sud de l’Inde, a été fortement touchée par le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, ce qui provoque les craintes des activistes anti-nucléaire.

Leur presse (Reuters, 10 septembre 2012)


Kudankulam protest turns violent, one killed in firing

One person was killed in police firing in Tuticorin as anti-nuclear protesters turned violent on Monday after police foiled their repeated attempts to lay siege to the atomic power plant in Kudankulam against loading of uranium fuel. A 44-year old fisherman was killed when police opened fire at a group of people who clashed with them while blocking a road in Manapad coastal village as the protest spilled to neighbouring Tuticorin District, police said.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1121.jpg

At Kudankulam in Tirunelveli District, the main scene of protests for the last two days, police resorted to lathicharge and burst teargas shells to disperse over 2,000 protesters who fought pitched battles throwing stones and logs.

As the baton-wielding policemen chased away the protesters, many of them moved towards the sea to escape.

Sporadic violence then followed as enraged groups of protesters set fire to a local Panchayat office, the village administrative officer’s office and a state-run liquor retail shop in Kudankulam, in an ugly turn to the over year-long peaceful protest, police said.

The police action followed after authorities failed to persuade the protesters who, for the second day, defied prohibitory orders and stayed put at the seashore, about 500 metres away from the Kudankulam Nuclear Power Plant.

Tuticorin, about 80 km from Kundakulam, also saw about 500 people block the Mysore-bound train by squatting on the track, as also the highway connecting Nagercoil.

Condeming the police action, People’s Movement Against Nuclear Energy, spearheading the protest against KNPP, announced a 48-hour relay fast against it.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1131.jpg

In Chennai, chief minister Jayalalithaa reviewed the situation with DGP K Ramanujam.

The protesters gave the call for the siege as a last-ditch effort to stall the Indo-Russian project after regulatory authorites gave their nod for loading the uranium fuel in the first of the two reactors.

A bandh-like situation prevailed here and surrounding villages with shops and schools remaining shut. The villagers also dug up main roads leading to Idinthakarai in a bid to prevent police vehicles from entering it.

Around 4,000 security personnel, including Rapid Action Force, have been deployed in the area.

Condemning the police action, PMANE Convenor SP Udayakumar charged the state government with exposing its « fascist » face and vowed to continue the protest.

The first unit of KNPP was scheduled for commissioning in December 2011, but ran into rough weather with the locals demanding its scrapping on safety concerns.

Leur presse (HindustanTimes.com, 10 septembre 2012

Publié dans Luttes antinucléaires | Marqué avec , | Commentaires fermés sur La police travaille à Kudankulam (Inde)

[Toulouse] Le CREA réquisitionne 5400 m² inoccupés depuis six ans

Toulouse : l’expulsion débouche sur une réquisition de logement inédite

Une semaine après leur expulsion, les militants du CREA ont réquisitionné des locaux de 5400 m² vides et inoccupés depuis six ans à quelques mètres à peine de leur ancien squat. Ils espèrent pouvoir l’occuper tout l’hiver.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/093.jpg

Rue Demouilles, dans le quartier du Pont des Demoiselles, les militants du CREA ont investi l’ancien siège de l’URSSAF innocupé depuis six ans.

« On est à 50 mètres à peine à vol d’oiseau (de l’ancien bâtiment occupé, ndlr). Cela montre bien qu’en terme de gestion du patrimoine il y a un problème. » Depuis le toit du bâtiment du 22 rue Demouilles dans le quartier du Pont des Demoiselles, l’ancienne résidence du CREA (Collectif pour la Réquisition l’entraide et l’autogestion) se profile à quelques pâtés de maisons cossues. Expulsés des locaux appartenant au ministère des affaires sociales allée des Demoiselles, les militants ont changé de propriétaire et investi l’ancien siège de l’URSSAF de Haute-Garonne et ses 5400 m² inoccupés depuis 2006 et mis en vente. Entrés discrètement depuis le lundi 3 septembre, ils ont officialisé leur réquisition vendredi 7 septembre. Ce week-end ils ont débuté l’installation des futurs appartements et ateliers.

Cuisine équipée, salle de réunion et moquettes de direction

Inhabités depuis toutes ces années, les locaux semblent pourtant en bon état. À l’entrée, le portique électrique s’ouvre au passage du visiteur. À l’intérieur, tout semble être resté figé depuis le départ des anciens locataires. Au rez-de-chaussée des militants s’affairaient dimanche après-midi à nettoyer les toilettes. À proximité, la cuisine est encore totalement équipée et en état de marche. « J’ai testé le four, il marche », glisse notre guide. Au terminus des monte-plats, la salle de restauration baignée dans le soleil de fin d’été est intacte.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/101.jpg

Au sous-sol des matelas étaient déjà installés vendredi 7 septembre.

Dans les étages, les bureaux vides se succèdent, le nom de leurs derniers occupants parfois encore inscrits sur les portes. Plus aucun mobilier n’est présent mais l’électricité est là et bientôt l’eau chaude. Puis, le lino laisse place aux moquettes et parquets, tandis que les sonnettes en état de marche et doubles portes signalent définitivement l’ancienne présence de la direction. Comme un clin d’œil du destin, encore fixé au mur un tableau d’affichage en présente l’organigramme où figure le nom du père d’un des militants. Au bout du couloir, la salle de réunion se dresse avec sa grande table ovale à peine poussiéreuse qui n’a pas bougé. Tout juste les tentures se sont elles décollées mais les AG ont leur enceinte toute trouvée.

Un lieu commun à différents collectifs, une première

Le lieu, s’il venait à perdurer, s’annonce comme une nouveauté. Par sa taille, il devrait permettre de regrouper différents collectifs dispersés jusque là dans différents lieux. « Il y aura les gens du CREA, du Sloli, le GPS devrait ouvrir une antenne pour les femmes isolées dirigées par la Veille Sociale, des étudiants et des gens actuellement au 66 avenue d’Italie », explique Thomas.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/122.jpg

« C’est une nouvelle expérience commune, on devrait être aux alentours d’une centaine de personnes. Les récentes expulsions nous ont ressoudés en fait », poursuit Mathieu. Le Centre Social Autogéré devrait ainsi reprendre ses activités notamment celles de soutien scolaire et d’alphabétisation. « Avec une trentaine d’enfants, trouver ce lieu la semaine de la rentrée ça tombe bien », se réjouissait Thomas vendredi alors que la police venait constater l’occupation.

Objectif : une procédure légale pour gagner du temps

Ils étaient encore peu nombreux ce week-end dans leurs nouveaux quartiers craignant une possible expulsion. « Vendredi, la direction régionale de l’URSSAF nous a dit qu’elle souhaitait relancer la vente du bâtiment dans la semaine et vendre d’ici la fin de l’année. Dans ce cas, si un permis de construire est déposé, on leur a proposé de s’entendre sur un départ de notre part un mois après », raconte un militant présent aux négociations.

L’objectif pour les occupants est qu’une procédure judiciaire légale soit enclenchée. Le processus s’étalant sur plusieurs mois, il empêche une évacuation rapide de la police. « Un huissier est passé vendredi ce qui ressemble à un début de procédure légale. On espère pouvoir y rester plusieurs mois et passer l’hiver », poursuit-il.

Les militants rencontrés ce week-end assurent par ailleurs que le voisinage a dans l’ensemble bien accueilli la nouvelle. « On a été agréablement surpris, explique l’un deux. Certains viennent nous voir, nous soutiennent et nous donnent des choses. » Lundi matin, l’installation devrait s’accélérer si les autorités ou le propriétaire ne venaient pas à se manifester.

Leur presse (Bertrand Enjalbal, Carré d’info, 10 septembre 2012)

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Toulouse] Le CREA réquisitionne 5400 m² inoccupés depuis six ans

Témoignages audio du CRA du Canet à Marseille

Propos recueillis le soir du rassemblement devant le CRA du Canet à Marseille, le 8 septembre

<Audio 1> Tu étais dans le centre pendant le rassemblement ?

Oui, dedans, on a commencé à crier, taper sur les portes, on a arraché les chaises, on a tout fait on a arraché les chaises, elles sont fixées par terre avec des boulons.
La commandante est descendu pour nous calmer, elle a dit : « ils se servent de vous dehors, vous êtes ici pour 45 jours maximum, ne vous suicidez pas… pour 45 jours vos familles ont besoin de vous », elle a commencé à nous calmer.

Qu’est-ce que vous en pensez que des gens viennent faire du bruit devant le centre ?

Ça nous fait du bien, on se sent bien, il y a des gens qui pensent à nous dehors, il y a des êtres humains qui pensent encore aux autres, ça fait plaisir, on était très contents.

<Audio 2> Ça fait trois jours qu’on n’a pas mangé, parce qu’il y a un collègue qui a été frappé hier par la police.
Il a été frappé à coups de poing, à coups de pied, par terre. Le mec, il était à poil.
Y’a un policier qui lui a manqué de respect, il lui a dit : « je t’encule », après les policiers lui sont tombés dessus à coups de pieds, à coups de poings, à coups de matraque, les autres retenus ont jeté la nourriture, ils ont fait la bagarre, ont fait tombé la porte. Ça, c’était hier soir (le vendredi 7 septembre) à 18h. Depuis on refuse de manger, ça fait trois jours, c’est la grève de la faim. Il y a que deux mecs qui mangent, un malade du diabète et un vieux, mais nous tous on fait la grève de la faim, ni on mange, ni on boit. C’est que dans le bloc où il y a l’embrouille, aujourd’hui, tout le centre n’a pas mangé. On veut faire la grève de la faim jusqu’au bout. Y’a l’avocate de Achour qui est venu aujourd’hui, il a déclaré la grève de la faim au docteur, à l’avocate, devant la commandante.

<Audio 3> Comment ça c’est passé pour vous là, pendant le rassemblement ?

Ils se sont calmés parce que vous êtes dehors, ils vont attendre que vous partiez, comme ça ils reviennent et ils nous frappent. Il y a un policier noir, il est costaud, il nous frappe, il nous pousse. Mon collègue il a une trace sur le ventre. Ils ont fait de la merde là. Tous les jours ils changent les équipes, toutes les équipes, elles nous frappent, elles nous insultent. On mange comme les chiens.
Tous les jours, là, ça fait trois jours, ils nous font la misère tous les jours. Tous les soirs ils font la merde.

Pour les blessures, il faut que tous les gens blessés aillent voir le médecin pour les faire constater.

On l’a fait aujourd’hui, quand on a demandé le docteur pour faire des certificats médicaux, ils ont dit non, ils ont peur. On fait la grève de la faim.
Hier, ils ont frappé pour de bon. La vie de ma mère, y’a pas de caméra.
C’est grave.
Ils ont frappé beaucoup de gens, moi et deux collègues, et l’autre, ils l’ont mis à poil et ils l’ont traîné jusqu’en bas (à l’isolement) en lui donnant des coups de pieds dans le visage.

Lutte de CRAsse, 9 septembre 2012

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les révoltes des migrants | Marqué avec | Commentaires fermés sur Témoignages audio du CRA du Canet à Marseille

[Dijon] « autoclave » : DIY festival de modifs corporelles contre les prisons

Bonjour ! On voulait t’inviter à participer à…

A U T O C L A V E

festival DIY de tatouage et modifs corporelles
en solidarité avec les prisonnièr·e·s

Tanneries et ailleurs, Dijon
21-22-23 septembre 2012

Invitation : les modifs corporelles te font de l’œil, mais l’atmosphère souvent impersonelle des salons te repousse généralement ? Tu fais plutôt ça clandestinement, tout·e seul·e ou entre potes ? Tu n’as jamais franchi le cap, mais tu trouves ces sujets intéressants ? Tu as bidouillé ton corps de plein de façons, et ça te branche de partager tes expériences avec d’autres gens ? T’en as ras-le-bol des clubs select de modifié·e·s focalisés sur l’apparence, et t’aimerais bien relier ta trajectoire à une histoire, à des idées partagées ? Les conventions de tatouage « ordinaires » ne te font pas tripper, avec leur dominante de « gars » flashant sur quelques pin-up hyper normées ? Tu aimerais bien te (faire) percer, tatouer, et expérimenter hors circuit commercial, sans la pression de l’argent ? Faché·e avec le monde des experts, tu as envie de te réapproprier des savoirs-faires ? Ça te branche aussi de soutenir, par ta présence et tes contributions, des luttes pour la liberté de circulation, la propriété de soi, entre autres évidences sans cesse bafouées ou remises en question ?

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/141.jpg

Au programme : ateliers et expos autour du piercing et du tatouage, concert et « placard musical » (concert au casque), projections de films et documentaires sur les modifications corporelles et l’univers carcéral, débats et lectures collectives, entre autres surprises diverses et variées. Tu pourras aussi te poser et dessiner, écouter une émission de radio, feuilleter des brochures et matériaux sur les sujets précités, ou, toi aussi, proposer une activité !

Parmi les espaces proposés : un espace enfants avec des sessions maquillage et faux tatouages, un camping pour te permettre de loger sur les trois jours, un espace meufs/trans/gouines pour celles qui souhaitent se retrouver en non-mixité, une cuisine vegan participative pour se nourrir sans cruauté, un infokiosque thématique pour se documenter, un bar pour se désaltérer, et d’autres trucs étalés en divers coins de l’espace autogéré ou ailleurs !

Infos pratiques : si possible, préviens nous de ton arrivée (même si c’est pour camper, cela nous permettra d’estimer le nombre de participant·e·s), laisse ton ou tes chien(s) à la maison, et RDV vendredi à 12H à l’espace autogéré des Tanneries (17 bd de Chicago).

Tout coup de main sera fort apprécié ! N’hésite pas à nous contacter, en écrivant. En outre, tu trouveras flyers, programme plus détaillé et autres infos sur notre site Internet, régulièrement actualisé : autoclave.poivron.org

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/131.jpg

Pour finir, une explication de nos motivations :

Nos corps sont autant de terrains de conflit face aux canons de beauté et codes genrés imposés. Ils sont le lieu de luttes contre la maladie, l’enfermement et autres restrictions de nos mouvements… mais ils sont espaces de résistance et d’affirmation aussi !

Nos corps portent les marques — volontaires ou non — de ces tensions, et nous voulons être de tou·te·s celles et ceux qui se les réapproprient. Ce, notamment, par la subversion et le détournement de ce qui a servi à stigmatiser les indésirables de tous temps : tatouages, brandings, scarifications et autres mutilations ont marqué le corps des bagnards, prostituées [on a ici préféré le terme de « prostituées », et non celui de « travailleuses et travailleurs du sexe », afin de faire référence à celles de ces travailleuses qui furent marquées au fer et à l’aiguille de force au cours de l’histoire, les autres termes ne véhiculant pas la même ambiguïté] et autres femmes marginalisées, esclaves et autres dominé·e·s. Imposées aux concerné·e·s par ceux qui voulaient les posséder, les modifications corporelles ont aussi été outils de résistance face à l’écrasement des expressions et identités, individuelles et collectives.

C’est dans la continuité de ces luttes des corps, par les corps, que nous voulons nous inscrire ; à ces refus et affirmations en chair, que nous voulons donner de la visibilité ; des tatouages pratiqués avec les moyens du bord comme refus de la dépossession de soi dans l’univers carcéral, des rituels marquant l’appartenance volontaire à une force collective autant que l’affirmation d’une individualité… que nous voulons nous inspirer. C’est aussi dans les explorations des communautés S/M brouillant la frontière entre douleur et liberté, dans les expériences queer et trans où corps et identités se voient reconfigurés au delà des normes imposées et où les certitudes sont bousculées, dans les mouvements féministes luttant pour que le corps des femmes ne soit propriété ni des hommes, ni de l’Église ou de quelque autorité… que nous voulons puiser.

Nous voulons que ces pratiques et préoccupations, trop souvent individuelles et isolées, puissent se retrouver, se rencontrer. Assumer leur dimension politique, leur caractère expérimental parfois, loin des experts autoprocclamés et des fashionistas. Nous voulons nous réapproprier notre histoire, notre présent, nos corps et nos identités. Avec tou·te·s celles et ceux que ça intéresse, qu’ils aient appris à percer dans les chiottes de leur lycée, qu’elles aient tatoué pour la première fois avec un compas, qu’ils et elles y consacrent une partie de leur vie, ou pas…

Mais nous ne voulons pas nous couper, ce faisant, de ceux et celles dont le corps, bien que mutilé par la prison, reste un des rares espaces d’expression innacessibles à l’institution. Notre initiative, dans la continuité des « tattoo circus » organisés dans divers espaces autogérés d’Europe ces dernières années, de Barcelone à Zürich en passant par Turin et Berlin, s’inscrit donc en solidarité avec les gens frappés par la répression et autres personnes incarcérées, les éventuels bénéfices leur étant reversés. Également influencé·e·s par les festivals de tatouage féministes organisés de ci de là, nous avons à cœur de contribuer à la visibilité des femmes dans un milieu qui reste à dominance masculine.

Du 21 au 23 septembre, nous invitons donc tou·te·s les intéressé⋅e⋅s à participer au festival « autoclave » à Dijon. Que tu tatoues, perces, scarifies, pratiques la suspension ou toute autre performance liée au corps dans un esprit « DIY », que tu souhaites partager ton expérience des résistances à l’enfermement, parler des luttes qui te portent ou que tu t’intéresses à ces sujets tout simplement… n’hésite pas à nous écrire.

À très bientôt, et d’ici là, fais passer le mot !

Mailing (Prochaines activités aux Tanneries), 9 septembre 2012

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Nos corps nous appartiennent | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Dijon] « autoclave » : DIY festival de modifs corporelles contre les prisons

[Dijon détourné (14)] « La joie et l’intensité »

Photos prises le 16 juillet 2012 à Dijon :

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/b-2012-07-16_Dijon_PlaceWilson-b.jpg

Place Wilson

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/c-2012-07-16_Dijon_BldDeLUniversite-d.jpg

Boulevard de l’Université

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/f-2012-07-16_Dijon_PlaceWilson-d.jpg

Place Wilson

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/h-2012-07-16_Dijon_RuePasteur-d.jpg

Rue Pasteur

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/k-2012-07-16_Dijon_RueDAuxonne-g.jpg

Rue d’Auxonne

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/p-2012-07-16_Dijon_RueBouhier-CourDAppel.jpg

Rue Bouhier – Cour d’appel

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/q-2012-07-16_Dijon_RueDesBonsEnfants-c.jpg

Rue des Bons Enfants

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/s1-2012-07-16_Dijon_RueDesBonsEnfants-d.jpg

Ibidem

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/s2-2012-07-16_Dijon_PlaceDesCordeliers-a.jpg

Place des Cordeliers

Publié dans Graffitis divers | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Dijon détourné (14)] « La joie et l’intensité »

[Dijon] Le Jardin des Maraîchers, ferme maraîchère occupée en lutte contre l’éco-urbanisme

Depuis mai 2012, nous occupons une ferme abandonnée de l’ancienne maraîchère à Dijon. Sur ces terres, vouée à la destruction dans le cadre du projet d’écoquartier « Le Jardin des Maraîchers », nous produisons des légumes pour nos ami-e-s, diverses collectifs affinitaires, ainsi que pour les habitant-e-s du quartier. Notre projet s’inscrit dans la dynamique plus générale de réquisition des terres et maisons menacées par cet énième projet urbain éco-aseptisé. Pour plus d’infos sur l’occupation de cette zone, nous vous invitons à lire le 1er numéro du journal de lutte du quartier Le Génie du Lieu.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/114.jpg

Nous avons créé récemment un blog qui permet de suivre l’avancée de notre projet de ferme en lutte, qu’il s’agisse de l’actualité du jardin, le suivi en photos des cultures, la vie du quartier et bien sûr plus largement la lutte la destruction de ces terres.

Le blog se veut autant être un outil pour communiquer autour de notre projet au niveau des habitant-e-s du quartier et de l’agglomération, qu’un moyen de suivre l’aventure pour les ami-e-s éloigné-e-s. Plus généralement, cela nous permet de partager cette expérience de ferme occupée, en disant que ça pourrait nourrir des imaginaires et peut être inspirer encore plus de projets mêlant réappropriation de la production agricole, squat et lutte pour les terres.

Ça se passe par là : jardindesmaraichers.potager.org

Bonne lecture !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/08.png

Jardin des Maraîchers, 10 septembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Dijon] Le Jardin des Maraîchers, ferme maraîchère occupée en lutte contre l’éco-urbanisme

[Révolution égyptienne] La police travaille à Alexandrie

Égypte : Autodafé maquillé en « lutte contre les étals anarchiques » à Alexandrie

La deuxième ville d’Égypte, s’est réveillée Vendredi dernier (jour de congé hebdomadaire en Égypte) sur un spectacle des plus désolants, celui de dizaines de milliers de livres (dont des livres anciens, de valeur) jetés pêle-mêle à travers la chaussée avenue Nabi Daniel.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/074.jpg

Renseignements pris, il s’agissait du fruit d’une descente de la police locale commanditée par le nouveau préfet de la ville pour officiellement, éradiquer les étals anarchiques qui a tout cassé sur son passage sans aucun commentaire de ou explication de sa part.

Cette thèse a été confortée par le chef local de la Police, le général Khaled GHARABA dans une interview au journal Shourouk news égyptien parue ce jour, où il précise que les étals détruits étaient anarchiques et gênaient l’activité des commerçants légitimes.

Cette thèse est contestée par de nombreuses composantes de la société civile égyptienne qui y voit un début de campagne menée par les islamistes au pouvoir pour bannir les supports de la culture occidentale trop laïque à leurs yeux.

Le parti « Addoustour » a fait savoir via un communiqué repris par la presse locale son refus de telles manœuvres les assimilant à des attaques barbares sur la culture alexandrine et les qualifiant de « séisme culturel ».

Le communiqué du parti ajoute que les kiosques détruits n’ont rien d’anarchiques vu qu’ils avaient été construits par l’État et qu’ils avaient été revendus aux commerçants à raison de 5000 livres à l’époque.

Cet avis semble partagé par la jeunesse de la ville qui y voit des ressemblances troublantes avec les incidents d’autodafé des œuvres d’Ihsan Abdelkoddous et les agressions des grands de la culture égyptiennes par les islamistes. Les jeunes sont d’ailleurs descendus dans la rue de la ville hier samedi pour manifester leur colère en compagnie de groupes d’étudiants et des commerçants sinistrés.

Ils exigent la restauration des kiosques et l’indemnisation des commerçants en jetant leur colère sur le préfet de la ville qui est souvent absent de sa juridiction, selon eux, comme ce fut le cas vendredi et samedi derniers.

Cette anecdote a, pour nous Tunisiens, un parfum de déjà vu ; un préfet fraichement débarqué voué corps et âme au parti au pouvoir, une police qui lui obéit au doigt et à l’œil, La société civile et la population locale qui crie son désarroi sans pouvoir faire quelque chose de plus, et à la solde, une culture si chèrement acquise qui risque d’être jetée aux oubliettes !

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 9 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites, L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution égyptienne] La police travaille à Alexandrie

[Révolution tunisienne] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

Tunisie : Un poste de police incendié à El Hamma-Gabès

Un groupe de jeunes de la délégation d’El Hamma (gouvernorat de Gabès) a incendié dimanche soir 9 septembre 2012 un poste de police après un affrontement avec les forces de sûreté.

Les policiers se sont accrochés verbalement avec deux jeunes avant l’arrivée de renforts d’El Hamma, et ce, alors que la jeunesse de la ville, des composantes de la société civile et certains responsables ont appelé au départ du premier délégué d’El Hamma.

Publié par des ennemis de la révolution (Manel Derbeli, Tunisie Numérique, 10 septembre 2012)


Tunisie – Incendie d’un poste de police à El Hamma

Un groupe de jeunes a incendié, dans la nuit de dimanche à lundi, le poste de police d’El Hamma au gouvernorat de Gabès, blessant certains agents en place et détériorant des véhicules se trouvant sur les lieux, selon un responsable sécuritaire de la région cité par la TAP.

L’incident serait dû, selon la même source, au refus des jeunes de la région la présence des forces de l’ordre dans la ville, précisant que l’incendie est survenu suite à une rafle policière.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 10 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

[Révolution tunisienne] Sit-in antiflic à Sidi Bouzid

Tunisie : Retour au clame à Sidi Bouzid après une nuit d’affrontements entre des citoyens et les forces de l’ordre

Suite à l’arrestation d’un jeune par les forces sécuritaires lors de la journée du samedi à dimanche, des habitants de Sidi Bouzid se sont rassemblés devant le poste de police pour réclamer sa libération.

Les protestataires ont jeté des pierres sur les agents de la police et les véhicules administratifs et bloqué la route. Les agents de sécurité sont intervenus pour disperser la foule au moyen de bombes lacrymogène et de balles en caoutchouc.

Lors des campagnes sécuritaires menées par les forces de sécurité, 13 personnes ont été arrêtées, sur ordre du ministère public. Aux premières heures de la journée de dimanche, le calme était revenu dans la ville de Sidi Bouzid.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 9 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-in antiflic à Sidi Bouzid

[Révolution tunisienne] « Ya mouaten ya dhahia wessiasa hia hia » (Le citoyen est victime, la politique ne change guère)

Tunisie. Gafsa manifeste dimanche contre les « nouveaux Trabelsi »

Une importante marche antigouvernementale a eu lieu ce matin à Gafsa. Les centaines de protestataires qui ont traversé la ville dénoncent l’immobilisme du gouvernement face à la recrudescence de la corruption dans le secteur du phosphate. Vidéo de la marche

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/026.jpg

Selon un participant à la marche, interrogé par Kapitalis, le fléau de la corruption s’est aggravé, notamment dans le secteur du transport du phosphate, principale ressource de cette région. La ville est traversée quotidiennement par plus de 500 camions appartenant à des sous-traitants qualifiés de « nouveaux Trabelsi » car bénéficiant toujours aux mêmes corrompus.

La population a lancé des slogans exprimant son exaspération de voir que les promesses de consacrer une part des richesses phosphatières au développement de la région ne sont pas tenues. Rappelons à ce propos que le président provisoire de la république avait promis, au cours d’une visite à Gafsa, de consacrer bientôt 20% des recettes de phosphates au développement de cette région, la plus déshéritée du pays et où le taux de chômage équivaut au double du taux national.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/037.jpg

La marche de dimanche matin a été organisée par certains partis de l’opposition et des organisations de la société civile pour protester contre l’immobilisme du gouvernement Jebali, qui tarde à trouver des solutions aux problèmes socio-économiques endémiques de la région. La « troïka », la coalition tripartite au pouvoir dominée par le parti islamiste Ennahdha, principale cible de la colère des manifestants, accuse, pour sa part, le Parti des ouvriers tunisiens (Pot) dirigé par Hamma Hammami d’être derrière la manifestation. Ce qui, bien entendu, ne constitue pas un crime : le droit de manifester étant consacré par la loi tunisienne.

Parmi les slogans agités par les manifestants, on notera « Ya mouaten ya meskin, el phosphate machi louin ? » (Pauvre citoyen, où va le phosphate ?), « Ya mouaten ya dhahia wessiasa hia hia » (Le citoyen est victime, la politique ne change guère), « Ya chaab fik fik wel houkouma talaab bik » (Peuple réveille-toi, le gouvernement te roule dans la farine) ou encore « Ech chaab fad fad met Trabelsia jdoud » (Le peuple en a marre des nouveaux Trabelsi).

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/043.jpg

Selon Zouhair Yahyaoui, avocat et militant des droits de l’Homme, « les habitants du bassin minier de Gafsa ont beaucoup attendu du gouvernement actuel mais ils n’ont rien vu venir et aucun effort n’a été fait pour développer l’investissement, créer des emplois et lutter contre la chômage ».

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 9 septembre 2012)


Manifestation à Gafsa pour réclamer le développement et l’emploi

Des centaines de citoyens ont manifesté, dimanche, dans les artères principales de la ville de Gafsa pour réclamer le droit de la région au développement juste, à l’emploi et à la dignité, a constaté la correspondante de l’Agence TAP dans la région.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/065.jpgLa manifestation a été organisée à l’initiative des composantes de la société civile, avec la participation de militants politiques et de syndicalistes. Les participants ont porté des banderoles sur lesquels on pouvait lire des slogans réclamant le développement équitable, le droit à l’emploi et à un environnement sain. Les manifestants ont également appelé le gouvernement à consacrer une part des revenus de la production du phosphate au développement dans la région.

Ils ont scandé des slogans qui appellent à la liberté, à l’emploi et à la dignité, à la rupture avec les pratiques de l’ancien régime et à la libération des détenus arrêtés à la suite des sits-in et des mouvements sociaux. Devant le siège du mouvement Ennahdha, situé au centre ville, des manifestants ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et contre toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Ils se sont arrêtés également devant le siège de la radio régionale appelant  »à l’indépendance de la presse et dénonçant les tentatives de main mise sur les médias ».

Publié par des ennemis de la révolution (TAP via Tunivisions, 9 septembre 2012)


Gafsa se révolte, ‘Dégage’ devant le local du parti Ennahdha

Dimanche 9 septembre 2012, plusieurs habitants de Gafsa se sont réunis devant le local du parti Ennahdha en acclamant le départ du parti.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/055.jpg

La marche qui a réuni un millier de personnes a débuté dans la rue principale au centre ville pour s’achever devant le gouvernorat en passant par le local du parti Ennahdha.

Les insurgés portent toujours les mêmes revendications et ce depuis la révolution du Jasmin à savoir ; Emploi, développement, liberté et dignité.

Plusieurs pancartes ont été hissées lors de cette marche « ya chaab ya meskine el fosfat mechi wine », « min ajli horriyet el i3lém ». Une fois devant le siège du parti au pouvoir Ennahdha, les hués et les « dégage » se sont fait entendre.

Il est à noter qu’aucun incident n’a été constaté. Une marche pacifiste, donc, dans l’espoir qu’elle soit entendue !

Publié par des ennemis de la révolution (Tuniscope, 10 septembre 2012)


Gafsa : Marche de protestation contre l’injustice dans le secteur minier

Aujourd’hui, dimanche 9 septembre, une marche de protestation a été organisée dans les grandes artères de la ville de Gafsa, à l’initiative de certains partis de l’opposition et des organisations de la société civile, pour clamer la colère de la population locale contre l’injustice et le favoritisme dont fait preuve le gouvernement en matière d’attribution des marchés et du recrutement dans le secteur du phosphate.

Les habitants exigent leur part de 20% des recettes des phosphates qui leur a été promise par le président provisoire de la république lors d’une précédente visite de la ville.

De son côté, le parti au pouvoir pointe du doigt le parti du travailleur tunisien et l’accuse d’être à l’origine de cette manifestation.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 9 septembre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] « Ya mouaten ya dhahia wessiasa hia hia » (Le citoyen est victime, la politique ne change guère)

Entretien avec un révolutionnaire tunisien

Entretien avec Haythem, réalisé par Radio Libertaire lors de la Rencontre internationale de l’anarchisme à Saint-Imier en août 2012 :

Écouter/télécharger (24’24)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Entretien avec un révolutionnaire tunisien

[Saint-Imier 2012] Sons des rencontres internationales : interviews, micro-trottoirs… (1re partie)

Sons des rencontres internationales de Saint-Imier : interviews, micro-trottoirs… (1re partie)

Autour de 3000 personnes se sont réunies à Saint-Imier (Jura bernois – Suisse) pour les Rencontres internationales de l’anarchisme à l’occasion des 140 ans de l’Internationale dite « anti-autoritaire ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0110.jpg

Voici une série d’interviews de militantes et militants de tous pays et de micro-trottoirs qui ont été effectués par Radio libertaire sur place !

En cliquant sur les liens proposés, vous pouvez écouter en direct ces enregistrements (sans téléchargement). Et hop, un bon moyen de se balader sur une grande partie de la planète en très bonne compagnie !

Quelques textes et citations bien sentis sont proposés auprès de chaque émission en guise de mise en bouche. Rien que leur lecture est stimulante !

« Les anarchistes savent qu’il est difficile d’appliquer leurs principes libertaires dans une société qu’ils estiment autoritaire. Pour les uns, l’issue est de se retirer le plus possible de la masse, individuellement ou entre égaux choisis de façon affinitaire. Pour les autres, la plongée dans le combat social est inévitable, et passe par différentes formes de modulations ou de compromis, jugés différemment selon les circonstances, les individus et les organisations. La cohérence des idées semble tenir davantage à un respect de l’éthique qu’à un choix de l’absolu. » Philippe Pelletier

• Présentation : http://is.gd/fcLATY (29 minutes)
• L’internationale des fédérations anarchistes (IFA) : http://is.gd/xBfsEG (30 min)
• 140 ans d’anarchie : http://is.gd/fnmwYG (37 min)
• Anarchie au Mexique : http://is.gd/e5Emhl (41 min)
• Anarchie en Grèce : http://is.gd/61qxFO (33 min)
• Anarchie en Roumanie : http://is.gd/ehCPJM (34 min)
• Anarchie en Tunisie : http://is.gd/aMPfrB (24 min)
• Esperanto ou tard : http://is.gd/PbLwfQ (82 min)
• Anarchie au Japon : http://is.gd/Y64txd (46 min)
• Anarchie en Argentine : http://is.gd/Flic6K (41 min)
• Anarchie au Brésil (saison 1) : http://is.gd/EBO7Mf (39 min)
• Anarchie au Brésil (saison 2) : http://is.gd/iVZ7w1 (33 min)
• Anarchie en Croatie : http://is.gd/YIC7Go (39 min)
• Anarchie au Chili : http://is.gd/AwLs7d (32 min)
• Congrès de l’internationale des fédérations anarchistes : http://is.gd/ehCWOv (53 min)
• En guise de synthèse : http://is.gd/pafJ3K (65 min)
• Melting-pot et tutti frutti (avec des chansons !) : http://is.gd/nRjYVq (51 min)

« Il ne faut pas former une masse, inutile de reproduire les préjugés, les préoccupations, les erreurs et les coutumes qui caractérisent les foules aveugles. La masse est fermement convaincue qu’il lui faut un chef ou un guide pour la mener à son destin. Vers la liberté ou vers la tyrannie, peu importe : elle veut être guidée, avec la carotte ou avec le bâton.
Cette habitude si tenace est source de nombreux maux nuisibles à l’émancipation de l’être humain : elle place sa vie, son honneur, son bien-être, son avenir, sa liberté entre les mains de celui qu’elle fait chef. C’est lui qui doit penser pour tous, c’est lui qui est chargé du bien-être et de la liberté du peuple en général comme de chaque individu en particulier.
C’est ainsi que des milliers de cerveaux ne pensent pas puisque c’est le chef qui est chargé de le faire. Les masses deviennent donc passives, ne prennent aucune initiative et se traînent dans une existence de troupeau. Ce troupeau, les politiques et tous ceux qui aspirent à des postes publics le flattent au moment des élections pour ensuite mieux le tromper une fois qu’elles sont passées. Les ambitieux le trompent à coups de promesses au cours des périodes révolutionnaires pour récompenser ensuite ses sacrifices à coups de pieds une fois la victoire obtenue.
Il ne faut pas former une masse. Il faut former un ensemble d’individus pensants, unis pour atteindre des fins communes à tous mais où chacun, homme ou femme, pense avec sa propre tête et s’efforce de donner son opinion sur ce qu’il convient de faire pour réaliser nos aspirations communes, qui ne sont autres que la liberté et le bien-être de tous fondés sur la liberté et le bien-être de chacun. Pour parvenir à cela, il est nécessaire de détruire ce qui s’y oppose : l’inégalité. Il faut faire en sorte que la terre, les outils, les machines, les provisions, les maisons et tout ce qui existe, qu’il s’agisse du produit de la nature ou de l’intelligence humaine, passent du peu de mains qui les détiennent actuellement aux mains de tous, femmes ou hommes, pour produire en commun, chacun selon ses forces et ses aptitudes, et consommer selon ses besoins.
Pour y parvenir, nul besoin de chefs. Bien au contraire, ils constituent un obstacle puisque le chef veut dominer, il veut qu’on lui obéisse, il veut être au-dessus de tout le monde. Jamais aucun chef ne pourra voir d’un bon œil la volonté des pauvres d’instaurer un système social basé sur l’égalité économique, politique et sociale. Un tel système ne garantit pas aux chefs la vie oisive et facile, pleine d’honneur et de gloire, qu’ils souhaitent mener aux dépends des sacrifices des humbles. » Ricardo Flores Magon

Blog des groupes libertaires René Lochu (Vannes) & Francisco Ferrer (Lorient), 31 août 2012

Publié dans Initiatives libertaires | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Saint-Imier 2012] Sons des rencontres internationales : interviews, micro-trottoirs… (1re partie)