Communiqué sur la prison d’Annœullin

Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous le communiqué d’un prisonnier détenu au centre pénitentiaire de Lille-Annœullin, suivi d’une brève explication de l’atmosphère et des stratégies d’humiliations et de mises sous silence qui gouvernent cette prison.

Nous insistons, tout comme les prisonniers qui ont témoigné, sur l’importance de faire la lumière sur les différents aspects de la situation que connaissent les détenus du Centre Pénitentiaire d’Annœullin. Les regards journalistiques, associatifs et militants seront tous nécessaires dans les prochains mois afin de parvenir à ce but.

Par avance, merci.

Le Groupe Enquête Prison


Communiqué d’un détenu sur la situation au centre pénitentiaire de Lille-Annœullin

« En juin 2007, certaines lettres de prisonniers filtraient de la prison de Sequedin, prison construite en 2005 près de Lille. Elles dénonçaient les humiliations, le racisme et la violence dont la population pénale était victime.

En juin 2011, le centre pénitentiaire d’Annœullin ouvrait ses portes. Cet établissement, inscrit dans un plan national de construction, se veut être une prison moderne, confortable, plus humaine, prenant le relais du centre de détention de Loos, dont la vétusté et la surpopulation étaient les critères dominants. Or, force est d’admettre que, loin d’avoir résolu quelque problème que ce soit, ce centre d’expérimentation pénitentiaire, à l’instar de ce que fut Sequedin en son temps, fait subir à ceux qu’il enferme les souffrances de la déshumanisation carcérale.

À ce jour, il nous appartient derechef de briser le mur du silence en dénonçant conjointement la violence de l’institution et son insolent pouvoir axé sur le musellement des enfermés. Par ces divers courriers, notre dessein est d’alerter l’extérieur sur les conditions de détention intrinsèques à la prison d’Annœullin. Ces témoignages divulguent le comportement de certains surveillants et autres gradés, faisant état d’une intimidation régulière, d’abaissements constants et de brimades usuelles. Ils sont aussi ce que vous voudrez bien en retenir. Certains prétendront qu’il ne s’agit là que d’excès et d’abus de pouvoir d’une minorité. Ce à quoi nous rétorquerons qu’il en est de la marque de fabrique des lieux, représentant son fonctionnement en lui-même.

Pour imaginer pouvoir résister, il faut commencer par pouvoir parler. Pour s’organiser, il faut pouvoir échanger des idées et c’est cela que tente d’empêcher l’administration gardienne. Nous n’avons alors d’autre option que de braver cet interdit en dévoilant ce qui doit l’être.

Construire de nouveaux établissements n’a jamais servi à humaniser le système carcéral sachant que prétendre humaniser les prisons, c’est tenter d’humaniser les cimetières.

Construire de nouvelles prisons ne répond qu’à une logique de surenchère,à savoir enfermer toujours plus et toujours plus longtemps et n’obéit qu’à une optique de rentabilité assimilant le stock humain à une matière première économiquement exploitable.

La torture ne s’aménage pas, elle se supprime. »

Lettre de Xavier Vanlancker, septembre 2012

 


Les faits

 

L’inculpation de Malin Mendy en juin 2012, alors détenu à la prison d’Annœullin, pour « agression volontaire sur surveillant pénitentiaire et rébellion », alors qu’il était manifestement celui sur qui cette violence volontaire s’est exercée, est l’un des seuls événements en provenance des prisons de Lille qui soit parvenu à attirer l’attention de la presse, locale et régionale. Pourtant, depuis l’ouverture de ce centre pénitentiaire, une succession d’actes relevant de la torture psychologique, du harcèlement quotidien et de la brutalisation constante des prisonniers n’a cessé de rabaisser ceux-ci au rang de sous-hommes. Combien de suicides dans des circonstances douteuses, de corps dénudés traînés à terre jusqu’au « mitard », d’insultes racistes, et de pratiques déshumanisantes de la part de l’administration pénitentiaire, visant à imprimer la peur et à infantiliser les détenus ? Quiconque refuse cet état de fait risque de voir se déployer l’arsenal des sanctions disciplinaires, doublé des condamnations supplémentaires allongeant des peines déjà trop longues forment la base quotidienne de la survie à la prison d’Annœullin.


Expérimentation dans les prisons du Nord

En 2007, les révoltes de Sequedin avaient permis de faire sortir des murs certaines informations sur des exactions commises à l’intérieur et avaient révélé que les prisonniers étaient prêts à tout pour protester contre les violences institutionnelles et la déshumanisation provoquée par l’enfermement. La répression des révoltes avait, quant à elle, mis en avant que les autorités carcérales ne comptaient pas changer leur mode opératoire et ne se donnaient aucune limite pour faire rentrer les détenus dans le rang. Le fait que de nombreux prisonniers de Sequedin – ainsi que la direction de ce centre – furent transférés à Annœullin après les révoltes, semble indiquer que la répression sécuritaire des différentes prisons du Nord ne fait que se poursuivre tout en s’aggravant.

Plusieurs détenus d’Annœullin ont envoyé des appels au secours à l’extérieur, s’inquiétant du « climat dangereux » qui règne dans cette prison, qu’ils décrivent comme une sorte de « laboratoire » où s’expérimentent des méthodes de répression. Le fait que certaines unités de l’ancien centre de détention de Loos soient venues s’entraîner au cours d’exercices de simulation d’intervention musclée dans les couloirs de la prison d’Annœullin avant même qu’elle ne soit ouverte en 2011 ne vient que confirmer cette hypothèse. Annœullin est bien une prison « moderne », au sens de la torture psychologique et physique moderne, ou bien encore un lieu d’expérimentation de la gestion publique/privée de l’enfermement et de l’esclavage économique « moderne ». Mais Annœullin, c’est également un laboratoire où tout est fait pour que les liens les plus élémentaires ne puissent pas se tisser entre les détenus – comme le révèlent tant l’architecture des bâtiments que les techniques de gestion par la peur et l’intimidation.


Le silence des médias

Annœullin, c’est aussi le huis-clos propre à toutes les prisons, la chape de silence maintenue à tout prix pour qu’aucune parole libre des prisonniers ne filtre à l’extérieur des murs. Seule la directrice du centre pénitentiaire, Aurélie Leclercq, a le droit à la parole, dont elle profite pour s’extasier dans la presse de ses talents de jeune manager passionnée. La voix des détenus, sans cesse réprimée car discordante, ne sort jamais des murs d’enceinte. Pour certaines personnes détenues à Annœullin, le silence des médias est incompréhensible : « est-ce que ces incidents en amont ne sont suffisamment révélateurs en soi du climat dangereux entretenu ici même ? Faut-il réellement d’autres péripéties de ce type pour que [un] journaliste nous concède un indice de sincérité ? En 2007, il n’y eut pas le quart de ce qui s’est passé ici et pourtant le résultat fut là ».

Les lettres et témoignages auxquels fait référence Xavier Vanlancker dans son communiqué constituent une volonté de fracturer ce silence et de prouver que solidarité et résistance sont encore d’actualité malgré les tentatives ininterrompues de l’administration pénitentiaire de briser les détenus. Une partie de ces témoignages sont disponibles sur le blog contrelenfermement.noblogs.org

Le Groupe Enquête Prison, 4 octobre 2012

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Nouveau suicide de détenu à la taule de Vivonne (Poitiers)

[Vivonne – 86] Prisons : silence on meurt

Un nouveau suicide de détenu a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi à la prison de Vivonne, nous apprend la Nouvelle République aujourd’hui. Le 3e depuis l’ouverture de cette taule. « Il n’avait rien à faire en prison. Il devait sortir dans un mois », dit l’avocat de la famille. La compagne du détenu porte plainte contre X pour homicide involontaire.

La France, dernier pays d’Europe occidentale à avoir aboli la peine de mort, perpétue de fait cette tradition avec un système carcéral dont les conditions d’enfermement sont jugées honteuses et indignes par de nombreux rapports, et ont donné lieu à des condamnations régulières de la France pour l’état lamentable de ses prisons. De fait, les conditions d’enfermement bafouent les droits les plus élémentaires des individus. Entre 2,4 et 4 m² par détenu, murs nus, bouffe immangeable, fournitures (cantine) hors de prix, toilette exposée au regard des codétenus, quartiers disciplinaires avec une durée récemment réduite à 30 jours … toujours deux fois plus que dans les pays voisins. Un grand nombre de prisonniers souffrents de troubles psychiques : près de 20% des détenus seraient même psychotiques. Conditions de soins désastreuses, avec des détenus encore trop souvent attachés à leurs lits. Arbitraire total de l’administration pénitentiaire. Et  des murs, toujours des murs, pour briser les liens humains, briser les familles avec des gosses qui privés de parents, se retrouvent eux aussi enfermés — dehors. Briser l’espoir, briser l’esprit. Les partenariats public-privé (comme dans la taule de Vivonne, fournie par Bouygues), sensés créer des prisons neuves et propres, avec plein de sas électroniques et de dispositifs de surveillance électronique, n’ont rien arrangé, si ce n’est le portefeuille des capitalos engrangeant les contrats. Bien au contraire : l’isolement et l’enfermement y sont encore plus fortement ressentis.

Dans ces conditions, comment s’étonner que l’on meurt beaucoup plus en taule aujourd’hui qu’avant l’abolition de la peine de mort ? Le taux de suicide en prison a été multiplié par cinq ces cinquante dernières années. La France étant là aussi championne de l’Europe des quinze avec 20 suicides pour 10.000 détenus. On se suicide 6 à 7 fois plus en taule qu’à l’extérieur. Tous les trois jours, un suicide a lieu dans les prisons françaises … et c’est toujours la même musique, celle en sourdine du le silence de l’administration pénitentiaire, celle du dédouanement des syndicats de surveillants pénitentiaires : « On n’a rien vu venir. Ce n’était pas quelqu’un qui avait donné des signes avant-coureurs de difficultés », déclare le secrétaire local de l’UFAP-UNSA.

L’intervention des peines planchers a encore augmenté la situation dramatique de surpopulation carcérale. La France est championne là aussi, venant de battre un nouveau record historique en juillet dernier avec 67.373 détenus, et une surpopulation de près de 118%.

La promiscuité accroît le désespoir des détenus. Dans ces conditions, le taux de suicide a encore augmenté ces dernières années. Il concerne d’ailleurs deux fois plus des prévenus encore non jugés, c’est-à-dire présumés innocents, que des condamnés.

On entend souvent dire qu’il faut tout de même des prisons pour punir et ainsi donner une « bonne leçon ». Or, les taux de récidive les plus élevés concernent les personnes ayant fait toute leur peine en taule, a contrario les plus faibles taux de récidive concernent les bénéficiaires de libérations conditionnelles, de peines alternatives et d’aménagements de peine. Rien ne pousse plus à la récidive que la pseudo-solution carcérale.

D’autre part, quel genre de crimes punit-on par la taule ? Plus de 80% des personnes se retrouvant en taule sont en fait punies pour des affaires comportant une atteinte à la propriété privée. Ce qui signifie qu’une très grande partie des incarcérations répondent à un système social capitaliste, inégalitaire, fondé sur la dépossession. Comment d’ailleurs ne pas faire le parallèle entre la privation structurelle de liberté à l’intérieur des murs, et celle qui a lieu d’une autre façon hors-les murs, au bagne du travail aliéné où humiliations, contraintes et épuisement psychologique sévissent ? La taule est le pilier de cette société injuste, définie par l’exclusion, la répression et le contrôle social. Une société de classes où jamais les grands requins ne sont jugés, seulement les petits poissons pris dans les mailles du filet de la misère.

Face à ce constat, le gouvernement socialiste a annoncé qu’il construirait plus de places de prison, aussi bien pour les adultes que pour les mineurs (construction d’EPM). Toutes les statistiques démontrent que plus il y a de places en taule, plus on remplit les taules : construire de nouvelles prisons n’a jamais résolu le problème de surpopulation. C’est juste envoyer à la destruction psychologique et physique, et au suicide, toujours plus de pauvres. Et à la récidive (63% des détenus ayant purgé toute leur peine en taule récidivent dans les cinq années), pour que jamais les pauvres ne sortent de leur désespoir et de l’image que la société leur renvoie.

Qu’on le veuille ou non, il s’agit ni plus ni moins que de perpétuer la peine de mort, de fait.

À bas toutes les taules et à bas tous les geôliers.

Pavillon Noir, 4 octobre 2012


Un détenu se pend à Vivonne : sa famille porte plainte

Vivonne. Un Châtelleraudais de 56 ans, en prison pour des délits routiers, a été retrouvé mort, pendu, mardi matin. Sa famille porte plainte contre X.

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Un détenu s’était déjà tué en août dernier.

C’est le deuxième suicide en deux mois [À la mi-août, un Irakien jugé à Paris pour le meurtre de sa femme et incarcéré à Vivonne, s’était suicidé]. La nouvelle a jeté la consternation parmi les personnels du centre pénitentiaire de Vivonne, mardi, selon un gardien de prison.

« On n’a rien vu venir. Ce n’était pas quelqu’un qui avait donné des signes avant-coureurs de difficultés », note Bernard Dupuis, secrétaire local de l’UFAP UNSA.

Un agriculteur miné par l’alcool et déjà incarcéré

La compagne de la victime non plus ne comprend pas, car Christian lui aurait confié son mal-être. Elle a décidé de porter plainte contre X pour homicide involontaire. Une qualification qui peut paraître surprenante.

L’avocat de la famille, Me Takhedmit, précise qu’il s’agit de vérifier si une faute imputable à la direction ou aux gardiens peut être retenue. « Il a échappé à leur vigilance. On veut connaître les causes et les circonstances de son décès. »

Une enquête a été ouverte par le parquet de Poitiers et une autopsie est programmée.

Père de deux enfants, Christian, un habitant du Châtelleraudais âgé de 56 ans, se trouvait à la maison d’arrêt en exécution de peine depuis mai dernier suite à une conduite en état alcoolique. Un problème récurrent chez cet agriculteur, plusieurs fois épinglé pour sa consommation d’alcool et les délits commis dans la foulée.

Il ne pouvait plus bénéficier d’un aménagement de peine. Il a donc été incarcéré une nouvelle fois.

« Il n’avait rien à faire en prison. Il devait sortir dans un mois », relève l’avocat de la famille. « Vendredi dernier, il devait passer en justice pour quatre faits, des choses qu’il contestait en partie. Finalement, les dossiers ont été renvoyés à une autre date. Il s’est dit que c’était mauvais signe pour lui. Il angoissait. Et puis, la veille de son décès, son codétenu est parti. Il s’est retrouvé tout seul. »

Le troisième

L’Administration pénitentiaire, fidèle à sa ligne de conduite, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. C’est le troisième suicide recensé à Vivonne depuis son ouverture en octobre 2010.

« Nous sommes régulièrement formés sur la question du suicide, et nous sommes encore plus vigilants quand la famille ou des gardiens nous signalent des problèmes. Nous faisons alors des rondes supplémentaires, surtout la nuit », explique le représentant de l’UNSA de Vivonne. « Mais, face à quelqu’un de décidé, on ne peut rien. »

Surpopulation

Le syndicaliste relève aussi que le nombre de gardiens en poste n’est pas suffisant au regard du nombre de détenus qui, lui, va croissant. La coordinatrice régionale de l’Observatoire international des prisons, Barbara Liaras, annonce une occupation de 115 % dans la partie maison d’arrêt, là où les détenus purgent leur peine.

« Le problème du suicide, c’est que, normalement, c’est une question de santé publique. Là, en prison, c’est l’Administration pénitentiaire seule qui s’en occupe. »

Presse carcérale (lanouvellerepublique.fr, 4 octobre 2012)

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[Liberté aux Pussy Riot et à tous les autres prisonniers anonymes] À bas l’État et le capitalisme

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Pochoir collé le matin du 4 octobre 2012 dans l’hyper centre de Nantes

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « J’ai pris les armes quand tu rangeais le micro T’as choisi le tapis de prière, moi j’allais à la guerre à ma manière »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[15 décembre 2011]
PARTIE INCLASSABLE INCLASHABLE TRÈS TRÈS LOURD POUR VOUS MES CHERS LECTEURS JE CROISE ENCORE MA PLUME AVEC UN PRÉCURSEUR DU RAP DU 78 EXPRESSION DIREKT STK IL EN A FAIT PARTIE PUIS PAR AMOUR POUR ALLAH IL A TOUT LAISSÉ POUR SE CONSACRER AU DINE COMPRENEZ POURQUOI JE SUIS FIER DE CROISER MA PLUME AVEC MON FRÈRE IL A ACCEPTÉ SANS HÉSITATION DE RESSORTIR SA PLUME RANGÉE DEPUIS DES ANNÉES AU NOM DE LA FRATERNITÉ QUI NOUS UNIT DANS LE GHETTO.

C’EST LE TEXTE DONT JE SUIS LE PLUS FIER :

« — J’ai eu une vie à l’horizontale, avec du recul je la lis en verticale
Ça fait plus de trente ans que le quartier tire la même gueule
Qu’il tombe en ruines, et tient debout tout seul
Qui vivra verra, certains ont vécu mais ont rien vu
Veni, vidi, vici comme un loup à l’affût
Le quartier te forge bon gré mal gré
J’ai bien songé à faire une carrière dans le banditisme
J’ai laissé tomber, pas parce que je n’avais pas le charisme
Mais la musique s’est invitée dans ma vie
Enivré dans le son, la fumée, et les mille et une nuits
Omar je l’ai vu grandir, avec des pieds en or
On s’est assis sur la même rue, mais chacun livré à son sort
Il a grandi ici et là-bas, moi là-bas et ici
Entre deux balles qui sifflent et un cadavre sur le lit
Nos regards se croisaient souvent sans savoir qu’un jour l’un porterait la cagoule
Et l’autre ferait tomber des centaines de foules
On n’écrit pas notre destin, on avance sans penser au lendemain
Quand tu viens de la rue, tu gagnes ton respect avec tes poings
Omar en a couché plus d’un, pendant que avec mon rap je me suis frayé un chemin

— On m’a souvent dit « Oumar t’as des pieds en or » le destin en a fait ainsi
Ni le Barça ni Chelsea moi c’était Bois-d’Arcy,
Des regrets sûrement mais j’assume j’ai passé ma jeunesse
Sur un terrain bloqué entre deux tours HLM
J’ai slalomé entre les bons et les moins bons une prison à ciel ouvert
Mais encore trop jeune pour le comprendre
Mais il ne m’a pas fallu trente ans pour l’apprendre
À 15 ans on marchait en rangs serrés en prison
Comme compagnons des corbeaux on essayait de les attraper au lasso
Pendant ce temps toi le MC tu big-bossais sur les antennes de RDC,
On s’est souvent croisés salués respectés mais jamais fréquentés,
Pourtant on était à une cage d’escalier
J’ai pris les armes quand tu rangeais le micro
T’as choisi le tapis de prière, moi j’allais à la guerre à ma manière
Les banques de France comme cibles trop jeune pour être crédible,
Donc j’ai frappé du poing sur la table cagoule sur la tête
J’ai tout vidé j’ai pas laissé une miette
Ils se sont bien vengés car les dix dernières années
C’est entre quatre murs que je les ai passées
Le petit Oumar du terrain de foot a fait du chemin a grandi mûri
Là où beaucoup ont perdu la raison la prison j’la connais par cœur
Elle a enlevé beaucoup de nos frères et sœurs
J’ai rangé mes armes pour un stylo
Qui crache sans demi-mesure le parcours d’un jeune du ghetto.

— Ne crois surtout pas que j’étais un sage parmi les sauvages
Demande à Omar de te réciter certaines de mes pages
Le ghetto m’est tombé sur la tête plus d’une fois
Entre les nuits blanches et les journées noires sans foi ni loi
Les tête-à-tête et les soirées ; où on a cassé des bouteilles sur des crânes
Avec le sourire, la classe, et le charme
Quand c’était pas un calibre à portée de la main c’était une lame
Pendant ce temps-là Omar dans le tieks, aime à rêver de « bonjour messieurs-dames,
Ceci est un hold-up que tout le monde reste calme »
Le rêve va vite devenir réalité avec son poteau, ils vont faire de l’audimat
Avec parfois des réussites et des fois des échec et mat
Pendant que mon groupe détourne un studio il fallait enregistrer
Mais c’était pas question de lâcher du blé, c’était la crise à l’Élysée
On enchaîne les scènes, on est en live avec IAM et on croisait même le Suprême
Comme d’autres groupes avec ma troupe, on idéalisait et imaginait le succès
Comme d’autres équipes, avec son acolyte, ils ont idéalisé et imaginé le succès

— On se retrouve quinze piges plus tard toi à l’étranger et moi au placard
Deux jeunes du Val-Fourré Mantes-la-Jolie c’est là où on a grandi
Entre crises de rire et les chasses à l’homme des képis.

« C’EST AVEC UN GRAND PLAISIR MON FRÉROT QUE J’AI CROISÉ MA PLUME AVEC TOI LES VRAIS SAVENT QUI SONT QUI ON RESTE HUMBLES MÊME SI ON POURRAIT FAIRE DU BRUIT ».

MERCI À TOI ET QUAND TU VEUX ON R’MET ÇA.

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[Valls, nous revoilà] Relance du site Copwatch Nord-Paris IDF

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Relance du site Copwatch Nord-Paris IDF. Valls, nous revoilà.

L’adresse https://copwatchnord-idf.org n’existe plus,
Désormais, le site totalement decensuré sera accessible à cette adresse « définitive »

https://copwatchnord-idf.info

Des nouvelles bases de données sont à la disposition de tous,

https://copwatchnord-idf.info/?q=node/150

https://copwatchnord-idf.info/?q=node/148

https://copwatchnord-idf.info/?q=node/149

Les bases de données sont en pleine restructuration et le site reprendra sa vitesse de croisière d’ici quelques jours.

Valls, nous ne lâcherons jamais le terrain.

FLICS, NOUS VOUS IDENTIFIERONS TOUS UN A UN.

Le collectif

P.-S. : Nous demandons à tous et à toutes de bien vouloir transmettre cette nouvelle adresse autour de vous.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Génération 2012 entre la Kalach et le blues vis ta vie nique les on-dit quoi qu’il en soit tu en sortiras grandi »

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Partie écrite en collaboration avec mon frère de cœur ex-membre du groupe Express D « STK » bonne lecture la famille.

LE LIVRE ET LES MENOTTES !
ENTRE LES GRANDES ÉCOLES OU L’ESCORTE

Le système je le mets à genoux, en guerre avec l’État
Une cagoule et un calibre rebelle de la France d’en bas
Tu veux que je sois le produit d’une société, le dos courbé
Moi je viens d’la rue, l’asphalte m’a appris à jamais me rabaisser
Le respect ça se gagne quitte à déplacer des montagnes
Dans le quartier j’ai commencé par voler une bécane
J’ai gravi à ma manière les échelons d’un système en panne
J’avais du talent, du génie mais pas la couleur, pour être pédégé à la Caisse d’épargne
Au milieu de la cacophonie ambiante
Dans mon quartier les soirées sont souvent déprimantes
Entre brouillard de fumée dans les couloirs d’entrées
Je veux pas tenir les murs la journée
Et la nuit dans une cave en train de planer
J’ai lu sur un morceau de papier
Que le vent a déposé à mes pieds
« À chaque coffre sa clé on les ouvrira tous »
Un poteau m’a dit c’est un proverbe chinois
Je lui ai dit à partir d’aujourd’hui c’est ma devise à moi
J’ai vu mon père trimer à la chaîne
Avec un morceau de paye qui nous suffisait à peine
À six dans un F4 t’as vu ça où
Même pas dans un film de Spike Lee, ni dans un asile de fous
Le Val-Fou—rré on y a fourré ce qui nous semblait être des cas soss
On nous bourrait le crâne avec un mot intégration à toutes les sauces
Tu veux que je m’intègre, sache que dans mes rues c’est déjà la pègre
On a grandi dans le V.-F., prison à ciel ouvert
Avec toutes les pathologies, réunies à visage découvert
Avec des spécimens rares, des vestiges, des œuvres d’art

Ils nous ont pas rendu la tâche facile car présumés coupables avant même la naissance, on a grandi dans le bitume chaud où après chaque mauvaise parole ça puait la poudre.
À QUI LA FAUTE ?
Pas de réponse ils se renvoient tous la balle, on a réussi à survivre là où même un rat partait en courant tellement c’était la crise, nous fils d’immigrés multiculturels on puise la force dans le regard de nos parents, comment sombrer quand tes parents illettrés ont fait face à trop d’injustices sans se plaindre toujours dignes même dans l’adversité.
« C’EST LA FIERTÉ DES NÔTRES ».

Deux plumes se croisent dans ce texte deux chemins différents pourtant on a grandi dans la même rue fréquenté les mêmes écoles, mais ces deux parcours ont la déter­mination comme point commun, c’est la richesse des pauvres une qualité sans égale.

ISSUS DES QUARTIERS CHAUDS BOUILLANTS VOUÉS AU CHÔMAGE ET À LA PRISON AVEC NOS PLUMES ON DÉNONCE LA SITUATION DANS LAQUELLE ON VIT ET QUE D’AUTRES VIVRONT « MA 6T A CRAQUÉ DEPUIS LONGTEMPS » LOL.

GÉNÉRATION 2012 ENTRE LA KALACH ET LE BLUES VIS TA VIE NIQUE LES ON-DIT QUOI QU’IL EN SOIT TU EN SORTIRAS GRANDI.

Merci à mon frère d’armes du ghetto d’avoir ressorti sa plume rangée depuis des années au nom de notre amitié MERCI FRANGIN.

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[Grenoble, du 11 au 14 octobre 2012] Festival « Vivre l’utopie »

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TÉLÉCHARGER LE PROGRAMME

Vivre l’utopie / Laboratoire Entropie

 

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[Toulouse] « Ce sytème veut nous renvoyer crever à la rue, nous refusons d’être à nouveau réduits à rien » (2)

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Le centre social autogéré attend « une vraie politique de gauche »

LOGEMENTS. « Nous refusons d’être à nouveau réduits à rien » : depuis l’arrêté d’expulsion ordonné lundi dernier par le Tribunal de Toulouse, les occupants des anciens bâtiments de l’URSSAF situés au 22 rue Demouillet [sic] s’attendent au pire :  l’arrivée imminente des cars de police aux aurores blêmes.

Une centaine d’habitants, dont une dizaine de familles et 25 enfants, sont installés depuis un mois dans ces locaux administratifs laissés vides depuis six ans. Cette occupation faisait suite à l’expulsion peu de temps auparavant d’une quarantaine de personnes dont une quinzaine d’enfants  d’un ancien bâtiment de l’AFPA, lui aussi « à l’abandon » au 70 allées des Demoiselles.

Le « Centre social autogéré » de la rue Demouillet a permis à ses habitants de « retrouver une stabilité et aux enfants inscrits dans les écoles environnantes de faire une rentrée scolaire normale », argumentent les membres du collectif « Zéro personne à la rue » qui soutient l’action. Une quinzaine d’ateliers en lien avec le quartier se sont mis en place. « Le tout sans subventions ni assistanat social », précise Mouss Mbengue l’un des membres du collectif.

Plutôt que de « faire la guerre aux pauvres, l’État ferait bien de soutenir des solutions innovantes de ce type », argumente le collectif. « Je me souviens des promesses de campagne du maire de Toulouse Pierre Cohen. Il a le droit d’appliquer la loi de réquisition pour éviter que les gens dorment dans la rue. On aimerait bien qu’une mairie de gauche soit juste de gauche », reprend Mouss MBengue.

Contacté par LibéToulouse le 115, le numéro réservé à l’hébergement d’urgence, affichait complet ce lundi 1er octobre.

La balle est désormais « dans le camp » des pouvoirs publics et de la direction de l’Urssaf. Cette dernière a le pouvoir de demander l’intervention des forces de l’ordre mais « rien ne l’y oblige vraiment », veulent croire les habitants du 22 rue Demouillet…

Leur presse (J-M.E, LibéToulouse.fr, 1er octobre 2012)

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[Londres] « Est-ce que le conseil préfère payer un bibliothécaire pour faire un travail qui mérite salaire, ou bien un directeur général, qui gagne dix fois plus pour recruter des bénévoles pour faire ce travail gratuitement ? »

FABLE – À Londres, des squatteurs rouvrent les portes d’une bibliothèque condamnée

La bibliothèque Friern Barnett, au nord de Londres, avait fermé ses portes depuis belle lurette, au grand désarroi des habitants du quartier. Ces derniers avaient notamment fait tourner une pétition recueillant plus de 7000 signatures. Des mois durant, la municipalité a tenté de les convaincre de se charger des prêts de livres dans une nouvelle salle, accolée à la mairie, de manière bénévole. En vain. Jusqu’à ce que début septembre, huit squatteurs fassent irruption dans la bibliothèque par une fenêtre ouverte. Et relancent les prêts au public, quatre jours par semaine.

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En novembre 2011, des bannières sont accrochées devant la bibliothèque Kensal Rise à Londres, pour demander sa réouverture.

L’histoire a été racontée dans un article du Guardian, accompagné d’une vidéo, et traduit dans le Courrier international du 27 septembre. « L’occupation a la bénédiction des habitants, ravis de voir les portes fermées de leur bibliothèque de nouveau grandes ouvertes. C’est la première fois que des squatteurs s’improvisent bibliothécaires, en occupant et en rouvrant ainsi au public un établissement public de prêt », narre le Guardian.

Les autorités municipales ne se sont pas empressées d’expulser les squatteurs – qui se sont auto-proclamés « gardiens » de la bibliothèques et ont tendu à l’entrée de l’édifice des banderoles « Paix », « Occupation », « Révolution ». Ils sont en négociation avec la mairie, qui réfléchit à mettre en place une nouvelle bibliothèque tenue par des bénévoles. Si les résidents soutiennent l’initiative, certains s’interrogent : « Est-ce que le conseil préfère payer un bibliothécaire pour faire un travail qui mérite salaire, ou bien un directeur général, qui gagne dix fois plus pour recruter des bénévoles pour faire ce travail gratuitement ? »

Selon le Guardian, la fermeture de Friern Barnett est loin d’être un cas isolé, mais est, à l’inverse, symptomatique d’un mouvement qui touche tout le pays. Le journal britannique rapporte que 270 bibliothèques ont fermé ou sont menacées de fermeture, sur un total de 4612 établissements. Selon le bibliothécaire Ian Anstice, cité par le Guardian,  « nous traversons la pire époque pour les bibliothèques publiques en temps de paix ».

Leur presse (Big Browser, 28 septembre 2012)

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[Dijon, Nancy, Bruxelles] Discussions autour de « Angry Brigade – Élements de la critique anarchiste armée en Angleterre »

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Ravage Éditions est heureux de vous annoncer trois dates de présentations et de discussions à l’occasion de la publication du livre Angry Brigade – Élements de la critique anarchiste armée en Angleterre. À Dijon, Nancy et Bruxelles en ce début d’octobre. Si par hasard vous vous trouvez dans le coin, n’hésitez pas à profiter de cette petite occasion pour discuter de la Angry Brigade, de l’Angleterre non-pacifiée des seventies et de tout ce que nous pouvons en retirer aujourd’hui pour approfondir nos idées et pratiques anarchistes et anti-autoritaires, ici et maintenant. Une petite lecture de l’introduction du livre est bien entendu encouragée.

Dijon – Mercredi 3 octobre à 18h
Espace autogéré des Tanneries
(13-15-17 boulevard de Chicago)

Nancy –  Samedi 6 octobre à 15h
CCAN (69 rue de Mon-Désert)

Bruxelles – Jeudi 11 octobre à 19h30
Bibliothéque anarchiste Acrata
(32 rue de la Grande Île)

Les livres seront disponibles sur place auprès des quelques personnes qui le présenterons, ainsi que toutes les autres publications de Ravage Éditions et toutes sortes de lectures subversives de notre petite table de presse. Si vous n’avez toujours pas réussi à vous procurer le livre et ne pouvez pas venir à ces présentations, la liste récemment mise à jour des lieux où le livre est disponible en France est visible ici.

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[Toulouse] Les huissiers travaillent

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Toulouse – Expulsé, il se jette du 3e étage

Un drame social s’est noué lundi, vers 9h, à Cugnaux. Un homme de 59 ans s’est jeté du troisième étage de son immeuble, situé rue du Vivier, alors qu’un huissier se présentait à sa porte. Il est décédé avant d’arriver à l’hôpital Rangueil. Ce dernier était sans aucun doute acculé, au bout du rouleau et faisait l’objet d’une mesure d’expulsion locative pour laquelle l’officier se présentait ce matin-là. Une enquête de la gendarmerie est en cours pour déterminer les circonstances et causes exactes de ce geste.

Leur presse (20Minutes.fr, 2 octobre 2012)

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Nouvelles antiflics

Gennevilliers : des policiers caillassés pendant une intervention

Une quarantaine de personnes ont jeté dimanche soir des pierres sur des agents de la brigade anti-criminalité (Bac) qui venaient d’appréhender dans le quartier du Luth à Gennevilliers (Haut-de-Seine) des jeunes de 16 et 17 ans, inconnus des services de police. Cinq policiers ont été légèrement blessés lors de l’interpellation.

Ils voulaient se débarrasser des caméras de surveillance

Des policiers ont d’abord été pris à partie lors de l’interpellation de deux mineurs qui sciaient deux mas supportant des caméras de vidéo-protection.

Des renfort de police sont intervenus et des forces de l’ordre ont dû effectuer des tirs de flash-ball, selon une source policière.

Il n’a pas été nécessaire de conduire les fonctionnaires de police blessés dans un hôpital, a-t-on précisé de même source. La situation est redevenue calme vers 21 heures.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 1er octobre 2012)


Romans-s/-Isère : un policier pris à partie alors qu’il rentrait chez lui

Il est des missions qui sont parfois lourdes à porter. Un policier en a fait la douloureuse expérience jeudi soir. Il est aux environs de 19 heures lorsque ce policier, qui évolue dans les rangs du GID (Groupement d’intervention départemental) au commissariat de Valence, rentre en civil à son domicile de Romans-sur-Isère.

C’est là qu’il est immédiatement reconnu par deux individus, dont la route a croisé par le passé celle du fonctionnaire de police. Ils n’hésitent pas alors à s’en prendre violemment à lui, rapidement rejoints par deux comparses.

Insulté, menacé

Le policier n’a pas pris de coups, mais ces individus l’ont empêché de passer et de rejoindre son domicile. Il s’est copieusement fait insulter, cracher dessus, avant d’éviter de justesse d’être atteint par le jet d’un sac. Les quatre hommes ont ensuite multiplié envers lui des pressions. Allant jusqu’à menacer de s’en prendre à sa famille…

Ces quatre individus ont été placés en garde à vue. Un avait été interpellé le soir même, et les trois autres le vendredi matin. Trois sont des Romanais, le quatrième habite Chatuzange-le-Goubet.

Ils ont été tous formellement identifiés par le policier. Psychologiquement affecté, il a bénéficié d’une ITT de huit jours. Pour l’heure, un de ses agresseurs a été présenté hier au juge des libertés et de la détention au tribunal de Valence.

Ce dernier a décidé son mandat de dépôt avant une probable présentation en comparution immédiate lundi. Pour répondre des faits de violence et d’outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, en l’espèce un fonctionnaire de police.

Deux agressions en deux semaines

Affaire qui renvoie à l’agression dont avait été victime le 16 septembre dernier un autre policier romanais et qui lui avait valu 10 jours d’ITT. La justice avait alors condamné son agresseur à une peine de prison de six mois ferme.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Clarisse Abattu, Le Daubé en ligne, 30 septembre 2012)


Contrôle mouvementé à Saint-Denis : un policier hospitalisé

Des policiers ont été caillassés mardi soir alors qu’ils contrôlaient des jeunes dans une voiture. Trois personnes ont été arrêtées.

Un policier a été blessé lors d’une interpellation mouvementée mardi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où des policiers “ont été caillassés” par des jeunes gens, a-t-on appris de source policière mercredi.

Vers 18h00, des policiers ont contrôlé des jeunes gens dans une voiture où ils ont notamment aperçu des couteaux. Selon la source, le conducteur de ce véhicule “s’est rebellé” et une vingtaine de jeunes gens ont alors lancé des projectiles et “caillassé” la police qui a fait appel à des renforts. Le conducteur de la voiture a porté un violent coup de poing à l’un des policiers qui l’arrêtait, a aussi dit la police, et celui-ci a été hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, “s’est inquiété et a suivi l’état de santé” du policier blessé, a déclaré Franck Carabin, porte-parole de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Trois personnes, dont l’homme ayant porté le coup de poing, ont été interpellées et placées en garde à vue, a précisé M. Carabin.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (lci.tf1.fr, 26 septembre 2012)

Le Chat Noir Émeutier, 2 octobre 2012

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[Révolution égyptienne] La bataille des Peintures Murales

La police du Caire remet une couche de peinture sur les graffitis de la révolution

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Capture d’écran de la vidéo publiée sur Bambuser montrant des policiers recouvrant les graffitis de peinture.

Exprimer ses talents artistiques sur les murs de la ville n’est pas forcément une activité bien vue au Caire. Une fresque de graffitis peinte sur des barricades installées après la révolution pour protéger les bâtiments officiels a été recouverte de peinture par les forces de police égyptiennes. Mais à peine effacés hier, les tags sont réapparus aujourd’hui au niveau de la rue Mohamed Mahmoud.

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Photo publiée sur le compte Twitter de Sharifkouddous.

Pour beaucoup de Cairotes, ces grands murs de pierre sont le symbole d’une Égypte dans l’impasse, incapable de surmonter ses différends depuis la révolution de janvier 2011. C’est pourquoi en mars dernier, plusieurs artistes avaient fait le choix de les repeindre lors d’une opération baptisée « Plus de murs ».

Deux mois plus tard, les autorités égyptiennes avaient déjà repeint en blanc ces barricades, mais au bout de quelques jours les tagueurs étaient revenus pour les badigeonner de plus belle.

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Voir la vidéo en intégralité sur Bambuser.com

Leur presse (observers.france24.com, 19 septembre 2012)


Après la révolution, la guerre des tags au Caire

La ville a effacé les graffitis de la rue Mohamad Mahmoud, témoignage vivant de la révolution. Armés d’échelles, de pochoirs et de pinceaux, les ex-contestataires ont immédiatement riposté, avec des dessins encore plus subversifs.

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La semaine passée, des employés municipaux ont commencé à effacer les fameux graffitis du mur de la rue Mohamad Mahmoud, à l’angle de la place Tahrir, véritable musée à ciel ouvert de la révolution de janvier 2011. Les ex-contestataires y voient des « coups de ciseaux » visant à « transformer l’histoire de la révolution ». En guise de riposte, les voilà de retour devant le mur, avec leurs échelles, leurs pochoirs et leurs pinceaux.

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À l’entrée de la rue, la célèbre caricature à double visage de l’ex-président Moubarak et du général Tantaoui effacée par la municipalité a vite été remplacée par un autre dessin encore plus subversif, montrant un policier qui menace un tagueur, et sur lequel on peut lire : « Vous n’avez rien de mieux à faire que de combattre les murs et de batailler avec les lignes et les couleurs ». Et en haut à gauche : on voit le visage du président Mohamed Morsi derrière ceux de Moubarak et Tantaoui…

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« Ne t’avise pas d’effacer ce graffiti, fils de … », dit un Batman en furie à Mohamed Morsi.

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Encore plus transgressifs que les anciens, les dessins s’attaquent désormais à Mohamed Morsi et au pouvoir dominé par les islamistes. Sur cette fresque, où le président a été représenté en roi de trèfle, un tagueur écrit : « L’Égypte est un cimetière pour les Frères musulmans. »

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Les visages de barbus font indirectement référence aux Frères musulmans et aux salafistes.

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« Le ministère de l’intérieur est une bande de bandits », peut-on lire sur le mur de cette rue qui mène au ministère concerné.

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Sur la langue verte de ce jeune contestataire, on lit : « Le ministre de l’intérieur est une pédale ! »

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Ces tagueurs s’en prennent à la police, incarnation de la répression sous Moubarak.

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« Faites gaffe, les murs sont ouverts (libres) », dit cette souris, dont le tag est en cours de conception.

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Les artistes rendent également hommage aux martyrs de la révolution. Ici, les visages de Khaled Saïd et Mena Daniel.

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« Tu resteras à jamais dans nos cœurs, martyr de la révolution », peut-on lire sur ce texte qui accompagne le portrait de Mena Daniel, jeune copte égyptien tué lors d’une manifestation post-révolutionnaire organisée par la minorité copte, à l’automne 2011.

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Le tagueur a écrit : « Les martyrs (de la révolution) sont en moi », avec des mains et des ailes d’ange autour. Une façon de dire aux autorités qu’elles auront beau effacer les grafittis, la mémoire des martyrs sera toujours enfouie sous les murs de la place Tahrir…

Leur presse (Delphine Minoui, LeFigaro.fr, 28 septembre 2012)

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[URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE] Pétition d’Amal Bentounsi

Au Président de la République et à la Ministre de la Justice :

« URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE » Que ces crimes policiers soient reconnus
par Amal BENTOUNSI

Chers amis,

Je viens de lancer une pétition : Au Président de la République et à la Ministre de la Justice : « URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE » Que ces crimes policiers soient reconnus, parce que je me sens profondément concerné(e) par cette question très importante.

J’essaie de recueillir 100 signatures, et j’ai vraiment besoin de vous.

Pour en savoir plus sur ce que je suis en train de faire et pour signer ma pétition, cliquez ici.

Cela ne vous prendra qu’une minute !

Une fois que c’est fait, merci de demander à vos amis de signer la pétition à leur tour. Les mobilisations populaires sont un succès quand des gens comme vous sont prêts à faire passer le message !

Amal

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 30 septembre 2012

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[URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE] La création d’un nouveau site qui dénonce ces crimes policiers

Bonjour,

La création d’un nouveau site qui dénonce ces crimes policiers.

URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE

Bientôt une campagne de sensibilisation sur toute la France.

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Nous avons le devoir de dénoncer ces violences policières, meurtres et bavures commis par la police, notre gouvernement doit nous rendre des comptes pourquoi nos enfants meurent à la suite d’un contrôle d’identité ou de courses poursuites ? pourquoi ces policiers qui sont censés nous protéger commettent des actes dégradants, humiliants, méprisants qui vont à l’encontre du code de la déontologie, ces victimes qui pour la plupart sont rendu coupable à titre posthume par les médias et syndicats de police, nous voulons en finir avec cette omerta de la part du ministère de l’intérieur et de la justice qui visent à protéger ces policiers et bénéficient d’une justice plus que charitable, que les lois de la république Française soient applicables pour tous sans exception. Les pouvoirs publics pour qui nous avons voté doivent nous rendent des comptes et prennent en compte ces morts qui restent avant tous des êtres humains qui un jour se sont retrouvés entre les mains de policiers pour finir dans un cercueil.

Nous avons besoin de vous, bénèvoles pour la distribution de tract et pour les journées de sensibilitation, n’hésitez pas à nous envoyer par émail pour vos diponibilités.

Merci de partager et de vous joindre à nous.

Cordialement

« Urgence notre police assassine »

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 1er octobre 2012

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[Cambodge] Affrontement ouvrier

Des centaines de travailleurs d’usine s’affrontent avec les gardes de sécurité

Bavet, Svay Rieng (Cambodge Herald) – Environ un millier de travailleurs en grève d’une usine de vélos se sont affrontés avec des gardes de sécurité lundi, ils ont exigé de meilleures conditions de travail, a déclaré une source.

La source a déclaré que les affrontements ont eu lieu chez A & J Company Co Ltd dans le Tai Seng zone économique spéciale où les travailleurs ont jeté des pierres à l’usine et fenêtres fracassantes.

Les travailleurs sont en grève depuis samedi et exigent des primes de 10 $ par mois, aucune retenue de salaire pour arriver en retard et 1 $ de l’heure pour les heures supplémentaires.

Ils ont également exigé des jours de repos le dimanche et les jours fériés, la fin des travaux du soir entre 19h00-21h00 et le licenciement d’un employé vietnamien accusé d’insulter les autres.

La source a indiqué que le Svay Rieng ministère du Travail a prévu de discuter les demandes avec les représentants des usines dés mardi.

Traduit de leur presse (Cambodia Herald) et reçu le 1er octobre 2012

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[Du 13 au 15 octobre] Appel à trois jours d’action contre toutes les expulsions

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(Appel de Toulouse) contre toutes les expulsions, pour les réquisitions, l’entraide et l’autogestion

Cette année de nombreux collectifs à travers la France ont lutté contre toutes les formes de misère : enfants à la rue, mal-logé.es, futur expulsé.es, travailleur.es précarisé.es, sans papiers … et pour répondre de manière autonome à leurs besoins de logements, de nourriture, de liberté. À force de recevoir des échos les uns des autres, certains ont décidé de se rencontrer pour se coordonner.

Du 31 août au 2 septembre, à Toulouse, dans les restes du Centre social autogéré expulsé et dévasté par l’État quelques jours plus tôt, les participant.es se sont retrouvé.es dans le but d’échanger des outils et des savoirs, de débattre, de se renforcer.

Partant du constat que toutes les formes de misère sont organisées politiquement, que les premiers concernés doivent s’organiser par elles et eux-mêmes que l’État ne fait pas partie de la solution mais du problème, les participant.e.s appellent à :

• Continuer à coordonner les collectifs et les mouvements concernés à travers de nouvelles rencontres, un réseau d’information et d’action ;

• Un week-end d’actions simultanées partout en France contre toutes les formes d’expulsion entre le 13 et le 15 octobre 2012.

Des participant.e.s et membres de La Patate Chaude (Grenoble), réseau 22 rue des Alpes (Grenoble), Les mal-logés acharnés (Paris), CREA et campagne de réquisition (Toulouse), GPS (Toulouse), Collectif Urgence Précarité 44 (Nantes), intersquat Montpellier, mission squat Médecins du monde, La Petite Rockette (Paris), L’art ou Libre (Fontenay-sous-Bois), Abris d’Urgence Totale (Toulouse)

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 27 septembre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Mes parents étaient contents de me voir prendre le chemin du lycée avec tous les intellos du quartier ils ne savaient pas que l’on était formés à l’usine »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[12 décembre 2011]
Partie 76 bis

1997 9 heures du mat lycée Jean-Rostand à Mantes-la-Jolie (BEP CHAUDRONNERIE MÉTALLERIE), j’avais atterri là pas par choix mais par accident de parcours LOL je n’avais rien contre les chaudronniers mais c’était loin d’être une de mes vocations, mais exclu du collège un an plus tôt je devais m’estimer heureux d’être scolarisé, mais comment t’investir dans un domaine que t’as pas choisi ? Moi j’étais content parce que j’étais au lycée quand on me demandait ma classe je disais que j’étais en électro­technique LOL mais c’était trop grillé puisqu’on était les seuls du lycée à mettre un bleu de travail c’était ficha (l’affiche) de marcher dans la cour du lycée en bleu de travail MDR mais je voyais que mes parents étaient contents de me voir prendre le chemin du lycée avec tous les intellos du quartier ils ne savaient pas que l’on était formés à l’usine on était vingt-cinq élèves vingt-quatre mecs et une fille c’est au bout de deux mois que j’avais su qu’il y avait une fille dans notre classe c’était indétectable un méchant garçon manqué androgyne « on rit mais on se moque pas » MDR.

J’étais là sur les bancs du lycée à faire de la figuration je faisais que dormir en cours walkman sur les oreilles j’écoutais l’album Guet-Apens de Expression Direkt en boucle.

Un jour alors que je rentrais en salle de classe j’ai fait tomber devant le prof principal un extincteur lacrymogène à poivre, le prof était tellement choqué qu’il m’a rien dit, un mois avant la fin du premier trimestre le proviseur en personne vient me chercher en classe et il me ramène dans son bureau où nous attendaient deux agents de la police, il me mettent les gourmettes et m’amènent en garde-à-vue, ils m’accusaient d’avoir braqué un cinéma du centre-ville « le Domino » la police était passée chez moi c’est mes parents qui leur avaient dit que j’étais en cours donc ils sont venus me cueillir comme une fleur LOL le problème dans cette histoire c’est que je n’avais rien à voir avec cette histoire j’ai jamais braqué de cinéma de ma vie, mais la dame du guichet du cinéma me reconnaissait formellement sur les photos que la police lui soumettait un truc de fou mais dans mon malheur j’ai eu de la chance puisque à la date du braquage j’étais à Bois-d’Arcy en prison donc ça ne pouvait pas être moi, jamais j’aurais pu imaginer que la prison me servirait un jour d’alibi MDR j’en rigole mais si à l’époque du braquage j’aurais été en liberté bah j’aurais mangé deux ans de taule gratuit j’avais quand même tapé quarante-huit heures de garde-à-vue à me casser le dos et à repondre à des heures d’interrogatoire musclé pour que j’avoue un truc dont je savais rien même quand c’est moi j’avoue pas alors imaginez quand j’y suis pour rien. La justice des fois avait du mal à reconnaître ses torts, je suis sorti de garde-à-vue pas une excuse de qui que ce soit limite je devais m’estimer heureux qu’ils m’ont lâché. Depuis ce jour j’ai raccroché plus de lycée j’étais ficha tout le monde savait que j’avais fait d’la prison etc. ça m’a soûlé donc j’ai tout fait pour qu’ils me tej et j’ai frappé la porte de l’école de la rue.

Plusieurs fois j’essaie de me remettre dans la peau de cet adolescent que j’étais autrefois pour essayer de trouver la faille et à quel moment j’ai endossé cette rage de vivre de vaincre et d’avancer même si le chemin était truffé d’embûches. Comment ne pas sombrer dans la délinquance quand tout t’accuse j’étais présumé coupable.

On était venu me chercher au lycée pour me mettre en GAV « VOILÀ OÙ ÉTAIT MA PLACE » le symbole était énorme des cours en GAV à force d’être montrés du doigt on aurait pu sombrer et nous-mêmes finir par croire qu’on était bons qu’à être délinquants beaucoup se sont laissés prendre au piège moi le premier mais nos épreuves nous endurcirent l’essentiel c’est d’ouvrir les yeux avant que ça explose.

Le 12 décembre 2011 à 20 h 45 je pose ce texte rempli de nostalgie d’émotion de tragédie de gâchis je ne regrette rien mais si c’était à refaire 100 % je ferais autrement.

« LA VIE VAUT LA PEINE D’ÊTRE VÉCUE J’EN SUIS CONVAINCU ».

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[Le marché de la destruction de l’art] « Les fouilles clandestines sont tolérées par les autorités pour quiconque accepte de se tenir éloigné du soulèvement ou dénonce des activistes »

Syrie : le patrimoine archéologique victime de la guerre

REYHANLI (Turquie) – L’extraordinaire patrimoine archéologique syrien (photo [ci-dessous] : la ville d’Alep en 2006) est victime des combats, des destructions, de vols et de pillages organisés qui se multiplient dans le pays. Dans un pays regorgeant de trésors antiques, où la corruption et le trafic de pièces archéologiques était chronique, la généralisation des affrontements, le vide de pouvoir dans certaines régions et le contrôle de secteurs entiers par des groupes armés a provoqué une explosion des pillages et des fouilles illicites.

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Vue générale de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, en 2006

« Il est évident que dans des situations de ce genre on assiste toujours à une recrudescence des pillages, des fouilles illégales et des trafics » confie Véronique Dauge, du centre du patrimoine mondial de l’Unesco. « Souvenez-vous de ce qui s’est passé en Irak en 2003 ».

« Des images ont été mises en ligne sur internet, dans lesquelles on voit distinctement des têtes et des bustes tirés du site de Palmyre, emportées dans une camionnette », ajoute-t-elle. « Mais, à cause de la situation, nous n’avons que des bribes d’informations, que nous tentons de compiler ».

L’armée syrienne est régulièrement accusée de procéder elle-même aux pillages ou de tolérer ces activités menées par des civils, souvent des bandes de trafiquants bien organisés. À Reyhanli, petite ville turque frontalière avec la Syrie, un réfugié syrien récemment arrivé de la fameuse ville antique de Palmyre affirme que le musée avait été entièrement pillé et que des vols à grande échelle étaient perpétrés sur le site. « Ce sont les chabihas, les bandes d’Assad qui font cela » affirme cet homme sous le pseudonyme d' »Abou Jabal ». « L’armée est sur place, elle surveille tout ».

« La télévision d’État a dit que le musée avait été pillé et accusé des groupes armés d’avoir fait le coup », dit-il. « Mais il n’y a aucun civil capable de faire çà, l’armée et les chabihas tiennent tout. Ce sont eux qui font cela, pour récupérer de l’argent et contourner l’embargo international ».

La vidéo amateur [ci-dessus] a été mise en ligne le 17 août : elle montre sept ou huit sculptures, des bustes, entassés à l’arrière d’un pick-up. Autour du véhicule, des militaires parlent.

« Nous avons fait étudier ce qu’ils disent par des Syriens travaillant avec nous : il s’agit bien de soldats et tout nous porte à penser que l’armée vole ou laisse voler des antiquités à Palmyre et ailleurs », assure l’archéologue espagnol Rodrigo Martin.

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Une église byzantine endommagée par les combats dans le village druze de Loza

Rodrigo Martin est le porte parole d’un groupe d’archéologues, syriens et étrangers ayant travaillé en Syrie, qui a formé un groupe, « Patrimoine syrien en danger », dont le but est de tenter de surveiller, grâce à un réseau d’informateurs à l’intérieur du pays, ce qui se passe sur les sites archéologiques. Ils ont ouvert une page Facebook, « Le patrimoine archéologique syrien en danger », sur laquelle ils tentent de collecter des informations et d’en diffuser.

« Nous avons aussi découvert sur le net des photos de soldats, à peine adolescents, en uniformes, qui posent à côté de pièces volées, comme des trophées », ajoute l’archéologue.

« Des batailles ont eu lieu sur des sites, d’autres sont pillés, ailleurs des permis de creuser sont donnés par l’armée à des bandes, en échange de leur complicité ou de leur neutralité dans le conflit », ajoute-t-il. « Mais, même si nous avons de nombreux contacts, il nous est difficile de savoir ce qui se passe vraiment. Nous ne découvrirons l’ampleur des dommages qu’après la guerre ».

Son organisation a également recueilli des témoignages accusant les groupes rebelles, dans les secteurs qu’ils contrôlent, d’avoir recours aux trafics pour se financer. « Nous avons des échos, des rumeurs, mais c’est très difficile à vérifier », dit-il.

Le 12 septembre, le magazine Time a publié un article dans lequel un trafiquant d’antiquités libanais assurait que les insurgés avaient monté des groupes de fouilleurs clandestins afin de récupérer des antiquités pour financer leur combat.

« Les rebelles ont besoin d’armes et les antiquités sont un bon moyen de les acheter » a affirmé ce trafiquant, « Abou Khaled ». « La guerre a de bons côtés pour nous. Nous achetons des belles pièces d’antiquités pour pas cher, et nous vendons des armes à de très bons prix ».

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Le site de Palmyre, en 2010

Dans un rapport intitulé « Le patrimoine archéologique syrien est en danger », l’organisation Euromed-Heritage, financée par l’UE, souligne le péril que représentent actuellement en Syrie les fouilles clandestines. « Les fouilles clandestines représentent un danger pour l’histoire et le patrimoine syriens depuis de nombreuses années. Malheureusement, les événements actuels ont accru de manière considérable ce péril. De nombreux groupes se sont attachés à mener des fouilles clandestines, à commencer par les forces de sécurité », assure le document.

« On déplore la participation de civils à ces actions criminelles, dont les acteurs varient en fonction des régions. Auparavant cachés, ces violations du droit se déroulent désormais au vu et au su de tous. Nous en avons des exemples avérés dans les provinces de Der’a, Hama et Homs. Mieux encore, les fouilles clandestines sont devenues objets de tractations : elles sont tolérées par les autorités pour quiconque accepte de se tenir éloigné du soulèvement ou dénonce des activistes. Cet aspect de la destruction du patrimoine rejoint la question de la corruption. Une responsabilité directe en ce qui concerne la progression de ces destructions pèse sur le ministère de la Culture, le DGAMS et ses directions régionales, ainsi que sur les forces de sécurité, directement impliquées dans les pillages ou les tolérant en échange d’une collaboration ».

Pour l’archéologue britannique Emma Cunliffe, autre spécialiste de la Syrie, ce qui s’est passé en 2003 en Irak est en train de se répéter.

« Nous n’avons pas de preuves formelles, mais il semble se passer, dix ans plus tard, exactement ce qui s’est passé lors de l’invasion américaine en Irak ». « Regardez les prix des belles pièces aux enchères chez Christie’s et Sotheby’s… C’est ridicule tellement c’est élevé. Tant qu’il existera une telle demande sur le marché international, les pillages continueront ».

Leur presse (Michel Moutot, blog « Cross-culture » sur AFP.com, 27 septembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « J’ai changé mais jamais j’accepterai de me soumettre à ce système malhonnête !!!!!!!!!! »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[Début décembre 2011 (La date exacte de publication de cette chronique est perdue. – Note des Éditions Antisociales.)]
Partie 76 pour vous mon équipe

Décembre 2007 à la prison de Liancourt :

Surveillant : Oumar debout lève-toi tu pars en transfert.

Moi : Quel transfert ? Je vais où ?

Surveillant : Ça je peux pas te dire raison de sécurité.

Moi : Arrête avec ta sécurité bref OK je m’habille là.

Surveillant : Je te laisse cinq minutes je t’ai amené quatre cartons mets-y tes affaires.

La porte claque j’avais deux téléphones dans ma cellule et il était 7 heures du mat tout le monde dormait à cette heure-ci, un yoyo était trop cramé en plus le maton était derrière la porte mais il fallait faire vite trouver une solution je prends un tel que j’enroule dans du sac poubelle et rajoute une couche de scotch double face et le cale entre mes cuisses je prends le risque de voyager avec je voulais dépendre de personne dans la nouvelle prison, le deuxième téléphone j’ai réussi à le donner à la balance d’auxi pour qu’il le donne à mon pote je n’avais pas le choix c’était le seul qui était réveillé à cette heure-ci, j’ai appris plus tard que l’auxi l’avait bien transmis à mon pote, je descends au niveau du greffe pour une première fouille intégrale je me mets nu devant ce chien mais ça va il avait rien vu, le scotch double face avait fait son taf.

Une fois assis dans le fourgon en voyant les panneaux je savais que l’on partait pour Fresnes au C.N.O. « centre national d’observation » il y passait la plupart des grosses peines pour donner leur accord si le détenu avait demandé une prison particulière. Une fois arrivé à Fresnes deuxième fouille intégrale c’est trop chaud à Fresnes les fouilles à corps c’est du pelotage LOL mais là aussi le double face avait fait son boulot mais c’était pas fini car à Fresnes pour accéder aux cellules tu devais passer sous des portiques de sécurité pires que l’aéroport, à mon passage sous le portique j’ai sonné mais heureusement que j’avais un jeans avec une plaque en fer au niveau de la poche ça m’a sauvé, je réussis donc à monter en cellule mais j’étais condamné à laisser le téléphone dans la cellule je décide de démonter mon poste radio pour y cacher le tel mais j’ai enlevé les scellés qu’ils te mettent sur les côtés pour détecter si tu l’ouvres ou pas. Je n’avais pas le choix je savais qu’à la première fouille je devrais m’expliquer pour le bigo. Trois premières semaines tout se passe crème que des avis favorables pour mon transfert dans le Sud. Un jour en remontant de promenade je vois que mon poste avait disparu de la cellule j’étais en sueur ils l’avaient forcément pris pour le passer à leurs rayons X pour savoir ce qui se cachait dedans. 18 heures, pendant la distribution du repas je vois dans le chariot de l’auxi mon poste. Lorsque le maton me l’a rendu je m’attendais à un « je vous mets un rapport pour le téléphone qu’il y avait à l’intérieur » rien de tout ça ils avaient juste remis les scellés que j’avais enlevés pour planquer le bigo du coup le temps que j’ai passé à Fresnes je n’ai plus ouvert mon poste mais ça m’a servi à voyager avec le bigo dans le poste ils l’ont laissé passer sans le fouiller vu qu’il y avait les scellés mais j’avoue que j’avais eu très chaud !!!!!

Je suis devenu un pro des planques des téléphones mais pour le devenir j’ai mangé des jours et des mois de mitard mais pour moi le jeu en valait la chandelle.

J’AI CHANGÉ MAIS JAMAIS J’ACCEPTERAI DE ME SOUMETTRE À CE SYSTÈME MALHONNÊTE !!!!!!!!!!

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La vie sous les drones

Jura – Criminalité
Des drones survolent les frontières

Pour lutter contre la criminalité en recrudescence dans le Jura [suisse], des drones des douanes ont été engagés en début de semaine.

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Les drones sont des avions sans pilote.

Dans la nuit de lundi à mardi, des drones des douanes ont survolé les communes de Delémont, Develier et Courtételle, selon le Quotidien jurassien. Le porte-parole de l’Administration fédérale des douanes, Attila Lardori, se refuse à préciser les raisons stratégiques de la présence de ces engins, mais confirme leur engagement.

D’après une source qui s’est confiée au journal jurassien, ces appareils ont survolé l’Ajoie et les frontières à la recherche de véhicules suspects, ainsi que pour lutter contre une recrudescence de la criminalité dans la région. Ces avions sans pilote permettent en effet d’envoyer des images en temps réel.

Certains habitants, réveillés par le passage des drones, se sont toutefois étonnés de leur manque de discrétion, notamment sur Facebook.

De nouveaux vols étaient prévus dans la nuit de mardi à mercredi, entre minuit et 5 heures.

Leur presse (20min.ch, 26 septembre 2012)


Un drone au-dessus de Delémont

Un drone qui survole Delémont en pleine nuit. L’appareil n’est pas passé inaperçu dans la nuit de lundi à mardi. Plusieurs noctambules delémontains nous ont signalé avoir entendu ou vu un drone dans le ciel. Que faisait-il là-haut ? Attila Lardori, responsable de la communication à l’administration fédérale des douanes, nous a écrit : « J’espère que vous comprendrez que pour des raisons tactiques, nous ne pouvons vous informer sur la durée et le lieu de passage du drone. » Nos informateurs éveillés évoquent de minuit à 2h du matin, au-dessus de Delémont.

Attila Lardori nous a toutefois fourni des documents qui expliquent l’utilisation des drones. Muni d’une caméra infrarouge, ils permettent de surveiller l’espace frontalier. Un moyen jugé précieux pour lutter contre la criminalité transfrontalière et la contrebande professionnelle. Ces aéronefs sont utilisés plusieurs fois par année, depuis l’aéroport militaire de Payerne pour les missions en Romandie. Quant à savoir précisément ce que celui aperçu la nuit dernière faisait au-dessus de Delémont, nous ne le saurons pas … c’est tactique.

Leur presse (RFJ.ch, 25 septembre 2012)


Vivre dans la peur des drones

 

Selon un groupe d’experts américains, les incessants bombardements de drones américains sur le nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans et d’Al-Qaida, terrorisent la population et sont contre-productifs car ils attisent le sentiment antiaméricain dans le pays.

 

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Un drone Predator décolle de la base américaine de Kandahar, en Afghanistan, le 31 janvier 2010.

Ce rapport publié mardi par deux universités américaines, la Stanford Law School et la New York University School of Law, juge erronée la vision américaine d’une campagne de drone « efficace et de précision chirurgicale et qui renforce la sécurité des États-Unis », et appelle Washington à reconsidérer cette stratégie.

Le texte intitulé La Vie sous les drones note, à l’instar de Washington, que la grande majorité des milliers de personnes tuées par ces attaques lancées en juin 2004 dans les zones tribales pakistanaises sont des combattants islamistes. Mais il souligne surtout les graves conséquences sociales et psychologiques de ces bombardements, quotidiens à certaines périodes, sur les populations.

« Les drones survolent les populations du nord-ouest vingt-quatre heures sur vingt-quatre, frappent des véhicules, des maisons et des espaces publics sans sommation. Leur présence terrorise les hommes, femmes et enfants, créant un traumatisme psychologique. Les habitants doivent vivre dans la crainte permanente de pouvoir être frappés à tout moment par un bombardement meurtrier, sachant qu’ils n’ont aucun moyen de s’en protéger », ajoute-t-il.

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Par peur des bombardements successifs, les communautés locales ne se rassemblent plus guère, évitent d’envoyer leurs enfants à l’école et hésitent à porter secours aux blessés d’un premier tir, ajoute ce rapport initié par l’ONG Reprieve, basée au Royaume-Uni et qui fait campagne contre les drones.

CONTRE-PRODUCTIFS

Washington a fait ces dernières années des tirs de drones l’un des principaux instruments de sa stratégie militaire mondiale. Sa campagne au Pakistan, lancée sans l’accord officiel des autorités locales et très impopulaire dans le pays, nourrit les tensions entre Washington et Islamabad, aux relations déjà très compliquées.

Le rapport est notamment fondé sur des entretiens menés avec des habitants du Waziristan du Nord, principal repaire des talibans pakistanais et d’Al-Qaida dans la région et de loin la zone tribale la plus visée par les drones. « Avant les tirs de drones, nous ne savions rien des Américains (…) Aujourd’hui, tout le monde ou presque les hait », explique l’un d’eux. Un autre prévient : « Nous n’oublierons pas le sang versé. Que ce soit dans 200 ans, 2000 ans ou 5000 ans, nous nous vengerons des attaques de drones. »

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Des Pakistanais brûlent une maquette de drone lors d’un rassemblement anti-americain le 28 octobre 2011 à Islamabad.

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Pakistani NGOs workers shout slogans against US drone attacks and religious fundamentalism during a protest in Lahore on October 21, 2010.

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Pakistani Senator Mohammad Saleh Shah from Waziristan stands with civil rights activists during a protest in front of the parliament in Islamabad in April 2009.

In fine, ces tirs illégaux sont contre-productifs car la colère qu’ils suscitent facilite le recrutement de combattants islamistes antioccidentaux dans la région, selon le rapport, qui invite Washington à repenser sa stratégie. Le texte cite au passage un rapport de CNN estimant que seuls 2 % des personnes tuées par les drones sont des cibles islamistes « de haut niveau ».

Entre juin 2004 et septembre 2012, les drones américains ont tué dans cette région entre 2562 et 3325 personnes, dont 474 à 881 civils, estime ce rapport, des données établies à partir d’informations de presse rassemblées par le Bureau of Investigative Journalism, un centre d’études et enquêtes basé à Londres. Les données fiables sont toutefois rares à propos de ces régions interdites aux journalistes étrangers et travailleurs humanitaires.

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 26 septembre 2012)


Le marché des drones civils et militaires promis à une forte expansion

Le marché militaire et civil des drones est promis à une forte expansion se chiffrant à des dizaines de milliards d’euros, selon les industriels présents sur le salon UAV Show Europe consacré à ces avions sans pilote, ouvert mercredi pour deux jours à Bordeaux.

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Un employé d’Aerovision porte le drone Fulmar, le 25 septembre 2012 à Mérignac.

« Le drone ouvre une nouvelle ère industrielle de l’aéronautique », prédit François Baffou, directeur de Bordeaux Technowest, organisateur de ce second salon unique en Europe, dédié principalement aux drones et micro-drones ayant des applications civiles.

De nombreuses PME mais également les grands groupes de l’industrie aéronautique française ayant pris le virage vers ce nouveau marché, tels Dassault, EADS, Thalès, sont présents durant ces journées où sont présentées démonstrations en vol et conférences.

« Le drone ne remplacera ni l’hélico, ni l’avion, mais il les remplacera sur des missions qui coûtent très cher avec les solutions actuelles telles que la surveillance de voies ferrées, de pipeline, de pales d’éoliennes, l’inspection de lignes électriques ou l’observation marine », estime M. Baffou.

« Un hélicoptère, c’est 1.000 euros de l’heure. Avec un drone on divise la facture par douze », avance-t-il, désireux de « démystifier le drone Big brother qui avec des caméras va tout surveiller ».

« Non, il faut voir cela en terme de marché », assure-t-il. « Des drones qui vont surveiller des équipements industriels, pour cela les entreprises vont payer ».

L’industrie militaire, qui a développé le marché des drones, va continuer à le soutenir, selon Jean-Noël Stock, vice-président drones et renseignement au sein de Thalès systèmes aéroportés : « Sur la période 2005-2015, le marché militaire mondial des drones, dominé à 50% par les États-Unis et 25% par Israël, est estimé à 100 milliards d’euros ».

Pour la France, Dassault aviation a été maître d’œuvre du plus important projet européen de drone de combat, en coopération avec la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la Suède et la Suisse, celui de l’avion furtif nEUROn, pour un coût de 10 milliards d’euros.

« Il va voler dans quelques semaines », a annoncé à l’AFP le directeur général de Dassault aviation, Éric Trappier.

Si selon lui, « il est difficile de parler d’un seul marché des drones », il est essentiel pour « la France qui est en retard » de « développer les filières des petits et grands drones » tant civils que militaires.

Mais si Dassault n’a pas encore lancé d’application civile de drones, M. Trappier est certain que « de nouveaux besoins vont éclore ».

Pour Thalès, qui a développé avec sa branche britannique le Watchkeeper, drone de surveillance « unique au monde » selon M. Stock, premier volant à 5.000 mètres à avoir été certifié par le ministère de la Défense britannique, « les drones civils vont avoir un développement exponentiel » à l’image de ce qui s’est produit dans le domaine militaire.

« Il est encore difficile de définir exactement quand, car il y aura un temps de retard en fonction de l’évolution des normes de sécurité des vols. Mais il est facile de dresser des scénarios qui se chiffrent aussi en milliards d’euros », a-t-il dit.

Aujourd’hui, la France est le seul pays européen a avoir certifié un drone volant à moins de 150 mètres d’altitude, utilisé par les pompiers des Landes pour surveiller les feux de forêt.

Pour ceux se mélangeant à l’espace aérien, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) demande « une analyse des risques encourus et les moyens mis en œuvre » par les demandeurs avant de délivrer des autorisations de vol, explique Maxime Coffin, chef de mission de l’aviation générale à la DGAC.

« Il n’y a pas de solution technique encore satisfaisante, les systèmes d’anti-collision embarqués sont encore compliqués », a-t-il ajouté.

« On donne des autorisations sur des zones sécurisées ou sur des espaces sans population et on met en place un retour d’expérience pour travailler d’ici 18 mois à une évolution réglementaire », dit-il.

Leur presse (Agence faut Payer via 20Minutes.fr, 26 septembre 2012)


À Bordeaux, le drone montre l’étendue de sa palette

AÉRONAUTIQUE – Deux salons dans la banlieue de Bordeaux présentent jusqu’au 27 septembre les nouvelles applications, civiles et militaires, pour les projets de drones…

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Le drone Scan-Copter intéresse l’armée, la sécurité civile, et les industriels.

C’est l’une des grandes attractions des journées aéronautiques en Aquitaine, qui se tiennent jusqu’à jeudi sur l’Aérocampus de Latresne, et à l’Aéroparc de Mérignac. Le drone y est présenté sous toutes ses coutures, notamment par la société Fly-n-Sense, hébergée par Bordeaux Technowest, à Mérignac. De nombreuses applications pour les expérimentations menée par cette entreprise sont en train de voir le jour dans la région. Ainsi, le partenariat conclu avec le Sdis des Landes il y a dix-huit mois, s’est conclu cet été par la certification de certains pompiers pour pouvoir piloter des drones qu’ils envoient en repérage lors de départs d’incendies. « Ce sont des précurseurs dans la région », souligne Christophe Mazel, président de Fly-n-Sense.

Du tir sur drone à Biscarosse

L’armée de son côté utilise des drones de plus grande taille pouvant voler à 180 km/h, pour des exercices de tirs au CEL (Centre d’essai des Landes) de Biscarosse. « Les troupes sont chargées de toucher le drone en plein vol, ou de s’en rapprocher le plus possible. Grâce à l’électronique embarqué celui-ci mesure la trajectoire des tirs et restitue au militaire les corrections à apporter » détaille Christophe Mazel. Toutes les unités parties en Afghanistan sont ainsi passées par Biscarosse, s’essayer au tir sur drone. Et il arrive que les tireurs fassent mouche. « Nous perdons une vingtaine d’appareils par an. Nous essayons systématiquement de récupérer l’électronique, l’élément le plus coûteux, environ 6000 €. »

Dans le civil, les projets avancent à grands pas également. La filière vitivinicole s’est notamment saisie du potentiel que représentent les drones, pour lancer un projet intitulé Vitidrones. Initié par le cluster Inno’Vin, il a pour objectif d’apporter un service de télédétection à l’échelle d’une exploitation viticole. « Nous sommes missionnés pour leur apporter des solutions d’ici à 2013, notamment en matière de repérage des maladies sur les pieds de vigne. La filière est très intéressée, car ce serait beaucoup moins coûteux que de réaliser ce travail manuellement », explique Christophe Mazel.

Des concrétisations qui permettent à Fly-n-Sense de poursuivre ses expérimentations. L’entreprise présente ainsi aux Journées aéronautiques un nouveau modèle de drone, avec un carénage étanche, plus résistant, et démontable pour pouvoir le transporter dans un sac à dos.

Leur presse (Mickaël Bosredon, 20Minutes.fr, 25 septembre 2012)


Des drones dans le ciel européen en 2016 ?

Les drones ne servent pas seulement à flinguer les terroristes ; la preuve ? La Commission Européenne veut en faire des usages civils…

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Pendant qu’elle occupait l’attention des médias – forcément moins attentifs en période de trêve estivale – avec les solutions aberrantes qu’elle persiste à préconiser contre la crise financière qui perdure, la Commission Européenne s’employait beaucoup plus discrètement cela va sans dire, à faire avancer les réflexions sur un sujet nettement moins consensuel : les systèmes de pilotage d’avions à distance (ou RPAS pour Remotely Piloted Air Systems) autrement dit, les drones.

Le sujet fait déjà débat aux USA où le Président Obama, en difficulté dans les sondages, a exigé lors du vote du budget de la FAA (Federal Aviation Agency) que l’espace aérien américain soit ouvert aux drones dès 2015.

Killing List Noire

La polémique prend de l’ampleur outre-Atlantique dans la mesure où les drones militaires de l’Oncle Sam sont déjà utilisés à l’étranger pour éliminer sans procès inutile les ennemis présumés des USA, même s’ils sont citoyens américains, dès lors que leurs noms figurent sur la « Killing List » présidentielle.

Un monstre du Loch Ness administratif ouvertement évoqué par William Daley Chef de Cabinet d’Obama en 2011 et Dennis Blair Directeur du Renseignement Intérieur, et auquel Obama, récemment interrogé par un journaliste de Fox News dans le cadre de l’émission « Reality Check » et manifestement très mal à l’aise, a fait allusion de manière assez sibylline (« … D’abord, cela repose sur des rapports émis par les médias que je n’ai jamais personnellement confirmés et je n’ai pas pour habitude de traiter des questions de sécurité nationale de cette façon ») avant de faire volte face et d’en confirmer virtuellement l’existence en indiquant que « plus largement, notre objectif est de nous concentrer sur Al Qaida… » …

On ne savait l’Union Européenne tourmentée à ce point par l’ennemi intérieur yankee pour partager ses vieux démons, ayant revêtu de beaux costumes civils dans le cas européen. Les Indignés qui manifestent un peu partout sur le vieux continent contre les mesures d’austérité prônées par la bureaucratie bruxelloise dont la légitimité démocratique n’a jamais été la qualité dominante, seraient donc bien avisés de se pencher sur le document « de travail »  publié ce 4 septembre par la Commission, sobrement intitulé « vers une stratégie européenne pour le développement d’applications civiles des Systèmes de Pilotage d’Avions à Distance (RPAS) ».

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Bien entendu, les auteurs présentent leur bébé sous son meilleur jour (page 3) :

« L’émergence d’applications civiles de RPAS, source de croissance et d’emploi.

En ces temps de recul économique, L’Europe a plus que jamais besoin d’identifier et d’encourager dans le cadre de la stratégie Europe 2020, des opportunités d’amélioration de la compétitivité industrielle, de l’entreprenariat, et de création de nouvelles entreprises pour générer croissance et emploi.

La technologie émergente des Systèmes de Pilotage d’Avions à Distance (RAPS) pour des applications aériennes civiles (commerciales, industrielles et publiques) peut contribuer à ces objectifs. Cependant pour exploiter tout le potentiel de cette technologie, il est nécessaire de concevoir et de mettre en œuvre des concepts opérationnels et des outils techniques associés, ainsi que des règles spécifiques pour des opérations de RPAS dans un espace aérien ouvert.

Le développement des RPAS a pris naissance dans les années 50. Les RPAS ont été employés par les forces armées pendant des décennies. Des conflits récents et des opérations de maintien de la paix ( !) ont fait la preuve de leurs capacités opérationnelles et ont conduit à un accroissement quasi exponentiel des applications militaires. Les RPAS ont également un énorme potentiel pour des applications civiles. Elles commencent à se développer sous l’impulsion d’intérêts étatiques et privés. Si on libère tout leur potentiel, on peut en attendre d’importants bénéfices pour les citoyens européens et pour l’économie européenne dans son ensemble… ».

Alléluia ! vive les drones civils…

Comité de Pilotage

Le document résume donc les travaux d’un peu plus d’un an menés par le panel sur les RPAS qui a commencé à plancher sur le sujet en juillet 2011.

Bien sûr, l’un des priorités de la fine équipe a consisté à préconiser la création d’un comité « de pilotage » c’est le cas de le dire, du projet dont l’objectif principal, aux dires d’un certain Peter Van Blyenburgh, néerlandais vivant à Paris et amoureux des avions sans pilote depuis 1987 (Blyenburgh & Co) qui préside UVS INTERNATIONAL, le premier lobby européen des drones auquel sont associés une trentaine d’opérateurs français,  est de consolider le développement des RPAS civils en planifiant et en coordonnant l’ensemble des activités permettant de balancer des drones – civils, c’est juré – dans l’espace aérien européen en 2016.

Comme c’est généralement le cas dans la bureaucratie européenne, le Comité de Pilotage a déjà été constitué. Il s’est d’ailleurs déjà réuni avant même que son existence ne soit rendue publique.

Il est co-présidé par les directions générales « Entreprise & Industrie » et « Mobilité & Transport » de la Commission. Ses autres membres sont des représentants des autres Directions Générales auxquels sont associés des « participants »  très discrets par nature, exception faite d’UVS International qui n’en fait nul mystère. Le Comité de Pilotage a constitué trois groupes de travail et doit rendre son ordre de marche dès le mois de décembre.

Pas de temps à perdre en effet pour être capable d’aligner à l’atterrissage  sur les pistes 08R/26 L ou 09L/27 R de Roissy dès 2016, une kyrielle de drones bourrés jusqu’à la gueule, d’informations strictement « civiles » recueillies par exemple, au dessus des quartiers chauds d’Ile de France ou de Marseille…

On recommande même à leurs fabricants d’aller effectuer les premiers essais de mesure de bruit de leurs coucous télécommandés au dessus de la station de contrôle de Villiers-le-Bel dont Bakchich leur fournit aimablement les coordonnées (49 00 53 N – 002 24 30 E). À en juger par la redoutable efficacité des modèles militaires dans l’élimination des malfaisants, on peut juste s’interroger sur le laps de temps qui s’écoulera avant que les versions européennes ne leur emboîtent le pas, pardon l’aileron…

Leur presse (Woodward et Newton, Bakchich, 12 septembre 2012)


Les paradoxes du drone

Le drone introduit dans chaque phase de la vie sociale, économique ou militaire, une dimension réservée jusqu’ici aux seuls satellites, mais avec une souplesse et une endurance incomparables. En termes d’intimité, mais aussi d’action à distance, il annonce une rupture dont il est impossible d’envisager toutes les conséquences. Le droit tente tant bien que mal d’encadrer cette extension sans fin des limites du possible.

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United States Air Force operator wears a 432d Wing Shield on his arm as he operates a Predator unmanned aircraft system over Kandahar, Afghanistan, from Creech Air Force Base in Indian Springs, Nevada.

En 2011, Rodney Brossart, un éleveur de Lakota (Dakota du Nord), était arrêté par la police du comté. Il refusait, les armes à la main, de rendre six vaches égarées sur son ranch. Depuis, pourtant, c’est lui qui fait un procès à la police. Pour violation de son « droit à la vie privée ». En effet, pour mener à bien l’opération, elle avait utilisé un « Predator » fourni par le département de la Sécurité Intérieure. Le drone avait joué un rôle crucial pour localiser le forcené à l’intérieur de sa propre maison et faciliter l’assaut. Le procès a peu de chance d’aboutir. Les policiers avaient un mandat et peuvent prouver qu’ils ont employé le drone à des fins de pure surveillance tactique et non pour constituer ex post un motif de poursuite. C’était la première rencontre officielle entre la technologie du « véhicule aérien non piloté » et la justice américaine. Ce n’est sûrement pas la dernière.

L’envol d’une technologie

Les « faux-bourdons » font désormais partie du quotidien des polices, du FBI ou de la Drug Enforcement Agency : des drones qui localisent et suivent des suspects dans les enquêtes criminelles. Compte tenu de leur capacité à occuper pendant longtemps, et sans être vus, des positions d’observation privilégiées, les avions sans pilote (unmanned aerial vehicle, UAV) sont des auxiliaires particulièrement prisés. Certaines agences américaines rêvent même d’utiliser cet appareil infiniment endurant, précis et docile, dans une version anti-émeute pour tirer des balles en caoutchouc.

Les observateurs estiment qu’en 2020, environ 30’000 drones équipés de caméras seront en service à basse altitude au-dessus du territoire des États-Unis. De toutes tailles, équipés de capteurs optiques et électroniques dernier cri, les UAV seront bientôt aussi omniprésents et omniscients qu’ils sont invisibles. Ils peuvent changer radicalement la vie sociale et économique d’un pays. À partir du 30 septembre 2015 au plus tard, l’espace aérien américain sera ouvert aux drones volant à moins de 130 mètres (comme les jouets télécommandés), ce qui libérera la voie pour une infinité d’applications dans des domaines aussi divers que l’agriculture, la pêche, la météorologie ou la lutte contre les incendies de forêt (en 2012, ils étaient en service chez les pompiers du département français des Landes), quatre activités friandes d’imagerie multi-spectrale. Les secteurs des transports et de la sécurité seront également de gros consommateurs.

Les usages potentiels sont sans limite et reflètent une demande sociale exponentielle pour les informations en continu sous format vidéo. D’aucuns suggèrent même de recourir aux drones pour vérifier si les administrés séparent bien les déchets recyclables, comme l’exige la loi. Certaines agences immobilières louent du temps de drone pour filmer des propriétés. Lors des tournages de films d’action, la plupart des vues aériennes sont réalisées par des drones. La généralisation massive de cet objet longtemps cantonné aux films d’anticipation approche à grands pas. Deux développements en cours seront décisifs : d’une part l’émergence des VTOL UAV (vertical takeoff and landing), les drones à décollage vertical : plus besoin de pistes ! D’autre part la généralisation du système « UAV sense and avoid », qui assurera la sécurité de la « circulation ».

À ce jour, toutefois, les drones fonctionnent dans un vide juridique qui provoque, aux États-Unis, un débat de plus en plus vif à propos de l’enjeu sacro-saint des droits constitutionnels des citoyens. Car tout en poursuivant les suspects, le drone se glisse dans leur intimité sans aucune restriction… et il voit aussi tout le reste. Or le quatrième amendement de la Constitution américaine protège les citoyens, leur habitation, leurs biens et leurs documents contre toute perquisition ou saisie arbitraire ou « déraisonnable » et exige que tout mandat de recherche s’appuie sur un « motif plausible ». Sans oublier des enjeux plus prosaïques. Quand un drone, programmé mais doté d’une large autonomie d’action, est impliqué dans un accident, qui est responsable ? Les questions sont innombrables mais, après tout, qui aurait imaginé qu‘un métro roulerait un jour automatiquement, ou qu’un ascenseur fonctionnerait sans groom ?

C’est évidemment dans le domaine militaire que le drone enregistre ses succès les plus éclatants. Il y encourt également les reproches les plus acerbes.

Les usages militaires en débat

Pour les états-majors, la capacité du drone d’observation à rester plusieurs dizaines d’heures au-dessus d’un même lieu et à détecter immédiatement tout changement, même mineur, dans le paysage, tout en transmettant en temps réel des images vidéo de grande qualité, représente un progrès capital. Il permet de ne pas mettre en danger la vie de pilotes tout en garantissant une qualité et une durée de concentration dont aucun être humain ne sera jamais capable. Le drone, équipé de capteurs infrarouges ou radar, est un vecteur de renseignement irremplaçable, plus utile encore que le satellite, car il peut rester en permanence au-dessus du même point. Il pourrait enfin devenir une ambulance automatisée effectuant des évacuations d’urgence de blessés graves en situation de combat. En Afghanistan, certains avant-postes américains voient leur ravitaillement acheminé de nuit par des drones.

Le drone devient aussi progressivement une arme de guerre qui complète la mission des avions de chasse, par exemple en neutralisant les défenses anti-aériennes ennemies. Israël, dont toute la doctrine militaire consiste à compenser son manque de profondeur stratégique, a compris le premier l’importance des drones de surveillance et conserve en la matière une longueur d’avance sur tous les autres acteurs. Partout où il est trop risqué, physiquement ou politiquement, d’envoyer un pilote, le drone est l’arme de choix pour « traiter » les cibles. Au Sud Liban ou à Gaza, en Somalie, au Yémen, au Pakistan, la liste est longue des militants islamistes éliminés par voie de drone. En 2013, l’US Air Force devrait compter plus de pilotes de drones que de pilotes de F-16.

Le droit international est malmené puisque car dans ces trois deniers pays, ni les États-Unis, ni l’OTAN ne sont officiellement en guerre, même si d’aucuns expliquent que la « guerre contre le terrorisme », mondiale par nature, transforme de facto le monde entier en champ de bataille. Les États-Unis ont souvent justifié leurs missions en s’appuyant sur le principe d’utilisation de la force contre des ennemis en terrain étranger, si le pays « consent à, est incapable ou refuse » d’agir. Mais ce « permis de tuer », selon l’expression d’un rapporteur des Nations unies, n’est pas fondé en droit. Même aux États-Unis, où la législation a formalisé la distinction entre les meurtres commandités par l’État – illégaux depuis 1976 – et les éliminations ciblées pratiquées dans la « guerre contre le terrorisme », cette « légitime défense » par les drones reste juridiquement bien vague.

Le drone a tous les traits de l’arme absolue : fiable, insensible, délivrant ses informations en temps réel. Il vient coiffer un système C4i (Command, Control, Communications, Computers & Intelligence) et même aujourd’hui C5i, en rajoutant la « confusion ». Chaque drone en opération adresse un flux continu d’images vidéo en haute définition à sa station au sol. Cette profusion est aussi un défi car ces informations, d’origine à la fois optiques, optroniques et radar, menacent de saturer la bande passante. Mais si l’information circule vite, c’est l’analyse de contexte, effectuée par des cerveaux humains, qui représente la vraie valeur ajoutée. Certes, elle prend du temps. Des experts proposent donc d’installer dans le drone des logiciels d’intelligence artificielle capables de réaliser la fusion des données et de ne transmettre au sol que le résultat des analyses. La bande passante s’en trouverait certes allégée mais il s’agirait là d’une importante délégation de responsabilité.

La question délicate de la responsabilité

Posséder des drones modifie clairement le comportement des décideurs militaires tout au long de la chaîne de commandement. En premier lieu, le commandant d’unité, une fois qu’il a goûté au drone, ne peut plus se passer des informations inestimables que l’appareil fournit au service de l’efficacité et de la sécurité des troupes (il peut par exemple voir à l’avance si la terre au bord d’une route a été retournée, révélant un système explosif improvisé, IED, particulièrement dangereux pour les fantassins). Si aucun drone n’est disponible, s’il ne peut pas tout savoir tout de suite, l’officier hésitera désormais à mener une opération.

Autre facteur crucial : faute de règles d’utilisation précises, les informations transmises par le drone peuvent être vues en même temps par tous les échelons hiérarchiques, du sous-officier jusqu’au chef de l’État, ce dernier pouvant juger indispensable, politiquement, de prendre la main. Cette possibilité peut semer le trouble quant à la responsabilité décisionnelle exacte de chaque échelon, avec comme corollaires, une démobilisation des officiers intermédiaires et un flou autour de la question centrale : quel est l’échelon qui ordonne de frapper une cible ? Comment appliquer le principe de subsidiarité ? Ce flou est susceptible de provoquer des retards. Avec à la clé, ce curieux paradoxe : une remarquable performance technologique qui deviendrait un facteur de ralentissement ! Au moment même où le fameux « fog of war » (littéralement, le brouillard du combat) s’estompe, la prise de décision n’en est pas forcément facilitée car la boucle entre décideur et échelon tactique se complexifie. Pour reprendre une formule des sociologues, il y a tension aux deux extrémités du spectre.

Avec les futurs drones d’attaque, les UCAV, les décalages de responsabilité seront encore plus flagrants. Les drones de surveillance (UAV) sont lents, persistants, et ne font pas d’effort particulier de discrétion. Il est possible de « converser » avec eux assez librement. En revanche, les UCAV seront très rapides et viseront la furtivité maximum, ce qui implique de réduire au minimum les échanges avec la station au sol. Au moment ultime, la décision de tirer sera donc largement celle de la machine. D’ailleurs, même quand il est télécommandé par un « être humain », le tir d’un drone n’est pas sans conséquences … humaines. Il est de notoriété publique que les télé-pilotes de drones installés sur la base aérienne de Beale, dans le nord de la Californie, ne sortent pas psychologiquement indemnes de l‘action qui consiste, à partir du fauteuil de son bureau, à appuyer sur le bouton de mise à feu d’un missile Hellfire tiré sur un camion rempli de Talibans. L’exercice de cette responsabilité, qui combine routine, distance et létalité, semble de nature à provoquer des troubles profonds de la personnalité. Aux GI’s de retour d’Afghanistan, le Pentagone offre – voire impose – un sas de décompression de trois jours en Allemagne. Le télé-pilote de drone, une fois le camion de talibans « neutralisé » à 20’000 kilomètres de distance, rentre chez lui et dîne en famille…

Le drone introduit dans chaque phase de la vie sociale, économique ou militaire, une troisième dimension réservée jusque-là aux seuls satellites, mais avec une souplesse et une endurance incomparablement plus grandes. Il annonce une rupture dont il est impossible, à ce stade, d’envisager toutes les conséquences. On peut espérer que celles-ci seront maîtrisées au fur et à mesure de la généralisation des drones. Les technologies sont souvent disponibles bien avant que la société sache quoi faire d’elles et comment le faire. Le droit tente tant bien que mal d’encadrer cette extension sans fin des limites du possible. Internet, avec le peu de cas qu’il fait des frontières, des lois et des lieux, illustre bien les limites du juridique. Le droit du drone ne sera pas moins controversé.

Leur presse (ParisTech Review, 10 septembre 2012)

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[Justice partout] « Il aurait dit ne pas se sentir capable de juger une personne »

Un juré d’assises écope d’une amende après avoir refusé de siéger à Chalon

Un homme désigné juré de la cour d’assises de Saône-et-Loire a été condamné à 500 euros d’amende pour avoir refusé de tenir ce rôle au moment de prêter serment, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

À l’ouverture de la session d’assises en début de semaine dernière, une des personnes convoquées pour rendre la justice aux côtés des magistrats professionnels « a refusé de prêter serment », a déclaré le procureur de la République de Chalon-sur-Saône, Christophe Rode. Selon le magistrat, l’homme n’avait pas demandé de dispense préalable et avait rejoint les autres jurés lorsque son nom avait été tiré au sort, mais a refusé de prêter serment.

D’après le quotidien Le Journal de Saône-et-Loire, il aurait dit ne pas se sentir capable de juger une personne. « Il arrive que certaines personnes convoquées ne viennent pas, mais c’est la première fois qu’une personne refuse au dernier moment », a ajouté M. Rode. Selon l’article 288 du Code de procédure pénale, « tout juré qui, sans motif légitime, n’a pas déféré à la convocation qu’il a reçue peut être condamné par la cour à une amende de 3.750 euros ».

Leur presse (BienPublic.com, 27 septembre 2012)

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[Montpellier] Mon cul sur la commode

Salut à toustes

Bon c’est l’été à Montpellier et il ne se passe plus rien. Comme tous les ans, l’activité subversive, habituellement proche du degrés zéro dans notre très chère ville, prend des vacances et on s’ennuie. Beaucoup. La ville devient une vitrine pour touristes et la moindre trace de pauvreté y est chassée, exterminée. D’ailleurs, les Indignés qui squattaient les platanes de l’Esplanade se sont fait expulser ce matin par le GIPN (oui oui, les mêmes que ceux qui ont expulsé le TTGC).

Enfin bref, revenons en au sujet principal de ce mail :

Depuis le mois de mai, nos yeux se délectent d’un fanzine mensuel majestueusement intitulé Mon Cul Sur la Commode. On y trouve de tout et surtout de rien. Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de les voir en version papier, voici les 2 premiers numéros en PDF !

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Vous pouvez envoyer vos réactions ou vos idées d’articles à l’adresse suivante.

Des bisous !

montpellier.squat.net, 5 juillet 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « De ma cellule tout ça ça fait plaisir »

« Mes quatre premières brochures sont désormais dispo (5€ chacune) à la librairie Publico, 145 rue Amelot, métro République ou Oberkampf et à la librairie Lady Long Solo, 38 rue Keller Paris… N’oubliez pas ceux qui sont de Mantes-la-Jolie, mes deux premières brochures sont toujours dispo au point presse sur la dalle du centre commercial du Val Fourré la famille de ma cellule tout ça ça fait plaisir. » (25 septembre 2012)

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« Flash Spécial pour tous les clochards qui n’ont pas 5 euros à donner pour lire mes brochures ptdr je lol…
Elles sont désormais disponibles du volume 1 au 4 sur le site officiel de ma maison d’édition, vous pouvez les lire et même les télécharger. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1117.jpg

TÉLÉCHARGER LA PREMIÈRE BROCHURE

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TÉLÉCHARGER LA DEUXIÈME BROCHURE

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TÉLÉCHARGER LA TROISIÈME BROCHURE

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0125.jpg

TÉLÉCHARGER LA QUATRIÈME BROCHURE

« Je rappelle à tous que mes brochures sont disponibles au tabac-kiosque sur la dalle du centre commercial du Val Fourré.
Les deux volumes sont à 10 €, pour ceux qui ne sont pas de Paris, envoyez un message privé à Dou Anelka elle vous les enverra par la poste. » (1er août 2012)

Youv

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « L’inconscience ou la conscience de notre situation sociale nous a poussés à faire des trucs malades de fous malades sortis de l’asile »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[6 décembre 2011]
Partie inclassable puisque pas prévue 🙂

Je fête mon trois millième jour de prison la musique à fond plongé dans mes pensées les plus profondes, je prends ma plume pour vous coucher mes émotions, que je ne souhaite à personne pendant que je noircissais ma feuille une larme de sang s’est échappée de mes yeux pour se loger en plein milieu de ma feuille, pourtant je n’étais pas triste je ne savais pas d’où me venait cette larme, au fait c’était le contraste entre mon mental et mon physique, mentalement j’étais un mur qui laissait rien paraître, mais des fois mon corps et mon esprit n’étaient pas synchro, il leur arrivait de rentrer en conflit mais c’est toujours mon mental qui prenait le dessus.

J’étais sous le paillasson de la misère je ne devais pas en sortir mais le vent de l’ambition m’a emporté loin du paillasson j’ai roulé jusqu’au seuil de la porte de ceux qui étaient mieux logés que moi, à ma vue ils se sont précipités pour me raccompagner à la case départ, j’ai compris que juste le fait de me voir tenter d’échapper à la misère leur faisait du mal, pourtant je voulais prendre le pain de la bouche à personne juste améliorer mon quotidien fuir le paillasson de la misère par tous les moyens donc il me fallait trouver un moyen pour m’enfuir, j’ai joué à quitte ou double la prison ou le paillasson sans hésitation j’ai tenté cagoule sur le visage d’aller chercher mon indépen­dance dans les milliers d’euros, ma gourmandise a causé ma perte ma chute, casque intégral à la masse ça tape un change sur les Champs-Élysées à deux sur un T-Max accompagné de mon poteau du 93 le seum dans nos sacs à dos l’inconscience ou la conscience de notre situation sociale nous a poussés à faire des trucs malades de fous malades sortis de l’asile. J’compte plus les fois où en marchant sur le macadam je voyais passer le camion de la Brink’s avec des yeux d’enfant illuminés par une tirelire sur roues mais j’avais du mal à trouver des soldats qui étaient prêts à me suivre on me prenait pour un fou un illuminé pour les gens j’étais un suicidaire.

LE SUICIDE C’EST L’ESPOIR DE CEUX QUI N’EN ONT PAS.

Pour rien au monde j’aurais pu rester les bras croisés en bas des tours à attendre ma prochaine garde-à-vue pour rébellion j’étais seul sur mon radeau une vague m’a ramené à la rive avec dix ans de retard mais au moins j’avais le mérite d’avoir tenté d’échapper, ce qui m’a [le] plus étonné dans mon parcours dans mon expérience c’est que la plupart des gens que j’avais laissés au départ n’ont pas évolué pire y en a qui avaient régressé je ne comprenais pas comment on pouvait se noyer en silence.

Ma vie m’a pas épargné faut dire que je ne ne lui ai pas rendu la tâche facile, jeune hyperactif toujours dans les mauvais coups j’assume ma vie de A à Z je ne me plains pas je suis pas un exemple mais le résultat d’une rage canalisée dans la violence des vols à main armée et j’en paye le prix aujourd’hui donc si y a des p’tits Oumar qui me lisent résistez à l’appel du fusil à pompe si pour toi la liberté a un prix.

ON NE VIT QU’UNE FOIS ALORS TÂCHE D’EN FAIRE QUELQUE CHOSE.

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