[Toulouse] Atelier d’autodéfense juridique et concert de soutien au CAJ samedi 13 octobre

Samedi 13 octobre aux Pavillons sauvages, aprem et soirée de soutien au CAJ (caisse d’autodéfense juridique)

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LE CAJ DÉBARQUE !!

La police contrôle, pacifie, tue, la justice enferme. La répression n’est pas aveugle et encore moins anodine. Elle vise celles et ceux qui, malgré une position dans la société qui les voudrait pauvres et dociles, refusent ce sommeil et prennent part aux affrontements quotidiens contre la galère.

Le CAJ (Comité ou Caisse d’Autodéfense juridique) n’est pas un groupe politique. C’est un outil d’entraide, de solidarité établi sur des bases éminemment politique. Ce qui a motivé sa création est d’en finir avec le cycle infernal de l’anti-répression, qui nous amène à dénoncer comme inacceptable ce que nous passons notre temps à décrire comme faisant partie du système que nous combattons.

Le CAJ s’oppose à la machine judiciaire au service de la classe dominante. Cet outil ne soutiendra donc aucun recours à la justice et n’aidera pas une défense qui consiste à s’innocenter au dépends d’autres personnes.

Le CAJ se veut un espace de réflexions, qui n’a ni vocation à décider de la défense mise en place par une personne ou un groupe, ni à se substituer à des comité de soutien ou des entraides plus informelles déjà existantes. Nous voulons briser la résignation et la soumission produite par l’arsenal juridique et la violence policière, autrement dit tenter d’accroître notre capacité à être offensifs-ves. Le CAJ peut intervenir à toutes les étapes de la répression, en amont aussi bien qu’en prison (mandats, visites, diffusion d’infos…). Pour cela il se veut un outil s’inscrivant dans la durée pour mieux tenir son rôle et ses objectifs que l’ont résumer en
plusieurs points :

• Rompre l’isolement dans lequel la machine répressive nous enferme chaque fois que l’on y est confronté.

• Apporter une aide financière, une réflexion collective, des contacts d’avocats.

• Approfondir et diffuser nos connaissances de ce milieu hostile qu’est la justice afin d’être davantage préparé à l’affronter.

• Rendre possible la mise en place de type « groupe juridique » lors d’actions aussi diverses soient-elles.

• Sortir de l’angoisse généré par le flic, le juge, le maton…

L’enjeu est désormais de diffuser l’outil, afin que le maximum de personnes puisse se l’approprier, et de collecter régulièrement de l’argent afin de pouvoir affirmer des solidarités concrètes.

Pour alimenter la caisse, envoyez vos chèques à l’ordre de « Maria » CAJ c/o Canal Sud 14 rue Alfred Dumeril 31400 TOULOUSE

Pour contacter le CAJ

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Comment un mec enfermé depuis bientôt une décennie entre quatre murs rayé du monde par la plupart des humains peut retenir l’attention de centaines et même de milliers de lecteurs ma première page a été boycottée supprimée par messieurs les censeurs qui ne tolèrent pas la parole vraie crue d’un mec du ghetto je n’incite personne à rien pourtant, mon stylo fuit seulement l’encre de mon parcours de ma vie qui est c’qu’elle est ça plaît ou pas c’est ma réalité »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[30 décembre 2011]
Partie hommage à vous le monde de Facebook

Qui aurait misé sur ma résurrection par le Net et Facebook personne s’y attendait j’suis censé être mort et enterré mais chaque soir je vous amène un peu de mon univers six pieds sous terre de ma tombe j’vous envoie des SOS à vous les êtres humains, je vivais sans oxygène depuis des années respirais grâce à mes proches à chaque parloir me donnaient un souffle de vie j’ai survécu en apnée pendant des années je suis un miraculé car beaucoup sont morts autour de moi.

MAIS DEPUIS QUE VOUS ÊTES LÀ JE REVIS.

Il y a trois mois je décide d’écrire une chronique pour m’évader de mes murs et aller à votre rencontre je visais une dizaine de lecteurs au plus j’ai pris un chemin risqué, du fin fond de ma cellule mais je prends volontiers le risque le pari est risqué et osé mais je n’ai rien à perdre je suis déjà six pieds sous terre donc m’enterrer plus profond sera difficile, les premiers jours ça a été un truc de fou ça a pris une ampleur que même dans mes rêves les plus fous je n’osais l’imaginer. Comment un mec enfermé depuis bientôt une décennie entre quatre murs rayé du monde par la plupart des humains peut retenir l’attention de centaines et même de milliers de lecteurs ma première page a été boycottée supprimée par messieurs les censeurs qui ne tolèrent pas la parole vraie crue d’un mec du ghetto je n’incite personne à rien pourtant, mon stylo fuit seulement l’encre de mon parcours de ma vie qui est c’qu’elle est ça plaît ou pas c’est ma réalité.

JE VEUX PAS PLAIRE À TOUT LE MONDE CAR PLAIRE À TOUT LE MONDE C’EST PLAIRE À N’IMPORTE QUI.

Comment écrire sans vous rendre hommage à vous tous ces anonymes qui faites de mes soirées une pure évasion qui me lisez des quatre coins de la France cachés derrière des pseudos j’vous dois beaucoup sans vous y a rien rien n’est possible merci la famille.

J’ai lâché les armes pour une plume c’est clair que financièrement c’est pas le même rendu mais c’est le prix de ma liberté d’une vie sans turbulence. Cette passion a changé a créé un tsunami dans ma vie.

JE ME DEVAIS DE VOUS RENDRE HOMMAGE VOUS QUI ME SOUTENEZ DEPUIS MES PREMIERS PAS SUR FB C’EST QUE LE DÉBUT D’UNE GRANDE ET LONGUE AVENTURE LA DÉTERMINATION ME MÈNERAIT JUSQU’AU BOUT INCHALLAH.

MERCI À VOUS DE ME LIRE.

« CROIS EN TES RÊVES À FORCE DE TE VOIR ILS S’Y HABITUERONT ».

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[La Rochelle] Des nouvelles des occupants du 204 avenue Carnot

Des nouvelles du 204 avenue Carnot

Nous squattons, depuis un peu plus de deux semaines, une belle et grande maison bourgeoise, comme il y en a plein à la Rochelle (voir « Unissons-nous pour lutter contre toutes les expulsions »). Notre procès a eu lieu ce matin, lundi 8 octobre. En guise de défense, nous avons lu le texte suivant avant de quitter la salle sans même prendre la peine d’assister à la fin du procès.

« Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que l’on nous accuse d’occuper une maison sans droit ni titre. En fait, nous squattons bel et bien une grande maison depuis longtemps vide de meubles et d’habitants. Mais nous en avons le droit : car c’est le droit que s’octroient les pauvres de reprendre aux riches ce dont ils ont besoin, car c’est le devoir de tout homme libre de remettre en cause la propriété privée.

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Nous savons déjà qu’une expulsion rapide nous attend, car notre action dérange et car nos riches propriétaires semblent avoir des relations puisque nous avons été convoqués devant le tribunal moins de deux semaines après le constat de notre occupation. Comme quoi la justice n’est pas forcément lente.

Mais cette justice n’est après tout que l’instrument central, avec la police et la menace de l’emprisonnement, de la pacification sociale généralisée qui masque mal la guerre économique et sociale qui mène le monde.

Expulser des pauvres, qu’ils soient squatteurs ou locataires, et conforter les possédants dans leur droit de propriété. Voilà ce que fais cette justice que nous ne reconnaissons pas.

Le code pénal est ce qui empêche les pauvres de voler les riches. Le code civil est ce qui permet aux riches de voler les pauvres.

Nous ne baisserons pas la tête, nous attendrons vos soldats, assis confortablement chez nous. »

Toute personne qui souhaiterait venir renforcer l’occupation de la maison est la bienvenue. Vous pouvez passer directement au 204 avenue Carnot à la Rochelle (arrêt de bus « Quatrefages », ligne 1 et 7), avec votre duvet et votre matelas, ou nous envoyer un mail pour nous contacter à distance.

• Mercredi 10 octobre, 18 heures : Réunion-rencontre contre toutes les formes d’expulsion.

• Samedi 13 octobre, 21 heures : Concert de Soutien à Prix Libre avec les Pédales Noires (punk à l’arrach) et Patatrash (rap de punk).

Les occupants du 204 avenue Carnot à la Rochelle

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 8 octobre 2012

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[Révolution tunisienne] « Le cocktail Molotov est une arme incendiaire artisanale composée d’une bouteille en verre, un torchon en tissu trempé dans un liquide inflammable (huile, alcool, essence) »

Un magazine tunisien explique aux enfants comment fabriquer un cocktail Molotov

Dans son 302e numéro de septembre, le magasine pour enfants Qaws Qozah (Arc-en-ciel), a consacré un article sur la fabrication du cocktail Molotov.

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Ce magazine, qui existe depuis plusieurs années, a consacré son numéro de septembre à la rentrée scolaire. Mais aussi à quelques conseils et autres jeux. Jusque-là, tout va bien. Mais le magazine, destiné essentiellement aux petits écoliers, a publié dans une rubrique appelée Le Près du savoir des informations sur l’origine du cocktail Molotov et sa fabrication (ingrédients et mode d’emploi).

« Le cocktail Molotov est une arme incendiaire artisanale composée d’une bouteille en verre, un torchon en tissu trempé dans un liquide inflammable (huile, alcool, essence)… L’origine du mot a été attribuée par les soldats finlandais lors de la seconde guerre mondiale à Viatcheslav Molotov, ministre des Affaires étrangères de l’Union soviétique, pendant la période appelée la “Guerre d’hiver” », apprend Qaws Qozah à nos petites têtes brunes.

L’opinion publique, sur les réseaux sociaux, est ulcérée par cette publication et demande aux autorités d’intervenir.

Si le caractère historique et scientifique d’une telle information ne pose pas de problème, sa publication dans la conjoncture difficile actuelle en Tunisie, marquée par des agitations sociales et des affrontements entre des manifestants et des forces de l’ordre, pourrait porter à équivoque.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 8 octobre 2012)


Tunisie. Un magazine pour enfants donne la recette du cocktail Molotov

Pour avoir expliqué à ses jeunes lecteurs comment fabriquer un cocktail Molotov, un magazine tunisien pour enfants va être poursuivi en justice, ont annoncé les autorités tunisiennes mardi 9 octobre. Le ministère de la Femme, de la famille, de l’enfance et des personnes âgées a demandé l’ouverture d’une enquête contre les directeurs de la publication et toute personne impliquée.

L’article, publié dans le dernier numéro de Kaous Kouzah (arc-en-ciel, en arabe), lu depuis des décennies en Tunisie par les enfants de 5 à 15 ans, montre le dessin d’une bouteille en feu et des instructions pour la fabriquer. Le magazine publie aussi la mention suivante dans l’article, publié dans la rubrique « Le coin du savoir » : « Il s’agit d’une arme improvisée souvent utilisée dans des émeutes et actes de sabotage en raison de sa simplicité de fabrication et d’utilisation. »

Le magazine « met en danger la vie des enfants »

L’article explique ensuite que la bouteille doit être remplie qu’un chiffon imbibé doit être glissé à l’intérieur du récipient avant d’être allumé. « La bouteille est ensuite lancée contre l’objet visé. [Elle] se casse et incendie » sa cible, ajoute-t-il.

Le ministère considère que l’article « encourage la pensée violente et terroriste ». Il met aussi en danger la vie des enfants en « encourageant l’usage de cocktails Molotov dans des actes de vandalisme ou de terrorisme », selon le ministère tunisien.

Le magazine n’est pas orienté politiquement, mais l’article touche un point sensible du pays. La révolution tunisienne a mené à l’élection démocratique d’un gouvernement de transition dirigé par le parti islamiste Ennahda, mais les violences perpétrées par les groupes extrémistes persistent [sic], et l’usage de cocktails Molotov y est fréquent.

Publié par des ennemis de la révolution (FTVi avec Reuters et AFP, 9 octobre 2012)

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[Révolution tunisienne] Sit-in contre la réouverture du dépôt d’ordures de Guellala (Djerba)

Djerba – Les protestataires s’attaquent aux forces de l’ordre

De violents affrontements ont eu le samedi à Djerba entre certains protestataires et  les forces de l’ordre. Ils ont généré une cinquantaine de blessés : deux parmi les manifestants et 48 parmi les forces de l’ordre.

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Les affrontements ont éclaté lorsque les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser un site in [sic] sauvage bloquant la route menant à la décharge des déchets ménagers de Guellala.

Mais la réaction des protestataires renforcés par des casseurs a été très violente puisqu’ils ont utilisé des pierres, des armes blanches et des cocktails molotov pour riposter aux forces de l’ordre et incendier huit voitures de la police.

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Rappelons que Djerba est submergée par les déchets depuis la fermeture de la décharge de Guellala, en raison d’un sit-in observé par les habitants, et ce en signe de protestation contre ses effets néfastes sur l’environnement et la santé.

Les habitants souffrent le calvaire avec un manque d’espace alors que les dépotoirs sont inexistants.

Les habitants qui s’opposent radicalement à tout aménagement de terrain pour l’exploiter en tant que décharge temporaire viennent d’exprimer leur ras le bol avec les dégâts que l’on sait.

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Commentaires choisis :

al07 07-10-2012 11:24
Ce n’était pas : « un site in sauvage » !
Mais un sit in pour protester contre la réouverture du dépôt d’ordures de Guellala et contre les nuisances à même pas 500 mètres des habitations qui cause de graves problèmes sanitaires, des enfants malades à répétition, les odeurs, les rats… etc C’est devenu insoutenable et les élus ne font rien !

noelle 08-10-2012 11:24
franchement c’est quoi cette couverture ?? pourquoi vous présenter ces gens comme des sauvages ??? on le sait tous qu’il y a eu affrontement entre eux et les forces de l’ordre ! mais au lieux de publier des articles pour ne rien dire, allez au vif du sujet ! faites votre enquête et découvrez pkoi ces habitants ont ils sitiné ?

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 7 octobre 2012)


Tunisie – Djerba sous les immondices

L’ile de Djerba vit des heures difficiles. Submergée par les déchets depuis la fermeture de la décharge de Guellala, en raison d’un sit-in observé par les habitants, en signe de protestation contre ses effets néfastes sur l’environnement et la santé, l’île suffoque !

Malgré les efforts de la municipalité de Djerba Ajim qui a, un tant soit peu, réussi à régler le problème de gestion des déchets, à Midoun et Houmet Essouk, les habitants souffrent le calvaire avec un manque d’espace flagrant.

Comment collecter les ordures alors que les dépotoirs sont inexistants au point de garder les déchets dans les camions poubelles en tant que solution temporaire, sachant que les habitants s’opposent radicalement à tout aménagement de terrain pour l’exploiter en tant que décharge temporaire.

C’est pas bon pour le tourisme !

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 6 octobre 2012)


Tunisie – Djerba : 26 blessés dans les affrontements de Guellala

De violents affrontements ont eu lieu, samedi, entre des habitants de Guellala et des unités de la sécurité nationale, dans cette localité de la délégation de Djerba Ajim (gouvernorat de Médenine). Les affrontements ont fait des blessés des deux côtés. Les agents de sécurité ont fait usage de bombes lacrymogène, alors que les protestataires ont utilisé des pierres et ont incendié 8 voitures de police.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/26.jpgLes troubles avaient commencé le matin, avec l’arrivée des forces de sécurité à Guellala pour disperser un sit-in sur la route menant à la décharge des déchets ménagers de Guellala. Le gouvernement avait décidé de laisser la décharge ouverte jusqu’à la fin de 2013, date prévue pour sa fermeture définitive. L’accord de fermeture définitive avait été obtenu à l’issue de la rencontre du chef du gouvernement provisoire, jeudi, avec une délégation des sit-inneurs.

Face au refus des protestataires d’évacuer les lieux et leur attachement à la fermeture définitive immédiate de la décharge, la situation a dégénéré, notamment lorsque de nombreux habitants se sont dirigés vers le centre ville de Guellala, à trois kilomètres de la décharge, où de violents affrontements se sont produits avec jets de pierres et usage massif de gaz lacrymogène.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/24.jpgDes manifestants ont tenté d’envahir le poste de la sécurité de la localité et défoncé la porte du local du mouvement Ennahdha (principale composante de la Troika au pouvoir). Les affrontements se sont accentués, au cours de l’après-midi, entre des groupes de protestataires et des agents de la sécurité qui n’ont pas pu, malgré les renforts, disperser les manifestants. D’importantes colonnes de fumées se sont formées sur les lieux des affrontements a constaté la correspondante de l’agence TAP.

Une source médicale de l’hôpital régional Sadok Mokaddem de Djerba-Houmet Souk a indiqué que l’établissement a accueilli 26 blessés parmi les forces de sécurité et un citoyen, soulignant que les blessures ne sont pas graves.

Le calme est revenu dans l’après-midi avec le retrait des forces de sécurité et le déploiement des unités de l’armée nationale, dans le centre ville de Guellala. Des carcasses des voitures incendiées, des amas de pierres et des produits d’artisanat en poterie jonchaient les routes menant à la décharge.

Les unités de la sécurité avaient tenté, au début de la semaine, d’intervenir pour éloigner les sit-inneurs de la décharge, afin que les camions puissent déverser les déchets, mais elles s’étaient retirées sans qu’il y ait eu d’affrontements avec les nombreux protestataires.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 6 octobre 2012)

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[Révolution tunisienne] Les habitants de la ville de Thala entrent en grève à partir du lundi 8 octobre 2012

Communiqué : Les habitants de la ville de Thala entrent en grève à partir du lundi 8 octobre 2012.

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L’absence de toute initiative de développement, la détérioration de l’ensemble des dimensions de la vie quotidienne (santé, hygiène, logements, infrastructures sanitaires…) et l’indifférence absolue des autorités centrales et locales (Gouverneur de Kasserine) à l’égard de la misère sans nom vécue par les habitants de cette ville phare de la (leur) révolution conduisent les Thalois à ce mouvement de grève… À suivre.

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Thala Solidaire, 8 octobre 2012

Thala : « y en a marre » !

Thala, l’une des villes qui a connu le plus grand nombre de martyrs au moment des évènements de janvier 2011, se plaint toujours de marginalisation.

L’impression générale dans cette ville, est que ses martyrs sont morts pour rien. Aucune lueur d’amélioration de leur situation ; les chômeurs sont toujours chômeurs, on n’a pas rendu justice à leurs martyrs, pas d’investissements notables dans la région…

Las d’attendre, les habitants de la ville ont décidé de passer à l’action. Ils ont commencé aujourd’hui lundi 8 octobre une grève générale qui a paralysé la ville. Toutes les administrations de même que les institutions privées ont baissé le rideau, et le local d’Ennahdha a été fermé.

Les trois principales revendications des habitants sont :

• Faire de Thala un gouvernorat indépendant, car ils ne veulent plus dépendre du gouvernorat de Kasserine, dont ils se considèrent comme le parent pauvre.

• La libération des personnes appréhendées par la police dans le cadre du hold-up d’une agence bancaire depuis quelques mois.

• L’exclusivité du droit d’exploitation des carrières de marbre de la région au profit des enfants de la ville. Ils ne veulent plus d’exploitants étrangers à leur localité.

Il est à remarquer que cette manifestation se déroule dans le calme, sans débordements d’un côté ou de l’autre. On ne signale, pour le moment, aucun affrontement.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 8 octobre 2012)


Tunisie : grève générale et menace de désobéissance civile à Thala

Une grève générale a paralysé lundi la ville de Thala, dans la région de Kasserine dans le centre-ouest tunisien gagné par la colère contre le gouvernement sur fond de revendications sociales.

La grève était observée dans l’administration et les commerces pour une partie de la journée, alors que des milliers d’habitants ont défilé dans les rues criant des slogans hostiles au gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda.

« Honte à toi gouvernement! », « Thala est en feu », « Thala doit être un gouvernorat », ont-ils crié, réclamant que leur ville devienne un chef-lieu autonome de Kasserine.

Les habitants ont menacé d’entamer « une action de désobéissance civile » dans les prochaines 24 heures si leurs revendications n’étaient pas satisfaites.

« Notre demande d’obtenir un statut de chef-lieu pour Thala a été ignorée par les régimes successifs de Bourguiba et de Ben Ali, elle n’est plus négociable », a déclaré à l’AFP, Mohamed Salah El-Joumli, dirigeant d’un groupe baptisé « Nidaa Thala » (l’Appel de Thala).

Ce responsable a écarté tout lien avec le parti d’opposition Nidaa Tounès dirigé par l’ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi et affirmé qu’aucun parti politique n’encadrait le mouvement de protestation. « La grève générale n’est qu’un premier avertissement », a-t-il ajouté, appelant le gouvernement à « dépêcher un haut responsable pour négocier ».

La tension est montée à Thala après l’annonce par le gouvernement de mesures jugées insatisfaisantes pour le développement de cette région pauvre et au fort taux de chômage.

Les organisateurs de la protestation jugent notamment insuffisante la décision de rouvrir une usine de marbre employant 200 personnes.

Le gouvernement dirigé par l’islamiste Hamadi Jebali a appelé les habitants à « entreprendre un dialogue constructif avec les autorités régionales au sujet de leurs revendications légitimes ».

La ville de Thala, 12.000 habitants selon les statistiques officielles et 40.000 selon Nidaa Thala, est une ville frondeuse plus proche de la frontière algérienne que de son chef lieu. Avec 22 morts, Thala et Kasserine ont payé un lourd tribu au soulèvement qui a renversé Ben Ali en janvier 2011.

Publié par des ennemis de la révolution (L’Orient le Jour, 8 octobre 2012) via Solidarité ouvrière


Thala, la laissée-pour-compte de la révolution

Après Sidi Bouzid, Menzel Bouzaiane,  c’est une autre ville du centre, Thala, située près de la frontière algérienne qui se soulève. La ville a observé lundi une grève générale largement suivie pour se rappeler au bon souvenir  du gouvernement.

La décision de rouvrir une usine de marbre ayant été jugée largement insuffisante, les habitants menacent d’entamer une action de désobéissance civile si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils réclament notamment que leur ville devienne un chef-lieu de gouvernorat et des mesures pour le développement de la région.

Des aspirations légitimes pour une ville qui a payé un lourd tribut à la révolution avec 22 morts  et des dizaines de blessés.

Le gouvernement  appelle aujourd’hui les habitants « à entreprendre un dialogue constructif avec les autorités régionales au sujet de leurs revendications légitimes ». Que ne l’a-t-on pas fait plus tôt pour prévenir les débordements. Et puis, il faut une bonne dose de naïveté pour penser  que la création de … 200 emplois va calmer les esprits dans une région où le taux de chômage est l’un des plus forts du pays. C’est à la fois trop peu et trop tard. Et puis où sont passées les autorités régionales dont le rôle est précisément de trouver les solutions appropriées aux populations qui attendent depuis deux ans de toucher les fruits de la révolution ?

Publié par des ennemis de la révolution (Leaders.com.tn, 8 octobre 2012)


Le gouvernement Jebali réinvente … le marbre de Thala !

Le chef du gouvernement réunit un conseil ministériel, dimanche après-midi, au palais du gouvernement à la Kasbah consacré à un plan d’urgence en faveur de la ville de Thala. Effet d’annonce ou souci d’efficacité ?

« Le conseil ministériel a décidé de faire de la ville de Thala (gouvernorat de Kasserine, nord-ouest) un pôle d’industrie de transformation du marbre », annonce l’agence officielle Tap, comme si Thala n’a pas toujours été, tout au long de son histoire, depuis l’antiquité romaine, « un pôle d’industrie de transformation du marbre » !

Rouvrir les usines fermées

Présidé par le chef du gouvernement provisoire Hamadi Jebali, le conseil a, également, décidé la réouverture de l’usine de marbre à Thala dans les plus brefs délais et d’y porter le nombre des ouvriers de 150 à 200.

Ouf, il était temps de rouvrir ce qui était fermé : en guise de solutions au développement d’une région abandonnée, n’aurait-on pas pu trouver mieux ?

Dans le même contexte, le conseil a décidé de mettre en place une commission pour trouver des solutions pragmatiques et rapides aux carrières de marbre dont l’activité a été suspendue dans cette région. Composée de représentants du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières, du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice, cette commission doit se rendre aujourd’hui à Thala pour faire un état des lieux des carrières, au cas par cas, indique encore la Tap. On peut aussi compter sur cette commission pour nous réinventer … le marbre de Thala !

Thala en manque de « dialogue positif et constructif »

Selon un communiqué de la présidence du gouvernement, le conseil ministériel d’hier a permis d’examiner les moyens d’activer la loi de finances complémentaire destinée à cette région. Et tout en exprimant sa compréhension face à la marginalisation dont avaient souffert les habitants de Thala ainsi que de plusieurs autres régions sous les anciens régimes, la présidence du gouvernement appelle les habitants de ces régions à engager un « dialogue positif et constructif » avec les autorités locales et régionales concernant « leurs revendications et leurs attentes légitimes ».

Traduire : les habitants de Thala sont priés de cesser de manifester leur colère et de chasser les responsables dépêchés sur place, tous souvent issus du parti islamiste Ennahdha !

La réaction n’a pas attendu : des manifestations ont eu lieu aujourd’hui dans cette ville déshéritée où les habitants, qui ont payé du sang de leurs enfants la chute de la dictature, sont las d’attendre des investissements et des emplois qui ne viennent pas.

Autant dire que le conseil ministériel d’hier à la Kasbah et ses décisions sans lendemain n’ont pas réussi à calmer la colère des gens de Thala, au contraire…

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 8 octobre 2012)

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[Vive la grève sauvage !] « Ce ne sont ni l’AMCU, ni le NUM qui nous ont dit de faire grève, c’est nous les tra­vailleurs, pas les syn­di­cats, et ce ne sont pas eux qui nous diront ce que nous devons faire »

Les mineurs sud-africains veulent porter plainte contre la police

Les syndicats de 12’000 mineurs, licenciés vendredi par Anglo American Platinum pour des grèves sauvages, accusent la police d’avoir abattu un des leurs jeudi soir.

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Plus une semaine ne passe sans que l’Afrique du Sud soit rattrapée par des violences meurtrières sur fond de conflit social. Ce lundi 8 octobre, les mineurs ont décidé de passer à l’offensive. Ils ont annoncé leur intention de porter plainte contre la police nationale sud-africaine pour meurtre et tentatives de meurtres après la mort jeudi d’un des leurs à Rustenburg.

L’homme a été tué lors d’affrontements avec les forces de l’ordre qui entendaient disperser un rassemblement sur le site d’extraction minière d’Anglo American Platinum (Amplats). « Ils ont tiré sur les gens jusqu’à ce qu’ils tuent un de nos collègues, a raconté à l’AFP George Tyokeba, un de leur représentant. Les mineurs ne se battaient pas, ils étaient juste assis sur la colline ».

Amplats avait convoqué cette semaine tous les grévistes de Rustenburg en conseil de discipline, et menacé de licencier ceux qui refuseraient de comparaître. Menace mise à exécution dès vendredi : 12.000 employés ont été mis à la porte par le numéro un mondial du platine. Au moins huit personnes sont mortes aux alentours de Rustenburg dans des violences liées aux grèves cette semaine.

Meurtre à Marikana

Dans la ville voisine de Marikana, un syndicaliste a également été tué samedi soir dans des circonstances troubles. C’est là-bas que la crise sociale avait été exacerbée par une fusillade sur un site de platine exploité par Lonmin. La police avait abattu 34 mineurs grévistes le 16 août.

Depuis l’été dernier, le mouvement social des mineurs pour de meilleurs salaires ne faiblit pas. En représailles, les majors de l’or et du platine brandissent et mettent à exécution des menaces de licenciements massifs. Au total 100.000 personnes, mineurs mais également transporteurs routiers, sont actuellement en grève.

Presse esclavagiste (Metro, 8 octobre 2012) via Solidarité ouvrière


Afrique du Sud : la police abat le cousin d’un syndicaliste … par erreur

Le secteur minier en Afrique du Sud est secoué par de violents conflits sociaux depuis l’été dernier.

Un homme a été tué samedi soir, apparemment par erreur en lieu et place de son cousin syndicaliste, en marge des violents conflits sociaux qui agitent le secteur des mines en Afrique du Sud depuis l’été dernier, a-t-on appris dimanche de source syndicale. La victime a été tuée dans la maison de son cousin syndicaliste, « dans ce qui semble être une erreur d’identité », a déclaré le porte-parole du syndicat national des mineurs (NUM), Lesiba Seshoka, dans un communiqué.

« Selon un ami présent au moment de l’incident, des hommes armés ont surgi de nulle part, dans le foyer des travailleurs de Marikana, et ont immédiatement tiré sur le cousin du syndicaliste, assis sur un lit », a-t-il ajouté. Le meurtre a eu lieu à Marikana, une ville minière du nord-ouest de l’Afrique du Sud, où le conflit social pour de meilleurs salaires a déjà fait 46 morts, essentiellement dans des affrontements entre la police et les grévistes.

Jeudi, un travailleur avait trouvé la mort sur un site d’Anglo American Platinum, non loin de Rustenburg, ville minière voisine de Marikana, lors d’affrontements avec la police. Au moins huit personnes ont été tuées dans la région de Rustenburg cette semaine, à la suite des violences liées à la grève des mineurs. Parmi elles, deux personnes étaient liées au syndicat national des mineurs. Depuis le début des conflits sociaux dans les mines, les grévistes expriment une vive défiance envers le NUM, accusé d’être trop proche du pouvoir et du patronat.

Presse esclavagiste (LePoint.fr / Agence Faut Payer, 7 octobre 2012)


Bien crevée, vieille taupe ? (1)

45 morts lors d’une grève sauvage dans les mines les plus dangereuses du pays le plus inégalitaire et le plus violent (hors conflit — sic !) du monde, « business as usual » dira-t-on, tout comme les coups de grisou qui se produisent encore régulièrement en Chine ou en Russie, lointains et inévitables « revival » de la préhistoire carbonifère d’un capitalisme voué à moyen terme à l’immaculé et au numérique… Et pourtant, le supplément économique d’un grand quotidien adepte de l’austérité et des gaz de schiste, ne titrait-il pas dernièrement : «  la France doit-elle rouvrir ses mines ? ».

En tout cas, au-delà des vaticinations futurologiques, la question du secteur minier, de son évolution récente et des luttes qui s’y sont déroulées et s’y déroulent, ne méritent pas de passer par pertes et profits sous prétexte d’un déclin inexorable, chaque jour un peu plus démenti.

Restructuration, mines en abîme

Les débuts de la restructuration ont été notamment marqués par deux grandes luttes de mineurs, l’une aboutissant à une victoire en demi-teinte (grève des mineurs américains en décembre77/mars 78) et l’autre à une cuisante défaite (la grève des mineurs anglais de 84/85). Si la première semblait marquer un coup de frein à la contre-offensive du capital, la seconde a signifié l’écrasement de toute résistance au roll back. Quoiqu’on pense du rôle des « bastions de combativité » (cf. la SNCF en 95), ils incarnaient une continuité des luttes qui donnait à l’affrontement une forte charge symbolique et stratégique. Comme le résumait à l’époque un mineur de Virginie occidentale : « Je fais ça pour tout le monde. La plupart des mineurs ressentent la même chose. S’ils brisent notre syndicat, les compagnies feront pareil aux autres. S’ils nous mettent par terre, ils casseront aussi les reins de ceux qui travaillent dans l’usine d’à côté. » Auquel semble répondre en écho un mineur anglais au moment de la reprise du travail : « Au moins, nous nous sommes bien battus pendant un an. » Et si, vu d’aujourd’hui, ces combats peuvent paraître « d’arrière-garde », c’est bien parce que ce secteur était, d’une certaine manière, déjà à « l’avant-garde ».

En effet, la substitution du pétrole au charbon qui visait notamment à briser la centralité de ce groupe ouvrier combatif et très organisé, avait commencé bien plus tôt. Ainsi en France, c’est dès 1961 que des mines ferment ce qui provoquent des mouvements massifs (occupation de fond à Decazeville et ailleurs, « grande marche sur Paris » en 63) qui obtiendront diverses mesures de reclassement dont une promise à un grand avenir, les préretraites. C’est dans ce secteur minier, par essence rivé à un territoire et corseté par de lourds coûts d’investissement (en quelque sorte l’inverse de l’industrie textile), qu’a commencé, en Occident, ce fameux « abandon » du travail par le capital qui fait encore tant pleurnicher syndicalistes et politiciens. Bien sûr, le passage au « tout pétrole », qui s’est effectué à une vitesse jamais vue dans l’histoire (en 1950 le charbon assurait encore 65% de l’approvisionnement en énergie dans le monde occidental) participait aussi du nouvel équilibre fordiste, à travers notamment à la stabilité des prix garantie par le cartel des « sept sœurs », et symbolisait le plein déploiement de la subordination réelle et de la seconde révolution industrielle [Sur la question du rapport entre énergie et lutte des classes, on trouve de nombreuses analyses dans le n°13 (hiver 08/09) de la revue en ligne The Commoner]. En ce sens, le secteur minier était effectivement destiné au rayon des archaïsmes en voie de disparition. Mais mieux vaut laisser le déterminisme technique aux apologues du capital, aux tenants du marxisme momifié et autres libérateurs des « forces productives », car dans le jeu réciproque entre système technique et rapports sociaux, il n’y a pas de place pour une quelconque neutralité supra historique (progrès ou autre).

La relative (voire très relative cf. par exemple Suède ou Pologne) disparition du secteur minier au nord dans la restructuration est d’abord venu entériner une défaite prolétarienne, et ce dans ce qu’elle a eu de plus décisif, c’est à dire ses limites internes non dépassées (identité ouvrière, affirmation du travail). Les mineurs anglais inondant les puits dont ils voulaient justement empêcher la fermeture ont eux aussi incarnés cette contradiction et son potentiel explosif.

Restructuration sans fin – Blog des séditions asymétriques, 7 octobre 2012


[Grèves sauvages des mineurs en Afrique du Sud] « S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie », Rustenburg, 6 octobre 2012

Crise minière sud-africaine : un nouveau mort, 12’000 grévistes licenciés

Le numéro un mondial du platine Amplats a annoncé vendredi le licenciement de 12 000 de ses 28’000 mineurs en grève sauvage du site de Rustenburg dans le nord de l’Afrique du Sud, au lendemain de la mort d’un gréviste tué par la police.

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« Environ 12’000 employés ont décidé de ne pas se présenter (devant les conseils de discipline), de ne pas assister aux audiences, et ont donc été licenciés en leur absence », annonce un communiqué d’Amplats, filiale d’Anglo American, qui avait clairement menacé de licencier les grévistes refusant de comparaître devant les conseils de discipline.

Ces conseils, convoqués depuis mardi, se sont tenus comme prévu, explique Amplats. « Les employés concernés connaîtront aujourd’hui (vendredi) le verdict de leur audience. Ils auront trois jours ouvrables pour faire appel ».

L’entreprise, dont tous les puits du bassin de Rustenburg sont bloqués depuis le 12 septembre, avait déjà lancé plusieurs ultimatums à ses employés, les sommant de reprendre le travail sous peine de licenciement. Les ultimatums avaient jusqu’à présent été repoussés à chaque fois.

Les grévistes, dont le mouvement ne respecte pas les procédures du droit du travail sud-africain, réclament 16’000 rands (1843 $) mensuels, une substantielle augmentation.

Les violences à Amplats témoignent de la tension qui règne toujours dans nombre de mines sud-africaines, paralysées depuis presque deux mois par des grèves sauvages.

Jeudi soir, un mineur a de nouveau été tué dans des affrontements entre employés d’Amplats et policiers à Rustenburg.

Les policiers affirment avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser un rassemblement illégal, assurant que les mineurs avaient commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre.

« On ne reculera pas »

Tous les témoignages recueillis auprès des mineurs indiquent au contraire que la police a ouvert le feu avant qu’il y ait eu la moindre marque d’hostilité de la part des mineurs.

« Ils n’ont rien jeté sur les policiers », a souligné Mikael Rafuza, un mineur proche du comité de grève soutenu par une poignée de militants trotskystes.

Un autre mineur, qui a demandé à garder l’anonymat, a conduit l’AFP sur les lieux, un hameau de logements en tôle ondulée, où selon lui, un groupe de mineurs a refusé d’obtempérer lorsque les policiers les ont sommés de se disperser, comptant jusqu’à dix pour les faire partir.

« 1, 2, 3, 4… et ils ont tiré. La balle l’a touché lui et les autres (mineurs) quand ils ont vu ça se sont enfuis », a-t-il dit.

Les grévistes, très déterminés, répètent sur tous les tons qu’ils veulent 16’000 rands mensuels et qu’ils ne savent pas quand la grève prendra fin.

« On ne reculera pas, peu importe ce qu’ils disent ou ce qu’ils font, on se battra jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré l’un des animateurs du mouvement, Mametlwe Sebei.

Depuis une semaine, les mineurs d’Amplats, relativement pacifiques jusque-là, semblent s’engager dans un bras de fer sans merci.

Des violences avaient déjà fait cinq morts en début de semaine.

Les menaces à peine voilées proférées vendredi aux non-grévistes n’augurent rien de bon. « Ceux qui vont au travail sont responsables de la mort des autres », a lancé l’un des leaders du mouvement, promettant que « personne ne dormirait la nuit prochaine, car nous devons contrôler les gens qui vont au travail ».

Il a ensuite donné rendez-vous à tous samedi à 7h (1h, heure de Montréal) pour un nouveau rassemblement suivi d’une marche jusqu’au lieu du décès de la victime de jeudi pour y prier.

Tandis que l’impasse semble totale chez Amplats, une lueur d’espoir est apparue cette semaine pour les mines d’or où le mouvement a fait tache d’huile.

La Chambre des mines a accepté, sous la pression, de tenter de débloquer la situation et de proposer sans tarder des hausses de salaire.

La crise sociale a été exacerbée par la fusillade de Marikana, où la police a abattu 34 mineurs en grève le 16 août sur un site de platine exploité par Lonmin.

Depuis deux semaines, les transporteurs routiers ont également cessé le travail pour réclamer de meilleurs salaires, ce qui porte à environ 100’000 le nombre de salariés en grève dans le pays, selon un décompte de l’AFP.

Presse esclavagiste (La presse canadienne / Claudine Renaud de l’AFP, 5 octobre 2012)

Le Chat Noir Émeutier, 7 octobre 2012


Afrique du Sud : « S’ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d’aujourd’hui »

Les mineurs sud-africains d’Amplats rejettent avec force un licenciement massif auquel vient de s’ajouter la majorité des 3.500 mineurs qui menaient une grève illégale chez Atlatsa Resources Corporation

« S’ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d’aujourd’hui », « S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie » ont lancé à l’AFP des mineurs sud africains.

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La police veille pendant que des mineurs prennent le chemin d’une colline après la mort d’un de leur collègue dans des affrontements, le 6 octobre 2012 à Bleskop en Afrique du Sud.

RUSTENBURG (Afrique du Sud) — Des centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d’Amplats, numéro un mondial du platine, ont tenu samedi un rassemblement pacifique pour protester contre le licenciement massif de 12.000 personnes, mais brandi la menace d’un recours à la violence.

« C’est le début de la guerre », a ainsi lancé l’un des responsables syndicaux des mineurs, Gaddhafi Mdoda, sous les acclamations.

Regroupés dans un stade de Rustenburg, les mineurs ont été encouragés par leurs leaders à rejeter le licenciement prononcé par Anglo American Platinum (Amplats) et continuer les protestations jusqu’à l’obtention d’une augmentation salariale.

« Si Anglo American n’est pas prêt à négocier, ils doivent faire leurs bagages et partir », a déclaré M. Mdoda à l’AFP.

Les mineurs de différents puits d’extraction s’étaient rendus au stade sous escorte policière, scandant des slogans, tandis qu’un hélicoptère survolait la zone.

Les mineurs ont également observé un moment de silence à la mémoire d’un de leurs collègues, tué jeudi dans des affrontements avec la police.

Amplats, filiale d’Anglo American qui emploie 28.000 personnes à Rustenburg et y produit près d’un quart du platine mondial, a mis vendredi à exécution sa menace de licencier tous les mineurs en grève sauvage, depuis le 12 septembre, qui refuseraient de comparaître devant un conseil de discipline.

Plusieurs d’entre eux, totalement déterminés à obtenir les substantielles augmentations de salaire qu’ils réclament depuis le début de leur mouvement, menaçaient de recourir à la violence pour forcer l’exploitant de la mine à les réembaucher.

« S’ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d’aujourd’hui », a lancé à l’AFP Hendrick Mpondo, 27 ans. « S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie ».*

En dépit de ces menaces, les mineurs se sont dispersés dans le calme, à l’issue de ce rassemblement. Ils ont néanmoins promis de poursuivre leurs protestations.

Pour la majorité d’entre eux, ils n’étaient pas armés, à l’inverse d’autres manifestations où des bâtons et d’autres formes d’armes avaient été brandies.

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Les mineurs grévistes, le 5 octobre à Rustenburg.

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Dans la journée, l’agence de presse sud-africaine SAPA a également annoncé le renvoi de la majorité des 3.500 mineurs grévistes de la compagnie Atlatsa Resources Corporation, en partie détenue par Amplats.

À l’instar des travailleurs de Rustenburg, les mineurs du site d’extraction de platine de Bokoni, dans la province voisine du Limpopo (nord-est), ont été renvoyés pour leur absence à une audience disciplinaire, après deux semaines de grève sur les salaires.

Signe des tensions qui persistent, trois véhicules ont été incendiés vendredi soir juste à côté du puits de Thembelani, l’un des site d’Amplats.

Par ailleurs, un dirigeant local du syndicat national des mines (NUM) a été abattu chez lui vendredi soir dans la ville de Marikana, à quelques kilomètres de là.

Marikana, un site exploité par Lonmin, a été le théâtre en août et septembre du plus violent conflit social en Afrique du Sud depuis la chute de l’apartheid en 1994 : 46 personnes au total y ont trouvé la mort, dont 34 mineurs en grève sauvage abattus par la police le 16 août.

Depuis le début des conflits sociaux dans les mines, les grévistes expriment une vive défiance envers le NUM, accusé d’être trop proche du pouvoir et du patronat.

Selon les informations des syndicats, au moins sept personnes ont trouvé la mort en marge du conflit social d’Amplats, depuis une semaine.

Près de 100.000 personnes, mineurs mais également transporteurs routiers, sont en grève actuellement en Afrique du Sud pour réclamer des hausses de salaires.

Le président Jacob Zuma, assez peu présent depuis le début de la crise, a répété cette semaine que ces conflits sociaux étaient dangereux pour l’économie, et risquaient de faire fuir les investisseurs.

« Nous ne devrions pas chercher à nous montrer nous-mêmes comme une nation perpétuellement en train de se battre », a-t-il lancé jeudi.

Les investisseurs redoutent une paralysie totale du secteur minier, poumon économique du pays, qui contribue à presque 20% du PIB sud-africain.

« Le gouvernement ne fait rien », constatait vendredi Peter Attard Montalto, analyste stratégique à la banque japonaise Nomura, affirmant que les grèves avaient déjà coûté entre 0,2 et 0,3% de croissance au troisième trimestre.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 6 octobre 2012)


Afrique du Sud : des milliers de mineurs supplémentaires licenciés

Atlatsa Resources Corporation, en partie détenue par le numéro un mondial du platine Anglo American Platinum, a licencié la majorité des 3.500 mineurs qui menaient une grève illégale en Afrique du Sud pour réclamer une augmentation salariale, ont annoncé samedi les médias.

Presse esclavagiste (Belga, 6 octobre 2012)

Reçu le 6 octobre 2012


Afrique du Sud : Amplats licencie 12’000 mineurs grévistes

Le numéro un mondial du platine Amplats a annoncé vendredi 5 octobre le licenciement de 12’000 de ses 28’000 mineurs en grève sauvage du site de Rustenburg, dans le nord de l’Afrique du Sud, alors qu’un homme a été tué jeudi soir dans des affrontements entre la police et les employés.

« Environ 12’000 employés ont décidé de ne pas se présenter [devant les conseils de discipline], de ne pas assister aux audiences, et ont donc été licenciés en leur absence », précise un communiqué du groupe. Cette filiale d’Anglo American avait clairement menacé de licencier les grévistes illégaux qui refuseraient de comparaître devant les conseils de discipline. Les conseils de discipline, convoqués depuis mardi, se sont tenus comme prévu, explique Amplats. « Les employés concernés connaîtront aujourd’hui [vendredi] le verdict de leur audience. Ils auront trois jours ouvrables pour faire appel ».

L’entreprise, dont tous les puits du bassin de Rustenburg sont bloqués depuis le 12 septembre, avait déjà lancé plusieurs ultimatums à ses employés, les sommant de reprendre le travail sous peine de licenciement. Les ultimatums avaient jusqu’à présent été repoussés à chaque fois.

ENVIRON 80’000 MINEURS SONT ACTUELLEMENT EN GRÈVE SAUVAGE

Les grévistes, dont le mouvement ne respecte pas les procédures du droit du travail sud-africain, réclament une augmentation de salaire substantielle à 16’000 rands mensuels (1450 euros). La « ceinture de platine » de Rustenburg a été touchée par plusieurs grèves sauvages chez les plus gros producteurs mondiaux depuis août, dans la foulée du conflit social sanglant du site de Marikana, exploité par Lonmin, où 46 personnes ont trouvé la mort.

Lonmin a finalement concédé des augmentations de salaires de 11 à 22 % aux grévistes, suscitant l’espoir d’obtenir de substantielles hausses chez les mineurs des autres sites. Environ 80’000 mineurs sont actuellement en grève sauvage en Afrique du Sud, dans les mines de platine et d’or essentiellement.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 5 octobre 2012)


Mineurs d’Afrique du Sud : Une nouvelle victime de la répression

Un homme a été tué jeudi soir à Rustenburg (nord) dans des affrontements entre policiers et mineurs en grève sauvage d’un site d’Amplats, numéro un mondial du platine, a-t-on appris vendredi matin de sources concordantes.

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« Hier, les flics ont tiré sur beaucoup de gens, une personne est morte. Le corps est encore là où il était hier soir, il n’a pas été emporté », a indiqué à l’AFP par téléphone un représentant des grévistes, Gaddhafi Mdoda, confirmant une information donnée par deux radios.

Un porte-parole de la police a confirmé avoir entendu parler d’un mort dans le secteur de Rustenburg, et a affirmé que des investigations étaient en cours.

« Nous avons reçu des témoignages. Pour l’instant, nous essayons à voir si nous pouvons retrouver le corps, mais nous n’avons pas de rapport de police » faisant formellement état d’un décès, a indiqué le porte-parole Thulani Ngubane. « La situation est tendue, tout peut arriver », a-t-il ajouté.

« Les policiers tiraient des balles réelles », selon le représentant des grévistes. La police soutient en revanche que seules des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser un rassemblement illégal sur une colline près du site d’Amplats.

Amplats est le numéro un mondial du platine, filiale du géant anglo-sud-africain Anglo American, coté en Bourse à Londres et à Johannesburg. Des grèves sauvages bloquent tous les puits du bassin de Rustenburg depuis le 12 septembre, où le groupe emploie 28.000 personnes. Les grévistes réclament une forte augmentation de salaire jusqu’à 16.000 rands mensuels (1.450 euros).

Des violences se sont produites depuis vendredi dernier, faisant cinq morts en début de semaine selon le syndicat national des mineurs NUM.

Les arrêts de travail sauvages se sont étendus cette semaine à deux puits exploités dans la province voisine du Limpopo (Union Mine et Bokoni).

Les grèves sauvages pour obtenir des augmentations de salaires, accompagnées de violences, paralysent une bonne partie du secteur minier sud-africain depuis la mi-août. Le mouvement a été exacerbé par la fusillade de Marikana, lorsque la police a abattu 34 mineurs en grève le 16 août sur un site de platine exploité par Lonmin.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 5 octobre 2012) via Solidarité ouvrière


Afrique du Sud : le visage réel du capital

Derrière la réalité du mas­sa­cre d’une cin­quan­taine de mineurs sud-afri­cains en août der­nier, tout un réseau com­plexe d’expli­ca­tions peut se résumer par la crise mon­diale prés­ente du capi­tal, où l’on retrouve les impé­rat­ifs finan­ciers, la compé­tition inter­na­tio­nale autour des matières pre­mières et l’exa­cer­ba­tion d’une situa­tion sociale propre à l’Afrique du Sud. Le sec­teur des mines est au cœur même du dével­op­pement capi­ta­liste, requérant des capi­taux énormes pour des extrac­tions, dans des condi­tions extrêmes, tant dans les condi­tions natu­rel­les (des mines d’or jusqu’à 5000 mètres de pro­fon­deur) que dans la surex­ploi­ta­tion de la main-d’œuvre (0,55 euro par jour pour les mineurs de dia­mants de Sierra Leone). Ces condi­tions reflètent la compé­tition féroce entre grou­pes capi­ta­lis­tes et États, où la cor­rup­tion règne en maître et où les capi­taux engagés requièrent une ren­ta­bi­lité supéri­eure à 15 %. Face aux mul­ti­na­tio­na­les minières, dont les pro­fits d’une seule sont 20 fois supérieurs au budget d’un de ces Etats miniers, que pèsent les pou­voirs poli­ti­ques locaux, sinon d’être les lar­bins de ces grou­pes miniers et de leur garan­tir leur profit par le main­tien de condi­tions ter­ri­bles d’exploi­ta­tion des tra­vailleurs, au besoin par la vio­lence ? Les 15 % de profit des énormes capi­taux néc­ess­aires aux infra­struc­tu­res et autres engins d’exploi­ta­tion sur­di­men­sionnés dép­endent essen­tiel­le­ment de la surex­ploi­ta­tion de la main d’œuvre locale. L’Afrique du Sud n’éch­appe pas à une telle situa­tion, malgré la richesse de son sous-sol en minéraux de toutes sortes (depuis le char­bon jusqu’aux mines de dia­mants, en pas­sant par l’or et le pla­tine), ou plutôt à cause de cette richesse. Mais le fait d’avoir été parmi les pre­miers pays à exploi­ter en grand ces riches­ses – depuis 1866 pour la pre­mière mine de dia­mants – la place dans une posi­tion d’infér­iorité, eu égard à ses concur­rents mon­diaux exploi­tant des mines plus réc­entes, plus moder­nes, et plus faci­le­ment exploi­ta­bles. Comme il faut tou­jours aller au plus pro­fond (jusqu’à 5000 mètres), la ren­ta­bi­lité dimi­nue si les autres condi­tions d’exploi­ta­tion – celle de la main-d’œuvre notam­ment – res­tent cons­tan­tes. Les capi­taux à la recher­che d’inves­tis­se­ments plus ren­ta­bles vont ailleurs ou, s’ils s’inves­tis­sent, vont exiger de cette main d’œuvre des ren­de­ments crois­sants donc des condi­tions de tra­vail plus exi­gean­tes. Par exem­ple, la pro­duc­tion des mines d’or a dimi­nué de moitié en dix ans et si les mines d’or pro­dui­saient annuel­le­ment 200 tonnes d’or en 1970, elles n’en pro­dui­sent plus en 2011 que 100 tonnes. Même si la pro­duc­tion minière représ­ente encore 20 % du PIB et 50 % de la balance du com­merce extérieur, l’Afrique du Sud n’occupe plus que la 5e place mon­diale dans la pro­duc­tion des métaux précieux, après la Chine, l’Australie, les USA et la Russie. Nous ver­rons que cette situa­tion devient un pro­blème poli­ti­que qui divise les différents partis, orien­tant cer­tains vers une radi­ca­li­sa­tion. Mais les condi­tions par­ti­cu­lières de l’Afrique du Sud sont un obs­ta­cle sup­plém­ent­aire à cette recher­che de ren­ta­bi­lité. Si l’apar­theid et le main­tien de la popu­la­tion noire dans une situa­tion de semi escla­vage garan­tis­saient l’accep­ta­tion de condi­tions d’exploi­ta­tion par­ti­cu­liè­rement misé­rables, la fin de l’apar­theid il y a vingt ans a seu­le­ment trans­formé un apar­theid racial en un apar­theid social. De plus, la lutte anti-apar­theid mas­quait et déviait en quel­que sorte le conflit social ; la fin de l’apar­theid a mis sur le devant de la scène ce conflit social mais tou­jours dans des condi­tions spé­ci­fiques. Le sec­teur minier emploie encore 1 mil­lion de tra­vailleurs, la moitié d’entre eux direc­te­ment exploitée dans les mines, l’autre moitié dans le trai­te­ment des mine­rais. Le pro­blème majeur quant à cette exploi­ta­tion – et cela est aussi un frein aux inves­tis­se­ments – est que la situa­tion de l’ensem­ble des tra­vailleurs, notam­ment ceux de ce sec­teur, n’a guère changé depuis vingt ans et que les trou­bles sociaux réc­urrents ne tou­chent pas seu­le­ment les rela­tions de tra­vail mais l’ensem­ble des condi­tions de vie. La fin de l’apar­theid a signi­fié l’ascen­sion, avec l’acces­sion au pou­voir d’une coa­li­tion ANC – Parti com­mu­niste d’Afrique du Sud sou­tenu par le syn­di­cat unique COSATU –, d’une petite mino­rité noire qui s’est par­fai­te­ment intégrée dans l’appa­reil poli­tico-finan­cier, simi­laire en cela à ce que l’on peut voir dans cer­tains pays d’Afrique ayant des riches­ses exploitées par les mul­ti­na­tio­na­les. En août 2011, cette mino­rité de pri­vilégiés a paru être pour un bref temps la garan­tie de la paix sociale mais aujourd’hui, le fossé est tel entre cette bour­geoi­sie noire et la masse des Noirs vic­ti­mes de cet apar­theid social que cela ne se mani­feste pas seu­le­ment par des cli­va­ges poli­ti­ques et par la for­ma­tion de grou­pes plus radi­caux, ten­tant de s’appuyer sur tout un ensem­ble de rés­ist­ances, tant dans l’ensem­ble de la popu­la­tion dans les faits de la vie quo­ti­dienne que dans les rela­tions de tra­vail. En août 2011, les ¾ des mem­bres du gou­ver­ne­ment ANP-SACP ont des intérêts finan­ciers dans les affai­res, de même que 50 % des par­le­men­tai­res. Ramaphosa, un des fon­da­teurs du syn­di­cat des mineurs NUM affi­lié au COSATU est membre du conseil de direc­tion de Lonmin, la société possédant la mine de Marikana, là où ont eu lieu les tue­ries de prolét­aires mineurs. Shandaka, un des hommes les plus riches d’Afrique du Sud, a été, comme d’autres, un des diri­geants de l’ANC ou du COSATU qui aujourd’hui font partie de l’élite mul­ti­mil­lion­naire du pays, et qui ont des liens étroits avec le monde des affai­res. En regard de cette poi­gnée de pro­fi­teurs, la grande masse de la popu­la­tion vit dans une misère faite de pri­va­tions quo­ti­dien­nes autour des four­ni­tu­res d’élect­ricité et/ou d’eau pota­ble, des écoles, des trans­ports : rien qu’en 2012, on a dén­ombré près de 113 émeutes impli­quant près de 3 mil­lions de par­ti­ci­pants. À la vio­lence de la répr­ession poli­cière répond la vio­lence des popu­la­tions loca­les : chaque année, près de 100 flics trou­vent la mort dans ces trou­bles. Si le pla­tine est un des métaux les plus recher­chés (plus cher que l’or), c’est pour une bonne part à cause de son uti­li­sa­tion indus­trielle (piles à com­bus­ti­ble, verre… 20 % des pro­duits indus­triels en contien­nent), notam­ment comme cata­ly­seur dans les pots d’éch­ap­pement des moteurs Diesel : la crise de l’auto­mo­bile ayant réduit cet emploi, l’effet redes­cend au niveau de l’exploi­ta­tion du tra­vail, notam­ment, pour les cas de l’Afrique du Sud, dans les « vieilles » mines où déjà les coûts sont supérieurs à ceux des mines plus réc­entes. Le pays détient quand même en 4 mines 80 % des res­sour­ces mon­dia­les de ce métal. L’ensem­ble – réd­uction d’acti­vité, pres­sion sur la pro­duc­ti­vité et sur l’ensem­ble des salai­res et acces­soi­res – fait que des rés­ist­ances ouvrières sur­gis­sent, mais qu’en face de reven­di­ca­tions conséqu­entes, les rés­ist­ances patro­na­les sont tout aussi fortes et que l’emploi de la manière forte devient de plus en plus iné­vi­table. D’autant plus qu’en 2011, le prix du pla­tine a baissé de 17 %. Arriver au « métal pla­tine » est un pro­ces­sus com­plexe : il faut extraire une tonne de mine­rai pour en tirer entre 4 et 7 gram­mes de métal avec un pro­ces­sus com­plexe. Le fait qu’il faille ainsi extraire une quan­tité énorme de roche pour une faible quan­tité de métal donne une impor­tance déci­sive dans le pro­ces­sus d’extrac­tion aux drill ope­ra­tors, ceux qui, au fond, per­cent la roche avec des mar­teaux-piqueurs pour y ins­tal­ler des explo­sifs qui feront tomber inlas­sa­ble­ment des masses de pier­res qui doi­vent être ensuite évacuées vers des trai­te­ments de sur­face. Sans leur tra­vail, toute l’acti­vité de la mine est stoppée. Le tra­vail de ces mineurs est par­ti­cu­liè­rement dur et dan­ge­reux, entre huit et neuf heures passées sous terre six jours sur sept par une tempé­ra­ture de plus 40°C, pour un salaire men­suel d’à peine 600 euros et dans des condi­tions de sécurité mini­ma­les (notam­ment quant à l’inha­la­tion de pous­sière, en 2009, on dén­omb­rera 288’000 ex-mineurs atteints séri­eu­sement de sili­cose). Propos d’un de ces drill ope­ra­tors : « Quand on est au fond on est en face de la mort, de la bles­sure ou de toute autre chose. » La mine offre par­fois le choix entre le loge­ment dans les dor­toirs (sept dans une seule pièce) de la com­pa­gnie, mais beau­coup pré­fèrent tou­cher l’allo­ca­tion de loge­ment pour com­pen­ser le faible salaire et vivre dans les condi­tions exces­si­ve­ment préc­aires des bidon­vil­les pro­ches. On doit ajou­ter qu’une bonne partie des mineurs sont des émigrés des États voi­sins dont le salaire sert à faire vivre les famil­les restées au pays. On doit dire ici quel­ques mots de plus sur ces conflits : les riva­lités syn­di­ca­les. Depuis la fin de l’apar­theid, les liens se sont ren­forcés entre la coa­li­tion au pou­voir – ANC-SACP – et la fédé­ration syn­di­cale COSATU dont le syn­di­cat des mineurs NUM (300’000 mem­bres) est une des pièces essen­tiel­les. Son secrét­aire général Boleni empo­che, rien que pour cette fonc­tion, 140’000 euros par an, ce qu’un drill ope­ra­tor mettra vingt-neuf ans à gagner ; mais il est aussi rémunéré comme membre des conseils de la Banque de dével­op­pement de l’Afrique du Sud, de la Rand Mutual Assurance et membre de la Fédération inter­na­tio­nale des syn­di­cats de la chimie, de l’énergie et des mines. En 1998, des cri­ti­ques sont nées dans ces orga­ni­sa­tions noires, reflétant la montée des cri­ti­ques contre l’intég­ration poussée de ces « élites » dans le système d’exploi­ta­tion. Mathenjwa a été expulsé du NUM pour « indis­ci­pline » et a fondé un syn­di­cat « indép­endant » : l’Association des tra­vailleurs de la mine et de la cons­truc­tion, AMCU, qui se trouve nor­ma­le­ment conduit à sou­te­nir, à exploi­ter dans son intérêt les grèves sau­va­ges. De son côté, l’ANC a expulsé un oppo­sant interne, Malema, qui se trouve contraint d’adop­ter une même atti­tude. Les affron­te­ments entre les mili­tants de ces orga­ni­sa­tions dis­si­den­tes tour­nent sou­vent à une guerre des gangs dont le seul rés­ultat est d’engen­drer une méfi­ance géné­rale à l’égard des syn­di­cats quels qu’ils soient. Lors de la grève sau­vage de la mine de pla­tine de Marikana, Bodlani, un des cinq représ­entants man­datés par les mineurs pour les représ­enter dans les pour­par­lers, a déclaré : « Ce ne sont ni l’AMCU, ni le NUM qui nous ont dit de faire grève, c’est nous les tra­vailleurs, pas les syn­di­cats, et ce ne sont pas eux qui nous diront ce que nous devons faire. » Quelques mots main­te­nant de la mul­ti­na­tio­nale Lonmin qui contrôle la mine de Marikana, à quel­que 150 kilomètres de Johannesbourg. Elle est l’héritière du déman­tèlement d’un conglomérat d’un mil­lier de sociétés très diver­ses assem­blées dans les années 60 par un de ces for­bans capi­ta­lis­tes, Tiny Rowland, aujourd’hui décédé. Il affir­mait : « Je n’ai pas besoin de res­pec­ta­bi­lité mais de béné­fices et d’affai­res qui tour­nent », mais avec des mét­hodes de ges­tion « mus­clées ». Méthodes de ges­tion ren­forcées par les dif­fi­cultés finan­cières de Lonmin, cri­blée de dettes, notam­ment avec la crise et la chute du prix du pla­tine, bien qu’on ne sache pas trop qui, entre les fonds de pen­sion ou les hedge funds possède réel­lement la mine parmi des grou­pes capi­ta­lis­tes divers pour qui seule compte cette ren­ta­bi­lité de 15 % et l’aban­don de tout inves­tis­se­ment, voire de la mine, si cette ren­ta­bi­lité n’est pas atteinte. La grève sau­vage des 3000 drill ope­ra­tors de Marikana ne tombe pas du ciel mais d’une situa­tion glo­bale du prolé­tariat sud-afri­cain aggravée par la crise mon­diale. Début 2012, une grève de six semai­nes dans la plus grande mine du monde, à Rustenburg (du trust Impala Platinum), a fait 4 morts mais s’est ter­minée par une aug­men­ta­tion de salai­res. Une des spé­ci­ficités des mines de pla­tine d’Afrique du Sud est que, contrai­re­ment aux mines d’or, elles ne sont pas cou­ver­tes par des contrats col­lec­tifs mais par des négoc­iations mine par mine ; ce qui fait que toute conces­sion dans une mine à la suite de luttes peut faire école dans une autre mine, mais tou­jours loca­lisée. Ultérieurement, dans une autre grève, dans une autre mine de Lonmin, il y eut 10 morts dont 2 flics, et devant la ten­sion plus de 3000 flics ont été déployés dans la région, sans doute avec une cer­taine volonté d’en déc­oudre. C’est dans ces condi­tions que les 3000 drill ope­ra­tors de Marikana (28’000 tra­vailleurs au total) décident de se mettre en grève le 10 août 2012 avec une reven­di­ca­tion cen­trale d’un salaire men­suel de 1200 euros, pres­que trois fois leur salaire actuel : bien sûr ils se heur­tent à un refus caté­go­rique de leur employeur. Il est dif­fi­cile de démêler ce qui va se dér­ouler la semaine sui­vante : les grév­istes, assem­blés sur une col­line (qui devien­dra la « col­line de l’hor­reur ») près de la mine, armés de lances, de machet­tes et – peut-être – de quel­ques armes à feu, haran­gués depuis une voi­ture de police par le pré­sident du NUM, fina­le­ment expulsé du site, mais pour être eux-mêmes expulsés sans ména­gement, une partie d’entre eux est fina­le­ment poussée dans une sorte de nasse dans les bras de tueurs qui tire­ront dans le tas sans aucun préavis. D’un côté les mineurs, dont cer­tains diront qu’ils « pré­fèrent mourir que de conti­nuer à tra­vailler dans de telles condi­tions », de l’autre des flics vou­lant une revan­che et tirant dans le dos des grév­istes en fuite ou les abat­tant au sol d’un tir à bout por­tant. Épilogue sur le nombre de morts (plus de 50), de blessés (plus de 80), d’arres­ta­tions (259 dont cer­tains blessés à leur sortie de l’hôpital). Les oppo­sants syn­di­caux et/ou poli­ti­ques ten­tent d’exploi­ter le mas­sa­cre : 3000 se retrou­vent le 18 août pour être haran­gués par Malema, l’exclu de l’ANC. Ce qui permet au secrét­aire général de l’ANC de déc­larer : « Marikana a été confis­quée et des contre-révo­luti­onn­aires vin­rent pour miner notre mou­ve­ment. » Le 30 août, l’annonce que les 270 mineurs arrêtés vont être inculpés de « meur­tre » en vertu d’une loi datant de l’apar­theid pro­vo­que une tel tollé qu’elle doit être annulée, le plu­part des mineurs arrêtés sont libérés tout en res­tant inculpés de trou­bles à l’ordre public. La grève de Marikana touche d’autres mines dans les jours qui sui­vent et c’est la han­tise des auto­rités qu’une explo­sion sociale ne s’étende aux autres mines et à l’ensem­ble du pays. Pour Marikana, malgré les com­mu­ni­qués don­nant des chif­fres de reprise déris­oires, il semble qu’une orga­ni­sa­tion de la grève se soit mise en place avec des contrôles, dans les bidon­vil­les mêmes ou dans les trans­ports, pour empêcher les jaunes de gagner la mine, contrôles dénoncés par les auto­rités comme des mena­ces et des pres­sions. Au moment où nous écrivons, la situa­tion reste confuse, et si les grèves dans le sec­teur minier per­sis­tent, elles ne se sont pas étendues aux ser­vi­ces publics ou au sec­teur indus­triel, pas plus qu’à la popu­la­tion noire engagée sou­vent des actions de pro­tes­ta­tions loca­les.

On ne peut que retra­cer les der­niers épi­sodes de cette lutte dans le sec­teur minier, qui lui-même n’est pas tota­le­ment touché par une grève géné­rale. 23 août : les drill ope­ra­tors de Royal Bakofong (7000 tra­vailleurs) blo­quent la mine avec les mêmes reven­di­ca­tions que ceux de Marikana. 26/8 : les 12’000 mineurs de Gold Fields sont en grève et repren­dront le tra­vail le 19/9 avec des conces­sions sur des ques­tions d’assu­rance. 3/9 : mine de Modder East près de Johannesbourg, suite à une grève sau­vage en juin der­nier, 1044 mineurs ont été licen­ciés. 500 d’entre eux ont été réemb­auchés depuis, quel­ques cen­tai­nes des laissés pour compte se ras­sem­blent à l’entrée de la mine ten­tant d’en inter­dire l’entrée : 4 blessés. 11/9 : seconde grève de 15’000 mineurs à la Gold Fields. 13/9 : lockout : Anglo American Platinum décide de sus­pen­dre toute acti­vité dans les cinq mines de Rustenburg exploi­tant 26’000 tra­vailleurs. 14/9 : refus des mineurs de Marikana d’une aug­men­ta­tion de 80 euros. 14/9 : ras­sem­ble­ment de mil­liers de mineurs aux­quels il est pro­posé par différents grou­pes de décl­encher une grève géné­rale des mineurs. 15/9 : Marikana : la police dis­perse sans ména­gement un ras­sem­ble­ment de plu­sieurs cen­tai­nes de mineurs en grève près du site minier. Ceux-ci se replient dans le bidon­ville voisin où ils sont pour­chassés. Dans la nuit qui suit, des­cente de 500 flics dans les foyers d’héb­er­gement de la mine pour saisir des « armes » (bâtons et machet­tes). 12 arres­ta­tions. ; Le 20/9 un accord pour une aug­men­ta­tion des salai­res entre 11 et 22% et une prime de 200 euros semble amor­cer la reprise du tra­vail mais, dans les mines, la situa­tion reste préc­aire en raison de l’impact de cet accord sur les reven­di­ca­tions des autres mineurs et de la situa­tion éco­no­mique mon­diale qui met les mines sud afri­cai­nes notam­ment du pla­tine en dif­fi­cultés finan­cières ?

Dans le monde, une classe en lutte, septembre 2012

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Record de grèves en Égypte

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/061.jpgInfo transmise par un camarade le 7 octobre :

La Banque Mondiale vient de publier un rapport disant son inquiétude quant à la situation sociale en Égypte. Elle recense plus de 300 grèves dans la seule première moitié du mois de septembre 2012. Un record.

Mais la Banque Mondiale s’inquiète d’autant plus qu’une bonne partie de ces grèves ont lieu dans des secteurs économiques tenus par l’armée et que les salariés en grève demandent tous, et de plus en plus, que tous les officiers soient « dégagés » des places qu’ils tiennent dans les entreprises. Et comme l’armée aurait entre 25 et 45% de l’économie égyptienne dans les mains, la Banque Mondiale craint une deuxième révolution…

Solidarité ouvrière, 8 octobre 2012

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[Toulouse] Expulsion du 22 rue Demouilles en cours

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Hélicoptère, 30 camions de CRS, la Bac, Souliman … le grand jeu pour expulser 100 personnes !

BESOIN DE MONDE AU 22 RUE DEMOUILLES !

Démosphère Toulouse, 8 octobre 2012


C’est quoi tout ce bleu ?

C’est la couleur qui s’accompagne du bruit des bottes qui viennent écraser les espaces de liberté qui suffoquaient déjà. C’est l’expulsion maintenant et manu militari par la justice et son bras armé, la police, du CREA-CSA au 22, rue Demouilles. Pour 97 personnes, dont 35 gamins, c’est : « plus de maison, plus de toit, ce soir démerde-toi ! ».

Depuis le 3 septembre, on avait fait d’un bâtiment vide, un bâtiment vivant.

Le 22 rue Demouilles c’était un vrai lieu de vie, un centre social autogéré avec des projets d’activités, tels qu’une cantine populaire, une crèche autogérée, des ateliers : de sports de combat, de sérigraphie, de danse, de vélos, des cours de français et d’alphabétisation, un journal mural et un espace automédias, bref, un lieu d’organisation, de solidarité et d’entraide. Dans cet espace libéré, on s’amusait, on se cultivait, bref on vivait bien sans que ça coûte walou à personne. Sauf que lorsque l’autogestion fonctionne et coûte que dalle, pour le grand capital, c’est mal! Et ses ardents défenseurs, les pouvoirs publics, sortent l’artillerie lourde pour nous dégager.

Pour nous, pas question de se laisser faire, notre maison on la défend !

En ne laissant pas passer inaperçue cette expulsion certes, mais aussi en interpellant l’URSSAF, notre cher propriétaire ainsi que cette perfide préfecture. Leurs réponses : l’expulsion. Ou l’expression du mépris le plus profond pour toute une partie de la population. Réprimer la pensée et punir l’acte, c’est la symphonie du moment. Pour les pouvoirs publics, mieux vaut virer tout le monde ! C’est qu’ils sont pressés de recouvrir le trou de la Sécu en revendant leur bat’, que ça fait 6 ans qu’ils essaient. Et quand une bande « d’indésirables » se ramène pour y vivre, d’un coup les futurs acheteurs se bousculent au portillon. Vaste mascarade habituelle des spéculateurs et autres organisateurs de la misère, on y croit plus mais on a grave la rage. Parce que se faire expulser de sa maison sous des prétextes fallacieux, ce n’est pas une blague.  La violence de l’État qui remet les gens à la rue et s’en lave les mains après, ce n’est pas une blague non plus.

On défend notre maison, notre lieu de vie, nos choix de vie aussi face à des forces armées qui veulent nous écraser et nous faire taire. Ce bâtiment qu’on a libéré de la spéculation, dont on a rendu l’usage à toutes et tous, l’État, sa justice et ses keufs veulent nous en virer et ça te concerne aussi !

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE, ON CONTINUE !
NIQUE SA MAIRE LA REINSERTION !
TOUT POUR TOU⋅TE⋅S, POUVOIR  AU PEUPLE !

Assemblée générale ce soir à 19h à la Maison Goudouloï, 4 bis rue Goudouli, bus 10-78-80 arrêt Crampel

Le CREA et des membres de la campagne Zéro personne à la rue, 8 octobre 2012


Communiqué du CREA sur les journées des 3, 4, 5 octobre 2012

Ces derniers jours, nous avons visé les responsables politiques du mal-logement, du manque de logements et des expulsions, pour dénoncer l’encadrement étatique de la misère. Nous avons occupé le PAIO (Poste d’Accueil, d’Information et d’Orientation, qui s’occupe de l’hébergement d’urgence) lundi soir. La municipalité, propriétaire des locaux du PAIO et patron des employés qui y bossent- a ordonné l’expulsion manu militari par la police, 7 fourgons, une cinquantaine de bleus bien énervés pour fracturer porte et fenêtre afin de nous sortir. Depuis les salarié-e-s de ce « pôle » ont bloqué la veille sociale pour contester les violences permanentes des institutions commises contre celles et ceux qui n’ont plus rien à perdre. Hier, mardi, nous nous sommes rassemblé.e.s devant la préfecture pour crier notre colère, nous avons eu la chance de pouvoir croiser la sinistre Souliman (secrétaire générale de la préfecture) et lui vomir dessus ce que nous pensons de ses actes criminels. L’État et le capital assassinent, humilient, essayent de nous réduire à rien ! En début de semaine, en périphérie de Toulouse, un homme, dont les médias, la police et les autorités ont masqué le nom, s’est jeté par la fenêtre de son immeuble, à l’arrivée de l’huissier chargé de l’expulser. Ou quand la misère organisée nous tue…

Mais gare à la revanche, quand tous les pauvres s’uniront !

Ce même mardi, nous avons quitté cette maudite Préfecture pour nous diriger vers la Mairie de Toulouse. La veille, les « autorités » nous ont sommé de partir en échange d’un rencard. La blague… Alors on est entré.e.s et on s’est installés dans une grande salle de réunion, qu’on a occupée. Ben ouais, ils nous baladent, on les occupent. Ils ont encore envoyé les keufs, on est sorti.e.s en continuant à hurler (entre autre le fameux « y’en a marre ».) On est retourné.e.s une troisième fois pour occuper le PAIO. La Mairie a encore envoyé la flicaille. Mais lorsqu’ils sont arrivés, on leur a fait croire qu’il y avait encore du monde enfermé à l’intérieur et ils ont ré-expulsé… un bâtiment vide. À leur tour de se faire balader ! Vu le dispositif policier déployé sur nos gueules pendant deux jours, et à chaque action, ouverture, expulsion depuis un an, on voit que les mesures d’austérité ne s’appliquent pas à la guerre aux pauvres.

Mercredi matin, Mme Touchefeu, adjointe au maire chargée du logement et de la cohésion sociale a fini par se positionner, au nom de la Mairie, contre l’expulsion du 22 rue Demouilles « pour l’instant ». Nous lui avons fait remarquer que son parti était au pouvoir et qu’il pilotait la Préfecture, qu’ils avaient dit la même chose avant l’expulsion de l’ancien Centre Social Autogéré (70 all. des Demoiselles) et qu’ils n’avaient qu’à l’affirmer publiquement et agir pour arrêter d’expulser. Ce mercredi, l’ancien CREA, dévasté par l’État et ses flics a débordé. De la viande pourrie depuis un mois et des tuyaux dégradés depuis l’expulsion ont fini par déverser une vague de puanteur et d’immondices jusque dans la rue. Alors que le 70 allée des Demoiselles explosait de vie, l’État y a répandu la mort. Et ce sont encore des ouvriers qu’il a exploités pour faire le ménage.

Ce jeudi après-midi, nous avons occupé le SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation au 161 rue du Feretra), service chargé d’attribuer des places en foyer et donc de gérer la pénurie organisée par l’État. On a reçu encore le soutien des travailleurs du SIAO, et la Pref a encore envoyé les flics, qui ont encore atomisé une porte pour nous sortir. Les blaireaux…

On n’attend donc toujours rien des lieux de pouvoir, il nous faut être de plus en plus fort.e.s, organisé.e.s et offensif.ve.s.

Pour cela, nous continuons à rencontrer d’autres galérien.ne.s, d’autres soutiens, dans les foyers (clin d’œil aux gars du foyer Antipoul qu’on a rencontrés lors de l’occupation du PAIO), les campements et les quartiers attaqués par la « rénovation urbaine », nous partageons nos outils, nos pratiques, nous échangeons nos constats et nous continuons à construire un mouvement populaire et autonome pour tout reprendre, pas à pas, avec détermination.

Tant qu’il y aura de l’argent, il y aura de la misère et tant qu’il y aura de la misère, nous continuerons à nous organiser entre misérables et opprimé.e.s pour en finir avec le carnage capitaliste. Nous annonçons d’ailleurs l’ouverture d’un nouveau bâtiment, permettant d’accueillir une trentaine d’habitant.e.s.

Le Centre Social Autogéré continue, la campagne de réquisition se renforce, rejoignons-nous, organisons-nous.

Tout pour tou.te.s, pouvoir au peuple !

Les habitantes et habitants du 22 Demouilles et des 5 bâtiments encore en vie, des personnes investies dans les activités du Centre Social Autogéré et la campagne de réquisition, 7 octobre 2012


Hébergement d’urgence : « La moitié des places à Toulouse sont aujourd’hui assurées par des squats »

Mardi soir, les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer un bâtiment de la veille sociale de la ville occupé depuis une journée par des militants de la campagne « Zéro enfants à la rue », portée notamment par le CREA. Familles sans logements, militants et travailleurs sociaux dénoncent l’absence de solution de relogement alors que l’ancien siège de l’URSAF abritant une centaine de personnes va probablement être sujet à une expulsion dans les prochains jours.

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Le PAIO evacué par la police mardi soir.

Occupation contre expulsion

Le bras de fer continue à Toulouse entre les pouvoirs publics et les militants du droit au logement. En effet, après l’expulsion des anciens locaux de l’AFPA, les différents collectifs ont répondu par la réquisition de l’ancien siège de l’URSAF rue Demouilles. À son tour, ce nouveau « squat » de 5600 m² inoccupé depuis six ans est aujourd’hui sous le coup d’une procédure d’expulsion. « La préfecture a mis la pression sur l’antenne locale de l’URSAF afin de ne nous laisser aucun répit » expliquent les militants qui déplore cette « répression sans qu’aucune solution ne soit proposées à la centaine d’habitants logeant actuellement rue Demouilles. » Une impasse qu’ils ont souhaité dénoncer mardi en occupant le point d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO), structure d’accueil de la veille sociale de la municipalité.

Des familles et une douzaine de militants se trouvaient donc mardi soir dans ce bâtiment du secteur Patte d’Oie quand une grosse dizaine de camions de police ont bloqué la rue. En quelques minutes, les forces de l’ordre ont procédé à l’expulsion des militants dans une ambiance tendue, les familles ayant quitté les lieux peu avant.  Une réponse qualifiée de « choquante » par certains travailleurs sociaux présents sur place mardi soir : « Notre service public qui est censé aider des familles à la rue n’est pas en mesure de trouver des solutions. Ils ont décidés d’occuper notre service pour interpeller la mairie et la préfecture. La réponse a été une horde de CRS. Résultat, les enfants accueillis dorment donc encore dans la rue. Je suis choqué de voir ces enfants dormir dehors et ne rien pouvoir leur proposer. »

Ces travailleurs du 115 avouent leur impuissance et relativisent l’illégalité des squats : « Certes c’est illégal mais au même titre que de laisser des gens dormir dehors sans leur proposer de solutions. Et lorsque les familles s’entraident et tentent de trouver des solutions par elles-mêmes, l’État les expulse. Je suis dégoutée »

La moitié des places d’hébergement proposée par des squats

Une expulsion demandée par la mairie et que justifie, Claude Touchefeu, adjointe au maire en charge de la solidarité et des politique sociales : « C’est un lieu d’accueil du public qui contient des documents individuels et donc des données personnelles. Je ne pouvais pas laisser une nuit des gens les consulter ou les détruire. » Quant à d’éventuelles discussions, l’élue assure avoir proposé un rendez-vous aux militants que ces derniers auraient refusé. Pour le CREA, l’enjeu était avant tout symbolique : occuper une veille sociale débordée pour dénoncer la probable expulsion du 22 rue Demouilles et de sa centaine d’habitants.

« Nous voulons montrer que l’État continue d’expulser sans proposer de solutions. Les moyens nécessaires au déploiement de ces forces de police auraient permis d’héberger tout le monde ce soir. Ce qu’il faut savoir c’est qu’aujourd’hui, le 115 repond à 140 appels par jour pour une place de disponible » explique Thomas du CREA. « La campagne de réquisition propose maintenant plus de places que l’État. Et selon la veille sociale, à Toulouse, plus de la moitié des places d’accueil sont assumées par les réquisitions. »

L’urgence face à la loi

Cette campagne « illégale » et les revendications qu’elles portent, amène un constat qui trouve néanmoins un écho à la mairie : « Il y a une certaine légitimité dans leur propos. La préfecture doit être en première ligne sur la question de l’hébergement d’urgence » concède Claude Touchefeu « Des groupes de travail sont en place pour proposer plus de places d’accueil cet hiver. Cependant, on ne peut pas légitimer des actions illégales, la justice doit dire le droit. » L’urgence face à la loi. Deux temporalités différentes qui conduisent aujourd’hui à un dialogue de sourds. Car même si les expulsions continuent, on imagine aujourd’hui mal les militants stopper leurs actions de « réquisition ». Des actions ont d’ailleurs été menées mercredi à la mairie, à la préfecture et de nouveau au Paio.

Leur presse (Xavier Lalu, Carré d’info, 4 octobre 2012)


Patte d’Oie. Le Crea dénonce l’expulsion d’un squat

Quelque cinquante personnes, dont des membres du Crea, le collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion, ont occupé toute la journée d’hier les locaux du Paio, le Pôle d’accueil, d’information et d’orientation, situé rue Adolphe Coll. Ils entendaient ainsi dénoncer l’expulsion imminente, décidée par le Tribunal de grande instance de Toulouse, du bâtiment qu’ils ont réquisitionné au 22, rue Demouilles. Le Paio, une structure de Veille sociale de la ville, « a pour mission de proposer une solution d’hébergement à chaque personne qui en fait la demande. Nous sommes ici car aucune solution de relogement ne nous a été proposée par les pouvoirs publics », ont expliqué les membres du Crea.

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Le Crea occupait hier les locaux du Paio.

Cela fait un mois maintenant que près de cent personnes, dont 25 enfants, vivent dans le squat de la rue Demouilles, selon le Crea. Ce sont des travailleurs pauvres, des femmes isolées, des familles, des étudiants et des militants du collectif. « Ces anciens locaux de l’URSSAF sont vides depuis six ans », notaient hier les militants. La vie, racontaient-ils, s’est peu à peu installée dans ce lieu. « On a l’eau, l’électricité, Internet », témoignait ainsi Linda, membre du collectif. « Les familles sont là car elles n’ont pas d’autres choix », déplorait Amine, un autre militant. « Soit le processus d’expulsion est arrêté pour laisser le temps aux habitants de se reloger, soit les pouvoirs publics trouvent des solutions de relogement. Expulser sans solution de relogement est inacceptable surtout à l’approche de l’hiver », ont insisté les militants du Crea qui ont reçu le soutien du collectif Jeudi Noir.

Leur presse (LaDepeche.fr, 3 octobre 2012)


À Toulouse, le CREA demande l’arrêt des expulsions, « plus nombreuses depuis l’arrivée de ce gouvernement que depuis avril 2011 »

Depuis mardi et en attendant un dialogue avec la préfecture le point d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO) à Patte d’Oie est occupé par des membres du CREA et des familles menacées d’expulsion. Ils souhaitent l’arrêt de ces procédures.

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« La préfecture met la pression chaque jour sur les propriétaires. Il y a une menace d’expulsion imminente ou cent personnes vont se retrouver à la rue » confie Fouadito, membre du Collectif pour la Réquisition l’entraide et l’autogestion (CREA). Ils exigent tout bonnement auprès de la préfecture l’arrêt des expulsions. « On expulse des familles dans les campements au bord de la Garonne, celles qui ont réussi à se reloger par elles-mêmes dans des bâtiments aussi. On attend depuis ce matin (mardi) un contact avec la préfecture » déplore Fouadito. Une centaine de personnes, de familles en attendant d’autres dans la soirée se sont retrouvées pour dénoncer cette situation toulousaine. Dans cette campagne de réquisition, deux tranches de familles se distinguent, celles qui n’attendent plus rien de l’État et celles qui veulent encore y croire et espérant un logement. Ces deux populations sont solidaires et travaillent ensemble pour s’en sortir. Fouadito estime qu’il y a « de plus en plus de famille à la rue, la situation ne fait qu’empirer ». « L’accès au logement social est bloqué » déplore le militant.

Réaliser une action politique contre la préfecture

Pour ce membre actif du CREA, il y a deux discours. Celui partagé avec les adhérents de la campagne, « on attend rien de l’État, on sait très bien que les bâtiments sont vides, il suffit de les occuper et ça se passe très bien ». Et il y a les familles, « qui ont été reconnues et à qui l’État doit donner un logement. Elles le revendiquent comme la loi l’en oblige ». Alors que l’hiver arrive et la date de la non expulsion des locataires est proche, le constat est accablant. Depuis un an et demi et le début de la campagne de réquisition, la situation ne fait qu’empirer. « Il y a pleins de promesses adressées aux gens, je n’y crois pas. Il y a eu plus d’expulsions depuis l’entrée de ce gouvernement au pouvoir que depuis avril 2011 » certifie ce membre actif.

Leur presse (Emma Faury, ToulouseInfos.fr, 3 octobre 2012)


Toulouse : un pôle d’accueil occupé par des sans-abris

Le Pôle d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO) est occupé depuis mardi matin par des familles et des militants en charge des sans-abris. Ils dénoncent le manque de logements.

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Familles et militants vont passer la nuit dans les locaux de la PAIO.

Les sans-abris ne savent plus où se loger à Toulouse. Depuis hier, le PAIO (Pôle d’accueil, d’information et d’orientation) dépendant du CCAS et situé dans le quartier Patte d’Oie est occupé illégalement par une quinzaine de familles dépourvues de logement, des membres du CREA (Centre autogéré de Toulouse) ainsi que des militants du mouvement de la campagne de réquisition « 0 personne à la rue ».

« Passer la nuit ici »

« Nous sommes ici car nous risquons de nous faire expulser dès mercredi matin du bâtiment des Urssaf que nous occupons depuis trois semaines et où sont logées une centaine de personnes », clame une militante devant le local du PAIO. Sur le trottoir deux enfants jouent avec des Légo, à l’intérieur un père tente en vain de calmer sa fille de cinq ans assise dans sa poussette. Des banderoles ont été déployées devant l’agence et des matelas installés dans les couloirs. Familles et militants s’apprêtent à passer la nuit ici.

Une place pour soixante appels

« On comprend la situation de ces gens, leur combat est aussi le nôtre », explique une salariée du PAIO rejoint par un collègue travaillant au 115, le numéro d’urgence sociale. « A 14 heures je n’avais qu’une seule place en foyer et aucune pour des familles alors que j’ai reçu une soixantaine d’appels », ajoute la salariée du PAIO. Lundi, les personnes répondant au 115 ont dû refuser 170 demandes. « Ce qui est inquiétant ce sont toutes ces expulsions avant l’hiver, c’est brutal d’autant qu’il n’y a pas de solution d’accompagnement », commente l’interlocuteur chargé du numéro d’urgence sociale.

Leur presse (MetroFrance.com, 2 octobre 2012)

Publié dans Logement, Luttes du logement | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Toulouse] Expulsion du 22 rue Demouilles en cours

[Révolution tunisienne] Le gouverneur de Sidi Bouzid dégagé

Tirs de sommation contre des manifestants, gaz lacrymogènes, tensions sociales, grèves, sit-in, et un gouverneur et son délégué contraints de décamper… À Sidi Bouzid, la tension est à son comble !

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VOIR LA VIDÉO

Depuis un certain temps déjà, Sidi Bouzid vit au rythme des grèves et sit-in en tout genres. Vendredi 5 octobre, la tension est montée d’un cran.

En effet, la police a été acculée à tirer des balles en caoutchouc et utiliser du gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants qui réclamaient le départ du gouverneur accusé d’ »incompétence ».

Certains manifestants ont bien tenté d’envahir les locaux du gouvernorat, mais les forces de l’ordre se sont interposées pour disperser les protestataires surveillés par un dispositif important de la police et de l’armée.

Le gouverneur a été ensuite évacué de son bureau par la police après des négociations entre les manifestants et l’armée.

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La veille, c’est le délégué de Sidi Bouzid ville-Ouest qui avait été contraint à quitter son bureau sous escorte militaire.

Les tensions sociales sont grandissantes et plusieurs manifestations contre la pauvreté, des coupures d’eau et des retards de salaires sont apparues ces dernières semaines, notamment à Sidi Bouzid.

Depuis le début du mois en cours, les manifestations se sont multipliées notamment pour protester contre l’arrestation de manifestants arrêtés à Menzel Bouzaïane et à El Omrane et pour exiger leur libération.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 5 octobre 2012)


L’idée de faire un comité auto-organisé pour la gestion de la ville [par] la société civile à Sidi Bouzid suite au dégagement du gouverneur aujourd’hui 05-10-2012 me paraît assez importante et assez révolutionnaire mais il faut être solides et solidaires au sujet du savoir-faire…

Témoignage d’un habitant de la région (sur Facebook, 5 octobre 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , | Un commentaire

[Désintégration] La mairie de Bordeaux travaille

Roms à Bordeaux : le courant rétabli … sous conditions

Après une coupure qui a fait sortir 200 Roms dans la rue vendredi soir, l’électricité a été rétablie hier dans le squat de l’avenue Thiers. Sous conditions.

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L’électricité a été rétablie hier dans le squat.

L’électricité a été rétablie hier après-midi au squat du 150 de l’avenue Thiers à Bordeaux. Pas parce que la veille 200 Roms, qui en avaient été privé, ont envahi le trottoir, la chaussée et les voies du tramway et gêné la circulation, mais parce que la sanction a tout de suite été imaginée comme provisoire par la mairie de Bordeaux qui est à l’origine de la coupure de courant.

Depuis vendredi soir, les commentaires vont bon train et les points de vue se crispent entre ceux qui jugent indigne qu’on prive ainsi des gens installés dans la précarité d’un confort élémentaire et ceux qui s’indignent que la mairie règle les factures d’électricité de personnes sans titre de séjour.

Mais pour comprendre ce qui s’est passé vendredi, il faut revenir sur le sort réservé aux 600 à 800 Roms recensés dans la CUB. 567, dont 141 enfants, sont répartis dans neuf squats à Bordeaux. Parce que le débat ne se résume peut-être pas à « régulariser ou démanteler », parce que la réalité humaine est souvent plus complexe, un pacte et un pari républicain lient en quelque sorte les élus de l’agglomération bordelaise.

« Un contrat moral »

« Notre ligne de conduite c’est la résorption des squats par l’intégration », résume Alexandra Siarri, adjointe au maire de Bordeaux, chargée de la lutte contre les précarités. Avec quelques résultats, notamment dans les domaines de la scolarisation des enfants, de l’apprentissage du français. Après deux ans de Mous (Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale), initiée par la préfecture de la Gironde, la municipalité a intensifié, grâce à deux médiateurs, son travail de terrain au contact des populations migrantes.

« Le but est de connaître ces gens », détaille Alexandra Siarri, « de favoriser des conditions de vie acceptables pour permettre une meilleure intégration et d’être aussi à l’écoute des riverains tant il est dur, notamment en terme de nuisances sonores, de vivre à côté d’un squat comme celui de l’avenue Thiers ».

Dès 2007, la mairie a fourni l’eau. Et l’électricité depuis un an. « Sur la base d’un contrat moral, pour bien montrer que ce n’est pas un dû », précise l’élue. Le courant est passé dans un premier temps. Des règles de vie et de ville ont été établies et acceptées. L’électricité gratuite contre le respect de ces dernières.

Si certains jouent le jeu, se laissent accompagner, d’autres « font n’importe quoi, vendent de l’alcool, mettent la musique à fond en permanence, jettent par terre les déchets qui s’amoncellent alors que des conteneurs ont été mis à disposition, trafiquent la ferraille », dénonce Alexandra Siarri. « Ces graves troubles à la tranquillité et l’ordre public ne sont plus acceptables ».

D’où la solution de la coupure d’électricité pendant moins de vingt-quatre heures. Contestée par les fauteurs de trouble qui ont poussé tout le camp à descendre dans la rue. Comprise par d’autres, plus discrets, qui regrettent cependant de devoir pâtir du comportement d’autres, comme ce jeune homme rencontré hier sur place au milieu des siens.

Lui qui achète ses sacs poubelles et les remplit, organise des tournées de nettoyage du camp, travaille dès qu’il le peut, se désole que des rats et les maladies qu’ils véhiculent soient aux bords du camp et que certains se moquent de la salubrité des lieux. « L’électricité on en a besoin. Pour s’éclairer, garder les courses, regarder la télévision, se chauffer. On ne veut pas vivre toute notre vie ici mais ça aide à en sortir ».

Presse insalubre (Florence Moreau, SudOuest.fr, 7 octobre 2012)


Bordeaux : 200 Roms bloquent les voies

Ils sont descendus dans la rue pour protester contre une soudaine coupure d’eau et d’électricité.

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Les manifestants ont envahi la chaussée et les voies du tram. Ils ont été repoussés sur le trottoir par les policiers.

« Electric ! electric ! electric ! » Armés de ce seul slogan scandé à tue-tête, quelque 200 Roms sont descendus dans la rue, hier devant leur squat du 150 avenue Thiers à Bordeaux. À la tombée de la nuit, l’électricité et l’eau ont en effet été coupées dans l’incompréhension générale, privant les habitants d’un précieux courant et de l’eau courante. « La facture n’était pas payée », explique un des policiers appelés pour contenir la foule.

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Car les manifestants, d’abord sur le trottoir, ont envahi la chaussée puis les voies du tramway. La circulation des voitures et des rames de la ligne A a été entravée et ralentie, voire bloquée, pendant près d’une heure, le temps que des renforts policiers arrivent et repoussent — aussi pour leur sécurité — les Roms en colère. « Nous ne comprenons pas, soupire un des Roms. Nous avons le droit être ici, la mairie a donné son accord. » Ce n’est pas la première fois que l’électricité est ainsi coupée puis rétablie au bout de quelques jours. Certains parlent de représailles, de punition à cause de nuisances, notamment sonores, occasionnées par leur présence et dénoncées par des riverains. D’autres font valoir les difficultés d’un quotidien sans électricité. « La nourriture va pourrir, pas d’eau chaude pour les enfants et pour le biberon », résume une mère tenant un bébé dans ses bras au milieu de la rue. Reste que le mouvement d’humeur a été remarqué. De nombreux passants, usagers du tramway ou cyclistes ont cherché à en savoir plus, donnant au passage leur avis sur la méthode employée.

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Presse insalubre (Florence Moreau, SudOuest.fr, 6 octobre 2012)

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Rodéo tragique à Versailles : un mort

Versailles : un cadre de Schlumberger décède après un accident avec une Lamborghini

Une des deux personnes gravement blessées dans l’accident d’une Lamborghini vendredi sur un circuit automobile de Versailles, est finalement décédée, selon une source proche du dossier.

La victime, morte le jour même, est « un cadre de l’entreprise Schlumberger âgé de 62 ans », a annoncé cette source.

L’autre personne blessée, qui était au volant du véhicule au moment de l’accident, est un employé de l’entreprise SportDrive, âgé de 38 ans.

Le véhicule roulait à plus de 250km/h

Spécialisée dans les stages de conduite et les baptêmes de vitesse, cette entreprise avait été chargée par la multinationale Schlumberger d’animer un « stage de cohésion du personnel » au cours duquel a eu lieu le drame.

Selon la police, le véhicule en cause roulait « à une vitesse supérieure à 250 km/h » quand « il a quitté la piste, faisant plusieurs tonneaux ».

Une expertise du véhicule doit déterminer les causes exactes de l’accident. L’enquête pourraient prendre plusieurs semaines, selon la police.

Leur presse (LeParisien.fr, 7 octobre 2012)

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[En attendant la destruction des prisons] « Les fouilles doivent être justifiées par la présomption d’une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l’établissement »

Bourg-en-Bresse : fouilles suspendues aux parloirs de la prison

Le Conseil d’État a suspendu les mesures de fouilles à l’issue des parloirs « famille » de la prison de Bourg-en-Bresse, quand bien même celles-ci ne sont pas systématiques, estimant que cette pratique ne reposait pas sur des critères de sécurité.

Dans une décision du 26 septembre, la haute juridiction administrative rappelle au centre pénitentiaire de l’Ain qu’aux termes de la loi pénitentiaire de 2009, « les fouilles doivent être justifiées par la présomption d’une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l’établissement ».

Or une note de mars 2012 de la direction de la prison institue une fouille par palpation ou une fouille à nu d’un certain nombre de détenus, choisis par hasard selon une rotation définie, à leur sortie des parloirs « famille ». Un tel régime revient à « une fouille intégrale en moyenne une fois sur deux », écrivent les juges.

D’après l’Observatoire international des prisons (OIP), cette pratique avait été instituée afin de se substituer au régime de fouilles systématiques précédemment en vigueur à Bourg-en-Bresse et dont l’exécution avait été suspendue par la justice.

Mais le Conseil d’État considère qu’un rythme de fouilles aléatoire n’est pas plus satisfaisant en ce qu’il ne prévoit pas non plus la possibilité de « moduler l’application à un détenu du régime de fouilles intégrales (…) en tenant compte de sa personnalité et de son comportement en détention, ainsi que de la fréquence de sa fréquentation des parloirs », comme le demande la loi pénitentiaire.

L’OIP a déploré récemment que la pratique des fouilles à nu systématiques perdurait dans certaines prisons en dépit de décisions de justice leur ordonnant d’y renoncer. « La particularité de Bourg-en-Bresse était d’avoir formalisé dans une note la nouvelle donne imposée par la justice, ce qui nous a permis de dire que la situation n’était pas encore satisfaisante, mais souvent, nous avons beaucoup de mal à vérifier comment les établissements ont modifié leurs pratiques » précise Nicolas Ferran, responsable juridique de l’OIP.

Presse carcérale (LeProgres.fr, 5 octobre 2012)

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[Le Russey, 25] Une salle de catéchisme vandalisée : des tags et une statue de la sainte-vierge explosée – 2 octobre 2012

Dégradations dans une salle de catéchisme au Russey

Une sainte vierge brisée. Des inscriptions au sol. La découverte a été faite mardi soir.

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Des inscriptions « peace and love » et « fuck the christ » ont été retrouvées sur le plancher. Ainsi que « I love Yessur » soit « I love Russey » en language verlan.

Les gendarmes de Morteau se sont rendus sur place ce matin. Un technicien en investigation criminelle a procédé aux relevés de traces. La gendarmerie privilégie la piste d’un acte de délinquance local. Les faits pourraient remonter au weekend dernier. Cette salle n’est pas fermée à clé. Il n’y a donc pas eu effraction.

La découverte de ces dégradations a été faite par les membres de la chorale « chœur d’espoir ».

La salle appartient à l’association des amis de l’école privée. Une plainte devrait être déposée.

Leur presse (France 3 Franche-Comté, 5 octobre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Toutes ces personnes qui se sont approprié le bien des plus faibles l’ont payé sévèrement, exemple ce qui s’est passé dernièrement en Tunisie en Égypte les peuples se sont soulevés face à leurs bourreaux personne n’y échappe tout se paye »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[27 décembre 2011]
Partie dédicacée aux faux oufs de cité les adeptes de la hagra (profiter sur plus faible que soi)

« Si tu es un lâche un hagar tu tomberas sur plus lâche et plus hagar que toi » la hagar ne paye pas à la longue, te faire une répute en humiliant en rackettant tôt ou tard tu tomberas de ton escabeau tu finiras dans un trou creusé par la vendetta où ont fini tous les adeptes de cette discipline ceux qui ont construit leur empire en traumatisant finiront traumatisés à leur tour personne court plus vite que les balles de la colère d’un p’tit frère vengeant son aîné, beaucoup de faux oufs qui n’ont de ouf que leur casquette à l’envers, toutes ces personnes qui se sont approprié le bien des plus faibles l’ont payé sévèrement, exemple ce qui s’est passé dernièrement en Tunisie en Égypte les peuples se sont soulevés face à leurs bourreaux personne n’y échappe tout se paye avec mon expérience de la rue c’est formel je dirais que en cité c’est plus radical personne je dis bien personne est à l’abri du retour de flamme d’une rafale de la légitime défense.

TOUT CE QUE TU DIS OU TU FAIS SERA RETENU CONTRE TOI LORS DE LA VENGEANCE.

La lâcheté de certains lâches n’a plus de limite il vont même jusqu’à tendre des guet-apens à des filles qui ont refusé de se soumettre à leurs exigences et les tabasser à plusieurs triste réalité de la banlieue sale sans foi ni loi.

Je ne suis pas parfait mais mes valeurs et mes principes m’habitent j’ai toujours été au charbon jamais pris un euro à qui que ce soit.

DONC CHUUUUUTTTTTT FAITES MOINS DE BRUIT UN CONSEIL

Vous êtes les seuls à croire en votre folie imaginaire mais je vous garantis que une pluie de rafales ramène à la raison même le plus détraqué d’entre nous arrêtez de faire du bruit et [de vous] prendre pour les best des best la rue ses rasoirs y a plus d’âge l’âge du crime ou du meurtre n’est écrit sur aucun bouquin, ton passé te rattrapera où que tu sois et tu finiras criblé de balles même si tu es en pleine rue accompagné de ta daronne tu respectes personne donc on en f’ra de même.

Je ne fais pas la morale loin de là mais ça me rend ouf de voir certaines baltringues qui ont connu les armes en 2012 jouer les Tony Montana des fausses kaïra se font passer pour des fous malades alors que à la première étincelle partent en courant et je parle en connaissance de cause.

CE TEXTE COMME LA PLUPART DE MES TEXTES JE LES ÉCRIS SANS MÂCHER MES MOTS… SI TU TE RECONNAIS C’EST VOLONTAIRE JE PARLE DE TOI OU DES ADEPTES DE LA HAGRA LE CHRONO EST DÉCLENCHÉ BIENTÔT VOUS TOMBEREZ DE VOTRE PIÉDESTAL.

« POUR FAIRE LA GUERRE FAUT ÊTRE PRÊT À PERDRE ».

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « La hess est une maladie contagieuse bizarrement répandue chez les pauvres LOL »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[25 décembre 2011]
Partie non répertoriée LOLLLLL

« Les visages disparaissent, mais les noms restent »

Combien de générations s’y sont succédé s’y sont fracassées, hier on était considérés comme des petits et aujourd’hui comme des anciens pourtant on n’a pas changé c’est juste le sablier du temps qui s’est vidé, le temps a passé chaque rue chaque mur de la tess abrite une histoire un souvenir digne des meilleurs films d’action de Spike Lee, sous chaque pierre tu peux trouver l’ADN de ceux qui nous ont précédés sur le bitume, des noms plus ou moins célèbres sont restés certains sont devenus des légendes vivantes ou mortes à cause de leur vie à cent à l’heure beaucoup y ont laissé des plumes sur l’autoroute du respect des pages se tournent les générations changent mais c’est toujours le même refrain les pages se ressemblent comme deux gouttes d’eau, pas besoin d’être médium ou voyant pour prédire avec succès le parcours de ces futurs ados ils succéderont à leurs aînés et rempliront les cours de promenade certains par chance passeront à travers les gouttes de ce rouage je les appellerais les miraculés les épargnés de la rue c’est triste mais c’est la pure réalité.

J’ai même pas assez de doigts pour compter les corps ensevelis dans la tess beaucoup sont morts pour des broutilles à la quête d’une respectabilité, la rue a tout vu tout entendu mais elle ne dit rien, ils ont beau enchaîner les couches de peinture deux-trois arbustes changer les noms des rues éternellement ça ne changera en aucun cas la vie de ses habitants, t’as beau partir quinze ans de la cité à ton retour tu retrouveras les mêmes bruits de bécane les mêmes odeurs de canon scié les mêmes histoires de guerre fratricide sans fin c’est juste les personnages qui auront changé, les mêmes daronnes qui pleurent en décrochant le téléphone à l’annonce d’un drame qui plongera une de nos mères dans un chagrin infini et ça fait plus de trente ans que ça dure les murs s’épaississent la marge de manœuvre de ses habitants devient étroite les gouvernements se succéderont et se succèdent et nous réservent la même soupe ils resserrent et ferment le robinet de cette France d’en bas, on a bon dos, la précarité le chômage et l’insécurité à les entendre nous en sommes la cause si je devais écrire un hymne au nom des banlieusards des prolétaires des oubliés ça commencerait par ça :

« À NOS ENFANTS DES TAUDIS NOTRE JOUR DE GLOIRE NOUS A ÉTÉ VOLÉ, STOPPONS NOTRE INERTIE POUR ENFIN SORTIR DE LA ZERMI ».

La prison, la mort, la violence, l’injustice ce sont là des mots crus durs je les ai choisis volontairement c’est c’qui à l’heure d’aujourd’hui à mes yeux décrit l’endroit où j’ai grandi j’aurais pu choisir joie, partage, mélange et espoir ça représente aussi là où j’ai grandi mais volontairement j’appuie là où ça fait mal on change pas les choses avec des bouquets de roses.

L’ENFER EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS LOL.

POURQUOI MA PLUME EST SI SÉVÈRE ?

POURQUOI MA PLUME EST SOUVENT PESSIMISTE ?

Je fais un simple constat du monde qui m’entoure 80 % des jeunes de cité sont au chômage et tapent des allers-retours en prison la même trajectoire pour la plupart. Comment stopper cette hémorragie ? Nos murs saignent et les pansements ne suffisent plus la plaie est trop ouverte trop restée longtemps sans soins, faut amputer pour éviter la gangrène générationnelle.

Je ne suis pas historien ni sociologue mais des pieds jusqu’au cou je vis cette tragédie en direct donc je dénonce :

LA RUE A ÉTÉ TÉMOIN ET A VU PASSER SE SUCCÉDER PLUSIEURS GÉNÉRATIONS DES FAMILLES ENDETTÉES SURVIVENT EN SILENCE SANS SE PLAINDRE ET ÇA NOS DIRIGEANTS S’EN FOUTENT ILS PRÉFÈRENT INVESTIR SUR DES FLASHBALLS ET SUPPRIMER DES ENSEIGNANTS, À L’ALLURE À LAQUELLE LA SITUATION SE DÉGRADE ON N’A PAS FINI D’EN VOIR DES FLASHBALLS, LA HESS EST UNE MALADIE CONTAGIEUSE BIZARREMENT RÉPANDUE CHEZ LES PAUVRES LOL.

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Requiem pour les Medef

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Chabane’s Records – 2012

01 – Anonyma – Tarentella
02 – Nunc Est Bibendum – Dit Aie Oai
03 – Emma Pils – R.E.V.O.L.T
04 – Deume – Vuelo Al Nido De Cucu  (Vol au d’ssus d’un nid d’coucou)
05 – Organised Confusion – Redskin et chef d’entreprise
06 – Travelling In Balochistan – Quelle est ton empreinte écologique?
07 – Nippercreep –  Le Mur
08 – Captain Koharski – Garage Punk
09 – Les Chiens – Société aliénée
10 – Winston Smith featuring Kalachnikov – Torture blanche
11 – Dreddup – L’idéologie du choix
12 – Les Affektés – Gentil Berry
13 – The Naked Inside – Busherie
14 – Arbeit In Fessenheim – Chanson contestataire
15 – Scriptura – Viens sur la scène
16 – Undazylium – Tierreich

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[La Rochelle] Unissons-nous pour lutter contre toutes les expulsions

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Nous sommes un petit groupe de gens vivant à la Rochelle depuis quelques années et nous voulons y rester, quitte à squatter. 3000 logements sont vides dans cette ville selon les chiffres 2008 de l’INSEE. Alors comme nous ne voulons ni être à la rue ni payer la peau du cul pour une cage à lapin, nous avons décidé d’habiter les maisons vides des autres. Nous avons d’abord occupé une belle maison appartenant à une filiale d’EDF. Nous en avons été expulsés il y a quelques jours. Aussitôt, nous avons choisi de squatter une immense baraque bourgeoise avec un grand jardin. Comme il y en a des tonnes à la Rochelle. Nous avons ramené nos meubles, commencé à nettoyer le jardin et à retaper la baraque. Et là, un huissier débarque pour nous remettre une convocation au tribunal. Toujours essayer de nous virer le plus rapidement possible, ne pas laisser entendre aux gens que c’est possible.

Expulsions de squatteurs ou de locataires, peu importe. Nous sommes tous dans la même galère. Pour garder un toit sur nos têtes, il faut payer. Soit on paye, soit on dégage. La rue nous guette tous. Squatter, nous savons le faire. Et nous invitons chaque mal-logé, chaque SDF, chaque personne qui en a envie à faire de même. Quelques guides pratiques existent sur Internet (consulter notamment le site squat.net). Ouvrir un squat est facile. Ne pas se faire expulser est plus difficile.

Pour résister aux expulsions, nous devons être plus forts que les propriétaires et leurs alliés, huissiers, juges et flics. Il faut nous organiser ensemble, directement, pour établir un véritable rapport de force et leur résister moralement, juridiquement et physiquement.

Nous vous invitons donc :

• À nous soutenir et nous rencontrer lors de notre procès, lundi 8 octobre, à partir de 9 heures, devant le Tribunal d’Instance, Rue de Jéricho (Bel Air).

• À venir renforcer l’occupation de la maison située au 204 avenue Carnot (La Rossignolette), dès la fin du procès (prévoir un duvet).

• À participer à une réunion-rencontre contre toutes les formes d’expulsions, mercredi 10 octobre à partir de 18 heures, toujours au 204 avenue Carnot.

Des squatteurs de la Rochelle

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 5 octobre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « L’on ne naît pas mauvais on le devient »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[23 décembre 2011]
Partie non classée

LE MAKING-OF DE MA VIE

Je suis né un 15 janvier début des années 80 là où la naissance d’un garçon est fêtée comme un mariage, je suis le premier garçon de ma chère mère famille déjà composée à l’époque de trois sœurs aînées, ma mère seule élève ses quatre enfants sous le temps caniculaire du Sahara père parti en exil en Europe rêvant de revenir en conquérant la réussite tarde à pointer le bout de son nez bloqué dans les rouages de la France il implore à ma mère de venir le rejoindre à Babylone, ma chère mère attachée à ses traditions sa culture et ses valeurs africaines refuse dans un premier temps puis finit par céder.

C’est donc comme ça que fin 1981 à Orly ma mère et moi atterrissons, je ne savais même pas encore parler mais moi et maman on se comprenait, à l’aide d’un pagne qu’elle accroche autour de sa taille elle me porte dans son dos comme elle porte ses valeurs. Je ressentais la chaleur de son cœur loin des siens c’était pour elle un déchirement sans précédent ma mère est une mama à l’ancienne trente ans qu’elle est en France mais ne parle pas un mot [de] français mais bizarrement elle comprend tout ce que je dis LOL.

On fut accueillis par la neige et le froid de l’Occident, ça me changeait de mes premiers pas sur le sable chaud de mon village natal. Pas le temps de souffler on atterrit du côté de la banlieue ouest de Paris 78 dans un petit patelin (Maule) je n’avais plus aucun repère ma mère était mon seul repère dans ce pays où on était montrés du doigt pourtant on était venus en paix mais on était vus comme ennemis gratteurs d’allocations familiales LOL, pas grave ma mère ne bronche pas elle prend sur elle sans rancune elle nous inculque les valeurs du mélange du partage et de l’islam. 1984 ma famille emménage dans la célèbre cité-dortoir du Val-Fourré plus tard je comprendrai qu’on s’est fourrés dans la merde en venant à Mantes-la-Jolie.

ON DIT QUI SE RESSEMBLE S’ASSEMBLE.

Donc c’est la formule [pour] laquelle mes parents ont opté, à Mantes les prolétaires les immigrés étaient en masse ça nous rassurait dans notre intégration LOL on se sentait un peu au bled chaque hall d’entrée une saveur différente devant chaque porte tu avais l’impression de voyager dans les pays d’Afrique et du Maghreb.

C’ÉTAIT LE BLED MAIS EN FRANCE LOOOOL.

Comme si le nombre allait atténuer notre mal-être, j’étais de là-bas mais je vivais ici, l’eldorado était qu’un mirage une usurpation de faux espoirs alors que nos parents ont contribué pleinement à la reconstruction de la douce France et pour les remercier ils les traitent comme des incrusteurs des gratteurs le mec qui s’invite à une table qui n’est pas convié.

« Je savais que la vie était une chienne mais c’est garanti y en a qui la prostituent ».

Ado je me cherchais le cul entre deux chaises déraciné très tôt de l’Afrique me voilà à Babylone j’étais plus tout à fait Africain diront certains blédards et encore moins Français nous dira volontiers Marine Le Pen et beaucoup d’autres. Je savais pourtant d’où je venais mais pas encore où j’allais l’école de la République ne me facilite pas la tâche car dans mes cours d’histoire aucune trace de mes semblables pourtant j’étais attentif, les seul renois que j’ai vus étaient enchaînés dans le fond d’une cale d’un bateau, comme si ils niaient notre existence à nous fils d’immigrés.

Adolescence turbulente passée à contester à crier mon désaccord sur leur négation de considération envers nous, donc un profond mal-être m’a envahi, influencé par certains films chauds bouillants j’ai fêté mes 18 ans en braquant un supermarché de ma ville, pourtant chez moi j’étais posé timide face à l’autorité d’un père juste mais sévère. Je rêvais d’échapper à ce destin qu’ils avaient écrit pour nous à l’encre rouge, j’étais prêt à me sacrifier pour les miens donc je me suis juré de me battre jusqu’à c’qu’ils me respectent.

« JE NIQUERAI LE HELLA JUSQU’À QU’IL NOUS CONSIDÈRE ».

JE VOUS AI ÉCRIT CE TEXTE EN FORME DE MAKING-OF POUR VOUS MONTRER QUE L’ON NE NAÎT PAS MAUVAIS ON LE DEVIENT.

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[Une caisse de solidarité, frangine des Kaliméros a été créée en Dordogne] « La Belle .°. »

Concert VARLIN ZEPPO PARANORMAL PLACARD en Dordogne

Salut,

Nous envoyons un mail concernant une journée/soirée sur l’anticarcéral, le fichage, l’enfermement qui se déroulera le 6 octobre à la ferme collective de Beauchamps (près de Montpeyroux) en Dordogne. En effet deux procès pour refus de fichage adn se « préparent ».

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Une caisse de solidarité, frangine des Kaliméros a été créée en Dordogne « la Belle .°. »

En pièce(s) jointe(s), l’affiche et le flyer.

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Salutations anarchistes

Reçu le 28 septembre 2012

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[Vive la grève sauvage !] 10, 100, 1000 Marikana

Afrique du Sud : un mort dans des affrontements entre mineurs grévistes et policiers

Le mouvement social qui gagne depuis l’été de nombreuses mines sud-africaines connaît une nouvelle victime. Un homme a été tué jeudi soir dans des affrontements entre la police et les employés en grève d’un site d’extraction du groupe Amplats, numéro un mondial du platine et filiale du géant anglo-sud-africain Anglo American.

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Lors d’une manifestation des employés d’une autre mine, Lonmin Platinum, également près de Rustenburg, en Afrique du Sud, le 10 septembre.

« Les flics ont tiré sur beaucoup de gens, une personne est morte », a indiqué un représentant des grévistes, Gaddhafi Mdoda, confirmant une information donnée par deux radios. « Nous avons reçu des témoignages. Pour l’instant, nous essayons de voir si nous pouvons retrouver le corps, mais nous n’avons pas de rapport de police » faisant formellement état d’un décès, a indiqué un porte-parole de la police. « La situation est tendue, tout peut arriver », a-t-il ajouté.

Le représentant des grévistes soutient que les policiers « tiraient à balles réelles ». La police soutient en revanche que seules des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser un rassemblement illégal sur une colline près du site d’Amplats, près de Rustenburg (nord-ouest de Johannesburg), un des principaux bassins miniers du pays.

Selon la radio Eyewitness News, près de 2000 mineurs avaient pris part à des rassemblements informels à proximité des mines puis au défilé dans les rues de la ville. Les manifestants avaient bloqué les routes avec des rochers et des pneus enflammés.

34 MINEURS TUÉS EN AOÛT

Le secteur minier, vital pour l’économie sud-africaine, subit des grèves en série qui ont déjà impliqué environ 80’000 mineurs, selon des experts. Depuis le 12 septembre, des grèves sauvages bloquent tous les puits du bassin de Rustenburg où le groupe Amplats emploie 28’000 personnes. Les grévistes réclament une forte augmentation de salaire jusqu’à 16’000 rands mensuels (1450 euros).

En début de semaine, les violences ont fait cinq morts selon le syndicat national des mineurs NUM. Dans le même temps, les arrêts de travail sauvages se sont étendus à deux puits exploités dans la province voisine du Limpopo (Union Mine et Bokoni).

Les grèves sauvages pour obtenir des augmentations de salaires, accompagnées de violences, paralysent une bonne partie du secteur minier sud-africain depuis la mi-août. Le mouvement a été exacerbé par la fusillade de Marikana, lorsque la police a abattu 34 mineurs en grève le 16 août sur un site de platine exploité par Lonmin.

Dans ce groupe, les mineurs et leur direction sont finalement parvenus à un accord salarial, qui a mis fin à un conflit de six semaines ayant provoqué la mort de 46 personnes au total.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 5 octobre 2012)


Contre l’avis de la bureaucratie syndicale, les grèves en Afrique du Sud font tâche d’huile

Les grèves qui affectent la production de platine et d’or en Afrique du Sud s’enveniment. Elles touchent désormais les mines à ciel ouvert de minerai de fer, de charbon et de diamants.

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Travailleurs en grève des mines Gold Field

À mi-août, juste après le massacre de Marikana, tant les experts du mouvement social en Afrique du Sud que les dirigeants des compagnies aurifères niaient la possibilité d’une extension des grèves en dehors des mines de platine. Aujourd’hui, non seulement plus de la moitié des mines d’or du pays sont arrêtées par des grèves, mais le mouvement a débordé vers les mines de charbon, de fer et même de diamants. Le premier constructeur automobile local, Toyota, a lui aussi été touché par des débrayages d’ouvriers réclamant de fortes augmentations de salaire. Sans oublier une grève massive des camionneurs qui commence à peser sur l’économie sud-africaine.

Dans le platine, le plus important producteur mondial, Amplats, a beau menacer de sanctions sévères les grévistes, quatre de ses cinq mines situées dans la région de Rustenburg sont stoppées. Une grève non protégée touche également sa mine d’Union Platinum, dans une autre région, le Bushveld, et ce sont près de la moitié de ses 58’000 salariés qui ont posé les outils. La direction du groupe a qualifié la revendication d’un salaire de 16’000 rands d’« irrationnelle et n’entrant dans aucune forme de négociations collectives ». Le numéro deux du secteur, Impala Platinum, qui avait craqué sous la pression d’une grève de six semaines en début d’année, accordant des augmentations en dehors de la convention collective avec le syndicat, vient de nouveau d’accepter de nouvelles hausses de salaires qui ajouteront 4,8% à sa masse salariale.

Une seule grande compagnie aurifère était jusqu’à présent préservée de la vague de grève. À son tour Harmony Gold subit un arrêt de travail des 5400 mineurs de son site de Kusalethu. Le directeur général du groupe, Graham Briggs, a demandé aux grévistes de respecter les accords signés. Grève également à la mine de Ezulwini, appartenant à Gold One. Gold Fields a tenté d’utiliser la manière forte contre ses 24’000 travailleurs en grève sur deux sites, Beatrix et KDC. Il a fait expulser 2000 travailleurs de leurs baraquements qui lui appartiennent, avant de revenir le lendemain sur sa décision « à condition que les mineurs abandonnent leurs armes ». La plus importante compagnie aurifère, Anglo Gold Ashanti, perd actuellement 32’000 onces d’or par semaine en raison d’une grève suivie par 24’000 de ses 35’000 salariés. Son directeur exécutif, Mark Cutifani, a menacé de fermer les mines les moins rentables, affirmant que des hausses de salaires se traduiraient par une réduction de l’emploi dans les mines. Des sociétés plus petites comme la mine de Blyvooruitzicht, avec 4500 salariés, contrôlée par Village Main Reef, sont également touchées par le mouvement.

Le mouvement revendicatif s’est étendu à d’autre secteurs, le charbon, le minerai de fer, le chrome et le diamant. Kumba, la filiale minerai de fer d’Anglo American, se croyait à l’abri après avoir versé une prime de résultat de 345’000 rands (41’200 dollars) à 6200 de ses salariés ayant cinq ans d’ancienneté. Il y a pourtant eu 300 travailleurs de sa mine à ciel ouvert de Sishen – sur un total de 4400, plus 3800 travaillant pour la sous-traitance – pour débrayer, exigeant un salaire minimum de 12’500 rands. Alors que le syndicat NUM affirmait que la grève qui avait arrêté la mine de Mooinooi était réglée, elle s’est étendue à une autre mine, Kroondal, appartenant également au géant du ferrochrome, Samancor. Ils veulent également obtenir un salaire minium de 12’500 rands, plus diverses primes. Remontés contre le syndicat, les grévistes ont solennellement brulé leurs teeshirts rouges du NUM.

Dans le charbon, deux mines sont en grève, Somkhele, appartenant au groupe Petmin et Mooiplaats, contrôlé par le groupe australien Coal of Africa. Dans le site historique du diamant, Kimberley, c’est le producteur Petra Diamonds, qui est touché. Les grévistes ne veulent pas moins qu’un salaire de 21’500 rands, soit 2580 dollars, alors que le salaire de début n’est que de 6000 rands.

La contagion a même touché une usine Toyota à Durban, où les travailleurs demandent une augmentation de 3,22 rands de l’heure. La grève a éclaté après qu’une augmentation importante ait été offerte aux chefs d’équipe. « L’effet Marikana pose problème car les gens ne comprennent pas que chaque circonstance est différente », a déclaré le secrétaire local du syndicat de la métallurgie.

Les entreprises minières doivent aider le syndicat NUM

S’il n’est pas question de rouvrir des négociations salariales, comme l’a martelé la direction de Gold Fields, le dirigeant du syndicat NUM, Frans Baleni, a suggéré un moyen de contourner ce dilemme. Le syndicat est en effet autant attaché au processus de négociation collective centralisé que les dirigeants des entreprises. L’accord en cours, qui court jusqu’à juin 2013, inclut une clause permettant de réévaluer les qualifications des travailleurs. Il suffirait d’éliminer les plus basses qualifications et de changer de catégories des fonctions comme celle de piqueur – ceux qui ont démarré les grèves d’Implats et de Lonmin –, pour répondre, au moins partiellement, aux revendications salariales des grévistes.

Un quart de siècle après la grande grève de 1987, pendant laquelle 360’000 travailleurs des mines avaient suivi l’appel du syndicat NUM, la situation est bien différente aujourd’hui. Cette fois-ci, la Chambre des mines et le syndicat sont associés pour mettre fin à un mouvement que ce dernier n’a pas été capable de prévenir. Pour regagner l’influence perdue sur les mineurs, le NUM doit obtenir des concessions des compagnies minières en termes de salaires. Son secrétaire général rejette la faute sur Implats, coupable à ses yeux d’avoir accordé des augmentations sans l’avoir consulté, en dehors des circuits officiels. S’il concède que de trop importantes augmentations de salaires nuisent à l’emploi, il cherche à convaincre Chambre des mines qu’il est indispensable pour encadrer un mouvement qui lui échappe. Encore faut-il qu’il obtienne des concessions pour restaurer sa crédibilité devant les mineurs.

Presse esclavagiste (L’Usine Nouvelle, 4 octobre 2012) via Solidarité ouvrière


Chief ducks striking post office workers

NEWLY appointed chief executive of the SA Post Office group, Chris Hlekane has had his first week on the job soursed by a warning from striking workers that they would employ « Marikana tactics » to get their wage demands met.

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STRIKE starts AT ORMONDE: Post Office employees picketed outside the entrance of the parastatal’s headquarters in Centurion on Tuesday, but CEO Chris Hlekane avoided them and called the police.

Sapo temporary workers on Tuesday picketed outside the entrance of the parastatal’s headquarters in Centurion, demanding to see Hlekane over the nonpayment of wages for September.

Instead of Hlekane coming out to meet the workers, Sapo called in the police to keep the workers at bay. The strike continued yesterday.

This happened as permanent workers grew disgruntled, accusing management of being lax in resuming wage negotiations with the unions.

The parastatal has missed last month’s deadline for the conclusion of wage negotiations.

The permanent employees are calling for the minimum gross monthly wages of tellers to be increased from R8500 to R12000 and postmen’s pay from R7500 to R10000, when negotiations start.

The permanent workers would also make a brazen demand of a R50000 once-off payment.

« The workers have been receiving below-inflation wage hikes for the past couple of years and their benefits have been wiped out as a result, hence the demand for the R50000 once-off payment, » SA Postal Workers Union spokesman Tutu Mokoena said.

Mokoena said the profits Sapo had been declaring over the past few years had only « benefited a fortunate few at the top ».

« The workers have learnt that if they do not employ Marikana tactics they will not receive a reasonable pay rise, » he said.

Some temporary workers headed for the Tshwane Mail Centre and blocked mail from coming out and leaving the firm’s premises.

« Tellers at Sapo conduct more than 167 transactions a day, while tellers in commercial banks only do two deposits and withdrawals, » Mokoena said.

« But Sapo tellers get paid less than tellers at commercial banks, » he said.

Sapo spokesman Khulani Qoma said the wage negotiations were delayed following a union verification process that resulted in Sapo no longer having a majority union.

« The Sapo board has noted the outcome of the membership verification process that was conducted through the Conciliation for Mediation and Arbitration and the resultant implications with regard to the current wage negotiation process, » Qoma said.

He said the board and management had discussed various options relating to the wage negotiations process and these would be tabled by the negotiating team when it meets the workers.

Qoma claimed that it was temporary labourers who had not signed their contracts promptly who had not been paid. « A special payment run has been arranged for employees whose documents were received after the deadline for the normal pay run, » he said.

Presse esclavagiste (Mpho Sibanyoni, SowetanLive.co.za, 4 octobre 2012)


Toyota strike escalates to infighting

Durban – Members of the National Union of Metalworkers of SA (Numsa), who are striking to demand an increase of R3.22 an hour from Toyota, their employer in Durban, have accused their leaders of betraying them and have called on them to resign.

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A policeman motions to onlookers to stay away from a truck set alight by striking truck drivers in Cape Town yesterday. The drivers are demanding a 12 percent salary increase, but have been offered 8.5 percent.

The striking workers stopped operations at the country’s biggest motor manufacturer, which is near Prospecton, on Monday.

While they were protesting at the main entrance on Wednesday, the workers, most wearing Numsa T-shirts, hurled insults at the union’s regional leaders. Others called for a new union.

“We want phone numbers of Amcu [the Association of Mineworkers and Construction Union] because we want to join a new union,” said worker Mandla Mnyandu.

“As soon as I join the new union I will burn my Numsa T-shirt because this union has failed to fight for our demands.”

Amcu was involved in the recent Lonmin strike, which left 36 mineworkers and two policemen dead.

On Wednesday, the strikers carried placards calling for former ANC Youth League president Julius Malema to support their action.

“Our regional secretary, Mbuso Ngubane, and our shop stewards have not been supportive to our demands,” said one striker.

“When we return from the strike we will sign a petition demanding a change of leadership in Numsa.”

Toyota spokesman Leo Kok said the company had shut down production when the workers had refused to work on Monday.

“Our management is currently in Durban negotiating with the union and some staff members, but I do not have an update of what is happening there,” said Kok.

He declined to divulge how much the company had lost as a result of the strike.

In a statement on Wednesday night, Johan van Zyl, the chief executive of Toyota SA Motors, said the unprotected strike revolved around the implementation of a 2010 national bargaining forum wage agreement.

“We are confident that we will be able to resolve the issue soon and hope to restart production at the first possible shift,” said Van Zyl.

Meanwhile, the truck drivers’ strike, now in its second week, continues to be marred by violent attacks on working drivers.

Sapa reports that in Cape Town two trucks were set alight and a third was pelted with stones on Wednesday.

Motorists on the N3 between Joburg and Durban also reported seeing convoys of 10 to 15 fuel tankers travelling under heavy police guard.

The drivers want a 12 percent salary increase, but their employers have offered 8.5 percent for next year, and 0.5 percent the following year. – The Mercury

Presse esclavagiste (Bongani Hans, thepost.co.za, 4 octobre 2012)


Lutte de classes en Afrique du Sud

Le patronat des mines sud-africaines a accepté mercredi le principe d’une révision des salaires des mineurs d’or et de charbon, alors que ce secteur clé l’économie nationale tourne au ralenti depuis août en raison de grèves sauvages émaillées de violences.

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Routiers en grève, 2 septembre 2012

« Nous allons travailler dur pour voir ce qu’on peut mettre sur la table. Nous nous revoyons mardi (prochain) et, nous l’espérons, avec des propositions pour traiter ces problèmes », a indiqué à l’AFP Elize Strydom, négociatrice pour le secteur de l’or à la Chambre des mines, à l’issue d’une journée de négociations avec le syndicat national des mines NUM.

« Nous avons 50.000 mineurs en grève sauvage dans le secteur de l’or », une situation qui exige « de trouver une solution le plus vite possible », a-t-elle ajouté.

Les salaires actuels dans les mines d’or et de charbon ont été fixés dans un accord signé l’an dernier par le NUM et la Chambre des mines.

Les mines de platine, où les négociations ont lieu entreprise par entreprise, et où des milliers de mineurs sont également en grève sauvage, ne sont pas concernées.

Cette annonce survient alors que les conflits sociaux paralysent toujours les sites de plusieurs géants du secteur, et que cinq personnes ont encore été tuées dans des violences liées à ces grèves en début de semaine.

Ces mouvements ont débuté après le massacre de la mine de platine de Lonmin à Marikana (nord), où 34 grévistes ont été abattus par la police, plongeant le pays en état de choc.

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Femmes de mineurs devant la mine de Marikana, 15 septembre 2012

La commission d’enquête chargée de faire la lumière sur cette tuerie a reporté mercredi une audition cruciale des experts de la police scientifique, à la demande des avocats des familles, qui exigent que les proches des victimes puissent assister à ces audiences. La plupart des proches des victimes vivent dans des provinces éloignées, voire à l’étranger, et n’ont pas eu matériellement la possibilité de venir mercredi.

L’audience a été reportée au 22 octobre.

Mercredi, la commission d’enquête a reçu les rapports d’autopsie de 33 des 34 victimes du 16 août.

Des mineurs ont-ils été abattus de sang froid par des policiers ?

Des témoins, dans les semaines ayant suivi la tuerie, ont accrédité la seconde hypothèse, affirmant que les policiers avaient pourchassé les mineurs qui s’enfuyaient après la fusillade pour les abattre à bout portant.

Les événements de Marikana, partis d’une grève sauvage pour obtenir des augmentations salariales, ont fait au total 46 morts.

Ce sanglant conflit social s’est terminé par un accord prévoyant de substantielles augmentations de salaires, de 11 à 22% selon les catégories de mineurs. Cet accord a suscité l’espoir de dizaines de milliers d’autres mineurs, dans le secteur du platine essentiellement, mais également dans d’autres secteurs comme l’or ou le charbon.

Presque partout, les grévistes ont refusé l’encadrement des syndicats majoritaires et lancé des grèves sauvages, qui ont parfois donné lieu à des violences. Mercredi, la situation était notamment tendue aux abords de la mine d’or KDC West exploitée près de Johannesburg par le groupe sud-africain Gold Fields.

La direction avait exigé des grévistes qu’ils évacuent leurs foyers d’hébergement. Près de 2.000 hommes, portant pour certains des haches, ont passé la journée rassemblés sur une colline, face aux forces de l’ordre.

Depuis deux semaines, les transporteurs routiers sont également en grève et les premières pénuries de carburant commencent à se faire sentir dans les grands centres urbains, notamment dans la région de Johannesburg-Pretoria, poumon économique du pays.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 4 octobre 2012) via Solidarité ouvrière


Les grèves sauvages s’étendent aux mines de fer sud-africaines

JOHANNESBURG (Reuters) – Le mouvement de grèves « sauvages » des mineurs sud-africains de ces derniers mois a gagné mercredi les mines de fer, dont le pays est le premier producteur du continent, marquant une escalade du climat social devenu un casse-tête pour le gouvernement du président Joacob Zuma.

L’arrêt de travail qui touche désormais la compagnie Kumba Iron Ore, filiale du géant minier Anglo American, risque de saper un peu plus la confiance des investisseurs dans l’économie la plus riche d’Afrique touchée par des mouvements sociaux dans les mines d’or et de platine.

On estimé à 75.000, soit 15% du personnel total du secteur des mines, le nombre de mineurs qui sont déjà en grève dans le pays, qui connaît dans le même temps un débrayage national des routiers affectant les livraisons de carburant.

La direction de Kumba, qui fait partie des plus gros producteurs mondiaux de minerai de fer, a affirmé que la grève « sauvage » ne concernait que 300 membres du personnel de la mine géante de Sishen, dans la province du Cap septentrional, et se limitait à une partie d’un gisement à ciel ouvert.

Le climat social s’est considérablement dégradé dans les mines sud-africaines après la fusillade entre forces de l’ordre et mineurs en grève qui a fait 34 morts le 16 août à la mine d’or de Marikana.

Presse esclavagiste (Reuters, 3 octobre 2012) via Le Chat Noir Émeutier


Afrique du Sud : Depuis vendredi soir, plusieurs attaques au cocktail molotov ont eu lieu contre des permanents syndicaux

« Depuis vendredi soir, plusieurs attaques au cocktail molotov ont eu lieu contre des permanents syndicaux, sous-entendu du NUM, ou contre des bâtiments d’Amplats. »

Afrique du Sud : le syndicat des mines, débordé par sa base, propose des négociations

Afrique du Sud (NUM), débordé par sa base dans la récente vague de grèves sauvages qui perturbe la production d’or et de platine du pays, a tenté de reprendre la main mardi en proposant au patronat des négociations immédiates, alors que le conflit a fait encore cinq morts ce week-end.

Impuissant à canaliser le mécontentement des mineurs dont il négocie pourtant la rémunération depuis des années, le NUM a annoncé qu’une équipe de négociateurs se rendrait mercredi à la Chambre des mines pour discuter du sort des mineurs d’or et de charbon, soit environ 120.000 salariés.

Les mines de platine, où les négociations ont lieu par entreprise et non par branche, et où le mouvement a débuté en août, ne sont pas concernées.

Le NUM qui a lui-même négocié l’an dernier un accord salarial pour deux ans avec la Chambre des mines n’a visiblement d’autres choix que de dénoncer aujourd’hui à son tour des niveaux de salaires et des conditions de travail qualifiées de « pathétiques ».

« Bien que le NUM n’approuve pas les grèves sauvages et ne les encourage pas, précisément parce qu’elles exposent les travailleurs à des mesures de rétorsion de l’employeur (…) le NUM et le Cosatu soutiennent totalement la revendication légitime des mineurs d’être mieux payés et de voir leurs conditions de travail améliorées », a déclaré lors d’une conférence de presse Zwelinzima Vavi, secrétaire général du Cosatu, la confédération nationale des syndicats.

« Nous appelons la Chambre des mines à démarrer des négociations sans attendre avec le NUM et d’autres syndicats de l’industrie minière pour trouver une solution durable à l’impasse actuelle », a-t-il ajouté.

Le NUM a aussi lancé un appel aux entreprises à ne pas licencier massivement les grévistes, menaces qui selon lui ne font qu’ajouter de l’huile sur le feu. Un appel qui vise essentiellement Amplats, filiale du géant du platine anglo-sud-africain Anglo American qui a convoqué ses salariés en conseil de discipline mardi.

Selon le secrétaire général du NUM, cinq morts sont à déplorer depuis dimanche autour de Rustenburg, l’épicentre du mouvement social, pas dans les installations minières mais dans les baraquements de mineurs alentour.

Ces violences ont eu lieu « à la suite de l’annonce par Amplats de son intention de rompre les contrats de travail », a affirmé M. Baleni. « Notre crainte est que plus il y aura de licenciements, plus la violence augmentera », a-t-il ajouté.

Depuis vendredi soir, plusieurs attaques au cocktail molotov ont eu lieu contre des permanents syndicaux, sous-entendu du NUM, ou contre des bâtiments d’Amplats, a-t-il dit.

Quatre voitures ont aussi été incendiées, selon la police qui suppose que les grévistes d’Amplats sont derrière ces actes de vandalisme.

Les cinq morts s’ajoutent au 46 personnes tuées en août et en septembre durant la grève sauvage de la mine de platine de Marikana, exploitée par le groupe britannique Lonmin, dont 34 grévistes abattus par la police le 16 août.

Depuis lundi, une commission d’enquête indépendante nommée par le gouvernement est sur place pour élucider ce massacre qui a rappelé à l’Afrique du Sud les pires heures de l’apartheid.

Un mineur a déclaré mardi au juge Ian Farlam, président la commission, ce que de nombreux autres mineurs avaient déjà affirmé à l’AFP, à savoir que des permanents du NUM avaient ouvert le feu et tué deux mineurs aux tout premiers jours du conflit à Lonmin, illustrant les relations tendues entre le syndicat majoritaire, les grévistes et le syndicat radical Amcu.

Mardi matin, les principales mines sud-africaines du géant Anglo American étaient toujours à l’arrêt, de même que les installations aurifères de Gold Fields et AngloGold Ashanti.

Les revendications salariales vont de 12.500 à 18.000 rands mensuels (1.100 à 1.665 euros).

Loin de faire leur mea culpa, les dirigeants syndicaux ont rejeté l’escalade de la violence sur les employeurs, accusant en particulier le groupe sud-africain Impala d’avoir semé la zizanie en début d’année en accordant des augmentations à une catégorie de mineurs et pas aux autres, et « plus grave encore en dehors du cadre de la négociation collective », selon M. Vavi.

Presse esclavagiste (tempsreel.nouvelobs.com, 2 octobre 2012)


Afrique du Sud : nouvelles grèves sauvages dans les mines

Plusieurs centaines de mineurs ont entamé de nouvelles grèves sauvages vendredi dans trois mines sud-africaines d’or, de chrome et de charbon, dans la foulée des mouvements sociaux qui ébranlent depuis des semaines les secteurs de l’or et surtout du platine.

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Les grévistes de Marikana, en Afrique du Sud, le 18 septembre 2012

Des dizaines de milliers de mineurs au total sont en grève dans plusieurs sites majeurs du pays, depuis les événements violents de la mine de platine de Marikana, où 46 personnes ont trouvé la mort en août et septembre. Après des semaines de négociations, les grévistes de Marikana, dont le mouvement était illégal, ont obtenu de substantielles augmentations, de 11 à 22%. Village Main Reef, producteur d’or, a annoncé dans un communiqué que 1.700 de ses employés n’avaient pas rejoint leur poste de travail depuis jeudi soir, à la mine de Blyvooruitzicht près de Johannesburg.

Samancor Chrome a indiqué pour sa part que 400 de ses mineurs avaient lancé un « sit-in souterrain illégal » jeudi, pour réclamer des augmentations de salaires supérieures à celles négociées par les syndicats. Les mineurs sont ressortis vendredi de la mine. L’un de leurs porte-parole a fait savoir qu’ils réclamaient un salaire de base de 12.500 rands mensuels (1.170 euros). Cette somme, réclamée au départ par les grévistes de Marikana, est devenue une sorte de revendication minimum commune à tous les mineurs d’Afrique du Sud. Par ailleurs, la société Petmin a fait savoir que 345 employés sous contrats temporaires avaient débrayé vendredi dans sa filiale de la Tendele Coal Mining Company. Les revendications des grévistes n’ont pas été explicitées.

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Mineurs en grève à Carletonville

Presse esclavagiste (JeuneAfrique.com, 29 septembre 2012)

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[Aix-en-Provence] « Mettre la panique sur le périphérique »

Les lycéens s’offrent une maxi récréation dans les rues d’Aix

Sur fond de colère pour « vacances tronquées », les jeunes partis de Vauvenargues ont manifesté. Des débordements.

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« Zola avec nous ! » Le personnel a fermé les grilles, le cortège est reparti à Vauvenargues.

« La jeunesse c’est se révolter contre tout ». Carlos Molina. Si l’on avait distribué ce sujet de philo aux quelque 300 petits Aixois qui ont passé la matinée d’hier à courir d’un lycée à l’autre aux quatre coins de la ville, auraient-ils évoqué dans leur dissertation les emplois du temps et les devoirs à la maison ? Les arbres et les poubelles brûlés ? Les rumeurs de vacances d’été tronquées pour descendre dans la rue, à l’appel des réseaux sociaux ? Et surtout, cette envie irrésistible de « sécher les cours pour voir enfin à quoi ça peut ressembler, une manif » (sic). Soit.

Une manif, hier, ça ressembla donc à ça. Ni porte-parole, ni banderole, ni slogan autre que « On n’est pas fatiguééééé », scandé sur le boulevard périphérique et l’avenue Malacrida, en se hissant sur la pointe des pieds pour filmer l’événement avec son portable et en sifflant profs et forces de l’ordre. Le tout encadré par des policiers chargés de sécuriser la marche et éviter les débordements. Récit de la matinée.

Blocus, mode d’emploi

Dès 7h45, des dizaines d’élèves du lycée Vauvenargues décident de « faire blocus » pour protester contre le (très incertain) projet de supprimer deux semaines de vacances d’été (dans le cadre de la concertation sur la refondation de l’école et des rythmes scolaires, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon avait évoqué la possibilité de raccourcir les congés d’été). Le proviseur de Vauvenargues a bien préparé ses arguments (et son haut-parleur posé en équilibre sur les rebords des fenêtres) pour convaincre ses ouailles de rentrer en cours.

Il ne sera pas entendu. Près de 200 jeunes ont opté pour la matinée buissonnière, et filé vers Cézanne. Quelques poubelles et un cyprès brûlés plus tard, ils se sont cogné le nez au portail du lycée Cézanne. « Tous à Gambetta ! », crient des meneurs, dont on ne saura toujours pas, en fin de matinée, s’ils sont scolarisés.

Même résultat à Gambetta, où l’équipe pédagogique s’est empressée de fermer les grilles. « Zola ! Zola ! Zola ! » Dans l’improvisation la plus totale, on change de plan. « Savoir où l’on veut aller, c’est très bien », écrivit Émile Zola, justement. Et au lycée qui porte son nom, un peu plus tard, réaction similaire de l’encadrement. Professeurs et direction vont batailler ferme pour empêcher le cortège d’entrer dans la cour. « Gambetta ! Gambetta ! Vauvenargues ! » Rebelote, marche arrière et on repart boulevard Carnot.

« On suit… on voulait juste voir comment ça fait, de manifester », lancent trois jeunes de Vauvenargues, amusés. Marchant non loin, deux élèves de première, à Zola, soupirent : « On a des problèmes d’emploi du temps, aussi. À midi, on a une demi-heure pour manger… » Elles ont à-peine le temps de finir leur récit, qu’un vacarme retentit : on force les grilles du lycée Vauvenargues, et parviennent à ouvrir pour, disent-ils, « libérer ceux de Vauv' ».

« Un prétexte pour mettre la panique »

L’un d’eux, sort, emporté par la vague d’élèves : « Je suis sorti mais je voulais même pas sortir. J’veux pas faire grève, moi… » Le personnel s’efforce de réguler le flux, faire entrer les élèves un à un. La CPE, conseillère principale d’éducation, se tient à la porte : « Depuis lundi, des élèves tentent de bloquer l’entrée. Au début, les revendications concernaient les emplois du temps à Cézanne, qui ont été revus. Puis ça s’est étendu à d’autres lycées… C’est presque un rituel, une initiation. Tous les ans, en octobre, il y a toujours un prétexte pour mettre la panique sur le périphérique ». Partout, on déplore des élèves « extérieurs, voire des jeunes déscolarisés, là pour mettre le bazar, alors que dans les lycées, on essaie de faire du travail de fond ».

Dans les rangs, des jeunes s’inquiètent de « ceux qui en profitent pour s’amuser et brûler les poubelles et casser et insulter les flics ». Dans la matinée, trois interpellations de mineurs auront lieu. Tous trois sont élèves à Vauvenargues.

Il est presque midi et la contestation s’essouffle. Quelques dizaines de jeunes, pas davantage, restent plantés aux pieds du lycée Vauvenargues. « Y a les caméras ! On passe à la télé ? Il est où, le micro, pour dire ce qu’on revendique. On revendique quoi, déjà ? » La jeunesse, écrivait Carlos Molina, c’est se révolter contre tout. Oui mais, avant ça, « on a cantine ». La révolution, elle, attendra.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 5 octobre 2012)


Aix : 300 jeunes dans la rue, des incidents

Partis du lycée Vauvenargues, ils ont pris le périphérique, parfois en courant, en direction de Cézanne puis de Gambetta.

Le direct :

11h40 : le mouvement s’essoufle.  La majorité des lycéens a quitté la manifestation, pour rejoindre la cantine.

10h56 : les manifestants se retrouvent au lycée Cézanne. Ils essaient en vain de faire sortir les lycéens de cet établissement. Le cortège est désorganisé, sans but précis et les revendications restent floues.

10h55 : trois interpellations parmi les manifestants. Une cabine téléphonique a été vandalisée.

10h00 : retour du cortège à son point de départ : le lycée Vauvenargues. Certains tentent de forcer l’entrée de l’établissement en forçant les grilles.

08h58 : le cortège de manifestants parti du lycée Vauvenargues, se retrouve maintenant devant l’établissement Zola. Les jeunes secouent les grilles et appellent les élèves à venir les rejoindre.

À Aix, depuis ce matin un peu avant 8 heures, 300 jeunes (apparemment pas que des lycéens) manifestent. Partis de Vauvenargues, ils ont pris le périphérique, parfois en courant, en direction de Cézanne puis de Gambetta afin de rameuter un maximum de lycéens.

Au passage, ils ont brûlé des poubelles et un arbre, situé à proximité d’une habitation. Les pompiers sont sur place et un dispositif de police a été mis en place. Et ce, dans le but de réguler la circulation et d’éviter tout nouveau débordement.

Difficile d’en savoir beaucoup sur leurs revendications si ce n’est que, selon certains manifestants, il s’agit de protester contre une éventuelle diminution des vacances d’été.

Pour rappel, une manifestation a déjà eu lieu mardi, quatre personnes avaient été interpellées.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 4 octobre 2012)


Aix : les lycéens bloquent la ville, quatre interpellations

Plusieurs centaines d’élèves ont manifesté hier pour contester — entre autres — l’organisation des cours à Cézanne.

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Jusqu’à plusieurs centaines de jeunes, pas majoritairement scolarisés à Cézanne, ont participé au défilé de contestation, hier matin, encadrés par la police. Le trafic a été très perturbé dans le centre.

« Remballez les horraires de merde » (sic), lit-on sur les affiches placardées sur le portail du lycée. Une chose est sûre, dans le nouvel emploi du temps de Cézanne, il faudra privilégier l’orthographe… Car c’est bien de ces emplois du temps chaotiques que la contestation serait partie, mi-septembre. Avec, depuis lundi matin, une exaspération qui a poussé les lycéens à sortir de leurs gonds. Et de l’établissement.

Hier matin, la direction de Cézanne a pris la mesure du problème, provoquant une assemblée générale (lire ci-dessous) afin de revoir sa copie. Laquelle devrait être rendue en fin de semaine. Reste que sur le pavé, le mouvement n’est pas retombé pour autant.

Loin de là. Jusqu’à plusieurs centaines de jeunes se sont fait entendre jusqu’en début d’après-midi. À telle enseigne d’ailleurs, que nombre d’élèves du lycée Cézanne ne cachaient pas leur déception, au fil d’une matinée plutôt confuse, passée à faire la navette entre les lycées Cézanne, Gambetta, Vauvenargues, Zola… et même Célony.

« On est là pour évoquer notre emploi du temps, tentent d’expliquer des filles élèves en seconde à Cézanne. Par exemple, j’ai histoire de 8h à 9h le matin, puis plus rien durant 4 heures. Un camarade a deux cours en même temps, à cause des options. Il doit choisir entre maths et son option d’anglais… C’est ça qu’on vient dénoncer avec le blocus, nous », disent-elles. D’autres signalent : « Ça dérape, là. Il y a des élèves d’autres lycées qui sont là car ils disent qu’ils sont solidaires. Mais en fait, ils donnent des revendications qui n’ont rien à voir, comme les vacances d’été. Y’a aussi des jeunes qui ne vont même pas au lycée ! » Un autre lycéen de Cézanne soupire : « Ils veulent juste foutre le bordel et tout le monde fait l’amalgame ».

Les policiers chargés d’encadrer et de sécuriser la manifestation improvisée (l’itinéraire se dessinant au fur et à mesure) passeront des heures à escorter le mouvement, éviter les débordements lorsque les jeunes décident, ici ou là, de s’asseoir sur la chaussée pour bloquer le trafic et… « faire plier le gouvernement ». On entendra aussi, dans le mouvement, parler de devoirs le soir, ou de classes trop ou pas assez chargées.

Dans les lycées, on s’organise pour maintenir le calme : « Il nous revient d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Pour éviter bagarres et feux de poubelles, on a modifié le régime des entrées et des sorties, en bloquant l’entrée centrale », expliquait le proviseur de Gambetta, en milieu de matinée. « Pas grave, on saute les portails ! Allez ! », pour plusieurs jeunes, dont des lycéens de Vauvenargues, qui se seront présentés comme les organisateurs du mouvement. On ignorait hier soir s’ils devaient le reconduire ce matin. « Regardez sur Facebook ».

Quatre interpellations

Au cours de la matinée, les policiers ont interpellé quatre mineurs, pour l’incendie d’une poubelle et des jets de projectiles sur les forces de l’ordre. Hier soir, trois jeunes, deux âgés de 15 ans et un de 17 ans, élèves au lycée Vauvenargues, ont été présentés devant un magistrat du Parquet. Ils sont convoqués devant le juge des enfants.

Ils répondront de dégradation de biens publics avec le visage dissimulé et/ou de violences sur agents de la force publique (jets de projectiles) sans ITT, et l’un d’eux est convoqué pour avoir attisé un feu de poubelle. Le quatrième mineur était encore en garde à vue hier soir.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 3 octobre 2012)


Aix : la colère contre les emplois du temps au lycée fait le mur

Des élèves de Cézanne ont manifesté. Deux jeunes interpellés par la police.

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Plus d’une centaine d’élèves du lycée Cézanne ont manifesté leur mécontentement devant le lycée Vauvenargues. Vers 13h, quelques débordements ont conduit à deux interpellations.

Comme dans toute manif, on cherche d’abord le porte parole. « Le porte quoi ? », demande un jeune. Soit. On se rabattra donc sur quelques autres disposés à expliquer que « c’est les emplois du temps à Cézanne ! » Mais encore ? « Vous voyez, on a des trous dans les emplois du temps et des cours en même temps, et c’est surchargé, aussi. À midi, il y a des élèves, ils peuvent pas manger. On n’a plus de vie, nous ! Et on a cours le mercredi et le samedi, et puis aussi les devoirs le soir. » Un inventaire égrené devant le lycée Vauvenargues, où plusieurs dizaines de jeunes sont venus clamer haut et fort leur mécontentement. Même si celui-ci peut parfois partir dans tous les sens : « Et aussi, des classes surchargées, pas assez de transports en commun et pas assez (ou trop, c’était selon, ndlr) de filles dans la classe ! » Bref, de quoi faire la révolution.

Lundi matin peu avant 8h, des élèves mécontents n’ont pas intégré les cours, au lycée Cézanne, pour aller battre le pavé et tenter de rallier à leur cause les lycéens d’autres établissements. « Ce matin, sur les 2000 élèves de Cézanne, quelque 120 étaient devant le portail. Les autres sont allés en cours », précisait le proviseur Becherand.

Reste qu’au fil de la matinée, la contestation s’est changée en grosse colère, avec même des oeufs et des pierres lancés sur les forces de l’ordre chargées d’encadrer les jeunes. Dont quelques-uns n’étaient visiblement pas des effectifs du lycée concerné. « Tous les élèves ne sont pas de Cézanne, glissait-on au lycée. D’autres se sont greffés… les réseaux sociaux internet n’y sont peut-être pas pour rien ».

Peu avant 14h, des conteneurs à poubelles ont été placés sur les voies du boulevard extérieur pour couper le trafic. Sans oublier des œufs jetés sur les policiers et des poubelles incendiées. Deux jeunes de 16 ans, l’un élève à Cézanne et l’autre à Vauvenargues, ont d’ailleurs été interpellés et placés en garde à vue, l’un pour avoir incendié une poubelle, le second pour avoir jeté des oeufs. Ils sont tous deux inconnus des services de police.

Nouvel emploi du temps

Reste, car il existe bel et bien, le problème des emplois du temps au lycée Cézanne. Le proviseur Becherand indiquait hier après-midi : « On a reçu deux délégations pour connaître les doléances. Les emplois du temps de la rentrée n’étaient pas bons, nous l’avons reconnu. Et nous avons fait une nouvelle mouture. Il y a une vraie amélioration mais pour le constater, il faut laisser sa chance à cet emploi du temps qui devait être appliqué ce matin ! » Des enseignants s’étaient plaint aussi des horaires fixés par l’encadrement du lycée. Une réunion de crise a eu lieu hier après-midi, sous la direction du proviseur : « J’ai réuni ma commission permanente élargie pour apporter de la raison et de la sagesse ». Reste à voir ce matin si la sagesse aura été entendue.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 2 octobre 2012)


Nouvelle manifestation de lycéens

Des jeunes ont réitéré ce matin leur mouvement de contestation. Ils se trouvent actuellement devant le lycée Vauvenargues. Des jets de projectiles ont eu lieu en direction de la police. De grosses difficultés de circulation vont en découler dans Aix. Le mouvement a pris sa source au lycée Cézanne où les lycéens protestent contre leur emploi du temps et se plaignent notamment « de trous dans la journée » et « de cours qui se chevauchent ».

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Manifestation : des interpellations parmi les jeunes

Les cortèges des jeunes, qui ne compterait que très peu d’élèves de Cézanne, alors que c’est dans cet établissement que se posent les problèmes d’emploi du temps à l’origine de la manifestation, repartent vers les lycées Gambetta et Vauvenargues. Des interpellations ont eu lieu. Parmi les jeunes se trouvent en fait surtout des élèves de Vauvenargues et de Gambetta ainsi que des jeunes non scolarisés.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 2 octobre 2012)


Manifestation de lycéens

Des élèves du lycée Cézanne font actuellement une manifestation sur le périphérique d’Aix-en-Provence. Ils sont arrivés devant le lycée Vauvenargues, qu’ils souhaitent rallier à leur cause. Les lycéens protestent contre leur emploi du temps et se plaignent notamment « de trous dans la journée » et « de cours qui se chavauchent ».

La police est sur place et tente de fluidifier le trafic.

Les lycéens tentent de bloquer la circulation

Plusieurs centaines de jeunes sont revenues devant le lycée Vauvenargues, à Aix. Ils ont dépacé des conteneurs à poubelles pour bloquer la circulation. Les effectifs de la police nationale tentent de rétablir le trafic.

Leur presse (Séverine Pardini, LaProvence.com, 1er octobre 2012)

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Comment travaille la BAC ?

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/014.jpgExclusif : pourquoi l’affaire de la BAC Nord de Marseille fait trembler Beauvau

Dans les quartiers Nord de Marseille, les flics de la BAC partaient parfois en expédition comme des voyous. Mission : dépouiller les dealers. Du jamais vu en France à cette échelle.

Le scandale qui secoue la police marseillaise risque de marquer pour longtemps la police nationale.

L’affaire est hors norme pour plusieurs raisons, et d’abord à cause du nombre de fonctionnaires concernés : pas loin de la moitié des effectifs de la brigade anti criminalité chargé des quartiers Nord de la cité phocéenne, soit une trentaine de personne.

Elle est aussi hors norme dans la forme. Ces gardiens de la paix ne sont pas seulement soupçonnés de s’être nourris sur la bête, autrement dit d’avoir prélevé ici et là une liasse de billes dans la poche des dealers, quelques barrettes de shit ou un bijou de temps en temps. Ils sont soupçonnés d’avoir monté de véritables razzias dans les cités, visages dissimulés sous des cagoules, façon braqueurs, et battes de base-ball en main. Bons connaisseurs de cers quartiers, ils savaient à quelles portes frapper pour trouver de la came ou de l’argent.

Dans ces territoires perdus de la République que sont les quartiers Nord de Marseille, les « cow-boys » de la BAC avaient inventé une police éloignée de tous les canons habituels. Une police peu républicaine, comme si le terrain avait déteint sur eux, à moins que ce ne soit le contraire.

L’affaire surprend enfin par la durée : ces pratiques étaient apparemment répandues depuis des années. Pire, elles étaient connus de beaucoup. Il aurait suffi d’écouter ceux qui demandaient leur mutation aussitôt arrivés sur place pour prendre la mesure de la situation. Aucun responsable hiérarchique ne l’a fait. Pourquoi ? C’est la question que se pose aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Une question à laquelle un commissaire passé par Marseille offre un début de réponse : « Aucun de nous ne voulait prendre le risque d’aller regarder sous le tapis, de crainte de voir son nom associé à une sale histoire ».

Le dernier responsable de la sécurité publique à Marseille, Pascal Lalle, en poste dans la ville pendant 4 ans, avait bien mené un début d’enquête. Mais selon ses dires, il n’avait obtenu aucune preuve. Affaire classée, donc, jusqu’à ce que s’en mêle le nouveau préfet délégué à la police, Alain Gardère. Nommé par Claude Guéant au mois de septembre 2011, il s’empare du dossier et saisit l’inspection générale des services.

Depuis, grand ménage oblige, Pascal Lalle a été promu directeur central de la sécurité publique et Alain Gardère a été recasé à l’aéroport de Roissy. Les successeurs, au premier rang desquels le Préfet Jean-Paul Bonnetain, auront-ils les effectifs suffisants pour redresser la barre ? La probable mise sur la touche d’une bonne partie des effectifs de la BAC pourrait bien compromettre la mission.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Frédéric Ploquin, blog de Marianne Secret police, 4 octobre 2012)


BAC de Marseille : des policiers devant le magistrat instructeur

Soupçonnés de vols et de racket, 5 des 12 policiers interpellés mardi ont commencé à être déférés dans la matinée.

Les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) du nord de Marseille soupçonnés de vols et de racket ont commencé à être déférés dans la matinée de vendredi 5 octobre au parquet de Marseille, a-t-on appris de source judiciaire.

Cinq hommes, en civil, sont arrivés vers 7h15 au palais de justice à bord de deux fourgons de la gendarmerie dont ils sont descendus le visage découvert. Les autres policiers devraient être présentés devant le juge d’instruction dans la journée ou samedi matin.

Douze policiers avaient été interpellés mardi dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en février sur des faits de vol et d’extorsion qu’ils auraient commis en bande organisée auprès de dealers ou de vendeurs de cigarettes de contrebande. Des faits passibles de 20 ans de réclusion.

Argent, haschich et objets

De l’argent et du haschich ont été saisis lors des perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête, avait indiqué jeudi une source judiciaire. Selon une source proche de l’enquête, les contenus des casiers des vestiaires de la BAC nord ont été placés sous scellés. Des équipes cynophiles ont découvert 500 grammes de haschich au total, de l’argent et des objets ayant aussi été saisis.

Des analyses comptables ont été effectuées sur les comptes bancaires des suspects pour retrouver la trace de plusieurs dizaines de milliers d’euros d’argent sale et des vérifications sur leur train de vie ont été effectuées.

Le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, communiquera sur l’affaire à 11 heures.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (tempsreel.nouvelobs.com, 5 octobre 2012)


VIDEO – Exclusif TF1 – BAC de Marseille : un policier témoigne

Témoignage exclusif pour TF1 d’un policier qui a assisté aux agissements de certains policiers de la BAC nord de Marseille. Mardi, 12 fonctionnaires de ce service ont été arrêtés. Ils sont soupçonnés de vol et d’extorsion.

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VOIR LA VIDÉO

« En France, il y a trois polices : la police parisienne, où vous êtes au top, la police nationale et malheureusement, dans le fond des ténèbres, vous avez la police marseillaise ». Cette phrase choc, c’est celle d’un policier qui a témoigné en exclusivité pour TF1. Celui-ci — à visage couvert —, explique qu’il a assisté à certains agissements contraires à la loi de la part de policiers de la brigade anti-criminalité du nord de Marseille.

Mardi, 12 policiers de cette brigade ont été interpellés dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en février sur des faits de vol et d’extorsion qu’ils auraient commis en bande organisée auprès de dealers ou de vendeurs de cigarettes de contrebande. Des faits passibles de 20 ans de réclusion.

« Vous devenez un mauvais policier »

De dos, capuche sur la tête, il détaille les procédés, édifiants, dont il a été témoin dans l’exercice de ses fonctions : « Si vous avez besoin  de sous, on va dans une cité et on se sert sur les individus (…) Vous avez interpellé un vendeur de résine de cannabis et des collègues mal intentionnés lui proposent de le laisser repartir en échange de ce que son sac contient, à savoir de la résine, de l’argent liquide… ».

Peut-on rester en dehors de ce système ? « Vous résistez mais vous devenez un mauvais policier entre guillemets », explique-t-il. « Après, vous subissez un lynchage au sein du service », ajoute-t-il. Selon lui, sa hiérarchie était au courant.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (lci.tf1.fr, 4 octobre 2012)


INFO RTL – Perquisitions accablantes dans les locaux de la brigade anti-criminalité Nord de Marseille

Les suites de l’enquête sur l’histoire de policiers ripoux à Marseille — douze hommes de la brigade anti-criminalité des quartiers Nord soupçonnés d’avoir racketté des dealers. Pour RTL, Julien Dumond vous révèle que la Police des polices a perquisitionné dans les locaux de la BAC. Bonne pioche ! Les « bœufs-carottes » ont découvert dans les faux plafonds du haschich, des bijoux et de l’argent liquide. Pour piéger les policiers, des mini-caméras et des micros avaient été cachés dans les véhicules de service. D’autres interpellations sont à prévoir rapidement.

Les contenus de casiers des vestiaires de la Brigade anti-criminalité (BAC) des quartiers Nord de la ville, dont douze fonctionnaires sont en garde à vue dans cette affaire, ont été placés sous scellés.

Des équipes cynophiles ont permis la découverte de 500 grammes de haschisch au total, de l’argent et des objets ayant aussi été saisis. Julien Dumond, pour RTL, évoque aussi des bijoux et des découvertes dans les locaux de la BAC et au domicile de policiers.

Des analyses comptables ont en outre été effectuées sur les comptes bancaires pour retrouver la trace de plusieurs dizaines de milliers d’euros « d’argent sale » et des vérifications sur le train de vie des suspects ont été effectuées, a-t-on ajouté de source proche de l’enquête.

Membres de la brigade anti-criminalité (BAC) du nord de la ville, ils ont été interpellés mardi sur commission rogatoire d’une juge d’instruction qui enquête depuis février sur des faits de vol et d’extorsion qu’ils auraient commis en bande organisée auprès de dealers ou de vendeurs de cigarettes de contrebande.

Les suspects sont entendus par les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale dans les locaux de la caserne de la gendarmerie à Marseille, « un gage de neutralité » dans cette affaire, selon une source proche du dossier qui s’attend à de premiers défèrements vendredi devant le magistrat instructeur.

La garde à vue des suspects, entendus par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la caserne de gendarmerie de Marseille, peut durer 96 heures, les premiers défèrements au parquet pouvant intervenir vendredi.

Dans le cas où ces fonctionnaires seraient mis en examen et placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer, voire écroués, les effectifs de la BAC nord, qui compte environ 70 personnes, s’en trouveraient sensiblement réduits. Des solutions de remplacement sont déjà à l’étude, « selon les dégâts que fera l’affaire ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (RTL.fr avec dépêches, 4 octobre 2012)


(…) Une enquête préliminaire avait été ouverte en novembre 2011 après des signalements au parquet, notamment du préfet de police de l’époque, Alain Gardère, qui avait reçu des victimes présumées du racket des policiers de la BAC nord, selon une source proche du dossier.

Une surveillance accrue du noyau dur de l’équipe de policiers suspectée, notamment des grades plus anciens, avait alors été mise en place avec l’installation de micros et de caméras dans les locaux de la BAC et dans des véhicules de fonction, a-t-on indiqué de source proche de l’enquête.

L’instruction s’est récemment accélérée après le témoignage à la télévision d’un homme se présentant comme un ex-policier de la BAC nord, révoqué en mars pour avoir relâché un dealer. De dos et la voix modifiée, il avait dénoncé des vols d’argent, de drogue ou de scooters, disant avoir subi « des menaces » pour avoir voulu dénoncer ces pratiques.

La garde à vue des suspects, entendus par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la caserne de gendarmerie de Marseille, peut durer 96 heures, les premiers défèrements au parquet pouvant intervenir vendredi. Le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, communiquera sur l’affaire vendredi lors d’une conférence de presse à 11H00.

Ce coup de filet secoue la police marseillaise, qui avait déjà fait l’objet d’une opération « mains propres » à l’été 2010 sur fond d’arrestations dans le milieu du grand banditisme local. Des solutions sont à l’étude pour remplacer, au sein des 70 effectifs de la BAC nord, les policiers qui pourraient être placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer, voire écroués.

« Il faut faire la part du vrai et du faux dans cette enquête, entre ce qui relève de la délinquance et ce qui est le travail quotidien de l’ensemble des policiers de terrain. Entre indics et policiers, c’est du donnant-donnant », a déclaré à l’AFP l’avocate de l’un des suspects, Me Béatrice Manoukian. Les policiers, à qui leur hiérarchie « demande de faire du chiffre mais pas de vague », « ont peu de moyens et ne sont pas soutenus », a-t-elle dit.

« Il ne faut pas oublier que la même BAC, il y a quelques années, a effectué une saisie d’un million d’euros dans des sacs poubelles sur un dealer pris en flagrant délit près de sa voiture. Or, pas un euro n’avait été détourné », a souligné un ancien membre de l’unité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 5 octobre 2012)


Marseille : vingt policiers soupçonnés de corruption

INFO LE FIGARO – L’affaire de la BAC des quartiers nord est beaucoup plus grave que prévu.

Le Figaro est en mesure de révéler que près de vingt fonctionnaires de police en activité auraient trempé, à des degrés divers, dans ce scandale. Un haut fonctionnaire explique : « Les agents avaient pris la fâcheuse habitude de dépouiller des dealers ou des receleurs dans les quartiers. Ils volaient le contenu des sacoches ou des sacs remplis d’argent liquide des vendeurs de stupéfiants ou de cigarettes de contrebande, mais aussi des quantités de drogue saisie hors procédure, et puisaient également dans les stocks de bijoux volés des receleurs. »

De fait, comme le révèle ce jeudi RTL, la police des polices a retrouvé en perquisition dans les locaux de la BAC du haschich, des bijoux et de l’argent liquide. Ils étaient cachés dans les faux plafonds des bureaux de la brigade.

Comme cela avait été indiqué au Figaro dès le départ, dans cette enquête, la police des polices a été jusqu’à poser des micros dans les voitures de service des ripoux, mais aussi des caméras dans leurs bureaux, pour les prendre sur le fait. En effet, ces agents se méfiaient de leurs téléphones mobiles, habitués à pratiquer des écoutes au quotidien.

« J’ai honte, ces fonctionnaires ont rejoint le camp des voyous », déplorait jeudi un commissaire de police. D’autres arrestations sont à prévoir dans cette affaire, où douze agents se trouvent déjà en garde à vue chez les « bœufs-carottes », dans les locaux de la gendarmerie de Marseille, jugés plus « sûrs » que ceux de la police…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Marc Leclerc, LeFigaro.fr, 4 octobre 2012)


Marseille : mais qui sont les pots-pourris ?!

Zone Interdite, émission diffusée le 24 septembre 2012 par la chaîne française M6, dresse un tableau édifiant d’une ville méditerranéenne où la drogue a remplacé la bouillabaisse. Le nom, racoleur et terrifiant à souhait : « Marseille : la ville des règlements de compte par armes à feu » ! Pour sûr qu’avec un titre à la sauce polar, M6 s’est octroyé une audience considérable et pour ce, il lui fallait couper au montage de ce reportage, les choses qui se passaient bien pour y montrer un fondu de gros clichés qui feraient fuir n’importe quel touriste, au grand dam de Philippe Pujol. Pujol, un journaliste à la Marseillaise qui ne décolère pas contre l’émission en la traitant de « grosse merde aux relents sarkozistes, voire racistes et de fantasmagorie populiste » et qui met en lien sur son blog ses dix reportages en version doc : French Deconnection

PDF ici : French Deconnection Épisodes 1 à 10

Ouf ! se dit-on en cœur. On pourra à nouveau savourer la bouillabaisse sans avoir à dévisager et scruter les moindres gestes de tous les immigrés qu’on sera appeléE à croiser dans cette cité phocéenne !

Or patatra ! Qu’apprend-on, alors qu’on est déjà en train de préparer notre petit baluchon pour passer ce week-end dans cette ville devenue à nouveau fréquentable et de manger des plats aspergés de tabasco en attendant, ceci afin de s’habituer à la rouille de cette fameuse bouillabaisse qui nous fait tant saliver ? Que la BAC, une section policière autrement nommée « Brigade Anti-Criminalité », est une Belle Agence du Crime qui s’est distinguée par des : « Vols et extorsion de fonds en bande organisée, d’acquisition, détention et transports de stupéfiants, et pour couronner le tout, de violences aggravées » ! Pour un peu, on se risquerait presque à faire un petit trait d’humour style : « Mais que fait donc la police ?? » Ben la police, elle surveille la police ! Alors qui surveille les criminels ?! Et qui sont les criminels ?!

On regarde alors son baluchon, la bouteille de tabasco dont le contenu nous arrache la gueule depuis quelques jours et on réfléchit. Et on se dit : « Mais merde ! Quel plaisir va-t-on avoir à manger la fameuse bouillabaisse marseillaise si on passe notre temps à épier et à scruter les moindres faits et gestes de tous les immigrés et de tous les pandores qu’on va obligatoirement être amené à croiser ?! »

Optons donc pour une bonne fondue et, pour dépenser un peu les euros qu’on a mis de côté pour passer notre week-end en bord de mer, on va se faire quelques petits paris sur les matchs de handball à Montpellier … histoire de ne pas être trop frustréEs d’avoir reporté notre petit séjour Méditerranéen. Et toc !

Les AZAs, 3 octobre 2012


Coup de filet parmi des policiers marseillais soupçonnés de vol et d’extorsion

Quatre policiers marseillais ont été interpellés mardi et des perquisitions menées dans leurs locaux dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur le vol ou l’extorsion d’argent, de stupéfiants et de cigarettes de contrebande.

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Façade de la BAC nord à Marseille

Le porte-parole de la Direction générale de la police nationale (DGPN), Pascal Garibian, a indiqué  que des fonctionnaires de la brigade anti-criminalité (BAC) du nord de Marseille avaient été interpellés par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »).

Le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, a précisé à la presse que quatre fonctionnaires, des enquêteurs de l’équipe de jour de la BAC, qui ne sont pas des officiers de police judiciaire, avaient été placés en garde à vue et que d’autres interpellations étaient prévues.

7 policiers visés

Selon une source proche de l’enquête, sept policiers sont visés au total. Cette descente de l’IGPN intervient dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en février pour « vols en bande organisée, extorsion en bande organisée, infractions à la législation sur les stupéfiants », qui fait encourir aux suspects jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Leur garde à vue peut durer 96 heures.

Ils sont soupçonnés d’avoir volé ou extorqué de l’argent ou des produits à des dealers et des vendeurs de cigarettes à la sauvette, selon M. Dallest. « Un certain nombre d’entre eux, apparemment, se payaient sur la bête ou prélevaient leur dîme en espèces ou en nature à des fins sans doute personnelles, ou peut-être pour accomplir leur travail d’infiltration du milieu délinquant », a affirmé le procureur, évoquant « une pratique assez répandue au sein de ce service et depuis assez longtemps ».

L’affaire a débuté en novembre 2011 quand la justice a eu vent, via le préfet de police de l’époque, Alain Gardère, et la délégation régionale de l’IGPN à Marseille, de « faits troublants » et de « renseignements assez convergents » concernant des fonctionnaires de la BAC nord.

Ouverture d’une information judiciaire en février 2012

Une enquête préliminaire était ouverte par le parquet et des écoutes confortaient ces éléments, conduisant à l’ouverture d’une information judiciaire le 22 février, confiée à la juge Patricia Krummenacker.

Si la suite des investigations fait apparaître des faits de corruption, « ils feront l’objet d’un réquisitoire supplétif », a dit M. Dallest, en soulignant qu’à ce stade de l’enquête, la hiérarchie n’était pas impliquée.

Cette affaire survient alors que les têtes viennent de changer au sommet de la police marseillaise, avec l’arrivée d’un nouveau directeur départemental de la Sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, d’un nouveau préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain, et d’un nouveau directeur de la police judiciaire, Christian Sainte.

La réaction de David-Olivier Reverdy

Le représentant zonal adjoint du syndicat de policiers Alliance, a déclaré : « il est urgent d’attendre maintenant le résultat de l’enquête. S’il y a une tâche dans un service, on ne peut jeter l’opprobre sur toute la police marseillaise comme on a souvent tendance à le faire ».

Une opération « mains propres » avait déjà eu lieu dans la police marseillaise à l’été 2010 sur fond de coup de filet dans le milieu du grand banditisme.

Selon une source proche du dossier à Marseille, cette affaire renvoie à des dénonciations faites dans la presse locale par un policier d’une trentaine d’années, révoqué en mars pour avoir relâché un dealer qu’il avait interpellé avec des produits stupéfiants, « sans en informer ni sa hiérarchie, ni le parquet ».

Début septembre, un homme se présentant comme cet ex-policier de la BAC Nord, avait témoigné sur France 3 Alpes-Provence, de dos et la voix modifiée, évoquant des vols d’argent, de drogue ou de scooters. « L’argent coule à flot dans les cités et au lieu de faire notre boulot de flic, on va récupérer des jeunes dans des cités qui ont des sacoches ou de l’argent, puis on passe des petits deals: on les laisse repartir et on garde l’argent pour soi », avait-il dit notamment, indiquant avoir subi « des menaces » pour avoir voulu dénoncer ces faits.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (provence-alpes.france3.fr avec l’Agence Faut Payer, 2 octobre 2012)

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[Marseille] Le mois d’octobre au Seul Problème

Tu te glisses dans l’ombre de peur que ton image ne se fixe, gelée dans les grands rayons de la vie, engluée dans les cases qu’on a définies pour toi.

Tu équeutes les tiques qui t’attaquent et te collent des étiquettes d’éthique étatique.

Tu te sens de là mais aussi d’ailleurs et, là, on te rattrape vite pour te dire où tu te trouves.

Et tu t’arraches et tu navigues à la frontière de toutes définitions jouissant de la complexité magique des mots.

C’est le moi de la schizophrénie au Seul Problème, deux pour le prix d’un :

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Je suis né le 26 décembre 2005 dans un mitard dans une des nombreuses maisons d’arrêt françaises mes yeux s’ouvrent sur des barbelés dans une pièce glauque sale vide de vie ça sentait le suicide poussé par le désespoir »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[20 décembre 2011]
Partie sortie des tripes « L’espoir est une richesse qui donne des ailes »

Je dois reconstruire sur des ruines ma ville mon royaume plus le droit à l’erreur la défaite est inconcevable, j’ai sorti ma tête in extremis de l’eau alors que je coulais, tout droit issu de ma Mauritanie natale, j’ai chaviré sur la Méditerranée je me suis laissé porter par le courant car je ne savais pas nager, j’ai appris très vite à flotter… parmi les requins qui attendaient que je coule pour me dévorer. Mon corps inerte chavire et arrive dans une île déserte j’y étais le seul être humain pendant une dizaine d’années forcé par le destin isolé de tout c’était mon royaume, j’ai survécu malgré la dureté de l’épreuve.

À QUOI BON VIVRE SEUL ALORS QUE TOUT L’MONDE TE CROIT MORT ?

J’ai attendu et espéré dix ans qu’un bateau vienne me chercher, mais que dalle rien aucun bateau à l’horizon alors perdant patience j’ai fabriqué un radeau sur un coup de tête pour m’évader de mon quotidien qui fait de moi un être sans avenir un mort-vivant, tout le monde me pensait mort beaucoup tapaient un twist sur ma mémoire, j’étais devenu un homme de l’ombre j’ai mis plusieurs années à construire mon radeau il était insubmersible je l’ai mis à l’eau je suis monté dessus et à l’aide de mes bras j’ai pagayé jusqu’à plus de force.

ON N’EST JAMAIS MIEUX SERVI QUE PAR SOI-MÊME.

Donc j’ai réapparu alors que personne s’y attendait personne aurait misé un euro sur ma résurrection sur mon endurance, ils pensaient tous que le temps aurait eu raison de ma raison car chaque jour sans mes nouvelles les confortait sur ma mort. J’ai le cœur qui saigne balafré par des faux frères et sœurs qui ont oublié que tout se sait que même les morts avaient des oreilles.

Je suis donc revenu plus fort avec la recette pour affronter les mesquineries de ces gens sans vie qui ne vivent qu’à travers le malheur des autres c’était devenu un fonds de commerce très prometteur.

Maintenant fini de jouer on passe aux choses sérieuses, le rescapé que je suis a bien pris conscience de l’étendue du taf j’étais écorché vif mais pas le temps de se lamenter sur mon passé sombre je parle au passé de mon combat alors que je suis encore en plein dedans c’est pour avoir moins mal que je tourne en dérision la tragédie humaine c’est une sorte d’anesthésie naturelle beaucoup de mes vrais frères sont morts pendant mon exil forcé mon cœur a pleuré des larmes rouges quand j’ai appris ces drames le temps est assassin mais je lui en veux pas car il fait son taf.

La prochaine fois que je marcherai sur les rues de la liberté à mon slam tu reconnaîtras et sentiras mon passé amer, le combat continue mais je suis sûr de remporter la guerre la bataille je l’ai perdue plus d’une fois mais la guerre je compte bien la gagner je n’ai pas le choix c’est marche ou crève ma réussite est une survie si je perds la mort m’attend au tournant donc je dois gagner ce putain de combat avec honneur au détriment du malheur de personne.

Personne se doutait que le cancre que j’ai été sur les bancs scolaires était doué et savait manier la langue de Molière avec tant d’aisance il y a beaucoup de ratures comme l’a été ma vie mes fautes d’orthographe reflètent les erreurs de ma vie de mon parcours mes faux pas mes excès m’ont amené à manger de la soupe froide pendant des années mais j’assume mon passé c’est ce qui fait que je referais jamais les mêmes erreurs j’en ferai sûrement d’autres car personne n’est parfait.

Je suis né le 26 décembre 2005 dans un mitard dans une des nombreuses maisons d’arrêt françaises mes yeux s’ouvrent sur des barbelés dans une pièce glauque sale vide de vie ça sentait le suicide poussé par le désespoir. Je venais de venir au monde mais je voulais déjà repartir, un morceau de béton me servait de lit ma plume était ma bouée de sauvetage pour survivre et combler ma solitude qui finirait par me rendre fou, j’ai dû apprendre à m’en servir moi qui détestais lire et écrire mais pas l’choix c’était mon seul échappatoire à force j’y ai pris goût qui aurait cru que je passerais des coffres-forts à l’encre d’une plume.

DE MON MALHEUR J’AI PUISÉ MA FORCE.

J’ai accepté mon sort et tout fait pour le changer ceux qui m’avaient mis là étaient sûrs de ma défaite mais c’était sans compter sur la détermination du descendant d’esclaves venu du soleil caniculaire du sable chaud du désert du Sahara tout ça était dans mes gènes donc physiquement d’origine j’avais des prédispositions pour tenir l’intenable, mais maintenant j’aspire à une vie sans turbulence je ne souhaite à personne mon parcours le temps est passé il a guéri certaines de mes douleurs mais je serai marqué à vie par mon parcours dont je ne nie rien.

LES BARREAUX NE PEUVENT PAS T’EMPÊCHER DE RÊVER…

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