[Afrique du Sud] Deuxième journée de violences consécutive à la mine de Kroondal

La police sud-africaine arrête pour violence 37 mineurs en grève

La police sud-africaine a arrêté 37 travailleurs pour violence mardi après avoir fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui avaient bloqué une route menant à la mine de Kroondal, exploitée par Xstrata.

« Les mineurs ont jeté des pierres aux véhicules qui passaient et brûlé des pneus. Les forces de police étaient déployées pour contrôler les manifestants indisciplinés », a déclaré la police sud-africaine dans un communiqué.

Il s’agissait d’une deuxième journée de violences consécutive à la mine de Kroondal près de Rustenburg, dans la ceinture de platine, à quelque 120 km au nord-ouest de Johannesburg.

Xstrata a licencié 400 mineurs il y a une semaine pour grève illégale.

Le numéro un mondial du platine, Anglo American Platinum est, de son côté, toujours en négociations pour obtenir le retour au travail de 30.000 travailleurs actuellement en grève illégale dans différentes mines sud-africaines.

Ces derniers ont jusqu’à mercredi pour accepter la dernière offre d’Amplats ou être licenciés, ce qui pourrait entraîner un regain de violence.

Le droit du travail, qui encadre strictement les grèves, autorise ces licenciements, néanmoins les mineurs licenciés pour ces raisons sont généralement réintégrés car il serait plus coûteux de former une nouvelle main d’œuvre.

Les mines d’or et de platine sud-africaines ont été cette année le théâtre de plusieurs mois de grèves illégales et souvent violentes, au cours desquelles 50 personnes ont été tuées.

Presse esclavagiste (Reuters, 13 novembre 2012)

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Siliana

Tunisie – Le gouverneur de Siliana contesté

Les cours ont été suspendus lundi 12 novembre, dans tous les établissements scolaires de Siliana suite à l’entrée, des enseignants, instituteurs, cadres administratifs et ouvriers, en grève générale d’avertissement en guise de solidarité avec les diplômés de l’enseignement supérieur dans la région, qui réclament la révision des résultats du concours national de recrutement d’enseignants et d’instituteurs.

Cette grève, soutenue par l’UGTT, intervient sur fond de protestation contre ce qu’ils qualifient « de faible taux de recrutement des jeunes originaires de la région de Siliana qui ne dépasse pas 0,58% (7 instituteurs et 8 enseignants) ». Ce taux a été confirmé par une source auprès de la direction régionale de l’éducation.

D’un autre côté, des centaines de citoyens ont observé hier matin, un sit-in devant le gouvernorat de Siliana appelant au départ du gouverneur de la région, l’impulsion du développement et de l’emploi et la mise en place de projets et programmes inscrits dans le cadre du budget complémentaire de 2012.

Des ouvriers de chantiers ont participé à ce sit-in pour réclamer l’amélioration de leur situation professionnelle et sociale.

Les familles des personnes arrêtées suite aux événements du 26 avril 2011 ont participé à ce sit-in pour revendiquer la libération de leurs proches, scandant des slogans contre les autorités centrales, régionales et gouvernementales.

Auparavant, des diplômés du supérieur ont fermé la semaine dernière la direction régionale de l’éducation, et obligé les cadres et agents à quitter les lieux.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 13 novembre 2012)

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[Afrique du Sud] Révolte antiflic à Hawston

Chaos as town declares war on cops

Cape Town – A Western Cape town was turned into a battlefield after fed up residents declared war on local cops.

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The quiet town of Hawston was plunged into chaos after the latest clashes with police officers who locals say are members of the notorious “Slaan Squad” (Hit Squad).

In a weekend of drama:

• Shots and tear gas were fired at residents in running pitched battles;

• In one incident, an innocent 13-year-old boy was shot in both legs;

• Community members set fire to several police vehicles and the Overberg K9 Dog Unit headquarters in the town;

• Almost the entire town – young and old – rose up against the cops.

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An innocent 13-year-old boy was shot in both legs during the protest.

Two suspects will appear in court on Monday charged in connection with the violent disturbances.

People went on the rampage on Saturday following the funeral of a suspected poacher, Steven “Sai” Figaji, 19, and a separate incident in which two alleged poachers were arrested.

Figaji is believed to have drowned at Breakfast Bay in Vermont last week, while allegedly harvesting perlemoen illegally. However, people who were with him claim law enforcement officials played a role in his death. This will now be investigated.

There has been repeated claims over the years that law enforcement officials dealt heavily with alleged poachers.

The weekend’s violence was also sparked by a dramatic cop car chase through the town as alleged members of the “Slaan Squad” pursued two suspected poachers.

One of the men got away, but local sources say his accomplice was taken away and allegedly beaten up by the “Slaaners”.

“They took him into the bushes and roughed him up and the community got upset because of this,” one 50-year-old man, who did not want to be identified, explained.

A thick cloud of smoke hung over Hawston on Saturday as the mob blocked the R43 between Botrivier and Hermanus with burning tyres.

Shots were fired between police and members of the public as the cops called for back-up.

This quickly escalated out of control.

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The K9 headquarters and cop vehicles are set alight.

Some residents set fire to police vehicles outside the K9 Dog Unit headquarters, which was also set ablaze.

One SAPS officer was hurt as he tried to save the dogs from the flames.

Hawston community leader Jan Gelderblom said he returned from Cape Town on Saturday afternoon to find “the fishing village in flames”.

He acknowledged the rumours that police had allegedly assaulted poachers and that the community had retaliated.

“Tempers are flaring. I haven’t seen Hawston in this state in a very long time. The R43 is on fire, the police dog unit offices in Hawston are in flames, everything is burning,” he said.

Hawston resident and local councillor Maurencia Gillion added: “We condemn the violence and damage to state property, but there must be looked at the source of the problem which caused it.

“This is not about politics or religion, this is about the violation of human rights and it affects the whole community.”

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Deputy Provisional Police Commissioner Major-General Peter Jacobs travelled to Hawston as cops desperately tried to restore calm.

During a press conference, Jacobs claimed the attack on the K9 Unit was “planned in advance” by criminal elements who wanted to exploit the deepening tensions for their own “agenda”.

“The speed at which the attack on the dog unit happened shows fine planning,” Jacobs said.

“To flip four vehicles and get petrol for petrol bombs so fast is not easy.”

Jacobs added that two suspects “specifically connected to the incident” were arrested late on Saturday night following a shootout with cops.

The top cop also vowed that the Independent Police Investigation Directorate would take over the investigation into Figaji’s death.

And he promised that any complaints of alleged police brutality would be fully investigated.

Meanwhile, cops also confirmed that two local suspects, aged 21 and 27, were arrested in possession of 55 abalone and 12 crayfish.

“The estimated street value is about R2000. The suspects will appear in the Hermanus Magistrates’ Court on Monday,” said police spokesman Captain FC van Wyk.

Charges of arson, public violence and malicious damage to property are now under investigation.

“One SAPS member was injured and his private vehicle damaged while he tried to save the dogs after the K9 Unit was set alight,” he added.

“Various private vehicles were damaged – one was burned and others damaged by rock throwing.”

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (Bianca du Plessis, Daily Voice avec the Cape Argus / iol.co.za, 5 novembre 2012)

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[Afrique du Sud] Comment accommoder le jaune

Afrique du Sud : un mineur lapidé à mort

Le cadavre d’un mineur non-gréviste apparemment lapidé à mort a été découvert hier aux abords d’une mine du groupe Anglo American Platinum (Amplats), a indiqué mardi la police sud-africaine. « Selon nos informations, le corps d’un mineur de 56 ans originaire du Mozambique a été trouvé sur le terrain de sport appartenant à la mine d’Amandelbult, face au foyer des mineurs (…) hier matin », a expliqué Ronel Otto, porte-parole de la police du Limpopo (nord).

« Il semble qu’il faisait partie d’un groupe d’employés qui revenaient du travail quand ils ont été agressés par des mineurs en grève. Ils ont été entourés et agressés avec des pierres », a-t-elle ajouté. « À ce stade, il n’y a encore eu aucune arrestation et nous avons ouvert une enquête pour assassinat », a précisé la porte-parole.

Elle a indiqué que la police avait dans un autre incident arrêté lundi 22 personnes brandissant des armes traditionnelles, qui bloquaient une route des environs. La direction du numéro un mondial du platine avait donné jusqu’à lundi matin aux employés de ses sites sud-africains paralysés par une grève sauvage depuis huit semaines pour reprendre le travail, avant de repousser son ultimatum jusqu’à mercredi.

Si le mouvement devait continuer, la compagnie confirmera le licenciement de 12.000 personnes à Rustenburg et devrait en remercier plusieurs milliers d’autres sur les autres sites en grève d’Amandelbult et Union, a-t-elle précisé mardi. Amplats a proposé une prime unique de 4.500 rands (405 euros) bruts si les mineurs reprennent le travail, offre rejetée samedi lors d’un meeting au stade de Rustenburg.

Anglo American Platinum est est la dernière grande compagnie encore paralysée par la vague de grèves sauvages qui a démarré dans le sang à Marikana en août et s’est ensuite propagée dans des mines de platine, d’or, de fer ou de charbon.

Ces conflits sociaux ont fait au total une soixantaine de morts en trois mois, dont 34 mineurs de Lonmin (platine) abattus par la police le 16 août à Marikana. Chez Amplats, les violences ont fait 5 à 10 morts, selon les sources.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 13 novembre 2012)

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[« Antiterrorisme »] Valls menace la mafia sarkozyste d’en révéler davantage sur le scandale Merah, au cas où celle-ci persisterait dans sa guéguerre politico-médiatique

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a accusé aujourd’hui la droite d’être responsable du « retour du terrorisme » dans le pays lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, provoquant la fureur des bancs de l’opposition et la levée de la séance.

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VOIR LA VIDÉO

Manuel Valls a lancé à la droite : « Le retour du terrorisme dans ce pays c’est vous », en réponse à une question du député UMP Éric Ciotti, qui mettait en cause le gouvernement sur les statistiques de la délinquance. Devant le tollé suscité par cette déclaration, le président PS de l’Assemblée Claude Bartolone a levé la séance.

Presse terroriste d’État (Agence Faut Payer, 13 novembre 2012)


(…) À gauche, le chef des socialistes, Bruno Le Roux, est lui arrivé à peine plus tard en renfort pour tenter d’éteindre l’incendie : « Quand on voit ce qui s’est passé à Toulouse [avec l’affaire Merah, en mars 2012] avec toutes les défaillances, il y a d’ailleurs une enquête aujourd’hui, je pense que la droite n’a pas à être fière sur aucun des domaines qui touchent à la sécurité des Français », a-t-il déclaré à la presse. (…)

Presse terroriste d’État (Hélène Bekmezian, blog du Monde « Chambres à part », 13 novembre 2012)

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Le monde de demain nous appartient

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La Guérinière, Vendée, 1er novembre 2012

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[Mali] Révolte et répression sanguinaire à la mine d’or de Syama

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0114.jpgRévolte populaire à la mine d’or de Syama : Les forces de l’ordre tirent sur les manifestants

Dimanche 11 novembre, c’est toute la commune de Fourou qui s’était révoltée. À l’origine du mécontentement général de la population, la violation par les responsables de la société minière, des accords convenus avec les populations.

Selon ces accords, 70 % des emplois de main d’œuvre non qualifiée sont réservés aux populations de la commune de Fourou sur le terroir de laquelle opère la société minière. Les 15 % reviennent au cercle ; 5 % à la région et 5 % à la République. Cependant, il se trouve toujours « des cadres véreux qui recrutent sur recommandation, ou leurs parents, ou même, d’autres qui vendent simplement le poste contre espèces sonnantes et trébuchantes », selon un élu contacté dans la localité. Ce problème demeure depuis que la société minière opère ici, ajoute cet élu. Ce qui est à la base de cette révolte populaire, dans une localité où le chômage frappe les populations qui voyaient dans cette mine une opportunité de sortie de la pauvreté.

La goutte d’eau qui a débordé le vase est l’arrestation des personnes dans cette affaire, dont un leader de la jeunesse, suite à des altercations, a indiqué un élu du peuple à Kadiolo, l’honorable Bréhima Béridogo. Le mécontentement général de tous les villages de la commune de Fourou découle du non respect des accords entre la société et la commune. Venus nombreux pour exprimer leur ras-le-bol, les habitants de la zone minière ont été pris pour cible par les forces de l’ordre qui ont transformé leur manifestation de colère en un bain de sang. Le bilan est de deux morts, 14 blessés. Les victimes tuées par balles sont : M. Sogodogo de la famille de l’Imam du village de Banasso  et M. Dagnoko, le fils du chef de village de Balla. Selon un élu contacté, « la population n’était pas armée, et les deux victimes n’étaient guère des chasseurs. Le communiqué du gouvernement est archi-faux », ajoute cet élu dans la localité. Selon des témoignages recueillis, certains blessés le sont aux fesses, ce qui suppose qu’ils n’affrontaient pas les forces de l’ordre. Certains blessés graves auraient été évacués à Bamako.

Selon un Communiqué du Gouvernement, émanant du ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, lu à la télévision et mis à la disposition de la presse, « le dimanche 11 novembre 2012 à la mine d’or de Syama, commune rurale de Fourou, cercle de Kadiolo, un affrontement a opposé un groupe de jeunes et de chasseurs aux forces de sécurité, faisant deux morts parmi les villageois et 14 blessés dont 4 graves, dans le rang des forces de sécurité. Cet incident malheureux est survenu suite à une plainte déposée à la justice par un responsable de la mine qui a été agressé nuitamment à domicile le 02 novembre 2012. Dans le cadre de cette plainte, trois individus dont un responsable du comité local de la jeunesse, ont été placés sous mandat de dépôt. Aussi, pour exiger la libération de ceux-ci, un groupe de jeunes et de chasseurs des villages environnants de la mine ont-ils érigé des barricades empêchant tous accès à la mine. Malgré les pourparlers menés par l’administration locale, ils n’ont pas voulu céder. Devant leur refus catégorique de lever les barricades, les forces de sécurité sont intervenues pour dégager les voies. C’est en ce moment que celles-ci ont essuyé des coups de feu tirés par les chasseurs. Dans la panique, les coups de feu ont mortellement touché deux villageois… »

Selon les informations recueillies auprès du ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, c’est le responsable des ressources humaines de la mine de Syama, victime d’agression à domicile qui est à l’origine de la plainte, suite à laquelle trois personnes dont un responsable de la jeunesse ont été arrêtés : Lassana Ouattara, Abdoulaye Soumano, Abdoulaye Koné (président du comité  local de la jeunesse de Fourou). Pour exiger leur libération, les populations ont posé des barricades. Face à la révolte populaire, les responsables de la mine et le préfet de Kadiolo n’ont pensé qu’à faire appel à un renfort venu de Sikasso, qui a tenté de lever les barrières posées par les populations en colère. La fusillade qui a suivi a fait deux morts parmi les habitants et 14 blessés dont des éléments des forces de l’ordre. Nos efforts auprès des différents ministères impliqués et de la société minière ne nous ont pas permis d’avoir la liste des blessés.

Au ministère des Mines, Seydou Keïta, conseiller technique du département a fait état de la mise en place d’une mission de bons offices qui se rendra dans les prochains jours (peut-être mercredi) dans la mine d’or de Syama. Collégialement, les ministres des mines, de l’administration territoriale et de la décentralisation, celui de la justice, de la sécurité intérieure et de la protection civile s’occupent du dossier de cette affaire, a indiqué, le conseiller technique.

Au siège de la société Randgold sise au quartier Faladiè de Bamako, où notre enquêteur s’est rendu, il a été précisé que  Randgold a cédé depuis 1996 la mine d’or de Syama à la société Resolute Mining Limited (Société minière de Syama S.a). Au siège de la Somisy Sa à Badalabougou, le Directeur général adjoint qui ne nous a pas reçus a fait savoir, par l’intermédiaire du vigile, qu’il s’en tient au communiqué du gouvernement diffusé sur l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (Ortm) le dimanche 11 novembre 2012.

Presse chercheuse d’or (B. Daou avec Aguibou Sogodogo, Le Républicain, 13 novembre 2012)

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[Travailler gratuitement les samedis ?] Les syndicats UGT et Commissions ouvrières (CCOO), qui appellent pour le 14 novembre à une grève de 24 heures, signent deux jours auparavant un accord avec Renault sur la flexibilité

En France, Renault veut une compétitivité espagnole

C’est la dernière ligne droite pour les salariés espagnols de Renault. Jeudi 8 novembre, la direction du groupe français à Madrid et ses syndicats doivent conclure un mois d’âpres négociations pour un nouvel accord de compétitivité des quatre usines locales du constructeur, après celui signé en 2009 [Selon Planet Labor (12 novembre 2012), la direction de Renault et les trois syndicats majoritaires UGT, Commissions ouvrières (CCOO) et la Confédération des cadres (CCP), ont conclu « un accord de flexibilité dans l’espoir de décrocher la création de 1300 emplois » (Note du JL)].

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En France, ces discussions sont scrutées par les syndicats de l’ex-Régie, après l’ouverture officielle, mardi, d’une négociation similaire censée « assurer une base industrielle solide et durable en France ».

Car la direction du groupe a été claire. Elle n’attribuera de nouveaux véhicules ainsi que des volumes minimaux de production à ses différents sites hexagonaux que si un accord est trouvé sur une meilleure organisation du travail et les salaires. Avec comme modèle le site de Palencia, en Espagne, qui serait – c’est en tout cas ce que les partenaires sociaux entendent à longueur de réunions – le plus compétitif du groupe.

Dans la péninsule Ibérique, Renault brandit une autre référence – l’usine roumaine – pour
obtenir là aussi des efforts de ses salariés. Le groupe a annoncé un « plan industriel » qui prévoit l’embauche de 1300 personnes pour ses sites d’assemblage de Palencia et Valladolid et ceux de production de boîtes de vitesse et de moteurs de Séville et Valladolid. En échange, le constructeur exige des concessions des syndicats.

ÉCONOMISER 400 EUROS PAR VÉHICULE

« Les prétentions de l’entreprise lors la première réunion, mi-octobre, étaient de faire gagner de la compétitivité essentiellement par le biais des baisses de salaire et de l’augmentation du temps de travail », rappelle Leandro Martin Puertas, de l’Union générale des travailleurs, syndicat majoritaire de la marque au losange en Espagne.

« Les conditions qui accompagnent le plan industriel de Renault sont, à nos yeux, exorbitantes et difficiles à accepter », juge Ruben Gonzalez, de Commissions ouvrières, le second syndicat de Renault.

« Pour être plus compétitifs, Renault nous demande de parvenir à économiser 400 euros sur le coût de fabrication de chaque véhicule, reprend M. Martin Puertas. La moitié de cette somme serait gagnée grâce à des sites de production plus resserrés [ce qui permettrait de réduire les coûts logistiques], 100 euros par une rotation plus rapide des stocks, et 100 euros grâce à une réduction des salaires des personnels. Cela passe par la suppression de demi-salaires supplémentaires en mars et septembre et d’une prime pour le travail le samedi, mais aussi par l’augmentation du temps de travail et la baisse de 27 % du salaire des nouvelles recrues… »

« SANS CESSE EN CONCURRENCE »

Depuis le 15 octobre, Renault et les syndicats se sont accordés sur plusieurs points. Mais, mercredi soir, les négociations étaient toujours dans l’impasse. « La question des salaires pose toujours problème, indique M. Gonzalez. Nous considérons important de maintenir les deux demi-salaires supplémentaires de mars et septembre, obtenus il y a quelques années par des grèves. Si l’entreprise nous les supprime, cela correspondrait à une baisse de 6 % de notre salaire, après les avoir  gelés trois ans ! »

Avec 25 % de chômage en Espagne, les syndicats locaux savent que le rapport de force est en leur défaveur. « Renault en joue », confirme M. Martin Puertas. En l’absence de concessions des syndicats fin octobre, le constructeur a menacé tout simplement de retirer son plan industriel.

« Nous ne pouvons pas tout accepter, mais pas non plus être trop exigeants dans les négociations, car ce plan est très important pour nous, reprend M. Martin Puertas. Il permettrait de créer de l’emploi dans les usines Renault durant plusieurs années. »

Ce qui agace le plus en Espagne, comme en France, conclut M. Gonzalez, c’est d' »être mis sans cesse en concurrence avec les autres usines du groupe. Renault dit en France que l’Espagne est plus compétitive, mais ici on nous compare avec la Roumanie en nous demandant de travailler gratuitement les samedis, comme là-bas. Nous ne sommes pas disposés à céder à ce genre de chantage ! »

Presse esclavagiste (Philippe Jacqué & Sandrine Morel à Madrid, LeMonde.fr, 8 novembre 2012)

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La Fédération des associations de quartier de Barcelone demande au ministère de l’Intérieur de retirer les containers afin de prévenir les barricades urbaines lors de la manifestation du 14 novembre

La FAVB demana que no s’utilitzin pilotes de goma el 14-N

La Federació d’Associacions de Veïns de Barcelona ha demanat al Departament d’Interior i a l’Ajuntament de Barcelona que garanteixin la seguretat durant la vaga general del 14 de novembre. La FAVB ha demanat que no es faci ús de pilotes de goma i de gasos lacrimògens contra els manifestants, ja que, asseguren, són contraproduents per a la seguretat.

La FAVB ha fet una roda de premsa conjunta amb el col·lectiu Som27M, que promou la querella contra les càrregues policials en el desallotjament del 15-M a la plaça de Catalunya, la plataforma Rereguarda en Moviment i Stop Bales de Goma. Totes tres entitats treballen amb la voluntat que no es repeteixin els incidents de l’última vaga general del 29 de març, i per això han exigit que cessin “la pràctica de les identificacions arbitrals i massives”, així com l’ús d’armament que pot arribar a perjudicar l’ordre durant les manifestacions.

La federació s’ha reunit amb l’alcalde de Barcelona, Xavier Trias, per demanar-li també que l’Ajuntament retiri els contenidors per evitar que serveixin de barricades urbanes durant la manifestació. Una petició a què, segons el seu president, Trias ja s’ha compromès.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (btv.cat, 12 novembre 2012)

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Manif NoTav à Lyon lundi 3 décembre

Contre la Ligne à Grande Vitesse Lyon-Turin

Le 3 décembre 2012, les chefs d’État français et italien François HOLLANDE et Mario MONTI se réuniront en sommet à Lyon pour conclure le plan de financement de la Ligne à Grande Vitesse reliant Lyon à Turin (LGV ou TAV en italien).

En France, depuis un an, la lutte contre la LGV s’organise de plus en plus au travers de différents comités situés sur le tracé. Tant mieux, car il est plus que temps de s’opposer fermement !

En effet, dans le contexte de crise économique où l’argent manque dans des domaines cruciaux tels que la santé ou l’éducation, c’est plus de 25 milliards d’euros que les deux chefs d’État veulent engloutir dans la LGV. De plus, ce sont 15 ans de nuisances provoquées par les travaux, des dizaines de millions de mètres cubes de déblais, un bétonnage irréversible d’espaces agricoles ainsi que des pollutions d’uranium et d’amiante qui menacent les habitant.e.s en Maurienne, nord-Grésivaudan, Chartreuse et Avant-Pays Savoyard.

Autour du mouvement NO TAV cela fait vingt-deux ans qu’en Italie la vallée de Susa est en lutte. Entre manifestations à 80’000 personnes, blocages routiers, assemblées populaires, occupations de chantiers et autres le mouvement NO TAV est créatif, massif et tenace. C’est qu’il le faut pour faire face aux expropriations, expulsions et aux procès qu’on leur impose. Enfin, que l’on soit en lutte contre d’autres LGV comme au Pays Basque, contre OL Land à Lyon, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre le nucléaire, les OGM ou l’extraction du gaz de schiste, contre la ligne Très Haute Tension Cotentin-Maine, contre sa propre usine Ilva à Tarente (Italie) ou contre bien d’autres infrastructures encore, nous affirmons que nous luttons contre la même logique techno-industrielle : celle de la compétitivité économique dans le mépris total des populations et de leur environnement.

Afin de montrer notre détermination et vivre des moments forts de rencontres et de solidarités entre les différentes luttes françaises et italiennes, nous vous invitons à nous rejoindre :

En France :
• 30 novembre et 1er décembre : Forum contre la LGV Lyon-Turin à Lyon. Le vendredi 30 novembre de 16h à 21h et le 1er décembre de 9h à 18h, à l’espace Sarrazin, 8 rue Jean Sarrazin. Contact

• 3 décembre : Rassemblement et manifestation à Lyon.
12h, place Guichard, rassemblement contre le sommet de François Hollande et Mario Monti. Repas, assemblée, prises de paroles françaises et italiennes, présentation des différentes luttes et de leurs contextes, jeux, tables d’infos…
14h, départ d’une manifestation festive.

En Italie :
• 21 novembre à Turin : Ce jour marque le début de procès importants en Italie contre 37 personnes arrêtées au printemps suite à différents événements de la lutte NO TAV.

• 8 décembre à Venaus : Cette date est l’anniversaire de la reprise de Venaus (2005) par des milliers d’habitant.e.s de la vallée, suite à l’expulsion par la police du camp NO TAV qui s’y tenait.

Du 21 novembre au 8 décembre, si vous ne pouvez pas être avec nous pour ces différents rendez-vous, nous vous invitons à nous soutenir en rendant visible la lutte par chez vous !

Collectif NO TAV 69, Collectif NO TAV 73, Collectif NO TAV Paris

informations, argumentaires : no-tav-savoie.org, notavparis.wordpress.com
et en italien : notav.info

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[CNT PSA Metz-Borny] « Notre gentil directeur, que l’on pourrait confondre avec un animateur du Club Med, nous déclarait que certains arrêts maladie étaient injustifiés. Nous nous demandons toujours quelles sont les compétences médicales de ce monsieur à part ses connaissances supposées en proctologie vu la façon dont il nous la met tous les jours / Nous proposons, pour éviter bon nombre de licenciements de nos camarades, que les postes de direction et de ressources humaines soient supprimés, les personnels en question requalifiés, et le groupe socialisé au même titre que toute l’industrie métallurgique »

NOTRE MILITANTISME… NOTRE AVENIR !

SOYONS SÉRIEUX…

Est-ce que vous vous rappelez la réunion avec M. PISKORSKI de la semaine dernière ? Lors de cette dernière, notre gentil directeur, que l’on pourrait confondre avec un animateur du Club Med, nous déclarait que certains arrêts maladie étaient injustifiés. Nous nous demandons toujours quelles sont les compétences médicales de ce monsieur à part ses connaissances supposées en proctologie vu dont la façon dont il nous la met tous les jours. Il ne se demande pas si les cadences, les conditions de travail, l’anxiété, les sanctions à répétitions, les licenciements de beaucoup de nos camarades, ne sont pas les raisons principales de ces arrêts maladies qui pour nous sont plus que justifiés. Ça c’est l’ambiance « sociale ».

… PUISQUE PERSONNE NE TRAVAILLE À NOTRE PLACE…

Justement, nous sommes bien d’accord sur une chose, c’est qu’il faut que cela cesse. De plus, lors de cette réunion, le directeur, toujours aussi sûr de lui, nous a annoncé qu’il fallait baisser les charges fixes, plaçant au milieu de cette phrase, pour bien nous expliquer ce qu’étaient les charges fixes, que son salaire en faisait partie au même titre que les nôtres. Nous proposons, pour éviter bon nombre de licenciements de nos camarades, que les postes de direction et de ressources humaines soient supprimés, les personnels en question requalifiés, et le groupe socialisé au même titre que toute l’industrie métallurgique.

Par ailleurs, chèr-e-s camarades, rappelez vous lorsque le directeur, toujours lui, nous a dit de ne pas hésiter, nous lorsque nous le voyons dans les ateliers, à venir lui tirer la manche, si nous voulions l’interpeller. Comme nous ne le voyons pas souvent, ça va être compliqué. Surtout que l’on empêche les personnels de s’exprimer, comme pour notre Représentant de Section Syndicale, qui fut interdit de parole lors de cette fameuse et fumeuse réunion de la semaine dernière.

Cette situation, risible et énervante à la fois pour les personnes dotées du bon sens populaire, en devient catastrophique dans la mesure où c’est ainsi que les Patrons du monde entier, gère les entreprises et les personnels. Cynisme, méchanceté, cupidité : comme on n’est pas des cons-ne-s, ces attitudes ne nous font plus rire. Le climat social apaisé dans l’usine souhaité par le directeur afin de porter de nouveaux projets ne pourra se faire que lorsque le groupe sera aux mains des seul-e-s qui travaillent : les ouvriers et ouvrières ! Dehors les financiers véreux, les banquiers flibustiers, les héritiers irrités.

Partout l’austérité frappe les travailleurs et travailleuses, les chômeurs et chômeuses, les jeunes et les vieux, quelles que soient la nationalité ou la couleur de peau. Dans le même temps, ils durcissent leurs politiques  répressives. Les prisons sont pleines, on peut plus péter de travers sans qu’un flic nous verbalise pour un oui ou un non, dès qu’on bronche une oreille au taf, on se fait licencier, c’est ce que le gouvernement socialiste doit appeler le dialogue social ?!

… QUE NUL NE DÉCIDE À NOTRE PLACE  !

Les classes populaires de Grèce, d’Espagne, du Portugal, et de pleins d’autres pays Européens seront en Grève Générale demain. Et en France ? Il y a des copains et copines qui le seront également. Les syndicats vendus de la CES (surtout leurs directions parce les militant-e-s dans les boîtes en prennent plein la tronche comme nous) appellent à des manifs dans le pays sans pousser à la grève ou alors timidement. Nous, on est la CNT, et pour nous, y’a pas à discuter 107 ans :

MERCREDI 14 NOVEMBRE
GRÈVE GÉNÉRALE EUROPÉENE
RDV à 12H30 DEVANT L’USINE !

ON IRA À LA MANIF UNITAIRE ENSEMBLE POUR DIRE QU’ON VEUT PAS DE LEURS LICENCIEMENTS, DE LEUR RÉPRESSION, DE LEURS BAS SALAIRES … ET DE TOUTES LEURS POLITIQUES POURRIES !

LA CNT DEMANDE À LA CGT D’ASSUMER L’APPEL DE SA CONFÉDÉRATION ET D’ÊTRE EN GRÈVE À NOS CÔTÉS : C’EST ÇA LA LUTTE DES CLASSES !!!

CNT ETPICS 57 NORD SUD SECTION PSA BORNY

Publié dans Activités de la CNT | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [CNT PSA Metz-Borny] « Notre gentil directeur, que l’on pourrait confondre avec un animateur du Club Med, nous déclarait que certains arrêts maladie étaient injustifiés. Nous nous demandons toujours quelles sont les compétences médicales de ce monsieur à part ses connaissances supposées en proctologie vu la façon dont il nous la met tous les jours / Nous proposons, pour éviter bon nombre de licenciements de nos camarades, que les postes de direction et de ressources humaines soient supprimés, les personnels en question requalifiés, et le groupe socialisé au même titre que toute l’industrie métallurgique »

[ZAD] Si les prétendu-e-s « porte-paroles » d’EELV ont tant envie de parler, ils n’ont qu’à s’expliquer d’abord sur 3 ans de déclarations odieuses à notre sujet

Nous ne voulons pas voir les bureaucrates d’Europe Écologie – Les Verts

Depuis quelques jours, des dirigeant-e-s d’EELV prennent position par rapport aux expulsions en cours sur la ZAD : ils/elles expriment leur soutien aux habitant-e-s et appellent à la manifestation de réoccupation du 17 novembre. Depuis que le mouvement d’occupation existe, les dirigeant-e-s d’EELV n’ont fait que s’en désolidariser par presse interposée. Ils/elles ont parlé d’ultras, de violent-e-s agitateurs/ices et d’extrémistes ; et n’ont cessé de dénoncer des actions menées conre l’aéroport et les porteurs du projet.

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Aujourd’hui, des responsables d’EELV se désolidarisent encore des « minorités violentes ». Au cas ou ils/elles ne le sauraient pas, la manifestation du 17 est appelée notamment à l’initiative de ces mêmes « minorités violentes », de celleux qui montent des barricades et lancent des pierres pour défendre leur maison, en l’occurence les occupant-e-s de la ZAD.

Comment peut-on autant chier sur la gueule d’un mouvement, le fragiliser, pour ne pas dire essayer de le broyer ; et en même temps appeler à le soutenir au moment ou il prend de l’ampleur ? Serait-ce l’attrait des caméras ? Si les prétendu-e-s « porte-paroles » d’EELV ont tant envie de parler, ils n’ont qu’à s’expliquer d’abord sur 3 ans de déclarations odieuses à notre sujet.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

De notre côté, nous n’acceptons pas que celleux qui se dissocient des actes de résistance aux expulsions viennent à cette manifestation. Les responsables et figures médiatiques d’EELV ne sont pas les bienvenu-e-s à nos yeux.

P.-S. : À tout-e-s les adhérent-e-s et sympathisant-e-s d’EELV qui luttent sincèrement contre l’aéroport, vous êtes les bienvenu-e-s. Et c’était chouette de partager des moments autour des barricades avec certain-e-s de vous…

Le mouvement d’occupation


Nous voulons une manif, pas une parade

Le 17 novembre aura lieu une manifestation de réoccupation, pensée comme un moment de réaction collective aux expulsions de squats sur la ZAD.

Nous sommes des occupantEs de la ZAD. Nous ne sommes pas dans des logiques de parti. Nous ne croyons pas à la pseudo-démocratie et à son jeu de représentation. Ce qui fait la force de ces moments vécus depuis le déclenchement des expulsions, c’est de se retrouver avec un tas de gens autour de notre refus de ce projet d’aéroport, et du monde qui va avec. Nous voulons que cette manif soit celle de tou-te-s les opposantEs, et que touTEs celles et ceux qui sont en lutte y trouvent une place.

Depuis quelques jours, les stars de la politique politicienne se relaient pour annoncer leur venue. Depuis quelques jours on n’entend plus qu’elles/eux. Nous ne voulons pas que toute l’attention se braque ce jour-là sur quelques têtes d’affiche qui ont déjà tout l’espace médiatique pour s’exprimer, et qui ne fouttront jamais les pieds sur la zone si il n’y a pas 50 caméras pour les accompagner.

Nous voulons une manif d’opposant-e-s au projet d’aéroport, pas un podium pour politicardEs.

AmiEs en lutte, bienvenue !

Le mouvement d’occupation

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 12 novembre 2012

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [ZAD] Si les prétendu-e-s « porte-paroles » d’EELV ont tant envie de parler, ils n’ont qu’à s’expliquer d’abord sur 3 ans de déclarations odieuses à notre sujet

[Un nom et une adresse] « Expulsons les politi-chiens »

Sainte-Croix-aux-Mines. Des tags sur la résidence secondaire de Roland Ries

La maison de villégiature du maire de Strasbourg Roland Ries, située à Sainte-Croix-aux-Mines, a été couverte de plusieurs inscriptions, vraisemblablement au cours du week-end dernier.

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La maison secondaire de Roland Ries a été tagguée à la bombe, selon toute vraisemblance dans la nuit de dimanche à lundi.

Ce matin, on pouvait lire les mots « Solidarité face aux expulsions », « Squats roms Rie expulse (sic) » et « expulsons les politi-chiens » en noir et en lettres capitales sur les murs du pavillon. Un sigle abscons a en outre été tracé sur la porte d’entrée.

Roland Ries, qui est aujourd’hui en déplacement et injoignable, a été informé de cet acte de vandalisme. Une plainte devrait être déposée à la gendarmerie. La brigade de Sainte-Marie-aux-Mines est en charge de l’enquête.

Ce n’est pas la première fois que le maire de Strasbourg est ainsi visé. En janvier 2010, son domicile strasbourgeois avait été tagué, notamment d’une croix celtique.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (DNA.fr, 12 novembre 2012)


La résidence secondaire de Roland Ries taguée et les serrures obstruées…
« Ça vous coûtera cher de nous foutre en l’air. »

La feuille de chou a reçu ces photographies prises ce matin par un correspondant bénévole [merci à lui] :

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« Un sigle abscons a en outre été tracé sur la porte d’entrée. » (DNA, 12 novembre 2012)

Le maire de Strasbourg possède une résidence secondaire au Petit Rombach, commune de Sainte Croix aux Mines (68160). Des tags y ont été apposés cette nuit, la porte obstruée et les serrures noyées dans la mousse et le silicone…

La feuille de chou, 12 novembre 2012


Roms contre Romains ? ça suffit !

Au matin même du 30 octobre 2012, au cours de notre expulsion, on a pu entendre des messages de compassion à notre égard, messages au contenu des plus douteux : nous expulser, nous, les Romains, alors qu’on laisse les Roms tranquilles !

On pourrait laisser croupir ces témoignages touchants de générosité là où ils le méritent s’ils n’avaient qu’un caractère exceptionnel.

Hélas il semble qu’ils revêtent les puants atours de la banalité.

Les Roms sont au centre des préoccupations de ceux qui n’ont pour autre but que de protéger leur pré carré, où déjà ils pourrissent. L’expulsion du 2, route des Romains constitue pour eux une aubaine de taille : faire sortir de l’égout leurs récriminations en s’appuyant sur des squatteurs qu’ils n’auraient pas plus aimés ni tolérés si la haine qu’ils vouent aux Roms n’avait été plus grande. Squatteurs, peut être, mais au moins ils sont blancs, devine t-on en filigrane sur certaines lèvres.

L’égoïsme, c’est le contraire de la solidarité. On a beau retourner dans tous les sens ce type de témoignage, on n’y trouve aucune trace de solidarité : en quoi instrumentaliser une expulsion pour en réclamer d’autres, plus massives, constitue t-il un acte de solidarité ? Dans une ville qui s’enorgueillit de ses kilomètres de pistes cyclables, certains, au pouvoir, dans l’opposition, ou dans la rue, semblent désirer plus de vélodromes…

Nous n’avons que faire des « soutiens » dont le seul but est de manifester haine, peur ou égoïsme : les larmes d’émotion que nous procurent ces témoignages de sympathie ont par trop le goût de la lacrymo.

Que faire dans ce bourbier ?

Ceux qui nous ont jeté dehors ont voulu au préalable nous diviser ; il n’en a pas été ainsi. D’autres s’indignent de notre expulsion afin de séparer le bon grain de l’ivraie. Les vendanges 2012 sont calamiteuses !

Mais nous ne cesserons de le répéter : une expulsion, locative ou pas, d’un quartier ou d’un territoire, est une expulsion de trop !

2, route des Romains, 11 novembre 2012


30 millions d’amis

Un inconnu nous a adressé un message via le Fessebouc de soutien au 2 route des Romains. Ses admins nous l’ont fait suivre. Outre son style fleuri, ce message condense une série de malentendus auxquels il nous donne l’occasion de répondre. Le voici in extenso :

« TU VEUX ETRE MARGINAL ? TU VAS A LA CAMPAGNE AVEC TON GROUPE DE BOUFFONS DANS UNE CABANE AVEC DES VACHES Alors ke ton papa est ingénieur,  VOTRE GROUPE D’ABRUTI est un parasite, vous troublez l’ordre public BANDE DE CONARD, ALLEZ VIVRE COMME LES ROMS QUI ONT PLUS DE MERITE QUE VOUS !

la ville de Strasbourg vous a donné la chance de vous héberger alors qu’un loyer d’une maison comme ça est de 1000 € par mois et vous, vous en avez profité pour y faire des fiesta, MENACER DES GENS DE MORT, je tiens à préciser que DEPUIS L’EXPULSION, ce groupe dort encore dans la maison alors je vais prévenir les FORCES DE L’ORDRE et là, ça sera à coup de matraque que l’on vous dégagera, VOUS ETES DES MICROBES DANS MA VILLE QUE J’AIME : STRASBOURG

LA VILLE VOUS A OFFERT UNE MAISON POUR HEBERGER DES GENS EN DIFFICULTES ET VOUS, vous en avez profitez pour faire la fête avec merguez, bières … MOI, JE SUIS HEUREUX QUE DES FILS DE PUT COMME VOUS, SONT FOUTU DEHORS allez crever 1 par 1 de froid, je le souhaite ; Moi aussi, je pourrai être marginal comme vous pauvre crétins avec tes 3 dents et la Flora, cette putin

VOUS AVEZ SIMPLEMENT PERDU UN ENDROIT OU VOUS POUVIEZ FAIRE LA FETE, C’EST TOUT !

et votre banderole, apprenez à écrire ! tous les gens se foutent de votre gueule PAUVRE CONARD QUI VIENNENT D’AUTRES REGIONS !

SALE PROFITEUR, ALLEZ CREVER DESORMAIS ! JE SAIS QUE VOUS DORMEZ ENCORE DANS LA MAISON MAIS JE VAIS LA BRULER DANS QUELQUES JOURS DURANT VOTRE SOMMEIL, DONC JE VOUS CONSEILLE DE VOUS TENIR SUR VOS GARDES

avec vos fleurs en marquant : « à notre maison Chérie »

VOTRE MAISON ? TU ES CULOTER, C LA MAISON DE LA MAIRIE PAUVRE CRETIN, JE TE FOUETRAI DES POINGS DANS LA GUEULE SI T’ETAIUS DEVANT MOI AVEC TON GROUPE DE BLEDARD

CASSEZ-VOUS OU JE VOUS CREVE ! JE PENSE AVOIR ETE CLAIR ! « 

signé : X

Cher X,

merci pour ta gentille lettre. Nous pensons que tes informations sont erronées sur certains détails.

Nous ne souhaitons pas spécialement être marginaux.

La Ville ne nous a absolument pas « offert » une maison, elle l’a au contraire achetée il y a sept ans et demi pour qu’elle reste vide, disponible pour les travaux d’aménagement futurs. Il y a maintenant six ans qu’ils essayent de nous déloger, et dès le début ils ont argué de l’imminence des travaux. Nous nous sommes donc logés par nous-mêmes et c’est bien ce qu’ils nous reprochent.

Nous n’habitons plus dans la maison puisque nous avons été expulsés par les forces de l’ordre, conformément à tes vœux. Si tu vois encore de la lumière en passant devant, c’est que la boîte de sécurité qui surveille les lieux ne s’habitue pas à l’obscurité. Si donc tu brûles la maison, préviens Polyguard avant, tu risques de te tromper de victimes.

Par contre, et la franchise nous oblige à le reconnaître franchement malgré la honte que ces révélations font peser sur nos familles : C’est vrai, certains d’entre nous sont originaires d’autres régions. C’est vrai, nous avons parfois fait la fête dans cette maison. Nous y avons même bu de la bière.

L’histoire nous jugera.

2, route des Romains, 9 novembre 2012


Rencontre avec le Maire

Monsieur le Maire était ce soir en goguette à la Scala du Neudorf, afin d’aller à la rencontre de ses administrés, d’écouter leurs doléances et de les assurer de son total engagement dans toutes les affaires qui les préoccupent. Jusqu’à la semaine dernière, nous étions des habitants de Koenigshoffen, mais il se trouve que notre expulsion nous a déracinés de ce quartier, c’est donc en tant qu’habitants de la C.U.S., et par voie de conséquence du Neudorf entre autres, que nous nous sommes invités à cette petite sauterie. Depuis l’irruption des Huissiers et autres sbires dans notre quotidien, c’était la première fois que nous avions ces élites en face de nous. Nous avons pu ainsi leur faire part de notre colère d’avoir été jetés à la rue.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0221.jpgPour la petite histoire, il se trouve également que nous avons eu au téléphone l’assistante de Maître IRION huissier de justice, afin de savoir quand nous pourrions récupérer nos petites affaires restées prisonnières au 2 route des Romains. Nous avions cru comprendre que l’article 65 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991 nous permettait pendant un mois consécutif à l’expulsion de nous mettre en contact avec cette aimable personne pour cela. Or notre interlocutrice nous informa avec une compassion non dissimulée que cette loi avait été entretemps abrogée, et qu’une mystérieuse audience avec un non moins mystérieux juge traiterait de cette question épineuse le 12 décembre.

Vae victis, comme dirait l’autre. Double peine, en quelque sorte.

Le jour de l’expulsion, nous aurions du penser à emmener nos lits.

On ne se laissera pas faire, rogntudju !

2, route des Romains, 8 novembre 2012


Marche fun et funêbre

En petite procession, nous avons hier déposé une très jolie couronne mortuaire (bravo les fleuristes) sur la porte de la maison. Ce fut l’occasion de boire un petit coup ensemble, mais aussi de troubler la quiétude de la boîte de sécu attablée dans nos couverts et se mouchant dans nos draps. Le bruit de la visseuse a du les faire sursauter, ce qui a déclenché une série de coups de fil et un mitraillage photographique intensif, le tout à l’intention de leur employeur, la Ville.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/106.jpgCette petite sortie fut également l’occasion d’admirer les petits mots de soutien gravés à même les funestes planches vissées sur les fenêtres. Merci, puissent-ils recouvrir la maison entière.

Souvenez-vous par ailleurs qu’une enquête publique est en cours afin de déterminer précisément les responsabilités de chaque politicien, de chaque administratif, de tous les minuscules rouages de cette merde, qui peuvent chacun à leur tour dire « je n’ai fait que mon boulot. » Leur job entraîne des conséquences qu’ils devront assumer. Nous avons déjà reçu quelques témoignages rigolos, nous recueillons ce que chacun dit ou fait publiquement, bref un petit dossier se construit. À vos plumes, les corbeaux !

À tout à l’heure.

2, route des Romains, 4 novembre 2012


Témoignage : Expulsés, et après ?

Si le 30 octobre 2012 se présente a priori à mes yeux comme une triste date, je ne souhaite pas m’abandonner à l’idée d’avoir été vaincu par la force aveugle d’une escouade de policiers mieux équipés que nous. Si nous faisons les comptes, nous voyons qui a l’avantage : 6 ans d’occupation contre 3 heures d’expulsion, une centaine de personnes venues en soutien.

La perte du 2 route des Romains est grande mais la défaite est petite, et la « victoire » de nos expulseurs, commanditaires et exécutants, est aussi minuscule qu’eux-mêmes. Les politiciens, toujours avides de vouloir s’élever un peu plus haut que le bout de leur nez, en sont à se crêper le chignon pour un mystérieux pompon : celui de prétendre savoir mieux que d’autres ce qu’il faudrait faire de modes d’action, de gens et de pratiques qu’ils ne comprendront jamais. Qu’ils se tirent dans les pattes, qu’ils tirent encore, qu’ils visent toujours plus haut !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/113.jpgLe relogement de Papier Gâchette montre encore une fois qu’on n’obtient rien sans donner des coups aux gestionnaires de ce vieux monde. Que ceux qui, tenants d’une moralité 100% pure lutte, voudraient croire que ce relogement est le fruit d’une compromission avec la ville de Strasbourg, n’oublient jamais que la première sortie de Papier Gâchette fut une manifestation sauvage, que le 30 octobre 2012 les portes du 2 route des Romains ne se sont ouvertes qu’à la force de la disqueuse, et que malgré les tentatives répétées de la mairie de vouloir nous diviser nous sommes restés unis. Avoir de grands locaux, de belles maisons n’est pas une affaire de chance : les mètres cubes de dossiers déposés pour des projets qui doivent pourrir dans une salle d’archive de Strasbourg en témoigneront. Celui que nous avons rédigé il y a 5 ans pour la forme en fait partie !

Il n’y aura pas de conclusion parce que je n’en trouve pas ; pas plus que de bilan car nous n’avons pas dit notre dernier mot. Pour que le phénix renaisse encore faudrait-il qu’on l’ait réduit en cendres.

Merci à tous ceux et celles qui nous ont soutenus, et qui soutiendront et initieront des projets où nous nous sentons un peu plus chez nous.

François
2, route des Romains, 4 novembre 2012


Ouais, on a reçu un tract de soutien !

Nous avons reçu ce tract, qui a le grand mérite d’élargir la question du soutien à notre situation particulière à une problématique plus large.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Si ce tract vous parle, vous pouvez le télécharger, en discuter, le diffuser, etc.

Si vous avez des critiques, des apports ou d’autres propositions, n’hésitez pas, elles seront relayées en commentaires de cette page.

Nous avons mis le doigt dans l’engrenage. Ça fait un peu mal, mais ça peut nous mener loin.

À tout de suite.

2, route des Romains, 3 novembre 2012


DERNIER AVIS AVANT COUPURE !

Monsieur RIES,

nos services ayant constaté un détournement de fluides, nous vous sommons par la présente de régulariser votre situation avant le

LUNDI 5 NOVEMBRE 2012

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/132.jpgEn effet, notre association a quitté le local sis 2, route des Romains le 30 octobre. Or, nous avons constaté au cours des jours suivants que des lumières étaient allumées dans le grenier, ainsi qu’un puissant spot éclairant la porte latérale. Notre contrat avec l’Électricité de Strasbourg ne saurait être détourné de la sorte.

C’est la raison pour laquelle nous ferons procéder à une coupure d’électricité dès lundi, la trêve hivernale ne s’appliquant pas en ces conditions ainsi que le stipule la loi U-58j, art. 683 ter et séqu.

En cas de difficultés financières, il vous appartiendra de contacter les services sociaux.

Veuillez agréer, monsieur, l’expression de notre passion sans borne.

2, route des Romains, 3 novembre 2012


Amère défaite !

Vous le savez peut-être déjà, nous avons perdu.

Le 2 route des Romains a été expulsé. Nous sommes dehors.

Un récit parmi d’autres peut-être :

Mardi 30 octobre.

Nous sommes prêts à l’assaut, debout à 5h comme la veille.

Le petit déjeuner parvient quand même à être joyeux.

On observe les mouvements dans la rue, les badauds circulent anodinement et nous font de petits signes d’intelligence de temps en temps. C’est drôle. Il leur manque le journal devant la gueule avec de petits trous. Leur mission est de repérer les éventuels signes confirmant la venue des pandores, pour lancer les appels à soutien le plus tôt possible.

7 heures. Ça y est. Un homme, sur le trottoir d’en face. Il vient de sortir de sa voiture et attend au passage piéton. Un costard, plutôt cher. Une tête d’ancien militaire. Il traverse, passe devant la maison, puis repasse et se plante devant la porte. Les messages sont envoyés illico. Certains hélas n’arriveront que deux heures plus tard.

Un groupe, qui fumait des clopes au fond de l’impasse se dirige à présent vers la maison, armé de pinces monseigneur et de pieds de biche. Cet inquiétante bande organisée sonne à la porte. Nous ouvrons une fenêtre. Qu’y a-t-il pour votre service. « Vous n’êtes pas surpris ? » nous assène celui qui manifestement est le chef militaire de ces joyeux drilles. Non. Mais on ne s’y habituera jamais.

Les premiers soutiens arrivent, tournent autour des agresseurs, sifflent, houspillent, prennent des photos (ce qui n’est pas du goût des expulseurs). Ils ne sont pas beaucoup, les plus tôtifs, mais ils envoient ! Pour l’instant, les suppôts de la Ville tournent autour du pot. Ils ne savent pas bien par où ils vont entrer par effraction. Par le jardin ? Non, il y a de l’herbe par terre, c’est sale. Par la porte latérale sur ses grosses glissières métalliques. Bof. Par la porte avant, vieux portail de bois rappelant l’époque où toutes ces baraques étaient de petites fermettes ? Oui, pourquoi pas ? Les outils sont dégainés.

Le groupe de soutien, qui s’est un peu étoffé, se précipite devant la porte, rempart d’amitiés diverses et accumulées contre les sbires. Ces derniers, malgré leur brutalité, veulent garder le contrôle de la situation et appellent du renfort, bleu de préférence. Un petit temps après, trois camionnettes de casqués, armés et harnachés débarquent, se précipitent sur les amis entassés et enlacés devant la porte et les jettent un par un dans le chemin, avant de les enserrer derrière un cordon bleu étanche.

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C’est le moment de tester l’efficacité de nos barricades. 1830 et 1848 sont loin, les Socialistes ont bien changé depuis, et nos savoirs-faire ont un peu décliné. Mais chaque minute passée par la dream-team de la C.U.S. à s’acharner en pestant sur nos petits bricolages nous remplit d’allégresse. Qu’ils en chient : c’est normal, puisque c’est une besogne de merde. La porte résiste un temps à leurs assauts, ils se démontent l’épaule en essayant de foncer dedans, puis après avoir eu l’idée de se servir du pied de biche, une planche finit par sauter. À leur grand dam, elle découvre un petit bout du lit de ciment disposé et bordé au pied du portail. Quelle déconvenue ! Ils optent alors pour la fenêtre, arrachent un volet, puis deux. Il y a des barreaux. Pince monseigneur, groupe électrogène, disqueuse gros format… Débauche de matériel, c’est facile, pour eux, d’ouvrir des squats.

Tout a cédé, je ne sais pas combien de temps on leur a fait perdre. Pas beaucoup. Pas assez. Mais évidemment, ce ne sera jamais assez. La partie est perdue : un flic rentre par la fenêtre, flash-ball à la main (vous savez, ces armes non-létales qui ne font que casser les rotules et crever les yeux…). Nous optons pour la fuite, plutôt que de nous faire traîner lamentablement par des flics heureux de nous dominer, plutôt que de prendre le risque que l’un ou l’une d’entre nous se fasse isoler du groupe et coincer par un affreux. Par une porte dérobée, nous réussissons à rejoindre le groupe de soutien toujours bloqué par le cordon bleu. Nous refermons la lourde porte latérale sur ses glissières et nous quittons cette maison qui nous a accueilli pendant presque six ans.

Des journalistes étaient là, qui voulaient faire un « papier » sur ce qui s’était passé ce matin. L’un d’eux me fond dessus, caméra et micro en avant, avide d’une déclaration. À qui veut-il que je parle ? Que pourrais-je dire à une caméra et à un micro, inertes, qui me mettent en lien avec des spectateurs passifs qui distraitement vont zapper pendant quelques secondes d’un sujet à un autre ? Pourquoi ne me parle-t-il pas d’abord, lui, simplement, sans tout son attirail ? Pourquoi ne me demande-t-il pas d’abord quels sont nos moyens de communications, et si éventuellement nous pouvions avoir besoin du sien ? Est-il touché par la situation, ou est-ce un simple sujet d’actu pour lui ? Est-il possible de filmer la détresse ou la colère sans un minimum d’empathie ? Pourquoi ces questions sont-elles totalement absentes de leur démarche, au point qu’ils nous regardent toujours comme des martiens quand nous leur posons ? J’ai regardé son reportage plus tard, il traduit cela par une sorte de « les squatteurs refusent de communiquer ». Si c’est cela, la communication, oui, je la refuse.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/143.jpgNous aurions pu alors partir immédiatement en manif dans le quartier, comme un au-revoir, comme une dénonciation de ce qui venait de se passer, et dont les responsables n’étaient pas là. Scander les noms des BIES, des EL KOUBY et autre BOUDJEMA pour que la honte soit plus honteuse encore. Mais il était pour nous extrêmement difficile de nous arracher à la contemplation de ce qui était en train de se passer. Comme une envie morbide de céder à la fascination devant les mureurs, les tueurs d’espace, les urbanistes et leurs petites mains. Nous n’avons rien pu proposer d’autres. Puis, comme certains signes perçus à gauche à droite semblaient indiquer que les flics auraient bien effectué un petit prélèvement de manifestants soigneusement sélectionnés, nous avons choisi de nous replier, d’aller hors de leur présence pour nous retrouver avec ceux qui nous avaient soutenu, et parler, parler de ce que nous avions ressenti, de ce que nous avions pu faire ou pas, et de ce que nous allions faire plus tard.

Merci à tous ceux qui ont décidé de passer avec nous ces derniers moments, tous ceux qui nous ont aidé à leur manière et en leur nom, tous ceux qui nous ont rendus plus forts.

Merci aussi à tous ceux qui ont proposé de nous héberger, le temps de pouvoir se retourner et envisager autre chose.

Mais la lutte continue. À présent, nous allons lancer une enquête publique pour déterminer précisément les responsables de ce gâchis, et les livrer en pâture. Restez curieux.

À bientôt.

2, route des Romains, 31 octobre 2012


[2, route des Romains ] Récit subjectif d’un-e soutien

En allant vers la maison, on voit 4 fourgonnettes de flics qui déboulent devant nous. Juste le temps de garer nos vélos, et on se rend devant la grande porte… Je fais la bise à quelqu’un-e. Soudain, les copa-i-n-e-s s’agglutinent devant la porte en criant. Pas le temps de penser, je les rejoins, je tiens des bras, je tiens ce que je peux. « Casse-toi ! » je hurle à un type encravaté.

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La personne à ma gauche se fait éjecter, on est plusieurs à essayer de la rattraper, mais on n’y arrive pas. Trop tard. On ressert nos liens, on crie, on regarde à droite et à gauche pour voir qui il faut tenir en priorité. Y’a un mec par terre, tiré par les flics, je sais pas s’il est KO ou quoi mais ça me fout la trouille. Ensuite je vois plus trop ce qui se passe autour : j’agrippe une amie et un mec que je connais pas, j’ai l’impression qu’on est plus que tous les trois contre la porte, mais en fait j’en ai aucune idée. Autour y’a les flics, ils essayent de nous séparer mais ils galèrent. On crie. Ils galèrent toujours alors on se tient encore plus. J’ai les bras qui fatiguent, je sens que le flic me cogne sur la main mais j’ai pas mal. Je prends un coup au visage mais pareil, j’ai pas mal. Pas encore. Je fatigue putain faut pas que je lâche. À gauche y’a un flic qui tient mon amie et qui fait un mouvement de balancier, il s’applique méthodiquement, efficacement… C’est dur de tenir. Merde, je fatigue, j’ai plus de bras, faut que je tienne… D’un coup on est éjecté je crois tous les trois.

Y’a un flic qui me balance par terre dans le chemin, je me relève, je l’insulte. On est plusieurs dans le chemin, ils ont dégagé la porte. Y’a d’autres copa-i-n-e-s qui sont arrivé-e-s. Je tourne en rond. Les flics nous poussent, tonfa dégaînés. On est déjà bloqué-e-s ? Y’a des gens qui essayent d’aller sur la route, faire chier la circulation. Illes sont dégagé-e-s direct. Les flics traînent le mec qui est allongé, et le jettent devant nous. On lui demande si ça va, il dit que oui. Ok, il s’était vraiment allongé. On tourne, on gueule un peu, j’ai l’impression que les gens ont pas envie de formuler des slogans, plutôt crier la rage, l’amitié, dire on est là, comme ça.

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Ça dure je sais pas combien de temps, puis je vois les habitant-e-s qui sont parmis nous, sacs sur le dos ou à la main. Illes sont sorti-e-s sur le côté. Je suis soulagé-e qu’illes aient rien et en même temps ça me fait pleurer. Ça veut dire que les flics, les huissiers, toute cette merde, ont réussi à ouvrir et à pénétrer aux Romains. Et quelque part ça veut dire que c’est fini. On voulait pas qu’ils entrent et ils sont entrés, en nous marchant dessus. Les flics rigolent et menacent. « La règle c’est la règle » grinçait Bies, avec ses circuits de technocrates.

Y’a quatre connards qui regardent la porte coulissante des Romains. Des officiels. Ils reviennent vers nous. Ils croient quoi ces bâtards ? Qu’ils peuvent revenir comme ça dans la rue, comme si on n’existait pas ? On les bloque, on les insulte, mais direct les flics nous dégagent. Les quatre connards filent derrière les uniformes bleus. Y’en a un qui nous gaze deux fois, les deux fois pour le fun. Ça le fait tripper, il rigole. On voudrait le choper dans un coin, histoire de lui faire ravaler son sourire. En tout cas j’oublierai pas son visage.

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Apparemment ils ont gazé aussi l’autre groupe. J’ai pas vu. On me dit qu’il y a un mec dans les vappes, et effectivement y’a un truc de pompier de l’autre côté de la rue. De là où je suis, je vois pas ce qu’il se passe pour la maison. J’entends juste les bruits de verre, de marteau ou de je sais pas quoi. Y’a des gens qui crient dans l’autre groupe. Je me penche pour essayer de voir, un flic me repousse : « reste loin de moi ! ».

Pas mal de gens ont les larmes aux yeux. Et, j’imagine, la rage au cœur.

Six ans d’amitié et de vie face à la froideur technocratique, aux flash-ball, tonfas, disqueuses, aux méprisables légitimations… Au fond on gagnera toujours, parce que nos liens perdurent et se renforcent à chaque coup qui nous est porté. Et on n’en oubliera aucun. De Ries à Nisand en passant par Irion ou M. Olivier, et de tout ce qu’ils représentent de ce système de merde…

On va bientôt se rappeler à vos bons souvenirs, croyez-pas que ça va se finir comme ça. On est nombreu-ses.

Un-e soutien
L’Alsace Libertaire, 31 octobre 2012

 

Strasbourg / Koenigshoffen. Squat du 2, route des Romains : six ans et puis fini

Occupée depuis 6 ans par des habitants sans droit ni titre, la maison située au 2 route des Romains a été évacuée hier avec le concours de la force publique. Près d’une centaine de personnes sont venues soutenir – pacifiquement – les squatteurs.

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Au plus fort de la mobilisation, près d’une centaine de personnes sont venues soutenir, dans le calme, les habitants du 2 route des Romains.

Depuis mercredi dernier, les occupants du 2 route des Romains vivaient dans l’angoisse de l’expulsion. Ce jour-là, en vertu d’une décision de justice datant de 2011, un huissier était venu leur signifier qu’ils devaient quitter les lieux avant le 1er novembre, début de la trêve hivernale des expulsions. Depuis lors, ils attendaient. Et avaient suspendu une banderole à la façade de la bâtisse ainsi qu’une grosse poupée.

C’est finalement hier matin, vers 6h45, que l’huissier est revenu frapper à leur porte, accompagné d’une vingtaine de policiers du commissariat de Strasbourg, dirigés par le directeur départemental adjoint de la sécurité publique, Alain Winter.

Tandis que les occupants du 2 route des Romains étaient toujours à l’intérieur et les forces de l’ordre à l’extérieur, une dizaine de personnes sont venues soutenir les squatteurs et faire du bruit à l’aide de percussions, mais sans violence. Très vite, les policiers les ont contenues sur un chemin qui longe la maison, sans hésiter à user de gaz lacrymogène.

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Depuis une semaine, les habitants du 2 route des Romains s’attendaient à être délogés.

Pendant ce temps, d’autres policiers sont entrés à l’intérieur du 2 route des Romains. Les occupants, préférant éviter le contact avec les forces de l’ordre, sont sortis par une porte latérale avec quelques bagages, afin de rejoindre leurs soutiens sur le chemin. Petit à petit, les rangs des amis des squatteurs se sont étoffés : au plus fort de la mobilisation, près d’une centaine de personnes se sont rendues route des Romains pour exprimer leur solidarité, dans le calme. Parmi eux, Éric Schultz, conseiller municipal (EELV) de Strasbourg (lire ci-dessous).

Les ex-squatteurs et leurs premiers soutiens ont finalement pu rejoindre leurs amis, sur le trottoir, toujours cernés par un cordon de policiers. Les automobilistes de passage sur la route des Romains ralentissaient, curieux, et les riverains affluaient sur le trottoir d’en face. Pas forcément heureux que les forces de l’ordre mettent fin à ce squat, bouillonnant d’idées subversives mais toujours courtois vis-à-vis du voisinage.

Pendant ce temps, des ouvriers de la CUS se sont employés à condamner les portes et fenêtres du bâtiment. Les anciens habitants du 2 route des Romains sont restés jusqu’au bout sur le trottoir. Vers 9h45, il n’y avait plus personne devant la maison et certains ex-squatteurs et amis se sont retrouvés à la Semencerie, ancienne fabrique qui abrite des ateliers d’artistes, dans le quartier gare.

Le 2 route des Romains, racheté par la CUS en 2005, doit être démoli prochainement, dans le cadre du réaménagement de l’entrée de Koenigshoffen.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Julia Mangold, DNA.fr, 31 octobre 2012)


Petit compte rendu [augmenté] de l’expulsion, du 2 route des Romains

Le CR a été trouvé sur : azqs.com/strasbourgsquats/2012/10/30/petit-compte-rendu-de-lexpulsion-du-2-route-des-romains – des précisions ont été faites en attendant un CR plus détaillé.

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L’expulsion a commencé à 7 heures, ce mardi 30 octobre 2012, d’abord par les huissiers, les représentants de la ville de Strasbourg et un ou deux représentants des forces de l’ordre.

Le groupe de soutien présent a utilisé des instruments et autres casseroles pour improviser une fanfare. Puis il eut une résistance passive devant la porte lorsqu’un technicien commença à attaquer la porte du squat à la pince monseigneur.

Une première vague policière est intervenue quelques dizaines de minutes plus tard.

La résistance passive réalisée par une quinzaine de personnes, par effet de groupe soudé devant la porte, fut rompue par les policiers casqués et armés de leurs matraques [ainsi que des jets de lacrymo, des coups, des balançages, etc].

Les personnes furent regroupées à l’écart.

Dans la demi heure suivante, nous fûmes rejoint par une petite centaine de personnes.

Une deuxième vague de la Nationale fit son entrée, dans cette triste pièce de théâtre.

Dans la demi heure qui a suivi les personnes parquées ont tenté une libération [tandis qu’en même temps l’autre groupe essayait de bloquer la remontée vers la rue de quelques officiels étant venus sans escorte regarder le résultat de leur boulot].

Le groupe a été gazé [le second groupe aussi], une personne a eu le visage tuméfié par le lacrymogène [une autre s’est prise un coup de poing au visage], elle a fait un tour aux urgences, son visage est encore rouge à l’heure du billet, mais ça se calme.

Vers 10 heures à la fin du murage du squat, la centaine de soutiens s’est replié dans un lieu à quelques centaines de mètres pour envisager la suite des actions à mener…

Pour la suite des évènements visitez le site des habitants
Ou le site de Papier Gâchette

[…]

Filou Curieux
Squats à Strasbourg / L’Alsace Libertaire, 30 octobre 2012

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[Sainte-Marie-de-Cuines, Savoie] Pandore suicidé, à moitié pardonné

Savoie : un gendarme se suicide avec son arme de service

L’homme a mis fin à ses jours alors qu’il se trouvait dans un véhicule de service garé dans la gendarmerie.

Un gendarme de 47 ans s’est suicidé avec son arme de service samedi dans l’enceinte du peloton d’autoroute de Sainte-Marie-de-Cuines (Savoie) auquel il était rattaché, a-t-on appris dimanche 11 novembre de source proche de l’enquête, confirmant une information du site du Dauphiné Libéré.

L’homme a mis fin à ses jours samedi après-midi alors qu’il se trouvait dans un véhicule de service garé dans la gendarmerie, selon la même source. Les raisons de son geste sont pour l’instant inconnues, d’après cette source.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (tempsreel.nouvelobs.com, 11 novembre 2012)

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[Naples] Austérité dégage

Heurts à Naples entre policiers et manifestants anti-précarité

Des heurts ont éclaté lundi à Naples, dans le sud de l’Italie, lors d’une manifestation de plusieurs centaines de jeunes contre le travail précaire, organisée à l’occasion de la visite de la ministre du Travail.

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Les manifestants, qui portaient une pancarte proclamant, en dialecte napolitain, « austérité et pauvreté allez-vous en » voulaient se diriger vers le site où était prévue une réunion entre la ministre italienne du Travail, Elsa Fornero, et son homologue allemande Ursula von der Leyen.

Des agents de police ont tenté de bloquer le cortège mais les manifestants, dont beaucoup de jeunes, étudiants et lycéens, ont répondu par des jets de pierres et de bouteilles contre les forces de l’ordre. Celles-ci ont riposté avec du gaz lacrymogène et ont chargé les manifestants, les obligeant à se disperser.

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Les heurts ont fait 20 blessés parmi les contestataires, selon les organisateurs de la manifestation, tandis qu’un officier des carabiniers et deux policiers ont également été blessés, selon la préfecture.

Cette manifestation était organisée à l’occasion de la rencontre ministérielle italo-allemande sur le thème « Travailler ensemble pour promouvoir l’emploi des jeunes ».

Plus du tiers (35,1%) des Italiens de 15-24 ans étaient au chômage en septembre, soit 1,3% de plus qu’en août et 4,7% de plus qu’il y un an, selon les derniers chiffres de l’Institut national des statistiques.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 12 novembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[« Affaire de Tarnac »] Donner une conférence de presse pour « disparaître » des médias, il faut avouer que personne n’y avait jamais songé

Quatre heures avec Julien Coupat pour refaire l’histoire de Tarnac

Une discussion à bâtons rompus avec Julien Coupat a mis un terme à quatre ans de quasi-silence de sa part. Mis en examen dans l’affaire de Tarnac pour « direction d’une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », il a donné rendez-vous à neuf journalistes de presse imprimée, web et radio au métro Ménilmontant (Paris, XXe arrondissement) ce lundi matin.

C’est Mathieu Burnel, l’un de ses co-inculpés, qui joue le guide jusqu’à l’appartement d’une de leurs amies, arrêtée en son temps mais jamais poursuivie. Un cortège (calme) se déploie dans l’escalier d’où descend une vieille dame.

La vision de cette conférence de presse improvisée prête à sourire : douze personnes dans un salon, cherchant un peu de place autour d’une table où les attend du café. Julien Coupat arrive un peu à la bourre, pas très à l’aise devant ce parterre de journalistes.

« Le seul moyen de disparaître »

Pour les deux mis en examen présents, l’objectif est clair : porter les derniers coups de boutoir à une affaire agonisante.

Au bout de quatre ans et 35 tomes, l’affaire de Tarnac semble toucher à sa fin. Les dernières avancées connues du dossier sur la carte bleue d’Yldune Levy, le rôle joué par un agent infiltré britannique et l’audition de dix-huit policiers ordonnée par la justice représentent autant d’éléments favorables à la défense.

Dans ce contexte, juge Mathieu Burnel, « l’affaire est terminée d’un point de vue judiciaire et politique ». Mais il reste « cette fiction policière de Julien-le-Chef », « figure monstrueuse puis quasiment figure de star » :

« Le fait qu’il ne s’exprime pas alimente ce fantasme de figure de l’ombre, c’est pour ça que Julien est là aujourd’hui. On ne va pas parler de la marque de ses chaussettes. »

Julien Coupat a toujours refusé les interviews depuis sa sortie de prison en 2009, soit en éconduisant les médias, soit en refusant d’être cité.

Cette fois-ci, il n’économise pas sa parole :

« Pendant un certain temps, apparaître c’était comparaître devant je ne sais quel tribunal médiatique. Maintenant, le seul moyen de disparaître, c’est d’apparaître.

Nous avons l’impression d’avoir fait justice de l’ensemble des allégations policières. Ne demeure qu’un seul élément qui pourrait rester dans les esprits : la construction de cette figure de “Julien Coupat”. »

Alors voilà, Julien Coupat est là, une clope à la main, et peut même parler de lui à la troisième personne.

Un exposé méthodique

Les mis en examen procèdent à un long récapitulatif de leur dossier, dont ils connaissent désormais les cotes par cœur, quatre ans et un jour après leurs arrestations. Ils l’attaquent sur trois axes :

• L’existence de Mark Kennedy, « point de départ de l’affaire », dont les informations sur le voyage à New York de Julien Coupat et Yldune Levy auraient aiguillé les Renseignements généraux vers le couple. Pour l’intéressé :

« Mark Kennedy correspond à l’idée que l’intensification du renseignement humain et technique permet d’arrêter les gens avant qu’ils ne commettent des crimes, ce que les Britanniques appellent “l’intelligence-led-policy”.

Le “premier cercle du groupe de Tarnac” désigné par les Renseignements généraux ne sont que des gens qui ont croisé Mark Kennedy.

L’enquête préliminaire n’a été ouverte que pour couvrir les écoutes illégales de l’épicerie de Tarnac, découvertes par le gérant une semaine avant [une information judiciaire est ouverte sur ces écoutes, ndlr].

Ensuite, il n’y a rien dans le dossier jusqu’à nos arrestations, malgré les accusations de conspiration internationale violente. »

• Le PV de filature de Julien Coupat et Yldune Lévy dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008(celle des sabotages), contre lequel les mis en examen ont déposé une plainte pour « faux en écriture publique » à Nanterre.

Ils dénoncent « les contradictions de la Sdat » sur les horaires, la position des véhicules, la topographie des lieux, avec « le soutien du juge d’instruction Thierry Fragnoli pour maintenir le dossier ».

La chronologie de cette nuit reprend de l’importance depuis que le compte bancaire d’Yldune Lévy a parlé : la carte bleue de la jeune femme a servi à retirer de l’argent à Paris cette nuit-là, à 2h44. Alors que les enquêteurs sont supposés la suivre en Seine-et-Marne.

Pour Julien Coupat, l’affaire est entendue : « On leur a dit clairement qu’on n’était pas là au moment des sabotages. »

« Nous sommes partis de Paris où nous étions sous surveillance, le 7 novembre. En prenant la nationale, nous nous apercevons que nous sommes toujours suivis alors on se casse dans les petites routes de campagne.

Nous jouons au chat et à la souris avec la police pendant une heure et demie ou deux heures. Après s’être arrêtés pour manger, nous demandons une chambre dans un hôtel complet.

On dort dans la voiture, sans regarder combien de temps, à notre réveil on part à l’écart pour faire l’amour puis on décide de rentrer à Paris.

C’est vrai que nous n’avons pas regardé l’heure, ne sachant pas qu’on devrait un jour s’en justifier. Et en garde à vue, on ne nous a pas posé de questions sur cette chronologie. Mais nous avons la même version des faits depuis le début alors que la police en a changé quatre fois. »

• Le témoignage de Jean-Hugues Bourgeois, jeune agriculteur à proximité de Tarnac, entendu sous X, dont l’identité a été révélée par TF1 en 2009.

« Seul élément du dossier qui fait tenir la direction d’une association de malfaiteurs », affirme Mathieu Burnel, « puisque ce témoin dit que Julien est le chef et qu’il est très méchant ».

« Bourgeois sert à consigner la trame policière », renchérit Coupat. De concert, les deux mis en examen attaquent la crédibilité de Bourgeois, qui a accusé la police de subornation avant de se rétracter et a livré des témoignages contradictoires.

Finalement, c’est qui ?

En se prêtant au jeu des questions, Julien Coupat et son camarade communiquent sur leurs activités politiques « loin de la clandestinité groupusculaire : l’épicerie était le lieu le plus ouvert de Tarnac ».

« Non », ils n’ont pas écrit L’Insurrection qui vient, « oui », ils participent à des mouvements sociaux depuis des années, « oui », ils se savaient surveillés avant même leur arrestation et trouvaient ça « insupportable ».

La conversation s’élargit sur le fonctionnement de la justice antiterroriste lui-même, décrit par Coupat :

« L’affaire de Tarnac est la norme dans la procédure antiterroriste, pas une exception.

Le seul hic c’est que généralement, les policiers se retrouvent face à des gens que personne ne soutient, dans des affaires où personne ne remet en cause leur travail. »

Quatre heures, douze tasses vides et deux cendriers pleins plus tard, une question finale s’élève du canapé :

« Finalement, vous pensez que c’est qui qui a posé les fers à béton ? »

« Ce n’est pas à nous de répondre à cette question », concluent les mis en examen, après avoir toutefois évoqué plusieurs fois la revendication allemande laissée de côté par les enquêteurs.

Fidèle à lui-même, Julien Coupat refuse finalement de parler au micro des journalistes radio, dépités :

« On se voit, on se parle et vous écrivez ce que bon vous semble, mais je n’ai pas envie d’apparaître. Si c’est Mathieu qui vous parle, c’est pareil, nous disons la même chose. »

Mercredi, une conférence de presse réunissant les avocats des mis en examen et plusieurs parlementaires doit se tenir à l’Assemblée nationale. Le thème : « Pour en finir avec l’affaire de Tarnac », écrivent ses organisateurs.

Presse affiliée à Coupat-Assous (Camille Polloni, Rue89, 12 novembre 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Contre qui la Cedeao se prépare-t-elle à « intervenir militairement » ?

Le MNLA prépare une offensive contre le Mujao et AQMI

Pour le MNLA, le Mujao, AQMI et les narcoterroristes se rendent service mutuellement et profitent de la manne financière généréepar le trafic de drogue, en assurant la « sécurité » de la route pour les barons.

Alors que la menace d’une intervention militaire étrangère au Nord-Mali est de plus en plus persistante, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) s’apprête à ouvrir un front contre les groupes terroristes du Mujao et d’AQMI, apprend-on de source locale.

Celle-ci affirme que tous les moyens humains et matériels sont déployés pour déloger les terroristes. Brandissant depuis des mois la menace d’une intervention militaire, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) peine toujours à trouver la solution à même d’endiguer la crise qui secoue le Nord-Mali depuis le début de l’année en cours et aggravée par le coup d’État militaire du 22 mars dernier. Alors que le groupe islamiste Ançar Eddine annonce sa « déconnexion » des organisations terroristes, Mujao et AQMI, qui contrôlent Gao et Tombouctou, le MNLA se prépare, apprend-on de source sûre, « à lancer une grande offensive contre les groupes djihadistes qui ont pris les villes du Nord pour refuge ». Nos interlocuteurs se déclarent « déterminés et prêts humainement et militairement à s’engager dans un tel combat ».

Les troupes du MNLA, ajoute-t-on, « ont eu suffisamment de temps pour se réorganiser et se redéployer afin de reprendre le terrain », précisant : « Les premières opérations auront lieu incessamment et toucheront simultanément de nombreuses cibles. »

Contacté, le chargé de l’information et de la communication et membre du Conseil transitoire de l’État de l’Azawad (CTEA), Moussa Ag Assarid, affirme : « Nous nous sommes engagés pour libérer notre territoire, l’Azawad, des groupes narcoterroristes et nous ne savons pas encore quand aura lieu l’offensive militaire. Nous sommes en train de travailler pour mettre toutes les chances de notre côté pour gagner cette nouvelle guerre. » Interrogé sur la participation ou non du groupe Ançar Eddine à cette « guerre » d’autant qu’il a annoncé récemment sa « déconnexion » des groupes terroristes, comme l’avait exigé le MNLA, Moussa Ag Assarid répond : « À ma connaissance, nous n’avons jamais demandé le soutien d’Ançar Eddine ni dans notre lutte contre l’armée malienne ni contre le Mujao et AQMI. Le MNLA poursuit son agenda et observe le travail de la Cédéao en étant disponible aux négociations tout en étant engagé dans le cadre de la lutte contre le narcoterrorisme. » Pour le MNLA, faut-il le préciser, Ançar Eddine fait partie de ceux qu’il qualifie de narcoterroristes, étant donné que des passerelles avérées existent entre ce groupe islamiste, le Mujao, AQMI et les trafiquants de drogue. Ces trois organisations se rendent service mutuellement et profitent de la manne financière générée par le trafic de drogue, en assurant la « sécurité » de la route pour les barons.

En réalité, chacun y trouve son compte au détriment d’une population qui se trouve ainsi sommée à l’exil, à la famine, aux maladies et aux pratiques barbares de ceux qui se sont érigés en nouveaux prophètes dans la région. Pour les plus avertis, toute intervention militaire étrangère ne peut qu’aggraver la situation déjà explosive. (…)

Si pour l’instant, seul le MNLA semble s’engager dans cette lutte, pour Ançar Eddine, il est encore trop tôt pour croire à ses intentions de couper le cordon ombilical qui le relie au Mujao, à AQMI et à la criminalité transfrontalière. En son sein, trop d’éléments impliqués aussi bien dans les activités terroristes que celles du trafic de drogue, qui ne sont pas prêts à se ranger du côté de la légalité.

En tout état de cause, le MNLA ne veut pas attendre le délai accordé par le Conseil de sécurité de l’ONU à la demande d’intervention armée introduite par Bamako et la Cédéao, parce que tout simplement dans cette action, très défendue par la France et à un degré moindre par les USA, est plutôt la « libération du Nord de l’occupation » et donc le rapide retour vers la situation d’avant-rébellion déclenchée en début d’année par le MNLA. Une situation engendrée, faut-il le rappeler, par le déni du droit de toute une population du Nord livrée à la pauvreté, au sous-développement et à l’exclusion.

Ce sont les principaux maux et causes qu’il faut traiter avant d’aller vers une quelconque solution. C’est l’option que défendent le MNLA mais également de nombreux pays voisins au Mali. En attendant, les jours à venir s’annoncent chauds avec l’ouverture d’un nouveau front par le MNLA en s’attaquant aux refuges du Mujao et d’AQMI.

Presse terroriste d’État (Salima Tlemçani, El Watan, 10 novembre 2012)

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[Révolution tunisienne] « Si la révolte explose à nouveau, cette fois il ne restera rien de Tunis et de ses quartiers huppés. La colère et le ressentiment sont tels que tout brûlera… »

(…) Mohamed est le patron d’un café à Douar Hicher. Pour lui, il ne fait aucun doute que l’image que l’on donne de son quartier est archifausse : « Ce ne sont pas les salafistes qui font la loi, mais la violence, la misère, l’anarchie… Depuis la révolution, personne n’ose s’aventurer ici. Rien n’a changé. C’est tout simplement pire ! »

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La révolution a exacerbé dans ces quartiers la haine de l’autorité. Organisés en quartiers selon une recomposition tribale ou régionale, la population vit sur le fil du rasoir. À la colère d’avant est venue se rajouter une énorme déception. Celle de penser que la révolution n’a pas servi à grand-chose.

Il n’y a pas que les populations des régions qui sont déçues. Les déçus et marginaux de ces quartiers aussi portent en eux une grande rancœur. Installés dans les faubourgs de Tunis par une politique défaillante d’exode rurale, ils sont juste conscients qu’ils peuvent mettre Tunis à feu et à sang. Ils ont davantage conscience que l’explosion de leur colère peut dangereusement peser sur l’avenir.

Cette ceinture qui étrangle la capitale est, nous dit-on, le deuxième bidonville d’Afrique. Des chiffres pas du tout officiels parlent de 800.000 habitants. Combien sont-ils devenus aujourd’hui près de 22 mois après le 14 janvier 2011 ? À l’époque, l’exode était considéré comme une soupape pour contenir la contestation des régions. À une centaine de kilomètres plus loin, Fatma BM se souvient : « À chaque fois qu’il y avait une large contestation du côté de Kasserine, le système Ben Ali inondait Bizerte sans crier gare ! Ces gens délogés et déracinés sont lâchés sans dispositifs ni encadrements. On connaît la suite. »

À Douar Hicher, comme Mohamed, nombreux sont convaincus que « si la révolte explose à nouveau, cette fois il ne restera rien de Tunis et de ses quartiers huppés. La colère et le ressentiment sont tels que tout brûlera… »

Le café de Mohamed se trouve à côté du seul poste de police encore en fonction. Les autres, bien que reconstruits et repeints après les événements, sont transformés en dépotoirs. Les forces de l’ordre en position, jeunes et bien habillés, paraissent bien frêles dans cet environnement explosif. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Amel Djait, DirectInfo, 11 novembre 2012)

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[Azawad / Vive la belle !] Témoignage d’un évadé de la prison du Mujao à Gao : « Ils ne sont pas partis de leur pays pour venir travailler gratuitement au Mali »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0210.jpgUn camerounais évadé de la prison du Mujao raconte son calvaire : –  « Ceux qui me gardaient  étaient des Burkinabés et Nigérians non croyants » –  « Je prie toutes les âmes de bonne volonté de m’aider à retourner chez moi  »

Ekobo Samba Albert Édouard est un jeune Camerounais, résidant à Alger où il travaille. Il est né le 29 Août 1988 à Metet (Cameroun).  Pour des soins de santé,  il s’est rendu à Bamako par route le 5 Octobre 2012. C’est à son retour à Alger, le 11 Octobre 2012, qu’il a été arrêté, par le Mujao à Gao pour avoir écouté de la musique. Après avoir reçu 40 coups de fouet, il a été par la suite mis en prison, car ils le soupçonnaient d’être un militaire mercenaire de la Cedeao. Nous l’avons rencontré et il a accepté de se confier à nous dans un entretien dans lequel, il nous raconte les circonstances de son arrestation, la torture qu’il a subie, comment il a pu s’évader… Il pense que cette crise est loin d’être malienne, car ce sont les Burkinabés, les Nigérians etc, non pratiquants et non croyants qui sont membres du Mujao et que les raisons de l’application de la Charia qu’ils brandissent sans cesse ne sont que du blasphème.

L’Indépendant weekend : Vous viviez  en Algérie avant votre arrestation. Depuis combien de temps êtes vous parti du Cameroun et que faisiez-vous là bas ?

Je suis chaudronnier tuilier de formation. Je suis parti du Cameroun il y a de cela neuf mois. J’ai eu un contrat de travail de trois mois avec une société de construction au Maroc, à Casablanca. A la fin de ce projet, une autre société en bâtiment m’a contacté à Alger pour un contrat de travail de trois ans. Et c’est dans cette société que je travaillais depuis près de cinq mois, et j’étais logé, nourri, mon assurance était à jour, ainsi que tous mes papiers.

Comment  êtes vous arrivé à Gao ?

J’ai eu de sérieux problèmes de santé et c’est un collègue malien qui m’a conseillé d’aller voir un naturopathe malien résidant à Bamako. J’ai donc expliqué les problèmes à mon patron qui m’a donné une avance sur mon salaire, puis un mois de congé. N’ayant pas suffisamment de moyen pour prendre le billet d’avion, j’ai du prendre la route passant par Gao.

Votre collègue ne vous avait pas dit qu’il y avait les islamistes à Gao et qu’il fallait bien se tenir ?

Si, mais il m’a dit que les rebelles ne dérangeaient pas les passants. Et je n’avais pas de problème d’autant plus que mes papiers étaient à jour.

Donc vous n’êtes plus finalement arrivé à Bamako ?

Si, j’ai effectué le voyage aller sans problème. J’ai rencontré le naturopathe qui m’a fait un traitement de deux semaines et demi et c’est à mon retour que j’ai été arrêté.

Racontez-nous les circonstances de votre arrestation.

À mon retour, j’ai pris mon ticket de voyage pour Gao dans une agence de voyage à Bamako. Cette agence a égaré ma valise où se trouvait mon passeport. Je ne me suis retrouvé qu’avec les photocopies. Ça c’était la première poisse. Arrivé à Sévaré où il fallait m’enregistrer, les premiers problèmes ont commencé. Mais je suis tombé sur un commandant très compréhensif, qui m’a dit que je risquais d’avoir des problèmes à Gao. Mais j’avais l’assurance du chauffeur du bus que ma valise allait venir avec le prochain bus, afin que je puisse entrer en possession de mes pièces. Donc je suis arrivé à Gao sans problème. Au moment de me rendre chez un particulier qui fait voyager les gens pour Alger, j’avais les écouteurs à l’oreille et les gens du Mujao passaient dans leur bus. Ils se sont arrêtés et l’un d’eux m’a interpellé, il m’a salué, Assalamoualekoum, j’ai répondu wallekoumssalam. Il m’a demandé où je partais. Je lui ai dit que je venais rendre visite à un ami. Il a demandé ma nationalité puis ce que j’écoutais à l’oreille, où bien si j’étais en train de filmer. Pris par la peur, je lui ai dit que je voulais passer un coup de fil. Il a alors récupéré mon téléphone et c’est là qu’il s’est rendu compte que j’écoutais de la musique.

Qu’est ce qu’il a fait ?

Il m’a demandé si je ne savais pas que la charia interdisait cela. Puis, il m’a conduit au commissariat. Une fois arrivé au commissariat, il m’a amené chez leur chef, qui a lu les versets coraniques qui interdisent d’écouter de la musique et il m’a dit que j’allais être puni selon la loi de Dieu. Et pour cela je devrais recevoir 40 coups de fouet.

Qu’avez-vous fait ?

Je lui ai dit que si c’était leur décision, il n’y avait pas de problème et qu’ils sachent que je ne suis pas musulman, je suis chrétien et que ma religion ne m’interdisait pas cela. Il m’a dit qu’ils ne connaissent qu’un seul Dieu, et une seule religion.

Et ils ont appliqué la charia sur toi en public ?

Non, dans un bureau. Mais je n’étais pas le seul, ils ont frappé plusieurs personnes ce jour là. Le chef après la lecture du coran a demandé qu’on me mette en prison en attendant le jour de l’application de la charia. Alors le lendemain il m’a fait sortir de la prison et il a encore lu les versets coraniques et il m’a appliqué 20 coups de fouet aux fesses et  20 aux pieds.

Et il t’a relâché après ?

Après m’avoir frappé, il m’a dit que les Camerounais ne viennent pas à Gao et que je dois dire la vérité, si je suis un militaire mercenaire de la Cedeao. Je lui ai dit que je travaillais à Alger et que j’étais à Bamako pour des raisons de santé et après mon traitement je retournais pour reprendre mon boulot. Il a dit que je mentais car ce n’est pas ce que j’ai dit dès le départ. Il m’a remis en prison et il a dit qu’il allait m’inciter à parler. Le troisième jour quand il est revenu, il m’a mis sous une table et il a cassé ma dent où il a placé quelque chose comme de l’aimant. Il m’a fait subir toutes sortes de tortures. Je lui ai dit que je vivais à Alger et qu’il pouvait appeler mon patron. Je lui ai remis son numéro et c’est quand il a appelé que mon patron lui a confirmé que je travaillais chez lui et que j’étais au Mali pour des raisons de santé.

Qu’est ce qu’il a fait après avoir eu cette confirmation ?

Il m’a présenté ses excuses, puis il a convoqué les notables de Gao pour leur soumettre mon cas. Ils m’ont demandé ce que je voulais, je leur ai dit que je voulais juste retourner à Alger pour reprendre mon service car je vivais de cela. Le chef du Mujao a donc dit que les frontières de l’Algérie avec le Mali étaient fermées et qu’il était impossible pour moi de retourner en Algérie. Ils m’ont proposé de retourner à Bamako. J’ai refusé, d’autant plus que je ne vis pas à Bamako et je leur ai dit que je préférais retourner au Cameroun. Le chef du Mujao m’a alors amené à la gare, payé mon billet de transport pour Niamey.

Mais vous ne pouvez pas entrer à Niamey sans le visa. Pourquoi avez-vous accepté cela ?

Je n’avais pas le choix mon problème était de partir, car du jour au lendemain ce que je voyais dans ce commissariat était inexplicable.

Qu’est ce que vous voyiez ?

Des viols de tout genre, des tortures, des sacrifices humains tout ce qui est lié aux diableries, des pratiques de tout genre se font là bas.

Avez-vous pu entrer au Niger ?

Non, j’ai été refoulé au niveau de la frontière, d’où je suis retourné encore à Gao. Et comme je n’avais plus rien comme argent sur moi, je suis retourné voir le particulier qui nous fait voyager, je lui ai expliqué ce qui m’était arrivé, et je lui ai dit que je préférais retourner à Bamako afin de chercher ma communauté. C’est ce dernier qui m’a donné une somme de 15’000 Fcfa. J’ai alors pris mon ticket pour retourner à Bamako. Arrivé à Douentza, au niveau du poste de payage,  il y avait un contrôle et c’est là que l’un de leur chef, le nommé Oumar m’a reconnu.

Qu’est ce qu’il a fait ?

Oumar m’a dit toi le Camerounais ! Comment as-tu fait pour te retrouver encore à Gao, on t’a demandé de dégager le territoire donc quand nous t’avons mis dans le car pour Niamey tu es redescendu, justement parce que tu es un mercenaire de la Cedeao. Alors tu dois nous dire la vérité. C’est là alors qu’il m’a récupéré. Une nouvelle phase de torture a commencé. Il a placé un casque sur ma tête qui a perturbé toute ma mémoire. Le matin il a enlevé le casque et il m’a reposé la même question.

Laquelle ?

Si j’étais un militaire mercenaire de la Cedeao. Je lui ai dit non. Il a mis une pince dans ma bouche, arraché la peau de l’intérieur et placé un bout de fer. Mon Dieu ! C’est en ce moment que j’ai vu la mort et tout ce que je lui disais c’est que je ne suis pas mercenaire. Il m’a frappé et cassé ma côte gauche. Le deuxième jour, il m’a mis en prison.

Est-ce une vraie prison, et vous étiez au nombre de combien à l’intérieur ?

C’est une vieille maison dans laquelle certains membres du Mujao habitent. Ça n’a rien d’une prison ? À l’intérieur j’ai retrouvé une fille qui était presque morte.

On parle de la Charia et on vous met dans la même prison que les filles ?

Le mot Charia qu’ils prononcent n’est que du blasphème. C’est une façon de mieux gérer leur rébellion si je peux dire ainsi. Sinon les pratiques qu’ils font là bas n’ont rien à voir avec le Coran.

As-tu pu échanger avec la fille prisonnière ?

Oui je lui ai demandé pourquoi elle était là, elle m’a dit qu’elle voulait filmer certaines choses et on l’a attrapée. Et que son histoire était très compliquée pour moi. Vu ma situation, je me suis tu.

Comment avez-vous fait pour vous évader de la prison ?

Au quatrième jour d’incarcération, les militaires du Mujao qui nous gardaient étaient en train de discuter entre eux.

Qu’est ce qu’ils disaient ?

Ils disaient que ça fait déjà deux mois qu’ils sont là sans salaire, et qu’ils ne sont pas partis de leur pays pour venir travailler gratuitement au Mali. Qu’ils étaient prêts à déposer les armes et à retourner.

Alors, tu as profité de cette discussion pour t’échapper ?

Non, quelques heures après la discussion, l’un de leur chef est venu avec leur salaire. Il leur a dit que le président avait envoyé 30 millions de Fcfa et qu’il ne pouvait que payer un mois d’arriéré en attendant la fin de la semaine pour tout régulariser. Alors il les a payés et comme ils étaient contents ils ont commencé à fêter et c’est en ce moment que j’ai profité pour fuir.

As-tu une idée sur le montant qu’on leur a donné ?

Ils ont tous perçu la somme de 180’000 Fcfa.

Donc si je comprends bien le Mujao a recruté les étrangers ?

En tout cas ceux qui me gardaient étaient Burkinabés et Nigérians d’autant plus qu’ils s’exprimaient même en anglais et à entendre leur conversation, ils sont là pour une mission. Vrai ou faux, je ne sais pas, mais c’est ce que j’ai écouté lors de leur conversation.

Tout en sachant que tu étais là, s’ils avaient des choses de ce genre à se dire, je ne pense pas qu’ils le feraient en ta présence. Ou bien ils avaient oublié que tu étais en prison ?

Non, mais pourquoi est ce qu’ils devaient se méfier de moi ? Je n’étais plus qu’un cadavre. Ils n’attendaient que le feu vert du chef pour m’exécuter ! Donc pour eux je n’allais pas sortir de là vivant.

Comment as-tu alors procédé pour fuir ?

Il y avait une petite fenêtre derrière la prison et c’est par là que j’ai sauté. En fuyant, il y a un vieux qui passait avec son vélo. C’est ce dernier qui m’a aidé. Il m’a tiré dans la forêt à plus de 8 km d’autant plus que je ne marchais pas. Il a du abandonner son vélo quelque part afin de me venir en aide. Vers 19h, il a fait appel aux notables de Douentza. Qui sont venus me chercher. Le chef des notables m’a donné à manger et m’a fait des médicaments traditionnels, puisque j’étais sérieusement malade. Il m’a gardé pendant quatre jours, j’ai même du passer la fête de Tabaski avec lui. Le quatrième jour, il a appelé le commandant de brigade de Sévaré pour lui expliquer mon problème et il a demandé de m’amener. Donc vers 3 heures du matin, nous sommes sortis, nous avons contourné toute la forêt, près de 30 km à pied, avant de trouver une voiture qui m’a conduit jusqu’à Sévaré.  On m’a amené à la Brigade. Et c’est le commandant de brigade de Sévaré qui m’a conduit chez le Colonel. C’est ce dernier qui a appelé la croix rouge à Bamako pour lui soumettre mon problème. La croix rouge a demandé qu’on m’envoie et il m’a mis dans un bus en compagnie de deux militaires qui m’ont escorté jusqu’à Bamako. Le chef de mission de la croix rouge est venu me chercher à la gare. Il a cherché en vain l’Ambassade ou le consulat du Cameroun au Mali. C’est alors qu’on lui a dit que c’était à Dakar. Il a appelé et l’Ambassadeur lui a donné le numéro du président de l’Union des Camerounais au Mali (Ucama), M. Penda Mounoungui. Ce dernier est venu me chercher et je suis pour le moment chez lui.

(…)

Presse mercenaire (L’Indépendant, 9 novembre 2012)

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[Notre camp n’est pas celui de la mort] Réoccuper la ZAD, frapper les intérêts de Vinci et de l’État

À Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs
Aucun compromis avec la société industrielle et ses projets mortifères

La Fédération des Travailleurs de la Terre et de l’Environnement (FTTE) de la CNT appelle à participer à la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Elle apporte son soutien aux nombreux occupants qui depuis trois semaines luttent pour préserver leurs lieux de vie face aux forces répressives de l’État socialo-vert.

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Partout où des expériences sont menées pour sortir de l’impasse de la société industrielle, l’État garant des intérêts des capitalistes envoie son chien de garde pour faire table rase des résistances.

Car à NDDL deux visions du monde s’affrontent, celle de la mort incarnée par Vinci et l’État avec ses prisons, son béton, ses lois, ses flics, leurs cauchemars … et celle de la vie réalisée par les occupants de la ZAD avec l’autosuffisance alimentaire, l’autonomie, l’autogestion, leurs libertés, leurs rêves.

Notre camp n’est pas celui de la mort, c’est pour cela que nous appelons à la réoccupation de la ZAD et également partout où cela est possible à manifester notre opposition au projet en frappant les intérêts de Vinci et de l’État.

Pour une paysannerie autonome et solidaire

Le 10 novembre 2012
CNT-FTTE

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[Saint-Étienne] Actions directes contre les fascistes lors de la cérémonie du 11 novembre : 5 antifascistes interpellé.e.s

11 novembre : bagarre extrême gauche-FN à Saint-Étienne, 5 interpellations

Cinq militants d’extrême gauche ont été interpellés dimanche matin à Saint-Étienne après avoir blessé deux membres du Front national aux abords du local du parti où un groupe se préparait à assister à une cérémonie du 11 novembre, a-t-on appris de source policière et auprès du FN.

Le Front national de la Loire a précisé que trois jeunes hommes ont reçu des coups de pied et de poing par des opposants qui les ont attaqués dans le dos.

L’un a eu cinq points de suture à la tête, un deuxième doit porter une minerve et le troisième a été simplement choqué. Ils ont déposé plainte.

Les militants d’extrême gauche, qui ont été placés en garde à vue pour violences aggravées en réunion, ont expliqué qu’ils considéraient comme une provocation la présence de membres du FN à la commémoration de l’armistice de 1918.

Le FN de la Loire organisait dimanche une journée de formation à destination d’une soixantaine de jeunes, comme quasiment chaque année. À cette occasion ce public se rend habituellement à la commémoration du 11 novembre.

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La cérémonie à Saint-Étienne s’est néanmoins déroulée sans incident, les forces de l’ordre présentes en nombre ayant maintenu à distance frontistes et militants d’extrême gauche, dont certains se sont livrés à des « provocations », a-t-on indiqué de source policière.

« Comment faire pour s’exprimer et même circuler librement dans ce pays ? », s’est interrogé la secrétaire départementale du FN, Sophie Robert, interrogée par l’AFP.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 11 novembre 2012)


Saint-Étienne : cinq interpellations lors d’affrontements entre extrémistes

Si les affrontements ont pu être évités lors de la cérémonie du 11 novembre à Saint-Étienne malgré des provocations de représentants de l’extrême gauche, un peu plus tôt, vers 9 heures, une bagarre a éclaté dans le local du FN faisant trois blessés. La police a interpellé cinq personnes qui ont été placées en garde à vue.

Vers 9 heures ce dimanche matin, un groupe se revendiquant d’extrême gauche a pénétré dans le local du FN rue de la République et une bagarre a éclaté. Trois jeunes du FN, tous majeurs, ont été blessés et ont porté plainte. La police est parvenue à interpeller cinq des agresseurs, de jeunes Stéphanois majeurs qui ont été placés en garde à vue pour violences aggravées en réunion.

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Un peu plus tard, une cinquantaine de jeunes du Front National, réunis en formation comme chaque année à Saint-Étienne ont participé à la manifestation du 11 novembre qui se déroulait place Jean-Jaurès. Alors que les personnes présentes se rendaient place Fourneyron, les jeunes du FN ont quitté dans le calme le cortège au niveau de la place Dorian, repliant les drapeaux, pour se rendre dans leur local.  Ils ont une nouvelle fois été pris à partie par une vingtaine de personnes se revendiquant d’extrême gauche mais les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour s’interposer entre les deux groupes et tous se sont séparés sans qu’aucun affrontement n’est eu lieu [sic], les jeunes du FN refusant de répondre aux provocations et préférant entonner la Marseillaise.

À noter enfin que les représentants de l’extrême gauche ont continué à chercher l’affrontement dans l’après-midi.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeProgres.fr, 11 novembre 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Rustenburg et Northam, Afrique du Sud] « Personne ne reprend le travail, la grève continue »

Afrique du Sud : les grévistes d’Amplats refusent la nouvelle offre

Les salariés d’Anglo American Platinum (Amplats) ont rejeté la nouvelle offre du numéro un mondial du platine, touché par une grève qui paralyse ses sites sud-africains de Rustenburg et Northam (nord) depuis huit semaines et se sont dits prêts à poursuivre leur mouvement.

Des milliers de mineurs se sont rassemblés samedi dans un stade de Rustenburg, sous la surveillance des forces de l’ordre, assistées par un hélicoptère.

Personne ne reprend le travail, la grève continue, a déclaré Evans Ramokga, un représentant des mineurs d’Amplats.

Les salariés ne sont pas satisfaits des conditions et donc personne n’accepte la (nouvelle) offre parce qu’il n’y a même pas d’augmentation, a-t-il ajouté.

Le rassemblement de samedi s’est tenu après que la police eut annoncé que quatre salariés d’Amplats — deux hommes et deux femmes — avaient été attaqués, accusés d’avoir tenté de travailler vendredi.

Ces salariés ont été bombardé de pierres et roués de coups, en présence d’un millier de personnes, a affirmé le porte-parole de la police, Thulani Ngubane.

Les quatre salariés ont été hospitalisés et l’une des victimes est en soins intensifs, a-t-il précisé.

Après avoir renoué mercredi le dialogue avec syndicats et représentants des grévistes, Amplats avait indiqué vendredi avoir fait une nouvelle offre améliorée pour tenter de mettre fin au conflit, proposant une prime unique de 4.500 rands (405 euros) bruts. Les mineurs devaient reprendre le travail lundi.

Cette prime devait être versée deux semaines après la reprise du travail, tandis que les 12.000 grévistes dont la société a annoncé le licenciement début octobre seraient réintégrés.

Le groupe s’engageait également à entamer rapidement des négociations salariales, mais se refusait à envisager toute augmentation avant le 1er juillet 2013, date d’expiration de l’accord actuel.

Les mineurs d’Amplats, qui ont entamé le 12 septembre une grève sauvage pour réclamer de substantielles augmentations de salaire, avaient refusé de reprendre le travail le 30 octobre après que la direction eut proposé une prime de 2.000 rands nets.

Amplats est la dernière grande compagnie minière encore paralysée par la vague de grèves sauvages qui a démarré dans le sang à Marikana en août. Le groupe a perdu 167.681 onces de production depuis début septembre (soit 7% de sa production totale en 2011), a précisé vendredi la direction.

Ces conflits sociaux ont fait au total près de 60 morts en deux mois et demi, dont 34 mineurs de Lonmin (platine) abattus par la police le 16 août à Marikana. Chez Amplats, les violences ont fait 4 à 9 morts, selon les sources.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 10 novembre 2012)

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[Uriner sur un monument militaire, y écrire des paroles obscènes avec de la peinture ou commettre différents bris] Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme

11 novembre : décorations vandalisées

Le maire d’Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) a exprimé aujourd’hui une vive émotion devant des actes de vandalisme commis contre les ornements et les drapeaux installés pour le 11 novembre au monument aux morts de cette bourgade catalane.

Les banderoles bleu-blanc-rouge et des drapeaux français ont été saccagés quelques heures avant la cérémonie officielle dimanche. Un des drapeaux a été brûlé, d’autres jetés dans une poubelle.

Willy Burghoffer, le maire socialiste de cette commune d’environ 5.000 habitants, a indiqué avoir porté plainte pour « dégradation de symboles de la République ». Les gendarmes ont fait des prélèvements ADN sur place et ont ouvert une enquête. « S’attaquer aux symboles de la République un 11 novembre, franchement, c’est trop, c’est impardonnable. C’est un grand mot, mais c’est un crime. Il faut pas banaliser des actes comme ça, ni que d’autres se les approprient », a-t-il dit à l’AFP.

Hier matin, des employés municipaux ont rétabli en urgence un pavoisement, avant le début de l’hommage aux soldats tombés pour la France. Le monument aux morts de cette localité tranquille avait été tagué il y a dix ans, rappelle-t-on à la mairie.

Presse va-t-en-guerre (Agence Faut Payer, 12 novembre 2012)


Grande-Bretagne : arrêté pour avoir brûlé un coquelicot

Un homme de 19 ans a été arrêté hier dans le comté anglais du Kent, pour avoir brûlé un coquelicot, symbole associé aux commémorations du 11 novembre dans les pays du Commonwealth, et avoir posté la photo sur Facebook. Placé en garde à vue, il devait être entendu par la police ce matin, selon les informations du NewsStatesman.

En novembre 2011, un musulman extrémiste avait été condamné à une amende de 60 euros pour avoir brûlé ce symbole lors de la minute de silence organisée quelques mois plus tôt à Londres.

Presse va-t-en-guerre (LeFigaro.fr, 12 novembre 2012)


Vandalisme sur des monuments de guerre : un crime passible de prison

(Québec) Vandaliser un monument militaire commémoratif deviendra bientôt un crime aux conséquences plus graves au Canada. Ce geste pourrait même mériter la prison pour les malfaiteurs pris en flagrant délit.

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Un Montréalais avait soulevé l’indignation des anciens combattants canadiens en juillet 2006 en urinant sur le Monument commémoratif de guerre à Ottawa, situé à proximité du Parlement.

Le projet de loi privé C-217 du député conservateur David Tilson a été adopté aux Communes le 31 octobre dernier et il est présentement à l’étude au Sénat. Cette initiative du député a comme objectif de forcer les juges à imposer des peines plus sévères aux voyous qui s’attaquent à ces monuments.

Le député dit s’être intéressé davantage à ces crimes « disgracieux » en novembre 2008, quand des vandales ont lancé des œufs sur le cénotaphe de la petite localité ontarienne d’Orangeville, dans sa circonscription de Dufferin-Caledon. Le monument, qui rend hommage aux militaires morts au combat ou qui ont servi au front, venait tout juste d’être restauré.

« Les dommages causés par ces vandales ont coûté 2000$ à la municipalité d’Orangeville afin de nettoyer les taches laissées par les œufs, raconte M. Tilson. J’ai alors pensé que c’était irrespectueux pour nos anciens combattants. »

M. Tilson et son personnel ont aussitôt entrepris des recherches afin de savoir si ce phénomène était répandu ailleurs au Canada. Rapidement, ils ont été en mesure de trouver de nombreuses coupures de journaux des quatre coins du pays qui font référence à de tels gestes de vandalisme qui se sont déroulés sur une période de trois ou quatre ans. Les gestes, que ce soit uriner sur un monument militaire, y écrire des paroles obscènes avec de la peinture ou commettre différents bris, y étaient répertoriés.

Durant toutes ses recherches, M. Tilson a été renversé d’apprendre que les bris sur les monuments ne se distinguaient pas, en vertu du Code criminel, de ceux réalisés sur un banc de parc ou une vulgaire boîte postale.

« Les méfaits sur des monuments de guerre, ce ne sont pas des méfaits ordinaires, a-t-il lancé. Partout au pays, ces endroits sont des lieux sacrés où nous nous souvenons des hommes et des femmes qui ont laissé leur vie au combat, mais également de ceux qui ont servi durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, jusqu’en Afghanistan. »

Geste choquant

Un Montréalais de 23 ans, Stephen Fernandes, avait soulevé l’indignation chez les anciens combattants d’un océan à l’autre, en juillet 2006, quand il avait uriné, complètement saoul, sur le Monument commémoratif de guerre à Ottawa, en pleine célébration des fêtes de la Confédération. Une photo de lui en action avait fait le tour du pays.

L’homme s’en était tiré en réalisant des travaux communautaires dans une maison pour anciens combattants, il avait présenté ses excuses à des soldats retraités et il avait fait un don de 200$ à une œuvre de charité. Les accusations criminelles portées contre lui avaient été retirées.

Amende minimale de 1000$

Avec toutes ces informations en main, M. Tilson a estimé qu’il devait agir et c’est ce qui l’a incité à confectionner ce projet de loi privé qui a été déposé pour première lecture à l’été 2011. Pour une première infraction, l’accusé risque au minimum une amende de 1000$, alors que pour une récidive, la personne s’expose à une peine d’emprisonnement minimale de 14 jours. Pour les récidives subséquentes, la peine minimale est de 30 jours d’emprisonnement.

Avec ce renforcement au Code criminel, M. Tilson espère que les gens y penseront à deux fois avant de commettre ce crime et que ça incitera les citoyens à dénoncer les auteurs de tels gestes. M. Tilson sait que pour les forces policières, il est difficile de lutter contre ce phénomène, car ces actes irréfléchis sont souvent réalisés en pleine nuit.

« N’oubliez pas que ce sont des peines minimales. Le juge pourra être plus sévère s’il estime que les gestes posés méritent une peine plus grave. »

Le projet de loi de M. Tilson chemine présentement au Sénat à majorité conservatrice et on peut ainsi s’attendre à ce qu’il reçoive la sanction royale au cours de l’année 2013.

Vandalisme militaire : les carrés rouges à l’origine d’une tempête

(Québec) En avril dernier, la hargne de soldats de Valcartier avait déferlé sur les réseaux sociaux, quand des opposants à la hausse des droits de scolarité avaient collé des carrés rouges sur le monument militaire de la place George-V, qui est situé près de Grande Allée et qui rend hommage aux militaires du Royal 22e Régiment morts au combat.

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Les carrés rouges collés sur le monument militaire de la place George-V avaient suscité la colère de soldats de Valcartier sur les réseaux sociaux.

« Eille, les étudiants braillards, vous auriez pas dû mettre vos criss de carrés rouges sur notre insigne régimentaire du r22r ! », avait écrit un de ces soldats.

« Vous êtes des asti de fif, pis j’espère que grâce à Facebook, vous allez voir mon commentaire. Vous voulez vous frotter aux militaires, vous aller en manger une criss! Aucune pitié pour vous autres gang de vermine. Votre carré rouge, on va vous l’enfoncer dans la gorge ! Fuck you all ! »

Le Service des communications de la base militaire de Valcartier a été incapable de nous dire si des soldats avaient été visés par des mesures disciplinaires en raison de ces commentaires lancés sur les réseaux sociaux.

Presse va-t-en-guerre (Matthieu Boivin, Le Soleil / LaPresse.ca, 11 novembre 2012)

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[Millau contre la police qui tue] Vérité et Justice pour Nabil Mabtoul, Dissolution de la BAC

Millau. Des roses pour honorer Nabil, tué par la BAC

Une marche a été organisée, hier après-midi, à Millau, par le comité de soutien à la famille de Nabil Mabtoul, ce Villefranchois de 26 ans tué par un policier millavois en juin dernier. L’hommage s’est achevé par un dépôt de roses blanches sur les lieux du drame.

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Majid Mabtoul, le père de Nabil, tué le 26 juin dernier par un policier millavois, hier, lors de la marche blanche organisée dans la Cité du gant en mémoire de son fils (…)

Agir pour que l’affaire ne soit pas oubliée. Ce dimanche après-midi, à Millau, dans la salle du café-concert La Loco, l’ordre du jour de la réunion du comité de soutien à la famille de Nabil Mabtoul est limpide. Mais avant d’entreprendre quelque action que ce soit, ce collectif de citoyens, tous des farouches opposants à la brigade anticriminalité (BAC), veut obtenir l’accord de la famille du Villefranchois de 26 ans, mort à Millau, le 26 juin dernier, après le tir d’un agent de cette unité du commissariat de la sous-préfecture du sud Aveyron. Le comité de soutien espère également obtenir des informations sur l’avancée de l’instruction du dossier dans lequel le policier suspecté d’être l’auteur du coup de feu mortel a été mis en examen du chef de « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Majid Mabtoul, le père de la victime, présent à cette réunion, ne le cache pas. Il est « ému » par cette attention et de voir qu’une quarantaine de personnes est prête à se mobiliser. Mais de son propre aveu, il « ne sait pas beaucoup de choses ». Puis, très vite, il embraye : « Je suis pour la police qui protège mais contre la police qui tue. Ce soir-là, mon fils aîné, ma chair, s’est retrouvé face à deux individus qui, pour moi, ne sont pas des policiers car si je dis qu’ils sont policiers, je salis l’image de la police. Mon fils, répète-t-il, s’est retrouvé face à deux individus qui ont préféré l’action à la réflexion. Ils se sont pris pour John Wayne et Clint Eastwood, pour des fous de la gâchette. Eux, pour moi, ne sont pas des policiers. »

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Fin septembre 2012, place Emma Calvé à Millau, un graffiti rappelle aux passants la mort tragique de Nabil, en juin 2012, tué par balle par un agent de la Brigade Anti-Criminalité de Millau…

« Des choses pas claires dans cette histoire »

Pendant plus d’une heure, les larmes aux yeux, émouvant bon nombre de membres de l’assistance, Majid Mabtoul revient sur le drame qui a coûté la vie à Nabil. Comme lors de la marche blanche organisée à Villefranche-de-Rouergue le 1er juillet dernier, ce père explique qu’il ne croit pas à la version selon laquelle son fils transportait de la drogue dans sa voiture. Il s’interroge aussi sur le fait qu’il n’a été averti que près de neuf heures après le drame ; qu’à son arrivée sur place, le médecin des pompiers n’a pas vu l’impact de la balle ; que l’appartement de son fils n’a jamais été placé sous scellés ni même perquisitionné afin de démontrer si, oui ou non, Nabil était un trafiquant de drogue… Bref, Pour lui, il y a des choses « pas claires » dans cette histoire.

Enfin, il s’étonne : « J’ai vu que les deux policiers ont été mutés. Mais le chef est toujours là. Pourquoi ? C’est lui qui les a laissés faire. S’ils n’avaient pas eu carte blanche, ils n’auraient jamais fait tout ça. » Sur ce point, le comité de soutien ne peut qu’acquiescer. Depuis des mois, et bien avant les tragiques événements de juin dernier, il réclame la dissolution de la BAC et la démission de l’officier qui dirige le commissariat millavois.

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Manif du 9 juillet 2012 pour la dissolution de la BAC.

Mais surtout, comme le père et toute la famille de Nabil, le comité veut « la vérité sur toute cette histoire ».

Après cette rencontre, une marche blanche s’élance de la Loco. Via la place du Mandarous et la sous-préfecture, à côté de laquelle sont stationnés des CRS, le cortège arrive sur les lieux où, le 26 juin, vers 3 heures, Nabil Mabtoul est décédé d’un coup de feu tiré par un policier dans des circonstances qui pourront, peut-être, être éclaircies lors d’une reconstitution annoncée pour jeudi soir.

Presse proflic (Denis Slagmulder, LaDepeche.fr, 12 novembre 2012)


Millau. Mort par balle du jeune Nabil Mabtoul : ne pas lâcher l’affaire

Alors qu’une reconstitution est prévue jeudi en début de soirée, la famille et le collectif de soutien ont fait le point hier.

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Hier à La Loco, lors de la réunion entre la famille de Nabil et le collectif millavois.

Abdelmajid Mabtoul, le père de Nabil, ce jeune Villefranchois de 26 ans tué par balle lors d’un contrôle de la brigade anticriminalité dans la nuit du 25 au 26 juin à Millau, avait répondu hier, avec une partie de sa famille, à l’invitation lancée par le collectif de soutien constitué dans la sous-préfecture sud-aveyronnaise au lendemain du drame.

Alors qu’une reconstitution des faits est prévue jeudi à hauteur de la piscine, avenue Jean-Jaurès (les circulations piétonne et automobile devraient être interdites dans le secteur entre 17 et 23 h), il s’agissait de faire le point sur l’avancement de l’enquête à laquelle les avocats de la famille (le cabinet Phung de Montpellier) ont partiellement accès et d’envisager de nouvelles actions pour que l’affaire ne soit pas enterrée. Et que toutes les responsabilités soient établies…

« Je ne suis pas contre la police qui protège nos enfants, nos commerçants, mais je suis contre la police qui tue », a rappelé M. Mabtoul, père brisé mais digne, dont le témoignage ne peut qu’émouvoir ses auditeurs. L’homme s’étonne toujours que l’appartement de son fils à Villefranche-de-Rouergue n’ait pas été placé sous scellés et perquisitionné alors que Nabil a été, juste après sa mort, décrit par la police et le parquet de l’Aveyron comme un trafiquant de stupéfiants présumé. Et ce, même si les quantités de cannabis déclarées retrouvées dans sa voiture ont diminué, de 4 kg à 1,6 kg, au fur à mesure des communications officielles.

« Sonnette d’alarme »…

À l’instar de la famille Mabtoul, le comité de soutien millavois ne comprend toujours pas comment le commandant de la circonscription de police et le procureur de la République, voire le médecin qui aurait pratiqué le massage cardiaque sur la victime, ont pu d’abord affirmer que Nabil n’avait pas été tué par balle, avant de le confirmer 24 heures plus tard.

L’opacité qui a régné autour de l’affaire les laisse à penser que « les autorités ont cherché à couvrir une bavure » ou, à tout le moins, à en minimiser la gravité. S’il assure « faire toujours confiance en la justice », Abdelmajid Mabtoul dit aussi attendre avec impatience la vérité.

Quant au collectif de soutien, il rappelle avoir tiré, par voie de manifestations (on retrouve dans ce collectif une bonne partie des membres du collectif de soutien aux victimes de la Bac créé en avril 2011, ndlr) la « sonnette d’alarme » sur les « méthodes » de la Bac bien avant le drame. Lequel aurait sans doute pu être évité…

Presse proflic (Hugues Cayrade, MidiLibre.fr, 12 novembre 2012)


Millau. « Un homme en tue un autre, 20 ans de prison. Un flic tue Nabil, 2 jours de garde à vue »

Nabil Mabtoul est mort fin juin au volant de sa voiture alors qu’il tentait de se soustraire à un contrôle. Le policier soupçonné d’être l’auteur du coup de feu mortel dit avoir agi en légitime défense.

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La trentaine de manifestants mobilisée a demandé que la lumière soit faite sur cette affaire, la démission du patron du commissariat de Millau et la dissolution de la Bac locale.

La famille et les membres d’un comité de soutien à Nabil Mabtoul, jeune homme de 26 ans tué par un policier lors d’une course-poursuite le 29 juin à Millau (Aveyron), ont manifesté dimanche pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une bavure policière.

Le policier soupçonné d’être l’auteur du coup de feu mortel dit avoir agi en légitime défense. Il a été mis en examen pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. D’après la police, le jeune homme d’origine marocaine est mort au volant de sa voiture alors qu’il tentait de se soustraire à un contrôle de police de deux agents de la brigade anticriminalité (Bac). Les deux policiers ont été mutés depuis les faits.

« Cette affaire ne doit pas tomber dans l’oubli »

La trentaine de manifestants mobilisée a demandé que la lumière soit faite sur cette affaire, la démission du patron du commissariat de Millau et la dissolution de la Bac locale, déjà critiquée avant les faits. « Cette affaire ne doit pas tomber dans l’oubli », dit Inaki Aranceta, porte-parole du comité de soutien.

Sur une banderole, on pouvait lire « un homme en tue un autre, 20 ans de prison. Un flic tue Nabil, deux jours de garde à vue ». Dans la voiture de Nabil Mabtoul, la police a découvert 1,6 kg de résine de cannabis.

Presse proflic (Hugues Cayrade, MidiLibre.fr avec l’Agence Faut Payer, 11 novembre 2012)

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[PCC dégage !] « Si nous échouons à régler la question de la corruption, elle pourrait se révéler fatale pour le parti et même provoquer la chute du parti et la chute de l’État »

Hu Jintao a vivement dénoncé la corruption comme une menace qui pourrait compromettre l’existence de l’État et celle du Parti communiste chinois lors d’un « discours à la nation », ouvrant officiellement le XVIIIe Congrès du PCC à Pékin, jeudi.

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Les dirigeants chinois le 10 novembre 2012 à Pékin lors du congrès du Parti communiste

(…)

L’événement se déroule alors que la Chine connaît un contexte de tension sociale, de dénonciation de la corruption et d’accroissement des inégalités entre riches et pauvres.

« Combattre la corruption et promouvoir l’intégrité politique, qui est un sujet majeur de préoccupation politique du peuple, est un engagement clair et à long terme du parti », a déclaré le chef de l’État sortant.

« Si nous échouons à régler cette question (de la corruption), elle pourrait se révéler fatale pour le parti et même provoquer la chute du parti et la chute de l’État », a-t-il mis en garde.

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« Tous ceux qui violent la discipline du parti et le droit, qui qu’ils soient et quels que soient leurs pouvoirs ou leurs positions sociales, doivent être traduits en justice sans pitié », a-t-il continué.

« Les dirigeants, en particulier ceux de haut rang, doivent respecter une auto-discipline stricte et veiller à l’éducation et au contrôle de leur famille et de leurs subordonnés. Ils ne doivent jamais chercher à obtenir des privilèges », a-t-il ajouté.

Le New York Times avait révélé la semaine passée que la famille du Premier ministre Wen Jiabao avait accumulé une fortune de 2,7 milliards de dollars depuis son entrée au gouvernement.

(…)

Au cours de son allocution, Hu a également avancé l’idée de réformes politiques tout rappelant la nécessité « de préserver l’autorité du parti ».

« La réforme de la structure politique est une partie importante de la réforme globale en Chine », a estimé Hu. « Nous devons poursuivre des efforts à la fois dynamiques et prudents pour mener à bien les réformes de la structure politique et rendre la démocratie populaire plus large et plus saine dans sa pratique », a-t-il poursuivi.

(…)

« Aujourd’hui alors que la situation mondiale, nationale et au sein de notre parti continue de connaître des modifications profondes, nous sommes confrontés à des opportunités sans précédent pour nous développer mais également à des risques et des défis inconnus jusqu’alors », a poursuivi Hu.

(…)

La censure est immédiatement intervenue pour effacer toute référence à « Si Ba Da », nom utilisé par les internautes pour discuter du XVIIIe Congrès sur les sites de microblogging.

Presse corrompue (Reuters, 8 novembre 2012)


(…) La nouvelle équipe pourra-t-elle s’attaquer à la corruption qui gangrène le pays ?

Probablement en bas de l’échelle et au milieu de l’échelle, mais certainement pas au sommet. La corruption est installée complètement dans le système, la « vénalité des charges » est revenue. Un certain nombre de fonctionnaires achètent leur charge, parce que l’on gagne beaucoup d’argent en étant fonctionnaire.

Presse corrompue (Philippe Grangereau, Libération, 9 novembre 2012)


Chine. Les rebondissements s’enchaînent dans la bataille pour le pouvoir
Tous corrompus ?

Les dirigeants du Parti, de l’État et même de l’armée ont les mains sales. Il ne faut pas s’étonner que tous leurs appels à la probité restent lettre morte.

Après les scandales du couple Bo Xilai et l’histoire de Ling Gu (mort dans l’accident de sa Ferrari en mars), et de son père, Ling Jihua, l’homme de confiance (muté en septembre) du président Hu Jintao, les médias chinois et étrangers viennent de révéler les patrimoines gigantesques des clans familiaux de Xi Jinping et Wen Jiabao.

Il suffit, en Chine, de s’intéresser un tant soit peu à l’actualité pour savoir qu’il n’existe au fond aucune personnalité de premier plan du Parti communiste chinois (PCC) qui n’ait profité de ses hautes fonctions pour permettre à son ou sa conjointe et à ses enfants de faire fortune de façon malhonnête, malgré la probité apparente de ces hauts responsables et leur appel quotidien à l’honnêteté et à la droiture.

Des milliards d’euros blanchis

Après que The New York Times a rapporté que la fortune de la famille de Wen Jiabao s’élevait à 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros), une enquête réalisée par l’ONG américaine Global Financial Integrity a révélé que, l’an dernier, les nouveaux riches chinois avaient fait sortir de Chine plus de 600 milliards de dollars (469 milliards d’euros), notamment par des canaux de blanchiment d’argent.

L’enquête estime à pas moins de 3790 milliards de dollars (2962 milliards d’euros) le montant des capitaux ayant fui la Chine entre l’an 2000 et 2011 ! Parmi ceux-ci, on trouve bien sûr les sommes d’argent acquises illégalement par Bo Xilai et sa femme, et confiées “aux bons soins” de l’homme d’affaires britannique Neil Heywood.

En fait, Zhongnanhai (siège du pouvoir à Pékin) est tout à fait conscient que la corruption a gravement entamé la légitimité déjà en piteux état du PCC. L’ancien président Jiang Zemin a rappelé à maintes reprises que le combat contre la corruption et pour une classe dirigeante intègre était une « question de vie ou de mort » pour le PCC. Pour être plus clair encore, il avait souligné que « les bastions se prennent plus facilement de l’intérieur » et que la plus grande menace qui pesait sur le Parti était non pas les « forces antichinoises de l’étranger », mais bien les éléments parasites au sein même du Parti. L’ancien Premier ministre Zhu Rongji, connu pour être le Bao Zheng (juge de la dynastie Song célèbre pour son intégrité) des Temps modernes, a autrefois lancé une phrase devenue fameuse en Chine comme à l’étranger : « Préparez cent cercueils, quatre-vingt-dix-neuf pour les fonctionnaires corrompus et je garde le dernier pour moi ! » Mais qui ignore encore que les deux fils chéris du président Jiang ont bénéficié dans leurs affaires du bras long de leur père pour amasser une fortune personnelle dépassant les 100 millions de dollars ? Les enfants du Premier ministre Zhu ont également très bien réussi dans les affaires. Certes, les médias étrangers ou hongkongais n’ont jamais publié de preuves d’infraction à la loi ou à la déontologie du Parti de la part de ces enfants de hauts dignitaires, mais la population sait très bien que, si leurs pères n’avaient pas été à la tête du pays, ces “jeunes maîtres” n’auraient jamais pu devenir aussi riches…

L’armée corrompue

Si, en apparence, le tandem Hu Jintao – Wen Jiabao a lancé avec succès maintes campagnes anticorruption durant ses dix années au pouvoir, avec à la clé un nombre sans précédent d’arrestations de hauts fonctionnaires véreux de rang ministériel et plus, en réalité le problème n’a pas été réglé. Quand la vertu a gagné un pied de terrain, l’immoralité en a gagné dix ! Avec l’ouverture économique, les entourloupes financières et les techniques de blanchiment d’argent se sont multipliées.

Fin 2009, un membre du gouvernement, plus lucide que les autres, avait proposé d’instaurer une loi de transparence pour les cadres qui aurait obligé les hauts dirigeants à rendre public leur patrimoine, ainsi que les droits de résidence et les investissements à l’étranger de leurs proches parents. Mais, bien sûr, cette loi n’a jamais été adoptée !

Selon Liu Mingfu, professeur à l’université de la Défense nationale, la corruption sévirait de manière accrue dans les rangs de l’armée ; les militaires seraient plus corrompus encore, ce qui constitue une gigantesque menace pour la sécurité du pays. Quant à Xi Jinping, étant donné l’étendue du réseau d’affaires de sa famille, il est impensable qu’il prenne des mesures énergiques pour éradiquer toute corruption une fois arrivé au pouvoir après le XVIIIe Congrès (commencé le 8 novembre). À 91 ans, la vieille boutique du PCC pourrait bien s’effondrer complètement si elle continue à pourrir ainsi de toutes parts.

Presse corrompue (Lin Heli, BienPublic.com, 11 novembre 2012)

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