[Les luttes sont déclarées] Semaine de mobilisation interluttes du 16 au 23 mars à Rennes

Semaine de mobilisation interluttes

Pendant une semaine, un lieu sera ouvert et mis à disposition pour tous les groupes actifs sur Rennes afin qu’ils proposent des moments de sensibilisation aux luttes dans lesquelles ils sont engagés, des débats, repas de soutien… ou toute initiative qu’ils jugeront pertinente. Durant cette semaine les participants au CLAR chercheront à rendre visibles les luttes sociales et écologiques en cours et à participer aux actions proposées par les collectifs lors de cette semaine (Souris verte, DAL, comité de lutte contre les accords de Wagram…).

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Où ?

Dans un lieu surprise que nous découvrirons à l’issue de la manifestation nationale pour un logement pour toutes et tous, le 16 mars. À découvrir sur : clar35.overblog.com

22 rue Nadault de Buffon (quartier Alphonse Guerin, Rennes est)

Qui sommes-nous ?

Le Comité de Liaison et d’Action Rennais (CLAR) réunit des personnes appartenant ou non à des organisations. Le CLAR est un espace de mise en résonance des luttes et de solidarité effective parmi celles-ci. Ce comité vise à relayer, soutenir, coordonner des luttes revendicatives d’émancipation et de réappropriation contre tout type de domination. C’est un espace d’enquête, de réflexion et d’autoformation. À l’image des différents espaces de rassemblements inter-luttes nés au cours des derniers mouvements sociaux, l’un des objectifs du CLAR est d’être à l’initiative d’actions. Le Comité porte une égale attention aux combats menés, qu’ils soient liés aux espaces de travail ou qu’ils concernent les autres sphères de l’existence. En ces temps de crise de l’économie, la classe capitaliste mène l’offensive en Europe par l’austérité qui amplifie les dominations. Face à cela, le Comité se donne pour ambition de s’opposer à ces choix, dégradant toujours plus les conditions de vie du plus grand nombre et l’environnement commun.

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Murs parlants de Marseille

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Fourmes de discours

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[L’Haÿ-les-Roses] Policier suicidé, à moitié pardonné

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgTentative de suicide d’un policier

Un gardien de la paix se trouvait aujourd’hui entre la vie et la mort après avoir retourné son arme de service contre lui au commissariat de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), a indiqué la préfecture du Val-de-Marne.

Jeudi vers 11H00, le policier, âgé de 30 ans, est allé au sous-sol du commissariat où il a tenté de mettre fin à ses jours avec son arme de service, a indiqué la préfecture.

Les détonations ont alerté ses collègues qui l’ont trouvé à terre, blessé. L’homme a été transporté par les sapeurs-pompiers vers un hôpital parisien, dans un état critique.

Une enquête sur les circonstances de ce passage à l’acte a été confiée à l’Inspection générale des services (IGS).

Une cellule psychologique a été mise en place. Le préfet du Val-de-Marne et le sous-préfet de L’Haÿ-les-Roses, ainsi que le directeur territorial de la sécurité publique (DTSP) du Val-de-Marne et le directeur de la préfecture de police de Paris, se sont rendus sur place.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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[Révolution tunisienne / Hammet El Jérid, Tozeur] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

Tozeur : Manifestation, arrestations et un véhicule de police incendié

À Hammet El Jérid, des affrontements ont éclaté entre la police et des manifestants. Une voiture de police a été incendiée et un groupe de jeunes arrêtés.

La manifestation vient suite à la prononciation d’un jugement de prison de 6 ans pour 7 jeunes accusés d’avoir agressé des agents sécuritaires et le poste de police.

Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants et une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités de chacun des jeunes  arrêtés.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 14 mars 2013)

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[Révolution égyptienne] Surveillance du Black Bloc

Le Procureur ordonne la surveillance des sites du Black Bloc

Le Procureur général Talaat Abdallah a ordonné des mesures de surveillance généralisée ciblant le Black Bloc, un groupe en grande partie inconnu de manifestants masqués qui apparurent lors des manifestations marquant le deuxième anniversaire de la révolution du 25 Janvier.

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Blac bloc des « Aigles » près du palais de Ettehadiya, le 26 janvier 2013

Dans le cadre de ces mesures, le ministère de l’Intérieur et le Service des renseignements généraux ont commencé à surveiller tous les sites gérés par le groupe, la recherche de contenu qui peuvent inciter à la violence et tentent d’identifier les administrateurs de la page, a déclaré le porte-parole du procureur Mostafa Duweidar.

L’accusation a défini le Black Bloc comme un groupe terroriste à la suite des incidents de sabatoge qui ont été imputés aux manifestants masqués. Abdallah a émis de nouvelles mesures de sécurité ciblées sur le groupe afin d’appréhender ses membres, et d’empêcher les médias de promouvoir sa doctrine, a déclaré Duweidar.

Le Black Bloc a revendiqué la responsabilité de certaines agressions contre les forces de police dans les affrontements de rue à travers le pays depuis le 25 Janvier 2013.

Traduit de l’anglais (leur presse – Al-Masry Al-Youm via EgyptIndependent.com, 14 mars 2013)

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[Ali-Mendjeli, Algérie] Serait-ce le devenir des comicos partout ?

Les manifestants s’en sont pris aux édifices publics en signe de révolte
Nuit d’émeutes à la nouvelle ville Ali-Mendjeli

Les manifestants, ivres de colère après l’annonce de la mort des deux enfants, réclamaient justice et plus de sécurité dans les cités.

Hier, la nouvelle ville Ali-Mendjeli ressemblait à un champ de bataille. De violentes émeutes ont éclaté la veille, soit dans la journée de mardi, dans la foulée d’une manifestation organisée par les habitants, après la découverte des corps de Brahim, 9 ans, et Haroun, 10 ans, portés disparus depuis samedi dernier. Les affrontements ont causé beaucoup de dégâts. Commissariats attaqués, administrations et cités universitaires saccagées et l’hôpital se trouvant en face du commissariat a été évacué de peur que le personnel et les malades soient attaqués. Les manifestants réclamaient “justice” au moment où les rumeurs se faisaient de plus en plus insistantes sur l’arrestation de deux individus soupçonnés d’être les auteurs du crime dont ont été victimes les deux enfants.

Les manifestants ont, d’ailleurs, immédiatement investi le siège du 1er arrondissement de la sûreté urbaine et exigeaient qu’on leur livre les assassins. Les policiers, qui étaient en faction, tentaient, tant bien que mal, de raisonner la population, en vain. S’ensuivirent alors des affrontements entre les deux protagonistes jusqu’à l’intervention des forces antiémeutes qui ont dû utiliser le gaz lacrymogène pour disperser les foules. Les violences ont duré toute la nuit.

Hier, la tension était toujours perceptible. Mais aucun incident n’a été enregistré. Pas un seul policier n’a été vu aux alentours des unités de voisinage UV18 et UV13, où habitent les familles des deux victimes. Il faut dire que les policiers sont devenus persona non grata. “Ils n’ont pas fait leur travail correctement pour retrouver les deux enfants”, nous dira un habitant du quartier.  Aux quatre coins de la wilaya, des marches blanches ont été organisées simultanément par des jeunes et moins jeunes, ou encore par des lycéens qui n’ont pas pu assister à l’enterrement des deux enfants. L’appel avait été lancé la veille sur le réseau social facebook et relayé par les internautes pour une plus grande mobilisation.

Enfin, les habitants de la nouvelle ville prévoient d’organiser des marches et continuent de réclamer qu’on leur livre les deux auteurs du crime pour qu’ils rendent justice eux-mêmes. À cet effet, des sources concordantes ont révélé qu’un important dispositif sécuritaire est mis en place, depuis mardi soir, afin d’éviter d’éventuels débordements.

Leur presse (Liberte-Algerie.com, 14 mars 2013)

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[Nique les pauvres !] Enfants de chômeurs interdits de cantine

Les enfants de chômeurs interdits de cantine

SAINT-MEMMIE et SAINT-MARTIN-SUR-LE-PRÉ (Marne). Malgré la jurisprudence, les deux mairies ont clairement inscrit cette mesure dans leur règlement. À Saint-Memmie, le dispositif est même étendu à la garderie du matin.

Le règlement intérieur de la cantine scolaire de Saint-Martin-sur-le-Pré ne laisse aucune place au doute. « Sont admis à la cantine, après inscription annuelle à la mairie, les enfants de plus de 3 ans dont les parents exercent tous les deux une activité professionnelle dans la limite des places disponibles », peut-on y lire. Les mots sont mêmes soulignés et imprimés en caractères gras. Les enfants de demandeurs d’emploi n’ont donc officiellement pas le droit de manger à la cantine.

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Jacques Jesson, bienveillant

Or selon l’une des deux principales fédérations de parents d’élèves, la FCPE, « une jurisprudence administrative constante et un jugement du Conseil d’État (septembre 2009, affaire d’Oullins) confirment l’illégalité, dès lors qu’un service public de restauration scolaire est mis en place, de le réserver à certains enfants, par exemple ceux dont les deux parents travaillent ». La mairie de Saint-Martin-sur-le-Pré serait ainsi dans l’illégalité.

Jacques Jesson, maire UMP de la commune et conseiller communautaire, assume dans un premier temps cette sélection des enfants. « Cela a toujours été comme ça, parce que nous sommes un peu limite en capacité d’accueil » expliquait-il samedi, « et nous n’avons jamais eu de demande particulière ». Mais le lendemain, après avoir consulté son équipe, Jacques Jesson précise que « concernant le règlement intérieur, des dérogations sont régulièrement accordées ». Le maire jure que les « cas de chômage, maladie et accident de la vie » sont examinés « avec bienveillance ». Deux enfants seraient concernés. Mais alors, pourquoi maintenir un tel règlement ?

« 100 % des mairies concernées sont condamnées »

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Pierre Faynot, en vacances

À Saint-Memmie aussi, le règlement du restaurant scolaire est explicite : « sous condition que les deux parents (ou le parent unique) travaillent, les enfants scolarisés peuvent bénéficier des services de la cantine scolaire », le texte est en ligne sur le site de la ville. Au chapitre « garderie, études et activités », le même site indique que la restriction est étendue à l’accueil des enfants de 7h45 à 8h30.

Le maire de Saint-Memmie, Pierre Faynot, également conseiller général, est moins expansif que celui de Saint-Martin-sur-le-Pré. « Je suis en vacances », fait-il savoir, avant d’ajouter qu’il n’a aucun élément sur le sujet. Pierre Faynot (PCD, le parti de Christine Boutin) a pourtant connaissance de ce règlement.

Rares sont les parents d’enfants rejetés du dispositif prêts à prendre le risque de témoigner (lire par ailleurs). « Beaucoup préfèrent être discriminés », regrette Sébastien Durand, dont le blog (www.enfants-tous-egaux.fr) répertorie l’actualité sur cette question. La peur d’une éventuelle réaction dont leur enfant serait la victime les intimide souvent. « Il faut savoir qu’en cas de recours devant la justice, 100 % des mairies concernées sont condamnées », insiste le blogueur, dont les espoirs se concentrent aujourd’hui sur l’adoption d’une nouvelle loi en la matière, « dont la force coercitive » serait plus efficace.

Il y a un an, la députée Michèle Delaunay (PS), aujourd’hui ministre déléguée chargée des Personnes Agées et de l’Autonomie, avait justement déposé un projet de loi dont l’article 1er stipulait que l’inscription à la cantine « est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon la situation familiale, les revenus ou la situation géographique ». La FCPE demande à ce que ce texte soit voté. La fédération a également saisi le Défenseur des droits, Dominique Baudis.

L’an dernier, Michèle Delaunay expliquait que 70 communes de France pratiquaient une sélection à l’entrée des cantines selon des critères divers.

Maternelle Rimbaud, à Saint-Memmie. Des parents en colère

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Le fils de Céline et Grégory est âgé de trois ans. Élève en petite section de l’école maternelle Arthur Rimbaud à Saint-Memmie, il expérimente malgré lui le règlement spécial en vigueur sur l’ensemble de la commune. « Je travaille le mardi, le mercredi et le jeudi », explique son père, « nous ne pouvons donc mettre notre enfant à la cantine et à la sieste que ces jours-là. Le reste du temps, ces services lui sont refusés ». Ce professeur de lettres n’accepte pas qu’une telle sélection lui soit imposée et a peur de ce qui va se passer à l’issue de son contrat de travail, prévue pour le 27 mars. « Juste avant les vacances de février, un mot dans le cahier de texte nous a informés que les enfants dont un des deux parents ne travaille pas ne pourraient plus venir à l’école l’après-midi », ajoute-t-il. La mairie aurait précisé au cours d’un conseil d’école que la sélection pour la sieste est « provisoire », elle serait effective le temps que la nouvelle école soit construite. L’établissement est en effet transféré dans des préfabriqués jusqu’à l’inauguration des nouveaux locaux.

Leur presse (Sébastien Laporte, LUnion.presse.fr, 11 mars 2013)

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[Ouargla, Algérie] Tahar Belabès veut discuter avec les représentants du pouvoir réel

À Ouargla, les organisateurs de la marche du 14 mars affirment avoir réuni des milliers de manifestants

La contestation populaire se poursuit toujours à Ouargla. Au niveau de la place centrale de la ville, « le nombre des manifestants a atteint les 10 mille », a confié à Algérie-Focus, l’un des organisateurs de la marche du 14 mars. Notre interlocuteur affirme que le nombre des manifestants augmente d’une heure à une autre.

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Les 360 organisateurs ont tenté dès la matinée de ce jeudi de veiller à ce que ce rassemblement se tienne sans le moindre débordement. Pour ce faire, ils ont mobilisé plusieurs groupes de jeunes chômeurs pour préparer le terrain à l’arrivée des habitants d’Ouargla qui ont éprouvé le souhait de se joindre à la manifestation. « Pendant la matinée, nous étions au moins 5000 personnes à manifester sur la place centrale. Et lorsque nous avons vu que  la situation est sous contrôle, nous lancé un appel à la population pour qu’elle rejoigne notre manifestation. Et d’ici l’après-midi, nous prévoyons la participation d’un nombre important de citoyens », explique encore notre source d’après laquelle « tout le monde à Ouargla veut crier sa colère et sa rage contre la discrimination et le régionalisme de l’État ».

Pour rappel, plus de 2000 jeunes chômeurs se sont réunis tôt le matin sur la place centrale de la ville de Ouargla pour manifester contre les discriminations et les injustices dont sont victimes la population des régions du sud. Depuis les premières heures de la matinée, les organisateurs de la marche du 14 mars ont investi cette place publique pour y préparer un grand rassemblement auquel ont commencé à se joindre progressivement de nombreux habitants d’Ouargla.

La foule, alertée et attirée par les cris de révolte des manifestants, affluait petit à petit vers la Place Centrale, a-t-on appris de plusieurs sources locales. « Le peuple veut la fin du chômage », « Halte à l’hypocrisie et aux mensonges, nous voulons nos droits », « Où sont les richesses nationales ? », ces slogans sont scandés à  à tue-tête et à pleins poumons par ces jeunes chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi leur vie sombre dans la misère sociale alors que le sol de leur région regorge d’or noir. Il est à noter, par ailleurs, que les manifestants ont mis en exergue sur leurs banderoles leur attachement à l’unité nationale et répondent ainsi aux accusations du Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, qui a qualifié les protestataires du sud de « séparatistes ».

À l’heure où nous mettons en ligne ces informations, le grand rassemblement d’Ouargla se poursuit et le nombre des manifestants ne cesse d’augmenter au fur à mesure des heures. Les forces de sécurité observent de loin ce mouvement de protestation et n’ont pas tenté de se rapprocher de la Place Centrale. À cette heure-ci, aucune tension n’a été signalée et la contestation populaire se déroule dans un climat pacifique.

Leur presse (Abdou Semmar, Algerie-Focus.com, 14 mars 2013)

 

(…) Selon des journalistes sur place, les manifestants se sont dispersés en début d’après-midi pour éviter des dérapages. Un groupe qui voulait scander des slogans anti-gouvernementaux a été neutralisé par les organisateurs, ont-ils constaté.

Quinze chômeurs seront jugés le 26 mars à Ouargla pour « attroupement non armé », tandis qu’un tribunal de Laghouat, une autre ville du sud algérien, a condamné mardi à deux mois de prison, dont un ferme, quatre chômeurs qui avaient manifesté en février devant l’Agence nationale pour l’emploi. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

 

Des milliers de manifestants se rassemblent à Ouargla

À l’appel de la coordination nationale des chômeurs (CNDDC) des milliers de  manifestants, près de 10 mille, selon notre correspondant sur place, se sont rassemblés pacifiquement depuis ce matin à  la Place de l’ALN  (près de la mairie) de Ouargla.

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Les manifestants ont hissé le drapeau national et des banderoles où est écrit : « Unité nationale, une ligne rouge » pour répondre à  ceux qui les ont accusés d’être manipulés par la « main étrangère ».

Ils ont scandé des slogans socioéconomiques où ils demandent de l’emploi et le développement des régions du sud. Ils ont aussi dénoncé à travers des banderoles de hauts responsables impliqués dans la corruption : « Chakib Khelil viens, viens… », a-t-on répété, « des voleurs qui se prennent pour des nationalistes »…

Des forces de l’ordre se sont déployés autour de la Place mais se sont montrés très discrets. Aucun dépassement n’a été signalé.

Vidéo du rassemblement diffusée sur Youtube ce jeudi 14 mars.

Ali Belhadj, voulait rejoindre les manifestants mais a été interpellé à l’entrée de la ville. Plusieurs militants de différenres organisations se trouvent sur place, à l’image de Tahar Belabès, Tarek Mameri, des représentants du collectif des familles de disparus, les réprésentants de l’association Enfants de Hassi Mesasoud et des représentants du bureau de  la Ligue algérienne des droits de l’homme.

Aux dernières nouvelles et selon notre correspondant, les meneurs de la manifestation ont appelé les protestataires à se disperser dans le calme. Mais ces derniers comptent rester sur place. Certains ont même menacé de revenir sur les lieux : « On veut maintenant du concret sinon on revient sur les lieux ».

Un «  job » s’il vous plaît !

Le rassemblement de ce jeudi devant l’APC de Ouargla, auquel ont participé des milliers de citoyens, s’est déroulé dans le calme, et les jeunes chômeurs espèrent que la « houkouma » prendra au sérieux ces quelques revendications somme toute légitimes : un emploi stable pour tous les jeunes du pays, non à la division et au mensonge, stop à la « hogra » et à la corruption, développer le sud et les autres régions du pays, juger Chakib Khalil et relâcher les chômeurs emprisonnés.

De la bouche des dirigeant de ce mouvement, comme Tahar Belabes, la principale revendication de la jeunesse de Ouargla et d’ailleurs est « un job s’il vous plaît ! ».

Des  marches et des actions pacifiques sont et seront organisées jusqu’à l’obtention d’une réponse concrète et immédiate à ce dossier.

Les chômeurs qui ont brillé par une organisation impeccable se matin, mettent en garde contre les manipulations, les récupérations et les dérapages que le système aime bien utiliser, pour fausser toute revendication sociale légitime.

Les fausses rumeurs autour de citoyens honnêtes qui essayent de s’organiser pour revendiquer leurs droits, la répression, la prison, le mensonge, la fabrication de faux portes paroles et l’intimidation, ne serviront à rien plaide Tahar Belabes, « le problème subsistera toujours et le pouvoir ne pourra pas mettre des millions de chômeurs en prison »…

Les promesses faites par le passé ne sont pas tenues, et il devient difficile de croire encore et de voir des incapables sourire alors que la seule et unique promesse qui a été tenue, est celle de dire non à la jeunesse algérienne mise à genoux. L’heure est grave et le pouvoir n’a plus le droit de montrer son incapacité…

S’il a les moyens de « chuchoter », sans que l’on sache de quoi il retourne, avec le FMI, il a sûrement les moyens d’offrir un emploi à la jeunesse du pays…

Leur presse (ElWatan.com, 14 mars 2013)

 

Manifestation aujourd’hui des chômeurs du Sud
Ouargla retient son souffle

Hier, à J-1 de la manifestation “Millionnaire” à laquelle a appelé la Commission nationale de défense des droits des chômeurs (Cnddc), la tension était largement lisible sur tous les visages à Ouargla. Devant la détermination des jeunes chômeurs qui se sont donné le mot dans les quatre coins du Sud, multipliant davantage leurs rencontres “clandestines” ces derniers  jours, pour réussir un rassemblement historique à la grande place du centre-ville sise en face du siège de la commune, les autorités locales tentent de désamorcer la situation.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a fait parler, encore une fois, son sens de l’humour pour qualifier le mouvement des jeunes du Sud de “cherdima”, (un vocable arabe intraduisible qui signifie littéralement quelque chose (ou quelqu’un) de mineur, d’insignifiant qui voudrait grandir rapidement), ne réalisera certainement pas la teneur de son propos. Cette sortie, pour le moins inattendue, de la part du Premier ministre, semble ainsi galvaniser davantage les chômeurs et même des citoyens d’un autre acabit des régions du Sud. De l’avis des représentants de la Cnddc, le propos de Abdelmalek Sellal sonne comme pure invective à l’encontre de tous les citoyens du Sud. “Son propos est tellement blessant que nous n’avons d’autre choix que d’investir la rue pour lui répondre et répondre à tous les gens du système, et d’une manière pacifique, que nous sommes des Algériens qui portons la carte verte comme tout le reste des citoyens aux quatre coins du pays. Et que nous devons donc disposer des mêmes droits”, répètent en chœur, les chômeurs rassemblés hier au marché El-Hadjar du centre-ville de Ouargla.

Cette rencontre a été improvisée pour peaufiner les derniers préparatifs du grand rassemblement prévu dans la matinée d’aujourd’hui. Conscients des réactions que va certainement susciter cette action très appréhendée par les autorités, les “activistes” de la Cnddc ne voulaient rien laisser au hasard pour réussir leur “action pacifique”. C’est ainsi qu’ils ont pensé utile de faire une quête pour la confection de badges aux chômeurs qui auront pour mission d’organiser la manifestation. “Nous allons démontrer sur le terrain que nous sommes aussi des citoyens organisés et civilisés, et que nous ne réclamons pas plus que nos droits les plus légitimes”, a souligné un chômeur, père de famille venu d’une commune limitrophe. Cette rencontre, qui se veut comme la dernière ligne droite avant de passer à l’action, est l’aboutissement d’une série de conclaves clandestinement tenus auparavant dans différents quartiers de la ville. Le dernier en date auquel des journalistes étaient conviés, a été tenu dans la soirée de mardi au quartier populaire dit Gharbouz.

“Nous ne sommes pas des séparatistes…”

“Cette fois-ci nous n’abdiquerons ni devant la manipulation ni devant les intimidations. Nous sommes plus que jamais déterminés à faire entendre notre voix. Seules des mesures concrètes visant à améliorer la situation précaire des jeunes des régions du Sud, longtemps marginalisés, pourront nous convaincre. Contrairement à ce qui se dit ici et là, nous n’avons pas de revendications politiques, notre revendication est purement d’ordre social : nous ne demandons pas plus que l’emploi, le logement et bien sûr le développement de notre région”, avaient souligné à l’occasion des dizaines de chômeurs issus des quatre coins de Ouargla et d’autres wilayas du Sud.

“L’action d’aujourd’hui se veut comme un cri de détresse pacifique, mais jamais un appel au désordre, encore moins au séparatisme, comme on nous accuse à tort”, ont ajouté les “activistes” de la Cnddc, présidée par le chômeur populaire Tahar Belabès… Et ce dernier de mettre en garde contre toute tentative d’infiltration du mouvement des jeunes chômeurs. “Gare aux infiltrations ! Faites très attention aux intrus qui vont, il faut s’attendre, tout tenter pour perturber notre mouvement, pour nous discréditer…”, a averti Tahar Belabès  à la veille de la manifestation, non sans appeler les jeunes à ne surtout pas mettre en danger l’unité nationale.

“Ils nous accusent de soutenir le terrorisme, ils nous qualifient de séparatistes, ces gens-là, ces appendices du système, sont prêts à tout pour casser notre mouvement. Car, ils savent bien la situation que nous vivons aujourd’hui, est le résultat de la politique du système”, a enchaîné le meneur du “combat pacifique” des chômeurs du Sud. Pour Tahar Belabès et ses camarades, les manipulateurs sont identifiés.

“Les notables et les élus ne nous  représentent pas”

“Nous connaissons bien ces gens-là qui parlent en notre nom et qui se manifestent quotidiennement sur les écrans des chaînes acquises au pouvoir. Ils sont tous des proches d’élus locaux et des députés qui soutiennent le système avec qui ils trouvent bien leur compte. Ce sont aussi ces notables créés par le pouvoir. Tous ces gens ne nous représentent pas. Nous sommes les seuls représentants de notre mouvement, c’est nous qui endurons cette situation, c’est nous qui souffrons du chômage, de la marginalisation (…)”, explique Brahim Benmir, agriculteur de la région venu apporter son soutien aux chômeurs… “Aux marginalisés de la nation”, pour reprendre ses propres propos.

“On cherche à sentir l’odeur des richesses de notre région”, reprend avec amertume, un certain Abdelkader Rouabah Ben Belkacem Ben Messaoud, soit le petit-fils du légendaire pasteur, Rouabah Belkacem qui a eu le mérite de découvrir le premier puits de pétrole de Hassi-Messaoud ! Aujourd’hui, les descendants de ce dernier se compteraient par dizaines à faire face au chômage. Au Premier ministre et autres membres du gouvernement qui brandissent souvent le prétexte du manque de qualification des jeunes du Sud qui rend difficile leur recrutement par des entreprises pétrolières, des dizaines de jeunes n’ont pas manqué de brandir hier, leurs diplômes universitaires, une manière de  signifier que le prétexte est complètement fallacieux ! Le Conseil interministériel exclusivement dédié aux préoccupations des chômeurs du Sud, “hâté” par le chef de l’Exécutif dans l’espoir de contenir la colère des citoyens de cette région, ne semble à présent guère provoquer l’effet escompté. Lassés des précédentes promesses “non tenues”, les protestataires revendiquent désormais des mesures concrètes et leur application immédiate.

À défaut, ils comptent durcir leur mouvement… À la veille de la première “démonstration de force” des chômeurs, les services de sécurité de Ouargla rompus à ce genre de manifestations récurrentes depuis septembre 2011 auraient, semble-t-il, reçu des instructions pour éviter d’attiser la colère des citoyens. Du moins, jusqu’à la journée d’hier où aucun dispositif particulier n’a été constaté dans le centre-ville.

Leur presse (Farid Abdeladim, Liberte-Algerie.com, 14 mars 2013)

 

Marche des chômeurs à Ouargla (Algérie)

Grande inquiétude. La colère du Sud angoisse le Nord. La marche prévue aujourd’hui à Ouargla suscite de vives craintes.

Tous les regards sont braqués sur cette région, poumon de l’économie algérienne. Cette fois-ci, les chômeurs de la région créent l’événement. Rongés par la misère et l’exclusion, les jeunes du Sud ont décidé de monter au créneau.

Ils marchent aujourd’hui pour dire « basta » à la hogra et interpeller le gouvernement sur cette situation. Près d’un million de participants sont attendus aujourd’hui à cette manifestation. Décidée par le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc), cette marche se veut pacifique pour revendiquer leurs droits sociaux.

L’emploi figure en tête de liste de la plate-forme des revendications. Certaines parties veulent politiser cette action en évoquant le départ du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et la sécession entre le Nord et le Sud. Face à ces rumeurs, il risque d’y avoir des infiltrations.

Ce qui inquiète sérieusement l’Exécutif. Afin d’éviter un dérapage, un dispositif sécuritaire impressionnant a été dépêché dans le Sud. En plus des mesures sécuritaires, le gouvernement a dégagé tout un plan « Marshall » pour apaiser la tension au niveau du Sud. Crédits bancaires, salaires, le gouvernement a multiplié les recettes. Pour parer à la colère de la population du Sud, le Premier ministre a convoqué en urgence, dimanche dernier, un conseil interministériel auquel ont participé les ministres de la Formation et de l’Enseignement professionnels, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, de l’Énergie et des Mines, du Commerce, de l’Agriculture et du Développement rural, ainsi que le P-DG de Sonatrach et le directeur de l’Agence nationale de l’emploi (Anem).

Parmi ces mesures figure notamment, la lutte contre les disparités salariales relevées chez les sociétés de sous-traitance. « À l’effet de prévenir toute forme de disparité salariale, les entreprises faisant appel à des prestataires de services pour la réalisation de travaux de toute nature sont tenues d’inclure dans les contrats une clause portant sur l’application d’une grille de rémunérations qui ne saurait être inférieure à 80% de leur grille en vigueur pour des postes similaires », indique une instruction dévoilée par l’APS. Mardi soir, le comité intersectoriel de l’emploi a été mis en place à Ghardaïa. Présidé par le wali, le comité regroupe les directeurs des secteurs de l’emploi, l’énergie et les mines, la formation et l’enseignement professionnels, l’industrie, la PME et la promotion de l’investissement, l’agriculture et le développement rural, le tourisme et l’artisanat, le commerce ainsi que l’inspecteur général de la wilaya, l’inspecteur de wilaya du travail, le chef de l’agence de l’emploi et le chef de l’antenne locale du registre du commerce. S’adressant aux membres du comité, le wali a préconisé une autopsie exhaustive du secteur de l’emploi, « sans complaisance », pour trouver des solutions adéquates répondant aux attentes et aspirations de la population. Le comité, qui doit se réunir chaque dimanche, est appelé à identifier après une minutieuse étude de la situation du développement socio-économique et de l’emploi dans la wilaya, « les points faibles » afin d’apporter des solutions innovantes pour réduire le chômage, a expliqué le wali, M. Ahmed Adli.

Par ailleurs, le directeur général de l’emploi et de l’insertion au ministère du Travail, Fodil Zaïdi, a avancé que plus de 4000 recrutements illégaux (qui n’ont pas transité par l’Anem) ont été enregistrés en 2012 dans les wilayas de Laghouat, Illizi et Ouargla. « Sur ces 4000 recrutements illégaux, 97% proviennent d’autres wilayas », a-t-il déclaré hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Une réalité qui dérange sérieusement les jeunes du Sud qui sont livrés à eux-mêmes. Ce responsable de l’Anem accuse les sociétés pétrolières exerçant dans cette région d’être derrière ces recrutements. Pour sa part, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta), M. Abdelmadjid Sidi Saïd, a appelé, hier à Hassi Messaoud, à une plus grande implication des acteurs de la Centrale syndicale à la recherche de solutions efficientes à la question du chômage dans le sud du pays.

Leur presse (L’Expression, 14 mars 2013) via Solidarité ouvrière

 

Reportage
À Ouargla, avec Tahar Belabès, la veille de la manifestation des chômeurs

Stressé, un peu inquiet mais toujours aussi déterminé. Ce mercredi à Ouargla, Tahar Belabès, coordinateur du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), court dans tous les sens. Il suit l’avancement des préparatifs de la manifestation prévue demain jeudi à Ouargla. Son téléphone sonne sans arrêt. À l’autre bout du fil, souvent ses camarades du CNDDC ou des journalistes qui veulent l’interroger.

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Le temps passe et beaucoup de choses restent à faire. À moins de 24 heures de la marche, il sillonne les quartiers de la ville pour sensibiliser les membres de l’organisation et convaincre les récalcitrants. « Je sais que certains essaient de salir mon image mais personne ne les écoutent ici », lâche-t-il, en allusion aux articles et commentaires sur les réseaux sociaux. Au quartier Guerbouz, Slimane l’attend pour lui annoncer une bonne nouvelle. « On a pu avoir 20’000 DA grâce aux cotisations des chômeurs rassemblés dans la matinée à Souk El Hdjer et des habitants », dit-il. Cette somme sera utilisée pour la confection des badges des organisateurs, des banderoles et des affiches. « Des travailleurs issus de notre région nous aident financièrement », explique Tahar Belabès. « C’est comme ça qu’on arrive à organiser nos manifestations et nous déplacer pour participer à d’autres manifestations ailleurs. »

Altercation avec un chômeur « dialoguiste »

Direction Place de la mairie où doit se tenir dans la matinée de demain la manifestation des chômeurs. Sur les lieux, pas de déploiement des forces de sécurité. En fait, « el massira el meliounia » (la marche du million de personnes) promise par les organisateurs ne semble pas perturber la tranquillité de cette ville où tout le monde semble vaquer à ses occupations quotidiennes. Les chômeurs organisent donc tranquillement leur action qu’ils veulent grandiose avec des prises de parole.

Seul moment de tension au sein du groupe de chômeurs : une altercation entre Tahar et un jeune qui a accepté la veille de s’entretenir avec des responsables locaux à la wilaya. « Il vient ici pour nous convaincre d’aller voir la police pour lui donner des garanties. Il est là pour casser le mouvement », accuse un membre du CNDDC. « On va imprimer sa photo et en écrira en dessous : traître », menace Tahar. Les esprits s’apaisent rapidement après le départ du jeune « dialoguiste ».

Aïda Hamel, employée de la mairie, vient saluer les militants avant de rejoindre son poste de travail. À Ouargla, le CNDDC, qui défend les chômeurs, trouve des soutiens parmi les travailleurs. « Je veux que les choses changent à Ouargla et au Sud. On en a marre de la Hogra », explique Aïda. Divorcée et mère de trois enfants, Aïda vit avec un salaire de 6000 DA. « Cela fait seulement deux mois que j’ai été embauchée. Moi aussi j’étais chômeuse », dit-elle. Elle raconte toujours avec rage les méthodes de recrutements au sein des entreprises privées dont elle a été victime. Après l’avoir saluée, Tahar se dirige vers un autre quartier pour organiser l’atelier de travail sur la manifestation prévue dans la soirée.

Les chômeurs veulent dialoguer avec les représentants du pouvoir réel

Depuis l’annonce de l’action du 14 mars, les autorités ont multiplié les initiatives pour les faire revenir sur leur décision. « Hier, Abdelmalek Sellal nous a envoyé des notables de Adrar », explique Tahar Belabès. Mais les chômeurs ont décliné cette nouvelle invitation au dialogue. Tout comme ils refusent d’entrer en contact avec certaines personnalités réputées pour leur proximité avec les autorités et qui se sont succédé ces derniers temps à Ouargla. « Mme Benhabyles a également demandé à me voir pour nous convaincre de reporter la manifestation », dit-il.

Tahar Belabès dit accorder de l’importance au dialogue. Mais il veut discuter avec les représentants du « pouvoir réel » dans le pays : Bouteflika ou la sécurité militaire. Le Premier ministre ? Les ministres ? « Ils peuvent prendre des décisions mais ne peuvent pas garantir leur application », répond-il. « Les dernières mesures prises par le gouvernement en faveur des enfants de la région n’inquiètent, d’ailleurs, aucunement les multinationales dans la région », poursuit Tahar sur un ton ironique. En début de soirée, les membres du CNDDC affirmaient qu’un envoyé du président de la République était arrivé à Ouargla pour parler avec les chômeurs…

Leur presse (envoyée spéciale : Hadjer Guenanfa, TSA-Algerie.com, 13 mars 2013)

 

Marche des chômeurs à Ouargla
El Milioniya, entre appréhension et espoir

À la veille du jour J, un climat chaud et oppressant s’est abattu sur Ouargla où la marche « El Milioniya » de ce 14 mars suscite autant d’espoir que d’inquiétude.

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Un mouvement incessant est remarqué au niveau des artères principales de la ville, où l’effervescence du moment est captée par la population qui appréhende d’une part un éventuel dérapage de la marche et, d’autre part, un tournant historique dans le combat des jeunes chômeurs confrontés aujourd’hui à une grave décision : marcher ou ne pas marcher.

Tahrir ou pas, la fameuse place de l’ALN qui borde l’hôtel de ville de Ouargla sort de l’anonymat et prend une symbolique nouvelle pour les Ouarglis, le Sud et l’Algérie entière qui n’ont d’yeux que pour Ouargla ces derniers jours. Les tractations vont bon train entre les deux camps qui se livrent à un combat déchirant opposant ceux qui veulent donner une dernière chance au gouvernement Sellal pour mettre à exécution la fameuse directive n°1 du 11 mars 2013, concernant la gestion de l’emploi et qui a été solennellement lue mardi soir par Ali Bouguerra, le nouveau wali de Ouargla, devant un parterre de représentants de la société civile, d’élus et de représentants des chômeurs anti-marche ainsi que Abdelmadjid Sidi-Saïd, de passage à Ouargla, « pour écouter les revendications syndicales des travailleurs victimes de la sous-traitance ».

L’autre camp, celui des pro-marche, a évidemment boudé la rencontre et s’obstine à marcher aujourd’hui et veut à tout prix la tête de Sellal, qu’il estime désobligeant vis-à-vis du combat légitime des chômeurs et incapable de mener à bien ses propres décisions concernant l’emploi au Sud.

Marcher ou ne pas marcher

Jusqu’à une heure tardive, hier, les supporters de l’annulation de la marche ont sillonné les quartiers de Ouargla, allant à la rencontre des jeunes pour les dissuader de marcher. Sokra, un quartier populaire de 50’000 habitants, a été le théâtre des plus âpres négociations de l’anti-marche du virulent Dechache Abdelkader, qui a tenu à démontrer les enjeux dangereux d’un rassemblement populaire contre le gouvernement dans le contexte géopolitique actuel. Pour ce dernier, « il est impératif pour les jeunes de savoir que l’unité nationale est une ligne rouge à ne pas dépasser, or la marche est déjà tombée entre les mains de ceux qui veulent orchestrer les chômeurs au service d’agendas étrangers ». L’argument est fallacieux, selon les organisateurs de la marche, qui soulignent la duplicité de l’autre camp qui, selon Tahar Belabbès, « a fait allégeance totale au gouvernement, allant jusqu’à vendre ses propres convictions et un combat prémuni jusque-là de l’ingérence du pouvoir ».

Des marches et des sit-in, les chômeurs en ont fait des milliers depuis huit ans. Pourquoi la « Milionya » suscite-t-elle donc autant de passion et d’inquiétude ? Un Printemps arabe dont l’étincelle se déclencherait à Ouargla, selon un député ? Un seuil de revendications que le pouvoir ne peut satisfaire, selon un militant des droits de l’homme ? Une réelle peur de porter atteinte à l’intégrité du territoire national, selon une universitaire ? Jamais une marche pacifique de chômeurs n’a porté en elle autant d’interrogations et, malgré toutes les inquiétudes, les gens prient pour qu’elle le soit vraiment et évite tout dérapage inconsidéré.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 14 mars 2013)

 

Ouargla : Divergences autour de la marche des chômeurs

Ouargla est en ébullition à la veille de la marche de ce 14 mars. Deux camps se distinguent : celui qui prône l’annulation et celui qui termine les préparatifs de dernière minute.

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Au moment où le noyau dur de Tahar Belabbès organise un regroupement populaire au quartier Gherbouz pour mobiliser les troupes, celui de l’aile Dechache Abdelkader, en compagnie des députés et sénateurs de la wilaya de Ouargla, organise une rencontre avec le nouveau wali pour appeler la rue au calme et reporter la marche d’un mois afin d’attendre la mise en place des mesures édictées par le Premier ministre.

À Ouargla, des gens arrivent de partout, par bus ou par avion, pour vivre cet événement unique en son genre où un groupe de chômeurs veut la tête du gouvernement et refuse de céder à une nouvelle tentative de torpiller leur mouvement. Des journalistes qui découvrent Ouargla pour la première fois, des parlementaires et militants des droits de l’homme venus des quatre coins du pays et même Mme Benhabyles dépêchée en pompier.

La dissidence au sein du mouvement des chômeurs a-t-elle porté un coup fatal à  l’organisation de la marche ? Pour Tahar Belabbès, « les porte-parole accrédités par l’administration ont rejoint le comité de défense des chômeurs depuis peu et ont créé ce mouvement de dissidence sous prétexte qu’ils sont universitaires, donc plus aptes à porter la voix des chômeurs et prendre de bonnes décisions vis-à-vis des pouvoirs publics ». Dechache Abdelkader affirme en revanche que « la hantise d’une manipulation politique ou un détournement d’un combat si précieux pour la dignité des chômeurs a poussé une large frange des chômeurs à se démarquer et reporter la marche à une date ultérieure tout en exigeant des décisions urgentes à Sellal ».

Les décisions de l’avant-veille ne sont donc pas suffisantes pour les deux camps qui mettent un bémol : les dissidents exigent le limogeage immédiat de M. Berrihane (directeur régional de l’ANEM) et le recrutement des 4000 chômeurs recensés à Ouargla dans un délai d’un mois afin d’amorcer un dialogue et concrétiser la satisfaction  du reste des revendications concernant l’organisation du marché de l’emploi ; le groupe de Belabbès, quant à lui, ne fait pas confiance aux mesures annoncées par le gouvernement, déjà faites en 2004 et en 2007, selon eux. Pour le reste, le CNDDC estime que « les appels à la dissidence et cette soudaine oreille tendue des autorités tant locales que centrales ne répond en aucun cas à la revendication de l’emploi qui, elle, date de 2004 ; la main tendue des pouvoirs publics est en effet une réponse à notre appel au départ du gouvernement ».

Ainsi, explique Belabbès, « l’historique du mouvement des chômeurs démontre que de tout temps, le mépris des doléances des chômeurs a prévalu sur leur détresse ». Le dialogue de sourds instauré par toutes les instances de l’emploi, poussant parfois les jeunes à tenter le suicide collectif et individuel, multipliant les procès en justice, n’a pas entamé la volonté du mouvement. Et même quand les autorités locales favorisaient le tout-sécuritaire en renforçant la présence des forces de l’ordre avec pour directive de casser les marches et meetings organisés ces derniers mois pour dénoncer la multiplication des arrestations et procès, la présence des chômeurs dans la rue n’a jamais été aussi forte. Et c’est cette détermination qui semble désarçonner le gouvernement aujourd’hui.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 13 mars 2013)

 

Sidi Said appelle à une grande implication des acteurs syndicaux dans le règlement du chômage au Sud

Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Abdelmadjid Sidi Said, a appelé, mercredi à Hassi-Messaoud, à une plus grande implication des acteurs de la centrale syndicale à la recherche de solutions efficientes à la question du chômage dans le sud du pays.    

S’exprimant devant les représentants syndicaux UGTA de 13 wilayas du Sud algérien, les membres des bureaux des fédérations relevant de l’UGTA, ainsi que de travailleurs affiliés, M. Sidi Said a insisté sur la coordination entre les différents acteurs, syndicaux et gestionnaires, pour une prise en charge des jeunes et la création d’emploi leur garantissant une vie décente.

Le responsable de la centrale syndicale a considéré la question du chômage de « préoccupation syndicale » nécessitant des « actions urgentes pour dégager des solutions concrètes » garantissant aux jeunes, notamment dans le sud au pays, le droit au travail et à l’égalité des chances.

Il a, dans ce contexte, appelé les citoyens du Sud, de différentes catégories sociales, à « se démarquer de tout comportement pouvant affecter la stabilité du pays, à adopter la voie du dialogue et à adhérer aux mesures et programmes arrêtés et susceptibles de répondre à l’attente des jeunes du Sud, notamment les sans emplois. »

Dans ce cadre, M. Sidi Said a recommandé la mise en place d’une commission permanente regroupant les membres de l’UGTA, les autorités locales et les représentants de la société civile, qui s’intéressera aux questions de l’emploi et aux préoccupations des jeunes de la wilaya d’Ouargla, avant d’élargir l’opération aux autres wilayas dans le Sud du pays.

La rencontre a été saisie par les représentants des jeunes, du mouvement associatif et de la société civile locale, pour soulever une série de préoccupations en rapport principalement avec les questions de l’emploi, du développement  local et de l’égalité des chances.

Le secrétaire général de la centrale syndicale a tenu, mardi soir, une rencontre avec des représentants de jeunes, du mouvement associatif et de la société civile à Ouargla, qui lui ont soulevé une série de préoccupations allant dans le même sillage, rappelle-t-on.

Leur presse (El Watan avec APS, 13 mars 2013)

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[Lyon, samedi 23 mars] Rassemblement, bouffe populaire contre les expulsions

Dans le cadre de la semaine contre les violences policières… Nous appelons à un rassemblement contre toutes les expulsions, place de Valmy, à Vaise, à 14h. Une bouffe sera proposée, avant d’être rejoint-e-s par la Vélorution mensuelle. Un peu de festivité, chorale, batoukada, strass et paillettes seront les bienvenues.

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Il devient de plus en plus dur de se balader dans certains quartiers lyonnais sans croiser un ancien squat, parfois vieux de plusieurs années, encore muré et désespérément vide.

Aussi, l’étau se resserre autour des dernières ouvertures : expulsions immédiates et illégales, garde-à-vues, procédures pénales avec sursis à la clé pour une violation de domicile.

Bref, la préfecture a décidé d’en faire baver les pauvres, et les flics peuvent donc s’en donner à cœur joie. Pendant ce temps-là, une carriériste des Verts devenue ministre du Logement appelle à la réquisition.

Ici comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes où des milliers de personnes luttent contre un projet d’aéroport, les expulsions et les violences policières sont devenues une commune banalité. Difficile de lutter dans ces conditions où la politique lyonnaise est à la garde-à-vue à ciel ouvert, comme on a pu le voir le 3 décembre lors de la manifestation contre le TGV Lyon-Turin.

D’ailleurs, ce même 23 mars, une grosse manifestation est appelée par les différents collectifs en lutte là-bas, dans le Val di Suza.

À cette occasion, nous appelons à un rassemblement contre toutes les expulsions, place de Valmy, à Vaise, à 14h. Une bouffe sera proposée, avant d’être rejoint-e-s par la Vélorution mensuelle. Un peu de festivité, chorale, batoukada, strass et paillettes seront les bienvenues.

Mailing, 14 mars 2013

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[Comminges] Vive l’anarchie et la fermeture des commissariats !

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgCommuniqué du groupe Nosotros suite à la manif’ du 5 Mars

Le mot d’ordre de la journée du 5 mars était de marquer son opposition à l’accord social traître (ANI, Accord National Interprofessionnel) conclu entre le patronat, la CFDT, la CFE-CGC, et la CFTC avec la bénédiction du gouvernement « socialiste ».

Mais l’intersyndicale (et/ou la CGT Comminges, on ne sait plus qui fait quoi là dedans) a décidé de placer en tête de la manifestation une prétendue délégation citoyenne qui s’oppose à la fermeture du commissariat de Saint-Gaudens.

Ne voulant pas être associés à la défense d’un commissariat, nous avons refusé de figurer dans un cortège mené par des flics en civil venus faire du corporatisme et des flics en uniforme en queue de manif. Nous avons donc décidé, collectivement, de prendre une rue perpendiculaire au parcours de cette manif pour diffuser nos tracts au reste du cortège et dans la ville hors manif et d’agrémenter cela en accompagnant de la voix nos amis-es de la chorale Rojinegra.

Apparemment, la fermeture d’un commissariat semble assimilée, dans l’esprit de certains bien pensants, à la fermeture d’une entreprise qui délocalise pour augmenter ses bénéfices et engraisser toujours plus actionnaires et spéculateurs. Mis à part quelques individu-es, l’ensemble des représentations ont défilé dans ce cortège (la CGT bien sûr, mais aussi FO, PC, Front de Gauche, SUD, ATTAC…, pardon à celles qu’on oublie).

Pour nous anarchistes, les flics ne sont pas des salariés comme les autres. Face aux mécontentements et aux révoltes qui s’expriment dans la rue, dans les occupations d’usines ou de squats, ils sont le bras armé de la clique politicienne (toutes tendances confondues) chargée de défendre les intérêts de la finance, de l’État libéral et d’assurer la pérennité d’une société profondément injuste et inégalitaire.

Notre solidarité ne s’exprime jamais au service d’un corporatisme, à plus forte raison s’il s’agit d’un corporatisme policier.

Nous sommes solidaires des militants ouvriers ayant perdu un œil (gréviste d’Arcelor récemment, étudiant-es de Toulouse et Nantes en 2008…) ou gardant de graves séquelles physiques provoquées par les violences policières, solidaires aussi des familles et de tous ceux qui ont perdu un proche, mort étouffé lors d’une interpellation policière musclée (Abou Bakari Tandia, Ali Ziri, Amine Bentounsi, entre autres), solidaires encore et toujours avec ceux qui subissent des contrôles au faciès, solidaires en un mot des victimes de toute répression décidée par l’État et orchestrée par ses zélés salariés.

VIVE L’ANARCHIE ET LA FERMETURE DES COMMISSARIATS !

Groupe anarchiste Nosotros (CGA), 11 mars 2013

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[« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »] Les jaunes la ramènent

Accord sur l’emploi : Les syndicats signataires sonnent la riposte

REPORTAGE – Une semaine après la manifestation organisée par la CGT et par FO pour protester contre l’accord sur l’emploi, les syndicats signataires ont distribué des tracts pour le défendre…

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L’intersyndicale CGT [sic – NdJL], UNSA, CFDT distribue des tracts sur le parvis de la Défense en vue du conseil europeen qui se tiendra le 14 mars à Bruxelles, le 13 mars 2013, à Paris.

Mercredi 13 mars, 11h30. Quartier d’affaires de la Défense, à deux pas de Paris. Une cinquantaine de syndicalistes se rassemblent à la sortie du métro, tout près des marches de la Grande Arche. Les pieds dans la neige, ils revêtent les vestes et les casquettes floquées aux couleurs de leurs organisations. Les drapeaux sont aussi de la partie. Et pour réchauffer l’ambiance engourdie par la température glaciale, les plaisanteries vont bon train.

« Nous sommes aussi nombreux qu’ils l’étaient le 5 mars dernier ! » lance un militant CFTC, suscitant les sourires narquois de ses camarades. Il fait référence à la manifestation organisée par la CGT et par FO pour lutter contre l’accord sur l’emploi, signé par certains partenaires sociaux en janvier. La « grande mobilisation » promise par les deux organisations a fait un flop. Et aujourd’hui, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa sonnent la riposte : ils ont décidé de distribuer des tracts pour défendre cet accord.

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France »

Sur l’esplanade enneigée de la Défense se croisent des hommes d’affaires les mains vissées sur leurs attachés-cases et des badauds quittant le centre commercial les bras chargés de paquets. Les réserves de la CGT et de FO sont-elles compréhensibles ? Cet accord n’est-il pas trop flexible ? Alain, 48 ans, militant CFDT, souffle : « C’est la crise, il y a des boîtes qui ferment, le chômage qui explose, il faut sortir de l’impasse et proposer des choses pour maintenir l’emploi. Nous avons signé un accord, et un accord, c’est forcément un compromis. »

« Madame, un petit tract pour découvrir vos nouveaux droits ? » lance une militante de l’Unsa à l’attention d’une belle quadra [sic – NdJL]. Celle-ci décline l’offre. Un peu plus loin, Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, a plus de chance. Il parvient à nouer le dialogue avec Vincent, salarié de la Société générale. Qui l’écoute l’air satisfait : « Moi, je suis pour que nous brisions le tabou en matière de flexibilité. Je veux que l’on se rapproche du modèle allemand, parce que l’entreprise, ce n’est pas notre ennemie. »

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France, avec l’intérim, la sous-traitance, l’externalisation, l’annualisation du temps de travail, le temps partiel, etc. Et justement, vu la précarisation croissante d’un certain nombre de salariés, nous avons voulu recréer, avec cet accord, les conditions d’une meilleure sécurité pour l’ensemble des salariés », défend auprès de 20 Minutes Bernard Van Craeynest.

« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »

« Alors, c’est la guerre avec la CGT et FO ? » demande un journaliste à Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa. « Est-ce que l’on considère que les relations sociales doivent être régies par l’affrontement ou par la négociation ? C’est la question ! Je pense qu’aujourd’hui, les salariés recherchent des syndicats qui soient capables de les aider à atteindre des résultats concrets. »

Pas de guerre non plus d’après Laurent Berger, le nouveau patron de la CFDT, qui estime cependant « qu’il faut que l’on entende dans ce pays les organisations syndicales quand elles font des propositions, et pas seulement quand elles contestent. Aujourd’hui, nous voulons montrer aux salariés que cet accord que nous avons négocié, il est positif pour eux. »

Le nouveau droit dont il est le plus satisfait ? « La complémentaire santé payée par l’employeur à 50%. Quatre millions de salariés n’ont pas cette participation de leur entreprise et 400.000 n’ont tout simplement pas de complémentaire santé. Ce que nous avons obtenu est un vrai gain de pouvoir d’achat et de sécurisation. »

Cette journée de distribution de tracts est-elle un succès ? Peu importe. Car bien plus que le grand public, ce sont les parlementaires que les différents syndicats cherchent à convaincre. C’est là que se joue en ce moment la vraie bataille. Les députés commenceront à discuter du projet de loi issu de l’accord syndical en avril.

Presse esclavagiste (Céline Boff, 20minutes.fr, 13 mars 2013)

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[Birmanie] Aung San Suu Kyi travaille

Birmanie : Aung San Suu Kyi chahutée par des manifestants

La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a été quelque peu chahutée jeudi par des villageois qui lui reprochaient de ne pas les soutenir dans leur combat contre une mine de cuivre, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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La députée s’est rendue pendant deux jours dans des villages situés autour de la mine de Leptadaung, à Monywa (nord), où une centaine de personnes avaient été blessées par les forces de l’ordre en novembre.

Elle souhaitait les convaincre d’accepter la reprise de la mine sous certaines conditions. Mais celle qui était jusqu’à présent leur idole a été plutôt mal reçue, selon des journalistes de l’AFP, qui ont vu des villageois crier et des femmes pleurer sur son passage.

« Nous avons cru en elle. Elle est venue (…) et a regardé les manifestants depuis sa voiture », a expliqué à l’AFP Nandasarya, un moine bouddhiste.

« La relation entre les villageois et Aung San Suu Kyi est très tendue actuellement », a-t-il ajouté. « Elle est venue ici comme une vraie responsable avec son service de sécurité. Ça nous rend mal à l’aise ».

Suu Kyi, réélue sans opposition le week-end dernier à la tête de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), représente pour beaucoup de Birmans la lutte contre l’oppression de la junte militaire, qui a cédé le pouvoir à un régime réformateur il y a deux ans.

Devenue députée, elle est de plus en plus poussée à faire des choix politiques qui ne font pas l’unanimité.

Elle a ainsi présidé une commission d’enquête parlementaire sur les violences de Monywa, dont les conclusions accablent les forces de sécurité, notamment pour l’usage de phosphore contre les manifestants. Mais sa volonté de voir la mine reprendre ne passe pas. « Nous nous attendions à une meilleure réponse que votre rapport », l’a ainsi interpellée une femme.

« Je ne travaille pas pour protéger la montagne de Leptadaung mais pour protéger le pays », a-t-elle de son côté relevé admettant qu’elle ne pouvait « apaiser tout le monde ».

La répression de novembre avait connu un retentissement exceptionnel au sein de l’opinion. La mine symbolise aussi la colère des Birmans face à une multitude de projets chinois accusés de ne pas profiter aux populations locales.

Elle est gérée par une société mixte formée par le groupe chinois Wanbao et une société appartenant à l’armée birmane. Les villageois dénoncent l’insuffisance des indemnisations des terres et les risques environnementaux du projet.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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[Révolution tunisienne] « Avec notre âme et notre sang nous nous sacrifions pour toi, Adel Khazri »

Tunisie : les obsèques du vendeur ambulant tournent à la manifestation

Plusieurs centaines de personnes ont participé aux funérailles jeudi du vendeur à la sauvette qui s’est immolé cette semaine à Tunis, une procession qui s’est transformée en manifestation contre le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, selon une journaliste de l’AFP.

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Les obsèques d’Adel Khazri, 27 ans, ont eu lieu dans la petite localité déshéritée de Souk Jemaa, dans le nord-ouest de la Tunisie, le jour où le nouveau gouvernement de l’islamiste Ali Larayedh doit prendre ses fonctions et s’atteler à résoudre une crise politique, sociale et institutionnelle.

Le corps a été mis en terre à la mi-journée.

Les proches et voisins de la famille du défunt hurlaient leur colère d’abord devant la petite maison de la mère d’Adel Khazri puis lors de la procession.

« Avec notre âme et notre sang nous nous sacrifions pour notre martyr », « Ennahda dégage » ont notamment scandé les habitants de ce village difficilement accessible et situé sur une colline au bout d’une piste boueuse.

Plusieurs dizaines de jeunes sont ensuite montés à bord de voitures dans le but d’aller manifester dans la capitale régionale, Jendouba, contre la misère et le chômage dans cette région très pauvre.

Adel Khazri, qui subvenait aux besoins de sa famille en vendant des cigarettes à la sauvette, s’est immolé par le feu mardi sur l’avenue Habib Bourguiba de Tunis, haut lieu de la révolution de janvier 2011, une révolte qui avait été déclenchée par l’immolation d’un autre marchand ambulant excédé par la misère.

Deux ans plus tard la pauvreté et le chômage continuent de faire des ravages en Tunisie. Dans ce contexte, les grèves, les manifestations et les conflits sociaux se sont multipliés ces derniers mois.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] « Avec notre âme et notre sang nous nous sacrifions pour toi, Adel Khazri »

« Assurément, me dit le Saint-Père, il faut que le sang coule pour que les orgies soient bonnes. » (Sade)

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Jorge Bergoglio et Rafaele Videla

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Rafaele Videla, assassin, voleur d’enfants

Publié dans Archives de l'athéisme | Marqué avec , , | Un commentaire

Appel des familles victimes de crimes policiers

15-23 mars 2013 : Semaine internationale dédiée aux victimes de crimes policiers

Samedi 23 mars 2013 : Journée de manifestation nationale

FACE AUX CRIMES POLICIERS : TOUS UNIS POUR QUE JUSTICE SOIT RENDUE AUX VICTIMES

Nous, familles victimes de crimes commis par des policiers, avons le devoir de dénoncer la tragédie d’avoir perdu un fils, un père, un frère, un mari, une mère, une épouse, une sœur, un grand-père, une grand-mère, une cousine ou un cousin.

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Des victimes qui viennent s’ajouter tristement à la longue liste de toutes les personnes grièvement blessées ou mortes lors d’interpellations policières, de course-poursuites ou en détention. Des victimes seules et non armées, qui sont entravées et frappées, « tasées » ou tuées par balle…

L’usage de techniques d’immobilisation (clé d’étranglement, pliage…) ou d’armes dites non létales (taser, flashball…) peut provoquer la mort. Lorsqu’elle fait l’objet d’une enquête judiciaire, les policiers impliqués se cachent derrière les méthodes enseignées dans les écoles de police ou prétendent être en « légitime défense ».

Ces trente dernières années, nous constatons que dès lors que des policiers sont impliqués, la justice se rend complice en accordant l’impunité aux meurtriers, lorsqu’ils agissent au nom de d’État.

Et les familles ne parviennent jamais à obtenir réparation.

Ces meurtriers disposent ainsi d’un droit de vie ou de mort sur l’ensemble de la population.

Une population jamais reconnue comme victime mais présentée par la majorité des journalistes et des responsables politiques comme étant systématiquement coupable, principalement du fait de ses origines ethniques, sa religion ou de son lieu de résidence.

La persistance de ces violences policières nous oblige à prendre position. Nous les familles meurtries dans notre chair, nous vous appelons à vous joindre à nous pour s’organiser et résister à la répression d’État et au déni de justice.

Du 15 au 23 mars 2013, créons partout en France des initiatives dans le cadre de la semaine internationale dédiée aux victimes de crimes policiers

Samedi 23 mars 2013 13h à Paris, unissons-nous dans une marche de la Place de l’Opéra à Stalingrad

TOUS UNIS CONTRE LES CRIMES POLICIERS
STOP À L’IMPUNITÉ !

Nous avons besoin de toute forme de soutien : prêt de matériel, aide logistique, financière, communication, flyers, photocopies, etc. pour mener à bien l’ensemble de ces actions.

Familles de victimes (contact) : Youcef MAHDI, Nabil MABTOUL, Wissam EL YAMNI, Amine BENTOUNSI, Mahamadou MAREGA, Hakim AJIMI, Ali ZIRI, Lakhamy SAMOURA et Moushin SEHHOULI…

État d’exception, 6 mars 2013

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Des nouvelles de « l’affaire de Labège »

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Un an et demi qu’on nous emmerde,
des nouvelles de l’affaire de Labège

Le 14 mars aura lieu le procès pour les refus d’ADN suite aux arrestations du 15 novembre 2011. C’est le moment pour nous de faire un petit point sur plus d’une année sous mains de justice. Plus d’une année d’écoute, de filature, de contrôle judiciaire… bref des mois d’emmerdes. Des emmerdes pour les personnes directement impliquées dans l’affaire mais aussi tou.te.s leurs proches, ami.e.s et connaissances.

Nous prenons la parole, nous qui aimerions nous occuper de bien d’autres choses que d’accusations fumeuses et de leurs conséquences.

Mais pourquoi tout ça au fait ?

Le 5 juillet 2011, en fin de matinée, un groupe d’individu.e.s s’est invité dans les locaux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Labège (31). Iles y sont resté le temps de signifier à cette institution, et à son personnel, le dégoût qu’elle leur inspire. En solidarité avec les jeunes mutin.e.s qui ont osé se révolter en mai de la même année dans l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, co-géré par l’Administration Pénitentiaire (AP) et … la PJJ.

Une enquête est immédiatement ouverte. Dès le 13 juillet, le procureur de la république Valet nomme Didier Suc, juge d’instruction pour cette affaire. Il s’agit d’une information suivie contre X, pour des faits de :

Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens à Labège le 5 juillet 2011 ; Violence commise en réunion sans incapacité à Labège le 5 juillet 2011 ; Dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion à Labège le 5 juillet 2011.

Lisons donc : tags, déversement de lisier et insultes. C’est dans ce jargon, une fois digérés par la justice, que sont retranscrits et donc criminalisables des moyens évidemment légitimes d’affirmer sa solidarité avec celles et ceux qui se révoltent.

Les quatre premiers mois de cette enquête sont soldés par une opération massive de gendarmerie à Toulouse, le 15 novembre 2011. Les flics ont perquisitionné sept lieux de vies, interpellé une quinzaine de personnes et embarqué un paquet d’affaires. Sept personnes sont mises en garde-à-vue, six sont présentées au juge d’instruction. Cinq d’entre elles sont mises en examen, quatre atterrissent directement à la Maison d’Arrêt de Toulouse-Seysses pour 2 à 3 mois de détention provisoire. La cinquième est dehors, sous contrôle judiciaire. La sixième reste « libre », avec un statut de témoin assisté. Et la septième est lavée de tout soupçons grâce à un alibi béton et vérifiable.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune avancée, aucune nouvelle, aucune convocation, rien, juste une menace diffuse pour les présumé.e.s coupables de retourner en prison, pour leurs proches d’être associé.e.s à cette affaire et pour tout le monde de voir les flics débarquer dans nos maisons. On sait aussi que cette instruction sert à venir piocher des infos sur tout un tas de personnes « affiliées » à la mouvance fantoche ultra gauchiste toulousaine, et qu’on a écopé d’une surveillance continue de tous les espaces et acteur/ices de luttes pour une durée indéterminée.

Crachez ici !

Aujourd’hui c’est le procès du refus d’ADN. C’est la punition pour avoir refusé le fichage systématique. Triste ironie quand on sait que ce refus a officiellement justifié les placements en détention provisoire alors que les ADNs ont quand même été pris sur les gobelets, fourchettes et mégots utilisés pendant les GAV. Viendront donc à la barre les cinq mises en examen, le témoin assisté et la personne mise hors de cause. Les raisons de ce refus sont connues mais nous pouvons les répéter encore.

Nous constatons que le prétexte de la preuve ADN sert une volonté de fichage généralisé de la population entière. Cette découverte scientifique qui consiste à attribuer un profil unique à chaque être vivant est tellement complexe qu’elle en est opaque. C’est évidemment plus simple de nous faire accepter des choses quand on y comprend rien. On nous a d’abord dit que c’était pour ficher les « vrai.e.s criminel.le.s », les « dangereux/dangeureuses », or ce sont près de 3 millions de personnes qui sont maintenant inscrites à vie dans le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques. Pas de présomption d’innocence pour ces gens, il y a les parfait.e.s et les autres, celles et ceux qui sont déjà passé.e.s par la case GAV.

Et ça ne s’arrête pas là, ou plutôt ça n’a pas vraiment commencé par là, les animaux non humains sont eux aussi fichés. Chaque être vivant peut donc être identifié, géré dans une base de données, intégré dans un calcul de statisticien, contrôlé et tracé. Un énorme marché presque intarissable car il y aura toujours de nouvelles personnes qui naissent et des nouveaux nés animaux. Concepteurs de logiciels de gestion, fabricants de matériel de prélèvement et matière grise de labo s’en frottent les mains.

Outre l’aspect économique, être fiché individuellement ne concerne pas que nous. Nos parents et enfants sont directement mis dans la case « de la famille d’un.e présumé.e coupable » grâce à certains marqueurs qui constituent notre profil génétique. Se dire qu’on peut passer entre les mailles du filet pour s’en sortir un peu moins pire devient presque impossible. On friserait presque la récidive si nos aïeul.le.s ont commis des broutilles hors du cadre légal. Au final, tout le monde est fiché, pas que les « coupables », pas que les « suspecté.e.s d’un jour », pas que les « témoins » comme la police et la justice tentent de le justifier.

Refuser que des mecs ou des nanas en bleu nous mettent un coton tige dans la bouche est assez facile, en assumer les conséquences fait un peu peur. On s’expose alors à des procédures judiciaires, autre espace opaque et inquiétant de l’arsenal répressif. On nous dit 15’000 euros d’amende et un an d’emprisonnement. En réalité les personnes qui ne sont pas relaxées pour ce délit, car ça arrive plus souvent qu’on ne le croie, écopent souvent d’une amende ou de peine avec sursis. Mais même si on encourt des peines légères, être reconnu.e coupable de ce délit veut dire risquer la récidive à chaque GAV. Quelle que soit la suspicion de délit pour lequel on y est amené. Et plus on sera nombreu.ses.x à refuser, plus ce sera difficile de nous poursuivre…

Parmi les épées de Damoclès qui planent au dessus de nous, il y a donc ce procès pour refus de prélèvement des empreintes génétiques, mais il y a aussi l’instruction et ses mesures coercitives, le contrôle judiciaire en est une.

Du contrôle, judiciaire, mais pas que…

Pendant que le Didier Suc cherche suffisamment d’éléments pour justifier 20 mois d’enquête, les cinq mis.e.s en examen sont sous contrôle judiciaire. Cela va de l’obligation de résider chez les parents, de pointer toutes les semaines au commissariat, à l’interdiction de se voir et de sortir du territoire. Ces mesures restrictives ne sont pas les mêmes pour tout le monde, une incohérence de plus qui prouve le caractère aléatoire et opportuniste  de cette justice. Évidemment, elle tente encore d’isoler, d’atomiser et d’éviter toute réaction collective face à des accusations. S’institue alors la temporalité de l’instruction, faite d’immobilisme et de longue attente où un des moyens pour mettre en place un rapport de force passe par le juridique. Des demandes d’aménagement et de main levée de contrôle judiciaire sont répétées, le juge d’instruction et le parquet maintiennent la pression. Une fois de plus on voit une procédure basée sur des intimes convictions de juges et de procureurs voulant absolument faire peur et faire réfléchir à deux fois avant de lutter. Prouver que des gens sont coupables ou innocents ne les intéresse que très peu. Susciter l’immobilisme et le formalisme, voire la résignation de tou.te.s les pauvres et les agité.e.s, en revanche leur tient à cœur. Rester solidaires et faire bloc ensemble est un autre moyen de lutter face à la machine judiciaire et ne pas trop se laisser écraser.

On vous tiendra au courant quant aux suites de ces démêlées judiciaires même si nous n’en n’attendons rien.

Nous ne sommes pas les seules dans cette situation, nous sommes bien conscien.te.s que nous avons les moyens de nous exprimer, dans certains réseaux et de demander de la solidarité. On aimerait juste que ces histoires judiciaires, concernant un certain milieu, ne nous fassent pas oublier la somme énorme de personnes qui se prennent la massue du code de procédure pénale dans la gueule.

Un gros big up à elles et eux.

« La justice nique sa maire, le dernier juge que j’ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue… » ou, On les emmerde

Des proches des inculpé.e.s de Labège, 14 mars 2013

 

Pour envoyer des sous (hé oui les baveux ça coûte cher, et les amendes risquent de pleuvoir) envoyer vos chèques à l’ordre du CAJ : CAJ c/o Canal Sud – 40 rue Alfred Duméril – 31400 TOULOUSE

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Des nouvelles de « l’affaire de Labège »

[Cambodge] À propos des ouvrières du textile

Cambodge : les salaires désespérément bas des ouvrières du textile

À la tombée de la nuit, les petites mains du textile cambodgien sortent par milliers des usines de la banlieue de Phnom Penh, les traits tirés. Le royaume a attiré les grands marques mondiales, au prix de salaires désespérément bas et de cadences infernales.

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De plus en plus d’entreprises internationales délocalisent leur production de textile à la recherche, encore et toujours, de meilleurs coûts.

Mais des scènes d’évanouissements collectifs ont tiré la sonnette d’alarme. Et la colère monte, tandis que sous-traitants et grandes marques se renvoient la balle sur leurs responsabilités respectives.

Ou Nin, 25 ans, semble épuisée. Elle fabrique des vêtements pour une marque américaine pour à peine 4 euros par jour. « Ils impriment des T-shirts. L’odeur y est très désagréable, c’est insupportable », confie-t-elle à l’AFP en attendant le camion qui la ramène chez elle.

Avec primes et heures supplémentaires, les ouvrières arrivent à gagner en moyenne 60 euros mensuels. Pour survivre, elles dépassent souvent la limite légale des soixante heures hebdomadaires, au risque de se mettre en danger.

« Il fait souvent chaud à l’intérieur de ces usines. Il arrive aussi qu’elles inhalent des substances toxiques », explique Moeun Tola, responsable du programme ouvrier du Community Legal Education Centre, qui leur apporte un soutien légal.

Surmenage, sous-alimentation et mauvaise ventilation expliquent « les évanouissements de masse qui ont eu lieu dans les usines depuis 2010 », estime-t-il.

L’an dernier, elles seraient 1.100 ouvrières à avoir perdu connaissance dans les usines de confection.

Soey Eao, qui travaille depuis 5 ans dans le textile, n’arrive pas à s’en sortir. Elle habite derrière l’usine dans une cité dortoir, où des centaines d’ouvriers cohabitent dans des logements en béton sans eau ni électricité. Elle partage 6 mètres carrés avec trois autres collègues, pour 15 euros par mois.

« On travaille douze heures par jour, parfois 7 jours sur 7 pour gagner plus », dit-elle. À 24 ans, elle reverse un tiers de son salaire à sa famille. « Je ne peux même pas bien manger car j’essaie de mettre de l’argent de côté, j’achète juste le minimum pour survivre ».

Avec les évanouissements, les grèves et manifestations se sont multipliées. Certaines ont même dégénéré comme en février 2012, lorsque trois ouvrières ont été blessées par un homme qui a ouvert le feu.

Certains des 650.000 ouvriers du textile — dont 400.000 pour des sociétés exportatrices — se sont regroupés dans des syndicats pour exiger une hausse du salaire minimum — au moins 75 euros par mois.

Mais beaucoup n’ont pas franchi le pas. Soey Eao regrette ainsi que « beaucoup d’ouvriers ne sachent même pas qu’ils ont des droits ».

L’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui inspecte régulièrement les usines du pays, appelle à un nouvel accord de branche entre gouvernement, patrons d’usine et syndicats.

« À part le Bangladesh, le Cambodge est l’un des endroits les moins chers au monde pour produire des vêtements », estime Jill Tucker, en charge d’un programme de l’OIT au Cambodge. « Il est évident que si l’on paye mieux les ouvriers, il y aura moins d’évanouissements ».

Mais usines et marques se renvoient la balle à l’infini.

« Ce sont les marques qui contrôlent combien nous gagnons (…). Nous n’avons aucun pouvoir de décision sur la marge que nous réalisons car nous sommes des sous-traitants », assure Ken Loo, secrétaire général du Gmac, association des patrons d’usines du textile.

« Si nos salaires étaient équivalents à ceux des usines vietnamiennes, les investisseurs viendraient-ils dans notre pays ? »

Les grandes marques, quant à elles, se défendent de tirer les salaires vers le bas. Le groupe suédois H&M, accusé l’an passé dans un documentaire de chercher à maintenir des salaires de misère dans le pays, affirme ne pouvoir agir directement dans les usines.

« Ils fabriquent des vêtements pour différents clients, mais les employés sont payés le même montant quelle que soit la marque », a indiqué Malin Bjorne, un porte-parole du groupe, dans un courriel à l’AFP.

Quant à l’Américain Levi Strauss and Co, il dit financer des initiatives locales pour prévenir les évanouissements. « Tout le monde a droit à un salaire décent », a assuré un de ses représentants.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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Manifestation contre les agressions racistes et néo-nazies Samedi 23 mars à Besançon

Appel à une manifestation le 23 mars à Besançon suite aux récentes agressions racistes et néo-nazies ; plusieurs organisations étaient présentes lors de la réunion de préparation de cette manifestation comme la CNT, le Collectif Anti-fasciste de Besançon, l’Initiative Communiste-Ouvrière, l’AMEB et SOS Racisme :

En Franche-Comté, depuis plusieurs mois, des groupuscules néonazis commettent des agressions.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Présents depuis longtemps à Besançon et dans la région, ces groupes, qui véhiculent des idées nationalistes, identitaires et fascistes, sont aussi des adeptes de l’action violente : parades para-militaires et saluts nazis, gazage devant un bar pendant un concert, passages à tabac ciblés (couleur de peau, orientation sexuelle, engagement politique)…

Dans un contexte où racisme et homophobie sont banalisées et où les extrême-droites s’affirment en Europe, ces faits inacceptables, toujours impunis, nous poussent, nous Bisontin.e.s, à nous organiser pour stopper les agressions racistes et fascistes.

Si nous ne voulons pas du fascisme et ne voulons pas avoir peur de nous faire agresser, c’est entre autres par une mobilisation large que nous pourrons le prouver et montrer à ces groupuscules que leurs idées nauséabondes ne seront jamais les bienvenues à Besançon.

Pour participer à la résistance et aux luttes : Agissez individuellement et collectivement, soyez vigilants et informez-vous : lahorde.samizdat.netfafwatchfc.noblogs.org  cabesancon.wordpress.com

MANIFESTATION ANTIRACISTE & ANTIFASCISTE
Samedi 23 Mars, 15h
Place de la Révolution, Besançon

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Le pape pue

Le jésuite Jorge Mario Bergoglio était le chef d’une Église argentine contestée

(…) l’Église d’Argentine, dont Bergoglio était le primat avant de devenir le nouveau pape, est une des plus contestées d’Amérique latine pour sa passivité, voire sa complicité, à l’égard de la dernière dictature militaire (1976-1983). Le national-catholicisme était l’idéologie dominante des forces armées, qui comptaient avec la bénédiction de la hiérarchie de l’Église.

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Contrairement aux Églises du Brésil et du Chili, qui ont joué un rôle capital dans la défense des victimes de la répression et dans la lutte pour les libertés, la hiérarchie argentine a montré une indifférence coupable face aux horreurs commises. Elle fermait la porte aux proches des victimes et refusait de s’impliquer dans des démarches humanitaires. Les religieux et religieuses solidaires des Mères de la place de Mai étaient des francs-tireurs, qui n’étaient pas soutenus par leurs supérieurs, et qui ont payé parfois avec leur vie leur compassion et leur fraternité. (…)

Presse à scandales (Paulo A. Paranagua, blog du Monde America latina (VO), 13 mars 2013)

 

Le pape François Ier succède à Benoît XVI
Quelle était la position du cardinal Bergoglio durant la dictature argentine ?

Des médias internationaux ont fait état de soupçons quant à l’attitude du cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu le pape François, durant les années de la dictature en Argentine (1976-1983).

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Le cardinal Bergoglio prononce une homélie à l’église San Cayetano, à Buenos Aires en 2009.

Le journal britannique The Guardian rapporte qu’un livre, Le silence, écrit en 2005 par le journaliste argentin Horacio Verbitsky, a mis en lumière un rôle qui pourrait être qualifié de trouble joué par le cardinal Bergoglio dans l’emprisonnement de deux prêtres qui œuvraient auprès des démunis dans les bidonvilles.

Le cardinal Bergoglio n’aurait pas protégé les deux hommes après qu’ils eurent refusé d’arrêter de travailler dans les bidonvilles.

L’auteur du livre s’est basé sur le témoignage de l’un des prêtres, Orlando Yoro, qui est décédé en 2000.

Par ailleurs, le livre avance que les autorités cléricales de Buenos Aires ont aidé la dictature à dissimuler les prisonniers politiques aux enquêteurs des droits de l’homme.

Le cardinal Bergoglio a démenti ces accusations et a affirmé qu’il avait aidé plusieurs opposants durant la dictature des militaires.

Les évêques argentins ont toutefois présenté leurs excuses l’année dernière pour avoir échoué à protéger la population contre la dictature.

Dans un jugement du 7 décembre dernier contre trois militaires, le tribunal de La Rioja, dans le nord-ouest de l’Argentine, a souligné « l’indifférence » et aussi « la complicité » de l’Église avec l’appareil répressif des généraux argentins.

Le tribunal a affirmé également que la hiérarchie catholique argentine faisait la sourde oreille aux rapports faisant état de persécution des membres du Mouvement des prêtres pour le tiers-monde, une des bêtes noires du régime.

Par ailleurs, le quotidien français La Croix a rapporté sur son site Internet qu’une juge française souhaiterait entendre le cardinal Bergoglio au sujet de l’assassinat du prêtre français Gabriel Longueville, survenu au début de la dictature.

La juge voudrait savoir s’il existe à l’archevêché de Buenos Aires ou au Vatican des archives sur le dossier.

Presse à scandales (Radio-Canada.ca, 13 mars 2013)

 

(…) même en Argentine, certains restent persuadé qu’il a joué un rôle trouble. « Bergoglio est un homme de pouvoir et il sait comment se positionner parmi les puissants. J’ai encore beaucoup de doutes sur son rôle concernant les jésuites qui ont disparu sous la dictature », a témoigné mercredi à une radio argentine Eduardo de la Serna, représentant d’un groupe de prêtres de gauche. L’agence de presse Reuters a rappelé des propos de Fortunato Mallimaci, l’ancien doyen des sciences sociales à l’Université de Buenos Aires, selon lequel « l’histoire le [Jorge Mario Bergoglio, ndlr] condamne ». « Il s’est opposé à toute innovation dans l’Église et, surtout, pendant la dictature, il s’est montré proche des militaires », a-t-il ajouté.

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Une photo de Jorge Bergoglio, le 3 mars 2013, avant qu’il ne devienne le pape François 1er.

En France, Christian Terasse, le rédacteur en chef de la revue Golias, hebdomadaire catholique progressiste, est revenu longuement sur France info sur le rôle qu’aurait tenu le nouveau pape durant la dictature de Videla. « Cet homme n’a pas eu les paroles, les attitudes qui convenaient pour protéger certains de ses confrères engagés contre la dictature militaire de Videla. (…) J’ai un document qui montre que l’Église d’Argentine [dont le nouveau pape était l’un des responsables, ndlr] se réunissait avec la dictature pour consigner un certain nombre de dispositions par rapport à des opposants catholiques jugés marxistes parce que subversifs par rapport à l’ordre chrétien qui soutenait le général Videla ». Pour ce spécialiste, cela ne fait aucun doute, « la soutane blanche de Bergoglio est entachée symboliquement : à la fois au niveau de son positionnement personnel qui n’a pas été très courageux parce qu’il n’a pas protégé certains de ses confrères mais aussi de ce qu’il représente du rôle politique qu’a joué l’église d’Argentine dans sa complicité avec la dictature ». (…)

Presse à scandales (20minutes.fr, 14 mars 2013)

 

En Argentine, un tribunal affirme la complicité de l’Église sous la dictature

Pour la première fois un tribunal argentin a accusé l’Église catholique de complicité avec la dictature militaire argentine de 1976 à 1983. Dans son édition du mercredi 13 février 2013, le quotidien Pagina 12 publie un article intitulé « Une complicité qui se maintient au fil des ans ».

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L’auteur cite une partie de l’arrêt du 7 décembre dernier du tribunal federal de La Rioja (nord-ouest de l’Argentine). Celui-ci, long de 417 pages et signé par quatres juges a condamné à la prison à vie trois responsables du 3e corps de l’Armée : son chef Luciano Benjamin Menendez, le lieutenant-colonel Luis Fernando Estrella et l’ancien commissaire Domingo Benito Vera.

« Les juges ont souligné “l’indifférence”, mais aussi la complicité de la hiérarchie avec l’appareil répressif, et même dans l’attaque menée contre des membres du Mouvement des prêtres pour le Tiers-Monde », souligne l’article. « Ils rappellent que les rapports de Mgr Enrique Angelelli, évêque de La Rioja, concernant la persécution de plusieurs membres de son équipe pastorale, aux autorités de l’Église ont été ignorés à l’époque. » Selon les juges, aujourd’hui encore, une certaine « réticence des autorités ecclésiastiques et même du clergé pour résoudre les crimes » perdure.

Une hiérarchie indifférente voire complice

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Le tribunal de la Rioja jugeait l’assassinat en 1976 de deux prêtres : l’Argentin Carlos de Dios Murias et le Français Gabriel Longueville. Le P. Longueville et son vicaire le P. Murias avaient été enlevés le 18 juillet 1976 dans la paroisse d’El Salvador d’El Chamical. Leurs corps criblés de balles avaient été retrouvés, les yeux bandés, dans un terrain vague de la ville. Le P. Longueville — l’un des 18 Français assassinés ou disparus durant la dictature — faisait partie du Mouvement des prêtres pour le Tiers monde, une des bêtes noires du régime. Un procès pour la béatification des deux prêtres a été ouvert par le diocèse en 2010.

Quelques jours plus tard, l’évêque de La Rioja, Mgr Enrique Angelelli, fut tué dans un accident de voiture provoqué. Il venait de constituer un dossier sur l’assassinat des deux prêtres. Le procès a permis de démontrer que Mgr Angelelli, ainsi que d’autres prêtres, avaient bien informé la Conférence des évêques sur la situation dans la région.

Selon les organisations des droits de l’homme, un évêque, au moins dix prêtres, deux séminaristes et cinq agents pastoraux ont été tués pendant la dictature. Dix autres prêtres, sept séminaristes et 45 agents pastoraux sont considérés comme disparus. Environ 30’000 personnes ont disparu pendant la dictature argentine entre 1977 et 1983.

Presse à scandales (La-Croix.com avec Apic, 14 février 2013)

 

L’Église argentine face aux fantômes de la dictature

L’Église argentine se défend dans la tourmente. Elle répond à ceux qui lui reprochent sa prétendue complicité avec les horreurs la dictature, dans les années 70, niant avec fermeté les accusations de collaboration lancées contre des évêques de l’époque. La polémique a ressurgi il y a quelques mois lors de la publication d’une interview de l’ex-dictateur Jorge Videla. Condamné pour crimes contre l’humanité, ce dernier a affirmé que la hiérarchie catholique de l’époque était au courant des assassinats de disparus.

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Jorge Rafael Videla

La réponse de l’épiscopat à cette nouvelle affaire embarrassante est contenue dans une lettre publiée au terme de leur récente Assemblée plénière. L’Église revient sur le contexte sociopolitique de l’époque ; elle rappelle ses nombreuses interventions en faveur des disparus, des victimes de la torture, des personnes incarcérées sans jugement, des enfants nés en captivité et arrachés à leurs mères, victimes du terrorisme d’État. Elle évoque son mea culpa à l’occasion du Jubilé de l’An 2000, dans lequel elle regrettait de s’être montrée indulgente à l’égard de certaines dérives totalitaires et de ne pas avoir fait assez pour défendre la démocratie.

Des accusations qui ne correspondent pas à la vérité

Aujourd’hui, elle comprend la douleur et le scepticisme face à une justice incomplète. En revanche, elle rejette catégoriquement les récentes affirmations de l’ex-chef de la junte Videla accusant quelques évêques de l’époque d’avoir été informés de la méthode de disparition des opposants politiques appliquée par son régime. Certes, l’Église connaissait la réalité de la répression et elle a payé son tribut. Des prêtres catholiques qui critiquaient le régime ont été eux aussi victimes des escadrons de la mort. Un évêque auxiliaire a été assassiné en 1976. Un an plus tard, des religieuses françaises ont été enlevées et assassinées par des militaires argentins.

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La liste est longue. Mais les évêques reconnaissent que si les années passent, des interrogations demeurent quant à la responsabilité des personnes et des institutions. Une tâche sombre qui pèse sur leur crédibilité. Ils se disent disposés à engager une enquête approfondie : cette recherche de la vérité, longue et douloureuse — écrivent-ils — nous rendra libres. (…)

Presse à scandales (Radio Vatican via News.va, 12 novembre 2012)

 

EXCLUSIVO DIALOGO SECRETO DE LA IGLESIA CON VIDELA SOBRE EL ASESINATO DE LOS DETENIDOS-DESAPARECIDOS
Preguntas sin respuesta

Videla le confesó a la Iglesia Católica en 1978 lo que recién hizo público 34 años después: que los detenidos-desaparecidos habían sido asesinados. La Comisión Ejecutiva le transmitió el pedido de Massera de informar sobre el tema. Videla respondió que era imposible, por las inevitables preguntas sobre cada asesinato, el responsable y el destino de los restos. Un diálogo sobrecogedor, contenido en una minuta para el Vaticano que se conserva en el archivo secreto del Episcopado.

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El documento de 1978 que el Episcopado aún mantiene en secreto. Videla admite ante la Iglesia que los detenidos-desaparecidos han sido asesinados.

La política de desaparición forzada de personas que el ex dictador Jorge Videla acaba de admitir en varios reportajes y ante la justicia fue reconocida en 1978 ante la Comisión Ejecutiva de la Iglesia Católica. Videla dijo que le gustaría brindar la información pero que en cuanto se comunicara que los detenidos-de-saparecidos habían sido asesinados comenzarían las preguntas acerca de quién mató a cada uno, cuándo, dónde y en qué circunstancias y qué destino se dio a sus restos. La respuesta a esas preguntas sigue pendiente 34 años después. En el diálogo con el periodista Ceferino Reato, quien anuncia que no importa “tomar partido a favor o en contra del entrevistado”, Videla dice que la desaparición de personas no se debió a excesos o errores sino a una decisión de la pirámide castrense que culminaba en él. Pero también da a entender que la imposibilidad de informar sobre los desaparecidos obedece a que la información nunca estuvo centralizada, que cada jefe de zona sólo sabía lo sucedido en su jurisdicción y que muchos han muerto. “Los listados eran la puerta a un debate que conducía a la pregunta final: ¿Dónde están los restos de cada uno?, y no teníamos respuestas para ese interrogante, con lo que el problema, al dilatarse, se agravaba día a día y aún persiste.” Pero en su reunión con la Iglesia Católica Videla habló con mayor franqueza, como se hace ente amigos: dijo que “el gobierno no puede responder sinceramente, por las consecuencias sobre personas”, un eufemismo para referirse a quienes realizaron la tarea sucia de matar a quienes habían sido secuestrados y torturados y se encargaron de que de-saparecieran sus restos. Al elegir esa política que Videla calificó de cómoda, porque eludía las explicaciones, la Junta Militar puso bajo sospecha a la totalidad de los cuadros de las Fuerzas Armadas y de Seguridad, algo que recién comenzó a disiparse con la reapertura de los juicios, donde con las garantías del debido proceso se establecen las responsabilidades que la Junta ocultó. Hasta hoy se han pronunciado 253 condenas y veinte absoluciones, lo cual muestra que en democracia nadie está condenado de antemano y que puede ejercer su derecho a defensa. En el documento secreto sobre este diálogo, que el Episcopado conserva en su archivo, la afirmación de Videla sobre la protección a quienes cumplieron sus órdenes criminales está agregada a mano por el cardenal Raúl Primatesta, que presidía la Conferencia Episcopal y que fue acompañado en la reunión por sus dos vicepresidentes, Vicente Zazpe y Juan Aramburu. En abril de este año la jueza Martina Forns, titular del juzgado federal Nº 2 en lo Civil y Comercial y Contencioso Administrativo de San Martín interrogó a Videla en forma exhaustiva, a solicitud del abogado Pablo Llonto, quien representa a Blanca Santucho, hermana del jefe del ERP abatido en julio de 1976 por un pelotón del Ejército, y cuyos restos nunca fueron entregados a la familia. Un paso previsible en la investigación es solicitar a la Iglesia Católica acceso a los documentos que atesora sobre el tema. El que contiene las explicaciones de Videla lleva el número 10.949, lo que da una idea del volumen de la información que el Episcopado sigue manteniendo en secreto. Está guardado en la carpeta 24-II del Archivo de la Conferencia Episcopal. La Iglesia Católica eligió silenciar el contenido de la conversación en la que Videla les reveló que todos los desaparecidos habían sido asesinados. A continuación, la historia de ese encuentro público pero de contenido secreto.

Carta al cardenal

El 10 de abril de 1978, el diario Clarín tituló su página 3 “El presidente de la Nación almorzará hoy con la cúpula del Episcopado”. Emilio Fermín Mignone, cuya hija Mónica Candelaria había sido secuestrada en mayo de 1976, redactó sin pausa tres densas carillas a un solo espacio y las envió con un mensajero a la sede de la Conferencia Episcopal. También esa carta se conserva en el archivo secreto que el Episcopado guarda en su sede de la calle Suipacha, en la carpeta titulada “Personas detenidas y de-saparecidas, 1976-1983”. Mignone escribió que a dos años y medio del golpe, era indudable que la desaparición forzada de personas constituía “un sistema y no excesos aislados”. El fundador del CELS describió ese sistema: el secuestro, el robo, la tortura y el asesinato, “agravado con la negativa a entregar los cadáveres a los deudos, su eliminación por medio de la cremación o arrojándolos al mar o a los ríos o su sepultura anónima en fosas comunes”. Y se realizaba en nombre de “la salvación de la ‘civilización cristiana’, la salvaguardia de la Iglesia Católica”, colocando “como valor supremo la denominada ‘seguridad colectiva’ sobre cualquier otro principio o valor, incluso los más sagrados”. Añadió que “sobre la mentira nada perdurable puede fundarse”. Mignone insistió en la necesidad de que el gobierno informara “cuál ha sido la suerte de cada ‘desaparecido’, la inmensa mayoría de los cuales, todos lo sabemos y también los obispos, han sido arrestados por organismos de las Fuerzas Armadas o de Seguridad. Y esto, monseñor, es lo que le pedimos que ruegue, exija, obtenga del Presidente de la República esta mañana”.

La desesperación y el odio

Mignone decía que la desesperación y el odio iban ganando muchos corazones y que las exigencias de justicia impedirían cualquier intento de evolución democrática pese a que muchos dirigentes políticos, ansiosos por subirse al barco oficial, querrían echar un manto de olvido sobre lo ocurrido. También le informó a Primatesta que en marzo Emilio Massera le había dicho que la Armada exigía que se diera a conocer la suerte de cada desaparecido y preso no declarados, pero que el Ejército se oponía. “Nos pidió que solicitáramos a usted, al señor nuncio, a monseñor Tortolo, que insistieran ante el Presidente y comandante en Jefe del Ejército en el mismo sentido.” Mignone no ignoraba las tensiones internas en la Junta Militar y no experimentaba la menor simpatía por ninguno de sus integrantes. Pero trataba de explotar esas contradicciones para abrir una brecha en el muro de silencio sobre el destino de su hija y de miles como ella. También advirtió a Primatesta que la táctica del silencio, de la que el Episcopado participaba por sus propias razones, no era admisible. “El Pueblo de Dios necesita participar y ser informado. Necesitamos conocer lo que el Episcopado expresa al gobierno en sus comunicaciones. De lo contrario de nada sirven.”

Un diálogo franco

Al día siguiente, Zazpe le informó a Mignone que la Comisión Ejecutiva le había transmitido a Videla “todo lo que dice su carta”. Dijo que habían sido “tremendamente sinceros y no recurrimos a un lenguaje aproximativo” pero le advirtió, como si se tratara de una accesoria cuestión técnica, que había una “divergencia con su carta” acerca de la publicidad o reserva de esta entrevista. “En esta ocasión volvió a recurrirse a la reserva.” Primatesta informó luego a la Asamblea Plenaria que los obispos le plantearon a Videla los casos señalados en su carta por Mignone, de presos que en apariencia recuperaban su libertad pero en realidad eran asesinados; que se interesaron por sacerdotes desaparecidos, como Pablo Gazzarri, Carlos Bustos y Mauricio Silva, y por otros detenidos de los que pidieron la libertad y/o el envío al exterior. Pero el desarrollo completo de la reunión sólo está contenido en una minuta preparada por la propia conducción episcopal para informar al Vaticano y que nunca fue publicada. Primatesta, Zazpe y Aramburu la redactaron en la sede de la Conferencia Episcopal al terminar el almuerzo antes de que los detalles se desvanecieran en su memoria. El gobierno negaba que hubiera presos políticos porque todos los detenidos eran “delincuentes subversivos y económicos”, incluso los sacerdotes arrestados. Las desapariciones de personas eran obra del terrorismo para desprestigiar al gobierno, que compartía las inquietudes de los obispos. Los tres agradecieron a Videla por haber reconocido la existencia de excesos en la represión pero dijeron que no conocían que se hubiera castigado a los responsables, que era otra de las reflexiones de Mignone. En un clima que Aramburu describió como cordial, Primatesta lamentó que Videla no pudiera tomar “todas las medidas que quisiera”, con lo cual lo exculpaba de los hechos por los que le reclamaban. En un tono lastimero, Videla dijo que no era fácil admitir que los de-saparecidos estaban muertos, porque eso daría lugar a preguntas sobre dónde estaban y quién los había matado. Primatesta hizo referencia a las últimas desapariciones producidas durante la Pascua, en San Justo, “en un procedimiento muy similar al utilizado cuando secuestraron a las dos religiosas francesas”. La minuta redactada al concluir el almuerzo reconstruye la réplica textual de Videla ante la solicitud: “El presidente respondió que aparentemente parecía que sería lo más obvio decir que éstos ya están muertos, se trataría de pasar una línea divisoria y éstos han desaparecido y no están. Pero aunque eso parezca lo más claro sin embargo da pie a una serie de preguntas sobre dónde están sepultados: ¿en una fosa común? En ese caso, ¿quién los puso en esa fosa? Una serie de preguntas que la autoridad del gobierno no puede responder sinceramente por las consecuencias sobre personas”, es decir los secuestradores y asesinos. Primatesta insistió en la necesidad de encontrar alguna solución, porque preveía que el método de la desaparición de personas produciría a la larga “malos efectos”, dada “la amargura que deja en muchas familias”. Videla asintió. También él lo advertía, pero no encontraba la solución. Este diálogo de extraordinaria franqueza muestra el conocimiento compartido sobre los hechos y la confianza con que se analizaban tácticas de respuesta a las denuncias que ambas partes sentían como una amenaza. Primatesta también habló “sobre la actitud de alguna Fuerza Armada que urgía la publicación de las listas de presos, v.g. el almirante Massera”. En realidad, Mignone le había escrito que la lista de presos no tenía valor alguno, porque los familiares la conocían, y lo que Massera reclamó fue una lista de detenidos-desaparecidos. Videla se alzó de hombros. Aunque presidía la Junta y el gobierno, no tenía todo el poder y había fuerzas que no controlaba, dijo. Las actitudes de los eclesiásticos tenían sutiles matices. Zazpe preguntó: “¿Qué le contestamos a la gente, porque en el fondo hay una verdad?”. Según el entonces arzobispo de Santa Fe, Videla “lo admitió”. Aramburu explicó que “el problema es qué contestar para que la gente no siga arguyendo”, lo cual parece una fiel interpretación del propósito de Massera. Los jefes del Ejército y de la Armada descargaban su responsabilidad, cada uno en el otro, y la Iglesia les seguía el juego. Según Aramburu, cuando Videla repitió que “no encontraba solución, una respuesta satisfactoria, le sugerí que, por lo menos, dijeran que no estaban en condiciones de informar, que dijeran que estaban de-saparecidos, fuera de los nombres que han dado a publicidad”. Primatesta explicó que “la Iglesia quiere comprender, cooperar, que es consciente del estado caótico en que estaba el país” y que medía cada palabra porque conocía muy bien “el daño que se le puede hacer al gobierno con referencia al bien común si no se guarda la debida altura”. Tal como le dijo Videla al primer periodista que lo entrevistó, el español Ricardo Angoso, “mi relación con la Iglesia Católica fue excelente, muy cordial, sincera y abierta”, porque “fue prudente”, no creó problemas ni siguió la “tendencia izquierdista y tercermundista”. Condenaba “algunos excesos”, pero “sin romper relaciones”. Con Primatesta, hasta “llegamos a ser amigos”. Sobre el conflicto interno, que Videla llama guerra, “también tuvimos grandes coincidencias”. Zazpe murió en 1984, Aramburu en 2004 y Primatesta en 2006. Pero los documentos sobre ese diálogo entre amigos siguen hasta hoy en el archivo secreto del Episcopado.

Presse à scandales (Horacio Verbitsky, Pagina12.com.ar, 6 mai 2012)

 

Bébés enlevés sous la dictature argentine : des victimes demandent l’audition du cardinal Bergoglio

L’avocat argentin Martin Niklison et l’association des Grands-mères de la Place de Mai ont demandé à ce que le cardinal Jorge Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, soit entendu comme témoin dans le procès pour vol de bébés durant la dictature argentine.

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Le cardinal Bergoglio, le 14 septembre 2008 à Buenos Aires

Deux anciens dictateurs, Jorge Videla, 85 ans et Reynaldo Bignone, 83 ans, ainsi que six officiers, comparaissent depuis le 28 février pour le vol de plus de 500 bébés enlevés à leurs mères détenues dans plusieurs prisons clandestines de la dictature militaire.

Au cours des débats, Estela de la Cuadra, fille d’Alicia de la Cuadra, une des fondatrices des Grands-mères de la Place de Mai, morte en 2008 à 93 ans, a raconté comment elle avait demandé l’aide du P. Bergoglio, alors provincial des jésuites, pour l’aider à retrouver la trace du bébé de sa sœur Elena, emprisonnée alors qu’elle était enceinte.

Il revient aux juges de déterminer les suites à donner à cette demande d’audition.

Entendu dans une autre affaire en 2010

Le cardinal Bergoglio avait déjà été entendu en novembre 2010 dans le procès de la sinistre École de mécanique navale (Esma). Le tribunal s’était alors rendu à l’archevêché de Buenos Aires pour entendre ses explications sur la disparition en 1976 de deux jésuites internés à l’Esma une semaine après qu’il leur a retiré la permission de prêcher.

Aucune charge n’avait été retenue contre lui.

Le 21 avril dernier, une juge d’instruction du tribunal de grande instance de Paris a annoncé qu’elle souhaitait entendre le cardinal Bergoglio sur le meurtre du prêtre français Gabriel Longueville survenu au début de la dictature.

Presse à scandales (La-Croix.com, 3 mai 2011)

 

Retour sur la dictature : l’Église catholique, responsable ou coupable ?

Entre 1976 et 1983, la dictature militaire menée par le général Videla a entraîné 30’000 disparus et 1,5 millions d’exilés. Encore aujourd’hui, l’Église catholique est montrée du doigt pour ses agissements. Soutien délibéré aux militaires ou silence coupable, en tout cas, elle n’a jamais fait son mea culpa.

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La prison à perpétuité. C’est la peine qu’a reçu en octobre 2007 Christian Von Wernich, l’ex-aumônier de la police de Buenos Aires, pour sa participation aux enlèvements et aux meurtres commis pendant les « années de plomb ». Ce verdict a relancé les débats sur le rôle de l’Église, et les demandes d’excuses officielles sont de plus en plus pressantes. La Confédération épiscopale argentine, dans un communiqué suivant le procès, a affirmé que le curé a agi « selon sa volonté personnelle ». Elle se dédouane ainsi de toute responsabilité.

Les prêtres bénissaient les tortionnaires

Pourtant, l’Église argentine aurait bien été complice de la répression. Selon Horacio Verbitsky, du Centre d’études légales et sociales de l’Argentine, l’Église et l’armée, avec des discours d’ordre et de hiérarchie, étaient les deux piliers de la dictature. D’après les témoignages des Mères de la Place de Mai, les prêtres bénissaient les tortionnaires des camps de détention pour les décharger de toute culpabilité.

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Adolfo Scilingo, un officier de marine repenti  jugé coupable de crimes contre l’humanité en 2005, a rappelé lors de son procès les « vols de la mort » : des prisonniers étaient jetés encore vivants dans l’océan. Les pilotes, à leur retour, recevaient la bénédiction des chapelains. Ils leur assuraient que leur mission était de lutter contre le communisme, et qu’ils avaient donné « une mort chrétienne pour le bien de la Patrie ».

« L’Église ne se mêle pas de politique »

Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la Paix 1980, est partagé. Lors d’une conférence au Sénat français en mars 2008, il déclare qu’il n’est « pas possible de parler de l’épiscopat argentin comme si tous les évêques avaient eu alors une seule façon de penser. » Parmi les coupables de soutien réel, il cite des noms précis. Il dénonce ensuite la masse innombrable de religieux qui a fermé les yeux sous prétexte que « l’Église ne se mêle pas de politique ».

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Son entretien avec le Nonce apostolique en Argentine, auquel il demande à l’époque de réagir, le laisse perplexe.  « Que voulez-vous que je fasse ?, aurait-il répondu. Je ne peux pas faire ce que les évêques argentins ne veulent pas faire. » Au plus haut niveau, c’est avec le Pape qu’Adolfo Perez Esquivel s’entretient en 1981. Il lui remet un dossier avec 84 photos d’enfants disparus. « Vous devriez aussi vous préoccuper des enfants des pays communistes », aurait rétorqué Jean-Paul II. Mais la semaine suivante, le Pape évoquait dans un discours au Vatican le sort de ces enfants.

Certains religieux ont résisté

Le Prix Nobel nuance son accusation, en citant des religieux qui ont résisté, et parfois payé de leur vie leur engagement pour une Église « engagée auprès du peuple ». Des prêtres comme Enrique Angelelli ou Horacio Ponce de Leon sont morts dans de mystérieux accidents de voiture en 1976 et 1977. Les membres du Mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde ont été systématiquement torturés ou contraints à l’exil. Le théologien Ruben Dri a dû se défroquer en 1974 pour échapper à l’armée.

À l’issue du procès Von Wernich, l’Église argentine a appelé le pays à « s’éloigner autant de l’impunité que de la haine ou de la rancœur » et a demandé « la réconciliation ». Elle a manqué, encore une fois, une occasion d’améliorer son image, selon les associations de victimes qui ne comptent pas abandonner leur combat.

Leur presse (Yona Helaoua, L’Argentine sans messie, La 32e promo de l’IPJ va à rebours de l’actualité, 17 novembre 2010)

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[La Cantine des Pyrénées, Paris] « La cantine est pas chère, le reste est gratuit »

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J’y étais à la cantoche qui veut changer le monde

La cuisine est bonne. La cause est juste. Mais il y a un problème avec la musique. On peut avoir de l’empathie pour les manifestants rassemblés devant le siège de Goodyear à Rueil-Malmaison sans forcément vouloir les mettre en fond sonore au resto. « Vous pouvez être fiers de ce que vous faites, camarades ! » hurle une voix retransmise sur la radio Paris Fréquence Plurielle pendant qu’on se demande si c’est de la badiane qui parfume les poires au sirop. « Sanofi ! Un milliard de bénéfices après impôts, et il y a une restructuration ! » tempêtait la radio un peu plus tôt lorsque nous en étions au couscous. Le couscous, c’est le menu de ce vendredi. Salade, couscous, poires au sirop. Menu à 5 euros. Verre de vin à 1 euro. « Vous avez mangé chez Tarnac ? » blaguent des copains de Rue89 sur le trottoir d’en face.

En réalité, l’endroit s’appelle La Cantine des Pyrénées : c’est indiqué sur la bâche qui recouvre l’enseigne originale du Bar des amis, situé rue des Pyrénées, à Paris. De l’ancienne enseigne, l’ardoise avec les prix des plats du jour, les sandwichs au « camomber » et à l' »emantale » a disparu. Les petites tables ont été remplacées par trois longues tables couvertes d’une toile cirée. Les couverts sont rangés au milieu, dans des pots placés entre les carafes d’eau et les tubes de harissa. Pour les assiettes, allez les chercher, c’est « semi-self ». « Servir, c’est contraire aux relations humaines » : tel est le credo de la jeune équipe. Des paquets de pâtes, des sacs de lentilles et un gros pot de Nutella sont serrés sur une étagère. Sur le comptoir, un plan de la salle à manger avec un tableau portant en abscisse les numéros des différentes tables et en ordonnée ce qui a été consommé. Une croix signale que la note a été réglée. « Nous avons besoin de couverts, cafetière, micro-onde, grands saladiers », est-il écrit sur un grand panneau. Sur un autre sont indiquées les règles à suivre pour revendre en barquettes les restes de son déjeuner, à 50 centimes d’euro. Pas de gâchis. Des « moustachus parce que c’est la mode », des « moustachus qui ont traversé toutes les modes », des « tout seuls », des « en bande de copains », une qui sort le tract anticolonialiste de la semaine et un lecteur du Parisien, on voit beaucoup de monde sur les bancs, sauf le serrurier d’à côté. À 5 euros, il préfère un sandwich-frites. Pourquoi venir déjeuner ici alors que le resto aura disparu d’ici la fin mars ? C’est le scénario qui lui semble le plus probable car il a vu passer, il ne sait plus dans quel ordre, le propriétaire, un avocat, le propriétaire, des coups de marteau aux fenêtres, le propriétaire, la police.

« Les squatteurs », pour reprendre les mots des commerçants de la boutique voisine, ont ouvert la cantine il y a presque deux mois. Comment ont-ils eu accès au restaurant ? Ils connaissaient les anciens locataires de l’appartement à l’étage. On n’en saura pas plus. « Vous êtes la presse nationale ? C’est pas notre priorité. Pour le moment, on essaie d’exister dans le quartier. » Des affichettes ont ainsi fleuri sur les réverbères, les meubles urbains et dans les associations du quartier. « La cantine est pas chère, le reste est gratuit », promet le flyer. À l’intérieur, un grand panneau récapitule les activités de la semaine. Écrivain public le jeudi, atelier réparation le mercredi et ciné-club le dimanche — « parce qu’il y a du pop-corn et que la boxe, l’amour et la lutte des classes au ciné, c’est mieux qu’à la télé ».

À un bout du zinc, un bol bleu délivre un message aux plus fortunés : « Si vous voulez, pouvez, donnez plus. » Au milieu du zinc, un tronc pour soutenir les ouvriers de PSA en grève. À l’autre bout, un carnet pour s’inscrire afin de donner des cours de français. Le mouvement Occupy Wall Street voulait changer le monde : après plusieurs jours de campement, une cantine avait été organisée. Ici, on part d’une cantine pour changer le monde.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Guillemette Faure, M le magazine du Monde, 22 février 2013)

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La voz de la libertad – ¿ Qué es esto ?

La voz de la libertad se veut être un blog d’actualité dit “subversif”.

Pourquoi subversif ? Pour bouleverser un ordre corrompu depuis trop longtemps établi mais aussi en hommage à tout ceux et celles qui ont perdu la vie dans le combat pour la liberté.

La voz de la libertad se veut proposer une transmission de la mémoire latino-américaine afin de combattre le fascisme, le militarisme, le totalitarisme, le sexisme et toutes autres formes d’injustices qui ont gangrené le continent.

La voz de la libertad est, d’abord, un outil de lutte pour l’information et la mémoire.

Ne cessons pas d’écrire pour que la lutte continue !

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[Vasconcelos, Sao Paulo] Nique le travail et nique la biométrie

Brésil : des doigts siliconés pour frauder

Plusieurs médecins d’un hôpital de Sao Paulo sont parvenus, pour certains pendant plusieurs années, à dissimuler leurs absences grâce à des copies de leurs doigts en silicone que des collègues complices passaient dans les contrôleurs biométriques de l’établissement, a rapporté la presse locale.

La chaîne de télévision brésilienne Globo a diffusé les images accablantes d’un médecin enregistrant son entrée, puis celle de deux autres médecins avec des répliques de leurs doigts en silicone, dans un hôpital de Vasconcelos, dans la région métropolitaine de Sao Paulo.

Confondue par la police, cette femme médecin a été arrêtée et a révélé que onze autres médecins et vingt infirmiers et infirmières de l’hôpital étaient impliqués dans ce stratagème. « Elle a assuré être innocente car les autres médecins lui ont dit que sa complicité était une des conditions pour qu’elle garde son emploi », a indiqué à la presse son avocat, Celestino Gomes Antunes. Selon la chaîne de télévision Band, c’est le responsable du Service des urgences mobiles, Jorge Luiz Cury, qui contrôlait ce système. Selon cette source, sa fille percevait un salaire depuis trois ans sans y travailler.

L’enquête de la police, ouverte il y a deux semaines, a déjà conduit à la mise à pied de cinq médecins.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 13 mars 2013)

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[Justice pour Ayoub Boutahra] « Il faut arrêter de parler de bavure. Une bavure, c’est un cas isolé. Or ces cas se multiplient »

Audincourt. Blessés par Flash-Ball : Pierre, Joachim, Ayoub et les autres

Joachim Gatti et Pierre Douillard ont perdu un œil après avoir reçu un tir de Flash-Ball. Comme Ayoub Bouthara à Audincourt. Les similitudes vont plus loin…

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Joachim et Pierre (de dos), qui ont vécu le même drame que le jeune Ayoub à Audincourt, sont venus témoigner.

« Jour J + 2 ans et… RAS. La justice n’avance pas ». Odile Banet, membre du comité « Justice pour Ayoub », constate et déplore les faits. Le 7 février 2011, le jeune lycéen était atteint d’un tir de Flash-Ball qui touchait son globe oculaire alors qu’il se trouvait en marge d’une rixe à Audincourt. Deux ans après, la victime, qui a du mal à se reconstruire, attend toujours que le policier qui se trouvait derrière l’arme réponde de son geste devant le tribunal.

C’est une arme utilisée pour casser du manifestant, pour terroriser

Joachim Gatti et Pierre Douillard ont connu pareil sort. Le premier lors d’une manifestation à Montreuil, le 8 juillet 2009, le second à Nantes, le 27 novembre 2007. Eux aussi ont perdu un œil dans l’histoire et eux aussi attendent que la justice apporte des réponses et sanctionne les responsables de leurs infirmités permanentes.

Hier, ces deux victimes étaient présentes à Montbéliard pour témoigner de leur vécu. « Mon affaire a été très médiatisée au départ. Dans un premier temps, trois policiers ont été mis en examen, mais depuis un an et demi l’instruction n’avance plus », déplore Joachim, s’interrogeant sur des délais étrangement longs.

Pour Pierre, le parcours a été différent. « Nous avons dû constituer un groupe de travail qui a mené une enquête indépendante en collectant des vidéos, des photos, etc. Grâce à cette enquête, on est parvenu à identifier le policier qui m’avait tiré dessus et il a finalement été mis en examen. Mais au procès, il a été relaxé au prétexte qu’il avait obéi à un ordre ».

Le jeune Nantais fait part de son sentiment « d’impunité policière dans ce pays ». « Et il faut arrêter de parler de bavure. Une bavure, c’est un cas isolé. Or ces cas se multiplient… »

Joachim abonde, citant ce chiffre : « En 2011, 2787 tirs de Flash-Ball ont été recensés. La législation dit que les tirs doivent être effectués au niveau du buste. Ni au-dessus, ni dans le triangle génital. Nos exemples et d’autres démontrent que ce n’est pas le cas ».

Des accidents récurrents qui conduisent le comité à vouloir « mettre sur la table le débat sur l’utilisation du Flash-Ball », poursuit Odile Banet. Utopique ? « Il faut être clair, c’est une arme utilisée pour casser du manifestant. Pour terroriser ! », s’emporte Gérard Deneux, des Amis de l’émancipation sociale.

Les membres du comité entendent poursuivre la médiatisation pour que l’affaire ne tombe ni dans l’oubli ni dans les oubliettes de la justice. Joachim Gatti, Pierre Douillard ne sont guère optimistes, mais ils continuent à se battre. Et militent pour que les victimes s’organisent afin que leurs voix groupées aient plus de chance de porter que des actions isolées. Une union face à un immobilisme qui semble être un dénominateur commun à ces mutilants tirs de Flash-Ball.

Leur presse (Sam Bonjean, LePays.fr, 10 mars 2013)

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Besançon sous surveillance ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgSécurité – Le premier plan de vidéoprotection voulu par la Ville
Les caméras arrivent

Elles avaient été annoncées pour la fin de l’année 2012 mais on les attend toujours. Les 24 caméras de vidéoprotection, dont le principe a été voté par le conseil municipal il y a un an, vont néanmoins bientôt être une réalité. Au plus tôt en mai prochain, au plus tard en juillet. Il s’agira du premier vrai plan de vidéoprotection de la municipalité qui a longtemps rechigné à poser ses yeux électroniques dans ses rues.

Les 24 caméras seront placées dans des lieux sensibles de la ville. Sept seront dans la Boucle, sept à Battant, cinq à Planoise et cinq à La Grette. Une modification par rapport au plan originel qui prévoyait seulement cinq caméras respectivement à Planoise et La Grette.

Le coût du projet est d’un million d’euros environ.

Un centre de supervision

« Ces lieux ont été choisis à partir d’un seuil de vingt faits délictueux dans l’année. Des faits qui peuvent être combattus par la présence de caméras. Ces 24 lieux devraient être confirmés vendredi prochain par la préfecture », précisait hier Franck Desgeorges, le patron de la police municipale bisontine.

Après ce passage devant la commission départementale de vidéoprotection présidée par un magistrat, il sera temps de lancer les appels d’offres pour choisir l’entreprise qui prendra en charge le marché de l’installation et de la connexion des caméras.

Au fait, à quoi vont-elles être connectées ces caméras et surtout, qui va les regarder ? « À l’origine, nous avions prévu d’installer le centre de supervision urbaine au niveau du parking beaux-arts mais il sera finalement dans le bâtiment des services municipaux, avenue Clemenceau », précise Frédéric Allemann, conseiller municipal chargé de la tranquillité publique.

Quatre postes vont être créés pour l’occasion. Quatre salariés dont le métier sera de regarder les petits écrans mais aussi de gérer les demandes de la police en cas de problèmes sur la voie publique. Le chef d’équipe sera issu de la police municipale, mais pas les trois autres employés.

Avec ces effectifs, pas question d’imaginer une supervision 24 heures sur 24 et en direct. « Ils travailleront aux horaires de jour. Mais tout sera, bien sûr, enregistré et utilisé sur réquisition », souligne Frank Desgeorges. « Les caméras privées, qui filment des lieux privés comme des commerces ou des banques, ont l’obligation de ne pas englober la voie publique. Ici, c’est le contraire, on filme la voie publique mais des logiciels feront en sorte qu’on ne voit pas les parties privées. »

Alors qu’elles ne sont même pas installées, certains se demandent si les 24 caméras sont suffisantes. « Il n’y a pas de règle, note Frédéric Allemann. Nous avons déjà des demandes pour en installer ailleurs. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Philippe Sauter, EstRepublicain.fr, 13 mars 2013)

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