[« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »] Les jaunes la ramènent

Accord sur l’emploi : Les syndicats signataires sonnent la riposte

REPORTAGE – Une semaine après la manifestation organisée par la CGT et par FO pour protester contre l’accord sur l’emploi, les syndicats signataires ont distribué des tracts pour le défendre…

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L’intersyndicale CGT [sic – NdJL], UNSA, CFDT distribue des tracts sur le parvis de la Défense en vue du conseil europeen qui se tiendra le 14 mars à Bruxelles, le 13 mars 2013, à Paris.

Mercredi 13 mars, 11h30. Quartier d’affaires de la Défense, à deux pas de Paris. Une cinquantaine de syndicalistes se rassemblent à la sortie du métro, tout près des marches de la Grande Arche. Les pieds dans la neige, ils revêtent les vestes et les casquettes floquées aux couleurs de leurs organisations. Les drapeaux sont aussi de la partie. Et pour réchauffer l’ambiance engourdie par la température glaciale, les plaisanteries vont bon train.

« Nous sommes aussi nombreux qu’ils l’étaient le 5 mars dernier ! » lance un militant CFTC, suscitant les sourires narquois de ses camarades. Il fait référence à la manifestation organisée par la CGT et par FO pour lutter contre l’accord sur l’emploi, signé par certains partenaires sociaux en janvier. La « grande mobilisation » promise par les deux organisations a fait un flop. Et aujourd’hui, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa sonnent la riposte : ils ont décidé de distribuer des tracts pour défendre cet accord.

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France »

Sur l’esplanade enneigée de la Défense se croisent des hommes d’affaires les mains vissées sur leurs attachés-cases et des badauds quittant le centre commercial les bras chargés de paquets. Les réserves de la CGT et de FO sont-elles compréhensibles ? Cet accord n’est-il pas trop flexible ? Alain, 48 ans, militant CFDT, souffle : « C’est la crise, il y a des boîtes qui ferment, le chômage qui explose, il faut sortir de l’impasse et proposer des choses pour maintenir l’emploi. Nous avons signé un accord, et un accord, c’est forcément un compromis. »

« Madame, un petit tract pour découvrir vos nouveaux droits ? » lance une militante de l’Unsa à l’attention d’une belle quadra [sic – NdJL]. Celle-ci décline l’offre. Un peu plus loin, Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, a plus de chance. Il parvient à nouer le dialogue avec Vincent, salarié de la Société générale. Qui l’écoute l’air satisfait : « Moi, je suis pour que nous brisions le tabou en matière de flexibilité. Je veux que l’on se rapproche du modèle allemand, parce que l’entreprise, ce n’est pas notre ennemie. »

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France, avec l’intérim, la sous-traitance, l’externalisation, l’annualisation du temps de travail, le temps partiel, etc. Et justement, vu la précarisation croissante d’un certain nombre de salariés, nous avons voulu recréer, avec cet accord, les conditions d’une meilleure sécurité pour l’ensemble des salariés », défend auprès de 20 Minutes Bernard Van Craeynest.

« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »

« Alors, c’est la guerre avec la CGT et FO ? » demande un journaliste à Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa. « Est-ce que l’on considère que les relations sociales doivent être régies par l’affrontement ou par la négociation ? C’est la question ! Je pense qu’aujourd’hui, les salariés recherchent des syndicats qui soient capables de les aider à atteindre des résultats concrets. »

Pas de guerre non plus d’après Laurent Berger, le nouveau patron de la CFDT, qui estime cependant « qu’il faut que l’on entende dans ce pays les organisations syndicales quand elles font des propositions, et pas seulement quand elles contestent. Aujourd’hui, nous voulons montrer aux salariés que cet accord que nous avons négocié, il est positif pour eux. »

Le nouveau droit dont il est le plus satisfait ? « La complémentaire santé payée par l’employeur à 50%. Quatre millions de salariés n’ont pas cette participation de leur entreprise et 400.000 n’ont tout simplement pas de complémentaire santé. Ce que nous avons obtenu est un vrai gain de pouvoir d’achat et de sécurisation. »

Cette journée de distribution de tracts est-elle un succès ? Peu importe. Car bien plus que le grand public, ce sont les parlementaires que les différents syndicats cherchent à convaincre. C’est là que se joue en ce moment la vraie bataille. Les députés commenceront à discuter du projet de loi issu de l’accord syndical en avril.

Presse esclavagiste (Céline Boff, 20minutes.fr, 13 mars 2013)

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1 Response to [« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »] Les jaunes la ramènent

  1. Adé says:

    « Est-ce que l’on considère que les relations sociales doivent être régies par l’affrontement ou par la négociation ? »

    Cette tête de mort se demande cela, bien sûr la réponse est : c’est le contrat qui régit, c’est plus civilisé quand même, voyons…contrat entre parties réputées libres et à égalité devant la loi (et devant Dieu, amen, c’est de saison…). Ben voyons, un salarié/un employeur, à égalité ? libres de la même façon ? Sans rapport de force sous-jacent et sans rapport déjà toujours là : les prolétaires appartiennent aux capitalistes, qu’il/elles vendent ou pas leur force de travail, c’est ça l’égalité version dominants et exploiteurs.
    Le syndicaliste en question n’est qu’un commis aux ordres.

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