[Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme] Grève d’EDM à Mayotte

Mayotte – EDM : « Des exactions indignes et inacceptables »

Hier soir, 28 décembre, un nouveau sabotage des installations d’EDM (Électricité de Mayotte) à Mayotte a privé l’île d’électricité pendant plus de sept heures avec toutes les conséquences que cela induit. EDM dénonce « des exactions indignes et inacceptables » commises sur ses installations » et a porté plainte contre X.

Avec sept sabotages constatés par les services d’EDM — et par la population — depuis le 21 décembre, et si l’enquête confirme l’implication des grévistes dans ces actes, on aura quitté une fois de plus à Mayotte, le combat syndical pour entrer dans la simple délinquance. Si la lutte syndicale est tout à fait honorable et nécessaire à l’exercice de la démocratie dans le monde du travail, certains « débordements » sont indéfendables et nuisent à la lutte sociale. Il n’est pas dans la tradition syndicale de détruire l’outil de travail, c’est une simple question de bon sens. La raison d’être d’un syndicat est de défendre les salariés, pas de les priver d’emploi de facto. Mais quand ces exactions se font en catimini, la nuit avec la volonté évidente de ne pas assumer la responsabilité de ses actes, cela devient tout simplement insupportable, quel que soit le bien fondé des revendications. Cela rappelle le temps pas si lointain où l’on distribuait des tracts anonymes aux abords de la barge dénonçant nommément, avec force insultes et calomnies, tel ou tel cadre d’une administration qui avait eu le malheur de déplaire à un quelques-uns ou même à un seul individu. La personne visée se trouvait en proie à la vindicte populaire sans aucun moyen de se défendre.

Mercredi soir, de nouvelles exactions ont provoqué une coupure généralisée qui a durée toute la nuit, de 23h49 à 6h40, selon la direction d’EDM. Ses services ont recensé pas moins de sept « actes de malveillance » depuis le début de la grève le 21 décembre, « provoquant des coupures locales et tournantes sur le territoire affectant 16’500 clients. Des manœuvres par le gestionnaire de réseau ont alors été rendues nécessaires pour rétablir l’intégrité du réseau électrique jusqu’à 2h21 du matin privant temporairement 19’000 clients d’électricité. »

Le 24 décembre au soir, et personne ne peut croire à un quelconque hasard de date et d’horaire, « de nouveaux actes de malveillance sur nos installations ont entraîné des délestages à partir de 20h12 puis une coupure généralisée sur tout le territoire à 20h25 ». Dans le sud de Mayotte, il aura fallu attendre 23h30 pour que la situation soit rétablie.

Deux jours plus tard, le 26 décembre, un câble haute tension a été sectionné par une pelle mécanique. Ce type d’accident qui n’est pas rare à Mayotte n’a habituellement pas de répercussion sur l’alimentation en énergie de Mayotte, « les systèmes de protection du réseau » permettant d’y pallier, mais « en raison des actes de malveillance commis les jours précédents qui ont fragilisé ces systèmes, cet accident a entraîné une nouvelle coupure généralisée sur tout le territoire ».

Les 35 grévistes, soit 20% des 175 que compte EDM, sont mis en cause par la direction de la société qui produit et distribue l’électricité à Mayotte. À l’origine de ce conflit, une revendication salariale demande l’alignement des salaires des employés d’EDM sur ceux versés dans les autres départements d’outremer qui se traduirait par une augmentation de 25% des salaires versés aux agents d’Électricité de Mayotte.

Ces actes de dégradation à répétition ont poussé la direction d’EDM à riposter en déposant plainte contre X ce qui devrait déclencher l’ouverture d’une enquête.

Il existe des exemples dans l’histoire récente de menaces de sabotages dans des entreprises françaises par leurs salariés. Il s’agit toujours de salariés en voie d’être licenciés pour cause de fermeture de leur entreprise et ils sont surtout l’expression d’un profond désespoir. Par exemple, en août 2009, une soixantaine de salariés de l’entreprise de transports Serta, au bord de la liquidation judiciaire, menaçaient de déverser 8.000 litres de produits toxiques dans un affluent de la Seine près de Rouen pour obtenir une indemnité de départ de 15.000 euros.

Plus près de nous, une trentaine de salariés d’une usine d’équipement automobile vouée à la fermeture, à 70 km au nord de Paris, menaçaient, en avril 2010, de faire exploser leur lieu de travail en incendiant une citerne de gaz.

Dans ces deux cas, il s’agissait de salariés qui étaient en train de perdre leur emploi et les menaces n’ont d’ailleurs pas été mises à exécution. Mais, surtout, elles avaient été faites à visage découvert et en pleine lumière, devant la presse. Les destructions à répétition auxquelles on assiste à Mayotte concernent non seulement un outil de travail, mais surtout un bien que l’on peut considérer comme public. Elles n’ont donc aucun rapport avec la lutte syndicale, s’apparentant davantage à des actes de sabotage.

On peut également, bien entendu, évoquer les « faucheurs volontaires » qui passent à l’acte en s’en prenant à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la santé de toute la population, et n’hésitent pas à passer plusieurs mois derrière les barreaux dans un combat qui n’a rien à voir avec des revendications corporatistes. En effet, à aucun moment, depuis le début de cette grève, n’a été évoquée une quelconque revendication concernant l’ensemble des Mahorais. Pourtant, ce sont eux qui subissent les effets de ces destructions. Nous sommes en pleine saison chaude et un congélateur arrêté pendant toute une nuit laisse planer un doute sur la conservation de son contenu.

Leur presse (Éric Trannois, Malango Actualité), 30 décembre 2011.

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[Tahrir vaincra] L’urbanisme et la révolution

Le Caire et ses murs

(…) quelques images prises lors d’un petit tour de centre-ville datant du 23 décembre. Il faut dire que le paysage urbain a subi de sérieuses modifications.

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La rue Mohamed Mahmud où se sont déroulés les violents combats entre le 19 et le 22 novembre, est fermée par un monumental mur. L’objectif déclaré de cette construction était de protéger le Ministère de l’Intérieur, qui est pourtant à plusieurs rues de là. En lettres rouges, sur les énormes blocs que viennent observer des jeunes en promenade dans cette artère qui ne mène plus nulle part : « La liberté viendra, c’est sûr ». (…)

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La rue perpendiculaire (Youssef el-Jundy), qui longe le mur arrière de l’Université Américaine, a aussi été fermée à l’aide de gros moellons. Les habitants du quartier contournent comme ils peuvent. Les enfants regardent à travers les trous le no-man’s land qui se trouve derrière, surveillé par quelques soldats.

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La rue Qasr el-Einy, théâtre des affrontements au cours desquels l’armée a déployé une violence inouïe contre les manifestants/tes, a été la première bouclée de cette façon par l’armée, inaugurant une modalité de gestion des conflits qui donne lieu à de nombreuses blagues au Caire sur le mode : « si l’armée se reconvertit dans la construction, le peuple égyptien va enfin pouvoir respirer ». Une photo panoramique  sur le net, permet un 360° à l’arrière de ce mur tel qu’il était le 18 décembre.

Outre l’avenue elle-même, (photo ci-dessus) c’est l’entrée de l’Assemblée Nationale qui a été ainsi obstruée, ce qui, en pleine période électorale, constitue tout de même un symbole fort (photo ci-dessous).

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Quatre murs, aussi imposants soient-ils, suffiront-ils à contenir la colère qui monte ? Le résultat le plus évident des derniers affrontements est bel et bien la fin de l’état de grâce entre le peuple égyptien et son armée. La victoire en justice de Samira Ibrahim contre la pratique du viol par l’armée (pudiquement nommé « test de virginité »), la libération du blogueur Alaa Abd-el-Fattah ne font que renforcer la légitimité de cette colère.

Les manifestations qui se préparent depuis un mois déjà, pour le 25 janvier 2012 promettent une forte mobilisation. Un an après, la détermination des jeunes semble intacte ; ce qui a sérieusement faibli, c’est leur naïveté. La question des stratégies à long terme pour venir effectivement à bout de l’ancien régime que l’armée incarne désormais, est donc à l’ordre du jour ; c’est une sérieuse avancée. (…)

Blog Snony, 28 décembre 2011.


Army walls

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Mur barrant la rue Mohamed Mahmoud

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Rue Sheikh Rihan

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Rue Qasr el-Aini

Blog 3arabawy, 24 décembre 2011.


Les murs de la honte

Incapables de trouver une solution politique pour désamorcer la contestation, les militaires ont élevé des murs composés de blocs de béton pour séparer les forces de l’armée égyptienne des manifestants.

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Avenue Kasr Al Aini en plein cœur de la bataille, qui longe les sièges du parlement, du sénat, le bâtiment du conseil des ministres et celui de l'Institut d'Égypte

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La rue Mohammad Mahmoud, qui mène au ministère de l'Intérieur

Galila El Kadi – 20 décembre 2011.


Égypte – Place Tahrir, la guerre de position

Militaires et manifestants se livrent une bataille stratégique pour le contrôle de la place emblématique du Caire.

Toute l’affaire de la révolution égyptienne a été l’occupation et l’appropriation de l’espace public par le peuple. Les manifestants avaient redoublé d’inventivité pour échapper aux pièges du régime de Moubarak. Mais cette fois-ci, ils sont peu nombreux. […] l’armée les attaque ouvertement […] Les militaires imposent au fil des jours une stratégie claire : ils reprennent le terrain aux manifestants. La géographie de cette occupation reste incertaine. Au Caire : tout peut changer en quelques heures et en quelques mètres. Un mur de blocs de ciment peut être construit du jour au lendemain. Le Point.fr vous propose une chronologie des événements marquants des quatre dernières semaines.

1. Le premier mur : 24-25 novembre

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Dans la révolution égyptienne, on connaissait les barrages des comités populaires et les barrages de chevaux de frise et de barbelés des militaires. Du 24 au 25 novembre, c’est carrément un mur que les militaires construisent sur la rue Mohammed Mahmoud. Une trentaine de blocs de béton bloquent le passage. La rue avait été le théâtre d’affrontements sanglants. Le mur sépare les belligérants. La manifestation grossit, puis s’éteint peu à peu. La place Tahrir est rendue à la circulation. Seule la rue du Parlement maintient un sit-in devant un pâté de maisons qui contient le Majlis el-Shab (l’Assemblée du peuple), le Majlis al-Choura (la Haute Assemblée) et le cabinet du Premier ministre honni par les manifestants, Kamal al-Ganzouri.

2. L’armée prend la rue du Parlement : nuit du 15 au 16 décembre

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Personne ne sait ce qui s’est exactement passé ce jour-là. Une bavure entre un ultra (membre d’un club de supporteurs de foot particulièrement remuants) ? Ou le CSFA (Conseil suprême des forces armées) qui veut reprendre la situation en main ? Quelle que soit la cause, la conséquence est implacable : l’armée occupe dans la nuit la rue du Parlement.

3. La bataille de l’avenue Qasr al-Eini : 16 décembre

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Les manifestants reculent dans l’avenue perpendiculaire à la rue du Parlement. Les affrontements sont sanglants : une dizaine de morts et une centaine de blessés chez les manifestants. Les autorités, composées de militaires, de baltaguias, de moukhabarats, apprennent désormais à se positionner en hauteur. Elles peuvent ainsi épuiser les manifestants sans être touchées. Pas un mort connu, pour l’instant, dans leur camp.

4. La stratégie se construit : 17 décembre

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Les autorités visent les femmes et les journalistes — et reprennent, méthodiquement, l’avenue Qasr al-Eini. Dans la journée, vers 15 heures, elles y construisent un mur sous les huées de la foule impuissante. La stratégie est rodée : dans la nuit, à partir de 4 heures du matin, au moment où la mobilisation est la plus faible, les militaires attaquent. Les manifestants courent, vont, reviennent, sont toujours aussi courageux. Mais pendant ces courses-poursuites, les équipes du génie s’affairent et prennent position, veillant toujours à mettre à disposition des autorités des bâtiments en hauteur — ce n’est pas ce qui manque dans le coin. Le 18 décembre, les manifestants reculent, encore. Toujours aussi courageux, ils concentrent leurs attaques sur la rue Sheikh Rihan. En vain : toujours en hauteur, les militaires et les baltaguias sont intouchables. Pris entre deux feux, l’Institut égyptien part en fumée. Dans la nuit, l’armée continue son manège sanglant : vers 4 heures, elle charge les manifestants qui se dispersent. Ils perdent encore du terrain.

5. L’occupation progresse : 19 décembre

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Un nouveau mur est construit rue Sheikh Rihan. Cette fois-ci, les manifestants sont vraiment à l’étroit. Coincés entre la place Tahrir toujours ouverte à la circulation et les murs qui s’édifient sans cesse devant eux, leur courage ne faiblit pas. Mais devant l’occupation méthodique et implacable des autorités, ils ne peuvent que reculer. Par-derrière, les militaires rendent l’avenue Qasr al-Eini aux voitures, mais contrôlent toujours la zone de très près.

Leur presse (Samuel Forey & Olivier Laffargue, LePoint.fr), 20 décembre 2011.

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Réédition de L’incendie millénariste

« La question de savoir si l’Âge d’Or a existé une fois, quelque part, est ici hors de propos. La question véritable étant plutôt que des hommes, depuis toujours, ont été fascinés par l’idée d’un temps et d’un monde où l’on vivrait en toute liberté, sans être assujetti au labeur et sans être séparé par le règne de l’argent et de la propriété privée. Ce rêve conserve aujourd’hui encore tout son sens. »

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Pour plus d’info (les points de diffusion, lire l’avant-propos ou télécharger le texte) voir le site http://basseintensite.internetdown.org/

Contact

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[Mons, Haute-Garonne] La statue de la Vierge vandalisée

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325256617.jpgCe lundi de Noël la statue de la vierge qui trônait à l’entrée du cimetière depuis des générations a été vandalisée. Renversée de son socle à 1.6 mètre de hauteur, la chute de cette statue en fonte a provoqué une casse importante peut-être irréparable. Cet acte délibéré est une atteinte inqualifiable à un symbole auquel est attaché le monde chrétien, la vierge Marie représentant pour eux la Mère, l’amour et la générosité.

Le maire a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Balma afin que les coupables soient démasqués. Il faut malheureusement rappeler qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé sur la commune et que, depuis des mois, ces actes gratuits de vandalisme s’accumulent particulièrement en fin de semaine ou en période de vacances.

Malheureusement Mons n’est pas une exception et les villages voisins sont aussi victimes du comportement de ceux qui croient stupidement s’affirmer en détruisant le bien commun.

Leur presse (La Dépêche), 30 décembre 2011.

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[Mort aux el-Assad !] La répression est sans limite

Ce que chantent les Syriens durant les manifestations contre Bachar Al-Assad

Toujours dans un souci de porter la voix des manifestants syriens hors des frontières syriennes, contre la volonté du régime des Assad de vouloir faire taire ces voix qui s’élèvent contre la dictature et l’oppression, nous proposons deux compilations de chants révolutionnaires syriens ; l’occasion d’entendre leurs messages, leurs aspirations, leurs motivations et leurs réponses aux mensonges du pouvoir en place.

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00:00 Chants à Hama
Plusieurs chants à Hama, appelant à la chute du régime de Bachar Al-Assad.

04:57 « Le cœur des soldats est mort »
Chant qui s’adresse aux membres de l’armée syrienne qui tire sur les manifestants pacifiques, en appelant à leur fierté et leur bravoure, et en leur rappelant qu’ils sont là pour protéger le peuple et non pas lui tirer dessus.

06:33 « À flots, les larmes coulent à flots »
Chant sur les martyrs de la Révolution syrienne, d’où qu’ils soient de Syrie. En même temps qu’ils pleurent la mort de leurs compatriotes, les manifestants affirment leur détermination à ne plus vouloir vivre sous l’humiliation, et à préférer la mort. À la fin du chant, les manifestants scandent : « On ne s’inclinera pas, vous n’avez qu’à ramener les chars et les mortiers !! »

10:40 « Votre silence nous tue »
Face à un régime sans foi ni loi, et qui n’hésite pas à envoyer l’armée contre la population, les Syriens jugent le silence (des pays occidentaux, des pays arabes, de la Turquie, des Syriens proches du régime) comme étant une complicité dans le massacre des civils qui a lieu.

12:35 « Que chute ce régime et que chute le parti Baath »
Appels à la chute du régime en place et du parti Baath, pour ses crimes et ses mensonges sur des réformes inexistantes.

17:05 « Tu as commencé président et tu finiras éboueur ! »
Les manifestants disent ne plus avoir peur des chars et des avions militaires du régime de Bachar Al-Assad, et qu’ils continueront à manifester, matin et soir pour mener à bien leur révolution pacifique.

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00:00 « Les jours de Bachar sont comptés »

01:10 « Ô Syrie bienfaisante ! Ton nom est cher à mon cœur »
Plusieurs villes syriennes sont passées en revue en faisant leur éloge pour dire l’amour des Syriens pour leur pays. La manifestation a eu lieu pendant une coupure d’électricité, mais ceci n’a pas empêché les manifestants de protester contre le régime en place.

04:11 « Ce brun à la peau foncée »
Chanson pour une victime du régime syrien, Ahmad Khalaf.

05:57 « Je sors manifester avec ma conscience entre mes mains, et si je te reviens maman martyr, ne pleure pas sur moi ! »
Un autre chant où les Syriens montrent leur détermination à mener leur révolution jusqu’au bout, même si pour eux, manifester équivaut à risquer leur vie. Ils en profitent pour répondre aux mensonges du régime sur les manifestants.

09:19 « Homs est un paradis ! »
Chant d’amour pour leur pays, et aussi pour la ville de Homs qu’ils considèrent être un paradis en dépit des massacres qui y ont lieu. Les manifestants cherchent ainsi à dire au régime qu’ils ne délaisseront pas leur révolution par amour pour Homs. Ils n’ont plus peur.

12:12 Devant les chars
Illustration parfaite de la chute du mur de la peur chez les Syriens, les manifestants sont partis en face de l’armée pour crier leurs slogans appelant à l’exécution de Bachar Al-Assad.

13:43 « Dégage Bachar et dis-lui : la mort plutôt que l’humiliation »

17:43 « Il n’a pas le droit »
Comment imaginer tout ce que ce régime est prêt à faire pour ne pas répondre aux aspirations du peuple syrien ?

19:10 « On va dégager Bachar à coup de pompes dans le cul »

20:39 « Décorez la place, car la place est à nous »
Les manifestants réclament leur droits légitimes face à un pouvoir qui a pris possession de la Syrie et de ses richesses.

22:36 « Envolé le Kadhafi, et ton tour est venu girafe ! »
Chant qui prévoit à Bachar, une fin similaire à celle de Kadhafi.

Syrian Facts, 29 décembre 2011.


Le Père Noël lui aussi manifeste à Homs

Dans le quartier de Wadi Al Arab à Homs, les opposants au régime syrien sont descendus dans la rue le jour de Noël pour réclamer le départ du président Bachar al-Assad. Mais cette fois, ils étaient accompagnés d’un invité spécial, le Père Noël.

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Sur les affiches présentées devant la caméra par l’un des manifestants, on peut lire : « Le Père Noël est entré à Wadi Al Arab avec le slogan “Joyeux Noël !”, il en est sorti avec celui de “La mort plutôt que l’humiliation”. Sans doute fait-il lui aussi partie de la conspiration universelle fomentée contre ce régime assassin. Le Père Noël veut la chute du régime ! »

Les manifestants n’hésitent pas à manier l’humour alors que se poursuit la répression sanglante du mouvement de contestation. (…)

Leur presse (Les Observateurs de France 24), 26 décembre 2011.


Le chef du CNS évoque une « répression sans limite » à Homs

Selon l’universitaire Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien, la principale plateforme de l’opposition au régime de Bachar Al-Assad, le bombardement de la ville d’Homs par les forces de sécurité syriennes a fait 28 morts, lundi 26 décembre. « Dans un hôpital où il n’y a que deux médecins en exercice, on a recensé 92 blessés », a déclaré M. Ghalioun dans une conférence de presse organisée à Paris. « Tous les quartiers populaires comme Baba Amr sont assiégés et coupés du monde. La répression est sans limite », a-t-il ajouté, précisant que celle-ci est dirigée par Assef Chawkat, le chef d’état-major adjoint et beau-frère du président syrien. (…)

Leur presse (Benjamin Barthe, LeMonde.fr), 29 décembre 2011.

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[Maroc] Manifestations de chômeurs

Maroc : Les diplômés chômeurs mettent la pression sur le PJD

Après le siège de l’Istiqlal, c’est celui du PJD qui devient la direction des diplômés chômeurs de Rabat. Ce mercredi, des centaines de manifestants ont convergé vers les locaux du parti de Benkirane pour faire entendre leur message au chef du gouvernement. Une manifestation qui s’ajoute à celles tenues ces derniers jours à Rabat et dans le Nord du royaume et dont certaines ont conduit à des accrochages avec les forces de l’ordre.

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Diplômés chômeurs manifestant devant le Parlement à Rabat (Archive)

« Le printemps arabe qui t’a porté au pouvoir nous a fait descendre dans la rue. » C’est le slogan scandé ce mercredi 28 décembre à Rabat par des centaines de manifestants à l’adresse du nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. Membres des différentes associations des diplômés chômeurs marocains, ces demandeurs d’emploi ont convergé dans la matinée vers le siège du Parti de la Justice et du Développement au quartier des Orangers pour, disent-ils, faire entendre leurs doléances au chef de file des islamistes. Les diplômés chômeurs exigent que le règlement de leur dossier figure parmi les priorités du chef du gouvernement.

Cette marche débutée au quartier Akkari s’est déroulée sans anicroches avec les forces de l’ordre, contrairement à celles tenues la veille dans la capitale et dans certaines villes du Nord du pays. En effet, ce mardi 27 décembre, les diplômés chômeurs ont renoué avec leurs actions radicales en occupant, pendant des heures, des édifices publics dans la capitale. Le Secrétariat Général du Gouvernement (SGG) a été l’une de ces administrations à recevoir les jeunes visiteurs. Pendant huit heures environ, les protestataires ont pris d’assaut les bâtiments de l’institution, allant même jusqu’à séquestrer des fonctionnaires exerçant sur les lieux.

Mohamed Soussi, directeur de l’Imprimerie officielle du royaume et plusieurs de ses collaborateurs ont ainsi été retenus pendant plusieurs heures, par un groupe des jeunes manifestants. « Une prise d’otage », rapporte l’Économiste, qui a nécessité l’intervention  des forces de l’ordre et une médiation du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).

Dans le Nord du pays, ce sont les sections locales des associations de diplômés chômeurs qui animent la partie. Mardi dernier, des accrochages ont opposé forces de sécurité et demandeurs d’emploi à Al Hoceima.  Des blessés ont été signalés lors de ce face-à-face qui avait pour théâtre la devanture du supermarché « Marjane » de la capitale du Rif. Les diplômés chômeurs exigent  leur insertion dans la fonction publique, conformément aux promesses des autorités.

Leur presse (Oumar Baldé, Yabiladi), 29 décembre 2011.

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Quand le château devient Mât Noir à Caen

Depuis une dizaine de jours, une vieille bâtisse du XIXe siècle de l’avenue de Creully à Caen, est occupée par des militants qui dénoncent la spéculation immobilière…

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Les Caennais connaissaient bien le squat du Pavillon Noir sur la Rive droite, dont les résidents avaient été expulsés à l’été 2010. Il existe désormais le Mât Noir, installé dans le « château » de l’avenue de Creully datant du XIXe siècle, comme l’appellent certains riverains. Depuis le 17 décembre dernier, une dizaine de personnes y réside. En journée, ils sont près d’une trentaine à fréquenter les lieux.

Activités politiques

« Notre présence a pour but de dénoncer la spéculation immobilière, les logements vides et de sensibiliser l’opinion publique au sujet de la conservation du patrimoine », présente un membre du collectif en charge des activités politiques du Mât Noir. Jour après jour, les animations s’y succèdent : nettoyage des lieux, restauration de certaines salles, débats, exposition, concerts… « Lors de la dernière soirée, nous avions installé un bar à prix libre, pour avoir un peu d’argent pour faire tourner le squat. »

L’aventure pourrait cependant tourner court. Une ordonnance d’expulsion immédiate du squat a été ordonnée le vendredi 23 décembre par le tribunal de grande instance de Caen. La congrégation religieuse Notre-Dame-de-la-Fidélité, propriétaire de ce bâtiment vide depuis plusieurs années, avait porté plainte trois jours plus tôt via son association l’Arbalète.

Devant la bâtisse, un voisin s’interrogeait à l’occasion d’une après-midi « portes ouvertes » sur le devenir de cette vieille bâtisse bourgeoise : « Avec beaucoup d’habitants du quartier, nous sommes contre la disparition de ce bâtiment qui a échappé aux bombardements. » De leur côté, les sœurs désirent vendre au plus vite leur bien au collège Saint-Joseph qui souhaite toujours y faire construire un gymnase et revendre la partie inutilisée.

Leur presse (Tendance Ouest), 29 décembre 2011.

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[Hainaut] Des centaines de locataires privés de télévision suite à d’étranges actes de vandalisme

Depuis le week-end dernier, plusieurs centaines de locataires de GHI, dans sept villes du Valenciennois, ont été privés de télévision suite à des actes de vandalisme vraisemblablement commis dans la soirée du 24 décembre.

Le bailleur social, qui a porté plainte, indique que des techniciens travaillent sur place depuis ce jour et que la situation est désormais quasiment rétablie. Ce jeudi 29 pour exemple, 130 foyers étaient encore sans télévision à Douchy-les-Mines (sur 330 victimes rien que sur cette commune). Les villes qui ont été touchées sont : Raismes, Saint-Saulve, Trith, Marly, Beuvrages, Douchy et Quiévrechain. Il semble que les vandales étaient bien informés et surtout étrangement organisés…

Leur presse (Julien Damien, L’Observateur du Valenciennois), 29 décembre 2011.

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[Sarkozy dégage !] Metz, dimanche 1er janvier 2012

Le 1er Janvier, pas de trêve des confiseurs : Sarko casse-toi !

Destruction du système de retraites par répartition, casse de la sécurité sociale, suppressions de postes massives dans les services publics, chômage de masse, flexibilité de l’emploi, expulsions de sans-papiers, répression du mouvement social, réformes sécuritaires et racisme d’État, exonérations de cotisations patronales… C’est bien cela le bilan de Sarkozy et de ses gouvernements !

Alors que les classes populaires subissent de plein fouet les plans d’austérité, celui-là continue à piller nos richesses pour en faire cadeau au patronat et se déplacera à Metz, ce dimanche 1er janvier, pour nous faire part de ses vœux pour la nation ! Qui plus est, Sarko profitera de son déplacement en Moselle pour féliciter les fonctionnaires qui auront travaillé la nuit du nouvel an ! Nous ne pouvons tolérer cet affront : quelle hypocrisie lorsque l’on sait que c’est ce même président qui détruit les services publics au nom du capitalisme et de ses profits !

Nos vœux à nous sont clairs et nous comptons bien les lui faire entendre : nous en avons assez des classes dirigeantes qui nous exploitent, assez de la précarité, assez de payer une crise économique dont seuls les dirigeants sont responsables : une crise économique qui leur sert de prétexte pour faire payer les peuples, encore et encore… Nous voulons une autre répartition des richesses, une autre organisation du travail, plus juste, plus équitable : parce que nous sommes les travailleurs et les travailleuses, parce que c’est bien nous qui produisons les richesses et les services, c’est à nous de décider !

Nous avons assez du capitalisme et des mensonges des classes dominantes dont le seul but est d’accéder au pouvoir pour nous saigner un peu plus tous les jours ! Ni Hollande, ni Sarko, encore moins les fachos ! La seule solution, c’est la révolution !

C’est pourquoi la CNT encourage tous les travailleurs et travailleuses à s’organiser à la base, sur leurs lieux de travail comme en dehors, à entretenir des liens de solidarité populaire, et à défendre eux-mêmes leurs intérêts, sans aucune délégation de leur pouvoir, afin de construire une société égalitaire et sans rapports de classes !

En ce sens la Confédération Nationale du Travail appelle toutes et tous à participer à l’assemblée populaire qui aura lieu Dimanche 1er Janvier place des Charrons, à Metz, à 15h00. Puis, dès 16h00, tous ensemble, nous marcherons pour dire aux dirigeants de l’État et à Sarkozy… que nous ne nous contenterons pas des miettes !

Union Régionale CNT Lorraine

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[Xinjiang] Exactions terroristes de l’État chinois à Pishan

Chine : la police abat sept « terroristes » preneurs d’otages au Xinjiang

La police a abattu sept preneurs d’otages appartenant à un « groupe terroriste » au Xinjiang, région instable du nord-ouest de la Chine à population musulmane, lors d’une opération qui a permis de libérer les deux otages, a annoncé le gouvernement régional.

Un policier a été tué et quatre « suspects » ont été blessés et arrêtés lors de cette opération survenue mercredi soir après qu’un « groupe terroriste violent » a pris en otages deux personnes dans le comté de Pishan, dans le sud de la région, ont précisé les autorités du Xinjiang sur leur compte de microblog.

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Cette région, frontalière de huit pays aux confins de l’Asie centrale, compte une large population musulmane et Pékin y est aux prises depuis des années avec une insurrection larvée et des violences sporadiques.

Les autorités chinoises, qui maintiennent une très forte présence policière au Xinjiang, accusent les « trois forces » de « l’extrémisme, du séparatisme et du terrorisme » de tenter de déstabiliser la région.

Les spécialistes étrangers du terrorisme jugent toutefois improbable l’existence de cellules terroristes organisées dans la région reculée du Xinjiang. La principale minorité ethnique du Xinjiang, ses près de neuf millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, se plaint d’être exclue du développement de la Région autonomome riches en ressources naturelles et d’être victime d’une discrimination religieuse et culturelle.

On ignore si les preneurs d’otages de Pishan, situé à 1.800 km au sud-ouest de la capitale régionale Urumqi, aux portes du désert du Takla-Makan, étaient d’ethnie ouïghoure.

Mais Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour qui regroupe des exilés, a fait état d’une confrontation entre des Ouïghours et la police locale qui serait due au mécontentement face à la répression de cette minorité ethnique. « C’était une forme de protestation, parce qu’ils (les Ouïghours) n’ont aucun autre moyen d’exprimer leur mécontentement », a-t-il dit, contacté par l’AFP en Suède. Il a ajouté que le gouvernement régional avait récemment lancé une nouvelle campagne de répression qui s’était soldée par la disparition de plusieurs personnes. « Elles ont été emmenées par les forces armées, qui ont refusé de dire où elles se trouvaient », a-t-il dit, évoquant aussi de nouvelles « restrictions des activités religieuses » pour ces musulmans qui pratiquent une forme modérée d’islam.

Contactée par l’AFP, la police de Pishan a refusé de faire des commentaires tandis que le gouvernement régional n’était pas joignable. Il s’agit des premiers troubles connus au Xinjiang depuis une série d’attaques contre un commissariat, un marché de rue et un restaurant qui avaient fait au moins une vingtaine de morts en juillet dernier à Hotan et Kashgar.

Leur presse (Agence Faut Payer), 29 décembre 2011.

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[Marseille] La Plaine sous surveillance

NOTRE QUARTIER…

Elle est raide la pente pour monter à la Plaine et pourtant, tous les jours, on trouve une bonne raison de gravir la colline. Les mardis, jeudis et surtout samedis, le marché et son ambiance est une de ces bonnes raisons. Des fruits, des légumes, du poisson, des spécialités… Pas de problème ! Des fringues en tout genre, de tous styles et à tout prix… Toujours pas de problème ! Une fois le sac bien rempli, on bavarde autour d’un verre et d’une kémia avec les collègues croisés dans un des cafés qui bordent la place. Et en soirée ou à la fin de la semaine, on prend le temps de s’attabler pour partager un plat, une bonne tchatche ou un peu de musique, histoire de faire durer le moment qui nous sépare encore du matin ou du lundi suivant… OK, c’est pas le paradis, mais c’est ce qui nous maintient aussi en vie !

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LEUR QUARTIER…

Tout ça, les policiers nationaux comme municipaux, les associations de boutiquiers grincheux et de voisins aigris, les promoteurs en Plus belle la vie si elle est chère n’en veulent plus.

LEURS PROBLÈMES

La vie de quartier, la convivialité ? Un facteur d’insécurité avec sa racaille à l’agachon, ses pauvres qui tendent agressivement la main, ses jeunes qui mettent le souk sous les fenêtres. Le marché ? Une source de nuisances avec ses cartons qui s’empilent, ses sacs plastique qui volent, ses véhicules qui bloquent la rue, ses « pas-de-chez-nous » qui se croient chez eux… La vie nocturne ? Avec ses concerts, ses fêtes et ses après-matches qui débordent des trottoirs et des horaires autorisés : une culture qui ne rentre pas dans le cadre officiel du projet 2013…

LEUR SOLUTION ? TUER LE QUARTIER !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325152128.jpgUn espace public vidéosurveillé et contrôlé à chaque instant, un marché normalisé, une carte postale provençale pour touristes et bourgeois. Un parc à thème aseptisé pour le seul profit des spéculateurs immobiliers et des boites spécialisées en camelote sécuritaire. Bientôt, à chaque pas, sur chaque terrasse, dans chaque appartement situé au premier ou au deuxième étage, la méchante sensation d’être espionné. Au final, augmentation vertigineuse de la taxe d’habitation pour financer les déploiements policiers et les caméras — un budget de 6 millions à l’installation, 2 millions par an de fonctionnement, voté à huis-clôs. Sans aucun autre effet que de confisquer l’espace public et de mettre la pression — arrahhh ! — pour les bars, les locaux associatifs et les salles de concerts, ce sont provocations et interventions musclées de la BAC avant que ne tombe la fermeture administrative. Pour ceux qui sirotent une canette dans la rue, interpellations et amendes. Quant aux mendiants, un arrêté municipal les transforme en autant de dangereux délinquants.

VIVE LE LIBRE MARCHÉ !

Depuis le parachutage du nouveau préfet, la présence policière sur le marché de la Plaine (tout comme à Noailles ou autour du marché du Soleil et des Puces), s’est faite écrasante. Des brochettes de CRS arpentent les allées en roulant des mécaniques, le flingue sur la cuisse, façon bataille d’Alger. Contre qui sont-ils en guerre ? Dissimule-t-on des kalashnikovs en pièces détachées sous les tas de fringues à un euro ? Leur Vigipirate électoraliste en vue de mai 2012 vise-t-il vraiment les arracheurs de chaînes en or ou les pickpockets ? Terroriser les voyous, c’est faire fuir les joueurs de bonneteau et la vieille vendeuse de citrons ? Les raids policiers en coordination avec les douanes, la PAF et les services de l’Urssaf, c’est pour assurer la liberté de marché ? La vérité, c’est que le marché attire du monde et que ça dérange. On vient de loin pour s’y réchauffer en jouant des coudes et en y faisant de bonnes affaires. Beaucoup de familles modestes auraient du mal à se vêtir et à se nourrir si ce joyeux bazar disparaissait. Sans compter les vendeurs qui resteraient sur la carreau dans une ville où le boulot s’invente plus qu’il ne se cherche. C’est cette réalité-là, trop populeuse, que les autorités cherchent à criminaliser…

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QUEL QUARTIER ?

Pour justifier leur petite cuisine sécuritaire, la mairie et la pref’ s’appuient sur la peur et l’amertume d’une minorité de riverains. Réfugiés dans les CIQ ou autres associations de frustrés, ils réclament plus de flics et moins de vie sociale, moins de bruit, moins d’odeurs, comme si le but de l’existence était de vivre dans un cimetière. Les journaux et les autorités prêtent une oreille complaisante à leurs râleries, qui servent de relais et d’alibi aux politiques décidées en haut lieu.

La Plaine sans frontières… Les laisserons-nous parler en notre nom alors qu’ils agissent ouvertement contre nous ? Il est temps de montrer publiquement que nous sommes fiers de ce quartier. Ce à quoi ils s’attaquent, c’est précisément ce qui nous le rend agréable à vivre. Il faudra leur dire haut et fort que nous sommes une majorité à vouloir habiter une ville ouverte et populaire. Bien sûr, on pourrait attendre que les caméras pourrissent sur pied et que les patrouilles fatiguent. Mais on peut aussi dire non. Et, histoire de s’amuser un peu, occuper encore et toujours la place publique. Profiter des jours de beau temps pour se retrouver dans des concerts de rue, des charivaris, des balétis, des boules et du ballon, des repas de quartier, des projections en plein air, un carnaval plus turbulent que jamais…

À nous de jouer !

Des habitants

Le réveil du peuple « L’état d’esprit est une raison d’être, un art pour avancer, une culture à respecter. C’est une richesse capable de décupler les forces, d’aller au-delà de ses limites, quel que soit l’adversaire. C’est être contestataire, rebelle pour refuser l’ordre établi et affirmer les valeurs de la plus vieille ville de France, une dame respectable tant son histoire sera à jamais inégalée. C’est une raison sociale, une arrogance, une loyauté. C’est appartenir à un peuple, uni et solidaire à la vie à la mort. Voilà pourquoi le peuple s’est réveillé. Qu’il ne se rendorme plus… » — Thierry Curatelle, après la victoire sur le PSG, dans La Provence du 28 novembre 2011.

Tract trouvé dans les rues de Marseille lors d’un charivari masqué, samedi 17 décembre 2011.

Indymedia Paris, 18 décembre 2011.

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[Brésil] Des Indiens défendent leur territoire en face du stade du Maracana

À quelques dizaines de mètres du stade du Maracana, où sera jouée la finale du Mondial de football de 2014, des dizaines d’indiens occupent un immeuble en ruines que les autorités de Rio veulent transformer en centre commercial et luttent contre une éventuelle expulsion.

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Indiens guajajaras, pataxos, tukanos, fulni-o et apurinas, entre autres ethnies, vivent depuis 2006 dans des cabanes en terre autour de l’édifice délabré qui abritait l’ex-Musée de l’Indien, à 100 mètres du Maracana. Le stade subit une rénovation complète pour accueillir la finale de la Coupe du monde.

La ville de Rio veut transformer ce lieu symbolique en centre commercial ou en annexe du secrétariat aux Sports, alors que les indiens demandent qu’il soit aménagé pour être le siège de la première Faculté indigène de Rio de Janeiro où seraient étudiés les savoirs ancestraux, l’histoire et la culture des indiens.

Dans ce lieu, baptisé « Village Maracana », les indiens cultivent légumes et fruits dans un petit jardin et cuisinent sur un four à bois. Ce « village » accueille de façon permanente ou temporaire des indiens de tout le Brésil venus à Rio pour travailler, étudier ou recevoir des soins médicaux.

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« Nous avons toujours été exclus et quand on se souvient de nous, c’est toujours au passé, quand on parle de l’arrivée des Portugais ou de la colonisation. Mais aujourd’hui ? Nous sommes là, nous sommes vivants et nous allons résister », assure Carlos, le cacique qui dirige l’occupation, de la tribu amazonienne tukano.

« Nous craignons que notre peuple soit écarté de ce grand événement », dit Dava, de la tribu puri (centre du Brésil), en référence au Mondial de football. « Nous avons peur d’être expulsés. Nous savons que cela peut arriver. »

Dans le « village Maracana », les indiens organisent des événements comme des lectures publiques, des peintures corporelles, des danses, des plats typiques et des cours de langue guarani-tupi.

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Les indiens ont créé également un site web pour faire connaître leurs projets et espèrent lancer en 2012 une télévision en ligne.

« Nous voulons montrer aux Brésiliens que les indiens ne sont pas tous identiques, qu’il existe une énorme diversité culturelle et ethnique qui a besoin d’être valorisée et protégée », souligne Afonso, de la tribu apurina.

Quelque 800.000 indiens (0,4% de la population) subsistent au Brésil, selon les chiffres officiels.

Le premier propriétaire du terrain, le duc de Saxe, a donné en 1865 le terrain pour y construire un centre de recherches sur les indiens. L’immeuble a abrité en 1953 le premier Musée de l’indien mais, à partir de 1977, quand le musée a été transféré dans le quartier de Botafogo, l’immeuble est tombé à l’abandon et a échu au ministère de l’Agriculture.

En 2010, le gouvernement de l’État de Rio a informé Afonso qu’il existait un projet pour démolir l’immeuble et construire des boutiques de sport et que, au mieux, certaines seraient cédées aux indiens pour y vendre de l’artisanat.

Autre option, l’immeuble serait acheté par le secrétariat aux Sports de l’État.

La mairie de Rio n’a pas répondu aux questions de l’AFP. Le gouvernement de l’État s’est contenté d’indiquer être en négociations avec le ministère de l’Agriculture pour l’achat du terrain.

Plus de 2.000 personnes ont été délogées au Brésil en raison de travaux liés au Mondial de 2014 et aux jeux Olympiques de 2016, selon des ONG.

« Nous sommes venus ici pour résister. Nous vivons une guerre verbale, physique, morale (…) Le guerrier ne doit pas avoir peur », dit Arassari, de la tribu pataxo, alors qu’il se peint le visage et revêt une jupe de paille, un grand collier de graines rouges et une coiffure flamboyante de plumes rouges et jaunes.

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 décembre 2011.

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[Bastia] Local de rétention incendié, commissariat évacué

Six mois de prison pour le feu au commissariat de Bastia

Jeudi dernier, peu avant 9 heures, un incendie s’était déclaré au commissariat de Bastia, provoquant l’évacuation de tout le bâtiment et causant des dégâts à l’intérieur de celui-ci. Sans parler de la dizaine de personnes fortement incommodées par l’épaisse fumée qui s’était dégagée du local de rétention administrative. Et ce, malgré la diligence des fonctionnaires de police présents sur place, et qui étaient intervenus avant l’arrivée rapide des services de secours et d’incendie.

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À l’origine de cet incident peu banal : le feu mis à son matelas par une personne en situation irrégulière et placée en ce lieu dans l’attente de son expulsion du territoire national, conformément à la mesure le visant après des délits commis à Ajaccio (conduite sans permis, refus d’obtempérer, détention d’arme de 6e catégorie).

« J’ai voulu en finir avec cette vie… »

Un homme de 25 ans et de nationalité tunisienne qui, dans le cadre d’une comparution immédiate, avait donc à répondre hier devant le tribunal correctionnel de Bastia des faits de « dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes » ainsi que de « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ». Laquelle a entraîné des blessures involontaires à huit personnes [Trois des personnes intoxiquées, ainsi que l’État (via la direction départementale de la sécurité publique) se sont constitué parties civiles. Leurs intérêts seront examinés lors de l’audience du 15 février.] avec incapacité de travail n’excédant pas trois mois.

Questionné par le président Olivier Schweitzer sur les raisons qui avaient motivé cet acte, Atef Sediri a affirmé avoir voulu se donner la mort, car il ne supportait plus le stress lié à sa clandestinité et à sa situation de précarité. Outre son geste incendiaire, il avait d’ailleurs tenté, dans la foulée, de se taillader les veines avec un fragment de lame de rasoir. Peu convaincue sur la sincérité de cette tentative de suicide, la représentante du ministère public a plutôt considéré que « Satif Sediri préférait la détention en France à la liberté dans son pays. Parce que le retour est un échec, surtout dans ces conditions… » Retenant la mise en danger de la vie d’autrui (les fonctionnaires de police, une autre personne en garde à vue et les sauveteurs), Julie Colin a néanmoins requis contre lui une peine d’emprisonnement de huit mois.

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Prison ferme = sursis à expulsion

Insistant sur la souffrance bien réelle de son client, Me Jean-Michel Albertini a plaidé « le geste d’extrême désespoir qui fait préférer la mort à cet échec qu’a justement évoqué Mme le procureur, et annihile la notion de danger que l’on fait courir aux autres… »

Après moins de dix minutes de délibéré, le tribunal a infligé à Atef Sediri une peine d’emprisonnement de six mois ferme. Paradoxalement, l’accusé pouvait voir dans cette condamnation un… sursis à son expulsion. Une forme de répit. Une affaire qui, par-delà cette sanction, pose quand même certaines questions sur la sécurité au commissariat de Bastia, en ce sens que l’alarme incendie ne s’est pas déclenchée tandis que le système de vidéosurveillance est quant à lui en panne depuis… cet été.

Sans compter que l’accusé n’aurait — à ses dires — pas été fouillé avant son placement en local de détention administrative, comme tend à le confirmer l’usage qu’il a pu faire de son briquet et d’une lame de rasoir.

Leur presse (Corse-Matin), 28 décembre 2011.


Incendie au commissariat de Bastia : douze personnes incommodées

Un feu s’est déclaré dans le local de rétention où se trouvait un étranger en situation irrégulière qui, intoxiqué par la fumée, est toujours hospitalisé. Parmi les onze autres personnes, figuraient dix policiers.

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Vive émotion jeudi matin à l’hôtel de police de Bastia où peu avant 9 heures, un incendie s’est déclaré dans le local de rétention administrative situé au deuxième étage de l’aile nord du bâtiment.

Une épaisse fumée, provoquée semble-t-il par la combustion d’un matelas, s’est ensuite propagée à travers l’étage.

Un policier, affecté à ce service, s’est aussitôt porté au secours de l’étranger en situation irrégulière sur le territoire qui se trouvait dans ce local ; il a été vite rejoint par un autre fonctionnaire de garde au poste de police qui venait de voir sur un écran vidéo ce qui se passait. Puis, l’alerte ayant été donnée, d’autres policiers dont le directeur départemental de la Sécurité publique de la Haute-Corse, le commissaire divisionnaire Jean Dal Colletto, se sont rendus sur place.

En parallèle, ordre a été donné d’évacuer le commissariat.

Une seule personne toujours hospitalisée

Le Codis de Haute-Corse a enclenché la « générale ville » du centre de secours principal de Bastia et mobilisé également trois ambulances supplémentaires, deux de la caserne Bastia et une de celle de Sisco. Un important dispositif complété par l’engagement sur zone du médecin-chef du Sdis, le lieutenant-colonel Daniel di Giambattista, et d’une équipe médicale du Samu 2B.

Les secouristes ont pris en charge douze personnes qui avaient inhalé, à plus ou moins forte dose, de la fumée dont une qui, sévèrement intoxiquée, était inconsciente. Parmi elles, figurait l’homme qui se trouvait dans le local de rétention, une personne placée non loin de là en garde à vue et dix fonctionnaires de police qui travaillaient à l’étage ainsi que ceux qui se sont portés au secours de l’étranger. Ce sont ces derniers d’ailleurs qui ont été le plus incommodés par la fumée car « notre premier réflexe, dans cette situation d’urgence, a été de venir en aide à la personne qui se trouvait dans le local de rétention », raconte le commissaire Dal Colletto.

Une « action courageuse » saluée par le délégué départemental pour la Haute-Corse du syndicat Unité SGP-Police Force ouvrière, Cyril Bianchi. Le maire de Bastia, Émile Zuccarelli, et le directeur général des services de la ville, Antoine Scofoni, se sont rendus sur les lieux pour apporter leur soutien au personnel de l’hôtel de police.

Toutes les personnes intoxiquées ou incommodées, sauf une, ont été transportées au centre hospitalier général où dans la majorité des cas, elles ont été placées sous assistance respiratoire pendant plusieurs heures. Elles ont pu quitter Falconaja dans l’après-midi à l’exception de l’étranger qui, même si son état de santé s’est amélioré, y est toujours hospitalisé.

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Un local de rétention inutilisable

Si les flammes ont causé peu de dégâts — le feu ayant été vite circonscrit par les pompiers —, ce n’est pas le cas de la fumée. Le local de rétention, point de départ de l’incendie, est une « pièce de 20 mètres carrés hermétique qui, fortement enfumée, était difficile d’accès », souligne le commandant Jean-Paul Bastiani, adjoint du chef du groupement des sapeurs-pompiers de Bastia : « Nous avons été obligés d’enlever une baie vitrée renforcée et de mettre en place un ventilateur afin de pouvoir évacuer la fumée. »

Une opération de désenfumage qui a duré environ une heure et a été suivie de près par le lieutenant-colonel Jean-Luc Beccari, directeur adjoint du Sdis 2B.

Ce local de rétention est, pour l’instant, inutilisable.

L’enquête de flagrance confiée par le procureur de la République à la direction de la Sécurité publique va s’efforcer de déterminer l’origine du sinistre qui, à l’heure actuelle, n’est « pas encore clairement établie » a indiqué le secrétaire général de la préfecture de la Haute-Corse, Laurent Gandra-Moreno, qui était présent hier matin sur les lieux. Une enquête administrative pourrait également être ordonnée. L’enquête « ne faisant que commencer », les autorités se sont refusées à tout commentaire.

Cependant, l’hypothèse la plus probable est que le feu pourrait avoir été mis volontairement par l’occupant du local de rétention, un ressortissant nord-africain qui, sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière, devait embarquer hier à bord d’un avion en partance pour le Continent.

Il pourrait ainsi avoir tenté de mettre fin à ses jours car, ne voulant pas quitter sa chambre enfumée, il a opposé de la résistance aux policiers alors que ceux-ci venaient le secourir.

Si c’est avéré, l’enquête devra alors dire de quelle manière cet homme a pu se procurer un briquet ou des allumettes.

En effet, si le régime de surveillance est moins strict que dans le cas d’une garde à vue, toute personne placée en rétention administrative est toutefois démunie de tout objet susceptible d’être dangereux pour elle-même ou autrui.

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L’alarme incendie n’a pas fonctionné

Le syndicat Unité SGP-Police FO s’est ému de cet événement qui risque de poser selon lui des problèmes de fonctionnement. « Les policiers du commissariat de Bastia travaillent à flux très tendus, déplore Cyril Bianchi. Lorsque survient un accident qui sort de l’ordinaire comme celui-ci, cela peut entraîner des difficultés dans l’organisation du travail le temps que les personnels se rétablissent. »

Ce syndicat pointe également du doigt la défaillance de l’alarme anti-incendie qui « ne s’est pas déclenchée » hier matin. Ce problème n’est pourtant pas nouveau. « Nous avions signalé ce dysfonctionnement début décembre lors de la réunion du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, précise son délégué départemental, Mais malgré cela, l’Administration n’a pas fait ce qu’il fallait. »

Leur presse (Corse-Matin), 23 décembre 2011.

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Vive la belle à Bologne !

Bologne – CIE : deux fugues en quatre jours

22 décembre 2011 – Il avait déjà tenté de s’échapper vendredi, en faisant face à deux policiers qui le surveillaient. Hier après-midi il a réussi, avec l’aide d’un groupe de 5-6 amis dont quelques femmes, à échapper à la vigilance des flics et a pu s’évader. Le protagoniste de l’évasion est un Tunisien de 28 ans, retenu au CIE [Centre d’Identification et Expulsion]. Le jeune d’Afrique du Nord a avalé une lame de rasoir et a été hospitalisé à St-Orsola, escorté par des policiers. La nuit dernière, profitant du moment des visites, certains de ses amis se sont présentéEs avec l’excuse de lui dire bonjour.

En fait, leur objectif était de le faire évader : ils ont attaqué les deux gardiens, afin de permettre au Tunisien de prendre la fuite. Les policiers se sont débattus et ont essayé de le poursuivre jusqu’en bas des escaliers, mais l’avantage du fugitif lui a permis de disparaître sans laisser de trace. Ils se sont tou.te.s échappé.e.s, même les amis qui l’ont aidé.e.s. L’épisode a été relaté au procureur Enrico Cieri. Une enquête va être menée pour retrouver le Tunisien et identifier ses complices. Les deux agents ont été rapidement  secourus pour des blessures subies durant la bagarre.

Le même Nord-Africain avait causé les mêmes désordres vendredi dernier. Peu avant minuit, il demanda à être accompagné à la salle de bain. Il portait un objet que les gardiens lui ont demandé de montrer puis il se trancha le bras droit en s’en prenant physiquement à eux, tout en se dirigeant vers la porte. Intercepté et arrêté pour dommages, blessures et résistance à un officier public, il a ensuite accepté de subir une chirurgie pour enlever la lame. Pour cela il avait été ensuite placé à l’hôpital.

25 décembre 2011 – Énième révolte au CIE rue Mattei. Vers 2h les migrants du centre ont commencé à protester et à jeter toutes sortes d’objets sur la police.

La police et l’armée sont intervenues pour rétablir le calme. Finalement, la situation est revenue à la normale, mais durant les violents affrontements, un Tunisien de 29 ans a réussi à escalader la clôture et à s’évader.

Traduit de l’italien (Informa-Azione) par Le Chat Noir Émeutier, 27 décembre 2011.

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[Chine] Grève des ouvriers de LG Group à Nanjing

En Chine, des milliers d’ouvriers se mettent en grève dans une usine

Des milliers d’employés d’une usine détenue par un groupe sud-coréen ont entamé une grève lundi 26 décembre à Nanjing, dans l’est de la Chine, a annoncé l’ONG China Labour Watch. Le pays enregistre depuis quelques semaines plusieurs mouvements de mécontentement des travailleurs.

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La Chine enregistre depuis quelques semaines plusieurs mouvements de mécontentement de travailleurs. Ici, un millier d'employés de la firme Hi-P International ont fait grève début décembre à Shanghaï.

Quelque 8000 employés de cette usine, détenue par le conglomérat sud-coréen LG Group, à Nanjing, ont cessé le travail, affirmant que les salariés sud-coréens du site avaient reçu des primes de fin d’année supérieures aux leurs, a rapporté l’organisation China Labour Watch, située à New York.

FAIBLES SALAIRES ET MAUVAISES CONDITIONS DE TRAVAIL

Des dizaines de milliers d’ouvriers chinois ont observé des mouvements de grève depuis novembre pour protester contre le faible niveau des salaires, voire les diminutions de salaire, et les mauvaises conditions de travail, causées par les réductions de dépenses des entreprises en raison du ralentissement économique dans le monde.

Le mouvement à l’usine LG a démarré lundi et est pour le moment pacifique, a indiqué l’ONG dans un communiqué. Des employés ont cependant renversé des meubles dans la cantine de l’usine. Une vidéo, postée sur Internet par un des ouvriers et mentionnée dans le communiqué de China Labour Watch, montre des travailleurs qualifiant d’« inutile » le syndicat, lors d’une réunion avec un médiateur mandaté par les autorités.

Le Parti communiste chinois redoute la formation de syndicats indépendants, qui pourraient menacer son emprise, et n’autorise donc qu’un seul syndicat, lié au gouvernement et doté de représentations locales.

CONFLITS DANS LE GUANGDONG ET À SHANGAÏ

Les grèves de ces dernières semaines se sont déroulées majoritairement dans la province du Guangdong (sud), un des centres manufacturiers de la Chine. C’est aussi dans cette province qu’ont éclaté plusieurs conflits sociaux, dont une manifestation contre une centrale thermique polluante qui a mal tourné à Haimen, et une « révolte » ouverte des villageois de Wukan.

Mais la grande ville des affaires, Shanghaï, a également connu plusieurs mouvements de mécontentement. Des centaines d’employés d’une usine à Shanghaï, détenue par le groupe électronique de Singapour Hi-P International, ont cessé le travail à la fin de novembre pour protester contre les modalités de délocalisation de leur site.

Les activistes soulignent que les autorités chinoises sont en général plus enclines à écouter les doléances des employés d’usines détenues par des groupes étrangers que celles émanant d’ouvriers de sites aux mains de groupes chinois.

Leur presse (LeMonde.fr), 28 décembre 2011.

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Valognes, et après…

Impressions générales

Gardons-nous de voir dans ce qui s’est passé à Valognes fin novembre une forme décisive et définitive que prendrait un toujours improbable mouvement antinucléaire en France. Constatons simplement, modestement et de manière réaliste, que quelque chose s’y est potentiellement ouvert et que c’est d’ailleurs le pari que nous avions fait.

Mais admettons sincèrement que les formes prises par cette initiative posent, en effet, des orientations privilégiées qu’il convient de questionner dès maintenant au risque qu’elles ne s’imposent à nous sans que nous les ayons choisies, dans l’euphorie du moment. Une euphorie certes bien légitime, mais venant essentiellement d’une réussite organisationnelle qui ne peut constituer une base suffisante pour poser une critique du monde nucléarisé et qui ne doit pas masquer les manquements de cette initiative (gardons-nous pour le moment d’imputer ces manquements à tel ou tel « courant », puisqu’ils proviennent avant tout du fait de ce pari de travailler collectivement en tension avec les divergences évidentes qui habitent la nébuleuse antinucléaire en France, et en ayant laissé ces divergences au second plan dans un premier temps).

Pour le dire autrement, le pari était d’ouvrir un espace de discussions et d’initiatives communes à partir d’un point d’accord minimal : face à l’ambiance « citoyenne » [Voir pour les analyses à ce sujet les ouvrages de l’Encyclopédie des nuisances, et notamment : R. RIESEL et J. SEMPRUN, « Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable ».] qui pollue nos contrées depuis des années, une forme de déférence (de passion même) à l’égard de l’Etat s’est installée tranquillement en évacuant toute colère et toute possibilité d’engager un conflit réel avec lui, et en laissant place aux « aménageurs de la survie administrée » [Ibid.]. Que cette ambiance-là ait été perturbée à Valognes ne signifie pas grand-chose en soi. Et le plaisir ressenti quand on apprend deux jours après Valognes que, de manière assez improbable, le paysan dans la cour duquel le fourgon de ravitaillement des flics a cramé a partagé le même plaisir que nous, faisant référence à l’histoire des luttes agricoles (les fameux « gestes » de la FNSEA…), doit nous rappeler que ces formes-là n’assurent en rien la forme et le contenu des suites. Ne boudons pas notre plaisir mais sachons prendre un peu de recul.

Ce que nous avons réussi

Sans se préoccuper de la mauvaise blague qui prétend qu’en matière de blocage, tout ce que, in fine, nous aurions réussi à faire, compte tenu des craintes d’Areva et de l’anticipation d’une journée du départ du train, c’est de l’avoir fait partir 22 heures avant l’heure initialement prévue, ramenons tout de même l’intention affichée du blocage à ce dont nous nous sentions capables, à savoir perturber le train-train quotidien de l’industrie nucléaire. Pour le coup, il n’était pas évident d’y parvenir aussi efficacement pour une première depuis bien longtemps par chez nous.

Avant même le matin du rassemblement, nous pouvions mesurer une certaine réussite compte tenu des craintes d’Areva et de l’État français, identifiables à la fois par ce départ anticipé du train et par une mobilisation policière qui, si elle s’est en partie ridiculisée par son inefficacité matinale, a surtout rappelé le vrai visage d’une société nucléarisée, nécessairement adossée à un État policier dont l’autoritarisme n’a d’égale que son arrogance liberticide.

Nous savons désormais que 800 personnes déterminées et organisées sous un mode horizontal, faisant preuve d’un peu d’intelligence collective, ont pu déjouer momentanément un dispositif policier massif (3.000 flics le long des voies en France et au moins 500 aux abords de Valognes) ce qui leur a permis d’accéder aux voies en y perpétrant quelques dégradations (déballastage grossier, rail tordu à un endroit, signalisation électrique hors service pour quelques jours…). La stratégie de l’étalement le long des voies a également permis un harcèlement de plusieurs heures. Ne négligeons pas le plaisir d’avoir mis le feu au fourgon de ravitaillement de la flicaille qui, comme beaucoup d’Allemands et d’Américains avant lui, s’est piteusement égaré en plein milieu du labyrinthique bocage cotentinois, à l’endroit même où nous ruminions notre première reculade. Mais là encore regardons lucidement la tension qu’a pu produire cette escarmouche sur le moment. Il est évident que tout le monde n’était pas prêt à vivre sereinement cet acte et qu’il a contribué à affaiblir la complicité installée toute la matinée et de ce fait à compromettre les suites du harcèlement des voies ferrées.

Nous savons que ces complicités de circonstances sont fragiles et nécessitent une attention de chacun à tout instant si on veut conserver une certaine unité, condition de notre force dans ces situations. Mais l’expérience du mercredi laisse toutefois présager de nouvelles opportunités de ce type, sans négliger le « retour d’expérience » policier mais sans négliger non plus nos nouvelles passions « géographiques » et la possibilité d’être rejoints par d’autres, et ce d’autant plus que cette journée est loin d’avoir effrayé les participants et sans doute pas non plus les observateurs, étant donné la couverture médiatique, qui fut plutôt bienveillante (et juste) en ce qui concerne la description des scènes de rapports de force. Pour ce qui est des suites judiciaires, sans négliger les inculpations et l’enquête à venir qui pourrait alourdir les conséquences, pour le moment elles promettent d’être moins lourdes qu’à l’accoutumée dans de telles circonstances.

Si de tels constats réjouissants sont possibles, on le doit en partie à une construction collective qui fut loin d’être complètement chaotique. Alors même que la nécessaire discrétion (j’y reviendrai) qu’imposait cette initiative ne facilitait pas une grande ouverture dans la participation aux décisions pour la préparation du camp, on peut avoir le sentiment que les réunions publiques préalables et les assemblées du camp ont permis de compenser ce défaut initial et de fabriquer une certaine horizontalité, nécessaire pour faire exister une confiance et une complicité. On notera quand même un bémol puisque si de telles assemblées (avec autant de monde) ont pu exister c’est qu’elles étaient constituées essentiellement de groupes affinitaires ayant pu se préparer auparavant et en parallèle, mais laissant du coup un peu seuls et désemparés celles et ceux qui nous ont rejoints isolément. Il y aura là à réfléchir sur la possibilité de trouver pour tous une place à égalité de quiconque. Mais, déjà, retenons que les discussions en allers-retours entre groupes affinitaires et assemblées semblent pertinentes et que le déplacement effectué dans l’après-midi du mardi des groupes affinitaires vers des groupes « géographiques » a sans doute permis à des individus isolés de trouver plus facilement une place à égalité de chacun. Mais si ce type de fonctionnement est une évidence pour beaucoup d’entre nous, la diversité des histoires politiques qui se rencontrent dans un tel moment doit être l’occasion de mettre en discussion cette horizontalité, d’autant que beaucoup d’organisations installées dans l’opposition au nucléaire se caractérisent par un fonctionnement centralisé et hiérarchique et que cette situation a beaucoup contribué à une démobilisation massive depuis des années.

Concernant la discrétion que nous nous sommes imposée, elle doit continuer à faire problème et n’être en rien systématique. Cependant, il faut reconnaître ici que la discrétion quant aux lieux du camp et du rassemblement a eu deux avantages décisifs. Pour le camp, il fallait protéger le propriétaire des pressions inévitables qu’il aurait subies, d’autant plus qu’il n’y avait pas assez de monde sur place au quotidien pour ne pas le laisser seul. L’histoire a l’air de nous donner raison. Pour le lieu du rassemblement, il était encore plus improbable de le tenir caché aussi longtemps, avec le risque que les locaux et les individus ne faisant pas partie des groupes affinitaires précités ne soient pas au courant du lieu et prennent à la fois peur d’autant de mystère. Difficile de dire si cette peur a existé et dissuadé, mais force est de constater que les « autorités » ont été un peu prises de court en n’apprenant qu’une trentaine d’heures à l’avance le lieu du rassemblement. L’histoire de Valognes démontre donc qu’il est envisageable de tenir secret des informations de ce type (mine de rien quand même assez largement partagées…) à condition que les intentions précises soient affichées. À propos de ces dernières, il restera à discuter collectivement, mais il semble que la majorité des participants auront appris à accepter les modes de dégradation des voies ferrées adoptés, en ayant confiance dans le fait que les conséquences ne pouvaient être que matérielles et aucunement humaines. Les Allemands nous l’avaient prouvé depuis des années. On notera au passage que la couverture médiatique (que nous avons largement suscitée) aura aussi aidé à faire connaître le lieu du camp et du rassemblement à la dernière minute. Notamment localement.

En lançant cette initiative, nous avions le sentiment qu’une des raisons qui maintenaient l’opposition au nucléaire en léthargie consistait en ce qu’aucun rassemblement populaire depuis des années ne pouvait se targuer d’un quelconque résultat. L’opposition se résumait à quelques mobilisations symboliques qui n’avaient d’autres ambitions que de fabriquer un terrain à peine fertile pour des récupérations électorales assurant le prolongement de l’industrie nucléaire. En contraste, l’opposition allemande n’a fait que se renforcer depuis des années, et ce notamment grâce à l’activité militante dans le Wendland (Gorleben). Elle s’est renforcée à l’endroit même où elle avait subi un premier échec, la mise en chantier du site d’enfouissement de déchets de Gorleben. Vue de chez nous, la situation paraît paradoxale puisque, historiquement, chaque victoire de l’industrie nucléaire a été suivie d’une déliquescence de l’opposition, notamment parce que, de manière pragmatique, une fois en place, l’installation nucléaire est suffisamment bien gardée pour décourager toute tentative de perturbation. L’histoire de la mobilisation dans le Wendland dit, entre autres choses, que pour rester vivante une opposition a besoin de sentir qu’elle a prise concrètement sur ce qu’elle condamne. Et le transport de matières radioactives reste le rare domaine du nucléaire difficile à surveiller pour un État. Si les Allemands n’ont qu’une seule fois en quinze ans (et au tout début) réussi à faire faire demi-tour à un train de déchets, on serait de mauvaise foi à ne pas considérer comme une avancée la possibilité concrète de perturber ces transports et d’être chaque année plus efficaces. C’est aussi une manière de reprendre prise sur nos vies. Là était le pari initié à Valognes et qui semble suffisamment partagé pour promettre des suites. Cette attitude a au moins le double avantage d’être à la hauteur du totalitarisme nucléaire (qu’on ne combattra pas en posant des panneaux solaires sur son toit) et de commencer à faire sentir la force d’une collectivité qui s’organise pour reprendre ses affaires en main.

De manière lapidaire et approximative, l’appel de Valognes faisait référence à l’ancrage local comme critère déterminant pour la réussite des luttes. Plogoff servait alors de démonstration. L’histoire est sans doute plus complexe puisque quelques années avant Plogoff, sur un territoire géographiquement et culturellement proche, les habitants de la région de Brennilis ont majoritairement laissé une centrale s’y installer. Il faut croire que d’autres ingrédients qu’une simple résistance locale à l’envahisseur entrent en ligne de compte dans la construction de telles luttes. Nous n’engagerons pas ici une telle analyse, mais il s’agit d’avoir en tête ces précisions pour décrire la place de l’ancrage local que nous avons essayé de tenir dans cette initiative de Valognes.

La situation du Nord-Cotentin dans son rapport au nucléaire est connue de tous. L’opposition au nucléaire s’est marginalisée au fur et à mesure que l’industrie nucléaire s’imposait comme bassin d’emploi et comme manne financière pour la région. L’incessante contre-information des militants n’y a rien fait jusqu’à aujourd’hui. Il était donc évident que l’appel à perturber le départ du train Castor lancé par des groupes majoritairement distants géographiquement de cette région revêtait un caractère « hors sol » inévitable. Assumer de le dire comme tel, c’est aussi assumer que ce caractère « hors sol » est notre condition commune à tous, et qu’un révolutionnaire sincère dans une quelconque usine n’est pas moins « hors sol » qu’un opposant breton au nucléaire de passage dans la Manche. L’atomisation des individus et la destruction méthodique de toute communauté culturelle ancienne ne sont pas pour rien dans cette situation. La question posée est donc de savoir que faire de cette condition et non pas juste de la déplorer, disqualifiant d’avance toute initiative.

La moindre des choses pour les initiateurs de l’appel était de comprendre l’histoire de la cohabitation avec le nucléaire dans le Nord-Cotentin et de s’appuyer sur les quelques forces encore actives et déterminées à en finir avec le nucléaire. Cela aura été fait un peu dans la précipitation grâce à une présence régulière sur place et à deux réunions publiques préalables. Ce qui est certain c’est que ce rendez-vous n’aurait pu se tenir sans l’implication des locaux mais que tout reste à faire pour que ce « coup d’éclat » soit le début d’un travail commun avec eux. La prochaine réunion de Coutances (le 14 janvier) voudra commencer ce travail. Les premiers retours que l’on pressent, malgré un cafouillage sur l’assemblée du mardi soir où beaucoup de gens du coin étaient venus à une discussion sur l’histoire des luttes et les perspectives qui n’a pas vraiment eu lieu, sont plutôt positifs. Et alors même que nous n’avons pu, pour cause de discrétion, prévenir les voisins des rails de notre arrivée impromptue, ces derniers ont majoritairement bien vécu la situation. D’avoir pris le temps d’aller à leur rencontre après coup était important. Ne pas laisser seuls les locaux assumer les conséquences de notre passage sera aussi la condition de la justesse de notre position.

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La tentation du « geste fort » (stratégie du coucou, esthétisme, et amour de l’efficacité)

Reconnaissons une chose : l’accord minimal de se défaire du citoyennisme et de sa passion pour l’État a aussi été en partie recouvert par l’enthousiasme partagé à l’idée de pouvoir porter un mauvais coup à l’État et à son industrie nucléaire et, pour beaucoup, cela suffisait comme moteur de cette initiative. Il y a là en jeu une passion pour l’efficacité et l’esthétique des « gestes » qui pose quand même question. Cette disposition au « scandale » porte surtout en elle le risque de se détacher d’une construction collective forcément laborieuse au profit de l’intensité des « gestes » portés par de petits groupes affinitaires. La dimension du secret qui accompagne ces « gestes », autant par précaution indispensable — étant donné leur illégalité — que par passion des ambiances « complotistes », renforce la difficulté d’une construction collective des luttes. Les « gestes » comme premier moteur de la lutte ont aussi ce revers d’être déplaçables à merci au gré des opportunités, donnant le sentiment d’une « stratégie du coucou » ; le groupe qui les porte venant occuper et perturber un espace marqué par ces constructions collectives laborieuses et pleines de tensions jamais résolues. Ces « gestes forts » étant censés résoudre ces tensions en faisant pencher la balance vers une plus grande radicalité. Outre que cette disposition présuppose l’esthétique du « geste » comme force de conviction (et donc de conversion à la radicalité), éludant tout travail de la pensée, elle évacue aussi le travail sur les divergences de fond. En cela, ces démarches ne se distinguent pas fondamentalement des « scandales » initiés par exemple par Greenpeace, les médias jouant là aussi un rôle de relais indispensable à la visibilité, bien qu’il faille reconnaître à ces groupes une défiance bien plus grande à leur égard, mais souvent feinte pour mieux s’en servir.

Une fois dit cela, il convient d’analyser en quoi le camp de Valognes a pu échapper à cette tentation alors qu’elle pouvait être présente à l’origine. On l’a déjà décrit auparavant : l’acceptation d’une construction collective laborieuse autour des divergences de fond sur lesquelles se constitue la nébuleuse antinucléaire était un premier gage. L’attachement à l’histoire en cours dans le Nord-Cotentin et l’envie assumée de poursuivre ce travail d’opposition au nucléaire à cet endroit devrait aussi nous permettre d’éviter cette « stratégie du coucou ». Tout reste à faire et à prouver sur ces points, et le côté grisant de l’opération de Valognes risque bien de conforter ces dispositions si on n’y prend pas garde.

Pour expliciter un peu plus la manière dont cette tentation du « geste fort » a pu habiter cette initiative, un retour sur l’imaginaire allemand s’impose. Il paraissait en effet déplacé de prendre comme point d’appui l’exemple des luttes dans le Wendland alors que le Cotentin (et la France en général) se caractérise par l’impossibilité d’imaginer qu’à court terme les conditions de mobilisation massive nécessaires à ces luttes soient réunies. Si on a suffisamment à l’esprit cette réalité indépassable, il ne s’agit pas de venir plaquer artificiellement (et sous couvert d’une passion pour l’esthétique des luttes) des formes de lutte, mais de mesurer qu’en effet le souci de dépasser les manifestations symboliques doive rencontrer une certaine effectivité dans les nuisances que l’on peut porter à l’encontre de ce monde. Il ne s’agit pas d’un culte du plaisir mais juste de prendre conscience que l’efficacité des actes est aussi une manière de faire ressentir concrètement une force collective. Sentiment indispensable pour nourrir l’idée d’un dépassement possible de notre dépendance envers l’État et ses marchés.

En conséquence, il apparaît que ce n’est pas tant le choix du coup de force en soi qui pose problème, mais l’élan dans lequel il s’inscrit. Cet élan est autant constitué d’attention à la situation, aux individus qui se sentent concernés, à l’éclaircissement d’une critique de ce monde qu’à l’efficacité de ces actes. Cette dernière étant la plus évidente à organiser, il y a une tentation première de réduire cet élan à ce genre de considérations. Vu de loin, l’exemple de la contestation dans le Wendland en est peut-être une illustration. Il est à parier que ce rendez-vous annuel dans le Wendland soit devenu une sorte de passion collective pour l’efficacité des gestes de blocage, arbitré par un spectacle médiatique obsédé par les records battus (voir cette année la couverture médiatique focalisée sur le record de retard du convoi de déchets à l’arrivée). Cette crainte semble justifiée par la faiblesse apparente en Allemagne des prolongements de la contestation de ce monde qui a besoin du nucléaire (à titre d’exemple, rappelons qu’en Allemagne la contestation du nucléaire s’appuie énormément sur le mouvement paysan et que celui-ci est essentiellement composé d’éleveurs industriels qui ont certes depuis des années participé à une réappropriation locale des moyens de production d’électricité par la méthanisation des effluents d’élevage, mais au prix d’une allégeance à l’horreur de l’élevage industriel).

Le spectacle médiatique (respectabilité et affaiblissement de la pensée)

Tout le monde reconnaîtra que cela faisait longtemps qu’une telle initiative, assumant un niveau de conflictualité avec l’ordre établi qui n’est plus souvent atteint, notamment en matière d’opposition au nucléaire, n’avait accepté un tel jeu avec les médias. Nous aurons été tellement servi en retour que cela impose de questionner ce choix pour la suite.

Pas un média national (sans compter quelques médias étrangers) n’aura eu l’outrecuidance de snober le spectacle qu’ils s’étaient promis de fabriquer, d’autant que nous y avions prêté le flan (en nous en prenant à ce train Castor en particulier, nous savions pertinemment que nous devrions faire face à l’héritage médiatique des luttes allemandes largement relayées l’an passé).

Nous avions donc devancé le spectacle à venir en assumant la multiplication de communiqués et en accueillant les médias à l’entrée du camp (en interdisant qu’ils y pénètrent). La seule ambition de cette attitude était de tenter d’éviter que soit accolée immédiatement, et comme d’usage en pareilles circonstances, l’image de « sauvages black-blocks » débarquant dans le Cotentin. Cette image aurait été d’autant plus nuisible que nous n’avions pas eu assez de temps pour rencontrer toutes les personnes susceptibles de nous rejoindre à terme, et qu’elle aurait pu générer une défiance qui aurait pu tuer notre initiative dans l’œuf. Nous savons tous que ce jeu est pervers, non seulement parce qu’on ne maîtrise rien du résultat mais parce qu’il implique de formuler des « pensées-minute » prêtes à l’usage qui finissent par affaiblir le processus fragile d’élaboration d’une pensée collective (sans compter l’abrutissement de celles et ceux qui se prêtent au jeu momentané du « porte-parolat »).

Malgré la bouillie inévitable, on peut convenir que le résultat n’est pas si désastreux et qu’à défaut d’être désignés comme « black-block », nous héritons désormais de la figure respectable d’« indignés du nucléaire » ou d’« indignés de Fukushima ». Comme toute figure spectaculaire, nous n’avons pas grand-chose à en faire si ce n’est de la déconstruire par les faits et la pensée ; il n’en demeure pas moins que cette image-là ne fragilise pas trop le travail de rencontre en cours. Qu’un tel niveau de conflictualité n’ait potentiellement effrayé que peu de monde n’est pas rien au regard de la léthargie ambiante.

Au-delà de ce constat, la question reste entièrement ouverte quant au fait de poursuivre ou non dans ce sens. Les malentendus possibles autour d’une telle figure d’« indignés » sont tellement énormes qu’il faudrait a minima se questionner sur la manière de s’en défaire et de ne pas y donner prise. À nous de ne pas rater l’écriture de textes de réflexion accompagnant l’action de Valognes.

L’élargissement et les divergences

C’est sans doute le point aveugle le plus délicat de l’appel de Valognes. Ce dernier formulait comme suit son approche des divergences existant au sein de la nébuleuse antinucléaire :

À quelque tendance du mouvement antinucléaire que l’on appartienne, il faut cesser de faire grief de notre échec collectif à telle ou telle autre tendance. Ce mécanisme de division atavique nous dédouane certes de toute responsabilité, mais nous condamne à perpétuer les causes de notre faiblesse. L’enseignement qui nous vient du mouvement allemand est précisément que les différentes tendances peuvent coexister sur une base pratique, en ayant chacune son mode d’action. À partir du moment où toutes poursuivent sincèrement le but commun d’en finir maintenant et par elles-mêmes avec le nucléaire, aucune n’a de titre à condamner la stratégie adoptée par les autres. La permanence des luttes de chapelles en France n’exprime que l’insuffisance pratique du mouvement.

Pour le formuler autrement il s’agissait de renverser l’idée que la faiblesse du mouvement radical serait due aux mirages lobbyistes et électoralistes, là où le renforcement des mirages serait plutôt dû à notre faiblesse. Qui de la poule ou de l’œuf… ? Dans ce contexte de « paix des armes » le point d’accord minimal devrait être de vouloir « en finir maintenant et par [nous]-mêmes avec le nucléaire ». Sous-entendu en finir avec les illusions électorales et lobbyistes.

Force est de constater que c’est cette bienveillance à l’égard des différentes composantes du mouvement d’opposition au nucléaire qui a autorisé autant d’organisations à nous rejoindre (jusqu’à l’improbable Europe Écologie-Les Verts – Pays de la Loire), autant qu’une lecture distraite du texte. Ne nous leurrons pas, la majeure partie de ces soutiens sont lobbyistes ou électoralistes et le travail de convergence avec ces organisations reste hasardeux. L’important sur le moment est que cette bienveillance a autorisé quelques individus de cette myriade d’organisations à nous rejoindre et que les tensions sur les divergences vont peut-être pouvoir se travailler en se défaisant des sentiments d’appartenance à ces organisations. C’est le prochain travail auquel nous devons nous atteler, notamment pour le prochain rendez-vous de Coutances (samedi 14 janvier). Il faudrait se donner les moyens de préparer une discussion approfondie sur les trois fantasmes évoqués dans le présent texte et dont l’accord minimal doit être de s’en garder : la politique du « geste fort », le lobbying et l’électoralisme. C’est en partant de là que nous pourrions aussi expliciter les partis-pris divergents qui habitent l’opposition au nucléaire en France : les tenants des « alternatives » (il faut consommer autrement), les « survivalistes » (il faut sauver sa peau), les libertaires et radicaux (il faut en finir avec le nucléaire et son monde)… pour en rester à une description partielle et caricaturale. Il y a peu de chances que ces lignes-là bougent miraculeusement mais il faudra bien que le collectif « Valognesstopcastor », s’il est amené à survivre et à se transformer, prenne position sur ces divergences. Il semble que l’alternative se situe entre assumer l’héritage libertaire et radical (pour assumer la caricature précitée) plutôt dominant aujourd’hui au sein de ce collectif au risque de sans doute compliquer la possibilité d’élargissement désiré, ou assumer de n’être qu’une coordination de circonstances portant des initiatives d’actions au risque d’abandonner le travail de critique radicale de ce monde au profit de stratégies d’alliance sans lendemain. Pour ce qui est de cette dernière alternative, on sait trop la dépossession des individus à l’œuvre dans ce type de démarches autant que les manipulations dont elles sont grosses pour s’y laisser prendre. Ce sur quoi nous devons nous appuyer avant toute chose c’est sur la réappropriation par chacun des moyens mis en œuvre dans la construction d’une opposition consciente et réfléchie.

Pour l’heure, il faudra en particulier éclaircir notre rapport à Greenpeace, qui, tout en ayant apporté une aide en termes d’informations sur le convoi, se sera dissociée systématiquement de notre initiative, jusqu’à dénoncer par voie de communiqué paru dans la presse les « violences » dont nous aurions été les auteurs (sans que les rédacteurs de ce communiqué n’aient pu constater sur le terrain de quoi il retournait, pire même, puisque ce point de vue-là est venu d’une personne qui a passé la journée de mercredi de l’autre côté du front, entouré de la flicaille et du préfet…). Nous devons réagir à cette malveillance évidente qui ne semble pas être partagée par d’autres membres de Greenpeace dans le Cotentin.

Penser la société nucléaire et son opposition

Chacun en conviendra sûrement, et la durée du camp écourtée d’une journée n’y est pas pour rien, nous avons raté l’occasion d’une discussion sur ce monde nucléarisé, les raisons de notre opposition, l’histoire critique des luttes et les perspectives envisageables. Ce n’est que partie remise, mais c’est la priorité que nous devons tenir. Le rendez-vous de Coutances sera sans doute un premier pas dans cette direction, mais avec le souci d’un meilleur ancrage local. Il faudra donc prévoir une rencontre plus large en début d’année.

Pour l’heure, les approximations de la tribune de Libération sur la prétendue agonie finale de la mafia nucléaire semblent être le reflet de ce manque de partage des analyses. Pour ne reprendre l’analyse que sur ce point, le rendez-vous de Valognes a certes contribué à perturber l’arrogance légendaire du lobby nucléaire, mais l’actualité des derniers mois et notamment des derniers jours nous remet face à l’acharnement d’un État nucléarisé, qui plus est possédant l’arme atomique et la certitude idéologique de lutter pour son « indépendance » et sa « fierté nationale ». Nous avons la mémoire courte : rappelons-nous que, pour beaucoup, Tchernobyl était également le reflet de cette agonie programmée… Pour l’heure, l’EPR est toujours en chantier, toujours prêt à l’exportation, les lignes THT sont en chantier, ITER aussi, la prospection de mines d’uranium se poursuit (voir les découvertes d’Areva en Jordanie ces derniers jours), et l’armement nucléaire n’est en rien concerné par le brouhaha médiatique. Il faudrait a minima se mettre d’accord sur ce constat pour définir les suites possibles de Valognes.

Les suites possibles en termes d’activités pratiques

Les flux, notamment le combustible
Nous avons constaté avec Valognes qu’il existait une possibilité d’intervenir concrètement sur ce maillon de la filière. Nous avons même constaté que c’était une activité quotidienne peu protégée en période « normale » et qu’Areva n’avait pas si peur que ça de nous pour le moment (si comme l’affirmait Rousselet notre présence à Valognes a dissuadé Areva d’accueillir les déchets hollandais la semaine suivante, il faudrait connaître la nature des déchets qui sont arrivés en gare de Valognes dès le vendredi suivant notre action… !). Un harcèlement à cet endroit semble envisageable. Intervenir sur les flux de combustible en provenance du Niger ou du Canada (via Le Havre ou Sète, vers Narbonne) semble une autre étape à franchir avec l’intérêt de mettre en lumière cet autre scandale de cette industrie qu’est le mode colonial d’extraction du combustible.

La THT
Les chantiers des pylônes ont démarré début décembre après la délivrance de la totalité des permis de construire, promettant d’être achevés à l’automne 2012. La résistance à cet endroit a certes décliné depuis quelques mois, mais que ce soit à travers les actions récentes de déboulonnage (publiques ou non) ou avec l’effet que peut générer l’action de Valognes (démonstration d’une possibilité de nuisance), nous pouvons espérer qu’une nouvelle phase s’ouvre à cet endroit. D’autant que le terrain se prête peut-être encore plus à des « parties de campagne ». Il faudra en discuter sereinement à Coutances avec les principaux concernés, en ne négligeant surtout pas les positions politiques qui peuvent se développer à partir de cette ligne THT.

Bure
Un rendez-vous a été envisagé pour 2012. Tout reste à discuter sur ce qui pourrait s’y faire, compte tenu à la fois de l’importance de ce chantier pour l’industrie nucléaire et de la faible mobilisation (comme partout…) sur place.

L’EPR
Il est difficilement envisageable de laisser ce chantier se faire tranquillement, même s’il est aussi difficile d’envisager concrètement comment s’en prendre à lui. Peut-être la lutte contre la THT pourrait-elle en être le biais ?

La fabrique des experts
Un autre maillon de cette filière quelque peu délaissé depuis des années est la fabrique des experts du nucléaire. On n’en dira pas plus pour le moment, mais c’est autant la survie du nucléaire en termes d’ingénierie qui se joue là que la propagande nucléariste.

Le 15 décembre 2011,
Un de ceux de Valognes

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[Chine] Les ouvriers s’organisent, les révoltes se multiplient

Chine : « Les ouvriers s’organisent de mieux en mieux »

Interview : Geoffrey Crothall, porte-parole de l’ONG China Labour Bulletin, analyse le mouvement social en cours.

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Grève des ouvrières de Hi-P, Shangai, décembre 2011

Plus de 10’000 ouvriers se sont mis en grève depuis la fin novembre dans le Guangdong, où sont basées la majorité des usines travaillant pour l’export. « Les mouvements sociaux vont augmenter car un nombre croissant d’ouvriers en usines, et dans d’autres secteurs comme les transports, n’arrivent plus à joindre les deux bouts », estime Geoffrey Crothall, porte-parole de China Labour Bulletin, une ONG basée à Hongkong, qui défend les droits des travailleurs chinois.

Quel est l’impact du ralentissement de l’économie chinoise ?

Pendant la crise de 2008, vingt millions d’ouvriers migrants sont rentrés chez eux faute de travail, mais il serait surprenant, cette fois-ci, que les choses aillent aussi mal. Certaines entreprises ferment, mais d’autres continuent d’embaucher. La différence est que, naguère, les ouvriers se laissaient faire. Là, ce n’est plus le cas. Leur pouvoir de négociation s’est accru en raison d’une pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans un nombre croissant de secteurs. De plus, ils n’hésitent plus à réclamer leurs droits et s’organisent de mieux en mieux.

D’où proviennent ces pénuries de main-d’œuvre ?

La principale raison est démographique. Il y a de moins en moins de jeunes sur le marché du travail, or les entreprises n’embauchent que les moins de 30 ans.

Combien y a-t-il de grèves en Chine ?

On recense environ 30’000 grèves et arrêts de travail par an, mais on en attend davantage, car les entreprises en difficulté suppriment les heures supplémentaires, sans lesquelles les ouvriers ne gagnent pas assez pour vivre. D’autres protestent contre le transfert de leur usine dans des régions meilleur marché, car les patrons en profitent pour leur faire signer des contrats moins avantageux.

Combien gagnent les ouvriers ?

Au cœur de la zone industrielle chinoise, dans le Guangdong, un ouvrier gagne entre 1200 et 1400 yuans mensuels (140 à 165 euros) et 2000 yuans (235 euros) avec les heures supplémentaires — soit dix heures par jour et six jours par semaine.

Comment les ouvriers s’organisent-ils puisque les syndicats libres sont interdits ?

Avec les microblogs et les téléphones mobiles, souvent en très peu de temps. Quelques volontaires suffisent à lancer un mouvement de milliers d’employés, car tous font face aux mêmes problèmes.

Comment se terminent les grèves ?

Généralement par un accord a minima entre la direction et les délégués des grévistes. Bien qu’ils ne soient pas officiellement reconnus, ces derniers s’asseyent souvent à la table des négociations. Mais ces délégués sont parfois harcelés ou contraints à la démission. Il arrive aussi que le gouvernement local agisse en médiateur. Cet été, nombre d’ouvriers ont remporté de grandes victoires, avec des augmentations de salaire de 50 %, mais ce genre de concessions n’est plus envisageable en raison du ralentissement économique.

Existe-t-il des fédérations syndicales clandestines ?

Tant que la mobilisation ouvrière se fait usine par usine, les autorités ne s’en inquiètent pas trop. Mais si des fédérations clandestines se constituaient, elles seraient immédiatement réprimées.

Pourtant, désormais, les autorités répriment rarement les grèves…

Elles emprisonnent quand des violences éclatent. Sinon, c’est rare, car il y a trop de grèves, et les prisons seraient pleines. En revanche, elles imposent un black-out médiatique.

Pékin vient d’annoncer un renforcement de sa « gestion sociale ». À quoi peut-on s’attendre ?

Le gouvernement chinois va sans doute accroître la surveillance afin de mieux prévenir les grèves et les conflits sociaux. La police a jusqu’alors échoué de ce point de vue, et il n’y a pas de raison de penser qu’elle réussira cette fois. Les autorités n’ont pas encore compris que pour réduire les conflits du travail, il est nécessaire d’établir un système de communication entre les employés et la direction des entreprises, et cela n’est possible qu’au travers de syndicats représentatifs qui défendent réellement les intérêts des ouvriers. Tant qu’un tel mécanisme n’existe pas, il y aura de plus en plus de conflits du travail.

Leur presse (Libération), 27 décembre 2011.


Chine : les révoltes citoyennes vont se multiplier, selon un haut responsable

Un haut responsable chinois, qui avait aidé à désamorcer la rébellion des habitants d’un village de Chine excédés par les expropriations, a estimé que le pays devait se préparer à d’autres protestations de ce type parce que les citoyens réclament le respect de leurs droits.

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« Dans cette région (du sud), il y avait beaucoup de problèmes qui n’ont pas été traités à temps. Et une fois que la violence a surgi, les retombées ont été graves », a déclaré Zhu Mingguo lors d’une réunion sur la stabilité sociale, cité par le quotidien officiel Guangzhou Daily.

« C’est comme une pomme pourrie en son cœur. À l’extérieur, la peau est rouge mais une fois qu’on l’ouvre, on ne peut plus rien faire », a-t-il ajouté.

Les paysans de Wukan, un gros bourg de 13.000 résidents, sur la côte de la province du Guangdong (sud), se sont révoltés pour dénoncer la corruption de leurs cadres communistes. Leur colère avait éclaté après des saisies de terres qu’ils jugeaient illégales.

« La conscience qu’a le public en matière de démocratie, d’égalité et des droits dont il dispose ne cesse de se renforcer, et par conséquent, les demandes augmentent », a déclaré le haut responsable chinois lors de cette réunion.

« La gestion des mouvements de masse est de plus en plus difficile », a-t-il ajouté.

Cette crise, qui a fait grand bruit dans le pays, s’est apaisée la semaine dernière. Les autorités chinoises ont libéré les meneurs de la rébellion, allégé la présence policière et envoyé une équipe chargée de recueillir les doléances de la population.

La presse officielle chinoise avait critiqué l’attitude des autorités locales à Wukan, qui avaient d’abord imposé une dizaine de jours de blocus au village avant d’opter pour une position plus conciliante.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 décembre 2011.

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La révolution continue

Avec l’aimable autorisation de son auteur Gilbert Achcar, nous reproduisons ici cet article [L’original arabe de cet article a été publié sous le titre « La révolution continue » dans le quotidien libanais Al-Akhbar (édition du 28 novembre 2011). Il a été traduit en français par Antoine Dequidt à partir de la version anglaise publiée le 29 novembre dans l’édition anglophone (en ligne) de ce même journal. Le titre et les intertitres sont de la rédaction de Maghreb Émergent.] qui fait le point sur la situation des révoltes qui secouent le monde arabe depuis un an. La  révolution continuera, affirme-t-il, rappelant une phrase célèbre d’un des dirigeants de la Révolution chinoise selon qui celle-ci « n’est pas un dîner de gala »  et « ne peut s’accomplir avec tranquillité et délicatesse ».

Gilbert Achcar est professeur à l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres. Il est l’auteur des ouvrages suivants : Le choc des barbaries : terrorismes et désordre mondial (2002), L’Orient incandescent (2003), Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits (2009).

Monde arabe : partout la révolution continue

Tandis que des voix s’élevaient de la droite et d’une partie de la gauche pour annoncer la fin du « Printemps arabe » et pour demander aux masses rebelles de rentrer à la maison, les événements des derniers jours ont abondamment démontré la poursuite et la vitalité du processus révolutionnaire dont l’étincelle a éclaté en Tunisie à la fin de l’année dernière. Ce processus connaît même un regain de vigueur avec une nouvelle impulsion, qui sera suivie d’autres sans aucun doute au cours des prochaines années.

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Partout la révolution continue, défiant toutes les tentatives de la faire avorter ou de la détourner de son cours progressiste et libérateur. Ces efforts sont parrainés par les États-Unis, protecteurs de la plupart des régimes affectés ; ils sont supervisés par les bastions de la réaction arabe dans les États pétroliers du Golfe. Ceux-ci tentent vainement d’éteindre les flammes de la révolution en les arrosant de pétrodollars. Ils sont aidés et secondés dans cette entreprise, en échange de la promesse d’une part du gâteau, par les dirigeants des Frères Musulmans, soutenus par l’émirat du Qatar, et par les groupes salafistes, soutenus par la monarchie saoudienne.

Et pourtant, partout la révolution continue, comme au Yémen où « Notre révolution continue » est le nom qui a été donné aux rassemblements organisés le vendredi 25 novembre pour signifier le refus de l’accord de « compromis » au bas duquel le [Président] Saleh, le visage barré d’un large sourire, a apposé sa signature. La monarchie saoudienne tente d’imposer cet accord au peuple yéménite afin de perpétuer le régime de Saleh, à l’instar de celui de Moubarak en Égypte, Saleh lui-même continuant de tirer les ficelles dans les coulisses, depuis le Yémen même ou depuis le royaume Saoudien — ce sanctuaire des despotes corrompus, qui a donné refuge à Ben Ali, proposé à Moubarak de l’accueillir, et soigné Saleh après ses blessures.

L’énergie de la première étincelle n’est pas encore épuisée

Partout la révolution continue, comme en Égypte où les masses sont descendues dans la rue dans un nouveau soulèvement contre le gouvernement militaire. Ces masses ont compris que le commandement de l’armée, dont elles ont cru pour un temps qu’il était loyal envers le peuple, est une composante indissociable, en fait un pilier, du régime dont le peuple a réclamé la chute. La plus importante des révolutions arabes par son étendue et son importance a retrouvé sa vitalité. Les événements ont donné raison à tous ceux que leur vigilance et leur détermination ont poussés à poursuivre la lutte sans se décourager, malgré leur isolement temporaire. Ils ont gardé la certitude que l’énergie massive libérée le 25 janvier n’était pas épuisée et qu’elle doit continuer à s’investir dans les luttes démocratiques et sociales. La combinaison de ces deux types de luttes est une condition déterminante de leur succès. C’est cette combinaison qui a permis la chute du tyran, et if faudra qu’elle se renouvelle à plus grande échelle lorsque le mouvement des travailleurs aura consolidé sa nouvelle organisation.

Partout la révolution continue, comme en Tunisie, où ces derniers jours, les masses se sont soulevées dans le bassin minier de Gafsa, dont le soulèvement en 2008 a constitué un préambule à la révolution qui a éclaté deux ans plus tard à Sidi Bouzid. Les masses ont réitéré à Gafsa l’exigence originelle de la révolution tunisienne, le droit au travail. Elles n’ont pas été leurrées par la « transition dans l’ordre » organisée par « l’élite » sociale dominante dans le but de préserver son statut après avoir évincé Ben Ali en tant que bouc émissaire. Cette « élite » tente aujourd’hui de coopter les opposants d’hier.

Partout la révolution continue, comme en Syrie où la lutte du peuple s’intensifie, malgré la brutalité et l’atroce répression du régime. Un nombre croissant de soldats osent sortir des rangs de l’armée pour accomplir leur devoir de défense du peuple. Les appels de l’aile droite de l’opposition à une intervention militaire étrangère ont jusqu’à présent échoué. La droite espère qu’une intervention étrangère lui livrera le pouvoir sur un plateau d’acier, car elle craint que le soulèvement populaire n’arrive à renverser le régime par ses propres moyens.

Partout la révolution continue, comme en Libye où des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les tentatives d’assujettissement du pays à la tutelle étrangère. Les révolutionnaires amazighs, qui ont joué un rôle important dans la lutte pour libérer le pays du tyran, ont refusé de reconnaître le nouveau gouvernement parce que celui-ci n’a pas reconnu leurs droits. Les revendications sociales se multiplient, tant dans les régions les plus défavorisées sous l’ancien régime qu’au cœur même de la capitale. Tout cela en l’absence d’un appareil détenant le monopole des armes et capable de protéger ceux qui ont accumulé richesses et privilèges sous le trop long règne de Kadhafi.

Partout la révolution continue, comme au Maroc où une majorité de la population a boycotté les élections au moyen desquelles la monarchie a essayé de contenir les revendications du peuple, dans l’espoir que ses valets de « l’opposition loyale » parviendront à apaiser le volcan. Mais il continue de gronder sous la forme de manifestations organisées par la véritable opposition. Et les conditions de vie intolérables rendent inévitable une éruption majeure.

Les Al Saoud, fossoyeurs de la révolution, sont loin d’être à l’abri

Partout la révolution continue, comme au Bahreïn, où les masses rebelles n’ont pas été dupes de la farce de la « commission d’enquête » imposée au royaume par les États-Unis afin de faciliter la livraison d’armes qu’ils se préparent à lui faire. Les masses continuent de manifester et de protester jour après jour, convaincues qu’elles finiront par remporter une victoire que la dynastie Al Khalifa et ses protecteurs, la Maison des Saoud, ne parviendront pas à empêcher éternellement. Le jour approche inévitablement où ces derniers eux-mêmes devront rendre des comptes.

Partout la révolution continue, y compris à l’intérieur du royaume saoudien où le peuple de Qatif s’est soulevé il y a quelques jours sans être intimidé par la répression sanglante du régime. Ils poursuivront leur lutte jusqu’à ce que sa « contagion » s’étende à l’ensemble de la péninsule arabique et de son peuple, malgré l’abjecte propagande confessionnelle qui est devenue la dernière arme idéologique de la tyrannie des Saoud et de l’institution religieuse wahhabite obscurantiste qui, avec leurs protecteurs étasuniens, leur permet de se maintenir au pouvoir.

L’effondrement du trône des Saoud dans la péninsule arabique sera celui du principal bastion de la réaction arabe et du plus ancien allié et entremetteur de l’hégémonie états-unienne dans notre région (plus ancien même que l’allié sioniste). Ce jour-là, l’ordre autocratique et exploiteur arabe se sera entièrement écroulé.

Mais jusqu’à l’avènement de ce jour, la révolution doit continuer. Elle subira échecs, reculs, retours de bâton, tragédies, pièges et conspirations. Comme l’a énoncé le principal dirigeant de la Révolution chinoise : « La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec tranquillité et délicatesse … » La révolution doit donc avancer sans relâche, en gardant à l’esprit une autre célèbre maxime d’un des dirigeants de la Révolution française : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. […] Ce qui constitue une république, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. »

Leur presse (Maghreb Émergent), 25 décembre 2011.

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[Révolution libyenne] CNT dégage !

Libye : La colère gronde contre le CNT

Les manifestations se multiplient à Benghazi contre le régime de transition.

Mouammar Kadhafi est mort mais la Libye est loin d’être apaisée. Depuis plusieurs semaines, Benghazi, berceau de la révolution, vit aux rythmes des manifestations contre le Conseil national de transition (CNT). Moustapha Abdeljalil, le chef du nouveau régime libyen, s’est rendu dans cette ville emblématique pour calmer la colère du peuple.

L’heure de rendre des comptes a sonné pour le Conseil national de transition (CNT). Le nouveau pouvoir libyen doit faire face à une vague de contestation très vive à Benghazi, berceau de la révolution, rapporte RFI. La ville est en proie depuis deux semaines à des manifestations contre le CNT. Les protestataires pointent du doigt l’opacité du régime de transition et réclament plus de transparence, notamment dans la composition du nouveau gouvernement. Le dirigeant du CNT, Moustapha Abdeljalil, s’est rendu dimanche sur place pour tenter de calmer la situation.

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Ce ressentiment à l’encontre du CNT fait désormais parti du quotidien des habitants de Benghazi. Certains d’entre eux réclament même la démission du régime de transition et de son dirigeant. Le 12 décembre dernier, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour les mêmes raisons. «  Le slogan du 17 février (jour des premières manifestations) était la transparence  ; où est-elle, messieurs  ?  », mais aussi  : «  Où est l’argent du pays  ?  ». Pour apaiser les tensions, Moustapha Abdeljalil a annoncé immédiatement la création d’un site internet du CNT et la mise en ligne des informations essentielles sur ses membres. Mais ces mesures n’ont pas donné satisfaction aux contestataires qui semblent bien décidés à poursuivre leur mobilisation.

Leur presse (Assanatou Baldé, Afrik.com), 26 décembre 2011.

 

Benghazi : la colère populaire monte contre le Conseil national de transition

Ce dimanche 25 décembre, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, est arrivé à Benghazi pour tenter de calmer la colère populaire. En effet, depuis deux semaines, la ville, pourtant l’une des mieux sécurisées du pays vit au rythme des manifestations contre le Conseil national de transition. Sur la place de l’Arbre, là où les premières actions contre le régime Kadhafi ont eu lieu en février 2011, les déçus du nouveau régime sont de plus en plus nombreux à exiger des comptes au gouvernement et au CNT.

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Manifestation contre le Conseil national de transition à Benghazi, le 16 décembre 2011

À Benghazi, avant même la fin de la guerre, en octobre 2011, la vie a retrouvé un début de normalité sur le plan de la sécurité. Contrairement à de nombreuses villes de l’ouest — Tripoli en tête — on voit en effet très peu de rebelles armés occupant les carrefours dans la capitale de la Cyrénaïque.

Rapidement après la Révolution, la police a pris position sur les grands axes de la cité. Mais, depuis quelques jours, constatant que les policiers n’étaient pas respectés, les autorités benghaziotes ont décidé de les faire accompagner de deux personnes : un agent de la circulation et un ancien rebelle. Les habitants s’organisent donc, mais les difficultés du quotidien restent nombreuses. Ce dimanche 25 décembre encore, les files étaient sans fin devant les principales banques qui souffrent toujours du manque de liquidité.

Un ressentiment qui monte contre le CNT

La guerre aura aussi attiré vers la ville un nombre important de familles déplacées. Autant de problèmes qui mettent à rude épreuve la patience des Benghaziotes. Cela fait maintenant deux semaines qu’ils manifestent pour exiger du gouvernement et du Conseil national de transition la mise en action des principes de la Révolution qu’ils ont initiée. En premier lieu, la transparence dans la composition et la nomination des membres du CNT.

Le ressentiment est si grand que désormais il n’est plus rare d’entendre les manifestants réclamer la démission du CNT, y compris celle de son président Moustapha Abdeljalil.

Leur presse (RFI), 26 décembre 2011.


Libye : les ex-rebelles réclament 40% de représentation au CNT

Les anciens rebelles libyens qui ont combattu les forces de Mouammar Kadhafi ont réclamé lundi une plus grande représentation au Conseil national de transition (CNT), l’organe qui dirige le pays.

Les « thowars » (révolutionnaires) demandent que le CNT soit composé à 40% d’ex-rebelles « parce qu’ils sont le symbole de cette révolution », a affirmé Fraj el-Soueihli, un commandant de Misrata, grande ville à l’est de Tripoli.

M. el-Soueihli lisait le communiqué final d’une conférence de « l’Union des thowars de Libye », qui dit regrouper de 60 à 70% des ex-rebelles.

Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, avait demandé mercredi aux participants de cette conférence d’établir une liste sur la base de laquelle « sept, huit ou neuf » thowars seraient choisis pour faire leur entrée dans le Conseil.

Le CNT, composé actuellement d’une cinquantaine de membres, doit être dissout après l’élection d’une assemblée constituante en juin, selon une « déclaration constitutionnelle » adoptée par le CNT.

Selon M. el-Soueihli, les associations de la société civile et les conseils locaux devraient eux aussi bénéficier d’une représentation de 40%, les femmes de 10% et les 10% restants devraient revenir aux minorités amazigh, toubou et touareg.

« Le Conseil n’est pas assez représentatif (…). La question est en discussion (avec les autorités) mais cela se fera », a assuré al-Bahloul Essid, l’un des organisateurs de la conférence, précisant qu’il ne s’agissait pas de dissoudre le CNT mais de l’élargir.

Mais les anciens rebelles réclament aussi que plusieurs membres du CNT accusés d’être des « opportunistes » ou d’avoir collaboré avec l’ancien régime soient renvoyés, a indiqué à l’AFP Mohammed Khfayer, d’Al-Baida (est), également présent.

Les thowars ont également décidé à l’issue de leur conférence de former un comité de 25 officiers de l’ancienne armée, chargés de choisir un nouveau chef d’état-major. M. Abdeljalil leur en avait fait la demande et devra ensuite valider leur choix.

Ce comité se réunira le 1er janvier à Misrata et a déjà reçu des dizaines de CV, selon M. Khfayer.

Le futur chef d’état-major de l’armée sera issu des rangs de l’ancienne armée, en cours de reconstitution après avoir été marginalisée sous Kadhafi, a-t-il poursuivi.

« Il doit avoir fait ses preuves sur le terrain, ne pas avoir été en train de dormir sous la climatisation pendant que nous combattions, sans savoir si nous allions rentrer vivants », a dit M. Khfayer, lui-même un officier de l’ancienne armée.

Leur presse (Agence faut Payer), 26 décembre 2011.


Libye : Les manifestants de Benghazi obtiennent la démission du ministre de l’économie

Le ministre l’économie de la Libye, Taher Charkas, a démissionné suite à des protestations exigeant son départ du gouvernement lui reprochant d’avoir occupé le même poste sous l’ancien régime.

Taher Charkas avait été nommé par Mouammar Kadhafi tout juste deux mois avant la capture du leader. Un poste qu’il a occupé jusqu’à trois jours avant que les combattants rebelles ne s’emparent de la capitale, Tripoli.

Des manifestants de Benghazi ont exigé l’éviction de Shakars après avoir découvert qu’il a été nommé ministre par Kadhafi le 18 août dernier.

Le porte-parole du gouvernement, Achour Chames a déclaré samedi que Taher Sharkas a démissionné pour des raisons de santé.

Leur presse (AP), 24 décembre 2011.


Libye : la contestation enfle à Benghazi

À Benghazi, la ville berceau de la contestation qui a abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, l’ex-guide libyen, de nouvelles manifestations gagnent en ampleur. En cause, un mécontentement croissant contre le gouvernement et le Conseil national de transition (CNT) dont les habitants attendent toujours des actions concrètes.

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Benghazi, 12 décembre 2011. Des manifestants brandissent une pancarte : « Hé, Libyens révolutionnaires et libres, pas d'amnistie pour les combattants pro-Kadhafi ».

Depuis la fin du conflit, il y a deux mois, les habitants de Benghazi, abandonnés sous le règne de Mouammar Kadhafi, craignent de nouveau d’être délaissés par le nouveau régime. Outre qu’aucune action n’est visible sur le terrain, les habitants dénoncent également le manque de transparence des nouvelles instances dirigeantes.

« Il n’y a pas de transparence. Tout se passe sous la table. Le peuple est abandonné exactement comme sous le tyran Kadhafi. Qui sont-ils ? Chaque fois, ils nomment de nouveaux membres au sein du Conseil et on ne les connaît pas. On n’en connaît pas un seul ».

Le portrait de Mustapha Abdeljalil brûlé dans la rue

Ces derniers jours, la personnalité du président du CNT, Mustapha AbdelJalil, jusqu’ici considérée comme consensuelle, a perdu de son aura. Au point que des slogans le visent personnellement, et que des portraits de lui sont brûlés dans la rue. Une réaction encore minoritaire mais l’impatience est un sentiment unanime.

« Personnellement, je n’ai rien contre lui. Mais les membres du Conseil doivent comprendre qu’il leur faut écouter et prendre en considération les demandes du peuple. Autrement, ils devront tous démissionner, mais ce n’est pas là notre intérêt. Notre intérêt, c’est la Libye avant tout. »

Face à la colère des habitants, les membres du CNT multiplient leurs visites sur place. Leur crainte est grande de voir Benghazi s’embraser de nouveau et entraîner d’autres villes de l’Est dans son sillage.

Leur presse (RFI), 20 décembre 2011.

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[Bordeaux] Votre répression nourrit notre colère !

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Le Chat noir émeutier, 26 décembre 2011.

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[Italie] Évasion de Noël à Turin

En profitant du sous-effectif de bourreaux causé par les festivités de Noël, les détenus du CIE (Centre d’Identification et Expulsion) de Turin ont tenté de s’évader de leur prison.

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Pendant le dîner du réveillon, ils ont profité du moment où tout le personnel mangeait pour essayer d’enjamber les barrières autour du centre. Tout le monde a été rattrapé et matraqué, la police a utilisé des canons-à-eau pour disperser les révoltés.

Le lendemain — grâce au fait que l’administration n’avait pas pu réparer les dégâts causés par la tentative de fuite du jour précédant — une soixantaine de migrants ont essayé à nouveau de s’évader. La police a dû attendre les renforts pour pouvoir intervenir et au moins une vingtaine de prisonniers sont parvenus à semer les sbires et à disparaitre dans la nature. Un gars s’est blessé en chutant d’un mur.

Traduit de l’italien (Macerie) par Le Réveil, 26 décembre 2011.

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Grève des cheminots tunisiens

Les conducteurs et contrôleurs de trains de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), en grève depuis samedi 24 décembre 2011 à 20h, ont décidé de maintenir leur mouvement de protestation, ce lundi matin 26 décembre 2011, suite aux déclarations du nouveau ministre des Transports Abdelkrim Harouni, selon lesquelles un accord avait été trouvé avec les grévistes.

En effet, dimanche soir, les conducteurs et contrôleurs de trains avaient décidé de reprendre le travail dans la soirée.

Le hic, et selon une déclaration d’Ibrahim Dhaouadi, secrétaire général du Syndicat des conducteurs de trains, à Mosaïque Fm, c’est que ni l’administration, ni les syndicats n’ont pris part à la réunion du ministre. Toujours selon le SG, des tiers auraient conclu cet accord avec le ministre, d’où l’incompréhension des syndicalistes et des agents de la SNCFT et leur décision de poursuivre leur sit-in jusqu’à la prise de connaissance du contenu de cet accord.

M. Dhaouadi a, dans ce contexte, appelé le ministre des Transports à les inviter (les syndicats) aux négociations afin de trouver un compromis et qu’ils puissent reprendre leurs activités.

Rappelons que ce mouvement de protestation intervient en réaction aux déclarations de l’un des directeurs de la Société nationale des chemins de fer Tunisiens (SNCFT) dans lesquelles il a imputé l’entière responsabilité du déraillement du train de marchandises à Bouargoub (Nabeul), samedi, au conducteur, déraillement qui a causé la mort du conducteur et de son assistant.

Leur presse (Business News), 26 décembre 2011.


Mort d’un chauffeur de train et de son assistant, et colère du personnel de la SNCFT

Un accident de train de marchandises a eu lieu, samedi à 5h30 du matin, au niveau de la station de Bouargoub (Gouvernorat de Nabeul), causant la mort du chauffeur et de son assistant. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a indiqué dans un communiqué que l’accident a été causé par le déraillement du train qui venait de Sfax vers Tunis, lors de son entrée à la station de Bouargoub (47 km sud de la capitale). La SNCFT précise que les services techniques de la SNCFT se sont rendus sur le lieu de l’accident pour y identifier les causes. Mais cela n’a pas empêché Mouldi Zouaï, directeur à la SNCFT, de rendre le chauffeur responsable de ce drame, mettant en cause la vitesse excessive avec laquelle se déplaçait le train. Une déclaration, pour le moins déplacée, puisqu’aucune expertise sérieuse n’a eu le temps de vérifier et de se prononcer sur les faits et les causes de cet accident qui a causé des pertes en vie humaine. Le personnel de la SNCFT endeuillé par la perte de deux collègues n’a pas manqué d’exprimer sa colère suite à cette déclaration en décrétant un sit-in de protestation.

Leur presse (Business News), 24 décembre 2011.

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[Grande-Bretagne] Les délateurs travaillent

Grande-Bretagne : 62 arrestations après une opération de police dans l’enquête sur les émeutes de l’été

Scotland Yard a annoncé avoir fait une descente dans une centaine d’appartements mercredi [21 décembre] à Londres et procédé à 62 arrestations, lors d’une opération d’envergure contre les émeutiers impliqués dans les violences urbaines de cet été.

« L’opération d’aujourd’hui (mercredi) démontre que quatre mois après les incidents de Londres, nous sommes absolument déterminés à identifier et arrêter les personnes responsables des émeutes », a commenté un responsable de Scotland Yard, Robin Bhairam. Cette descente a été organisée une semaine après la diffusion sur internet par la police des portraits des « suspects les plus recherchés » dans le cadre de l’enquête sur les émeutes d’août à Londres. « À la suite de la publication de photos de plus de 200 suspects sur le site Flickr, je voudrais remercier tous ceux qui ont répondu à notre appel pour nous aider à identifier les personnes recherchées », a ajouté M. Bhairam.

À ce jour, près de 3.500 personnes soupçonnées d’avoir participé aux émeutes ont été arrêtées par Scotland Yard, et 2.179 inculpées ou citées à comparaître.

La Grande-Bretagne a connu début août pendant plusieurs jours, les pires émeutes qu’ait connues le pays en trente ans. Ces violences, consécutives à la mort d’un jeune homme pendant une opération de police dans le nord de Londres, avaient rapidement gagné plusieurs autres villes anglaises, donnant lieu à des scènes de vandalismes et de pillages devant des forces de police largement débordées. Cinq personnes avaient été tuées lors de ces émeutes.

Leur presse (Belga), 21 décembre 2011.

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[Partout] Beau comme une église qui brûle

[Wattrelos / Beaulieu] Notre Dame du Bon Conseil démolie prochainement

C’est une question de jours… Après avoir posé les barrières de sécurité, la société Ferreira, chargée de démolir l’église de Beaulieu, va mettre ses engins en action.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324905264.jpgConstruite en 1909, l’église de Beaulieu sans clocher va disparaître du paysage wattrelosien prochainement. Plus aucune messe n’y était célébrée depuis plusieurs années et le bâtiment désaffecté a fait l’objet d’actes de vandalisme. Faute d’avoir pu trouver pour l’édifice une vocation, le diocèse a décidé de procéder à sa démolition. Les nostalgiques se consoleront en apprenant que Marie-Angélique, la cloche, a été sauvegardée et confiée au cercle Saint-Marcel.

De même, un des vitraux est désormais exposé à l’entrée de l’ancienne chapelle Saint-Pierre, récemment transformée en espace de rencontre pour les paroissiens. Une partie de ces travaux sera financée par la vente du terrain de l’église Notre Dame du Bon Conseil ainsi démolie.

L’entreprise Ferreira va procéder au désamiantage du bâtiment dont de nombreuses parties ont une couverture Eternit. La démolition proprement dite suivra.

Une page se tourne pour les paroissiens de Beaulieu, et pour tous les habitants du quartier aussi, habitués à la présence de l’édifice religieux. On ne sait pas si des acquéreurs se sont déjà fait connaître, mais on imagine qu’un projet immobiliser pourrait voir le jour sur ce terrain. À suivre…

Leur presse (Nord Éclair), 21 décembre 2011.


La préoccupante dégradation des églises parisiennes

Il pleut dans l’église St-Philippe-du-Roule, des morceaux de pierre menacent de tomber à St-Augustin, St-Germain-de-Charonne a fermé : malgré les fêtes de Noël, les églises parisiennes font grise mine, de plus en plus abîmées par manque d’entretien ou de budgets suffisants.

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En vertu de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, la mairie de Paris est propriétaire de 96 édifices cultuels dans la capitale, dont 85 églises ou chapelles dédiées au culte catholique.

« La ville est propriétaire de 75% des églises de Paris », explique Philippe de Cuverville, l’Économe (directeur général des affaires économiques, ndlr) du diocèse de Paris.

Il suffit de se promener dans Paris pour constater l’état plus ou moins mauvais des édifices religieux. « Je peux vous faire une litanie de noms d’églises dégradées, c’est un problème qui ne va pas en s’améliorant », souligne l’Économe.

Rien que pour l’église Saint-Augustin, dans le VIIIe arrondissement, il faudrait réaliser 20 millions d’euros de travaux « pour éviter que les pierres tombent sur la tête des paroissiens », précise ce responsable. Quand, dans d’autres églises, « il pleut sur le missel le dimanche, les fidèles ne trouvent pas cela drôle ! »

Il regrette que l’« entretien des édifices publics ne soit pas la priorité », alors que les églises de la capitale accueillent aussi bien des fidèles que de nombreux touristes ou des férus d’histoire.

« La question de la dégradation des églises n’est pas l’apanage de la couleur politique », souligne M. de Cuverville. Même refrain chez le prêtre de l’église Saint-Augustin, le père Denis Branchu, selon qui « il y a 100 ans que la ville ne s’occupe pas de ses églises ! »

Ainsi, au sommet du fronton de l’édifice — construit par Baltard, architecte des Halles — les statues de Saint-Jean et de Marie sont emmaillotées dans un grillage car « la pierre se ronge », explique le père Branchu.

Le dôme intérieur est lui aussi grillagé pour éviter que les pierres ne tombent : « Notre église est dans un état préoccupant », se désole le prêtre.

À Saint-Philippe-du-Roule, le père Jean-Marie Dubois doit sortir les seaux à chaque fois qu’il pleut : « Parfois ils se remplissent en quelques minutes ! » La mairie de Paris a pris la mesure du problème et décidé une enveloppe de 800.000 euros pour recouvrir cette église d’un grand parapluie, en attendant mieux.

« Dans les autres villes, les maires mettent tout leur orgueil à ce que leurs églises ne soient pas dégradées ! Quand on voit l’argent mis dans des projets comme Paris Plages ou les 250 millions d’euros pour le seul toit des Halles, tout ceci est une question de choix politique », relève le père Dubois.

Pour Danièle Pourtaud, adjointe chargée du patrimoine, « c’est un crève-cœur de ne pas pouvoir tout de suite rendre leur magnificence à tous ces édifices ».

Sous la mandature de Jean Tiberi, avant 2001, « seulement 23 millions d’euros » avaient été alloués à la restauration des églises, rappelle-t-elle, tandis que « pour la première mandature de Bertrand Delanoë, on a dépensé 90 millions » et que pour la mandature 2008-2014, « nous bénéficions d’une enveloppe entre 66 et 67 millions ».

« Nous sommes obligés de prendre les chantiers par ordre d’urgence, ce sont des travaux très gros qui demandent une main-d’œuvre très spécialisée », explique Mme Pourtaud. Par exemple, le chantier de l’église Saint-Sulpice et la réfection de sa tour nord a nécessité 10 ans et 30 millions d’euros, dit-elle.

Catherine Dumas, élue UMP mobilisée sur la question, dépose chaque année en vain un amendement pour doubler l’enveloppe annuelle des travaux pour les églises (10 à 20 millions). « On sacrifie le budget du patrimoine pour de nouvelles opérations comme les Halles qui vont coûter un milliard d’euros », déplore Mme Dumas.

Leur presse (Agence Faut Payer), 22 décembre 2011.


[Montauban et sa région] Des églises aux portes condamnées pour Noël

Les voies du Seigneur sont paraît-il impénétrables. Il n’en va pas tout à fait de même pour les toits de ses églises [On dénombre actuellement 314 églises et chapelles dans le département du Tarn-et-Garonne]. En effet, à l’occasion des fêtes de fin d’année plusieurs d’entre elles ne pourront accueillir les différentes messes programmées lors de cette période de fin d’année. Ce en raison de conditions précaires mettant en danger l’intégrité physique des habituels paroissiens.

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C’est le cas notamment de l’église Saint-Étienne de Sapiac, à Montauban, qui est fermée au public depuis plusieurs mois maintenant. Le père Jean-Michel Poirier, affectataire de l’église a tôt fait de définir la nature profonde du mal. « Avant que l’on ferme les lieux au public, relève l’homme d’église, des lattis et des morceaux de plâtre qui tombaient du plafond s’écrasaient sur le sol au milieux des bancs notamment. Quelqu’un aurait pu être sérieusement blessé. » Alors on a placardé des arrêtés municipaux et des communiqués du diocèse sur la porte du bâtiment et on a fermé le lieu de culte à triple tour. Des techniciens sont venus ausculter l’imposant édifice et le mal a été identifié. Les poutres-maîtresses qui soutiennent le plafond de l’église Saint-Étienne présentent d’importantes lacunes qui vont entraîner des travaux d’importance. Qui condamneront l’accès des lieux de culte au moins jusqu’au printemps prochain, si ce n’est plus… En attendant, les paroissiens se sont repliés sur la cathédrale voisine ou encore l’église Saint-Jacques qui, elle aussi, est appelée à connaître d’importants travaux d’entretien, lors du dernier conseil municipal une somme de 24’359,65 € ayant été budgétée en ce sens.

À Lafrançaise aussi

À une poignée de vapeur d’encens de Montauban, l’église paroissiale et centrale Saint-Georges de Lafrançaise est aussi interdite au public. De très importantes fissures (sècheresse et enfoncement du sol combinés ?) ont conduit, il y a quelques mois de cela aussi, les autorités compétentes à prendre les arrêtés nécessaires quand il y a péril en la demeure du Seigneur. Dans les deux cas de figure, on attend avec impatience le chant des artisans sur les tréteaux de réparation pour redonner un nouveau souffle de vie à ces deux églises aujourd’hui désertées.

Leur presse (J.-Ph. Laulan, LaDepeche.fr), 22 décembre 2011.


[Landes] Les vierges gardent leur secret

À Buglose ou Pontonx, les statues de la Vierge sont toujours constellées de peinture noire ou rouge. L’enquête piétine.

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Dans l'église de Pontonx, la Vierge sculptée par Léon Laulhé est toujours maculée de rouge.

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À Buglose, la Vierge et le Christ ont reçu des giclées d'encre ou de peinture noire.

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À Buglose, les colonnes avaient été taguées.

À quelques jours de Noël et un mois après la série de dégradations commises sur plusieurs représentations de la Vierge et du Christ dans le département, l’enquête est au point mort. « Nous manquons cruellement d’éléments », constate-t-on à la gendarmerie de Dax, où la brigade de recherches est chargée des investigations.

« Il a été établi dès le départ que c’était la même peinture rouge qui a été utilisée à Pontonx, Buglose et Rion. Mais ce n’est pas suffisant pour établir des rapprochements formels, notamment avec les faits antérieurs. »

Stoppé net le 18 novembre

Pour mémoire, le 10 novembre, dans l’église de Pontonx, la Vierge apparaissant à Bernadette Soubirou avait été retrouvée aspergée de rouge, des pieds à son auréole. Les 13 et 17 novembre, les colonnes du kiosque de Buglose, entre la basilique et la chapelle des miracles, étaient taguées de deux traits rouges, la Pieta et le Christ aspergés d’encre noire, et les jambes et les bras de ce dernier brisés. Le 17 également, le visage de la Vierge au carrefour d’Arzet à Saugnac-et-Cambran était repeint en rouge. Le lendemain à Rion-des-Landes, c’est un Christ en bois et en croix qui était maculé de rouge derrière le maître-autel de l’église.

Des faits commis dans la journée et de façon très rapide, ce qui peut accréditer la thèse d’un repérage préalable. L’évêché avait aussi rapproché de ces événements le vol d’une Vierge en bois et le tag de deux autres statues dans l’église de Saint-Pierre-du-Mont en octobre, le bris d’une statue de Notre Dame de Lourdes à l’abbatiale de Saint-Sever, et la dégradation d’une pieta à Ygos-Saint-Saturnin. La liste des « événements » établie par la préfecture signale aussi des dégradations dans l’église de Villeneuve-de-Marsan le 31 octobre. Via un communiqué, le préfet s’était ému de ces « actes de vandalisme » et un dispositif de surveillance renforcée avait été mis en place aux abords des lieux de culte du département.

Mais depuis le 18 novembre donc, plus rien. Ni fait nouveau, ni piste sérieuse. Individu isolé, déséquilibré, bande organisée ? Le ou les vandales seraient en tout cas à l’écoute des médias. Depuis que la procureur de Dax a communiqué les peines encourues dans les colonnes et sur les ondes, la série s’est en effet stoppée net. Le ou les amateurs de Vierges customisées en rouge risquent sept ans de prison et 100’000 euros d’amende pour « destruction, dégradation ou détérioration d’un lieu de culte exposé, conservé ou déposé dans un édifice affecté au culte ». De quoi faire réfléchir.

Sectes et exorciste

À son retour de Terre Sainte, l’évêque a, à son tour, porté plainte, comme y ont été invités les curés des paroisses concernées. Pour Mgr Philippe Breton, les faits « donnent l’impression que c’est quelque chose d’organisé. Je ne suis pas détective, mais à titre personnel, je ne pense pas qu’il s’agisse de jeunes qui se seraient amusés. Je dis cela avec beaucoup de prudence mais cela peut avoir été fait par une secte. Ce que je remarque en tout cas, c’est que ce sont les personnages de la Sainte Famille qui sont visés, Marie et le Christ. » Sollicité par les enquêteurs pour faire un lien avec d’éventuelles pratiques sataniques, l’exorciste diocésain n’a pas pu amener beaucoup plus d’eau au moulin des gendarmes.

Reste l’indignation, elle, bien tangible. Et ce, alors que les dégradations sont toujours visibles en attendant le feu vert et les moyens pour y remédier : « Nous étudions la question. Il faudra sabler la Vierge ou la repeindre », explique Vincent Degos, un des responsables de l’église de Pontonx-sur-l’Adour. « Pour la communauté, cela a représenté une souillure importante, un non-respect des valeurs et des choses sacrées. Cela n’était jamais arrivé, mais cela n’a pas remis en question l’ouverture de l’église. Nous la fermons seulement plus tôt et les jours fériés. »

Plus de fidèles à Noël ?

Un haut-le-cœur qui dépasse le cercle restreint des fidèles selon l’évêque : « Dans les paroisses, les gens sont offusqués, mais j’ai aussi reçu beaucoup de témoignages de personnes qui ne sont pas forcément proches de l’Église mais qui ont été profondément scandalisées. Des personnes qui ont le respect des signes et ne comprennent pas que l’on puisse s’attaquer à des symboles religieux. En d’autres temps, on profanait les tabernacles et on répandait les hosties consacrées par terre. Mais on ne peut pas blinder les églises ni les fermer du matin au soir ! Je souhaite en tout cas que la justice aille jusqu’au bout pour sanctionner ces dommages graves. »

Ces « agressions », selon le terme employé par Mgr Breton, n’ont ni provoqué un recul de la pratique le dimanche suivant dans des églises déjà clairsemées, ni provoqué un reflux massif vers les offices dominicaux d’une communauté chrétienne se sentant soudain prise pour cible. « Mais peut-être que pour Noël, cela va insuffler un regain de ferveur pour la Sainte Famille et que les gens vont venir plus nombreux aux messes ? »

Autour de la fête de l’Immaculée Conception le 8 décembre, une semaine de prière a déjà été organisée à Buglose en hommage à la figure de la Vierge malmenée. Si elle pouvait faire un signe aux enquêteurs pour les éclairer sur les dessous de son voile rouge, ils se risqueraient peut-être à leur tour à lui chanter un Magnificat ou un bel Estele de la Ma !

Leur presse (Emma Saint-Genez, SudOuest.fr), 22 décembre 2011.

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