[Flics Porcs Assassins] Wissam El-Yamni sera vengé !

Interpellation mouvementée à Clermont-Ferrand : « Il a été maintenu artificiellement en vie »

Dans un entretien exclusif au Progrès, un policier de Clermont-Ferrand explique que l’homme qui a été déclaré mort ce lundi, après une interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre à Clermont-Ferrand, a été maintenu artificiellement en vie.

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Pour ce policier, Wissam El Yamni a appelé lui-même la police avec son téléphone portable en signalant un homme blessé qui n’existait pas « afin d’attirer les flics dans un traquenard ». Agé de 30 ans, était sous l’emprise de l’alcool, du cannabis et de la cocaïne lors de son interpellation dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, près d’un centre commercial du quartier de la Gauthière. D’après les forces de l’ordre, il s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

(…)

Depuis la Saint-Sylvestre, une tension palpable est perceptible à Clermont-Ferrand, avec plusieurs dizaines de voitures brûlées ce week-end et une marche silencieuse de plus de 500 personnes samedi. Les participants, des jeunes gens issus des quartiers populaires de la ville pour l’essentiel, se sont rendus devant le commissariat derrière une banderole sur laquelle était inscrit « Personne au-dessus des lois, stop bavure, on est tous avec toi Wissam ».

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Lundi, le calme était revenu dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Mais les violences, qui se sont limitées les nuits dernières à des feux de voitures, sans affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, pourraient prendre de l’ampleur après l’annonce du décès de Wissam El-Yamni.

Une habitante du quartier de La Gauthière a dit avoir été témoin lors de la nuit du réveillon des violences exercées à l’encontre du jeune homme, alors qu’elle fumait ue cigarette à sa fenêtre. « Deux personnes l’ont plaqué au sol et lui ont donné des coups au torse et à la tête », assure-t-elle.

Trois jeunes de 18 à 20 ans ont comparu lundi pour des jets de pierre dans la nuit de samedi à dimanche, qu’ils nient tous les trois. Le premier a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme, le deuxième a été relaxé et le troisième, également poursuivi pour rébellion, condamné à un an de prison ferme, une peine-plancher liée à son « état de récidive ».

Une information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation, et ne sont pas suspendus à ce stade de l’enquête. « La qualification pénale va changer » et deviendra « violences ayant entraîné la mort », a ajouté l’avocat de la famille, qui va « demander à ce qu’un maximum de témoins soient entendus par les magistrats instructeurs ».

Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 10 janvier 2012.


Clermont-Ferrand : Les proches de Wissam réclament « justice »

« Il faut que justice soit faite. » Dans le quartier sensible de La Gauthière, à Clermont-Ferrand, les proches de Wissam El-Yamni témoignaient ce mardi de leur douleur au lendemain de sa mort après une interpellation controversée, sollicitant les dons des habitants pour soutenir sa famille.

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« Aujourd’hui, on est en deuil, mais aussi en colère. Et on a la haine », disait ce mardi matin un ami de ce chauffeur routier de 30 ans, réuni avec d’autres autour d’un thé au lait, à la terrasse du restaurant de kebab du centre commercial planté au milieu des immeubles d’une dizaine d’étages. Sur la table, une boîte destinée à recueillir de l’argent pour la famille de cet homme « marié, souriant, aimé de tous » dit un de ses amis, disant que sa mort a frappé de stupeur « toute la communauté » musulmane du quartier.

« Ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie »

« C’était notre frère. Sa mort, ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie », disent ces jeunes adultes, qui tiennent à rester anonymes et réclament « justice ». Certes, admet l’un d’eux, Wissan « avait fumé, peut-être bu une bière, peut-être lancé une pierre sur les policiers. Mais eux, ils auraient dû l’arrêter et le menotter », dit un collègue chauffeur routier, qui ne sait si Wissan El Yamni sera enterré en France ou au Maroc.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce trentenaire sans antécédents médicaux est suspecté d’avoir jeté une pierre sur les forces de l’ordre, qui l’ont décrit comme très agité. Il a été plaqué au sol et a fait un malaise cardiaque. Il présentait des fractures et des lésions au cou. C’est du moins cette version que retiennent ces hommes, visage fermé, dont la colère, même vis-à-vis des journalistes, coupables de déformer leurs propos, ne cesse de monter à mesure qu’ils expriment leurs sentiments. Pour eux, nul doute que les policiers ont continué « à le frapper » après l’avoir maîtrisé.

« Guéant, c’est le ministre que des flics »

Les propos du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, interprétés comme une prise de position en faveur des policiers, résonnent comme « une provocation » ici. « Guéant, c’est le ministre que des flics », dit l’un des hommes. « Même si on s’habille bien, on reste des Arabes », s’emporte un autre habitant de ce quartier de la Gauthière où, comme aux Vergnes, le chômage touche un peu plus de 40% des 18-25 ans, deux fois plus que la moyenne, souligne la mairie. Les tensions, les voitures brûlées, la présence chaque nuit depuis cinq jours des CRS en tenue d’intervention, ont exacerbé les passions.

Sur le marché, certains habitants n’hésitent pas à évoquer leur « peur ». (…)

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Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.


Clermont : « ce n’était pas des petits coups »

TEMOIGNAGE E1 — Laure a assisté, depuis son appartement, à l’arrestation musclée de Wissam El-Yamni.

C’est l’une des rares témoins de la scène. Laure habite le quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand, non loin de là où a été interpellé Wissam El-Yamni, la nuit de la Saint-Sylvestre. Elle a vu, depuis la fenêtre de son appartement au quatrième étage d’un immeuble qui surplombe le centre commercial, comment s’est déroulée l’arrestation. Sa description est loin de confirmer le récit des policiers.

« Ils ont sauté sur lui »

Laure a raconté au micro d’Europe 1 que le jeune homme de 30 ans a été arrêté devant les vitrines des magasins et placé à l’arrière d’une voiture banalisée. La voiture aurait ensuite été se garer 300 mètres plus loin avant de s’arrêter à nouveau sur un parking à l’écart. C’est là que l’interpellation aurait dégénéré.

« Le jeune est sorti de la voiture. Il s’est mis à courir, même pas deux mètres. Deux messieurs sont sortis de la voiture — deux policiers –, ils ont sauté sur lui, l’ont plaqué au sol, l’ont tapé : ils lui ont donné des coups au niveau de la tête et au niveau du thorax », a-t-elle détaillé.

« Et ce n’était pas des petits coups qu’ils donnaient »

Laure a assuré, à deux reprises devant la police des polices, que les fonctionnaires qui ont interpellé Wissam El-Yamni « y allaient violemment avec des coups de pieds. Et celui qui était vers la tête a fini avec des coups de poings. Ca a duré cinq-dix minutes », a précisé Laure. Des propos appuyés par ceux d’une de ses voisines. (…)

Leur presse (Europe1), 10 janvier 2012.


Mort à Clermont-Ferrand : Deux policiers mis « hors service », selon Claude Guéant

FAITS-DIVERS – Ils avaient participé à l’interpellation le 31 décembre d’un homme décédé lundi…

Claude Guéant, qui a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’interpellation qui aurait conduit à la mort de Wissam El-Yamni, a annoncé ce mardi sur BFM TV que deux fonctionnaires avaient été mis « hors service, en congés ».

A l’heure actuelle, « les éléments disponibles ne sont pas suffisants pour prendre une position d’équité », a ajouté le ministre de l’Intérieur qui avait déclaré lundi soir que « s’il y a eu une interpellation difficile, ça n’est pas le fait des policiers. » (…)

Leur presse (20Minutes.fr), 10 janvier 2012.


La suspension des policiers réclamée à Clermont-Ferrand dans l’affaire El Yamni

Des voix se sont élevées mardi pour réclamer la suspension des deux policiers mis en cause dans l’affaire El Yamni, du nom de cet homme décédé après son interpellation controversée dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.

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La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et la CGT estiment ainsi que « suspendre » les deux policiers, à ce jour simplement mis « en congés », permettrait de ramener le calme, même si la nuit de lundi à mardi a été moins agitée que les précédentes, avec cinq voitures brûlées et 17 interpellations.

« Les jeunes peuvent avoir l’impression qu’il y a deux poids deux mesures », avec d’un côté des jeunes brûleurs de voitures jugés en comparution immédiate, et de l’autre des fonctionnaires toujours en fonction, a expliqué à l’AFP Me Jean-Louis Borie du barreau de Clermont-Ferrand, avocat de la LDH.

Pour la CGT Puy-de-Dôme également, « des mesures conservatoires doivent être prises à l’encontre des agents incriminés, montrant ainsi la détermination des pouvoirs publics dans la recherche de la vérité ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204202.jpgSynergie, second syndicat d’officiers de police, a quant à lui apporté son « soutien » aux deux policiers, exhortant « la cohorte des petits inquisiteurs de salons à s’abstenir de lyncher médiatiquement les policiers » incriminés, tandis que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a indiqué qu’ils avaient été mis « en congés ».

« Il me semble que c’est la mesure conservatoire minimum qui pouvait être requise », a réagi le maire socialiste de Clermont-Ferrand, Serge Godard, interrogé par l’AFP.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204178.jpgSur une possible suspension, M. Guéant a précisé que « les éléments disponibles sur ce qui s’est passé réellement ne sont pas suffisants pour prendre une position qui soit une position d’équité ».

« Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les policiers ont été appelés par quelqu’un sur les lieux où paraît-il se trouvait un blessé. Ils ont été accueillis par ce monsieur à coups de pierre, il a donné des coups de pied dans la voiture, il a frappé les policiers qui ont eu beaucoup de mal à le maîtriser », a rappelé le ministre de l’Intérieur.

« L’origine de l’interpellation difficile, ce n’est pas la police qui l’a créée. Ceci dit, les enquêtes diront ce qui s’est passé », a-t-il martelé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326203525.jpgAprès une course-poursuite, M. El Yamni avait été plaqué au sol. Il était tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport au commissariat et présentait des fractures et des lésions au cou.

L’information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ouverte vendredi a été requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet. La peine encourue est de vingt ans de réclusion criminelle.

Les deux fonctionnaires ne sont pas mis en examen à ce stade. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) mène aussi une enquête.

La LDH va quant à elle chercher à se constituer partie civile.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204230.jpgMe Borie a dénoncé le « dispositif de guerre » mis en place par le préfet, avec 400 fonctionnaires de police et de gendarmerie mobilisés, appuyés par un hélicoptère muni d’une torche éclairante, pour un bilan de cinq voitures brûlées dans la nuit de lundi à mardi. Le dispositif pourrait être reconduit.

Le parquet a par ailleurs précisé que les pompiers avaient été appelés en amont depuis le téléphone de Wissam El-Yamni, déclenchant leur intervention pour sauver un blessé imaginaire, dans ce qui pourrait être un guet-appens tendu aux forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.

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[Azawad] « Nous comptons reprendre notre destin en main »

Interview. « Les touaregs sont le rempart à l’expansion du terrorisme d’Al-Qaida »

La tension monte au Mali. Les Touaregs veulent chasser de leur territoire l’armée et Al-Qaida, qu’ils accusent de collusion.

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Les « hommes bleus », ainsi qu’on surnomme les Touaregs, veulent constituer leur propre gouvernement dans la région de l’Azawad.

Les ONG présentes dans la région ont tiré la sonnette d’alarme. Les enlèvements de ressortissants occidentaux au Sahel ne sont que le symptôme d’une situation qui va en se dégradant. « Le dialogue est rompu. Le pouvoir malien est en train d’envoyer des chars et plusieurs milliers d’hommes sur le terrain dans l’extrême nord. Nous sommes dans la reprise des hostilités entre Bamako et les Touaregs », déclare à la Tribune de Genève Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

La mort en août dernier du fondateur du MNLA, Ibrahim Ag Bahanga, vraisemblablement tué dans une embuscade, a nourri la colère des Touaregs. En outre, l’aide promise par l’Etat malien lors de la signature de l’accord de paix, à Alger en 2006, n’est jamais arrivée.

Une région instable

« Nous comptons reprendre notre destin en main », explique le représentant du MNLA. Créée il y a un peu plus d’un an, la nouvelle rébellion touareg du Nord s’est dotée d’une direction politique et d’un commandement militaire. La chute du régime libyen a ramené vers elle des hommes aguerris, qui disposent sans doute d’une partie de l’arsenal militaire qui s’est évaporé dans le désert ces derniers mois. Le reste est tombé entre les mains d’Al-Qaida. La région de l’Azawad a toujours été instable. La première rébellion remonte au début des années 60.

« On veut constituer un gouvernement, une sorte d’Etat qui prendrait en compte tous les aspects politiques, sécuritaires et économiques de la région », poursuit Hama Ag Sid’Ahmed, qui déplore la passivité de la communauté internationale. « Elle a minimisé le problème et tardé à prendre conscience de la gravité de la situation », déplore-t-il. La capture d’otages a changé la donne. Les rebelles touaregs, voient d’ailleurs dans ces enlèvements une raison de plus pour défier le pouvoir malien.

Le représentant du MNLA soutient qu’une partie de l’armée malienne est de connivence avec les groupes terroristes d’Al-Qaida au Maghreb islamiste (AQMI). « Certaines bases d’AQMI se situent à 10 ou 15 kilomètres à peine des bases militaires. Des officiels ont des contacts directs avec les chefs terroristes. Cela, pour faire en sorte d’évacuer les Touaregs de leur territoire », soutient Hama Ag Sid’Ahmed, qui pointe aussi le rôle joué dans la région par les « barons de la drogue ».

Un millier de combattants

Les Touaregs ne sont pas les premiers à dénoncer cette collusion. Désormais, ils ne souhaitent plus être de « simples spectateurs ». « Bamako et AQMI, c’est du pareil au même. Puisque tout le monde tente de nous chasser de la région, nous essayons de nous réorganiser pour récupérer progressivement ce qui nous appartient », explique le porte-parole du MNLA. « Aujourd’hui, les Touaregs restent le seul rempart possible à l’expansion d’AQMI », insiste-t-il.

En octobre dernier, la rébellion a déclaré la guerre à Al-Qaida. Hama Ag Sid’Ahmed reconnaît que certains jeunes Touaregs se sont laissés embrigader par l’AQMI. « Depuis deux mois, nous avons intensifié nos efforts pour les récupérer. Vingt-cinq d’entre eux ont déjà regagné nos rangs », assure-t-il. L’envie d’en découdre est là. Elle répond aussi à une soif de liberté.

« Cela fait vingt ans que les groupes islamistes installent ou tentent d’installer leur autorité à quelques kilomètres de nos maisons, qu’ils interdisent à nos jeunes le plaisir de la musique, et on ne devrait rien faire ? Vous savez, cette musique du groupe Tinariwen que vous avez appréciée au festival de Montreux en 2007, elle est interdite par Al-Qaida dans mes montagnes ! » rappelle Hama Ag Sid’Ahmed. Et de compléter : « Notre culture, c’est la tolérance et l’hospitalité, pas les enlèvements. »

Le MNLA disposerait d’un millier de combattants et d’une quarantaine d’officiers touaregs, tous très bien formés. « Nous avions alerté les pays occidentaux il y a plus de quatre ans sur la situation dans la région. Personne n’a voulu nous croire ni nous écouter », déplore Hama Ag Sid’Ahmed, qui lance un ultime appel à la communauté internationale pour qu’elle aide les Touaregs « à sortir de ce chaos et évite l’embrasement de l’ensemble de la région ».

Leur presse (Alain Jourdan, Tribune de Genève), 8 janvier 2012.

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[« Nous sommes pour l’abolition du gendarme » (Malatesta)] Issy doit brûler

Les gendarmes s’installent à Issy-les-Moulineaux

INFO LE FIGARO – Le complexe, d’une superficie de 22’000 mètres carrés, accueillera dès le 1er février les 1300 militaires affectés à la direction générale jusqu’alors dispersée sur une douzaine de sites.

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Le futur siège de la Direction générale de la gendarmerie nationale est une ville dans la ville

Le quartier du fort d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) est en passe de devenir, dans une vingtaine de jours, l’un des endroits les plus sûrs d’Ile-de-France. Dès le 1er février prochain en effet, la Direction générale de la gendarmerie nationale, jusqu’alors disséminée sur une douzaine de sites à Paris et sa proche couronne, commencera à y installer ses premiers militaires et ses employés civils. D’ici à la fin du premier semestre 2012, pas moins de 1300 hommes auront rejoint le nouveau QG qui s’étend, rue Claude Bernard, sur un complexe d’une superficie de 22’000 mètres carrés.

L’emprise sera divisée en trois zones bien distinctes. Pour mener à bien leur métier de conception et de coordination de l’action des 97’000 officiers, sous officiers et civils répartis dans les 3600 brigades à travers le pays, les femmes et les hommes affectés à la « DG » disposeront d’un centre de documentation et de salles de conférence.

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Derrière une façade futuriste, 1300 gendarmes vont coordonner l'action des brigades

A côté, une vaste infirmerie, une crèche pour les enfants du personnel, un stand de tir souterrain ainsi qu’un complexe sportif équipé d’une salle de musculation compléteront les infrastructures.

Véritable ville dans la ville adossée aux remparts Vauban du fort d’Issy, sur l’ancien site de la Direction générale de l’armement, le siège de la gendarmerie nationale disposera enfin d’un petit hôtel d’une trentaine de chambres susceptible d’accueillir les visiteurs, d’une cantine pouvant servir 350 couverts et de deux niveaux de parkings souterrains de 450 places.

Une source informée a confié au Figaro que le président de la République Nicolas Sarkozy pourrait venir inaugurer le site courant février. Pour des raisons d’efficacité, le général d’armée Jacques Mignaux, directeur général de la gendarmerie nationale, et son cabinet demeurent à l’hôtel de la place Beauvau, à proximité du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

Selon nos informations, l’actuel siège situé au 35, Saint-Didier dans le XVIe arrondissement, dans le quartier du Trocadéro à Paris, pourrait être réaménagé en logements sociaux ou étudiants. L’ancien petit hôtel particulier, situé au bas de la rue et dans lequel se trouve le Service de l’information et des relations publiques a quant à lui été cédé à un riche particulier.

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Le hall d'entrée du QG de la gendarmerie

Leur presse (Christophe Cornevin, Le Figaro, 10 janvier 2012)

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[saintEtienne] Le squat de la Plage expulsé

Saint-Etienne : un squat évacué en milieu de matinée

Un squat situé rue de la Sablière à Saint-Etienne près de La Comédie a été évacué, en milieu de matinée, dans le calme. Une dizaine de jeunes gens s’était installée dans le petit immeuble.

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L’intervention de la police s’est déroulée dans le calme. Les jeunes gens ont quitté les lieux sans agressivité, aucune interpellation n’a été nécessaire. C’est à la demande du propriètaire que les forces de l’ordre sont intervenues dans ce petit immeuble situé au n° 86 de la rue de la Sablière.

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Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 10 janvier 2012.

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[La liberté ou la mort] Après Fukushima

« Le Japon pour moi c’est fini »

Haruko Sakaguchi, professeur de français près de Fukushima, témoignait hier sur son vécu du nucléaire à Saint-Gervais, invitée par Europe écologie les Verts.

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Haruko Sakaguchi enseignait le français au Japon et espère retrouver un travail.

Vous êtes partie dès la catastrophe de Fukushima le 11 mars dernier, pourquoi ?

J’étais au courant des risques nucléaires, puisque je militais timidement contre. En octobre 2010, nous avions manifesté devant la mairie de Fukushima contre l’arrivée du mox, mais nous n’étions que six à nous relayer ! Notre maison était à Miharu, à 45 km de Fukushima ; nous sommes immédiatement partis dans la région de Tokyo mais nous étions conscients que les dangers des radiations allaient jusque-là. Mon mari étant français, nous avons fait le choix très douloureux de partir, pour notre petite fille de 4 ans. Ma fille a une grande nostalgie du Japon, nous avons laissé nos amis, ma famille. Et surtout nous savons que nous ne pourrons plus jamais y retourner, c’est ça le risque nucléaire. L’eau, tout ce qu’on mange est contaminé. Mais la plupart des Japonais ne se rendent pas compte du danger.

Vous vivez depuis en France qui est aussi un grand pays nucléaire, cela ne vous effraie pas ?

Ici il n’y a pas le risque sismique qui est réel au Japon. Mais les Français ont tout à fait raison de se mobiliser contre le nucléaire. C’est une menace générale, il y a déjà eu trois catastrophes majeures à travers le monde, et beaucoup d’autres moins importantes. Et pourtant la même obstination des gouvernants à dire que ce n’est pas dangereux. J’ai l’intime conviction qu’au Japon, on arrivera à en sortir. Nombre de réacteurs ne sont désormais plus en fonction et en avril, tous les réacteurs seront provisoirement arrêtés. En septembre dernier il y a eu 60.000 manifestants à Tokyo ce qui est énorme pour le Japon. Et je pense que la colère due à Fukushima va grandir quand les conséquences vont commencer à apparaître. Je serais heureuse que la France se désengage, et si ce n’est pas le cas, j’envisagerais peut-être avec ma famille d’aller vivre ailleurs.

Êtes-vous retournée au Japon depuis ?

Oui cet été. C’est terrible, on se pose des questions énormes avant de boire un verre d’eau. C’est une très belle région que nous avons quittée, où nous faisions partie d’une communauté très sympathique. Mais quand des voisins nous ont accueillis avec la pastèque qu’ils venaient de cueillir dans leur jardin, on ne savait plus quoi faire. Les radiations sont partout et je ne retournerais vivre nulle part au Japon. C’était un départ sans retour possible.

Propos recueillis par Béatrice Bossard

Leur presse (LaNouvelleRepublique.fr), 8 janvier 2012.


Des phoques irradiés par Fukushima retrouvés morts en Alaska ?

Des phoques échoués sur les côtes de l’Alaska pourraient avoir été victimes de la contamination radioactive des eaux du Pacifique…

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Un phoque annelé malade qui perd ses poils, en septembre 2011 en Alaska.

Plus de soixante phoques morts et quelque 75 malades ont été retrouvés en décembre sur les côtes de l’Alaska, et le même phénomène a été observé en Russie et au Canada : les pronostics vont bon train sur la raison de cet échouage massif. Parmi les raisons évoquées, une contamination des animaux par la radioactivité émise par la centrale de Fukushima inquiète les scientifiques, rapporte l’agence Associated Press.

Déficience immunitaire, virus ou Fukushima ?

Déjà en juillet dernier, des phoques échoués ont été retrouvés sur les côtes de la mer de Beaufort, marqués par des lésions sur les nageoires postérieures et à l’intérieur de la gueule. Quelques congénères malades, très abattus, ont également été observés sur les plages. Les autopsies ont révélé la présence de liquide dans leurs poumons, ainsi que des tâches sur leur foie et des excroissances anormales au niveau du cerveau. Inquiétant pour cette espèce de petit phoque annelé, déjà menacée par la fonte des glaces arctiques.

Les scientifiques ont évoqué la piste d’une déficience du système immunitaire, d’un virus ou d’un stress lié au changement de leur environnement. Mais ils ont aussi été interrogés par les habitants des villes d’Alaska sur la possibilité d’un lien avec la catastrophe de Fukushima : « Mon avis personnel, c’est qu’il n’y a pas de lien, a indiqué John Kelly, professeur à l’Université d’Alaska. Mais on peut toujours avoir des surprises. »

Des échantillons de tissus des phoques échoués sont en cours d’analyse par les scientifiques. Ils seront prochainement par spectrométrie gamma, une technique qui permet de détecter les éléments radioactifs. Les débris et déchets charriés par le tsunami de mars dernier dans l’océan Atlantique, qui devraient prochainement arriver sur les côtes américaines, devraient aussi être passés au crible des rayons gamma.

Leur presse (Audrey Chauvet, 20Minutes.fr), 5 janvier 2012.

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[La liberté ou la mort] La mafia du nucléaire travaille

Un « couac » dans l’appel d’offres européen sur l’enquête Tchernobyl

On peut tout imaginer, un sabotage, un malentendu, une maladresse, une erreur de manipulation ou la manipulation d’une erreur, le simple oubli ou l’excès de zèle d’un fonctionnaire du territoire. Toujours est-il que cette affaire, qui n’en est pas encore tout à fait une, embarrasse la collectivité territoriale de Corse. Et doit singulièrement agacer Paul Giacobbi, le président de son exécutif, dont on connaît l’implication obstinée pour tout ce qui a trait aux faits et méfaits du nucléaire tant en Corse qu’à l’Assemblée nationale, notamment à travers sa proposition de loi relative à l’indemnisation des personnes victimes d’accidents et essais nucléaires. Une enquête interne est d’ailleurs en cours dans les services concernés de l’Assemblée pour découvrir ce qui a bien pu se passer.

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La Corse, qui a été l'un des territoires français les plus touchés par le nuage de Tchernobyl en 1986, détiendrait aujourd'hui le record de France des cancers de la thyroïde.

Un « oubli » ennuyeux

De quoi s’agit-il précisément ? Faisons un bref historique. Dans sa délibération du 11 février 2010, l’assemblée de Corse a approuvé le principe d’une enquête épidémiologique indépendante afin d’établir de façon objective l’impact sanitaire du nuage de Tchernobyl sur la population insulaire. On le sait, la Corse, qui a été l’un des territoires français les plus touchés en 1986, détiendrait aujourd’hui le record de France des cancers de la thyroïde, en tout cas, nombre de spécialistes y ont enregistré une forte recrudescence des pathologies thyroïdiennes, thyroïdites, nodules, goitres, etc. Par ailleurs, l’île réclame depuis plus de vingt ans un registre des cancers. Lors de la session publique d’octobre, l’assemblée de Corse, dans une délibération votée à l’unanimité, actait officiellement le lancement de l’étude épidémiologique via un appel d’offres à l’échelon européen assorti d’une enveloppe de 400’000 euros. À la délibération écrite était adjoint en annexe le cahier des charges dans lequel figure notamment une clause d’exception qui exige expressément des candidats soumissionnaires à l’enquête épidémiologique de n’avoir aucun lien avec les services de l’État. Ceci pour garantir la crédibilité scientifique des résultats.

Là où le bât blesse, c’est que dans le contenu de la publication officielle de l’appel d’offres, cette clause d’exception avait mystérieusement disparu. Ce qui est, il faut bien l’admettre, très ennuyeux lorsqu’on espère légitimement que l’enquête soit menée dans la plus grande transparence possible et en toute indépendance. Il est probable qu’il s’agisse d’une simple erreur technique, mais on ne peut totalement écarter l’hypothèse de la manipulation malveillante.

Des liens qui seraient avérés avec l’État…

Seulement voilà. Au moment de l’ouverture des plis, qui a eu lieu au mois de décembre, deux problèmes, on peut éventuellement parler d’interrogations fortes, ont surgi. D’abord, il n’y avait que deux organismes qui se sont porté candidats. Ce qui est peu pour un appel d’offres lancé sur tout le territoire européen. Il n’est pas impossible que le délai imparti de douze mois pour mener à bien l’enquête ait été jugé un peu trop court. Ce type d’investigations épidémiologiques peut parfois prendre des années. Le souci d’aller vite se comprend : faire toute la lumière sur les conséquences de Tchernobyl, après vingt ans de combat associatif et politique, juste avant la fin de la mandature, présente des avantages à bien des égards. D’un autre côté, avoir confiné les recherches à des données aussi précises que l’évaluation de l’impact du nuage radioactif sur les enfants âgés de moins de six ans au moment des faits, concentre l’enquête. Et avec les moyens logistiques adéquats, c’est, à en croire certains spécialistes, tout à fait possible en douze mois.

Mais ensuite — et surtout — les deux équipes pluridisciplinaires, française et franco-italienne, qui soumissionnent ont chacune dans leur effectif un membre qui a un lien avec l’État : un a été prestataire d’une étude diligentée par le ministère de la Défense, l’autre est un fonctionnaire d’une agence régionale de la Santé. Évidemment, il n’y a aucune malhonnêteté de leur part puisque les candidats ont répondu à un appel d’offres qui ne comprenait pas la clause d’exclusion. Par ailleurs, les deux organismes aujourd’hui en concurrence pour emporter le marché présentent incontestablement des références solides au niveau scientifique.

Reste à savoir si la disparition malencontreuse de la clause ne soulèvera pas de problèmes juridiques. On a appris que des membres de la commission Tchernobyl sont amers et souhaiteraient que l’appel d’offres soit déclaré infructueux, mais une majorité estime à l’inverse que le candidat retenu peut être « recadré », et qu’il est grand temps d’aboutir.

La commission d’appel d’offres de la CTC, qui doit se réunir deux fois ce mois-ci, aujourd’hui et dans deux semaines, devra prendre la bonne décision. Et dissiper tous les nuages…

Leur presse (CorseMatin.com), 5 janvier 2012.

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[Nos médias] La mort de Mahjoub à Bourg-en-Bresse

Yo

pour compléter l’article
http://juralib.noblogs.org/2011/10/14/ain-la-police-travaille-a-berck-en-brousse/

un reportage radio avec les protagonistes
http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-fait-divers-a-bourg-en-bresse-2012-01-05

amicalement

livoson – 10 janvier 2012.

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Résistons Ensemble no 104 – janvier 2012

Les bus du ghetto

Octobre 2011, Djamal, jeune habitant de la Cité du Luth, à Gennevilliers (92) meurt à la prison de Nanterre. Il s’est soi-disant pendu avec son « kit anti-suicide ». Coïncidence ou riposte, peu de temps après deux inconnus ont tenté d’incendier un bus de la ligne 235 au Luth, son chauffeur aurait même été arrosé d’essence. Pendant trois mois aucun bus 235 ne passe plus par la cité, aujourd’hui encore le service n’est que partiel… les habitants se seraient tiré une balle dans le pied ? Le très officiel site du Comité d’entreprise de la RATP nous éclaire sur une réponse possible : « Les cités dites sensibles sont moins bien desservies à cause d’une forme de ghettoïsation : avant le prolongement de la ligne 13 jusqu’à Asnières-Gennevilliers Les Courtilles, la ligne 235 était assurée par des bus articulés. Ce n’est plus le cas et les “clients” de la RATP doivent se tasser dans le bus standard. Ça n’excuse pas l’acte de violence, mais avec l’abandon progressif des zones dites sensibles par les services publics, cela contribue à ce climat. »

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Depuis que Jospin a dénoncé le soi-disant « angélisme » de la gôche, elle ne cesse, ensemble avec la droite, de justifier la politique ultra-répressive réservée aux quartiers populaires par la nécessité de lutter contre les « bandes », les dealers… Les actes de violence commis dans les quartiers : bus, écoles, gymnases… brûlés sont qualifiés d’actes « barbares » et de surcroît incompréhensibles, puisque les habitants détruisent le peu d’équipements collectifs dont ils disposent. Il s’agit, pour l’État et ses serviteurs, de nous enfoncer dans la tête l’idée selon laquelle ces populations, en leur très grande majorité des arabes et des noirs, seraient étrangers, comme l’a récemment déclaré Guéant, à « l’art de vivre français, comme les civilités, la politesse, la gentillesse ».

Déjà, lors des révoltes de 2005, gôche et droite s’efforçaient de nier le caractère politique des actions des jeunes émeutiers. Pourtant, ne doit-on se poser la question : s’attaquer à tout ce qui est lié à l’État, des bus aux écoles, n’exprime-t-il pas davantage qu’une colère aveugle ? Ces violences ne constituent-elles pas autant de coups portés aux miettes « démocratiques » qui servent à faire avaler la relégation sociale, raciale, politique ?

Bien sûr, les émeutes, encore locales ou isolées, comme en 2005 ou en 2007, ne sont pas de la politique au sens où notre société le comprend et l’accepte : le droit de mettre un bout de papier dans une urne (droit qui n’existe d’ailleurs pas pour tous).

Pour le moment elles cherchent, parfois aveuglement, leurs cibles. Mais comme la nuée, elles portent l’espoir de l’orage qui annonce un nouveau monde.

Résistons Ensemble no 104, janvier 2012.

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[Guerre sociale] Emeute des ouvriers de la Sosucam à Mbandjock (Cameroun)

Saint Sylvestre. Un gendarme tué dans une émeute à Mbandjock

Suite à un mouvement de revendication d’une gratification de fin d’année, des émeutes ont émaillé la ville sucrière du Cameroun. Un gendarme y a trouvé la mort.

La ville de Mbandjock est encore quadrillée par les forces de l’ordre. Des renforts en gendarmes et policiers venus de Yaoundé ont pu ramener le calme dans cette bourgade située à une centaine de kilomètres de la capitale. « Nous avons eu des sueurs froides ici. La ville était sens dessus dessous. Et c’était une espèce de névrose populaire. Grâce à Dieu, le calme est revenu, et nous espérons que la situation va définitivement revenir à la normale à la Sosucam, principal théâtre des émeutes », nous a confié au téléphone un habitant de Mbandjock.

Selon nos informations, il s’est agi d’un mouvement d’humeur spontané initié par certains ouvriers de la Sosucam, principalement les agents d’exécution. Le mouvement d’humeur serait parti d’une revendication d’une habituelle gratification de la direction générale de l’usine de la Société sucrière du Cameroun à ses ouvriers. En effet, chaque fin d’année, la direction générale de la Sosucam donne à chacun de ses ouvriers, notamment ceux des catégories inférieures, un kilogramme de viande de bœuf d’une valeur numéraire de 2500 Fcfa, pour la fête du passage au nouvel an. Cette année encore, le même principe a été retenu. Mais il se trouve que la direction générale de la Sosucam aurait décidé d’octroyer cette gratification non plus en nature comme d’habitude, mais plutôt de mettre la somme de 2500 Fcfa qui correspond à un kilogramme de bœuf dans les salaires du mois de janvier 2012. Informés, les ouvriers des deux usines Sosucam de Mbandjock et Nkoteng ont tout de suite marqué leur désaccord. La plupart des employés auraient voulu que la somme correspondant à la gratification d’un kilogramme de bœuf, à savoir l’équivalent de 2500 Fcfa, leur soit remise directement en espèce avant la date du 30 décembre 2011.

Sentant monter la tension, les responsables de l’usine Sosucam de Nkoteng ont tout de suite ouvert un dialogue avec les ouvriers en répondant à leur exigence. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas pour l’usine Sosucam de Mbandjock où les responsables auraient minimisé la revendication et le mouvement d’humeur né de cette situation qui a gagné en intensité le 30 décembre 2011 en journée.

Face à la détermination des responsables de l’usine qui semblaient sourds aux revendications, des ouvriers déchaînés auxquels se seraient mêlés des vandales ont alors pris d’assaut le foyer de l’entreprise, où ils auraient tout pillé avant d’y mettre le feu. Les délégués du personnel et les responsables syndicaux qui ont essayé d’appeler au calme auraient risqué le lynchage. C’est le cas notamment du nommé Alouna Mveh Théophile. Ce responsable syndical venu calmer ses camarades et collègues déchaînés, n’a eu la vie sauve que grâce à des servantes du foyer qui l’auraient caché sous des casiers de bière. Et très vite son évacuation ainsi que celle des membres de sa famille.

Après le foyer, nos sources indiquent que les émeutiers se sont rendus à la cité des cadres où ils auraient tout pillé avant d’aller vider le domicile de Foayen Foayen Dieudonné, directeur des plantations. Ce haut dirigeant de la Société sucrière du Cameroun n’aurait eu la vie sauve que parce que les émeutiers ne l’ont pas trouvé à son domicile. En tout cas après avoir bloqué l’usine, les émeutiers ont organisé la chasse aux cadres et autres agents de maîtrise à travers la ville. Du coup, une situation de grave tension généralisée pendant tout le week-end de la fête du nouvel an s’est installée.

Au moment où nous mettions sous presses, on signalait la mort d’un gendarme noyé dans la piscine de la cité des cadres dans des conditions encore mal élucidées. Affaire à suivre.

Leur presse (Le Messager), 3 janvier 2012.

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[Tarnac] La justice enquête sur des écoutes illégales menées avant l’affaire du sabotage

C’est une nouvelle petite victoire pour les mis en examen de Tarnac (Corrèze), soupçonnés depuis novembre 2008 d’avoir saboté des lignes de la SNCF. Une information judiciaire a été ouverte dans l’affaire des écoutes sauvages de l’épicerie gérée par le petit groupe, un dossier annexe au sabotage.

La juge d’instruction de Brive-la-Gaillarde a estimé, le 3 janvier, qu’il y avait lieu à instruire sur le chef d' »atteinte au secret des correspondances » et d' »atteinte à l’intimité de la vie privée » que le procureur de la République souhaitait écarter. Pour Me William Bourdon, l’avocat de la société du Magasin général de Tarnac, qui avait porté plainte avec constitution de partie civile en février 2011, la justice rentre ainsi dans la « phase sombre du dossier ».

Le 11 novembre 2008, neuf personnes appartenant à la mouvance « anarcho-autonome » sont interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris. Elles sont accusées d’avoir posé des crochets métalliques sur des caténaires pour désorganiser les lignes de la SNCF en octobre et novembre 2008. A l’issue de leur garde à vue, quatre d’entre elles sont remises en liberté, cinq sont placés en détention provisoire.

Tous sont mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste », sauf Julien Coupat, considéré comme le leader du groupe, qui est mis en cause pour « direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte terroriste ». Installé dans le petit village de Corrèze depuis le début des années 2000, le groupe s’occupe d’une épicerie-bar-restaurant et élève des animaux sur les 40 hectares de la ferme du Goutailloux.

La qualification terroriste des faits, le maintien en détention de M. Coupat jusqu’en mai 2009 sont largement médiatisés ainsi que le contrôle judiciaire strict imposé dans un premier temps aux remis en liberté. La fragilité des éléments à charge de ce que la ministre de l’intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie, avait qualifié d' »opération réussie » dans le « milieu de l’ultragauche » est assez vite apparue. Notamment les accusations d’un témoin sous X, rapidement démasqué par la presse et qui aurait subi des pressions des policiers.

ZONES D’OMBRE

L’affaire des écoutes, quant à elle, est antérieure aux sabotages. Tout débute en mars 2008, alors que le groupe vit tranquillement à Tarnac. Gaëtan Fussi, l’un des cogérants de l’épicerie, qui ne sera pas concerné par l’affaire des sabotages, remarque que les télédéclarations de carte bancaire, par l’une des deux lignes téléphoniques du magasin, ne sont plus effectuées. La petite équipe se tourne d’abord vers sa banque. Après une série de tests et un changement de machine, toujours rien. Le problème vient de la ligne téléphonique.

Un technicien de France Télécom se rend sur place, le 4 avril. Et là, dans le local technique, surprise : un boîtier d’origine inconnue est branché, en parallèle de la ligne. M. Fussi plaisante : et si c’était la police ? Le technicien répond, très sérieusement : « Ça se pourrait bien, je vais appeler mon chef, on verra bien. » Après le coup de fil du technicien à son responsable, M. Fussi comprend qu’il s’agit bien d’un dispositif d’espionnage et le boîtier est débranché.

Le petit groupe a donc été écouté. Ce n’est pas forcément une surprise. En 2008, la mouvance de l’ultragauche fait l’objet de toutes les attentions du renseignement français. Trois membres du groupe de Tarnac sont fichés aux renseignements généraux dès 2002, après une occupation sur le campus universitaire de Nanterre ; en 2005, la fiche de Julien Coupat est modifiée pour « mise sous surveillance » ; en janvier 2008, enfin, Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy ont été signalés par le FBI après s’être soustraits à un contrôle d’identité à la frontière canadienne.

Pour autant, « aucun fondement juridique ne pouvait justifier une quelconque écoute », souligne Me Bourdon. L’enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs à visée terroriste » n’a été ouverte par le parquet de Paris que le 16 avril 2008. Elle fait suite à un signalement du groupe au procureur par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire.

Sur quelles bases le groupe a-t-il été signalé à la justice, et donc surveillé de manière officielle, puis mis en cause dans l’affaire des sabotages de lignes SNCF ? Si des écoutes illégales étaient à l’origine de ces procédures en cascade, c’est tout le dossier qui pourrait être touché.

Car l’instruction de Brive vient s’ajouter à une autre information judiciaire ouverte en novembre 2011 par le parquet de Nanterre pour « faux et usages de faux en écriture publique » concernant un procès-verbal policier. Le « PV104 » est une pièce majeure du dossier. Il s’agit du compte rendu de la filature de Julien Coupat et Yldune Lévy la nuit des sabotages sur les lignes de la SNCF, les 7 et 8 novembre 2008. Pour la police, il prouve que le couple se trouvait à proximité d’une des lignes sabotées, en Seine-et-Marne. Selon la défense, il est truffé d’incohérences, peut-être destinées à masquer la pose illégale – là encore – d’une balise sous la voiture de Julien Coupat.

Autant de zones d’ombre qui pèsent sur l’instruction principale concernant les faits de sabotage que le juge d’instruction Thierry Fragnoli devrait boucler dans les prochains mois, après d’ultimes auditions.

Leur presse (Laurent Borredon, LeMonde.fr), 9 janvier 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] Manifestation du 7 janvier 2012 à Grasse (2)

Réunis à Grasse en mémoire de Hakim Ajimi et à une semaine du procès des deux agents de la BAC

Samedi 7 janvier à Grasse, la famille, les amis et des militants venus de Paris, Lyon, Montpellier, Marseille, Avignon, Istres, se sont rassemblés, non loin de l’interpellation mortelle dont a été victime Hakim Ajimi. Un rassemblement symbolique a eu lieu avant le procès des deux agents de la BAC, poursuivis pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger » car ayant pratiqué une clé d’étrangement sur ce jeune homme de 22 ans. Le procès qui aura lieu au Tribunal correctionnel de Grasse du 16 au 20 janvier mobilisera en nombre des citoyens et membres d’associations, collectifs ou partis (MIB, Divers Cités, FSQP, PIR, etc.) qui dénoncent depuis de longues années les violences policières, aujourd’hui devenues banales. L’affaire Ali Ziri, retraité de 69 ans, Mamadou Maréga, Mohamed Boukrourou, Lamine Dieng et dernièrement Wissam El Yamni, actuellement dans le coma à Clermont-Ferrand, en sont autant d’exemples. Tour à tour, des membres d’organisations ont pris la parole, parmi eux : Samir Baaloudj (membre du MIB, porte-parole de la campagne « Police personne ne bouge ?! »), Omar Slaouti (collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri), Abdelaziz Chaambi (notamment membre fondateur de Divercité), Walid Klai (porte-parole du comité de soutien « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi ») et Adil Fajri. Voici en vidéo, un extrait des interventions.

« La famille Ajimi se bat depuis quatre ans pour que le mot « justice » ait un sens. » Walid Klai, porte-parole du Collectif « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi », va droit au but. « Nous ne faisons pas le procès de la police mais des agents qui ont causé la mort d’Hakim » lance-t-il à la foule (environ 200 personnes), sous l’œil ému de Zohra et de Boubaker Ajimi, les parents d’Hakim, silencieux et visiblement épuisés.

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Walid Klai, porte-parole du collectif

Walid Klai a également évoqué les conditions dans lesquelles le jeune homme de 22 ans a été interpellé par deux agents de la Brigade anti-criminalité poursuivis « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger » et cinq policiers municipaux, poursuivis quant à eux pour « non-assistance à personne en danger », soit 7 agents pour le plaquer et pratiquer « une clé d’étranglement qui n’était pas nécessaire ». Selon les rapports d’expertise médicale, « la mort lente et douloureuse » du jeune homme est due à « une asphyxie mécanique, conséquence d’une compression thoracique et d’une clé d’étranglement pratiquées par les policiers durant trop longtemps ».

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Une pratique enseignée dans les écoles de police et que le collectif souhaite voir interdite et que la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) qualifie de « barbare ». Cette commission a été supprimée par Nicolas Sarkozy malgré l’augmentation de 50% des plaintes en 2009 et 2010 a notamment rappelé, Abdelaziz Chaambi, militant associatif dans la région lyonnaise, qui a aussi été victime de cette fameuse clé d’étranglement, interdite dans de nombreux pays européens.

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Abdelaziz Chaambi

Après de nombreux rebondissements judiciaires et après avoir subi un certain nombre de pression, le collectif annonce que le procès des deux policiers de la BAC, poursuivis pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en péril » aura lieu du 16 au 20 janvier au Tribunal Correctionnel de Grasse, bien que la famille aurait souhaité qu’ils soient jugés dans une cour d’assises, prononçant des peines plus lourde. « Les policiers risquent deux ans de sursis » a précisé Dorsaf Briki, membre actif du comité « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi » qui a affirmé que « le procès ne sera qu’une étape » dans la lutte qu’ils mènent pour la justice et la vérité.

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Samir Baaloudj

Pour en arriver là, la lutte a été longue. Les agents ont d’abord été placés en position de témoins assistés en 2008, puis mis en examen en 2009, ensuite déchargés de toute responsabilité en 2010 et aujourd’hui renvoyés devant le tribunal de Grasse ce mois de janvier 2012.

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Omar Slaouti

Les différentes prises de parole ont cité les nombreuses victimes de violences policières à l’image d’Ali Ziri retraité algérien décédé le 11 juin 2009 à Argenteuil suite à son interpellation par la police. Le procureur de la République de Pontoise vient de prononcer un non-lieu dans cette affaire, et ce, malgré les conclusions de l’autopsie de l’institut médico-légal de Paris qui relève l’existence de 27 hématomes. Le 14 janvier prochain, le collectif Ali Ziri, ira inscrire sur une plaque de marbre : « Ali Ziri, 69 ans, mort suite à son interpellation par la police nationale d’Argenteuil, ici même ». Une plaque qui sera visible de tous et visible des policiers a insisté Omar Slaouti, membre actif du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.

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Adil Fajry

La dernière affaire en date est celle de Wissam El Yamni aujourd’hui dans le coma après son interpellation musclée par deux policiers à Clermont-Ferrand, aujourd’hui visés par une information judicaire. Le jeune homme de 30 ans a été arrêté la nuit de la Saint-Sylvestre car il aurait lancé des projectiles sur leurs véhicules. Il a été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport. Des membres du MIB, rejoints par d’autres collectifs se rendront prochainement à Clermont-Ferrand pour accompagner la famille de Wissam dans leur démarche judicaire.

D’autres, à l’image d’Adil Fajri ont appelé à l’union et la lutte sur le terrain politique, faisant écho aux différentes initiatives ou mouvements qui naissent dans les quartiers populaires de France. A l’image des 3es Rencontres Nationales des Luttes de l’Immigration ou encore « Le Printemps des Quartiers Populaires ».

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Boubaker (père de Hakim)

Les appels se multiplient pour que la mobilisation se poursuive en vue du procès dans une semaine. Les militants s’organisent déjà pour se rendre en masse devant le Tribunal Correctionnel de Grasse. Durant la semaine du procès, un point info aura lieu chaque jour devant le tribunal de 16h à 18h et le vendredi toute la journée.

Henda Bouhalli – Med’in Marseille, 9 janvier 2012.

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[Justice pour Wissan El-Yamni] Communiqué solidaire

Communiqué de presse

En ce lundi 9 janvier, apprenant que Wissam (trente ans, père de famille, salarié…), est décédé suite à l’interpellation policière dite « musclée » du 31 décembre, l’Union Locale de la CNT-AIT 63 (Confédération Nationale du Travail-Association Internationale des Travailleurs) et le groupe de Clermont-Ferrand de la CGA (Coordination des Groupes Anarchistes), considèrent que la responsabilité des policiers, donc de la préfecture, et à travers ces derniers celle de l’État, est évidente. Pour nous, rien ne justifie l’homicide d’un homme non-armé.

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Nous apportons notre soutien total aux interpellés, en garde à vue à l’heure où nous écrivons ces lignes, et pour certains déjà jugés, alors que les deux policiers soupçonnés sont toujours en service. Quelques voitures brûlées ne représentent rien comparée à la mort d’un homme.

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Enfin, nous appelons toutes les personnes touchées par cette affaire à s’unir afin de montrer leur plus large solidarité pour que cessent la justice à deux vitesses constatée à chaque « bavure ».

Contact CNT-AIT
Contact CGA

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[Révolution mondiale/Nigeria] Grève générale contre la hausse des prix

Le Nigeria paralysé par la grève générale, au moins cinq morts

Au moins cinq personnes ont été tuées lundi au Nigeria, dont quatre par balles, dans des affrontements entre policiers et manifestants lors de la grève générale contre la hausse des prix des carburants, a indiqué la Commission nationale des droits de l’homme.

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Selon son secrétaire général, Chidi Odinkalu, trois personnes ont été abattues dans la capitale économique Lagos et une autre à Kano, la métropole du Nord.

Un enfant de 9 ans a également été tué à Kano, mais apparemment écrasé par la foule dans un mouvement de panique. « L’enfant semble avoir été piétiné dans ce qui parait être un mouvement de foule à Kano », a-t-il dit à l’AFP. « Quatre autres personnes ont été tuées par balles selon ces informations », a-t-il ajouté.

La police a pour sa part confirmé la mort d’un manifestant à Lagos, ajoutant qu’un policier soupçonné avait été arrêté.

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A Kano, une source hospitalière a de son côté déclaré que deux manifestants touchés par balles avaient succombé à leurs blessures.

Selon un responsable de la Croix-Rouge de la ville, on y comptait une trentaine de blessés au total, dont 18 par balles.

Ce mouvement se produit dans un contexte de tension croissante entre chrétiens et musulmans dans le pays le plus peuplé d’Afrique, où des manifestants ont tenté lundi d’incendier une mosquée dans le Sud à majorité chrétienne.

Les heurts les plus violents se sont produits à Kano, la métropole du Nord à dominante musulmane, où deux personnes ont été tuées par balles et une trentaine blessées, selon un responsable hospitalier.

La police y a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l’air contre des milliers de manifestants qui tentaient d’envahir les bureaux du gouverneur de l’Etat, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ils ont également tenté d’incendier le domicile du gouverneur de la Banque centrale et mis le feu au bureau du chef de l’administration régionale.

Suite à ces incidents, les autorités locales ont décrété un couvre-feu nocturne dans la ville de 18H00 à 8H00.

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A Abuja, la capitale fédérale, d’importantes manifestations ont eu lieu, rassemblant des milliers de personnes.

Le mot d’ordre de grève générale semblait suivi dans le pays. Mais, si l’activité était largement à l’arrêt dans les grandes villes, la production de pétrole, 2,4 millions de barils par jour, n’a pas été affectée par la grève, ont assuré des responsables du secteur.

Les syndicats exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l’essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l’alimentation des générateurs d’électricité.

Cette grogne sociale intervient sur fond de tensions politico-religieuses qui font craindre une escalade des violences entre musulmans et chrétiens qui peuplent à parts égales le Nigeria.

Lundi, des manifestants protestant contre la hausse des prix du carburant ont attaqué une mosquée de Benin City, dans le sud, et un bureau de change tenu par un musulman, faisant plusieurs blessés légers, selon la police.

Depuis les sanglants attentats du jour de Noël qui avaient fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques contre des chrétiens dans le Nord majoritairement musulman ont fait plus de 80 morts.

La majorité de ces raids ont été revendiqués par Boko Haram, un groupe islamiste qui réclame l’application de la charia (loi islamique) dans l’ensemble du pays.

Le pape a déploré lundi que l’objectif de la réconciliation et du respect de « toutes les ethnies et religions » soit encore lointain en Afrique. Benoît XVI a évoqué « en particulier la recrudescence des violences qui touche le Nigeria ».

A Washington, les Etats-Unis ont « vivement » condamné lundi les actes de violence attribués au groupe islamiste Boko Haram, et pressé les autorités nigérianes de poursuivre les responsables.

Dimanche, le président Goodluck Jonathan avait admis pour la première fois que Boko Haram, un groupe assez mystérieux, disposait de soutiens et de sympathisants au sein du parlement, de la justice et des services de sécurité.

Selon lui, les violences antichrétiennes actuelles sont « pires » par leur caractère aveugle et imprévisible que la guerre civile des années 60.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com), 9 janvier 2012.

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[Egypte] La police religieuse chassée par les femmes à Benha (Delta du Nil)

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Egypte : Quand les femmes ripostent aux milices islamistes

Des bandes d’hommes salafistes ultra-conservateurs organisés en milices harcèlent et agressent les commerçants et leurs clientes dans les villes rurales d’Egypte, les accusant de “comportement indécent”, selon les rapports de la presse égyptienne.

Mais lorsque cette semaine ils ont débarqué dans un salon de beauté à Benha, petite ville du Delta du Nil, et ont ordonné aux femmes de cesser leurs activités, les menaçant de violences physiques si elles n’obéissaient pas, les femmes ont riposté, les ont battus avec leurs propres bâtons, et chassés dans la rue à coups de pieds devant la foule.

Traduit de l’anglais (Socialism Art Nature, 8 janvier 2012) par Solidarité ouvrière.

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[Clermont-Ferrand] Justice pour Wissan El-Yamni !

L’homme qui était dans le coma depuis son interpellation mouvementée lors de la Nuit de la St Sylvestre, à Clermont Ferrand est décédé. C’est ce que Libération a appris auprès de la préfecture. La ville est en alerte, car les autorités craignent des débordements.

Renforcé ce week-end, le dispositif de sécurité sera maintenu ce lundi soir. Quelque 420 fonctionnaires de police et de gendarmerie, contre 200 les nuits précédentes, ont été mobilisés la nuit dernière à Clermont-Ferrand. Deux hélicoptères — l’un équipé d’une caméra thermique, l’autre d’un projecteur — ont épaulé les forces de l’ordre et seront à nouveau en action la nuit prochaine. (…)

Leur presse (Libération, 9 janvier 2012)


La régie des transports publics de l’agglomération de Clermont-Ferrand vient d’annoncer à ses usagers qu’elle interrompait « progressivement ses services pour la soirée du lundi, le contexte sécuritaire étant très sensible » dans l’ensemble de l’agglomération.  L’homme de 30 ans, dans le coma à la suite de son interpellation à La Gauthière la nuit de la Saint-Sylvestre, est décédé vers 16 heures.

Un groupe de jeunes interpellait déjà dès 16h10 le maire de Clermont-Ferrand, Serge Godard, présent à la sortie de l’école Philippe-Arbos en soutenant que Wissam El-Yamni, 30 ans, dans le coma depuis la nuit de la Saint-Sylvestre après avoir été interpellé par la police, était mort. (…)

Leur presse (Lamontagne.fr, 9 janvier 2012, ici et là)


L’interpellation « difficile » n’est « pas le fait des policiers » [sic !], déclare Claude Guéant à propos de l’arrestation de l’homme mort ce soir à Clermont-Ferrand.

Leur presse (FranceTv Info, 9 janvier 2012)

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[Chili] Vive la résistance mapuche !

Chili : obsèques des pompiers tués, incidents dans une région mapuche

Sept pompiers morts dans un feu de forêt ont été inhumés dimanche dans le sud du Chili, où plusieurs incidents violents, dont une maison incendiée et des tirs contre la police ont été enregistrés ce week-end dans une région de tensions récurrentes avec la minorité Mapuche.

Les obsèques des sept hommes, qui avaient péri encerclés par les flammes jeudi près de Carahue, à 700 km au sud de Santiago, ont été célébrées dans cinq villages distincts, entre les régions de Bio Bio et d’Araucanie, où un deuil officiel avait été décrété pour la journée.

La vague d’incendies de forêt qui frappe le Chili, plus de 60 foyers depuis une dizaine de jours, a fait au total neuf morts, et détruit plus de 51.000 hectares de végétation.

Le président Sebastian Pinera a réaffirmé dimanche que le gouvernement avait des éléments, des informations et preuves de nature multiple signalant que beaucoup de ces incendies ont été intentionnels, et non le fruit du hasard ou de la nature.

Il a justifié la plainte déposée vendredi par le gouvernement en vertu de la Loi antiterroriste, très controversée, en estimant que les incendies intentionnels sont des actes terroristes.

M. Pinera n’a pas évoqué de piste explicite, mais le ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter a jeudi montré du doigt un groupuscule radical d’Indiens mapuche, dont l’Araucanie est un des fiefs.

Un coin de cette province rurale et boisée, près de la commune d’Ercilla, à 600 km de Santiago, a été le théâtre de deux incidents violents dans la nuit de samedi à dimanche, commis par des groupes d’hommes masqués, et qui n’ont pas fait de blessés.

La maison d’habitation d’une grande propriété agricole a été incendiée par cinq hommes, qui ont maîtrisé le couple de gardiens sous la menace d’armes à feu, les ont fait sortir avec quelques effets, puis ont mis aussitôt le feu à la maison, selon le chef de la police régionale Ivan Vega.

Dans l’autre incident, dans la commune proche de Pidima, un groupe indéterminé d’hommes en cagoules a attaqué avec des armes à feu des policiers qui gardaient une propriété foncière, a dit à l’AFP une source policière. La police a riposté et mis en fuite les assaillants.

Des véhicules de police, mais aussi celui d’une équipe de la chaîne de télévision Megavision, ont reçu des impacts de balles.

Une ONG locale des Droits de l’homme, Observatorio Ciudadano, a rapporté dans un communiqué une descente de police dimanche qui aurait fait deux blessés dans une communauté Mapuche proche d’Ercilla.

Selon cette ONG, citant un lonko (leader) de cette communauté, Jose Cariqueo, il y a eu deux blessés dont un avec un impact de petit calibre au genou, et une femme enceinte a du être hospitalisée d’urgence.

L’opération de police n’avait pas été confirmé de source officielle dimanche soir.

La région d’Araucanie est un des fiefs de communautés d’Indiens mapuche (6% des 18 millions de Chiliens), dont une frange radicale est en conflit larvé avec l’État.

Elle réclame notamment la restitution de terres ancestrales saisies à la fin du XIXe siècle. Plus de 600.000 hectares ont été restitués depuis le début des années 1990.

Elle a commis de manière sporadique ces dernières années des attaques ou actes de sabotage, visant des exploitations forestières, des grandes propriétés, ou les forces de l’ordre. Trois Mapuche ont été tués dans des heurts avec la police depuis dix ans.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 janvier 2012)

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[Sans-papiers] Débrayage au LP Théodore Monod à Noisy le Sec

Le Lycée Professionnel Théodore Monod  à Noisy Le Sec (93) a voté la grève reconductible à partir de ce matin (lundi 9 janvier) suite à l’arrestation et au placement au CRA de Rouen, d’une élève de première, scolarisée depuis 2 ans. (…) Nous allons en rassemblement devant la préfecture de Bobigny ce matin à partir de 11h pour exiger sa libération et la possibilité pour cette élève d’obtenir un titre de séjour lui permettant de finir sa scolarité au lycée.


À Noisy-le-Sec, le 6 janvier 2012

Monsieur le Préfet,
Monsieur le Recteur,
Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Monsieur le Proviseur,

C’est avec une très grande émotion et un profond écœurement que la communauté éducative du Lycée Professionnel Théodore Monod de Noisy le Sec, a appris ce jour, l’arrestation de notre élève MONNY-SOPPO Marie-Téclaire pour être placée en centre de rétention.

Absolument seule, sans famille, hébergée dans un foyer, et encadrée depuis deux ans par notre établissement et nos équipes, Marie-Téclaire n’a plus que notre école dans sa vie.

Volontaire, assidue, studieuse, sa faute est manifestement d’avoir voulu obtenir un diplôme pour mieux réussir sa vie.

Notre communauté scolaire, totalement révoltée, vient de décider à l’unanimité la cessation du travail ce vendredi 6 janvier 2012.

La nouvelle s’est également répandue parmi nos élèves qui sont particulièrement choqués par de telles pratiques, issues d’un autre temps historique. Nous ne saurions accepter que le destin d’une de nos élèves soit ainsi anéanti pour satisfaire une honteuse politique de quotas.

Marie-Téclaire s’est présentée hier jeudi, à la préfecture de Chartres, de bonne foi, pour régulariser sa situation et obtenir un titre de séjour. Elle a été interpellée dès le guichet et immédiatement transférée dans le centre de rétention d’Oissel, en Seine-Maritime.

En procédant à l’expulsion de notre élève, vous insultez notre communauté et les valeurs de notre République. Vous insultez et méprisez l’engagement de cette élève parmi nous. Vous semez le trouble parmi nos élèves et notre fragile communauté.

Marie-Téclaire est en classe de Première. Elle prépare le BAC. Vous lui interdisez donc de tenter sa chance et ainsi de pouvoir obtenir la dernière chose qui la motive dans la vie.

Vous détruisez la sérénité de la classe de Marie-Téclaire. Les élèves n’acceptent pas le sort que vous réservez à leur camarade. En plus de l’incompréhension et de l’indignation c’est surtout la colère qui règne parmi eux.

Au moment où vous lisez ces lignes, notre établissement ne fonctionne plus et de nombreuses mobilisations se préparent, parmi les enseignants, parmi les élèves ainsi que tous ceux qui assurent le bon fonctionnement de notre lycée. Un bon fonctionnement que vous avez-vous-même entravé en vous en prenant à notre élève.

Un préavis de grève illimité a été déposé à compter de lundi 9 janvier 2012.

Notre demande est claire et simple, nous exigeons le retour en classe, dans les plus brefs délais de notre élève.

Comptant sur votre compréhension et votre diligence, recevez l’expression de nos salutations.

Pour la communauté éducative du Lycée Théodore Monod,
Les représentants enseignants au Conseil d’Administration.


93 : une élève sans-papiers libérée

Une élève sans-papiers du lycée Théodore-Monod de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), interpellée et placée en centre de rétention jeudi, a été remise en liberté aujourd’hui après la mobilisation de ses professeurs, en grève depuis deux jours, a-t-on appris auprès des grévistes.

« Marie-Téclaire a été relâchée à 14h00, nous sommes soulagés », a annoncé Solène Etrillard, enseignante d’anglais et professeur principal de l’élève. « Nous allons reprendre le travail demain », a-t-elle ajouté. Selon les grévistes, la situation administrative de la jeune femme n’est pas pour autant réglée. « Nous resterons vigilants, afin qu’elle puisse obtenir la régularisation de sa situation, soit une carte de séjour étudiante », a précisé Géraldine Doulut, professeur de lettres et histoire-géographie.

Les professeurs du lycée professionnel Théodore-Monod s’étaient mis en grève vendredi pour dénoncer l’arrestation de cette élève camerounaise sans-papiers de 21 ans, Marie-Téclaire Monny Sopo, interpellée jeudi à la préfecture d’Eure-et-Loir à Chartres et placée en centre de rétention administrative. Plusieurs d’entre eux, soutenus par des élus de la région Ile-de-France et du conseil général de Seine-Saint-Denis, se sont rassemblés lundi midi devant la préfecture de Bobigny, émettrice de l’obligation de quitter le territoire français, pour demander sa libération.

Arrivée en France en 2008, Marie-Téclaire Monny Sopo était scolarisée en première (bac commerce) au lycée de Noisy-le-Sec et résidait dans un foyer du Samu social.

Décrite par ses professeurs comme une élève « discrète », « sérieuse » et « méritante », elle a été arrêtée lors d’une démarche administrative à la préfecture d’Eure-et-Loir, une amie habitant Chartres lui ayant fait un certificat d’hébergement pour lui permettre de terminer son cursus scolaire.

« Elle a fait une demande de titre de séjour en préfecture de Seine-Saint-Denis qui lui a été refusée. Cette personne a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en novembre dernier sous un mois », a précisé la préfecture d’Eure-et-Loir, pour justifier son interpellation.

« La semaine dernière, elle est venue faire une nouvelle demande, cette fois, en préfecture à Chartres, sans faire état de son passif. La préfecture d’Eure-et-Loir a procédé aux vérifications d’usage et a découvert l’existence de cet arrêté d’OQTF qui était exécutoire. Nous l’avons appliqué tout simplement », a ajouté la préfecture.

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier 2012.

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[Révolution tunisienne] Quand le pouvoir visite Kasserine et Thala

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326147122.jpgLa Troïka se fait conspuer à Kasserine

Les chefs des trois partis de la coalition au pouvoir (ou Troïka), s’attendaient-ils à un accueil populaire chaleureux ? Si c’était le cas, leur déception a dû être trop grande. Et pour cause…

Le président de la République Moncef Marzouki (Congrès pour la République), le chef du Gouvernement Hamadi Jebali (Ennahdha) et le président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaâfar ‘Ettakatol), en visite dimanche à Kasserine à l’occasion du 1er anniversaire de la révolution, ont été plutôt mal accueillis par les habitants.

Le cortège officiel a eu en effet du mal même à se frayer un passage lors de sa visite au gouvernorat pour rencontrer les habitants et célébrer avec eux le premier anniversaire de la révolution, dont ils ont été parmi les principaux acteurs. Il a fallu l’intervention des services de l’ordre pour disperser les habitants qui ont revendiqué leur droit au travail, l’indemnisation des familles des martyrs et des blessés de la révolution ainsi que le jugement de ceux qui ont tiré en janvier 2011 sur des manifestants pacifiques.

Les trois dirigeants du pays ont  promis d’accélérer le jugement des accusés, de soigner certains blessés à l’étranger, ainsi que l’implantation bientôt de 26 projets dans la région… Ce n’était pas suffisant pour éviter l’inévitable « Dégage ! », réservé il y a un an à Ben Ali et ses sbires.

Autant dire qu’en une année, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la révolution tunisienne, qui a pris de l’eau de toutes parts.

Leur presse (Kapitalis.com), 8 janvier 2012.


Marzouki « malmené », les trois « présidents » hués à Kasserine

A l’occasion de la célébration de la journée du martyr, Moncef Marzouki, président provisoire de la République, Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée Constituante et Hamadi Jebali, chef du Gouvernement, se sont rendus, dimanche 8 janvier 2012 à Kasserine pour prendre part aux festivités marquant la célébration de cet événement.

Selon les données rapportées par des radios de la place, à la délégation de la Cité Ezzouhour, devant le siège de la municipalité, alors qu’il était prévu que les trois dirigeants prononcent un petit discours, Moncef Marzouki a entamé le sien mais n’a pas pu le terminer, vu la cohue et la confusion régnant sur les lieux. Hués par les personnes présentes sur place, les officiels ont dû quitter les lieux. Les habitants de Kasserine, en colère, reprochent au gouvernement de n’avoir pas tenu ses promesses.

Pour eux, jusqu’à maintenant et malgré le lourd tribut en martyrs payé par la région, Kasserine n’a bénéficié d’aucune retombée : ni emplois, ni développement régional !

Leur pressse (Business News), 9 janvier 2012.


Les jeunes chômeurs de Kasserine au président tunisien : « Marzouki dégage ! »

Le président tunisien Moncef Marzouki, en visite hier dans le gouvernorat de Kasserine (centre-ouest) pour rendre hommage aux « martyrs » de la révolution, a été hué et empêché de terminer un discours par des jeunes chômeurs, selon la radio Mosaïque FM et un habitant de la ville.

Selon un témoin à Kasserine, M. Marzouki a été accueilli à son arrivée au gouvernorat par un groupe de 200 à 300 jeunes qui réclamaient du travail et qui criaient : « Marzouki Dégage ! », « Jebali dégage ! ». Le président Marzouki et le Premier ministre Hamadi Jebali effectuaient une visite à Thala et Kasserine pour rendre hommage aux martyrs de la révolution dont la Tunisie s’apprête à fêter le premier anniversaire le 14 janvier. Ces deux villes ont payé un lourd tribut — au moins 25 morts — lors de la répression du soulèvement de 2010/2011 qui a abouti à la fuite de Ben Ali. M. Marzouki, qui devait prononcer un discours, a dû quitter les lieux, selon la radio Mosaïque FM, tandis que les jeunes protestaient contre « les promesses non tenues » envers les régions déshéritées de la Tunisie.

Auparavant, lors d’une séance de travail avec les représentants régionaux, M. Jebali avait annoncé le lancement d’une consultation nationale sur le développement des régions de l’intérieur du pays. « Il est temps de dépasser l’écart entre les régions et de rectifier le processus injuste de l’ancien régime », a déclaré M. Jebali selon l’agence TAP, en précisant que des mesures seraient annoncées à la mi-mars à l’issue de la consultation. Le soulèvement populaire est parti des régions déshéritées du centre du pays, ignorées sous l’ancien régime qui a privilégié les zones côtières et touristiques.

Mais un an après la révolution, le mécontentement reste très fort dans ces régions frappées par un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale de 19 %.

Leur presse (ElWatan.com), 9 janvier 2012.


Onze cas d’intoxication parmi les agents de sécurité à Thala

Onze agents de l’ordre parmi les forces de sécurité ayant accompagné le premier ministre Hammadi Jebali à Thala, ont été victime d’intoxication alimentaire. Le repas servis aux agents de sécurité serait à l’origine de cette intoxication.

Les agents de police ont été transportés aux hôpitaux de Thala et de Kasserine ; neuf parmi eux ont quitté l’hôpital ; les deux autres sont restés sous observation médicale. (…)

Leur presse (Mosaïque FM), 8 janvier 2012.

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Les municipaux travaillent à La Chapelle-Saint-Luc (Aube)

Violence : trois policiers municipaux suspendus

La Chapelle-Saint-Luc – Olivier Girardin annonce une mesure de précaution « sans préjuger de la responsabilité des agents ».

Deux agents expérimentés de la police municipale ainsi qu’un stagiaire ont été suspendus par le maire de La Chapelle-Saint-Luc. Une décision qui fait suite à une enquête administrative interne menée ces derniers jours.

Les faits remontent au 21 décembre dernier lorsque les agents municipaux se lancent à la poursuite d’un exhibitionniste qui sévirait rue Gaston-Berger.

La victime, une factrice, vient de lancer un appel d’alerte. Sur place, les policiers font face à Rachid Djemli dont l’allure correspond au signalement. À la vue de la patrouille, l’homme s’enfuit. « Je n’aurais jamais dû, j’ai eu peur », plaidera-t-il quelques jours plus tard.

Une course-poursuite s’engage alors au cœur du quartier. Dans la rue Claude-Debussy, Rachid Djemli grimpe quatre étages d’un immeuble avant de se rendre. Il est menotté. « L’un des policiers me dit “Tu m’as bien fait courir” avant de m’attraper par les menottes et de me balancer dans l’escalier. »

L’homme s’effondre, plusieurs vertèbres fracturées. Placé en garde à vue, il est rapidement orienté vers le centre hospitalier de Troyes puis transféré au CHU de Reims.

Le 3 janvier, un médecin légiste établit 90 jours d’ITT (interruption totale temporaire de travail) au vu des radiographies, « sous réserve de complications ». Jeudi, son avocat entendait « saisir le procureur de la République ».

Depuis, Olivier Girardin a décidé de suspendre les trois agents. « Au regard de l’ensemble des éléments dont je dispose et sans préjuger de leur responsabilité, j’ai décidé de les suspendre à titre conservatoire. » Une mesure de précaution sur laquelle le maire ne s’étendra pas. Et ceci « dans l’attente des suites que donnera ou non le procureur de la République ».

Alex Perrin qui analyse et dissocie deux affaires. L’exhibition sexuelle, tout d’abord, point de départ de l’intervention des agents. « L’enquête est toujours en cours mais des éléments objectifs plaident pour la responsabilité de cet homme. »

Les violences policières, ensuite, pour lesquelles le procureur de la République reste « en attente de la plainte dont il est fait état. Pour l’instant, je n’ai pas encore été saisi. » Seule certitude, « sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, j’ai reçu les éléments transmis par le maire. »

Si une plainte devait atterrir sur le bureau du procureur, et donc croiser les éléments fournis par le maire, « je ferais naturellement diligenter une enquête » concluait, hier, Alex Perrin.

Leur presse (Céline Tillier, L’Est-Éclair), 7 janvier 2012.

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[Beau comme une église qui brûle] À Coudekerque-Branche (Nord)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326069688.jpgLe feu a détruit l’intérieur de l’église Sainte-Thérèse, à Coudekerque-Branche

Un incendie d’origine criminelle a entièrement détruit l’intérieur de l’église Saint-Thérèse, dans la nuit de lundi à mardi, rue Henri-Ghesquière, à Coudekerque-Branche.

Les portes du lieu de culte ont été fracturées au pied-de-biche. Une fois à l’intérieur, un ou plusieurs individus ont fouillé les bureaux, ouvert les armoires, puis ont mis le feu à l’autel en bois avant de quitter les lieux. Les flammes se sont propagées au mobilier. Les murs, d’une blancheur immaculée avant l’incendie, sont dorénavant noircis et la vision de ce lieu de prière, apocalyptique. Les épaisses fumées ont eu le temps de faire leur travail de sape, personne n’étant intervenu sur l’incendie, qui s’est éteint de lui-même.

Fermeture pour un an minimum

Le parquet de Dunkerque devrait ouvrir une enquête pour incendie volontaire. Les hommes de la police technique et scientifique devront effectuer des relevés pour essayer de trouver une trace permettant de remonter jusqu’aux auteurs de ce geste gratuit.

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« Vu l’étendue des dégâts, l’église sera fermée d’office durant toute l’année 2012. Et ce n’est qu’un minimum. Elle sera indisponible encore plus longtemps, peut-être. Cela dépendra des experts, de l’enquête judiciaire, des assurances, des travaux à effectuer », explique, dépité, Pierre Christiaens, président de l’association des amis de l’église Sainte-Thérèse.

Leur presse (La Voix du Nord), 6 janvier 2012.

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[Nice] La police travaille

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Nice : les policiers poursuivis pour viol acquittés

La cour d’assises des Alpes-Maritimes a déclaré « non coupables » les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée à Nice, ainsi que la quatrième qui comparaissait pour non assistance.

Un immense soulagement a rompu une tension extrême dans la salle des assises des Alpes-Maritimes. Les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée ont été acquittés après seulement deux heures de délibéré, ainsi qu’un quatrième qui était poursuivi pour non assistance. « Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier, a commenté le président Thierry Fusina. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing » a-t-il lancé aux accusés. Un commentaire que certains ont pu interpréter comme le signe d’un acquittement au bénéfice du doute.

Mais pour les quatre policiers, leurs familles et leurs proches collègues, l’heure était aux embrassades après quatre jours d’audience pénibles, au cours desquels leur relation sexuelle avec une prostituée dans leur fourgon sérigraphié a été passée au crible de la machine judiciaire. L’avocat général avait pointé à propos de leurs déclarations « une cohérence qui s’effrite par moments », avant de réclamer de huit à dix ans de prison pour les trois accusés de viol.

La défense s’était employée à souligner certains mensonges de la plaignante, et ses incohérences. « Vous connaissez beaucoup de violeurs qui refuseraient de payer 20 euros [comme la plaignante leur a demandé lorsqu’ils l’ont raccompagnée] pour échapper à des poursuites » avait lancé Me Gilles Simeoni, l’avocat de l’un des gardiens de la paix. Sans doute un argument qui a pesé dans la balance lors du délibéré. « Je regrette que ces actes se soient passés » a conclu le président, tandis que « l’ami de cœur » de la prostituée marmonnait : « c’est pas fini ». Le parquet pourrait faire appel.

Leur presse (Michel Bernouin, Metro), 15 décembre 2011.


Un viol, sinon rien

Selon toute apparence, les grands médias nationaux, pourtant aussi friands que les autres en matière de faits divers un peu glauques et de démêlées procédurières de haut vol, ont très largement anticipé la trêve des confiseurs et ont préféré se priver d’une goûteuse friandise un peu faisandée.

Seul, en effet, Nice-Matin, quotidien au rayonnement azuréen, semble avoir suivi, aux assises des Alpes-Maritimes, le procès où comparaissaient quatre gardiens de la paix. Trois d’entre eux étaient accusés de « viol par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » ; au quatrième on reprochait son « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne ». Face à eux, la plaignante : une jeune femme de 27 ans, que la presse présentait, au moment des faits — fin février 2010 —, comme une prostituée exerçant son activité à Nice « sans autre but que de nourrir son enfant ».

On a pu apprendre, au soir du 15 décembre, que les quatre accusés avaient été acquittés.

Le parquet pourrait faire appel, mais on ignore encore ce que le parquet en a à cirer…

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Allégorie du triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Les faits se sont produits pendant la nuit du 23 au 24 février 2010. Comme dans toutes les affaires passant aux assises, il est probable qu’aucun récit absolument véridique n’en sera jamais fait. On peut, cependant, tenter de retrouver les contours qu’en traçait la presse avant le procès, en regroupant ce qui était clairement établi, ce qui avait été constaté et ce qui avait été avoué.

Vers deux heures du matin, une patrouille de quatre agents du service de sécurité de proximité de la ville de Nice, arrête son fourgon non-banalisé — il paraît que l’on dit « sérigraphié » — à la « hauteur d’une jeune femme qui racolait, un verre de boisson alcoolisée à la main » (article du 12 décembre 2011). On peut lire, dans un article du 2 mars 2010, que selon le procureur, monsieur Éric de Montgolfier, les policiers auraient voulu « la protéger d’un rôdeur qu’ils avaient repéré ». Ils n’ont cependant pas averti le commandement de leur « intervention ».

Toujours est-il que la jeune femme est montée dans le véhicule de police.

Trois des gardiens de la paix ont alors eu des relations sexuelles avec elle, et le quatrième, le plus jeune, a attendu, sans intervenir, à l’extérieur.

Après le départ des policiers, la jeune femme appelle le « 17 » afin de porter plainte.

« Immédiatement un équipage de police secours vient entendre sa version des faits. Les présumés agresseurs sont identifiés. Leur ronde de nuit est écourtée. La version fournie par la jeune prostituée semble suffisamment crédible pour que l’on saisisse sur le champ les tenues des quatre fonctionnaires incriminés. » (article du 2 mars 2010)

« Le parquet de Nice fait aussitôt saisir le véhicule pour perquisition. L’Inspection générale de la police nationale est chargée de l’enquête et les quatre hommes sont suspendus de leurs fonctions. L’un d’eux sera même radié de la police. » (article du 12 décembre 2011)

Malgré ma volonté initiale de m’en tenir aux seuls faits avérés, je ne puis résister au plaisir de citer cette opinion, qui conclut l’article du 2 mars 2010 :

« S’il n’est pas question de “cautionner de tels dérapages”, plusieurs fonctionnaires niçois pointaient hier du doigt la jeunesse de l’équipage incriminé. Le plus âgé des quatre policiers a 38 ans. »

À croire qu’on a la maturité un peu tardive, dans la police niçoise…

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Flouté, l'un des « jeunes » accusés, avec son avocat. (Photo dans Nice-Matin.)

C’est sans doute pour soutenir le moral de cet « équipage » de jeunots que « de nombreux policiers en civil » étaient venus à l’ouverture du procès de leurs anciens collègues…

Le premier jour a été consacré à l’évocation des personnalités respectives des quatre accusés que l’article du 13 décembre décrit comme « quatre sportifs dont deux de stature athlétique, rigoureux dans leur tenue ».

Le matin, ils « ont été présentés comme des fonctionnaires sans tache, exemplaires, jusqu’à cette nuit-là, des policiers qui rêvaient d’exercer leur métier ». Les deux experts convoqués, un psychiatre et un psychologue, leur ont délivré un certificat de « normalité », dépourvu de traces de « pathologies et perversité ».

L’après-midi, les « témoins de moralité » ont défilé à la barre pour portraiturer chacun en bon mari, bon père, bon beau-père, bon compagnon, bon frère, bon beau-frère…

C’est au cours de l’audience du mardi que le récit de la plaignante sera entendu :

« Reprenant les faits chronologiquement, la jeune femme a expliqué sa première réaction face à des policiers qui lui reprochaient, selon elle, une consommation d’alcool sur la voie publique : “J’ai d’abord pris çà sur le ton de la plaisanterie, mais j’ai compris qu’ils allaient m’arrêter. (…) J’étais coincée dans un véhicule avec quatre policiers, puis on m’a emmenée dans un coin sombre. Que pouvais-je faire ? Ils m’ont dit c’est toi la professionnelle, tu sais ce qu’il faut faire. Alors j’ai fait une passe… J’ai obéi aux ordres, pour m’en sortir avec un moindre mal.” » (article du 14 décembre)

Cette jeune femme, que l’on nous dit « fluette », est en face d’un escadron d’avocats de la défense, dans leurs rôles, et d’un président de cour d’assises, dans le sien, qui bien souvent consiste à jouer tous les rôles en même temps. C’est d’ailleurs lui qui introduit la thématique attendue dans une affaire de viol :

« Par votre attitude auriez-vous laissé entendre que vous étiez consentante ? »

Demande-t-il.

Et l’un des avocats reprendra :

« Avez-vous eu un rôle exclusivement passif, avez-vous obéi à des instructions ou bien avez-vous pris des initiatives ? »

C’est le jeu : le moindre geste vaguement interprétable comme le début de l’amorce d’un consentement fera tomber l’accusation de viol…

Aussi s’interrogera-t-on bien davantage sur ces signes d’acquiescement que sur les contraintes éventuellement ressenties par la jeune femme.

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La plaignante, avec l'une de ses avocates. (L'image était non floutée dans Nice-Matin.)

Le lendemain, la parole est à ces messieurs, qui insisteront sur le caractère consenti de la baise en groupe qui a eu lieu dans le fourgon, et aussi sur la demande d’une contribution de 20 € qui a été faite aux trois actifs à l’issue d’icelle. Le compte-rendu (article du 15 décembre) laisse supposer qu’un délicat parfum de virilisme décomplexé a envahi le prétoire.

Le chef de patrouille — désigné par la plaignante comme ayant entraîné les autres :

« Je n’ai donné aucune consigne à mes collègues : je veux bien être le chef de patrouille mais pas celui des ébats ! Elle nous a chauffés, oui, on ne jouait pas aux cartes ! »

« Aviez-vous l’intention de payer ses charmes ? », questionne le président. « Non, pas du tout, réplique le policier déjà révoqué. Pour les 20 € qu’elle a réclamés à la fin, on n’a pas pris les choses au sérieux. »

Le chauffeur du fourgon :

« Elle était très avenante. Elle nous a dit qu’elle pouvait être très gentille et a été particulièrement active… »

Question clé du président : « Pourquoi ferait-elle ça ? » Réponse surréaliste du policier, qui fait sourire, d’un air entendu, l’avocat général Éric Camous : « Peut-être pour se mettre bien avec nous… Ça arrive avec des commerçants : ils ne veulent pas qu’on les paye. Que voulez-vous qu’on fasse ? »

Le doyen de la bande :

« (…) pour lui, c’est bien la prostituée qui les a “allumés” : “Je pense qu’elle voulait récupérer un peu d’argent après sa soirée perdue. Mais on n’a pas relevé : elle nous a même donné des lingettes après, c’était irréel…” »

Et le benjamin abstinent :

« Si j’avais perçu chez elle la moindre hésitation… »

Au fond, nos trois messieurs ne sont pas si mécontents d’eux-mêmes, et Me Véronique Wilhem, avocate de la jeune femme, dans sa plaidoirie, évoque leur satisfaction :

« Ils sont tous persuadés que la victime a pris du plaisir… »

Il semble bien, en effet, que les trois principaux prévenus aient eu à cœur non seulement de prouver leur droit de prendre leur plaisir en insistant sur l’accord de leur partenaire, mais encore de rassurer sur leur virilité en affirmant qu’ils lui en avaient donné, du plaisir…

(Mais ils oublient un peu vite, je crois, que la simulation de la jouissance est un bon moyen, et largement utilisé dans la profession, pour hâter les choses lorsque le meussieu tarde à se décongestionner…)

Me Véronique Wilhem ajoute :

« Mais non, dans ce camion, elle n’était plus rien, elle n’était même plus bonne à être payée : quand elle demande les 20 €, tout le monde rit… » (article du 16 décembre)

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Le triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Que la plaignante ne soit plus rien, les avocats de la défense s’y emploieront avec le bel esprit que l’on déploie habituellement en cour d’assises…

Et malgré les réquisitions de l’avocat général — dix ans pour le chef de patrouille, huit ans pour les deux autres participants et un an pour le non-participant —, la cour et les jurés ont prononcé l’acquittement des prévenus.

Ce commentaire du président de la cour, monsieur Thierry Fusina, n’a pas été relevé dans Nice-Matin :

« Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing. » (Metro, 15 décembre)

Étrange déclaration, car on peut supposer qu’un magistrat de son rang pèse ses mots, et n’utilise pas celui de « victime » à tort et à travers.

Elle pourrait servir de point de départ à une interrogation sur ce qu’a eu à subir cette « victime » — qui, aux yeux de la cour, n’aurait pas menti —, si cela n’est pas un viol…

Mais pour cela, il aurait peut-être fallu s’intéresser à ce qui a été dit lors de ce procès…

P.-S. : Notons tout de même une autre source d’intérêt : le discours qu’on y a entendu, pour autant que l’on puisse en juger d’après quelques articles de presse, semble avoir été largement à la « hauteur » du fameux « troussage de domestique » ricané par un célèbre ancien journaliste semi-gâteux.

L’escalier qui bibliothèque, 19 décembre 2011.


Un viol, sinon rien (suite)

Un nouvel article de l’azuréen Nice-Matin, que je surveillais d’un œil noir depuis la fin de la semaine dernière, m’apprend que « les policiers acquittés pour le viol d’une prostituée seront rejugés ».

(…)

Ainsi donc :

« Le parquet général d’Aix-en-Provence ayant fait appel du verdict, le dossier sera de nouveau évoqué. Sans doute devant les assises des Bouches-du-Rhône d’ici la fin 2012. »

Et l’article rappelle :

« En rendant jeudi le verdict au bout de deux heures de délibéré, le président de la cour, Thierry Fusina, a eu ce commentaire : “La plaignante n’avait pas menti mais elle avait une vision des choses qui lui appartenait (N.D.L.R. : en clair, elle n’a pas fait de fausse déclaration). Il y avait en outre un doute par rapport aux circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés.” »

De ce deuxième procès, en fonction de la hiérarchie des informations du moment — et/ou du calendrier militant des collectifs dénonçant les violences faites aux femmes —, on parlera.

Ou pas.

Mais je pense qu’un silence prolongé finirait par devenir embarrassant…

L’escalier qui bibliothèque, 22 décembre 2011.

 

La police viole, tue et mutile en toute impunité !

La Fontaine le disait au XVIe siècle, mais la morale de l’histoire est toujours valable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

Dans la nuit du 23 au 24 février 2010, une jeune mère célibataire de 26 ans, prostituée occasionnelle et dont la famille ignore la situation, fait la rencontre malheureuse de quatre fonctionnaires de police du GSP (Groupe de Sécurité et de Proximité) à Nice. Les quatre policiers malintentionnés l’obligent alors à monter à l’arrière de leur fourgon, sous prétexte d’ébriété sur la voie publique. Trois d’entre eux, sous le regard du quatrième, la forcent à avoir des rapports sexuels.

Le 15 décembre 2011, les quatre policiers sont jugés devant la Cour d’Assises de Nice. Trois d’entre eux comparaissent pour viol aggravé par personne ayant autorité et encouraient huit à dix années de prison, et le quatrième pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit, encourait un an de prison.

Mais après plus de deux heures de délibérés, tous sont acquittés et la plaignante quitte la salle en larme, sans dire un mot.

Bilan de l’histoire :

Qui s’affronte dans cette affaire ? D’un côté, une prostituée, dont le statut social est méprisé et clairement en bas de l’échelle ; de l’autre, quatre « gardiens de l’ordre public », garants de notre sécurité… et bien entendu, protégés par leur hiérarchie.

Les quatre compères ont déjà un dossier chargé et n’en sont pas à leur première bavure : en bons flics qui se respectent ils ont commencés par de menus larçins et avaient déjà à maintes reprises profité de leur autorité et de leur uniforme pour s’exonérer des frais de bouche dans des bars et restaurants, pour mentir impunément afin de justifier des mauvaises notes au stage de gardien de la paix (nous faisons là allusion au chef de patrouille en personne), etc.

Mais rassurons-nous ! Ces ordures sont non seulement protégées par leurs confrères de la police qui les couvrent dès la plainte de la jeune femme, quelques heures après les faits, (ils sont avertis par radio et ne sont pas séparés, pouvant concerter leurs versions des faits), mais également par l’IGPN, mais cela n’étonne plus personne… En effet, lors de l’enquête, les accusés avaient d’abord tout nié en bloc, puis, voyant les preuves s’accumuler dangereusement (analyse de vêtements), avaient dû se résoudre à reconnaître qu’il y avait eu rapport… mais consenti. Ce consentement serait prouvé par plusieurs faits ; la victime les aurait obligés à mettre un préservatif (seule contre tous elle a réussi à les obliger à porter une protection), la victime leur a fait une fellation (la fellation est reconnue comme un acte qui peut être forcé) et enfin la victime leur a demandé de l’argent après le viol, ce dernier point ne pouvait être une preuve pour remettre en cause le viol mais montre à quel point l’agression sexuelle est vécue comme un traumatisme.

Notons une chose encore : le chef de patrouille a été révoqué, mais seulement à cause d’un dossier déjà chargé. Les trois autres ont été suspendus de leurs fonctions pour une durée de trois mois à un an… mais seulement pour avoir eu des relations sexuelles durant leur service.

Nulle question de viol…

Comme l’avocate de la plaignante, Me A. Fatovich l’a soulevé, il est évident que cette affaire montre que la parole d’une prostituée n’a aucune valeur dans un tribunal. Peut-on même parler de viol quant il s’agit d’une prostituée ? Les jurés ont répondu que non. En effet, la défense des quatre accusés se base sur l’argument fallacieux et pourtant ô combien de fois usité du «  Elle m’avait chauffé, j’ai pas pu me retenir ». Alors, si nous avons bien compris, ce sont eux les victimes de la maléfique et vénale créature du diable qu’est la Femme ? On nous aurait donc menti ? Il n’existerait pas de violeurs, mais seulement des proies répondant à l’appel inexorable et diabolique de la Femme charnelle et avide de sexe ?

Cette affaire remet bien le statut de la fille de joie à sa place ; après tout, ce n’est qu’une machine à sexe, comment pourrait-elle ressentir quelque chose ? Comment pourrait-elle avoir son mot à dire ? Son corps lui appartient-il encore ? Ces questions sont visiblement aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

On avait pourtant dit : quand une femme dit non, c’est non !

Sexe ou viol, la différence c’est le consentement !

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme et Homophobie (contact)

Indymedia Nantes, 6 janvier 2012.


Objet : Demandes d’excuses publiques

CRAS/H
Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (Nantes)
Nantesantisexiste@gmail.com

À l’attention de Michel Bernouin et du Journal METRO

À NANTES, le 06/01/2012

Monsieur Michel Bernouin,

Nous venons de lire l’article Métro du 15/12/2011 à propos du viol d’une prostituée par quatre policiers à Nice en février 2010.

Nous ne savons si vous êtes l’auteur de cet ignoble article ou celui qui en a autorisé la monstrueuse publication. Il est rempli de mensonges et nie complètement le statut de victime, face à agresseurs qui sont des représentants de l’ordre protégés par leur hiérarchie.

Les policiers mis en cause ont déjà commis nombres de honteuses bavures : utilisation malhonnête de leur pouvoir afin de bénéficier de frais de bouches gratuits dans des bars et restaurants, mensonges pour justifier des mauvaises notes…

Vous ne dites à aucun moment que les policiers ont été couverts par leurs collègues lors de la plainte de la victime, en les prévenant par radio. Ils ont ainsi eu le temps de concerter leurs versions des faits. Ils ont d’ailleurs d’abord tout nié en bloc puis les preuves s’accumulant, ont du reconnaître les faits. Vous dites que la victime a menti, alors que sa version des faits n’a jamais changé.

De plus, le statut social de prostituée est, selon vous, une des preuves qu’elle n’a pas pu subir un viol. Pourtant, nous rappelons que la jeune femme n’avait pas consenti à ces relations sexuelles, et que son statut social n’a pas à servir de prétexte pour remettre en question sa parole. Qu’elle leur ait demandé de l’argent après les faits ne peut pas être interprété comme une preuve de consentement, mais montre au contraire à quel point le viol est vécu comme un traumatisme.

Il est par ailleurs impensable que, seule femme face à quatre hommes forts de leur autorité policière, elle ait pu les « forcer » à avoir des relations sexuelles. Si ces derniers ont ensuite prétendu qu’elle les avait « chauffés » et qu’ils n’ont « pas eu le choix », c’est pour se placer en victime alors qu’ils étaient en réalité les agresseurs dans ces rapports non-consentis. Agresseurs dont vous prenez clairement la défense dans votre article.

Le viol a été reconnu malgré l’acquittement. Et ce n’est en aucun cas un soulagement. C’est un recul sans nom pour le féminisme et pour les victimes d’agression sexuelle. C’est la remise en cause de la parole de la victime, de son statut, et cela fait passer les agresseurs pour des martyrs.

C’est une vision misogyne, patriarcale et arriérée de la société et de la femme et il est honteux que votre journal à grand tirage en face l’apologie.

Nous demandons des excuses publiques de la part de votre journal et la reconnaissance d’un viol comme une agression extrêmement grave dont l’acquittement par un tribunal ne peut être reconnu comme un soulagement.

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (NANTES)

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[Expulsions] Solidarité avec les trois inculpés du vol Paris-Lomé, Lundi 9 janvier 13h TGI de Bobigny

Demain [lundi 9 janvier 2012] à la 17e chambre correctionnelle du TGI de Bobigny trois personnes seront jugées suite au mouvement de protestation qui a eu lieu vendredi sur le vol Paris-Lomé (Togo) au départ de Roissy : un homme qui devait être expulsé et deux passagers qui, avec d’autres, ont été solidaires et ont protesté contre l’expulsion. La personne en instance d’expulsion est inculpée de soustraction volontaire à une mesure d’éloignement et violence sur agent de la force publique, les deux autres de rébellion et entrave à la circulation d’un aéronef.

Ces trois personnes, après 48 heures de garde à vue, ont été transférées au dépôt de Bobigny et attendent leur comparution immédiate qui se fera donc après plus de 70 heures d’enfermement (48 heures de garde à vue plus les heures au dépôt). L’un des inculpés sera défendu par maître Bruno Vinay, on ne sait pas si les autres, de nationalité allemande, ont un avocat  choisi ou seront défendus par un commis d’office.

Il est important d’être solidaires avec toutes celles et ceux qui, parce que sans papiers, sont pourchassés, raflés, enfermés, expulsés et avec toutes les personnes qui, comme ces deux passagers, s’opposent à la machine à expulser et sont aux côtés de celles et ceux qui en sont victimes.

Une présence aux procès qui auront lieu demain à partir de 13h à la 17e chambre correctionnelle du TGI de Bobigny (terminus ligne 5) est déjà un début pour montrer notre solidarité.

Liste Migreurop, 8 janvier 2012.


Un passager attaché avec des cordes : le Paris-Lomé se révolte

Aéroport Paris-Charles de Gaulle : le vol DL8538 en direction de Lome (Togo) devait décoller à 13h50 ce vendredi. Il a finalement quitté le sol français à 16h08. Deux passagers installés dans l’avion ont raconté à Rue89 le récit de ce retard, un embarquement contrarié, sur fond de violence et d’indignation.

Alors que les passagers s’apprêtent à monter dans le bus qui les conduira dans l’avion, ils remarquent une voiture de police et des forces de l’ordre en train de discuter avec des agents de l’aéroport. Sans savoir de quoi il retourne. Le bus les conduit normalement à bord de l’appareil.

Pieds et mains liés avec des cordes

À peine installés sur leurs sièges, ils voient la voiture de police s’approcher. Cette fois, un homme africain escorté par deux agents sort de cette dernière. Les passagers remarquent immédiatement que l’homme n’est pas menotté, il est attaché « tel un bagnard ». Ses pieds et ses poings (dans le dos) sont liés avec des cordes.

Il n’embarque pas — comme les autres voyageurs — par l’avant mais par la porte arrière de l’avion. Stupéfaits de constater que les policiers ont sérieusement l’intention de faire voyager le « prisonnier » attaché de la sorte, ces derniers se questionnent. L’homme est-il un dangereux criminel ? Les hôtesses interrogent les policiers, son crime abominable est… d’être en situation irrégulière, et doit être rapatrié. C’est du moins la réponse qui leur est donnée.

Commence alors un vent de protestation. Plusieurs passagers s’en mêlent et crient au scandale. Hors de question de laisser un homme voyager dans ces conditions, attaché avec des cordes noires. Le ton monte, les policiers appellent au renfort, le spectacle du hublot continue.

Cinq cars de police débarquent

Cinq cars de la police des frontières débarquent et la force civile envahit l’endroit, 10… 15… le témoin parisien — qui s’apprête à partir en vacances au pays — ne compte pas le nombre d’agents, mais s’étonne d’un tel dispositif. À cause de la ressemblance des uniformes, il les prend pour des CRS.

Les voyageurs continuent de prendre le parti de l’homme. Des coups partent, du côté des forces de l’ordre et des passagers. En réponse à cet accroissement de violence, trois d’entre eux — des hommes, africains — sont arrêtés. Menottés (avec de vraies menottes), le décollage est encore retardé, il faut également évacuer leurs bagages…

À 16h08 ce vendredi, le vol Paris/Lomé peut enfin décoller.

« Tentative volontaire d’entrave à la circulation d’un aéronef »

Philippe Dormoy, de la cellule de communication de l’état-major de la police aux frontières (DCPAF), nous affirme que l’homme, contrairement à ce qu’ont cru les passagers au moment des faits, n’était en réalité pas reconduit pour irrégularité, mais suite à une décision de justice : c’était une « mesure d’éloignement », dont la cause est inconnue.

Il ajoute que ce dernier s’était violemment opposé à son rapatriement, au point de blesser un agent de police, ce qui expliquerait les pieds et poings liés par les cordes.

Quant aux trois passagers, ils pourraient être poursuivis pour « entrave à la circulation d’un aéronef », qui selon l’article L. 282-1 du Code de l’aviation civile, est passible de cinq ans de prison et d’une amende de 18’000 euros.

Leur presse (Éléonore Gratiet-Taicher, Rue89), 6 janvier 2012.

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[Clermont-Ferrand] La police travaille

Environ 600 personnes ont défilé silencieusement samedi 7 janvier dans les rues de Clermont-Ferrand, en soutien à Wissan El-Yamni, un jeune Clermontois dans le coma depuis sa violente interpellation par la police dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.

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Recueillement devant le commissariat de Clermont-Ferrand samedi.

Alors qu’une trentaine de voitures avaient brûlé au cours des nuits de jeudi et vendredi dans plusieurs quartiers populaires de Clermont-Ferrand, et que la famille de la victime n’a pas souhaité participer à la marche par crainte de débordements, celle-ci s’est déroulée dans le calme et sans incidents. « Ce soir pas de violence, aucune voiture brûlée, aucune vitre cassée », a rappelé à plusieurs reprises un des organisateurs, ami de la victime.

La veille au soir, le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Gérard Davergne, avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « coups et violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ». Les deux juges d’instruction nommés devront, selon lui, « déterminer les causes exactes de ce malaise cardiaque » et « si la force d’intervention des policiers a été nécessaire ou illégitime, compte tenu de l’état d’énervement extrême de cette personne ».

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Appel au calme devant le commissariat, samedi.

Après moins d’une semaine d’enquête des policiers de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), arrivés lundi 2 janvier de Lyon, le procureur a déclaré avoir « des présomptions suffisantes pour l’ouverture d’une information judiciaire », qui plus est visant nommément deux fonctionnaires, ceux de la brigade canine qui avaient escorté Wissan El-Yamni au commissariat après son interpellation.

Selon l’avocat de la famille de la victime, Me Jean-François Canis, et trois témoignages recueillis par Mediapart au quartier de La Gauthière, où a eu lieu l’interpellation, d’autres policiers seraient cependant impliqués. « La famille aurait aimé que l’enquête soit plus large puisque une dizaine de voitures de police étaient apparemment présentes sur les lieux de l’arrestation », explique Me Jean-François Canis.

Hospitalisé à l’hôpital d’Estaing, Wissan El-Yamni, 30 ans, est dans le coma depuis dimanche, après avoir fait un malaise cardiaque, apparemment dans la voiture l’amenant au commissariat. Selon le procureur, l’examen médical a révélé des fractures aux côtes, au visage ainsi que des lésions sur le cou. Les photos prises par la famille à l’hôpital montrent des marques rouges violacées encerclant le côté gauche de son cou, ainsi qu’un œil tuméfié.

D’après le procureur, l’analyse toxicologique a décélé « la présence dans l’organisme d’un mélange excitant d’alcool, de résine de cannabis et de cocaïne ». Ce qui n’explique en rien comment une simple interpellation s’est finie aux urgences. « On a l’impression que le parquet veut mettre en avant l’énervement de Wissan El-Yamni pour justifier une interpellation musclée », critique Me Canis. Le frère et la sœur de la victime comptent se porter partie civile dès lundi pour avoir accès au dossier.

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Le parking face au centre commercial de La Gauthière.

Retour sur les faits. Selon La Montagne, « il est environ 2h30 du matin (la nuit du réveillon) quand, alertés via un coup de téléphone de la présence au sol d’un homme inanimé, policiers et sapeurs-pompiers arrivent au centre commercial de La Gauthière, un quartier Nord classé en zone urbaine sensible. Là nulle trace de blessé mais quatre jeunes sur un banc. » L’un d’eux, Wissan El-Yamni, qui réveillonnait sur le parking du centre commercial avec cinq ou six amis, aurait alors, selon deux d’entre eux, jeté une voire plusieurs pierres sur la vitre de la voiture de police.

« Ce soir-là, on était sept sur le parking autour d’une voiture pour la musique, raconte Samir, 34 ans. On a bu, il y avait du cannabis, mais à aucun moment on n’a vu Wissan prendre de la cocaïne. Nous faisions la fête, c’est tout. Je suis parti quand il a jeté la première pierre sur la voiture de flics, parce que je me suis dit que ça allait mal tourner. »

Alors que ses amis se dispersent à pied, Wissan El-Yamni, « pris en chasse par les policiers » selon Reda, 30 ans, un autre ami présent, passe derrière le centre commercial où il est rattrapé, interpellé et menotté dans le dos par des policiers. Un habitant d’une barre d’immeuble surplombant le lieu d’arrestation, qui réveillonnait chez lui avec un ami, affirme alors avoir été témoin, depuis sa fenêtre, d’un passage à tabac. Idriss (deux minutes 42) :

« J’étais à la fenêtre du salon avec un ami, tranquille pour le premier, explique Idriss, 27 ans. On a vu Wissan jeter des pierres à une première puis une deuxième voiture de police, puis se barrer en courant. Il est passé derrière notre bâtiment, donc on est allés à la fenêtre de la cuisine, de l’autre côté de l’immeuble, pour voir. On l’a vu couché sur le ventre, les menottes dans le dos avec une patrouille de police. On s’est dit c’est bon, il s’est fait attraper, encore un qui va commencer la nouvelle année en garde à vue. Sauf que suite à ça, nous avons vu une dizaine de voitures de police arriver, en une minute, dont quatre banalisées. Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte « Trois-deux-un go » et ils lui ont mis des coups. Ils étaient tous autour de lui, donc je ne voyais pas qui a commencé et qui faisait quoi, mais c’étaient des coups de pied et coups de genoux, et des coups de coude quand ils l’ont soulevé. À ce moment-là, j’ai gueulé par la fenêtre : “Lâchez-le bande de batards”. Quand ils ont vu qu’il y avait des gens aux fenêtres — il y avait aussi des voisins — ils l’ont mis dans la Ford Mondéo blanche de la brigade canine et ils sont repartis. »

Une version contestée par le procureur, qui, selon Le Monde, ne confirme la présence que de trois véhicules au maximum.

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Le lieu de l'interpellation

Samir, déjà cité, dit pourtant avoir croisé « six voitures de police » alors qu’il s’éloignait du parking. Tandis que Reda, qui avait décidé de chercher Wissan après que ce dernier s’est fait courser, affirme être tombé « sur six à sept voitures de police » stationnées sur le lieu d’interpellation.

« Il y avait une Clio noir portes ouvertes avec de la funk à fond, une Ford Focus blanche et des voitures marquées police, les flics fumaient des clopes, ils étaient tranquilles comme s’il ne s’était rien passé, relate-t-il. Je leur ai demandé s’ils avaient vu mon ami, ils ne m’ont pas répondu. Je ne l’ai pas vu non plus dans les voitures, donc j’ai pensé qu’il n’était pas là. »

D’après Le Monde, Wissan El-Yamni aurait été maintenu allongé sur la banquette arrière du véhicule de la brigade canine pendant le trajet vers le commissariat. « Selon le procureur, lorsqu’il arrive au commissariat, M. El-Yamni a déjà perdu connaissance, poursuit le quotidien. Les policiers ne perçoivent pas immédiatement la gravité du malaise, qu’ils mettent sur le compte d’un contrecoup après son extrême agitation. »

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« Personne au-dessus des lois. Stop bavures, on est tous avec toi, Wissan. »

Le dimanche matin lorsque Samir tente de joindre Wissan El-Yamni, il tombe sur sa messagerie et en conclut que ce dernier est en garde à vue. « On a appris le dimanche soir qu’il était en fait à l’hôpital, dit-il. Deux policiers en civil ont dit à sa femme qu’il avait été retrouvé inanimé au bord de la route. Du coup, quand on a voulu aller le voir à l’hôpital, sa famille a refusé parce qu’ils pensaient que c’étaient les gens du quartier qui l’avaient laissé dans cet état… »

Pour les habitants de La Gauthière, un quartier décrit par beaucoup comme tranquille, le choc est rude. « Nous aussi on a des enfants, remarque Saïda, 50 ans, une proche de la famille El-Yamni croisée dans la marche. Ça peut arriver à n’importe qui. Wissan est quelqu’un de très gentil, peut-être qu’il était soûl mais ce n’était pas une raison pour le tabasser. » Farid, 53 ans, président d’une association franco-algérienne qui a veillé au bon déroulement de la manifestation, demande, un peu solennel, « à Monsieur Guéant d’être juste et d’aller voir ce jeune à l’hôpital ».

Animateur dans une maison de quartier voisine de La Gauthière, Karim Srikah, 33 ans, tient à s’exprimer avant tout comme un « habitant qui est né, a grandi et a milité ici ».

« À la base, c’est une ville agréable où il fait bon vivre, les communautés s’entendent bien, il y a toujours eu un dialogue avec les jeunes, certes avec des hauts et des bas, mais les gens se sentaient en sécurité, explique-t-il. Et là on se retrouve avec des cars de CRS tous les soirs, des gyrophares, des voitures brûlées, sans doute d’autres jeunes interpellés et d’autres familles en souffrance. Pour nous les émeutes dans les banlieues parisiennes en 2005, Villiers-Le-Bel en 2007, c’était loin, comme une fiction. Le fait de le vivre devant chez soi, en plein milieu de l’Auvergne, ça choque vraiment les gens. Je n’avais jamais vu ça de ma vie, et je n’ai pas envie de le revoir. »

Cherif Bouzid, responsable d’un club de football et éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), décrit un « gamin qui n’a jamais eu de problème, issu d’une famille exemplaire, qui est complètement effondrée ». « Wissan est chauffeur-routier, actuellement sans travail emploi, marié et installé depuis cinq ans », précise-t-il.

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Trois fourgons de CRS dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, samedi soir.

Comme son frère Larbi, gardien à Clermont-Ferrand pour un bailleur social, il ne trouve aucune excuse aux policiers. « Une interpellation par des policiers professionnels et entraînés, même d’un individu soûl et violent, ça devrait finir en garde à vue, avec 24 heures en cellule de dégrisement et un défèrement, déclare Larbi Bouzid. Pas dans un état critique à l’hôpital. Les policiers étaient en surnombre, ils n’étaient à aucun moment en insécurité, on n’est pas à Paris, à Lyon ou à Marseille ! Pour moi, ils avaient envie de casser de l’arabe ce soir-là. »

Responsable d’un discount hallal, dans le centre commercial de La Gauthière, Ahmet Ozturk, 27 ans, a eu quelques vitrines cassées le soir du dimanche 1er janvier soir, comme le bar PMU voisin. Mais il comprend la colère des jeunes. « Ce jeune homme ne faisait de mal à personne. S’il meurt, que va-t-il se passer dans le quartier ? », redoute-t-il. De retour de la marche samedi, un hélicoptère survolait le quartier samedi soir, provoquant l’énervement de certains habitants. « Qu’est-ce qu’ils espèrent avec leur hélicoptère ? Il y a déjà assez de tension », s’agace Idriss, en désignant les jeunes regroupés devant les halls qui nous regardent passer.

Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 8 janvier 2012)

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Commentaire choisi :
08/01/2012, 12:27 par speedoo
Bonjour je me suis promené hier après-midi dans Clermont, et il y régnait une ambiance « bizarre ».
Autour de la grande roue de Noël étaient stationnées une dizaine de voitures de police ainsi qu’un minibus de CRS.
Un peu plus loin, assis sous la statue du général Desaix, une petite dizaine d’indignés assis sur des cartons échangeaient avec les badeaux en repérage des soldes.
Des fouilles ciblées sur des jeunes qui attendaient sagement à l’arrêt du tram, place de Jaude.
Au fond de moi j’étais en colère ! J’ai sorti de ma poche un « Xanax » pour faire retomber le rythme cardiaque.

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Tensions à Clermont-Ferrand : une demi-douzaine de personnes interpellées

Une demi-douzaine de personnes ont été interpellées pour des feux de véhicules dans la nuit de samedi à dimanche à Clermont-Ferrand, où règne une certaine tension depuis l’interpellation mouvementée lors du réveillon de la Saint-Sylvestre d’un homme, dans le coma depuis, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces personnes, qui se trouvent en garde à vue, sont jeunes et font partie de petits groupes très mobiles dans des quartiers qu’ils connaissent bien, a-t-on précisé de source proche du dossier.

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Une trentaine de véhicules ont été brûlés pendant la nuit, soit le double de la nuit précédente, a-t-on ajouté de même source. Interrogée par l’AFP, la préfecture n’a pas souhaité communiquer de bilan mais a reconnu qu’il y a « encore eu des incidents dans certains quartiers ».

Quelque 200 policiers, dont deux compagnies de CRS, avaient été déployés dans la ville samedi soir. Le dispositif, avec quatre unités mobiles, est reconduit pour la nuit de dimanche à lundi, a indiqué la préfecture. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 8 janvier 2012)

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[Saint-Denis] FN dégage !

Manifestation anti-FN à Saint-Denis contre la venue de Marine Le Pen

Des centaines de manifestants ont manifesté dimanche après-midi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) contre la venue de la candidate du Front national à la présidentielle 2012 Marine Le Pen.

Certains partisans du FN ont essuyé des crachats et des insultes, d’autres ont dû rebrousser chemin et emprunter une autre entrée, leur route étant barrée par les anti-FN. En outre, des projectiles ont été lancés par les manifestants en direction des forces de l’ordre et une journaliste reporter d’images a été légèrement blessée à cette occasion.

Marine Le Pen avait prévu de tirer les rois avec les militants du Front national à partir de 15H30 dans une salle située aux Docks de Paris, au sud de cette commune populaire de la banlieue parisienne.

(…)

Le cortège s’est ébranlé peu après 12H00 dans le centre de Saint-Denis, derrière une banderole proclamant « Pas de fachos dans nos quartiers », aux cris de « Marine Le Pen, dégage, Saint-Denis n’est pas à toi » ou de « F comme fasciste et N comme nazi ».

Arrivés vers 14H45 devant le lieu où doit se tenir le meeting de Marine Le Pen, protégés par un important dispositif policier, les manifestants ont tendu une banderole « FN dégage ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 8 janvier 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] Manifestation du 7 janvier 2012 à Grasse

Manifestation à Grasse en mémoire d’un jeune homme mort lors d’une interpellation

Deux cents personnes se sont rassemblées samedi à Grasse (Alpes-Maritimes) en mémoire du jeune Abdelhakim Ajimi, mort au cours d’une interpellation mouvementée en 2008, alors que sept policiers devront s’en expliquer devant la justice du 16 au 20 janvier.

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« Cela fait quatre ans qu’on se bat pour ce procès, affirme Boubaker Ajimi, le père de la victime. C’est un combat dur, on a perdu un enfant de 22 ans, ce n’est pas facile. »

« Ce n’est pas un procès contre la police, mais contre des policiers qui doivent être jugés comme des citoyens », précise à l’AFP l’homme, qui a toujours appelé les jeunes de Grasse à « rester calmes » face à l’affaire.

Deux fonctionnaires de la brigade anti-criminalité (Bac) seront jugés dans une semaine pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger » devant le tribunal correctionnel de Grasse. Les cinq autres sont poursuivis pour « non-assistance à personne en danger ».

À bout, lasse de croiser ces policiers, la famille Ajimi a fini par déménager de Grasse il y a deux ans. « Ils tournent la tête, je ne parle pas à des gens inhumains », dit Boubaker Ajimi.

Pour leur ancien voisin de palier Walid Klai, « Hakim » Ajimi, arrivé de Tunisie à 16 ans, était un jeune homme « beau et bien intégré ». Après une altercation dans une agence bancaire, il avait été interpellé par la police en rentrant chez lui, puis menotté et plaqué au sol dans la rue.

Nora Benameur, militante d’une association venue spécialement d’Avignon dans un autocar d’une cinquantaine de personnes, s’est déplacée « par solidarité envers la famille », a-t-elle dit à l’AFP.

Plus généralement, elle entend aussi dénoncer « des crimes similaires qui sont perpétrés en France », des actions policières qui « ciblent les quartiers populaires, notamment les Noirs et les Arabes ». « Nous sommes tous des victimes potentielles », affirme-t-elle.

Après divers épisodes judiciaires, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence avait infirmé en 2010 une ordonnance de non-lieu rendue par un juge d’instruction de Grasse.

Les rapports d’expertise médicale ont conclu que la mort du jeune homme était due à une asphyxie mécanique, résultat d’une compression thoracique et d’une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps.

Selon Me Gérard Baudoux, qui défend les deux policiers de la Bac, ses clients risquent un maximum de 3 années de prison. « Je ne vois pas ce que l’on peut reprocher à l’un ou à l’autre, il n’ont fait qu’appliquer ce qu’on leur apprend à l’école de police », plaidera-t-il.

Leur presse (Agence Faut Payer), 7 janvier 2012.


Grasse : rassemblement pour Hakim Ajimi avant le procès

Zohra Ajimi est restée assise et prostrée. Ne pouvant retenir ses larmes à l’évocation de l’histoire de son fils, Hakim, mort le 9 mai 2008 lors de son interpellation à Grasse par la police nationale et municipale. Boubaker, le père, est demeuré calme et impassible. Comme toujours depuis ce drame qui sera jugé par le tribunal correctionnel de Grasse, du lundi 16 au vendredi 20 janvier. Deux policiers de la BAC de Grasse seront poursuivis pour « homicide involontaire » et « non assistance à personne en péril ».

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Hier, sur le cours Honoré-Cresp, le Comité vérité et justice pour Hakim Ajimi a organisé un rassemblement en souvenir de ce jeune homme de 22 ans. À la tribune, devant plus de 200 personnes, Walid Klay a rappelé les faits. Une énième fois. Stigmatisant « les méthodes inhumaines et barbares de l’intervention », rappelant « le combat très difficile de la famille », réclamant « l’interdiction de l’usage de la clé d’étranglement par la police », refusant « l’impunité policière ». Et le président du comité d’insister : « on ne fait pas le procès de la police ni des juges, mais de ces policiers ».

Pendant plus de deux heures, de nombreuses associations et comités [Notamment : Mouvement immigration et des banlieues, Forum social des quartiers populaires, Vérité et justice pour Mamadou Marega, Parti des indigènes de la république, association Pas de nord sans sud, Collectif justice et vérité pour Ali Ziri…] venus de Lyon, Marseille, Montpellier, ont aussi pris la parole. Rappelant des morts semblables ailleurs en France. À l’instar d’Amnesty international qui a dénoncé, dans trois rapports, les violences policières, dont le cas Hakim Ajimi.

Pendant la semaine du procès, le comité organisera des rassemblements devant le tribunal de Grasse. En espérant que « la justice soit à la hauteur ».

Leur presse (Xavier Giraud, Nice-Matin), 8 janvier 2012.

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